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Accueil Forums Forum général L’Adieu au visage. David Deneufgermain

  • Ce sujet contient 56 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par ..Graindorge, le il y a 5 mois et 4 semaines.
Vous lisez 14 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #118378 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Pour ceux qui lisent, on attend ici vos extraits, vos commentaires. Ami.es lecteurs, lectrices: À +!!!

    • #118380 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Trouvé ça
      _____
      UN PREMIER ROMAN DU RÉEL
      Dans la vie d’une maison d’édition, il est des textes qui vous attrapent et font bouger les lignes. L’Adieu au visage fait partie de ceux-là et il devient,
      pour Marchialy, une première incursion dans la fiction. David Deneufgermain questionne l’écriture du réel : comment rendre compte d’une
      expérience de crise vécue de l’intérieur ? À quel point les souvenirs de cette période inouïe et mouvementée sont-ils fiables ? Comment raconter
      le sentiment d’angoisse et l’horreur vécue ? Cette écriture de temps de crise, ainsi que l’anonymisation de ses patients, brouillent la frontière
      entre fiction et réel.
      Avant de se plonger dans L’Adieu au visage, nous n’avions jamais rien lu de tel sur la pandémie. Il y a la voix de l’urgence de David Deneufgermain, le
      prisme de sa profession de psychiatre et son attention aux liens et aux rituels.
      Cinq ans après le premier confinement, il nous est
      apparu qu’il était temps de publier un texte qui lève
      le tabou sur cette période, pense le trauma collectif de l’isolement, rende hommage aux soignants et honore les morts

      • #118382 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On ne resignale pas du tout qu’il est membre de l’équipe Othon qui fait des livres sur les villes?

        • #118385 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Je l’ai mis dans l’entrée Citations de livres page 3
          et je vais le remettre ici avec la vidéo

        • #118959 Répondre
          Hamous
          Invité

          Tu l’as lu, François ? Je suis curieux de savoir ce que tu en as pensé

          • #118964 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Et vous Hamous? Vous l’avez lu? Si oui, vous nous en diriez quelque chose?

          • #118966 Répondre
            Carpentier
            Invité

            en tout cas, moi je sais qui a accompagné, enrichi, relu, conseillé, notamment entre les différents repassages du texte on imagine, cette publication-euh
            car
            comme pour un générique de film, David Deneufgermain remercie et inscrit, dans les dernières pages, juste après une note de fin au lecteur, chaque être qui est, d’une façon ou d’une autre, partie prenante de son livre.

            Dans tous les cas, qui pour imaginer François Begaudeau recommander un livre qu’il n’aurait pas lu?
            cte blague,

            • #118968 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Heu… juste au nom de la justesse, signaler quand même que ce n’est pas FB qui a recommandé mais GaëlleS qui a signalé que le livre et son auteur était dans la liste du Goncourt Ce a quoi FB a répondu  » la famille est fière ». Celle-qui-ne-lit- jamais a partagé dans une entrée. Puis a pensé ouvrir une entrée consacrée au livre et à l’auteur. La suite est connue.

              • #118971 Répondre
                Carpentier
                Invité

                benh dites donc Madame, il s’en passe des choses quand je fais preuve d’inattention

                • #118972 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  ceci étant, merci pour l’historique, c’est plutôt le livre Je ne suis pas une libellule alors, que le Monsieur a un peu recommandé: un autre David mais c’est comme nom, cette fois.
                  J’en ai passé commande, de la libellule qu’il n’est pas, le jour où j’ai touché celui de D.Deneufgermain; j’avais souvenir que les éditions Cause Perdue devaient se rencarder chez les libraires mais, malgré ma prudence, j’ai pu passer commande dans ma librairie de quartier sans problème.
                  Petit délai d’attente un peu supérieur à .d’ordinaire peut-être, a précisé la commerçante ; à voir,

                • #118981 Répondre
                  graindorge
                  Invité

                  Oui Madame, « Je ne suis pas une libellule » a fait l’objet d’une Gêne Perdue de belle facture. Et au lu des extraits que C.Q.N.L.J a pu lire, ce n’est pas du copinage. Et une entrée est consacrée à ce « grand petit livre »

                  et pour celles, pour ceux qui n’auraient pas ouvert ou pu ouvrir le lien partagé dans ce fil, en attendant de lire le générique, donc d’acheter le livre à 21,10€, vous le faire offrir ou envoyer le pdf si vous avez le privilège d’être dans les petits papiers de l’auteur ou l’emprunter ou le voler si vous êtes au RSA ou à la rue.
                  voici les remerciements de l’auteur qui sont dans le lien.

                  REMERCIEMENTS

                  L’Adieu au visage n’aurait jamais vu le jour sans Roberto Ferrucci, son intelligence et sa sensibilité. Il est cette histoire qui m’arrive, une histoire au sein de laquelle des coïncidences tabucchiennes se seront sans doute glissées. Mais nul doute que c’est parce que écrire c’est prendre soin que Roberto et moi nous sommes trouvés. Si l’écriture a un visage, elle a le sien.
                  Un immense merci à Lilya Aït Menguellet de la librairie Meura. Lilya aura été la porteuse infatigable de mon texte. Amoureuse des livres, des auteurs et de l’écriture, ce livre lui doit le jour. L’Adieu au visage aura grandi sous son aile, une aile qui a un nom : l’Atelier Meura, un atelier né du désir avec Roberto de faire se rencontrer un être et sa langue – la plus belle rencontre qui puisse arriver dans une existence.
                  J’adresse également mes remerciements à David Galati pour sa participation à ce travail et son indéfectible soutien, aux ateliéristes Meura pour m’avoir aidé à dessiner le visage de la catastrophe, à Marie Holleville dont la première impression est toujours la bonne, à Joy Sorman pour sa lecture déterminante de mon manuscrit, à Xavier Tresvaux pour la précision chirurgicale de ses remarques sur mon texte, à Patrick Varetz pour ses généreux conseils, à Yan Duyvendak pour nos échanges à propos de l’ouverture de L’Adieu au visage, à Fabrice Dewolf pour son retour sans concession qui m’aura servi de boussole, à François Deneufgermain pour ses réflexions sur la gestion de la crise par les forces de l’ordre, à Annyck Deneufgermain qui m’a offert ma première machine à écrire et montré la direction, à Alain Deneufgermain qui m’a appris qu’amour et soin sont – et doivent rester – des pléonasmes, à Élodie Letemple pour avoir pris soin de moi toutes ces années.
                  L’Adieu au visage n’aurait jamais pu s’écrire sans mes compagnons de l’équipe mobile Rimbaud avec laquelle je soigne la rue depuis onze ans. Je pense à Christophe Maenhout et sa tendresse pour celles et ceux que la pathologie mentale jette sur le pavé ainsi qu’à nos heures passées à tourner dans la ville et soigner, à Frédéric Bourse qui, quatre ans après les faits, a accepté pour les besoins de ce manuscrit de replonger avec moi en enfer et trembler devant le vertige de voir nos souvenirs réagencer le réel pour nous en protéger. Frédéric est un modèle de courage dans la tempête, comme l’ont été et le restent nos camarades mobilisés – je songe à Sarah, Adeline, Tiphaine, Malorie, Paul, Odile, Marie-Hélène, Chloé, Shana, Thérèse, Daniel, Fabrice, Stéphanie et tant d’autres dont j’admire la ténacité. J’ai une pensée affectueuse pour Dominique Boussingault, infirmière dévouée et cadre courageuse de notre équipe, et pour Anne-France Baeke, qui ignore le nombre de fois où je suis allé puiser en elle la force de continuer. J’ai une pensée pour le Dr Jean-Jacques Révillion qui aurait été fier de voir l’équipe mobile à qui il a tant donné résister dans la tempête, pour le Dr Jacques Grébert à la hauteur duquel j’espère un jour arriver, pour le Dr Pierre Tonnel qui, dans la tornade qui nous a balayés plus sûrement que le Covid, m’a laissé m’accrocher à lui.
                  L’Adieu au visage, ce sont aussi les partenaires avec lesquels nous travaillons dans la rue : le 115, les accueils de jour, les foyers d’urgence et l’ensemble des associations impliqués dans la lutte contre l’exclusion – l’Alefpa, Prim’Toit, Midi Partage, la Croix-Rouge, la Fondation Abbé-Pierre rebaptisée Fondation pour le logement. J’ai une pensée toute particulière pour Gilles Henry, reparti en Lorraine : son infatigable détermination à venir au secours des marginaux les plus fragiles, sa capacité à sortir du chapeau téléphones et forfaits pour que les exclus ne se sentent pas abandonnés, son ingéniosité et ce bouillonnement d’idées permanent sont pour moi une source d’espérance.
                  Enfin, je veux remercier mes éditeurs, Clémence Billault et Cyril Gay. Tous deux viennent de donner une visibilité inespérée à des femmes et des hommes restés trop longtemps hors champ, coincés dans l’angle mort du confinement. Je ne les remercierai jamais assez d’avoir rendu possible que soient montrés leurs faits et gestes. À mes yeux, Clémence et Cyril sont devenus les acteurs de l’histoire qu’ils publient : ils viennent d’offrir un adieu au visage à ceux qui en furent privés, les Serge, Tony et Loïc au chevet desquels toi, lecteur, tu viens de les veiller

                  • #118986 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    et, de ce fait, la question de certain Hamous reste d’actualité
                    bonne soirée,

                    • #119000 Répondre
                      graindorge
                      Invité

                      et la question a Hamous également
                      Bonne soirée à vous aussi

    • #118386 Répondre
      graindorge
      Invité

      la vidéo

      • #118388 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Pour ceux qui lisent. Et celles.
        Pas trouvé – encore – d’extrait du livre mais cette vidéo m’a fait pleurer ainsi que la photo à la fin de ces 4 petites minutes …. Et j’espère qu’il y aura une Gêne perdue et pourquoi pas un entretien dans les locaux de la Maison d’Éditions Cause Perdue. L’Adieu au visage par David Deneufgermain.
        C’est aussi lui qui écrit l’excellent LAFAUTEÀGUÉRIN du non moins excellent À Brest (page 114) du consistant Collectif Othon
        Chapeau bas
        Quelqu’un.e a dit que ce livre de David Deneufgermain était dans la liste du prix Goncourt. Il pourrait gagner…10,00€! On en fait des choses avec 10€! On peut acheter du pain, 1 œuf, un peu de salade, un peu de thon, une demie tomate, un peu d’huile d’olive etc et se faire un excellent panbagnat niçois. Ou on peut les mettre dans la tirelire ou s’offrir Je ne suis pas une libellule de Gwenaël David
        Il paraît qu’obtenir ce prix assure surtout de belles ventes. Qu’attend-on pour créer le prix Othon des lecteurs et lectrices? Prix doté de deux T shirts  » Othon en emporte le vent », d’un abonnement d’un an à la revue de son choix et de deux places de cinéma

    • #118393 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Et pour le Collectif Othon
      en plus de mon chapeau bas, un chapeau rond bas du collègue breton de Saint Nazaire

    • #118414 Répondre
      Carpentier
      Invité

      … Quelqu’un.e a dit que ce livre de David Deneufgermain était dans la liste du prix Goncourt./ …
      – à propos de prix, je sors, à l’instant d’un roman marqué ‘prix Nobel 2024’:
      .

      … Elle inspire en silence. Elle scrute les flammes des arbres sur le bord de la route, des flammes vertes qui se dressent et ondulent comme autant de bêtes. Son regard est sombre, fixe, comme si elle en attendait une réponse ou, plutôt, comme si elle protestait contre quelque chose. / ….

      – La végétarienne, Han Kang, Changbi, Séoul, 2007 –

      Tandis que je pige pas grand chose au chemin suivi par ce poche, marqué d’un bandeau chargé de grosses lettres capitales rouges sur fond blanc qui disent ‘ prix Nobel 2024 ‘ donc (je regarderai ça) je me dis qu’en évitant, jusque là, le visionnage du dernier film de Ducourneau, je me suis fait choper, à mon insu, par cette histoire aussi gore et fantastique que semble l’être Alpha.
      – quelqu’un l’a-t-il lu La végétarienne?
      En tout cas, je vais pouvoir ramener, fin de semaine, les deux ouvrages empruntés en bibli et voir à me procurer les deux dernières recos d’ici: une de Cause perdue/une d’un membre du Collectif Othon.

      • #118431 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Salut Carpentier/ Carpentina
        Si tu trouves des infos, des extraits de ce livre L’Adieu au visage, des rencontres filmées dans des librairies, etc, n’hésite pas!

        • #118432 Répondre
          Carpentier
          Invité

          comme dit, libérée aujourd’hui d’autres lectures en cours, je tâche de le decouvrir à court terme

          • #118814 Répondre
            Carpentier
            Invité

            p. 152,

            ….  » Voilà, votre chariot est nickel.  »
            Le barbu s’avance.
             » Merci d’ouvrir votre coffre et de rester dans votre voiture la prochaine fois, vous avez lu les recommandations sur notre site, le conducteur reste au volant, l’employé charge les courses, zéro contact, c’est safe pour tout le monde, ok?  »
            Julie aura oublié de me transmettre les.consignes – ou elle me les aura dites et je les aurai oubliées.
             » Je suis désolé, je pensais bien faire, je voulais protéger votre collègue.
            – Pas grave, mais va falloir qu’on redésinfecte le chariot, ce sont les consignes.  »
            Je me sens con. Je reprends ma place au volant et je démarre. Faut que je me détende. C’est dimanche. Je vais m’offrir un tour, le sud de la ville, les grands boulevards, un peu de la verdure dont jouissent les habitants de ce quartier bourgeois, imaginer comment tout à l’heure nous circulerons à trotinette en famille sur les trottoirs qui longent le parc interdit d’accès. / ….

            La plus minuscule molécule de flic en chacun.e d’entre nous tous a été suractivée, disait-on tout à l’heure: — – chacun sa place, chacun ses prérogatives; et pourquoi donc tu désinfecterais le chariot ou chargerais ton coffre toi-même, bouffon?
            Chacun.e avait surtout la trouille de perdre son taf pour faute ou autre supercherie managériale.
            Un protocole était un protocole et on parle même pas, ici, de ceux pensés, en télétravail, par des gens à statuts de cadres, pour les personnels, sur le terrain, dans les écoles.

            Dans les lignes suivantes, Deneufgermain partage joyeusement l’escapade rêvée puis concrétisée jusque dans le parc interdit, incartade ramenée, au vu du montant de l’amende, à son équivalent alimentaire:

            … Je me gare face au parc. J’ouvre Waze. La distance à vol d’oiseau avec notre domicile est d’1,5 km, 500 mètres de trop. Venir ici peut nous coûter 135 euros d’amende, un tiers du contenu de mon coffre, cinq jours de bouffe, le prix à payer pour un peu de verdure. Marre du béton. /…

            Oui, nombreux.ses ceux et celles qui se payèrent des parenthèses à 135€ pour continuer à respirer un peu du dehors.

    • #118428 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #118429 Répondre
      Oscar
      Invité
      • #118437 Répondre
        graindorge
        Invité

        Merci du partage Oscar et merci de me remercier

    • #118498 Répondre
      Carpentier
      Invité

      p. 9, l’Adieu au visage, David Deneufgermain, Marchialy-Delcourt 2025:

      avec, en accueil/note au lecteur :

      …  » Alors, je crois qu’écrire, pour un medecin comme pour n’importe qui, c’est prendre la mesure de ce qu’on ne se rappelle pas, de ce qu’on ne retient pas. Écrire, c’est tenter de boucher les trous du réel évanescent avec des bouts de ficelle, faire des noeuds dans des voiles transparents en sachant que ça se déchirera ailleurs.
      Écrire, ça se fait contre la mémoire et non pas avec.
      Écrire, c’est mesurer la perte. »
      – Communication du docteur Bruno Sachs au Colloque littérature et médecine à Tourmens sur le thème  » Souffrir, soigner, écrire « .
      Martin Winckler – / ….

      Ok, j’y vais.

      • #118499 Répondre
        Carpentier
        Invité

        avec, en 4 de couv. :

        « Au commencement, on ne lave plus les corps, on ne les coiffe plus, on ne les habille plus, on ne les présente plus – d’accompagner les morts, il n’est plus question. »

        On s’en souvenait, on s’en doutait, maintenant on va lire.

        • #118504 Répondre
          Carpentier
          Invité

          – recherche vocabulaire 1: anapaths (p.26)
          dans la phrase:

          …  » Le planning est plein de trous, dit Eric en s’attardant sur moi, faut remplir, je veux voir tout le monde sur le pont, y compris les médecins loin de la médecine, je pense aux psychiatres, aux biologistes, aux anapaths. « 

          Ma recherche de sens pour le terme anapaths ne fait que renforcer ma tristesse incrédule face à la dureté de ce qui m’apparaît comme un jugement plutôt qu’une évaluation objective:
           » les medecins loin de la médecine  » on croit voir mais n’empêche.

          • #118531 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci Carpentier, ça donne bien envie

          • #118544 Répondre
            graindorge
            Invité

            @Carpentier/Carpentina
            merci!
            Trouvé ça à feuilleter ( pas sûr que le copier/coller va marcher)
            https://www.liseuse-hachette.fr/?ean=9782381344393
            J’ai appris que David Deneufgermain était aussi dans la liste du Goncourt des Lycéens, ça voudrait dire qu’il a deux fois plus de chances? Il a donc peut-être été déjà lu par 2000 lycéens
            Je suis aussi un peu second degré mais vu que c’est pas évident d’être lu et je crois, 600 bouquins pour cette rentrée: sûrement beaucoup d’arbres sacrifiés pour rien ou pas grand chose
            Le Éric, David Deneufgermain n’est pas vraiment copain avec. Pas du tout même. Ce vocabulaire martial  » tout le monde sur le pont! » Il y a des façons de parler aux gens beaucoup plus belles. Comme tu le soulignes Carpentina, ce « y compris les médecins loin de la médecine ». Ce n’est pas un intelligent. Et j’imagine bien son comportement avec les patients. Un c…
            Bien évidemment, juste ces quelques pages lues m’ont fait serrer les mâchoires et les lèvres de temps en temps. Ta « tristesse incrédule ». Oh que oui
            Claire va peut-être le lire. On aura le retour d’une neurologue et bonne personne.
            Ton retour compte autant. Chouette! plein de lectures à venir: vos retours

        • #118614 Répondre
          Carpentier
          Invité

          et, en p.20, les lignes qui suivent

          …. La dernière visite au défunt – est-il précisé dans le mail – durera vingt minutes et sera limité à deux personnes. Inscrite en italique en bas de page, cette dernière visite à un nom: l’adieu au visage. D’adieu au visage dans cette chambre avec Mireille il n’y en a pas, l’Adieu au visage n’existe pas encore, les choses ne se passent pas encore comme je viens de les décrire: au commencement, on ne lave plus les corps ….*

          ( …) / ….

          trouvent le premier écho d’un autre réel en p.52, lorsque le narrateur répond:
          – oui.
          après avoir poussé la porte de la 154:

          …. Norah se dirige vers la porte: « Ah oui un truc important: il y a du gel à l’entrée des chambres, mets-en dès que tu peux quand tu n’as plus de gants, perso je m’en mets dans le cou, c’est la seule zone à rester découverte, je m’en mets même sur le visage, maintenant je te laisse t’habiller et rejoindre Mireille à la 514, elle t’expliquera comment on fait avec les corps, je suis désolée, t’arrives au pire moment, bon courage.  »
          Norah s’en va. J’enlève mes vêtements. J’enfile la combinaison en papier bleu, mes chaussures, les surchaussures, la surblouse, la charlotte, le FFP2. Je quitte le vestiaire. Je rejoins la chambre 514. Je pousse la porte. Derrière, une collègue, gants montés sur les avant-bras, lunettes en plexiglas, visage masqué, brancard à ses cotés. « C’est ta première toilette? / …

          – Oui. »

          *cf. lignes mises en exergue sur la 4 de couv.

          • #118623 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Je sors du chapitre 7 où certaine Isabelle, dont Léa voulait plier vite fait l’intervention en p.86, et je suis rincée glacée en sortant de cette réunion avec l’équipe maraude: 13 pages en rupture avec annonce que, si on riait déjà pas trop avant là, ça va se rider.
            Il me semble déceler d’ores et déjà une tendance formelle choisie par Deneufgermain pour son roman qui serait comme en deux styles:
            un style sec, phrase d’action en 3 mots max pour tout ce qui relève du protocolaire, des consignes, des passages d’informations et de réglementations, l’institutionnel sanitaire on va dire,
            – et celui dédié au vécu, à l’attention à vivre tout ça en y injectant autant de témoignages d’intention et d’actes aussi apaisants que possible

            Dans les deux cas, on aime la présence vivante des nombreux dialogues qui, en permanence, font comme maintenir en vie – maintenir la vie – eux aussi.

            Comme jusqu’à la caresse sur la joue de Madeleine, sa vérif de pouls qui occasionne une ouverture du débit d’oxygène (p.84) le retour du narrateur dans son ancien service pour voir et trouver Alex, un collègue-ami dont la femme Lucie est sans nouvelles (chap.6) ou encore dans son improvisation/installation safe en rentrant de l’hôpital, le soir de son anniv., où il s’efforce de préserver chacun.e et de ne pas croiser/contaminer sa chérie et leurs enfants sans s’être doucher à 3 reprises.

            • #118629 Répondre
              Carpentier
              Invité


              * on fait la connaissance de *
              certaine Isabelle

      • #118763 Répondre
        Carpentier
        Invité

        – chapître 12, L’adieu au visage, D. Deneufgermain :

        …. J’abaisse le pare-soleil. Appuyée contre la vitre passager du camion, ma tête vibre au rythme du moteur. Ben roule en Ray-Ban. Il n’a pas décroché un mot depuis le début de notre maraude. Troisième fois que nous passons devant le théâtre. Mon œil glisse sur la ville, ses façades, les rideaux de fer baissés sur les boutiques et les arbres en fleurs des jardins. Nous brûlons du gasoil dans une cité fantôme. L’intelligence de notre travail m’échappe. Une voiture de flics nous croise. A son bord, deux policiers portent un masque de bricolage. Ben lève la main. Les policiers nous saluent.
         » Depuis quand on salue les flics, Ben?!
        – Depuis qu’on a en commun de ne pas savoir pourquoi on roule. « 

        p.139

        On aime ces sept lignes pour ce qu’elles condensent d’atmosphère aussi précise qu’incongrue:
        – oui, l’effet passager en voiture, c’est bien ça, David
        – oui, le printemps 2020 fut particulièrement clément
        – oui, on est tous devenus des flics du moins, chaque parcelle individuellement portée par chacun.e d’entre nous a été sur-activée durant la pandémie

        et je m’autorise, de ce fait, à reposter ci-dessous (tout comme fait une première fois ce matin dans certain topic ‘ la france’ que j’ai choisi d’investir avec le thème de ‘la france qui éduque’ )
        reposter ces lignes donc, qui font partie d’un passage éloquent (chapitre 2) où l’équipe maraude s’active, une des premières – et dernières du ‘monde d’avant ‘ ?- journées avant le confinement dur (fermeture sur sites des activités, secteurs et magasins déclarés ‘ pas de première nécessité’ ).
        La scène avec un jeune type dont les flics contrôlent l’attestation de sortie est réalistement lunaire quant à la case ‘ sortie pour achat de première nécessité ‘ cochée pour un coca et une machine en lavomatic.

        – oui, l’histoire des attestations de sortie devra, elle aussi, être racontée dans le détail.

        …. Retour au Carrefour City. Le jeune à casquette a disparu. Les deux flics sont un peu plus loin, place de l’Hôtel de ville. Ils font de la pédagogie avec Maryline couchée par terre à côté de ses chiens./ …

        • #118787 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          « Depuis quand on salue les flics, Ben?!
          – Depuis qu’on a en commun de ne pas savoir pourquoi on roule. «

    • #118601 Répondre
      Oscar
      Invité
    • #118643 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Grand merci Carpentina et Oscar

      « on aime la présence vivante des nombreux dialogues qui, en permanence, font comme maintenir en vie – maintenir la vie – eux aussi.
      Comme jusqu’à la caresse sur la joue de Madeleine, »
      ____________

        Dans le podcast, les chansons, surtout celle façon Goldman étaient dispensables à mes oreilles.
        La scène où est raconté toute l’organisation pour juste rentrer à la maison mais cette fois, façon panthère rose flanqué d’ un bouquet de fleurs…hahahaha…. ou comme le gentleman cambrioleur Arsène Lupin, la descente à la cave,  » mé où est ce foutu carton de télé p.de b.de merde!? » la remontée en tenue d’Adam claquant des dents, la douche: au moins 3 savonnages gratte-gratte- grattenette!! ( sur du punk rock?) Peau rouge!!
        Ben oui, j’ai ri! Et je ne l’en aime que plus bien ce monsieur, ce gentlemen, cet authentique caballero

      • #118765 Répondre
        Carpentier
        Invité

        à ces lignes sur lesquelles, entre autres j’imagine, tu t’arrêtes un peu, s’ajoute un autre (évidemment plein d’autres, en fait) passage tendre:
        – celui pour déjeuner vite fait leur thon mayo devant l’école accueillant les enfants du personnel hospitalier ( j’ai fait partie des listé.es volontaires sur Paris jusqu’à mon premier covid déclaré le 1er avril, et ouiiiii ) et où la fille du collègue Ben fait sa première journée. (p.36)
        Une autre situation encore qui me touche est tout le questionnement du dr pour le passage de son activité de psychiatre de son cabinet à la téléconsultation.
        Parmi tous ses questionnements, sa décision de la consultation en voiture face à face:
        p.70,

        …. Au deuxième jour, j’invente l’auto-consultation. La consigne est la suivante: restez dans votre voiture et appelez-moi quand vous serez arrivé. J’attends que mon portable sonne. Je décroche.
         » Bonjour Docteur, je suis là, je me suis garé devant votre véhicule.
        – Ne bougez pas, je descends.  »
        Je ferme le cabinet Je grimpe dans ma voiture.
        Nez à nez chacun dans notre auto, le patient et moi parlons par téléphone et pare-brise interposés.
         » C’est étrange , docteur, vous ne trouvez pas?  » / ….

        Une fois noté la drôlerie double-sens du terme ‘ auto-consultation ‘ , je saute quelques lignes (vous les trouverez si désir) et file vers le passage que je trouve professionnellement tendrement attentionné:

        …  » Etrange » est le mot en vogue pour qualifier notre vie dégradée, de la consultation comme les courses, en drive, psychiatre et patient au même niveau, en face à face, chacun dans sa bagnole, à n’importe quelle heure de la journée, sauf à 14 heures.
        A cette heure-là, durant une trentaine de minutes, les rayons du soleil obliquent sur les pare-brise, impossible de nous voir.

        / …

        Me touche, dans ce passage, la délicatesse de l’attention rivée au professionnalisme du gars.
        Ce sont des gens qui donnent envie ça, leur façon de bosser est douce et respectueuse d’eux-mêmes et des autres, en restant impliqués, on aime.

        Putain, suis de droite.

        • #118767 Répondre
          Carpentier
          Invité

          + j’écouterai le podcast dont tu parles aussi, après lecture.

          • #118802 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Gros merci Carpentina! Ça fait plaisir!
            Le podcast a été partagé par Oscar.
            Oui  » auto-consultation » Adieu le rituel patient/ psychiatre derrière son bureau. Auto-consultation: système D de Dingue! Et oui  » auto-consultation » ça devait faire tiquer entendu la 1ère fois.
            Et à propos des chiens: ici, on pouvait les sortir autant qu’on voulait: « Allez viens Anibal on va se promener! »
            « Encore?! Hey! Cé la quatrième fois! Pas envie! »
            « Moi si! Désolé! » Et on voyait, revoyait, re-re-voyait Anibal flanqué de son maître qui venait faire un brin de causette avec nous au marché ( 1ère nécessité) après la énième ballade. Le marché où les samedis après-midi on était le seul stand. On en a fait des brins de causettes.

            • #118815 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Selon son environnement, chacun.e a sa propre expérience de la pandémie et du/des confinements, y compris sur un territoire identique ou proche.
              Fascinant d’ailleurs ce truc qui pourrait, une fois pour toutes, participer à faire un peu taire les partisans de ‘ l’universel, du commun ‘ et d’autres supercheries mentales.
              Pour les marchés, à Paris, crois me souvenir que c’était mort,

              • #118818 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Ah bon? Les marché ici = 1ere nécessité

            • #119025 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Elle est pas mal cette émission sur rfi.fr, partagé par Oscar, avec les passages lus et joués en théâtre parlé, une mise en voix mais avec sons d’ambiance également,

              Ce que je retiens aussi, après lecture du roman, et que dans tous les cas j’allais ajouter, c’est l’auteur qui y rappelle bien la souffrance qu’était, pour une même personne, de soigner un patient, de l’accompagner au mieux puis de devoir aussi, lui-même, se débarrasser du corps, comme l’imposait, surtout au début, la réalité sanitaire de l’épidémie et la trouille qui l’accompagnait.
              D’où la mobilisation de volontaires pour organiser une alternance en brigades et faire porter un chouïa moins tout sur les mêmes.
              Qu’on se souvienne également des inégalités de traitement et salaires qui furent également multipliées (scène de l’appel d’Asma qui fait les échos) au vu des besoins et nécessités.

    • #118889 Répondre
      Carpentier
      Invité

      le chapitre 20 c’est quelque chose aussi
      pour l’instant je n’en partage rien
      trop précieux
      et comment en extraire une phrase? ou plus, sans le dénaturer complet?
      oui, trop précieux

      • #118893 Répondre
        Carpentier
        Invité

        le 21, pas mieux

        • #119069 Répondre
          Carpentier
          Invité

          p.238,

          . . . Ben a frappé:  » Tony, c’est moi, je peux entrer?
          – Viens, cousin!  »
          Tony l’a accueilli, allongé sur le dos, mains derrière la nuque, sans masque.
           » Je ne vais plus venir pendant quelque temps. Tony, j’ai de la fièvre. je commence à tousser, je ne veux pas te faire courir le moindre risque, tu comprends?
          – T’as peur qu’il m’arrive quoi cousin, je suis en soins palliatifs! »

          Du chapitre 21, je choisis de partager ceci, pour le naturel comique et pragmatique de l’échange, et puis pour ce perso de Tony car c’est quelque chose, vous verrez …

          Il y a de l’humour, de la vie donc de l’humour, aussi tout au long de L’adieu au visage, du côté des patients et des sdfs suivis par le samu social mais surtout dans les situations, en premier lieu avec les attestations de sortie, oui, évidemment, moments qu’on a connu et qui, une fois sorti de la trouille et du lourd contexte d’épidémie, apparaissent presqu’uniquement vêtus de drôlerie aujourd’hui.

    • #118898 Répondre
      Carpentier
      Invité

      p.259, Remerciements

      + 1
      une lectrice

      • #118926 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Les lecteurs et lectrices vont sûrement avoir envie de le lire Carpentier/tina
        __________
         » le chapitre 20 c’est quelque chose aussi
        pour l’instant je n’en partage rien
        trop précieux
        et comment en extraire une phrase? ou plus, sans le dénaturer complet?
        oui, trop précieux »
        « le 21, pas mieux »
        Rires. Merci!

        • #118929 Répondre
          Carpentier
          Invité

          je sais que l’envie de le lire tenaillait chacun.e ici, bien avant même que je n’apprenne l’existence de ce livre.
          Il n’empêche que j’ai partagé – et pensé un peu (si. si) – pas mal de passages – avec une immense joie;
          avant de ne pas oser le faire pour son dernier quart,
          j’avais juste trop peur de brusquer tout l’amour qui s’y trouve.
          Bon après midi,

          • #118931 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Bon après-midi Madame et encore merci!
            Personne ne peut douter ici que vous aurez contribué à susciter l’envie de lire ce livre.
            Bien cordialement

            • #118967 Répondre
              Carpentier
              Invité

              👌 je sors du ciné
              meilleures salutations

              • #118969 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Une fois n’est pas coutume:bras d’honneur citoyen

                • #118973 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  j’y mettrais bien le doigt du coup mais non,
                  je m’arrête là

                  • #118982 Répondre
                    graindorge
                    Invité

                    VOUS FAITES BIEN: LE BRAS C’EST PLUS JOLI MADAME. Enfin, c’est mon avis

    • #119745 Répondre
      Claire.N
      Invité

      je sors de cette lecture un peu déstabilisée puisque j’avais « oublié  »
      « Je retourne dans le hall. Des soignants se relaient pour accueillir les malades. Je présente mon badge. Les portes s’ouvrent. Le voyant de notre ancien vestiaire est rouge. Je badge. Vert. J’entre. Personne. Le casier d’Alex n’a pas changé, Bashung et Noir Désir en façade. Le code de son cadenas non plus. J’ouvre. J’enfile une de ses blouses. À l’intérieur de la porte, toujours la même photo de nous trois – Alex, Éric et moi – internes dans cet hôpital. Sur une étagère, un paquet de surblouses, des charlottes. Je me sers. Il n’y a plus de surchaussures. J’en prends deux dans la poubelle, c’est dégueulasse, contraire à toutes les règles d’hygiène. Mes mains sont contaminées. J’ouvre un flacon de gel, je les lave et je regarde Éric sur la photo. Comment Alex peut-il continuer à travailler avec cet abruti ? »
      Ce petit pavé vise juste, le rapport au temps complètement sidéré par l’urgence de ceux qui y font leur vie, ceux qui la pose avant d’entrer
      un endroit un peu déréglé ou l’extérieur filtre pas -le verbe continuer sonne comme un pied dans la porte
      il y a de cela oui -l’adrenaline dilate la perception du temps à la mesure du danger elle écarte les mailles du présent pour permettre le calme rapide c’est un fait
      mais en dehors de cet endroit , il passe
      le decalage , ce decalage je le connais il n’est pas agréable -il peut faire perdre pied

      j’aime aussi qu’il parvienne à faire des personnages , je reconnais les patchwork -je les sent -c’est une chose que je n’envisageait même pas possible sans trahir – montrer les masques effectivement c’est protecteur -comme dans triste tigre cependant se repose la question de la littérature –

    • #120652 Répondre
      MA
      Invité
      • #120693 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci MA! Je signale que les Urgences continuent de s’emboliser lorsqu’elles ne sont pas purement et simplement fermées. Le capitalisme nuit gravement à la santé

        « Je contourne les brancards. Un vieillard sur une civière me barre la route, peut-être l’homme déposé par le jeune ambulancier tout à l’heure.
        ‐‐———‐

        Je retrouve mes réflexes, baisser les yeux, ne regarder un patient que si l’on s’en occupe, ne pas lui donner l’espoir que c’est son tour si ce n’est pas le sien. Regarder le visage arrête. Si on s’arrête c’est fichu, on parle pour dire qu’il faut attendre, donc pour ne rien dire ; et puisqu’on parle à un visage, on se met à parler au visage du voisin, son regard à lui aussi nous arrête, et ainsi de visage en visage, on finit par parler à tous les visages, on n’avance plus, on ne fait plus son travail, les urgences s’embolisent, on refuse de laisser les visages à leur peur, on n’a pas le courage de les abandonner pour leur bien. Le regard du vieillard pèse des tonnes ». »

        • #120695 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Et merci à l’auteur de cet article : Jean-François Laé

    • #121843 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      David Deneufgermain n’est pas dans la deuxième sélection du Goncourt. On s’en fiche

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