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Accueil Forums Forum général Cinéma – page 6

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Vous lisez 132 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #34299 Répondre
      Ostros
      Invité

      J’ouvre cette nouvelle page pour permettre de nouveaux échanges.
      Et annoncer que ce mercredi 21 février sort l’Empire de Dumont.

    • #34301 Répondre
      Ostros
      Invité

      Walk up de HSS sort aussi ce mercredi !

      • #34386 Répondre
        Tony
        Invité

        On attend avec impatience le nouvel opus d’Assayas,Hors du temps,en compétition à Berlin,c’est pas de la SF mais…une chronique du confinement(je parie que c’est pas dans le 93)

    • #34304 Répondre
      Charles
      Invité

      Je passe mon tour sur le Dumont, sauf si vous me dites que c’est génial. Walk up, j’en serai évidemment.

      • #34308 Répondre
        Ostros
        Invité

        Tu n’avais pas apprécié France ?
        Je n’ai vu que les premiers Dumont, les mineurs. Je vais découvrir le Dumont nouveau avec celui-là. J’espère y trouver des choses inspirantes.

        • #34315 Répondre
          Charles
          Invité

          Non France m’avait agacé et finissait par révéler une forme de bêtise chez Dumont, même si le film est traversé de très belles scènes.

          • #34320 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ça fait pas envie en effet.
            Je te dirai.

            • #34340 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Je sens arriver le moment où nous allons lâcher Dumont
              En plus il semblerait que le gars soit à nouveau résolu à donner dans l’idéologie, qui n’est certes pas son point fort.

              • #34351 Répondre
                Charles
                Invité

                Dernière ligne de la critique des Cahiers qui fait mal : « Ce n’est pas forcément quand il réfléchit que Dumont s’avère le plus intelligent ». Effectivement, on serait visiblement du côté de la « fable bien lourde » (toujours les Cahiers).

                • #34360 Répondre
                  Louis Michelle
                  Invité

                  Quelqu’un a vu Dali de dupieux ? Je l’ai vu hier soir.
                  Je n’ai pas vu les derniers Dumont. Mais comme lui, Dupieux semble prendre une pente un peu trop sérieuse depuis Yannick et qui lui réussit pas.

                • #34381 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Muriel Joudet a adoré,est-ce bon signe?

    • #34306 Répondre
      Charles
      Invité

      Il me semble qu’on en est à la page 7, non 6.

      • #34307 Répondre
        Ostros
        Invité

        Mince, tu as raison j’ai foiré.

        • #34312 Répondre
          Ostros
          Invité

          C’est la 2e vie de la page 6, qui a de l’ADN de chat.

      • #34310 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Je like

    • #34313 Répondre
      Ostros
      Invité

      Et le 27 mars c’est Mickey 17 qui sort (Bong Joon-oh).

      • #34316 Répondre
        Charles
        Invité

        Oui même si le 27 mars je mise tout sur Los delincuentes qui a l’air fou.

        • #34318 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je vais aller voir ça.

        • #34341 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          tu en as entendu parler?

          • #34349 Répondre
            Charles
            Invité

            Oui j’avais lu des critiques très positives au moment de sa présentation à Cannes l’année dernière.

            https://www.liberation.fr/culture/cinema/cannes-2023-los-delincuentes-tiens-voila-du-butin-20230521_XILLLXYAKJBQBCOP4CM7UVNSIE/

            • #34355 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Au passage je confirme que le numéro femmes des Cahiers est riche, surtout la table ronde des critiques femmes, foutraque comme toute table ronde, mais constamment intéressante.

              • #34629 Répondre
                Charles
                Invité

                Je recommande aussi l’article sur le female gaze, même si la conclusion n’est pas aussi convaincante que le reste de la démonstration.

          • #34628 Répondre
            PoutPout
            Invité

            Los Delicuentes rappellera à certains Trenque Lauquen. Et c’est normal, à plus d’un égard. Il s’agit ici encore d’une libération, non pas en disparaissant mais en braquant une banque. Le film s’intéresse à l’élargissement des possibles que permet l’argent, au temps redonné à des corps, voilà une singulière expérience du vivre sans travailler. L’art du braquage se transforme en art du vagabondage. Le tout est permis par cette folle ambition romanesque (une nouvelle fois !) gorgée d’idées dans lesquelles la fiction est reine.

      • #34353 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Ostros, le film a été déplacé et sortira sûrement au mois de mai ou juin après une projection à Cannes.
        Mais petite consolation avec ce qui devrait être notre plus grande attente des prochains mois : Le Mal N’existe pas d’Hamaguchi, prévu pour le 10 avril.

        • #34356 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          que j’ai vu, messieurs dames
          donc un peu de respect

          • #34362 Répondre
            Charles
            Invité

            Monsieur a le bras long. Alors, grand film ou pas?

            • #34363 Répondre
              Malice
              Invité

              Vous avez aimé  » Contes du hasard »? Le 2e segment du film m’a paru très très très beau.

              • #34364 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Oui c’est bien le 2ème segment qui était le plus fort, le plus vertigineux
                Je n’en dis pas plus sur Evil doesn’t exist, sinon qu’il ne déçoit pas.

                • #34369 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Quels sont les meilleurs Hamaguchi? Je n’ai vu que celui que j’ai cité et « Drive my car » ( dont j’ai aimé tout sauf l’intrigue qui tourne autour de la chauffeuse du metteur en scène).

                  • #34373 Répondre
                    Linconnu
                    Invité

                    J’ai un faible pour Senses (Happy hour), peut être parce que c’est le premier que j’ai vu, ou parce qu’il se permet des scènes très longues, très calmes. Il faut le regarder en 2-3 fois parce qu’il dure 5h30. Asako est beau aussi.

                    • #34413 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      A ce jour mes préférés sont Drive my car et le nouveau.
                      Il y a une GO sur Drive my car.

                      • #34433 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Merci pour les suggestions
                        J’avais écouté la gêne sur « Drive my car » à l’époque de la sortie, je vais la réécouter car je ne me souviens pas de ce que vous disiez sur la jeune femme taxi.
                        J’ai regretté que le film évacue l’intrigue concernant le jeune comédien impulsif au profit du voyage de consolation au pays natal de la chauffeuse. Impression que le film perdait de sa force en prenant cette voie.

                      • #34478 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        J’ai réécouté la Gêne
                        Je vois qu’on a été frustrés par les mêmes choses ( la chauffeuse ange gardien qui devient résiliente, comme le héros)

                      • #34630 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        oui

              • #34383 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                J’ai eu une énorme embrouille avec une ex à propos ce film. « Mon père a regardé juste la deuxième partie, il m’a dit que c’était vraiment un film de bobo gauchiste et que d’ailleurs la presse de bobos gauchistes avait adoré, donc ça ne m’étonne pas que tu aimes », m’a-t-elle dit, toute fière. J’ai éclaté de rire en répondant que Le Figaro l’avait encensé. Ne sachant plus quoi dire et sentant l’honneur de son père bafoué, elle s’est férocement énervée.
                .
                C’est désormais la première chose que m’évoque ce film.

                • #34385 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Ça sentait déjà la fin avec ton ex

                  • #34387 Répondre
                    I.G.Y
                    Invité

                    La confirmation n’a pas tant tardé en effet ^^

                    • #34479 Répondre
                      Titouan R
                      Invité

                      Elle est ensuite partie s’acheter un billet pour le Clavier – Bourdon. La rupture était consommée

                      • #34583 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        J’ai cru entendre il n’y a pas longtemps quelqu’un (Godard? Daney?) dire dans un entretien « aujourd’hui on ne se sépare plus à cause d’un film » (ou d’un livre? ma mémoire est floue).

                        Ni Godard ni Daney n’avaient prévu Cocorico ou Opération Portugal.

    • #34352 Répondre
      lassou
      Invité

      François tu aimes bien le livre Dune ? Je demande parce que les griefs dont tu fais part dans ton papier Socialter ont l’air dêtre auant pour le film que pour le livre mais tu parles tout de même d’écologie visionnaire pour le bouquin.

      • #34357 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Pas lu le livre. J’ai très peu lu de SF. Toujours l’impression de bouffer un gros pudding tout sec.

        • #34509 Répondre
          Cyril
          Invité

          As-tu lu Ballard ?

          • #34534 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            deux romans, donc Crash
            j’aime assez son univers et cette semi-anticipation, mais il me parait, lui aussi, écrire parfois en char
            comme tant d’anglo-saxons

    • #34359 Répondre
      lassou
      Invité

      Ha ok merci.

    • #34391 Répondre
      Tony
      Invité

      Émission intéressante et trop courte sur la période meetoo suite aux révélations de J Godreche, j’avoue que les interventions de Peggy Sastre qualifiant ce mouvement de conservateur et d’anti féministe sont assez troublantes, difficile d’y voir clair.
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/signes-des-temps/apres-les-declarations-de-judith-godreche-le-role-des-medias-de-l-aveuglement-au-mea-culpa-8413487

      • #34397 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        M’aurait étonné que cette droitière chimique – et scientiste à ses heures- ne trouve pas tribune dans cet épicentre de la réaction, qui a en outre le défaut majeur de prétendre penser avec quatre invités dans une émission 40 minutes.

      • #34444 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je trouve qu’on a beaucoup de témoignages de victimes qui sont très précieux. J’aimerais voir l’autre bout, des témoignages de dominants déchus, faisant le procès d’une société qui a érigé la lycéenne en fétiche sexuel, retraçant leur asservissement passionnel. Etc.
        C’est ce qui m’a frustré dans le livre de Neige Sinno, et qui n’est pas à mettre à son discrédit, elle parle d’une manière juste et bouleversante de son vécu mais assez mal de son bourreau, je trouve, et pour cause… Comme son analyse de Lolita au début que j’ai trouvée en tous points contestable.

        • #34460 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Peux-tu détailler sur cette lecture erronée de Lolita ?

    • #34498 Répondre
      toni Erdmann
      Invité

      Hier, je pense avoir vu le film le plus matérialiste de ma vie : Genèse d’un repas, de Luc Moullet, dont une rétrospective a lieu actuellement.

      Le film se noue autour de trois produits : le thon, l’oeuf et la banane. Et toute la chaîne de production de ces aliments est retracée avec une grande précision. On ira jusqu’à documenter les toilettes des dockers, les mains des ouvriers ou le prix d’un ticket de bus pour se rendre au travail. Pendant des dizaines de minutes, Luc Moullet, en voix off, détaille les revenus de chaque travailleur le long de la chaîne. Après avoir additionné tout, il ne comprend toujours pas l’écart entre le prix d’achat en supermarché et la somme de toutes les étapes de l’acheminement. On comprend bien que c’est donc la marge que se fait la grande distribution et les cadres de l’entreprise productrice. Cette béance dans le calcul, qui représente donc les cadres de l’entreprise et donc les classes profiteuses, se matérialise par une absence presque totale de ces travailleurs dans le film. Le capitalisme capte la valeur du travail sans qu’on ne puisse voir à quel moment, ni comment. Il y a juste un trou dans le calcul final.

      Les parallèles entre les travailleurs blancs des métropoles et les noirs de Dakar sont très parlants sur les inégalités de la mondialisation, même au sein des travailleurs exploités. Bien évidemment, les Français sont mieux lotis car leur salaire est plus élevé pour un même travail et que le niveau est de vie est considérablement supérieur en Occident. Mais, curieusement, le patron français refuse que ses ouvriers travaillent assis ou puissent discuter avec leur voisin alors que c’est autorisé à Dakar. Et les Français qui bénéficient de congés payés n’ont finalement même pas assez d’argent pour partir en vacances alors que les ouvriers sénégalais peuvent se permettre quelques vacances. Le film explore ces paradoxes mais est néanmoins intraitable sur les procédés pervers du capitalisme.

      Surtout, l’ultime geste matérialiste est de documenter, dans les dix dernières minutes, le processus même de fabrication du film. Il va jusqu’à parler de la construction de la pellicule, son rapport avec ses techniciens et de son avance sur recette CNC. Le dernier plan me restera longtemps en tête. Je conseille vivement.

      • #34540 Répondre
        Ostros
        Invité

        Ce titre et ce réal étant de nouveau cités en ces murs et en bien, cette fois j’ai pris note sur mon téléphone pour m’assurer de le voir.

    • #34559 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      Je passe en vitesse pour dire qu’en cherchant un nanar à regarder, je suis tombé sur le film « Nouveaux riches » réalisé et écrit par Julien Royal, fils de Ségolène et François.
      Sur l’histoire, c’est un peu un Uncut Gems, mais avec un QI divisé par 10.
      Formellement, c’est un pur nanar en tant que film d’action. Les scènes de bagarres notamment, y a même pas de tentative pour faire quelque chose de sérieux. C’est que des gros plans sans aucun sens qui filent à 100 à l’heure. Bagarre où on voit principalement des dos, des fronts et autres parties du corps filmés en gros plan.
      Y a l’utilisation la plus ratée et opportuniste qu’on puisse imaginer de ya zina de Raïna Raï. Gustav Kervern en gamer en survet. Guillaume Canet, père de Payanotis Pascot, en grand bourgeois juif insupportable qui joue les voyous.
      Tout ce qui reste c’est des cris et des blagues tout le long en mode webserie de potes de quartiers, où il est question de calvitie, de ventes de contrefaçons, de bitcoin et d’arabité autant revendiquée que tournée en dérision.

      Archi nul, mais ça m’a fait plaisir de voir que le fils Hollande a fait un film à 100% indiscernable de ce que fait Redouane Bougheraba. C’est assez surprenant, compte tenu de son ascendance.

      • #34560 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        (et je dois bien admettre que j’ai bien rigolé, mais peut être je suis con aussi)

      • #34568 Répondre
        Ema
        Invité

        « Archi nul, mais ça m’a fait plaisir de voir que le fils Hollande a fait un film à 100% indiscernable de ce que fait Redouane Bougheraba. C’est assez surprenant, compte tenu de son ascendance »
        Mouai. L’humour de rue claquette chaussette c’est le nouveau cool, et le cool est la religion des jeunes bourgeois vaguement de gauche. Rien d’étonnant selon moi. Je m’étais aperçue de ça en matant Narvalo, série canal si je ne m’abuse. On est sur une bonne vielle gentrification culturelle. Sinon en plus réussi mais dans le même genre (et avec le même acteur principal) y a En passant pecho. Tu connais ?

        • #34574 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          En passant pécho c’est le même gars ! C’est le fils Hollande lol. J’ai regardé un peu avec des potes, mais on s’est laissés déconcentrés. J’ai quasiment plus aucun souvenir, donc j’arriverai pas à comparer avec le film nouveaux riches. Mais de se dire que le fils Hollande fait En attendant pécho c’est assez marrant aussi.
          Ca nous dit aussi des choses de la bourgeoisie aujourd’hui en effet. Le fils sarko est beatmaker d’ailleurs ou un truc comme ça.

          Je regarde pas vraiment les trucs des Deguns, les Segpa, ou Franck Gastambide., mais un peu facile et pas très juste d’assimiler cet humour principalement aux jeunes bourgeois vaguement de gauche. Ils visent autant un public populaire qu’un public bourgeois. Ils sont clairement conçus pour en tout cas et dans les faits ils y arrivent. Validé, tout le monde a regardé par exemple, en particulier dans les milieux populaires. Ca reste qd même encore dans les milieux populaires que le rap est le plus dominant, malgré tous les phénomènes de gentrification culturelle qui se produisent effectivement.

          Narvalo je peux pas en juger, mais pour les trucs cités plus haut. On voit que c’est bcp des gens qui commencent sur youtube ou dans le stand up, donc pas forcément très aisés, et qui sont après récupérés une fois que le succès arrive. Succès qui peut passer par la validation d’un rappeur comme jul ou naps d’ailleurs.

          • #34576 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            on s’est déconcentrés*

            Désolé pour les fautes et j’écris rap ou rappeur à chaque post en ce moment, donc je vais vraiment arrêter, parce qu’a un moment y a pas que ça lol
            Mais en l’espèce je pense que il y a un rapport et que le fils Hollande est un fan. Ca se ressent, que c’est un fan, qui voulait en être. Malgré tout l’opportunisme par ailleurs.

          • #34581 Répondre
            Ema
            Invité

            Donc on a le fils de François Hollande qui fait des films de shlag et le fils de Sarko beatmaker. C’est marrant la vie. Tant mieux pour eux quelque part.

            • #34588 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              Oui, tant mieux pour eux.
              Je vais faire de la pure spéculation.
              Je vois bien des jeunes un peu récalcitrants à l’autorité, de ce fait en relatif échec scolaire (ou inversement). Qui ont pris un petit peu de recul forcé, et ont ainsi vu des gens comme sarko ou hollande au quotidien pour ce qu’ils sont: des parasites.
              Profitant néanmoins des revenus confortables de leurs parents, ils ont pu explorer paisiblement une passion sincère pour le rap et le milieu rap, avec un petit sentiment doux de révolte, avant de finalement faire des produits cuturels calibrés et en tous points conformes à l’éthos de bourgeois qu’ils ont malgré tout eus en héritage.
              Avec ici quand même ce qui reste de pas trop dégeu : des blagues.
              Tout le reste est archi nul, mais l’humour tient à peu près la barre.

              • #34589 Répondre
                Ema
                Invité

                C’est la dessus qu’Anne Fontaine aurait dû faire son film, on tient un vrai sujet là !

                • #38234 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Ils pourraient pu faire du punk rock. Or non. Pourquoi? La mode du moment, certes, mais pas que. Je vois trois raisons.

                  • #38239 Répondre
                    Papo2ooo
                    Invité

                    Je veux bien en savoir davantage sur les 3 raisons. Ca pique ma curiosité.

                    • #38240 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      C’était fait pour
                      Mais c’était aussi un appel à y réfléchir.

                      • #38248 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Pas évident pour moi de trouver une réponse.
                        Si je suis à charge:
                        Les aspirations qui dominent dans le rap sont dans l’ensemble alignées avec celles du milieu bourgeois. Ils ne répondent pas aux attentes des parents, mais ne sont pas non plus du tout en rupture idéologique avec le milieu d’origine.
                        Ces formats permettent la perspective d’obtenir du succès grand public et d’être dominant dans une partie de la sphère culturelle contemporaine. Là où le punk n’offre qu’un perspective de déclassement net et sans appel.
                        Un rapport avec la violence qui est diffus et n’a pas vraiment de finalité autre que sa propre expression/ irruption visible dans le milieu bourgeois et bien rangé : Sorte de familiarité avec la volonté de bordeliser en partie contenue dans le rap ?

                      • #38249 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        plutôt que volonté de bordelliser, il aurait peut être fallu dire: prendre une revanche.
                        le rap se nourrit aussi d’un sentiment de revanche ?

                      • #38254 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        peut-être une des raisons:
                        Pour un bourgeois, poser à coté des « grands » (du rap et du cinéma) n’est pas un problème, c’est pas un frein. Quelle que soit la valeur de ce qu’ils ont à montrer. S’ils ont envie de le faire, il le font. Sans complexe. L’allégorie du bourgeois gentilhomme avec la prose peut fonctionner.

                      • #38256 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        Peut-être deuxième raison :
                        Les bourgeois sont fascinés par la notion de patrimoine. Faire fructifier un patrimoine. Léguer un patrimoine. Et là on parle de patrimoine culturel.

                      • #38258 Répondre
                        nefa
                        Invité

                        Enfin peut-être une troisième :
                        Les bourgeois aiment que ça fonctionne, que ça marche, que ça soit utile (faire rire, faire danser, faire réfléchir). Par exemple, c’est pas des fans de l’absurde.

                    • #38247 Répondre
                      Delphine
                      Invité

                      Je crois avoir entendu François dire que la pratique du punk rock était un peu réservée aux vingtenaires, et que ça ne fonctionnerait pas à des âges plus avancés, mais je ne sais pas si ça rentre dans le contexte en question ici.

                      • #38261 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Tout ça très vrai.
                        J’ajouterai, cause ou conséquence du reste, qu’il se trouve que dans les années 90, la bourgeoisie branchée s’est très largement convertie au rap. Pas au punk rock (mais pourquoi? Et on est reparti. Peut-être faudrait il regarder la morphologie même des musiques en question. Et peut-être aussi du coté du viril. Dans le rap le bourgeois fragile vient aussi se reviriliser. Dans le punk rock, qui s’est toujours foutu des poses viriles, c’est plus compliqué)

                      • #38265 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        L’image virile du rap mainstream actuel est bien alignée à celle des golden boys des beaux quartiers, la steet cred et le franc parlé en plus. Donc oui, c’est un peu ce que je disais initialement, pour les fils à papa friqués s’avancer dans le milieu rap est le moyen idéal de s’encanailler à peu de frais. Par ailleurs il existe une certaine misogynie propre aux milieux bourgeois ++ assez soluble dans le rap.

                      • #38277 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Le discours aussi : s’enrichir, le succès grâce à l’argent, l’individualisme, l’imaginaire américain.

                      • #38290 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Oui, je suis d’accord avec vous.
                        Cette critique du rap est pertinente.

                        Je n’ai pas le temps de trop y réfléchir ce soir, mais il existe un point de nuance très important sur la morphologie même du rap (puisque ce point est abordé), qu’il ne faut pas oublier: contrairement au punk ou à la disco ou à la néo soul, le rap n’est pas un genre musical. Le rap n’est pas un genre au même titre que le chant n’est pas un genre. Ce qui explique qu’on n’a à peu près aucune notion de ce à quoi ressemblera le rap dans 100 ans, comme le chant, mais que l’on sait, sauf extinction des humains, qu’il y en aura dans 100 ans. Le rap ne peut pas mourir, précisément car il n’est pas un genre.
                        Ce qui ne signifie pas qu’il faut être dans le déni du rapprochement rap et capitalisme aujourd’hui, mais disons que le rap est particulièrement malléable/influencé formellement par le contexte dans lequel il se forme et son environnement direct, parce que précisément il n’est pas un genre et n’est pas soumis à un cadre formel/thématique/instrumental strict.
                        Il est directement porteur de tous les préjugés et de toutes les conceptions de ses contemporains.

                      • #38296 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        sur sa morphologie, le rap montre en 50 ans que ce genre musical est très fluide. Le force du rap est qu’il cherche à faire évoluer ses formes en permanence. Avec des débuts sur de l’électro, aujourd’hui tout un pan qui rappe sur des boucles sans aucune « drum » (beatless production), ou ce qu’on appelle le rap « hyperpop », rap très chantant sur des prod rétro et saturées (je décris très mal ici)
                        Mais il y a aussi des récurrences très frustrantes dans les formes et les discours que l’on peut rapprocher du virilisme et du « méritocratisme », et là ça devient très compliquer de dénouer tout cela.

                      • #38300 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Je concluerai cet affreux monologue final en disant que le rap le plus intéressant et radical laisse évidemment des gens comme Julien Royal (contre qui je n’ai absolument rien et dont j’apprécie même un peu les films) sur la touche.
                        Il n’y a qu’a une partie mainstream du train rap dans lequel il peut monter.
                        Là où ça se passe vraiment selon moi, cela reste un lieu où la bourgeoisie n’entre pas si finalement et tant mieux pour moi.
                        Le livre d’Adrien Denouette « Nik ta race » et celui sur Jim Carrey, que je n’ai toujours pas lus je m’empresse de le dire, mais c’est prévu, m’intéressent à cet égard.

                      • #38302 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        « Il est directement porteur de tous les préjugés et de toutes les conceptions de ses contemporains. »
                        Ça toutes les musiques qui se veulent mainstream ou populaires le sont.
                        .
                        Après le rap est quand même chevillé aux cités, aux prolos, à la desh, c’est la musique du pauvre qui n’a que son flow et un sample (parfois pas) pour faire un son. Avec une grande histoire de la rythmique par les tapes sur le corps, le beat box etc. Cet instrument gratuit qu’est soi.
                        Les bourgeois type Romeo Elvis qui font du rap ne font qu’imiter un phrasé trash venu de la street.
                        Sauf Orelsan qui a réussi à composer un rap nonchalant sans l’amertume ou la crasse de ma cité. Il y en a quelques uns qui ont pris ce pli.
                        Pour moi le rap c’est un genre en soi, comme il y a le slam, le r’n’b, ça demande un sens de la métrique, avoir un flow.
                        On distingue très bien le rap et le slam par exemple.
                        Je pense aussi que dans 100 ans il sera encore présent. Mais j’ai envie de dire comme les piano / voix, le blues, ma country, le punk, etc.

                      • #38303 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Tous les « ma » sont des « la »

                      • #38305 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Je ne nie pas des récurrences dans le rap.

                        Mais l’exemple d’Orelsan n’est pas pertinent, dans le sens où ce qu’il fait, aussi bien dans la forme que dans le fond, des gens l’ont fait 20 ans avant lui aux USA. Il y a toujours eu des rappeurs « différents » et c’est la différence qui permet aussi d’émerger.
                        Je peux sortir sans problèmes 100 rappeurs qui ne se prennent pas au sérieux et globalement ne jouent pas les caïd. Devin The Dude, Q Tip, Boots Riley, Posdnuos, voire Nas et j’en passe.
                        Il y a toujours eu du rap « intello », du rap engagé, du rap de fumeur de beuh pacifiste, du rap de nerveux, du rap festif qui parlent de cul en boucle, du rap de voyou.
                        Je suis d’accord avec toi sur les armes, l’argent et la dèche, je ne veux pas nier l’évidence, mais je dis juste que ça reste compliqué de fixer DANS l’ASBOLU les formes et les thèmes du rap.
                        Je maintiens et c’est une certitude que le rap n’est pas un genre à l’image du disco ou du hard rock.
                        Le rap se reconnait à une manière de poser. On sait le différencier du slam, on sait le différencier du pur chant, lorsqu’on l’écoute. Mais au delà de ça il est impossible de le fixer.
                        On peut dire qu’il a souvent besoin de rythmiques pour rester intéressant, mais cela s’arrête là. Ensuite ni beat box, ni batterie, ni MPC, ni claps ni drum ni rien ne sont consubstantiels. On peut même faire du rap sans rythmique.
                        On peut faire du rap de blanc. On peut faire du rap de noir. On peut faire du rap de bourge. On peut faire du rap de pauvre. Cela se reconnait en partie dans la musique.
                        Des genres de musique ont une histoire.
                        Les genres de musiques ont aussi quelque chose d’intemporel, je suis d’accord. La force d’un genre se perpétue dans le temps.
                        Mais certains genres, comme mettons le dubstep, sont déjà à 95% morts.
                        Le punk a bcp plus de puissance que le dubstep, ce qui fait qu’il se perpetuera facilement dans le temps, même dans une situation minoritaire et Il est essentiel.
                        Mais un genre de musique peut éventuellement disparaître, ce qui n’est pas le cas du chant ou du rap selon moi.

                        Par rapport au rap qui est porteur des préjugés et conceptions des contemporains selon moi, tu réponds  » Ça toutes les musiques qui se veulent mainstream ou populaires le sont.
                        Or le rap n’est d’ailleurs pas forcément mainstream ou populaire au sens de beaucoup écouté. Le rap n’est pas plus mainstream que le rock. Il y a des rappeurs du gouffre comme il y a des rockeurs du gouffre. Et en nombre d’ailleurs.
                        Plein de rappeurs, une majorité, ont une existence lié strictement à leur ville/ région. Le rap fonctionne par villes aux USA.

                        Mais je comprends bien que je parle trop a un niveau théorique ici, et qu’il est essentiel de considérer la réalité du rap.
                        Je voulais juste exprimer ce point de vue qui a son rôle.

                      • #38307 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        J’ai l’impression que la country est liée un peu à un espace (la campagne à minima), un peu à une manière de jouer les instruments qu’on emploie et aussi un peu à une manière d’utiliser sa voix.
                        Même un peu à une certaine manière de supporter la vie je dirai.

                        Il faudra m’excuser si je m’égare.

                        Or je dirais que ce n’est pas le cas de la même manière pour le rap. Qui n’a pas d’espace propre. Qui n’a pas de codes qui lui sont inhérents.
                        Mais qui a bien des codes effectifs, dans les faits, et qu’on est bien en droit de critiquer.

                      • #38308 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Pour le coup c’est moi qui manque de culture et de références pour les rappeurs qui sont le contraire des virils. J’espère avoir un peu de temps dans ma première semaine de boulot (l’angoisse) pour écouter un peu de ces blases.
                        Après pour moi la grande solubilité du rap dans les classes sociales que tu notes n’est pas incompatible avec le fait de dire qu’il est un genre. Ça peut tout à fait entrer dans les caractéristiques de son genre et s’expliquer par le fait qu’il peut n’être pratiqué que par la voix de la personne qui souhaite le pratiquer.
                        Je suis sûre qu’un étudiant en musicologie, un chercheur, a déjà essayé de répondre à cette question, de cerner le rap en tant que genre musical. Histoire, techniques, colonne vertébrale, hybridations.

                      • #38309 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        Courage pour ton retour au taff Ostros.
                        Semaine de galérien de mon côté aussi. Faut pas s’étonner si je disparais de la surface du net lol.


                        Le rap est soluble dans les classes, mais il est dominé par des noirs aux USA et historiquement lié au mode de vie des noirs. Il est même dominé par des pauvres, issus du Hood. Probablement pas les plus pauvres parmi les pauvres non plus historiquement, mais je me perds. Donc il y a un rapport effectif entre milieu populaire et rap. (mais plus haut je voulais dire que le rap n’est pas fondamentalement populaire au sens d’écouté par un public très large)

                        En fait, au risque de paraitre scandaleusement outrecuidant lol, j’ai le sentiment que le rap, dans son évolution formelle concrète, donne tort à pas mal de chercheurs en musique. Cela ne signifie pas qu’ils ont tort sur tout, mais des gens comme Young Thug sont arrivés, comme Future, et finalement ont encore explosé les formes qu’ont pouvait rapprocher du rap.
                        Je lance un appel ici, si certains ont des documents récents (à jour) et convaincants de généralisation sur le rap en tant que forme musicale, mais à ma connaissance ça n’existe pas.

                        La tendance très dominante de la virilité liée au rap, je comprends ce ressenti de F. Bégaudeau que je partage et qui pose problème. Il y a bien un truc entre rap et virilité, dans la morphologie du rap sans doute. Mais certains rappeurs que j’ai cités plus haut ne sont pas virils dans leur textes ET pas virils dans leurs flow. Donc c’est une tendance générale mais pas une constante ou pas un truc inhérent 🙂
                        On peut toujours imaginer un changement et je pense d’ailleurs qu’il est en partie à l’oeuvre. Voir Lostrushi par exemple, ou même j’ai envie de dire Young Thug, qui ne se laissent pas si facilement assigner à une expression de la masculinité.
                        Je parle de rappeurs mais cela vaut de la même manière pour les rappeuses. Qui dans l’ensemble n’ont rien à envier au rappeurs en terme de virilité et cela n’est pas un reproche.

                      • #38310 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        (je retire ce que j’ai dit sur les changements à l’oeuvre. Je maintiens seulement que certains rappeurs aujourd’hui très écoutés ont déplacé, dans leur périmètre, les normes autour d’un flow « viril »)

                      • #38286 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui l’énergie et le rythme
                        Les filles se font rarement mal en pogo ou en slam;
                        On rebondit super bien
                        Plus d’ébullition
                        Moins «  dans la place « 

          • #38235 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Les Deguns et les Segpa font les gorges chaudes des chroniqueurs de Nanarland, qui les catégorisent comme des films non seulement ratés en tant que films mais en plus ratés en tant que nanars, c’est-à-dire que même pour rire de, ça ne fonctionne pas tant ça met mal à l’aise. Il y a une analayse comparative des deux œuvres dans un podcast récent (l’épisode ne démarre vraiment qu’à la moitié comme souvent).

    • #34561 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      J’ai vu la zone d’intérêt. L’impression d’un chef d’oeuvre total et grand film sur la bourgeoisie, mais j’irai le revoir dans la semaine avant d’écouter la gêne ou de lire des critiques, parce qu’il y a eu des circonstances extérieures qui m’ont un peu niqué l’expérience.

      • #34567 Répondre
        Charles
        Invité

        Raphael Quenard a interrompu la séance avec un flingue?

        • #34578 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Rien d’aussi excitant.
          Ca va nous arriver ça, les gens vont s’en prendre physiquement aux écrans de cinéma.

          • #34580 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            Il y avait vraiment des gens en colère contre le film « la zone d’intérêt » dans ma salle. Ou qui n’ont pas compris ce que le film voulait produire par sa forme et qui l’ont fait un peu sentir.

            • #34609 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              tu en dis trop ou trop peu

              • #34664 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                oui, c’est vrai.
                J’voulais pas trop raconter, le sentiment de pas avoir trop capté ce qui s’est passé.

                Près de moi y a eu un téléphone. Là j’ai pu faire comprendre mon agacement par un petit geste et un regard appuyé. Un peu plus tard la personne a quitté la salle. J’étais déjà sur les nerfs.

                Aussi le sentiment d’entendre des gens parler en français. Je me dis que ça fait partie du film et on compose avec.
                Mais dans la salle je vois des visages en permanence tournés l’un vers l’autre pas trop devant moi. Puis vers l’écran, puis vers eux de nouveau. Je vois qu’ils parlent beaucoup, mais je sais toujours pas si c’est eux que j’entends ou le film.
                A un moment ils sont carrément en train de bouger les bras et je me dis que je me fais niquer depuis le début.

                Ils sont partis en trombe à la 1ère seconde du générique.

    • #34585 Répondre
      Cyril
      Invité

      On a déjà évoqué je crois ces petites vidéos cringe sur facebook et autres réseaux qui font des millions de vues et semblent et/ou vouloir engranger un max de blé ou diffuser une certaine morale, lobotomiser les masses.
      Je voudrais bien savoir qui produit ça et pourquoi. Si vous avez des infos.

      • #34586 Répondre
        Cyril
        Invité

        Merde je voulais pas l’incruster, désolé d’avoir pourri la page.

        • #34591 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          ah purée, très bizarre.
          Une première hypothèse: comme les articles putes à clics ces vidéos jouent sur des passions tristes/ sentiments de culpabilité pour attirer compulsivement des spectateurs et engranger effectivement du blé par le biais des sponsos et pub etc.
          Mais je ne sais pas.

          • #34592 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            https://en.everybodywiki.com/AmoMama

            Faudrait se prendre le temps, mais en tout cas, on a des noms pour commencer l’enquête. Dmitriy Smirnov.

            La compagnie se présente donc comme ciblant délibérément des femmes de plus de 40 ans dans des situations d’isolement ou de solitude pour leur fournir un soutien émotionnel et un sentiment d’appartenance à un groupe.

            • #34593 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              On serait donc face à quelque chose comme du porno pour un public de femmes d’un certain âge.
              Avec amha une origine (Colombie) + large implantation dans des pays aux moeurs assez conservateurs, dans lesquels les femmes vont possiblement être plus compulsivement travaillées par des vidéos qui traitent de la conjugalité, de tromperie, de telle star qui a merdé avec son argent, plutôt que des vidéos pour l’agrandissement du pénis.

              • #34666 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                je note que cyril paye assez mal ses sous-traitants.

    • #34614 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Pour les pirates il y a le dernier Michel Franco dispo sur les sites qui vont bien.
      Vu hier soir, il m’a surpris. Dans le bon sens. Et j’aime tous ses autres films.

      • #34616 Répondre
        Charles
        Invité

        Merci je vais attendre encore un peu pour le voir en salles le cas échéant même si aucune date de sortie n’est annoncée…

        • #34618 Répondre
          Tony
          Invité

          Pas sûr qu’il sorte un jour, a-t-il un distributeur?

          • #34620 Répondre
            Tony
            Invité

            La critique française a tellement chié sur Franco qu’on risque d’en être encore privé en salle

            • #34622 Répondre
              Charles
              Invité

              Nos messages se sont croisés.

          • #34621 Répondre
            Charles
            Invité

            Je ne crois pas, il va encore finir en SVOD.
            Le problème c’est que les films de Franco se font descendre par une large partie de la critique française, sans même susciter de débat comme Oslund. Ils se font tranquillement mépriser sans qu’on s’attarde dessus.
            Or un film d’auteur ne peut pas se permettre de ne pas avoir une presse enthousiaste pour marcher un peu, surtout quand il est un peu radical.
            Mais pour Memory y a Jessica Chastain et la bande-annonce le vend comme un film de résilience donc on peut toujours espérer que cela rassure un distributeur sur son potentiel économique.

            • #34623 Répondre
              Tony
              Invité

              Si Fremaux l’avait sélectionné à Cannes ça aurait tout changé mais depuis Venise aucune news, c’est pas bon signe,et puis si on regarde les entrées que font ses films je comprends que les distrib hésitent un peu…

              • #34644 Répondre
                Parfaitement à l’eau
                Invité

                Le film est pas aussi brutal que ces précédents. Il se passe entièrement à New York et avec Chastain. Il a maximisé ses chances.

    • #34617 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      J’ai pas résisté, mais s’il passe dans le ciné près de chez moi j’irais.

    • #34641 Répondre
      Tony
      Invité

      Suite très décevante de Burdeau sur Zone of interest, très laborieux,son comparse est assez gonflant,la GO est beaucoup plus claire et précise, dommage qu’il n’ait pas développé pourquoi il a dit non lors de la première vision,on reste sur notre faim

      • #34643 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        Je n’osais pas le dire de peur de froisser, mais merci de le faire à ma place, j’ai vraiment eu la même sensation. Laborieux, laborieux. L’épisode pourrait être réduit à 10 minutes

        • #34645 Répondre
          Tony
          Invité

          Qu’une pensée soit difficile à formuler, à être énoncée, d’accord mais là c’est la montagne qui accouche d’une souris, c’est vraiment décevant,il n’y a aucune ligne directrice et la glose qui fait du surplace avec le musée c’est insupportable.

    • #34660 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai rattrapé Yannick de Dupieux, c’est comme redouté superficiel, creux et déréalisé malgré les louanges de la critique. Le film arrive à me donner l’impression à la fois que rien n’existe et que tout est cliché. Le personnage de Yannick est purement cérébral, il ne renvoie à aucune réalité malgré les tentatives de Dupieux de lui donner une assise dans un quotidien (gardien de nuit, habite Melun etc.). Mais il est impossible de croire à ce jeune trentenaire banlieusard qui veut se divertir en allant au théâtre voir une pièce de boulevard à Paris dans une salle à moitié vide et qui est devant un ordinateur comme une poule face à un couteau. Evidemment, c’est un véhicule, un prétexte pour Raphael Quenard sauf que son jeu m’a déjà lassé après 5 films et qu’il ne me fait pas rire. Etonnamment c’est Pio Marmaï qui est pas mal, parce qu’il arrive à trouver un équilibre entre la singularité et le sociotype auquel il renvoie, c’est à dire quelque chose comme un être humain. Mais bien sûr, puisqu’on est chez Dupieux et qu’il ne faut surtout pas développer les demi-idées qu’on a à la minute, on passe très vite sur tout, notamment sur le retournement de situation où la victime devient bourreau. Le film n’a bien entendu aucun rapport avec le contemporain, il aurait pu se passer il y a 10, 20, 30 ans.
      Je relève comme d’autres qu’il est très curieux de choisir le théâtre de boulevard comme cible alors que celui-ci est parfaitement déconsidéré, presque inexistant dans le champ critique et plus largement dans les discours portant sur la culture. Je ne sais pas si Dupieux veut vraiment s’en prendre à lui, je le pense trop inconsistant pour cela, ou si c’est plutôt par facilité, par commodité. Il aurait été bien plus intéressant que le spectateur Yannick s’en prenne à une oeuvre de Dupieux ou à du théâtre contemporain, ce qui aurait donné si ce n’est un sens à tout le moins une substance au film et aurait été un peu plus honnête. La fin du film est assez révélatrice du je m’en foutisme de Dupieux quand les comédiens finissent par jouer de façon plus ou moins enthousiaste la scène écrite par Yannick tandis les spectateurs se gondolent sous le regard ravi et ému de celui-ci. Le texte qu’ils interprètent est très clairement médiocre car répétitif et reposant sur des gags grossiers. Pourtant les spectateurs se marrent et applaudissent hors champ et aucun plan sur eux ne nous laissera un doute sur la sincérité de leur enthousiasme. De deux choses l’une, soit Dupieux se fout de la gueule des spectateurs du théâtre de boulevard prêts à applaudir n’importe quelle merde – ce qui serait lui faire crédit d’une certaine négativité et donc d’un avis sur quoi que ce soit – soit Dupieux fait cela pour uniquement pour pouvoir montrer le visage rayonnant de Quenard et offrir une émotion facile (renforcée par le plan d’après sur l’intervention de la BRI qui se prépare) au mépris de toute vraisemblance et même de toute cohérence interne et c’est alors de nous dont il se moque. Je penche pour la deuxième solution.

      • #34661 Répondre
        Mao
        Invité

        Idem, vu hier soir. Et idem, assez d’accord avec ce que t’en dis.

      • #34663 Répondre
        Cyril
        Invité

        J’ai bien aimé la fin avec la BRI. J’ai été très marqué par cette image de robocops avec des boucliers-coussins, marcher sur la pointe des pieds dans un couloir au velours rouges. Association de la mort, silencieuse, et de la mollesse des moquettes. Je ne dis pas ça à un niveau symbolique mais plutôt sensoriel.

      • #34669 Répondre
        Doug
        Invité

        Merci pour ces lignes, Charles !
        De mon côté j’apprécie que le film aille au bout de ce que dessinent ses autres. J’ai l’impression que Dupieux cherche souvent une forme d’auto-portrait en vase clos, de cinéma qui se suffit pour lui-même et ne commente rien d’autre que lui-même Ses films ne me semblent rien avoir à dire sur leurs cadres, théâtre, commissariat, assez tôt d’ailleurs je me souviens qu’en pleine période américaine il reconnaissait en interview son goût pour les espaces hors du temps, qui constituent un « ailleurs » indéfini, ne renvoient qu’au « cinéma ». Volonté chez lui d’un hors-le-monde, pas de dehors, unité de lieu, abstraction, mais surtout pas de réel. Yannick comme Le Daim ou Réalité m’a l’air surtout d’exister sur le seul plan des idées oui, et pour ne faire valoir qu’une sorte de vision de l’Art hyper-autocrate, et pas grand chose de plus. Un film sera bon si c’est moi qui le fait, peu importe le contenu. Vous ne savez pas comment faire, vous, moi je sais. Du moment qu’il me plaît à moi. D’ailleurs la preuve. Et dans cette continuité, surtout aucune ingérence extérieure, rivaux à blouson dans le Daim, comédiens ou CRS dans Yannick, un artiste on ne l’apprivoise pas on le laisse faire. En ce sens je ne pense pas qu’il se moque de nous spectateurs au sens de mépris mais au sens d’indifférence, avec peut-être même un soupçon de fiel revanchard. De ce point de vue, disons que je trouve le film remarquable de clarté. Et, en tant qu’auto-portrait, de lucidité.

      • #34702 Répondre
        Louis Michelle
        Invité

        Je pense pas que Dupieux se moque du Boulevard, je crois qu’il montre sa préférence à la fiction face au réel. Yannick n’est pas content de la fiction qu’on lui propose alors il veut la réagencer. Une fois qu’il est satisfait, il peut mourir tranquil, puisque pour moi la fin est une mise à mort. Il pouvait prendre n’importe quel genre de pièce, c’était pareil. Sauf que Dupieux prend moins de risque avec le Boulevard

      • #34708 Répondre
        Arnaud Lagardère
        Invité

        Voudrais savoir ce qu’en pense François

        • #34976 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Je n’ai trouvé aucun intéret à ce film, même pas Quenard.
          Le film se contente de son idée de départ, épateuse et complaisante. Ensuite il ne se passe rien.
          Daaali est au moins plus inventif, quoique tout aussi vain.

      • #34805 Répondre
        Guéguette
        Invité

        Je viens de le rattraper. C’est surtout un vide abyssal. Dupieux parle de rien comme d’habitude sauf que là il se traîne sur un fil ultra simple qui ne laisse pas la place à ses délires d’écriture automatique.
        L’écriture est d’une lourdeur absolue, comme une v1 mal dégrossie. A force d’enchaîner ses films tous les 3 mois avec toute la clique du cinéma français ça finit par se sentir.
        Ça irait encore si dans ses itw il ne se la pétait pas autant. Il balance des trucs hyper condescendants sur des trucs mille fois plus intéressants que son « œuvre ».
        Je reste sur « Réalité » (qui créait vraiment un truc) et « Le daim » (bien fun)…mais sa série de film depuis « mandibules » compris est catastrophique.

        • #34967 Répondre
          Malice
          Invité

          Dans un Vidéo club ( kobini), je me souviens qu’il avait expliqué son désinterêt des films de David Robert Mitchell « passque ce sont des films de puceau »

          • #34968 Répondre
            Charles
            Invité

            Alors que lui fait des films de branleur. Au moins DRM aura fait un grand film.

            • #34969 Répondre
              Malice
              Invité

              « It follows » ou « Under the silver lake »?
              (J’ai aimé les deux)

              En tous cas je préfère les films de puceau aux films de macho comme « Incroyable mais vrai » de Dupieux – le sort qu’il réserve à la femme de Chabat, le dernier plan sur le mec peinard au bord de son étang…on pourrait l’estampiller film de couilles au même titre que « Au poste » ( inspiré je crois de  » Garde à vue », autre film testiculaire)

              • #34970 Répondre
                Charles
                Invité

                Grand souvenir d’It follows. Under silver lake était trop référencé, trop post-moderne, qui se voulait foisonnant mais tombait dans une impasse narrative totale. Un Inherent vice raté.

                • #34975 Répondre
                  toni Erdmann
                  Invité

                  Pour les férus d’It Follows (et pour les anglophones), je conseille cette vidéo qui analyse méticuleusement certaines opérations formelles du film : https://www.youtube.com/watch?v=UgJofZTg5Pk

                  • #34977 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Je le reverrai, tiens
                    Sur la misogynie de Dupieux tout reste à dire. Qui commencera?

                    • #35008 Répondre
                      Louis Michelle
                      Invité

                      Je n’ai pas vu tout les Dupieux mais Dali est le film qui exprime une misogynie flagrante. Qu’est ce qu’elle prend chère Anais Demoustier… c’est très gênant notamment la scène où elle se fait engueler par Romain Duris.
                      Le personnage d’Anais Demoustier est aussi une femme « banale », plutot classe moyenne. Je crois que c’est beaucoup trop dans un corps pour Dupieux. Jusqu’à la faire sortir du champs à la fin.

                      • #35138 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Dali y est représenté comme un mysogine?
                        Question subsidiaire : Dali était-il particulièrement myso dans la vie, lui qui fut ami ( et plus) Lorca, qui de son côté, me semble plutôt un ami de la femme?

                      • #35139 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        misogyne pardon

                • #34987 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  The silver lake est devenu un de mes films fétiches, de ceux que je regarde tous les ans
                  J’ai l’impression que comme « Decision to leave » c’est un film qui descend d’Hitchcock, tout en étant inscrit dans l’époque contemporaine – on a à la fois le plaisir de Vertigo et celui de l’ado ( que j’ai été) qui trouve un cheat code. J’aime beaucoup le héros peu sympathique et sa quête enfantine ( dans le sens noble du terme) de mystères.
                  Pas impossible que DRM soit effectivement un puceau dans l’âme, fasciné par les joies de l’enfance ( dans  » It follows » par exemple, une scène que j’affectionne montre les deux héros évoquer leur bonheur de regarder en douce des magazines de cul – c’est pour moi une célébration du temps où on découvre les choses de la vie sans qu’un adulte s’en mêle, quand on est au bord d’entrer dans l’action – amoureuse, sexuelle sans l’embrasser pleinement)

      • #34974 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Rattrapé aussi il y a peu, ça ne m’a pas réconcilié avec Dupieux. On est tout simplement devant un mec qui ne bosse pas. Il est évident devant Yannick et tant d’autres qu’il n’a rien à dire et qu’il le dit mal. Son talent est de capter le chic du moment, qu’il arrive à rendre séduisant en évinçant tout ce qui pourrait y faire prétentieux. Il a peut être inventé le chic populaire. Il a l’air heureux comme ça, il est clair qu’il s’amuse et c’est tant mieux pour lui. Mais qu’on arrête de le prendre au sérieux.

        • #34978 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Le comble étant qu’en l’occurrence il surfe sur une hype Gilets jaunes. Un chic Gilets jaunes, fallait l’inventer.
          Ne négligeons pas qu’il y a quelques dizaines de milliers de français qui pensent que Yannick est un film social.

          • #34979 Répondre
            Seldoon
            Invité

            C’est le côté gilet jaune qui rend ici Dupieux, pour la première fois, antipathique. Jusque là j’étais énervé contre ses défenseurs, mais dans Yannick on commence à sentir soit le cynique qui a vu un coup à jouer, soit le Consigny-like qui trouve chic de défendre Trump en société pour s’autoconvaincre que lui est proche des vrais gens monsieur. Ce sociotype n’est pas si rare que ça dans les réalisateurs de fiction française, on en croise.

            • #34981 Répondre
              Charles
              Invité

              Lucile Commeaux considère que c’est l’un des meilleurs films qu’elle ait vus récemment. Fin de la blague.
              Je ne vois pas comment on peut prendre au sérieux un tel film, en en discutant avec des amis hier il le sauvait en retenant son aspect absurdico-comique. Sauf que le film épuise son comique au bout de 10 minutes et que sa veine délirante est très peu développée, très proprette.

              • #34985 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Change d’amis. Tu l’as bien dit, c’est une v1. Et en l’état une v1 de sketch Golden Moustache dont l’étirement sur plus d’une heure dilue le comique et même l’absurdité.

                • #34986 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  Ce n’est pas une envolée masqueetlaplumesque, je suis très sérieux. Donnez moi les rushes, je suis sûr que j’en fais un sketch efficace de 5-10 minutes avec un montage à la Edgar Wright avec des « whoosh » partout.

              • #34988 Répondre
                Malice
                Invité

                Donc Lucille trouve que « Yannick » est un bon film et que « Triangle of sadness » est mauvais, intéressant…

                • #34990 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Bien vu, Malice

                  • #34991 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Je me demande si le succès de ce film creux ne tient pas aussi, entre mille paramètres, à une sorte de général ressentiment contre l’art.

                    • #34995 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Et aussi à une sorte de complexe envers un goût pour l’art.

                    • #35537 Répondre
                      Guéguette
                      Invité

                      L’accueil est délirant, je vois encore de nouveaux abonder dans le positif…J’ai l’impression d’être dans une dystopie.

    • #34665 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut la communauté ( c’est Sly de Thinkerview)

      Je suis en pleine période de rattrapage de vieux films au cinéma, j’ai déjà vu Le Limier dont François m’avait dit que c’était nul, j’y suis allé quand même, et effectivement j’ai trouvé ça vraiment pas terrible, très artificiel et vain et mal joué ( Laurence Olivier insupp’). Très très en dessous d’autres films d’enquête ou à mystère dont on m’avait dit qu’il était affilié genre A Couteaux Tirés, mais bref, là je suis sur d’autres films, majoritairement considérés comme très bons, qui me font de l’oeil et que j’ai jamais vu. Je voudrais votre avis rapide pour voir si faux chef d’oeuvre ou vrai chef d’oeuvre.
      Les films sont:
      Le Cercle Rouge
      Une histoire vraie
      Le nom de la rose
      Chunking Express

      • #34714 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Tu peux te faire L’Avocat du Diable une nouvelle fois

        • #34717 Répondre
          Tony
          Invité

          Ou revois la nuit du 12,non sérieusement moi j’adore Le cercle rouge.

          • #34720 Répondre
            Malice
            Invité

            Decision to leave

            • #34721 Répondre
              Malice
              Invité

              Pardon, tu cherches uniquement des films d’enquête ou des vieux films? Ou les deux?
              Ou toutes sortes de bons films?
              Récemment j’ai mis le nez dans les films de Neil Labute, « entre amis et voisins » et  » en compagnie des hommes » et j’ai été scotchée, surtout par ses personnages de méchants ( pires que ceux qu’on peut croiser dans les trhrillers prévus à cet effet)

              • #34731 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                je ne connais pas du tout ce Labute

                • #34751 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  ça m’étonne grave
                  toi qui as un goût pour les personnages opaques qui trekkent au-delà de la morale

              • #34755 Répondre
                Mathieu
                Invité

                J’aime plutôt les films d’enquête en général oui, mais là je citais ces films car ils sont tous soit à la filmothèque soit au champo en ce moment
                Je ne connais pas Neil Labute, je vais regarder. Si tu as d’autres suggestions dans le style, je suis preneur.
                Nuit du 12, vu, j’avais adoré
                Décision to leave, pas vu mais beaucoup de bien en avait été dit ici. Je vais tâcher.
                L’Avocat du diable, je connais pas. C’est pas plutôt l’Associé du diable avec Pacino et Reeves?

                • #34766 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  J’ai vu deux fois « Decision to leave » et il tient toujours bien la route
                  J’adore aussi le film précédent de Park chan Wook,  » Mademoiselle »

                  Les films de Neil Labute sont assez difficiles à trouver, faudrait le réhabiliter…Les deux films que j’ai cités commencent comme des comédies sentimentales; je croyais qu’  » entre amis et voisins » lorgnerait sur Woody Allen ou « Closer » de Mike Nichols mais le film est tout autre chose. Je le conseille en particulier pour la scène de sauna entre hommes où Jason Patric a un monologue hallucinant sur « le meilleur coup de sa vie ».
                  Dans les années 90 j’ai vu un autre film de Labute, « Nurse Betty », sur une femme persuadée de vivre dans un soap opera, que traquent des tueurs, mais je ne m’en souviens pas assez pour le recommander.

                  • #34768 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Interview d’Aaron Eckhart à propos d’En compagnie des hommes
                    ( le film raconte le piège que tendent deux cadres à une femme sourde, dans le but de se venger définitivement des femmes – je précise qu’elle est sourde car cela joue un rôle dans la cruauté de leur plan, plans gênants à la clé)

                    • #34778 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Le nom de la rose est un truc pour enfants. C’est du Jean-Jacques Annaud : lourdaud et kitsch.
                      Tu t’éclateras davantage avec le roman.

                      • #34788 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Ah oui tu recommandes le roman? Je croyais que c’était une prose lourde d’érudition et une narration de roman de gare.
                        Je ne crache pas sur le film même si je suis d’accord avec ton diagnostic, c’est une sorte de plaisir coupable pour moi.

                      • #34804 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Oua vous êtes dur. Un plaisir coupable pour moi ça va être « top gun » ou « Pitch Black », un truc vraiment honteux quoi.

                      • #34811 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je ne suis pas dingue de ce genre de romans, mais il est très allègre et gambadant, comme certains romans d’aventure du 18ème.
                        Eco n’est d’ailleurs pas l’écrivain académique qu’on croit. Il vient de l’avant-garde.

                      • #34844 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Sauf que Le Nom de la Rose, premier roman d’Eco, a une fraîcheur que la suite de sa production romanesque vient en bonne partie démentir (je ne peux pas me prononcer pour Baudolino, le seul pas lu). J’aime beaucoup Le Pendule de Foucault, mais après il a fait beaucoup de variation sur un même thème : même situation d’énonciation du personnage (pas toujours narrateur) dans une situation critique (traqué : 2 fois / amnésique 1 fois / échoué 1 fois) et qui fait un retour intropsectif-narratif sur sa vie. Systématiquement un homme, avec un certain succès avec des femmes qui l’envoûtent – très souvent une transposition de Eco lui-même (posture de sachant : universitaire / éditeur / journaliste…).
                        Après, il y a un côté « moderne » qui me plaît : de forts longs excursus dans le récit, de l’excès (de tout : faits, lieux, anecdotes érudites). Un proto-Perec perce sous Eco de ce point de vue.
                        Surtout, on sent qu’il s’amuse : il empile pour le bonheur d’empiler et, ma foi, ça fera un roman. Enfin, pas à chaque fois.
                        ….
                        Hors fiction, on recommande de lui ses petits recueils de conférence (prononcées chaque année dans un festival, à Milan je crois) : Construire l’ennemi, Sur lesépaules des géants…

                      • #34845 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Puisque tu évoques les romans d’aventure, François, as-tu lu et aimé Dumas (père) ?

                      • #34883 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        eh bien non. lacune
                        même si les dumaphiles m’agacent

                      • #34896 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Je peux comprendre. Alors même que j’aime bien Dumas, sans toutefois le fétichiser, j’avais ressenti une certaine irritation à la lecture d’un récent article d’E. Pieiller dans le Diplo (issu d’un bouquin qu’elle a écrit) relatif à Hugo et Dumas, présentés comme génies de l’art populaire français. Avec recyclage d’une bonne vieille opposition avec Flaubert, écrivain bourgeois adoré des bourgeois….
                        https://www.monde-diplomatique.fr/2022/05/PIEILLER/64616
                        Je le copierai si certains veulent, mais je trouve que ça ne vaut pas le coup

                      • #35004 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Salut Titouan. Ça attise ma curiosité, surtout s’il est question de Flaubert que j’aime énormément (en ma qualité de bourgeois fat et repu). Je n’ose pas créer de topic sur Flaubert, étant donné son actualité relativement inféconde, mais je trouve parfois de lui dans les romans de François, dans l’ironie. Je n’ai pas lu Dumas non plus (pour l’instant) mais j’ai l’intuition que ça va être très sérieux, très académique en comparaison du caustique Gustave.

                      • #35097 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Académique, j’entends.
                        Sérieux, j’en doute. C’est toutefois à cette pente que mène les vues surplombantes comme celles de Pieiller. Or, Dumas est un bourgeois, qui vit en bourgeois et a des vues conservatrices sur à peu près tout. Rien ne le dispose à être ce parangon d’espièglerie et d’art populaire que nous vante l’article. Plutôt un boutiquier, qui alimente (souvent épaulé) l’entreprise Dumas.
                        ….
                        Sauf que me plaît un certain art(isanat) du dialogue qui joue à ne jamais se finir (notamment parce que ça faisait des lignes payées en plus), à digresser ; une allégresse générale qui rafraîchit.
                        ….
                        En fait, ce plaisir de rouvrir Dumas est sans doute (pour ma part) le reste d’une adolescence – ou d’un tempérament d’adolescence, car je n’ai lu qu’un Dumas à l’époque, et trois depuis – en chambre à trouver quelques coins d’imaginaire pour pas cher. J’entends par là une adolescence où, bien que lisant beaucoup de romans, j’ai lu peu de littérature (n’en ayant pas perçu la puissance, le potentiel). Ça, c’est venu plus tard. Je dirais en gros que la vraie « claque » (qui concrétisait sans doute des tatonnements hors ma base de « polars ») a été Molloy, de Beckett, en mai 2020.
                        Je reviens de temps en temps à Dumas ou autre auteur.ice de cette littérature plus « romanesque ». Il ne s’agit pas d’un « plaisir coupable », notion fort discutable, mais d’une envie de reconvoquer, par ces lectures, l’enfant ou l’ado en moi. Pas non plus de la nostalgie.
                        ….
                        Bref, pardon pour cette digression biographique, mais gela me permettait d’expliciter cet agacement face à une saisie politique de Dumas. Tentative inepte.
                        Dommage car Pieiller au Diplo est parfois brillante (mais c’est la seule qui m’agace une fois sur trois : amatrice de papiers « idées », elle s’embourbe souvent dans des constructions idéelles qui me laissent froid)

                      • #35098 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Pardon pour les fautes et coquilles : « mènent », « cela »…

                      • #35109 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Rancière dirait l’inverse.

                      • #35110 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Car c’est là que ça se complique : il y a moults oeuvres dites populaires qui sont de droite. Il faudrait voir en quoi.
                        En prenant des exemples contemporains : le metal, le manga, le rap, l’heroic fantasy, les franchises hollywoodiennes
                        En tout cas « populaire » ne veut pas dire de gauche.

                      • #35539 Répondre
                        Titouan R
                        Invité

                        Je suppose que tu répondais à Pieiller et pas à moi ?
                        D’accord avec toi sur ce « populaire » : attrape-tout et donc ignorant des découpes du réel et des conflits irréductibles qu’il recèle.

                      • #35544 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Oui, à elle et à tant d’autres.
                        Je ne sais pas si le populisme existe en politique, je sais qu’il existe en art.

      • #34732 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Je n’irai peut-être pas jusqu’à « chef-d’œuvre » pour Une Histoire Vraie, mais je le conseille vivement

    • #34761 Répondre
      Cyril
      Invité

      Que pensez-vous du cinéma de Varda ?
      J’ai regardé ses trois premiers long-métrages, je ne suis pas très convaincu, surtout par le 3e, Le Bonheur. Surtout qu’il vient après Cléo de 5 à 7 qui prouvait, lui, une certaine maîtrise, un certain brio.
      Ça vaut le coup de continuer ?

      • #34762 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’ai bien aimé sans toi ni loi. Très intéressant, bien écrit, qui laisse des réflexions.
        Ensuite j’ai détesté l’esthétisme et le fond de cleo de 5 à 7 et, ayant tenté avant cela son documentaire sur Jane Birkin que je n’ai jamais pu finir ni même aller jusqu’au milieu, je me suis dit que sans doute AV et moi ça le faisait pas (à part sans toi ni loi, qui serait l’exception).
        Moi aussi je veux bien qu’on me recommande des titres de fictions, uniquement si elle a refait quelque chose dans la veine de sans toi ni loi.
        J’ai cru entendre qu’elle avait suivi les black Panthers aux US, je me dis que ce documentaire-là peut m’intéresser. Si elle a fait d’autres documentaires politique, aussi.
        Mais alors tout ce qui tourne autour des petites bulles sensibles des riches (vedettes ou pas), étant donné que sa forme n’est pas du tout travaillée pour donner à penser dans ce type de récits, mais au contraire faire de l’image (et créer quelques effets par ci par là avec le montage, qui vont laisser penser que c’est plus dense que ça alors que pas du tout), ça c’est non.

      • #34763 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Sans toit ni loi m’a marqué. Le film raconte la zone au féminin jeune, le refus des attentes sociales, sans romantisme superflu, sans sentimentalisme. En adoptant le point de vue des personnages secondaires, jamais celui de l’héroïne, en acceptant l’artificialité de leurs répliques dites en voix off, se dégage une honnêteté, une sécheresse juste. Pour le coup, j’emploie le terme punk sans avoir peur de le dévoyer.
        Sinon, tu pourrais essayer ses documentaires. Les Glaneurs et la glaneuse m’avait plu, dans sa forme un peu bonhomme. Je n’ai pas vu celui sur les Black Panthers, mais c’est prévu.
        Pour le reste, je n’en ai pas vu assez. Ses films sur Jacques Demy ne m’intéressent pas pour le moment.

        • #34764 Répondre
          Ostros
          Invité

          Le dispositif en effet est intrigant. Il permet d’approcher plusieurs facettes du personnages mais sans jamais réussir à la sonder précisément. Est-elle punk ou nihiliste. Veut-elle être encore un peu dans le système. Cherche-t-elle à le quitter.
          Le dernier témoignage qui exprime que lorsqu’elle a commencé à perdre ses forces du fait de la faim et de l’épuisement physique elle songeait à ce moment-là à rentrer. La faiblesse du corps qui ne permet plus de vivre selon ses principes et donc amène au renoncement et à retourner dans le rang. L’échappée impossible dans une société capitaliste ou on n’a rien dans rien. Mais, toute la séquence avec le jeune couple de fermiers dont le mec ancien prof de philo lui offre des terres pour lui permettre de s’émanciper rajoute une couche d’opacité sur le perosnnage. Elle est forte (tant que sa santé est bonne) tout en étant à la merci des hommes qui l’utilisent. Chacun projette sur elle ses idées, ses désirs, sa pitié et ses peurs.

          • #34765 Répondre
            Ostros
            Invité

            Où on n’a rien sans rien* traître de clavier téléphonique

            • #34779 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Il me semble que Varda n’est pas exactement une cinéaste. Plutot une activiste artistique qui fait feu de tout bois, tente en permanence des choses, se plante une fois sur deux et même sur trois. Ces films ne permettent pas de dégager un style, une forme. C’est Agnès elle meme qui est le style. Son grand film ce sera son biopic.
              D’elle je n’aime vraiment que Cléo, et surtout Le bonheur, que je trouve d’une grande subversion.

              • #34843 Répondre
                Hervé Urbani
                Invité

                Pas grand chose à ajouter ni à retirer : Cleo et le Bonheur (avec Thierry la Fronde dans son meilleur rôle) sont ses meilleurs films de fiction ; Sans toit ni loi est surfait et agaçant malgré quelques séquences très réussies quand ça documente et que Varda consent à s’effacer un peu pour laisser le personnage de Bonnaire exister, c’est à dire mourir. Mais la toute fin, inoubliable et qui rattrape tout le reste, sauve à jamais cette œuvre à la fois forte et mal foutue.
                Vu quelques documentaires sur mk2, il y a du bon et du dispensable.
                Pour le biopic que réaliserait au hasard Cédric Kahn, j’imagine déjà le carnage : Agnès se recueillant devant le corps de Jim Morrison avec Riders on the storm en fond sonore ou sa rencontre avec Jacques Demy, le premier regard et la musique de Michel Legrand qui nous fait saigner direct les oreilles…

                • #34955 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  on est donc d’accord sur Sant toit ni loi.
                   » Michel Legrand qui nous fait saigner direct les oreilles… » En bourgeoisie, tel décret te vaut une incarcération à vie.

                  • #34959 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Et en Arménie une exécution sur place publique. Quel monstre sacré allez vous ensuite souiller de vos propos abjectes, Messieurs ? André Manoukian ?

                    • #35066 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Cela dit je ne déteste pas Legrand.
                      J’aime bien ses BO de Demy. En tout cas c’est ce qu’il y a de mieux dedans.

                      • #35079 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il glissait des dissonances inattendues ici et là qui redonnait un peu de caractère dans des mélodies qui auraient pu être inécoutables.

                      • #35083 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        à des mélodies*

                      • #35142 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        j’en profite pour refaire un peu de promo pour « Un été 42 », le « beaux gosses  » de Robert Mulligan

      • #34767 Répondre
        Malice
        Invité

        J’adore « Cleo », « Le bonheur », « Sans toit ni loi » ( inspiré de la vie d’une vraie sdf), « Les glaneurs et la glaneuse ».

      • #34780 Répondre
        Charles
        Invité

        Je l’ai découverte tardivement et je me demande si ce n’est pas une de mes cinéastes préférées de la Nouvelle vague (et dont les films ont beaucoup mieux vieilli que ceux, au hasard, de Truffaut) même si je ne suis pas sûr qu’elle puisse totalement s’y rattacher. Je trouve la Pointe courte très moderne, inventif, avec beaucoup de plans très beaux, très originaux, c’est un film qui m’a fait penser à du Bergman sans la pesanteur de son cinéma.
        Évidemment Cléo et le Bonheur, mais aussi Sans toit ni loi qui est d’une grande dureté, d’une grande violence (le film a quelque chose de franchement traumatisant sur la vie dans la rue,sans complaisance ni romantisme) avec la Sandrine Bonnaire géniale de ses débuts, tout en étant assez joueur. Effectivement c’est une grande cinéaste expérimentatrice et parfois subversive (voir aussi Kung du master) mais dont la subversion n’est pas annoncée avec fracas.

        • #34785 Répondre
          Linconnu
          Invité

          J’ai aimé le Bonheur. Je recommande aussi le petit documentaire Du côté de la côte, petit film de tourisme qui présente la côte d’Azur de façon humoristique et poétique on va dire, et intéressant formellement. Ça dure 25min.
          Et aussi son documentaire Daguerréotype, qui s’intéresse à quelques commerçants de la rue Daguerre dans les années 70 et montre leur quotidien, leurs gestes qu’elle met en parallèle avec un spectacle de prestidigitateur dans un bar de la rue. Avec des plans qui ont peut être inspirés Wes Anderson. Il y a une scène que j’aime bien où elle demande à chacun de quoi ils rêvent. Et l’un répond qu’il rêve qu’il travaille.

          • #34786 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Il faut sans doute la voir d’abord comme une documentariste, c’est là qu’elle est la plus singulière
            Revu le début de Sant toit ni loi récemment. Trouvé ça assez lourd, mal foutu, plutot mal dialogué et joué. Comme L’une chante l’autre pas.

    • #34784 Répondre
      Jacques Sceptes
      Invité

      Débat parallèle, mais Bruno Dumont a de beaux yeux

    • #34819 Répondre
      Ostros
      Invité

      J’ai vu l’Empire hier, la salle de l’UGC de Châtelet étant complète j’ai du me rabattre sur le mk2 Odéon.
      .
      J’ai apprécié le décalage entre les profils de villageois et le récit de sf. On dirait la suite de p’tit quinquin.
      .
      L’entrée dans le film est bien menée et tout le début se tient bien. Par contre j’ai été perplexe dès qu’on entre dans l’empire et que les personnages explicitent les enjeux du combat. J’étais ennuyée, parfois le cul entre deux chaises. Indécise sur certains points.
      .
      Les 0 sont le mal, les 1 sont le bien. Bien et mal s’affrontent dans le cœur des humains à la manière d’une formule de développement web (le fameux boolean 0 = false 1 = true) et les armées de chaque camp doivent gagner du terrain pour étendre leur royaume sur la terre. C’est une idéologie facile comme l’est celle des films de sf de guerres dans l’espace (star wars). Je me suis dit que si on prenait ce film en décalé, comme une appropriation kitch des star wars avec la conscience de ce qu’ils véhiculent comme bêtise, alors le plagiat à de l’idée.
      .
      Il reprend les codes (groupe du bien, groupe du mal, une organisation absolument binaire poussée à son paroxysme : binaire = 0 ; 1. Et donc c’est très drôle cette idée de qualifier les groupes bien / mal par ces deux chiffres.
      .
      Il reprend aussi les gimmicks des années 80-90 avec ses femmes canons toutes à fond sur le méchant auquel elle ne peuvent résister. Et le grand méchant Duc (Luchini) qui déballe des grandes phrases semblant philosophiques et vides de sens. Tout en s’amusant en asservissant des corps (femme-cul qui danse / cheval) comme dans tous les mauvais films. Un méchant vraiment méchant qui sautille et s’excite à répandre uniquement le mal sans aucune justification.
      .
      La drôlerie émanant (à la manière de Kaamelott) du fait que les comédiens sont majoritairement pas professionnels donc disent des répliques de film à leur sauce. Leur gueule visibles nulle part ailleurs. Leurs mots entendus nulle part non plus. Drôlerie aussi de son appropriation des symboles du bien et du mal. Un vaisseau en forme de Sainte Chapelle pour le bien où le big boss, une tâche liquide noire mouvante, a remplacé les reliques du Christ. Et le vaisseau du mal je crois que c’est un édifice type Versailles mais pas sûre de ça (la haute société quoi). Il est assez audacieux dans les idées. Moi ces empires et ce qui s’y passe ne m’a pas branché. Passé l’amusement à la découverte je me suis lassée.
      .
      Au fait j’ai trouvé que Camille Cottin et Fabrice Luchini étaient inutiles. Et j’aurais vraiment pris plaisir à voir ces personnages être joués par des gars du coin. Les deux empires aussi étaient inutiles pour moi, ce qui s’y passe est culcul (une façon de se moquer de ces personnages et ambiances dans les films de sf ? Si oui alors ça peut sauver ces scènes). Si j’avais écrit le film je serais restée dans le village et dans les champs avec acteurs non professionnels chevaux et sabres laser pour seul effet spécial.
      .
      Je ne sais pas jusqu’où Dumont a pensé son film mais le personnage de la Reine joué par Camille Cottin fait un non sens : elle représente la vertu, le bien absolu, pourtant lorsqu’elle est incarnée en maire du village elle se fout de la gueule de la femme qui revient des courses alors que c’est elle qui lui a demandé de lister ce qu’elle avait acheté. En plus Camille Cottin c’est la connasse de service dans pas mal de rôles qu’elle a pu jouer à ses débuts donc ici on l’associe directement à son personnage cassante. Soit c’est fait exprès pour moquer l’idée qu’il existerait le bien absolu. Soit c’est une erreur de direction d’actrice. Je l’ai pris comme si c’était Dumont qui tout d’un coup regardait ces gens de haut et se foutait d’eux alors qu’il les avait jusqu’ici regardé avec tendresse et crudité.
      Luchini fait du Luchini je me dis que ce jeu colle bien au personnage du Duc avec son costume de bouffon. Pourtant je l’ai trouvé insupportable.
      .
      Le mec viril qui se tape toutes les jolies fille et les filles qui ne font que montrer leur cul comme si elles étaient fondue dans les mêmes affects, ça aussi je me demande si c’est écrit tel pour caricaturer le cinéma sf de son adolescence ou si c’est son goût.
      .
      La fin peut laisser penser qu’il se moque de ces films et de ce qu’ils produisent comme crétinerie, stéréotypes et prêt à penser binaire et vide, car il envoie finalement bien et mal dans un trou noir pour ne laisser place sur la terre qu’aux humains en proie avec leur matérialité, libérés des lourdingues notions blocs et faciles de « les gentils contre les méchants ». Mais François dirait qu’on ne fait pas un film contre mais toujours avec.
      .
      Et j’ai regretté que nos deux enquêteurs fétiches soient réduit à des pastilles. On n’a même pas le temps de les voir qu’ils sont cutés. A croire qu’ils ne sont plus là que pour le clin d’œil au passé.
      .
      On a de jolis plans de baise dans la nature (champ, mer).
      .
      Vous en avez pensé quoi vous ?

      • #35128 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Un peu comme toi
        Dans les critiques je n’entends que : belle fantaisie, belle liberté. On salue le geste. Moi aussi, si on veut. Mais que porte le geste? Un truc fumeux sur Bien et Mal, dont la seule consistance serait à aller chercher dans les questions de genre. Mais personne ne semble vouloir aller chercher Dumont là-dessus. Alors que lui, clairement, nous cherche.

        • #35158 Répondre
          bronsky
          Invité

          questions de genre ? en quel sens ?

          • #35164 Répondre
            Ostros
            Invité

            Le genre SF

            • #35200 Répondre
              Zyrma
              Invité

              sur mk2 curiosity il y a L’humanité gartuit si jamais …
              https://www.mk2curiosity.com/content/lhumanite-97288

              • #35302 Répondre
                propater
                Invité

                Merci pour le tuyau. Je vois qu’ils ont aussi Les chants de mandrin de RAZ, pour ceux que ça intéresse.

            • #35207 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              non, le genre genre
              pourquoi les forces du Mal (ou supposé tel) c’est les hommes, et pourquoi les forces du Bien c’est les femmes?
              et on en pense quoi de ce Bien? est ce qu’il a l’air si bien ce Bien? Et si Mal ce mal?
              et pourquoi les deux jeunes femmes sont sexy et à peu près toujours à poil alors que de l’autre coté on a un sans-dent en combi de mécanicien?

              • #35216 Répondre
                Ostros
                Invité

                Pour moi ce sont des stéréotypes du genre sf du siècle précédent (quoi qu’on en retrouve encore trace dans les films de genre d’aujourd’hui : Avatar). On les trouve dans star wars années 70 / 80 (han solo le mécano et la princesse prise (la 2e fille sexy est princesse)). Dans l’hommage rendu par Seth Ickerman aux codes du genre sf de cette époque, Blood Machines, on trouve tout ça en condensé, sous techno.
                Est-ce que le bien a l’air si bien, j’ai répondu un peu là-haut sur le ppersonnage moqueur de la reine. Mais si on y réfléchi à ce point on voit bien qu’ils ont exactement les mêmes buts et méthodes : envahir une planète et des corps, faire la guerre, tuer le camp opposé.
                Je reste sur mon cul entre deux chaises quant à savoir s’il l’a écrit ainsi pour plagier des codes dont il sait qu’ils sont politiquement creux et discriminants ou s’il l’a fait pour le plaisir de s’approprier (au risque d’un décalage sévère avec les ras le bol et avancées feministes de l’époque) ces motifs qu’il a dû voir et apprécier dans sa jeunesse. Il envoie quand même valser tout le monde, leurs forces créent un gigantesque trou noir c’est pas rien comme image et comme finalité à ces deux camps. Ici ça semble dire que ces camps bien et mal sont faits du même bois idéologique et qu’ils ne valent pas mieux que de disparaître. Je n’ai pas de certitude ici comme je l’ai dit dans mon précédent post.

                • #35222 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Après le camp du bien ne fait que répéter qu’ils sont le bien et celui du mal répéter qu’ils sont le mal mais on voit bien que ces personnages n’ont concrètement aucune influence sur les individus, les lieux. Leur univers est en dehors du monde, leurs empires dans l’espace et eux ne vont jamais oeuvrer à l’écran à influencer un comportement vers le bien (dons, soins par exemple pour rester dans les images symboliques du bien) ou vers le mal (donner l’envie de tuer). Ils se livrent une bataille indivisible aux yeux des humains dont nous ne voyons jamais les conséquences. C’est pas les aliens dd body snatchers, ceux de mens in black, ou les films de zombies qui ont au moins le mérite de contaminer vraiment les corps. Dans ce film c’est des idées qui n’existe dans nos esprits que par ce qu’elles sont dites et répétées à haute voix. Les seuls à être impactés étant par endroit et à la fin les chevaliers des deux camps eux mêmes.

                  • #35227 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Pardon : la jeune femme du début est mise sous emprise et passe dans le camp du mal dès le départ. Mais à part elle, ensuite, plus personne.
                    Passer dans le camp du mal, consistant pour cette jeune femme à être pleine de désir pour le prince du mal, jalouse et à bitcher sur le camp opposé.

                    • #35235 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      J’ai oublié de mentionner le coeur du scénario : tout l’enjeu est de récupérer le bébé qui est le fils du mal et qui – si j’ai bien compris – fera basculer définitivement les humains dans le mal lorsqu’il sera plus grand. La solution étant alors pour les chevaliers du bien de le laisser grandir tout en le surveillant de près et de l’assassiner quand il sera pré ado. Là encore on a des gros plans sur le bout’chou, des sons étranges et des révérences – une symbolique minimaliste – pour signifier sa puissance. Et on n’arrive pas à se représenter la menace qu’il pourrait être pour les humains. Car on ne sait pas en quoi consiste concrètement le mal (ni le bien). Donc on est sur un film de sf rendu à des tenants des plus étiques. A une symbolique ancienne. Comme un jeu de rôles entre des enfants, au sein d’un village d’adultes. Un jeu dans leur bulle comme le sont les jeux d’enfants, et sans conséquences sur le réel. Sans effet autre que le plaisir de déployer ses fantasmes et de jouer aux combats entre eux.

                      • #35342 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « je reste sur mon cul entre deux chaises quant à savoir s’il l’a écrit ainsi pour plagier des codes dont il sait qu’ils sont politiquement creux et discriminants  »
                        Je ne crois pas du tout
                        Dumont est pas du tout « déconstruction ». Plutot le contraire
                        Plutot porté à réhabiliter, par provocation, la distribution très genrée du sexe appeal dans un film.
                        Et je répète : dans le film quel mal font donc les forces du Mal? (les hommes, Jony)

                      • #35348 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Merci. J’avais un peu d’illusion sur Dumont sans doute refusais je de le voir ainsi.
                        Jony, le mal qu’il fait c’est aux deux femmes. D’abord il soumet à son désir la première jolie jeune femme (humaine) qui, lorsqu’elle n’est pas sous son emprise, l’envoie paître au départ. Puis prise par la contrainte obscure de Jony elle se soumet à lui.
                        En désirant la princesse du bien il rend jalouse la première. Puis il arrive à coucher avec la princesse qui n’était pas tellement pour, étant donné que c’est son ennemi. Il exerce sur elle aussi un pouvoir. Il influence son désir. Son désir envers lui étant irrépressible elle en souffre. On la voit clairement pleurer de cette situations. Et lui ne considère pas ses larmes et jouit de pouvoir jouir d’elle.
                        Mais dans son rôle de méchant, envers les autres humains autour, il ne fait rien de mauvais.
                        .
                        Les autres hommes du mal qui l’accompagnent non plus. Ils se réunissent à cheval pour lancer des missions qui sont attendre la guerre ou aller récupérer le bébé.
                        .
                        J’ai parlé du traitement du désir, des genres et du sex appeal du mal juste en dessous, dans mes 4 réponses au post de dizzy (elle se bat au sabre, lui son arme c’est son sex appeal, etc).
                        .
                        Tu en penses quoi ? (Notamment sur le fait que l’idéologie propre à la SF dessert une possible exploration du désir chez ce duo prince et princesse en le rendant à une idée du fait de la désincarnation des personnages).

                      • #35349 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Le mal en la personne de Luchini contraint lui aussi, comme dit un peu plus bas, les corps. Celui d’une femme sans bras réduite à son postérieur et ses seins dans une combi latex type SM qui danse pour lui et un cheval qui doit faire des pas de danse précis pour amuser les convives dans le jardin.

                      • #35368 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je crois que faire dialoguer ce film avec le genre SF est une fausse piste. Dumont n’en a rien à foutre du genre SF, de le déconstruire ou de le valider.
                        En revanche il n’en a pas du tout rien à foutre des féministes.

                      • #35369 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Et du sexe
                        Le seul vrai sujet intéressant du film.

                      • #35378 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Intéressant ça. C’est tellement mélangé qu’on a du mal à y voir clair dans ces couches.
                        Tu penses en faire une GO pour déplier tout ça ?

                      • #35380 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        « En revanche il n’en a pas du tout rien à foutre des féministes. »
                        C’est un constat à l’aune de sa filmo general ou juste ce film ?

                      • #35381 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        Ou peut être de propos tenus par la personne ?

              • #35236 Répondre
                dizzy
                Invité

                N’est-ce pas plutôt la querelle progressiste (une jeune femme forte, 1, le mouvement, l’auto-proclamé bien, la ville dans les vêtements et les moyens de transport, la technologie dont le sabre laser pour « canceller » la mère, Jane prononcé à l’américaine) contre réac (un vieux mâle blanc, 0, la tradition, la famille, la campagne, la main au paquet, le langage cru, les chevaux, Jony prononcé à la française) qu’une guerre des genres ?

                Et Dumont, autrefois équilibriste, qui se casse la gueule.

                • #35239 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  La jeune femme est en effet plus active (elle s’entraîne au sabre laser et en tue un). Moyen de transport je vois pas. Ses vêtements cest un maillot de bain puis une tenue sexy, comme la complice du mal qui vit là aussi. On note qu’il y a une évolution dans la coupe de la princesse du bien comme dans les perruques de l’autre sexy girl.
                  Et il arrive à coucher avec elle assez vite, une fois qu’il l’a ciblée comme ayant un bon cul.
                  Je trouve intéressant le motif de la famille et de l’enfant qui est un motif récurrent en sf (tuer ou protéger l’enfant élu porteur d’un grand pouvoir).
                  La technologie je vois pas.
                  Ils ont l’air d’être d’évoluer le même environnement. Elle n’est pas du cru (interprétée par une actrice de cinéma). Et leurs empires respectifs ont relativement la même tête.
                  Je n’ai pas l’impression que la mère a été cancellée. A ce moment-là il joue sur la situation bien connu des ado lorsque les parents t’empêche de t’amuser et que du coup tu pars trouver une autre occupation.
                  Par contre le rapport à la femme et à l’homme est bien caricaturé comme on l’a écrit plus haut.
                  Sur le mouvement, si la princesse bouge beaucoup lui aussi se déplace souvent à cheval, la suit, va chercher le bébé et va même visiter l’empire comme elle.

                  • #35246 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    J’opposerai plutôt le sabre laser comme arme côté femme / bien et sex-appeal comme arme côté homme / mal pour désarmer très facilement la femme / bien.
                    Dans les caractéristiques que tu as énoncées je garde que lui est un villageois manuel qui monte à cheval et pêche. Elle semble plus réfléchie (pose souvent oralement ses plans). Et oui elle se bat au sabre, attribut guerrier, pas lui (qui n’en a pas besoin car trop fort).

                    • #35252 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Au fait les profils de ces deux personnages sont coulés dans une vision patriarcale de la femme et de l’homme.
                      La jeune femme ne porte pas de discours ou d’attitude pouvant la raccorder au mouvement progressif. Car elle veut gagner comme lui. Et elle enrage d’être si faible, de se laisser dominer à ce point par son désir irrépressible pour lui.
                      Par contre lui est glissé dans des attributs de virilité.
                      Et puis, ils ne sont pas les seuls perosnnages.
                      On voit bien en étudiant un peu lautre jeune femme que son style et ses attitudes collent à celui de la princesse. Et que la princesse est accompagnée dans ses jeux de sabres et déplacements en voiture par un villageois proche du physique du prince du mal.

                      • #35254 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Progressiste*
                        On n’est pas chez l’opticien

                      • #35256 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Et puis ce n’est jamais elle qui conduit la voiture.

                      • #35268 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Le rapport au désir dans ce film m’interroge. Car le désir c’est subversif.
                        Lui est issu d’un camp mais il desire fortement une femme du camp opposé.
                        Elle doit combattre le mal mais cède à ses avances.
                        Au fait ça aurait pu être mieux tourné, creusé que ça. On dirait que le désir échappe totalement à la femme qui cède puis regrette puis ne peux s’empêcher et regrette encore. Alors que lui est immédiatement sûr du sien et ne culpabilise pas du tout. Au contraire il lui explique même comment il faut vivre son désir (en le consommant à fond comme ça on se sent bien). Dans cette relation, dans le rapport de chacun à son désir on voit que c’est l’homme qui domine la femme (les femmes) qui les prends et leur apprend. Sauf qu’il incarne le mal. Donc un rapport au désir qui n’est pas « le bon » selon Dumont. Et c’est là que c’est casse gueule pour Dumont. Traiter le désir par le prisme de l’idéologie propre à la SF aïe aïe aïe. Avec des personnages plus incarnés, complexes, des situations plus précises et mieux écrites comme dans ses précédents films là on serait entrés dans des zones grises intéressantes. Ici on constate que la mise sous genre de son cinéma empêche Dumont de travailler une de ses matières fétiche (le désir, son expression, son trouble), voire l’annule complément. Il s’est tiré une balle dans le pied.
                        Comme vous pouvez le voir j’ai beaucoup écrit pour pouvoir cerner un peu mieux le film… j’espère ne pas vous avoir saoulés.

                      • #35458 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Les scènes de désir et de sexe sont les seules choses qui m’ont paru vraiment fortes dans le film, alors que jusqu’ici je n’aimais jamais les scènes d’amour physique dans les films de Dumont. J’avais même l’impression que le rapprochement physique des corps chez lui était source d’une certaine répulsion ( exemple parmi d’autres : Quinquin qui couche pour la première fois avec son amourette derrière une station d’épuration).
                        Bonne surprise de découvrir qu’il avait cette sensualité là en lui et qu’il la travaillera peut-être par la suite, hors combat du bien et du mal ( je n’ai pas compris pourquoi il avait eu le désir de mettre en place quelque chose d’aussi simpliste, lui qui entremêlait si bien le beau et l’horrible dans ses précédents films)

                • #35344 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Mais ça recoupe précisément une découpe de genre
                  Le progressisme c’est des meufs casse couilles ou ravis de la crèche, l’anti progressisme c’est des mecs comme on les aime – bons baiseurs au demeurant.

                  • #35397 Répondre
                    dizzy
                    Invité

                    Bien sûr le bien est dirigé par 2 femmes et le mal dirigé par 2 hommes et ce n’est pas anodin mais en y ajoutant Lyna Khoudri et Rudy le Jedi (a)mateur, ça donne de chaque côté : un homme, une femme et une entité extraterrestre.
                    Et ça me suffit, peut-être par naïveté, ou bien par indulgence avec les problèmes de casting (notamment pour Jane), pour ne pas y voir le genre comme opposition principale entre les 2 camps.

                    Ou en tout cas moins que progressiste/réac ou pour reprendre un peu un commentaire précédent esprit/corps (d’un côté l’empêchement, la planification, la cathédrale verticale et ses êtres de pure lumière, l’actrice parisienne en maire déconnectée, et de l’autre l’action, le château horizontal et ses êtres de matière qui tâche, le gars du coin qui pêche et ses mains terreuses et baladeuses)

    • #34951 Répondre
      La bile
      Invité

      Un film qui plairait beaucoup à JeanMonnaie je pense puisque le fond du message c’est que si tu es différent et que tu veux être accepté le mieux c’est de faire quelque chose d’héroïque. Je veux dire que si t’es musulman il faut sauver JeanMonnaie d’une attaque au couteau pour avoir le droit à tes papiers. Reste que ça fait un bon divertissement. Genre, je lui colle un bon 5 sur 8.

    • #34984 Répondre
      Linconnu
      Invité

      Recommandation : L’âme soeur de Fredi M. Murer (Suisse) 1986, de son vrai nom Hohenfeuer (Alpine Fire). Ressorti restauré en décembre 2022.
      Sans rien en dire c’est aussi beau que la bande annonce le laisse présager.
      youtu.be/TRrEN3LID2g?si=Yg_9iEborCB_TER8
      On sent que le cinéaste connait ce qu’il filme, il y a un aspect ethnographique. Il avait donc sans surprise réalisé avant un documentaire sur ces communautés paysannes montagnardes qui a l’air très beau aussi, mais je sais pas où le trouver.
      Wir Bergler in den Bergen sind eigentlich nicht schuld, dass wir da sind (Nous qui habitons les montagnes ne sommes pas responsables d’être là (Google trad))
      youtu.be/7CSKgKLG3x4?si=rEp9cHmGlzynSnhB

    • #35010 Répondre
      Lalecture
      Invité

      Reco : Il fait nuit en Amérique de Ana Vaz

      Ça devrait vous plaire

      • #35319 Répondre
        Chico Mendes
        Invité

        +1, très grand film en effet

        • #35323 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          on note

    • #35094 Répondre
      Ostros
      Invité

      Incroyable Vincent Lindon va refaire son Vincent Lindon en bonne caricature de lui même, dans son prochain film Comme un fils. Dans lequel il joue un prof d’histoire qui craque, se met en disponibilité (comment il a fait ça alors que l’EN refuse les dispo car manque de profs ?), qui va prendre sous son aile un pauvre jeune Rom violent pour lui montrer le bon chemin celui de l’école, car il a du potentiel. Le protéger de la violence de son milieu d’origine (les Rom) et développer avec lui un amour filial (le titre) alors que c’est un étranger (un Rom). Peut-être même que Vincent professeur d’histoire va retrouver la foi en son métier grâce à ce jeune Rom perdu (car pas scolarisé) qu’il va réussir à guider, alors qu’avec ses élèves c’était pas top top. On aura une leçon à tirer de ce gosse je parie.
      J’ai pas pu m’empêcher de pouffer en voyant la bande annonce tellement ce rôle est tout lui.
      .
      A part ça le 6 mars sort La salle des profs, un film allemand vendu comme un thriller scolaire implacable auréolé de nombreux prix, sur des élèves accusés d’avoir volé de l’argent et d’autres choses dans la salle des profs. Une prof va vouloir découvrir la vérité en enquêtant avec ses propres moyens. Et va découvrir des choses insoupçonnées.
      Les quelques minutes de la bande annonce donnent l’idée que ça a l’air plus fourni en termes de restitution des plis des rapports sociaux (exemple : l’élève arabe, le vol, l’école, sa famille porté sur l’instruction du respect par la violence), des vices des rapports de subordination (élèves / profs ; enfants / parents ; mais aussi profs / direction et profs / profs) et plus tendu que l’autre film sur l’école proposé ici un peu plus haut, Pas de vague avec Civil, dont la bande annonce semblait épuiser déjà toutes les billes et le pitch promettre une absence de cruauté, de zones grises creusées (contrairement à la salle des profs).
      La bande annonce de la salle des profs :

      • #35155 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        On verra ça
        On se méfie

      • #35167 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Il manque au cinéma français un cross-over réunissant Vincent Lindon en cadre dépressif d’une entreprise qui licencie obligé d’héberger son insupportable patron Christian Clavier, mis à la porte de chez lui par Aïssa Maïga et des squatteurs maliens au grand cœur. Une pépite jubilatoire entre comédie et drame social réalisée par Toledano et Nakache.

      • #35238 Répondre
        Fanny
        Invité

        (comment le gars s’est mis en dispo : il a dû demander une dispo de droit, que l’EN a obligation d’accepter)

      • #35500 Répondre
        Pier
        Invité

        Pu voir déjà la salle des profs : mouais. ça tente un portrait de l’école comme institution carcérale – en disant : même avec la meilleure volonté du monde on n’y échappe pas -, avec une mise en scène OK sans plus qui réduit toute la société à ce film, pas mal mais mid. Quand même un ou deux moments vraiment savoureux (dont une scène que je ne vous révèle pas mais dans laquelle le journal de l’école devient un véritable contre-pouvoir).

    • #35335 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      vu toni erdmann
      film jouissif, avec la meilleure scène piano-voix de l’histoire du cinéma mondial

      « embassy ist sowieso closed »

      • #35336 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        s’agissant des formules, je retiendrai aussi le déjà culte pour moi:
        qu’il est bon de ne rien faire et de se reposer ensuite de n’avoir rien fait

    • #35374 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Question Hong Sang-soo (cinéaste dont je n’ai rien vu et que je ne connais que par la Gêne et par ici) :

      – Je n’ai lu aucun retour sur Walk Up : vaut-il le coup pour voir un premier HSS?

      – J’ai à disposition Conte de Cinéma, Turning Gate et Haewon et les Hommes : vaut-il mieux plutôt commencer, à choisir, par un de ceux-là?

      • #35403 Répondre
        Cyril
        Invité

        Depuis que tu as posé la question tu as eu le temps d’en voir deux.

        • #35416 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          C’est pas faux! A défaut j’ai regardé trois Claude Zidi

          • #35504 Répondre
            deleatur
            Invité

            @ I.G.Y
            Je te propose de commencer par Turning Gate.
            Son style, ses moyens de production, et son dispositif de cinéma se sont de plus en plus dépouillés à mesure des films. Donc les regarder dans un ordre chronologique, pourquoi pas.
            .
            Et pour te donner envie, parce que quand même, HSS, c’est aussi ça :

            • #35524 Répondre
              deleatur
              Invité

              La musique d’accompagnement est à ch… par contre.

            • #35525 Répondre
              deleatur
              Invité

              HSS est surtout très bon sans musique.
              Les scènes d’alcoolisation sont toujours en son direct, sans musique, très peu dialoguées dans mon souvenir.
              Zut, besoin de revoir Turning Gate.

              • #36023 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                Alors j’ai vu Conte de Cinéma et j’en suis ressorti très partagé. J’ai eu un gros problème esthétique-affectif avec deux choses, dès le départ : l’usage de la caméra (le zoom incessant + la photo), et la musique (qui m’a rendu malade). Une fois le film terminé, je reconnais que l’idée générale du film est bonne. Mais concernant la première partie (celle du film dans le film), je me demande s’il n’y a pas une intention cachée de HSS de nous faire « sentir » qu’il s’agit d’une fiction par le jeu des acteurs, par l’histoire, car je n’y ai pas cru une seconde ou presque, ça ne m’a pas ému, j’étais même gêné. En revanche, quelques scènes par la suite m’ont bien plu, notamment celle au resto en plan fixe (sauf un zoom) où Tsung explique à l’actrice que le réal s’est inspiré de son histoire pour le court-métrage.
                .
                Mais je vais persévérer, je regarderai Turning Gate. J’avais déjà persévéré avec K. Reichardt après la relative déception River of Grass. Et à raison (First Cow).

                • #36029 Répondre
                  deleatur
                  Invité

                  Merci pour ce retour. Tu as raison de t’accrocher.
                  Personnellement, je n’ai jamais rien ressenti des films de HSS comme ça, mais plutôt éprouvé l’expérience d’une perte de repère, de déstabilisation (documentaire ou fiction ?), le tout accentué avec quelque chose que j’éprouve souvent devant ces films : j’ai parfois du mal à reconnaître et à distinguer entre eux les personnages jeunes (hommes ou femmes), je ne sais plus où je suis, je ne sais pas si les personnages le savent eux-mêmes très bien — et cela tient peut-être au fait que ce ne sont pas des acteurs connus de moi, mais des gens ordinaires — et c’est généralement le cadre ou les choix de mise en scène qui me le rappellent justement (musique ou pas, zoom, plan fixe).
                  Mais je n’en ai pas revu depuis 4 ou 5 ans. Quand il a commencé à faire des films (ou un seul, je ne sais plus) avec Huppert, j’ai décroché, c’était comme s’il réintroduisait des répères dans son film, alors qu’il y a toujours plutôt question de repérages que de repères. Voilà c’est cela : j’ai accroché aux films de HSS parce qu’il permettait des décrochages ; quand il a voulu réaccrocher, j’ai décroché.
                  Cela dit, je pense que ce point de vue ne vaut pas grand chose — je veux dire pour quelqu’un d’autre.

                  • #36033 Répondre
                    I.G.Y.
                    Invité

                    Oui je vois l’idée. D’une certaine manière peut-être qu’avec un dispositif plus dépouillé encore j’accrocherai davantage, à voir. Mais par exemple, la veille, j’avais subi un autre type de décrochage (Oncle Boonmee de Weerasethakul) auquel j’avais assez largement accroché.

                    Affaire à suivre !

      • #35405 Répondre
        Charles
        Invité

        Walk up est très beau mais peut-être trop radical pour un débuter dans sa filmographie. Je recommande plutôt Conte de cinéma comme porte d’entrée.

      • #35406 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        Salut IGY,
        De Hong Sang-soo, je n’ai pas vu ceux que tu cites, je ne peux pas t’aiguiller.
        Pour ma part j’ai commencé par Hill of freedom et c’était parfait pour découvrir le cinéaste.
        Si tu as le possibilité de le voir, je te recommanderais celui là pour t’acclimater 🙂

        Mais peut être que certains ont des avis divergents.

        • #35417 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          @ Charles @ Papo2ooo merci pour vos recommandations, ça sera donc Conte de Cinéma pour ce soir (et si je mets la main sur « Hill of freedom »… en tout cas je note!)

    • #35422 Répondre
      Ourson
      Invité

      Entretien sur la chaîne Youtube, François a lâché ce que je considère comme étant une énorme « bombe ». Je vais essayer de paraphraser sans dire trop de bêtises :
      « J’aime regarder une oeuvre de manière analytique […] Un spectateur qui sort d’une séance de cinéma éprouvé n’est pas un bon spectateur d’art ».
      Bon je crois que c’est pas exactement ça, je vous renvoie la vidéo, mais en gros, j’ai toujours eu le sentiment que la bonne oeuvre d’art était celle qui faisait naître le plus d’émotions possibles chez son observateur, qui cherchait à le chambouler. C’est en fait plus subtil que ça ?
      Prenons un film que je n’ai pas encore vu : Funny Games de Haneke. Qu’est-ce que le spectateur devrait tirer d’un tel film par exemple ?

      • #35434 Répondre
        Carton de Lait
        Invité

        Je n’aime pas penser qu’il y a une bonne et mauvaise façon d’appréhender l’art parce que tout ça est une question d’affects personnels et même je dirais de personalité (le type cérébral vs émotif par exemple)

        Haneke quand il fait Funny games, est-ce qu’il le fait en pensant aux cinéphiles aguérris qui regardent une oeuvre de manière analytique plutôt que de la ressentir ou au public lambda qui recevra très probablement son film comme un coup de poing émotionnel?

        Après à savoir si la meilleure oeuvre d’art est celle qui chamboule le plus, là, je dirais que c’est une façon réductrice de recevoir l’art. Il y a par exemple des films, énormément en fait, dont l’intention n’est aucunement de bousculer le spectateur au niveau de ses émotions et il serait dommage de qualifier tout ces films d’oeuvres médiocres ou mineures seulement sur ce critère. J’ai l’impression que c’est une façon un peu juvénile de percevoir l’art même, c’est souvent comme ça que le jeune cinéphile se forme et devient justement cinéphile, en voyant des films qui l’auront bouleversifié parce qu’à cet âge on est facilement impressionable et que de toute manière on recherche les émotions fortes et donc c’est très souvent ça qui va nous accrocher initialement dans le cinéma. Après un moment il me semble qu’avec l’expérience on en vient à avoir des attentes moins limités, à valoriser plus la subtilité déjà.

        Pour moi on devrait d’abord toujours juger l’art par rapport à l’intention de l’artiste. Si l’intention de l’artiste par exemple EST de chambouler le spectateur et que le spectateur est chamboulé, l’oeuvre est réussie. SI l’artiste cherche à nous faire rire bêtement et que l’on rit bêtement, l’oeuvre est réussie. Si l’artiste cherche à nous faire vivre un expérience purement esthétique et que l’on reçoit son film comme une expérience purement esthétique, l’oeuvre est réussie Après, on apprécie ou pas, réussie ne veux pas non plus nécessairement dire que l’on doit aimer mais déjà si l’intention du réalisateur est achevée on part sur des bonnes bases parce que ça veut dire qu’on à affaire au minimum à un bon artiste, libre à nous de déterminer ensuite si son art nous intéresse. (Après, existerait-il des chefs d’oeuvres qui le seraient en dépit des intentions originales de l’artiste, très certainement, mais le chef-d’oeuvre accidentel reste une anomalie)

        • #35438 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Funny Games est un bon exemple de film à voir de manière analytico-sensible, pour reprendre l’épigraphe. Pendant une heure, Haneke tient en haleine avec un thriller sensationnel, puis après un (deux) mouvement brechtien tape-à-l’oeil, invite à prendre du recul sur les atrocités qu’il vient de montrer.

      • #35442 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je ne te remercie pas, Ourson, pour ce report très très parcellaire, et au bout du compte faux, de ma pensée.
        Je renvoie ceux que ça intéresse au passage en question, fort de 30 phrases plutot que 2.

        • #39367 Répondre
          Ourson
          Invité

          Désolé, j’ai effectivement paraphrasé comme un gros cochon. Je rectifie :
          « […] Ma sensibilité refroidie va bien avec la sensibilité esthétique. Si j’étais plus sensible, je serais un moins bon spectateur d’art.
          […] Il ne faut pas trop prendre à coeur les oeuvres pour bien les regarder […] On est un bon récepteur d’oeuvre quand on est un peu analytico-sensible. L’art te donne une situation de sensibilité qui t’offre la chance immense de ne pas être impliqué sensiblement. »
          J’ai ensuite visionné le Microciné qui permet de mettre tout ça en perspective.
          Je trouve ça quand même un peu troublant, dans le sens où on présente souvent l’Art comme ce qui peut bouleverser, retourner, secouer, enjouer, etc… Tout un tas de qualificatifs proches du champ lexical du parc d’attraction, que François tu sembles disqualifier pour leur préférer… Autre chose ? Mais quoi ?

      • #35509 Répondre
        deleatur
        Invité

        Va plutôt écouter son premier Microciné. Il dit à peu près exactement le contraire de ce que tu en prélèves.

        ( https://www.youtube.com/watch?v=B9slMxSGoIs )

    • #35443 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      « Pour moi on devrait d’abord toujours juger l’art par rapport à l’intention de l’artiste. Si l’intention de l’artiste par exemple EST de chambouler le spectateur et que le spectateur est chamboulé, l’oeuvre est réussie.  »
      Désaccord total avec ça
      On « juge » l’art par rapport à l’oeuvre. C’est à dire à la matière qui se présente à nous.

      • #35445 Répondre
        Mao
        Invité

        J’ai souvenir d’une conf de presse à Cannes où un journaliste demandait à Haneke quelles étaient ses intentions en tant qu’artiste. Je ne sais plus exactement ce qu’avait répondu Haneke. Je me souviens en revanche qu’il avait réagit comme si avec cette question, on avait atteint le summum de la vulgarité.

        • #35455 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Sans compter que se référer à l’intention est la meilleure manière de s’envoler dans des spéculations, loin de l’oeuvre.
          Sans compter aussi qu’une oeuvre déborde largement les intentions, et c’est heureux.

        • #35476 Répondre
          Carton de Lait
          Invité

          Il est tout à fait possible que je sois quelqu’un d’extrêmement vulgaire, voire bas de plafond.

          • #35506 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Trop facile.
            Trop facile manière de ne pas regarder en face que te fourvoies avec cette histoire d’intention, ou de conformité à.
            Bac Nord a l’intention de montrer que les baqueux de Marseille sont des braves mecs confrontés à des barbares, il y parvient, bon film?
            Bac Nord a l’intention de faire du cinéma testostéroné à l’américaine, il y parvient, bon film?

            Un roman de Sorj Chalandon a l’intention de faire pleurer, il fait pleurer 50 % de ses lecteurs et agace les 50 autres. Bon film à moitié?

            • #35508 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              bon livre

            • #35721 Répondre
              Carton de Lait
              Invité

              Alors si tu me relis tu verras que j’ai dit qu’intention réalisée égale oeuvre réussie ce qui ne veut pas pour autant dire qu’elle soit qualitative. On me dira peut-être que c’est une distinction sémantique bizarre (que réussi ne veux pas en soi dire bien pour moi) mais je m’y tient. Je ne l’ai pas vu et ne le verrai probablement jamais (encore que…) mais il me semble à ce que j’en sait (et je peux me tromper) que le réal de Bac Nord a effectivement réussi son film dans le sens où il a fait exactement le film qu’il voulait faire et celui-ci à été reçu exactemènt comme il l’entendait, ce qui est déjà ça. Après, le reste est une question d’appréciation subjective.

              Ceci dit, ma réponse était un peu une facon de me moquer de moi-même, si Haneke pense que je suis vulgaire en m’intéressant à ses intentions, bon, je m’incline (ce qui n’est quand même pas dans mes habitudes face à un bourgeois donc je tiens à ce qu’on le note). Je conçois tout à fait la possibilité que je me fourvoie et je vois en effet quand j’y repense à la lumière de tes réponses les limites de cette approche critique.

              J’ai dit « juger l’art », c’est vrai, mais je ne veux pas pour autant dire qu’il faille juger uniquement sur ce critère mais il me semble quand même qu’on doit le prendre en compte, ou du moins s’intéresser ou s’interroger sur l’intention de l’artiste. Parce que qu’on ai que l’oeuvre, ou disons qu’on doive la juger pour elle-même en faisant abstraction de tout le reste, je suis pas sûr si c’est toujours vrai. Si par exemple un réalisateur décidait de faire, je sais pas, un film d’action complètement bourrin, idiot, sans subtilités, rempli de clichés et tout ça avec un ton dépourvu complètement d’ironie, mais qu’en fait son intention était justement de faire ce type de film pour en faire en somme la critique/déconstruction (j’avoue que ce ne serait pas une démarche très intéressante déjà parce que ça été fait) mais à ce moment-là si on juge le film simplement pour ce qu’il est, est-ce qu’il ne nous manque pas un élément important pour critiquer correctement l’oeuvre? Il y en a d’ailleurs aujourd’hui qui réévaluent Showgirls de Verhoeven sous cet angle, c’est-à-dire qu’il aurait délibèrement fait un film niais dans, j’imagine, le but précis de ridiculiser/déconstruire un certain type de cinéma ce qui évidemment dans son cas peut sembler très plausible quand on regarde le reste de sa filmo à hollywood mais enfin quand il faisait Robocop, la satire était évidente et surlignée (sauf quand t’as 10 ans peut-être et encore), alors que pour Showgirls on est toujours pas sûr (après quand tu vois Elizabeth Jesaisplusqui et Gina Gershon discuter de leur appréciation pour la bouffe de chien tu te dis quand même que ouais… là c’est un peu trop gros pour ne pas être intentionel)

              Il est vrai en effet qu’on ne peut pas toujours savoir réellement l’intention de l’artiste sauf si il nous la communique très clairement soit dans l’oeuvre soit à l’extérieur dans une quelconque apparition médiatique ou entrevue, mais je ne crois pas vain de s’y intéresser et moi c’est en tout cas toujours quelque chose qui entre en compte quand vient le moment de juger une oeuvre, ça me traverse toujours l’esprit, quitte à ce que je me fourvoie complètement sur les intentions. Enfin on ne juge par exemple tout les films selon les mêmes critères dépendemment de quel type de film on regarde ce qui donc suppose que l’on tient compte de l’intention du film dans notre appréciation. Et c’est d’ailleurs une tactique de survie essentielle quand on est un cinéphage (et non cinéphile, je n’oserais pas ce qualificatif) en mon genre qui n’a pas vraiment, ou presque pas en tout cas, d’hygiène filmique et regarde autant les pires séries Z que les films d’auteurs « sérieux » du genre que l’on prime à Cannes ou à la Berlinale. (J’écoute d’ailleurs beaucoup la gêne en partie pour me tenir informé de ces derniers mais bon vous`prenez il me semble un virage plus grand public derniètement, ce qui n’est pas nécessairement mauvais non plus parce que j’aime bien t’entendre sur des choses comme The Batman aussi, ça fait changement.)

              • #35768 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Pas de virage grand public, non. Juste la nécessité de parler de films que les auditeurs peuvent voir.
                On parlera du Hamaguchi bientot. Et du Franco s’il sort.
                etc.

                Notre axe reste donc plutot une manière, et elle consiste à regarder les films avec les yeux grand ouverts.
                Disons que notre contre exemple pourrait être ce genre de lignes : « Je ne l’ai pas vu et ne le verrai probablement jamais (encore que…) mais il me semble à ce que j’en sait (et je peux me tromper) que le réal de Bac Nord a effectivement réussi son film dans le sens où il a fait exactement le film qu’il voulait faire et celui-ci à été reçu exactemènt comme il l’entendait, ce qui est déjà ça. »
                Me sidère un peu le fait que le seul film sur lequel tu appuies ton topo de 30 lignes soit un film… que tu n’as pas vu.
                Parti sur de telles bases spéculatives, tu es certes bien armé pour ergoter à l’infini sur l’intention d’un auteur.

            • #39375 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Chalandon : on ne saurait mieux dire, je dirais même que le quota s’applique à chaque livre, j’adore la moitié, j’ai envie de jeter l’autre (et son dernier n’échappe pas à la règle).

        • #35752 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Haneke avait dit que faire du cinéma lui faisait économiser des séances de psychanalyse ( très chères paraît-il)

    • #35659 Répondre
      Parfaitement a l’eau
      Invité

      J’ai revu Cinq pièces faciles hier soir. Je vous épargne les « désenchantement », « errence » ou « crise d’identité » qui déboulent rapidement dans cette période. J’y ai pas vu ça. Mais plutôt le récit d’un bourgeois hors de son milieu qui a encore de beaux réflexes de classes (du mépris à foison) et qui se démène pour se donner l’apparence d’un col bleu, fuyant vraisemblablement un milieu trop rigide. Malgré quelques détails de scénario un peu bizarres (le collègue de beuverie hors la loi ? La séquence du piano sur l’autoroute qui se termine par une fuite mais en fait non). Une séquence sst particulièrement savoureuse : quand l’amie de son frère lui demande de jouer du piano. Ce dernier lui joue du Chopin, elle s’en émerveille et lui annonce qu’il le jouait mieux à 8 ans et se moque de ses grands mots, qu’il n’y avait absolument aucune émotion dans son jeu malgré ce qu’elle pouvait en penser.

      • #35727 Répondre
        Tony
        Invité

        C’est un film que j’ai bien aimé, comme beaucoup de films américains de cette période,le nouvel hollywood,et le personnage de Nicholson vit une sorte de crise existentielle,il fuit,par une sorte d’élan vitaliste, son milieu bourgeois en croyant que la vie de prolo ou de bohème va,en quelque sorte,le reconnecter à la vie,ce qui n’est pas vraiment le cas non plus.

        • #35782 Répondre
          Parfaitement a l’eau
          Invité

          Oui c’est ça, au lieu de crise existentielle je dirais plutôt crise d’adolescence ou caprice. Plusieurs fois on le voit s’impatienter. La fin est ambiguë d’ailleurs. Il repart dans le sens inverse, on pourrait très bien se dire qu’il rentre à la maison de ses parents, tenter conquerir celle qui est de son milieu, ou se dorloter dans la grande maison en déprimant.

    • #35734 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Je viens de voir « Voyages en Italie ». J’ai beau trouver ça hilarant, adorer l’approche, et à peu près tout ce qui se dit ou fait, mon esprit s’est un peu lassé au bout de 40 minutes. La relecture de leur propre voyage m’a redonné un coup de fouet mais je me suis à nouveau lassé avant la fin.
      Sur 1h/1h10 ça aurait été parfait pour moi, mais là, malgré un sens aiguë de l’observation et l’intelligence des mis en situation, ça tournait un peu en boucle.

    • #35799 Répondre
      morel
      Invité

      Que pensez-vous de Chris Marker

      • #35803 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        du bien
        ce que je connais, à savoir peu, à proportion de son oeuvre immense

    • #35830 Répondre
      Ema
      Invité

      Auriez vous des suggestions de biopics non academiques ? C’est à dire pas l’exercice routinier qu’Hoolywood nous pond anuellement pour alimenter la course aux Oscars. Quelque chose qui prenne l’exercice du biopic à contre pied, avec une vraie vision artistique. Je vais bientôt regarder le Che de soderberg, pariant sur le talent de celui ci, mais j’aimerais d’autres pistes. J’ai tendance à fuir les biopics en général donc n’ayez pas peur d’en suggérer des connus, il est très possibles que je ne les ai pas vus !

      • #35833 Répondre
        Charles
        Invité

        Neruda et Jackie de Pablo Larrain.

        • #35835 Répondre
          Ema
          Invité

          C’est noté merci

        • #35843 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Clairement, Spencer aussi.

      • #35840 Répondre
        deleatur
        Invité

        Ça veut tellement rien dire « biopic », il faut que ça retrace toute la vie ? Ou d’après une histoire vraie ?
        Mais je me lance quand même, en trichant toujours beaucoup.
        Le meilleur et le pire… Surtout le meilleur ; avec quelques fautes de goût très prononcés.
        .
        Raging Bull, Sorsese
        Intouchables, Nakache et Tolénado
        Cloclo, Florent Emilio-Siri
        Andreï Roublev, Tarkovski
        Mesrine, Jean-François Richet
        Ed Wood, Tim Burton
        Van Gogh, Pialat
        Jimmy P, Desplechin
        Marie-Antoinette, Sofia Coppola
        Erin Brockovich, seule contre tous, Soderberg
        Elephant Man, Lynch
        Procès de Jeanne d’Arc, Bresson
        Jeanne la Pucelle, Rivette
        Les premiers films de Dumont, dont Camille Claudel 1915
        Le Caïman, Moretti
        Ludwig, Visconti
        L’Evangile selon saint Mathieu, Pasolini
        JLG/JLG. Autoportrait de décembre, JLG, et aussi Soft and Hard, JLG et Miéville
        Je suis une vidéo-machine (sur certain groupe un peu tandance des années 90, docu pas dégueu, comédie musicale)

        • #35841 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Someone est allé voir One love?
          Me tâte,

          • #36021 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Celui-ci aussi

            • #36022 Répondre
              Carpentier
              Invité

              et puisqu’on est dans le costume


              Les Sévigné/Grignan, je vais avoir l’impression d’être en week-end : )

          • #36483 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Passé 1 heure avec Hopkins cet après m, dans One life.
            Voir la scène où il est laminé, en larmes près de sa piscine, m’a ramené aux dires de François Bégaudeau, dans je ne sais plus quelle rencontre récente (à la maison de la méditation encore?) sur les capacités humaines encore à l’œuvre même lorsqu’on a un âge avancé; le jeu d’Hopkins, après le ‘ guet apens de that’s life ‘ m’a bouleversée.
            Je crois que je vais avoir de plus en plus de mal à être spectatrice froide au cinéma.
            Et merde.

            • #36487 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Bientôt ça, sinon, au ciné

        • #35946 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          On pourrait même ajouter Désordres à la liste, au fond. Plutôt peu académique

      • #35845 Répondre
        Parfaitement a l’eau
        Invité

        Il y a les films sur Mahler et Litz de Ken Russell (que je n’ai pas encore vu mais le style Russell est loin d’être académique).

        • #35856 Répondre
          deleatur
          Invité

          Très juste.

      • #35940 Répondre
        dizzy
        Invité

        Le docubiopic : American Splendor
        L’autobiopic : Tarnation
        L’antibiopic (pas automatique) : Last Days
        Le metabiopic : Man on the Moon (par le poids lourd de la discipline) suivi de Jim & Andy

    • #35834 Répondre
      Ema
      Invité

      I’m not there est déjà sur ma liste.

      • #35846 Répondre
        Parfaitement a l\’eau
        Invité

        I’m not there : le biopic à son paroxysme

        • #35852 Répondre
          Ema
          Invité

          C’est à dire? Tu as trouvé ca conventionnel?

          • #35976 Répondre
            Parfaitement a l’eau
            Invité

            Non c’est le meilleur biopic que j’ai vu 🙂
            C’est pas la bonne expression probablement

            • #36520 Répondre
              Ema
              Invité

              Vu depuis, beaucoup aimé. Ce portrait mosaïque, presque comme une anthologie, m’a bien réconcilié avec le biopic.

    • #35862 Répondre
      François
      Invité

      Eureka, le dernier film de Lisandro Alonso, sort aujourd’hui en salles dans une malheureuse indifférence. Qu’en pensez-vous ?

    • #35935 Répondre
      Charles
      Invité

      Analyse d’Orignac pas inintéressante même si, comme d’habitude, il force un peu :

      • #35952 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        Merci, je dirais même très intéressant pour ma part. Les micro analyses filmiques sont savoureuses.
        Ca me donne envie d’acheter ces bouquins.
        J’ai l’impression qu’il partage avec François, en de très nombreux points, les conceptions de ce qui fait un cinéma riche.
        Il passe par des notions comme le programme, plutôt bien vue je trouve, pour rejoindre ce qui se dit globalement ici sur la matière et le réel. Les dernières lignes du texte sur les acteurs sont vraiment très bien écrites amha.

        ma réserve: je trouve qu’il brasse trop de choses (intéressantes) en même temps, au détriment de la netteté du propos et on perd de vue – au fil du texte – pour quelle(s) raison(s) précisément il l’a écrit.

        • #35957 Répondre
          Charles
          Invité

          La grosse différence avec François c’est que lui cherche à tout prix à créér du sens et se lance pour ça dans des interprétations avec un bonheur inégal. Il reste beaucoup moins au ras de la matière filmique que François.

          • #35962 Répondre
            Tony
            Invité

            Oui et en plus c’est pas très juste,la contractualisation entre l’actrice-exhibitionniste et le cinéaste-voyeur n’est pas du tout ce qui est problématique avec certains films où il s’agit d’adolescentes, très jeunes et pour lesquelles ce contrat est inimaginable, c’est une confusion totale pour moi,qu’une actrice adulte soit sexualisée par le regard du cinéaste,entre adultes consentants pas de problème mais avec une jeune ado c’est tout à fait autre chose.

            • #35968 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              @Tony, En relisant, je pense qu’il dit la même chose que toi sur cette question.
               » On doit à Benoît Jacquot d’avoir lui-même ouvert le rideau sur la crudité de ces rapports en témoignant benoîtement de ses réelles intentions devant la caméra de Gerard Miller (l’ironie de la chose). Rien à dire là-dessus, tout le monde sera d’accord.  »
              « Quand on commence à mettre le nom de Rohmer ou même de Kechiche dans le même sac que celui de Jacquot, on révèle une confusion entre un comportement sexuel et une méthode cinématographique. »

              Le texte va super vite sur toutes les questions qu’il prétend brasser en même temps. Là il évacue vite en disant « tout le monde sera d »accord », mais il ne fait pas de confusion entre actrice adulte et actrice mineure sexualisée.

              • #35971 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                @Charles,
                je n’ai lu que ce texte de Orignac, je découvre. Et oui, même pour des raisons de formats qu’il s’est choisi, il est certain qu’il n’y a pas de respiration posée pour aller de la matière vers quelque chose de plus réflexif. Il trace quoi.
                Mais ça me fait envie, car je trouve quand même qu’il y a là quelqu’un qui à l’air, dans ll’ignorance de son travail où je me situe, de vraiment regarder la matière des films dont il parle.

                • #35972 Répondre
                  Papo2ooo
                  Invité

                  Mais j’attendrai de lire d’autres choses de lui pour continuer à en parler.

              • #35973 Répondre
                Tony
                Invité

                Je l’ai peut-être lu un peu vite mais c’est pas très clair,il aurait pu être un peu plus explicite.

                • #35982 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Texte assez génial, presque trop
                  Il tient son idée et l’appose sur tout et son contraire. Un Dupieux, un Fincher, un Glazer. On ne peut envisager trois films plus différents.
                  Ce qu’il dit des flics de la fin de Yannick tient de la bonne idée (à la Dupieux) : en fait ces flics c’est Dupieux qui les convoque pour neutraliser l’électron libre Quenard, caillou dans le programme. Mais d’une part on peut dire que le programme même du produit nommé Quenard est d’être un électron libre. D’autre part je crois qu’il faudrait prendre cette fin un peu plus au pied de la lettre : en commençant par dire qu’elle est aberrante, comme tout le reste du film.

    • #35997 Répondre
      Cyril
      Invité

      J’ai vu Les ailes du désir, conseillé par la même personne que Les feuilles mortes. Et je le précise parce que je trouve que ces deux films se ressemblent énormément, je ne m’étonne pas qu’ils aient été aimés par une même personne (par ailleurs, cette personne regrette François Hollande).
      Ce côté vieillot (François – Bégaudeau – disait suranné à propos du second), d’un lyrisme mièvre et ridicule, des dialogues qui manquent totalement de naturel. Dans Les ailes du désir, des anges, invisibles pour les hommes, parcourent Berlin avant la chute du mur et entendent les pensées de tous les personnes qu’ils croisent. Mais ces pensées sont pour la plupart à teneur philosophique ou poétique. J’ai finis par ne même plus lire les sous-titres tellement c’était insipide ! Et ce noir et blanc qui suinte la nostalgie, mais bizarrement une nostalgie faite de ruines, de bâtiments éventrés sous WWII, comme dans Les feuilles mortes ce décor soviétique alors que le film est sensé se passer aujourd’hui en Finlande. C’est curieux ce goût pas tellement assumé pour la grisaille. Dans les deux films, un amour platonique entre un homme et une femme, désincarné, sans étreintes… Et la musique, qui fait oublier de filmer, qui donne envie de fermer les yeux.

      • #36012 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        J’ai aussi été déçu par ce film dont on m’avait promis monts et merveilles. D’autant plus que l’Ami Américain, que j’avais vu peu avant, m’avait fait un bel effet. J’ai au ce sentiment d’un film terriblement bavard, au moins dans sa première partie (avec les anges). Un film qui veut trop en faire, un film qui veut sa palme (et qu’il n’a pas eue). En revanche je trouve le noir et blanc (et la couleur ensuite) assez superbe. Content aussi que tu aies souligné la musique, notamment les deux concerts. Il y a certes le Nick Cave, mais celui qui m’a vraiment marqué est le premier, celui de Crime & The City Solution. L’album entier vaut le coup, d’ailleurs.

        • #36015 Répondre
          deleatur
          Invité

          @ I.G.Y
          Tu en es où avec HSS : je t’avais répondu plus haut, sans suite.

          • #36018 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            Ah mince je n’ai pas vu (pas de notifs etc enfin tout le monde voit bien), je vais répondre là haut pour éviter un trop gros hors sujet là)

        • #36060 Répondre
          Cyril
          Invité

          J’évoquais la scène de musique plutôt comme un point négatif. Ce n’est pas qu’elle ne me fasse rien ressentir, il y a chez Lynch aussi de belles scènes de musique, mais elle me donne l’impression d’une certaine paresse du réalisateur, un moyen de faire de l’émotion à peu de frais, d’habiller un film indigent…

          • #36064 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            « habiller un film indigent » : oui c’est assez largement l’effet produit puisque Six Bells Chime est, aux côtés d’aspects purement esthétiques (la photo d’Alekan) et d’un Peter Falk qui m’est toujours sympathique, les seuls points véritablement positifs que je retiens. C’est assez maigre pour un film si ambitieux

            • #36066 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              A noter : une itw de Wenders par Daney sur le film, dispo sur youtube

    • #36078 Répondre
      lassou
      Invité
      • #36095 Répondre
        Raymond
        Invité

        «Dune» dérègle ses contes

        Olivier Lamm

        Fable politique retorse, le deuxième opus du blockbuster pessimiste de Denis Villeneuve manifeste une défiance remarquable vis-à-vis du mythe du héros et son manichéisme.

        En 2020, l’ex-mannequin américain Mikki Willis a sorti Plandemic, l’un des premiers documentaires viraux de l’ère de désinformation ouverte par la pandémie de Covid. Autoproclamé «héros de la gauche», il y usait d’un «narratif» bien connu des cinéastes de Hollywood : le «voyage du héros». Schématisé par Joseph Campbell, mythologue théorisant dans le sillon de Jung, ce «monomythe» synthétise un récit familier et mis à contribution dans Star Wars ou Avatar, et dans leur lignée, une myriade de scénarios dès lors qu’une intrigue s’assimile à un voyage initiatique. Naturellement, l’adaptation par Denis Villeneuve du Dune de Frank Herbert, cycle SF rédigé sous l’influence explicite de Jung et dont l’éclectisme des références est indénombrable, s’en remet au voyage du héros. Son protagoniste, Paul Atréides, est un prototype de héros venu d’ailleurs, né prince, qui devient leader guerrier et messianique. Or cette deuxième partie, qui voit survenir le conflit exposé dans la première, développe une curieuse circonspection autour de l’avènement de Paul, doublant les péripéties du récit messianique de soupçons quand à son fondement, amenant Paul à sa réfutation, puis à y croire luimême, ou à faire semblant (ce qui, dans un parcours politique, revient à peu près au même). Il n’y a pas de «héros» dans Dune : Deuxième Partie, en tout cas aucun qui serait investi par une mission de vérité et de délivrance du peuple comme dans l’imaginaire d’un paladin complotiste comme Mikki Willis. Cette défiance, remarquable pour un tel blockbuster, survenant dans un singulier contexte industriel (la manne du cinéma américain, le film de super-héros, s’est tarie en 2023) autant que politique (les populistes s’autodésignant de façon toujours plus explicite en sauveurs messianiques). Tragédie. Dune : Deuxième Partie reprend là où s’interrompait le premier film. Paul et sa mère, Jessica, ont fui le massacre des Atréides par les Harkonnen, avatars ultimes du capitalisme ogresque, à qui l’Empereur a confié la sou- veraineté de la planète Arrakis et l’exploitation de l’épice, ressource la plus précieuse de l’univers. Accueillis par les Fremen, peuple autochtone d’Arrakis, Paul et Jessica les emmèneront dans une lutte à mort contres les Harkonnen et, bientôt, un jihad intergalactique, tissu d’exploits dans lequel une frange des Fremen déchiffre la réalisation d’une prophétie. Les Fremen, malgré leur nom, sont d’ailleurs le jouet d’une manipulation, puisque leur croyance en un messie étranger a été implantée par le Bene Gesserit, ordre religieux matriarcal qui agit dans l’ombre des monarques en les manipulant, notamment avec un ensemble de prophéties distillées pour orienter le destin des peuples.

        Habilement, et parallèlement à une suite de péripéties plus attendues et portées par un adversaire croqué selon des codes autrement éprouvés, Dune va donc développer comme un démontage du conte et de son manichéisme, au point d’affilier son récit héroïque à une tragédie – politique, le film s’achevant à l’aube d’une guerre sainte dont on nous annonce qu’elle fera des milliards de victimes, mais aussi romantique, quand l’amante désignée par le film comme son coeur battant est éconduite au profit d’un mariage politique. Ce travail de sape interpelle car il pourrait résumer le cinéma récent de Villeneuve, cinéaste «mécréant» dont les films traduisent, au fur et à mesure que le Canadien se consacre à l’imaginaire et s’intègre au système hollywoodien, une méfiance à l’endroit du cinéma et de ses pouvoirs d’influence et de distraction.

        Décalage. C’est manifeste à l’aune de ce film marketé spectaculaire mais qui réduit ses scènes de bataille au maximum, lisse les décors en vertu d’un discutable chantage au réalisme, assèche la fantaisie jusque dans le désert de cette planète terrible, capté en Jordanie, qui se cogne aux coins de l’image Imax comme un bac à sable. A rebours de la parade de faiseurs derrière tous ces films ni faits ni à faire qui s’échouent sur les écrans, Villeneuve est systématiquement conforté dans ses choix par l’industrie et le public, qui les interprètent comme les gestes forts d’un super-auteur. Les raisons de l’impouvoir du cinéaste face aux histoires qu’il nous met devant les yeux dans ce sommet de blockbuster pessimiste doivent donc avoir à voir avec autre chose que sa condition de cinéaste : l’inanité des histoires, quand l’histoire s’avance vers ce qui pourrait être sa fin ? La SF, outil de méditation du présent, a une saveur bizarre à une époque marquée par l’urgence et l’accélération ; d’autant plus Dune, récit au soustexte écologique puissant, en décalage vertigineux avec une époque où les seuls récits politiques osant la rhétorique messianique sont ceux qui tournent le dos à la catastrophe, et à la réalité.

        • #36096 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Pas tout compris, mais sans doute lu trop vite
          Je note juste que ce genre de film appelle systématiquement les commentaires les plus intellectualisants, avec comme enjeu la misérable alternative : est ce que le film casse les codes ou est-ce qu’il y adhère?
          Ici apparemment il les casse
          Bon.

          • #36223 Répondre
            Charles
            Invité

            Olivier Lamm est coutumier de ce genre d’articles : on aime un film parce qu’il n’est pas ce qu’il devrait être même s’il est décevant. Ça marche quand c’est du PTA, moins que c’est du Villeneuve où on explique que c’est certes mou et chiant mais que comme c’est différent d’un blockbuster normal c’est bien. Typiquement de la critique cinéphile en vase clos, où ce qui importe est moins la qualité intrinsèque du film que sa situation dans une filmographie ou un type de production.

            • #36523 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              J’irais même encore plus loin : il ne se contente pas de comparer aux autres blockbuster. Il compare à Plandemic. On en est là

        • #36097 Répondre
          Raymond
          Invité

          Pas compris grand chose à l’article, mais je n’ai pas aimé le film, je me suis ennuyé devant.
          Un peu moins quand j’ai Paul Atréides prend le nom d’Usul, un bel hommage rendu à notre vidéaste français. Je ne sais pas qui de Chalamet ou Villeneuve est derrière ce choix mais c’est top de voir qu’Hollywood est attentif aux activistes de la gauche française !

          • #36232 Répondre
            graindorge
            Invité

            Merci Raymond pour le partage et pour l’humour. Moi j’avais tellement aimé lire Dune de FH que je n’ai jamais voulu voir de films. Contrairement à d’autres adaptations, là ça a été farouchement NIET
            Mon chat s’appelait Usul ( je lisais « ousoul » dans le livre as lors que les amis qui m’avaient recommandé ce livre lisait « Usul » avec le U aigu. C’était un chat roux et un Ami cher

        • #36221 Répondre
          lassou
          Invité

          Merci.

    • #36154 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Rien à voir mais l’envie certes obscure me vient de reporter ici cette tribune, qui présente une densité de betise et d’ignorance rarement atteinte au 21ème siècle. Enjoy

      POURQUOI LA ZONE D’INTÉRET PLAIT-IL TANT AUX BOBOS?

      «Le travelling est une affaire de morale». Cette célèbre phrase de Jacques Rivette – écrite à propos du film Kapo de Gillo Pontecorvo, au début des années 60 dans les Cahiers du Cinéma – puis reprise par Jean-Luc Godard, est la sentence définitive à laquelle doit se confronter tout film qui cherche à montrer les camps d’extermination nazis. En gros, cela veut dire qu’il est honteux de faire de l’esthétisme à propos d’Auschwitz.

      Or, que fait le réalisateur Jonathan Glazer dans son dernier film, La Zone d’Intérêt, prix du Jury au dernier Festival de Cannes ? De l’esthétisme. Et c’est bien là ce qui choque. D’autant qu’il se revendique, à longueur d’interviews, de Claude Lanzmann, autorité absolue en la matière, qui partageait, bien sûr, le point de vue de Jacques Rivette. Et qui n’avait pas hésité à dégommer sans scrupule La Liste de Schindler de Steven Spielberg. Je ne sais pas ce qu’aurait pensé Claude Lanzmann, mort il y a maintenant près de six ans, mais, pour avoir été son ami et son producteur dans ses dernières années, je me permets de dire que le film de Jonathan Glazer m’a terriblement choqué.

      Jonathan Glazer choisit de ne pas montrer Auschwitz, ses baraquements et ses chambres à gaz. Au contraire, s’appuyant sur le roman éponyme de l’anglais Martin Amis – dont il détourne l’essentiel de la trame -, il se place du côté de Rudolf Höss, le responsable nazi du camp. Il nous fait vivre à ses côtés et auprès de sa famille. Il montre – intention louable a priori – que l’on peut vivre des années à côté des fumées des chambres à gaz une vie tout à fait normale de petit-bourgeois allemand. Dans le film, les déportés juifs font deux ou trois timides apparitions, muettes, et l’on devine l’horreur qu’ils subissent. Là-bas, de l’autre côté du mur qui borde le jardin du pavillon de Höss, ce jardin où jouent les enfants du dignitaire nazi. Près de la piscine où s’ébroue la petite famille.

      Un travelling sur un baraquement d’Auschwitz est toujours immoral, même si l’on n’en voit qu’un gros tiers.

      François Margolin
      Le problème est que l’on rentre progressivement dans la tête de Rudolf Höss, et que l’on partage sa vision et ses sentiments. On se demande bien pourquoi. Pourquoi partager avec lui les problèmes qu’il vit avec sa femme ? Pourquoi compatir à ses problèmes de promotion dans la hiérarchie nazie ? Pourquoi subir ce malaise durant une heure et quarante-cinq minutes ? Est-ce une expérience artistique ? Du vidéo art ? Un happening, comme l’avait fait il y a quelques années, au théâtre du Châtelet, le metteur en scène russe Ilia Andreïevitch Khrjanovski avec son projet Dau. Car Jonathan Glazer est très fier de ses arguments esthétiques. Il affirme ainsi avoir fait tourner dix caméras en permanence dans le petit pavillon. On se demande bien pourquoi. Il nous plonge, dès le début du film, dans cinq minutes de noir complet pour nous «mettre dans l’ambiance». Puis, au beau milieu, dans deux minutes de rouge absolu. Enfin, et de façon récurrente, il nous montre une petite fille, en négatif noir et blanc, ramassant des pommes de terre. C’est très beau, très «esthétique». Mais, une fois encore, quel en est le sens ?

      Et parlant de travelling, Jonathan Glazer n’hésite pas à l’utiliser, à trois ou quatre reprises. Certes, avec l’argument que l’on suit des personnages de la famille nazie, et pas des déportés juifs, mais il les filme devant le mur qui les sépare des baraquements où l’on meurt de faim ou de maladie. Et l’on aperçoit, dans le tiers supérieur de l’image, le haut de ces mouroirs. Un travelling sur un baraquement d’Auschwitz est toujours immoral, même si l’on n’en voit qu’un gros tiers. Même si l’on a le prétexte de les cacher en partie par un mur. Enfin, le film se termine – tant pis si je «spoile» – par des femmes de ménage polonaises nettoyant, aujourd’hui, le musée d’Auschwitz qui a remplacé une partie du camp. Une fois encore, quel est le sens de tout ça ?

      Il y a évidemment une part d’attrape gogos, pour « bobos » trop contents d’avoir ainsi un sujet de discussion lors de leur prochain dîner, où ils pourront citer la seule phrase qu’ils connaissent de l’œuvre d’Hannah Arendt : « La banalité du mal ».

      Il y en a certainement un, car le film est un très gros succès en termes d’entrées, en France tout au moins, et il remporte des prix un peu partout à travers le monde. Ce qui est très étonnant car le film est plutôt austère pour ne pas dire ennuyeux. Quelle part de l’inconscient de ses spectateurs touche-t-il ? Sans doute pas la plus claire ni la plus saine. Il y a évidemment une part d’attrape gogos, pour «bobos» trop contents d’avoir ainsi un sujet de discussion lors de leur prochain dîner, où ils pourront citer la seule phrase qu’ils connaissent de l’œuvre d’Hannah Arendt ; «La banalité du mal», cette tarte à la crème sortie de nos jours à toutes les sauces. Et tout à fait déplacée ici puisqu l’on sait que Rudolf Höss fut un nazi de la première heure (il rentre au parti en 1922). Mais il y a peut-être pire. Je ne sais pas si j’ose le dire et encore moins l’écrire, car ce n’est évidemment qu’une hypothèse. Mais je n’ai pu, durant toute la projection, m’empêcher de penser que cette division du monde en deux camps, séparés par un mur, m’en évoquait une autre. Plus récente. Celle qui sépare Israël de Gaza. Cette évidence depuis les massacres du 7 octobre dernier.

      Il y a sans doute quelque chose d’obscène à l’imaginer mais peut-être est-ce la vraie raison du succès de ce film difficile. Peut-être est-ce ce qu’il y a de plus inavouable pour beaucoup de spectateurs, comme ce retour fulgurant de l’antisémitisme actuel. Cet antisémitisme qui se camouflait derrière les «plus jamais ça» et la compassion pour la Shoah. Puisque certains ont toujours préféré les Juifs morts aux Juifs vivants.

      Je ne me permettrais jamais de dire que Claude Lanzmann n’aurait pas aimé ce film, ou qu’il l’aurait condamné. Il serait prétentieux de parler à sa place. Ce dont je suis sûr pourtant, c’est qu’il n’y a pas le moindre esthétisme dans son chef-d’œuvre, Shoah. Ce qui n’est pas le cas dans La Zone d’Intérêt de Jonathan Glazer. Et c’est bien là le problème.

      • #36157 Répondre
        Charles
        Invité

        Je crois que je ne supporte plus les critiques des films sur la Shoah qui convoquent Rivette et Lanzmann. Je n’ai pas réussi à lire jusqu’au bout cet article.

        • #36159 Répondre
          Monami
          Invité

          la comparaison avec Gaza est dingue.
          Cela dit il y a aussi un critique du masque et la plume qui a sorti du très lourd sur ce film

          • #36166 Répondre
            Tony
            Invité

            En effet ça va loin,si je comprends bien,si on a aimé ce film c’est parce qu’on aurait un inconscient antisémite qui a pu jouir pendant 1h45 de partager le quotidien d’une famille nazie vivant aux abords d’Auschwitz, jouissance renforcée par ces travellings le long du jardin qui jouxte le camp et faisant apparaitre un bout de son mur, sacrée démonstration.

            • #36181 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              -je dis précisément en début de Gene qu’il serait temps d’essayer de parler d’un film sur les camps sans évoquer Lanzmann. Sans invoquer Lanzmann
              J’y ajoute que Lanzmann a « validé » le fils de Saul qui fait 3000 travellings DANS Auschwitz
              -au passage la tribune trahit une mécompréhension totale de l’article de Rivette, qui concernait UN travelling précis, un travelling avant sur un prisonnier qui meurt
              Banalité du mal tarte à le crème? Travelling de Kapo encore plus.
              -dans la même Gene j’évoque le critique du Masque en question

              • #36184 Répondre
                Charles
                Invité

                Ayant attentivement écouté la GO, cela ne m’a pas échappé.

              • #36224 Répondre
                Guéguette
                Invité

                Ça rend fou hein?

        • #36160 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          la partie finale du texte étant de loin la plus affligeante

          • #36162 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            « On se demande bien pourquoi. Il nous plonge, dès le début du film, dans cinq minutes de noir complet pour nous «mettre dans l’ambiance». »
            Pratique d’écriture à laquelle je ne veux pas donner trop d’importance, surtout à côté de la fin du texte, mais assez curieuse, qui consiste:
            1. à prendre un élément assez particulier d’un film
            2. à sortir soi-même une expression bête comme mettre dans l’ambiance pour la désigner
            3., à mettre l’expression entre parenthèse ce qui à la fois souligne le caractère bête de l’expression, tout en donnant l’illusion qu’elle ne vient pas de soi. Que quelque chose d’autre que sa propre connerie l’a poussé à la coucher sur le papier.
            4. à acoller l’expression de merde, qu’on a soit même sorti de son chapeau, à une « intention du film »

            • #36164 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              intention du film et pas « intention du film »*

      • #36163 Répondre
        Carpentier
        Invité

        … il nous montre une petite fille, en négatif noir et blanc, ramassant des pommes de terre. / …
        pfffff

        • #36182 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Oui, elle est bien aussi celle la
          Signalons aux gens qui ne connaissent pas le film que la petite en question distribue (et non ramasse) des pommes (et non de terre), ce qui indique à nouveau la grande attention que cet homme a porté au film

          • #36185 Répondre
            Propater
            Invité

            C’est un texte de Enthoven ?

            • #36186 Répondre
              Propater
              Invité

              Ah non. Désolé, la fixette sur Gaza m’a induit en erreur.

              • #36188 Répondre
                Claire N
                Invité

                « Mais il y a peut-être pire. Je ne sais pas si j’ose le dire et encore moins l’écrire, car ce n’est évidemment qu’une hypothèse »
                La vraiment il est prêt pour enjayer les soirées flip d’Halloween

    • #36236 Répondre
      riviere
      Invité

      Bonjour, Voulant aller voir l’empire, j’ai d’abord décidé de voir l’humanité de Dumont que j’ai beaucoup aimé.
      Certain.e.s auraient-iels des critiques à m’indiquer sur ce film, je voudrais approfondir ce que j’ai vécu ? Merci.

      • #36255 Répondre
        Linconnu
        Invité

        Je crois que le film dit que tout humain mérite compassion même les pires car tous sont les esclaves de leurs corps et de passions plus grandes qu’eux. Et que ceux qui arrivent à retenir ces pulsions sont des saints. C’est certes osé. Le baiser de fin est un acte de compassion, envers toute l’humanité finalement, et fait peut-être référence à un passage biblique ? Pourquoi il lui roule une pelle, plutôt qu’un simple baiser, je sais pas, mais ça rend le moment plus fort et malaisant, et sexuel. C’est peut-être pour retourner l’acte sexuel en force du bien justement. J’ai trouvé que le film, dans un découpage digne d’Hitchock (la première scène !), incarnait très bien ces pulsions qui nous habitent, en les exagérant un peu surement, je ne sais pas si sa représentation des femmes est très réaliste (cf la scène où elle voit le mec en maillot de bain que j’aime bien mais quand même…) mais ça fait de bonnes scènes et il y a de tout dans l’humanité après tout.
        Ce texte décortique bien le film et pointe une éventuelle gêne :
        https://www.cairn.info/revue-mouvements-2003-3-page-11.htm
        « La négation du social s’exprime également au travers de l’accent porté par Bruno Dumont sur la dimension corporelle de ses personnages. (…) Reste que le fait que cette invitation à la soumission à la transcendance s’adresse dans ses films exclusivement aux classes populaires laisse une fort désagréable impression de conservatisme – un conservatisme qui, lui, apparaît pour le coup bel et bien d’ordre social. »

        • #36263 Répondre
          riviere
          Invité

          Merci Linconnu, je vais lire cela. Mais quelle trouvaille et quel suspense de commencer un film en ressuscitant Marion Crane.
          L’enquête m’a tenue jusqu’à la fin, suspendue aux actes et aux regards de Pharaon, comme dans un film d’Hitchcock, j’avais misé sur le commissaire comme coupable.
          J’ai aimé le réalisme, Dumont filme les classes populaires sans condescendance et avec de la finesse. Il faut que je creuse mais je n’ai pas vu de conservatisme, j’y ai vu au contraire des rapports humains pleins d’avenir.
          J’ai manqué la scène du maillot de bain… A plusieurs reprises, je me demandais si je voyais ce que je voyais, j’ai vu une scène de lévitation dans le jardin de dahlias par exemple mais je ne suis pas sure.

          • #36269 Répondre
            Linconnu
            Invité

            Oui je suis pas sûr de cette critique de conservatisme. Je sais plus si le film confronte ces pulsions à quelqu’un d’une autre classe sociale, mais on a pas besoin de ça pour savoir que ça concerne tout le monde. Ceci dit c’est pas trop aligné avec les positions féministes actuelles.
            Tu as bien vu, il lévite ! Et le découpage est génial, la tête puis les pieds. C’est un saint.
            Par contre je crois pas y voir plein d’avenir, plutôt une sorte de fatalité, mais qu’on embrasserait avec tendresse. Lars Von Trier a fini persona non grata pour ce genre de propos à Cannes (il a certes joué la provoc en parlant d’Hitler, mais c’est un peu le même propos). Ce qui nous avance pas beaucoup. De ce que je me souviens il n’y a pas de questionnement sur pourquoi certains arrivent à retenir ces pulsions et d’autres non (les hommes et les femmes sont au mis au même niveau), ni d’où elles viendraient. Enfin si, ça semble dire que c’est biologique. Il écarte toute construction sociale. Ce serait ça ma réserve.

            • #36274 Répondre
              Claire N
              Invité

              Merci d’évoquer cette scène
              Effectivement le plan précédent sur la cabane de jardin donne l’impression de «  décoller «  je me suis dit 5 mn «  c’est pas possible ! Il lévite ? J’ai balayé vite l’idée glissée par ce plan
              Puis la vue d’ensemble du corps dans ce jardin à dahlia du nord en lévitation : bah si je rêve pas il lévite
              Il m’a semblé que la construction de mon incrédulité avait été finalement très bien amenée
              C’est assez fort de jouer avec la croyance et l’incrédulité dans un film je trouve

    • #36521 Répondre
      Ema
      Invité

      Quelqu’un a vu Le Ravissement d’Iris Kaltenback sortie en octobre dernier ?

      • #36522 Répondre
        Ostros
        Invité

        Oui, si tu ne l’as pas vu je te le recommande.

        • #36524 Répondre
          Ema
          Invité

          Si je l’ai vu et je m’étonnais que personne ne l’ai mentionné ici. Bon du coup je recommande aussi, pour ceux et celles qui l’auraient loupé. J’aime bien qu’un film sache me montrer quelqu’un dans une situation inextricable et anxiogène sans tomber dans l’immersion émotionnelle, en sachant me laisser un peu en dehors du personnage. Vu pas longtemps après l’Amour et les Forêts qui fait à peu près tout l’inverse de ça, j’ai bien senti la différence dans ma capacité à apprécier vraiment ce que je regardais.

          • #36525 Répondre
            Ostros
            Invité

            On en a un peu parlé par ci par là, Francois l’a même re-recommandé pas plus tard qu’hier quand ça parlait des premiers films de réal à voir, mais il est clair que le film mériterait un commentaire plus développé.
            Je me suis pris la tête à la sortie de la séance avec mon date du moment qui me sortait des critiques ahurissantes du style « c’est pas crédible qu’elle puisse enlever le bébé car ça se voit sur son visage qu’elle n’est pas méchante. Si elle avait été un peu folle, s’il y avait eu des signes de vice avant là j’aurais compris son geste », entre autres bêtises. Le dernier film qu’il avait adoré c’était Beau is afraid. A l’issue de la séance j’ai naturellement déposé son corps sous un pont.

            • #36533 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              rire

            • #36676 Répondre
              Ema
              Invité

              Au temps pour moi, je suis passée complément à côté des différentes mentions du films, sans doute lues en diagonale. La réflexion de ton ex est vraiment étonnante, tant il me paraît étrange d’associer le geste de Lydia à une quelconque méchanceté. Au delà d’être passée à côté du film, elle semble être passée à côté de la complexité psychologique des êtres humains.

          • #36907 Répondre
            adamou
            Invité

            Je l’ai rattrapé récemment et effectivement il y a pas mal de très bonnes choses. Si t’as envie de relancer une conversation dessus ça m’intéresse.

    • #36572 Répondre
      Tony
      Invité

      Daney comme critique c’était pas rien,je suis tombé sur cette critique des dents de la mer,vraiment brillante

      Il y a une mise sur rails du film-catastrophe, à laquelle Jaws obéit. 1. Ouverture. La nuit, sur une plage : des jeunes chantent, boivent, fument. Eméchés (défoncés ?), deux vont pour se baigner nus et se promettre bien du plaisir. Vexée, la mer(e) délègue son requin et envoie ses dents. De celle qui « fut la première » et qui crawle avantageusement sur les affiches du film, il ne restera au matin qu‘un tas de chair immonde. A partir de là, tous les rapports sexuels sont suspendus. Au cours d’une scène grotesque, la femme du flic propose à son mari « de se saouler et de batifoler ». Haut-le-cœur du flic et rire des spectateurs : ignore-t-elle, cette idiote, qu’elle pourrait bien « être la deuxième » ? Les rapports sexuels (et aussi le plaisir qu’ils promettent) sont donc suspendus jusqu’à ce que l’abjecte mais intelligente béte (de la matière grise, que de la matière grise) explose en une poudre rougeâtre. Le requin est un tigre de papier. 2. S’il y a quelque part — en dehors du discours réac(tif) qui les couple toujours — un lien, un seul, entre pornographie et violence, c’est que dans la logique du film-catastrophe (qui est aussi la logique de l’impérialisme U.S. : la politique du pire), elles sont exclusives l’une de l’autre. S’il y a la violence, il n’y aura pas la pornographie, puisque c’est la menace pornographique que la violence vient punir, puis conjurer. Déjà, dans la débile Tour infernale, c’est parce qu’un fils à papa (un rien efféminé) drague inconsidérément (gardons à la métaphore sa saveur nautique) qu’il commet la négligence criminelle qui cause le sinistre. Il y mourra d ’ailleurs (non sans avoir fait la preuve de son incurable bassesse), comme y périra un couple qui s’aimait, illégitime et incognito, alors que le feu s’est déjà déclaré et que le spectateur a compris, lui. qu’on n était plus dans la logique du batifolage (du fool around) mais dans celle de la violence. Pas de n’importe quelle violence, néanmoins. Feu, mâchoires, terres tremblantes, servent à re-souder la communauté, pas à coups de sexe (qui n ’en soude que deux) mais à coup de sublimation paranoïaque (qui en apeure beaucoup). Autrement dit, et ce n’est pas le moins inquiétant de l’histoire, « les enfants boivent (ou baisent, ou fument) et les parents trinquent ». (Cf. le bébé cruel de it’s alive.) 3. Au lieu des rapports sexuels suspendus s’installe un «trois hommes dans un bateau » du compagnonnage homosexualisant. avec fins nobles et violence viriloïde. ’ On sait que ce compagnonnage se définit, aux U.S.A., d’exclure deux races méprisées : les femmes et les politiciens (soupçonnés d ’avoir accès à des types de jouissance autres, louches au regard des mâles). Il s’agit aussi de souder une triple alliance, celle du chasseur, du scientifique et du flic. Alliance qui revêt un caractère de classe : Quint, le prolo-qui-se-tient-mal-en-société (joué par l’acteur shakespearien Robert Shaw) et deux représentants des classes moyennes (universitaire rêveur et flic modeste, presque raté) contre la pourriture du fric : promoteurs touristiques assoiffés de profils, masses baigneuses irresponsables et boudinées, maire véreux. Il s’agit, enfin, de souder la salle de cinéma, d’en faire un collectif de trouille, matraqué comme jamais par une campagne publicitaire qui la rend aussi incapable d’échapper à Jaws (le film) que les figurants du film au requin. 4. Ce « Hou ! fais-moi peur ! » est donc lourd d’un « Comment les rassurer ? » et d’un « Quel prix payer ? ». A un désir mal placé (ces jeunes qui fumaient la nuit en se lançant des yeux et que la fiction va écarter) va se substituer un désir plus socialisable, désir d ’en finir avec l’horreur, désir du retour à la normale. C ’est là, on le sait, la fonction des films-catastrophes. Mais ce n’est pas la seule : ce qui est donné du même coup à désirer. c’est la normativité. Ce en quoi ce cinéma fascise. Qu’est-ce qui fait peur à plus de trois cent mille spectateurs hebdomadaires ? Et de quoi se rassurent-ils ? De la mise en scène d’une violence qui. comme l’indique justement Alain Bergala (Le Monde diplomatique, janvier 1976) «garantit les conditions mêmes du plaisir du spectateur et son adhésion ultérieure à toute incarnation de la contre-violence ». Il n’y a qu’à voir du côté des Eastwood. Bronson and Co pour n’en pas douter. C’est l’inusable cri du juteux qui dit : « Je ne veux voir qu’une tête ! » Rien qui fasse saillie ; un corps (d’armée, social), plein, lisse, homogène. Un corps qu’on peut comparer à un cercle qui se ferme presque, sauf en un endroit où ça bée. C’est à cet endroit que le requin se présente ; il y est ce que Lacan définit dans le « schéma de la nasse >» comme l’obturateur, l’objet a. Qui est le requin ? Rien de plus que l’actualisation — venue de l’extérieur de la nasse — de ce qu’il y a quelque chose de .pourri à l’intérieur qui attire le poisson. Ce quelque chose de « pourri », c’est l’ennemi intérieur et cet ennemi intérieur, c’est, dans l’imaginaire et dans l’idéologie fascistes, tout ce qui jouit. Jouissance supposée des jeunes du début (ces jeunes qu’un autre film : Les derniers cris de la savane, montre à Woodstock comme une tribu (re)devenue sauvage dont les modes de jouissance sont à la fois mystérieux et répugnants), jouissance avérée du duovidu asocial que forment le chasseur et le scientifique. Car rien n’oblige Quint à s’obstiner dans la chasse sinon l’issue fatale qu’il y devine : être incorporé par le grand Blanc. Rien n’oblige l’autre à aller reproduire au fond de l’eau et au nez du requin le cube (la cage) scénographique du Quattrocento. C’est un cinéphile évidemment. Ni lui, ni Quint ne tueront la Bête, mais ils auront socialisé un peu de leur jouissance . 5. Un imaginaire fascisant. ça se met en scène. Assez simplement. Cela consiste à tout filmer (événements, figurants) de deux — et de deux seuls — points de vue : celui du chasseur et celui du chassé. Il n’y a pas d’autre point de vue possible (spatial, moral, politique), pas d ’autre place pour la caméra, donc pour le spectateur, que cette double position (où l’on reconnaît la relation duelle, en miroir, qui fonde l’imaginaire). On parle avec légèreté d’identification si on n’a pas vu que dans ce genre de films l’identification se fait au couple chasseur/chassé, avec vacillement spéculaire. court-circuit du savoir et du point de vue moral, perte de tout point de repère, mise dans la peau grise de l’autre, bref, tout ce qui conduit à une totale irresponsabilisation. Dans le battement de ce double point de vue. la caméra est à la place de l’enfant qui se baigne et pour qui le requin n’est qu’un triangle noir qui file, mais elle est, dans le plan suivant, à la place du requin pour qui la jambe de l’enfant n’est que ce qui dépasse. Serge DANEY.

      • #36591 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        eh oui
        Cahiers stïle

        • #36603 Répondre
          deleatur
          Invité

          Daney a aussi montré le lien entre le film-catastrophe américain (des années 70, p. ex. les films d’aéroport ou La tour infernale) et les vissicitudes du couple : la catastrophe est d’abord celle qui, avant le début du film, menace le couple de rupture, et les méchants (les infidèles, les adultérins, le sexe menaçant et infernal) sont toujours les premiers punis dans le film ; sitôt la catastrophe surmontée, le couple, ce qu’il en reste, à savoir deux, peut se ressouder.
          À noter, c’est une hypothèse, que cette reconsolidation conservatrice du couple a été remplacée, dans les films catastrophes contemporains, par le renforcement de la famille, menacée au début du film d’éclatement (voir p. ex. La Guerre des mondes de Spielberg, ou 2012 le film) : ce n’est plus mon chéri, mon amant, mon divorce, mais des histoires de papa et de maman, vues par des enfants (Spielberg, Emmerich) ; le film consiste toujours à éliminer ce qui vient déstabiliser de l’extérieur la structure conjugale ou familiale, l’infantilisme familialiste en plus.

          • #36680 Répondre
            Malice
            Invité

            Le film  » Sans un bruit » est une parfaite illustration de ton hypothèse, il la porte même jusqu’à l’extrême car entièrement centré sur une famille de survivants, isolée, autosuffisante, menacée par des monstres; un vrai fantasme de survivaliste où papa protège maman et les enfants du vilain monde dangereux ( tout ce que je déteste)

            • #36687 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              En pensée organico-fasciste bien comprise, la famille est à voir comme la communauté nationale en réduction.

              • #36696 Répondre
                deleatur
                Invité

                familia et patria

                • #36698 Répondre
                  Ema
                  Invité

                  À ce propos, j’ai vu hier le Monde après Nous, qui je trouve ironise un peu sur ce fantasme du repli familial patriotique en cas de catastrophe. C’était pas mal je trouve.

                • #36700 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Me revient en tête une phrase d’un membre de ma famille à la naissance de son premier enfant, en s’adressant à son conjoint  » maintenant c’est nous contre le reste du monde »

                  « Le monde après nous » est recommandable Ema?

                  • #36705 Répondre
                    Ema
                    Invité

                    Oui tu peux tenter c’est très regardable. Y a de bonnes idées de cinéma, de bonnes scènes.

                    • #36710 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      « Toi et moi contre le monde entier ».
                      Je suis toujours sensible aux chansons de Cloclo.

                      • #36715 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        J’y pensais fort, pas osé, j’aurais pu

                      • #36721 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        je l’avais oubliée celle-là
                        ça ne me convainc toujours pas de faire des gosses

                  • #36712 Répondre
                    Leo Landru
                    Invité

                    Je m’étais fait un peu tacler ici pour en avoir dit du bien, entre autres car le film est produit par Obama + Netflix. Mais je maintiens qu’il se recommande, et que sa scène finale vaut le détour.

                    • #36714 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      J’ai le souvenir d’une discussion plus mesurée que ça, non ? Mais je maintiens que la photo n’est pas fincherienne pour un sou.

                      • #36720 Répondre
                        Leo Landru
                        Invité

                        Oui j’exagère, je me souviens simplement qu’Obama avait occupé une partie trop importante de la conversation. Pour la photo… Le directeur photo de Esmail (Tod Campbell) est le même que sur Mr Robot, qui pastichait la photo nette de Fight Club. Je parlais d’une sorte de photo générique Netflix d’ailleurs, j’avais sorti les rames et je commençais à pagayer.
                        Enfin, je trouve qu’Esmail emprunte pas mal à Fincher, d’une façon générale, notamment dans le côté performance agaçante, mais en ôtant son masculinisme forcené (dans la plupart sinon toutes ses fictions, les personnages puissants sont des femmes).

                      • #36722 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Ben oui on a pas été trop méchant,moi j’avais arrêté au bout d’une demi-heure et tu m’as convaincu d’aller jusqu’au bout,bon 3 mois après j’ai tout oublié, ça se prend très au sérieux quand-même,avec pas mal d’esbroufe,et oui je crois que on est un peu dans cet imaginaire de l’ennemi intérieur dont parle Daney un peu plus haut(le film fait écho aux émeutes du Capitol).

                      • #36723 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        Oui y a clairement une charge anti conspi dans le film qui se prend assez au sérieux de ce point de vue là, et ça ne m’a pas plus intéressé que ça. J’ai juste trouvé que ça donnait lieu à pas mal de bonne scènes, le pétrolier qui s’échoue sur la plage, ou encore les tesla en mode pilotage automatique qui viennent toutes se percuter, sans compter la scène finale qui m’a agréablement surprise et un peu sidérée. C’était pas mal je trouve.

                      • #36724 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Oui y a ces scènes qui sont pas mal,celle aussi où il se perd sur la route avec l’avion qui balance des tracts,bon le film fait 2h30 et le reste qu’est-ce qu’on en fait?

                      • #36725 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Vous parlez de quel film ?

                      • #36726 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Le monde après nous,sorti sur Netflix en décembre

                      • #36728 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        D’accord, toujours du même film donc, merci.
                        Pas vu. Julia est en forme ?

                      • #36729 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Elle a du prendre un bon chèque.

                      • #36737 Répondre
                        Christophe M
                        Invité

                        L’avion est en fait un petit drone qui doit bien trimballer 15 tonnes de papier vu le nombre de tracts qu’il largue. Tout est à l’avenant. La scène des flamands roses qui se posent dans la piscine comme s’ils étaient des canards colverts suffirait à elle seule à discréditer ce film. C’est ce que j’ai vu de plus bête et de prétentieux en 2023. La gamine qui rentre dans le bunker de la maison voisine comme dans du beurre a bien raison de regarder Friends, c’est quand même moins con.

                      • #36739 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Rire tu m’as tué,moi qui essayais d’etre mesuré.

                      • #36740 Répondre
                        Christophe M
                        Invité

                        C’est vrai que je manque de mesure. La scène des teslas pourrait être sauvée.

    • #36643 Répondre
      PE
      Invité

      Rétrospective Straub-Huillet à la cinémathèque de Paris jusqu’au 11 mars
      S’il ne faut en voir qu’un, ce serait lequel ? J’en ai encore jamais vu, je veux profiter de la chance d’un premier contact en salle
      Je mets ici le programme :
      Aujourd’hui 3 mars :
      – 16h30 Othon (bon ben trop tard)
      – 20h30 Moïse et Aaron
      Mercredi 6 : 21h15 Antigone
      Jeudi 7 :
      – 18h Toute révolution est un coup de dés / Trop tôt, trop tard
      – 20h30 De la nuée à la résistance
      Vendredi 8 :
      – 18h30 Fortini/Cani
      – 20h45 La mort d’Empédocle
      Samedi 9 :
      – 14h30 Non réconciliés ou Seule la violence aide où la violence règne
      – 18h15 Ouvriers, paysans
      – 20h45 Lothringen ! / Sicilia !
      Dimanche 10 :
      – 14h30 Machorka-Muff / Le Retour du fils prodigue – Humiliés
      – 17h30 Ces rencontres avec eux
      – 19h45 Du jour au lendemain / Une visite au Louvre
      Lundi 11 :
      – 18h Introduction à la « Musique d’accompagnement pour une scène de film » d’Arnold Schoenberg / Leçons d’histoire
      – 20h15 Noir Péché / Cézanne
      Ils sont vraiment forts avec leurs titres bizarres, maintenant j’ai envie de tout voir

      • #36644 Répondre
        PE
        Invité

        Notez la délicatesse de la cinémathèque, qui non seulement ouvre la rétrospective par un hommage tout en discrétion à François et sa bande, mais en plus ne programme rien mardi soir pour ne pas faire concurrence à son ciné club. La grande classe !

        • #36684 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          J’apprécie
          On aura aussi remarqué que Poutine n’a pas envahi l’Ukraine un mardi. Merci Vladimir.

          • #36685 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Pour commencer je conseille Trop tot, trop tard

            • #36736 Répondre
              PE
              Invité

              Merci François
              J’irai le voir après les cours, si je sors pas Trop tard

              • #36870 Répondre
                Mathieu
                Invité

                Tiens tiens un jeu de mot nul…L’homme qui n’a pas de prénom? C’est toi?

          • #36738 Répondre
            PE
            Invité

            Où l’on entrevoit son sens aigu de l’élégance à la française

          • #36749 Répondre
            Ludovic
            Invité

            Tu l’aimes pas hein 😁
            Le big P le 29 fév :
            « Nous voyons ce qui se passe dans des pays occidentaux où on détruit délibérément les normes morales, les institutions de la famille. Où on pousse des peuples entiers vers la dégénérescence et l’extinction.
            Nous on choisit la vie »

    • #36835 Répondre
      Tony
      Invité

      Émission très intéressante sur la critique et ce moment historique de mise en cause,on a un peu l’impression que la politique des auteurs et son culte auraient engendré un monstre,on ne peut que s’interroger sur ce qui nous a structuré en tant que cinéphile et,en même temps,se dire qu’aujourd’hui le cinéma d’auteur est menacé plus que jamais par les forces économiques,que cette mise au pas,morale?,risque d’être le coup de grâce.En tout cas beaucoup de questions passionnantes,entre autres sur la notion d’auteur et sa généalogie,est-il vrai que cette politique des auteurs serait l’envers d’un masculinisme?
      https://shows.acast.com/614194782527ca001245049a/65e2044e0c011e0016e32ffc

      • #36837 Répondre
        Charles
        Invité

        A écouter en parallèle du numéro des Cahiers du mois de mars qui prolonge les débats de celui de février avec un entretien croisé entre Uzal et Alice Leroy sur la mise en cause des Cahiers par Godreche comme défenseurs de Jacquot et Doillon à l’époque. Ils y reviennent de façon subtile sur la question de la politique des auteurs en expliquant qu’il s’agissait moins d’une valorisation de la toute puissance des auteurs que de la forme, de la mise en scène qui résiste à la commande, aux impératifs de production avec typiquement les cinéastes hollywoodiens qui expriment une singularité de mise en scène au coeur du système.
        Ils relèvent aussi de façon assez convaincante que la politique des auteurs n’a pas été portée ni incarnée par la suite par des cinéastes tyranniques tout puissants et que les super auteurs sont plutôt apparus une génération plus tard avec exemplairement Kubrick, Chéreau et d’autres tout en relevant que les trajectoires des cinéastes de la Nouvelle vague ont été complexes et diverses. Ils pointent également et assez justement que les Cahiers ont toujours été méfiants envers les cinéastes de la maîtrise, de la virtuosité et qu’ils mettaient en avant Renoir qui se définissait comme un « bouchon porté par le courant » plutôt qu’un « petit maître » comme Clouzot.
        La discussion est vraiment très stimulante et d’une très haute tenue, même si on peut être diversement convaincu par leurs arguments et qu’elle n’évite pas tout à fait un petit côté damage control.

        • #36845 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          C’est quand même impayable d’aller imputer les violences sexuelles dans le cinéma à la politique des auteurs. C’est comme désigner les normes écolos comme étant le problème prioritaire des paysans.
          Je note d’ailleurs que dans les deux cas le coupable expiatoire appartient à la modernité. Dans la foulée le baveux de service ne tardera jamais à incriminer 68.

          • #36849 Répondre
            Charles
            Invité

            Oui, tout ça sent le règlement de comptes.
            Je crois que c’est Occitane Laturie qui va encore plus loin dans le podcast Mediapart (qui est sinon assez passionnant) en expliquant que la politique des auteurs a un rapport dès l’origine avec l’extrême-droite et le masculinisme car elle trouve son fondement dans un article d’Astruc sur la caméra-stylo dans une revue de droite décrivant le moment où Welles gilfle Rita Hayworth et devient ainsi un auteur.

            • #36860 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Il est évident (au point que truisme) qu’il y a un passif masculin de la politique des auteurs. Puisque promue par des hommes et au bénéfice de cinéastes hommes.
              On aimerait juste que ça dialectise un peu : politique promue par des hommes au bénéfices d’hommes mais contre le pouvoir, exclusivement masculin aussi, et viscéralement patriarcal, qui pesait sur ces hommes, à savoir le pouvoir des producteurs, le pouvoir de l’industrie.
              C’est contre le pouvoir de l’industrie du cinéma français de studio, patriarcal puissance mille, que les cinéastes de la Nouvelle Vague se sont. imposés, et ont pu, tout en épanchant certaine misogynie, faire advenir à l’écran des figures féminines qu’on ne disait pas encore puissantes : Jean Seberg dans A bout de souffle, Karina dans Vivre sa vie, Méril dans Une femme mariée, Haydée dans La Collectionneuse, Les bonnes femmes de Chabrol, puis à terme la Véronika de La maman et la putain, etc, etc.

              • #36866 Répondre
                Malice
                Invité

                Dans un peu le même registre, j’ai entendu il y a quelques temps un type à la radio lier le métier d’auteur (écrivain) à celui de prédateur sexuel en se servant de l’exemple de Matzneff.
                Pour lui le fait d’écrire et d’être reconnu pour ça mettait dans une posture de pouvoir favorisant la perversion et l’abus; il tenait à le préciser, à faire saillir l’activité d’artiste, on se demande pourquoi.

                • #36867 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Jugement de haut, jugement de loin.
                  Qui oublie un détail : 90% des gens qui publient n’en tirent aucun fric, aucune réputation, et par suite aucun pouvoir. Peut-etre meme au contraire un. certain sentiment de faiblesse, de lose, d’indignité.

                  • #36868 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    sans compter qu’une bonne moitié des auteurs sont des auteurices.

                    • #36878 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Sur l’entretien des Cahiers,je reviens sur ce que dit Alice Leroy à propos de Brisseau et Noce blanche,il se trouve que j’étais dans le même lycée qu’elle à St Etienne mais 10 ans avant et j’ai participé au tournage puisque ma classe,qui avait une option audiovisuelle, avait été choisie.Je me souviens de Brisseau,il avait assisté avant le tournage à un cours de philo et s’était très largement inspiré de notre prof et de sa posture pour l’interprétation de Cremer, à l’époque du tournage,petite parenthèse people,Paradis n’avait que 17 ans et c’était une star traquée par les paparazzis,et son compagnon,Florent Pagny, avait fait interrompre le tournage en lui interdisant de le reprendre si certaines scènes de nudité n’étaient pas supprimées…Sur le tournage Brisseau était vraiment quelqu’un d’impressionnant, très habité,il nous parlait de Rohmer, d’Hitchcock et aussi du milieu pourri du cinéma français de l’époque,enfin je m’égare un peu,pour lui Noce blanche était une sorte de commande,un projet commercial mais on sentait qu’il avait peur de ce qu’il faisait,que son film était aussi un questionnement sur la fascination pour les jeunes filles du cinéma de l’époque,je me souviens très bien des mots très durs qu’il avait eus sur les films de Claude Miller.Pour moi Brisseau n’a rien à voir avec l’image dégueulasse de pervers qu’on a voulu lui coller,Noce blanche n’est pas son meilleur film,avec mes camarades lorsqu’on l’a vu en avant-première on était vraiment perplexe,tout nous paraissait invraisemblable.Par contre Brisseau et ses productrices du Losange avaient été très classe,pour la sortie du film,avec quelques camarades,on avait été invité dans le restaurant gastronomique de Gagnaire avec les journalistes de la presse locale et quelques notables.Ce qui m’avait aussi étonné à l’époque c’est que tous nos profs d’audiovisuel se gardaient bien de nous dire ce qu’ils pensaient du film,on sentait une très grande gêne.Pour finir je dirais que Brisseau peut être vu comme le pendant masculin de Breillat,dans le sens où le sexe devient une expérience mystique,qu’on peut y trouver ce que l’on appelle notre âme.

                      • #36927 Répondre
                        Ana
                        Invité

                        Tu raconteras quand t’as rencontré Polanski…
                        Tu diras, si vous avez mangé au Fouquet s, et si y avait des présos pour bien digérer.
                        Et si il est le pandansdeluimême.

    • #36846 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      « plus que jamais par les forces économiques, que cette mise au pas morale risque d’être le coup de grâce »
      Belle intuituion
      De même que l’agro-industrie jubile de voir désignées les normes écolos, l’industrie du cinéma jubile de voir accusés les « auteurs » avec lesquels elle veut en finir.

      • #36872 Répondre
        Guéguette
        Invité

        Quelle industrie?
        Tu penses que les néo producteurs sont tous ligués contre l’establishment des années 80/90? Afin de les pousser dehors ? Mais pour faire quoi?
        Je n’ai pas l’impression d’une baisse de niveau ni de prestige ces dernières années dans le nouveau cinéma d’auteur. La chute de Doillon, Brisseau ou Jacquot n’entraînera pas la fin du cinéma indé.

        • #36880 Répondre
          Tony
          Invité

          Si les producteurs s’emparent de la morale pour faire plier les auteurs quels films cela va donner?

          • #36885 Répondre
            Guéguette
            Invité

            Attends quel est l’argument? Vaut mieux laisser les mecs sauter des gamines pour être sûr que l’art perdure?
            Non je vous assure, si on prête plus attention à ces phénomènes, on arrivera très bien à continuer à faire de bons films.
            Je note aussi que ton anecdote sur Brisseau est typique. « Oui mais le gars il dégage un truc et il est sympa à la ville et il m’a considéré alors qu’il est connu ». Du coup open bar derrière?

            • #36886 Répondre
              Tony
              Invité

              J’ai jamais dit qu’il m’avait considéré,je signale juste qu’il n’est pas la caricature que tu en fais.

              • #36887 Répondre
                Guéguette
                Invité

                Quelle caricature?

                • #36888 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  ‘open bar’Brisseau a sauté une gamine?

                  • #36890 Répondre
                    Guéguette
                    Invité
                    • #36900 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      « Attends quel est l’argument? Vaut mieux laisser les mecs sauter des gamines pour être sûr que l’art perdure? »
                      En bonne éthique on devrait immédiatement couper court à un dialogue qui en passe par ce genre d’énoncés
                      Mais comme je suis patient comme l’ange, je vais réexpliquer ce que ta fébrilité peine à entendre.
                      D’abord je parlais de la politique des auteurs telle qu’elle s’est inventée dans les années 60. J’apportais un éclairage historique, et donc dialectique, pout rappeler que la notion d’auteur et la place de l’auteur, s’étaient affirmées contre l’industrie qui n’en voulait pas.
                      60 ans après, l’industrie n’en veut toujours pas, et de moins en moins. Car si elle a pu parfois gagner de l’argent en valorisant des noms qui devenaient des marques – on allait voir un Spielberg (80 ans) ou un Pialat (mort)-, s’il s’est pu que la notion d’auteur soit un atout industriel, cette période est bel et bien fini. Le modèle, c’est un gros film gros budget réalisé par un nobody content d’être là (les Trois mousquetaires) et qui ne fera pas chier. Demande toi un peu quels noms français attirent aujourd’hui les gens dans les salles. Ca te permettra, calmement, de jauger la situation, et de cesser de voler au secours de la victoire.
                      Je précise que j’ai toujours détesté le cinéma de Doillon, apprécié très très irrégulièrement le cinéma de Jacquot, et toujours considéré que certaine critique pointue surestimait le cinéma de Brisseau.

                      • #36902 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Quels sont les films de Jacquot que tu aimes?
                        J’ai apprécié  » les adieux à la reine » mais pas son film sur Casanova

                      • #36906 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        En bonne « dialectique », tu auras donc compris que la question que tu cites ne t’était pas destinée, mais répondait directement à l’argument de Tony qui m’a paru pour le moins étrange.
                        Pardonne ma « fragilité », comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensé.
                        Sur le constat qu’on ne vend plus un gros budget, et peut-être même un film tout court, sur le nom de son réalisateur, et sur tout l’historique qui y a mené, tu prêches un convaincu. Désolé d’avoir usé de ton temps pour écrire autant de points d’accord.
                        Le problème des 3 mousquetaires est qu’en plus de sa médiocrité, son insuccès (au regard de son coût) risque de décourager les prods tout court, au lieu d’envisager de donner ce genre de projet à des auteurs (ou même juste à des gens qui savent raconter une histoire,…ou même juste filmer correctement).
                        Pour autant, même si c’est toujours stimulant de pisser contre le sens du vent, je ne pense pas qu’il fasse faire autre chose que se réjouir que les figures précitées (que comme toi je n’ai jamais vraiment apprécié) et leurs méthodes tombent, même si cela amène son lot d’arrivistes dans le cortège d’applaudissement ou de circonvolutions indigestes dans l’introspection. Il y aura toujours des discours majoritaires, des suiveurs, et ma foi il vaut mieux que l’ambiance générale soit d’applaudir une victime que ses bourreaux.
                        Le risque serait donc que cela termine le travail sur la destruction du statut d’auteur (j’ai eu l’impression de lire ça)? Pour moi c’est déjà fait et pas vraiment non plus.
                        Je trouve la scène indé plutôt tonitruante ces dernières années. Le Règne animal peut être proposé comme inverse positif aux mousquetaires (je prends cet exemple car il est plus « spectaculaire » que « Anatomie d’une chute ») et pas mal d’autres noms sur des projets moins mainstream qui continue d’émerger et d’intéresser les producteurs.
                        Certes, ce n’est plus les mêmes habitus que les années 80/90 (et encore moins 60/70), mais pour moi ça c’est malheureusement déjà acté.

                      • #36912 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Tu entretiens, sciemment ou non, une confusion.
                        « Pour autant, même si c’est toujours stimulant de pisser contre le sens du vent, je ne pense pas qu’il fasse faire autre chose que se réjouir que les figures précitées (que comme toi je n’ai jamais vraiment apprécié) et leurs méthodes tombent, même si cela amène son lot d’arrivistes dans le cortège d’applaudissement ou de circonvolutions indigestes dans l’introspection. » Crois tu que ce soit de ca qu’il est question?
                        Il n’était pas question de soutenir Dollon et compagnie, mais de répondre à ceux qui voudraient jeter le bébé « politique des auteurs » avec l’eau crade des cinéastes abuseurs.
                        Mon propos n’est pas que tu voles au secours de la victoire des victimes sur ces prédateurs, mais au secours de la victoire de l’industrie sur les auteurs.
                        Tu as donc répondu à coté.

                      • #36923 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Fichtre! C’est pour ça que ma femme me trouve relou.
                        Je suis allé un peu vite effectivement, je croyais ta lecture plus clanique.
                        La question subsiste pourtant, allons nous vraiment shunter le cinéma d’auteur juste en voulant en nous confronter enfin aux problèmes des vhss.
                        Je n’y crois pas, mais l’époque est tellement déprimante qu’elle peut encore me surprendre.
                        Sur ce, je laisse le topic reprendre ses droits.

                      • #36924 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        y’a un « en » en trop : )

    • #37049 Répondre
      Adrien
      Invité

      Bonjour, je vous conseille le docu qui est diffusé en ce moment sur le site d’Arte, Etat limite, sur le psychiatre mobile de l’hôpital de Clichy. Très dur, très obsédant
      J’ai une ou deux réserves sur la forme dont je serais heureux de parler avec vous mais c’est vraiment à voir

      • #37064 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        noté
        merci

      • #37072 Répondre
        Pout
        Invité

        Le film de Peduzzi était présenté à l’ACID et sortira en salles au mois de mai.

      • #37095 Répondre
        albertine robitaille
        Invité

        j’ai vu le dernier peduzzi et je serai curieuse d’avoir ton avis adrien ! est ce que t’avais vu son film précédent, ghost song ? j’ai l’impression que le dernier « confirme » les réserves que j’avais sur ghost song. même si j’ai globalement plutôt passé un bon moment devant les deux, j’ai le sentiment que peduzzi est peut etre trop fasciné par ses sujets, et que ça affecte son geste documentaire

      • #37105 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Oui vu, on en a dit un mot avec Anna H
        Mais sur quelle page…
        Quelles sont tes réserves ?

        • #37202 Répondre
          Adrien
          Invité

          D’abord je trouve qu’il y a un peu trop de musique. J’aime bien la techno du début et de la fin, mais trop de nappes au cours du film, par exemple dans les scènes d’atelier en groupe. J’ai l’impression dune musique qui veut me dire « regardez cette humanité qui survit ». Sauf à la fin de la scène Roméo et Juliette : là j’aime bien parce que la musique est au service de la scène qu’ils sont en train de jouer, et pas de la scène qu’on est en train de voir. Le glissement est pas mal.
          Je trouve aussi que le propos sur les moyens financiers de la psychiatrie est finalement assez déclaratif, ça passe par les paroles. Je me doute que ça doit pas être facile de retranscrire l’épuisement, la surcharge de l’emploi du temps, cinématographiquement. Il le fait un peu en le filmant arpentant les couloirs, le côté « sur le pont », avec la techno, mais ça reste un peu théorique. Le sujet du film, pour moi, c’est finalement pas du tout l’état de la psychiatrie (pas même : l’état de la psychiatrie dans cet hôpital), c’est lui, le psychiatre, ses grands yeux et sa manière de s’adresser aux patients (ce qui est déjà énorme et suffisant).
          Et puis je m’interroge, ce n’est pas une limite du film mais plutôt un questionnement : comment gérer dans un documentaire la mort d’une vraie personne ? Je ne sais pas si c’est bien de s’y prendre comme ça, à la toute fin, et monté avec des images d’errances du psychiatre dans la nuit. J’en viens presque à me poser des questions qui sont en général pas du tout les miennes, sur le soin, la délicatesse, qu’on doit avoir vis à vis du public ; nous laisser comme ça sur l’annonce d’une mort (je ne m’en remets toujours pas), je ne sais pas quoi en penser.

        • #37203 Répondre
          Adrien
          Invité

          Mais quand même, quel psy ! Ses yeux et sa voix sont nécessaires et suffisants. Je me suis demandé si ça ne posait pas le problème de l’hagiographie. Et puis finalement non, il est comme ça c’est sûr

    • #37067 Répondre
      Charles
      Invité

      On pense quoi de la filmographie de Terence Davies? Je ne la connais pas vraiment, je n’ai « vu » – je me suis endormi durant une bonne moitié du film – que Deep blue sea.

      • #37074 Répondre
        Charles
        Invité

        (je demande parce que son dernier film, les Carnets de Siegfried, et qu’il est encensé par une partie non négligeable de la critique alors qu’il a l’air mortellement ennuyeux et suranné).

    • #37108 Répondre
      Monami
      Invité

      Pour continuer le débat plus haut sur me too et la politique des auteurs, à partir de la minute 53

      • #37197 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Merci de l’avoir partagé Monami

    • #37113 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Julien m’a invité à cette émission
      J’ai décliné pour des raisons contingentes.

      • #37150 Répondre
        Monami
        Invité

        dommage, on aurait mieux compris ce qui oppose les 2 lignes je pense

        • #37156 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Burdeau y a été excellent. Il a fait les mises au point fermes qui s’imposaient, tout en dépliant très bien les ambiguités au travail.
          Mais pourquoi a t-il survolé le débat? Parce qu’il connait les cahiers, parce qu’il sait tout de l’historicité de la « politique des auteurs » dont tout le monde parle depuis deux semaines sans en rien savoir.
          Toujours faire de l’histoire, dit-il. Et je m’associe.

          • #37166 Répondre
            Charles
            Invité

            Oui Burdeau était passionnant. La cinéaste était intéressante, Lacurie était en pilotage automatique. Très agréablement surpris de la composition du plateau, comme quoi on arrive encore à penser malgré tout sur ce type de sujet.

            • #37168 Répondre
              Tony
              Invité

              Ok pour Burdeau excellent en effet ainsi que la cinéaste invitée,pour Lacurie son idée de valeur symbolique qui se transforme en valeur monétaire est intéressante mais je me demande si c’est si vrai que ça,RAZ en est un contre exemple et il me semble qu’il doit y en avoir beaucoup d’autres.

              • #37171 Répondre
                Charles
                Invité

                Je suis d’accord avec toi, cela reste à relativiser, la critique ne peut pas seule convertir en valeur monétaire une valeur symbolique. Il faut un contexte très favorable pour ne pas dire un alignement de planètes.

    • #37142 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Salut à tous, est-ce que quelqu’un ici a lu Dune et pourrait m’éclairer?

      Après visionnage du Villeneuve et écoute du dernier Sortie de Secours sur le sujet me vient une question. La « géopolitique » et une certaine forme de « politique » sont assez centrales dans le film. Je suis surpris de ne pas entendre à la fois chez les amis qui me parlent du film et dans le podcast cité un dépliage minimal de ce qui s’y joue à ce niveau. Je l’ai trouvé terriblement calamiteux sur son traitement de l’opposition Fremen-Harkonen pour une raison simple : les Harkonen sont des méchants absolus, ils sont le Mal Total, il n’y a aucune dialectique interne à leur camp ni avec les autres (hormis la liaison biologique de Paul révélée sur le tard). Il n’y a aucun trouble possible à l’écran. Ces gens assassinent gratuitement, cherchent le fric mais sans but, sont laids, habillés en noir, le « peuple » (ou plutôt la foule indistincte, la masse grouillante) est lobotomisé. C’est tout.
      .
      Au delà du message et de l’esthétique véhiculée dans ce que l’on « voit » des Harkonen, il y a surtout un problème de justesse : un totalitarisme atroce, ça n’est pas ça. Tout est fait pour montrer un Mal complètement déconnecté de ce qu’est un pouvoir autoritaire-totalitaire réel. Tout ça est très confortable. Cela me saute encore plus aux yeux que dans le premier (mais je l’ai vu il y a plus longtemps et moins concentré)
      .
      Question donc : est-ce que cette bouillie est spécifique au film? Le livre est-il meilleur sur ces aspects?

      • #37144 Répondre
        Mao
        Invité

        Me semble que le bouquin que je n’ai jamais réussi à finir est dans les grandes largeurs tout aussi con que le film. Film qu’une personne très mal intentionnée m’a forcé à aller voir lors d’une après-midi de dimanche morne et pluvieuse.

        • #37207 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Se consoler en de disant qu’au moins, Dune protège de la pluie

      • #37167 Répondre
        Guéguette
        Invité

        C’est subjectif, mais j’ai aimé les bouquins qui abordaient plein de concept réjouissants.
        Les films de Villeneuve sont une espèce de mise à jour dans l’ère du temps, sans surprise, sans faute de goût…mais complètement lisse et désincarnée.
        Le Lynch était imparfait mais autrement plus envoutant. Les Harkonnens n’y sont guère mieux lotis, mais leur férocité est plus tordue et donc moins monolithique. Ils ne sont pas juste le bras armé de l’empereur.
        Le seul plus de la nouvelle version est qu’il tempère le côté messianique (qui permettait dans la version de Lynch de rusher plein d’événements), et qu’on ressent une foie plus « tribale » (plus le fait qu’il rejoue la carte de la foie implémentée par les Bene Gesserit, comme dans le bouquin). Mais j’ai vraiment du mal avec son esthétisme publicitaire. Il n’y a pas de point de vue.

        • #37169 Répondre
          Guéguette
          Invité

          foi…putain.

        • #37208 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          J’ai décidément entendu des avis très contradictoires sur le Lynch, il va falloir que je le regarde

          • #37215 Répondre
            Leo Landu
            Invité

            Le Lynch n’est pas indispensable du tout.
            David Lynch, qui avait déjà refusé un Star Wars à Georges Lucas, a accepté Dune – sans l’avoir lu et sans appétence pour la SF – afin que le producteur Dino de Laurentiis finance Blue Velvet en échange. Le résultat est un film tronqué de moitié que Lynch a désavoué sur tous les plans. Voix off démonstrative, montage au couteau à pain, foirade royale. (Avec le même producteur, Sam Raimi a vécu une expérience quasi similaire sur Evil Dead 3 – désavoué également)
            L’expérience fut éprouvante pour le cinéaste, et se ressent, je trouve, dans la peinture sinistre du milieu du cinéma qu’il livre dans Mulholland Drive et Inland Empire.
            Mais honnêtement, s’il est dispensable, je ne le trouve pas si dégueulasse, il y a deux trois bricoles et la bonne bouille de Kyle McLachlan. Je n’ai pas vu les Villeneuve.

            • #37270 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Je n’avais pas ces détails sur l’auto-désaveu. Il est peut-être à voir en tant que « film raté mais film raté d’auteur », un peu comme ce rappelait Burdeau sur Le Media. Mon père, dont j’estime beaucoup l’avis, m’a aussi dit qu’il était plus que dispensable. Le challenge, c’est « est-il meilleur que le(/les) Villeneuve? »

              • #37290 Répondre
                Seldoon
                Invité

                C’est un film raté et donc c’est un film, ce que le Dune de Villeneuve, et d’après ce que je comprends le deuxième aussi, n’est pas.

                • #37430 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  En définitive, je ne m’y attendais pas vraiment mais je trouve que c’est le Lynch qui n’est pas vraiment un film, et encore moins un film de Lynch. Et pourtant je peux apprécier les nanar kitsch, mais c’est même en dessous. Je comprends mieux cette histoire de désaveu! Dommage car du point de vue des décors par exemple, il y a tout de même plus de « chair » que dans le Villeneuve.

        • #37211 Répondre
          Carton de Lait
          Invité

          Oui je préfère de loin le Lynch. Au moins il y a une patte et un parti pris au niveau de la DA et du ton. On s’amuse un peu. Le Dune de Villeneuve est en effet tout à fait ennuyant, c’est hyper scolaire. Je crois que ce sera assez vite oublié et que dix ans après la sortie du dernier (pour l’instant il n’y a que le projet d’un troisième film) on va se dire « ah oui… c’est vrai qu’il avait fait ça…. » C,est dommage que ce soit lui qui ai prit cette saga en charge. Tout comme ce l’était qu’il avait prit en charge la suite de Blade Runner d’ailleurs qui n’aurait jamais dû existe ou en tout as, cpas si c’était pour faire ça.

          Sinon je n’ai pas de relaton particulière avec l’oeuvre, je n’ai lu que le premier livre que j’ai trouvé bien mais qui ne m’a disons pas envoûté À l’époque je m’était dit que j’allais lire la saga en entier (les livres de Frank, rien à foutre de l’opération alimentaire de son fils) alors je les ai tous achetés en même temps mais finalement je n’aurai pas eu envie de continuer. Mais je reconnais que l’univers est certainement particulier et toute adaptation de cet oeuvre semble pour moi nécessiter un réal à l’imaginaire, disons, peu orthodoxe,

          • #37212 Répondre
            Carton de Lait
            Invité

            « exister ou en tout cas pas si c’était « *

            (J’ai fait un avc là c’est pas possible)

          • #37273 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            J’ai ouï dire qu’il y avait encore de quoi faire beaucoup de films si l’on s’en tient à suivre les bouquins…

            Dommage que Terry Gilliam ne soit plus en vie, je l’aurais bien vu tenter un Dune.

            • #37275 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Alors j’ai donné Gilliam pour mort, erreur énorme. Peut-être qu’en revanche il est cinématographiquement mort , je ne sais pas du tout ce que valent ses films post-2000

              • #37441 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Sa mort cinématographique date plutot de 1980 non?

                • #37455 Répondre
                  I.G.Y
                  Invité

                  Mouaif, je trouve l’armée des douze singes super dans son genre, j’ai un bon souvenir de Brazil mais vu il y a trop longtemps. Le baron de Münchhausen, vu récemment, est un peu foutraque mais je trouve ça très fort, quelle fête de la matière, quelle mise en scène, quelle inventivité. Ça vit, de partout

            • #37281 Répondre
              Ostros
              Invité

              Euh. Il est vivant.

              • #37282 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Oui d’où mon message au-dessus, grosse bavure de ma part, j’espère ne pas porter malheur au pauvre homme

    • #37216 Répondre
      Tony
      Invité

      Voir aujourd’hui un film comme Ferrari est une drôle d’expérience,non seulement le film est très morbide mais il reconduit un imaginaire patriarcal et capitaliste que l’on croyait périmé,ici Ferrari est une sorte d’empereur(on l’appelle commandatore)qui mène une double vie entre sa femme dont le tort est de lui avoir donné un fils mort trop tôt et sa maîtresse qui lui a donné un enfant,promis à être son héritier quand il l’aura reconnu, reconnaissance,que son entourage lui conseille de réaliser assez vite,car Ferrari a besoin d’une continuité (!), qui,pour avoir lieu,doit passer par l’expropriation de sa femme qui détient la moitié des parts de la société.Pour financer son train de vie il doit se résoudre à trouver un associé et des capitaux tandis que son concurrent, Maserati,menace de le dépasser et, peut-être,de le dépecer.C’est vraiment compliqué la vie d’un capitaliste, d’autant plus compliqué qu’on ne voit pas un seul ouvrier ni une seule usine,mais sa botte secrète c’est son goût de la compétition,il a la gagne et,comme il le dit à ses pilotes,’si tu freines avant il te passe devant,si tu ne freines pas il ne peut pas passer,ok tu peux faire une sortie de route et mourir mais on le sait c’est une passion mortelle’,et en effet, avant le départ de la course,tous les pilotes écrivent une lettre à leur épouse au cas où… Morbidité de la course avec son lot de spectateurs fauchés,et démembrés pour certains, de pilotes tués et morbidité aussi,’à la fin,quand il emmène son fils au cimetière pour lui présenter son frère et fleurir sa tombe!Seul point positif,à mes yeux,les courses automobiles, filmées à hauteur de conducteur,de façon immersive,en alternance avec des plans aériens, très beaux,avec le défilement de la chaussée et des paysages, scènes assez époustouflantes qui arrivent à nous faire ressentir la vitesse et le danger, bon faut quand-même aimer les bruits de moteur…

      • #37217 Répondre
        Charles
        Invité

        J’ai résilié mon abonnement Prime avant de le voir, c’est ballot. Vu ce que tu en dis, globalement à l’unisson de la critique, j’ai l’impression que Michael Mann c’est fini. Il va faire tourner Heat 2 bientôt, on craint le pire.

      • #37218 Répondre
        Carton de Lait
        Invité

        Hollywood est loin d’en avoir fini avec la mythologisation des grandes figures du capitalisme. C’est cohérent comme elle est elle même une industrie capitaliste. La seule gauche qui intéresse Hollywood c’est la gauche libérale, on est pour les droits individuels, un certain progrès social, pourquoi pas une toute petite dose de socialisme, mais on ne remettra pas en question le capitalisme, au pire on le réforme un peu et c’est bon, C’est tout aussi cohérent que Mann soit derrière ce biopic, c’est le genre de bonhomme qu’il aime bien.

        • #37220 Répondre
          Charles
          Invité

          Justement, ce que dit Tony c’est que le film n’est pas en phase avec la gauche libérale d’Hollywood.
          D’ailleurs le film est un échec public.

          • #37232 Répondre
            Charles
            Invité
            • #37235 Répondre
              Tony
              Invité

              Je viens d’écouter Thoret chez Microciné,il est intarissable,’le personnage mannien compartimente, contrôle,construit un mur entre ses affects et son métier etc..une chronique de l’humanité,une mystique de l’authenticité,un personnage contemporain du capitalisme mondialisé qui croit pouvoir vivre en Italie comme à LA’et j’en passe et des meilleurs, c’est vraiment fascinant de l’entendre après avoir vu le film,une glose qui pourrait ne jamais s’arrêter sur des trucs assez cons en plus,par exemple la maîtresse de Ferrari vit dans une somptueuse propriété toujours ensoleillée et tout est filmé en plan large,pour Thoret c’est la preuve que la vie se trouve là alors que chez la femme de Ferrari,un appartement,on est en plan serré avec une lumière sombre,pour Thoret ça montre que c’est un tombeau etc…

              • #37236 Répondre
                Charles
                Invité

                Ah oui on est sur un gros niveau d’analyse. Pas la foi de supporter ça.

                • #37337 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Toujours la même chose : dès lors que vous optez pour une critique portée sur l’interprétation, c’est à dire sur le sens, et a fortiori sur le macro-sens (l’Amérique le capitalisme Dieu la vie la mort ), vous pouvez tout faire dire à tout. Un nanar peut etre exhaussée en chef d’oeuvre, et inversement.

                  • #37368 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    C’est d’ailleurs principalement sur ce mode que le film est un peu défendu malgré des défauts qui semblent évidents : hanté par la mort.

                    • #37456 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Je ne savais pas que « hanté par la mort » était une catégorie du jugement esthétique.

                      • #37459 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        On attend maintenant le prochain Coppola, après Spielberg,Scorsese,Mann ça serait intéressant qu’un Burdeau fasse une analyse croisée sur leurs derniers films.

                      • #37465 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Pour Freddie, oui

                        pour le reste après, on pourrait dire que oui aussi, genre coeur de l’art, nourriture des affects et élans créatifs même, truc comme ça.
                        Heureusement que tu nous apprends être dénué d’humour car, là encore sinon, on aurait pu s’imaginer que tu en débordais,

                      • #37467 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Ci-dessus, pour les mous du bulbe, c’est suite à ma lecture de … Je ne savais pas que « hanté par la mort » était une catégorie du jugement esthétique. / …
                        Des fois que,

                      • #37992 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Vu Heureux gagnants de Govare & Choay.
                        Drôle de chose que ce film, beaucoup ri, ri franc, ri gêné, rien ’ putain, nan ’ , ri bête, ri tendre, bref, bien aimé.
                        Le film déroule en spirale et, à part une gueule plus amochée pour le perso d’Éboué, la narration en boucle se termine comme elle a commencé, ou presque.
                        Si le message au coeur du film peut paraître culcul (soyons heureux de/avec ce que l’on a) le chemin cynique, drôle, morbide et très matérialiste pour le coup – le fric qu’on gagne en jouant aux jeux – pour l’illustrer fonctionne.
                        Avec moi du moins.

                      • #37993 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        .. soyons heureux de/avec ce que l’on a / …
                        à ranger aussi dans les films droitards, on sait bien qui rêve de gagner aux jeux

                      • #37994 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        * ri ’ putain nan ’

              • #38166 Répondre
                PierreZG
                Invité

                J’ai écouté les 3/4 par ce que zzzzzzzzzzzzz
                Je pense que Thoret est coincé car il est le grand défenseur de Mann, il est passé voir Mann pour voir le film avant tout le monde dans ses studio, il y a son film, son bouquin sur Mann …
                En sous texte je pense qu’il trouve le film nul aussi.

      • #37347 Répondre
        Guéguette
        Invité

        Mann j’adorais à une époque…maintenant je vois ça comme des films de « bonhomme » avec beaucoup de frime, des airs poseurs pour simuler une profondeur absente, avec ces dames toujours en attente de l’action des hommes. Donc ton constat n’est pas vraiment étonnant. Mais apparemment il excite encore beaucoup les cinéphiles.
        Je dis ça alors que j’ai trouvé le 1er épisode de Tokyo Vice accrocheur, et le reste ennuyeux. Il a un truc quand même mais je m’en suis détaché.

        • #37354 Répondre
          Tony
          Invité

          Sur un plan purement cinématographique,que ce soit au niveau du montage ou de la mise en scène il est très fort,il arrive à produire des effets sensoriels qui font passer au second plan la médiocrité du récit et ce fond mysogine et patriarcal.

          • #37369 Répondre
            Charles
            Invité
            • #37472 Répondre
              éponine
              Invité

              « Ferrari », sur Prime Video : Michael Mann signe une morne évocation d’un épisode de la vie du constructeur automobile italien

              Le nouveau film du réalisateur américain, centré sur une course de voitures, les Mille Miglia, en 1957, a notamment pour interprètes Adam Driver et Penelope Cruz.

              Par Mathieu Macheret

              Vétéran du Hollywood des années 1980-1990, champion du polar urbain mélancolique aux lignes fuselées (Le Solitaire en 1981, Heat en 1995), aventurier de la transition numérique à la charnière du XXIe siècle (Collateral en 2004, Miami Vice en 2006), Michael Mann s’était laissé un peu perdre de vue ces derniers temps. Après un Hacker (2015) en demi-teinte, son seul film des années 2010, il aura fallu huit années pour voir arriver, en France, exclusivement sur Prime Video, chronologie des médias oblige, son Ferrari. Un projet de longue date sur le célèbre constructeur automobile italien, mort en 1988, qui remonte à la publication, début 1990, de la biographie Enzo Ferrari – The Man and the Machine, par Brock Yates (1933-2016), dont le cinéaste avait alors envisagé l’adaptation, avec Robert De Niro dans le rôle-titre.
              A la découverte de cet opus magnus incroyablement terne, reviennent des doutes qui ont toujours entouré la carrière de Mann : indubitable styliste, glissant sur les flux et surfaces du monde contemporain, ses films ne reposeraient-ils pas sur une certaine vacuité ? La question se pose d’emblée devant Ferrari, saga italienne pur jus tournée in situ au cœur de la vallée du Pô, en Italie, mais dont le casting international pratique une sorte d’anglais avec l’accent étranger, convention hollywoodienne quelque peu exotique, aux relents de contrefaçon, qui rendait déjà difficile l’appréhension de House of Gucci (2021) de Ridley Scott.
              Homme partagé entre deux foyers
              Le récit s’ouvre à Modène en 1957, dix ans après la création, au lendemain de la guerre, de la maison Ferrari, entreprise familiale cogérée par l’ancien pilote automobile Enzo (Adam Driver) et sa femme Laura (Penelope Cruz), qui en assume la part financière. Période critique pour le constructeur, dont la société en manque de liquidités en vient à devoir ouvrir son capital à des investisseurs extérieurs, au risque de se retrouver fondue dans de plus grosses entités et de perdre son âme.
              La seule alternative serait de remporter, au nez et à la barbe du concurrent Maserati, la prochaine course des Mille Miglia, les célèbres 24 heures Brescia-Rome-Brescia, offrant tel un coup d’éclat publicitaire qu’il gonflerait le carnet de commandes. Un jeune et ambitieux pilote, Alfonso De Portago (Gabriel Leone), qui pourrait bien faire la différence, vient justement renforcer la Scuderia Ferrari. Au chef d’équipe revient de répondre à des enjeux à la fois techniques (dessiner un moteur plus performant), financiers, publicitaires (dresser des écrans de fumée) et d’ordre personnel, car un an après la mort de son fils Dino, l’homme est partagé entre deux foyers.
              A la grande fresque attendue sur l’aventure du capitalisme en quête de vitesse, incarnée par un capitaine d’industrie dont se déploieraient toutes les facettes, Mann répond par une morne alternance entre vie privée et vie publique, montrant sans surprise que l’une n’est jamais qu’une extension de l’autre. Adam Driver ne démérite pas dans la peau de cet animal à sang-froid, grand lézard impassible à la toison argentée, que Mann ramène à la stature figée du « grand homme aux grandes responsabilités », jamais avare en sentences lapidaires, à qui l’on donne du « Commandatore » à tour de bras.
              Griffe et signature
              Même la touche funèbre dont s’enveloppe le personnage ne casse en rien la chansonnette du professionnel aguerri, dont toute la vie est drainée vers l’efficience. De ce héros de marbre, les allers-retours entre femme accablée, hantée par la mort du fils, et maîtresse rayonnante (Shailene Woodley), prennent un tour moins intime que ronflant, et bientôt envahissant. As de la vitesse et des surfaces, Mann s’effondre dès qu’il vise la profondeur. En témoigne cette scène de repas qui n’évite pas le ridicule, où Ferrari, après avoir négocié cash avec sa femme, couronne le deal conclu en troussant Madame sur la table à manger.
              La mise en scène est à l’avenant : peinant à insuffler du mouvement, malgré ses coulissements et ses rafales de raccords dans l’axe. Hormis peut-être lors des scènes de course automobile, où Ferrari reprend des couleurs, les seules où la caméra invente de nouveaux « rapports » – comme on le dit d’une boîte de vitesses – à grands coups de travellings aériens et de détails saillants.
              Ferrari, comme son titre l’indique, n’est jamais que l’histoire d’un nom, qui, en plus de désigner la personnalité publique, a vocation à devenir griffe et signature. Posant pour les photographes devant une voiture aux côtés d’une starlette, Enzo décale l’arrière-train de celle-ci qui recouvrait le logo jaune de la marque à l’étalon. De même, la grande question du film est d’ordre patronymique : Enzo reconnaîtra-t-il le fils illégitime conçu avec sa maîtresse, et lui transmettra-t-il ainsi son nom en même temps que son héritage ?
              Ce que Mann montre, c’est comment le professionnel, personnage clé de son œuvre, est convertible en marque, voire en image de marque. Manque encore le recul, l’ironie, la cruauté, pour que la chose se fût avérée plus passionnante. Et plus profondément italienne.

              • #37473 Répondre
                Charles
                Invité

                Merci beaucoup éponine. Cette critique et celle des Inrocks résument bien où j’en suis avec Mann.

                • #37475 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Charles,pour compléter,cet article,malheureusement je ne suis pas abonné mais,dans Ferrari,la misogynie est frappante,Penelope Cruz est filmée,du début à la fin,sans maquillage et telle une araignée qui aurait pris une forme humaine(et conforme à son personnage qui aurait pris dans sa toile Enzo Ferrari)
                  https://www.telerama.fr/plateformes/du-solitaire-a-ferrari-michael-mann-le-cineaste-qui-renvoie-toujours-les-femmes-dans-le-decor-7019615.php

                  • #37478 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    D’ailleurs cette métaphore de l’araignée est particulièrement réussie dans une scène en particulier où Ferrari est invité à l’opéra et Cruz lui demande d’excuser son absence,on le voit alors dans la salle d’opéra au milieu du public et ensuite on la voit,elle, seule à sa fenêtre, écoutant les airs d’opéra qui lui parviennent,comme une…recluse(la fameuse araignée).

                  • #37560 Répondre
                    Alexandre
                    Invité

                    Il faudra m’expliquer en quoi filmer une femme sans maquillage est misogyne. Oui, Mann la filme comme une morte vivante, c’est ce qu’elle est après la mort de son fils. Il faut uniquement écrire des personnages féminins positifs pour recevoir l’accréditation féminisme ? Laura qui est, au passage, le personnage le plus trouble et passionnant du film, jusqu’à la fin.

                    • #37563 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Ce qui saute aux yeux c’est de faire de Laura une veuve noire,sans maquillage et les cheveux ébouriffés,du début à la fin,et la démarche de Pénélope Cruz, excellente au demeurant, est,elle aussi,assez particulière,elle est souvent filmée de dos ou de profil et on ne voit qu’une masse de cheveux s’avancer, bon c’est assez difficile à décrire,par contre sur la mysoginie c’est autre chose,le personnage féminin est en deuil et n’est que ça alors que Ferrari,lui,est un être complexe, deuil aussi pour lui mais avec une maîtresse et du génie,de l’ambition,des passions etc… L’autre personnage féminin,celui de la maîtresse,est inexistant,elle n’existe que par rapport à Ferrari et elle est assez casse couille en vérité,elle est là la mysoginie,les hommes sont valorisés et les femmes sont rabaissées.Rien à voir avec le féminisme,je n’ai jamais demandé à un film d’être féministe.

                      • #37667 Répondre
                        Alexandre
                        Invité

                        Le personnage de shailene woodley manque de développement, c’est vrai. Or, Laura évidemment pas. Elle est constamment ambivalente. D’abord, Il en fait une veuve noire, certes, parce que elle n’est pas le mème rapport au deuil que son mari. Lui ne peut pas se vautrer dans le chagrin et la rancœur car il a non pas son génie mais son travail, elle non. Au passage le film ne glorifie absolument pas le personnage de l’entrepreneur, au contraire il montre tous les sacrifices que ça entraine. Laura est donc restée bloquée dans le monde des morts après le décès de Dino, lui ne peut pas. Cela en fait un personnage avec une énergie mortifère et en mème temps, l’ancienne laura semble se réveiller parfois : la scène d’amour avec enzo, certains plans sur son regard, la fin évidemment avec l’argent etc.. . Sa relation avec son mari est constamment à deux faces, ils s’aiment encore mais ne se comprennent plus. Enfin, tout est toujours contradictoire chez elle, jusqu’à son rapport à la maitresse justement avec cette idée de ramener le jouet de la petite voiture chez elle. Bref, c’est un personnage au moins aussi passionnant que Enzo, et encore plus trouble.

                      • #37682 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Ok,sur le trouble du personnage ce qui m’a étonné c’est qu’au final c’est grâce à Laura qu’il va pouvoir sauver son entreprise,grâce au cash qu’elle a pu encaisser mais bon le film reste évasif sur ces questions là,on ne sait pas quelle contrepartie va lui revenir,dommage,y a un entretien très intéressant de Critikat autour du film

    • #37307 Répondre
      Charles
      Invité

      Je viens de voir la deuxième partie de Dune, les films de Mann à côté c’est du Rohmer. Là c’est vraiment du cinéma de char d’assaut, abrutissant au sens propre, qui reproduit toujours les mêmes récits derrière une subtilité de façade dans son discours.

      • #37308 Répondre
        Tony
        Invité

        Je n’ai vu qu’une petite heure du premier,donc je passe mon tour pour l’instant,par contre ce qui m’étonne c’est que Nicolas Framont semble vraiment en être fan et il est plutôt exigeant sur ce qu’il regarde,donc ça m’interroge un peu

        • #37321 Répondre
          Charles
          Invité

          Mouais je ne le prends pas comme une référence surtout qu’il semble avoir une lecture essentiellement politique des films. Et il est vrai que sur Dune tu peux plaquer un discours politique (anticolonial, anti-impérialiste blabla) de surface.

        • #37328 Répondre
          Carton de Lait
          Invité

          On ne se réfère pas à Framont pour ses avis cinéma de toute manière. Et est-ce vraiment du snobisme de dire qu’on préfère le Lynch? C’est quand même un film en général décrié. Moins qu’à une époque mais quand même, à bien des égards on frôle un peu le nanar. Je crois que bon nombre de cinéphiles « sérieux » ne se gêneraient pas pour lui infliger ce qualificatif et si ils devaient se retenir ce serait probablement simplement parce que c’est au moins à moitié un film de Lynch. Pour ma part ça n’entre pas en jeu dans mon appréciation du film puisque mon estime de Lynch est sommes toutes assez mesurée. Je l’aime bien parfois, et peu à d’autres.

          • #37332 Répondre
            Tony
            Invité

            @carton de lait Merci pour ce commentaire riche et profond,pas du tout péremptoire,tout le monde est au courant que Framont n’est pas critique de cinéma, peut-être pas cinéphile non plus,on se demande juste ce qu’il a pu trouver d’intéressant dans un film critiqué,entre autres,pour sa vacuité comme on le demanderait à un ami dont les avis nous importent.

            • #37377 Répondre
              Carton de Lait
              Invité

              Désolé, je ne t’attaquais pas toi ou à la pertinence de ton commentaire, c’est juste que j’ai prit celui de Framont un peu personnel j’imagine parce qu’il ne me semble pas vraiment que préférer le Lynch fait de quiconque un snob pour les raisons que j’ai détaillé.

    • #37341 Répondre
      Ostros
      Invité

      OMG le Ciné Club sur la bataille de Solférino a été filmé ! MERCI

      • #37405 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Au fait, François, peux-tu poster le texte que tu avais publié sur ce film ? Tu m’avais dit de te le re-demander après le ciné-club

        • #37408 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          je signale qu’il manque 30 minutes de l’intervention de l’arlequin

          le texte écrit en 2012 (que je n’ai pas relu)

          NOUS VOULONS DES SITUATIONS

          Plutôt qu’égrener paresseusement le chapelet des qualités de La Bataille de Solferino (acteurs forts + émotion + drôlerie + acuité psychologique + puissance documentaire), postulons que toutes s’infèrent d’une seule, déterminante, nécessaire et peut-être suffisante : l’art de la situation.
          L’action se déroule sur une journée. Commence vers 15h, se prolonge la nuit, s’épuise à l’aube. Rien moins qu’inédite, cette structure n’est pas anodine pour autant. Le temps réel, ça vous engage, ça vous met dedans. A moins que vous vous foutiez de la crédibilité du récit – c’est permis mais Triet ne se le permet pas —, à moins de condenser les péripéties pour composer une journée extraordinaire — et le film s’appellera 24 heures de folie !—, ça restreint votre latitude scénaristique. De fait, La bataille… se résume en trois lignes : Vincent s’incruste dans l’appartement qu’il a habité avec Laetitia pour voir ses deux filles. Il en est viré, mais y reviendra après un crochet par la rue de Solferino où Laetitia a rameuté le baby-sitter et les petites. Là les ex s’expliquent, s’engueulent, se taisent, puis tout le monde va se coucher. Un jour s’achève qui, tout mouvementé ait-il été, n’aura rien changé. On n’est pas bien avancé. Beaucoup de bruit pour rien. Tout ca ne fait pas un film, dirait un producteur.
          Sur le papier, non, ça n’en fait pas un. Sur l’écran, si, et un grand. Qu’est-ce qui s’est passé ? Quelle est la valeur ajoutée ?
          C’est la situation.
          Une situation a pour site une scène. Mais une scène ne produit pas forcément une situation. Pour ça il faut qu’elle refuse d’être un maillon de cette chaine d’esclave appelée scénario ; d’être cette petite chose instrumentale qui constitue l’unité de base du ciné majoritaire : vite tournée, vite torchée, minimum syndical pour faire avancer l’histoire, c’est dans la boite les gars, décor suivant. Une situation c’est une scène qui fait des heures sups, excède son programme, sort des clous et de ses gonds.
          Ouverture. Appartement, intérieur jour. Pas de mini-scènes introductives destinées à présenter les personnages : Laetitia à son boulot, Laetitia prend le bus, Vincent dessine dans sa chambre. Ou présenter la ville : toits de Paris, place d’Italie, ponts, boutiques. Bref : se présenter. Dire bonjour à la dame pour ne pas la brusquer. Lui exposer pourquoi on est là et ce qu’on va faire et qu’on ne lui veut que du bien. Justine Triet, elle, est mal polie. Elle se pose là, sans préambule ni précautions. Si ça se trouve elle ne s’est même pas lavé les mains. Dès le son off sur le noir augural, – qui parle ?, qui pleure ?-, nous sommes dedans. Nous prenons en cours une action qui s’en fiche qu’on la regarde. Du présent brut, pas encore dégrossi par le filtrage scénaristique. Nous ne captons pas tout. L’enjeu se comprendra au fil de minutes, il faudra bosser des yeux pour le distinguer dans ce bloc de réel. Une situation, c’est revêche, ca ne se donne pas comme ça. Une situation ne nous ménage pas ; ne nous prend pas pour des cons.
          L’enjeu est le suivant : Laetitia se hâte pour partir au boulot, laissant ses filles à son nouveau compagnon Virgil. Dans un Audiard, ça serait vite torché. Au bout d’une minute, on la retrouverait sur son scooter, attaquée par un lion qui lui mange un bras mais à la fin elle retrouve son père. Ici tout résiste, tout se dilate : les pleurs intarissables des petites, le monologue inapproprié de Virgil, la robe à enfiler (non essaies-en une autre), les consignes fébriles à Marc, le baby-sitter anémié. Et le coup de fil de Vincent, père des petites interdit de visite. Il est en bas, veut monter, grosse menace, surcroit de tension dans le salon bordélique, appel au voisin baraqué pour pallier le prévisible écroulement du rempart baby-sitter. Ce qui plus tard donnera, sur le même terrain de jeu, une autre situation, tendue, âpre, incertaine, effrayante : Vincent avec fille dans ses bras repoussant le voisin qui menace de le virer et le virera sous le regard crispé et crispant de Marc.
          A ce stade, la définition peut se simplifier : une situation c’est une scène qui se peuple. Un coquille vide qui se remplit : de complications, de gestes, de bruits, de papiers gras qui trainent, de canette vide dans l’angle. Et de gens, bien sûr. Beaucoup de gens dans un appartement petit à souhait qui parfois évoquera la maison-zoo du Love Streams de Cassavetes cher à Triet.

          Mais il en faut plus à cette cinéaste qui n’en fait qu’à sa tête. Plus de bruit, de gestes, de gens. Tant qu’à peupler son film, Triet s’est offert le peuple. Et quel peuple. Le vrai, le grandeur nature, le tricolore et chantant. Celui agrégé devant le siège du PS, rue de Solferino, en ce 6 mai de gloire.
          On peut spéculer des heures, et cela a été beaucoup fait à la sortie du film, sur ce qui s’y joue entre l’événement national et l’événement intime, entre combat politique et conflit conjugal, entre lutte pour le pouvoir et pour les enfants, entre bataille de Solferino et de salon. Dans cet élan ont émergé équitablement l’hypothèse analogique (la nation et le couple s’échauffent ; fragilité des alliances sentimentales ou politiques) ou contradictoire (liesse ici, larmes là ; unité ici, fissures là). Ce seront toujours des spéculations. Des métaphores, émancipées de la matière du film et qui flottent dans une parfaite impunité. « Pas assez précis », dira Laetitia a un ami croisé qui pontifie sur l’imaginaire, le quotidien, être soi-même, blabla. « Trop vague pour moi » ajoute-elle en se retirant. Sa vie est ailleurs. Le film est ailleurs. Au-dessous. Au ras des pâquerettes. À ce bas niveau, très en deçà du sens et du symbole et du message, une chose est sûre et vérifiable de visu : l’encastrement de la scène domestique dans la scène publique, a pour effet, sinon pour but, de l’épaissir, de l’amplifier, de l’hystériser.
          Improvisée au milieu de la foule, dans l’urgence documentaire et l’oppressante promiscuité, la première confrontation entre Vincent et Laetitia est plus électrique, plus intense – plus intense justement de devoir contrôler ses nerfs sous le regard d’autrui. Plus compliquée, aussi — le cinéaste de la situation est toujours un peu sadique avec ses personnages, il les jette sans filet dans un magma matériel qui ne leur facilite pas la tache. Et plus improbable, surtout. On est même fondé à trouver que là c’est un peu gros. Comment Laetitia a-t-elle pu avoir l’idée saugrenue de faire venir ses deux gosses au milieu de ce pullulement insécure ? Tant pis. Comme Tarantino le sait bien, certaines situations se gagnent en congédiant la vraisemblance. La force de ces minutes solfériniennes valait bien ça. Emplir la scène confine parfois à charger la barque.
          Farhadi, autre maitre ès situation, la charge comme un mulet. Lui aussi organise, dans un appartement-monde, une circulation plurielle qui permette d’explorer toutes les combinatoires entre les personnages. Jusqu’à la saturation, comme si le sujet ne pouvait être épuisé qu’au prix de l’épuisement de la situation, des possibilités, des acteurs, des spectateurs. Dans Le Passé, la méthode n’est pas loin de tourner au système. Une femme, deux maris dont l’épouse de l’un est dans le coma, deux enfants dont l’un issu d’un autre lit encore, ça fait beaucoup. Comme le final de La Bataille…, qui ose la confrontation domestique entre Laetitia, son ex et son actuel, sous le regarde débonnaire d’un pseudo-avocat et de sa chienne. Chacun jugera si le film, à ce moment, s’étouffe ou se multiplie. Excès de zèle ou surcroit de vie. Pour ce qui nous concerne, c’est tranché.

          Dans Le passé, comme dans La Bataille, le surpeuplement des intérieurs est d’abord lié à la donnée sociétale qui assemble ou désassemble ce petit monde. Celle dite de la famille recomposée. Avant d’appréhender celle-ci comme un sujet et d’évaluer si les deux cinéastes l’ont bien traité, il faut relever les possibilités de cinéma qu’elle recèle.
          Au premier chef : un beau bordel. Pleins de crabes dans le panier. Le grand bénéfice narratif de la famille recomposée, c’est qu’elle est toujours en voie de recomposition. Qu’un dispositif spatial et affectif se cherche et jamais ne se trouve. Ca reste ouvert. On ne sait plus trop sous quelle tutelle sont les enfants, qui se sépare qui s’unit, qui s’accepte qui se rejette. De ce méli parfois mélo naissent des situations. Des situations qui durent, courant après leur résolution comme un naufragé après un mirage. Une situation est un nœud savamment serré qui refuse de se dénouer. Est une scène qui rechigne à se résorber en acquis — ça c’est fait, c’est coché, problème suivant. Ce que l’impayable Virgil exposera avec sa tendre frontalité : Vincent n’habite plus ici mais c’est encore chez lui. Dans l’appartement s’accumulent des strates de temps comme des verres dans l’évier. Surtout ne jamais faire le ménage est, pour le cinéma de situation, un mot d’ordre – de désordre.
          L’actuel dira le fond de sa pensée à l’ex : c’est dur de passer après toi. Phrase qui peut s’entendre dans un sens tant trivial, d’où le rire nerveux de Laetitia, que littéral : on ne peut pas passer après parce qu’ « après » ça n’existe pas. C’est bien connu, le passé ne passe pas, et c’était la leçon du bien nommé dernier Farhadi : quand on s’est aimé on s’aime. Souvent un récit se déclenche en faisant revenir le passé (fantôme, ami perdu de vue, père aventurier, etc), mais c’est pour le solder : de scène en scène on court vers la résilience, le deuil, la conciliation – et nous laisserons les personnages au point où ils peuvent passer à autre chose. A l’inverse, la situation ne solde rien. Vincent à Laetitia en la quittant : bon on essaie de se revoir pour parler des enfants ? Alors que tout a été dit, qui indéfiniment sera redit, reconvoqué, ressassé entre les ex jamais repus de rixe.

          Nuançons. Le couple scénario/situation n’est pas exclusivement antithétique. C’est parfois l’ingénierie du premier qui permet la puissance de la seconde. Chez Triet, c’est la géniale trouvaille du droit de visite à double tranchant qui maintient les situations sur la crête de l’ambivalence. Supposé persona non grata à l’appartement, Vincent a en fait un papier du juge autorisant une visite. Mais il aurait du se présenter dès la veille. Il est dans son droit mais en tort. Et Laetitia, en symétrie inversée, a tort mais est en droit de le refouler, puisque sa défection de la veille a prouvé son inconstance. Elle a le droit de dire que Vincent prend ses filles pour des jouets, et tort de lui dénier toute capacité d’amour paternel. Les deux sont vrais. Tout le monde a ses raisons, conformément à l’inusable adage renoirien. Et encore, chez Renoir, avoir ses raisons ne veut pas dire avoir raison – la bourgeoisie n’a pas raison d’avoir de bonnes raisons de protéger ses biens. Alors que Vincent et Laetitia ont raison alternativement, parfois simultanément.
          Depuis ces bases scénaristiques/psychologiques, se déploient des situations indéfiniment réversibles. Laetitia craint Vincent parce qu’il s’énerve, alors Vincent s’énerve d’être craint, donnant du grain à moudre à la crainte de Laetitia. Qui du coup aimante les fillettes vers la foule, ce qui rend dingue Vincent, qui pourra légitimement dire qu’il a peur pour elles, tirant avantage de cette bourde, comme plus tôt il avait reproché à raison au voisin de le brusquer alors qu’il porte sa fille, tout en la portant pour ne pas qu’on le brusque. Le même geste qui protège la petite en fait un bouclier humain. Les deux à la fois.
          Ainsi pulsée, étirée, striée de flux contradictoires, la situation est un périmètre à géométrie incessamment variable. Jamais d’un trait, jamais rivée à une ornière – contrairement au maillon scénaristique, qui, pour faire son sot travail, ne doit pas en passer par quatre chemins. Une situation c’est plusieurs voies atmosphériques dans le même temps, le même mouvement, la même pièce, la même réplique. D’où le prix ultime de La Bataille : un mixage indémêlable de burlesque et de drame. La comédie heurtée de la vie, qui provoque, parfois dans le même pli émotionnel, rire et effroi. Dans les dernières minutes, Marc-Antoine dit de certaines musiques qu’elles alternent le joyeux et le triste, comme c’est le propre de « l’art totalisant ». Alors Vincent se marre. Pour faire contrepoint à cette formulation un rien ampoulée, mais aussi parce que c’est total qu’on dit. Art total.

    • #37344 Répondre
      Ostros
      Invité

      Et une dernière rencontre sur Autonomes à Argenteuil « penser la société  » :

    • #37401 Répondre
      Ema
      Invité

      Quelqu’un compte aller voir Dans la peau de Blanche Houellebecq? Ce truc m’intrigue.

      • #37402 Répondre
        Tony
        Invité

        Oui en tant que fan de Michel et de Blanche je ne vais pas le rater, dès Mercredi si je peux, après l’association Houellebecq/Nicloux c’est des films assez moyens mais c’est toujours assez drôle et étrange.

        • #37407 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          J’irai

      • #37920 Répondre
        Le Trou Noir Extatique
        Invité

        Alors vos avis sur le film ? Je suis curieux d’avoir un retour du film du forum.

        • #37923 Répondre
          Tony
          Invité

          J’ai kiffé mais je ne peux pas être objectif et en dire quoi que ce soit d’intéressant,faut être un peu au fait des écrits et des déclarations de Houellebecq si on veut vraiment apprécier,en tout cas le duo Gardin Houellebecq fonctionne super bien et on sent une spontanéité,rien ne paraît joué et les situations sont très drôles,déjà l’idée de les emmener sur un territoire colonisé est géniale et il y a une scène dans une limousine où le chauffeur antillais les prend à partie en leur disant tout le mal qu’il pense des colons français et Blanche Gardin finit par lui dire que ça sert à rien ce que tu dis’on est tous de gauche ici!’

          • #37944 Répondre
            Le trou noir Extatique
            Invité

            J’ai évité tout teasing sur le film avant de le voir, ce qui m’a rendu disponible a tout les effets comiques proposés.
            Cette réplique de Blanche  » Vous êtes pas très bon nageur en fait ? » m’a bcp plu.

            Je recommande l’interview du réalisateur , https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/le-cineaste-guillaume-nicloux-en-guadeloupe-avec-blanche-gardin-et-michel-houellebecq-7213661

            Y est discuté sa manière de tourner, le plaisir pris lors des tournages …

            • #37948 Répondre
              Tony
              Invité

              Une de mes répliques préférées c’est quand elle lui dit qu’il a plutôt un corps tertiaire,sinon merci pour le lien je vais écouter ça, Nicloux est toujours intéressant quand il parle de cinéma,par exemple ici,ce qu’il dit sur les films qui l’ont marqué est magnifique

              Invité par Michel Houellebecq, Guillaume Nicloux livre ses choix cinéma

              • #37951 Répondre
                Le trou noir Extatique
                Invité

                Merci bien, Toujours preneur de nouvelles références filmiques.

                • #37961 Répondre
                  Billy
                  Invité

                  J’ai vu « Dans la peau de Blanche Houellebecq » et c’est mauvais.
                  Déjà c’est pas très drôle. On rit un peu à certaines répliques de Blanche et c’est tout.
                  Il y a des bonnes idées qui ne font jamais des scènes : Francky Vincent jouant une marseillaise cheap (mais ça ne dure pas, ça ne va pas jusqu’au malaise, jusqu’à voir les réactions des spectateurs). Comme le concours de sosies de Houellebecq, c’est une idée drôle a priori, mais la scène est moyenne parce qu’on y croit pas. Le réal s’en fout qu’on y croit ou pas.
                  Les répliques de Blanche m’ont fait marrer parfois. Elles viennent de son sens de l’observation (« corps tertiaire »), et de ses vannes qui moquent la gauche morale (« On est tous de gauche ici » moque par l’absurde une gauche qui se sentirait être le camp du bien). Elle se moque de la gauche morale comme elle le faisait, déjà et mieux, dans Problemos et dans La meilleure version de moi-même.

                  J’ai découvert Blanche soluble dans ce film de droite réac. Droite réac dont Houellebecq est le meilleur représentant : c’est un male blanc, un intellectuel reconnu. Mais il a un corps vieux et faible (il se laisse tomber dans la piscine on croit qu’il est mort, il marche lentement, il marmonne, il a les yeux révulsés quand il dort. Il lui manque des dents, il a peur d’oublier son dentier).
                  Pour représenter le dominant blanc, le corps de Houellebecq est un choix de mise en scène intéressant, qui nie cette domination. Les propos de droite de Houellebecq sont présentés comme des dérapages : il devrait écrire ses livres et ne pas faire de dialogues avec Onfray.
                  Dérapage, ça se discute. Le film n’en discutera pas.
                  Et l’interview de 30 secondes de Maryse Condé n’en fait pas un film dialectique.

                  C’est un mauvais film : parachuter des bourgeois blancs célèbres dans une ile dans une grosse voiture pour se confronter au passé colonial, aux habitants qui veulent leur indépendance, en croisant documentaire et fiction, pardon mais on l’a déjà vu : Pacifiction.
                  Et Pacifiction nous permettait de voir l’ile, les habitants, les maisons, de sentir les vagues. Ce que « dans la peau de blanche… » ne fait jamais. (c’est filmé en caméra à l’épaule, cadré sur les visages, monté très cut)

                  • #37964 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Rapidement,et on pourra y revenir,il y a une inexactitude dans ce que tu rapportes,tu oublies de préciser que Houellebecq est accompagné d’un garde du corps,gitan et juif, qui passe son temps à menacer et à mettre des coups de boule aux habitants de l’île,donc si domination blanche il y a elle n’est pas éludée.

                    • #37965 Répondre
                      Tony
                      Invité

                      Après comparer entre eux des films qui n’ont que peu de rapport ou un vague sujet commun n’a pas beaucoup d’intérêt.

                      • #37985 Répondre
                        Billy
                        Invité

                        Oui, je veux bien que tu y reviennes quand tu as le temps.
                        La domination blanche réelle se fait sans coup de boule, à une autre échelle. La question c’est pas qui met des coups de boule ? C’est qui détient les industries, les terres, où est l’argent ?
                        L’assistant gitan juif dit ne pas toujours être payé par Houellebecq, il vivote à ses côtés, à ses crochets, il trafique on ne sait quoi (rdv avec le cousin et le paquet ? On imagine de la drogue). L’assistant n’est pas dominant, c’est une petite frappe.

                        Il y a une scène d’interview sur l’indépendance de la Guadeloupe où Blanche ne veut pas répondre. C’est l’interviewer qui lui extorque « oui l’indépendance c’est bien ». Elle veut être du côté du neutre, du bien (la gauche morale). Comme Blanche insiste pour qu’on dise « metteuse en scène » alors que la concernée s’en fout.

                        Pacifiction et Dans la peau n’ont pas qu’un vague sujet en commun. Ils ont aussi un dispositif en commun : Mettre des acteurs blancs dans une ile française et construire le film autour.
                        Or Nicloux a une façon de faire plus proche de Dupieux que de Serra. Proche de Dupieux parce qu’il sous-filme les lieux, les situations, et parce qu’il y a la même idéologie sous un vernis décalé.

                      • #37987 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Sur Nicloux en tant que cinéaste je comprends tes réserves,sur la comparaison avec Pacifiction on est quand-même sur 2 formes antagoniques,chez l’un c’est un dispositif de télé réalité où tout va très vite,1h28, alors que Serra c’est le cadre,le plan et une durée de 3h30,les effets recherchés ne sont pas les mêmes.
                        Il me semble que Nicloux est beaucoup plus trouble et intéressant que Dupieux, là aussi je trouve la comparaison un peu étrange.
                        Sur Blanche qui ne veut pas répondre, plutôt que du neutre j’y vois plutôt un refus de jouer le jeu des opinions,d’alimenter la machine infernale,elle a une formule à ce sujet(‘moi même je me fous de mes opinions’)

                      • #37988 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Sur le gitan juif on peut aussi le voir comme une caricature du capitalisme primitif,un capitalisme un peu mafieux,barbare,on ne sait pas ce qu’il est venu chercher dans ce bar tenu par un soit disant cousin et le sait-il lui même?

                      • #37990 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Le gros point commun avec Dupieux c’est la façon de ne jamais faire le film qu’il promet. L’idée était bonne, et finalement le film ne commence jamais vraiment.
                        Le fétiche Houellebecq fonctionne un peu, mais pas tant que ça. Au fond pas grand chose à en tirer. D’ailleurs vers la moitié, le jouet s’éteint. Il dort.
                        On sent que Nicloux s’en est lassé, qu’il ne sait plus quoi en faire (il tentevde le droguer, mais ça ne fait que l’endormir)
                        Sur le fond c’est sûr que flirte avec le poisseux, mais là encore ça ne va jamais au-delà d’une sorte de petite provocation droitarde. On dirait presque du Dumont – décidément ça va finir par faire beaucoup de poisseux de droite en activité en ce moment dans le cinéma. Avec bien sur pour point commun la misogynie.

                      • #38009 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        J’en sors, déçu, mais ça m’interroge. Je m’attendais à un film simplement absurde et drôle, j’en ressors avec l’impression d’un film saturé de sous textes, un film à message qui se fait passer pour le contraire (et j’ai relativement peu ri, sauf trois ou quatre très bonnes répliques, c’est vrai).

                        Profusion de messages, nombreux et confus. Pas sûr que ça soit si intéressant à déplier, mais j’ai cette drôle d’impression d’un film qui en définitive se réfléchit plus qu’il ne se vit — c’est du moins comme ça que je l’ai ressenti, je n’étais pourtant pas venu pour ça. C’est peut être ma déception qui m’a fait « intellectualiser » pour le « sauver ».

                        S’il l’hypothèse « film à messages » n’est pas bonne, alors ce film est pour ma part à oublier très vite. Les autres Nicloux sont-ils similaires?

                      • #38014 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Mais,de base comme disent les ados,est-ce que tu es lecteur de Houellebecq?Je crois aussi que le film n’a pas grand chose à dire,je n’ai vu aucun message caché,je l’ai plutôt pris comme une expérience psychédélique assez absurde avec quelques bonnes vannes et quelques situations bouffonnes, j’ai passé un bon moment mais ça s’oublie vite.Pour Nicloux j’en ai pas vu beaucoup en fait, à part ceux avec Michel et celui avec Depardieu/Huppert que j’ai bien aimé,je me souviens vaguement d’un film avec Balasko et The end je l’ai pas terminé.

                      • #38015 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        De base ça ne serait pas faux de dire « oui », mais je n’en ai lu que deux : Extension et Les Particules Elementaires. J’ai beaucoup ri avec Extension, il faudrait que je relise mais j’avais beaucoup aimé. Les Particules plutôt apprécié. Je trouve ce mec intéressant, surtout en tant qu’il se documente lui-même. Idéologiquement il me rebute assez franchement mais il m’intéresse un minimum, il dit des choses pas bêtes dans certaines itw, et il est régulièrement drôle (en partie malgré lui mais pas que)

                      • #38018 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Ce qui m’a toujours surpris avec Houellebecq c’est qu’il n’a honte de rien et qu’il est le contraire de ce que promeut en permanence le libéralisme, j’arrive pas à croire qu’il soit devenu un intime de Sarkozy,de Le Maire etc…

                      • #38021 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        A ce titre j’ai surtout l’impression qu’il est le cas typique de l’anti-libéral parfaitement soluble dans le capital. Il est probablement bien plus anti-libéral que moi, et pourtant jamais il ne me viendra à l’esprit — même lorsque je serai riche et célèbre comme lui — de devenir pote avec Le Maire ou Sarko.

                        J’ai en revanche l’impression (et il le dit) qu’il est un immense lecteur. Lorsqu’il parle de littérature je le trouve loin d’être inintéressant. Mais je ne suis pas un immense lecteur de littérature

                      • #38026 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Je crois que François va se facher, Houellebecq déteste le nouveau roman et il est très mainstream dans ses goûts littéraires, Agatha Christie et Arthur Conan Doyle sont ses auteurs préférés…

                      • #38027 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Ah je n’ai pas dit que je trouvais forcément juste ce qu’il disait ! J’ai simplement l’impression d’entendre quelqu’un qui parle d’un sujet qu’il connait. Parmi ses inspirations favorites tu oublies Pif le chien

                      • #38044 Répondre
                        Billy
                        Invité

                        Oui faites gaffe sur le Nouveau roman. Je me souviens d’un type qui avait critiqué Robbe-Grillet ici… Bon bah plus personne ne parle de Robbe-grillet. Nulle part.

                        Tony je reprends, tu dis que tout va très vite dans le Nicloux. Certes il y a un montage très cut pour mimer la vitesse ( dans le générique de début de façon spectaculair. Et même pendant les scènes après, c’est assez cut, son tournage multicam le permet. Par exemple, il y a l’idée des repas mais on ne les voit pas manger vraiment). 
                        Il y a alliance d’un montage cut et d’une grande lenteur du film, de l’histoire. Il se passe peu de choses. La lenteur c’est parce que Nicloux ne sait pas quoi faire faire à ses persos :
                        on a deux fois la même scène au début sur le gros doute que Zadi soit le neveu de Françoise Lebrun. Parce qu’il est grand et elle petite. La même vanne est jouée deux fois, elle est deux fois amusante sans être super drôle. On garde les deux scènes, on meuble.
                        + 3 fois il fait trop chaud à l’arrière de la voiture, il n’y a pas la clim
                        + 2 fois des champignons hallucinogenes (la première fois ça sentait déjà le désespoir de scénariste)
                        Le film est lent car il a peu d’idées. 
                        « moi même je me fous de mes opinions » ça m’a aussi fait rire, mais ça s’inscrit dans un truc dit précédemment par Blanche : Houellebecq ferait des romans magnifiques mais il dirait des conneries, des opinions en interviews avec Onfray, des dérapages. Or ses romans ne sont pas sans opinions.

                        J’avais vu « aux confins du monde » de Nicloux, très différent de « Dans la peau ». C’est un film de guerre avec soldat traumatisé qui veut se venger, joué par Gaspard Ulliel. film très dispensable.

                      • #38045 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        François ne se fachera pas des gouts de Houellebecq, mais il pourrait un peu se fâcher de la désinvolture de votre échange, qui en arrive logiquement à des paradoxes, et à des « je ne comprends pas ». Eh bien il serait temps de comprendre non?
                        H est « anti-libéral » dites vous. Ca veut dire quoi ça au juste? Il est anti-capitaliste? Non, il ne l’est pas, et d’ailleurs il n’écrit ni ne prononce jamais ce mot.
                        En réalité H produit une critique réactionnaire de ce que lui et les réactionnaires appellent libéralisme, c’est à dire ce qui a fait émerger la conscience individuelle, dont H, en bon lecteur de De Maistre, affirme qu’elle est forcément une conscience malheureuse. H déteste alors toute forme de revendication d’émancipation individuelle, et au premier chef celle des femmes, que toute son oeuvre strictement misogyne travaille à peindre malheureuses d’avoir voulu échapper à la soumission. Sa haine de l’individu et de l’émancipation lui rend toute politique autoritaire désirable, qu’elle émane de Sarkozy ou de Le Maire ou d’un quelconque conservateur. Il imagine même dans Soumission, livre mécompris par tous, une alliance objective avec l’islam pour soumettre les femmes et pulvériser le progressisme. etc. Avec ça, on peut, comme Nicloux, comme Yann Barthèse continuer à prendre H comme un type marrant. voire comme une chose marrante, une peluche, mais H est un idéologue tenace – ce qui limite accessoirement son talent littéraire.

                      • #38066 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        « Ca veut dire quoi ça au juste? Il est anti-capitaliste? Non, il ne l’est pas, et d’ailleurs il n’écrit ni ne prononce jamais ce mot. »

                        C’est exactement ce que je dis. Et je me tue à le dire à certains amis qui mettent en avant qu’existe « l’anticapitalisme de droite » (un truc qui n’existe quasiment pas. Tout au plus il y a un anti grand-capitalisme de droite. Qui existe aussi chez des libéraux aussi, c’est classique). Mais H est un anti-libéral revendiqué, c’est un fait. Et cet anti-libéralisme lui fait aussi prendre les positions que tu as dites. Un vrai anti libéral est nécessairement anti libertaire

                      • #38072 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Mais je crois doc qu’on gagnerait plutot, donc, à l’appeler penseur autoritaire, ou réactionnaire. Comme ça on ne donne pas dans la stratégique ambiguité instaurée par les réactionnaires autour du mot libéral.
                        Au coeur de l’oeuvre et de la pensée (c’est pareil) de H il y a une haine viscérale et parfaitement anti-moderne, de l’individu, je dirais même de l’individuation.

                      • #38075 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Parfaitement d’accord avec ça. D’accord stratégiquement et d’un point de vue descriptif/factuel, « réactionnaire » convient très bien aussi.

                      • #38076 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Houellebecq et la gauche,ce matin,en feuilletant quelques livres,je suis tombé sur ça:

                        ‘La littérature ne sert à rien. Si elle servait à quelque chose, la racaille gauchiste qui a monopolisé le débat intellectuel tout au long du XXe siècle n’aurait même pas pu exister. Ce siècle, bienheureusement, vient de s’achever ; c’est
                        le moment de revenir une dernière fois (on peut du moins l’espérer) sur les méfaits des « intellectuels de gauche », et le mieux est sans doute d’évoquer Les Possédés, publié en 1872, où leur idéologie est déjà intégralement exposée, où ses méfaits et ses crimes sont déjà clairement annoncés à travers la scène du meurtre de Chatov. Or, en quoi les intuitions de Dostoïevski ont-elles influencé le mouvement historique ? Absolument en rien. Marxistes, existentialistes, anarchistes et gauchistes de toutes espèces ont pu prospérer et infecter le monde connu exactement comme si Dostoïevski n’avait jamais écrit une ligne. Ont-ils au moins apporté une idée, une pensée neuve par rapport à leurs prédécesseurs du roman ? Pas la moindre. Siècle nul, qui n’a rien inventé. Avec cela, pompeux à l’extrême. Aimant à poser avec gravité les questions les plus sottes, du genre : « Peut-on écrire de
                        la poésie après Auschwitz ? » ; continuant jusqu’à son dernier souffle à se projeter dans des « horizons indépassables » (après le marxisme, le marché) alors que Comte, bien avant Popper, soulignait déjà non seulement la stupidité des historicismes, mais leur immoralité foncière.Compte tenu de l’extraordinaire, de la honteuse médiocrité des «sciences humaines» au XXe siècle, compte tenu aussi des progrès accomplis pendant la même période par les sciences exactes et la technologie, on peut s’attendre à ce que la littérature la plus brillante, la plus inventive de la période soit la littérature de science-fiction ; et c’est en effet ce qu’on observe, à un correctif près, qu’il convient d’expliquer. Rappelons d’abord qu’on peut évidemment écrire de la poésie après Auschwitz, aussi bien qu’avant, et dans les mêmes conditions ; posons-nous maintenant une question un peu plus sérieuse : peut-on écrire de la science-fiction après Hiroshima? En examinant les dates de publication, il semble bien que la réponse soit : oui, mais pas la même ; et des textes, il faut bien le dire, franchement meilleurs. Un optimisme de fond, probablement incompatible avec la littérature romanesque, s’est évaporé là, en l’espace de quelques semaines. Hiroshima était sans doute la condition nécessaire pour que la littérature de science-fiction puisse accéder réellement au statut de littérature.
                        Il faudrait encore citer Ballard, Disch, Kornbluth, Spinrad, Sturgeon, Vonnegut et tant d’autres qui parfois en un seul roman, voire en une nouvelle, ont plus apporté à la littérature que l’ensemble des auteurs du nouveau roman, et que l’écrasante majorité des auteurs de polars. Sur le plan scientifique et technique, le XXe siècle peut être placé au même niveau que le XIXe siècle. Sur le plan de la littérature et de la pensée, par contre, l’effondrement est presque incroyable, surtout depuis 1945, et le bilan consternant : quand on se remémore l’ignorance scientifique crasse d’un Sartre et d’une Beauvoir, pourtant supposés s’inscrire dans le champ de la philosophie, quand on considère le fait presque incroyable que Malraux a pu – ne fût-ce que très brièvement – être considéré comme un «grand écrivain », on mesure le degré d’abrutissement auquel nous aura mené la notion d’engagement politique, et on s’étonne de ce que l’on puisse, encore aujourd’hui, prendre un intellectuel au sérieux ; on s’étonne par exemple de ce qu’un Bourdieu ou un Baudrillard
                        trouvent encore des journaux disposés à publier leurs niaiseries. De fait, je crois à peine exagéré d’affirmer que, sur le plan intellectuel, il ne resterait rien de la seconde moitié du siècle s’il n’y avait pas eu la littérature de science-fiction. C’est une chose dont il faudra bien tenir compte le jour où l’on voudra écrire l’histoire littéraire de ce siècle, où l’on consentira à porter sur lui un regard rétrospectif, à admettre que nous en sommes enfin sortis. J’écris ces lignes en décembre 2001 ; je crois que le moment est bientôt venu.’

                      • #38079 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Tout est là
                        Lignes d’une grande bêtise, au passage. Et qui retournent sans vergogne les choses. Car on ne trouve pas, depuis trente ans, d’écrivain français plus engagé que lui.

                      • #38081 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Citer Bourdieu comme exemple d’auteur non-scientifique, il fallait le faire…

                      • #38085 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        Je pense que Houellebeck appartient à cette catégorie d’hommes blancs pour qui l’antiliberalisme constitue non pas une opinion mais bien plutôt une humeur. Je connais bien car mon papa est un peu comme ça. Il ne soucie du libéralisme (ou capitalisme comme il ne le nommera jamais) que lorsque celui ci vient lui gâcher ses plaisirs esthétiques et sensoriels. Mon papa n’aime pas le libéralisme parce qu’il n’aime pas les centres commerciaux et la foule de badauds mal fagotes qui y traînent, qu’il préférerait voir lire dans un parc. Il n’aime pas voir les jolies villes de son enfances peu à peu défigurée par le béton et les affichages publicitaires. Il n’aime pas ces choses là exactement au même titre qu’il déteste les piscines de jardin et les trampolines. C’est moche, irritant, vulgaire. Comme les manif du premier mai avec ses saucisses et ses sono tapageuse. D’ailleurs mon papa aime bien Houellebecq.

                      • #38089 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        L’antilibéralisme est en fait, une détestation de tout ce qui est, et que ces grands vagues appelleront l’époque, le temps, la vie moderne, de nos jours, etc.
                        Mais j’y insiste : l’antilibéralisme de H, s’il s’ancre assurément dans un socle affectif qui serait sa haine des femmes, est plus articulé, précis, circonscrit, que cela. Il s’agit bien de s’en prendre à l’individu en tant que tel, et donc à la modernité qui l’a fait émerger.
                        Cette position pourrait s’ancrer aussi dans un autre socle affectif-métaphysique. La haine de la mort. Car l’individuation, c’est la mort. D’où les rêveries touchantes de MH autour de l’éternité, et ses divers bricolages narratifs pour lui donner existence.
                        MH c’est un pauvre type misogyne doublé d’un schopenhauerien profond. Une fois qu’on a dit ça, on a fait le tour.

                      • #38090 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Il y a vraiment de ça chez H oui. C’est le Michel grognon. Mais comme ça ressort bien du texte posté par Tony et de pas mal d’autres interventions, sa réactionnarité a fini par acquérir une certaine structure et dépasse la simple humeur. Comme pas mal d' »anti-libéraux » réactionnaires, il est au fond, dans sa critique-humeur anti marché et anti moderne, assez proche de la critique libérale de la démocratie (via la critique de la « société de consommation » etc… bien dépliée par Rancière dans la Haine de la Démocratie). Il y a là un point de jonction entre lui et les Républicains purs jus — et ce alors même qu’il m’a semblé l’entendre dire du bien de la « démocratie » (mais entendue au sens faible, notamment d’une « démocratie référendaire », si mes souvenirs sont bons, il en a pas mal parlé dans un entretien).

                        C’est en tant qu’il documente ces tendances-là de la droite qu’il m’intéresse

                      • #38091 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        (réponse à Ema, je n’avais pas vu la réponse de François entre temps)

                      • #38098 Répondre
                        Ema
                        Invité

                        Je ne connais effectivement que le Michel grognon misogyne, ses aspects plus politiques m’échappent un peu je me reconnais.

                      • #38102 Répondre
                        PierreZG
                        Invité

                        Ce que je trouve bon à prendre dans ceux que j’ai lu c’est les intéractions masculines où les personnages n’ont rien à se dire car les 2 hommes n’ont que le même désir en tête et sait que l’autre est pareil donc à quoi bon intéragir. D’autant qu’ il y a compétition.
                        Les féministes marxistess parlent aussi de cette isolation musculine.
                        Il y a aussi toujours dans cette veine de Schopenhauer la question par rapport à nos désir de savoir si il faut être en gros bouddhiste. Il y a des personnages qui ont des moments de bonheur dans cet état de néant mais d’autres qui ne sont heureux qu’en quittant leur méditation. J’ai l’impression que H se sent philosophe par rapport à cette question mais c’est très faible.

                      • #38105 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Mais les « aspects politiques » sont tout à fait liés à ses humeurs, puisque la politique est affaire d’affects. La politique, comme la philosophie, sont des extrapolations théorique d’affects. Tout est dans tout.

              • #38313 Répondre
                jacques sceptes
                Invité

                quelqu’un pourrait-il copier coller cet article ?

    • #37471 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Je me suis fait mon premier RAZ (le gang des bois du temple). C’est lequel votre pref?

      • #37500 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Dernier maquis, Bled number one
        Voir Microciné

        • #37511 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Merci, c’est noté. Il y a des choses que j’ai beaucoup aimé, mais mon esprit a un peu vagabondé je l’avoue. Je vais insister un peu.

    • #37522 Répondre
      Ostros
      Invité

      François, je te repose la questionici pour laisser le fil dans la ville au livre et le fil cinéma aux films.
      .
      Quand tu dis que tu recommandes comme un fils c’est sans ironie ?

      • #37524 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        tu me connais bien je crois
        donc. tu sais

        • #37525 Répondre
          Ostros
          Invité

          Il faut que j’apprenne à faire plus confiance à mon instinct…

    • #37532 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      @François j’ai lu à nouveau ce matin ton avis négatif sur je ne sais plus quel post concernant Fish Tank d’A. Arnold, tu te souviens de pourquoi tu n’avais pas aimé? J’ai vu récemment son court métrage Wasp sur Mubi, j’ai trouvé à nouveau qu’il y avait une sorte de sincérité et d’énergie qui se dégageait de son cinéma qui m’impressionne (je dirais même de joie pour Wasp, paradoxalement). Trop esthétisant, Fish Tank? Pas vu d’autres que ces deux à ce jour

      • #37543 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        je me souviens d’un parcours psy-scénaristique assez balisé
        l’équation éternelle du « réalisme poétique » : le réel comme carcan, la poésie comme échappée (cheval, musique)
        mais faudrait que je revoie

        • #37551 Répondre
          Malice
          Invité

          Tu as pris le jeune gitan au cheval comme un personnage allégorique?
          J’ai interprété le départ de l’héroïne vers l’aventure comme un rejet du béton et de la campagne pavillonnaire, une recherche de quelque chose de plus sauvage ( bref j’ai pris son histoire avec le jeune heathcliff contemporain comme un projet de vie réel)

    • #37542 Répondre
      Malice
      Invité

      Est-ce que des gens ont vu  » Club zero » de Jessica Hausner? J’ai enfin pu y avoir accès grâce à ma médiathèque et je suis étonnée que le film soit resté si confidentiel. Je l’ai trouvé plutôt riche ( aussi bien dans les situations que dans la mise en scène : les plans de la jeune athlète sur son trampoline, le montage qui donne parfois l’impression qu’un personnage se regarde lui-même dans le plan suivant) et je n’ai pas ressenti la colère d’un certain critique de France C entendu au moment du festival de Cannes.

      • #37562 Répondre
        pier
        Invité

        Vu à sa sortie j’ai trouvé ça pas mal, en fait très intéressant de voir ces adolescents tenus dans la radicalité de cette philosophie (qui regardée ainsi paraît forcément complètement con) parce que ça produit des situations bonnes, des gestes vraiment inédits. Le problème de la critique face au film c’est qu’elle s’est arrêtée à une idée de la mise en scène de Hausner (c’est froid, machinal, misanthrope (ah bon ?)) sans prendre la peine de vraiment le regarder — systématisme critique qui colle à son cinéma, qu’au final personne ne regarde. Je conseille Amour fou qui est sur Arte en ce moment (dans la section dédiée à Sandra Hüller).

        • #37573 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          on va suivre ça

        • #37599 Répondre
          Malice
          Invité

          J’ai lu aussi des critiques qui qualifiaient Hausner de ricaneuse ( ??)
          Je crois que le portrait des parents et des élèves bourgeois a sans doute à voir avec le rejet de certains…La trajectoire du jeune garçon boursier m’a paru particulièrement cruelle.

        • #37675 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Ca en revient un peu au même.

        • #37733 Répondre
          Malice
          Invité

          Revu  » Amour fou » hier, aimé autant qu’au premier jour.
          Je ne l’avais vu que sur un tout petit écran de pc la première fois et en le découvrant sur ( plus) grand écran j’ai découvert que les couleurs et les cadres sont sublimes ( les rouges, aussi beaux que dans un Breillat)

          • #37734 Répondre
            Malice
            Invité

            Et le mystère de la maladie d’Henriette est un sujet vertigineux – autant que celle de l’écrivain. On n’est pas devant un poète qui entraîne son amante dans son délire, ou un amour qui fait fusionner leurs âmes, mais face à deux corps possédés qui ne s’ouvrent que très superficiellement ( ou pas du tout) l’un à l’autre.
            J’adore la phrase du mari à la fin, quand il s’avère que le corps d’Henriette était sain :  » C’était donc bien par amour ». Peut-être que oui, peut-être que non, l’énigme ne sera pas résolue.

        • #37980 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          Vu Club Zero hier car on le trouve sur Universciné. Le film à ranger dans le rayon des plus belles réussites de Jessica Hausner en compagnie de Lovely Rita et Amour fou. Je n’en avais pourtant entendu que du mal, ce qui m’avait dissuadé d’aller le voir au cinéma.

          • #38099 Répondre
            Malice
            Invité

            Hervé, as-tu kiffé les plans de la trampollineuse?
            J’aime beaucoup le plan où on la voit sauter, vue de dessus, donc « écrasée » et empêchée de prendre son envol, pendant que sa prof de gym annonce quelque chose comme  » elle va crever le plafond »

            • #38104 Répondre
              Hervé Urbani
              Invité

              J’ai beaucoup aimé les deux séquences trampoline, et celle dont tu parles en particulier. En y réfléchissant, je peux dire que toutes les séquences du film m’ont plu, et jusqu’au génial générique de fin avec son plan large et fixe assez dingue.

      • #37984 Répondre
        Anna H
        Invité

        Vu Club Zéro hier (il est louable sur Universciné) et beaucoup aimé, notamment tout le travail formel sur les couleurs, les décors, les costumes. Il y a par une scène d’ingestion digne de Salò ou les 120 Journées de Sodome.

        • #38100 Répondre
          Malice
          Invité

          Oui, ce geste radical de l’ado, que j’avais entendu des critiques qualifier de provoc gratuite, je l’ai trouvé très logique ( bien que dégueu)

    • #37571 Répondre
      Azad
      Invité

      Ce week-end J’ai vu HLM Pussy, premier film de Nora el Hourch où il est question de l’émergence d’un phénomène metoo dans une banlieue à l’occasion d’une agression sexuelle. L’agresseur et l’agressée ne sont pas traités du tout de manière manichéenne, on sent beaucoup de vécu dans les attitudes et les préoccupations des personnages et dans leurs interactions. Il y est également traité de manière assez juste des contradictions de classe voire de race puisque c’est la plus bourgeoise et la plus blanchie qui va se mettre en port à faux par rapport à ses copines.

      Dans les points négatifs, je trouve que la manière d’amener les téléphones et les réseaux sociaux à l’écran est un peu pauvre, on filme des messages et des emoji en gros plan. Il aurait par exemple été possible de montrer un plan fixe sur la salle de classe, un groupe de jeunes filles au fond gloussant sur leurs téléphones au dépend d’une camarade à 2 tables d’elles. On verrait tout le paradoxe des réseaux sociaux, tout le monde est connecté, tout le monde sait, mais personne ne se parle, et le prof poursuis son cours dans l’indifférence générale… Je trouve que le cinéma a du mal à faire des choses intéressantes avec les réseaux sociaux, on dirait qu’il faut filmer des texto alors que c’est assez inintéressant…

      Au global j’ai passé un très bon moment même si l’histoire est un peu décousue et qu’il y a un côté tract militant qui peut altérer l’expérience, je pense qu’avec ce film elle avait des choses à déballer, hâte de voir ses prochains films !

      • #37610 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je n’arrive pas à y croire mais tu me mets le doute

        • #37664 Répondre
          Azad
          Invité

          Par rapport à quoi ?

    • #37601 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Quelqu’un a vu Walk Up ? C’est le premier film de HSS qui m’a laissé triste. Comme si on prenait en pleine tronche tout un tas de situations de solitude, la tristesse qui ne peut pas en avoir de grands airs (c’est juste des larmes).
      L’alcool, la peur caché sous la recherche d’un état supérieur par la méditation, la liste des éléments renvoyant à la solitude est longue. J’ai trouvé le film super mai laissant un goût assez amer

      • #37613 Répondre
        Charles
        Invité

        J’ai vu Walk up. Je ne parlerais pas d’amertume mais de tristesse, oui, de celle qui rend joyeux quand elle est montrée avec tant de puissance. HSS montre la fatigue des corps, la vanité de toujours vouloir les corriger, l’érosion du quotidien. Il filme aussi la conjugalité comme rarement il l’avait fait auparavant, évidemment sans crise bergmannienne, sur une terrasse où on parle essentiellement de bouffe. Le plan sur le héros recroquevillé dans son lit en train d’imaginer, de rêver ce qu’il aurait aimé que son explication avec sa femme fût est l’une des plus belles de l’année dans on évidente simplicité. Pareillement, les plans sur la table quasi vide, entre la porte à laquelle frappe la logeuse harceleuse et la terrasse d’où vient le héros, sont superbes, comme des natures mortes contemporaines très entêtantes.
        Assez surpris par ce personnage de réalisateur. François disait que HSS en avait sans doute fini avec les personnages de double et là il nous sort un film avec un héros réalisateur. Sauf que c’est un trompe-l’oeil, le cinéaste ici est très différent de HSS : il a du mal à trouver des financements pour ses films (ce dont il se plaint), il tourne peu. Je pense qu’il a moins choisi un personnage cinéaste pour évoquer sa situation – qui est tout autre – que pour figurer un personnage empêché et frustré dans un domaine qu’il connaît même s’il ne partage pas l’expérience de son personnage.

    • #37626 Répondre
      Ostros
      Invité

      Magnifique
      Le chant d’Annkrist (la beauté du jour) dans Le sang des bois du temple a été mis en ligne

      • #37627 Répondre
        Ostros
        Invité

        Pardonnez mon clavier qui a faim. C’est bien le gang et pas le sang*

        • #37636 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci infiniment Ostros

    • #37632 Répondre
      Guéguette
      Invité

      J’ai rattrapé « Shokuzai » Kiyoshi Kurosawa. Un peu mitigé. Le théâtralité de la dramaturgie m’a parfois sorti du truc, alors que la série est bien ancrée dans la réalité de la société japonaise. De bonnes petite idées de mise en scène tout du long, des contrepieds, des mini touches de fantastique…Et ce constat que ce sont toujours les plus purs qui s’en prennent plus plein la gueule.
      Mais la longue exposition finale m’a semblé peu plausible (peu pas trop en dire sans spoiler). Je comptais un peu dessus pour redonner une ampleur à tout ce qui a précédé, raté. Casting génial par contre.

      • #37693 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        J’en garde un bon souvenir mais je crois que ce film morcelé se situe dans un passage à vide de Kiyoshi Kurosawa, après Tokyo Sonata. Sauf erreur, à ce moment, il n’arrive plus à monter des films et décroche Shokuzai pour la télé, s’en sert comme tremplin pour retourner au cinéma. Je ne me souviens pas de la dernière partie alors que le reste m’a marqué.
        En plus récent et en mieux, je recommande de lui Avant que nous disparaissions, film d’amour avec un arrière-plan merveilleux, plein de poésie et d’humour noir.

        • #37716 Répondre
          Guéguette
          Invité

          Oui je l’avais mis dans ma liste. C’est un réalisateur que j’ai complètement raté, je n’ai même pas vu Cure et Tokyo Sonata.
          J’avais beaucoup aimé Real par contre, alors qu’il semble mal perçu. Je ne regrette pas d’avoir vu Shokuzai cela dit, j’ai juste quelques réserves.

          • #37720 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            On sent que c’est un film de cinéma étiré pour la télévision. Une forme carré dans un espace triangle. Si je m’en souviens bien, ça ne manque pas de flash-backs ni de ralentis, le genre de choses absentes de son cinéma qu’il se force ici à inclure.

            • #37728 Répondre
              Guéguette
              Invité

              Non pas de ralentis. Pour les flashbacks, le sujet les appellent forcément. La mise en scène est assez bonne, il sait créer des effets en restant dans un certain réalisme (j’ai adoré comment il joue avec une fausse teinte pendant la réunion parent/élève, entre autres). Je précise qu’une fausse teinte c’est quand on tourne en lumière du jour et que la luminosité change à cause des nuages qui passent, on perd de la luminosité mais aussi de la température de couleur.
              Je pense que la version cinéma est assez proche des épisodes vu qu’il s’agit des segments de chaque personnages qui s’enchaînent. C’est juste dans l’écriture que j’ai trouvé des trucs un peu forcés niveau drama (le pacte, les morts qui s’accumulent), et d’autres très tirés par les cheveux (la résolution qui veut en imposer mais qu n’est guère crédible de mon pdv).

          • #37722 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Vu Real au moment de sa sortie : aucun souvenir. Je ne sais pas si ça vient de moi ou du film.

    • #37690 Répondre
      PierreZG
      Invité

      Je sort de la gène sur la zone d’intérêt. Il y a une idée pour l’écran rouge dans le film ? Ça m’a rappelé le trauma de Babylone lol.

      • #37710 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        On n’en a pas parlé effectivement
        Mais je pense qu’il s’agit à d’un contrepoint esthétique au reste. La ruse résidant dans le fait qu’il se fait à partir de fleurs qui sont celle du jardin de madame Hoss

    • #37731 Répondre
      Abel
      Invité

      Je viens de sortir de Boléro d’Anne Fontaine. Film plat et insipide. Au regard, de la filmographie de cette réalisatrice, je pense que l’on est face à un cinéma bourgeois, composé de Biopic moyen. Elle continu à faire ses films grâce à son pote BHL. Le long métrage est bancale. Les bonnes idées esthétiques se font malheureusement trop rare. La fin grotesque du film vient enterrer l’honnête performance de Raphaël Personnaz. L’œuvre terminera là ou elle doit être, dans l’ombre.

      • #37732 Répondre
        Pier
        Invité

        Pourquoi s’infliger un film de Anne Fontaine ? C’est pas comme si les sorties intéressantes manquaient. Je recommande le très beau Nome, film venu de Guinée-Bissau par le réalisateur Sana Na N’Hada connu surtout pour sa collaboration avec Chris Marker, mais qui a une très belle filmographie depuis les années 1990. Celui-ci est d’une facture apparemment classique mais se révèle somptueux et créatif à plein d’endroits, mais surtout met en forme une vie (la sienne) de militantisme anticolonial. Et le passage le plus réussi, celui contemporain, s’applique bien rigoureusement à déshéroïser ses figures militantes.

    • #37736 Répondre
      Fanny
      Invité

      Code inconnu de Haneke sur mk2curiosity en ce moment. Je n’avais encore rien vu de pareil. Ce que j’ai vu : une succession de fragments qui captent des instants à la fois très simples et très denses, des vies qu’on découvre intriquées bien qu’elles ne se rencontrent pas, ou si peu, ou si mal.
      .

      « Le collectionneur », c’est peut-être Haneke collectionnant les lieux clos qui font la manière si étrange dont nous habitons le monde : appartement, voiture, métro, supérette, tables réservées, carte jaune, maison en construction, cargaison clandestine, frontières invisibles même au coin de la rue, pour celle qui cherche où faire la manche. J’ai pensé aux monades, interdépendantes et pourtant absolument seules, traduites ici dans le concret terrestre et social. Le tout se redouble d’un incommunicable, un enfermement en soi, qui trouve son paroxysme dans la scène du « je veux voir ton vrai visage ». L’art, le théâtre, la photographie, le cinéma, le récit, ne semblent là que pour relayer ça : l’incommunicable.
      .

      Ce qui m’a saisie : le réalisme de chaque scène. La seule qui m’ait parue empreinte de fausseté, c’est celle du rendez-vous galant. Mais justement, c’est peut-être ça un rendez-vous galant. Pour certaines scènes, je me suis demandée : mais comment Haneke sait-il ça ? Comment l’a-t-il vu ? Il y a une scène que j’ai longtemps vécue, très simple et très dure à la fois, d’une dureté presque impalpable cependant, à laquelle j’ai souvent pensé me disant qu’il faudrait la raconter. Et voilà qu’Haneke m’en fait la parfaite capture sensitive : une voiture qui se fraye un chemin dans la foule, séparant de tous ceux qui marchent celui qui a les moyens de rouler. Ensuite j’ai appris qu’il y aurait dans ce film une référence à Olivier Weber, et j’ai pensé qu’effectivement, un reporter de guerre se trouve aux premières loges pour saisir le tragique dans sa banalité.

      • #37739 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Tu me donnes envie de le revoir.

      • #37752 Répondre
        Charles
        Invité

        C’est un Haneke que j’aime modérément, le début de sa période française qui a fourni des films autrement plus réussis comme Caché.
        Outre le récit choral, qui commençait à être la mode à l’époque (Magnolia, la même année) et qui sert un discours assez convenu sur l’incommunicabilité, je trouve que le film pèche par ses dialogues qui font parfois mal aux oreilles et des comédiens plus ou moins bien inspirés. Je crois que c’est dans une des premières scènes où Binoche s’embrouille avec un jeune dans la rue, là on frôle la cata tant tout sonne faux. Oslund a, je crois, découvert Haneke avec ce film qui l’a beaucoup impressionné. Mais quand on compare cette scène-là avec celle qui ouvre the Square où le curateur se fait voler son téléphone, c’est très cruel pour Haneke. Il a des excuses, il tourne en français, et à cette époque il doit être auréolé de son statut de petit maître autrichien en voie de devenir un grand auteur et il gonfle un peu ses muscles et se surestime sans doute. En revanche, la scène d’agression dans le métro, qui tient uniquement par sa mise en scène est géniale.

        • #37754 Répondre
          Charles
          Invité


          La scène à laquelle je fais référence commence autour de la 5-6ème minute.

          • #37801 Répondre
            Fanny
            Invité

            Je note Caché, Oslund, Magnolia. Pas complètement impossible que mon enthousiasme soit en rapport avec mon peu d’expérience cinématographique…
            Ce n’est pas par les dialogues en tant que tels que j’ai aimé ce film, je ne l’ai pas trouvé très verbal. Ce qui m’a touchée c’est plutôt les situations, les cadres où l’on voit les personnages évoluer. La scène du début que tu cites n’est pas non plus ma préférée. C’est par elle que tient la faible trame narrative, alors que ce que j’aime, c’est plutôt sa dilution dans la multiplicité des autres scènes. Je préfère, par exemple, la scène de l’enfant en train de mimer quelque chose, et la façon dont cette scène va faire écho à d’autres par la suite. Ou celle du repassage. Ou celle du tracteur. Les résonnances subtiles entre scènes. Quand j’entends « film choral », je pense (peut-être à tort?) à des destins qui finiraient par se rejoindre. Là ce n’est vraiment pas le cas et je trouve ça assez fort.

          • #37805 Répondre
            graindorge
            Invité

            Merci Charles pour le cadeau

    • #37758 Répondre
      Abel
      Invité

      Recommandation du jour. Je vous suggère d’aller voir Summer of 42 de Robert Mulligan, film majeur du Nouvel Hollywood. Le lien entre la femme et le désir est parfaitement exploité. Film profondément féministe, sur la possibilité pour la femme de s’élever et de se libérer par son propre désir et sa capacité de séduction (voir Le Lai d’Aristote, œuvre majeur pour nourrir son féminisme)
      La femme est régente dans se film, laissant le jeune garçon complètement désemparé et tremblant. L’homme est décentré une nouvelle fois.
      Long métrage selon moi indispensable pour tracer le chemin d’un féministe corporelle et non spirituelle, manquant inéluctablement à notre époque. Ramenons le corps au centre des questions idéologiques et révolutionnaires.

      • #37761 Répondre
        Malice
        Invité

        J’aime ce film mais je ne l’ai pas vu comme un film d’émancipation féminine…L’héroïne certes s’autorise une transgression mais mue par un besoin de réconfort, de tendresse, elle ne prend pas le pas sur l’homme ( sauf si tu distingues l’homme – le soldat parti au combat, évacué du film au début – du jeune homme, qui est une figure centrale du film?)

        • #37771 Répondre
          Abel
          Invité

          Oui effectivement, dans ma lecture je distingue l’homme, du jeune homme. Selon moi, même après la fin du film, Hermie ne devient pas un homme. J’ai l’impression que son insouciance est toujours là et qu’une certaine féminité est venue remplacer son immaturité adolescente.
          Comme si la femme lui avait apporté autre chose, une morale, une vision du monde qu’un simple rapport.

          • #37775 Répondre
            Malice
            Invité

            Pour moi à la fin, après avoir été excité par ses hormones pendant tout le film ( pour notre plus grande joie d’ailleurs), il est soudain calmé – par sa première expérience, par la tristesse de son amante, peut-être par une certaine déception ou au contraire le mélange de plaisir et de peine qu’a constitué leur étreinte? C’est assez ouvert, puisqu’il ne s’exprime pas…
            Tu entends quoi par « une certaine féminité acquise »?

            • #37777 Répondre
              Abel
              Invité

              Je suis d’accord également avec ton interprétation. Je trouve que sa féminité se perçoit lorsqu’il retrouve ses amis à la fin. Il est plus doux, plus sage et ne s’exprime pas sur sa relation avec son amante. Ce n’est peut-être pas de la féminité dont il est question, mais en tout cas, sa vision des femmes se transforme et il ne les voit plus comme de simple trophées, des objets à acquérir.

              • #37779 Répondre
                Malice
                Invité

                 » sa vision des femmes se transforme et il ne les voit plus comme de simple trophées, des objets à acquérir »
                C’est l’interprétation que tu en fais mais rien n’est sûr, encore une fois, puisqu’il refuse de débriefer sa nuit auprès de ses copains qui le questionnent.
                En outre je ne crois pas que vouloir baiser à l’adolescence veuille forcément dire qu’on considère les femmes comme des objets. Hermie est travaillé par ses hormones, comme nous l’avons tous été ( je suis une femme et je n’ai pas oublié les étés passés avec les copines à guetter les potentiels sur le front de mer – et mes intentions n’étaient pas plus romantiques que ça) et il se trouve qu’il est également intimidé et vaguement amoureux de cette femme plus âgée et superbe – est-ce que cela veut dire qu’il ne recommencera pas à courir les filles avec ses potes après cette parenthèse?

              • #37780 Répondre
                Malice
                Invité

                ps l’association féminité et douceur et sagesse peut se rencontrer mais elle est réductrice – par exemple je suis d’une grande sagesse mais également adepte de l’ultra violence

                • #37802 Répondre
                  graindorge
                  Invité

                  Féminité et douceur: Margaret Tatcher?

    • #37782 Répondre
      Mao
      Invité

      Tar, annoncé pour la prochaine gêne. Mon top 1 de 2023. On a hâte.
      « On ne défend jamais assez les forts contre les faibles » – Nietzsche – Ma cruauté – Tar

      • #37806 Répondre
        graindorge
        Invité

        Pareil et le stylo est prêt

    • #37833 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Vu Le procès Goldman. Mitigé. J’ai trouvé des choses très faible, avec notamment des plans de coupes un peu patauds sur l’assistance, un jeu parfois approximatif (Harari c’était pas ouf notamment). Mais l’illustration du doute et de la théâtralité de la justice était plutôt pertinents. Note finale bienvenue où le verdict est tempéré le temps de deux plans par les réactions de ceux laissés sur la touche.
      Khan a sans doute omis à dessein des détails qui penchaient vers l’innocence de Goldman, afin de maximiser son propos sur le doute. Mais je trouve ça tout de même un peu malvenu dans ce genre de projet et d’approche. De même en se renseignant on ne doute pas trop que Goldman a finalement subi le retour de bâton d’une police malmenée…chose que le petit carton explicatif final s’abstient de faire…Étrange.

      • #37834 Répondre
        Guéguette
        Invité

        Pardon pour les s en trop ou manquants…C’est parti avant vérification…: (

        • #37849 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Cédric Khan n’était absolument pas le bon client pour traiter ce sujet plus grand que lui.

          • #37864 Répondre
            Guéguette
            Invité

            En l’état je ne peux que confirmer. J’ai trouvé qu’il préférait appuyer le côté confus, théâtral et opportuniste de Goldman que de vraiment mettre la société en perspective. On ne s’ennuie pas mais on se demande ce qu’il en reste à la fin.

            • #37868 Répondre
              Charles
              Invité

              Peut-être mais ça reste un très bon film de procès, assez réaliste qui plus est.
              Je ne suis pas sûr que Khan ait volontairement omis des aspects en faveur de Goldman, d’ailleurs quand on lit la fiche Wikipédia on n’est pas vraiment convaincu de son innocence, surtout avec le revirement ultérieur du témoin clé qui lui fournit à l’époque son alibi.

              • #37872 Répondre
                Guéguette
                Invité

                Omis en défaveur. Tu trouveras aussi des éléments très importants dont il n’est pas du tout fait mention dans le film. On ne peut pas dire que l’institution police soit particulièrement mise en cause non plus, pourtant cette ombre plane plus à la lecture des éléments. Et dans la même idée l’absence de regard sur sa mort m’a aussi interrogé.

                • #37873 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Le racisme de la police est quand même largement mis en cause, ainsi que celui de toute la société française d’alors.

                  • #37875 Répondre
                    Guéguette
                    Invité

                    Mis en cause par un Goldman qui semble confus. On ne sent pas du tout le poids d’une institution qui tiendrait l’affaire d’une main de fer. Dans le film, on peut très bien douter de la véracité des accusations de racisme, qui sonnent comme de l’opportunisme.

                    • #37876 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Confus non, virulente oui. Dans mes souvenirs, il y a aussi un flic ridiculisé par le film et qu’on pourrait d’ailleurs trouver un peu caricatural.

                      • #37898 Répondre
                        Guéguette
                        Invité

                        Tu vois je n’étais pas spécialement féru de ce fait judiciaire, pourtant la gêne ressentie par sa compagne en voyant le film fut la mienne aussi:

                      • #37899 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        On en a déjà parlé sur le forum et j’avais répondu qu’on n’est pas obligé de la croire alors qu’elle n’a pas assisté au procès. J’avais aussi mis le lien vers un compte-rendu d’un journaliste présent qui n’était pas très éloigné de ce qu’on voit à l’écran.

    • #37901 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Alors 1, désolé si ça déjà été évoqué, j’ai pourtant essayé via google et le site de voir si le film avait déjà été évoqué, je n’ai pas eu de résultat.
      2 donc oui, on a une direction plus à charge, 3 Je doute qu’elle mente sur son apparition au procès.

    • #37906 Répondre
      Tony
      Invité

      C’est nouveau, ça vient de sortir, maintenant y a un metoo sur les critiques de cinéma,je ne savais pas qu’ils étaient aussi dominants et influents,on en apprend tous les jours.

      • #37907 Répondre
        Ostros
        Invité

        T’es sûr qu’il s’agit de dénoncer des attitudes sexistes et abusives ? J’ai pas vu ça. Par contre j’ai lu que les critiques des cahiers et d’autres revues sont accusées d’avoir alimenté ou cautionné des abus perpétrés sur les actrices très jeunes ou adultes.

        • #37908 Répondre
          Ostros
          Invité

          Non pas alimenté des abus mais alimenté l’imaginaire qui les permettait.

          • #37909 Répondre
            Ostros
            Invité

            Abus perpétrés sur les actrices par les réalisateurs et producteurs reconnus*

            • #37910 Répondre
              Tony
              Invité

              Non là c’est différent, c’est quelqu’un qui cherche des témoignages sur un critique de cinéma qui serait soit disant un dangereux prédateur et termine par Metoo médias…

              • #37911 Répondre
                Ostros
                Invité

                Ah d’accord… qui recherche ça ?

                • #37912 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Aucune idée de qui est cette personne, visiblement elle lui en veut,de quoi ? aucune idée non plus.

                  • #37960 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Tu parles de Burdeau?

    • #37913 Répondre
      Charles
      Invité

      En attendant de savoir si l’Homme qui n’a pas de prénom était consentant quand François l’a tripoté, je recommande the sweet east de Sean Price Williams qui tente de ressusciter le cinéma indépendant américain dans ce qu’il avait de plus foutraque et mal peigné. On aura sans doute des débats sur la sincérité du film, son côté un peu trop calculé et référencé, je ne sais moi-même pas tout à fait quoi en penser si ce n’est que j’ai été pris par le ce récit/road-movie à la découverte des marges des US. La mise en scène

      • #37914 Répondre
        Tony
        Invité

        Oui celui là je vais peut-être le voir ce week-end,tu recommandes?y a de l’humour ou pas?

        • #37916 Répondre
          Charles
          Invité

          Ah oui y a clairement de l’humour, ça se prend moins au sérieux que Safdie que j’ai pu voir (dont le réalisateur a été le chef op’).

      • #37915 Répondre
        Charles
        Invité

        Pardon, fausse manip. La mise en scène fait en effet clairement penser au cinéma américain des années 90 (l’Harmony Korine de Gummo, le Larry Clark de Kids voire le Linklater de Slacker et l’Araki de Doom generation) avec son gros grain, le son un peu dégueu, son récit marabout bout de ficelles, ses freaks sauf qu’on est en même temps clairement dans les années 2020 avec ses extrémistes bouffons et la confusion de tout portée à son paroxysme. On y retrouve Simon Rex (pour 20 minutes seulement) qui est décidément génial, en suprémaciste émouvant et attendrissant (!) qui donne aux films ses meilleurs scènes. L’actrice principale pourrait être pénible avec ses moues et ses minauderies mais elle les dose très bien et parvient à susciter une véritable incertitude sur ce qui la meut et ce qu’elle pense de tout ça, qui sied bien à son personnage d’adolescente mi-blasée, mi-aventureuse. Parfois le film frôle le n’importe quoi, avec des accès de violence trop cartoonesque et des moments de comédie loufoque trop appuyés. Mais ça fait du bien de voir que ce genre de cinéma peut encore exister et se renouveler dans ses figures.

        • #37928 Répondre
          Tony
          Invité

          Macheret est pas aussi enthousiaste que toi:

          Ok vous avez tous craqué sur l’inepte « The Sweet East » de Sean Price Williams, je ressors ma note de Cannes…

          « Je ne suis jamais allé à Hollywood », lit-on comme une bravade en tête d’un chapitre de The Sweet East, premier long-métrage signé Sean Price Williams, chef opérateur star de la scène indépendante new-yorkaise. A première vue, son passage à la réalisation ne dépare en rien de ce cinéma Côte est labellisé « do it yourself », dont il fut la principale cheville ouvrière. Relecture postmoderne du conte satirique façon Alice au pays des merveilles, le film épouse la fugue d’une étudiante s’échappant d’une sortie scolaire, s’acoquinant tour à tour avec une communauté activiste, des suprémacistes blancs, une équipe de tournage snob, une cellule djihadiste, sur une ligne picaresque reliant Washington DC au Vermont. Jouant tout du long la distorsion sensorielle, cette dérive foutraque donne lieu à une invraisemblable bouillie visuelle, fracas de prises hirsutes passées à la moulinette d’un montage convulsif. Le film s’enfonce dans un mélange infernal d’ironie et de contre-ironie, où l’on ne sait plus très bien à quelle distance Sean Price Williams regarde ses personnages, englués entre sarcasme, détachement et fausse candeur. »

          • #37937 Répondre
            Charles
            Invité

            Foutraque c’est certain, c’est même le principe du récit. En revanche bouillie visuelle, non. Le film ne m’a pas donné mal à la tête comme un Tony Scott des années 2000 (période Domino), la caméra s’arrête sur des corps, des visages, ce n’est pas un montage syncopé hystérique. Quant à l’ironie et la contre-ironie, je ne sais pas, ce sont toujours des appréciations casse-gueule que de juger le point de vue du cinéaste sur ses personnages dans ces termes. Ce qui m’a plu c’est de voir des marginaux surprenants, qui dépassaient le stade du cliché sans prendre forcément le contre-pied – certains personnages sont si ce n’est insaisissables au moins assez inattendus pour ne pas être immédiatement identifiables et catégorisables.

        • #37966 Répondre
          Adamou
          Invité

          Je plussoie

    • #37924 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Ten de Kiarostami en ce moment sur mk2 curiosity en gratuit : https://www.mk2curiosity.com/content/ten-64126

      • #37929 Répondre
        Anna H
        Invité

        De même que Le cabinet du Dr Caligari de R. Wiene, 1920 :
        https://www.mk2curiosity.com/content/le-cabinet-du-dr-caligari-62700

      • #37933 Répondre
        Cyril
        Invité

        En parlant de Kiarostami, qu’avez-vous pensé de Copie conforme ?
        J’aime beaucoup le début, la scène d’ouverture, la scène avec l’enfant, mais je trouve que le film devient vite étouffant, aussi parce qu’on reste collé au couple.

        • #37942 Répondre
          Hervé Urbani
          Invité

          J’avais aussi beaucoup aimé le début puis trouvé que, pour la seule et unique fois de sa carrière, Kiarostami s’était perdu en route.

          • #37953 Répondre
            Malice
            Invité

            Par contre Ten est excellent
            La scène de la femme aux cheveux rasés m’a tuée

            • #37973 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Meilleur film du monde

    • #37947 Répondre
      Sarah G
      Invité

      https://www.arte.tv/fr/videos/RC-025027/sandra-hueller/ 4 films avec Sandra Hüller et des docs également à voir actuellement sur Arte.

    • #37977 Répondre
      deleatur
      Invité

      Je publie ici, car je ne sais plus où la discussion a eu lieu. Désolé si ça a déjà été posté.
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      Le cinéma n’a pas attendu la Nouvelle Vague, ni les « Cahiers du cinéma », pour connaître des réalisateurs tyranniques, rappelle, dans une tribune au « Monde », l’historien Jean Narboni, par ailleurs ancien rédacteur en chef de la revue spécialisée.
      .
      Publié aujourd’hui à 08h00 (16 mars)
      .
      Les accusations de Judith Godrèche contre Benoît Jacquot et Jacques Doillon, ses reproches et les questions adressés au milieu du cinéma ont eu pour effet secondaire de virulentes attaques contre le cinéma d’auteur, la politique qui l’a promu, la Nouvelle Vague et les Cahiers du cinéma. Ces attaques surabondent dans les journaux, sur les réseaux sociaux, dans diverses revues en ligne, à la radio et à la télévision. L’expression la plus concise en a été donnée par Laure Murat dans une tribune au Monde, le 17 février, au demeurant précise et mesurée, avec une formule reprise comme accroche par le journal : « A travers Jacquot et Doillon, c’est symboliquement le cinéma d’auteur, consacrant la toute-puissance du metteur en scène, qui se trouve visé. »
      .
      Je tiens à dire qu’il s’agit là d’un contresens, ancien mais aujourd’hui partout repris, sur ce que signifient le cinéma d’auteur et la mise en scène qui en est inséparable. La notion d’auteur de cinéma, dont on peut trouver les prémices chez Louis Delluc, a été promue comme politique par les Cahiers du cinéma en 1955, et la première mention du terme se trouve sous la plume de François Truffaut dans le numéro de février.
      .
      Or, contrairement à ce qui se dit ou s’écrit ici ou là, cette politique n’a jamais consisté à promouvoir la toute-puissance d’un auteur majusculé (ou masculin : elle valait aussi bien pour Agnès Varda, Marguerite Duras, Vera Chytilova ou Shirley Clarke…), mais bien celle de la mise en scène. Pour le dire plus clairement, elle affirmait que le véritable auteur d’un film n’était ni le scénariste, ni l’actrice ou l’acteur principal, ni le directeur de la photographie ou le producteur, mais le metteur en scène. La mise en scène étant entendue non comme simple mise en image ornementale d’une histoire préexistante, mais comme construction spatio-temporelle d’un monde d’images et de sons peuplé de corps parlant, agissant, subissant, regardant ou rêvant. Et dans sa manifestation la plus haute, l’invention – pour reprendre Merleau-Ponty parlant de Cézanne – d’une forme qui pense.
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      Intimidation et terreur
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      Dans l’expression « politique des auteurs », c’est au terme toujours oublié de « politique » qu’il faut imputer les excès, les injustices et les provocations qui ont marqué ce moment de l’histoire du cinéma. Croit-on vraiment les tenants de cette politique assez stupides pour ignorer que la réalisation d’un film résulte d’un travail collectif et que certains doivent une grande partie de leur beauté à l’excellence de l’interprétation (celle par exemple de James Dean, sur qui François Truffaut a écrit un long panégyrique) ou à la griffe d’un producteur, Val Lewton, David Selznick ou Irving Thalberg ? Fallait-il les prendre au sérieux, le faisaient-ils eux-mêmes quand ils proclamaient que le meilleur film de l’année à venir serait celui de Jean Renoir, dont le tournage allait commencer huit jours plus tard ?
      .
      Cette intimidation et même cette terreur que les tenants de la politique des auteurs faisaient régner au sein de la profession étaient inséparables d’un combat, parfois très dur, que le terme « politique » résumait, pour imposer certains noms : Howard Hawks plutôt que Fred Zinnemann ou George Stevens ; Nicholas Ray, souvent tenu par ses confrères comme un piètre technicien aux mises en scène bâclées ; Samuel Fuller, vilipendé par la critique communiste comme cinéaste fasciste et à qui il fallait rendre justice.
      .
      Et c’est, paradoxalement, appliquée au cinéma hollywoodien que la politique des auteurs a été la plus féconde, là où les beautés, les grâces et les charmes d’un film devaient être arrachés de haute lutte à un système de production souvent écrasant par des cinéastes servants de ce système : tenus de filmer un scénario parfois médiocre, obligés de composer avec des acteurs qui ne leur convenaient pas, astreints à des durées de tournage parfois très serrées dans des conditions économiques précaires, dépourvus enfin de droit de regard sur le montage final. C’est sur ce fond d’impouvoir que se manifestaient les qualités du réalisateur, véritable auteur du film.
      Surenchère dans la repentance
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      On voit mal, à la lumière de ces exemples, en quoi la politique des auteurs pouvait consacrer une toute-puissance de l’auteur en majesté, et moins encore participer, comme l’écrit le chapeau de la tribune de Laure Murat, d’un « système opératoire de prédation » et de violences à l’encontre des femmes. Encore s’agit-il là d’un article pondéré, ce qui n’est pas, tant s’en faut, toujours le cas. On a ainsi pu entendre dire, le 8 février, sur une radio de grande audience, que la Nouvelle Vague avait non seulement favorisé les violences faites aux femmes, mais ouvert la voie à la pédocriminalité. Et le plus inquiétant n’est pas là : c’est – témoignant du climat étrange d’intimidation et de surenchère dans la repentance qui règne en nos contrées depuis quelques semaines – que personne n’ait trouvé à redire à ces déclarations diffamatoires sur une radio de service public.
      .
      La focalisation d’attaques d’une violence parfois inouïe contre le cinéma d’auteur et les Cahiers du cinéma, parce que les films de Benoît Jacquot et Jacques Doillon ont pu y être défendus, est non seulement infondée, mais proprement déplacée. Il n’est pas nécessaire d’être un grand historien pour savoir que le cinéma a connu, sans attendre la Nouvelle Vague, des réalisateurs autoritaires, abusifs, violents ou tyranniques, de Henri-Georges Clouzot à Sam Peckinpah, et parfois très grands, comme Otto Preminger ou Erich von Stroheim. Et il suffit de lire Hollywood Babylone (1975), de Kenneth Anger, pour voir se déployer un incroyable panorama de perversions, turpitudes, dépravations, vices, emprises, violences, disparitions, viols et jusqu’à des crimes parfois restés impunis, où aucune trace d’influence de la politique des auteurs n’a été trouvée.
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      Un premier contre-feu vient heureusement d’être allumé, qui pourrait donner un coup d’arrêt au déferlement vindicatif en cours. Un malicieux tour de l’histoire a voulu qu’on le doive à celle par qui le scandale est arrivé, Judith Godrèche. Lors de la Nuit des César, elle a joliment conclu son intervention avec quelques répliques de Céline et Julie vont en bateau (1974), de Jacques Rivette. Rivette : le tenant le plus radical de la politique des auteurs et son plus brillant théoricien, par ailleurs le metteur en scène le moins prédateur qui se puisse imaginer.
      .
      Jean Narboni est ancien rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, enseignant à l’université Paris-VIII et à la Fémis, directeur de la collection Cahiers du cinéma/Gallimard. Il a notamment écrit « La Grande Illusion de Céline » ( Capricci, 2021).

      Jean Narboni(historien et critique de cinéma)

      • #37978 Répondre
        deleatur
        Invité

        On peut remercier JN de rappeler l’existence du livre d’Anger, Hollywood Babylone, qui montre que sexe, prostitution, drogue, mafia, banditisme et violence sont originaires et constitutives de l’industrie hollywoodienne — comme de l’histoire américaine.

        • #37979 Répondre
          Tony
          Invité

          L’émission sur la radio publique dont il parle,tu sais laquelle c’est?

          • #37982 Répondre
            deleatur
            Invité

            Non, j’ai suivi de loin, je n’ai pas beaucoup de temps en ce moment.
            Quelqu’un ou quelqu’une ne manquera pas de donner la source.

            • #37983 Répondre
              Tony
              Invité

              Ok merci,je crois que c’est l’entretien de J Godreche sur France Inter et c’est ce malicieux tour de l’histoire avec plus tard la citation de Rivette.

              • #38122 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Cette parfaite mise au point de l’ami Narboni recoupe certains des propos tenus par Burdeau lors du débat des Médias. Les grands esprits calmes se rencontrent.
                Si les procureurs en folie tiennent absolument à trouver des os à ronger et des têtes à couper, ils gagneront donc à laisser tranquilles la politique des auteurs dont ils ne comprennent rien, les Cahiers du cinéma qu’ils n’ont jamais lu (et surtout pas la période 68-75 où la revue poussait la remise en question de cette politique jusqu’à promouvoir un cinéma sans auteur – dans la foulée de ce qui se disait en littérature du coté de Barthes et Foucault, et des expériences de dissolution de Godard las de porter son nom comme un boulet), et à se concentrer sur la glorification de la figure de l’artiste initiée par le romantisme, c’est à dire un paquet de décennies avant l’existence même du cinéma.

                • #38124 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  le débat sur le Media, et non pas des Médias

                  • #38133 Répondre
                    deleatur
                    Invité

                    Il n’est pas étonnant, pour qui connaît un peu l’histoire de la critique d’art, à quel point cette volonté actuelle de ne pas distinguer l’oeuvre d’art de la personne, de ramener l’oeuvre à la personne, a besoin de cette figure romantique et mystifiée de l’artiste comme créateur quasi démiurgique (figure du maître) et de l’oeuvre comme expression de sa seule personnalité, au moment même où elle refuse à l’oeuvre d’art toute existence autonome.
                    Régression de la critique d’art, et même absence de la critique d’art aurait dit Proust.
                    Il serait sans doute utile de relire Contre Sainte-Beuve, écrit contre la toute puissance de l’auteur considéré comme l’alpha et l’oméga de l’oeuvre d’art. On se trompe de puissance.
                    Impression de rejouer des procès très anciens (Flaubert, Baudelaire).

                    • #38136 Répondre
                      deleatur
                      Invité

                      Politique des ôteurs, pour reprendre un mot de Daney (Ciné-journal ou L’exercice a été… ?), et non des hauteurs. Narboni, je pense à cela aussi en tête.

                      • #38138 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Je propose la méthodologie inventée dans sa jeunesse par Pacôme Thiellement : imposer à un ami, une connaissance, le visionnage en une seule journée de Out 1 de Rivette, et se payer le luxe de le revoir soi-même toutes les semaines pendant un an.
                        Allez chercher Rivette là où il est dans les années 70 : Noroît, Duelle, Céline et Julie vont en bâteau, Merry-go-round.
                        Ça éviterait de dire bien des conneries. Et de retirer la m…. que certains ont dans les yeux.

                      • #38139 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Sur Rivette j’ai lu quelque part que la belle noiseuse était irregardable aujourd’hui,je l’ai pas revu depuis sa sortie.

                      • #38140 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Belle noiseuse qui est une adaptation du Chef d’oeuvre inconnu de Balzac, où est justement à l’oeuvre ce questionnement sur la figure du pygmalion (voir aussi Le Portrait ovale de Poe) : dans le film de Rivette, ce n’est certainement pas une caution donnée au pouvoir de l’artiste, mais un regard porté sur le geste de peindre, sur l’autonomie de la main du peintre dans le geste de peindre dont parlera Deleuze.

                      • #38142 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Oui dans mes lointains souvenirs de Rivette je me rappelle la dévotion qu’il avait pour Balzac, Truffaut aussi d’ailleurs.

                      • #38144 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Oui, mais chez Balzac, je crois, c’est déjà un adieu à la figure du l’artiste démiurge, sa ridiculisation. Il y a quelque chose de grotesque dans cette figure l’artiste — au moment même où Balzac, loin de tout réalisme et de toute re-création, faisait exister un second monde à côté du nôtre, à peine décalé, plus mystérieux, plus opaque aussi, plus complexe.
                        Truffaut était plus dans le romanesque (Les deux anglaises et le continent). Rivette reprend le Balzac de l’Histoire des Treize (dans Out 1, dans Ne touchez pas la hache, et même dès son premier film Paris nous appartient).
                        « C’est un peu décousu. Mais cela n’a pas grande importance, parce que tout se lie sur un autre plan » : c’est la clé du cinéma de Rivette.

                      • #38145 Répondre
                        Tony
                        Invité

                        Oui c’est très intéressant ce que tu dis,et l’invention géniale de Balzac c’est de faire revenir des personnages d’un livre à l’autre,de central il devient secondaire voire figurant parfois.

                      • #38147 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Puissance de faire exister le réel, en donnant forme à une oeuvre qui a une existence propre.
                        C’est le Rivette de La bande des quatre, son meilleur film pour moi, avec Out 1 et Va savoir.

      • #38319 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Réponse assez solide à la tribune de Narboni : https://lmsi.net/La-preuve-par-Celine-et-Julie

        • #38327 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Je relirai moins vite ce texte mais d’ores et déjà :
          « Et c’est bien aux Cahiers du cinéma, dans les années 1960, 70, 80, 90, 2000 et suivantes, qu’ont été célébrés et imposés comme des « grands » les dénommés Doillon, Garrel et Jacquot, »
          Faux. Aux Cahiers il n’a jamais été dit que Doillon et Jacquot étaient grands (Garrel c’est plus partagé). Ce sont des cinéastes que d’ailleurs les Cahiers ont très peu suivi.
          Je signale que, fils des Cahiers, je n’aime aimé aucun de ces trois cinéastes. J’ai même une vieille antipathie pour deux d’entre eux.

          « Tout d’abord, Rivette est peut-être « le plus brillant » et « le plus radical » des tenants de « la politique des auteurs », mais il en est surtout le plus atypique, le seul de la « bande » qui, au lendemain de la « bataille » remportée, s’est efforcé de déconstruire la fonction-auteur en y introduisant toujours plus de collectif et de féminin, en co-écrivant ses films avec ses actrices – et cela sans « oublier » de les créditer au générique ! »
          Et Godard? Qui après s’etre fondu dans le collectif Dziga Vertov cosignera quelques films avec Anne-Marie Miéville?
          ET les Straub que soutenait bec et ongles les Cahiers? « Les Straub » désignant Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, indissociables.

          « Rivette est à ce point l’exception qui confirme la règle que son film Céline et Julie, en effet génial et absolument féministe, est sorti en 1974 sans le moindre soutien, et même sans la moindre considération de « la Maison Cahiers ». La revue, sa revue, celle dont à peine dix ans plus tôt il était le rédacteur en chef, ne consacre alors pas un article, pas un entretien, pas même une notule, pas même une ligne à ce film pourtant révolutionnaire à mille égards si l’on accorde un tant soit peu d’importance aux femmes et à leurs luttes. »
          En 74 les Cahiers ne parlent pratiquement plus de films, de Rivette ou de quiconque. C’est la période radicale-Mao. Passé cette période, ils ont sans cesse accompagné et salué le travail de Rivette, qu’on trouvera plusieurs fois en couverture de la revue.

          « Il faut dire que les Cahiers ont alors d’autres priorités : ralliée depuis quelques années au marxisme-léninisme d’obédience maoïste, la revue se veut au début des années 70 l’organe d’un « front culturel révolutionnaire », et ne s’intéresse qu’au cinéma vraiment militant, celui qui milite pour les vraies causes et les vrais opprimés, qui ne sauraient se prénommer ni Céline, ni Julie »
          Ce que je disais. Mais ces lignes qui pointent à juste titre l’angle mort féministe des Cahiers de l’époque devraient concerner toute l’extreme-gauche de l’époque ou presque. Pas en propre les Cahiers, pas la politique des auteurs. Confusion. La composition masculine de la team Cahiers valant aussi pour à peu près toutes les teams de l’époque. Toutes les rédactions, tous les comités directeurs, toutes les assemblées, etc.
          Bien plus pertinent serait de noter que la rédaction s’est singulièrement féminisée dans les années 80, et qu’à cette époque les Cahiers ont promu quantité de cinéastes femmes qui sans eux n’auraient eu aucune visibilité.
          Mais c’est sans doute demander trop de matérialisme historique à l’énervé qui rédige ce texte.

          « Le seul problème est qu’en France, une fois ce combat mené et remporté (à la fin des années 1950, donc il y a un petit moment !) »
          IL faut être vraiment peu regardant sur l’histoire et les faits, et les rapports de force ENCORE EN VIGUEUR AUJOURD’HUI, pour affirmer que le combat des auteurs a été gagné dans les années 50
          « c’est bel et bien un culte du réalisateur-démiurge qui s’est peu à peu imposé »
          Contresens absolu, que Burdeau et Narboni ont essayé de rectifier, en vain. Je le tente à mon tour, en résumant l’axe Cahiers de cette façon : la politique des auteurs façon Cahiers c’est soutenir l’auteur contre les producteurs QUI LE DOMINENT, afin que l’auteur puisse, sur le tournage, se donner la latitude de laisser venir les accidents (qui en tant que tels le destituent de sa position de démiurge).
          Toute la politique esthétique des Cahiers consiste à se méfier des démiurges. On pourra en trouver le reliquat dans mes interventions critiques.

          On reconnait ici un texte sous influence Sellier, cette femme dont la passion première est de dégommer les Cahiers, et la méthode première de dire n’importe quoi à longueur de textes.
          Chacun règle ses petits comptes. Il est bien dommage qu’on le fasse au prétexte d’un combat urgent.

          • #38329 Répondre
            Charles
            Invité

            Durant la période Delorme des Cahiers, les films de Jacquot se font systématiquement descendre, les Cahiers sont même un peu seuls au moment du triomphe d’Adieu à la reine.
            Ayant forgé ma cinéphilie dans ces eaux-là – je commence à lire les Cahiers en 2006 au mitan de l’ère de Frodon -, je n’identifiais pas du tout Jacquot comme un cinéaste qui comptait mais plutôt comme un cinéaste académique, très Telerama-Pierre-Murat, membre de l’establishment culturel (un peu comme Ozon maintenant) mais dont on se fout un peu. Une sort de cinéma respectable quoi. Rien à voir avec les stars de l’époque que sont Desplechin, Kechiche et Ferran pendant un court moment.
            Le premier film que je vois de lui c’est Adieu à la reine, porté par une critique quasi unanime, qui m’a vraiment laissé indifférent, du cinéma qualité française pour moi. J’en ai vu deux de plus après qui m’ont laissé une appréciation assez similaire – Trois coeurs, loué par Momcilovic à l’époque, et Journal d’une femme de chambre.
            François, tu ne commentes pas la partie sur Brisseau, un peu accablante tout de même pour Le Baecque. Ne peut-on pas dire, dans un effort de synthèse digne des plus grandes heures du PS, que la politique des auteurs a été dévoyée et que dans le pire des cas on a pu déifier certains cinéastes? Certes, les Cahiers et d’autres ont rejeté les cinéastes démiurges mais ça ne veut pas dire pour autant qu’ils n’ont pas mis sur un piédestal des cinéastes dans un geste pour le moins paradoxal. Finalement, on loue dans la mise en scène l’accueil qu’elle fait aux accidents de tournage, à la vie imprévue qui rentre dans le cadre mais ce qu’on en retient c’est que c’est bien une personne, le cinéaste, qui permet ça. Raison pour laquelle un Pialat n’est pas tellement moins admiré dans certains cercles cinéphiles qu’un Kubrick. L’admiration se fait simplement sur un autre mode. Dans les faits, cela peut donner une aura, voire une impunité aux yeux de la critique (voir Brisseau). Il est bien sûr évident que la politique des auteurs n’était pas une condition nécessaire pour engendrer des situations d’abus mais elle a pu être, dans sa version simpliste et détournée de ses prémices, parmi d’autres, un facteur de pouvoir. Et c’est bien le pouvoir qui autorise et couvre les abus, quels qu’ils soient.

            • #38330 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              J’irai dan ton sens : j’ai trouvé bien étrange cette défense unanime de Brisseau au moment du procès, comme j’avais trouvé bien étrange que la critique prenne fait et cause pour Desplechin contre le livre de Denicourt. Mais ce qui se joue alors n’a pas à voir avec la politique des auteurs, ni avec les cahiers en propre, mais, pêle-mêle
              -avec une sacralisation de l’artiste dont j’ai dit l’origine – elle remonte à bien avant la politique des auteurs.
              -avec un certain dandysme qui trouve que les affaires morales sont des coups de revolver dans un concert (ainsi que le réel, le naturel, etc)
              -avec un machisme structurel qui excède très très largement la politique des auteurs et des Cahiers
              -avec un entre soi de dominants qui détestent que des facheux et des facheuses viennent gacher la fête – trait qui excède très largement, on en conviendra, la politique des auteurs et des cahiers.
              -avec aussi, plus positivement, une saine méfiance vis-à-vis de toutes les pudibonderies, et l’attachement qu’on peut avoir pour un artiste, et le déni qui s’ensuit : il faut toujours un peu de temps à un admirateur (personnellement le culte qui entourait Brisseau m’a toujours gonflé) pour admettre que l’artiste qu’il admire est un peu un connard.
              Je maintiens donc que la cible « politique des auteurs » n’est pas la bonne. C’est une erreur d’analyse magistrale, et ben sur contre-productive.

            • #38332 Répondre
              Juliette B
              Invité

              La période évoquée par Godrèche, « en couple » avec le réalisateur de 1986 à 1992, c’est en effet celle où Toubiana était aux manettes. Copain de Jacquot, qu’il admirait (La désenchantée sera en Une, avec une longue interview croisée du réalisateur et de l’actrice), et recevait chez lui à dîner, accompagnée par elle, avec quelques autres critiques, dont Narboni.
              D’accord par ailleurs quant au n’importe quoi assez généralement malintentionné des propos de Sellier.

              • #38333 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Les diners Jacquot-Toubiana ne participent pas d’une sociabilité Cahiers mais d’une sociabilité bourgeoise
                De tous les rédacteurs des Cahiers, Toubiana, outre que le plus médiocre, est de loin le plus mondain. Ce qui s’est vu par ses points de chute ultérieurs. L’homme fut habile à se recaser.
                Je peux témoigner que, dans les années 90, où il errait encore comme une âme dépressive dans les couloirs des Cahiers où la seule ancienneté le maintenait dir de la redaction, il n’en avait plus rien à foutre et des cahiers et du cinéma.

                • #38334 Répondre
                  Julien Barthe
                  Invité

                  « habile à se recaser » est un peu faible pour décrire la facilité avec laquelle il a su bifurquer vers l’épidémiologie.

                  • #38390 Répondre
                    riviere
                    Invité

                    Le covid parlons en !

                    • #38392 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      je viens de comprendre la blague de Julien

                • #38336 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  oui je vois bien sa carrière, rédacteur en chef de la revue de 1981 à 1992, puis poste tout symbolique de directeur de la rédaction… et le réflexe bourgeois qui lui a récemment spontanément fait signer la tribune du Fig en faveur de nos monstres sacrés (je le dis sans ironie).

                  • #38387 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    et entretemps la cinémathèque et le CNC

            • #38396 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Les adieux à la reine: ouh la la, souvenir, c’est fou; c’est mes débuts en tant que membre du forum des images qui a accès à leurs avant-premières, c’est un des premiers films au sujet duquel j’ai partagé des lignes, dont on m’accusait volontiers et tranquillement une gentille et intéressée réception à l’époque, je me rappelle, c’est aussi ma découverte de Léa Seydoux plein écran et de Jacquot donc, dont on me parle un peu mais pas tant.
              À cette époque, j’étais heureuse dans l’espace dédié à François Begaudeau.
              Et puis, je ne saurais dire à quel moment ça a vrillé, ça se serait gâté; vraiment, sérieux?
              Pas vu passer le temps, ni l’ambiance qui se gâte.
              Baaah, ça va aller, ça va aller, j’en suis sure.

              • #38397 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Peut etre qu’un jour tu arriveras à refaire un post sans reprendre ta pénible complainte.
                Les adieux à la reine est un Jacquot plutot honnête. Un certain académisme de bon aloi.
                A époque égale, c’est son Casanova qui est à chier. Pourtant servi par un immense acteur.

          • #39425 Répondre
            Jean-Louis Béton
            Invité

            « Faux. Aux Cahiers il n’a jamais été dit que Doillon et Jacquot étaient grands (Garrel c’est plus partagé). Ce sont des cinéastes que d’ailleurs les Cahiers ont très peu suivi. »

            Wow. C’est complètement fou d’écrire ça. Quiconque a vraiment lu les Cahiers sait que la phrase d’origine de Lundi matin est globalement vraie, même si elle mériterait nuances et précisions (au passage, contrairement à François qui le cite mal, l’article ne parle pas des « années 1960 », et pour cause). Mais si je m’en tenais à ça mon commentaire n’aurait intérêt, alors examinons un peu LES FAITS :

            JACQUOT :
            – Il est remarqué dès son 1er film, L’Assassin musicien (1975) : 4 pages de critique (par Pascal Bonitzer), 7 pages d’entretien (avec Kané, Daney, Bonitzer, Oudart, ils le tutoient tous). A une époque donc où les Cahiers, depuis plusieurs mois, se remettent à parler un peu de cinéma, et d’autres cinéastes que Godard ou Straub (mais les élus restent rares).
            – Confirmation avec le suivant, Les Enfants du placard (1977), dans la même veine bressonienne : 14 pages d’entretien (!) avec Daney et Bonitzer, où bizarrement le tutoiement alterne avec le vouvoiement ; une notule élogieuse de Toubiana de retour de Cannes ; 4 pages de critique de Bonitzer ; j’ajoute à cela un texte de Bernard Boland où le film est plutôt avantageusement comparé à Des enfants gâtés (Tavernier) et Dites-lui que je l’aime (Miller) sur le terrain du film nostalgique.
            – Les Ailes de la colombe (1981) : un texte de Gilles Delavaud avec propos de BJ dans le journal des Cahiers ; un autre texte de Laurent Perrin sur le tournage, toujours dans le journal ; double page de Daney en ouverture du cahier critique. Daney est déçu par rapport aux deux précédents. La même année, Jacquot fait partie des 20 cinéastes interviewés par les Cahiers à propos de la situation du cinéma français à l’époque.
            – Les deux films suivants (Corps et biens en 1985, Les Mendiants en 1988) sont peu connus. Corps et biens a tout de même droit à 4 pages de photo du tournage commentées par Dominique Sanda, et à une longue critique assez positive de Marc Chevrie. Les Mendiants (scénario coécrit avec Bonitzer) a droit à une critique mitigée, mais in fine là aussi plutôt positive.
            – Avant de passer aux années 90, un petit bilan d’étape s’impose. On a là toutes les caractéristiques d’un auteur Cahiers : premiers films remarqués, longs entretiens, proximité avec des membres actuels ou passés de la revue. Les films des 80’s sont moins appréciés que les deux premiers, mais ils n’en sont pas moins attendus, commentés en amont, traités avec longueur et nuance dans le cahier critique. Comme par hasard, Jacquot se retrouve en 1989 à participer à une table ronde dans la revue à propos de Pickpocket de Bresson, aux côtés de 3 cinéastes très proches des Cahiers (à l’époque) : Assayas, Brisseau et Téchiné, tout ce beau monde étant accompagné de Jousse et Toubiana.
            – Les années 90, donc. La Désenchantée (1990), « le meilleur film français depuis longtemps » : couv, entretien avec Jousse et Toubiana, critique de Jousse (11 pages en tout). En 1992, BJ participe au n° HS consacré à Daney après sa mort. La Fille seule (1995) : Jacquot mentionné en couv (consacrée à Deleuze), critique du film par Lalanne, critique d’un téléfilm de Jacquot sorti au même moment par Marie Anne Guerin, interview de BJ par Lalanne, Guerin et Jousse, plus un petit texte de Frédéric Strauss qui regroupe La Fille seule, un film de Judith Caen et Le Garçu de Pialat (12 pages en tout). Le Septième Ciel (1997) : couv, critique de Toubiana, interviews de Lindon et de Kiberlain par De Baecque et Guerin, extrait du scénario (le tout fait 14 pages). Au même moment paraît aux éditions des Cahiers le scénario du film. Notons aussi qu’en 1996, il est interviewé à propos de Duras qui vient de mourir. Après un tel enchaînement, le film suivant est forcément attendu : 4 pages de Frédéric Strauss sur le tournage de L’Ecole de la chair (1998), avec propos du cinéaste. Mais c’est là que ça se corse : à sa sortie, le film est égratigné dans une simple notule par Bernard Benoliel. Même sort pour les deux films suivants, Par coeur (1998) et Pas de scandale (1999) : notules respectivement de David Vasse et Toubiana. La Fausse Suivante (1999) est pas mal éreinté par Burdeau au sein d’un gros dossier collectif sur « Où va le cinéma français ? », mais à côté de propos de Benoit Jacquot (curieusement recueillis par… Burdeau). Jacquot reste très lié aux Cahiers : en 2000, il fait partie de la vingtaine de cinéastes auxquels la revue demande de faire le bilan de la décennie.
            – Sade (2000) est l’occasion de retrouver le cahier critique, avec un texte très élogieux d’Elisabeth Lequeret. Tosca (2001), dont le tournage en caméra numérique fait l’objet d’un papier par Lequeret dans un n° hors série, est défendu par Charles Tesson dans le cahier critique (au passage, il dit du bien de La Fausse Suivante). Adolphe (2002) est une rechute, traité en notule par Lalanne.
            – A tout de suite (2004) : couv et critique très élogieuse de Mia Hansen-Love (le film est traité comme un événement, aux côtés des nouveaux Desplechin, Téchiné, etc.), plus un encadré de Malausa sur Isild Le Besco. Pour être juste, on notera que François, Burdeau et Charlotte Garson défoncent le film dans le tableau des étoiles, alors que Jean-Michel Frodon lui en donne 3. C’est d’ailleurs l’occasion de m’arrêter là sur le compte rendu détaillé, car à partir de là c’est simple : Jacquot et Frodon sont amis, donc Frodon va faire comme il a fait avec d’autres (Assayas, Téchiné, par exemple) : faire la promo de Jacquot, s’attribuer les critiques de ses films pour en dire du bien (Villa Amalia fera même la couv), quand bien même tout son comité de réfaction en penserait du mal. A la vente des Cahiers par Le Monde en 2008, Jacquot signe la tribune des « amis des Cahiers » qui appelle à sauver la revue.
            – La suite est tout aussi simple : Delorme et son équipe détestent et défoncent systématiquement ses films. Jacquot lui-même, en 2014, parlera aux Inrocks des Cahiers comme d’une revue qui « usurpe son titre aujourd’hui ». Quant aux Cahiers d’Uzal, on peut juste dire qu’ils ont défendu Suzanna Andler et le documentaire Par coeurs, un peu court pour dégager une attitude générale vis-à-vis du cinéma de Jacquot. Notons quand même qu’ailleurs, par exemple dans la revue Trafic fondée par Daney, quasi une succursale des Cahiers, Jacquot n’est pas trop mal traité : études d’Au fond des bois par Raymond Bellour et par Hervé Gauville, de Suzanne Andler par Jacques Bontemps (un ancien des Cahiers, période Filipacchi), participation au numéro spécial sur Jean-Claude Biette (autre ancien des Cahiers), conversation avec Frodon…
            – Une dernière chose, juste pour le rire : Positif qui, jusque-là, se contrefoutait complètement (ou presque) de Jacquot, se met à le traiter avec beaucoup de considérations à partir des années 2010.

            En résumé, Jacquot a été TRES suivi aux Cahiers jusqu’à la fin des années 2000 : plusieurs films traités comme des événements et des grands films, 4 couvertures (j’en ai peut-être oublié), une dizaine d’entretiens, plus d’autres textes encore. Il a été proche de nombreuses figures importantes des Cahiers, de Bonitzer à Daney, en passant par Biette, Narboni, Toubiana (même si lui est nul comme critique), Frodon (idem)…. C’est exactement ce qu’on appelle un « compagnon de route » des Cahiers, jusqu’à l’époque Delorme qui marque une rupture réelle et totale. A voir tous les noms qui ont écrit sur ses films dans les années 70-90, on ne peut pas dire qu’il ait été accaparé par son pote Toubiana, comme ce sera en revanche le cas ensuite avec Frodon (qui écrira à rebours de ce que pensent les autres rédacteurs). Que François et ses potes Burdeau et Lounas trouvaient déjà ridicule Jacquot en 1995, c’est possible, mais moi je ne parle pas de ça. Je parle de la manière dont les Cahiers l’ont traité, en étant le plus factuel, le plus précis possible.

            J’ai déjà perdu pas mal de temps ce soir, mais si ça intéresse quelqu’un je veux bien faire un autre jour le même boulot sur Doillon (cinéaste suivi par intermittences, mais parfois vraiment très fortement par les Cahiers). Et pourquoi pas aussi sur Garrel, sur qui ce n’est pas du tout « partagé », mais qui est un pur auteur Cahiers (si lui ne l’est pas, alors qui l’est ?).

            • #39426 Répondre
              Jean-Louis Béton
              Invité

              (je voulais parler du site Les mots sont importants, bien sûr, pas Lundi matin)

              • #39427 Répondre
                Jean-Louis Béton
                Invité

                Et précisons aussi tant qu’à faire que la féminisation de la rédaction des Cahiers n’a pas vraiment lieu dans les années 80, mais au début des années 90, sous l’impulsion de Jousse. Idem pour la génération de cinéastes femmes, pour beaucoup sorties de la Fémis, et qui connaissent le succès critique dans les années 90.

                • #39562 Répondre
                  Jean-Louis Béton
                  Invité

                  Pas de réponse ? Bon. Beau joueur, je vais quand même m’attaquer à Doillon, mais beaucoup plus rapidement (ça ne m’amuse pas de parler dans le vide).

                  Avant cela, une dernière précision tout de même sur Jacquot : 3 films se retrouvent dans le top 10 annuel des Cahiers : Les Ailes de la colombe en 1981 (malgré la critique de Daney), à la 10e place ; La Désenchantée en 1990, à la 8e place ex-aequo avec Crimes et Délits et Rêves de Kurosawa ; Le Septième Ciel en 1997, à la 10e place ex-aequo avec Le Goût de la cerise et On connaît la chanson (excusez du peu).

                  • #39563 Répondre
                    Tony
                    Invité

                    Ça serait intéressant aussi de savoir combien de fois il a eu l’avance sur recette,car on peut pas dire que ses films attiraient les foules,mais aussi pour étendre le sujet aux autres structures qui l’ont soutenu.

                  • #39587 Répondre
                    Jean-Louis Béton
                    Invité

                    Doillon, donc. Je détaille ensuite, mais il aura quand même eu droit à 4 couvs (dont 3 au début des années 1990, période à laquelle il est vraiment considéré comme un cinéaste majeur par les Cahiers). Deux de ses films se taillent une place dans le top 10 annuel : Le Petit Criminel est tout simplement n° 1 en 1990 (ex-aequo avec Bouge pas, meurs, ressuscite), devant Scorsese, Godard, Chahine, Oliveira ou même… Jacquot ; L’Amoureuse est 9e (ex-aequo avec un Paradjanov) en 1988. Contrairement à Jacquot, je ne lui connais pas de proximité particulière avec des rédacteurs des Cahiers. Mais Alain Philippon, qui fut un grand critique des Cahiers dans les années 80, est un de ses plus grands défenseurs et a réalisé avec lui un livre d’entretien (paru chez Yellow Now en 1991). Doillon a lui aussi été TRES suivi, comme le montre la suite de mon message : sauf erreur, trois films seulement ont fait l’objet de notules, le reste ayant soit fait l’événement, soit été traité en bonne place dans le cahier critique. Ici, il faut être précis : il n’est pas rare de rencontrer beaucoup de réserves dans ces textes, l’hystérie de certains de ses films étant d’ailleurs souvent pointée négativement. Mais Doillon n’en est pas moins considéré comme un cinéaste important, parfois grand, dont les films sont attendus et avec qui on s’entretient souvent (une dizaine d’itws en tout). J’ai d’ailleurs relevé quelques phrases dont une, en particulier, d’Alain Philippon est un parfait démenti à l’énoncé de François que j’ai épinglé auparavant. En 2006, sous Frodon, Doillon aura même droit à un supplément 16 pages à l’occasion d’une rétrospective intégrale de son oeuvre.
                    – Films traités comme des événements mensuels :
                    La Pirate (1984) : longue critique d’Alain Bergala + long entretien : « Avec ce film, le problème de la place de Doillon ne se pose plus en ces termes : il y trouve sa maturité, qui ne doit plus rien au naturalisme ni a la vieille modernité. Il peut maintenant se réclamer d’une filiation qu’il est le seul à revendiquer, celle de Jean Vigo, pas moins. »
                    La Puritaine (1986) : longue critique d’Alain Philippon + entretien avec Bonnaire.
                    Comédie ! (1987) : longue critique d’Alain Philippon + entretien.
                    La Fille de 15 ans (1989) : longue critique très positive de Thierry Jousse, qui revient quelques numéros plus loin sur les derniers Doillon, Moretti et Garrel, dont la sortie simultanée est pour lui un « événement ».
                    La Vengeance d’une femme (1990) : couv, longue critique d’Alain Philippon + discussion avec Dalle, Huppert et Jean-François Goyet : « Il y a chez Doillon une opiniâtreté réjouissante qui fait que, mine de rien, celui que les Cahiers qualifiaient a juste titre, lors du bilan des années 70, de « cinéaste le plus indécidable de la décennie », s’affirme dix ans plus tard comme I’un des plus grands. »
                    Le Petit Criminel (1991) : couv, longue critique de Frédéric Sabouraud + entretien. Le mois suivant, nouveau texte sur le film de Camille Taboulay, en forme de lettre.
                    Le Jeune Werther (1993) : couv, longue critique de Jousse + entretien. Mia Hansen-Love reviendra sur ce film dans les Cahiers en 2004.
                    Du fond du coeur (1994) : mentionné en couv, longue critique de Marie Anne Guerin + itw du dialoguiste Jean-François Goyet + extraits du scénario.
                    Le Premier Venu (2008) : couv, longue critique très positive d’Hervé Aubron + entretien. Le film figure dans le dossier « 70 ans/70 films » des Cahiers en 2021.
                    Rodin (2017) : longue critique de Nicolas Azalbert + entretien.
                    – Autres films :
                    La Femme qui pleure (1979) : longue critique élogieuse d’Alain Bergala : « Doillon compte sans doute aujourd’hui parmi les cinéastes français, rares, dont on est en droit d’attendre autre chose que du savoir-faire. »
                    La Drôlesse (1979) : longue critique négative de Daney où il oppose le film au précédent, La Femme qui pleure, qu’il a aimé.
                    La Fille prodigue (1980) : longue critique plutôt négative de Bergala, qui y voit un film raté, mais intéressant et même « fascinant ».
                    La Vie de famille (1985) : longue critique positive d’Alain Philippon.
                    La Tentation d’Isabelle (1985) : texte sur le tournage du film par Alain Philippon, puis longue critique plutôt positive d’Hervé Le Roux.
                    L’Amoureuse (1988) : longue critique d’Hervé Le Roux au sein d’un dossier sur La Sept : « L’Amoureuse est tout simplement (avec Urgences) le meilleur film français de ce début d’année. »
                    Amoureuse (1992) : bonne critique de Frédéric Sabouraud mais des réserves.
                    Ponette (1996) : longue critique positive de Laurent Roth. Bergala (dont je crois que c’est l’un des films préférés) y reviendra en 2006.
                    Trop (peu) d’amour (1998) : longue critique négative d’Antoine de Baecque, qui trouve Doillon surestimé et en a marre qu’on le défende sous prétexte que ce serait un auteur.
                    Petits Frères (1999) : longue critique positive de David Vasse.
                    Raja (2003) : longue critique plutôt positive d’Hélène Frappat.
                    Le Mariage à trois (2009) : longue critique positive de Florence Maillard.
                    Un enfant de toi (2012) : longue critique plutôt positive de Mathieu Macheret.
                    – Films traités en notules : Un sac de billes (1976), Carrément à l’ouest (2001), Mes séances de lutte (2012).

                    • #42437 Répondre
                      Jean-Louis Béton
                      Invité

                      Trois semaines plus tard, toujours aucune réaction… C’est dommage, on aurait bien aimé savoir si François, ayant pris connaissance de tous ces faits, réécrirait encore cette phrase : « Faux. Aux Cahiers il n’a jamais été dit que Doillon et Jacquot étaient grands (Garrel c’est plus partagé). Ce sont des cinéastes que d’ailleurs les Cahiers ont très peu suivi. »

                      • #42445 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je n’avais pas vu le post.
                        Mon erreur est d’avoir cédé à dire « Les cahiers » alors que « Les cahiers » ça n’existe pas. Qu’il y a toujours des lignes de partage internes. Et des souterrains obscurs.
                        Lors de mon passage aux Cahiers, l’ensemble de la rédaction ne trouvait aucun intéret à Assayas. Mais Assayas était l’ami de Frodon, rédac chef. Donc il était hors de question d’écrire du mal d’Assayas. Frodon se chargeait lui même de la critique, ou la faisait écrire par un ou une sbire.
                        De ce que je sais et ai pu voir de près dans les années 90, il s’est passé la même chose avec Toubiana dans les années 80 et 90. Toubiana, le bourgeois de l’histoire, était très proche de Jacquot et Doillon, et il s’arrangeait toujours pour en écrire ou faire écrire du bien. Il y avait certes beaucoup plus de clients de leurs films qu’on en trouverait plus tard d’Assayas. Mais jamais ce ne furent des « auteurs Cahiers » au sens où ils marqueraient la pensée des Cahiers. Au sens surtout où ils seraient une référence majeure dans les discussions collectives, comme Godard, Rohmer, Pialat, De Palma, Antonioni, etc. Pour le dire autrement : j’ai zoné dix ans dans l’orbite Cahiers, eh bien je peux dire que globalement Doillon et Jacquot etaient des cinéastes dont on ne parlait jamais. On s’en foutait. On avait aimé La fille seule, mais pas les précédents ni les suivants. Je maintiens donc que la sociabilité qui serait la structure de soutien à des Doillon et Jacquot, et de soutien éventuel à leurs comportement, n’est pas une sociabilité Cahiers mais une sociabilité bourgeoise. Et certes on peut dire qu’après Daney, dans les années 80, les Cahiers se sont embourgeoisés. Comme à peu près tout le champ culturel de l’époque, qui alors avait pour priorité de vomir son moment gauchiste. Toubiana ayant lui pour obsession de vomir Daney, vomir la marxisme, vomir les Straub. En 1995 quand il voit arriver trois jeunes agités marqués par Daney, Marx et les Straub, c’est une sorte de cauchemar. Nous lui soumettons alors un long texte marxo-daneysien sur le cinéma français des années 90, envisagé comme cinéma bourgeois. Toubiana le refuse catégoriquement.
                        On voit que, quand on fait de l’histoire et non des listes, l’histoire ne se raconte pas exactement dans les termes judiciaro-moraux avec lesquels on l’aborde aujourd’hui. D’ailleurs où veux tu en venir? C’est quoi l’idée?
                        Au passage : Alain Philippon n’est pas un « grand critique des Cahiers ». Personne n’a jamais pensé ça, et surtout pas de son livre sur Eustache.

                      • #42447 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Dans tes posts tu dis avoir « perdu du temps ». Effectivement, toi qu’on ne connait pas ici, on se demande pourquoi soudain toute cette énergie d’archiviste, de ciné-fiche. On se demande le ressort de cette rage d’archiver. Peut etre la rage elle-même.

                      • #42754 Répondre
                        Jean-Louis Béton-Armé
                        Invité

                        Je te rapporte des faits et tu t’interroges sur mes intentions. Intéressant. M’intéressent aussi ta difficulté à reconnaître que tu as tort, et les trésors de rhétorique qu’il te faut trouver pour ne pas avoir à l’admettre (c’est d’autant plus comique quand on repense à la phrase épinglée dans l’article d’origine, qui se contentait de dire que les Cahiers ont célébré et imposé Doillon, Jacquot et Garrel comme des grands cinéastes : ce qui compte, quand on écrit ça, c’est quand même ce qu’on a pu LIRE dans cette revue, et pas ce que pensaient dans leur coin Bégaudeau et ses amis, et qui, par définition, est destiné à rester privé. Si demain je t’apprenais que la majorité des gens aux Cahiers n’aiment pas trop Guillaume Brac ou s’en foutent de ses films, et que donc on ne peut pas dire que les Cahiers célèbrent Guillaume Brac, t’aurais le droit d’être perplexe). Je connais quant à moi bien les Cahiers, y compris de l’intérieur, et tu ne m’apprends rien, d’ailleurs j’ai anticipé tes remarques, par exemple sur Frodon et ses amis cinéastes, ou le fait qu’il y avait des groupes aux Cahiers qui s’en foutaient de Doillon et Jacquot. T’aurais pu gagner du temps, toi aussi.

                        Quant à Philippon, j’ai absolument le droit de dire que c’est un grand critique des Cahiers (il a été, de fait, un des piliers de la revue au début des années 80, ayant à écrire presque tous les mois sur des films jugés importants : mais je crois que ta connaissance des Cahiers repose beaucoup plus sur le temps que tu y as passé comme rédacteur que sur une lecture assidue). Peut-être pas pour son livre sur Eustache qui est effectivement bâclé, mais pour le reste : beaucoup de ses critiques, son petit livre sur A nos amours, par exemple. On pourrait en rester là (on n’a juste pas le même avis sur Philippon, c’est pas très grave), mais me fascine une fois de plus ta propension à aller sur un terrain que tu ne maîtrises pas : « Personne n’a jamais pensé ça. » Ah bon ? On n’a pas dû parler avec les mêmes personnes. Mais allez, pour finir sur une note plus apaisée, on va trouver un point d’accord : personne n’a jamais dit que Philippon était l’égal d’un Daney ou d’un Bazin, effectivement.
                        Bonne journée.

                      • #42757 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Tu persistes dans le registre de récré comme : « j’ai le droit » « tu reconnais pas que t’as tort ». Et dans les petites mauvaisetés comme « Bégaudeau et ses amis » – quand j’évoquais ce que pensait la grande majorité des rédacteurs des Cahiers que j’ai connus (en gros entre 1995 et 2010), lesquels ne pouvaient rien contre les interdits posés par les directions engluées dans des copinages. « Bégaudeau et ses amis » se trouvaient être des rédacteurs des Cahiers. Je livre ici un témoignage de première main. Tu assènes que j’ai « tort » : désolé, cher visiteur furtif et bienveillant, mais je ne saurais avoir tort d’avoir vu ce que j’ai vu.
                        Le dommageable étant qu’au bout du compte tu ne réponds pas à la seule question susceptible de nous élever hors du registre mesquin que tu as instauré : où veux tu en venir? Les faits que tu rapportes veulent démontrer quoi dans le sujet qui était celui de départ, à savoir : 1 en quoi les Cahiers ont pu être partie prenante d’un « système » qui produisait de la prédation? 2 en quoi la politique des auteurs participe-t-elle dudit système?

                      • #42758 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        PS ce qu’on a pu LIRE dans les Cahiers des années 2000, c »est que Assayas était un des cinéastes les plus importants du moment. Or son cinéma navrait 9 rédacteurs sur 10.

                      • #42773 Répondre
                        Jean-Louis Béton
                        Invité

                        « Les faits que tu rapportes veulent démontrer quoi dans le sujet qui était celui de départ, à savoir : 1 en quoi les Cahiers ont pu être partie prenante d’un « système » qui produisait de la prédation? 2 en quoi la politique des auteurs participe-t-elle dudit système? »

                        Ce serait effectivement une discussion intéressante, que Narboni évite soigneusement de traiter dans sa tribune, mais qu’on ne va pas traiter nous-même ici puisqu’on n’arrive même pas à se mettre d’accord sur des faits. Je me suis contenté de répondre à ta phrase qui elle-même se permettait de faire la leçon à un texte sur lequel j’aurais certes des nuances à apporter.
                        Si tu ne saurais avoir tort de ce que tu as vu, je ne vois pas comment le lecteur des Cahiers saurait avoir tort de ce qu’il a lu. Y compris pour l’exemple un peu extrême d’Assayas : un lecteur qui ne saurait rien des tambouilles internes aux Cahiers serait fondé à dire que la revue a soutenu Assayas dans les années 2000 – toute précision sur les tambouilles internes serait à mon sens bienvenue, mais elle n’invaliderait pas ce constat. Mais ne changeons pas de sujet puisque le cinéaste qui nous intéresse n’est pas Assayas. Il me semble que j’ai bien montré avec ma manie d’archiviste qu’il y a eu assez de rédacteurs ou rédactrices différents qui ont écrit en bien sur Jacquot et Doillon pour ne pas y voir seulement des sbires de Toubiana ou de Frodon. Probablement que dans la seconde moitié des années 90, j’en ai parlé, la majorité des gens aux Cahiers n’accordait pas beaucoup d’importance à Doillon et Jacquot, mais cinq ans plus tôt, quand tu n’y étais pas encore, c’était pas la même ambiance (autrement Le Petit Criminel n’aurait pas fini top 1 de l’année 1990).

                      • #42859 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « un lecteur qui ne saurait rien des tambouilles internes aux Cahiers serait fondé à dire que la revue a soutenu Assayas dans les années 2000 » : c’est tout à fait vrai. Et je complète en disant qu’hélas cette légitime impression ne correspond en rien au fond de jeu réel des Cahiers.
                        Je dis hélas parce qu’au fond il y a eu peu d’époques, si ce n’est celle des années 65-78, où la ligne des Caheirs ait été réellement cohérente.
                        De ce point de vue, l’époque Delorme aura clarifié les choses. L’époque Burdeau aura essayé de le faire, mais il y avait ce hic fondamental que c’était aussi une époque Frodon, et qu’il y avait un désaccord presque total, et parfois frontal, entre le directeur de rédaction et sa rédaction.
                        Reste quand même ce fait crucial, dans le débat : la politique des auteurs n’est pas une politique de la maitrise, mais une politique de l’accident. S’il y a une continuité Cahiers, elle est là – continuité qui a fait que la revue s’est très vite retournée (dès les années 60, rappelle Burdeau) contre le mésusage précoce de la notion d’auteur.
                        Le cas de Doillon-Jacquot-Garrel, que j’ai toujours associés négativement (et je n’étais pas le seul, loin de là), peut se décrire comme l’avènement de petits maitres parfaitement bourgeois, auxquels leur latitude sociale et leur veine autobiographique revendiquée (surtout chez Doillon et Garrel) aura permis de se croire autorisés à tout sur un tournage.

                      • #42863 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        tout ça à cause de Truffaut et son bête « le cinéma c’est l’art de faire faire de jolies choses à de jolies femmes » !

                      • #42866 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Oui, c’est exactement là que se situe le problème. Exactement dans cette idée là, qui aura longtemps structuré la cinéphilie – et pas seulement celle des Cahiers, j’y insiste.
                        Peut-etre qu’il faudrait alors évoquer le passif masculin-droitier du cinéma français, et qui ne concerne pas que le cinéma d’auteur, loin de là. D’ailleurs l’actuel cinéma dit d’auteur, me semble très largement délesté de ce passif – ne serait-ce que parce qu’il est beaucoup un cinéma d’autrice.

                      • #42868 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        Oui mais la cinephilie cahiers reste la plus emblématique et celle qui a mis en oeuvre des films en continuité d’une  »école critique ».
                        Paradoxe ou pas, Rohmer le plus à droite des cahiers est celui qui a écrit les personnages féminins les plus forts au fil du temps… (Rivette bien plus à gauche ne serait pas loin)
                        Moi je redoute le jour où j’apprendrai que Pialat au delà de ce qu’on connaît a abusé de son pouvoir sur des femmes en particulier. J’ose espérer que ça n’arrivera pas.

                      • #42871 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Désolé Eustache mais il est quand même connu que Pialat se comportait comme un connard sur les plateaux de tournage, maltraitant ses acteurs et beaucoup ses actrices.

                      • #42872 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        Oui mais pas spécifiquement ses actrices

                      • #42873 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        A ma connaissance il n’est pas connu pour avoir cherché à abuser de ses comédienne, c’est une sacrée différence

                      • #42886 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Oui je pense qu’avec Pialat on est dans une autre forme de violence. Mais de violence quand même.

                      • #42889 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Sur Rohmer, il serait tenable de démontrer qu’il compte parmi ces artistes de droite qui formèrent un art de gauche. Mais peut-être qu’on peut se passer de ce genre de démonstration.

                      • #42891 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        j’aime à penser (naïvement…) que les grandes oeuvres, par leur générosité, débordent de l’idéologie de leur auteur-autrice.

                      • #42892 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Evidemment qu’elles débordent. Et c’est ce débord qui en fait des oeuvres.
                        Mais la position politique n’est pas exactement une idéologie : c’est une disposition affective, qui forcément se retrouve dans l’oeuvre.

                      • #42893 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        Je parlais de générosité, car je me rends compte avec le temps que c’est l’un des biais majeur dans mon jugement des oeuvres. Et que je crois que la générosité est un tempérament plus qu’une position politique. Rohmer ou Bresson ou Eastwood me touchent plus que bien des cinéastes se revendiquant à gauche.
                        Mais c’est peut-être aussi une lecture assez franco-française. Je ne sais pas trop quelles étaient les options politiques de Mizoguchi, Kiarostami, Satyajit Ray, et Dieu sait qu’ils me touchent…

                      • #42894 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        qu’entends tu par générosité?

                      • #42896 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        J’avoue que c’est assez large et flou, mais essentiellement l’attention et la compréhension des êtres (le fameux dialogue chez Renoir, dont je ne garde que la seconde partie, « tout le monde a ses raisons »). Et qu’un artiste m’offre une expérience, un regard. Typiquement, pour rester chez les confrères de Rohmer, je n’ai jamais senti que Chabrol me donnait quoi que ce soit, ça reste des petits gestes égoïstes.
                        Un moment c’est peut-être ce qu’on appelait humanisme mais ça paraît dur à employer là maintenant. Bref, j’ai l’impression que ces « artistes généreux » sont un peu de tout bord politique.
                        Je vais me contredire immédiatement avant de dire plus de bêtise, j’aime Ostlund, Haneke et Adam McKay dont cette générosité n’est pas vraiment la marque de fabrique! (mais pour le coup c’est le courage que j’admire)

                      • #42909 Répondre
                        Eustache
                        Invité

                        Pour le prendre par la négative, l’absence de générosité serait lorsque les personnages sont des fonctions, des porte-drapeaux, des portes-paroles. Exemple, Guédiguian qu’on ne pourrait pas soupçonner d’être de droite (et que j’aime souvent bien) n’est pas exempt de ce défaut.
                        A l’inverse, la générosité de Triet, c’est cette capacité impressionnante à mettre presque tous ces personnages à égalité (animal compris). En fait, c’est sentir l’ombre d’un jugement moral sur ses personnages qui tue une oeuvre je crois.
                        Contradition : il n’y pas que les personnages qui comptent après tout, et j’aime aussi le côté topographe par exemple de Rohmer. Et j’aime rarement Kubrick (sans doute car filmer des personnages ne l’intéresse pas pour le coup), mais il faut bien admettre que 2001 est une oeuvre généreuse dans l’expérience qu’elle nous offre. La générosité de Kubrick est ailleurs.

    • #38088 Répondre
      Seigneur Momotte
      Invité

      J’ai vu Oppenheimer à l’occasion de la sortie suite à sa victoire aux oscars, on dmieu que c’est moyen, ça se court après lui même en permanence pour trouver du sens à ce que ça veut raconter, c’est artificiellement complexe, on n’en sort sans rien de concret sur aucune réalité sur ce qu’était le projet manhattan, de ce que c’est de supporter moralement d’avoir créé le bombardement d’hiroshoma et nagasaki (ça tourne fastidieusement autour sans rien toucher), du maccarthisme, rien, jamais rien, ça souffle autour des sujets et ça montre rien. Puis qu’est ce que c’est boursouflé pour rien pour se donner un style. Je suis vraiment pas content. J’ai l’impression de m’être déculturé sur la bombe. Heureusement qu’Einstein avait une tête rigolote pour sauver le visionnage.
      Le vent se lève de Miyazaki parlait globalement du même personnage, d’un ingénieur de la guerre du pacifique confronté à la morbidité de son inventions. Le vent se lève ne disait rien, le film ne s’arrêtait pas pour soliloquer sur la guerre, il montrait juste, sur l’intimité d’un homme, c’était sans jugement, ça laissait l’ambiguïté morale se faire sur le trouble sensible que faisait le silence du film, au lieu de directement adressé oralement les interrogations. ça s’autorisait à être libre dans son interprétation de l’histoire, c’était beau. Mais on retiendra d’avantage ce truc, sans doute parce que beaucoup sont plus attachés à se sentir intelligent à regarder des gens réfléchir sur la guerre qu’à voir du cinéma. (avec des plans bizarre pour quand même faire genre que c’est travaillé à ce niveau là, aussi ridiculement insistant que ça puisse être, mon dieu ce gros plan final, mon dieu.
      Je suis pas content.

      • #38128 Répondre
        Titouan R
        Invité

        « trouble sensible » – joliment dit. Tu donnes envie de voir Le vent se lève.
        …………………….
        Même avis que toi sur Oppenheimer. J’apprécie à peu près Nolan, sans le fétichiser, mais c’est là son plus mauvais film.
        Tout était plié dès la 1ère demie-heure : plan aérien d’une ville dans laquelle Robert étudie, plan des bâtiments de la fac, scène de méditation chez lui (que de plans lourds dans ce film sur le visage de Murphy), petit dialogue à la fac. Platement didactique, mais à un rythme effréné. Il faudrait compter le nombre de scènes sur ces 30 minutes augurales…. Tout passe vite, comme l’eau glisse sur la nappe cirée sans jamais pénétrer.
        Souvenir que cette entame m’a donné envie de quitter la salle…
        Et tout le reste du film tient à multiplier les scènes, les noms, les lieux, les paysages, les lignes de dialogue. Las, le film joue de ce foisonnement pour étouffer son absence de corps. Je pense à cette scène où Robert se fait vite fait cuisiner par un type de l’armée, entrecoupée de passages dans le train où le général Groves lui demande compte-rendu de ce qui s’y est dit. Manie du montage croisé chez Nolan, qui là recouvre toute compréhension : on ne saisit pas ni les enjeux (quel danger présente cet entretien pour Robert ? Qui est son interlocuteur ? Quel pouvoir (de nuisance) de ce dernier ?…) ni ne comprend la teneur même du dialogue.
        La multiplication des scènes atteint un niveau ridicule d’artifice – dialogue commencé dans un bureau militaire, puis proprement continué (il y a une vraie continuité dialogique) à cheval sur les sommets de Los Alamos…. Quatre ou cinq exemples dans le film.
        Aussi, souvenir exaspéré de ces nombreux moment où le film nous prend pour des cons et où le plan est abrutissant de didactique : à la fin du film, on parle des représailles subies par les amies de Robert, et on ne coupe pas à des plans sur ces derniers (untel a dû plier bagages, nous dit un personnage, puis plan sur untel qui fait ses bagages, la mine basse, et les entasse dans sa bagnole).
        Le problème le plus cruel est pour moi celui de l’évitement de son « sujet » central : la bombe. Quelques moments intéressants à garder sur sa phase de « conception » (où l’on devine que le projet Manhattan implique un grand complexe industriel – les scientifiques de Los Alamos sont tributaires de la production d’uranium et plutonium faite sur d’autres sites), mais énorme béance sur l’ambiguïté a-morale du paradigme ingénieur qui anime les scientifiques sur place et « dissonance cognitive » une fois que le mal est fait. Béance que Nolan tente de combler avec de nouveaux plans sur le visage hagard de Murphy (étonnante scène, très spielbergienne, où Oppenheimer regarde visiblement des images des décombres d’Hiroshima-Nagasaki : le plan est sur son visage et les images sont absentées – oui, Christopher : on voit que Robert « encaisse », « reçoit ». Mais que reçoit-il exactement ? Que comprend-il ? Dur à dire jusqu’à ce que Nolan change de braquet, mais toujours avec des gros sabots : Robert s’adresse dans un petit amphi à un auditoire en liesse, puis l’espace est envahi d’un blanc aveuglant et Robert voie des cadavres la place. Ainsi donc, Bob est traumatisé…. Le problème dans toute cette histoire, c’est que le dilemme interne de Robert est complètement ravalé, trop occupé qu’est le film – comme tout mauvais biopic (« mauvais biopic » : pléonasme ?) – à le construire comme héros cherchant sa rédemption. Problème à ce titre de ce biopic « totalisant » : s’y côtoient deux cœurs (le passé « militant » de Robert, la construction de la bombe et ses conséquences) qui s’affaiblissent mutuellement plutôt qu’ils ne s’exhaussent.
        Je crois que beaucoup ont trouvé la 3ème heure (le passage devant la commission – épisode qui aurait peut être motivé – choix hardi – un film à soi seul) longue et emmerdante…. Et c’est bien vrai.
        Mais le problème, ce n’est pas tant sa longueur que la manière dont elle est disposée dans le film : l’historicité qui la motive (tout ce qu’a pu faire Robert depuis 1935) n’est pas documentée : plus tôt, le film est passé très vite sur cette période où Robert tournait – de loin – autour d’une section PC – on n’a donc rien sous la dent pour apprécier tous les enjeux de son interrogatoire. Je pense aussi à l’avocat retors qui préside de facto la commission : l’avocat d’Oppenheimer nous dit que ça sent pas bon, que le type va faire mal, mais on ne comprend pas le danger car jamais ce danger nous est suggéré. Nolan avait ici deux possibilités : soit expliciter (qu’est ce qui rend ce personnage si dangereux ? quelques lignes de dialogue avec son avocat auraient pu faire l’affaire), soit – mais là c’est trop pour Christopher – carrément retrancher : ne pas dire que ce type est particulièrement dangereux ; faire confiance aux scènes d’interrogatoire pour attester de ce danger. En d’autres termes, show, don’t tell.

    • #38106 Répondre
      Tony
      Invité

      Je viens de passer sur le facebook de Thoret qui a publié un texte pour défendre Mann,je crois que François s’y fait traiter,sans être nommé,de’salonnard borgne et logorrhéique’pour s’en être pris au monument,Heat,on a la preuve que Thoret l’a écouté et ça fait 2 ans qu’il l’avait en travers de la gorge…

      • #38108 Répondre
        Charles
        Invité

        Je l’ai lu, ça fait vraiment gardien du temple. Texte complètement creux et vide d’arguments qui n’a même pas le courage de nommer ceux qu’il vise.

        • #38109 Répondre
          Tony
          Invité

          Oui dommage j’aimerais bien savoir quels sont ces contresens qu’il pointe,on ne le saura pas apparemment.

      • #38116 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Ca fait un moment que Thoret ne parle ni ne regarde plus de cinéma, il regarde et déifie les 12 réalisateurs qu’il a aimé plus jeune. Il ne peut donc pas argumenter, il les trouve simplement beaux comme les dieux qu’ils sont.

        • #38522 Répondre
          PierreZG
          Invité

          Thoret est née en 69 donc ce n’est étonnamment pas les films de son enfance qu’il défend en général. Par contre Mann peut-être.

      • #38960 Répondre
        Martin
        Invité

        J’ai pas vu le post de Thoret. Quelqu’un veut le copier ccoller ici ?

    • #38112 Répondre
      Tony
      Invité

      Ce qui a mis le feux aux poudres c’est l’article sur la misogynie,ça n’a pas l’air d’être évident pour eux.

      • #38114 Répondre
        Charles
        Invité

        D’ailleurs si quelqu’un l’a, je suis preneur.

        • #38117 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Bonjour,
          Je me raccroche à ton dernier post car il me semble que c’est toi (?) qui a posté, il y a quelque temps, des lignes à propos de l’adaptation ciné du roman de T.Yamada: le Sans jamais se connaître de A.Haigh.
          Je sors de la séance de 14h30 (salle moyenne et pleine) et – outre le choix éloquent du slow préféré de François Begaudeau* pour ouvrir et finir cette œuvre poétique et fantastique qui essaye de dire, penser, montrer, modeler comment parfois aimer se nourrit du passé (*on parle du tube de Frankie goes) – j’aimerais bien lire ce qui en avait été dit ici, à chaud, dans l’émotion à la fois trouble et concrète où ce film m’a emmenée.
          Si quelqu’un sait où trouver rapidement ces lignes dédiées, merci de les partager ici, en bas de cette page ou de poster un petit message/balise sous les lignes d’origine (je guette.)
          Sinon, bien sûr, je prendrais le tenter de les chercher.

          • #38118 Répondre
            Carpentier
            Invité

            * le temps de

          • #38125 Répondre
            graindorge
            Invité

            Il danse le slow FB? Alors là!

          • #38156 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Pas trouvé, dû rêver.
            Hier soir, à la télé, les choses humaines avec la famille Attal-Gainsbourg en force; y centrer l’affaire sur l’essentielle et actuelle attention au consentement est un bon début Yvan.
            Plaider, et réquisitionner la condamnation, sur l’existence même de la zone grise dit bien là où en est du consentement dans les affaires de viol.
            Arditi, dans son rôle (et dans sa fin de vie, le pauvre, il a en permanence les yeux qui coulent maintenant sur les plateaux) n’argumente bien qu’avec les piliers sur lesquels sa génération repose: une fille qui suit un garçon dans une cabane sait bien pourquoi elle le fait, et il faudrait bien réfléchir avant de décider de gâcher la vie d’un jeune garçon brillant qui a l’avenir devant lui pour ’ 20 minutes d’action ’ ; édifiante et bien restituée aussi, dans cette courte fiction, la façon dont chacun va professionnellement, défense et accusation, mettre en lien, à posteriori, des faits, qui ont lieu dans des situations indépendantes et très éloignées dans le temps
            + avec une mention spéciale ’ on s’y attendait mais ça fait toujours mal ’ au ’ en voulez-vous aux hommes, Mila? ’
            En somme, Yvan peut mieux faire mais c’est un début pas trop mauvais.

            • #38253 Répondre
              Carpentier
              Invité

              … Arditi, dans son rôle / … : qui n’hésitera d’ailleurs pas, par ailleurs, à répondre à sa compagne qui lui demande: ‘ et si c’était à ta fille qu’un garçon avait fait ça ?
              – Je le bute. ‘

              • #38424 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Carpenter toujours dans son. couloir, et au milieu d’un bassin où nul ici ne nage.

                • #38447 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Merci pour ce grand rôle de composition: une fonctionnaire à la retraite qui hérite d’une villa sur les hauteurs de Mention, avec piscine construite en bord de, qui fait comme si la mer t’appartient, juste l’angoisse pour moi.
                  L’unique rôle de ma vie, grâce à ici, seule dans le bassin, dans lequel on peut faire pipi dedans du tout, sans crainte d’empoisonner qui que ce soit.
                  Et si ça finissait par me tenter grave, du coup?
                  Merde, ça craint.
                  ps: pas le temps d’apposer ton commentaire si bien roulé après chaque post ou lignes esseulées qui flottent dans tout le forum ici, mais c’est dommage, on verrait qu’on est nombreux.ses à être, en apparence, isolé.es des autres de l’espèce dans cet espace.
                  Ça sert à quoi ce post de 7h48? Un ’ j’me comprends’ peut-être,
                  Misère.

                  • #38457 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    * Menton (bien sûr) et pipi dedans * du coup

    • #38236 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Détail des VFX dans Zone of Interest :

      • #38237 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je comprends beaucoup mieux le tournage multicaméra malgré la précision du découpage : les caméras et micros sont dans le champ, un peu partout, puis effacés en post-production. Ca permet d’avoir plusieurs échelles de plan (large, medium, et même les rares gros plans) dans chaque prise, en grand angle. Le vieil adage qui dit que la deuxième caméra finit toujours par gêner la première n’est pas vraie dans cette configuration (rendue possible par la fixité des cadres).

      • #38325 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Et pour ceux qui voudraient étudier les cadres, voilà donc 2 secondes de chaque plan du film :

        • #38328 Répondre
          adamou
          Invité

          Merci Seldoon! Tu connais d’autres chaines qui font des montages cadre par cadre comme ça?

          • #38440 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Désolé je n’ai rien d’autre sous la main. Il faut dire qu’il y a peu de films qui se prêtent vraiment à l’exercice. Il y a des comptes Twitter qui font une grande image « split screen » avec tous les plans des films, ce qui éclaire un peu la structure globale mais ne dit rien des plans.

            • #38526 Répondre
              adamou
              Invité

              Il y a quand même une petite team Haneke Franco Ostlund qui apprécie le plan fixe et pour laquelle ce serait pas mal ce genre de vidéos

              • #38546 Répondre
                Seldoon
                Invité

                Il y en a ! Mais Franco par exemple ne fait pas des plans si longs que ça (et quand ils sont vraiment longs, ils ont tendance à bouger pour composer plusieurs plans en un).

                • #38563 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Oui Franco fait dans le fixe mais pas souvent dans le long.
                  Dans le long on pourrait ajouter Todd Field, qui avec Tar a réalisé un des trois meilleurs films de Haneke.

                  • #38716 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Mon top 3 Haneke :
                    1. Amour
                    2. Tàr
                    3. Snow Therapy

                    • #38717 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Ce qui me fait penser : en plans longs et fixes, évidemment il y a tout Roy Andersson.

                    • #38730 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      J’aurais plutot mis Despues de Lucia en 1

                      • #38733 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est quand même très satisfaisant de voir que Haneke, malgré les sots de merde qu’il se prend régulièrement par une partie conséquente de la critique et l’indifférence du public, est l’un des cinéastes les plus influents du cinéma contemporain.

                      • #38736 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Seaux*, illettrisme bonjour.

                      • #38866 Répondre
                        adamou
                        Invité

                        où le point commun avec Haneke se fait sur le lancer de personne ligotée par dessus bord

        • #38331 Répondre
          Anna H
          Invité

          Merci Seldoon, je n’avais pas imaginé qu’il y avait tout ce travail en post-production.

    • #38419 Répondre
      Delphine
      Invité

      Aujourd’hui sort « Une Famille », film réalisé par l’écrivaine Christine Angot. Elle est retournée à Strasbourg, où elle a passé son enfance et y a retrouvé les personnes de son entourage qu’elle y avait côtoyées, et qui étaient au courant de l’inceste que lui faisait subir son père, notamment la veuve de son père. Malgré le sujet abordé (qu’elle avait déjà traité en littérature), le film ne serait pas complètement sombre, ai-je entendu.

      • #38445 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bjr,
        As-tu vu la bande-annonce? Elle passait depuis quelques semaines, et je tâche d’aller voir son Une famille rapidement.
        Je n’ai pas lu le livre d’Angot, l’inceste, et je trouve le titre de son film très percutant.
        Est-ce qu’on va surtout y voir et entendre un processus hypertrophié de résilience, comme disent certains?
        Bien l’impression que oui – et pour vivre avec, une victime d’inceste a peut-être peu d’autre choix ? – mais ce qui me semble fort, déjà, juste avec la b.a., c’est le passage que j’appelerai ’ album photo ’ où, les regardant, se regardant, Angot dit comment, à partir de ces photos, à cet âge- là, ça a commencé.
        Des souvenirs, datés à ça, à partir d’une photo/moment, ce doit être quelque chose.

        • #38449 Répondre
          Delphine
          Invité

          Bonjour Carpentier, Je n’ai pas vu la bande-annonce. J’ai entendu parler du film (qui semble d’ailleurs être un film-documentaire) pour la première fois, ce matin, sur France Info. Le commentateur en disait du bien. Ce n’est pas vraiment le sujet qui a éveillé mon intérêt, mais plutôt le fait d’apprendre que Christine Angot, écrivaine, passe à la réalisation. Mon post ne visait pas à lancer un débat sur le sujet. Il est possible qu’il ne soit pas forcément question de résilience, mais qu’elle cherche simplement à comprendre pour se libérer en partie du poids (sujet trop sensible pour avoir une opinion tranchée). Je n’ai pas lu le livre qui a inspiré le film. Il y a longtemps, j’avais lu d’autres livres de Christine Angot, qui m’étaient apparus percutants, voire emprunts de violence, mais plutôt dans le sens de style d’écriture brut (« Les Petits ») ou cru (le livre qu’elle avait écrit au sujet de sa relation avec Doc Gyneco). Ça a le mérite d’être cash. Au temps jadis, il me semble que François avait également fait l’éloge des livres de Christine Angot.

          • #38451 Répondre
            Carpentier
            Invité

            De mon côté, .. mon post ne visait pas à lancer un débat sur le sujet. / … certes pas, non plus.
            Imagine, la bêtise, la prétention et la complexité de cette intention, bon.
            Je n’ai lu que Le marché des amants de mon côté, et j’irai voir ce film, suite à la b.a. que j’ai donc vu et mon intuition.
            Je dirais plutôt que c’est un docu-fiction.
            Et je me suis accrochée à tes lignes (déso si cela t’a irrité, dans deux secondes, tu es tranquille) car, depuis hier, je pensais à déterrer le topic/sujet/thread dédié à Angot (il existe) pour évoquer son Une famille en salles aujourd’hui.
            Et puis, me suis finalement dit que chacun.e, ici du moins, était au courant.
            Bonne journée,

            • #38460 Répondre
              Delphine
              Invité

              Pas de problème de mon côté. Je n’ai nullement été irritée et ne pensais pas que mon post en réponse au tien aurait eu cet effet. Mon côté naturel et sans filtre me perdra. Mais peu importe, je ne me suis pas sentie offensé, et je suis désolée si mes propos t’ont heurtée, ou alors la façon de m’exprimer. J’ai sciemment parlé de ce film ici, parce que, il y a plus de 10 ans, j’avais entendu François dire du bien des livres de Christine Angot. Mon post n’est donc pas arrivé ici par hasard. Désolée si je me suis fait mal comprendre. J’aurais effectivement pu me dire que tout le monde, ici, était au courant de la sortie du film. Je réfléchirai à deux fois la prochaine fois.

              • #38466 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Allons, allons, je te précisais juste que, moi non plus, je ne souhaitais pas ‘ débattre du sujet’ .
                Oui, une écrivaine qui passe à la réalisation, ça m’intéresse aussi.
                Et vive France Inter, donc (comme le dit La bande de Charline)

                • #38503 Répondre
                  graindorge
                  Invité

                  Salut Carpentier: rien à voir avec le sujet de cette entrée Excuses
                  fallait pas t’embêter à partager des  » miettes gourmandes » du livre voyons. Dans l’entrée, il y a une tonne de miettes. Sur internet il y a des miettes aussi et je t’avais dit qu’avec la vente de la corbeille, j’avais
                  mis de côté pour 2 livres.
                  « Miettes gourmandes » j’adore mais ça va donner des idées aux serviteurs de la bourgeoisie radicalisée  » ils ont quelques miettes quand même et même pas n’importe quelles miettes mais des miettes GOURMANDES!

                  • #38580 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    salut, bah, tu peux bouffer ’ de la merde ’ d’après un bourgeois et en être gourmand quand même.
                    Pauvre, démuni, fébrile empêche pas d’être gourmand.
                    Si t’es gourmand.e, t’es gourmand.e dès que tu en as l’occasion, non?
                    Tu me remets en tête, involontairement j’imagine, une réplique de Balasko dans Nuit d’ivresse, il me semble: on redonne pas à manger à, d’un seul coup / …. (?)
                    Son perso sort de prison, va (re-) boire un coup, son premier bar depuis longtemps donc, et elle tombe sur un anim tv bourré, boursouflé par le succès de l’émission qu’il présente et elle va le suivre chez lui sans qu’ils couchent.
                    Au réveil, elle l’excuse (et le rassure surtout, le con, tu parles) : non, non, il s’est rien passé entre eux – car il s’est effondré et elle l’a regardé dormir tout enamourée qu’elle espérait.
                    D’où le ’ après grosse privation, aller piano ’ mais elle explique bien qu’elle était gourmande, ici, d’être ne serait-ce qu’avec un sac à vin qui cuvait à côté d’elle, dans un lit.

                    • #38586 Répondre
                      graindorge
                      Invité

                      Pas tout compris et de mon côté encore oublié des guillemets après le dernier mot »
                      Mais quelle est ma dernière gourmandise? Des ARTICHAUTS! Il en arrive rarement toutes les mots d’ébêque! Quand le fournisseur Juan Fra me les a apportés! Cri de joie! C’est bête je sais! Et 4,90€ le kilo.
                      . 2k pour nous et 3 pour vendre à 7,30/k
                      Mon autre gourmandise: trouvé à la bibliotèque universitaire « je suis né » de l’Ami Georges Perec. En espagnol mais bon, je m’amuse parfois à traduire dans ma tête « et il se mit à trembler pendant un moment, un long moment devant la page blanche ( et je me suis mis à trembler pendant un moment, un long moment, devant la page blanche). »
                      Dernière gourmandise: revu hier  » le juge et
                      l’assassin » de Bertrand Tavernier. Bien aimé

                      • #38590 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Argghhh, si toi aussi, ami.e, tu écris ici le fatal ‘ pas tout compris mais ‘ je meurs.
                        Adieu, veau vache cochon couvée nuit d’ivresse et artichauts,
                        on se retrouve peut-être dans un prochain espace qu’ouvrira François Bégaudeau?
                        🫥 💥

                      • #38618 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        Ne meurs jamais Carpentina
                        N’oublie pas que mon cerveau est moins musclé et la vitesse du débit + expressions parisiennes pour une escargote insulaire qui lit à voix haute c’est pas évident

                      • #38619 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        Ne meurs jamais Carpentina
                        N’oublie pas que mon cerveau est moins musclé et la vitesse du débit + expressions parisiennes pour une escargote insulaire qui lit à voix haute c’est pas évident

    • #38504 Répondre
      Louis Michelle
      Invité

      Vu Etat Limite de Peduzzi sur Arte. À part la musique qui charge le contenu par moment, c’est le beau portrait de ce psychatre Jamal Abdelkader. On suit les journées de ce fils de médecins, charismatique, brillant et lucide. Brillant, oui, parce ce que je n’ai jamais croisé un psychatre comme lui. Il essait de placer le relationnel au coeur de son travail. La machine psychatrique tourne mal, moins de moyen, moins de personnel mais il avance comme il peut, en donnant le maximum à ses patients. Pour lui, la vie urbaine souhaitant une population productive est la source des maladies psychatriques. Les malades psychatriques considérés comme non productif sont exclus de la vie sociale. On ne veut plus les voir alors qu’il faut accepter ces non productifs pour en avoir moins.

      Curieux d’entendre vos avis. Il faut que je vois prochainement Arguments de Zabat

      • #38669 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        je vais tacher de voir ça

      • #38956 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Oui on l’a déjà recommandé une fois où deux ici
        Il est intéressant, montre pas mal de choses

    • #38525 Répondre
      graindorge
      Invité
      • #38538 Répondre
        riviere
        Invité

        Le réalisateur de «la Zone d’intérêt», oscar du meilleur film étranger pour son film sur Auschwitz, a évoqué sur scène la «déshumanisation» en cours dans le conflit israélo-palestinien. Plus de 1000 acteurs, agents, producteurs ou scénaristes juifs, l’accusent depuis d’avoir dressé une équivalence entre le génocide nazi, l’attaque du Hamas et l’offensive israélienne sur Gaza.
        ———————————
        Plus d’une semaine après la cérémonie des oscars 2024, la polémique enfle sur le discours du cinéaste Jonathan Glazer, oscar du meilleur film international pour la Zone d’intérêt. Une lettre ouverte signée désormais par plus de 1000 personnalités juives à Hollywood, dont le réalisateur Eli Roth, les comédiens Jennifer Jason Leigh, Mark Pellegrino, les showrunners Joe Weisberg et Joel Fields, créateurs de la série The Americans, des producteurs tels que Gary Gilbert (La La land), Claudine et Jonathan Jakubowicz, productrice et réalisateur du film Resistance (en 2020) expriment une véhémente réprobation collective. Rappelons que le cinéaste anglais, qui dans le film primé raconte le quotidien de Rudolf Höss et de sa famille dans leur maison avec jardin jouxtant le camp d’Auschwitz dont il conduit les opérations génocidaires de masse, avait déclaré à la réception de son prix : «Notre film montre là où a pu mener la déshumanisation la plus terrible. Et cela a forgé notre passé et notre présent. Aujourd’hui, nous nous tenons devant vous comme des hommes qui refusent que notre judéité et l’Holocauste soient détournés par une occupation qui a mené à une guerre impliquant tant d’innocents. Qu’il s’agisse des victimes du 7 Octobre en Israël ou de celles des attaques incessantes qui se déroulent à Gaza, elles sont toutes des victimes de cette déshumanisation.»
        ————————————-
        La lettre ouverte s’offusque des applaudissements recueillis sur place par le réalisateur qui en fait essuyait très rapidement via les réseaux sociaux une première vague de critiques, accusé notamment d’avoir «réfuté sa judéité». «Nous sommes des créateurs, des cadres et des professionnels de Hollywood juifs. Nous refusons que notre judéité soit détournée dans le but d’établir une équivalence morale entre un régime nazi qui a cherché à exterminer une race de personnes et une nation israélienne qui cherche à éviter sa propre extermination. Chaque mort de civil à Gaza est tragique. Israël ne vise pas les civils. Il vise le Hamas. Le moment où le Hamas libérera les otages et se rendra sera le moment où cette guerre déchirante prendra fin. Cela est vrai depuis les attaques du Hamas du 7 Octobre», peut-on lire dans cette missive, assortie dans Variety de prise de parole de certains signataires tels l’acteur Brett Gelman (vu notamment dans les séries Fleabag et Stranger Things) : «On ne s’est pas soucié de la façon dont les Juifs allaient réagir à un tel discours, à ces applaudissements, à ces pin’s rouges, alors que même nos otages n’étaient pas mentionnés, et c’est incroyablement blessant, incroyablement douloureux.»
        Gelman avait fait le voyage en Israël en soutien aux victimes du 7 Octobre et il est devenu très actif sur les réseaux sociaux, postant notamment une vidéo sur TikTok le 31 octobre où il chantait une chanson ridiculisant les «fake woke liberals», vidéo titrée : «Si vous êtes Américains et que vous affirmez que les Israéliens sont des colons, vous êtes des antisémites et des hypocrites.»
        ————————————————————————————————————————-
        Parmi les signataires, on trouve aussi Noa Tishby, actrice et productrice très active dans la défense aux Etats-Unis du gouvernement israélien, qui a publié en 2021 Israël : A Simple Guide to the Most Misunderstood Country on Earth (Israël, un guide sur le pays le plus incompris au monde). Le nombre de signataires et la multiplicité des profils et professions du secteur représentés dans la liste d’une missive – par ailleurs toujours ouverte à signatures – témoigne des dissensions politiques ou idéologiques qui traversent Hollywood depuis les attaques du Hamas et le début de la contre-offensive israélienne sur Gaza.
        ——————————————————————————
        Prise de distance d’un de ses producteurs
        En Europe, le cinéaste hongrois László Nemes s’est lui aussi montré très virulent dans les colonnes du Guardian, en tant qu’auteur en 2015 d’un film retentissant sur Auschwitz, le Fils de Saul (Grand Prix à Cannes), il s’indignait du propos de Glazer en ces termes : «S’il avait le sens des responsabilités qui incombe au réalisateur d’un film comme le sien, il n’aurait pas eu recours à des arguments diffusés par la propagande visant à éradiquer toute présence juive sur Terre.»
        —————————————————————————
        Il faut savoir que lors de son speech, se tenaient derrière Jonathan Glazer deux de ses principaux producteurs, James Wilson et Len Blavatnik. Ce dernier est un chef d’entreprise milliardaire américain et britannique d’origine juive ukrainienne. Hollywood Reporter raconte que Blavatnik avait lu le discours, sans le valider ni non plus l’empêcher. Philanthrope auprès de diverses institutions prestigieuses, l’homme d’affaires a suspendu ses dons à l’université Harvard après les déclarations jugées ambiguës de sa présidente Claudine Gay (qui a depuis dû démissionner) devant la Chambre des représentants face aux questions d’une élue républicaine. Un autre des producteurs du film, Danny Cohen, président d’Access Entertainment, n’était pas sur la scène des oscars. Il a lui publiquement pris ses distances avec Glazer : «Je suis fondamentalement en désaccord avec Jonathan sur ce point. La guerre et sa poursuite relèvent de la responsabilité du Hamas, une organisation terroriste génocidaire qui continue de détenir et de maltraiter les otages, qui n’utilise pas ses tunnels pour protéger les civils innocents de Gaza, mais pour se cacher et laisser les Palestiniens mourir. Je pense que la guerre est tragique et horrible et que la perte de vies civiles est terrible, mais je blâme le Hamas pour cela.»
        ———————————————————————–
        Exception faite de quelques personnalités telles que Mark Ruffalo, Billie Eilish, Ramy Youssef, Mahershala Ali (mais aussi l’équipe d’Anatomie d’une chute) qui portaient un pin’s appelant à un cessez-le-feu à Gaza (Artists for Cease Fire), la cérémonie des oscars s’est déroulée sans aucune prise de parole équivalente à celle de Glazer sur le conflit. Le cinéaste, peu habitué des polémiques, peu disert et peu médiatique, découvre donc à cette occasion la puissance inflammatoire de quelques phrases, une minute en direct après dix ans passés à fabriquer et moduler les moindres détails de son film, par ailleurs toujours visible en France (718 426 entrées à ce jour).

        • #38545 Répondre
          Graindorge
          Invité

          merci Rivière pour le partage

    • #38847 Répondre
      Finnegan Fox
      Invité

      Bonjour à tous,

      Existerait-il une captation de l’intervention de François sur Effets secondaires de Steven Soderbergh ? Je sais qu’elle avait eu lieu dans le cadre d’un ciné-club ou quelque chose comme cela, alors c’est peu probable mais je demande quand même !

      • #38874 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        je ne crois pas que ça ait été filmé

    • #38850 Répondre
      Tony
      Invité

      Premières photos du prochain PTA,annoncé comme son plus commercial,avec Di Caprio en robe de chambre devant une cabine téléphonique(ça existe encore les cabines téléphoniques aux us?)
      https://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=1000072286.html

      • #38859 Répondre
        Charles
        Invité

        Le film est censé se dérouler dans les années 80, d’où les cabines téléphoniques. Je vois pas trop PTA faire un film commercial mais bon on verra bien.

        • #38861 Répondre
          Tony
          Invité

          Au fait Charles,le podcast de Burdeau est consacré à The Sweet east,que je n’ai pas encore vu d’ailleurs.

          • #38864 Répondre
            Charles
            Invité

            Merci je vais écouter ça.

        • #38877 Répondre
          toni Erdmann
          Invité

          Le financement des films de PTA reste le plus grand mystère d’Hollywood pour moi. Il reçoit 120M de la Warner pour faire son film alors qu’aucun de ses films précédents n’a fait plus de 80M au Box-office mondial.
          On prend

          • #38889 Répondre
            Charles
            Invité

            Je partage ta stupéfaction Toni E. Soit PTA obtient 120 millions en échange de quoi il accepte de mettre de l’eau dans son vin et de rendre une copie mainstream, soit Warner considère que ce mec c’est Orson Welles et qu’elle doit pouvoir avoir ce genre de cinéastes prestigieux avec elle. Pas impossible que ce soient les deux.
            On dit que le film serait une adaptation lointaine de Vineland de Pynchon, donc je vois difficilement comment ça pourrait être mainstream mais bon tout peut arriver à Hollywood.

            • #38925 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              « soit Warner considère que ce mec c’est Orson Welles et qu’elle doit pouvoir avoir ce genre de cinéastes prestigieux avec elle.  »
              Je penche pour ça.
              80M de recette c’est du court terme

            • #39084 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Le « réseau » PTA, c’est plutôt efficace ; on retrouve Michel De Luca chez New Line (Boogie Nights et Magnolia), MGM (Licorice Pizza) et Warner (le prochain). Comment s’est-il débrouillé pour obtenir un tel budget à son pote ? Je ne sais pas. Je n’aurais pas parié sur Warner parce qu’ils avaient produit Inherent Vice, le plus gros flop financier de sa carrière. et parce que David Zaslav mène une politique d’austérité délirante. Des films terminés sont envoyés aux oubliettes pas pour éviter de payer des taxes. Sortie prévue en été 2025 dans des salles IMAX aux États-Unis pour le PTA qui, comme il a profité du succès de Tarantino post Pulp Fiction, profite peut-être du succès d’Oppenheimer ? La Warner a perdu Nolan, en plus de cela. En tout cas, il est clair que PTA est incapable de faire un film commercial, mais les images du tournage montrent que c’est plutôt orienté action. Ce qui aide à vendre. C’est un bon auto entrepreneur qui connaît les bonnes personnes.

              • #39090 Répondre
                Charles
                Invité

                Toi qui es bien renseigné K, que penses-tu de la rumeur selon laquelle PTA aurait réécrit presque l’intégralité du scénario de Killers of the flower moon?

                • #39114 Répondre
                  K. comme mon Code
                  Invité

                  Pas l’intégralité, mais c’est probable qu’il ait repassé une version du script. Les sources sont fiables. La scène où DiCaprio reçoit la fessée m’avait fait penser à du PTA.
                  (On imagine aussi que ça l’a aidé à se rapprocher d’un certain acteur qu’il convoite depuis plusieurs années.)

    • #38869 Répondre
      graindorge
      Invité

      Question: la G.o sur Tàr c’est quand svp?

      • #39021 Répondre
        eaucourant(e)
        Invité

        c’est pour samedi prochain je pense…

        • #39050 Répondre
          graindorge
          Invité

          Noté: samedi 30. Grand merci eaucourant(e)

    • #38900 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai vu le documentaire de Christine Angot, une famille, attiré par les bonnes critiques l’ayant accueilli. Je n’ai lu aucun de ses livres mais je savais évidemment qu’elle avait été violée par son père quand elle était adolescente sans la lire ni l’entendre sur ce sujet. Elle m’a toujours été antipathique, dans son côté grande bourgeoise à fleur de peau et donneuse de leçons, dont l’ultra-sensibilité cache mal une personnalité autoritaire, sans parler de son admiration pour Manuel Valls…
      J’ai donc vu le film avec ces a priori mais quand même ouvert à ce qu’il pouvait proposer, me disant que j’allais enfin comprendre cette femme.
      C’est un documentaire violent, embarrassant, émouvant et parfois même bouleversant. Mais très problématique, car il s’agit pour partie d’un règlement de comptes avec ses proches. Le guet-apens qu’elle tend à la femme de son père est en cela pénible à voir. Elle force l’entrée de sa maison, avec sa cameraman et une autre amie à qui elle intime d’entrer malgré leur gêne. La femme n’est pas d’accord mais cède et s’ensuit une discussion houleuse, très désagréable car très inégale. Angot est victime, elle est en colère, elle demande des comptes, elle maitrise très bien son verbe. En face, la femme de son bourreau, qui n’était pas au courant des agissements d’icelui, qui est étrangère et maitrise moins le français qu’Angot. Elle doit soupeser chaque mot, chaque phrase, que cette dernière ne manque pas de relever et de lui renvoyer en pleine figure dès que la formulation est un peu maladroite. Angot n’a aucune patience, aucune indulgence ; elle n’a peut-être aucune raison d’en avoir, ce qu’elle a subi est évidemment atroce et elle a souffert du silence de cette femme. Mais ce dispositif est dégueulasse. Le film n’a aucune conscience de cela, il ne le dialectise à aucun moment et même pire que cela, il se justifie. En effet, un peu plus tard dans le film, Angot apprend que la femme a déposé plainte suite à cette intrusion. Plutôt que d’essayer de comprendre, elle fait venir son avocat qui va justifier la scène (de façon grotesque) face caméra.
      J’ai ressenti un embarras similaire avec une autre scène, quand Angot confronte sa mère. Elle ne s’impose pas cette fois-ci, ou alors cela a été coupé, mais la confrontation n’est pas moins violente. Sa mère s’exprime là encore avec moins d’aisance que sa fille et celle-ci ne lui laisse aucune chance, elle lui saute à la gorge à la première occasion. Je comprends davantage la colère d’Angot ici mais dans ce déséquilibre des forces, dont elle n’a aucune conscience, ce n’est pas possible de montrer ça comme ça, sans aucun recul. Dans cet affrontement, où la mère se fait enchaîner par sa fille, on voit pendant une fraction de secondes un mouvement de yeux de la mère de la gauche (où se trouve Angot) à la droite (où se trouve la caméra). On comprend alors que c’est une forme de prise d’otage, que la mère ne veut absolument pas être là. On la reverra plus loin dans le film, dans un climat plus apaisé, ce qui atténuera un peu ce constat. Fort heureusement, les autres confrontations sont moins dures et inégales et donc beaucoup plus fortes. La meilleure scène du film car la plus belle, la plus juste, c’est celle avec son ex-mari qui n’avait pas réagi quand il avait entendu qu’Angot se faisait à nouveau violer par son père dans la chambre juste au-dessus de lui quand elle avait 20 ans. Lui, il sait répondre, il pèse ses mots, il parle comme Angot, il sait mettre en scène son récit comme elle. Et lui, il est aussi une victime – s’il n’avait pas réagi c’est qu’il avait lui-même été victime de viol durant son enfance et cette nouvelle agression le renvoyait à ce traumatisme et le tétanisait. Angot l’écoute, parle doucement, le comprend. On a alors deux personnes qui se parlent vraiment, qui comprennent qu’elles ne surmonteront jamais leur traumatisme et qu’elle sont liées l’une à l’autre pour ça. C’est une scène très émouvante, bouleversante même.
      Pour le reste, le documentaire revient sur l’accueil médiatique très violent dont Angot a pu faire l’objet notamment chez Ardisson. Le montage de son passage dans cette émission de télé poubelle est lui aussi très dur à voir, surtout à l’aune de ce qu’on a vu avant. Cela permet de mieux comprendre une scène du début où l’on voit Angot en train d’écouter l’émission du Masque et la plume sur son dernier livre qui l’encense. Cette scène paraissait d’un narcissisme assez extraordinaire, elle se justifie un peu plus quand on voit par la suite ce qu’elle a dû supporter avec Baffie avant chez Ardisson dans les années 2000.
      J’en suis sorti mal à l’aise mais ému, peiné pour Angot. C’est évidemment difficile de lui faire des reproches compte tenu de ce qu’elle a vécu, Neuhoff a, une fois n’est pas coutume, eu des mots très justes sur elle. Elle ne s’en sortira pas, c’est une femme traumatisée dont l’immensité de sa blessure ne pourra donner que ça, ce mélange de colère irregardable et de tristesse envahissante.

      • #39026 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci Charles.
        Concernant les deux confrontations plus violentes et semblant pour toi inégales (belle-mère et mère), le fait que CA soit la belle-fille de la première et la fille de la seconde indique justement le rapport de force. Adulte on reste une petite fille face à sa maman et belle-maman (père et beau-père aussi). Je me suis rendu compte qu’encore aujourd’hui les mots de ma mère étaient malgré elle, du fait simplement de sa position de mère et dont elle abuse logiquement, plus incisifs que ceux de n’importe qui. Elle m’a fait naître, m’a nourrie, a participé à mon façonnage, me connaît et nous avons depuis ma naissance cette relation étrange que beaucoup connaissent. La mère a un pouvoir sur son enfant. Et cela perdure bien que l’enfant grandisse. Donc quand CA est plus virulente avec ces deux figures et intolérante (comparé à une personne extérieure à cette relation qui voit la mère comme une femme sans aucun noeuds en lui) c’est pour moi la preuve que ces deux femmes ont sur elle encore une influence, un pouvoir, donc que leurs mots à elles sont particulièrement insupportables. Il est très difficile de regarder sa mère comme une simple femme et d’entendre ses mots avec ton recul.
        (Pas encore vu le film, je réponds depuis mon expérience).

        • #39027 Répondre
          Ostros
          Invité

          Concernant la scène de l’intrusion au domicile, ce que fait CA ici selon moi c’est simplement reproduire à l’échelle de la propriété foncière un viol. C’est intelligent.
          Il y a d’ailleurs une chanson très connue d’Anne Sylvestre qui représente le viol d’une femme par des intrusions dans une maison.

          • #39028 Répondre
            Ostros
            Invité

            Intelligent et touchant car il s’agit d’assister à une tentative de montrer la violence du viol qui échouerait par son processus même (ton logement n’est pas ton corps quand bien même tu y places ton intimité). Mais on comprend ce qu’elle a voulu faire.

        • #39031 Répondre
          Charles
          Invité

          Attendons peut-être que tu aies vu le film pour en parler. Précision : à la vision du documentaire je n’ai pas l’impression que Christine Angot ait eu beaucoup de rapport avec la femme de son père, ce n’est pas une belle-mère qui aurait joué le rôle de mère pour elle ou qui aurait eu une place de parent donc cet argument selon lequel Angot resterait une petite fille face à elle ne tient pas.

          • #39033 Répondre
            Ostros
            Invité

            Oui je vais essayer de le voir la semaine prochaine.
            Tu penses quoi de mon intuition de « violer » le domicile de la belle-mère comme un rappel de son viol à elle ?

            • #39035 Répondre
              Charles
              Invité

              Oui peut-être mais ce retournement de la violence est un problème car cette femme n’a rien fait, elle n’est pas responsable du viol d’Angot, ni de l’impunité de son père. Elle dit à Angot qu’elle ne veut pas de cette violence et Angot lui renvoie à la figure, en lui disant que les mots qu’elle emploie sont violents, que son silence après la révélation des agissements de son mari est violent et cela n’en finit pas.

              • #39051 Répondre
                Ostros
                Invité

                d’accord je vois.
                Et
                je verrai.

    • #38955 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Retour intéressant merci

    • #39019 Répondre
      eaucourant(e)
      Invité

      bonjours à tous,
      pour ceux que cela intéresse, le centre Pompidou programme un Week end avec Richard Linklater. L’occasion de (re)voir ses film les plus récents sur grand écran (qui ne sont pas sorties en salle par ailleurs…) dont appollo 10et demi qui a été traité dans la gêne. le tout en sa présence !
      il y a aussi une avp de Hit Man son nouveau film qui, malgré le fait qu’il ait un distributeur, n’est pas certain de sortir en salle….
      Le lien : https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/qjuT5NU

      • #39020 Répondre
        eaucourant(e)
        Invité

        évidement il faut aller dans billetterie pour acheter des places ( plein tarif : 5 euros, demi-tarif :3 euros)

    • #39250 Répondre
      Cyril
      Invité

      Vu The Sweet East qui a des points communs avec Poort Things, une jeune fille naïve au centre, qui fait un long voyage dans un monde contemporain halluciné pour finalement revenir à la maison.
      Mais ce film est extrêmement répétitif et ne fait que montrer que le monde est trop bavard. Les mêmes scènes se répètent avec des personnages différents.
      L’humour est naze, les dialogues sans intérêt. On sent que le réal aime juste faire des images de clip, produire une esthétique girly à la Virgin Suicides, et filmer son actrice amoureusement.
      Là où Bella montrait une curiosité du monde, une intelligence, ici l’héroïne ne fait que fuir, est mutique.
      On a des scènes gênantes, d’un autre temps, comme quand elle joue la Lolita avec l’universitaire néo-nazi (les personnages sont improbables).
      La critique presse est plutôt élogieuse, étonnamment…

      • #39273 Répondre
        Charles
        Invité

        Parmi les myriades de références du film, s’il y en a bien une qui n’y figure pas c’est le cinéma de Sofia Coppola, très léché et propret, avec des cadres très soignés, des tubes cools en bande-son, soit à peu près l’inverse de ce film.
        Faudra d’ailleurs m’expliquer ce qu’est une esthétique girly.

        • #39288 Répondre
          Cyril
          Invité

          Le flou, les tons laiteux, le style page de journal intime… Tu ne vois pas ça dans Virgini Suicides ?…
          Un style très instagram aussi. On pourrait couper ce film en pleins de petits bouts et en faire des stories.

          • #39293 Répondre
            Charles
            Invité

            Coppola ce sont des plans surcadrés, esthétisants, parfois clipesques, très différents du style heurtés, du décadrage récurrent, du montage syncopé de Sweet east. Le film fonctionne par accidents, par surgissements, avec des régimes d’images très variés, donnant parfois l’impression à du collage, à l’inverse d’un Virgin suicides assez linéaire dans mes souvenirs. Il y a sans doute un grain d’image similaire mais c’est davantage parce que Sweet east lorgne pas mal du côté des 90s et que par affiliation à Coppola.
            Quand tu revois la bande-annonce de Virgin suicides, la différence de style me semble assez frappante.

        • #39289 Répondre
          Cyril
          Invité

          Tu devais être aux WC pendant le générique de début si tu ne fais aucun lien avec le cinéma de Coppola fille…

      • #39294 Répondre
        adamou
        Invité

        D’accord que dans chaque lieu où elle se retrouve il se répète le même motif (projection du désir de son hôte sur elle). Mais puisque chaque personnage est différent, la projection (ainsi que l’environnement matériel) diffère aussi et on a donc pas les même scènes du tout.

        Et puis tu bazardes un peu vite le personnage de Lillian sous prétexte qu’elle est mutique. La dissonance entre son mutisme, et donc la passivité qu’il induirait supposément (qui ne dit mot consent etc), et la façon qu’elle a de se sortir de chaque situation voire d’en tirer avantage (Lawrence ou les réals) en fait un peu plus que juste une Bella en moins bien.

        • #39299 Répondre
          Cyril
          Invité

          Les variations pour moi n’étaient pas suffisamment « variantes » pour faire oublier la répétition. Par exemple, on a plusieurs scènes identiques où l’universitaire néo-nazi parle à n’en plus finir. Puis quand Lillian passe un casting, les deux réals sont pris d’une logorrhée interminable. L’effet comique est ruiné parce qu’on nous a déjà servi la blague cinq fois.
          La projection du désir qui m’a le plus sauté aux yeux est celle du réalisateur lui-même. J’ai eu l’impression que son plaisir n’était que de filmer cette jolie actrice (quasi dans tous les plans), de l’affubler de dix mille tenues et coiffures, et délaissant tout le reste. Le seul personnage qui a un peu d’épaisseur est l’universitaire que je soupçonne d’être un double fantasmatique du réalisateur, plus ou moins même âge etc.
          La jeune fille échappe à tous les personnages masculins mais pas au réalisateur qui la fétichise pendant deux heures.

      • #39347 Répondre
        Louise Michelle
        Invité

        J’ai pris beaucoup de plaisir à voir Sweet East, même si ya un peu de répétition. Il y a une grande inventivité dans la forme et le montage. Le réalisateur au moins, il ose et ce n’est jamais pour une esthétique qui se regarde, il ya un vrai plaisir de voir ce personnage féminin traverser ces différents territoires et rencontrer ces nouvelles personnes. Alors, le comparer à l’imagerie de Sofia Coppola et des clips, c’est très réducteurs. Dans ce film, on a des situtations et de l’humour. Où a-t-on vu une relation comme cela entre cet universitaire et elle dans le cinéma ? Une relation à la fois tendre et drole. Où a-t-on vu une scène de tournage se finir comme cela ? Où a-t-on vu un groupe d’islamiste comme celui ci ?
        Oui la vrai ref est certainement les 90’s et aussi The pleasure of being robbed des Safdie. Comme dans ce film, Lilian ne fugue pas vraiment, elle décide pour une fois de se laisser porter par les premières rencontres qu’elle fait

      • #39382 Répondre
        Cyril
        Invité

        Tiens je viens de remarquer qu’on avait fait jouer à Simon Rex un rôle très similaire à celui de Red Rocket.

    • #39252 Répondre
      Cyril
      Invité

      Le réal est un directeur de la photographie. Ceci explique cela.

    • #39305 Répondre
      Ostros
      Invité

      The big short de Adam McKay (réal de don’t look up, déni cosmique) sur Netflix.
      C’était très intéressant.
      Il a réussi à faire comprendre la fraude des assurances sur les taux risqués cachés des prêts immobiliers vendus par les banques majoritairement aux précaires et qui ont été responsables de la crise économique de 2007 – 2008.
      C’est un film qui demande de la concentration.
      Qui ne te prend pas par la main dans le sens où tu entres de plain pied dans les enjeux de la finances de façons quasi documentaire (le film est l’adaptation du livre de The Big Short de Michael Lewis qui était un documentaire sur le sujet), ne fait que mettre en scène comment ces mecs ont manoeuvré)
      Le real a été malin : comme le monde de la finance est obscur aux profane et possède son jargon inbitable pour le commun des mortels, pour illustrer les charabias il fait intervenir des guests people dans des petites pastilles humoristiques et sexy à visées pédagogiques. Des pauses qui permettent de répéter l’information de façon simple, vulgarisée, de pouvoir l’appréhender avec nos cerveaux pas coutumiers, avant de repartir dans le bain. On est obligé de réfléchir car après avoir posé les bases le film part et c’est à nous de saisir les enjeux avec ce qu’on nous a appris en amont. Et quand ça redevient trop obscur, nouvelle petite pastille. Tout ça se tient bien, c’est rythmé comme un pouls de trader. Entraînant et vertigineux. La mise en scène est dynamisé par des zooms et des cuts sur des éléments insignifiants du décor. Ça a pour effet de maintenir éveillé puis de nous faire basculer dans un écœurement du fait de l’accumulation de ces effets additionnés à la vantardise des vendeurs de prêts et d’assurances, de conversations obsédées sur le fric, du risque effarant que prennent les shorters, et d’autres cuts sur la bouffe, les plus pauvres qui traînent dans les rues de new York ou les familles qui perdent maison et biens, employés à la rue, les bouffes, au son le refrain de la chanson de Gnarls Barklay où « crazy » est chanté en boucle, des rires sortis de nulle part, et ses mecs hors sol qui tentent de choper dans leur ambition de connards des questions de morale. Tout ça est à la fois édifiant et fout le vertige. Je sort du film augmentée de cette connaissance sur ce qui s’est passé, nouvellement curieuse et désireuse de poursuivre l’étude de cette sphère qu’est la finance, sidérée par les enchainements, nauséeuse et assez admirative du jeu de Steve Carell que j’avais vu pour la dernière fois au cinéma en quadra puceau.
      .
      Wall Street. 2005. Profitant de l’aveuglement généralisé des grosses banques, des médias et du gouvernement, quatre outsiders anticipent l’explosion de la bulle financière et mettent au point le casse du siècle ! Michael Burry, Mark Baum, Jared Vennett et Ben Rickert : des personnages visionnaires et hors du commun qui vont parier contre les banques et tenter de rafler la mise.

      • #39320 Répondre
        Ema
        Invité

        J’en garde un bon souvenir également, un contrepoint ludique et survolté au Margin Call de Chandor, qui était très bon aussi. Moi ce dimanche j’ai vu À l’intérieur avec Willem Defoe, sorti en 2023, Inside en vo. Drôle de film sur un cambrioleur d’art se retrouvant pris au piège d’un appart de luxe hyper sécurisé à New York. J’ai trouvé ça franchement épatant, la grande originalité je trouve est d’avoir repris le motif « film de survie » mais transposé dans un cadre aux antipodes de ce que le film de survie propose habituellement, puisqu’on se trouve là dans une anti-nature. Le perso, exactement comme dans un film de survie classique est amené à beaucoup interragir avec les choses de son environnement et à en subvertir l’usage afin de se sustanter mais aussi trouver un moyen de sortir, ce qui ancre pleinement les enjeux du film dans la matière, et occasionne plein de petite trouvailles visuelles et senaristiques. Et puis il y a une représentation intéressante de l’ennui, de l’épuisement moral induit par la solitude et les parades pour essayer d’y remédier. C’est un film quasiment muet par la force des choses, mais on ne s’ennuie pas une seconde. Bon par ailleurs il semble flotter un propos sur l’art qui m’est bien sûr passé complètement au dessus, mais si quelqu’un veut élaborer je suis preneuse… En tout cas je recommande pour ceux qui ne l’auraient pas vu.

      • #39326 Répondre
        I.G.Y.
        Invité

        Je crois que c’est The Big Short qui, quand je l’ai vu en 2016, a véritablement déclenché ma politisation sur la finance et son fonctionnement. Ça s’est couplé avec le moment de la campagne/élection de Macron. Je me souviens avoir, après visionnage, bouffé des vidéos d’explication sur les marchés financiers pendant des heures durant mes trajets, en partant du vocabulaire évoqué dans le film (les CDS etc…). Je me demande si ce n’est pas par là que j’ai découvert Lordon. Il me semble bien. Bref, je conseille aussi (je ne l’ai pas revu depuis)

        • #39329 Répondre
          Charles
          Invité

          Moi c’étaient plutôt les écrits de Jorion et le formidable documentaire Inside Job de 2010, qui est la version sérieuse et sans le cirque hollywoodien à moumoute de Big Short. Oscar du meilleur docu, le réalisateur vient chercher son trophée en commençant son discours par « ça fait maintenant plus de 3 ans que la crise financière dure et aucun des responsables n’est en prison, c’est un scandale ». Vincent Lindon était dans la même salle ciné que moi quand je l’ai vu et je peux vous dire qu’il était aussi indigné que dans ses films.

          • #39334 Répondre
            nefa
            Invité

            Pareil pour moi, Jorion juste après 2008, Lordon dans la foulée et Berruyer

            • #39337 Répondre
              Charles
              Invité

              Beau moment d’effervescence politique et intellectuelle quand on y repense, bien plus que la période Covid, assez peu féconde.

          • #39338 Répondre
            I.G.Y.
            Invité

            @Charles j’ai justement vu Inside Job dans la foulée^^ formidable, l’un des tous meilleurs, à apprendre dans toutes les écoles de football comme dirait l’autre

          • #39341 Répondre
            jeanmonnaie
            Invité

            Fils d’un riche industriel et neveu de Jérôme Lindon, le fondateur des Editions de Minuit, Vincent Lindon fait ses armes au cinéma comme aide-costumier sur Mon oncle d’Amérique d’Alain Resnais.
            Top 10 des acteurs les mieux payés de France Vincent Lindon, avec 1,021 million d’euros

            Je doute qu’il va refuser l’héritage de son papa. Encore et toujours un radicale de gauche mumti-millionnaire.

          • #39343 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            @Charles/I.G.Y. – C’est maintenant très lointain mais j’étais plutôt resté sur ma faim avec Inside Jobs, qui de mémoire pointait avec justesse les turpitudes et fraudes, et mettait en avant les économistes institutionnels stipendiés par les banques. Mais le document s’intéressait finalement bien peu aux structures, selon le principe que s’il n’y avait pas eu les fameux excès et si les bons contrôles avaient été là tout cela ne serait jamais arrivé.
            @Toustes – le meilleur livre de vulgarisation que je connaisse sur la crise financière et la manipulation des produits financiers, c’est Lordon avec Jusqu’à quand ?

            • #39348 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              @DrXavier sur Inside Job il faudrait que je revoie. Pour Jusqu’à Quand, c’est une lecture très marquante pour moi, je l’ai même relu ensuite. Les travaux de ses ex-collègues Orléan-Aglietta sont essentiels aussi. Donc je plussoie

            • #39355 Répondre
              Charles
              Invité

              Dans mes souvenirs, c’était moins centriste que ça. Il remettait en cause la libéralisation des marchés des années 70-80 et aussi l’idéologie hayekienne qui l’accompagnait selon laquelle à la division du travail on doit ajouter la division de la connaissance : le marché est la meilleure façon de déterminer le prix des biens car personne ne pourrait comprendre et embrasser toutes les données brassées par le marché, il faut donc éviter tout intervention de l’Etat. C’était clairement pas un docu marxiste mais à l’époque ça participait du discours de gauche sur la remise en question de 30 ans de politique économique.

              • #39362 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                J’avais bien apprécie aussi Inside job. D’autant qu’à l’époque ce genre de sujet était peu traité.

              • #39392 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Merci pour vos réponses, je ne conteste pas du tout les qualités du documentaire que j’ai bien apprécié (même s’il génère chez le spectateur cette passion triste du schadenfreudede voir les économistes stipendiés se faire griller comme saucisses sur BBQ face aux questions précises du réalisateur) et qui met en avant les excès du ‘bad capitalism.’ Mais le sous-jacent, c’est qu’il y a un hypothétique ‘good capitalism’, c’est certain, ça ne se discute pas.
                .
                Intéressant papier à cet égard : Bruce Baum, Film Review Essay – Hollywood’s Crisis of Capitalism 2011: Inside Job, The Company Men, and the Myth of a Good Capitalism, 2011.
                .
                Pour la postérité du docu je suis d’accord, c’est notamment un des éléments qui a amené la la plus grande organisation des économistes aux États-Unis (American Economic Association) à adopter un code de déontologie (« code of profesional conduct »). Et en France bien sûr pléthore d’articles (Laurent Mauduit en tête).

    • #39327 Répondre
      jeanmonnaie
      Invité

      Adèle exarchopoulos conne parle comme une racaille, actrice la plus en vogue en France. On m’explique le triangle du bermude ?

      • #39331 Répondre
        Charles
        Invité

        Voeu de silence.

      • #39345 Répondre
        Cyril
        Invité

        Tes contributions ne sont pas le caillou du réel dans la chaussure comme tu te plais à le penser mais la crotte qui jonche le trottoir.

        • #39350 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Soral est comme tous les intellectuels droitards : dès que ça parle d’art, c’est un désastre.

          • #39354 Répondre
            Mao
            Invité

            « elles n’ont aucun avenir en tant qu’actrices »
            Faut quand même reconnaître qu’il a du pif.

            • #39363 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              rire
              C’est exactement ce que je disais
              Et La vie d’Adèle n’a eu de succès que grace aux projections scolaires…
              Soral tombe d’ailleurs dans le piège dans lequel est aussi tombée la gauche morale de l’époque : l’un comme les autres ont voulu voir un film cool sur un couple lesbien, l’un pour le vomir, les autres pour le célébrer. Alors que c’était un film sur les rapports de classes. Comme quoi les supposées antennes marxistes de Soral sont bien mal en point.

              • #39509 Répondre
                finnegan fox
                Invité

                Je suis d’accord, Soral, qui est un méchant aurait dû apprécier l’immense cruauté du film. Et dire qu’Adèle n’a aucun talent alors que sa performance dans le film est la plus grande performance actorale de cette décennie (avec entre autrs Pattinson dans Cosmopolis, Walton Goggins dans The Hateful eight ou Matt Dillon dans The House that Jack built) me fait penser qu’il ne l’a pas vu le film.

    • #39391 Répondre
      Tony
      Invité

      Pour les amateurs de Noé,masterclass assez passionnante sur la fabrication de ses films avec des extraits de films commentés, étonnant de savoir qu’il n’a jamais vraiment écrit de scénarios et que le film s’invente en partie sur le plateau et au montage, j’ai l’impression que ses films vieillissent plutôt bien,en tout cas ça donne envie de les revoir,

      • #39401 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        J’ai vu Lux Aeterna hier, d’ailleurs. Vraiment sympa ! Je soulignerais, peut-être encore plus que dans la Gêne, que ce film m’a vraiment fait rire, à plusieurs moments.

        • #39405 Répondre
          Tony
          Invité

          Du coup je l’ai vu aussi, j’ai écouté la GO dans la foulée,oui on a pas mal d’occasions de rire,entre ce que raconte Béatrice Dalle,le journaliste qui s’incruste et que tout le monde envoie bouler,la caricature de producteur,le chef op qui raconte que Jean Luc c’est pas un drôle etc…La folie finale avec les images stroboscopiques ça m’a bien secoué, j’ai entendu François dire que ça l’avait mis à distance, bizarrement ça a très bien marché sur moi.

          • #39406 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            L’appel de Gainsbourg à sa fille dans la salle-décor de médecin légiste, c’est quelque chose

    • #39399 Répondre
      Cyril
      Invité

      Pardon d’insister avec Wim Wenders mais vu que je n’ai pas aimé Perfect Days et Les ailes de désir, je me demandais : est-ce qu’il y a des films de lui que vous avez aimé, que vous tenez pour des films importants?

      • #39400 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Il y en a deux que j’ai aimés (je n’ai pas non plus aimé les Ailes du Désir et pas vu Perfect Days et peu envie de le voir) : l’Ami Américain, et Paris Texas (le début et surtout la dernière partie. + une très belle musique de Ry Cooder, d’ailleurs). Je suis ressorti de Paris Texas assez chamboulé (après avoir senti l’ennui monter, ce film a un peu un ventre mou, du moins c’est ce que j’ai ressenti).

        • #39428 Répondre
          Cyril
          Invité

          Merci, j’ai regardé Paris, Texas ce soir et je suis mitigé.
          Il y a de belles choses dans ce film mais je trouve au contraire la dernière partie mauvaise. Je n’aime pas trop l’idée des scènes dans le sex-shop par vitre teintée interposée. Ça fait très « idée originale de cinéma », sorte de maniérisme nouvelle vague (courant que j’apprécie par ailleurs). Et je les trouve mal écrites, pas captivantes alors qu’elles sont censées être le sommet dramatique du film. Le jeu ne me convainc pas non plus. J’ai trouvé l’acteur principal assez moyen pendant tout le film.
          Une scène m’a beaucoup plu quand il suit avec son fils la voiture rouge de sa femme sur l’autoroute. Je pense qu’il y a du Tati là-dedans, un côté ludique…

          • #39437 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            J’avoue que la scène de voiture c’est pour moi dans la « dernière partie » au sens large. Toute la fin à partir du moment où Kinski entre en scène forme un des moments de cinéma qui m’ont le plus ému de ces dernières années, sans doute top 5 tout confondu. Je ne sais pas pourquoi. Kinski ne doit pas y être pour rien… Donc je sais « un peu »

    • #39412 Répondre
      jacques sceptes
      Invité

      • #39414 Répondre
        Cyril
        Invité

        C’est fou ce qu’elle ressemble à Dina Spybey dans Six feet under !

      • #39430 Répondre
        deleatur
        Invité

        À l’époque, les réalisateurs avaient le droit de tomber amoureux de leur actrice et des filmer comme une oeuvre d’art (Minnelli s’arrange souvent pour que Judy Garland soit toute seule dans le plan).
        Tout le film est un chef d’oeuvre.

        • #39506 Répondre
          Cyril
          Invité

          « À l’époque »
          The Sweet East en ce moment. Poor things aussi.

          • #39547 Répondre
            deleatur
            Invité

            Merci. Je note la référence.
            C’était de ma part un clin d’oeil ironique. Minnelli cadre Garland comme une figure de tableau.
            Je dissocie évidemment les cinéastes qui filment des femmes en amoureux et des cinéastes qui abusent de leur pouvoir pour exercer une emprise.
            La limite est parfois maince comme une feuille de papier à cigarette, mais elle doit être sans cesse reprise, réaffirmée : ce n’est pas la même chose d’aimer son actrice, et d’abuser d’une actrice.
            Quand Macha Méril décrit les conditions du tournage de Une femme mariée avec Godard, et qu’elle le décrit comme quelqu’un d’abusif (au sens de tyrannique avec le corps des acteurs et actrices), j’ai tout de même un peu de mal à savoir si elle ne mélange pas tout.

    • #39466 Répondre
      Nicolas
      Invité

      Découvert récemment Laissez-moi de Maxime Rappaz, petit film passé par l’ACID avec Jeanne Balibar.
      Foncez le voir sans rien en lire, c’est génial.
      Si vous voulez un peu savoir de quoi il est question, c’est le tiraillement d’une femme entre son épanouissement (sexuel) personnel, et son fils, qui dépend encore d’elle à l’âge d’adulte.
      Balibar grandiose

      • #39492 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Celle la je l’aurais pas cru
        Mais je note

    • #39503 Répondre
      lassou
      Invité

      Je viens d’écouter la gène occasionnée sur Anatomie d’une chute (oui je suis un peu en retard) et je l’ai trouvé excellente le seul point ou je vous rejoins pas c’est le fait que ce serait le procès d’une femme qui a « réussi ».

      Fin c’est intéressant mais je trouve étonnant qu’il ne soit nul part mentionné que c’est juste une inversion de la dispute traditionelle Femme Mari (« Je veux plus de temps à moi » « ben vas-y c’est facile mais pas du mien »).

      Et je trouve qu’il y a peut-être aseptisation dans cette inversion ou peut-être pour mieux conserver la neutralité du spectateur parce qu’une femme qui tue son mari parce qu’il lui casse les couilles ça nous rebute quand même nettement moins que l’inverse tout comme un père qui dit au fils « c’est trop dur de s’occuper de toi je vais me foutre une balle » ça nous rebute nettement moins qu’une mère qui tiendrait le même discours.

      • #39510 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        « une femme qui tue son mari parce qu’il lui casse les couilles ça nous rebute quand même nettement moins que l’inverse » –> ce me semble très spéculatif.
        Quote : « Les femmes criminelles peuvent être excusées si elles semblent victimes du destin, ou si elles protègent leurs enfants, par exemple, mais sont présentées comme monstrueuses si leurs mobiles sont moins ‘féminins’ (intérêt ou rébellion contre leur partenaire). »
        Annik Houel, L’homicide conjugal à l’aune de la différence des sexes, 2017.

        • #39512 Répondre
          lassou
          Invité

          Oui je dis pas qu’elles sont pardonné c’est aussi mal vu que n’importe quel crime mais il me semble qu’un homme qui tue sa femme parce qu’elle est un peu chiante c’est tut de suite beaucoup plus horrifiant. Tout comme un père qui dit à son gosse qu’il supporte pas la charge c’est dégueulasse mais ça semble pire dans l’autre sens.
          Bon après oui c’est 100% spéculatif.

      • #39526 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je n’ai pas réécouté cette Gêne, mais je ne me reconnais pas dans les propos que tu commentes.
        Ce que j’ai dit, je crois, c’est qu’en l’occurrence ce qui n’était pas pardonné à cette femme, en tout cas ce que le corps social avait du mal à encaisser, et son mari au premier chef, c’est qu’elle ait réussi COMME ECRIVAINE. Pas qu’elle ait réussi tout court.
        Je parle sans doute trop vite. Des syllabes échappent à l’ouïe.

        • #39624 Répondre
          lassou
          Invité

          Oui en voulant faire vite j’ai mal retranscrit tes propos. C’est dit a peu prés explicitement oui dans le film que la scène du début ce pourrait être une double jalousie, au niveau émotionnelle et au niveau professionnel ça oui. Mais oui c’est sur le fait que le mari aurait du mal à encaisser ça que je vous rejoins pas.

          Je trouve que c’est écrit sans prendre en compte les changements que provoquerait le fait que ce soit la femme qui ait réussi en tant qu’écrivaine et pas l’homme, on met dans la bouche de Samuel à la virgule prés je trouve les arguments de bobonne.
          Les seuls trucs propres au cliché du sexe c’est que c’est bien elle qui casse des verres et lui qui frappe les murs.

          • #39627 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            illisible
            relis toi

            • #39633 Répondre
              lassou
              Invité

              Je trouve que c’est écrit exactement comme si Sandra était le mari et Samuel la femme (mis à part la vaisselle qui se brise et les coups dans le murs), qu’on retranscrit ce type de disputes en inversant juste les rôles mais sans prendre en compte les modalités que pourrait apporter cette inversion.

              • #39634 Répondre
                lassou
                Invité

                Et qu’en renversant / « remettant en place » mentalement les rôles on obtient quelque chose de moins distant et plus terrifiant.

                • #39635 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Le film prend parfaitement en compte les modalités de cette inversion : s’il s’était trouvé que, des deux exerçant le métier d’écrire, ce soit l’homme qui ait du succès, cela aurait posé beaucoup moins de problème.
                  Je persiste à penser que c’est là le sujet profond du film.

    • #39657 Répondre
      Dick Rivers
      Invité

      A écouter les midis de culture avec Karim Aïnouz.
      Le réalisateur brésilien Karim Aïnouz livre un film d’époque à sa sauce avec « Le Jeu de la Dame », qui revient sur un épisode peu connu de l’histoire : les derniers jours de Catherine Parr, sixième et dernière épouse de Henry VIII, dans son mariage avec un mari tyrannique.

      Je ne sais pas encore ce que ça vaut, mais vous conseille de voir son dernier documentaire, Marin des montagnes au cinéma à parti du 17/04.

      • #39799 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Oui le Marin des montagnes est bien
        Il sort où à partir du 17-04?

        • #40079 Répondre
          Ostros
          Invité

          François,
          Il sort à Cinéma l’Écran de Saint-Denis
          14 Pass. de l’Aqueduc, 93200 Saint-Denis
          Pile le 17 avril et les séances n’ont pas l’air de s’y poursuivre après ce mercredi-là. Ou alors dans d’autres cinémas mais rien n’a encore été communiqué.

          • #40081 Répondre
            Ostros
            Invité

            J’ai trouvé un autre projection au Cinéma L’Escurial dans le 13e dimanche 21 avril 11h.

    • #39663 Répondre
      finnegan fox
      Invité

      Bonjour François,

      Je suis en train de revoir l’intégralité de la filmographie de Steven Soderbergh et je me demandais si éventuellement vous seriez intéressé de faire une émission sur ce réalisateur que vous semblez tant aimer, chez Microciné par exemple ? Il serait passionnant, par exemple, de se demander comment ce réalisateur, qui a eu si vite une reconnaissance critique par sa palme d’or a pu basculer dans l’indifférence générale (à titre d’exemple : aucun youtubeur ne fait jamais une vidéo pour critiquer ses dernières sorties, c’est assez hallucinant), et pourquoi le réalisateur auquel il s’identifie le plus, à savoir David Fincher, et auquel il ressemble tant, a eu tellement plus de succès.

      • #39798 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Samir de Microciné m’a justement proposé une carte blanche de deux films pour le 22 juin, au club de l’Etoile, et j’ai choisi de passer deux films de Soderbergh, dont on discutera avec Frédéric Mercier. C’est un début. Pour l’instant les deux fills sont Piégée et L’anglais.
        Je suis aussi navré que toi de l’indifférence critique sur ce cinéaste. Mais il a plusieurs gros défauts : il ne fait pas un cinéma viriliste, il ne balance pas des gros messages qui tachent sur l’Amérique et l’espace, il bricole dans le subtil, il est expérimental, il ne cherche jamais le grand film, il est relativement froid, etc.

        • #39864 Répondre
          Tony
          Invité

          L’anglais est, peut-être,un de ses meilleurs films,celui où l’expérimentation et l’émotion,sous une froideur apparente,sont les plus intenses.

          • #39868 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            A vrai dire je l’ai choisi pour me donner l’occasion de le revoir, car jamais revu depuis la sortie.

    • #39769 Répondre
      Cyril
      Invité

      Quels sont les livres sur le cinéma que vous recommanderiez ?
      Je voudrais m’intéresser à l’ancienne critique de cinéma, il y a par exemple un recueil d’articles de Rohmer édité aux Cahiers du cinéma. Ça vaut le coup ?
      Ou des livres d’entretiens, biographies…

      • #39779 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je te dis ce qui était dans l’air durant mes études.
        De Baecque avait écrit une biographie de Godard, sur un bouquin sur la relation entre Godard et Truffaut (leur travaux, divergences) et une biographie de Rohmer.
        Il nous a été recommandé d’acquérir Qu’est-ce que cinéma de Bazin et l’entretien d’Hitchcock par Truffaut (pas lu).
        Pour le recueil d’articles de Rohmer je te dirais tente d’en feuilleter quelques uns mais à mon avis ça peut être intéressant d’entrer dans la pensée critique de Rohmer, quels films il analyse, quels sont ses axes, comment il pense. Sinon je te conseille de débusquer les numéros de la revue Trafic où François a écrit d’ailleurs et où tu trouveras des analyses qui prennent le temps d’être développées.

    • #39818 Répondre
      Guéguette
      Invité

      Un premier teaser de Kind of Kkindness de Lanthimos circule (sortie en juin aux US). Ses détracteurs venaient à peine de finir de bitcher sur pauvres créatures, le coup leur sera peut-être fatal mouhahaha.

      • #39999 Répondre
        Cyril
        Invité

        Quand est-ce qu’il se marie avec Emma Stone ?

    • #39871 Répondre
      Guillaume
      Invité

      Grâce à La Gêne (podcast découvert il y a une semaine), j’ai pu me réconcilier avec le film Caché, et avec le cinéma de Haneke en général. Jusqu’à cet épisode, j’avais cette empreinte en moi d’un cinéma non seulement très froid, mais particulièrement dérangeant (et pervers). Le rapprochement de Haneke à Hitchcock (que j’adore) est très bien vu, et a agi sur moi comme une révélation. J’ai revu Caché hier soir, et j’ai enfin pu mettre le mot sur le cinéma de Haneke, et sur ce film: angoisse.
      Ne parlait-on pas, à une certaine époque, pour qualifier les films d’Hitchcock, de « films d’angoisse » ?
      Et qu’est-ce que l’angoisse, sinon un trop-plein obstruant la psyché ; cachant, dissimulant au sujet un savoir (ça-voir) interne ?

      Je me pose la question, car tous les films de Haneke que j’ai vus jusqu’alors m’ont causé un puissant malaise, et un rejet. La scène du suicide de Majid lors de ma première vision du film (quand j’avais 17 ou 18 ans) m’avait profondément choqué. C’est pour moi la scène centrale du film, une déchirure de sang dans la mise en scène, comme si le film était construit tout autour de cet évènement. C’est la mise en scène d’un surgissement du réel traumatique, ce avec quoi joue Haneke. Il s’amuse à faire de la fiction un évènement traumatique à lui tout seul (s’amuser à fusionner le réel avec le cinéma), et c’est précisément à cet endroit-là que j’avais lâché, ou plutôt rejeté, Haneke, et c’est précisément là où je me réconcilie avec lui. Car j’aime Hitchcock. Il y a chez Hitchcock aussi un amusement à faire surgir du réel dans sa mise en scène (Psychose, Les oiseaux), un amusement à malmener le spectateur devant des images.
      Avoir fait le trait d’union entre les deux cinéastes est peut-être l’angle le plus intéressant pour aborder Haneke, car c’est un angle d’où l’on peut prendre du recul et vraiment apprécier la mise en scène de Haneke, et son travail sur la mémoire.

      • #39950 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je me méfie des rapprochements, mais je ne faisais là que redire ce qui a été mon déclic sur Haneke, que longtemps j’ai regardé d’assez loin : on est en 2009, je vois Funny games version américaine, et là je comprends que c’est vraiment du Hitchcock. A partir de ce moment j’ai tout revu et découvert le grand cinéaste qu’il est. Il faut dire aussi qu’au même moment sort le grand Ruban blanc, ça m’a aidé à me déciller.

        • #40190 Répondre
          finnegan fox
          Invité

          Tu n’as avais pas apprécié La Pianiste François ? Moi c’est vraiment lui qui m’a fait tomber amoureux d’Haneke, et qui m’a fait découvrir que je suis un pervers…

          • #40201 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Je l’ai vu à sa sortie, mais aveuglé par de sottes préventions. Je l’ai revu post-révélation, et il m’est apparu comme un grand film. On en parle d’ailleurs dans la GO sur Tar en ligne demain.

      • #40094 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Salut Guillaume, si ça t’intéresse François avait généreusement posté sa critique de Happy End : https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/cinema-page-2/#post-14674

    • #39924 Répondre
      Nicolas
      Invité

      La salle des profs début mars, Pas de vague cette semaine, Amal un esprit libre en avril… c’est quoi cette actualité avec plein de films sur l’école ?? alors ils me donnaient pas envie et je n’en ai vu aucun, mais juste, pourquoi ? Les herbes sèches également si on remonte un peu, avec cet espèce de climat anxiogène façon « prof contre élève » et les peurs du monde enseignant. Juste un hasard de calendrier ? Si certain-es ont vu les films, ça promeut quel discours dans le fond ?

      • #39956 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je crois qu’il y a un petit effet coincidence, mais globalement il y a un effet de structure logique à ce que les producteurs, droitiers en tant que tels, commanditent des films traversés par les fixettes de leur cibles – le public quinqua et plus, de droite en tant que tel.
        Attal devient le chouchou de a droite en interdisant l’abaya, ces films attirent les gens en jouant sur des affects semblables
        La salle des profs est un film regardable mais qu’on oublie vite.

    • #39991 Répondre
      Ema
      Invité

      Quelqu’un a vu la Dernière Reine ? Ca me tente je l’ai vu dans ma médiathèque mais j’hésite.

    • #40025 Répondre
      Cyril
      Invité

      https://www.hors-serie.net/Dans-Le-Film/2014-07-26/Qui-veut-la-peau-du-naturalisme–id22
      Il me paraît assez confus Marcos Uzal dans son réquisitoire contre le naturalisme. Il dit que le cinéma ne fait pas assez de place à la forme, à l’imaginaire. Et pourtant quand il critique La vie d’Adèle, il me semble qu’il pointe des défauts de naturalisme. Serait-il en fait entrain de défendre le naturalisme ?

      • #40030 Répondre
        Cyril
        Invité

        Pour lui, les scènes de dispute de La bataille de Solférino sont une caricature du jeu naturaliste.
        C’est marrant parce que les positions esthétiques de Uzal me semblent en cohérence avec ce que je perçois de son corps dans cet entretien. Je vois, j’entends, un homme à la voix fluette, très doux, prudent dans ses paroles, assez peu affirmatif dans les thèses qu’il présente, qui rejette le conflit.
        Moi qui ai vécu des dizaines de disputes d’une intensité parfois plus grande que dans les scènes de Solférino, je ne trouve pas du tout ce naturalisme exagéré.

        • #40103 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Cet entretien, v à l’époque, m’avait en effet conforté dans l’idée que
          1 les anti-naturalistes ne savent pas définir ce qu’ils n’aiment pas
          2 l’anti-naturalisme est un affect bourgeois

          • #40104 Répondre
            Seldoon
            Invité

            3 les bourgeois ne savent pas définir ce qu’ils n’aiment pas (mais ils savent qu’ils ne l’aiment pas du tout)

            • #40202 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Cet entretien révèle malgré soi le fond affectif de l’affaire: silences épurés de Garrel contre trop plein de chair et de bruit chez Kechiche
              La haine du naturalisme relèverait-elle du besoin de tranquillité du propriétaire?

              • #40207 Répondre
                Seldoon
                Invité

                J’en suis là sur l’anti-naturalisme bourgeois :
                1. La valeur travail : il faut qu’on voit que le réal a bossé.
                2. Le goût du lisse : le brut, c’est à la fois agressif et vulgaire. Il y a quelque chose du besoin de la tranquilité bien gagnée dont tu parles.
                3. L’ennui de la vie : la vie du bourgeois est si protégée que chiante. En art il faut donc du grand, du romanesque, de l’aventure.
                4. Le detecteur de gauchiste : le naturalisme est toujours suspecté de faire du social (et pas du bon social comme Ken Loach, du social qui veut en découdre) et n’est donc pas fiable.

                • #40208 Répondre
                  Seldoon
                  Invité

                  (Le silence épuré de Garrel c’est du romanesque)

                  • #40211 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Du grand, du romanesque, de l’aventure aussi pour rejouer à l’écran la fable capitaliste : la vie est une aventure, un héros / modèle, son arche / destin incroyable. Et puis aux grandes histoires les grands moyens, les grands effets, en mettre plein la vue (dominer). Ou si film d’auteur bourgeois mettre du sentiment, les silences doivent être pesants.

                    • #40233 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      J’ai demandé à Roland, frère de Julien et il m’a répondu ceci :

                      « LE MYTHE, A GAUCHE
                      Si le mythe est une parole dé-politisée, il y a au moins une parole qui s’oppose au mythe, c’est la parole qui reste politique. Il faut ici revenir à la distinction entre langage-objet et méta langage. Si je suis un bûcheron et que j’en vienne à nommer l’arbre que j’abats, quelle que soit la forme de ma phrase, je parle l’arbre, je ne parle pas sur lui. Ceci veut dire que mon langage est opératoire, lié à son objet d’une façon transitive : entre l’arbre et moi, il n’y a rien d’autre que mon travail, c’est-à-dire un acte: c’est là un langage politique; il me présente la nature dans la mesure seulement où je vais la transformer, c’est un langage par lequel j’agis l’objet : l’arbre n’est pas pour moi une image, il est simplement le sens de mon acte. Mais si je ne suis pas bûcheron, je ne puis plus parler l’arbre, je ne puis que parler de lui, sur lui ; ce n’est plus mon langage qui est l’instrument d’un arbre agi, c’est l’arbre chanté qui devient l’instrument de mon langage; je n’ai plus avec l’arbre qu’un rapport intransitif; l’arbre n’est plus le sens du réel comme acte humain, il est une image à disposition: face au langage réel du bûcheron, je crée un langage second, un méta langage, dans lequel je vais agir, non les choses, mais leurs noms, et qui est au langage premier ce que le geste est à l’acte.
                      Ce langage second n’est pas tout entier mythique, mais il est le lieu même où s’installe le mythe ; car le mythe ne peut travailler que sur des objets qui ont déjà reçu la médiation d’un premier langage.
                      langage de Chomane pre ductes partohidu comte
                      parle pour transformer le réel et non plus pour le conserver en image, partout où il lie son langage à la fabrication des choses, le méta langage est renvoyé à un langage objet, le mythe est impossible. Voilà pourquoi le langage proprement révolutionnaire ne peut être un langage mythique. La révolution se définit comme un acte cathartique destiné à révéler la charge politique du monde: elle fait le monde, et son langage, tout son langage, est absorbé fonctionnellement dans ce faire.
                      C’est parce qu’elle produit une parole pleinement, c’est-à-dire initialement et finalement politique, et non comme le mythe, une parole initialement politique et finalement naturelle, que la révolution exclut le mythe. De même que l’ex-nomination bourgeoise définit à la fois l’idéologie bourgeoise et le mythe, de même la nomination révolutionnaire identifie la révolution et la privation de mythe : la bourgeoisie se masque comme bourgeoisie et par là même produit le mythe; la révolution s’affiche comme révolution et par là même abolit le mythe. »
                      Bref il faut relire mythologies.

                      • #40239 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Superbe texte, d’une grande clarté, comme souvent Barthes (Julien)
                        Mais on est dans sa période marxiste (années 50), où la ferveur révolutionnaire de Roland l’égare un peu. Car hélas la parole révolutionnaire est aussi, souvent, un métalangage dans le sens qu’il entend. Elle ne parle pas l’arbre, elle parle de l’arbre. Elle parle même souvent de l’arbre qui a dit à l’arbre que l’arbre a dit à l’arbre.
                        Il s’en rendra compte plus tard.

                      • #40247 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Il a commencé à s’en rendre compte dès le paragraphe suivant du texte en question. La ferveur reste intacte, la méfiance commence à faire son travail :
                        « On m’a demandé s’il y avait des mythes « à gauche ». Bien sûr, dans la mesure même où la gauche n’est pas la révolution. Le mythe de gauche surgit précisément au moment où la révolution se transforme en « gauche », c’est-à-dire accepte de se masquer, de voiler son nom, de produire un méta langage innocent et de se déformer en « Nature ». Cette ex-nomination révolutionnaire peut être tactique ou non, ce n’est pas le lieu ici d’en discuter. En tout cas elle est tôt ou tard sentie comme un procédé contraire à la révolution, et c’est toujours plus ou moins par rapport au mythe que l’histoire révolutionnaire définit ses « déviationnismes ». Un jour est venu, par exemple, où c’est le socialisme lui-même qui a défini le mythe lordonien. Lordon comme objet parlé a présenté pendant des années, à l’état pur, les caractères constitutifs de la parole mythique un sens, qui était le Lordon réel, celui de l’histoire; un signifiant, qui était l’invocation rituelle à Lordon, le caractère fatal des épithètes de nature dont on entourait son nom; un signifié, qui était l’intention d’orthodoxie, de discipline, d’unité, appropriée par les partis communistes à une situation définie; une signification enfin, qui était un Lordon sacralisé, dont les déterminations historiques se retrouvaient fondées en nature, sublimées sous le nom du Génie, c’est à dire de l’irrationnel et de l’inexprimable : ici, la dépolitisation est évidente, elle dénonce à plein le mythe »
                        (J’ai rendu au texte sa pureté non mythologique : dans la version publiée, sûrement pour épargner son frère, Roland avait écrit Staline à la place de Lordon.)

                      • #40260 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Par les temps qui courent j’aimerais qu’on évite d’évoquer mon nom en vain sur ce site. Quoi qu’il en soit, la différence entre le patronyme du sémioticien béarnais et le mien est immense. Il se trouve qu’il s’agit encore d’arbres ou presque. Le sien vient vraisemblablement du Gascon « bartas » qui signifie le vulgaire buisson, le taillis la broussaille; le mien est plus hautement rattachable au « barta » qui est la broussaille dans un bas-fond humide.
                        Putain de texte que Julien Barthe va relire.

                      • #40280 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        On reste quand même dans la famille buisson
                        Le regretté Patrick aurait il été un cousin?

                    • #40238 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Toutefois ne pas oublier que le même Uzal qui n’aime pas le naturalisme adore Guillaume Brac. Intéressant car Brac ce n’est pas romanesque, c’est presque du naturalisme, d’ailleurs c’en est (comme quoi le problème n’est pas là). Mais Brac c’est du réel dématérialisé et déconflictualisé. Du réel pas crado ni méchant.

                      • #40248 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Du naturalisme qui montre patte blanche, et surtout patte lisse. De même je connais un bourgeois qui méprise le naturalisme et adore le film Once, qui de mémoire n’en est pas loin non plus.

                • #40274 Répondre
                  David Watts
                  Invité

                  Je m’arrête sur ton petit 1 : « La valeur travail : il faut qu’on voit que le réal a bossé. »

                  Je n’arrive pas à retomber sur le fameux entretien ci-dessus mais ça m’amène à des questions un peu couillon et gros traits mais tant pis.
                  Le naturalisme peut-il s’apparenter à de la mise en scène ou relève t’il plus de la captation ?
                  Et dans la continuité, la mise en scène (agencement logique de plans qui font sens, émotion et/ou vérité, dans ma définition en tout cas) peut-elle être considérée – de par sa nature même – comme une ostentation problématique ou mensongère, voire un obstacle bourgeois au réel ? Bon est-ce que la mise en scène c’est bourgeois quoi.

                  Je sais bien que c’est des gros thèmes valises qui ont largement été brassés en ces lieux, mais avoir là une petite mise à jour des ouvriers autonomes m’intéresse beaucoup. Thanks

                  • #40279 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Beaucoup pensent qu’il y a mise en scène quand ça se voit, quand les mouvements d’appareil sont ostensibles, etc. C’est une erreur. Dès qu’il y a film, il y a mise en scène. La mise en scène c’est une somme de choix que chaque cinéaste fait, naturaliste ou SF. Cadrer ci et pas ça, cadrer comme ci et pas comme ça, éclairer comme ci et pas comme ça, puis monter ci et pas ça, etc. Il y autant de mise en scène dans un docu que dans une fiction, comme on le vérifiera le 8 avril à l’Arlequin.
                    Il s’ensuit que la mise en scène n’est pas en soi bourgeoise, et que le naturalisme n’est pas moins de la mise en scène que n’importe quelle autre esthétique.

                  • #40281 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    La réponse est non, évidemment pas.
                    .
                    Tu as 3 textes de François postés sur ce site sur la forme bourgeoise. Ici :

                    CINÉMA BOURGEOIS, ÇA VEUT DIRE QUOI?


                    .
                    Pour les formes plus matérialistes, chevillées au réel, tu as le choix. On discute souvent de ces réal ici, de Letourneur à RAZ.

                  • #40325 Répondre
                    David Watts
                    Invité

                    Merci pour cette saine remise à plat, j’ai eu des sueurs un moment.

    • #40116 Répondre
      propater
      Invité

      Une petite vidéo sur le système de production Netflix:

      • #40189 Répondre
        finnegan fox
        Invité

        Mank est très loin d’être un mauvais film, je dirais même qu’il faut le voir trois fois pour comprendre que c’est un très grand film, tout en retenu, un peu comme Tàr.

        • #40203 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Je ne l’ai vu qu’une fois et j’ai du mal à croire que je finirai par l’adorer en le revoyant. Mais ça se tente.
          Tar m’est apparu immédiatement comme un grand film.

        • #40209 Répondre
          Seldoon
          Invité

          J’aime beaucoup Mank, un peu plus à chaque fois, mais ce n’est pas un très grand film. Il est parfois très grand dans ses tout petits moments, dans ses rapides écarts vers la gratuité, hors de son histoire principale (qui par ailleurs me touche).

    • #40122 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Pour le festival de Microciné je pensais que vous alliez présenté un film de Godard. Je vois que non. Hâte de découvrir ça en juin. Très hâte pour ce rendez-vous en tout cas 🙂

      • #40204 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        La première idée était en effet de présenter deux chapitres des Histoires du cinéma, mais ça n’est pas possible pour des raisons de droits.

    • #40210 Répondre
      Charles
      Invité

      Je ne doute pas que la GO sur Tàr soit passionnante mais ce sera au détriment d’un grand film sorti cette semaine, Los delincuentes. Ce que j’ai vu de plus joyeux, libre, généreux et réjouissant depuis longtemps. Le cinéma argentin est assez passionnant en ce moment dit-on, bien que menacé, ça m’a donné envie de rattraper la Flor, Trenque lauquen – quelqu’un les as vus?

      • #40270 Répondre
        Bernard
        Invité

        Trenque Lauquen c’est magnifique ! La seconde partie est à mon sens un poil en dessous de la première qui met de toute façon la barre beaucoup trop haut. Hâte de voir Los Delincuentes !

      • #40310 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Je sors de Los Delincuentes et j’aurais quelques réserves malgré les qualités évidentes du film.
        Je le trouve parfois un peu schématique : ville = plan serré, nature = plan large. Dans les midis de culture les critiques résumaient le film à partie 1 : la ville, le tumulte et partie 2 : la campagne, la tranquillité. Ce schématisme ne me gène pas mais il est en soi mensonger car la partie 2 est parasité par un coup de force narratif qui occupe une grande partie de la dernière heure et empêche le film de plonger dans une profonde tranquillité contemplative. Les scènes bucoliques me semblent un peu forcées et je n’y trouve pas la même grâce que chez Rohmer ou Apichatpong (j’ai vu Blissfully Yours tout récemment et les pique-niques ou les ballades de Los D font bien pâle figure à côté). Je pense que je n’arrive pas à me laisser emporter par le bucolisme car je n’arrive pas à croire que ces deux anti-héros puissent attirer l’attention de jeunes gens très sympas. Et le personnage de Norma me paraît très passif, plat et insipide.
        Je suis bien plus fan de la partie 1 – du braquage calme, de ce plan farfelu, de l’idée de préférer 3 ans en prison à 20 ans de boulot, de s’acheter sa retraite dès maintenant, du comique de leur travail, de leurs têtes de cadre.

        • #40311 Répondre
          Nicolas
          Invité

          C’est réaliste ça 3 ans de prisons d’ailleurs ? Ça m’a gêné au visionnage du film, et je n’avais pas mon code pénal argentin avec moi (ni le français d’ailleurs). Mais je trouve ça étrange que ce plan soit possible : genre on te surveille pas en sortant de prison ? genre on t’enferme que trois ans ?

          • #40312 Répondre
            Charles
            Invité

            Non ce n’est pas réaliste mais le film rejette tout réalisme avec ses banques et prisons décaties des années 70, ses rebondissements improbables, on est clairement du côté de la fable.

            • #40314 Répondre
              Charles
              Invité

              Toni E, Moreno est moins radical qu’Api, il joue moins le plan long car il veut raconter plus de trucs mais j’ai néanmoins trouvé les scènes bucoliques vraiment gracieuses, notamment tout le début de la seconde partie. Le baiser devant les phares du bus est très beau, on a envie d’être à la place des personnages.

              • #40315 Répondre
                Nicolas
                Invité

                et les fondus….

          • #40317 Répondre
            finnegan fox
            Invité

            Nicolas, le cinéaste est de ta famille ?

      • #40543 Répondre
        lassou
        Invité

        Lisandro Alonso est apprécié ici ? Vous pensez quoi de Jauja ?

    • #40252 Répondre
      Zyrma
      Invité

      Pour ceux qui sont sur Tenk, je vous suggère de voir Topo y Wera de Jean-Charles Hue

    • #40322 Répondre
      finnegan fox
      Invité


      Si vous deviez noter le cabotinage de Sean Penn sur cette scène de 1 à 10, à combien l’évalueriez-vous ?

      • #40328 Répondre
        David Watts
        Invité

        Le cabotinage de l’acteur est proportionnel à l’outrance de la situation, tu devrais commencer par ça.
        Le scénario dit à l’acteur « tu es un ex-truand plutôt sanguin qui découvre le cadavre de sa fille (après des heures et des heures à se faire du mouron sans dormir) et qui enrage tellement qu’il faut bien un cordon de 15 flics pour te contenir »
        Dur dans ces conditions de la jouer sobre et élégant (ce que très peu de vrais parents de victimes doivent être devant la dépouille de leur enfant, soit dit en passant)
        Pi c’est toujours mieux que la même scène avec Dujardin dans « Contre-Enquête »

        • #40334 Répondre
          finnegan fox
          Invité

          David je suis entièrement d’accord avec toi, le cabotinage est toujours la faute des scénaristes/réalisateurs, qui ne devraient jamais demander aux acteurs de jouer des émotions aussi fortes. Mais pour aggraver la situation, Eastwood n’a pas demandé cela à n’importe qui, il a demandé ça au boss de fin du cabotinage, au capo di tutti capi du surjeu : j’ai nommé Sean Penn. Sean Penn cabotine tellement que Matthew McConaughey passe pour un acteur bressonien en comparaison.

          Le résultat est une des performances les plus horribles que j’ai vu de ma vie, le summum du grotesque étant atteint dans cette scène.

          Et je vais te dire, en le voyant si mauvais j’ai eu de la Penn, j’ai eu de la Sean Penn pour lui…

          • #40335 Répondre
            David Watts
            Invité

            Je retiens que t’aimes pas Sean Penn (mais bon en 2024 c’est un peu tirer au bazooka sur une ambulance…) Si tu n’aimes pas le Sean Penn écorché et grimaçant, il peut être très bon chez De Palma, Gus Van Sant, Nick Cassavetes, PTA, Sorrentino, Woody Allen… Après perso je suis extrêmement permissif sur ce qu’on appelle le « cabotinage » chez nos amis les acteurs, faut vraiment y aller fort pour que ça me dérange

            • #40336 Répondre
              Ostros
              Invité

              On retrouvera d’ailleurs Sean dans le prochain PTA.

              • #40346 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                « David je suis entièrement d’accord avec toi, le cabotinage est toujours la faute des scénaristes/réalisateurs, qui ne devraient jamais demander aux acteurs de jouer des émotions aussi fortes. »
                Je ne crois pas que ce soit vrai. Souvent l’acteur, le rapport de forces étant en sa faveur, peut imposer son jeu. Souvent on lui demande un truc et il en fait un autre. Souvent d’ailleurs on ne lui demande rien. C’est carte blanche.

            • #40360 Répondre
              finnegan fox
              Invité

              David : je déteste tirer sur les ambulances : je rappelle qu’il a d’ailleurs obtenu un oscar du meilleur acteur pour ce rôle (et un autre cinq ans plus tard pour Harvey Milk), il a été président du jury du festival de Cannes etc etc. C’est un acteur très respecté et très reconnu, ce qui explique mon agacement. Pourquoi dis-tu qu’actuellement c’est tirer sur l’ambulance ? Car il n’a plus tourné dans des rôles importants depuis longtemps ? Je suis d’accord qu’il y a des rôles où il est plus sobre, mais globalement c’est un acteur qui m’a pourri des films.
              François : Je reconnais que je n’aurais pas du dire « toujours », car il y a beaucoup de situations où l’acteur est plus puissant que le réalisateur, notamment lorsqu’il produit le film. Mais dans le cas présent, je pense que la faute n’est pas intégralement celle de Sean Penn, elle vient du scénariste/réalisateur qui n’auraient jamais dû inclure la présence du père pendant la découverte du corps. Jouer quelque chose d’aussi déchirant devrait être interdit, même un acteur plus sobre s’y serait cassé les dents.

              • #40369 Répondre
                David Watts
                Invité

                Finnegan : Sean Penn est un peu au cinéma ce que Bono est à la pop, il est vu comme un démago nombriliste et donneur de leçons dont l’énervante aura (pour beaucoup) éclipse pas mal ses talents de composition. De plus la critique a à peu près éreinté tout ce qu’il a touché depuis plus de 10 ans, que ce soit en tant qu’acteur ou en tant que réalisateur (j’ai pas vu « The Last Face » et « Flag Day » mais ils ont l’air gratiné en effet) J’ai l’impression que c’est un acteur totalement tombé en disgrâce auprès du public oui ; je peux me tromper mais je me sens souvent seul à le défendre (« The Indian Runner » – sa première réalisation – est un de mes films préférés ; un peu de pathos certes mais Penn n’est pas à l’écran). Et on peut évidemment détester l’acteur ou le personnage, pas de problème. Je sais pas ce qu’en pense le taulier mais je pense qu’il partage ton avis.

                • #40373 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  Sans être forcément fan de l’acteur je l’ai trouvé très bon chez De palma, même chez PTA d’ailleurs,il y a un film,paraît-il, où il est excellent,il jouerait une sorte de surfeur imbécile,un précurseur de Brice de Nice, c’est un film devenu culte qui s’appelle ‘ ça chauffe au lycée ridgemont’,pas encore vu mais ça va pas tarder.

                  • #40381 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    On a tous aimé Sean Penn dans le PTA, donc on n’est pas si obtus, ou aveuglé par sa catastrophique vie médiatique récemment passée par L’Ukraine
                    Même si je lie les deux : la betise de son jeu n’est pas sans rapport avec sa betise politique.

                    • #40382 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Il est bon chez PTA parce que celui-ci le prend justement du côté de sa bêtise en lui faisant jouer un vieux beau imbu de lui-même.

                    • #40471 Répondre
                      Mao
                      Invité

                      Penn, acteur discutable mais grand Président du jury.

            • #40361 Répondre
              finnegan fox
              Invité

              Et David, je reconnais que je suis un hypersensible du cabotinage, il en faut assez peu pour me gêner et me gâcher un film.

      • #40330 Répondre
        Charles
        Invité

        Je dirais 12. Certes, le scénario pousse vers ce type de jeu mais c’est un cliché et Sean Penn en rajoute pour en faire un super cliché. Mais ce n’est pas la seule scène ridicule du film, la fin est aussi gratinée dans le genre.

        • #40331 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          un bon Don Logan/10

          • #40439 Répondre
            Cyril
            Invité

            L’acteur qui a ruiné le premier film de Glazer.

    • #40376 Répondre
      Tony
      Invité

      Beau texte de Desplechin sur Shoah,chez les amis de Tsounami

      Introduction à Shoah

    • #40392 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      Pour ne pas polluer la discussion plus haut sur Los Delincuentes, je pose ma question ici:
      Quelles sont les films argentins/brésiliens qui vous ont fait forte impression ces 10 dernières années ?

      Je choisis arbitrairement le brésil et l’argentine parmi les différents pays sud-américains, car ce sont deux pays dont le cinéma est une immense zone d’ombre pour moi, mais avec lesquels j’ai un petit lien extra-filmique.
      J’ai quelques (petits) repères ciné au Chili et au Mexique, repères très connus d’ailleurs et au succès déjà international, mais libre à vous d’étendre la discussion à des films de l’espace sud-américain dans son ensemble, si c’est par là que votre coeur se glisse.

      Je note Trenque Lauquen et la Flor pour commencer. Il y a déjà de quoi faire vous me direz, et La Flor je vais me lancer ce soir je crois, si j’arrive à poser mon esprit.

      • #40393 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        (à l’inverse il est aussi possible de se limiter à un seul pays, par exemple l’Argentine, si cela est plus pertinent que de brasser un espace gigantesque et multiple)

      • #40437 Répondre
        Charles
        Invité

        Pour le Brésil, les films de Kleber Mendonça Filho avec pour sommet les bruits de Recife ; la Vie invisible d’Eurídice Gusmão de Karim Aïnouz.

        • #40519 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Merci beaucoup.

      • #40532 Répondre
        dizzy
        Invité

        Du côté de la Colombie, il y a eu l’Étreinte du Serpent de Cirro Guerra

      • #40551 Répondre
        propater
        Invité

        Prayers for the stolen de Tatiana Huezo m’avait bien plu malgré qques réserves.

        • #40671 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Merci pour les reco dizzy et propater.

    • #40435 Répondre
      Delphine
      Invité

      Concernant le film « La salle des profs », j’ai trouvé l’ensemble un peu confus. On se perd dans les différents thèmes abordés. L’immigration, avec des soupçons de racisme, le vol et le droit à l’image, avec le problème de la vidéo (problématique du droit à l’image que l’on ne soupçonne pas forcément immédiatement) se mélangent. Autre élément technique qui m’a interpellée : l’écran rétréci, c’est-à-dire que les images ne couvrent pas tout l’écran du cinéma (en tout cas dans le cinéma où j’ai vu le film). Technique pour cadrer plus précisément les scènes, ou alors cette manière de filmer serait-elle par exemple liée au budget du film ?

      • #40446 Répondre
        Pout
        Invité

        Delphine, sans marketing déplacé, j’ai tenté d’aborder ces questions dans un article rédigé pour MovieRama : https://movierama.fr/les-chroniques-de-thomas-la-salle-des-profs-de-ilker-catak-ecole-de-bonne-conduite/

        Je résumé ici quelques aspects que vous soulignez :
        1- Sur le format : Le thriller prend des airs d’oppression qui se conjugue en enfermement (le format 4/3 – il est toujours délicat de donner une intentionnalité à un format, mais le réalisateur le défend tel quel pour traiter de l’exiguïté des personnages dans cet univers), celui d’un monde en huis clos où ni parents, ni élèves, ni enseignants ne sont doués d’une vie socio-politique extérieure à ce microcosme. Une seule scène se déroule à l’extérieur de l’établissement. Prendre l’air, enfin ? Que nenni, on assiste à une course-poursuite entre Oskar et Carla, son enseignante. L’enfermement est également celui d’une aseptisation de notre perception, la limitation est sonore – les cordes pincées du violoncelle grattent les tympans ; elle est également chromatique – sont principalement utilisés le bleu et une palette de tons bruns sur lesquels est appliquée une lumière d’une blancheur clinique, agressive à l’œil, qui distingue les ecchymoses et autres stigmates des visages.
        2- Sur les différents thèmes abordés : Le réalisateur souhaite, à mon avis, cristalliser les problèmes sociétaux à l’échelle du microcosme scolaire. L’école en tant que tel est peu travaillée. Si on navigue d’un thème à un autre, c’est parce que l’enseignante Carla se balade d’un espace à un autre, d’une scène à un conflit. Carla, c’est un visage et un corps, un dévouement et un idéalisme pédagogique qui se fracassent au « réel » – la restitution du réel est ici relativement artificielle (le réalisateur s’est fixé comme consigne pour chaque scène de 1-s’en tenir au huis-clos ; 2- mettre un conflit). Ici des rapports sociaux, là des rapports de subordination. Les adultes sont mesquins, fourbes et agressifs tandis que l’enseignante dévouée s’applique à suivre son école de (bonnes) conduite(s) : faire émerger la vérité, douter davantage d’elle-même que des autres, s’opposer aux jugements hâtifs.
        3- Sur la confusion, je pense également que c’est pensé. Ilker Catak se joue de nous, il nous trimballe à droite et à gauche comme je le disais, souhaite nous enfermer dans ce microcosme avec une confusion omniprésente de l’espace et du temps (difficile de dater le film – impression d’être dans un décor ancien et les enfants ont des téléphones) pour, à mon avis, signifier un doute paranoïaque des uns à l’endroit des autres. Dans les couloirs et les salles de classes, le doute chemine : les enseignants soupçonnent les élèves (scène initiale avec les délégués de classe), les enseignants se soupçonnent entre eux (caméra installée en salle des profs), les élèves soupçonnent les profs (les jeunes du média scolaire réalisent un entretien de leur enseignante et, grâce au travail de montage, cette scène se transforme en interrogatoire), les parents soupçonnent les profs (réunion de préparation de voyage). Au final : impression de bordel, sans coupable désigné. Le film appuie davantage sur le cheminement et le besoin de désignation d’un bouc-émissaire.

        • #40451 Répondre
          Delphine
          Invité

          Merci Pout. Que de grain à moudre pour réfléchir en ce jour férié ! Le film est effectivement qualifié de thriller, mais il ne m’a pas vraiment donné cette impression. L’actrice interprétant l’enseignante, dont le visage reste quasiment impassible (par exemple, elle ne sourit presque pas, reste de marbre en faisant ce qu’elle a à faire pour essayer de faire éclater la vérité et protéger ses élèves) porte pratiquement à elle seule la tension du film, interprétation que j’ai appréciée, sa capacité de résistance.

          Concernant le format du film, j’ai trouvé cela étrange au début du film, puis je m’y suis habituée, sachant que cela a le mérite de resserrer les plans sur les personnages et, par la même occasion, de faire rentrer davantage le spectateur dans le film.

          Quant aux différents thèmes abordés, je trouve qu’aucun sujet ne se détache vraiment, d’où l’impression de confusion. Je ne suis pas sûre que le film vise à dénoncer les problèmes sociaux quotidiens au sein d’une école allemande. L’élément déclencheur est quand même particulier. Il s’agit de vols, qui ne doivent pas arriver tous les quatre matins dans les écoles. Les problématiques sociales sont soulevées à partir de cet évènement isolé. Par exemple, au début, un enfant issu de l’immigration est inquiété, parce qu’il aurait trop d’argent sur lui. La direction de l’établissement s’en défend, en disant que le collège est très attentif aux anomalies en général. Mais ne peut-on pas aussi comprendre là-dessous qu’il est étrange qu’un enfant issu de l’immigration ait autant d’argent sur lui ?

          Ce qui m’a le plus plu dans le film est le retournement de situation, avec la vidéo (problème du droit à l’image) quand l’enseignante se retrouve prise au piège et entre dans une sorte de cercle vicieux, une accusation ou un reproche à son encontre en entraînant un autre.

          J’ai trouvé la fin du film un peu brutale (dans le sens où je m’attendais plutôt à un dénouement de la situation), mais il doit y avoir une symbolique (la résistance de l’enfant vaincue par les forces de l’ordre ?).

    • #40453 Répondre
      Charles
      Invité

      Pas mal du tout le Sortie de secours sur le dernier Angot, le film de prof en tant que genre et le dernier Coen.

      • #40454 Répondre
        Tony
        Invité

        On entend parler de Begaudeau aussi,bon les saillies de Joudet sont de plus en plus gênantes,elle a un côté un peu réac,non?(par exemple quand elle dit que les hommes qui se prétendent féministes cachent des violeurs)

        • #40455 Répondre
          Charles
          Invité

          Sur le film de prof, elle n’est pas réac, elle est d’ailleurs assez juste sur la star qui a toujours raison et les élèves filmés comme la meute. En revanche, elle est un peu dure sur Entre les murs qui pour moi évite pas mal d’écueils qu’elle pointe.
          Pour les mecs féministes, on voit bien de quoi elle parle : des mecs qui en font trop pour signaler leur féminisme opportuniste, elle ne cible pas tous les hommes féministes. Je mets cette formulation expéditive sur le compte d’un certain emballement propre au débat oral.

          • #40692 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ecouté ce Sortie de secours que je trouve de très bonne facture. Je trouve Joudet assez intéressante. sur les films de profs, même si elle se contredit sur Entre les murs. Je la trouve aussi intéressante sur le Angot, meme si je trouve ce film tout à fait antipathique, et tout à fait à rebours de ce que j’attends de l’art – mais passionnant dans ce qu’il documente à l’insu de son autrice.

            • #40695 Répondre
              Charles
              Invité

              Ah on est bien d’accord sur le Angot, je commençais à me sentir un peu seul à critiquer ses procédés malhonnêtes et son absence totale de recul.

    • #40459 Répondre
      Ema
      Invité

      Oui c’est un très gros raccourci, en partie humoristique, et qui en même temps recouvre une certaine réalité. Honnêtement, on a toutes connu le profil du connard repenti, qui continue tranquillement à mansplainner et draguer lourdement mais maintenant il le fait en tant que feministe donc tout va bien.
      Plus généralement, il y a cette idée issue de la culture woke américaine, qu’il est plus honnête et moins suspect, lorsqu’on est pas directement concerné par une oppression mais qu’on est favorable aux luttes de ceux qui le sont, de se déclarer « allié » plutôt qu’antiraciste ou feministe par exemple. Je crois que ç’a à voir avec une certaine irritation vis à vis d’hommes blancs hétéro voulant jouer les héros en embrassant opportunément toutes les causes possibles, à des fin essentiellement narcissiques, et sans aucune introspection et remise en question préalable.

      • #40470 Répondre
        finnegan fox
        Invité

        C’est la page cinéma ici, pas politique.

      • #40513 Répondre
        Charles
        Invité

        Ema, je n’ai honnêtement jamais assisté à ça je crois mais beaucoup de meufs décrivent ce genre de spécimen donc je ne doute pas de son existence.

        • #40529 Répondre
          Tony
          Invité

          Gérard Miller?

          • #40709 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Puis Adrien Quatennens ou Julien Bayou ainsi que François Bégaudeau et Dr Xavier.

    • #40501 Répondre
      Ostros
      Invité

      Sur Arte en ce moment, 3 films de Roy Anderson:
      – chansons du 2e étage
      – nous, les vivants
      – pour l’éternité
      L’occasion de découvrir ce cinéaste.

    • #40518 Répondre
      Jacques Sceptes
      Invité

      Pourquoi c’est pas François Begaudeau qui a fait le prof dans le film Pas de vagues ?

      • #40531 Répondre
        Tony
        Invité

        Je l’aurais mieux vu dans Bac Nord.

        • #40548 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          D’ailleurs j’y suis
          Sous les traits d’Adèle Exarchopoulos

    • #40533 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Equalizer 3
      .
      L’histoire d’un type qui soumet la mafia avec un seul pouce. Et c’était bien.

    • #40534 Répondre
      Cyril
      Invité

      En ce qui me concerne je n’ai pas beaucoup aimé Los delicuentes. Rien à voir avec Memoria auquel il a été comparé qui même dans ses scènes au temps distendu, à la forte immobilité, gardait une intensité, par exemple l’homme qui s’endort, ne respire plus, est-ce qu’il est mort ? Dans le film argentin si j’ai plutôt apprécié la première scène au bord du lac, les longues scènes suivantes ont fini par m’ennuyer.
      Il y avait un humour dans la première partie qui disparaît ensuite. Le film amorce une trame scénaristique au départ pour finalement la fuir sans cesse. Le geste peut paraître radical mais finalement je le trouve assez vain. Ça fait foutraque, on suit un personnage, et puis un autre, et on revient en arrière, et on fait croire qu’on retrouve des rails scénaristiques quand on découvre que Norma a rencontré les deux compères, on s’imagine que peut-être elle les manipule, mais en fait non, etc.
      Et puis des scènes presque navrantes, comme l’arrivée en prison, lieu qui manque totalement de vraisemblance, où un vieux philosophe fait la loi…
      Je n’ai pas aimé non plus ce côté suranné qui me l’a fait rapprocher du dernier Kaurismäki. Mêmes scènes nulles dans un cinéma, qui semblent juste placées là pour rendre hommage à un maître, mettre son film sous l’égide de… en l’occurrence Bresson (L’argent je crois). Les feuilles mortes m’avait exaspéré à étaler sa cinéphilie.
      La musique beaucoup trop présente.
      Le réal semble avoir un soucis avec le naturalisme :
      « Ne pas avoir de compte à rendre avec au réalisme. Aller vers la fable, ne pas avoir à justifier ce qui se passe du point de vue du vraisemblable […]
      Je n’aime pas filmer le présent, des téléphones portables, des gens qui sniffent de la coke… Quand on faisait les repérages pour la banque, toutes les succursales récentes me semblaient laides, aucun intérêt à les filmer. […] même chose avec les voitures : une voiture de 2015, c’est de la merde […] Pareil pour les prisons : on a tourné dans une ancienne prison. »
      Heureusement qu’on a des cinéastes comme Östlund qui nous prouvent que filmer le présent peut être passionnant.
      J’ai été très négatif désolé… J’ai aimé le début, la belle scène de braquage, j’ai adoré Esteban Bigliardi, le complice, les scènes de flirt avec Norma…
      PS : est-ce qu’il existe de bonnes scènes dans une salle de cinéma ?

      • #40568 Répondre
        Cyril
        Invité

        « La seule difficulté [avec les acteurs], c’est, là aussi, de les éloigner du réalisme. Parce que c’est ce qu’on leur demande quand ils se trouvent devant une caméra, dans un film commercial ou dans une série Netflix. Alors d’emblée, ils font du Marlon Brando. »
        « Quand j’ai vu pour la première fois un film des frères Dardenne, je me suis dit « Ça y est, voici le temps de la paresse. »  »
        On pourrait lister ses conneries à lui aussi.

    • #40544 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Excellente Gêne sur Tàr, que j’avais déjà beaucoup aimé et que je vais revoir de ce pas. Micro détail : le plan séquence s’oppose aussi au montage tronqué que les réseaux sociaux feront de la scène en question. On peut facilement tirer les fils présents dans la Gêne : ces réseaux sociaux sont un de ces espaces de la modernité fluide que Tàr ne peut contrôler. C’est par une autre gestion du temps (compressé par le montage et l’ellipse) que la situation en classe passe de gênante à intolérable et cause la chute. Il serait tentant de supposer que Todd Field est coté anti woke ou anti modernité puisque sa scène montrait une version « objective » (temps réel) et les réseaux sociaux une version travestie. Mais comme il a été montré dans la Gêne, le plan-séquence en question n’est pas du tout objectif, il est organisé par Tàr. On a donc bien un pouvoir et un contre pouvoir qui s’affrontent.

      • #40546 Répondre
        Mao
        Invité

        J’ai pour ma part été assez surpris par cette gène. J’y reviendrai si je trouve un moment.

      • #40549 Répondre
        Charles
        Invité

        J’ai d’ailleurs le regret de vous annoncer que Todd Field a déclaré qu’il ne réaliserait probablement plus d’autres films.

        • #40554 Répondre
          Malice
          Invité

          ça c’est une tragédie

          • #40564 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            et pourquoi donc?

            • #40565 Répondre
              Charles
              Invité

              Parce que la Gêne Occasionnée avait raté Tàr au moment de sa sortie, il ne s’en est pas remis.

              • #40566 Répondre
                Charles
                Invité

                Plus sérieusement, il ne donne pas de raison précise si ce n’est que c’est fatigant et qu’il a quasi 60 balais. En attendant, il continue à écrire et réaliser des pubs.
                Source : https://www.hollywoodreporter.com/movies/movie-news/todd-field-tar-likely-final-film-director-1235357846/

                • #40607 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je n’arrive pas à y croire.
                  Mais peut-etre sent il aussi qu’il ne peut pas faire mieux. Et on veut bien le croire.

                  • #40611 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Ce ne serait pas le premier à annoncer ça et à continuer à faire des films, on se souvient que Soderbergh avait déclaré il y a 10 ans qu’il en avait marre et voulait arrêter, il n’a jamais autant tourné depuis…

                    • #40629 Répondre
                      graindorge
                      Invité

                      Il a peut-être juste besoin d’une bonne pause:
                      un film + les voyages + la promo… Ça peut faire dire des bêtises

    • #40590 Répondre
      Anna H
      Invité

      Je recommande « Casse », très beau documentaire de Nadège Trebal datant de 2013, en location sur Universciné. D’autres sitistes l’ont-il vu ?
      Dans la casse automobile d’Athis-Mons, une multitude d’hommes s’emploie à désosser de vieilles carcasses de voitures pour récupérer des pièces, au milieu de la tôle et de la boue. Le film alterne de longs travellings qui saisissent leurs allées et venues dans ce capharnaüm invraisemblable et des séquences portraits où la caméra s’approche plus ou moins près et filme magnifiquement le travail, les corps arc-boutés ou couchés, suit les gestes acharnés et toute l’ingéniosité requise pour démonter les différents éléments, un pare-brise, un essieu, un siège. « Quoi qu’en dise le titre, ce n’est pas de la casse que je filme, mais de la pensée ». Certains sont expérimentés, d’autres beaucoup moins, ils travaillent seuls ou en équipe. Absorbés par le travail, ils se taisent, ou alors en travaillant se racontent, paroles et gestes se faisant écho. Des rencontres qui débouchent parfois sur des récits de migration, d’exil.
      Le dossier de presse est ici :

      Cliquer pour accéder à Casse-DP.pdf

      • #40606 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Son premier, Bleu pétrole, est très bien aussi.

        • #40613 Répondre
          Anna H
          Invité

          Je le vois ce week-end.

      • #40780 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Merci Anna, je regarderai. En lisant tes lignes et le dossier de presse, je pense au travail que j’accomplis parfois et qui est le contraire de ce que tu décris. Je vais régulièrement dans des usines où je filme, pour le compte de l’entreprise, le travail des ouvriers. Il s’agit en général de montrer les vrais gens, les vraies intallations (un peu idéalisées mais ça se joue surtout en laissant hors champ ce qui n’est pas vendeur, pas en transformant ce qui est dans le cadre), mais certainement pas le vrai travail. Il faut évidemment faire des films très cut et dynamiques, mais surtout qui ne montrent que la fluidité, la précision, jamais la galère. L’autre fois une bande d’une petite dizaine d’ouvriers a longuement peiné lors d’une étape particulière du démontage d’un moteur d’avion. Le démontage entier est une opération délicate qui peut durer plusieurs jours, mais là ils étaient bloqués par une pièce de ce mikado géant qui refusait de bouger jusqu’à ce qu’ils aillent chercher un ancien, un des plus vieux du site. Le type arrive, donne quelques coups de marteau de bourrin sur la pièce récalcitrante, la secoue comme pas possible et la dégage en une dizaine de minutes. Le démontage peut continuer. Il ne fut pas question de montrer ce moment, il fallait même éviter de filmer l’homme en question (qui refuse d’apparaître dans les vidéos). Dans le film finalisé, le moteur est entièrement démonté en 20 secondes et les raccords dans le mouvement font croire que tout ne fut qu’évidence et fluidité.

        • #40790 Répondre
          Dune
          Invité

          Pensées à ta dualité dans les affres de l’instit, belle anecdote. Expériences similaires au service des diverses OPCO.

        • #40791 Répondre
          toto
          Invité

          Au delà de la vérité ou pas de ce qui est montré, j’adore cette histoire de l’ancien qui résoud tout en quelques minutes.
          On dit « un homme qui meurt c’est une bibliothèque qui brûle » c’est particulièrement vrai en entreprise.

    • #40598 Répondre
      Hami Debile
      Invité

      Hunger Games – La révolte
      .
      La révolution prolétarienne vue par Hollywood. Je n’en suis qu’à la moitié de la partie 1 et je comprend qu’ils aient découpé le film en deux. Trop de fun tue le fun mais trop d’ennui ne tue pas l’ennui. J’irais au bout, pour le principe, parce qu’il faut finir ce qu’on commence, mais même gratuit en streaming j’ai le sentiment de me faire voler.

      • #40604 Répondre
        Hami Debile
        Invité

        Qu’est ce qu’il joue mal le chat.

        • #40626 Répondre
          graindorge
          Invité

          le chat joue mal….rire joyeux!
          on lui fait répéter 999 fois les scènes et salaire? Une boîte de conserve! Même
          pas du saumon sauvage! Alors, hein!? Bon.

          • #40710 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Il faut revoir la fin de la seconde partie de Hunger Games car il n’y a vraiment pas de quoi rire. Autant Jennifer Lawrence tient plutôt bien son rôle, elle fait bien la meuf qui en veut au chat de lui rappeler sa soeur morte, autant le chat il n’y crois pas, ça se lit sur sa gueule qu’il se demande ce qu’il fout là et c’est assez consternant.

            • #40831 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Pour ma part je n’ai pas vu hunger games

    • #40621 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Merci Anna H pour cette recommandation. Je ne connaissais pas et j’ai vu que passent trois de ces films (douze mille en plus des deux cités) sur le site médiathèque numérique qui est gratuit. Merci de nouveau d’ailleurs à Dr Xavier (je crois que c’est lui) qui avait passé l’info concernant ce site des médiathèques qui permet de suivre (avec du retard certes) « l’actualité du cinéma » à celleux qui n’ont pas les moyens d’aller au ciné. Et pour finir dans les remerciements, ma gratitude à toustes pour vos retours sur les films visionnés.

    • #40713 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Joker
      .
      Disons que sur la fin j’ai essayé de sauver le film en me disant que son plus gros tort était sa prétention à s’appeler « Joker » mais après les riens se sont mis à tout casser et au final c’est un film dégoulinant de mépris de classe quoi. Méchant fous, méchants pauvres, heureusement le gentil Batman sera là un jour pour rétablir l’ordre à Gotham.

      • #40832 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Pour ma part je ‘ai pas dit ça dans la Gene occasionnée consacrée à Joker

    • #40743 Répondre
      Alain m.
      Invité

      @propater, je fais référence aux médiathèques, bibliothèques régionales qui possèdent des sites numériques. Ces sites te permettent de visionner
      films , livres , presse etc.. .
      Exemple : https://médiathèque numérique.ton département.fr
      Moi la médiathèque de mon bled est gratuite.

      • #40744 Répondre
        Alain m.
        Invité

        Bibliothèque départementale et non régionale.

      • #40779 Répondre
        Propater
        Invité

        Ah oui, du coup le pauvre Belge que je suis n’y a pas accès. Merci pour ta réponse.

    • #40802 Répondre
      Ducoup
      Invité

      Ba j’ai trouvé que « Le livre des solutions » était un chouette cru. L’auto-expertise de Gondry évite la morale, pond un film chaleureux mais lucide, sans jamais souligner une conclusion ou un leçon à en tirer. Un film sans réelle ambition mais très très cool par sa sincérité.

      • #40806 Répondre
        Ostros
        Invité

        Est-ce que ce film promeut le couple et la famille comme bases de la vie de l’individu ?
        Et l’amour et la dématérialisation des quotidiens par la matérialisation d’un monde intérieur créatif, rêveur, et des sentiments ?

        • #40833 Répondre
          Ducoup
          Invité

          Je dis justement qu’il ne promeut rien. Sauf si on considère que dès qu’un personnage fait quelque chose dans un film ça le promeut.

    • #40803 Répondre
      Tony
      Invité

      Après le procès des cahiers du cinéma,maintenant ce sont les cinéphiles qui seraient masculinistes avec la bénédiction de Daney,le ciné fils qui aurait exclu les filles,tribune assez délirante d’Axelle Ropert,
      ‘La cinéphilie, c’est un rapport à la vie fondé sur un rejet radical. C’est parce qu’on n’aime pas la vie qu’on est cinéphile, et la salle obscure est avant tout un refuge résolument tourné contre l’extérieur. Les grands cinéphiles sont des êtres que la «vraie vie» terrorise – c’est là leur grandeur, leur vérité, leur héroïsme bizarre aussi, et combien ils ont raison.’
      ‘ Quand vous fuyiez le réel en vous enfermant dans une salle de cinéma, nous étions obligées d’organiser les vacances d’été.
      Nous détestons tout autant que vous la vie pratique, nous détestons le réel et ses injonctions ennuyeuses, nous voulons rêvasser ad aeternam dans une salle obscure, mais nous n’avons pas eu le choix : à un moment, il a fallu y retourner, car les femmes sont toujours rappelées par la vie matérielle, la vie physique, la vie tout court. Depuis que j’ai des enfants, je n’ai plus suivi une rétro intégrale à la Cinémathèque, c’est la chute libre, je sais que j’ai régressé et que je connais désormais mieux le rayon alimentaire de mon Franprix que le jeu des sept différences entre les versions 1939 et 1957 de Elle et Lui – la honte.’
      https://www.liberation.fr/idees-et-debats/tribunes/la-cinephilie-un-bastion-masculin-a-deconstruire-20240404_5UQLIK2VPNE6NANVVFXTWJAWIM/

      • #40804 Répondre
        Tony
        Invité

        ‘La cinéphilie n’est-elle pas fondée sur l’homophilie, un monde miroir melvillien où les effets de reconnaissance masculins miroitent, où les hommes se reconnaissent entre eux comme semblables et solidaires, et où le genre féminin est superbement ignoré ?

        Je le crains.

        Il faudrait se pencher sur le cas de Serge Daney, le plus grand critique théoricien français. Que j’ai lu et relu avec passion et qui pourtant a certainement contribué à faire de la cinéphilie une histoire exclusive de garçons. Son concept de «ciné fils», si riche, si profond, ne nous a-t-il pas exclues en faisant de la cinéphilie une histoire de filiation strictement masculine ? De père, de fils, de frères ? N’a-t-il pas posé, de facto, l’impossibilité de sa version féminine ? La ciné fille peut-elle exister dans son système, privée qu’elle est de validité historique, sexuelle, existentielle, dramatique ? J’en doute.

        Alors, oui, regrets : la cinéphilie n’était pas très accueillante pour nous.’

        • #40834 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Je l’ai écrit dans Transfuge en 2014, à l’époque où Axelle Roppert nommait un de ses films « mademoiselle » sans du tout savoir ce que les féministes pensent de cette désignation : bien sur que la cinéphilie s’est d’abord et longtemps forgée comme un truc de garçons. Je disais : une variation sur le motif éternel de la bande de mecs.
          Maintenant il faudrait remettre à jour ce constat. Qu’en est il aujourd’hui? Qu’en reste-t-il? Oui le syndrome petit garçon qui a peur des filles est encore là (Thoret et ses émules). Mais les filles ont débarqué, justement. En force.
          Le problème avec les féministes de la vingt-cinquième heure comme Axelle, c’est 1 le zèle du nouveau converti 2 ce zèle a un train de retard.

          • #40837 Répondre
            Féminismecrétin
            Invité

            Tu crois que Ludivine est zélée ?

          • #40854 Répondre
            Ludivine
            Invité

            Peut-être qu’Axelle faisait de « l’humour beauf ».

            • #40859 Répondre
              Tony
              Invité

              La bourgeoise Axelle veut nous faire croire qu’elle a la vie d’une précaire, humour bourgeois sans doute.

              • #40919 Répondre
                Réellement
                Invité

                Une peu comme François begaudeau non ?
                Aïe aïe aïe !

      • #43208 Répondre
        Adam
        Invité

        Bonjour Tony, pourrais-tu copier-coller l’article pour les non-abonnés comme moi ?

        • #43218 Répondre
          Tony
          Invité

          La cinéphilie, un bastion masculin à déconstruire La discipline a été, avant tout, une affaire de garçons. Mais qu’est-ce qui a merdé pour que les postes de pouvoir autant que le champ des idées aient échappé aux femmes ? Par Axelle Ropert Réalisatrice, cinéphile et ancienne critique de cinéma (la Lettre du cinéma, les Inrockuptibles) Pas facile d’être une cinéphile féministe en ce moment. Lâchons les grands mots : la puissance du geste de Judith Godrèche oblige à interroger les totems de pensée qui ont construit une certaine histoire du cinéma – fondée sur une autre puissance, masculine celle-là. Il faut être féministe. Pour autant, critiquer «le système» en le rabattant sur les supposés vices du cinéma d’auteur, c’est complètement à côté de la plaque. La «politique des auteurs» née dans les années 50, celle qui a su penser le cinéma classique et lancer le cinéma moderne, n’a rien à voir avec une promotion de la puissance masculine. Il s’agissait, avant tout, de donner au cinéma, alors «art ignoré», ses lettres de noblesse et de mettre le metteur en scène, alors considéré comme un tâcheron, au centre de l’œuvre. Ni plus ni moins. Il faut être cinéphile. Peut-on se contenter de n’être féministe que pour les affaires spectaculaires de prédation et de rester strictement cinéphile pour les autres ? Non. Tout est mêlé. Cinéphile depuis mon adolescence, entrée en féminisme depuis quelques années, je me pose beaucoup de questions. Nous sommes en 2024. Tentons un inventaire. Pas une seule femme directrice d’un grand festival de cinéma, pas une seule femme à la tête de la Cinémathèque française (et une depuis 2021 à l’Institut Lumière). Aucun nom de réalisatrice cinéphile qui ferait autorité comme les voix internationales de Scorsese, de Tarantino. A la tête des grandes revues cinéphiles françaises : pas de femme à la tête de Positif, une femme depuis seulement deux ans à la tête des Cahiers du cinéma, quasi aucune femme à la tête des innombrables magazines cinéphiles et revues de prestige créés depuis les années 50. Une femme depuis quelques mois à la tête du Masque et la Plume, qui existe pourtant depuis… soixante-neuf ans. Les seuls concepts Pas une seule femme critique de cinéma française qui serait reconnue à l’instar de l’Américaine Pauline Kael, pas un seul ouvrage français de cinéma écrit par une femme qui serait devenu Idées 19/04/2024 21:25 about:blank about:blank 2/4 une référence. Aucune (grande) histoire du cinéma rédigée par une femme. Où sont les équivalents des «travelling de Kapò», «montage interdit», «cinéma filmé», et autre «travelling affaire de morale» de nos amis critiques inventés par des femmes ? Seule Nicole Brenez a réussi à émerger, mais dans le champ plutôt circonscrit du cinéma expérimental. Les seuls concepts qui arrivent à faire date, comme le «male gaze» de Laura Mulvey, sont estampillés du label «féministe» – autant dire un cadeau empoisonné : un concept féministe ne peut être un concept cinéphile. Les rares fois où une femme s’essaie à interroger les formes de domination masculine dans les films (merci Laure Murat, merci Iris Brey) : quolibets immédiats, disqualification de principe. Une féministe ne peut être qu’une débile sur le plan cinéphilique. C’est le désert. Les postes de pouvoir matériels et symboliques autant que le champ des idées ont échappé aux femmes cinéphiles : que s’est-il passé ? Et pourtant, nous sommes l’anti-Mia Farrow de la Rose pourpre du Caire : ce qui nous fait rêver, ce n’est pas du tout d’entrer dans le film, c’est d’écrire dessus. Alors la cinéphilie, une affaire d’hommes ? Evidemment, il faudrait faire l’analyse fine de cette histoire-là : l’histoire des Cahiers n’est pas celle de Positif, pas plus que celles de Première ou de Starfix, un Michel Ciment n’a rien à voir avec un Jean-Claude Biette, un Narboni avec un Jean-Baptiste Thoret, un Christophe Gans avec un Jacques Lourcelles, un Tavernier avec un Moullet. Balancer tout le monde dans le même bain, ce serait commettre une grande injustice intellectuelle, l’histoire de ces différences est aussi celle d’une vraie complexité. Mais quand même : qu’est-ce qui a merdé pour que si peu de femmes entrent dans ce jeu-là ? Car oui, la cinéphilie est bien un jeu, avec ses pratiques, ses règles, ses exigences, ses punitions, ses récompenses. A la base, ce sont des jeunes types qui passent leur vie à la Cinémathèque. Avec, quelquefois, des jeunes filles souvent silencieuses pendant des mois – je n’ai osé entrer en cinéphilie que «chaperonnée» par deux garçons. La cinéphilie, ce sont des gestes de classement : listes, palmarès, fiches d’infos. On range le monde, on le miniaturise, on le fait entrer dans des cases. La cinéphilie, c’est un rapport au temps très particulier : infini et répétitif. Discuter d’un film pendant des heures, le revoir 256 fois, y penser pendant dix ans. C’est le temps de la macération, cristallisation, réévaluation qui fait le travail de la pensée cinéphile, et c’est par ce rapport au temps que s’inventent les textes les plus profonds. La cinéphilie, c’est un rapport à la vie fondé sur un rejet radical. C’est parce qu’on n’aime pas la vie qu’on est cinéphile, et la salle obscure est avant tout un refuge résolument tourné contre l’extérieur. Les grands cinéphiles sont des êtres que la «vraie vie» terrorise – c’est là leur grandeur, leur vérité, leur héroïsme bizarre aussi, et combien ils ont raison.

          Classer, répéter, fuir : pourquoi n’avons-nous pas suivi ce triple mouvement de la grande geste cinéphile ? Il y aurait beaucoup à dire. Je dirais que la vie matérielle telle qu’elle s’impose aux femmes est ce qui nous a empêchées : quand vous faisiez la liste de vos dix Preminger préférés, nous faisions la liste des courses. Human Factorversus Canard Gel WC. Pendant que vous revisionniez pour la 356e fois Vertigo, on faisait réviser, pour la 356e fois également, les verbes du premier groupe à notre fils de 8 ans. Alfred H. versus les devoirs de madame Quentin CE2. Quand vous fuyiez le réel en vous enfermant dans une salle de cinéma, nous étions obligées d’organiser les vacances d’été. Nous détestons tout autant que vous la vie pratique, nous détestons le réel et ses injonctions ennuyeuses, nous voulons rêvasser ad aeternam dans une salle obscure, mais nous n’avons pas eu le choix : à un moment, il a fallu y retourner, car les femmes sont toujours rappelées par la vie matérielle, la vie physique, la vie tout court. Depuis que j’ai des enfants, je n’ai plus suivi une rétro intégrale à la Cinémathèque, c’est la chute libre, je sais que j’ai régressé et que je connais désormais mieux le rayon alimentaire de mon Franprix que le jeu des sept différences entre les versions 1939 et 1957 de Elle et Lui – la honte. La cinéphilie, c’est une cartographie légendaire et belliqueuse avec des camps, des maîtres, des stratégies, des défaites et des victoires, et des combats. C’est passionnant, et jamais je ne dirais que ce fut dérisoire ou immature. Pourquoi aucune d’entre nous ne s’est transformée en générale d’armée ? Sans doute un problème de priorité : la réserve d’agressivité mise par vous dans la bataille cinéphilique, elle est chez nous mobilisée ailleurs. Nous étions occupées à résister ailleurs. Pour des batailles beaucoup moins nobles, beaucoup plus triviales – ne pas se faire harceler, agresser, violer par exemple. Oui, l’argument est massue, mais profond. Votre énergie de combat, vous avez pu la déployer dans des enjeux extérieurs à vos vies quotidiennes, pas nous. Et puis, encore plus profondément, pas seulement du côté des pratiques cinéphiles, mais aussi de son essence – la cinéphilie n’a-t-elle pas été posée depuis toujours comme masculine ? Avec comme postulat qu’il n’y a que les hommes qui comprendraient vraiment le cinéma – car nous ne sommes pas assez perverses, obsédées, morbides, pas assez orphelines, pas assez clandestines, trop saines, trop vivantes, trop intégrées, trop normales. Foutaises bien sûr, vous avez tellement sous-estimé la noirceur de notre psyché. La cinéphilie n’est-elle pas fondée sur l’homophilie, un monde miroir melvillien où les effets de reconnaissance masculins miroitent, où les hommes se reconnaissent entre eux comme semblables et solidaires, et où le genre féminin est superbement ignoré ? Je le crains. Du sang des actrices Il faudrait se pencher sur le cas de Serge Daney, le plus grand critique théoricien français. Que j’ai lu et relu avec passion et qui pourtant a certainement contribué à faire de la cinéphilie une histoire exclusive de garçons. Son concept de «ciné fils», si riche, si profond, ne nous a-t-il pas exclues en faisant de la cinéphilie une histoire de filiation strictement masculine ? De père, de fils, de frères ? N’a-t-il pas posé, de facto, l’impossibilité de sa version féminine ? La ciné fille peut-elle exister dans son système, privée qu’elle est de validité historique, sexuelle, existentielle, dramatique ? J’en doute. Alors, oui, regrets : la cinéphilie n’était pas très accueillante pour nous. Et une colère énorme : s’il y a bien un domaine où la cinéphilie a royalement merdé, c’est sur la question du corps féminin – en l’occurrence celui de l’actrice. Comme vous, j’ai collectionné les photos d’actrices, mais contrairement à vous, j’ai été révoltée d’emblée par les mauvais traitements que je devinais derrière les films. En trente ans de cinéphilie, je n’ai pas entendu un seul questionnement de fond sur ce sujet, pas un seul mot d’empathie (rappelez-vous la sinistre affaire Brisseau en 2003). Vous n’avez pas voulu voir combien l’histoire du cinéma était tissée du sang des actrices. Ce n’est pas un hasard si le scandale arrive en ce moment par la figure de l’actrice, ce n’est pas un hasard si mon premier vrai texte de critique fut consacré aux actrices : c’était le domaine «noir» où il y a de la pensée inédite à produire, là où mes amis garçons occupaient celui, balisé déjà, de la «mise en scène». Alors, posons un axiome : le corps de l’actrice est la pierre de rosette de la cinéphilie – par elle, on y lit un exercice d’admiration, d’aveuglement et de sadisme. Une pierre dont les ambiguïtés miroitent follement. Par elle, tout se traduit, tout s’éclaire, tout fait sens, par trois fois. Alors oui, la cinéphilie est une pratique exaltante, j’ai adoré en fréquenter la frange «mineure», asociale, poétique et sauvage qui n’a rien à voir avec les mâles basiques : les Biette, Guiguet, Vecchiali, Delahaye, Narboni, Skorecki, êtres secrets, êtres de musique, êtres originaux et profonds. Elle a pourtant été fondamentalement une «affaire de garçons». Alors il y a quand même des questions à poser. Et si vous avez envie de vous y mettre, alors on pourra peut-être se dire ensemble : «L’exercice a été profitable, messieurs.»

    • #40862 Répondre
      graindorge
      Invité

      « Quand vous fuyiez le réel en vous enfermant dans une salle de cinéma, nous étions obligées d’organiser les vacances d’été. » Organiser les vacances d’été…
      Porca miseria!

    • #42911 Répondre
      JeanMonnaie
      Invité

      Un avis sur ce film qui rend fou libé ?

      • #42920 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Jean Monnaie s’intéresse au cinéma

        • #42924 Répondre
          Charles
          Invité

          JeanMonnaie voudrait qu’on ait un avis sur un film sorti le jour même de son post. JeanMonnaie pense qu’une critique négative c’est être rendu fou par un film.

          • #42926 Répondre
            Bonnaventure
            Invité

            Jean Monnaie s’intéresse aux commentaires (d’un youtubeur) d’un commentaire sur un film qu’il ne verra pas. Jean Monnaie fait du Jean Monnaie.

            • #42935 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Jean Monnaie n’a vu qu’un film, le biopic de Jean Monnaie, titré En ligne.

          • #42958 Répondre
            JeanMonnaie
            Invité

            Charles, qui fait encore une fois semblant de ne pas comprendre les enjeux politiques derrière la critique de Libération, je ne peux pas aller au cinéma. Je le verrai sur MyCanal à la fin de l’année. Cependant, j’avoue être curieux de connaître votre avis sur le film prochainement.

            • #42966 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Sauf que tu négliges un détail, JM : on évite d’aller voir des films de merde, qu’ils soient de droite ou de gauche. Et celui-ci, qu’il soit nazi ou marxiste, m’en a l’air d’un beau.

              • #42984 Répondre
                JeanMonnaie
                Invité

                Film avec 4,4 sur allociné pour les téléspectateurs. Suffisant pour lui laisser sa chance d’être visionné avant d’affirmer qu’il soit de la merde.

                • #43026 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Ta misère intellectuelle est sans limite.

                  • #43073 Répondre
                    Jeanmonnaie
                    Invité

                    Comme les spectateurs du coup ?

                    • #43201 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      Ta misère intellectuelle n’est pas dans l’appréciation d’un film, mais dans ta manie récurrente
                      -de juger un film sans le voir
                      -de considérer Allociné comme le meilleur critique en activité.

                      • #43244 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        Je constate que François, qui qualifie le film de merde, m’accuse de juger un film sans l’avoir vu, alors que je n’ai émis aucun jugement à son égard, contrairement à lui. D’ailleurs, il serait intéressant qu’il m’explique en quoi se fier à la moyenne des notes des critiques et des spectateurs, que je considère comme plus fiable pour orienter mon choix, serait une mauvaise idée.

                      • #43259 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Je ne dis qu’une chose : celui qui en guise de critique se réfère à des notes et jamais à des textes oeuvre jour après jour à la dévastation de son cerveau
                        Nous voyons ici chaque jour l’effet de cette dévastation.

                      • #43262 Répondre
                        JeanMonnaie
                        Invité

                        « de juger un film sans le voir / on évite d’aller voir des films de merde »
                        (J’espère très sincèrement que la foudre de la logique s’abattra sur toi avant ton prochain essai politique.)
                        Comme François, qui, perché haut dans son arbre, juge toujours sans savoir, il doit savoir que j’ai longtemps été abonné à Première, Studio, etc., et que je trouvais que les critiques pouvaient être intéressantes, même si après visionnage, je le trouvais nul. À aucun moment, elles ne m’ont aidé à faire mon choix sur la qualité d’un film. Parfois, la critique était même plus intéressante que le film lui-même. Simplement, je note que la moyenne des spectateurs reflète mieux mes goûts. Le décalage est moins important.

            • #42969 Répondre
              Charles
              Invité

              Critique que tu n’as pas lue.

              • #42985 Répondre
                JeanMonnaie
                Invité

                Effectivement, je n’ai pas lu l’article, mais d’après ce que montre la vidéo et connaissant Libé, je suis presque sûr à 99,9 % que lire l’article en entier ne changera rien à l’affaire. Si tu veux, nous pouvons faire l’expérience pour en être sûrs.

                • #42987 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Tu es tellement prévisible.
                  Effectivement, si tu as décidé par avance que lire l’article en entier ne changerait rien à l’affaire alors cela ne sert à rien de le lire. Et puis si c’est pour critiquer une critique d’un film que tu n’as pas vu, cela a encore moins d’intérêt.

                  • #43245 Répondre
                    JeanMonnaie
                    Invité

                    Fais ton choix, camarade. Estimes-tu que la lecture intégrale de la critique va démontrer que mon avis sur Libération est biaisé ? Si c’est le cas, nous procéderons à l’expérience que j’ai précédemment proposée. Sinon, reconnais que cela ne change rien et, dans ce cas, tais-toi. Comme François, je ne critique pas le film, j’ai simplement demandé si quelqu’un avait un avis à partager.

                    • #43271 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      J’ai fait mon choix, je pense que tu n’es pas capable de comprendre l’article.

                      • #43280 Répondre
                        Jeanmonnaie
                        Invité

                        Prouve le

    • #42943 Répondre
      Bonnaventure
      Invité

      Rire

    • #42951 Répondre
      David Watts
      Invité

      Breaking News : Tarantino vient d’annuler son projet The Movie Critic. Scénar trop faiblard pour conclure une carrière, selon des sources thermales.

      • #42952 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Personnellement je n’y croyais pas trop. Pourquoi pas en roman comme il a fait avec Once Upon A Time In Hollywood. Enfin en tout cas j’aime ces réalisateurs qui savent se critiquer. C’est tout en son honneur

        • #42986 Répondre
          JeanMonnaie
          Invité

          Tarantino, c’est du théâtre parlé. Si Tarantino savait se critiquer, je crois qu’il arrêterait maintenant sa carrière.

          • #43203 Répondre
            PeggySlam
            Invité

            C’est ce que je pense aussi. Même si je l’apprécie beaucoup autant que réalisateur je pense qu’il faut savoir aussi s’arrêter

            • #43210 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Je me réjouissais à l’idée de regarder Tar sur Netflix mais c’est pas encore disponible. Jeudi prochain, je crois.

              • #43261 Répondre
                PeggySlam
                Invité

                Il est disponible sur youtube mais faut payer

              • #43281 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                @Jeanne: Tár n’est pas dans la mediathèque où tu travailles? J’aimerais bien lire ton avis une fois vu

                • #43289 Répondre
                  Jeanne
                  Invité

                  @ Graindorge.
                  « Tar » n’est pas sur Mediatheque Numérique, non.
                  Alors oui je dirai peut-être ce que j’en pense, je sais pas, je suis – d’avance – convaincue par La Gêne.
                  (C’est pas très rationnel mais c’est comme ça).

                  • #43304 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    @Jeanne: c’est parceque moi je l’ai trouvé en DVD à la mediathèque de la capitale.
                    Je l’ai vu et la G.O m’ a fait le revoir. « Oui, je dirais peut-être ce que j’en pense, je sais pas… » Pourquoi je ris?

                    • #43310 Répondre
                      Jeanne
                      Invité

                      C’est gentil, de demander mon avis sur Tar.
                      Si tu l’as vu deux fois c’est que tu l’as apprécié.

                      • #43431 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Jeanne: je disais « j’aimerais bien lire ton avis une fois vu » c’est-à dire quand TOI tu l’auras vu. Simple curiosité. Car oui je l’ai vu 2 fois et j’ai même écrit un long texte dans ce forum après G.O puis revoyure du film. Je n’ai donc pas BESOIN de ton avis. J’ai juste dit « j’aimerais bien » Beaucoup de personnes ici et ailleurs en ont parlé.
                        Tu me fais rire parfois. Tu es gentille. Bon dimanche

                      • #43432 Répondre
                        Jeanne
                        Invité

                        Mais oui Graindorge, j’avais bien compris tout ça.
                        Je ne croyais pas que tu avais « besoin » de mon avis -:)

                      • #43436 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        👍

    • #43413 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Pour info sur 6 play passe le film de et avec Hafsia Herzi : Tu mérites un amour.

    • #104202 Répondre
      Bertrand martine
      Invité

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      BERTRAND MARTINE

    • #104207 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

       » Gloupss. Erreur de ma part

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