Accueil › Forums › Forum général › Socialter: à propos de déconnexions – !!Danger!! Solliloque très ennuyeux
- Ce sujet contient 50 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
, le il y a 2 années et 1 mois.
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Mu
InvitéFrançois, dans Socialter, avance que les bourgeois sont loin d’être déconnectés – en fait, ils seraient hyper connectés. Ce qui permet de remettre les choses à leur place dans la réalité matérielle du rapport à la pensée dominante.
Le couple d’opposés connecté/déconnecté étant un jouet très pratique à multiples facettes on peut en faire un autre usage – avec Marx et Spinoza, qui se marient très bien, comme le montre Lordon.
Car ceux qui nous oppriment, que font-ils en réalité, sinon nous couper de ce qu’on aime pour nous contraindre à entrer en relation avec ce qu’on n’aime pas (les machines, le travail d’esclave, leur monde, leur vocabulaire…)? Ce qui me fait le plus souffrir, dans l’oppression, ce n’est pas tant qu’ils épuisent mon corps. Les corps soumis à des conditions difficiles comme ceux des sportifs se portent très bien, ceux qui jeûnent ne sont pas malheureux: ils ont choisi et sont dans des mondes qu’ils aiment. Ce qui me fait souffrir jusque dans mon corps, c’est qu’ils m’imposent de me soumettre à toute une organisation symbolique que je n’ai pas choisi, dans laquelle je ne suis pas sujet ni sujet d’un Autre auquel j’ai choisi d’adhérer (grand Autre holistique dans les sociétés dits primitives ou, chez nous, après les lumières, Lois et/ou grand Autre auxquels je choisis d’adhérer pour fonder ma singularité). Ils m’imposent d’entrer au contact d’un monde où tous les polypodes que je tends habituellement vers les fleurs de cerisier se rétractent d’un coup au contact de la froide machine à broyer le vivant. Ils me déconnectent de ce que j’aime. Alors c’est tout mon corps qui souffre. La plupart des maladies modernes ne sont plus tant la conséquence d’un épuisement des corps (les métiers qui épuisent le corps sont pour la plupart ceux qui le contraignent à un mouvement répétitif): le corps est épuisé parce que le coeur n’en peut plus de pas pouvoir s’élancer vers ce qu’il aime, et qui nous constitue comme sujets désirants. Grâce à notre « sacrifice », ils peuvent, eux, se connecter à ce qu’ils aiment – le bourgeois a des goûts « tordus »: la perversité du monde leur convient tout à fait. Toutefois, cette « connexion » qu’ils entretiennent n’est que de surface: ils ne savent pas jouir de l’existence. Ils connaissent des malins petits plaisirs ridicules, isolés, tout aussi « déconnectés » de ce qu’un réel désir pourrait leur procurer. Quelle différence, alors, avec ceux qui souffrent de ne pouvoir être « connectés » à ce qu’ils aiment?
C’est justement que nous n’avons pas renoncé à vivre nos connexions (nos affects singuliers), malgré la laideur et malgré la souffrance que cette posture engendre dans la société moderne (sociétés de l’im-posture). Nous n’avons pas renoncé à la joie de voir s’envoler les fleurs du cerisier et de s’offrir au vent, ou celle de passer des heures à polir une cuillère en bois, à lire des longs développements d’anthropologues qui nous parlent d’autres façons de vivre, et tout ça malgré le fait que vivre ainsi soit bien moins efficace dans la « gestion » des souffrances que l’adaptation (le terrible: « Prends sur toi »).
Que les combattant.e.s de ce monde en lutte n’oublient donc pas de s’asseoir devant leur cerisier, leur guitare, leur rossignol, leur poésie: qu’ils sachent qu’ils ne parviendront jamais à nous « déconnecter » pour faire de nous les petits agents/sujets de leur machine. Car nous ne faisons pas que dire « non » à tout ce à quoi ils veulent nous connecter, nous avons, chacun d’entre nous, nos propres connexions à chérir. C’est ce dont il faut absolument les empêcher de nous dépouillerMessage d’adieu amoureux d’une mystique échouée quelque temps sur ces pages, qui prie pour que Marx et Spinoza travaillent ensemble à construire un autre monde
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François Bégaudeau
Maître des clés« François, dans Socialter, avance que les bourgeois sont loin d’être déconnectés – en fait, ils seraient hyper connectés »
Résumé un peu sommaire… et erroné. Je ne dis pas que les bourgeois soient hyper connectés (si ce n’est au sens numérique du terme, mais ce n’est pas le coeur du propos) Je dis qu’ils sont très connectés à leurs intérets. Et que nos élus sont très connectés à la classe dont ils sont les fondés de pouvoir.-
Carpentier
InvitéBenh tiens, l’article ’ oublier Macron ’ que j’ai lu hier chez lundimatin (partagé dans le topic ’ comment s’opposer à la ’ il y a une dizaine de minutes) commence ainsi:
…. / OUBLIER MACRON
Sur la dissolution annoncée de la « Défense collective de Rennes »paru dans lundimatin#380, le 24 avril 2023
Il faut commencer par faire l’éloge d’Emmanuel Macron.Emmanuel Macron est un militant du capital franc et loyal. Il est franc et loyal, bien sûr pas avec ceux qu’il juge comme un peuple d’imbéciles (surtout ceux qui ont voté pour lui), mais avec ceux pour qui il combat. Pour les nommer, on peut tourner autour du pot, parler d’actionnaires, etc., mais nous préférons dire, à l’ancienne : il combat pour la classe des capitalistes. Il en est le serviteur fidèle, il ne s’est jamais présenté autrement.
Notre problème n’est donc pas d’en finir avec un individu à l’intelligence limitée, aux compétences étroites, mais bien avec la position même qu’il incarne. Et c’est beaucoup plus difficile. Car il faut bien réaliser que ce que fait le gouvernement français n’est que l’avant-garde européenne de ce qui doit s’accomplir partout ailleurs pour que la classe des capitalistes garde son contrôle sur la population mondiale, au moment même où cette classe devrait très logiquement renoncer à son pouvoir et céder la place. Que les individus qui composent cette classe, et les cadres qui les soutiennent à différentes échelles (un exemple : la vermoulue FNSEA française) préfèrent littéralement sacrifier le monde pour conserver leur place, c’est bien ce qui fait d’eux des criminels délirants. Notre problème n’est pas de les convaincre de changer de voie. Notre problème est de sortir de l’espace même qu’ils ont façonné, et d’en construire un autre. / …
Pensé à ton papier récent dans Socialter en le commençant
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François Bégaudeau
Maître des clésOui c’est le même esprit
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Mu
InvitéEt moi aussi, c’est ce que je dis, tout ça ce qui est écrit das cet article, c’est ce que j’appelle de mes voeux (après trois verres de rhum mais ça ne compte pas) tout en espérant que quelques prolétaires et bourgeois plus malheureux ou lucides que les autres pourraient finalement eux aussi se remettre à rêver (à sortir de leur torpeur et paresse à penser toutes les formes d’effondrement pour en imaginer des désirables)
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Mu
InvitéJ’ai bien compris. Ce n’est pas une critique. Je trouve très pertinent ce que tu écris. Je dis juste que, comme souvent dans la vie, ce qui est vrai à un certain niveau est inversé à un autre (comme dans le système de castes indiennes où la « pureté » est la valeur suprême dans l’ordre cosmologique, les brahmans étant supérieurs aux rois détenteurs de pouvoir, les valeurs se retrouvant inversées au niveau social régi par la valeur « puissance », ou les brahmans sont inférieurs aux rois)
Tout dépend du prisme, dont on peut jouer pour dire quelque chose de totalement différent sans invalider la proposition précédente-
François Bégaudeau
Maître des clésJe sais bien que ce n’est pas une critique. C’est juste une restitution à la fois chiche et erronée -ce qui va de paire-, du texte
Ce texte ne t’a pas servi de matière à réflexion, mais de marchepied. En même temps c’est déjà pas mal.-
Mu
InvitéEt bien tu te plantes, tu ne comprends rien à ce que j’écris, et tu crois que je te comprends de travers. En même temps, c’est déjà sympa pour quelqu’un de célèbre de répondre à des rien du tout sur un forum. Mais si j’ai répondu comme ça à ton article, c’est que je l’avais d’abord bien digéré. Je dis que, si tu veux, l’hyperconnexion bourgeoise dont tu parles engendre chez ceux sur qui leur pouvoir s’exerce une violence qui rend quasi impossible les liens affectifs (mais « lien » est trop rigide, je ne sais pas comment appeler ce que Spinoza appelle le cinquième genre de connaissance, qui est une relation d’amour qui change en permanence et nous constitue comme sujet non fixé dans un « moi » narcissique). C’est ce que je perçois dans mes sens: les bourgeois avec qui je lutte ne supportent ma joie et font tout pour m’écraser puisque je persiste dans ma façon de vivre en relation avec tout ce que j’aime. Ils veulent la soumission et tolèrent les pauvres à cette seule condition: on doit leur montrer qu’on est malheureux et qu’on voudrait bien avoir leur bien mais qu’on connait notre place (ils veulent notre envie, ils veulent que nous désirions les mêmes conneries qu’eux parce qu’au fond, leurs conneries ne sont pas si désirables que ça, ils ont besoin de l’envie des autres pour pouvoir y croire, de notre croyance). Ce qui les fait jouir, c’est la soumission des autres, c’est aussi le principe de la déshumanisation nazie telle que relatée par Bettelheim, Primo Levi et tous les autres. Moi, je parle au niveau du rapport de l’individu avec ses liens affectifs. Toi, tu parles au niveau des êtres pris dans le social. D’où le renversement. Tu ne crois quand même pas que tu as tout dit sur tout et que le concept d’hyperconnexion est vrai partout, jusqu’à pouvoir décrire des relations entre les hêtres et les hélicoptères?
Ce que tu as écrit m’a beaucoup parlé, et je n’en ai pas fait d’abord l’éloge parce que ça me semblait évident, donc je suis passée directement à ses conséquences, comme tu tires des conséquences de Marx qu’il n’aurait pas forcément faites parce que quand on vient de pondre une nouvelle idée géniale, on n’est souvent pas tout à fait prêt à la lâcher un peu pour la regarder sous un autre prisme.
Je crois que, comme tu me l’as déjà annoncé, tu ne prends pas vraiment le temps de comprendre ce que veut dire quelqu’un, sauf les très courtes phrases. Ce n’est pas grave, je ne t’en veux pas, j’arrive à discuter avec Carpentier et quelques autres, d’où le fait que je ne me sois pas encore tout à fait barrée.
Tu fais du super boulot qui fait du bien au coeur, donc il ne faut ps attendre en plus que tu comprennes chaque personne*.*Mais ce serait chouette quand même, plutôt que de nous mettre des grosses baffes
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Carpentier
InvitéDans ces lignes, tu n’es pas si loin du .. tu ne m’as pas fait envie.. de François dans son Histoire de ta bêtise, je trouve.
L’as-tu lu cet essai, Mu? (bonjour)-
Carpentier
Invité.. ils veulent que nous désirions les mêmes conneries qu’eux parce qu’au fond, leurs conneries ne sont pas si désirables que ça /… par ici,
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Mu
InvitéMais oui, c’est ça, exactement ce que je dis, merci encore une fois Carpentier, et non, honte sur moi, je n’ai pas lu l’histoire de ta bêtise, mais compte bien rattraper ça – suis en ce moment en pleine passion amoureuse avec un anthropologue mort anarchiste (David GRAEBER) dont je lis tous les écrits, et ça m’occupe à fond les neurones et le porte monnaie. Ensuite, je lorgne sur le petit manuel d’auto défense intellectuelle que François va pondre, et puis après, s’il arrête de me foutre des grosses baffes, je passerai ma passion amoureuse sur lui, ce qui porte malheur parce que toutes mes anciennes passions sont mortes 🙂 🙂
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Carpentier
InvitéBon, voilà ce qu’on va faire, Mu: installe-toi vite sur ta plateforme idéale, lorgne peut-être du côté des divers ‘ symboles républicains’ qu’offrent toutes les villes de France et choisis ton petit territoire de mise en scène et je te treuillerai mon exemplaire de son Histoire de ta bêtise une fois que tu seras en place 🤘
Eh oh let’s go!
Un peu comme un yapuka, quoi 🌼-
Mu
InvitéCe serait génial mais il aurait alors deux piètres alternatives qui feraient tout foirer:
1/ Les médias s’en mêlent, ce qui est le but, et je serais moi la militante- sauveuse du monde, sauf que, comme je ne saurais pas bien argumenter ni comment contrer dignement toute la bêtise que je me prendrais la gueule, je ne sauverais rien du tout. Je meurs donc pour rien en faisant des crises de perte totale de confiance où la méchanceté du monde m’ensevelit toute entière, ne laissant de moi que quelques molécules de plumes pour engraisser les canards à la crème qui ornent les tables bourgeoises les jours de non-fête. Ca m’est déjà arrivé plein de fois – heureusement, je connais un gars qui ressuscite les énergumènes dans notre genre.
2/ Les médias s’en foutent, parce que je suis la seule à faire ça, et je meurs toute seule pour rien, comme une imbécile, sur une plateforme en mangeant du Begaudeau (ce n’est peut-être pas la pire des morts mais quand même…)
Bref, je ne suis pas à la hauteur de la plateforme 🙂
D’où le fait que je me contente de lancer l’idée.
Si je me sentais à la hauteur de l’enjeu, je le ferai, je n’ai pas peur de la faim…mais de la déchéance, que je ne connais que trop bien….
Il faut des gens forts, et je ne le suis pas en continu (je fais encore des crises d’extrême vulnérabilité, ce qui peut porter préjudice si on doit défendre une cause)
Mais il y en a plein, des gens forts…J’aimerais vraiment jouer au yapuka, surtout si tu m’offre une fleur et un bouqui, mais je me connais, ça finirait mal pour tout le monde, je suis très très désolée pour ça 🙁
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Carpentier
InvitéJ’avais justement la certitude que son Histoire de ta bêtise pourrait t’aider à contrer les dires bourgois 🤔
mais ok, commence peut-être par t’entraîner un peu chez toi, sur la plateforme de ton escabeau et, en mode speak corner londonien 🤗 tu tchatches, à l’aube, avec les oiseaux.
En période de nidification intense, tu devrais trouver à qui causer 🙂-
Mu
InvitéBen oui c’est ce que je fais. Ce n’est pas très révolutionnaire mais c’est souvent plus agréable qu’avec les humains… A part ça oui, je lirai aussi histoire de ta bêtise, ne t’en fais pas, je suis certaine d’y trouver aussi ce qu’il faut, mais juste un peu plus tard, quoi que tu me mets le doute, je vais peut être faire une infidélité à Graeber pour me pencher sur le sujet. Ben voilà, je viens de changer d’avis, ok, je vais commander ça juste pour la page 65 🙂
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Carpentier
Invité@François Begaudeau
Et 1 HDTB de vendu: on voit que j’ai été commerciale dans une première vie pro 😎
Comme convenu, pour les commissions, mets sur le compte dont tu as le rib, eh 😆
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Carpentier
Invitési tu l’as sous la main, p.65: son ’ avec toi je n’ai pas donné suite’ par exemple 😉
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Mu
InvitéEn l’occurrence, je dis que ce à quoi ils sont connectés (un monde de pouvoir qui les déconnecte de toute potentielle réelle connexion) engendre chez ceux qu’ils soumettent une forme de déconnexion contre laquelle on doit lutter en restant connecter à ce qu’on aime. Ce n’est pas contradictoire, c’est le jeu des inversions suivant les couches
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Mu
InvitéC’est à dire rester vigilants à ne pas se perdre en ne faisant que lutter et critiquer e qu’on n’aime pas – bien qu’il le faille, c’est le sens de la lutte. Mais s’ils parviennent à nous couper de nos relations d’amour avec tout ce qui fait que pour nous, la vie vaut la peine d’être vécue, s’ils parviennent à nous maintenir dans la lutte permanente, en quelque sort, ils gagnent: il nous faut affirmer notre monde et non pas seulement se défendre contre le leu. C’est ce que ton texte sur la déconnexion m’a évoqué comme réflexion annexe
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Mu
InvitéPour rester dans tes termes, c’est leur hyperconnexion qui engendre une réelle prolétarisation entendue comme déconnexion de notre rapport affectif (notre joie) au monde (en quoi consiste la désubjectivation moderne)
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Mu
InvitéQuant au marche pied, en fait, tu as raison, toute pensée est un marche pied – plutot une nourriture parce que justement, il faut la digérer. Moi j’attends justement qu’on se serve de ce que je dis comme « marche-pied » pour que je me serve aussi de ce que ractonte l’autre comme marche pied, et c’est comme ça qu’on s’élève les uns les autres.
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Mu
InvitéJe viens de te relire et de comprendre ce que tu as compris que j’avais compris!!! François, il faut arrêter de prendre TOUS les gens pour des cons (il y a en a beaucoup, mais parfois, tu peux tomber sur un non-con et alors, le prendre pour un vrai-con, c’est péché!!)
« Hyperconnecté », dans ce que j’écris, ne veut pas dire connecté au monde virtuel, mais bien au monde marchand, à cet univers symbolique particulier dans lequel des gens qui aiment être en relation n’ont aucune place s’ils veulent tendre leurs petites antennes avec lesquelles ils communiquent avec les oiseaux, et non les chiffres…
J’avais bien compris que tu parlais de ça -
François Bégaudeau
Maître des clésJe note que François prend TOUS les gens pour des cons.
Désormais on le saura-
Mu
InvitéOui pardon, c’était une approximation narcissique où je me suis prise pour « tous »… Arrête de me prendre, moi, en l’occurrence, pour un con…
Tu réduis ma pensée en pensant que je réduis la tienne parce que tu ne vois pas combien je l’ai, en fait, très bien comprise… (en général, il y a certainement des choses que je ne comprends pas, mais l’hyperconnexion bourgeoise ne fait pas partie de mes incompréhensions)
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Mu
InvitéOu si c’est une critique de ce que j’écris, je t’en prie, vas-y, je viens ici justement pour voir si je trouve des gens « contre » qui m’appuyer pour penser mieux. Mais une vraie critique alors, pas une réduction comme ça. Si tu n’as pas le temps, tant pis, mais je n’accepte pas ton retour sur ce sujet parce qu’il est faux. Tu ne vois pas que la pensée dominante tente de nous asservir en nous coupant de toute possible réelle subjectivation qui repose, justement sur des milliers de connexions singulières? C’est perceptible dans les sens, et ça fait froid au coeur.
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Mu
InvitéPeut-être François, que tu n’es pas d’accord sur le fond de ce que j’écris là parce que si on va un peu plus loin, ça pose le problème de la propriété privée en des termes qui rendent le problème compliqué. La propriété, quand on n’est pas débile (c’est à dire quand on ne croit pas que les choses, et même nos corps, nous « appartiennent » vraiment), on se rend compte que ce n’est pas autre chose que l’interdit pour les autres de faire ce qu’ils veulent de notre « propriété »: notre cheval, notre corps, notre jardin, notre bigoudi… C’est à dire que nous avons alors le droit d’y imposer notre loi, qu’elle soit bonne (je chéris cette terre, je la cultive, j’en prends soin, je la partage avec ceux que j’aime…) ou complètement destructrice (j’en fais un immeuble, je la transforme en cimetière de fourmis que je torture toute la journée…). On a donc le droit, sur cette terre, (avec ce cheval, avec notre corps…) d’être en relation de la façon dont on l’entend (si on accepte que l’on puisse entrer en relation avec le monde non humain, ce que certains se refusent à penser). C’est peut-être ce qui te pose problème là dedans. Parce que le bourgeois, comme le nazi, peut torturer son juif dans le domaine « public » et revenir chez lui vivre comme il l’entend, et même avec un peu d’amour pour ses enfants: chez lui, c’est sa loi, et personne ne peut le priver de passer des heures à tailler son rosier pour se détendre les neurones et se reposer de toute la pression qu’il a imposée à tout le monde toute la journée. Même que, malgré ce que j’ai dit (c’était une connerie), il peut vraiment, pour un moment, être en connexion avec son rosier. Le prolétaire, qui n’a rien à lui, n’a nul lieu pour imposer sa loi, et vivre sa façon propre d’être en relation: même l’appartement qu’il loue peut lui être retiré à tout moment, ainsi donc que toutes ses attaches.
Ce n’est pas tout à fait vrai: dans la montagne, si je m’y sens chez moi, vu que c’est un lieu qui « n’appartient » pas à quelqu’un, je peux vraiment, puisque je l’aime, sentir que c’est ma loi qui prévaut, ma façon unique d’être en relation avec le vivant…jusqu’à ce qu’un short-pipette décathlon pique-nique vienne me faire sentir qu’ici, c’est son terrain de sport, un lieu à conquérir, un sommet « à faire ». Sûr de lui, parce que c’est comme ça que 90 pourcent des gens voient la montagne.
Se pose donc le problème de la propriété privée. Est-ce qu’il ne vaudrait pas mieux que tout le monde soit « propriétaire » d’un lieu où nul ne pourra lui empêcher d’être en relation (de vivre selon sa loi) comme l’entend? Une zone à défendre contre les modes de vies dominants? La propriété serait entendue comme ça, comme un devoir de garder, de prendre soin. C’est une véritable question à laquelle je n’ai pas encore de réponse-
Claire N
Invitégrâce à la piste de François j’ai lu journal d’un curé de campagne, il évoque la pauvreté du Christ pas comme un signe d’humilité mais comme l’affirmation d’une puissance ( si j’ai bien compris)
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Mu
InvitéMais oui!! Il faut être extrêmement en puissance pour vivre selon cette forme de pauvreté. Dans celle que l’on fait subir au prolétaire, c’est autre chose: une déchéance imposée, assortie de la solitude des villes, une dépossession de la singularité, bref, une annihilation généralisée de la personne telle que la rêvaient les nazis, version doucereuse
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Sarah G
InvitéOui Claire N, une puissance qui est Amour,voilà la pauvreté du Christ, voilà sa puissance.
Notre humilité est dans notre relation à Dieu, et notre pauvreté tient à notre condition de créature face à Dieu , doit être imitation du Christ, avec notre singularité, notre personnalité, avec tous nos dons et talents, être dans le service et soin aux autres.
Et c’est un profond retournement, car quand on entend puissance, c’est souvent synonyme de force guerrière, domination sur l’autre, exploitation de l’autre.
Il faut une puissance, une force d’âme pour vivre cette pauvreté et cette Amour à ce niveau là, dans le don de soi.-
Mu
InvitéTadan! J’étais sûre que tu finirais pas atterrir ici Sarah 🙂
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Mu
InvitéComme ça on va se faire lyncher ensemble par toutes les forces de la sainte inquisition rationnelle. C’était un fantasme, ça va devenir une réalité 🙂
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Sarah G
Invitéc’est sûr que certains vont pas se gêner, mais pas grave.
On sera ensemble 🙂.
Et certains sont bienveillants ici 🙂.
Et en plus, je ne suis pas contre la rationalité ni la science.
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Claire N
InvitéNotre condition de créature , merci Sarah j’aime cette expression
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Sarah G
InvitéPour le respect de tout le vivant, animaux, végétaux, minéraux, eau, terre, c’est aussi cela aimer, c’est aller jusque là dans le don de soi.
Dans le vivant, dans la vitalité.
Tout ce qui vit sur terre et le protéger, donc l’écologie, non contraire à la foi, comme je l’entends trop souvent.
François va m’appeler comme il appelle François Ruffin, la Franscicaine si cela continue 😀
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François Bégaudeau
Maître des clésUn monsieur qui te prend pour un con ne saurait répondre à cela.
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Mu
InvitéJ’ai écouté un podcast dans lequel tu faisais la différence entre puissance et pouvoir. J’étais fièrement moi aussi parvenue à penser cette distinction qui permet justement de faire la différence entre la puissance vitale que l’on exprime au dépens des autres (donc au dépens de la puissance vitale d’autrui) ou bien en relation avec les autres, fut-ce pour les critiquer (au service de la puissance vitale tout court)
Il y a donc des choses aussi que je pense qui doivent ressembler à ce que tu penses (je viens juste de découvrir ta pensée, et ne t’ai pas encore lu, juste écouté puisque tu es bien vivant.
Peut-être as-tu alors aussi au fond le sentiment d’une espèce d’étrangeté parce que si je suis venue là, c’est parce que justement, j’ai senti une fraternité de pensée et de coeur avec ta position. Tout en étant bien moins cultivée que toi, donc potentiellement porteuse de bêtise. Et avec des espèce d’arriérismes affectifs qui sont constitutionnels de ma personne, et que tu ne portes certainement pas.
Ce n’est pas une raison pour me foutre des grosses baffes quand tu ne prends pas la peine d’essayer de comprendre les petites gens qui essaient de penser contre toi, dans tous les sens de « contre ».
Je ne t’en veux pas, tu es une source d’inspiration ou plutôt, un grand soutien dans la lutte
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Christophe M
Invité« La montagne c’est un lieu qui “n’appartient” pas à quelqu’un ».
Tiens donc.
A la montagne, pas de cadastre, pas de propriété privée ? C’est à partir de quelle altitude ce no man’s land où chacun peut trimbaler sa petite loi portative ?-
Mu
InvitéD’abord Christophe, tout un chacun se trimballe en permanence sa petite loi portative (très drôle, cette formulation, je te la pique et la range dans mon vocabulaire portatif). Ensuite, c’est à savoir si c’est une loi que tu as mûri des années dans les entrailles de ton coeur, ou si c’est celle que tu as contracté comme une maladie, en t’imbibant à l’alcool de la pensée dominante…
Voilà pour la loi
Ensuite, pour les montagnes, qui ont elles-mêmes leurs lois (la loi d l’edelweiss est de ne pas pousser dans les zones humides) et bien il ne faut pas les prendre pour des kiwis à pépin névrotique. On n’a pas attendu que l’espèce humaine débarque pour inventer les lois. Et moi, qui suis totalement amoureuse de certaines montagnes, je les aime et j’aime leurs lois, et cette beauté qui peut m’écraser comme une mouche d’un instant à l’autre. Donc ma loi, c’est d’adhérer à leur loi avec chaque cellule de mon corps.
Voilà pour la loi des montagnes et mon rapport à elles – les lois ne « s’imposent » pas toujours sur la personne qui entre dans le champ dans lequel elles s’appliquent, elle peut aussi libérer la personne qui les entend d’une bonne oreille. S’y j’y vais, moi, c’est parce que je trouve leur loi préférable à celles qui ont cours dans le monde humain.
Enfin, pour ce qui est des lois « sociales » humaines. Le « domaine » montagnard est traditionnellement (tacitement) soumis aux mêmes règles (non écrites d’un certain pays du nord, je ne sais plus lequel (Suède, Norvège?) où, les « zones végétalisées » (tout ce qui n’est pas construit), sont considérées comme n’appartenant à personnes: la forêt pourra toujours être, sur le cadastre, la parcelle de Mr Machette, en réalité, si tu vas y poser ta tente et faire du feu pour te grille un lapin, rien ne peut t’en empêcher, même pas Mr Machette. Je ne connais pas les limites de cette loi: je ne sais pas si tu peux y construire une cabane, je ne pense pas. Ces espaces sont considérés comme soumis à la loi de la nature (c’est quand même un espace où les mêmes droits fondamentaux s’appliquent: tu ne peux y tuer personne), mais il n’y a pas de droit de propriété.
La montagne, c’est pareil. Tu as donc tout le loisir d’y vivre ta propre loi, et donc de vivre selon celle de la montagne, en écoutant les vents et en t’offrant tout nu aux petits lacs gelés. Rien ne viendra te rappeler qu’il te faut être productif, bête, concurrentiel et méchant-
Christophe M
InvitéSi tu ’adhères à la loi des montagnes avec chaque cellule de ton corps, je ne peux que m’incliner.
Tu es une virtuose ; je n’ai pas le niveau.
J’en était resté platement au droit positif français qui veut qu’il n’y ait pas de bien sans maître (à savoir que chaque cm² du territoire français est la propriété d’une personne, physique ou morale, de droit privé ou de droit public, à savoir que les zones considérées comme n’appartenant à personne ça n’existe pas).
Si tu t’installes une nuit sur la parcelle boisée de M. Machette et que celui-ci ne visite pas sa parcelle ce jour là, pas de problème. S’il se pointe pour couper un arbre, il a le droit d’exiger que tu plantes ta tente en dehors des limites de sa parcelle (art 544 du Code civil : la propriété c’est le droit de jouir et de disposer de choses de la façon la plus absolue) . C’est mesquin, c’est minable mais c’est comme ça et tu ne pourras pas efficacement lui opposer le droit coutumier suédois ou norvégien ; pas sur le territoire français.
Le droit positif français est rabat-joie en matière de propriété. Il peut changer. On peut tout imaginer : abolir la summa divisio entre personne et bien, doter de la personnalité morale des milieux, etc.
Dans un premier temps, abolir la propriété privée lucrative et instituer un système de copropriété d’usage, ce serait déjà une belle chose.-
Mu
InvitéMais oui tout à fait!!!
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Mu
InvitéLa copropriété d’usage, ce serait comment? J’aurais beaucoup de mal à m’entendre avec ceux qui veulent construire des immeubles en montagne, par exemple… Ou même juste ceux qui veulent « attirer le tourisme VERT » en remplaçant les stations de ski par des lieux d’attraction moins polluant.
Peut-être alors des copropriétés de gens qui ont une pensée commune de ce que signifie « propriété » et de l’usage amoureux qu’il feront de ces lieux? Ce qui regrouperait d’un côté les requins, d’un autre les autres. Sauf si on est dans un monde où on ré-apprend aux gens ce que c’est que d’être vivant et humain, et la valeur de « prendre soin »-
Carpentier
InvitéPourtant si cute, Tony Parker 🤗
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Mu
InvitéCoucou Carpentier, qui c’est Tony Parker? Je regarde.
Merci pour ton conseil de lecture, je viens de commencer histoire de la bêtise, je me régale 🙂-
Mu
InvitéBen c’est un joueur de basket?
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Carpentier
InvitéOriginaire de Villars de Lans, ce bogoss.
Regarde ses projets et tu saisiras comment ce sportif peut illustrer tes derniers échanges à propos de la montagne notamment 🙂
ps : super pour Histoire de ta bêtise, et profite.
Car même si c’est toujours intense de relire les écrits de François, découvrir ses lignes est assez bandant aussi je trouve.
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Mu
InvitéPar copropriété d’usage, tu entends ce que Friot entend pour la production? si c’est ça, je trouve très bien. moi, ce qui me pose problème, c’est plus la jouissance qui, comme chacun le sait, est un truc qui ne se partage pas franchement. A ce sujet, je posterai dès que je peux le résumé d’un interview que j’ai fait d’une petite fille de six ans et demi à qui je demandais de réinventer un monde et une école qui serait bien. Elle a pondu, à elle toute seule, avec beaucoup de passion et plein d’espoir, une grande ardeur (elle compte sur nous) un programme de gauche 🙂
Et donc sans faire exprès, elle aborde le problème de la propriété: je crois que c’est très humain de vouloir un tout petit bout de lieu où ne plus avoir à faire de compromis avec les autres. Si quelqu’un plante une tulipe rouge panneau d’interdiction, je ne me sens plus chez moi.
Je pense en effet que quelque chose comme « droit des milieux de vie » ou des lieux qui n’appartiendront jamais à personne (et non à tous), c’est ce qu’il faudrait pour la montagne. Celui qui l’aime, quand il y va, dans son coeur et dans son esprit, elle est à lui comme l’amante à l’amant.Mais un tout petit bout de jardin où personne ne viendra planter une horrible tulipe rouge primaire, ça, je pense que c’est bon pour tous, y compris la planète: un petit bout de terre à prendre soin (pas pour y foutre du gazon et une chaise longue, non, un petit bout de terre à prendre soin)
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Carpentier
InvitéEt bien tu vois, mon kif à moi, ce sont les parcs et jardins des villes.
Sacrés lieux pourtant en terme d’interdits (pelouse au repos, fermeture à 22h, interdit de cueillir les fleurs, interdit aux chiens même tenus en laisse par exemple )
Face à ces consignes, comme je ne participe à leur entretien, et bien ça passe crème tout ça et quand je me balade dans les espaces verts d’une ville où je ne suis que de passage, je me dis assez souplement que ma taxe de séjour participe à la possibilité de ces paysages de végétation urbaine et pour ma ville d’habitat principal et bien c’est les impôts locaux en partie.
J’y suis donc un peu comme chez moi, je m’y sens â ma place dans ces espaces publics et sans les contraintes d’entretien de fond (et n’y rien laisser traîner ou éviter d’y faire des dégâts me semble une contrepartie très appropriée.)
Je ne sais pas bien d’où me vient cet attrait pour ces espaces verts publics, la plupart de mes proches les fréquentent peu, voir les execrent pendant que moi, à peine arrivée dans une nouvelle ville, j’en pars à la chasse.-
Mu
InvitéCa entrerait alors dans le cadre des espaces qui n’appartiennent à personne, ou qui auraient des droits en eux-même. Et si tu aimes la solitude, tu irais à des horaires ou personne n’y va… Je crois que je pourrais aussi me contenter de ça et de trouver un coin sans fleur rouge pétard 🙂
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Carpentier
Invité[correction: .. Face à ces consignes, comme je ne participe PAS /…. ]
mais tu avais compris, je crois.Après, je vois que dès qu’un espace autour d’un arbre est fermé par des bouts de palettes en mode palissade très peu haute, tu sais, pour désencager quelque peu les arbres des villes, et que c’est annoncé comme un espace où planter ce qu’on veut en petit bout de délire collaboratif et bien, assez vite, y fleurissent des pancartes diverses et plus ou moins humoristiques: ne pas étouffer les jonquilles avec le pain sec pour ces fucking pigeons – va vomir ton délire ailleurs que sur mon persil – ton chien peut-il chier ailleurs? – et j’en passe.
Il y a donc bien des pulsions de conservation de territoire qui meuvent chacun d’entre les humains, il me semble, dès qu’ils investissent un lieu, s’y investissent etc, -
Carpentier
InvitéEn vrai, Mu?
J’adore la foule.-
Mu
InvitéOui c’est ça le problème, c’est qu’on s’investit toujours soit activement soit passivement. Mais comme tout le monde n’a pas l’énergie et l’envie de mettre des pancartes, comme tu dois le constater, ça laisserait à ceux qui l’ont le loisir de s’exprimer. Moi je choisirai un petit coin où planter quelques fleurs non rouges. Il y aurait ainsi des lieux qui n’appartiennent à personne et où on pourrait planter des fleurs et des pancartes, et d’autres lieux, comme les montagnes, qui n’appartiennent à personne et ou on n’aurait pas le droit de faire ça: ce serait le lieu de l’esprit des montagnes, et nul n’aurait le droit d’y pénétrer sous peine de malédiction.
Il pourrait peut-être aussi y avoir des lieux où il serait établi que telle ou telle personne en prend soin, pour ceux pour qui l’esthétique et la terre sont vraiment importants.
Je ne suis tout de même pas certaine que supprimer toute propriété privée convienne à tout le monde: tous les mammifères ont des territoires – ce genre d’argument biologique conduit souvent à dire n’importe quoi… La question est anthropologique: est-ce que l’autoriser inviterait oui ou non nécessairement de nouveau le spectre futur d’un monde où on s’entre-dévore… Ce sera un grand sujet de débat le jour où on pourra reconstruire le monde – peut-être n’est-ce pas une question qui se résout seul dans son coin?
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