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Toutes mes réponses sur les forums

15 sujets de 10,306 à 10,320 (sur un total de 10,387)
  • Auteur
    Messages
  • en réponse à : forum principal #1056
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Puisque on est sur les séries, je signale les deux premiers épisodes (ensuite évidemment ça se liquéfie) de En place, vraiment droles.
    Je comptais jeter un oeil à la série de WR

    en réponse à : forum principal #1055
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    C’est un propos très rapide, qui mériterait un véritable développement
    Quelques bases :
    1 je ne suis pas réfractaire à l’idée que des individus survolent la mêlée, et que dans des domaines donnés des individus se distinguent. Oui je crois que Zabat est auj dessus de la melée des documentaristes. Oui je coris que De Bruyne est le plus grand passeur de tous les temps. Que ses passes relèvent du don, et que ce don est divin
    2 non seulement j’accrédite cette idée, mais je l’aime. J’aime qu’il y ait des De Bruyne et des Zabat. J’aime sentir chez quelqu’un, dans la vie ou dans l’art, une surcapacité que je n’ai pas. J’aime admirer. Et j’aime que le Christ soit effectivement le fils de Dieu.
    3. 1 et 2 ne contreviennent en rien à un tempérament de gauche. Ce qui y contrevient c’est de considérer :
    – qu’à coté de ces élus, le reste de l’humanité est une tripotée de bons à rien.
    -que ces élus font l’histoire. Ce que je ne crois pas du tout. Matérialiste historique conséquent, je n’épouse pas cette dramaturgie où de grands hommes font de grandes choses qui changent la face du monde. A l’instant j’entends cet imbécile de Hazanavicius dire que si Zelensky n’avait pas décliné la proposition de Biden de l’exfiltrer en février dernier, aujourd’hui les russes seraient à Kiev. Voilà du bon idéalisme bourgeois-infantile-tintinesque (tiens je suis sûr que ce mec aime Tintin)

    en réponse à : forum principal #1054
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Je ne pense pas être si négatif
    Il y a quelques chose qui sauve Bellanger, c’est que c’est une littérature d’idées, c’est sur, mais où l’idée flirte avec la création poétique, avec l’hallucination. Il y a là-dedans une orgie d’hypothèses qui me grise. Mais qui certes finit par me lasser, pour les raisons exposées en fin de podcast

    en réponse à : forum principal #1047
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Merci pour ces interrogations fécondes.
    Bon, d’abord, on va se passer, pour l’occasion, des notions de droite et de gauche. Je les utilise en l’occurrence comme effet d’oralité. Or on n’en a pas besoin (pas là, je veux dire).
    Donc je ne sais pas si le refus du matérialisme historique exclut un écrivain du périmètre de gauche, mais je sais que cette opération est significative. Elle l’est notamment chez Bellanger parce qu’elle est explicite, consciente, assumée, et même affichée de façon provocatrice (la phrase que je cite dans la Gene sur le devenir prolétaire de Benjamin). Par ailleurs, s’il n’exclut pas de la gauche, ce refus exclut de la justesse de justesse. En amputant Benjamin de sa vie matérielle-historique, on perd beaucoup de sa vérité- et de son intérete, car c’est bien ça qui est intéressant chez lui : ce mélange de matérialisme et de mysticisme qui caractérise tant de grands juifs marxistes (oui cela a existé jadis)
    Le cas Vuillard est intéressant parce qu’il est en effet hybride. Je crois l’avoir dit dans la Gene sur son dernier livre. Vuillard est un chrétien de gauche. Il y a donc chez lui une assise matérialiste très sûre – notamment dans Une sortie honorable, où les agents sont essentiellement des agents collectifs, et surtout économiques (le final sur les banques est d’un parfait brechtisme). Mais il y a chez lui aussi un fond chrétien qui le porte à dramatiser l’histoire, à la ré-évenementialiser, et donc à faire revenir des figures d’exception – c’est le cas de Mendès dans Une sortie honorable.
    14 juillet est également clivé : à la fois il met en oeuvre un sujet collectif (le petit peuple du faubourg) mais il dégage des figures, et sacrifie quand même à l’idée que cette date est décisive – d’ailleurs il en fait son titre
    Ceci est peut etre aussi à mettre sur le compte d’une logique de structure, d’un fatum littéraire : difficile d’écrire un roman qui ne donne pas à un moment ou à un autre dans le climax, dans le « désormais », dans le « et soudain », dans la personnification, l’héroisation. Cela vaut aussi pour moi.

    Dernière chose : il y a sans doute une idée chrétienne d’élection chez Vuillard (Mendès), mais on est loin de l’élitisme radical de Bellanger, chez qui des grands hommes en avance régissent le monde, perchés très haut au-dessus de la masse ignare et ignorante d’elle-même.

    en réponse à : forum principal #1041
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    « à qui vous avez consacré un essai »
    Qui est ce « vous »?
    En tout cas ce n’est pas moi. Jamais écrit d’essai sur Houellebcq.

    Nous sommes d’accord pour dire que Houellebecq est un anti-moderne – et qu’on retrouve ce trait, mais feutré et quelque peu auto-ironisé, chez son ex-émule Bellanger
    Je ne crois que Houellebcq se soit « trompé ». Dans la vie de l’art et de la pensée ce verbe n’a pas de sens. On ne se trompe pas sur son tempérament. Houellebecq a un tempérament qui le porte à etre un anti-moderne. Qui le porte donc à vouloir réhabiliter un Occident pré-moderne, c’est à dire celui de la Chrétienté.
    Soumission ne définit pas exactement un programme, mais fantasme une alliance realpolitik entre islam et christianisme pour liquider la modernité (= rétablir un patriarcat sans contestation)
    Au passage je trouve qu’il est bon de s’informer du camp d’en face, mais que lire dix romans de 500 pages c’est quand même un lourd sacrifice de temps. Quant à moi j’ai lu Houellebecq tant que j’y trouvais un certain plaisir littéraire, puis ai arrété de le lire (depuis Soumission) dès lors qu’il a été clair qu’il écrivait toujours le même livre.
    On a le droit de lire Houellebecq mais ne nous racontons pas d’histoire sur ce qui nous motive à le lire.

    en réponse à : Infos-questions sur les livres et conf de François B #1039
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    mais au fait il a grandi dans quelles conditions?
    dans une ferme de Chaillé-les-Marais?

    en réponse à : Infos-questions sur les livres et conf de François B #1040
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    mais au fait il a grandi dans quelles conditions?
    dans une ferme de Chaillé-les-Marais?

    en réponse à : Infos-questions sur les livres et conf de François B #1037
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Désolé je ne savais pas
    M’enfin ce n’est pas le coeur du sujet.

    en réponse à : TESTS – pour éviter de polluer les autres sujets #1036
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    75% des français, c’est beaucoup

    en réponse à : Infos-questions sur les livres et conf de François B #1031
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    sur la fin du texte de Semprun :
    Je ne connais pas le fils, mais je connais le père, qui a fini parfait libéral européiste antitotalitaire. J’imagine que le fils grandi dans les appartements cossus de son père où Alain Minc passait diner n’est pas un viscéral marxiste

    il faudrait donc voir si cette dissémination des injonctions ne revient pas, chez lui, à exonérer l’Etat (qui reste un grand orchestrateur d’ordre quand même) et le capital.

    en réponse à : Infos-questions sur les livres et conf de François B #1030
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    c’est une très bonne mise en bouche

    en réponse à : Infos-questions sur les livres et conf de François B #1029
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Je me sens en effet plutot proche de Semprun fils. En tout cas il y a quelque chose de terriblement daté et inapproprié dans la novlangue version Orwell, qui concerne des dictatures pur jus, où effectivement l’Etat est l’unique producteur de propagande.
    La langue qu’il s’agit d’analyser est celle des dictatures marchandes, c’est à dire douces, où le pouvoir est effectivement fractal, les corps et les esprits affectés par des douces injonctions disséminées dans leur quotidien. J’essaie de décrire ça dans les entrées de la deuxième partie du livre, qui parcourt le quotidien de l’homo liberalus
    Resterait à se demander pourquoi tant de gens s’acharnent à trouver que 1984 dit tout de notre société actuelle, alors qu’il n’en dit rien
    J’ai déjà suggéré une réponse : désir de dictature. Désir d’une bonne vieille dictature qui nous remettrait tout ça d’équerre.

    en réponse à : forum principal #1014
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Ce que tu dis de la philo analytique, c’est un peu ce qu’en disent ses détracteurs : sous couvert de sortir de la métaphysique, on y retombe. Mais Bellanger le reconnaitrait bien volontiers, et y verrait une force. Et il y a quelque chose d’en effet très mystique chez Wittgenstein.
    Je n’irai pas beaucoup plus loin dans ce domaine, que je connais peu.

    Sur Benjamin, tout est à lire, particulièrement ses écrit sur Baudelaire.

    J’ai vu L’envol, que je trouve souvent très beau, mais d’une facture moins folle que les Marcello précédents.

    en réponse à : forum principal #1013
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    Je ne comprends pas bien d’où sort ce texte que je n’ai pas écrit, ni même co-écrit. Je suppose que Yazid l’a écrit en synthèse des quelques débats publics qu’on a tenus sur ces questions.

    en réponse à : Avis littéraires #1012
    François Bégaudeau
    Maître des clés

    j’aime plutot beaucoup
    son classicisme maniéré, presque décadent

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