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Accueil Forums Forum général Un certain déterminisme est il nécessaire pour être de gauche ?

  • Ce sujet contient 115 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Claire N, le il y a 1 année et 11 mois.
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  • Auteur
    Messages
    • #5790 Répondre
      LaPierre
      Invité

      La question est peut-être stupide (je fantasme secrètement de me faire humilier par Begaudeau mais chut), mais plus j’y pense et plus je vois l’importance de l’idée du déterminisme dans la pensée de gauche, surtout en opposition avec une droite plus portée sur l’idée de responsabilité individuelle et de « liberté ».
      Vous en pensez quoi ?

    • #5793 Répondre
      Charles
      Invité

      Nous en avons déjà discuté à un autre endroit du site auquel je me permets de te renvoyer : https://francoisbegaudeau.fr/litterature/433/#view_comments

      (messages du 18 janvier)

      • #5797 Répondre
        LaPierre
        Invité

        Merci beaucoup ! J’espère que ce sujet ne fait pas trop répétitif du coup.

    • #5821 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      On tient là effectivement la principale ligne de partage entre droite et gauche, mais plus précisément entre une pensée sociale (et littéralement socialiste) et une pensée libérale.
      Les trois premières entrées de Boniments reprennent le sujet par ce bout ; Liberté, Option, Choix – et Privé et VAR poursuivent.

      • #5923 Répondre
        LaPierre
        Invité

        Ce que je trouve intéressant c’est comment cette distinction n’est même pas vraiment consciente chez beaucoup de gens des 2 camps.

        La question que je me pose c’est comment ces idées se révèlent chez un individu, je sais que les opinions politiques sont fortement déterminées par le milieu social etc… mais en est il de même pour la prise de conscience des déterminations ? Et comment cette forme de conscience des déterminations va jouer sur les opinions de l’individu.

        • #6777 Répondre
          Mu
          Invité

          Je tente une synthèse:
          Le bourgeois se reconnait au bien-être et à l’assurance que lui procure le système de pensée bourgeois – celui de la pensée dominante, assortis d’une répugnance mêlée de mépris à l’égard des autres systèmes de pensée. L’exploit opéré par le néolibéralisme consiste à avoir étendu le régime de véridiction de l’économie capitaliste à tous les champs socio-culturels (les lieux de trans-individuation collective, les milieux de vie, la sphère intime), établissant les valeurs capitalistes au cœur même de l’homme, et à effacer les traces du monstrueux processus de sa création. Le mensonge repose sur une anthropologie (résultat des opérations néolibérales) posée comme origine « réelle », anthropologie dépositaire d’un « savoir » indiscutable :
          • sur la nature l’homme (foncièrement inapte au calcul rationnel de ses propres intérêts)
          • sur le bien suprême à atteindre (le bon calcul, le bon intérêt autocentré, la rationnelle gestion du bien-être – la rationalité des choix et du jugement)
          Les discours qui dénoncent la facticité (le processus historique de fabrication) de cette construction sont submergés par l’omniprésence de la pensée dominante, la vitesse de propagation de la pensée subversive rencontrant l’opacité d’un milieu densément obstrué par la pensée dominante. Aisi, tout un chacun est « naturellement » porté à accepter la véridiction capitaliste comme une évidence.
          C’est justement l’ignorance de cette détermination précise qui est au fondement de la pensée dominante. La pensée bourgeoise accepte en effet de nombreuses déterminations consécutives au mensonge originel :
          • Celle du mérite qui sanctionne les efforts et dispositions individuelles et collectives par les effets de l’acte méritoire correspondant
          • Celles du couple rationalité/irrationalité qui, dans un système organisé matériellement pour récompenser les actes (actions, discours, modes de vie) ayant des répercussions favorables sur le sujet ou le système capitaliste, ne manquent pas de « démontrer », par l’octroi ou non de bénéfices matériels et récompenses symboliques (reconnaissance sociale) la pertinence de l’association bon/rationnel, mauvais/irrationnel. Le mensonge originel (l’occultation de la facticité de l’origine), en effaçant la trace du processus de création de la raison néolibérale (et la fabrication de ce que Foucault appelait les « régimes de véridictions »), range toute contestation de la raison moderne du côté de l’irrationnel (et de tous les « istes » – idéaliste, activiste, terroriste, complotiste…)
          Aussi, bourgeois et prolétaires sont-ils convoqués, depuis leur plus tendre enfance, à être les hérauts de la pensée dominante et ce, tant par les institutions que par l’éducation parentale soumise à la nouvelle rationalité (inconsciemment capitaliste). Le prix de toute dissidence est l’indignité. Aussi, le prolétaire adhérant à la pensée bourgeoise se reconnaît-il à son zèle. A son dévouement, son application méticuleuse à véhiculer, incarner et mettre en œuvre les idées de la pensée dominante. Car, contrairement au bourgeois, et malgré ses discours enfiévrés, il doutera toujours de sa légitimité à se réclamer des élus. Ce zèle, emprunt de dévote soumission, le fera tour à tour :
          • Poser toute sorte d’action visant à prouver sa docile adhésion au système de pensée dominant et la légitimité de son (a)filiation à l’idéologie gagnante
          • Réclamer sa part (méritée) du gâteau
          • S’indigner de la trahison des élites qui ne « reconnaissent pas » ses efforts, son travail…
          Pourra légitimement se réclamer de la gauche dite « contestataire » (anarchistes, communistes, activistes, militants écologistes…) qui remettra en cause le postulat fondamental inconscient, proposant de ce fait une anthropologie « autre » postulant, quant à elle :
          • Que l’homo oeconomicus « rationnel » n’est pas un modèle « raisonnable » car il n’est pas désirable. Preuve en est de sa toxicité pour son « environnement » (le monde non humain) et de son incapacité à offrir aux hommes et aux femmes de ce monde des « raisons » de vivre satisfaisantes.
          • Que la fraternité n’est pas une notion abstraite, et que l’être humain n’est humain que dans la mesure où il postule la dignité fondamental de tout vivant, ses actes étant appelés à témoigner d’une telle compréhension « affective » et symbolique du concept de fraternité – « présomption de dignité » entendue comme « présomption d’innocence », étendue au vivant dans son ensemble.
          • Qu’une rationalité se juge et se choisit en fonction de la désirabilité de l’horizon qu’elle actualise et rend effectif
          • Que la véritable puissance se différencie du pouvoir en cela qu’elle ne s’exerce pas SUR d’autres êtres mais en relation AVEC eux. Cette puissance se mesure à la joie et à la néguentropie qu’elle génère dans le milieu où elle s’exerce, entre ceux qui y participent.
          • Qu’un monde désirable est un monde qui offre les conditions minimums grâce auxquelles chaque individu, soutenu par la communauté :
          – A la possibilité de trouver matière, modèles et pensées pour étayer la construction permanente de sa singularité
          – Peut choisir (en se voyant octroyé les moyens d’acquérir les « compétences » adéquates) la façon dont il mettra sa singularité au service des communautés humaines et non humaines
          – Oeuvrant, enfin, à rendre le monde habitable pour et par sa singularité (oïkos particulier) et contribuant à le renouveler de façon à ce qu’il soit habitable par les multitudes de vivants en devenir (oïkos universel), vivra selon ses propres lois et participera à la création des lois de sa commune, de son pays, du monde, l’exercice du pouvoir ne devant jamais être confié de façon permanente à quiconque et ses abus devant être immédiatement sanctionnés
          Peut se réclamer de la gauche celui qui fonde sa singularité, ses actes, son discours sur ce type d’anthropologie et postule ainsi que seule ne peut avoir réellement de sens une vie :
          • Dans laquelle le corps n’est traversé (soumis ou mu) par aucune puissance exercée par ses pairs sans que l’individu ne se soit librement engagé à s’y soumettre, pour un temps défini, afin d’augmenter sa propre puissance (au sens entendu par Spinoza, telle que définie plus haut) ou celle des communautés humaines et non humaines.
          • Dont le désir est orienté par des lois librement choisies qui lui permettent d’affirmer sa puissance de façon à augmenter la puissance du vivant dans son ensemble
          • Dans laquelle chaque individu est libre de choisir ses appartenances (affectives) en fonction de ses déterminations propres, et qu’une appartenance n’est désirable que tant qu’elle s’autorise d’un système symbolique le plus vaste possible (où l’individu fait partie d’un ensemble liant entre elles de vastes formes de vie et de non-vie), non enfermant, autorisant la créativité, la diversité et le changement, tout autant que la permanence des affects, la « puissance » fondée sur une telle anthropologie étant elle-même fondée sur la qualité et la multiplicité des relations (puissance d’affecter et d’être affecté par un ensemble de relations participant de la jouissance d’exister)

    • #5866 Répondre
      Mu
      Invité

      Je me pose la question des déterminismes depuis très longtemps en l’abordant depuis les champs : psychanalytique, textes sacrés (bouddhisme, animisme, chrétien), social (relations de pouvoir)… et mon expérience à moi (j’ai très conscience des « circonstances favorables » qui m’ont forgées, et ressens très fortement dans mon corps, comme tout le monde, des expériences de liberté- de puissance en relation avec … autre chose). Il me semble que, dans la pratique analytique, nous faisons, comme Pascal, un certain pari: celui qu’au delà de tous les déterminismes, et malgré l’immense difficulté et improbabilité de la chose (ce serait, d’après Marie Balmary, une des interprétations possibles de la Genèse: une épreuve où nous est offert la possibilité « d’entrer dans la joie du maître » – maître entendu au sens de sortie, justement, de relation de soumission sans pour autant asservir autrui, cette épreuve étant si difficile qu’il y a très peu de chance pour que nous attrapions notre chance, car c’est le pari de Dieu, que nous pouvons tout de même la saisir), il est possible, et sans s’appuyer sur un autre déterminisme, de choisir un autre départ qui est un « oui » à quelque chose – quelque chose auquel tous les déterminismes (modernes en particulier) invitent à répondre, au mieux, par un « oui mais.. ». On est obligé de faire ce pari (que l’être humain peut dire « oui » à ce à quoi tout le portait à dire « non », qui lui permet d’embrasser pleinement son « destin » de singularité), sans quoi il n’y a aucun espoir (non pas de « guérison », mais de relation viable au réel à partir de tentatives de singularité), spécialement pour les psychotiques, hyper déterminés par des affects immensément puissants, menaçants, terribles.
      Dans mon expérience personnelle, je relie cette théorie à des expériences très précises qu’on appelle « plénitude »: dans un mode de vie (un éthos) où on tente (parce qu’on a fini par choisir, malgré soi, de se laisser guider (c’est le paradoxe) par son désir, où on s’abandonne à cette force qui nous meut sans savoir où ça nous mène) et bien dans ce mode de vie là peuvent parfois surgir des instants où le désir en quelque sorte aboutit, où on se dit que vraiment, là, c’est exactement cette chose là qu’on cherchait, précisément (c’est toujours dans une relation à quelque chose), où tout est à sa place: on est là, devant ce lac, parmi la brume, le vent et les derniers rayons de soleil, en train de se peler, avec cette lumière là qui nous regarde, et c’est une relation d’amour, elle nous regarde et nous laisse totalement libre de vivre quelque chose d’autre, l’instant d’après, on ne sait pas du tout quoi. Une sorte de liberté dans l’abandon à tous nos déterminismes (parce que j’aime cette montagne là précise, et que je ne peux être autrement que celle que je suis dans cet instant,baignée dans tout ce que j’aime) qui miraculeusement nous ont propulsé dans un instant où tout vibre en harmonie avec chacune de nos cellules. Ces instants là donnent la force de tenir bon dans ce mode de vie qui nous permet ensuite, lorsque les circonstances sont de nouveau favorables, de revivre cette intensité de relation. Donc, je crois dans cette possible liberté qui est « conditionnée » par l’abandon aux forces de nos déterminismes, et nous rend très vulnérables et très puissants à la fois. Dans mon expérience, il n’y a alors là plus de modalités de désir qui peuvent nous nuire ou nuire au corps social (bien qu’on puisse mourir de froid et de faim si on va trop loin, mais alors on est rattrapé par d’autres déterminismes que seuls les mystiques – les fous de Dieu de toutes traditions – dépassent). En écrivant ça, je me rends bien compte que ça sonne utopique, naïf et illuminé. Je l’écris quand-même. C’est un mode de vie très « primitif », qui rend naturellement, corporellement heureux au niveau cellulaire, tant qu’on ne rencontre pas de bourgeois zoutré par notre indignité, qui voudra au mieux nous rééduquer, au pire nous anéantir.
      Plus terre à terre, par rapport au déterminisme de classe. Freud raconte cette histoire où il a vu son père se faire humilier par un nazi qui le fit descendre du trottoir (le père portait l’étoile jaune). Il attribue à cette scène tout ce côté narcissique que ces détracteurs lui reprochent. Il raconte, avec son honnêteté habituelle, que ce qui l’a humilié n’est pas tant le geste de son père, mais la façon dont il a senti que son père lui-même, dans cet instant, s’était senti humilié. Je fais cette même hypothèse (à ne pas soumettre aux macronistes) par rapport à la condition sociale. Ma fille m’a récemment confié qu’elle n’avait jamais souffert de la modestie de mes ressources. Nous avons pourtant vécu pendant des années grâce au RSA. J’ai eu la chance d’avoir contracté des habitudes de résistance face aux humiliations de classe (grâce à des stratagèmes pas toujours louables comme le fait de mépriser les imbéciles qui se glorifient de leur soumission à un système d’accumulation de biens extorqués à leurs petits zôtres et inconnus lointains), de pouvoir vivre entourée de beauté, et d’échapper à l’oppression (du salariat entre autres). Je pense, comme Freud, que c’est une des principales raisons qui font qu’elle n’en a pas souffert, bien qu’elle n’ait jamais de vêtements de marque et autres insignes modernes de puissance. Il ne faut bien entendu pas trop répandre cette idée qui peut servir à justifier les vaseuses théories du mérite, du self made man, et de la « résilience ». Mais je crois qu’en dehors de la souffrance des humiliations réelles (limitation de nos puissances d’agir, privation des biens essentiels – dont ma fille n’a jamais manqué), garder conscience de notre dignité est possible (et très difficile, car le véritable enjeu des gens de pouvoir est justement de nous dépouiller de ce sentiment). Et que donc, CQFD, et malgré tous les obstacles matériels qui se présentent inévitablement dans ces situations, la résistance, propre au réel qui insiste, est une manifestation de cette liberté sur laquelle je renouvelle tous les jours mon pari

      • #5871 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Rien à ajouter à ce texte, comme toi Mu, j’essaye de faire ce même pari.
        Je rajouterais pour ma part que j’essaye de plus en plus, avec des échecs, des questionnements, de m’abandonner à Dieu.
        Mais cela n’est pas possible pour tout le monde, et certain.nes ne le souhaitent pas, et chacun est libre de croire ou de ne pas croire.
        La liberté est devenue un mot fourre tout, vide de sens, trop utilisés.
        La liberté au sens où Jésus l’entend n’a pas le même sens que ce que nous pouvons mettre derrière ce mot.

        • #5880 Répondre
          Claire N
          Invité

          Je ne sais pas Sarah G si on peut parler de liberté
          De croire , pour ma part je suis très curieuse lorsque je t’écoute ou que je rencontre des personnes croyantes, je trouve ça très beau et je vois bien que ces personnes en sont heureuses
          Ça me fait tellement plaisir de les voir comme ça
          Mais par contre même si je fais confiance à ces personnes parce que leur amour est « palpable « 
          Et que ça me donne envie de croire, je ne trouve pas .je peux juste me réjouir de les savoir heureux,
          Je crois en leur amour, j’ai confiance en eux et je pense que je les aime beaucoup pour ce qu’ils sont.

          • #5881 Répondre
            Sarah G
            Invité
            • #5892 Répondre
              Demi Habile
              Invité

              Un aspect de la totale liberté de Dieu se manifestant à travers le rêve est l’objectivité. Même
              s’il a l’air de regarder par nos yeux, jamais il ne prend partie, ni pour ni contre nous, ou pour ou
              contre quiconque. Il se borne à montrer les choses et les êtres tels qu’ils sont. (§23)
              Dire que l’objectivité est un aspect de la liberté signifie que celui qui est libre respecte la
              réalité et qu’il reste impartial, autrement dit respecte la justice. Celui qui est libre ne suit aucun
              caprice. L’exercice de la liberté n’est pas arbitraire.

              Cliquer pour accéder à GrothendieckLiberte2.pdf

              • #5894 Répondre
                Mu
                Invité

                Demi Habile, tu veux dire que Dieu, pour toi, est Lucidité? Ce que je peux comprendre. Par contre, dire que la liberté pousse à ne pas prendre parti, c’est pousser le bouchon à la source de façon à tarir la mare. C’est presque une insulte à tous les soulèvements de la terre qui ont permis toutes les émancipations du monde. La liberté c’est justement, à mon sens, le courage de prendre parti, de s’engager, même si on peut se tromper, et même si on a conscience que ce choix est déterminé – ça, c’est l’histoire de la Bagavah Gita. Même dans le bouddhisme, l’attention n’est pas équivalente à la neutralité. Puisque c’est une attention… aimante. Je suppose que je réduis ta pensée, que je t’ai mal compris?

                • #6002 Répondre
                  Demi Habile
                  Invité

                  Mu: Il est question de dire que celui qui est libre respecte la réalité et la justice donc je ne vois pas en quoi ça pourrait faire insulte à « tous les soulèvements de la terre qui ont permis toutes les émancipations du monde ».

                  • #6063 Répondre
                    Mu
                    Invité

                    Je te relis et je crois en effet que j’ai interprété ce que tu disais dans un sens réducteur. En fait, pour toi, être libre, c’est être libre de souci de soi, de préoccupation de soi, c’est ne pas se donner plus d’importance qu’à tout ce qui nous entoure? Si c’est ça, alors oui, il faut le regard de Dieu parce que le nôtre est quand même conditionné par NOS sens à nous. C’est de ça dont tu parles?

                    • #6214 Répondre
                      Demi Habile
                      Invité

                      « Dans un couple il y a toujours un troisième et qui s’appelle le phallus, qui est à la fois ce qui rassemble les deux et qui en même temps les sépare. »
                      https://www.freud-lacan.com/getpagedocument/29739?fbclid=IwAR2X5xnwP_VSvln3WwZehoBVpqXPHmnLFTdUw_Ac0wph9KHu-uII8_C1aA8
                      .
                      Est ce que cette petite idée de te parle? Je ne fais pas référence au contexte ni à ce que raconte ce vieux con, je parle juste de cette histoire de phallus qui fait séparation et lien en même temps? Parce que tu parles pas mal de psychanalyse et peut être que tu comprends en quoi la neutralité psychanalytique est subversive. Je veux dire qu’il n’y a pas de piège, j’essaye simplement de comprendre comment tu te représentes les choses pour avoir une chance de réussir à te faire envisager la mienne.

              • #5919 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Le Grothendieck dont ça parle dans le chat de l’heure du din avec ce bateau d’Aurélien ?
                hummmm mais dis donc, ça c cool.

                • #5920 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  *BARRAU 🤣

            • #5893 Répondre
              Mu
              Invité

              Sarah, je t’ai d’abord répondu un peu plus en bas (c’est la première fois que j’écris sur un forum, je ne « navigue »pas très habilement. Je viens de lire l’article. Je trouve très intéressant la liberté entendue au sens liberté de dire « Je », et la liberté relationnelle qui sort de la toute puissance. Et en effet, s’il y a un un Dieu des juifs -et des chrétiens, je pense que c’est celui qui a libéré le peuple de l’esclavage – du moins, c’est comme ça que se présente le monsieur, puisqu’il dit « Je suis Lesaigneur Tondieu, celui qui t’a libéré de l’esclavage ». Ce n’est donc, en effet, pas celui qui va nous en proposer un autre, d’esclavage, en nous interdisant d’aimer, de vivre etc… Ce serait celui qui nous dirait que celui qui veut vivre (et donc vire en relation avec d’autres êtres vivants), qui choisit la vie, il ne tuera pas, il ne voudra pas sans cesse s’accaparer la montre brillante de son petit suisse (parce que son désir est unique, singulier, et non du recopiage) etc etc… Je ne pensais pas que les discours de l’église avaient évolué à ce point. Je suis agréablement surprise

              • #5902 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Quand je parle d’abandon, c’est surtout dans ma relation entre moi et Dieu, d’un point de vue spirituel.
                Dieu nous veut libre, de l’aimer, de croire en son message ou non, cela n’empêche pas la lutte, les soulèvement, voir la théologie de la libération et la doctrine sociale de l’Eglise.

                • #5907 Répondre
                  Mu
                  Invité

                  Justement, Sarah, si tu crois en un Dieu réellement bon (je ne parle pas de mes croyances à moi mais de celles auxquelles tu sembles adhérer), je me questionne sur ce qui se passe – mais ce questionnement n’a peut-être rien à faire sur le sujet de la page et je ne sais pas si on peut, comme ça, dévier à ce point du sujet, je dévie donc infiniment, pardon aux athées, matérialistes et amoureux du rationalisme qui échouent dans la discussion. Parce que bon, si j’ai un amant en qui j’ai toute confiance, je n’ai aucun problème à m’y abandonner. Si je ne m’abandonne pas à lui, c’est soit que j’ai la mémoire d’amants beaucoup moins bons, soit qu’au fond, il y a des choses que je lui reproche (peut-être à juste titre)… et donc que : soit je dois régler certains petits trucs avec lui (lui dire que sa position sur tel et tel sujet m’agace profondément, que je lui en veux de m’avoir laissée tomber dans telle situation où j’aurais aimé être entendue, que sa passion pour les choux fleurs finit par entamer mon attraction érotique etc…), soit que je ferais mieux carrément de changer d’amant. Dans ce cas, de regarder si j’adhère réellement à tel et tel attribut de Dieu, avec qui j’ai le droit (c’est écrit) d’entamer une discussion sur le sujet, voir de l’engueuler (c’est permis)

                  • #5908 Répondre
                    Sarah G
                    Invité

                    Oui on peut tout dire et confier à Dieu, même tout ce qui nous heurte, blesse, nous fait mal, offrir à Dieu toute nos blessures, nos souffrances physiques et morale, nos colères.
                    Après je t’avoue que l’on ne le fait pas toujours, par omission et manque de temps, par manque d’habitude aussi.
                    Après j’ai dit que j’essayais de plus en plus de m’abandonner à Dieu, je n’ai pas dit que c’était déjà fait.

                    • #5909 Répondre
                      Mu
                      Invité

                      J’étais justement en train de revenir sur ce que je te disais, en pensant que je t’avais mal entendue et que j’étais en passe de faire une crise de mauvaise foi: je crois que tu parles de la difficulté à accepter le tragique de la condition humaine, et alors, oui, c’est très difficile, et tout à fait sain de ne pas être tout le temps dans l’acceptation. Mais que justement, c’est cette difficulté qui nous pousse, entre autres, à créer, à entrer en relation etc… Parce qu’on est nombreux (quelques milliards) à être confrontés à cette difficulté et très nombreux aussi (quelques milliards) à la fuir, et à inventer toutes sortes de stratagèmes plus ou moins honorables pour la fuir, la nier, l’oublier, la transformer, en jouir etc…

                      • #5912 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Oui, tout à fait.
                        Mais on peut aussi confier à Dieu, pas uniquement nos peines et souffrances mais tout ce que l’on vit, tout ce qui nous rend et donne de la joie, de l’émerveillement, la surprise, la curiosité etc
                        Et tout vivre avec la grâce de Dieu, avec Dieu.
                        Car pour moi Dieu est Amour.
                        Donc tout est grâce.
                        Et entrer et être pleinement dans la joie, dans la vie,
                        Donc être aussi dans la lutte et dans l’action, quand le vivant au sens le plus large possible est malmené.
                        Donc refus du fatalisme et de la résignation.

                      • #5913 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Après, même en ayant la foi, rien n’est facile et simple.
                        Si tu veux que l’on prolonge cette discussion.
                        Voici mon mail : sarah2375.sg@gmail.com

        • #5889 Répondre
          Carpentier
          Invité

          D’où l’importance de préciser: pour l’instant et ici, toi, tu dis liberté de croire ou pas là où moi, via Galluzzo, j’amène en bas de cette page et dans le topic 2 du forum général un lien lundimatin à propos du mythe de la liberté d’entreprendre.
          Où on passe, entre autre, par le rêve américain comme, peut-être, tu l’imagines bien.
          Sans parler de l’ami dont on aura pas la liberté de penser.

        • #5890 Répondre
          Mu
          Invité

          Je ne sais pas si on peut faire l’effort de s’abandonner à Dieu et c’est rigolo que tu entendes mon texte comme ça, je ne pensais pas avoir parlé directement de ça (ça s’est exprimé un peu malgré moi).
          L’abandon est plus un truc en rapport, pour moi, à la vastitude qu’à la foi au sens strict. Je trouve toujours délicat l’effort de s’abandonner à Dieu parce que, sans le faire exprès, on peut alors renoncer, comme un dommage collatéral, à lutter contre l’oppression, dans des moments où justement, il le faudrait. L’effort consisterait alors peut-être à savoir quand s’abandonner, et quand lutter. Quand je parle d’abandon, c’est plus dans le sens d’une jouissance: j’ai beaucoup de mal à m’abandonner dans des circonstances hostiles, et ce n’est d’ailleurs pas souhaitable. On ne s’abandonne que dans les bras d’un amant, que ce soit un amant humain, animal, végétal, divin, un élément etc… Aussi, si on ne parvient pas à s’abandonner dans ces moments, c’est peut-être parce qu’on a le souvenir, dans son corps, de certains moments où l’autre a profité de notre « innocence » de façon pas très sympathique pour nous. Si on ne parvient pas à s’abandonner dans d’autres circonstance et bien, c’est que ce n’est pas le moment de s’abandonner, mais de lutter. entre les deux, il y a toutes les nuances de la relation

    • #5873 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Toutes les déterminations ne sont pas économiques
      Je suis autant déterminé par mon foie que par ma classe.
      Ce que tu appelles liberté est une conjonction singulière de déterminations – sur laquelle tu pourrais t’interroger. Comment se fait il que tu aies vécu ainsi ? D’où te vient ce que tu appelles dignité? En l’état tu dis que la dignité tombe du ciel. Je ne l’exclus pas, mais alors nous expédions le sujet.
      Ton beau texte abstrait finit là où j’aurais aimé qu’il commençât.

      • #5886 Répondre
        Mu
        Invité

        Oui, bien sûr, je savais bien que c’était tout à fait insuffisant. Je fais un petit détour. L’expérience (la mienne, donc, analysée pendant 15 ans sur un divan, et depuis encore et encore grâce aux rencontres, spécialement celles avec l’agressivité bourgeoise que je me prends régulièrement et très méchamment dans la gueule) me donne à penser que, s’il y a un déterminisme des déterminismes, ce serait du côté de la relation à ce que Freud appelait le surmoi, très puissant chez les bourgeois, même s’il n’y paraît pas, puisqu’aux temps modernes, les nouvelles injonctions sont plus de l’ordre du « Jouis! » que de celles du « Ne jouis pas! ». D’où leur relation au « mérite » très perverse. J’ajoute que je crois également, contrairement à Lordon (que j’aime énormément beaucoup) à une valeur des valeurs: la néguentropie théorisée par Stiegler (pas avec un petit « a » comme il a fini par l’écrire) tout en ajoutant que cette valeur des valeurs (j’y crois au sens hiérarchique comme ce qui ordonne) est à choisir, qu’elle ne flotte pas dans le ciel, prête à nous tomber dessus.
        Ce sont mes fondamentaux, et c’est à partir de là que je pense.
        De plus, comme beaucoup de gens qui pensent ce qu’ils pensent, j’insiste sur là où je pêche le plus: je pars d’une espèce de maladie de la dignité que j’avais contractée dans mon enfance, où je pensais que tout le monde était respectable, sauf moi qui ne comprenais rien à rien, espèce de débile que j’étais. Encore aujourd’hui, donc, je me bats tous les jours pour la garder cette dignité, d’autant que je cumule les attributs du déchet social (RSA, artiste qui aime ne rien foutre, femme, poète – non publié donc raté, sans mari – mangeuse d’hommes, anarcho-communiste, anti-capitaliste…. et heureuse avec ça, ce qui est le comble du comble car ils nous tolèrent si on pleurniche et qu’ils peuvent nous tendre un petit sou avec un air très complaisant tout en pensant « bien fait pour eux, ces fainéants irresponsables!) La conscience de la dignité n’est pas du tout un truc que j’ai acquis, c’est une conscience pour laquelle je ne cesse de me battre. J’en suis, par la psychanalyse, arrivée en moi à ce point où je me rends compte de ce choix inconscient qui ne cesse de se présenter à nous, à chaque rencontre avec la méchanceté, et fait que quelque chose peut « céder » en nous, et nous ramener sous l’oeil de ce surmoi qui, lui, nous rappelle bien que nous sommes indignes. Ma détermination première, ce sont les crises de ma mère – qui me terrorisait (elle pouvait dans certains moments hurler, les yeux rouges exorbités, qu’elle « allait la tuer, cette gamine », entre autres petits mots charmants et doux gestes d’amour). Parce que justement, malgré la conscience, à cette époque, de mon indignité, je ne cédais pas aux injonctions du surmoi. J’ai remarqué que les gens soumis au surmoi ne supportent pas de voir quelqu’un qui ne l’est pas (c’est là que toute ma démonstration s’effondre et que tout le monde se dit: « ah, c’est pour ça, ben voilà, tout s’explique mais en fait, quand on regarde un peu plus loin que le jupon de sa maman… »). Cette espèce de liberté « insolente » (parce que parfois très joyeuse, parfois réellement et gravement triste) est insupportable au monde du mérite, valeur du surmoi du monde bourgeois. La question, donc, serait: qu’est-ce qui fait qu’une personne résiste, qu’il y a, comme dirait Foucault s’il avait bu la potion magique de Lacan, un réel qui insiste et ne peut faire autrement qu’insister (la résistance est secondaire, et non pas révolte contre la prise de pouvoir – des surmois), et qu’une autre cède. C’est ça, la question, pour moi.
        Pour revenir à la question, je ne pense donc pas du tout que la dignité nous tombe du ciel. Je dis qu’il est possible de lutter pour se dresser dans une dignité qui ne repose pas sur des attributs, et que cette dignité se trouve lorsque, en raison d’une possible constitution favorable (c’est une hypothèse, parce que c’est là LA question, celle du réel qui parvient à insister malgré tout) , on parvient à se laisser porter par ce qui, en nous, depuis toujours, meurt d’envie de dire « oui » à ce réel – et non à tout ce qui l’opprime.
        J’ai plein d’autres déterminismes: mes parents ont viré bourgeois, ayant profité de circonstances sociales qui les ont fait profs et disciples du mérite, je me suis barrée à 18 ans pour vivre dans la misère, sachant ce que je ne voulais plus sans savoir ce que je voulais, je suis hypersensible et HP comme disent les psys (du moins dans certains moments…), j’ai eu un grand père qui tenait la route, immigré espagnol qui travaillait la terre et m’a permis, justement, des échappées au contrôle parental et à la tyrannie maternelle, j’ai rencontré sur ma route des gens extraordinaires qui m’ont petit à petit tiré de ma misère psychologique et… habituée de l’humiliation que j’étais, je n’ai jamais cédé, en acte, aux injonctions de toutes sortes. Ce qui m’a menée là où je suis, à pourvoir vivre tous les étés à flâner dans les montagnes en bouffant des orties, les orties ayant la vertu de dessiller les yeux sur la totale folie du monde, avant de redescendre, l’hiver venu, m’en prendre de nouveau plein la gueule au milieu de la violence idéologique et sociale d’un monde très invasif. Contre lequel je lutte par tous les moyens, surtout par mes hommages à la beauté.
        Voilà mes déterminismes, et les raisons de mon pari, qui ont fait que je ne suis pas morte psychologiquement (parce que c’est tout de même ça qui est en jeu, dans l’histoire, en plus de la souffrance des corps – car il est très supportable de se peler sous une tente à 3000 m d’altitude, mais très douloureux de se peler, même un peu moins, sur le trottoir d’une petite ruelle, si sympathique soit-elle)

        • #5911 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          « en raison d’une possible constitution favorable (c’est une hypothèse, parce que c’est là LA question, celle du réel qui parvient à insister malgré tout) , on parvient à se laisser porter par ce qui, en nous, depuis toujours, meurt d’envie de dire “oui” à ce réel – et non à tout ce qui l’opprime. »
          Oui, c’est bien une affaire de constitution. Cette constitution est elle formée elle-même? – normalement la constitution s’est constituée.

          En tout cas c’est en ce sens que je dirais que le moment du pari n’est pas le moment décisif. Comme dit l’inventeur du pari lui même : tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais déjà trouvé. Je ne cherche pas Dieu si je ne l’ai pas déjà en moi. Si je parie sur la foi c’est que j’ai déjà la foi. Quand je parie sur la résistance, c’est que quelque chose résiste déjà en moi. C’est que j’ai déjà la force de résister. Ce qui nous ramène à la constitution. Au bois dont on est fait.

          • #5929 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            N’oublions jamais que la foi confine à la bêtise puisqu’elle consiste affirmer des choses comme vraies sans qu’elles ne soient vérifiées et validées par l’expérience et la réalité.

          • #5931 Répondre
            Mu
            Invité

            Alors ce que tu entends pas déterminisme, à ce niveau là, serait l’inné? Je suis venue discuter ici, et je te remercie mille milliards de fois pour cet échange, c’est en raison de ce que je t’ai entendu dire sur une de tes histoires, où une femme de Mai 68, soudainement, a décidé que « Ca -l’oppression, elle n’en voulait plus ». C’est tellement beau, c’est tellement vrai: et on ne peut plus faire marche arrière, sauf sous la torture ou autre situation extrême ou d’épuisement. En même temps, on sent le danger qui nous guette, comme un monstre prêt à nous dévorer si jamais on cédait – on sent bien que rien n’est acquis. Tu fais une histoire qui pourrait être interprétée comme l’histoire de déterminismes qui viennent saper d’autres déterminismes. Et moi, je dirais que les déterminismes de sape ne sont pas du même ordre: ce sont des évènements, au sens le plus noble du terme. Des fractures, des rencontres de gens (vivants ou morts, la lecture, ça fonctionne aussi) qui sont devenus amis de la fracture, de la faille. Le réel qui insiste, et bien c’est sa nature d’insister, ça ne nous appartient pas, ce n’est pas au niveau individuel, c’est comme une loi de la vie (au sens physique du terme). Mais que finalement, on se laisse emporter par cet élan, ça, ce qui tout à coup fait qu’une personne, soumise jusque là, tout à coup n’y va plus, à l’usine ou ailleurs, ça semble tellement improbable… Je disais sûrement une bêtise en disant qu’on cultive une habitude. Certes oui, on prend l’habitude de se soumettre ou pas, ce qui rend un peu plus plus aisé, au fil du temps, de résister, mais le mystère de cette femme, justement, c’est qu’elle, elle n’avait pas cultivé cette habitude (elle l’a peut-être fait par la suite?). C’est comme si tout à coup, l’amour du réel porté par une personne faisait écho au réel en elle, c’est une rencontre, ça la propulse ailleurs. C’est une sorte de brisure des déterminismes, presque traumatisante (sidérante dirait Alain-Didier Weil, élève de Lacan qui a travaillé sur la pulsion invocante). La rencontre, donc, avec ce qu’il appelle un « signifiant sidérant ». Ce qui revient à la question, y compris celle de Sarah je crois: tout le monde ne se laisse pas sidérer, pourquoi? Je ne sais honnêtement pas si on peut répondre à cette question sans spéculer indéfiniment, si la question n’est pas vouée à, justement, nous sidérer… Facile, fin de la discussion, pirouette gnaf gnaf.

            • #5935 Répondre
              Mu
              Invité

              Plus sérieusement, justement, Alan Didier Weil donne une piste dans « Un mystère plus lointain que l’inconscient ». Il parle de l’insistance du signifiant sidérant qui revient sans cesse se présenter dans plein de situations, signifiant que les névrosés empaquettent dans un troubillon destiné à faire passer la pilule tout en l’oubliant. Alors se présente le surmoi féroce, comme le patron qui se présente diligemment pour, comme disait la Boétie je crois, diriger l’embarcation. Toujours ce même problème: qu’est-ce qui fait qu’à un moment, un individu, soudainement, va enfin dire « oui » au réel? C’est là, je crois, qu’on peut supposer une liberté, c’est là un pari qui n’a rien d’extra ordinaire puisqu’en effet, tout le monde est habité par les mêmes forces de vie et de mort, qui sont déjà là. Une prédisposition (acquise et non innée) à résister à la sidération (résister au réel qui est la puissance de résister à l’oppression) serait peut-être à chercher dans le rapport à ce que Freud appelle les « jouissances secondaires » et donc, retour aux conditions matérielles: si sur ce refus de la sidération, on a construit des cathédrales et des fauteuils super confortables, ce sera peut-être plus difficile d’y renoncer que si on est sans un sou. Même raisonnement pour la construction d’une individualité hyper narcissique. Je tourne en rond, merde, je tourne en rond. La psychanalyse a des hypothèses sur qui conditionne la puissance d’un surmoi « constitutionnel »(comme le matérialisme historique a étudié les systèmes de domination). C’est plus facile à aborder dans ce sens, du conditionnement de l’entrave. Demeure l’espoir et le pari que tout peut exploser à tout moment (sachant qu’il y a très peu d’espoir pour certaines personnes, il ne faut pas déconner, on n’est hélas pas tous égaux, surtout en vieillissant, certains sont devenus imperméables, par habitude -bourgeoise dans nos sociétés- contractée et contamination de groupe). Deuxième pirouette pittoresque.

              • #5937 Répondre
                Mu
                Invité

                Je reviens par frustration parce que j’ai peur de boucher quelque chose qui doit rester ouvert, d’exercer une emprise très mal venue: en vérité, je pense que cette histoire de sidération fait partie de ces choses insaisissables qui font le mystère de la vie, et qu’on ne peut pas savoir, justement, ce qui fait qu’à un moment, bim, tout explose. ce qui fait que cette fois, on s’est laissé faire. C’est comme le réel, son intrusion dans la vie d’une personne. Je crois bien qu’on ne peut pas savoir, ce qui ne veut pas dire qu’on ne sait pas parce qu’on n’a pas idée de tous les déterminismes, (y compris des planètes et du papillon à l’autre bout de l’autre univers). Non, c’est pour ça que je fais le pari de la liberté, parce que j’observe, en effet, ce réel à l’oeuvre, jaillissant, surprenant, tout à fait imprévisible, qui est l’ennemi numéro un de la bourgeoise, sauf quand elle le transforme en arme par la disruption libérale, en refusant l’alternance avec les phases de stabilisation et de signifiance – elle en fait d’autres usages tout aussi pourris. Parce que le réel, justement, doit être tissé inlassablement pour faire sens, oeuvre d’art. Sans quoi il devient mortifère, comme le serait une révolution permanente

                • #5938 Répondre
                  Mu
                  Invité

                  En parlant de tissage, Lacan parlait des noeuds du symbolique, réel et imaginaire. Le réel jaillit sans cesse, et l’appel du signifiant est ce qui permet de le prendre en charge, ce qui dit « Il y a du sens possible ». L’imaginaire, ce serait ce travail qu’on fait, faire mille petites choses, mille petits mots, avec ce désir de désidération qui survient après la sidération. Si il y a trop de sens, un sens figé, si c’est ça qui nous est transmis, alors soit le réel se rebelle et s’empuissante, soit il s’étouffe. Si il n’y a pas assez de sens, c’est la panique totale. Dans tous les cas, peu importe ce qui se passe, dans la transmission du langage, de la culture, se joue le rapport « primitif » au réel et à la signifiance, qui peut-être conditionne une certaine perméabilité à ce qui vient remettre en question la toute puissance des injonctions sociales et autres petits récits collectifs. Ca parait théorique, mais c’est très concret. J’arrête d’envahir tout l’espace, promis

    • #5879 Répondre
      Carpentier
      Invité

      benh tiens, encore à l’écoute d’Anthony Galluzzo chez lundimatin, invité pour son livre Le mythe de l’entrepreneur, je me dis que ça pourrait bien nourrir ce topic, ici, déconstruction de la liberté d’entreprendre, même ’ parti de rien ’, et c’est bien nourrissant (voir lien partagé dans le forum principal/2e juste après le podcast chez radio octopus ’ ya pas que l’apero’.

      • #5891 Répondre
        Mao
        Invité

        Excellent bouquin de l’excellent Anthony Galluzzo édité par l’excellent Grégoire Chamayou.. Je recommande.

      • #5905 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Oui en effet c’est très bien cette vidéo pour nourrir notre réflexion, nos pensées pour ce topic.
        Je te remercie pour ce partage Carpentier

      • #5918 Répondre
        LaPierre
        Invité

        Très intéressant oui, le mythe de l’entrepreneur qui surpasse ses déterminations pour s’élever étant si populaire, c’est important de voir comment même ces « sucess story » sont elles-mêmes déterminés, merci pour le partage !

    • #5921 Répondre
      Eric Legal
      Invité

      Un peu de psychosociologie (ça existe ce mot ?! 😅).
      Mère RPR + Père facho = moi anarchiste libertaire.
      Aucun déterminisme apparent et pourtant.
      Balloté de l’un à l’autre durant toute mon enfance, à l’adolescence j’ai ressenti un « fuck you all ».
      J’ai projeté sur le monde mon mal être et fantasmé la chute de l’empire humain.
      J’ai grandi, j’ai compris que l’éducation merdique que j’ai reçue m’a certes fait passer pas loin de la démence, mais permis de tout remettre en question. Je ne comprenais pas ma répulsion viscérale de l’éducation nationale, du monde de l’entreprise, de la pub, etc. Je comprends mieux aujourd’hui. J’ai été déterminé à foutre le sac par ma pensée subversive. Inchallah 🙏

      • #5936 Répondre
        riviere
        Invité

        Merci Eric Legal, mais, si ce n’est pas indiscret, d’où est venue ta pensée subversive ?
        Je ne me qualifierais pas de subversive, mais toute la subversion dont j’ai été capable, il me semble que je l’ai vue chez d’autres êtres de mon entourage, je n’ai fait que reproduire ce que j’ai vu. Les idées sont venues ensuite, en lisant etc mais c’est plus pour moi une consolation que le fondement d’une quelconque action, et la consolation est un plaisir.

    • #5992 Répondre
      Mu
      Invité

      La question de base pourrait peut-être être posée de la façon suivant: qu’est-ce qui fait qu’une personne refuse d’entrer dans le jeu des systèmes de pouvoir (de le prendre ou de se laisser dominer), est répugnée par l’idée de mérite, et se sent proche de tous ses prochains, orties et lombrics compris?
      Donc refuse d’adhérer aux récits collectifs, puisque, dans la plupart des cultures (plus spécialement dans la nôtre grâce au capitalisme, mais ce n’est qu’une question de degré et de bêtise: même si la plupart des sociétés « primitives » ont des fonctionnement qui empêchent l’accumulation de biens au lieu de le favoriser, la plupart ont aussi des systèmes de domination, ne serait-ce que ceux des hommes sur les femmes – qui peuvent s’accumuler pour le chef, ce qui en fait des sociétés beaucoup beaucoup moins pires, mais où pourrait se poser la même question), on trouve donc des systèmes de domination, des récits qui les justifie, et une relative indifférence pour le sort des êtres dont le système de pensée (vachement plus englobant pour les peuples primitifs, donc l’indifférence est n’est pas aussi répandue que chez nous) justifie le mépris.
      Dans l’expérience d’Eric comme dans la mienne, on trouve une rébellion contre le déterminisme familial. Je me demande, si, dans le cas où ma mère aurait été aimante et mon père moins indifférent à mon sort, j’aurais accepté leurs idées de droite. Il me semble en effet que la relation affective à notre milieu de base conditionne notre orientation « politique » d’enfant (de moins en moins aujourd’hui car la politique néolibérale a détruit l’école de façon à infuser les cerveaux dès leur plus jeune âge): le rapport aux pouvoirs, à sa justification idéologique, et la valorisation ou non des relations. On aura peut-être tendance à adopter celle de nos parents si on les aime et réciproquement. Ensuite, le social prenant plus de place et les rencontres et situations venant nous percuter, se posera la question de notre capacité à remettre en cause nos déterminismes: on voit bien, là, qu’il semble plus facile à ceux qui ont premièrement remis en cause le système familial de se dépatouiller avec les récits collectifs. Bien qu’une éducation réellement aimante offre justement à l’individu la possibilité d’explorer toutes les facettes de sa singularité, et donc de changer de bord.
      D’où peut-être, en tout cas, le fait que nous soyons minoritaires. Ce raisonnement est caricatural: un individu peut être affectivement hyper « affectable » parce qu’il a été baigné dans un milieu très aimant, ou parce que, justement, il connait le manque d’amour. Même dans un milieu aimant de droite (ça existe, j’en ai côtoyé par le biais d’enfants que j’ai eu l’honneur de pervertir à la cause), un enfant ainsi disposé affectivement aura de fortes chances, partant de sa sensibilité, de remettre en cause les autres prédicats de droite (l’adhérence aux systèmes de pouvoir et ses justifications). On voit tout de même, en pensant de cette façon, la difficulté de remettre en cause un système de pensée dominant et la conjoncture de déterminismes affectifs, familiaux, sociaux etc… qu’il faut pour être de gauche. Nous sommes donc, camarades minoritaires, bénis des dieux

      • #5996 Répondre
        Mu
        Invité

        Petit exemple super intéressant à l’appui de mes supputations: ma fille, tiraillée entre mes parents (qui éprouvent toujours un profond mépris affiché pour ma personne et mes idées « extrémistes ») et sa maman, a commencé , vers 5-6 ans, à se conformer à l’image que ses grands-parents attendaient d’elle, ce qui, entre autres petits bénéfices, lui permettait de mieux s’adapter à l’école (à ses relations aux autres, plus précisément). La raison est que, par amour pour elle, je la laissais expérimenter ce que bon lui semblait (bien que ce soit difficile pour moi…) tandis qu’elle sentait bien que, pour garder l’amour de son papi et sa mamie, elle avait intérêt à « se comporter ». Ca a duré jusqu’à ce qu’elle découvre, à l’école, la section Humanité littérature et philosophie, avec un super prof de philo. C’est là quelle a basculé complètement à gauche et tient bon, en ce moment même, dans une fac de psycho envahie par la psychologie positive, qui est une véritable plaie au service de l’adaptation – elle fait de l’infiltration et étudie les meilleurs moyens de les démonter. A 18 ans donc, elle m’a avoué qu’au fond d’elle, « elle avait toujours su »…que j’avais raison. Hip hip hip hourra, cétipabo?

        • #5997 Répondre
          Mu
          Invité

          Mon hypothèse est donc, au final, la suivante: il y a une conjoncture infinie de gros et petits déterminismes (tout nous affecte), mais absolument aucun moyen de savoir comment un individu va réagir face à ces déterminismes (à moins qu’il ne finisse comme un coquillage, plein de concrétions béatement accumulées, ce qui pourrait définir la crétinerie): là, dans cet intervalle psychologique (le bardo des tibétains) réside la liberté sur laquelle je parie, comme le Dieu des juifs le parie lorsque le prophète est convoqué à répondre à la question « Où es-tu? », dans une extrême solitude et une grande angoisse – là où justement, le prophète, lui, parvient à répondre « Me voici »

          • #6060 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            Ce forum est de plus en plus un repaire de mystiques.

            • #6062 Répondre
              Ostros
              Invité

              Tu ferais mieux de te barrer maintenant du coup.

              • #6065 Répondre
                diegomaradona
                Invité

                Pourquoi ? c’est un spectacle fascinant

                • #6128 Répondre
                  Mu
                  Invité

                  Diegomaradona, tu viens nous regarder exposer nos façon de jouir de la vie, tu nous regarde d’un lieu signifiant que tu n’y prends pas part, puis tu te montres pour affirmer nous avoir vus et que notre mode de jouir est « fascinant »: tu dis donc que ça te fait jouir de nous voir jouir de façon débile? Petit voyou, ce que tu fais s’appelle « objectivement » du voyeurisme

                  • #6222 Répondre
                    diegomaradona
                    Invité

                    Si exposer ses états d’âme sur un forum consiste pour toi à jouir de la vie, il semble que tu as une conception de la jouissance bien singulière.
                    Par ailleurs ton analyse ne vaut rien puisque j’ai déjà participé à bon nombre de discussions sur ce forum. Il n’ y a donc point de voyeurisme, d’autant que j’ai déjà expliqué que ma démarche ici était de nature anthropologique
                    Enfin, le concept même de voyeurisme tel que tu sembles (te) le représenter ne correspond pas du tout à celui défini classiquement en psychiatrie. Il va falloir que tu travailles un peu le sujet si tu veux que tes propos acquièrent ne serait-ce qu’un semblant de crédibilité.

                    • #6295 Répondre
                      Christophe M
                      Invité

                      Ta démarche n’a rien d’anthropologique ; un anthropologue ne s’impose pas dans la communauté qu’il souhaite observer et il ne juge pas les membres de cette communauté. La démarche anthropologique ne consiste pas à déverser des avis péremptoires et insultants à partir de quelques lignes sur forum. Tes prétentions scientifiques sont pénibles ; si tu es si fort que ça, dis nous où est-ce que tu publies, qu’on se fasse un avis.

                      • #6809 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        La nature anthropologique de ma démarche ne l’épuise pas, elle est ça et autre chose aussi, ainsi je relève également des incohérences et absurdités postées sur ce forum. Dire qu’elle n’a rien d’anthropologique est donc faux. Il n’y a par ailleurs aucun propos insultants, juste des constatations factuelles. Si tu te sens insulté par la réalité des choses je n’y peux rien.
                        Par ailleurs, pas besoin d’aller jusqu’à des publications scientifiques, tu n’as qu’à reprendre mes différents posts pour te faire un avis et me dire où sont les erreurs si tu ne me trouves pas « si fort que ça ». Mais peut-être préfères-tu rester dans le ressentiment plutôt que dans la discussion de fond ?

                      • #6813 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Diego,
                        Je ne suis pas opposé à ce que nous utilisions Chat Gpt pour rédiger nos posts, mais je crois qu’ il serait souhaitable que nous le signalions à chaque fois que c’est le cas.

                      • #6820 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        C’est un conseil de Chat Gpt ?

            • #6066 Répondre
              Sarah G
              Invité

              oui il y en a, mais il n’y a pas que des personnes mystiques, il y a aussi des gens qui n’ont aucune spiritualité, il y a toutes les sensibilités.
              Et même toi, tu viens de temps en temps par ici
              Bon après si cela te dérange vraiment beaucoup tu n’est pas obligé de rester.
              Il faut juste se respecter et respecter la spiritualité de chacun, c’est tout.

              • #6068 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Et puis spiritualité ne veut pas dire être contre la science.
                Foi et raison, cela doit aller ensemble.

                • #6081 Répondre
                  diegomaradona
                  Invité

                  Par son principe même la foi confine à la bêtise. Et rien n’est plus opposé à la méthode scientifique que la foi.
                  Ce n’est en rien un manque de respect que de souligner ces faits.

                  • #6230 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Ce que Sarah expose n’est pas faux , les deux peuvent coexister chez une même personne
                    C’est un fait, la question est pourquoi et si tu estime qu’il s’agit de bêtise tu peux mais ça c’est une croyance
                    Cela n’invalide pas forcément leur raisonnement
                    Scientifique

                    • #6255 Répondre
                      diegomaradona
                      Invité

                      Tu ne comprends manifestement pas mes propos. On peut très bien raisonner à partir de fausses prémisses, ce faisant on ne pourra aboutir qu’à des conclusions oiseuses au regard de la réalité. L’histoire de la théologie est là pour en témoigner. La foi, par son principe même qui est de ne pas remettre en causes ses postulats de départ, contrairement à la science, ne peut donc que confiner à la bêtise.

                      • #6259 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Donc si je suis ton raisonnement, j’ai la foi, donc je suis une personne qui est bête ou devient bête, sans intelligence puisque j’ai la foi.
                        C’est bien cela ?

                      • #6266 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Donc tu mets dans quelle catégorie des écrivains et penseurs qui avaient aussi la foi, étaient-ils confinés dans la bêtise ?.
                        Je pense à Jacques Ellul, Simone Weil, Bernanos etc etc

                      • #6268 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Et de Blaise Pascal, Albert Einstein, Copernic.
                        Avicenne, les savants arabes au Moyen âge.

                      • #6269 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Si tu t’ancres dans cette voie, Sarah G, je crains fort un épuisement rapide, n’oublie pas les besoins en forces vitales Camarade.

                      • #6270 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Oui c’est vrai.
                        Merci Camarade

                      • #6292 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Non ce n’est pas cela. Tes raisonnements simplistes ne sont que travestissements de mes propos.
                        Par ailleurs il a du t’échappé qu’Einstein faisait de la science et pas de la théologie. Pourquoi a ton avis ?
                        En indice voici une citation d’Einstein tirée d’une lettre à Eric Gutkind : « Le mot Dieu n’est pour moi rien de plus que l’expression et le produit des faiblesses humaines, la Bible un recueil de légendes, certes honorables mais primitives qui sont néanmoins assez puériles. Aucune interprétation, aussi subtile soit-elle, ne peut selon moi changer cela « .

                      • #6274 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui c’est vrai , la science à la possibilité parfois de remettre en cause ses postulats de départ, mais d’où viennent ces postulats ?

                      • #6821 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Surement pas de croyances mystiques ou autres inepties religieuses.

                      • #6831 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Peut-être, mais tu vas pas exploser si tu tentes
                        Une hypothèse sur cette question.

                      • #6843 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Il n’y a pas besoin d’hypothèse. Ils proviennent factuellement de la réflexion de ceux qui les postulent. Crois-tu voir du « mystère » là où il n’y en a aucun ?

          • #6067 Répondre
            Claire N
            Invité

            Me voici vivant c’est le sens ?
            Moi j’avais retenu un texte qui d’ailleurs
            M’avais fait pensé au film la montagne (enfin sa description parce que pas encore vu
            Quand le prophète demande à voir Dieu , il le place dans une fissure de la montagne et lui explique qu’il ne peut le voir que de dos ( pour son bien je crois) quand le prophète descend de la montagne il est luminescent
            Ça me fait penser à l’endroit où on se place quand on a notion des determinismes

            • #6069 Répondre
              Claire N
              Invité

              Enfin j’imagine, parce que je suis loin d’en être là

              • #6842 Répondre
                Mu
                Invité

                Claire, je sais que ce n’est pas le sujet ici, et qu’en plus ça risque d’attirer les foudres de quelques grognons, mais puisque plus personne ne semble s’intéresser à ce topique, je me permets de te répondre, un peu tard parce que je viens juste de saisir comment les choses s’ordonnent chronologiquement ici…
                Donc, profitons d’un lieu relativement inadéquat pour jubiler de ce sujet qui, au milieu d’un monde de plus en plus loufoque, violent, agressif, et de moins en moins rigolo, peut encore nous apporter de grandes grandes joies.
                Je n’ai pas vu le film dont tu parles mais je pense que tu as bien saisi la sidération dont parle Alain Didier Weil: c’est en effet la raison pour laquelle, pour son bien, le prophète ne peut regarder Dieu en face. La littérature juive mentionne d’autres histoires où Dieu se serait montré et où « l’ami » (ce qui est le sens de « soufi ») serait redescendu de la montagne avec les cheveux tout blancs. La sidération peut en effet être trop puissante. Elle peut également ouvrir sur l’émerveillement, l’extase et toutes ces petites choses que certains esprits critiques trouvent bien plus irrationnelles et inacceptables que tout le processus soigneusement caché, socialement normé (de nos jours) et non moins rationnel qui les conduit personnellement à l’orgasme, la sexualité étant bien moins tabou que l’amour (ce qui réjouira Sarah G si par un heureux zazard, elle échoue ici). Bref.
                Je ne suis pas certaine d’avoir saisi le rapport avec le « Je suis vivant » mais comme tout ceci apporte en effet, dans toutes les cellules, une grande bouffée de « vivant », j’imagine que c’est ce que cela t’a évoqué.
                Quant à la position dans laquelle on se place lorsqu’on observe quelques déterminismes, c’est je crois un autre genre de sidération. Plus proche de la méditation bouddhiste. On peut, par là, en effet, si on pousse le processus assez loin, se placer à la limite du « JE » existe ou du « si je n’avais jamais existé » qui engendre une sorte de bugg dans l’esprit, qui conduit momentanément à une dépersonnalisation (très agréable), à nous libérer du poids que l’on peut être pour nous-même (et les autres accessoirement…)
                Mais il n’y a pas nécessairement d’altérité dans ce processus (il peut mais ce n’est pas une conséquence directe). C’est une grande différence entre les traditions orientales et judéo-chrétiennes – qui peuvent par ailleurs très bien se marier.

    • #6055 Répondre
      Eric Legal
      Invité

      Ma pensée subversive viendrait d’une peur de la mort, d’un instinct de survie où tout ce qui m’a été transmis a été ressenti comme toxique. Mes parents, les profs, la société, les humains, je m’en suis méfié. Heureusement, j’avais des potes, le métal (hé oui) et dieu. Je me suis malgré tout senti désespérément seul dans cet état d’être au monde. J’ai longtemps cru que j’avais un problème, n’arrivant pas à accepter la réalité, idealisant, dans mon ombre, la vie sur terre sans l’homme ou avec l’homme ayant repris une place au sein de la nature. Selon l’intensité de ma colère du moment. J’ai 45 ans et commence juste à assumer mes ressentis d’enfant et d’ado. J’ai le droit et même le devoir d’être en rupture franche avec ce capitalisme qui tue tout. Enfin bref, je vais passer pour un gros egocentrique à ne parler que de moi…
      Pourquoi je n’ai pas pris la merde qu’on a essayé de me faire bouffer ?! Une pulsion de vie, vraiment, je le crois.

      • #6057 Répondre
        Ostros
        Invité

        Moi j’adore lire les gens.

        • #6083 Répondre
          riviere
          Invité

          Oui j’aime bien aussi, Ostros. Merci Eric, c’est passionnant ce que tu dis. Les pulsions de vie, elles nous sont transmises par des gens, et les gens que tu rencontres sont ceux de ton environnement social, de ta classe. Tu cites tes potes, les potes jouent un rôle important pour beaucoup d’entre nous, c’est bête à dire mais on a des potes parce qu’on est allé à l’école, parce qu’on a zoné dehors en bas de notre immeuble ou dans notre quartier cossu.
          Tu dis que tu ressentais l’école comme néfaste, mais si néfaste qu’elle soit, l’école t’apporte des potes.
          Tu parles du métal, cela aussi ne tombe pas du ciel, il faut rencontrer des amateurs, être initié par une sœur ou un cousin, que sais-je.
          Enfin dieu, je priais quand j’étais petite, je parlais à dieu pour que mes parents arrêtent de se battre. Je ne priais pas par hasard, ma mère m’a envoyée au catéchisme, j’allais à la messe le dimanche et je chantais de bon cœur, j’observais les curés et les bonnes sœurs, comparée à la famille je trouvais leur vie de célibat plutôt désirable.
          Bref mon point est que nos pulsions de vie et de mort se sont constituées dans notre environnement social. Les expériences sociales qui nous dégoûtent ou nous ont humiliés peuvent aussi être multiformes, ambivalentes, avoir constitué notre part d’ombre et nous avoir aussi fourni des armes.

    • #6089 Répondre
      Claire N
      Invité

      « mon point est que nos pulsions de vie et de mort se sont constituées dans notre environnement social »
      J’aime beaucoup cette piste
      Et peut-être qu’effectivement si on cloisonne trop les personnes dans des relations marchandes ou l’argent se substitue à la rencontre on perd des occasions de choper des pulsions de vie

    • #6090 Répondre
      Julien Mouraud
      Invité

      Je pense que le jeu des affects chez Spinoza est une vision intéressante de la question sauf erreur de ma part. Ou de l’homme qui machine tout de Deleuze.

    • #6092 Répondre
      Claire N
      Invité

      J’ai un collègue qui cherche à obtenir de plus en plus d’argent et ne parle que de rétribution
      Je pense qu’il ressent inévitablement que sa vie a une valeur inestimable, il a cru que la valeur de l’argent pouvait cependant l’égaler
      Il court donc après la valeur de sa vie
      Devant le constat que ce n’est jamais assez, il sacrifie son rapport aux autres de plus en plus , s’arrange pour en faire le moins possible et s’assurer une position dominante
      C’est à lui tout seul un petit laboratoire d’étude
      Des affects capitalistes

      • #44323 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @Claire N
        On ne peut pas mieux dire la possible origine (presque spirituelle) de la cupidité, et les contradictions insolubles et tourmentées de cet affect dévastateur – dévastateur pour soi et, bien souvent, pour les autres. Merci.
        Le paradoxe de l’homme cupide serait peut-être, en effet, de vouloir atteindre ce qui est au-delà de toute valeur par une valeur monétaire qui, par définition, ne pourra jamais exprimer ce qu’elle cherche à atteindre (la « valeur d’une vie »). Autrement dit, l’homme cupide cherche à atteindre de l’infini avec du fini, de l’absolu avec du relatif, du non mesurable avec la mesure de l’argent.
        Il peut encore courir longtemps… Petite pensée pour Bernard Arnault au passage, qui n’a toujours pas atteint l’objectif, et qui ne l’atteindra pas.

        • #44391 Répondre
          Claire N
          Invité

          « Autrement dit, l’homme cupide cherche à atteindre de l’infini avec du fini, de l’absolu avec du relatif, du non mesurable avec la mesure de l’argent.« oui- c’est peut être en cela qu’il s’agit d’un « péché capital « – réduire jusqu’au fond de soi même le vivant, avarier la chair

          • #44396 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            Une autre manière de parler de cela serait aussi l’idolâtrie. Jésus parle de Mammon pour désigner l’argent. En donnant le nom d’une divinité à l’argent, il voulait sans doute dire que l’homme cupide voit plus que de l’argent dans l’argent : un absolu au nom duquel il soumet toute son existence, pour lequel il sacrifie la vie et tout le vivant.
            Tu parlais « d’affect capitaliste ». Il faudrait compléter une analyse matérialiste de ce régime économique par une analyse spirituelle du type d’homme qui est embrigadé par cette machine. Les deux ne seraient peut-être pas incompatibles.

            • #44399 Répondre
              Claire N
              Invité

              Tiens don Mamm- on -(rires) Jesus était Lacanien avant l’heure , en tout cas un fin psychologue indubitablement
              Oui l’analyse spirituelle me paraît essentielle effectivement
              Pour ce qui est de l’idolatrie ; je trouve matière à l’aborder dans «  les querelles «  d’héritage que la mort me met souvent sous les yeux
              Des familles entières se déchirant sur des questions de préférence et de mal aimé jusqu’à sous mes yeux en imaginant l’héritage qui leur ai alloué comme ultime matérialité de l’amour qui leur est soustrait
              Parfois j’en pleurerais

              • #44400 Répondre
                Claire N
                Invité

                *mamm / mon dsl

                • #44401 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Et pour en revenir au «  noms de démon « 
                  Je te livre une petite anecdote : toute petites j’avais de fortes fièvres et des cauchemars survenaient – je me réveillaient terrifiées après m’être cachées en rêve – et de mes deux ou trois ans nommait le monstre entre deux sanglots : moloch – bien plus tard en traversant une librairie j’ai appris que le langage des peurs infantile nommait exactement les démons des adultes

                  • #44532 Répondre
                    Emile Novis
                    Invité

                    Parfaitement d’accord sur l’aspect psychologique : Jésus est sans doute un fin psychologue qui comprend les voies sinueuses du désir humain. Je suis persuadé que c’est la clef du passage sur la femme adultère par exemple, et son fameux « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre ». Pourquoi tous les hommes qui voulaient la condamner à la lapidation quelques secondes avant partent sur le champ, gênés et silencieux? Parce que Jésus a parfaitement sondé leurs pensées à ce moment précis. Ils ne faisaient que reprocher à autrui un désir et des pensées qu’ils avaient en eux…
                    Françoise Dolto a écrit un beau livre sur Jésus : L’Evangile au risque de la psychanalyse. J’en garde un très beau souvenir. Elle décrit la pédagogie de Jésus comme une pédagogie du désir.
                    Pour les « démons », je dois avouer que ce terme me crispe toujours très rapidement, mais je comprends bien que tu n’en fais pas un usage superstitieux dans ton anecdote. Je suis toujours partisan, néanmoins, d’une certaine « démythologisation » du langage de l’Evangile : on verrait que ce que ce texte nomme sous les noms de « démons », « d’esprits malins » et autres qualificatifs décrivant des personnes hors d’elles-mêmes et manifestement aliénées, on verrait, disais-je, qu’il s’agit peut-être d’une manière de parler propre à l’époque pour désigner ce que nous, avec notre regard moderne et notre souci de scientificité, des pathologies psychanalytiques précises.

                    • #44533 Répondre
                      Emile Novis
                      Invité

                      PS: et pour les querelles d’héritage que tu mentionnes, l’étymologie du « diable », là aussi, est très parlante : ce qui divise, ce qui déchire et casse. L’héritage est « diabolique » en ce sens précis, bien souvent.
                      Et on retrouve, encore, ce besoin de reconnaissance et d’amour en lien avec l’argent.

                    • #44535 Répondre
                      Emile Novis
                      Invité

                      *nous nommons des pathologies psychanalytique précises.

                      • #44550 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui – cette parabole est d’une grande douceur
                        C’est même pour moi un de ses miracles –

                      • #44562 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Claire N
                        De l’aveu de Jésus lui-même, lorsqu’il demande ce qui est le plus facile : pardonner ou faire des miracles? C’est le pardon, qui est le plus difficile, selon lui. On peut donc parler de « miracle » du pardon, bien loin devant le « spectacle des signes » que la foule demande sans cesse.
                        Mais nous sommes hors-sujet au regard de ce fil.

                      • #44565 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui – mais il a suspendu le jugement des hommes
                        Sur terre et dans la vie charnelle – pour moi j’ai l’intuition que cela dépasse le pardon

    • #6097 Répondre
      Carpentier
      Invité

      👋
      Marrant ce topic enfin, son intitulé, sa façon de frétiller dans le menu de la page d’accueil du forum pour t’attirer 🤣
      Le coup du ’ un certain déterminisme ’ m’éclate total, j’y lis volontiers ’ un certain charme est-il nécessaire pour nicker le capitalisme? ’
      On aime la drôlerie de cet intitulé.
      On vient de rentrer vite fait pour éteindre la lumière restée pimpante toute la nuit et on en sort.

      • #6110 Répondre
        Mu
        Invité

        Carpentier, comme j’ai activement contribué à pervertir cette raisonnable page, je te propose de revenir au sujet de ladite. Je ne vais pas continuer à squatter ici indéfiniment pour déployer tous les déterminismes et tous les évènements et rencontres d’improbables qui m’ont percutés de façon à ce que je participe au dévoiement mystique de ce lieu virtuel. Par contre, ce serait super intéressant de savoir quels sont les déterminismes qui t’ont fait, toi, adorateur de la sainte raison? -la question est en soi un peu taquine, j’imagine que les amants de la raison sont hérissés par tous les poils de de pores à l’ouïe du vocable « adorateur ». Ne prends pas ma future non réaction pour du mépris, je n’aurai pas d’internet les 10 prochains jours. Je ne manquerai toutefois pas de venir lire ta réponse à mon retour

        • #6111 Répondre
          Mu
          Invité

          Ps: qui est ce « on », qui fait penser au « nous » du roi, employé pour signifier « Dieuémoua », délicat à caser dans les royales discussions de France où l’on n’était pas encore familier de ces patronymes à consonance africaine? « On » en serait-il la version moderne, soit « La Raison et moi »?

          • #6114 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Juste un usage appris lors de ma longue vie sur begaudeau.info, ne vous en déplaise.
            Mais cet humour fait surtout rire quand il apparaît dans les posts de François, ce qui est assez compréhensible et je n’en tiens rigueur à personne.
            Même pas à toi.

            • #6196 Répondre
              Ostros
              Invité

              Carpentier, serais-tu feu begodositiste ?

              • #6206 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Oh, serais-je son fantôme alors?
                Le pseudo est génial de modestie en tout cas, j’aime beaucoup.
                Devait être pas mal cette personne.

                • #6207 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Je me demande ce qu’elle est devenue…

                  • #6212 Répondre
                    begodositiste
                    Invité

                    je vais bien, ne t’en fais pas.

                    • #6213 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Et bien voilà Kad Merad qui fait des blagues.
                      – HeiiiiiN? C ti zot qui dit CKien, biloute.
                      Tu vois, benh bravo, Ostros.
                      Et chaque fois que tu invoques un esprit il apparaît comme ça quelques minutes après ?
                      Trop ouf le truc.

        • #6113 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Tu as quelques éléments dans ‘ mon’ topic ‘ régimes spéciaux ‘ et un peu aussi dans ‘ la trique musique 1’ par exemple.
          Je suis une créature qui discourre assez précis souvent, t’inquiète.
          Par ailleurs, je suis de celles qui t’embrassent et te souhaitent bonne déconnexion 😘

          • #6120 Répondre
            Mu
            Invité

            Tu me proposes de faire une enquête sur toi, et de revenir ici proposer une possible interprétation « sauvage » de tes déterminismes à toi? On (François, son daïmon, mon daïmon et moi – dieu n’est pas disponible ce matin, il a rugby, plus tous mes potes imaginaires – beaucoup de monde, donc, y compris mon chat qui te regarde aussi) reconnaît bien là la fainéantise de ces gros malins de gauche révoltés par le salariat. Bien tenté mais non, à chacun de présenter ses petits déterminismes pour nourrir le taupique – ou ceux de ses petits cobayes non consentants qu’il épie en secret. Je prends par ailleurs ton bisou et te contre-donne une recette sauvage, puisque c’est le printemps: prends n’importe quelle plante comestible sur laquelle personne n’a pissé (bien que ça n’ait que peu d’importance, tu vas la cuire). Tu la mets deux minutes dans l’eau bouillante, tu la fais revenir un peu dans l’huile, tu ajoutes du fromage (du vrai, pas le pétrole qu’ils tentent de faire bouffer aux pauvres: il faut absolument qu’il y ait écrit « fromage » sur la bête qu’on a trait à mort, sinon, c’est du pétrole, plus facile à ex-traire), du parmesan, ce que tu peux, tu mets sur du pain grillé. Bon appétit

            • #6194 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Écoute ça ne peut pas tomber mieux, tu as affaire à une grande fan d’ail des ours.

      • #6297 Répondre
        LaPierre
        Invité

        Mon futur dans le monde de la publicité est déjà tout tracé, j’ai hâte de trouver des slogan pour vendre des boîtes de cassoulets.

        • #6299 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Je comprends ta hâte et pour le cassoulet, si tu t’appelles William, c’est déjà gagné.

          • #6301 Répondre
            LaPierre
            Invité

            Je remarque qu’on a un fin connaisseur de boites de cassoulet sur ce forum, à quand le topic dédié avec son titre aguicheur ?

            • #6314 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              dans quelle comédie inoubliable figure cette réplique qui l’est tout autant : un cassoulet en boite, ça reste un cassoulet en boite

    • #6121 Répondre
      Mu
      Invité

      Ps: La recette, c’est pour ajouter ton régime spécial

    • #6302 Répondre
      Hématome
      Invité

      Que pensez-vous de Olivier Mateu et son déterminisme à foncer dans le tas tout en fumant à la TV ?

      • #6844 Répondre
        Mao
        Invité

        Grande admiration. La plus belle apparition dans l’espace médiatique de ces derniers mois.

        • #6851 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          cela dit, la concurrence n’est pas de très haut niveau

          • #6855 Répondre
            Charles
            Invité

            Sophie Binet fait le boulot, non?

            • #7086 Répondre
              Hématome
              Invité

              Sophie Binet est incisive, à suivre sur la longueur. Moins ventre mou que le moustachu qui attendait que la base lui mette la pression.
              Mateu est une belle découverte.

              • #7092 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Déjà on aime bien que des femmes débarquent à ces postes.
                Ca n’a l’air de rien mais ce n’est pas rien.

                • #7101 Répondre
                  Hématome
                  Invité

                  Non, je préfère regarder ce qui est fait et non le sexe de celui ou de celle qui prend la tête d’un syndicat.
                  Oui, parce qu’il n’y en a pas eu depuis longtemps et « ce n’est pas rien » vis-à-vis des réformes comme celle des retraites qui vont contre les droits des femmes.
                  Je la sens bien, pour l’instant, elle n’a pas l’air de se laisser déstabiliser. Elle a pris sa place rapidement.
                  Je ne sais pas ce que vaudra la remplaçante de Berger.

                  • #7133 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    « Non, je préfère regarder ce qui est fait et non le sexe de celui ou de celle qui prend la tête d’un syndicat. »
                    Ah? Moi c’est le contraire. Ce qui est fait me parait très secondaire par rapport au sexe et à la couleur du pull.
                    Mais tu me convaincs d’inverser.

                • #7110 Répondre
                  Mu
                  Invité

                  Elisabeth Borgne est aussi une femme… Ce que je trouve dommage, c’est que les femmes qui arrivent à ces postes n’y arrivent qu’au prix du renoncement à leur féminité. Geoffroy de Lagasnerie est bien plus féminin. Il faudrait définir ce qu’on entend par féminin mais par exemple, les femmes ont gagné un truc génial: le droit de travailler. Sauf que maintenant, c’est devenu un devoir. On a donc gagné le droit d’être asservies aux mêmes dictats de productivité, de rentabilité que les hommes, et sommes jugées, évaluées et récompensées sur les mêmes critères, avec les mêmes joujoux de pouvoir. On a gagné le droit d’être un homme (moderne).
                  C’est super triste, non? Ca ne veut pas dire qu’il faille arrêter de lutter mais je préfèrerais voir des hommes dans ces postes (qui ont souvent moins de féminin à perdre en route), qui se battent pour qu’on nous foute la paix, pour qu’on puisse vivre tranquillement notre féminité sans se mettre sous les projecteurs et devoir mordre toute la journée, pour que la féminité ne soit pas une valeur moindre, méprisée ou adulée (comme dans l’islam dit radical qui a, je crois, un rapport très différent du nôtre à la féminité, crainte, révérée et adulée mais qui, en tout cas, ne fait pas comme si elle n’existait pas, ce qui semble être notre tactique à nous)
                  Et ça, c’est très très très loin d’être gagné. Il faudrait pour ça peut-être promouvoir comme valeur la haine du pouvoir. C’est peut-être ce que tente de faire Agamben, mais organisé en système politique, ce n’est plus très convaincant : il ne peut pas y avoir que du féminin. Bref, en effet, je ne crois pas que ce soit la couleur de la culotte qui importe, mais la manière dont on porte sa différence (de sexe et d’autre)

    • #6814 Répondre
      Mu
      Invité

      Je tente une synthèse:
      Le bourgeois se reconnait au bien-être et à l’assurance que lui procure le système de pensée bourgeois – celui de la pensée dominante, assortis d’une répugnance mêlée de mépris à l’égard des autres systèmes de pensée. L’exploit opéré par le néolibéralisme consiste à avoir étendu le régime de véridiction de l’économie capitaliste à tous les champs socio-culturels (les lieux de trans-individuation collective, les milieux de vie, la sphère intime), établissant les valeurs capitalistes au cœur même de l’homme, et à effacer les traces du monstrueux processus de sa création. Le mensonge repose sur une anthropologie (résultat des opérations néolibérales) posée comme origine « réelle », anthropologie dépositaire d’un “savoir” indiscutable:
      • sur la nature l’homme (foncièrement inapte au calcul rationnel de ses propres intérêts)
      • sur le bien suprême à atteindre (le bon calcul, le bon intérêt autocentré, la rationnelle gestion du bien-être – la rationalité des choix et du jugement)
      Les discours qui dénoncent la facticité (le processus historique de fabrication) de cette construction sont submergés par l’omniprésence de la pensée dominante, la vitesse de propagation de la pensée subversive rencontrant l’opacité d’un milieu densément obstrué par la pensée dominante. Aisi, tout un chacun est “naturellement” porté à accepter la véridiction capitaliste comme une évidence.
      C’est justement l’ignorance de cette détermination précise qui est au fondement de la pensée dominante. La pensée bourgeoise accepte en effet de nombreuses déterminations consécutives au mensonge originel :
      • Celle du mérite qui sanctionne les efforts et dispositions individuelles et collectives par les effets de l’acte méritoire correspondant
      • Celles du couple rationalité/irrationalité qui, dans un système organisé matériellement pour récompenser les actes (actions, discours, modes de vie) ayant des répercussions favorables sur le sujet ou le système capitaliste, ne manquent pas de « démontrer », par l’octroi ou non de bénéfices matériels et récompenses symboliques (reconnaissance sociale) la pertinence de l’association bon/rationnel, mauvais/irrationnel. Le mensonge originel (l’occultation de la facticité de l’origine), en effaçant la trace du processus de création de la raison néolibérale (et la fabrication de ce que Foucault appelait les « régimes de véridictions »), range toute contestation de la raison moderne du côté de l’irrationnel (et de tous les « istes » – idéaliste, activiste, terroriste, complotiste…)
      Aussi, bourgeois et prolétaires sont-ils convoqués, depuis leur plus tendre enfance, à être les hérauts de la pensée dominante et ce, tant par les institutions que par l’éducation parentale soumise à la nouvelle rationalité (inconsciemment capitaliste). Le prix de toute dissidence est l’indignité. Aussi, le prolétaire adhérant à la pensée bourgeoise se reconnaît-il à son zèle. A son dévouement, son application méticuleuse à véhiculer, incarner et mettre en œuvre les idées de la pensée dominante. Car, contrairement au bourgeois, et malgré ses discours enfiévrés, il doutera toujours de sa légitimité à se réclamer des élus. Ce zèle, emprunt de dévote soumission, le fera tour à tour :
      • Poser toute sorte d’action visant à prouver sa docile adhésion au système de pensée dominant et la légitimité de son (a)filiation à l’idéologie gagnante
      • Réclamer sa part (méritée) du gâteau
      • S’indigner de la trahison des élites qui ne « reconnaissent pas » ses efforts, son travail…
      Pourra légitimement se réclamer de la gauche dite « contestataire » (anarchistes, communistes, activistes, militants écologistes…) qui remettra en cause le postulat fondamental inconscient, proposant de ce fait une anthropologie « autre » postulant, quant à elle :
      • Que l’homo oeconomicus « rationnel » n’est pas un modèle « raisonnable » car il n’est pas désirable. Preuve en est de sa toxicité pour son « environnement » (le monde non humain) et de son incapacité à offrir aux hommes et aux femmes de ce monde des « raisons » de vivre satisfaisantes.
      • Que la fraternité n’est pas une notion abstraite, et que l’être humain n’est humain que dans la mesure où il postule la dignité fondamental de tout vivant, ses actes étant appelés à témoigner d’une telle compréhension « affective » et symbolique du concept de fraternité – « présomption de dignité » entendue comme « présomption d’innocence », étendue au vivant dans son ensemble.
      • Qu’une rationalité se juge et se choisit en fonction de la désirabilité de l’horizon qu’elle actualise et rend effectif
      • Que la véritable puissance se différencie du pouvoir en cela qu’elle ne s’exerce pas SUR d’autres êtres mais en relation AVEC eux. Cette puissance se mesure à la joie et à la néguentropie qu’elle génère dans le milieu où elle s’exerce, entre ceux qui y participent.
      • Qu’un monde désirable est un monde qui offre les conditions minimums grâce auxquelles chaque individu, soutenu par la communauté :
      – A la possibilité de trouver matière, modèles et pensées pour étayer la construction permanente de sa singularité
      – Peut choisir (en se voyant octroyé les moyens d’acquérir les « compétences » adéquates) la façon dont il mettra sa singularité au service des communautés humaines et non humaines
      – Oeuvrant, enfin, à rendre le monde habitable pour et par sa singularité (oïkos particulier) et contribuant à le renouveler de façon à ce qu’il soit habitable par les multitudes de vivants en devenir (oïkos universel), vivra selon ses propres lois et participera à la création des lois de sa commune, de son pays, du monde, l’exercice du pouvoir ne devant jamais être confié de façon permanente à quiconque et ses abus devant être immédiatement sanctionnés
      Peut se réclamer de la gauche celui qui fonde sa singularité, ses actes, son discours sur ce type d’anthropologie et postule ainsi que seule ne peut avoir réellement de sens une vie :
      • Dans laquelle le corps n’est traversé (soumis ou mu) par aucune puissance exercée par ses pairs sans que l’individu ne se soit librement engagé à s’y soumettre, pour un temps défini, afin d’augmenter sa propre puissance (au sens entendu par Spinoza, telle que définie plus haut) ou celle des communautés humaines et non humaines.
      • Dont le désir est orienté par des lois librement choisies qui lui permettent d’affirmer sa puissance de façon à augmenter la puissance du vivant dans son ensemble
      • Dans laquelle chaque individu est libre de choisir ses appartenances (affectives) en fonction de ses déterminations propres, et qu’une appartenance n’est désirable que tant qu’elle s’autorise d’un système symbolique le plus vaste possible (où l’individu fait partie d’un ensemble liant entre elles de vastes formes de vie et de non-vie), non enfermant, autorisant la créativité, la diversité et le changement, tout autant que la permanence des affects, la « puissance » fondée sur une telle anthropologie étant elle-même fondée sur la qualité et la multiplicité des relations (puissance d’affecter et d’être affecté par un ensemble de relations participant de la jouissance d’exister)

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