Accueil › Forums › Forum général › Parasites – Nicolas Framont
- Ce sujet contient 36 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
, le il y a 1 année et 7 mois.
-
AuteurMessages
-
-
Leo Landru
Invité« Parasite : nom masculin. « Organisme qui se nourrit strictement aux dépens d’un organisme hôte d’une espèce différente ».
Les parasites ne sont pas ceux que l’on croit.
La véritable classe parasite est celle qui est située au sommet du corps social, cette classe bourgeoise qui a envahi la société tout entière, rachetant ses médias, finançant ses hommes politiques, exploitant ses travailleurs au plus bas prix possible.
En retour, cette classe ne nous apporte rien. Pire, elle nous coûte bien plus cher qu’elle ne nous rapporte. Elle nuit plus qu’elle brille. Elle nous mène au désastre écologique car elle est incapable de vivre sans accumuler. Moralement, elle est un naufrage. Pourtant chaque jour, elle est décrite sur nos radios, nos chaînes de télévision et dans nos journaux comme un groupe social indispensable à notre survie.
Foutaise : ce livre le démontre clairement. Non, les 500 familles les plus riches de France ne sont pas composées de dynamiques entrepreneurs qui ont pris des risques. Non, elles ne créent pas d’emploi.
Non, elles ne nous font pas du bien. Oui, on pourrait vivre sans leur règne. Nicolas Framont commet ici un ouvrage fouillé et radical pour contribuer à détruire cette croyance en la supériorité de nos maîtres et donner des arguments à la prochaine révolte d’ampleur qu’il appelle de ses voeux. »Salut les amis, avez-vous lu cet essai ? Est-il intéressant, si oui en quoi ?
Merci pour vos retours s’il y en a.
-
Charles
InvitéPas lu mais ce vocable d’extrême-droite (parasite) n’est-il pas un peu gênant ?
-
Ostros
InvitéTony l’a lu il me l’a recommandé.
-
Tony
InvitéIl me reste une quarantaine de pages à lire,je peine un peu à le finir,c’est écrit avec les pieds,je ne veux pas avoir l’air de faire la fine bouche,l’essentiel n’est pas là.
Parasite est le titre adéquat,je ne vois pas en quoi ce vocable serait d’extrême droite,puisque la classe bourgeoise est bien une classe parasite qui ne crée pas d’emploi comme on l’entend mais uniquement du profit,à son seul usage,en faisant travailler les autres,il s’agit bien de parasitisme.
Dans sa première partie le livre est très intéressant car il deconstruit tous les discours médiatiques qui ont fini par s’imposer dans l’opinion sur le patron investisseur qui prend des risques et qui a réussi par son seul mérite,il y a des récits intéressants sur Leclerc,Saadé(pdg d’un opérateur de fret maritime )mais je crois que c’est intéressant pour ceux qui recherchent des récits concrets sur la guerre de classe qui se joue aujourd’hui,comme avant,il affine aussi un peu la notion de bourgeois qu’il distingue de sous bourgeois et de petit bourgeois.-
Charles
InvitéBiologisation de la politique, de l’adversaire qui a une histoire sinistre en ce qu’elle a beaucoup visé les Juifs comparés à des microbes et autres vermines. Et qu’est-ce qu’on fait des parasites? On les extermine. Framont n’est pas un nazi hein mais je trouve toujours périlleux d’emprunter la langue de l’adversaire.
-
Hami Debile
InvitéMoi j’ai repris l’expression « féminazie » parce que j’aime bien. Je trouve ça pratique pour discriminer la vrai féministe de la fausse.
Sinon je crois que là il était moins question de rendre hommage à l’extrême droite que de renverser le stigmate. Parce qu’on est au 21 ème siècle et le parasite dans l’imaginaire collectif du néolibéralisme ce n’est pas le juif mais l’assisté, celui qui survit au RSA. Après moi ce qui m’étonne c’est quand même que le garçon n’a pas l’air de se rendre compte que 40% de révolutionnaires affirmés et 80% de Français qui soutiennent les Gilets Jaunes après le saccage de l’arc de triomphe ça signifie qu’on a envie de leur faire la peau collectivement mais comme il m’a fait plaisir en faisant remarquer que ça ne vendait pas du rêve de devoir demander l’autorisation à Friand pour ouvrir une boulangerie je lui pardonne. Ce n’était pas formulé comme ça, mais c’était l’idée et ça fait du bien.
-
Leo Landru
InvitéJe te trouve bien audacieux d’évoquer l’extermination des patrons.
Enfin, un peu de retenue quoi.
.
Pas publiquement merde. -
Franck
InvitéS’il n’y avait pas eu le film Parasites avant la sortie de ce livre, j’aurais eu les mêmes réserves:)
-
Charles
InvitéCurieuse la comparaison avec un film de fiction réalisé par un cinéaste sud-coréen à qui on peut difficilement reprocher de ne pas prendre en compte le profond enracinement antisémite en Europe et en France particulier. Mais bon, peu importe.
-
-
-
Leo Landru
InvitéMerci beaucoup Tony pour ton retour. Je pense que je vais y jeter un œil surtout pour les portraits de patrons. Par ailleurs, je te rejoins sur la réappropriation du terme « parasite ».
-
Manelmanel
InvitéBonjour à tous, ceci est mon premier commentaire sur ce forum.
Je m’apprête à lire le bouquin de Framont et je suis quelque peu interloqué par votre commentaire. Vous parlez d’un livre « écrit avec les pieds ». C’est-à-dire ? Qu’est-ce qu’un essai écrit avec les pieds ? Un essai sans queue ni tête, aux idées confuses, un essai bourré de fautes de syntaxes, d’orthographes, de fautes grammaticales ? Non vraiment, ça m’intrigue ^^. Merci.-
François Bégaudeau
Maître des cléseh bien lisez-le et on en reparle
-
François Bégaudeau
Maître des clésétant entendu que le livre est ici unanimement salué, y compris par moi
-
Manelmanel
InvitéJe viens de lire les cinq premières pages, avec plaisir. Mais par contre je préviens : je suis très très long pour finir un bouquin parce que j’en lis au moins dix en même temps. Je lis quelque pages d’un et je passe à un autre. Et ainsi de suite. J’ai jamais su faire autrement.
-
François Bégaudeau
Maître des clésméthode respectable, mais impropre à bien prendre la mesure d’un style
-
Manelmanel
InvitéJe ne lis principalement que des essais (le seul roman que je suis en train de lire en ce moment est La Conjuration Des Imbéciles de Toole, que je finirais donc probablement, selon ma méthode, dans 7/8 mois, voire plus ah ah) et c’est vrai que, peut-être à tort, je m’attache peu au style de l’auteur lorsque je lis un essai (lorsque je parle d’essai j’y inclus tout ce qui n’est pas un roman). Mais je peux trouver un essai chiant à lire et tout arrêter. D’où ma question dans mon premier commentaire.
-
Dr Xavier
InvitéConjuration des imbéciles, dont je veux bien qu’on m’explique pourquoi ce livre est passé à la postérité, passé les 50/70 premières pages qui annonçaient un roman prometteur il m’est tombé des mains, a-t-il si bien vieilli que ça ?
-
Hervé Urbani
InvitéIl faut d’abord dire que ce roman a été magistralement traduit en français par Jean-Pierre Carasso ; n’ayant pas été publié juste après que Toole l’avait écrit (en 1962/63) mais presque vingt ans plus tard, ça renforce encore davantage la modernité de sa langue dans sa version française. Donc pas du tout daté à mes yeux.
Ensuite le roman est non seulement à hurler de rire (j’en ai fait l’expérience et c’était pas toujours à propos, genre fou rire dans une salle d’attente d’hôpital) mais aussi profond, très en avance sur son époque ; Toole réussit à faire exister chaque personnage, pas simplement Ignatius (qui se serait éclaté en 2023 avec les réseaux sociaux tant c’est un troll avant l’heure).
J’ai un souvenir net et fort de chaque protagoniste, de la malheureuse et dépassée mère Reilly, du flic loser, de Myrna Minkoff avec ses formules de politesse à chaque fin de lettres et qui semble déjà installée sur les barricades étudiantes de mai 68, la vénale Lana Lee, le lumpen-prolo Jones et même les hot-dog, putain ! J’ai encore tout ou presque en mémoire alors que je ne l’ai pas relu depuis au moins 10 ans.
Et puis une fin inouïe, inattendue et très émouvante.
Bref, ce livre mérite sa réputation …
Seul(s) bémol(s) : quelques passages foutraques et des petits problèmes de rythme mais n’oublions pas que Toole s’est suicidé (après s’être recueilli sur la tombe de son écrivaine préférée – et que c’est la mienne aussi – Flannery O’Connor) plusieurs années avant que sa mère ne parvienne à faire publier le manuscrit, d’où peut-être quelques pages mélangées, des chapitres dans le désordre et une version définitive qui n’était sans doute pas celle que Toole aurait validé après un dernier repassage. -
Hervé Urbani
Invité*validée
-
Dr Xavier
InvitéMerci Hervé ! J’admets avoir été très peu réceptif à l’humour du livre, ce qui n’a pas aidé.
-
Dr Xavier
InvitéPS – Hervé : verrais-tu un lien de parenté avec John Irving ? En particulier Le monde selon Garp ?
-
Hervé Urbani
InvitéJamais rien lu de John Irving donc je sais pas. On sent l’influence énorme de Flannery O’Connor sur Toole et celle de Gargantua sur Ignatius qui pourtant ne jure que par le philosophe latin Boèce
-
Maud
InvitéLa conjuration des imbéciles m’avait semblé plus fantasque que les livres d’Irving, mais il doit y avoir un lien. Je connais bien quelqu’un dont ce sont les auteurs préférés. Je lui demanderai à l’occasion.
-
Dr Xavier
Invité@Maud – Ah oui je veux bien avoir son avis alors, pour moi il y a un lien, mais je dois bien être le seul à le penser, une recherche gougoule approfondie ne donne pas le début d’un commentaire en ce sens… merci !
-
Maud
InvitéBah l’ami ne voit pas de lien. Il me semble tout de même qu’il y a quelques points communs : même génération, origine américaine et histoires ancrées dans le pays, écriture et narration classiques dans leur forme, sur lesquelles se greffe une ironie, voire un humour noir assez mordants. Les personnages, notamment, sont hauts en couleurs et certains même complètement décalés.
Finalement ça fait beaucoup 😉 -
Dr Xavier
InvitéBien d’accord !
-
Leo Landru
InvitéJe ne sais pas ce qu’il y a avec La Conjuration des Imbéciles. J’ai l’impression que la légende autour du bouquin (l’auteur suicidé faute d’éditeur finalement publié posthume grâce à l’acharnement maternel) surpasse le texte – que je n’ai pas lu. J’aurais dû. Si j’avais eu un euro chaque fois qu’on m’a conseillé La Conjuration des Imbéciles, je posséderais au moins onze euros cinquante. Mais j’ai fini par avoir dans l’idée que JK Toole est un mantra de lecteur underground, passage obligé obligatoire avec Kerouac, Salinger, Céline, Burroughs, Bukowski ou Castaneda, machin qu’on lit sans forcément comprendre et auquel on est sommé de crier au génie sans chercher la petite bête, qu’on aime ou pas, peu importe, pas touche. Du coup ça me fait soupirer. Ton post ne m’encourage pas à franchir le pas.
-
Hervé Urbani
InvitéJe ne trouve aucune parenté entre Toole et les auteurs que tu cites – je les ai tous lus, sauf Jean Castaneda, mais qui ne peut pas être pire comme écrivain qu’il le fût dans les cages de l’OM contre Benfica en 1990.
Après, j’ai lu le livre trois fois, toi zéro, donc quoi qu’il arrive, c’est moi qui gagne le match. C’est ça d’avoir Castaneda dans tes buts, Leo. -
Leo Landru
InvitéAprès ce tacle, me voilà une fois de plus sur la touche. Je vais finir par le lire ce bouquin.
-
Manelmanel
InvitéJe pense qu’Hervé a tout dit dans son commentaire. Je n’ai lu pour l’instant que les deux premiers chapitres et je trouve ça vraiment captivant, jubilatoire. Ignatius, franchement, impossible de passer à côté
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Tony
InvitéOK je comprends ce que tu veux dire mais bon c’est la réponse du berger à la bergère qui le traite de fainéant,je n’ai pas non plus lu d’appel au meurtre,n’ai pas peur Charles on saura quoi faire de toi(je déconne bien sur)
-
Leo Landru
InvitéCes renversements de mots, ces retournements, c’est justement l’apanage de la droite. « Politiquement incorrect » en est un exemple parfait : passage de la subversion à la réaction. Nicolas Framont me semble juste quand il rend à « parasite, » sa juste définition.
-
-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai tiqué aussi sur le titre mais comme d’habitude la réponse est dans le livre, où NF décrit très concrètement le parasitisme : le grand capital pille la puissance publique et tue des emplois.
Sur le possible passif antisémite de l’expression NF a répondu, en disant par exemple que globalement le grand capital français est catholique (exemplairement les familles Mulliez et Leclerc) -
Franck
InvitéS’il n’y avait pas eu le film Parasites avant la sortie de ce livre, j’aurais eu la même réaction de rejet que toi
Ceci étant dit, tu m’obliges alors à m’y arre^ter un peu sur ce terme et me dire qu’en contexte de montée du ressentiment voire de la haine / des élites (économiques comprises), ca pourrait bien légitimer la violence in fine (sachant que cet auteur sera surtout suivi pour son média)
S’il avait réellement voulu renverser le stigmate, il aurait donc parlé d’assistanat des riches, pour minimiser les risques.
D’autant que sociologue, il sait ce risque possible. J’en déduis donc que sachant que les livres sont peu lus et que son média n’est pas le premier, il passe par la provoc pour faire rapidement de l’audimat, j’imagine
Bref, connaissant les concepts qu’il convoque dans son livre, je renonce à le lire et vais prendre le temps de Rancière et Friot. Voilà Son livre m’aura donc été bénéfique;)-
Tony
InvitéS’arrêter à ce point là sur un titre c’est du n’importe quoi,heureusement que Framont est là pour nommer des choses réelles et lui sait de quoi il parle.
-
-
-
Franck
InvitéMerci, MA:) Je n’ai pu lire que le début mais cette approche critique me convient bien aussi (ceci étant dit, le seul fait qu’un sociologue pratique le maraichage, ensuite, vaut tous les discours et analyses sur la puissance de nos empêchements à être aujourd’hui, dans son taf)
-
-
-
AuteurMessages
