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Accueil Forums Forum général Cinéphilie et temps passé devant les écrans.

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    Messages
    • #46445 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      Je vois qu’il y a beaucoup de cinéphiles ici.
      J’aime beaucoup le cinéma, mais je ne regarde que très peu de films. Cela pourrait paraître paradoxal, mais ça s’explique assez facilement de mon point de vue : Il faut du temps pour regarder le nombre impressionnant de films que certains cinéphiles regardent. Et je crains toujours que, devant la production industrielle colossale du cinéma, beaucoup de ce temps soit perdu devant des films très moyens, voire médiocres. Avec, au passage, un temps conséquent passé devant un écran – bien que je ne réduise pas le visionnage d’un bon film à « du temps passé devant un écran », cela va de soi.
      Je me posais la question suivante : quel est le ratio de bons films/films médiocres-moyens vus par un cinéphile qui regarde intensivement ce qui se fait dans le cinéma? Combien de films moyens/médiocres pour un bon film (ou l’inverse, mais j’en doute)?

    • #46476 Répondre
      Carton de Lait
      Invité

      Étant quelqu’un qui depuis longtemps a énormement de temps libre à sa disposition (non, je ne suis pas bourgeois) j’ai effectivement regardé beaucoup de films dans ma vie (quoique pas autant que j’aurais pu). Au milieu de ma vingtaine par exemple j’ai fait du rattrapage intensif où je regardais 2 ou 3 films par jours pendant au moins 2 ou 3 ans (tous des films téléchargés par torrents), l’idée alors étant au minimum d’avoir vu la majorité des grands classiques, ce qui au moins impliquait qu’à cette époque je regardais peu de merde. Je regardais déjà pas mal de films à l’adolescence mais avant l’internet et vivant au fond d’une campagne profonde, c’était compliqué. D’ailleurs je ne remercierai jamais assez les gens qui étaient responsables de la programmation des chaines d’états Radio-Canada et Radio-Québec (devenu Télé-quebec plus tard) sans le bon goût de qui je n’aurais pas découvert Bunuel, Truffaut, Rohmer, Blier etc etc entre 14 et 17 ans..
      .
      Ces jours-ci je regarde peut-être 3 ou 4 films par semaine. Évidemment quand on en voit autant, éventiuellement on doit presque obligatoirement arrêter de faire la fine bouche. J’ai eu une période où pendant 2 ou 3 ans par exemple j’ai décidé de me taper pratiquement que des films Hollywoodien des années 80 que je n’avais pas vu. Comme je SUIS un enfant des 80s, et que c’est donc le cinéma que j’ai consommé le plus dans ma jeunesse, on se doute que ça impliquait regarder soit des flops, des navets ou sinon parfois quelques films relativement sympas mais qui étaient passés sous le radar. Dans cette période, j’avais habitude de dire que je regardais des films de manière disons… anthropologique, pour retrouver pendant 120 minutes la culture années 80, ses valeurs morales et ses normes (plus ou moins) révolues, ce qui était en fait simplement une façon plus prétentieuse de dire que je regardais surtout par nostalgie. Pas nostalgie pour les films en tant que tel puisque je ne les avaient jamais vus, mais nostalgie pour l’esthétique de cette décennie, c’est à dire la mode, les voitures, l’électronique, les produits. etc.
      .
      Il y a une phase aussi il y a un peu plus de dix ans où en une année j’ai regardé un peu plus de 200 westerns. Comme j’avais déjà vu la plupart des classiques, ça impliquait de me taper des petits westerns médiocres et oubilés (beaucoup de Randolph Scott et Audie Murphy par exemple) quoique encore là j’ai pu trouver quelques pépites méconnues..
      .
      Bref, je ne peux répndre à ta question précisement, mais ça ce stade de ma vie de cinéphage, surtout que je me retape très rarement des films que j’ai déjà vu, je dirais que le ratio c’est 90% des films médiocres, mauvais (quoique c’est assez rrare que je reste devant un film vraiment nul) ou en tout cas assez moyens.
      .
      Il faut mentionner tout de même qu’il est tout à fait possible d’avoir une bonne hygìene filmique et de ne regarder que ce qui semble valoir un peu la peine. Même si je crois que certains cinéphiles parfois prétendent ne voir que des bon films mais en cachette se tapemt quelques plaisirs coupables.

      • #46524 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Merci pour ces détails.
        Je ne m’attendais pas à un tel ratio néanmoins.

    • #46479 Répondre
      Ducoup
      Invité

      Avec l’expérience tu cibles aussi mieux. Je ne vais plus tenter un film que je ne sens pas, et je repère plus de signes qu’avant dans les BA. Même les réalisateurs indé cotés, si je n’ai pas kiffé et que j’ai retrouvé le même film plusieurs fois je finis par laisser tomber. Quand je bosse beaucoup impossible de caser un film, sinon j’ai une grosse coupure je peux m’en faire 3 par jour. Je pense que l’important c’est surtout d’être très sélectif en série, de très vite arrêter si c’est pas complètement exceptionnel. Si on s’en tient au film, le temps perdu est quand même beaucoup plus relatif.

    • #46486 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Comme dit par Carton de Lait si tu cibles que les classiques, tu as peu de chances de tomber sur des merdes. Des films qui ne te plairont pas forcément oui c’est très probable mais ça ne sera pas du temps perdu selon moi. L’injonction naturelle à regarder les films du moment est toujours présente et il est difficile de lutter contre parfois dans mon cas. C’est pour ça que je vais regarder Furiosa la semaine prochaine et pas un Rivette. Honnêtement je trouve que c’est difficile de ne voir que des bons films, et pas forcément une bonne idée car il devient alors plus difficile de percevoir ce qui différencie un grand film d’un film moyen (ça se joue parfois à pas grand chose, une mauvaise nuit par exemple).
      Au bout de 10 ans de visionnage de films, je ne conseille pas de viser la perfection ou la pureté dans ce domaine (dans aucun d’ailleurs).

      • #46503 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        « C’est pour ça que je vais regarder Furiosa la semaine prochaine et pas un Rivette. »
        Mais pour suivre les films du moment tu pourrais aussi préférer regarder un docu italien que Furiosa.

        • #46504 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          On ne perd pas son temps devant un mauvais film si on tache de comprendre pourquoi il l’est
          D’un mauvais film il y a toujours quelque chose à tirer – comme d’un mauvais livre, mais en moins long.
          Un mauvais film est toujours a minima symptomatique. Je ne regrette pas d’avoir passé six heures devant La fièvre. Je comprends toujours mieux la gauche néo-droitière. Je comprends toujours mieux ce qui ne va pas dans la forme série.

          • #46505 Répondre
            Tony
            Invité

            Ben les symptomes de Dupieux ce sera sans moi,marre de soigner son compte en banque!!

            • #46529 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Pareil
              Précisément parce qu’on en a fait le tour : à la fois de son cinéma, et de ce qu’il y aurait à en dire.

          • #46525 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            Je vois ce que tu veux dire. On peut trouver une forme d’utilité à un mauvais film en ce sens là.
            Mais le fait est qu’il m’est arrivé d’avoir le sentiment d’une perte de temps devant certains films mauvais, et c’est assez frustrant.

            • #46531 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Je ne dirais pas « utilité »
              Je pourrais presque parler d’allégresse. L’allégresse d’élucider.
              La vision de films mauvais aide aussi à mieux comprendre ce qu’on aime tant dans ce qu’on aime.

              • #46533 Répondre
                JeanMonnaie
                Invité

                Autant je peux comprendre que l’on apprécie la valeur des choses une fois qu’on les a perdues, mais mettre ses chaussures à l’envers pour comprendre l’importance du confort ou se confronter à une nullité par contraste avec un chef-d’œuvre est une façon bien singulière comme méthode d’appréciation. Il faudrait presque frapper ses enfants et les enfermer dans le placard le dimanche pour mieux les faire apprécier le lundi.

                • #46534 Répondre
                  JeanMonnaie
                  Invité

                  Plus je connais les hommes et plus je préfère mon chien. Pourquoi pas
                  Plus je vois Astérix aux Jeux olympiques et plus je préfère barry lyndon. Cela fonctionne moins bien.

                • #46535 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Tu tiens vraiment à te mêler d’une discussion sur le cinéma? Tu veux te ridiculiser sur TOUS les topics?

                  • #46538 Répondre
                    Jeanne
                    Invité

                    Moi j’aime bien aussi élucider ce que je n’aime pas. La dernière fois c’était avec « Quand tu écouteras cette chanson  » , récit de Lola Lafon.
                    Il y a un vrai plaisir, en effet, à élucider ce qu’on n’aime pas. Aussi vrai, aussi grand (mais pas plus grand) qu’à élucider ce qu’on aime.

                  • #46541 Répondre
                    JeanMonnaie
                    Invité

                    Non, je vous laisse parler cinéma entre amis. Pour le ridicule, on laissera les gens trancher cette question au moment venu.

                    • #46577 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      « on laissera les gens trancher cette question au moment venu. »
                      Tu veux dire lors de la grande épuration qui succédera à la grande civile que tu désires ?

                      • #46585 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Non, quand je retravaillerai et que je m’achèterai un nouveau PC, je pourrai enfin finir ma vidéo. Je crois sincèrement en l’intelligence des gens. Je vais pointer les contradictions de la gauche, y compris les tiennes pour illustrer cela, puis nous laisserons les gens se faire une opinion. Quand l’analyse est honnête et factuelle, il devient difficile de la faire passer pour ridicule. Mais nous verrons bien, je suis confiant.
                        Je désire tellement éviter la guerre civile que je veux la fin de l’immigration, qui en est le principal vecteur, tandis que toi, tu désires tellement peu la guerre civile que tu souhaites le chaos pour déclencher une révolution. Honnêtement, si j’arrive à foirer ma vidéo avec toutes les perches que tu me tends, je me ferai tatouer Lénine sur le bras et j’irai militer pour Poutou le restant de mes jours.

                      • #46591 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Intéressant !
                        Je propose qu’on mette en place un système honnête et factuel pour juger si ta future vidéo sera foirée ou pas. Et selon le résultat, on met en place ta proposition.

                      • #46600 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je ne vois qu’une seule façon d’être honnête et factuel, mais je t’en prie, montre ton système.

                      • #46605 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Si tes données sont de sources fiables non contestées selon les connaissances actuelles et que le traitement est sans parti pris, ne fait pas intervenir de biais et suit un raisonnement logique, ce sera déjà un bon point de départ. Ensuite à partir de la faudra décider à plusieurs si c’est honnête.

                      • #46611 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Tu peux toujours contester tout et son contraire, en réalité. Simplement, ce qui est important, c’est de ne pas choisir uniquement les sources qui vont dans ton sens lorsque la majorité dit le contraire. Hier, lorsque j’ai mentionné que la gauche radicale prend le plus souvent l’avion, j’ai utilisé un sondage allemand qui corrobore cette affirmation. Par conséquent, les chances que ce sondage soit réfuté ne sont pas impossible mais assez faibles. Par ailleurs, j’évite toujours, dans une vidéo, de baser mes arguments sur des études, justement pour éviter les débats interminables sur la fiabilité de la source. La plupart du temps, je m’appuie sur des arguments de logique, car c’est ce qui fonctionne le mieux.
                        Honnêtement je ne suis pas inquiet dans 99 % des cas, j’ai anticipé les contres arguments. Je n’ai aucun mérite ce sont toujours les mêmes.

                      • #46619 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Non on ne peut pas tout contester. Je conteste que l’Homme a besoin de manger pour vivre (pour faire références à un article récent d’une éthiopienne). Je conteste que la gravité existe et me maintient au sol. Il y a des faits, beaucoup de faits qui sont incontestables.
                        Si tu pars, comme ça risque de l’être j’imagine, sur le champ de la politique et de l’opinion on est dans un domaine avec beaucoup moins de faits. Donc tu vas pouvoir partir dans tous les sens et faire des corrélations dans tous les coins.
                        Il y a une bonne corrélation mathématique entre l’évolution de la distance Saturne-Soleil et la satisfaction des clients de HP.

                      • #46621 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je ne suis pas platiste, donc tout ira bien.

                      • #46624 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Tu feras une vidéo d’opinion quoi. Des bots sur Meta et X font ça à longueur de journée. En beaucoup moins de temps que toi. J’espère au moins que tu utilises l’IA pour gagner en efficacité

                      • #46633 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Non !
                        Exemple d’un chapitre dont j’ai fais un topic

                        L’identité française existe

                        Dans la vidéo je vais reprendre les mêmes arguments.
                        Je veux faire une critique de la gauche et non une critique d’une personnalité en particulier. Le plan est le suivant : je vais prendre les arguments de la gauche, dans ce cas François puisque c’est lui qui s’est exprimé le plus à gauche sur ce sujet. Dans un second temps, j’explique le sous-texte politique et les enjeux qui se cachent derrière cette position. Enfin, dans un troisième temps, j’expose mon opposition. J’attends avec impatience les réponses qui me seront opposées. Encore une fois, je suis serein.

                      • #46638 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        « Je veux faire une critique de la gauche et non une critique d’une personnalité en particulier. » / « Je vais prendre les arguments de la gauche, dans ce cas François puisque c’est lui qui s’est exprimé le plus à gauche sur ce sujet. »
                        Il y a un sondage qui permet de confirmer que François s’est exprimé le plus à gauche sur ce sujet ?
                        En tous les cas je me réjouis d’une synthèse de la pensée de « la gauche non personnalisée » ou de François (on ne sait plus) sur le concept d’identité. N’hésite donc pas à faire une relecture de : https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/forum-principal/

                      • #46647 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je fais une vidéo et non une thèse. Je vais principalement prendre les personnalités publiques de gauche les plus connues du grand public ou les plus populaires sur YouTube. On s’en fiche si Madame Micheline à l’université de Saint-Pretesnbourg est spécialiste de l’identité chez les Soviétiques en 1943. Je veux bien parler de la grande transformation, mais il faut un minimum d’honnêteté chez mes interlocuteurs. Si tu commences à vouloir me tacler pour rien, on n’arrivera jamais à un échange intéressant.
                        Il te faut donc mon opinion sur polanyi et quand je donne mon opinion sur l’identité la il faut une relecture ?

                      • #46641 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        « J’exprime mon opposition. » C’est donc une opinion.

                      • #46643 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Ce n’est pas parce que tu as 7 milliards d’individus qui expriment leurs opinions qu’elles se valent de manière égale.

                      • #46687 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        Une opinion est plus ou moins populaire effectivement. Rien à voir avec la réalité associée.

                      • #46646 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @JeanMonnaie
                        « Encore une fois, je suis serein. »
                        C’est le principal, Jeannot.
                        Mais ta sérénité a « encore une fois » bousillé un fil de discussion, qui devient désormais illisible du fait que, partant du cinéma, on en est arrivé sur l’identité française.

                      • #46651 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Dans une discussion, il n’est pas rare que le sujet initial soit débordé, dans la vraie vie comme ici. Cela dit, je comprends complètement ton besoin d’ordre.

                      • #46654 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        satisfaction, c’est le mot

                    • #46631 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      J’espère que JM n’oubliera pas de nous partager ça au Moment Venu

                      • #46635 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Évidemment, vous restez dans mon cœur. Je ne vous oublierai jamais.

              • #46536 Répondre
                Emile Novis
                Invité

                @FB
                D’accord avec toi pour la précision relative à l’utilité.
                Cela dépend donc d’un affect – l’allégresse- qui permet de penser, en creux, ce que tu aimes.
                J’essaierai de m’en souvenir quand je verrai un mauvais film, car le problème, en ce qui me concerne, est d’ordre affectif : généralement, ça m’irrite, me rend impatient de voir le film s’arrêter, et ça m’empêche de penser – on pense mal, voire pas du tout, dans l’irritation. Voilà d’où vient le sentiment de perdre son temps en ce qui me concerne.

                • #46558 Répondre
                  Parfaitement a l’eau
                  Invité

                  Je differencie mauvais film (les films de Philippe Lacheau par exemple et encore le mot est faible) et film moyen (Toledano ?). Un mauvais film je vais plutôt le fuir.

              • #46553 Répondre
                Tristan
                Invité

                Allégresse d’élucider, c’est une jolie formule, euphoniquement discutable mais précise. Je comprends.
                Un copain sociologue me confiait, avec scrupule et remords, qu’il lui arrivait, lorsqu’il parvenait à décrire et à comprendre des phénomènes sociaux complexes, de tirer une satisfaction si intense qu’elle le dispense de souhaiter que le monde soit, disons le simplement, plus juste, et de lutter pour que ça arrive. Le plaisir né de l’intellection, de l’élucidation des logiques sociales génératrices de malheur permet (si tant est qu’on soit suffisamment à l’abri du malheur) de s’accommoder du malheur (des autres).

              • #46563 Répondre
                lison
                Invité

                Allégresse d’élucider, j’aime bien et je peux ressentir ça aussi , partir de l’agacement , de l’irritation et y trouver quelque chose d’autre, récemment En thérapie m’a fait ça, et aussi les films de Lifshitz ( Adolescentes ou Petite fille), la première fois où j’ai senti ça je pense que c’est avec les films de Caro et Jeunet ( le truc des enfants perdus puis Amélie Poulain).

                • #46578 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  les films de Lifshitz et Lifshitz lui-même peuvent déclencher en moi une brutale hostilité, mais aussitot doublée par la certitude joyeuse et légère que je suis dans le vrai en le trouvant fake

                  • #46839 Répondre
                    Toc
                    Invité

                    Tu pourrais développer un peu sur Lifshitz ? Ou m’y renvoyer s’il y a déjà eu discussion ailleurs ? J’avais bien aimé Adolescentes.

                    • #46848 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Adolescentes n’est pas ce qu’il a fait de pire, même si on y trouvera encore son lot de falsifications
                      Je ne vais pas m’étendre mais
                      1 Lifshitz a d’abord été un très mauvais réalisateur de fiction. Et comme ça plafonnait, il s’est réaiguillé vers le docu sympa-cool-inclusif que Quotidien adore. Des films parfois intéressants mais univoques comme un militant
                      2 le pire, le plus univoque-militant et malhonnête, c’est Petite fille. Sur quoi je reviens dans l’essai à paraitre.

                      • #46859 Répondre
                        Tof
                        Invité

                        Merci, raison de plus s’il en manquait d’être impatient de le lire

        • #46556 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          Je pourrais aussi, mais après Rivette (que j’ai bien l’intention de continuer très bientôt).

      • #46537 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @parfaitement à l’eau
        Les classiques, oui, c’est généralement ce qui me guide dans le peu de films que je vois – mais c’est sans doute aussi ce qui me limite beaucoup. Et parfois, de temps en temps, une petite excursion sauvage dans du nouveau, un peu à l’aveugle. Excursion hasardeuse, donc, étant donné ma connaissance très très relative de cet art.

        • #46559 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          Dans le nouveau tu peux avoir des quasi-certains-futurs-classiques, par exemple tous les Kelly Reichardt ça ne fait pas de doute qu’on continuera de les voir dans 30 ans.

          • #46579 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            faudrait-il encore qu’on continue à voir des films dans trente ans

            • #46582 Répondre
              Parfaitement à l’eau
              Invité

              Moi oui mais toi François je ne sais pas… (humour)

              • #46665 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Oui moi à l’ehpad je n’en verrai plus. Je végéterai toute la journée devant des Burger quizz avec Jonathan Cohen
                Mais pour vous aussi jeunes gens qui aurez toute votre tête je ne suis pas si sûr que soient encore regardés alors ces objets qu’on aura appelés des films.

                • #46677 Répondre
                  nefa
                  Invité

                  l’ehpad sans les claques
                  Eden en attendant la fin

                • #46710 Répondre
                  Ourson
                  Invité

                  Quelques décennies de smartphone, de contenus courts, pertubateurs endocriniens, malbouffe, isolement social, me font douter sur la capacité de nous, « jeunes gens », à être capables de regarder des films d’ici 30 ans 🙁

                  • #46712 Répondre
                    Parfaitement à l’eau
                    Invité

                    Je vous trouve bien pessimistes. Les entrées en salle réaugmentent tranquillement depuis la crise du covid (retour au niveau de 2015). Le pourcentage de films art et essais au cinéma est en hausse cette année. Lors des périodes de canicules qui sont amenés à se répéter, la climatisation des cinéma est un bon échappatoire, rien que pour ça je suis confiant. Plus sérieusement, 30 ans c’est à la fois beaucoup et pas beaucoup. On peut voir la disparition du cinéma puis son grand retour inespéré comme une continuité de ce que l’on a depuis 10 ans.

                    • #46728 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Et ces trente ans vont s’écouler comme ça à situation égale? Pas de bonds technologiques allant vers toujours plus d’immersion? Bon.

                      • #46734 Répondre
                        Parfaitement à l’eau
                        Invité

                        L’industrie fera ce qu’il faut pour relancer la machine quand les recettes baisseront c’est certain, mais les films dont on parle le plus souvent ici existeront toujours (je pense).

                • #46730 Répondre
                  Eden Lazaridis
                  Invité

                  Moi je regarderai Sentinelle en boucle.

                  • #46732 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    moi je regarderai François Bégaudeau végéter toute la journée devant des Burger quizz avec Jonathan Cohen

    • #46836 Répondre
      deleatur
      Invité

      Je réponds à cette étrange question de Emile Novis — étrange, car comment décider qu’un film est bon ou mauvais avant de l’avoir vu ? — par le récit de mon expérience personnelle.
      Bien sûr, il y a un temps de formation, d’initiation, comme avec les autres arts : on va voir un film, on lit un livre parce qu’on a entendu parler de l’auteur, de l’oeuvre, et qu’on nous en a dit du bien et que, par le hasard des humeurs ou des dispositions, cela nous parle. Cette période dure peut-être trois ou quatre ans. Elle est essentielle. Je dis au passage que je ne comprends rien à l’expression de « rattrapage » que j’ai entendu pour la première fois chez les Tsounami : on voit les films quand on les voit, il n’y pas d’âge pour cela.
      J’ai découvert le cinéma en 1986-1987, pendant l’hiver, avec un film d’Antony Mann, L’homme de la plaine, au ciné-club de Claude-Jean Philippe sur Antenne 2, suivi quelques temps plus tard d’un cycle Lubitsch au Cinéma de minuit de Patrick Brion sur FR3. Ces deux ciné-clubs à la télé ont été formateurs, aucun doute là-dessus : des gens qui connaissaient très bien le cinéma me faisaient des propositions de films (et je ne parle pas d’algorithmes), j’aimais me sentir guidé, pris par la main, ne pas avoir le choix et me placer dans une position de (relative) réceptivité (j’avais 17 ans, c’est jeune pour son premier Straub, mais je me suis accroché, comme pour mon premier Flaubert à 13 ans). Plus tôt dans ma vie, il y avait bien eu, encore à la télévision, l’émission « La dernière séance » d’Eddy Mitchell, mais c’était plus récréatif (des westerns et des séries B américaines des années 50-60) et je ne peux pas dire que j’ai rencontré le cinéma à ce moment-là.
      Mais ensuite, quand je suis arrivé en fac à Strasbourg, en 89, j’ai découvert un panel de cinémas (à une époque jusqu’à 7 cinémas au coeur de la ville, réputée pour ses salles Art et essais) et je suis toujours allé voir les films au petit bonheur la chance, en flâneur du cinéma. Une claque imprévue, Sailor et Lula en 1989, m’a décidé à suivre des cours de cinéma à la fac et à préparer la moitié d’un DU d’études cinématographiques (jamais terminé, donc).
      Troisième période de ma vie : après 30 ans, au moment de l’apparition des cartes « Cinéma à volonté », j’ai vu 5 à 6 films par semaine pendant 12 ans, plutôt en journée (aussi souvent que je pouvais en tout cas), à la séance de 14h, car je voulais qu’il y ait un avant (parfois une séance de psychanalyse) et un après la séance dans la journée (ma vie, toute la vie). À part pour les films de réalisateurs que je connaissais déjà et dont je voulais voir le dernier film, je crois n’avoir jamais programmé ou préselectionné aucun film, car j’avais la chance vu le nombre de salles disponibles à l’époque de ne pas avoir, ou le moins possible, à sélectionner une séance à un horaire improbable (sauf cycle ou programmation hiératique, p. ex. À l’ouest des rails de Wang Bing, trois séances à 23h bien frappées en semaine). Bien sûr, chaque cinéma et chaque salle que je connaissais par coeur était plus ou moins spécialisés : cinéma populaire, d’auteur, nanar. Et selon mon humeur, je savais ce que j’allais voir, plus ou moins. Mais je garde cette idée qu’il ne faut rien rejetter, qu’il faut d’abord essayer de tout voir, au petit bonheur la chance, mais aussi qu’on ne peut pas tout aimer, qu’on ne doit pas tout aimer : il faut bien qu’un goût se forme et s’affûte à l’épreuve des films ; mais il ne peut pas y avoir une grille de lecture a priori des films, il faut se laisser surprendre, ne rien attendre d’un film, pour tout recevoir (dans les moments de grâce).
      Ce dispositif, presque diététique, consistant à voir 5 à 6 films par semaine, à un horaire précis, comme d’autres iraient « shopper » ou faire du « running » m’a permis pendant 12 ans de voir à peu près la moitié des films qui sortaient par an en France (et même quelques films d’horreur à une époque où on ne parlait pas autant qu’aujourd’hui de cinéma de genre, milieu des années 2000). À part à une ou deux occasions, je ne suis jamais sorti pendant une séance, je n’ai dû regretter d’être allé voir qu’un ou deux films ; le plus souvent, je trouvais et gardais au moins une scène, un plan, un mouvement de caméra qui m’étonnait, ou plutôt m’émouvait, et me donnait envie de comprendre pourquoi il produisait cet effet sur moi ; je me mettais à aimer un film ou un auteur pour un éclat de verre, un plan d’arbre, la moue d’un personnage, un moment du découpage, un son entendu et aimé.
      Je pense que quand on aime le cinéma, je veux dire quand on aime vraiment le cinéma, on ne peut pas parler a priori en termes de genres, ou de films « moyens », ou de films populaires ou « classiques » (je ne comprends pas ce que c’est, comme quand on me parle de « littérature classique » pour désigner autre chose que la littérature du 17e siècle) : on recherche le cinéma là où il peut se trouver, c’est-à-dire a priori (un bon a priori cette fois) dans un film, même si celui-ci est une production industrielle (Iron Man), et d’où qu’il vienne (Api, Blissfully yours, découvert « par hasard » en 2002, HSS, Turning gate, pareil).
      Cette période de ma vie a correspondu à une époque ou pendant 22 ans, je n’ai plus possédé de téléviseur : devoir marcher en ville 15 minutes pour me rendre au cinéma correspondait déjà au dispositif cinéphilique (mise à disposition du corps, impossible pour aller au théâtre car je n’ai jamais eu de corps pour le théâtre). L’âge venant, je me suis senti plus fatigué, j’ai acheté un téléviseur pour la coupe du monde 2018, je n’ai plus trouvé autant de plaisir à me déplacer dans les salles, j’ai regardé à nouveau des films sur petit écran.
      Aujourd’hui, j’ai cessé les tournées des cinémas de la ville (et cela n’a aucun rapport avec le covid), je regarde tous les films sur téléviseur (mais jamais en mode télévision linéaire) ; j’écoute aussi les GO dont je n’ai vu aucun film au moment où on en parle, je regarde aussi pas mal de Microciné, je me suis mis au podcast de Burdeau, je ne lis plus les Cahiers ; en moyenne, je vois les films avec un ou deux ans de retard (plutôt trois ou quatre d’ailleurs, car je ne suis pas les sorties sur Canal), j’aime ce décalage, qui me permet aussi d’oublier ce que j’ai pu en entendre dire à un moment. Et c’est la raison pour laquelle je ne participe, volontairement, pas aux discussions sur les films sur le site de François (ce qui me paraît la moindre des attentions, car je lis ces discussions). Je veux garder ce temps de retard, ne pas me sentir sous influence au moment de découvrir le film, garder une certaine naïveté de spectateur, ou plutôt l’histoire de ma cinéphilie avec moi, comme seule jauge.
      Je continue à voir 300 films par an, mais les chaînes payantes permettent plus facilement de faire des cycles, petit principe de sélection et petite dérogation bien pratique à mon précepte de non-sélection, qui permet de parcourir une oeuvre en entier, dans l’ordre chronologique ou le désordre, mais en gardant cette idée de tout voir sans savoir à l’avance où je mets les yeux (les films de Rivette du milieu des années 70 que je n’avais jamais vus).
      J’ai entendu une fois en entretien un conseil pour lire Rancière, seul conseil pédagogique que je reconnaisse dans ma vie (privée et professionnelle) : tu prends un de ses livres et tu l’ouvres. Pareil pour le cinéma : tu prends un film et tu le regardes. Le jugement se fera de lui-même, pendant et à la suite, s’il a lieu d’être.
      Le cinéphile, si ce terme correspond encore à quelque chose, s’interdit toute discrimination a priori entre les films et essaie seulement ensuite d’évaluer, de juger, ou de produire une petite annotation par soi-même, avant éventuellement d’approfondir en se lançant dans la presse spécialiée (les Cahiers et Positif), qui permettent (jolie idée de Daney) de revoir les films, ou de lire des livres.

      • #46863 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @deleatur
        Merci pour ce récit personnel mélangé de conseils précieux. Je vois que ton amour du cinéma a pris, pendant un temps de ta vie, la forme d’un rituel hebdomadaire.
        Tu fais la distinction entre « ceux qui aiment le cinéma » et « ceux qui aiment vraiment le cinéma ». Je me dis, à la lecture de ton récit, que je suis peut-être dans la première catégorie, ce qui expliquerait mes messages précédents.
        Je suis bien conscient du caractère « étrange » de ma question, mais il me semble qu’elle l’est moins si on l’inscrit dans une sorte de lutte pour le temps libre que je mène, comme des millions d’individus, au quotidien. Je veux dire par là que le cinéma est aussi une industrie qui a intérêt à nous prendre du temps pour être rentable, et qu’une partie conséquente de la production dite cinématographique ne vise pas à nous faire percevoir le réel sous un angle nouveau, mais à capter notre attention le temps qu’il faudra pour engranger des bénéfices.
        C’est en ce sens que je pouvais parler de « classiques » : je suis d’accord avec toi pour dire qu’objectivement, cette notion ne renvoie à rien de très sérieux. Comme Kant disait qu’il n’y a pas de classiques en philosophie, je pourrais dire la même chose, au sens strict, pour le cinéma. Seulement, je conserve cette notion pour un usage pratique et subjectif qui permet de s’orienter dans le foisonnement de productions qui caractérise notre époque, sans pour autant faire de cette notion un attribut qui appartient à l’œuvre au détriment des autres. Bergman, en ce sens, est un « classique », car pour une initiation, on sait qu’on va y trouver une consistance, qu’on apprécie ses films ou pas d’ailleurs. C’est loin d’être le cas pour tous les films, sauf pour ceux qui, voyant un mauvais film, élucident à travers lui ce qu’ils aiment – ce qui n’est toujours pas mon cas.
        Puisqu’au cinéma, il s’agit, entre autres choses, de regarder, je voulais dire par là qu’il faut prendre soin de son regard : j’ai lu sur ce forum (je ne sais plus où exactement), que ceux qui commencent par les séries, et notamment certaines séries (je n’en regarde aucune), risquaient d’enfermer leur regard dans un mode de production de l’image déterminé et (peut-être), aliénant. Ceci pourrait les empêcher de passer à un autre cadre formel, cadre qui apparaîtra alors comme indigeste au regard abreuvé par des séries. Je crains que la même chose puisse se passer avec des films dont la qualité est très discutable. Le conseil d’élucidation donné plus haut, très judicieux, vaut pour ceux qui ont déjà un regard formé et aguerri par une longue pratique du cinéma; il est peut-être un peu plus précaire pour ceux qu’on pourrait appeler les « débutants ».

        • #46872 Répondre
          Tony
          Invité

          Petite question Emile,tu dis aimer le cinéma et en même temps tu dis ne pas en regarder,es-tu sur d’aimer le cinéma?ou alors tu aimes le cinéma et tu aurais peur de ne plus l’aimer en regardant un mauvais film qui risquerait,en plus,de te faire perdre ton temps? Ça me rappelle quelque chose qui m’est arrivée quand j’étais lycéen et que je commençais à étudier quelques textes littéraires,je me suis mis à moins aimer le cinéma,je voyais des mots partout et au cinéma il n’y en avait plus,les mots me manquaient,je ne supportais pas leur absence, heureusement ça n’a pas duré très longtemps mais c’est à ça que je pensais en te lisant.

          • #46876 Répondre
            Emile Novis
            Invité

            @Tony
            Je n’ai pas dit que je ne regardais pas le cinéma, mais que j’en regardais assez peu, et même très peu au regard d’un cinéphile. Je suis les discussion sur le cinéma sur ce site, et je vois bien la différence quantitative colossale.
            Je vois l’expérience qui fut la tienne, mais ce n’est pas semblable à la mienne : en ce qui me concerne, je suis plutôt face à une production immense de films, et hormis ce qu’on nomme les « classiques », je vois mal comment s’orienter dans ce foisonnement sans cette « perte de temps » dont je parlais au début.
            Je faisais donc allusion à la distinction implicite de deleatur dans son message : entre aimer le cinéma et aimer vraiment le cinéma. Je suis peut-être dans la première catégorie : je préfère sans doute lire et dessiner, choses que « j’aime vraiment », et pour lesquelles je n’ai jamais l’impression de perdre mon temps (mais il faut dire que pour la lecture, je suis plus aguerri, mieux avisé et je sens rapidement la chose que j’ai entre les mains, d’autant que je m’oriente assez facilement désormais, car je suis en terrain connu).

            • #46882 Répondre
              deleatur
              Invité

              @ Emile
              Je ne sais pas si je distinguais entre « aimer le cinéma » et « aimer vraiment le cinéma », mais il est possible de le comprendre ainsi en effet, dans ton cas précis. Il est clair que je parlais de quelque chose qui est une passion (vitale) pour un art (quel qu’il soit).
              D’ailleurs, il ne me viendrait pas à l’esprit de parler de « produit culturel » pour désigner un film, ce que je ferais pour parler des jeux vidéos, des mangas et des séries.
              Je ne peux m’attendre de ma part à aucune forme d’objectivité de mon jugement de goût : quand on aime le cinéma, on n’a pas besoin des séries ! Et l’un ne conduit certainement pas à l’autre. De fait, on ne peut pas perdre son temps à regarder un film, à lire un livre ou le journal ; on en perd assurément à swiper sur Tiktok, à binger des séries. Le véritable art est celui qui devient nécessaire comme une hygiène de vie (au sens d’un rythme, d’une contenance) : on peut écouter en boucle une chanson toute une journée, un extrait musical, relire trois fois de suite un livre, ou comme je l’ai fait pendant 9 mois regarder 5 ou 6 fois l’intégrale de Bergman (sans voir aucun autre film entre temps), ce n’est pas perdre son temps, c’est simplement choisir une expérience de vie qui convient à un moment précis. La forme sérielle de la série, sa forme de production standardisée (à laquelle échappe quelques séries), participe de l’économie de l’attention, de l’attention captive, auquel l’art, justement, permet d’échapper : la série rend paresseux, flasque, et conditionne une pensée assez nulle au seul point de vue de l’esthétique. Je la sens incapable de produire la tension (et l’attention) du regard et de l’intelligence qui permettraient de l’interroger vraiment quant à sa forme, à son sens esthétique. Les gens autour de moi qui me parlent des séries qu’ils suivent (car une série se suit plus qu’elle ne se regarde) me parlent sociologie, problèmes de société, inclusion, dystopies, mondes imaginaires, arc narratif, narratologie, et jamais formes esthétiques, jamais plans, jamais découpage ; en fait, la série fait naître du bla-bla sur la série, du discours courant sur la série, du flux sur du flux, des idées en série (à n’en plus pouvoir), mais jamais de pensée, et certainement pas de pensée sur l’art.
              Je termine en ajoutant que j’assume parfaitement la forme de distinction et de mépris social dont est porteur mon propos : soit, c’est de l’art, soit ce n’est pas de l’art, il n’y a pas d’entre-deux, pas de demi-mesure, n’en déplaisent à ceux qui ont sans cesse besoin de reconnaissance, de légitimation, de justification de leur faiblesse et de leur incurie.

              • #46904 Répondre
                Fanny
                Invité

                « Soit, c’est de l’art, soit ce n’est pas de l’art » : d’accord.
                « J’assume parfaitement la forme de distinction et de mépris social dont est porteur mon propos » : je ne vois pas bien le rapport. Tu ne fréquentes pas l’art par goût de distinction sociale mais par goût de l’art lui-même, donc où serait le mépris social ?

                • #46906 Répondre
                  Emile Novis
                  Invité

                  @Fanny
                  D’accord avec toi. Je pense qu’on ne peut pas réduire toutes les actions à un processus de positionnement social. Il y a, dans l’art, une percée qui transcende le social et ses processus immanents de distinction, snobisme, domination, etc..
                  Et l’acte de distinguer ce qui relève de l’art de ce qui n’en relève pas n’est pas nécessairement déterminée par un désir de distinction sociale de sa personne et de sa pratique.
                  Ce qui prime, c’est l’intentionnalité qui détermine le désir. Je peux en effet regarder du Bergman et réserver le titre d’art à cette œuvre dans l’intention de me distinguer de « la plèbe »; mais je peux aussi regarder Bergman et y reconnaître de l’art dans l’intention de mieux percevoir le réel, de sentir le réel comme je ne l’avais jamais senti auparavant. D’ailleurs, cette intention n’existe que parce nous en avons déjà fait l’expérience auparavant en lui donnant un accueil favorable.
                  Par intention, je n’entends pas l’intention morale, mais l’intentionalité du désir, l’orientation du désir lorsqu’il fait une chose.

                • #46909 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  @ Fanny.
                  Bien sûr, on est d’accord.
                  Aucun mépris social dans mon mépris des séries.
                  Je répondais par anticipation à la sempiternelle objection : tu n’aimes pas les séries, donc tu méprises la culture populaire (confondue au passage avec la culture de masse). Le mépris social est dans l’accusation de mépris social et de snobisme intellectuel.
                  Merci pour ta remarque.

            • #46883 Répondre
              deleatur
              Invité

              J’ajoute que le problème dont tu parles est le même quand on découvre la littérature ou la philosophie (ou la musique). Comme je faisais remarquer, très jeune, à l’un de mes profs de fac que j’avais l’impression d’avoir à vider la mer (de la philosophie) à la petite cuiller, il m’a simplement répondu d’y aller, de m’y mettre, de commencer. Il avait su pointer un désir ou un manque de désir.

    • #46893 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      @deleatur
      Nous sommes d’accord: une œuvre doit mieux nous faire percevoir le réel, mettre au jour une dimension du réel qu’on ne voyait pas ou ne pouvait pas voir – je pense à Benjamin et son affirmation selon laquelle le cinéma est à même de dévoiler, par son appareillage technique, un inconscient optique qui échappe par définition au regard naturel et blasé.
      Sur ce point, Bergman est essentiel. Je n’assimile pas le visionnage des œuvres de ce dernier à du « temps passé devant les écrans », à une « perte de temps » ou à une production au sens commun du terme. Il s’agit bien d’une œuvre qui contribue à ce que je cherche dans une œuvre d’art : travailler à bien percevoir. Bergman, que j’ai beaucoup parcouru, ne m’a quasiment jamais déçu sur ce point.
      Je ne regarde pas les séries, et comme toi, je remarque que les discours sur les séries ressemblent toujours à ce que tu décris. Mais la séparation nette que tu appliques entre le film cinématographique (qui est de l’art) et la série (qui est une production industrielle aliénante qui n’a rien à voir avec l’art), me paraît très juste, mais elle peut passer à l’intérieur des films. Par exemple, dernièrement, avec des amis, je me suis fait embarquer dans un cinéma pour voir un film de merde qu’un camarade avait choisi – j’ai suivi volontiers, en se disant qu’on verra. Le film en question, c’était Second tour, avec Dupontel. Pour ceux qui l’ont vu, il reconnaîtront sans doute que ce film est ridicule, bête, creux, vide, qu’il ne se passe rien. Je crois que là, on peut dire qu’il s’agit d’un mauvais film qui n’a rien à voir avec l’art, mais tout avec l’économie de l’attention, ou plutôt l’économie de l’inattention. Il n’y avait rien à voir et à entendre, et c’est là qu’on peut parler, à mon sens, de perte de temps – même si j’intègre ce qui a été dit plus haut sur cette question.
      Combien de navets comme Second tour? Le cinéma lui-même semble colonisé de l’intérieur par ces produits. Soit on n’appelle pas cela du cinéma, soit on continue de l’appeler « cinéma », mais alors on constate que cet art est clairement en danger.
      Par ailleurs, je retiens ton dernier message : le commencement est la moitié du tout. J’ai déjà un peu commencé.

      • #46902 Répondre
        deleatur
        Invité

        C’est une disposition à l’égard des films et du cinéma plus qu’un résultat effectif que j’essayais de décrire.
        Bien sûr que le cinéma est cangréné par la série, le jeu vidéo, les téléfilms, la télévision, la littérature de gare, etc.
        Mais je préfère me poser la question autrement : ce que le cinéma peut faire avec la vidéo, le jeu vidéo, la série, la littérature sentimentale.
        Quand je vais voir des films en groupe, je ne m’attends pas à voir du cinéma ; les cinéphiles sont rares dans mon entourage.
        Mais encore une fois, je ne suis pas sûr qu’il soit vraiment posssible d’établir un ratio entre les films, de les opposer comme tu le fais ; même un mauvais film me dit quelque chose du cinéma : une erreur, un ratage, une laideur m’apprennent quelque chose, me forcent à me demander comment il aurait fallu faire. Le cinéma l’emporte toujours.

        • #46905 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @deleatur
          « même un mauvais film me dit quelque chose du cinéma : une erreur, un ratage, une laideur m’apprennent quelque chose, me forcent à me demander comment il aurait fallu faire. Le cinéma l’emporte toujours. »
          On en revient là, en effet. C’est à cela que je songerai à l’avenir.

        • #46923 Répondre
          Tof
          Invité

          “ ce que le cinéma peut faire avec la vidéo, le jeu vidéo, la série, la littérature sentimentale.”
          Allons plus loin: ne serait-ce pas le cinéma qui gangrène série, jeu vidéo et télévision ? Enlevons tous ce qu’il y a de cinéma dans ces médiums et on constatera qu’ils ont peut-être bien quelque chose d’artistique à proposer.

          • #46938 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            j’aime bien l’idée
            (mais c’est à eux qu’il faut le dire : à eux de se convaincre qu’ils feraient mieux d’arrêter de vouloir faire cinéma, ce qui donne un résultat aussi piteux que si j’essayais moi de faire Vinicius Junior)

            • #46943 Répondre
              deleatur
              Invité

              C’est à eux qu’il faut le dire : à eux de se convaincre qu’ils feraient mieux d’arrêter de vouloir faire de l’art, et d’assumer pleinement, fortement, sans concession leur position de divertissement. Peut-être que de l’art pourra alors apparaître, de véritables propositions artistiques, comme par surcroît (jeux indés).
              Mais il est vrai qu’on veut voir de l’art partout aujourd’hui (confusion des deux sens du mot) et que se référer au high art, c’est une manière de vouloir atteindre à une noblesse (légitimité, dignité) dont on se sent manquer, privé, amputé, incapable tout seul.

              • #46956 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                …démarche qui est un aveu de faiblesse
                Ces domaines seront peut etre un peu moins enclins à pointer partout le mépris à leur égard quand ils cesseront se de se mépriser eux-mêmes
                Qu’ils prennent exemple sur le punk, qui d’emblée proclama n’etre pas de l’art. Et qui ainsi en fut.

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