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  • Ce sujet contient 282 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Ourson, le il y a 9 mois et 1 semaine.
Vous lisez 62 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #1931 Répondre
      Mr Wilkes
      Invité

      Cher François,

      Il y a peu je visionnais un « vieil » entretien que tu as donné à la revue Tsunami et, faute au décapsulage d’une nouvelle bière ou d’une saillie trop importante de questions, tu as éludé une interrogation au sujet des séries qui explosent le fameux ordre narratif (bien entendu Twin Peaks et sa délicieuse 3e saison, mais aussi L’Hôpital et ses fantômes de Lars von Trier qui revient également cette année avec une troisième saison, « Kingdom Exodus »). Les as-tu vues ? J’adorerais t’entendre (ainsi que les autres membres du forum) à leur sujet !

      Salutations du pays du fromage fondu,

      Mr Wilkes

    • #1936 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je les ai vues et aimées mais elles sont bien l’exception qui confirment la règle, et d’abord parce qu’elles sont réalisées bien avant l’avènement de la série 2.0, celle dont je parle, ensuite réalisées par deux gus qui sont cinéastes jusqu’au bout des ongles – et qui par ailleurs peuvent imposer leurs règles au genre.

    • #1943 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Bonsoir,
      Récemment punie par les modalités de partage des comptes Netflix qui ont changé, je me vois privée des moments de perplexité intense dans lesquels me plonge 1899.
      Quelqu’un a suivi un peu?

      • #2027 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Ma fille m’apprend à l’instant que netflix n’a pas acté sa menace 🙂
        Pas encore.
        Que j’ai dû essayer de continuer 1899 l’autre jour, à un moment où il n’y avait donc juste plus de connexion possible, ouf.
        Je reprends donc la lecture de son épisode 4.

    • #1967 Répondre
      Ourson
      Invité

      @François

      À ce sujet, je t’ai entendu parler de Breaking Bad et de Walter White comme une sorte de pantin à qui on affectait des fonctions pour coller à un ordre narratif.

      Nous autres afficionados avions apprécié la série grâce à l’évolution de Walter White justement, les gentils qui deviennent méchant et les méchants qui deviennent gentil faut croire que ça nous fait bander.
      Mais du coup qu’est-ce qui t’a gêné toi dans cette « évolution », trop forcée peut-être ?

      Il faut savoir que la série est considérée par beaucoup – y compris moi à l’époque où je l’ai vue (j’avais 17 ans) – comme la GOAT des séries

      ça ne t’intéresserait pas d’écrire un article quelque part à propos de celle-ci ? ça bousculerait beaucoup de monde et ce serait intéressant je pense d’étendre ce débat en « critiquant » l’une des séries les plus acclamées de tous les temps

      • #1987 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        J’ai écrit, en 2012, un long journal de visionnage de Breaking Bad. Que j’ai abandonné à la fin de la saison 2, déjà lassé par les constants revirements scénaristiques, qui ne relèvent pas de l’évolution, mais de la réinitialisation permanente des personnages pour alimenter le flux.
        J’ai déjà du mal à la base avec la notion d’évolution – on ne change pas-, mais là c’est carrément une mutation envers et contre tout réalisme, envers et contre la vie. Ceci n’est plus un être humain mais une coquille vide. Ca ne m’intéresse pas.

        • #1991 Répondre
          Mopi
          Invité

          Est-ce que tu as vu True Detective (saison 1), avec Woody Harelson et Matthew McConaughey ? C’est considéré comme l’une des meilleures séries de la décennie 2010-2020, et celle-ci est beaucoup moins soumise à l’ordre narratif que Breaking Bad. https://www.youtube.com/watch?v=fVQUcaO4AvE

          • #1997 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            On était davantage dans mes cordes : 10 épisodes et puis s’en va. Et j’ai plutot aimé ça pendant 5 ou 6 épisodes, malgré les simagrées de l’acteur.
            Et puis il y a ce dénouement débile. Et comme d’habitude je me dis qu’on se fout de ma gueule.

            C’est marrant comme on veut toujours absolument me convaincre que des séries y en a des biens. Sans jamais répondre à mes arguments structurels sur le genre

        • #40943 Répondre
          Toxin
          Invité

          Pourrais-tu développer sur la notion d’évolution (notion à laquelle tu n’y crois pas beaucoup visiblement) ? Tu ne penses pas qu’il est possible qu’un individu puisse se déconstruire/reconstruire socialement (selon plusieurs facteurs, événements…) ? A moins que tu penses que lorsque le noyau est trop dur il devient alors impossible d’en envisager une évolution possible ?

          • #40952 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Bien sur qu’un individu peut évoluer. Mais prendre six virages radicaux en trois saisons, non, ça n’existe pas. Ca n’est qu’une nécessité de la forme-série. Qui me perd à chaque fois.

            • #40958 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Six virages radicaux en trois saison? Mais tu fais référence à quoi concrètement?

    • #1969 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Point François ne suit. Fan absolu de la série je reste. Mais je crois comprendre ce que François veut dire lorsqu’il dit que WW n’est plus une personne réelle qui évolue au gré des situations rencontrées, mais un ressort narratif expliqué par les affects que le scénariste va lui coller. Je pense de mémoire – si ma mémoire ne me fait pas trop défaut – et dans le plus complet désordre : par vanité mal placée il refuse l’argent que lui fournit son ancien ami pour se soigner (sinon fin de la série), il aime mais rejette mais aime mais rejette (en boucle) son comparse Pinkman, sa motivation initiale de gagner de l’argent pour se soigner se transforme en motivation à mettre sa famille à l’abri du besoin puis se transforme en motivation à montrer qu’il est le meilleur et plus malin que tout le monde (on n’en est presque à être dans de la politique de bureau entre Gus Fring, Mike Ehrmantraut, Lydia Rodarte-Quayle), il passe en quelques années de petit prof sans envergure (ce qui est d’ailleurs très bien) à chef de bande à sociopathe complet, etc.

      Si vous êtes anglophone puis-je vous suggérer l’hilarant Honest Trailer sur Breaking Bad :
      http://www.youtube.com/watch?v=oDqGAUvWKkU

      Et également le Pitch Meeting, toujours juste :
      http://www.youtube.com/watch?v=yf2OYW5ocy8

      • #1971 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        [ J’ajoute que la série a également un petit fumet patriarcal-viriliste, avec WW-le-père dont le rôle est de protéger sa famille en dépit du bon sens, et surtout à dépeindre Skyler comme entravant en permanence la volonté et la carrière de son mari, on est proche des lamentations d’émasculation émises par certains hommes ; sans compter les fois où la série glorifie les scènes où WW lui ferme littéralement le clapet et fait acte de petit caporal familial. Oui j’ai joui en entendant sa répartie « I am the one who knocks », mais c’est au fond une joie mauvaise devant un acte d’autoritarisme et de raideur. ]
        http://www.youtube.com/watch?v=wMEq1mGpP5A

      • #1979 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        « sa motivation initiale de gagner de l’argent pour se soigner se transforme en motivation à mettre sa famille à l’abri du besoin puis se transforme en motivation à montrer qu’il est le meilleur et plus malin que tout le monde »

        Je ne vois pas trop ce que ça a de problématique tout ça. Faut se mettre à la place du type un peu, son drame tourne bien et c’était pas prévu donc qu’est ce qu’il lui reste à faire une fois qu’il s’est mis dedans jusqu’au cou puisque de toutes façons il lui serait impossible de faire machine arrière?

        • #1982 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Une fois encore je parle de mémoire car ça remonte à loin. Mais il me semble qu’il a, à maintes reprises, l’occasion de se retirer, et c’est parce qu’il persiste dans son affect de vanité / autoritarisme / orgueuil / hubris qu’il s’enfonce de plus en plus. Son machiavélisme en vient à dépasser toutes les bornes de l’admissible (ce que j’aime bien), je rappelle qu’il en vient à empoisonner un gamin (Brock) pour son billard à trois bandes (retourner Pinkman contre Gus Fring), alors même que rien de sa condition initiale ne laisse présager la naissance d’un psychopathe meurtrier. Ça aurait pu donner quelque chose de fameux, une mise à la retraite et la dépression (ou pas qui s’ensuit), plutôt que le spectaculaire grandguignolesque de la dernière saison. Et – je radote – je rappelle apprécier beaucoup cette série.

          • #1992 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Breaking Bad retombe sur ses pattes, que l’on soit ou non d’accord avec l’assertion selon laquelle le personnage de Walt se construit au gré du récit de façon à le poursuivre ad nauseam – ce qui n’est pas mon avis.
            Le grand-guignol est présent dès l’épisode 1 saison 1, c’est un contrat d’invraisemblance passé avec le téléspectateur qui vaut pour Breaking Bad comme pour X Files : ce que vous allez voir est con comme la lune et a pour objet de vous divertir sans vous instruire. Une fois signé, libre à chacun de poursuivre ou pas.
            Là où je peux rejoindre François, c’est sur le caractère hégémonique de Breaking Bad (ou de Game of Thrones) dans le champ culturel. On accorde à ces fictions une importance qu’elles ne devraient probablement pas avoir. Breaking Bad ne raconte pas grand-chose, ni Game of Thrones, qui n’ait déjà été raconté en mieux ailleurs.
            On peut trouver des exceptions sérielles qui confirment la règle – citées plus haut Twin Peaks et The Kingdom auxquelles on pourrait ajouter Top of the Lake, The Knick ou Too Old to Die Young pour rester dans la tendance cinéaste. Personnellement j’ai une préférence pour les shows de David Simon qui se regardent comme de très long-métrages. Et je regarde aussi un tas de conneries pop corn car il n’y a pas de honte à avoir à aimer regarder des conneries de temps à autre. En revanche, ne pas oublier qu’il s’agit de conneries avec un climax millimétré sur la Poétique d’Aristote, des cliffhangers et des twists, tout ca bien formaté-calibré pour contenir 6 pages de pub, Breaking Bad inclus.

            • #1999 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

               » En revanche, ne pas oublier qu’il s’agit de conneries avec un climax millimétré sur la Poétique d’Aristote, des cliffhangers et des twists, tout ca bien formaté-calibré pour contenir 6 pages de pub, Breaking Bad inclus. »
              Je ne dis rien d’autre
              Regardez des séries tant que vous voulez. N’allez juste pas dire que c’est du génie.

              • #2021 Répondre
                Demi Habile
                Invité

                Du génie, il ne faudrait sans doute rien exagérer, mais c’est quand même mieux que tes bouquins.

              • #2031 Répondre
                SoR
                Invité

                ça fait tellement de bien de lire ces lignes concernant la plupart de toutes ces séries qui n’apportent réellement que du divertissement et dont le but est de maintenir une personne à son écran par stimulis, merci François. Demi Habile, si tu es biberonné aux séries depuis un moment il est normal que les livres de François te semblent ennuyeux, après une trop longue passivité user de la moindre réflexion paraît pénible, je te conseille d’arrêter les séries dès maintenant.

                • #2055 Répondre
                  Mr Wilkes
                  Invité

                  D’accord avec vous et avec cette analyse faite de la forme sérielle, mais réductrice à mon avis. Ce serait comme dire que le cinéma c’est fait pour vendre de goodies et du popcorn. C’est vrai pour un certain type de films, pas pour tous 😉

                  Après effectivement, en ce qui concerne les séries, l’archétype que tu décris François (ordre narratif, cliffhanger, machine à capter l’attention pour vendre de la pub) est certes omniprésent. Mais se détacher complètement des séries, c’est se priver aussi de vrais bijoux. On citait les séries de grands cinéastes, mais c’est le cas à plus petite échelle (et ça concerne souvent des mini-séries) : Archive 81, Brand New Cherry Falvor, The Third Day, Utopia…

                  • #2058 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Décidément je n’aurai fait, parlant des séries, que susciter ce genre d’objections : c’est dommage, y en a des biens
                    Critique des GAFAM? C’est dommage, car j’ai rencontré mon épouse sur facebook
                    Critique de l’industrie carbonée ? C’est dommage car on fait de bien belles balades en voiture.
                    Etc

                    Oui Mr Wilkes, je rate des trucs. Et les gens qui regardent des séries ratent plein de livres. Et les gens qui lisent des livres ratent aussi plein de livres. Et je rate plein de pays où je ne mettrai jamais les pieds. Et je rate plein de pieds.
                    Tout le monde rate tout, ca s’appelle la vie.

                  • #2067 Répondre
                    Toni Erdmann
                    Invité

                    À mon avis, même l’argument du « il existe des séries bien » ne tient pas la route. Si l’on prend les séries les plus reconnues des sériephiles (Mad Men, Breaking Bad, Succession, Fleabag, Leftovers …) on retrouve des réalisateurs interchangeables entre toutes et donc une diversité formelle bien moindre que si l’on prend les cinéastes les plus reconnues par les instances de légitimation du cinéma (Tarantino, Ostlund, Kéchiche – il suffira d’en citer trois pour avoir une plus grande variété de mise en scène que dans toutes les séries existantes). Même la meilleure des séries ne cédera jamais à 80% de champ contre-champ, des décors chaleureux, des personnages attachants, des scènes utiles narrativement.

                • #2160 Répondre
                  Demi Habile
                  Invité

                  SoR: « Demi Habile, si tu es biberonné aux séries depuis un moment il est normal que les livres de François te semblent ennuyeux, après une trop longue passivité user de la moindre réflexion paraît pénible, je te conseille d’arrêter les séries dès maintenant. »

                  Parce que tu crois que je me fais chier à lire les bouquin de François?

                  J’ai ouvert un topic blagues pour ce genre de conneries donc évite de pourrir ce thread s’il te plait.

          • #1998 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            « et c’est parce qu’il persiste dans son affect de vanité / autoritarisme / orgueuil / hubris qu’il s’enfonce de plus en plus »
            Non. Il persiste parce que la série marche, qu’il faut siphonner les profits qu’elle crée jusqu’au bout, qu’il faut donc la faire durer.
            S’il ne persiste pas, la série s’arrête. La vache ne donne plus de lait. Il faut traire jusqu’à épuisement. Kelly Reichardt ne dirait pas ça.

            • #2018 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

               » « et c’est parce qu’il persiste dans son affect de vanité / autoritarisme / orgueuil / hubris qu’il s’enfonce de plus en plus »
              Non. Il persiste parce que la série marche, qu’il faut siphonner les profits qu’elle crée jusqu’au bout, qu’il faut donc la faire durer.  » Mais je ne disconviens pas, mon point initial était d’indiquer qu’il fallait bien trouver les moyens scénaristiques pour que la série continue, et j’en donnais l’illustration.
              (pour faire le malin – et puisque Kelly Reichardt est évoquée – c’est comme dans First Cow, Cookie dit qu’il est urgemment temps de se barrer, mais Lu lui rétorque qu’il faut bien traire la vache une dernière fois…)
              Et pour le coup le mot génie ne m’est jamais venu à l’esprit pour cette série.
              Bref un peu l’impression d’essayer de répondre à une question sur la série et de me faire tomber dessus.

              • #2019 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                [PS pour préciser – c’est parce que Lu veut traire une dernière fois que cela signera sa perte, comme le format série ne peut s’empêcher de traire toujours une dernière fois le filon]

              • #2023 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                je ne te tombe pas dessus, je prenais au bond ta phrase pour expliciter le point central : le personnage n’est pas développé comme personnage, mais comme fonction – de soutien à l’effort sériel, qui consiste effectivement à persister autant de saisons que possible

                • #2035 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  Merci ! Je devais être laminé d’une mauvaise journée de boulot.

            • #2162 Répondre
              Demi Habile
              Invité

              François: « Non. Il persiste parce que la série marche, qu’il faut siphonner les profits qu’elle crée jusqu’au bout, qu’il faut donc la faire durer. »

              Pour les saison 1, 2 et 3 c’est 1.5 millions de téléspectateurs en moyenne. La saison 4 affiche péniblement une moyenne de 1.9 millions de téléspectateurs et la saison 5 c’est 4.3 millions de téléspectateurs.

              La saison 6? Il n’y en a pas. C’est vrai que c’était le moment d’en profiter, que c’était là qu’il fallait renouveler la série pour plusieurs saisons afin de profiter de l’engouement, sauf que ça n’a pas été fait. Vince Gilligan avait une histoire à raconter et AMC trouvait le projet intéressant donc à l’arrivée tant mieux si tout le monde a envie de connaître l’histoire. Autant dire que Breaking Bad c’est le contre exemple parfait à ce que tu nous racontes et que t’as l’air ridicule avec ton numéro de prof de Français qui fait caca sur les séries.

            • #2163 Répondre
              Demi Habile
              Invité

              François: « Non. Il persiste parce que la série marche, qu’il faut siphonner les profits qu’elle crée jusqu’au bout, qu’il faut donc la faire durer. »

              Pour les saison 1, 2 et 3 c’est 1.5 millions de téléspectateurs en moyenne. La saison 4 affiche péniblement une moyenne de 1.9 millions de téléspectateurs et la saison 5 c’est 4.3 millions de téléspectateurs.

              La saison 6? Il n’y en a pas. C’est vrai que c’était le moment d’en profiter, que c’était là qu’il fallait renouveler la série pour plusieurs saisons afin de profiter de l’engouement, sauf que ça n’a pas été fait. Vince Gilligan avait une histoire à raconter et AMC trouvait le projet intéressant donc à l’arrivée tant mieux si tout le monde a envie de connaître l’histoire. Autant dire que Breaking Bad c’est le contre exemple parfait à ce que tu nous racontes et que t’as l’air ridicule avec ton numéro de prof de Français qui fait caca sur les séries.

    • #2020 Répondre
      Frezat
      Invité

      Les séries se rapprochent des bd avec plusieurs tomes.
      Des épisodes sont plus captivants que d autres..
      Le troisième épisode de last of us m a chamboulé par exemple.
      Comme quand j avais lu la mine de l allemand perdu de Blueberry.

    • #2029 Répondre
      Doug
      Invité

      Bonjour à tous et toutes, et bonjour François,

      Merci pour ce fil que je trouve éclairant.

      Je connaissais tes arguments critiques et structurels sur la forme série – auxquels j’avoue ne rien avoir à opposer de suffisamment construit ni même de contre-exemples à suggérer, malgré mon intérêt pour les séries j’ai même tendance à penser que les titres de réel intérêt sont rares, et que tout contre-exemple tiendrait de l’exception, donc s’annulerait.

      Mais au-delà d’être inféodée à la forme TV et aux exigences de flux, il me semble que Breaking Bad en particulier (que personnellement je rangerais parmi celles qui m’intéressent) présente surtout des caractéristiques formelles à l’opposé de tes options esthétiques.

      D’abord stylistiquement l’unité de valeur narrative de Breaking Bad est la métaphore. C’est une série qui dans ses textes et ses blocs d’action s’accomplit par métaphores : tout tient lieu de signifier plus que soi, répliques, évènements et en particulier objets. La série dans cet exercice déploie une inventivité qui m’est savoureuse – je trouve le soin aux objets ou leur rôle narratif rare et surtout distingué du corpus séries contemporain sur-dialogué et sur-explicatif (la série sera dépassée plus tard en cette matière par sa dérivée Better Call Saul) ; mais c’est personnel et je devine tes réserves sur le tout-métaphore.

      Plus encore le récit est structuré en profondeur sur des codes opératiques ou tragiques, avec l’idée de la fatalité qui emporterait tout, de confrontations entre figures (les emprunts au Western, qui sont légion), et des dispositifs d’annonce comme des prolepses en entame d’épisode ou des fusils de Tchekov. Je lui trouve même des accents de mysticisme sur son approche de la fatalité.

      Ce qui est induit, c’est que c’est une série qui est aussi éminemment moraliste : bien au contraire de sa trajectoire viriliste, tout dans la série cherche à orienter la question morale, par le truchement de la fatalité : de toute façon cet homme * est * irratrappablement mauvais, son existence est vouée à l’anéantissement, et gare à vous spectateurs qui ressentez de l’empathie pour un salaud. (je noterais qu’il y a d’ailleurs ambivalence dans la façon dont la série se dit parler du « changement » dès le cours de chimie du pilote… tandis que par la suite il est imprimé de plus en plus clairement que Walt portait en germe, en lui (en tant qu’homme modelé par le patriarcat?), le Mal et la soif de pouvoir)

      Je me demande si l’éducation chrétienne du showrunner Vince Gilligan, qu’on entend peu sur la composante moraliste/punitive de sa narration, n’est pas une piste qui l’aligne aux genres et auteurs desquels la série se rapproche, les films de gangsters et ceux de Scorsese en particuliers.

      Pardon d’avoir fait long mais voilà pourquoi il me semble que Breaking Bad est un objet (outre qu’il est, c’est vrai, infléchi par le rythme TV et la poursuite de la saison d’après) qui a la vocation exactement inverse au trouble de l’ordre narratif que tu affectionnes François – c’est une série qui s’arrime à des schèmes narratifs tout à fait traditionnels.

      Pour ma part (dont on se moque dans l’absolu) je suis sensible à ce dispositif, je trouve qu’elle le met en place avec un brio qui fait exception parmi la masse de productions qui s’en réclament sans y parvenir, et les thèmes mobilisés me parlent. C’est une série qui interroge en tant qu’homme mon rapport à certains paradigmes narratifs, à la mise en récit de la puissance. Je trouve d’ailleurs la série intéressante dans ses « politiques de bureau » que tu citais Dr Xavier, quand elle fait analogie entre le baronnat de la drogue et l’entrepreunariat moderne, qu’on voit les personnages calculer leurs marges, se parler de part de marché, de coût de production, de logistique. À mes yeux elle touche du doigt quelque chose du lien entre le capitalisme en tant que structure et, là encore, les paradigmes narratifs virilistes du récit de gangster et du Western.

    • #2102 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Pour faire un pas de côté, il y bien un cas où la forme sérielle serait justifiée, c’est la série documentaire historique. Je parle das des séries documentaires à la Netflix toute calibrée pareil. A ma connaissance, la case série documentaire historique dans ce qu’elle a de plus noble est occupée presque toute entière par un seul réalisateur, à savoir Ken Burns. Il a réalisé entre autres ‘Civil War’ sur la guerre de sécession (9 épisodes, 11 heures), ‘The War’ sur la seconde guerre mondiale (7 épisodes, 14 heures), et surtout ‘The Vietnam War’ (10 épisodes, 18 heures, co-réalisée avec Lynn Novick, qui elle aussi réalise des séries documentaires), toutes pour PBS (la chaîne publique des intellos américains).

      Je ne donne pas des chiffres pour faire du marketing de gonflette mais pour préciser ce qui est.

      The Vietnam War est la seule « série » que j’ai vue de lui jusqu’à présent, et c’est magistral, dans l’étendue des sujets traités, le recueillement de la parole des protagonistes, les archives restaurées, les bandes audio d’époque, les rapports en voix-off, l’influence sur la société américaine, sa musique, sa culture, son cinéma, et les échos entre soldats des deux bords. Bien sûr, documentaire oblige, la « série » suit une structure historique et pédagogique. Mais la longueur des témoignages des vétérans avec leurs hésitations, leurs mots qui trébuchent, la violence contenue, les contradictions, leurs bizarres visages qui s’animent au fur et à mesure que leurs souvernis remontent, et la manière dont ces récits sont soutenus par les vidéos, images, bande-son, et rapports d’époque, en fait un objet tout à fait émouvant. La forme série permet de prendre son temps, et également de ressentir physiquement la longueur de ce conflit qui s’est étirée sur plus de 20 années.

      Pas beaucoup d’extraits disponibles, mais j’ai trouvé ça : https://www.youtube.com/watch?v=n6q6OXMG-r4

      Après on peut aussi se demander si cet objet est bien une « série », ou un documentaire géant découpé en morceaux (intéressant de noter à ce titre que ‘The War’ a été diffusé en France par Arte – quelle surprise – en étant découpé en 14 épisodes au lieu des 7 originaux ; Arte a également diffusé ‘The Vietnam War’ mais a sauvagement coupé pour ramener chaque épisode de deux heures à moins d’une heure, mais enfin quel gâchis !).

      Et pour l’anecdote, Ken Burns a donné son nom à « l’effet Ken Burns », désignant un effet cinématographique de panoramique et de zoom avant simultanés effectué sur un document statique (exemplairement une photo), même s’il n’en n’est pas l’inventeur et que sa réalisation de ne se limite pas à ça.
      fr.wikipedia.org/wiki/Effet_Ken_Burns

      [Sinon merci Doug pour ces pistes de réflexion !]

      • #2199 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Tu auras remarqué que , dans cette critique d’En guerre que je découvre, le rapprochement avec Mordillat se fait sur la thématique sociale-ouvrière – qui est d’ailleurs plutot marginale dans le roman
        Je peux donc me sentir une fraternité politique avec Mordillat, mais nos littératures respectives sont très dissemblables. Mordillat écrit dix-neuvième-Zola, moi pas exactement.

        Je ne connais pas ses documentaires, je vais essayer de m’y mettre

    • #2107 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je suis d’accord. Je regarde essentiellement des séries docus, même quand c’est faible (dernièrement, la série Netflix sur Warhol) Resterait à savoir comment voir celles que tu mentionnes.

      • #2113 Répondre
        Charles
        Invité

        Celle sur Madoff est d’ailleurs très correcte. C’est formellement nulle hein mais sur le plan factuel j’ai trouvé ça pas mal.
        En revanche, la série sur Outreau qui a été beaucoup louée est assez embarrassante sur tous les plans.

        • #2120 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui la série Madoff est d’une grande clarté. Et édifiante.

          • #2151 Répondre
            Charles
            Invité

            Oui elle réussit la gageure d’être complète, accessible sans être racoleuse ni bêtement militante (pas du Raoul Peck quoi).

    • #2144 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      « Resterait à savoir comment voir celles que tu mentionnes. » –> ‘The Vietnam War’ fut disponible un temps sur Netflix, mais ces sapajous l’ont retiré. Face à ce scandale, nous sommes 17 dans toute la France à poursuivre une grève de la faim, mais sans succès jusqu’à présent. Pas trouvé d’autres receleurs pour l’instant en France.

      Sinon ce sujet ça m’a fait remonter un souvenir : les documentaires de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur, en particulier celui sur l’Origine du Christinanisme, en 10 épisodes de une heure. La forme est très austère, longue succession de plans fixes de spécialistes interrogés sur le sujet, pas encore eu le courage de m’y lancer et pas sûr de le trouver un jour.

      http://www.youtube.com/watch?v=EjSTABRtYIo

      François, un avis sur Mordillat et Prieur ? Apparemment certains te consisdèrent comme un cousin littéraire de Mordillat.

      >>> « François Bégaudeau m’a fait souvent penser à Gérard Mordillat et en particulier à ‘Rouge dans la brume’ lorsqu’il parle des luttes ouvrières et du cynisme de dirigeants interchangeables et surtout lointains. Grève, occupation, blocage de l’autoroute d’où colère des usagers… le quotidien régional parle peu du conflit. De son côté, le gouvernement socialiste ne peut pas tout faire… » >>> https://notre-jardin-des-livres.over-blog.com/2021/07/francois-begaudeau-en-guerre.html

      • #2150 Répondre
        Charles
        Invité

        Je trouve les séries documentaires de Mordillat et Prieur tout à fait passionnantes et remarquables de rigueur, je ne peux que te pousser à t’y plonger. Mais il est certain que c’est aride et ce d’autant plus si on n’a pas au préalable un intérêt marqué pour le sujet et quelques connaissances dessus.

    • #2416 Répondre
      Julien
      Invité

      Je regarde the white lotus en ce moment. L’année dernière j’avais vu Succession et Euphoria que j’avais trouvé impressionnant. L’hiver je ressent le besoin de série c’est moins difficile de se replonger à chaque fois dans un épisode que un nouveau film. Je suis d’accord pour dire que c’est du pure divertissement. On jouit de voir des riches vivres. Il doit bien y avoir quelque chose de politique à tirer de ces oeuvres. Il semble qu’elle raconte bien quelque chose de l’époque. Pourtant ça me rebute de voir ces riches dans the white lotus mais je suis aspiré j’ai envie de voir comment ça va mal finir. J’ai vu quelques épisodes de breaking Bad, je n’avais pas encore céder à la mode des séries. En comparant avec les films que j’ai vu les séries m’ont fait plus d’impression. En fait je regarde des films et séries à la télé à défaut de lire des romans ce que je trouve dommage mais c’est la vie.

      • #3116 Répondre
        Math
        Invité

        Je trouve Succession largement au-dessus de The White Lotus. Ces deux séries ont pourtant les mêmes ambitions : capter l’habitus des ultra-riches. Avec ce qu’il faut de satirique pour plaire au public démocrate américain. Mais je pense que c’est à un autre endroit que Succession surpasse les séries estampillées HBO. Il y a une vraie jouissance de voir la famille Roy s’engueuler, se déchirer, brasser de l’air… Au nom de quoi ? On ne saura jamais vraiment, et c’est là toute la portée absurde de cette série très drôles et pourtant sans blagues ni gags. The White Lotus me semble beaucoup plus démonstratif : chaque idée est soulignée, sur-soulignée, et les situations ne sont jamais vraiment drôles. Dans Succession, il n’y a pas de gags à proprement parler, mais un véritable plaisir de la parole comme matière. Les dialogues ne sont pas là pour faire avancer une intrigue. Les personnages se balancent des horreurs à la gueule – et en famille en plus ! – presque par soucis de « performer ». Cela me fait penser à ce que François disait sur la drôlerie des films de Sophie Letourneur. Dans Succession, la drôlerie naît de ce sentiment de chaos ambiant injustifié, dans le milieu de la finance où tout les coups sont permis, surtout les plus bas. The White Lotus va beaucoup moins loin car d’une certaine manière les scénaristes sauvent les personnages à la fin. S’ils peuvent se montrer parfois odieux, c’est parce qu’au fond, ils ont une fêlure interne. À l’inverse, Succession est une série qui évite la psychologie. Surtout dans sa première saison. Chez les enfants Roy, il n’y en a aucun qui est sauvable, « le ver est déjà dans le fruit », comme dirait ma grand-mère.

    • #2417 Répondre
      Julien
      Invité

      Dmz veut dire zone démilitarisée dans le jargon militaire. En fait c’est une zone où la guerre fait rage avec de multiples factions.

    • #2418 Répondre
      Julien
      Invité

      Merde je me suis gouré de forum

    • #3113 Répondre
      Titi
      Invité

      Je ne sais pas si je poste au bon endroit. Voilà une série de vrai cinéaste (ô combien) pleine de promesses :

      (Une autre exception qui confirme la règle.)

    • #3118 Répondre
      Mao
      Invité

      En parlant de séries, s’il en est une qui mériterait un coup de projecteur c’est « L’agence ». Je ne comprends pas que personne ne s’en soit vraiment saisi. Même sur twitter jamais aucun buzz. Alors qu’il suffirait de la diffuser à grande échelle pour convaincre définitivement l’ensemble de la population de mettre un terme à la propriété lucrative. On ferait la tournée des zénith avec Friot, Lordon et Bégaudeau pour présenter la série, saison par saison, épisode par épisode. arrêts sur image, analyses marxistes etc… et on sortirait enfin de tout ce merdier.. Bon je sais bien que ça ne marche pas comme ça – l’idée vraie du bien et du mal ne saurait réprimer aucun affect en tant qu’… – mais en même temps on a encore jamais essayé.
      Je dis ça, je dis rien.

    • #3143 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on peut la voir où?

      • #3153 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Sur Netflix, série réalité sur une agence immobilière.
        Si c’est bien à cette série dont parle Mao.
        J’ai trouvé que celle-ci.

    • #3175 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ok

    • #3227 Répondre
      Cyril
      Invité

      Tu fais donc une exception aux séries de grands cinéastes (Trier, Lynch etc.) et aux séries documentaires. Qu’en est-il des sitcoms ? Pour ma part, je n’ai pas le sentiment d’avoir perdu mon temps devant quelques saisons de The Office, Seinfeld ou encore Fleabag.

    • #3232 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Dans le vieux temps, « sitcoms » ne désignait pas du tout ça, mais des séries bas de gamme qui se passaient dans un salon (sit), avec un canapé face caméra (genre Arnold et Willy, dans les années 70-80, ou Maguy en France)
      Tu parles en fait des séries comiques. Avec lesquelles je suis beaucoup plus à l’aise – comme d’ailleurs avec toute série sans arche (par exemple Black Mirror). Suis très fan de The office – that’s what she said. Seinfeld ça a tendance à m’agacer assez vite. Je crois que j’aime plus le principe que la chose.

      • #3259 Répondre
        Titi
        Invité

        Seinfeld est sur Netflix en ce moment. Ça vaut le coup d’y revenir (par exemple les trois dernières saisons). Peut-être que ce que tu préfères dans The Office, François, c’est le côté faux documentaire, avec les regards caméra hilarants, cette impression de vérité, alors que Seinfeld, c’est les rires enregistrés. J’adore The Office (la version anglaise, du moins), mais Seinfeld, c’est très bien aussi, et notamment le jeu d’acteurs est de haute volée : le personnage de Kramer par exemple, dans le burlesque, rejoint par moments des classiques comme Keaton. Sur le monde de l’entreprise, c’est franchement bien vu, avec les personnages de George et Elaine (l’infantilisation…, c’est presque Gombrowicz).

        • #3275 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Il faudrait que j’en voie davantage
          Je crois que je bloque un peu sur Seinfeld lui même. Je veux dire que son jeu ne me passionne pas.

          • #3276 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            alors que celui de Ricky Gervais et Steve Carell, si

            • #3312 Répondre
              Titi
              Invité

              Oui, Jerry Seinfeld est là pour passer les plats à ses partenaires, c’est le pivot. Il faut le prendre comme ça.
              Jamais vu The Office le remake américain. J’avais peur d’être déçu. Je vais essayer de le voir.

              • #3315 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                La version US est tendre, le personnage est touchant, Steve Carell joue un brave type un peu couillon. Pas tenu longtemps, peut-être que ça s’améliore au trentième épisode. Ils doivent en être à la deux centième saison.
                Ceci dit, Ricky Gervais a un peu foiré son coup en faisant un film très gentil sur le retour de David Brent comme chanteur itinérant, remettant une louche de sa nouvelle gentillesse dans la marmite de sa causticicité d’avant.
                De lui je recommande l’immense et cruelle satire du cinéma, Life’s too short, avec Warwick Davis. Pour le coup c’est vraiment vraiment vraiment drôle. Gênant, cruel, immonde : drôle.

    • #3233 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Par association d’idées : quelqu’un avait ici conseillé American factory, documentaire Netflix. Je le recommande vivement à mon tour. D’abord parce que sa facture est à peu près digne d’un documentaire. Ensuite parce que ce qu’on y voit est passionnant. Impression de se trouver au coeur du contemporain. Et d’avoir là sous les yeux le capitalisme de demain – d’aujourd’hui mais de demain quand l’Asie aura vraiment pris le trone. Ou peut etre que je me trompe : peut etre que le film montre que ce capitalisme là, ne cachant plus son socle militaire, ne passera pas. Que nos corps n’en voudront pas, comme les prolos de Ohio n’en veulent pas.
      Par ailleurs c’est assez drole – d’un rire nerveux, mais d’un rire.
      Je remercie vivement « quelqu’un ».

    • #3288 Répondre
      Isd
      Invité

      Vu qu’on parle de séries comiques, je ne peux que vous conseiller « Nathan For You », créée et animée par l’humoriste canadien Nathan Fielder, dont j’ai écrit une critique récemment, que je me permets de vous retranscrire :

      Nathan, diplômé d’une grande école de commerce, vient en aide à des petites entreprises en difficulté pour redorer leur business. Sauf que les solutions qu’il propose sont tellement créatives qu’elles en deviennent absurdes voire dangereuses et donc complètement improductives.
      Dans le segment le plus connu du programme, qui a valu à la série sa renommée, Nathan ouvre un faux café Starbucks appelé « Dumb Starbucks » pour attirer les clients curieux. Les noms de tous ses produits sont préfixés par « Dumb », et la boutique propose des goodies imitant les vrais produits Starbucks à vendre. Nathan parvient à convaincre que le café est légal car il est considéré comme une œuvre d’art parodique, mais les représentants de Starbucks menace de le traîner en justice, ce qui met à mal l’expérience…
      La série s’inspire des méthodes de la télé-réalité, dans le sens où les entreprises présentées sont réelles et ont consenti à être filmées. Sauf que les employés ne sont pas au courant que c’est pour une émission de comédie. Leurs réactions aux improvisations de Nathan Fielder sont 100% authentiques. De même, on apprend en découvrant les méthodes de fabrication de la série que les épisodes sont constamment réécrits en fonction des interactions entre les personnes « piégées » et le personnage de Nathan. Ce qui donne à la série une très grande liberté narrative. Tout peut arriver à n’importe quel moment et prendre des directions aléatoires. Par exemple, dans l’épisode « Mechanic, Realtor », Nathan convainc un agent immobilier en difficulté de vendre des maisons en affirmant que les maisons ne sont pas hantées et qu’il n’y a donc pas de fantômes à l’intérieur. Il va même faire appel à un exorciste pour prouver que la maison est un endroit tranquille. Mais l’exorciste commence à ressentir la présence d’esprits ce qui remet complètement en question les plans de Nathan.
      La série n’est pas qu’une simple farce. Les obstacles que rencontrent Nathan Fielder, sorte de figure parodique du startupeur démiurge, vont souvent faire ressurgir l’humanité des personnes piégées, des américains de tout âge, de toute classe sociale et de toute communauté. Par exemple, dans l’épisode « Claw of Shame », Nathan tente d’aider une personne à surmonter sa dépendance à l’alcool en créant un dispositif de verrouillage de la boisson appelé « The Claw ». Le dispositif ne peut être déverrouillé qu’après avoir couru un parcours d’obstacles, ce qui oblige la personne à se mettre en forme pour pouvoir boire.
      « Nathan for you » regarde d’un œil satirique les pratiques commerciales modernes mais sur un mode régressif. Nathan Fielder pousse la logique de l’entreprenariat jusqu’à l’absurde, il utilise ses idées de marketing farfelues pour révéler les absurdités du capitalisme, la manipulation des consommateurs et les limites de la publicité.
      La série se situe quelque part entre Borat, Pimp My Ride et The Eric André Show, elle mélange télé-réalité, documentaire, humour cringe et satire pour offrir une expérience de visionnage unique et hilarante, que je vous conseille !

    • #3291 Répondre
      Mao
      Invité

      La série la plus drôle à mes yeux est Man seeking Woman. Si vous avez l’occasion de trouver la saison 1, c’est un pur chef d’oeuvre. D’ailleurs puisqu’aucune plateforme ne la diffuse et qu’elle n’a pas même été éditée en DVD je serai éternellement reconnaissant à celles et ceux susceptibles de me permettre de remettre la main dessus par quelque moyen que ce soit.

      • #3296 Répondre
        Tony
        Invité

        Je ne connais pas cette série mais on la trouve sur des sites pirates,si t’as une adresse mail je t’envoie un lien

    • #3306 Répondre
      Ourson
      Invité

      François Bégaudeau serait-il aux séries ce que Michel Clouscard est au Rock ?

      Je plaisante bien entendu, j’imagine bien que la comparaison n’a pas lieu d’être ne serait-ce parce qu’il est impossible de créer sa propre série dans un garage avec des potes

      • #3308 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Détrompe-toi. Ça donne des choses parfois intéressantes.

      • #3324 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Même humoristiquement formulée, ta question n’est pas bête. Loin de là.
        Il est évident que ma position structurelle fait fi de tout ce qui peut arriver entre une série et un spectateur – mon seul doute étant que la forme même de la série fait qu’il ne peut rien arriver, mais c’est évidemment excessif de le dire comme ça ; aucune forme n’est à ce point verrouillée qu’il ne puisse rien se passer en l’appréhendant.
        Tu notes une différence réelle entre rock et série (et donc entre critique du rock et critique de la série) : une série ne peut pas se fabriquer dans un garage. Dans la continuité de cette différence effectivement importante il faut en noter une autre : au moment où Clouscard se répand contre le rock comme musique du capitalisme, le rock n’a pas encore accédé à la culture légitime. Je veux dire qu’il se trouve encore très peu de gens pour considérer le rock comme un art, encore moins comme un art important (ça ça viendra dans les années 80 et surtout 90). Je l’ai souvent dit : je n’aurais peut-être pas commis une seul ligne sur la série si elle n’avait pas été si vite (années 2000) légitimée, adoubée, et portée aux nues par la critique. Si elle n’était pas devenue le genre dominant, et le plus célébré. C’est ici que j’interviens. Non pas pour dire que les gens qui consomment des séries sont des abrutis – j’en regarde moi même- mais pour dire que les critiques qui placent cette forme au sommet de l’art audiovisuel se trompent.
        Pour le dire autrement : ceux qui m’accusent de produire là une attaque aristocratique contre un genre populaire inversent le rapport de forces.

    • #3329 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Je viens de commencer La forėt sur netflix, j’aime bien Diefenthal depuis le premier Taxi.
      Et je vais essayer de piger cette histoire d’arc narratif en la regardant, tiens

    • #3497 Répondre
      Charles
      Invité

      Notre cinéaste rital préféré est de retour avec une mini-série sur l’enlèvement et l’assassinat d’Aldo Moro, diffusée sur Arte à partir de la mi-mars : https://www.arte.tv/fr/videos/097481-001-A/esterno-notte-1-6/

      Je ne sais pas si Arte prévoit de rediffuser Buongiorno notte du même Bellochio qui évoquait déjà ce fait politique mais cela pourrait être intéressant de voir les deux dans le même temps, la série ayant été conçue comme étant le contre-champ du film.

      • #3498 Répondre
        Charles
        Invité

        Bellocchio*

      • #3501 Répondre
        Ostros
        Invité

        Titi l’avait annoncé il y a quelques jours. J’aime bien le travail de Bellocchio donc forcément ça donne envie.

      • #3505 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Merci pour l’info Charles (et titi donc), je l’attendais impatiemment. Et revoir Buongiorno Notte – grand film pour moi – à cette occasion oui. Je crois me souvenir que Zirma a déjà vu la mini-série, ou devait la voir en avant-première…

        • #3520 Répondre
          Anna H
          Invité

          Oui, à la Cinémathèque. J’aimerais beaucoup voir aussi son documentaire qui y a été projeté, « Marx peut attendre », sur son frère jumeau Camillio qui s’est suicidé en 1968.
          Concernant les années de plomb, j’en profite pour vous recommander un documentaire que j’ai trouvé extraordinaire et qui est encore visible sur Tenk, « Do you remember Revolution » de L. Bianconi, sur 4 femmes membres des Brigades rouges, condamnées à la perpétuité pour 3 d’entre elles et plus de 60 ans pour la dernière et rencontrées 20 ans plus tard alors que certaines sont encore en prison, d’autres tout juste sorties. Filmées en plans fixes, avec juste leur parole, aucun document d’archives (à l’exception de images son aucun son au tout début), elles racontent leur parcours, l’entrée en clandestinité, l’activisme révolutionnaire, les exécutions, la prison :
          https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/les-films-de-loredana-bianconi/do-you-remember-revolution

    • #4835 Répondre
      Mao
      Invité

      Je ne sais pas si tu as déjà eu l’occasion de t’exprimer sur la série, celle qui à elle seule suffit à justifier le format sériel : The wire.
      Est-ce qu’on est pas un peu obligé de reconnaître que le miracle The wire n’aurait jamais pu voir le jour sous une autre forme que celle de la série ? Ce que peut The wire, aucun film ne le peut. Ce disant je reconnais qu’hélas aucune autre série non plus. N’empêche, même si dans les faits elle donne peu, on a quand même là une forme qui potentiellement autorise beaucoup..

      • #4836 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        The Wire, ça aurait été meilleur en livre. En fait, c’était, à l’origine, un livre de David Simon où il faisait ce qu’il sait mieux faire : du reportage. Il y a très peu de moments de vie dans cette série — des plans narratifs en béton, du discours, mais c’est la plupart du temps rigide à mort. Mais je garde en tête quatre ou cinq scènes qui sortent du lot. Sur cinq saisons, c’est peu. D’ailleurs, j’avais mis du temps à me lancer dans The Wire parce que la scène d’introduction était tellement au-dessus du reste de l’épisode qu’on commençait sur une note amère. Il faudrait que je retenté une saison — celle que j’ai préféré : la 4 — pour voir si je n’ai pas complètement changé. En tout cas : même impression sur les autres séries de Simon. Incapacité à écrire des personnages qui ne soient pas des machines à faire avancer le scénario ou des schémas sur pattes. Je ne les ai pas terminées.

        Philosophiquement, je suis du côté des Soprano.

        Mais oui : l’âge d’or des séries aura commencé et pris fin quasiment au même moment. Je ne pense pas que le problème de l’industrie télévisuelle actuelle soit due au format, quoiqu’il y a toujours cette donnée à prendre en compte : c’est plus d’heures pour moins de temps de tournage. Même quand on s’appelle David Lynch et qu’on a le droit de faire à peu près ce qu’on veut avec le format.

        • #4837 Répondre
          Charles
          Invité

          (t’as lu le Bret Easton Ellis, K? Désolé mais t’es ma référence en littérature américaine contemporaine)

          • #4839 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            (Nop, j’avais écouté les premiers chapitres sur son podcast. C’était du premier jet. Beaucoup de répétitions qu’il a dû couper depuis. Il disait d’ailleurs que son éditeur se chargeait en grande partie de la syntaxe de ses textes. Je ne suis pas très fan d’Ellis, mais c’est une autofiction littérale, cette fois-ci : le gars est même homosexuel comme Bret. Il me semble que c’est la première fois. Il y avait des passages intéressants sur cette école de gens riches et les rapports des étudiants à Hollywood. Moins convaincu par l’aspect thriller qui sert surtout, j’imagine, à garder son lecteur captif en lui promettant du sang.)

          • #4845 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Oui mais K a aussi plutot bon gout en littérature Pourquoi donc irait il perdre son temps à lire la dernière livraison de cet écrivain moyen devenu guignol
            Le voyant en interview je me disais que le type est en train d’inventer un sociotype : le réac cool

            • #4850 Répondre
              Charles
              Invité

              Ben moi je suis en plein dedans (100 premières pages) et pour l’instant ça m’enthousiasme. Mais gros risque que ça ne tienne pas la distance.

        • #4838 Répondre
          Mao
          Invité

          Ça ne t’étonnera pas si je dis que j’y trouve au contraire beaucoup de vie. Je ne crois pas non plus que ce soit une très bonne idée de reprendre une saison isolément. La grande force de The wire est à mon sens que s’ajoute à chaque saison une strate supplémentaire de réel. De saison en saison tout se complexifie et s’intensifie jusqu’à donner sa pleine mesure avec la saison 4 qui est en effet son apothéose. Chaque saison est supérieure à celle qui la précède à l’exception notable de la saison 5 qui est ratée. Pour le reste je suis d’accord sur le fait que Simon lui même n’a pas été capable de reproduire la formule dans ses autres productions. Quant aux Soprano, sans aucun doute ma deuxième série préférée juste derrière The wire.

          • #4840 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            J’aime l’idée de faire des saisons consacrées à une partie spécifique de Baltimore : le contraste saison 1 / saison 2 est fort. Très peu de plaisir à regarder ça à l’époque, cela dit. Ensuite, j’ai l’idéal des Soprano : une saison construite comme une suite de nouvelles indépendantes. L’effet saison 1 / saison 2 de The Wire peut être atteint d’un épisode à l’autre et on est plus préoccupé par la trivialité que les narrations-rhétoriques.
            Aujourd’hui, il y a très peu de séries qui pensent en terme d’épisodes : l’épisode n’existe plus. La série est pensée comme un long truc informe qui dure x temps. J’en regarde quasiment plus, mais je ne pense même pas qu’ils font des cliffhangers pour relancer la machine parce que les plate forment lancent un nouvel épisode à notre place.
            Je vais relancer les saisons 1 et 2 en hommage à Lance Reddick.

        • #4844 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          « Mais oui : l’âge d’or des séries aura commencé et pris fin quasiment au même moment. »
          je like

          « Ce que peut The wire, aucun film ne le peut. Ce disant je reconnais qu’hélas aucune autre série non plus. »
          Je re-like

          Vous êtes en forme les garçons

    • #9499 Répondre
      Charles
      Invité

      Je découvre Fleabag 10 ans après tout le monde et je suis assez déçu. Cette série très estimée m’apparaît bourrée de clichés bien dans l’air du temps – la soeur ambitieuse frigide et coincée, l’héroïne sexuellement dévergondée mais en réalité traumatisée et mal dans sa peau pour finir par être sauvé. Les seconds rôles sont taillés à la serpe, notamment les ex et conquêtes de l’héroïne ce qui finit par les rendre totalement irréels. Certes quelques dialogues font mouche (attention jeu de mot subtil) et l’actrice-autrice ne manque pas de talent mais je vois aussi une grande complaisance de celle-ci à se dépeindre comme une fofolle obsédée du cul. De manière générale, j’ai du mal avec les oeuvres à la gloire (même si celle-ci est faussement obscure) d’un personnage qui aspire tous les autres et dont on est censés admirer toutes les reparties. La série a toutefois le mérite de la brièveté, une vraie gageure pour ce format.
      (Je précise que je n’ai vu que la première saison)

      • #9500 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Oui. La créatrice dont le père est citée dans les Panama Papers et qui joue l’entrepreneuse fauchée dans Fleabag (tu auras remarqué à quel point son business est abstrait, juste un décor pour accueillir des scènes…) a décroché un contrat avec Amazon la rémunérant plusieurs millions de dollars pour « développer des projets » dont aucun n’a encore vu le jour. L’irritation est extrême. Quelques gags marrants dans Fleabag, néanmoins, mais des gags déjà périmés — très dans l’air du temps, oui.

        • #9503 Répondre
          Charles
          Invité

          Puisque tu es dans les parages K, pour les deux derniers romans de McCarthy, tu conseilles de commencer par lequel? J’ai entendu dire que Stella Maris, bien que paru plus récemment, serait plus abordable.

          • #9504 Répondre
            K. comme mon Code
            Invité

            Le Passager. C’est le principal, le meilleur — et je pense qu’on apprécie mieux la voix de Stella Marris après la lecture de l’autre.

        • #9519 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Oui c’est étonnant que rien ne sorte de son deal avec Amazon. De mémoire c’était mis en pause le temps d’un James Bond mais c’est fini depuis longtemps cette histoire.

      • #9501 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Il y a eu un petit phénomène air du temps + voix emergente + l’adresse caméra réussie (ce qu’on n’avait pas vu depuis…?). La saison 2 tient grâce au personnage du prêtre, qui remplace très avantageusement le deuil de son amie.

        • #9516 Répondre
          Charles
          Invité

          L’adresse caméra est réussie mais finit quand même par lasser, non? Et puis ce côté je-me-paie-les-autres-personnages (et de moi aussi, certes) avec la complicité du spectateur finit par me gêner. L’équivalent du coup dans les côtes de ton voisin qui se fout de la gueule de la personne en face.

          • #9518 Répondre
            Seldoon
            Invité

            J’ai regardé il y a longtemps, je ne me souviens pas que ça m’ait lassé (contrairement aux autres points qui tu soulignes). Et puis ça finit par se réinventer un peu en saison 2. Mais il est clair que Fleabag, c’était surtout un ton et quelques dialogues bien vus arrivés au bon moment. D’ailleurs tu es la dernière personne sur terre à en parler.

      • #9509 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Dans un genre sériel centré sur un seul personnage, une seule saison, je te reco I May Destroy You de / avec Michaela Coel. Fabriqué pour une unique saison, propos subtil, fin réussie.

    • #9510 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Sur le thème de la série, je suggère à qui a du temps à perdre en curiosités de se pencher sur le travail d’Alan Resnick sur YouTube (ou ailleurs). Mais sur YouTube donc, la chaîne Alantutorial.
      Je cite Wikipedia : « La série surréaliste de vidéos publiées sur YouTube commençait simplement avec des vidéos d’un handicapé mental faisant des tutoriels absurdes sur des choses simples. Puis, abandonné, condamné à vivre seul dehors, kidnappé et enfermé dans une salle de 5 mètres carrés, la santé mentale du personnage de alantutorial dérive complètement dans la folie et l’obsession de ces tutoriels. »
      L’un des intérêts de cette série était son caractère inédit, car au moment de sa diffusion, aucune explication n’était fournie. Un spectateur naïf pouvait croire à la réalité du drame humain mis en scène.

    • #13895 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Salutations, je me permets de déterrer ce sujet suite à la lecture de ce drôle d’article si ce topic continue d’intéresser des sitistes.
      David Buxton, Serialization in the age of finance capitalism, 2019.
      L’auteur fait une analyse marxiste de la « forme série » (un terme un peu trompeur parce qu’il est très peu question de « forme » dans l’article, terme que comprends de manière imprécise comme « comment c’est filmé / mis en scène / monté / etc. ») et indique – si je comprends bien – que les séries TV étant produites sous régime capitaliste, il était inévitable que la structure capitalisate percole dans la forme série même en engendrant une inflation exponentielle de personnages et d’intrigues (ce qui serait la « subsomption réelle » de Marx, dans laquelle l’intervention du capital se produit dans l’organisation même de la production artisanale, ah bon, je découvre). Les techniques de mesure d’audience devenues très fine, et l’implication continue et participative des publics visés dans la conception du produit final, font étouffer toute échappée artistique.
      Au final, je comprends que dans la finance comme dans la série TV (ou Marvel), il y a multiplication de produits dérivés, avec recombinaison d’actifs en nouveau packaging d’actifs (les cross-machin où Spiderman rencontre Batman) lancés sur le marché (financier / de l’audience) avec inflation de la valeur et krach inévitable (krach boursier / explosion de la série qui passe d’adulée à « too much »).
      L’article est un peu ardu et en plus en anglais, pas trouvé de traduction officielle, je propose ci-dessous quelques paragraphres traduits.
      ============
      Après l’introduction de mesures d’audience plus fines par Nielsen en 1969, les annonceurs étaient prêts à payer une prime pour une « qualité » (plus jeune, plus féminine, plus urbaine) par rapport à un public de masse. Par la suite, la série se décentre, soit à travers un duo de partenaires dissemblables (Starsky et Hutch, Miami Vice), soit, plus radicalement, à travers une équipe composée d’origines ethniques diverses (Hawaii 5-O). Incapable d’un traitement réaliste du crime, qui impliquerait une explication sociologique, et tout aussi incapable de proposer un projet social positif – pas même la défense de principe du statu quo -, la série policière se réfugie dans les relations interpersonnelles. Des séquences modulables révèlent les problèmes personnels des personnages récurrents (alcoolisme, infidélité sexuelle). En abandonnant le protagoniste masculin contrôlant, la série sérielle « s’accommode » mieux (est moins contrainte dans sa matière par) de l’absence d’un projet positif. En d’autres termes, c’est la forme la mieux adaptée à la passivité idéologique des séries à partir des années 1980.
      (…)
      La conséquence la plus importante de la sérialisation est l’inflation des personnages. Les problèmes ne peuvent plus être traités par un seul homme blanc (le western télévisé des années 1950) ou par deux partenaires (la série d’espionnage des années 1960). Ils nécessitent désormais une équipe stratégiquement composée de policiers (ou d’avocats, de personnel médical, etc.) à la recherche d’un équilibre social insaisissable qui pourrait magiquement s’adapter à leurs diverses formes de diversité et de traits de personnalité : catégories raciales et ethniques, hommes et femmes, jeunes et adultes, homosexuels et hétérosexuels, libéraux et conservateurs, et d’innombrables autres possibilités.
      (…)
      La série devient une forme de capital de marque symbolique. Abordant cette idée sous un autre angle, Michael Szalay (2014) a soutenu de manière suggestive, en se référant à plusieurs séries de HBO, que « les dramas sont des marchés à terme […] et devraient être compris comme fonctionnellement équivalents à la classe d’instruments financiers connus sous le nom de produits dérivés ». La reproduction au sein d’une saison et entre les saisons est conditionnée par une étude de marché permanente qui détermine les personnages dans lesquels il vaut la peine d’investir ou de liquider.
      (…)
      En tant que processus continu de création de plus-value, le capitalisme dépend d’une croissance nécessitant un réinvestissement exponentiel, qui dépasse les possibilités du capital productif. Marx appelle cette forme d’investissement « capital fictif » (crédit, dette, spéculation), où le gain financier dépend de la « fiction » qu’il sera nécessairement convertible en capital productif. L’inflation (accumulation) de personnages dans Game of Thrones, adapté des livres de George R. R. Martin, à la fois l’expression formelle la plus avancée de la série sérielle et la plus régressive en termes de relations sociales, incarne une économie de ce type. Dès la saison 3, cette série avait exceptionnellement accumulé quelque 250 personnages. À chaque nouvelle saison, des dizaines de personnages et d’intrigues potentielles sont spéculativement produits, dont seuls quelques-uns peuvent être développés. Toute exploration purement psychologique est désormais subordonnée à des considérations budgétaires. L’idée est que la progression de la série sérielle dépend d’une forme d’inflation qui, comme dans son pendant boursier, doit périodiquement subir un abattage avant de s’effondrer définitivement (généralement après six ou sept saisons dans le cas d’un succès). Contrairement aux personnages invités de la série classique, ceux créés dans la série sérielle ne disparaissent jamais complètement, à moins d’être tués.
      (…)
      La série sérielle tend à imiter le capitalisme financier dans sa structure interne. Des intrigues potentielles sont créées en permanence, dès le premier épisode, afin de maintenir un rythme d’accumulation implacable. La concaténation de ces intrigues ressemble formellement aux circuits du capital examinés dans le deuxième volume du Capital, dans lequel les mouvements du capital-argent (M-M’), du capital-marchandise (C-C’) et du capital productif sont imbriqués. Le crédit (ou le capital financier, ou la volonté permanente d’un public d’investir dans de nouvelles intrigues) est essentiel pour éviter les pannes paralysantes ou les retards dans la métamorphose d’une forme de capital en une autre ; de la même manière, la série a besoin d’un stock de personnages virtuels pour fluidifier ses multiples développements.

    • #13900 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je n’étais pas loin de ça
      En tout cas l’analogie, qui semble saugrenue de prime abord, fonctionne.

      • #13906 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Oui je trouve que ça complète bien ton propos. Là où tu dirais (dis-moi si je me trompe) que la forme série TV porte en elle les conditions structurelles de sa propre nécrose, Buxton di(rai)t que les conditions de production de la série TV sont trop intiment imbriquées au capitalisme financier pour qu’elle n’en reproduise pas le schéma mortifère.
        Ce qui peut donner une question théorique tout à fait spéculative : y a-t-il similitude (ou comparaison possible) entre d’une part l’approbation esthétique généralisée qu’a connu les séries TV, et d’autre part l’approbation généralisée de la financiarisation de l’économie avec multiplications des produits financiers « innovants » « bons pour l’économie » « libérant la croissance », etc. ? Je dis peut-être n’importe quoi mais j’ai très envie de relire le bouquin « Jusqu’à quand ? » de Lordon sous cet angle.
        Et amener aussi des questions plus empiriques du genre existe-t-il au sein de Netflix/Amazon/Etc. une cotation/valorisation « en temps réel » des personnages/intriguies ? Grâce à l’accumulation de millions de données sur les épisodes vu, revus, pausés, accélérés, les scènes rejouées, celles qui sont skippées, combinées à tout ce qui peut se trouver comme commentaires sur les réseaux sociaux (exemplairement Twitter), j’aurais du mal à croire que les brillants ingénieur n’en déduisent pas une valorisation « objective » (avec 35 guillemets) de chaque personnage et chaque intrigue avec cotation quotidienne ; couplez à cela les données de coût de production ($$$), et vous obtenez des décisions « économiquement rationnelles » sur quel personnage/intrigue survivra. (J’ai cherché des textes sur cette dernière idée, beaucoup d’articles sur Netflix connu comme étant une « data-driven company » mais peu de faits documentés concrets sur comment ça se passe réllement de l’intérieur).
        https://collider.com/1899-cancellation-netflix-viewership-metrics/

        • #13916 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          On peut dire que Netflix avait / a pris l’habitude — hors succès international — d’arrêter les séries après deux saisons parce qu’ils avaient remarqué que c’était le seuil à partir duquel le contenu ne générait plus d’inscriptions sur la plateforme.

    • #13926 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      On peut aussi renvoyer aux multiples témoignages de gens ayant travaillé sur une production Netflix, et qui décrivent comment tout le processus de « création » y est standardisée, et que tous les salariés sont des sortes d’ouvriers à la chaine sommés d’exécuter les consignes calibrées.

      • #13935 Répondre
        Gyorg
        Invité

        Oui d’ailleurs Nanni Moretti se fout aussi de la gueule de Netflix dans son dernier film, et justement de cet aspect standardisation de la création. Il rencontre des employés de Netflix qui lui disent « il manque un moment what the fuck dans votre film ».
        Il m’a encore bien fait rire Nanni.

        • #13955 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Ça me fait penser au documentaire de Morgan Spurlock sur le placement de produit, financé entièrement par du placement de produit. Le résultat est à la fois instructif et affligeant.

          • #13961 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Ah c’est le mec de Super Size me! Il a presque bousiller sa santé pour démontrer les effets désastreux des Macdonalds sur nos corps
            Mais Super cash me, pas le courage: allergique au doublage. Je préfère les v.o sous-titrées.

            • #13994 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              Je l’ai trouvé dans une version originale. Peut-être que YouTube alloue les sous-titres.

        • #13970 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          si encore ça n’était qu’un moment what the fuck…
          ça c’est le genre de consignes qui existaient dans le Hollywood originel
          le calibrage est beaucoup plus profond (et pas moins formel et technique que narratif)
          j’intuite que le vieux nanni ne tape pas exactement dans le mille

          • #13973 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Il faut ajouter que beaucoup de gens (scénaristes, réalisateurs, chefs op et acteurs) sont ravis de se plier à ce calibrage et qu’ils sont de toute façon eux-même calibrés par avance par ce qu’ils consomment.

          • #13995 Répondre
            Charles
            Invité

            C’est marrant parce qu’en regardant « la messe est finie » je me suis dit que le film ne manquait justement pas de moments « what the fuck ». Ce n’est d’ailleurs pas du tout ce qui caractérise les productions Netflix mais peut-être que Moretti fait semblant de viser Netflix et veut en fait désigner le cinéma contemporain (on se souvient de sa surprise quand Titane avait remporté la palme d’or à Cannes).

            • #13997 Répondre
              Tony
              Invité

              On se souvient aussi de ce qu’il a dit sur Michel Franco.

            • #14190 Répondre
              Leo Landru
              Invité

              Je suis grand amateur de cinéma bis et j’avais gentiment apprécié Grave. Pas vu Titane car rebuté par le tapage médiatique et l’affiche avec Lindon, mais peut-être que je loupe quelque chose. J’aimerais bien savoir ce que d’autres en pensent ici avant de tenter l’expérience – un peu peur du trip psychédélique creux sur une intrigue-prétexte. Est-ce que ça vaut une palme d’or ou est-ce un événement ponctuel, une petite tape amicale dans le dos des films d’épouvante ?
              Sur le cinéma d’horreur auquel on l’associe, Ducournau a souvent dit des banalités du type « la suggestion est plus forte que le gore à l’écran », poncif des auteurs qui veulent anoblir le genre épouvantable – d’autant que son modèle Cronenberg n’a pas pour habitude de suggérer la violence. Je la soupçonne, sans malveillance de sa part mais avec beaucoup de conformisme, de catégoriser d’un côté les bons films d’horreur avec une belle ambiance et de beaux plans (Hantise, Halloween, Shining, Psychose) et de l’autre les mauvais torture porn d’exploitation qui font honte au cinéma (Vendredi 13, Saw, Hostel). Pourtant il y a de l’inventivité dans les films gores dès lors qu’on cesse de se pincer le nez – sans pour autant crier au chef-d’œuvre, on n’est pas chez PTA quand on regarde un Wes Craven.
              Mais Grave m’avait surpris en bien, tout de même, en comparaison du reste de la mince et poussive production horrifique française : Pascal Laugier qui se vautre dans le sadisme ou l’ennuyeux voire le douteux, Bustillo et Maury qui nous font du Jean Rollin avec un peu de moyens, vaguement Aja dont la filmo foutraque est dispensable, son comparse Franck Khalfoun, américain assumé, le plus intéressant car le moins complexé – son remake de Maniac est une réussite, et 2ème sous-sol est un plaisir de cinéma bis.
              Mais donc – Titane, c’est bien ou bof si on est client de films d’horreur ? Est-ce un film d’horreur par ailleurs ?

              • #14197 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                C’est pas grand-chose. Tu peux passer à côté et garder le souvenir de Grave.

                • #14199 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  J’ai trouvé ça franchement raté, du sous-Cronenberg aux dialogues risibles et un récit aberrant de bout en bout.

                  • #14205 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Merci pour cette confirmation. Je sentais l’entourloupe. On attendra la gratuité et du temps à perdre.

    • #13978 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      vraiment ravis?
      ils ne se rendent pas un peu compte qu’ils bossent à l’usine?

      • #13980 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’ai aussi cet écho : ils sont ravis. Des connaissances réalisateurs m’ont dit récemment que pour eux c’est une grosse opportunité de travailler pour / avec Netflix. Ça leur permettra de se faire connaître et de voir leur film être vu à grande échelle. C’est bon pour leur image. Ils espèrent avoir Netflix et ensuite jouer de cette notoriété nouvellement acquise pour atteindre des grosses prods de cinéma et espérer faire un film plus à leurs façons.

      • #13981 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Même sans calcul. Heureux d’imiter les choses qu’ils regardent, en tentant de les rendre un peu plus drôles, un peu plus cool, un peu plus osées. Il s’épanouissent vraiment la dedans. Tout en ne regardant que ça, ce qui fait que vite ils ont très peu à se contorsionner.
        J’ai dit « beaucoup » dans mon premier post, je n’en connais pas assez pour faire des stats, mais j’en connais plusieurs comme ça.

        • #13982 Répondre
          Ostros
          Invité

          Ceux que je connais sont aussi dans cet état d’esprit. Ils développent des films ou des séries qui reproduisent ce qu’ils regardent.
          Il me parlent des difficultés qu’ils rencontrent dans leur travail d’écriture : « on a mis au départ la meilleure amie du héros grosse mais on s’est dit que c’était déjà trop vu dans les séries donc on l’a mise noire finalement. On hésite à en faire une lesbienne mais pareil c’est déjà trop vu donc peut-être que ce sera un homme noir homo, ça change comme ça. Quoi que ça fait trop de personnages masculins ça ne va pas ».
          Tout le film (qui est une comédie) a été pensé comme ça avec des caractéristiques inclusives à emboîter pour d’abord plaire à UGC, Gaumont ou Netflix puis au grand public.

          • #13983 Répondre
            Ostros
            Invité

            Je pense leur suggérer d’écrire un film qui donnerait à voir cette procédure d’écriture calibrée d’un long métrage tout public. Je trouve ça tellement drôle leurs prises de tête de responsable marketing.

    • #14183 Répondre
      Ostros
      Invité

      Je pense que tout le monde est déjà au courant.
      Mais sait-on jamais, il y en a peut-être qui ne lisent que le forum et pas les news.
      Ce lien est pour elles et eux :
      https://fr.yahoo.com/news/hollywood-%C3%A0-cran-avant-possible-031537134.html

      • #14201 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Perso je savais pas, merci.
        (Sinon je me dédis : « y a-t-il similitude (ou comparaison possible) entre d’une part l’approbation esthétique généralisée qu’a connu les séries TV, et d’autre part l’approbation généralisée de la financiarisation de l’économie » –> rien trouvé de bien concluant pour l’instant, ça demanderait sans doute une recherche documentaire énorme et un bagage théorique costaud, peut-être aura-t-on une thèse un jour là-dessus)

        • #14202 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je n’ai pas compris ce que tu entends par financiarisation de l’économie.
          On avait déjà parlé ici de lien entre économie et forme d’un produit audiovisuel (la série). Forme qui plaît à de nombreux.ses consommateurs.ices.
          Par contre dans les consommateurs.ices de séries il y a des gens de gauche aussi, anti bourgeois etc.

          • #14206 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Pas compris non plus financiarisation de l’économie. Mais je soupçonne. L’exemple auquel je pense est le film Batgirl que Warner a produit pour le cinéma. Puis après avoir découvert qu’il manquait de l’argent pour assurer la post-production, a envisagé de sortir le film sur la plate-forme de streaming HBO Max, avant finalement de ne pas le sortir du tout et ainsi faire passer les 90 millions de dollars dépensés en charges déductibles. Du coup cela donne un film invisible rattrapé par le profit – enterrement de première classe contre un bilan comptable au bénéfice de Warner.

            https://www.comicsblog.fr/44049-Batgirl__comprendre_lannulation_e_base_de_taxes_montages_financier_et_dune_nouvelle_vision_pour_DC_Films

        • #14203 Répondre
          Charles
          Invité

          L’approbation généralisée de la financiarisation de l’économie comme tu dis est un processus continu depuis les années 80 qui me semble assez distinct de la légitimation de la série qui date du début des années 2000.

          • #14204 Répondre
            Ostros
            Invité

            Vous parlez d’industries pour la financiarisation de l’économie ?

            • #14207 Répondre
              Charles
              Invité

              Pour moi c’est le recours toujours plus grand au marché pour le financement des entreprises et des États mais aussi des particuliers, qui s’est traduit notamment par la prolifération des produits financiers (dont les subprimes), la mainmise des actionnaires, la dépendance aux agences de notation.

              • #14208 Répondre
                Ostros
                Invité

                Merci, j’étais loin.

          • #14210 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Voilà Charles a tout dit.
            L’intuition (très acrobatique, voire casse-gueule) étant de trouver des similarités dans l’approbation de cette financiarisation (vue comme source infinie d’innovation et de croissance avec multiplication des produits dérivés pour s’adapter au besoin de chacun) et l’approbation esthétique des séries (vue comme source de créativité infinie avec multiplication des personnages et des intrigues qui se croisent). Casse-gueule vous dis-je ; mais y a peut-être un truc. Idée connexe improbable, est-ce que les salarié.e.s qui s’épanouissent dans la finance de marché sont des gros consommateur de série, je veux dire encore plus que la moyenne ?

            • #14211 Répondre
              Charles
              Invité

              Hypothèse séduisante mais pas vérifiée par les faits, je pense.
              A mon sens, ce qui meut les gens qui travaillent dans la finance, c’est le goût de l’argent, le plaisir de jongler avec les chiffres, la rapidité d’exécution, l’impression de générer du chiffre tout le temps etc. On peut retrouver certains de ces aspects dans les séries mais pas de façon suffisamment déterminante pour tirer la corrélation que tu dis. Ce que cherchent et trouvent les serievores, c’est un moyen d’occuper le temps, de générer une forme de stimulus perpétuel. J’en connais qui regarde sans regarder les séries, au sens presque littéral dans la mesure où Netflix leur sert de fond sonore leur permettant de se concentrer quand ils bossent ou quand ils font des tâches ménagères.

            • #14214 Répondre
              Tony
              Invité

              Le rapport qu’il pourrait y avoir entre la financiarisation de l’économie et le développement des séries serait l’algorithme commun aux deux,capable à la fois de nous dire quelles valeurs acheter ou vendre sur un marché et quel programme regarder puisque l’algorithme sait aussi ce qui nous plaît.

              • #14215 Répondre
                Tony
                Invité

                Et les executifs de Netflix vont donner le feu vert aux projets qui sont recommandés par l’algorithme,la boucle est bouclée.

                • #14286 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  @Tony – oui, ce serait la subsomption réelle de Marx (je fais le pédant mais j’ai découvert ce concept il y a 10 jours, voir mon post plus haut)
                  @Charles – c’est évidemment toi qui a raison. Mais bigre que j’ai envie de tordre les faits pour les faire rentrer dans mon idée. Si je trouve le début d’un bout de documentation qui va dans mon sens ma mauvaise foi ne répondra plus de rien.

    • #15745 Répondre
      Nox
      Invité

      Je up ce topic avec le retour sur YouTube d’un entretien que François avait accordé à Taddeï sur RT France au sujet des séries télé, vu que ça me semble bien à propos :

    • #27273 Répondre
      Ema
      Invité

      Vu récemment le premier episode de The Curse, qui semble prometteur. Cette série semble plutôt prendre le contre-pied de la tendance générale à vouloir n’être que des machines à rebondissements scénaristiques. Les scènes sont relativement longues, prennent leur temps, et travaillent plus a générer du malaise (comique ou inquiétant, souvent les deux à la fois) qu’à produire du story telling. Par ailleurs c’est peut-être la première fois qu’une oeuvre filmique me confronte à la question du micro-penis, comme ça, sans prévenir, frontalement, et hormis l’effet drolatique de cette crudité, je trouve que ca participe très bien à la tonalité fantastique: c’est quand même hyper étrange un homme adulte avec un pénis d’enfant. A voir si la suite est à l’avenant, mais à la limite peu importe, si ça ne doit tenir que trois episodes alors je m’en contenterai, c’est ainsi que je regarde les séries maintenant,je prend ce qu’elles ont a donner tant qu’elles le donnent, et quand ca decline, que ca tourne en rond et a vide, j’arrête. Point final.

    • #29570 Répondre
      Ourson
      Invité

      Un truc intéressant pour se rendre compte des différences entre les séries et les (bons) films, ça pourrait être de comparer des séries issues de films, avec les films dont elles sont issues.
      Je repensais à « Suburra » récemment, j’avais adoré la série à l’époque, puis j’ai visionné le film. Je me rappelle m’être dit « putain c’était court mais j’ai passé un super moment ». Et au final quelques années après, c’est le film qui m’a le plus positivement marqué, la série éponyme me tenait effectivement en « haleine » et en « excitation », mais c’est avec le film que j’ai ressenti un éventail d’émotions plus larges et marquantes.
      Je ré-itèrerai l’expérience avec le film « Gomorra » que je n’ai pas encore vu, et dont j’avais aussi adoré la série éponyme

      • #29660 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Evidemment je ne crache pas sur ce genre de témoignage.

    • #29668 Répondre
      Charles
      Invité

      Le numéro de Sortie de secours sur The Curse est très intéressant, même si Oslund se prend à nouveau des balles perdues. Tous les mois voire toutes les semaines dans la critique française il faut qu’on répète sa détestation de son cinéma trop « peu subtil » ou de sa position de « tueur à gages » selon Momcilovic et les autres. Je ne comprends pas ce dernier reproche. On prétend qu’Oslund, au contraire de Fielder, s’exclut de sa satire et le spectateur avec, c’est le fameux reproche fait à Haneke et cie de cinéma d’entomologiste. Sauf que le cinéma d’Ostlund regorge de scènes où le spectateur n’est pas moins confronté que dans the Curse à une situation inconfortable, à ses propres préjugés. A peu près toutes les scènes de the Square, par exemple, notamment la scène de performance de l’homme-singe. Mais il est vrai qu’Oslund joue moins sur l’identification de ses personnages que la moyenne des cinéastes. Toutefois, dans the Curse, on n’est pas tant que ça dans l’identification aux personnages. Pourtant, on les trouve très émouvants, au contraire de ceux d’Ostlund.
      L’équipe de Sortie de secours se sentirait-elle spontanément proche des personnages de cette série?

      • #29670 Répondre
        Tony
        Invité

        Chez Ostlund la satire porte principalement sur la structure et ce qu’elle produit chez les individus alors que dans The Curse on est davantage dans la psychologie(petite bite pour lui, père marchand de sommeil pour elle, méfiance chez l’artiste amérindienne etc…).
        D’ailleurs je suis sur que certaines situations auraient eu plus de force chez Ostlund(le coup du billet repris à la gamine par exemple)

        • #29675 Répondre
          Charles
          Invité

          Bien vu, on a très peu d’arrière-plan psychologique chez Ostlund. C’est peut-être ce qu’on lui reproche, de ne pas être du côté de l’intime, de l’intériorité de ses personnages mais de les prendre comme des agents en situation.
          Le parti pris de mise en scène est intéressant dans the Curse – on filme beaucoup en téléobjectif de loin – qui donne une grande étrangeté au récit mais on a très peu de vrais plans, contrairement à chez Ostlund.

          • #29677 Répondre
            Ostros
            Invité

            Oui et Ostlund dilate les situations dans le temps. Cette scène de qui paie ou pas au restaurant dans triangle – qui se poursuit dans l’ascenseur, le chantage de la riche sur la subalterne dans la piscine, toutes les situations sont étirées. C’est le temps qui les fait basculer dans une satire complexe et qui va donner à réfléchir sur cette situation. Car elle ne sera pas limpide. Alors que si la scène ne prend pas ce temps d’exposer les complexités des personnages, de leurs opinions et des conséquences des structures sur leurs actes ça devient superficiel, moins intéressants. Ce qui fait la force des films d’Ostlund c’est vraiment qu’il va au bout de ce qu’une situation peut lui donner.

      • #29991 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je vais écouter, mais il y a quand même le fait que les deux créateurs jouent eux même dans la série, et qu’ils jouent des choses qui sont au moins en partie des amplifications d’eux-même. Ça désamorce automatiquement toute attaque pour vision en surplomb.
        (Je parle de réception critique)

        • #30061 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Beaucoup de choses intéressantes dans leur commentaire de The curse, mais leur truc sur Ostlund n’est pas tenable. On va encore attendre longtemps avant qu’ils parviennent à formuler ce qui leur déplait tant chez lui.

          • #30114 Répondre
            Seldoon
            Invité

            J’ai écouté, leur truc sur Fincher n’est pas tenable.

            Il est malheureusement très tenable, c’est probablement le fait de réaliser des vieux projets qui rend ses deux derniers si hybrides et confus. Ce qu’ils disent de The Curse est très bien aussi. Rien compris à l’attaque d’Ostlund, et la scène dite ostlundienne qu’ils pointent (toute la séquence du billet de 100 dollars du pilote) est géniale. Ostros a raison de pointer la différence avec un Ostlund qui aurait fait durer chaque situation (ici il serait resté longtemps sur le parking et serait allé au bout de la confrontation, il n’aurait pas laissé le personnage s’échapper) alors que dans The Curse c’est l’enchaînement de ces situations et évitements qui fait la richesse. Et l’absence de confrontation directe permet l’absence de résolution, ce qui fait que tout s’accumule, les tensions s’additionnent.

    • #29986 Répondre
      Parfaitement a l’eau
      Invité

      Quelqu’un a vu les Aventures de Guirec et Monique ? C’est une série docu en 5 épisodes qui raconte le périple de Guirec. J’ai vu 2 épisodes hier, je ne sais pas dans quelle mesure c’est 100% réel mais c’est assez hallucinant. Le fameux Guirec a 18 ans en a eu marre de sa vie plan plan en Bretagne, pour lui « la vie ce n’est pas ça » et décide de se barrer d’abord en Australie puis lui vient l’idée lumineuse de faire le tour du monde en voilier… mais sans expérience ni connaissance particulière ni grosse préparation. Ça mérite le coup d’œil, c’est marrant de voir que chaque galère n’était pas anticipé, qu’il se lance dans des projets farfelus, prend des risques constamment, mais sans vraiment voir le danger, et ça le fait souvent rire. On sent vraiment le gars qui a soif de quelque chose, de vivre intensément.
      Il m’a fait penser a Jack London (que j’ai bien connu)

      • #30102 Répondre
        Ema
        Invité

        Je me rends compte que ton post répond au mien qui suit, je vais donc noter ça merci de la reco

        • #30111 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          C’est un doc d’1h30 divisé en 5. Ils finissent chaque épisode à un moment critique c’est énervant mais bon vu que le total fait 1h30 c’est pas grave ^^
          Tu me diras ce que tu en penses. J’ai jamais vu ça, l’aventurier mal préparé inconscient à l’enthousiasme naïf communicatif.

      • #30113 Répondre
        Linconnu
        Invité

        J’ai une amie qui est amie avec sa femme, on était en vacances chez cette amie, lorsque Guirec effectuait un nouveau périple, la traversé de l’Atlantique en bateau à rame ! (Sans poule) Un bateau de 8m sur 1m50 je crois. Sauf que quelques jours après son départ survient une tempête. Sa femme, enceinte, n’a plus eu de nouvelles de lui pendant 1 semaine 10 jours… Chaque jour on demandait : Alors ? Toujours rien… Il s’avère que son bateau s’était retourné, il a pu le remettre droit mais et a perdu ses radios. Il a fini par croiser un bateau et a pu transmettre un message.
        Ça me rappelle un doc sur un grimpeur, Free Solo. Un grimpeur qui s’attaque à El capitan à Yosemite sans attaches. Le film montrait lors d’une scène où il se fait tester par électrodes ou quoi que les émotions de peur et de stress ne l’atteignaient pas aussi fortement que les gens dits normaux, on pouvait s’en douter. La question est : est-ce inné ou à force de pratique ?

        • #30192 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Ca me rappelle une pub pour un SUV qui expliquait qu’il y avait un gêne de l’aventure (le gène DRD4-7R que possède 20% de la population, et qu’il était très présent dans la population lors du dernier exode il y a 50 000 ans, digne d’une démonstration à la Jeanmonnaie !).

        • #30194 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Tu l’as deja rencontré Guirec ?

    • #30100 Répondre
      Ema
      Invité

      Quelqu’un aurait il de séries d’anthologie OU séries courtes (genre film en 4 épisodes en fait) à me recommander ? Mis à part The Curse je me suis complètement éloignée de la forme serielle par lassitude envers les étirements et revirements senaristiques sans fin, mais peut être que je passe à cote d’un truc intéressant ou deux ? Je précise que ça n’a évidemment pas besoin d’être récent.

      • #30123 Répondre
        Linconnu
        Invité

        Aussi court, me vient seulement The kingdom de Lars Von Trier. Mais il y a 3 saisons. Saisons 1 et 2 de 4 épisodes. Saison 3 de 5. C’est hilarant et pas que. La saison 3 tournée 25 ans après s’en sort bien.

        Et P’tit Quinquin de Dumont vaut le coup aussi. 2 Saisons.

        Todd Haynes a fait une mini série, Mildred Pierce, que je n’ai pas vu mais qui a l’air d’avoir bonne plutot bonne réputation.

        • #30141 Répondre
          Ema
          Invité

          Je vais essayer de trouver celle de Lars Von Trier, j’ignorais son existence. merci!

      • #30130 Répondre
        Jeanne
        Invité

        « La meilleure version de moi-même  » de Blanche Gardin. 8 épisodes, je crois.

        • #30137 Répondre
          Ema
          Invité

          Je me suis tatée a regarder celle ci mais les quelques extraits que j’en ai vu, même s’ils ne me rendent pas la serie completement antipathique, ne m’inspirent pas trop. En gros Blanche Gardin règle ses compte, avec l’auto derision et l’humour pince sans rire qui la caractérise, avec une partie de son milieu social, et enchaine les scenes sketch toutes sensées illustrer un travers specifique de son perso archetypal. J’ai l’impression d’avoir déjà vu la serie sans l’avoir vue, juste en connaissant l’humour et les thématiques de B.G, a travers ses spectacles. C’est un peu le risque d’ailleurs quand des humoristes de scene se lancent dans des productions cine ou serielles auto centrées.

          • #30143 Répondre
            Jeanne
            Invité

            Tu trouves qu’elle règle ses comptes ? Ce n’est pas ce que je dirais. Je trouve qu’elle aborde de front, avec l’énergie et le talent qu’on lui connaît, avec sa bizarrerie aussi (que l’on pourrait nommer, plus simplement : originalité) un sujet compliqué et sur lequel il est difficile d’avoir un avis univoque, à savoir les pratiques de bien-être.
            Sortie de cette série, je n’avais pas plus d’avis. Mais deux trois points s’étaient pour moi éclairés et surtout j’avais bien ri.

    • #30129 Répondre
      Julien Barthe
      Invité

      Je comprends votre intérêt pour The Curse. On peut analyser cet objet sériel non-identifié comme un acte de subversion du genre sériel comique:
      – tout rire possible est étouffé par un malaise
      – l’identification aux personnages est rendue très difficile par le fait de cet axiome : plus un personnage est considéré plus il devient détestable
      -scénaristiquement le principe semble être : que la montagne accouche d’une souris (tendance antidramatique)
      -densité inégalée de la critique socio-politique
      -originalité formelle

      On ne rit pas, mais heureusement François a fait une vanne sur les quartiers qui m’a pris de vitesse.

      • #30135 Répondre
        Ostros
        Invité

        « Ça arrive même aux meilleurs quartiers » ?

        • #30136 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          C’est ça.

          • #30139 Répondre
            Ostros
            Invité

            Elle m’a fait rire aussi.

    • #30138 Répondre
      Charles
      Invité

      Je trouve quand même que the Curse est un peu trop lourd sur le personnage féminin, qui est largement insauvable. Et je comprends mieux ce que vous dites sur le jeu de Stone, au fil des épisodes il devient plus appuyé, les mimiques sont davantage présentes, cette impossibilité de rester en place et de ne pas mettre une intensité maximale dans son expression même quand elle ne fait rien finit par lasser. Lui est plus émouvant, la scène où après s’être fait pourrir par sa femme il prend des notes dans son coin pour pouvoir s’améliorer tout en les répétant à voix basse a quelque chose de bouleversant.

      • #30140 Répondre
        Ema
        Invité

        Oui tout a fait. Et si on voulait même être un peu malhonnête et tatillon, on pourrait y voir l’éternelle reconduction du cliché de l’épouse calculatrice et infantilisante qui exploite la gentillesse de son pauvre mari aveuglé par l’amour. Mais bon. Je suppose que ce « cliché » renvoit à un cas de figure qui existant, donc je pardonne.

      • #30142 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Ce type est dénué d’intelligence sociale (esprit de finesse); à ce titre il m’effraie. Il fallait, je crois, enlaidir autant que possible Stone.

      • #30144 Répondre
        Ema
        Invité

        Après pour me faire l’avocat du diable, cotoyer au quotidien, amoureusement et professionnellement un personnage comme celui de Fielder peut rendre cruel et meprisant, j’aurai trouve improbable qu’elle ne fissure pas un moment sa façade de bienveillance pour laisser paraitre tout le mepris qu’elle ressent à son égard (en fait je n’ai pas encore vu la scène dont tu parles, mais j’imagine qu’il s’agit de ça). Et si on voulait sauver le jeu de Stone par la même occasion, on pourrait subodorer que cette espece de bougeotte du visage et du corps qui l’habite traduit l’inconfort permanent dans lequel elle se trouve, devant composer avec un conjoint handicapé social, une position de privilégiée qui tente de d’ériger en actrice responsable de sa communauté et le réel qui ne cesse de la rattrapper etc…

      • #30182 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Cette actrice m’épuise
        Et de fait le personnage est chargé
        Dans Sortie de secours, Momci tient absolument à sauver le personnage, disant qu’en fait elle est sincère. Est ce sa farouche volonté de démarquer The curse d’Ostlund qui l’aveugle?

        • #30190 Répondre
          Charles
          Invité

          C’est marrant comme on a reproché à Ostlund d’avoir pris pour cible facile et évidente un couple d’influenceurs dans Sans filtre alors que je le trouve bien moins dur avec lui que Fielder avec son couple dans sa série.
          Momci force aussi (on saluera l’allitération) avec Dougie, décrit comme le personnage le plus émouvant de la série. Opaque, intrigant je veux bien mais le plus émouvant, non.

          • #30198 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Je me demande si ce n’est pas le côté « je ne lache pas l’affaire » de beaucoup de scènes d’Ostlund qui en dérange certains. Il aime bien mettre en scène des gens qui rompent le pacte social pour mettre les confrontations à nu. Par exemple la femme au diner d’amis qui insiste pour dire que son mari les a abandonné, avec l’interessé qui essaie de botter en touche, de rire, elle qui insiste et le couple d’amis en face est gené, offre des porte de sortie. On retrouve ça partout chez lui. Alors que dans The Curse on s’amuse de la petite lacheté mais elle est rarement explicité par les personnages, même quand personne dans la scène n’est dupe. On reste dans le sous-entendu, le passif agressif.

          • #30208 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            J’en suis au cinquième épisode : il me semble pour l’instant que les personnages de the Curse sont plus pathologiquement chargés (essentiellement, lourdement et a priori) là ou les personnages d’Ostlund se chargent pathologiquement dans et par les situations qui révèlent finement des contradictions.

        • #30202 Répondre
          Ostros
          Invité

          Sincérité dans le cadre de l’art et de la vie est-il un mot qui a du sens, du fond ? C’est tellement difficile à percevoir de nous spectateurs, ou amis, ou voyeurs et de nous témoin de notre corps. Comment on balise la sincérité ? (Qui plus est ici d’un perosnnage joué par une actrice). N’est-on pas tous sincères – même dans l’insincérité ?

    • #30207 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Ma take générale est que les gens sont bizarrement vachement plus bienveillant, moins exigeant avec une série…alors qu’ils abandonnent souvent le cinéma parce qu’ils trouvent que c’est pas assez bien et trop long.
      Sur le temps long les gens sont attachés à des personnages d’une façon surnaturelle et ne perçoivent plus quand leur intérêt n’est plus guidé que par la curiosité malsaine (comme dans la presse people) et pas la crédibilité de l’évolution psychologique d’un perso.
      De là ils sont capables de s’enchaîner des centaines d’heures de visionnages de saison moyennes voir infâmes, et être satisfait car l’épisode 9 de la saison 4 valait quand même le coup.
      Mais surtout ne pas tenter de regarder un film d’1h40, ils ont trop peur d’être déçus.

    • #33808 Répondre
      Ema
      Invité

      Sinon, pour ressusciter le fil série et aussi un peu pour le plaisir de la médisance quelles sont les séries que vous trouvez les plus détestables ? Que cela tienne à la mise en scène, au scénario, dialogues, ou pour des raisons plus idéologiques, j’aimerai vraiment connaître les anti-pépites du forum !

      • #33816 Répondre
        Ourson
        Invité

        Globalement, les séries qui s’articulent de la sorte :
        per
        – Episode 1
        – Situation A
        – Problème de ouf
        – Première solution : ça foire
        – Problème de ouf s’intensifie
        – Deuxième solution : ça marche pas trop mal
        – Problème de ouf résolu…
        – Mais problème de ouf 2 ! Suite à l’épisode 2
        * Bonus : massacrer un gentil pour faire comprendre au spectateur que tout peut arriver !
        * Teaser un problème de ouf qui arrivera bien plus tard, pour que le spectateur perde pas patience
        —–
        Et on recommence avec l’épisode 2
        J’ai apprécié des séries suivant cette structure, mais quand même… C’est lassant

        • #33817 Répondre
          Ourson
          Invité

          Exemple illustré :
          Episode 437 :
          – Carlos le baron de la drogue s’est fait tué par Jake le héro épisode précédent, Jake fête ça dans un bar
          – Mince, Pablo a vu la scène en entier, il envoie des hommes de mains kidnapper la copine de Jake
          – Jake tente d’aller libérer sa copine, il se fait repérer, ça foire ! Jake est blessé !
          – Jake panses ses blessures, et là, « Eurêka » !
          – Jake kidnappe à son tour la copine de Pablo
          – Jake et Pablo échangent leurs copines respectives
          – Fin d’épisode : la copine de Jake appelle Pablo « c’est bon, il se doute de rien » suspense suspense

    • #33812 Répondre
      La bile
      Invité

      C’est Mr Robot et y’en a même qui disent que ça vaut bien Breaking Bad. Moi j’aurais tendance à dire que ça se laisse regarder et que les pseudo révolutionnaires de la France Insoumise et autres ratés du radicalisme de gauche gagneraient à comprendre où le taré veut en venir:

    • #39494 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Bon, je me suis mis à la série (en général), bien malgré moi. La principale motivation étant le manque de temps et la fatigue (ce qui je pense est la principale raison du virement vers la série d’une grande partie des gens qui ont un boulot) qui m’empêche à mon grand désespoir d’être bien concentré et disponible pour voir un bon film de 1h30-2h. L’autre motivation étant l’envie de lire plus (le combo série – roman c’est du classique du trentenaire actif de la classe moyenne j’ai l’impression).
      J’ai tenté de trouvé des épisodes de moins de 45min (compliqué, c’est quoi ce bordel ?) puis ayant aimé le roman ado j’ai essayé Fondation (moche moche moche, chiant chiant chiant) puis en tant que fan de la grosse émission j’ai lancé la série sur Pamela Rose (catastrophe très gênante) qui avait l’avantage de la durée. Et finalement je suis parti sur Platane qui s’avère regardable, pas mal fichu, rigolo. Mais toujours cet arrière gout amère en fin d’épisode de se dire que si on avait rien regardé ça aurait été pareil en fait. Sensation que je n’ai jamais eu après un film.
      Voila c’était une tranche de vie. Heureusement que ça m’a permis de lire La mort d’Ivan Illitch et du John Brunner !

      • #39528 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        « Le combo série – roman c’est du classique »
        Suis pas si sûr
        J’observe davantage un combo série-série.

        • #39549 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Classique pour les gens un petit peu intéressé par la nourriture culturelle alors.
          Ce combo à l’avantage de mettre en valeur le roman puisque la série bon…
          Alors que cinéma roman, j’ai souvent tendance a laisser le 1er dominer le 2ème.

      • #39532 Répondre
        Ourson
        Invité

        tu veux dire que les trentenaires lisent leur bouquin devant une série ?

        • #39551 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Et tout en consultant Instagram ?

      • #39556 Répondre
        Mélanie Farcie de Fric
        Invité

        Moi, après avoir passé quelques nuits à regarder tous les épisodes du Bureau des légendes il y a quelques années de ça, j’ai décidé de ne plus regarder de séries. Comme je manque de temps aussi, je regarde des films souvent en plusieurs fois, ça se fait bien.

        • #39564 Répondre
          Parfaitement à l\’eau
          Invité

          Je le fais aussi parfois, mais ça nuit un peu (beaucoup dans certains cas même) à l’expérience je trouve.
          On manque tous de temps et on dort tous de moins en moins…

          • #42275 Répondre
            Malice
            Invité

            Ces derniers temps je découpe les films aussi
            Le dernier que j’ai regardé « en série » est « Drive my car » et je n’ai pas été gênée de le regarder en plusieurs portions. Après tout quand je lis un roman je le gobe rarement en une soirée.

            • #42276 Répondre
              Charles
              Invité

              Sauf qu’un film est pensé et conçu pour être vu en une fois, pas un roman.

              • #42308 Répondre
                Malice
                Invité

                oui comme les Merveilleux que j’achète au salon de thé et que je n’arrive pas toujours à avaler en un repas

                • #42314 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  À la place, prends un macaron.

                  • #42479 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    le macaron peut pas test le merveilleux
                    quand je me drogue au sucre je fais ça bien

            • #42343 Répondre
              nefa
              Invité

              Produire un récit, une histoire, un objet défini par sa trame, tenu par un fil conducteur, cohérent, nécessite qu’au préalable on y ait été initié. La vie est très habile à ce jeu. Et si, par hasard ou chutes répétées du haut d’un muret pouvant servir d’étai au monticule de sable bordant la voie d’accès au sous sol d’une maison du sud de la France, il fut, au sein d’un schéma de quelque carte psychologique, inscrit l’incapacité de se conformer normalement à cette règle, alors, de façon tout à fait logique, on aime autrement, d’instants en instants, on aborde l’existence par saccades, sauts, même en la systématisant un petit peu tant que cela ne dure pas plus de trois jours, et on l’apprécie ainsi, sans qu’il y ait forcement conflit avec la maison Gallimard qui, elle, adore les romans.

      • #40586 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        Bon je retire un peu ce que j’ai dis sur Platane, la saison 1 est pas terrible mais la 2 relève bien le niveau. On retrouve la connerie Eric et Ramzy et certaines situations arrivent à des grands niveaux de comique (fin de l’épisode 4 par exemple).

    • #39644 Répondre
      Carton de Lait
      Invité

      Je n’ai pas d’avis très intéressant à émettre sur les séries mais je dirais que le fait que je n’ai jamais ressenti le désir de revoir une série, et j’en ai vu énormément et dans les meilleures, me fourni personellement la preuve que tout ça est en général surtout du divertissement facile et jetable.

      Évidemment que sur le coup j’apprécie, mais ça passe dans ma tête sans y prendre résidence, la preuve étant qu’à chaque fois qu’une nouvelle saison d’une série débarque, je dois aller lire le résumé de chaque épisode de la saison précédente sinon immanquablement j’aurai oublié qui est tel ou tel personnage ou sinon une ou deux sous-intrigue. D’ailleurs ça fait des années que je dis qui’il serait bien que les sites de streaming proposent à chaque nouvelle saison une vidéo de dix minutes maximum où on repasserait chronologiquement tout les extraits pertinents de la saison précédente. Ça ne leur demanderait rien de faire ça, un monteur te fait ça en deux ou trois heures. À l’époque de la télé ça demandait du temps d’antenne qu’on ne pouvait se payer, mais là sur un site VOD… c’est des clics gratuits.

    • #40341 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      Vu Boarders, série anglaise de 6 épisodes sortie cette année.
      Ca raconte l’intégration de 5 noir.e.s issu.e.s de milieux dits défavorisés dans une école privée d’élite pour blancs de la haute. Cette intégration s’explique par un scandale qui nécessite que l’école privée redore son image, ce qu’elle fait avec un nouveaux programme pour ces 5 nouveaux élèves qui ont obtenu une bourse. Prémisse qui n’a aucun sens, mais pourquoi pas ?
      Le premier épisode est assez surprenant, car il est étonnamment sobre et plat. Il ne se passe rien de mémorable. C’est filmé de manière très peu spectaculaire, ça fait petit budget, et on découvre les différents personnages qui sont tous caricaturaux. La fille politisée vener, le voyou au grand coeur, le beau parleur intelligent dans le fond, le mec à lunette introverti qui lit des mangas. Tout l’épisode c’est juste un « choc des culture » assez caricatural entre noirs pauvres et blancs riches, avec un propos vaguement « woke ». C’est le côté sobre et plat de la mise en scène qui m’intéresse tout de même un peu lol.
      Mais le deuxième épisode y a un côté débilos qui se répand sur l’univers de la série. Ca part en comédie jouissive, avec les personnages stéréotypés qui partent en roue libre. Aussi bien les blancs riches que les noirs pauvres sont ridicules; J’ai trouvé l’épisode hilarant. Il y a un soin du détail comique assez fort, et les stéréotypes des différents personnages sont bien utilisés pour créer des situations très drôles. Ca se prend pas au sérieux et ça tourne tout en dérision. Il y a clairement du potentiel et je me régale.
      Mais ensuite il y a 3 épisodes d’une totale nullité dans lesquels on retrouve tous les attendus et toutes les recettes narratives des séries. Ca perd tout son charme débile et ça raconte des histoires de couple, de familles, de disputes. Ca devient « sérieux » et c’est très chiant et banaL Gros gâchis comme je le redoutais. C’est ni drôle, ni intéressant.
      Episode 6, on retrouve la débilité de l’épisode 2, l’école se fait salement bordelisée, il y a une successions de situations drôlatiques. Du genre une chambre avec Fémi, un noir qui veut socialement s’élever, et qui se retrouve dans une chambre de dandys alcoolos qui se mettent des enormes caisses. Il joue le jeu à fond pour essayer de s’intégrer dans cette bande de lycéens qui font un peu « aristos décadents ». Dans l’épisode 6, Il y a confrontation entre une espèce de concierge reconverti enquêteur et l’un des jeunes dandy portés sur la bouteille, lequel dandy se décompose quand le concierge trouve sa dernière bouteille d’alcool cachée dans une lampe. Cette bouteille étant une bouteille d’armagnac de 1963 lol.
      Ce qui confirme l’impression d’un potentiel comique brut gâché pour raconter des histoires. Dommage.

      • #40342 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        (je suis un peu dans un passage à vide intellectuel depuis 2 semaines lol , donc en ce moment je regarde des séries et des rediffs de matchs de basket)

      • #40352 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        « Le premier épisode est assez surprenant, » Oui, c’est toujours comme ça, c’est fait pour. Et alors on continue, et une fois qu’on en a vu 3, déchantant vite, on se dit que ce serait trop con de ne pas aller au bout, et on finit la saison dans un demi-sommeil sans espoir.

        • #40371 Répondre
          Tof
          Invité

          Et puis par honte d’avoir perdu autant de temps, on n’ose pas dire que c’est nul, on dit juste « c’est pas mal » aux collègues, qui s’y mettront, prolongeant ainsi le schéma de Ponzi.

          • #40410 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            exactement

        • #40421 Répondre
          Dick Rivers
          Invité

          Pourquoi aller sur la série, si on ne l’apprécie pas ?
          Ça m’intrigue cette affaire.

          • #40431 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            Il y a deux choses qui l’explique:
            1)Mon incapacité à consacrer mon temps qu’a des choses intéressantes. Je n’ai toujours pas lancé le film argentin que je voulais voir. Si je tarde, je vais devoir faire autre chose. Mais vais-je lire ou vais-je lancer une vidéo quelconque ?
            Honnêtement les deux sont envisageables à cette heure et je vais essayer de lire.
            (Entre parenthèse, je fais un point philosophique hasardeux: Puisqu’on parle du sentiment de honte lié à la perte de temps (Tof), je dirais que je ne sais même pas si c’est un horizon qui a du sens, cette idée de ne faire que des super choses de son temps, ou si cette course au temps n’est pas juste un effet secondaire de nos modes de vie gouvernés par la nécessité de vendre sa force de travail. Ceux qui gèrent bien leur temps étant ensuite en capacité de montrer un résultat, continuité sous une autre forme de l’employabilité. Le mode de vie libéral nous fait perdre plein d’heures avec ces merdes et la course anxieuse dans laquelle on entre pour faire des choses intéressantes et « productives » de son temps est encore une conséquence de la temporalité capitaliste amha Sauf pour ceux qui ont trouvé leur équilibre et n’ont plus besoin de lutter pour faire ce qu’ils font.
            Je veux dire que c’est étrange de devoir se poser la question de savoir si notre temps libre a été bien alloué ou bien non. C’est une réflexion impulsée par le peur.
            Mais en même temps si on passe sa vie à regarder des séries (ce qui n’est pas un mode de vie qui aurait du sens hors carcan capitaliste), on finit forcément par se ramollir sérieusement, donc il vaut mieux éviter.
            En fait je suis d’accord avec FB et Tof, désolé pour le détour thèse-antithèse.

            2) Il est important de parler aussi de choses qu’on aime pas. Tant que c’est argumenté.
            Donc quitte à regarder des séries, autant se poser la question de ce qu’on regarde.

            • #40432 Répondre
              Dick Rivers
              Invité

              Merci Papo, très interessant. Je me surprends « à perdre du temps » sur des conneries aussi. Ce n’est plus trop honteux à mon âge de perdre du temps à lire ou à regarder des conneries. Juste, après ce moment ce sentiment qui m’envahit et qui touche à la culpabilité à me dire : Putain, t’es pas sérieux, pourquoi fais-tu ça ? Quelques temps plus tard, je m’en remets à mon corps qui dit, si tu l’as fait, c’est trop tard pour te prendre la tête… bref, je regarde donc des inepties, mais le format de la série n’a pas imprégné mon corps. Donc, je n’y vais pas.

    • #40365 Répondre
      Parfaitement a l’eau
      Invité

      Petite astuce des scénaristes de Games of Thrones face à ce phénomène : faire une saison miroir. 1 épisode qui te surprend, 8 de remplissage, 1 dernier qui surprend.

    • #40367 Répondre
      Parfaitement a l’eau
      Invité

      Quelqu’un a vu la série Le problème a 3 corps ?
      Je suis en train de lire le roman, qui n’est pas aussi bien que ce que sa réputation annonce pour le moment (2/3 fini). J’ai un peu l’impression de lire Ready payer one mais avec des physiciens.

      • #40394 Répondre
        Cyril
        Invité

        J’ai regardé les 3 premières scènes, chacune pire que la précédente.
        Je me suis dit que c’était suffisant pour jeter toute la série comme un vulgaire déchet.

        • #40411 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Dans le genre rions un peu je recommande la série « Citoyens clandestins » sur Arte. Un must du genre.

          • #40428 Répondre
            Christophe M
            Invité

            Y a de quoi rire. Pas trop longtemps tout de même.
            J’avais aimé le premier film de Laetitia Masson. Dois-je avoir honte ?

            • #40444 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              En avoir ou pas avait eu son petit succès. Mais en ce jour pascal Dieu témoignera que je n’avais pas marché dans la combine. Je sentais que tout ça était bien faible. La suite l’a confirmé.
              Mais là voir Masson singer les tics formels des fictions américaines d’espionnage, c’est divertissant.

      • #40440 Répondre
        Arnaud
        Invité

        Vu. A voir éventuellement dans une perspective documentaire. C’est l’archétype parfait de la série moderne. Le plus fascinant, outre la bêtise des dialogues, c’est de voir à quel point le souci de vraisemblance ne fait jamais obstacle à l’avancée du scénario, il faut que ça glisse.

        • #40584 Répondre
          Parfaitement à l’eau
          Invité

          Le roman ne brille pas par sa subtilité non plus, c’est assez grossier et presque prétentieux dans son étalage de jargon scientifique par moment. Certains évènements qui arrive comme un cheveu sur la soupe. Vraiment c’est décevant pour un livre qui a une certaine réputation. C’est pas hyper bien écrit en plus, et je suis pas un grand lecteur je n’ai pas l’œil très affuté.
          Pourtant ça commençait fort, le physicien qui refuse de se plier à la pensée révolutionnaire qui se fait tabasser à mort en plein procès (à coups de ceinturons… petit indice sur la crédibilité du reste).
          En SF je vais retourner aux années 50/60/70.

    • #40375 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      En cours de visionnage de la série de Godrèche, Icon of french cinema. Ce n’est pas vilain du tout sauf d’ignobles poncifs de série – gimmicks musicaux, plans de coupe foireux. Aurait gagné à être un film plutôt qu’une série.
      Je me demande si ce format (6×25 mn) n’est d’ailleurs pas choisi pour cacher la misère – car ça ne dégouline pas de pognon. Un long téléfilm avec Godreche comme une vulgaire Clémentine Célarié aurait paru cheap. Du coup la série pour faire branché ?
      Néanmoins dès que la musique s’arrête, ça se regarde. Le jeu des dialogues bilingues est fin. JG joue à la diva nunuche – on y croit d’ailleurs trop facilement. L’intrigue (l’actrice à la carrière déclinante craint que sa fille ado ne se fasse groomer par des hommes riches comme elle le fût) se veut lente, le spectateur ne se fait pas braquer à coups de cliffhangers et de twists, il y a des moments absurdes et drôles. Le ton va de très sérieux à très léger, de fait c’est intriguant.

      • #40401 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Dernier épisode vu. Ça va quelque part, il y a une conclusion – téléphonée, qui affaiblit le propos. Quelques trouvailles mais la plupart n’aboutissent qu’à la chute cliché. Une idée embarrassante, le télescopage de deux situations d’oppressions : l’oppression de la migrante philippine est vécue par Judith G. elle-même victime. La façon dont c’est écrit m’a gêné. Mais je ne jette pas tout ; les scènes d’enfance sont bonnes.

        • #40412 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Les scènes d’enfance sont bonne, admettons. Mais absolument impropres à nous faire penser quoi que ce soit de la structure qui produit la prédation (voir GO sur Tar)

    • #40589 Répondre
      Ubikibu
      Invité

      Louis CK a eu des propositions singulières me semble t-il. J’avais beaucoup aimé sa série Louie Louie qui pouvait nous mettre dans un état de gène proche d’un Ricky Gervais. Son système de production est atypique aussi. Je ne sais pas si vous avez pu voir sa mini série, HORACE AND PETE, avec Steve Buscemi, disponible sur son site uniquement en VOD. Un épisode (de mémoire) est un monologue en gros plan de presque 30 minutes. Ce qui est tout de même assez atypique dans l’univers sériel.

    • #40715 Répondre
      Cyril
      Invité

      Que vaut la série The girlfriend experience de Soderbergh ?

      • #40751 Répondre
        Parfaitement à l’eau
        Invité

        J’apprends l’existence de cette série, j’y jetterais un oeil. J’ai beaucoup aimé le film.

      • #40757 Répondre
        Ema
        Invité

        Mais si j’ai bien compris ce n’est pas Soderberg à la réalisation non ?

    • #40740 Répondre
      Tony
      Invité
      • #40766 Répondre
        Hami Debile
        Invité

        Ça a l’air sacrément nul.

        • #40769 Répondre
          Tony
          Invité

          Oui ça a l’air très con, c’est peut-être marrant.

          • #40770 Répondre
            Hami Debile
            Invité

            J’aurais dit gênant mais ça doit être une question de sensibilité.

      • #42273 Répondre
        Tristan
        Invité

        Je l’ai regardée. Je l’ai trouve très laborieuse. Il est très lourdingue, le message politique – qui par ailleurs me convient (vive l’autogestion, à bas les syndicats qui négocient la longueur de la chaine). Lourdingue notamment parce qu’il intervient avec des sabots énormes dans le récit. Joey Starr est spécialement mauvais, je n’y ai pas cru une seconde, à son personnage.
        Ce qui m’a le plus plu, ce sont les passages où l’héroïne marche dans un joli paysage triste en écoutant du rap français des années 90 ; un personnage de militaire un peu délirant (qui fait des pompe à poil, baigné dans une lumière rose) ; et un autre personnage qui ressemble à Alain Bauer et qui se fait méchamment détruire la gueule.

    • #42138 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Je ne sais pas si ça a déjà été posté ailleurs, mais voici un article sur l’adéquation de la série à notre mode de vie libéral et productiviste, piste déjà mentionnée par François ici ou là
      https://usbeketrica.com/fr/article/la-serie-est-la-forme-d-art-la-mieux-adaptee-au-productivisme

      • #42195 Répondre
        Ema
        Invité

        Lu. Merci pour la diffusion. Très juste la remarque qu’oppose le monsieur au soi disant apport social de la série, notant que, plus personne ne regardant les même choses en même temps, les discussions tournent vite court.
        Les recommandations de série entre proche maintenant c’est devenu anecdotique, on continue de faire ça par convention, mais en réalité chacun finit toujours par s’en remettre à sa petite chapelle personnalisée édifiée par les algorithmes.
        Je pense qu’on arrive tranquillement mais sûrement à un deplacement sur le rapport extatique à la serie, je ne parle même pas des specialistes, mais dans la vie, je remarque que de plus en plus de gens semblent prêts à entendre voir partager certaines de mes réserves, je ne rencontre plus tant que çà de reactions arqueboutées comme c’était le cas il y à un an ou deux encore. L’heure de glorification aveugle est derrière nous je pense, merci aux plateformes de streaming d’une certaine manière, qui ont accéléré le processus en amenant l’offre à un tel degrés de saturation. Difficile à ce niveau là de ne pas voir le côté pousse-a-la-consomation. (A quand l’entrée en vigueur du terme « fast-watching » d’ailleurs? Ca permettrait de bien mettre en lumière la sainte Trinité du productivisme / consumérisme actuel : fast-food fast-watching fast-fashion)

        • #42200 Répondre
          Tony
          Invité

          Pour compléter sur la série, le flux,les jeux vidéos et le devenir du cinéma un entretien intéressant avec Tristan Garcia, c’est la première fois que j’entends dire que la défense du cinéma tel qu’il est serait réactionnaire,en fait c’est évident,et que, bientôt,et cela a peut-être déjà commencé(voir le retour critique sur la politique des auteurs,les cahiers etc…),on fera le procès du Xxeme siècle et de son art dominant,le cinéma,’art puissant au service des puissances’.

          • #42248 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Je suis curieux d’entendre si Tristan Garcia en dit autant de la série, dont l’hégémonie sur le monde est beaucoup plus vaste que ne fut celle du cinéma (le meme écart qu’entre l’empire télé et l’empire internet)

          • #42660 Répondre
            Brigitte
            Invité

            Prise de hauteur salutaire, loin du discours bégaudien. Pas de place pour la moraline antimoderne ici. On fait face au réel dans toute sa complexité.

            • #42665 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              La moraline antimoderne. En voilà une chose singulière
              On peut avoir des exemples?

              • #42674 Répondre
                Brigitte
                Invité

                https://usbeketrica.com/fr/article/francois-begaudeau-en-matiere-de-performance-commerciale-le-dealeur-de-crack-est-desormais-supplante-par-netflix

                Texte validé par Muray et Finki. Bons lecteurs, ils ont bien vu ce que dissimulait cette critique du capitalisme.

                • #42675 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Me livrer un texte que je crois connaitre en l’accolant à des noms d’imbéciles ne vaut pas réponse.
                  Ma question portait sur le mot moraline – qu’entend-on par là? Sur le mot anti-moderne – qu’entend on par là? Et surtout sur leur attelage inédit.

                  • #42677 Répondre
                    Brigitte
                    Invité

                    Lorsque la critique anticapitaliste est le verni dissimulant une réprobation morale. La métaphore du crack en atteste. Elle s’inscrit dans une tradition de critique de la marchandisation, de la consommation, des comportements, critique antimoderne devenue petite morale des deux bords. Aujourd’hui le fameux cadre macroniste « décérébré » est dans le viseur. Hier c’étaiOui, la forme série exprime le néoliberalisme, et alors ? Le cinéma hollywoodien avait tout autant à voir avec des stades antérieurs du capitalisme, ce qui n’a jamais invalidé la forme film.

                    • #42678 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Sauf que la métaphore de l’addiction vient des spectateurs de série eux-mêmes : addictif employé comme qualificatif suprême pour valoriser la série et le binge-watching en référence à l’alcool. La métaphore du crack ne vient donc qu’illustrer de façon encore plus imagée le rapport que le spectacteur entretient avec la série tel qu’il le décrit lui-même. Par ailleurs, cette formule, qui n’est pas une réprobation morale sauf à démontrer que François un fervent partisan de la guerre à la drogue, ne résume pas à lui seul l’article qui vise à critiquer la série dans sa forme même et donc d’un point de vue esthétique, ce que font rarement les Muray et Finkie.

                      • #42683 Répondre
                        Brigitte
                        Invité

                        Ce discours, dont la critique bégaudienne des séries est le dernier avatar, accompagne invariablement toute émergence de formes artistiques nouvelles pour peu qu’elles s’adressent aux masses. Évidemment, le mode de la déploration ne s’embarrasse pas de nuances quand il s’agit de décrire les pratiques de réceptions. Elle passe à côté de son époque en ignorant les potentialités subversives au sein même de la forme.
                        Il est vrai que la critique de la forme série est pour l’instant minoritaire. Mais on observe les premiers signes d’inversion de tendance.

                      • #42691 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        La série n’est pas une forme artistique nouvelle puisqu’elle existe et elle est consommée par les masses comme tu dis depuis plus de 50 ans. Donc le geste critique de François n’est pas en réaction à une l’émergence d’une forme populaire mais d’une forme hégémonique en ce qu’elle est validée par la culture bourgeoise dominante.

                      • #42705 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Merci Charles de cette précision.
                        Mais certes Brigitte n’est pas censée savoir, elle à qui le savoir importe peu, que j’ai commencé par défendre les séries dans les Cahiers des années 2000, et commencé à déconstruire le forme série à partir du moment où cette forme était légitimée par la bourgeoisie comme relevant du grand art
                        Rien à voir donc avec la critique réflexe des gouts de masse – soupçon dont il faut vraiment être ignare de mon travail pour m’affubler.

                      • #42684 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        La sortie matinale de Brigitte entretient méthodiquement deux confusions :
                        -entre morale et moraline. On voit d’ailleurs qu’on passe de l’un à l’autre indifféremment. En négligeant au passage que l’accusation de « moraline », adossée à un nietzschéisme de youtubeur, est extremement souvent le fait de la droite antimoderne en direction du progressisme. Passons sur cette contradiction interne – à mettre sur le compte du brouillard du matin.
                        -entre contemporain et moderne. Confusion qui permet de rattacher une critique d’un fait hégémonique contemporain à la tradition antimoderne.
                        Mais alors la critique du capitalisme, fait hégémonique contemporain, est forcément antimoderne? Un esprit raisonnable comme celui de Brigitte sait bien que non.
                        Dès lors comment distinguer une critique antimoderne du capitalisme et une critique moderne du capitalisme? En voyant au nom de quoi elle est formulée, et depuis quel désir.
                        J’ai souvent mis en avant, à l’oral comme à l’écrit, l’existence d’une critique réactionnaire du capitalisme, tradition vieille comme le capitalisme, et qui compte beaucoup de tenants actuels avec lesquels Notre joie ferraille -Finkiekraut exemplairement, mais aussi Chantal Delsol et Muray. Elle revient en fait à une critique autoritaire du capitalisme. Où ce qu’on reproche au capitalisme, assimilé à la modernité comme le fait Brigitte, réactionnaire en cela, c’est de détruire les anciennes structures de cadrage de l’individu (la culture, la tradition, l’école, la religion, les valeurs, la famille, pourquoi par l’armée, etc).
                        La critique moderne du capitalisme s’oppose radicalement à cette tradition, dont elle est l’opposé, puisqu’elle propose une critique anti-autoritaire du capitalisme. Elle voit le capitalisme comme une nouvelle force d’embrigadement des individus que la modernité se propose, au nom d’une célébration de l’individu, de libérer. Le capitalisme est alors vu, non comme une force moderne, mais comme une force contemporaine régressive – et donc antimoderne.
                        En tant que forme attitrée du capitalisme de flux, la forme série n’est pas moderne, elle est une régression. Elle ne libère pas les individus mais les embrigade. Je propose donc une critique moderne car anti-autoritaire de la forme série. Au passage cette critique n’est ni plus ni moins « morale » que n’importe quelle critique. Cette critique est même la moins morale des critiques, puisque elle pointe des faits de structure qui n’incriminent pas les individus.
                        Quant à savoir si la forme film serait tout aussi passible d’une critique systémique, c’est tout à fait vrai. Et c’est tout l’histoire de la critique de cinéma, et notamment de la critique de cinéma de gauche telle que je peux la porter , telle que les Cahiers l’ont portée dans les années 60 et 70. Simplement il a a été possible, en cinéma, que des formes alternatives viennent déjouer la narration libérale proposée par le cinéma mainstream. Cette dialectique interne, je ne le crois pas possible dans la série, symptome d’ un stade avancé du capitalisme que dans Boniments j’appelle capitalisme intégral, et qui a justement cette efficace de ne pas avoir de dehors. Ceci n’excluant pas qu’il puisse, devant une série, se passer des choses qui échappent. Mais précisément un fait compromet cette bifurcation : la forme-série est pensée pour qu’il ne se passe rien. Puisque ça glisse. Et nous voici revenus au texte reporté aujourd’hui par Brigitte, à qui je fournirai volontiers, pour complément, mon analyse précise de Breaking bad et du Bureau des légendes – textes qu’elle a évidemment lus, ne ratant rien de mon travail, mais qu’elle sera avide de relire.

                      • #42692 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Merci François c’est très instructif pour moi que tu expliques dans quel noeud s’opère cette distinction, ça me permet d’être plus sensible à ma propre réflexion sur le sujet.

                      • #42693 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Pardon, je suis impolie : re-re-re-re-re-re-bienvenue Brigitte, du coup.
                        Si tu comptes rester un peu c’est peut-être plus la pleine de nous re-re-re-re-re-re-re-faire tes adieux, une idée comme ça.

                      • #42695 Répondre
                        Arnaud
                        Invité

                        « l’accusation de « moraline », adossée à un nietzschéisme de youtubeur, est extremement souvent le fait de la droite antimoderne en direction du progressisme »
                        Je ne crois pas que FN visait le progressisme avec ce terme. J’en ignore les usages récents. Suspicion de droitardisme infondée.

                        Les deux critiques du capitalisme
                        Excellente distinction. Prochaine étape : l’appliquer à tes propres analyses. Ta critique, toujours formulée depuis la forme film, ne peut pas appréhender le potentiel subversif de la forme neolibérale série.

                        « Cette dialectique interne, je ne le crois pas possible dans la série…. un fait compromet cette bifurcation : la forme-série est pensée pour qu’il ne se passe rien. »
                        Croyance qui peut facilement être contredite. Le dernier exemple en date, the curse, a d’ailleurs fait l’unanimité ici.

                        « Et nous voici revenus au texte reporté aujourd’hui par Brigitte, à qui je fournirai volontiers, pour complément, mon analyse précise de Breaking bad et du Bureau des légendes – textes qu’elle a évidemment lus, ne ratant rien de mon travail, mais qu’elle sera avide de relire. »
                        Pas lu et intéressée. Ironie gratuite, j’ai dû lire les trois quart de que tu as publié en maison d’édition.

                      • #42696 Répondre
                        Arnaud
                        Invité

                        Ça devait arriver.

                      • #42699 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « Je ne crois pas que FN visait le progressisme avec ce terme. J’en ignore les usages récents. Suspicion de droitardisme infondée. »
                        1 je ne parlais pas du FN, mais d’une certaine extreme droite intellectuelle, soralienne et autre. A qui le mot moraline vient très très très souvent à la bouche.
                        2 « tu en ignores les usages récents » et pour autant tu réfutes les nouvelles que j’en donne. Etrange.

                         » Prochaine étape : l’appliquer à tes propres analyses. »
                        Mes « analyses » sur la série ne contreviennent aucunement à l’analyse en question. Je l’ai dit : ma critique d’inspiration moderne de la forme série est dans la continuité de la critique moderne que je fais du capitalisme. Nulle contradiction.
                        Ce que tu m’invites à faire, à savoir considérer le potentiel subversif de la série relève d’un tout autre problème (que de confusion ce matin, la nuit fut elle de pleine lune?). J’ai déjà un peu répondu : ce qui me trouble depuis le début avec la série, c’est son coté intégrateur, qui compromet le geste critique, et bouche le dehors. Mais oui bien sur qu’il y a sans doute des distorsions internes. Sauf que tous les exemples de cela viennent de productions atypiques conçues par des gens formés par le cinéma – Safdie, en l’espèce. Donc j’ai des doutes.
                        Et du point de vue l’attention, qui est ici le point central, je maintiens que le dispositif cinéma est supérieur.
                        Mas nous voilà repartis sur la série, qui n’était pas le sujet du jour. Le sujet du jour c’était la « moraline antimoderne », allégation matinale désormais dissoute.

                      • #42701 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Si tu es intéressée (-ée?) par les textes mentionnés, donne un mail.

                      • #42702 Répondre
                        Arnaud
                        Invité
                      • #42706 Répondre
                        Ludovic Bourgeois
                        Invité

                        La morale c’est ce qui maintient le corps social.
                        Ne pas agresser qu’un dans la rue.
                        __
                        La moraline ça dégouline c’est ce qui fait du mal au petit coeur fragile d’une succeptibilite individuelle
                        « T’as dit que j’étais grosse ouin ouin »

                      • #42755 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Disons le plus calmement: la moraline c’est le réflexe, devant un phénomène ou un énoncé, de considérer à qui il fait mal, avant de considérer sa vérité.
                        La question centrale et souvent unique de la moraline est : est ce méchant ou gentil? Et non pas : est ce juste? Est ce vrai?
                        Devant un texte sur les séries, un lecteur moraliné aura pour unique réflexe d’y voir une agression contre les pauvres petits spectateurs, avant même de considérer sa justesse.
                        Ce fut donc la dramaturgie propre de ce 16 avril : la découverte, en creusant, que la personne la plus sujette à la moraline était celle qui en accusait autrui.
                        On n’a pas perdu notre journée.

                      • #42879 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        « c’est son coté intégrateur, qui compromet le geste critique et bouche le dehors »
                        François peux tu développer ce point ? je ne comprends pas bien (alors que tout le reste me paraît limpide)

                      • #42884 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        La forme série, qui fonctionne sur le flux, est de nature immersive. On ne regarde pas une série, on est embarqué dedans. Embarqué dans le flux. On est intégré au processus, comme le consommateur est intégré à la chaine de marchandises, pris dans une sorte de régime pulsionnel.
                        C’est d’abord en entendant des gens parler de séries que je me suis rendu compte de ça : l’addiction, l’embarquement, la consommation, la quantité de consommation (je me suis avalé une saison en un soir) étaient les paradigmes dominants et quasi exclusifs.

                      • #42885 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je me rendais compte aussi de la pauvreté du commentaire. Et en déduisais qu’une série ça se vit, et qu’une fois que c’est vécu, eh bien on est passé à autre chose.
                        Les deux moments de la critique n’existent plus : regarder puis parler de.

                      • #42767 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        François, pourrais-tu déposer ici tes textes sur Breaking Bad et le Bureau des légendes, que je n’ai pas trouvés ?
                        Ou sinon voici mon mail titouan.rm@outlook.fr

        • #42202 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Très d’accord avec le fast-watching, bien entendu. Un texte de François titré « Ça se mange sans fin » faisait d’ailleurs le rapport entre fast-food et fast-watching dans ce trait particulier du spectateur de séries d’enquiller 3 saisons en un week-end

    • #42139 Répondre
      Brigitte
      Invité

      Enfin un texte nuancé, qui n’est ni dans la caricature et la culpabilisation du spectateur ni dans l’admiration béate.

      • #42140 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Arriver à placer en une phrase une apologie de la nuance et une ferme condamnation de la caricature est le signe indéniable d’un post écrit en 2024

        • #42143 Répondre
          Seldoon
          Invité

          N’oubliez pas la culpabilisation monsieur Bégaudeau, les Français en ont assez.

    • #42495 Répondre
      Ema
      Invité

      Est ce que quelqu’un a vu The Curse en entier? J’avais regardé trois ou quatre épisodes, et puis plus rien car j’ai tendance à m’en tenir là avec les séries, mais c’est quand même une production singulière donc je me demandais si cela valait la peine de poursuivre.

      • #42496 Répondre
        Seldoon
        Invité

        On en a pas mal parlé, tu dois pouvoir retrouver ça dans le forum. Globalement, la saison entière fait l’unanimité ici.

    • #44125 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Je passe recommander la série Mon Petit renne (Baby Reindeer), sur Netflix. Pas exempte de défauts, c’est pourtant une œuvre très juste dans son propos : le fonctionnement d’une psyché de victime, en l’occurence un jeune barman aspirant comédien, sous la coupe d’une harceleuse infatigable. Ce jeune homme se révèle peu prompt à se défendre, se laisse bizarrement maltraiter, entre dans le jeu de son bourreau, relancerait presque. C’est dans cette zone grise de l’obsession réciproque qu’est l’intrigue.
      La série n’est pas une promenade de santé, aborde des thématiques liées au viol et à l’emprise avec une pédagogie rare – l’inverse de Icon of french cinema, quelque part. Sur la forme, on trouvera des choses à dire mais j’aime les gros plans impitoyables, le jeu fascinant de Jessica Dunning.
      Malgré deux ou trois poncifs, la série est précise et dévie peu de son intention : expliquer l’attirance entre une victime et un bourreau, trouver l’origine pure d’une situation à priori arbitraire.
      Si vous en avez pensé quelque chose, je suis curieux de vous lire.

      • #44149 Répondre
        Parfaitement a l’eau
        Invité

        C’est noté j’irais jeter un œil.
        Côté série il va sûrement falloir aborder le sujet La fievre ici je pense.
        J’ai vu le 1er épisode, comme d’hab sur la forme rien n’est mémorable, sur le contenu j’ai plutôt bien aimé jusqu’aux dernières 5 minutes limites aberrantes (du stand up en live youtube ? + bagarre générale qui sort de nulle part). Ce qui est intéressant c’est la gestion de la crise par l’agence de communication. J’avais jamais vraiment vu une réunion aussi cynique où on compte les points du racisme pour conserver la valeur marchande d’un joueur.
        Quelqu’un la vu ?

        • #44167 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Peut etre faudra-t-il en effet disséquer les opérations idéologiques dégueulasses à l’oeuvre ici. Et toujours venant du meme camp néo-conservateur – Toledano et Nakache à la baguette. Ce camp s’étoffant maintenant d’une fondation, dite Jean Jaurès, qui dans le cadre du plan marketing sort une étude de la série.

          • #44168 Répondre
            Parfaitement a l’eau
            Invité

            J’ai entendu le nom de cette fondation sur un plateau qui parlait de cette série. Il y avait aussi une femme qui dirige le think tank Destin Commun (connaît pas mais le nom est prometteur). Ainsi qu’une reporter du Figaro qui soulignait justement que la série mettait l’accent sur les médias qui font monter la sauce identifiée (sûrement à telle oublié d’où elle parlait).

            • #44174 Répondre
              Parfaitement a l\’eau
              Invité

              Identifiée = identitaire (le correcteur automatique a encore frappé)

            • #44201 Répondre
              Titouan R
              Invité

              La liste des auteur.ices du bouquin en question est édifiante : « Raphaël LLorca, Jérémie Peltier, Jean-Marc Ayrault, Laurent Berger, Antoine Bristielle, Giuliano da Empoli, Arthur Delaporte, Laurence de Nervaux, Dorian Dreuil, Aurélie Filippetti, Stéphane Fouks, Jérôme Fourquet, Marie Gariazzo, Guénaëlle Gault, Harold Hauzy, Renaud Large, Sandra Laugier, Rémi Lefebvre, Milo Lévy-Bruhl, Denis Maillard, David Medioni, Asma Mhalla, Anne Muxel, Frédéric Potier, Iannis Roder, Johanna Rolland, Pierre Rondeau, Anne Rosencher, Anne Sinclair, Adelaïde Zulfikarpasic »
              La dépouille de Jaurès appréciera….

              • #44207 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                rire
                quelle brochette de stars
                il ne manque que Caroline Fourest, cinéaste

      • #45555 Répondre
        Ema
        Invité

        @Leo
        Suite à ta recommandation j’ai regardé le premier épisode de Baby Reindeer. Ça va très vite, la situation de harcèlement est déjà pleinement établie et explicitée. Du coup je me demande ce qu’il reste à déplier, je crains le train-train des rebondissements à répétion et l’introduction d’intrigues adjacentes. Mais bon. C’est pas inintéressant d’aborder la possibilité d’une forme de consentement ambivalent à son harcèlement, ça change du traitement habituellement pas très intéressant de la question au ciné . Merci pour la reco en tout cas, je n’aurais pas prêté attention autrement.

        • #45611 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          J’espère que tu pousseras un peu. Il y a dans cette série une thématique que l’on trouve dans Ma Cruauté, l’étrange masochisme des victimes. Et j’aime le refus du manichéisme ainsi que la justice inopérante même lorsqu’elle s’active. Le ridicule de la judiciarisation.
          Ceci dit je pense que la pièce dont la série est tirée doit être un peu plus intéressante. Sept épisodes c’est beaucoup pour un propos que j’aurais peut-être préféré lire, ou voir sur un temps plus concis.

          • #45618 Répondre
            Ema
            Invité

            C’est bien le propos subversif sur la dynamique du harcèlement qui a piqué mon intérêt, effectivement belle matière à roman. Mais surtout la façon dont est suggéré le rapport entre pitié et sujétion. Des l’instant où Martha pénètre dans son bar et qu’il ressent de la pitié à son endroit, son sort est scellé d’une certaine manière. Par un effet pervers, Donny empuissante Martha en la méprisant. C’est assez vertigineux comme idée je trouve. A la limite la suggestion de sa faille narcissique de comedien me parait plus faible.

            • #45659 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              cette série est visible où? demande le boomer

              • #45660 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Netflix
                Mais je te préviens le jeu du comédien va te gêner.

                • #45695 Répondre
                  Leo Landru
                  Invité

                  Oui il en fait des caisses. Mais le jeu de la comédienne c’est autre chose.

                • #45696 Répondre
                  Leo Landru
                  Invité

                  Et sans lien avec les messages précédents, un grand merci pour l’épisode 3 d’Espionnage Industriel, une autre série fort recommandable.

                  • #45700 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Et ce malgré le jeu du mec à gauche. Merci Léo !
                    La comédienne oui, d’après ce que j’ai vu (un unique épisode) elle est très bien. C’est elle qui tient la série, non ?

                    • #45854 Répondre
                      Leo Landru
                      Invité

                      Non pas tant que ça, elle est là comme reflet du narrateur. Mais ses scènes sont presques toutes bonnes, son personnage est très fort.
                      Passé le premier épisode, on resserre sur le héros, pour aller chercher les causes profondes de cette prédisposition au rôle de victime, et c’est le sujet de la série. La persécutrice rejoint en creux le persécuté, les deux se confondent. Mais il ne joue pas si mal, il est surtout dans plusieurs registres et c’est perturbant, ça manque d’homogénéité, mais ça finit par s’expliquer. Pour moi la faiblesse vient plutôt du montage un peu speed et de la voix off permanente, reliquat de l’œuvre originale.
                      Il y a une vraie scène gênante de révélation qui me semble à la fois nécessaire et maladroite, et qui doit être une reproduction pure de la pièce (scène finale de one man show).

                      • #46561 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        J’ai regardé quelques épisodes supplémentaires de Baby Reindeer. Je suis vraiment gênée par cette voix off qui explicite et sur explique absolument toutes les ramifications psychologiques de Donny. Richard Gadd a beaucoup de choses à nous dire sur lui même et eumine ce qui lui est arrivé, c’est bien normal. Mais on y perd en art narratif. Ces introspections surplombantes sont très lourdes à endurer. Comme tu le disais, ça passerait sûrement mieux sur scène, puisque la scène ne prétend pas faire autre chose que çà : un mec tout seul qui se raconte à un public. J’essaierai de trouver ca.

                      • #46562 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        *rumine

    • #44171 Répondre
      Enzo
      Invité

      Toledano et Nakache ont participé à la conception de la série ? Je ne me suis pas renseigné dessus mais j’ai vu les 3 premiers épisodes et j’ai tout de suite pensé à eux évidemment. Je suis curieux de connaître ton avis dessus François, prévois tu d’en parler ici ou ailleurs ?

      • #44177 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Pas immédiatement mais oui à terme ça mériterait un texte, ici ou là.

    • #49385 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Un article qui tente d’expliquer la grande popularité des séries : https://theconversation.com/pourquoi-les-series-sont-elles-devenues-notre-passe-temps-favori-231087?utm_source=pocket-newtab-fr-fr
      Pas extrêmement convaincant mais qui a le mérite de poser la question dans un média d’assez grande envergure.
      L’explication par l’angoisse que l’on éprouverait devant le temps libre qui nous est offert est assez grotesque je trouve. C’est plutôt le manque de temps libre qui dirige vers les séries de mon point de vue. 2h de film c’est trop long, partons sur 1 épisode de 1h (qui ensuite par sa force addictive amène souvent sur un 2ème d’ailleurs).

    • #49407 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      S’il s’agissait de tuer le temps pourquoi ne pas s’enquiller 5 films plutot qu’une saison de série?
      S’il s’agissait de manque de temps, comment parviennent-ils à regarder quatre épisodes de suite, au bas mot?
      La réponse est donc à aller chercher dans la facture même de la série
      Elle a déjà été donnée

      • #49415 Répondre
        deleatur
        Invité

        La série est régressive, parce que la série est un doudou.
        Faite pour les gens qui ne veulent pas faire d’efforts (pour regarder, penser, aimer) ou qui n’en ont plus le temps ou la force.
        Mais je ne pardonne pas aux émissions consacrées aux séries (que je regarde ou écoute beaucoup) : c’est (presque) toujours d’une nullité affligeante, de la non-pensée, une absence de regard, d’attention. Ça me fait presque à chaque fois la même chose qu’être dans un parc d’attractions (où je ne mets pourtant jamais les pieds) : du divertissement captif, sans rien d’autre.
        Série mon vieux pays natal.

        • #49460 Répondre
          Mélanie
          Invité

          « regressive »
          Je passe peu d’énergie à examiner les dessins animés que me gosses s’enchaînent, cependant il m’est donné de voir l’état dans lequel ça les mets pendant et après, ne pas pouvoir voir l’épisode suivant génère des genres de crises, et puis leur corps est comme endormi, et/ou nerveux.
          Dans l’article posté je relève :
          « L’explication qu’il (Günther Anders) donne est fondée sur le travail, mais vaudrait tout aussi bien pour l’écosystème numérique dans lequel nous vivons désormais : nous avons tant été habitués à « être » occupés, c’est-à-dire à ne pas avoir nous-mêmes la responsabilité de décider de ce à quoi l’on consacre notre temps que, lorsque nous faisons face à cette responsabilité durant notre « temps libre », nous ne pouvons manquer d’éprouver une forme d’angoisse. L’expérience du temps libre serait à ce titre indissociable de l’expérience d’un vide tout à fait spécifique : il est l’envers de ce « plein » que constitue la journée de travail, et devrait en toute rigueur moins être qualifié de « vide » que de « plein qui a été vidé », et qui réclame par conséquent d’être rempli. Par quoi ? N’importe quelle activité susceptible d’occuper l’individu, de rythmer son temps, et de lui permettre d’éviter l’ennui. C’est de cette manière qu’Anders expliquait « la demande de produits de consommation pouvant être consommés de façon continue, sans risquer le moins du monde de rassasier le consommateur ». »
          Ici on évoque le travail ; dès l’école ON OCCUPE les mômes (et à la crèche, et en famille selon) ; les séries pour enfants relaient aussi ce remplissage ou vidage ou vol de temps

      • #49417 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Ayant peu de temps libre, et pas toujours envie de m’immobiliser pendant deux heures, je regarde souvent les films en plusieurs fois. Ayant vu le Franco dernièrement, je me dis par exemple qu’il est possible, peut-être pas idéal, mais possible, de regarder une scène par jour, comme on lirait un chapitre par jour.
        Je ne regarde pas de séries parce que je m’y ennuie, je préfère me remplir la tête que me vider la tête (proverbe chinois), et depuis des nuits blanches passées devant Le bureau des légendes je me suis fixé la règle straight edge de ne plus jamais commencer à regarder une série.

        • #49433 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          C’est vraiment l’enfer cette ingenierie de laddiction.

          • #49439 Répondre
            deleatur
            Invité

            Les américains avaient, paraît-il, une technique d’enfer pour faire arrêter de fumer, il y a 20 ou 30 ans : ils enfermaient les étudiants volontaires dans des amphis pendant plusieurs jours, avec clopes, chips, pizza et coca à volonté, et très peu d’aération. L’écœurement faisait sortir les premiers ; les autres, après quelques jours, sur une civière, guéris à vie.
            J’ai bingé trois saisons de Dix pour cent en une trentaine d’heures. Puis je suis mort.

            • #49444 Répondre
              Tony
              Invité

              Relativisons un peu, l’année dernière sont sortis 700 nouveaux films en salles,quelqu’un les a tous vu,lui aussi est mort.

            • #49445 Répondre
              Parfaitement a l’eau
              Invité

              Tu égrènes les posts de qualité en ce début d’après midi

              • #49446 Répondre
                Parfaitement a l’eau
                Invité

                @deleatur

            • #49461 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Intéressante expérience américaine.

              • #49465 Répondre
                Claire N
                Invité

                Oui – époque «  pavlovienne «  dans sa façon d’aborder les comportements
                Mais quand même le côté «  paquet de bonbon «  que tu décris semble bien exister avant l’écœurement

                • #49468 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Oui, ça doit être dosé de façon à maintenir en vie et passer inaperçu.
                  J’ai découvert cette semaine un nouveau bonbon dilué : c’est une petite bouteille-spray de bonbon liquide, les enfants peuvent s’en prendre des pchits. Vivement le bonbon-perfusion parce que ce pchit en fout partout et colle, j’ai dû passer la serpillière dans la maison et laver les cheveux de la petite.

                  • #49482 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Tu me donnes une idée pour changer les pistolets à eau

                    • #49503 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      Idée diabolique !

    • #57357 Répondre
      Ourson
      Invité

      Une série qui fait pas mal de bruit en ce moment : The Boys.
      Je prends un certain plaisir (maintenant coupable) à la regarder.
      Je constate de plus en plus à quel point passé les hectolitres de sang, les têtes écrabouillées, les corps explosés, on retrouve un truc assez tiède, paresseux et conventionnel, qui tourne en rond, et qui se la joue rebel subversif sous prétexte qu’on y montre quelques sexes mutilés et autres scènes un peu pipi-caca.
      Une série qui se veut super méta en prenant des positions politiques pour le moins tièdes (« les puritains trumpistes complotistes sont des idiots ! »)
      —-
      Il semblerait que les films et les séries veuillent être plus malignes que les autres avec leur délire méta, je trouve toutefois que « YOU » réussissait mieux son coup à ce niveau-là, d’ailleurs le héro n’y était pas « gentifié » à tout bout de champ contrairement à nos « Boys » dont on fait tout pour nous rappeler que derrière leur badassitude ils sont cool et gentils

      • #57358 Répondre
        Ourson
        Invité

        Bonus : 452 messages de redditeurs qui tentent de trouver des justifications à une écriture faiblarde, attention spoilers

        why doesn't homelander just simply kill butcher
        byu/Ok_Excuse_6818 inTheBoys

      • #57535 Répondre
        Ema
        Invité

        Souvenir d’avoir regardé The Boys il y a un an, et même conclusion que toi : des signaux et du commentaire meta très convenus et scolairement exécutés derrière la vitrine trash. Je me souviens même m’être dit que la série semblait s’être fixé un cahier des charges des « sujets de société » à aborder coûte que coûte, quitte à les insérer au chausse pied. Tout y passe : MeToo, l’hypocrisie du marketing LGBT, l’appropriation culturelle, les theories conspirationistes, le supremacisme blanc, les réseaux sociaux… C’est d’autant plus dommageable que ces manifestations superficielles de conscience sociale détournent la série de ses qualités premières qui semblent plutôt résider dans une certaine cruauté voire un certain sadisme assumé ( la fameuse vitrine trash qui déborde parfois le cadre tant elle pousse loin les curseurs du malaise, en ce qui me concerne en tout cas).
        J’avais par contre trouvé astucieuse l’idée de transposer la fiction super-héroïque dans une approche plus lucide, pour démontrer le caractère en vérité parfaitement terrifiant d’une réalité dans laquelle il faudrait s’accommoder de super justiciers. En cela les premiers épisodes m’avait bien plu. Progressivement le message se perd en chemin puisque des gentils à pouvoir finissent bien évidement par émerger de tout ce merdier et on retombe dans l’inévitable dualité super agresseur-super sauveur.

    • #58203 Répondre
      Tagi
      Invité

      Je déterre le sujet pour en revenir à The Wire. Y’aurait-il une gêne occasionnée possible un jour sur le sujet ? J’avoue que ça me RÉ-GA-LE-RAIT !

      • #106589 Répondre
        Ourson
        Invité

        Ça nous passe sous le nez 🙁

    • #106567 Répondre
      Etienne
      Invité

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