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Accueil Forums Forum général De la spécificité politique de l’art

  • Ce sujet contient 38 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Dr Xavier, le il y a 2 années et 4 mois.
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    Messages
    • #19631 Répondre
      Mr. Patate
      Invité

      Je me permets de vous partager un passage d’une interview de Victor Burgin (que je ne connaissais pas) paru dans la revue AOC y a quelques temps. Il aborde la spécificité politique de l’art (à travers les formes, une esthétique) à rebours d’une tendance actuelle à vouloir faire de l' »art politique » par le contenu. C’est assez bref et pas nécessairement révolutionnaire, mais ça m’a interpellé. Peut être que ça donnera à penser à d’autres et sera l’occasion d’une discussion. C’est un sujet que je sens affleurer ci et là ces derniers temps, notamment ici dans un échange récent et à travers certains écrits de François. Il me semble que tu avais un livre en préparation sur ce thème ou je me trompe ?

       »
      Certaines œuvres de l’exposition ici au Jeu de paume sont ouvertement politiques et parfois j’entends des gens dire « j’aimais votre travail quand il était politique », mon travail a toujours été politique. Ce qui a changé c’est la manière dont j’ai saisi les formes politiques spécifiques à l’art. Il y a des formes de pratiques politiques qui sont spécifiques à différents domaines, les féministes ont bien montré qu’il y a une politique de l’espace domestique. Althusser a souligné ces différentes spécificités de la politique. L’enseignement était pour moi une forme de pratique politique. Il y a une politique de l’université, que j’ai pris de plein fouet lorsque je suis rentré en Angleterre dans le contexte de la prise de contrôle des universités par le management néo-libéral, tout ce qui est hélas en train de se passer ici en France maintenant. L’université devient une machine à détruire la possibilité de toute recherche qui ne peut être quantifiée et monétisée. Les français empruntent tout ce qu’il y a de pire chez les Anglais. Y compris la langue.

      Il est rare qu’un artiste soit aussi un universitaire, pas seulement un enseignant en école d’art mais un vrai chercheur. Comment avez-vous articulé au fil du temps ces deux dimensions ?

      Pour moi ce sont deux approches différentes du même objet. Le catalogue de cette exposition est titré « Ça » et je crois que mon objet c’est juste être là. Comme le Dasein heideggerien. Être au monde et tenter de représenter cette expérience. On peut dire que c’est une confrontation avec le réel. Je me souviens d’un dîner avec des amis, dont l’une critique d’art contemporain et l’autre était directeur d’un musée d’art contemporain, et à un moment de la conversation je n’ai pas pu éviter d’admettre que je ne regarde pas d’art contemporain, ou très rarement, parce que ce qui m’intéresse c’est la manière en tant qu’artiste d’être en relation avec le réel. Et les jeunes artistes aujourd’hui me semblent faire autre chose lorsqu’ils revendiquent de mettre les affaires du monde, la politique dans leurs œuvres. C’est plutôt ce que j’appelle la réalité. Je fais une distinction entre la réalité et le réel. Ces soit disant artistes politiques pensent qu’ils font de l’art politique parce que son contenu est politique, mais ce qu’ils montrent ils ont pris aux médias, au journalisme. Les journalistes d’investigation font très souvent du très bon travail, et parfois en mettant leur vie en danger. Et des artistes aujourd’hui se saisissent de ce contenu et le mettent dans une galerie. Mais pour quoi faire ? C’est devenu presque obligatoire ce narcissisme moral. Quand j’ai commencé à produire des œuvres, très peu d’artistes revendiquaient de faire de l’art politique, aujourd’hui tout le monde le fait. Mais il ne faut pas confondre l’art politique avec l’art dont le contenu est politique. La question est en fait celle de la spécificité politique de l’art. On doit la chercher dans tous les lieux de notre travail, dans une institution comme celle-ci, le Jeu de Paume, dans les universités, dans tous ce que ces institutions culturelles représentent… Je constate en fait un clivage croissant au sein de ces institutions entre une « ancienne » culture universitaire et de réflexion critique et une « nouvelle » culture de la « com ». Le monde de l’art a changé depuis que j’y suis entré. Le changement a été résumé de la manière la plus succincte récemment sur la façade du Musée d’Orsay, où de modestes affiches pour une exposition Degas ont été littéralement repoussées dans les marges par une gigantesque publicité Louis Vuitton. Ici à Paris, on voit Vuitton partout, c’est une véritable OPA de Bernard Arnault sur l’art. Voilà qui nous ramène aux années 80, à la dérégulation des marchés mise en œuvre par Thatcher et Reagan. Les super-riches, qui sont aujourd’hui les hyper-riches, ne savaient plus où mettre leur argent, ils avaient des yachts, des îles, alors ils l’ont mis dans l’art, et l’art a changé, l’art est devenu une branche de l’industrie de la mode et de la publicité, de l’industrie du luxe. Boltanski et Esquerre le montrent remarquablement bien avec leur livre Enrichissement. Je ne suis pas plus “contre” la mode et le divertissement que n’importe qui. Je suis consterné par l’appropriation progressive des institutions publiques et de l’espace public par les industries de la mode et du divertissement – un processus qui semble aussi inéluctable que le réchauffement climatique, encouragé par la détermination d’une succession de gouvernements néolibéraux à soumettre tous les aspects de l’offre publique (qu’il s’agisse d’écoles, d’hôpitaux ou de musées) au principe de rentabilité. Je suis consterné par la réduction progressive de l’hétérogénéité des arts à une monoculture commercialement préformatée.

      À propos de la spécificité, j’aimerais que vous précisiez ce que peut être pour vous la spécificité de l’art comme connaissance, notamment en comparaison d’autres modes de connaissance, comme le journalisme, les sciences sociales, la littérature…

      Je tiens beaucoup en effet à cette notion de spécificité, que j’ai d’abord rencontrée chez Clement Greenberg, pour qui la peinture a sa spécificité, qui n’a rien à voir avec la représentation du monde mais bien plutôt avec la surface plane, le fait de peindre sur une surface plane. Donc même si ma génération a rejeté le modernisme de Greenberg, j’ai toujours retenu cette idée, qui remonte en fait à Lessing, que chaque art a sa spécificité, sa manière propre de s’adresser le monde. Althusser m’a permis de compléter cette idée en fait en ajoutant une dimension politique. En tant qu’artiste, je considère l’art comme une pratique critique mais ce n’est pas spécifique à l’art, il existe d’autres pratiques critiques. L’art est une pratique esthétique, la dimension affective et émotionnelle est aussi importante pour moi. Ce qui ne veut pas dire que je suis nécessairement en larmes… Mon réalisateur préféré maintenant est Hong Sang Soo, ses films sont merveilleux, j’ai beaucoup d’admiration pour son travail mais je ne crois que je pourrais expliquer théoriquement pourquoi, c’est juste quelque chose que je ressens. Il y a là une vérité, et une dimension affective à cette vérité. Je sens que c’est réel. Je ne ressens pas du tout la même chose face à la plupart des œuvres d’art contemporain, qui me semblent relever du divertissement, du spectacle, de la cascade même. Pas tous, il y a de bons artistes quand même. Je ne suis pas le seul ! (rires)

    • #19642 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      On est pile au coeur de mon usine, en effet
      merci

    • #19691 Répondre
      Mr. Patate
      Invité

      Du coup si ça ne te gêne pas tu pourrais donner quelques détails sur le produit fini ? Esquisse du contenu et date de sortie ? L’info existe peut être quelques part, mais ma brève recherche n’a rien donné.

    • #19694 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      c’est pas pour demain
      plutot septembre 2024

    • #20450 Répondre
      Mr. Patate
      Invité

      J’avais pas vu la réponse. Merci. J’imagine qu’on pourra pas avoir un aperçu sur ce qui se fabrique dans cette usine?
      Sinon le sujet semble effectivement gagner en importance (un peu comme le topic du corps il y a quelques années), tu as vu passer le bouquin de la Fabrique « Contre la littérature politique » à paraitre en janvier ?

    • #20468 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Non j’avais pas vu ça, mais on va le lire goulument.

    • #21008 Répondre
      Mr. Patate
      Invité
      • #21160 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui?

        • #21196 Répondre
          Mr.Patate
          Invité

          Simple illustration un poil humoristique de tes deux dérobades à la question : « est il possible d’avoir un aperçu du contenu du livre? »

    • #21171 Répondre
      Mao
      Invité

      Est-ce que tu as lu « La littérature embarquée » de Justine Huppe paru récemment chez Amsterdam ?

    • #21260 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Non. Tu l’as lu? Qu’en penses-tu?

    • #21317 Répondre
      Mao
      Invité

      Effectivement, je suis tombé sur ce texte et l’ai lu avec beaucoup d’intérêt. Comme je me trouve être moi-même très embarqué (dans le monde social), je ne pourrai malheureusement pas trouver le temps de livrer dans un délai raisonnable une revue de presse exhaustive de l’ouvrage.

      Je peux néanmoins dire en quelques mots qu’il s’agit d’une version « essai » de la thèse de l’autrice intitulée « La littérature embarquée. Réflexivité et nouvelles configurations critiques dans le moment des années 2000.

      Il y est question de Pascal avec son fameux pari : « Oui, mais il faut parier ; cela n’est pas volontaire, vous êtes embarqué », et de l’auteur des méditations pascaliennes (Bourdieu) auquel nous devons d’avoir su caractériser « l’illusion scolastique » des savants, intellectuels et artistes, aveugles aux conditions matérielles de leur mode de pensée et d’action. Aveuglement qui les conduit universaliser leur point de vue sur le monde social et à surestimer les effets de leur pratique sur les profanes.

      La littérature embarquée est donc pour Justine Huppe une nouvelle manière – un nouveau modus operandi – de faire de la littérature caractéristique d’une certaine production littéraire contemporaine qu’elle observe chez quantités d’auteurs comme Quintane, Vuillard et tant d’autres dont j’ai en partie oublié le nom.

      Une littérature marquée par le souci de rendre compte des conditions matérielles et symboliques dans lesquelles s’inscrit nécessairement toute production littéraire et qui récusant « l’illusion scolastique » entend se montrer lucide sur ses capacités (nulles ?) à changer le monde.

      Au titre des conditions matérielles, on pense au néolibéralisme, à la précarité des auteurs qui en dépit du bon sens se refuse pour la plupart à revendiquer un « statut » de travailleur. Pour avoir milité aux côtés des intermittents, notamment dans le cadre du mouvements des occupations (de théâtre), et fréquenter un certain nombre d’entre eux, je dois dire que ce passage m’a particulièrement intéressé. Je pourrai raconter des anecdotes folles à ce sujet.

      Pour ce qui est des conditions symboliques, l’autrice évoque des auteurs comme Isabelle Garo (la pensée embarquée) ou encore Rancière pour rappeler que la pensée est elle aussi embarquée et prise (au piège) dans une idéologie.

      Notre embarquement dans le monde est donc tout à la fois contextuel et textuel.

      Tout cela fait inévitablement penser à ton travail. Je pense à ton intervention sur les écrivains et l’argent. Je pense à ton souci de rappeler que la littérature est bien peu de chose. Ou encore à ton travail sur la langue du néolibéralisme comme récemment dans « Boniments ». Je t’ai également entendu ou lu regretter que la plupart des auteurs ne se lisent pas ou beaucoup trop peu. Or c’est ce qu’elle fait en spécialiste de littérature contemporaine même si je déplore et m’étonne qu’elle ne cite pas ton travail (ou alors de manière indirecte que seuls les bégaldiens pourraient repérer ).

      Une fois qu’on a posé ce constat de l’artiste déchu de son piédestal, ayant abandonné toute prétention à porter un regard totalisant et lointain sur ce monde auquel il lui est de toute évidence impossible d’échapper, et dépossédé de son autorité légitime à dire et changer le monde ; qu’est-ce qu’on fait ou plutôt comment fait-on pour opérer ce « retour au réel » ?

      C’est là que le projet de l’autrice devient passionnant et en même temps assez frustrant. Il faudrait que je reprenne le texte pour ne pas lui faire dire n’importe quoi.

      Mais de mémoire, il me semble qu’elle pose plus ou moins explicitement les questions suivantes : Comment affronter le réel ? Comment rendre visible les invisibles ? Comment écrire pour les analphabètes ? (non ça c’est Deleuze).

      Il m’a semblé qu’elle se montre assez ironique sur la volonté de certains auteurs (cf. Olivia Rosenthal) à s’effacer voire disparaître totalement derrière leurs objets d’études qu’ils prétendent « modestement » rendre visible. Elle se montre même féroce lorsqu’elle raconte cette émission de radio (ou de télé) au cours de laquelle les femmes de ménage qui partagent l’écran avec Juliette Binoche dans le Quai de Ouistreham sont interrogés sur le fait de savoir si le film a changé quoi que ce soit à leurs vies. Spoiler Alert : Non, strictement rien.

      A cette fausse modestie, elle oppose le travail de Vuillard qui pour traiter du mouvement des gilets jaunes, écrit « la guerre des pauvres ».

      Plutôt que de prendre le risque de se faire abusivement le porte-parole d’un mouvement qui s’est toujours refusé de se doter de porte-parole officiel, Vuillard emprunte le chemin du récit historique. Récit dans lequel se rejoue les conditions dans lesquelles la parole des révoltés se confrontent à la parole des puissants.

      Voilà, tout ça pour dire que ce texte m’a paru vraiment intéressant. Il pose tout un tas de questions qu’on pourrait essayer d’approfondir.

      • #21376 Répondre
        EnRéflechissant
        Invité

        Bonjour Mao et merci pour ta référence et ton texte. Je suis intéressé par les « anecdotes folles » que tu évoques 😌 Est-ce que tu pourrais en livrer quelques-unes s’il te plaît – si tu en as le temps-, car je suis intéressé – j’essaie de mieux comprendre ce qui coince ici. Merci à toi.

    • #21345 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      merci beaucoup pour cette recension.
      Ca excite, au double sens. Je sens que je vais à la fois adhérer et beaucoup m’irriter devant ce livre. Mais c’est pas mal, l’irritation. On se gratte, on se gratte, on se frotte, et parfois il en ressort des éclairs

    • #21464 Répondre
      Mr. Patate
      Invité

      Article évoquant le rapport et les prises de positions de l’écrivain Nicolas Mathieu vis à vis d’un certain rapport à l’Art de la gauche (selon lui) que j’ai vu passer hier et qui touche un peu à ce sujet :

      Depuis une dizaine d’années, le romancier Nicolas Mathieu réagit à l’actualité en de longs textes sensibles publiés sur Instagram ou sur Facebook : Israël et Gaza, assassinat de l’enseignant Dominique Bernard, planète poubelle, Ukraine, réforme des retraites. Il parle d’amour aussi. Sa colère d’homme de gauche, aux 100 000 abonnés, renvoie à celle de l’écrivain du réel dur. Evoquons ici son approche unique de la création.
      Sa défense de la liberté d’expression est telle qu’il navigue à contre-courant, adorant mettre les pieds dans le plat consensuel. Quand d’autres se taisent, il ferraille avec son camp de gauche. Car, pour lui, les enjeux de la création sont distincts de ceux de la société. Une œuvre n’a pas à être militante, propre ou convenable. Monstrueuse, c’est possible. Et pour être bien clair, il complète souvent son blog par des entretiens dans la presse.
      Début septembre, Nicolas Mathieu a bousculé le rituel feutré du prix Goncourt, qui sera remis le 7 novembre et dont il fut lauréat en 2018 pour Leurs Enfants après eux (Actes Sud) – le destin d’adolescents perdus dans une vallée désindustrialisée de Moselle. Sur Instagram, il évoquait une déclaration de Kevin Lambert, dont le roman Que notre joie demeure (Le Nouvel Attila, 19,50 euros, 368 pages) figurait sur la première liste du prestigieux prix. Ce dernier venait de confier sa fierté d’avoir recouru à une sensitivity reader, une relectrice chargée de gommer les mots inconvenants, notamment pour les Noirs d’Haïti. Il ajoutait : « La lecture sensible, contrairement à ce qu’en disent les réactionnaires, n’est pas une censure. »

      Nicolas Mathieu ne critique en rien le fait de recourir à un démineur éditorial. S’en vanter, en revanche, serait « pitoyable », et qualifier les hostiles de réacs serait « une saloperie ». Mais surtout, l’enjeu est ailleurs, a-t-il confié le 15 septembre aux Inrockuptibles : « Je vois se développer dans les milieux culturels progressistes cette idée que les sensitivity readers sont un gage de qualité littéraire, mais aussi un gage de vertu morale et de modernité. » Il s’inquiète de voir les réfractaires qualifiés de « réacs ».
      Et puis : « Pas mal de gens à gauche sont un peu tétanisés par cette manière de présenter les choses et ne se sentent plus autorisés à défendre une vision maximaliste de la liberté d’expression. » Lui n’est pas tétanisé, assimilant la réécriture de phrases jugées racistes ou sexistes chez Agatha Christie, Ian Fleming ou Roald Dahl à du « révisionnisme littéraire ».

      C’est en homme de gauche que Nicolas Mathieu a réagi en 2021, toujours sur Instagram, quand le film BAC Nord, de Cédric Jimenez, autour de trois flics de Marseille peu regardants sur les règles, a triomphé sur les écrans. Alors que nombre de voix dénonçaient un film pro-policiers, Nicolas Mathieu est venu à la rescousse du cinéaste : « La fonction du cinéma ne peut pas être de représenter les intérêts de la société. A la limite, on pourrait presque dire au contraire que le cinéma a pour fonction de toujours choisir l’individu contre la société. »
      Quand, en 2022, la « gauche culturelle » a demandé « l’effacement » de l’auteur de BD Bastien Vivès, accusé de faire l’apologie de la pédocriminalité dans deux albums, Nicolas Mathieu, une fois encore, a joué contre. En rappelant d’abord qu’il appartient à la loi et au juge, « non à l’opinion », de fixer les limites de la liberté d’expression (Journal du dimanche du 28 février). En estimant ensuite que cette liberté des créateurs fut une conquête de haute lutte : « Que des artistes signent des pétitions contribuant à limiter ces possibilités, fût-ce au nom d’une bonne cause, ça me laisse pantois. »

      C’est au nom de la liberté d’expression que, à l’été 2023, il a mené le combat pour le roman Bien trop petit, de Manu Causse (Editions Thierry Magnier, 2022), autour d’un ado complexé par la petite taille de son sexe, et que le ministère de l’intérieur a interdit aux mineurs en raison de scènes de sexe explicites. Voulant noyer Gérald Darmanin « sous un déluge de nos histoires de cul », l’écrivain a lancé le 20 juillet le hashtag #wheniwas15, invitant chacun à raconter ses premiers émois sexuels. Cinq cents de ces témoignages sont désormais réunis dans le livre Lire et dire le désir (Editions Thierry Magnier, 176 pages, 10 euros), que Nicolas Mathieu a préfacé et dont les bénéfices iront au Planning familial.

      Il y a trois ans, notre consœur Vanessa Schneider révélait en un long portrait que Nicolas Mathieu pouvait consacrer jusqu’à six heures par jour à écrire sur Instagram. Ce que l’on voit mieux aujourd’hui, c’est comment ce dernier reste écrivain sur les réseaux sociaux. Il donne une forme littéraire à des mots qui débordent quand il est remué par l’actualité, y ajoutant des références artistiques, du récit intime, des photos. Ce montage que l’on qualifiera de réalisme poétique sera publié début 2024 sous le titre Le Ciel ouvert chez Actes Sud.

      Parce qu’il reste écrivain, observateur et non acteur (même si la classe politique est épatée par son flair social), Nicolas Mathieu s’autorise à faire carburer sa liberté d’expression tout en refusant la joute ou le débat contradictoire. Il a ainsi fait cette mise au point, gonflée mais salutaire, le 12 octobre sur Instagram, après avoir écrit sur Israël et Gaza : « Je me fous de décevoir ou d’être à la hauteur. Je n’ai aucun mandat et nulle obligation à l’endroit de qui me lit. Oui, je coupe, bloque, évacue tout ce qui me contrarie ou me blesse. (…) Je ne vous dois rien. (…) Je suis ici chez moi. C’est à prendre ou à laisser. »

      Nicolas Mathieu vient d’entrer en période d’écriture d’un roman. Il va raréfier les mots sur Instagram. Ça l’a démangé, mais il a renoncé à réagir à la censure de Triste tigre, de Neige Sinno (P.O.L, 288 pages, 20 euros), prix littéraire 2023 du Monde, récemment retiré d’une bibliothèque d’un lycée en Bretagne. Son silence est une triste et une bonne nouvelle.

      • #21465 Répondre
        Mr. Patate
        Invité

        Je voulais que ça soit moins compact mais la mise en page du site (comme beaucoup d’autres choses) est bien mystérieuse.

        • #21494 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je ne sais pas où va le mener ce fait de s’exprimer sans autoriser aucune contradiction. Quand on va sur sa page il est clairement question de NM qui s’exprime et tout le monde applaudit (et pour cause les autres ont été bloqués). A l’inverse de François qui ne censure pas et pour qui tout discours lui permet d’affuter sa pensée (dans une certaine limite de trollage).
          Aussi NM est père et je pense que ça joue dans son rapport à l’expression publique. Il n’est pas un rebelle je le trouve pas du tout outsider. Au contraire il a plutôt les angles ronds. Il défend l’école et la loi sans nuance, sans les penser, en bloc. On dirait une sorte de petit pape qui dès qu’il écrit quelque chose sur insta est invité dans les journaux pour une itw qui prolongera sont discours. Je ne peux pas m’empêcher de penser qu’il se prend un peu pour Victor Hugo. Dans son rapport à l’actualité à laquelle il a besoin de réagir par de longs textes littéraires et gorgés de passion. NM n’est pas marxiste c’est quelque chose qu’il a déjà dit. Et il avait enfoncé le clou dans son texte publié dans un journal contre la réforme des retraites. Donc c’est quelle gauche sa gauche à lui ? La gauche républicaine ? (Ça existe ?)
          En tout cas j’ai été un peu déçue par Connemara car j’y ai trop vu des redites de certains éléments de Leurs enfants. Et j’ai eu le sentiment d’un livre plus léger aussi. Donc j’espère que le prochain sera différent.

    • #21468 Répondre
      Jeanmonnaie
      Invité

      Nicolas Mathieu s’autorise à faire carburer sa liberté d’expression tout en refusant la joute ou le débat contradictoire. (Ah enfin, je commençais à penser qu’il n’était pas de gauche)

      • #21476 Répondre
        Jeanmonnaie
        Invité

        Oui, je coupe, bloque, évacue tout ce qui me contrarie ou me blesse. (…) Je ne vous dois rien. (…) Je suis ici chez moi. » Le type t’explique qu’il est pour le droit de propriété, ou il décide qui peut rester ou partir sur ses terres virtuelles selon ses petites contrariétés. Et lui, il est censé être, selon l’article, le nouveau rebelle de la gauche. Je vous trouve fascinant.

        • #21477 Répondre
          Jeanmonnaie
          Invité

          « Même si la classe politique est épatée par son flair social, ça l’a démangé, mais il a renoncé à réagir à la censure de ‘Triste Tigre ». L’auteur de l’article est un fabulateur.Qui représente cette classe politique ?Comment peut-il savoir que cela l’a démangé ?C’est avec ce genre de détail qu’on peut juger la qualité d’un article. Soyez un minimum exigeant quand vous postez un article.

          • #21484 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Sois un minimum exigeant quand tu lis un article. Où est-il dit, dans ce article, que NM est censé être « le nouveau rebelle de la gauche »? Je dis bien : « le nouveau rebelle de la gauche ». Je dis bien comme tu dis.

            • #21548 Répondre
              Jean Monnaie
              Invité

              Wallah, tu abuses, comme on dirait en Nouvelle-France. On ne peut pas comparer la personne qui écrit, celle qui trouve le contenu pertinent en le partageant , et ce brave Jean Monnaie qui critique l’article en le trouvant navrant et proche du publipostage. Au vu de la sémantique utilisée, tels que « approche unique de la création » « à contre-courant » « adorant mettre les pieds dans le plat consensuel » et « Quand d’autres se taisent, il ferraille avec son camp de gauche », je soutiens que l’article présente subtilement l’individu comme un rebelle de gauche. Cette interprétation est bien plus rigoureuse que celle de l’auteur qui prétend deviner ce qui a « démangé » l’écrivain, et qui laisse entendre que tout Paris loue son intelligence. Ce dernier, à mon avis, semble en insécurité pour jouer au petit roi sur son Instagram, où il passe six heures par jour.

              • #21570 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                L’article ne parle pas de nouveau rebelle de la gauche. Ca ce sont tes mots, reconnaissables à leur indigence.

                • #21587 Répondre
                  Jean Monnaie
                  Invité

                  Je vais te redire la même chose : tu brilles par ton intervention inutile. Parmi les centaines de messages que j’ai postés sur ce forum depuis juin, tout ce que tu trouves à me reprocher, c’est que je ne suis pas assez exigeant parce que je ne reprends pas mot pour mot ce que dit l’auteur d’un article dans un topic. Toujours ce pinaillage qui n’apporte rien à ma critique de fond.

              • #21581 Répondre
                PE
                Invité

                Tiens, tu trouves que passer six heures par jour à poster sur un réseau social ça sent l’insécurité ? Grande nouvelle, tu es donc à deux doigts de prendre conscience de la morbidité de ce que tu fais ici quotidiennement au moins le double du temps, et à trois doigts de t’en émanciper ! On te le souhaite. On se le souhaite. On n’y croit pas.

                • #21588 Répondre
                  Jean Monnaie
                  Invité

                  Si tu avais lu l’article avant de commenter, tu aurais compris que ce qui trahit l’insécurité, c’est que le type censure avec acharnement ses contradicteurs. C’est une observation qu’Ostros a également faite dans son excellente analyse au dessus. Cela signifie que, entre l’article d’un professionnel, moi et Ostros, c’est moi que tu choisis de lire, ce qui me flatte. La durée passée à écrire sur ce forum équivaut à celle d’un film. À moins de regarder un film indien de six heures, ta comparaison est aussi bancale que le reste de ton intervention.
                  Je t’aide : Ce dernier, à mon avis, semble en insécurité pour jouer AU PETIT ROI sur son Instagram, où il passe six heures par jour.

    • #21606 Répondre
      Mr.Patate
      Invité

      Oui alors bon, en fait c’est pas tellement la figure de Mathieu que j’estimais mériter d’être mis au pot de la discussion, que certains de ses propos relayés par l’article. Notamment : « La fonction du cinéma ne peut pas être de représenter les intérêts de la société. A la limite, on pourrait presque dire au contraire que le cinéma a pour fonction de toujours choisir l’individu contre la société. »
      J’imagine que l’individu de cette phrase c’est l’individu artiste. Sinon elle me semble assez réversible. Le SJW gourmand de justice sociale et de relecture sensible pourrait lui aussi faire valoir la souffrance ou l’oppression individuelle sur le travail artistique n’ayant d’autres but que lui même.

      Si on reste sur la personne de Mathieu et son positionnement politique, le texte vient du Monde et est signé Michel Guerin. J’ignore son positionnement politique mais j’imagine qu’on pourra dire centre gauche sans prendre trop de risques. Il a écrit il y a quelques semaines un autre article dans la même veine intitulé « Depuis l’été, le cinéma et la musique sont parasités par de pénibles débats sociétaux et polémiques » dans lequel il déplore le fait que la matière artistique (plans, images, musique, texte…) n’est plus l’objet de discussion, fut elle critique, mais est systématiquement éclipsée, écrasée par des questions politico-sociales. Sont convoqués entre autre Barbie, Le Goldmann de Jablonka (on y revient…), le connemara d’Armanet.

      Détour par Guerrin car autant il y a une ligne analytique qui fait écho au texte qui a ouvert ce poste, qui m’intéresse et que je crois partager en bonne partie, autant je vois également se dessiner un potentiel motif discursif cherchant avant tout à disqualifier le parti pris politique, plus qu’à sauver l’intégrité du travail artistique. Une critique de gauche et une critique de droite de la politisation de l’art en somme. Je ne sais pas où se situent ces braves Guerrin et Mathieu (et comment François traitera ça en septembre 2024).

      Pour revenir vite fait à Mathieu j’avoue que je ne connaissais pas la vie parallèle et vraisemblablement gargantuesque qu’il mène sur les réseaux (pour une raison que j’ignore je ne peux pas me rendre sur Instagram pour juger sur pièce). En y repensant ça n’est pas non plus insignifiant en effet.

      • #21614 Répondre
        Charles
        Invité

        Guerrin est un éditorialiste Macron compatible, anti LFI – un éditorialiste du Monde quoi – qui n’aime pas beaucoup le modèle culturel français dont les artistes sont considérés comme des enfants gâtés, pleurnicheurs par-dessus le marché. Voilà pour son positionnement.

    • #21626 Répondre
      Mr.Patate
      Invité

      Ok, un peu comme ça que je le voyais. Ca met une pièce dans la récupération facile dont ce genre de réflexion critique peut faire l’objet.

      • #21636 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Sujet compliqué
        Je ne pense pas que NM réfute toute saisie politique de l’art. D’ailleurs il admet les incidences politiques de ses romans. Je crois que là il s’attaque à la capture morale de l’art. Ce n’est pas la même chose.
        Je comprends son propos sur individu et société, je dis des choses semblables dans l’essai. Une chose sûre : un artiste ne doit pas penser depuis les intérets de la société. Un artiste n’est pas un gouvernant, pas un éducateur, pas un flic. Quand il l’est il se déjuge. Hélas il l’est souvent.
        Où je te rejoins, c’est qu’une telle récurrence de ce genre de propos est assez douteuse. Pourquoi en fait-il une fixette? Avec qui règle-t-il ses comptes au juste? Je lui verrais bien un destin de néo-réac.

    • #21721 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      @Mr. Patate – Merci pour cet entretien de Victor Burgin que je ne connaissais pas du tout, j’ai trouvé ça très intéressant, j’ai essayé de trouver d’autres interventions de lui mais je n’ai trouvé qu’une conférence avec Agnès Varda et je me suis endormi dessus. C’est quoi cette revue AOC, tu pourrais nous en dire plus ? (oui j’ai la flemme de chercher par moi-même, je suis de gauche donc assisté)
      Pour l’entretien NM et la mise en page aérée je pense que tu voulais mettre des retours à la ligne ? Le site ne les supporte pas et les supprime d’office (il est de gauche donc très intolérant), il faut mettre des points.
      .
      Comme ça.
      .
      @Tout le monde sur NM – Je tente une semi-digression pour dire dire que j’étais surpris que la Gêne ne relève pas que Connemara faisait – je trouve – beaucoup appel au registre de la colère et de la langue qui claque dur (en tous cas beaucoup plus que Nos enfants après eux) : « La colère venait dès le réveil. » (Chap. 1, première phrase du livre) / « parce qu’elle ne veut rien foutre à la maison » (Chap. 4) / « Le père de Bilal s’était cassé depuis longtemps » (Chap. 5) / « – Tu peux pas leur foutre une raclée… » / « Une fois qu’un travailleur voyait son pré carré mis en péril, il exigeait par vengeance la tête des bénéfices adverses. Et cette fièvre se déchaînait avec d’autant plus de férocité… » (Chap. 7) / « La première fois que Christophe voit Charlie, il est en troisième et elle se prend une énorme tarte dans la gueule » (Chap. 10) / etc. etc.
      Je dis pas que ça me déplaît mais le livre m’a semblé être sur un régime de croisière de colère froide en courant continu. Ce qui d’ailleurs donne les plus belles pages quand il s’adoucit (la jeunesse de Christophe, quand il vole sur les patinoires, j’ai adoré). Tout ça pour dire que je lui trouvais une parenté avec Virginie Despentes (Vernon Subutex) et son plaisir d’aligner des mandales dans la gueule toutes les trois lignes (beaucoup aimé l’article dans Transfuge à ce sujet). Ce long apparté pour dire que, plutôt que futur néo-réac, je me demande s’il ne marche pas sur les traces de VD (sur le plan littéraire comme sur le côté tribunicien.ne) ?
      .

      Sans amour

      • #21725 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        C’est déjà un neo-reac.

      • #21726 Répondre
        Monami
        Invité

        Curieux de cet article sur Vernon subutex car j’ai eu la même impression

      • #21730 Répondre
        Ostros
        Invité

        Dr,
        Je pense que le registre de la colère est lié chez les personnages à leur rapport à la matérialité du quotidien, les galères qu’ils se prennent dans la tronche, les angoisses, les lose. Pour le langage de la narration j’aime assez cette familiarité, ce rentre dedans, cette frontalité triviale.
        Après comme je l’ai dit plus haut il exprime les choses avec un certain degré de passion : le cul, les déceptions, les bastons, etc. Mais je préfère lire ça chez des personnages pris dans le pouls de la vie avec une sorte de combat invisible contre la mort que chez son avis à lui sur l’actualité au jour le jour depuis son compte instagram.
        .
        K,
        En effet, on a un aveu : « Chacun ses petits plaisirs coupables. J’aime par exemple tremper des cookies dans le Coca, regarder « Pawn Stars, les rois des enchères » sur CStar ou écouter Finkie le samedi matin sur France Culture. »

        • #21754 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Il y a eu des sorties aussi sur Johnny, etc.
          Avec toujours cette ambiguité : est on en train de défendre ces gouts en disant les partager, où est on en train de dire que le gout populaire en soi est respectable?
          Car le gout populaire en soi n’est pas respectable.
          Sur Bac Nord, par exemple, sa sortie fut à la fois confuse et douteuse. D’ailleurs est ce que l’enthousiasme de Pascal Praud pour Bac Nord participe du gout populaire?

    • #21729 Répondre
      Mao
      Invité

      C’est beau la colère.

    • #21749 Répondre
      Mr. Patate
      Invité

      @François Oui je te suis tout à fait sur le moralisme. C’est une tendance qu’on sent quand même peser de plus en plus lourd depuis une petite décennie et qu’il est quand même très difficile de ne pas aligner sur le moralisme du XIXe premier XXe contre lequel l’art n’a cessé de revendiquer sa liberté, son autonomie. Alignement dans la mécanique (le terme de capture est bien trouvé), même si bien sûr le fond est opposé. C’est ce que certains à gauche ne semblent pas, on font semblant de ne pas saisir, un fait social s’analyse en bonne partie dans ses effets, pas seulement dans son contenu propre.
      Après encore une fois au delà du cas Mathieu c’est le réseau de médiateurs, producteurs de discours (et évidemment au bout de la chaîne les artistes) susceptibles d’effectuer le judo discursif qu’on connait bien afin de ne retenir que la partie du propos qui les serviraient (neutraliser la critique social, taper sur les gauchistes, promouvoir un art neutre, un « beaux art ») en oubliant le fond : l’autonomie de l’art et sa puissance créatrice. Sans aller jusqu’aux sournois de compétition du genre à faire 12 articles et 15h de plateau sur Armanet ou le wokisme chez Netflix, le cas Guerrin est intéressant. Il défendait dans l’article précédent que j’ai cité la nécessité de revenir au travail et à la matière artistique pour eux mêmes. Pourtant selon selon Charles Guerrin est plutôt macroniste, si j’ai bien compris avec une approche de la culture très productivo-compatible, dont le soutient à l’autonomie des artistes est à géométrie variable. Il y a donc au minimum tension. Je pourrais prolonger sur un sujet un peu voisin en me demandant comment éviter la capture morale sans aboutir à du Goldmanisme Jablonkien. Mais tout ça n’est pas parfaitement clair, ni ici ni dans mon esprit.

      @Xavier AOC c’est pour Analyse Opinion Critique. C’est une revue lancée par Sylvain Bourmeau y a quelques années. Un specimen un peu particulier évoluant entre les sciences sociales (il a un séminaire à l’EHESS) et le monde médiatique (il a été à la direction de journaux comme les Inrock et libé dans les années 2000, il a encore une émission sur france culture). Tendance soc dem fluide. Le schéma classique voit souvent des universitaires un peu installés (ou pas) dans le monde académique faire le passage vers une carrière d’intellectuel médiatique. Lui de ce que j’en sais a direct fait une carrière de journaliste, mais en restant proche des sciences sociales. Après je connais vraiment pas parfaitement l’itinéraire du mec. Sa fiche wiki montre qu’il doit pas être trop aimé par pas mal de monde. Perso je trouve son émission sur France Culture plutôt bonne (une très bonne série sur J.Dewey y a quelques années). Je disserte sur lui parce que la revue est vraiment dirigée/animée quasi exclusivement par lui. Micro équipe uniquement administrative/relecture/logistique et contenu uniquement de la commande / soumission d’articles d’universitaires, de quelques artistes et écrivains, et des critiques. A la base l’ambition était de remettre des sciences sociales un peu hard dans le débat publique. J’ignore exactement ce qu’il vise en terme d’audience, j’imagine clairement pas le grand public (même le petit grand public type socialter). De ce que j’en sais on est surtout sur des lecteurs assez insideurs, journalistes, responsables politiques, d’autres universitaires…je crois que les abonnés étaient autour de 6 ou 7 mille y a un ou deux ans.
      Sur le contenu y a pas vraiment de ligne éditoriale, pas de dossiers, 3 textes par jours, dans chacune des catégories (analyse, Opinion, critique – uniquement d’oeuvres artistiques) chaque texte est autonome. Les universitaires sont très majoritairement solides, et les textes d’analyse sont pour moi souvent les meilleurs. Plus fournis, plus solides, plus froids. Logique. Même si j’ai lu de façon très irrégulière ces 8-10 derniers mois, y a eu une très bonne fournée de textes sur l’IA l’année dernière, probablement ce qui s’est fait de mieux en langue fr. Politiquement comme je le disais le taulier est socdemiste mais tu peux trouver du Corcuff, du Fassin ou du Bergounioux. Donc plus à gauche. L’avantage est d’avoir une assez grande quantité de textes solides sur une grande variété de sujets chaque semaine (limite trop en fait). Ha oui, surtout : pas besoin de justificatif pour l’abonnement en tarif réduit donc tu peux payer que 4 ou 5e par mois.
      .
      Je me rends compte que je t’ai fait un rapport beaucoup trop long sur cette revue alors que je ne touche aucun intéressement. Et merci pour le point.

      • #21811 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci bcp c’est très sympa de ta part ! On dirait donc la version PS/EHESS de la revue LREM/ULM Le Grand Continent, mais c’est parce que j’aime mettre dans des cases. J’essaierai de suivre.
        (J’apprends donc que Corcuff – le spécialiste des confusions le plus confus de l’univers – a trouvé une nouvelle maison…)

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