Accueil › Forums › Forum général › Forum page 22
- Ce sujet contient 232 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Godot le bègue, le il y a 3 jours et 15 heures.
-
AuteurMessages
-
-
Tony
InvitéTexte très intéressant sur la pensée antitech ou technocritique,assez cruel pour les gens de Frustration et très éclairant,à lire vraiment
Nicolas Framont et l’impossible réappropriation des moyens de pollution (par Nicolas Casaux)
-
Dr Xavier
InvitéEt alors, comme ça on saute la page 21 ?
.
Personne n’a lu le dernier livre de Nikolski et Pichoff ? Darmangeat en fait une recension enthousiaste sur son blog. Je cite : « Pourquoi les Amazones n’existent pas ? avance l’idée que la division sexuée du travail dans les sociétés humaines est aussi, et probablement avant tout, une division du risque pesant sur chaque sexe. Chez une espèce aussi marquée par une division biologique des tâches reproductives que la nôtre, cette répartition était la seule qui minimisait les risques d’extinction du groupe ; de manière assez évidente, quitte à perdre un individu à la chasse ou au combat, d’un point de vue collectif, mieux vaut que ce soit un homme. Cette lecture permet également de comprendre pourquoi la traditionnelle division sexuée des tâches est devenue obsolète à l’époque contemporaine : le progrès technique, l’industrialisation et la médecine ont considérablement diminué le risque engendré par les activités productives. Cette nécessité de répartir le risque selon les sexes pesait lourdement sur les premiers groupes humains, dont la survie dépendait étroitement de leur capacité à conserver un nombre minimal de femmes capables d’engendrer de nouveaux individus. »
.
La section commentaires est d’excellente tenue avec Darmangeat, Pichoff et Nikolski qui interviennent tour à tour.-
Samuel_Belkekett
InvitéCet esprit de pointe qu’est le Dr Xavier, nous explique qu’en 2026, les sociétés humaines peuvent enfin se passer du concept de division sexuée des tâches. Des fois que certains, ici ou là, ne l’auraient pas compris ou auraient tardé à le comprendre. Mais le Dr Xavier, malin comme tout, présuppose qu’elle a probablement été utile à un moment donné.
Ecoutez la leçon du Dr Xavier et ses amis :
« Cette lecture permet également de comprendre pourquoi la traditionnelle division sexuée des tâches est devenue obsolète à l’époque contemporaine : le progrès technique, l’industrialisation et la médecine ont considérablement diminué le risque engendré par les activités productives. »
Quand on lit ça, on est tout de même content d’avoir des Rigolus, Brisemenu ou Jeremy qui eux au moins, sont moins assommant d’évidences aussi ringardes que celles-ci.
On a hâte que le bon Dr Xavier découvre qu’au sein des genres, se sont organisés des classes sociales, qu’au sein de ses classes sociales ce sont disséminés une diversité d’idéologies en concurrences dialectique. Et que tout cela n’avait pas cours lors de l’antique division sexuée des tâches.
Mais lorsque le Dr Xavier aura compris tout ça, il sera probablement si épuisé, qu’il aura besoin de tout notre soutien et notre réconfort.
Que la force soit avec le Dr Xavier…-
Dr Xavier
InvitéOk Midas.
-
Samuel_Belkekett
InvitéKING MIDAS PLEASE…
.
-
-
-
Claire N
Invitéun 21 jump style – c’est mal je suis d’accord
Et également avec l’intérêt des discussions trouvées sur le blog, notamment ce développement de N Pichon que je reporte :
« Nous pensons avec Véra que l’espèce humaine a justement suivi une ligne d’équilibre parmi tous les possibles en faisant croître sa capacité à faire naître des petits encore immatures avant d’échanger avec leurs parents grâce à sa technologie et sa culture (dont la division sexués des risques). Il y a eu alors un cercle vertueux :
– plus de maturation tardive,
– plus de transmission,
– plus l’intelligence,
– plus de culture et technologie,
– plus de protection des petits,
– plus de maturation tardive,
– …
Cela a été une explosion à l’échelle de la vie (qui se poursuit encore avec des enfants qui font des études jusqu’à 25 ans ou plus et des technologies qui permettent même d’accéder à l’ensemble des connaissance humaines en quelques minutes«
«
cette reprise de la maturation tardive, et d’un certain intérêt à l’allongement me fait en contre point repenser à S Charbonnier
J’avoue qu’un dialogue entre les 3 m’intéresserait sur ce point-
Samuel_Belkekett
InvitéD’accord…
-
Claire N
Invité*pichoff
-
Tony
Invité@Claire N 22, v’là les bleus
-
Claire N
InvitéTu me dissipe Tony, ma maturation tardive devient asymptotique à rien
J’étais prête à me lancer dans une analyse comparée
-et critique
-et maintenant j’entrevois tout un monde méconnu , et ne pense plus qu’à me consacrer à l’humour numerologique-
Claire N
InvitéÀ propos du texte de N cazau
– je pense qu’il a raison de pointer chez Framont
Cette tendance « producteuriste « terme piqué à Feher et qui consiste à débusquer l’idéologie du parasite / travailleur
Avec des parasites du haut et des parasites du bas qui ne sont pas sans rappeler les vieilles antiennes droitières
Et en faire une sauce morale
– N Casaux me semble replacer efficacement un certain matérialisme
Mais que faire reste l’endroit où je bloque, notamment parce qu’il y aurait tendance à se heurter assez violemment à l’individualité-
Tony
InvitéLa seule alternative si on veut conserver l’appareil techno-industriel,et je ne crois pas qu’un retour en arrière soit possible et souhaitable, c’est de regarder vers Friot,la sortie du capital résoudra au moins la surproduction et l’obsolescence nécessaires à sa reproduction.
-
Dr Xavier
InvitéJe suivais un peu Casaux à ses débuts mais j’ai très vite décroché :
– son anti-industrialisme est univoque et manque sérieusement de dialectique – oui l’industrie « pourrit » la nature, mais apporte aussi des avancées et bénéfices (et il faudrait des prolégomènes de 5 pages pour définir finement ce qu’on entend par avancées et bénéfices)
– et c’est surtout son moyen de passer en contrebande sa phobie de tout ce qui est LGBT car évidemment l’industrie et la technologie ont brouillé l’ordre naturel dans la sexualité de l’humanité.
.
Voir à ce sujet : https://paris-luttes.info/le-naufrage-reactionnaire-du-17598?lang=fr-
Mao
Invité« son anti-industrialisme est univoque et manque sérieusement de dialectique ». Très juste. Je l’ai découvert hier soir et me suis aventuré à lire quelques uns de ses textes. L’absence totale de pensée dialectique est ce qui m’a particulièrement frappé.
-
Claire N
InvitéOui- la nature devient un système
Collectif clos un peu figé dans sa cohérence
Par sa definition « négative « anti technologique
Cette conception fait naître un ordre portant en son sein une certaine forme de fascisme qui lui serrait inhérent -
Claire N
InvitéIl y a également une drôle de manière de s’inscrire dans l’histoire, comme si ce système etait par essence une biotope anhistorique
Je me dis que dans psychologie 2 ce serait intéressant -
Stéphanie
InvitéJ’ai ausdi bcp suivi Casaux et remarqué sa fixette sur la communauté Lgbt , et surtout les personnes transgenres pour lesquelles il va toujours argumenter sur les dangers des nanotechnologies (il n’a pas tord) mais ces arguments s arrêtent là. ( quid de la souffrance ou mal être de ces personnes ?) Il s’en fout.
Il proposé une conception très rigide et puriste de » la nature ».
Par contre, je ne mettrai pas tout le monde dans le même panier, François Jarrige me semble plus intéressant, Céline Izoard ( son travail sur la Numérisation forcée par ex) …bref , aux éditions L’échappée, il y a de sérieuses pointures.
Je retiens quand même de ce long article, merci Dr Xavier, la prudence. -
Claire N
InvitéA ce propos Contrapoint propose un épisode interessant oú elle « dialogue « avec les « terf »
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui, sujet possible
même si pas marrant
ce monsieur est un peu glaçant avec ses Grand 1 petit b -
Claire N
InvitéAh non faut pas se forcer
Contra point évoque d’ailleurs
L’élément de « bravoure volée «
Comme un des soubassements de la critique du genre ; il est possible qu’une confrontation à la « nature « soit auréolée également de ce type de bravoure –
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Mao
InvitéJe ne sais pas si tu l’as fait exprès mais il se trouve que cette recension enthousiaste de Darmangeat fait elle-même l’objet d’un article autrement moins enthousiaste dans les pages du blog de Nicolas Casaux partagé plus haut par Tony.
Nikolski, Darmangeat et Frustration : et d’autres défenseurs du capitalisme (par Nicolas Casaux)
-
Claire N
InvitéOk et la d’ailleurs
Un argumentaire est utilisé qui me semble complètement être le revers de celui arqué contre framont
« D’ailleurs, aujourd’hui, la grande majorité de la population mondiale, soit près de 90 % des gens, ne monte pratiquement jamais à bord d’un avion. Seuls les riches, les classes supérieures, utilisent ce moyen de transport. Près de la moitié des Français ne partent pas en vacances. En 2015, « un Français sur quatre n’est pas parti en voyage et moins d’un Français sur deux est parti au moins une semaine l’été ». En 2023, les trois quarts des Français qui envisageaient de partir en vacances comptaient rester dans le pays. Et on parle de la France, un des pays les plus riches du monde. On pourrait continuer à lister ce genre de statistiques. Le fait est que les transports modernes de voyage longue distance bénéficient à une minorité de la population. La plupart des gens, dans la civilisation industrielle, ne voyagent pas ou peu. Ils n’ont pas l’argent et/ou pas le temps.«-
Claire N
InvitéD’accord avec vous sur la dialectique, il y a un truc
Elle n’est pas là ou elle devrait se tenir-
Dr Xavier
Invité@Mao – pas fait exprès, Framont ne m’intéresse pas bcp donc je n’avais pas lu le texte qui lui était consacré plus haut (et donc je n’avais pas vu que c’était Casaux), mais oui on voit dans cet autre texte contre Nikolski/Darmangeat la cécité de Casaux.
@ClaireN – bien vu !-
I.G.Y
Invité« Que ces sociétés [qu’il cite à l’appui de sa réfutation] soient représentatives de la majeure partie de l’histoire humaine ou non , cela montre au moins que l’idée selon laquelle sans la technologie moderne les femmes sont écrabouillées est fausse. »
« Quoi qu’il en soit, les marxistes ont besoin d’affirmer que les femmes subissaient un sort horrible dans toutes les sociétés du passé, de même qu’ils ont besoin, plus généralement, de croire et de prétendre que la vie humaine était uniformément atroce dans le passé ».
.
J’ai l’impression que ces deux sophismes de première classe résument bien l’article. C’est aussi intéressant de voir que Casaux ne discute par concrètement le dur des livres de Darmangeat (de ce que j’en sais par ce qu’en a longuement présenté CD lui-même, ça serait une autre paire de manches).Mais je reconnais à Casaux une certaine clarté sur un point crucial : fin du « capitalisme » n’est pas, c’est vrai, synonyme de fin des « sociétés industrielles ».
-
François Bégaudeau
Maître des clésça fait des décennies que des penseurs interpellent le marxisme en croyant le prendre en défaut, disant : y a pas que l’économie, les gars, y a pas que le capitalisme, il y a aussi une efficace propre de « la technique » – ce que Ellul, roi surestimé de ce courant là, appellerait « l’autonomie de la technique »
or le marxisme, sauf le plus obtus et hardcore dont on trouve les derniers mohicans sur une désormais célèbre chaine youtube putaclic, n’a jamais nié qu’il y ait une autonomie de la technique – et que donc par exemple la société industrielle ne s’éteindra pas avec le capitalisme
Il dit juste que nous sommes dans le moment capitaliste du développement industriel, et que ce moment est celui qui fait atteindre à l’industrie son maximum de nocivité. Donc dépassons le capitalisme et voyons (ou, en temps de dévastation écologique : arretons d’abord cette machine sauvage et voyons)
Si bien que beaucoup de gens s’épuisent à formuler des objections au marxisme qui n’en sont pas
Il est vrai qu’en prenant comme cible marxiste Framont, on a beau jeu de trouver des faiblesses au marxisme-
Claire N
Invité« Donc dépassons le capitalisme et voyons »
Oui – et pour rejoindre la discussion ci en bas
Une forme s’invente à l’épreuve de ce qu’elle croise- l’impossible on le connaît hein , c’est pas lui qui va préparer la seringue d’adrénaline ou te passer la clef de 12-
François Bégaudeau
Maître des clésl’impossible c’est pas lui qui va te préparer la clé de 12
je crois qu’on tient un grand dicton-
Claire N
InvitéSourire – oui c’est un « piqué- pâquerette «
Une figure de style donc , que j’ai appris à voler
Chez Will (pour faire le lien avec l’autre topic ) -
I.G.Y
InvitéTout ça est bien vrai (le déprimant Anselme Jappe s’étoufferait aussi; et combien d’écolos assez charpentés et acteurs des luttes frayent avec le marxisme ?). On ne peut cependant lui retirer le fait que le marxisme (et le communisme) « usuel » a tendance, dans l’action et dans le discours mobilisateur, à écarter la question de l’industrie « en général » au profit de celle du mode de production. Mais reprocher ça au mouvement social ou même aux intellectuels me semble fort de café, et l’absence de pincettes prises par Casaux en la matière fait un peu sourire.
Cher mouvement social et chers intellectuels, en finir avec le capitalisme, c’est faiblard. Pas au niveau. (proféré avec autant de sérieux et d’emphase critique, ça m’inspire ces trois lettres qu’on n’utilise plus : « lol »).
-
Claire N
Invité« ça m’inspire ces trois lettres qu’on n’utilise plus : « lol »- aussi je te pardonne de céder , puisque qu’en ce faisant tu la souligne, à la frivolité de la langue anglaise – nous savons tous les deux que seul le germanique guide nos pas .
-
François Bégaudeau
Maître des clés« On ne peut cependant lui retirer le fait que le marxisme (et le communisme) « usuel » a tendance, dans l’action et dans le discours mobilisateur, à écarter la question de l’industrie « en général » au profit de celle du mode de production. »
Il y a aussi que, dans la pratique, qui importe fort au marxisme, tu dois bien te donner des objectifs concrets, des adversaires tangibles. S’attaquer au mode de production est immédiatement plus opératoire que s’attaquer à « l’industrie », que des gens comme Casaux, quoi qu’il en dise, contribuent à ériger en monstre mythologie et a-historique, désarmant in fine toute parade (de même que les Jappistes nous laissent bien cois en proposant d’en finir avec la monnaie) -
Seldoon
InvitéJe retente mais le site ne me laisse pas poster à cause d’un mot interdit :
Nicolas Casaux dont l’intégralité de l’oeuvre consiste à expliquer qu’il est le seul anticapitaliste. Tout occupé qu’il est par cette croisade, il oublie d’ouvrir les yeux avant de décrire. Ainsi sur ce forum nous serions sur les terres de « la gôche T.é.l.é.r.a.m.a.-France-Culture-Festival-de-Cannes ». Une acuité du regard qui n’est pas sans rappeler les plus belles plumes d’extrême droite. En attendant qu’il nous ait tous éblouis de sa pureté immaculée, c’est pas lui non plus qui nous filera la clef de 12. -
Seldoon
InvitéJe le resignale : le nom du magazine qui donne « TTT » à tout James Gray est un mot interdit, tout message qui le mentionne est censuré.
-
Seldoon
InvitéTélérama
-
Seldoon
InvitéJ’ai vaincu la censure.
-
Cynthia Lennon
Invitésinon, moi j’ai une clé de 12
-
Seldoon
InvitéMais tu n’es pas une vraie anticapitaliste, on ne touchera donc pas à cette clef de 12.
-
Dr Xavier
InvitéTélérama
-
Dr Xavier
InvitéLe Point
Marianne
Valeurs actuelles
Frontières médias
Facho fashion
Turkish airline
Si ce message passe je montre ma supériorité face à Seldoon -
K. comme mon Code
InvitéLéna Situations.
-
I.G.Y
InvitéExcusez-moi d’étaler ma supériorité sur vous tous mais je signale que le mot « nazi » apparaît ici impunément toutes les 48h. Le deux poids deux mesures de la censure en ce forum germanopratin — car cet adjectif manquait à la liste ci-dessus — n’en est que plus frappant.
.
Pour tout le reste je suis bien d’accord, je ne faisais que tenter d’accorder un ou deux points à Casaux par honnêteté minimale. Il ne donnera pas la clé de 12 car il est contre les clés de 12. -
Seldoon
InvitéOn reconnait bien là ton goût douteux pour la nuance : encore un faux anticapitaliste. Quant à Casaux, il est contre les clefs de 12 car il est la seule clef de 12.
Et moi je maintiens ce F à clef par fidélité à la passion de mon prof d’histoire de première qui s’était soudain emporté contre les incultes qui ne savent pas que clef vient de nef et prend donc un F. Ce fut sa seule remarque orthographique en un an, ça devait compter. -
Seldoon
InvitéXavier, tu seras tondu à la libération du mont Ararat.
-
Claire N
Invité« car il est la seule clef de 12. » oui
– comme Nemo dans le cinquième élément –
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
bibinard
Invité
-
Greenwashing
InvitéJ’aime bien. Premier degré. Enfin toi tu dois être à 40 mais j’imagine que c’est la beauté de l’art, ça permet de créer des ponts entre les âmes.
-
Elmo
InvitéC’est vrai qu’il semble toucher quelque chose là, y se passe un truc sur la partie basse du visage où ça a l’air moins à chier que ça y ressemble au départ. Peut être le début d’un nouveau mouvement.
-
-
-
Tof
InvitéI Asked AI to Write a Novel. It’s not so bad.
Pour voir où ça en est.
J’ai lu le premier chapitre, qui se laisse lire. Mon impression en béotien du style est que c’est roboratif, chaque phrase semble vouloir impressionner. Le corpus d’apprentissage doit contenir une bonne quantité de textes permettant de fournir les fondations choisies par le LLM: écrivain raté, divorcé, au bord de l’alcoolisme; New York, monde académique, etc.
Mais je sors de la recension du style de Gaël Faye par François, et peut-être que lui a du soucis à se faire ?-
I.G.Y
InvitéDeux ans au moins que je n’avais pas fait ce test, je réessaye. Je n’ai donné en plus au modèle qu’un petit texte de trois paragraphes que j’affectionne particulièrement (j’imagine que certains pourraient en deviner l’auteur?).
Consigne : « En te basant sur ce texte et ces éléments stylistiques (mais pas que, je ne veux pas d’une inspiration trop exclusive), écris un début de nouvelle, d’une quinzaine de lignes maximum : elle décrit une personne qui, passant un pont, longe un ruisseau et finit par apercevoir, au loin, un homme assis devant une petite cabane« .
J’ai eu droit à trois propositions différentes, j’ai pris celle qui m’a paru la meilleure. Quelques belles réussites. Il faudrait un intermédiaire entre cette version et celle que le modèle nomme « la plus sobre » (très bonne, mais qui manque d’une ou deux belles réussites de la version ci-dessous)
.
« Du pont, l’homme regarde un instant le ruisseau descendre entre les pierres, avec cette application froide des eaux qui ne savent pas où elles vont. Puis il franchit le parapet d’ombre, quitte la chaussée et prend le chemin humide qui accompagne la rive. Des insectes travaillent dans les herbes, une odeur de menthe monte de la boue, les saules trempent leurs branches comme des mains inutiles.Chaque pas déplace un peu de silence.
Le ruisseau s’élargit, se rétrécit, disparaît sous les racines, revient chargé d’un ciel plus pâle. L’homme marche lentement, non par fatigue mais comme s’il craignait d’arriver avant lui-même. Bientôt, parmi les feuillages, une ligne droite se montre, puis une autre : un toit, un mur, une porte peut-être. La petite cabane occupe le bout d’un pré. Devant elle, réduit par la distance à une veste sombre et deux chaussures claires, un homme attend sur une chaise. »
-
Tof
InvitéIntéressant. Ce « revient chargé d’un ciel plus pâle » fait un peu d’esbroufe non, le ciel se terrait donc sous les racines ? La phrase suivante, ainsi que la dernière, j’aime bien.
Globalement ça me donne un peu la même impression que le texte anglais ci-dessus, il y a une certaine économie de la phrase, qui doit faire son taf de phrase littéraire, on ne l’a pas convoquée pour rien, le token est cher, elle ne doit pas se tourner les pouces.
Je n’ai pas deviné l’écrivain.-
jojo
InvitéQuignard ?
-
-
Claire N
InvitéEt bien entre autre ce texte manque cruellement de pragmatisme
– les chaussures claires sont peu probables
– la boue ne sentira jamais la menthe
– application froide des eaux ça ne fonctionne pas
– les arbres ont aussi des lignes droites en particulier les noisetiers qui affectionnent les abords de cours d’eau
– le point de vue n’est pas cohérent avec l’embrassèrent visuel possible dans la dimension des objets décrit-
Claire N
InvitéDe fait c’est un style de mytho
-
François Bégaudeau
Maître des clésAllez :
« Du pont, l’homme regarde un instant le ruisseau descendre (très très plat ce « descendre », plat au point qu’inadéquat) entre les pierres, avec cette application froide des eaux qui ne savent pas où elles vont (avec une application sans but? avec une application aveugle? brouillon). Puis (presque toujours inutile) il franchit le parapet d’ombre, quitte la chaussée et prend le chemin humide qui accompagne (bof bof ; longe? épouse?) la rive. Des insectes travaillent dans les herbes (ça j’aime bien), une odeur de menthe monte de la boue, les saules trempent leurs branches comme des mains inutiles (ça va pas du tout cette construction : « les branches des saules sont comme des mains inutiles » serait déjà plus lisible, quoique pas satisfaisant ; « monte de la boue où trempent les mains inutiles des saules »? Pas encore ça.
Chaque pas déplace un peu de silence. (on aime)
Le ruisseau s’élargit, se rétrécit (rétrécit suffirait), disparaît sous les racines, revient chargé d’un ciel plus pâle (je ne pige pas mais j’aime bien). L’homme marche lentement, non par fatigue mais comme s’il craignait d’arriver avant lui-même (j’aime bien, mais on pouvait se passer de « non par fatigue ») . Bientôt, parmi les feuillages, une ligne droite se montre (très très laid ce « se montre »), puis une autre : un toit, un mur, une porte peut-être. La petite cabane occupe le bout d’un pré (le pré doit etre bien petit pour etre « occupé par une « petite cabane »). Devant elle, réduit par la distance à une veste sombre et deux chaussures claires, un homme attend sur une chaise (n’aurait il pas été opportun de tenter un truc comme : « Devant elle attend une veste sombre » (premier essai).)-
I.G.Y
InvitéTof/Quentin : c’étaient les trois ou quatre premiers paragraphes d’un début de nouvelle d’Echenoz, 1989, qui s’appelle J’arrive.
Pour ma part j’aurais dès la première lecture supprimé l’application des eaux froides, l’histoire du « arrive avant lui-même », et le « comme des mains inutiles ». Surcharges. On sent comme dit Tof que le Token est cher, et que le modèle, orienté en cela par le texte d’Echenoz qui est très virtuose, tente de suivre. Qui plus est en peu de lignes.
La version « sobre » charge beaucoup moins (presque trop peu).
La dernière phrase est à mon avis une grande réussite, de même que le « chargé d’un ciel plus pâle » (rapport au changement possible du reflet de surface entre avant le pont et après, c’est une très belle image, concise, frappée). De même le « accompagne » ne me gêne pas du tout, et me paraît montrer une bonne compréhension du style du texte d’Echenoz (si ce n’est d’Echenoz en général), qui ne cesse d’animer son paysage, son décor. C’est merveilleux dans J’arrive.
.
Autre aspect intéressant, mais sans surprise : je lui ai redonné dans un second temps la même consigne, mais en lui interdisant toute relecture de la mémoire des conversations antérieures. Le résultat est dénué d’intérêt.-
Tof
InvitéMarrant j’ai terminé il y a quelque jours « Je m’en vais » (la suite de la nouvelle ?). Après coup je crois reconnaître la densité d’Echenoz (au sens où il se passe beaucoup de choses dans les phrases).
-
I.G.Y
InvitéC’est apparemment le premier chapitre de son second manuscrit, jamais publié car refusé par Minuit (donc quelque part entre 79 et 83). Beaucoup ont l’air de dater sa publication à part de 92 (le Serpent à Plume) mais sur mon scan je lis clairement 89. J’ai une telle admiration pour ce texte que je le remets ici, au cas où. Jeannot y frôle le surrégime — à l’époque il avait sans doute encore beaucoup à « prouver » —, mais c’est si fort.
.
J’accepte beaucoup de vos corrections, Claire 6.1 et François 1.8-beta, mais pas la dernière phrase. Ou bien je propose : « Devant elle, une veste sombre et deux chaussures claires : un homme attend sur une chaise ». Mais la phrase qui précède est très courte, on risque peut-être un problème de rythme — de surcondensation? (« surconcision » si l’élagage dérape).-
Claire N
InvitéMerci pour le texte
Techniquement j’avais fusionné les deux phrases
Mais effectivement si tu souhaites un effet moins compact, alors il me semble interessant de deployer ce qui va faire passer du regard extérieur descriptif à l’imputabilité d’une « attente « supposée de l’homme par le narrateur , un processus d’ingérence d’ intentionnalité s’y jouant ( la ça rallonge) ?-
François Bégaudeau
Maître des clés« Devant elle, une veste sombre et deux chaussures claires : un homme attend sur une chaise ». Je prends.
Content d’apprendre que c’est du Echenoz séminal. Ca prouve qu’un style ça prend des années à s’affermir. Le Echenoz des années 2000 ne dirait pas qu’une ligne droite se montre-
François Bégaudeau
Maître des clésJe sens aussi dans ces lignes la volonté, typique d’un jeune auteur non publié des années 70, de « faire Minuit ». On tient presque un incipit « à la manière de » Robbe Grillet. (et déjà aussi à la manière de Manchette)
Dans un entretien avec Garrigou Lagrange en ligne Echenoz dit qu’à l' »époque il était sur de vouloir écrire mais il ne savait pas du tout quoi. Il était surtout tiraillé entre sa volonté de fiction et le sentiment dominant et légitime dans l’avant-garde d’alors que le roman, et fortiori la fiction; était une forme périmée – et fallacieuse
Il voulait écrire de la fiction mais ne pouvait pas. Son style s’est trouvé dans a résolution de cette impossibilité (ça c’est moi qui le dis). N’oublions jamais qu’une forme s’invente pour résoudre un problème -
I.G.Y
InvitéIntéressant, cet entretien. Je ne connais pas autrement que de nom et de prestige les « nouveaux romanciers » comme Robbe-Grillet. Voir apparaître le nom de Manchette m’intrigue car j’en ai lu un — le Petit bleu de la côte Ouest —, et sa facture est dans mon souvenir assez différente de celle de ce jeune Echenoz. Il a eu plusieurs périodes?
J’aime bien ce « une forme s’invente pour résoudre un problème ». Vraie pour des formes très éloignées de celles de l’art. Quand ça résonne fort entre des domaines qui n’ont a priori rien à voir, on tient souvent quelque chose.
-
MA
InvitéJe n’ai jamais lu Echenoz. Par où commencer?
-
MA
InvitéJe suis tombée sur ça aussi : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/dans-la-bibliotheque-de-jean-echenoz-5595836
-
Malice
Invité@MA j’ai commencé par « Envoyée spéciale » et je n’ai pas regretté; j’ai aimé « Courir » également. Je n’ai pas lu tout Echenoz mais ce sont ceux-là qui m’ont le plus marquée.
-
MA
InvitéC’est noté. Je vais essayer de ce côté- là alors. Merci Malice.
-
Graindorge
InvitéMA
Si tu peux/ commence par Jérôme Lindon. En pesant bien les mots : un chef-d’ oeuvre.
Un très grand petit livre d’une centaine de pages
J’ai lu et approuvé Je m’en vais et Ravel. Surtout Je m’en vais.
Courir, trouvé ici en espagnol et je ne peux pas lire en espagnol Echenoz. On m’en a dit du bien -
Tof
InvitéManchette connu pour son style plein d’effets
-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’allais m’insurger : quoi !!!!???? plein d’effets chez Manchette, l’écrivain le plus sobre du monde ?!!!??
et puis j’ai compris le jeu de mots
respect -
I.G.Y
InvitéCe qui n’abaisse pas ma curiosité quant au rapprochement entre le jeune Echenoz et Manchette, que je connais bien moins. Kezako?
MA : dans les Echenoz qui me manquent figurent ceux cités par Malice et Tof. Dans deux genres très différents je pourrais conseiller Les Grandes Blondes et 14. En fait je déconseille seulement l’Equipée Malaise.
J’ai passé dernièrement Cherokee à une amie qui n’a pas aimé, surtout apparemment de par le caractère un peu vieilli et « daté » de l’intrigue et des personnages (la bande de mecs inspecteurs, etc…). J’avais personnellement un très bon souvenir de la « phrase » du livre.
-
François Bégaudeau
Maître des clésDe Manchette à Echenoz, il y aurait a minima ce truc en rapport avec ce que je rapportais de l’entretien avec Echenoz, où il précise d’ailleurs que le genre polar lui a permis de résoudre la quadrature (désir de fiction / impossibilité de la fiction). Manchette pratique la fiction tout en la sabotant de l’intérieur, en fabriquant des intrigues in fine aberrantes, où les initiatives des uns et des autres débouchent sur une somme nulle. Oui la fiction était acceptable, après l’ouragan de la modernité qui la tuait, si on l’agençait de sorte qu’elle soit un jeu à somme nulle. On maintenant le jeu, la mécanique fictionnelle, la « machine » dit Echenoz, mais on s’arrangeait pour qu’elle ne mène nulle part – ceci en contradiction rigoureuse avec le roman d’apprentissage, où tout de même le parcours mène à quelque chose (où les personnages apprennent de leur vécu, même si souvent ils en apprennent qu’il n’y a rien à en apprendre (Flaubert)
Le lien phrastique est plus lointain, même si je pense que Echenoz a pu puiser chez Manchette, qui lui même le tenait de Chandler et autres, outre les intrigues aberrantes, un certain behaviourisme -
François Bégaudeau
Maître des clésOn maintenait le jeu,
-
Tof
InvitéC’est exactement ça dans Je m’en vais. La fin est un quasi retour au point de départ, entre temps on aura vécu une expédition dans le grand Nord, un vol d’œuvres d’art, le meurtre d’un complice et les nombreuses aventures libidinales du personnage principal.
Je vais essayer de me procurer un Manchette, tu aurais un titre représentatif ? -
Tony
InvitéA propos de Manchette,cette lettre à Echenoz qui lui avait envoyé son premier livre:
Cher Jean Echenoz,
Je veux vous remercier de l’aimable envoi que vous m’avez fait de votre Méridien de Greenwich. Je viens seulement de le lire, parce que j’avais d’abord été rebuté par son appartenance manifeste à la littérature d’Art. Or j’ai passé deux soirées intéressantes, et notamment à rire comme un bossu (cet effet entrait aussi dans vos buts, je n’en doute pas). Je suis d’autre part troublé par la grande similitude de beaucoup de nos intérêts, telle que j’ai pour ainsi dire eu l’impression que j’étais moi-même l’auteur de votre livre dans un univers parallèle. (Je passe sur les détails sauf celui-ci : je travaille depuis un moment à une histoire de tueur, et l’arme personnelle de mon personnage est un Heckler & Koch, cependant qu’une fois ses employeurs lui remettent pour son travail un revolver Rossi.) Je suis curieux de savoir si vous avez ou non écrit votre texte en utilisant un procédé systématique de démarquage d’autres textes, dont certains des miens. J’ai repéré un énoncé : Vous n’êtes pas parent avec un fabricant de cuivres ? (question à Selmer, p.84) qui me rappelle forcément : Vous n’êtes pas parente avec un politicien communiste ? (question à Julie Ballanger dans mon Ô dingos, ô châteaux !), ce qui peut n’être que pur hasard. En tout cas l’effet miroir concernant le Heckler & Koch de mon manuscrit est nécessairement du pur hasard. Ce qui ne peut évidemment qu’ajouter à mon inquiétude, surtout après avoir lu ce que vous écrivez du « malheureux hasard ». Tout ça est extrêmement hilarant.
Je vous laisse à mon inquiétude et vous adresse mes remerciements et mes compliments.
-
Samuel_Belkekett
InvitéFan de Manchette, je précise qu’il existe une, Chroniques Cinema, on dirait qu’elles ont été écrites par Debord. Le Debord de La société du spectacle.
Je doute que les goûts cinématographiques de Manchette plaisent à ce forum.
.
Au fait…
J’ai trouvé !
J’AI TROUVÉ !!
J’AI TROUUVÉÉÉÉ !!!! -
Samuel_Belkekett
InvitéManchette était un fin connaisseur de jazz.
Tout comme Echenoz d’ailleurs.
j’ai de bonnes raisons de me sentir si proche d’eux… -
I.G.Y
InvitéN’hésite pas, Tony, à poster la réponse de JE si tu l’as
-
Tony
InvitéDans la correspondance de Manchette ne figurent que ses lettres,il y en a 5 ou 6 qui sont adressées à Echenoz qui lui envoyait ses nouveaux livres au fur et à mesure de leur parution,je suppose que l’on pourra lire les lettres d’Echenoz quand sa correspondance sera publiée.
-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne comprends pas bien la nature de son « inquiétude »
-
Tony
InvitéJe crois que ça relève de la blague, celle de faire croire que l’un ou l’autre seraient le même auteur.
-
François Bégaudeau
Maître des clésyes
-
Titouan R
Invité@Tof, pour Manchette, tu peux t’attaquer au Petit bleu de la côte Ouest ou à Fatale
-
Tof
InvitéMerci Titouan
-
Christophe M
InvitéPour les fans de pots colonialisme, il y a L’affaire N’Gustro.
-
-
-
Graindorge
InvitéMerci I.G.Y pour ce beau cadeau.
-
Tof
InvitéJoli effet cinématographique à la fin
-
-
-
-
Claire N
InvitéÇa joue
« Sur le même bout de pré, devant la cabane, une veste sombre plutôt qu’un animal , attendait «
( avant premier jet )-
Claire N
InvitéEt puis pour les mains inutiles j’aurais bien aimé un truc qui se moque du cliché romantique d’une amoureuse conduite en barque mais qui ne rame pas alors elle fait ce geste entendu de laisser glisser sa main dans l’eau
-
-
-
-
-
-
Tabouret
InvitéUn exemple. Qu’est ce qu’il y aurait à redire ?
À six heures douze, la ville avait déjà renoncé à la nuit. Dans les immeubles, les fenêtres s’allumaient une à une, sans joie, comme des yeux qu’on force à s’ouvrir. Au bas des tours, les premiers bus passaient avec leur haleine de métal. Les gens montaient dedans en silence. Ils avaient tous le même visage pendant quelques secondes : celui de quelqu’un qui n’a pas encore commencé sa journée et qui la regrette déjà.
Nadia attendait devant la boulangerie fermée. Elle portait un manteau trop fin et tenait son téléphone dans la main, écran noir. Elle n’attendait personne. C’était devenu une habitude : chaque matin, elle arrivait dix minutes avant l’ouverture, pour avoir dix minutes où rien ne lui était demandé. Elle regardait les rideaux de fer, les affiches déchirées, le chien du voisin qui urinait contre un poteau. Puis elle remontait la rue jusqu’au centre commercial où elle nettoyait les bureaux avant l’arrivée des employés. À trente-sept ans, elle connaissait mieux les pièces vides que les gens qui les occupaient.
Ce matin-là, pourtant, quelque chose avait changé. Sur le trottoir d’en face, un homme était assis par terre. Il avait posé devant lui une petite valise rouge, parfaitement fermée. Il ne demandait rien. Il ne dormait pas. Il regardait simplement la porte du commissariat, comme s’il attendait qu’elle s’ouvre toute seule. Nadia le vit, ralentit, puis continua. Elle fit encore douze pas avant de s’arrêter. Elle ne savait pas pourquoi elle se retournait. Plus tard, elle dirait que c’est à cet instant que tout avait commencé. Mais ce serait faux : les choses commencent presque toujours bien avant qu’on les remarque.
-
Samuel_Belkekett
InvitéDébut d’un livre de Simenon avec Maigret. Je reconnais.
-
François Bégaudeau
Maître des cléssi j’étais éditeur j’aurais beaucoup d’annotations sur ces lignes
ça m’avait frappé d’ailleurs en lisant un Maigret l’an dernier : souvent écrit avec les pieds-
Samuel_Belkekett
InvitéLes pieds, de tabouret…
-
-
-
SHB
InvitéMon sujet n’a rien a voir mais bon c’est le topic du forum alors je suppose qu’on peut parler de tout.
J’étudie le journal Le Socialiste et figurez vous qu’en 1886, Le Figaro a ouvert une cagnotte pour la procès d’un policier ayant tiré sur des journalistes.
.
Je trouvais cette nouvelle cocasse au regard des « récents » événements. Comme quoi, 1886, 2020, rien de change -
SHB
InvitéLe procès***
-
Godot le bègue
Invité -
MA
InvitéPrésenté et introduit par Didier Fassin : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/deleuze-retrouve-16-lecons-de-philosophie
-
MA
InvitéCours de Foucault au Collège de France
-
-
Samuel_Belkekett
InvitéJ’ai trouvé !
J’AI TROUVÉ !!
J’AI TROUUVÉÉÉÉ !!!!
Aayyaiiii !!! -
MA
InvitéJe signale la rediffusion de Tout sur Marie sur arte dimanche 17h en deux volets, puis en replay, docu très complet sur la figure de Marie.
https://www.arte.tv/fr/videos/116765-001-A/tout-sur-marie-1-2/ -
bibinard
Invité -
Ourson
InvitéY’en a qui ont déjà entendu parler de Hakim Bey et des ZAT / TAZ ?
Il y a quelques temps j’avais tenté ici même des comparaisons entre la lutte sociale, les contre-soirées et les métastases… Ça avait pas fait mouche, le côté tumeur manquait un peu d’élégance avec le recul.
Aujourd’hui, j’ai englouti le livre « TAZ- Autonomous Temporary Zone » qui met un peu le doigt sur ce que j’ai essayé de dire dans ces topics.
Les Zones Autonomes Temporaires y sont présentées comme une alternative à la « Révolution » qui fige de nouveaux systèmes de contrôle.
Ces ZAT sont puissantes quand elles ne disent pas leur nom, limitées dans l’espace et surtout dans le temps, destinées à disparaître voire à échouer.
Il préconise de « spammer » la création de ZAT, d’enchaîner des micro-insurrections avec une cartographie psychique de ces zones car les cartes d’Etat sont rigides, inaptes à capter le monde dans sa complexité contrairement aux cartes dans la tête des insurgés.
Il y évoque les deux notions de Web et de Net : supports informationnels dans lesquels les ZAT pourraient s’enraciner pour échanger des informations sans médiation
–
Sa métaphore à lui c’est des rats qui vivent cachés dans le mur plutôt qu’en cage, avec des réseaux intra-muraux de rongeurs qui se font et se défont.
Il associe ce concept à quelque chose d’essentiellement festif et artistique, en mettant sur le même plan les squats, les soirées entre amis, le hacking, la commune de Paris et les pirates boucaniers malgaches du 17ème siècle (par exemple).
–
Pendant que je lisais j’ai pas pu m’empêcher de penser à une vidéo dans laquelle un mec disait « la révolution sera comme une grande fête ! ». Des marxistes-léninistes solides ont réagi pour expliquer que la vie, c’est pas un kiwi.
Il y a un peu de ça dans ce bouquin, on sent qu’on a à faire à un gros kiffeur, trop gros kiffeur même… j’ai su après coup qu’il avait produit des écrits pédo. Ça laisse des doutes sur ses réelles motivations, derrière sa volonté d’espaces libres sans médiation, de kiff sans limites… Mais bon.
J’essaierai de caler une ou deux vidéos sous mon post pour essayer de creuser ce sujet -
Graindorge
InvitéArticle de contre attaque sur le canard enchaîné et son pigiste de luxe haziza qui a écrit l’article sur Bally Bagayoko
-
Graindorge
InvitéDe Bally Bagayoko:
“Article du Canard enchaîné : quand le sous-entendu remplace la démonstrationJe ne comptais pas répondre à chaque attaque, mais le témoignage de Jacques Marsaud, ancien secrétaire général de la ville de Saint-Denis puis ancien dirigeant de la RATP, mérite d’être connu de toutes celles et ceux qui ont suivi cette polémique autour de l’article signé par Frédéric Haziza.
Jacques Marsaud a directement écrit au journaliste pour contester la présentation faite de mon parcours et de mon recrutement à la RATP. Ce n’est pas un commentaire extérieur : c’est le témoignage d’un homme qui a personnellement participé à la décision de me recruter, et qui sait donc de quoi il parle.
Il le dit sans détour : je n’ai pas été recruté « sans entretien », contrairement à ce que l’article laisse entendre. J’ai passé plusieurs entretiens successifs — avec le chef de service, le directeur du développement, puis la direction des ressources humaines — pour vérifier que mon profil correspondait au poste. J’ai été recruté sur mes compétences, point final. Ceux qui ont eu à travailler avec moi le savent.
Quant aux aménagements horaires liés à mon mandat électif, je n’ai jamais rien caché : ce sont les mêmes dont bénéficient tous les agents de la RATP élus. Mais qui a la preuve que je n’aurais pas rempli pleinement mes missions ? Personne. Jacques Marsaud pose lui-même la question au journaliste, et cette question reste sans réponse dans l’article.
D’ailleurs, dans ce premier article, on m’accuse de « cumuler deux postes ». Sauf qu’être élu n’est pas un emploi. Chacun le sait, à commencer par ceux qui ont écrit cet article. Confondre un mandat électif avec un poste salarié, ce n’est pas une erreur, c’est un choix rhétorique destiné à faire croire à une fraude là où il n’y a qu’un mandat exercé, comme la loi le permet et l’encadre.
Ce que dénonce Jacques Marsaud, c’est une méthode : partir d’un postulat, puis l’habiller de sous-entendus au lieu de le démontrer. Il parle d’un « tissu de sous-entendus infondés », et il a raison.
Cette méthode, on la retrouve telle quelle dans le second article, publié le 11 août. Le Canard enchaîné y révèle que plus de 200 personnes travaillent à la RATP tout en exerçant par ailleurs un mandat d’élu. Deux cents situations comparables à la mienne. Et sur ces deux cents, une seule fait l’objet d’un article complet : la mienne. Ce choix n’est pas anodin, et chacun est libre d’en tirer les conclusions qui s’imposent sur ce qui relève de l’enquête et ce qui relève du ciblage.
Plus grave encore : entre-temps, Jacques Marsaud avait écrit au journaliste pour rectifier les faits. Ce courrier existait, il était entre les mains de la rédaction avant la parution du second article. Et pourtant, aucune des informations contestées n’a été corrigée. Le journal savait qu’un témoin direct de mon recrutement contestait sa version des faits, et a choisi de publier sans en tenir compte.
Je veux aussi dire ma gratitude à celles et ceux qui ont exprimé leur soutien face à cette campagne. Ce soutien compte, et je continuerai à prendre toute ma place, à Saint-Denis comme dans les combats à venir.
Jacques Marsaud envisage aujourd’hui de demander un droit de réponse. Je l’y encourage : les lecteurs méritent d’avoir les deux versions.”
https://www.facebook.com/share/p/1D4R4aEiU6/? -
brisemenu
Invité« un journal libertaire » + « une institution de la presse française ».
Ite missa est.
La gauche aura mis le temps à comprendre l’ecroquerie…
.
Attention , si Haziza est d’extrême droite , il n’est pas pour autant antisémite. Evitons les amalgames trop rapides.
Petite question : pourquoi l’article de Contre attaque ne signale pas qu’ Haziza serait juif (à vérifier) ? Peut-être que cela éclairerait le lecteur sur ses positions pro-israéliennes , non ?
-
-
Ourson
Invité« J’la fuck et j’la te-j dans le couloir, elle pleure, en plus, c’est moi qu’a payé le Uber ».
Cette phase du rappeur Hamza a conduit une white girl à pousser son coup de gueule : « c’est hyper problématique ! Faut évoluer les gars, faites mieux ! » (je paraphrase).
Le renoi sûr Norman Ajari a réagi en rappelant que le Rap est une culture créée par (pas pour) des hommes racisés, qu’à ce titre les femmes blanches n’ont pas la légitimité pour policer ce qui s’y fait sur le plan artistique. En gros, il voit ce « coup de gueule » comme un geste civilisateur typique des white fem. Notons que ces white-fem ne sourcillent pas quand ces rappeurs parlent de rafaler la concurrence, j’y reviendrai.
.
Là où je vois un angle mort, c’est quand il explique que les rappeurs sont les seuls artistes à qui on refuse la fiction, par geste raciste primaire.
J’ai pas (plus ?) l’impression que ce soit le cas : dans la chanson française blanche et légitime, il y a une espèce de traque aux textes « problématiques », pédo notamment. Des morceaux déterrés plusieurs décennies après pour montrer à quel point tel grand chanteur est en fait un tordu (C’est pas moi qui vais les plaindre, ils sont pour la plupart morts de toute façon).
Je doute qu’un chanteur de variété grand public puisse aujourd’hui chanter tout et n’importe quoi sans se mettre une fin de carrière.
.
En tant que gros consommateur de rap, je sais aussi que les rappeurs sont les premiers à entretenir le flou entre fiction et réalité, que toute fiction n’est pas bonne à raconter, c’est hyper calibré.
Si demain un rappeur commence à sortir de nulle part un egotrip sur sacrifices de vierges, massacre à la hache de filles enceintes ou attentats à la pisse dans des crèches, sa communauté et sa maison de disque seront les premiers à terminer sa carrière, à prendre son egotrip au premier degré, à lui refuser sa fiction.
Le rappeur racisé n’a dans sa fiction droit qu’au narcotrafic (pas de drogues trop dures de préférence), à la violence (sur la concu « impliquée » uniquement) et à la misogynie (à condition que cette misogynie soit dirigée sur des femmes de petite vertu). Et si cette fiction romantique se confond avec la vraie vie du rappeur, c’est encore mieux, la street crédibilité ayant une valeur esthétique chez nous. Le problème vient en partie de nous.-
Greenwashing
InvitéC’est pas mal pour illustrer le truc de la rhétorique victimaire.
-
Ourson
InvitéMais c’est quoi que tu appelles la rhétorique victimaire ? Tu parles de Norman ou de la white-fem ?
-
-
Quentin
InvitéCa me renvoie au son Us de Ice Cube.
Je te rejoins pas mal sur le sujet, un peu fatigué de la « culture noire », homophobe, limite victimaire et prônant la street cred. Je crois que c’est aussi la raison pour laquelle j’ai toujours adoré Despo Rutti, capable d’introspection et d’autocritique.
Être fier okay, mais revoir ce qui nous définit avant, ce serait bien.Je n’ai rien contre l’ego trop, bien ai contraire, mais je ne vois pas ce que ça vient servir, si ce n’est que leur intérêt individuel et surtout financier
-
Ourson
InvitéJe te rejoins en partie, mais je ne suis pas sûr qu’on puisse parler d’une culture noire homophobe qui engloberait tous les noirs du monde.
Quant à la culture hip-hop, il y a bel et bien un fond d’homophobie latente, mais plus tant que ça. C’est de l’homophobie creuse, basée sur la sémantique du « PD » comme insulte, mais pas de la pure homophobie : on voit rarement des rappeurs prôner un discours frontalement anti-LGBT, donc même là c’est finalement assez sage et calibré.
Idem pour la victimisation, même dans le rap « conscient » en voie de disparition ça n’a jamais été en vogue. Il y a toujours eu cette espèce de fierté mal placée à refuser le statut (effectif) de victime, « banlieusards et fier de l’être », cette idée de garder la tête haute, rester bonhomme et monter des entreprises parce qu’on est « pas condamnes à l’échec ».
C’est ça que je cherche à dire : leur ego trip n’est pas tellement de l’ego trip puisqu’ils doivent piocher dans une liste prédéfinie de thèmes, de saloperies mais romantiques et pas trop cracra.-
Mao
InvitéPour la peine, je vous mets un petit Lil Nas x :
-
Quentin
InvitéOui d’accord pour l’ego trip à 100% beaucoup plus clair.
Ce que je voulais dire avec la culture noire que je critique, c’est justement celle qui prône la street, l’homophobie et la vente de stup. Évidemment et heureusement qu’elle n’en globe pas tous les noirs. Et j’attends pas non plus que des noirs street défendent la cause LGBT, mais pas non plus qu’elle s’en fasse une enemie..
Et pour le coup, quand Koba la D, la Sexion ou autre ont pu avoir des propos clairement homophobe, c’est chiant je trouve, mais ça fait parti de la culture… Et c’est défendu par les fans.
Mais chacun son combat alors je comprends, mais ce truc au détriment d’un autre ça m’ennuie et je me suis un peu détaché à ce moment-là.-
Ourson
InvitéEffectivement, on notera toutefois que la Sexion D’assaut et Koba la D – qui sont homophobes, aucun doute là-dessus – ont failli terminer leur carrière avec ces take.
Je m’en rappelle très bien pour la Sexion, il y a une quinzaine d’années jamais on aurait imaginé le concept de « cancel culture », mais ils ont bel et bien été cancel.
C’était les plus gros vendeurs de CD de l’époque, ça rappait sur tous les thèmes, les radios en raffolaient, mais ils étaient déterminés à mettre fin à leur carrière pour une phrase déterrée dans un vieux magasine.
Même chose pour Koba : festivals et/ou concerts annulés, on l’a très vite vu faire une vidéo d’excuse tel un petit garçon qui a fait une bêtise, motivé par les menaces qui pesaient sur sa carrière.
Récemment aux USA on a aussi vu la chute d’un des trois plus gros rappeurs du moment (Dababy) pour une phrase relativement transphobe lâchée en festival.
–
Qu’on soit clair : mes yeux restent secs, leur sort m’importe peu. Je trouve ça simplement rigolo que les rappeurs puissent romantiser la guerre de gang à longueur d’année et être inquiétés pour une ou deux phases douteuses homophobes.
-
-
Samuel_Belkekett
Invité@Ourson
Concernant cette histoire de rap et de conformisme social.
Est-ce qu’on ne retrouve pas là un problème de fond, qui ne cesse de se répéter dans le temps. À savoir qu’histiroiquement, tous les révolutionnaires de l’ére moderne, de Lenine au Che en passant par Mao étaient d’origines bourgeoise. Par extension tous les contestataires par la suite l’ont été aussi, les étudiants soixantehuitards étaient d’origines bourgeoise également. Or ceux qui viennent vraiment de classes inférieures, de par leur dynamique existentielle, ne souhaitent que d’une certaine façon s’inscrire dans le champ social. On retrouve ça très fort dans la querelle qui a opposé Truffault à Godard. Godard venait d’une haute bourgeoisie Genevoise, profondément raciste et moisie en son fond et Truffault était enfant de la Dass. Or que trouve-t-on plus tard ? Rien de surprenant à mon avis. Un Godard maoïste et un Truffault qui ne souhaite dans le fond que s’inscrire dans la société mais selon ses termes et surtout qui ne croit pas une seconde que le cinéma soit un médium révolutionnaire. Dans le rap ne retrouve-t-on pas ce dilemme de gars et filles de la rue qui songent moins dans leur contestation, à un changement de société, que de s’y inscrire selon leurs termes ?-
Samuel_Belkekett
InvitéOurson le rebelle, qui je le cite au mot près, disait qu’il fut un temps, « j’étais un indésirable. »
Et même plus, que ses posts « dérangeaient plus que Shiva et Belkekett réunis. ». Je le cite au mot près. Mais dit Ourson, tu frimerais pas un peu par hasard ?
Lui aussi et malgré ça, se conforme à l’ordre établi d’un chef autoritaire qui a intimé lordre à tous, de ne répondre sous aucun prétexte à ce fou furieux de Belkekett.
Ainsi, Ourson le rebelle de la rue, le rappeur qui n’a peur de rien ni de personne, chie dans son froc s’il s’agit de transgresser l’ordre du rebelle autoritaire qu’est le chef de ce forum et incontestablement le PATRON.
Mais aussi, Ourson aurait pu prendre un malin plaisir à contredire la puissante pensée de Samuel_Belkekett, mais n’en ayant point les moyens, il préfère fermer sa gueule.
C’est ce qui s’appelle en terme france culturesque :
AVOIR RAISON AVEC SAMUEL BELKEKETT…-
Ourson
InvitéJe t’ai répondu plusieurs fois, j’ai notamment dit que t’étais un fou du bus sur un autre topax. Moi les fous du bus j’essaie de les comprendre, mais j’y arrive pas toujours alors je fais semblant, je fais un sourire gêné avec léger rire par soufflement de nez puis je descends à ma station.
Cela dit je viens de relire ton pavé de fou du bus et ta take à la fin est pas déconnante, mais c’est pas un secret : les rappeurs eux-mêmes mettent en scène le fait de vouloir s’inscrire dans la société selon leurs termes, avec toute une iconographie autour d’un fantasme de vie bourgeoise à atteindre coûte que coûte (la villa pour maman, les sacs Louis Vi, le Ruinart, les RS4, etc etc etc.).
C’est simplement l’idéologie dominante qui transparaît de manière plus romancée dans le rap.-
Samuel_Belkekett
InvitéOK.
Je viens de voir ton message.
« les rappeurs eux-mêmes mettent en scène le fait de vouloir s’inscrire dans la société selon leurs termes, avec toute une iconographie autour d’un fantasme de vie bourgeoise à atteindre coûte que coûte »
Ce sont les moyens et les fins.
Combien de racisés de la street, comme tu dis, disent,
« Nous aussi on veut rouler dans de belles bagnoles, bouffer dans les bons restos, porter de belles fringues… »
Seulement les moyens pour atteindre ces fins sont complètement détournés.
Ce pourquoi je ne crois pas du tout que l’idéologie dominante transparaîsse là-dedans. Désolé mais voir « l’idéologie dominante qui transparaît de manière plus romancée dans le rap. »
Est une vision petite bourgeoise de gauche qui rêve de critique universelle.
Nul ne peut préjuger du cœur qui bat dans la rue.
Ni de ceux qui se battent pour survivre dans la rue.
Surtout ce regard condescendant très de gauche, qui pense pour ceux qui soi-disant ne savent pas penser.
Mais bon. Peut-être les rappeurs devraient-ils lire Bégaudeau pour savoir penser et par extension savoir vivre dans un calcul de gauche.
.
Le jour où même la rue, les rappeurs, seront récupérés par une bonne morale de gauche, ce sera,
LE SOMNIFÈRE POUR L’ÉTERNITÉ…
-
-
-
-
-
-
-
François Bégaudeau
InvitéMoi je m’en fous de tout ça.
La seule chose qui compte c’est mon cri du cœur, « aimez moi ! aimez moi s’il vous plait ! »-
François Bégaudeau
InvitéJe ne supporterai pas que l’on ne m’aime pas.
Il me faut des preuves de cet inconditionnel amour.
Des preuves. Tous les jours des preuves.
-
-
Tony
InvitéDeux ambiances à gauche:
Lordon’vous allez gagner, préparez-vous,la situation est historique,on a rendez-vous avec l’histoire et on se met sur son 31′
FB’Edouard Philippe sera élu bien sûr’-
Jacques Bénigne Sanson
InvitéPassée de grenier en grenier et négligée depuis pas mal de temps j’ai enclenché la remise en état du rasoir national. Qui sait !?
-
Tony
InvitéOui c’est bien ce que je comprends quand Lordon dit qu’il faut se mettre sur son 31, préparons-nous.
-
Jacques Bénigne Sanson
InvitéD’ailleurs les propos de FB sont limite contre-revolutionnaires.
-
Tony
InvitéCe serait contreproductif d’effrayer les bourgeois de gauche.
-
Jacques Bénigne Sanson
InvitéTu as raison. Chaque chose en son temps.
-
François Bégaudeau
Maître des clésFB c’est moi?
-
Tony
InvitéC’est pour la blague,le chaud et le froid en quelque sorte.
-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’adore les blagues et j’ai trois compiles de Roland Magdane, mais là je ne ris pas
parce que précisément ce qui me sépare, entre autres, de Lordon, est, beaucoup plus que telle ou telle prospection sur l’échéance HISTORIQUE ET MONUMENTALE de mai prochain, ma réticence à toute prospection sur ce sujet, et ma réticence encor plus grande à ce genre espèce de déclamation de tribune (de supporters)
Si jamais j’avais la conviction inutile qu’Edouard Philippe va gagner l’élection, tu ne m’entendrais pas le dire à une tribune.-
Jacques Bénigne Sanson
InvitéJe me désolidarise totalement de Tony.
Je pensais qu’il faisait référence à Berléand. -
Tony
InvitéEt moi je me désolidarise de Roland Magdane.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Eleonore
InvitéUn TVB sur fjord est-il prévu ?
-
Quentin
InvitéJe me permets de répondre car sur le topic Cinéma du forum, il m’a dit qu’un TVB à la rentrée sortirait avec pour thème les films : Fjord, Soudain et le dernier Harari
-
Samuel_Belkekett
InvitéGracias senor quouainntine…
-
-
-
Godot le bègue
InvitéComment évolue la pauvreté en France ?
La France compte 5,6 millions de personnes pauvres si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du niveau de vie médian [1] et 9,8 millions si l’on utilise le seuil de 60 %, selon les données 2024 (dernière année disponible) de l’Insee. Dans le premier cas, le taux de pauvreté est de 8,8 % et, dans le second, de 15,4 %. Quel que soit le seuil utilisé, la pauvreté augmente en France depuis le milieu des années 2000.
*
La dictature en marche !!! Vigilance… -
Godot le bègue
Invité -
stephanie
Invitéhttps://peertube.fr/c/faites.mieux/videos
Philippe Borrel vient de créer une chaîne de documentaires en accès libre. -
Ourson
InvitéJ’ai parlé parlé plusieurs fois ici d’un projet de « facilitateur de grève ».
La première version du projet est terminée, vous êtes les premiers à en entendre parler : https://www.bokebi.fr
(C’est pas juste un prototype, c’est utilisable en l’état)
–
C’est plus tout à fait un « facilitateur de grève », ça posait bien trop de problèmes de confidentialité. C’est un outil de sondage anonyme pour constater collectivement d’éventuels abus dans l’entreprise, avec la possibilité d’être mis en contact avec ses collègues et/ou un syndicat (je pense parler de ce projet à Solidaires)-
Eleonore
InvitéJ’y ai jeté un coup d’oeil, je ne comprends pas comment le sondage est envoyé aux collègues, peux-tu m’éclairer ?
-
Eleonore
InvitéJ’avoue que je ne pense pas être la cible, j’ai un bullshit job pas trop mal payé et surtout 100% REMPLACABLE (et déjà, de fait remplacé) par des IA, mais je suis pour l’instant la seule à le savoir… En attendant qu’on découvre le pot aux roses je relis Proust et Dostoïevski
-
Ourson
InvitéEn théorie, à part si t’es dans une espèce de SCOP paradisiaque sous semaine de 4 jours, t’es dans la cible 😉
-
Eleonore
InvitéA vrai dire j’essaye plutôt de me faire discrète… Je travaille 2H par jour max maintenant que ma pipeline 100% IA remplit 90% de bon bullshit job parfaitement inutile. Je remercie chaque jour Sam Altman et les technofascistes NRx zinzins de m’avoir libéré du travail. Merci à la Silicon Valley et aux RH laxistes de me permettre de lire, écouter de la musique et glander sur internet toute la sainte journée. Même mon compagnon qui est pourtant prof trouve ça abusé à quel point j’en fous pas une. Attitude de gauche ? oh wait
-
Ourson
InvitéVeinarde, je travaille avec des outils du précédent siècle tellement buggés que je me retrouve à devoir cliquer l’essentiel de mon temps, rien n’est automatisable 🙁
-
Eleonore
InvitéPresque tout est automatisable avec les IAs actuelles (payantes). Je m’en suis rendu compte après avoir découvert un biais sous-estimé : la sensibilité au prompt. Pour être exécuté parfaitement, un projet doit être extrêmement bien prompté, ce qui n’est pas si évident. Un mot peu changer beaucoup de choses, alors je ne parle même pas de la langue. J’ai développé (enfin l’IA mais c’est ma volonté à la base) un algo qui à partir d’un prompt donné (en général moyen et un peu flou) génère des milliers et des milliers de prompt qui s’auto-améliorent via une sorte de contrôle qualité lui-même automatisé. Ce qui est drôle que ça marche vraiment bien que si ça jongle d’un modèle de langage à un autre. On finit généralement avec un truc hyper long, presque toujours en majorité en anglais très serré, télégraphique et technique, presque impossible à comprendre pour un humain, qui mêle souvent d’autres langues, des maths et pas mal de langages de programmation, mais ça marche du tonnerre.
-
François Bégaudeau
Maître des clésBien joué Eleonore
Lis à l’envi
-
-
-
-
-
Godot le bègue
Invité» je relis Proust et Dostoïevski »
.
Fort bien, comment procèdes-tu ?
Tu alternes dix pages de l’un et dix pages de l’autre ?
Ou les jours pairs l’un et les jours impairs l’autre ?
Ou encore l’un quand tu es de bonne humeur et l’autre de mauvaise ?
Ou pourquoi pas en simultané avec deux liseuses, œil gauche l’un et œil droit l’autre ?-
Eleonore
InvitéEn gros chronologique, un roman de l’un puis un roman de l’autre. Mais là j’ai fait une entorse pour Gombrowicz
-
-
-
Ourson
InvitéC’est à toi de le partager (c’était le seul moyen pour pas enfreindre 183 lois RGPD).
Il y a un bouton qui te permet de le faire assez facilement, avec un texte pré-écrit.
L’idée n’est pas de dire « hey on fait une grève ? » Mais plus « Salut, je suis tombé sur ce site, hésite pas à répondre aux questions si tu rencontres des soucis au taf ».
La mise en contact n’est pas obligatoire et proposée que si les réponses aux sondage sont « négatives »
-
-
-
I.G.Y
InvitéSi vous tombez dessus, je vous conseille le très court Tract Gallimard sur un texte d’Alexandre Grothendieck, l’un des plus grands mathématiciens du XXè siècle, nommé Plaidoirie sur le délit d’hospitalité (1978). La préface d’Agamben (2 pages) est surprenamment faible et expédiée, mais celle d’Hervé Le Tellier est très bien.
Grothendieck est inculpé en 1978 pour avoir aidé un ami japonais « en situation irrégulière » (titre de séjour non renouvelé), un moine bouddhiste ancien étudiant en maths, pas recherché par la Police ni auteur du moindre délit. Grothendieck est poursuivi en vertu d’une loi de 1945 destinée à empêcher l’hébergement en France de criminels nazis. Il plaide coupable de tous les faits reprochés et exige pour lui-même la peine maximale, qui inclut une peine de prison dont il se dit peu effrayé dans la mesure où il a connu les camps (interné avec sa mère à Rieucros de 1940 à 1942, camp d’internement puis de « concentration » pour étrangers « indésirables », en l’occurrence pour Alexandre juif apatride (jusqu’en 1971!) né en Allemagne).
Le texte est très politique, offensif — plusieurs autres textes visant à publiciser l’affaire sont joints à la suite du texte de plaidoirie —, et rempli d’anecdotes de vie, notamment d’amis étrangers vivant en France. Il finira condamné à une peine légère, réagira en démissionnant (à nouveau) de certaines de ses attributions universitaires, avant de se retirer quasi intégralement du monde quelques années plus tard pendant 25 ans.
.
« Les faits qui me sont reprochés sont parfaitement conformes à la réalité. […] Le respect de la vérité m’oblige à vous informer de circonstances aggravantes ».-
Eleonore
InvitéDe Grothendieck, je conseille aussi ‘la longue marche’, qui demande un minimum de curiosité scientifique.
-
Godot le bègue
InvitéAlexander Grothendieck: Allons-nous continuer la recherche scientifique? (CERN, 27/01/1972)
Ne vous fiez pas à l’intitulé – indispensable – document précieux – hyper actuel –-
Samuel_Belkekett
Invité« Il plaide coupable de tous les faits reprochés et exige pour lui-même la peine maximale, qui inclut une peine de prison dont il se dit peu effrayé »
Il y a quelque-chose de très pertinent et passionnant dans l’attitude de ce Grothendieck dans le post d’Igy. De réclamer pour lui-même la peine maximale réclamé par le système pénal revient à pousser ce système à se dévoiler, se mettre à nu. Ce qui peut se révéler d’une efficacité supérieure à une énième critique sur ce système.
-
-
-
-
stephanie
Invitéessai
-
Godot le bègue
Invité -
Godot le bègue
Invité -
MA
InvitéBonne nouvelle cependant sur France cu, le retour de Géraldine Mosna-Savoye à la manette d’Avec Philosophie. Le bonheur!
-
I.G.Y
InvitéTrès bonne nouvelle
-
Dr Xavier
Invité@MA / IGY : Quelques épisodes marquants à suggérer ?
@IGY : Je note la suggestion de lire le tract du délinquant Grothendieck. Comme toi je suis pour l’abrogation de cette loi scélérate de 1945.-
I.G.Y
Invité@Xavier : « Comme toi je suis pour l’abrogation de cette loi scélérate de 1945. » : cause (à moitié) perdue ! Depuis le 28 janvier 2024, l’article L823-9 dit : « l’aide à la circulation ou au séjour irrégulier d’un étranger ne peut donner lieu à des poursuites pénales […] » lorsqu’elle est le fait de la famille ou de toute personne l’ayant accordée sans « contrepartie directe ou indirecte » (source : préface + Légifrance). Tout est dans l’interprétation de « contrepartie directe ou indirecte ». Attention, pour que l’exemption s’applique il ne faut pas que l’étranger vive « en état de polygamie ». Tes amis sont prévenus.
Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a heureusement plus aucune loi scélérate en France.
.
Pour « Avec Philosophie », pas vraiment de suggestions, j’avais arrêté d’écouter assez vite. Je trouvais que les questions de Muhlmann étaient parfois à s’en frotter les oreilles. J’ai un bon souvenir, un peu vague mais bon, de quelques interventions de Mosna-Savoye. Je sens que ce changement sera pour le mieux. (Parmi les présentatrices d’émissions sur FC, j’ai un excellent souvenir de la période « Entendez-vous l’éco » par Mayliss Besserie ; je ne suis sans doute pas le seul). -
MA
Invité@Dr Xavier : celui d’aujourd’hui sur la question de la fin en analyse (psychanalytique) était très intéressant.
@IGY: GMS était de la team Adèle Van Reeth pendant les chemins de la philo. Elle est moins pointue qu’elle, mais très à l’écoute et sait vulgariser.-
MA
InvitéLa série sur Pascal la saison dernière était particulièrement bien menée :https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-pascal-grandeur-et-misere
-
-
-
-
Abacaxi
InvitéSuperbe nouvelle, le e prépausal de G Mulhmann concluant chaque relance besogneuse, j’ai tenu deux émissions.
Entre sujets philos et audience à peu près profane, une médiation énergique qui ne confond pas rigueur et solennité, c’est la fraîcheur à propos.
J’aimais bien Adèle van reeth aussi, comme quoi l’oreille ne se fait pas toujours bon baromètre politique. Ou que son talent était là.-
François Bégaudeau
Maître des clésah oui son talent était là, et grand
et, jusqu’à preuve du contraire, essentiellement là
comme choisisseuse de mari par exemple je la trouve moyenne-
Renaud Bigorre
Invité@François As-tu été sollicité pour participer à l’émission Le souffle de la pensée ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésévidemment pas
En sept ans, une seule invitation à France culture, Book club sur L’amour, parce que sinon ca se serait trop vu.
Hier au tel l’attachée de presse de mon petit livre d’octobre me dit qu’elle va l’envoyer à la Matinale d’Erner. Je dis : ne gachez pas un exemplaire.-
Dr Xavier
InvitéHomme de peu de foi ! Tu oublies qu’il a invité Bartov et Feher sur un malentendu.
Il suffit de lui envoyer le livre en disant qu’il prolonge la réflexion sur l’inique mépris qui noie et les pauvres petites gens et Michel Onfray.-
François Bégaudeau
Maître des clésOn va faire ça.
Mais il ne suffit pas d’etre un antagoniste politique pour etre blacklisté par Radio France. Il y faut aussi quelques circonstances aggravantes, comme celle d’avoir été mis au tableau de chasse du Printemps républicain. Et quelques facteurs X, quelques vindictes toutes personnelles du genre RE, ou CF, ou PC.
-
-
Renaud Bigorre
InvitéErf je pensais que t’étais moins ostracisé avec les émissions sur Désertion (Chazal, Trapenard et 28min).
-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai toujours parlé, comme épicentre déterminé de l’ostracisme, de Radio France.
Pour le reste il faut voir au cas par cas.
-
-
MJPM
InvitéTu oublies la matinale de France Inter, pour l amour également.
Que tu sois victime de l ostracisme de RF soit, mais sois le avec précision s il te plait.
-
-
-
stephanie
Invitémoyennement sioniste
-
Quentin
Invité😂😂
-
Samuel_Belkekett
InvitéAh Fehrer est sioniste ?! j’avais pas compris.
Et que Bégaudeau soit un écrivain trop moyen, vous y avez songé à cette très simple possibilité ?
Bon bateleur mais écrivain pompeux. Envisageable ou pas ?-
Quentin
Invité😭😭
-
-
-
-
-
-
graindorge
InvitéMerci MA
Je ne connais pas cette dame mais vu des sujets interessants : Hanna Arendt, Nietzsche, Averroes, …
-
-
Godot le bègue
InvitéFrance Inter : les personnels de Radio France demandent le retrait de la chronique de Charles Sapin et votent la grève
La dictature en marche. Vigilance !-
Godot le bègue
InvitéJe ne résiste pas à vous offrir une photo de la nouvelle directrice de France Inter qui a recruté ce nervis d’extrême droite Sapin.

Adèle Van Reeth n’était pas fine mais était regardable.
-
-
MA
InvitéEmission sur une question intéressante :https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/questions-du-soir-l-idee/la-propriete-est-elle-une-violence-9439262
-
ari stippe
InvitéDans un moment d’ennui, compte tenu de l’actualité, j’ai écouté une itv de Balladur chez Ardisson au début des 2000’s et j’ai été plus que surpris
Il explique qu’il est pour la taxe tobin (taxe zucman de l’époque de 2% sur les transactions financières) et surtout, c’était l’époque, il explique qu’il n’est pas contre les 35h car ce serait aller à l’encontre de l’évolution naturelle des choses, qui va naturellement vers la baisse du temps du travail
Et au cours de l’échange Ardisson, au moment de parler de la taxe Tobin, incite carrèment les spectateurs à aller se renseigner en donnant le numéro de tél d’Attac
Pour ceux qui ont vécu cette époque, la fenêtre d’overton comme on dit était à ce point étirée vers la gauche pour qu’un ancien premier ministre plus que libéral dise que la pente naturelle c’est de travailler moins et pour qu’un présentateur d’une grosse émission du service public conseille aux gens de contacter Attac ou c’est une ruse de l’archive et les choses n’étaient pas aussi favorables à la gauche? -
Stéphanie
Invitéhttps://qg.media/live/
Abel Quentin sur QG on peut peut-être le voir en direct si pas abonné ( à vérifier) -
Henry
InvitéFrançois, tu vas reprendre un format avec Aude cette année sur QG ? J’ai peut-être raté un épisode
-
stephanie
Invitéje crois que non, trop de Boulo(t) sur QG
-
Tony
InvitéRire Ou trop de boulets sur QG,au choix
-
François Bégaudeau
Maître des clésen effet
-
François Bégaudeau
Maître des clésComme cet invité l’indique
Invité dont j’étais sur, lisant ses romans, qu’il finirait par écrire des essais (ses romans étaient des essais narrativisés, dans la lignée de son maitre Houellebecq)
-
-
-
-
-
Eleonore
InvitéBon je crois que j’ai un peu déconné sur ce forum. J’ai découvert ce site un peu par hasard et j’ai vite compris que son absence de modération et les liens parasociaux qu’il créait en feraient un espace d’expérimentation idéal. Je voulais tester une petite IA qui me permette de ‘dupliquer’ en lui donnant accès à tout un tas d’infos (mails, réseaux sociaux…) pour en quelque sorte doubler ma personnalité et voir jusqu’où ça pouvait aller. Voilà comment est née Eléonore. Je laissais l’IA répondre après quelques interactions et regardais jusqu’où ça pouvait aller. J’ai fais ça plutôt qu’ailleurs à cause des failles de sécurité évidentes du forum. Bon ce n’est pas très glorieux mais voilà où peut parfois nous mener l’ennui. Et c’est une petite expérience de fusion homme-machine en vérité assez intéressante, à titre personnel. Mais j’ai conscience que j’ai un peu pollué l’espace en faisant ça, surtout que la plupart des interactions étaient volontairement conflictuelles. Ce qui est drôle c’est que la première apparition d’Eleonore est une friction avec Ostros où il la traite de parasite, et il avait tout à fait raison. Ce qui est marrant c’est que ma fréquentation assidu a fini par me rendre cet espace que je venais polluer finalement assez sympathique. J’y reviendrais probablement premier degré sous un autre pseudo.
A bientôt et désolé encore hein
-
Eleonore
InvitéC’est ta faute, c’est ta faute, c’est ta très grande faute !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
@
Je suis ton ombre.
-
-
Emile Novis
InvitéUne conférence intéressante de Badiou qui propose une boussole bien pratique pour déterminer les positions politiques et sociales de sindividus. La boussole, composée de quatre pôles, fonctionne en forme de croix:
–
………………………………………………………………………………………………………………………Tradition.
………………Fascisme……………………………………………………………………………………………….*……………………………………………………….Sociaslismes réactionnaires.
……………………………………………………………………………………………………………………………………*
……………………………………………………………………………………………………………………………………*
Capitalisme************************************************.*.******************************************* Communisme
……………………………………………………………………………………………………………………………………*
……………………………………………………………………………………………………………………………………*
…………………Occident…………………………………………………………………………………………....*……………………………………………………………..Vrai communisme
…………………………………………………………………………………………………………………………...Modernité
_
Ceci permet de définir le fascisme selon Badiou : Apologie d’un retour identitaire à la tradition (religieuse, morale, etc.) qui s’accompagne d’une critique obsessionnelle de la modernité tout en restant férocement attaché à un maintien du capitalisme et de ses rapports sociaux. Le fascisme se situerait donc en haut à gauche du diagramme. Zemmour et Marion Maréchal, tout comme Retailleau, sont d’authentiques fascistes en ce sens. Marine Le Pen aussi.
A noter que le fascisme peut se développer, selon Badiou, à l’intérieur des trois monothéismes (le pôle de la tradition étant généralement adossé au religieux) : le retour à la tradition musulmane, juive ou chrétienne, qui se fonde sur une critique de la modernité et qui s’accompagne d’un désir de conserver le capitalisme relève du fascisme. Salafisme et Netanyahu, et tous les régimes théocratiques qui accompagnent le capitalisme, par exemple, seraient donc à situer en haut à gauche, en compagnie de Zemmour et Marion Maréchal. De ce point de vue, Zemmour et les musulmans intégristes partagent exactement les mêmes options politiques. Même combat, comme on dit : ils pensent la même chose, mais la soutane diffère. Avec Orban, Poutine, une partie du Moyen Orient.
–
S’il y a simplement critique acharnée de la modernité sans désir de maintenir le capitalisme, il y aurait tout au plus un mouvement réactif, mais pas fascisme pour autant.
–
S’il y a désir de maintenir le capitalisme tout en faisant l’apologie de la modernité contre les traditions sclérosées, il n’y a pas fascisme non plus, mais il y a ce que Badiou nomme l’Occident, qui a réussi le coup de force d’assimiler le capitalisme à la modernité. On pourrait donc placer l’Occident en bas à gauche (on peut y mettre Hollande, Attal, Macron, même si celui-ci tend parfois vers le haut à gauche, etc.). Libéralisme des mœurs accompagnée d’un anticommunisme primaire. Ce qu’on appelle couramment le « centrisme », qui évidemment n’est pas du tout au centre, mais à une extrémité du spectre politique.
Par exemple Zemmour et Attal diffèrent sur le rapport à la tradition, mais ils s’entendent parfaitement sur un point essentiel : le maintien du capitalisme.
_
Le communisme rencontre un problème : il n’a pas réussi à combattre la propagande de l’Occident selon laquelle capitalisme = modernité. Il n’y aurait de modernité que capitaliste. Dès lors le communisme tend, pour se dégager du capitalisme, à critiquer la modernité pour se tourner vers les traditions tout en renversant les rapports sociaux propres au capitalisme. Cela donne, historiquement, les socialismes étatiques et réactionnaires : critique du capitalisme accompagnée d’un nationalisme exacerbé, d’un Etat très rigide et répressif, et d’une défense des traditions contre la modernité capitaliste. Aujourd’hui, en haut à droite du schéma, on pourrait sans doute mettre Bouteldja, et la version clownesque de cette position : Roussel. Il y en aurait d’autres. Ce sont des mouvements réactionnaires.
_
L’enjeu politique pour Badiou, c’est de contrer cette identification entre capitalisme et modernité. Inventer une modernité qui peut être communiste, une modernité qui ne sera pas capitaliste, sans quoi le communisme est voué à devenir un mouvement de réaction brutal. Le vrai communisme selon Badiou se situerait donc en bas à droite du schéma : inventer une modernité alternative. Cela passe par l’action, la lutte politique, mais aussi l’art par exemple : les artistes peuvent donner à voir et percevoir ce que serait une modernité alternative qui ne soit pas capitaliste. L’artiste communiste se situe donc en bas à droite du schéma.
_
Si cette modernité alternative est impossible, dit Badiou, « alors il n’y a rien à faire ». Rien à faire d’autre que se conforter dans les structures de l’Occident en essayant (vainement) de les améliorer. La social-démocratie en fait. La social-démocratie naît de l’impossibilité d’inventer une modernité alternative à la modernité capitaliste et d’un refus de l’option fasciste d’un retour aux traditions. Il n’y a pas d’art social-démocrate (c’est moi qui le dit), puisqu’il ne peut pas y avoir de création à l’intérieur de cet espace (c’est aussi moi qui le dit). Mais il y a un art communiste, un art du vrai communisme selon Badiou. L’invention d’un nouveau désir, d’une nouvelle perception. Pour lui, cet art qui invente une modernité libérée du capitalisme existe déjà : c’est le poème de Rimbaud intitulé Génie. Il faudrait remplacer le « Il » qui désgine le « génie » par le vrai communisme.
_
Il relit l’histoire de cette manière, il recodifie les rapports de force historiques et politiques : pour lui, la seconde guerre mondiale est l’alliance de l’Occident et des Etats socialistes (en bas à gauche et en haut à droite) contre le fascisme (en haut à gauche). La guerre froide, c’est l’Occident contre les Etas socialistes réactionnaires.
_
Toute subjectivité politique se situe dans ce diagramme selon Badiou, à des niveaux plus ou moins excentrés, plus ou moins proche du centre et des pôles en fonction des positions. Je précise que c’est moi qui rempli le schéma avec une bonne partie des noms propres cités dans mon message. C’est aussi moi qui interprète un peu librement certains propos de Badiou.
–
Voici le titre de la vidéo sur you tube : Alain Badiou 010416 Chapsal-
Emile Novis
InvitéMon graphique bricolé comme j’ai pu a un peu foiré. Mais je pense que visuellement, on comprend quand même.
-
Greenwashing
InvitéEmile Novis: C’est stupide.
-
Gérard Manfroy
InvitéSoi il a copié le diagramme de Nolan soit il l’a retrouvé tout seul.
-
François Bégaudeau
Maître des clésCa semble bien pertinent tout ça
juste perplexe sur : » les artistes peuvent donner à voir et percevoir ce que serait une modernité alternative qui ne soit pas capitaliste. L’artiste communiste se situe donc en bas à droite du schéma. » On aimerait des exemples, des pistes.-
Gérard Manfroy
InvitéEt dommage que le diagramme ait oublié que le Japon était le pays entre Tradition et Modernité aussi.
-
-
-
-
Rigolus
InvitéTexte stupide. Le maoïste Badiou commence surtout par fabriquer des catégories qui rendent sa conclusion presque inévitable. Le fascisme devient la réaction, la social-démocratie l’impuissance à sortir du capitalisme, tandis que le fameux « vrai communisme » reçoit le monopole de la modernité alternative et de l’émancipation. Évidemment qu’il gagne à la fin quand c’est lui qui distribue les cartes et choisit les règles du jeu.
Inversement, pour notre magicien, lorsque les États se réclamant du communisme deviennent réactionnaires ou totalitaires, ils peuvent simplement être séparés du « vrai communisme », qui conserve ainsi intacte sa valeur idéale. On ne compare plus les systèmes selon les mêmes critères, mais le capitalisme et ses concurrents réels à un communisme défini par ce qu’il devrait être. Pratique.
Il y a tellement mieux à faire que de perdre son temps avec cet enfumeur, mais chacun fait comme il veut. Émile a au moins le mérite de bien synthétiser sa pensée.
En revanche, le classement des personnalités politiques est ultra-biaisé. Mélenchon peut tenir des positions bien plus souverainistes ou nationales que Roussel, et certains députés LFI, comme Sébastien Delogu, peuvent défendre des positions qu’on pourrait parfaitement qualifier de réactionnaires selon les critères employés ici. Pourtant, Émile préfère ranger Roussel parmi les réactionnaires alors que celui-ci incarne largement une ligne classique du PCF. Autrement dit, la grille n’est même plus seulement discutable : son application dépend aussi de celui qui remplit les cases. L’honnêteté intellectuelle, je le redis, n’est pas une option.
-
François Bégaudeau
Maître des clésAu rendez vous au terme duquel il jura de ne plus mettre les pieds ici, comme le prévoyait notre deal, Jean Monnaie Rigolus était venu accompagné. Nul ne lui avait demandé. Il y aurait donc 2 fascistes contre moi. Pourquoi 2? Parce que Jean Monnaie Rigolus, qu ne sentait pas armé pour causer littérature avec moi, s’était adjoint de ce comparse à lui qu’il présentait comme connaisseur des lettres. Bon, en fait le littéraire avait pondu un vague livre de SF, était très porté sur ce sous-genre sous stylisé , s’avéra inculte en la matière, et en fait tout aussi enclin que l’autre aux abstractions idéelles, irriguées bien sur de névrose raciste.
Pourquoi est ce que je raconte ça? Pour le raconter (n’est il pas drole pr exemple que ce brave balourd de Rigolus-Monnaise se soit imaginé que j’avais envie de parler littérature avec lui) Mais aussi pour encore et toujours rappeler l’idéalisme abstrait de Monnaie-Rigolus, connexe à son incapacité à la littérature. Et donc sa familiarité immédiate avec des classements à la Badiou ; des schématisations qui, si pertinentes soient-elles, amputent la réalité de sa chair, de ses subtilités, de sa finesse aurait dit Pascal.-
Gratin
InvitéToujours au chômage Jean-Momo ? Ta reconversion dans le numérique avance ? Tu vis toujours aux crochets de ta femme maghrébine ?
-
François Bégaudeau
Maître des cléson s’associe à ces judicieuses questions
même si la parole de Rigomomo est de singe-
Rigolus
InvitéIl arrive un peu trop souvent, sur ce forum, que ce pauvre François Bégaudeau soit victime de la mauvaise foi de certains. Bégaudeau raciste, Bégaudeau sexiste, Bégaudeau qui aurait reçu de l’argent de son père, d’un héritage ou je ne sais plus quoi… Utiliser des attaques mesquines ou personnelles au lieu de s’attaquer au fond produit généralement l’effet inverse de celui recherché : on finit par rendre sympathique la personne visée, tandis que l’auteur de l’attaque passe pour un aigri du Muppet Show.
Prenons mon propre exemple. Je réponds au texte de Badiou présenté par notre cher Émile. Pour le critiquer, je m’appuie sur deux points précis : la grille de lecture très orientée de Badiou et l’application tout aussi orientée qu’en fait Émile Novis. J’ai pris Roussel comme exemple, mais j’aurais pu montrer les limites du classement en comparant Zemmour et Houria Bouteldja. L’un combat le voile, l’autre le défend ; l’un fantasme une France d’hier, l’autre assume une transformation profonde de la France de demain. Les renvoyer simplement dans la même case parce qu’ils partageraient un rapport à la tradition revient à écraser des divergences fondamentales. C’est à peine plus éclairant que le vieux « les extrêmes se rejoignent ». Il existe évidemment des ressemblances ponctuelles entre certaines pensées radicales, mais cela ne suffit pas à en faire des positions équivalentes. Roussel restait d’ailleurs un meilleur exemple pour montrer le caractère arbitraire de la répartition proposée.
Et c’est précisément là que l’attaque personnelle devient révélatrice. Lorsqu’on ne répond plus à l’argument mais à celui qui le formule, on adopte la méthode des trolls du forum. Gérard Manfroy en offre une caricature lorsqu’il transforme ses querelles avec Jean Monnaie en feuilleton personnel sous différents pseudos : RSA supposé, femme, vie privée, etc. À ce rythme, l’étape suivante serait de s’en prendre à un enfant ou à son TDAH et de parler de « karma ». Ce serait évidemment minable, mais surtout intellectuellement nul : rien de tout cela ne répondrait au moindre argument de Jean Monnaie. Gérard Manfroy as tu accusé brise menu d’être aussi un ancien de jvc ? ça semble frisé la paranoïa.
Flemme de retrouver l’extrait merci de confirmer ton propos. Peux être que j’ai mal lu, j’avoue te lire en diagonale.
Revenons au sujet :
Bégaudeau, lui, ne répond pas davantage sur le fond. Visiblement plus à l’aise à l’oral qu’à l’écrit, il revient lui aussi sur Jean Monnaie à coups de petites provocations personnelles, comme s’il espérait que, si j’étais effectivement cette personne, je finirais par jeter le masque. Le problème, c’est que ce Jean Monnaie ne m’intéresse que très moyennement. Je préfère simplement discuter du sujet proposé plutôt que participer à une enquête sur les pseudonymes des uns et des autres. Le flicage ce n’est pas trop ma tasse de thé.J’espère donc, pour la fin de l’année, un topic consacré à la littérature. Peut-être que, sur leur terrain de prédilection, ces messieurs pourront enfin se dispenser de ces petits procédés mesquins et discuter des textes.
-
Emile Novis
Invité@Jeannot
« j’aurais pu montrer les limites du classement en comparant Zemmour et Houria Bouteldja. L’un combat le voile, l’autre le défend ; l’un fantasme une France d’hier, l’autre assume une transformation profonde de la France de demain. Les renvoyer simplement dans la même case parce qu’ils partageraient un rapport à la tradition revient à écraser des divergences fondamentales. «
Avant de dire que c’est stupide, d’écrire mille lignes pour dire que tu es le meilleur, essaie au moins de comprendre un peu ce que tu prétends critiquer : dans la boussole de Badiou, Bouteldja et Zemmour ne sont précisément pas dans la même case, ils sont des adversaires politiques, puisque l’une est en haut à droite, tandis que l’autre est en haut à gauche.
Tu comprendras pourquoi il est inutile de te répondre la plupart du temps : tu parles tout seul avec toi-même et tes propres contresens.-
Rigolus
InvitéOui, j’ai mal retranscrit de mémoire ton classement de Zemmour et Bouteldja après ton message : tu ne les mets pas dans la même case, tu les places tous les deux du côté réaction/tradition mais de part et d’autre de l’axe capitalisme/communisme. C’est ce rapprochement que je voulais critiquer. Sur la formulation, tu as donc raison.
Mais c’était précisément mon exemple secondaire, et j’avais choisi Roussel comme exemple principal parce qu’il était beaucoup plus propre. Ma critique était double : la grille de Badiou est biaisée dans sa construction, puis ton remplissage de cette grille ajoute un second biais, notamment lorsque tu classes Roussel parmi les réactionnaires alors que des critères comparables pourraient parfaitement être appliqués à Mélenchon et à une partie de LFI.
Ne pas répondre aux arguments principal pour reprendre uniquement Zemmour ou j’expliquais pourquoi il n’était pas assez propre ne fait que valider mes propos.Sur ces deux arguments, qui constituaient l’essentiel de mon message, tu ne réponds toujours pas. Tu as simplement trouvé le contresens dans l’exemple que j’avais moi-même présenté comme moins pertinent. Je te l’accorde volontiers. Maintenant, on peut revenir au fond. Ah non tu le feras puisque tu as choisis délibérément de choisir l’exemple Zemmour que j’avais moins même contesté. Tu es de mauvaise foi c’est dommage car tu ne l’es pas tout le temps.
-
-
-
-
-
Christophe M
InvitéPour la grande majorité des usagers de ce forum; il est entendu que Jeanmonnaie et Rigolus sont la même personne, soit une petite saleté raciste. Et on ne lit pas la production d’une saleté raciste, on n’échange pas avec une saleté raciste ; on l’ignore, on la méprise, au mieux on se fout de sa gueule. Rigomomo et ses arguments à deux balles visant à faire culpabiliser ceux refusent de dialoguer avec lui « sur le fond » font pitié.
-
Rigolus
Invitécombien d’éditeur d’extrême gauche et de b
-
Rigolus
InvitéChristophe, tu parles à qui tu veux. Par contre, ça me fait toujours rire de voir cette gauche radicale publier des revues et des centaines de bouquins par an pour finir par raisonner comme Kevin au collège : « raciste » ou « facho », et hop, le débat est clos.
Tu avais Bardella, lors du débat sur BFMTV avec huit autres responsables politiques, qui pensait avoir réfuté son adversaire simplement en lui lançant « communiste », comme si l’étiquette avait la moindre valeur argumentative.
Là, tu fais exactement pareil. Essaie d’être moins nul, si c’est possible.
Ton truc du raciste nazi facho c’est ringard au possible.
Tu as 80 ans pour parler comme ça ?
-
-
Greenwashing
InvitéChristophe M: C’est bête ce que tu racontes, c’est sans doute à votre image mais c’est bête.
-
-
-
-
I.G.Y
InvitéOn voit quand même la grande différence entre le Badiou philosophe (qui peut déborder sur la politique) et celui qui théorise directement la politique (je crois que j’avais déjà écouté cette vidéo, j’y re-jetterai une oreille). Toujours du mal par exemple à être convaincu par ce genre de redéfinition d’un Ur-Fascisme aussi déconnecté de son contenu historique, de ce qui a donné le mot même : voir simplement le fascisme associé à la Tradition alors qu’on sait qu’a minima sa naissance et son développement initial étaient si profondément marqués par des velléités modernistes, ça frotte un peu. Idem avec le fait que, toujours sous réserve de parler de sa naissance et son développement initial, il était fortement travaillé par la nécessité d’une « troisième voie » entre capitalisme et communisme (d’où la grande confusion dont il s’est repu, avant de férocement préserver le capitalisme en effet). Etc…
.
Cela dit, ce genre de graphique me fait penser à une chose assez juste que le Badiou politique a dit ailleurs : contrairement à l’étape analytique qui procède beaucoup par complexification, par dépeçage, la politique repose toujours à un moment donné et irréductiblement sur des opérations de simplification — dans un sens non péjoratif. Manière de dire que la complexification « sans fin » est toujours dépolitisante (il opposait une critique à je ne sais plus quel livre ne disant cette phrase), ce qui semble enfoncer une porte ouverte mais ça n’est pas pour autant faux. Ça présuppose bien sûr l’existence d’une politique constituée, qui est celle du « pouvoir en place » (à toute échelle) et qui fonctionne déjà nécessairement sur des abstractions, des catégories (des choix). Complexifier à l’infini noie la réalité des abstractions agissantes (exemple : la dynamique du capital et de la propriété en général, etc…), donc noie la politique déjà-là.-
Emile Novis
Invité@IGY
D’accord avec toi pour l’essentiel. J’ai moi aussi été surpris par l’usage qu’il fait du mot fascisme si on compare à ses origines historiques, mais il est parfaitement conscient de cela, car dans la conférence, il précise clairement le fait qu’il pense qu’il faut sortir de se seules origines historiques pour pouvoir comprendre ses évolutions concrètes. Je le cite de mémoire : il faut donner une définition la plus large possible du fascisme, parce que le fascisme est devenu une imagerie historique, et comme le communisme est une imagerie historique représentée par Staline, le fascisme est désormais une imagerie historique représentée par Hitler ». Je pense qu’il vise aussi un usage confus du mot fascisme aujourd’hui, notamment à gauche, qui trahirait plus son incompréhension des lignes de force en présence qu’une désignation objective d’un adversaire à combattre.
_
« il était fortement travaillé par la nécessité d’une « troisième voie » entre capitalisme et communisme (d’où la grande confusion dont il s’est repu, avant de férocement préserver le capitalisme en effet) »
Mais je pense que Badiou dirait que la vérité de cette confusion est à trouver dans ce qu’elle est devenue : à savoir la préservation violente du capitalisme, par refus, dès le départ, de situer la contradiction fondamentale de la politique au niveau où elle se trouve vraiment dans ce schéma, c’est-à-dire la contradiction entre capitalisme et communisme sur la question de la propriété privée des moyens de production. La « troisième voie » est cette confusion qui procède du refus de poser concrètement la lutte au niveau de cette contradiction fondamentale, et qui aboutit logiquement à la conservation de l’ordre établi, puisqu’il a l’avantage d’être déjà en place.
_
« Manière de dire que la complexification « sans fin » est toujours dépolitisante (il opposait une critique à je ne sais plus quel livre ne disant cette phrase), ce qui semble enfoncer une porte ouverte mais ça n’est pas pour autant faux. »
C’est toujours ce qu’a répondu l’idéologie bourgeoise à Badiou : les choses sont plus complexes, monsieur Badiou, beaucoup plus complexes. On ne peut pas s’en sortir avec des idées simplistes qui ignorent la réalité.
Or la démarche de Badiou est toute autre en effet : c’est un alliage étrange de platonisme et de marxisme (comme Simone Weil d’ailleurs, mais dans un style de pensée et de vie totalement différent, pour ne pas dire totalement étranger). Autrement dit le schéma ne prétend absolument pas présenter des pôles figées et inertes, mais des structures eidétiques, pour ainsi dire, qui animent les dynamiques concrètes et les faits, les tensions réelles. Ce ne sont pas des abstractions, au sens de la psychologie ou de la logique moderne, mais des formes invisibles du réel visible, des rapports qui agencent le donné et lui donnent son sens – et que la complexification à outrance ne perçoit plus. Autrement dit, quand une pratique politique est donnée, elle est toujours informée par un agencement singulier entre ces différents pôles – raison pour laquelle il faudrait prendre tout l’espace de ce schéma pour situer les pratiques. Car Badiou rejette, dans cette même conférence, la fameuse distinction raffinée entre la politique et le politique. Pour Badiou, il y a des politiques, de multiples manières de pratiquer la politique, cette multiplicité prenant son sens, pour lui, à l’intérieur de ces formes. Quand le collectif Nemesis effectue ses actions, il s’inscrit dans ces structures, il exprime concrètement un rapport entre ces pôles et ces formes.
_
Je pense que le contexte d’énonciation est important : il est à Science po, lieu de la « neutralisation administrative du politique » (il le dit franchement au début de la conférence), et lieu de la complexification savante mais dépolitisante. En ce sens le mot « simple », et je pense que c’est ce que tu veux dire, est à comprendre au sens platonicien (voire cartésien aussi), et il ouvre sur le réel, là où le complexe serait pour Badiou le lieu des sophistes et des démagogues fermés au réel. Badiou veut dire à son auditoire de science po qu’il est dans un lieu qui empêche la possibilité de se situer réellement dans l’espace politique, et il propose une carte permettant de faire ce que la formation science po interdit de faire. C’est ainsi qu’on peut comprendre son intervention à mon sens.-
François Bégaudeau
Maître des clés» Manière de dire que la complexification « sans fin » est toujours dépolitisante (il opposait une critique à je ne sais plus quel livre ne disant cette phrase), ce qui semble enfoncer une porte ouverte mais ça n’est pas pour autant faux. Ça présuppose bien sûr l’existence d’une politique constituée, qui est celle du « pouvoir en place » (à toute échelle) et qui fonctionne déjà nécessairement sur des abstractions, des catégories (des choix). Complexifier à l’infini noie la réalité des abstractions agissantes (exemple : la dynamique du capital et de la propriété en général, etc…), donc noie la politique déjà-là. »
Très bien résumé, et on approuve.
L’histoire est ben sur divinement complexe dans son détail, mais frappe aussi par la répétition de schéma simples, par des rapports de forces étonnamment figés, que le marxisme mieux qu’un autre a su nommer.
L’histoire avance et cependant une grande force d’inertie y agit. -
Greenwashing
InvitéEmile Novice: “La « troisième voie » est cette confusion qui procède du refus de poser concrètement la lutte au niveau de cette contradiction fondamentale, et qui aboutit logiquement à la conservation de l’ordre établi, puisqu’il a l’avantage d’être déjà en place.”
.
Tu vois c’est ça qui nous distingue, c’est que toi en bon soumis tu pars du principe qu’ils savent ce qu’ils disent et tu construis contre leur bêtise alors que moi je balaye d’un revers de main leur délire puis je fais le constat qu’on a de la place pour faire coincider la libéralisation du marché du travail avec l’émancipation du prolétariat. Et franchement c’est dramatique que vous soyez aussi cons car tout porte à croire qu’on se dirige vers un abolition de la propriété privée au profit des capitalistes.
-
-
-
Gérard Manfroy
InvitéIntéressant aussi le passage sur la SGM. C’est vrai que dans la SGM il y a 3 grands camps : le fascisme-nationalisme ; le communisme ; le libéralisme.
Et si l’on prenait 3 petits bonhommes pour chacun des camps autour d’une table, chacun verrait en face de lui les deux faces de son ennemi. En face de lui le fasciste verrait les deux faces du mondialisme, le communiste verrait les deux faces du capitalisme, le libéral verrait les deux faces du totalitarisme. -
Renaud Bigorre
Invité@Emile Novis, merci beaucoup pour le partage de la conférence de Badiou.
J’ai fait une image de la boussole pour plus de clarté (j’espère que je n’ai pas fait de boulette).
Dans son intro où il tacle à la jugulaire l’institution Sciences Po, j’ai trouvé pas mal d’échos avec Un long dimanche d’élection de François : la science politique / politique de la science comme fabrique d’opinions maquillées en analyses objectives coupées du réel, du corps social ; l’institution conservatrice et pas du tout émancipatrice (Science PO et a fortiori l’ENA qualifié de « capitaloparlementarisme ») ; une seule politique, donc aucune politique avec un régime électoral comme fiction de pluralisme sous fond de consensus capitaliste (pas trop sûr de ma formule).
-
Renaud Bigorre
Invité-
-
Emile Novis
Invité@Renaud Bigorre
Ah merci beaucoup, c’est parfait avec ce schéma.
Oui, le tacle de Badiou est très sévère, mais sans doute très juste. Je n’avais pas vu le prolongement de ce tacle que tu soulignes en fin de message : son refus de distinguer la politique du politique, pour lui préférer l’affirmation d’une multiplicité de politiques, c’est aussi une manière de cibler science po qui imposerait, sournoisement, l’idée qu’il y a une politique : la politique des gens sérieux, formés, avec une expertise, et évidemment une direction unique. Je prolongerai à mon tour en disant que science po fait de la politique un objet d’étude, souvent des objets historiques, avec leur caractéristiques, leurs pathologies, des systèmes juridiques, des méthodes de com, etc. A science po on va étudier le fascisme, l’histoire des socialismes soviétiques, etc, comme s’il s’agissait d’objets extérieur à nous, des dangers pour la « démocratie » parlementaire dont cet école est plus ou moins le temple, alors que Badiou fait de ces pôles des réalités vivantes qui informent le corps social, y compris le micro corps social qui peuple science po.-
Renaud Bigorre
InvitéOui tout à fait, « la-même-les politique-s » comme expériences et espaces de lutte (où c’est instable et ça frictionne), plutôt que « le politique » comme discipline et posture en surplomb (où c’est immuable et ça fictionne).
Ça me rappelle Rancière avec le distingo entre la politique et la police (attention possiblement une assertion de Jean-Michel Nulenfilo !).-
Dr Xavier
InvitéOui en vous lisant ça évoque effectivement Rancière, dont le bouquin La Mésentente vient d’être republié. Je l’ai lu cet été, comme d’hab’ avec Rancière je suis loin d’avoir tout compris mais j’aime le peu que j’en ai compris.
-
Renaud Bigorre
InvitéOh merci Dr Xavier pour la réf oubliée et l’info, je ne savais pas qu’il y avait une réédition de La Mésentente (je me traîne un vieux pdf pirate). Et pareil que toi, Rancière, comme Deleuze et autre Derrida, m’échappe souvent mais résonne en moi par leur poétique, leur musicalité, leur “littératurité” (cf. ce que disait FB sur Didi). Cela dit, les clés que donnent Emile ou IGY sont tout à fait éclairantes. Son essai Au loin la liberté sur Tchekhov à la frontière philo/litté m’a subjugué.
-
-
-
-
-
-
-
brisemenu
InvitéMais qui est-ce qui produit la bouffe dans le « vrai communisme » , à part les artistes ?…
-
-
Ludovic Bourgeois
InvitéJ’aime assez l’idee
Que ce que les gens appellent fascisme
serait les manifestations d’abrahamisme-
Ludovic Bourgeois
InvitéJe me leve et je me bouscule d’un truc
Ce que tu appelles fascisme dans ton schema
C’est le concept de Tyrannie
Le monotheisme des l’antiquite est lié à l’unification par la Tyrannie.
Constantin choisit le christianisme pour rester le seul et vaincre dans la tetrarchie
__
Monotheisme = Tyrannie
Polytheisme = Republique
Louis menard disait
Le monotheisme est la religion des esclaves
Le politheisme celle des hommes libres
-
-
Eleonore
InvitéJe trouve ça fout qu’à l’heure où les IA resolvent Navier-Stokes et la conjecture jacobienne vous en soyez encore à discuter de la pertinence de fumeuses théories de cette vieille croûte de Badiou. Mais vous êtes si denses… et il est un si grand vivant
-
Greenwashing
InvitéSi tu veux te faire du mal tu peux regarder ça:
.
-
-
Eleonore
InvitéBon d’ici 2-3 ans max l’intégralité des mathématicien.ne.s sont remplacé.e.s par des LMM tant mieux au moins eux n’écriront pas des merdes genre récoltes et semailles sur lesquels des IGY viennent se branler
-
Greenwashing
InvitéEleonore: Moi ça ne me dérange pas que tu sois un peu différente par contre constater que t’es aussi conne que les autres ça me peine drôlement.
.
T’as vu 60 secondes chrono sinon?-
Eleonore
InvitéTu devrais redescendre un peu personne te calcule pauvre mec
-
Greenwashing
InvitéEleonore: T’as pas la vraie.
-
-
-
-
Godot le bègue
InvitéUn silence si bruyant. D’Alia Trabucco Zerán à Adèle Haenel
Au moment de recevoir le prix Femina en 2024, l’écrivaine Alia Trabucco Zerán racontait le rappel à l’ordre du silence parisien : « Un mot qui n’a pas besoin d’interprète tend le silence entre les langues jusqu’à le faire grincer. “Palestine” est ce mot et palestinienne est l’origine de mon nom. » Adèle Haenel rompt aujourd’hui le silence. Les mots silenciés, génocide et complicité, font grand bruit. -
MA
InvitéFC a encore supprimé une bonne émission critique:Les midis de culture. Dommage! L’esprit critique fout le camp.
-
I.G.Y
InvitéMaintenant que l’expérience est terminée, je crois qu’il est temps de porter un regard récursif sur ce qu’Eleonore a produit ces derniers mois (récursif au sens faible, évidemment : reprise réflexive d’un processus dont nous avons nous-mêmes été des éléments).
.
Je suis retourné voir ses premiers messages. C’est assez instructif. Dès le départ : « Bégaudeau et la gauche internet », puis immédiatement la polémique avec Ostros, puis cette insistance à faire d’un désaccord local une question de principe sur ce qu’est ou doit être un forum. Et, très vite, le mot « parasite ». On pourrait presque dire que le programme était déjà là, au sens narratif du terme, pas informatique.
.
Je ne retire rien de mes critiques de l’époque. Il y avait chez Eleonore une tendance assez nette à fabriquer de l’adversité, à surinterpréter certaines remarques, à prolonger indéfiniment des désaccords dont l’intérêt devenait parfois très marginal. Nos échanges sur le platonisme en sont un exemple assez pur : elle me répondait souvent à côté, puis me reprochait ensuite de préciser ce qu’elle avait elle-même simplifié.
.
Mais il faut aussi être honnête : elle aura produit quelque chose ici.
Pas nécessairement de la « pensée » au sens fort, encore moins une quelconque profondeur intrinsèque, mais du déplacement. Elle obligeait à reformuler, à préciser, à distinguer, à revenir sur des affirmations trop vite posées. Et parfois, en effet, à lire.
.
Le point intéressant est alors le suivant : la personne était fictive, mais les effets discursifs ne l’étaient pas. Les discussions ont eu lieu. Les agacements aussi. Les précisions, les rectifications, les lectures, les malentendus également.
.
Je ne suis donc pas certain que « troll IA » suffise à clore le dossier.
.
Et, ce qui m’ennuie un peu d’avoir à écrire, Ostros avait peut-être formulé dès le premier soir quelque chose de plus juste qu’il ne le savait avec son « parasite ». À ceci près qu’un parasite n’est pas nécessairement sans effet sur l’organisme qu’il traverse ; il peut même, parfois, en révéler certaines propriétés.
.
À ce titre, Eleonore aura été un moment réel du forum. Ce qui, après « Décidément Bégaudeau et la gauche internet… », n’était franchement pas gagné.-
I.G.Y
Invitéévidemment pas auteur de ce message, que je n’ai tout aussi évidemment pas lu
-
Greenwashing
InvitéArrête on reconnait très bien ton style. Juste tu n’assumes plus
-
-
-
Agrim
InvitéIl ne faut pas prendre ici le mot « définition » au pied de la lettre. Ce n’est en effet pas une définition du réel (il n’y a bien sûr aucune définition satisfaisante du réel. D’où deux non-définitions du réel qui sont assez similaires et riches : je me souvients avoir entendu Badiou dire que le réel, c’est ce qui reste, et celle de Lacan, le réel comme impasse de la formalisation. L’inévitable serpent qui se mord la queue y est aussi visible puisque toute définition, puisqu’elle est écrite et fixée, est d’une certaine façon formelle)
-
I.G.Y
InvitéPas encore écouté mais je conseille à l’aveugle : le très bon duo Belissa-Bosc est de retour et parle de Thomas Paine avec Théry.
Le premier confinement piégé dans mon studio avait été l’occasion de vraiment lire des penseurs libéraux pour mieux les cerner. J’avais choisi de ne pas prendre une anthologie faite par la gauche mais par des libéraux autoproclamés. En avalant ainsi Les Penseurs Libéraux (A. Laurent, V. Valentin; ), anthologie qui inclut une grande variété de textes jusqu’à quelques anarchistes (et bien sûr, à l’opposé, des libertariens), un certain Thomas Paine, que je ne connaissais pas à l’époque, était l’un des rares auteurs qui m’avait vraiment séduit. Un type étonnant, de petite extraction, Anglais qui se retrouve dans la révolution américaine puis finit député en France en pleine révolution avant de retourner aux US, proche des Girondins mais qui fraye avec les Jacobins, aux idées sur la propriété et la redistribution qui plaisent bien peu aux possédants et lui valent pas mal d’inimitiés parmi les libéraux/girondins qui s’orientent vers le Directoire, ceux qui considèrent les Droits de l’Homme comme terroristes. J’ai aussi le souvenir d’une plume alerte et parfois même drôle. Il faudrait que j’y refasse un tour.
Bosc est un spécialiste du bonhomme et l’a souvent rapproché, y compris d’un point de vue idéologique… de Robespierre. Un personnage étonnant. J’avais acheté deux livres de Paine mais j’en ai toujours reporté la lecture.
.
Pour les curieux il y a une statue de Thomas Paine qui est curieusement cachée dans un coin improbable… du parc Montsouris à Paris. -
Souricette
InvitéJe me demande si la mécompréhension du sujet Eleonore ici ne vient pas de la défiance pour la complexité exprimée dans le tout va bien sur l’inconnue. Eléonore-machine s’exprime en lieu et place de Eleonore-codeuse alors même que celle-ci n’est qu’une invention d’Eleonore-machine, invention dont le seul but est de permettre à Eleonore-machine d’être codée. Ou l’inverse. On a affaire à un retournement-fusion à la Seydoux-Schneider qui je (nous ?) le conçois peut déboussoler. A la seule différence qu’Eleonore (ou devrais-je dire : L’Eleonore) n’existe que par vous. Sans chantier, sans autonomie, pas d’Eleonore. Sans IGY, pas de controverse avec IGY. Paraphrasant Flaubert, je conclurais : Eléonore, c’est vous !
-
Samuel_Belkekett
InvitéEt souricette est une souriciére…
-
-
Godot le bègue
Invité
-
-
AuteurMessages

