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- Ce sujet contient 167 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Mohammed Ferry, le il y a 3 mois et 3 semaines.
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AuteurMessages
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Vinicius Luka
Invitéon en voit peu des intellectuelles qui sentent aussi bien le monde
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Vinicius Luka
InvitéBien rentre dedans et précis comme j’aime
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Vinicius Luka
InvitéEt pourtant d’une sensibilité monstre
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Vinicius Luka
Inviténishen
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nefa
Invitéà 1h 25mn 20s
Houria :
« je voudrais conclure en disant que lorsqu’on se dit militant révolutionnaire, qu’on a cette prétention assez folle de vouloir changer le monde, il faut cultiver sa sensibilité, comme jean luc godard
rester sensible aux choses de la vie devient une qualité capitale
une sensibilité que je voudrais distinguer très fortement de la sensiblerie
en d’autres termes pour devenir ce militant ou cette militante, il faudrait presque avoir une sensibilité de poète et se méfier de toutes sortes de sensibilités outrées et affectées… »
voilà une boussole
peut-être que sa rencontre avec un auteur le 27 juin 2025 ne fut pas considérée par elle, sur le moment, comme une chose de la vie-
Tony
InvitéEn effet ce passage sur la sensibilité et la sensiblerie est superbe.
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Seb H
InvitéElle sait y faire… Je suis conquis
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François Bégaudeau
Maître des clésen tout cas il semble que les pages dudit auteur sur la nécessité de refroidir le sensible pour monter en politique ne soient pas considérées par elle
j’aime cependant beaucoup cette fin
un peu moins la première moitié, jalonnée de coup de force sur le réel-
François Bégaudeau
Maître des clésLe plus important des coups de force, le plus redoutable, le plus retors, et le plus constitutif puisque le QG décolonial ne cesse de le décliner depuis des années : le contenu donné au terme progressisme. Ou plutot l’absence de contenu précis, qui permet d’y mettre un peu tout et son contraire et de servir une contrebande conceptuelle et politique.
Ici par exemple, voir les deux anecdotes augurales, destinées à mettre en scène une opposition entre les intérets du progressisme et les intérets décooniaux-sociaux : sont ainsi amalgamées, assez dégueulassement je ne vois pas d’autre mot, la croisière-partouze pour riches dégénérés et la LGBT pride de banlieue. Amalgame qui en dit long sur la composante réactionnaire de la critique décoloniale du progressisme. Je laisse chacun en peser toutes les implications.
Si j’essaie de donner un contenu sérieux à ce que Houria ici et ailleurs appelle progressisme, eh bien en fait il ne s’agit ni plus ni moins que de ce que le marxisme appelle depuis mille ans la social-démocratie. C’est à dire une gauche qui, sans anticapitalisme, est du jardinage ou du développement personnel ou un séminaire moral pour cadres (et à la fin impuissante, voire contre productive – bien fait pour sa gueule)
Mais Houria ne dit pas social-démocratie : elle dit progressisme pour pernicieusement mettre dans la charrette social-démocrate toutes les émancipations dites sociétales qu’au fond elle réprouve. Elle dit progressisme et puis elle dit libéralisme, deux grands mots creux qu’il devient facile d’amalgamer. Manoeuvre que j’ai de longue date identifié comme la manoeuvre théorique et verbale centrale des intellectuels autoridentitaires (voir les lignes sur Chantal Delsol dans Notre joie).
On comprendra donc que je ne sois pas confit d’enthousiasme en suivant cette conférence par ailleurs brillante, poétiquement et rhétoriquement brillante.-
nefa
Invitéaprès le milieu des années quatre vingt, on appelait les socialistes : les progressistes
ça servait à les désigner
aussi à piquer
nous on était les révolutionnaires
j’ai participé à la mise en place de cette habitude parce que c’était comme ça qu’on parlait
en ce qui me concerne, dans le métro, partout
par contre j’ai pas vu le passage à l’utilisation du terme progressisme
ce qui me vient : que font les progressistes ? du progressisme
et dès qu’il y a isme, ça pense
alors on a pensé le progressisme
avec sans doute derrière la tête encore un désir de piquer-
Alphonse
InvitéY a dix ans, sur l’île d’Ouvéa, un vieux militant anti indépendantiste me frappe de stupeur en me citant, d’entrée, la Bible – et en m’expliquant que sa tribu, c’est comme je sais plus quel peuple d’Israël. Je le savais pourtant encarté dans le syndicat le plus à gauche de l’archipel, marxiste. Alors quand il me demande d’où je viens, politiquement, j’hésite, je crains de l’effrayer et de me voir mis à la porte. Alors je bafouille, je tourne autour du pot et pour me tirer de mon embarras, il me dit : ouais, t’es progressiste. Je dis non non non, j’explique que je suis vraiment de gauche, je laisse tomber quelques mots clefs (aliénation, exploitation) avant de comprendre que c’est pour lui une catégorie qui rassemble à peu près tout le monde qui soutient l’indépendance de Kanaky. Il aurait presque pu en faire un synonyme de copain. Alors j’ai dit ok, progressiste.
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François Bégaudeau
Maître des clésbel exemple du fourre tout
progressisme finissant par vouloir dire : tout ce que je n’aime pas
renotons que c’est le mot repoussoir préféré des Eugenie Bastié et compagnie
puisque stratégie est le mot-TOC de PDH, est ce stratégique de partager un fétiche négatif avec des droitards islamophobes?-
Charles
InvitéC’est étonnant ce retournement car pour moi le progressiste s’oppose initialement au réactionnaire, c’est un mot connoté positivement initialement jusqu’à ce que Muray and co s’en moque en ironisant sur le progrès très relatif vendu par les progressistes.
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Bruno
InvitéAujourd’hui, progressiste est aussi une manière détournée pour certains (à gauche) de dire « woke »
Toutes les luttes sociétal bourgeoises, libéral, socdem ect, on peut le formuler comme on veut ça reviens au même.
Il y a de ça chez PDH, à questionner, car au fond malgré les exemples concret j’ai l’impression que ça fait inventé, une menace imaginaire ou pris trop au sérieux pour pas grand chose. -
nefa
Invitéà la même époque, il y avait trois groupes
les fascistes (réactionnaires), les copains, les staliniens (fourre-tout dans lequel on retrouvait tOus les communistes et tOut ceux de la cgt).
pour les socialistes (copains) qui eux même se désignaient ainsi (réformistes), et parce qu’il y avait un consensus à gauche par rapport aux fascistes, l’ennemi était le stalinien (voilà le retournement)
à noter, les trotskyste, qui faisaient partie des copains, en publique affichaient leur alliance avec le ps contre le pc, et à coté, en privé ça ne les gênaient pas d’utiliser ironiquement le terme réformistes
mention spéciale quand même aux anars – les seuls que je trouvais pas dupes de la redistribution, ni chauds, bref taquins – que je côtoyais et qui se nourrissaient de la factualité des ag
comme la presse était entre leurs mains, on avait droit aux visites de david assouline, ceux de la lcr, avec cette constante : « putain, vous abusez ! »
troisième note, mélanchon à chasser le stalinien n’était pas le dernier
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Mohammed Ferry
InvitéÀ partir du moment où Houria Bouteldja donne aux mots qu’elle emploi des contours aussi foireux que « la blanchité c’est un statut, ça n’a rien à voir avec la couleur de peau, même s’il y a des rapports », faut-il véritablement s’étonner que « progressisme » n’ait aucun contenu précis dans ses discours ? Mieux vaut en rire en se disant que la colonisation n’a rien à voir avec le fait que « Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures », même s’il y a des rapports.
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BIOGRAPHIE
InvitéHouria c’est un peu comme le château de Disney, de loin ça peut impressionner mais quand tu te rapproches et que tu fais toctoc tu ne peux qu’être déçu en faisant le constat que ça sonne drôlement creux.
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Monami
InvitéLe château de Disney sonne creux ? Je ne comprends pas, tu peux m’expliquer ?
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BIOGRAPHIE
Invité
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C’est du faux en vrai, rien que du toc.
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Maxianus
InvitéBiographie c’est un peu pareil, de loin c’est creux et quand tu te rapproches il est toctoc
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BIOGRAPHIE
InvitéMaxianus: Elle est bonne.
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Bruno
InvitéCe que je retient c’est: un gâchis.
Dommage, pourquoi gâcher une telle puissance réthorique et politique pour des non-combats politique comme ceux la, au lieu de se concentrer sur les combats important, ils se concentrent sur des luttes d’arrière garde, et futile en plus de ça, vraiment futile, parce que concrêtement la pride des banlieues et autres féministes anti-macho critiques des émeutes, quel poids on t’il dans le réel ? Que dalle.
Si ils ne se reconnaissent pas dans ces luttes, si ils estiment que ce ne sont pas les leurs, qu’ils les ignorent ! Pour se concentrer sur la Palestine, sur les luttes sociales, anticoloniales et antiracistes, personne ne les oblige à s’y intéresser.
L’argumentaire est excellent mais le combat mené est stupide, on les a connu plus pertinent.-
K. comme mon Code
InvitéC’est de l’homophobie intellectualisée. Fixette personnelle d’Houria qui déteint sur les autres étant donné son statut de cheffe à défendre, alors que, bon, tout le monde a l’air de s’en foutre. Il me semble que PDH va (enfin) débattre avec les racisés LGBT, les organisateurs de la Pride des banlieues en particulier, histoire de parler concrètement des personnes concernées et de ce qu’elle font et pourquoi. Il est vraiment drôle qu’une stratège autoproclamée s’époumone pour séduire les racistes et méprise à ce point certains racisés. Pas très stratégique. Irrationnel, même, dirait-on.
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Bruno
InvitéJe ́ne pense pas que houria sois homophobe, par contre je suis persuadé qu’elle déteste le « folklore » homosexuel, ça saute aux yeux, elle aime pas que ça se voit, elle nous dis soyez homosexuel mais clandestinement.
Et apparement ça s’étend a tout ce qui est de l’ordre de la sexualité, soyez libertin mais caché.
J’extrapole peut être.-
kenny
Invité« elle nous dis soyez homosexuel mais clandestinement »
alors mon oncle n’est pas non plus homophobe
puisqu’il n’a « rien contre les pédés tant qu’ils s’enculent chez eux »-
Bruno
InvitéJ’essaye d’apporter de la nuance pour mieux comprendre le « cas houria », de détailler, par exemple elle fait mention d’auteurs homosexuel radical anti-état dans la conférence (sans citer leurs nom) qu’elle a sûrement lu, ce que t’on oncle n’a sans doute pas fait, voila le point, jamais elle n’ira ratonner des pédés, je hiérarchise tout bêtement.
Je pense que c’est fortement lié a son desir de maintient de la structure familiale, structure patriarcal (les féministe ne doivent pas s’en prendre à la masculinité du père et du frère, leurs virilité sert a protéger le foyer), et au puritanisme (on ne parle pas de sexe à la maison), le fil a dérouler est ici.-
Bruno
Invité(Et le fils pédé doit se cacher pour pas nuire à la réputation de la famille.)
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kenny
Invitéce que n’aime hb en premier lieu c’est l’usage fait de cette notion de progressisme
un usage disciplinaire, de soumission, etc
la démonstration a été faite depuis longtemps par les décoloniaux
cette critique est pertinente
le risque, comme souvent, c’est le glissement de la critique de l’usage à la critique du contenu lui-même-
Bruno
Invité« ce que n’aime hb en premier lieu c’est l’usage fait de cette notion de progressisme
un usage disciplinaire, de soumission, etc »
Bien d’accord avec ça mais:
1. Je pense que l’instrumentalisation est exagérer, elle est beaucoup moins importante en vérité et qu’ils cible pas du tout ceux qui instrumentalise mais des « progressistes sincère »
2. J’ai l’intuition que pour Houria c’est plus douteux et obscur que ça
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Alphonse
Invité« Si ils ne se reconnaissent pas dans ces luttes, si ils estiment que ce ne sont pas les leurs, qu’ils les ignorent ! » Bien dit. Phrase clef, qu’on ferait bien de resservir dans tous les contextes de lutte. On est trop peu nombreux pour se tirer comme ça dans les pattes. Ya de la place pour tous les combats, pour toutes les formes de lutte, pour toutes les énergies.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Il me semble que PDH va (enfin) débattre avec les racisés LGBT, les organisateurs de la Pride des banlieues en particulier, histoire de parler concrètement des personnes concernées et de ce qu’elle font et pourquoi »
C’est à dire?
(en tout cas j’aimerais bien)-
K. comme mon Code
InvitéLu aujourd’hui :
Pride des Banlieues : Bon. Ca fait plusieurs semaines que ca parle bcp de nous sans nous. On va pas faire une réponse sur twitter. Si vous voulez qu’on débatte de la pertinence stratégique de la pride des banlieues, invitez-nous on en parle comme des grands. Surtout que pas mal de choses qui ont été dites sont fausses ou mal renseignés. @ParolesDHonneur @WXelka @CassCendre @QDecolonial @raaz404 @TroublanteAcide @HouriaBouteldja On attend votre invitation.
Quelqu’un : @ParolesDHonneur
Franchement bonne idée, ça enterrera les versions déformées et montrera aussi les convergences
Wissam : Yep !—
Si rien n’advient, encore une fois, on pourra parler de malhonnêteté intellectuelle.
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Vinicius Luka
InvitéSi ça se produit ça sera un échange intéressant c’est certain
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K. comme mon Code
InvitéRéponse d’Houria.
« La Pride des banlieues interpelle PDH suite à un extrait de l’université d’été décoloniale qui circule et où il est effectivement question de la Pride. Il se trouve qu’en juin, PDH prévoyait une émission spéciale sur le sujet avec des « concernés » mais celle-ci a eté reportée à la rentrée (à cause de questions de disponibilités) ainsi qu’une vidéo complète qui retrace notre pensée relative aux identités sexuelles et à leur politisation (qu’on peut faire remonter à 2013/2014). Lorsque ces deux programmes auront été diffusés, ce sera avec plaisir que nous accueillerons la Pride pour en débattre « comme des grands » car des extraits ou des passages hors contextes ne peuvent pas se substituer à la cohérence d’une démonstration inscrite dans une tradition de pensée. J’ajoute, s’il en était besoin, que la question sexuelle contrairement aux apparences n’est pas très importante. Ce qui compte et qui est au fondement de notre préoccupation, c’est notre devenir Individu. C’était le sens de mon intervention ici: https://www.youtube. com/watch?v=yQQYWe69Llw&t=3468s
Donc, à la rentrée pour en débattre « comme des grands ».
« . En attendant, on ne perd pas le sens des
priorités. Et la priorité c’est Gaza. »Sans surprise, ça encule des mouches : quand PDH aura sorti une vidéo avec des concernés qui était prévue en juin mais a dû être reportée — tout comme une autre vidéo retraçant leur pensée complexe — alors la Pride des Banlieues sera invitée. Je rappelle aussi que l’extrait en question a été diffusé par PDH eux-mêmes. Ce n’est pas un découpage malhonnête. Bref. On lui souhaite une longue vie entre Bastille et République à fantasmer les banlieues et les campagnes.
C’est triste qu’en France, à cause d’un groupe et leur gourou, les racisés LGBT — doublement précarisés et souvent en tête de ligne des luttes qui sont chères à Houria, et souvent plus conséquents qu’elle… — soient pointés du doigt comme des diversions manipulés par le pouvoir tandis qu’elle s’acharne à séduire tous les racistes de France. Personne pour la regarder droit dans les yeux et lui dire que les racisés savent très bien ce que c’est le pinkwashing, et que s’il y a une prise en banlieue, c’est justement aussi pour se décentraliser aussi ? Non. Il ne faudrait surtout pas blesser l’ego du gourou charismatique.
Tout ça parce qu’elle avait honte de ses parents à l’aéroport quand elle est partie en voyage scolaire à New York et qu’il faut maintenant à tout prix se racheter de cette culpabilité. C’est triste.-
Bruno
InvitéK. Comme mon code ton bashing à l’air provoquer par une animosité plus vieille envers la personne de Houria et envers sa ligne politique, d’ou les éléments de sa vie personnel divulgué, dommage ça gâche ton propos de fond et ça rend ton message un peu minable.
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K. comme mon Code
InvitéElle l’écrit elle-même dans son premier livre. Que j’ai lu, et que j’aime bien par ailleurs car justement elle est transparente sur ces questions.
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Bruno
InvitéD’accord mais ça ne résout pas le manque de nuance de ton message, en sachant que si tu relis la conversation tu verra que je suis le premier a être très critique mais il faut savoir aussi faire la part des choses.
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K. comme mon Code
InvitéQuel manque de nuance ? Elle intellectualise son homophobie pour créer des divergences inutiles entre racisés tout en passant son temps à vouloir intégrer les symboles des identitaires français à son projet politique. On est obligé de psychologiser, à ce stade. Ce sont spécifiquement les racisés LGBT qui la répugnent et qu’elle continue à dénigrer avec des arguments farfelus. Tout comme elle a du mépris pour les couples racisés qui s’embrassent à la mairie (elle l’a dit). Sa culpabilité lui fait défendre une vision étriquée de ce que doit être un sujet arabe digne (spoiler : ne pas faire honte à papa et maman). Il faut arrêter de se contorsionner pour trouver de la « nuance » là-dedans. Je ne suis pas dans le jugement moral sur l’homophobie, c’est l’intellectualisation, le discours politique derrière, que je trouve d’une stupidité attristante. L’émancipation n’est pas son souci.
L’animosité dans mes message est surtout dirigée envers les autres personnes de PDH.-
Bruno
InvitéJ’ai dit plus haut que la source réactionnaire de Bouteldja était sa volonté de préserver la structure familiale:
« Je pense que c’est fortement lié a son désir de maintient de la structure familiale: famille patriarcal (les féministe ne doivent pas s’en prendre à la masculinité du père et du frère, leurs virilité sert a protéger le foyer), puritanisme (on ne parle pas de sexe à la maison), homophobie (Le fils pédé doit se cacher pour pas nuire à la réputation de la famille), le fil a dérouler est ici. »
Donc je suis d’accord avec toi sur le « papa et maman » finalement.-
Charles
InvitéJe suis d’accord avec K ou plutôt convaincu par lui car je connais nettement moins ses livres que lui.
Je trouve de surcroît absurde ses contorsionnements sur les risques d’instrumentalisation, de récupération par le pouvoir blanc alors même que la lutte LGBT ne nuit en aucun cas aux autres luttes, dont celle contre le génocide de Gaza (lutte moins immédiate de par son éloignement et la prise tout à fait relative qu’on peut avoir sur cette question, ce qui ne veut pas dire qu’on ne doit pas manifestée ou protester). Il est par ailleurs étonnant qu’elle soit aussi pusillanime et circonspecte sur cette lutte alors qu’elle est beaucoup plus audacieuse sur des choses bien davantage acrobatiques (le patriotisme stratégique, la séduction des beaufs etc.). Et pour le coup, par son discours elle entrave, dans les idées, cette lutte LGBT, contrairement à cette dernière qui à ma connaissance ne tombe dans le piège de chier sur les propal en soutenant qu’à Gaza on n’est pas exactement pro LGBT (ce que la droite ne cesse de répéter). -
K. comme mon Code
InvitéLa Pride des banlieues est pro palestinienne, oui. Son problème, c’est qu’elle se reconnaît en eux et ça la gêne personnellement d’imaginer décevoir papa et maman, d’où le discours lunaire derrière pour les dénigrer. L’argument qu’on ne devrait pas manifester si une autre manif est interdite n’est pas très solide. Il devient d’autant plus absurde quand on sait qu’il y a eu des manifs pour Gaza en banlieue. Il y a convergence et solidarité naturelles. C’est le principal. On traverse une accentuation islamophobe très pénible en France et j’ai une idée sur qui mène des combats inconséquents.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Il est par ailleurs étonnant qu’elle soit aussi pusillanime et circonspecte sur cette lutte alors qu’elle est beaucoup plus audacieuse sur des choses bien davantage acrobatiques (le patriotisme stratégique, la séduction des beaufs etc.). »
Je lui ai dit une chose strictement semblable lors de notre échange du 27 juin. -
Charles
InvitéEt qu’a-t-elle répondu? Vois-tu encore un intérêt à échanger avec elle ?
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François Bégaudeau
Maître des clésElle a nié qu’il y ait là contradiction, et contesté l’intuition que j’en déduisais
Je vois un intéret à échanger avec elle s’il y a échange, ce qui ne fut pas vraiment le cas ce soir là.
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Vinicius Luka
InvitéBon il semblerait que même Norman Ajari désapprouve la fameuse sortie sur la pride des banlieues, aie aie aie
Curieux de voir la suite -
François Bégaudeau
Maître des clésIl aura fallu donc Norman Ajari pour que tu commences à te dire que cette intervention que tu trouvais parfaite ne l’est pas?
Cela ne te frappait pas par toi-même?-
Vinicius Luka
Inviténon
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Starfoulard
Invité“L’intervention de Houria c’est 10/10”
Vraiment pas, de très loin, son fond réactionnaire ré-émerge de temps en temps pour nous le rappeler. Je connais pas de militant ou militante hormis deux trois personnes hors-sol et la clique PDH qui ne déteste pas Houria. Et je parle pas de twittos cancelleurs fous, hein, mais de gens sérieux, formés, sensibles. Les lgbt, notamment, ont depuis longtemps senti “dans leur corps”, comme on aime à dire ici, à quel point Houria est leur ennemie. Par ailleurs, et contrairement à ce que certains de ses suiveurs affirment, elle n’est pas l’inventrice de tout ce qu’il y a de cohérent et de juste dans les deux bouquins d’elle que j’ai lus. On se fait un peu arnaquer sur la fameuse rupture au sein de l’antiracisme: les PIRistes aiment prétendre que c’est parce que le reste (pourtant composé entre autres d’anti-impérialistes très sérieux) est asservi au progressisme blanc. La réalité montre qu’il n’en est rien.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl semble décidément difficile de parler calmement de Houria. Mais sans doute sa personnalité, n’admet que le tout ou rien
(ça me rappelle quelqu’un).
Je crois cependant possible d’éviter, la concernant, les trucs comme « Je connais pas de militant ou militante hormis deux trois personnes hors-sol et la clique PDH qui ne déteste pas Houria ».
Je crois qu’on peut aller au-delà du commentaire de video.
Je crois aussi que le ressenti à son égard des LGBT est certes une information – la sensibilité est importante- mais ne suffit pas à plier le jeu sur ce sujet. On ne va pas se contenter de : ele est homophobe puisque les LGBT la ressentent telle.
Je crois qu’il est possible, comme chez tout penseur ou toute penseuse, de prendre chez Houria ce qu’il y a de fort, et de calmement pointer ses violences faites au réel, ses falsifications, ses zones réactionnaires obscures-
Starfoulard
InvitéJ’ai été un peu hyperbolique, mais je confesse être assez agacé par la sortie sur la pride des banlieues. Pour cette histoire de ressenti des militants, c’est quand même un indicateur, même si ce n’est pas le seul (en tout cas moi ça m’a mis la puce à l’oreille): le fait que des gens qui partagent l’avis d’Houria sur beaucoup de sujets et qui ne peuvent pas être taxés de mauvaise foi ou de sympathies sociales-démocrates lui soient si farouchement et viscéralement opposés.
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K. comme mon Code
InvitéDisons qu’elle est très décrédibilisée — pas détestée. Après, les concurrences de champ avec Norman Ajari et compagnie, c’est autre chose. C’est du bruit. On rigolait avec une amie sur le fait que si l’État français voulait un agent de déstabilisation au sein des milieux racisés, Bouteldja serait parfaite. Une électoraliste qui véhicule des préjugés racistes (sans la police, violences physiques en banlieue contre les pédés !) dont les discours sont « nuancés » par des universitaires racisés admiratifs, ou alors critiqués mais légitimés par des penseurs blancs (le cirque avec Lordon qu’elle n’a évidemment jamais lu et qui l’intéresse seulement en tant que figure politique). En tout cas, le commentaire de Seb H qui explique cela par « défendre son bifteck » est parfaitement le genre de pensée que la droite a tout intérêt à rendre prégnante : ces décoloniaux ne pensent qu’à leur cul. Absurdité. Là, Bouteldja parle spécifiquement de racisés LGBT qui sont pour la plupart eux-mêmes décoloniaux et qui justement se distinguent des franges réactionnaires de la Pride officielle. Je répète qu’on discute d’une rhétorique homophone hors sol qui est la fixette personnelle d’une personne.
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Seb H
InvitéC’est peut être mon vocabulaire du biftek qui donne l’impression que c’est une pensée réactionnaire, mais le fond en lui même c’est pas vraiment ça….
Ça peut expliquer le pourquoi Dany cohn bendit est devenu réac, alors qu’il commençait 68 ard… C’est parce que ses petits intérêts de classes, de ses multiples appartenances à différentes bulles sociales se terminent dans le petit calcul que c’est mieux de défendre son status quo…Si je parle du christ, c’est pour demander, et implorer au monde qu’il soit possible pour quelqu’un, quelque part, de défendre quelqu’un ou quelques personnes, contre son intérêt personnel.
Beaucoup de gens sont de gauche parce qu’ils ont grandi dans une famille de gauche, ou alors ils sont amoureux de quelqu’un de gauche, ou parce que ça leur donne une appartenance sociale… En soi, ce n’est pas mal, si la finalité est la libération des corps, même libération hypocrite est libération… Un peu comme ce faut débat qui visait à discalifier Rima hassan et thunberg… Je ne cherche pas à disqualifier Houria et si matériellement mon commentaire participe à faire gagner une pensée réactionnaire je m’en excuse (quoi qu’il sera lu par 3 pélos tout au plus donc sans intérêt)Cependant, quoi que j’abbhore le romantisme en idée j’en suis un de fait, et quoique je hais l’idéalisme j’en suis un, et oui ça m’attriste que l’homme ne soit pas désintéressé comme le christ…
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Seb H
InvitéC’est pas la rue mais l’être humain qui m’attriste
Comment leur faire confiance, ils ont tué le Christ-
K. comme mon Code
InvitéJ’avais bien compris Seb, je ne te critiquais pas. ce que je voulais dire c’est que le cas Houria ne représente qu’Houria : cet amour désintéressé dont tu parles est bien répandu. Le fait qu’en tant de figure médiatique on parle d’elle, explique ses positionnements comme tu le fais, donne une impression négative sur des personnes/mouvements qu’elle représenterait. Ça fait partie de ma blague sur Houria en tant qu’agent de déstabilisations du Quai d’Orsay.
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Seb H
InvitéBah pardonne ma bêtise alors
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Etienne
Invité -
Seb H
InvitéEst ce que l’homophobie de Houria ne vient pas simplement de ce qu’on ne défend jamais que son bifteck et qu’elle n’aura jamais aucun intérêt à défendre cette cause, qu’elle n’est pas subversive par charité comme le christ, et que bon voilà?
On est pas différents, certains lgbt se foutent des immigrés, d’israel etc… parce que c’est pas dans leurs intérêts… Qui n’a jamais défendu autre chose que son petit profit?
Enfin jveux dire je l’aime bien, mais rien ne va changer…-
Bruno
InvitéIl y a une différence entre l’indifférence et l’attaque
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François Bégaudeau
Maître des clésdes homos qui luttent contre l’homophobie me semblent faire autre chose que « défendre leur petit profit »
ou alors en effet la politique ne consiste jamais qu’à défendre son petit profit, et c’est très bien comme ça – je préfère toujours quelqu’un qui songe à son émancipation à quelqu’un qui clame de grands principes désintéressés (et souvent par là même désincarnés, et donc aussi par là-même réversibles : ainsi tel qui en 1973 défendait le maoisme abstraitement (grandes idées, grand altruisme désintéressé) se retrouvera en 2002 néo-conservateur, défendant des lubies tout aussi abstraites (la croisade de l’Occident en faveur du Bien)-
Seb H
InvitéJe répond à cette interprétation de mon post plus haut, en faisant la même référence auxdits maoistes de la préhistoire
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brisemenu
InvitéOn ne voit pas trop où serait l’incohérence d’agents d’influence US. En 1973 , c’est l’alliance de Nixon avec la Chine contre l’URSS. Sa déclinaison en France : les maos contre le PCF.
Tout le monde n’a la chance d’avoir eu des parents communistes. Cette culture familiale , bien trop terre-à-terre, j’en conviens , vous fait manifestement défaut.-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai des parents communistes, je n’ai donc pas comme toi le pli idéaliste-complotiste de ramener tout phénomène au Un.
Que la CIA et autres aient pu voir dans le maoisme une bonne façon de diviser les troupes communistes, c’est certain. Que la maoisme soit réductible à cela, et surtout les parcours individuels des maoistes français, il n’y a qu’un idéaliste-fasciste pour se plaire à le croire (mu par sa passion autoritaire de mise en ordre du chaos qui le blesse – voir Notre joie, où mon interlocuteur réduisait pareillement mai 68 à la CIA (vous avez du fréquenter les mêmes sites))
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Ludovic Bourgeois
InvitéL’euro-scepticisme
Pourrait tous vous rejoindre
Vous pourriez faire des sortes
De farandoles eurosceptiques -
Ema
InvitéHomophobie potentielle mise à part, Houria semble ici botter en touche face à la complexité intersectionelle. Ou plutôt, parce-ce qu’elle refuse de complètement botter en touche et capituler face à la dite complexité ( elle pourrait s’en tenir à admettre qu’elle ne voit pas bien comment articuler ces luttes entre elles et donc renoncer à le faire), elle s’efforce de sur-intellectualiser le truc, ce qui produit quelques énormités comme la fausse équivalence pride-croisière déjà relevée plus haut. Son rejet, et son histoire d’ « agenda differé » (differé à quand d’ailleurs ?) des luttes, trahît peut-être un désir de garder le contrôle intellectuellement, via l’hypothèse du continuum total, perspective plus rassurante pour le militant que d’admettre que des trucs puissent en partie échapper à sa grille analytique. Le continuum prenant ici la forme de la réthorique de l’instrumentalisation : si les racisés queer organisent une Pride, ça ne peut résulter que de leur adhésion au modèle blanc, et donc hop, on retombe sur ses pattes decoloniales.
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Claire N
Invité« Houria semble ici botter en touche face à la complexité intersectionelle. Ou plutôt, parce-ce qu’elle refuse de complètement botter en touche et capituler face à la dite complexité »
Oui c’est vrai
On dirait moi quand j’essaie de daronner mes gosses
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Ema
InvitéEn clair elle cherche à justifier une incapacité ou un refus un peu trouble ( car sans doute moral la concernant) par une caution politique stratégique
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François Bégaudeau
Maître des clésbien résumé
et bien dit : « agenda differé » (differé à quand d’ailleurs ?) »
c’est la même militantissime notion d’agenda différé qui fit que les marxistes pur jus négligèrent longtemps les oppressions de genre et de race
(négligence que leur reproche Houria – enfin la négligence sur l’oppression de race, car l’autre elle s’en fout)-
Ema
Invité« c’est la même militantissime notion d’agenda différé qui fit que les marxistes pur jus négligèrent longtemps les oppressions de genre et de race »
La comparaison s’impose en effet, même si j’ai un chouia plus de compassion vis a vis de la situation d’Houria.-
Rémi
InvitéPourquoi ?
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Ema
InvitéJe te renvoies à la très bonne analyse de V plus bas, qui synthétise plutôt assez ce que je pourrais répondre à ce sujet. Autrement je dirais aussi tout simplement : le PIR 2025 n’est pas le PC des années 60-80, en terme d’implantation populaire, et institutionnelle, en terme de solidité, stabilité, et prestige.
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nefa
Invité« le PIR 2025 n’est pas le PC des années 60-80, en terme d’implantation populaire, et institutionnelle, en terme de solidité, stabilité, et prestige. »
on sent comme un désir que ce le soit à nouveau-
Ema
InvitéDe ma part? Non du tout. Je tenais juste a souligner qu’en tant qu’organe politique le PIR étant infiniment plus petit et fragile que le PCF à son apogée (mais peut-être n’etait ce pas exactement à celui ci que Francois référait quand il parlait des marxistes pur jus d’antan), mon jugement est forcément un peu plus indulgent. Rien de plus.
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Ema
InvitéJe regrette au contraire la mégalomanie d’Houria, je sens très fort chez elle et ses collaborateurs qu’ils se vivent comme la grande avant-garde intellectuelle et politique decoloniale seule à même de produire une rhétorique émancipatrice.
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nefa
Invitépas de ta part
de celle de PIR-
Ema
InvitéOk
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Eden Lazaridis
InvitéBonjour à tous,
Je recherche activement le débat du 27 Juin 2025 entre Houria Bouteldja et François Bégaudeau. Est-ce que quelqu’un saurait où le trouver ?
Merci d’avance,
Eden Lazaridis.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe redis 1 qu’il n’est pas encore en ligne, 2 qu’on s’expose à une grande déception en l’attendant avec ferveur
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Eden Lazaridis
InvitéJe l’attends plus que mon premier enfant.
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François Bégaudeau
Maître des clés…qui sera tout pareillement décevant, tu le sais bien
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kenny
Invitéelle est parfaite
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V.
InvitéJe ne suis pas forcément en désaccord avec ce qui a été dit ici. Néanmoins il me semble utile d’insister sur certaines points
Déjà, il me semble regrettable dans cette histoire qu’on soit peu à se saisir de son intervention pour penser un affect qui, en plus d’exister, peut être un frein à la politisation des quartiers populaires. Il s’agit de ce que HB appelle « l’homophobie soft » – soft au sens où cette homophobie ne prend pas un tour directement politique. Et que HB soit porteuse de cet affect ne fait pas trop de doutes. Je crois qu’elle est même au clair avec cela, elle qui tient tant à conserver cette part de barbarie en elle. Dans son premier livre, elle scrute sa satisfaction trouble à l’écoute d’Ahmadinejad niant avec aplomb, face à l’Occident, l’existence d’homosexuels en Iran. C’est précisément cette mauvaise foi qui doit être saisie et dépassée politiquement.
Maintenant, ceux qui connaissent un peu sa pensée et ses écrits savent qu’elle pose une problématique importante : ce qu’on peut identifier comme un fond conservateur (peut-être inhérent à la condition des classes populaires en général) ne doit pas devenir un moteur pour se greffer aux forces réactionnaires. Ce risque existe bel et bien. A titre d’illustration, dans le rap français des années 90-2000, les insultes homophobes étaient légion. Aujourd’hui, pour tout un tas de raisons, l’homophobie y est moins présente. Seulement, lorsqu’elle l’est, on remarque qu’elle prend justement ce tour politique, avec des rappeurs de premier plan qui reprennent les paniques morales de l’extrême-droite sur les LGBT – voir Dosseh, 404Billy ou encore Booba qui a même été jusqu’à reprendre un tweet de Zemmour sur le sujet. Pour ceux que ça intéresse, je renvoie à la sociologue Emmanuelle Carinos.
Je crois donc comprendre le sens des propos de HB : plutôt que de s’en tenir à une incantatoire « convergence des luttes », il faut acter une centralité et des temporalités propres à chacune d’elles. Et de ce point de vue, la pride des banlieues pose question. Même si je n’irais pas jusqu’à parler « d’impérialisme sexuel » et qu’ils ont tort de la critiquer comme s’il s’agissait d’une simple transposition de la Pride à Paris, cette forme de visibilisation auprès de gens relégués dans la société peut être reçue comme une initiative descendante – et les soutiens à Gaza n’y font rien. D’expérience on sait que seule la matérialité des luttes, le faire-ensemble, crée des déplacements d’affects – tout le monde connaît l’exemple en Grande des LGBT partis souvenirs la grève des mineurs sous Thatcher. Et en ce sens, HB ne s’opposerait pas à ce que des membres de la pride des banlieues rejoignent une manifestation contre les violences policières à Cergy ou Aubervilliers.
Maintenant, tout ceci étant posé, ça peut aussi devenir du race-first et frayer avec l’essentialisme. La réflexion stratégique d’HB la met sur une ligne de crête, et la soumet à des militants qui n’attendent qu’un dérapage pour la discréditer – ce qui est facile avec quelqu’un se laissant beaucoup trop aller à sa pente provocatrice. En plus, l’appel à la mobilisation de quartiers est peut-être un peu trop spéculatif – ils ont pour l’instant assez peu d’échos.
Reconstituons le travail comme centrale pour nous aider à sortir de ces situations indémerdables.-
V.
InvitéPardon pour les coquilles, j’ai peu dormi cette nuit.
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K. comme mon Code
Invité« Déjà, il me semble regrettable dans cette histoire qu’on soit peu à se saisir de son intervention pour penser un affect qui, en plus d’exister, peut être un frein à la politisation des quartiers populaires. »
Tu dis bien dans ton deuxième paragraphe quelle analyse politique Houria fait de l’homophobie dans les quartiers populaires : elle souhaite la conserver car elle la chérit comme l’un des socles identitaires des « indigènes ». On en parle. Il n’y a rien d’autre à dire. Si l’homophobie n’existait pas, il n’y aurait pas de Pride.
Elle n’est même pas en train de cyniquement préserver ces affects par calcul politique. Elle les partage.
En quoi—
« Je crois donc comprendre le sens des propos de HB : plutôt que de s’en tenir à une incantatoire « convergence des luttes », il faut acter une centralité et des temporalités propres à chacune d’elles. Et de ce point de vue, la pride des banlieues pose question. Même si je n’irais pas jusqu’à parler « d’impérialisme sexuel » et qu’ils ont tort de la critiquer comme s’il s’agissait d’une simple transposition de la Pride à Paris, cette forme de visibilisation auprès de gens relégués dans la société peut être reçue comme une initiative descendante – et les soutiens à Gaza n’y font rien. »
Tu te perds. La Pride des Banlieues est défendue en tant que telle. Le fait qu’il y ait convergence entre les luttes politiques des racisés queers et celles d’Houria, ça rend ses interventions à charge encore plus douteuses. Le propos en question, c’est : « vous devriez par solidarité avec nous avoir honte de faire vos trucs de pédés défendus par l’impérialisme blanc pendant que nos combats, eux, sont subversifs ». On peut ajouter la mégalomanie à l’homophobie.
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Si l’idée de convergences paraît utopique, on peut tout simplement parler de coexistences, si ça peut éviter les hiérarchisations — sauf que dans les faits, convergences, il y a aussi. Ça enrichit la gauche. Ça enrichit tout le monde. Il n’y a rien d’indémerdable ici, juste une rhétorique fumeuse de la part d’une figure médiatique influente.
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K. comme mon Code
Invité(j’ai oublié de finir une phrase : En quoi l’homophobie des quartiers serait à traité comme différente de l’homophobie d’autres milieux ?)
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V.
Invité« (j’ai oublié de finir une phrase : En quoi l’homophobie des quartiers serait à traité comme différente de l’homophobie d’autres milieux ?) »
Je ne pense pas ça. Et pour ma part, j’estime que les prides en banlieue devraient être soutenues inconditionnellement. Ce qui n’empêche en rien de les penser, dans le prolongement de l’intervention d’HB – qui pose une problématique selon moi, mais je ne partage pas son assertion.
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«Tu dis bien dans ton deuxième paragraphe quelle analyse politique Houria fait de l’homophobie dans les quartiers populaires : elle souhaite la conserver car elle la chérit comme l’un des socles identitaires des « indigènes » »
C’est une totale caricature de son propos. Elle souhaite conserver des aspects de son identité, aussi peu reluisants soient-ils, dans le cadre d’un certain rapport de force. Elle ne plaide pas politiquement leur conservation. Et c’est du fait de cette ambiguïté qu’elle pourrait trouver sa puissance dans la littérature comme le dit FB (beaucoup plus que dans des réfléxions stratégiques).-
K. comme mon Code
Invité« Elle souhaite conserver des aspects de son identité, aussi peu reluisants soient-ils, dans le cadre d’un certain rapport de force. »
Tu vois bien que son rapport de force ici est surtout contre tout racisé qui ne correspond pas à son idée très idéalisée du bon sujet indigène. La différence entre une personne qui se défend contre l’assimilation républicaine et Houria qui se risque en public à des arguments illogiques défendant l’invisibilisation des queers racisés est claire.-
V.
InvitéTu n’ignores pas que, pour les hommes racisés, l’homosexualité peut être une modalité de l’assimilation républicaine, sans laquelle ils seraient infrahumanisés et assignés à une identité barbare.
Cet énoncé est valide sous un certain rapport et ne change rien au fait que l’homosexualité demeure une sexualité subalterne – et donc politique. Et ne change pas plus le fait qu’un homosexuel (ou autre minorité) dans un quartier doit être défendu en tant qu’il est opprimé.
Mais il se joue autre chose dans le cadre d’une pride en banlieue – ce qui, encore une fois, ne la rend pas illégitime, loin s’en faut. On trouve la même ambiguïté au sujet du féminisme.
Tout cela donne matière à penser car des contradictions se présentent – lesquelles sont tout à fait solubles, pour peu qu’on pose correctement le problème. Ne pas prendre en compte cette donnée, c’est tomber dans l’écueil d’un universalisme abstrait et faire fi de la réalité des rapports sociaux.
En cela je crois qu’il ne sert à rien de sermonner HB sur ce sujet, tant elle me semble symptomatique d’une situation plus globale. Mais si elle n’est pas le problème, son intervention montre qu’elle n’est pas non plus du côté de la solution. Car en disant qu’elle « s’interdirait » d’organiser une pride, elle empêche effectivement tout dépassement dialectique.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn aimerait bien revenir au premier degré du sujet. C’est à dire au degré R comme réel.
Du coté de R question principale est : les LGBT sont-ils moqués, marginalisés, persécutés, silenciés, etc, en banlieue?
Si la réponse est oui, alors en aucun cas une pride des banlieues peut etre vue comme le débarquement impérial du centre dans la périphérie. Ce n’est pas une manif de forts, c’est une manif de faibles. De faibles sociaux que d’autres faibles sociaux emmerdent. En cela elle doit etre soutenue.
Si la réponse est non, que ce soit dit clairement.-
V.
InvitéJe suis d’accord avec tout ça. Je ne vois pas ce qui laisse penser l’inverse.
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François Bégaudeau
Maître des cléscela ne se voulait pas une objection à toi
juste une façon de sortir de la rhétorique à 8 bandes des décoloniaux sur certains sujets, car à la fin ca fait de noeuds qui les ligotent eux mêmes-
François Bégaudeau
Maître des clés« Ne pas prendre en compte cette donnée, c’est tomber dans l’écueil d’un universalisme abstrait et faire fi de la réalité des rapports sociaux. »
C’est Houria que je trouve, sur ces sujets, bien abstraite
D’où mon invitation à revenir au plan R comme réel.-
Martin
Invité« Ce n’est pas une manif de forts, c’est une manif de faibles. De faibles sociaux que d’autres faibles sociaux emmerdent. »
Oui mais d’habitude les manifs visent les forts et symboliquement ont lieu dans le centre de l’empire, cf la pride dans le centre de Paris. Concernant la pride des banlieues, je pense qu’Houria interroge la pertinence de viser la périphérie, où certes l’homophobie existe, mais qui n’est pas le centre de production premier de l’hétérosexisme. La question est donc: pour s’émanciper, les LGBT racisés vivant en banlieue ont-ils intérêts à utiliser les mêmes modalités d’actions que les LGBT blancs qui visent d’habitude le centre de la production hétérosexiste ? Que produit une pride sur les habitants des banlieues qui savent très bien que le défilé est une critique dirigée directement contre eux, et pas seulement contre l’hétérosexisme de manière générale? N’est-ce pas une nouvelle fois leur exposer en pleine face leur laideur alors que le centre s’en charge déjà quotidiennement?
Si je la rejoins sur la modalité pride, ce qui me parait plus problématique en revanche chez Houria c’est lorsqu’elle affirme que les LGBT de banlieue ne devraient pas du tout politiser leur sexualité car ce serait demander l’égalité dans un cadre blanc dans lequel les indigènes n’ont rien à gagner. Là, je suis d’accord, on part dans un coup à 8 bandes où personne ne sort gagnant.-
Starfoulard
InvitéJe crois que la pride sert aussi à dire “on existe”, et les lgbt de banlieues existent effectivement bien
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Ema
Invité« mais qui n’est pas le centre de production premier de l’hétérosexisme. »
Je ne crois pas qu’Il y ait de « centre de production premier » de l’hétérosexisme. L’heterosexisme et l’hétéronormativé sont il me semble des constantes anthropologiques diffuses, aux formes d’expression plus ou moins violentes selon les regions et les époques, variabilité en partie liée au degré d’imprégnation religieuse d’une population donnée (mais pas que sans doute). Houria très évasivement semble suggérer une gestion différente et « créative » de l’homosexualité en territoire moyen-oriental, on attend donc la démonstration de cette gestion alternative supérieure, qui justifierait l’inutilité de la visibilisation et des manif pour les racisés homo.
Cette phrase semble à demi-mot suggérer que les indigènes LGBT devraient manifester leur existence et leur ras le bol de l’homophobie dans les centre-villes ou je ne sais où ailleurs, plutôt que là où ils vivent et donc la subissent prioritairement. Ça ne tient pas la route.
Pour ton deuxième point, je comprends bien ou tu souhaites en venir, mais soyons sérieux : sur quelle perception de la Pride par les habitants des quartiers, la réponse est absolument la même qu’elle le serait pour n’importe quel autre lieu de vie au sein duquel circuleraient des valeurs masculinistes et conservatrices : probablement mauvaise. Et donc? La politique réelle commence avec la conflictualité, les premieres gay pride n’ont pas exactement toutes été accueillies où elles passaient par des haies d’honneur. Et probablement plein de prolo hetero globalement dominés socialement se sont sentis désagréablement pris a partie. Si on a peur du grabuge et des frictions on ne fait pas de manif, a part le 1er mai. Il ne viendrait à l’esprit d’aucun militant decolonial de reprouver l’organisation d’une manif anti raciste par peur d’être mal perçu par les prolo blancs du coin qui se sentiraient « visés ». Pas que je saches en tout cas.
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Malice
InvitéHello, je m’incruste pour partager le podcast de la pride des banlieues : https://open.spotify.com/show/1zmiZEfle5VNQQfuQ5gGEk
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Hd
InvitéPour résumé le problème de Bouteldja:
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Starfoulard
InvitéHahahahahahaha
Je connaissais pas mais c’est goldé
Merci-
Hd
InvitéGilles Dor un vrai camarade, musicien très engagé a l’extrême gauche, qui nous a pondu un bon nombre de classique sur tout les sujets, son plus connu:
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Jean François
InvitéCe qu’il m’a semblé comprendre de ce qu’elle dit , c’est que lorsque l’on se prétend progressiste , on a pas le droit a l’erreur . Parce que toutes les erreurs seront utilisées . Ce qu’elle fait et ne dit jamais .
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SHB
InvitéFrançois pour le côté réactionnaire d’Houria il me semble qu’elle a fait nombre de passages chez la ZawaProd composée d’homosexuels et de trans…
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François Bégaudeau
Maître des clésSoupir
Inspiration par le nez
Expiration
1 le coté réactionnaire de Houria ne fait pas d’elle une homophobe ou transphobe
2 allez discuter à la zawa ne valait pas adhésion à leurs combats sur ses questions, qu’elle trouve au mieux secondaires, au moins bien superflus, au pire nuisibles (car objectivement complices de l’impérialisme blanc). Sujets sur lesquels les zawa auraient été bien inspirés de la brancher, ce qu’ils n’ont pas fait, car l’heure était à faire alliance « stratégique »-
Seldoon
InvitéJe pense aussi qu’ils étaient 1. profondément séduits, 2. attirés par le côté sulfureux non politiquement correct de ses affirmations troubles, 3. dans des calculs tactico-affectifs qu’ils ont évoqué depuis.
Il faut reconnaître que c’est déstabilisant et séduisant de découvrir la parole post-coloniale ou décoloniale. Il y a un temps nécessaire d’ouverture et d’accueil (pour soi). Ils ont eu le temps de s’en remettre et ne sont pourtant pas prêts de la cuisiner sur la question.-
Julien Barthe
InvitéPourquoi à ton avis ? Si tu ne prends pas trop de risques en répondant, bien sûr.
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Seldoon
InvitéAujourd’hui il y a trop de liens (Wissam…), alors même que la Zawa est isolée. Il se rejoue en fait exactement ce qui s’est joué au début : Dany et Raz étaient isolés, beaucoup de portes se fermaient à cause des accusations qui ont récemment éclaté au grand jour. PDH/Houria leur ont ouvert la porte. Lien tactico-affectif entre deux groupes ostracisés. Relativement récemment Dany (ou Raz ? Dany je crois) a dit que par la suite pas mal d’opportunités avec de bien plus gros médias sont tombées à l’eau parce que la Zawa soutenait Houria et qu’ils ont refusé de la lâcher. Je n’ai pas plus de détail.
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Julien Barthe
InvitéMerci.
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SHB
InvitéJe me rappelles qu’ils en avaient parlé.
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Seldoon
InvitéDe mémoire ils avaient fait semblant d’en parler, avec connivence, de type « on est bien d’accord que c’est ridicule de te chercher des poux là dessus ».
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SHB
Invitéle coté réactionnaire de Houria ne fait pas d’elle une homophobe ou transphobe
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Tu manies avec brio l’art du sous-entendu-
François Bégaudeau
Maître des clésTu as déjà du mal à entendre ce que je dis, essaie de ne pas te noyer dans les sous-entendus.
Je vais préciser (sans espoir) ce que je dis : plutot que réactionnaire, il faudrait pointer chez Houria le tropisme autoritaire-viriliste, adossée à son gout pour une certaine tradition. L’un entrainant l’autre qui entraine l’un.
Donc oui pour elle les combats LGBT c’est 1 un peu un truc de chochottes 2 un peu un truc de bourgeois oisif ( je redis que la comparaison entre la croisière-partouze et la pride des banlieues est décisive pour comprendre son imaginaire)-
Bruno
InvitéJ’ai personnellement résumer ça a un tropisme plus englobant: la famille.
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Bruno
InvitéLa tradition familial:
Virilité du père, puritanisme et frère homosexuel qui doit rester au placard pour pas faire honte et mettre une mauvaise réputation sur son foyer.
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SHB
Invitépour elle les combats LGBT c’est 1 un peu un truc de chochottes 2.
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Merci François c’est littéralement ce qui s’appelle de l’homophobie……-
SHB
Invitéadossée à son gout pour une certaine tradition.
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On aimerait bien savoir laquelle. La même tradition qui entraine des promos blancs a renier leur fils homo? Cette tradition la?-
SHB
InvitéProlo*
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SHB
InvitéLoin de moi l’idée de vouloir faire chier mais d’après ce que tu décris la ligne semble très fine avec l’homophobie.
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K. comme mon Code
InvitéSHB, je te conseille le CBD cet été.
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Maxianus
InvitéSHB manie avec brio l’art de se faire plus bête qu’il ne l’est
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Dr Xavier
InvitéSalut, j’ai écouté la dernière émission du 7 juin de la Pride des Banlieues (PDB) du podcast suggéré par Malice plus haut, j’ai trouvé ça intéressant mais un peu « lisse ».
En furetant je suis tombé sur le podcast Contre-nature et cet épidose « Être LGBTQ+ en banlieue », avec trois intervenants/militants proches de la PDB qui témoignent de leurs conditions de vie, des difficultés qu’iels rencontrent, etc. Le passage sur leur coming out (dont un outing) m’a bouleversé, les témoignages sont recueillis dans un silence total, j’ai ressenti une forme de grâce. C’est l’épisode 19 de la saison 1.
Pour info je découvre que l’épisode est aussi visible en vidéo sur Youtube, pour ma part je suis content de ne l’avoir écouté qu’avec le son, on est encore plus concentré sur les voix.-
Malice
InvitéMerci je vais écouter
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci aussi
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Malice
InvitéC’est toujours bon de rappeler qu’il y a une autre façon de faire du mal à son enfant lgbt : ne pas entendre son coming out.
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Malice
Invité« je vois que tu vas mal mais je vais m’autoriser à ne pas savoir pourquoi »
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Stéphanie
Invité
Lucbert répond à Bouteldja-
Tony
InvitéMerci pour le partage,texte très intéressant, ça fait réfléchir.
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Starfoulard
InvitéMerci! Je serais très curieux d’entendre ce qu’Houria pourrait bien avoir à répondre à ça.
J’ajouterai que créditer le PIR et Houria du déplacement de la gauche blanche sur les questions décoloniales, c’est aller un peu vite, comme si la pensée antiraciste de gauche en France, ce n’était qu’eux-
K. comme mon Code
InvitéJe rajoute qu’on est en septembre et que PDH va très probablement oublier de faire une émission avec les membres de la Pride des Banlieues — sans doute encore une question d’emploi du temps. J’ai écouté le podcast partagé plus haut : c’est assez évident, les entendant, que, oui, la structure familiale est le terrain principal de l’homophobie. Le gars qui dit avoir appris à ses potes qu’il était gay au collège, car c’était un non-sujet pour lui, puis qui avoue qu’il n’avait rien dit à ses parents. Ou la fille dont les parents s’occupent tout en niant ce qui la rend suicidaire — eux. Cette violence est insupportable.
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François Bégaudeau
Maître des clés« la structure familiale est le terrain principal de l’homophobie. »
Dit comme ca c’est très simple et pourtant c’est lumineux
Même si je crois que l’homophobie à l’école c’est quelque chose. Moins maintenant, mais tout de même. Enfin ca dépend où. Ce qui nous ramènerait peut etre à Houria versus Sandra.-
Jules
InvitéCe qui est terrible, c’est la conjonction de l’homophobie à l’école et à la maison. Souvenir d’entendre dans la cour de récré (en primaire) des moqueries à mon égard (tapette, tafiole, pourquoi tu parles comme ça)… puis au détour d’une conversation, d’une dispute (parfois violente), j’entendais les mêmes choses à la maison. A qui se plaindre, à un si jeune âge, d’une chose aussi ‘honteuse’ ? Les ennemis étaient partout en quelque sorte. D’où la nécessité de politiser (qui n’est pas un luxe !), pour ne plus avoir honte ni rester seul.
Houria qui ne cesse de rappeler son attachement à la famille devrait reconnaître la douleur d’en être éjecté pour quelque chose que l’on n’a pas choisi.-
Jules
InvitéMention spéciale pour les réactionnaires de tous bords, qui disent : laissez les enfants tranquille ! (Contre les cours d’éducation sexuelle, de genre, etc). Quelle hypocrisie : précisément, on ne laisse pas les enfants tranquille. On ne m’a pas laissé être un enfant tranquille, avec sa voix fluette, ses mains sur les hanches, ses goûts ‘de fille’
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François Bégaudeau
Maître des clésTrès bien dit. Qui ne laisse-t-on pas tranquille?
Quant à la défense de la famille, elle n’est pas sérieuse si elle occulte le caractère fatalement oppressif d’une famille.
On pourrait en dire autant de la communauté. -
diegomaradona
Invité@jules
tu jouais à la poupée et t’habillais en rose ?
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Ema
InvitéJ’aime beaucoup cette réponse de Lucbert, intraitable et exhaustive. C’est honorable et très charitable de continuer à prendre Houria sur son flan rhétorique sur ces questions là, mais je crois qu’il va falloir pour la gauche radical se faire une raison : les réticences d’Houria envers le « progressisme » ne sont pas réellement d’ordre stratégique, militant, elles sont d’ordre morales et affectives. Il serait bienvenu qu’Houria l’admette une bonne fois pour toute, quitte à s’aliener une partie de ses soutients, elle en trouvera d’autres en retour.
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François Bégaudeau
Maître des cléstout à fait
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François Bégaudeau
Maître des clésLe texte de Lucbert est un chef d’oeuvre du genre
Il est d’une justesse absolue.-
K. comme mon Code
InvitéTrès bon texte, oui. Et la réponse de Bouteldja prouve qu’elle s’en fiche et jouit surtout de l’importance qu’on lui accorde : « Woody Allen a dit un jour : « Avec la célébrité, les femmes qui me disent non sont plus jolies qu’autrefois ». Ben, moi aussi (le comique de la citation en moins)! Les gens qui me critiquent sont plus stylés qu’avant. Fierté. 🥹 »
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kenny
Invitémagistral ce texte
analytique, précis, rigoureux, le tout sans s’énerver
aussi, il y avait déjà un problème dans cette phrase:
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Beaufs et Barbares : « On ne trouvera dans les lignes qui suivent aucune trace du primat de la race sur la classe (ou sur le genre) »
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Morgane
Invitéce texte reprend tous les poncifs reprochés à Boutedja depuis 15 ans, poncifs qui n’ont jamais su répondre aux idées qu’elle développe dans ses (nombreux) textes.
est-ce qu’en 2025 on doit encore lire des choses comme « tu as ajouté la race à la classe, qu’est-ce qu’il manque ? » svp un peu de sérieux… depuis au moins Kergoat et l’idée de consubstantialité on ne parle plus en ces termes… Bouteldja ne « manque » pas quoi que ce soit, de même qu’elle n’a jamais « ajouté » récemment la classe, pour la bonne raison que lorsqu’elle parle de race, depuis toujours, elle parle de classe et de genre. Ce genre de commentaire illustre surtout que depuis 15 ans, Lucbert n’a absolument rien compris au travail accompli par le mouvement décolonial, qu’elle réduit à un simple apport de thèmes nouveaux (islamophobie, Palestine) dans le logiciel gauchiste habituel.
On va pas se mentir, la plupart des gens qui interviennent sur ce débat n’ont à peu près aucune connaissance des débats internes au féminisme sur ces questions, débats tels qu’ils sont menés depuis l’Amérique du Nord autour de l’intersectionnalité, ou depuis l’Argentine ou l’Etat espagnol à travers le transféminisme par exemple. JAMAIS on ne vous voit partager le moindre texte ou la moindre référence issue de ces discussions, rien n’est jamais incorporé dans votre rhétorique, mais il suffit que Bouteldja dise quelque chose, et tout d’un coup tout le monde devient expert de ces débats.-
kenny
Invité« ce texte reprend tous les poncifs reprochés à Boutedja depuis 15 ans »
n’importe quoi, lecture militante typique
quant à fameux textes en provenance d’argentine ou de l’état espagnol, il ne tient qu’à toi de combler notre ignorance de profanes en les partageant-
Seldoon
InvitéJ’imagine que ce sont ceux justement cités par Lucbert ?
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K. comme mon Code
InvitéOn est dans un cas exemplaire de c’est celui qui dit qui l’est. On peut aussi lire le post Facebook de Morgane Merteuil, plein de seum, qui accuse Lucbert de l’avoir, le seum.
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kenny
Invitéle post facebook est gratiné!
mais pourquoi tant de zèle morgane?-
François Bégaudeau
Maître des clésest ce que Morgane est Morgane, d’abord?
en tout cas je maintiens : le texte de Lucbert est un chef d’oeuvre, et appelle une réponse sérieuse de Houria. Puisque les objections qui lui y sont faites lui sont faites depuis quinze ans, eh bien Houria ne devrait pas avoir de mal à l’écrire.
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Benoît
InvitéPas facebook ici. Peux-tu poster la réponse de Merteuil ? Merci, ça m’intéresse !
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Dr Xavier
InvitéCi-dessous, citation in extenso :
ah ça y est, ils sont contents, ils l’ont ! leur texte intersectionnel qui critique Houria, MAIS depuis une camaraderie revendiquée, depuis un « plan de gratitude ». C’est que ça ne se fait plus trop de ne la critiquer que depuis le plan du seum, les idées défendues il y a 15 ans et ayant alors provoqué ledit seum ayant depuis fait leur chemin (le seum cependant est toujours là).
Le plan de la gratitude, donc. C’est que c’est bien de cela, à la fin des fins, dont il s’agit : nous les gauchistes blancs, on a fait l’effort de s’intéresser à vos trucs d’arabes. Venez sur notre terrain maintenant, allez quoi soyez pas ingrats ! on vous a montré le chemin (je dirais même, construit des routes !)
Mais l’ingrate Houria, toute de son ingratitude vêtue (tu devrais d’ailleurs te dévêtir un peu et te mettre au kamasutra, tu vois le cul c’est pas qu’un truc de blanc ! #EtToc #NiquéeSurSonPropreTerrain) refuse non seulement de se dévêtir, mais aussi d’additionner les couches !
Il faut quand même noter cette courte phrase, qui résume mieux que n’importe quel sarcasme le mépris que devrait mériter ce texte : « Depuis quelque temps, tu te dis « communiste décoloniale». Soit : chercher les moyens d’instaurer un ordre collectif qui ait en tout l’égalité pour principe régulateur. Précisant « communisme », tu as ajouté les rapports de classe aux rapports de race. Qu’est-ce qui manque ? »
Mais à qui parle Sandra Lucbert ? Pourquoi a-t-elle tant l’air de vouloir apprendre à Houria à compter jusqu’à 3 ? Quand la vraie question est plutôt : qu’a-t-il manqué à Sandra Lucbert pour n’avoir pas compris que lorsqu’Houria parle de race, depuis toujours, elle parle – aussi – de genre, car la réalité de la race, en particulier dans nos sociétés postcoloniales occidentales, est inséparable de son traitement genré (cf cours sur le fémonationalisme, années 2010).
Alors certes, à l’époque où elle en était là de ses réflexions, vous en étiez encore à chanter en plein Paris « debout femmes esclaves », en vous adressant à vous-mêmes, femmes blanches de la petite bourgeoisie. Ce qui est d’ailleurs reproché ici à Houria, avec ce ton de maitresse d’école, c’est en fait ce qui est reproché à plein d’élèves par les dits profs lorsqu’un élève parvient à trouver une solution sans avoir utilisé LA méthode du prof. Ainsi Bouteldja, étant arrivée bien avant le reste de la classe à un niveau avancé de la résolution du problème (de l’articulation entre race, classe, genre) se voit recalée de l’examen, pour ne pas avoir formulé cette résolution dans les termes utilisés lors de la leçon !
Et quels étaient-ils, ces termes attendus ? à vrai dire, cela reste flou… « vive les luttes des queers racisés ! » ? Je ne vois pas que les tenants de l’intersectionnalité soient allés beaucoup plus en avant dans la leçon… (et on l’a compris, on n’aime pas quand Houria prend de l’avance sur le cours). S’il s’agit de passer du flou au net, il conviendrait dès lors de préciser ce que l’on voit, dans ce net, et notamment que signifie « ne pas mettre le genre sous le primat de la race » ? à quoi ça ressemble, concrètement, nettement ?
Je reconnais pour ma part ne pas avoir eu une vision bien nette d’où étaient les habitants du quartier Verlaine, lors des 2 dernières pride des banlieues qui arrivaient au milieu de leur quartier ? sous quel primat ont-ils été alors mis ?
Sandra Lucbert critique la mise côte à côte des deux saynètes que sont la croisière orgiaque et la pride des banlieues. Alors voici, en guise de 2e tentative de mise au point de la lunette intersectionnelle, deux nouvelles saynètes – une est en fait presque la même, en version mise à jour, comme demandé par la consigne :
– 13 mars 2024, le jeune Wanys, 18 ans, habitant de la Courneuve, est tué par la Police à Aubervilliers.
– 22 juin 2024, La Courneuve : les manifestants de la pride des banlieues arrivent d’Aubervilliers, escortés par la police.-
Dr Xavier
InvitéLe post de Merteuil est difficile à suivre, si je dois aller à l’os je retiens ceci : « Ce qui est d’ailleurs reproché ici à Houria, avec ce ton de maitresse d’école, c’est en fait ce qui est reproché à plein d’élèves par les dits profs lorsqu’un élève parvient à trouver une solution sans avoir utilisé LA méthode du prof. »
Puisque ce post nous fait descendre dans la cour de récré : et Houria qui fait la leçon aux LGBT racisés parce que lesdits LGBT n’appliquent pas la méthode Bouteldja, ça passe crème ?-
Charles
InvitéLa France n’a sans doute jamais été aussi autoritaire et xénophobe que depuis 30 ans et la gauche décoloniale vient encore fantasmer une prétendue gauche blanche radicale en la personne de Lucbert qui passerait pour une gauchiste à enfermer d’urgenceaux yeux du reste de la population s’il savait qui c’était. Faudrait se réveiller un peu.
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François Bégaudeau
Maître des clésLe poste de Merteuil est typiquement militant :
-il ne répond sur aucun des points, précis et pointus, qu’avance Lubert
-il fait du billard, commentant et étiquetant le positionnement de Lucbert plutot que son contenu : dire ça c’est se situer là (gauche blanche), faire le jeu de ça, etc.
-il commente le ton (maitresse d’école, comme on dit à toute objection qui fait chier, je connais bien) et non le contenu
-pour seule réponse il assène : « lorsqu’Houria parle de race, depuis toujours, elle parle – aussi – de genre ». En somme objection de Lucbert : le genre est un angle mort dans la pensée de Houria, réponse Mertueil : le genre n’est pas un angle mort dans la pensée de Houria. Ceci ne sera pas étayé, ni démontré. On devra s’en tenir à ce mystérieux, expéditif, asserti,f en un mot militant « lorsqu’Houria parle de race, depuis toujours, elle parle – aussi – de genre » (ce qui, je crois, ferait bien rire Houria) -
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: « Il commente le ton (maitresse d’école, comme on dit à toute objection qui fait chier, je connais bien) et non le contenu »
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T’as pris le temps de lire sa copie avant de réagir? Parce que la nana en est quand même arrivé à « petit 24 » quand elle a rédigé le plan de son commentaire et par conséquent elle tend clairement le bâton pour se faire battre.
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Tu connais bien? Ouais, je suis un peu au courant.
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Benoît
InvitéMerci !
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Mohammed Ferry
Invité« Sandra Lucbert critique la mise côte à côte des deux saynètes que sont la croisière orgiaque et la pride des banlieues. Alors voici, en guise de 2e tentative de mise au point de la lunette intersectionnelle, deux nouvelles saynètes – une est en fait presque la même, en version mise à jour, comme demandé par la consigne :
– 13 mars 2024, le jeune Wanys, 18 ans, habitant de la Courneuve, est tué par la Police à Aubervilliers.
– 22 juin 2024, La Courneuve : les manifestants de la pride des banlieues arrivent d’Aubervilliers, escortés par la police. »Peut-on envisager une image plus dangereusement glissante que celle qui juxtapose l’attitude de la police vis-à-vis de deux publics distincts ?
Je propose de placer innocemment, à côté la saynète constituée d’un empilement de saynètes précédemment décrite, la saynète suivante :
En Angleterre, durant les émeutes de l’été 2024, la police a protégé les mosquées tout en matraquant les émeutiers et en procédant à de nombreuses arrestations qui ont elles-mêmes conduit à de nombreuses condamnations. Chacun déduira de ces juxtapositions de saynètes ce que lui inspira sa sensibilité. Pour ma part, comme le dit si bien Houria, « jusqu’ici, je vais me garder de tout jugement ».-
begaudeau
Invitépas compris
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Mohammed Ferry
InvitéLa police maltraite des gens et en protège d’autres. C’est un message fort dans le cadre d’une stratégie décoloniale.
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Claire N
InvitéJe relis l’article et je comprends bien qu’elle centre son discours sur « la paix factice « obtenue au prix d’un coucouche panier qui peut oui révolter
Mais il y a tout de même un angle mort pour les lgbt qui ne sont pas juste des outils
Ça ne me choque pas qu’on explicite ce point
Ça m’embête qu’on l’évacue
Je trouverai dommage qu’il se transforme en point de fixation-
Claire N
InvitéJe répondais à Morgane
En essayant de défixer sur la tournure de personnification que prend le débat-
François Bégaudeau
Maître des clésoui c’est un autre aspect de la rhétorique militante : on personnifie
(sans parler bien sur de la concurrence type « sous-la-main » qui opère ici)-
Claire N
InvitéOui – sans parler mais quand même
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toni Erdmann
InvitéHouria répond à Lucbert : https://www.contretemps.eu/sexualites-politique-houria-bouteldja-reponse-sandra-lucbert/
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diegomaradona
Invitébegaudeau et lucbert se font bien remettre à leur place de blanc par houria. le tartuffe begaudeau qui se vit et se pense comme non blanc se prend une belle fessée par houria
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Charles
InvitéFrançois se vit et se pense comme non-blanc? Où a-t-il dit ou écrit ça?
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diegomaradona
InvitéFrançois ne se vit et ne se pense pas comme non-blanc? Où a-t-il dit ou écrit ça?
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Ostros
InvitéJe n’ai jamais dit que je n’étais pas un stewart d’Amérique du sud, de fait : j’en suis un.
Par contre François, lui, a toujours écrit qui il était socialement. « Qui est Je ». Suffit de lire ses livres.
Et je ne réponds plus à dédé pendant les 10 prochaines années.
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diegomaradona
Invité@charles
Si par ailleurs, tu avais besoin d’une preuve que ce que je dis est faux, il suffirait que tu demandes à françois qu’il vienne écrire que, contrairement à ce que je dis, il se vit et se pense comme blanc. Mais je prédis que cela n’arrivera pas. Pourquoi ? parce qu’il ne le pense pas. CQFD-
Louise Michelle
Invité@diegomaradona
Moi je prédis que tu liras Entre les murs et que tu te raviseras.
Je prédis que tu t’en iras d’ici, honteux de ton erreur. Tu t’en iras loin, loin, sur la planète déserte de Fantasmagora. Où tu créeras ton propre blog.
Adieu.-
diegomaradona
Invitéla meute se manifeste, il n’aura pas fallu longtemps…
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Mohammed Ferry
Invité« Vous êtes blancs ». C’est effectivement ce qu’a dit Houria. Elle a même consacré beaucoup d’énergie à le dire. Il faut croire qu’après avoir dit ça elle n’avait plus d’énergie car elle n’a rien dit d’autre.
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Tellyfee
InvitéFaut admettre que cette réponse de Houria Bouteldja à Sandra Lucbert défouraille. Même si j’étais d’accord avec cette dernière. Je suis encore plus d’accord avec Houria Bouteldja. Mais de rien.
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Christophe M
Invité– diegomaradona : le tartuffe begaudeau qui se vit (sic) et se pense comme une courgette se prend une bonne fessée.
– Charles : François se vit et se pense comme une courgette ? Où a-t-il dit ou écrit ça?
– diegomaradona : François ne se vit et ne se pense pas comme une courgette ? Où a-t-il dit ou écrit ça?
– diegomaradona : si par ailleurs, tu avais besoin d’une preuve que ce que je dis est faux, il suffirait que tu demandes à françois qu’il vienne écrire que, contrairement à ce que je dis, il se vit et se pense comme une courgette. Mais je prédis que cela n’arrivera pas. Pourquoi ?
– moi : parce qu’il ne va pas s’abaisser à te répondre.-
diegomaradona
Invité@christophe
« moi : parce qu’il ne va pas s’abaisser à te répondre. »
qu’il réponde ou pas importe peu. Les faits sont là comme le démontre la lettre d’houria. Sa réponse est clairement une critique du fait que Bégaudeau et Lucbert se vivent et se pensent comme “hors blanchité”, comme non blanc. Elle le démontre et leur met la fessée.
Mais sans doute n’as tu même pas lu sa réponse et encore moins l’as tu comprise.
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