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- Ce sujet contient 22 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Mélanie, le il y a 3 mois et 2 semaines.
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Nicholas
InvitéSalut François,
Cela me trotte dans la tête depuis que je me suis mis à suivre la gêne occasionnée. Je me demandais simplement si il t’était venu à l’esprit de traiter le film ‘Perfect Days’ réalisé par Wim Wenders et sorti fin 2023. Il y a peut-être tout simplement eu des sorties qui ont plus attiré ton attention. Je pensais que ça aurait pu donner une gêne féconde autant sur l’aspect formel du film que sur le sujet traité que je trouve assez original. Cela peut aussi donner à penser sur l’évolution des réalisateurs pris dans les rapports de production cinématographique. Est-ce que Wenders aurait pu se permettre de faire un film comme ça au début de sa carrière par exemple et qu’est-ce que ça dit de son évolution en tant que cinéaste.
Merci d’avance ! (pour ta réponse, si réponse il y a)
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne l’ai pas vu, ayant arrete toute activité wendersienne vers 1992
Mais pas mal de gens m’ont dit que c’était bien – et d’autres que bof.
Je tacherai de le voir un jour.-
Carton de Lait
InvitéC,est un cinéaste dont je me demande depuis un moment ce que tu en pense, ayant quand même des intuitions après avoir écouté quelques années de GO. J’ai en partie une réponse.
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Il me semble quand même que plus personne ne parle de Wenders aujourd’hui. L’actuel ou l’ancien. Je peine à penser à un seul youtuber cinéma qui ai fait une vidéo dessus par exemple. C’est bizarre compte tenu de la réputation qu’il avait justement autour des débuts 90.
.`.
J’adore Paris, Texas perso. Adolescent et jeune adulte Himmel uber Berlin était dans mes films favoris mais j’en suis revenu depuis.
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Carpentier
Invitéalors finalement, à l’usure. on peut ouvrir un topic pour un film/ un réal. maintenant?
ok. -
Carpentier
Invitéputain, crois bien que j’en ai vu aucun de ce Wim, même pas honte, nan nan
Ses Paris Texas et Les ailes du désir sont les plus cités j’ai l’impression, marrant les ref. qu’on a comme malgré soi-
Carpentier
Invitéet comme, en attendant que le maître des clefs d’ici le voit, on a ce topic/thread/sujet, autant l’alimenter;
pas un mauvais bougre après tout (et je me souviens trop comment laissée seule dans mon bourbier, tu sais, non, c’était pas si facile)
– beautiful, perfect, presqu’idem, non?
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..Graindorge
Invité@Nicholas
Qu’as-tu pensé de ce film? Tu le recommandes?
On lit que Wenders rend hommage avec ce film au cinéaste Ozu.
Cette histoire d’un homme qui a une vie simple : il nettoie des toilettes publiques et en dehors du travail s’adonne à la musique, aux livres, à admirer le ciel et les arbres qu’il aime photographier. N’y a t-il pas un « Achtung! » ? Un couteau à double tranchant?
Trouver de la beauté dans le quotidien, oui bien sûr. mais jusqu’à quand va t-il devoir nettoyer des toilettes publiques?-
Carpentier
Invitétant que les riches en foutront partout sans nettoyer eux-mêmes, sans aucun doute
simpliste? balek.-
..Graindorge
InvitéEt le/la riche dira: je crée des emplois, moua madame! Sans regarder sa m… sans tirer la chasse et sans se laver les mains. L’emploi n’a pas encore été créé : » laveur.se de mains sales
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Leny
InvitéC’est une catastrophe ce film, une espèce de feel good movie bourgeois (je vais expliquer pourquoi, ce n’est pas juste pour le disqualifier) qui se donne des airs émancipateurs à la Drunk.
A l’origine c’est une commande d’une municipalité, c’est une publicité pour les chiottes du quartier de shibuya à Tokyo (voir The Tokyo Toilet Project), d’oû son côté hyper esthétisé. Ses musiques « cool », parc pour enfant « cool », chiottes publiques « cool », prolétaire « cool » dans son métier compliqué mais « cool ». Les gauchistes tombent dans le panneau et voit un film sur l’émancipation par l’art avec un vieux prolo qui lit des livres et regardent les arbres, alors que c’est un film sur le maintient du travailleur au travail, de l’acceptation des rapports de dominations.
Tout est propre dans ce film, la maison du prolo, dans un quartier miteux est décorée en intérieur ikea HYPER esthétisé avec des LED orangés, plantes, vinyl / CD de souls et funck des années 70. Il veut expliquer comment le travailleur peut être heureux si il le souhaite malgré sa situation matérielle affreuse, si il reste propre sur lui, si il écoute de la bonne soul music, garde une maison bien rangée, si il fait des photos des arbres. Quelques scènes ne sont pas à jeter et vont dans le sens inverse non subtilement (celle avec sa sœur, notamment). On voit bien comment Wenders considère le beau : c’est le « COOL malgrès la galère ».
Un bourgeois qui souhaite voir quelqu’un continuer à être exploité, mais avec pleins de bons sentiments aimera ce film, selon moi (je veux pas dire que il faut être un bourgeois pour aimer cela, mais au minimum tomber dans le panneau, au pire avoir des affect proche de ceux de la bourgeoisie. Ce film est comme mon patron de mon job d’été en restauration qui m’avait dit qu’on ressortait grandi de la restauration, et qui hurlait quand quelqu’un travaillait mal. C’est au minimum minable. Mais je dirais fascisant.
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Nicholas
InvitéPlus je lis ce genre de remarques plus ça me confirme ce que j’ai commencé à penser lorsque j’ai étudié le cinéma.
Une critique en dit (presque) toujours, plus sur celui qui la produit que sur le produit en lui même.-
diegomaradona
Invité« Une critique en dit (presque) toujours, plus sur celui qui la produit que sur le produit en lui même. »
Il ne saurait en être autrement puisque le principe même de la critique est, pour celui qui critique, d’énoncer ses préférences subjectives et arbitraires à propos de ce qu’il critique. Un critique nous dira par exemple qu’un film est bon parce que ce qui est vu à l’écran est justement ce qu’aime voir le critique, inversement si le critique n’aime pas ce qu’il voit cela vaudra au film d’être qualifié de mauvais. Evidemment un autre individu avec des préférences inverses jugera les choses inversement. Le plus absurde étant d’en arriver à dire que le film n’est pas bon parce que le critique aurait aimé voir des choses qui ne sont pas dans le film, ce qui revient simplement à ne même pas parler de ce qu’on a vu !-
diegomaradona
InvitéComme tu peux le faire.
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diegomaradona
InvitéTu prévois de faire un Lien 2 avec Palmade ou avec toi ?
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Dr Xavier
InvitéLe critique peut aussi dire que le film est bon parce qu’il a aimé voir des choses qui pourtant ne sont pas dans le film.
Qu’as-tu pensé de la GO n.44 sur Les passagers de la nuit ?-
diegomaradona
Invité« Le critique peut aussi dire que le film est bon parce qu’il a aimé voir des choses qui pourtant ne sont pas dans le film. »
Tout à fait, ce qui en dit long sur l’imagination et les préférences du critique, mais rien sur le film.-
diegomaradona
InvitéT’étais mauvais ce soir.
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Dr Xavier
InvitéCe qui ne nous dit toujours pas ce que tu as pensé de la GO n.44 sur Les passagers de la nuit.
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Ourson
InvitéDésolé de déterrer ce vieux topic, je n’ai vu le film qu’hier soir
Les quelques avis que j’ai vus sur ce site semblent aller dans ton sens, mais à titre personnel j’ai pas vu un prolo avec une vie cool : j’ai plutôt vu un ancien bourgeois qui – pour une raison qu’on ignore – a décidé de « devenir prolo » (oxymore). On peut imaginer que c’est un ancien salaryman qui a fait un burnout et qui a décider de bifurquer vers une vie plus sommaires, mais bien plus paisible, qui lui laisse le temps de lire et de jardiner (nombreux sont les employés du bureau qui pensent à faire ce genre de virage… Et qui finissent par le faire. J’en sais quelque chose)
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Et quand bien même, sa vie ne ma paraissait pas non plus si cool que ça : oui les toilettes sont propres mais en même temps elles sont nettoyées tous les jours et – sans vouloir balancer dans les clichés – on est au Japon.
Alors certes il écoute des trucs cool, lit des trucs cool, et après ? C’est si invraisemblable pour un « prolo » de faire tout ça et d’avoir un petit appartement décoré avec des meubles Ikea bien rangés ?
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Aussi, deux trois scènes dans ce film me laissent penser que la vie de ce monsieur n’est pas si « cool » que ça, notamment la dernière. J’y vois surtout un type qui essaie de coolifier sa vie, mais sans grand succès.
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Jules
InvitéJ’avais écrit un avis sur ce film, pour Frustrations. https://frustrationmagazine.fr/perfect-days/
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graindorge
InvitéJules de Bruxelles c’est ton vrai nom? Comme Cécile de France?
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Ourson
InvitéMais est-ce qu’on est sûr qu’il y a un message derrière ce film ? Et est-ce qu’on est sûr que le message soit « ALLER HOP HOP HOP, au travail les prolos, avec le SOURIRE » ?
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Je suis désolé, mais il y a tout un tas de gens payés le SMIC qui n’ont pas de problèmes de dos, qui arrivent à assurer une heure ou deux de paisiblité relative dans leur journée, qui bouquinent, qui écoutent un peu de musique dans la voiture… Est-ce que c’est si idéaliste de montrer ça ?
N’aurait-ce pas été plus idéaliste de forcer une espèce d’intrigue Lutte des Classes sur le personnage, qui plus est dans un pays sans aucune historicité de lutte des classes ?
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En plus tu l’as spécifié toi-même : c’est un ancien bourgeois, donc il a potentiellement pu choisir, préparer sa petite vie de « prolo heureux » (heureux mais qui en chie pour pas chialer à la fin tout de même hein) -
Mélanie
InvitéJ’approuve ce texte. Ce film m’avait particulièrement agacée aussi. Merci !
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