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Accueil Forums Forum général Le courage de la nuance jean birnbaum

  • Ce sujet contient 148 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Ludovic Bourgeois, le il y a 2 années et 4 mois.
Vous lisez 18 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #12290 Répondre
      Frezat
      Invité

      Que pensez vous de ce bouquin ?

    • #12293 Répondre
      Charles
      Invité

      Pas lu, tu le résumerais?

      • #12295 Répondre
        lison
        Invité

        Pas lu mais voilà le résumé :
        Soyons courageux, soyons nuancés ; fuyons les Zextrêmes , ces brutes épaisses aux yeux injectés de sang ; et soyons nuancés , soyons courageux.

        • #12297 Répondre
          Frezat
          Invité

          C est cela !!!! Moi ça m’a énervé cet excès de nuance que je parlerais plutôt de compromission.
          Néanmoins cela m a donné envie de lire certain.e.s figures de son livre que je connais que de nom.

    • #12294 Répondre
      Frezat
      Invité

      Il parle de figures emblématiques et de leur nuance face aux idéologies.
      C était mon cadeau de fêtes des pères j ai eu ce bouquin et le manifeste de Karl Marx.

    • #12296 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Pas lu non plus

    • #12298 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Pas lu.
      Jean Birnbaum ? Celui qui se lamentait au soir du premier tour de 2017 que Mélenchon ne se rallie pas inconditionnellement au Candidat-Philosophe-Disciple-De-Paul-Ricoeur face à La-Bête-Immonde ? Extrait de son brillant papier faisant un parallèle tout en nuance avec 1933 (Le Monde, J. Birnbaum, « L’année 2017 aura marqué l’agonie de l’antifascisme », 2 mai 2017) :
      .
      « Au soir du récent premier tour, sa façon de renvoyer dos-à-dos Marine Le Pen et Emmanuel Macron a paru d’autant plus emblématique que Mélenchon est un militant à la mémoire longue, formé à l’école d’un courant où l’antifascisme représente un repère identitaire : le trotskisme. Pour en prendre la mesure, il faut rappeler quelques éléments historiques. Tout part du traumatisme fondateur : la victoire d’Hitler, en 1933, et la « défaite sans combat » du mouvement ouvrier allemand, le plus puissant et le plus cultivé d’Europe. De génération en génération, les trotskistes ont appris que le principal responsable de cette catastrophe était le Parti communiste allemand (KPD) aux ordres de Staline. »
      .
      Conclusion très nuancée dudit papier : « La fin du « front unique » antifasciste marque l’enterrement de cette sensibilité antitotalitaire. Simultanément, elle signe la victoire posthume d’un certain esprit stalinien. Ainsi, un quart de siècle après la chute du mur de Berlin, et alors que le pouvoir russe renoue avec les méthodes de la guerre froide, la gauche française, l’une des plus stalinisées au monde, pourrait bien connaître, à son tour, quelque chose comme son 4 août. »

      • #12299 Répondre
        Frezat
        Invité

        Pas très nuancé ^^ cela suinte de sa prose. Pour cela que j ai lu ce matin mais en étant assez irrité du début à la fin du bouquin.

      • #12359 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        La nuance permet d’éviter les simplifications excessives et les généralisations abusives. Un bon médecin établit toujours un bon diagnostic.
        Par ailleurs Ruffin avait un discours similaire à jean birnbaum à la veille du second tour.

        • #12361 Répondre
          Frezat
          Invité

          La nuance étant une différence légère par définition je pige pas trop

          • #12363 Répondre
            Jean Monnaie
            Invité

            La nuance n’est pas le bienvenue à gauche car elle pourrait amener à moins de radicalité et entraverait son processus révolutionnaire. Pour ma part je préfère une position plus nuancé, qui a le mérite d’apporter une meilleure objectivité lorsqu’on aborde un problème.

    • #12352 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Lorsque je dis ou écris ici et là que les apôtres de la nuance sont avant tous des apotres du centrisme, c’est à lui d’abord que je pense. Joueur clé dans le dispositif libéral-autoritaire.
      Au fond l’apologie de la nuance est un des nouveaux visages de l’anticommunisme.

    • #18192 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Je me suis dit que cette page serait appropriée pour partager ce séminaire organisé par Vincent Berthelier :

      Séminaire 2023-2024 « Politiques du style »

      Approprié car la première conférence portera sur Camus.
      Olivier Gloag parlera de son bouquin « Oublier Camus ». Il s’agira de montrer que le sens de la nuance qu’on célèbre chez Camus est en réalité un bon vieux centrisme des familles. On est chagriné par le sort des colonisés en Algérie mais on en parle surtout pas dans La Peste et on ne soutient pas l’indépendance.

      • #18194 Répondre
        Charles
        Invité

        Merci pour l’info!

        • #18195 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je redouble
          Il y a beaucoup de falsifications à mettre au jour autour de Camus, des néo-camusiens, et d’autres apotres antiphrastiques de la nuance.

      • #18396 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        J’en profite pour signaler qu’il a fait récemment un entretien sur Hors Série.
        Rien à voir, mais je n’avais pas ouvert Camus depuis 15 ans à l’école et j’ai commencé le Mythe de Sisyphe : ça m’est littéralement tombé des mains (et pourtant je lis beaucoup de philo…). Est-ce grave doc?^^

        • #18399 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          L’entretien est plutot pas mal.

          Un aspect inattendu : il est signalé l’inconstance du style de Camus d’un livre à l’autre. C’est à dire l’absence de personnalité stylistique.
          Sauf dans le livre qu’on sait. Camus, homme d’un seul livre. Comme Larusso d’une seule chanson.

          • #18413 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            Merci pour l’inoculation sournoise du poison qui m’a ramené le souvenir des baisers échangés avec C. contre une plaque de laine de verre dans un garage enfumé. Le son déguelasse donc, le goût de la kro chaude et du tabac dans sa bouche, la honte aussi que nous avions l’un de l’autre et que l’ivresse avait atténuée; le désir surtout malgré le sentiment partagé de valoir mieux que ça, comme un accord tacite qui s’est appliqué dès la fin de la fête.
            Reste le désir vif et jeune en moi comme une écharde, malgré le temps et cette chanson à la con.

            • #18414 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Il embrasse comment C.amus ?

              • #18415 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                On ne sait pas comment il embrasse mais on sait donc qu’il aime Tu m’oublieras
                Ca doit être mon seul point commun avec lui.

                et encore plus la source

              • #18416 Répondre
                Julien Barthe
                Invité

                Bien joué !

                • #18418 Répondre
                  Julien Barthe
                  Invité

                  Bien joué, K ! J’avais perçu l’ambiguïté possible, pas l’initiale.

                  • #18426 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Je vous prierai de relâcher calmement cette initiale ; je tiens le J en joue – on recule de trois pas et tout est Ok

              • #18417 Répondre
                Bettina
                Invité

                L’acharnement malsain avec lequel vous tentez vainement de l' »oublier » tout en le salissant à chaque fois que son nom apparaît finit par être louche, désolée de vous le dire mais ça me fait penser à de la jalousie, ça va finir par vous retirer toute crédibilité. Pour moi c’est déjà le cas tant les critiques sont grossièrement trouvées.

                • #18420 Répondre
                  Julien Barthe
                  Invité

                  Bettina,
                  vous me comprenez mal. Je n’ai jamais dit avoir tenté d’oublier C. et rien dans mon post , je crois, n’était de nature à salir son nom. Ne vous préoccupez pas outre mesure de ma crédibilité.

                  • #18421 Répondre
                    Bettina
                    Invité

                    Je ne m’adressais pas qu’à vous, c’était le sentiment qui me venait de l’ensemble de tous ces com tout simplement.

                    • #18422 Répondre
                      Julien Barthe
                      Invité

                      J’avais compris et plaisantais. Je dirais même que vous ne vous adressiez pas du tout à moi. Je n’ai rien contre vous, mais je regrette qu’il devienne de plus en plus difficile sur ce site d’évoquer sa vie sexuelle sans qu’y soient aussitôt mêlées des considérations esthétiques ou politiques en rapport avec les goûts ou les écrits de F. Bégaudeau.

                      • #18424 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        Je ne pense pas qu’il faisait un monologue, encore une fois je n’ai rien contre vous personnellement ni contre ses pensées à lui non plus, je relevais juste quelque chose de l’ensemble ici qui finit par être évident.

                      • #18431 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Et si au lieu de petits sermons évasifs autour de l’homme qui a vu l’ours qui a vu l’ours qui n’aime pas Camus, on parlait de Camus? Si on en parlait vraiment.
                        Je lance : je crois avoir lu, en presque quarante ans, tous les livres de Camus. Un seul livre me parait fort, L’étranger – même si j’y aurais aussi à redire, car le texte ne tient pas son cap.
                        Je trouve ses autres fictions fables (y compris La chute dont une relecture il y a cinq ans a pulvérisé le souvenir positif que j’en avais)
                        Je trouve son théatre scolaire
                        Je trouve ses essais faibles, et aussi indigents que son humanisme abstrait.
                        Je veux bien, Bettina, arbitre des protocoles d’expression du jugement de gout, que tu me démontres le contraire.

                      • #18432 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        François, que répondre à quelqu’un qui a osé me dire en partant d’une expo monumentale sur Léonard de Vinci : « j’ai l’impression que j’ai dépensé 17 euros pour rien, c’est d’un fade, c’est juste nul » ? On m’a dit aussi pour me déstabiliser un jour que Dostoïevski c’est aussi pénible à lire que déprimant… Je ne peux rien répondre à ces gens car ils sont trop loin du compte. Quant à toi je suis étonnée que tu fasses la même erreur d’arguments étant donné que je t’ai déjà vu écrire à quelqu’un qui te reprochait ton style et tes essais qu’il n’avait donc rien compris à ton écriture. Si cela compte pour toi ça peut (j’ose l’imaginer) compter pour Camus non ? Donc je ne vais pas me lancer dans une dissert sur ce qui se justifie pour d’autres de façon évidente en le lisant. Encore une fois, je ne vous fais pas le reproche de ne pas l’apprécier, je constatais juste que je ressentais quelque chose au delà de la littérature, quelque chose de perso qui tient plus à encore une fois de la jalousie, car rien ne justifie autant de mépris par rapport à toute son oeuvre, dans ses écrits j’ai vu des choses absolument compatibles avec ce que tu as récupéré toi même, et il le faisait de manière très belle.

                      • #18434 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        @Bettina – Mais ça ne te dirait pas du coup de lire le bouquin de Gloag et d’en proposer une recension ici ? Moi ça m’intéresserait, et je pense que je vais me le procurer de toutes façons (ceci est une vrai question/proposition, pas une tentative de clash, ou de bon mot, ou que sais-je)
                        (et s’il est nécessaire de le préciser, je n’ai lu que La peste et l’Étranger que j’avais beaucoup aimé, et L’Homme révolté qui me plongea dans une grande perplexité toutes les trois phrases, ça me paraissait effectivement bien abstrait).

                      • #18436 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        Si, je pensais aussi le lire, pas de souci pour ton message, je ne sais juste pas si j’aurais la compétence à cette heure pour faire cet exercice de critique de sa critique, surtout qu’il s’attaque peut-être à des écrits qui sont parfois ardus déjà en eux-mêmes comme tu dis. Mais en tous cas je comptais lire en parallèle de Gloag tout ce qu’il me reste à lire de Camus (car je n’ai lu que ses plus connus, ce qui me fait juste envisager que l’article du Monde est à prendre en compte). Quand j’aurais fait ce travail je tenterai de rapporter ici mon approche si tu veux pourquoi pas et merci de ta proposition, je veux bien en tous cas la tienne du coup car je vois que tu as aimé certaines de ses œuvres donc l’avis sera d’autant plus intéressant pour moi, vu que tu ne te positionnes pas d’avance comme déjà conquit par son discours.

                      • #18470 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Moi aussi je n’ai lu que la peste et l’étranger
                        J’aurais du mal à y retourner, je me souviens les avoir lu rapidement parce que je pense que son prossessus de narration est efficace, cependant c’était la seule direction
                        J’ai eut du mal avec cette «  marche forcée « mais j’ai pensé que c’est ce qu’il souhaitais imprimer
                        J’ai eut du mal aussi avec l’impression d’anesthésie affective, j’imagine également que c’était voulu ;
                        Je me suis sentie très seule dans ces livres et cela m’a un peu angoissé comme une noyade, j’arrivais pas à accrocher le réel pour respirer un peu de joie

                      • #18519 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        Claire, merci pour ton retour aussi. Eh bien oui le ton n’est pas toujours très joyeux, mais dans « le Malentendu » par ex si tu l’as lu, as-tu autant ressenti cette anesthésie affective et solitude absolue dont tu parles (bien que ce ne soit pas drôle non plus le sujet), ou n’as-tu pas ressenti une joie dans les répliques du héros et de sa femme, pareil dans Caligula, ceux qui sont contre lui, te sens tu à ce point là seule quand ils parlent ? Parce que moi j’ai été au contraire très touchée et émue de leur « espoir » face à leur situation, tout comme le poète Kaliayev quand il parle contre Stepan a quelque chose de beau et fragile, de lumineux et tellement vivant dès qu’il m’apparaît. Je pense que l’Etranger appuie particulièrement sur cette note-là, sur cette impression que tu évoques. Après, tout vient de la façon dont ce qu’il dit se répercute en toi, je sais que j’aime Kafka et Strindberg que le 1er adorait pour l’ensemble dont le côté noir qui les caractérisent jusqu’ au cynisme froid parfois. Pourtant je suis d’accord avec Kafka, ce côté ne me plonge pas dans le désespoir, étonnamment comme lui je dirai je lis Camus comme K lisait Strindberg « non seulement pour le lire mais pour me blottir contre sa poitrine » et que bizarrement sa noirceur à moi comme à lui nous permet de nous sentir « mieux ». Enfin ce que tu ecris m’a particulièrement percutée car cela m’a fait pensé à la réception entre 2 collègues qui avaient lu L’amour de Bégaudeau mais qui semblaient ne pas avoir lu le même livre, une m’a dit exactement la même chose que toi sur Camus concernant l’anesthésie et le sentiment d’être seule face à un livre où il n’y a aucune respiration dans ce qu’elle a ressenti comme sans vie, presque au mot près vous aviez les mêmes reflexions, l’autre a été subjuguée. Je ne sais pas d’où cela vient, parfois la nouvelle vague me fait cet effet là, me donne carrément le cafard à cause du vide que je ressens, j’ai l’impression que certains perso de romans ou de films ne ressentent rien, mais je réceptionne Camus autrement, pour moi il y sort une force qui au contraire m’empêche de déprimer bien que ce qu’il écrive soit dur. Sa vision de la vie me paraît aussi juste que bien ecrite. Bref je ne sais pas si je suis claire sur mon ressenti mais ce sont des éléments auxquels j’ai pensé en te lisant.

                      • #18539 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Merci Bettina
                        Je n’ai pas lu les livres que tu évoques
                        Et j’aime aussi quand tu parles de cette proximité
                        Avec la noirceur,
                        En fait j’aime que tu m’invites à chercher
                        Cependant je pense que l’invitation de François
                        A se référer au texte est plus douceur que péremption
                        J’ai en tête une discussion avec ma fille sur l’Albatros de Baudelaire
                        De but en blanc elle me décrète que c’est «  juste un mec tout seul dans sa chambre « 
                        J’avais des souvenirs merveilleux d’adolescence incomprise en tête sur ce poème
                        Pour trancher j’ai dû aller au texte, et je n’ai pas perdu au change, j’ai appris d’elle
                        Je pense que l’élan premier est souvent source de grande joie ; mais le retour au texte je l’avoue permet d’apprendre de celui qu’on croit aimer

                      • #18566 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        Je crois que la citation de Kafka a été mal comprise par toi et François, je n’ai jamais parlé de 1ere lecture, je parle bien de son texte. Je ne parle pas de douceur non plus.

                      • #18571 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Pour moi « l’albatros » c’est infiniment plus que « juste un mec seul dans sa chambre »
                        « ses ailes de géant l’empêchent de marcher ».
                        Beaucoup de grands poètes de grands artistes, de chercheurs de Vérité ont été de grands esprits mais maladroits dans la vie dite « normale » Mais les œuvres produites par ces merveilleux esprits, leurs ailes de géants continuent de nourrir nos âmes

                      • #18579 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui mais je trouve qu’avec des vers aussi long
                        Faut pas s’étonner de s’y prendre les pieds
                        «  le poète est semblable au prince des nuées «  c’est un peu pompeux, et prince ça fait nom de chien
                        Je préfère la maladresse assumée

                      • #18587 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Puis après je me ravise et me demande si l’utilisation du quatrain n’est pas un indice
                        De l’ironie de l’auteur pour moquer la forme en quelque sorte ?
                        Je ne sais pas trop si je n’ai pas sous évalué sa capacité de subversion ?

                      • #18589 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Tu sais Claire, je ne sais pas analyser. C’est juste un de mes poèmes préférés et qui a juste beaucoup consolé mon adolescence

                      • #18615 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je crois que je comprends
                        Un peu comme une parole venue te parler à toi de toi ?

                      • #18623 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Oui et qui me rendait inexplicablement joyeuse

                      • #18543 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ton ressenti sur les sentiments que t’évoque Camus, qui aucunement ne mentionne le style dudit, est un premier point que tu m’accordes.
                        Quant à savoir si un livre « fait du bien » ou non, je n’y vois pas un critère esthétique majeur.
                        Les grands livres me mettent en joie, les mauvais livres m’attristent.
                        Les grands livres le sont par l’écriture – quoi d’autre?

                      • #18544 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        S’il s’agit d’évaluer la douceur des uns ou des autres, on pourra envisager que dire que l’opinion qu’a un auteur d’un autre procède de la jalousie n’est pas d’une grande douceur. Or c’est sous ses auspices que Bettina a engagé la conversation (qui de toute façon est en train de tourner court car nous ne parlons pas de la même chose)

                      • #18568 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        François, j’ai donc surestimé ta capacité à dialoguer sincèrement avec ceux qui ne sont pas tes clones, ça m’apprendra.

                      • #18575 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Chère Bettina. Tu écris sous le coup de la colère.
                        Ça arrive. Et la colère peut nous faire dire des injustices
                        Je ne parle qu’en mon nom: je ne suis pas un clone.
                        Je ne suis pas là pour dialoguer avec F.B. Je n’ai pas le niveau. Je suis là pour prendre ce que bon me semble des richesses que j’y lis. Que j’y vois. Je me fiche même qu’il me ridiculise.. Et je me sers de tout ce qui peut me servir pour grandir, pou élargir mon champ. Je donne aussi ce que je peux de ce que j’ai appris. C’est un chantier oui. Où il y a des gens. Des humains majoritairement de grandes villes. Qui font ce qu’ils peuvent. Imparfaits comme moi et comme toi.

                      • #18594 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        C’est réellement dans cet esprit là que je venais, mais quand il y a de la virulence et qu’elle ne doit venir que d’un côté (du même) ou qu’elle redouble si on est pas d’accord avec cette charte, ça me blase et comme tout le monde on finit un jour puis souvent par répondre sur le même ton … Ce forum n’est pas libre non, quand on me dit de me retirer et qu’on m’insulte ici et en privé, non ce n’est pas franchement libre malheureusement. Voilà je crois que tu es là dernière à qui je n’avais pas répondu, il m’en voudra pas et puis sinon il s’en remettra.

                      • #18435 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Ca n’a quand même pas vraiment de sens de parler de jalousie pour un auteur mort depuis plus de 60 ans quand on est un simple lecteur, dans le sens où aucune concurrence ne peut exister.

                      • #18442 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Ça pourrait avoir un peu de sens, en soi, puisqu »il y a l’éternel « Camus vs. Sartre » aux arrières plans très politiques, etc… Ça ne serait peut être pas de la « jalousie » mais une forme de « détestation/haine », ou tout simplement d’incompatibilité d’affects.

                        Je n’ai pas d’animosité « a priori » envers Camus : je m’attendais simplement, en en rouvrant un 15 ans après « L’Étranger », à être un minimum soulevé par le texte d’un tel « grand nom » de la littérature-cocorico. Qu’il me soit tombé des mains est un simple constat : si j’en cherche les raisons, je dirais qu’il y a dans ce texte nombre de phrases sans utilité (stylistique ou théorique), qu’il est plutôt plat et scolaire dans son expression, et que dans le même temps, pour un livre philosophique il est très peu précis. C’est un livre peu dense à tous les sens du terme. La chute gravitationnelle du livre s’est faite de toute la hauteur de mes attentes initiales (Q1 : sachant sa densité et son volume, calculez la vitesse du Folio au point d’impact etc…)

                        Je n’ai rien contre les philosophes qui parfois envoient paître la précision formelle, virent au quasi-cryptiques (Deleuze, dans certains de ses livres, en est un très bon exemple — on pourrait entre autres citer pas mal de pages de « Qu’est-ce que la Philosophie? »). Mais il me semble que le philosophe qui cultive un certain flou à la limite de l’anti-rationalisme — et ça tombe bien, cette critique du rationalisme est au cœur des premiers chapitres du Mythe de Sisyphe ! — a le devoir de compenser par l’écriture, qui par sa « vitesse » (pour citer Gilles) frappe le lecteur, lui secoue la caboche et le fait penser. Deleuze est un auteur de cette trempe (peut-être que, dans 10 ans, j’oserai dire « grand écrivain »). Je ne ressens pas du tout cela dans le Mythe de Sisyphe. Voilà pour la critique (un tout petit peu plus) argumentée.

                        Et pour jouer les « en même temps » : j’ai essayé de lire L’Existentialisme est un Humanisme il y a 6 mois et il m’est aussi tombé des mains (quoique je le trouve mieux écrit et mieux structuré). Et paf, balle au centre, votez En Marche.

                      • #18518 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        Merci IGY, au moins ça me donne un peu de grains à moudre sur lequel m’appuyer pour comparer avec mon expérience de lecture. Je suis loin de vouloir discuter avec ce que tu lui reproches, chaque style littéraire plaît ou pas il n’y a pas de souci mais oui c’est plus précis et là ça me plaît. Je ne sais pas si j’ai bien compris pour l’Etranger tu parles de vitesse qui aurait pu compenser pour toi le manque de précision philosophique ? C’est ce que tu lui reproches au niveau du style ? (désolée si je déforme tu me dis). Je l’ai lu il y a plus longtemps que les autres mais ça ne m’a pas embêtée, la 1ere raison c’est que l’Etranger est (à la différence du Mythe qui l’explique) une fiction et non un essai, le fait pour moi de ne pas être absolument clair ou catégorique ou de laisser le doute sur l’interprétation est pour moi une des choses que la littérature peut offrir de plus intéressant et ce qui me plaît le plus et je pense que mes meilleurs livres sont ceux qui, comme la Chute ou dans un tout autre style « Le tour d’écrou » d’H James (que j’avais tenté d’abordé ici pour avoir des avis justement), m’ont fait plus réfléchir qu’adhérer au récit directement. La Chute je peux en parler mieux car c’est plus récent mais je pense qu’on pourrait émettre la même idée si on s’attendait à une morale, enfin une précision de pensée pure et dure. Or je sais qu’il m’a fait passer d’une idée à l’autre pour les briser les unes après les autres et me laisser perplexe à la fin et seule à décider ce qu’il fallait ou ce que je pouvais en déduire, j’avais plusieurs pistes, plusieurs états d’esprits à la fois me sont nés à sa lecture ,j’ai pris une direction mais elle n’est pas nette, j’ai trouvé cette liberté et ce doute aussi jubilatoires que dans la littérature de James justement « Le tour d’écrou » là où d’autres n’ont pas vu l’intérêt, disaient que ça ne tenait pas le cap, qu’il nous laissait dans le flou que l’histoire ne semblait pas précise, ils n’ont pas vu le coup de génie, pour eux c’était « bâclé ».
                        Je me demandais si dans un style proche tu avais lu et aimé ou si cela t’avait fait pareil pour Marguerite Duras. « L’après midi de M. Andesmas » : rien ne se passe concrètement, un vieux qui attend tout au long de la journée sur une chaise contre un mur sa petite fille qui a promis de venir le voir… ça peut paraître plat si on lit vite ou pas disposé, mais ce qu’elle m’a fait passer par les mots, car l’intérêt c’est juste ce qu’elle arrive à faire passer par eux m’a conquise. Pourtant il y a une volonté délibérée de ne pas aller vite, d’être dans une lenteur bien réfléchie avec des phrases qui paraissent anodines ou qui se répètent tout au long de cette longue après-midi mais ça se tient pour moi comme chez Camus. Par contre je sais que je ne peux pas l’offrir comme j’aimerais à telle ou telle personne parce que ça ne collera pas, on reprochera sa platitude parce qu’on ne verra pas ce qu’elle a tenté de faire.

                      • #18545 Répondre
                        Lise F.
                        Invité

                        Bettina, « SoR » de ce corps.

                      • #18567 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Bettina non je parlais du Mythe de Sisyphe, concernant l’Etranger c’était il y a 15 ans, je n’en ai aucun souvenir (si ce n’est d’avoir bien aimé).
                        La « vitesse » dont Deleuze parle n’est pas une vitesse scénaristique, ça n’est pas lié à une action. C’est plus un art de la concision, de la pensée dense. D’ailleurs, dans un texte de philo, on trouve rarement un scénario (il y a le semi contre-exemple Platon^^).

                        Je n’ai pas lu Duras mais j’ai vu deux de ses films, pour le moins très écrits (Le Camion, Les Mains Négatives), j’ai plutôt apprécié.

                        Chez Camus, je rejoins ce qui a été dit sur l’humanisme abstrait (je dirais plutôt l’humanisme vague). Il est vague parce qu’il oscille en permanence (je pourfends les systèmes qui rationalisent mais je rationalise, je passe mon temps à constater l’absence de sens mais je brode régulièrement sur la notion de « destin »). Il est vague parce qu’il tente une équation impossible : se réclamer exclusivement du réel descriptif, tout en excluant à la fois la science et les conditions matérielles d’existence. Quand on part de son postulat, on peut se concentrer sur l’un ou sur l’autre, mais exclure les deux…

                      • #18462 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Comme Charles le dit par ailleurs, cette histoire de jalousie est tout à fait hors de propos (et j’ai un autre mot en tête). Pourquoi donc serais-je « jaliux » de Camus et non de Proust (et des 200 écrivain-e-s mort-e-s et célèbres dont j’ai pu faire l’éloge au long de ma vie publique)
                        Tu sens autre chose que la stricte appréciation littéraire, et tu as bien raison. Bien sur que je ne ferais pas tant un sujet de mon authentiquet documenté perplexité sur la prose de Camus si le même Camus n’était pas en permanence encensé, et notamment, depuis vingt ans, brandi comme une figure tutélaire et quasi sanctifiée par toue la clique libérale anticommuniste qui occupe le champ intellectuel-médiatique, Finkiekraut et Onfray en tête.
                        Je le répète car je sens que tu as mal lu : mon peu de gout pour sa prose ne vient pas de là. Il s’est forgé en lisant Camus dans les années 90 notamment . Sachant qu’in fine les deux registres de réserve ont des points de jonction : ma consternation devant ses essais se nourrit sans doute en partie de la bouillie anticommuniste qui les irrigue.

                      • #18463 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        En attendant tu n’as toujours pas dit un mot pour nous montrer, texte à l’appui, que Camus est un grand styliste.

                      • #18524 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        François, j’espère que tu peux comprendre que ne pas répondre direct après un com comme le tien qui en plus ne m’y incitait pas vu le lancement, ne signifie pas que je n’ai pas envie de faire des dissert sur le style de Camus pour prouver (s’il le fallait encore) qu’il n’est pas à jeter, mais que n’ayant pas une rente ni une nounou à domicile mes heures ne m’appartiennent pas des masses, mes 2h par jours de loisirs c le soir ou en pose.
                        Pour répondre donc maintenant à ton avant dernier com : c’est donc bien ça le pb : tu n’aimes pas Camus et ne veut pas admettre qu’il puisse avoir du talent et des idées si tu ne l’as pas décidé, tu te permets d’en parler de façon méprisante comme s’il s’agissait d’un guignol et tu t’étonnes que je te trouve par conséquent non crédible toi et d’autres. Ici tu me révèles que ta réelle animosité serait non pas seulement que tu le trouves irrécupérable littérairement, mais principalement donc ton acharnement viendrait du fait qu’il soit récupéré par des anti communistes, mais ce n’est pas une charge contre lui, en quoi est il responsable de ce qu’on fait de lui ? Robespierre était récupéré aussi bien par Soral que par Mélanchon, vois tu le problème ne vient pas de la personne elle-même. Et de quel communisme aussi? Camus serait de droite parce qu’il n’a pas dit amen au parti ? Si c’est ça Chez Guevara est aussi un anti communiste puisqu’il a osé se séparer du bloc soviétique pour ériger son idée de la gauche, son idée du communisme. Pareil pour Dostoïevski, faudra le renier s’il est un jour récupéré par une majorité de la population qui brandira Les Démons pour en faire le symbole de la lutte anti révolutionnaire? J’ose croire que si cela arrivait les gens qui aiment vraiment la littérature comme l’individu passeront outre et verront d’eux mêmes s’il mérite la haine, individuellement. Si Camus était moins aimé tu aurais moins cette détestation ? Cette idée me dépasse.
                        Ton ex juste après de Proust me confirme ce biais que tu as. Ici encore avant de le juger par toi même, ton souci semble être de savoir si l’écrivain est à jeter où pas politiquement comme symbole, puisqu’il n’y a pas si longtemps tu as dit n’avoir pas eu le temps de lire son oeuvre principale, mais ça ne t’empêche pas là de l’encenser parce qu’il est suffisamment considéré comme pourfendeur de la bourgeoisie, donc tu valides. Tu as fait l’éloge de Tolstoi avant de le lire pour les mêmes raisons qu’il t’avait apparu dans une conf, comme anarchiste mais comme il n’est pas assez récupéré par les libéraux, son côté anti violence et pacifisme n’étant pas assez célébré massivement tu lui accordes ta grâce. Le jour où il sera repris juste pour ça, son réel mérite, sa personne et son histoire ne t’intéresseront donc plus. Tu ne défends ou ne démontes pas une personne ou un écrivain dans ce cas, tu défends un symbole et pour moi tu manques alors le réel.

                        J’espère pour ton 2e com que tu ne me feras pas l’injure d’insister de nouveau sur une réponse à ton  » lancement » car il n’en est pas un, à moins que tu m’obliges sérieusement, je ferai un copier coller comme suis :
                        « L’étranger – rien à redire, car le texte tient son cap.
                        Je trouve ses autres fictions très fortes.
                        Je trouve son théatre solaire
                        Je trouve ses essais forts, et aussi riches que son humanisme concret.
                        Je veux bien, à ton tour, que tu me démontres le contraire.

                        Si tu veux de moi sincèrement des réponses sur mes impressions en tant que lectrice et non prof de lettres il y en a quelques une plus haut, si tu veux réellement te pencher sur une critique plus technique et approfondie de son style de type hypokhâgne pour te convaincre tu ne m’aurais pas attendu pour les trouver depuis 80 ans qu’on se penche dessus et le décrypte. il y en a à foison sur internet ou dans les livres car je n pourrai me mesurer à eux, autant que si on me dit « Mozart c nul, prouve moi l’inverse » je pourrai aborder ce que sa musique me fait, si on me demande de faire une dissert sur l’harmonie et le contrepoint je t’enverrai de même aux critiques spécialisés, néanmoins je leur donnerai d’office plus de crédit qu’à toi qui 300 ans après voudrait prouver que l’aimer est une erreur.
                        Voici un art pris à la volée puisqu’on parlait un peu de ça avec IGY, par ex qui exprime mieux que je ne pourrai ce qu’on peut apprécier dans son style. Mais je ne vais pas passer plus de temps à chercher article sur article surtt sachant que rien ne te conviendra puisque ton jugement est déjà scellé.
                        https://www.jstor.org/stable/384094

                      • #18528 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Il me semble que sur ce site, on nous propose une préface d’un livre de Bernanos. En ce qui concerne Camus, ce que dit François est vrai, on ne peut pas parler d’une écriture camusienne : L’Étranger n’est pas La Chute n’est pas La Peste, et ses essais ont un style très scolaire. L’idée qu’on puisse être jaloux de Camus m’étonne tant je le trouvais déjà trop « gentil » quand j’étais lycéen. De ma vie, je n’ai jamais croisé de personnes qui avaient une passion pour ses livres comme on peut en avoir pour d’autres écrivains. C’est un nom. Il est connu. Les gens l’aiment bien. En études de lettres, à part des banalités sur l’écriture blanche — jamais, personnellement, cru en l’idée qu’existerait précisément un truc appelé écriture blanche —, on évoquait peu les livres de Camus. Donc j’émets l’hypothèse que les lecteurs qui prennent du plaisir dans la compagnie des livres de Camus sentent tout de même que malgré sa place importante dans la Culture française, il n’est pas avant reconnu avant tout comme un écrivain. Ça peut contrarier. Ça ne devrait pas. Personne ne bride le plaisir de personne.

                      • #18531 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Ci-joint peut-être un éclairage…ou de la bouillie…

                        Pour en finir avec les questions sur l’expérience communiste de Camus
                        Camus militant communiste est un ouvrage destiné à tous les lecteurs intrigués par les choix politiques camusiens.
                        22/03/2017 17:14
                        Du vivant d’Albert Camus, Roger Quilliot s’était fait son exégète quasi officiel. À partir des années 1970, les études camusiennes se sont multipliées, parmi lesquelles on retiendra les travaux fondateurs de Jean Sarocchi et de Jacqueline Lévi-Valensi. Par la suite, les imprécisions de la première biographie camusienne, celle d’Herbert R. Lottman, ont souvent été corrigées par Olivier Todd, qui s’est appuyé notamment sur les archives du Komintern pour affiner ses recherches.
                        Or, en dépit d’une accumulation d’essais de grande qualité, un point d’ombre subsistait encore dans la biographie politique camusienne, concernant son engagement au Parti communiste. Le récent ouvrage consacré à Camus militant communiste par Christian Phéline et Agnès Spiquel-Courdille offre une mise au point documentée sur la genèse de l’engagement anticolonialiste camusien et sur les circonstances de son exclusion.

                        Se fiant à leur mémoire partiellement défaillante, Jean Grenier ou Roger Quilliot faisaient remonter à l’année 1934 l’adhésion de Camus à la cellule algéroise du Plateau-Saulière, le quartier élégant d’Alger. Un réexamen minutieux des documents et témoignages disponibles sur le sujet permet désormais de situer l’adhésion de Camus en septembre 1935. À l’époque, le Parti n’avait pas encore pris sa dénomination de Parti communiste d’Algérie (PCA), adoptée seulement à la mi-octobre 1936.
                        Dans ces années-là, l’amitié était peut-être plus importante pour Camus que l’amour. Il avait fait entrer au Parti Jeanne Sicard et Marguerite Dobrenn, les amies chez qui il vivait dans une Maison ouverte sur la baie d’Alger. Parmi les plus proches camarades qui militaient avec lui, on peut aussi rappeler le nom de Claude de Fréminville, son condisciple du lycée Bugeaud .
                        Comme Camus l’a écrit lui-même à Jean Grenier dans une lettre du 18 septembre 1951, sa mission au PCA consistait à recruter des militants arabes. Il s’agissait, semble-t-il, plus spécifiquement de les faire rentrer dans l’organisation nationaliste de Messali Hadj, l’Étoile nord-africaine. Il faut comprendre que la fraternité de Camus avec les communistes était motivée par son opposition résolue au régime d’inégalité imposé aux Musulmans.

                        Les changements de ligne brutaux d’un parti encore inféodé au PCF et au Komintern expliquent la brièveté du passage de Camus au PCA. D’après Charles Poncet, un ami d’Alger, Camus était déjà antistalinien à l’époque. Le fait a d’ailleurs été confirmé par Robert Deloche, un instructeur envoyé par le PCF en Algérie et dont Olivier Todd avait retrouvé le rapport à Moscou. En 1938, Deloche avait ainsi justifié l’exclusion de Camus:
                        Peu d’allusions à ces deux années d’investissement militant sont repérables dans l’œuvre du romancier. Pourtant, l’expérience a été d’autant plus formatrice qu’elle s’est déroulée dans un contexte d’intense effervescence culturelle. Le jeune homme avait d’ailleurs été bien préparé à son futur rôle d’animateur culturel de génie. En 1932-1933, la scolarisation de Camus dans la khâgne africaine du lycée Bugeaud lui a permis de se sensibiliser au pouvoir du journalisme pour lutter contre la misère. Dans sa lettre du 18 mai 1976 Amar Ouzegane, qui a fréquenté Camus au PCA, croit même se souvenir que Camus avait aidé cette année-là L’Ikdam, une revue indigène.
                        Ce qui est certain, c’est que Maison de la Culture d’Alger, sous influence communiste, et la troupe du Théâtre du Travail ont bénéficié du goût de Camus pour la littérature et le théâtre, encouragé par son professeur, Jean Grenier et développé grâce à la lecture de Gide et de Malraux.

                        En dépit du rayonnement personnel de Camus à Alger et de ses réussites avérées en matière culturelle, son exclusion du PCA – à laquelle Ouzegane a d’ailleurs contribué en tant que permanent – a été actée en octobre-novembre 1937. Dans un climat d’épuration, ce genre d’éviction n’était nullement un cas isolé. Mais la procédure disciplinaire a laissé à Camus un souvenir d’autant plus douloureux que c’était précisément sa solidarité avec les militants nationalistes qui lui était reprochée.
                        Un dialogue demeuré en annexe du Premier homme porte la trace de l’amertume de Camus, provoquée par les intrusions du PCF dans l’orientation anticolonialiste du PCA:
                        Camus militant communiste est un ouvrage destiné à tous les lecteurs intrigués par les choix politiques camusiens. Son antistalinisme précoce a été renforcé par l’intolérance et le dogmatisme en usage au PC dans les années 1930. Ainsi s’explique qu’après-guerre, les positions politiques de Camus aient tellement tranché avec celles d’amis, notamment Jean-Paul Sartre, qui n’avaient pas vécu la même expérience traumatique.
                        Albert Camus
                        Jeannine Hayat

                      • #18547 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ce post déja culte mérite une reprise précise :

                        « François, j’espère que tu peux comprendre que ne pas répondre direct après un com comme le tien qui en plus ne m’y incitait pas vu le lancement, ne signifie pas que je n’ai pas envie de faire des dissert sur le style de Camus pour prouver (s’il le fallait encore) qu’il n’est pas à jeter »
                        Personne ne demande « une dissert » sur le style de Camus. Mais de parler du style du Camus. Que tu appelles « dissert » toute considération de style en dit long sur la vision de ce que pourrait être un commentaire stylistique. On aura d’ailleurs npté que dans toutes tes interventions acides ici tu ne mentionnes jamais la Gene occasionnée, où s’exprime peu de « jalousie » sur mes concurrents écrivains, pratiquement à tous les coups encensés – et, donc, stylistiquement appréhendés.

                        « mais que n’ayant pas une rente ni une nounou à domicile mes heures ne m’appartiennent pas des masses, mes 2h par jours de loisirs c le soir ou en pose. »
                        En revanche tu as le temps pour venir ici poster de longues bafouilles navrantes.

                        « Pour répondre donc maintenant à ton avant dernier com : c’est donc bien ça le pb : tu n’aimes pas Camus et ne veut pas admettre qu’il puisse avoir du talent et des idées si tu ne l’as pas décidé, tu te permets d’en parler de façon méprisante comme s’il s’agissait d’un guignol et tu t’étonnes que je te trouve par conséquent non crédible toi et d’autres.  »
                        Ces ligne se condamnent d’elles-mêmes. On voit dans quel registre tu es. le registre de la petite dispute nia-nia-nia. Où ne tardent plus les noms d’oiseaux. Où forcément survient le couperet absolu des scènes de ménage : le mépris. Il faudra interroger un jour cette propension des contemporains à trouver tout jugement de gout l’expression d’un mépris.

                        « Ici tu me révèles que ta réelle animosité serait non pas seulement que tu le trouves irrécupérable littérairement, mais principalement donc ton acharnement viendrait du fait qu’il soit récupéré par des anti communistes »,
                        J’avais prévu le coup. Je l’avais même prévenu, écrivant : « Je le répète car je sens que tu as mal lu : mon peu de gout pour sa prose ne vient pas de là » Mais rien à faire. Tu as mal lu. Tu veux mal lire (mais de quoi procède donc cette étrange malveillance? quelle mouche anti-moi t’a piquée?) J’ai eu beau préciser que ma perplexité devant la prose de Camus précédait très largement son recyclage anticommuniste, te voilà parti pour un contresens, et des lignes inutiles :
                        « mais ce n’est pas une charge contre lui, en quoi est il responsable de ce qu’on fait de lui ? Robespierre était récupéré aussi bien par Soral que par Mélanchon, vois tu le problème ne vient pas de la personne elle-même. »
                        Sur cette affaire de la récupération qu’on mérite, voir Notre joie (sur Soral récupérant Clouscard, justement). L’essentiel étant ailleurs : la parfaite congruence entre les vues de Camus et le paysage mental conservateur.

                        « Et de quel communisme aussi? Camus serait de droite parce qu’il n’a pas dit amen au parti ? Si c’est ça Chez Guevara est aussi un anti communiste puisqu’il a osé se séparer du bloc soviétique pour ériger son idée de la gauche, son idée du communisme.  »
                        Si tu avais lu Camus autant que moi, et notamment ses essais indigents, tu saurais que Camus ne s’en prend pas seulement au PC. TU saurais que Camus est. profondément anti-communiste, et qu’il professe une sorte de non alignement, de scepticisme qui en fait un humaniste du centre. C’est du reste comme ça qu’il est compris par tout le monde.

                        « Pareil pour Dostoïevski, faudra le renier s’il est un jour récupéré par une majorité de la population qui brandira Les Démons pour en faire le symbole de la lutte anti révolutionnaire? J’ose croire que si cela arrivait les gens qui aiment vraiment la littérature comme l’individu passeront outre et verront d’eux mêmes s’il mérite la haine, individuellement.  »
                        Il se trouve que Dosto, ce réactionnaire, est parmi mes auteurs préférés, que Les Démons, est un de mes livres préférés, que que c’est précisément cet exemple que j’ai pris, dans un long entretien en ligne sur l’art, pour dire qu’il se jouait dans l’art tout autre chose que de l’idéologie. Tu sonnes donc à la mauvaise porte. Tu frappes dans le mauvais sac. Tu es, pour tout dire, totalement à coté de la plaque me concernant.

                        « Si Camus était moins aimé tu aurais moins cette détestation ? Cette idée me dépasse. »
                        Cette idée qui te dépasse n’est pas la mienne, tout va bien. Je le redis donc car tu as mal lu : c’est bien avant qu’il soit devenu le héraut des libéraux que Camus m’est tombé des mains. C’était en 1992 et suivantes. Sa sanctification par l’anticommunisme contemporain date des années 2000.

                        « Ton exemple juste après de Proust me confirme ce biais que tu as. Ici encore avant de le juger par toi même, ton souci semble être de savoir si l’écrivain est à jeter où pas politiquement comme symbole, puisqu’il n’y a pas si longtemps tu as dit n’avoir pas eu le temps de lire son oeuvre principale, mais ça ne t’empêche pas là de l’encenser parce qu’il est suffisamment considéré comme pourfendeur de la bourgeoisie, donc tu valides.  »
                        Ici nous touchons au comique, puisqu’ici tout est faux. 1 J’ai lu La recherche en entier à 25 ans, et relu l’an dernier ses deux premiers volets. 2 Proust ne passe pas du tout pour un pourfendeur de la bourgeoisie. 3 Proust est même considéré par beaucoup, Céline en tête, comme un écrivain bourgeois. 4 Raphael Enthoven, grand camusien idéologue, a écrit avec son père un dictionnaire amoureux de Proust. 5 mon prochain essai comporte un éloge de Proust comme immense psychologue (et non comme auteur politique qu’il n’est pas, et surtout pas de gauche). J’espère qu’à ce stade tu ne t’étouffes pas de honte. (mais ça n’a pas l’air d’etre ton genre)

                        « Tu as fait l’éloge de Tolstoi avant de le lire pour les mêmes raisons qu’il t’avait apparu dans une conf, comme anarchiste mais comme il n’est pas assez récupéré par les libéraux, son côté anti violence et pacifisme n’étant pas assez célébré massivement tu lui accordes ta grâce. Le jour où il sera repris juste pour ça, son réel mérite, sa personne et son histoire ne t’intéresseront donc plus. Tu ne défends ou ne démontes pas une personne ou un écrivain dans ce cas, tu défends un symbole et pour moi tu manques alors le réel. »
                        Je n’ai jamais écrit sur Tostoi, je n’ai aucune opinion sur son oeuvre que je ne connais presque pas. J’ai du parler he lui une ou deux fois au détour d’une video pour dire le grand existant qu’il était, car je connais sa vie. Point. Tout le reste, tes lignes comprises, relève de la bouillie. Et persister à m’attribuer des grilles et des oeillères idéologiques que l’art c’est méconnaitrre absolument tout mon travail critique, dont tu ne fais nulle mention (et dont d’ailleurs tu te fous, autre chose ici t’importe)

                        « Si tu veux de moi sincèrement des réponses sur mes impressions en tant que lectrice et non prof de lettres il y en a quelques une plus haut, si tu veux réellement te pencher sur une critique plus technique et approfondie de son style de type hypokhâgne »
                        A nouveau amalgame entre examen du style et exercice scolaire.

                        « pour te convaincre tu ne m’aurais pas attendu pour les trouver depuis 80 ans qu’on se penche dessus et le décrypte. il y en a à foison sur internet ou dans les livres car je n pourrai me mesurer à eux, autant que si on me dit “Mozart c nul, prouve moi l’inverse” je pourrai aborder ce que sa musique me fait, si on me demande de faire une dissert sur l’harmonie et le contrepoint je t’enverrai de même aux critiques spécialisés, néanmoins je leur donnerai d’office plus de crédit qu’à toi qui 300 ans après voudrait prouver que l’aimer est une erreur.
                        Voici un art pris à la volée puisqu’on parlait un peu de ça avec IGY, par ex qui exprime mieux que je ne pourrai ce qu’on peut apprécier dans son style. Mais je ne vais pas passer plus de temps à chercher article sur article surtt sachant que rien ne te conviendra puisque ton jugement est déjà scellé.
                        https://www.jstor.org/stable/384094 »
                        nianiania

                      • #18552 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Ah, un prochain essai. Pour quand ?

                      • #18553 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Je crois que François avait dit précédemment qu’il sortirait plutôt l’année prochaine car un travail un peu plus long que prévu.

                      • #18554 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        La perspective de ce nouvel essai me fait littéralement fantasmer. Je rêve qu’il y soit notamment question de Dostoievski. Pour relativiser c’était déjà le cas depuis HDTB pour toutes les dernières parutions.

                      • #18561 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        De Dosto, oui, et des Démons, livre que je déteste car livre anti-anarchiste, car c’est ainsi que je lis.

                      • #18555 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Ah, d’accord

                      • #18562 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        François, puisqu’on parle de Proust, tu as lu le livre Laure Murat?

                      • #18563 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        de Laure Murat*

                      • #18631 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Non, mais je compte bien.
                        Bien que je n’aime pas Proust, que je n’ai pas le temps de lire.

                      • #18569 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        voilà qui m’apprendra aussi à te croire quand tu écris, vu que tu es capable de dire l’inverse le jour suivant… »Nianiania » est bien la conclusion à laquelle je m’attendais vu ton 1er lancement, car tu n’en auras pas d’autres, vu que tu détestes juste pour détester un homme qui te vaut 100 fois sur tous les plans et que tu as en plus pillé. Je te laisse t’étouffer dans l’amour de toi, dans ta propre autosuffisance puisque tu ne souhaites jamais avancer ni t’enrichir un autre air que le tien. Une chose est sûre tu es un politique, pas un littéraire. Bon courage.

                      • #18572 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        Ah non juste pour Proust avant de partir de ce « chantier » décidément bien stérile quand même, si donc tu l’avais lu non pas de façon superficielle comme Enthoven, tu aurais vu ce que la plupart voit et qui n’est pas un secret : toute la subversivité très subtilement anti bourgeoise qui en ressort et la critique qu’il fait de ce petit monde et qui court sur toutes les lignes. Mais pas grave c’est pas la première fois qu’on appauvrit à ce point sa portée, sa finesse et son discours, c’est vrai. Je te conseille de le relire une 3e fois.

                      • #18574 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        et pour Camus : « Camus est. profondément anti-communiste, et qu’il professe une sorte de non alignement, de scepticisme » c’est bien ça, relis je n’ai jamais dit le contraire, je t’avais juste demandé de me dire « quel communisme » ou « quelle gauche » il était censé défendre pour être quelqu’un de non détestable…, mais en fait rien parce que tout ça va encore être déformé, ça sera sans fin étant donné que le seul livre que tu as bien étudié visiblement c’est « L’art d’avoir toujours raison ».

                      • #18580 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Ta rage sort de mieux en mieux. Je pense que tu te sens désormais mieux.
                        Ton irruption ici t’aura fait du bien. Merci le site.

                      • #18584 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        C’est la meilleure, je parle toujours comme on me parle, revois donc les insultes violentes que tu m’envoies, compare avec celui que j’emploie avec les autres qui sont corrects avec moi et pose toi la vraie question de mon ton et les raisons de ma perplexité 1ere : ta détestation irrationnelle. Tu ne veux pas que je réponde, fais ce qu’il faut pour. Quant au site, ben non pas merci, car j’ai la même impression que lorsque j’ai investi dans un produit que je constate défectueux en revenant chez moi, une fois que tu auras donc fini de m’insulter comme tu fais avec tous ceux qui ne sont pas en adulation je ne comptais plus y revenir je te rassure, car on en revient toujours au mêmes choses et tes réflexes autoritaires sont plus visibles que partout ailleurs.

                      • #18586 Répondre
                        Bettina
                        Invité

                        « avec le ton que j’emploie avec les autres »

                      • #18634 Répondre
                        tristan
                        Invité

                        1 J’ai lu La recherche en entier à 25 ans, et relu l’an dernier ses deux premiers volets. 2 Proust ne passe pas du tout pour un pourfendeur de la bourgeoisie. 3 Proust est même considéré par beaucoup, Céline en tête, comme un écrivain bourgeois.

                        Voilà bien le problème!
                        Il faut lire « La Recherche » à partir du « Du côté de Guermantes », et non se contenter des « deux premiers volets », pour comprendre à quel point Marcelito est farouchement anti-bourgeois.

    • #18198 Répondre
      lison
      Invité

      et c’est beaucoup moins cher que le séminaire d’Onfray .

      • #18200 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Mais enfin tu n’as pas donc pas envie de faire fi du regard des autres et être une personne libre ?

        • #18593 Répondre
          lison
          Invité

          J’ai bien réfléchi à cette question ( 7 jours durant) , je pèse mes mots, et tranquillement je dis : non !

    • #18199 Répondre
      Bettina
      Invité
      • #18201 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Pour les non-abonnés. Perso ça me donne encore plus envie de le lire.
        .
        Albert Camus (1913-1960) devait bien avoir son procès. Autorité morale revendiquée à gauche comme à droite, écrivain à la popularité inoxydable, la postérité inouïe du Prix Nobel de littérature 1957 demeure peu écornée. En publiant Oublier Camus, Olivier Gloag entend ébrécher la rare unanimité autour de ce « saint laïque ». Son succès, soutient ce professeur à l’université de Caroline du Nord, tiendrait à la concordance entre son « humanisme aussi vague qu’ostentatoire » et « une France qui tient à faire oublier son passé colonial » : Camus, « tacticien du colonialisme », serait la bonne conscience de la part d’ombre nationale.
        .
        Son universalisme partage bien les mêmes travers qu’un certain républicanisme aveugle. S’il s’est précocement scandalisé de la misère des colonisés, Camus a toujours rejeté l’indépendance de l’Algérie. Olivier Gloag souligne la partialité de ses condamnations de la violence, euphémisées lorsqu’elle provient de la puissance coloniale, ainsi que l’invisibilisation chronique des Algériens dans son œuvre – comme La Peste (Gallimard, 1947), qui se déroule à Oran, mais ne compte aucun Arabe. L’ultime chapitre tape particulièrement juste en ciblant les atermoiements de Camus sur la peine de mort, et en pointant une autre amnésie de sa postérité : sa misogynie caractérisée.
        .
        L’inventaire d’un tel héritage était nécessaire. Mais juger sans comprendre réduit Oublier Camus au dérisoire du procès à charge : occultant l’homme, son parcours et ses complexités, Olivier Gloag semble avoir pris son titre au pied de la lettre. Cet essai confusément construit piège Camus dans une lecture politique et systématiquement décontextualisée.
        .
        Roman, essai, théâtre : M. Gloag semble considérer que tout se vaut, accumulant ainsi, sans les justifier, les interprétations contestables. La lecture des romans La Chute (Gallimard, 1956) et Le Premier Homme (Gallimard, 1994) est tordue pour être ramenée au seul prisme colonial, tandis que L’Homme révolté (Gallimard, 1951) est dégradé en essai « fondamentalement réactionnaire ».
        .
        Oublier Camus accumule les paradoxes. M. Gloag, tout en brocardant son anticommunisme, pèche lui aussi par défaut de matérialisme : Camus n’est pas qu’un esprit, il a aussi une chair. L’universitaire semble reprocher à ce dernier, né en 1913 dans une Algérie française depuis près d’un siècle, de considérer comme naturel le monde où il a vu le jour. Or, ses contradictions ne se comprennent pas sans cette incarnation, qui le différencie irrémédiablement de Jean-Paul Sartre, né dans la grande bourgeoisie parisienne – et à qui l’auteur s’obstine à le comparer.
        .
        Camus n’a pas tu les injustices coloniales ; il les a vues en myope. Lui refuser sa condition, comme taire ses tiraillements et ses doutes, crée un autre paradoxe : en condamnant Camus sur tout, M. Gloag répète le geste de ceux qui lui donnent raison pour tout. Il oublie finalement ceux qui aiment Camus. Eux ne désirent ni une idole fantasmée ni un paria à fusiller. Mais cherchent l’homme, avec sa lumière et ses obscurités.

        • #18202 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          (j’indique si ça intéresse que par coïncidence l’auteur de ladite critique – Youness Bousenna – a également publié une critique élogieuse de Boniments)

        • #18210 Répondre
          Bettina
          Invité

          Disons que grâce à l’article on sait qu’il ne faut pas non plus en rester à ça si on veut toucher à la réalité des choses et des gens, sauf si on aime les cases et les biais de confirmation anti ceci ou cela, comme on peut pondre des livres très convaincants anti vaccins ou conspi, il suffit d’être déjà « anti » pour servir à convaincre entièrement l’auditoire.

          • #18233 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Il est bien logique que ce soit dans Le monde, épicentre du camusisme de droite, qu’on se fende d’une telle critique
            Il faut voir aussi que Youness a un petit fond républicain anti-indigène (il écrit dans Marianne aussi) qui le rend quelque peu allergique à ce genre d’axes de recherche.
            Mais Youness a peut-être raison. ll n’est pas exclu que ce livre pèche par univocité. A lire, donc

            • #18243 Répondre
              SoR
              Invité

              Je suis d’accord, à lire bien sûr mais avec l’idée en tête de ne pas en faire une Bible et de croiser avec d’autres sources si on veut approcher au plus vrai. Car même Marx à ce train là ne couperait pas à ce genre de procès, on peut toujours fouiller dans les moindres incohérences il en avait aussi, comme il le dit dans l’article si on oublie qu’il y a l’humain ça semble toujours illogique, ça ne prévaut donc rien contre la valeur de l’ensemble de l’œuvre sauf si on se force à tout lire ensuite par l’unique biais de ces quelques incohérences.

    • #18207 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Un extrait de « chassés de la lumière » de Baldwin concernant Camus.
      — Comme je l’ai dit plus haut, j’ignorais presque tout du problème franco-algérien mais j’entrepris d’effacer cette ignorance et fus ainsi amené à faire un dossier des éditoriaux que M. Albert Camus donnait au journal Combat – Né à Oran, où se déroule son premier roman, L’Étranger, Camus apparaissait comme un humaniste de gauche ; il était jeune, lucide et on pouvait raisonnablement penser que ces qualités, jointes à l’autorité que lui donnait sa connaissance de l’Algérie, marqueraient son analyse de la nature du conflit.
      Je n’ai jamais placé cet auteur aussi haut que le font beaucoup de gens. Un fait me frappa: pour Camus, l’humanisme européen
      semblait s’arrêter aux portes de l’Europe et cet homme qui défendait si noblement la liberté quand il s’agissait d’Européens ne pouvait parler que de «Justice» à propos de l’Algérie. Il devait pourtant bien connaître et avait certainement vu de ses propres yeux quelques exemples de la «justice» française en Algérie. (Comme le disait un « bénéficiaire » africain, «c’est un moyen légal de rendre l’injustice».) Étant donné les principes qui étayaient ses éloquentes dissertations sur les problèmes de la liberté individuelle, il ne pouvait pas ne pas voir que la véritable cause de la bataille d’Alger était le refus des Français d’accorder aux Algériens le droit d’avoir tort; ils leur refusaient cette situation « existentialiste » si chère aux Français à une certaine époque; pour être plus précis, ceux-ci n’osaient pas imaginer que la situation algérienne pût être «existentialiste », justement parce que celle de la France était si critique. Comment Camus aurait-il pu ignorer que l’Algérie n’était française que dans la mesure où la puissance française en avait décidé ainsi? Si l’Algérie, sur la carte, faisait partie de l’Europe, c’était parce que celle-ci l’y avait placée d’autorité. C’est la force et non la justice qui défait et refait les cartes; les Algériens ne se battaient pas pour obtenir plus de justice (ils devaient en avoir leur compte maintenant) mais le droit de déterminer leur propre destinée. —

    • #18234 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Parfait comme du Baldwin.

      • #18245 Répondre
        Charles
        Invité

        Pendant que j’y suis, tu recommandes des romans de Baldwin?

    • #18249 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je n’ai lu qu’un essai de lui, mais je ne vais plus tarder à essayer ses romans

    • #18256 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Puisque l’homme nuancé a son topic :
      ***
      Jean Birnbaum, « Seuls les enfants changent le monde », Seuil, 2023
      Après le succès du Courage de la nuance, Jean Birnbaum poursuit son enquête sur l’« héroïsme du doute » avec une réflexion personnelle et politique sur l’enfance.
      Dans ce nouveau livre, il montre comment la naissance d’un enfant fait vaciller toute certitude. Ce qui l’intéresse, c’est une expérience banale mais qui a peu attiré l’attention des penseurs : devenir le parent d’un enfant, c’est constater ses effets sur notre rapport aux autres et sur notre vision politique des choses. Si, depuis Socrate, le philosophe est celui qui dynamite nos préjugés, alors le bébé s’impose comme le plus subversif des philosophes.
      Cette fois encore, Jean Birnbaum mêle réflexions et émotions. Il se tourne vers des auteurs aimés (Hannah Arendt, Georges Bernanos, Roland Barthes, Rosa Luxemburg…) et puise dans sa propre expérience. À l’heure où le mouvement « No kids » dénonce la procréation comme une catastrophe intime et écologique, ce livre proclame la solidarité essentielle entre espoir d’une société meilleure et promesse de la vie donnée, transmise, sauvée ; il n’y a pas d’émancipation sans générations, pas d’avenir sans enfants, pas de fraternité sans bébés.
      ***
      Il serait audacieux d’anticiper des critiques dithyrambiques, et discourtois d’y voir un quelconque lien avec sa postion de directeur du Monde des livres.
      Sortie le 29 septembre.

    • #18260 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      C’est marrant comme tous ces gens, originellement portés sur la philosophie, découvrant peu à peu leur défaut de puissance de pensée et l’infécondité conceptuelle de leur centrisme, se dirigent tous, de livres mous en articles à l’eau tièdes, vers le développement personnel.
      A leur décharge, convenons que les gisements de pétrole se trouvent là.

    • #19400 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Eugénie B.
      « On ne protège ou l’on ne change le monde qu’au nom des enfants. »
      « le moteur même de l’engagement – et donc de l’écologie – est la naissance. »
      « Mais la question des enfants n’est pas qu’un révélateur collectif, c’est aussi un dévoilement intime. « La Question » : c’est ainsi que Birnbaum nomme son obsession des enfants, cette question qu’il pose à chaque personne qu’il rencontre : « Et les enfants ? » Question inoffensive qui se révèle un pied de biche redoutable pour ouvrir les coeurs les plus fermés. Qu’elle interroge un renoncement ou ouvre la vanne de l’épanchement, cette question est un pont jeté au-dessus des clans, des classes sociales, des partis, des oppositions. »
      C’est prodigieux.
      —————————
      Dans un essai tissé de références littéraires et d’expériences personnelles, Jean Birnbaum rappelle la puissance subversive de l’enfantement. À l’heure du « no kids », un livre magnifique et salutaire.

      Avoir des enfants, qui à leur tour auraient des enfants, c’était rabâcher à l’infini la même ennuyeuse ritournelle ; le savant, l’artiste, l’écrivain, le penseur créaient un autre monde, lumineux et joyeux, où tout avait sa raison d’être », écrit Simone de Beauvoir dans Mémoires d’une jeune fille rangée . « Quand je vois des gens qui vont chercher leur enfant à la sortie de l’école, quand je les vois fatigués derrière leur poussette, je me dis qu’ils pourraient être au café en train de parler de livre, ou chez eux en train de lire Marguerite Duras, et ils ont un petit bonhomme qui les esclavagise, c’est une perte de temps que je trouve d’une violence inouïe », confiait Édouard Louis lors d’une discussion publique organisée par Le Monde. Jean Birnbaum n’appartient pas à cette catégorie d’intellectuels qui considèrent « qu’il y a d’un côté les textes et de l’autre la vie », ces penseurs pour qui les enfants sont des braillards végétatifs dérangeant la lecture, un gaspillage d’énergie et une aliénation. Dans Seuls les enfants changent le monde (Seuil), le directeur du Monde des livres se lance dans un plaidoyer subtil et sensible pour l’enfantement.

      Birnbaum, père de trois enfants, ne se livre pas à une apologie niaise de l’esprit d’enfance, du bonheur de mettre des couches ou de déplier un lit parapluie. Il met l’enfant à sa juste place. Sa centralité n’est pas celle de l’enfant-roi devant qui devraient se prosterner les adultes émerveillés, l’objet de toutes les sollicitudes et le réceptacle des performances. L’enfant est un miracle d’abord, celui de « la richesse infinie d’une sensibilité naissante » . C’est un « élan de l’âme, une grâce à préserver, une sincérité qui se met en travers de l’imposture ». Ce sont les enfants qui donnent sens à la condition humaine. Birnbaum cite Hannah Arendt : « Tout se passe comme si, depuis Platon, les hommes ne pouvaient prendre au sérieux le fait d’être nés, mais uniquement le fait de mourir. » La philosophe juive, qui n’a jamais eu d’enfants, mais eu leur souci, notamment pendant la guerre, où elle contribua à protéger des enfants juifs de la folie nazie, mettait la natalité au coeur de la philosophie. Elle se disait d’ailleurs fascinée par le christianisme, qui célèbre la naissance comme puissance inaugurale. La fécondité inouïe de la civilisation occidentale ne prend-elle pas racine dans cet insondable mystère : un Dieu qui s’est fait petit enfant, qui a été un bébé ?

      « À ceux qui viendront après nous » : ce vers de Bertolt Brecht est la devise de toute civilisation. La natalité n’est pas qu’une colonne dans le bilan comptable d’une nation. Percevoir les enfants comme des bilans carbone en puissance, des financeurs de retraites, de la chair à canon dans le jeu des puissances, ou des heures de travail données par les mères est déjà le révélateur d’un épuisement vital. Si le non-désir d’enfant a toujours existé, il était autrefois une revendication individualiste, une posture de dandysme anarchiste. Le fait qu’il soit désormais une revendication collective, comme le fait le mouvement « childfree », est une vraie nouveauté qui doit nous inquiéter à l’heure ou 30 % des Françaises en âge de procréer n’ayant pas d’enfant affirment ne pas en vouloir.

      S’il n’y a pas d’enfants, s’il n’y a plus de renouvellement des générations, aussi bien l’espérance révolutionnaire que le conservatisme politique sont voués au néant. On ne protège ou l’on ne change le monde qu’au nom des enfants. C’est pourquoi ce mouvement prétendument écologiste « no kids » – qui n’est bien souvent que l’habillage vertueux de préoccupations plus égoïstes – est une aberration anthropologique et morale : le moteur même de l’engagement – et donc de l’écologie – est la naissance.

      Mais la question des enfants n’est pas qu’un révélateur collectif, c’est aussi un dévoilement intime. « La Question » : c’est ainsi que Birnbaum nomme son obsession des enfants, cette question qu’il pose à chaque personne qu’il rencontre : « Et les enfants ? » Question inoffensive qui se révèle un pied de biche redoutable pour ouvrir les coeurs les plus fermés. Qu’elle interroge un renoncement ou ouvre la vanne de l’épanchement, cette question est un pont jeté au-dessus des clans, des classes sociales, des partis, des oppositions. L’expérience de l’engendrement est la plus universelle qui soit. Birnbaum nous raconte avec sensibilité les dialogues qu’il a eus avec des personnalités ou des anonymes sur cette expérience. Pierre Nora, qui avait juré de ne jamais avoir d’enfants et a finalement eu un fils. Le rappeur Booba, qui compose des odes à sa fille. Les militants professionnels de Lutte ouvrière pour qui donner la vie est proscrit, ces « orphelins célibataires » qui ont rejeté toute filiation et toute procréation. Il puise aussi dans les exemples littéraires : Bernanos, bien sûr, le père de six enfants pour qui l’enfance était sans cesse à retrouver, mais aussi Rosa Luxembourg, la militante révolutionnaire qui désirait secrètement avoir un bébé.

      Jean Birnbaum explore aussi sa propre généalogie. Il raconte l’histoire de ses grands-parents Ruth et Jacob, qui ont donné naissance à son père, Pierre Birnbaum, en 1940, en pleine Occupation, alors même que ce nouveau-né courait le risque de la persécution raciale. Au plus profond de la tourmente, « jamais il n’avait été question d’empêcher sa naissance ». Ils décidèrent même de le circoncire, comme un geste ultime de défi aux persécuteurs, un pari fou dans l’avenir. À l’heure où une jeunesse victimaire gémit qu’elle ne peut pas faire d’enfants dans un monde où tout irait mal, voilà une puissante leçon d’espérance. « La question des enfants ne fait qu’une avec celle de la survie. »

      La question des enfants ne fait qu’une avec celle de la justice. Ce sont les larmes des enfants qui annulent la théodicée chez Dostoïevski. C’est le dilemme de Kaliayev dans Les Justes, de Camus, qui renonce à poser sa bombe parce qu’il y a des enfants dans la voiture du tsar. C’est le refus de Simone Weil de se convertir au catholicisme parce que les enfants non baptisés n’auraient pas droit au paradis. C’est le chagrin sans remède qui nous saisit devant l’horreur des enfants massacrés à Kfar Aza et Beeri. C’est l’innocence bafouée qui nous regarde et nous juge. –

      S’il n’y a pas d’enfants, s’il n’y a plus de renouvellement des générations, aussi bien l’espérance révolutionnaire que le conservatisme politique sont voués au néant. On ne protège ou l’on ne change le monde qu’au nom des enfants

    • #19401 Répondre
      Fanny
      Invité

      « Le fait qu’il soit désormais une revendication collective, comme le fait le mouvement « childfree », est une vraie nouveauté qui doit nous inquiéter à l’heure ou 30 % des Françaises en âge de procréer n’ayant pas d’enfant affirment ne pas en vouloir. »
      ….
      « Revendication collective » ???
      J’ai du mal à y croire. Les femmes ET les hommes sans enfants qui le revendiquent j’en vois bien peu autour de moi. Le discours « pourquoi-faire-des-enfants-dans-ce-monde-pourri » on peut l’entendre parfois mais de là à dire que c’est la raison de la baisse de la natalité, ça me laisse très septique. Je pense plutôt qu’il est plus difficile de faire la place à un ou des enfants dans sa vie de nos jours.

      • #19402 Répondre
        Ostros
        Invité

        Dr tu as trouvé pertinent ce texte d’Eugénie B. ? (Qui est-ce ?)
        Les « on », les généralités, les grandes phrases creuses et l’absence de données pertinentes pour démontrer la véracité de sa théorie obscure me font grincer les dents d’emblée. Qu’est-ce qui t’a plu à toi ?

        • #19403 Répondre
          Ostros
          Invité

          Tu postes ça pour te moquer de birnbaum ?

          • #19404 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            C’est l’innénarable Eugénie Bastié, critique publiée dans le Figaro, désolé pour la blague un peu privée.
            C’est bien une critique du livre « magnifique et salutaire » (sic) de Birnbaum dont je disais plus haut : « Il serait audacieux d’anticiper des critiques dithyrambiques »
            Et donc pour clarifier, je trouve que c’est un texte culte de pensée abstraite dépolitisée. Mais pas si facile que ça à pasticher. D’où mon « prodigieux », je suis sans voix devant la performance.

            • #19409 Répondre
              Ostros
              Invité

              J’ai eu peur.
              En même temps après coup je me suis dit Je vois pas pourquoi il poste ça si ce n’est pour se foutre de lui.
              Mais j’avais quand même besoin d’une confirmation ^^

              • #19454 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Je note qu’une journaliste proche de la cathosphère très à droite (a minima) se perd en dithyrambes sur l’essai d’un journaliste-essayiste qui passe encore pour de gauche.
                Où est l’anomalie?
                Bastié serait-elle moins à droite qu’on le dit?
                Birnbaum serait-il plus à droite qu’on le dit – ou qu’il le dit?

                • #19455 Répondre
                  Jean Monnaie
                  Invité

                  « QUE TU DIS » Dans le monde réel, personne n’est aussi binaire et caricatural que toi.
                  99 % des gens ne sont pas radicaux. Voici un passage où Praud et Longuet contestent les super-profits. On peut jouer un jeu. Je te mets des passages de personnalités publiques et tu dois deviner leur bord politique. Je peux t’assurer que tu seras incapable de donner une seule bonne réponse.

                  Note également que Praud qui est classé d’extrême droite a invité plusieurs fois Olivier Mateu. Chose que je ne vois pas si souvent dans les chaines dite de gauche.

                  • #19456 Répondre
                    Jean Monnaie
                    Invité

                    On peut faire la liste à l’infini

                    • #19457 Répondre
                      Jean Monnaie
                      Invité

                      Lui je n’aurais pas miser un kopeck dessus et pourtant.

                  • #19458 Répondre
                    Jean Monnaie
                    Invité

                    On va même être coquin jusqu’au bout. Même si c’est un clip à sa droite. Tu as énormément de passage chez le H sur la pauvreté.

                    J’ai toujours cru à la fin de la pauvreté
                    Vous répondiez que j’étais un utopiste
                    qui avait raison ? vous ou moi ?
                    J’avais raison

                    BREF

                    • #19459 Répondre
                      Jean Monnaie
                      Invité

                      LE blog interdit Odyssée ?

                      https://altcensored.com/watch?v=qBBPYu4fLyY

                      • #19461 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Et pour ceux qui prétendent que Praud n’est pas sincère, ils se trompent. Les superprofits ne sont ni dans ‘Valeur Actuelle’ ni dans ‘Le Figaro’, mais bien dans ‘Le Monde Diplomatique’. Voir mon topic sur se sujet.

                      • #19462 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Je remarque que beaucoup à gauche boycottent CNews, la qualifiant de chaîne d’extrême droite. Pourtant, chez Bolloré, il y a davantage d’invités d’extrême gauche que sur Le Quotidien et BFMTV. En revanche, personne ne semble boycotter Le Monde Diplomatique, que vous partagez ici même, alors qu’il y a des preuves incontesables selon lesquelles ils exploitent les travailleurs. Quelle hypocrisie!
                        Exactement les mêmes bonnes âmes qui ont appeler à boycotté Tipeee

                        https://www.bfmtv.com/tech/contenus-polemiques-des-createurs-boycottent-tipeee-apres-les-propos-de-son-fondateur_AN-202109060199.html

                      • #19463 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Jean,
                        ton désir toujours inassouvi de débattre me toucherait presque. Malheureusement je ne crois qu’à la contradiction portée par les amis politiques. Et puis il faut dire qu’à force de vouloir générer des polémiques, tu proposes des sujets complètement éclatés au sol.
                        Là, c’est cadeau : je ne crois pas qu’il y ait davantage d’invités d’extrême gauche sur CNews que sur le Quotidien et BFMTV.

                      • #19467 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Tu as le droit de critiquer mes arguments, mais cela serait plus constructif si tu le faisais de manière intelligente. Lorsque François affirme que Bastié est plus à droite qu’on ne le dit, cela reflète une vision binaire de la politique, alors que la réalité montre que la plupart des personnes ne sont pas radicalement de droite ou de gauche. Par conséquent, il serait logique de répondre à mon argument principal. Au lieu de cela, tu as fait une remarque sans intérêt et tu as limité Bolloré à CNews, alors que j’avais mentionné Le Quotidien et BFMTV.

                        Boyard et Garido sont chroniqueurs chez Hanouna. Quel est l’équivalent chez le Quotidien ? Les Gilets Jaunes ont été invités 50 fois chez Hanouna, combien de fois au Quotidien ? Et combien de fois Branco a-t-il été invité au Quotidien ? CNews a été boycotté par la gauche pendant des années, alors que Praud invite tout le monde. Cette pluralité n’existe pas autant chez les autres. Donc, pour résumer, 1) réponds à l’argument principal, 2) les critiques ne me dérangent pas, tant qu’elles ne dominent pas le message, 3) relis mieux, Bolloré ne se limite pas à CNews, et 4) Begaudeau lui-même admet qu’il est plus invité par la gauche que la droite. 5) Moi même j’ai été syndiqué CGT et des études dans le sociale quand toi tu passes ton temps à faire des critique de film bourgeois. C’est bien pour cette raison que le qualificatif confus ou rouge-brun employé par la gauche n’a aucun sens, puisque à part une petite minorité, personne n’est à 100 % de gauche ou de droite. Donc, ne pas débattre n’est pas polémiquer. Je n’y suis pour rien si la contradiction te met dans tous tes états. C’est à toi de te remettre en question.

                        *(tu proposes des sujets complètement éclatés au sol) Ton argument est puissant tu as terrassé le dragon

                      • #19468 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Je te trouve gonflé car je suis le seul à avoir lu ton texte sur l’horizontalité plusieurs fois et à en avoir fait une critique constructive. On peut comparer mes interventions, qui sont toutes loyales et argumentées, et les tiennes, qui semblent plus proches des commérages de bonnes femmes dans un lavoir.

                      • #19469 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        François visait Birnbaum, pas Bastié.

                      • #19470 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Que ce soit ‘Bastié serait-elle moins à droite qu’on le dit?’ ou ‘Birnbaum serait-il plus à droite qu’on le dit?’ ou la croyance de Begaudeau selon laquelle Birnbaum est de droite, aucune de ces variations ne modifie la ligne de ma réponse.

                      • #19471 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        *une ligne dans ma réponse

                      • #19472 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Jean Monnaie jette des pièces de mots
                        Comme les gens jettent des pièces de monnaie
                        Dans la fontana di Trevi

                      • #19475 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Me dit la personne qui justifie la non-existence de l’instinct maternel par un argument basé sur des infanticides de maman chat, et qui enchaîne ensuite avec un gloubi-boulga incompréhensible sur les mathématiques. C’est toujours cette façon de contourner mes arguments car, au fond de vous, tout le monde ici sait que je tape juste. Ayant participé à des milliers de débats, on sait tous que tout le monde aime débattre avec les moins forts que soi, mais rarement l’inverse.

                      • #19477 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Ca montre quand même que tu n’as pas compris le message de François. Par ailleurs, Bastié assume un positionnement très droitier – de même que Pablo Vivien Pillaud assume un positionnement très à gauche – donc je ne comprends pas trop où tu veux en venir.

                      • #19480 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Je t’ai déjà répondu. Démontre moi que je n’ai pas compris le message de François.
                        Démontre moi que ma réponse précédente invalide mon argumentaire.

                      • #19481 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        J’assume être de droite. On est d’accord ? Pourtant,la moitié de mon discours peut très bien être assimilé à la gauche. C’est le cas de Praud ou de Bastié.
                        Qu’est ce que tu ne comprends pas ?

                      • #19482 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Pablo Vivien Pillaud, cette vieille pédale issue de la noblesse française, tout comme Lasganerie qui avait déclaré : ‘Quand je vois un barbu dans la rue, j’ai peur qu’on le mette en prison.’ Tu ne penses pas qu’il y a un problème à avoir des gens comme ça dans votre camp ? Sérieusement, tu crois vraiment qu’il est à gauche avec un pedigree pareil ?

                      • #19484 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Tu crois sérieusement que Pablo Vivien Pillaud à des leçon à me donner sur le social ?

                        Je me demande si vous vous rendez compte de vos propos. Je pense que non.

                      • #19485 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Désolé je ne débats pas avec quelqu’un qui qualifie un homosexuel de vieille pédale. Fin de la discussion.

                      • #19489 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Je devrais dire jeune pédale.
                        Fait semblant de ne pas voir le mot clé noblesse dans ma phrase.

                      • #19491 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Et je ne le traite pas de pédale sans raison. Sa sexualité explique sans doute sa migrantophilie. Pour lui c’est sans doute un vivier de chair fraiche pour ses partouzes du samedi soir.
                        Tu as un rédacteur homosexuel de regard ou un journal du même type qui s’est fait racketter par son mignon maghrébin clandestin. Combien de Palmade chez les journalistes et les acteurs qui militent contre le RN le lundi pour se faire enculer par des magrébins le Samedi ? Un paquet

                        Combien de chance que ce réalisateur soit un homosexuel de gauche ?
                        La sexualité est une clef pour comprendre une postions politique.
                        Au même titre que la personne de droite qui ne trouve pas de femme.

                      • #19493 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Bingo une vielle pédale qui met ses fantasmes en film

                        « La Rupture », un film inédit de Philippe Barassat tourné en deux versions : l’une hétéro, l’autre homo !

                        Exactement comme Besson qui va se marier avec Maïwenn qui est mineur, et qui tourne Léon un film sur l’amour entre un homme mur et une fille de 13 ANS.
                        Un psy de seconde zone te dirait la même chose.

                      • #19483 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Ce que tu n’as pas compris c’est qu’il ne fait aucun doute pour François (et pour les autres sitistes que toi) que Bastié est très à droite. Il présente une fausse alternative pour induire la réponse que Birnbaum n’est en réalité pas de gauche.
                        Ce que tu n’as pas davantage compris c’est qu’on ne peut pas isoler des segments d’opinions politiques. Oui Praud peut dire que les super profits c’est exagéré mais il se rangera toujours derrière la droite filloniste ou zemmourienne qui ne voudra pas y remédier parce que même si ça peut le chagriner pour lui le plus important c’est l’insécurité-l’immigration-la libre entreprise, ce qu’il vocalise à longueur d’émissions.

                      • #19487 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Tu parles d’autres choses. Je n’ai jamais dit que Praud votait pour Poutou. Je te dis simplement que les positions politiques des gens sont complexes. Même chez Praud, tu peux trouver des positions qui pourraient être assimilées à la gauche radicale, sans que cela signifie qu’il devienne de gauche. Vos catégories sont simplement trop étroites, trop binaires pour classer les gens correctement. À titre d’information, le fameux Praud, souvent associé à Zemmour, a déclaré qu’il ne voterait jamais pour Zemmour. Il déteste aussi Macron.

                        Il est important de comprendre que les êtres humains ont des paradoxes, des complexités et des nuances. Si la gauche n’était pas si favorable à la mondialisation, je voterais peut-être à gauche. Il existe des personnes de gauche qui votent pour Le Pen parce qu’elles ne veulent pas vivre dans la peur de la violence dans leur quartier. Pour toi, cela fait-il d’elles des personnes de droite ? C’est un vrai débat , et je ne suis pas sûr de la réponse.

                      • #19496 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Le couteau qui rend de droite les personnes de gauches.

                      • #19521 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Le capital à encore fait un nouveau Paty. Il est vraiment très fort et très méchant le capital.

                      • #19522 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Pas moins que moi, petit coquin.

                      • #19524 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        La gauche qui fait toujours le pire du choix

                        J’ai une certaine admiration pour votre résilience pour défendre encore vos idées mortifères.

      • #19412 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        L’affirmation « difficile de faire la place » est très vague et ne reflète pas une réalité concrète. En revanche, évoquer la propagande antinataliste présente une piste plus tangible. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/mal-de-mere-s-2690162

    • #19405 Répondre
      Alain m.
      Invité

      De mon parcours de vie à travers le milieu social de mes parents (prolos) et de mes relations de travail (basse classe moyenne, prolos), c’est à dire des gens qui subissent grandement le réel, la question que je me pose est plutôt celle-ci : où trouvent-ils l’envie et l’énergie d’avoir et d’élever des enfants et pour être plus exact : où trouvent-elles ? car c’est très largement (dans mon expérience en tout cas) une histoire de femmes.

      • #19406 Répondre
        Alain m.
        Invité

        Bon ben je me suis fait couillonner, c’est pas bien Dr Xavier !!

      • #19407 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        C’est parce qu’elles ont beaucoup de chance, elle ont le gène de l’instinct maternel, qui comme chacun sait leur donnait l’irrésistible passion de s’épanouir au foyer, avant que la pensée wokiste post-68 se mette à vouloir canceller la famille.
        Désolé j’ai trop lu Le Figaro aujourd’hui, ça vous donne tant de nouvelles perspectives.

        • #19408 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Il y aura un avant et un après, je ne te lirai plus de la même manière.

        • #19414 Répondre
          Jean Monnaie
          Invité

          Tu devrais lire le Figaro plus souvent car même si chez Marie clair et radio France l’instinct maternelle n’existe pas.
          1) les changements hormonaux pendant la grossesse et après l’accouchement (comme l’augmentation des niveaux d’ocytocine) influence le comportement maternel.
          2)La majorité mammifères présentent des comportements maternels instinctifs. Par exemple, une chatte saura naturellement comment lécher ses chatons pour les nettoyer et les réchauffer, même si elle n’a jamais été exposée à ce comportement auparavant.

          La plus vaste étude sur le sujet le confirme https://www.lefigaro.fr/flash-actu/2017/10/23/97001-20171023FILWWW00316-l-instinct-maternel-conforte-scientifiquement.php

          Toujours cette même déconstruction débile que tu adores à nous expliquer que 1 + 1 = 3

          • #19417 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Il arrive aussi que les chattes dévorent leurs chatons, miam miam, mesdames à vos couverts on ne mange pas avec les doigts !
            Je pense que 1+1=3 seulement depuis que j’ai été touché par la lumière à la lecture de ce calcul digne d’hypotaupe : « j’affirme qu’il y a 28 % de pauvres, et tu me dis que, en 2023, ce chiffre est de 25,4 %. La différence de 25 %… »

            • #19418 Répondre
              Jean Monnaie
              Invité

              Certes, il y a des chattes qui mangent parfois leurs chatons, souvent à cause du stress ou d’un environnement qu’elles jugent menaçant. Mais tu sais, citer cet exemple pour nier totalement l’instinct maternel, c’est un peu réducteur. L’instinct maternel, c’est bien plus que ça. C’est tout ce qu’une mère fait pour protéger, nourrir et prendre soin de ses petits. Juste le fait que la plupart des chattes dorlotent, allaitent et défendent leurs chatons montre bien que cet instinct est bien réel. Bien sûr, il y a des exceptions dans la nature, mais elles ne changent pas la donne générale. Conclusion 1+1= toujours 2….

              • #19420 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Et comme chacun sait entre 28 % et 25,4 % « la différence est de 25 % »
                Malgré ton patronyme je ne te confierais pas mon argent Jean Monnaie.

                • #19421 Répondre
                  Jean Monnaie
                  Invité

                  Je ne comprends pas ce que tu veux dire.

                  • #19422 Répondre
                    K. comme mon Code
                    Invité

                    Enfin un bug dans ta compréhension infaillible du monde.

                    • #19423 Répondre
                      Jean Monnaie
                      Invité

                      Je pense que personne n’a pas compris ce qu’il veut dire. Cependant, tu pourrais me prouver le contraire en m’expliquant ce que ce cher Dr. Xavier raconte.

                      • #19424 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Comme chacun sait entre 28 % et 25,4 % “la différence est de 25 %”, John Money.

                      • #19425 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        Pour toi expliquer, c’est copier coller ce qui a été écris ? Tu confirmes donc ce que je dis.

                      • #19426 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        De combien de % la confirmation, Johnny ?

                      • #19427 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        explication \ɛks.pli.ka.sjɔ̃\ féminin

                        Discours par lequel on cherche à faire comprendre un texte, une idée ou une œuvre en ajoutant des renseignements supplémentaires ou en en exposant les détails ou les motifs.

                        Une personne intelligente peut faire semblant d’être idiot mais l’inverse n’est pas possible.

                      • #19428 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Je veux du chiffre, Jimmy.

                      • #19429 Répondre
                        Jean Monnaie
                        Invité

                        C’est spécial la gauche radicale quand même. Bonne soirée et surtout repose toi bien.

                      • #19430 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Avec toi ? 😍

    • #19415 Répondre
      Jean Monnaie
      Invité
    • #19554 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Bastié n’est pas de droite, L’autre guguss j’veux même pas retenir son nom bibendum n’est pas de gauche.
      C’est le même parti, la bourgeoisie.
      Le courage de la nuance : conserver ses petits pré-requis, pas de vague

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