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Vous lisez 13 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #145230 Répondre
      Claire N
      Invité

      La page 19 se noie
      Est il possible d’évacuer les derniers sujets
      Sur une plus à flot

    • #145233 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      je te suis sur ce radeau

    • #145235 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci on est Noé
      Je voudrais un exemplaire d’Emile pour commencer

    • #145241 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Émile finit son petit dèj avec Simone et il arrive

    • #145257 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      Simone n’étant pas très commode au réveil, je ne peux mettre l’exemplaire demandé par Claire que maintenant (Claire, jesuppose que tu parles de ce texte de Levoyer que je viens de mettre sur la page 19) :

      https://blogs.mediapart.fr/pascal-levoyer/blog/040526/melenchon-le-proces-permanent

      Voici un extrait (je souligne le point qui me paraît très intéressant, et j’aimerais savoir si, ici, des gens qui ont fréquenté un peu les médias peuvent confirmer cette forme de « cynisme ») :
      « les éditorialistes en question sont salariés de groupes détenus par une dizaine d’hommes parmi les plus riches du pays, formés dans les mêmes établissements supérieurs que les ministres qu’ils interviewent, embarqués dans des sociabilités, des carrières, qui les rattachent objectivement au bloc social que toute politique de rupture viendrait inquiéter. Cette inscription matérielle ne contredit pas leur sincérité, elle en est la condition. On ne croit avec autant de conviction que ce qui sert ce qu’on est. La fonction de l’idéologie n’a jamais consisté à produire des croyances chez des sujets qui en seraient la source, mais à produire des sujets adaptés à des positions qui les précèdent.

      On dira peut-être qu’ils ne savent pas ce qu’ils font. La formule vaut pour les périodes où l’idéologie pouvait encore se présenter comme savoir naïf. La nôtre demande de la retourner : ils savent très bien ce qu’ils font, et ils le font quand même. Le cynisme contemporain n’invalide pas l’idéologie, il en est la forme la plus achevée. Le commentateur peut, en privé, reconnaître que telle accusation est exagérée, que tel sondage est douteux, que tel collègue est de mauvaise foi. Cette lucidité ne change rien à sa pratique publique, parce que sa pratique publique est ce qui le tient dans la position qui est la sienne. L’idéologie n’a plus besoin d’être crue pour fonctionner, elle a seulement besoin d’être pratiquée. C’est ce trait qui rend le dispositif si difficile à entamer par la seule critique rationnelle. Prouver qu’il déforme, qu’il ment, qu’il calomnie ne le déstabilise pas, parce que ce n’est pas sur la vérité qu’il prétend tenir, c’est sur la fonction qu’il remplit » .

      _
      @Graindorge : sans rancune pour la discussion dans l’entrée « Littérature », mais je continue à penser que tu te trompes!!

      • #145258 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Jamais de rancune avec toi Émile
        À une terrasse de café en ce joli mois de mai, les privilégiés que nous sommes, même désargentés pour ma part, je sais pas si toi tu as des couilles en or ou en argent, nous pourrions mieux développer et approfondir.
        Une fois je disais que beaucoup parmi les manifestants sont des capitalistes qui rament. Mais ils ont raison de réclamer et de manifester pour améliorer leur vie, leurs vies. Les pauvres frappent aussi plus pauvres qu’eux, lorsqu’ils ont 3 sous ils partent en vacances dans des pays pauvres et parfois y jouent les riches…
        Pas plus tard qu’hier j’ai attrapé au vol via les infos de 20h qui m’intéressent peu et que j’éteins des que ma mère quitte le salon pour aller se coucher et continuer sur sa télé, attrapé au vol que le système veut faire encore rentré dans les crânes des « actifs » que si ils payent de plus en plus de cotisations c’est à cause des retraités. Etc…etc…etc…

      • #145259 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Emile
        Texte intéressant
        « Prouver qu’il déforme, qu’il ment, qu’il calomnie ne le déstabilise pas, parce que ce n’est pas sur la vérité qu’il prétend tenir, c’est sur la fonction qu’il remplit » .
        Qui me rappelle une phrase de ma petite sœur
        Qualifiant ainsi le cynisme : « ils sont xagere « 
        Et peut être avec netteté le déplacement acté vers un terrain propice à sa mise en acte

        • #145260 Répondre
          Alexandre
          Invité

          « ils sont xagere «
          C’est très joli!

          • #145262 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui la saisie par les enfants du génie de la langue est une grande source de joie

            • #145295 Répondre
              cat
              Invité

              @Claire – À ce sujet rappelons que Au Pays d’Alice, de Gaelle Bantégnie reste inégalé, magnifique.

              • #145306 Répondre
                Claire N
                Invité

                Merci je prends la source
                Je ne l’ai toujours pas lu

      • #145268 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Le texte est clair et donne une bonne structure, je fais quand même mon screugnegneu :
        1. Ce n’est pas si neuf, et la pensée de la critique des médias est déjà très labourée, Bourdieu, Acrimed (sites et produits dérivés comme le bouquin de Perrenot ‘Les médias contre la gauche’), Lordon à ses heures perdues avec plus ou moins de bonheur, et tant d’autres – il donne l’impression de sortir toute sa pensée de son chapeau, une petite reconnaissance/hommage à ses lectures ne ferait pas de mal. Peut-être que je suis trop légitimiste, mais ne faire *aucune* mention d’autres travaux me semble peu courtois.
        2. De loin c’est séduisant la structure en 3×3 (déplacer/cadrer/effacer – et 3 sous-thèmes à chaque fois), de près c’est moins convaincant : les trois thèmes de « cadrer » (amalgame ED, sacre du transfuge, sondage) me paraissent bien plus relever du « déplacer. » Tandis que le deuxième sous-thème de « effacer » (« déliaison de la véridicité ») relève bcp plus du « cadrer » (puisqu’on cadre ce sur quoi on va discuter : la petite phrase). À trop vouloir forcer dans du 3×3 ça fragilise l’ensemble.
        3. Sur le cadrage, il aurait pu refaire un petit travail de mise à jour de la maxime bien connue « Les médias ne nous disent pas ce qu’il faut penser, mais à quoi il faut penser » (dérivée du politologue américain Bernard Cohen dans les années 60 : “The press may not be successful much of the time in telling people what to think, but it is stunningly successful in telling its readers what to think about.”), on ne pensera/discutera donc pas de la propriété lucrative, le despostisme en entreprise, le carcéralisme, les enfants qui dorment dans la rue, la bêtise des élections – élection présidentielle en tête. Qui d’ailleurs ne fait l’objet d’aucune appreciation de sa part.
        4. Sur les éditorialistes/journalistes alignés, le mouvement est double : oui leur sociabilité les prédispose à l’alignement (curieux de ne pas mentionner une seule fois le terme de bourgeoisie), mais inversement ne survivent que ceux qui maintiennent un alignement indéfectible. Je pense à une autre formule du journaliste Michel Naudy : « vous ne restez jamais à l’antenne impunément, jamais. »

        • #145270 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @DR Xavier
          Je ne sais pas quoi penser de l’absence de citations. Je crois qu’on a pratiqué la citation de bien des manières dans l’histoire : on ne cite pas, on tronque, on cite pour envoyer chier, on cite pour légitimer son discours, on ne cite pas parce que la pensée appartient à tout le monde, etc. J’ai le souvenir d’un texte de Descartes qui citait Aristote (ou faisait une allusion Aristote), pour dire finalement qu’on voyait bien qu’il était de mauvaise foi, ce qui n’était pourtant pas si clair. Je crois qu’on se donnait pas mal de liberté à l’époque. Pascal reprend du Montaigne, parfois en le citant, parfois en l’utilisant un peu comme bon lui semble, parfois en ne le citant pas du tout, et il ne semble pas trop s’inquiéter de sa propre pratique.
          Depuis, je n’ai pas trop d’avis sur la question. Ce qui m’intéresse c’est la pensée de celui qui écrit (ma limite étant bien sûr le plagiat pur et dur).
          _
          Que son propos ne soit pas nouveau ne m’étonne pas. Sa classification me paraît aussi artificielle par moments : j’ai l’impression qu’il veut rationaliser une pratique un peu plus confuse dans les faits. Mais il a le mérite de faire apparaître des points clefs.
          _
          Effectivement il y a d’illustres prédécesseurs avant lui. Je crois que l’intérêt de son texte est de focaliser sur une séquence déterminée, ciblée, actuelle : le discours médiatique sur LFI. J’ai été aussi intéressé par le problème du rapport à la vérité et la conscience cynique : il est vrai que des gens disent que c’est faux et démentent méthodiquement certains discours sur Mélenchon, et la structure médiatique ne bouge pas d’un millimètre en recommençant de plus belle le lendemain. Et Levoyer me semble viser juste quand il dit que cette forme d’idéologie ne tient absolument pas sur la vérité, raison pour laquelle les démentis ne l’atteignent pas du tout. Démentir, comme le font beaucoup de militants LFI, c’est croire que l’idéologie en question fonctionne en reposant sur la croyance ; on se dit qu’en tapant sur la fausseté du propos, on fera s’effondrer la croyance et on donnera un coup sévère à l’idéologie. Or il n’en est rien. C’est une erreur de constat. Cette idée, je ne sais pas si elle est chez Bourdieu.
          _
          Je ne sais pas non plus si elle est vraie, puisque je ne suis pas certain qu’on puisse décorréler à ce point la pratique de la croyance qui lui donne son sens ou sa justification, mais il me semble qu’il touche au moins un problème important : dans quelle mesure Duhamel croit ce qu’il dit? C’est pourquoi je demandais si des gens, ici, avaient déjà fréquenté des médias d’un peu plus près, pour avoir leur impression sur cette question. Il y a au moins FB.

          • #145271 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            ps : @Claire : pas compris le rapport avec la phrase de ta petite soeur.

            • #145279 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oh c’était juste un petit clin d’œil – sur le déplacement propre au cynisme de groupe
              En modifiant la singularité de il exagère – il est xagere dans sa tête elle avait peut-être saisi le déplacement que l’intransitif masque

              • #145319 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Bien sur que Duhamel « croit ce qu’il dit ». Il a intériorisé l’artifice de son discours, qui dès alors est purement et simplement : son discours
                Car Duhamel n’a plus une seule seconde, dans sa vie, pour considérer à distance son discours, le réfléchir. Duhamel n’a pas de for intérieur. Ses rares moments « libres » il les consacre à scroller sur X
                L’été certes il lit des bouquins – d’anciens premiers ministres..
                Duhamel est intégralement une production sociale.
                Nous le serons d’ailleurs nous mêmes si nous commençons à passer un temps conséquent à commenter des commentaires sur le commentaire que fait Duhamel de Mélenchon.

        • #145298 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          @Xavier Doc
          « La bêtise des élections – élection présidentielle en tête »
          D’accord. Tu proposes quoi? On fait quoi pour essayer d’en finir avec la macronie et sa cousine germaine, pardon, sa soeur, l’extrême droite avec leurs méthodes qui surpassent haut la main les méthodes mafieuses? Je ne demande qu’à savoir comment

          • #145302 Répondre
            Samuel_Belkekett
            Invité

            Graindorge je vais te dire un petit secret.
            Faudra le répéter à personne hein !?
            Alors voilà, tu en finiras encore plus vite avec la macronie en votant pour elle, que contre elle.
            En en remettant encore pour 5 ans, les fissures actuelles ressembleront à un jardin d’enfants.
            Voilà, maintenant tu sais pour qui voter.

            • #145307 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              S.B: le message est pour Dr Xavier.
              Il répondra ou pas.
              Les gens sont entrain de tomber comme des mouches. Si on en reprend pour 5 ans on pourra dire que les mouches tombent comme des gens
              Bonne nuit monsieur et encore merci pour vos partages musicaux

            • #145322 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Mais oui vous avez raison de dire Samuel B
              « En en remettant encore pour 5 ans, les fissures actuelles ressembleront à un jardin d’enfants. »

          • #145304 Répondre
            brisemenu
            Invité

            Ben faudrait que le Nouveau Front Pop ne s’allie plus avec la macronie contre le RN … Vous avez loupé le dernier épisode apparemment. Hein , si on pose l’équation RN=Macronie faudrait « faire barrage » à la macronie au moins autant que contre le RN … Oui , je sais : c’est parfois douloureux d’être conséquent jusqu’au bout.
            C’est triste les vieilles filles qui vivent avec leur vieille maman , heureusement qu’elles ont des chats et Bégaudeau pour occuper leurs journées.

    • #145613 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Échange entre un sociologue et un artiste

      P. Bourdieu Et H. Haacke, Libre échange – Persée https://share.google/bJK2GKyxZMJRDJhuz

    • #145640 Répondre
      MA
      Invité

      Je suis tombée sur cela, je ne sais pas ci déjà partagé : https://www.youtube.com/watch?v=kc94pgThwE8

    • #145713 Répondre
      olala
      Invité

      GIGA CHAD Macron remet de l’ordre dans une salle de gens dissipés ! aura +1000

    • #145853 Répondre
      Claire N
      Invité

      Petite émission
      Suite à la discussion de Ostros sur la «  conscience « , un bout de la question qui a la hype : l’interception Interoception

      • #145854 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oú comment on est construit pour se «  subjectiver »

        • #145864 Répondre
          Ostros
          Invité

          Champ d’étude qui permet d’approcher les causes et conséquences de la schizophrénie, des autres troubles psychiques, de la démence et aussi des conséquences des agressions sexuelles sur les enfants. Lorsque la destruction de la capacité d’intéroception chez un individu par un pedocriminel aura été prouvée, on pourra parler d’assassinat, les preuves seront irréfutables.

          • #145897 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui d’une manière générale l’interoception
            Peut servir de point de réflexion sur ce que représente notre ancrage sensible et sous quel hospice on le souhaite se voir construire
            Un contre argument certain à la pensée libérale qui fantasme le téléchargement a l’infini de notre cerveau
            Et certainement une approche sensible des frontières entre notre sensations d’être à la vie oú d’être à la mort

            • #145907 Répondre
              Ostros
              Invité

              Et certainement une approche sensible des frontières entre notre sensations d’être à la vie oú d’être à la mort
              Oui c’est bien dit
              Avec dans la sensation d’être à la vie, la sensation du réel. Et d’en être.

              • #145936 Répondre
                Claire N
                Invité

                « la sensation du réel. Et d’en être »
                Voilà – parfait

            • #145929 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Tu commences par « Peut servir de point de réflexion sur ce que représente notre ancrage sensible et sous quel hospice on le souhaite se voir construire »
              Puis « Un contre argument certain à la pensée libérale »
              Mouais… Pas du tout convaincu.
              Encore faut-il distinguer interoception comme donnée scientifique et ces mêmes données dans un ordre de discours. Ce n’est pas nouveau. Ordonner les données scientifiques, pour dans le discours atteindre à une connaissance de soi.
              Or c’est toujours la même rengaine. Non pas la connaissance de soi, mais inéluctablement une image de soi postulant la connaissance de soi.
              Debord en son temps décodait la pensée libérale comme « instance des pensées séparées » du fait d’analyser les choses séparément sans jamais les faire coïncider d’une manière ou d’une autre. A commencer par la société comme agrégat d’individus séparés. Bref là encore avec l’interoception nous sommes dans l’auto référérence constante. L’immanence non pour le meilleur mais pour le pire.
              Le passage sur le yoga en dit long, il y aurait dans le yoga un contrôle du souffle pour le bien-être et un contrôle sur les émotions dont on ne sait pas très bien si c’est très opérant. Fin de citation. Or même si c’est vrai… l’abstraction est tout de même criante. Car dans le yoga comme dans la méditation, tout exercice se fait dans le cadre de liaisons et déliaisons complexes avec le monde extérieur.
              De même dire que notre éloignement « des conditions naturelles de vie » a généré une baisse de nos pulsions d’auto conservation et autre écoute de notre corps par la médiation de notre sacro saint cerveau est non seulement un peu court mais un peu simpliste comme explication.
              Ce type de raisonnement scientifique est si bien agencé dans l’esprit libéral qu’on pourra difficilement en avoir l’utilité ailleurs.
              Très surprenante coïncidence d’entendre après ça Étienne Klein nous parler des phrases auto-référentielles.

              • #145933 Répondre
                Samuel_Belkekett
                Invité

                « Et certainement une approche sensible des frontières entre notre sensations d’être à la vie oú d’être à la mort »
                Alors ça, ça vaut une analyse à part entière.
                C’est quoi être à la vie ou être à la mort ?
                L’analyse scientifique classique rejette les frontières de nos sensations pour distinguer radicalement vie de mort. Pour n’analyser que les conditions de la vie.
                A ceci près que la vie d’un point de vue vitaliste et dans la puissance du symbolique ne rejette pas du tout la mort.
                C’est au contraire quand la mort est entièrement expurgée de la vie que celle-ci est entièrement morne et mortifére. C’est le dualisme symbolique entre vie et mort qui donne tout son attrait à la vie. Tant que la dualité fonctionne.
                La science occidentale s’est construite comme pensée du vivant en conjurant la mort au maximum. La pensée libérale et bourgeoise aussi d’ailleurs à horreur de la mort.
                Après il y a tellement de considérations anthropologico-religieuses qu’on en a pas fini, mais bon, la vie séparée… ne vaut rien. Voilà…

                • #145939 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Je ne comprends pas très bien l’angle de ta réflexion
                  Je n’ai aucun doute sur la possibilité de « la pensée libérale » de transformer cette source d’ignorance à nous même – si tu as écouté le passage sur le yoga, on voit que cela ne permet aucunement un contrôl- en bases naturelles dont nous aurions grâce à notre puissant cerveau et un Catch la possibilité de nous saisir – mais ce serait faux –

                  • #145978 Répondre
                    Samuel_Belkekett
                    Invité

                    Le problème de ce type d’analyse scientifique est celle d’un regard qui se pose sur les symptômes, qui deviennent phénomènes signalétiques qu’envoie l’intériorité de l’individu. Et que du coup le cerveau se doit de transcrire d’une manière ou d’une autre en informations. C’est l’intériorité qui se pose comme un langage à traduire selon les messages qu’il déploie. C’est le cerveau le récepteur du signal et le traducteur du message.
                    .
                    Tout le monde a compris que le yoga n’a pas comme point central et protagoniste le cerveau. L’extrait parle de la possibilité, par le souffle, d’interagir pour aller vite, avec le corps. Un contrôle des énergies en vue de détente et d’éliminer les tensions. Moi et l’extrait nous sommes d’accord là-dessus.
                    Que pour le Yoga comme la méditation le cerveau soit un épiphénomène est un secret pour personne, mais c’est justement cette différence qui fait que le corps, lors de ces activités (yoga, méditation), n’interprète pas le symptôme comme signal ou signe d’une pathologie interne. Elles créent un rapport au monde extérieur, une fermeture et une ouverture simultanée dont le yin yang reste une illustration. Ouverture/fermeture, interieur/extérieur, vie/mort etc… Elles révèlent à l’individu, dans le temps, la qualité ou vacuité de ses expériences empiriques.
                    Le regard clinique lui, cherche à circonscrire le symptôme comme cause et effet à la fois.

                  • #145979 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Ce que je veux dire c’est que cette intervention ne me semble pas du tout fixer des certitudes
                    Mais ouvrir plutôt des pistes de recherche
                    Le point qui me semble crucial est le travail sous marin de la constitution de la subjectivité
                    Et également l’aspect dynamique dans la durée de cette interaction
                    Il ne peut plus etre utilisé en l’espèce de paradigmes dichotomique et avec toute la tendresse que j’ai pour Descarte, la conscience n’est pas envisageable à cette lumière comme une extraction volontaire par le progrès de notre «  nature « 
                    Cela oblige à repenser également la dichotomie classique nature / progrès , qui si elle a et reste un outil très important montre en l’espèce ses limites
                    Et je ne trouve pas deconnant que le chercheur en vienne à se questionner sur notre rapport à l’environnement, il nous faut il me semble d’autres outils que l’extraction – un peu réactionnaire – et la dichotomie – mais il me semble que Derrida a déjà bossé la dessus

                    • #145993 Répondre
                      Samuel_Belkekett
                      Invité

                      Ce n’est plus « je pense donc je suis » mais « je compute donc je suis ». Que la méthode cartésienne oublie le corps, on est bien d’accord.
                      Je perçois mieux ton biais qui est de penser que cette théorie remet en question cette dichotomie à laquelle tu fais allusion, alors que mon impression est qu’au contraire elle la reconduit. Ne serait-ce que par les « signaux interne » qui peut-être brise la dualité mais isole l’individu de son contexte. Que le chercheur pense que ce sont les liens de l’homme et de la nature qui sont brisés par le progrès, et la modernité qui nous rendrait étranger à nous-même, ressemble trop à un cliché, même si il est vrai, pour ouvrir à une piste quelconque. Surtout qu’en définitive la leçon c’est que c’est en nous-même, à l’intérieur de nous que repose le sens de la vie, ou du moins que « ça » communique. Quant à « l’outil de l’extraction » même verdict, ça donne l’impression d’être à l’écoute de, mais au final tout est transcrit en informations. Je compute mais au final je pense quand même. Tout se résorbe dans le cerveau. Comme avec Levi Strauss, ça commence avec la pensée sauvage et ça se termine dans l’universalité des neurones. Toi même tu extrapoles domination intérieure et domination extérieure. Mais ces sciences, après nous avoir expliqué pendant X temps que la culture explique la nature et donc la domine, maintenant et sans doute par culpabilité, cherche un égalitarisme. Une nature qui s’expliquerait elle-même, hors culture. Mais que fait le cerveau !? Il est là le paradoxe occidental. Le scientisme se trouve piégé par son propre rationalisme. La supériorité du cerveau et l’enjeu de l’information.
                      On ne rendra jamais assez hommage à quelqu’un comme Descola pour avoir non pas retrouver les liens de l’Homme à l’environnement mais d’avoir « altéré » l’Homme par son devenir au contact du vivant de son environnement.
                      Tu penses que cette approche peut ouvrir des pistes, peut-être, à condition d’en repenser les termes.

                      • #145997 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Moi je perçois mieux le tiens – de biais : « que cette théorie remet en question« 
                        Ce n’est pas une théorie ce sont des données de recherche

                      • #146040 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        Oui oui des hypothèses. Je suis peut-être un peu conditionné par des préjugés mais que veux-tu, on ne se refait pas.
                        D’ailleurs tu m’as un peu éclairé sur le fait que moi je voyais ça partant d’un fait clinique. Le corps adressant des signaux dès qu’il se sent malade. Et notre insensibilité croissante à l’écoute de celui-ci. Dépassant ceci mais partant de là, voilà pourquoi je parais de symptôme, comme cause et effet dans un corps séparé de l’environnement. Enfin bref, ça ne change pas grand chose au final, l’essentiel étant que, les recherches en cours affinent ce grand laboratoire qu’est notre esprit.

                      • #146081 Répondre
                        Samuel_Belkekett
                        Invité

                        @Claire N
                        Quand je disais « biais » je pensais à angle d’analyse.
                        Si le signifiant biais semble péjoratif, ce n’est pas du tout ce que je voulais signifier. Je me biaise moi-même du coup.

                      • #146083 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je ne considère pas le biais comme un terme péjoratif ; par contre ce à quoi il se rapporte peut m’agacer
                        – puisque nous en sommes aux biais idéologique
                        Je ne crois pas m’inscrire ni dans une perspective hygiéniste ni dans son évolution Pokémon libérale
                        – il est toujours bon en ces temps oú l’écologie se fait sentir de refaire un point sur la perspective dogmatique de la «  bonne nature « , mon avis est le suivant : présumer une certaine forme d’intelligence a l’organisation du vivant et de ceux qui nous ont précédé mais se mettre en posture de la requestionner – ainsi on échappe à la transmission «  traditionnelle – paternaliste «  du savoir ( c’est comme ça et pas autrement) pour se ré approprier un questionnement émancipateur, le clivage nature / culture se situe plutôt selon moi entre ces deux manières culturelles d’appréhension

          • #145898 Répondre
            Greenwashing
            Invité

            Ostros: « Champ d’étude qui permet d’approcher les causes et conséquences de la schizophrénie »
            .
            T’es vraiment la dernière des teubées toi, c’est fabuleux.

    • #145859 Répondre
      Claire N
      Invité

      @remi
      Je ne pense pas necessaire de demander à Brisemenu une quelconque démonstration au sujet de la gentrification
      Je crois connaître d’avance le chemin de son «  petit vélo « 
      Il est a parié qu’il s’est rendu compte de la gentrification ainsi : j’ai un voisin arabe – je veux aller en ville – oups c’est cher
      Et comme mon fils touchant la clôture électrique des chevaux et surpris de la décharge tape son cousin juste à porté

      • #145906 Répondre
        Ostros
        Invité

        Et comme mon fils touchant la clôture électrique des chevaux et surpris de la décharge tape son cousin juste à porté
        Rire

        • #145913 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          rire + applaudissements – excellente image

          • #145935 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci merci- c’est oui une version du «  sous la main « de psychologies

            • #146047 Répondre
              Cocolasticot
              Invité

              Image qui va rester

    • #145921 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Ben moi je vais plus oser te tutoyer ma Claire : trop de signes extérieurs de richesse: 6000€/mois nets, des chevaux, des vaches, des cochons, des serviteurs, et ce que tu vas nous dire, révéler encore…
      Heureusement que tu fais plein de fotes d’ortografes, que je comprends pas toujours ce que tu dis et que tu offres des livres d’occasions cornés à tes copines qui partent à la retraite sinon franchement j’adopterais le voussoiement
      Ah et j’oubliais tes gardes qui sont fatigantes et ton métier pas si facile du tout. Non: 6000€ c’est pas un gros salaire, ce sont ceux d’en dessous qui sont trop bas

      • #145932 Répondre
        Claire N
        Invité

        Fort bien -j’accepte avec joie ta main tendue
        J’aimerais tout de même par respect pour leur qualification tu ne m’attribues pas de « serviteurs « mais une gouvernante, un palefrenier, un majordome, une cuisinière et tant d’autre personne merveilleuse

        • #145949 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Tu plastronnes patronne! Et tu as oublié le chauffeur sans permis ( de conduire) le jardinier pas bio, le coiffeur sans ciseaux etc
          Et la merveilleuse maquilleuse qui se dépêche de planquer tes cernes après une nuit de garde car tu n’es pas une sentinelle qu’on ne relève jamais, toi
          Bises d’insoumise 😀

          • #145977 Répondre
            Claire N
            Invité

            Tu plastronnes patronne- rires – j’essaye de pas en louper une en tout cas

    • #145928 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Et ça peut arriver oui que juste après une frayeur de déverser la peur en tapant le premier qu’on trouve à côté. Si c’est une frayeur de brisemenu, trop tard pour l’Arabe , il avait que se déguiser en Suédois

      • #145930 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        * il avait qu’à

    • #145948 Répondre
      Tony
      Invité

      Très bon article de Romaric Godin sur le projet techno fasciste de Palantir où l’on apprend entre autres choses que la seule activité rentable de l’IA est la guerre et que la fusion du capital techno et de l’état n’est peut-être plus de la science fiction,

      Le manifeste de Palantir en 22 points, publié sur le réseau social X le 18 avril (lire les annexes) et mis en avant par les algorithmes de l’entreprise d’Elon Musk, peut ne pas apparaître comme une nouveauté. Il concentre les positions défendues depuis quinze ans par l’un de ses fondateurs, Peter Thiel, et résume en grande partie le livre The Technological Republic, paru en février 2025 et coécrit par le président de l’entreprise Alex Karp et par Nicholas Zamiska, son conseiller juridique.

      Mais ce n’est pas tout à fait la même chose de publier un livre sous un nom d’auteur et de produire un manifeste, c’est-à-dire un programme simplifié sous forme de feuille de route politique, depuis le compte officiel d’une entreprise.

      La société technologique spécialisée dans le maintien de l’ordre, le renseignement et la sécurité, grande gagnante de la guerre en Iran, a en fait publié un texte important du crépuscule du néolibéralisme. Il montre que le capitalisme de rente, pour survivre, doit prendre le contrôle sur la rente suprême, l’État. Et, pour ce faire, il lui faut à la fois discréditer la légitimité démocratique de ce dernier et remplacer la servitude volontaire de la démocratie par une obéissance craintive.
      Le premier message envoyé par son manifeste est que Palantir est devenu un acteur politique, avec des ambitions et des objectifs. Tout le reste en découle : la politique n’est plus l’apanage d’une classe de citoyens à part ou des citoyens eux-mêmes, elle est le terrain de jeu des entreprises et en particulier des entreprises technologiques.

      Et si la politique est un secteur dans lequel un groupe technologique peut évoluer à visage découvert, c’est que la fonction même du capital technologique change. Désormais, il a pour vocation à viser le contrôle de l’État, ce qui est l’objectif premier de l’action politique. Ce n’est pas Alex Karp ou Peter Thiel qui veulent s’emparer de la Maison-Blanche à l’image d’un Donald Trump.

      Non, c’est bien le capital technologique lui-même qui veut contrôler l’État, pour en faire un outil entre ses mains. Il se veut à la pointe d’un nouveau capitalisme d’État. Non pas celui où l’État venait aider le capital ou s’y substituer, mais celui où le capital même devient l’État, où les fonctions de l’État deviennent des moyens d’action en vue de l’accumulation de ce capital propre.

      Le détail de ce manifeste doit être lu dans cette optique : un changement majeur de régime dans lequel l’État doit être mis à la disposition d’un groupe capitaliste. Une telle bascule suppose évidemment un changement radical de légitimation du pouvoir. Le manifeste de Palantir tente de construire cette nouvelle légitimité.

      La légitimité politique du capital technologique

      Cette légitimité se construit doublement, de façon affirmative et de façon négative. Dans le point 3 du manifeste, Palantir, paraphrasant le philosophe Jürgen Habermas (ancien professeur d’Alex Karp, lequel a avoué avoir fondé Palantir après avoir été rejeté par lui), proclame : « La décadence d’une culture ou d’une civilisation […] ne sera pardonnée que si cette culture est capable de produire de la croissance économique et de la sécurité pour le public. »

      C’est le point de départ de la pensée de Palantir. La légitimation du pouvoir est désormais issue de cette double source : l’accumulation et la sécurité. Deux piliers qui, selon le manifeste, ne peuvent être fournis que par le capital technologique fondé sur l’IA.

      C’est lui qui est capable de produire des armes destinées à remplacer la dissuasion nucléaire par la dissuasion par l’IA (point 12), c’est lui qui peut assurer la course à l’armement de l’IA sans en passer par des débats éthiques et politiques interminables (points 5 et 7), c’est lui enfin qui peut mettre l’IA au service de la sécurité publique (point 17).

      Enfin, c’est ce capital incarné par Palantir qui est capable de produire de la vraie technologie, celle qui est capable d’agir sur la société, en sortant de la « tyrannie des applications » critiquée dans le point 2, c’est-à-dire d’une recherche technologique à bas coût, mais aussi à bas rendement, devenue une sorte de routine.

      Dans l’esprit d’Alex Karp, le capital technologique peut fonder une nouvelle croissance en promouvant de nouveaux gains de productivité massifs, inaccessibles à la logique des applications. Mais ce bond économique ne peut pas se faire dans le cadre ancien du marché concurrentiel mondialisé.

      La critique du capitalisme démocratique

      C’est l’autre face de la légitimité revendiquée par Palantir : elle se fonde sur la crise de légitimité du capitalisme démocratique. Depuis longtemps, Peter Thiel souligne lui-même que la société démocratique est un obstacle au développement du capital technocratique.

      Les exigences démocratiques freinent en permanence les possibilités qui sont offertes par le capital technologique. La « société de la délibération » chère à Jürgen Habermas est ici présentée comme le mal absolu : elle construit de faux débats comme celui de s’interroger sur l’usage militaire de l’IA (point 5), elle « psychologise » la politique en obligeant à intérioriser des visions de « personnes » que l’on « ne pourrait jamais rencontrer » (point 10), elle méprise les milliardaires (point 16), elle favorise la « prudence » en politique au détriment de la détermination (point 19), elle relativise la supériorité des cultures où règne l’accumulation et qui ont produit « des merveilles » (point 21).

      « Nous devons résister à la tentation d’un pluralisme vide et creux », résume le point 22 en guise de conclusion.

      En corollaire, la critique porte jusqu’au capitalisme néolibéral qui a accompagné cette société démocratique, et dont Palantir rejette la forme nucléaire : la multinationale mondialisée soumise à la concurrence internationale. Le capital qui prétend à la politique est ici national : dans le point 1, Palantir présente son engagement comme le paiement d’une « dette morale » envers le pays qui a permis au secteur technologique d’émerger. La Silicon Valley a une « obligation positive de participer à la défense de la nation », et le capital technologique doit prendre le pouvoir pour lutter contre un « ennemi », jamais nommé mais omniprésent.

      L’ère de la multinationale est donc terminée. Le capital doit s’assumer états-unien parce qu’il doit devenir les États-Unis. Et en cela, il ne lui est pas permis de se laisser divertir de son ambition politique par la concurrence ou le marché. « Nous devrions applaudir ceux qui tentent de bâtir là où le marché n’a pas su agir », résume le point 16 : pour bâtir, il faut contourner le marché. Et la meilleure façon de le contourner est de fusionner avec l’État.

      C’est bien pour cela que l’État démocratique, classiquement jugé obèse, doit disparaître (point 8). Car il doit surtout cesser d’encadrer l’action du capital : « Les fonctionnaires n’ont pas besoin d’être nos prêtres. » Derrière cette phrase, il y a évidemment d’abord la critique de l’aspect moralisateur de l’État démocratique, qui est un élément central de la critique nietzschéenne de la modernité par Palantir.

      La démocratie est jugée comme le régime des faibles qui utilisent la morale et la transparence pour dominer les forts. C’est dans cette lecture de La Généalogie de la morale, de Friedrich Nietzsche, qu’il faut comprendre le point 9 sur l’absence d’indulgence envers les puissants, qui « pourrait nous laisser une galerie de personnages à la barre que nous regretterons » ou encore des dégâts de la transparence de la vie publique (point 17).

      Mais derrière cette dénonciation des « fonctionnaires-prêtres », il y a aussi la reprise de la critique libertarienne de l’État néolibéral qui voulait encadrer les marchés et leur donner des normes. Pour Palantir, cet encadrement est impossible parce que l’État n’est pas économiquement viable (« Toute entreprise qui rémunérerait ses employés comme le gouvernement fédéral rémunère les fonctionnaires aurait du mal à survivre », point 8).

      Le monde de la nuit, de la violence et de la mort

      Une fois cette légitimité proclamée, Palantir déroule son programme. Le capital technologique au pouvoir va construire un monde à son service. La guerre, seule activité aujourd’hui clairement rentable de l’IA, est donc remise à l’ordre du jour. Le « soft power » est rejeté comme une faiblesse : place au « hard power » (point 4), tant à l’étranger qu’au sein même de la société états-unienne, où « la Silicon Valley doit jouer un rôle dans la lutte contre la criminalité violente » (point 17).

      Pour assurer un tel ordre, Palantir passe par de vieilles ficelles : la défense de la civilisation. Il est ainsi piquant de voir que dans un texte qui appelle à la destruction de tous les contre-pouvoirs démocratiques, les points 13 et 14 justifient ce durcissement du pouvoir au nom de la défense des « valeurs progressistes » et de la « paix extraordinairement longue » basée sur la « puissance états-unienne ».

      Ce paravent n’est que le faux nez d’un nationalisme radical. En tant que pointe prétendûment avancée de la culture occidentale ayant produit des « avancées vitales », les États-Unis devraient engager le combat contre les cultures externes « régressives et dysfonctionnelles » (point 21). Et c’est au capital technologique d’assumer la direction des opérations. Le retour du capital à la nation se traduit par un retour à la hiérarchie des cultures.

      C’est aussi dans ce suprémacisme qu’il faut comprendre la volonté de réarmer l’Allemagne et le Japon (point 15) : il s’agit d’effacer une « surcorrection » héritée de la fin de la Seconde Guerre mondiale. Et ce n’est pas le fruit du hasard. L’Allemagne nazie comme l’Empire japonais justifiaient leur militarisme par la défense de la civilisation. Palantir s’inscrit ouvertement, quoique de façon oblique, dans cette continuité.

      On pourrait discuter longuement de l’aspect fasciste ou non de ce texte. Mais ce qui est certain, c’est qu’il défend un monde où la démocratie est vidée de son sens et n’est qu’un étendard justifiant une politique de domination et de prédation. Le discours de salut de la civilisation est un classique de l’extrême droite qui permet de refaire une unité politique autour de la nation, de la religion (point 20) et d’une élite combattante.

      Alex Karp et les siens veulent faire du monde un lieu détestable, basé sur la supériorité des capitalistes technologiques, la discrimination et la guerre. Ils veulent une société militarisée où la joie est exclue, et la menace constante. C’est le monde de la nuit, de la violence et de la mort.

      Contre quoi lutter ?

      Les néolibéraux et les centristes s’émeuvent à juste titre de ce manifeste qui les cible directement. Mais, face à un tel horizon, leur projet de société est impuissant. Bien sûr, on peut toujours considérer que, devant un tel plan, le néolibéralisme d’un Emmanuel Macron est un moindre mal. C’est un argument qui sera sans doute utilisé massivement dans les prochains mois et les prochaines années.

      Mais cette résistance est un piètre rempart. Car c’est oublier que ces monstres ne viennent pas de nulle part. Ils sont le produit même du néolibéralisme et de son échec. Ce sont les politiques mises en place dans les années 1980 qui ont permis de donner naissance à ces groupes technologiques ayant échappé à leurs créateurs et entendant s’en débarrasser. 

      C’est aussi oublier que de telles monstruosités prospèrent bel et bien sur l’échec du capitalisme démocratique et de la promesse néolibérale de prospérité. Le seul élément vrai dans ce manifeste, c’est que la société issue de la contre-révolution néolibérale n’a plus grand-chose à offrir aux populations – c’est pourquoi ce type de texte peut avoir un tel impact politique.

      Enfin, c’est oublier que les néolibéraux eux-mêmes sont engagés activement dans un glissement vers des logiques autoritaires, discriminatoires et répressives. Le double quinquennat qui s’achève l’a assez prouvé en ce qui concerne la France. Ceux qui se présentent comme des résistants aux délires de Palantir pourraient bien n’en être qu’une version édulcorée, ne serait-ce que parce qu’ils ne remettent jamais en question la logique du capitalisme, pourtant en cause ici.

      Pour contrer Palantir, il faut non seulement prendre au sérieux le danger que représente cet acteur, mais aussi s’attaquer aux racines du problème : le caractère profondément destructeur de la logique capitaliste. Pour sauver la démocratie, l’environnement et la société, il est nécessaire de combattre le principe fondamental qui l’attaque désormais de front.

      Romaric Godin

      • #146086 Répondre
        Claire N
        Invité

        « La société technologique spécialisée dans le maintien de l’ordre, le renseignement et la sécurité » effectivement on comprend qu’il s’intéresser de près aux états grands pourvoyeurs de leur matière première – la guerre

        • #146087 Répondre
          Claire N
          Invité

          Mais tout de même, je me questionne sur la viabilité de leur projet entrepreneurial : le nationaliste n’est il pas – comme d’habitude – une ressource limitée ?

          • #146109 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Merci à Tony – et incidemment l’excellent Romaric- pour ce texte lumineux. Et avec ça les confus souverainistes continueront à nous expliquer que l’Etat est un rempart contre le capital.

    • #146017 Répondre
      Ourson
      Invité

      Récemment, j’ai appris qu’il pourrait y avoir un lien entre le « génie » et la capacité à faire des jeux de mots.
      Ce lien serait la « bissociation » : une capacité à créer de nouveaux concepts à partir d’éléments dissociés. On estime que ce mécanisme est au cœur de nombreuses inventions ou découvertes, l’exemple bateau étant Newton qui conceptualise les lois du mouvement en voyant une pomme tomber d’un arbre.

      L’information est évidemment à prendre avec des pincettes, tout comme le concept de « génie » d’ailleurs. À ce jour c’est simplement une théorie venue de l’université Oxford, relayée dans quelques magazines et autres comptes de réseaux sociaux.

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