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  • Auteur
    Messages
    • #71094 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Suite. Les derniers sujets étaient, sauf erreur, Rebel Ridge et Megalopolis.

    • #71104 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Pour une raison qui m’échappe, le site ne prend pas mon dernier post sur Rebel Ridge. Je tente en coupant cette réponse au sujet de la corruption comme cœur du film.

      J’ai plutôt eu l’impression d’un prétexte que d’un propos. Le vrai cœur du film c’est l’antagonisme entre le héros et le shérif, la comparaison avec Rambo est impossible à éviter.
      Rambo, aujourd’hui grandiloquent et donc désuet dans ses dialogues ou ses situations, a le mérite d’amener une fin probable : on ne gagne pas contre l’autorité (même si le propos du film concerne plutôt le traitement que réserve l’Amérique aux malheureux qui l’ont servie). Rambo est un drame, Rebel Ridge un western – d’ailleurs les scènes d’action de Rebel Ridge, pas si rares, sont aussi absurdes que celles de Rambo (désarmements magiques, fusillades inoffensives, karaté invincible). Les péripéties thriller sont cousues de fil blanc : en quelques jours, Terry et son inattendue faire-valoir (qui objectivement se fout dans la panade sans raison autre que les beaux yeux de Terry) déjouent et revèlent les secrets d’une ville corrompue grâce au concours de caméras magiques qui s’allument au moment opportun, de cartes SD et de flacons d’urine fort accessibles, et d’alliés qui tombent du ciel pour trahir leurs supérieurs, se prendre des balles ou se supprimer en vue d’obtenir le dénouement le plus optimiste possible.

      • #71107 Répondre
        Charles
        Invité

        Je ne suis pas sûr qu’à la fin Aaron Pierre ait gagné contre l’autorité, le film se termine abruptement à l’hôpital au moment où il récupère la vidéo de la caméra police mais les cartes SD ont été détruites et nous n’avons aucun épilogue sur ce que deviennent Pierre et sa comparse. On peut bien sûr imaginer que les choses rentrent dans l’ordre pour eux mais ce n’est pas montré et le film est dénué de tout triomphalisme à ce sujet. Par ailleurs, l’issue du conflit entre Johnson et Pierre est réglée par un tiers. Le film passe beaucoup de temps à nous expliquer les rouages permettant aux flics de se comporter comme des mafieux, je ne trouve pas que ce soit uniquement un prétexte, c’est plutôt un cadre qui permet à l’action d’éclore sans que celle-ci ne la couvre complètement. Tu noteras enfin que la romance entre les deux héros est évitée, le film justifie le soutien de l’une à l’autre par une solidarité entre faibles (ce qui est à la fois peu probable et assez beau).

    • #71106 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      La première partie de la réponse est passée, tentons la suite :

      Ce qu’on garde, ce sont de belles scènes de tension, là dessus je suis d’accord, c’est très prenant. Pour moi le résultat est juste un cran en dessous de ce que ça aurait pu être si le western avait été assumé, si le film s’était autorisé à aller plus loin dans la série B. Moins d’intrigues et plus de bagarres, le film aurait perdu un T dans Telerama mais il aurait gagné en honnêteté.
      Là il y a ce postulat : la ville est ruinée, le sherif magouille, mais la ville pourrait être (et sera) sous l’autorité de la police d’état. Ce qui veut dire qu’en gagnant contre le shérif, Terry ne condamne pas pour autant les habitants, tout finit bien, vraiment tout, tout est expliqué – l’inverse d’un Homme des hautes plaines qui se venge aveuglément. Le problème n’est pas l’autorité, la corruption : le problème vient du méchant et il faut le punir pour que justice soit rendue. Mais même là, cette modération dans la revanche ne me saisit pas par sa modestie puisqu’elle se permet quelques écarts violents. On est dans Batman qui ne tue pas mais estropie, il y a des limites, on joue avec pour racoler toutefois on ne les franchit pas.

      • #71111 Répondre
        Charles
        Invité

        On peut aussi dire que le problème que montre le film ce ne sont pas uniquement des bad guys mais un système judiciaro-policier le permettant.
        C’est curieux parce que d’un côté tu reproches au film d’être trop bavard, ramifié dans son scénario, et de l’autre d’être trop simpliste.

        • #71122 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          L’un n’empêche pas l’autre. Il y a une sur-explication des faits pour que le bavardage crédibilise la bagarre. L’enjeu des policiers est détaillé pour nous donner une justification.
          À contrario, pourquoi deux d’entre eux se rebellent contre leur chef ? On a une piste raciste, mais concernant « Serpico » (bon élément nanar d’ailleurs « On voud appelle Serpico » alors que pas une fois il n’y a d’échange entre les héros au sujet de Serpico sauf lorsqu’il s’agit de choisir son pseudo).

        • #71124 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Posté trop vite : donc concernant « Serpico », ses motivations, tout comme celle de la gentille blonde ou de la gentille Noire, ne peuvent être que morales. C’est léger.

          • #71127 Répondre
            Charles
            Invité

            Ou intéressées, par peur de tomber avec leur chef.

            • #71203 Répondre
              Schnoups
              Invité

              Ne sachant pas trop quoi regarder j’ai suivi Charles sur Rebel Ridge. Je ne vais pas pouvoir rentrer dans la précision comme vous parce que le film m’a perdue puis complètement ennuyée – un héros parfait qui blesse sans tuer, qui s’énerve sans méchanceté et qui menace sans vraiment menacer. Que c’est chiant. Du coup j’interviens surtout parce que la scène du bus m’a plut, sans m’emballer non plus mais à la hauteur de mon appréciation du film, ce fut le meilleur moment pour moi. Vous lisant, ça me fait marrer de voir que vous trouvez tous ce moment ridicule. Je me demande donc pourquoi j’ai aimé cette scène. Je pense qu’à ce moment là le héros se défoule, il essaie de pisser plus loin que le chauffeur, pour reprendre l’expression du shérif vs héros. Et c’est plutôt marrant, assez inattendu, une performance physique aussi vaine que jouissive et là on se dit, à un moment ça va monter, ça va monter en intensité comme un vélo rattrapant la vitesse d’un bus. Mais en fait pas du tout. Déception, ennui, dodo.

              • #71222 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                D’accord sur la scène du bus qui humanise enfin ce robot ninja stoïque.

                • #71250 Répondre
                  Schnoups
                  Invité

                  Le moment Serpico a un équivalent avec le docteur Chinois.
                  Je comprends tes arguments Charles, mais le scénario est saboté. J’aime bien qu’il n’y ait pas d’histoire d’amour entre les deux héros, que la fliquette noire soit prise pour Serpico alors que non, c’est une femme mais c’est une connasse. Mais le personnage principal ne tient pas. La rétention continuelle de l’action est rapidement lassante, et au fur et à mesure qu’on nous le place comme super héros garant de l’Intégrité, il passe du statut de chiant à celui d’abstrait. C’est Jean-Claude neutralisateur, ou Jean Michel centriste.

                  La rétention d’une force palpable est l’objet de la première séquence, qui n’est pas inintéressante. La carrure du héros ne nous le place pas complètement comme une personne lambda précaire et faible. Malgré sa chute du vélo, malgré l’humiliation qui suit. Sa connaissance des protocoles policiers nous font immédiatement comprendre qu’il a porté l’uniforme, voire qu’il le porte toujours. ça pose des questions intéressantes sur comment le film aurait pu être bon avec un tel parti pris d’une rétention de l’action. On prend un mec expert en combat corps à corps, jiu-jitsu and co mais qui n’a jamais été sur le terrain, qui n’a été qu’instructeur et qui malgré son expérience d’instructeur découvre cet aspect là, de la mise en pratique concrète d’une théorie enseignée. En fait je pense que ça aurait fait un parfait film d’action comique. Ou alors l’humour aurait pu de manière inattendue faire des incises qui auraient permis de faire éclater ce qui est retenu, trop retenu, beaucoup trop retenu. Au lieu de nous faire chier avec une trame policière-enquête mal menée, autant exploiter cette idée du travail sur l’action. Mais non, on a un film Netflix et on s’emmerde. ça devient un gros bordel scénaristique avec un héros désincarné.

                  • #71254 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    T’as bien résumé ce merdier,si encore on avait un cinéaste intéressant mais c’est très impersonnel, très formaté,la faute aussi à un film trop richement doté,il n’a même pas le charme d’une série B.

                  • #71256 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    J’entends aussi tes arguments mais le héros n’est pas uniquement un redresseur de torts, en tout cas pas au début, il essaie de négocier avec le shérif, la corruption il s’en fout. J’aime bien sa résignation initiale qui a beaucoup à voir avec le fait qu’il sait qu’il n’a aucune chance en tant que Noir face à des policiers blancs. Il ne s’indigne pas, il prend acte de la situation et essaie de parler leur langue, de jouer sur leur terrain. Il est avant tout pragmatique. Même vers la fin il rappelle son mantra, très américain, a deal is a deal.

                    • #71263 Répondre
                      Schnoups
                      Invité

                      Oui, ça fait partie de ce qui est chiant dans ce film. Il va contre des flics corrompus mais s’en fout un peu quand même de la corruption, il fait équipe, aide, sauve, prend en affection une jeune femme avocate victime de ces flics qui représente, elle, le désir d’Intégrité mais s’en fout un peu de l’intégrité. Il soutient ce personnage mais lui serait à côté. Il est le grand représentant de la neutralisation dans le combat, lui il se situe pleinement là, il ne veut pas jouer à celui qui pisse le plus loin, cependant « un deal est un deal », grand respect viril d’un pacte de mecs qui ont des couilles à l’américaine. Il veut pas jouer à celui qui pisse le plus loin m’enfin il pédale aussi vite qu’un bus, il veut pas jouer à celui qui pisse le plus loin, m’enfin si quand même un peu. La petite jeune femme mimi, eh bien en parfait homme moderne il ne lui saute pas dessus, pas de sexe, respect, amitié, coalition. Il est noir mais il a les yeux verts, il fait du vélo mais il est très rapide, il a pas d’argent mais il est expert en arts martiaux, il côtoie une jeune femme mais ne la baise pas, il neutralise et emmerde les flics mais il respecte le deal, Il est sans uniforme mais il semble toujours le porter, il a entraîné les forces spéciales mais il est pote avec le Chinois ancien ennemi.
                      Bref. C’est très gris centriste, non ? Je décrirais pas ça comme un « un grand calme qui fait du bien » mais plutôt comme un grand flou extrêmement chiant.

                      • #71264 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est un partisan de la désescalade, oui. Mais la mise en scène prend en charge la nervosité qu’il n’a pas c’est elle qui met la tension. Moi ça me va. Je préfère faire ça à la reconduction des clichés du genre (méchants qui meurent en pagaille, romance à deux balles etc.).

                      • #71265 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Je comprends pas trop pourquoi vous insistez sur le virilisme du héros.
                        C’est un héros viril oui, dans le sens où il est prêt à utiliser la force pour se faire respecter en ultime recours. Mais je ne perçois pas de dégradation en virilisme.

                      • #71274 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        La virilité du personnage ne me gêne pas, c’est plutôt sa froideur qui me semble improbable. Certes il verse une larme ou deux au décès du parent qu’il était venu secourir, il boude deux minutes, avant de se reprendre et d’échafauder un plan. Je reste dans ma comparaison avec Rambo chez qui la virilité est une part de sa faiblesse, de son humanité : Rambo est prisonnier de sa force, alors que Terry la maîtrise complètement à la manière d’un héros fincherien – The Killer.

                      • #71281 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est un héros du côté de la maîtrise c’est certain mais sans justement la glorification de la violence qu’on trouve chez Rambo avec cette fascination pour la machine à tuer (et le discours réac sur la guerre du Vietnam qu’on aurait dû gagner si les politicards avaient eu les couilles d’aller jusqu’au bout).

                      • #71284 Répondre
                        Schnoups
                        Invité

                        Tu devrais me relire, je n’insiste pas sur une virilité qui me gênerait.

                      • #71296 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Ce discours n’est tenu que par un Rambo en pleurs mais il n’est probablement pas celui de Ted Kotcheff, réalisateur du précédent et génial Wake in fright. Mais admettons, au moins Rambo est bousillé tandis que Terry est simplement sous-estimé.

                      • #71298 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est un discours qui ne sort pas de nulle part et qui est irrigué par tout le film. Et qui prépare Rambo 2.

                      • #71305 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        On rappellera à Charles qu’au commencement de Rambo on le voit arriver ,avec son sac à dos,sur un petit chemin de campagne,il aperçoit une maison,au bord d’un lac,devant laquelle jouent des enfants,il va à la rencontre de la mère,noire,qui étend le linge et le regarde d’un air méfiant,il lui montre une photo,prise au Vietnam,de lui et son pote,qui lui a donné son adresse,la mère lui dit qu’il est mort l’été dernier d’un cancer causé par le gaz orange, il était devenu squelettique ,elle pouvait même le porter,on voit Stallone se décomposer,sans pathos,tandis que la mère continue à regarder la photo de son fils,sans dire un mot de plus.Voir un discours d’extrême droite dans ce film est assez curieux, Stallone, à son retour du Vietnam,est un être brisé devenu SDF, pourchassé par un shérif qui,lui, fait la guerre aux pauvres comme tous les porteurs d’uniforme du monde.

                      • #71313 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        On rappellera à Tony qu’un film ne se réduit pas à une scène introductive de 5 minutes.
                        Stallone est un être brisé qui va retrouver sa dignité dans la chasse à l’homme dont il est l’objet et qu’il va retourner contres les flics. On aime Rambo parce qu’on a pitié de lui mais aussi parce que c’est une machine à tuer très efficace.
                        Comme le disait très justement Fred Bonnaud, Rambo commence comme un film du Nouvel Hollywood pour se terminer comme un film reaganien.
                        Ce n’est pas qu’un discours d’extrême-droite mais il fait le lien avec la décennie qui suit, la revanche des prolos blancs contre les gens d’en-haut avec toutes les ambiguïtés de ce genre de discours.

                      • #71314 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        D’ailleurs Léo, corrige-moi si je me trompe, mais Rambo sort du commissariat la tête haute à la fin, pas bousillé comme le vagabond du début, mais comme le vétéran injustement poursuivi et qui a montré à tout le monde de quel bois il se chauffait.

                      • #71316 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Pas vraiment Charles,il sort menotté et cerné par une armée de flics,il est surtout soulagé,lui le taiseux,de s’être confié comme jamais au colonel,la musique fait de lui un working class héro, c’est très beau.

                      • #71319 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Menotté mais la tête haute (alors qu’il baissait la tête au début), escorté par son colonel en retrait plutôt que conduit comme une bête comme au début, avec une parka sur le dos qui renforce sa carrure. Dans le roman dont le film est adapté, il mourait à la fin. Un autre choix a été fait ici.

                      • #71320 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Effectivement. Cette fin imposée par les studios a donné les suites calamiteuses qu’on sait.

                      • #71322 Répondre
                        cornemuse
                        Invité

                        Hanouna ne serait pas d’accord avec toi

                      • #71323 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        D’ailleurs pour les curieux, la vraie fin avant tournage d’une nouvelle :

    • #71112 Répondre
      I.G.Y.
      Invité

      Merci pour l’ouverture de page, je remets ici le sujet Megalopolis, avec ensuite les réponses de Peggy et Tony (merci @Tony pour le lien, je vais regarder).
      .

      Pas encore sûr de pouvoir dire quoi que ce soit à propos de ce Megalopolis, mais je serais intéressé par des avis. Besoin de digérer. J’ai cet étrange sentiment de n’avoir jamais rien vu de tel. Une « fable », dit le sous-titre, mais surtout une immense farce idéaliste à la fois hyper-sérieuse et auto-sabordée (la dérision est la seule chose qui sauve le film de l’absolument irregardable, et je ne vois pas comment mieux s’en sortir que ne le fait Adam Driver).

      Coppola a-t-il devancé Sora au cinéma ? Cette esthétique n’est pas issue du « 3D-fond-vert » habituel. Si quelqu’un a déjà vu un film aussi radical en la matière, je voudrais vraiment savoir ce que j’ai loupé.

      Le mot « nanar » me vient aussi, un nanar d’un genre nouveau, peut être unique, peut être le premier d’une longue série, je ne sais pas.
      .

      Peggy

      J’y vais samedi. Je partagerai mon avis sans doute après. Cependant en lisant l’article des Cahiers de cinéma j’ai eu cette impression d’un semi remake de Metropolis. Un pote me l’a plus ou moins confirmer. Mais je préfère faire mon humble avis même si j’y vais à reculant car ça a l’air très propagandiste comme film. Mais j’espère bien me tromper …
      .

      Tony

      https://www.lemonde.fr/culture/live/2024/09/26/megalopolis-de-francis-ford-coppola-chef-d-oeuvre-ou-navet-posez-vos-questions-a-nos-critiques_6334586_3246.html

      • #71113 Répondre
        cornemuse
        Invité

        c’est un bug d’affichage encore ??

        • #71115 Répondre
          cornemuse
          Invité

          ah non, je viens de lire, c’est bon

        • #71116 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          Non, j’ai juste mis du texte en gras

    • #71117 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Je réponds ici à Charles, je n’ai pas encore lu les attaques de Leo :

      Oui j’ai vu (le twitter ciné américain était tout fou au moment de la sortie, à balancer des extraits de partout) et plutôt aimé. Beaucoup aimé le traitement de la tension et de l’action, je trouve cependant que le film se perd quand on rentre trop dans les motivations des personnages : on gagnerait à simplement supprimer la moitié des dialogues (ainsi que la fameuse scène du bus), à revenir au minimalisme qui fait tenir le reste. L’autre défaut est que plus l’histoire avance et plus la situation devient brouillonne (et non ambigue), on ne sait plus trop qui est qui, combien de flics sont dans le coup, qui a le droit de faire quoi… Enfin, quelques erreurs grossières de scénario (la fille qui se barre seule pendant l’incendie, les cartes mémoires que personne ne pense à copier, les flics qui semi tuent 40 fois la fille…) abiment l’aspect jeu d’échec, jeu d’échec dont on finit par se désinteresser tout à fait. Je n’ai aucune info sur la genèse de Rebel Ridge mais j’ai l’impression que Saulnier a débarqué sur un script parfaitement attendu et formaté Netflix sur lequel il a bricolé pour tenter d’en faire le Rambo intelligent de 2024. Ce n’est pas complètement réussi mais je salue la tentative.
      La force du film c’est son grand calme, comme on disait sur l’autre page : la mise en scène et le montage sont calmes, mais les personnages et ce qui se passe à l’écran aussi. Tout est très contenu et ça fait beaucoup de bien. J’aime aussi, plus annecdotiquement mais pas si facile à trouver de nos jours, les petits décalages qui font que de classiques scènes de genre aquièrent un caractère plus inédit : le héros badass mais tout le temps à vélo, sa volonté de ne jamais tuer personne…

      • #71128 Répondre
        Charles
        Invité

        Je suis globalement d’accord avec toi. Je relève aussi un autre truc appréciable et rare c’est qu’au bout de 30 minutes de film je ne sais pas du tout dans quelle direction le film va aller (après le premier deal passé entre Johnson et Pierre). Le film est beaucoup moins programmatique, pour le meilleur et pour le pire, que beaucoup de films d’action.

        • #71142 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Pareil : au bout de 30min je pariais sur un survival dans la forêt.

    • #71178 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Je réagis à la GO en indirect. En contrepoint à la mise en scène « marque au sol » qui empêche le naturel de l’inattendu, du malaise,…J’ai trouvé des mise en scène très « poseuses » qui évitent pourtant cet écueil. Je suis en train de regarder « to old to die young » et je viens de finir « Limbo ».
      Dans le premier, Refn étire tellement sa mise en scène qu’il se crée chez l’acteur bien autre chose que la simple information de scénario et découpage que l’ont pourrait craindre de sa prépa au millimètre. Il y a vraiment une valeur ajoutée du jeu d’acteur par sa singularité à habiller le temps et l’espace.
      Dans le 2eme, c’est la ville qui est le personnage principal et les acteurs ne font que se mouvoir ou se perdre dans cette fourmilière, leur comportement et leur jeu ne sont jamais « attendus », et même plutôt singuliers, dans le bon sens du terme.

      • #71186 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Ce n’est pas parce qu’un certain naturalisme choisit d’éviter les marques au sol que tout cinéma marqué au sol est à jeter.
        Hitchcock c’est très marqué au sol.

        • #71188 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Certes, d’où d’essayer de comprendre comment ceux-là permettent les accidents, la singularité, à l’intérieur d’un objet ultra maîtrisé.

        • #71221 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Par contre rien à voir mais tu me feras le plaisir de te plonger un peu dans la disco de Jeff Buckley (J’ai vu ton itw chez bruit qui panse)! L’avantage c’est que c’est vite fait! Je comprends ce que tu veux dire quand tu perçois déjà une énergie un peu sentencieuse dans l’extrait qui t’as été montré…mais le mec était comme ça h24, c’était pas un effort, une pose ou de la vanité, il était très connecté, sans filtre mais en même temps très introverti.

    • #71251 Répondre
      Guéguette
      Invité

      J’ai rattrapé Vermines et bien perdu mon temps. Félicitations au réalisateur qui a servi un produit dans les standards moyens américains pour une bouchée de pain, avec une petite touche d’humour. Son business plan a fonctionné et le voilà aux states, tant mieux pour lui. Maintenant reste à savoir s’ils l’ont choisi pour sa docilité ou son style…si c’est le style ils sont bien fait avoir. C’est étonnant à quel point le film n’est pas à l’aise avec l’horreur et la tension. Très peu de trouvailles, d’idées ludiques, et dès que ça se veut plus sérieux c’est ultra cliché et attendu. La dernière heure est une torture.

      • #71260 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        C’est marrant c’est exactement ce que je me suis dis dans la comparaison des films américains. Je n’ai pas compris non plus l’engouement de ce film alors qu’il y a tous les clichés possibles sur les rôles des personnages et cette fin si stupide. J’ai eu plus d’émotions devant Alien Romulus avec ses bêtes qui vont partout que dans Vermine (oui oui j’ose la comparaison ^^)

        • #71350 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Hello,
          Une nouvelle page ciné.
          Dulac cinémas me maile à propos de leur soirée d’ouverture de la saison (je suis dans leur fichier suite à l’achat d’une place en ligne pour un ciné club FB): E. Bellegueule en lecture à voix haute, Harari, un moyen métrage ’ best secrets…’ qui s’intéresse aux souvenirs/fantômes d’un gamer entre sommeil et fascination captive de son jeu, les journalistes du Papotin et une soirée Orlando, en novembre.
          Parmi toutes ces réjouissances, dont j’ai extrait une infime partie de l’offre, tu pourrais peut-être trouver, Peggy, des trucs à te mettre sous la dent lors de ton passage à Paris.
          J’en profite pour te demander ce que tu penses de l’opération Papotin, Peggy?
          Cette bande de journalistes dont le QG pourrait aussi être dans un des Cafés Joyeux, celui des Champs Elysées, par exemple.
          Je n’ai vu/entendu qu’un court moment avec une actrice il me semble, une fois, à Quotidien dans une chronique même sans doute, mais n’ai encore jamais suivi une interview en entier.
          Si tu suis un peu le Papotin, en recommanderais-tu un?
          Ou qqn.e d’autre ici parmi les sitistes?

          • #71351 Répondre
            Carpentier
            Invité
          • #71356 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            Alors je ne connaissais même pas cette émission et je vais surveiller ça. Merci pour la deciuverte. En tout cas c’est une belle idée. J’aimais bien l’émission micro trottoir de la chaîne 14 où ils lançaient un débat et parler avec les gens dans la rue. J’avais chercher où se passer cette émission je n’avais jamais trouvé l’adresse. Et c’est super si ça existe aussi dans un lieu café culturel car c’est ce qu’il manque cruellement. J’ai regardé les dates et malheureusement c’est hors les dates de mon prochain passage à Paris (du 17 au 19 octobre pour ceux que ça intéresse). J’ai moi même rendez-vous avec le club de l’étoile le 17 pour organiser un événement cinéma pour l’année prochaine. Mais j’en dis pas plus pour le moment car rien est sûr. Mais ça sera projection de films (la liste de Schindler et la Zone D’intérêt) plus débats. Je vous tiens au courant pour la suite 😏

            • #71360 Répondre
              Carpentier
              Invité

              hey hey, ça m’oblige ce scoop (merci, super chouette)
              La place Ch.2Gaulle restant pour moi, qui suis lilloise, un des hauts lieux où je touriste joyeusement.

    • #71270 Répondre
      tristan
      Invité

      Il est noir mais il a les yeux verts…(Schnoups à l’heure de Michel Audiard)

      Un nègre aux yeux verts ? Pourquoi pas ? C’est comme les patrons de gauche ou les poissons volants, ça existe mais ils ne constituent pas la majorité du genre ! Hurkhurkhurk !

    • #71273 Répondre
      Tristan
      Invité

      Ça devient un peu complexe tout ça.

    • #71339 Répondre
      lison
      Invité

      Des avis sur Dahomey ?
      J’en ai parlé en cinéma-page onze, et ça m’intéresse de lire vos impressions au cas où.

      • #71340 Répondre
        Charles
        Invité

        J’en ai fait l’éloge, page onze également.

        • #71385 Répondre
          lison
          Invité

          ah oui j’ai retrouvé, je ne partage pas ton enthousiasme.

          • #71418 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Bonjour Lison,
            et du coup, que s’est-il passé pour toi devant ce Dahomey, dis?
            (vais aller lire aussi un peu de la page ciné/forum FB précédente)

            • #71433 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Je me permets de rassembler ici certaines lignes déjà partagées à propos (si pas ok, pas sur la tête, pas sur la tête, noooon, svp – et 104 années de couloirs obscurs avec les œuvres beninoises, oui, ok, on sait)
              ….. / Charles
              Je recommande le documentaire de Mati Diop, Dahomey, à propos de la restitution au Bénin des oeuvres d’art pillées par la France. Court – 1h – mais original et évocateur. On y retrouve les réflexions décoloniales de Verges sauf qu’ici elles sont portées pour partie par des étudiants béninois lors d’un débat public sur la portée et le sens de cette restitution – on parle de 26 oeuvres sur plus de 7000. Les étudiants ne sont pas d’accord entre eux, certains trouvent que cette restitution a minima est une insulte, d’autres que c’est un début et enfin certains remettent en question le statut d’oeuvres d’art de ces objets cultuels et la notion occidentale de musée. J’ai été content de voir cette question vivement discutée dans toute sa complexité par les principaux intéressés et non par des intellectuels en France. C’est le cœur du film, ce qui est le plus fort, même si j’aime aussi cette incarnation originale d’une des œuvres par une voix d’outre-tombe en off, très originale et qui fait écho à certains propos des étudiants (notamment concernant le vaudou). Petite réserve, je trouve que Diop abuse des légers ralentis, quand elle filme la rue béninoise, ce qui appuie un peu trop le propos.

              françois bégaudeau
              Je comptais bien le voir

              Claude
              Vu également, mais je ne serais pas aussi élogieux concernant cette séquence où les étudiants viennent, en quelque sorte, apposer sur le film toute la réflexion sous-jacente liée au rapatriement des œuvres (Mati Diop préfère ce terme à « restitution »). Certes, la discussion est riche et apporte de nombreux angles de réflexion sur les enjeux contemporains concernant le rapport des peuples colonisés à une histoire et à des œuvres qui leur ont été arrachées. Cependant, je m’interroge sur la nécessité de rendre cette réflexion aussi explicite.

              C’est un choix clair de la réalisatrice de donner la parole à ces jeunes universitaires, car c’est elle qui a organisé la table ronde et en a été la metteuse en scène sur place. Pourtant, je trouve que cette deuxième partie manque de profondeur par rapport à la première, qui parvient à capturer des moments du réel où le colonialisme imprègne encore les relations entre individus. Par exemple, la scène de la montée des statues sous les ordres de l’homme blanc est suffisamment éloquente sans qu’il soit nécessaire d’insister avec des mots.

              J’ai eu la chance de voir le film en présence de Mati Diop, qui qualifie son œuvre de « manifeste politique ». Pourtant, je trouve que sa réflexion a du mal à dépasser une approche très institutionnelle des œuvres d’art, y compris en ce qui concerne la question de leur rapatriement. Le fait que la seule réflexion des Béninois dans le film émane de personnes travaillant au sein d’institutions comme les musées ou les universités m’interroge.

              Charles
              Je trouve ces échanges intéressants car ils sont riches, passionnés voire conflictuels et qu’ils viennent des Béninois et pas d’intellectuels occidentaux. Même s’il s’agit d’étudiants, ils ne s’expriment pas dans une langue d’universitaire, jargonnante et figée. C’est un débat très vivant et j’aime quand le cinéma arrive à saisir une pensée, une réflexion en mouvement.

              • #71434 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Bonjour,
                Le docu-fiction de Mati Diop m’a beaucoup plu.
                Pas la seule à être happée, de base, par ce lieu qu’est le musée chirac quai branly – où la claustrophobie me saisit dans l’heure qui suit mon arrivée – me suis laissée emporter par la narration de 26 dès les premières secondes.
                Encore un arrière-goût d’océan dans la bouche.
                C’est pas rien cette parole là, et que dire du plan où, comme on fond d’un cercueil, le noir complet se fait à l’écran et les 4 tours de perceuses viiseuses électriques ferment la boîte?
                Voir les oeuvres et le détail de leurs différentes matières, sous les angles des cadres de Diop est passionnant et j’ai notamment trouvé la place du vent dans ses plans – en particulier une fois au Bénin – complètement magique.

                • #71435 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  comme * au fond d’un cercueil

                  • #71438 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    et donc, les tiennes, Lison
                    …. J’ai vu Dahomey et j’ai trouvé ça assez superficiel et plutôt raté .
                    Ça va trop vite et en même temps on s’ennuie. La voix de l’œuvre, électronique, qui ressemble aux voix trafiquées qu’on utilise aux infos pour une personne témoin d’un truc qui ne veut pas qu’on la reconnaisse, c’est affreux, et tellement affreux qu’on entend même plus ce qu’elle a à nous dire. Et puis les œuvres restituées qu’on ne voit pas… c’est vraiment un choix curieux.
                    Ce que j’ai aimé mais qui va beaucoup trop vite : la préparation des œuvres en France pour leur transport, le soin mis pour les protéger et les placer dans les grandes caisses en bois puis leur déballage au Bénin, le débat entre étudiants ( avec des avis assez divers sur la restitution et notamment sur à qui profite t-elle ?), débat qui aurait pu devenir intéressant en prenant beaucoup plus de temps, et puis une situation : à l’arrivée au Bénin, les caisses sont transportées par des hommes noirs , guidé par un homme blanc aux mains libres …

              • #71440 Répondre
                Carpentier
                Invité

                … C’est un choix clair de la réalisatrice de donner la parole à ces jeunes universitaires, car c’est elle qui a organisé la table ronde et en a été la metteuse en scène sur place. / ….. est-ce M.Diop qui, justement, au sujet des dires sur la restitution à minima, prend la parole en tant que réal. (elle se présente ainsi) et exprime son total désaccord avec cette idée d’insulte.
                Sa parole-invitation à se bouger pour faire revenir le reste au pays est d’ailleurs accueillie bien moins intensément que son émotion à elle entendant cette réception-insulte.
                @François Begaudeau
                Dis-moi, Dahomey pourrait-il être candidat pour votre prochaine gêne o. ciné?

      • #71416 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bonjour,
        Le docu-fiction de Mati Diop m’a beaucoup plu.
        Pas la seule a être happée, de base, par ce lieu qu’est le musée chirac quai branly – où la claustrophobie me saisit dans l’heure qui suit mon arrivée – me suis laissée emporter par la narration de 26 dès les premières secondes.
        Encore un arrière-goût d’océan dans la bouche.
        C’est pas rien cette parole là, et que dire du plan où, comme on fond d’un cercueil, le noir complet se fait à l’écran et les 4 tours de perceuses électriques ferment la boîte?
        Voir les oeuvres et le détail de leurs différentes matières, sous les angles des cadres de Diop est passionnant et j’ai notamment trouvé la place du vent dans ses plans – en particulier une fois au Bénin – complètement magique.

        • #71417 Répondre
          Carpentier
          Invité

          *à (être happée)
          * perceuses-visseuses(/devisseuses) électriques

          • #72668 Répondre
            Carpentier
            Invité

            les figuiers-machin c’est mon prochain film ciné
            et en lieu et place du Joker 2 , j’attends Mickey 17, le Bong Jong hoo (première fois que j’écris ce patronyme sans en vérifier l’orthographe avant, on va bien voir, ça claque quand même de s’appeler comme ça)
            Mickey 17 ça doit êt’ quekchosssss

            • #72669 Répondre
              Carpentier
              Invité

              raté
              Bong *Joon-Ho
              bon,

    • #71369 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      J’imagine qu’on en a déjà parlé du film Rendez-vous avec Pol Polt et j’avoue je ne sais pas trop quoi en penser. Est-ce si bon de mélanger mise en scène image d’archives sur ce genre de film ? Pour ma part j’ai beaucoup de mal tout ce mélange que le réalisateur fait et qui peut nous faire perdre plusieurs fois. en tout cas moi j’ai absolument rien compris à part qu’un dictateur a tué des millions de genre pour croire à la création de sa nouvelle société. Ce qui fait froid dans le dos. J’ai l’impression qu’aussi il a voulu jouait avec le fait présent. Je ne sais pas. En tout cas comme l’île Rouge dans un autre film politique le jeu des acteurs m’ont beaucoup gêné sauf peut être lorsque Alain parle avec Pol Polt pour essayer de le faire réagir et de lui faire comprendre que ce n’est pas en tuant qu’il va réussir à sa construction de sa nouvelle société. En tout cas ça démontre bien à quel des propos de certaines personnes peuvent être déformés et être transformé en dictature comme d’avoir cité Marx à la fin du film. En tout cas le film m’a perdu et n’a pas réussi à me convaincre. Je ne sais pas et vous ? Dans le genre film politique j’ai largement préféré Interdits aux chiens et aux Italiens qui racontent parfaitement l’histoire des parents de mon père et La Zone D’intérêt bien sûr dans un tour autre style

      • #71383 Répondre
        lison
        Invité

        J’en avais dit quelques mots à sa sortie, je n’ai pas aimé ce film, sauf les scènes avec figurines et les images d’archives, pour le reste intrigue et jeux des acteurs ( Grégoire Colin et Irène Jacob en tête) c’est assez horrible.
        Je préfère très nettement ses films documentaires à ses fictions, et là un choix en particulier m’a gêné c’est que l’histoire dont il s’inspire est celle d’un groupe de journalistes américains qui dans son film devient une équipe de français. Comme par ailleurs il met en scène et raconte des faits réels autour du génocide, mêler ce truc faux à ces faits je trouve ça gênant, et pour quelqu’un qui comme Rithy Panh s’emploie à retracer un épisode de l’histoire de son pays c’est même un peu embarrassant.
        Mais l’ayant vu en rencontre à la sortie de son film, je l’ai trouvé un peu brumeux et par exemple un peu trop prompt à parler des z’extrêmes.
        Reste qu’il a réalisé un grand film : S 21.

        • #71388 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Merci pour ces éclaircissements Lison ! Je savais bien qu’il y avait un truc qui clochait et tu as trouvé les mots juste ! On le sent tellement que c’est faux et d’ailleurs on a comme l’impression que les acteurs le savent alors on sent comme tu l’as dis le côté gênant. Ça me rassure de ne pas être là seule à avoir eu le même ressenti

    • #71395 Répondre
      Cyril
      Invité

      Je suis sorti avant la fin de Megalopolis quand je me suis rendu compte que depuis un quart d’heure je ne regardais plus le film.
      .
      Mais ce que j’ai vu m’a suscité une réflexion. Je suis intéressé François par ton idée que le spectateur de gauche qui s’imagine devant Dune tenir un film de son bord politique se ment à lui-même et jouit en fait d’une imagerie guerrière et droitière.
      .
      Dans Megalopolis on pourrait de même se mentir en y voyant une critique de la décadence de l’Amérique, de la débauche des élites. Mais ça ne tient pas. Je ne pense pas que Coppola ait un regard critique sur ce qu’il filme mais qu’il en jouit. Peut-être aurait-il volontiers goûté de cette vie où les riches vivent sans frein. En témoigne ses comportements rapportés avec des femmes sur le tournage.
      De ce point de vue il n’y aurait pas que l’imagerie de l’ordre qui serait droitière au cinéma mais aussi celle de certains chaos, la guerre (c’était ta critique d’Avatar), et la débauche des élites (à rapprocher des derniers ouvrages de Sandra Lucbert).

      • #71399 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        On jouit toujours de ce qu’on filme. On fait des films avec ce qu’on filme, fort de ce qu’on filme.
        Non seulement la thématique de la « décadence des élites » n’est pas de gauche (les deux qui donnent le plus dans ce lexique sont actuellement Onfray et Branco, CQFD), mais en plus il est très courant, dans l’art, que la décadence soit un motif positif. Il y a même un mouvement qui s’appelle le décandentisme. Un écrivain comme Huysmans promeut la décadence comme moment de raffinement sensible (au fond les temps décadents seraient des temps d’apogée esthétique) . Un film comme Satyricon de Fellini ne se cache pas de jouir, de jouir érotiquement, de la Rome décadente. etc

        • #71402 Répondre
          essaisfragiles
          Invité
        • #71432 Répondre
          Cyril
          Invité

          Oui mais n’y a-t-il pas décadence et décadence ? Peut-elle être émancipatrice la débauche qui consiste à laisser libre cours à son pouvoir de domination ?

          • #71475 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ah je ne sais pas si c’est émancipateur. La question des décadentistes n’était pas celle là
            Chez Huysmans il s’agit d’abord de promouvoir une sorte d’hyperraffinement de la sensibilité – proche de la maladie nerveuse, d’ailleurs. Ce moment où la rationalité abdique devant la sensibilité. Un livre comme Mort à Venise peut entrer dans ce pli.

          • #71477 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            « Peut-elle être émancipatrice la débauche qui consiste à laisser libre cours à son pouvoir de domination ? »
            bien sûr, elle pourra par exemple être émancipatrice des diktats moraux illusoires.

            • #71508 Répondre
              Cyril
              Invité

              Je ne crois pas parce que cette jouissance va avec le maintient des « diktats moraux ». C’est Sade qui l’exprime le mieux. Il ne voudrait pas, par exemple, que la pudeur disparaisse, parce qu’elle est un ingrédient de sa jouissance.

              • #71657 Répondre
                Cyril
                Invité

                C’est d’ailleurs ce qui définit pour moi le libertin qui est un conservateur « paradoxal ». L’état des mœurs lui convient mais pas parce qu’il le pense fondé, seulement parce qu’il est nécessaire d’y avoir des normes pour qu’il puisse les enfreindre. Bonne nouvelle pour lui, avec Foucault, Lordon et toute la clique, on sait qu’échapper à la norme est impossible.

      • #71420 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Dommage de sortir avant la fin, tu as manqué le plan et l’écriteau final, auxquels j’ai beaucoup ri. Mais la question qui m’a taraudé rejoint précisément l’aspect « critique » dont tu parles, en lien avec ce « rire ». Je me suis en effet retrouvé dans l’étrange position d’avoir besoin de saisir « l’intention » de Coppola pour pouvoir juger son film — ce qui est peu souhaitable, on l’a souvent lu ici, et je suis d’accord. J’avais besoin de savoir si toutes les scènes où j’ai ri avaient vocation à faire rire. Je crois malheureusement, et son édifiante interview dans Le Monde en atteste, que ce n’est pas le cas : Coppola est assez premier degré. Il l’a d’ailleurs répété encore plus précisément ailleurs, reprenant presque mot pour mot le stupéfiant écriteau final sur lequel se clôt le film :

        « I’m going to tell you the message that the film gives: it’s a pledge, I pledge allegiance to our human family and all the species we protect, one earth, indivisible, with long life, education, and justice for all. That’s what the movie says. » (!!)

        Dans Le Monde, il dit : « J’ai été partout où il existait une utopie démontrable : à Arcosanti, à Curitiba, au Brésil… J’en ai retenu que plus une ville ressemble à la nature, mieux c’est. Plutôt que dans du béton, nous pourrions vivre dans des fleurs, des pommes de pin, des forêts – d’autant que l’on maîtrise, désormais, le génome des plantes. » (!!). Ensuite on repense à Megalopolis, et selon son tempérament ou son humeur, on rit ou on pleure, au choix.

        C’est donc principalement l’impression de visionner un nanar unique en son genre qui m’a fait, en réalité, tenir toute la séance. Et si l’on prend le film politiquement au sérieux, je ne sais même pas quoi dire… (on note au passage que la « décadence » est d’emblée montrée par des images de femmes et d’homosexualité féminine, dès les premiers plans du film et avec beaucoup d’insistance, etc…)
        .
        Sur un plan esthétique (au sens fort du terme, au sens du sensible), il me semble qu’il y a des pistes à creuser. J’ai parfois eu l’impression de visionner un film travaillé de l’intérieur par des neurosciences publicitaires, qui cherche à faire passer un message en provoquant une sorte de confusion sonore et visuelle, épileptique : par exemple la scène du « Colisée » avec son montage, ses effets visuels et sa répétition incessante du « When we leap into the unknown, we prove that we’re free » (qui plus est repris partout sur les bandeaux LED latéraux en bord de piste, etc…). C’est un film qui joue beaucoup sur les messages semi-subliminaux (on relève aussi le micro-plan sur Hitler incrusté au montage, la présence d’une croix gammée taillée dans le bois du tronc d’arbre sur lequel Shia LaBeouf monte avec son mégaphone, le Soleil Noir tatoué sur le front d’un autre, des drapeaux confédérés, des drapeaux rouges, etc…). Ça n’est pas du tout un film théorique, c’est un film très profondément sensible.

        De nombreux plans auraient pu être issus du prompt donné à une IA vidéo, type Sora. Il y a même, je crois, un plan où est volontairement laissée une sorte d’erreur de 3D typique d’une IA (Adam driver de dos glisse sur le côté de façon complètement non physique, dans un plan qui s’ouvre sur la ville rêvée de Megalopolis). On y sent ce côté profondément post-humain, des plans où l’on pourrait trouver les fameuses « mains à six doigts » typiques des IA vidéos, où l’humain n’est plus simplement représenté à l’aide d’une machine mais par la machine.

        Ce film me paraît donc porter une esthétique beaucoup plus profonde (volontaire ou non peu importe) que les films « futuristes » utopiques ou dystopiques plus convenus. Je la trouve nanardesque, certes, mais elle n’est pas à prendre à la légère. Au fond, je crois que ce film m’a vraiment troublé au sens où il m’inquiète. Il m’a bien plus inquiété qu’un Dune 2 (que je n’avais pas aimé non plus), au sens ou Dune 2 est plus attendu. Dune 2 m’avait plutôt consterné, c’est différent. Il m’inquiète plus qu’une vidéo Sora car son ampleur, l’ampleur de sa profusion-confusion, est incomparable.

        • #71512 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          Question annexe : puisque je remarque que Coppola est peut-être beaucoup plus considéré comme un has been total que je ne le pensais (et comme l’immense salle absolument pleine à craquer de ma séance ne me le laissait croire), y a-t-il des films un peu méconnus de lui qu’il faudrait voir? Donc hors Conversation Secrète, les Parrains, Dracula, Apocalypse (déjà vus, quoiqu’il y a un peu lontemps).

          Michel Ciment dans l’intro à un entretien avec le monsieur dit que Rusty James vaut le coup, est-ce vrai? J’admets avoir vu Tetro après Megalopolis et c’est en effet très… inégal, pour le moins.

          • #71513 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            Jack et Rusry James sont peut être les films de Coppola que j’apprécie le plus. Par contre je sens que demain soir devant le film je vais encore pouffer de rire quand je lis vos critiques. La séance promet (ou pas ^^). En tout cas j’ai tendance à dire que je crois que l’année 2024 est la pire de cette décennie pour le moment niveau blockbuster…

          • #71515 Répondre
            Charles
            Invité

            J’aime plutôt Peggy sue s’est mariée – que je préfère à son remake français – et dans mes lointains souvenirs Cotton club est divertissant. Mais rien de majeur. Le reste ne vaut pas le coup.

            • #71519 Répondre
              Tony
              Invité

              Dans mon souvenir l’idéaliste avec Matt Damon était pas mal,Tucker aussi mais pas vu depuis très longtemps,ce qui est dommage avec son dernier,que je n’ai pas du tout envie de voir, c’est toutes ces interviews qu’il a données et dans lesquelles il pontifie comme un vieux con un peu sénile, a-t-il toujours été comme ça ou est-ce la vieillesse?

              • #71522 Répondre
                Seldoon
                Invité

                L’idéaliste est avec les jardins de pierre un de ses films les plus convenus. Et Coppola s’y révèle étonnament à l’aise, comme à la maison.

                • #71525 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  A vous lire, on se remémore qu’en fait ce mec a fait, depuis trente ans, énormément de films, et, à contrario de sa légende de cinéaste fauché ou marginalisé par les studios, des films très couteux (Cotton club et Dracula par exemple ça doit couter quelques bras)
                  En somme le mec fait plein de films avec plein de moyens pendant 40 ANS (!!) et à 25 ici on n’est pas foutus de dénicher là dedans un truc vraiment bien
                  Même le Parrain 3 suscite une sorte d’élusion polie.

                  • #71530 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Si Coppola avait commencé le cinéma en 1980, je pense que personne ne le prendrait très au sérieux aujourd’hui.

                  • #71531 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Il a tenté toute sa vie de construire son autonomie à l’abris des studios, en alternant périodes de « ruine personnelle » et de gros jackpots. Ce qui fait qu’il est souvent revenu la queue basse vers les studios où il a en général été très bien accueilli. Je dis autonomie, mais comme pas mal de ces cinéastes il n’a jamais vraiment choisi s’il voulait être auteur de petits films expérimentaux pour 12 spectateurs ou créer la nouvelle MGM.
                    Comme artiste il a tout donné dans sa décennie d’or, ensuite il a été bouffé par le gigantisme et a perdu toute sa vitalité. Enormement de ses films personnels ont un côté Mank : ça repose sur des couches et dosages de références et de genres. Ca donne quoi si je fais mon équipée sauvage en noir et blanc, ma comédie musicale des années 50 mais années 80, mon métropolis mais numérique…

                    • #71532 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      (Comme on le sait l’autonomie en question fut finalement atteinte par l’entrepreunariat classique, avec des vignes, un resto…)

                      • #71534 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Oui et hormis Megalopolis ses films depuis 20 ans ne sont pas très couteux.

                      • #71535 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Mais quand on compare sa filmo depuis les années 80 avec celle de Scorsese ou même De Palma, c’est pas vraiment en sa faveur.

                      • #71537 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        C’est sûr. Pour moi c’est dans les années 80 que l’entrepreneur a pris le dessus sur le cinéaste.
                        Dans les années 2000 ses films en tant que réalisateur sont revenus à des petits budgets, mais il a surtout produit. Dont sa fille, dont Marie Antoinette.

                      • #71551 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Et ont quand meme un budget vingt fois supérieur à un Letourneur

                      • #71560 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Alors Tetro c’était du cinéma indé à l’américaine (15 millions) mais pour le reste on est quand même sur des ordres de grandeur comparables à Letourneur : Twixt 7 millions, l’homme sans âge 5 millions quand Letourneur tourne entre 1 (surtout) et 3 (Enorme) millions. Il est vraiment venu à des petits budgets. Je n’en ai vu aucun malgré un DVD de Tetro qui dort chez moi depuis 10 ans.

                      • #71564 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Tetro est clairement le meilleur de la période.

                  • #71585 Répondre
                    Mais moi c’est léo
                    Invité

                    perso je trouve Dracula vraiment bien

              • #71584 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                @tous merci pour ces éclairages et suggestions.

                @Tony je me pose la même question. Pour ce qui est de son côté un peu « fou », j’ai trouvé hier ces propos à la fin de l’entretien de 1982 avec Michel Ciment :

                Je ne suis pas exactement un savant fou, mais quelqu’un que les gens ne comprennent pas et qui utilise alors son pouvoir pour les contrôler. Tout cela me préparera pour une œuvre majeure que je veux réaliser dans le futur, qui ne s’intitulera pas « les Affinités électives », mais en sera l’émanation. Déja le système a toutes les notes pour ce projet, toutes les références. Il attend simplement que je lui dise quoi en faire…

                Parle-t-il à votre avis de Megalopolis? Pour ce qui est du « système », il le dit plus tôt dans l’entretien, c’est un « laboratoire secret » relié à une « bibliothèque de 10000 volumes » et avec lequel il écrit son « scénario avec ordinateur » (le tout dans son ranch de Napa Valley). Il l’appelle aussi « salon de la créativité ».

                Je comprends un peu mieux, rétrospectivement, mon sentiment en séance devant Megalopolis….

                • #71593 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  On en parle rarement mais la plupart des cinéastes du nouvel hollywood étaient défoncés, toutes sortes de drogues,Scorsese était pas le dernier et Coppola fume encore pas mal d’herbe si on en croit ceux qui ont travaillé sur Megalopolis, d’où des déclarations délirantes comme celle là et, pour le meilleur,un film comme Apocalypse Now.

                  • #71609 Répondre
                    I.G.Y.
                    Invité

                    Ah, s’il y a ça aussi dans la balance…

                    Je mettrais quelques pièces sur le LSD, dans ce cas.

            • #71520 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je suis loin d’avoir tout vu. Comme tout le monde j’adore ses années 70, après ça s’effondre… mais je ne vois pas ce que cette filmographie aurait pu faire d’autre après une telle décennie. Je conseille quand même Tucker, qui permet de bien saisir le bonhomme, Coppola s’identifiant/s’idéalisant dans le personnage éponyme.

    • #71400 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Au fond tout ça est déjà au travail dans Apocalypse now, film décadent.

      • #71403 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Film dont le tournage lui-même a beaucoup ressemblé à ce qu’on voit à l’écran.

    • #71405 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      « décadence* un mot que j’aimais bien dans ma jeunesse et que j’utilisais souvent car je trouvais que ça sonnait bien. Du coup je vais le raiiler de mon vocabulaire ….

    • #71410 Répondre
      Titouan R
      Invité

    • #71411 Répondre
      Titouan R
      Invité
      • #71412 Répondre
        Charles
        Invité

        Qui est un peu l’avis de tout le monde sur le film. Le Masque en dit la même chose, par exemple, à l’exception de Leherpeur.

        • #71422 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Ne pourrait-on pas faire un livre sur la bêtise bourgeoise dont le seul matériau (involontaire) serait les critiques de Leherpeur ?

          • #71436 Répondre
            Carpentier
            Invité

            🤣 sacré Xav

            • #71437 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Et on ferait de même avec le comique estimé involontaire de mes posts ici?

      • #71413 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        La baise « en contrôle » et les pulsions qui déplacent leur objet de désir : hôtel de luxe, bussiness class, marbre, coiffures permanentées, porno chic façon « How to spend it ». L’obscénité décor.

        • #71423 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Pas vu le film et ne le verrai pas, principalement pour cela, qui transparait dans la bande-annonce : des personnages qui circulent dans des lieux qu’ils n’habitent pas. L’hôtel est un lieu deterritorialisé et deterritorialisant. Il faudrait voir si des films ont véritablement investi les hôtels, comme lieux habités. Si quelqu’un-e a des recommandations (autres que Shining et The grand Budapest hotel, qui me semblent hors-jeu malgré leur cadre annoncé)

          • #71424 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Sur cette deterritorialisation, je pense à William W. et son Inconsistance structurelle de la bourgeoisie. Tout y était si bien dit

            • #71487 Répondre
              Claire N
              Invité

              La deuxième partie, je trouve, de la GO sur Tar se rapproche peu être de ce que tu évoques ?

              • #71490 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Je vais rattraper Tar puis cette GO. Merci

                • #71510 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Oui Tar fait ressentir ce que vivre hors sol peut signifier, signifier vraiment, signifier sensoriellement (et par suite moralement).

          • #71425 Répondre
            Zyrma
            Invité

            je viens de voir les Rendez-vous d’Anna de la rétro Akerman où 3 chambres d’hôtel sont très utilisées (même si Anna n’y passe qu’une nuit), c’est peut-être ce qui sauve le film à mes yeux (et les dialogues)

          • #71426 Répondre
            MA
            Invité

            Peut-être le doc Dreaming walls sur le Chelsea Hotel.

          • #71429 Répondre
            essaisfragiles
            Invité

            Peut-être Le silence, de Bergman.

          • #71439 Répondre
            Schnoups
            Invité

            Je ne comprends pas ce que tu entends par « deterritorialisé et deterritorialisant », à part vouloir dire que des gens passent sans l’habiter. Ce qui est effectivement le cas dans un hôtel, sauf pour ceux qui y travaillent. Difficile de voir une façon d’habiter un hôtel qui soit ordinaire puisqu’on ne peut pas véritablement habiter un hôtel comme on habite une location ou une propriété.
            Il y a le cas de Florida Project, avec l’habitat précaire, éphémère, incertain du motel et l’habitat plutôt étrange pour une employée dans Hôtel, de Jessica Hausner.

            • #71441 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Le cas de Polnareff aussi, pour être bien française, et de Jeanne & Jacques qui habitent une chambre pour leur première enroulade, souvenons-nous.
              Habiter un endroit pourrait aussi reposer sur ce qu’on y vit, y fera, moins se baser sur le temps qu’on y passe, non?

            • #71442 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Et puis il y a surtout les hôtels sociaux.
              Je travaille aussi auprès de pas mal d’enfants dont les familles sont concernées aux portes de Paris.
              On s’est d’ailleurs partagé cet été les vêtements à laver de quelques ados tant leur mère – le plus souvent – ou eux-mêmes ne faisaient plus face à la petite quantité de vêtements qu’ils avaient et aux chaleurs dans lesquelles le sport et les sorties se faisaient.

              • #71443 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Ces films restent à faire.

            • #71445 Répondre
              nefa
              Invité

              @Schnoups
              « puisqu’on ne peut pas véritablement habiter un hôtel comme on habite une location ou une propriété »
              La sous-location dans les HLM, peut-être. Avec son lot des valises, de sac poubelles remplis de vêtements, sept dans deux pièces. Pourtant j’entends tout de même que ça habite. Mais je te le concède : sans les formes. Ou pour dire simple: à l’arrache.

            • #71447 Répondre
              diegomaradona
              Invité

              @Shnoups, habiter n’est pas loger

              • #71449 Répondre
                Carpentier
                Invité

                en effet, merci
                d’où mon pas si éloigné [Habiter un endroit pourrait aussi reposer sur ce qu’on y vit, y fera, moins se baser sur le temps qu’on y passe, non?] quelques posts plus avant

            • #71455 Répondre
              Titouan R
              Invité

              Zyrma/MA/essaisfragiles : merci pour les conseils.

              Schnoups : tu fais bien de me rappeler à l’imprécision de ma formule. Mais en gros, ma demande de recommandations portait sur des films pour qui l’occupation des lieux serait un enjeu premier, et qui mettraient en tension celle des gens qui y travaillent et celle de ceux qui y dorment. Un film où, par exemple, les premiers enfreindraient la règle de ne pas déranger les seconds, où l’on verrait du heurt entre les chronologies des un-es et des autres

              • #71458 Répondre
                Anna H
                Invité

                Je pense à Dans la ville blanche d’Alain Tanner ou encore Bird People de Pascal Ferran.

                • #71484 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  Pascale Ferran

              • #71462 Répondre
                Schnoups
                Invité

                Donc tu es bien sur l’idée d’un hôtel dont l’usage serait dénaturé, d’où la tension.
                Pour le reste de la troupe, l’idée c’était pas de disserter, mais de comprendre ce que Titouan voulait exactement.
                De plus, la définition d’habiter se basant sur ce qu’on fait dans un lieu et pas sur le temps qu’on y passe me semble fausse, à moi qui sans ironie aucune suis peut être trop au premier degré. Le temps est un facteur important, le temps qu’on passe sur un lieu, comment on l’occupe et le temps qu’on projette sur le lieu.

                • #71464 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  Merci Anna

                • #71466 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  Et Schnoups, ton propos était plutôt. Je te conseille plutôt de ne pas trop tenir compte de ce qu’écrit Diego, troll se piquant d’être arbitre des élégances intellectuelles

                  • #71467 Répondre
                    Titouan R
                    Invité

                    *plutôt clair

                    • #71470 Répondre
                      Schnoups
                      Invité

                      Merci Titouan, je connais bien la bête, c’est pour ça que je ne le lis même plus. Je répondais surtout à Carpentier, qui se jette sur un post comme mon petit chat sur ses petites croquettes.

                      • #71479 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        miaow

                • #71471 Répondre
                  nefa
                  Invité

                  @Schnoups
                  Mais en « dissertant », n’y avons nous pas d’une certaine façon contribué ?
                  Quant au temps qu’on y passe, même trois-mois pourrait avoir son importance.
                  Petits faire.
                  Petites heures.
                  Tensions s’il en faut.
                  Gardiens sous-locataires dans le cas que j’ai évoqué.
                  Ou autre exemple : qui s’expriment par des volets toujours clos.
                  Et désolé pour la non frontalité de nos interventions.
                  Petit sédentaire va !

              • #71473 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                L’Enfer, de Chabrol, n’a pas pour sujet l’hôtellerie mais la jalousie, toutefois l’intrigue se déroule dans un hôtel – espace à priori propice à l’infidélité – dont les gérants sont les protagonistes. Le lieu devient le théâtre de la psychose du personnage masculin – l’idée que sa femme s’envoie tout l’hôtel. Je te le recommande (comme je recommande tous les Chabrol que j’ai pu voir).

              • #71485 Répondre
                Juliette B
                Invité

                Je pense que ta demande est toujours très imprécise Titouan. Peut-être parce que tu ne dis pas de quelle interrogation elle vient. En conséquence les réponses seront larges , très larges., trop larges. Ca patine dans la choucroute je crois. Mais si tu y trouves ton compte, tout va bien.

                • #71491 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  Ma demande était volontairement large. M’est juste venu que l’hôtel pouvait être un lieu passionant, mais que je n’avais en tête de scène marquante où le lieu même serait crucial.
                  Avoir 12 recommandations, même si mon temps ne me permet que d’en picorer 2, me convient.
                  Désolé pour avoir généré cette choucroute.
                  Pour me racheter, Thomas VDB et le pain mouillé

                  • #71506 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    « ma demande de recommandations portait sur des films pour qui l’occupation des lieux serait un enjeu premier, et qui mettraient en tension celle des gens qui y travaillent et celle de ceux qui y dorment. Un film où, par exemple, les premiers enfreindraient la règle de ne pas déranger les seconds, où l’on verrait du heurt entre les chronologies des un-es et des autres« 
                    On dirait que tu décris la série The White Lotus

                  • #71509 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    [puisqu’on parle de vieux croûtons et de pain mouillé] – bon sang mais c’est bien sûr: ia l’hôtel, ia la plage, ia l’été de porcelaine, ia maman, et surtout:
                    … l’occupation des lieux serait un enjeu premier, et qui mettraient en tension celle des gens qui y travaillent et celle de ceux qui y dorment. Un film où, par exemple, les premiers enfreindraient la règle de ne pas déranger les seconds, où l’on verrait du heurt entre les chronologies des un-es et des autres. / ….

          • #71444 Répondre
            Carpentier
            Invité

            On y trouvera surtout, dans les films, des persos en cavale, tous les persos qui veulent disparaître des radars ou qui, suivant le scénario, fomentent un meurtre ou un casse.
            Le psychopathe en tout genre (encore souvent masculin dans les fictions, oui) en est plutôt bon client.

            • #71472 Répondre
              Juliette B
              Invité

              « Mais en gros, ma demande de recommandations portait sur des films pour qui l’occupation des lieux serait un enjeu premier, et qui mettraient en tension celle des gens qui y travaillent et celle de ceux qui y dorment. Un film où, par exemple, les premiers enfreindraient la règle de ne pas déranger les seconds, où l’on verrait du heurt entre les chronologies des un-es et des autres ».

              Shining (un peu pour rire j’avoue)

              • #71478 Répondre
                Carpentier
                Invité

                …. Si quelqu’un-e a des recommandations (autres que Shining et The grand Budapest hotel, qui me semblent hors-jeu malgré leur cadre annoncé) / …

                et avec ce post-ci, on a donc un chat qui se jette sur la gamelle vide

                • #71480 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Lost in translation
                  Hôtel Marigold ( le 1er)
                  Hôtel du Nord

                  • #71483 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Sais-tu que je n’ai jamais visionné le culte Hôtel du Nord en intégral?
                    Déjà bu pas mal d’expressos à son bar actuel, mais jamais vu le film.
                    Pas pressée.

              • #71492 Répondre
                Titouan R
                Invité

                J’avais écarté Shning d’emblée, anticipant cette blague 😉

                • #71497 Répondre
                  Justine
                  Invité

                  Melancholia

                • #71505 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  C’est vrai Titouan, tu avais anticipé. En vérité j’ai pensé en tout premier à la petite chambre d’hôtel où habite au quotidien Patricia. Son toit un court temps réinventé par une autre temporalité.

    • #71558 Répondre
      adamou
      Invité

      Salut! A ceux qui sont familiers du cinéma d’Akerman, je voudrais savoir par où commencer

      • #71597 Répondre
        Ostros
        Invité

        Jeanne Dielman
        Je, tu, il, elle
        Portrait d’une jeune fille de la fin des années 60 à Bruxelles
        .
        Je cherche les autres de sa filmo, si jamais tu les trouves, fais-moi signe stp.

        • #71631 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Il y a une rétro Akerman en ce moment + expo au Jeu de Paume.

          • #71639 Répondre
            Anna H
            Invité

            Pour ma part, j’ai commencé par ses premiers films, parmi lesquels je recommande Saute ma ville (1968), La chambre (1972), mais surtout Je, tu, il, elle (1974) et Jeanne Dielman (1975). Je connais moins bien la suite de son travail, mais j’ai beaucoup aimé D’est (1993), une déambulation dans plusieurs pays de l’ex-URSS et son dernier film sur sa mère rescapée d’Auschwitz, No Home Movie (2015), réalisé juste avant son suicide.

            • #71641 Répondre
              Anna H
              Invité

              La chambre est en ligne ici :
              https://ok.ru/video/2544138979999

              • #71643 Répondre
                Anna H
                Invité

                Et puisqu’il s’agit ici d’un lent panoramique à 360°, j’en profite pour signaler le très beau court-métrage de Pierre Creton, House of Love (2021). Il fonctionne selon le même principe mais la caméra y explore successivement 3 maisons différentes :
                https://www.on-tenk.com/fr/documentaires/intime/house-of-love

                • #71649 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  Une fois est coutume, je valide toute la liste d’Anna H.
                  Et comme je connais mieux qu’elle la suite de son travail, je rajoute Toute une nuit, L’homme à la valise et surtout La Captive, d’après la Prisonnière de Proust.
                  En revanche, Un Divan à New York est à éviter absolument – sauf si on aime voir des films complètement ratés.

                  • #71662 Répondre
                    Hervé Urbani
                    Invité

                    Peut-être est-ce un oubli, ou un excès d’humilité en raison du titre, mais je viens de constater qu’il manque Les Rendez-vous d’Anna dans la liste des très bons films d’Akerman

            • #71732 Répondre
              lison
              Invité

              J’ajoute Sud et aussi son autoportrait Chantal Akerman par Chantal Akerman dans la série Cinéma de notre temps.
              Et dans ses derniers films, La captive.
              J’avais aimé aussi son livre sur sa mère : Ma mère rit.

              • #71733 Répondre
                lison
                Invité

                Et pour ceux qui habitent Paris, l’expo au musée du Jeu de Paume :

                Chantal Akerman

                • #71738 Répondre
                  Anna H
                  Invité

                  Tu l’as vue ?

                  • #71824 Répondre
                    lison
                    Invité

                    Eh non je ne vis pas à Paris, mais j’essaierai peut être d’y aller en fin d’année.

          • #71660 Répondre
            adamou
            Invité

            Oui, je pense que les films de la rétro seront ensuite trouvables en ligne

      • #71829 Répondre
        MA
        Invité

        Pour compléter, il y a Les nuits de France culture du samedi 28/09 qui lui sont consacrées.

        • #71831 Répondre
          Anna H
          Invité

          Merci, je note.

    • #71659 Répondre
      Daniel Conversation
      Invité

      Nouvel épisode de la race occasionnée sur Mégalopolis :

      • #71661 Répondre
        chokbar de bz
        Invité

        ahahahaha c’est quoi ça

        • #71663 Répondre
          Tony
          Invité

          Au bout de 3 minutes on entend drame du grand remplacement commis par un maghrébin sous oqtf…

          • #71664 Répondre
            chokbar de bz
            Invité

            c’est Durendraciste

            • #71666 Répondre
              csp+ bobo woke qui pense mal car ma nourriture intellectuel est mégalopolis
              Invité

              c’est pas regelegorila, c’est Regelegrosfacho

        • #71665 Répondre
          Guez
          Invité

          Mais Guez que c’est

      • #71667 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        La gêne occasionnée du 3ème reich j’adore ahaha. J’ai un peu écouté, il survole le film comme Luftwaffe de la Wehrmacht.

    • #71729 Répondre
      Jules
      Invité

      Hello,

      Je suis en train de suivre une rétrospective de Rabah Ameur-Zaïmeche à Bruxelles et j’aime beaucoup (merci François pour m’avoir fait découvrir ce réalisateur).

      Je me demandais, François : est-ce que tu connais, et si oui est-ce que tu apprécies, le cinéma de Fien Troch ? La Cinematek de Bruxelles organise également en ce moment une rétrospective de ses films.

      • #71731 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Grâce à lui j’ai découvert Bled Number One. Un véritable coup de coeur !

        • #71806 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Inconnu total
          TU as des titres à recommander?

          • #72578 Répondre
            Jules
            Invité

            J’ai vu « Home », que j’ai beaucoup aimé !

            • #72584 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              ok
              tu saurais comment voir ça?

              • #72665 Répondre
                noir extatique
                Invité

                Être écrivain mondialement connu en France, ne préserve pas de l’angoisse d’une question restée sans sans réponse.
                En tapant « Home Fien Troch » sur google, on apprend qu’on peut se le procurer ici
                Jules j’espère ne pas subir tes foudres en te préemptant la réponse.

      • #81807 Répondre
        Cynthia Lennon
        Invité

    • #71767 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour Murielle Joudet le nouveau Joker est le plus beau film de l’année avec Furiosa
      critique de Théo Ribs, pour quelque chose comme le plus beau film de l’année et le retour du cinéma adulte.
      J’ai vu le film dans la salle Warner, là où j’ai vu Furiosa, les deux grands films de l’année : même émotion provoquée par le montage, le mixage, la musicalité du film, la texture et l’épaisseur infinie du son et de l’image, l’impression d’être protégée, prise par la main par une armée de techniciens qui savent faire naître une émotion de la précision, du travail, d’une compréhension intime des références remuées (c’est plus le Taxi Driver de Bernard Herrmann qui hante le film) et du genre réinvesti, ici la comédie musicale qui carbure aux larmes et à l’énergie noire, comme si cela devait être la dernière comédie musicale du monde, un post-Fred Astaire animal triste. Comme si l’imaginaire était toujours un piège tendu à la réalité et pas l’inverse.
      Et Joachim Phoenix, filmé comme d’autres ont filmé Ingrid Bergman. Quelque chose qui n’en finit plus de se défaire et de se démaquiller, de retomber sur sa vérité : bref, un visage.

      Bon, c’est peut-être la salle Warner qui est juste bien foutue.

      • #71879 Répondre
        cornemuse
        Invité

        « le retour du cinéma adulte » Alors que les fans de la franchise sont en majorité des adolescent pubère incel

        • #71880 Répondre
          Charles
          Invité

          Ca je ne pense pas du tout ou alors seulement pour l’âge mental. Ca fait depuis longtemps que ce genre de films attire bien au-delà des ados, d’ailleurs les références du premier (Valse des pantins, Taxi driver etc.) n’évoquent rien pour les moins de 20 ans. Joker a été fait justement pour appâter une autre clientèle que les fans de Marvel.

          • #71882 Répondre
            cornemuse
            Invité

            Les films de scorsese que tu viens de citer sont au contraire des référence pour les moins de 20 ans, comme globalement tout le pole « film de ganster  » d’hollywood, le parrain, taxi driver, scarface ect (tous ne sont pas des films de ganster mais c’est le même imaginaire) et cet imaginaire est a la base de la pensé incel, dont le film originel est Fight club, (voir matrix)
            Tape litter
            Après oui, des trentenaires fan de ce genre de film ça existe, mais après des trentenaires qui flotte dans cette imaginaire esthétique la ça existe aussi
            Petite expérience pour comprendre: tape « literally me » sur google ou youtube

            • #71883 Répondre
              cornemuse
              Invité

              désolé pour la faute au milieux

              • #71886 Répondre
                Charles
                Invité

                La valse des Pantins, référence des moins de 20 ans, en 2024? J’aimerais le croire. Quand j’étais au lycée dans les années 2000, personne ne l’avait vu et seulement quelques uns connaissaient Taxi driver. Je doute que ces films soient devenus plus populaires auprès de ce public avec le temps.
                Au contraire de Scarface, beaucoup plus mythique, notamment en raison de sa violence et de GTA.
                Je rappelle que Joker a été un quasi triomphe critique, encensé même par les Cahiers, ce n’est pas du tout un film calibré pour les ados.

                • #71902 Répondre
                  cornemuse
                  Invité

                  Les jeunes incels sur internet ( il n’y aucun moyens de vraiment connaitre leurs ages mais au vu des contenu posté je pense qu’il ne dépasse pas (qu’il ne dépassait pas au moment ou ils ont posté leurs créations) la vingtaine) postent des edits « literally me », des vidéo composé d’extrait de films montrant des hommes seul et désespéré dans lequel ils se projetent avec en fond de la musique triste ou grave (little dark age, alone again, perfect girl, chambers of reflection, after dark) et tout un lexique comme chad ou doomer pour après s’apitoyer sur leurs propres sort dans des obscurs forum en ligne.
                  Un dérivé de ça serait les edits avec de la musique « little dark age », qui se compose en deux temps, la première partie des images contemporaines pathétique et ridicule sont montré, et quand la musique s’envole des images d’un temps fantasmé ou les hommes était encore viril, habillé comme dans peaky blinders sont exposé fièrement.
                  C’est un trou sans fond d’internet qui date au moins de cinq voir dix ans.

    • #71768 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je remets ici le post de IGY après sa vision des Graines du figuier sauvage (mon dieu quel titre de merde)

      « On n’a pas encore évoqué ici Les Graines du Figuier Sauvage. Je crois avoir rarement vécu une telle expérience de scission entre mon opinion sur le sujet d’un film, ou plutôt sa « thèse », — le soutien à la révolte iranienne —, et mon opinion sur le film. Décalage renforcé par mon incapacité totale à applaudir à la fin de la séance au contraire des trois quarts d’une salle bien remplie. C’est ce qui me pousse à en parler — on sent le type à deux doigts de s’allonger sur un divan.

      J’aimerais avoir le ressenti de ceux qui peut-être ici connaissent le cinéma iranien — je n’ai vu que deux ou trois superbes Kiarostami, mais c’est une autre génération. François expédie le Figuier Sauvage en trois mots à la fin de la dernière GO. Je me suis dit qu’il exagérait peut-être. J’ai donc voulu voir.
      .
      Le film repose quasi intégralement sur son scénario, lui-même fondé presque en totalité sur des dialogues explicatifs et lourds. Ces derniers m’ont plombé, détruit. Cet échec est-il dû au caractère clandestin du film, à la menace concrète du régime sur le tournage et son réalisateur? Cette question est née et s’est nourrie de mon ennui. Or si l’on sen tient aux dialogues, cette hypothèse tient peu: le film est au contraire politiquement frontal dans son propos, la critique du régime n’est pas sous-entendue — et je ne le blâme pas pour cela, loin s’en faut. Mais ces pressions politiques sont-elles la raison pour laquelle même les dialogues sont aussi peu concrets? La raison pour laquelle aucune scène ne montre concrètement le père en situation dans son travail, aux prises avec le régime? Aucune scène de discussion de couloir, de machine à café, aucune scène de débats avec des collègues (les quelques moments avec son unique ami-collègue sont très pauvres)? Ceylan filme cinq ou six personnes qui débattent de leur travail dans une salle des profs en plan fixe pendant 5 minutes dans Les Herbes Sèches. Cinq personnes et une salle, c’est un dispositif accessible à un tournage clandestin. La preuve : le dispositif majoritaire du film, c’est 4 personnes dans un appartement. La scène de « débat » avec le père lors du repas de famille à quatre dans l’appartement est difficile à regarder.

      J’ai souvenir d’un dialogue entre la mère et une amie dans la voiture, où est évoquée une distinction entre un individu qui serait « enlevé par les forces spéciales » et « enlevé par des forces en civil » — « ah, si c’est par des forces en civil, on ne les reverra pas de si tôt ». Voilà un détail intéressant. Il y a si peu de choses de cet ordre dans le film. Pas convaincu du tout, pour ma part, que cela soit dû aux petits moyens et aux pressions politiques. La charge contre le régime et son caractère patriarcal est déjà très rude (cf. la toute fin du film!).
      .
      Puisqu’il s’agit d’un long métrage qui repose sur sa narration, j’ai été très gêné par ses faiblesses régulières. Les pseudo doutes du père quant au Régime évoqués au début ? Peu exploités, oubliés presque aussitôt, rétrospectivement assez artificiels. Peu concrétisés par des scènes de sa vie réelle hors du foyer, comme évoqué plus haut.

      Au cours de la scène finale, lorsque les trois personnages féminins s’échappent, cette « séparation en trois groupes de un » comme dirait Bigard, semble aberrante et purement fabriquée — d’autant que l’une des trois possède une arme. Et j’en passe, j’en passe…
      .
      Si je devais sauver à tout prix quelques points, je trouve assez forte la scène où la mère retire les billes de chevrotine du visage tuméfié de Sadaf. L’idée (certes mal amenée) d’un père qui reproduit littéralement un système carcéral à petite échelle dans la maison de campagne est intéressante. Puisque rien n’est montré du régime, puisqu’un tournage plus ambitieux est matériellement empêché (grandes scènes avec des figurants dans la rue, grands tournage dans un tribunal, etc…), recréons le régime au sein même du foyer. Ça me plait. Autre bonne idée : la fille qui apprend à charger l’arme de son père sur YouTube.

      Le fait que le père soit bel et bien tué à la fin est à mettre au crédit du film — d’autant que la raison n’est pas, pour une fois, péniblement explicitée par des dialogues mais purement suggérée dans le plan (la question de la bague au doigt du geôlier et au doigt du père). Deux possibilités : soit elle pense carrément que son père est le geôlier, soit elle pense a minima que le geôlier est en lien professionnel et politique avec lui. Cette deuxième possibilité minimale est même une certitude. La première, qui reste une hypothèse, serait la plus forte. Je ne crois pas que le film tranche ce qu’elle a interprété. »

      Je suis d’accord avec tout ça.
      Je suis quand même plutot agréablement surpris de ne pas m’etre trop ennuyé. Quelques ambivalences m’ont tenu – par exemple l’ambivalence patriarcale centrale plutot bien mise en oeuvre ici : je te protège pour te séquestrer, je te séquestre pour te protéger. En général tout ce qui ici décline la dichotomie extérieur-intérieur me parait bien foutu (le jeu sur les cadres des fenêtres). Autre ambivalence intéressante : certes c’est le régime qui opprime les femmes, mais ce même régime est d’une certaine manière opprimé par lui même : il dépérit du verouillage qu’il instaure. Ce père est une victime de sa tyrannie. Il fait du mal mais aussi se fait du mal.
      A part ça il se confirme que Rasoulof est un cinéaste très moyen. N’es pas très cinéaste. D’abord parce que trop bavard, trop explicite et démonstratif, comme tu le dis (le jeu des acteurs est évidemment pénible, rendez moi Kiarostami). Plus généralement par cette façon de ne jamais s’en remettre au cinéma (manque de foi). Partout il faut qu’il rajoute des couches de dialogue mais aussi de scénario (la dernière heure est comme la redite exacerbée de tout ce que raconte la première). Inversement il expédie plein de scènes où du cinéma aurait pu avoir lieu, s’il voulait bien prendre le temps de la faire, de la faire vraiment.
      Je crois que sa situation en Iran l’a forcé à épurer son film, et ça lui a fait du bien. Mais le même vraiment libre nous aurait fait un truc boursouflé. Merci les mollahs? Je n’ose le dire.
      J’aime comme toi le gros plan sur la fille éborgnée que soigne la mère (pour une fois la matière parle toute seule), mais la musique alors ajoutée, si connement, signale définitivement un cinéaste mal assuré de son cinéma. Le genre à faire quatre cadres là où un suffirait (pour peu qu’on le pense, et qu’on y croie). Et à faire un film de 2h48 qu’un Franco aurait ramassé en 1h20 (c’est vraiment un film qu’on a envie de remonter, tant sa situation est bonne)

      • #71921 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Globalement d’accord avec toi, les points négatifs m’ont sans doute empêché d’apprécier les ambiguïtés que tu ajoutes. Très en accord avec cette idée d’un remontage possible.

        Pour le titre, je serais moins sévère, non pas pris « en tant que tel », mais couplé à la petite description introductive (sur son mode de pousse particulier. C’est assez beau quand on l’imagine. Cela dit je n’ai réussi à vérifier cette étonnante information nulle part)

    • #71840 Répondre
      Lacombe Lucien
      Invité

      Sur Megalopolis, je n’ai pas trouvé beaucoup de textes qui abordaient l’aspect politique du film. C’est quand même une histoire de grands hommes, plus exactement celle d’un grand architecte dandy et génial qui domine la cité depuis les cimes du Chrysler, rêvant seul à une utopie pour tout un peuple qu’il ne voit presque jamais, entouré de femmes tantôt libidineuses et fatales, tantôt douces et maternelles — femmes qui se taisent quand leurs hommes se lancent dans d’indigentes palabres philosophiques où ils ne citent que des poncifs (Marc Aurèle, Shakespeare…). Et, même si le film est souvent « drôle », absurde et grotesque, on sent bien que tout ça est très sérieux, que Coppola a une réelle admiration pour Cesar, dans lequel il se projette sans doute. Plus le récit évoluait, plus j’avais la désagréable sensation d’un film profondément démophobe, drapé dans des intentions soi-disant nobles. Il n’y a qu’à voir la vitesse et la facilité déconcertante avec laquelle Clodio, le rival « populiste » de Cesar, endoctrine une foule d’anonymes. Et puis j’ai trouvé cette fin très anxiogène, d’autant plus qu’elle est présentée, au premier degré, comme heureuse : cette Megalopolis, qu’on dirait sortie de l’esprit d’un Elon Musk ou d’un Jeff Bezos, qui ressemble à tous ces récents concepts de cités futuristes (comme « The Line » en Arabie Saoudite) est juste hideuse !

      • #71861 Répondre
        Louis Malle
        Invité

        Salut Lucien, comment vas-tu depuis que tu es mort ? Je vois que tu te mets à regarder des films, c’est heureux. On me signale d’ailleurs qu’on peut voir ta bobine jusqu’au 10 novembre sur Arte.

      • #71932 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        S’il y en a peu, c’est sans doute parce que même les vrais défenseurs du film doivent plus ou moins se rendre compte que cet aspect (essentiel) est en effet très pauvre, voire pathétique. Un peu comme dans le récent entretien vidéo de Josué Morel (Critickat) : on s’y concentre avant tout sur certains aspects esthétiques et formels. S’il apprécie tant le film, on le voit, c’est qu’il y trouve beaucoup d’éléments formellement inattendus et ludiques.

        Pourquoi pas, mais c’est tout de même très restrictif.

        • #72057 Répondre
          youvgotnoidea
          Invité

          Ridicule ce genre de critiques quand même. Je ne sais pas si Josué apprécie reellement le film, en tout cas, pour sûr, il avait déjà décidé qu’il allait adoré le film avant même d’aller le voir, parce que Coppola, parce que politique des auteurs, parce que un de ses cinéastes dinosaures d’adolescence préférés, avec lesquels il a probablement construit sa cinéphilie, etc etc.
          Et il n’y pas de mal à ça, moi même j’ai de la sympathie pour quelques vieux briscards américains qui tournent toujours, mais quand c’est mauvais je sais dire que c’est mauvais. Or là, je le soupçonne d’avoir passé sa séance à rechercher les éléments sur lesquels il allait rédiger sa défense. Comme un avocat oui, mais surtout comme un marvelien qui recherche ses easters eggs dans chaque production marvel pour compenser le trop peu de cinéma. Un film-jeu de piste pour fans.
          C’est dommage car bien que le film soit honteusement raté sur certains points, il me donne beaucoup à penser, sur Coppola lui-même, le vieil homme qu’il est devenu, son regard idiot et bourgeois sur l’actualité ; les chaînes télés sur lesquels il zappe, de Bloomberg tv à CNN news ; sur l’évolution de l’amérique, de Steve Jobs et ses clones qu’il a vu émerger et réjouir le monde avec la technologie à Donald Trump qu’on préfererait mieux pendu par les pieds hein ; sur son statut de patriarche de la famille Coppola et ses probables rich kids de petits-enfants et autres neveux embarrassants ; petits-enfants dont lorsqu’il en a la compagnie doivent probablement lui raconter les exploits de leurs héros marvel préférés, d’où Adam « Iron Man » Driver qui arrête le temps, etc etc.
          Bref, un film uniquement intéressant comme exercice psychologique, pour essayer de bâtir un portrait du Francis retraité new yorkais d’ajd.

          Sinon, un jeu marrant, après avoir écouté l’entretien de Critikat, je me suis amusé à trouver d’autres réals qui auraient pu faire exactement ce même Megalopolis, et comme ça je pense à Chazelle évidemment (que j’ai déjà cité en commmentaire), Ang Lee, Lanthimos qui aurait avalé un Zemeckis au ptit dej, Spielberg, une fusion entre Gilliam et M.Mann ?, Taika Waititi, des versions un peu plus sensibles de Snyder et Singer, et la liste est longue…

        • #72085 Répondre
          Lacombe Lucien
          Invité

          En effet, la question politique est totalement éludée. Grosses œillères bien rembourrées. Contrairement au cinéma d’aristocrate dont parlait François à propos d’Albert Serra et Pacifiction (film tellement, mais tellement plus riche), on est là face à un cinéma franchement autoritaire. Même formellement je trouve le film assez pauvre, voire carrément laid. Toutes les « trouvailles » n’en sont pas vraiment, ce sont surtout des emprunts à différentes techniques de l’histoire du cinéma : surimpressions, iris, split-screen, prismes, kaléidoscope… du jamais vu ? Le triptyque en hommage à Abel Gance peut-être ? C’est pas parce que le film les enchaîne sans reprendre son souffle qu’il les invente, ces formes. On peut apprécier une certaine gourmandise sur ce plan, mais parler d’innovation ? Rien que cette année Lanthimos était au moins aussi gourmand avec Poor Things ! À la limite je rejoins Josué sur le côté incongru et amusant de certains choix d’Adam Driver, qui offrent de belles respirations.

          • #72122 Répondre
            youvgotnoidea
            Invité

            On est d’accord, j’ai également aimé de nombreuses idées ou scènes du film et tout n’est pas faux dans ce que dit Josué, c’est juste que 1) j’ai du mal à pardonner les défauts du film qui me rendent Coppola un brin pitoyable et 2) concernant Josué, y’a pas à mentir comme ça, il faut accepter que le dernier film de Coppola n’est pas le grand film messianique que l’on se voyait déjà mettre à la première place de son top 10 2024, par posture, c’est aussi ça grandir.

        • #72131 Répondre
          dako
          Invité

          Je vole à la rescousse très modestement de Josué dans cette vidéo, dont on peut du moins supposer l’honnêteté. Qu’il ne soit pas arrivé vierge devant le film de toute prédisposition, qu’il l’ait regardé d’abord en « voulant l’aimer », je pense que c’est la chose la plus commune du monde lorsqu’il s’agit de cinéastes qu’on aime. Que ce regard ait ensuite pesé sur son amour pour le film, c’est encore une fois me semble-t-il la chose la plus commune du monde. Le regard qu’on pose sur un film est évidemment fait – aussi, mais pas seulement – des prédispositions qui l’accompagnent. Il n’en reste pas moins que cet amour est vrai, et qu’il l’argumente. Seulement les arguments qu’il brandit – passion pour la logique formelle du film, sa joie créatrice, sa bizarrerie – laissent indifférent la plupart des gens sur ce site sensibles à d’autres choses. Du reste, pour ceux qui suivent Critikat et le travail de Josué, il n’est pas du tout étonnant qu’ils aient aimé Megalopolis (leur ligne n’est pas du tout bégaudienne, même si les goûts peuvent se croiser). J’ajoute pour finir que j’ai moi-même adoré le film.

          • #72137 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

             » passion pour la logique formelle du film, sa joie créatrice, sa bizarrerie – laissent indifférent la plupart des gens sur ce site sensibles à d’autres chose »
            Je suppose donc que pour toi le bégaudisme (que tu prêtes aux gens d’ici) serait indifférent à la joie créatrice, à la bizarrerie, à la logique formelle. Je suppose qu’à tes yeux le bégaudisme consiste à un naturalisme teintée d’exigence sociale. C’était d’ailleurs la vision (au bas mot réductrice) de Josué quand il m’avait interviewé. Il disait : en gros ta critique consiste a trouver du marxisme dans les films.
            Ce qui ne se vérifiera pas dans 9 Gene sur 10
            Mais de fait on ne voit pas pourquoi pas pourquoi Josué, qui ne s’intéresse pas beaucoup au réel d’un film, s’intéresserait au réel de mon travail critique.

            • #72183 Répondre
              propater
              Invité

              Tu parles de cette interview-ci ? https://www.critikat.com/panorama/entretien/francois-begaudeau-critique-materialiste/

              Je ne me rappelle pas de cette critique à ton égard dans ses questions, c’est resté en off? (ou alors c’est un sous-texte qui m’a échappé, ce ne serait pas la première fois)

              • #72436 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Je suis intéressé par la réponse à la question de Propater, car j’ai le même souvenir que lui de la lecture de cet article.

                Sinon, la comparaison avec Poor Things est intéressante. Je n’avais pas trouvé Poor Things particulièrement réussi, moins que d’autres Lanthimos, mais je dois constater ceci quant à mon ressenti en séance : j’ai été plus « tenu » par Megalopolis. Assez largement pour de « mauvaises » raisons (fasciné-sidéré par le fait qu’on ait pu dépenser 120M de dollars pour faire ça), mais sans doute aussi, et c’est l’autre face de la pièce, par le fait que c’est un film où l’on sent à chaque instant que tout peut arriver (y compris formellement). Je ne suis pas ressorti de Poor Things hébété ni catastrophé, mais il m’a moins tenu.

            • #72191 Répondre
              dako
              Invité

              J’observe que l’honnêteté de Josué n’est plus remise en cause, ce qui est déjà un bon point – et la moindre des choses. Ensuite, je dirais que tu vas aussi vite sur son compte et le mien que moi sur le compte du forum : trop vite. Je ne parlerai pas pour lui, qui se défend déjà assez bien dans ses textes, mais on ne peut pas dire de lui, ni de Critikat dans son ensemble d’ailleurs, qu’ils se désintéressent du réel. Au contraire, leur souci principal est justement la matière du film. En écoutant les vidéos, en lisant les textes, on peut au moins reconnaître qu’ils vont toujours au contact du film en des termes rigoureux (descriptions de scènes, de plans, de raccords, etc.), qu’ils partent de sa matière pour en tirer quelque chose. Dans le cas de Megalopolis, ça parle volontiers de montage, de mouvement, de composition, de construction du film et des scènes, de jeu d’acteur, de son, de rythme, de ruptures : autant d’éléments qui ne me semblent pas non plus négligeables et qui font la matière du film. Tout le monde ici est d’accord pour dire qu’un film n’est pas discours : celui-là, en particulier, n’est pas qu’un discours non plus sinon il n’aurait effectivement aucun intérêt. La différence se jouerait peut-être dans le fait que la sensibilité de Critikat s’étend à des auteurs qui ne mettent pas nécessairement cette matière au service de la « captation du réel » (on y célèbre autant Weerasethakul que Spielberg, pour prendre deux exemples extrêmes). On pourrait parler du coup d’élasticité de la sensibilité plutôt que de sensibilité elle-même.
              Enfin sur l’entretien rapidement, en le relisant on voit bien que le mot de marxisme n’est jamais prononcé, que le problème du réalisme/naturalisme occupe 3 questions sur 30 à la fin et qu’il est développé en des termes beaucoup plus intéressants que ce que tu laisses entendre.

              • #72446 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Je n’ai pas dit que c’était dans la transcription de l’entretien, mais je me souviens très bien de Josué me disant ça, et moi devant le démentir.

                Je crois qu’à la gêne nous sommes tout aussi élastiques que Critikat
                Ou alors je crois que l’élasticité dont tu parles vient peut etre aussi d’une certaine façon de survoler les films
                Si on peut tout dire des films, alors il devient possible de se raconter qu’on aime une chose et son contraire.

                • #72487 Répondre
                  dako
                  Invité

                  Ok pour l’entretien, je te crois sur parole. En tout cas, ça ne transparaît pas du tout à l’écrit, c’est déjà ça.
                  Encore une fois je pense qu’il suffit de lire certains textes de Critikat (notamment sur les films qu’ils aiment), pour apprécier justement le fait qu’ils ne « survolent » pas les films, mais ça ne nous mettra pas d’accord visiblement.

                  • #72496 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Critikat, non. Josué un peu plus, non?
                    Son texte sur le dernier Spielberg m’avais laissé pantois par son abstraction.

                    • #72501 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Quand je regarde leur vidéo critiques j’ai l’impression d’entendre des critiques lambda qui vont pas plus en profondeur que ça et quand c’est un grand nom on dirait qu’ils osent pas le critiquer. Ou alors je me suis faite cette réflexion y a quelques jours. C’est aussi le premier film de beaucoup de jeunes cinéphiles de ces réalisateurs qui ont marqué le cinéma et du coup ils confondent expérience plutôt que critique objective. Enfin simple impression

                      • #72520 Répondre
                        dako
                        Invité

                        Leur travail vidéo est probablement moins intéressant que leur travail écrit, c’est vrai. Reste que, pour ce genre de format, on va à mon avis un peu plus au contact du film que chez d’autres. Les vidéos sont sûrement trop courtes pour affronter réellement un film, mais ce qui est dit m’intéresse le plus souvent. Pour ce qui est des grands noms, encore une fois je suis d’accord pour dire qu’ils arrivent devant les films avec certains a piori, mais comme tout le monde. Ils ont du reste, dernièrement, été déçus (ou plus partagés) par les derniers films de certains cinéastes qu’ils apprécient (Scorsese, Mann, Shyamalan, Dumont, Wang Bing, Wiseman, Eastwood, etc.) et au contraire surpris par d’autres (Serra, Ceylan, Wes Anderson, …).

                    • #72518 Répondre
                      dako
                      Invité

                      Peut-être. Disons que Josué aime la théorisation, c’est indéniable. Mais il me semble que, même dans l’article sur Spielberg, il ne part pas de rien et n’écrit pas dans le vide. Les idées viennent de la matière du film (d’une coupe, d’une ellipse, d’un cadrage), décrite dans l’article, pour ensuite monter en abstraction. Ça travaille à mon avis dans le bon sens. Ça essaie peut-être de penser trop vite, mais quand même : les descriptions sont là, pas mal détaillées, ce que je trouve assez rare dans le champ de la critique écrite.
                      Je précise pour être honnête que je défends aussi la team Critikat parce que je les connais. Comme on arrive peut-être pas vierge devant un film – pour reprendre la question de départ -, on arrive pas vierge non plus devant une critique. Ceci dit j’apprécie sincèrement leur travail.

                      • #72522 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Très clairement c’est très différent entre l’oral et l’écrit. Ceci dit j’ai discuté avec Saad Chakali du film Le Nouveau Monde de Terence Malick et je sais pas comment il a fait mais il a réussit à rendre dans une écrite du film qui est pour un chef d’oeuvre sa critique écrite (qui fait 39 pages) àune critique orale. Mais la critique dure trois heures et je me demande combien de gens ont pu aller jusqu’au bout. En tout cas perso j’adore ce genre d’échange où ça peut durer des heures. J’aime laisser mon invité parler. Et c’est encore plus fort quand Saad Chakali a reconnu mon côté anarchiste et qu’il a compris directe pourquoi j’aimais Malick même si ses oeuvres restent très inégal. Ce genre d’échange j’adore. Mais après c’est clair on a chacun sa manière d’utiliser youtube et c’est ça aussi la richesse de cet outils. Merci pour cet échange en tout cas.

                      • #72526 Répondre
                        dako
                        Invité

                        Je vais écouter cet échange avec plaisir ! J’ai déjà regardé certains de tes débats avec François, toujours intéressants ! C’est forcément plus précis et développé quand on s’autorise une plage de discussion plus longue.

                      • #72556 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Merci à toi pour ton regard. Le plus frustrant lors de ces échanges c’est lorsque ton invité n’a pas un bon micro comme c’est son cas à chaque fois. J’espère qu’un jour quelqu’un lui offrira un micro ^^

          • #72160 Répondre
            Lacombe Lucien
            Invité

            @dako : sur la logique formelle, la joie créatrice et la bizarrerie, c’est certainement l’aspect le plus réussi du film, mais ça ne suffit pas à en faire un bon film. Déjà car, comme je le disais plus haut, il n’invente pas grand-chose, que d’autres films récents se sont montrés au moins, si ce n’est infiniment plus, inventifs — dans le genre foisonnant j’ai mentionné Lanthimos, mais dans le genre œuvre testamentaire monumentale d’un auteur à peu près contemporain ou en tout cas du même acabit que Coppola, la comparaison avec Twin Peaks: The Return de David Lynch me semble inévitable. Je ne me lancerai pas dans une comparaison développée mais, pour revenir à l’aspect politique (qui n’est vraiment pas anecdotique dans Megalopolis puisqu’un message très clair y est lourdement asséné) : Megalopolis est autoritaire et surplombant tout en se parant d’humanisme là où Twin Peaks est ancrée et fascinée par les humains qu’elle montre. Étrangement, le film de Coppola se clôt sur une note plus ouvertement « optimiste » que la série de Lynch, mais je trouve cet optimisme de Guide Suprême de l’Humanité beaucoup plus angoissant que la fin irrésolue et glaçante de Twin Peaks.

            • #72200 Répondre
              dako
              Invité

              C’est drôle, Poor Things, qui s’inscrit effectivement dans un certaine bizarrerie, me paraît infiniment moins inventif que Megalopolis, beaucoup plus calibré. Je trouve son étrangeté très lisse ; elle repose sur deux-trois idées (décors fantasques, fish eye et jeu fantasque), et ne varie plus une fois qu’elle est installée. On pourrait d’ailleurs être un petit peu de mauvaise foi et dire que l’accueil réservé aux deux films parle pour eux : Oscars pour Poor Things, chienlit pour Megalopolis. Au contraire de Poor Things selon moi, Megalopolis part dans toutes les directions en même temps et c’est ça qui me le rend passionnant. Quand je le voix, ce sont moins des comparaisons cinématographiques qui me viennent en tête que musicales. Je regarde Megalopolis comme j’écoute The Life of Pablo par exemple, de Kanye West : c’est 10 ruptures par chansons, une liberté, une souplesse, qui trouve sa propre logique de se casser de se relancer sans cesse. En regardant le film, j’ai l’impression qu’il se construit librement, devant moi, sans même que Coppola y soit pour quelque chose. J’ai l’impression d’un lâcher-prise total et jusqu’au-boutiste au bon vouloir de l’inspiration, de l’intuition (érigées en valeurs cardinales, quasi spirituelles). C’est le même sentiment devant Lynch : une joie créatrice qui va seule où bon lui semble. En ce sens, je ne trouve ni Coppola ni Lynch autoritaires. Evidemment, il y a des discours sentencieux et bêtes dans Megalopolis, mais qui ne me semblent pas du tout être le cœur du film : au contraire, ils sont constamment dépassés, noyés par autre chose, une idée qui advient et dépasse ce qui est dit, emmène le film autre part. Dans les mouvements de foisonnement les plus intenses (triptyques, surimpressions à la Epstein, etc.), je me suis même surpris à ne plus regarder les sous-titres, à me laisser aller purement aux images. Le film alterne d’ailleurs ces moments de foisonnement avec d’autres plus ingrats, mais qui d’une part sont toujours perturbés par un événement formel (exemplairement : la lumière qui baisse et qui remonte lors de la joute de citations chez Adam Driver et Natalie Emmanuel, pour citer une scène a priori plus plate), et d’autre part participer de la logique informe globale du film. Ainsi l’on passe d’un triptyque sensoriel à un champ-contrechamp plus plat, à une transe de surimpressions, à des zooms et dézooms abrupts, à des plans savamment composés, à du montage classique, expérimental, tout à la fois. Tout est dans tout dans Mégalopolis : une image sublime peut se superposer à une autre d’un absolu mauvais goût. Et le film avance comme ça, libre, souple, extraordinairement malléable, et toujours d’une précision extraordinaire dans ses effets (le moindre son paraît minutieusement ajusté pour organiser ce grand n’importe de quoi de ruptures et de visions). C’est en ça qu’il me passionne.

              • #72201 Répondre
                dako
                Invité

                J’ajoute, pour compléter la comparaison avec Kanye West, qu’en l’écoutant peu m’importe qu’il déblatère des conneries sur le pouvoir, le sexe, l’argent ou lui-même : c’est une expérience d’abord musicale. Dans Megalopolis, pareil.

              • #72676 Répondre
                Monami
                Invité

                Peut-être tu aurais du faire attention aux sous titres car ce que raconte l’histoire s’ajuste parfaitement à son esthétique : un démiurge visionnaire au dessus des masses et de la politique qui balance de sa tour d’ivoire son génie à la plèbe (c’est le cas de le dire). C’est très éculé comme imaginaire, comme est logiquement très éculée l’image des femmes qui va avec : je passe sur l’évident sexisme, mais un média qui ne le mentionne pas n’a tout simplement rien à faire de ces questions là, pas la peine après de faire des professions de foi féministes purement symboliques.
                L’essentiel du film pour moi est là : la plupart des scènes sont des dialogues ampoules, platement filmés et mal joués. Comment passer outre cette évidence et dire que c’est un chef d’œuvre ? Ça me dépasse.

                • #72689 Répondre
                  dako
                  Invité

                  Je comprends ton commentaire (notamment sur la question du rapport aux femmes, qui m’a probablement le plus dérangé au premier visionnage, et qu’on retrouve d’ailleurs chez la plupart des cinéastes de cet âge). On retrouve aussi un idéal familialiste cher à Coppola, et une foule d’obsessions typiques du cinéaste, plus ou moins archétypales. Seulement la plus grande obsession de Coppola, pour moi, c’est son obsession créatrice et la joie débordante qui s’en dégage (en revoyant Megalopolis, chez moi, ça l’emporte sur tout). C’est ce qu’augurait déjà Apocalypse Now dans les années 70 et que confirme la bascule Coup de Cœur : on tend désormais vers un idéal expérimental revendiqué, mêlé de restes du classicisme. Un film comme Dracula me semble très annonciateur de Megalopolis : un film complètement baroque, à l’imaginaire peut-être éculé (amour éternel et jeunes filles en fleur) mais totalement dépassé par le déluge narratif (des embardées du récit complètement lunaires, du conte gothique au mélodrame, au film d’horreur, au film d’action – voire de kung fu sur la fin) et formel (les incessantes visions souvent commentées) qu’il propose. Megalopolis vient de là et pousse la logique encore plus loin, jusqu’à verser dans quelque chose de plus informe encore mais que je trouve passionnant, comme je le disais plus haut. Pour moi c’est assez clair que Coppola ne pense pas en idées politiques, en personnages, en lignes narratives : il pense en visions, il voit des images qu’il veut retranscrire à l’écran, et la joie qu’il a de le faire déborde dans Megalopolis. C’est un formaliste pur jus. A ce titre, je suis diamétralement en désaccord avec ton dernier point, qui est effectivement essentiel. Où tu vois des scènes platement filmées et mal jouées je vois de l’invention partout.
                  Je comprends qu’on déteste le film, mais c’est toujours un peu dommage de renvoyer ceux qui l’aiment à une présupposée mauvaise foi ou à de l’aveuglement (voire à de la bêtise). C’est pour ça que je voulais apporter mon grain de sel dans le concert de huées : je tiens qu’il y a de nombreuses raisons d’aimer Megalopolis, qui ne tiennent ni du fantasme, ni de la cécité, ni de la mauvaise foi.

                  • #72734 Répondre
                    monami
                    Invité

                    « rapport aux femmes qu’on retrouve d’ailleurs chez la plupart des cinéastes de cet âge » non seulement cet argument n’en est pas un, mais en plus il est faux. Et ce n’est pas un argument moral à côté du reste : c’est au centre de l’imaginaire du film.
                    99% des scènes du film sont là pour raconter quelque chose. Or ce qu’elles racontent est nul, grotesque et bête. Les rares scènes dites « expérimentales » sont des espèces de montages qui épousent le trouble du personnage principal quand il est drogué ou après s’être fait tabasser. Super, je me serais cru chez Jacques audiard.

                    • #72736 Répondre
                      dako
                      Invité

                      Pour le rapport aux femmes, ce n’était pas un argument pour défendre Coppola, juste une observation. Je ne trouve honnêtement pas beaucoup de cinéastes de cette génération qui ne versent pas dans un imaginaire vieillot de ce point de vue là. Aux Etats-Unis en tout cas personne, en Europe très difficilement, sûrement ailleurs (je pense à Hou-Hsiao Hsien). Certains cinéastes ont toujours été plus féminins – Lynch – ou essaient de le prendre en compte sur leurs derniers films – Scorsese – mais ça aboutit rarement à des personnages passionnants (même si beaucoup plus émouvants) : on sent toujours le vieillard derrière. Et ça n’excuse personne, ni Coppola ni tous les autres.
                      Pour le reste, on est trop éloignés pour se mettre d’accord.

    • #71862 Répondre
      nefa
      Invité

      Bonjour,
      avez-vous vu le film « l’homme sans passé » d’Aki Kaurismäki ?
      je me suis senti avec ce film comme l’Israélien
      en voyage d’affaire à Paris
      père de deux petites filles laissées à Tel Aviv
      qui
      devant bfm lui annonçant que 200 missiles sur 200 ont été interceptés par le dôme de fer
      est apaisé
      ayant moi-même connu un sdfat de 10 ans
      je n’ai pas craché sur l’affect
      sans doute avais-je besoin de ce calme
      pour penser
      – et mon peu de culture cinématographique –
      puisque aurait pu seoir à Éden
      l’esthétique de cet on-habite-les-vieux-wagons
      or pendant la projection
      qui fut suivi d’un débat
      deux femmes très habillées
      au bord des larmes
      ont cru à un moment qu’elles allaient se lever et quitter la pièce
      tellement la simple évocation de la vie dans un squat leur paraissait insupportable
      film peu réaliste
      et déjà trop pour elles

      • #71938 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Avant-hier,dans le métro, un gars et une fille s’enquièrent l’un de l’autre au sujet des derniers films vus au ciné:
        Et le dernier d’Audiard?
        vu hier, oui, et j’ai appris un truc de ouf ce matin, tu l’as vu, toi?
        – pas encore non, qu’est-ce t’as appris?
        – un pote m’a dit que tout est tourné en décor artificiel, c ouf, j’croyais au moins que les scènes au Mexique c’était réel, une histoire de budget peut-être je sais pas, le mec a tout fait à Paris, quoi. / ….
        Quelqu’un ici qui saurait peut-être un peu à propos de cette histoire?
        Effectivement, ça intrigue quand on voit le film (après jamais été au Mexique non plus mais bon)

        • #72018 Répondre
          nefa
          Invité

          comme c’est bourrinement demandé, j’allume un spot
          il s’agissait d’explorer le hiatus entre ce qui se passe banalement dans un squat et la façon (safe) qu’a eu l’auteur de l’investir
          simultanéité d’un temps encore vivace (pour moi) et d’un autre anesthésié
          de cette rencontre naquit une joie
          inopinément doublée d’une émotion sincère suscitée par la réaction de deux femmes
          mystérieusement triplée par la sérénité éprouvée à envisager un client bfm
          enfin la forme interrogative du début est une forme stylistique employée par un de mes camarades de sixième qui lui valu d’obtenir 10/10 à sa première rédaction
          et qui était : « Connaissez-vous Chanteloup-les-Vignes ? »

        • #72098 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Tourné entièrement dans des studios Ile-de-France
          et ça se voit

    • #71874 Répondre
      Charles
      Invité

      Le grand n’importe quoi du tournage de Megalopolis : https://www.ecranlarge.com/films/news/megalopolis-coppola-aubrey-plaza-tournage-infernal

      (où j’apprends que les personnages principaux s’appellent Wow Platinum et César Catilina, ce qui devrait empêcher toute personne saine d’esprit de prendre au sérieux le film)

      • #71877 Répondre
        cornemuse
        Invité

        Coppola, qui aime beaucoup les histoires de « tournages cultes où le film a failli ne pas se faire avec des anecdotes folle » (à voir le Konbini/Vidéoclub sur lui), racontera sûrement dans trois ou quatre ans, s’il est encore là, le tournage de Megalopolis en exagérant certains détails.

        • #71922 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je me demande si Coppola est pas le Carax américain.
          Beaucoup de mousse autour des films, des tournages, de la malédiction qui pèse sur le cinéaste maudit, et pas de films.
          Oui Coppola c’est Carax + Conversation secrète.

          • #71923 Répondre
            essaisfragiles
            Invité

            Carax qui n’a jamais su trancher entre littéralité et symbolisme.
            D’où une certaine emphase démonstrative et un peu creuse.
            On peut en dire autant de Coppola ?

            • #71924 Répondre
              Tristan
              Invité

              Je me demande si Coppola est pas le Carax américain.
              Beaucoup de mousse autour des films, des tournages, de la malédiction qui pèse sur le cinéaste maudit, et pas de films.
              Oui Coppola c’est Carax + Conversation secrète.

              • #71927 Répondre
                cornemuse
                Invité

                Je me demande si Coppola est pas le Bégaudeau américain.
                Beaucoup de mousse autour des livres, des shitstorm mysogine, de la malédiction qui pèse sur l’écrivain de gauche maudit, et pas de livre.
                Oui Coppola c’est Bégaudeau+ Conversation secrète

              • #71929 Répondre
                essaisfragiles
                Invité

                J’ai écrit « symbolisme ». « Onirisme » conviendrait mieux.

            • #71930 Répondre
              Tony
              Invité

              J’aime assez Carax et son goût pour le cinéma muet,un cinéma qui n’a pas besoin des mots pour exister,ni d’idées philosophiques.

              • #71991 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                « ni d’idées philosophiques »?
                ce ne peut etre de Carax que tu parles
                il y a des films muets très bavards
                inversement il y a des films dont l’abondance de parole est précisément là pour contrer le sens, et la philosophie
                avec Carax j’ai donc toujours eu l’impression d’une dissertation en images

    • #72468 Répondre
      trou noir
      Invité

      Je partage ici un entretien qui ressemble assez au format micro ciné avec Samir, où est discuté du handicap au cinéma.
      On notera que Youtube a été bien plus prompt à me proposer la discussion avec la gars du JDD.
      D’où ma modeste contribution ici.

      Rayon décallé – cinema et handicap

      • #72479 Répondre
        Ostros
        Invité

        Tu as la chance de t’être sur le seul espace en ligne fréquenté non pas par un mais par les deux intervenants de cette vidéo. François évidemment, et PeggySlam.

        • #72484 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Merci beaucoup à tous les deux !

        • #72486 Répondre
          Le Trou Noir Extatique
          Invité

          Ahhh oui, j’avais pas fait le lien !
          Enchanté !

    • #72500 Répondre
      Delphine
      Invité

      Bonsoir Carpentier, Je réponds à ton post sur le film « All we imagine as light » sur la page cinéma pour ne pas parasiter l’espace consacré aux avis sur « Comme une mule ». Merci pour la suggestion. Comme pour le film précédent, je n’en avais pas entendu parler, et je verrai si j’ai l’occasion de le voir. Concernant les décibels au cinéma, il peut arriver que le son soit trop fort. Cela arrive fréquemment, peut-être aussi en fonction des films (films d’action versus films calmes se passant dans la nature, par exemple, ou alors selon le modernisme de l’équipement de la salle). Je ne prête pas forcément attention au niveau sonore, sauf lorsque cela m’agresse (je ne supporte pas les choses qui « gueulent » trop fort, et on ne peut pas baisser le son au cinéma, comme on le ferait pour la télé). Prêter attention au son au cinéma se rapproche de l’intérêt que l’on porte à la musique d’un film. On peut juger si cela colle avec le film, et la musique peut parfois nous emporter.

      • #72680 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Salut Delphine,
        Pourquoi j’imagine qu’un essai, signé François Begaudeau, qui traite du rapport à l’art parle fatalement de cinéma?
        Mais je te taquine et comprends ton attention.
        En ce qui concerne la mienne, ma récente attention aiguë aux sons des deux derniers films que j’ai vu, il s’agit justement de sons de nature ou d’ambiance réelle, pas de gueulements ni de sur-volume qui incommode.
        Le bruit, les sons mobiles du vent dans le Dahomey et ceux de la préparation et manutention des caisses de bois pour le transport des œuvres.
        Et pour celui d’hier, ce sont plus simplement les bruits de la ville, les sons du quotidien, du réel des persos: beaucoup aimé ça.
        La ville c’est Mumbay, je crois, et les sons m’ont filé envie d’y aller voir dis-donc.

    • #72726 Répondre
      Bernard
      Invité

      Quelqu’un.e connait bien le cinéma de Sophie Fillières ici ?
      J’ai vu Ma vie, ma gueule et je me suis senti un peu démuni face à ce film. Je m’y suis un peu ennuyé à vrai dire mais j’ai tout de même été touché par moments (la scène des adieux sur le port/ferry notamment) et j’y ai vu quelques belles idées de cinéma (la première scène par exemple, avec l’utilisation du téléphone)… bien plus que dans le Coppola en tout cas : je sais, cela n’a strictement rien à voir, mais j’avais besoin de dire du mal de ce truc consternant de bêtise.

      • #72854 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Il y a sur ce site un texte que j’avais écrit sur La belle et la belle.

        • #72986 Répondre
          Bernard
          Invité

          Merci, cela m’intéresse ! Où se trouve-t-il ?

          • #72995 Répondre
            Carpentier
            Invité

            DTC, Bernaaaaaard (à dire avec l’intonation de Balasko dans les Bronzés, svp.)
            Et si tu cherchais un peu, Bernard?
            Sérieux, et si dans 3 jours t’y es toujours pas, benh on t’aide.
            Qu’en penses-tu?
            (quand je lis ou entends, je pense au perso de Jugnot.
            c’est comme ça )

            • #72996 Répondre
              Carpentier
              Invité

              quand j’entends *Bernard
              bon, celui ou celle ‘ qui sait ‘ sort Bernard de son cul, svp?
              envoyé dedans par mon premier réflexe bourrin, il commence à étouffer là 🙏

          • #73105 Répondre
            toto
            Invité
            • #73107 Répondre
              toto
              Invité

              Scroller jusqu’à DIS MOI QUE NOUS SOMMES LES PLUS BEAUX

              • #73558 Répondre
                Bernard
                Invité

                Merci !
                Et merci pour ce texte. Je n’ai pas vu La belle et la belle mais il est impressionnant de constater à quel point l’axe critique développé colle parfaitement à Ma vie, ma gueule !
                Je comprends mieux mon ennui devant ce film pas génial.

    • #72742 Répondre
      dako
      Invité

      Vu Joker 2 pour ma part. Coup de maître pour Todd Phillips qui nous pond deux immondices d’affilée.

    • #72767 Répondre
      Arnaud
      Invité

      Viva la muerte de Arraval, qué opináis?

      • #73000 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci pour le cadeau Arnaud Je le regarde cet après-midi

        • #73078 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Bonjour,
          Cela augure un bon après m’ pour toi, graindorge; super.
          Par ailleurs, lisant que tu recevras ce que chacun.e ici nomme le CUM dans quelque temps, le Comme une mule de qui on sait donc, je t’en souhaite un peu à l’avance bonne lecture.
          Comme tu peux sans doute le lire, être en ‘ lecture solo ‘ ne pose en vrai jamais trop problème puisque, à part si d’emblée d’accord, on voit bien que les échanges à propos du CUM laissent souvent chacun.e sur ses positions.
          Dans les concepts philos, en gros, depuis plusieurs jours, on voit bien aussi que les propositions autour des pages humour par exemple, ne bottent pas grand monde par ailleurs.
          Bonne lecture x 2, chacun.e dans sa carapace du coup 👋

          • #73086 Répondre
            Carpentier
            Invité

            *depuis quelque temps

            • #73158 Répondre
              Carpentier
              Invité

              … Viva la muerte de Arraval, qué opináis? / …
              tu as pu le voir?

          • #73157 Répondre
            Carpentier
            Invité

            [attention smiley/émoticône (personne allergique, faire comme d’hab, passer son chemin)]
            …. puisque, à part si d’emblée d’accord, on voit bien que les échanges à propos du CUM laissent souvent chacun.e sur ses positions.
            Dans les concepts philos, en gros, depuis plusieurs jours, on voit bien en tevanche que les propositions autour des pages humour par exemple, ne bottent pas grand monde par ailleurs. / ….
            – m’est revenu hier que ça s’appelle ‘ ghoster qqn.e ‘
            👻
            et informatiquement, on peut même le faire sans que les concerné.es s’en rendent compte, tu sais; administratrice d’un forum un temps, me souviens de cette fonction qui fait que, pour l’auteur du post, le message apparaît mais il ne prend pas place dans la discussion.
            C’est pas formidable pour exclure en restant respectable.s?
            ouuuuuuuuOOUUUH, je crois bien que, fantôme, je glousserais sous mon drap, tant la situation me ferait rire à défaut d’hurler ma détresse fatiguée d’être en colère

            • #73159 Répondre
              Carpentier
              Invité

              🔑

            • #73541 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              @Carpentina
              je n’avais pas vu tes messages du 10 et 11 octobre
              Je comprends que tu n’aies pas compris mon message dans le fil  » besoin de clair »
              Tout est clair. Je n’ai pas encore pu voir Arraval.
              Pour Comme une mule, je ne m’inquiète pas: malgré tous les nombreux avis, ma lecture sera ma lecture.
              En ce moment, c’est une période de vigilance. Tu m’apprends qu’un post peut-être masqué sans que l’auteur le sache « ghoster qqu’un » Je ne le savais pas. J’ai juste remarqué que des messages à moi se retrouvaient parfois en queue de peloton même si je les avais écrits à 14 ou 15h. Ou que même si je cliquais sur le rectangle  » répondre » à x mon message se retrouvait très loin de x. Tant pis.

    • #72803 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Les premiers longs métrages de Alejandro Jodorowsky ressortent au ciné version restauré.
       » Fando et Lis » de 1968
       » Tusk » de 1980
       » Santa sangre » de 1989
       » le Voleur d’arc en ciel » de 1990
      Mon chéri photographe et cinéaste angevin parti trop tôt me l’avait fait connaître.

      • #72831 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Sarah je ne connais pas , tu t’es toujours montrer de bon conseil
        Et puis je remarque que «  l’aimée «  vole dans le texte de François s’emploie à tous les temps
        Alors je le replace ici pour toi
        Bonne journée

        • #72836 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Merci beaucoup Claire N

          • #72837 Répondre
            Sarah G
            Invité

            C’est un ciné surréaliste, je sais que certains.nes n’aime pas du tout, ciné chiant en gros pour eux.
            D’autres aiment bien, voir beaucoup
            À chacun.ne de voir.
            posté cela pour calleux qui veulent le redécouvrir et pour ceux qui ne le connaissent pas.
            Cinéaste chilien

      • #72864 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Quels films de lui valent le plus le coup? On m’a conseillé la Montagne Sacrée, mais j’ai une petite méfiance vis à vis des raisons qui peuvent pousser cette personne à aimer ce genre de films, du moins de par ce qu’elle m’en a dit.

        • #72921 Répondre
          Sarah G
          Invité

          @I.G.Y. Le seul film que j’ai vu de lui c’est Santa Sangre, mais cela fait longtemps que je l’ai vu, je l’avais bien aimé, mais il faudrait que je le revois.
          Pour la Montagne Sacrée, on me l’avais aussi conseillé, mais pas encore vu.

          • #73085 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            Merci @Sarah, je garde ces deux là en tête et « en priorité »

    • #72816 Répondre
      Anna H
      Invité

      Il y a une rétrospective à la Cinémathèque de Darejan Omirbaev, dont je n’ai vu aucun film. On en pense quoi ici ? Par quel film commencer ?
      https://www.cinematheque.fr/cycle/darejan-omirbaev-1271.html

    • #72838 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Merci pour ce partage car je ne connaissais pas du tout ce réalisateur ni vu aucun de ses films comme toi Anna H.

    • #72941 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Je viens de découvrir le film Les Moissons Du Ciel de Terrence Malick et ce qu’il y a de plus frustrant pour moi c’est qu’à travers ses films c’est très inégal. Y a des moments fort comme des moments d’ennui. En tout cas l’histoire de cette famille qui essaie de survivre à la pauvreté m’a profondément touché. Un des passage le plus impressionnant pour son époque (1978) est lorsque les sauterelles envahissent toute la pleine. Ça fait flipper genre un peu comme le film La Nuée. Et je sais d’où vient enfin la musique utilisée par le festival de cannes. Elle vient de là et c’est vrai qu’elle est magnifique ! Les acteurs pas toujours très bons mais ça va. Et on ressent déjà des thèmes importants de Malick comme la vie, la mort. Qu’est ce qu’on fou là surtout quand on a rien ? Une poésie avec beaucoup de retenue mais bouleversante à la fois à travers la photographie et les mots de la petite. Pas mon préféré mais on y voit un Malick qui déjà se cherche dans les plans. Et on y voit déjà sa signature quand il filme les éléments de la vie comme l’air, le vent, le feu, l’eau ect. Enfin belle découverte de l’après-midi

    • #73194 Répondre
      Tony
      Invité

      Avis aux amateurs,en attendant le nouveau Guiraudie,on peut découvrir son premier gratuitement sur MK2 curiosity dans une belle copie restaurée, tout est déjà là, condensé en 50 minutes,on est happé dès les premiers plans par cette drôle de situation qui voit des ouvriers désoeuvrés se laissaient envahir par un désir irrépressible tels des personnages de Racine, petit chef d’oeuvre.

    • #73197 Répondre
      Carpentier
      Invité

      mk2 curiosity, un des outils encouragés par certaine période covid qui, le dira-t-on assez, a permis de penser des problématiques bien connues qu’on voulait peu voir,

    • #73231 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Bonjour,
      Conseillez-vous Un amor, d’Isabel Boixet ?
      J’ai un lointain bon souvenir de Mi vida sin mi , mais ça date de quand je n’étais encore qu’une enfant

    • #73514 Répondre
      diegomaradona
      Invité


      Bientôt à l’affiche

      • #73517 Répondre
        diegomarathoneur
        Invité

        le réel, c’est la puissance de la vie simplement montré à l’écran sans un surplus de technique.

    • #73559 Répondre
      Kenyle
      Invité

      François, est ce que tu as écrit des textes sur Bresson ? Sont ils accessibles ?

      • #73565 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Très peu.
        Un texte sur Un condamné à mort, mais où il n’est pas question que de ça.
        Je n’ai fait que des interventions en salles sur ses films.

    • #73630 Répondre
      Carpentier
      Invité

      je sors du River Boom bien émue
      qqn.e qui en aurait un peu causé déjà ici?
      juste fou.
      Et pas sans acter, en quelque sorte, des lignes du CUM, que je retrouve et partage une fois à la maison

      • #73742 Répondre
        Cyril
        Invité

        J’ai bien aimé. Le matériaux fait tout, la réalisation n’est pas terrible avec une voix off trop présente, des photos qui défilent trop vite.

        • #73748 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Bsr Cyril, te lisant, je repense donc à la voix off et au pourquoi elle ne m’a pas du tout gêné (merci): plutôt lectrice de bds, j’ai vu je crois le River Boom avec la même curiosité enjouée et amicale que lorsque je lis une bd y compris quand elle est historique ou SF ou faite par Bilal, et un peu comme si la voix off me disait en quelque sorte ce qui aurait pu être dans des bulles, ou sur le story board.
          Pour les séquences accélérées qui enchaînent les photos, elles disent bien l’accumulation de clichés pris, la distance des étapes sur la carte peut-être, leur périple (on s’arrête au jour 31 c’est bien ça?)
          Accumulation-jeu rivalité entre les 2 potes reporters équipés pour les photos.
          Et dans la plupart des cas, le clichés sont quand même insérés dans le montage pour 3/4 secondes d’exposition à l’écran, non?
          J’ai reçu ces accélérations de clichés comme du rire, des rires qui s’ajoutaient à l’humeur des 3 potes, je crois, moi.
          Mais ok pour ton sentiment.

      • #73750 Répondre
        Carpentier
        Invité

        … L’existence même d’un humour sur la guerre, sur bourreaux et victimes sans distinction, vérifie un fait dont seules les âmes falsifiées de vertu se flagelleraient, un fait de notre condition: mon quotidien n’a pas une pensée pour ceux qui souffrent hors champ./ …., 170.
        Relisant ces lignes, me reviennent deux scènes, par exemple,
        celle d’arrivée charmée par la beauté d’une ville et de son marché – afghane la ville, afghan le marché eh, on roule dans l’immense zone rouge que constitue tout ce territoire jamais bien safe – et bien on les aborde aussi en touriste
        et la scène où, pas loin de la rivière, la troupe en reportage questionne un groupe d’hommes sur les rackets d’agriculteurs, les bandits de grand chemin et apprend, en même temps qu’elle assiste à un fou-rire général, que le chef d’un de ces groupes armés qui rackettent et celui auquel ils parlent.
        Scène où on rit, tendu, de leur quotidien de reporters-voyageurs, accompagnés d’un guide afghan, qui veulent comprendre et s’informer des dangers et fonctionnements des groupes armés, auprès des premiers qu’ils croisent.

        • #73753 Répondre
          Carpentier
          Invité

          *est* celui auquel ils parlent

        • #74982 Répondre
          Carpentier
          Invité

          324, …. Si une position politique est indexée à une sensibilité politique fleurie sur un substrat affectif qui par ailleurs détermine les dilections esthétiques*, il y a peu de chances qu’un lecteur de gauche aime un auteur de droite et vice versa.
          À moins que la chose esthétique ne soit désinvestie, désaffectée. Que le rapport à l’art soit limité à des pratiques culturelles. Qu’on s’assoie devant un film comme devant une pizza oubliée sitôt qu’engloutie.
          Qu’on soit de ces anémiés qui écoutent un peu de tout, laissant la musique couler entre les oreilles avec la même indifférence qu’un start-upper acheve sa journée productive en regardant défiler une série Prime Vidéo. / ….325.
          * phrase qui résulte notamment de toutes les nombreuses situations précédentes analysées et centrées sur un face à face avec le.s perso-politomanes (en gros)
          – Avec mon premier café du jour, j’aime à m’arrêter quelques instants dans ce paragraphe momentanément conclusif.
          Encore cette histoire de pizza, certes, et je me sens complètement raccord avec ce passage à savoir que, dans mon cas, j’ajouterai même, à l’appellation pratiques culturelles, qu’elles sont souvent renforcées/situées par/dans une sortie amicale.
          Dès que je vais au cinéma, par exemple, avec un.e proche, là commence systématiquement le.s compromis.
          L’écoute en musique est déjà plus sélective et comme plus imposée à l’entourage: 2 à 4 minutes, ça s’impose plus qu’un film de 3 heures.
          Pas une excuse, un début de compréhension.
          Car je pense être plus exigeante/sélective avec moi-même quand je suis seule. Benh oui.
          La pizza, c’est pas pour avaler n’importe comment devant une série, c’est pour rassembler facile, autour d’une nourriture entendue à peu près aimée de chacun.e, pour un moment où le sublime alimentaire comptera moins que la joie de se retrouver autour.
          Et tu fais pas chier avec les anchois dans ce cas, tu les enlève et les propose même à qqn.e qui adore ça.

          • #74983 Répondre
            Carpentier
            Invité

            *enlèves

          • #74987 Répondre
            Carpentier
            Invité

            esthétique-sensible, synonyme?
            … Si le tronc commun entre l’art et la politique est la sensibilité, c’est par sa forme qu’une oeuvre sera saisie
            politiquement.
            La forme est, d’une oeuvre, la zone sensible. / … 325.
            Yep, deuxième café et c’est parti, alors:
            La forme, en art.

    • #73641 Répondre
      Delphine
      Invité

      Je suis allée voir « Quand vient l’automne », de François Ozon. Drôle de film. « Drôle » pas au sens de « comique », parce que le film est plutôt sombre. « Drôle » au sens « d’etrange », parce que l’action n’est pas spécialement linéaire. Tout commence par une mésentente entre une mère (jouée par Hélène Vincent) et sa fille (interprétée par Ludivine Sagnier). La fille, surtout, en veut à sa mère et ne lui fait pas de cadeaux. On sent comme un « traumatisme » pour la fille, qui est ancien, et dont on connaîtra la cause dans la dernière partie du film. Puis s’ensuivent divers drames (soupçon d’empoisonnement, morts), mais on a l’impression que ces éléments s’imbriquent au fur et à mesure les uns dans les autres. La mère, qui est pourtant un personnage doux, se retrouve finalement responsable des diverses tragédies, un peu malgré elle. Par exemple quand elle fait une révélation à son amie, jouée par Josiane Balasko, qui aura de lourdes conséquences. Dans le film, des secrets anciens se dévoilent, et des non-dits récents resteront tus à jamais. Au début du film, ayant un rapport ou pas avec l’atmosphère du film et ses secrets / non-dits, dans certaines scènes, les personnages sont filmés de dos.

    • #73658 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      J’ai revu Tropical Malady à Pompidou, une séance que j’attendais depuis longtemps pour confirmer qu’il s’agit de mon Weerasethakul préféré. Joe a mentionné avant la séance que ce film était tiré de sa confusion. La colère suivant une déception amoureuse et le deuil de son père. Il le voit comme une chose noire au fond de son cœur. Ses mots. Black Thing. Et pourtant… le film est d’une infinie tendresse. D’une infinie douceur dans sa première partie. Tellement qu’on ne voit pas pas la la rencontre entre Keng et Tong, mais on les voit se reconnaître — l’attraction, ce sont ces deux visages dans deux véhicules différents qui s’interpellent. Les étapes de la séduction passent comme le climat. Il y a aussi la ville, la glace que Tong découpe, le cybercafé, le magasin de chaussures, le centre commercial, le restaurant karaoké, un phallus en bois béni, une cassette des Clash (le cœur qu’on a oublié de mettre dedans). Quand la mère trouve le message d’amour dans la poche de Tong, il n’y a pas de drame. Elle lui transmet. Ses films s’entremêlent, et cette première partie me fait penser à cette scène dans Memoria où Tilda visite avec Hernàn un entrepôt de frigo, on passe soudain à une caméra à l’épaule et il est fort probable que la commerciale joue le rôle de la commerciale.

      La noirceur serait à retrouver du côté de la seconde partie dans la jungle. D’abord par une apparition littérale de l’obscurité : filmer la nuit sans ajouter des lumières. La quête de ce soldat semble lié à la disparition de Tong, mais je ne suis pas sûr. Le film suggère la disparition de Tong, puis reprend les acteurs pour la poursuite dans la jungle. Je comprends de quelle chose noire Weerasethakul parle mais cette partie, à sa façon, m’apporte la douceur de la dévoration finale qui contredit la citation en ouverture du film qui évoque la nécessité pour l’homme de dompter l’animal. Là. Ni homme ni animal. Et je trouve cette séquence finale extrêmement romantique. La douceur et l’appétit absolu. Grand film. Grand Joe.

      • #73729 Répondre
        Anna H
        Invité

        Merci K. J’ai prévu de le voir prochainement.

        • #73740 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Si tu es dans le coin, il repasse le 9 novembre à Pompidou. C’est complet, mais je n’ai pas vu une séance vraiment complète à cette rétrospective, y compris l’ouverture. C’est une copie 35mm avec quelques rayures. La restauration est prête et devrait sortir dans les prochaines années.

          J’ai revu Cemetery of Splendour, et c’est mon préféré ex-aequo. Dans lequel Keng, une femme medium, permet à Itt d’habiter son corps, Itt qui est joué par l’acteur qui joue Keng dans Tropical Malady. J’avais oublié la scène où Keng-Itt lèche la jambe boursouflée de Jen, cette actrice dont j’aime tant la présence dans les films de Joe.

          • #73741 Répondre
            Anna H
            Invité

            Ok. J’ai vu il y a quelques jours Mysterious Object at Noon que j’ai adoré.

          • #73745 Répondre
            lamartine
            Invité

            L’exposition au pavillon est sans intérêt. Ceci dit, j’ai du mal avec ses films aussi.

            • #73765 Répondre
              Zyrma
              Invité

              dans le pavillon je n’y suis pas encore allée
              mais l’expérience de réalité virtuelle par contre, sacré truc à vivre, y compris la première partie
              je vais tâcher de voir Cemetory of splendor (vendredi je vais à Mysterious object at noon), et j’étais à l’ouverture pour revoir Oncle Boonmee)
              Tropical malady (que je veux toujours écrire melody (entre l’espace et le temps)) je l’ai vu au printemps, il m’a énormément plu. J’aime pas trop Blissfurly yours par contre, je m’en excuse.

              • #73770 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Tu as remarqué le saut de pellicule pendant la séquence de la princesse ? Ça a sauté quinze secondes. Les charmes de la projection.

                • #73894 Répondre
                  Zyrma
                  Invité

                  quinze secondes c’est pas beaucoup en effet vu l’énergie que met ce poisson

              • #73817 Répondre
                lamartine
                Invité

                En effet, il y a A Conversation with the Sun, mais on s’est trompés et retrouvés dans le pavillon.
                Pour les films, j’y reviendrai un jour sûrement. Je suis peut-être encore trop jeune.

    • #73727 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Qui se porte volontaire pour faire l’éclaireur et nous dire si la série de Cuaron vaut le coup ?

      • #73746 Répondre
        lamartine
        Invité

        Vu 1mn chrono, je vais me la faire tantôt car je la sens bien, voire très bien.

      • #73783 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Vu le premier épisode – gratuit – et ce fut pénible.

        • #73823 Répondre
          Seldoon
          Invité

          On me dit que la série était projetée hier et l’est aussi aujourd’hui à 20h au Christine Cinéma Club en présence de Cuaron, mais impossible d’acheter une place il faut partager sur Instagram et d’autres trucs du genre.

          • #73825 Répondre
            Toni Erdmann
            Invité

            Bah figure toi que j’ai participé à un jeu concours sur Twitter et j’ai eu des places. Les 4 premiers épisodes étaient diffusés hier et les 3 derniers ce soir. Je suis vraiment mitigé pour l’instant. J’essaierai de rassembler mes pensées demain.

            • #73835 Répondre
              Seldoon
              Invité

              N’ayant vu que le premier : j’ai trouvé ça globalement très lourdingue. Un couple de jeunes amoureux fougueux sont jeune amoureux fougueux à chaque seconde de chacune de leurs scènes. Un vieux prof déprimé est un monolithe depressif à chaque seconde de chacune de ses scènes – au point qu’il soit dérangeant que les personnages autour de lui fassent comme s’ils ne remarquaient rien, comme s’il ne risquait pas de commettre une tuerie de masse à chaque instant. Et c’est joué au diapason. En ajoutant la caméra à la virtuosité toute artificielle de Cuaron, ça fait un drôle d’effet. Je ne suis arrivé au bout de l’épisode que sur le nom du réalisateur.
              Si j’ai bien compris il était sur place hier ? Il a parlé un peu des conditions de production ? J’ai l’impression qu’ils ont beaucoup filmé en virtual production, avec d’immenses panneaux LED en fond – notamment derrière les nombreuses baies vitrées (faisant alors varier la lumière au cours même d’un plan séquence, etc…)

              • #73839 Répondre
                Toni Erdmann
                Invité

                Il a présenté brièvement la série mais ce soir une session FAQ est prévue. Je pourrais lui poser la question

              • #73976 Répondre
                Toni Erdmann
                Invité

                Bon, vous pouvez globalement passer votre chemin.
                Cuaron sacrifie son talent pour les longues scènes au profit d’une grande histoire, très rythmée, mélodramatique, avec un twist de fin qui annihile toute complexité.
                En effet Seldoon, les scènes souffrent d’une trop grande lisibilité : Cate Blanchett est sous le choc => elle vomit. Son mari est troublé => il tremble. Leur fils est mal dans sa peau => il se drogue. Lisibilité multipliée par 2 par une voix-off qui n’a parfois qu’une valeur descriptive : un fils et son père regarde le foot en célébrant un but ensemble, la mère est au loin et en voix off « ils partagent une complicité que je n’aurai jamais avec eux ».


                Il n’en reste pas moins que certains scènes se distinguent et valent le coup grâce à une forme d’ironie, de grotesque qui frôle le ridicule. Le problème est que tout cela prend de la valeur uniquement si on s’enfile tous les épisodes à la suite (puisque ça a été conçu comme un long film) et qu’on accepte nombre de scènes intolérables et très en dessous du niveau habituel de Cuaron.
                Durant la Q&A, j’ai eu l’impression qu’il avouait à demi-mot qu’il n’avait pas bien vécu l’expérience d’un cinéma aussi narratif et qu’il ne recommencerait pas.

                • #73978 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  « Lisibilité multipliée par 2 par une voix-off qui n’a parfois qu’une valeur descriptive : un fils et son père regarde le foot en célébrant un but ensemble, la mère est au loin et en voix off « ils partagent une complicité que je n’aurai jamais avec eux ».

 »
                  Pire encore sur cette scène : on a en temps réel le fils qui sort de la pièce où se trouvait la mère, arrive sur le canapé dans lequel se trouve le père et hop but, directement, pendant que la mère les regarde au loin (et comme tu l’as dit en rajoute une 45eme couche en voix off). On n’a pas droit à une fraction de seconde déliée de la narration ou de l’explicitation.

    • #74047 Répondre
      Ventoline
      Invité

      Aujourd’hui sort Miséricorde d’Alain Guiraudie. Un bon film, un grand film si on le compare au reste de ce qui est sorti cette année, un excellent si on se limite aux règles commerciales de l’art. Pour le geste complètement fou et libre que tout le monde vante, il faudrait plutôt se pencher du côté de Pour les siècles des siècles (PLSDS), le roman qu’il a publié plus tôt dans l’année.
      À côté, Miséricorde semble tellement sage, si peu docile… frustration qui n’en est pas une, car le film est bien sûr génial, drôle, précis. Il montre très bien la ré-écriture permanente qu’on fait du récit de soi. Mais à côté de PLSDS, qui suinte la littérature à chaque page (ce ne pouvait être qu’un livre, nécessité de la forme), on se demande si le Monsieur n’a pas trouvé son point d’orgue avec L’inconnu du lac. Peut-il faire aussi grand désormais ?

    • #74050 Répondre
      Carpentier
      Invité

      ‘soir,
      T.Rahim est en cours de tournage avec Ducourneau,
      en saurais-tu un peu sur le prochain film de Julia D., François?

      • #74053 Répondre
        Carpentier
        Invité

        – du coup on fait un 2 en 1?
        ‘Soir,
        Bon. Tahar Rahim est complètement amaigri pour le prochain Ducournau, ça commence mal cette histoire. (J’ai une vraie aversion pour les acteurs qui font des régimes : dans un sens ou l’autre. Et donc surtout pour les metteurs en scène qui le réclament.)
        En saurais-tu un peu sur le prochain film de Julia D., François?

        • #74119 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Moins je pense à Tahar Rahim, mieux je me porte L’ai entendu hier soir dire que sur le tournage du biopic la fille d’Aznavour l’avait à un moment pris pour son père, j’ai coupé.
          Quant à Ducournau, n’oublions pas que son deuxième film était un ratage total. Donc on n’est pas impatient non plus.

    • #74051 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Bon. Tahar Rahim est complètement amaigri pour le prochain Ducournau, ça commence mal cette histoire. (J’ai une vraie aversion pour les acteurs qui font des régimes : dans un sens ou l’autre. Et donc surtout pour les metteurs en scène qui le réclament.)

    • #74117 Répondre
      Tony
      Invité

      Pas très convaincu par L’Histoire de Souleymane et, pour autant,on ne peut pas lui reprocher grand chose tant il nous donne à voir de façon précise la vie d’un migrant,ramassée sur les quelques jours qui précèdent un entretien en préfecture pour une demande d’asile.Le film commence dans la salle d’attente de la préfecture,on y voit pour la première fois Souleymane se lever à l’appel de son nom et tenter de cacher une tache de sang sur la manche de sa chemise, blanche, flash back il est sur son vélo,on se doute alors qu’il va s’agir de la généalogie de cette tache,on y voit donc le processus d’exploitation du migrant,par un compatriote ayant des papiers et qui lui sous loue un compte sur une plateforme de livraison afin d’en tirer un profit, exploitation ensuite par la plateforme d’un travailleur sans droit, payé à la tache et corvéable à merci et,chose intéressante,un restaurateur qui prend des commandes qu’il n’est pas capable de préparer à temps, faisant attendre le livreur qui se voit,lui, privé d’autres courses, scène assez forte de lutte des classes et de racisme lorsque le livreur tente de se faire entendre du restaurateur,et enfin, bénéficiaire final de cette misère,le client qui entrouvre sa porte sans un mot pour le livreur ou alors en refusant sèchement la livraison à cause d’un emballage abîmé suite à une chute à vélo,bref toute cette partie descriptive est très intéressante, mais comme pourrait l’être un reportage d’envoyé spécial,on attend un peu de cinéma,un déraillement, l’entretien en préfecture clot le film,le piège se referme sur Souleymane,le récit qu’on lui a fait apprendre ne servait qu’à enrichir ceux qui lui ont vendu,il raconte enfin l’histoire de son départ,on est bien sûr pris avec lui dans cette émotion,qui ne le serait pas?, c’est un peu amer que l’on sort de la salle,film irréprochable et en même temps on sait qu’on l’oubliera assez vite.

    • #74170 Répondre
      Ostros
      Invité

      Court entretien avec François pour le blog Sauve qui peut le cinéma.
      Premier d’une série d’entretiens qui entend documenter l’environnement économique et la manufacture des films mineurs qu’on aime tant.
      Ici : au cinéma, la forme conditionne-t-elle le fond ?

      • #74172 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’en profite pour indiquer que vous pouvez réserver depuis hier votre place pour assister gratuitement à la lecture de la nouvelle pièce de François, qui sera mise en scène par Isabelle Duprez.

        Réservation Lecture publique « En rêvant Le maître ignorant »

        • #74173 Répondre
          Ostros
          Invité

          Lecture suivie d’une conversation avec François et Isabelle D.

          • #74253 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ajoute que je ferai un bord-plateau après la représentation de Le lien, lundi 21, théatre clavel
            Et pendant que j’y suis, bord plateau aussi pour Ta rage n’aura pas de fin, à Nantes, le 24
            Et pendant que j’y suis, rencontre sur Comme une mule à la librairie l’Alternative, mardi 22. Neuilly plaisance.
            L’individu présent aux trois gagne un muffin myrtille

            • #74254 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Je serai déjà reparti.
              Tant pis ça sera pour une prochaine

            • #74259 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Ostros, François
              Que des bonnes nouvelles! Merci Ostros pour le partage Sauve qui peut le Cinéma
              Comme un bain frais en haute mer un matin d’été après ces marécages nauséabonds d’un cirque minable où des clowns pathétiques cherchentà ensevelir la beauté d’un de nos grands de ce monde. Et les mots viennent d’en haut où ils sont pesés.
              Sauve qui peut la Vie

              • #74276 Répondre
                Carpentier
                Invité

                pour toi, ce sera que des miettes dures, alors? Maîtresse en non rancune (tu es une sainte)
                Mais pourquoi tu réponds en premier à ma demande/blague, graindorge, dis-moi!?
                J’ai, par exemple, retenu ma réponse à Éliane, ce matin, pour qu’elle puisse échanger un peu avec FB avant.
                M’étonne que certain.es nous foutent ensuite dans le même putain de panier de crabes, pfffff

                • #74278 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  .. pour toi, ce sera que des miettes dures, alors? / ..
                  cru comprendre que tu es loin

                  • #74285 Répondre
                    graindorge
                    Invité

                    ??? Carpentier
                    regarde l’heure sous les posts. Tu constateras que le 1er à avoir réagi – et au quart de tout en plus – à ta bonne blague de muffin nature c’est ton ami François avec une madeleine
                    tu as  » peu de considération » dans ce forum. Je ne crois pas : on a vu de jolis échanges musicaux et autres avec François et avec d’autres sitistes.
                    Pas besoin d’être une sainte. Je prends ce que j’ai à prendre dans ce forum: des titres de livres, des lectures de commentaires avec du niveau pas du cloaque comme dernièrement, des musiques, des chansons, des poèmes etc… Je donne aussi. Tu sais quand est-ce que tu peux mourir, toi ? Moi oui, ce soir. Ça relativise.
                    Même des gens que je n’ai pas besoin de nommer, lorsqu’ils veulent me dire un mot gentil à propos de quelque chose de sympa que j’ai pu dire, le font en aparté, à mon adresse électronique. Est-ce que ça m’empêche de dire du bien de ton ami ? Non.
                    Oui, je suis très loin Carpentina et je n’attends aucune miettes.

                    • #74293 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      je parlais de moi/ me laisser répondre à FB en premier,
                      mais, laissons don’ ça
                      – gaminerie de cour d’école? pas que,
                      mais ok, j’aurais juste aimé enchaîner sur sa première réponse, à ma façon du coup, faire durer un peu,
                      pas grave. vraiment pas grave
                      mais faire un seul shoot après une aussi belle passe, ça donne du jeu assez moyen, je trouve:
                      radin, après une madeleine? mouais.
                      Je prétends, sur ce coup, qu’on aurait, oui, pu faire plus de passes 🙂

                    • #74295 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      les miettes c’était pour plaisanter, enfin, pffff
                      des miettes de madeleine, dures, le temps que tu arrives.
                      Quelle histoire, mon dieu, quelle histoire.
                      Quant aux ‘ apartés à partir d’échanges chez F.Begaudeau ‘ j’ai déjà donné.
                      Épuisant x 2 : plus jamais.
                      bon week, graindorge

                      • #74301 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Ah tu voulais jouer avec ton ami?
                        10:35: muffin nature si 2
                        10:41: une madeleine ( FB hyper rapide)
                        11:25: ton « ? » à mon « tacaño » de 11:06
                        de 10:41 à 11:25, 44 minutes pour « shooter » comme tu dis: trop long et le « tacaño » n’est arrivé que 25′ après la madeleine… Désolée quand même! Si ta mère avait joué, elle aurait shooté plus vite que toi et moi réunies ( ( moi je n’ai même pas vu ni compris que ça jouait)
                        Promis: la prochaine, je ne « shooterai » rien du tout. Juste que offrir une madeleine au lieu d’un muffin nature pour 2 m’avait « scandalisée », aussi simple que ça. Désolée d’avoir perdu ta chouette amitié.
                        Ciao

                      • #74305 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        ciao Bella idem.
                        … on a vu de jolis échanges musicaux et autres avec François et avec d’autres sitistes./ … si peu, en vrai.
                        Et comme je ne fais pas, moi non plus, la manche/l’aumône de réponses à mes lignes, ciao à ici.
                        Serais-tu à l’origine de tout cela par hasard (une demande ‘ en aparté ‘ pour ne plus être la seule, graindorge, à répondre à cette Carpentier bien trop généreuse en participation?
                        désolée, vraiment. si jamais.

                      • #74310 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Ah non Carpentier, aucune demande en aparté de ma part.
                         » si peu en vrai » Eh bé! beaucoup de personnes te répondent ici, par ordre alphabétique: Claire N, Delphine, FB, Graindorge, Peggy… et j’en oublie
                        C’est pas mal du tout je trouve. M’enfin! Quand même!
                        « long plaignant, long vivant » On dit ça en naturo. J’extrapole: elle va être très longue ta vie
                        Et pas ennuyeuse du tout
                        Allez, nous feras-tu un retour sur Le lien? Juste: aimé/ pas trop? Ça, ça m’intéresserait

            • #74261 Répondre
              Carpentier
              Invité

              un muffin nature si que 2?

              • #74262 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                une madeleine

                • #74267 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  ¡Tacaño! ( radin!)

                  • #74271 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    ?

                    • #74273 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      Une madeleine c’est moins cher qu’un muffin même nature

                      • #74274 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Et « tacaño » est traduit dans la parenthèse Carpentina

                      • #74277 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        euh, j’ai évidemment bien pigé ta réponse – quand même 😁 – juste, j’aurais aimé que tu me laisses le plaisir de réagir en premier à ma petite blague, par exemple
                        (ai-je besoin de te rappeler le peu de considerations-échanges-réponses que j’obtiens ici, en général? )
                        Non, comme j’ai confiance, moi, en ton intelligence (ai-je tord) je sais que nul besoin de te le rappeler.
                        Alors, quoi?

                      • #74302 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        En passant je vous conseil une chouette nouvelle de Tchekov ; ça s’appelle la blague
                        Il y est question de luge, d’amour de vent et de vie, c’est très bon je n’en dit pas plus on peut en discuter après ça me plairait

                      • #74306 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        On en restera à Tchoupi chez Tchekhov, si tu permets.
                        R.i.p. à chacun.e ici.

                      • #74309 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Tu en resteras puisque c’est ta préférence
                        Pour le moment, je te laisse à ta tempête de paillettes

                      • #74313 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Mon ça s’appelle une plaisanterie
                        Une plaisanterie
                        Mon russe est imparfait

    • #74178 Répondre
      Carton de Lait
      Invité

      Vu The Substance et je me désole que ça ai remporté meilleur scénar à Cannes.
      .
      95% style 5% substance…..justement. Tiens ça me fait me demander si le titre n’est pas ironique, mais ça serait lui donner troo de crédit.
      .
      Le pire c’est qu’il y avait quand même quelque chose à traiter dans tout ça. Je sais bien que ça se veut une grande farce mais bon, je sais pas, en dehors de la facture visuelle y a pas d’efforts il me semble. Je veux dire… meilleur scénar quand même… .ça donne le vertige quand on y pense. Kubrick (pour l’mour de la belle image) rencontre Cronenberg (pour le body horror) mais t’enlèves toute forme d’intelligence à ces deux cinéastes.

      Après, si on veut se branler sur Margaret Qualley, diffiicile de trouver mieux sûrement. Mais bon, je suis trop vieux pour ça (ma libido est devenue aussi aléatoire qu’éphémère) donc pas de bol. Il y a probablement dans ce film une sorte de commentaire pas du tout subtil ou intéressant sur le male gaze (puisque c’est une réal). Ou du moins on se doute que c’est ce que cette dernière affirmerait.

      • #74221 Répondre
        Ventoline
        Invité

        on y voit surtout un film « féministe » mettre en compétition deux femmes puis, salto arrière avec une inclinaison à 14 degrés, nous demander de tout lui pardonner parce que « sais du janreeeee ». Ok donc on arrête de penser, on éteint le cerveau et on pouffe à chaque percée gore/horrifique ? Un peu léger non.
        La bande annonce du film est en revanche excellente : elle ne dit rien, rythme stroboscopique, tout est pop et léché. Elle restitue parfaitement le vide abyssal du film.

        Esthétiquement, il se rapproche d’ailleurs plus de ce morceau (dont ma connaissance est douteuse, voire dangereuse) que de n’importe quel autre film ou référence citée : https://www.youtube.com/watch?v=UKVYHaG7gCg&ab_channel=WarnerMusicFrance

        • #74225 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Pas vu le film, mais la rage contre le fait que ce ne soit pas un film féministe est étrange. Je vais donc citer Miriam Bale, une critique américaine que j’aime bien :

          As I also said on that podcast and elsewehere, it is absolutely unsubtle. If you don’t like the style, I get it. But why do people want this to be a feminist film? Do you know how few truly feminist feature films there are? Obviously Jeanne Dielman (though Akerman denies it), Madame X by Ulrike Ottinger, and some other Ottinger films. Probably films by Lizzie Borden. 9 to 5 might be a rare studio example. If you want feminist films go to Electronic Arts Intermix and watch the vast number of feminist experimental shorts by VALIE EXPORT, Barbara Hammer, and others.

          A film about misogynistic anxieties isn’t misogynistic. Let a woman make a personal, fun, gross-out fairytale without it being a radical or uplifting feminist statement. Where is that expectation even coming from?

          • #74226 Répondre
            Ventoline
            Invité

            à titre personnel, je ne veux rien, un bon film plutôt qu’un mauvais à la limite. Là, il semble difficile d’affirmer que le film ne nous dirige pas sur ce sujet : c’est quand même l’histoire d’une femme de télé qui, vieillissant, se fait pousser vers la sortie ; ne voulant partir (/vieillir), elle prend une substance qui la rend magnifique (belle et jeune) pour une durée limite. Et puis le film explore ce qu’il se passe quand on contrevient aux règles qu’il a fixé, etc.
            La beauté, l’âge de péremption d’une femme, surtout dans une sphère médiatique, ça semble surtout parler à mon féminisme, pas à mon antiracisme ou à mon écologisme. Non ?

          • #74266 Répondre
            Toni Erdmann
            Invité

            J’aime bien ce texte K, merci. Comment lire autre chose de cette Miriam Bale ? Qu’est-ce que tu conseilles ?

            Je n’ai pas beaucoup apprécié The Substance, et je déteste son premier film Revenge. Mais curieusement j’ai envie de défendre cette réalisatrice. Beaucoup de choses m’énervent dans ses films, mais j’y vois quand même un réel appétit de cinéma, un talent bien concret pour le body-horror, et une radicalité louable. Bien plus appréciable que « l’elevated horror » de Titane.
            On peut, comme toi Ventoline, s’indigner du male gaze dans un film soi-disant féministe. Mais j’y vois autre chose : le male gaze est tellement prononcé, tellement omniprésent, qu’il devient écoeurant, au point que je n’ai jamais autant ressenti l’idée que notre corps n’est finalement que de la viande, de la chair animale. Au début, mon oeil est aguiché par les belles fesses de Margaret Qualley, comme tous les spectateurs, puis j’en deviens lassé et je ne vois plus que de la peau. C’est à mon sens la clef de la scène où la créature fait la cuisine et en montage parallèle apparaît le corps bien juteux de Qualley. Pourquoi s’exciter pour quelque chose qui n’est que du sang, des nerfs et de l’épiderme ?

            • #74359 Répondre
              Ventoline
              Invité

              pour abattre l’ennemi, prendre les armes de l’ennemi (à compter que cela soit efficace) ?

              • #74393 Répondre
                toni Erdmann
                Invité

                Je ne réfléchirais vraiment pas en ses termes. Il n’y a guère d’ennemi à abattre et d’efficacité belliciste dans ce que je recherche cinématographiquement.

    • #74192 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Salut à tous,

      J’entendais à nouveau parler la fameuse querelle Cahiers vs Positif, chez Mocrociné avec Burdeau : quelqu’un pourrait-il me résumer le fond de cette « affaire »? Je suppose qu’il ne s’agit pas uniquement d’une guerre de personnes.

      PS : à quand un autre cinéclub avec un « featuring »? Après Mercier, Burdeau ? C’était un format intéressant

      • #74258 Répondre
        Tony
        Invité

        Sans être vraiment connaisseur,et en simplifiant,Positif était plutôt une revue conservatrice, attachée à un certain classicisme de la forme cinématographique au service d’un sujet et d’un scénario,alors que les Cahiers soutenaient un cinéma entré dans la modernité, émancipé des règles qui avaient prévalu jusque là,par exemple Positif a toujours détesté les films de Godard et a soutenu Tavernier,cet exemple frappant suffit à comprendre de façon simplifiée l’écart qui a pu exister entre les 2 revues.

        • #74275 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Ok, merci Tony, c’est plus précis que ce que j’en savais

          • #74364 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            C’est un poil plus compliqué que ça. Positif a défendu une certaine modernité aussi – et a défendu Tavernier parce que Tavernier y avait écrit et était l’ami de Ciment.
            Pas le temps d’en dire plus, mais on peut commencer par rappeler qu’a priori Positif était une revue de gauche, et les Cahiers, dans les années 50 du moins, une revue plutot marquée à droite.

            • #75651 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Merci pour la réponse, je n’avais pas vu

    • #74228 Répondre
      Léo Antoine
      Invité

      Bonsoir à tous,
      Première fois que je parle ici même si je suis régulièrement vos discussions depuis plusieurs années.
      Je me demandais si les ciné-clubs de François à l’Arlequin allait reprendre cette année et je crois que c’est le bon endroit pour trouver une réponse. Désolé si l’info est déjà trouvable quelque part et m’a échappé.

      • #74251 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Non, pas cette année
        Année trop chargée.
        Deux livres à sortir, un appartement à acheter, flushing meadow.

        • #74951 Répondre
          Izza
          Invité

          De plus, le bitcoin reprend du poil de la bête !

    • #74252 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Vu hier L’amour ouf avec un camarade cinéphile. Comment dire ? Les idées et les clichés ne changent pas beaucoup. Un film beaucoup trop long pour ce que ça raconte. Les clichés sur des jeunes de banlieues qui écoutent du rap et qui mènent leur vie dans le trafic de drogue. La seule histoire qui aurait pu être intéressante celle du père et du fils devenu voyou mais dont le fils a pris le relais de son père et l’gnore parce qu’il réussit. Et on ressent tellement que les scènes ont été tournées les unes à côté des autres. C’est un long clip entre le rock et le rap. Bref j’ai trouvé ça long pour que ça raconte. Y avait des idées mais seul les plus banales ont été traités. Ce soir c’est enfin Megalopolis pour le faire ma propre idée même si j’en attends rien de spécial car ça m’a l’air un peu pompé sur Metropolis de Fritz Lang

      • #74567 Répondre
        Mathieu
        Invité

        Même sentiment sur L’Amour Ouf vu aujourd’hui. Trop long, trop pompeux, trop caricatural, et finalement, pardon, mais le sujet de l’amour n’est pas du tout traité. A partir du moment où les personnages sont adultes, ce n’est pas du tout ça qui est raconté. C’est chacun de son côté, avec des situations et des personnages hautement clichesques, tant pour Civil et ses règlements de compte virils que pour Exarchopoulos et sa vie bourgeoise rangée. Et puis ce défilé de tout le cinéma français pour à peu près rien, c’est un peu énervant. Une montagne qui accouche d’une souris comme dit la formule.
        Et je ne veux pas avoir l’air non plus de sauver la première partie, qui si elle a le mérite de montrer le début de l’amour, est quand même elle aussi bien lourdaude. On a bien du mal à croire à ce petit branleur de lycée qui est adulé par ses camarades, qui vole des flambys sous les applaudissements de toute l’école. Dans la vraie vie, les mecs comme ça au lycée suscitent plutôt l’indifférence voire un certain dédain. Son père est montré comme sévère dès le début mais au final, il ne dit jamais rien sur le comportement de son fils. L’école ne le prévient jamais? Pourtant, Chabat lui est prévenu quand sa fille fait des conneries. Tout ça n’est pas très juste et logique.
        C’est dommage car cette structure en deux parties est plutôt une bonne idée 1) une relation amoureuse de jeunesse entre un petit branleur et une fille sage 2) la prison, l’attente, le retour. Mais les curseurs sont poussés tellement loin que ça en devient ridicule
        Et puis le filmage est beaucoup trop m’a tu vu. On sent que ce qui intéresse Lellouche au fond, c’est surtout de faire du simili Scorsese viril. Toute la seconde moitié de la première partie, quand le jeune Clotaire entre dans cette mafia leader price dirigée par Poelvoorde ( j’aimerais bien qu’on me dise dans quel monde une telle organisation existe en France, avec des mecs affublés de telles coupes de cheveux) c’est vraiment du sous sous sous Les Affranchis quoi.
        En fait Gilles Lellouche, c’est un peu le Todd Philipps français finalement. Quand il fait des petites comédies sans trop de prétention ça passe. Dès qu’il se prend pour un grand, c’est ridicule

        • #74582 Répondre
          Mathieu
          Invité

          J’ajoute que je trouve en plus qu’il y a un problème de casting dans la continuité entre les acteurs jeunes et vieux. On a vraiment du mal à croire que Jackie jeune, Mallory Wanecque, puisse devenir Adèle Exarchopoulos, tant dans la ressemblance que dans la façon d’être et de parler. Elle a plus une tête à la Ana Girardot, et puis ce n’est pas du tout le même jeu. Idem pour Malik Frikah et François Civil. Ça n’a l’air de rien mais je me suis fait la remarque et ça m’a un peu sorti du film.
          D’accord avec toi Carpentier sur la scène du train, c’est plutôt beau et on voit bien l’amour naitre et s’intensifier. C’est dans cette partie qu’il y a aussi les meilleures petites idées simples qui rendent la relation un tant soit peu réelle, tangible, avec toute la naiveté adolescente qui va avec: le chewing-gum collé au mur, les compils de musique…

          • #80398 Répondre
            Ourson
            Invité

            Personnellement, l’absence de continuité entre les acteurs qui jouent le fils du chef des braqueurs m’a quasiment sorti du film.
            J’ai eu l’impression d’avoir vu deux films différents fusionnée au forceps par le montage.
            Je pense que Gilles Lelouche s’est perdu entre sa fascination pour la voyoucratie viriliste blanche à l’ancienne, et celle pour la voyoucratie viriliste américanoïde 50Cent-esque

            • #80399 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              J’y ai pensé à ça aussi mais j’avais pas les mots pour l’exprimer

        • #74592 Répondre
          Mathieu
          Invité

          Et comme prévu, le Konbini Vidéo Club de Lellouche est très orienté cinéma américain des années 80 et Scorsese – Les Affranchis est son film préféré tiens tiens

          • #74599 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Oh comme c’est original

            • #74604 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Merci Mathieu j’aurais pas mieux dit !!!! et je me croyais un peu seule dans mon cercle d’amis cinéphiles à penser tout ce que tu as si bien dis. Alors encore une fois merci !!!

        • #74980 Répondre
          Renaud Bigorre
          Invité

          On avait dit pas la famille !
          Fran-ois-Lelouch

          • #80405 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            pris la main dans le sac

          • #80406 Répondre
            Mathieu
            Invité

            Et vu l’orthographe, c’est la famille de Claude, pas de Gilles
            C’est sans doute par pudeur familiale qu’il n’a pas consacré la prochaine gêne à Finalement, qui sent pourtant le chef-d’oeuvre

    • #74268 Répondre
      Guéguette
      Invité

      J’ai lu vos réserves sur le figuier sauvage, mais moi, après avoir eu peur de cette lente et scolaire mise en place, je trouve justement que la dernière met une bonne dose de bordel, et que les moments forts l’auraient sans doute été un peu moins sans cet académisme qui semblait bien tiède (un peu comme « les fantômes » en fait). Montrer que malgré ses peurs, ses réticences, sa bonne volonté, la mère/femme qui a un pouvoir de guérison quasi magique ne peut rien faire contre ce que la société attend de son mari, que l’on a longtemps cru modéré et faisant de son mieux. Je trouve que c’est une façon assez rare de montrer que n’importe qui peut devenir un oppresseur, et pas seulement par fondamentalisme.
      Je n’ai pas trouvé les dialogues si lourds, mais peut-être que vous connaissez plus la société iranienne que moi. Juste le fil semble un peu planplan au début, et je n’aurais pas imaginé que ça parte comme ça en live à la campagne.
      Oui peut-être que c’est plus l’écriture qui m’a plu (car je me suis fait la réflexion au début que ça manquait de cinéma) mais comme je disais, certains effets fonctionnent aussi grâce cette mise en scène très discrète.

      • #74365 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Justement ce bon père qui a l’air vertueux au départ devient un peu trop vite un tyran domestique. En quelques jours le voilà le plus tyran des tyrans. Ceci me parait bien expéditif, et le propre d’un cinéma démonstratif.
        Il y a quelque chose de volontariste chez ce cinéaste, un surlignage de tout qui se traduit par des dialogues explicatifs et un jeu d’acteur très appuyé. Moyennant quoi le dernier tiers ridicule du film n’est pas un dérapage : c’est dans la continuité de cette volonté d’en rajouter une couche
        (au fond le dernier tiers duplique le premier tiers en version musclée ; il fait deux fois le même film, et un acteur qui surjoue signifie deux fois la même chose)

        • #75799 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Je trouve que ce changement n’est pas si rapide, et surtout qu’il se justifie parfaitement vu qu’il se cachait un peu. Son arrangement moral avec le quotidien iranien n’était pas si dur à effectuer pour lui. Son manque d’investissement émotionnel était un symptôme. Pas du tout trouvé le final ridicule non plus, plutôt singulier.

    • #74352 Répondre
      Ostros
      Invité

      Eh bien, les quelques plans que donnent à voir la bande annonce du film leurs enfants après eux ne sont pas inspirants. Ça pose grave (dès le premier plan). On est dans des clichés de jeunes. Et les deux acteurs qui jouent les parents d’Anthony pas du tout crédibles, déjà, dans cette minute et cinquante trois secondes :

      .
      De son côté il y a Alex Lutz qui a commencé le tournage de Connemara.

      • #74358 Répondre
        Ventoline
        Invité

        vu et c’est a-tro-ce
        pardon
        a-t-r-o-c-e

      • #74525 Répondre
        netfloue
        Invité

        La fameuse intensité de Gilles Lellouche…. Aussi authentique qu’un jambon corse d’Espagne

        • #74559 Répondre
          Carpentier
          Invité

          G.L., un, au moins, à qui irait très moyen le sobriquet d’éjaculateur précoce: 17 ans qu’il l’a en tête ce projet de l’amour ouf?
          … Des mois avant quand tu songes au livre qui t’attend ça te fait dans le bas-ventre comme un passage de bosse en voiture. Une hâte anxieuse. Il te tarde d’y être et pour y être tu annuleras tout. / …. 269.
          Si on suit l’auteur du CUM, 194 mois de passages de bosses en voiture pour Gillou.
          Benh mon cochon.
          Je sors du film de Lellouche, j’adorerais une gêne o. dessus, le duo qui a l’amour du risque osera-t-il?
          Car ia quand même beaucoup à dire, non?

          • #74560 Répondre
            nefa
            Invité

            194 mois de préliminaire pour 4 pauvres secondes d’extase
            puis la petite mort
            moi je dis: merde
            en même temps c’est comique
            par contre, si t’allais du coté de la vie pendant ça
            72h, trois jours, par exemple
            il parait que ça te change un homme

          • #74572 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Je sauve quelques scènes, ou plutôt des plans:
            – le pote qui se paye enfin des chaussures en veau (9 paires de couleurs différentes ) et Clotaire, vus de dessous tandis qu’ils se rejoignent en haut d’une cage à poules (structure extérieure à escalader)
            – J & C à l’avant d’une loco (un peu trop au ralenti) juste après leur première enroulade.
            Sur-ce, je vais lire un peu les critiques, unanimement laudatives j’imagine?
            Être scruté ferait du bien au film et à son real peut-être (une g.o.?)
            Par ailleurs, suis encore surprise par la bande son musicale archi-tubesque, doit coûter une blinde en droits d’auteurs, non?
            Bon, demain c’est le Guiraudie, un autre jour.

            • #74586 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Et puis la magnifique scène de Clotaire qui va jusqu’à tenter un bouche à bouche, à insuffler, pour lui partager, de l’air au convoyeur qui s’est pris une balle dans la trachée; sa rage désespérée devant l’homme qui glougloute dans son sang est poignante, ce réel tragique qui saute à la gueule du jeune Clotaire, c’est quelque chose.
              Le gamin qui refuse la mort pour un autre.

            • #74606 Répondre
              Carpentier
              Invité

              pas mal de dialogues, de réparties, trop fugaces toujours – ça ne dure jamais, quoi – m’ont fait rire:
              peut-être que la platitude ambiante du non réel rythme du film m’amenait à sur-accueillir certains traits d’humour?
              Et l’illumination amoureuse – littérale, mais que c’est lourd, lumière + danse, Gilles – sur l’évidence du coup de coeur – on évite la foudre, déjà ça – dure un peu plus longtemps, quand J descend du bus et fait face à C;
              C’est assez bien vu ça aussi, les loulous qui attendent les encore dans le parcours scolaire, eux qui vont jouir de leur journée autrement.

          • #74584 Répondre
            Carpentier
            Invité

            une gêne occasionnée, oui, pour cet amour ouf
            dans lequel, en revanche, une scène me manque, grandement, une scène avec laquelle, moi, j’aurais terminé le film:
            désinfectés, recousus aux urgences, J&C sont laissés au calme par l’interne et C montre à Jacky la liste des 437 ou 457 mots qui la disent pour lui.
            Ces mots ont permis à Clotaire, en cellule, de vivre ce quotidien comme en compagnie de Jacky.
            Entendre lire Clotaire, quitte à faire un plan qui s’éloigne au bout d’une quinzaine de mots avec le volume de sa voix qui diminue, avec dans le cadre, Jacky face à lui qui rit de l’entendre lui dire ainsi qu’il est fou d’elle, j’aurais adoré ça.
            Ce qui se passe après cette scène tristement écourtée n’apporte rien.
            Pire, ce qui suit alourdit le film, déjà pas bien léger.
            Allez, et si je commence à me l’imaginer cette liste, ça dirait J. comment?
            frontale – pleine – rieuse – joueuse – belle – amoureuse – désirée – mon air – ma vie – ma lumière
            C. est en prison, c’est pour ça ces mots; cet exercice, un peu périlleux, je le découvre après, Gilles, c’est bien toi qui a fichu ça dans ton scénar.
            Oui, à ta place, serais allée au bout, avec générique de fin pendant que C. égrène les mots, et on entend régulièrement les rires de Jacky pendant.
            La voilà ma fin de film, ouaip, et ça m’aurait bien plu.

            • #74611 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Le Guiraudie puis le Baker vont hélas prendre la place de cet Amour ouf, qui me fait le même effet que Mégalopolis : avant même de le voir j’ai mal au crâne.

              • #74622 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                François vu les deux durant ce séjour parisien et j’aurais pu sortir ma carte vitale pour avoir des médocs contre le mal de crâne après la sortie des deux films tellement que j’ai souffert et que j’aurais voulu un remboursement total des médocs voir même d’une opération cérébrale. En plus Megalopolis encore un énième film anti anarchiste. je crois que c’est le film de trop. Je crois que je vais sérieusement penser à écrire quelque chose sur le sujet …

                • #74624 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  c’est le privilège du grand âge que de savoir anticiper les maux
                  (et c’est sa misère que d’en être perclus)

                  • #74626 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    Rire.
                    Je me permets encore une dizaine d’année avant de toucher cette sagesse (sans vouloir te traiter de vieux hein ^^)

                • #74629 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  sauf que moi, pas tentée du tout par le Megalo-truc, là
                  j’avais juste envie d’un cassage de gueule érudit du Lellouche par le duo de choc de la gêne. o.
                  Mais ok pour la fermer à ce sujet.
                  Mon neveu, chti comme moi, est venu pour une première avec son pote – comme des grands. sans les parents – et il a souhaité voir, pour plusieurs raisons, cet amour ouf.
                  J’allais pas faire ma tata ronchon quand même, si?
                  Voilà, n’en parlons pu.

                  • #74631 Répondre
                    lamartine
                    Invité

                    Quel dommage de dire tout et son contraire.
                    Enfin, ça te regarde.

                    • #74633 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      faut-il t’apprendre à mieux lire, la Martine?
                      vouloir sauver des scènes dont on a envie de dire le plaisir qu’elles ont procuré n’empêche pas de souhaiter une analyse plus érudite, comme savent aussi le faire les critiques de la gêne o., si?
                      tes avis noir/blanc, gentil/méchant me fatiguent.
                      Sauf si tu as moins de 8 ans, ne commente pu mes lignes avec ce type de postillons binaires.
                      Merci.

                      • #74634 Répondre
                        lamartine
                        Invité

                        C’est Lamartine, begaudeaufotositiste.
                        Bonne journée avec ou sans ta bêtise crasse.

                      • #74637 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        vu le discours, on est quand même bien plus dans les baveries de la Martine, pour sûr, celle quia marié le Léon là, qui commente tout l’temps sur tout l’monde
                        r.i.p. à toi, definitively ✌️

                      • #74638 Répondre
                        lamartine
                        Invité

                        T’es vraiment à la masse, c’est toi qui ANIME en soliloquant le bazar depuis 1 siècle et demi. Tu fais presque peine.
                        Allez, je te laisse à ta bêtise. Irrécupérablement cradingue.

                      • #74640 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        allez fonfonse
                        droit dans l’mur
                        ça te stopperas peut-être
                        https://fr.wikipedia.org/wiki/Alphonse_de_Lamartine

                      • #74642 Répondre
                        lamartine
                        Invité

                        qu’EST ce que tu ES mauvaise et pas un brin marrante.
                        Irrécupérablement cradingue et bête, donc inintéressante; Ce pourquoi tu soliloques.

                      • #74658 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        tu rangerais pas tes jugements et insultes dtc?
                        ils y seraient bien à leur place

              • #74630 Répondre
                Carpentier
                Invité

                et bien sûr que dédier une gêne o. au Guiraudie est une exigence.
                ‘ hélas ‘ : rire grand : D

            • #74627 Répondre
              lamartine
              Invité

              Je craignais le pire et craignais également d’entrer dans le bashing à la mode.
              Finalement l’amour ouf, même si c’est pas ouf, c’est pas un navet. Il y a de très belles scènes, trop courtes mais qui valent largement le coup. La densité du film abîme davantage le manque de structure qui se ressent plus dans la première partie du film. Partie, dont les 2 acteurs sont mémorables. Beaucoup de références, notamment à Licorice Pizza.

    • #74357 Répondre
      Henry
      Invité

      Salut à tous, je viens de voir que Pawel Pawlikowski sortait un film en 2025, « The Island », coprod américaine avec Phoenix et Ronney Mara , entre autres. J’ai hâte de voir ce que ça va donner. Je viens de voir « Ida », que je n’avais jamais vu, et je le recommande à tout le monde. Une économie de plan qui était déjà à l’oeuvre dans Cold War, une économie d’expressions dans son scénario, où tout n’est que suggéré. Ses plans sont aussi très « cadré », presque picturales, se suffisent à eux-mêmes pour former un film.

      J’en profite pour conseiller également, si jamais vous ne l’avez pas encore vu, « J’étais dans la maison, mais… » d’une allemande dont j’ai oublié le nom, mais qui est de même facture que les films de Pawlikowski.

    • #74366 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      cette transhumance américaine me fait un peu peur

      • #74411 Répondre
        Henry
        Invité

        Ça peut se comprendre, mais s’il s’en tient à son talent propre sans céder aux injonctions des producteurs, ça peut être brillant.

        • #74412 Répondre
          Henry
          Invité

          Le film dont je parlais.

    • #74370 Répondre
      Cédric
      Invité
    • #74502 Répondre
      Henry
      Invité

      Sinon la série de Cuarón, on en pense quoi ?

    • #74511 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      non, c’est plus haut sur celle ci

    • #74516 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut les ami-e-s,
      Dans un moment de faiblesse hier soir, j’ai commencé la série Culte sur Prime Vidéo. Le premier épisode m’a à la fois un peu amusé et un peu consterné, j’ai trouvé qu’il y avait notamment des anachronismes bizarres. La série est ancrée en 2001 donc, car elle raconte les coulisses de Loft Story, et pourtant il y a des éléments très « années 2020 » dedans. Par exemple, les personnages n’arrêtent pas de dire « dating ». La petite productrice caricaturalement ambitieuse, double fictionnelle d’Alexia Laroche-Joubert, dit 3 ou 4 fois ça: « nan nan mais il faut faire une émission de dating » et le grand ponte d’M6 pareil: « ouais ouais allons sur du dating »
      Mais donc ôtez-moi d’un doute, car en 2001 j’étais trop jeune pour savoir, mais on ne disait pas du tout « dating », non?
      Et tout est comme ça dans la façon de parler des personnages, très actuelle. D’une manière générale, on dirait tous des petits managers macronistes start-up de 2020 mais en 2001, c’est très curieux.

      • #74519 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Avoir une date voire un date était déjà usuel dans ces années
        Mais le dating je sais pas

        • #74521 Répondre
          Claire N
          Invité

          Dati oui mais dating ça me dit rien non plus …

      • #74530 Répondre
        Seldoon
        Invité

        2001 :

        • #74532 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Je me tiens à votre disposition pour tout nouveau besoin de capsule temporelle documentaire.

          • #74533 Répondre
            Claire N
            Invité

            Rire , t’es plus fort que l’INA

          • #74534 Répondre
            nefa
            Invité

            et le 13 juin 1978, exactement la même formule, en rêve

    • #74554 Répondre
      Jules
      Invité

      Vu (et beaucoup aimé) Soundtrack to a coup d’Etat ! Je le conseille ; sur le jazz, « l’indépendance » du Congo et son pillage.

    • #74649 Répondre
      lassou
      Invité
      • #74652 Répondre
        Anna H
        Invité

        « Miséricorde » : pour Alain Guiraudie, les voies du désir sont impénétrables
        En plongeant dans le quotidien d’un village perturbé par le retour d’un jeune homme, le réalisateur signe un film magistral, entre tragédie et burlesque.
        Par Mathieu Macheret

        Miséricorde, voilà un titre qui interpelle. On ne s’attendait pas, en effet, à trouver ce terme emprunté au lexique chrétien au fronton du nouveau long-métrage d’Alain Guiraudie, formidable cinéaste aveyronnais qui, en trente-cinq ans et une douzaine de films de toutes durées, a fait du désir et de ses manifestations iconoclastes son grand souci.

        Plus de dix ans se sont écoulés depuis L’Inconnu du lac (2013), son plus grand succès en salle à ce jour, théâtre apollonien de drague lacustre, après quoi ont suivi deux beaux films perturbés, Rester vertical (2016) et Viens je t’emmène (2022), comme assombris, gagnés par l’angoisse et l’incertitude des temps. Depuis, Guiraudie a surtout décrit un crochet par la littérature avec la publication du roman-fleuve Rabalaïre (P.O.L, 2021), feuilleton occitan de plus de mille pages, et, dernièrement, de sa suite Pour les siècles des siècles (P.O.L, 2024). Miséricorde s’en ressent, parce que son intrigue provient d’un épisode de Rabalaïre (c’était déjà le cas de Viens je t’emmène), mais aussi par son écriture déliée, apparente ligne claire qui s’enfonce tranquillement sur des sentiers obscurs, pour border, bientôt, et non sans frissons, des profondeurs vertigineuses.

        Tout commence sur une note funèbre, puisque, au village de Saint-Martial, sous un ciel d’automne, on enterre le seul boulanger du coin. Jérémie (Félix Kysyl), jeune homme avenant, revient dans la bourgade après une longue absence pour assister aux obsèques. On ne sait pas exactement ce qui le liait au défunt, mais on comprend qu’il fut jadis son apprenti, et le meilleur ami de son fils Vincent (Jean-Baptiste Durand).

        Ange pasolinien
        Le revenant s’installe chez la veuve, Martine (Catherine Frot), ce qui provoque la colère de Vincent, qui le soupçonne de vouloir séduire sa mère. Jérémie fait durer le séjour, rend visite aux anciennes connaissances, mais Vincent, toujours plus véhément, s’entête à l’intimider. Survient alors un événement tragique : un corps disparaît, qui met Jérémie aux abois, sur des charbons ardents. Il trouve alors un soutien inespéré en la personne du curé (Jacques Develay), vieil abbé déplumé qui ne paye pas de mine, mais déborde d’amour pour lui.

        Plus qu’un simple décor, le village s’ouvre comme une petite poche de fiction : c’est lui qui circonscrit une galerie de figures identifiables, lui aussi qui recueille les circulations énigmatiques de Jérémie, héros baladeur qui tourne autour de tous et sera à son tour cerné. Dans cet espace restreint, le générique et le particulier se brouillent : les personnages ont beau répondre à des archétypes locaux dignes d’une BD (le curé, la veuve, le fermier bedonnant), Guiraudie les singularise par son sens génial du casting hétéroclite – candeur louche de Félix Kysyl et visage abrupt de Jean-Baptiste Durand, le jeune réalisateur de Chien de la casse (2023), jusqu’à un hilarant duo de gendarmes inquisiteurs.

        Sous le dehors placide des us villageois, la présence de Félix a pour effet de réveiller, parmi les habitants, un réseau de désirs enfouis et clandestins, homosexuels mais pas seulement. Contrairement à L’Inconnu du lac, qui jouait encore d’une sexualité explicite, Miséricorde reste au seuil d’une libido qui semble surtout appartenir au passé, endormie sous les habitudes rurales et les structures familiales, mais susceptible quand même de remonter à la surface. Tel l’ange pasolinien de Théorème (1968), Félix est l’agent de cette remontée – ici en s’invitant chez un fermier qu’il drague, quitte à lui piquer ses sous-vêtements, ou encore par quelque accès tactile lors d’une empoignade avec Vincent. Ses trajets en passent toujours par la forêt, lieu originaire, incubateur de pulsions, que Guiraudie filme recouvert de brume ou basculant dans la nuit. Les personnages s’y surprennent aux détours des sentiers, à la cueillette de champignons prenant des formes tour à tour morbides ou phalliques.

        Alain Guiraudie opère ici une greffe inouïe entre la tragédie et le burlesque, entre la gravité du scénario criminel et la banalité des corps qui l’incarnent, entre le poids de la culpabilité et la trivialité des élans quotidiens. Dans ce drôle de village, on n’est jamais sûr de rien : on se frôle, on s’épie, les parois s’avèrent étrangement franchissables (les divers intrus qui s’invitent dans la chambre de Félix à 4 heures du matin), et les journées débouchent vite sur les contours liquides et cotonneux des nuits bleutées, où les faits se précipitent alors avec la soudaine facilité du fantasme. La mise en scène, d’une tenue époustouflante, alterne entre la majesté imperturbable des plans larges et la troublante proximité des visages, comme dans cette scène du confessionnal, où Félix et le curé s’avouent tout, la lumière mouchetée dansant sur leurs visages (la photographie magnifique de Claire Mathon n’y est pas pour rien).

        Itinéraire spirituel
        Existe-t-il une métaphysique du désir ? C’est en tout cas l’hypothèse que le film creuse dans sa seconde moitié, à mesure que l’intrigue se resserre sur le face-à-face de Félix et du prêtre. Pour faire résonner cette question, Guiraudie sculpte un territoire de fiction inédit, une fable où croyance et sexualité ne seraient pas antinomiques, où le don de soi engage le corps tout entier, où la libido recouvre une formidable puissance d’absolution. Plus il avance, plus le film s’apparente à un itinéraire spirituel, mais d’une spiritualité délibérément sacrilège et profondément immorale : il s’agit d’accorder le pardon au criminel, de le soustraire aux mains de la justice et ce, arbitrairement (par amour), puis d’apprendre à « s’arranger avec sa conscience ». « Il faut bien que la vie s’achève. On a besoin d’accidents, on a besoin de meurtres », ira jusqu’à énoncer le prêtre, lors d’une scène de haute volée, où deux silhouettes suspendues au-dessus d’une falaise se détachent sur l’étendue tellurique du causse, en contrebas.

        Dans son livre Profanations (Rivages, 2005), le philosophe italien Giorgio Agamben renversait le stigmate négatif du terme en écrivant que « profaner, c’est restituer à l’usage commun ce qui a été séparé dans la sphère du sacré ». Miséricorde se prête précisément à ce genre d’opération : désacraliser le pardon, le soustraire au magistère religieux, pour en faire un meilleur usage, c’est-à-dire un usage amoureux, quotidien, à ras des choses. Ainsi le film n’a-t-il d’autre enjeu que le cheminement secret et souterrain du désir, les voies impénétrables qu’il emprunte pour enfin s’exprimer. Cet événement (le contact des chairs) longtemps repoussé, advient enfin à la faveur d’un dernier plan magnifique, un véritable séisme de douceur et de licence, qui achève de faire de Miséricorde l’un des plus beaux films français vus depuis bien longtemps.

        • #74657 Répondre
          lassou
          Invité

          Merci beaucoup.

        • #74666 Répondre
          o
          Invité

          Qui l’a vu ?
          C’est étonnant que les deux critiques rapportées ici mettent le « désir » au centre. ça ne colle pas avec mon expérience du film. Le désir pour moi c’est ce truc chaud, fébrile, qui fait faire n’importe quoi. Ici l’attirance est toute cérébrale, et même toute théorique. Est-ce que les critiques parlent de désir pour ne pas parler d’amour ? Alors que le sujet est très clairement posé par l’abbé (« tu apprendras à m’aimer », est-ce que c’est pas exactement le contraire du désir ?).
          J’ai trouvé le film très fort à plusieurs moments (les aphorismes de l’abbé, le comique d’apparition, les deux flics, l’omelette aux champignons, le visage du flic au-dessus du lit, l’abbé éclairé par les phares de la bagnole…), très bien agencé, bien huilé, comme une belle mécanique. Mais à la fin tout ça est sacrément fermé et nous laisse peu de place. On est dans le fantasme de Guiraudie, qu’on peut voir comme une utopie, sans aucun rapport au réel, même la forêt a l’air stérile, faut le faire.
          Il reste deux points plus flous pour moi et qui m’intéressent : le personnage du père défunt (je n’arrive pas à voir ce qui a pu se passer exactement avec Jérémie) et Walter que je trouve le plus trouble, buté, indéchiffrable, fuyant, changeant, bref un mystère.
          Le dernier plan est en effet très beau. Surtout si on est sûr que la mère a entendu le coup de pelle.

          • #74667 Répondre
            lison
            Invité

            Le dernier plan est beau, et je pense comme toi qu’elle a entendu le bruit de la pelle, mais le dernier plan et ces mains jointes sont peut être le début d’un enfermement – qui n’est pas la prison, mais sera peut être infernal.

            • #74693 Répondre
              o
              Invité

              exactement, t’as tout dit. Et c’est déjà le même deal avec le prêtre, du coup double enfermement ?

              • #74866 Répondre
                lison
                Invité

                J’ai beaucoup aimé le film, et ( j’ai pas dit mais) pourtant une scène est pour moi trop explicite, plutôt le discours du prêtre , celle où Félix hésite à sauter dans le vide où le prêtre lui fait un peu la leçon, et où Guiraudie politise son propos. Certains jours elle m’agace, certains jours je me dis que comme c’est un prêtre qui l’a dit, dans un moment particulièrement dramatique ça passe. Pouvait il s’en dispenser, pouvait il rester dans cette situation sans explication, sans psychologie, sans discours ? J’aurais bien aimé.
                Et un truc m’a mis la puce à l’oreille:le comédien qui joue le prêtre était là lors de la présentation du film et il a dit son impatience à jouer cette scène, sa joie de pouvoir dire ça, de parler du monde d’aujourd’hui. Je n’ai pas osé lui dire que moi mes scènes préférées avec lui c’étaient toutes les autres, où il parle moins ou de façon moins sentencieuse .
                La scène de confession inversée est vraiment très bien, quelle bonne idée !
                Il n’y en a pas beaucoup des films aussi métaphysiques que physiques, aussi drôles qu’ inquiétant , bref allez voir Miséricorde, que diable !

                • #74875 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Tu as raison cette scène est discutable. Trop discursive
                  Mais qu’est ce qui peut rédimer un surcroit de discursif? L’intérêt du discours. Et celui ci en a beaucoup, d’intérêt.

                  • #74918 Répondre
                    o
                    Invité

                    et aussi une incarnation, un acteur, une élocution assez merveilleuse ? Ce qui le rend acceptable c’est aussi la frontalité du truc. Dans ces quelques passages (2? 3?), Guiraudie ne se cache pas d’asséner du discours, c’est presque face caméra et suffisamment assumé pour qu’on le prenne comme un autre régime de plan que le reste du film. Et d’ailleurs, ça serait pas un peu Guiraudie qui nous parle ?

                    • #75916 Répondre
                      Guéguette
                      Invité

                      J’ai beaucoup aimé. Et puis un film où un vieux prêtre bande comme un âne en disant « tout se passe comme sur des roulettes » est forcément génial.
                      Je me souviens de mon obsession pour écrire des histoires en forêt. Mes collègues me trouvaient chelou, mais putain que c’est beau.

    • #74660 Répondre
      13Nesta
      Invité

      Bonjour à tous,
      une question/réflexion à François après les visionnages successifs de Showing Up / Tar et la lecture de CuM.
      Une des idées qui traverse les deux films est, selon moi, l’idée que l’artiste se doit d’être « égoïste » (avec les deux cas limite, de Michelle Williams qui se donne trop voire se fait « bouffer » et Cate Blanchett tyrannique au contraire) qui rejoint, je pense, le ressentiment dont peut faire l’objet François à gauche sur la question de l’art et de l’artiste. La question de l’individu au sens fort (tu l’as déjà mainte fois évoquée François) et donc d’une dimension égoïste réclamée par l’art qui contreviendrait à l’idée de « communauté anti-libérale » de la politique de gauche (mal comprise selon toi François si elle ne met comme objectif l’individu au bout du chemin tout comme le libéralisme ne crée que de faux individus appauvris). Affirmer sa singularité par l’art sans en passer par des références politiques poserait problème à gauche.
      Je ne sais pas si j’ai fait fausse route mais les deux films me semblaient aussi pointer vers cela.

      • #74664 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Il y a plusieurs choses à discerner :
        -oui je maintiens que toute politique de gauche a l’individu pour fondement (ce que ressent l’individu, sa vie, son « vécu ») et pour objectif (l’augmentation vitale de l’individu)
        -oui la pratique de l’art nécessité concentration, et donc nécessite parfois que l’individu se tienne à l’écart du bruit, y compris du bruit de la politique, à l’écart de « l’actualité » (voir début de la GO sur Bouillier-Monet). Mais ce faisant il ne déroge pas à la politique, il pratique directement la politique de l’individu, sans en passer par la médiation de l’activité dite politique. On pourrait même dire que la politique effective est plutot de son coté (Rancière le dirait)
        -il est assez fréquent que l’art se fasse à plusieurs – cinéma, théatre, livre collectif, et autres dispositifs. Il est donc assez fréquent que la pratique de l’art introduise un rapport avec autrui. Rapport dont je peux témoigner qu’il est au moins aussi intense que dans l’activisme politique dit collectif (dans une manif suis-je vraiment plusieurs?)
        -même isolé, l’artiste, exemplairement l’écrivain, est très peuplé. L’activité artistique le peuple. L’écriture d’un roman c’est ça : par le dispositif d’écriture je suis peu à peu envahi par autrui, par le réel, par tout un tas de choses qui me traversent (je renvoie à nouveau aux quinze dernières pages de la Mule). C’est tout un peuple que forme le livre. La pièce où j’écris est d’un calme-plat et cependant elle grouille de monde.
        Tar est une égotiste, une sorte de monstre, de vampire, et elle vit hors sol, mais son art consiste à tendre l’oreille à la musique d’un autre, à se laisser pénétrer par la sensibilité d’un autre (Bach, par exemple). Tar est toxiquement dominante dans le sexe mais dominée dans son art.
        En résumé l’artiste doit dépeupler son quotidien pour mieux accueillir le peuple que convoque la production d’un travail artistique.

        • #74672 Répondre
          13Nesta
          Invité

          Merci pour cette réponse. Je ne sais pas si cela a été signalé ici mais le séminaire de Didi-Hubeman sur la notion de critique aborde rapidement l’opposition art/politique au sein de la gauche à travers les critiques de Kouvelakis à Adorno dans son dernier livre. C’est assez rapide (dernier quart d’heure de la première séance) , GDH avoue ouvrir rapidement des chantiers polémiques mais ce qui y est dit est assez exemplaire/ révélateur du « conflit « .

          • #74683 Répondre
            lison
            Invité

            Et tu sais si on peut le trouver en ligne ce séminaire ou un compte rendu écrit ?

            • #74690 Répondre
              13Nesta
              Invité

              Tour est sur YouTube, voici le premier :

              • #74733 Répondre
                lison
                Invité

                `Merci !

              • #74996 Répondre
                propater
                Invité

                Merci pour le partage. C’est très éclairant sur la démarche de François comme critique et écrivain en général et dans CUM en particulier.

            • #74691 Répondre
              13Nesta
              Invité
            • #74692 Répondre
              13Nesta
              Invité

              Enfin sur AOC, un débat long et polémique (voire conflictuel) mais riche de références et réflexions entre Traverso et DidiH.
              Il incarne une bonne partie de la question du rapport esthétique et politique à gauche.
              Tout cela se conflue par une réflexion longue de Guillaume Blanc-Marianne sur ces vifs échanges.
              Le départ, texte de DidiH qui répond à une critique de Traverso sur l’exposition ‘Soulèvements’ dirigée par DidiH.

              Prendre position (politique) et prendre le temps (de regarder)

              • #74709 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                pas accès à AOC, mais je regarderai la conf

                • #74717 Répondre
                  propater
                  Invité

                  J’ai mis l’article dans Intégrale – Page 2, si tu veux.

                  • #74766 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    Merci !

                    • #74882 Répondre
                      Baptiste B
                      Invité

                      Merci 13nesta, je pense aussi à ce débat en arrivant à la moitié de CUM, avec en tête l’idée que c’est encore notre cher Rancière qui avait su clarifié cette polémique au mieux avec son partage du sensible. Didi Huberman et Traverso rejouent finalement cette querelle qui a encore cours: où est-ce que l’art et la politique peuvent penser conjointement, au niveau du contenu ou au niveau de la forme ? Est-ce qu’on pense art et politique comme un espace partagé par la forme, et alors on parle d’esthétique, ou alors est-ce qu’on pense l’art et la politique comme le même combat, lieux à investir stratégiquement, et alors on parle plus de culture politique de l’art, d’histoire de la culture comme Traverso? CUM me semble être dans la continuité de Rancière, mais il se situe du côté de la pratique et du sensible de l’artiste. Il résout une tension que Rancière volontairement laisse en suspens et qu’on lui a souvent reproché : et alors la responsabilité de l’artiste dans tous ça ? Si ça pense tout seul, si Flaubert propose une forme démocratique, on baisse les armes ? Bon évidemment Rancière voulait simplement rappeler que les signes ou les sujets de gauche ne font pas un art de gauche. On retrouve cette réflexion dans CUM, mais en plus ça répond au débat art et politique en réfléchissant au lien entre art et artiste, le passage de l’un à l’autre, de l’autre aux autres etc… J’aime beaucoup les pages sur François romancier dans CUM parce qu’elles me semblent plus précises sur ce qu’un artiste fait que ce que je lis d’habitude, l’essai est précieux de documenter tout ça, de si bien analyser la situation de l’écrivain dans son propre rapport affectif aux forces et aux affects qui l’habitent.

                      • #74935 Répondre
                        13Nesta
                        Invité

                        Et le dernier Rancière sur Tchekhov est encore une merveille sur ce thème. Peut être, malheureusement, un des derniers livres de ce style à La Fabrique comme l’ont souligné François et d’autres…

                  • #75938 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    merci

    • #74662 Répondre
      Kenyle
      Invité

      Avez vous écrit sur AFTERSUN sur ce forum ? Vous vous souvenez de la page ?

      • #74673 Répondre
        Izza
        Invité

        Bonjour @Kenyle
        J’en ai un bon souvenir en tout cas.
        Le film dans le film est bien amené et recadre bien l’intensité des vacances.
        Le film de vacances ne garde que l’amour et le bonheur. Le hors champs est plus chargé de mémoire véritable.
        Et ça jouait bien, de mémoire.
        La scène de danse était bien cool aussi

      • #74674 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Bonsoir Kenyle,
        Pour faire une recherche sur ce forum, tu peux aller sur forum général, là tu cliques sur forums (pluriel) et tu arrives à une fenêtre de recherche. Tu vas voir, ça fonctionne bien.

        • #74675 Répondre
          Kenyle
          Invité

          Ah ouais bien vu, ça marche pas mal la technique.

        • #74676 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Merci beaucoup Jeanne pour le point technique.
          Oui ça marche très bien.
          Cela me change la vie pour retrouver ce que chacun a dit quand parfois on ne vient pas sur le forum.

        • #74679 Répondre
          Cyril
          Invité

          Tu peux aussi taper sur Google : Aftersun site:francoisbegaudeau.fr

          • #74685 Répondre
            Kenyle
            Invité

            Efficace aussi, merci

          • #74687 Répondre
            Eden Lazaridis
            Invité

            Moi je tape « bégaudeau blog »+x et je retrouve tout. TOUT CHRISTINE TOUT.

            • #74688 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              sur Google je précise.

    • #74713 Répondre
      propater
      Invité

      Pour ceux que ça intéresse, il y a Vers la Douceur d’Alice Diop sur Arte: https://www.arte.tv/fr/videos/118681-000-A/vers-la-tendresse/

      • #74714 Répondre
        propater
        Invité

        *Vers la Tendresse, pardon

    • #74779 Répondre
      Eden Lazaridis
      Invité

      Je viens de regarder son vidéoclub de Gilles Lelouch et ce faquin synthétise le goût majoritaire :

      1. C’est « La Haine » qui lui a donné envie de faire du cinéma.
      2. Steve Spielberg est peut-être le plus grand réalisateur au monde pour lui.
      3. Il pense que Les Affranchis est le meilleur Scorsese, et trouve cela osé de le dire.
      4. Il adore Drive, mais ATTENTION, il a du mal avec Winding Refn, notamment The Neon Demon et Only God Forgives.
      5. Il a pas du tout aimé Fight Club la première fois qu’il l’a vu, mais en fait c’est un film obsédant.
      6. L’empire contre attaque était son Star Wars préféré (original) mais maintenant c’est Rogue One (original).
      7. Shining est pour lui le plus grand film d’horreur de tous les temps.
      8. Quentin Dupieux est un génie, ultra créatif. J’peux tout jouer pour lui, qui il veut, quand il veut , où il veut.
      9. Dans le sens de la fête, la scène d’engueulade de Bacri à la fois est JUSTE WAW, ça nous a foutu sur le cul quoi.
      10. Toy Story 3 : Pixar, ils sont quand même forts.

      C’est une synthèse ce type.

      • #74780 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Je n’aime du tout non plus Fight Club !! Je fais bientôt un versus sur ce film avec Joker avec Saad Chakali 😉

      • #74781 Répondre
        gebege
        Invité

        Et le comble, c’est que c’est un mec « cool » !!!

        • #74807 Répondre
          Izza
          Invité

          Cool, non. « Générique » comme on le dirait d’un médicament pas cher..

      • #74838 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui!
        Et pratiquement que de l’américain. Tellement pathétiques ces « cinéastes » français qui voudraient être américains.
        Guiraudie lui s’est contenté d’etre tarnais
        (étant entendu que Lelouch n’a jamais vu un Guiraudie de sa vie)

        • #74879 Répondre
          lamartine
          Invité

          J’ai du mal à comprendre.
          Tu dis que Guiraudie est pas terrible, sauf son first. Puis, tu ajoutes que Lelouch est mauvais.
          Tu disais pourtant qu’il était un super acteur et tu as dit largement de bien sur le Grand Bain.
          Certes les goûts changent, à ce rythme c’est étonnant. Compliqué ton affaire de critique.

          • #74895 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Pas souvenir d’avoir entendu que « Guiraudie est pas terrible, sauf son first », mais j’ai peut être raté quelque chose. Et si on restreint à « son first », j’y mets mes deux bras à couper.

            Plutôt admiratif de Ce vieux rêve qui bouge, pour ma part, sans avoir été submergé : mais je constate que le film est encore très imprimé dans ma rétine, c’est un signe. J’ai l’impression que c’est celui auquel Tony faisait référence dans sa description (pourtant ça ne me semble pas être « le premier »). Miséricorde attendra la fin de semaine.

            • #74901 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              J’ai dit que le premier Guiraudie était peut etre son meilleur
              Mais c’est la prérogative du troll de comprendre ce qu’il veut quand il veut
              Pour info j’ai d’ailleurs changé d’avis entretemps, puisque entretemps j’ai vu Misericorde, qui est passé top 1.

              • #74905 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Ah! eh bien dans ce cas, « vivement dimanche »

              • #74909 Répondre
                gebege
                Invité

                Quel immense film ! Et quelle tristesse de le voir si mal compris/considéré par la critique. Il n’y a qu’à écouter les capsules de Télérxma sur le film pour s’en convaincre : pas une seule fois le mot « mensonge » n’apparaît. Par contre pour parler du discours du prêtre qui dit plein de chose sur la vie-la-société, y’a du monde…

                • #75335 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  Ah oui, ça pour être bon, c’est du très bon. Même pas pu attendre dimanche. Et si vous comptez le voir, ne lisez surtout pas ces quelques lignes.

                  J’ai entendu Guiraudie lui-même dire qu’il aimait les histoires peu probables. C’est l’une des choses qui m’a le plus frappé du film : résumez en cinq phrases son scénario et l’on vous dira qu’il est à coucher dehors (ou au presbytère), et pourtant, c’est dans le détail qu’il tient le mieux, qu’il est crédible. Ce type maîtrise son art par les deux bouts : rivé au ras du réel, débridé dans l’imaginaire — au fond, ce Vieux Rêve qui Bouge donnait déjà un peu dans cet hyperréalisme improbable. C’est d’autant plus fort que le dispositif est assez strict : on suit Jérémie, on voit ce qu’il voit, on sent ce qu’il sent — font exception les superbes plans de forêt, et ceux où c’est le cadavre qui, d’une certaine manière, le regarde par en bas. Et cette scène de meurtre, ce petit crescendo anodin entre les trois scènes de pseudo-baston — je n’ai pas dit pseudo-scène de baston —, et paf. Ah c’est fort. Et quelle belle image de Claire Mathon, à nouveau.
                  .
                  @gebege je n’ai pas lu la critique mais si c’est ce que certains ont retenu du film c’est un peu dommage. On a littéralement un prêtre qui se confesse auprès d’un meurtrier qu’il ne dénonce pas. Un prêtre qui associe le pardon au désir. Rien que ça. Intéressant de voir aussi cette « contradiction » lorsque Jérémie, au bord de la falaise, lui dit que le désir n’est pas « sur commande » : il lui répond que si (« Et à votre avis, comment j’ai fait pour tous les aimer? Et y’en avait c’était pas facile! », ou quelque chose comme ça). On retomberait sur nos pattes en disant que c’est le désir de religion qui façonne les autres désirs, une sorte de désir maître (attention « l’angle alpha » n’est pas loin).

                  • #75483 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Oui le prêtre est vraiment un personnage extraordinaire,il voit tout sans être vu,il surgit toujours de nulle part,dans les bois,sur la route au petit matin, c’est un peu l’œil de Dieu,un œil qui nous verrait tous sans jamais nous juger, à la fois très chrétien dans le sens où il endosse tous les crimes et sans pathos ni morale,ce qui est aussi étonnant c’est qu’il est tout le temps au plus près du sol,de la terre,un cueilleur de champignons et loin du ciel,pas du tout dans la métaphysique, bien au contraire.

                    • #75541 Répondre
                      Tof
                      Invité

                      Très juste

                    • #75599 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Oui, très terrestre, ce prêtre — ça sonne râpeux mais tant pis.
                      .
                      Une réflexion m’est venue pendant la séance et qui m’a fait sourire : si on prend tous les éléments de décor du film et qu’on en donne un synopsis hyper rapide (voire qu’on monte… une bande annonce), on pourrait y voir une sorte de téléfilm France 2… en fait totalement subverti, un film de commande où le cinéaste aurait bousillé la commande. J’aime à imaginer la scène :

                      Michel, directeur des programmes de France 2: « Dis moi mon Alain, on voudrait un p’tit polar rural, ancré dans nos territoires, acteurs français, avec l’accent de chez toi et tout et tout, et puis tu nous mets un prêtre, tiens — les gens aiment bien les prêtres —, et puis des gendarmes — les gens aiment bien les gendarmes —, des ballades en forêt, des champignons, un peu de suspense, des trucs de famille, de l’amour, tout ça tout ça… Allez, ça passerait un Dimanche à 20h30, on a même Catherine Frot, tu nous fais le job Guigui?

                      Alain Guiraudie : « OK ».

                      • #75602 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Oui d’ailleurs ce qui accrédite cette idée c’est l’ironie permanente du film,en fait, pour être honnête, cette ironie m’a laissé à distance,le film est à la fois assez sensuel et très(trop?) cérébral,on comprend le propos mais on ne ressent pas grand chose ou alors,et il me faudrait le revoir, peut-être n’étais-je pas disponible au moment où je l’ai vu.

                      • #75613 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Les quelques moments de drôlerie ne m’ont pas déplu. Sans ça, possible que le film ait été un poil trop pesant à mon goût (en général, les films que je trouve « grands » comportent au minimum une scène qui me fait rire, ça n’est pas un critère strict, ça ne se vérifie pas toujours, mais c’est important pour moi).

                      • #75619 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Oui c’est souvent drôle et tant mieux, l’ironie c’est autre chose,on reste en surplomb, à distance,sans vraiment y croire,les situations sont improbables et servent un propos plutôt qu’une émotion,propos sur la masculinité ou sur le désir qui échapperait à toute volonté et serait peut-être d’origine divine,propos subversif aussi sur les représentants de la société,les gendarmes,vus comme des gens grotesques voire maléfiques disposant de toutes les clés pour violer un domicile et regarder ce qui se passe sous les draps etc…

                      • #75621 Répondre
                        lamartine
                        Invité

                        Je trouve le film pas risible un brin. Plutôt grave, même si par moment et souvent à travers le prêtre on peut trouver à rire. Rire assez froid.

                      • #75754 Répondre
                        lison
                        Invité

                        Guiraudie lui même dit ça dans un entretien pour Les Cahiers du cinéma, que le début de son film ça peut faire penser à la série de France Tv qui s’appelle  » Meurtre à… » et qui est chaque fois une occasion d’avoir quelques plans sur l’environnement local et /ou la petite ville connue du coin.

                      • #75757 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Très amusant, je ne savais pas! (il faudrait que je m’abonne aux cahiers, un jour…)

                        J’ai écouté sur le trajet le podcast de Burdeau au CDA d’Enghiens. Il dit quelque chose de très juste : beaucoup d’aspects improbables du film, notamment l’amoncellement de relations/désirs homosexuels entre les personnage de ce patelin, passent quasiment pour la normalité. Ils ne soulèvent presque jamais de commentaires ni de longues tirades d’étonnement chez les personnages (y compris de la part de la Police). Même la mère serait rassurée que Jérémie ait eu une relation homosexuelle avec son fils (marié avec enfant) le soir du meurtre, puisque ça expliquerait la longueur de leur petit road-trip.
                        .
                        On pourrait dire que dans Miséricorde la Police ne réprime même pas, elle fait des constats : il y a du désir ici, des pulsions là, untel est dans le lit de l’autre, et c’est à peu près tout. On s’éloigne de France 3 Tarn-et-Garonne.

              • #75099 Répondre
                stephanie
                Invité

                je n’ai pas encore vu miséricorde , je me le réserve aussi ce WE quand j’aurai l’esprit bien débranché du travail; le meilleur est pour « rester vertical « pour sa liberté..sexuelle entre autre , sa noirceur et la scène finale magnifique.

            • #75000 Répondre
              trustan
              Invité

              IGY, c’est vérifiable plus haut.

      • #74880 Répondre
        lamartine
        Invité

        Il y a de très bons réal qui ont des goûts de chiottes.
        Cette mesure ne veut pas dire grand chose.

        • #74892 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          En tout cas Gilles n’a pas des goûts de chiottes, il a les goûts normaux, incroyablement normaux. Si tu veux savoir si ton film va avoir du succès en salle, montre le à Gilles Lellouche. D’ailleurs son clip de 2h40 est en train de tout péter au box office : il lui a plu, donc il plait à la majorité, c’est une sorte de super pouvoir.

          • #75063 Répondre
            lamartine
            Invité

            Je sauve de belles scènes. Courtes, certes, et cependant très belles scènes.
            Je suis pas très people, mais j’ai vu passer sur le net le choix de films de certains réals, et sincèrement , c’est du même niveau.

            • #75339 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              « n tout cas Gilles n’a pas des goûts de chiottes, il a les goûts normaux, »
              Oui, c’est exactement le point. Et c’est si bien vu de le voir que lamartine s’empresse de ne pas le voir

              • #75608 Répondre
                generator
                Invité

                J’ai compris, ce que dit Eden. Inutile de taper encore et encore.
                Je trouve l’amour ouf, mal fait, en tout cas raté, mais j’ai aimé le regarder. J’aime parfois, regarder des trucs mal faits pour lesquels je vais être super critique et avec lesquels j’éprouve du plaisir.

                • #75611 Répondre
                  lamartine
                  Invité

                  Mon pseudo, ne marchait plus.

          • #75771 Répondre
            Guéguette
            Invité

            J’ai pas été d’accord avec une seule de ses phrases dans son passage au cercle, ce fût magnifique. On aurait dit moi vers 11/12 ans avec mon début de culture videoclub.

    • #74789 Répondre
      Cyril
      Invité

      Est-ce que vous connaissez de bons films de/sur Asie du sud-est, particulièrement le Vietnam ?
      Je connais déjà bien l’ami Apitchapong 🙂

      • #74790 Répondre
        Anna H
        Invité

        J’avais beaucoup aimé l’Arbre aux papillons d’or de Pham Thiên Ân, son premier long métrage.

      • #74801 Répondre
        youvgotnoidea
        Invité

        Pas le Vietnam mais à côté, Lino Brocka avec Insiang ou Manille

      • #74823 Répondre
        Ventoline
        Invité

        Raya Martin, cinéaste philippin surtout connu pour Independencia et A Short Film about the Indio Nacional, on peut appeler ça du lourd. Qu’est-il devenu ?

    • #74824 Répondre
      Ventoline
      Invité

      Ce matin je me suis réveillé, et j’avais peur pour le cinéma. Qu’il disparaisse, qu’il s’affaisse. Dieu a dû m’entendre depuis tout là-haut : il nous a envoyé les premières infos sur le prochain Ladj Ly. Srab Films s’associe à Pathé pour mettre en route un film « Dumas – Diable Noir », un film sur « le premier Général noir de l’armée française ». Tous les quiproquos sont bons à prendre, en plus ça fera boom boom. Ça va brainstormer sur les acteur-rices noir-es à foutre au casting ça tiens. Sy, Zadi, qui d’autre ?

      • #74859 Répondre
        monami
        Invité

        génial ! et pour nous aider à patienter, vient de sortir le biopic d’Aznavour, de Grand corps malade, avec Tahar Raim !

    • #74958 Répondre
      Izza
      Invité

      Menu Maxi Big Mac :
      Louie CK sur Paul Thomas Anderson

      (Possibilité de mettre les sous-titres automatiquement en français)

      • #74974 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Enfin une célébrité qui comprend que PTA est le meilleur sur terre. À noter que contrairement à Tarantino, les meilleurs films de PTA sont ceux qui ne se passent pas à LA. Amusant comme contraste.

        • #74975 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          Je suis sûr que le film préféré de Gilles Lellouche dans la filmo de PTA c’est Magnolia. J’en suis sûr et certain. En deux il met Boogie night et en trois There will be blood.

          • #74976 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            Pour moi There will be blood au regret de te décevoir est un chef d’oeuvre

            • #74977 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              « les meilleurs films de PTA sont ceux qui ne se passent pas à LA » > moi aussi.

            • #74978 Répondre
              Eden Lazaridis
              Invité

              Je peux être d’accord avec Gilles Lellouch/la majorité. Et de toute façon tous les films de PTA sont bons, même Hard eight.

      • #75197 Répondre
        Guixols
        Invité

        Y’aurait moyen de lire ce qu’avait écrit François sur Phantom Thread?

    • #74968 Répondre
      Jules
      Invité

      Qu’est-ce qu’on pense du film Le Rapport de Kiarostami, par ici ? Il y a une projection ce samedi à Bruxelles, à la Cinematek et ça me tente.

    • #74981 Répondre
      Henry
      Invité

      François, est-ce que t’as écrit un texte sur La Pianiste à sa sortie ? De Haneke, bien sur.

      • #75179 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Non
        Une des raisons étant qu’à l’époque je n’avais pas mesuré le chef d’oeuvre qu’est ce film

    • #75061 Répondre
      lamartine
      Invité

      Apres Tristan, tristan, Trustan.
      Si, mais je n’ai pas envie de justifier les critique changeantes de FB.
      Il l’a dit ce que j’ai dit plus haut. J’ajoute même qu’il a taillé l’avant dernier de G, alors même qu’il encensait Lelouch.
      Bref.

      • #75180 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        1 j’aime tous les Guiraudie sauf l’avant dernier
        2 je trouve La grand bain un film très limité et je suis convaincu de ne pas aimer L’amour ouf, que j’irai voir
        En revanche j’ai toujours dit que l’acteur Lelouche était un acteur constant, sur qui un film pouvait se reposer
        Remercie moi, trolla : je viens de t’autoriser à cesser de dire n’importe sur que le sujet.
        Merci à l’avenir de ne pas parler à ma place de mes gouts.

        • #75187 Répondre
          lamartine
          Invité

          Alors merci. Je ne te remercierai jamais assez.
          En revanche, cesse de m’identifier comme trolla, même si c’est marrant. Je n’ai qu’un pseudo, pas comme certain.

    • #75136 Répondre
      propater
      Invité

      Apparemment Natacha Polony est fan du dernier film de Ruffin: https://www.youtube.com/watch?v=uuCoXYXOnDM

    • #75174 Répondre
      Cyril
      Invité

      Des retours de The Apprentice ?

    • #75199 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Je crois pas que ça a été signalé, pour les amateurs de Breillat, rencontre avec Joudet sur les deux films « Une vraie jeune fille » et « Anatomie de l’enfer. »

      • #75208 Répondre
        Tony
        Invité

        Merci!Queen Murielle sur Breillat ça va être génial!

    • #75207 Répondre
      Izza
      Invité

      JLG faisait des meilleures interviews à l’étranger
      Argent, légitimité des acteurs, 🇺🇸

    • #75326 Répondre
      lamartine
      Invité
    • #75558 Répondre
      PE
      Invité

      Salut, existe-t-il une GO (ou autre) dans laquelle François s’arrête un peu longuement sur la question des rapports entre littérature et cinéma, creuse la question de ce qui les rapproche et de ce qui les distingue essentiellement ?
      Je crois me souvenir que les entretiens chez Peggy voguaient non loin de cette question, en tout cas abordaient l’idée que le cinéma n’est pas réductible à un langage, je vais aller voir si je trouve là de quoi penser la comparaison avec la littérature. Mais si quelqu’un a une référence plus précise sur ça, je suis preneur.

      • #75570 Répondre
        Carpentier
        Invité

        il y a pas mal de pages dans le CUM qui devraient t’intéresser de ce fait, te l’aies-tu procuré?

        • #75572 Répondre
          Carpentier
          Invité

          lorsque l’auteur de CUM y pense/partage ce que lui fait l’art, ce qu’il ressent devant diverses oeuvres sur lesquelles il s’arrête, les ponts littérature/peinture/ciné/musique/bd/humour sont constamment sous les yeux

          • #75580 Répondre
            PE
            Invité

            Oui je le lis lentement, calmement. Je suis en train d’entrer dans le dur des méditations sur l’art, en effet il devrait y avoir des prises pour penser ma question, merci Carpentier

    • #75737 Répondre
      Pout
      Invité
      • #75745 Répondre
        Renaud Bigorre
        Invité

        Voici : we.tl/t-l2SASJSO7C

        • #75764 Répondre
          Pout
          Invité

          Merci beaucoup !

    • #75768 Répondre
      propater
      Invité

      Je n’adhère pas toujours à la méthode critique d’Emmanuel Burdeau mais elle produit parfois des fulgurances.
      .
      Dans le 3ème épisode d’On y reviendra sur Microciné, à 1h41: « Si on ne se tient pas dans cette tension, on se tient nulle part. Si on pense que ce qui est mauvais est incompréhensible et ce qui est incompréhensible est mauvais et que, de l’autre côté, ce qui est bon est compréhensible et ce qui est compréhensible est bon, on appartient à cette horreur qu’on appelle le cercle de la raison. »

      • #75797 Répondre
        Ventoline
        Invité

        se comprend-il lui-même ?

    • #75973 Répondre
      Scoob
      Invité

      Anora est sorti hier, des retours ?
      J’ai été assez emballé. J’attends un peu pour livrer, ce qui est encore pour le moment, un petit sac de nœuds dans ma tête.

      • #76002 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        Ventoline a donné son avis en ouverture de la Page 13 (c’est amusant puisque des trois Baker vus de moi, Tangerine, Red Rocket, Florida Project, Tangerine m’a semblé en dessous). Pour ma part je verrai Anora d’ici la fin de semaine.

    • #75986 Répondre
      Eden Lazaridis
      Invité

      Bonjour, est-ce que quelqu’un ici a eu le courage de regarder en entier « Out 1 : Noli me tangere » de Jacques Rivette, film de 13 heures, et aurait peut-être quelque chose d’intéressant à en dire ? J’ai lutté une heure avant de décrocher, je ne comprends pas cet objet cinématographique non identifié (ceci dit j’étais passé totalement à côté de Pacifiction qu’apparement tout le monde a aimé) ? Qu’y a-t-il à voir ? Qu’y a-t-il de passionnant à observer des répétitions ? Y a-t-il, comme dans Pacifiction une tension sous-jacente que je ne saisirais pas (je m’ennuie aussi devant le Tour de France) ? Suis-je un pauvre diable insensible à l’Art ?

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