Accueil › Forums › Forum général › Débats François / Natacha POLONY et impérialisme des forces émancipatrices
- Ce sujet contient 37 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
, le il y a 2 années et 1 mois.
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Mu
InvitéJe viens d’écouter deux débats: celui entre Houria et François, puis celui entre François et Natacha P.
Je me demande si le problème qu’incarne N, qui se fait la défenseuse de la laïcité, ne serait pas celui de vouloir « forcer » à une émancipation, du coup très rigide et normée, contraire à ce qu’elle prétend « construire son propre bonheur »?
Serait-ce la position inverse d’Houria, qui se bat indirectement pour que chaque être humain puisse choisir à quoi il ou elle se soumet (Allah, Dieu, la vérité que porte ou pas chaque discours et chaque personne)?
Ce qui amène à une autre question: peut-on pousser ceux qui se laissent séduire par les joujoux du capitalisme et sont prêts, pour les avoir, à renoncer à leur liberté, peut-on pousser les beaufs d’Houria et les migrants qui arrivent ici et sont super heureux de travailler (hélas oui, j’en connais!!), nous faisant la morale, à nous, qui ne connaissons pas notre chance et râlons pour rien dans les rues, comment rallier ces gens là?Existerait-il une forme d’émancipation qui accepte en son sein des personnes qui trouvent désirable le fait de se soumettre à un ordre qu’ils auraient choisi ou bien les force d’émancipation sont-elles appelées à éduquer les pauvres arriérés qui ont un coeur primitif et se sentent affectivement l’âme communautaire, l’amour étant connu pour LIER, et rendre désirable le fait de renoncer partiellement à sa liberté?
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Mu
Invité… En gros, je me demande si ce n’est pas à cause de la position qu’incarne Natacha P que Houria compte plus sur les beaufs que sur la gauche…
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Mu
InvitéEt si, derrière les soupçons de racismes qu’Houria formulent, n’est pas remis en cause la tyrannie que du concept d’autonomie des lumières, qui est par ailleurs peut-être une des bases du meilleur de notre culture (tyrannie à part…)
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Mu
InvitéEn allant un peu plus loin:
– frigidité perceptible de N, qui ne pète pas tous ses petits plombs – François s’emploie vainement, la dame, imperturbable, reste dans le domaine de la rationalité.
– féminité survoltée d’Houria qui ne lâche pas d’une once quoi que ce soit qui la ferait sortir du domaine de la conflictualité. Pourtant, la féminité est là, comment ce fesse?
N dit un demi machin tiédasse (une douce tyrannie qui s’indigne des volontaires servitudes et se bat certainement pour la libération des femmes, sans peut-être bien savoir ce que c’est qu’être une femme, ni surtout ce que c’est que la féminine jouissance)
Houria dit, en permanence un vrai beau « non », mais à quoi, et pour quel « oui » dont elle ne parle pas? Elle ne prend pas la peine de nous expliquer: on est sourds. Elle se bat pour reprendre le terrain qui permettrait aux indigènes de son espèce de choisir à quel « oui » ils adhèrent tandis que la madame rationnelle de gauche sait, elle, ce à quoi il faut adhérer pour être libre. Et elle s’indigne, comme notre papa Létal, que nous puissions refuser le gâteau (pas celui du néolibéralisme, tout le monde dans son clan sait qu’il est pas bon, mais celui de la gauche libératrice) -
François Bégaudeau
Maître des clésMadame rationnelle pas du tout de gauche
Et pas très féministe non plus -
Mu
InvitéAh je comprends mieux!!
Je croyais qu’elle se déclarait de gauche!
Est-ce qu’elle se croit de gauche en ayant des entrailles de droite ou bien est-ce qu’elle se déclare ouvertement de droite? -
François Bégaudeau
Maître des cléselle fait partie de la farce dite farce Chevènement
on commence par se dire souverainiste de gauche, ou gauche républicaine, on fait des livres contre l’école dévastée par 68, puis contre le féminisme agressif, et on finit libérale-autoritaire comme tout le monde -
Mu
InvitéMerci je ne connaissais pas cette recette
C’est donc ça, à gauche, qui remplace les entrailles évidées des dindes de Noël…
Du coup, si c’est sur ce genre de personnes que parie Houria, tu as raison, et c’est dommage qu’elle n’ait pu t’entendre: elle ferait mieux de parier sur la vraie gauche… -
Mu
Invité… Par contre, Lordon est la preuve vivante qu’on peut être souverainiste et de vraie gauche.
La déviance ne commence peut-être donc pas par là.
Le souverainisme semble pouvoir cristalliser deux positions inverses que tout le monde connait:
– Les positions identitaires, comme la dame rationnelle et les gens d’extrême droite, qui veut défendre une singularité « nationale »
– Les positions comme celles de Lordon/Friot, réellement émancipatrices, qui ne défendent pas des identités mais des façon de vivre ensemble, de produire, d’échanger, qui permettent à chacun, dans l’intimité, de vivre sa singularité comme il l’entend, mais sans capitaliser le vivant et les objet.L’origine de la déviance est donc peut être plus dans le piège identitaire, qui est un des pièges dans lequel peuvent s’échouer ceux qui ont commencé à se battre pour l’autonomie, mais n’ont pas su intégrer à leur amour de ce concept (devenu pour eux tyrannique) la complexité de l’existence et la puissance des affects contre lesquels ils sont donc en lutte – puisque les affects, si on ne remodèle pas le concept d’autonomie grâce aux outils de Spinoza ou d’autres, sont une entrave à l’autonomie? C’est ça, mon hypothèse, ici, plus que le souverainisme en lui-même
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai dit ici même il y a une semaine que souverainisme et gauche étaient incompatibles, si « souverainisme » désigne un créneau de pensée qui tient la souverainté nationale pour la bataille centrale.
Lordon n’est pas souverainiste. On peut etre favorable au frexit sans être souverainiste.-
Mu
InvitéD’accord.
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Mu
InvitéMerci monsieur l’auteur 🙂
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Mu
InvitéCa pose problème, ces gens qui ne peuvent plus adhérer à la gauche, et qui se replient sur leur capital symbolique.
– Soit il y a un problème dès l’origine, inhérente à ce capital (la rationalité des lumières, en l’occurrence – c’est ce que je perçois dans son discours mais au fond, c’est peut-être juste une rigidité constitutionnelle)
– Soit ils perçoivent une sorte de « faiblesse » chez nous, les vrégoches, qui les effraie. C’est une autre hypothèse. Si tel est le cas, c’est peut-être dû au fait qu’il nous manque de définir une valeur des valeurs… (symbolique). Décréter qu’il n’y en a pas ouvre sur le problème, soulevé en filigrane dans le discours d’Houria, de la sécurité (on a besoin d’un papa pour nous dire: d’abord, la vie importe…, ensuite…: bref d’une hiérarchie des valeurs). Dire que nous devons la créer tous ensemble, c’est très bien, et à mon sens c’est ce qu’i faut. Mais alors, pourquoi on ne le fait pas, maintenant, tous ensemble, et propose ensuite aux zotres d’entrer en dialogue afin d’intégrer leurs valeurs à notre hiérarchie, fut-ce dans la conflictualité? Pourquoi ne pas ouvrir franchement le débat? Pourquoi est-ce que ce n’est pas ça qui est au coeur des débats de la vrégoche?
– comme je suis nouvellement politisée, peut-être que c’est le cas et que je ne suis pas encore au courant, alors honte sur moi, mais même Friot, je crois, ne parle pas franchement des valeurs symboliques mais seulement des valeurs de production, je me trompe?-
charivari
InvitéHouria parle des barbares qui se préoccupent de garder leur emploi quand ils en ont un.
C’est qui la vraie gauche Mu ?
Parmi les gens de gauche, quels ont ceux qui parlent des barbares ?
Ça m’intéresse de prendre référence…-
Cyril
InvitéFrançois Bégaudeau c’est la vraie gauche !
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diegomaradona
InvitéOn croirait entendre des musulmans modérés nous faire croire que les djihadistes ne sont pas de vrais musulmans.
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Mu
InvitéDiegorama, je ne vois pas pourquoi tu dis ça? Mais en effet, je ne crois pas que les djihadistes soient de vrais musulmans, si ça peut t’aider à nous ranger dans la même case. Aucun problème, ce tiroir me semble confortable…
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Mu
InvitéEn fait, partout où tu vas, tu ne peux pas t’empêcher de dire une connerie, c’est ton rôle sur le forum ou une nature profonde?
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diegomaradona
Invité« Diegorama, je ne vois pas pourquoi tu dis ça? »
Je n’en doute pas une seconde.
« partout où tu vas, tu ne peux pas t’empêcher de dire une connerie »
Il y a une démonstration qui va avec ou tu te contentes d’une simple pétition de principe ?-
Mu
InvitéMerci Diego, belle démonstration. Tu ne pourrais pas dire tout ça à Houria, comme ça elle comprendrait, grâce à toi, que nous sommes, vrégoches et barbares, dans le même petit sac puant, et donc que ce serait plutôt sympa qu’on se batte ensemble? Elle comprendrait aussi peut-être qu’elle n’a aucune chance avec des gars comme toi?
Tu es une dé-monstration à toi tout seul, qui vient là pour incendier des gens: que veux-tu, on n’est pas constitués de la même boue, on est voués à s’entre choquer…
Adieu Diego et n’oublie de fermer le parc à étoiles en partant, les idiots de manifestants en ont encore laissé s’échapper deux ou trois-
diegomaradona
InvitéL’hystérie qui ressort de tes post fastidieusement longs (que sans doute quasi personne ne lit) et la compulsivité avec laquelle tu les enchaînes ne peut que faire écho aux délires de ces étudiants d’evergreen : https://www.youtube.com/watch?v=u54cAvqLRpA&t=1484s
La similitude des attitudes est troublante…
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Claire N
InvitéSuper, tu nous dévoiles enfin tes sources , t’es amoureux ?
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Mu
InvitéJe n’ai pas tout regardé en entier mais je peux te dire deux choses:
– D’abord, je suis très heureuse de voir qu’il y a en effet des gens qui essaient de mettre en place des choses pour lutter contre le racisme des institutions (ce n’est pas parce qu’une bonne dame estampillée libéralo-conforme affirme qu’il n’y a pas de racisme qu’il n’y en a pas en réalité…). Il faut voir que ces tentatives sont mises en places comme une contre mesure: les personnes ne semblent pas être folles et se définir profondément selon les identités qu’elles formulent. Elles reconnaissent juste leur chance, leur appartenance à la classe dominante. C’est une honnêteté intellectuelle qui permet aux étudiants d’éviter de nourrir la croyance au mérite qui justifie les inégalités
– Ensuite, bien entendu, tout ce qui est institutionnalisé prend soudainement une forme rigide pas très enviable, voir dogmatique: c’est le piège. Moi, je ne parle pas de cette position moralisante. Dommage que tu m’entends comme ça mais je n’ai pas trop à m’inquiéter pour toi, vu que tu fais partie de ces personnes qui ne me liront jamais puisque j’écris des trucs longs et illisibles. Mais….que fais-tu là? Au revoir, Diegorama, L’étoile 5078 a eu une portée. Ferme la porte du parc en partant pour qu’elle ait le temps de lécher ses petits avant de s’évader dans le ciel -
Mu
InvitéEt aussi, Diego, je continuerai d’étaler ici mes affects passionnés d’uterus le temps que je finisse de me politiser, parce que j’ai plein de questions, des choses à dire, à apprendre et à partager (contrairement à toi qui vient ici avec une mitraillette pour tirer sur tout ce qui bouge).
Mais nul besoin de perdre du temps à converser pour ne rien dire. Notre relation amoureuse est un échec, nous ne sommes pas faits l’un pour l’autre, adieu très chair (de prostate). Je serai à présent Mu-ette (Muesli, Musaraigne, comme tu veux) vis à vis de toi, même si tu reviens en pleurant à mes piés
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Mu
InvitéOui je suis de plus en plus d’accord avec ça, Cyril
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Cyril
InvitéIl y avait 32% d’ironie dans ma phrase.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est au moins 31% de trop
je tombe de haut
j’étais au bord de me lancer dans la campagne 2027-
Mu
InvitéEt bien moi, c’est comme ça que je t’ai découvert: moi qui n’avais jamais suivi l’actualité politique, je me suis dit zut, si j’avais sû, j’aurais votu. Maintenant que je sais ce que tu penses du vote, c’est très drôle
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Titouan R
InvitéTu pensais à un ticket avec Ruffin comme colistier (ou plutôt l’inverse) ?
[Rire (pourcentage librement déterminable)]-
François Bégaudeau
Maître des clésj’imaginais plutot un ticket Begaudeau-Pogba
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Mu
InvitéCharivari, il y a deux enjeux importants pour l’instant, je crois:
– défendre tous ceux qui souffrent maintenant, et je ne peux pas te répondre sur cette question, parce que je ne suis pas encore assez politisée: je ne sais pas qui, en politique, défend en particulier « les barbares ». Je vois l’abîme, et j’ai toujours été sidérée du fait que personne n’ait honte de nos richesses de coloniaux, mais qu’on apprenne à l’école et partout à s’en glorifier. Moi, j’ai toujours eu honte de ça. Ensuite, dans mon quotidien, je vois (très peu) de gens, mais j’en vois qui font ce qu’ils peuvent et pour moi ce sont eux, les vrégoches: ceux qui ne se contentent pas d’aider en particulier les barbares, mais voient tous les êtres en détresse d’un même oeil et se battent contre toutes les formes d’oppression ou de ségrégation. Il y en a très peu, parce qu’on est dans un monde qui éduque à l’indifférence et au « mérite ». En ce moment, il y a plein de gens qui se soulèvent contre la loi Darmanin, c’est nouveau, et j’espère que ça va continuer. Mais tu as raison, si c’est ce que tu veux dire: on n’en entend presque jamais parler les politiques de ces problèmes là. Le gars qui commettait des « délits de solidarité » est un vrégoche. Je connais des gens qui risquent beaucoup pour faire passer les « migrants » à Montgenèvre: ce sont ces gens, pour qui le véritable « séparatisme » est intolérable, qui font partie de la vraie gauche. Ceux qui se sentent « semblables » de ceux qui ont une autre histoire
– et puis le débat sur ce que serait un monde décapitalisé. Et là, j’ai un tout petit peu plus de références, mais comme il s’agit d’inventer un monde, les vrégoches qui le pensent ne font pas de distinction barbares/non barbares, parce que dans ce monde meilleur, on se rencontrerait en étant curieux de l’autre, et non suspicieux… -
Mu
InvitéCharivari, par contre, justement, ton point de vue sur tout ça m’intéresse, parce que tout ça sont des questions pour moi: je ne comprends pas bien pourquoi Houria compte tant sur le beaufs et pas sur la gauche radicale. Mais justement, j’aimerais comprendre, surtout si c’est un problème de fond et pas seulement de personnes politiques – j’ai quand même la sensation que la vraie gauche ne parvient jamais à se hisser assez haut pour se faire entendre en dehors de son camp. J’ai aussi la sensation que les individus qui revendiquent ces idées ne sont pas beaucoup mieux traités que les « barbares », exception faite du fait qu’on a mille fois plus de droits qu’un migrant, et qu’on est donc dans une situation mille fois moins précaire. Il y a par contre beaucoup plus de points communs qu’avec un beauf!
Tu veux dire, comme le dit Houria, que la seule chose que les barbares politisés reprochent à la gauche, c’est de ne pas prendre plus à coeur leur défense? Et que c’est la raison pour laquelle ils se tournent vers ceux qui n’ont aucune chance de la prendre, leur défense?-
Mu
InvitéEt pardon si je ne te réponds pas tout de suite, je viens de recevoir mon premier livre de François, je m’en vais donc le boulotter et te répondrai demain si tu as laissé un message
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charivari
InvitéJe ne sais pas trop où tu veux en venir, mais tu as en tout cas répondu à ma question à savoir que la gauche ne s’est jamais saisie de la question sociale et politique des barbares.
Houria fait le pari du Nous sur le vide (la non réponse politique et sociale) qui réunit les beaufs et les barbares. Les B&B, se ressemblent sur pas mal de points. En cela, c’est bien vu. Les déçus de la république, pourraient se retrouver un temps à court ou moyen terme; Sur du long terme, c’est une autre paire de manche je pense.
Le consumérisme politique abolirait très vite, ces jonctions, ces point de réunion. Cette femme fait peur car, elle aborde le sujet fâcheux de la gauche : Le colonialisme. Elle conscientise bien l’affaire, c’est pourquoi, elle met le focus sur l’Etat racial intégral. Elle sait de quoi elle parle quand elle évoque que les barbares sont davantage concentrés sur l’Etat racial, que sur l’emploi. De fait, ce sont ces mêmes barbares qui sont exclus de l’emploi et qui se font contrôlés à tout va.
Ce que je trouve intéressant dans son approche théorique et notamment dans son dernier livre, c’est de s’appuyer sur les résultats des élections dernières.
Intéressés ou pas par le vote, cette donnée est un révélateur et un indicateur.
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Mu
InvitéCharivari, je reviens te raconter une petite histoire pour faire dodo pas tranquille. Je connais un gars qui vient de je ne sais quel lointain pays du sud -il s’appelle Abdel et il s’occupe de son frère qui est handicapé, il n’arrête pas de l’engueuler, ça ne facilite pas les choses qui sont pourtant très drôles d’un peu loin (Abdel et Moustapha à la campagne, on pourrait faire un film). J’habite un petit village de montagne où 90 pourcent des gens sont racistes parce qu’Abdel est le premier barbare qu’ils croisent et parce qu’à la télé blablabla. Abdel s’est séparé de sa femme, une bonne française. Jusqu’ici, il était toléré mais depuis, impossible pour lui de trouver un logement. J’ai fait ce que j’ai pu sans pouvoir grand chose, j’ai remué toutes les personnes que je connais (c’est à dire très peu). Le problème, c’est que j’ai aussi mauvaise réputation que lui, à cause de mon amour pour le zadiste et ma detestation de l’ordre, du fait que je sois artiste et que j’ouvre ma gueule etc (bref, à cause de mon côté vrégoche)… Et ça, Abdel, il ne peut pas le comprendre. Il ne peut pas comprendre ma totale impuissance à l’aider. Il ne peut pas entendre que je sois aussi méprisée que lui, d’une autre façon bien sûr (on ne nous placarde pas la même chose sur la gueule)Vis vis d’Abdel, les gens se disaient: ben voilà c’est l’artiste, elle va nous ramener des petits Abdels partout: on est déjà bien gentils, on la tolère (l’irresponsable qui ne défend pas la mise ne valeur du terroir, le ski, et le rebloch) mais faut pas pousser. Je me demande si ce n’est pas ça qu’Houria ne comprend pas non plus: notre impuissance à nous faire entendre, à faire entendre nos rêves qui sont tournés en ridicule. Je ne sais pas. C’est une hypothèse. A toi de me dire…
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Mu
InvitéCharivari:
J’essaie de clarifier ce qi me pose question, et si tu connais bien la pensée d’Houria, tu seras peut-être position pour me répondre:
La pensée dont je me sens proche est celle d’une gauche qui pense les conditions qui rendent les gens indifférents au sort des zotres, barbares compris. Au moule, si tu veux. Que l’on pense en terme de lutte des classes ou en terme de structure, on se rend compte que ce qu’on veut casser, c’est le moule de fabrication. Il n’y a pas de « nature » blanche, il y a un conditionnement culturel. Je me demande donc jusqu’où le casser ce moule, et quel genre de moule (moins « moule justement ») mettre à la place. Les vrégoches sont ceux qui ne se battent pas pour que leurs conditions de vie s’améliorent mais pour que les conditions du monde changent, parce qu’on n’a pas renoncé à trouver un sens à la vie, parce que voir mourir des gens en mer ou ailleurs ne vaut pas le prix du café: on se rend bien compte qu’on paiera plus cher le café, voir qu’on n’en aura plus et que ce sera bien emmerdant. Mais si c’est pour que vivre ait de nouveau du sens, on est prêts, c’est ce qu’on souhaite. C’est comme ça qu’on pense, et il faut en effet, pour penser comme ça, avoir des conditions favorables que beaucoup de barbares n’ont pas. Chacun pense avec sa condition. Mais en pensant comme ça, je n’ai pas honte de la mienne et je ne comprend pas pourquoi Houria ne se sent pas plus proche de moi que d’un beauf, contre qui je lutte souvent, et duquel je me sens bien moins proche que d’Houria. J’ai une autre hypothèse: les beaufs sont plus nombreux que les zygotos dans notre genre, donc si elle parvenait à les retourner comme on retourne une crèpe, ce serait jackpot – le problème étant que la crèpe est gluée à la poele
Donc je me demande si au fond, il n’y a pas quelque chose de plus profond: quelque chose qui aurait à voir carrément avec mes racines, qu’elle trouve incompatible avec les siennes, quelque chose qui aurait justement à voir avec la philosophie des lumières, qui peut être le pire (incarné à merveille par Natacha P) ou le meilleur de notre culture.
Voilà. -
Mu
InvitéCharivari:
Encore un truc. J’ai arrêté définitivement d’aller à l’église à 20 ans, le jour où, après une récente conversion à la foi, j’arrive effondrée chez le prêtre du village en lui donnant un livre qui expliquait le massacre des indiens au Guatémala. Je lui disais que ce n’était pas si vieux (on était dans les années 2000) et qu’il fallait absolument en parler à la messe pour que les gens sachent et fassent justement, entra autre, attention au café,a u coton, au sucre qu’ils achètent: le commerce soit disant « équitable » venait de naître et j’y croyais. En tout cas, qu’on ne pouvait venir à la messe et boire le sang de nos frères et soeurs d’outre mer.
Et le curé, ce dimanche, a parlé…du réverbère devant l’église qui était en panne.
J’étaie complètement enragée, révoltée, et me suis jurée de ne plus jamais mettre un pied dans une église. J’en ai même oublié de récupérer mon livre.
Et c’est sur ces gens là qu’Houria compte, plus que sur moi? François, dans son débat et ailleurs, représente très dignement ma position de vrégoche, je me reconnais très bien dans ce qu’il défend, excepté que je suis plus du côté petit lac que punk, mais on s’en fout, chacun sa version personnelle. Qu’elle choisisse ces gens là me dégoûte profondément et me mets en rage. A moins qu’elle ne voit quelque chose en moi que je ne vois pas (on est plein de points aveugles sur soi-même)? A moins aussi qu’elle ne voit pas plein de choses sur ces gens là…
A cette époque, je n’étais une bourgeoise soudainement prise de pitié pour quelque malheureux: j’étais aussi paumée qu’aujourd’hui, ma plus pauvre du village, logée nourrie chez une potière chez qui je travaillais pour rien, juste le fait de vivre ma passion et d’être relativement à l’abri de la violence du monde. donc forcément, je ne comprends pas. -
deleatur
Invitéupinou
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AuteurMessages
