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Accueil Forums Forum général « Journal ouvert d’un serviteur » 2

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    • #70810 Répondre
      graindorge
      Invité

      le journal sans les commentaires de l’antérieur

    • #70811 Répondre
      graindorge
      Invité

      Dans la nuit du 14 au 15 août, l’été s’est vraiment installé. Vers minuit, la porte d’entrée s’est ouverte. Un vent chaud s’est engouffré comme un visiteur qui aurait 2 mots à me dire. Je me suis levé pour fermer la porte. J’ai noté sur un petit carnet « prévenir Y pour porte »
      Hier, je suis allé ramassé des salades en plein cagnard. De courageuses salades attaquées par des sauterelles. Elles sont arrosées 3 fois par jour avec le système goutte à goutte mais là, on va faire l’essai de les arroser tous les jours cinq minutes + 2 fois par semaine 20mn
      Dans le village se déroulaient les festivités de l’Ascension de la Vierge Marie et la procession au son des tambours de la Vierge noire de Candélaria, la Protectrice des sept îles des Canaries. Il n’y a pas si longtemps, la procession traversait tout le grand village mais maintenant, pour des raisons de sécurité, on Lui fait faire le tour de la grande place de la Basilique et on La remet à sa place dans la basilique.
      Un joli feu d’artifice clôture les festivités, Je trouve dommage que « les raisons de sécurité » prévalent sur la Foi. La procession de la Vierge noire » arrosait » de Sa protection tout le grand village. Mais bon… mais je reste convaincu que la Foi devrait exploser toutes ces histoires de sécurité. De peur en fait. » Là où il y a de la peur, l’Amour disparaît, là où il y a de l’Amour, la peur disparaît » On va y arriver Seigneur.
      Hier samedi, marée haute. Beaucoup de vent. Deux hommes ont failli mourir en mer mais j’attends demain pour avoir plus de nouvelles.
      vendredi, j’ai rendu à la bibliothèque le livre de Gabo, Gabriel García Marquez » En agosto nos vemos » « Nous nous verrons en août » Gabo ne voulait pas que ce livre soit publié, Ne voulait FINALEMENT pas que ce livre soit publié. J’écris « finalement » en lettres majuscules car il a travaillé et retravaillé ce livre plusieurs fois, aidé par sa secrétaire.
      La lettre de ses enfants dans le livre donne les raisons de la violation de cette volonté et se termine par une phrase ( je n’ai plus le livre pour la retranscrire fidèlement) » les lecteurs diront si nous avons eu raison ou non de… » L’un des éditeurs y va aussi de son couplet « tout ce travail ne pouvait pas déboucher sur rien… »
      Que dit Wikipedia sur ce roman?:
      Gabriel García Márquez commence l’écriture de ce court roman en 1999. Cette année marque, d’après son entourage, le début de la démence sénile de l’écrivain. Il va souffrir de problèmes de mémoire à la fin de sa vie. ( ça me ramène à Memory… Seigneur, quand est-ce que tu vas accomplir le miracle que je puisse voir ce Chef d’oeuvre en VOS? Punaise, je ne demande pas grand chose pour ma pomme en général. En doublage? Oui, je sais! et ben plutôt crever!!!! Oui, pardon, je sais, y’a pire…)
      Il fait une première lecture publique de son roman en 1999, et dévoile le premier chapitre lors d’un forum littéraire à Madrid.
      Le roman paraît le 13 mars 2024.
      À l’origine, l’auteur a envisagé cette histoire comme une nouvelle. Au fil de révisions et de publications sur divers supports, elle a évolué pour devenir un brouillon de roman. Ce texte devait inclure trois autres parties, dont le point commun était des « histoires d’amour de gens âgés ». ( des histoires d’amour de gens âgés…Heu,.. Ouais, où que tu sois Gabo et avec toute mon affection, ton héroïne
      a 47 ans au début du livre… donc pas exactement le 3ème âge mais peut-être que à ton époque… bref.
      L’amour aurait été le thème central. L’auteur déclare en 2004 qu’il est « assez satisfait » du développement du protagoniste, mais pas du résultat final. Il retravaille toujours ses écrits jusqu’à ce qu’ils lui conviennent. Il produit au moins cinq versions du roman, ce qui compliquera la publication. Finalement, il abandonne, rend un jugement défavorable et laisse le roman inachevé. — « Il m’a dit directement que le roman devait être détruit », a déclaré Gonzalo García Barcha, le plus jeune fils de l’auteur —.
      Dix ans après sa mort, les universitaires qui ont lu l’histoire éparpillée sur 769 pages, ont convaincu les deux frères de réunir ces épreuves dans un livre posthume. Nous nous verrons en août est publié par ses fils pour commémorer le travail de leur père. Rodrigo et Gonzalo García Barcha se lancent dans un travail d’archéologue, pour lier entre eux les fragments du court roman.
      Il est publié le jour anniversaire de sa mort le 6 mars 2024. L’ouvrage est conservé par l’Université du Texas à Austin Harry Ransom Center
      Roman posthume, les éditeurs notent qu’il est le résultat d’un ultime effort créatif.
      « G.G.M est connu pour sa grande capacité inventive, sa poésie, ses récits captivants, une compréhension de la nature humaine et une exploration des expériences et des souffrances, en particulier dans le domaine de l’amour, peut-être le thème principal de toute son œuvre. »
      Sincèrement, je crois que Gabo ne va pas aller chatouiller les pieds de ses enfants et de ses éditeurs pour ne pas avoir respecter sa volonté dernière… Et peut-être que la volonté des lecteurs et des lectrices est plus puissante que celle de l’écrivain alors je pense que si l’amour est le principal thème de toute ton oeuvre, cher Gabo, tu auras pardonné que l’on t’aime tant.

      Ce matin un peu de calima. Mais vers 8h et demi -grande joie! – du vent et de gros nuages! De la bonne fraîcheur, je suis même allée me mettre une chemise sur le t.shirt. Dans le jardin était bien palpable le OUF des plantes et des arbres! La météo, ben c’est la météo: ils appellent ça du » mauvais temps » et que si ça continue l’ ALERTE JAUNE sera enclenchée! Un coup à effrayer les nuages!! Quels c… mais quels c…!
      Je lis la météo pour les horaires des marées.
      Je vois qu’il y a un peu de monde dans MON entrée, ça fait plaisir! Si j’avais su, j’aurais apporté du café, du thé et des biscuits que j’aurais mis dans le grand seau avec la corde pour vous les descendre depuis la petite fenêtre du donjon… en faisant un rapide petit coucou avec la main droite!
      À savoir pourquoi ça m’a ramené au grand studio du vieux Nice. Une fin de semaine en été, une dizaine de copains dont les italiens d’Arenzano. Je suis alitée dans la petite chambre du fond, je sais plus ce que j’avais. Rien de méchant. La porte a 2 battants, en la laissant grande ouverte, je participe donc à la soirée pizza bières. Une soupe épaisse pour Bibi apportée par une frangine. De temps en temps, l’un.e ou l’autre vient s’asseoir sur un petit banc un peu éloigné du lit pour faire un brin de causette. Je suis toute contente. Il y a de l’ambiance, de la musique, un brouhaha. Ça joue avec Usul ( Ousoul)
      Le Chat. Le poissonnier d’en bas, très antipathique , a fait des travaux et des souris montent de je ne sais où dans le studio! Seule, je me serais enfuie avec Usul sur l’épaule mais là les copains l’observent chasser puis tuer les souris. Il ne les mange pas puisque je le nourris. Je crois me souvenir que ce soir là il en avait tuer 3 ou 4! Toujours le même rituel: observation concentrée. Attaque. Secousses. Lâchage. Rattrapage. Et paf.
      Il me faisait un peu peur tellement il était immobile et concentré. Bien longtemps après, j’ai appris que ce rituel, ce jeu à nos yeux cruel a un sens. Le chat ne jouait pas par cruauté à saisir et relâcher sa proie. Dans la nature, pour pouvoir manger la souris, il faut attendrir sa chair d’où ces secousses, ces lâchages pour que la souris coure. Pour qu’il la rattrappe etc..
      Et si Usul n’avait pas la nécessité, le rituel de son espèce était enregistré.
      Non, je ne crois pas qu’il va pleuvoir
      Tiens ça parle de double culture. Moi, je suis niçoise à 100%. Je parlais de l’Atlantique d’ici, des Canaries. À Nice c’est la Méditerranée. D’où ce ET.
      Sinon, déjà dit, je me vis comme un être humain d’origine divine. Comme tout le monde.
      c’est sympa de ne pas être seule dans mon entrée, de vous lire papoter entre vous
      J’ai ri en lisant Delphine: Entrez sans frapper… Ah ça! Ça a frappé fort hier hahahaha… Je n’ai pas ri tout de suite non plus. Aujourd’hui.
      Mais peut-être fait un pas? Immédiatement après cette avalanche, observé dedans. Pas mal
      J’en profite pour dire à Oscar pour les montres molles de Dali dans le top 30 des trucs mous:
      chouette idée. Je suis pas allée te le dire pour ne pas te « masquer » comme dit Dr Xavier. Il nous en reste 10 à trouver. Du moubeau. Du beaumou
      Dire aussi à Claire N que si je ne décortique pas les poèmes , par exemple un Haïku de Buson décortiqué par toi et par papoo2000, j’ai aimé lire les commentaires.
      Plus de vent. Le bruit de l’eau. Non c’est pas un haïku.
      Dans son livre sur le poète Keats, j’ai mis un marque page là où Cortàzar parle de la mort d’André Gide, il y a des bouts de son journal.
      Pessoa Fernando. Drôle d’oiseau… » Je porte en moi tous les rêves du monde »
      Et aussi:
      « Le mystère des choses? Mais que sais-je,moi, du mystère ?
      Le seul mystère, c’est qu’il y ait des gens pour penser au mystère
      celui qui est au soleil et qui ferme les yeux,
      se met à ne plus savoir ce qu’est le soleil
      et à penser maintes choses pleines de chaleur.
      Mais il ouvre les yeux et voit le soleil
      et il ne peut plus penser à rien
      parce que la lumière du soleil vaut plus que les pensées
      de tous les philosophes et de tous les poètes.
      La lumière du soleil ne sait pas ce qu’elle fait.
      Et partant elle ne se trompe pas,
      elle est commune et bonne. »
      Le ciel me fait marcher… Alors tu pleus ou tu pleus pas?
      À + journal

      Finalement, une gentille petite pluie nous a rendu visite vers 18h. Genre vraiment-pour-vous-plaisir.
      À 19h c’était fini.
      En faisant abstraction de la calima, le temps a été agréable: de la fraîcheur, des nuages, un peu de vent
      Des voisins nous ont offert du poisson salé. Ils ont un magasin dans le village: ils y vendent des poulets cuits à la broche, des trucs congelés. Elle, elle est toujours souriante. Ils passent devant la maison avec leur chien qui devrait avoir une muselière à mon avis. Un chien dangereux. Ils vont se balader jusqu’au sommet du hameau de Las Cuevecitas.
      Je lis entre autres livres, celui d’un médecin endocrinologue américain d’origine indienne. Des clients m’en avaient parlé mais il y a tellement de choses, je me disais, mouais un auteur à succès: livres, vidéos… et cet engouement de ce couple de clients et bien, c’est pas mal! Il allie la médecine classique avec la médecine ayur- védique: beaucoup d’exemples de patients, des expériences en laboratoire. Intéressant.
      Je me couche tard parceque j’ai fait un écart: j’ai bu un bon café allongé autour de 14h. Aïe! Mais le sommeil vient, allez, un peu de lecture, la petite prière du soir. Plus importante que celle du matin je trouve.
      Demain, enfin tout-à-l’heure: le marché
      Bonne nuit

      26 août
      vendredi dernier, à la Casa de la Cultura, ça rendait hommage aux 110 ans de la naissance de Julio Cortázar. Tu sais, Cortázar m’impressionne pas mal. Ses yeux. Je ne garde jamais ses livres près de mon lit. Si l’envie me prend de le lire avant de dormir, je me relève pour le mettre sur l’étagère dans la pièce d’à côté. C’est comme ça.
      Je partage ici, un texte. Histoire de lui rendre hommage.

    • #70813 Répondre
      graindorge
      Invité

      Où que tu sois Julio, un grand salut…
      de quelque part, le 7 octobre 2004
      Chers Oulipiens de l’Oulipo,
      Au moment où j’apprends, au lieu où je me trouve, c’est-à-dire au fin fond des dernières profondeurs, étant mort à Paris il y a vingt ans de cela… (vous savez, la mort, ce détail sans importance d’une vie qui ne fut ni très extraordinaire ni très banale, je ne la rappelle ici de façon liminaire que pour vous en débarrasser une fois pour toutes… et je ne voudrais surtout pas que cette soirée sombre dans la mélancolie, bien au contraire… et pour être vraiment sûr que nul ici, ce soir, n’ait recours à la facilité de l’émotion et des larmes, souffrez que je passe tout de suite le crachoir à François Caradec pour qu’il vous lise mes “ Instructions pour pleurer ”)…
      FC lit : “ Instructions pour pleurer ” de Cronopes et Fameux.
      J’avais d’abord songé à vous demander, à vous comme à votre public, trois minutes de vrai silence, mais je suis suffisamment confiant dans la réussite moyenne du signe linguistique pour savoir pertinemment que les “ trois minutes ” qui viennent d’être prononcées par François Caradec ont laissé dans vos consciences l’idée, au moins, de la durée. Puisque, donc, me voilà à peu près assuré que toutes les larmes disponibles de ce soir ont été versées, je peux reprendre mon adresse à vous, chers Oulipiens de l’Oulipo, à vous chers spectateurs habitués des Jeudis ou bien petits nouveaux, et vous dire que si vous avez décidé d’ouvrir votre saison de lectures en rendant hommage à mes livres, vous m’autoriserez certainement à vous en dire quelques mots.
      D’abord, sachez que je n’ai pas oublié un certain événement auquel vous faites vous-mêmes volontiers allusion. Dans les années 1970 (je ne sais plus trop précisément laquelle, et vous non plus à ce qu’on m’a dit), vous aviez émis le souhait que je vous rejoigne au sein de l’Ouvroir de Littérature Potentielle en tant que membre à part entière. On dit, ça et là, que j’avais décliné l’invitation. Je ne me souviens plus très bien, ni de l’offre, ni du refus. Je ne sache pas qu’il y ait de cela des traces écrites. Au bénéfice du doute, admettons donc cette offre, assumons ce refus. Je mentirais si je vous disais qu’aujourd’hui je le regrette, au fond je m’en fous complètement, et me présenter maintenant comme repentant manifesterait un esprit de l’escalier que je n’ai pas, malgré de certaines “ Instructions pour [justement] (en) monter (un) ” qu’il ne serait pas mauvais que vous lisiez à votre public car dans mon état actuel d’ombre sortie des ombres je ne peux pas parler trop longtemps de suite sans pause.
      MB lit : “ Instructions pour monter un escalier ” de Cronopes et Fameux.
      Puisque Marcel Bénabou a bien voulu me remplacer si je puis dire au pied levé pour cette lecture, je continuerais mon système d’excuses en vous disant que ce n’est pas que j’étais inintéressé paer votre proposition, ce n’est pas que j’étais hautain, j’étais un peu ailleurs il est vrai, ayant toujours considéré que le recours à ce que vous appelez, pardonnez-moi, de façon parfois quelque peu obsessive “ la contrainte ” était chez moi une attitude très exceptionnelle, comme je crois l’avoir expliqué en long, en large et en travers dans la manière de postface de ma nouvelle “ Clone ”, publiée dans le recueil Nous l’aimons tant, Glenda. Si Harry Mathews voulait bien emplir ou rafraîchir la mémoire de votre public, je lui laisserais volontiers la parole, pour la reprendre ensuite.
      HM : “ Note sur le thème d’un roi et la vengeance d’un prince ” in “ Clone ”.
      “ La toile d’araignée des profondeurs ”… vous avez entendu ? Oui, au risque de vous décevoir, j’ai souvent expliqué comment je ne m’expliquais pas, chez moi, cette façon d’écrire, la force motrice de l’incipit et le souffle qui s’ensuit ou ne s’ensuit pas. S’il s’ensuit, il y a conte ; il ne s’ensuit rien dans le cas contraire. “ Écrire comme sous la dictée ” est alors la formule qui me convient le mieux et se trouve, si je ne me trompe, plutôt à vos antipodes. Il est vrai néanmoins que la conduite du conte n’est pas sans manifester quelques constantes au premier rang desquelles je remarque cette orientation de la chose racontée et des personnages qui s’y trouvent embarqués vers un imperceptible changement d’univers et de logique. Si je tentais, ceci, de le formaliser je ne pourrais pas ne pas vous parler d’une figure si chère à bien d’entre vous, j’ai nommé le ruban de Möbius, qui se trouve être d’ailleurs le titre d’un de mes contes. Fascination pour le ruban de Möbius, la surface à une seule face et à un seul bord, qui serait un peu mon totem, que j’aurais mis sur la garde de mon épée si j’eusse été académicien… un type de progression sans à-coups, de franchissement des séparations, qui se caractérise par une absence totale d’effraction, je passe de l’autre face de la feuille sans avoir à la tourner, la contourner, puisqu’il n’y a pas d’autre face de la feuille, le prisonnier qui suit à tâtons le mur de sa cellule se retrouve dehors, évadé de seulement avoir persisté dans cet attouchement, changer d’univers simplement en marchant, comme un Dédale sortant de son labyrinthe autrement que par le vol. Ceci a toujours été mon irréel à moi, mon “ fantastique ” comme on a aimé dire, mais que je crois être le concret de l’esprit s’il n’est pas tout à fait celui de la matière. Cette formule, passablement obscure, à laquelle j’ai plus ou moins obéi dans un grand nombre de mes nouvelles, conduit à une sorte de renversement final, d’entourloupe ou d’effet d’illusion qui sort le récit des bornes des lois physiques, comme dans un tableau de Magritte ou une gravure d’Escher. Je pense que si Marcel Bénabou voulait bien accepter de lire dans son intégralité ma courte nouvelle intitulée “ Continuité des parcs ”, votre public comprendrait mieux ce que je veux dire.
      MB lit : Continuité des parcs
      Je me suis laissé dire qu’on avait dit aussi que j’aurais dit que la politique, dans ces années 1960-1970, m’accaparait beaucoup, tant la révolution cubaine à ses débuts que la mobilisation contre les fascismes courants dans l’Amérique latine, au Chili, en Argentine, par exemple, et que ce souci n’était pas compatible avec votre scepticisme joyeux. Cela n’est pas contestable. Je ne crois pas que pour autant, ni bien sûr que vous soyez, à l’Oulipo, apolitiques, ni que la politique entre dans mes histoires pour les enrôler. L’inscription de la peur y est permanente et vous aurez peut-être remarqué – vieux reste d’humanisme ? – que ce sont plutôt des groupes d’animaux, dans mes récits, qui sont fascistes. Et là je voudrais vous demander de lire le texte qui suit, puisqu’on m’a dit que, l’année dernière, vous aviez fait manger des criquets pèlerins à votre public. Vous voulez bien lire ça, Jacques Jouet ? – Oh oui oui, y a pas de problème.
      JJ lit : “ animaux fascistes ” du Bestiaire d’ Aloïs Zötl
      Comme j’ai eu l’occasion de le dire dans les Entretiens avec Omar Prego, les structures de mon roman Marelle ne sont que des “ structures finales ”. Ici, comme dans mes autres romans, nulle génération des textes par un quelconque axiome. “ Ce n’est que lorsque j’ai eu tous les papiers de Marelle sur ma table, c’est-à-dire toute cette énorme quantité de chapitres et de fragments, que j’ai senti le besoin d’y mettre un ordre relatif. Mais à aucun moment cet ordre n’a existé en moi ni avant ni pendant la rédaction de Marelle. ” (Entretiens avec Omar Prego, p.142) Je voulais faire de ce livre un roman, sans doute, mais aussi un véritable “ laboratoire mental ” (ibid. p.149) au sein duquel serait reprise à zéro la pensée (rien que cela !) à ce moment des années soixante où j’étais convaincu comme beaucoup que la pensée reçue menait tout droit à la guerre nucléaire et à l’extermination générale, exactement de la façon que les surréalistes avaient voulu rompre avec la pensée faillie qui avait donné le charnier de 14-18. Vous voyez que nous sommes assez loin de l’hyper-roman dont parle Calvino dans les Leçons américaines, et que la référence surréaliste est toujours pour moi des plus vivaces.
      Il me paraît donc tout à fait inutile de vous laisser vous demander si je suis ou non un plagiaire par anticipation de l’Oulipo. Ne cherchez pas de cette façon à récupérer mon refus de naguère, ce serait attendrissant, mais aussi peine perdue. Comme je vois, cela dit, Olivier Salon se tortiller sur sa chaise depuis un bon bout de temps, je lui passe la parole, qui a l’air de le presser comme une envie organique.
      OS lit : Marelle & autour.
      Je vois que le dépouillement du vote (vote que, je le rappelle, je n’avais pas souhaité) est

    • #70814 Répondre
      graindorge
      Invité

      …très majoritairement négatif, et vous m’en voyez soulagé et ravi, tellement que je vais me trouver à présent les coudées plus franches vous faire plaisir. “ L’abbé donnait du riz au renard. ” Ce n’est pas une contrepèterie Canada-dry à la François Caradec. C’est un palindrome classique de la tradition espagnole. “ Dabale arroz a la zorra el abad. ” Il vaudrait d’ailleurs mieux le traduire en français chinook, qui respecte l’ordre syntaxique espagnol : “ Il donnait du riz au renard, l’abbé. ” Oui, bien sûr, que le jeu et que le jeu dans la langue et que le jeu dans la forme littéraire et que le jeu dans la lecture, le jeu comme voie de connaissance, le jeu comme lieu de relation à plusieurs, que de tous ces jeux le jeu a toujours été au cœur de ce que vous me permettrez d’appeler mon art. Oui, dans [mon recueil] Heures indues, il y a une nouvelle “ Satarsa ”, qui naît d’un palindrome. Hervé Le Tellier vous en lit des morceaux.
      HLT lit : extrait de “ Satarsa ” de Heures indues.
      Tout au long de ma vie littéraire, je me suis plongé avec passion dans les réseaux de circulation de l’époque en mouvement : autoroutes, métropolitains, lignes aériennes, lignes ferroviaires, petits chemins… Il me ferait plaisir que, pour presque finir, Valérie Beaudouin vous lise quelques extraits du livre que j’ai composé en collaboration avec Carol Dunlop Les autonautes de la cosmoroute. qui raconte par le menu, par des textes et des photographies, un voyage réglé, que je consens, si vous voulez, à nommer un “ voyage à contrainte ”. C’est aussi un livre fait à quatre mains et il me plaît qu’il ait été, en quelque sorte mon dernier.
      VB lit : Trois extraits de Les Autonautes de la Cosmoroute.
      Chers Oulipiens de l’Oulipo, et cher votre public, il commence à se faire tard et je n’ai plus grand chose à vous dire. Votre patience a été angélique. Votre sang-froid, aussi, à avoir su entendre que je ne suis pas entièrement des vôtres, malgré quelques points d’intersection. N’y voyez là de ma part aucun sentiment de réprobation pour vos travaux (encore que, parfois… mais peut-être nous y reviendrons si vous décidez de me rendre un hommage annuel). Marcel Bénabou et François Caradec ont encore quelques courts textes à vous lire. Ce donc eux qui concluront.
      FC lit : “ Thème pour une tapisserie ”, “ Propriété d’un fauteuil ”, “ Histoire ”.
      MB lit : “ Savant avec trou de mémoire ”.
      FC lit : “ Écrasement des gouttes ” de Cronopes et Fameux.
      *

    • #70815 Répondre
      graindorge
      Invité

      Salut Toi:
      belle journée dominicale. Merci.
      Je continue de lire » Awareness through movement: health exercises for personal growth » de Moshe Feldenkrais
      Le titre fait un peu Nouvel Age. Tant pis
      Le titre espagnol est plus proche de la réalité:
      Autoconciencia por el movimiento. Autoconscience par le mouvement.
      Si des yeux muets jettent un œil dans cette Suite spacieuse ils pourraient être interessés par les infos ci-dessous sur l’agriculture en biodynamie.
      https://wiki.tripleperformance.fr/wiki/La_Biodynamie,_un_chemin_prometteur_vers_l%27agriculture_durable_de_demain

    • #70816 Répondre
      graindorge
      Invité

      Ce matin j’ai tué une mouche. Paf ! avec la tapette, sur la vitre. Sans état d’âme. Paix à son âme. Ça vit combien une mouche dite domestique ? Je lis, une trentaine de jours. « Toutefois avec une nutrition adéquate, en particulier le sucre, sa durée de vie peut être prolongée. » Ici, malheureusement pas de « nutrition adéguate » Désolée.
      Comment savoir l’âge d’une mouche ? Comme pour les arbres ? Une fois morts on peut compter leurs cernes ? Elles ont des cernes les mouches ? Aucune info sur Gogol. En tous cas celle-ci était infatiguable et fatiguante.
      Je ne doute pas de l’utilité d’une mouche mais…dehors ! Avant de l’assassiner, j’ai ouvert la fenêtre, histoire de lui donner une chance : ¡ venga, vete ya ! J’ai commencé par l’espagnol : ça devait être une musca domestica española… Elle n’a pas compris. J’ai essayé en d’autres langues… Bon, ben écoute, tu seras d’accord avec moi que ton heure a sonnée. Elle s’est posée sur mon avant-bras droit puis sur la vitre ¡Adios ! Sans souffrance. Respect du bien-être animal.
      Ça m’a rappelé une blague. Dans un restaurant, un client appelle le serveur : il y a une mouche vivante dans ma soupe ! – Attendez ! ne vous inquiétez pas, je vais tout faire pour la sauver.
      J’avais déjà raconté qu’il y a quelques années, dans le patio de notre location, on avait mis une bassine et une mouche était en train de s’y noyer. La mort par noyade m’est intolérable, j’ai pris un petit bâton pour la sauver. Hourra ! Une araignée l’a attrapée en un clin d’œil. J’avais donc contribué au repas d’une araignée et évité une fin cruelle à cette mouche.
      Non, je ne suis pas bouddhiste. Des connaissances le sont… On cause.
      Ils croient en la réincarnation. Je dis ici : pourquoi pas ? Par contre, selon une logique quelconque et de mon cru, si tu es arrivé à être un humain, je ne crois pas que tu puisses revenir en mouche ou en vermisseau ni en cigale ou en fourmi.
      Bouddha a été trahi de toutes façons par un grand paquet de « istes »
      Mais l’Homme est ainsi.. Mais est-ce vraiment de la trahison ? Mmmm, nnnon, e ne crois pas.
      Il y a des êtres qui ont besoin de rites, de rituels, de discipline à leur niveau. Rien de condescendant dans ce « à leur niveau » Je suis moi-même d’une extrême simplicité. Dieu n’a pas voulu que je devienne une intellectuelle. Loué soit-il bien que je les adore ces intellos et les admire même. Point.
      J’ai des amis athées d’un très haut niveau de qualité humaine, je connais des croyants chrétiens, juifs ou musulmans ( les mots en ordre alphabétique) médiocres.
      Un jour, j’avais entendu François B. dire qu’il trouvait dommage que les intellectuels de droite n’aient pas de curiosité pour aller lire des auteurs de gauche véritable ou d’anarchistes … lui-même , ne s’interdisant aucune lecture de droite
      Alors, afin d’ouvrir largement les fenêtres, ne faudrait-il pas inviter tout le monde à lire les philosophies non occidentales ?
      Je partage cet article écrit sur le livre de Marguerite Yourcenar qui avait ouvert ces fenêtres sur le monde entier et sur pratiquement toutes les philosophies et religions
      Même Simone, notre Simone, la géniale maladroite, un peu pataude, qui ne savait pas tenir un fusil sur l’épaule, juste pour la photo, avait commencé à étudier le sanscrit par exemple.

    • #70817 Répondre
      graindorge
      Invité

      Marguerite Yourcenar, Lettres à ses amis et à quelques autres
      Publié le 20 novembre 2019 par argoul

      Chère Marguerite Yourcenar ! Classique et passionnée, conservatrice et étonnamment moderne, nomade et attachée, ce fut une femme exceptionnelle qui sut inventer des hommes vrais. Elle a fait craquer ses gaines et s’est livrée aux passions, mais toujours les yeux ouverts. Son esprit était religieux, attentif à l’infini, au différent, aux mystères. Elle aimait le shinto et le bouddhisme, le catholicisme des negro spirituals, tout ce qui est passionné et rigoureux. Elle a créé des mondes et des êtres par l’imagination, le travail et la poésie.
      Le trait que je préfère en elle est la passion, qu’elle prend comme un creuset d’alchimiste : l’opération consume les préjugés et sublime les qualités humaines, les authentiques et nues, les seules qui importent. Sa ferveur pour l’histoire et pour les voyages lui ont permis de rencontrer des êtres et des cultures, d’élargir son horizon pour comprendre et aimer un peu plus. Il y a de la compassion bouddhiste chez Marguerite, et ce sentiment que chaque être est digne par sa nature de Bouddha, qu’humains, animaux et plantes participent du même divin, ce qu’elle a traduit par cette devise alchimiste : « je suis un et tout est en moi ».
      Cette copieuse anthologie de lettres de Marguerite Yourcenar à ses amis et relations permet de pénétrer un peu mieux son univers social, sinon intime. Mais tout est au fond contenu dans les Mémoires d’Hadrien, son maître livre. Elle l’écrit : « De tous mes ouvrages, il n’en est aucun où, en un sens, j’ai mis plus de moi-même, plus de travail, plus d’effort d’absolue sincérité ; il n’en est pas non plus d’où je me sois plus volontairement effacée en présence d’un sujet qui me dépassait (…). Je souffre du désordre, de la confusion, du manque de rigueur intellectuelle qui nous entoure, et où tout, si l’on n’y prend garde, finira par s’abîmer. Il m’intéressait, par contraste, de montrer dans Hadrien un grand pacificateur qui jamais ne se paya de mots, un lettré héritier de plusieurs cultures, qui fut aussi le plus énergique des hommes d’État, un grand individualiste qui, pour cette raison même, fut un grand légiste et un grand réformateur, un voluptueux, et aussi (je ne dis pas mais aussi) un citoyen, un amant obsédé par ses souvenirs, diversement engagé envers plusieurs êtres, mais en même temps, et jusqu’au bout, l’un des esprits les plus contrôlées qui furent » 7 avril 1951. L’empereur romain Hadrien fut, pour Marguerite Yourcenar, celui qui accomplit le mieux la condition humaine, le « développement harmonieux d’un être humain soumis seulement à sa propre discipline, et capable de retrouver en soi un humain équilibre, même après ses secrets désastres » 22 août 1968.
      Car être humain, c’est découvrir « dans un lit ou ailleurs, un rythme du monde » et de le retrouver « chaque jour et dans tous » 16 mai 1953. Ce peut être « une merveilleuse aisance animale » comme François Augiéras, 16 mai 1953, « une sorte de ferveur mystique à l’égard des êtres, des sensations et des choses » comme André Gide, 20 février 1962, ou « par une sorte de compassion tendre, par un sens très raffiné de l’individualité des êtres, par curiosité aussi » pour le Genji du Dit de Genji, 19 mai 1963. Zénon, après Hadrien, approfondira « l’importance de l’altruisme, de la solidarité, de l’affection humaine » 24 janvier 1970.
      « Le bien et le mal existent dans la conduite humaine (…) mais je les sens uniquement comme l’ignorance (l’avidya sanskrite, avec son refus de comprendre, de se laisser pénétrer, d’être poreux ou ductile) ou comme l’hubris grecque, l’agressivité, la violence, la cupidité d’avoir trop » 20 septembre 1977. L’être humain n’est ni ange ni bête, mais sujet conscient qui doit se construire, évoluer, se rendre meilleur. C’est pourquoi « j’éprouve une sorte de perpétuelle suffocation en présence du matérialisme satisfait, du laïcisme sûr de soi, et de l’intellectualisme sec et frivole qui constitue ce que tant de Français prennent pour la tradition française par excellence, avec pour seule échappatoire un catholicisme atteint le plus souvent des mêmes tares » 15 juin 1969. Cette remarque est d’autant plus pertinente qu’un quart de siècle après, le retour au catholicisme en France prend bien cette forme là. Or, elle existe bien, « cette très vieille sagesse française qui aujourd’hui se terre (car où la trouver chez les gens dont le nom se trouve dans les journaux ?), mais qui sans doute existe toujours. Il y a là tout un héritage de pensées et de comportements mi humanistes, mi chrétiens, soutenus et renforcés aussi par la longue expérience de la race qui est, on peut cette fois légitimement le dire, « bien française », car on ne la trouve sous cette forme nulle part ailleurs, mais que notre génération a jetée au vent » 2 avril 1959.
      La sagesse, ce peut être aussi un lieu, un paysage civilisé par l’homme depuis des siècles. Je partage avec Marguerite Yourcenar, outre son goût pour Montaigne quelques autres Français, cet amour du paysage, par exemple du « sud de l’Angleterre, si paisible, si vivant, si plein d’arbres et d’animaux (qui) est peut-être le lieu que j’aime le plus au monde », samedi saint 1987. Mais la référence reste la Grèce : « vous êtes allée en Grèce et vous avez là découvert, comme beaucoup d’entre nous, ces quatre vérités essentielles : que la Grèce a été le grand événement (peut-être le seul grand événement) de l’histoire de l’humanité ; que ce miracle est le produit d’une certaine terre et d’un certain ciel ; que la passion, l’ardeur sensuelle, la plus chaude vitalité sous toutes ses formes, expliquent et nourrissent ce miracle, et que l’équilibre et la sagesse grecque dont on nous parle tant ne sont ni le maigre équilibre ni la pauvre sagesse des professeurs » 9 décembre 1954. Après le miracle grec, l’Occident a eu une histoire, et tout n’en est pas à oublier : « après l’hellénisme, dont il figure dans ma pensée tout à la fois le complément et le correctif, le catholicisme représente à mes yeux une des rares valeurs que notre temps n’ait pas complètement réussi à ébranler (…). Si le christianisme ne me semble pas divin (ou divin seulement au sens où cet adjectif s’applique au Parthénon, ou à la mer par un beau jour d’été) j’y vois du moins, avec un respect sans cesse croissant, l’admirable somme d’une expérience de vingt siècles, et l’un des plus beaux songes humains » 21 décembre 1937.
      De nos jours, puisque nous y avons accès, ce qui compte est l’expérience de l’humanité tout entière. Les différentes facettes de cet acquis peuvent nous aider à progresser personnellement. « Nous pouvons favoriser le mélange de la charité chrétienne et de la compassion bouddhique, du sentiment stable du divin et du lumineux, tel qu’il s’est exprimé dans le shinto, l’orthodoxie et le catholicisme, avec le génie dynamique de l’Inde, et avec la double notion, grecque, de la dignité de l’homme et des limites de l’homme » 15 juin 1969.
      Avec tout cela, écrire, si l’on s’en sent la vocation. « Il dépend de vous de beaucoup lire, de bien lire, de beaucoup travailler, de bien travailler ». J’aime le « il dépend de vous » à la fois bouddhiste (chacun fait son salut) et protestant (le ciel se mérite par ses œuvres). Tout ne tombe pas tout cuit et il est bon de le rappeler à ceux qui revendiquent « l’égalité » sans aucun effort pour se hausser au niveau des autres. Un auteur écrit comme en transe avant de couper et de corriger son texte. C’est Dionysos revu par Apollon, le feu de la passion plongé dans la glace de la raison. Montherlant disait l’épée forgée dans le feu et trempée dans l’eau froide. Même si « tout le monde aujourd’hui (…) confond l’observation incisive avec l’hostilité » 23 mars 1977, il ne faut pas pour cela déguiser ses sentiments ou son écriture.
      « Que faut-il dire aux hommes ? Avant tout la vérité sur tous les sujets (…). Comment leur parler ? Simplement, lucidement, sans lieu commun d’aucune sorte, sans concession à la paresse du lecteur, mais aussi sans obscurité voulue, sans fausse élégance, sans affectation de vulgarité, sans jargon (…), sans concession envers la mode d’aujourd’hui qui sera ridicule demain, sans désir de choquer pour le plaisir de choquer, mais sans jamais hésiter à le faire si on le croit utile, sans rien sacrifier des complexités, des faits ou des pensées, mais en s’efforçant de présenter celles-ci le plus clairement possible » 5 février 1970.
      Cette dernière partie… « Que faut-il dire aux hommes ? Avant tout la vérité sur tous les sujets (…). Comment leur parler ? Simplement, lucidement, sans lieu commun d’aucune sorte, sans concession à la paresse du lecteur, mais aussi sans obscurité voulue, sans fausse élégance, sans affectation de vulgarité, sans jargon (…), sans concession envers la mode d’aujourd’hui qui sera ridicule demain, sans désir de choquer pour le plaisir de choquer, mais sans jamais hésiter à le faire si on le croit utile, sans rien sacrifier des complexités, des faits ou des pensées, mais en s’efforçant de présenter celles-ci le plus clairement possible »
      MERCI Madame

    • #72952 Répondre
      graindorge
      Invité

      Bonsoir Toi,
      le boulot continue. Dans la joie et la bonne humeur. La note haute. Heureusement qu’on rigole
      Des petits poèmes de Fernando Pessoa. Je n’ai pas voulu les mettre dans le fil Poèmes car il y a encore à y lire le texte de PeggySlam.. En ce moment, les sitistes, dans leur grande majorité, n’ont pas l’air d’avoir la tête à la poésie. Ça cause pas mal du dernier livre de F.B . Je lis les commentaires. De toute façon, ma lecture de ce livre sera simple: si je ne comprends pas certains passages, c’est qu’ils ne sont pas pour moi. J’attends de lire ce qu’il dit de l’art. C’est ce qui m’intéresse depuis qu’il en a parlé. Bien avant le 2 octobre, date de la sortie.

      Salut Fernando
      La montagne qu’il faut trouver
      Aura, une fois découverte,
      Un temple ouvert dedans la pierre
      De l’à-pic où rien ne peut croître.
      Le sanctuaire qu’on aura,
      Une fois découvert, sera
      Dans la montagne recherchée
      Et dans la grotte là trouvée.
      La vérité, si elle existe,
      On verra qu’elle ne consiste
      Qu’à rechercher la vérité,
      Car la vie n’est qu’une moitié.
      Et puis…
      Je ne sais quel est le chemin —
      celui qui passe
      Là où dans le sous-bois la piste s’aventure,
      Ou celui de la route étendue, que l’on trace
      Comme un ourlet en pleine terre, d’où il sort.
      Je ne sais, je ne sais.
      Parce que piste et route
      Sont de la terre, et l’important c’est d’avancer ;
      Il est de peu de poids que la route aille à rien
      Et que la piste à rien s’ingénie à aller.
      Seul vaut celui qui marche : il est celui qui vit
      Ainsi, adulte de ce que j’ai voulu faire,
      Je vais en cheminant vers tout ce que j’ai eu
      Et sais bien que je ne pourrai pas le ravoir.

    • #72953 Répondre
      graindorge
      Invité

      Nombreux sont ceux qui en nous vivent ;
      Si je pense, si je ressens, j’ignore
      Qui est celui qui pense, qui ressent.
      Je ne suis rien que le lieu
      Où l’on pense, où l’on ressent.

      J’ai bien plus d’âmes qu’une seule.
      Il est plus de moi que moi-même.
      J’existe cependant
      A tous indifférent
      Je les fais taire : je parle.

      Tous les influx entrecroisés
      De ce que je ressens ou pas
      Polémiquent en qui je suis.
      Je les ignore. Et ils ne dictent rien
      A celui que je me connais : j’écris.

      **

    • #73106 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #73109 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Triste d’apprendre que les tableaux où dominent le jaune ont terni avec le temps. Mais aussi: les beaux jaunes lumineux contenaient des pigments qui les rendaient très onéreux et Vincent Van Gogh ne pouvait pas se les payer et il se rabattait sur des jaunes plus ternes.

    • #73117 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Aïe! J’ai encore failli gaffer et masquer Alex dans le fil  » citations de livres page 2
      Ma cruauté. Les extraits partagés m’ont donné envie de lire ce livre. Beaucoup

    • #73739 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #73970 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      avant toute chose, clarifier que ceci n’est pas un journal « intime » mais « ouvert ».
      L’événement marquant de ces derniers jours: la visite de Sébastian, un gros chat imposant et sage. Il « appartenait » à Angel notre voisin et ami. Angel ne donne pas de nom aux chats mais s’en occupe très bien: nourriture, pas trop pour qu’ils continuent à chasser les bons lézards, souris etc. Et lui-même joue avec eux et calinent ceux qui se laissent câliner. Mais Sébastian qui ne s’appelait pas encore comme ça l’a laissé tomber et il est parti chez la voisine de la maison d’en bas. Et il y est resté. Elle lui offert un nom et un collier rouge. Et un matin, vers 11h, Damas y caballeros, Don Sebastian installé, de profil sur la 1ère marche de l’escalier qui en compte 6 je crois. Le collègue est venu à pas de loup me prévenir en chuchotant  » on a de la visite » avec un grand sourire. Un œil sur la porte vitrée, même sourire  » attends, je vais prendre une photo pour ma mère » Je ne suis pas photos mais depuis pas si longtemps, oui, les nuages, la mer, le soleil orange du petit matin avant de me recoucher, les gouttes de pluie, tout ça quoi.
      Après 2 ou 3 photos, je m’installe sans bruit sur la dernière marche, les bras autour des genoux. On se regarde, il ne bouge pas. Pareil. Il se détourne. Il ne regarde rien en particulier. Il est là. Pareil. Il se retourne. On se re.regarde. Il ferme un peu ses yeux, les rouvre, pas complètement. Ça dure comme ça un petit bout de temps. Il s’en va, tranquille. Il est parti. Le sourire est resté longtemps.

    • #74646 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Un éclat de rire.
      Au cabinet de Paco, ami de longue date, médecin et acupuncteur
      Désolée, je ne me suis pas rasé les jambes.
      Il lève ses larges pantalons blancs
      sur 2 jambes très très très velues: ¡ Yo tampoco! Moi non plus!0

    • #74651 Répondre
      lamartine
      Invité

      « Ce matin j’ai tué une mouche. Paf ! avec la tapette, sur la vitre. Sans état d’âme. Paix à son âme. Ça vit combien une mouche dite domestique ? Je lis, une trentaine de jours. « Toutefois avec une nutrition adéquate, en particulier le sucre, sa durée de vie peut être prolongée. » Ici, malheureusement pas de « nutrition adéguate » Désolée. »
      Ce passe peut être décliner al infinita tristeza.

    • #74677 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Merci François pour ta petite visite. Mais pourquoi as-tu ce pseudo lamartine? Pas grave. Tu as d’autres choses à faire bien plus importantes que t’intéresser à une histoire de mouche. Ce n’est pas ma préférée.
      En ce moment, ce sont des lettres que je fignole: à une entreprise pour avoir bombardé le voisinage d’insecticide un jour de grand vent. C’est interdit. J’écris aussi un courrier que je vais distribuer à tous les voisins car parmi eux il y a un Parkinson, 2 cancers et sûrement d’autres problèmes. Ce que je sais c’est que ces poisons augmentent, aggravent des problèmes déjà existants. Les jeunes organismes des enfants exposés souffrent bien plus aussi et les animaux. Et les plantes. Pour nous, maux de têtes, peau qui pique et
      ma jambe droite. En urgence chez notre ami médecin. Grâce à Dieu nous savons aussi quoi faire pour contrecarrer les effets. On est très loin de Tchernobyl.
      J’ai PRIS cette entrée pour écrire ce que
      bon me semble.
      Je fignole ma lettre à Bernard Friot. Mais interrompu pour mener l’enquête: c’est une assez grande entreprise. La responsable de ce secteur à la mairie ne bouge pas. Donc, on bouge. J’ai prévenu. On ne demande pas une conversion au biologique, juste le respect des doses et des jours.
      En dessert, je vais parler de kafka et de Van Gogh. À ma simple façon.
      Tu as plein d’intellectuels avec qui échanger sur beaucoup de sujets. Tu devrais être content qu’ un non-intellectuel écrive avec ces mots ce que bon lui semble dans ce chantier autonome. Non? Pourquoi?
      Parceque mon vocabulaire n’est pas riche? Ça importe? Il y a des choses plus graves

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