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Accueil Forums Forum général Petite question à François sur le calme

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    • #54929 Répondre
      Eden Lazaridis
      Invité

      Bonjour François,

      J’ai remarqué chez toi, dans tes productions artistiques ou critiques, une grande place accordée au calme, à la tempérance. Il aurait plusieurs qualités à tes yeux :
      
1) Un outil de connaissance :
      – Le calme permet de comprendre de comprendre le réel de façon dépassionnée.
      – Tu fustiges les hystéro-critiques et autres personnes qui laissent l’emportement les détourner de la justesse.
      2) Un critère esthétique :
      – Tu dis que l’art c’est l’émotion refroidie.
      – Il suffit de regarder tes artistes préférés : Flaubert, Soderbergh, Bresson, Michel Franco, Haneke, de grands calmes.
      – Tu ne supportes pas les acteurs qui en font trop.
      – Etc etc la liste est longue.
      3) Un critère d’élégance :
      – Je me rappelle dans ta critique de Mank que l’attitude du personnage Hearst, raccompagnant Mank dans le plus grand calme jusqu’à la porte t’avait impressionnée.
      – Quand tu es attaqué sur ce forum ou dans la vraie vie, tu ne réponds jamais sur le même registre et va souvent calmement, sur le fond.
      4) Un critère humoristique
      – Plutôt l’ironie que l’attaque, le sourire en coin que la charge.

      Il me semble que le calme est une notion importante pour toi.

      J’aurais une question pour toi :

      Est-ce que cette « apologie » (ça reste à déterminer) du calme vient d’une disposition de caractère ou une éthique que tu t’es imposé ? Je te demande cela car de tempérament, tu me sembles plutôt impulsif, fougueux. Mais je peux me tromper. Est-ce que tu valorises le calme par constat que l’on s’avilit, que l’on se souille dans l’emportement ?

      Je fais depuis quelques années un travail sur moi (sans grand succès) pour mettre un terme à mes emportements, étant naturellement quelqu’un de très impulsif et colérique (c’est un fardeau). Cela salope mes relations sentimentales et amicales, et me rend très souvent bête. J’envie les calmes de natures, les détachés, et en suis venu à la même conclusion que toi (ça reste à déterminer), après avoir un peu roulé ma bosse, le calme est peut-être la vertu suprême, intellectuellement, esthétiquement, éthiquement.

      D’ailleurs, dans pokémon, « calm mind », qui monte l’attaque spéciale et la défense spéciale d’un cran, est une des meilleures attaques du jeu. Est-ce une coïncidence ? Je ne pense pas.

    • #54933 Répondre
      Essaisfragilesdaplomb
      Invité

      Belle question !
      Et des distinctions et des pistes riches qui font le point sur beaucoup d’aspects de l’esthétique bégaldienne.
      Une piste : le calme comme pratique de lecture, dispositif de lecture acquis par la fréquentation des livres. Pas le calme recherché par le travail sur soi, la méditation, l’introspection, la pleine conscience, le retour sur soi, les chatouillements, toute ces choses à la mode et qui rivent à soi, mais le calme comme affect du lecteur, donc à la jonction du corps et de la pensée, comme attention un peu désuète au texte dans la lecture, au texte qui oblige à la tension de tout le corps pour être reçu, compris.
      Une vie dans les livres non seulement ouvre l’attention, attise et aiguise le regard, donne du réel, mais octroie un rapport calme au monde.
      Le calme du spectateur devant l’oeuvre d’art. Le même calme devant un film qui ne sursollicite pas notre système nerveux continuellement pour réagir. Le contraire de l’interactivité.

      • #54934 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Tu as raison de pointer le côté un peu « développement personnel », auto-centré de ma question. Il faut effectivement valoriser le calme non pas tant comme un outil du retour à soi, mais comme un être-au-monde, prodigué, entre autre par la lecture. Je dirais que toute activité qui stimule activement l’attention pendant plus de 2 heures, participe à un être-au-monde calme aha (estimation à la volée). La lecture, les mathématiques, les échecs etc etc etc…

        PS : je pense aussi à ce que François disait du personnage de Channing Tatum dans Logan Lucky. Le mec vient de perdre son boulot, est dans la merde jusqu’au cou. Plutôt que de péter un câble, il écoute calmement un musique qu’il aime. L’élégance.

        • #54945 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          Et pour expliquer cela j’en passerais par une explication physiologique : le développement cerveau pré-frontal. Je pense qu’il faut muscler son cerveau pré-frontal pour être calme. Là encore, c’est une simple intuition, rien de scientifique.

          • #54949 Répondre
            Essaisfragilesdaplomb
            Invité

            Je suis moins convaincu. Je crois que c’est une disposition par rapport à l’existence plus qu’une donnée organique. « Muscler » ne peut être ici qu’une métaphore de la vitalité. Et j’ai toujours du mal à faire du seul cerveau le siège de la pensée.

            • #54950 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              Étant un matérialiste, je ressentais le besoin d’en passer par le corps. Mais un propos scientifique sur le corps est-il le plus pertinent ? Par sûr. Et oui le cerveau-centrisme est questionnable aussi !!

            • #54953 Répondre
              Kenyle
              Invité

              « Et j’ai toujours du mal à faire du seul cerveau le siège de la pensée. »
              Tu veux développer ?

              • #54959 Répondre
                Essaisfragilesdaplomb
                Invité

                C’est une métaphore. On pense avec tout son corps. Le peintre ou le sculpteur avec ses mains (je recommande les vidéos de poterie sur YT), le musicien aussi, le danseur avec son corps, le manutentionnaire aussi.
                « L’âme est un quasi-point où le « je » se décide » (Michel Serres) et ce point s’actualise en bien des endroits du corps. Je pense dès qu’un affect apparaît : quand on me marche sur les pieds, quand je regarde une personne, quand je touche une table ou une bouteille d’eau, quand je rencontre une idée ou un vieil ami, quand je prends la pluie, quand on m’énerve, quand je m’ennuie et même quand je dors.

        • #54961 Répondre
          deleatur
          Invité

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          L’humus au verger
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          Tous les agronomes s’accordent pour reconnaître la nécessité de maintenir dans le sol une proportion convenable d’humus si l’on veut continuer à faire des récoltes satisfaisantes.

          Les cultures arboricoles n’échappent pas à la règle commune, et l’arboriculteur avisé doit se préoccuper, avant tout, de maintenir et, si possible, d’accroître le stock d’humus contenu dans son sol.

          On sait que, par leur décomposition, les matières organiques fournissent de l’humus. Celles-ci peuvent avoir des origines différentes. L’une des plus utilisées est encore le fumier de ferme, malheureusement devenu, par suite de la motorisation qui s’étend à l’agriculture, rare et, de ce fait, coûteux.

          À défaut de fumier, on peut avoir recours à tous les déchets ou débris organiques d’origine animale ou végétale. Leur valeur au point de vue fertilisation est très variable ; les uns se décomposent rapidement, les autres lentement.

          Tous ont cependant le grave inconvénient de nécessiter des frais de transport à pied d’oeuvre et d’épandage que l’arboriculteur ne peut manquer de considérer comme un élément du prix de revient des produits qu’il importe de comprimer au maximum.

          Aussi a-t-on pensé, depuis longtemps déjà, à utiliser comme source d’humus les engrais verts. À côté d’avantages incontestables, ces derniers ont, comme toute chose, des inconvénients : le prix des semences d’abord, fort élevé, surtout lorsqu’il s’agit de légumineuses ; la concurrence que peuvent, au cours de leur végétation, faire les plantes aux arbres en ce qui concerne l’eau et les substances fertilisantes contenues dans le sol ; enfin la nécessité de posséder un outillage approprié pour permettre l’enfouissement de l’engrais vert sans avoir recours à la charrue.

          Ces inconvénients, reconnus par les premiers utilisateurs des engrais verts, peuvent être très atténués :

          a. Par un choix convenable de l’espèce cultivée ou des espèces en mélange ;

          b. Par un enfouissement effectué avant que la plante ne nuise à l’arbre en prenant l’eau nécessaire à ce dernier, ou bien par l’irrigation du verger ;

          c. Par l’apport d’engrais chimiques susceptibles de déterminer une croissance rapide de l’engrais vert ;

          d. Par l’emploi d’un outillage approprié pour l’enfouissement, et notamment des pulvériseurs à disques.

          Choix de l’espèce.
          — Il doit être déterminé en tenant compte des essences fruitières en culture, des variétés, de l’époque des récoltes. La moutarde, semée en fin d’été et enferrée au début de l’hiver, le trèfle incarnat, semé en août et enfoui en avril, le mélange seigle-vesce d’hiver, semé en septembre et enterré au début du printemps, conviennent plus ou moins bien suivant les circonstances. Il semble cependant que le mélange seigle-vesce réunisse le plus de suffrages à l’heure actuelle.

          Maintien de l’humidité.
          — La végétation de la plante devant fournir l’engrais vert demande de l’eau, qui ne doit pas être enlevée au sol au moment où l’arbre en a lui-même besoin. La transformation de la matière organique en humus après l’enfouissement nécessite aussi de l’humidité. Dans tous les endroits où les précipitations atmosphériques constituent la seule source d’humidité, il ne faut donc pas attendre que les réserves d’eau du sol accumulées pendant l’hiver se soient trop amenuisées pour enfouir l’engrais vert.

          Cette considération a moins d’importance dans les vergers irrigués ou arrosés, soit par des moyens individuels (Roussillon, Provence, Limagne, basse vallée de l’Eyrieux), soit par des collectivités, syndicats ou coopératives, encore malheureusement rares chez nous.

          Croissance de l’engrais vert.
          — L’engrais vert doit, pour remplir son rôle, être assez développé pour apporter au sol, au moment de l’enfouissement, une masse importante de matière organique. Or il est nécessaire de ne pas perdre de vue que l’engrais vert ne peut se développer que s’il trouve dans la terre les éléments fertilisants indispensables à sa croissance rapide. En apportant des engrais chimiques à la plante qui doit fournir l’engrais vert, on les fournit à l’humus, et donc aux arbres, sous la meilleure forme possible.

          Le grand développement de l’engrais vert ne va d’ailleurs pas sans présenter quelques inconvénients, et notamment celui de maintenir une atmosphère humide susceptible de favoriser le développement des maladies cryptogamiques. Aussi faut-il songer à augmenter l’aération dans le verger et, pour cela, adopter des distances de plantation plus grandes que celles d’usage courant jusqu’ici, lorsque l’on a l’intention de recourir aux engrais verts.

          Mode d’enfouissement.
          — La charrue, en retournant la couche superficielle, sépare très nettement sol et sous-sol ; d’autre part, elle brise les racines superficielles, qui, comme l’on sait, sont les plus actives, surtout dans les vergers établis sur porte-greffes peu vigoureux, nombreux dans notre pays. La charrue ne convient donc pas pour enfouir l’engrais vert au verger.

          De bien meilleurs résultats sont obtenus avec les disques, qui hachent l’engrais vert et le mélangent intimement à la terre sans former une couche distincte de matière organique, qui pourrait devenir préjudiciable en cas de sécheresse prolongée.

          Les pulvériseurs à disques sont devenus d’usage courant dans les vergers importants, et, s’il y a encore des progrès à réaliser dans leur construction, on peut déjà noter un effort important des industriels français pour les adapter à leur destination.

          La couverture du sol, nouvelle solution au problème de l’humus.
          — Cette technique, que les Américains appellent « mulching », dérive de la constatation que la présence, sur le sol et dans les premières couches superficielles de celui-ci, d’un écran protecteur a pour effet de le garantir contre les pertes d’eau par évaporation.

          L’écran protecteur étant formé de matières organiques, ce premier avantage se double d’un autre, non moins appréciable : celui d’apporter de l’humus, sur et dans la couche superficielle.

          Le « mulch » peut être constitué par un engrais vert grossièrement enfoui à l’aide du pulvériseur à disques, mais on peut aussi le réaliser par apport de matières organiques : paille avariée, déchets divers, feuilles, roseaux ou herbes de marais, herbes sèches, etc.

          Ici reparaissent les inconvénients résultant du transport et de l’épandage de ces matières. Mais ces inconvénients n’ont que peu de poids au regard des nombreux avantages du « mulching ».

          D’ailleurs, inconvénients et avantages ne peuvent dès à présent être mis en balance, ce procédé étant d’application encore trop récente chez nous. Aussi y reviendrons-nous dans une prochaine causerie.

          E. DELPLACE.
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          • #54962 Répondre
            deleatur
            Invité

            Les animaux indésirables pour le campeur
            Article suivant
            Parmi les nombreux lecteurs qui m’ont écrit au cours de l’été, l’un d’eux m’a posé la question suivante : « J’ai envie de faire du camping, mais ma femme a peur des « bêtes » ; y a-t-il vraiment un danger pouvant provenir d’animaux sauvages (sic) » ? La question est intéressante en elle-même, car nombre de futures campeuses sont un peu inquiètes à ce sujet.

            Rassurez-vous, ce danger n’existe pratiquement pas en France.

            Il n’y a vraiment, pour le campeur, qu’un seul animal dangereux, c’est la vipère. Les autres sont seulement désagréables ou ennuyeux.

            Mon ami Guérin, de la Faculté de pharmacie de Paris, ne m’en voudra pas si j’emprunte, à votre intention, quelques notes au très beau chapitre qu’il a consacré à la question dans le Manuel de camping de la Commission technique du Camping Club de France (1).

            Les reptiles. — On rencontre en France un certain nombre de reptiles. Tout d’abord les lézards, bien connus de tous. Dans le même ordre des sauriens, citons l’orvet, lézard dépourvu de pattes, ce qui le fait souvent confondre avec un serpent. L’orvet n’est aucunement dangereux et presque apprivoisable ; on l’a surnommé serpent de verre, car son corps se casse avec une grande facilité.

            Parmi les autres reptiles, citons les serpents. En France, on ne trouve guère que des couleuvres ou des vipères. Ainsi que chacun le sait, les vipères seules sont dangereuses. Car, si la couleuvre contient en elle du venin comme la vipère, elle n’a pas de crochet venimeux, donc ne peut inoculer son venin. Il n’en est pas de même de la vipère, qui peut l’inoculer par un crochet situé sous le maxillaire supérieur.

            Il existe en France deux sortes de vipères, la vipère aspic et la péliade.

            Comment reconnaître une vipère d’une couleuvre ? En premier lieu, la vipère est plus courte que la couleuvre (environ 0m,70 contre lm,20 à 1m,50). La tête de la vipère est triangulaire, celle de la couleuvre est ovale. Sur la tête, les couleuvres indigènes portent neuf plaques céphaliques ; l’aspic n’en a pas, la péliade n’en possède que trois. La pupille de la couleuvre est ronde, celle de la vipère verticale. Enfin, le corps de la couleuvre se termine par une queue régulièrement décroissante en épaisseur. Le corps de la vipère, assez gros par rapport à la taille, se termine brusquement par une queue fine.

            Mais, me direz-vous, c’est très bien de savoir reconnaître une vipère d’une couleuvre, mais j’aimerais mieux ne rien rencontrer du tout. Rassurez-vous. Depuis plus de vingt ans que je campe, malgré des centaines de camps en forêt de Fontainebleau, réputée par ses vipères, je n’en ai rencontré que sept à huit fois. Et encore jamais au camp, mais en me promenant dans les rochers.

            Il faut, certes, faire attention où l’on met ses pieds (ou ses mains) et empêcher, en cas de camping avec de jeunes enfants, que les gosses aillent gambader dans les bruyères ou les éboulis. On m’a dit que, si l’on est obligé de camper dans un lieu où les vipères sont fréquentes, le fait de poser par terre tout autour de la tente une simple corde (genre corde de rappel) suffisait, et que jamais un serpent ne passait dessus. Je n’ai pas expérimenté ce truc. Le mieux, surtout pour un chef de famille, est d’avoir une trousse à vaccin.

            Mais, en cas de morsure, ne pas s’affoler. Serrer immédiatement le membre mordu entre la morsure et le cœur. Laver la blessure. Et sucer la plaie pour enlever le venin (ne pas avoir d’écorchure à la bouche pour le faire, le venin n’est toxique que mélangé au sang) ou bien laver la plaie à l’eau de Javel étendue … et gagner immédiatement la ville la plus proche. L’injection du vaccin faite quatre heures après la morsure suffit dans les cas les plus graves.

            Je me suis un peu étendu sur les vipères, car c’est vraiment le seul animal dangereux.

            Certains poissons toutefois, possèdent des glandes à venin : la perche, par exemple, et, chez les poissons de mer, le diable, la rascasse et les vives. La piqûre des arêtes dorsales de ces dernières peuvent causer des maladies et des engourdissements souvent assez forts (traiter la piqûre avec un antiseptique).

            Les insectes sont, à mon avis, les vrais ennemis du campeur. Mais, si leur piqûre est parfois douloureuse, elle n’est que bien rarement dangereuse. Il me suffira de citer les abeilles, les bourdons, les frelons, les fourmis et les mouches, les taons et les moustiques. Contre les moustiques, les onguents ou liquides à base d’essence de citronnelle ont des effets préventifs que j’ai souvent expérimentés. Notons en passant que le moustique est peut-être le seul animal qui attaque sans cesse l’homme sans avoir été provoqué ou dérangé. Heureusement, les moustiques de France n’inoculent pas la malaria.

            Chez les arachnides, se trouvent les scorpions et les araignées. Les scorpions français ne sont pas dangereux. Seul le scorpion languedocien peut provoquer, chez les enfants, des accidents sérieux (même traitement que pour la morsure de vipère). Quant aux araignées, qui sont la terreur de beaucoup de dames, elles ne sont pas à craindre en France. Dans la même classe se trouve le trombidion soyeux, dont la larve est bien connue. C’est le rouget, ou aoûtat, bien désagréable, mais sans aucun danger.

            Reste toute une série de petites bêtes détestées des néophytes campeuses : souris, mulots, campagnols, musaraignes, rats des champs, etc., etc. …

            N’ayez pas peur, mesdames … Il est certain que ces petits rongeurs n’hésitent pas, la nuit, à venir autour des tentes pour se régaler des restes du repas, des reliefs de votre festin. Suspendez donc les provisions, laissez dehors de la vaisselle propre et éloignez les ordures de la tente. Ou, comme le faisait mon vieil ami Vibert, faites la part du feu … et laissez-leur à quelque distance de la tente de quoi manger ; ils ne viendront plus chercher près de la tente des miettes de votre dîner.

            Sachez que les animaux les plus embêtants pour les campeurs sont encore les animaux domestiques : vaches et bœufs, qui adorent venir près des tentes et ne détestent pas les tissus, et surtout les chiens et les chats, même si ce sont ceux de nos voisins campeurs. Ils ont une habileté machiavélique à venir croquer en un instant vos provisions du lendemain (j’en sais quelque chose).

            Et n’oubliez pas qu’à part les insectes la plupart des animaux ont beaucoup plus peur de la grosse bête que nous sommes à leurs yeux, que nous pouvons avoir peur d’elles.

            Jacques-J. BOUSQUET,
            Président du Camping-Club de France.

            (1) Manuel de camping, éditions J. Susse.

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            • #54964 Répondre
              deleatur
              Invité

              La pêche en lac
              Article suivant
              Une brume légère flotte encore à la surface du lac, mais l’aurore est proche. Seules les pointes des sapins géants qui bordent la rive sont déjà pailletées d’or.

              La partie basse du lac est plongée dans une demi-obscurité presque lugubre.

              Pas un bruit, si ce n’est le croassement des corbeaux qui saluent, à leur manière, le jour naissant.

              Devant nous, un immense banc de roseaux frissonne imperceptiblement.

              Soudain, au ras de la touffe, quelques poissons jaillissent en éventail, un grand remous se forme, s’élargit, puis tout rentre dans le calme, la tranquillité.

              C’est un gros brochet qui chasse.

              Nous essaierons, tout à l’heure, de lui rendre la pareille.

              Plus loin, une « rise » troue la surface ; les ondes s’élargissent et se perdent au loin ; une autre, puis une troisième nous avertissent qu’une belle truite ou un imposant chevesne gobent les insectes tombés à l’eau pendant la nuit et qui voguent, les ailes étendues à plat, attendant d’être engloutis.

              Nous sommes venus pour pêcher, et toutes ces manifestations aquatiques nous font bien augurer quant à l’appétit de nos futures victimes.

              Au lac, surtout s’il est de grandes dimensions, il faut se fier à la vue, bien plus qu’au hasard, et se pénétrer de l’idée que les rives sont les lieux à explorer de préférence.

              D’ailleurs, si on est à pied, ce qui est le cas général, on ne peut guère faire autrement. En bateau, la tactique sera différente, quoique les captures se fassent près des bords.

              Toute végétation, toute souche émergeant, tout pilotis sont des postes d’affût, de chasse et de repos.

              Le brochet et la perche seront dans les joncs, la truite à l’embouchure des ruisseaux.

              Seul le chevesne, inlassable rôdeur, sillonne le lac en surface, à la recherche d’un insecte imprudent ou en instance de noyade.

              Nous aborderons donc avec précaution la touffe de roseaux, et notre cuiller sera lancée au ras du maquis. Faisons-lui frôler le pied des tiges ; varions la profondeur, mais évitons de lancer au large et de ramener à toute allure, n’importe comment.

              La touche aura toujours lieu près du bord. Surtout, ne pensons pas à la perte du leurre, le succès compensera l’accrochage de quelques cuillers.

              Dès la touche, soyons rapide : tâchons d’éloigner notre capture de son repaire, si nous voulons avoir le plaisir de nous en rendre maître : c’est essentiel, car un gros brochet piqué file droit dans le fouillis, d’où vous ne le sortirez pas. J’ai perdu ainsi un énorme brochet au lac de Saint-Point, dans le haut Jura.

              Rien n’a bougé. Cherchons ailleurs.

              Essayons de lancer à l’entour des moucheronnages, laissons plonger le leurre, et ramenons, par saccades, une toute petite cuiller, en nacre si possible, mais en tout cas pas brillante ou nickelée. J’ai horreur du nickelage, peut-être ai-je tort.

              Nous voici près d’un ruisseau ; prospectons-le dans son sillage, nous aurons certainement l’occasion d’y cueillir une belle truite.

              Un procédé très simple nous permettra de nous reposer, tout en péchant.

              Enlevant notre cuiller, nous plaçons un bas de ligne en nylon, fin, bleuté, pourvu d’un hameçon n°8 à 10 (très variable) et un flotteur, placé plus haut, à 50 centimètres environ.

              Amorçons avec une sauterelle, un grillon, un ver, et laissons progressivement emporter le tout au courant.

              Nous déroulerons ainsi autant de fil que le courant pourra en entraîner et, canne en main, confortablement assis sur une pierre, nous attendrons la touche.

              Elle se produira parfois près du bord, mais assez souvent au large.

              C’est un procédé excellent, reposant, qui, maintenant que le soleil s’est élevé, nous permettra de vivre de bons moments, sans trop transpirer.

              J’ai essayé, souvent avec succès, une variante de cette méthode.

              Plantant une tige de bambou dans le sol ou la coinçant dans les blocs, je déroulais le fil à la main et tous les 2 mètres je « frappais » (terme de pêche signifiant : fixais) un avançon coulissant, amorcé d’un insecte ou d’un ver (par eau trouble), et j’avais ainsi plusieurs hameçons qui péchaient.

              « Et pour récupérer ? » me direz-vous.

              Supposons que le dernier hameçon soit celui qui ait capturé la truite ; je tournais la manivelle de mon moulinet et le premier avançon, arrivant au contact de l’anneau du scion, glissait le long du nylon sans nœud ; ainsi de suite pour les autres.

              J’ai, cependant, abandonné ce système, car avec quatre ou cinq avançons, même courts, an bout du scion il se produisait un emmêlement, désagréable, dès qu’il faisait du vent ; et, au lac, c’est le cas général.

              Aussi, j’estime qu’un seul hameçon est suffisant, mais peut-être serez-vous plus patient que moi. Essayez, et dites-moi vos succès.

              Tous les pêcheurs ne pratiquent pas le lancer de la cuiller, ou n’aiment pas rester immobiles.

              Essayons la mouche artificielle avec une longue canne ; c’est fatigant, bien sûr, mais, quand on est jeune, les bras sont solides.

              Un long roseau de 4 à 6 mètres, un moulinet avec 30 mètres de nylon très fin, un bas de ligne de 2 mètres avec trois, quatre ou cinq mouches artificielles très fournies, rousse, grise et noire en pointe.

              Huilons-les pour qu’elles flottent mieux, et lançons le plus loin possible, vent arrière, toujours. Donc, bien choisir la rive.

              Le tout flottera ; attendez quelques secondes, en donnant quelques toutes petites secousses au scion ; vous ne tarderez pas à être attaqués. Évitez de pêcher sur les grands fonds, mais, au contraire, « faites » les gravières, les dessus de roche.

              Les jours de grand vent, mettez de grosses mouches ; pas besoin de lancer, alors : le vent enlève le tout, le pose ici et là, et vous déploierez du fil à volonté, si vous connaissez bien votre affaire.

              Déplacez-vous latéralement le long de la rive ; il est certain, dans un lac à truites, que vous prendrez beaucoup de poissons, surtout des gros, rendus moins méfiants, par une eau tourmentée qui leur cache la vue du fil … et du pêcheur.

              Et, enfin, un autre moyen de pêcher au lac, c’est de s’installer commodément près d’un fond d’eau, d’amorcer et d’attendre patiemment la touche, tout comme en rivière ou en étang.

              Ne comptez pas prendre beaucoup de truites, mais vous en prendrez et, si vous avez placé, près de vous, une ligne câblée, avec un flotteur, supportant un bas de ligne terminé par un vif bien remuant piqué à la lèvre, vous pourrez espérer ramener une perche, un brochet, un chevesne, ou tout autre carnassier vivant dans le lac.

              Évidemment, il est d’autres procédés de pêche au lac, du bord, mais ceux décrits ci-dessus peuvent suffire à un amateur débutant, ou presque, dans notre art.

              Les pêcheurs avertis connaissent leur affaire et n’ont pas besoin de mes conseils.

              Nous verrons prochainement la pêche au lac en barque.

              Marcel LAPOURRÉ,
              Délégué du Fishing-club de France.

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    • #54935 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je sais pas trop
      Fougueux et calme ne me paraissent pas antinomique
      Si je regarde par exemple ce live punk
      Le corps du chanteur est mobile fluide, carrément pas paniqué, plein de détente et cale sur la musique
      Live
      PS :Vous irez chercher vous même un live de Zabrisky
      Point pour documenter la détente des jumps de François

    • #54936 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Plusieurs choses :
      -d’abord je n’associe pas le calme et la « tempérance ». La tempérance m’évoque un centre mou. Dès lors le calme, qui est une forme, est associée à un contenu, la pensée modérée. Or je crois qu’il faut absolument découpler les deux : on peut être calmement radical (comme on peut être hystériquement centriste, comme on le voit quotidiennement). Mon pari est d’ailleurs que la vraie radicalité est calme. Sinon une confusion s’établit entre la radicalité et la gesticulation.
      L’idée est que la vraie radicalité n’a justement pas besoin de s’hystériser ou de se surincarner dans les gesticulations radicales. Je ne suis jamais aussi calme que lorsque je suis sûr de la force de ma radicalité. Un programme esthético-politique serait d’opposer à l’adversaire de classe une colère froide, déterminée, minutieuse, clairvoyante.
      -analogiquement, un vrai vitaliste sent que l’agitation n’est qu’un pastiche de vitalité. Et qu’à s’exciter on passe à coté de la vibration simple de la vie. L’acteur qui fait l’acteur masque la vie dans le plan. L’écrivain qui impose son éloquence couvre le bruit inimitable de la vie.
      Phrase décisive de Deleuze : tiens toi immobile pour ne pas effrayer les devenirs.
      -je te semble « impulsif, fougueux ». Je ne le suis pas. Tous les gens qui me fréquentent le savent. Presque jamais de colère, jamais de crises. Des agacements sans doute, des humeurs oui ça doit m’arriver, m’enfin c’est très rare. Dans un débat, ce qui va me faire monter un peu, c’est la mauvaise foi de l’interlocuteur, son esquive permanente (on aurait un bon exemple de ça dans le débat en ligne avec Natacha Polony).
      Reste le plus important : si jamais il m’arrive de m’exciter un peu, je n’aime pas ça. Je ne m’aime pas le faisant. Je suis alors le meilleur traqueur de mes emportements. Le calme consiste, non à ne jamais s’emporter, mais à prévenir les emportements. Si je vois que Jorage est en crise, je ne lis pas ses posts ; les jours où on m’informe d’une tempête de merde sur ma gueule en cours sur les réseaux, je ferme l’ordi et ouvre un livre ; si l’ineptie électorale commence à me faire bouillir, je ferme la télé . Appelons ça une praxis du calme. Je ménage mon cerveau comme d’autres leur monture, ou leur moto.
      -tout cela ne voulant pas dire que je juge les choses rationnellement – le calme ce n’est pas ça non plus. Je ne suis pas une créature moins affective que les autres. Chez moi comme chez quiconque, tout est affect. Il y a en moi sans doute un fond de colère, un socle de rage contre l’existant – notamment contre la falsification générale. Mais c’est ici que l’intervention de Essaisfragiles (excellent livre de Senges) nous aide bien. Le calme que je préconise et tache de cultiver, c’est celui de la pensée et de l’art (car l’affect qui domine chez moi est sans doute la libido sciendi, privilège bourgeois sans doute mais c’est ainsi). L’impulsion pour penser est passionnelle (au sens 17ème de passion), l’impulsion esthétique est passionnelle, mais on gagne à refroidir le jeu pour penser puissamment, ou être un puissant praticien de l’art (comme récepteur ou émetteur). Dans l’émotion refroidie, j’ai souvent insisté pour rappeler qu’il y a refroidie mais d’abord émotion. L’art et la pensée c’est l’émotion conservée (et on l’espère rehaussée) dans son refroidissement.
      Je reviens sur tout ça dans Comme une mule.

      • #54942 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Ta réponse m’a bluffé ! Merci !
        1) J’entendais tempérance dans le sens d’amoindrissement des affects, mais on peut effectivement le relier à la vertu aristotélicienne, voire bourgeoise, qui caractérise tout excès comme mauvais, oubliant, accessoirement, que le monde est excessivement mauvais.
        2) Ce que tu dis sur le calme comme indice de vitalité me rappelle ce que Rousseau disait des stoïciens, qui, sous des dehors de froideur et de dévitalisation, brulaient du feu de la liberté. Je suis d’accord pour dire que le calme est souvent la forme la plus aboutie du sentiment : une colère froide est plus dangereuse qu’un emportement, un éloge calme vaut tous les enthousiasmes excités. Le calme n’est pas l’absence d’affect, c’est la sublimation d’un affect.
        3) Sur ton caractère, je me referais effectivement à des débats, où parfois tu t’agaces des arguments de ton interlocuteur. Me venait en tête un emportement face à Damien Aubel (dont Samir parlait dans son microciné), sur le racisme dans Loving. Mais attention « fougueux et impulsif » ne sont pas des défauts dans ma bouche, il vaut bien mieux un fougueux qui se calme qu’une loque. La fougue est un cadeau du ciel, à charge pour chacun de la refroidir. Tu as donc répondu à ma question : ton calme est une question de tempérament. Au quotidien, tu as l’immense chance de ne pas être la victime de colères, de crises, comme c’est mon cas. La nature t’a béni. Tes emportements sont rares et circonstanciés.
        4) Je te suis sur l’éthique du calme. Le principal remède à l’emportement c’est le temps. Ne jamais réagir à chaud, tourner 7 fois sa langue dans sa bouche, se méfier de ses réactions immédiates comme de la peste.
        5) Je me reconnais en toi sur la libido sciendi. C’est ma passion première. Là encore me vient une intervention de Foucault sur l’école, qui disait que l’école s’emploie, méthodiquement à présenter le savoir de façon rébarbative. Alors que bien compris, le savoir est peut-être la chose la plus érotique qui soit. La jouissance comprendre est immense. Et si le calme avait pour vertu finale de présenter toute chose, ses propres affects comme les situations extérieures, comme un savoir. Être calme, c’est envisager le monde sur le mode de la connaissance, c’est trouver le réel, non pas navrant, non pas féérique, mais intéressant.

        • #54944 Répondre
          Essaisfragilesdaplomb
          Invité

          « Là encore me vient une intervention de Foucault sur l’école, qui disait que l’école s’emploie, méthodiquement à présenter le savoir de façon rébarbative. Alors que bien compris, le savoir est peut-être la chose la plus érotique qui soit. »
          .
          Érotisme du savoir que n’apprend certainement pas l’École, mais auquel elle peut parfois avoir affaire, chez les profs comme chez les élèves. Cela passe aussi par la pensée denudée, mise à nue, car la pensée est femme et se désape volontiers.

          • #54948 Répondre
            Eden Lazaridis
            Invité

            L’association entre féminité et sensualité doit être déconstruite. Il faut sensualiser les hommes si l’on veut l’égalité des sexes.

            • #54963 Répondre
              Essaisfragilesdaplomb
              Invité

              Et moi je veux l’égalité des pensées, et cela ne me gêne pas le moins du monde de dire que la pensée se « dérobe ».

      • #56212 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        la libido sciendi un privilège bourgeois?
        Il y a des bourgeois, grands bourgeois. es, ouvriers, employés etc.. dans mon entourage et beaucoup ont la passion du savoir. Que la bourgeoisie ait tenté de la confisquer, et de se l’aroger comme privilège ne change rien à l’affaire: la passion du savoir est humaine.
        Je vous baise la main gauche camarade et Ami du Peuple

    • #54937 Répondre
      Essaisfragilesdaplomb
      Invité

      Par « fougueux », Claire N pensait peut-être comme moi à ton corps dansant électrisé sur scène dans le documentaire sur la dernière tournée des Zab.
      La musique punk n’a pas pu être simplement un défouloir à ce calme de l’étude, il y a forcément une unité : celle du texte écrit et de son « incorporation » sur scène. La rage plutôt que la fougue. Et la passion, que l’emportement. Et c’est bien la vitalité qui ferait le lien : avec des potes autour d’un verre, ou dans le calme de la lecture.

      • #54939 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Là-dessus je crois que j’ai souvent été clair : sur scène, zéro colère, zéro fougue, que de la joie. La joie de jouer cette musique, de chanter et danser dessus. La joie animale de grimacer. La même que celle qui me vient en écoutant de la musique. Car n’oublions pas que le chanteur est moins un émetteur qu’un récepteur. Il chante la musique qu’il entend. Il la bouge. Il la gesticule. etc.
        Le cri punk est parfois pris pour de la rage, or il est d’abord un cri, qui exprime a coup sur ceci : la joie de crier.

        • #56330 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          C’est d’ailleurs toi qui m’a appris François à sourire de mes échecs depuis que j’ai lu ton livre Notre Joie. Aujourd’hui ayant pris du recule sur mes échecs je m’aperçois à quel point qu’en faite ça m’a protéger. Qu’il y avait une faille quelque part et que je ne voulais simplement pas voir. Et pour ça je t’en dois beaucoup quand tu parles des échecs de la gauche. Ça fait malheureusement partie des combats que l’on mène en politique. C’est un peu la même chose dans la vie quotidienne. Enfin c’est comme ça que je vois les choses maintenant. En tout cas plus tu parles de ton prochain plus l’attente augmente. Très hâte je sens qu’il sera dans mon top celui là (même si j’ai peur de pas tout comprendre car il faut te suivre des fois ^^)

      • #54943 Répondre
        Claire N
        Invité

        Hum effectivement j’ai du beurrer sur le sens de fougue , qui pour moi était plus équivalent à la donnée physique de « potentiel de détente « et effectivement en lien avec la vitalité

        • #56350 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          « Beurrer sur le sens de fougue » ? C’est une expression de ton cru ou une expression commune ? Quel en est le sens ?

          • #56352 Répondre
            Claire N
            Invité

            Rire , c’est un dialecte ancien je n’ai rien inventé
            : au départ être ivre – avoir donc des troubles de l’équilibre – par extension on la chute par glissade sur rien n’étant sensé la provoquer

            • #56361 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              d’accord j’aime beaucoup l’expression en tout cas aha !!

    • #54941 Répondre
      Essaisfragilesdaplomb
      Invité

      Merci. Il y a aurait beaucoup à dire sur le cri en art : il y a art quand il y a cri, et pas forcément cri crié, le boucan, même si aussi. Cris et chuchotements de Bergman, ou Le silence (qui est un film crié pour moi, comme La Source ou les Communiants).

      • #54947 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Cette réflexion sur le calme pourrait conduire à une réflexion sur le cinéma Andrzej Żuławski. Que doit-on penser de cette « hystérie » qu’il a tant valorisée ? Est-ce un signe de profondeur ?

        • #54952 Répondre
          Essaisfragilesdaplomb
          Invité

          Tu me prends en défaut. Andrzej Żuławski n’est pas vraiment un cinéaste maison (je veux parler de mon home).
          Mais je crois que François insistait beaucoup pour dire que le calme en question est une question de forme, pas de contenu. C’est pour cela qu’il pouvait parler, de manière apparemment paradoxale, de radicalité calme, ou de calme radical. Je ne sais pas si l’hystérie peut être un sujet de cinéma, je crois qu’elle a surtout à voir avec un certain jeu d’acteur. Par exemple, je ne dirais pas que le cinéma de Cassavetes ou de Woody Allen est un cinéma hystérique ou dont les acteurs hystérisent leur rôle, même si cette névrose est souvent la matière du film, et d’ailleurs sous des formes très différentes chez l’un et chez l’autre.
          Il faudrait me donner des exemples chez Żuławski.

          • #54974 Répondre
            Eden Lazaridis
            Invité

            Chez Zulawski, l’hystérie est bien une question de forme et non seulement de fond. Il pense qu’il va créer quelque chose d’esthétiquement puissant en poussant tous les curseurs de l’émotion, des mouvements à leur maximum. En exemple, on peut citer le jeu des actrices, les mouvements de caméra, le cynisme exarcerbé etc. Esthétiquement, l’hystérie peut accomplir une chose : le burlesque. Mais est-ce que trop de burlesque, de corps dans des situations étranges, de voix qui partent dans les aigus, ne tue pas le burlesque ? Peut-on profiter d’un corps qui se contorsionne lorsque tous les corps font n’importe quoi depuis le début du film ? Je ne pense pas.

            • #54983 Répondre
              Essaisfragilesdaplomb
              Invité

              Est-ce que tu dirais la même chose du cinéma de Chéreau, période Reine Margot ?
              Il y a un moment où l’excès d’intensité se grille comme intensité, trop d’intensité n’est pas vivable et conduit à la destruction des corps (comme regarder le soleil en face).
              À moins de se tenir toujours à la limite de cet excès, sur la crête. Le nom d’Ulrich Seidl me vient en tête, mais il faudrait que je revois ses films.
              Le burlesque serait déjà dans le corps qui tombe, la chute, la perte d’équilibre, la fragilité des corps. Le burlesque n’est pas la singerie.

              • #55010 Répondre
                Eden Lazaridis
                Invité

                Je n’ai jamais vu ce film, il faut que j’aille voir (Adjani là encore décidemment). Je définissais le burlesque comme la contorsion du corps, comme une sorte de n’importe quoi, mais tu as raison de me rectifier, c’est plutôt le corps aux limites de ses possibilités : le corps avant la chute, la perte d’équilibre, la crête, la fragilité, le je-ne-sais-quoi, le presque-rien.

          • #54975 Répondre
            deleatur
            Invité

            II.3.2. Analyse de la mise en place de la démarche opérationnelle de la
            recherche-intervention
            La démarche opérationnelle de recherche-intervention s’est déroulée selon plusieurs
            étapes décrites dans le chapitre 4. Toutefois tout au long de ces étapes cette
            démarche s’est vue structurée à la fois par le « jeu des intérêts et opportunités »
            (Girin, 1990) de chacun des acteurs (II.3.2.1), par une nécessaire adaptation aux
            changements organisationnels (II.3.2.2) et par l’influence des structures
            opérationnelles d’aide à la recherche (II.3.2.3).
            II.3.2.1. Le jeu des intérêts et des opportunités
            « Il importe que les chercheurs aient conscience que les acteurs leur affectent
            nécessairement des places dans leurs systèmes de relations et d’actions et qu’il
            n’existe pas d’observateur neutre » (Girin, 1990). Cette remarque de J.Girin trouve
            un écho particulier quand il ne s’agit plus simplement pour le chercheur d’être un
            observateur mais également d’être un intervenant dans la situation de gestion.
            a) L’influence du commanditaire
            Dès le début de notre travail de thèse, le commanditaire de la thèse a joué un rôle
            non négligeable dans son orientation. C’est lui qui a initié les contacts à nouer pour
            démarrer l’étude, qui a communiqué, convaincu de l’importance de ce travail pour le
            Groupe et pour la DSIT. Cependant, au fur et à mesure du travail, nous n’avons pas
            vécu la situation qu’évoque J. Girin à savoir que le commanditaire souhaite que le
            chercheur aille dans un sens qui confirme ses intérêts. Le commanditaire a
            toujours fait preuve d’ouverture quant à la démarche de recherche à adopter. Si
            celui-ci a pu parfois se révéler sceptique sur certains choix, l’action a généralement
            été menée librement. Toutefois, il ne s’agit pas là de désintérêt car il faut noter que
            ceci a nécessité pour nous à chaque action un véritable effort d’argumentation.
            Par ailleurs, nous n’avons pas l’impression d’avoir été prisonnière d’un
            système de « relation et d’action » imposé par le commanditaire car nous avons
            rapidement pris conscience des motivations de la recherche liées à l’affirmation du
            80
            rôle de la DSIT dans l’activité KM. Aussi nous avons pu agir et mener notre
            recherche en prenant en compte cette intention mais en prenant également de la
            distance par rapport à elle.
            Enfin, l’influence du commanditaire (en tant qu’acteur mais aussi en tant que
            représentant de la DSIT) s’est aussi ressentie dans les rapports avec les
            acteurs impliqués dans la recherche. Parfois nous avons vécu de francs rejets de
            la part de certains groupes d’acteurs qui voyaient d’un mauvais oeil l’intervention de
            la DSIT dans cette activité. A d’autres reprises, les accueils ont été extrêmement
            enthousiastes suscités notamment par le sentiment d’une prise en compte à un
            niveau Groupe des actions menées sur le terrain.
            b) Le chercheur et les acteurs impliqués
            Nous avons pu également observer que notre position de chercheur nous a
            conduit à devenir le catalyseur d’expression de frustrations, de difficultés
            rencontrées dans l’activité quotidienne. Les entretiens, dont nous reparlons dans
            le chapitre 4, ont été l’occasion pour beaucoup d’acteurs d’exprimer des rejets ou
            des insatisfactions qu’ils n’avaient pas l’opportunité de manifester par ailleurs. Aussi,
            afin d’éviter toute crispation autour de la thématique de recherche, nous avons
            rapidement établi une logique de « don et de contre-don ». En échange de leur
            implication et de leur confiance, nous avons offert une écoute à ces acteurs en
            tâchant quand cela était possible de porter leurs doléances au niveau nécessaire, de
            donner des contacts adéquats, du savoir. Cette démarche de participation des
            acteurs qui s’est formalisée et structurée au fur et à mesure de la recherche
            (voir chapitre 4) a permis de faire accepter notre travail. Elle a également eu pour
            conséquence de personnaliser la démarche KM, de la rendre visible et de faire
            évoluer ainsi l’organisation.
            Toute cette démarche s’est établie avec une volonté affichée de respecter les
            opinions et points de vue de chacun des acteurs impliqués. Aussi, la
            personnalisation initiée a dû rapidement céder la place à d’autres éléments
            d’intermédiation. La mise en place de structures adéquates a permis d’éviter que le
            81
            chercheur ne passe du stade de catalyseur de la démarche KM au stade de
            gestionnaire (voir chapitre 4).
            II.3.2.2. La nécessaire adaptation à l’environnement
            Etablir un travail de recherche sur trois ans dans une entreprise dans un contexte de
            fusion conduit inévitablement le chercheur qui veut atteindre son objectif à s’adapter
            régulièrement aux changements d’organisation, d’objectifs mais aussi d’acteurs de
            l’entreprise.
            Dans notre cas, nos interlocuteurs ont été relativement stables sur les trois années.
            Toutefois des acteurs d’importance ont changé. Ainsi trois Directeurs de la DSIT se
            sont succédés au cours du travail de thèse. Cette situation a soulevé des difficultés.
            En effet, comme toute activité de recherche, il nous était difficile d’apporter des
            résultats rapidement pour convaincre. Aussi pour faire face à ce problème, et
            légitimer notre rôle, nous avons cherché rapidement à donner forme à nos réflexions
            soit via des communications régulières, soit par des actions concrètes menées sur le
            terrain.
            Nous y revenons dans le chapitre 4, cependant, cette démarche a également été
            conduite pour faire accepter notre position au sein de l’entité DSIT et de
            l’entreprise. L’abstraction de notre travail a pu choquer initialement. Le risque de
            mécompréhension, voire de rejet non seulement de la recherche mais aussi de ces
            implications opérationnelles était donc fort au sein d’une entité submergée par la
            gestion de problèmes techniques complexes dans le cadre de la fusion. Aussi avonsnous fait rapidement le choix de la mise en œuvre d’actions opérationnelles
            parallèles à notre travail de recherche pour contrecarrer ce type de risque. Ce choix
            s’est avéré fructueux, puisque nous avons eu le sentiment d’être généralement
            acceptée et intégrée au sein de l’équipe DSIT et de l’entreprise.
            L’adaptation à l’environnement est également passée dans notre recherche par la
            nécessité de négocier régulièrement l’espace de recherche avec le
            commanditaire. Face à l’intérêt et aux implications suscitées dans l’entreprise par
            notre recherche, un vrai risque d’engorgement opérationnel est apparu. L’espace de
            82
            recherche a donc du être redéfini et circonscrit à plusieurs reprises. Sur ce point, les
            « entités de gestion et de contrôle » (Girin, 1990) mises en place pour la démarche
            de recherche et présentées dans le paragraphe suivant ont joué un rôle non
            négligeable.
            II.3.2.3. Les structures opérationnelles d’aide à la démarche de rechercheintervention
            a) Le co-encadrement
            Cette recherche présente la particularité d’avoir été co-encadrée par deux
            chercheurs de disciplines différentes (Sciences de l’Ingénieur et Sciences de
            Gestion). Au vu de la complexité de l’environnement organisationnel, cette
            double voie de compréhension à la fois sous l’angle de l’ingénierie et sous
            l’angle des sciences de gestion nous a été très utile.
            Par ailleurs, dans le cadre des relations avec l’entreprise, ce co-encadrement a
            certainement facilité le dialogue. Comme nous l’avons déjà souligné, TOTAL a une
            forte culture d’ingénierie. Toutefois l’ensemble de nos interlocuteurs était immergé
            dans des situations de gestion. Par ailleurs, nos interlocuteurs étaient issus
            d’activités extrêmement variées (Recherche et Développement, Ressources
            Humaines, Information-Documentation, Production, Qualité….). Aussi il nous a
            semblé que, pour eux, dialoguer dans le cadre du comité de thèse ou de groupes de
            travails spécifiques (analyse fonctionnelle, test du prototype…) avec des personnes
            capables d’appréhender ces deux problématiques a été un facteur facilitant
            l’appropriation de la démarche de recherche.
            b) Le comité de thèse et « le 1er cercle »
            Le comité de thèse et le groupe dit de « 1er cercle », présentés dans ce paragraphe,
            correspondent à ce que J. Girin qualifie « d’instance de gestion » à savoir des lieux
            d’échange sur la recherche. Nous les avons mis en place au cours de notre travail de
            doctorat.
            83
            Dans notre cas, nous avons donc établi deux groupes distincts :
            • Le comité de thèse qui rassemble le commanditaire (et quelque fois le Directeur
            de la DSIT), les deux encadrants de thèse et le doctorant. Ce groupe s’est réuni
            à une fréquence régulière (environ tous les trois mois) pour faire un point
            d’avancement avec le doctorant sur la recherche mais aussi indiquer les
            orientations à suivre. Ce groupe a été une instance de dialogue entre les
            encadrants scientifiques et l’entreprise sur le déroulement de la recherche.
            • Le groupe dit du « 1er cercle » a été mis en place initialement pour réaliser
            l’analyse fonctionnelle (voir Chapitre 4). Ce groupe a réuni un représentant de
            chacune des Branches du Groupe, issu d’activités différentes, le commanditaire,
            le doctorant et les encadrants de thèse pour dialoguer autour d’un point
            spécifique de la recherche. Nous l’avons mobilisé pour caractériser précisément
            les besoins mais aussi pour recueillir ses réactions sur des prototypes ou des
            concepts développés. Il est appelé « premier cercle » parce qu’il a servi de relais
            vis à vis de l’organisation dans son ensemble : il a rassemblé nos interlocuteurs
            privilégiés qui sont tacitement les promoteurs de notre activité au sein de
            l’organisation. Il a permis également de consolider les liens entre l’entreprise et
            le laboratoire de recherche.
            c) Les groupes de travail scientifiques
            Deux groupes de travail scientifiques ont aidé à la mise en œuvre de la démarche de
            recherche-intervention. Ces deux groupes sont des structures décrites par J. Girin
            comme des « instances de contrôle ». « Le rôle de l’instance – ou des instances- de
            contrôle est de rappeler les schémas conceptuels généraux, d’aider à l’analyse de
            l’interaction des chercheurs sur le terrain, d’ouvrir des pistes de recherche, de
            produire des comparaisons avec d’autres situations » (Girin, 1990)
            84
            • CIRCARE ou la confrontation interdisciplinaire des points de vue de jeunes
            chercheurs-praticiens
            CIRCARE est un groupe de 7 jeunes chercheurs en gestion des connaissances que
            nous avons fondé en 2001. Ce groupe est constitué de doctorants (du laboratoire
            Génie Industriel de l’Ecole Centrale mais aussi du laboratoire Gestion Industrielle
            Logistique et Conception de l’Institut National Polytechnique de Grenoble) en
            relation étroite avec des entreprises (recherche-intervention, recherche-action). Il a
            pour objectif de rapprocher des doctorants travaillant sur la thématique commune du
            management des connaissances pour créer des synergies entre eux et profiter de
            leur expérience terrain pour créer de nouveaux schémas conceptuels sur cette
            question.
            CIRCARE fonctionne comme un réseau d’échange entre « experts » sur la base de
            rencontres mensuelles, puis aussi progressivement via une liste d’échange
            électronique personnalisée (circare@lgi.ecp.fr), la création d’un site web d’échange
            d’information entre les membres et vers l’extérieur et l’organisation d’ateliers
            thématiques de travail sur des thèmes communs. Deux réunions sur les trois ans ont
            aussi été organisées par CIRCARE pour rapprocher les industriels
            « commanditaires » sur des problématiques liées au KM.
            Dans le cadre de notre recherche, CIRCARE a joué le rôle d’instance de contrôle
            scientifique (confrontation de théories, concepts et modèles) mais aussi
            d’espace de comparaison et de réflexion sur des situations opérationnelles
            différentes de celles observées chez TOTAL. Il a aussi ouvert un espace de
            collaboration sur notre axe de recherche dont sont issus un certain nombre de
            résultats présentés dans cette thèse. Progressivement l’Equipe Management des
            Connaissances du laboratoire a inclus les activités de CIRCARE, même si
            CIRCARE reste encore aujourd’hui une entité autonome au sein du laboratoire.
            85
            • Equipe Management des Connaissances du laboratoire Génie Industriel :
            l’instance de référence
            Notre travail s’inscrit dans le cadre du travail de l’Equipe Management des
            Connaissances du laboratoire. Cette équipe rassemble une vingtaine d’acteurs
            (enseignant-chercheurs, doctorants) d’origines disciplinaires différentes qui travaillent
            en commun sur la gestion des connaissances soit dans le cadre de co-encadrements
            de thèse, soit dans le cadre de collaborations scientifiques ponctuelles (article,
            encadrement de travaux de DEA, écriture d’ouvrages communs, organisation de
            congrès….). Cette équipe se réunit environ une fois tous les deux mois pour
            échanger sur des thématiques de recherche et sur les projets communs du
            laboratoire (Action Spécifique, projets européens…). Nous avons participé à
            l’ensemble de ces réunions et nous nous sommes impliquées dans plusieurs projets
            collectifs qui ont enrichi notre travail de recherche tout au long de la thèse.
            Dans le cadre de notre recherche, cette instance a joué un rôle d’instance de
            référence plus que d’instance de contrôle. Notre recherche-intervention a puisé
            des réflexions de travaux menés en commun avec cette équipe. Par ailleurs,
            l’identification spontanée des acteurs dans cette équipe nous a aussi permis d’entrer
            plus facilement en relation avec des interlocuteurs potentiels pour des
            questionnements méthodologiques ou scientifiques mais aussi d’ouvrir des pistes de
            recherche.
            Le paragraphe suivant présente comment dans ce contexte, nous avons pu
            appliquer les principes épistémologiques et méthodologiques d’une rechercheintervention.
            86
            II.3.3. Analyse de la démarche intellectuelle de la recherche-intervention
            A. David (David, 2000b) définit 5 principes épistémologiques et 3 principes
            méthodologiques pour mener à bien une recherche-intervention. Nous reprenons ici
            ces différents principes et présentons en quoi notre recherche répond à ces
            principes.
            II.3.3.1. Les principes épistémologiques
            5 principes épistémologiques sont identifiés par A.David: le principe de rationalité
            accrue, le principe d’inachèvement, le principe de scientificité, le principe d’isonomie
            et le principe des deux niveaux d’interaction.
            a) Le principe de rationalité accrue
            Il s’agit pour le chercheur intervenant de rendre compatible des savoirs nouveaux et
            des relations nouvelles établies entre acteurs au cours de la recherche. « Il s’agit non
            pas de mettre en place un dialogue entre les acteurs ou d’apporter de l’extérieur des
            connaissances d’expert, mais de penser la mise en compatibilité de relations et de
            savoirs nouveaux ». La place qu’occupe alors le chercheur intervenant est donc celle
            de transformateur au sein de l’organisation mais de transformateur dans un
            processus de changement conciliant l’existant en terme de savoirs et de relations et
            les nouveaux apports issus de sa recherche.
            Durant notre recherche nous avons pris soin de respecter ce principe. Ceci
            s’est traduit notamment par la mise en place de réunions d’échange autour de
            résultats scientifiques, par l’écoute des réactions des acteurs face à ces résultats et
            leur reformulation ou reformalisation. Plus globalement, comme nous l’avons déjà
            souligné plus haut, notre objectif était de faire évoluer l’organisation sur cette
            thématique en évitant tout conflit ou crispation : il s’agissait de transformer en
            respectant le contexte, la culture et l’histoire de l’organisation concernée.
            87
            b) Le principe d’inachèvement
            Ce principe indique « qu’il est impossible de spécifier à l’avance le chemin et les
            résultats d’une recherche-intervention ». Effectivement, si nous présentons ici la
            démarche de cette recherche de façon linéaire, il est vrai que le cheminement
            intellectuel que nous avons suivi s’est construit au cours de la recherche. Par
            ailleurs, si les objectifs ont été clairs dès le départ, la nature des résultats attendus
            n’était que difficilement explicitable à l’origine de ce travail. Différentes étapes
            intellectuelles ont ponctué la recherche qui ont permis de rendre progressivement
            plus visibles les résultats possibles. Ceci explique aussi que nous avons
            scrupuleusement suivi le principe de scientificité présenté maintenant.
            c) Le principe de scientificité
            Le chercheur intervenant « doit s’interroger sur les conditions de validation des
            savoirs mobilisés ». A chacune des étapes de la recherche-intervention nous
            nous sommes interrogées sur la validité des résultats obtenus ou des formes
            produites. La réflexion épistémologique et les choix scientifiques présentés plus
            haut, nous ont permis de formaliser un cadre de scientificité pour notre recherche.
            Ceci nous a aussi permis d’identifier les limites et les perspectives d’un tel travail
            (chapitre 5).
            d) Le principe d’isonomie
            La recherche-intervention doit tenir compte de tous les points de vue des acteurs
            impliqués. Le respect de ce principe est délicat car l’intervention conduit à une
            implication où la subjectivité du chercheur intervenant joue forcément un rôle
            important. Toutefois, comme nous l’avons présenté plus haut, nous avons cherché
            tout au long de cette recherche, à mettre l’accent sur l’écoute de l’ensemble
            des acteurs impliqués. Des rencontres (réunions) ou bien la mise à disposition
            d’outils d’échange ont permis d’offrir les conditions de cette écoute.
            88
            e) Le principe des deux niveaux d’interaction
            « La recherche-intervention suppose à la fois un dispositif d’intervention et une
            démarche de connaissance. Dans le dispositif d’intervention, la relation du chercheur
            aux autres acteurs n’est pas fixée à l’avance (…). La démarche de connaissance est
            une démarche activatrice, dans laquelle le chercheur stimule la production de
            nouveaux points de vue ».
            L’impact des évolutions organisationnelles, de l’évolution du comportement des
            acteurs et des contextes de recherche ainsi que le respect des principes précédents
            cités, conduit effectivement à affirmer que nous n’avons pas fixé à l’avance de
            dispositif d’intervention. Toutefois les structures d’accompagnement à la mise en
            place de la démarche de recherche, comme la définition précise des objectifs
            de la recherche nous ont permis dès le début du travail de cadrer ce dispositif
            d’intervention pour le formaliser au fur et à mesure de l’avancement des travaux
            (design de la recherche).
            Concernant la « démarche de connaissance », il s’est agi pour nous, au fur et à
            mesure d’observations issues du terrain, de les confronter à d’autres
            expériences ou résultats scientifiques présentés dans la littérature pour
            produire de nouveaux savoirs susceptibles d’être le fondement d’un échange et
            d’une transformation au sein de l’organisation. L’exemple de la méthodologie
            MYSMAC (Dudezert et Longueville, 2001) est éloquent à cet égard. Suite à diverses
            observations sur la façon dont les responsables de programme KM pilotaient les
            systèmes mis en place, nous avons confronté ces résultats à des travaux similaires
            effectués au sein de PSA Peugeot-Citroën. Cette confrontation mise en regard avec
            des travaux théoriques sur le sujet nous a permis de concevoir une méthodologie
            d’analyse et de suivi du management des connaissances à destination des grandes
            entreprises (voir chapitre 4).

      • #54956 Répondre
        deleatur
        Invité

        Depuis le xixe siècle, la question du commencement de l’histoire du capitalisme, de ses origines, de sa consistance et surtout de son évolution est la source de débats sociologiques, économiques et historiques majeurs.

        Les tenants du matérialisme historique1,2 y voient le système de production, symbole du triomphe de la bourgeoisie sur la noblesse. Système qui est à la fois une étape et un âge dans l’histoire de l’humanité, caractérisé par la lutte des classes, et la perspective à terme de son renversement inéluctable sous l’action du prolétariat.
        Des sociologues allemands du début du xxe siècle, tels Werner Sombart3 ou Max Weber, y voient la caractérisation d’un état institutionnel de la société globale et expliquent son émergence par des données culturelles et religieuses.
        Des historiens, tels Fernand Braudel, font remonter les racines du capitalisme au Moyen Âge et illustrent l’évolution de cette « civilisation » dans le temps long de l’histoire. Le capitalisme dériverait de la pratique du « commerce au long cours » où des négociants financiers inventent l’association financière pour monter des expéditions lointaines susceptibles de ramener des marchandises très recherchées4.
        Des économistes, tels Joseph Schumpeter5, soutiennent que les caractéristiques essentielles du capitalisme existent déjà dans le monde gréco-romain.
        L’histoire et la représentation du capitalisme soulèvent de nombreuses discussions, sujets de confrontation entre les grands courants politiques, économiques et historiographiques : impérialisme, colonialisme, inégalités, crises économiques mais aussi démocratie, liberté, développement, richesse et abondance sont autant de termes et concepts maniés par les auteurs.

        À la fin du xxe siècle, l’effondrement du bloc soviétique et de son système économique qui, depuis la Révolution russe de 1917, avait concerné une part importante de la population humaine, marque un nouvel âge du capitalisme ainsi qu’une réorientation de sa critique, en l’absence d’existence d’un système alternatif le menaçant. Des économistes comme Thomas Piketty soutiennent cette théorie. Selon ce dernier : « La croissance moderne et la diffusion des connaissances ont permis d’éviter l’apocalypse marxiste, mais n’ont pas modifié les structures profondes du capital et des inégalités – ou tout du moins pas autant qu’on a pu l’imaginer dans les décennies optimistes de l’après-Seconde Guerre mondiale »6.

        Les origines du capitalisme

        Pour Werner Sombart7, la révolution industrielle commencerait au xive siècle avec l’émergence de la « civilisation bourgeoise » et de « l’esprit d’entreprise » à Florence.

        Pour Fernand Braudel8, le capitalisme serait une « civilisation » aux racines anciennes, qui a déjà connu des heures prestigieuses attestées par le rayonnement des grandes cités-États marchandes : Venise, Anvers, Gênes, Amsterdam, etc. mais dont les activités restent minoritaires jusqu’au xviiie siècle.

        Selon Braudel, on trouve dès le Moyen Âge des premières manifestations du capitalisme « commercial » en Italie et aux Pays-Bas. Au moment où Venise établit sur l’Europe sa suprématie matérielle à la fin du XIVe siècle, Florence en devient le centre intellectuel : le commerce maritime, notamment avec l’Orient a enrichi les cités italiennes un siècle après les croisades, tandis que les Pays-Bas, à l’embouchure du Rhin, font le lien entre l’Italie et l’Europe du Nord dominée par la ligue hanséatique. La naissance supposée médiévale du capitalisme s’inscrit ainsi dans le commerce de la laine, achetée en Angleterre par des marchands flamands ou italiens, qui la revendent ensuite dans des ateliers des Pays-Bas, de Florence ou de Venise6. Dans les grandes cités, les marchands de draps et de soieries développent ainsi des méthodes de gestion capitalistes. Ils effectuent des ventes en gros, établissent des comptoirs et vendent leurs produits dans l’ensemble des grandes foires européennes. Ils se fournissent en matières premières aussi bien en Europe qu’au Levant. Dans cette époque troublée du Moyen Âge, ils règlent leurs paiements par lettres de change, moins dangereuses que le transport de métaux précieux. Se développent, en parallèle du capitalisme « commercial », les premières activités bancaires du capitalisme « financier » : dépôts, prêts sur gage, lettre de change, assurance pour les navires.

        Ces capitalistes s’enrichissent si bien qu’ils étendent leur « emprise économique » sur l’ensemble de l’Occident chrétien, créant ainsi ce que Braudel appelle une « économie-monde ». Dans son analyse, Braudel insiste sur la distinction existant entre l’« économie de marché » (qui désigne pour lui, l’économie locale) et le « capitalisme » en lequel il voit une sorte de « contre-marché ». Selon lui, l’« économie de marché » est dominée par les règles et les échanges loyaux, parce que soumise à la concurrence et à une relative transparence. Tandis que le « capitalisme » tente d’échapper à l’économie de marché locale pour fuir dans le commerce lointain et ainsi s’affranchir des règles en vigueur, élargir son périmètre d’action pour profiter d’écarts plus profitables (échanges inégaux, meilleures marges), et bénéficier de nouvelles potentialités d’enrichissement.

        Dès l’Antiquité, des systèmes identiques avaient été mis en place par les Phéniciens, les Grecs, les Carthaginois, les Romains. Ces systèmes étaient toutefois davantage marqués par l’impérialisme et l’esclavagisme que par le capitalisme. À travers le monde, d’autres formes de capitalisme commercial se développent de manière précoce à l’époque féodale (sous la dynastie Ming en Chine par exemple).

        Dans les grandes villes spécialisées d’Europe, l’artisanat, tourné essentiellement vers le luxe nobiliaire ou l’exportation, est dominé par les négociants et les drapiers, si bien que les rapports économiques entre artisans et marchands s’apparentent à du salariat. Les négociants contrôlent à la fois l’apport de matières premières en amont et la vente des produits finis en aval.

        La ville de Florence, en Italie, est un exemple du développement d’un système bancaire : on y trouve très tôt des banquiers qui développent des succursales à travers l’Europe. Parmi eux de grandes familles, telle celle des Médicis, renouvellent les rapports « privilégiés » entre le monde des affaires et le monde politique, nécessairement très liés à l’échelle d’une ville.

        Selon Fernand Braudel, l’apparition des premières bourses remonte au xive siècle dans ces cités italiennes où le commerce est permanent (contrairement aux foires médiévales se déroulant sur des périodes restreintes) et où se concentre l’essentiel des activités financières9.

        C’est toutefois la création en 1409 de la bourse de Bruges, un hôtel consacré à l’échange de marchandises, lettres de change et effets de commerce, qui marque un tournant dans le développement des activités financières. La place s’impose rapidement grâce à l’ouverture de son port, à la renommée de ses foires commerciales et au climat de tolérance et de liberté dont profitent marchands et investisseurs de toutes origines. Ce sont ces mêmes atouts qui permettront ensuite à la place d’Anvers (créée en 1460) de se développer au début de la Renaissance. On pouvait lire à son fronton : Ad usum mercatorum cujusque gentis ac linguae (« À l’usage des marchands de tous les pays et de toutes les langues »).

        À partir du xvie siècle, la pensée économique n’est plus dominée par les théologiens (les hommes de la religion), mais par des penseurs laïcs (sans aucun rapport avec la religion) qui se soucient en premier lieu de la puissance de l’État (les mercantilistes) et développent de façon pragmatique un nouveau courant de pensée (le mercantilisme). Afin d’assurer l’expansion de la richesse du Prince, et au nom de la raison d’État, les réflexions spéculatives et moralisantes de la pensée scolastique sont oubliées. Alors que la théorie économique n’existe pas, à partir du xvie siècle va émerger un corps de doctrine qui va se formaliser progressivement dans les différents pays où le mouvement émerge : Espagne et Portugal (avec le bullionisme), France (avec le colbertisme), Hollande et Angleterre (avec le commercialisme).
        Cette pensée est précapitaliste : elle se soucie davantage de la puissance de l’État que du développement de la richesse privée. Toutefois, parce qu’elle contribue à promouvoir l’idée d’un développement volontaire, raisonné et construit de l’activité économique, en privilégiant les activités à rendements croissants, capables de dégager un surplus commercial lucratif, elle prépare les évolutions futures. Souvent la création de monopoles (les concentrations) mis en place par les États ont constitué une plate-forme de compromis entre l’enrichissement des marchands et la mainmise de la puissance publique. Ce fut par exemple le cas des différentes compagnies commerciales telles que la Compagnie des Indes.

        La thèse de l’éthique protestante
        Max Weber, dans l’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme en 1905, considère que l’émergence du capitalisme moderne date de la Réforme. Sur la base d’un constat sociologique, il lie l’esprit du capitalisme moderne à la moralité protestante et le voit donc comme le résultat d’une évolution lente issue de la Réforme, et plus généralement de l’évolution religieuse se faisant dans le sens d’un « désenchantement du monde ». On remarque d’ailleurs que des formes sporadiques de capitalisme financier avaient été développées depuis bien longtemps par les Lombards et les juifs, non soumis aux contraintes religieuses du catholicisme. C’est d’ailleurs à ces derniers que Werner Sombart7 , un temps proche du parti Nazi, attribue la genèse du capitalisme moderne.

        Selon Weber, le capitalisme occidental correspond à l’apparition d’un esprit nouveau, d’une révolution culturelle. Weber emploie alors le terme capitalisme moderne « pour caractériser la recherche rationnelle et systématique du profit par l’exercice d’une profession ».

        Cette nouvelle éthique se diffuse grâce à l’émergence de nouvelles valeurs : l’épargne, la discipline, la conscience professionnelle. Cette dernière permet par exemple l’apparition d’une élite ouvrière qui, au-delà du salaire, se soucie de la qualité de son œuvre. Le travail serait une fin en soi. En parallèle émerge un personnage emblématique, l’entrepreneur, qui recherche une réussite professionnelle profitable à la société dans son ensemble.

        Le contexte favorable à cette évolution des valeurs est celui de la Réforme protestante. Pour Max Weber, l’éthique du métier vient du luthéranisme qui encourage chaque croyant à suivre sa vocation et fait du travail une valeur, et plus encore du calvinisme, qui prône une vie ascétique et non hédoniste, et fait involontairement de la réussite professionnelle un signe d’élection divine. En effet, les croyants ordinaires, sachant qu’ils n’ont pas la maîtrise de leur salut (logique de la prédestination), tentent ardemment de trouver dans leur vie privée des signes de cette prédestination, telle la réussite professionnelle, afin d’atténuer leur angoisse vis-à-vis de la mort et du jugement qui la suit. Par ailleurs le rapport direct à Dieu prôné par la religion protestante accélère le processus de « désenchantement du monde » (en supprimant nombre de pratiques religieuses par exemple), ce qui concourt à l’émergence de la rationalité. Karl Marx revient sur ce processus de démystification en 1848 dans Le Manifeste du Parti Communiste : « La bourgeoisie (…) a noyé les frissons sacrés de l’extase religieuse, de l’enthousiasme chevaleresque, de la sentimentalité à quatre sous dans les eaux glacées du calcul égoïste. »

        Cette rationalisation permet l’apparition de nouveaux dogmes qui fonderait selon Weber l’esprit du capitalisme :

        « La répugnance au travail est le symptôme de l’absence de grâce. »

        « Le temps est précieux, infiniment car chaque heure perdue est soustraite au travail qui concourt à la gloire de Dieu. »

        — Max Weber, L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme10.

        Max Weber illustre ses propos d’un texte de Benjamin Franklin, révélateur selon lui des nouvelles mentalités (en fait, l’exposé du calcul du coût d’opportunité) :

        « Celui qui perd cinq shillings perd non seulement cette somme, mais aussi tout ce qu’il aurait pu gagner en l’utilisant dans les affaires, ce qui constituera une somme d’argent considérable, au fur et à mesure que l’homme jeune prendra de l’âge. »

        — Advice to a young tradesman, 1748

        Les thèses de Weber ont été très critiquées. Le lien entre le dogme de la prédestination et l’esprit du capitalisme est très paradoxal, car il revient pour un fidèle à rechercher des signes d’élection, tandis que le dogme affirme la prédestination de toute manière impénétrable. Des historiens infirment quant à eux la concomitance des deux phénomènes (Braudel par exemple, qui date le capitalisme d’une période antérieure à la Réforme).

        D’après Lewis Mumford11, le système technique de la Renaissance annonce le futur économique du monde occidental.

        Le xve siècle vit par exemple la mise au point de l’imprimerie à caractères mobiles (la « typographie ») par Gutenberg. Soucieux de préserver autant qu’il se peut les secrets de ses recherches, contraints à des emprunts monétaires importants, il est en quelque sorte l’archétype de l’entrepreneur. Son objectif est de répondre à une demande insatisfaite : la demande de culture des esprits de moins en moins analphabètes de la Renaissance. Au besoin de publications à grande échelle de livres majeurs va rapidement suivre la demande d’une production plus diversifiée. La diffusion de Bibles à usage personnel contribue à l’essor de la Réforme, tandis que celle-ci accroît en retour la demande. En partie permise par les progrès de la métallurgie, la typographie lui fournit en retour des débouchés. Intérêt pour la mécanique, prémices de « standardisation », productions de grandes séries, soucis de la « productivité » et esprit d’innovation. S’il faudra bien attendre des avancées similaires dans l’industrie textile pour connaître le décollage industriel, l’imprimerie montre bien que les mécanismes économiques du capitalisme sont plus anciens. Au sujet de l’imprimerie, Max Weber fait remarquer qu’elle existait depuis bien longtemps en Chine et sûrement en Inde, mais comme de nombreuses techniques, héritées parfois de l’Antiquité (la force de la vapeur était par exemple connue dans l’Égypte antique et le béton était connu des romains12), elle a dû attendre de pouvoir s’insérer dans un ensemble de techniques cohérentes et complémentaires pour pouvoir s’imposer. Elle ne le fit d’ailleurs pas sans rencontrer d’opposition, notamment de la part des copistes médiévaux.

    • #54954 Répondre
      SHB
      Invité

      Comment tu concilies cet amour du calme et ton amour du football?
      .
      Le football c’est l’outrance, la provocation, les décibels a faire exploser les oreilles, l’émotion chaude comme la braise, la folie, des gestes de triche mythiques comme la main de Dieu ou celle d’Henry etc.
      .
      Simple question aucune malice.

      • #54967 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Oui mais le foot c’est aussi la froideur analytique de Guardiola, la lucidité placide d’une passe de Rodri. Ce dont tu parles, ce sont les à côtés du foot. De plus, François regarde les matchs de foot hors de tout attachement partisan (et donc hystérique). Son rapport au foot est donc, là aussi, calme.

        • #54969 Répondre
          Essaisfragilesdaplomb
          Invité

          Et que dire d’un N’Golo Kanté qui est la placidité même.

          • #55117 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Je retiens entre autres : « des stoïciens, qui, sous des dehors de froideur et de dévitalisation, brulaient du feu de la liberté »
            Ca c’est vraiment la formule magique. J’ai écrit un texte sur le feu et la glace chez Racine, il faudrait que je le retrouve.
            Il y avait des formules dans Jouer juste qui tournaient autour de ça – et à sa lecture un ami philosophe m’avait dit que c’était un livre stoicien – ce que j’ignorais.
            Ce qui me mène au foot. La scène fondatrice de Jouer juste, c’était le contraste entre deux entraineurs avant une prolongation, dans leur speech aux joueurs : l’un qui les galvanisait par des formules de bonhomme, l’autre qui calmement leur disait : surtout ne cessez pas de jouer juste. J’avais adoré ce calme dans la tempête de ce second entraineur. Je dis bien : ce calme dans la tempête. Ce calme plus beau, plus puissant, d’advenir dans la tempête. J’admire vraiment ça chez les sportifs. La détermination impassible de Messi pendant la finale de la coupe du monde, le match de sa vie, et ce malgré tous les coups du sort, ça me bouleverse
            J’en profite pour préciser que je suis encore très partisan devant le foot. Simplement depuis 25 ans le partisan et le chauvin se sont dissociés. Depuis que le FN Nantes est le club le plus ridicule d’Europe et que le deschampisme a pris possession du foot français. Quand l’Espagne ou City jouent, je suis très partisan, et parfois très excité. Ou tendu, comme lors de la demi-finale de la semaine dernière. Et ma joie aux deux buts espagnols – en finale aussi- ne fut pas très contenue, mon canapé s’en souvient.

            • #55127 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              « Le FN Nantes » n’est pas un lapsus
              Ce club n’est hélas pas fasciste. Au moins ça lui donnerait un petit cachet.

              • #55199 Répondre
                SHB
                Invité

                Moi en tant que supporter de l’Om je vais peut- être enfin avoir du plaisir devant ma télé avec De Zerbi.

              • #56332 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Je crois que Bordeaux suit de près Nantes quand j’en entends parler ces derniers temps ^^
                Ceci dit cette coupe d’Europe de foot était d’un ennui profond. Même la finale j’ai préféré me mettre un film alors que c’était deux grandes équipes ^^ (j’avoue je ne suis pas une fan de sport en général bien que j’aimais bien le basketball dans ma jeunesse)

                • #56343 Répondre
                  Demi Habile
                  Invité

                  Figure 1.2: Magnetic in-plane resisvity of CesLa1−xCoIn5. Figure from
                  [Nakatsuji 02]
                  • Spin-spin interactions between localized moment may create a magnetic order
                  with a lower energy than the Kondo state.
                  For compounds with a high density of localized moments, a new regime appears
                  at temperature T
                  ⋆ below the Kondo one TK, called the Kondo lattice regime. A
                  remarkable feature is that below this temperature, the localized f electrons cannot be represented as impurities anymore and seems for example to participate in
                  the electrical conduction. The exact physics of this state is still not completely
                  understood.
                  So in heavy fermion physics there are two characteristic energies, on lowering the
                  temperature. Below the TK, the f shell electrons start to be screened by the Kondo
                  effect which leads to strong correlations in the compound. Below T

                  , often called
                  the “coherence temperature”, the impurity picture breaks down, lattice properties
                  are recovered but with heavy quasiparticles.
                  Figure 1.3: Schematic view of the RKKY interaction. Figure from [Coleman 07]
                  This Kondo physics is competing with the Ruderman-Kittel-Kasuya-Yosida (RKKY)
                  interaction, sketched in figure 1.3. This interaction accounts for the coupling between localized moments and conduction electrons and governs most magnetic properties of metals for example. The nature of the coupling leads to an oscillatory
                  8 CHAPTER 1. INTRODUCTION
                  moment on the conduction electrons that can then interact with other localized
                  moments. The characteristic temperature of this interaction is given by:
                  TRKKY ≃ J
                  2N0 (1.2.4)
                  This brings a third characteristic energy to the heavy fermion physics, the N´eel
                  temperature below which the electrons order anti-ferromagnetically (TN ).
                  An important but somehow confusing concept in the physics of heavy fermion
                  is the one of “localization” of an electron or quasi-particle. A particle is said to be
                  delocalized if it contributes to the Fermi surface, localized otherwise, whatever is it
                  actual geographical distribution in real space.
                  Hence a usual question in heavy fermion systems is to know if f electrons form
                  bands (delocalized), or if the f character of the quasiparticles at the Fermi level is
                  only coming from the Kondo correlations, leading to an effective hybridization with
                  the f shells (localized for the Kondo effect, delocalized in case of the Kondo lattice).
                  In most magnetically ordered Cerium based heavy fermions, f electrons are found
                  to be localized. The situation is more complex in uranium based systems.
                  Figure 1.4: Doniach phase diagram. The ground state of the system can be
                  tuned between Kondo and AFM by varying the coupling constant J. Figure from
                  [Coleman 07]
                  1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
                  FERMI-LIQUID 9
                  As the dependence of the RKKY and Kondo interactions to the exchange coupling constant J are different, Doniach [Doniach 77] suggested that some compounds
                  can be driven through different ground states by tuning J (figure 1.4). Pressure,
                  magnetic field or doping can be used as tuning parameters in real systems. This
                  description is oversimplified as it does not takes into account the interplay between
                  the Kondo lattice physics or the mixed valence of the f shell electrons and the RKKY
                  interaction as well as crystal field effects but it gives the limit regimes where some
                  of these interactions dominate.
                  When we study the phase diagram of a heavy fermion, we tune the different
                  energy scales to observe phase transitions and eventually, as suggested in the case
                  of CeCoIn5 we can drive them to quantum critical points.
                  1.3 Physical properties at low temperature in a
                  Fermi-liquid
                  In the paramagnetic or magnetically ordered phase of a heavy fermion compound,
                  the physics usually follows the one expected for a Fermi-liquid below some temperature labeled TF L. At a quantum critical point (QCP), this is not the case any
                  more and the characteristic temperature vanishes as one approaches the QCP by
                  tuning a parameter (g): TF L → 0 as g → gc. This parameter could be pressure,
                  magnetic field or doping. So a convenient way to localize a QCP is to follow the
                  dependence of TF L as a function of a tuning parameter. This is what we will do for
                  CeCoIn5 in a part of this thesis with magnetic field as a tuning parameter. Hence
                  in the following I will briefly review the expected temperature dependence of some
                  physical properties in a Fermi-liquid. The region above the QCP, is called: “Quantum Critical”. The expected temperature dependences in this region depend on the
                  theoretical model and have not been calculated systematically. Therefore I will only
                  mention what is usually observed experimentally.
                  The physical quantities that are probed by transport and thermodynamic measurements in a Fermi-liquid mainly depend on the Fermi surface which can be characterized by two parameters:
                  • The effective mass tensor given by the slope of the dispersion relation:
                  1
                  m⋆
                  ij
                  =
                  1

                  2

                  2
                  ǫ(
                  ~k)
                  ∂ki∂kj
                  (1.3.1)
                  • And the Fermi surface volume or Fermi momentum ~kF .
                  In general these two quantities can be anisotropic. The evolution of these quantities
                  on approaching a QCP depend on the model used for the criticality.
                  Directional probes are important to differentiate between two different families
                  of scenarios for the Fermi surface evolution through a quantum critical point. In a
                  first scenario a reconstruction of the full Fermi surface is expected whereas in the
                  second only “hot spots” are affected. Similarly the effective mass can diverge in
                  some particular directions or on the entire Fermi surface.
                  10 CHAPTER 1. INTRODUCTION
                  Resistivity
                  A basic description of the electrical resistivity is given by the Drude formula:
                  ρ =
                  m
                  ne2τ
                  (1.3.2)
                  Where m and e are the mass and charge of the particles, n the density of states,
                  and τ the relaxation time for a particular scattering process.
                  • lattice imperfection: impurities, grain boundary, dislocation, … (τ0)
                  • thermally excited lattice vibration: phonons, (τph)
                  • others conduction electrons (τel).
                  The resulting relaxation time can be obtained through the Matthiessens’s rule:
                  1/τ = 1/τ0 + 1/τel + 1/τph. Scattering on lattice imperfections is basically temperature independent so the resistivity can be expressed as:
                  ρ(T) = ρ0 + ρel(T) + ρph(T), for T << ΘD. (1.3.3)
                  The part of the resistivity due to electron-phonon interactions is given in the Debye
                  model by ρph(T) ∝

                  T
                  ΘD
                  5
                  , with ΘD the Debye temperature. This contribution is
                  normally quite small at low temperatures (T < 1K) as typically ΘD > 100K.
                  The electronic part of the resistivity depend on electron-electron scattering
                  events. If we neglect umklapp processes, the momentum is conserved (P
                  i m⋆
                  i
                  ~vi =
                  const.) in these scattering events. This implies that if the effective mass (m⋆
                  ) is
                  constant, the electrical current ~j =
                  P
                  i
                  e~vi
                  is conserved. The electrical current can
                  only be decreased if the effective masses are different for different velocity directions
                  (m⋆
                  i
                  6= m⋆
                  j
                  for ~vi ⊥ ~vj ). This decrease will then be proportional to the ratio of
                  effective masses in the different directions.
                  We can now calculate the probability that an electron excited with energy ǫ
                  above the Fermi level collides with another electron of the system. Due to the Pauli
                  exclusion principle, the collision is only possible if there are two empty states for
                  the two electrons resulting from the collision. Due to momentum conservation, the
                  center of mass of the initial and final electrons has to be conserved, and therefore,
                  the collision can only happen with electrons of energy in the interval [kF − ǫ; kF ],
                  as sketched on figure 1.5. The probability of a collision depends on the number of
                  electrons in this interval and the number of final states. In the case of a spherical
                  Fermi surface, with notations of figure 1.5, we have:
                  P(collision) = 3
                  4πk3
                  F
                  Z kF
                  ǫ
                  Z π
                  0
                  2πnfinal states(θ, ǫ′
                  )dθdǫ′
                  (1.3.4)
                  From figure 1.5 if kF >> ǫ we obtain that:
                  1/τ ∝ P(collision) ∝
                  ǫ
                  2
                  k
                  2
                  F
                  (1.3.5)
                  1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
                  FERMI-LIQUID 11
                  θ
                  ǫ
                  ǫ

                  ǫ
                  α δ
                  ǫ − ǫ

                  (a) (b)
                  Figure 1.5: (a) Electron-electron contribution to the resistivity. An excited electron
                  with energy ǫ (blue) can only scattered with electrons (light blue) in the momentum
                  range [kF − ǫ, ǫ], so that two empty states exist for the final particles (green) of the
                  scattering event. The probability of a scattering event depend on the number of
                  particles on which the excited particle can scattered (ǫ/kF ) and on the number
                  of final states for that particular collision (b). So the scattering probability is
                  proportional to ǫ
                  2
                  .
                  If the excitation is given by the thermal energy: ¯hǫ = kBT we obtain the well known
                  temperature squared dependence of resistivity ρel(T) ∝ AT2
                  . We can also note that
                  A ∝ m2
                  , as the mass comes into both the Drude formula 1.3.2 and in the scattering
                  times, through density of final states (Fermi Golden rule) . The A coefficient is
                  a directional measure of the effective mass of the compound as it depends on the
                  electrical current direction.
                  In the quantum critical region, in the proximity of a QCP, the resistivity is
                  usually observed to be linear in temperature. The origin of this linear temperature
                  dependence remains controversial and triggers many “unconventional” scenarios for
                  a QCP.
                  Specific heat and Kadowaki-Woods ratio
                  Specific heat can easily be calculated for an electron gas as [Kittel 96, p. 151]:
                  Cel =
                  1
                  3
                  π
                  2D(ǫF )k
                  2
                  BT (1.3.6)
                  D(ǫF ) = 3N/2ǫF is the density of state as the Fermi level. For a free electron gas
                  ǫF =
                  ¯h
                  2k
                  2
                  F
                  2m
                  . Then the Sommerfeld coefficient γ = Cel/T is given by:
                  γ =
                  π
                  2k
                  2
                  BNm

                  2
                  k
                  2
                  F
                  (1.3.7)
                  12 CHAPTER 1. INTRODUCTION
                  and depends linearly on the electron effective mass. γ is usually taken as a good
                  measure of the effective mass of a compound, even if the measure is an integral
                  over the full Fermi surface and averages singularities on particular points of the
                  Fermi-surface.
                  In the Fermi-liquid domain the Sommerfeld coefficient is constant versus temperature. In the quantum critical region it is usually observed to diverge logarithmically
                  as: γ(T) ∝ −T ln(T).
                  The ratio between the A coefficient and the square of the Sommerfeld coefficient
                  is known as the Kadowaki-Woods ratio.
                  A
                  γ
                  2
                  = const. (1.3.8)
                  As both quantities depend on the square of the effective mass, this ratio is constant
                  even if the effective mass of the quasi-particles is modified as long as the Fermi
                  surface stays unchanged.
                  Both resistivity and specific heat can be used to determine the position of a
                  QCP by probing domain in the phase diagram where a Fermi-liquid or quantum
                  critical behaviour are obeyed. The limit of both regimes should extrapolate at zero
                  temperature to the QCP.
                  Thermal conductivity & Wiedemann-Franz law
                  The thermal conductivity κ is defined as:
                  Q~ = −κ∇~ T (1.3.9)
                  Where Q~ is the heat flow across the sample and ∇~ T the temperature gradient. For
                  a gas of particles with velocity v, specific heat per unit of volume Cv and mean free
                  path l, the thermal conductivity is given by [Kittel 96, p. 166]:
                  κ =
                  1
                  3
                  Cvvl (1.3.10)
                  In a metal, the thermal conductivity depends on different contributions. Indeed,
                  any excitation that propagates through the compound and can be thermally excited
                  contributes: electrons, phonons, magnons, … The total thermal conductivity can
                  be expressed as the addition of the contributions of parallel channels:
                  κ(T) = κel(T) + κph(T) + κmagnons(T) + … (1.3.11)
                  For the phonon contribution for T << ΘD, the specific heat is given by the
                  Debye model as: Cv ∝ T
                  3
                  , the velocity v is constant for a phonon gas and the mean
                  free path is (from [Kittel 96, p. 123]):
                  • constant at low temperature when the size of the crystal is the limiting parameter (l = D with D the dimension of the sample),
                  • inversely proportional to the temperature for electron-phonon scattering (l ∝
                  1/T).
                  1.3. PHYSICAL PROPERTIES AT LOW TEMPERATURE IN A
                  FERMI-LIQUID 13
                  Finally at low temperature the phonon contribution to thermal conductivity is:
                  κph(T) ∝



                  T
                  3 at very low temperature, usually at T << TSC
                  in a superconductor with fully open gap (s-wave),
                  T
                  2
                  above if electron-phonon scattering processes are important.
                  (1.3.12)
                  In some models, the magnon contribution to thermal conductivity is κmagnons ∝
                  T
                  2
                  [Ueda 75, Kumar 82]. So in a good metal, at low enough temperature, the
                  electronic contribution should dominate all the others.
                  In the superconducting phase, the electronic contribution to thermal conductivity is usually decreased as the Cooper pairs do not contribute to thermal conductivity
                  (minimum energy for an excitation 2∆). In some special cases thermal conductivity can be increased as another effect of superconductivity is the increase of the
                  mean free path of the quasi-particles with the reduction of the number of free quasiparticles. The superconducting transition as measured from thermal conductivity
                  is a bulk measurement. Indeed, if in resistivity a single superconducting path short
                  circuit the measurement, in thermal conductivity a single superconducting path has
                  a negligible effect on κ. The sharpness of the transition (change of slope in κ(T))
                  gives an indication of the quality of the crystal. In the superconducting phase, the
                  temperature dependence of the thermal conductivity depends on the nodes of the
                  superconducting gap and can be used to determine the gap symmetry (for example
                  κ(T) ∝ T
                  3
                  in the case of a superconducting gap which has lines of nodes). Similarly the thermal conductivity, extrapolated at zero temperature has different field
                  dependence: exponential for “s-wave” superconductivity, sub-linear in the “d-wave”
                  case,… [Shakeripour 09].
                  In the limit T → 0 the ratio thermal conductivity over temerature (κ/T) of a
                  fully gapped superconductor is zero, as all the quasi-particles have condensed into
                  Cooper pairs that do not carry heat (the first excited state is at an energy 2∆).
                  The situation is different when the gap has a line of nodes. In this case, the residual
                  value does not vanishes except for the perfectly pure crystal and can even reach the
                  universal limit. It is called universal because it is independent of the purity of the
                  crystal. Indeed, if impurities increase the number of thermal carriers by breaking
                  superconducting Cooper pairs, they also decrease the mean free path which has the
                  opposite effect and the two processes may compensate each other. This works as
                  long as the density of impurities is not too high.
                  It follows from 1.3.10, 1.3.7 and 1.3.2 that the ratio of the electronic contribution
                  to the thermal conductivity and electrical conductivity is constant. This relation is
                  called the Wiedemann-Franz law:
                  κel(T)
                  σ(T)T
                  =
                  π
                  2k
                  2
                  B
                  3e
                  2
                  = L0 (1.3.13)
                  With L0 = 2.44 · 10−8WΩK−2
                  the Lorenz number. The Wiedemann-Franz
                  law states that charge and heat are transported by the same carriers, the electrons. This relation is obeyed in the low temperature limit for all metals when the
                  other means of heat transport vanishes. We call L(T) the ratio of conductivities
                  L(T) = κel(T)/(σ(T)T). L(T)/L0 is bigger than one if thermal conductivity is bet-
                  14 CHAPTER 1. INTRODUCTION
                  cold hot
                  + –
                  e

                  a
                  b a1
                  b
                  a2 b
                  a3
                  ba4
                  b
                  b1
                  b3 b
                  b
                  bb2
                  Figure 1.6: Wiedemann-Franz law: We suppose that the charge carriers are electrons. A voltage is applied across the sample. Two processes are possible for heat
                  and charge transport. 1→2 an electron is excited at the cold side (absorption of a
                  phonon for example). On its way to the hot side, two processes can make it relax.
                  (a) If there are few elastic scattering, the ones at large ~q are promoted a2→a3 and
                  both electrical and thermal conductivity are affected (change of direction of the
                  charge and thermal excitation). (b) In case of a strong elastic scattering, only the
                  thermal conduction is affected, as the velocity of the charge is almost unmodified,
                  but the thermal excitation suppressed.
                  Figure 1.7: Evolution of the ratio Lel/L0 of the electronic contribution to the Lorenz
                  number for different sample purity. From [Mizutani 03, p 302].
                  ter than electrical conductivity. This happens at high temperature as the phonon
                  contribution increases thermal conductivity. This ratio L(T)/L0 can be smaller than
                  1.4. QUANTUM CRITICAL POINTS 15
                  one when a large amount of inelastic scattering promotes small ~q scattering (figure
                  1.6). In this case thermal conductivity is smaller than the electrical one. The
                  expected behaviour of the Wiedemann-Franz ratio for the electronic contribution
                  Lel(T)/L0 is plotted on figure 1.7.
                  We used thermal conductivity to gain information about the superconducting
                  state in UCoGe and URhGe both because it is sensitive to the superconducting gap
                  symmetry and because it allows for a bulk determination of TSC.
                  Thermoelectric power
                  The thermoelectric power or Seebeck coefficient is obtained from the linearized
                  Boltzmann equation:
                  S(T)/T =
                  πk2
                  B
                  3e
                  ∂ ln(σ(E))
                  ∂E (1.3.14)
                  With σ(T) the electrical conductivity. As thermopower depends on the derivative
                  of the electrical conductivity versus energy it is very sensitive to a small change of
                  the Fermi surface. This expression is obtained for an isotropic Fermi surface which
                  is certainly not the case in heavy fermion compounds. In the anisotropic case the
                  thermal conductivity is mostly sensitive on the electrical contribution and energy
                  derivative in the direction probed by the current. Behnia and co-workers [Behnia 04]
                  calculate the ratio between thermoelectric power divided by temperature and specific
                  heat.
                  q =
                  SNAve
                  T γ
                  (1.3.15)
                  with NAv the Avogadro number. They found that, with some approximations, |q|
                  gives the volume per charge and heat carriers in unit cells unities.
                  Comparison of thermoelectric power and specific heat allowed us to estimate
                  the carrier concentration in UCoGe and URhGe. It is also a way to determine an
                  anomaly on the Fermi surface as expected for example at quantum criticality.
                  1.4 Quantum critical points
                  For a classical phase transition, an important tuning parameter is temperature and
                  the state of a system is given by the minimization of its free energy:
                  F(p, T, H) = E(p, H) − T S(p, H) (1.4.1)
                  When a phase transition is tuned at finite temperature by pressure or magnetic field
                  it is because the internal energy and entropy depend on these quantities. For the
                  molecule H2O, for example, the internal energy E is determined by the interaction
                  between molecules and minimized in the crystalline structure of ice. In contrary,
                  the entropy S gives the amount of randomness of the system and is maximized in
                  water (for the solid liquid phase transition, we do not consider the gas state in this
                  discussion). Hence the free energy is minimized in the ice state at low temperature
                  and in water above T = 0 ◦C = 273.15K.
                  16 CHAPTER 1. INTRODUCTION
                  A quantum phase transition happens at zero temperature. The system is driven
                  between two different ground states only by the variation of E(p, H).
                  We consider a system in which the ground state can be tuned by a parameter
                  g between two different states. Such a system will have a phase transition at zero
                  temperature for a critical value of the tuning parameter g = gc. At this critical value
                  there is a level crossing between two different ground states. For a transition of the
                  second order the energy scale of a fluctuation above the ground state vanishes at gc.
                  To fix the idea let’s consider the case of a ferromagnetic (FM) g < gc to paramagnetic
                  (PM) g > gc transition. In a crystal for g < gc in the ground state the spin of all
                  the quasi-particles point in the same direction, if the system is Ising-like, then a
                  spin flip is the first excitation. Similarly to conventional phase transitions, one can
                  define different critical exponents for a quantum phase transition. On approaching
                  gc, the characteristic energy D of an excitation of the ground state vanishes as:
                  D ∝ J|g − gc|
                  νz (1.4.2)
                  Where J is the characteristic energy coupling and νz a critical exponent independent of the microscopic details of the Hamiltonian of the system.
                  In addition to a vanishing energy scale, a second order phase transition is characterized by a diverging length scale. This scale can be understood as the characteristic
                  length of critical fluctuations and is also known as the correlation length.
                  ξ
                  −1 ∝ L|g − gc|
                  ν
                  (1.4.3)
                  L is an inverse length scale of the order of the inverse lattice parameters. Combining 1.4.2 and 1.4.3, gives that the characteristic energy scale vanishes to the zth
                  power of the inverse characteristic length. The z exponent is called the dynamic
                  critical exponent or simply dynamical exponent.
                  D ∝ ξ
                  −z
                  (1.4.4)
                  The dynamical exponent is the main difference between a classical and a quantum phase transition. It reflects the fact that at a quantum phase transition time
                  fluctuations of the order parameter, in addition to the spacial ones need to be considered leading to an effective dimension of the system: def f = d + z. It can take
                  the values of: z = 1 for an AFM insulator or AFM with Q vector Q> kF , z = 2
                  for an itinerant AFM and z = 3 for a metamagnetic transition or FM transition
                  [L¨ohneysen 07]. The exponent of the correlation length is usually taken as ν = 1/2,
                  when above the upper critical dimension, where mean field applies.
                  Quantum criticality in Heavy fermion
                  A first consequence for heavy fermion systems is that the Fermi liquid domain should
                  exist only for T < TF L ∝ D so we can expect:
                  TF L ∝ |g − gc|
                  νz (1.4.5)
                  Going further than the Doniach model, two different classes of models have been
                  proposed for quantum criticality in heavy fermion.
                  1.4. QUANTUM CRITICAL POINTS 17
                  T
                  g QCP
                  AFM
                  TF L
                  TK
                  Figure 1.8: Scheme of a spin density wave (SDW) scenario of quantum criticality.
                  At the QCP magnetic order appears, without affecting the Kondo temperature (top
                  panel), the volume of the Fermi surface is unchanged, but due to the folding of the
                  Brillouin zone (dotted lines) hot spot can appears (red region), where a singularity
                  happens in the dispersion relation.
                  The first class are spin fluctuation scenarios, developed firstly by Hertz Millis
                  and Moriya. In these models, itinerant magnetism appears in the conduction band
                  and triggers quantum criticality. The Kondo temperature stays finite through the
                  transition so that heavy quasi-particles exist on both sides of the transition. The
                  Fermi surface volume stays constant at the transition with a folding of the Brillouin
                  zone due to the appearance of magnetic order. This folding modifies the shape of
                  the Fermi surface with some singularities at the “hot” lines regions. The scheme of
                  the transition is displayed in figure 1.8. The consequences are a divergence of the
                  A coefficient of resistivity at the QCP and an increase without divergence of the
                  Sommerfeld coefficient γ [Moriya 95]. One of the problems of these model is that
                  they can account for the temperature dependences of resistivity and specific heat
                  usually observed in heavy fermion ρ(T) ∝ T γ(T) ∝ −T ln(T) only if the system
                  is considered to be twwo-dimensional.
                  Rosch [Rosch 00] has shoown that disorder induces another energy scale which
                  vanishes at the QCP. This has strong effects on the critical exponents of the selfconsistent renormalization theory of spin fluctuations.
                  The second class of scenarios, said to be “unconventional” is sketched in figure
                  1.9. In this case again nothing particular is observed on the Kondo temperature
                  at the QCP, but another energy scale T
                  ⋆ vanishes. Some scenarios predict the
                  appearance of a magnetic phase at the QCP, whereas other scenarios even decouple
                  the two effects. But the common point of these scenarios is the reduction and
                  sudden reconstruction of the Fermi surface at the QCP. This reconstruction implies

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        deleatur
        Invité

        I. Problématique générale : La valeur des connaissances des
        entreprises et la conception de méthodes d’évaluation des
        connaissances opératoires
        Le savoir a son prix, le savoir a de la valeur…
        La valeur de la connaissance et du savoir est pendant longtemps restée une
        préoccupation spécifique aux organisations chargées de l’éducation et de la
        recherche. Comme le souligne D.Vinck (Vinck, 2000), la production de savoir a été
        jusqu’à récemment le monopole de la recherche académique « monopole (qu’ils
        avaient) établi à l’issue de longues luttes avec les autorités et avec les profanes ».
        Dans ce contexte la valeur des connaissances produites était établie notamment par
        un jeu de croisement de reconnaissances des pairs d’une discipline sur un travail
        accompli. Or associé à ce que D.Vinck appelle une « mutation » du mode de
        production des connaissances, on assiste aujourd’hui à une mutation du mode
        d’évaluation des connaissances.
        Pour D.Vinck, la mutation du mode de production des connaissances trouve deux
        origines principales. Tout d’abord l’éclatement des lieux de création de
        connaissances : « Les sites de production de connaissances nouvelles se sont
        multipliés, diversifiés (…). Les entreprises industrielles, les sociétés de conseil, les
        sociétés de recherche sur contrat, les institutions hospitalières, et les agences
        gouvernementales constituent également des lieux de production de savoir. La
        production du savoir n’est plus limitée à quelques laboratoires universitaires coupés
        du monde, mais au contraire, dispersée et distribuée un peu partout dans la
        société. » Par ailleurs, on constate en parallèle à cette dispersion des lieux de
        production de la connaissance un intérêt de plus en plus marqué pour des
        connaissances « utiles pour une activité productive » chez les jeunes formés mais
        aussi de la part des entreprises (Vinck, 2000). Cette évolution se traduit logiquement
        par un changement dans la manière de considérer la valeur d’une connaissance :
        d’une valeur établie au sein d’un champ disciplinaire jugée sur les apports universels
        à cette discipline, on évolue vers une valeur de la connaissance établie sur l’utilité
        que peut en retirer un jeune diplômé ou un demandeur d’emploi dans son rapport à
        l’entreprise, ou qu’une entreprise peut en retirer en terme d’avantage concurrentiel.
        20
        Cette transformation de la définition de la valeur de la connaissance trouve en
        particulier son origine dans une évolution du rapport de l’entreprise au savoir. En
        effet, accéder à la connaissance est stratégique car, comme l’écrit Dante1
        , elle est
        probablement le moyen le plus efficace pour lutter contre le doute et l’incertitude
        « Che, non men che saper, dubbiar m’aggrada ». Ceci explique certainement l’intérêt
        que lui portent actuellement les entreprises. Face à un environnement économique
        extrêmement changeant tout élément permettant de réduire l’incertitude est à
        exploiter. La dématérialisation de l’économie annoncée et décrite depuis le début des
        années 1990 (Drucker, 1991), la complexité des produits à concevoir et à
        commercialiser, l’accroissement de la concurrence et l’apparition des nouvelles
        technologies ont conduit les entreprises à formaliser des processus d’exploitation de
        la connaissance de leurs salariés mais aussi à s’interroger sur la valeur de leurs
        connaissances.
        Ainsi l’objet du travail de recherche présenté dans ce mémoire est-il d’analyser la
        question de :

        II. L’origine du problème : des questionnements opérationnels
        et scientifiques
        L’origine des questionnements sur l’évaluation des connaissances des entreprises
        est double : opérationnelle et théorique. Nous analysons d’abord pourquoi et
        comment cette problématique est abordée par les entreprises (II.1) puis nous
        présentons dans un deuxième temps l’intérêt que lui porte le monde académique
        (II.2).
        II.1. Point de vue opérationnel
        La problématique de l’évaluation des connaissances trouve de profonds ancrages
        dans des préoccupations issues du terrain. Les expériences d’évaluation des
        connaissances initiées et/ou soutenues par les entreprises sont, en effet, multiples :
        DOW CHEMICALS COMPANY, SKANDIA ou CELEMI sont parmi les plus citées à
        travers la bibliographie2
        . Cette préoccupation des entreprises au sujet de la valeur de
        leurs connaissances a une double origine : la mise en place de projets ou de
        « programmes » – pour reprendre la terminologie de M. Earl (Earl, 2001) – de
        Knowledge Management (ou Gestion des Connaissances ou Management des
        Connaissances) (II.1.1), concomitante aux transformations de leur environnement
        économique, et le problème de l’accroissement de la différence entre la valeur
        boursière et la valeur comptable des entreprises (II.1.2). Toutefois les implications de
        ces réflexions ne sont pas neutres et d’autres motivations, souvent plus difficiles à
        identifier, peuvent être à l’origine du traitement de cette problématique dans les
        entreprises (II.1.3).

        II.1.1. La mise en place de « programmes KM »
        Depuis le début des années 1990, l’accent a été mis au sein des entreprises sur
        l’importance des démarches de Knowledge Management.
        Inspirées par des propos comme ceux de J.G. March (March, 1994) qui soulignent
        que la concurrence entre les entreprises se ferait de moins en moins sur l’accès à
        des ressources que sur l’accès au savoir, les entreprises ont mis en place des
        démarches de valorisation des connaissances de leurs salariés, démarches dites de
        « Knowledge Management ».
        Définir ce qu’est le Knowledge Management (KM) ou Management des
        Connaissances est délicat. Les points de vue sont très divers sur la question à tel
        point que certains auteurs comme M. Earl (Earl, 2001) estiment qu’il est difficile de
        définir le KM et que face à ce phénomène seule une approche descriptive paraît
        pertinente.
        Pour des raisons de clarté de l’analyse nous retiendrons une définition du
        Management des Connaissances donnée par J-C. Tarondeau (Tarondeau, 1998)
        « Le management stratégique des savoirs consiste à identifier ceux qui ont un
        caractère stratégique, à les protéger de l’imitation et de l’érosion, à les exploiter pour
        obtenir un avantage concurrentiel, et à créer les conditions favorables à leur
        développement. » Cette définition, si elle est très centrée sur le management
        stratégique, a le mérite de présenter de façon claire les principaux objectifs fixés aux
        démarches de Knowledge Management, à savoir :
        • Identifier les connaissances qui ont de la valeur pour l’entreprise (aussi
        appelées connaissances cruciales) ;
        • Protéger ces connaissances par des processus de conservation de ce qu’il est
        convenu d’appeler le « patrimoine connaissances de l’entreprise » ;
        • Les exploiter par leur mise à disposition auprès des acteurs de l’entreprise, leur
        intégration dans des processus de travail voire par leur commercialisation ;
        • Les développer et en créer de nouvelles pour aller vers l’innovation et une
        meilleure adaptation à l’environnement.

        Il s’agit bien là d’un nouveau mode de management qui considère les
        connaissances comme un actif à exploiter. Des Systèmes de Gestion des
        Connaissances (SGC) sont mis en place pour supporter ces processus3
        .
        Toutefois si d’un point de vue opérationnel beaucoup d’entreprises se présentent
        comme ayant mis en place des démarches de Gestion des Connaissances, la
        définition même de ce que sont les connaissances à gérer n’est pas vue de la même
        manière d’une entreprise à une autre. Comme nous le soulignons dans le chapitre 3,
        ce point pose un véritable problème pour mener une réflexion sur la valeur des
        connaissances. Aussi, également pour des raisons de clarté de l’analyse, nous
        retenons ici provisoirement une définition des connaissances qui nous semble
        représentative du type de connaissances généralement gérées dans ces démarches
        de Gestion des Connaissances. Cette définition est celle de J-G. Ganascia
        (Ganascia, 1996), « La connaissance d’une chose ou d’une personne vise le rapport
        privilégié qu’entretient le sujet avec une chose ou une personne (…). Les
        connaissances se rapportent au contenu : elles désignent non plus une relation
        personnelle d’un sujet aux objets du monde qui l’entourent mais ce qui s’abstrait de
        cette relation pour être transmis à d’autres individus ». J-G. Ganascia, en posant
        ainsi les connaissances, distingue le processus cognitif (ce qu’il appelle LA
        connaissance) qui implique un mode de représentation du monde influencé et
        déterminé, entre autres, par l’histoire personnelle et l’inconscient de l’individu, et le
        produit de ce processus cognitif en partie transmissible à d’autres (LES
        connaissances qu’elles soient tacites, explicites ou explicitables). Selon nous les
        démarches de KM visent aujourd’hui à gérer ce type de connaissances, produits d’un
        processus cognitif. Néanmoins, cette définition ne peut être posée que pour faciliter
        la lecture des analyses qui suivent mais elle est bien sûr approfondie au cours du
        travail de recherche (chapitre 4).
        Si dans certaines entreprises l’instauration de démarches de Knowledge
        Management semble ancienne (cas du Groupe ELF AQUITAINE notamment où des
        démarches de ce type sont observables dès la fin des années 1970), en réalité la

        3
        Nous revenons longuement sur la notion de Système de Gestion des Connaissances dans le mise en évidence de l’importance des connaissances dans le processus de
        management est, dans le contexte opérationnel, concomitante de l’évolution de
        l’environnement économique et technologique et de l’entrée dans ce qu’il est
        convenu d’appeler la nouvelle économie. « Bien que le concept de gestion des
        connaissances soit nouveau, les pratiques de gestion des connaissances ont
        toujours existé dans les organisations car elles sont indispensables pour la prise de
        décisions et la production de biens et services. Aucune organisation ne saurait
        survivre sans créer et acquérir des connaissances et sans les transmettre à son
        personnel. Ce qui a changé, c’est le poids des connaissances comme source de
        création de richesse par rapport à d’autres facteurs de production. » (OCDE,
        2001)
        Pour certains ce nouveau mode de management découle directement du contexte
        technologique « In a time where responsiveness to market opportunities (and threats)
        is critical, technologies are facilitating data and information abundance, and
        corporate attention is a scarce resource, what portions of these repositories are really
        useful? How do we manage really useful information in our firm? Out of such
        discussions emerged the concept of knowledge as a particularly high-value form
        of information.” (Grover, 2001). Pour d’autres, il est le fruit d’une coïncidence
        conjoncturelle entre un contexte économique, managérial, technologique et social
        (Petty, 2000).
        Ces démarches ou « programmes» de Knowledge Management peuvent
        prendre des formes très diverses comme le décrit M. Earl en s’appuyant sur des
        cas d’entreprises (Earl, 2001) : technocratiques, elles supportent les activités des
        salariés au quotidien (cas de XEROX avec la mise en place de bases de
        connaissances accessibles par le Web pour les équipes de maintenance) ; orientées
        vers la commercialisation des connaissances développées par l’entreprise, elles
        peuvent conduire à la mise en place de structures élaborées de valorisation et de
        commercialisation du capital intellectuel comme chez DOW CHEMICAL COMPANY;
        comportementales, elles visent à stimuler l’échange et la création de connaissances
        (l’exemple du FUTURE CENTER de SKANDIA dans l’archipel de Stockholm illustre
        de manière éloquente la mise en place d’une culture de l’échange des savoirs au
        sein d’une entreprise via l’aménagement de l’espace de travail).

        prouver leur efficacité. Comment en effet, suivre l’évolution des connaissances,
        l’impact des modes de management que l’entreprise leur applique s’il n’existe pas de
        métriques ? L’absence de règle de mesure interdit toute possibilité de pilotage de
        ces connaissances au sein des entreprises et rend caduque la mise en place de tels
        modes de management. Comme l’écrivent J. Mouritsen, P. Bukh, H.T. Larsen et
        M.R. Johansen (Mouritsen, 2002), «what you can measure, you can manage, and
        what you can manage, you can measure. » La définition de la valeur des
        connaissances des entreprises, de métriques et de méthodes d’évaluation des
        connaissances s’imposent pour rendre efficaces (et crédibles ?) ces programmes de
        Knowledge Management et les Systèmes de Gestion des Connaissances mis en
        place dans les entreprises.
        La préoccupation des entreprises concernant la valeur de leurs connaissances est
        semble-t-il également issue du constat relativement récent de leurs difficultés à
        exprimer ce qu’est leur valeur réelle pour leur environnement extérieur.

        II.1.2. Valeur boursière et valeur comptable des entreprises
        La différence marquée entre la valeur boursière et la valeur comptable des
        entreprises durant les années 1990 associée à la multiplication des sociétés
        Internet ont conduit les entreprises à s’interroger sur la définition de leur
        valeur réelle.
        Cette question a notamment été posée en France de façon emblématique lors de la
        privatisation de THOMSON Multimédia au milieu des années 1990. Les réactions
        provoquées par l’annonce de la vente de cette entreprise pour un franc symbolique
        par le Premier Ministre de l’époque ont certes mis en évidence un conflit de
        représentations sur ce qu’est la valeur d’une entreprise, mais elles ont surtout montré
        de manière exacerbée les difficultés qu’ont les règles comptables à établir la valeur
        réelle d’une entreprise et notamment à prendre en compte la valeur des savoir-faire4
        .
        Les valorisations boursières des sociétés Internet comme AMAZON.COM à la même
        période ont également amené à penser que le problème de la définition de la valeur
        réelle des entreprises ne concernait pas seulement les sociétés de hautes
        technologies mais toutes les sociétés où la part des actifs immatériels ou intangibles
        est importante. Cette situation est d’autant plus préoccupante que la part de création
        de valeur des entreprises issue de la valorisation de ces actifs intellectuels est jugée
        par certains comme dépassant actuellement celle générée par les actifs matériels.
        Ainsi, comme le souligne R. Dzinkowski, (Dzinkowski, 2000), certaines études
        estiment que 50 à 90% de la valeur créée par les entreprises provient de
        l’exploitation de leurs actifs intellectuels.
        Ces constats ont conduit la profession comptable notamment, mais aussi les
        dirigeants d’entreprises, à s’interroger pour savoir comment rendre compte de la
        valeur réelle de leur entreprise. R. Petty et J. Gutrie (Petty, 2000) citent les initiatives
        marquantes prises dans ce domaine par SKANDIA, RAMBOLL et DOW CHEMICALS
        pour la publication de rapports annuels incluant la notion de capital intellectuel.

        • #54977 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          Pulsion de mort.

          • #54979 Répondre
            deleatur
            Invité

            Ben voyons.

            • #54980 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              Pauvre mec du dimanche !

              • #54982 Répondre
                deleatur
                Invité

                Eden Lazaridis: C’est l’idée hein de vous voir rager donc fais ouin ouin, fais moi plaisir.

                • #54984 Répondre
                  Eden Lazaridis
                  Invité

                  Allez je te pardonne pauvre diable !

                  • #54985 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Eden Lazaridis: Ou alors tu remercies le vrai deleatur qui se vantait de trouver ça amusant de me pousser à bout. C’est aussi une option.

                • #54986 Répondre
                  Eden Lazaridis
                  Invité

                  Je te pardonne et je t’aime comme moi-même.

                  • #54988 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Tu t’aimes de façon hypocrite?

                    • #54991 Répondre
                      Eden Lazaridis
                      Invité

                      Je t’aime sincèrement. Vraiment ❤️

                      • #54992 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Eden Lazaris: Va expliquer au vrai deleatur qu’il y a un problème avec son comportement dans ce cas là.

                      • #55000 Répondre
                        Monami
                        Invité

                        Le culot

                      • #55001 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Monami: Suis un peu avant de réagir putain.

          • #54981 Répondre
            deleatur
            Invité

            Christian Demoulin
            Jouissance et pulsion de mort
            De tous les concepts légués par Freud, la pulsion de mort est celui
            qui a paru le plus problématique à ses élèves. Dans l’ensemble, les analystes dits orthodoxes ont abandonné l’idée d’une pulsion de mort et celle,
            connexe, d’un masochisme primordial (à ne pas confondre avec la perversion masochiste). On peut citer chez les auteurs français l’ouvrage de
            Nacht 1 sur le masochisme ou celui de Grunberger sur le narcissisme.
            S. Nacht rejette l’idée d’un masochisme primordial tandis que
            B. Grunberger 2 condamne violemment celle de pulsion de mort : Freud
            l’aurait introduite sous l’effet d’une « contrainte affective interne, conflictuelle ». Il s’agirait d’une « illusion sécurisante offrant une perspective de
            distanciation parfaite contre le vécu de l’analyse et contre toute investigation profonde de l’inconscient ». Rien moins que cela ! C’est ce qu’on
            nomme « freudisme orthodoxe ». L’argument opposé à Freud est que la
            pulsion de mort est un concept métapsychologique sans portée clinique.
            Pourtant, Freud était parti de la compulsion de répétition et de la réaction thérapeutique négative dans la cure, deux notions évidemment cliniques 3
            .
            Les deux courants freudiens considérés comme non orthodoxes, le
            kleinisme et le lacanisme, se caractérisent par une reprise du concept de
            pulsion de mort. Mélanie Klein 4 reprend à son compte la pulsion de mort
            en lui faisant subir un renversement : pour elle, ce qui est primordial et
            qui fonde la pulsion de mort, c’est le sadisme originel qu’elle prête au
            nourrisson (sadisme oral, voracité). Et, au fond, seul Lacan marche dans
            les pas de Freud en acceptant le masochisme primordial et la pulsion de
            1 – Nacht S., Le masochisme, Paris, Payot, 1965.
            2 – Grunberger B., Le narcissisme, Paris, Payot, 1975.
            3 – Freud S., « Au-delà du principe de plaisir », 1920, Essais de psychanalyse, Paris, Pbp,
            1981.
            4 – Klein M., La psychanalyse des enfants, 1932, Paris, PUF, 1959.

            26
            Mensuel 21
            mort comme tendances fondamentales du psychisme humain et cela dès
            1938 5
            . C’est le vrai départ du lacanisme, le point de divergence à partir
            duquel on peut saisir ce qu’est l’orientation lacanienne en psychanalyse. La
            pulsion de mort peut servir de fil rouge à une lecture de Lacan. La différence entre Lacan et les postfreudiens n’est donc pas à lire comme l’opposition entre une conception culturaliste et une conception biologique
            du psychisme — il s’agit là d’une fausse lecture contre laquelle Lacan nous
            met en garde en 1966 6
            . Bien entendu, l’homme est un animal, mais le
            grand mystère dont il faut rendre compte, ce qui le distingue de ses
            congénères, c’est la pulsion de mort.
            Dans son intervention de 1938, prenant le contre-pied de ceux qui
            réduisent la pulsion de mort à une métapsychologie plus ou moins
            fumeuse, Lacan fait valoir que la pulsion de mort n’est pas une spéculation mais une déduction clinique dont le statut théorique reste à préciser :
            il inverse la problématique des post freudiens.
            Si l’on part du point de vue naturaliste — que Lacan ne renie pas a
            priori — la pulsion de mort est une énigme mais c’est l’énigme de l’espèce
            humaine comme telle. Car ce qui distingue l’homme parmi les animaux
            c’est qu’il est le seul à se suicider. Voilà le fait naturel irrécusable (à moins
            d’admettre le prétendu suicide des baleines ou des lemmings. Mais il leur
            manque une portée d’acte). À partir de là, Lacan peut pousser les choses
            un peu plus loin (toujours dans son petit texte de 1938). Non seulement
            l’homme est le seul animal à se suicider mais, en outre, il est le seul à
            savoir qu’il mourra, remarque qui introduit déjà implicitement la question
            du langage humain, condition d’un tel savoir. Enfin il est aussi celui pour
            qui le sens de la vie se pose et est imbriqué avec le sens de la mort. Il y a
            donc trois niveaux dans l’argumentation de Lacan
            1) le suicide comme fait
            2) la mort comme savoir
            3) le sens comme nouant la vie à la mort.
            On peut rapprocher ces trois niveaux des trois catégories que Lacan
            fera valoir à partir de 1953, réel, symbolique et imaginaire : le réel du fait
            clinique, le symbolique du savoir et l’imaginaire du sens.
            Envisageons une objection : n’est-il pas abusif de relier la pulsion de
            5 – Lacan J., « L’instinct de mort », Interventions à la SPP, « Ornicar ? », n° 31, Paris, Navarin,
            1984.
            6 – Lacan J., « D’un syllabaire après-coup », 1966, Écrits, Paris, Seuil 1966.

            27
            mort et le fait générique du suicide ? On peut s’étonner de la discrétion
            de Freud concernant le suicide en général et sa relation à la pulsion de
            mort en particulier. Il n’évoque pas le suicide dans « Au-delà du principe
            de plaisir » alors qu’il y est question de la réaction thérapeutique négative.
            Il y a là une énigme qui a sans doute contribué à obscurcir la problématique de la pulsion de mort pour les post freudiens. Pourtant le texte de
            1937 « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin 7
            » comporte un passage où
            Lacan va trouver appui. Freud relève que sa théorie du dualisme pulsionnel vie/mort rejoint la théorie du philosophe présocratique Empédocle
            d’Agrigente.
            Pour ce dernier, il y a quatre racines à toutes choses, l’Eau, la Terre,
            le Feu, et l’Air ou plutôt l’Éther. À ces quatre éléments, il ajoute deux
            principes, la Haine qui sépare les éléments et l’Amour qui les rapproche.
            C’est le même amour que les hommes connaissent dans leur corps et qui
            agit sur les éléments. « Tantôt de par l’Amour ensemble ils constituent
            une unique ordonnance. Tantôt chacun d’entre eux se trouve séparé par
            la Haine ennemie ». C’est ce dualisme Amour/Haine que Freud reconnaît comme son bien propre. Mais le suicide là-dedans où est-il ? Il n’est
            pas dans la doctrine d’Empédocle. Lacan l’introduit en se référant au récit
            légendaire de sa mort : voulant confirmer par son acte sa réputation d’être
            un dieu, Empédocle se serait jeté dans le feu du cratère de l’Etna. Le prodige est que, peu après, le volcan aurait recraché une de ses sandales de
            bronze ! Il s’agit évidemment d’une légende et même, selon les commentateurs, d’une légende malicieuse inversant la version de ses disciples selon
            laquelle Empédocle aurait été enlevé au ciel pendant la nuit 8
            et 9
            . Lacan
            évoque le suicide du philosophe en 1953 dans « Fonction et champ de la
            parole et du langage en psychanalyse 10» lorsqu’il introduit la pulsion de
            mort et aussi en 1964 dans Le séminaire XI 11 à propos de l’opération
            logique de la « séparation ». Avant d’en venir à ce point, reprenons rapidement le parcours de Lacan concernant la pulsion de mort.
            Si l’homme est un animal suicidaire, il y a à cela plusieurs raisons ou
            plutôt cela renvoie à une faille qu’on trouve aux différents étages de l’édi7 – Freud S., « L’analyse avec fin et l’analyse sans fin », 1937, Résultats, idées, problèmes II,
            Paris, PUF, 1985.
            8 – Burnet J., L’aurore de la philosophie grecque, Paris, Payot, 1919.
            9 – Dumont J. P., Les écoles présocratiques, Paris, Gallimard, 1991.
            10 – Lacan J., in Écrits, 1953.
            11 – Lacan J.,Le Séminaire XI Les quatre concepts fondamentaux de la psychanalyse, 1964,
            Paris, Seuil, 1973.

            28
            Mensuel 21
            fice humain. Cette thèse d’une faille à tous les étages est, chez Lacan, fondamentale. C’est en quelque sorte l’axiome de son esthétique transcendantale. Toujours en 1938 dans « Les complexes familiaux 12 », Lacan bâtit
            son explication sur un facteur biologique : la prématuration de la naissance qui fait de l’homme un animal déficient. Lacan s’appuie sur la biologie (théorie de Bolk) pour reformuler la thèse de Rank concernant le
            traumatisme de la naissance 13 : le plus grand malheur est d’être né,
            l’homme est fondamentalement inadapté au monde et la naissance s’accompagne d’un « malaise que nul soin maternel ne peut compenser ». La
            naissance est un premier sevrage auquel vient s’ajouter le trauma du
            sevrage oral proprement dit d’où découle l’appétit de la mort si prégnant
            dans l’anorexie et la toxicomanie.
            La jouissance narcissique que procure l’image du miroir offre une
            sorte de compensation au malaise de la prématuration. Pourtant, cette
            jouissance narcissique est en elle-même mortifère. C’est ce qu’illustre le
            mythe de Narcisse. Dès 1914, dans « Le double 14 », Rank avait montré
            la connexion intime entre la jouissance narcissique — Narcisse devant son
            miroir — et sa signification mortelle — le suicide de Narcisse qui se noie
            pour rejoindre cette image. (Vue qu’on ne retrouve pas dans le texte de
            Freud de la même époque « Pour introduire le narcissisme 15»). Par amour
            de son image, Narcisse refuse de vieillir et, en même temps, refuse l’amour
            sexuel, lequel permet une sorte d’immortalité biologique par la reproduction. Dès lors, Narcisse ne peut que préférer le court-circuit de la mort
            tout de suite pour conserver son image intacte. Le choix de Narcisse est
            le choix de la jouissance narcissique directement mortifère plutôt que la
            jouissance sexuelle. La jouissance sexuelle, complétée par la reproduction,
            aurait pour fonction de nouer la pulsion de mort à la pulsion de vie et
            d’allonger le parcours en distrayant le sujet de sa passion suicidaire.
            Comme disait Madame du Barry sur l’échafaud : « Encore une minute,
            Monsieur le bourreau ! »
            Classiquement, ce qui fait sortir du narcissisme, c’est le complexe
            d’Œdipe comme introduction au registre symbolique. Mais la pulsion de
            mort se retrouve à ce niveau. C’est ce que Lacan soutient dans le
            « Rapport de Rome » en 53 16. Le symbole est le meurtre de la chose et
            12 – Lacan J., Les complexes familiaux, 1938, Paris, Navarin, 1982.
            13 – Rank O., Le traumatisme de la naissance, 1938, Paris, Payot, 1973.
            14 – Rank O., « Le double », Don Juan et le double, Paris, Payot, 1973.
            15 – Freud S., « Pour introduire le narcissisme », 1914, La vie sexuelle, Paris, PUF, 1969.
            16 – Lacan J., Op. cit.

            29
            le sujet se voit annulé par le système symbolique dans lequel il entre. De
            la sorte, il a deux vies et donc deux morts — une vie biologique qu’il partage avec l’animal et une vie historique dans le symbole qui peut l’amener
            à sacrifier sa vie biologique pour une cause, qu’elle soit sacrée ou se révèle
            futile. Sa mort biologique peut être le moyen d’acquérir la sorte d’immortalité que procure le symbole. Ainsi Empédocle s’immortalise par sa mort.
            La pulsion de mort n’est plus pensée ici par rapport à la prématuration de
            la naissance, au trauma du sevrage ou à la jouissance narcissique. Elle est
            mise en rapport avec l’aliénation du sujet dans le langage.
            Ces différentes conceptions ne sont pas contradictoires mais complémentaires. En effet, le sevrage est un moment de symbolisation. En se
            séparant de l’objet, l’enfant commence son incantation. C’est ce que montre le fameux jeu du fort-da décrit par Freud, jeu qu’on peut considérer
            comme un jeu de sevrage. L’enfant répète ensuite ce jeu avec sa propre
            image dans le miroir : à l’orée de la parole, il joue sa propre disparition.
            Mais c’est aussi le symbolique qui permet de structurer le narcissisme. La
            dépendance du narcissisme au symbolique est ce que Lacan va théoriser
            comme rapport du moi idéal à l’Idéal du moi. En 60, dans « Remarque
            sur le rapport de Daniel Lagache 17», Lacan introduit le symbolique dans
            le stade du miroir lui-même — donc bien avant l’Œdipe classique. Devant
            son miroir, l’enfant se retourne vers l’Autre qui le porte : appel du regard
            à l’Autre comme tiers de la relation spéculaire. De ce fait, l’identification
            imaginaire (moi idéal) trouve sa sanction symbolique (noyau de l’Idéal du
            moi), ce qui introduit une distinction entre l’identification et la jouissance
            narcissique. Un coin symbolique est introduit qui permettra à l’analyse de
            faire apparaître la vanité du narcissisme, ce qui déplace la question vers
            l’au-delà du narcissisme, le fantasme et la pulsion.
            Situons le fantasme par rapport à l’aliénation du sujet dans le langage. C’est ce que propose Lacan dans Le séminaire XI 18 et dans
            « Position de l’inconscient 19». Premier temps, l’aliénation. L’identification
            signifiante — que nous avons vu se substituer à l’identification imaginaire
            — ne délivre jamais une identité satisfaisante. Elle ne fait que représenter
            le sujet par un signifiant pour un autre signifiant : le sujet est ballotté de
            signifiant en signifiant. Aucun signifiant ne vient assurer la reconnaissance
            de l’être si ce n’est en le mortifiant. C’est une autre façon de considérer
            17 – Lacan J., « Remarque sur le rapport de Daniel Lagache », 1960, Écrits, Paris, Seuil, 1966.
            18 – Lacan J., Op. Cité.
            19 – Lacan J., « Position de l’inconscient », 1964, Op. Cit.

            30
            Mensuel 21
            la pulsion de mort : si le mot est le meurtre de la chose, la mort permet
            une réconciliation avec le signifiant. Sur la pierre tombale, le sujet devient
            enfin identique à son nom et à ses titres !
            Deuxième temps, la séparation. Pour échapper à l’aliénation langagière pure qui le renvoie chaque fois d’un signifiant à l’autre, le sujet réinterroge la chaîne signifiante sous la forme du discours de l’Autre : Que
            me veut l’Autre ? Lacan situe ici le fantasme de suicide : que manqueraitil à l’Autre du fait de ma disparition ? Par là, le sujet se fait être ce qu’il
            imagine comme manque dans l’Autre : il se fait être l’objet de l’Autre dans
            le fantasme. Cet objet, c’est l’objet pulsionnel, l’objet perdu du sevrage ou
            quelqu’autre objet a, qui était caché dans le montage narcissique. Objets
            perdus comme le sein et les fèces, objets insaisissables comme le regard et
            la voix. En se faisant objet a de l’Autre dans le fantasme fondamental, le
            sujet se trouve en position masochiste — au sens du masochisme primordial dont parle Freud. Il se vit comme rien, rebut, déchet, etc., tandis que
            l’Autre est intériorisé comme Surmoi, impératif de jouissance qui est pure
            pulsion de mort. La séparation, mettant en place le fantasme, représente
            cependant un certain apprivoisement de la pulsion de mort telle qu’elle
            fonctionne dans l’aliénation. Lacan fait du Nom-du-père l’agent de la
            séparation. La psychose correspond à l’aliénation seule où triomphe la
            pulsion de mort, le Surmoi passant dans le réel comme regard transperçant ou comme voix injuriant. Dans la névrose, par contre, la pulsion de
            vie se noue à la pulsion de mort dans le fantasme fondamental. C’est ce
            que Freud désigne comme intrication des pulsions.
            Comme nous sommes dans un scénario symboliquement structuré,
            il peut y avoir permutation des places et, dès lors, passage de l’objet a au
            champ de l’Autre. C’est ce que montre l’analyse que fait Freud du fantasme « Un enfant est battu 20». Dans la version inconsciente du fantasme,
            « Mon père me bat », le sujet est en position masochique à la place de
            l’objet de l’Autre, objet maltraité, rebut de l’Autre. Par contre, la version
            élaborée au niveau conscient, « Un enfant est battu », met le sujet en
            position de témoin regardant une scène et en tirant une jouissance
            sexuelle à connotation sadique. C’est l’autre qui est ici en place d’objet
            maltraité.
            C’est comme objet a pris dans la signification phallique que le partenaire est désiré et devient le « partenaire-symptôme » du sujet. Le Nom20 – Freud S., « Un enfant est battu », 1919, Névrose, psychose et perversion, Paris, PUF, 1973.

            31
            21 – Lacan J., « Les non-dupes errent », inédit, 1974.
            22 – Lacan J., « Du Trieb de Freud et du désir du psychanalyste », 1964, Écrits, Paris, Seuil,
            1966.
            23 – Pasqualin D., « Au-delà de la pulsion de mort », Zigzag 3, Bruxelles, 1996
            du-Père, agent de la séparation, est ce qui permet la permutation. En
            1974 cependant, dans « Les non-dupes errent 21», Lacan fera valoir que
            « l’être nommé à » tend à se substituer au Nom-du-Père, en raison du
            déclin du patriarcat. Il en résulte une montée des processus de ségrégation remplaçant les hiérarchies traditionnelles. D’où l’alternative reconnaissance (mais ce n’est jamais cela) ou déchéance, en termes plus imagés,
            star ou déchet, que ce soit dans la vie sociale ou dans la vie amoureuse.
            Vu la précarité de tous les statuts, (star aujourd’hui, déchet demain), la
            clinique rend de plus en plus évidente l’intuition freudienne d’une pulsion
            de mort et d’un masochisme primordial qui constituent l’envers de la culture narcissique : si je suis rejoint par le processus de ségrégation, je me
            vois ramené à la délectation morose de mon être de déchet.
            Dans la cure, la jouissance masochiste liée au fantasme fondamental
            est ce qui résiste à la symbolisation (c’est cela la réaction thérapeutique
            négative). Accepter le transfert, c’est accepter de porter la pulsion de mort
            le temps qu’il faudra — long temps — pour qu’en fin de compte l’analysant se trouve tout simplement content de vivre… si tel est son choix. Cela
            peut comporter de nombreuses séances où rien ne se dit que ce silence
            que Freud attribuait à la pulsion de mort. Au jeu d’échec avec la pulsion
            de mort, nous sommes loin d’avoir toujours le dessus. Mais la moindre
            des choses est de prendre notre tâche au sérieux. Si la pulsion de mort est
            souvent méconnue, c’est parce que « notre temps est prodigieusement
            tourmenté d’exigences idylliques » disait Lacan en 1964 22. — Peut-être
            est-ce un peu moins vrai aujourd’hui — mais sans doute un certain aveuglement nous rend notre tâche plus supportable. Car c’est bien à la pulsion de mort que nous avons affaire chaque jour, non seulement nous psychanalystes, mais tous ceux qui travaillent dans le champ de la santé
            mentale.
            On peut se demander comment la cure analytique influence le destin de la pulsion de mort. Dans le fantasme inconscient, la pulsion
            sexuelle se présente comme répétition d’une jouissance mortifère. Nous
            en avons relevé l’exemple chez Freud avec le fantasme « Mon père me
            bat ». Le « se faire battre » de la pulsion se répète dans le symptôme de
            sorte qu’à ce niveau toute pulsion se révèle pulsion de mort 23. La traver
            32
            Mensuel 21
            sée du fantasme est une manière de civiliser la pulsion de mort par l’assomption de l’impossible de notre condition mortelle et sexuée, assomption ouvrant à la sublimation. Pour F. Dassen 24, dans le devenir analyste,
            la pulsion de mort se transformerait en désir de savoir, comme désir de
            vide. Plus prosaïquement, on peut se demander si le partenaire ne devient
            pas le support de la pulsion de mort. C’est peut-être en ce sens que Lacan
            dira qu’une femme est pour tout homme un sinthome et qu’un homme
            pour une femme est une affliction pire qu’un sinthome, un ravage
            même 25. ■

    • #54968 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Vous manquez de matérialisme
      Le calme est toujours la conséquence d’une sécurité financière

      • #54972 Répondre
        Essaisfragilesdaplomb
        Invité

        François a bien parlé d’affect bourgeois, il en est tout à fait conscient (il ne cesse d’ailleurs de parler de sa sécurité financière comme condition de son travail de lecture et d’écriture).
        L’érotique du savoir est bien le fait des hommes libres qui n’ont pas de souci matériel à résoudre, de besoins qui les tracassent.

        • #55118 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Si vraiment cette question t’intéresse, Ludovic Bourgeois, et qu’un jour tu daignes me lire, je parle longuement des conditions matérielles de l’art dans le prochain essai.
          Par ailleurs on serait ravi que tu t’appliquasses, toi le fabuliste, la matérialisme que tu préconises.

          • #55131 Répondre
            Ludovic Bourgeois
            Invité

            Oui c’est juste
            Mais je suis favorable à raconter des fables à la populace
            Notamment identitaires
            Qui repose en partie sur de l’observable, en partie sur de l’imaginaire
            Pour les unifier et les sortir de l’individualisme
            C’était la fonction des mythes grecs

            • #55152 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              C’est entendu, mais alors sois gentil de ne pas donner des leçons de matérialisme à ceux qui sont davantage portés sur la vie.

    • #54987 Répondre
      graindorge
      Invité

      Comme je vois que Franco est cité, j’ai envie de dire que A los ojos est un sacré cri de la part de Michel et Victoria Franco. Pas un cri de joie. Ils te prennent par le col très calmement, très posément, te relâchent, te regardent, te saluent et s’en vont.
      Pour ce qui est de François Bégaudeau, pour l’avoir écouté et vu parlé, ce que j’aime bien c’est le calme oui, la gentillesse mais surtout le regard droit face à l’interlocuteur ou interlocutrice. C’est vrai que je ne l’ai jamais entendu élever la voix. On perçoit l’agacement devant le déballage de méchanceté d’un Naulleau par exemple mais lorsque c’est à lui de répondre il utilise l’humour, l’ironie.
      Lorsqu’il est invité par Aude Lancelin, il sait que celle-ci le « préfère » sous une fausse neutralité journalistique, il n’en abuse pas et fait en sorte que l’autre invité soit aussi bien traité que lui-même
      Si on veut mieux le connaître, je crois qu’il faut lire Une certaine inquiétude » où ça se lâche bien de part et d’autre. Et par moments, il n’est pas aussi calme que ça. Aussi 2 singes ou…
      Il est frontal. On le remarque avec des invités de ce forum, il peut être cassant. En toute égalité, avec femme ou homme. Il dit ce qu’il a à dire
      Je crois aussi que le calme va avec sa simplicité. Sa vie est accordée à ses convictions. C’est aussi un homme calme qui peut calmement appuyer sur le bouton nucléaire: la perfection n’est pas de ce monde. Il n’y prétend pas et c’est pour ça que je l’aime bien

    • #55007 Répondre
      SHB
      Invité

      Mais j’ai pas compris deleatur machin la c Jean Monnaie?

      • #55011 Répondre
        deleatur
        Invité

        Non, je suis Jôrage. D’ailleurs JeanMonnaie n’a pas posté une fois depuis que j’ai commencé mon numéro donc je crois que ça mérite un merci.

        • #55023 Répondre
          graindorge
          Invité

          Alors là oui. Ça mérite un grand merci et des bisous… mais bon…heu t’etais pas mal non plus aujourd’hui dans le genre invasif avec tous ces kilomètres de texte! Ça m’a même fait dire Trop c’est trop au proprio et risquer de me faire déloger aussi par là même… J’espère qu’il a égaré ses lunettes… Contente de te retrouver JÔrage

          • #55027 Répondre
            deleatur
            Invité

            graindorge: Mais je n’ai pas fini, j’ai annoncé deux semaines et comme j’aime bien croire que j’ai tendance à m’en tenir à ce que je dis, on fera les deux semaines.
            .
            « Voici un jugement que je me fais à chaque instant. Mais mise à part pour JÔrage, qu’il est toujours drôle de titiller sur le sujet (qui est « son » sujet et qui le rend très humain jusque dans ses insultes où il perd les pédales, c’est le cas de le dire) »
            .
            Je n’ai pas à fermer ma gueule face à ce genre de saloperies, je n’ai pas à trouver ça normal, je n’ai pas à essuyer ce genre de violences avec le sourire. Surtout pas quand j’invite ce con de dealatur à faire face à l’envers de ma schizophrénie pour l’inviter proprement à redescendre sur terre et qu’il voit ça comme une invitation à me harceler.
            .
            « ouin ouin ouin, nous d’abord on est des dangers pour nous mêmes. »
            .
            Ils sont quelques schizophrènes sur twitter à jouer cette carte et c’est vrai que l’immense majorité des tarés de mon genre sont des dangers pour eux mêmes mais ce sont des dangers pour eux mêmes car ils encaissent la fils de puterie de deleatur sans rien dire et qu’un jour ils finissent par se foutre en l’air avec sa haine. Moi par contre je préfère vidanger sans complexe et je m’en cogne que ça fasse de moi un méchant fou puisque ça me permet de rester vivant.
            .
            Est ce que c’est vraiment si difficile à comprendre ce que je raconte? Je ne crois pas. Est ce que mon comportement est gratuit? Je ne crois pas non plus. Partant de là si François a quelque chose à redire il fait comprendre à deleatur qu’il y a un problème avec son comportement et fin de l’histoire. S’il s’en fout, il s’en fout, moi j’ai annoncé deux semaines et je m’en tiendrais à ces deux semaines sauf si on me donne de bonnes raisons de rajouter du temps au compteur.

            • #55029 Répondre
              JÔrage (aka deleatur)
              Invité

              FuckingFreeStyle ne serait-il pas plus simplement un mauvais joueur, attrapé à la farce de l’arroseur-arrosé ?
              Ugh !

              • #55032 Répondre
                deleatur
                Invité

                blablabla

            • #55034 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              Pourquoi faire payer aux autres le comportement de deleatur ? Qu’avons nous fait pour mériter ton courroux ? Rien !

              • #55038 Répondre
                deleatur
                Invité

                Eden Lazaridis: Ce n’est pas contre toi, c’est contre les forums favoris de François. Il n’est pas question de nier le fait que tu fais office de dommage collatéral dans cette histoire mais peut être que tu peux aussi faire entendre à deleatur qu’il y a des limites à tout et envisager que ça doit pouvoir suffire si le fond de mon problème c’est la saloperie que je reproduis au dessus.

                • #55047 Répondre
                  JÔrage (aka deleatur)
                  Invité

                  FuckingFreeStyle : le fond de ton cul et la forme de ma bite !
                  Ugh !

                  • #55177 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    L’accusation de pédophilie, ça va pas le faire mon grand. Du coup là j’ai deux trois bricoles à faire et quand j’aurais fini ma journée il sera un peu tard pour en remettre une couche mais promis, demain je m’occupe de pourrir le forum une nouvelle fois.
                    .
                    Je vais pas baisser mon froc face à une petite merde de ton genre et dans ces conditions je m’en fous pas mal de faire chier les autres.

    • #55036 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Émotion repassée plutôt que refroidie. N’est-ce pas ce que fait Letourneur dans Voyages en Italie ? Repasser par la parole (art ? fiction ?) pour rendre à ce qui a été vécue toute sa force.

      • #55052 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Sur cette réflexion je trouve que Le marin masqué est plus spectaculaire. Calmement spectaculaire, bien sûr.

        • #55057 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Le même procédé concentré sur une durée plus courte. Mais le sommet de l’émotion, pour moi, c’est le passage en 35mm et cette impression que le film ralentit en même temps qu’il s’approfondit.

          • #55060 Répondre
            deleatur
            Invité

            CCHHAAPPIITTRREEIIIIMMÉÉCCAANNIISSMMEESSEETTEENNJJEEUUXXEEVVOOLLUUTTIIFFSSDDUUSSYYSSTTÈÈMMEEDDEERREEPPRROODDUUCCTTIIOONNCCLLOONNAALLDDEEWW..AAUURROOPPUUNNCCTTAATTAA- 41 –
            I. Introduction Le but de ce chapitre est de mieux comprendre l’origine et les mécanismes des systèmes de reproduction des populations clonales de W. auropunctata afin d’en apprécier les enjeux évolutifs et leurs rôles dans le succès invasif de ces populations. Ce chapitre s’articule autour de trois articles scientifiques qui sont présentés brièvement dans une première section. Nous avons vu dans le chapitre précédent que l’asexualité au sens large du terme, peut être issue d’événements d’hybridation entre des entités génétiques distinctes (Prentis et al.2008; Judson & Normark 1996) ou d’avoir une origine infectieuse (Huigens et al. 2000) ou spontanée (Simons et al. 2003). Dans le cas de W. auropunctata, Foucaud et al. (2007a) ont trouvé des indications permettant d’écarter raisonnablement l’hypothèse d’une origine hybride. En effet, ces auteurs ont trouvé des niveaux d’hétérozygotie et des différences de tailles alléliques à des loci microsatellites similaires entre les reines des populations clonales et sexuées ce qui indique que les reines clonales ne sont pas issues d’événements d’hybridation entre des lignées génétiquement distantes. D’autre part, certains résultats de thèse de Julien Foucaud (2007b) suggèrent que Wolbachia, l’un des parasites de reproduction les plus rependus, et notamment connu pour induire la parthénogenèse chez les hyménoptères, ne joue pas de rôle primordial dans le déterminisme du système de reproduction des individus des populations clonales. Cependant ce dernier point n’a pas été formellement démontré et la présence et l’implication d’autres parasites de reproduction n’ont pas été vérifiées. Le premier objectif de ce chapitre est donc de vérifier la non-implication de cinq parasites de reproduction parmi les plus répandus, Wolbachia,Cardinium,Rickettsia,Arsenophorus et Spiroplasma, dans le polymorphisme de système de reproduction des populations de W. auropunctata. Cette étude fait l’objet d’un premier article scientifique en préparation (Article 1) présenté à la suite de cette section. Nos résultats montrent que seule la bactérie Wolbachiaest présente dans des populations de W. auropunctata.Wolbachia est notamment présente dans les populations sexuées alors que les populations clonales sont majoritairement saines. Ainsi, aucun des parasites de reproduction ne semble induire le mode de reproduction asexuée chez W. auropunctata. Nous suggérons que le patron d’infection observé résulte d’une différence écologique entre les différents types de populations (sexuées et clonales). Le deuxième objectif de ce chapitre est d’identifier les mécanismes sous-jacents aux modes de reproduction des femelles et des mâles des populations clonales. En ce qui concerne – 42 –
            la parthénogenèse femelle, les études menées jusqu’à présent n’ont pas permis de préciser les mécanismes cytologiques qui en sont responsables. Plus particulièrement, les patrons de transmission du génome observés dans les lignées femelles suggèrent un mécanisme qui, d’un point de vue fonctionnel, s’apparente, à première vue, à la parthénogenèse apomictique (i.e. sans méiose) permettant de conserver en grande partie l’hétérozygotie dans la descendance (Fournier et al. 2005; Foucaud et al. 2007a). En effet ces auteurs ont mis en évidence, à partir de 12 marqueurs microsatellites, que la majorité de l’hétérozygotie est conservée dans la lignée parthénogénétique femelle. Cependant ces mêmes auteurs ont également identifié des transitions de l’hétérozygotie à l’homozygotie ponctuelles et rares. Plusieurs mécanismes peuvent aboutir à ce résultat. Il est notamment difficile de distinguer la parthénogenèse apomictique associée à des événements de mutations et/ou de conversion génique, de la parthénogenèse automictique à fusion centrale associée à une forte réduction du taux de recombinaison génétique (voir Figure I.5. du chapitre précédent). Théoriquement, une manière élégante de distinguer ces deux mécanismes est de vérifier à l’aide de techniques cytogénétiques, la présence ou non d’événements de méiose lors de la production d’œufs parthénogénétiques. Ces méthodes se basent traditionnellement sur l’observation microscopique de gamètes dans des ovaires matures disséqués de femelles parthénogénétiques (Verma & Ruttner 1983). Cependant, dans le cas de W. auropunctata, de telles approches ne sont pas envisageables car la très grande majorité des gamètes produits par les reines parthénogénétiques sont haploïdes et utilisés pour la production d’ouvrières via la reproduction sexuée, et la production d’œufs parthénogénétiques pour la production de gynes est beaucoup moins fréquente et surtout imprévisible. Nous avons donc opté pour une solution indirecte basée sur l’étude des ouvrières produites sexuellement en testant les hypothèses suivantes. Sous un mécanisme d’automixie à fusion centrale, c’est-à-dire impliquant la méiose, associé à une réduction du taux de recombinaison, les oocytes haploïdes destinés à être fécondés pour la production d’ouvrières sont susceptibles d’être issus du même processus méiotique que les oocytes destinés à fusionner pour se développer en gynesparthénogénétiques. Dans ce cas, une réduction du taux de recombinaison est attendue au niveau du génome maternel hérité dans la descendance ouvrière des lignées clonales, relativement au taux de recombinaison mesuré dans une descendance ouvrière d’une lignée sexuée. Au contraire, sous l’hypothèse d’un mécanisme apomictique, deux processus indépendants sont alors impliqués, l’un impliquant la méiose pour la production d’oocytes destinés à être fécondés pour la production d’ouvrières et l’autre impliquant la mitose pour la production d’oocytes diploïdes pour la production de gynes apomictiques. Dans ce cas, on – 43 –
            s’attend à ce que le taux de recombinaison chez les reines clonales estimé à partir du génome hérité maternellement de leurs ouvrières ne soit pas différent de celui des reines sexuées estimé à partir de leurs ouvrières. D’un point de vue évolutif, ces deux systèmes de reproduction n’ont pas les mêmes conséquences. En effet, la parthénogenèse automictique, même associée à un mécanisme de réduction du taux de recombinaison méiotique entraine, tôt ou tard, une augmentation de l’homozygotie dans le génotype parthénogénétique. Cela peut conduire à l’expression d’allèles délétères récessifs jusqu’alors silencieux sous l’effet d’un allèle sain dominant et de ce fait induire une réduction de la valeur sélective au même titre que la dépression de consanguinité. D’autre part une baisse de recombinaison associée à un mécanisme d’automixie, qui affecte également la descendance ouvrière produite sexuellement, permet la transmission de complexes d’allèles co-adaptés au sein d’un même chromosome dans la descendance ouvrière. Il est intéressant de noter que la distinction entre les deux mécanismes peut également nous renseigner sur la fréquence d’émergence de la parthénogenèse. En effet, l’apomixie est un mécanisme cytoplasmique qui requiert des changements évolutifs a priori complexes ce qui impliquerait que l’émergence de la parthénogenèse chez W. auropunctata est un phénomène plutôt rare. Au contraire, l’automixie, du fait de la conservation des mécanismes méiotiques, est considérée comme étant la transition de la sexualité vers l’asexualité la plus simple à mettre en œuvre (Schwander & Crespi 2009). Dans ce cas, il est probable que la parthénogenèse puisse apparaître régulièrement dans les populations de W. auropunctata. Cette étude a fait l’objet d’un article scientifique paru en 2011 (Article 2). Nos résultats indiquent que les reines des populations clonales produisent une descendance de gynes (i.e. reines non fécondées) par parthénogenèse automictique à fusion centrale associée à une réduction du taux de recombinaison méiotique. Cette réduction du taux de recombinaison affecte également les ouvrières produites sexuellement. Enfin ; l’étude de l’androgenèse des mâles est primordiale pour comprendre les enjeux évolutifs du système de reproduction clonal de W. auropunctata dans son ensemble. L’androgenèse est définie comme étant la production d’une descendance ne contenant que le génome nucléaire du parent mâle. Ce mode de reproduction permet donc aux mâles d’utiliser un œuf d’une femelle sans que celle-ci ne contribue au génome de la descendance. De ce fait, des auteurs considèrent l’androgenèse comme étant un phénomène de parasitisme des œufs de la part des mâles (Hedtke et al. 2008). Ce mécanisme est le principal mode de reproduction pour un faible nombre d’espèces appartenant à des groupes taxonomiques très différents. Ce – 44 –
            phénomène a été observé dans des populations naturelles de quatre espèces de praires d’eau douce hermaphrodites du genre Corbicula (Komaru et al. 1998; Byrne et al. 2000; Qiu et al.2001), dans un complexe d’hybrides de phasme du genre Bascillus et dans le règne végétal, chez le cyprès hermaphrodite du sahara Cupressus dupreziana (Pichot et al. 2001).Récemment, ce phénomène a également été identifié dans des populations de deux espèces de fourmis, chez la petite fourmi de feu, W. auropunctata (Fournier et al. 2005) et plus récemment chez Paratrechina longicornis (Pearcy et al. 2011), et suspecté mais non confirmé chez la fourmi Vollenhovia emeryi (Ohkawara et al. 2006). Dans la mesure où ce mode de reproduction est apparu dans des groupes taxonomiques très divergeants, il est très probable que différents mécanismes en soient à l’origine et que ceux-ci n’aboutissent pas aux mêmes conséquences évolutives. Chez C. dupreziana, l’androgenèse semble résulter d’une apomixie mâle. Les embryons androgénétiques peuvent également se développer dans le tissu nourricier d’une graine d’une espèce sœur (Pichot et al. 2001). Dans le règne animal il semble que dans la plupart des cas, un mécanisme d’exclusion du génome maternel soit impliqué (McKone & Halpern 2003). Dans le cas des praires du genre Corbicula, les gamètes mâles possèdent un génome non-réduit semblable aux cellules somatiques des adultes (Komaru et al. 1997), résultant probablement de processus de divisions cellulaires améiotiques (i.e. apomixie). Il semble que lors de la fécondation, le génome nucléaire maternel soit exclu du zygote dans deux globules polaires (Komaru et al. 1998; 2000). Chez les phasmes du genre Bascillus les mâles diploïdes produisent des gamètes haploïdes ce qui implique un mécanisme de reploïdisation du zygote pour la production d’une descendance androgénétique diploïde. Le mécanisme le plus parcimonieux ayant été proposé pour expliquer la re-diploidisation du zygote implique la pénétration et la fusion de deux gamètes mâles dans un oocyte vidé de son bagage génétique nucléaire maternel (Tinti & Scali 1996; Mantonovi 1999). Mâles et femelles peuvent résulter d’un tel mécanisme bien que certains de ces hybrides ne semblent pouvoir produire que des descendants mâles (Tinti et al. 1995). Les conséquences évolutives de l’androgenèse sont encore mal connues. En fait, jusqu’à présent, une seule étude théorique a tenté de décrire les enjeux évolutifs d’un tel système de reproduction (McKone & Halpern 2003). Cette étude ne concerne que les espèces diploïdes et tente de modéliser le devenir d’une mutation androgénétique dans une population en fonction i) du mode de reproduction des organismes dans lesquels cette mutation apparaît (i.e. hermaphrodite ou dioïque), ii) du mécanisme sous-jacent au mécanisme d’androgenèse (i.e. apomixie, fusion de plusieurs gamètes males, dédoublement d’un génome haploïde), iii) – 45 –
            de la dominance ou de la récessivité de la mutation, et iv) de quel sexe est hétérogamétique dans la population initiale. Dans cette étude, l’émergence de l’androgenèse aboutit souvent à la fixation de la mutation associée dans la population et à l’extinction des populations (McKone & Halpern 2003). Les populations qui conserveraient la capacité d’une reproduction femelle seraient logiquement plus épargnées de l’extinction. Dans le cas des espèces qui présentent un système de reproduction qui s’éloigne d’un système diplo-diploïde, les mécanismes et les conséquences évolutives de l’androgenèse n’ont pas été traités par des modèles théoriques et demeurent de ce fait encore inconnus. Dans le cas des hyménoptères, et des insectes sociaux en particulier, les reproducteurs n’ont pas le même état de ploïdie; les femelles reproductrices diploïdes sont produites par reproduction sexuée, une partie de la descendance diploïde produite sexuellement ne se reproduit généralement pas (i.e. ouvrières) et les mâles, haploïdes, se développent par arrhénotoquie à partir d’un œuf non fécondé. La transmission du génome des mâles n’est assurée que par la production de femelles reproductives par reproduction sexuée, les ouvrières diploïdes étant stériles. Chez les espèces de fourmis pour lesquelles des événements d’androgenèse ont été identifiés, deux mécanismes hypothétiques qui s’opposent ont été proposés pour expliquer l’androgenèse à partir des études menées sur W. auropunctata. L’androgenèse dans cette espèce a été identifiée dans certaines populations initialement en 2005, à partir d’une étude de génétique des populations (Fournier et al. 2005). Dans cette espèce, l’androgenèse est étroitement liée à la parthénogenèse thélytoque des reines alors que les ouvrières qui sont stériles sont produites sexuellement (Fournier et al. 2005; Foucaud et al. 2007a; 1010 ; mais voir Foucaud et al. 2006). Cela semble également être le cas dans les deux autres espèces de fourmis pour lesquelles l’androgenèse a été identifiée ou suspectée. La parthénogenèse thélytoque aboutissant à la production d’une descendance femelle uniquement pourvue du génome maternel et les ouvrières étant stériles, Fournier et al. (2005) ont suggéré que l’androgenèse est une réponse adaptative des mâles pour contrecarrer l’effondrement de leur valeur sélective (réduite à zéro) du fait de l’émergence de la thélytoquie, s’engageant ainsi dans une «guerre des sexes». Ces auteurs ont suggéré un mécanisme d’élimination du génome maternel par le génome mâle lors de la fécondation. Cependant, Foucaud et al. (2007a) ont apporté plusieurs arguments à l’encontre de cette hypothèse. Ces auteurs considèrent notamment que sous ce scénario, les ouvrières qui sont produites sexuellement devraient également être affectées par le conflit génomique entre les sexes. Or, les ouvrières sont produites en large excès par rapport aux individus reproducteurs et notamment par rapport aux – 46 –
            mâles ce qui va à l’encontre d’un tel scénario. Ces auteurs ont donc suggéré que l’androgenèse pouvait être un trait femelle, notamment par la production d’œufs anucléés. Depuis aucune étude spécifique, impliquant notamment des croisements réciproques entre lignées clonales et sexuées, n’a été menée pour tenter de distinguer entre ces deux hypothèses principales (i.e. contrôle de l’androgenèse mâle ou femelle). C’est le sujet du troisième article qui compose ce chapitre (Article 3). Nos résultats suggèrent que l’androgenèse n’est pas un trait caractéristique des mâles mais au contraire, est contrôlé par les femelles parthénogénétiques. Dans le cas de W. auropunctata, nous considérons donc que l’androgenèse n’est pas un mécanisme de parasitisme d’œufs par les mâles mais plutôt une capacité des femelles à «kidnapper» un génome mâle dans la lignée clonale, pour la production d’ouvrières produites sexuellement. – 47 –
            INTRODUCTION Endosymbiotic bacteria, as other cytoplasmic elements, are transmitted vertically and their fitness is hence tightly linked to their hosts’ reproduction. Some of them behave as reproductive parasites by altering the breeding system of their host so that the number of infected daughters produced by an infected female exceeds the average production of daughters per uninfected female (Rousset 1992). Investigations in thefield of reproductive parasitism have long been biased towards Wolbachia. This is logical, to some extent, given that this endosymbiont is the most widespread endosymbiotic bacteria within arthropods (Jeyaprakash & Hoy 2000; Werren & Windsor 2000). To date, this bacterium was found to induce four major classes of breeding system manipulation: cytoplasmic incompatibility (CI; Breeuwer 1997), feminisation ofgenetic males (F, Rousset et al. 1992), male killing (MK; Hurst et al. 1999) and induction of thelytokous parthenogenesis (P), the latter effect being specific to hymenopteran hosts (Stouthamer et al. 1999). In particular, the induction of parthenogenesis by Wolbachia occurs through a post-meiotic modification known as gamete duplication resulting in the production of a complete homozygous offspring (Stouthamer 1994). Finally, this reproductive parasite was also found to be obligate for oogenesis in the parasite wasp Asobara tabida (Dedeine et al. 2001). Since recently, other endosymbiotic bacteria are receiving increasing attention. Cardinium was found to induce the same four major phenotypic effects (i.e. CI, F, MK, P) in a variety of host species (reviewed in Duron et al. 2008). Hagimori et al. (2006) demonstrated that Rickettsia was also able to induce parthenogenesis in a hymenopteran species. This endosymbiont was already known to be associated with male killing in a buprestid beetle (Lawson et al. 2001). Finally, other bacteria from the genus Arsenophonusand Spiroplasma seem specialised in male killing within their hosts (reviewed in Duron et al. 2008). All of these reproductive parasites lead to biases in reproductive schemes beneficial for infected femalesand therefore may have drastic effects on the evolutionary dynamics of their hosts. It is therefore crucial to investigate the presence and the potential role of reproductive parasites in organisms that present peculiar breeding systems. The little fire ant, Wasmannia auropunctata, has been both recognized to display a fascinating polymorphism in breeding system and a tremendous invasive success worldwide (Wetterer & porter 2003; Foucaud et al. 2007; 2010). In some populations (hereafter called “sexual populations”), queens and males are produced following a classical haplo-diploidscheme where diploid females (i.e. queens and sterile workers) are produced sexually and haploid males develop from haploid eggs through arrhenotoky. Some populations (hereafter called “clonal populations”) emerged recurrently from these sexual populations, inwhich reproductives display a peculiar breeding system: queens use thelytokous parthenogenesis and sexual reproduction in a conditional manner to produce gynes (i.e. unfertilised queens) and (sterile) workers respectively(Fournier et al. 2005; Foucaud et al. 2010). A recent study revealed that gynes are produced via automictic parthenogenesis with central fusion (Rey et al. 2011). Moreover, contrary to other species in which queens reproduce by thelytoky, unmated queens were found to be unable to lay viable eggs (Foucaud et al. 2010). The production of parthenogenetic eggs, irrespective to their ploidy level (i.e. haploid or diploid), seems therefore strictly dependent on the fertilisation process. Finally, female parthenogenesis is tightly associated to male clonality (Fournier et al. 2005, Foucaud et al. 2009; 2010). The genome of males is also transmitted clonally via maternal eggs through a mechanism yet unresolved. To our knowledge no study has investigated the role of endosymbiotic organisms in this peculiar clonal breeding polymorphism. If endosymbiotic organisms are in fact involved in the breeding system of W. auropunctata, the expectation of infection pattern would be an excess of infection within clonal against sexual populations. Interestingly, the breeding system polymorphism among W. auropunctata populations is strongly associated to the habitat used by populations and their invasive status. Indeed, while native non-dominant populations are mostly sexuals, native dominant and invasive introduced populations are all characterised by the clonal breeding system (Orivel et al. 2009; Foucaud et al. 2009; 2010). As a matter of fact, loss of parasites is frequent during invasion processes (Torchin et al. 2003). In this respect, the loss of manipulator endosymbiotic bacteria in invasive populations is common in ant species (e.g. Shoemacker et al. 2000; Tsuitsui et al. 2003; Reuter et al. 2005; Yang et al. 2010). From an invasion scenario perspective the expectation of infection pattern would therefore be at the opposite from the expectation under endosymbiontic manipulation hypothesis, that is clonal invasive populations being free and sexual native populations infected by endosymbionts. In this context, we investigated the infection status among and within sexual native and clonal invasive populations of W. auropunctata for five known reproductive parasites, Wolbachia, Arsenophonus, Cardinium, Rickettsia and Spiroplasma ixodetis in order to determine the driving force of infection pattern (i.e. reproductive system versus invasion process) in this species. MATERIAL AND METHODS Screening for endosymbiotic bacteria We used specific PCR-amplification to investigate for the presence of Wolbachia, Cardinium, Arsenophonus,Rickettsia and Spiroplasma ixodetis on 86 individuals from a set of 43 nests covering most of the distribution area of W. auropunctata including its native and introduced range (Table 1). Twenty two of the 43 nests belonged to W. auropunctata’s native area. Based on previous studies, 11 were known to be clonal and 11 to be sexual (Foucaudet al.2009). The other 21 nests belonged to the introduced rangTable 1: W. aruonpunctata populations sampled from the native and introduced area for the broad screening of the five endosymbiotic bacteria. and were all known to be clonal (Foucaud et al. 2010). When possible, a queen and a worker from each nest were screened. In nests in which no queens were sampled, two workers were screened (Table 1). The total genomic DNA was extracted from all individuals following a standard CTAB protocol. We performed PCR-based screening using a protocol modified from Shoemaker et al.’s study (2000) for Wolbachia (see supplementary material), and following the protocols described in Duron et al. (2008) for the four other endosymbionts. We used an arthropod specific DNA fragment of the EF1 gene on W. auropunctata to serve as an internal control of DNA extractions and PCR quality using the universal primerset trs4F / trs9R (Ward et al. 2005). PCR products were then loaded and electrophoresed in 1.5 % aggarose gels and finally visualised under UV illumination after a staining in an ethidium bromide solution. Wolbachia additional specific screening Based on our first screening, we detected the presence of Wolbachia in several individuals (see results). We therefore extended our screening of Wolbachia on a larger dataset to better appreciate the distribution of this endosymbiont among and within populations (hereafter called the ‘Wolbachia additional specific screening’). Together with individuals screened previously, a total of 203 queens and 394 workers originating from 261 and 174 nests respectively from 60 populations were screened following the same protocol as detailed in the screening for endosymbiotic bacteria section. We estimated the prevalence of Wolbachia within populations in the queen and worker castes based on this Wolbachia additional specific screening. The prevalence within a population was simply the number of infectedindividuals of a given caste on the total of individuals of the same caste screened in the population. To indirectly test whether Wolbachia is involved in the breeding system polymorphism of W. auropunctata we tested for statistical association between the breeding system within nests (i.e. sexual or clonal) and the infection status (i.e. presence or absence of Wolbachia) of individuals within the nests. Nests with at least one worker infected were considered as infected, and nests in which all individuals were Wolbachia-free were considered as non-infected. The association was – 50 –
            ested using a Fisher’s exact test (Fisher 1922) and the measure of the strength of this association was assessed conducting a Cramer’s V statistic (Cramer 1946). In ants, the prevalence of Wolbachia within nests in the sterile workers caste (dead-end host) may vary from one nest to another (Russell 2011). We therefore specifically estimated the prevalence of Wolbachia within nests by screening 120 additional workers originating from eight distinct nests (i.e. 20workers per nests). Four of these eight nests were known to be sexual and the other four were known tobe clonal. The four sexual nests originated from two populations established in the primary forest, one inFrench Guiana (FG2) and one in Brazil (BR1) and were found to be infected by Wolbachia in the Wolbachia additional specific screening. Two of the four clonal nests originated from the native range, one from French Guiana (FG11) and the other from Brazil(BR4) and the two others originated from the introduced range, from Australia (AU1) and from New Caledonia (NC3). Based on the previous Wolbachia additional specific screening, two of these clonal nests were known to be infected by Wolbachia (AU1 and BR4) and the two others were estimated to be Wolbachia-free (i.e. FG11 and NC3). Genetic characterisation of the Wolbachia strainsA phylogenetic analysis was performed to assess the position of the strains of Wolbachia detected in W. auropunctata individuals. To this aim, we sequenced a fragment of the wsp gene on 74 individuals from 17 populations (see the above “screening of endosymbiotic bacteria” section for PCR amplification details). PCR products were then purified and sequenced on an ABI 3730 DNA sequencer (Applied Biosystems). Individual electropherograms were checked for eventual errors using the Seqscape software (Applied Biosystems). Our phylogenetic analysis was performed on unique haplotypes (i.e. five haplotypes). We added to this sequence matrix, 21 wspsequences of some Wolbachia strains infecting other ant species. Because ant species are generally known to be infected by strains from the phylogenetic supergroups A and B (Stouthamer et al. 1999; Lo et al.2002), our set of reference sequences comprised nine and twelve haplotypes from these two supergroups respectively. A wsp sequence from the supergroup D was used to root the tree (Wsp ST-35). All sequences were aligned using clustalW (Thompson et al. 1997). A phylogenetic tree was constructed in MEGA v. 4 (Tamura et al. 2007) using the neighbour-joining method with Kimura two-parameter distance measure (Kimura 1980). Bootstrap analysis was performed with 1,000 replicates. Some rare clonal populations were found to be infected by the same Wolbachia strain than most of sexual populations according to our phylogeny based on the wsp gene (see results below). Despite its extensive use in many studies, the wsp gene was found to be under strong diversifying selection and to undergo extensive recombination both within and between strains (Jiggins et al. 2001; Baldo et al. 2006; Baldo & Werren 2007). As a result, Wolbachia from different clusters might share similar wsp sequences (Baldo & Werren 2007). To verify whether these clonal populations actually share the same strain with sexual populations, we conducted an additional analysis on a small subset of 12individuals from both sexual and clonal populations (See Figure 1) based on the multilocus sequence typing approach (MLST). This method is based on an unambiguous procedure for characterising strains of Wolbachia using the allelic profile at five conserved genes as molecular markers to genotype a strain (i.e. GatB, FbpA, CoxA, FtsZ and HcpA; Baldo et al. 2006). We amplified and sequenced fragments of these five genes following Baldo et al.’s protocols (2006). The allelic profile of each strain was then compared with identified strains in the MLST database (http://pubmlst.org/wolbachia/). RESULTS Screening of endosymbiotic bacteria Among the five main endosymbiotic bacteria screened in the present study (i.e. Wolbachia, Cardinium, Arsenophorus, Rickettsia and Spiroplasma ixodetis), Wolbachia was the only one detected in the sampled wild populations of W. auropunctata. Our Wolbachia additional specific screening revealed a strong association between the reproductive system within W.auropunctata’s nests and the infection status of individuals by Wolbachia (2= 143.24; p – value < 0.001; Cramer’s V = 0.74). The mean prevalence within sexual populations was 1 and 0.99 within the queen andworker castes respectively (Table 2, 3). In the 39 sexual nests in which queens were sampled, all 46 sexually reproducing queens as well as all workers were infected by Wolbachia. However, we found four workers originating from two sexual nests that were Wolbachia – free. These workers belonged to two nests from populations of French Guiana (FG2, FG5; Table 1) in which no queens were sampled for these nests. Note that two others screened workers from the nest of the FG2 population were found to be infected while the other worker from FG5 was alsoWolbachia-free. In clonal populations, the mean prevalence within populations was 0.14 and 0.13 within the queen and worker castes respectively (Table 2, 3). We found that 131 of the 157 clonal queens (i.e. 83.4 %) from the 135 sampled nests were Wolbachia-free irrespective to their origin (i.e. from the native or invasive range). All workers from these clonal nests were also non-infected. A total of 35 infected clonal queens were found within 23 nests of the native range in two Brazilian populations and twelve nests in the introduced range in Australia and in the Vanuatu Island. Workers from these populations were also all infected. Finally, five workers from a unique nest originating from Florida (U.S.A) were all infected by Wolbachia. No queen was sampled in this Floridian nest. The prevalence of Wolbachia infection within nests matches a binary pattern. The 20 workers sampled from infected sexual and clonal nests were all infected. On the contrary, workers from the two Wolbachia-free clonal nests were all non-infected (data not shown). – 52 -exually reproducing queens. The induction of oogenesis is therefore also unlikely to explain the infection pattern observed in W. auropunctatapopulations. The stricking association between the breeding system and the infection status of individuals within nests might rather results from ecological / environmental confounding effects that differentiate sexual and clonal populations other than their breeding system itself. In particular, reproductive system is strongly associated to the invasive status of W. auropunctata (Foucaud et al.2009). The loss of endosymbiotic bacteria in invasive populations is common in ant species (Shoemaker et al. 2000; Tsutsui et al. 2003; Reuter et al. 2005) and several hypotheses were proposed to explain this loss: i) Wolbachia can be eliminated through drift during introduction if all founders were un-infected. ii) Wolbachia can be lost in invasive populations after the introduction through drift or selection. In the case of W. auropunctata, we consider both of these explanations to be unlikely because invasive clonal populations have recurrently emerged from sexual populations (Foucaud et al. 2007) and none of all the sexually reproducing queen were found to be Wolbachia-freesuggesting that the emergence of uninfected sexual populations may be extremely rare. Furthermore, the prevalence within populations and within nests was found to be fixed in all sexual populations suggesting that vertical transmission of Wolbachia is almost if not perfect. It is therefore unlikely that Wolbachia could have been lost in invasive population through the unique mean of drift. Interestingly, the invasive status of W. auropunctatapopulation was found to be strongly associated with an important habitat change (Foucaud et al. 2009). We here propose two non-exclusive alternative hypotheses based on ecological features relative to this habitat change to explain the infection patternin W. auropunctata populations. Clonal populations might have lost Wolbachia by natural heat treatment. Indeed, while non-invasive sexual populations are established in primary forests, clonal populations settle in human perturbed areas. In this respect, Orivel et al. (2009) reported clear abiotic differences in habitats occupied by both types of populations. Human-modified habitats invaded by clonal populations are hotter and drier than the primary forests. Moreover, Foucaud et al. (submitted) have shown that clonal populations are adapted to these abiotic conditions allowing workers to tolerate temperatures as high as 36°C while the mortality rate in workers from sexual populations reach near 40% at this temperature. Furthermore, Wolbachia is known to be sensitive to hot temperature and heat treatments are commonly used to remove it from hosts for experimental purposes. Classically these treatments require rearing hosts’ larvae at 33°C to 35 °C for few days to several generations (Wright & Wong 1980, Van Opijnen & Breeuwer 1999). While in primary forests these temperatures are seldom reached, they are commonly surpassed in human-modified habitats occupied by clonal populations (Orivel et al. 2009). Under this scenario, the loss of Wolbachia in most introduced populations of W. auropunctata is consistent with predictions of the enemy-release hypothesis (Torchin et al. 2003). Assuming that Wolbachia induces physiological costs to infected individuals in sexual populations (e.g. reduction of fecundity, adult survival and locomotor performance; Fleury et al. 2000; Wenseleers et al. 2002; but see Bouwma & Shoemaker 2011), the loss of Wolbachia this might in part explains the success of Wolbachia-free invasive clonal populations compared to their ancestral sexual relatives (Orivel et al. 2009). A second hypothesis is that Wolbachia might have been lost in clonal populations through selection relaxation and/or counter-selection against infected individuals. Recent studies suggest that Wolbachiaprotect their Drosophila hosts against RNA viruses (Hedges et al. 2008, Teixeira et al. 2008), and might promote up regulation of immunity-gene expression in mosquitoes thus reducing their loads of Plasmodium and filarial nematodes (Kambris et al. 2009, 2010). Additionally, although no direct evidence exists, somecorrelations between infection status and prevalence of virulent RNA viruses within Solenopsis invicta wild nests suggested that Wolbachia might also play this defensive role in ant species (Valles & Hashimoto 2009; Yang et al. 2010). In the case of W.auropunctata, sexual populations are established in primary forests in which biotic pressures are likely to be more important than those undergone by clonal populations established in human perturbed areas (see Orivel et al. 2009). In such case, one might expect that while the defensive Wolbachia strains are selectively maintained in sexual populations, despite a probable physiological cost thedecrease in biotic pressure in human-modified habitats would lead to the loss of Wolbachia through selection relaxation and/or through selection. Furthermore, ifWolbachia promote protection against pathogens, all individuals from infected nests including sterile workers considered as dead-end hosts are expected to be almost if not all infected. Interestingly, all workers within sexual nests were found to be infected; a pattern contrastingwith the expected low prevalence of the bacteria in this dead-end sterile host offspring. Despite this strong association between the breeding system and the infection status of individuals,some rare clonal nests were found to be infected by the Wolbachia. Interestingly, infected clonal nests from the native area (i.e. BR3 and BR4 in Brazil; Table 2, 3) were found in some particular habitats. Both Brazilian nests were sampled in recently abandoned plantations where all human activity was stopped since at least 10 years. In those peculiar sites, environmental conditions are differentfrom those of the typical habitat where clonal – 56 –
            populations are usually found and rather would approximate to those found in native forests habitats (data not shown). This result strengthens the idea that environmental / ecological effects maydrive the infection status of individuals of W.auropunctata’s nests. Several infected individuals were also found in some introduced populations established in Florida, Australia and in the Vanuatu Islands, all of them being infected by the same strain (SinvA). It was recently reported that Australia and Vanuatu Islands were characterised by the same single maternal clonal genotype and therefore most probably originated from the same unknown source population (Foucaud et al. 2010). This result is strengthens by the fact that these populations share the same mitochondrial haplotype (Rey et al.submitted). In the latter study, Florida was also found to share the same mitochondrial haplotype. Furthermore, the maternal clonal microsatellite genotypes in the Floridian populations are closely related to the genotype characterizing the oceanianpopulations (i.e. Australia, Vanuatu Islands, Foucaud et al. 2010; Rey et al. submitted). Although all together these results are not sufficientto assert that Oceania populations originate from Florida, it seems reasonable to hypothesize that populations from Florida and Oceanic Islands share at least a close ancestral maternal clonal lineage. The infection pattern of Wolbachia observed in the present study is in agreement with this hypothesis. Indeed, the populations from Florida, Vanuatu Islands and Australia are infected by the same Wolbachia strain. One hypothetical scenario to explain the infection pattern of these populations would then be that Wolbachia was already present in the original populations that have invaded Florida on one hand and Australia and Vanuatu on the other. Alternatively, Florida is the geographical source of invasive populations from Australia and Vanuatu and populations established in Florida were originally Wolbachia-free like all other invasive populations screened in the present study, and underwent a secondary infection locally before transportation to the pacific Islands. In agreement with this, although Wolbachia are more often vertically transmitted, some evidences indicated that Wolbachia may also benefit from horizontal transmissions between hosts via common food sources (Huigens et al. 2000) and between parasitoids and their hosts (Vavre et al. 1999). In this respect, horizontal transfers were suspected in some populations of Solenopsis invicta in North America and especially in Florida (Jeyaprakash & Hoy 2000). In conclusion, this study revealed that none of the reproductive parasite screened in the present study out of Wolbachia infect wild populations of W. auropunctata. This result strengthens the previous findings suggesting that queen thelytokous parthenogenesis in this species is under a genetic determinism (Foucaud et al. 2006). The infection pattern of Wolbachia in wild populations of W. auropunctataechoes with previous studies revealing a loss of Wolbachia in invasive populations (e.g. Shoemacker et al. 2000; Tsuitsui et al. 2003; Reuter et al. 2005; Yang et al. 2010). The most likely explanation is that this loss resulted from a shift in habitat of invasive populations through natural heat treatment and / or selection relaxation. This latter hypothesis assuming both a defensive effect and/or a physiological cost induced by Wolbachia in sexual populations, it would be of interest to experimentally verify those hypothetical phenotypic effects in the most common Wolbachia strain found in sexual populations. Finally we found that invasive populations harbour the same strain than those infecting other invasive ant species. This suggests that these populations have undergone a secondary infection and hence reinforces the view that horizontal transmission of Wobalchia may be possible in ants. ACKNOWLEDGEMENT This work was supported by grants from the French Ministère de l’Ecologie et du Développement Durable(ECOTROP programme) awarded to AE and from the French Agropolis foundation (RTRA- Montpellier, BIOFIS project 1001-001) to AE and BF. Some of the data analysed here, including the genetic data in particular, were generated at the molecular geneticanalysis technical facilities of the Environment and Biodiversity IFR 119 at Montpellier (France). REFERENCES Adachi-Hagimori T., Miura K., and Stouthamer R. 2008. A new cytogenetic mechanism for bacterial endosymbiont-induced parthenogenesis in Hymenoptera. Proc R Soc B-Biol Sci 275:2667-2673. Baldo L., Hotopp J.C.D., Jolley K.A. et al. 2006. Multilocus sequence typing system for the endosymbiont Wolbachia pipientis. Appl Environ Microb 72:7098-7110. 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            • #55061 Répondre
              JÔrage (aka deleatur)
              Invité

              FuckingFreeStyle : encore un effort golmon, il y a plusieurs pétas octets pour te défoncer la gueule dès cette nuit !
              Ugh !

              • #55064 Répondre
                deleatur
                Invité

                sexuality may also have other evolutionary advantages. Ina relatively uniform environment with few biotic interactions,asexuality facilitates the conservation of favorable coadaptedallelic interactions over time (Burger 1999;Neiman andLinksvayer 2006), whereas sexual reproduction breaks upboth interchromosomal (i.e., via segregation) and intrachro-mosomal (i.e., via recombination) allelic associations. Thisadvantage applies to strictly asexual lineages, but asexualityoccurs in highly diverse forms.Thelytokous parthenogenesis (i.e., thelytoky) is thedevelopment of a female individual from an unfertilizedegg. Two main types of thelytoky, defined cytologically,are recognized (Suomalainen 1950 inSuomalainen 1962):ameiotic (i.e., apomictic) and meiotic (i.e., automictic).Apomictic thelytoky generates offspring that are strictlygenetically identical to the parent (barring mutationsand gene conversions), thus maintaining overall levels ofheterozygosity. By contrast, meiosis, and hence recombina-tion, occur in automictic thelytoky. A process for restoringdiploidy in the resulting reduced oocytes is thereforerequired. Two such processes are known, each with differ-ent genetic consequences. First, diploid restorationthrough gamete duplication leads to the complete lossof heterozygosity, thus erasing genetic diversity in theresulting offspring. There are only a few known examplesof this mechanism in nature, generally in insects, and inmost cases, this situation has been shown to result frommanipulation by endosymbiotic bacteria, such asWolbachia(e.g.,Stouthamer and Kazmer 1994;Gottliebet al. 2002). Second, diploidy may also be restored bythe fusion of two reduced oocytes. If both oocytes arisefrom the same nucleus (i.e., terminal fusion), global hetero-zygosity is lost throughout the genome. However, recom-bination events during the first meiotic division mayconserve some heterozygosity, particularly for loci far fromchromosomal centromeres. If oocytes from different nucleifuse (i.e., central fusion), overall heterozygosity should beconserved, except at loci far from the centromeres, whichare affected by recombination (fig. 1A). Regardless of thecytological mechanism underlying automixis describedabove, the offspring displays a partial, or total loss ofheterozygosity, which may lead to inbreeding depression(Engelsta ̈dter 2008). There is a peculiar mode of automicticparthenogenesis, the premeiotic doubling mechanism,which preserves overall heterozygosity in the resulting off-spring. In this case, a premeiotic doubling of chromosomesis achieved through endomitosis, and the number of chro-mosomes is subsequently reduced through meiosis. Duringthe first division of meiosis, all chromosomes pair with theirgenetically identical counterpart eliminating the effect of re-combination during pairing. As a result, the four resultingdaughter cells are diploids and all identical to the mothercell (i.e., overall heterozygosity is preserved baring mutationsand gene conversions). As for apomixy, the mechanism ofpremeiotic doubling only gives rise to diploid gametesand was described in species were females solely reproduceunder parthenogenesis (e.g.,Terhivuo and Saura 2006;Luteset al. 2010). Because of its similarities with apomixis with re-spect to genomic outcomes (i.e., diploid resulting oocytes,preservation of overall heterozygosity), this peculiar modeof automictic parthenogenesis was classified as a specificcase of apomixy in some studies (van Wilgenburg et al.2006). We will hence hereafter use the term ‘‘apomixy’’ torefer to both standard apomictic parthenogenesis (i.e., mi-totic parthenogenesis) and premeiotic doubling.In some species, reproductive modes are a combinationof both sexual and parthenogenetic reproduction. In socialinsects, males are classically haploid and develop fromunfertilized reduced oocytes through arrhenotokousparthenogenesis, whereas diploid females are producedsexually (Crozier and Pamilo 1996). There is generallya reproductive cast (i.e., queens and males) responsiblefor reproduction, whereas the workers share the tasksnecessary for the maintenance of populations. Automicticthelytoky with central fusion has recently been demon-strated in some individuals from three different socialinsect species. In the antCataglyphis cursor, queens takeadvantage of the caste organization to benefit from theFIG. 1.Hypothetical cytological mechanism of parthenogenesis in queens displaying the ability to use parthenogenesis conditionally for theproduction of gynes and sexual reproduction for the production of workers. In (A), the queen lineage is automictic, and there is only onemeiotic process for producing oocytes, which then either fuse together to generate parthenogenetic gynes or are fertilized by male gametes forthe sexual production of workers. In (B), the queen lineage is apomictic, and the cytological mechanism of queen parthenogenesis isindependent of the meiosis used to generate oocytes for fertilization by male gametes.Rey et al.·doi:10.1093/molbev/msr082MBE2592- 62 –
                dvantages of both sexual and asexual reproduction(Pearcy et al. 2004, 2006). Queens make use of automicticthelytoky with central fusion to produce female reproduc-tive individuals (i.e., gynes), thus increasing the transmis-sion of their own genes to production of the ‘‘germline’’lineage, whereas they use sexual reproduction to produceworkers, thereby increasing the genetic diversity of the ‘‘so-matic’’ lineage.Cataglyphis cursorqueen lineages would beexpected to suffer a progressive loss of heterozygosity, dueto the frequent recombination events associated with au-tomictic thelytoky with central fusion.Pearcy et al. (2004,2006) argued that the maintenance of populations overtime implies the continual replacement of queens by sex-ually produced parthenogenetic queens or nonsterile work-ers (i.e., pseudoqueens). In the Cape honeybee,Apismellifera capensis, pseudoqueens produce new queensby automictic thelytoky with central fusion (Verma andRuttner 1983).Baudry et al. (2004)demonstrated a genet-ically controlled mechanism for reducing the frequency ofrecombination events during pseudoqueen meiosis. Thisprocess avoids the loss of heterozygosity resulting fromthelytoky with central fusion automixis and is thoughtto provide pseudoqueens with a means of limiting inbreed-ing depression in the resulting queen offspring. A similargenetically controlled mechanism for reducing the recom-bination associated with thelytoky has been suggested inthe ponerine ant,Platythyrea punctata(Kellner and Heinze2011).Thelytoky has also been demonstrated for queens of somenative and all invasive populations of the little fire ant,Was-mannia auropunctata(Fournier, Estoup, et al. 2005;Foucaudet al. 2007,Foucaud, Estoup, et al. 2009). These populations(hereafter referred to as ‘clonal’ for the sake of simplicity;Fou-caud et al. 2007) are found almost exclusively in ecologicalenvironments disturbed by human activity (e.g., plantations,open quarry). Molecular studies have indicated that thesepopulations probably emerge recurrently from populationsdisplaying classical sexual haplo-diploid reproduction (hereaf-ter referred to as ‘sexual’;Foucaud et al. 2007). Unlike clonalpopulations, sexual populations are found principally in pri-mary forests. The specific ecological features of clonal popu-lations, differentiating them from sexual populations, suggestthat clonality may play a major role in the invasive potential ofW. auropunctatapopulations (Foucaud, Orivel, et al. 2009,2010;Orivel et al. 2009). As inC. cursor, the clonal queensofW. auropunctatause thelytoky and sexual reproductionin a conditional manner, to produce gynes and workers,respectively.W. auropunctatais unusual among thelytokousspecies, in that queen thelytoky is closely associated withandrogenesis (i.e., the production of haploid sons strictly iden-tical to their father baring mutations;Fournier, Estoup, et al.2005;Foucaud, Estoup, et al. 2009). Moreover, contrary toother species in which queens reproduce by thelytoky, un-mated queens ofW. auropunctata(irrespectively to their re-productive system) were found to be unable to lay viable eggs(Foucaud, Estoup, et al. 2009). Hence, the production of par-thenogenetic eggs by clonal queens seems strictly dependenton the fertilization process.The underlying mechanism of thelytoky inW.auropunctataqueens has yet to be demonstrated convincingly. In a recentstudy,Foucaud, Estoup, et al.(2009) observed a limitednumber of transitions from heterozygosity to homozy-gosity during female thelytoky. However, it was not possi-ble, based on the results of this study, to discriminatebetween apomixis with few gene conversion events andautomixis with central fusion associated with a loss of re-combination, as described in Cape honeybee workers. Thegenomic consequences of these two mechanisms maydiffer considerably in the sexually produced worker off-spring. Under apomixis (and premeiotic doubling), the pro-duction of diploid unfertilized eggs destined to developinto gynes would be independent of the production of hap-loid oocytes destined to be fertilized for the production ofworkers (fig. 1B). By contrast, if automixis occurs, oocytesdestined to develop into queens (fusion of two maternaloocytes) or workers (fertilization of oocytes by sperm)may follow the same process of meiotic division. In partic-ular, oocytes with different fates might originate from thesame first meiotic division, during which potential meioticrecombination events occur (fig. 1A). In this case, sexuallyproduced workers hatching from eggs laid by clonal queenswould be expected to display a very low recombiningmaternal genome.In this study, we first characterized the underlying mech-anism of thelytoky inW. auropunctataclonal queens by 1)comparing global and locus-by-locus patterns of heterozy-gosity in both clonal and sexual queens and 2) by directlyanalyzing the rate of heterozygosity to homozygosity tran-sition at 33 microsatellite loci in female reproductiveoffspring of clonal queens. We then investigated the poten-tial decrease in recombination rate in sexually producedworkers hatching from eggs laid by clonal queens. Wedid this by comparing recombination rates between these33 microsatellite loci in workers produced by both clonallyand sexually reproducing queens. We found several lines ofevidence to suggest that clonal queens use automicticthelytokous parthenogenesis with central fusion combinedwith low recombination rates. Consistent with this finding,we demonstrated that clonal queens produced meioticoocytes for the generation of sexually produced workerswith dramatically low levels of recombination. These find-ings have evolutionary consequences for both queens andworkers, in the particular ecological context of invasiveclonal populations of the little fire ant.Materials and MethodsSampling, Experimental Set-Up, and MicrosatelliteGenotypingIn 2008 and 2009, we sampled 4 sexual and 10 clonal pop-ulations ofW. auropunctatain the native range (i.e., FrenchGuiana) and from various locations within the area ofintroduction (i.e., New Caledonia, Israel, Florida;table 1).Previous investigations had precisely determined the repro-ductive system (i.e., clonal or sexual) of all the sampledpopulations (Foucaud, Orivel, et al. 2009,2010). Ten clonalLoss of Recombination in Parthenogenetic Lineages·doi:10.1093/molbev/msr082MBE2593- 63 –
                nd 9 sexual fertilized queens originating from the sampledclonal and sexual populations were isolated in the labora-tory, together with 50 workers each from the same popu-lations. These ants were placed in individual monogynousartificial nests consisting of 810.5 cm boxes (heightdiameter). Microsatellite genotyping showed that each mo-nogyne lineage was composed by different queen and malegenotypes and were hence genetically different. These 19monogyne lineages (i.e., families) were housed in a walk-in climatic chamber at a constant temperature of 25°C,with 70% relative humidity and a 12:12 h (light:dark)photoperiod. They were fed ad libitum with a honey–yeast–water solution andEphestiaeggs throughout the ex-periment. For each of the 19 families, we collected 48 newlyproduced workers at the last pupal stage, after at least 10weeks, to ensure that these workers were produced by thefocal queens. Workers were stored in 95% ethanol, andDNA was extracted for each of the 912 newly producedworkers and their parents (i.e., queens and fathers), accord-ing to a Chelex-based protocol (Estoup et al. 1996). Indi-vidual genotypes for each worker were obtained for 33microsatellite markers (Fournier, Foucaud, et al. 2005;Almany et al. 2009). Polymerase chain reaction productswere separated on an ABI 3130 DNA sequencer (AppliedBiosystems). Genetics profiles were analyzed with Gene-Mapper software version 4.0. (Applied Biosystems).Indirect Evidence for the Underlying Mechanism ofThelytokyTraditionally, cytological methods have been applied to dis-sected mature ovaries to demonstrate directly the mode ofthelytoky (i.e., apomixis vs. automixis and mechanism of dip-loidy restoration;Verma and Ruttner 1983). Unfortunately,such methods cannot be used inW. auropunctatabecauseunmated clonal queens of this species cannot lay viable eggs.Furthermore, once they are mated, queens predominantly layfertilized eggs generating sexually produced workers. They layparthenogenetic eggs for queen production unpredictablyand much less frequently. We therefore looked for indirectevidence about the underlying mechanisms of thelytoky, byanalyzing three different microsatellite data sets.First, the most striking contrast between apomixis andautomixis is that meiotic recombination events lead toa gradual loss of heterozygosity over generations in auto-mictic lineages, whereas heterozygosity is maintained andmay even increase through the accumulation of mutationsin apomictic lineages (Suomalainen 1962). We thereforecompared global and locus-by-locus heterozygosities at33 microsatellite loci in the 10 clonal and 9 sexual queensof our monogynous nests reared in the laboratory. A non-parametric Mann–WhitneyUtest was carried out to assessthe significances of differences in mean individual hetero-zygosity between clonal and sexual queens.Second, as meiotic recombination does occur in auto-mictic thelytoky, transitions from heterozygosity to homo-zygosity would be expected to occur frequently in the gyneoffspring of a given queen. By contrast, heterozygosity innewly produced gynes would be expected to be retainedfollowing rare gene conversion events in apomictic thely-toky. We extended the individual multilocus genotypes ob-tained for 38 F1 gynes and their respective mothers fromthe various clonal lineages (n58) studied byFoucaud,Estoup, et al. (2009), by genotyping 21 new microsatellitemarkers (Almany et al. 2009), giving a total of 33 analyzedloci. We also produced two entirely new queen-gyne datasets, each for 96 gynes produced by a clonal queen sampledin Israel (both queens originated from the same clonal lin-eage). Genotypes from individuals displaying homozygosityto maternal heterozygote loci were replicated twice (i.e.,two independent DNA extractions and two independentgenotyping procedures) to ensure that homozygosity atthe concerned loci were not due to genotyping error. Meanand single-locus rates of transition from heterozygosity tohomozygosity were estimated directly from these quhird, as the observed transition rate turned out to bevery low in F1 gyne offspring (see Results), we analyzed anadditional data set, in which we investigated the pattern oftransition event accumulation on linkage groups over sev-eral generations in a populational sample of queens. Thismultigenerational pattern of transition events on linkagegroups has the potential to inform on the parthenogeneticmode characterizingW. auropunctataclonal queens.Under apomixis, transitions to homozygosity result fromgene conversion or mutational alteration. In this case, itis expected that, for a given maternal linkage group, a tran-sition event to homozygosity will affect a unique marker ofthe group without altering heterozygosity at the neighbor-ing markers. By contrast, under automixis, transition eventsto homozygosity are more likely to result from recombina-tion events. When such a recombination event occursbetween the centromere and a given linkage group, severalif not all markers of the group are likely to transit fromheterozygosity to homozygosity simultaneously. Underautomixis, one might therefore expect an excess of nonin-dependent cotransitions to homozygosity over indepen-dent single locus transitions for loci located within thesame linkage group. We therefore analyzed the microsatel-lite genotypes of 105 queens and gynes collected at differ-ent locations in the field for an invasive clonal populationpresent in New Caledonia since about 1970 (Foucaud et al.2006). All these queens were known to originate froma well-known single clonal lineage (i.e., the Q0 clonal line-age;Foucaud et al. 2006), making it easy to identify tran-sition events. All individuals were genotyped at the same 33microsatellite loci, and we focused our analysis of transitionevents on groups of microsatellite loci found to belong tothe same linkage groups inW. auropunctata(see Mappingof Microsatellite Loci).Analysis of Recombination Rates Based on WorkerFamiliesCytological AnalysisAnalyses of mitochondrial DNA and microsatellite markersindicated that queens (or males) did not cluster accordingto their reproduction system (i.e., clonal or sexual) and hencethat sexual and clonal individuals did not correspond to dif-ferent species or subspecies (Foucaud et al. 2007). However,we nonetheless analyzed mitotic metaphases from workersfrom a subset of populations (i.e., three sexual and four clonallineages), to identify potential differences in chromosomenumber between populations with different reproductivesystems. Such differences might account, at least in part,for differences in recombination pattern between clonaland sexual populations. Chromosome preparations wereobtained from the cerebral ganglia of worker nymphs, asdescribed byImai et al. (1988), but with the following mod-ifications to the protocol. As the larvae of this species are verysmall, we placed the entire body in a hypotonic colchicinecitrate solution (0.005%). We made a small hole in thecephalic capsule, allowing the colchicines solution to pene-trate into the brain. Two hours later, the brain was extracted,dissociated directly on a slide, and fixed in a series of solutionsof acetic acid, ethanol, and distilled water. Slides were stainedwith DAPI (i.e., 4#,6-diamidino-2-phenylindole) and observedunder a Zeiss A1 microscope (Zeiss S.A.S., Le Pecq, France).Images were acquired, and the number of chromosomes wascounted with Genus Software (Applied Imaging, GenetixnQueesway, United Kingdom).Mapping of Microsatellite LociThe 33 microsatellite loci studied were mapped basedon the microsatellite genotypes obtained from workerfamilies produced by queens from sexual populations.When maternal and paternal genotypes were not obtaineddirectly, they were deduced indirectly from the genotypesof the workers. This inference is straightforward inW. auropunctata, as the queens are monoandrous (i.e., eachqueen mates only once;Foucaud, Estoup, et al. 2009). Onceall detectable mistyping errors had been ruled out andthe few mutations observed in worker genotypes had beendiscarded from the data set, we tested for distortedsegregation at each locus, in each family, by performingv2tests. In the absence of distorted segregation, the twomaternal alleles should be even distributed among workers.The number of significantv2(at the 0.05 threshold)observed for all sexual families was compared with thedistribution of the number of significantv2obtained bysimulating the same number of families with the samenumber of genotyped workers (as in the observed dataset) and assuming no segregation distortion. We simulateddata for 10 million families with a custom-developedcomputer program for calculating the probability thatthe observed number of significantv2could be obtainedby chance, without segregation distortion. We tested fordifferences in segregation distortion between clonal andsexual lineages for 27 of the 33 loci studied (6 loci werehomozygous in all clonal lineages), using a Wilcoxonsigned-rank test.We established linkage groups in our microsatellite loci ata two-point logarithm of odds (LOD) score threshold of 3.0,using the Carthagene software ‘‘group’’ option (de Givryet al. 2005). As the phase of the alleles was unknown, weexpected there to be some bias when mapping loci in linkagegroups including more than three loci. We therefore inferredthe phase in each linkage group with more than two loci, asfollows. We first identified a central locus (i.e., linked to allother loci of the linkage group) by a two-point analysis. Wethen arbitrarily assigned a code to each worker: A or H (cor-responding to usual ‘‘F2 backcross’’ data types in geneticmapping software), depending on the particular maternalallele it displayed in each family. In parallel, we constructeda table in which, for each pair of linked loci, the number ofrecombinant and parental types was calculated (the parentaltype being the predominant association of two alleles at twoloci). We then determined the phase of all linked loci, takinginto account the identified parental and recombinantworker types at the central locus. Several genetic maps werethen designed for each linkage group (from 3 to10, depend-ing on the number of loci constituting the group) usingaximum likelihood were eventually selected and genomicdistances between loci were estimated.Comparison of Recombination Rates in Sexual and ClonalQueen LineagesThe rates of recombination between each pair of loci (r)were calculated as the total number of recombinant workergenotypes divided by the total number of genotyped work-ers, based on a LOD score approach in multiple familiesoriginating from either clonal or sexual lineages.We compared recombination rates between sexual andclonal lineages for pairs of loci within each linkage group.Three of the 28 microsatellite loci belonging to definedlinkage groups were homozygous in all clonal lineagesand were therefore discarded from the comparative anal-ysis. We found thatrestimates between some loci fromdifferent linkage groups mapped in sexual lineages were sig-nificantly lower than 0.5 in clonal lineages. We includedtheserestimates in our comparative analysis, which wasthus based on a total of 29 pairwiserestimates calculatedin both sexual and clonal lineages. We comparedrvaluesfor each pair of loci, using Fisher’s exact tests. We correctedthe 5% significance threshold by the number of tests per-formed using the Benjamini and Hochberg false discoveryrate procedure (Benjamini and Hochberg 1995). We thencalculated mean recombination rates (r) in clonal and sex-ual lineages. We assessed the significance of differences inrbetween clonal and sexual lineages, with a nonparametricMann–WhitneyUtest.ResultsMechanism Underlying Queen ThelytokyThe thelytokous queens of our experimental lineages dis-played a significantly lower level of heterozygosity than sexualqueens(meanHobs50.55and0.80,respectively;P5910–4,Supplementary table S1,Supplementary Materialonline). Lo-cus-by-locus analysis revealed that the observed lower level ofheterozygosity was accounted for mostly by six loci that werehomozygous in all clonal queens but heterozygous in most, ifnotallsexualqueens(SupplementarytableS1,SupplementaryMaterialonline). By contrast, none of the 33 loci was found tobe homozygous in all sexual populations.There are several possible reasons for such a large de-crease in heterozygosity at the same six loci in all clonallineages. First, clonal lineages may originate from the samecommon ancestor, which was homozygous at these six loci.In this case, all clonal lineages would be expected to havethe same allele at a given locus. The high degree of allelicdiversity between clonal lineages observed for these six loci(from three to eight alleles per locus) does not support thishypothesis. Second, a lower level of heterozygosity mayresult from selection or bottleneck events occurring duringthe transition from sexuality to clonality or during theestablishment of clonal populations. Transition to homo-zygosity would not be expected to occur for the same 6microsatellite loci in all 10 clonal lineages under both evo-lutionary forces unless those 6 loci were genetically linked.However, our mapping results demonstrated that these sixloci belonged to five different linkage groups (see below).Third, in conditions of apomixis, episodic transitions tohomozygosity resulting from mutations and/or gene con-version might be expected. However, it is unlikely that suchevents would occur recurrently, at the same six loci, in dif-ferent clonal lineages. By contrast, in conditions of auto-mixis with central fusion, recombination events wouldbe expected to lead to transitions to homozygosity forall loci located far from the centromeres, whatever the or-igin of the clonal lineage. The observed pattern would thusbe easy to explain by a mechanism of automictic thelytokyif the six homozygous loci were actually located at somedistance from the centromere.We detected very few single-locus transitions to homo-zygosity in our various thelytokous queen-gyne offspringdata sets. The mean transition rate per locus ranged from0 to 2.8%. The rate of homogenization during automixiswith central fusion is expected to range from 0 in the ab-sence of recombination events to 1/3 in the presence ofrecombination (Pearcy et al. 2004;Oldroyd et al. 2008).The observed pattern of transition rates is hence consistentwith what would be expected under conditions of auto-mixis with central fusion only if the number of recombina-tion events is globally very small all over the genome.The small number of transition events observed in thequeen-gyne offspring data sets concerned unlinked loci.We were therefore unable to check for the occurrence ofcotransitions for loci from the same linkage group in thesedata sets. Such cotransitions would be expected to occurwith automixis, but not with apomixis with episodic geneconversion events. Only when we analyzed our multigener-ational population data set including data for 105 reproduc-tive females from New Caledonia did we find a clear excess ofnonindependent cotransitions to homozygosity (n58/10)over independent single-locus transitions (n52/10) for locibelonging to the same linkage group (Supplementary TableS2,Supplementary Materialonline).Comparison of Recombination Rates in Sexual andClonal Queen LineagesWe found that 28 of the 33 microsatellite loci genotyped inworker families produced in sexual queen lineages were dis-persed over 11 different linkage groups (fig. 2). The five re-maining loci displayed no significant linkage and could not,therefore, be mapped. We compared recombination ratesbetween the 29 pairs of loci estimated from worker familiesproduced in either clonal or sexual queen lineages (table 2;fig. 2). No recombination events were detected in workerfamilies produced by clonal queens, for 19 of the 29 pairs ofloci considered. The mean recombination rates were0.555% in clonal queens (ranging from 0% to 2.50%) and25.2% in sexual queens (ranging from 0.368% to 47.7%).The mean recombination rate was thus lower in clonalqueens, by a factor of 45.3 (table 2). Consistent with thesestrikingly different patterns of recombination, several link-age groups that were considered independent in analysesof worker families from sexual queens were found to beRey et al.·doi:10.1093/molbev/msr082MBE2596- 66 –
                inked in analyses of worker families from clonal queens(i.e., linkage groups 3 and 4, and linkage groups 5 and 6;fig. 2).The observed much lower rates of recombination inclonal than in sexual queen meiosis could not be accountedfor by differences in chromosome number between sexualand clonal lineages. Our cytological analysis indeed re-vealed thatW. auropunctataworkers had the same numberof chromosomes (2N532) whether produced by clonallyor sexually reproducing queens (Supplementary fig. S1,Supplementary Materialonline). There were thereforeno major cytological differences between clonal and sexualW. auropunctatapopulations.Finally, we tested for an excess of meiotic segregation dis-tortion in low recombining clonal lineages due to more wide-spread hitchhiking effects in such lineages in comparison withsexual ones. We found only a small percentage of significantdistortion segregation in the sexually produced worker off-spring from either clonal or sexual queen lineages. The pro-portion of observed significantv2values in all tests was,however, similar to the proportion expected in the absenceof distortion segregation, and the observed distortion segre-gations were randomly distributed over loci and lineages. Theproportion of significant distortion segregation at the 0.05level did not differ significantly between workers from clonaland sexual lineages (Wilcoxon signed-rank testP50.93,n527). The segregation of our microsatellite loci during queenmeiosis hence appeared similar in both clonal and sexual lin-eages, despite the large differences in recombination patterns.DiscussionThelytoky and Loss of Recombination inWasmannia auropunctataQueensWasmannia auropunctata(Foucaud et al. 2007), likeVollenhovia emeryi(Ohkawara et al. 2006) andC. cursor(Pearcy et al. 2004,2006), is one of the rare species ofthe Hymenoptera in which some queens are able to makeconditional use of both sexuality and thelytoky in the pro-duction of workers and queens, respectively. In this study,we obtained indirect evidence thatW. auropunctataqueens from clonal populations give rise to gyne offspringvia a mechanism of automictic thelytokous parthenogen-esis with central fusion. This is not in agreement withvanWilgenburg et al. (2006)who classifiedW. auropunctataqueen parthenogenesis as apomictic (premeiotic doubling)based on the first study showing parthenogenesis in somequeens of this species (Fournier, Estoup et al. 2005). Auto-mixis with central fusion, also found inV. emeryiandC. cursor, seems to be a common way for individuals touse both sexuality and thelytoky in the production of theiroffspring. This mechanism appears to be the simplestechanism for transition from sexuality to parthenogene-sis, as it does not require major changes in the cytologicalmechanism of meiosis (Schwander and Crespi 2009). Clonalqueens produce meiotic oocytes, which may either fuse to-gether for gyne production or be fertilized by male gametesfor the production of workers (fig. 1A).Theoretically, automictic thelytoky with central fusionleads to partial genetic homogenization in the newly pro-duced offspring, due to recombination events during mei-osis. However, we found unexpectedly low rates oftransition from heterozygosity to homozygosity in thelyto-kous queen lineages, confirming, for a much larger data set,the low rates previously observed byFoucaud, Estoup, et al.(2009). A genetically controlled mechanism for decreasingrecombination, thereby limiting the transition to homozy-gosity, has been demonstrated in the Cape honeybee,whose orphaned workers (i.e., pseudoqueens) producenew queens via automictic thelytoky with central fusion(Moritz and Haberl 1994;Baudry et al. 2004).Kellnerand Heinze (2011)provided indirect evidence of the exis-tenceofasimilarmechanismintheponerineantP. punctata.In this study, we showed that workers produced sexually bythelytokous queens also displayed a much lower recombina-tionratethanworkersproducedfromsexualqueens(byafac-tor of about 45). Our results hence demonstrate thatW.auropunctataclonal queens produce meiotic oocytes withnormal chromosome segregation but with very low ratesof recombination during the first meiotic division. These cy-tological features apply to gyne production, as the diploidrestoration system during automixis involves the fusion ofreducedoocytes(i.e.,centralfusion)thatprobablyoriginatedfrom the same first meiotic division process (fig. 1A).Baudry et al. (2004)argued that automictic thelytokyand low recombination rates were probably controlledby different genes in the Cape honeybee. We observed verylow rates of recombination in allW. auropunctataclonallineages (genetically different according to our microsatel-lite data), whereas such low rates of recombination werenot observed in any of the nine sexual queens from fourgenetically different populations studied. This suggeststhat, inW. auropunctata, thelytoky and the reduction ofrecombination are two coadapted traits that have emergedtogether, several times, in different lineages, during the evo-lutionary shift from sexuality to clonality. We therefore sug-gest that, inW. auropunctata, both traits are likely to begenetically controlled by either the same gene(s) or bygene(s) close enough together to be fixed jointly in variousclonal lineages. It is also possible that selection pressureagainst transitions to homozygosity is particularly strongin thelytokous queen lineages, resulting in rapid counterselection against clonal lineages not bearing the gene(s)for low recombination rates.Evolutionary Consequences of ReducingRecombination Rates During AutomixisGiven the high genomic recombination rates reported inothers social insects (Gadau et al. 2000;Wilfert et al.2007), the number of linkage groups found inW. auropunc-tataworker families produced in sexual queen lineages (i.e.,11 groups of 2 or more markers) might seem at first sightparticularly low considering that only 33 microsatellitemarkers was used in this study. This might indicate thatgenomic recombination rates are already low in sexualqueens of this species. Unfortunately, the present dataset has a too limited resolution (i.e., include a too smallnumber of markers) to allow a robust comparison ofthe number and configuration of linkage groups with pre-vious mapping studies conducted in other social insects.The decrease in recombination rates inW. auropunctatathelytokous queen meiosis compared with their sexuallyreproducing relatives seems to be much greater than thatreported for Cape honeybees (factor of.45 vs..10, re-spectively;Baudry et al.2004). This extreme decrease in re-combination rates is probably a response to particularlystrong selective pressure against recombination in queensduring the establishment and maintenance of clonal line-ages.Decrease in meiotic recombination is expected to limitthe negative effects of the loss of heterozygosity associatedwith automictic thelytoky with central fusion (particularlyfor genes far from the centromere). Theoretically, this lossof heterozygosity may lead to inbreeding depression, whichhas been shown to have various negative effects on life his-tory traits in many species (Keller and Waller 2002;Charlesworth and Willis 2009). In some ant species, broodquality, queen life span, male quality, and, more generally,colony survival are negatively affected by inbreeding de-pression (Schrempf et al. 2006;Haag-Liautard et al. 2009;but seeThurin and Aron 2009). Moreover, additional costsof inbreeding are likely in Hymenoptera due to the systemof single-locus complementary sex determination in thisorder (van Wilgenburg et al. 2006), resulting in individualshomozygous at the sex locus developing into nonviable orsterile males (Petters and Mettus 1980;Cook 1993; but seeCowan and Stahlhut 2004).The maintenance of heterozygosity through a large de-crease in recombination rate inW. auropunctatathelyto-kous queens would therefore be expected to increase thelife time of clonal lineages. InC. cursor, no decrease in re-combination has been observed in queens reproducing byautomictic thelytokous parthenogenesis with central fu-sion, and populations are thought to be maintained partlyby a renewal of parthenogenetic lineages suffering from in-breeding depression (Pearcy et al. 2004). This renewal isachieved through both sexual events for gyne productionand the production of new queens from sexually producedworkers, by thelytokous parthenogenesis (Pearcy et al.2004). By contrast,W. auropunctataworkers are sterilein both sexual and clonal populations, and although sexualreproduction events to produce new queens do occur inclonal populations, they are much rarer than parthenogen-esis events (Foucaud et al. 2006;Foucaud, Estoup, et al.2009). Moreover, the presence within each clonal popula-tion of a single maternal genome as well as a single paternalgenome reproducing through androgenesis would lead tothe rapid increase of homozygosity for both gyne worker offspring within such sexually produced lineages(Foucaud et al. 2006, 2010). The large decrease in recom-bination observed in clonal populations ofW. auropuncta-tathus constitutes the only means by which this speciescan preserve clonal lineages over time. Consistent with thishypothesis,Mikheyev et al. (2009)suggested that a partic-ularW. auropunctataclonal lineage has been maintained inGabon (Africa) since the beginning of the last century.In a lineage reproducing by automictic thelytoky withcentral fusion associated with a large decrease in recombi-nation, the most if not the entire genome is transmitted tothe next generation and selection acts on the genome asa whole. In a given stable environment, an emerging the-lytokous parthenogenetic lineage adapted to the environ-ment will conserve interactions of coadapted alleles overtime (Maynard Smith 1978;Lynch 1984;Burger 1999). Con-sistent with this hypothesis, several authors have notedthat thelytoky often occurs in habitats in which biotic in-teractions are limited, the diversity of biotic interactionsbeing a significant element in environmental uncertainty(Lynch 1984).Wasmannia auropunctataclonal popula-tions are found mostly in habitats disturbed by human ac-tivity, which often display fewer biotic interactions thannatural habitats (Wetterer and Porter 2003;Orivel et al.2009). Well-adapted thelytokous queens may thereforehave an advantage over their sexual relatives in such areas.Furthermore, in the sterile worker offspring with limitedrecombination, lower rates of recombination during queenmeiosis may also preserve maternal allelic interactions, atleast on individual chromosomes. Although sterile, workersmake a major contribution to the inclusive fitness of repro-ductive individuals, including queens in particular (Crozierand Pamilo 1996). Furthermore, whereas queens are gen-erally confined to favorable conditions within the nest, se-lection is more likely to act on workers, which are facedwith biotic and abiotic environmental factors during forag-ing. In changing environments, restricted meiotic recombi-nation may make it difficult for clonal lineages to adaptsufficiently rapidly (Lynch 1984;Otto and Michalakis1998). Consistent with this, sexualW. auropunctatapopu-lations are maintained in native primary forests, which arecharacterized by major biotic interactions (Orivel et al.2009) and in which very few clonal populations have everbeen found (Foucaud, Orivel, et al. 2009; Rey O and Orivel J,personal observation).In the present study, we provided new insights on theextraordinary reproductive system ofW. auropunctataclonal lineages. In particular, we determined how clonalqueens produce their female offspring (i.e., worker andgyne). Our findings indicate that parthenogenetic queensproduce a unique kind of meiotic oocytes with a drasticreduction of recombination that may either fuse togetherfor gyne production (automictic parthenogenesis with cen-tral fusion) or be fertilized by male gametes for the produc-tion of workers. Unfortunately, our results do not informon how and to which extent, queens control the condi-tional production of workers or gynes. The mechanism un-derlying the capacity of parthenogenetic queens to lay eggsthat develop into haploid males strictly identical to theirfather (i.e., the so-called male clonality reproductivesystem) is also still unresolved. We are currently leadingsome laboratory cross experiments between reproductives(i.e., queens and males) originating from lineages character-ized by different reproductive systems to clarify the respec-tive role of the male and queen genetic contribution in thisuncommon reproductive system.Supplementary MaterialSupplementary tablesandfigureare available atMolecularBiology and Evolutiononline (http://www.mbe.oxfordjournals.org/).AcknowledgmentsWe would like to thank Patrice David, Tatiana Giraud, andFabrice Vavre for their comments on the manuscript andAshraf Tahey for support. We thank the ‘‘Laboratoire En-vironnement de Petit Saut, Hydreco’’ and ‘‘Centro de Pes-quisas do Cacau’’ (CEPEC/CEPLAC) for allowing us to usetheir equipment and laboratory facilities. This work wassupported by a grant from the French ‘‘Ministe`re de l’Eco-logie et du De ́veloppement Durable’’—for the ECOTROPcall for proposals, awarded to A.E. and J.O. and a grant fromCNPq awarded to J.H.C.D. Some of the data analyzed herewere generated at the molecular genetic analysis technicalfacilities of the Environment and Biodiversity IFR119 atMontpellier.ReferencesAlmany GR, De Arruda MP, Arthofer W, et al. (149 co-authors).2009. Permanent genetic resources added to Molecular EcologyResources Database 1 May 2009-31 July 2009.Mol Ecol Res.9:1460–1466.Barton NH, Charlesworth B. 1998. Why sex and recombination?Science281:1986–1990.Baudry E, Kryger P, Allsopp M, Koeniger N, Vautrin D, Mougel F,Cornuet JM, Solignac M. 2004. Whole-genome scan inthelytokous-laying workers of the cape honeybee (Apis melliferacapensis): central fusion, reduced recombination rates andcentromere mapping using half-tetrad analysis.Genetics167:243–252.Benjamini Y, Hochberg Y. 1995. Controlling the false discoveryrate—a practical and powerful approach to multiple testing.JRoy Stat Soc B Met.57:289–300.Burger R. 1999. 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          • #55119 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Oui « repassée », j’aime bien.
            Reprise?
            Remontée
            Etc

    • #55231 Répondre
      Ostros
      Invité

      François, tu dis que tu as écrit un article sur le feu et la glace chez Racine, peux-tu donner le nom de la revue pour laquelle tu as écrit, stp ? J’aimerais user de mon talent de détective. J’ai juste besoin de cet indice.

      • #55233 Répondre
        deleatur
        Invité

        Cet article propose une réflexion sur la diachronie en langues de
        spécialité, à travers la question du processus de
        déterminologisation. Sur la base d’une analyse d’un corpus
        diachronique complexe, comparable en genres et degrés de
        spécialité, nous discutons les fonctionnements en jeu dans ce
        processus, en diachronie courte. Notre analyse permet de mettre
        en lumière les rôles des sous-corpus dans ce processus, ainsi que
        la spécificité des dynamiques dans le domaine de la physique
        des particules.
        This paper is a reflection on diachrony in languages for special
        purposes, through the process of determinologisation. On the
        basis of an analysis of a complex diachronic corpus, comparable
        in genres and levels of specialisation, we discuss the linguistic
        phenomena involved in this process, in short diachrony. Our
        analysis sheds light on the roles of sub-corpora in this process,
        as well as on the specificity of these dynamics in the field of
        particle physics.
        Mots-clés : diachronie courte, déterminologisation, corpus
        spécialisé, corpus comparable
        Introduction
        Dans cet article, nous souhaitons alimenter la réflexion sur la
        diachronie en langues de spécialité, à travers l’analyse, outillée
        en corpus, d’un phénomène spécifique : la déterminologisation.
        Plusieurs auteurs ont montré l’importance de la perspective
        diachronique dans l’analyse de ce phénomène (p. ex. Dury 2008,
        Renouf 2017). Dans ces travaux, les données reposent
        généralement sur une comparaison de corpus spécialisé et
        général (de presse), pour mettre en évidence l’évolution des
        fonctionnements des termes dans ces deux ensembles.
        Cependant, la déterminologisation en tant que processus de
        passage des termes dans différents genres et degrés de spécialité
        et dans le temps (Humbert-Droz et al. 2019) requiert de
        chercher à décrire plus finement le fonctionnement des unités
        dans ce double processus.
        Nous proposons donc ici un regard en diachronie courte (entre
        2003 et 2016) sur la déterminologisation en physique des
        particules, dans plusieurs genres et degrés de spécialité.
        Différentes questions se posent, qui touchent à la dynamique des
        fonctionnements des unités dans les différents sous-corpus. En
        particulier, ce type d’analyse permet de repérer la manière dont
        les fonctionnements des unités qui se déterminologisent
        évoluent dans chacun des sous-corpus à l’étude. L’objectif est
        ainsi de mettre en évidence des « traces » linguistiques du
        passage de ces unités, et potentiellement des parallélismes, des
        évolutions temporelles communes (voire successives) entre les
        différents genres/degrés de spécialité. Dans ce contexte, la prise
        en compte de la dimension temporelle offre un portrait plus
        complet des dynamiques en jeu dans les relations entre
        déterminologisation et diachronie, et ouvre plusieurs
        questionnements théoriques et méthodologiques sur la
        diachronie.
        Nous proposons de discuter ces différents aspects en cinq temps.
        Tout d’abord, nous définissons notre cadre théorique de travail
        (section 1). Nous présentons ensuite notre cadre
        méthodologique, qui repose sur un corpus comparable à la fois
        en diachronie courte et entre genres et degrés de spécialité. La
        question du découpage temporel de notre corpus diachronique
        est une question essentielle pour assurer la comparaison multiple
        des sous-corpus, tout en respectant la dynamique des données.
        Nous discutons ce point dans la section 3. Nous développons
        nos analyses dans la section 4, avec un accent particulier sur les
        variantes dénominatives et la distribution de termes désignant
        les particules. Nous terminons par une discussion et quelques
        remarques conclusives.
        1. Contexte théorique
        1.1. Diachronie et terminologie
        En langue générale, les approches diachroniques apparaissent
        très variées et soutenues par les progrès et apports de la
        linguistique de corpus (Gries et Hilpert 2008, Prévost 2015).
        Cette vitalité permet aujourd’hui d’avancer et de mûrir des
        réflexions théoriques et méthodologiques, dont les langues de
        spécialité peuvent tirer profit.
        En effet, en langue de spécialité, la diachronie a longtemps été
        décrite comme « le parent pauvre » des recherches scientifiques
        (pour différentes raisons historiques et théoriques discutées
        entre autres par Dury et Picton 2008, Humbley 2011, Møller
        1998, Van der Yeught 2009). Avec le changement de paradigme
        amorcé dans les années 1990 par les théories de la terminologie,
        la diachronie a repris sa légitimité, mais a gardé jusqu’à
        récemment (Dury 2013) une place assez confidentielle.
        Aujourd’hui, la notion de « diachronie » fait l’objet de
        réflexions et discussions importantes quant à son rôle et son
        statut en terminologie (p. ex. Humbley, 2018 : 203 sqq, Dury
        2018, Picton 2018). Alors qu’elle est présentée parfois comme
        un type de variation dialectale (p. ex. chez Freixa 2006 ou Faber
        et León-Araúz 2016), la terminologie diachronique est décrite
        comme un « champ d’investigation » à part entière par d’autres
        auteurs (Dury 2013 : 2, 2018). Cette deuxième perspective
        permet d’ouvrir les réflexions sur la variation dans les langues
        de spécialité, et la circulation des termes, dans le temps. Dans
        cet article, c’est donc la diachronie comme perspective pour
        l’analyse des corpus spécialisés qui est discutée, et en particulier
        la diachronie dite « courte » (Siouffi et al. 2012, Picton 2014,
        Banks 2016).
        1.2. Circulation des termes : le cas de la
        déterminologisation
        La déterminologisation fait appel à la notion de circulation des
        termes, qui trouve ses origines dans les travaux de Guilbert. À
        travers la question de la néologie, l’auteur constate que la
        création de termes peut passer par des transferts de termes entre
        langues de spécialité ou entre langue générale et langues de
        spécialité. De même, certains termes ont tendance à « passer »
        dans la langue générale (Guilbert 1965, 1973, 1975 notamment).
        Ces travaux ont suscité d’importantes réflexions à propos des
        mouvements permanents entre langues de spécialité et langue
        générale (p. ex. Gaudin 2003, Delavigne 2020, Calberg-Challot
        2007, Ungureanu 2006, Dury 2008). La notion de circulation
        des termes s’est toutefois affirmée à travers le prisme de la
        socioterminologie et a été largement explorée par des auteurs
        tels que Guespin (1991), Gambier (1991), Gaudin (1993, 2003)
        ou encore Delavigne (2001). Ces auteurs se sont ainsi consacrés
        à la description des fonctionnements des termes dans la diversité
        des situations de communication dans lesquelles ils sont utilisés
        lorsqu’ils circulent en dehors des discours des spécialistes, et en
        particulier dans le cadre de la vulgarisation (Delavigne 2001,
        2003, 2020).
        Parallèlement, d’autres travaux portant sur la circulation des
        termes ont abordé cette question du point de vue de la
        déterminologisation (p. ex. Ungureanu 2006, Dury 2008 ;
        Renouf 2017), faisant ainsi suite aux réflexions de Meyer et
        Mackintosh (2000). C’est dans cette perspective que nous nous
        situons.
        Le terme déterminologisation, proposé par Meyer (Meyer,
        Mackintosh et Varantola 1998, Meyer 2000, Meyer et
        Mackintosh 2000), renvoie aux mouvements de termes qui se
        produisent d’une langue de spécialité vers la langue générale.
        Dans ces travaux, un point de vue essentiellement sémantique
        est adopté, les autrices s’intéressant particulièrement à «
        l’étirement sémantique qui se produit lorsqu’un terme attire
        l’attention du public » (Meyer et Mackintosh 2000 : 199). Les
        termes sont alors appréhendés à partir de leur fonctionnement
        dans la langue générale. Or la déterminologisation peut
        également être considérée comme un processus d’intégration de
        termes dans la langue générale, qui fait intervenir deux
        dimensions.
        Pour ce qui est de la première dimension, il semble évident que
        les termes ne passent pas d’une langue de spécialité à la langue
        générale directement, principalement pour deux raisons. D’une
        part, comme l’ont montré les travaux en socioterminologie
        traitant de circulation des termes, dès lors que les termes sortent
        de la sphère spécialisée, ils peuvent s’inscrire dans des discours
        tout à fait variés, sans pour autant que ces discours relèvent de la
        langue générale (l’exemple le plus parlant est la vulgarisation
        scientifique). D’autre part, si nous admettons que les langues de
        spécialité et la langue générale ne forment pas deux ensembles
        clos mais un continuum, à l’instar de Cabré (1998 : 124) ou
        Gaudin (1993 : 130), alors nous pouvons considérer que la
        variété des discours dans lesquels les termes sont utilisés
        peuvent se situer à divers endroits dans ce continuum.
        Pour ce qui est de la seconde dimension, et comme l’ont montré
        notamment Dury (2008) et Renouf (2017), la
        déterminologisation est un processus qui se produit
        nécessairement dans le temps. Il est ainsi admis que non
        seulement les termes intègrent progressivement la langue
        générale, mais également qu’ils voient leur sens se modifier au
        cours du temps, au gré de leurs usages dans divers types de
        textes et à des fins variées.
        Pour ces raisons, nous considérons que la déterminologisation
        renvoie à un processus de passage de termes d’une langue de
        spécialité vers la langue générale, qui s’effectue
        progressivement, à la fois dans le temps et dans le continuum
        entre langues de spécialité et langue générale.
        L’analyse de la déterminologisation dans un domaine spécialisé
        nécessite une réflexion particulière sur la constitution du corpus
        d’étude. Il faut en effet supposer une circulation des termes dans
        des situations qui vont de la plus spécialisée à la moins
        spécialisée, cette dernière pouvant servir, par hypothèse, de lieu
        d’arrivée de ces termes dans la langue générale. On peut donc
        considérer que le processus fait intervenir essentiellement deux
        communautés discursives (Swales,1990) : les experts du
        domaine et les médiateurs (journalistes le plus souvent) qui sont
        en relation avec des locuteurs non experts du domaine. Entre les
        deux communautés, un ensemble de situations contribuent à la
        diffusion des termes vers un usage de moins en moins
        spécialisé. Nous avons fait l’hypothèse d’une chaîne de
        dialogues entre différents groupes de locuteurs, plus ou moins
        liés aux experts ou/et aux médiateurs, dont les discours
        s’inscrivent dans différents genres textuels (voir 2.2).
        2. Contexte méthodologique1
        2.1. Domaine

        1 La réflexion proposée ici repose sur le travail et les données constituées par Julie
        Humbert-Droz dans le cadre de sa thèse (en cours).
        Le domaine auquel nous nous intéressons est celui de la
        physique des particules. Ce choix répond à certaines
        caractéristiques, propres à la déterminologisation. En effet, il est
        reconnu que les termes qui s’intègrent de manière privilégiée
        dans la langue générale sont des termes qui appartiennent à des
        domaines qui sont soit largement médiatisés, ce qui inclut aussi
        bien les « médias ordinaires » (Moirand 1999 : 5) que les médias
        de vulgarisation, soit proches du quotidien des locuteurs
        (Guilbert 1975 : 84, Meyer 2000 : 46, Gaudin 1993 : 131,
        Moirand 2007 : 20 parmi d’autres). La physique des particules
        correspond à cette situation, non seulement car c’est un domaine
        qui apparaît régulièrement dans les médias (ordinaires et de
        vulgarisation), mais également car l’Organisation européenne
        pour la recherche nucléaire (CERN), organisme de recherche
        particulièrement important dans ce domaine2
        , se situe à la
        frontière franco-suisse. Ceci implique un important volume de
        publications, dont certaines sont dédiées à la population
        environnante, et que nous pouvons exploiter dans une démarche
        en corpus.
        2.2. Corpus et méthode
        L’analyse mise en place s’inscrit dans la perspective de la
        terminologie textuelle. Sans rentrer dans les détails ici, (voir
        Condamines et Picton, à paraître), nous pouvons retenir quatre
        points caractérisant cette approche :
        – l’analyse est réalisée sur un corpus dont la constitution
        est minutieusement réfléchie en fonction de l’objectif de
        l’étude,
        – les termes sont le point de départ de l’analyse, même
        lorsque l’objectif de l’étude concerne plutôt l’aspect
        discursif ; l’exploration du contexte distributionnel des
        termes est alors fondamentale,
        – l’analyse s’appuie sur des résultats d’outils d’exploration
        des données sélectionnés spécifiquement pour l’analyse,

        2 Le LHC se situe au CERN et le boson de Higgs y a été découvert (voir 2.2).
        – des experts du domaine sont sollicités tout au long de
        l’étude (constitution du corpus, validation des résultats,
        etc.).
        Le corpus constitué pour notre étude est un corpus comparable
        composé de cinq sous-corpus (SC), pensés pour refléter la
        diversité des genres textuels et des degrés de spécialité
        impliqués dans le processus de déterminologisation (voir 1.2 et.
        Humbert-Droz et al. 2019). En fonction des supports de
        diffusion de l’information disponibles, ces SC sont composés
        comme suit :
        – un SC Spécialisé (SC-SPE), incluant des articles
        spécialisés et des thèses de doctorat, composé de 994
        875 occurrences ;
        – un SC Communiqués (SC-COM), composé de
        communiqués de presse et comptant 210 320
        occurrences ;
        – un SC Rapports (SC-RAP), qui contient les rapports
        d’activités annuels de différents laboratoires de
        recherche. Il se compose de 1 141 873 occurrences ;
        – un SC Vulgarisation (SC-VULG), composé d’articles de
        revues et de sites Web de vulgarisation. Il compte 620
        045 occurrences ;
        – un SC Presse (SC-PRESSE), incluant des articles de
        presse généraliste, pour représenter non pas la langue
        générale, mais un genre non spécialisé participant du
        processus de déterminologisation. Il compte 1 098 708
        occurrences.
        Le corpus couvre la période de 2003 à 2016. Le choix de cette
        période résulte d’une réflexion, menée conjointement avec des
        expertes du domaine, dont le but consistait à identifier des
        événements-clés de la physique des particules. Nous avons en
        effet fait l’hypothèse que des événements importants de ce
        domaine (découvertes, avancées technologiques remarquables,
        etc.) pourraient influencer la manière dont les termes en lien
        avec ces événements sont utilisés dans divers textes. Ces
        influences seraient alors reflétées dans des changements
        linguistiques observables en corpus.
        À l’issue de cette réflexion, deux événements principaux ont été
        identifiés, qui sont la mise en marche du LHC (Large Hadron
        Collider) en 2008 et l’annonce officielle de la découverte
        expérimentale du boson de Higgs en 2012. Le choix de la
        période 2003-2016 est alors contraint par la nécessité de
        recueillir suffisamment de données avant/après ces deux
        événements, rendant les changements linguistiques observables
        dans le corpus. Pour ce faire, des textes ont été compilés pour
        chaque année de cette période, pour chaque SC.
        Nos analyses sont basées sur un échantillon de termes obtenu à
        partir du corpus et avec l’aide des expertes. Plus précisément,
        l’extraction des candidats-termes à partir du corpus a montré
        que le terme particule était particulièrement fréquent dans tous
        les SC, ce qui s’explique par le fait que les particules sont les
        objets d’étude du domaine. Puisque les termes qui se
        déterminologisent sont ceux qui « attire[nt] l’attention du
        public » (Meyer et Mackintosh, 2000 : 199), nous pensons que
        les termes désignant les particules sont susceptibles d’apparaître
        dans les médias et donc d’intégrer la langue générale. Nous
        avons décidé de focaliser l’analyse sur les particules, à partir de
        listes fournies par les expertes et complétées avec les données
        du corpus (219 termes au total). Par ailleurs, selon les expertes,
        les particules peuvent être classées en deux types : les particules
        prouvées, qui ont été observées expérimentalement, et les
        particules hypothétiques, qui sont uniquement prévues par la
        théorie.
        Pour l’observation, nous avons travaillé avec des concordanciers
        (AntConc (Anthony 2018) et Sketch Engine (Kilgarriff et al.
        2014)), un extracteur de termes (TermoStat (Drouin 2003)), un
        analyseur syntaxique (Talismane (Urieli 2013)) et des scripts
        Perl et R (R Core Team 2018) ponctuels.
        3. Découpage diachronique des données
        En diachronie, le découpage temporel des données est une
        question cruciale, mais parfois difficile à trancher. La littérature
        rend compte de deux stratégies :
        – soit le corpus constitué est organisé en SC en fonction
        d’un événement extralinguistique marquant, identifié a
        priori (p. ex. Drouin et al. 2006),
        – soit le corpus constitué est « découpé » temporellement
        sur une base régulière, en fonction du « grain » d’analyse
        souhaité ; Dury (2008) par exemple, dans une analyse
        sur 10 ans, propose un découpage des SC tous les deux
        ans, afin de construire une analyse très fine ; Ledouble
        (2019) quant à elle travaille sur un découpage annualisé.
        3.1. Critères de découpage
        Ces deux stratégies ont des atouts, mais elles présentent
        plusieurs limites, que notre contexte d’étude éclaire. Dans notre
        corpus, nous pourrions en effet découper nos données sur la
        base d’un avant/après des événements identifiés comme
        marquants par nos expertes lors du choix de la période 2003-
        2016. Néanmoins, ce choix a un impact sur nos hypothèses et
        notre analyse, puisqu’il implique de postuler l’existence d’un
        lien entre la date de ces événements et la déterminologisation
        des termes du domaine, dans tous les SC. Ceci est possible, mais
        impose un biais que nous ne souhaitons pas apporter a priori. En
        particulier, puisque l’objectif de notre recherche est de saisir les
        liens entre diachronie et déterminologisation, l’usage de certains
        termes auprès de certains groupes de locuteurs pourrait ne pas
        concorder avec le découpage prédéfini.
        À l’instar d’autres chercheurs, nous pourrions également
        découper notre corpus sur la base d’intervalles temporels
        arbitraires. Néanmoins, plusieurs limites se posent :
        – d’une part, nous ne disposons pas de critères objectifs
        pour décider de l’empan temporel à choisir. S’il est clair
        que plus un empan temporel est court, plus l’analyse sera
        fine (Dury 2008), un intervalle de 2 ans est-il vraiment
        différent d’un intervalle d’1 an ?
        – D’autre part, un découpage régulier mais arbitraire peut
        générer du silence dans les résultats obtenus, si une
        évolution ne correspond pas au découpage choisi.
        – Enfin, puisque nous prenons en compte, dans l’analyse,
        différents genres et degrés de spécialité associés à
        différents groupes de locuteurs, nous devrions découper
        chacun des cinq SC avec le même empan. L’observation
        des SC ainsi constitués (35, si l’on découpe tous les 2
        ans) devient extrêmement difficile. Il devient en effet
        quasiment impossible techniquement et cognitivement
        de comparer autant de données et faire émerger des
        comportements linguistiques fiables.
        Ce type de découpage n’est donc envisageable ici que
        pour des observations quantitatives (fréquences et
        répartition).
        Pour ces différentes raisons, afin d’assister notre choix de
        découpage, nous explorons une proposition méthodologique
        élaborée en linguistique diachronique : l’utilisation de méthodes
        statistiques pour faire émerger des corpus eux-mêmes des
        regroupements diachroniques. L’approche choisie ici est
        développée par Gries et Hilpert (2008, 2012). À travers une
        classification ascendante hiérarchique par contiguïté
        (variability-based neighbor clustering, VNC), les auteurs
        proposent de prendre en compte certaines caractéristiques des
        unités étudiées (p. ex. leur fréquence, leur score d’association,
        etc.) dans des corpus découpés en tranches successives pour
        identifier des regroupements de documents possédant des
        propriétés communes. Ils dégagent ainsi automatiquement de
        ces données, de manière endogène, un découpage, qui se base
        sur une certaine homogénéité de fonctionnement3
        . Nous
        proposons ici de mettre en regard ce découpage avec nos
        connaissances (exogènes) des événements du domaine.
        3.2. Découpage assisté par la statistique : observations
        Nous l’avons dit, dans cet article, nous proposons de focaliser
        notre réflexion sur un groupe de termes spécifiques, désignant

        3
        Et qui reposent ici sur le coefficient de corrélation de Pearson (« Pearson productmoment correlation coefficient »).
        les particules (voir 2.2). L’approche VNC est donc appliquée à
        cette liste de 219 termes et leur fréquence dans chaque SC. Les
        résultats obtenus se présentent sous forme de regroupements
        (clusters) hiérarchiques (Figures 1 et 2).

    • #55234 Répondre
      Ostros
      Invité

      François, tu dis que tu as écrit un article sur le feu et la glace chez Racine, peux-tu donner le nom de la revue pour laquelle tu as écrit, stp ? J’aimerais user de mon talent de détective. J’ai juste besoin de cet indice.

      • #55237 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        c’était une préface à une réédition de Phèdre, je crois
        difficile à retrouver
        en tout cas je ne l’ai pas sous la main

        • #55385 Répondre
          Ostros
          Invité

          Merci. C’est stimulant.

          • #55387 Répondre
            deleatur
            Invité

            with λˆ = λ/(16π
            2
            ). We recall that we have M2
            H = 2λv2
            . Thus if we require that
            the perturbativity of the calculation remains, that is each term in the expansion is
            smaller that its predecessor, we can derive an upper bound on the Higgs boson mass.
            Indeed if we have MH ‘ 2.5 TeV the 1–loop term is of order 1, 3λˆ = 1, breaking the
            perturbativity. We can reduce this bound even more with the limit 3λˆ = 62λˆ2 where
            the 1–loop term is of order the 2–loop term, we then have MH ‘ 960 GeV in this limit.
            Thus we have to impose MH 1 TeV to retain the perturbativity of the expansion.
            The jeopardy of perturbation theory at large Higgs masses can also be seen in the
            scattering of longitudinal gauge bosons from which were derived above the upper bound
            on MH using perturbative unitarity argument. In the case of the W+
            L W−
            L → W+
            L W−
            L
            scattering, the radiative corrections have been calculated at one and two loops in
            Refs. [55–58]. The logarithmic scale dependence found in these corrections can be absorbed in a running λ coupling through Renormalization Group analysis and we find
            (see Ref. [45]):
            σ(W+
            L W−
            L → W+
            L W−
            L
            ) ∼
            1
            s
            λˆ(s)

            1 − 48.64λˆ + 333.21λˆ2

            (3.14)
            Here, the coefficients of the corrections are much larger than in Higgs decays and in
            fact, the one–loop correction become of order unity already for λ(s) values close to 3,
            that transforms into MH ‘ 700 GeV.
            The perturbativity of the self–Higgs coupling in the end implies that MH <∼ 700 GeV
            in order to keep a calculable pertubative theory. We then obtain a bound that is very
            close to that obtained using the unitarity argument.
            3.1.3 Triviality constraint
            The triviality constraint is closely related to the vacuum stability that is the next constraint that will be discussed. An interacting theory is said to be trivial when the
            coupling is indeed null, which means that it is actually a non–interacting theory. The
            scalar sector of the SM is a φ
            4–theory, and for these theories to remain perturbative at
            all scales it is required that the theory is trivial: λ = 0, and thus the Higgs boson is
            massless [49, 50, 59–65].
            We will take another point of view, and look at the Renormalization Group Equation
            (RGE) for the quartic Higgs coupling λ and require that it remains finite and the theory
            34 Where can the SM Higgs boson be hiding?
            f W/Z
            H
            H H
            H H
            H H
            H
            H
            H H
            H H
            H H
            H H
            H H
            H H
            H H
            H
            Figure 6: Feynman diagrams up to one–loop correction for the quartic Higgs self–coupling.
            perturbative. It will define a range for the scale where the SM is valid and thus we
            will obtain an upper bound for the Higgs mass. Fig. 6 shows the tree–level Higgs self–
            coupling together with its one–loop corrections. These contribute to the β–function for
            the λ–coupling; as we are interested in the high λ regime the leading terms will only
            deal with the Higgs–Higgs couplings. In this limit the RGE equation is written at the
            one–loop order as [66–72]:
            dλ(Q2
            )
            d ln Q2
            =
            3

            2
            λ
            2
            (Q
            2
            ) (3.15)
            When choosing the electroweak symmetry breaking scale Q0 = v as the reference
            scale we then obtain
            λ(Q
            2
            ) = λ(v
            2
            )
            1 −
            3

            2
            λ(v
            2
            ) ln Q2
            v
            2
            (3.16)
            The triviality is recovered at small energy scale Q v where λ → 0. The other
            limit will give us the bound that we are looking for. Indeed at a certain point we see
            that λ becomes infinite if we increase the energy scale Q. We thus reach a Landau pole,
            at the scale
            ΛP = v exp

            2
            3λ(v
            2
            )

            = v exp

            2
            v
            2
            3M2
            H

            (3.17)
            If we would like that the scale ΛP be large, the Higgs mass should be small. If we
            assume the SM to be valid up to the Planck scale and then take ΛP ‘ 1019 GeV this
            requires a light Higgs boson mass MH <∼ 145 GeV. If we take a small cut–off ΛP ‘ 103
            GeV, the Higgs boson can be heavier, MH <∼ 750 GeV. In particular, if the cut–off
            is set at the Higgs boson mass itself, ΛP = MH, this implies that MH <∼ 700 GeV.
            Nevertheless we should bear in mind that all the calculations presented so far use the
            3.1 – Theoretical bounds on the Higgs mass 35
            perturbation theory and if λ becomes too large the calculation becomes non–consistent.
            According to Ref. [45], simulations of gauge theories on the lattice save the argument
            as the rigorous bound that is obtained is MH <∼ 640 GeV [73, 74], in a good agreement
            with the perturbative results obtained in this paragraph.
            3.1.4 Stability requirement and lower bound on Higgs mass
            To obtain a lower bound on the Higgs mass we retain in the RGE equation 3.15 all the
            terms at the one–loop order, in particular the fermionic corrections depicted in Fig. 6
            as the Higgs boson couplings is proportionnal to the fermion masses. The one–loop
            RGE equation for the Higgs self–coupling 3.15 becomes, including all weak and fermion
            masses:

            d ln Q2
            =
            1
            16π
            2

            12λ
            2 + 12
            m2
            t
            v
            2
            λ − 12
            m4
            t
            v
            4

            3
            2
            λ(3g
            2
            2 + g
            2
            1
            ) + 3
            16

            2g
            4
            2 + (g
            2
            2 + g
            2
            1
            )
            2

            (3.18)
            where g1, g2 are respectively the hypercharge and weak coupling constants. The
            triviality bounds are marginally affected, but in an important way as the scale of physics
            beyond the SM will now depend on the precise value of the top quark mass, which
            explains why the top sector is of such great importance in the quest for new physics.
            The large impact of the additional fermionic and bosonic contributions to the Higgs
            self–coupling β–function is for very small values of λ. For λ mt
            v
            , g1, g2, the RGE can
            be approximated by

            d ln Q2

            1
            16π
            2

            12λ
            2 − 12
            m4
            t
            v
            4
            +
            3
            16

            2g
            4
            2 + (g
            2
            2 + g
            2
            1
            )
            2

            (3.19)
            This translates into the solution
            λ(Q
            2
            ) = λ(v
            2
            ) + 1
            16π
            2

            −12
            m4
            t
            v
            4
            +
            3
            16

            2g
            4
            2 + (g
            2
            2 + g
            2
            1
            )
            2

            ln Q2
            v
            2
            (3.20)
            The top quark contribution becomes dominant for λ → 0 and indeed drives the self–
            coupling to negative values, which then imply that the vacuum is not stable anymore.
            If we want to have a bounded scalar potential and thus a vacuum we should keep
            λ(Q2
            ) > 0 [75–79] and then the Higgs boson mass should have the lower bound
            M2
            H >
            v
            2

            2

            −12
            m4
            t
            v
            4
            +
            3
            16

            2g
            4
            2 + (g
            2
            2 + g
            2
            1
            )
            2

            ln Q2
            v
            2
            (3.21)
            Thus we have a lower bound limit dependent on the cut–off ΛP that is the appearance
            of the new physics. We thus obtain
            ΛP ∼ 103 GeV ⇒ MH >∼ 70 GeV
            ΛP ∼ 1016 GeV ⇒ MH >∼ 130 GeV (3
            36 Where can the SM Higgs boson be hiding?
            3.1.5 Combination of the theoretical bounds
            As stated in Ref. [45] (nearly) all the bounds presented up until now were derived in
            a perturbative approach at the one–loop level at most. The use of the most advanced
            results helps to improve the limits [79–82].
            In particular the β functions of all SM couplings have been calculated up to two loops
            and can then be included in the analysis of the Higgs boson mass. From Ref. [45] we
            extract for the λ Higgs self–coupling

            d ln Q2
            ≡ βλ = 24
            λ
            2
            (16π
            2
            )
            − 312
            λ
            3
            (16π
            2
            )
            2
            (3.23)
            At the two–loop level the λ coupling can reach an ultraviolet fixed point where
            βλ = 0. This means that the value of the cut–off scale can be lower that obtained
            above. The stability bound is again obtained by the requirement that λ(Q2
            ) > 0 and we
            use a two–loop β function retaining all the Higgs, weak boson and fermion corrections,
            including matching conditions, that is the precise relation between the physical masses
            of the gauge bosons and the top quark and their corresponding couplings.
            We obtain [82] the Roman plot shown in Fig. 7 for the stability and triviality bounds
            on the Higgs boson mass. The graph displays the allowed values for the Higgs boson
            mass in function of the scale Λ for new physics effects. The upper band is the triviality
            limit and the lower band is the stability limit. These are bands instead of lines in order
            to take into account some theory and experimental uncertainties in the determination
            (e.g. scale dependence, imput top quark mass, etc.).
            In the end the Higgs boson mass is allowed to be in the range
            50 GeV <∼ MH <∼ 750 GeV (3.24)
            when new physics is to arise at the TeV scale, taking also into account the unitarity
            constraint. If we require that the SM be valid up to the Grand Unification scale, ΛGUT ‘
            1016 GeV, the Higgs boson mass should lie in the range
            130 GeV <∼ MH <∼ 180 GeV (3.25)
            3.2 Experimental bounds on the Higgs mass
            The experimental quest for the evidence of the SM Higgs boson has started more than
            twenty years ago, at the CERN Large Electron Positron (LEP) collider. As the Higgs
            boson has sizeable contributions to radiative corrections to many processes in the SM,
            its existence can be probed through its effects on electroweak observables. Hence we can
            obtain indirect constraints on its mass. We will also present of course the constraints
            3.2 – Experimental bounds on the Higgs mass 37
            Figure 7: The triviality (upper) bound and the vacuum stability (lower) bound on the Higgs boson
            mass as a function of the New Physics or cut–off scale Λ for a top quark mass mt = 175 ± 6
            GeV and αs(MZ) = 0.118 ± 0.002; the allowed region lies between the bands and the
            colored/shaded bands illustrate the impact of various uncertainties. Taken from Ref. [82]
            according to Ref. [45].
            obtained with its direct search both at the LEP collider and the Fermilab Tevatron
            collider. We note that the last constraint, obtained at the Tevatron, will be challenged
            in the following chapters of this thesis.
            3.2.1 Indirect searches through precision data
            The SM has been tested in many experiments for decades and the results have reached
            a very high precision. It then imposes stringent conditions on new physics phenomena
            as well as on the Higgs boson itself, the only yet unknown SM particle to be discovered.
            We will summarize the electroweak precision data used to constraint indirectly the
            SM Higgs boson mass, classified by the different experiments:
            • LEP1 searches: LEP1 was the first era of running for the LEP collider, when the
            designed center–of–mass energy was 110 GeV (the actual energy used was 45.6
            GeV per beam near the Z peak). This has given us much information on the
            Z lineshape: the Z mass, the total Z width ΓZ, the peak hadronic cross section
            σ
            had ≡ σ(e
            +e
            − → hadrons, the ratio R`,c,b between the Z partial decay width into leptons, charm and bottom quarks, and the total hadronic Z decay width, the forward–
            38 Where can the SM Higgs boson be hiding?
            backward asymmetries A
            f
            F B for leptons and heavy c, b quarks, the τ polarization
            asymmetry Aτ
            pol, etc.
            • LEP2 searches: LEP2 was the second step for the LEP collider when the designed
            energy did reach 209 GeV center–of–mass energy in 2000, the year of the end of the
            collider operations. It has given valuable information on the W boson: its mass MW ,
            the total decay width ΓW , again the different asymmetries that are used to measure
            sin2
            θW through the lepton channel, the hadronic contribution ∆(5)
            hadα to the value of α,
            etc. As discussed in the next subsubsection the Higgs boson was also hunted directly
            at LEP2.
            • SLC searches: The Stanford Linear Collider (SLC) experiments in the beginning of the
            nineties have given unique results at the high precision level in electroweak physics
            thanks to its very polarized beams. The longitudinal polarization asymmetry A
            f
            LR
            which has been measured at the SLC thus gives the best individual measurement of
            sin2
            θW . It has also measured the left–right forward–backward asymmetries for the
            heavy b, c quarks, A
            b,c
            LR,F B.
            • Tevatron searches: The Fermilab Tevatron collider has started to operate in 1987 and
            will end running in the end of 2011. It has given precise measurements of the W
            mass, the total decay width ΓW and in particular of the top quark mass mt
            , which
            were discovered at the Tevatron in 1995. Being a proton–antiproton collider it is also
            a good place to measure asymmetries. Its most important experimental programm is
            the search for the Higgs boson, and as discussed later it has given direct constraints
            on its mass.
            • In addition there are high–precision measurements at low energies, for example the
            νµ– and ¯νµ–nucleon deep–inelastic scattering cross sections, from which we can extract
            a determination of sin2
            θW through the measure of the Z couplings to fermions, both
            the right–handed and the left–handed.
            The comparison with the SM calculation of all these precision data is displayed in
            Fig. 8 which has been taken from LEP ElectroWeak Working Group webpage. The
            theoretical predictions are in a very good agreement with the data, apart from a tension
            in the measure of the forward–backward asymmetry for the b–quark which is nearly 3σ
            away from the SM value.
            When combining all these precision data measurements, stringent constraints on SM
            the Higgs boson mass can be obtained. When one performs a fit on all the data, the
            ∆χ
            2 = χ
            2 −χ
            2
            min of the fit displayed in Fig. 9 is obtained, depending on the Higgs boson
            mass.
            On the left of the plot the area depicted in yellow (shaded), close to the minimum
            value of the fit, is the excluded limit by the LEP2 experiments as discussed just below.
            3.2 – Experimental bounds on the Higgs mass 39 Measurement Fit |Omeas−Ofit|/σmeas
            0 1 2 3
            0 1 2 3
            ∆αhad(mZ) (5) 0.02758 ± 0.00035 0.02768
            mZ [GeV] Z [GeV] 91.1875 ± 0.0021 91.1874
            ΓZ [GeV] Z [GeV] 2.4952 ± 0.0023 2.4959
            σhad [nb] 0 41.540 ± 0.037 41.478
            Rl 20.767 ± 0.025 20.742
            Afb
            0,l 0.01714 ± 0.00095 0.01645
            Al
            (Pτ
            ) 0.1465 ± 0.0032 0.1481
            Rb 0.21629 ± 0.00066 0.21579
            Rc 0.1721 ± 0.0030 0.1723
            Afb
            0,b 0.0992 ± 0.0016 0.1038
            Afb
            0,c 0.0707 ± 0.0035 0.0742
            Ab 0.923 ± 0.020 0.935
            Ac 0.670 ± 0.027 0.668
            Al
            (SLD) 0.1513 ± 0.0021 0.1481
            sin2
            θeff
            lept(Qfb) 0.2324 ± 0.0012 0.2314
            mW [GeV] W [GeV] 80.399 ± 0.023 80.379
            ΓW [GeV] W [GeV] 2.098 ± 0.048 2.092
            mt [GeV] t [GeV] 173.1 ± 1.3 173.2
            August 2009
            Figure 8: The SM fits results compared to the data for electroweak precision observables, together
            with the standard deviations. Figure taken from the LEP EW Working Group webpage,
            dated on August 2009.
            The small yellow (shaded) band on the right of the plot displays the limits set by the
            Tevatron run II experiments, again discussed later on. The fitted SM Higgs boson mass
            is then
            MH = 89+35
            −26 GeV (3.26)
            and the 95%CL upper bound is
            MH ≤ 158 GeV at 95%CL (3.27)
            This last limit can be a bit relaxed is the direct search limits at the LEP and the
            Tevatron colliders are taken into account in the fit, leading to MH ≤ 185 GeV at 95%CL.
            The data thus strongly disfavour a very heavy SM Higgs boson MH <∼ 700 GeV which
            anyway is (nearly) outside the theoretical bounds presented above.
            It should be worth mentioning that the SM fit is not as good because of the nearly
            3σ deviation of the forward–backward asymmetry of the b–quark A
            0,b
            fb . Nevertheless if
            40 Where can the SM Higgs boson be hiding?
            0
            1
            2
            3
            4
            5
            6
            30 300 100
            mH
            [GeV]
            ∆χ
            2
            Excluded Preliminary
            ∆αhad = (5)
            0.02758±0.00035
            0.02749±0.00012
            incl. low Q2
            data
            Theory uncertainty
            July 2010 mLimit = 158 GeV
            Figure 9: The ∆χ
            2 of the fit of the electroweak precision data to the predictions of the SM as a
            function of the SM Higgs mass value. The solid line include all data but the low energies
            data, and the effect of varying the ∆(5)
            hadα is also shown.
            this quantity were removed from the fit, the obtained central value for the Higgs boson
            mass together with the uncertainties would fall below the direct search limit, increasing
            the tension between the central value from the EW fit and the bounds obtained by the
            direct searches.
            3.2.2 Direct searches at the LEP collider
            Direct searches of the SM Higgs boson started at the LEP collider in the LEP1 era, but
            the interesting results have been obtained during the LEP2 era when √
            s = 209 GeV.
            The dominant production channel is the Higgs–strahlung e
            +e
            − → ZH, see Refs. [83–89].
            The search has been conducted in several final states topologies:
            • Final state b
            ¯bνν¯: this final state is obtained with H → b
            ¯b together with Z →

    • #55239 Répondre
      deleatur
      Invité

      comme solubles [5] [6].
      Après une modification de nature à la généraliser (section II), la méthode
      de Bose [2] est appliquée dans le présent travail à la construction de potentiels
      dont les fonctions d’onde sont exprimables en termes des fonctions de
      Heun (section III) et de leurs formes confluentes (section IV). Les nouvelles
      classes de potentiels solubles ainsi obtenues, forment les tableaux 1 à IV.
      L’équation différentielle de Heun et les équations confluentes de Heun
      sont des généralisations immédiates des équations déjà utilisées aux mêmes
      fins. De plus, les fonctions de Heun et leurs propriétés sont bien connues [7]-[12] ; les solutions de la première équation confluente de Heun sont
      aussi connues pour quelques cas particuliers distincts [13]-[15]; celles de
      la deuxième équation confluente ont récemment été déterminées et étudiées
      par Maroni [16] et, finalement, celles de la troisième équation confluente
      sont imminentes [17] (*). Notons qu’un cas particulier de l’équation de
      Heun fut appliqué à un autre problème de physique théorique et ses solutions ont fait l’objet d’une vaste étude de De Alfaro et autres [18].
      De façon plus générale, la présente étude se justifie du fait qu’il est
      souhaitable de connaître tous les potentiels pour lesquels on peut résoudre
      l’équation de Schrôdinger et exprimer ses solutions en termes de celles
      des équations différentielles que l’on peut actuellement résoudre. On trouve
      en effet parmi ceux-ci des potentiels solubles d’intérêt certain, pensons
      en particulier aux potentiels singuliers à l’origine pour lesquels des solutions
      analytiques sont hautement désirables [19] [20] et cela, quelle que soit leur
      forme fonctionnelle.
      Notons ici, qu’au moment de soumettre leur manuscrit à l’éditeur, les
      présents auteurs ont pris connaissance d’un travail similaire de Vasudevan,
      Venkatesan et Jagannathan [21]. Dans ce dernier travail on a obtenu,
      d’une façon moins systématique, quelques-uns des nouveaux potentiels
      de la présente contribution. Ce sont des potentiels construits à partir des
      équations de Mathieu, de Hill, de Lamé et de l’équation d’ondes sphéroïdales.
      En effet, ces dernières équations sont toutes des cas particuliers de l’équation
      de Heun et de ses formes confluentes [12] [22].
      (*) Les auteurs remercient l’éditeur d’avoir porté à leur attention les travaux de
      Pham Ngoe Dinh.
      261 POTENTIELS POUR LESQUELS L’ÉQUATION DE SCHRÔDINGER EST SOLUBLE
      II. MÉTHODE GÉNÉRALE DE CONSTRUCTION
      DE POTENTIELS SOLUBLES
      Les équations différentielles linéaires du deuxième ordre,
      peuvent être mises sous la forme normale
      (1)
      d’invariant
      par le changement d’inconnue
      Un changement de variable z = Z(x), appliqué à une équation normale,
      permet d’obtenir une nouvelle équation également de forme normale,
      (2)
      s’il est accompagné du changement d’inconnue
      L’invariant transformé est donné par la relation
      (3)

      (4)
      est la dérivée de Schwarz de Z(x).
      Notre problème est de découvrir et d’appliquer les changements de
      variable capables de transformer un invariant I(z) d’équation différentielle
      INST. POINCARÉ, A-X-3 t8
      262 A. LEMIEUX ET A. K. BOSE
      soluble, en invariants transformés J(x) qui aient la forme d’invariants
      de Schrôdinger
      (5 )
      Les fonctions V(x) obtenues sont des énergies potentielles d’équations
      de Schrôdinger solubles et dont les solutions sont de la forme
      Pour cette raison, on dira que ces fonctions V(x) sont des « potentiels
      solubles ».
      Effectivement, chacun de ces changements de variable peut produire un potentiel soluble à plusieurs termes et nos invariants de Schrôdinger ont plutôt la forme
      Le nombre de termes de ces invariants dépend de la nature de l’invariant
      initial I(z). Dans le cas des invariants de Riemann, de Whittaker et de
      Mathieu, on en obtient deux [2] [4]. Pour les invariants de l’équation de
      Heun et des équations confluentes de Heun, nous en avons quatre. Chacun
      de ces termes possède une forme distincte et une amplitude arbitraire.
      Lorsque l’un de ces termes est de la forme ax- 2, les trois autres forment
      alors un potentiel soluble pour tout moment cinétique.
      III. APPLICATION A L’INVARIANT
      DE L’ÉQUATION DE HEUN
      L’invariant de l’équation de Heun de points singuliers réguliers z=a, b, c
      et oo, est de la forme
      (7)
      Les coefficients A, B, … sont des constantes arbitraires et indépendantes
      déterminées uniquement par les différences d’exposants caractéristiques et du paramètre accessoire de l’équation de Heun. Dans le cas particulier
      A = B = 0, cet invariant devient l’invariant de Riemann à points singuliers z = a, b, c.
      Pour la classe de changements de variable z = Z(x), définie par l’équation
      (8)
      POTENTIELS POUR LESQUELS L’ÉQUATION DE SCHRÔDINGER EST SOLUBLE 263
      où p, q, r et 1 sont des paramètres arbitraires, la dérivée de Schwarz (4)
      est de la même forme que le produit (dZ jdx)2IH(Z) et nous obtenons, selon
      la formule (3), l’invariant transformé
      où les coefficients primés sont arbitraires et indépendants :
      Pour chaque choix d’exposants p, q et r (entiers positifs ou négatifs)
      capable de produire un terme constant dans cet invariant, chacune des
      solutions de l’équation (8) permet d’écrire un invariant de Schrôdinger contenant un potentiel soluble à quatre termes distincts et indépendants.
      En nous limitant aux potentiels définis par des fonctions simples et explicites et pour des choix particuliers des points singuliers a, b et c, nous obtenons le tableau 1 de potentiels solubles. Dans cette table, tous les coefficients Vi sont arbitraires et indépendants. La transformation en équation
      de Heun, des équations de Schrôdinger formées de ces potentiels s’effectue
      par les changements de variable indiqués et l’identification des coefficients V, 1
      aux paramètres de l’équation de Heun devient immédiate. Remarquons que
      la suppression des limitations précitées, permettrait d’allonger considérablement ce tableau. On y verrait notamment des potentiels définis par des
      fonctions elliptiques. La forme jacobienne de l’équation de Lamé en serait
      un exemple particulier.
      IV. APPLICATION
      AUX ÉQUATIONS CONFLUENTES DE HEUN
      Les équations confluentes de Heun, dans la notation de Ince [22], peuvent
      être définies par les formules
      [0, 2, 12], et [0,0, 22].
      La première, considérée par Lambe et Ward [13], admet deux points
      264 A. LEMIEUX ET A. K. BOSE
      TABLEAU 1 (*)
      Potentiels solubles en termes de fonctions de Heun.
      singuliers réguliers (z = 0, 1) et un point singulier irrégulier de deuxième
      espèce à l’infini. Son invariant de forme normale peut s’écrire
      ( 10)
      Pour certains choix particuliers de ses coefficients, cet invariant est
      réductible aux invariants de Riemann, de Whittaker, de l’équation d’ondes
      sphéroïdales et de l’équation de classe [2, 0, 12]. Cette dernière équation
      fut étudiée et solutionnée par Ince [14]. Ainsi, la transformation en invariants de Schrôdinger, de ce seul invariant, permet d’obtenir, entre autres,
      les potentiels solubles en termes des fonctions de Riemann et de Whitta-
      (*) On obtient des potentiels périodiques définis par des fonctions trigonométriques
      circulaires, en remplaçant le paramètre ex. par On notera aussi que nous n’avons pas
      introduit, dans ce tableau, tous les potentiels de formes fonctionnelles différentes que
      nous pourrions obtenir par l’utilisation d’identités fonctionnelles.
      POTENTIELS POUR LESQUELS L’ÉQUATION DE SCHRÔDINGER EST SOLUBLE 265
      ker [2]. Nous obtenons aussi le potentiel coulombien à deux centres de
      l’ion H; d’hydrogène diatomique, soluble dans l’approximation adiabatique, en termes des fonctions d’ondes sphéroïdales [26]. On trouve ce
      potentiel à la première ligne du tableau II.
      TABLEAU II (*)
      Potentiels solubles en termes des solutions de l’équation confluente
      de Heun de classe [0, 2, 12].
      La deuxième équation confluente de Heun admet un point singulier
      régulier à l’origine et un point singulier irrégulier de quatrième espèce à
      l’infini. Elle est une généralisation de l’équation de Whittaker ; Maroni
      vient d’en étudier les solutions et leurs propriétés en liaison avec les fonctions
      hypergéométriques confluentes. Son invariant est de la forme
      (11)
      (*) Voir note sous le tableau I.
      266 A. LEMIEUX ET A. K. BOSE
      Finalement, la troisième équation confluente de Heun est une généralisation de l’équation de Mathieu [0, 0, 21] et Maroni [17] se propose également d’en étudier les solutions. Son invariant s’écrit
      (12)
      Ces deux derniers invariants sont des plus intéressants puisqu’ils généralisent l’invariant de Whittaker qui a permis la construction des potentiels
      solubles les plus fondamentaux, soit ceux de Coulomb et de l’oscillateur
      harmonique.
      L’application à l’invariant (10) des changements de variables définis
      par l’équation
      (13)
      et l’application aux invariants (11) et (12) des changements de variables
      définis par
      ( 14)
      TABLEAU III
      Potentiels solubles en termes des solutions de l’équation confluente
      de Heun de classe [0, 1 , I4].
      POTENTIELS POUR LESQUELS L’ÉQUA7TON DE SCHRÔDINGER EST SOLUBLE 267
      nous permettent d’obtenir les tableaux II, III et IV de potentiels solubles
      en termes des fonctions confluentes de Heun. Ces changements de variable
      sont des cas particuliers de ceux définis par l’équation (8) et ils nous sont
      suggérés par la forme des invariants (10), (11) et (12) et la relation (3).
      TABLEAU IV
      Potentiels solubles en termes des solutions de l’équation confluente
      de Heun de classe [0, 0, 22].
      Notons en particulier, à la troisième ligne du tableau III, la présence
      du terme linéaire de l’effet Stark. En effet pour V4 ( # 0) très petit, ce potentiel fournit une bonne approximation de l’effet d’un champ électrique uniforme sur l’atome d’hydrogène. De plus, pour V 2 = 0, nous obtenons
      l’énergie potentielle d’un oscillateur harmonique plongé dans le même
      champ. Dans ces deux cas, l’équation radiale réduite de Schrôdinger est
      soluble pour tout moment cinétique.
      V. CONCLUSION
      Nous avons construit à toute fin pratique, tous les potentiels indépendants
      de la vitesse, dont on peut déterminer analytiquement les fonctions d’onde
      des équations de Schrôdinger qu’ils peuvent former. En fait, l’exigence
      de potentiels indépendants de la vitesse est une condition limitative et sa
      relaxation permettrait d’élargir sensiblement la famille des potentiels solubles.
      Par contre, nous n’avons pas imposé la condition beaucoup plus restreignante que serait l’exigence de la présence d’un terme moment cinétique en x- 2 dans l’invariant de Schrôdinger. Cependant, dans plusieurs cas,
      ce terme apparaît naturellement et dans d’autres cas, nous notons fréquem- ment la présence d’un terme dont le comportement à l’origine est identique
      268 A. LEMIEUX ET A. K. BOSE
      au terme moment cinétique et qui pourrait le simuler dans certaines applications. Nous avons sciemment omis les potentiels solubles qui ne sont pas
      définis en termes de fonctions élémentaires et explicites.
      Pour générer d’autres types de potentiels solubles, il faudrait maintenant
      considérer des classes de changements de variables autres que celle que nous
      avons employée (équation (8)). Mais à cause de la structure de l’invariant
      transformé (équation (3)), ces classes de changements de variable devraient
      jouir de propriétés suffisamment limitatives pour qu’on puisse douter
      sérieusement de leur existence. En effet, elles devraient produire une dérivée
      de Schwarz (équation (4)), expression assez complexe en soi, qui soit compatible avec l’invariant initial de l’équation différentielle considérée, tout en
      produisant des invariants de Schrôdinger contenant, par définition, un
      terme constant et des termes fonctionnels dont les amplitudes sont arbitraires et indépendantes.
      Une seconde méthode de construction de potentiels solubles consisterait
      dans l’utilisation du théorème de Darboux [23]. Or, il est permis d’être
      pessimiste quant à cette possibilité. Certains auteurs [1] [4] l’ont suggérée sans en tirer des résultats originaux. L’application de ce théorème aux
      équations les plus simples produit des potentiels déjà construits, dans ce
      travail ou ailleurs, et dont les amplitudes ne sont pas arbitraires [23] ou
      indépendantes des autres paramètres comme la portée des potentiels [4].
      En plus de nouveaux potentiels solubles, les potentiels que nous avons
      construits fournissent plusieurs exemples de « superposition de potentiels ».
      En effet, on constate par exemple, que la somme de certains potentiels
      solubles en termes de fonctions hypergéométriques ou hypergéométriques
      confluentes est soluble en termes de fonctions de He

    • #55472 Répondre
      phasmes
      Invité

      UP

    • #55760 Répondre
      Viscontigre
      Invité

      Remontée

    • #56208 Répondre
      pinakia.colada
      Invité

      @françois bégaudeau merci pour la poésie du « calmement radical » dont je me ferai suiveur (mais pas robot).

      • #56209 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        pinakia.colada
        mais peut-on être radical et suiveur?

    • #56250 Répondre
      pinakia.colada
      Invité

      @..Graindorge Ferions-nous autre chose que suivre des sentiers dont nous avons hérité ?
      .
      Voici en tout cas quelques mots de François Bégaudeau dans l’article Beaucoup trop connectés, qui expliquent ma formulation :
      Le premier qui a dit « je suis mort de rire » était un poète, les suivants sont des suiveurs, des robots. Nous sommes des parleurs automatiques, des distributeurs automatiques de phrases.
      .
      Début de l’article en question ici.
      .
      Belle soirée.

      • #56259 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        pinakia colada
        je connais cet article. Merci pour le partage.
        Oui, je fais autre chose que suivre des sentiers dont j’ai hérité

      • #56267 Répondre
        Arnaud
        Invité

        « Le premier qui a dit « je suis mort de rire » était un poète, les suivants sont des suiveurs, des robots. »
        C’est bien dit.
        La littérature chinoise est constellée d’expressions idiomatiques 成语, garanties de la littérarité d’un texte. A ma connaissance l’idée de liquéfier la langue y est étrangère au travail de l’écrivain.

    • #56262 Répondre
      pinakia.colada
      Invité

      @..Graindorge Connaissez-vous le travail de Chantal Jaquet, à propos des gens qui ne suivraient pas les sentiers dont ils ont hérité ?

      Bien à vous.

      • #56266 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        pinakia.colada: Alors, on le regarde en face le fait qu’on prend parti pour les nazis du haut de sa bonne conscience de merde ou on fait l’autruche pour s’éviter d’avoir à se regarder dans une glace?

        • #56271 Répondre
          pinakia.colada
          Invité

          @Demi Habile Je suis désolé mais je ne comprends pas votre question ni votre intention à mon égard, même si je perçois votre hostilité. De plus il ne me semble pas très opportun d’associer les termes « bonne conscience » et « nazis ».

          • #56273 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            pinakia.colada: Moi je suis sûr que tu comprends mais que tu cherches un point de fuite pour éviter d’avoir à affronter le problème. Peut être que je te surestime, je veux bien l’entendre, mais si je te surestime je crois qu’on peut se poser la question de savoir ce qui te pousse à croire que ça peut être une idée de venir me faire des grandes leçons.

            • #56355 Répondre
              pinakia.colada
              Invité

              Je comprends aujourd’hui que vous êtes parfois Jôrage, parfois Demi Habile. Vous m’avez en effet surestimé, je ne suis ni psychanalyste, ni professeur, ni devin.
              .
              Je peux être fugueur à l’occasion.

      • #56349 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Chère pinakia.colada
        Non je ne connais pas le travail de Chantal Jaquet
        à propos des gens qui ne suivraient pas les sentiers dont ils ont hérité »
        Mais je connais très bien MON travail et c’est pourquoi j’ai donné cette réponse: oui, mon travail consiste à faire autre chose que suivre les sentiers dont j’ai hérité Gratitude sans bornes cependant envers ces sentiers
        Sincère merci pour le partage: j’irai voir à la bibliothèque universitaire s’il y a des livres de Chantal Jaquet. Un ou 2 ou 3 titres? Car je suis en Espagne. Il y a certes beaucoup de livres mais il vaut mieux avoir plusieurs références

        • #56356 Répondre
          pinakia.colada
          Invité

          Bien sûr, Les transclasses ou la non-reproduction. Avec plaisir pour le partage.
          .
          Merci à vous et très bonne journée.

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