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Dilaw
InvitéDisponible jusqu’au 01/11/2028
Avec MARYLÈNE PATOU-MATHIS
L’homme préhistorique, c’est quoi ? À priori, c’est une brute chevelue, vêtue de peau de bête, constamment en proie au froid et à la faim. Quand il n’est pas occupé à se défendre contre des fauves féroces ou à chasser le mammouth la bave aux lèvres, il passe le plus clair de son temps à se battre à coups de gourdins. Tous ces clichés pourraient faire sourire s’ils ne portaient pas autant à conséquence. Car si nos ancêtres ont toujours été guerriers, ça veut dire que l’homme est naturellement violent et qu’il serait illusoire d’espérer le changer. C’est la thèse du philosophe anglais Thomas Hobbes, pour qui, à l’état de nature, c’est la guerre de tous contre tous. Marylène Patou-Mathis est préhistorienne, spécialiste des Néandertaliens. Pour elle, au contraire, la violence n’est pas une fatalité. Dans son essai « Préhistoire de la violence et de la guerre », elle affirme que les conflits mortels entre groupes sont apparus très tard à l’échelle de l’histoire de l’humanité. Qu’est-ce que l’archéologie et la préhistoire peuvent nous apprendre sur la nature humaine ? Depuis quand faisons-nous la guerre ?D’où vient la violence ?
Cet épisode a été enregistré en public à la Gaitée Lyrique dans le cadre du Festival « Et Maintenant ».
source : https://www.youtube.com/watch?v=rMUqgISWBEI
Justement que nous apporte-t-elle ces recherches sur le paléolithique à gauche ?
Et il me semble que y a du matérialisme historique dans la démarche de la chercheuse ?
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Anna H
InvitéJe n’ai pas écouté cet entretien mais sache que les analyses de M. Patou-Mathis sont très très loin de faire l’unanimité parmi les préhistoriens. Si tu t’intéresse à cette question de l’origine de la violence, je te conseille d’écouter et lire plutôt Christophe Darmangeat,
On a déjà discuté ce point sur le site à plusieurs reprises.
J’essaye de renvoyer le lien à une de ces pages.-
Anna H
Invité
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéJe partage la réserve émise par Anna H, car il est bien de rester modeste quant aux affirmations d’évènements produits il y a des dizaines de milliers d’années, et dont les sources ne peuvent être vérifiées par l’individu lambda (ici encore l’asymétrie de l’information donne le pouvoir aux sachants).
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Pour autant, le travail de Mme. Patou-Mathis s’inscrit dans les recherches effectuées notamment par Marshall Sahlins, et James C. Scott. Ces derniers font autorité dans le domaine de l’ethnologie.
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En outre, Christophe Darmangeat a étudié très spécifiquement une société dont les rites (notamment celui de la vengeance et de la justice) diffèrent très certainement de ceux d’autres sociétés de chasseurs-cueilleurs antérieures à l’époque récente observée par ce chercheur en Australie (XVIIe – XXe siècle).-
Anna H
InvitéPas complètement certaine d’avoir compris ce que tu dis. Il s’agit plutôt ici de la fiabilité du raisonnement archéologique de M. Patou-Mathis (le compte-rendu de son bouquin de 2013 est dans le lien).
Concernant C. Darmangeat, il n’a pas travaillé spécifiquement sur une société particulière à ma connaissance mais analysé une grande partie des sources ethnographiques disponibles pour le vaste territoire australien (base de données en ligne régulièrement enrichie), et donc sur une multiplicité de groupes aborigènes vivant dans des territoires très diversifiés géographiquement et en matière de climat. Et constaté que ce qu’il a étudié en terme de conflits ne laissait quasiment aucune trace archéologique.
Il travaille apparemment depuis la parution de son livre sur d’autres zones géographiques (j’ai notamment vu passer un article sur l’Alaska) et il sortira un nouveau bouquin en 2025. Il alimente régulièrement son site La hutte des classes et répond aux questions.
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéAlors je me suis mal exprimé.
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Je commentais qu’il est bien de peser le pour et le contre, car Mme. Patou-Mathis propose une lecture teintée des enseignements des anthropologues anarchistes que sont Marshall Sahlins, et James C. Scott.
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L’idée selon laquelle les chasseurs-cueilleurs ne se soient pas, ou pas affrontés, est une idée séduisante. Ce que défend l’autrice.
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Et Christophe Darmangeat d’avertir qu’il faut rester circonspect car ses observations sont émaillés des témoignages de conflits chez les chasseurs-cueilleurs, notamment chez les aborigènes d’Australie.
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En tout cas passionnant. -
Dilaw
InvitéCe qui me plaisait dans la vidéo d’arte, c’est surtout quand elle fait le point sur l’idéalisme bourgeois qui biaiserait notre opinion générale sur cette partie de l’histoire, chose que j’ignorais car je ne connais rien aux études archéologiques sur la préhistoire. En effet, les gens y compris moi, on croyaient bizarrement à la description cinématographique de l’homme des cavernes, alors qu’en fait le cinéma ne faisait que véhiculer la description moderne trouvant sa source au 19 siècle. Alors j’invoque le problème des biais, alors que je sais qu’on est pas sortis de l’auberge et que la description de kropotkine par exemple dans l’entraide était biaisé aussi, malatesta aussi ^^’ bref, on sors du sujet désolé… mais merci beaucoup Anna H pour ton retour, j’irais voir Christophe ça m’intéresse tout d’un coup.
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Dilaw
InvitéOké Anna h, je viens de comprendre pourquoi tu me disais de me méfier de pathou, son audace est une arme à double tranchant. Certes les scientifiques audacieux apportent souvent des réponses inédites, mais c’est pas toujours le cas, surtout quand on se retrouve finalement enfermé dans un idéalisme.
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