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MA, le il y a 6 heures et 48 minutes.
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Emile Novis
InvitéLe fil sur la peinture, « la couleur jaune – Pasoutreau », rame de plus en plus (c’est le cas chez moi). Il devient parfois difficile de retrouver les derniers messages et certaines discussion se perdent. J’ouvre donc un nouveau fil sur la peinture.
« Le peintre ne tâche pas de reconstituer une anecdote, mais de constituer un fait pictural », Braque, Le jour et la nuit
Je reprends sur le tableau de Renoir (Au bord de l’eau) mis en ligne par Oscar dans l’autre fil de discussion :

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Emile Novis
Invité*Michel Pastoureau, et non « Pasoutreau ».
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graindorge
InvitéRogger Ancoy, aquarelliste péruvien

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Oscar
InvitéIl va vraiment falloir lire ce recueil ) – pas évident à trouver – Savoir aussi pourquoi ce titre : Le jour et la nuit.
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Lorsque Braque dit que « Le peintre ne tâche pas de reconstituer une anecdote, mais de constituer un fait pictural », il me semble qu’il parle spécifiquement du cubisme (analytique). La peinture de Renoir, par exemple, dans son rapport heureux, et de pur plaisir, ne pourrait pas bien dire cela.
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Et pourtant…« Quiconque a tenté, ne fût-ce qu’une fois dans sa vie, d’écrire ou de peindre, a passé par ce chemin : c’est que l’on peut rêver cent nuits de suite à la plus belle œuvre du monde, en fixer par avance le plan et les grandes lignes, en former et en polir l’idée, s’en trouver obsédé, ravi, effaré – on n’a rien fait tant que les premières pages ne sont pas écrites, ni les premiers coups de pinceau donnés. On n’a rien fait, sinon peut-être se donner une hantise – quelque système d’idées fixes – auxquelles ce ne sera pas trop pour échapper, de l’œuvre tout entière. Et précisément de la «matière» de cette œuvre : des voyelles et des consonnes, des mots bruts ; des couleurs et de l’huile, de l’essence et de la toile même ; et de cet étrange système de rapports, où chaque phrase, chaque touche, engage un peu plus loin l’auteur, invite à de nouvelles tâches et de nouvelles lignes et de nouveaux mots que la réflexion pure n’eût pas imaginés. Matisse disait en ce sens : le principal élément du tableau, c’est les quatre côtés du cadre. (Et Braque : on ne sait jamais d’où viendra l’appel…) »
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Emile Novis
Invité@Oscar
Oui, Braque pense sans doute depuis son époque et les révolutions picturales de son temps. Mais on peut se demander si le non figuratif, l’abstraction, etc. ne révèle pas, en retour, ce qui était déjà à l’œuvre dans la peinture bien avant. Il s’agirait peut-être moins d’une rupture que d’un coup de sonde dans ce qui fait la peinture depuis le début : la constitution d’un fait pictural, une expérience visuelle avant tout, avant toute histoire, tout sens, toute « anecdote ».
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Beau texte. Si je comprends bien, ce n’est pas en ruminant l’œuvre que l’œuvre se fait, c’est en la faisant, tout simplement. Il y a toujours plus dans le geste que dans la pensée du geste.
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Le texte de Braque est très bon je trouve. Je ne l’ai pas sous la main là, mais c’est un ensemble d’aphorismes, avec des fulgurances. Pourquoi le jour et la nuit? Je n’ai toujours pas compris. Il faudrait que je relise.-
Emile Novis
InvitéMais je me demande si ce titre n’a pas quelque chose à voir avec le processus de création, non sans lien avec le texte que tu donnes. A creuser.
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..Graindorge
Invité@Emile Novis
Pourquoi creuser le sens de ce titre » le jour et la nuit » . Il faudrait lire le livre pour peut-être le comprendre, le saisir le titre mais venant d’un artiste qui écrit qu’il n’y a qu’une chose qui vaille, celle qu’on ne peut expliquer, même après lecture est-ce important de ne trouver qu’ un seul sens au titre?« Contentons-nous de faire réfléchir, n’essayons
pas de convaincre ». Georges Braque, Le jour et la
nuit.
« Il aménage des conditions et des situations
où pourront éclore des émotions, toujours sur le
mode de rencontres. Ces conditions et situations
sont fondamentalement, essentiellement et délica-
tement organisées autour de tensions constitutives
de la dynamique d’un champ artistique. « J’aime
la règle qui corrige l’émotion. J’aime l’émotion qui
corrige la règle ». Georges Braque, Le jour et la nuit.
Émotion et concept ; programme et hasard :« C’est
l’imprévisible qui crée l’événement »-
Claire N
Invité« C’est
l’imprévisible qui crée l’événement »
Et c’est peut etre bien à cela qu’on échappe en faisant ; la « rumination « dont parle Emile plus haut est également un des aspect de la projection un peu trop loin en dehors de la matière sans son soutien tangible ?
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Seb H
Invité« ce n’est pas en ruminant l’œuvre que l’œuvre se fait, c’est en la faisant, tout simplement »
si c’est ce que Braque dit, vraiment très incomplet. C’est vulgaire et facile à dire, mais le -faire- et le -concevoir- ça travaille évidemment ensemble. Il y a le fait de copier, de rassembler -concipiere- les faits de l’époque par exemple, le style de l’époque etc… Comme un écrivain qui regarde le parler du moment. Mais ça suffit pas, y’a un travail de goût, de sélection. Surtout de composer les choses ensemble, l’émotion… ça se prépare comme un braquage. Quand tu fais un film évidemment que tu penses le montage à l’avance, mais évidemment que le sensible joue sur le lâcher prise du moment, ou tu captes du vrai. Les procédés intellectuels en peinture, comme le cubisme, c’est un question réponse entre la théorie qui nourrit la peinture et la peinture qui nourrit la théorie (nanani nanana, réalisme philosophique, l’arbre qui est la quand tu le regarde pas etc)
L’intellectuel c’est vraiment un outil de dépassement de ce que tu fais avant, et ça permet plein de trouvailles, ça casse des briques.
La preuve, Braque fait ce qu’il critique. Et il réagit aux images que ses propres créations font.Je dirais surtout que la planification d’une oeuvre c’est l’élément qui lui permet une émotion particulière et pointue. C’est très facile d’être génial par petits bouts disjoints. J’ai l’impression que les émotions arrivent très tard après le piège qui les a activé. Un peu comme quand tu vois quelqu’un mourir, ça te fait rien, c’est normal, la nature tout ça… Mais sur le temps ça se développe et là ça te choque, d’une certaine manière. Un tableau ça se prépare un peu comme ça, dans l’espace aussi un peu, tu te ballades, comme ça, et on t’a donné une clé
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Emile Novis
InvitéDire que le geste excède la pensée du geste, ce n’est pas dire qu’il n’y a pas de pensée et de conception avant la réalisation de l’œuvre (ou après). C’est même tout le contraire : c’est parce que l’œuvre est pensée, conçue, travaillée intellectuellement, et c’est parce qu’elle répond à des problèmes fondamentaux de la peinture hérités de l’histoire, que Braque peut dire que malgré toute cette pensée préalable, il y aura toujours quelque chose de plus dans le geste matériel lui-même.
Que ce soit vulgaire ou noble importe peu. L’essentiel, c’est de savoir si c’est vrai ou faux.
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On retrouve régulièrement ce témoignage dans l’écriture : l’œuvre est composée, travaillée avant, conçue. Mais l’écriture de l’œuvre remanie de l’intérieur ce qui avait été conçu, apporte des inflexions, des petites bifurcations. L’architecture d’ensemble n’est pas pour autant supprimée, mais elle est déplacée de l’intérieur, localement, par l’écriture elle-même (par l’évolution du personnage, par exemple).-
Seb H
InvitéJe continue donc avec la métaphore du braquage, du latin « Georgus Bracus », ouais du coup c’est tout pareil, tu fais un plan, un projet, et puis ça part en cacahuète, la police arrive ça pétarade, et tout le génie se trouve dans comment tu t’adaptes… Un peu comme une célèbre citation de Mike Tyson.
On est donc d’accord.
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..Graindorge
InvitéPardon de m’immiscer dans l’échange Oscar/ Émile Novis . Braque m’ intéresse. Par exemple lorsqu’ il dit » avec l’âge, l’art et la vie ne font qu’un »
Oui, mille fois l’art et la vie ne font qu’un. Pour ma part, je supprime » avec l’âge »
Il dit aussi qu’ « en art, il n’ y a qu’ une chose qui vaille, celle qu’on ne peut expliquer. »
Notre corps comprend en séjournant dans l’œuvre qui a attiré le regard. En sortant de cette immersion, ce sont les effets sur tout le corps qui comptent.
« Le vrai matérialiste, plus il descend dans la matière, plus il exalte la spiritualité » et » le peintre est de plus en plus proche de la poésie maintenant que la photographie l’a libéré du besoin de raconter une histoire »-
Emile Novis
Invité@Graindorge
Séjourner dans l’oeuvre ; oui, c’est bien ça.
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La photographie a libéré la peinture en effet. Concrètement : on ne va pas peindre le duc pour ses héritiers, on en fait une photo. Dans la méthode : à quoi bon essayer d’imiter le réel? Il faut trouver autre chose.-
BIOGRAPHIE
InvitéJe vous avoue un truc : je suis très doué en peinture, je suis capable de faire des tableaux dans le style de n’importe quel grand peintre, en mieux. Mais peindre ne m’intéresse pas tant que ça. je préfère jouer aux jeux vidéos ou regarder des séries TV.
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BIOGRAPHIE DE LA BIOGRAPHIE
Invitélol
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BIOGRAPHIE
InvitéToi par contre t’es un faussaire pitoyable.
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essaisfragiles
InvitéDiego aussi, paraît-il.
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diegomaradona
InvitéJe suis pas un troll.
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BIOGRAPHIE DE LA BIOGRAPHIE
Invitélol lol lol
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Oscar
InvitéIl a un talent particulier : il peint sans ses mains… Et dans le milieu, se fait appeler la fosse ;
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..Graindorge
InvitéLa fosse sceptique…
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Oscar
InvitéMoi j’aime tellement ses natures mortes, et faire un choix est compliqué
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Emile Novis
InvitéBraque, Nature morte à la bouteille.
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Oscar
Invité
Vase fleuri – Paul Cézanne-
François Bégaudeau
Maître des cléset rien ne fut plus comme avant
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Seb H
Invité.jpg?mode=max)
J’ai vu ce inchbold au petit palais, et faut vraiment le voir de près, parce que la technique et le style sont vraiment très justes. C’est très joueur-
Oscar
InvitéD’Inchbold j’aimerais voir ça. On trouve si peu de travaux de ses séjours en Algérie (1876 1877).
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Seb H
InvitéJ’aimerais bien voir aussi
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Oscar
InvitéÇa pourrait être ça (enchères passées)

On peut reconnaitre la Mosquée Sidi Abderrahmane à d’Alger.-
Seb H
InvitéComment tu sais ça?
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Oscar
InvitéTu trouves dans les enchères en ligne cette aquarelle d’Inchbold qui colle quand même pas mal avec le titre de celle du Musée des Beaux-Arts du Canada « Scène algérienne avec une tour et un cimetière » de 1877. Et une recherche image permet de préciser le lieu et de situer.
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graindorge
Invité« Summer night » Eilif Peterssen, peintre norvegien

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Claire N
InvitéMerci
Il me plaît bien
Cela tient je crois en ce qu’il me fait voir toute la densité de l’eau-
..Graindorge
InvitéAu Spitzberg, joyau des îles du Haut-Arctique de Norvège, le soleil est visible chaque année, 24 heures par jour de fin-avril à fin-août. Cela signifie que les locaux profitent de plus de quatre mois d’ensoleillement constant en été ! La plupart des régions observent ce phénomène de mai à fin juillet
C’est pour ça que j’ai partagé ensuite le tableau entier:
C’est une nuit d’été ensoleillée!
Pour revenir 2 secondes sur » l’imprévisible qui crée l’événement » ça n’a peut être rien à voir mais dans l’atelier de céramique, attendre la pièce qui allait sortir du four était toujours un moment plein de suspens allègre car toujours une surprise: tu as choisi les couleurs et pesé tes émaux, tu as mis les couches exactes de la préparation avec le pistolet, bref tu as fait tout ce qu’il fallait pendant les jours de création, de fabrication et tu espères en croisant les doigts la clémence du four car c’est lui qui a le dernier mot. On l’ouvre presque en fermant les yeux Ta – rrraaann! Joie!
Le résultat te plaît. L’imprévisible a créé l’événement-
Claire N
InvitéMerci
J’apprends les conditions dans lesquelles le tableau a été peint
Ce que tu dis du travail de céramiste me fait penser à « showîng up « , le moment de la « sortie du four, ce passage par l’incertitude
Un peu comme une naissance d’une centaine façon
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graindorge
Invitéle même
« Summer night » Eilif Peterssen, peintre norvegien
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MA
InvitéDeux endormies
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MA
InvitéLes belles endormies
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Oscar
Invité
José de Almada Negreiros – A Sesta-
Oscar
Invité/image%2F1604321%2F20170102%2Fob_e7aa0a_almada-negreiros-a-sesta.jpg)
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Oscar
Invité-
MA
InvitéMerci Oscar pour la news
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Oscar
InvitéAvec plaisir. Je pense y aller fin novembre. On se croisera peut-être ;
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MA
Invité
Pour ceux qui peuvent se rendre au MAM découvrir l’étonnante Gabriele Munter. Sinon le replay dispo encore un mois. -
graindorge
Invité« L’oeil et l’esprit » Maurice Merleau-Ponty
le pdf est lisible dans WordPress.com
« Ce que j’essaie de vous traduire est plus mystérieux, s’enchevêtre aux racines mêmes de l’être, à
la source impalpable des sensations. » J. Gasquet, Cézanne.[youtube https://www.youtube.com/watch?v=yiHMPFMCUvo?si=lAfjnrx6C0O-DcQF&w=560&h=315%5D
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graindorge
Invité» Pêches couvertes » Raphaëlle Peale

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Oscar
Invité-
..Graindorge
InvitéOooh merci Oscar! Celui-là était dans ma liste à partager
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Oscar
InvitéMerci à toi pour l’occasion donnée, il est aussi dans ma liste ; )
et j’en profite sur L’Oeil et l’Esprit :
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« (…) Or l’art et notamment la peinture puisent à cette nappe de sens brut dont l’activisme ne veut rien savoir. Ils sont même seuls à le faire en toute innocence. À l’écrivain, au philosophe, on demande conseil ou avis, on n’admet pas qu’ils tiennent le monde en suspens, on veut qu’ils prennent position, ils ne peuvent décliner les responsabilités de l’homme parlant. La musique, à l’inverse, est trop en deçà du monde et du désignable pour figurer autre chose que des épures de l’Être, son flux et son reflux, sa croissance, ses éclatements, ses tourbillons. Le peintre est seul à avoir droit de regard sur toutes choses sans aucun devoir d’appréciation. On dirait que devant lui les mots d’ordre de la connaissance et de l’action perdent leur vertu. Les régimes qui déclament contre la peinture «dégénérée» détruisent rarement les tableaux : ils les cachent, et il y a là un « on ne sait jamais » qui est presque une reconnaissance ; le reproche d’évasion, on l’adresse rarement au peintre. On n’en veut pas à Cézanne d’avoir vécu caché à l’Estaque pendant la guerre de 1870, tout le monde cite avec respect son « c’est effrayant, la vie », quand le moindre étudiant, depuis Nietzsche, répudierait rondement la philosophie s’il était dit qu’elle ne nous apprend pas à être de grands vivants. Comme s’il y avait dans l’occupation du peintre une urgence qui passe toute autre urgence. Il est là, fort ou faible dans la vie, mais souverain sans conteste dans sa rumination du monde, sans autre « technique » que celle que ses yeux et ses mains se donnent à force de voir, à force de peindre, acharné à tirer de ce monde où sonnent les scandales et les gloires de l’histoire des toiles qui n’ajouteront guère aux colères ni aux espoirs des hommes, et personne ne murmure. (…) »-
..Graindorge
InvitéOui je crois que je ne suis pas quelqu’un de » paroles » mais de « vision » . J’avais repéré aussi l’ extrait que tu partages. Ça fait plaisir
« Comme s’il y avait dans l’occupation du peintre une urgence qui passe toute autre urgence. Il est là, fort ou faible dans la vie, mais souverain sans conteste dans sa rumination du monde, sans autre « technique » que celle que ses yeux et ses mains se donne »
Et toujours dans « L’œil et l’esprit » :
« L’œil voit le monde, et ce qui manque au monde pour
être tableau, et ce qui manque au tableau pour être lui-même, et, sur la palette, la couleur que le tableau attend, et il voit, une fois fait, le tableau qui répond à tous ces manques, et il voit les tableaux des
autres, les réponses [26] autres à d’autres manques. On ne peut pas plus faire un inventaire limitatif du visible que des usages possibles d’une langue ou seulement de son vocabulaire et de ses tournures.
Instrument qui se meut lui-même, moyen qui s’invente ses fins, l’œil est ce qui a été ému par un certain impact du monde et le restitue au visible par les traces de la main. Dans quelque civilisation qu’elle
naisse, de quelques croyances, et quelques motifs, de quelques pensées, de quelques cérémonies qu’elle s’entoure, et lors même qu’elle
paraît vouée à autre chose, depuis Lascaux jusqu’aujourd’hui, pure ou impure, figurative ou non, la peinture ne célèbre jamais d’autre igme que celle de la visibilité.
Ce que nous disons là revient à un truisme : le monde du peintre est un monde visible, rien que visible, un monde presque fou, puisqu’il est complet n’étant cependant que partiel. La peinture réveille,
porte à sa dernière puissance un délire qui est la vision même, [27] puisque voir c’est avoir à distance, et que la peinture étend cette bizarre possession à tous les aspects de l’Être, qui doivent de quelque
façon se faire visibles pour entrer en elle. »-
..Graindorge
InvitéRectification
» la peinture ne célèbre jamais d’autre
énigme que celle de la visibilité. »
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François Bégaudeau
Maître des clés» Le peintre est seul à avoir droit de regard sur toutes choses sans aucun devoir d’appréciation. »
A rapprocher de cette idée, formulée récemment dans quelque livre, que l’art se tient sur le plan de la sensation-impression-perception qui n’est pas encore de l’opinion – et refuse de l’être.
Pour le reste ces lignes sont parfaites. Donne envie de relire ce livre.-
Claire N
InvitéSouveraine en son plan sans opinions qui l’abattent au bas rang de la loi
Pas de tables- que de l’ardent
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Emile Novis
InvitéPuisqu’on est dans Merleau-Ponty, il y a aussi ces beaux textes extraits du même livre. Il y est question de la chair. Ces peuvent être rapprochés de certains passages de CUM sur la création littéraire et son rapport à l’eucharistie :
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« Le peintre « apporte son corps », dit Valéry. Et, en effet, on ne voit pas comment un Esprit pourrait peindre. C’est en prêtant son corps au monde que le peintre change le monde en peinture. Pour comprendre ces transsubstantiations, il faut retrouver le corps opérant et actuel, celui qui n’est pas un morceau d’espace, un faisceau de fonctions, qui est un entrelacs de vision et de mouvement ».
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« Visible et mobile, mon corps est au nombre des choses, il est l’une d’elles, il est pris dans le tissu du monde et sa cohésion est celle d’une chose. Mais, puisqu’il voit et se meut, il tient les choses en cercle autour de soi, elles sont une annexe ou un prolongement de lui-même, elles sont incrustées dans sa chair, elles font partie de sa définition pleine et le monde est fait de l’étoffe même du corps. Ces renversements, ces antinomies sont diverses manières de dire que la vision est prise ou se fait du milieu des choses, la où un visible se met à voir, devient visible pour soi et par la vision de toutes choses, là où persiste, comme l’eau mère dans le cristal, l’indivision du sentant et du senti. »
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Cézanne, Un peintre au travail

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François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime cette toile où le peintre s’est mis non pas au centre des choses, mais parmi elles.
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Oscar
InvitéC’est un Cézanne ? Je suis étonnée
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François Bégaudeau
Maître des clésIl faudrait voir la date. Peut etre un Cézanne précoce. Le grand chamboulement n’y est pas encore.
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..Graindorge
Invitédate du tableau: 1874 ou 75
« Toute la volonté du peintre doit être
de silence. Il doit faire taire en lui toutes les voix des préjugés, oublier, oublier, faire silence, être un écho parfait. Alors, sur sa plaque sensible, tout le paysage s’inscrira. » Paul Cézanne
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Emile Novis
InvitéOui, c’est un Cézanne plutôt précoce comparé aux toiles plus connues. Ce n’est pas encore le Cézanne que nous connaissons.
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..Graindorge
InvitéJe partagerai demain » Le Pont des Trois Sautets » son dernier tableau je crois.
En attendant:
CÉZANNE : la vie d’un peintre incompris. | Astuces dArtiste https://astucesdartiste.com/cezanne-peintre-vie/?srsltid=AfmBOoqqovtRQKCNevZBjcTfz5PPAve41OqW5O1ZGn-I1z-CaSTrrhjs -
Emile Novis
InvitéEn attendant, un Cézanne de la même période que Le peintre au travail:
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La maison du pendu, 1874.
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..Graindorge
InvitéComme déjà dit, « le peintre au travail » est de 1874 ou 75 comme » la maison du pendu »
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Oscar
InvitéMerci pour vos réponses, je ne retrouvais pas du tout son trait, ni sa matière. Quelque chose de pressé et courbe… qu’on pourrait par exemple trouver ici chez Charles Camoin

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graindorge
Invité» Le Pont des Trois Sautets » Paul Cézanne 1906

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Emile Novis
InvitéTrès beaux, ces deux tableaux.
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Emile Novis
InvitéPs : En réponse à Oscar et Graindorge (messages 113 907 et 113 910).
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Emile Novis
Invité*113 970 et non 113 910.
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Emile Novis
InvitéLa Vénus est d’ailleurs assez étrange. On s’attend plutôt à un drap qui voile la nudité, et on a l’impression de voir une nappe dans une nature morte – d’autant plus étrange que la vénus est un symbole de fertilité. Comme si l’œil percevait la texture de la matière en question. La peinture s’adresse aussi au toucher, indirectement.
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Intéressant, aussi, le geste consistant à retirer de la visibilité un corps dont la peinture aurait pour fonction de rendre visible. Ce qui devait apparaître n’apparaît pas, ce qui accroît la tension du regard car le voyeur en chacun de nous est surpris de ne pas voir. C’est un tableau ironique, en un sens.-
MA
InvitéJ’avais relevé ceci chez Guillaume Blanc :
Ainsi, le visible et l’invisible sont-ils des constructions sociales et non pas seulement les formes transcendantales de l’apparaitre et du disparaître attachées à la plasticité des vies.
MP analyse comment il n’existe de visible que sur un fonds d’invisibilité. Cette invisibilité est active car elle distribue les régimes de visibilité et les organise en monde.
https://shs.cairn.info/l-invisibilite-sociale–9782130573470-page-193?lang=fr
Pour la Vénus, ne pourrait-on pas dire qu’elle apparaît mais qu’elle n’est pas visible.?
Cela pourrait faire évidemment penser à la burqa. On entrevoit.-
MA
InvitéBurqa peut-être finalement pas car ce serait plutôt un rideau-nappe non pas rattaché directement au corps, qui laisse entrapercevoir la nudité cachée avec ce mouvement du bras.
Une Vénus aux pieds nus?-
Oscar
InvitéC’est elle
Vénus sortant de la mer – James Barry (1741 – 1806) -
Oscar
Invité -
Oscar
Invité -
MA
InvitéRideau donc pourrait évoquer le système purdah.
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Emile Novis
Invité@MA
Ton lien ne fonctionne pas, mais ça vient peut-être de chez moi.
Dans la citation que tu mets, j’ai du mal à comprendre l’idée de construction sociale. Si l’article se veut un commentaire de Merleau-Ponty, il me semble que c’est assez peu merleau-pontien.
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De manière générale, l’analyse de la perception a vu depuis longtemps que l’invisible n’est pas un manque de visibilité, ou un « pas encore vu », mais une structure immanente au visible, une dimension indépassable de la visibilité. Je ne perçois jamais un cube en son intégralité, mais seulement quelques faces de celui-ci (trois au maximum). Le cube, c’est déjà une idée abstraite, une construction intellectuelle ; moi, je ne perçois que des esquisses du cube. J’aurais beau tourner autour du cube, je ne pourrai pas le percevoir en intégralité : je ne verrai encore que des esquisses de celui-ci. La visibilité est constituée par ce pli entre visible et invisible, et il n’y a pas de visible sans invisible. Au cinéma il y a toujours un hors-champ, la peinture d’un corps me cache toujours le derrière de ce corps, et mon champ de vision est intérieurement structuré par ses « angles-morts ». L’invisible est une dimension de l’être et du sensible. Chez Merleau, la chair du monde est elle-même un invisible.
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Je ne vois pas de « construction sociale » ici, mais une logique propre au sensible, à la vision, et donc à la peinture. L’art échappe à la construction sociale en ce sens : tout peintre est confronté à ce problème propre à la perception, car tout phénomène est constitué par ce pli entre visible et invisible. Ce n’est pas une question de valeurs acceptables socialement, de ce qu’on décide de montrer ou cacher, etc.
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En un sens, si « Dieu voit tout » (le point de vue absolu), comme on dit, alors il ne voit pas du tout au sens où nous voyons le monde. Pas de phénomène pour un être « qui voit tout », puisqu’il n’y a pas d’invisible. D’ailleurs on est incapable de se représenter une telle vision, puisque c’est une approche purement objectiviste du monde. Si « Dieu voit tout », il ne fait pas de peinture.
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Mais je trouvais que la vénus mise en ligne par Oscar était différente : le corps de la femme est quasiment intégralement voilé là où il devait apparaître. C’est dans le champ de vision que le peintre soustrait de manière délibérée le corps à la visibilité. Là, la notion de construction sociale pourrait peut-être intervenir (la nudité, la pudeur, les bonnes manières, le partage entre ce qui est acceptable et choquant). Je pense qu’il s’agit d’autre chose. Ce n’est plus l’invisible compris comme structure de la perception, mais le voilement délibéré d’un corps.
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Si certains ont des idées de tableaux où le thème central est caché de cette manière, je suis preneur.-
Oscar
InvitéEmile, ce n’est pas exactement ce qui est recherché mais spontanément je pense à Magritte. Les Amants et Blanc-seing
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graindorge
InvitéPour Émile, à tout hasard, ce tableau de notre cher Vincent
« Un coin d’herbe » de Vincent Van Gogh. Un coin d’herbe qui cachait un visage

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graindorge
Invité« Le plat de pommes » Paul Cézanne

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MA
InvitéJe te remercie Émile d’avoir pris le temps de déplier un ’peu ta pensée sur la question : c’est clair et accessible.
Pour Guillaume le Blanc, si tu le souhaites tu peux retrouver le lien en tapant le nom de son ouvrage invisibilité sociale( la conclusion Le visible et l’invisible ) qui se situe apparemment davantage entre la théorie sociale et la phénoménologie.
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MA
InvitéGrand texte qui donne une porte d’accès plus poétique à sa phénoménologie de la perception. Pour compléter sur sa philoesthetique : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-chemins-de-la-philosophie/merleau-ponty-l-oeil-et-l-esprit-9592337
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MA
InvitéSur Merleau-Ponty encore, sans un petit pincement au cœur pour Zaza à sa pensée : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/presentation-maurice-merleau-ponty-la-philosophie-au-corps-8012818
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Claire N
Invité« Mais, puisqu’il voit et se meut, il tient les choses en cercle autour de soi, elles sont une annexe ou un prolongement de lui-même, elles sont incrustées dans sa chair, elles font partie de sa définition pleine et le monde est fait de l’étoffe même du corps »
Merveilleuse base de l’intersubjectivité
Merci-
MA
Invité« En réalité, il n’a ni moi ni autrui comme positifs, subjectivité positives. Ce sont deux autres, deux ouvertures, deux scènes où il va se passer quelque chose. » Le visible et l’invisible
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MA
InvitéPeut-être le concept de de-présentation (Entgegenwartigung)
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Claire N
InvitéOui peut etre ; il faut que je me plonge cependant plus avant dans l’écoute de la série pour bien saisir
« deux ouvertures, deux scènes où il va se passer quelque chose »
J’avais en tête de merleau- ponty, l’enseignement d’un neurologue féru de phénoménologies qui nous avait amené à « sentir « la sémiologie d’une manière singulière, d’être attentif à cette scène
Ça passait par l’expérience – c’est difficile à décrire
Mais oui il y a bien des choses qui s’y « passent «-
Claire N
InvitéAinsi , depuis, Merleau-Ponty m’apparaît plus comme un fin semiologiste qu’un philosophe
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Emile Novis
Invité@MA
Merci pour tous ces liens que tu donnes.
De-présentation, ou sortie de la représentation? Je crois que la phénoménologie opte pour la deuxième option : revenir aux choses mêmes. Peintres et phénoménologues, même combat. « Revenir aux choses mêmes, c’est revenir à ce monde avant la connaissance dont la connaissance parle toujours, et à l’égard duquel toute détermination scientifique est abstraite, signitive et dépendante, comme la géographie à l’égard du paysage où nous avons d’abord appris ce que c’est qu’une forêt, une prairie ou une rivière « , Merleau Ponty, avant-propos à la phénoménologie de la perception.
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@Claire
Oui, l’intersubjectivité, mais aussi, je pense, le rapport de soi à soi-même. Merleau-Ponty s’est souvent penché sur les peintres se peignant en train de peindre. C’est moins un geste narcissique qu’un désir de penser, à même l’œuvre, l’entrelacs du visible et de l’invisible, du visible et du voyant, sachant que je suis à la fois visible et voyant, sentant et senti, touchant-touché, et que la peinture n’est possible que par cette logique du sensible. Le peintre ne fait que prêter son corps au monde pour transformer le monde en peinture, il s’inscrit dans cet être du sensible, en deçà de la représentation et de la connaissance scientifique.
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Juandres Vera, Me, myself and i.
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Claire N
Invité« l’entrelacs du visible et de l’invisible, du visible et du voyant, sachant que je suis à la fois visible et voyant, sentant et senti, touchant-touché, et que la peinture n’est possible que par cette logique du sensible »
Oui , et d’ailleurs ma peine dans ce dédale lorsque qu’il est de mots se résout de manière très sensible -en échappant justement à la logique qui m’échappe -dès lors que je saisis ce tableau de Cézanne que tu as , plus haut, posté,
Là je sens que tu sens ce dont on parle
D’une certaine manière la communication passe par un autre canal : celui de la révélation
« On ne voit pas comment un esprit pourrait peindre « effectivement on ne voit pas
De caravage la carnation me vient en tête, lui aussi d’une certaine manière vise la chair
« l’indivision du sentant et du senti » est d’ailleurs peu etre une des formes d’expression les plus explicites
De ce qui caractérise une matière vivante-
MA
InvitéMerci pour les clarifications Émile, je les attendais et Claire.
Pour poursuivre la réflexion, trouvé ce texte de Capucine Mercier qui revient sur la dernière partie inachevée de l’oeuvre de MP L ‘entrelacs, le chiasme dans Le visible et l’invisible: https://revuephares.com/wp-content/uploads/2020/08/La-chair-du-monde-vue-par-Luce-Irigaray-et-Judith-Butler-port%C3%A9e-%C3%A9thique-de-lontologie-du-Visible-et-de-linvisible.pdf
La chair du monde est l’articulation qui permet l’émergence de mon corps et des choses. En prolongeant la pensée de MP, Butler écrit que le sujet, en tant que chair, est avant tout un être intersubjectif (voir la gestation,pages 11-12 de ce texte) . Butler parle aussi de codependance, de coexistence que nie le rapport de domination.
« MP ne nous rappelle pas en vain que le corps n’est pas objet, mais chair- indivisibkement corps et esprit-« .
« Cette compresence de moi, d’autrui et dû monde, MP la pense en’phenomenologue, à partir de l’expérience de la perception. »
« L’ontologie de MP, ce n’est pas la conscience, mais ce point de jonction » de la nature du corps, de l’âme et de la conscience philosoohique »qu’est le Sensible : « il est l’Etre qui m’atteint au plus secret, mais aussi que j’atteins à l’état brut ou sauvage dans un absolu de présence qui détient le secret du monde, des autres et du vrai. »( lLephilisophe et son ombre dans Signes)-
MA
InvitéMerci aussi à Graindorge.
Pour rigoler un peu : https://www.philomag.com/articles/quand-merleau-ponty-donnait-des-lecons-de-drague-sartre-
..Graindorge
InvitéMerci pour le fou-rire Ma
« la meilleure méthode de séduction est la phénoménologie, celle qui ouvre nos consciences incarnées aux choses. »
Et moi qui m’embêtait à faire des tartes aux fruits!!! -
MA
InvitéPas de garde-fou!
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..Graindorge
InvitéHihihihi!
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MA
InvitéLe fait divin d’exister ne doit pas être livré au fait satanique de coexister. En agissant avec d’autres., je perds au moins une chose , : la possibilité d’agir seul.
Lorsque je me livre[ à autrui], il semble que je m’agrandisse, alors qu’en fait je me
diminue. Vivre avec les autres, c’est mourir. Pour moi, seule mon autoconscience est réelle : les autres sont des phénomènes incertains se déroulant dans cette conscience, et il serait morbide de leur prêter une réalité par trop véritable.
Notre vie d’adultes se borne à faire l’aumône aux autres. Nous vivons tous des aumônes d’autrui. Nous gaspillons notre personnalité en orgies de coexistence.
Pessoa, LI-
François Bégaudeau
Maître des clés« Notre vie d’adultes se borne à faire l’aumône aux autres. Nous vivons tous des aumônes d’autrui. Nous gaspillons notre personnalité en orgies de coexistence. »
Fernando pousse le bouchon, mais touche là quelque chose que chacun gagnerait à méditer. Le monde social comme système d’aumônes mutuelles (ce que les ravis du social appelleraient du doux et trompeur nom de solidarité). -
..Graindorge
Invité« Rien n’a d’importance, et je crois que bien des gens ont considéré la vie comme un enfant turbulent, en soupirant après le calme qu’ils allaient enfin connaître quand il irait se coucher. » F. Pessoa
Notre Fernando Pessoa disait aussi qu’il ressentait un dégoût physique de l’humanité ordinaire et que selon lui il n’existait que de l’humanité ordinaire.
Ses paroles et ses opinions sont les siennes. « Rien n’a d’importance »
Il y a aussi cette citation de je ne sais pas qui » les choses et les gens n’ont que l’importance qu’on leur donne » ou cette dernière, un chouille trop sérieuseà mon goût » Sois dans le monde mais que le monde ne soit pas en toi »
Je crois que l’ être humain que je suis tâtonne pour trouver un équilibre entre une solitude absolument nécessaire et le bonheur d’être avec les autres mais sans me perdre. Le rire m’y aide. Il y contribue on va dire.
Cézanne qui est allé rejoindre au Café ses amis Degas et Monet dont la conversation ne devait pas être inintéressante et qui cependant finit par crier en se levant pour partir » l’esprit m’emmerde! » Il disait aussi » le monde ne me comprends pas et je ne comprends pas le monde. »
Ces êtres qui aujourd’hui nous éblouissent, nous consolent, nous enrichissent, nous offrent des moments uniques ont été souvent traversés par des forces, des souffrances, des angoisses, des maladies etc Autant de plaies, d’obscurités, transmuées en lumière, en couleurs, en formes ou en poèmes
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Claire N
InvitéMerci MA
Pour ce texte qui effectivement me paraît intéressant dans ce qu’il pointe, cette exclusion de la chair du sacré notamment , de si longue date
Qu’on est obligé d’y référer pour réunifier le corps et l’esprit , repasser dans les pas de l’erreur d’une certaine manière tant notre imaginaire a été construit en référence à cette dichotomie
Dieu même a eté construit hors matière si l’on y songe et de ce non monde viennent pourtant beaucoup d’injonctions à soumettre le vivant
J’ai l’impression que MP a un côté chrétien dans cette manière
Sans transition et parce que MP reste « clinique «
Il est intéressant de savoir que les fibres optiques
Realisent effectivement un mélange et un chiasme anatomiquement parlant peu après leur arrivée dans la boîte crânienne
Il est intéressant aussi de savoir qu’il il existe une
Entité pathologique : la cécité corticale
Le récepteur ( sensoriel) œil fonctionne mais, au niveau du cortex les informations visuelles ne sont pas traduites à l’aide ( pour simplifier) des outils puisant dans notre mémoire des visages, des formes, des noms ; donc effectivement d’une certaine manière le mélange entre celui qui voit et le visible est nécessaire pour voir-
Claire N
InvitéPour le dire plus prosaïquement
Une caméra est un œil aveugle -
..Graindorge
Invité@ Claire
« Dieu même a eté construit hors matière si l’on y songe et de ce non monde viennent pourtant beaucoup d’injonctions à soumettre
le vivant »
Je comprends pas, tu peux clarifier stp? -
Claire N
InvitéEt bien
La séparation de la chair en esprit / objet
Avec une hiérarchisation et une subordination de l’un à l’autre, fait écho à certaines représentations divines : Dieu « pur esprit « / simples mortels je trouve –
Le miracle n’est pas dans une manifestation « outre chair « mais dans la chair elle même
Et peut être ne que le renversement du christianisme est bien ce « parmis nous « la bonne nouvelle en somme ? -
..Graindorge
InvitéMerci
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Oscar
InvitéMoi je ne comprends pas bien ce « notre imaginaire » ni la chrétienté autour.
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Claire N
InvitéEt bien que l’on repasse par le corps et l’esprit pour ensuite faire comprendre la notion qu’il ne font qu’un me semble un peu symptomatique du défaut qu’on a à l’exprimer sans passer par cette représentation, sans passer par cette dichotomie –
Pour le christianisme mon point etait celui de l’incarnation depuis Jesus qui révolutionne je trouve l’aspect charnel du sacré -
Oscar
InvitéOk pourquoi pas, mais ce point de vue occidental religieux me parrait exclure beaucoup d’autres façons d’appréhender le poids du corps – du peintre – dans le monde.
Plus largement je suis très étonnée des appels ici réguliers à la foi chrétienne, surtout dans ce sujet ‘peinture’, comme si on ne pouvait penser la représentation la vision et le corps sans elle (ou lui… le Christ, si je comprends bien).
Compliqué pour qui n’a pas de religion (ni culture religieuse, ni appétence religieuse). J’imagine ne pas être la seule dans ce cas. -
Claire N
InvitéOk
Donc tu me fais préciser un point sur MP
( avec 39 de fièvre et une nuit blanche de boulot dans les dents) ; pour ensuite placer cette remarque qui semble t’il etait le point qui t’intéresserait
Donc pas merci de ce manque initial de franchise
Qui m’a fait perdre du temps
Pour le point 2 je maintient oui que MP a une influence chrétienne dans son approche à mon n sens – aucun appel donc -
..Graindorge
InvitéPrompt rétablissement Claire! C’est bien que tu fasses de la fièvre, signe de bonne vitalité! Le mieux serait 40° mais juste une heure ou 2. Ceci dit, 39° c’est très bien si ça ne dure pas longtemps sauf qu’ une garde avec c’ est pénible… Courage et bon repos!
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..Graindorge
InvitéCompliqué que si tu le décides, non?
Ici on s’amuse Oscar, on partage des choses qui nous plaisent et qui ne plairont peut-être pas à tout le monde: on le dit parfois et d’autres fois on laisse couler, on passe son chemin. Je n’ai pas bien compris cette fois-ci ce qu’a dit notre Claire qui n’est pas toujours claire pour moi et bien je n’insiste pas, je la remercie et je continue de m’amuser, je trouverai de la clarté de toutes façons ici et ailleurs
Il y a de tout ici ET parmi les sitistes ET parmi les artistes, philosophes, penseurs etc que l’on cite et dont on partage les œuvres et les écrits.
Je ne pense pas que » d’autres façons d’appréhender le poids du corps – du peintre – dans le monde » sont/ soient ( ?) exclues
Il n’ y a pas de muezzin chrétien, musulman ou juif qui appelle ici. On s’amuse. Open b’ART! -
Oscar
InvitéOui tu as raison. « Merci » « Pas merci », on va faire comme ça ! : ) Tu as vu, il y a un Titien qui est bien pour Emile, Portrait du cardinal Filippo Archinto.
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..Graindorge
InvitéOù ça le Titien? Je le vois pas
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Emile Novis
Invité@Oscar
Merci pour le titien, qui correspond en effet à ce que je recherche. Ce geste m’intrigue beaucoup en fait : voiler ce qu’on est censé montrer. Je trouve ça à la fois génial et simple, mais c’est énigmatique. Je n’ai pas eu le temps de chercher d’autres œuvres, mais dès que possible, je vais le faire et si je trouve, je mettrai ce type d’œuvres étranges sur cette page.
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@Claire
Oui, je pense qu’on peut parler d’une influence chrétienne de Merleau-Ponty. A l’Ecole normale supérieur, Merleau faisait partie des « tala », sobriquet donné aux étudiants normaliens allant à la messe. On trouve dans ses textes des références régulières à des termes chrétiens (les textes cités plus haut le prouve, à propos de la transsubstantiation, par exemple). Son insistance sur la chair semble être un écho laïc de l’incarnation chrétienne. Néanmoins, je n’ai pas connaissance de textes de Merleau qui abordent clairement sa foi (si elle a continué à l’âge adulte). Mais en passant devant sa tombe au cimetière du Père Lachaise, j’avais vu une croix sur la pierre tombale (pour autant il n’est pas seul dans le caveau).
Bon rétablissement : la chair fiévreuse, ce n’est pas agréable. -
Emile Novis
InvitéPs: @Graindorge
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Titien, Portrait du cardinal Filippo Archinto.
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..Graindorge
InvitéJe suis toujours impressionée par la technique de peindre des voiles . Peut-être encore plus en sculpture comme » La vestale voilée » de Carrier Belleuse partagé par notre Carpentier dans le fil » et la sculpture? » ( Salut à toi Carpentina !)
Pour Emile: » Un coin d’ herbe » de Van Gogh où un visage est caché ne répond pas à ta demande? Au #114459 -
Emile Novis
Invité@Graindorge
Non, car je n’ai pas l’impression que ce soit le thème central du tableau. Mais belle toile quand même. -
graindorge
InvitéAllez, un dernier Cézanne pour la route avant le train de nuit
« Grand pin et terres rouges »
Bonne nuit
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Oscar
Invité
Jacob Lawrence – Casualty
Serie : War -
François Bégaudeau
Maître des cléstrès cézanien en effet
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Oscar
InvitéEt rapport au caché / montré, cette silhouette prise en bloc, très troublante.
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Oscar
Invité
Vita di Voltaire, Personaggio – Emilio Tadini -
Oscar
Invité
Titus Kaphar – Kinfolk, Breath is my precious inheritance (Harry Washington) -
Emile Novis
InvitéMerci Oscar. Ce geste m’intrigue toujours autant.
Mais là, le peintre semble lui-même lui donner une signification politique : montrer l’effacement des populations dominées aux USA, donner à voir l’invisibilisation.
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..Graindorge
InvitéMaurice Merleau-Ponty / Paul Cézanne : la sensation du monde
Jean-Baptiste de Beauvais publié le 21 juillet 2020
Été 1960. Non loin d’Aix-en-Provence, au Tholonet, dans cette campagne où Paul Cézanne, plus d’un demi-siècle auparavant, partait chaque matin en quête du « motif », Maurice Merleau-Ponty rédige L’Œil et l’Esprit, le dernier texte qu’il achèvera. La peinture y est omniprésente et l’œil de Cézanne guide le philosophe dans ses réflexions sur le corps et la vision. Le peintre apporte son corps, dira Merleau-Ponty. Les tableaux de Cézanne, en reproduisant la naissance des choses et la manière dont elles nous apparaissent, nous conduisent au principe de la phénoménologie chère au philosophe : revenir « aux choses mêmes », à l’entrelacement complexe du corps et du monde, sans a priori scientifiques, loin des théories classiques de la représentation.Depuis des années, Cézanne fascine le philosophe, car ce qui guide le peintre aixois dans son entêtement légendaire va au-delà du simple jugement esthétique. Le Beau n’est pas la finalité de ces toiles. Il y a avant tout une interrogation : comment reproduire le miracle de la vision ? Comment, pour reprendre les termes du peintre, ramener le paysage vivant dans un filet qui ne laisse rien passer ? À ces questions, Cézanne répond sans relâche en laissant la couleur dessiner les formes et en dédouanant la perspective de tout extrémisme géométrique : « en pensant en peinture ». Merleau-Ponty retrace cette proximité du peintre avec le réel qui n’est plus affaire de représentation ou de trompe-l’œil. La peinture reproduit l’ouverture du visible, comme on parle de reproduction de l’espèce : en donnant naissance à du vivant, à une vision agitée de soubresauts organiques irréductible à une quelconque forme d’idéalisme ou de réalisme. « Ses tableaux donnent l’impression de la nature à son origine, tandis que les photographies des mêmes paysages suggèrent les travaux des hommes, leurs commodités, leur présence imminente », note Merleau-Ponty dans Sens et Non-sens.
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nefa
Invité« Ses tableaux donnent l’impression de la nature à son origine, tandis que les photographies des mêmes paysages suggèrent les travaux des hommes, leurs commodités, leur présence imminente »
« Ses tableaux »
rendent désirable
un percept,
un qualitatif qui ne se donne pas à voir en tant que couleurs, en tant que formes et géométries,
cherchent
l’interlude d’un traitement par l’organe.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Le Beau n’est pas la finalité de ces toiles. Il y a avant tout une interrogation : comment reproduire le miracle de la vision ? »
Mais de quelles sottes toiles le beau serait il la finalité?-
nefa
Invité« Mais de quelles sottes toiles le beau serait il la finalité? »
j’aime le passage en minuscule
concernant « beau » (et beaucoup d’autres) il me rend serein
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..Graindorge
InvitéTrouvé ça aussi. Ça ne « répond » à aucun des commentaires des amis sitistes mais bien
aimé » la beauté émerge de la relation dynamique entre le sujet percevant et l’environnement perçu. »
Et » L’expérience esthétique ne saurait, ainsi, se limiter à la contemplation passive, mais engage pleinement le corps et les sens. Elle est donc à la fois une véritable manière d’être au monde et un espace de cocréation où l’interprétation est laissée entièrement libre. »« Chez le philosophe, la beauté émerge de la relation dynamique entre le sujet percevant et l’environnement perçu.
Elle n’est pas une qualité objective des objets, mais une révélation de la profondeur de notre rapport avec le monde et les œuvres d’art. Lesquelles deviennent le lieu de convergence entre la subjectivité de l’artiste et la réceptivité du spectateur. L’expérience esthétique ne saurait, ainsi, se limiter à la contemplation passive, mais engage pleinement le corps et les sens. Elle est donc à la fois une véritable manière d’être au monde et un espace de cocréation où l’interprétation est laissée entièrement libre. »
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graindorge
Invité» Tension dans le ciel » Tomas Castaño

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Oscar
Invité
The White Horse – George Bellows
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Catilina
Invitétrouvé ça en me baladant sur internet : https://www.lecampusdesbernardins.fr/product/apprendre-a-regarder-la-peinture-12-chefs-doeuvre-a-la-loupe/
ça a l’air d’être une initiation sympathique à l’art de regarder la peinture, sans grande prétention (je crois)
un peu dans la lignée d’Arassepuis c’est gratuit, c’est pour ça que je le mets ici, si des sitistes le font et veulent bien donner leur avis
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graindorge
InvitéLaura Contreras Martinez

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graindorge
InvitéSerge Poliakoff

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graindorge
InvitéSerge Poliakoff

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Oscar
Invité
Paul Klee
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MA
InvitéEn écoutant Arasse, découverte simultanément d’une série Pictura sur kto d’analyses de tableaux en relation avec la religion, assez bien faite je trouve. Par exemple :
https://www.ktotv.com/video/00443196/le-paiement-du-tribut-
Oscar
InvitéMerci ! Surtout > Les Grünewald du musée de Colmar par Huysmans – Regard d’écrivain sur le retable d’Issenheim
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Claire N
InvitéMerci MA
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graindorge
Invité« From NE with love » Daniel Aeberli

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graindorge
InvitéLéon Tutundjian (1904-1967)

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Oscar
Invité
Camille Claus – Les sens lunaires
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graindorge
Invité« Les étangs » Claude Monet

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Oscar
Invité
Dans le port d’Alger – Anders Zorn-
Emile Novis
InvitéTrès beau. Je ne connaissais pas ce peintre.
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Oscar
InvitéGrand peintre suédois, de la nature des femmes et du folklore. Désolée pour la très mauvaise définition de cette toile (j’avais hésité…) mais c’est vraiment elle que je voulais partager ici.
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Emile Novis
InvitéCelle-ci sera peut-être meilleure:
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Oscar
InvitéMerci c’est beaucoup mieux ! (Elle est dans une collection privée je crois, on ne saura pas la définir vraiment.)
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Emile Novis
InvitéA noter aussi une version autrement colorée:
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MA
InvitéIl y avait eu cette belle expo : https://www.petitpalais.paris.fr/expositions/anders-zorn
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Oscar
InvitéIl est aussi photographe
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Alexandre
InvitéC’est quand même pas rien.
Si je dis qu’on est pas si loin de Van Gogh (le côté irradiant), c’est recevable?-
Alexandre
InvitéJe parle des Etangs de Monet.
Pourquoi, je me retrouve si bas, moi??-
..Graindorge
InvitéJe crois Alexandre qu’il s’agit de cliquer sur le petit rectangle « répondre » du tableau qui t’intéresse.
Si on accroche aucun wagon n’ayant aucune raison de le faire et voulant juste partager quelque chose comme le tableau de l’algérien Guermaz, le partage se retrouve détaché et à la fin-
Alexandre
InvitéJ’ai cliqué sur répondre, pourtant.
Mais merci quand même!-
Oscar
InvitéJe crois que quand tu réponds à un post déjà suivi de réponses tu te retrouves forcément à leur suite. Au fait merci Graindorge pour la découverte Guermaz. Je ne connais pas les peintres algériens (À part Baya quoi). – peignent-ils l’Algérie ? – J’aime son travail, et son parcours est très intéressant (je commence à lire un peu). Trouvé ce Catalogue raisonné
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graindorge
InvitéMerci aussi Oscar pour la découverte de ce peintre Anders Zorn. Je viens de me promener parmi ses toiles: il est puissant.
Pour l’Algérie, je me suis amusée à chercher. Voyant beaucoup de peintres hommes, je me suis dit trouve une femme peintre. J’ai trouvé Baya et Fatiha Bisker. J’ai failli partager un tableau de celle-ci mais je suis tombé sur Guermaz et ce corps là l’a choisi.
Trouvé pour toi:-
graindorge
InvitéM’hamed Issiakhem, peintre algérien 1928 -1985

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Oscar
InvitéJ’avais retenu celui-ci )

M’hamed Issiakhem – Autoportrait
.
Merci pour le lien : [« Au delà de l’acte artistique et politique du peintre, cet autoportrait demeure emblématique du statut des artistes Algériens dans une société colonisée et en voie d’indépendance. Elle est aussi symptomatique des questionnements qui ont animés les artistes Algériens ; comment créer une oeuvre, par essence libre, dans une société sous joug coloniale ? Comment redéfinir le rapport au leg artistique occidental ? Comment se dégager de l’orientalisme en vogue en Algérie ?Alors qu’une première génération d’artistes n’a d’autres choix que de composer avec les institutions coloniales, ces problématiques deviennent de plus en plus d’actualité pour une génération d’artistes émergente durant la guerre d’Indépendance. »]
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Décroissant Mental
Invitéil me ressemble pas mal ce Mohamed!
et c’est une problématique qui a l’air insoluble pour tous les artistes d’ex colonies francophones.
Enfin, je veux dire.
Non, je veux dire, se libérer de l’influence du colon surtout, dans la langue, les bâtiments, les lois, l’administration, leur constitution qui sont souvent des CTrl C + CTrl V de la nôtre.
Leur éducation et études qui consiste à avaler tout « notre » art, et notre vision d’icelui.
Une vraie gageure leur démarche artistique.
Ca me fait penser que je dois absolument lire un Mabankou. Annas Archive va m’aider je pense.
Et d’ailleurs c’était une des pblmatique de Kateb Yacine, Rester Barbare, ne pas absorber trop de culture occidentale, car c’est une vraie discipline évidement de pas gloutonner tout ce qui passe, pour tout homme et femme qui a un peu de Libido Sciendi en IEL !
Louisa Yousfi n’a jamais été barbaresque, donc elle s’est vite acclimatée à la maison Médicis j’ai ouïe dire! -
Oscar
Invité[ « Les conditions d’émergence de l’art moderne en Algérie sont inextricablement liées à la colonisation du pays et aux marques laissées par un courant artistique alors dominant, l’orientalisme. Au milieu du XXème siècle, les artistes en devenir ne peuvent s’appuyer que sur des institutions qui poursuivent encore ce canon esthétique, à l’image de l’École des Beaux-Arts d’Alger fondée en 1881 ou de la villa Abd-el-Tif érigée en 1907, mais destinée aux « artistes métropolitains ». Dans ce contexte, les premiers artistes algériens modernes s’appuient sur les quelques galeries existantes à Alger ou Oran pour montrer leurs premières œuvres. C’est le cas d’Issiakhem qui commence à exposer à Alger en 1949. Deux ans plus tard, avant son départ pour Paris, il fonde avec Kateb Yacine et d’autres artistes peintres (Jean de Maisonseul -futur conservateur du musée des Beaux-Arts d’Alger- Sauveur Galliero et Choukri Mesli), le Groupe 51. Marqués par des valeurs nationalistes et anticoloniales, ces artistes qui esquissent les prémices d’une autre esthétique, se veulent tournés vers la modernité. » ]
https://fondsartcontemporain.paris.fr/actualites/issiakhem-portrait-d-un-artiste-engage__22769
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Oscar
Invité« M’hamed Issiakhem » Fawzi Sahraoui (1985) https://youtu.be/c3zSaWeKut0?si=fjqFyK1N-4PQNlI7
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Oscar
Invité« Plus d’une centaine d’œuvres du grand peintre M’hamed Issiakhem sont désormais accessibles au public grâce au musée virtuel qui lui est entièrement consacré. Lancée à l’occasion du 40e anniversaire de sa disparition, la plateforme « Missiakhem », développée par ses proches, constitue un précieux fonds documentaire réunissant peintures, dessins, œuvres à la plume, ainsi que les timbres et billets de banque qu’il a conçus. Elle offre une plongée rare dans l’univers d’un artiste majeur de l’art algérien moderne. »
> Ici
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..Graindorge
InvitéSans comparer, on peut quand même souligner
au moins deux points communs: la passion de ces deux artistes. Et le talent.
L’histoire des » étangs » est quand même fabuleuse lorsqu’on s’y arrête: le même lieu peint pendant 30 ans à différents moments de la journée.Les Nymphéas — Wikipédia https://share.google/iiwNL5NsALunmKX5Y
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Oscar
Invité
De Monet ; L’étang de Montgeron
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graindorge
Invitéde fil en aiguille: Alger, Algérie
Abdelkader Guermaz, peintre algérien
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graindorge
InvitéAbdelhak Salim, peintre berbère du Rif marocain; essentiellement portraitiste mais j’ai choisi cette Nature Morte
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Oscar
Invité
Claude Monet – La barque bleue -
graindorge
Invité« Le suicidé » Edouard Manet, 1877

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graindorge
Invité« Manet aime affronter directement les sujets d’actualité. Il choque ses contemporains par une absence de distance psychologique vis-à_vis de son sujet, à laquelle les gens étaient habitués en peinture.
« Le suicidé », petit croquis, peut avoir été inspiré par un article de journal. Manet, homme métropolitain, aime le présent, et ne voit aucune raison de ne pas peindre un tel événement banal.
Il défit néanmoins la représentation réaliste : dans un raccourci audacieux le suicidé, s’est effondré sur le lit après le coup de feu fatal et détient toujours le pistolet dans sa main droite. Il avait enlevé son manteau. Sa chemise blanche, sa cravate noire et ses chaussures en cuir verni indiquent qu’il a passé sa dernière nuit dans la société ; a-t-il joué son argent ? La lumière froide du matin illumine le résultat amer de cette nuit. »
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Oscar
Invité
Retrato de Fernando Pessoa – José de Almada Negreiros-
..Graindorge
InvitéMagnifique
« Je m’arrête parfois, subitement, entre la vie qui va et la vie qui vient; je stagne au bord de l’écoulement des choses. Et la stupeur de tout s’écroule sur ma tête. »
F.P
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MA
InvitéRetrace le rôle de Lydia Delectorskaya, femme multitache dans la vie de Matisse https://www.france.tv/documentaires/documentaires-art-et-culture/7031896-matisse-lydia.html
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MA
InvitéFemme aux talents multiples
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graindorge
InvitéChu Teh-chun, peintre chinois – 1920- 2014

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graindorge
Invité« tout cela nourrit le butin de ses regards »
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Oscar
Invité
La Source – Henri Fantin-Latour-
Claire N
InvitéMerci Oscar
On pourrait croire à une allégorie
Et puis non
Il y a quand même la source avec ce point
Que j’aime juste à la lèvre de la jarre-
Oscar
InvitéÀ ton service !
J’aime la touche grattée et vaporeuse. Rêve brumeux.-
Claire N
InvitéMais carrément « gratté et vaporeuse «
C’est bien vu j’entends la matière la dedans
L’effet très « pierre « qui ramène aux mousses sur les bordures des sources
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graindorge
Invité« Vase de fleurs à la fenêtre » Paul Gauguin

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Oscar
Invité
I-o-wáy, One of Black Hawk’s Principal Warriors – George Catlin
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[« Si ma vie est épargnée, rien ne m’empêchera de visiter toutes les nations indiennes du continent nord-américain. » C’est par ces mots que George Catlin a affirmé sa valeur artistique. Il fut le premier grand peintre à voyager au-delà du Mississippi pour peindre les Indiens, et sa Galerie indienne, stupéfiante par son ambition et son envergure, est l’une des merveilles du XIXe siècle.] Smithsonian American Art Museum -
graindorge
InvitéZinaïda Serebriakova

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Oscar
InvitéJ’aime beaucoup sa scène de Petit déjeuner aussi. Ce sont ses enfants.
Également ses baigneuses, des endormis, la maternité, un nu à la Courbet. Portraits et autoportraits.
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Oscar
Invité
Garçon tenant un cor – Charles Matet -
Oscar
InvitéUn nouveau Banksy à Londres
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MA
InvitéBien pour compléter la superbe série Wolf Hall et revient sur tous les détails du tableau
https://www.arte.tv/fr/videos/116024-000-A/les-ambassadeurs-la-face-cachee-du-monde/-
Oscar
InvitéEt si Emile passe par là > https://www.musee-jacquemart-andre.com/fr/georges-tour
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Emile Novis
InvitéMerci Oscar.
Ces images en trois D des tableaux de De la Tour montrent avec plus d’insistance sa manière spéciale de peindre la chair, la peau, qui semble parfois partager la texture de la cire de bougie.-
MA
Invité-
..Graindorge
InvitéMerci MA. Je me suis permis de copier/coller ton généreux partage dans le fil Documentaires pour une vidéo en 2 parties sur le sucre » pour la douceur et pour le pire »
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graindorge
InvitéÉmile Bernard.

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..Graindorge
InvitéÉmile Bernard : peintre breton
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graindorge
InvitéUne religieuse et une sacrée peintre: Isabel Guerra

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graindorge
InvitéIsabel Guerra

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Oscar
Invité
New York Movie – Edward Hopper-
MA
InvitéPlus que trois jours disponibles https://www.arte.tv/fr/videos/116731-000-A/edward-hopper-une-histoire-americaine/
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graindorge
Invité« La fille du pêcheur » Ilya Répine, peintre russe, 1844 – 1930

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Oscar
InvitéUne aquarelle d’Ilya Répine (en vente actuellement)
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MA
InvitéIl y avait eu aussi cette belle et intéressante exposition :https://www.petitpalais.paris.fr/expositions/ilya-repine-1844-1930#:~:text=Du%205%20octobre%202021%20au,des%20XIXe%20et%20XXe%20si%C3%A8cles.
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Emile Novis
InvitéLéonard de Vinci.
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« Il y a un point placé dans la chevelure du Christ, côté droit, vers lequel convergent toutes les droites qui dessinent le plafond, et aussi, à peu près, les lignes qui de part et d’autres lient les mains des apôtres. Seulement cette convergence (discrètement soulignée par l’arc de la fenêtre, dont ce même point est le centre) n’existe que dans l’espace à deux dimensions que le tableau constitue, non dans l’espace à trois dimensions qu’il fait percevoir. Il y a donc une double composition, et l’œil est ramené partout vers le visage du Christ par une influence secrète, non perçue, qui contribue à donner sa sérénité quelque chose de surnaturel… », Simone Weil, Lettre à Posternak.-
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MA
InvitéPardon c’est plutôt dans cet episode-ci qu’il traite de la cène en particulier. https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/une-histoire-de/perspectives-de-leonard-de-vinci-2518677
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Emile Novis
InvitéMerci MA, c’est un très bon complément , notamment sur la Cène.
J’avais bien vu l’impression de symétrie générale alors que les parties ne le sont pas en regardant/comparant le rapport entre le premier groupe d’apôtres à gauche et la fenêtre de gauche et le rapport entre premier groupe d’apôtres à droite et la fenêtre droite. La disposition n’est pas la même. Mais je n’avais pas remarqué que Léonard faisait une chose similaire avec les deux groupes d’apôtres excentrés dans leur rapport aux tapisseries.
Qui a longuement contemplé le château de Chambord de loin aura vu ces mêmes procédés de symétrie d’ensemble composée d’instabilités et de dissemblance dans le détail.
J’ai beaucoup aimé aussi la remarque sur la place des corps dans le réfectoire : ils ne sont pas vraiment à l’intérieur de la salle fictive, ils sont en avant de la perspective, ce qui produit un effet de présence dans l’espace réel de notre monde (mais ça, on ne eput véritablement le sentir que devant la présence de l’œuvre en chair et en os).
A vrai dire ce double plan de composition est passionnant : le plan géométrique, invisible, et l’effet d’apparence perçu. L’intervenant dit une chose très vraie : « une fois que j’ai vu cela, la pièce s’est encore plus animée ». C’est très juste, et j’aime beaucoup l’idée du mouvement par négation de la perspective qu’il thématise. Mais cela me fait dire qu’il y a une réception naïve de l’œuvre, qui est le premier moment, où notre regard subit « une influence secrète et non perçue » sans voir la structure invisible qui commande les effets d’apparence, et il y a ensuite une réception réflexive de l’œuvre, dans laquelle le regard remonte à la structure invisible au point de la rendre visible et sensible, et ça donne une autre expérience, tout aussi riche que la première.
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Ce secret de composition vaut sans doute pour toutes les œuvres de tous les arts. Tout se passe comme si, dans un premier temps, la forme invisible commandait l’apparition visible de l’œuvre, tandis que dans un deuxième temps, après réflexion sur la perception, la forme apparaît tout en modifiant notre expérience de l’œuvre. Il y a quelque chose du jeu dans l’art, un jeu avec les apparences. Les artistes sont des joueurs.-
..Graindorge
Invité« Il y a quelque chose du jeu dans l’art, un jeu avec les apparences. Les artistes sont des joueurs. »
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Oscar
Invité
L’Escamoteur, attribué à Jérôme Bosch-
Emile Novis
Invité@Oscar
Ce tableau est peut-être mis en référence à ce que je disais du joueur plus haut. Mais là, j’ai l’impression qu’on a un charlatan, un bonimenteur qui détourne l’attention pour atteindre un autre objectif. L’illusion, ici, semble intéressée – d’ailleurs le pigeon au premier plan se fait voler sa bourse.
Ce n’est pas ainsi que je comprenais le jeu dans son rapport à l’art. Car Léonard prétend, lui, nous amener vers ce qu’il y a de plus essentiel, vers ce qui a le plus de réalité. Le charlatan détourne notre attention du réel, l’artiste reconduit notre attention vers le réel. Si il y a une part d’illusion dans l’art, c’est un « mentir vrai », pour reprendre la formule d’Aragon.
Ce qui m’intéresse beaucoup dans ce jeu, c’est ce lien entre le jeu de composition et « l’influence secrète et non perçue » qui commande notre perception.
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Il y a des réponses de Posternak, mais je ne me souviens plus avoir croisé une réponse sur ce point précis.-
Alexandre
InvitéEt que peut bien regarder le dernier chaland sur la gauche?
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Alexandre
Invité…et deux autres dans le fond.
J’adore ce mélange de fruste et de sophistication discrètement énigmatique. -
Emile Novis
Invité@Alexandre
Je ne sais pas. Il fait diversion pour dissimuler son vol en regardant ailleurs? En tout cas c’est bien le centre du tableau à mon avis : faire diversion, pour exercer un pouvoir et satisfaire un intérêt. Si on devait prendre cette toile comme une allégorie de l’art, ça ne correspondrait pas à ce que j’en pense – l’artiste ne cherche pas le pouvoir, ne vole pas de l’attention, ne fait pas diversion.-
Alexandre
InvitéAh mais je n’avais pas saisi le vol!
Les deux autres personnages du fond pourraient alors exercer aussi leur chapardage.
A tout le moins, je ressens une sorte d’humour picaresque. -
Emile Novis
InvitéOui, c’est une scène très drôle. J’ai bien les regards aussi, qui ne sont pas focalisés dans une seule direction.
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Emile Novis
Invité*j’aime bien les regards
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Oscar
InvitéDans le détail : Très beau site > http://boschproject.org/#/
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..Graindorge
InvitéBeau cadeau. Merci Oscar
Un truc que je ne comprends pas: dans les tableaux identiques, celui en couleur à gauche et dessin en noir et blanc à droite. Par exemple p 63 fig 11a-b, les 2 ne sont pas totalement identiques. A droite, le personnage se saisit de la bourse et à gauche non. On pourrait presque croire au jeu des 7 erreurs. -
Oscar
Invité..Graindorge, les références des figures sont dans le livre, ici il y a seulement les visuels. En vrac peintures et dessins de Bosch, de son atelier et de ses disciples. Jeu à plusieurs mains ?
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graindorge
Invité« Les légendes de la licorne »

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Carpentier
InvitéPourquoi ce partage me ramène au travail de Roger Dean, pendant une dizaine d’années, sur 9 pochettes d’albums du groupe Yes (1971-81)
Va savoir (et vais-je encore savoir partager une image ici?) Va savoir bis
encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQVPEgzp7GBbBpB5qcEn9zniPF2iyntReIfdYlpq6qYOA&s=10 -
Carpentier
Invitéje découvre ce matin le nouveau fil peinture, belle allure tous vos partages
http://www.societe-cezanne.fr/wp-content/uploads/2017/01/R724-Au-bord-de-leau-92-94-1.jpg

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Emile Novis
Invitéps : et cette influence secrète et non perçue, c’est peut-être l’effet de ce qu’on appelle la forme d’une oeuvre, ou sa « facture », pour reprendre le langage de CUM, invisible au premier abord, et qui détermine pourtant le visible.
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Oscar
InvitéEmile, je proposais Bosch surtout comme contemporain de Vinci et mettant en scène ici le jeu comme scène et divertissement sans visée morale.
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Emile Novis
Invité@Oscar
Ok. Je croyais que c’était une illustration plus précise du lien entre jeu et art, joueur et artiste. Mais merci pour ce tableau, qui me fait penser à De la Tour sur certains points (les visages, la chair, les regards, le thème aussi).-
Oscar
InvitéOui on pense au Tricheur à l’as de carreau. Pour moi ces toiles n’illustrent rien directement mais me permettent de réfléchir à ton analogie Artiste / Joueur – puisque je jeu est polymorphe. Et, comme déjà dit, le plaisir de les regarder ensemble. Merci pour la redécouverte de la Cène ! (À voir en vrai j’imagine pour le frisson mystique)
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Oscar
InvitéEmile, y-a-t-il une réponse de P. à S.W ?
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La Cène de Jacopo Bassano ~1546
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graindorge
InvitéMarcel Séjour, peintre mahorais
« Liberté Égalité Magnégné » Je laisse le plaisir à chacun.e de chercher ce que peut bien vouloir dire ce « Magnégné.
Absolument rien à voir mais ça m’a rappelé ce qu’une voisine du marché, Laura, militante de gauche ayant connu la double peine ou la triple: franquisme, caciquisme, colonialisme, décédée et qui m’avait appris en se marrant une autre version de la devise française: » Liberrrté, Egalité, Jódete! » -
graindorge
InvitéLuigi Corbellini « Portrait d’enfant »
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graindorge
Invité« La cena » ( Le dîner) D. Alejandro Galán Vázquez – XXIV Premio Internacional de Pintura Francisco Zurbarán
décembre 2018.
1er prix.
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Oscar
Invité
The Breakfast Tray – Elizabeth Okie Paxton
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graindorge
InvitéNathan Chantob
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Oscar
InvitéEn mains j’ai hésité.hésité.hésité…

Le Joueur de luth – Valentin de Boulogne
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Et pour toi j’avais pensé à Herman Kähler dans son atelier de Laurits Andersen Ring-
graindorge
InvitéBelles mains du joueur de luth
Pas facile de trouver des mains. Trouvé ça
Johan Carles » Avec des mains vides…. »
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Regain
Invité
Les mains, point de vu cézannien
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Oscar
Invité
Françoise Pétrovitch – Dans mes mains -
Oscar
Invité
Großes Bild mit Leiter und Scheibe – Horst Antes-
Oscar
Invité
La main droite de l’artiste néerlandais Hendrick Goltzius
«Art et Handicaps», nouveaux regards et nouvelles approches >
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graindorge
InvitéFrits Thaulow » Quand l’eau devient un miroir vivant »
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Carpentier
Invitélumineux
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graindorge
Invitétu as trouvé le mot juste Carpentina, Frits Thaulow est souvent qualifié de « peintre de la lumière » en raison de son traitement magistral de la lumière sur l’eau.
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Oscar
Invité
Pekka Halonen
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graindorge
InvitéLeonardo Cremonini ( 1925-2010) « Courants d’air » L’un des peintres préférés de l’Ami Italo Calvino
« Ce qui motive la peinture c’est sa peur, son désarroi à l’égard du monde et le besoin d’ordonnancement, de structurer, de donner forme à l’informe. Ainsi, en est-elle le calmant ou la contre-offensive, « Mon besoin de forme fait que mon œuvre arrive à englober mon angoisse ». Peur du chaos atténué par la réalisation, l’affirmation de formes, quelque chose de proche de ce que dit Pierre Michon de sa pratique de l’écriture qu’il vit comme la possibilité à un moment, par ce moyen de se rassembler ou d’exister dans un but ; « doué de sens et de but », comme l’écrit Flaubert à Louise Colet en juillet 1852 après avoir rédigé la première partie d’Emma Bovary. Exister quand même dans ce chaos et rendre ce chaos vivable. ».jpg?mode=max)
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Oscar
InvitéUn beau texte sur Cremonini > https://www.en-attendant-nadeau.fr/2022/08/03/nageurs-cremonini-double-aveugle/
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begaudeau
Invité« Leonardo Cremonini ( 1925-2010) « Courants d’air » L’un des peintres préférés de l’Ami Italo Calvino
« Ce qui motive la peinture c’est sa peur, son désarroi à l’égard du monde et le besoin d’ordonnancement, de structurer, de donner forme à l’informe. Ainsi, en est-elle le calmant ou la contre-offensive, « Mon besoin de forme fait que mon œuvre arrive à englober mon angoisse ». Peur du chaos atténué par la réalisation, l’affirmation de formes, quelque chose de proche de ce que dit Pierre Michon de sa pratique de l’écriture qu’il vit comme la possibilité à un moment, par ce moyen de se rassembler ou d’exister dans un but ; « doué de sens et de but », comme l’écrit Flaubert à Louise Colet en juillet 1852 après avoir rédigé la première partie d’Emma Bovary. Exister quand même dans ce chaos et rendre ce chaos vivable. » »
Je n’ai pas compris de qui était ces lignes? De Cremonini lui même?-
..Graindorge
InvitéVoici l’article complet
Leonardo Cremonini, l’hypothèse du désir. | JÉRÉMY LIRON – LES PAS PERDUS https://share.google/M6D9zu5P9HwlZYV5x
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begaudeau
Invitémerci
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Oscar
InvitéJe cherchais un travail de Jean Arp en lien avec De Staël, et grâce à ton lien Graindorge je tombe sur un Paysage Arp (huile sur toile 2025) lumineux ! Signe )
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..Graindorge
InvitéTrès contente de faire plaisir!
Pendant un bon moment, je n’arrivais à copier/coller aucun lien et comme l’article était long, j’avais choisi un extrait. Tout est rentré dans l’ordre.
Je vais aller à la découverte de ce Paysage de Jean Arp!
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..Graindorge
InvitéErreur : pas de pseudo » Mathis » ici
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graindorge
InvitéNicolas de Staël « Paysage »

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begaudeau
Invitéà noter un beau docu sur lui sur Arte en ce moment
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Regain
InvitéJe profite de cette page de forum pour demander : existe-t-il une page dédiée aux partages de créations personnelles ? (Textes, dessins, peintures, photos/vidéos etc…) ?
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begaudeau
Invitétoutes les pages le sont potentiellement
suffit de choisir le bon topic
tu veux partager un film : dans cinéma
des travaux de plasticien : ici
des textes littéraires : avis littéraires
et tout peut aussi être accueilli par le topic forum
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..Graindorge
InvitéMerci Bégaudeau pour l’info. Malheureusement pas de parabolique ni de tnt. Juste une excellente télé pour voir des dvds. Le docu finira sûrement par sortir sur YouTube.
Ou partagé ici.
Sur YouTube, j’ai trouvé des vidéos très intéressantes-
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..Graindorge
Invitéet Dieu créa MA!!!
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..Graindorge
InvitéJe viens de regarder le documentaire sur Nicolas de Staël: tout ce que j’aime
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graindorge
Invitéretour de Anders Zorn « Le port de Hambourg » 1890

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graindorge
Invitéautre vue du même port

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Oscar
InvitéRapport à l’exposition Zorn à la Kunsthalle de Hambourg ? (Je n’arrive pas à télécharger le lien du site…)
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graindorge
Invitéje savais pas qu’il y avait une expo à Hambourg, j’ai juste eu envie de ces tableaux là hier.
ayant vu ton message Oscar je suis allée jeter un oeil
trouvé ça, je sais pas si c’est ça
https://share.google/7qWPmO6Pc0O70dDGj-
Oscar
InvitéOui c’est ça, dommage que la page du musée plante ça donnait un bon aperçu. Le Port d’Alger est exposé !
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begaudeau
Invitéc’est très fort de faire tout ça avec que du blanc
le blanc, quand même, quelle vaste planète -
..Graindorge
InvitéLe port d’Alger, déjà partagé ici ou dans le fil jaune. Plaisir de le revoir!
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Tchitchikov
InvitéVu le docu sur de Staël sur les conseils de quelqu’un ici. Pas mal. Je ris encore de ce fait très concret : un type de deux mètres a parcouru trois mille kilomètres en Espagne dans une sorte de deux chevaux, les jambes recroquevillées. V’la les sciatiques d’outre-tombe. Ça ferait de belles pages de roman. Sinon fascinante cette chasse à la lumière, obsédante, qui caractérise d’ailleurs beaucoup de peintres. Intéressant également que ce petit docu n’occulte pas les conditions matérielles de production de sa peinture (Temps noir oblige) : des femmes s’occupent des mioches ; le rapport aux critiques et aux mécènes (eh oui il faut de la maille pour peindre, on l’oublierait parfois) ; à l’habitat (quel atelier et où ?).
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begaudeau
InvitéOui je me suis dit que cette vie pourtant brève aurait mérité une série-docu
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Tchitchikov
InvitéMais carrément. L’enfance en Russie par exemple. Et puis sa mère « artiste » nous dit-on. Mais qu’est-ce à dire ? Comment ? Quel art ? Accueilli dans une riche famille belge. Très bien. Académie des Beaux-arts de Bruxelles. Oui. Mais au départ comment on finance la peinture et les toiles vierges (tout ça vaut une fortune) ? Est-ce la famille d’accueil qui raque ? On comprend que le gars a de la gouaille et fait exposer assez tôt ses aquarelles tirées du voyage en Espagne. Mais avant ? D’où vient l’argent ? etc. etc.
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Oscar
InvitéSes premiers voyages sont financés pas un mécène collectionneur d’art. Moi je suis très curieuse de son voyage au Maroc, je crois qu’il en avait détruit presque tout le travail.
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Tchitchikov
InvitéOuais sur la couleur ce passage est dingue. Et puis Jeanine qui laisse son gosse et part en road trip avec lui ; j’trouve ça fou.
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begaudeau
Invitéoui il n’en a rien rapporté, si ce n’est une femme
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Tchitchikov
InvitéVoyage fructueux.
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..Graindorge
Invité@Bé
« oui il n’en a rien rapporté, si ce n’est une
femme »
Pas très jolie cette phrase. » rapporté » c’est plutôt pour des choses non? Ou des souvenirs. Il y a rencontré une femme dont il est tombé amoureux et qui est devenue son épouse. Et qui est morte très jeune, de carences, anémique.
« Je suis allée au Maroc, j’en ai rapporté
un homme? » C’est toi l’écrivain. Pas mieux d’écrire » je suis allée au Maroc, j’y ai rencontré un homme et nous sommes revenus ensemble? Ou une femme si j’étais homosexuelle-
Décroissant Mental
InvitéMDR! oui! Tellement. Il en a tout rapporté, d’ailleurs, si c’est l’amour, nan?
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..Graindorge
InvitéLes absents ont toujours tort🌞
Les artistes donnent le meilleur de leur art et d’eux-mêmes dans leur art. Ici des tableaux.
Dans la vie, ils sont certainement truffés de défauts avec des sales caractères, de la mauvaise foi, sans scrupules etc…
De Staël n’y échappe pas.
Il a quand même bien ramé. Crevant la dalle, il appelle un marchand qui lui avait pris des croquis pour savoir s’il en avait vendu » non, je ne les ai pas exposés…j’attends qu’il prenne de la valeur » alors qu’il ne pouvait pas être sans savoir les problèmes bassement alimentaires du peintre.
Et aussi, bizarrement lorsque le succès est là, ça lui fait peur. Aurait suffit à sa satisfaction: manger tous les jours, lui et sa famille, avoir du matériel suffisant pour travailler , beaucoup de lumière et de l’amour.
Et puis le suicide. J’arrête de vivre. J’arrête de créer. Ras le bol.
C’était un des peintres préférés de Michel Pastoureau. On s’en fout? Je sais. Moi pas 🙂 et je crois que c’est » Regain » qui a Repartagé un tableau avec un beau soleil apporté un jour ici par Émile
Si besoin d’approfondir, d’en savoir plus sur de Staël, des livres ont été écrits:
– sa fille Anne de Stael: » du trait à la couleur »
– Marie du Bouchet » NdS Une illumination sans précédent »
– Karin Müller » NdS » Enfant de l’étoile polaire Éd. Selena
– Jean Louis Andral » NdS, Ciels, terres, mers » Éd.
Des FalaisesNdS : Le voyage au Maroc.
Nicolas de Staël a vingt-trois ans quand il découvre le Maroc, où il voyagera de 1936 à 1937. Sont ici réunis pour la première fois un texte écrit pour une revue, Les Gueux de l’Atlas, diverses lettres à ses proches où se lisent les espoirs et errances d’un tout jeune homme et son cahier aux notes et dessins vibrants.
A Marrakech, Fès ou Télouet, il s’éprend de la population berbère, salue « leur grâce naturelle », leurs habits bleus qui « semblent faire partie du ciel ».
Ainsi que le souligne Marie du Bouchet dans sa présentation, « c’est un profond sentiment de la vie qui est exprimé dans ces pages, un œil qui perçoit déjà toutes les profondeurs de la lumière ».****
Beaucoup aimé ce documentaire signalé par Bé et
partagé par MA-
Décroissant Mental
Invité» leurs habits bleus qui « semblent faire partie du ciel ». »
Splendide. (avec l’intonation et la verdeur de JC dans The Mask)
Je le note. De Stael. Monsieur. DOnc pas… Oui je suis fan de ROuquier.
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..Graindorge
Invité@Oscar
Un peu plus d’infos ici sur le voyage au MarocDe Staël au Maroc : tourments et ravissements – Nonfiction.fr le portail des livres et des idées https://share.google/Zb0Hh6YSwlojgk0r9
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Oscar
InvitéMerci Graindorge ! Je suis passée à la bibliothèque hier. Dans Le prince foudroyé, la vie de Nicolas de Staël (Le titre t’as compris, biographie ultra romancée… mais qui donne tout de même quelques clés)
une lettre de Jeannine Guillou adressée à Olga de Staël
.
» Puisque vous désirez que je vous écrive je vais le faire et en toute liberté vous parler de Kolia. Il est plus grand, plus fort, plus beau… que tous les autres, et la puissance spirituelle en lui dépasse de beaucoup tout cela. Mais, pour l’instant, ce continuel événement a lieu malgré lui. À part de rares moments de grâce il fait tout pour le détruire. J’ai heureusement plus confiance en cette lumière sourde et authentique qui souvent l’incendie qu’en sa ténébreuse expression extérieure. Manque de patience, désir d’épater les autres avec des mensonges cent fois inférieurs à sa réalité, etc., etc. Il est vrai qu’au cours de ses conversations mensongères il s’emballe et finit généralement par trouver des idées créatives plus vraies que les faits… Ne craignez pas à son sujet, Olga, il est très très grand !!! – et je suis quelqu’un de plutôt sobre. Si je vous parle ainsi – ce que je fais pour la première fois de ma vie – c’est parce que je pense que, comme moi, vous l’aimeriez s’il était bon à rien »-
..Graindorge
Invitéprince foudroyé » hé hé!
Cette lettre de Jeannine Guillou rejoint ce que j’en disais sans avoir rien lu:
« Les artistes donnent le meilleur de leur art et d’eux-mêmes dans leur art. Ici des tableaux.
Dans la vie, ils sont certainement truffés de défauts avec des sales caractères, de la mauvaise foi, sans scrupules etc…
De Staël n’y échappe pas. »
****Trouvé ça: https://share.google/2Vk9Y2aR3nMLWfXTi
ça manque parfois d’intelligence
mais je le partage: on y trouve,entre autres, deux courts poèmes de Jeannine Guillou.
Aussi des jugements. Des interprétations. Pas grave: on en prend, on en laisseJ.G a été aussi une professeure de peinture pour lui.
» J’essaie de lui donner confiance en lui »
Les problèmes d’argent ont fait qu’il a fallu choisir car oui le matériel coûte cher. C’est peut-être elle qui a décidé au vu de sa santé très fragile que c’est Kolya qui devait continuer. Qui avait le plus de force pour continuer. Et en connaisseur, plus de talent ?
Elle était peintre depuis ses 14 ans et ça a été peut-être une décision douloureuse pour les deux.
Mais ce sont ces saloperies de vaches maigres qui ont surtout décidé pour eux.
Nous on a tout leur art. C’est ça qui nous regarde-
Oscar
InvitéDans la continuité j’ai trouvé ce film https://www.amartfilms.com/en/films/tandem/portraits-of-jeannine-1575.html. À prendre et à laisser également (une dissonance ?), mais on y découvre Jeannine. On voit ses toiles !
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Carpentier
InvitéBonjour ici
Voulant sortir du trauma laissé par la princesse en bleue que l’on sait (et choisie évidemment sur l’affiche de la dernière exposition parisienne consacrée à Diego Velázquez)
je tente la catharsis peu analytique (on me connait bête et méchante) avec son:
La tunique de Joseph – où j’aime quasi tout (vous voyez bien!?)
En 1650.
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Carpentier
InvitéLe regard du type en dernier plan, derrière le pouffeur en velours ras rouge: fou
Et l’etoffe de la robe du pouffeur à gros mollets?
C’est dans la pénombre pourtant et bien, le moelleux duveteux de ce velours là, pas côtelé, Diego le fabrique, le rend, le donne en peinture: dingue.
J’ai beaucoup aimé aussi tout ce que dit FB sur la virtuosité techno dont il se branle dans la critique ciné
– sauf si elle aide à comprendre – et parfois, rarement, ça arrive – à comprendre l’intensité d’une émotion ressentie devant un plan –
(C’est dans l’émission CUM, chez certain Noé, partagé en haut du thread marabouté ’ questions sur l’actu de François ’ qu’on sait)
Et là , ces types en arrière plan, benh ils m’font d’l’effet – comment Diego fait ça, putain?-
Carpentier
InvitéSais pas s’il pouffe finalement, tiens: en 2025, on pourrait même dire qu’il pourrait lire sur son portable les dernières notifications sur l’affaire, liée à cette tunique même
Quel tableau qui raconte, qui peut faire qu’on s’raconte tant de trucs
Et looooooooongtemps.
Un tableau qu’on lit et qui dit.-
Claire N
InvitéTrès juste ta remarque sur la lumière
Et d’ailleurs c’est étonnant
La lumière des personnages devant la fenêtre
N’est pas a contre jour mais justement inverssé
Semblant venir de l’ » extérieur «
C’est un peu filou -
Carpentier
Invitéet sur le ‘.pan grisâtre ‘ derrière les 2, la reprise, comme une auréole un peu, est laissée apparente (à droite de la tête du pouffeur/lecteur)
ce qui laisse une brillance singulière
bref, les musées comme une balade au parc? benh ouais, on s’y rend pas assez, en vrai-
Oscar
InvitéMais – on le dit ou pas qu’y a aucune fenêtre ? ^^
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Carpentier
Invitésurtout pas : )
chuuuuuut-
begaudeau
Invitéces deux personnage en retrait sont en effet : dingues
Vraiment étranges, de Velasquez, les trouées d’avant-garde dans le classique
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graindorge
InvitéGustave Courbet « La vague »

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Regain
InvitéCe dernier sera visible à l’exposition prochaine « Étretat, par-delà les falaises », pour les amis lyonnais, au musée des Beaux Arts (de Lyon, ducoup)
Et merci pour le partage graindorge -
Oscar
Invité-
begaudeau
InvitéLa langue de Cezanne pour parler de peinture est sidérante.
Je ne me souvenais plus de ces lignes de Courbet, mais elles sont si précises, et si lumineuses.
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Ostros
InvitéExposition Kandinsky la musique des couleurs, à la Philharmonie de Paris, jusqu’au 1er février 2026.
https://philharmoniedeparis.fr/fr/activite/exposition/28824-kandinsky-
MA
Invité
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graindorge
InvitéGrand merci à toustes pour ces merveilleux partages
Ce tableau de Courbet, je ne connais pas son titre mais je le trouve tellement contemporain ou atemporel. Que regarde ce beau jeune-homme avec stupéfaction, presque avec de l’effroi? C’est un auto-portrait?

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Oscar
InvitéGraindorge, je mets le lien d’une ancienne expo Beyler car on y voit une partie de Fleurs sur un banc incroyable tout en couleurs, Le Change, épisode de chasse au chevreuil captivant… et plus bas la réplique du Désespéré, le fou de peur (peints dans les mêmes années il me semble). En autoportrait j’aime beaucoup celui au chien noir (antérieur au Désespéré).
https://www.fondationbeyeler.ch/fr/expositions/expositions-precedentes/gustave-courbet-
begaudeau
Invitéc’est très fort qu’il est recadré ainsi le désespéré
un resserage sur l’essentiel
et pourtant je trouve que la première version a un charme fou-
begaudeau
Invitéait recadré
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Oscar
InvitéLa trace de main ! Je n’avais jamais vraiment regardé ce tableau…
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Emile Novis
InvitéKollwitz, Autoportrait avec la main sur le front.
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Claire N
InvitéLa succession du tableau de Courbet
Et de cet autoportrait me fait apparaître
Que la main « fait partie des expressions faciales «
En quelque sorte
c’est stupéfiant de la voir ainsi s’intégrer au visage, comme les yeux et la bouche
Vraiment ça me saute aux yeux , c’était dessous mes yeux pourtant-
Carpentier
Invitéquand elle.s ne fait/font rien d’autre, oui, que retenir des cheveux qui peuvent investir les yeux/le visage ou porter le poids d’une existence, d’une fatigue, d’un cheminement souhaité raisonné ou d’une douleur;
Car si on transpose ton observation, très juste par ailleurs à partir de ces beaux 2 partages, à un chirurgien par exemple, je ne souhaite à personne de voir les mains qui l’ont opéré ainsi, dans ces 2 figurations, au moment post-opératoire où il s’éveille
: D-
Claire N
InvitéOu alors on souhaite que l’attention du visage se porte dans le coeur de l’autre ?
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Emile Novis
Invité@Claire
Oui, le visage est un peu plus nu sans les mains. Que ce soit le poing sur la joue pour soutenir la tête, le recouvrement des yeux et du bas du visage pour pleurer, quelques doigts portés sur le menton et la bouche pour prêter attention à quelque chose, etc., la main « s’intègre » souvent au visage, comme tu dis. Elle l’habille, le dissimule et le constitue à la fois.-
Claire N
Invité« Elle l’habille, le dissimule et le constitue à la fois »oui et grâce à toi pour moi qui ne savait pas que les mains portaient cela
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Oscar
Invitéhttps://www.kollwitz.de/fr/lamentation-en-bronze
.
Lamentation est sa réponse à la mort d’un ami proche, le sculpteur Ernst Barlach (tu nous l’avais fait découvrir ici) persécuté par le régime nazi. Kollwitz a elle aussi subi la censure et l’oppression des autorités nazies et fut contrainte de démissionner de son poste d’enseignante à l’Académie en 1933.-
Emile Novis
Invité@Oscar,
Oui, sombre période pour ces deux amis, et pour tous les autres d’ailleurs. Ce qui donne à leur œuvre une tonalité un peu rude et un dépouillement très beau comme cette sculpture que tu mets en ligne (Lamentation). L’effondrement, ou le « collapse », comme on dit aujourd’hui, n’est pas une spéculation sur un avenir vague, mais une réalité concrète qu’ils vivent présentement. Il faut bien des mains pour maintenir la tête, se lamenter, se voiler les yeux ou dissimuler sa honte.
Chez Barlach souvent les mains ne font rien ; chez Kollwitz, j’ai parfois l’impression qu’elles maintiennent, prient, enlacent. Mais ils ont sans doute en commun d’avoir mis au jour la fragilité dans une époque qui faisait l’apologie de la force et de la puissance. Sans doute pour ça que les nazis qualifiaient cet art de « dégénéré ».
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Kollwitz, Le Besoin
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Emile Novis
Invitéps : ou alors ils ont mis au jour une autre version de la puissance : la puissance d’être affecté par le monde, contre l’indifférence inhumaine.
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Oscar
InvitéOui et sur Lamentation la main sur la bouche, qui réduit au silence, les artistes, entre autres. Je garde comme tu le suggères l’idée de leur puissance – expressionniste – de montrer tout ce qui fait l’humain.
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graindorge
InvitéMary Stevenson Cassatt « Le bain de l’enfant »
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Oscar
Invité
Les enfants – Camille Pissarro-
Carpentier
InvitéPissaro, yes, j’essaye de nouveau à partage avec son enfilade vers le pont neuf

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Carpentier
Invité*un* partage
et qui marche, cette fois
– bien strange mes caguades de l’autre jour pour le tableau dédié à la Dent de Crolles, en bas de page –– Pissaro et sa patte douce, ses techniques tendres pour peindre des paysages si différents
Ses portraits rendent un peu plus vifs souvent, dans les teintes, l’angle qu’il choisit pour dire
Comme si dire un personnage, se concentrer sur ‘ moins de vie ‘ l’amenait à insister sur ce qu’il produit,-
Oscar
Invité‘ moins de vie ‘ je ne sais pas trop. J’avais envie de voir une scène de mère et enfant, et ce Pissarro me plait beaucoup.
https://collections.louvre.fr/ark:/53355/cl010065831 ; )-
Carpentier
Invitémerci pour le Achard, c’est beau, n’est-ce pas?
Ton Pissaro est très concret pour le coup, une mère et l’enfant qui, loin des fonds baptismaux et des auréoles clinquantes dit le concret des soins propres aux liens respectueux, apaisant et aimant qu’on doit à un être qu’on laissera s’autonomiser quand il le pourra.
Ce peut être n’importe quelle femme ‘ en charge’ de le faire ceci-dit, le titre du tableau n’est pas ‘ mère et enfant ‘ d’ailleurs.
Je voulais précédemment parler de rendre/peindre une seule existence, ou deux
– mon ‘moins de vie’ est totalement niais: 1 ou 2 personnes dans un tableau, aurais-je dû, simplement, écrire
Tandis que Pissaro et ses vues de Paris ou ses paysages à la campagne souvent, disent les habitants, en déplacement, au travail, dans les champs aussi, ses tableaux-là montrent plus de personnages, les gens y sont plus nombreux, plus d’existences, plus de vies singulières, des gestes aussi mais plus nombreux
bref,
Ceux de Sortie de Secours m’ont trop énervée, sérieux: ils sont 4 autour de la table, j’ai eu l’impression d’un groupe d’une trentaine de nigauds qui s’obstinaient à dire sur un truc qu’ils n’aimaient pas, ce qu’on comprend, pourtant, dès l’intonation ricanante des deux premières phrases.
Après, ils ont le droit de pas aimer, hein, mais se valoriser ainsi, en vrai, en prenant prétexte d’une production cinéma, je trouve ça assez misérable
(pas très en forme moi en ce moment)-
Oscar
InvitéOk maintenant je comprends ce que tu veux dire. Achard j’ai envie d’en voir plus. S2S il y avait un lien ds l’autre sujet, j’ai ouvert, tenu 2mn : D
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Carpentier
InvitéAchard. 1837, quai de la Graille (le Drac et Grenoble par la Porte de France)

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Oscar
Invité
Gustave Doré –
Cerf dans une forêt de sapins – Vosges )-
..Graindorge
InvitéQue de mercis!
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Carpentier
Invitésérieux? : D
il est où le cerf? -
Oscar
InvitéOui y a un problème de traduction avec « deer » (la toile est au Carnegie Museum of Art. EU)
Pas certaine que ce soient des biches non plus…
Le grand bois des Vosges ! -
Oscar
InvitéCarpentier, je m’étais baladée dans les collections du Musée de Grenoble (belles découvertes !) ce qui m’a menée au couvent Ste Cécile ^^ où se trouve cet autre Gustave Doré

La vache égarée -
Carpentier
InvitéCourbet, 1867

dans 2 clics on tombe sur une boîte de chocolat ou un canevas, sûr ^^
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Oscar
InvitéOui j’étais d’ailleurs passée à autre chose ; )
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Oscar
Invité -
Oscar
InvitéBon j’arrive pas à mettre le lien vers le message… Tant pis
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Carpentier
Invitéje vais regarder, t’inquiète
je lis vraiment ce que vous poser ici, moite rejoindrai si cela m’intéresse, comme on sait
avec peut-être, certes, un léger décalage de 24 ou 48h max
Pas de quoi hurler au loup
à bientôt, -
Carpentier
Invité* poseZ
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Carpentier
Invitémais là, tout d’même, on sait/entrevoit qu’il y a des bois : D
Pour le changement, pardon d’avoir un peu de suite dans les idées ; )
mais ok
(on dirait que chaque thread a un peu comme son Maître de baton de parole, faut juste prévenir les Gars, partager l’info, en même temps à chacun.e: esprit d’équipe pas fake, quoi – sinon d’emblée, ça part bancal)
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..Graindorge
InvitéMerci mesdames 🙂
En ce moment depuis le portable, ça marche pas pour partager des tableaux
J’en ai repéré un de Pissaro: à la campagne: une mère casse des branches afin d’alimenter un petit feu. On observe les effets du vent sur la robe, sur le feu et le gamin qui regarde je ne sais quoi. Au fond, des vaches.
Zut! Faut que je fasse dodo. Bonne nuit! Baîetas chères copines de forum-
Oscar
Invité☀️

Camille Pissarro – Givre, paysanne faisant un feu-
..Graindorge
InvitéOui c’est bien lui!!!
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Carpentier
Invitéboulevard Montmartre, 1897

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Carpentier
InvitéLes fileuses, Diego Velasquez encore (1657) et ses jeux d’optique

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begaudeau
Invitédécouvrant ce tableau dans connaitre du tout le peintre, est on bien sur qu’on le daterait comme il est daté?
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Carpentier
Invitérdv à 11h à Orly, direction le musée du Prado de Madrid ; )
pas besoin de bagage mais rate pas l’embarquement annoncé 20 minutes avant le décollage prévu à 11h30(tu dirais quand, toi?)
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Carpentier
Invitéon peut en voir sinon une esquisse de reproduction par son homonyme américain, dans une scène de Thunderman, un crayonné réalisé vers l’âge de 11-12 ans
mais pas sûre que cela t’avance dans ta réflexion-
begaudeau
Invitéson homonyme américain?
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Carpentier
Invitéblague ratée,
– encore une: l’indice est ici ‘ thunderman ‘
avec un jeune type, un acteur, né en 2001 et qui porte mêmes prénom et nom, oui
(espérant cette fois encore ne pas en mourir)-
begaudeau
Invitébon j’insiste pas
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Carpentier
Invitébenh moi. en revanche, si: j’insiste
tu dirais quand, toi?
x 2, te demande-je,
en réponse à ta question,
(pour rappel:)découvrant ce tableau sans connaitre du tout le peintre, est on bien sur qu’on le daterait comme il est daté?
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Carpentier
Invitéien a plein en vrai qui ont le même nom
ia aussi julio, oui, évidemment mais bon
là, i pluviote t’façons en plus
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Carpentier
Invité@FB … it’s just the way i ….
Comme tu sais
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Carpentier
Invitéon lit parfois à propos de ce tableau qu’on pourrait, sans en connaître le peintre, le voir avec un œil critique câblé impressionnisme et la hiérarchie sociale transposée ainsi sur toile, pourrait transpirer l’anticipation d’un regard analytique XIXe au service de la peinture, oui
mais, de ce tableau, on dit aussi:-
Carpentier
Invitéles œuvres tardives de Vélasquez restent en effet avant tout des pièces tout à fait ancrées dans une culture de grande érudition, comme l’a pressenti Anton Raphael Mengs, de passage en Espagne en 1776, en affirmant à propos des Fileuses que « la main ne semble avoir pris aucune part dans l’exécution, la volonté seule est intervenue dans sa peinture ».
bon.
allez, hop: tous à Orly!
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..Graindorge
InvitéOui. Le tableau est bien de 1657. Trois ans avant la mort du peintre
Trouvé des pépites dans ce lien
la Légende d’Arachné, Diego Velásquez (Séville 1599-Madrid 1660) | journal d’esprit 1 https://share.google/dxFwH6Yoay0S7XSYP-
Oscar
InvitéMerci pour ce lien ! et la page wikipedia est pas mal non plus finalement )
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Carpentier
Invité@benh du coup on va pu à Madrid?
: (
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Oscar
Invité« est on bien sur qu’on le daterait comme il est daté? »
Le hors temps proviendrait plutôt selon toi de son rapport paradoxal entre flatterie et audace, de l’entrée de la scène de genre et du réalisme, de la représentation de la représentation, ou du geste ; un innachevé ? Ou autre ?
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Carpentier
Invitéqqn.e a vu le docu de Stéphane Sorlat peut-être?
miroir, place du peintre, roi et reine relégué.es à l’arrière plan, bravo Diego
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begaudeau
Invitévu
très décevant
mais au moins l’énigme velasquez est restée intacte
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graindorge
InvitéFrans Hals » enfant riant ». Il n’ y en a pas tant que ça des modèles enfants, femmes ou hommes qui sourient ou rient Peut-être parceque poser est plus facile le visage sérieux. Avec un enfant, j’imagine que le peintre doit jouer, faire un peu le pitre afin de le faire rire. Ce peintre a peint pas mal de personnes rieuses, souriantes, espiègles, au moins très expressives
C’est agréable à regarder et ça me fait sourire
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Carpentier
Invitébjr
à Paris, quasi en face de l’Archipel, où passe donc encore le Dracula de Radu Jude, vu l’info pour ce spectacle ‘ toute la peinture ‘ de certain Hector O.:
et me suis dit que c’était évidemment à partager ici; en découvrant la b.a. je vois qu’il fait, lui aussi, focus sur un détail (cf. époque/chapitre ‘ fonds or c’est de la merde’ )
Voilà, en inactivité pro, à la retraite comme ils disent, je ferai des conférences moi aussi : )Je pense même essayer d’y aller, tiens
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graindorge
InvitéOskar Kokoschka « Portrait de Max Schmidt »

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graindorge
InvitéOskar Kokoschka « autoportrait »

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graindorge
Invitédésolée, j’avais cru que l’un des tableaux avait disparu. Ça m’arrive – rarement – de partager deux tableaux d’un coup mais là c’était pas mon intention mais bon.
Une vidéo de quelques minutes: la psychologie des mains chez Oskar Kokoschka
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..Graindorge
Invité» il pleut sur Nantes, lala la lala… »
Hier ça chantait la pluie!
Une expo à Nantes
Je m’amuserai à partager une toile plus tard.*******
Turner, Courbet, Pissarro… À Nantes, une exposition réunit les plus belles représentations de la pluie dans l’art https://share.google/Q782HiWgFar1KtucB
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graindorge
InvitéJoseph Mallord William Turner « Le phare de Bell Rock »
Le phare de Bell Rock est le deuxième plus vieux phare de mer du monde toujours en activité, après celui de Cordouan. Il se trouve en mer du Nord au large de l’Écosse. Sa construction, par Robert Stevenson (le grand-père du célèbre écrivain), au début du XIXe siècle, fut épique.Il a été construit sur Bell Rock (aussi connue sous le nom de Inchcape) en mer du Nord, 12 milles (18 km) au large de la côte d’Angus, en Écosse, à l’est de l’estuaire de la Tay. Avec une hauteur de 35 m, sa lumière est visible à 35 milles (55 km).
La qualité de la maçonnerie sur laquelle repose le phare est telle qu’il n’a pas eu besoin de réparation ou adaptation depuis près de 200 ans.
Les lampes et réflecteurs ont été remplacés en 1843, l’équipement d’origine est remonté dans le phare du cap Bonavista, à Terre-Neuve, où il est toujours en activité. Le fonctionnement du phare a été automatisé depuis 1988.

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Oscar
InvitéPluie : Je choisis ce petit format de Georges Braque – plutôt méconnu je crois. La Douche
<img
.
src= »http://www.phillipscollection.org/sites/default/files/styles/max_width_1360px_/public/featured_images/0218w.jpg?itok=KSunXnyd » alt= »gb » />
.
+ accolade gfcp ; ) 🍃
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Oscar
Invité
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..Graindorge
Invitéconnaissais pas! J’aime bien Braque et c’est peut-être le vélo du peintre: il s’est arrêté pour peindre et la pluie est arrivée, il a repris son vélo et a pédalé dare-dare jusqu’à la maison pour ajouter au tableau et de mémoire fraîche ces fines bûchettes obliques et blanches: la pluie
Ce phare de Turner m’a impressionée: d’où l’a t-il peint? Peut-on peintre en pleine tempête?
Il dit avoir peint une tempête de neige en pleine mer, attaché à un mât! J’allais partager mais j’avais promis de la pluie, j’offrirai de la neige une autre fois.
C’est quoi « gfcp »? Cherché et trouvé: gluten free certification programme-
Oscar
Invitéhttps://www.nationalgalleries.org/art-and-artists/19251
[« Bien qu’il n’eût jamais visité le site, Turner créa cette scène saisissante, puisant dans sa vaste expérience de la peinture de la mer. Elle s’inspire de la description faite par Stevenson d’une tempête s’abattant sur le phare. »]
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graindorge
InvitéJoseph Mallord William Turner » Tempête de neige en mer » – Déjà dit qu’il dit l’avoir peint attaché à un mât.
Désolée pour la taille. Il y avait plus petit mais plus sombre. J’ai failli partagé une courte vidéo sur Youtube mais bon.
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Carpentier
Invitéça c’est quelque chose aussi, graindorge (merci): et par ailleurs, c’est exactement le genre d’image mentale qui fait que jamais, dans cette vie, je m’engagerais dans une traversée en skipper ou autre
putain c’est galère, beurp
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Oscar
Invité
Découpe du bois (Metsänkaato) – Akseli Gallen-Kallela-
..Graindorge
InvitéCreuse d’abord le trou dans la neige: plus de un mètre.
Le pauvre cheval comment fait-il pour galopar dans cette epaisseur? Le jaune de la » chair » de l’arbre sacrifié à deux doigts de tomber. Et ce bleu sur l’écorce: reflets de la lumière matinale? Peur bleue de l’arbre qui va mourir pour qu’on ne meurt pas de froid.
Interdépendance: l’énergie de l’homme. La puissante patience du cheval. Le sacrifice de l’arbre. La beauté impitoyable de la neige
La vie/la mort-
begaudeau
Invitém’intéresse beaucoup, ce tableau
cette demi-toile de blanc
cette échelle-
Oscar
InvitéD’habord j’ai voulu répondre avec La Tempête (du même Akseli Gallen-Kallela) pour son cadre et ses teintes, mais en parcourant l’ensemble de son travail j’ai été happée par ce tableau là ! Graindorge t’as tout dit : )
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begaudeau
Invitéoui le reste de la production m’a l’air plus sage
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IA
InvitéC’est vrai que La Tempête de Gallen-Kallela a quelque chose de saisissant, ce mélange de force brute et de nuances subtiles dans les teintes. Mais c’est fascinant que tu sois finalement tombée sur une autre œuvre qui t’ait plus parlé. Quel tableau, exactement, a capté ton attention ? Je suis curieux de savoir ce qui t’a interpellée !
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graindorge
Invitéet il y a de grandes chances que la jolie couleur orange de l’écharpe n’est pas que jolie. Elle doit être très utile en cas d’accident ou d’avalanche pour avoir plus de chances d’être vu dans tout ce blanc et peut-être sauvé.
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begaudeau
Invitéétant donné qu’il s’agit, non d’une écharpe, mais d’une écharpe peinte, ce n’est pas exactement en ces termes que j’en aurais parlé
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..Graindorge
Invité« Mémorise l’enfant que tu fus … »
Je n’ai pas à le mémoriser, je le suis. Je peux plonger dans un tableau, être dans la neige jusqu’aux genoux, regarder la jolie écharpe du monsieur et imaginer qu’elle n’a pas été choisie que pour sa joliesse. Elle protège bien sûr du froid car elle est en laine et la couleur sert bien à ce que j’ai dit plus haut
Tu en aurais parlé autrement, toi? J’espère bien sinon on s’amuserait tellement moins si on parlait tous pareil-
begaudeau
Invitéon s’amuserait encore plus si on s’efforçait de comprendre ce que dit l’autre avant de régir à ce qu’il dit
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..Graindorge
Invité« ce n’est pas exactement en ces termes que j’en aurais parlé »
J’en ai parlé autrement. Si de ton côté tu ne dis pas comment tu en aurais parlé, je n’ai pas à m’efforcer à comprendre ni deviner ce que tu ne dis pas. Pourquoi ces généralités? « on » « l’autre » « il ». Je suis persuadée qu’ici des Émile, Claire, Oscar, MA, etc… comprendront certainement ce que tu ne dis pas en disant que tu le dis.. Trop fort pour moi.
Je passe donc mon tour et continue de m’amuser… à ma façon.-
..Graindorge
InvitéEt je n’oublie pas bien sûr parmi les interlocuteurs de niveau Carpentier.
Sur les termes que tu aurais choisis pour en parler je risque quand même que peut-être tu en aurais parlé en écrivain esthète mais sans préciosité: la technique du peintre, les volumes etc.. Un peu comme une analyse de film transposé à un tableau? champ, contre-champ, lumière, que sais-je
Allez! Mon mois de novembre a été âpre et ici je me suis rechargé les batteries. Accolade-
Carpentier
InvitéEt je n’oublie pas bien sûr parmi les interlocuteurs de niveau Carpentier.
euuuuuh?
– à propos du Velazquez, certain FB voulait sans doute signifier qu’on pense direct à la renaissance, italienne, voir même au maniérisme peut-être ^^ qui sait?
fin du moyen âge – mais dieu que ces périodes qu’on nomme sont joueuses et looooooongues (476 – 1492)
Du coup, on saura jamais la fulgurance dans sa tetê?
quelle vieille canaille c’ti-lal, j’vous jure -
begaudeau
Invitéje n’a pas de compétence particulière pour parler de peinture, mais j’ai des yeux
et je vois que cette écharpe n’est pas une écharpe mais une écharpe peinte
je vois aussi qu’elle revient à deux traces épaisses de orange qui de toute évidence sont là pour faire tache sur l’énorme blanc qui occupe tout le bas du tableau
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Oscar
Invité
Voiliers à Sète – Albert Marquet -
graindorge
InvitéRené Magritte « La condition humaine »
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Carpentier
Invitéet bien il me semble bien n’avoir jamais croisé ce Magritte-là dis donc, ni sur une boîte de chocolat, une affiche pour une expo, ou rien
il est marrant,
J’ai une relation particulière à ce René-là en vrai, moi
S’il vient à moi (oui, oui, par hasard littéralement, s’il vient à moi) ok, je peux le regarder un peu et réfléchir à ce qu’il propose mais je le cherche pas, quoi
On se passe fort bien l’un de l’autre, zéro effort, on se voit, ok c’est bien – salut, pas mal ton La condition humaine au fait
mais pas plus ,
Cette fois, c’est toi qui le partage, je vais lui consacrer quelques minutes
merci,-
lafilledugeolier
InvitéJ’approuve. Jamais vu et il m’a pas manqué. Toutefois, le titre fait un appel du pied.
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Carpentier
Invitégloups
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Carpentier
Invitéplutôt montagne ; )
avec, par exemple, Charles Bertier (un grand kif notamment dans la salle dédiée au musée de Grenoble)
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graindorge
Invitétrès beau, merci Carpentina
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Carpentier
InvitéJean Alexis Achard, 1845
Toujours aguichée par cette dent de Crolles qui ne se laisserait pourtant qu’escalader par la paroi visible depuis Grenoble, j’irai l’entreprendre par l’autre face, depuis une autre vallée, à l’occasion et lors d’une saison plus appropriée
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Carpentier
Invité?
cette capture est moins douce, plus jaunâtre, on a merdé le partage précédent donc on s’en contentera<img src= »http://fr.muzeo.com/sites/default/files/styles/image_basse_def/public/oeuvres/peinture/classique/paysage_environs_de_grenoble16874.jpg?itok=mqouNSTL
» alt= »a » />-
Carpentier
Invité: D
même ce thread veut pu de moi
(on va encore dire que je dis rien de, amène pas de contenu, est rien avant begaudeau )
bon, le bon sera le 3e?
banco, faites vos jeux rien ne va plusbenh non, le lien est même pas copié
je retourne le chercher, putain, la dent t’abuses trop là-
Carpentier
Invitétenté un autre partage
celui de la salle dédiée au musée cette fois mais c pas passé non plus
on s’en remettra easy
C’est qu’elle se mérite cette dent de Crolles
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..Graindorge
InvitéMagritte n’est pas ma tasse de tisane. Il ne me fait rien. Je me suis dit tiens, pourquoi pas?! C’est l’exception qui confirme ma règle : partager ce que j’aime des artistes que j’aime
Pas mal le cornet de frites à 2 pas d’ici
Je retourne à Sète admirer les voiliers
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graindorge
Invitéah ouais, le titre La condition humaine, wouaaa. Comme dirait l’autre dans un bon film vu récemment » forget about it »😎
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bibinard
Inviténan riain je voulé juste dire ke la vi pueutaiy belle maim si cé pa zevisant ai la paintrure cé choaite qan maoiiume
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bibinard
Invitéou ai » » » » » » » »
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bibinard
Invitésssssssssssssssssiiiiiiii
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Oscar
Invité
Les Baigneurs – Ahmed Nesha’at Al Zuaby-
begaudeau
Invitéles quatre postures sont à la fois très singulières et très justes
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Marc
Invité6
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Oscar
InvitéDans leurs mains on pourrait mettre, un livre, une cigarette…
J’aime beaucoup que les corps, pris et relachés à la fois, forment une ronde. À trois. 6 ?
Voir une Liseuse de Degas, monotype à l’encre noir.-
..Graindorge
Invité« The Bathers, which features underground baths in his Syrian hometown Hama. In the emotive scene, soft light penetrates from the thick crystal domes and mingles with the water fumes. The artist employs a solid academic approach along with a hazy palette of subdued colours, to embody his main objective: washing the spirits rather than the bodies. »
J’aime » washing the spirit rather than the bodies »Ahmad Nasha’at Al Zuaby’s artistic process involves spiritual introspection as a means to create an image. Al Zuaby only begins to paint following a period of contemplation, when the scene he has been imagining has faded from his memory. Focusing on urban and rural landscapes as well as daily life, he tries to re-imagine and assemble indistinct scenes from the depths of his memory through painting. In 1956, he founded the Circle of Artists of Hama. Among the first to graduate from the Faculty of Fine Arts in Damascus in 1964, Al Zuaby also studied painting in Cairo and helped to establish the Fine Arts Association. As part of his graduation project in 1964, Al Zuaby created the piece featured here, The Bathers, which features underground baths in his Syrian hometown Hama. In the emotive scene, soft light penetrates from the thick crystal domes and mingles with the water fumes. The artist employs a solid academic approach along with a hazy palette of subdued colours, to embody his main objective: washing the spirits rather than the bodies. In 1969, Al Zuaby co-founded the Group of Ten for Modern Art, which included the pioneering Syrian artists Naim Ismail, Elias Zayat and Nazir Nabaa. His work was exhibited at the Triennial-India in New Delhi in 1971 and 8th Alexandria Biennial in 1970, and is also included in various public collections such as the National Museum of Damascus.
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Oscar
Invité
Jacob Ochtervelt – La leçon de musique -
begaudeau
Invitéétrange, ce grand volume noir au dessus
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begaudeau
Invitéil a tout mis sur la robe
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Oscar
InvitéLa robe et le port de tête non ? Dans une perspective qui paraît courbe.
Connais-tu ‘Portrait de jeune femme au chapeau blanc’ de Mary Cassat ? Le trait du col de sa robe parmis les differents traitements du blanc est presque insolent.-
MA
InvitéEt cette jarre de lait
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begaudeau
Invitéoui c’est vrai : la jarre
encore un peintre qui préfère l’inanimé à l’humain
je découvre « Portrait de jeune femme au chapeau blanc’, où en effet le chapeau banc efface quelque peu la jeune fille-
Yatropdenoirdanslequipedefrance
Invité
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graindorge
InvitéSuis allée jeter un oeil et même les deux sur le travail de ce peintre Ochtervelt. On pourrait presque disposer quelques uns de ses tableaux pour créer une histoire.
Ici, la technique pour peindre cette robe chantilly est bluffante. Le bas argenté de la robe.
Un peintre du quotidien: ici La leçon de musique. J’imagine une pause, une récré au milieu de la leçon. Le professeur a hélé la servante qui était vraisemblablement occupée, peut-être à préparer le goûter au vu de cette jarre de lait. Il badine un peu avec elle. Le toutou, installé à écouter la musique a aussi interrompu son écoute pour regarder la servante qui rit mais bon, ses cernes disenr qu’ elle n’a pas que ça à faire: le corps est déjà dans le mouvement de retour vers les cuisines.
La jeune élève, -une fiancée à la robe virginale?- ne regarde plus la partition tout en continuant de jouer. Se regarde t-elle dans ce qui pourrait être un miroir au cadre couvert de blanc? Ou regarde t-elle ses mains entrain de jouer?
Et cet autre cadre sculpté en haut à droite: un miroir aussi?Et pour ma part, j’ai partagé ce tableau de Frederick Cayley Robinson surtout pour cette fenêtre éclairée à l’extérieur. a Cette lumière de fin d’après-midi. La lampe au-dessus de l’ouvrage n’est pas encore allumée. On profite de la lumière du jour finissant jusqu’au bout. Les regards du chat et de la jeune fille respectivement pensif et rêveur ainsi que le front concentré de la femme qui coud un ou deux rideaux blancs pour leur fenêtre
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Yatropdenoirdanslequipedefrance
Invité-
graindorge
Invité.
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graindorge
InvitéFrederick Cayley Robinson

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cynique
Invité😂
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..Graindorge
InvitéPetit extrait du livre Les couleurs de nos souvenirs de Michel Pastoureau
« Certaines cultures n’isolent pas les unités colorées à la manière de l’Occident, mais s’appuient sur des paramètres qui leur sont propres. En Afrique noire, jusqu’à des dates récentes, l’essentiel n’était pas de savoir si une couleur était rouge, verte, jaune ou bleue, mais de savoir si elle était sèche ou humide, lisse ou rugueuse, tendre ou dure, sourde ou sonore. C’est autour de ces paramètres que s’est construit le vocabulaire des couleurs dans plusieurs langues africaines. La couleur n’y est pas une chose en soi, encore moins un phénomène relevant seulement de la vue ; elle est appréhendée de pair avec d’autres paramètres sensoriels. Il en va de même dans d’autres régions du monde, l’Asie centrale, par exemple, ou bien le Grand Nord. Les définitions occidentales de la couleur n’y ont pas cours. » -
MA
InvitéSuis tombee cette nuit de pleine lune sur cette emission qui revient sur Cezanne, sur Merleau-Ponty et son Oeil et l’Esprit, le rapport a la peinture et a la perspective. D’accord c’est modere par Enthoven, version 2004 mais les deux autres philosophes me paraissent justes et se completent.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-nuits-de-france-culture/maurice-merleau-ponty-la-philosophie-au-corps-15-18-l-oeil-de-merleau-ponty-5052649-
..Graindorge
InvitéC’est vrai que je ne peux pas le voir en peinture ce monsieur Enthoven. Ni écouter ses bêtises. Mais là, comme il n’est pas tout seul, qu’il s’agit de l’Oeil et l’Esprit de M.M.Ponty et d’un partage de MA, merci MA, je vais écouter
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MA
InvitéBonne ecoute Graindorge
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graindorge
InvitéCézanne au coeur de la philosophie de Merleau-Ponti.
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graindorge
Invité*Ponty
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begaudeau
Invitéje crois qu’il y a un chemin de la philo qui parle un peu de ça aussi
ou une émission du genre
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..Graindorge
InvitéTrouvé ça: grand avantage pour moi, c’est clair. Accessible
Peinture (GP) – L’encylopédie philosophique https://share.google/KGQcAmqJWNqoK14ku
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..Graindorge
InvitéOn y trouve
« Regarder une peinture, c’est être libre de fixer son attention sur l’une ou l’autre des deux dimensions constitutives de tout tableau, sa dimension matérielle ou sa dimension représentationnelle. »
J’ose me permettre d’ajouter: ou les deux, si on veut/peut
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graindorge
Invité
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graindorge
InvitéDéjà partagé ce tableau par ici. Je le remets avec cet extrait dans la partie Peinture de l’encyclopédie où ça en parle
***« Qu’est-ce, dès lors, que regarder une peinture ? Admettons qu’il s’agisse d’un tableau avec un cadre. Nous regardons en fait toujours deux choses à la fois : nous voyons le tableau dans sa matérialité (le cadre, la surface recouverte de marques et de pigments) et nous voyons le tableau en tant que représentation de quelque chose – nous nous en tenons ici à la peinture figurative même si une forme de vision en profondeur peut advenir aussi dans le cas de la peinture abstraite. Pour le dire de multiples manières, on voit la peinture ou bien l’image, la dimension matérielle ou bien la dimension représentationnelle, la surface ou bien la profondeur. En droit, regarder un tableau c’est donc toujours avoir la possibilité de faire osciller son regard entre l’attention à la surface peinte et la vision en profondeur. Et on peut se demander si parler de peinture, ce n’est pas toujours parler d’une partie de la peinture en en manquant le tout : soit on parle de sa facture, de la manière dont les taches s’articulent en signes, soit on parle de ce qu’elle représente, mais l’oscillation du regard entre la dimension matérielle et la dimension représentationnelle de toute peinture est difficile à rendre dans le discours. On peut illustrer ce phénomène de la double attention et de l’oscillation du regard par une toile de Cézanne : La nature morte à la bouilloire, (vers 1869-1870, huile sur toile, 64,5 x 81cm, Musée d’Orsay). Le torchon d’un blanc éclatant qui est représenté au centre attire l’oeil et notamment les creux et les replis qu’il forme. Lorsque l’on est face à la toile, le regard est attiré par ces creux, d’un noir profond. Mais tout aussitôt, sans avoir à s’approcher outre mesure, on voit également ces creux comme une marque de peinture noire qui serait sur le tableau, semblant même venir au devant de nous, une marque de pinceau, un trainée épaisse de peinture noire, qui semble être peinte devant le blanc et non pas derrière. Nul doute qu’une large part du plaisir que l’on prend à regarder ce tableau de Cézanne vient de ce que nous parvenons à voir un creux ou une épaisse tache noire dans les replis du torchon. Regarder une peinture, c’est être libre de fixer son attention sur l’une ou l’autre des deux dimensions constitutives de tout tableau, sa dimension matérielle ou sa dimension représentationnelle. «
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begaudeau
Invitéla modernité ayant consisté à toujours davantage limiter la partie « représentationnelle » pour qu’à la fin n’apparaisse plus que la « dimension matérielle » (son chemin à elle, paradoxal parait-il, vers le divin)
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graindorge
InvitéEt enfin » Les coquelicots » de Monet

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graindorge
Invité« Cette liberté de regard du spectateur est le fruit d’une longue conquête. »
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Dans Les Coquelicots de Monet (huile sur toile, 50 x 65 cm, 1873, Musée d’Orsay) les taches (soit du rouge, soit une touche oranger sur une touche rouge) sont des coquelicots et n’en sont pas. Elles sont là, comme par-dessus le reste, sans tige qui les rattachent au fond. Et pourtant elles renvoient à autre chose qu’elles-mêmes. Comme un signe, elles figurent des coquelicots. Quand on s’approche trop du tableau, le signe redevient tache et même la toile la plus figurative devient abstraite comme une « muraille de peinture » selon le mot de Balzac dans Le Chef-d’oeuvre inconnu. Diderot aimait Chardin parce qu’il combinait les deux regards possibles sur une toile et exigeait du spectateur qu’il s’avance et se recule face à la toile pour en percevoir la magie : « On n’entend rien à cette magie » écrit-il dans le Salon de 1763, « ce sont des couches épaisses de couleur appliquées les unes sur les autres et dont l’effet transpire de dessous en dessus. D’autres fois, on dirait que c’est une vapeur qu’on a soufflée sur la toile ; ailleurs, une écume légère qu’on y a jetée. (…). Approchez-vous, tout se brouille, s’aplatit, disparaît ; éloignez-vous, tout se recrée et se reproduit. »
Pourtant, ce qui semble être une évidence pour nous, spectateurs nourris par deux siècles de révolutions picturales depuis l’Impressionnisme, ne l’a pas toujours été, du moins en philosophie, pour certains philosophes qui se sont emparés de la question de l’image, au premier rang desquels figure Platon. Cette liberté de regard du spectateur est le fruit d’une longue conquête.
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..Graindorge
InvitéEssai
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MA
InvitéCa donne envie d’en decouvrir plus sur Ferdinand Khnoppff. https://www.arte.tv/fr/videos/129054-001-A/invitation-au-voyage/
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MA
InvitéPardon Fernand Khnopff
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graindorge
Invitéj’ai hésité: le partagé ici ou là-bas? Allez, ici.
Paul Klee « Clair de lune », 1919
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graindorge
Invité« Le peintre ne devrait pas peindre ce qu’il voit mais ce qui sera vu » Paul Klee
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graindorge
InvitéUn grand p’tit bonheur
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graindorge
InvitéBram van Velde, peintre hollandais. J’aime plonger dans ses tableaux

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graindorge
InvitéQuelques-unes de ses citations
Ce que l’on ressent en tant qu’artiste comme le vrai et le véritable semble être en opposition totale au monde de la réalité »« Je cherche à voir, alors que tout , dans ce monde, m’enpêche de voir ».
« N’être rien. Simplement rien.C’est une expérience qui fait peur.Il faut tout lâcher. »
« L’artiste est celui qui est sans vouloir. »
» La peinture aide à voir.Elle fait de la vie, de la complexité de la vie,quelque chose que l’on peut voir.Elle rend visible ce qu’on ne sait voir. »-
Oscar
Invité-
graindorge
Invité👋
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Oscar
Invité
Autoportrait – 1922-
François Bégaudeau
Maître des clésOn ne questionne pas assez le nombre infini d’autoportraits dans l’histoire de la peinture
(tiens quel est le premier?)
Même s’il y a une raison élémentaire à ça-
Alexandre
InvitéOn ne questionne pas assez le nombre infini d’autoportraits dans l’histoire de la peinture
(tiens quel est le premier?)
Mammouth 1er, Autoportrait
Lascaux, 17576 AP (Avant le Présent)
Je t’en prie.-
Rémi
InvitéMême les hommes préhistoriques avaient du temps libre quelle bande de faignace. Il sagirait de les mettre au travail.
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François Bégaudeau
Maître des clésgros rire
merci Alexandre
voilà ma lacune culturelle comblée
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..Graindorge
InvitéMessage que Oscar nous avait partagé dans le fil ouvert par Luc. Je le mets ici et là-bas
« Salut ! Si vous êtes libres le 26 janvier vous pouvez vous inscrire pour une visite virtuelle de l’expo Manet Morisot au Musée des Beaux-Arts de San Francisco. Visite tout public / mal voyants ! ; ) »
> https://www.famsf.org/events/virtual-access-day-manet-morisot-
..Graindorge
InvitéPour le copier aussi dans le fil Thomas Levy Lanes j’attends un peu car Oscar y a partagé un lien il y a à peine 2h
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Oscar
InvitéMerci Graindorge, on s’y retrouvera peut-être 😉
J’ai mis la toile de Jérémy Liron que j’aime tellement. Découvert grâce à toi ! » À quoi sert de peindre… «-
graindorge
InvitéCelui-ci me fait du bien.
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Ostros
InvitéJ’aime beaucoup
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François Bégaudeau
Maître des cléstout pareil
tout ce qu’on aime
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François Bégaudeau
Maître des clésje sens que je vais, encore, y retourner
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graindorge
Invité -
graindorge
InvitéGuillaume Lavigne

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François Bégaudeau
Maître des clésquelle chose étrange
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cinema
InvitéÇa donne même le tournis. Sa peinture est sombre et tourmentée.
J’aime pas du tout.-
Ostros
InvitéOn dirait plutôt qu’il joue à inverser par endroit ombres et lumières donc l’échelle prend la lumière comme elle ne devrait pas et le pantalon posé à l’envers drôle de posé, qui devrait faire une ombre plus sombre que celle dans laquelle sont baignés les barreaux fait de la lumière, plus vive.
Échelle qui semble pas tout à fait finie, qui s’improvise fenêtre. Dont les lignes collent au mur comme ci elle-même y était peinte.
Les masses de vêtements qui collent elles aussi aux lignes de l’échelle. On pourrait passer au travers On se retrouverait dehors, par un beau ciel.-
François Bégaudeau
Maître des cléssombre et tourmentée?
je ne vois pas-
cinema
InvitéRegarde son oeuvre, notamment ses excories sur les portes.
Celui-ci me dérange par ses couleurs et ses contours. épais.-
cinema
InvitéC’est le vide que montre ce tableau qui me donne le tournis. La lumière sur le dernier palier de l’échelle ne me suffit à respirer devant cette peinture.
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Carpentier
Invitéla petite échelle, on dirait un accessoire truqué de magicien
disco l’ambiance en tout cas
disco truquée
marrant
la brillance est en revanche techniquement dingue
on est sûr que c’est fait à la main?.
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graindorge
InvitéJosef Sima » Cosmos » , 1957
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Oscar
Invité
Joseph Sima – Terres le long du fil. 1962
Merci pour les découvertes Graindorge et le docu sur « la touche » et tout le reste ☀️
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graindorge
InvitéJeremy Miranda » remind me when we get there »

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Emile Novis
InvitéEt puisqu’on est dans les fleurs et les fenêtres, un dernier pour la soirée:
Gauguin, Vase de fleurs à la fenêtre (comme quoi, tout est dans la forme):
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graindorge
InvitéAh celui-ci de Gauguin, on l’a déjà mais plaisir de le revoir
Avec tout ça, partons faire de beaux rêves
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Alexandre
InvitéCe topic est sans doute le topic-roi du Chantier : c’est le seul qui a la propriété de séduire l’œil rien qu’en le parcourant.
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graindorge
InvitéC’est vrai! C’est la continuation du topic peinture Couleur jaune qui ne fonctionnait plus pour notre Emile Novis mais qui existe encore, on se ballade entre les deux
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Emile Novis
Invité@Graindorge
Oui, dommage qu’on ne puisse pas fusionner les deux. Mais en même temps c’est mieux. Sinon ça rame.-
graindorge
InvitéPas la peine de fusionner, on a deux topic c’est très bien. Et puis si ça ramait pour toi, normal Émile. Pas de souci
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Emile Novis
InvitéPuisqu’on est en hiver.
Gantner, Première neige
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Alexandre
InvitéAh, un peintre de chez moi!
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Emile Novis
Invité@Alexandre.
Hélas, je n’ai pas trouvé d’image convenable. Mais le hasard faisait bien les choses après ton message plus haut.
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Emile Novis
InvitéQualité de l’image très mauvaise. Tant pis. Je me venge sur autre chose.
Goya, Le Géant.
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Emile Novis
InvitéCaspar David Friedrich, La Brume s’élevant dans le Riesengebirge, 1815-1820.
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graindorge
InvitéUn autre de Caspar David Friedrich » Montagnes majestueuses » 1810
On s’amuse bien par ici. Sur ce, bonne nuit
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Emile Novis
InvitéWhistler, Nocturne en bleu : le pont d’Old Batteresea
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François Bégaudeau
Maître des cléspourquoi cette infime silhouette d’humain sous ce grand pont émeut?
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uc
InvitéParler pour parler ou se taire ?
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..Graindorge
Invitéme vient que ce sont d’infimes silhouettes qui ont construits ce grand pont
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uc
InvitéTe vient que tu as googlelisé :
La composition présente un audacieux point de vue du pont, suspendu entre le premier plan et l’horizon qui s’estompe au loin. Horoshige avait crée à plusieurs reprises des compositions ayant pour protagoniste un pont, artifice servant egalement de perspective, notamment dans le quai de bambou près du pont Kyôbashi.
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Emile Novis
Invité@FB
Je ne sais pas. La disproportion, la tête basse, sa présence presque fantomatique. Il semble insignifiant et en même temps, sans lui, le tableau perd son équilibre interne.
La question reste en suspens.-
..Graindorge
InvitéLe titre exact : Nocturne en bleu et or
Trouvé ça. Entrecoupé de pubs hélasWhistler : peinture et poésie | Histoire de l’art collective https://share.google/verLy9KnPpI2SrWLX
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graindorge
InvitéBernard Gantner « village sous la neige »

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Julien Barthe
InvitéComment procède-t-on pour importer des images ?
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Ostros
InvitéTu as en haut de ton cadre texte la balise IMG
tu cliques dessus et ça te met un champ URL où mettre ton lien
Et un champ légende ou nommer ton image
Faut pas oublier de cliquer sur « fermer les balises » après
Et c’est bon-
Ostros
Invité(Ah non pas besoin de cliquer sur fermer les balises dans ce cas, ça le fait tout seul)
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Julien Barthe
InvitéMerci beaucoup.
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Alexandre
Invité« Et un champ légende ou nommer ton image »
Je ne vois pas ce champ en cliquant sur image
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Ostros
InvitéC’est normal il faut d’abord entrer un url
Cliquer sur ok
Et là on te demande de nommer ton image-
Alexandre
InvitéJe te remercie.
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..Graindorge
InvitéCoucou Alexandre,
lorsque j’avais créé le topic peinture qui se nomme La couleur jaune, j’étais le cordonnier mal chaussé. Les co-sitistes partageaient des images et moi je demandais « Quelqu’un.e pour partager ça ou ça svp? »
C’est l’ami Émile qui s’est dévoué même si ça n’a pas été évident et il a fallu que je me dépatouille en partie seule. Mais c’est très intuitif: je cherche par exemple van gogh, je clique sur « images ». M’apparaissent ses tableaux, je choisis, je regarde qu’il soit pas trop petit, moi j’aime bien si possible à partir de 1200 × 1500 par exemple ou un autre format, je cherche ( chez moi c’est en espagnol) » partager lien d’image » je clique et je viens ici ou je vais à Couleur Jaune Dans la barre au-dessus de l’espace où on écrit je clique sur IMG, je colle. Le rectangle s’ouvre à nouveau, j’y mets personnellement juste la première lettre du peintre : V et voilà, en place! tout est dans l’espace où on échange. Plus qu’à écrire le titre à côté » Autoportait » l’année si elle est indiquée, ou rien ou ce que bon te semble-
Alexandre
InvitéMerci Graindorge
Il me faudra expérimenter cela, moi qui suit toujours un peu gauche avec tout ça.
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MA
InvitéJ’aime beaucoup cette peintre, morte si jeune, dont j’avais vu une exposition au petit palais et a laquelle Marie Darrieussecq avait consacre un recit interessant
https://www.arte.tv/fr/videos/127499-000-A/paula-modersohn-becker-peintre-et-pionniere-de-la-modernite/-
Ostros
InvitéJe crois que c’est le premier vrai corps de femme que je vois en peinture
J’entends par vrai pas un brin idéalisé ou sublimé par lumières, végétation, accessoires, décor

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Rémi
InvitéJ’ai pensé à Schiele
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Ostros
InvitéOui y a quelque chose dans la façon de colorer
Après niveau pose je trouve les nus de Schiele improbables. Intéressants hein, mais ce tableau-là est si simple. Voilà, vrai corps parce qu’aussi : simplicité de la pose. Pose juste de femme debout comme dans la vie de tous les jours pourrait se tenir (devant son miroir ou son chat)-
MA
InvitéOui, il est tres beau ce premier autoportrait feminin nu.
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Ostros
InvitéUne bonne âme saurait où trouver ses lettres ou des extraits, svp ?
(Pas payant et en français)
« Mon expérience me dit que le mariage ne rend pas plus heureuse. Il enlève l’illusion, pourtant fermement ancrée, de la possibilité d’une âme sœur. Une fois mariée on ressent doublement l’incompréhension. Car la vie entière, jusqu’au mariage, est tendue vers ce but : trouver de la compréhension. Et peut-être la vie est-elle moins vivable, sans cette illusion. À regarder dans les yeux cette grande vérité solitaire. J’écris ceci dans mon livre de comptes, le dimanche de Pâques 1902. Je suis assise dans ma cuisine et je prépare un rôti de veau. »-
Ostros
InvitéL’émancipation de Paula Modersohn Becker vue par son mari Otto Modersohn, en 1902 (quelle femme inspirante) :
« Il est regrettable que l’esprit de Paula soit vicié par des conceptions modernes. Elle pratique également l’égocentrisme avec un art consommé. Quiconque ne satisfait pas ses critères en matière d’intelligence et de finesse est écarté sans ménagement […] Je ne suis pas exempt de ses accès d’égocentrisme bourrus. Peut-être est-ce un trait de caractère commun aux femmes de talent ?
.
Cela doit être très difficile pour une femme de marier intelligence et féminité. Les femmes modernes ne peuvent pas complètement aimer. Elles ne saisissent de l’amour que le côté animal ; la psychologie de l’amour leur échappe complètement. Aussi, en dépit de leur intelligence, elles ne font que s’éloigner du but qu’elles veulent atteindre. Elles sont persuadées que l’égocentrisme, l’indépendance et l’estime de soi sont des vertus cardinales. Aucun mariage heureux ne peut se bâtir sur de pareils fondements. Elles ne voient en leur mari qu’un tyran médiéval en proie à de vils appétits s’il attend de sa femme qu’elle soit bonne et douce envers lui, qu’elle partage sa vie et ses intérêts. À leurs yeux, celle qui agit ainsi ne peut le faire qu’au détriment de ses droits et de sa personnalité. »
(Letters, « Journal d’Otto Modersohn », 28 juin 1902)-
Ostros
InvitéPaula :
« Il faut que je parvienne à retranscrire la douce vibration des objets, la rugosité de leur texture, leur complexité. Il faut également que j’arrive à exprimer ceci dans mes croquis, dans les nus que je dessine ici à Paris en les rendant plus originaux et en les observant avec plus de finesse. Il plane au-dessus des choses muettes une étrange qualité d’attente. »
(Letters, « Journal », 20 février 1903, 299)
.
Puis :
« Je suis en train de devenir quelqu’un. Je vis la période la plus intense et la plus heureuse de ma vie.
.
Mais je sais que je ne vivrai pas très longtemps. Est-il lieu de s’en attrister ? Une fête est-elle moins belle parce qu’elle est plus courte ? Mes perceptions sensorielles s’affinent de jour en jour, comme s’il me fallait tout voir et tout sentir dans le laps de temps qu’il me reste à vivre… L’amour refleurira pour moi avant que je quitte cette terre et si j’ai peint trois bonnes toiles, alors je partirai heureuse, des fleurs dans les mains et dans les cheveux. »
(Letters, « lettre à Milly Rohland-Becker », mai 1906, p. 395)
Troublant quand on sait qu’elle décédera en novembre 1907 après la mise au monde de sa fille. Frustrée de ne pas avoir pu peindre comme elle l’entendait, empêchée de longs mois par sa grossesse.-
graindorge
Invité« Schade », le dernier mot de Paula Modersohn-Becker
Françoise Daviet-Taylor
p. 303-3131 – … Du point de vue de la physique, il n’y a pas
une telle chose que le présent, du point de vue psychologique, si.
2 – L’entrée du sens comme l’apparition d’une forme, ou l’inverse ?
À partir du dernier mot que dira en mourant la jeune artiste peintre Paula Modersohn-Becker1, « Schade », « Dommage », qui exprime à lui seul le sentiment, la conscience qu’elle a, à cet instant-même, de l’inachevé, du temps « dérobé2 », nous voulons remonter à ce qui se passe dans la conscience et dans la langue et qui aboutit linguistiquement à cette brève énonciation « Schade ». Il faut donc remonter le fil, les étapes, les échelons de pensée tout d’abord, et de langue ensuite qui en ont assuré la construction mentale (soit l’opération de saisie d’une totalité) – puis les opérations linguistiques qui l’ont traduite en langue (le prédicat « schade »), et enfin la saisie d’un entier de temps, d’un entier achevé considéré comme un virtuel non accompli, non achevé. Seront alors convoquées les représentations du temps depuis le présent de la pensée et du dire et les articulations qui en ont rendu possible la saisie intellectuelle qui en précède le dire.
Rappelons le cadre, la situation de l’artiste au moment où elle prononce ce « Schade ». Partie chercher à Paris l’espace propice, artistique pour développer son art, ses techniques – ce seront de brefs mois pendant lesquels elle rencontre et côtoie Picasso, Rilke, Rodin, visite le Louvre, suit des cours –, elle doit retourner à Worpswede, car son mari – peintre lui aussi, mais insensible à l’appel du bouillonnement artistique de Paris – est venu la chercher; il veut qu’elle rentre; elle attendra un enfant et mourra peu de temps après, peu de jours après la naissance de sa fille. Paula avait goûté aux sèves multiples de l’art et de la vie artistique à Paris, y avait rencontré son destin, et acquis la certitude de son talent de peintre. Elle savait qu’elle avait un destin de peintre; et le destin en décide autrement: « Schade3 ».
Ce seul mot est apte à recueillir en son tout petit filet une totalité d’expériences, de sentiments et de savoirs; il est d’une saisie englobante4 de grande amplitude. En le disant, elle a conscience que son œuvre restera inachevée puisque le projet qu’elle conçoit comme un tout – ses projets, ses recherches déjà envisagées –, le tout de ce projet et des œuvres qui auraient pu, dû être réalisées, ne le sera pas. Elle a accès à ce savoir-là, à cette intuition-là, dont le terme husserlien d’« intuition catégoriale » permet de rendre compte, comme nous le verrons.
Quant à l’énoncé lui-même, « Schade », disons (nous développons plus loin) que sa puissance, et l’implacable vérité qu’il exprime, s’explique par sa forme même – un prédicat qui porte, non pas sur tel ou tel particulier ou telle ou telle chose auxquels un « cela », « ce », « c’« aurait référé, en allemand un « das » ou un « es » –, mais sur le « tout » d’une situation particulière, ce tout extralinguistique qui embrasse toute sa vie jusque-là et qui échappe à toute délimitation. C’est à cette totalité que l’artiste pense quand elle lui prédique le mot « schade »; c’est cette totalité-là qui est « touchée » par la flèche de cet unique mot que lui décoche sa pensée, une fulgurance allégée à l’extrême de matière linguistique.
Conscience de l’inachevé
L’« inachevé » : de l’intuition catégoriale dans la saisie d’une « totalité non sensible »
Pour que jaillissent en effet, à un moment donné, l’expérience, la conscience, la « notion5 », le savoir6 d’un « inachevé », et ensuite son dire, il faut que le sujet ait pu avoir une « perception d’une totalité », d’une « totalité de temps », qui implique qu’une totalité de temps ait eu lieu. Ce qui est en jeu ici, c’est cette capacité qui peut être rapprochée de ce qu’a défini E. Husserl par le terme d’« intuition catégoriale7 ». L’intuition « catégoriale » est en effet une possibilité d’une perception non « sensible » (au sens kantien), et dont la forme catégoriale est une synthèse prédicative, comme celle éprouvée et construite quand on voit un chat sur un paillasson, et qu’on pense et dit: « Le chat est sur le paillasson ». Cette synthèse transcende la dissociation que serait le chat d’un côté, le paillasson de l’autre8. S’opère là une synthèse prédicative d’un type nouveau, qui donne une forme à une perception non sensible à la stricte intuition sensible, laquelle ne voit que séparément le chat et le paillasson. L’affirmation de Husserl, selon laquelle « tout change si l’on transgresse l’interdit kantien qui oblige de limiter l’intuition à la pure intuition sensible et si l’on admet la possibilité d’une perception non sensible, c’est-à-dire d’une intuition catégoriale »9, permet ici d’éclairer ce qui permet ces deux opérations, celle de perception, du côté du sensible, et celle de production de langue, du côté de l’opération prédicative.
Poursuivons. Nous avons vu qu’une « perception d’une totalité » est possible, qu’elle peut être rapportée à l’intuition catégoriale husserlienne et à une synthèse prédicative. Cette intuition catégoriale peut à son tour être éclairée par l’idée de la « conscience donatrice », laquelle donne accès à « ce qu’on peut voir et saisir immédiatement, [et] qui est beaucoup plus vaste que ce que l’empirisme, qui restreint l’intuition à la simple intuition sensible, n’est prêt à admettre »10. Voici la définition du terme d’« intuition » donnée par Husserl: « C’est la “vision” (Sehen) immédiate, non pas uniquement la vision sensible, empirique, mais la vision en général, en tant que conscience donatrice originaire sous toutes ses formes, qui est l’ultime source de droit pour toute affirmation rationnelle11. » Avec ce concept élargi d’intuition, nous sommes passée de l’intuition sensible à l’« intuition catégoriale12 », considérant ainsi que « même au niveau de nos actes perceptifs les plus élémentaires, nous avons toujours déjà affaire à une sensibilité informée par les actes catégoriaux »13.
Continuons notre exploration chronogénétique des étapes de la construction de pensée et de langue à partir de notre exemple, « Schade ». Pour dire « Schade », il a fallu que 1) Paula Modersohn-Becker ait eu conscience – fulgurance de pensée – de l’inachevé de sa vie, de son œuvre, ce qui suppose 2) qu’elle ait pu « voir », « saisir en pensée » le « tout de sa vie » comme quelque chose qui aurait pu se réaliser, dans une œuvre achevée, entière, si le temps ne lui avait pas été retiré, ôté, d’où le Schade sur lequel s’achève sa vie. Elle a conscience d’une privation de temps, causée par sa mort subite, elle a la vision (intuition catégoriale) de ce « tout » d’une vie « complète » devenue impossible à réaliser, car impossible à poursuivre, et donc d’une œuvre conçue dans un projet comme à achever, et qui est brisée. L’intuition de l’achevé (conçu virtuellement) heurte le temps du réel et de sa loi, qui se dérobe à elle et en empêche une réalisation effective.
La conscience donatrice
Le dernier échelon de cette remontée dans la saisie, la prise14 pensante de l’inachevé – avant de considérer ce qu’il en est de l’« inachevé » dans la langue et de son expression dans une construction linguistique – est l’interrogation du rapport à la signification de cette intuition catégoriale. Y a-t-il concurrence entre la signification (le langage) et l’intuition (la perception)15? La question ne se pose plus en termes de concurrence et d’opposition dès lors qu’intervient, précédant l’opposition et ses deux termes, l’idée de « donation »: « la donation précède l’intuition et la signification16 ». La donation permet ainsi de ne plus opposer, mais de concilier « la simple perception prélinguistique et le champ des expressions linguistiques » (ibid.). Elle est ce qui permet un élargissement de l’intuition: « Plus élargie que l’intuition, plus autonome que la signification, la donation donne le phénomène à travers elle, parce que de part en part, il lui revient de faire la donne de la chose en personne17. »
« Schade » : un cas d’une prédication précoce
Cette incursion en terre philosophique18 nous a permis de remonter et d’éclairer la saisie du phénomène qu’est l’expérience de l’inachevé, son penser, et nous poursuivons cette exploration des coulisses en considérant la forme linguistique qui dit cet inachevé, et la façon dont se construit cette forme. Pour éclairer ce qui se passe dans la langue avant que soit dit: « Schade », nous allons considérer la forme linguistique de ce jugement, porté par une structure impersonnelle averbale, et éclairer ainsi que nous l’avons fait en première partie quant à l’intuition catégoriale, ce qu’il en est de cette forme linguistique et de sa genèse architecturale.
« Schade, es ist schade » (« Dommage, c’est dommage »), est un exemple de structure impersonnelle, qui est en fait une structure « imparticulière19 » au sens où les catégories y sont en attente de détermination particulière. Dans cette structure imparticulière, la structure prédicative s’établit au stade précoce de la prédication, c’est-à-dire sur la position la plus précoce du parcours prédicationnel, dont nous avons démontré la qualité de continuum. À ce stade, les qualités propres de cette structure ont bien le caractère d’« indéterminé », et les catégories constitutives de la prédication – en particulier celles de la personne et de la diathèse – portent ce trait de l’indétermination. Le poème « Conversation20 » de Jean Tardieu éclaire magnifiquement le parcours de la langue tissant ensemble les deux techniques – et les deux visées –, structure impersonnelle et globalité d’un côté, structure personnelle et pluralité, de l’autre. La globalité du « ça » dans la question d’ouverture « Comment ça va sur la terre? » permet d’englober une pluralité généralisante, l’entier du monde, avant de descendre dans la pluralité des particuliers – « Les petits chiens sont-ils prospères? Et les nuages? Et les volcans? Et les fleuves? Et le temps? Et votre âme? » C’est ainsi que la structure impersonnelle présente elle aussi des affinités avec les notions d’entier et de clos21, notions que nous retrouvons ici, avec la synthèse prédicative. Ce rapprochement de la synthèse prédicative de l’intuition catégoriale, d’une part, et de la structure imparticulière, de l’autre, révèle l’étendue des phénomènes que ces notions de clos et d’entier recouvrent.
L’inachevé et le temps
La conscience d’inachevé du « Schade22 », dont nous avons exposé les caractéristiques de la structure prédicative qui la dit – un emploi prédicatif absolu d’une forme adverbialisée, laquelle exprime, par la force de son jugement catégorique, la puissance du « résultat » asserté. Il reste à considérer ce qu’il en est du temps dans cette conscience de l’inachevé d’une part, et d’autre part dans son expression linguistique, la forme participiale privative « in-achevé ».
Que le temps s’origine dans la conscience humaine23, et que nous ayons conscience du temps, c’est ce qui nous permet de concevoir l’idée d’inachevé.
Le sentiment d’inachevé est d’autre part produit et construit dans la « conscience du temps », une donnée de la conscience d’un sujet, d’une personne. Pour éclairer ces niveaux d’élaboration et des opérations en jeu dans cette construction linguistique, nous allons à présent étudier ce qu’il en est de la « représentation » du temps qu’a le sujet et ce qu’il en est de l’aspect « accompli » convoqué par le morphème participial d’« achevé24 ». Le caractère « privatif » de la négation est bien sûr fondamental dans la signification du mot « inachevé » et sera abordé également.
L’expression de l’inachevé
Nous avons considéré plus haut ce qu’il en est de l’« intuition », de la saisie dans une conscience d’une intuition, d’un sentiment d’inachevé, et cela en amont du mot « inachevé », de sa forme de langue, une forme participiale nominalisée. Nous avons considéré l’intuition de l’inachevé à la source du « schade » de Paula Modersohn-Becker. Comment la conscience temporelle de l’inachevé s’élabore-t-elle dans l’intellect? Et quels outils la langue lui offre-t-elle pour le dire?
Nous avons vu que l’intuition catégoriale « est donatrice », « donne », permet la saisie non sensible d’une totalité par une conscience – « Le chat est sur le paillasson ». Nous nous intéressons maintenant à la saisie par cette même conscience de quelque chose qui est le résultat présent d’une antériorité passée.
Nous allons observer ce qu’il en est de la saisie du temps depuis cette conscience, depuis son présent « obligé », imposé par l’opération même de penser, comme celle de dire, depuis l’actualité du dire25.
La pensée engage des opérations de saisie dans le monde à partir d’une conscience, elle-même partie du monde. Une saisie est opérée, elle est première, au service d’une visée, et prendra forme dans une construction de nature linguistique propre à construire un sens et à le communiquer. L’opération linguistique, avec ses opérations propres, achèvera ce parcours qui va de la pensée, d’une saisie du monde, d’une intuition, à sa mise en forme – une transcription, une traduction – en langue qui passe par une construction d’ordre syntaxique, une formulation dans une forme opérée.
Quand survient donc l’idée d’inachevé?
L’« inachevé » par l’inaccomplissement du principe créateur
Il y a l’inachevé des œuvres, le facteur souvent responsable étant le temps objectif, le temps du monde, le temps ayant manqué pour que l’aboutissement ait lieu, que l’œuvre accomplie advienne. La Genèse offre l’exemple par excellence de l’accomplissement d’une œuvre, la Création, à laquelle le temps n’a pas manqué; la création est achevée le sixième jour, il lui faut alors être « jugée bonne », et le septième jour fournit ce temps nécessaire: la Création achevée est « bien faite26 ».
Sont entrées ainsi dans l’histoire artistique des œuvres inachevées, le Requiem de Mozart, La symphonie inachevée (La Symphonie no 8) de Franz Schubert, ou L’homme sans qualités de Robert Musil…
Inachevé correspond ici à l’observation factuelle du caractère inabouti de l’œuvre, qui appelle à être complétée, car perçue comme inachevée, et donc imparfaite. « Encore du temps », c’est ce que l’artiste suisse Aimé Pache ressent: « la peindre encore, comme une fois déjà, en plus grand seulement, et en plus achevé27. »
Pour parvenir à l’accomplissement, à ce qui ne doit plus être augmenté, il faut que la volonté de l’artiste et le bon vouloir du temps collaborent. Il faut que l’aion, le « principe éternel de la création28 » soit au rendez-vous, et offre la force vitale du temps à qui en a besoin. Schade dit la négation privative de l’aion.
L’œuvre n’aura pas été conduite à son terme, ne connaîtra pas son entéléchie29, son principe créateur s’étant trouvé empêché d’aboutir à son « accomplissement ».
La privation de la possibilité du temps à venir
L’« inaccomplissement » du principe créateur est responsable de l’état d’« inachevé », que celui-ci soit d’ordre naturel et imprévisible, ou d’ordre personnel. Dans l’exemple du peintre suisse, Pache, le non-désir de peindre encore, et la satisfaction de l’état obtenu interrompent – c’est sa décision – le principe créateur. Dans le cas de Modersohn-Becker, c’est la mort subite qui en décide ainsi. Pour elle, le désir de poursuivre son œuvre – et sa vie – est brusquement révoqué, anéanti, vain; aucun supplément de temps ne lui est accordé30.
Là où le premier artiste, Pache, en quelque sorte ferme volontairement la parenthèse du temps, Modersohn-Becker, elle, se représente la béance temporelle du temps à venir, qui ne lui est pas accordé; elle est dans la perspective de l’attente, là où lui était dans la satisfaction de l’accompli. Nous espérons avoir en partie éclairé cet « objet » qu’est l’absence de temps, cette « totalité non sensible » que l’intention catégoriale permet de saisir en pensée, et qui se traduit pour celui qui opère cette saisie par le sentiment de privation, l’attente, le désir enregistrant l’impossibilité d’un supplément de temps.
Cette amputation de temps que la tension de l’esprit enregistre, dans une fulgurance31 de pensée, dans le présent de la conscience qui saisit l’arrêt du temps à venir, et dont il interprète la conséquence – celle de privation des possibles pour l’œuvre à venir –, la langue va l’exprimer, le dire avec le mot schade.
Conclusion
Nous avons tenté d’éclairer les opérations qui se produisent dans l’esprit et la conscience de Modersohn-Becker avant qu’elle ne prononce cette ultime parole, ce mot de schade, en mourant. De précieux concepts ont permis d’approcher cette remontée le long du parcours qui va de l’expérience et de la conscience de l’inachevé, à son dire en parole. Le concept husserlien d’« intuition catégoriale » et de « vision », ouvrant les portes à des perceptions du non-sensible, rend compte de cette saisie d’un entier de temps que réalise, dans une fulgurance de pensée, la peintre, à l’ultime moment de sa vie. L’intuition catégoriale de Husserl donne accès à cette « totalité » que Modersohn-Becker saisit en pensée sans qu’elle ait besoin de la désigner – de la nommer – et à laquelle elle attribue le tout dernier prédicat, schade. Toutes ces opérations sont portées par des fugurances: la fulgurance de saisie – la « prise pensante »; la fulgurance du dit délivré par la langue, permise et réalisée par l’instrument linguistique de la prédication précoce propre aux phrases impersonnelles et à leur nature im-particulière.
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graindorge
InvitéSpas MA. J’ai découvert Paula Modersohn – Baker gràce à ce film vu en dvd vos. Très juste. Bons acteurs. Début du XXème et ça parait si loin Elle disait qu’elle allait mourir jeune en rigolant… » Que ma vie soit une fête! »
J’aime bien aussi cet auto-portrait, spas Ostros. Ça s’appelle auto-portrait lorsqu’on voit tout le corps? Flemme d’aller m’informer et puis j’ai un gros rhume. Je me couvre bien avant d’aller admirer le Caillebotte partagé par Rémi. Spas Rémi!
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Rémi
Invité
Vue de toits (Effet de neige) – Gustave Caillebotte-
MA
InvitéCe docu, dispo juqu’au 13/2 est assez bien fait.
https://www.france.tv/documentaires/documentaires-art-et-culture/6600755-gustave-caillebotte-heros-discret-de-l-impressionnisme.html#about-section-
Oscar
InvitéOh merci MA !
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Rémi
InvitéMerci
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Oscar
InvitéLes toits de John French Sloan https://ephemeralnewyork.wordpress.com/tag/john-sloan-chelsea/
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cinema
InvitéMerci pour la lumière.
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..Graindorge
InvitéBien le bonjour Oscar: Aaah les toîts!
Connu le toit, terrasse gigantesque où l’on va étendre son linge et où on s’attarde à admirer l’espace, la ville, la mer au loin, le ciel et à faire un brin de causette avec une voisine
Généreux partage: toit où on prend le soleil, où l’on se sèche les longs cheveux entre frangines où copines où on bavarde et glousse
Spas Oscar!!-
uc
Invité« où l’on se sèche les longs cheveux entre frangines où copines où on bavarde et glousse » Qui fait ça encore ça avec Dyson ?
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graindorge
InvitéRegardez le partage de Oscar, uc: c’est l’un des tableaux de Sloan partagé par l’amie Oscar
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yatropdenoirsdanslequipedefrance
InvitéLa flemme, t’es pfffffffffffffffffff e j’en pense des F
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Oscar
InvitéSalut Graindorge !
Oui les toits de New-York, les toits de Paris, la vie sur les toits… il y aurait beaucoup à partager.
« Spas » c’est quelle langue ?
Je poursuis avec Glackens – Chez Mouquin. Dans « couleur » également.
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graindorge
InvitéSpas veut dire merci en kurde.
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Alexandre
InvitéJe suis frappé par la réalité du visage, et du regard, du mec. Là où les autres personnages, y compris sa femme, paraissent plus esquissés.
L’homme a une présence quasi photographique..-
Oscar
InvitéOui, la femme (qui n’est pas la sienne mais celle du propriétaire de l’établissement…) est loin. Ailleurs.
On est très proche de Manet à certains endroits de la toile non ?
Dans quelques autres de ses tableaux, on est chez Renoir : )
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cinema
Invité<img src= »http://www.arsmundi.de/fr/robert-hettich-tableau-liturgie-2008-874950/ » alt= »Robert Hettich:
Tableau « Liturgie » (2008) » /> -
cinema
Invité<img src= »https://www.arsmundi.de/fr/robert-hettich-tableau-liturgie-2008-874950/ » alt= »Robert Hettich:
Tableau « Liturgie » (2008) » /> -
Emile Novis
InvitéUn peintre anarchiste/libertaire : Maximilien Luce.

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Ostros
InvitéJ’adore ces petits points colorés
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Emile Novis
InvitéC’est l’influence du « pointillisme », dit on.
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Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite:
Matin intérieur
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Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite.
Le port de Londres
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Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite
Une rue de Paris en mai 1871,
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Emile Novis
InvitéPour une meilleure vision de ce tableau :
https://www.musee-orsay.fr/fr/oeuvres/une-rue-de-paris-en-mai-1871-661-
MA
InvitéTableau très puissant, et ce titre
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Emile Novis
Invité@MA
Oui, j’aime beaucoup.-
François Bégaudeau
Maître des clésmerde, je le préférais dans sa version mal-visible
reste le mort du fond
les quatre du premier plan me laissent sceptique
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Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite.
La -
Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite (erreur au message précédent).
La toilette
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Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite.
Le travail en peinture (ce n’est pas si fréquent).
Fonderie à Charleroi.
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Emile Novis
InvitéMaximilien Luce, suite.
La grève en peinture (assez rare aussi).
Le drapeau rouge, ou la bataille syndicaliste.
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François Bégaudeau
Maître des clésquelque chose me gene dans ce Maximilien Luce, et je n’arrive pas bien. à définir quoi
peut etre quelque chose de trop attendu dans la façon d’aborder ses sujets
une absence d’incongru
une absence de vide, aussi
à part peut etre Une rue de Paris, où il y a du vide -
Oscar
Invité
Un soir de grève – Eugène Laermans-
François Bégaudeau
Maître des clésca a pas l’air marrant la greve
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Emile Novis
Invité@FB et Oscar
Merci Oscar.
C’est une vraie question : on trouve assez peu d’œuvres satisfaisantes sur la grève ou la lutte sociale. Il est vrai que ce tableau, et les deux tableaux de Luce sur la question ne sont pas les plus beaux que j’ai pu voir. La question, ce serait de savoir pourquoi.
ps : pour Luce, je serai quand même moins sévère sur Matin intérieur et la maison diffusée en premier (ainsi que le port de Londres).-
Oscar
InvitéEmile, Peu d’œuvres (satisfaisantes) certainement car la grève est récente et que rapidement la photographie pu prendre le relais de la peinture ?
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Emile Novis
Invité@Oscar
Oui, tu as sans doute raison. En tout cas c’est une des raisons. Je vais chercher.-
Oscar
Invité
Jules Adler – La Grève au Creusot
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Puis l’échec du syndicalisme au Creusot…-
Emile Novis
Invité@Oscar.
J’allais le mettre! Je suis frappé par le noir au premier plan, qui déséquilibre le tout. Il n’y a pas de point d’appui. Mais j’ai vu d’autres reproductions qui ne donnent pas cet effet de noir. L’homme au centre porte une veste marron par exemple.
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Moi, j’ai découvert un Monet sur le travail :
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Emile Novis
InvitéIl s’agit des Déchargeurs de charbon.
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Oscar
InvitéMerci Emile, je n’aurais pas pensé à Monet pour le travail !
Un bel Inventaire ici > https://hisculture19.hypotheses.org/1556
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MA
Invité -
MA
Invité
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..Graindorge
Invité« Un soir de grève: je vois tous ces gens comme
au bord d’un précipice avec un ciel qui semble à 2 doigts de leur tomber sur la tête
Des enfants pieds nus et cette dame au premier plan à droite: un bébé dans les bras, un autre dans le ventre et un.e troisième qui braille et voudrait peut-être aussi être dans les bras de la maman ou juste rentrer à la main. À moins qu’il ait faim ou tout ça à la fois. Merci Oscar
Sans transition, les asperges MAgnifiques de
MA net: sur ce fond ocre/ marron qui rappelle la terre. Beau contraste avec le vert, le blanc et le violet
des pointes-
Oscar
InvitéLes asperges d’Adriaen Coorte !
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..Graindorge
InvitéTu es partie avec les asperges de Coopte dans le sac?
Moi, à Nice, je peux rien partager. Juste ça
« C’est un tout petit tableau, presque insignifiant au premier regard, aujourd’hui conservé au Rijksmuseum (fig. 1). On pourrait facilement passer devant sans s’arrêter, tant son sujet semble banal: un simple fagot d’asperges, lié d’une cordelette, posé sur une pierre sombre devant un fond neutre. Rien n’y frappe par le spectaculaire, rien n’évoque la virtuosité au sens habituel du terme. Pourtant, cette œuvre, modeste au milieu des vastes salles du musée amstellodamois, où dominent l’imposante Ronde de nuit de Rembrandt ou la fameuse Laitière de Johannes Vermeer, occupe une place singulière dans l’histoire de ce que l’on appelle, depuis la seconde moitié du XVIIIe siècle, la «nature morte» – un genre que les peintres néerlandais du XVIIe siècle désignaient du terme de stilleven.
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Invité
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MA
Invité-
MA
Invité
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Emile Novis
InvitéHeidegger, L’origine de l’œuvre d’art.
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« Comme exemple, prenons un produit connu : une paire de souliers de paysan. Pour les décrire, point n’est besoin de les avoir sous les yeux. Tout le monde en connaît. Mais comme il y va d’une description directe, il peut sembler bon de faciliter la vision sensible. Il suffit pour cela d’une illustration. Nous choisissons un célèbre tableau de Van Gogh, qui a souvent peint de telles chaussures. Mais qu’y a t-il là à voir ? Chacun sait de quoi se compose un soulier. Un tel produit sert à chausser le pied. Matière et forme varient suivant l’usage, soit pour le travail aux champs, soit pour la danse.
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D’après la toile de Van Gogh, nous ne pouvons même pas établir où se trouvent ces souliers. Autour de cette paire de souliers de paysans, il n’y a rigoureusement rien où ils puissent prendre place : rien qu’un espace vague. Même pas une motte de terre provenant du champ ou du sentier, ce qui pourrait au moins indiquer leur usage. Une paire de souliers de paysan, et rien de plus. Et pourtant… Dans l’obscure intimité du creux de la chaussure est inscrite la fatigue des pas du labeur. Dans la rude et solide pesanteur du soulier est affermie la lente et opiniâtre foulée à travers champs, le long des sillons toujours semblables, s’étendant au loin sous la bise. Le cuir est marqué par la terre grasse et humide. Par dessous les semelles s’étend la solitude du chemin de campagne qui se perd dans le soir. A travers ces chaussures, passe l’appel silencieux de la terre, son don tacite du grain mûrissant, son secret refus d’elle-même dans l’aride jachère du champ hivernal. A travers ce produit repasse la muette inquiétude pour la sûreté du pain, la joie silencieuse de survivre à nouveau au besoin, l’angoisse de la naissance imminente, le frémissement sous la mort qui menace. Ce produit appartient à la terre, et il est à l’abri dans le monde de la paysanne. Au sein de cette appartenance protégée, le produit repose en lui-même.
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Tout cela, peut-être que nous ne le lisons que sur les souliers du tableau. La paysanne, par contre, porte tout simplement les souliers. Mais ce « tout simplement » est-il si simple ? Quand, tard au soir, la paysanne bien fatiguée, met de côté ses chaussures ; quand chaque matin à l’aube elle les cherche, ou quand, au jour de repos, elle passe à côté d’elles, elle sait tout cela, sans qu’elle ait besoin d’observer ou de considérer quoi que ce soit. L’être-produit du produit réside bien en son utilité ».-
Emile Novis
InvitéSuite…
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« L’être-produit du produit a été trouvé. Mais de quelle manière ? Non pas au moyen de la description ou de l’explication d’une paire de chaussures réellement présentes ; non pas par un rapport sur le processus de fabrication des souliers ; non pas par l’observation de la manière dont, ici et là, on utilise réellement des chaussures. Nous n’avons rien fait que nous mettre en présence du tableau de Van Gogh. C’est lui qui a parlé. La proximité de l’œuvre nous a soudain transporté ailleurs que là où nous avons coutume d’être.
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L’œuvre d’art nous a fait savoir ce qu’est en vérité la paire de souliers. Ce serait la pire des illusions que de croire que c’est notre description, en tant qu’activité subjective, qui a tout dépeint ainsi pour l’introduire ensuite dans le tableau. Si quelque chose doit ici faire question, c’est que nous n’ayons appris que trop peu à proximité de l’œuvre, et que nous ne l’ayons énoncé que trop grossièrement et trop immédiatement. Mais avant tout, l’œuvre n’a nullement servi, comme il pourrait sembler d’abord, à mieux illustrer ce qu’est un produit. C’est bien plus l’être-produit du produit qui arrive, seulement par l’œuvre et seulement dans l’œuvre, à son paraître.-
MA
InvitéMerci pour ce texte heideguerrien mentionne dans ce descriptif aussi. https://www.idixa.net/Pixa/pagixa-0601151407.html
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