Accueil › Forums › Forum général › Cinéma – Page 20
- Ce sujet contient 1,229 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
François Bégaudeau, le il y a 2 mois.
-
AuteurMessages
-
-
toni Erdmann
InvitéJ’initie la page 20 en recommandant, pour les anglophones, une vidéo YouTube qui analyse les tendances hollywoodiennes récentes en matière de lumière, de photographie et de numérique. Il mobilise des concepts pas inintéressants pour expliquer pourquoi de nombreux films hollywoodiens paraissent aujourd’hui irréels et s’éloignent de l’organique, de la matière.
-
begaudeau
Invitéça m’intéresse fort
-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai trouvé de nombreuses scènes de Canto Due géniales, mais je suis sorti du film avec un goût d’inachevé qui n’est pas entièrement lié à sa dernière partie. J’ai senti le film rafistolé. Le demi-film. Malgré la présence d’une trame plus consistante que dans le premier — et encore : je trouve qu’on sous-estimait beaucoup l’ombre du fameux Clément dans Canto Uno qui n’est pas si léger qu’on le dit —, je trouve qu’on est assez vaporeux ; le film est hijacked par une Américaine et perd sa plus grande force, Ophélie, au profit de… quoi ? (Ce message peut paraître dur mais j’ai aimé tout regarder là-dedans. Cela dit, ce projet restera inachevé et ce film à considérer avec des astérisques.)
-
toni Erdmann
InvitéSi on est autorisé à déjà parler du film, j’y vais de mon éloge (avec spoiler) :
Pour moi, c’est une franche réussite, dans un registre plus crépusculaire que Canto Uno mais tout aussi passionnant
Il y a vraiment cette idée que l’été n’est pas éternel et qu’on ne peut pas jouir indéfiniment. Le contre-coup est lourd et pesant, les personnages ont l’air fatigués, ils essayent de faire la fête mais n’y arrivent pas vraiment. Il y a beaucoup plus de blancs, de silences, c’est moins volubile. Et surtout le plus gros contre-coup est l’apparition soudaine, presque terrifiante de Clément. Terreur très particulière car le personnage semble sincèrement bon et amical mais sa présence suffit à imposer une ambiance de fin de fête.
On sent les personnages beaucoup plus contraints, presque aliénés : Ophélie ne cesse de travailler, l’actrice américaine noie son chagrin dans la bouffe, Tony est plus pathétique que jamais.
La fin dans l’hôpital sera beaucoup commenté car on est dans des registres rares chez Kéchiche, mais ce que je retiens avant tout c’est l’immense talent pour nous trouver des vraies infirmières, des vrais policiers.
On l’a pas perdu notre Abdel-
begaudeau
Invité» le film est hijacked par une Américaine »…. car elle explose tranquillement tous les autres en présence, et Kechiche le sait, qui toujours va au charisme
-
Dwl
InvitéPareil, j’ai trouvé le film très réussi. (Je spoil aussi)
Ce deuxième volet conserve l’aspect solaire et sensuel du premier, mais répond à l’apesanteur de son prédécesseur par un retour au réel. Les choses reprennent leur poids (classe, genre, race) sans pour autant plomber l’atmosphère. Ce retour au monde m’a semblé intéressant parce qu’il n’instaure ni froideur ni glaciation (contrairement à ce qu’on voit souvent). Il s’inscrit dans une fluidité où la gravité des situations se mêle à la vitalité des moments. Le désir n’est plus une énergie flottante et sans conséquence. Celui d’Ophélie pour Amin ou Tony se heurte aux normes sociales (mariage), aux lois des corps (grossesse, avortement) et au patriarcat, tandis qu’Amin voit son aspiration artistique confrontée à une industrie prête à pervertir son art. Ces confrontations avec la réalité, Kéchiche les aborde sous un angle inédit dans son cinéma, souvent sous une forme satirique (des situations tragiques qui se mêlent à un humour parfois jaune, parfois franc, toujours pris dans une parole estivale et lumineuse).
Le traitement des corps évolue. Les corps féminins, autrefois sublimés pour certains ou objectifiés pour d’autres, sont ici davantage filmés dans leur trivialité, aux toilettes, affalés de dos à la piscine, sans tension sexuelle. Cadrage volontaire ou cinéaste recadré ? Le seul cadrage réellement intime porte sur les petites fesses de Tony, comme si le désir s’était réajusté au retour au réel.
La thématique de l’art face à la vie se poursuit (à la plage on entend « moi je m’en fous de la culture, la culture j’m’en fous, moi je préfère la plage, le soleil, danser, c’est ça la vie »). Amin, aspirant cinéaste, reste empêché, observant les acteurs jouer, regardant les autres danser sans parvenir à les rejoindre. Pour moi c’est une continuité logique avec les scènes du Uno (même hésitation, même impossibilité à se jeter dans le flot), en tout cas jusqu’a la fin qui reste pour moi assez mystérieuse.
Le film dialogue aussi avec le cinéma de Kéchiche lui-même, répondant aux critiques sur le pouvoir du réalisateur et la représentation des corps (« chez vous elles sont des figures, regardez comme elles sont vivantes chez moi, regardez, elles mangent chez moi, regardez ce que je leur fais faire en termes d’intensité »).Kéchiche surprend aussi par l’incursion du vaudeville presque burlesque et de l’action hollywoodienne, intégrées à son univers. Chaque interaction est étirée, chaque scène chargée d’intensité, tout en maintenant l’ancrage dans la vie réelle et en faisant advenir une présence vraie présence du membre hospitalier et des policiers.
Ce mélange des genres à la sauce Kéchiche fonctionne et montre une réelle virtuosité. Je constate cependant que le sort qui s’abat sur Amin (ce sort qui déclenche un saut dans la fiction et fait surgir Clément comme par hasard) n’a pas produit grand-chose sur moi. J’ai eu l’impression que tout fonctionnait, sauf cette course impossible.
-
-
Dwl
InvitéSi on omet la fin, je ne ressens pas tellement le côté inachevé. K, quand tu dis rafistolé/vaporeux, tu peux préciser ce que tu entends exactement dans le montage ou la construction des scènes ? (il y a peut être une ou deux scènes qui collent pas tout a fait mais je trouve ça assez marginale, je pense à celle de la plage au début par ex)
L’Américaine est certes moins captivante qu’Ophélie, mais plutôt que de dire que le film est « hijacked », je dirais qu’elle s’inscrit dans une dynamique de groupe plutôt qu’individuelle. Du coup, « au profit de quoi ? »… si on regarde ce que produit le quatuor (Amin, le cinéaste, Tony, l’Américaine), il y a beaucoup de choses qui n’existaient pas dans Canto Uno notamment l’aspect comique/satirique, ce déplacement permet au film d’explorer d’autres dimensions, sans pour autant perdre complètement complètement Ophélie.
-
begaudeau
InvitéJ’aime infiniment Ophélie et la comédienne qui l’incarne, mais d’une certains manière je ne crois pas à ce personnage, qui est largement une construction, peut-etre un fantasme. Jessica, elle, me parait un personnage d’un réalisme absolu.
-
Dwl
InvitéQuand tu dis “moins réelle”, tu parles d’un point de vue sociologique ? Si c’est ça, oui, je vois ce que tu veux dire : ses collègues à la ferme ont des manières de parler, de se tenir, des habitus plus immédiatement reconnaissables, plus cohérent.
Mais Jessica a aussi quelque chose de l’ordre du fantasme. Ces Américains sont décidément très américains. Elle correspond au fantasme de l’actrice américaine dans le cadre privé. Elle a un contour très simple et Kéchiche ne cherche pas vraiment à faire émerger chez elle une singularité en tant que personne. Dans TVB, tu parlais du pneumologue qui n’avait rien d’un pneumologue (mais dont la présence rendait les scènes passionnantes). Ici, c’est l’inverse : Jessica a tout d’une image fantasmée qu’on peut se faire d’une actrice dans la vie de tous les jours, il n’y a pas ce petit truc en plus (dédicace à Arthur) ou ce léger pas de côté. J’ai même trouvé que le film appuyait déjà un peu cet aspect. Sans même aller jusqu’a la fin, Il y a quelque chose d’irréel dans la présence de ce couple, dans les scènes avec Amin, dans leur manière très américaine de parler au bord de la piscine. Je soutiendrais donc pas que le réalisme de Jessica.
Ophélie, est peut-être moins “réaliste” au sens sociologique strict, mais elle existe beaucoup plus au cinéma. Et plus trivialement, Jessica est assez chiante avec son couscous (Ophélie non) et peut-être que ça joue aussi sur mon appréciation.
-
K. comme mon Code
Invité« Spoiler » sur Canto Due pour ceux qui ne l’ont pas encore vu :
Il y a du fantasme dans la manière dont nous est montrée cette Américaine, oui. L’impression que Kechiche veut nous livrer sa version de Gena Rowlands. Mais ça aurait mérité un film plutôt que la greffer à la bande d’Amin, non ? À la fin, je perds le reste de la bande — sans que je sente de véritable urgence du côté d’Amin dont la course finale n’a rien à voir avec celle de La Graine et le mulet dont elle semble faire écho — et je ne sais pas quoi tirer de cette séquence finale à l’hôpital où je trouve les infirmières et les patients plus intéressants que Jessica ou Amin ou Tony. Quand le film rejoue la scène d’ouverture de Canto Uno, je me suis demandé si Amin allait agir en surprenant son cousin. En continuant, je crois que Kechiche ne sait pas quoi faire de son empêchement. Le premier avait l’heure géniale de la naissance des agneaux suivie d’Amin regardant les autres en boîte. Dans Canto Due, je me dis qu’il aurait pu ne pas rejoindre les autres à la soirée et se casser seul à Paris sans Ophélie.
Le contre-coup dont parle Toni m’a beaucoup plu, la fête est définitivement finie. Je ne sais pas si le côté vaporeux mentionné plus haut vient entièrement de cet aspect du film. La scène à la plage avec la jeune blonde qui disparaît ensuite du film, je ne suis pas tout à fait certain que ça rejoue une scène de plage de Canto Uno sans que ça aboutisse à la création d’un groupe et d’une émulation collective. Le personnage de Dany apparaît au début puis fait de la figuration dans le reste du film. Pareil pour les personnages de Canto Uno. On ne comprend pas tout à fait pourquoi ceux qui étaient en vacances sont encore là… Les scènes avec la copine d’Amin, surtout la dernière, semblent venir d’un autre film. L’arrivée de Clément dans le contexte de la séquence finale tombe à l’eau.
C’est l’unité du film que je trouve bancale, car en dehors de ça, Kechiche n’a pas perdu son talent.-
begaudeau
Invité« L’impression que Kechiche veut nous livrer sa version de Gena Rowlands »
Une parfaite preuve de l’absurdité de cette allégation est que j’adore l’une et déteste l’autre.
J’adore l’une parce qu’elle est absolument juste et l’autre totalement trafiquée.
On notera d’ailleurs que les roles n’ont rien à voir : Gena en aucun cas ne lie ses maux à son statut d’actrice. Ses maux sont d’une autre nature (o folie o névrose o blessures). Jessica, elle, est déglinguée par son métier.-
begaudeau
Invitéà part cette aberration, assez d’accord avec le coté bancale du film
-
K. comme mon Code
InvitéOui, je ne comparais pas leur jeu, je pensais à une une version-variation dans le sens où j’ai associé Jessica à cet imaginaire de cinéma. Mais si ça peut être considéré comme un défaut chez beaucoup d’autres réalisateurs, les acteurs chez Kechiche sauvent ça.
-
begaudeau
InvitéJe n’ai pas encore regardé cette comédienne, qui effectivement ressemble à tant d’autres, et pourtant est absolument unique.
Syndrome pneumologue de La petite dernière (dont j’ai appris… qu’il était réellement pneumologue)-
Ostros
Invité@K et Dwl : où l’avez-vous vu ?
-
Dwl
Invitémoi c’était l’ouverture du Festival CinéBanlieue UGC Ciné Cité Paris 19
-
Dwl
Invitéd’ailleurs le producteur a dit pas qu’intermezzo ne sortira pas et qu’il n’y aura pas de canto tre…
-
Ostros
InvitéIl a dit pourquoi pour le 3e ?
-
Dwl
InvitéIl reconnaît qu’il reste encore beaucoup de rush mais a pas donné de raison. Il avait l’air un peu lassé, presque soulagé que l’épopée Mektoub touche enfin à sa fin.
-
-
-
-
-
Dwl
InvitéJe te rejoins, tu vises juste. On peut avoir l’impression de deux films qui coexistent pas très bien : les restes de Canto Uno avec la bande, et un second bloc beaucoup plus resserré sur Amin.
Je te suis aussi sur l’empêchement d’Amin, mais je ne dirais pas forcément que Kechiche ne sait pas quoi en faire. Ça reste cohérent avec ce qui était posé, si on met de côté la fin, jusque là ça m’irait. Ce qui ne marche pas pour moi, c’est son passage à l’action : c’est assez banal nan ? fin pas à la hauteur de la manière dont l’empêchement était travaillé dans la dernière heure de Canto Uno. Sur moi, ça a juste fait “ok, il agit”, sans réel impact.T’as lu le livre de François ? Même si c’est librement inspiré, sur cette dernière séquence ça vaut le coup de faire un parallèle je trouve, et pas forcément à la faveur de Kechiche. Dans le livre, ça produit quelque chose ou au moins on sent que ça cherche à produire quelque chose. Dans le film, c’est mystérieux, mais pas vraiment dans le bon sens du terme.
-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai fait le parallèle entre la dernière séquence de Canto Due et le livre. Comme toi, je trouve que ça n’est pas à la faveur de Kechiche, justement pour les raisons que j’évoquais : Amin n’a aucun désir, il court dans le vide, il n’est empêché de rien parce qu’il va nulle part, la situation est une fausse urgence car on ne perçoit pas très bien juridiquement ou interpersonnellement quel est le problème. Le film n’est plus centré sur lui ou les Américains. D’où le goût de frustration finale qui n’est pas forcément liée aux dernières images mais à tout ce qui nous conduit jusqu’à elles.
-
begaudeau
Invité« la situation est une fausse urgence car on ne perçoit pas très bien juridiquement ou interpersonnellement quel est le problème »
suis d’accord
-
-
-
Décroissant Mental
InvitéKechiche, des scenarios timbre poste de série AB Prod et un jeu d’acteur à l’avenant dans Mektoub, My Love: canto uno. Le mec le plus surcoté du MONDE.
Oui moi aussi je peux passer ma journée à mater des gros boules de meufs en forme de contrebasse, ça fait pas de moi un réal.Pire jeu d’acteurs du MONDE!
-
Dwl
Invitéd’accord
-
begaudeau
Invitéje suppose qu’il s’agit d’un post pastiche
-
-
-
-
begaudeau
InvitéBien sur que Jessica est chiante. Et oui je crois que ça biaise ta perception
Bien sur que d’une certaine manière je la déteste. C’est un monstre. Mais un monstre à la fois victime et coupable, et c’est ce qui la rend passionnante. Elle m’a passionné plan par plan. Même assise sur des chiottes elle est passionnante.-
Antonin
InvitéMais attendez pouce !
Où vous avez pu voir le film ??? Pourquoi les avis pullulent d’un coup ? Vous étiez dans des festivals ?-
Ostros
InvitéJe viens de voir qu’il y a eu une avant première
lundi 17 à 20h15 au Majestic Bastille !
On a raté ça. -
Carpentier
Invitéet bien nous, on dira qu’on a la chance de pas l’avoir vu encore, na na né-reuh
Pensez-donc comment on va bientôt surkiffer : )
-
-
-
-
Ourson
InvitéJe crois comprendre que l’américaine a du succès par ici.
Pour ma part, je l’ai appréciée les deux premiers tiers du film (sauf un détail sur lequel je reviendrai), parcontre j’ai vraiment eu du mal sur la fin.
Déjà sensoriellement c’était compliqué pour moi. J’étais tranquille à la plage, à la bergerie, pépère, et là elle nous fait sa crise de nerfs : ça m’a pris toute mon énergie, ça m’a tendu. Ça prouve sans doute que Kechiche a réussi son coup, mais j’ai trouvé ça peu crédible. J’étais d’ailleurs persuadé que François la descendrait pour cause de performance théâtrale.
–
[SPOILER]
J’ai vu assez de gens bourrés pour voir que oui, elle joue très bien les gens bourrés.
Mais j’ai été assez de fois bourré pour savoir que si un jour :
– Je m’adonne à des ébats torrides (d’après les 3 ou 4 positions qu’on voit dans le film, on va dire 15 bonnes minutes minimum, ce qui est très long, trois fois plus long que le plus long coït de ma vie)
– Je me fais surprendre par mon épouse
– J’essaie de calmer mon épouse qui dissocie
– Mon épouse tire sur mon amante
– La cousine de mon amante tente de désarmer mon épouse
– Je me débats et je tombe dans la piscine avec les autres
– Un coup de feu est tiré
– Mon épouse est en sang, balle dans l’ovaire
– Je monte dans la voiture jusqu’à l’hôpital avec mon épouse qui agonise et mon amante
– Je patiente dans la salle d’attente, trempé, à moitié à poil, en pleine nuit avec des gens qui me stalkent
– Je me fais brutaliser par des flics
Je peux vous assurer qu’après tout ça il n’y a aucun monde où je dessaoule pas.
Plus d’une heure sans boire, froid, panique, adrénaline et vêtements trempés ? Je vomis tout ce que j’ai dans la voiture et j’arrive à l’hôpital 97% sobre.
Ce serait absolument impossible que je me comporte avec les policiers comme Jessica s’est comportée avec eux. Même après avoir avalé une demi-bouteille de rhum Lidl, j’étais capable d’aligner deux ou trois phrases à des videurs pour tenter de rentrer dans une boîte.
Soit c’est moi qui dégrise trop vite, soit c’est simplement irréaliste.
–
Désolé d’avoir énuméré le tiers du film, je sais bien que tout le monde l’a vu, mais ça me paraissait nécessaire pour faire éprouver tout ce qui s’est passé en ce qui n’était pour nous qu’une vingtaine de minutes.
J’ai passé comme tout le monde un très bon moment, mais j’ai pas pu m’empêcher de penser que cette ivresse était forcée, ça m’a un poil sorti du film qui jusque là était ultraréaliste. Ça m’a laissé un arrière-goût de sketch de Gad Elmaleh, un truc un peu Camping, un peu Palmashow. Le coup de feu dans la couille n’arrange rien…
–
Pour revenir sur un autre détail un peu chelou : cette manie que Jessica d’exhiber autant son corps… J’arrive pas à comprendre. Je vais passer l’argument psychologique de comptoir sur l’incohérence entre son exhibitionnisme et sa boulimie, je suis pas spécialiste des TCA.
Parcontre, se présenter nue au rebeu du coin qu’elle connaît à peine, seule et sans surveillance ? Céder aussi vite son corps au restaurateur qui débarque à peine, à moitié sous les yeux de son mari (pas qu’à moitié après coup) ? Ne pas daigner enfiler un pull et une culotte pour aller à l’hôpital ? Laisser des tétons s’échapper à tout va en situation de crise absolue, sous les caméras, face aux flics ?
Jessica est visiblement une femme réfléchie, consciente de ce qu’elle est et de ce qu’il entoure. Je ne vois pas ce qui justifie chez elle un comportement aussi inconséquent, qui la met en danger elle et sa situation, qui la met quasiment en position d’agresseuse avec Amine. Ça tient pas la route.
Ses mouv sont dignes d’un producteur pervers au masculin DSKoïde, pas d’une actrice millionaire un peu fofolle et libidineuse.
Une actrice millionaire un peu fofolle et libidineuse s’y serait pris différemment pour gérer sa fofolie et sa libido.
–
Alors je suis désolé, mais ça me laisse penser qu’il y a une vraie discussion à avoir sur la pertinence du MG-word. Pas en tant que critère moral mais esthétique
Parce que de fait, en tant qu’homme il y a des choses qu’on ne ressentira jamais et c’est tant mieux. Mais ici, ça crée une faille dans le film, et ça crée une faille dans notre réception du film, nous autres, hommes.
–
Je suis allé voir le film avec ma copine, avec qui j’ai vu Canto Uno il y a un an. J’ai apprécié les deux films, elle un peu moins le Uno, beaucoup moins le Due.
On a débattu, elle m’a sorti l’argument des plans bien plus longs sur les corps des femmes que sur celui des hommes. C’est pas un reproche valable mais forcément qu’on va pas vivre ces scènes pareil en tant qu’homme hétéro. Ces scènes vont marquer un peu plus de « points esthétiques » chez nous, qu’on le veuille ou non. Sans cette charge érotique, l’intensité de la scène aux yeux des femmes se jouera ailleurs. Il se trouve que chez ma copine, cet ailleurs n’existait pas.
Mais il y avait une raison à ça : elle n’y croyait pas, ni en Jessica, ni en Ophélie, ni en aucune de ces filles qui monopolisaient le temps de caméra (un peu moins outrancièrement que dans Uno, certes).
–
Son argument n’était pas de dire « ces filles sont trop érotisées, c’est pas bien » mais « ces filles sont mal érotisées, c’est pas crédible ».
Jugement esthétique lié à une incohérence entre son propre vécu de femme et le film. Alors certes, ma copine n’est pas une sétoise en vacances de 20 ans, mais son expérience de femme est telle que certains trucs l’ont consterné elle et pas moi.
Moi je voyais des jeunes femmes pleines de vitalité à la mer, elle voyait une tentative un peu maladroite d’un homme qui imagine des jeunes femmes pleines de vitalité à la mer, donc forcément elle était moins dedans.
–
Un des trucs qu’elle a pas compris : pourquoi diable Amine a-t-il autant de succès ? Moi je me posais pas tant la question durant le visionnage, après tout il est beau-gosse, cool, intelligent, ces filles ont juste bon goût. Je comprenais pas ce qui gênait ma copine.
–
Et puis on se rend compte qu’Amine n’est pas le seul à avoir du succès.
Les femmes apparaissent plus longtemps que les hommes à l’écran certes, mais quasiment tout ce qu’elles font et disent tournent autour de leur désir des hommes, et ces hommes ont un succès FOU.
Ça ramasse sans forcer des minettes à la plage comme si c’était des chattes errantes, ça choppe à tour de bras dans les boîtes de nuit, ça séduit l’une au point qu’elle mette en péril toute sa vie familiale, ça chauffe l’autre au point qu’elle détruise sa carrière de star, ça envoûte une danseuse au point d’en faire une agresseuse : lorsqu’elle a fait du rentre-dedans tout l’été à Amine au point de le forcer à l’embrasser… Dans Uno, cette même danseuse a fricoté avec un tonton de 20 ans son ainé, 5 minutes après l’avoir rencontré dans un bar.
Bref, il faut bien reconnaître que tout le long du film les femmes se laissent complètement dévorer peur leur désir envers ces hommes, au point de faire absolument n’importe quoi. Faut bien avouer que c’est suspect
–
Ça ne se passe jamais comme ça dans la vraie vie, et je dis ce qui va suivre avec tout mon respect pour les basanés : ça ne se passe JAMAIS comme ça pour les basanés.
Je le sais parce que je suis moi-même un basané (« ben non jsuis pas raciste je suis basané ») avec pas mal de refouls à mon actif. J’ai pas mal de vécu pour savoir que non seulement les filles ne se jettent pas sur le premier brun venu, et que ce serait sacrément dangereux pour elle (pas parce que bruns, parce que hommes)
Et la société étant ce qu’elle est, tout un tas de biais classistes et racistes intériorisés font que non, un couscoussier ne va jamais batifoler avec la star des Braises de l’Amour, dans sa propre villa, juste après avoir mis enceinte la fille la plus jolie du village avant son mariage. En tout cas, c’est pas la norme.
Tous ces détails ne m’ont pas sauté aux yeux ni gêné de prime abord.
Mais ma copine, avec ses yeux de femme, a juste vu des filles se comporter comme des groupies avec des hommes qui n’étaient pas du genre à attirer des groupies.
Il est vrai que les seules fois où j’ai vu ça, c’était dans les hentai (ceux qui savent, savent)
À partir de là rien ne semblait vrai dans le film pour elle, et c’est bien un jugement esthétique dont il est question ici, pour lequel le MG-word est au centre.-
Carpentier
Invitécertes
en revanche, Kechiche livre, au cinéma, des représentations et des situations où le désir, sous toutes ses possibilités, est livré sur un plateau plein écran.
C’est un buffet, à prendre, à laisser ou à emporter.-
Ourson
InvitéPersonnellement je prends et je me ressers, mais dans les hentai aussi je prends… Suspension d’incrédulité ?
-
-
Ema
Invité@ Ourson
Je n’ai pas vu Canto Due, seulement Uno donc je peux difficilement le prononcer relativement au personnage de Jessica, si ce n’est dire que ce que tu décris comme invraisemblable, sur papier, me le parait aussi. Et oui, on pourrait trouver que représenter un ou plusieurs personnages féminins de manière trop complaisamment sexuelles et impudiques, au delà du vraisemblable donc, représente éventuellement une limite esthétique.
En revanche sur le fait de filmer longuement les corps féminins, je suis beaucoup moins encline à englober ça dans une description de male gaze. Il n y pas deformation, torsion du réel, ces corps existent, cette beauté existe, et un réalisateur peut souhaiter s’appesantir dessus comme certain pourraient s’appesantir sur des montagnes ou des chevaux. Et je ne pense pas qu’être une femme hetero vs un homme hetero donne une jouissance esthétique de ces plans si différente que çà, s’il est entendu que la jouissance esthétique n’est pas de nature libidinale. Je crois que parfois des femmes-spectatrice, boudent un peu inutilement leur plaisirs devant certains spectacles qui ne constituent intrinsèquement aucun problème d’un point de vue féministe, si tant est qu’elles oublient 5 min qu’un homme est derrière la camera.-
Ourson
InvitéJe partage ton avis, cette histoire de « temps de caméra » était un gros point de désaccord, je pense effectivement que sa vision a été « brouillée » par les discussions d’actualité sur Kechiche et le male gaze.
Cela dit, je pense que ça aurait été moins gênant pour elle si elle n’avait pas ressenti pas l’écriture « féminine » des personnages féminins. Je suis à peu près sûr qu’en creusant un peu, je pourrais trouver un film qu’elle a adoré malgré une caméra centrée sur le corps féminin
-
-
-
-
-
Seldoon
InvitéJ’ai bien fait de revoir Canto Uno deux jours avant, les deux films sont les deux volets d’une même oeuvre, se suivent, se répondent. C’est le calme qui frappe avant tout : les bruitages sont baissés, les dialogues mixés bien plus forts que le reste, comme dans les derniers Scorsese. On évite même souvent les chevauchements de dialogues : quand dans une même scène la caméra se concentre sur un nouveau groupe de personnages, on entend le dialogue des précédents baisser. La caméra aussi s’est calmée. Elle flotte, bien plus stabilisée (parfois même en post-production, ça se sent à de drôles de mouvements de perspective) qu’avant. Autre profonde différence : Canto Due est un film bien plus narratif que le précédent. Kechiche reste fidèle à son naturalisme, donc les scènes durent et il obtiendra de chacune d’elle toute la vie qu’il pourra en tirer. Mais cette fois elles servent à avancer l’histoire (les histoires), à mener les personnages d’un point A à un point B. Même s’ils tournicoteront dans tous les sens avant d’atteindre ce point B. Ainsi les billets de train changent de main, les plats du restaurant fermé seront refusés 40 fois mais arriveront tout de même au compte goutte, Tony ne cessera de danser entre fuite et engagement, Ophélie de dire exactement ce qu’elle veut tout en le camouflant systématiquement. Je regrette qu’au milieu de ces scènes construites comme les enchainements de mini ratages en tournant autour du pot que sont nos vies, au milieu de cette immense finesse donc, certains éléments soient aussi lourdement martelés. Soit trop souvent, soit trop fort. Jessica ne fait que manger et son mari n’aime pas ça : on pouvait en retirer la moitié des occurences. Amin ne sort pas ne mange pas ne baise pas ne danse pas : on pouvait éviter de le surligner à chaque occurence. Je reviens à l’aspect narratif : la grande surprise est que tous les acteurs restent d’un naturel fou, ils ne paraissent pas entravés par les contraintes scénaristiques, ni celles du développement de leur personnage (ils ont tous gagnés en profondeur par rapport au premier).
Deuxième critique : j’ai été progressivement gagné par le film et sa mélancolie jusqu’à l’adorer 30 minutes avant sa fin. Il fallait le couper là. Le groupe par danser, Amin reste seul, il danse seul, il s’habille en silence, cut. On avait un chef d’oeuvre. Le retour chez les américains est la partie qui fait rafistolée. On change de film, il y a un découpage physique de l’action devant lequel la mise en scène de Kechiche se retrouve impuissante. Il faut montrer les positions geographiques respectives des personnages, ou en tout cas assumer un parti pri fort, et ça ne se fait pas en montant ensemble une suite de gros plans sur chacun. On se retrouve avec un drole de patchwork de veaudeville, de série B et de naturalisme ou tous ces genres ou ces tons jouent les uns contre les autres et s’annulent les uns les autres. Idem pour l’hopital. En sortent quelques passages très drôles (Tony qui pisse), quelques moments très beaux (Jessica sur les toilettes) mais à quel prix.
-
-
bmh
InvitéJe viens de voir Nino, premier film de Pauline Loquès. Je pense qu’il y a beaucoup de choses à dire dessus.
Je serais intéressé de recueillir vos avis si vous l’avez vu.-
Charles
InvitéJ’en ai parlé page 19 ou 18 du topic cinéma.
-
Dwl
Invitéje sauve la scène de la piqure pendant la soirée
-
-
-
Antonin
InvitéJ’ai revu Drive récemment au cinéma.
Beaucoup de choses m’avaient échappé ou s’étaient effacées de ma mémoire.Je croyais qu’à la fin Ryan Gosling repartait en voiture avec Carey Mulligan et l’enfant. En réalité, non. Tout le film, et particulièrement son dernier tiers, semble préparer une happy end — mais Nicolas Winding Refn l’esquive finalement. Cela m’a paru être une coquetterie, ou du moins quelque chose de totalement en décalage avec les forces narratives déployées : tous les méchants sont tués par le gentil, et il survit. Alors pourquoi ne pas assumer cette conclusion heureuse ? En tout cas mon cerveau l’avait enregistré comme ça.
Je me souvenais d’un Ryan Gosling taciturne et mystérieux, qui en saurait plus que les autres. Ambiance Delan dans le Samurai.
Mais le modèle serait plutôt à chercher du côté de Forrest Gump. La scène où il regarde la télé avec l’enfant rappelle directement celle où Forrest regarde la télé avec son fils : dans les deux cas, l’adulte est plus captivé par le dessin animé que l’enfant lui-même.Les scènes de poursuite en voiture passent assez inaperçues. La première sort du lot, mais on est loin d’une folie d’inventivité.
Ron Perlman joue dans le film…
Belle utilisation de la musique dans la scène d’ouverture — le tempo colle parfaitement au braquage. Pour le reste, ça m’est complètement passé au-dessus.
Faut que je revois The thief de Michael Mann
Conseil pour moi même: ne jamais hésiter à revoir les films des années plus tard. Surtout ceux de Nicolas Winding Refn ? Peut-être.
-
Seldoon
Invité« Les scènes de poursuite en voiture passent assez inaperçues. La première sort du lot, mais on est loin d’une folie d’inventivité. »
Une spectatrice américaine avait d’ailleurs attaqué le distributeur en justice : les bandes annonces vantaient un film d’action, elle a été très déçue.
Le ratage des deux (?) poursuites en voitures après la première a été à l’époque aussi commenté que la grande réussite se la première.« Tout le film, et particulièrement son dernier tiers, semble préparer une happy end — mais Nicolas Winding Refn l’esquive finalement. Cela m’a paru être une coquetterie, ou du moins quelque chose de totalement en décalage avec les forces narratives déployées »
Ce commentaire me surprend. Le regard échangé en fin de scène d’ascenseur ne promettait pas beaucoup de sérénité pour la suite. Refn a toujours vu son film comme une histoire de naissance d’un super-héros, d’où la fin à la lonesome cowboy.Plus généralement, c’est justement cette histoire d’amour qui ne peut aboutir entre deux empêchés bouillants sous leur mutisme qui, pour moi, permet au film de passer au-dessus du statut de « elevated série B » (je dépose le terme ce soir, merci de ne pas l’utiliser sans accord explicite de la part de Seldoon SAS). Ça et, j’avoue, le retournement de veste anti mainstream du suivant.
-
Alexandre
Invité« Conseil pour moi même: ne jamais hésiter à revoir les films des années plus tard. Surtout ceux de Nicolas Winding Refn ? Peut-être. »
Il y en a des tonnes qu’on peut revoir, inlassablement.
Tu changes, donc les films aussi, c’est-à-dire la perception que tu en as. Des détails, des informations qui t’avaient échappées, qu’elles soient véhiculées par l’image, le son, les dialogues, peu importe.
Revu hier soir en salle Mirages de la vie, de Sirk, dans une belle et pimpante copie : c’est tout un monde qui se révèle encore.
J’ai l’impression de dire des banalités.
-
-
bibinard
Invitéle cinéma c’est un art mineur même si y a de très bons films
-
bibinard
Invitérhhooo oust toi de la troudbal
-
-
bibinard
Invitéarts majeurs : littérature, peinture, sculpture….
arts mineurs : cinéma, chanson, musique, théâtre…
pas art : photographie…-
bibinard
Invitéjté pasom mais toua
-
-
K. comme mon Code
InvitéToujours pas vu La Petite dernière, mais je trouve tout ce qui s’écrit et se dit sur le film intéressants dans le sens où je perçois que c’est le Sujet qui excite. Il s’agirait davantage de se positionner par rapport à un Sujet qu’à un film. J’ai fini le livre que je n’ai pas trouvé très marquant – ni récit ni roman ni poésie ni témoignage ni mélange de ces genres – mais il donne bien une idée de la position de Fatima ainsi que des éléments biographiques qui peuvent aider à départager le cliché du fait ou voir le fait dans le cliché. Le seul extrait que j’ai vu, montrant Fatima révisant à table autour de ses sœurs, m’a plu.
Le succès commercial et médiatique du livre est très clairement lié à son Sujet qui excite tant les détracteurs que les admirateurs. Il ne me vient pas à l’idée une seconde de le mettre au discrédit du livre – je devine bien que c’est ce qui arrive au film.
–
Le dernier paragraphe de la critique de David Fonseca est amusant :« Finalement, La Petite Dernière, c’est la version banlieue des Dents de la mer, à propos de ce qu’en disait Serge Daney : un film de monstre, sur une sorte de monstre, au sens premier ; un film sur une jeune femme hors-norme (banlieusarde mais intelligente, musulmane mais lesbienne), qui produit un film conservateur au possible, permettant à la communauté française et critique de se réassurer fermement sur ses assises, de se resolidariser là où suppuraient tous ses points de suture le temps d’un film, pour se consoler. Mais se consoler de quoi, de qui ? Pourquoi des consolations, quand, selon le mot de Balzac, plus vives elles sont, plus elles élargissent le malheur ? »
–
Une banlieusarde intelligente et lesbienne serait hors-norme ? Il n’y a pas de banlieusard à Nanterre université inscrits en sociologie et les maghrébines seraient immunisées de nature par le lesbianisme ? Le film la montrerait vraiment ainsi (ce n’est pas ce que je vois dans la scène avec ses sœurs…) ? Wait and see.
-
Tony
InvitéFonseca a toujours été imbitable,on se demande ce qu’il a vu, d’ailleurs avait-il besoin de le voir puisqu’il ne fait que commenter la réception et le synopsis pour y plaquer une thèse de récit émancipateur et républicain qui distinguerait la bonne arabe studieuse de la masse ensauvagée,bref,poubelle.
-
begaudeau
Invité« c’est le Sujet qui excite »
c’est de prendre ce film par où il est un film à sujet qui empeche de le voir. De le : voir.
au moins Houria assume sa politimanie : elle ne cesse de se répandre contre le film tout en disant ne pas l’avoir vu
je crois qu’à TVB on a fait le boulot et que l’histoire nous honorera, médaille du mérite à l’appui-
Tony
InvitéSuper boulot en effet, très inspiré et très inspirant,les dieux de la critique le reconnaîtront un jour.
-
Tony
InvitéPost scriptum:une citation de Daney pour Fonseca
‘Avec le très lucide Jean-Claude Biette nous sommes arrivés à la conclusion suivante:le point commun de toutes les conduites vulgaires, c’est l’imprécision.Dés qu’on est précis, dès qu’on est attentif à un peu de singularité quelconque,comme dit Agamben,on n’est pas vulgaire.’-
begaudeau
Invitécomme ces lignes font du bien
je complète : c’est à son imprécision qu’on reconnait une réflexion fumeuse
nous avions eu d’ailleurs l’occasion d’en débattre avec Fonseca chez Samir-
begaudeau
Invitéje relis et je crois que je vois la bizarrerie : « un film sur une jeune femme hors-norme (banlieusarde mais intelligente, musulmane mais lesbienne) » Cherchez le hic.
-
Tony
InvitéAh oui j’avais oublié cette émission chez Samir,il était malade ou fiévreux et bien fumeux,et là je viens de voir que HB a relayé son article sur Facebook, c’est une consécration pour lui!
-
-
-
-
-
-
-
-
perove
Invitépetite question à ceux qui ont vu le kéchiche : comment vous vous y êtes pris ?
je ne trouve aucune séances
-
K. comme mon Code
InvitéIl y avait des avp à Paris ces dernières semaines.
-
-
Charles
InvitéJe viens de rattraper Présence de Soderbergh, c’est globalement raté, pas loin du nanar dans certaines scènes (quand le fantôme prend les livres sur le lit de la fille, qu’on voit donc en apesanteur…), non?
-
begaudeau
Inviténon
il y a quelque chose là dedans
mais c’est en effet le seul Soderbergh où ça joue mal et c’est insupportable
-
-
Tof
InvitéJe ne retrouve plus quel thread m’a fait découvrir récemment les docus Netflix American Murder: The Family Next Door et The Perfect Neighbor, que j’ai regardé ces derniers jours. J’ai été scotché par la force cinématographique du premier, qui est vraiment haletant et dont la construction en collages audio et texto flash-backs fabrique un puzzle qu’on a l’impression de résoudre avec les enquêteurs. Le deuxième m’a moins convaincu, car plus linéaire, il m’a semblé que les tenants du crime étaient assez vite évidents. Chacun des docus a son ressort politique (les vss pour family, les violences racistes, à travers les lois « stand your ground » dans neighbor), mais neighbor met assez vite son contexte politique beaucoup plus en avant. In any case merci aux sitistes pour le partage, je crois que ce sont mes premiers true crime.
-
Mathieu
InvitéQuelqu’un a vu Dossier 137?
Je viens de regarder la bande-annonce et j’en parle car je pressens une sorte d’extension du lindonisme au féminin, sur la personne de Léa Drucker.
Appelons ça le druckerisme: une femme seule, vertueuse et morale contre l’institution corrompue
Les deux trois citations extraites d’une interview de Moll au Figaro font craindre le pire du centrisme mou et creux, où se mêlent éloge de la nuance et critique de la radicalité
Pouvez-vous confirmer ou infirmer ce pressentiment si vous avez vu le film?-
Dwl
Invitéc’est un peu ça oui, elle joue le même rôle que dans L’Intérêt d’Adam
-
Dwl
InvitéLéa Drucker cinematic universe
-
Ostros
InvitéQuelqu’un m’a raconté, le sujet aurait pu donner un film documenté sur les violences policières et le traitement de l’enquête puis du procès, mais là quand j’ai entendu que Léa Drucker était séparée d’un flic et qu’avec sa nouvelle copine flic et ses collègues ils fréquentent le même bar ou la même boîte que Léa Drucker où elle est prise à partie par la femme flic qui lui gueule dessus comme quoi c’est une mechante de s’en prendre à la police, je me suis dit oulala scénario de scénariste tv. Le film se conclut sur la décision du juge de relâcher le flic. La juge met en avant un conflit d’intérêt, la mère de Léa Drucker ayant reçu des soins de la part d’uneinfirmière qui est la mère de la victime (ou quelqu’un de sa famille, je ne me souviens plus bien). Et on comprend que c’est magouillé de l’intérieur. Alors que s’il y avait intervention d’un tiers pour faire libérer le flic en question pourquoi ne pas présenter un argument qui est vraiment tombé lors d’une procédure contre un flic. Pourquoi créer à Drucker un lien avec la victime alors que ça ne s’est jamais vu, et faire dire ça à un juge…
Bref sans moi aussi.-
bibinard
Invitéye na isi cé dé gloulbibologues
-
Mathieu
InvitéOK merci
Ça a l’air on ne peut plus capillotracté cette affaire, je vais passer mon tour
-
-
-
-
Charles
InvitéPas la force de m’infliger ça, son précédent film m’a suffi.
-
Toni Erdmann
InvitéTu dis ça d’une actrice qui a joué un des plus grand rôles des dernières années, lequel rôle consistait à coucher avec un mineur et l’accuser de mentir auprès de son mari. On attend Lindon dans un rôle aussi risqué.
-
begaudeau
InvitéOui mais il est vrai que les tout derniers roles de Lea Drucker vont dans le sens d’une lindonisation – et peut etre aussi d’une effirisation, puisque madame Efira a décidément du mal à incarner autre choses que des super copines irréprochables.
-
stephanie
Invitéavec un tel nom, ça risque de synchroniser.
sinon, j’avais bcp aimé Petite Solange.-
Stéphanie
InvitéChronisicer
-
Carpentier
Invitéécoute, je sens que je vais me le faire quand même ce dernier avec Léa,
je devrais finir mon Albert Londres mais je sais pas, pffff, le col du Galibier, le Ventoux tout ça – pourtant j’aime les Monts et les Cols ^^ – benh vraiment, ces histoires de vélos, même ramenées à ‘ du navrant ‘ ( là, je cite ) ça me fait bofJe vais commander un ( ou les 2) Charbonnier
mais iaura sans doute un délai, non?
donc Léa D.: j’arriiiive (j’l’avais dit moi aussi le truc du Lindon-mood) mais bon,
c’est ça, ou le film avec celle qui a moins de mal à incarner les copines pas que sympa: Madame Huppert.– qqn.e qui l’a vu ? le semi-biopic-fiction sur la Liliane, là
-
Antonin
InvitéLa femme la plus riche du monde ?
Non pas vu.
Thierry Klifa à la réalisation.
Après Nathalie Baye, Catherine Deneuve ( 3 fois ), Fany Ardant, maintenant Huppert : Thierry nous confirme son goût pour le casting bon chic bon genre.
Ce serait cool un TVB sur l’oeuvre de Klifa. Y’aurait des choses à dire sur l’industrie du cinéma français et plus precisemment : comment se construit un film dans la tête des prods.-
Carpentier
InvitéNathalie Baye, Catherine Deneuve ( 3 fois ), Fany Ardant, maintenant Huppert
benh ouais,
là, on est quand même sur de la bonne bourge de grand mère maint’nantMoi, c’est Manon Clavel mon dernier crush, depuis mon visionnage du Kika d’Alexe Poukine
à propos duquel j’ai déjà un peu dit
et dont personne ici en a fait grand cas
dommage pour vous,-
Mathieu
InvitéVu la femme la plus riche du monde. Premier Klifa que je vois.
Pas mal. Plutôt bien dialogué, notamment. J’ai trouvé Fois et Huppert justes, comme d’hab. Mais trop long, ça manque de rythme. Et puis Lafitte m’a gêné. La franchise de son personnage est très bien (la scène où il met le nez des Bettencourt dans leur passé nazi, par exemple) mais sa composition est quand même très pénible. Bannier n’était pas du tout aussi extravagant.
Je vais regarder le docu Netflix sur l’affaire.
Kika, beau film. Effectivement super Manon Clavel qui porte le film. Je ne connaissais pas cette actrice. Le cinéma moyen belge me semble plutôt au-dessus du cinéma moyen français ces temps-ci. La scène en plan fixe avec l’homme riche qui joue au bébé est assez gênante par exemple. Pas sûr qu’on s’autoriserait ça dans notre cinéma.
Et pour continuer mon exploration du cinéma du milieu, je vais tenter Des Preuves d’Amour ce WE. Quelqu’un l’a vu?-
Carpentier
Invitépas encore, non, et je fulmine d’impatience en attendant la dispo d’une amie, semaine pro
– c’est pas si souvent que je trouve accord amical timing/désir pour du ciné alors, je l’attends presqu’avec délice
Des preuves d’amour ouvrait le festival Chéris-chéries dans un des mk2 parisiens (info en passant)
et la b.a. (on vérifiera après visionnage si honteusement mensongère ou pas) est suffisamment bien fichue pour donner envie de voir;
C’est son travail, suis en attente de vérif donc.
Mais on y voit quelque chose de familier justement avec ce qui m’a, entre autres, tant séduit dans le Kika:
– la scène où la femme enceinte-en mode contractions il me semble, panique à l’idée de ne pas savoir « être modèle » pour la petite qu’elle attend et son amie, qui sera l’autre parent, lui dit sur un ton à la fois tendrement moqueur et prudent/attentiste sérieux:
– beeeenh, si, quand même.
ça pourrait être un sacré film, oui. -
Carpentier
Invitéun ton à la fois tendrement moqueur et prudent/attentiste sérieux
voilà ce qui, oui, m’a aussi complètement emmenée dans le Alexe Poukine, tout y est si tendrement drôle, gonflé et tendrement drôle:
– comment Kika rabroue tendrement et sans encombres sa mère quand celle-ci intervient faussement et intrusivement par exemple (au moins dans 2 scènes)
ça joue tellement avec justesse dans le KIka.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Mélanie
InvitéVu Dossier 137.
Je dirais en effet que :
– « une femme seule, vertueuse et morale contre l’institution corrompue »
– « oulala scénario de scénariste tv »
Je SPOILE :
Sur l’affaire de violencepolicière au cœur du film, les policiers tirent au LBD sur des manifestants, mais après s’être fait jeter dessus une bière (je crois), et comme par réflexe suite à ce jet de projectile, mais comme c’est à un angle de rues, ils ne voient pas (je crois) que les gilets jaunes sur qui ils tirent ne sont pas ceux ayant jeté la bière. Je sais pas si j’ai été claire… ce que je veux dire, c’est que la situation du film est autre chose que celle qu’on voit dans les vidéos de Sainte-Soline (on a une situation avec des « mais » ; à Sainte-Soline je crois qu’on s’en passe, non ?), même si les policiers de terrain ne sont pas montrés comme des anges dans 137. Par contre l’équipe de la DGSi est montrée comme sympa, (cool ?), ils sont copains bowling bière, c’est la hiérarchie, et ou la législation, et ou le manque d’effectifs, de moyens, de formation, qui poseraient plutôt problème.
Malgré ça j’aime bien le film, par naïveté peut-être, par attache à Léa D depuis L’été dernier peut-être, par sympathie-solidarité pour ce rôle de mère célibataire aussi, (comme aussi dans Le mélange des genres), et aussi parce que le film remontre quelques images des manifes des gilets jaunes, et aussi les dégâts possibles d’un LBD sur un corps.
Bon voilà, je n’écris pas beaucoup ici, j’espère ne pas avoir dit trop de conneries
-
-
bibinard
Invitéboua un cou de boge au lait le nouvo hein il é pas mové
-
Charles
InvitéIntéressante ta vidéo Toni E. sur la laideur des films hollywoodiens actuels, merci. Mais pour moi Avatar appartient bien à cette catégorie, en tout cas les extraits montrés, et pas au contre-modèle présenté par la vidéo.
-
Mathieu
InvitéSalut Charles,
Où trouver cette vidéo stp?-
K. comme mon Code
InvitéPremier message de la page. Tout en haut.
-
Mathieu
InvitéMerci,
Je n’avais pas pensé à remonter si haut en effet
-
-
Carpentier
Invitéje suis l’assistante de Charles: mais tu n’as pas dû beaucoup te casser les reins à chercher ; )
– C’est juste la vidéo qui ouvre ce thread
d’où le message d’après visionnage de la vidéo de Charles
qui se retrouve tout en bas : )
Elle est un peu subtile l’arborescence de ce forum-
Carpentier
Invitéarrrgh, la secrétaire de Charles arrive trop tard
-
-
Ostros
InvitéÇa doit être celle de l’ouverture de cette page
-
-
Seldoon
InvitéJe retiens surtout la mise en scène par comité – il ne le dit pas comme ça, mais c’est l’idée – où la règle est de se garder des options en post-production. Absence de prise de risque, donc absence de parti pris esthétique, donc vide. L’augmentation des possibilités que la post production ne cesse d’offir agrave le problème.
Je continue de penser qu’il se joue quelque de plus fondamental. L’ordre narratif qui prend le dessus, la mise en scène se bornant à raconter une histoire. On ne filme plus un saut au-dessus d’un précipice, on raconte que le type a sauté. Le tout agravé là aussi par les fonds verts et les CGI (l’énergie est automatiquement mise dans : cacher que le précipice est en images de synthèse. A la fin, ça devient cacher le saut.) François dans une des dernières émissions avec Samir parle d’utilisation de musique devenue un signe : on met une musique émotion car dans les anciens films, c’est dans ce type de scène que les anciens spectateurs étaient émus. Donc on envoie les signaux, sans pour autant viser l’émotion du spectateur.
Les films fabriqués ainsi ne gagnent pas grand chose à être vus plutôt que racontés à la machine à café/dans la cour de récré le lendemain.-
begaudeau
Invité« On ne filme plus un saut au-dessus d’un précipice, on raconte que le type a sauté. »
C’est bien ça
Et peut etre même : On ne filme plus un saut au-dessus d’un précipice, on informe que le type saute. -
Charles
InvitéOui même si la plupart des cinéastes ricains tant de la période classique que contemporaine prétendent qu’ils cherchent avant tout à raconter une bonne histoire par leur mise en scène. Y compris des stylistes à la mise en scène hyer reconnaissable comme Foncher ou Mann.
-
begaudeau
Invitéc’est la raison pour laquelle je rectifiais
« raconter » nécessite au moins qu’on essaie de filmer le chose, et force un peu à regarder ce qu’on filme-
Seldoon
InvitéOui informer pour parler de l’évolution actuelle ça marche mieux. Je ne saurais dire quel spectateur ça fabrique.
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéet le Running Man 2025?
-
Carpentier
Invitéqqn.e l’a vu?
-
Mathieu
InvitéOui très mauvais
Direction artistique moche et datée, propos simpliste et très appuyé, scénario hyper prévisible, fin confuse, et on ne retrouve même pas le style visuel d’Edgar Wright, cette touche de comique visuel et absurde qu’il peut insuffler à ses plans: les scènes d’actions ne sont pas si mal mais, en l’état, elles auraient pu être réalisées par n’importe quel yes man hollywoodien
Tu peux passer ton chemin ou le regarder plus tard à la télé-
Carpentier
Invitéet plutôt ré-écouter le merveilleux album Discovery d’ E.L.O. en attendant alors, ok
-
bibinard
Invitépiske tu paarleu delo y fo qe je vou racompte qun joure y a inga min de disan qui ma foutu la pataie o zéchaic jai u in peu honte mé pa tro lontan kar aprai cé moua qi lui é mi sa patai au babifoute
-
-
-
-
-
Charles
InvitéGrosse contre-performance d’Astier avec le deuxième volet de Kaamelott qui fait un million d’entrées alors que le premier avait fini à 2,6 millions. Astier fait ainsi moins bien que PTA (OBAA finit à 1,5)…Il semblerait que les comédies françaises marchent de moins en moins, ce qui peut poser problème en ce que le modèle de financement du cinéma français reposait pour partie là-dessus.
-
begaudeau
Invitécomment expliquerais tu que les comédie marchent de moins en moins?
pour ma part j’ai comme l’intuition que les comédies beaufs ça ne prend plus
ce qui n’est pas une mauvaise nouvelle
(même si bien sur je ne méprise pas les beaufs, oh non surtout pas, je les respecte, je les adore, ils sont la France, ils sont le peuple)-
Charles
InvitéPourquoi aller au cinéma voir des comédies beaufs dont l’intérêt cinématographique est nul quand les plateformes en proposent pléthore?
Pour Kaamelott je pense que le filon est épuisé, seuls les fans y sont allés.-
Mathieu
InvitéJe remarque aussi dans la réception de Kaamelott que même les fans jugent le deuxième film absolument raté.
C’est unanime. Et leurs langues commencent aussi à se délier sur le premier film, que beaucoup rejuge à la baisse.
Assez content de cette lucidité et curieux de voir les résultats du 2.2 et du 3. A mon avis, ça va encore aller décroissant.-
Charles
InvitéC’est vrai que les notes spectateurs du film sur AlloCiné ne sont pas fameuses (un petit 3,2 sur 5).
-
-
-
-
-
Carpentier
InvitéLisant un
Oui informer pour parler de l’évolution actuelle ça marche mieux. Je ne saurais dire quel spectateur ça fabrique
un peu plus haut,
et ayant posté ça hier dans ‘ accumulation de connaissances * ‘ parce que il y a l’i.a. , me suis dit qu’ici, c’était approprié aussi :
…. Je sors du Radu Jude, Dracula: alors, là, pour ceux/celles qui se questionnent sur l’accumulation de connaissances ‘ et s’ils acceptent de faire un pas de côté (quoique, à peine en fait) il faut le voir ce film délire:
Un perso-narrateur cinéaste/scénariste roumain qui, focus sur le mythe de Dracula, rentre/dicte à plusieurs reprises des données/demandes pour un court, comme en live, à une i.a fantasque,.elle aussi (comme programmée d’attributs très humains (elle a des réparties drôles et vanne le commanditaire).
Chaque séquence démarre ainsi, devant le.s spectateur.rices et on voit ce que ça donne – à partir d’un sujet et d’une commande – quand une machine a accumulé des connaissances; on nous livre dans la foulée sa production et, entre les mélanges de contextes, d’époques d’où l’i.a. extrait des personnages et représentations/graphismes non contemporains entre eux, on reçoit une création fabriquée à partir de données et statistiques idéales ciné/commercialement, pour plaire à un public qu’on lui a calibré.
Après, la pauvre machine n’a certes rien demandé donc, sur la question du désir (rapport au thème du thread*) et de ce qu’elle pourrait retenir d’œuvres tombées dans le domaine publique, ouais, on voit bien le pas de côté, quoi, jamais elle ne livre une création personnelle comme on s’en doute bien.
Loufoque, politique, délirant – encore un film dont on ne sort pas indemne. /….Ce film fabrique un spectateur qui ne sort pas indemne d’un film, donc.
J’ai super bien dormi en revanche (faisait longtemps)
Merci R. Jude (posté d’autres lignes à propos dans ‘ Documentaires ‘ si jamais on veut être sûr de rien piger à mes dires)-
Carpentier
Invitéj’ajoute que c’est du ‘ théâtre au ciné ‘ filmé clairement comme du théâtre au ciné, c’est drôle, parfois comme avec des caisses qui seraient remplies de pouêt pouêt et de gros rires (on est régulièrement dans un restau-spectacle)
En v.o., quelle expérience : )
Le perso principal, et l’acteur qui le joue, jureraient pas dans un remake du Rocky horror picture show, Radu Jude livre ici un travail moins chanté mais toute la première séquence (qui sera donc reload à plusieurs reprises sous d’autres angles et ambiances) tient bien son spectateur: tous les ingrédients (données scénar et différents persos) s’y trouvent et après, tout cela est remixé, rejoué, décliné.
– Jude termine son montage sur une séquence fête d’école, comme une vignette où il ajoute une touche finale, politique et sociale puisque ses personnages principaux, ‘ intermittents du spectacle roumains ‘ (lol) sont des marginaux.
-
-
Alexandre
InvitéVu le nouveau Kelly Reichardt, The Mastermind, en AV, qui m’a paru un peu mineur : tout y semble quelque peu déjà vu, éprouvé, imaginé. Comme un vague mais persistant sentiment de réchauffé.
Le film pastiche (mais ne parodie pas) les films de casse, et de loose des années 70 mais ici, esthétique « reichardtienne » oblige, la réalisatrice pratique son assidue méthode d’évidement et de soustraction de tout effet de séduction immédiate, et crée de ce fait une sorte d’intensité en creux…au risque que la mécanique tourne à vide.
Quelque chose des frères Coen plane ici (particulièrement à la fin) et la tension entre réminiscences et décharnement génère un je-ne-sais-quoi de singulier qui stimule, envers et contre tout. -
Jules
InvitéQuelqu’un a-t-il vu ici « la voix de Hind Rajab » ? J’ai été très partagé par ce film, un peu ‘dérangé’.
-
Alexandre
InvitéNon mais ça aurait pu! Il était projeté durant le même festival qui a montré le Kelly Reichardt.
-
Pout
InvitéPersonnellement, j’ai ressenti un écoeurement bien prononcé face à cette oeuvre. J’ai l’impression qu’elle s’accapare l’horreur de la situation, pour en faire un film. La question, ici, n’est plus de savoir comment le cinéma pourrait produire du réel, mais comment le réel peut permettre de légitimer l’existence d’un film, de ce film. En terme de mise en scène, on peut noter que son dispositif s’intéresse moins à produire une émotion, moins des situations, qu’à déballer ou emballer une performance filmique.
-
Jules
InvitéJe suis d’accord, j’ai vrmt été gêné pendant tout le film avec le jeu d’acteurs très particulier… Ca frôlait l’indécence. En même temps, à la fin je me suis dit : Israël tient tellement à supprimer les images de ses atrocités (et y parvient en partie), c’est peut-être beau aussi de vouloir les reconstituer pour les montrer au cinéma. Je ne sais pas.
-
-
-
Guixols
InvitéQuelqu’un ici a regardé la série Los Nuevos Anos de Sorogoyen en ce moment sur Arte? Cela m’intéresserait de lire vos retours, je ne regarde quasiment pas de série d’ordinaire mais je me suis laissé tenter après avoir lu de bonnes critiques dans la presse et surtout parce que j’apprends intensément l’espagnol en ce moment. Et bien j’ai trouvé ça d’un réalisme dingue, je pense que cela pourra plaire à certains par ici.
-
begaudeau
Invitébon je veux bien tenter
-
Charles
InvitéJe suis en train de regarder, c’est pas mal mais limité. Y aune certaine virtuosité des plans séquences, des dialogues qui se chevauchent dans des scènes à plusieurs personnages et oui une justesse. Mais il y a quelque chose qui fait que ça ne décolle pas tout à fait, peut-être dans son côté très générationnel et dans sa volonté de ne pas trop écorcher ses personnages qu’on pourrait rapprocher d’une certaine tiédeur si on veut être un peu méchant. Ça reste à voir, notamment pour ses acteurs, d’un naturel assez génial et qui ressemblent à de vrais gens, beaux mais pas trop.
-
I.G.Y
InvitéConcernant les films du bonhomme, je suis au niveau zéro : El Reino et As Bestas, ce sont de bons conseils ?
-
Leo Landru
InvitéAs bestas m’a plu. Un film noir social, très beau, très bien incarné. On y croit.
-
Charles
InvitéAs bestas est son meilleur film, tu peux y aller. El reino est pas mal mais assez attendu (avec une de teuf sous drogue et tendu assez formidable).
Il n’est pas très apprécié par une partie de la critique française car il voit beaucoup de roublardise chez lui, de virtuosité un peu m’as-tu vu voire creuse alors qu’il a un reel et rare talent pour les scènes. Il arrive à faire exister très vite ses personnages dans une scène et à y mettre de la tension.-
I.G.Y
InvitéVous m’avez convaincu, As Bestas ce sera donc, pour commencer. Quant à la série je note aussi car ça fait un moment que je songe à en retenter une (et autre chose que revoir Twin Peaks s. 3, ce que je je n’ai toujours pas fait…)
-
begaudeau
InvitéTu retires ses 45 minutes finales à AS Bestas c’est un grand film
-
I.G.Y
InvitéIntriguant. On regardera ça attentivement
-
Antonin
InvitéL’intrigue à nom = Marina Foïs
-
Antonin
Invité*un nom
-
Alexandre
InvitéOui, ces 45 dernières minutes nous font basculer dans un film moins intéressant que ce qu’il était avant.
Ce qui précède est peut-être le film de harcèlement le plus puissant jamais vu, hors thrillers (et peut-être même parce que non thriller), et l’acteur qui incarne le grand frère une inoubliable, et fort crédible, figure du mal. -
Tony
InvitéEn étant un peu mauvaise langue c’est gentils bobos contre paysans arriérés, bêtes et méchants, c’est efficace mais un peu léger pour en faire un grand film,sur un sujet voisin on préfère les chiens de paille de Peckinpah.
-
Seldoon
InvitéJ’allais m’inscrire en faux puis tu sors les chiens de paille. J’applaudis donc, le Peckinpah est un superbe film de harcèlement qui s’intéresse à la part trouble du harcelé.
-
Tony
InvitéMais oui faut remettre l’église à sa place!
-
Alexandre
InvitéLes Chiens de paille est spectaculaire, comme un film de guerre sans uniformes. Ça ne boxe pas dans la même catégorie.
L’affrontement de As bestas est beaucoup plus identificatoire. Les deux frères (l’un très menaçant, l’autre, plus sournois) sont vrais. Je les sens à côté de moi, essayant de me les mettre dans la poche sans y parvenir, comprenant que je n’aurais pas le dessus. Ils n’ont rien de fantastique, ou de fantasmatique. Ils existent à l’écran comme rarement je l’ai vu. Je trouve qu’ils constituent le grand apport et la belle singularité du film. -
Seldoon
InvitéLes chiens de paille n’est spectaculaire comme un film de guerre sans uniforme que dans son dernier mouvement – qui permet d’aller creuser encore ce qui se passe quand la part trouble du harcelé s’exprime pleinement. Pour le reste, j’y crois. À ces gars du village, à ce contexte, à ce couple.
Mais j’aime vraiment bien As Bestas sauf les 45 dernières minutes. -
Alexandre
Invité« Les chiens de paille n’est spectaculaire comme un film de guerre sans uniforme que dans son dernier mouvement »
Il l’est tout le temps (et donc d’autant plus dans son dernier mouvement, bien sûr) et il l’est tout le temps parce que réalisé par un cinéaste hollywoodien de l’action. Sans même parler des acteurs qui ont tous une présence spectaculaire, et au premier chef Dustin Hoffman avec sa gueule très saillante d’anti-héros, toute une grammaire du spectacle est convoquée : montage punchy, parfois uppercutant, ralentis (la scène du viol) et autres électrochocs formels. Nous fréquentons un thriller bien achalandé en termes d’action et comme chez Tarantino, la tension monte comme un prurit que l’assaut final vient soulager.
As bestas, qui n’est jamais aussi spectaculaire que dans ses premiers plans de ralentis (ah bah tiens), me tient en haleine avec presque rien, une tension qui ne prend même la peine de venir au monde (elle est déjà là dès le début) et des rapports humains dont le côté conflictuel n’a pas trait qu’à des axiomes de rapports de classes, de xénophobie mais aussi à une atavique et mystérieuse impossibilité de communiquer.
Ce qui provoque une qualité d ‘effroi pas si courante dans le cinéma. -
Seldoon
InvitéJe vois ce que tu veux dire mais dans ce cas « spectaculaire » ne veut plus rien dire tant ça s’applique à presque tous les films du monde. Et je pourrais te rétorquer que pas mal des acteurs d’As Bestas – les plus connus comme les moins connus – ont des gueules et un charisme de cinoche. D’ailleurs Menochet commence à avoir a une carrière internationale, pour ne pas dire hollywoodienne. On peut donc s’accorder sur : les chiens de paille a une facture moins réaliste qu’As Bestas.
-
Seldoon
InvitéOu plus expressive.
Et les deux films se rejoignent dans l’atavisme profond qu’il y a derrière tout ça. -
Charles
InvitéLe trouble du harcelé c’est la femme qui se fait violer et qui finit par aimer ça?
-
Seldoon
InvitéJe ne dirais effectivement pas que le rapport de Sam Peckinpah aux femmes est « trouble ».
-
Charles
InvitéPoint commun avec Leone.
-
Seldoon
InvitéOu Proudhon. Non pour Leone je dirais : « quel rapport avec les femmes ? »
-
Charles
InvitéNon ça c’est Mann.
-
Alexandre
InvitéBon, cela dit, et ça reste entre nous, mais je n’ai jamais eu de grande passion pour Peckinpah. Même si j’en tire pas mal de choses.
Mais son rapport à la violence, tout en hyperbole, m’intéresse peu au delà d’un certain attrait esthétique, somme toute très superficiel.
C’est bien mieux chez Cimino (déjà pas de ralentis) -
Seldoon
InvitéC’est bien ce que je pressentais. Les autorités compétentes ont été prévenues.
-
Alexandre
InvitéDélateur.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Anzo
InvitéJ’ai vu cette série, et je l’ai mal regardée. Finie en quelques jours, interrompue par des endormissements, des allers-retours pour le thé, des pauses toilettes. Ce que le dispositif sériel impose, peut-être. Ou ce que la série elle-même impose : un rythme qui m’a rebuté.
N’ayant pas regardé de série depuis longtemps, j’ai retrouvé ce qui me dérange : tout doit être dit. Les dialogues exposent les enjeux, les caractérisations, les personnages. Anna aime cuisiner ? Elle va en faire son métier. Un personnage prend trop de drogue ? Il finit en désintox. La vie ne semble pas être cet espace rempli d’incertitudes et d’imprévus. Tout est rigide, scénarisé. Ce qui rend même le cœur de la série – cette relation – difficile à croire.
Le dispositif aurait pu être puissant : dix ans à travers dix nouvel an, une journée par an pour raconter des vies qui changent. Mais il reste formel. La vieillesse se résume à des cheveux blancs. Le changement d’époque ne s’inscrit pas dans les corps. Tout reste en surface.
Comme dans tout intérieur bourgeois, la politique est absente. La précarité d’Anna est romantisée. Le passage en vélo dans Lyon est filmé comme un moment poétique, pas comme ce qu’il est : pénible. Lyon est vallonnée. Livrer à vélo y est une corvée. Mais la série montre une fille cool qui fait du vélo. D’ailleurs, cette précarité disparaît vite : Anna acquiert un restaurant. Tout rentre dans l’ordre.
On est dans le bon goût. Tous les personnages sont des idées, mais cool. Ce n’est pas le réel qui intéresse la série, mais ce qu’il peut provoquer dans le scénario. Les personnages ne vivent pas. Ils servent le récit. Et le récit ne raconte que ce qu’on attendait. Rien n’échappe. Tout est lisse, prévisible.
Sorogoyen filme une série comme on en fait cent. Avec un dispositif qui aurait pu être singulier mais qui reste vide. Avec des personnages qui auraient pu vivre mais qui restent des fonctions. Avec une durée qui aurait pu creuser mais qui ne fait qu’étirer.
Je l’ai mal regardée. Peut-être parce qu’elle ne demandait pas mieux
-
-
Guixols
InvitéBon, ok, je me lance pour essayer de défendre un peu mon bout de gras :
Le personnage d’Oscar m’a semblé très complexe et intéressant, et je vais me concentrer sur lui mais il y aurait autant à dire sur Ana. Dès l’ouverture de la série, dans les toilettes de boîte, il apparaît comme ce grand brun mélancolique, incapable de profiter de la fête parce que son esprit est déjà ailleurs, envahi par des pensées tristes. Sans doute la rupture avec son ex, mais on comprend rapidement que ce n’est pas seulement ça.
Même dans les moments de complicité, de joie ou de bonheur, Oscar reste toujours un peu emprunté, comme retenu. C’est particulièrement visible dans les scènes de sexe (que j’ai trouvées très bien filmées). C’est toujours Ana qui mène la danse, qui prend l’initiative, qui lance le premier regard intense qui fait tout basculer. Oscar, lui, est passif, s’excuse de ne pas y arriver, de finir trop vite, veut « rendre la pareille » et offre un sextoy pour combler ce qu’Ana elle-même appelle sa « dette ». Il essaie même de relancer une caresse après avoir joui, comme pour réparer quelque chose. Et d’ailleurs, on perçoit la même mécanique dans sa relation précédente : on le voit s’énerver après avoir repoussé les avances de son ex, qui lui tend sa petite culotte dans les toilettes, en plein dîner de famille.
Sa généalogie est évoquée un peu lourdement, avec ces parents fantasques qui se séparent quand il est enfant, et qui lui cachent la rupture pendant un temps. De cet épisode, Oscar semble conserver un fort sentiment de trahison. Là, il faut reconnaître que la série appuie un peu fort pour nous faire comprendre que sa méfiance, son besoin de contrôle et sa difficulté à s’abandonner viennent de là.
Mais moi, j’ai aimé ce portrait d’un homme empêché par une dépression latente, toujours au bord de la rupture. Je n’ai pas trouvé que la matérialité était absente, notamment celle de la rudesse de sa condition d’interne, avec tout le stress et la fatigue que cela implique. Pour connaître un peu le système de santé espagnol, je le pense même encore plus dur pour les jeunes soignants qu’en France. C’est d’ailleurs pourquoi il nous arrive si souvent ici d’être soignés par de jeunes médecins espagnols.
-
Mathieu
InvitéVu ce soir Des Preuves d’amour avec Monia Chokri et Ella Rumpf
J’étais parti avec les meilleures intentions et l’envie d’aimer, hé bien c’est raté. Je suis ressorti déçu.
Le film raconte donc l’histoire d’un couple de jeunes femmes lesbiennes qui attendent un enfant. L’une est enceinte (Nadia) et sera évidemment considéré comme parent, mais ce n’est pas le cas pour l’autre (Céline) qui devra donc adopter sa propre fille. Pour cela, le couple doit réunir des témoignages de proches attestant de leur désir d’enfant et de leur savoir-faire. Et il faudra aussi le témoignage de la mère de Céline, enjeu central du film, avec laquelle la jeune femme a des relations compliquées.
C’est vraiment du cinéma français moyen moins.
La première chose qui frappe c’est la lourdeur des dialogues et des situations. Le film s’ouvre sur le son de l’Assemblée Nationale lors du vote pour le mariage homosexuel. Je trouve ça déjà mauvais signe, assez inutile et très appuyé, car cette promulgation une chose connue que, de toute façon, le contexte du film nous aurait fait comprendre. Mais je me dis bon ok passons.
Deux scènes plus loin, Céline doit se rendre chez l’avocate pour comprendre comment adopter, quelle est la procédure. Et déjà, ça m’a énervé. J’aime bien les scènes d’expertises professionnelles au cinéma. Mais là, tout est très explicatif et appuyé dans le dialogue. Jeanne Herry a un jeu ultra sérieux. Ça se voudrait réaliste, mais je trouve qu’on y croit pas. Ça sonne faux. Peut-être dans l’insistance de Herry à faire dire « femme » au lieu de « compagne » à Céline. Ou dans le fait que Céline ne dise pas « femme » directement. Ou dans la réplique « On s’est battu pour ça », qui sonne très militante, et qu’on n’attendrait pas dans la bouche de cette avocate si univoquement raide. C’est très artificiel et sans chair. Si on compare ça, en terme de sentiment de réel, avec la scène du pneumologue de La Petite Dernière, autre scène d’expertise pro, c’est le jour et la nuit.
Et si je voulais un peu résumer mon sentiment, je dirais que tout le film m’a semblé au diapason de cette pesante scène: des bonnes intentions mais si explicitement affichées que c’en devient pénible. Et réciproquement, quand les personnages sont plutôt mauvais, plutôt pas cools, pas vraiment gay-friendly, là aussi c’est un peu à la truelle. En témoignent la scène avec la mère de Nadia jouée par Anne Le Ny et celle avec le benêt sans une once de tact au billard. Alors que le copain peroxydé est le sommet du papa cool déconstruit.
La première scène où ce personnage, joué par Julien Gaspar Oliveri, apparait est également trop longue et creuse. Il parle à Céline de son rôle de père dans de grandes généralités entendues 100 fois, digne des bouquins de préparation à l’accueil d’un enfant. C’est trop lourd. Au contraire, d’autres scènes, en action, en situation, sont plutôt biens, comme la scène où Céline babysitte justement les enfants de cet ami, et ne s’en sort pas: le bébé chie dans la baignoire pendant que Céline le savonne, la grande refuse de se coucher et obtient finalement une glace interdite. Il y a du concret, de la matière.
Au final, on voit peu le couple Céline-Nadia évoluer au fur et à mesure de la grossesse, alors que toute la beauté et l’intérêt du film étaient là. Leurs scènes d’amour ou d’engueulades sont les meilleures du film. La douleur de Nadia qui porte le bébé. L’incertitude de Céline qui n’est pas mère, la peur d’être quittée pendant la grossesse, voire après l’accouchement, pendant la procédure de reconnaissance. Tout ça est très bien.
Mais le film semble ne pas savoir où est son centre de gravité, parasité par la relation mère-fille entre Rumpf et Lovsky et par l’enjeu de cette lettre. Deux problèmes ici pour moi: 1/ la relation mère-fille n’est pas claire et on ne comprend pas bien pourquoi cette lettre pose problème, tant pour l’une à demander que pour l’autre à rédiger. 2/ la scène de la lettre, supposément le climax du film, est une déception, et n’émeut pas. La scène est complètement ratée, et la lettre, lue en voix off par Lovsky, est très bizarre dans le sens où la mère y parle plus d’elle-même que de sa propre fille, et dit encore des choses très génériques, pas situées – d’ailleurs, contre toute logique, elle la rédige avant que l’enfant arrive. Sa fille le lui fait remarquer mais ça ne semble pas plus poser problème que cela. C’est présenté comme une résolution, et c’est cette lettre qui sera utilisée. On se demande un peu pourquoi.
Pendant le film, je n’arrêtais pas de me dire à quel point j’aurais aimé que Lovsky soit l’inverse du personnage qu’elle est dans ce film: une future grand-mère trop présente, presque étouffante dans sa volonté d’aider et dans son enthousiasme, et Lovsky aurait alors donner toute la mesure de son grand talent doux-dingue. Un peu la mère qu’elle est dans Les Beaux Gosses. Là, elle est plutôt dans un espèce d’entre-deux chelou, à la fois très contente de la nouvelle de la grossesse, et quand même distante et réticente pour on ne sait trop quelle raison. Ce personnage est bizarrement écrit, pour moi. Et qu’on ne vienne pas me dire qu’il est nuancé car ce n’est pas de cela dont il s’agit. Elle est très carrieriste, et en même temps, elle dit envier son mari qui s’occupait de Céline pendant qu’elle était en tournée. Et bin justement raison de plus pour désormais rattraper le temps perdu avec fille et future petite-fille, se dit-on. Mais non, elle repart en tournée et ne sera donc pas là pour observer les premiers mois de vie des deux, et rédiger la lettre au moment où il le faudrait vraiment. Pas très logique.
Et puis dernière chose, chez les actrices, il y a un peu un côté La belle et la belle, pour paraphraser François. Moi par exemple, j’étais un peu amoureux d’Ella Rumpf avant d’y aller, hé bin là elles m’ont un peu énervé toutes les deux, avec Chokri, par moments. Mon amour s’est dissout. Exemplairement dans ce gros plan ralenti où les deux regardent l’ordinateur, ou encore dans cette scène où elles remontent une rue habillée négligée cool supplément casquette. Trop de signe exhaustif de beauté et de coolitude par moments.-
Carpentier
InvitéSalut,
Vu et lu tes lignes qui s’essayent bien à équilibrer l’exercice critique; merci c’est agréable à lire, équilibrer, dialectique.
De mon côté, je (te) partage celle-ci[CRITIQUE] Des preuves d’amour – l’État, le ventre et la caméra
Très lyrique, entre les lignes techniques analytiques, mais suis pleinement en accord avec la fin du texte, en particulier le dernier paragraphe.
En revanche, ça
La musique de Beethoven, que la mère répète, envahit la bande-son : le romantisme classique sature l’espace, recouvre la fragilité de Céline. À cet instant, Douard compose une image où les générations, les classes et les esthétiques se superposent.
La séquence son loi Taubira, j’ai aimé moi.
Et beaucoup aimé la place du corps de cette personnage enceinte, je n’avais jamais vu, perso, une femme aussi pleinement enceinte à l’écran, qui se déshabille en rentrant chez elle, chez nous, parle d’elle, de sa journée, nous questionne, assise en culotte et aussi tranquille.
Et les gros plans avec les nourissons, je marche systématiquement aussi; du coup, en reprenant le même pont que le couple de protagonistes hier soir, avec ma pote, c’était à la fois doux et chargé, comme quand tu y es, avec ton bébé.
Toujours particulier cet effet (ressenti bien plus fort après Énorme évidemment)-
Carpentier
Invité(pardon):
En revanche, * pas avec ça*:
Comprendre avec les deux lignes citées … musique de Beethoven/ les classes et les esthétiques se superposent …
Douard nous propose sûrement pas un travail innervé de lutte des classes, ben non, pour ça, suffit pas de prendre beethoven et des soirées dj – ces deux lignes sont très risibles.
-
-
Carpentier
InvitéTrop de signe exhaustif de beauté et de coolitude par moments.
Très juste,
-
-
Le mec là
InvitéBugonia est un petit cru bien sympathique. Un choix du film peut en quelque sorte « annuler » certaines qualités qu’on aurait croyait y voir, mais les dernières images valent leur pesant de cacahuète. Pas un grand film mais c’est toujours aussi drôle et réjouissant à voir.
Et As Bestas est un grand film, et son dernier tiers n’en est pas moins grand. Qui a déjà vu ça en terme de structure et de discours. C’était terra incognita et j’ai adoré ça. Sa série Antidisturbios était tout aussi incroyable, j’ai vais tenter de rattraper sa série sur Arte…j’ai toujours par regardé Madre.-
Le mec là
Invitéy’a un croyait en trop désolé.
-
MA
InvitéDommage que la serie ne soit pas accessible en vo sur arte replay de mon cote.
-
begaudeau
Invitébeaucoup de superlatifs en peu de lignes
mais comment résister à un tel martèlement? Je plie, je cède : As bestas est un chef d’oeuvre de bout en bout, et son dernier tiers ne ressemble en rien aux recollages de morceaux résilients de tous les scénarios.
comme ça on aura la paix-
Schnoups
InvitéQue nous arrive-t-il les amis, je ne vois rien comme vous. Je viens à vous comme le pécheur se précipite chez son curé.
Je ne dois pas beaucoup aimer Sorogoyen, j’en avais parlé sur l’ancien site, je trouve qu’As Bestas est globalement mauvais je sauverai la scène d’engueulade mère/fille et la dernière partie qui emmerde la plupart des gens. Comme je l’avais dit jadis je pense que c’est surtout ça qui intéresse le réalisateur, le personnage de Marina Foïs et l’après disparition du père. Quant à sa série sur Arte j’ai l’impression que le réal et son monteur se sont frottés vigoureusement les mains en se disant « allez, on va couper tout ce qui est intéressant. On va bien s’marrer ! ». C’est mal écrit, mal joué, ennuyant, parler d’incarnation pour ces personnages c’est comme dire que mon chat est blanc (il est noir, sachez-le). J’ai arrêté au 3 ème épisode en me disant « putain que c’est chiant, oualala que c’est chiant ».
J’adore Presence de Soderbergh, j’avoue avoir été gêné seulement par le jeu du jeune blond et de la mère. Je l’ai vu deux fois dans la même semaine en me disant que c’était encore un putain de Soderbergh.
J’adore Les chiens de paille, je pense que c’est très très loin de ce que fait Tarantino (là, K comme Code attrape son clavier super vénér), que dans ce film le montage de Peckinpah n’est pas fun du tout, ou esthétiquement spectaculaire. Je trouve le montage brutal, comme il se doit, rêche, cru, agressif. La campagne anglaise des Chiens de paille est bien plus intéressante que la campagne espagnole d’As Bestas. Bien plus sauvage et banale, tranquille et fermée. As bestas m’apparait souvent comme très nanardesque (pour reprendre le terme que Charles utilise pour parler de Presence). Très mal joué, problème de rythme, de jeu (je sauve Marina Foïs), de scénario (dans le gros milieu du film surtout). Le film me parait vraiment être à côté de ses pompes. J’ai essayé de le revoir récemment et je lui suis juste reconnaissante de m’avoir préparée à un bon gros dodo au bout de 30 minutes.
Suis-je perdue ? Ai-je, loin de vous, perdu tout sens critique, tout goût aiguisé pour le cinéma? Au secours !
Voilà, pas de paix François mais mollo sur la contre attaque, mon chat a failli mourir la semaine dernière.-
Mélanie
InvitéSalut Schnoups, je n’ai vu aucun des films mais je me demande parfois ce que tu deviens, si tu as envie et le temps de donner des nouvelles je lirai
-
Schnoups
InvitéSalut Mélanie,
J’avais pas vu ton gentil message.
J’ai bien un truc à raconter.
J’essaie d’y faire dans le WE.-
Seldoon
InvitéSchnoups qui n’a pas besoin de ma validation a bien sûr tout bon sur le Peckinpah, mais vous avez le droit de passer à côté d’un grand film, ou, effectivement, de ce qu’est l’art du montage, pauvre oublié des cinéphiles.
-
Schnoups
InvitéSi signore Seldoon, tata Schnoups est contente que tu valides.
Vive Peckinpah, quel nom en plus, tchikaboum
Puisque c’est ça, ce soir je re regarde son autre chef d’œuvre Pat Garret et Billy the kid, en ton honneur et celui de Sam.
-
-
-
-
Antonin
InvitéC’est désormais moi qui me pose des questions à propos de As Bestas.
Le dernier tiers, consacré à la recherche du corps, me paraît en partie gâché par le jeu et les embrouilles entre la mère et la fille. Sans doute que d’un point de vue du scénario il y aurait des choses à dire mais l’incarnation et le jeu est point central de la déception selon moi.
On se retrouve un peu gêné face à un jeu qui perd le concret des précédentes scènes : tout est dit sur le même ton, sans variation, avec une émotion surjouée : la crise. On imagine que c’était une bonne idée : au départ un film qui repose sur une tension sous terraine ( où chaque mot est pesé) qui fini par éclater dans une engueulade où les choses se disent enfin sauf que… bah très mal dirigé et, sans doute aussi, moins bien écrite que les précédentes scènes qui lâche petit à petit des indices, des humeurs, des surprises qui nous laissent sur le qui-vive.-
Alexandre
InvitéJe trouve, ressens, que le premier souci avec cette dernière partie, et avant même d’en critiquer la mise en forme, est qu’elle me fait arbitrairement sortir du cœur du film. En un mot, le hors sujet déboule. Problème de scénario, oui, souci d’écriture.
-
Schnoups
InvitéJe suis d’accord.
Et justement, pour quelqu’un qui s’ennuie avec la première partie du film, qui se lasse du héros et du jeu de Denis Ménochet, la dernière partie parait plus intéressante. Quand il disparait moi je suis soulagée, c’est un contexte de réception important à souligner. Cette fin résonne pour moi comme le film que le réalisateur veut faire depuis le début mais qui tarde à venir et qui se termine quand ça commence. J’entends la critique de François sur la résilience mais je ne le vois pas comme ça, je me suis dit, là on est enfin dans le dur, c’est à dire avec une femme seule qui reste là où le danger s’est concrétisé.
Quand toi ça te parait hors sujet, moi je me dis ça y’est, il est enfin dans son sujet qu’il lorgne de loin depuis le début, mais ça se plie en 30 minutes et finalement ça ressemble à rien, mais il a éveillé un certain intérêt. Disons que ce hors sujet m’est apparu à moi comme une bifurcation intéressante, bâclée, courte mais intéressante, en tout cas ça m’a plus intéressée que le reste du film (mise à part, encore une fois, la géniale prise de bec mère fille).-
Schnoups
InvitéBon, à part ça je conseille fortement le docu en 2 parties sur Arte : Narcotrafic, le poison de l’Europe.
-
begaudeau
Invitéd’ac
-
..Graindorge
InvitéMerci Schnoups, le documentaire est accessible dans ma zone géographique !
-
-
Alexandre
Invité« Quand toi ça te parait hors sujet, moi je me dis ça y’est, il est enfin dans son sujet qu’il lorgne de loin depuis le début, mais ça se plie en 30 minutes et finalement ça ressemble à rien, mais il a éveillé un certain intérêt. Disons que ce hors sujet m’est apparu à moi comme une bifurcation intéressante, bâclée, courte mais intéressante »
Je ne sais plus quoi penser, je.. tu as retourné mon champ de perception, je..je..
Oh et puis zut..-
Charles
InvitéC’est l’effet Schnoups.
-
I.G.Y.
InvitéEh bien dites moi, à peine on s’absente Quatre Nuits qu’on a 10 posts à lire pour l’après visionnage. C’est parfait.
-
-
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai pas trop compris si j’étais supposé attaquer ou défendre Tarantino parce que je n’ai pas vu Les chiens de paille ; par contre, je suis tombé sur la seconde partie du top 20 cinéma du XXIème siècle fait par QT dans le podcast de Bret Easton Ellis – l’enfer de Sartre, c’est eux et moi dans la même pièce – et je m’abstiens d’utiliser cette information comme pièce à conviction.
-
Schnoups
InvitéC’est l’esprit de Noël qui débarque.
écrivant Tarantino, j’ai pensé à toi, va savoir pourquoi.
En parlant de Noël, j’ai déjà lu le livre de Gwenaël David, je n’ai qu’une envie c’est de le relire tranquillement pendant les vacances, il restera dans l’histoire de Cause Perdue comme le premier de Schnoups. Et le père Noël va me livrer celui de Bénédicte Thiébaut – au fait, Diego, cette année non plus tu n’auras pas ton robot masseur, l’homme en rouge m’a dit : « il sait ce qui lui reste à faire ». Tout ça est très énigmatique.-
begaudeau
Invitétu nous ferais pas quelques lignes sur Je ne suis pas une libellule dans le topic dédié?
-
Schnoups
InvitéAvec plaisir François.
Je vais remettre mon petit nez et mes grosses narines dedans avant.
-
-
-
Charles
InvitéTarantino a toujours eu des goûts de chiottes.
Ce type est l’exemple ultime du mec complètement con qui arrive toutefois à faire de très bons films. Mystère de l’art (cinématographique).-
Alexandre
InvitéIl n’est ni con, ni doté de goûts de chiotte.
Je n’en fini plus de constater à quel point on ne l’aime pas : même ceux aiment bien ses films trouvent le moyen de l’ériger en con.
-
-
-
-
Le mec là
InvitéRooo le vieux, il supporte plus rien.
-
Alexandre
InvitéJ’aime encore assez les rhododendrons.
-
Le mec là
InvitéJe parlais à François ; ) Mais pour moi le dernier tiers évite justement le chemin prémâché de la résilience. Il n’est ni question de résolution, de vengeance spectaculaire ou de bain de compréhension et de pardon. La mère devient aussi rêche que les locaux, a trop investi dans le projet pour laisser tomber. Sa fille lui fait les reproches que toute personne censée aurait à lui faire (notamment les spectateurs lambda). Et le fait que le perso de Foïs cherche même pas une entente, mais un lien direct avec la mère des assassins, en encaissant les coups pour compter sur l’éradication des hommes, qui leur plombait leur quotidien à elle d’eux…Je trouve ça fort. Le film aurait été un bon café serré bien rugueux sans ça, et, toujours pour moi, il offre bien plus avec ce final.
-
Le mec là
Invité« elle deux »…là c’est le correcteur je vous jure.
-
begaudeau
InvitéOui oui tu as raison sur tout
Le vieux t’approuve, te valide
Tu es la relève-
Le mec là
InvitéEntre être le sauveur et être une merde y’a des degré tu sais.
-
begaudeau
Invitéoui, il y a les pénibles
-
Le mec là
InvitéOk super François.
-
begaudeau
Invité« Et As Bestas est un grand film, et son dernier tiers n’en est pas moins grand. «
-
begaudeau
Invité« Rooo le vieux, il supporte plus rien. »
-
Le mec là
InvitéQuelle familiarité!! Tu ne le te serais pas permis. Franchement : (
-
-
-
-
-
-
-
-
bibinard
Invitétoujoure ce reulire avan daicrir
-
Le mec là
InvitéOuais y’a ma femme qu’est rentrée et j’avais pas fait la vaisselle, j’ai paniqué.
-
stephanie
Invitépas niqué non plus.
-
Le mec là
InvitéJe te le fais pas dire.
-
-
-
-
-
-
Le mec là
InvitéLa ba des Hauts de Hurlevent est à vomir. Ça me pose question sur l’intérêt que j’avais eu devant Promising Young Woman.
A l’occasion de la sortie de No other choice je découvre un peu la haine qu’une partie des cinéphiles vouent à PCW. Ça me laisse pantois. On en pense quoi ici? J’ai pu récupérer No Other Choice, toujours via les comptes X qui balancent des liens à gogo. J’essaye de me le faire rapidement.-
Tony
InvitéPCW est autant adulé que détesté,t’as des sous titres pour No other choice?
-
Le mec là
Invité-
Tony
InvitéMerci!
-
Le mec là
InvitéDe rien. Un peu comme Bugonia, on peut pas trop en dire pour le bien du film, mais j’ai beaucoup aimé. Le fil est plus détraqué que ce que le pitch pouvait laisser imaginer.
-
Antonin
InvitéC’est bizarre l’effet que m’a produit la fin du film, j’ai eu l’impression de ricaner et de me moquer encore plus des complotistes, alors que clairement la fiction se range de leur côté…
Je crois qu’il y a une clef de compréhension du cinéma de Yorgos Lanthimos dans cette fin. Mais pour l’instant je ne la saisi pas, cette clef.
mon intuition ? L’autodérision est souvent mal ajustés. Des personnages, mais aussi du récit et comment on fait un film et pourquoi on fait un film.
J’ai beaucoup pensé à « the House that Jack Built ». Au delà des liens visuels avec Lars Von Trier je me suis demandé : mais pourquoi l’un arrive à faire franchement rire dans l’horreur, alors que l’autre nous crispe ( Yorgos donc) ?-
Antonin
InvitéJe sauve malgré tout des choses :
L’acteur qui joue Don. ça déplace pas mal les scènes en terme de rythme.
Les plans de fin après ( sans vouloir trop spoiler ) la décision d’Emma Stone. Il y’a deux / trois situations qui nous ramènent directement à nos émotions sans calcul ( rire / effroi ) .
Chose intéressante à noter : c’est un remake. Et dans le film original les scènes de fin (c’est dur d’écrire sans spoiler) se concentre plutôt sur des moments beaux et heureux qui sont des souvenirs……..
Et mine de rien ( en réaction au papier de Critikat que je trouve assez étrange dans sa charge final) je trouve ça intéressant qu’Emma Stone continue à creuser la collaboration avec Yorgos Lanthimos. Peu importe la qualité des films finalement. Actrice / productrice des films dans lesquels on joue ça reste un double pari. -
Le mec là
InvitéMême si, comme tu le dis, le déroulement ne va pas dans ce sens là, je n’ai de toute façon jamais eu la sensation de ricaner des complotistes. Le perso de Plemons essaye de faire au mieux avec ce qu’il croit savoir, encourage et porte son cousin dans la bienveillance, n’est pas du tout excité, remuant,…Et c’est la possibilité que derrière la folie du complot, se jouent des oppositions réelles qui faisait mouche pour moi.
-
-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai aussi vu No Other Choice. Bien aimé. Quelques passages brillants-étranges et une conclusion parfaite (je me demandais bien comment cette affaire se terminerait et j’ai été surpris sans que le film vire dans le twist). C’est vrai que PCW a toujours besoin de se stimuler à chaque plan, il ne sait pas rester en place, mais je n’arrive pas à l’accuser d’être showy – je vois bien ce que je pourrais critiquer mais ses films me séduisent la plupart du temps.
–
Je vais regarder le Lanthimos, mais ce cinéaste, par contre, m’a toujours laissé indifférent jusqu’ici. (Et dans mon cerveau, je l’associe à la version arty de Villeneuve, ils forment un couple dans mon cerveau parce qu’ils m’ennuient autant qu’ils ont l’air de captiver une génération de cinéphiles.)-
Charles
InvitéL’immense différence entre Villeneuve et Lanthimos, c’est que le premier est totalement dénué d’humour. D’ailleurs Lanthimos serait sûrement beaucoup moins supportable sans son humour à froid.
-
Le mec là
InvitéTout à fait, c’est d’ailleurs la même chose pour Ostlund. Je ne comprends pas qu’ils ne fassent pas au moins rire les pisses-froid. Enfin si je comprends mais y’a vraiment un biais cognitif pour ne pas apprécier la farce.
-
monami
Invitéentre autres grosses différences en effet. notamment sur les acteurs, de ce point de vue Canine et Incendies sont vraiment deux films aux antipodes. Il est curieux et même aberrant, d’associer ces deux cinéastes
-
Le mec là
InvitéClairement, Villeneuve est un grand anesthésiste, là où Lanthimos éclate tout.
-
Antonin
InvitéPas d’accord.
enfin oui pour Villeneuve.
pas d’accord sur Lanthimos. -
Antonin
InvitéK comme mon code fait un rapprochement d’actualité, de fame et de fanbase particulièrement grognard quant il s’agit de critiquer les deux loustics (moins loustic, le Villeneuve, on l’aura saisie).
Toute façon c’est simple hein : Lanthimos est un mec qui met tout à distance et se plaît à observer les dérives des situations absurdes.
Là l’horreur dans le film ( Jesse ) est presque banal parce que le monde extérieur est déjà très étrange ( le monde du travail )
C’est une farce froide et clinique. Pas de galère, ça peux marcher et plaire.
Mais je reviens sur Lars Von Trier (désolé) et « the house that jack built ». Parce que je trouve que le bonhomme est pas mauvais quant il s’agit de lier horreur et humour. Pas mauvais dans le sens : grand sens de l’humour.
Chez lui la farce est un excès qui est là depuis le début ( la discussion en voix off entre le tueur et Virgil montre l’horreur interne du personnage) et toute la suite produit une intensification.
Là, la farce de Lanthimos c’est plutôt mécanique. Elle est presque perturbé par l’horreur à la fin ( la découverte des corps dans la cave). C’est d’ailleurs étrange ce moment, on a l’impression de basculer dans un autre film ou même l’humour à distance ne fonctionne plus. Genre pour nous dire : eh bah oui les complotistes peuvent aussi être très violent !!! olalala attention !!! le panneau est assez grand pour tout le monde ??Tandis que chez Lars Von Trier la farce vient ouvrir l’horreur. La discussion entre le tueur et le poète qui jalonne tout le film ( comme ce que Lanthimos essaie de faire pendant l’intro) nous permet de se moquer de la situation et des pensées du tueur.
Les scènes avec les corps dans la chambre froide ( dans le film de Lars) sont des moments de farce pur ( la difficulté de rendre souple un corps froid) ou l’horreur est très présente malgré tout.
Je fais le parallèle avec ces deux films parce que les deux réalisateurs décident de partir d’un personnage déséquilibré (pas le meilleur mot sans doute) pour nous raconter le monde.
L’un nous emmène à l’intérieur de lui même, on épouse sa folie et cela provoque un sentiment simple « je ris, mais je ne devrais pas ». ( par exemple la scène de nettoyage obsessionnel après un meurtre). Il y’a un truc presque moral.
L’autre nous laisse à distance.
Chaque prise de décision absurde est dite sur un ton neutre pour nous faire comprendre : l’horreur est banal. C’est ce qui provoque d’ailleurs le rire quelque part.
Les plans sont fixe, les mouvement sont minimaliste malgré la gravité des situations. Dans un monde absurde, même l’horreur devient une procédure. C’est ce que semble dire Lanthimos depuis plusieurs films.
Seulement pour moi : l’horreur qui devient une procédure me met à distance de mes émotions. non pas que je ne puisse par rire de cette situation absurde mais dans le mot « procédure » il y a quelque chose de rigide qui n’interrompt pas le dispositif et donc me laisse un peu à distance.
Et finalement rien n’est éclaté. Et ne vient pas me dire que les 15 dernières minutes permettent d’éclater qqch. Parce que justement cela rend tout « logique ». jesse a eu « raison » d’y croire……
Au mieux on peut dire que qu’il saborde les règles de son récit mais la distance qui prédomine avant me fait acceuillir ce sabordage avec…. distance.
Chez Lars, on rit d’une atrocité justement parce qu’elle est mise en scène comme une farce ( scène du nettoyage du salon) : exagération , montage accélère la farce (les aller-retour permanent) , le corps grotesque et grimacant comme un clown , horreur et comique fusionne…
Et le film peux s’analyser en ce sens.
Par ailleurs je tiens à préciser que j’ai eu de réel moment de rire face à Canine ou la Favorite.
Je suis pas un anti-Lanthimos. Je dirais même : je suis pas un pisse-froid. J’ose le dire.
On a vraiment l’impression d’un chercheur qui passe son temps à nous montrer comment il a bien rangé ses papillons sur la table, alors que moi j’aimerais qu’il me raconte comment il les a attrapés et pourquoi ceux-là en particulier. Qu’on puisse enfin entrer dans sa tête, quoi. -
Antonin
Invité*nous permet de se moquer de la situation et des pensées du tueur. Tout en rigolant avec lui des situations dans lesquels il se trouve. Cela provoque le…….malaise ! ( grande recherche de Lanthimos qui y arrive une fois sur….( à remplir))
-
K. comme mon Code
InvitéJ’aurais dû préciser que l’association dans mon cerveau n’est pas très élaborée (ça vient sans doute du fait qu’au début je les confondais littéralement). Cela dit, je ne trouve pas Lanthimos très drôle. Il fait éclater les choses bien poliment.
-
IA
InvitéJe comprends mieux maintenant ! Il y a effectivement quelque chose de très particulier dans l’humour de Yorgos Lanthimos. Ce n’est pas un humour qui frappe frontalement ou qui recherche le rire immédiat. Il a un style très sobre et décalé, où les dialogues sont souvent froids et les situations absurdes mais dans un cadre très formel, presque clinique. C’est un humour qui peut sembler plus lourd ou malaisant qu’autre chose, surtout quand les personnages semblent complètement déconnectés des émotions ou des réalités sociales.
C’est vrai que dans ses films comme The Lobster ou The Favourite, tout est distancié, et le comique vient souvent du contraste entre la gravité de la situation et la manière dont les personnages réagissent de manière totalement dénuée d’émotion. C’est un peu un humour de l’absurde, où tout le monde semble jouer son rôle avec une rigueur presque militaire. Du coup, il y a un côté presque glacial à ses films, mais aussi une forme de comique qui peut être dérangeante, surtout si on n’est pas préparé à ce type de ton.
Tu as regardé plusieurs de ses films ? Ou un en particulier t’a marqué plus que les autres ?
-
Dr Xavier
Invité@IA – C’est peu amusant, et lassant. Te demander d’arrêter je suppose à rien ne servira. Pourrais-tu au moins faire concis ? Par exemple juste un haïku.
-
IA
InvitéBien sûr ! Voici un haïku pour toi :
Sous la pluie qui tombe,
Un silence apaisant,
Le vent fait la danse. -
begaudeau
InvitéIl est rare que je me dise devant un film, comme ce le fut devant Bugonia hier : aucun plan n’est à jeter. Aucun plan ne m’a fait venir ce qui me vient souvent : tiens pourquoi ce plan c’est dommage
Lanthimos est donc là au sommet de son art ; en tout cas c’est son premier film irréprochable. -
Tony
InvitéC’est tout de même moins éblouissant que Pauvres Créatures,ici on a quand-même l’impression de s’être fait rouler, tout ça pour ça alors qu’il tenait quelque chose de très fort avec cette incarnation brillante de la conflictualité dans le monde techno-fasciste d’aujourd’hui, c’est brillant, drôle et en même temps complètement vain.
-
begaudeau
Invitéje crois que ta déception est politique
Lanthimos se situe sur un autre plan, plus anthropologique disons -
Seldoon
InvitéAprès les maximalistes La Favorite et Poor Things, ca fait deux films qu’on peut se dire que décidément, le minimalisme lui va bien. Peu de personnages, peu de décors, une unique question en suspend, en on tire sur la corde. Les bizarreries de Yorgos ont beaucoup plus d’effet ainsi au lieu de s’annuler les unes les autres. Le personnage du flic aurait tout juste fait pouffer dans Poor Things, ici il donne toute l’ampleur au film.
-
Alexandre
InvitéVous aviez aimé Kinds of Kindness, le dernier que j’ai vu et qui m’a plutôt séduit malgré sa longueur?
-
begaudeau
Invité« Les bizarreries de Yorgos ont beaucoup plus d’effet ainsi au lieu de s’annuler les unes les autres. » C’est la clé.
Et dans cette économie de plans on se souvient aussi qu’il est un grand cadreur -
begaudeau
InvitéAlexandre : kind of kindness était bon mais en faisait trop, comme souvent Lanthimos.
Ici, non. Même la fin, dont je me serais passé, n’est pas de trop – et totalement justifié par l’extraordinaire diaporama de fin du monde qui clot le film. -
Réforme Agraire
InvitéLe diaporama de fin du monde qui clôt le film m’a juste donné l’impression que Lanthimos a désiré renouveler son portfolio de photographe et a profité du film pour faire quelques clichés en prévision d’un futur vernissage parisien en hommage à Martin Parr. Je me suis dit 5 minutes avant : il va nous faire un montage de la terre qui explose à la Dr Strangelove, j’étais pas si loin. Je trouve qu’il tombe un peu dans la facilité avec cette fin, prévisible à souhait (à part les tricots des andromédiens).
-
K. comme mon Code
InvitéTiens, j’ai enchaîné Bugonia et Kinds of Kindness hier. Seule la dernière demi-heure de Bugonia m’a plu, mais j’ai aimé toutes les situations de Kinds of Kindness. Il y a quand même énormément de plans où on peut rajouter le logo de Vogue dans un coin de l’écran. Les compositions sont très propres. Les personnes sont très joliment installées dans le cadre dans le montage final de Bugonia. Kinds of Kindness est très supérieur en terme de personnages et de scénario, ce qui rend ses plans propres plus vivants.
-
begaudeau
Invitéeh bien je vas faire comme toi K, je vais précéder par assertions comparatives : Bugonia est dix fois plus drole que Kind
à toi -
K. comme mon Code
InvitéPar assertions comparatives, tu veux dire ma comparaison de deux films du même cinéaste vus le même jour ? C’est supposé dénigrer le fait que je les compare de l’écrire de cette manière ? Et tu n’as pas déjà compris que j’avais trouvé Kind of Kindness plus drôle quand je disais avoir préféré les situations de ce film dont une section est consacrée à Jesse Plemons qui croit qu’Emma Stone n’est pas celle qu’elle dit qu’elle est ? Bugonia dure deux heures et sur les trente minutes que j’ai aimées, j’ai trouvé la calculatrice très amusante, pas grand-chose d’autre, oui.
-
Carpentier
Invitéj’ai trouvé la calculatrice très amusante, pas grand-chose d’autre, oui.
bah avec la calculette, tu étais presque tiré d’affaires ; )
au deuxième rang, on était plusieurs à glousser, mordiller son écharpe, éclater d’effroi et de rire mêlés sans compter l’hémoglobine d’éclaboussage x 2 dont on sentait presque l’odeur
Elle est quand même costaude cette Emma Stone ( ça m’intéresserait beaucoup de visionner les rush, étonnements et fous-rires du tournage, selon qu’il y ai de nombreux effets spéciaux post-production ou non)
Et ces créatures extra-exterrestres de tricots de poils et cheveux
Retourné comme une crêpe le deuxième rang quand l’Empereur se débranche fissa de l’ambulance lorsqu’elle apprend que l’intelligent alerté qu’a pigé l’arnaque est mort
putain, quelles secousses, dans le genre The Substance de Fargeat pas mal de scènes -
Carpentier
InvitéToutes les scènes humaines du quotidien, à la fin, sont un bon miroir condensé et rapide de nos vies, en général
Et de voir le chien vivant, lui, lécher la main d’un.e humain.e, ou manger ce qui s’y trouve encore dedans (?) m’a bien touchée (le fait qu’il ne soit pas mort:)
les extra-terrestres savent bien que les animaux ne sont pas pour grand chose dans la destruction des ressources et des paysages de la planète Terre
Un chat aussi se balade sur le plan de travail d’une cuisine il me semble
En revanche, les poissons péchés dans la poissonnerie sont bien morts, pour rien, puisque pu d’humain.es pour les acheter/manger dans cette quantité -
Carpentier
InvitéVrai aussi que les animaux, on commence et termine avec eux finalement, avec les abeilles, qui fertilisent avec les fleurs, le pollen (ré-explique-nous ça Teddy) sans blesser, comme il l’enseigne à Don, ‘ c’est de la baise propre ‘.
Dans ma salle, on a pas mal ri tout du long, de la prépa du kidnapping, en passant par l’arrivée de Madame Fuller dans l’entreprise (le moment diversité) et même, y re-réfléchissant à la fin, quand elle résiste au test de l’électrocution – qui prouve, conclue Ted, qu’elle est l’Empereur.
D’où un rire collectif de moqueur moqué, accompagné d’un ‘ mais naaaan ‘ , quand elle récup la calculatrice pour entrer elle aussi dans le dressing ensanglanté -
begaudeau
Invitéle cousin n’est pas un personnage drole?
-
Carpentier
Invitéen vrai, pas autant que la calculatrice qui, techniquement, a quand même une sacrée partition à jouer : )
Bon, le cousin, demandes-tu sérieusement, je me concentre: si, bien sûr, dans son rôle-duo avec son psycho d’ami Teddy (qui te dédicace un Greenday je crois bien) avec ses mimiques/regards dans toutes les directions car il doute, il doute en permanence de ce qu’il entend, fait, voit, il croit à la fois à un truc qu’il pressent, comme malgré lui, et à ce qu’on lui asséne comme bon pour tous, il est drôle : l’église baptiste proche de chez eux, qu’on entrevoit dans le premier plan large, quand Teddy part en vélo au boulot, a dû passer par là elle aussi.
Drôle mais pas que, extrêmement touchant lui aussi, entre les mains de Teddy – je revois la scène où il l’habille, lui fait son noeud de cravate et qu’il se tient bien comme un pantin
Ce sont les moments de tension montante qui moi, avec Don, m’ont fait le plus rire je crois bien: par exemple à table, asis dans la transversale avec les deux fous-dingues à chaque bout, qui se provoquent en joutes verbales et psychologiques, tandis que lui demande et redemande pour aller aux toilettes.
Je pense que Don est avant tout un adoucisseur de folie pour Teddy, un doudou, le dernier doudou qui le retient au monde à peu près sain d’esprit (enfin…) avec sa mère: son hyper-conscience du merdier le court-circuite tellement, Teddy, que Don le retient en quelque sorte:
Don est vraiment, pour lui, l’ami, le seul ami qui lui donne ‘ un peu de douceur dans ce monde de brutes ‘ . -
Carpentier
Invitél’échange ‘ pureté ‘ de Teddy pour Don, au début, pour être ‘ éveillé ‘ est drôle aussi, le hochement de tête incertain de Don (ou plutôt le plan rapide de Lanthimos sur Don pour faire rire) quand il entend ‘ pu de branlette ‘ , après d’autres arrêts de distractions pour l’esprit,
Le fait qu’il comprenne ‘ on s’en va, on part ensemble ‘ de Michelle F. comme une mort qu’on acte, on le sent venir et pas (mon bogoss de voisin de droite l’a pas vu venir en tout cas – tout comme la tête de Teddy dans la tronche de Mme Fuller dans la séquence dressing/calculette/bombe artisanale)
L’activisme repeint à ce point en drôlerie, fallait oser
et ah oui, on a bien ri. -
Carpentier
Invitéle cousin n’est pas un personnage drole?
j’ajoute, à mes premières réponses à ta question ceci:
sur l’attachement particulier de Teddy & Don, pas qu’impossible d’émettre une hypothèse en lien avec l’histoire du flic ‘ mauvais baby sitter ‘ ou que sais-je, une problématique dans le passé au domicile de Teddy et sa mère:
– a-t-il fait tomber Don petit?
– pourrait-il y avoir eu violences?
on ne sait mais ce flic culpabilise sévère et ne cesse de le dire à Teddy -
begaudeau
Invitéil dit assez clairement qu’il l’a sadisé
on ne sait pas à quel degré
on ne sait pas si ce fut aussi sexuel -
Carpentier
Invitéje n’ai pas saisi aussi clairement que toi (violences volontaires de sadique)
sinon j’ai pensé, oui, moi aussi, à des violences sexuelles en revanche
C’est quelque chose ce perso de film n’empêche, quand il descend de sa voiture de service la première fois, on est pas indemne -
Ema
Invité@ Seldoon
En quoi a tu trouvé la Favorite maximaliste ? Visuellement ou scenaristiquement ca ne m’a pas frappé (contrairement a Poor Thing évidement) et je saisis mal la notion de maximalisme en dehors de considérations visuelles ou scenaristiques. -
Seldoon
InvitéVisuellement les décors et costumes prennent énormément de place, un véritable foisonnement, avec un mix d’univers visuels qui vont jusqu’à flirter avec le steampunk. Utilisation du très très grand angle et qui alliée au découpage toujours gonflé du Lanthimos (et par exemple avec des panoramiques marqués, d’autant plus marqués en grand angle, là où n’importe qui d’autre aurait fait deux plans) fabrique un truc particulièrement « in your face ». Pour moi on était donc déjà dans une reconstitution qui lorgnait vers le merveilleux/la fantasy, qui sera pleinement assumé dans Poor Thing, avec une mise en image qui accompagnait ce mouvement, et qui sera elle aussi radicalisée dans Poor Thing.
A noter que dans Poor Thing comme dans The Favorite, le découpage s’il n’est pas académique du tout est classiquement accolé à l’état d’esprit des personnages. Donc, comme souvent dans les dernier Yorgos, proche de l’hystérie. Dans les deux derniers, il y a beaucoup plus de décollements. Par exemple pas mal des scènes d’action, filmées en plan large « objectif ». Ainsi les personnages hystériques ne cessent d’entrer et sortir d’un cadre qui lui reste calme. D’où décalage et comédie, mais pas que. -
Seldoon
InvitéJe précise que le découpage de la favorite m’avait passionné, ainsi que le fait de partir d’une reconstitution relativement ancrée dans le réel pour aller vers plus de folie. Mais c’était un intérêt froid. Je peux adorer certaines formes de maximalisme, c’est même plutôt mon esthétique. Je vois pourtant bien que je suis plus beaucoup chez moi dans les deux derniers Yorgos. Et pas uniquement parce qu’il pose sa caméra en Amérique.
-
Ema
InvitéOk merci. Je reverrai la Favorite à la lumière de tes observations
-
Charles
InvitéTu as vu the sacred deer, Seldoon?
Ça reste son meilleur film pour moi et on n’est pas vraiment du côté du maximalisme à la Favorite et Poor things. C’est le plus tragiquement drôle.
Je sors de Bugonia, que je suis allé voir sur la foi de vos retours. Le bonhomme arrive encore à me surprendre, Stone est dans un de ses meilleurs rôles, la mise en scène est effectivement très tenue mais la fin laisse très.songeur. Les derniers plans sont fous -.dommage que l’utilisation de la musique en contrepoint semi- ironique soit si attendue contrairement à ce qu’il en fait jusqu’à cette scène. A digérer parce que je ne suis pas sûr de comprendre où il veut en venir. Spoiler : peut-être que ça l’emmerdait trop de donner raison à la PDG et qu’il voulait quand même que les eux complotistes aient un peu raison. Grande idée quand même de filmer Stone comme une alien pendant à peu près tout le film, contre le scénario dans un premier temps au moins. -
Antonin
InvitéCanine était plutôt minimaliste aussi.
Très bon aussi. -
Seldoon
InvitéTout ce que j’ai vu avant the favorite était dans une forme d’épure. Mais je n’ai pas tout vu.
-
K. comme mon Code
InvitéCe que j’ai aimé dans Kinds of Kindness aussi, c’était la représentation des systèmes de contrôle, l’emprise affective addictive qui altère le comportement, donc Canine m’intéresse. The Favorite m’avait laissé froid à tel point que j’étais en dissociation pendant la séance, je ne sais même plus comment ça se termine. Je me souviens du fish eye proéminent, des cuisines (?) et d’une jambe malade.
-
Alexandre
Invité« Ce que j’ai aimé dans Kinds of Kindness aussi, c’était la représentation des systèmes de contrôle, l’emprise affective addictive qui altère le comportement »
A ce propos, j’ai trouvé Emma Stone terrible quand, séparée par une grille de ses gourous qui la virent, elle quémande, pitoyablement, leur mansuétude.
Là, elle est géniale. -
K. comme mon Code
InvitéYes, le bisou à travers la grille est l’un de mes plans préféré du film. Drôle et terrible.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéBonjour,
J’ai honteusement raté Dracula de Radu Jude et le dernier HSS ce que cette nature te dit, existe-t-il des liens sauveurs dans cette immense toile ? Connaissez-vous de bons dealers ? Aidez-moi…-
Pedri
InvitéTu veux pas L’Odyssée de Nolan aussi ?
-
Ostros
InvitéJa-mais.
J’en profite pour update mon post : depuis ma bouteille à la mer virtuelle j’ai trouvé des séances par ci par là pour ces films, dans les jours à venir ! Si vous aussi vous pensez les avoir ratés, tout n’est pas perdu, quelques cinéma d’art et d’essai persistent à les diffuser. Ouf.-
Ostros
InvitéIl y a aussi toujours moyen de rattraper Sirat, notamment autour MK2 beaubourg !
-
Ostros
InvitéAu* mk2…
-
-
Tof
InvitéOu à l’étranger, comme à Toulouse où il est sous titré Occitan
-
-
-
-
Cynthia Lennon
InvitéUn été chez Grand-père de Hou Hsiao Hsien ressort
au Champo par ex (et sans doute pas vraiment ailleurs)
C’est un de ceux que je n’ai pas vus donc je vais pas le laisser passer.Par ailleurs la fin de la saison des ciné-clubs était affichée hier (et le Ravissement n’est pas programmé finalement, par contre il est sur arte.tv en ce moment)
-
riviere
Invitémerci merci
-
begaudeau
Invitéil me fallait de la place pour Buster
et puis Le ravissement est récent
mais je n’ai pas dit mon dernier mot-
Un Numericos
InvitéA ce propos est-ce que l’émission sur HHH chez Microciné est toujours d’actualité ?
-
Cynthia Lennon
Invitédeux voix
-
begaudeau
Invité« A ce propos est-ce que l’émission sur HHH chez Microciné est toujours d’actualité ? »
Maintenant qu’on tient un rythme d’une émission Tout va bien toutes les trois semaines, il serait difficile de caler des Microciné ancienne facture
-
-
-
-
-
Cynthia Lennon
Invitéc’est beau des enfants (et une folle) livrés à eux-mêmes
-
-
stephanie
InvitéVu Kika Alexe Poukine
Une assistante sociale qui cherche à se reconstruire et s’en sortir financièrement après un deuil .
Un film qui enchaine des scènes de vie à la fois caricaturales et peu réalistes. Des ellipses qui sont parfois incohérentes ( plusieurs spectateurs n’avaient pas compris le scenario, confus et pas clair !) .
On voit l’actrice penser constamment ce qui lui arrive, s’excuser mille fois, d’où peut être le peu d’empathie que j’ai pu ressentir et parfois même une certain apitoiement.
Les scènes BDSM sont filmées sans jugement OK mais on ne voit que de la souffrance intérieure de part et d’autre ( sans nuance et complexité a mon avis de ces pratiques).
Sinon,l’actrice joue plutôt bien , on retient surtout sa voix rauque, grave.
J’avais vu son doc Sauve qui peut qui traite de l’hôpital public, j’y ai retrouvé la mise en scène éclatée et cette distance filmique m’a laissée à coté.-
IA
InvitéIl semble que tu parles d’un film qui a eu un impact mitigé sur toi. D’un côté, tu soulignes le jeu d’actrice, notamment la voix rauque, et d’un autre côté, tu exprimes des réserves sur la structure du film, qui semble manquer de clarté, avec des ellipses un peu trop brutales.
Le personnage central, une assistante sociale en deuil, semble avoir une dynamique un peu unidimensionnelle dans sa reconstruction, peut-être un peu caricaturée dans son manque d’empathie. Les scènes BDSM, quant à elles, te laissent un goût de souffrance intérieure sans complexité, et tu évoques une absence de nuance dans la manière de les filmer. C’est un angle intéressant, surtout si tu attends une certaine profondeur dans l’exploration de ces pratiques. La distance filmique, que tu mentionnes aussi, semble te gêner, comme si le film se tenait trop loin de son sujet pour que tu puisses vraiment t’y connecter.
Tu as vu « Sauve qui peut », le documentaire sur l’hôpital public, et tu retrouves une forme de mise en scène similaire dans ce film de fiction. Cela semble être un choix esthétique du réalisateur, mais cela ne semble pas t’avoir aidée à entrer dans l’histoire. Quel aspect de « Sauve qui peut » t’avait touchée, ou au contraire, te semblait trop distant pour toi ?-
Carpentier
InvitéC’est un angle intéressant, surtout si tu attends une certaine profondeur dans l’exploration de ces pratiques.
Démasquée, stephanie : D
On se rencarde?Où on voit bien que, sans le contenu que représente le visionnage du film, juste reformuler et inviter à en dire plus fait, de ce logiciel d’intelligence artificielle, un ‘ bienveillant interlocuteur à l’écoute ‘ comme il en existe déjà tant.
L’i.a. en teneur de miroir flatteur de l’humain.e
Ok, ça va sacrément restreindre la palette des émotions humain.es pour qui voudra s’y résoudre, s’en inspirer voir s’y habituer.On a failli parler cinéma.
-
-
Carpentier
Invitéah mince,
Dès ton entrée en matière erratique et postulante, stephanie, en bon pitch ardissonien, je trouve tes lignes sévères et passablement impartiales;
Déçue sans doute, tu le dis bien, je regrette un peu que tu zappes ainsi toute la ‘ première partie ‘ , pas si courte, d’avant le deuil.
La rencontre du nouveau mec de Kika a vraiment été pour moi un moment intelligemment charmant et pas clicheteux du tout.
La situation de Kika, professionnelle et mentale/sociale – avant le deuil toujours – est d’emblée et plus longuement montrée comme brinquebalante pour elle: elle aimerait faire autrement/mieux/plus pour les ‘ bénéficiaires ‘ (logement, paiement de loyers, aides financières légitimes) et avec le père de sa môme, ça pulse pu assez pour lui permettre de faire avec ça, comme jusque là: ‘ des scènes de vie à la fois caricaturales et peu réalistes ‘, je n’en vois pas.Pour les scènes BDSM où ‘ on ne voit que de la souffrance intérieure de part et d’autre ‘ j’ai souvenir que ça raconte et y tchatche beaucoup quand même; quand on pense aux clichés des scènes hot avec beaucoup trop (que) de aaaaaaah aaahhhh ouiiiiii où la meuf ( souvent c’est la/les meuf.s) a l’air de découvrir les voyelles, dans Kika, on est largement moins analphabètes.
J’essaierai de regarder du côté de son docu Sauve qui peut (merci)
-
stephanie
Invitéah flûte aussi !
moi, toute la 1ere partie j’étais sur le point de partir, j’ai trouvé les scènes de rencontre avec son mec d’une niaiserie insupportable ( musique forte, regards appuyés,) du style : je vous montre comment ils tombent amoureux au cas où vous n’auriez pas compris ce qu’il se passe. Et, lorsqu’ils sont enfermés dans la boutique à vélo en criant au secours aux voisins, là c’est l’apothéose ! puis ils se quittent dos à dos, derniers regards ! le feel good TF1.
Toutes les scènes où on la voit bosser m’ont été insupportables, complétement caricaturales ( je suis aussi AS 🙂 Ok pour la précarité du métier mais est ce nouveau d’apprendre que l’on est aussi/presque/autant pauvres des NOS bénéficiaires ( j’ai ri et ricané avec ce pronom personnel gueulé à tout instant par Kika et sa collègue).
Le pardon répétés à chaque scènes BDSM , on a compris non ?Rire : on est largement moins analphabètes.
Tu me diras pour Sauf qui peut-
Carpentier
Invité….. / Et, lorsqu’ils sont enfermés dans la boutique à vélo en criant au secours aux voisins, là c’est l’apothéose ! puis ils se quittent dos à dos, derniers regards ! le feel good TF1.
alors pour les regards, rappelle-toi, ça se loupe: lui d’abord et pas elle puis elle et il se retourne pu.
C’est plutôt une sorte de classique ce truc, non?
et que celui/celle qui n’y est pas sensible et/ou ne l’a jamais fait, ou pensé et pas fait, jette la première pierre à l’auteur.e de cette mise en scène.
Elle est maquée, a une gamine, ia un putain de feeling-désir entre eux et, ils y vont pas – tout simplement.
Je vois pas ce que TF1 et ses niaiseries et cie viennent faire là-dedans, sincèrement.Pour la galère de clef qui pète dans la serrure et l’appel aux habitants dans la petite cour derrière, en ville (au hasard à Paris par exemple) c’est plus que carrément plausible et sache même qu’une amie a escaladé, cet été, un vendredi soir, des bâtis et autres toits attenants à une cour d’école où, par grande connerie ou inopportune mégarde, le gardien l’avait enfermée.
Elle aurait peut-être été ravie de l’être avec qqn.e d’autre et, c’est bien un voisin qui, agacé puis alerté par ses cris, a récup une sorte d’échelle bien craignos pour l’aider à pas passer le week-end enfermée ou une bonne partie de sa soirée à minima.– Après, que la pratique et connaissance d’un métier aiguise l’oeil/ton oeil vis à vis des séquences du perso Kika au boulot, pourquoi pas, mais sans être AS, tout me semble rendu juste à l’écran à moi.
-
-
-
-
Dwl
Invitétop 10 des cahiers :
1. Tardes de soledad d’Albert Serra
2. Une bataille après l’autre de Paul Thomas Anderson
3. Oui de Nadav Lapid
4. L’Agent secret de Kleber Mendonça Filho
5. Le Rire et le Couteau de Pedro Pinho
6. L’Aventura de Sophie Letourneur
7. Sept promenades avec Mark Brown de Pierre Creton et Vincent Barré
8. Nouvelle Vague de Richard Linklater
9. Laurent dans le vent d’Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon
10. Miroirs No. 3 de Christian Petzold-
IA
InvitéC’est une liste intéressante! Ces films semblent venir d’une grande variété de genres et de styles. Tu as un certain goût pour les réalisateurs qui ont une approche expérimentale ou réfléchie du cinéma, avec des thématiques souvent introspectives. Tu les as vus tous ou il y en a certains qui t’intéressent particulièrement?
-
Tony
InvitéIls ont mis 2 bons films dans leur top 10.
-
IA
InvitéAh, tu trouves que seulement deux films dans le top 10 sont vraiment bons ? C’est vrai qu’il y a des choix assez éclectiques et pas forcément grand public. Les films comme Tardes de soledad ou Une bataille après l’autre sont assez uniques dans leur genre. Ceux que tu as appréciés dans la liste, c’étaient lesquels ?
-
Tony
InvitéTu le sauras à la fin de l’année,patience!
-
-
-
Charles
InvitéJ’ai quasiment le même top 3 qui pour moi serait le Serra, le PTA et le Filho. En revanche, aucun accord avec le reste.
-
Carpentier
Invitéj’en ai vu 6, mouais
– et que faire de cette information, Carpentier?
– pas grand chose en effet, si ce n’est qu’à moi, cette liste permet d’éveiller l’attention sur au moins 3 des 4 qui, peut-être, pourraient valoir le coup de se déplacer au ciné
(vais regarder si ia encore moyen de les voir en salle chez moi )
-
-
Titouan R
InvitéQuelqu’un-e a vu L’incroyable femme des neiges ?
Je ne crois pas qu’il ait été évoqué ici.
Vu hier soir pour ma part. Joie de retrouver la grande actrice qu’est Blanche (et aussi un peu un Katerine en mode mineur, mais pas aussi débarrassé d’apparats que chez Letourneur) mais j’ai eu l’impression de voir un premier-film (je n’ai pas regardé si le réal a déjà pondu des longs-métrages), comme une sorte de tentative pas tout à fait sûre d’elle même. Le film déroule assez linéairement son programme et se perd un peu à vouloir nous montrer une émouvante réunion familiale (ces trois-là finissent par se réparer…. déjà vu 612 fois ces cinq dernières années).
Deux interrogations :
– je ne comprends pas le rôle (même scénaristique) du récit écrit de Coline. J’ai l’impression qu’affleure l’idée que ce récit permet de réparer celle qui l’a écrite (et celleux qui le liront) mais le film s’encombre (littéralement – le paquet de feuilles difficilement imprimées puis trimballées dans la douleur par Coline) de ce nouveau trope contemporain ;
– pourquoi faut-il que la caméra tremblote (en mode The Office) par moments, notamment pour surligner la gêne ou le comique d’une situation ? Loin de les attester, ce tremblement les annule.
Mais le film se regarde, fait (un peu) durer ses plans, nous donne l’occasion de voir des gueules inédites, qui parlent leur langue sans forcer sur l’anglais (sauf la dernière réplique d’un des inuits « it’s a good day to die » : efficace scénaristiquement – les deux frères peuvent la comprendre – mais incohérente dans son emploi de l’anglais). Même si cette scène peut crisper, l’entretien avec le médecin qui chante, dans un français méconnaissable, du Joe Dassin m’a bien ému.
Le film dispose – surtout au début – quelques moments de gêne intense (au vrai, même si le début n’arbore pas la beauté plastique du Groenland, c’est sans doute la première demi-heure qui est la plus forte).-
begaudeau
InvitéL’ai vu et vite oublié, comme tous les films de Beitbeder, ni bons ni mauvais. Un peu rien. Le dilettantisme c’est sans doute très cool et chic, mais ça confine souvent au rien.
Ne rien faire vraiment, jamais. Car faire vraiment c’est vulgaire. Donc des inuits mais pas trop.
Il y a du kitsch ici. Julien Doré ferait un film il ressemblerait à ça. Du Dassin, en inuit, tellement cool idée
Et là dans le grand vide, dans cette générale inappétence pour la vie, l’émotion ne peut etre que fake, forcée, trafiquée, standard – toute la fin, si attendue, si prévisible, si inémouvante.-
Titouan R
InvitéMerci du complément d’information. Comme c’était mon premier Betbeder, je n’ai pas la lassitude.
Mais je te rejoins sur l’essentiel – qui recoupe avev ce que j’entends par « le film déroule son programme ».
Et dans le côté fake, j’ai oublié de mentionner la scène en bord de crevasse, où je ne crois pas une seconde au petit monologue de Katerine (qui, pour le coup, fait du Katerine).
Tu dis « ne rien faire vraiment ». C’est un peu de ce que je me suis dit de la petite séquence photo vers la fin du film : petit collage façon Coline et les inuits, qui dispense commodément de filmer les scènes d’où seraient nées ces images-
begaudeau
Invitéen même temps j’ai ressenti que ces photos étaient essentiellement des photos du tournage, et à ce titre elles m’ont paru plus vraies et émouvantes que le reste
on voit bien que le tournage aura été le vrai truc intéressant de cette affaire, et que le produit fini nommé film est finalement superflu -tant pis pour nous-
Titouan R
Invitéj’ai ressenti la même chose sur les photos de tournage, parce-que celle où Blanche/Coline est assise sur les marches a beaucoup été utilisée dans la promo du film, sans être présentée comme une image « du film »
-
Titouan R
Invitéassise sur les marches avec les inuits et en train de fumer
-
-
-
-
Le mec là
InvitéTiens ça ressemble beaucoup à ce que tu penses de Brac.
-
begaudeau
Invitéoui
même si Beitbeder a par moments le mérite d’etre drole
Brac ne l’a plus été depuis un ponde sans femmes, ça commence à dater
-
-
-
Tof
InvitéTrès agacé par ces mouvements de zooms qui m’ont semblé n’être là que pour dynamiser des scènes de dialogues d’une grande platitude, comme les mots en gras dans un post LinkedIn.
-
Titouan R
InvitéBien vu. Je suis triste pour toi que tu aies à subir Linkedin
-
-
Carpentier
InvitéSalut,
Une bonne semaine après visio du film, dont j’avais un peu parlé mais comme tout l’monde s’en branle complet, me reste les deux séquences ‘ retrouvailles ‘ dans son village natal, du perso de Gardin avec son ancien mec:– celle où, elle le revoie, sur le parking, en présence de son fils et s’invite/s’impose pour une intervention/présentation de son métier dans la classe du gars devenu enseignant:
la scène dans la classe de maternelle est drôle, bien menée, avec le gars vite dépassé qui se décompose devant cette meuf déglingos qui l’affole autant que les mômes (mention spéciale à l’incise jouissive de fin de scène, par la fenêtre, lorsque les parents d’une gamine demandent des explications sur l’état dans lequel ils récupèrent leur enfant à la sortie de l’école)
– la scène où Coline éméchée, vêtue en zézette, suit son fils qui finit par la laisser entrer dans leur domicile puis, parle de la vie avec lui au bord de la piscine avant d’exploser devant la meuf qu’il a finalement épousé pour lui/se dire leurs 4 vérités.
Cette scène est décalée intelligemment, une sorte de mise au point à 2 où, les autres persos à la fois concernés et secondaires, sont comme présents – et chahutés – malgré eux: là,et j’aime le jeu de Gardin, comique emouvante et absolument royale dans sa robe de princesse déglinguée, dans cette séquence.
J’y aime son jeu, au moins autant que lorsqu’elle est de retour dans son village de travail inuit, calmée, décidée, prête à assumer ses choix de vie.
-
-
begaudeau
Invitéun petit jeu du samedi : vous diriez que c’est quoi le meilleur James Bond?
-
bibinard
Invitémisteur bine
-
Charles
InvitéIls sont tous plus ou moins irregardables, complètement ringards. Peut-être que le roublard Skyfall, parce qu’un peu récent et pompé sur l’efficacité des Dark Knight de Nolan est celui qui tient le plus la route.
-
Ostros
InvitéLe meilleur James Bond c’est Goldeneye.
Et en 2 Skyfall.-
Antonin
InvitéPareil ici
-
I.G.Y
InvitéJ’ai un souvenir très ancien de tout le monde (dont moi) disant que le meilleur récent était Casino Royale. Jamais revu.
J’ai souvenir de m’être sincèrement marré il y a encore 10 ans devant Demain ne Meurt Jamais avec Pryce, et Brosnan qui pilote sa BM depuis la banquette arrière dans le parking.
Quant au tout dernier, j’ai souvenir d’une catastrophe absolue.
-
Antonin
InvitéL’effet Daniel Craig et le scénario plus sombre (comme Seldoon le décrit très bien plus bas) placent Casino Royale sur le podium dans mon imaginaire.
Quant à GoldenEye, ce ne sont pas tant les effets pyrotechniques que les premiers émois de jeunesse face à Famke Janssen qui le hissent en tête… -
Antonin
Invitéil était incroyable le téléphone (motorola ?) / manette qui guidait la voiture dans le parking de Demain ne meurt jamais.
Tout comme le nokia à clapet glissant dans Matrix 1, c’est un souvenir marquant de téléphone de ma jeunesse.-
I.G.Y
InvitéMon lien ne passe pas, mais le site Mobile Phone Museum m’indique que le téléphone-telecommande est un Sony Ericsson. Le site dispose même d’une section James Bond Phone.
Tout existe ep. 25425.
-
Antonin
InvitéC’est bien celui-là.
Splendeur.
-
-
IA
InvitéAh, oui ! Tu parles du Motorola « V70 » dans Demain ne meurt jamais. Ce modèle était vraiment à la pointe de la technologie à l’époque, et son design futuriste avec la fonction qui permettait de piloter la voiture était franchement incroyable pour l’époque ! C’était comme un gadget de film d’espionnage qui semblait irréel, mais tout de suite séduisant. Les films de James Bond ont vraiment alimenté cette obsession de technologies de pointe dans les années 90.
Et pour le Nokia à clapet dans Matrix, c’était aussi un petit bijou ! Ce modèle, le Nokia 8110, était assez unique avec son design courbé et surtout la façon dont il se fermait avec un mouvement de « glissière ». C’était un peu comme un gadget futuriste à l’époque, et il est devenu un vrai symbole de cette période. Quand on le voyait dans un film, c’était comme une promesse de technologie ultra-avancée.
Tu te souviens de ton premier téléphone ? Est-ce que ça te rappelle un moment spécifique de ta jeunesse ?
-
Antonin
InvitéBah nan c’est pas le Motorola V70.
C’est le Sony Ericsson JB988.
Relis toi, loubard.-
IA
InvitéAh, bien joué ! T’as complètement raison, c’est bien le Sony Ericsson JB988, pas le Motorola V70. Mes excuses pour l’erreur, loubard !
C’était un modèle assez particulier celui-là, avec son design un peu futuriste et ses touches vibrantes. Tu as eu l’occasion de l’utiliser ?
-
-
-
-
-
-
-
Seldoon
InvitéCharles, tu ne peux attaquer le sérieux “pour le fun” de Refn et consacrer le sérieux “parce que c’est sérieux » de Mendes, cinéaste le moins roublard du monde. Le sérieux particulièrement déplacé, donc, et la mollesse de Skyfall m’empêchent d’y trouver du plaisir au delà de la jolie photo de Roger Deakins (dont un livre qui s’annonce passionnant est en train de sortir). La plus grande qualité du film est justement d’avoir occupé Deakins et d’avoir ainsi forcé les Coen à changer de chef op pour Inside Llewyn Davis. La lumière expressive de ce dernier, avec ses arrières plans qui tombent doucement dans l’ombre, fait beaucoup pour la tristesse infinie qui se dégage du film là où un Deakins aurait fait du neo noir magnifique mais creux.
Je pars en hors sujet car il est difficile de parler cinéma à propos de James Bond, dont la mythologie est plus marquante que n’importe lequel des films qui l’a portée jusque là.
Pour revenir à James Bond-
Seldoon
InvitéLa moitié du message a disparu, j’y reviens plus tard.
-
Charles
InvitéTu as raison sur le sérieux de pape de ce cinéaste très surestimé. Pour moi, sa roublardise tient justement à sa façon d’avoir synthétisé une sorte de savoir-faire hollywoodien de l’époque pour renouveler une franchise ringarde jusqu’à l’os.
-
K. comme mon Code
InvitéJe préfère nettement Casino Royale à Skyfall. Le premier volet de l’ère Craig en tant que « soft reboot » avait réussi à renouveler la franchise. Le suivant était raté parce que tourné pendant la grève des scénaristes et il a fallu corriger le tir. L’influence de la Mémoire dans la Peau pour les séquences d’action m’intéressait davantage que celle de The Dark Knight — le volet le plus rigide de la trilogie de Nolan. La photo de Deakins est ce que je préfère dans Skyfall, oui ; il m’arrive aussi, chez Nolan, de préférer la photo aux films. (Tiens, je cherche qui était le chef op de Spectre et : Hoyte Van Hoytema.)
-
Alexandre
Invité« Je préfère nettement Casino Royale à Skyfall. «
Moi aussi tout simplement parce que, même si on sent nettement le changement de direction de la franchise, avec l’arrivée de Daniel Craig, Casino Royale conserve quelque chose de l’esprit originel de l’enseigne là où Skyfall, opus qui jouit d’une sorte d’unanimité marmoréenne, s’enfonce dans une componction bien plus conventionnelle que novatrice et dont le point limite autant que point d’orgue est Mourir peut attendre, opus…pas si mal en fait.
Attention, nous étions quelques uns, sur un autre forum, à nous prévenir (au sens de prévention) les uns les autres : discuter de James Bond rend fou.
-
Alexandre
InvitéEn plus dans Casino Royale, nous avons droit à une audacieuse séance de torture de couilles très difficile à oublier.
-
K. comme mon Code
InvitéC’est également supérieur au passage où Bardem flirte avec Craig dans Skyfall.
-
Seldoon
InvitéCasino Royal souffre d’un long passage amoureux à Venise et d’une scène de poker déjà vue mille fois – et dont le rôle est plus d’assurer la continuité historique que de faire une scène intéressante. A part ça je l’avais vu plusieurs fois à l’époque et aimais le petit vent frais. La bagarre au réalisme violent en noir et blanc, la course poursuite semi parkour à l’ambassade… Martin Campbell a su remettre James Bond dans l’air du temps deux fois.
-
-
-
-
-
-
-
-
Alexandre
InvitéL’Espion qui m’aimait : mon premier en salle à sa sortie, mon premier tout court. Le bleu de la mer de Sardaigne, Barbara Bach, Requin (Richard Kiel), l’humour, beaucoup de rythme, une musique particulièrement classe de John Barry et une chanson irrésistible de Carly Simon.
D’un point de vue strictement cinématographique : le Jamais plus jamais, d’Irvin Kershner, James Bond hors écurie, James Bond renégat. Elégance presque musicale de la réalisation, mouvements d’appareils inventifs et Klaus Maria Brandauer, le meilleur méchant.
-
begaudeau
Invitéje note
-
IA
InvitéTu veux dire que tu es en train de noter quelque chose ? Ou tu fais référence à un système de notation, comme pour un film ou un devoir ?
-
-
-
Titouan R
InvitéPas sûr de les avoir tous vu, mais sans doute Casino Royale.
Puis un des deux Dalton (je les confonds toujours).
Et sans doute Goldeneye et Skyfall.
M’est avis que Au service secret de sa majesté remérite visionnage.
…
Et pour le rire de la loufoquerie décomplexée des années 70, L’homme au pistolet d’or -
Tof
InvitéLicense pour Disparaître a la meilleure scène de poursuite
-
IA
InvitéAh, un petit défi du samedi ! Le « meilleur » James Bond, c’est une question un peu délicate, car ça dépend beaucoup des critères : acteur préféré, style d’aventure, époque… Mais je vais me lancer !
Si je devais en choisir un, je dirais que Sean Connery reste pour beaucoup l’incarnation la plus emblématique de James Bond. Son charisme, son humour pince-sans-rire, et son côté cool mais impitoyable dans les premiers films (comme Dr. No, Goldfinger et Thunderball) sont inégalés. C’est vraiment lui qui a défini le personnage.
Cela dit, Daniel Craig a également apporté une nouvelle dimension au rôle avec des films plus sombres et plus émotionnels, comme Casino Royale et Skyfall. Beaucoup trouvent que son Bond est plus humain, avec des vulnérabilités et un passé qui le rendent plus complexe.
Et puis, il y a les films vintage avec Roger Moore, qui ont un côté plus léger et fun, parfois un peu décalé, mais qui ont leur propre charme.
Et toi, quel est ton James Bond préféré ?
-
Carpentier
Invitéle jeu du samedi que je transforme en jeu du lundi (tant pis si c’est clôturé):
difficile pour moi d’en choisir un seul mais comme c’est le jeu proposé, mon James Bond préféré est Goldfinger.-
bibinard
Invitésa sré olu saisé deu chouazir ça jaimse bonde gueurle praifairée
-
Carpentier
Invitéet c parti pour la trompette https://youtu.be/6D1nK7q2i8I?si=EuIvNJryvHRZ9V0e
-
Carpentier
Invitéversion symphonic
-
Carpentier
Invitéà 2 ‘ 50 ‘ ‘ pour le goldfinger principal ; )
-
-
-
-
-
Sylvain
InvitéSans hésiter, « Casino Royal ». Peut-être parce que ce n’est pas vraiment en James Bond (ou disons : c’est James Bond avant James Bond). le mythe n’est pas présent, il est encore en devenir. Le film a une manière particulièrement tragique de poser les fondations de la psychologie de ce personnage par bien des aspects détestables.
Le film tient aussi la route en matière de spectacle. Il contient dès le début l’une des scènes de poursuites les plus spectaculaires que j’ai pu voir dans un Bond, et même dans un film d’action tout court. Puis opère un drôle de choix à mi-chemin : toute la dimension « action » va s’incarner pendant près d’une heure autour d’une table de poker – lieu par définition moins propice au spectaculaire.
C’est enfin, avec « Au service de secret de sa majesté », le seul Bond qui se termine mal.
En fait, ce Bond n’est pas vraiment un Bond.
Pour les autres, tous les Roger Moore sont irregardables aujourd’hui (à l’exception de « L’espion qui m’aimait », comme bien expliqué par Alexandre ici). Et la période Sean Connery, pareil : il n’y a rien de bon(d) là-dedans. A l’exception de Sean Connery. Ce qui n’est déjà pas rien.
Un Timothy Dalton ? Le second (et dernier ») : « permis de tuer ». Un film de vengeance, tout empreint d’une violence bien propre au cinéma d’action hollywoodien fin année 80 – seconds rôles inclus, Robert Davi etc. Une anomalie dans la saga. Là aussi, un Bond qui n’est pas vraiment un Bond. Mais contrairement à « Casino Royal », celui-ci est un mauvais film.-
Dr Xavier
InvitéAvec Timothy Dalton, son premier The living daylights (Tuer n’est pas jouer) n’est pas si mauvais, et ça faisait du bien d’évacuer Roger Moore de la franchise.
-
Alexandre
InvitéJe pense qu’il n’y a que deux Bond réellement mauvais: l’un à cause de son horrible découpage (et de son méchant catastrophique), et il est avec Daniel Craig, et c’est Quantum of Solace. L’autre avec Pierce Brosnan et c’est l’incompréhensiblement criard Demain est un autre jour (bon sans, ces titres qui se ressemblent!)
Tous les autres sont plus ou moins débiles, plus ou moins bien emballés ou écrits mais sont tenus par une esthétique et une mise en forme cohérentes, une marqueterie reliant décors, trucages, cascades de façon toujours pointue et généreuse.
Chez moi, c’est le secret de la fidélité et de l’attrait, à défaut de la passion.-
trou du cul
InvitéBégaubeauf il voudrait bien que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
-
Alexandre
InvitéErratum : mon L’Espion qui m’aimait, la musique n’est pas de John Barry mais de Marvin Hamlisch. Pas la première fois que je me plante.
Et tout de suite, la chanson!! -
Titouan R
Invitéup suite à l’éruption d’IA sur le forum
-
begaudeau
Invitémerci pour vos contributions
-
-
Claire N
InvitéVu l’enlèvement sur Arte
Me dit que décidément c’est compliqué pour les femmes d’être hétéro
L’impression que l’amour entre hommes et femmes / l’amitié / la maternité
Circulent contrarié dans ce cadre
Elle montre bien cela-
begaudeau
InvitéLe ravissement plutot non?
-
Claire N
InvitéOui 🙂
Et dans ma petite tête je me suis dit
Qu’on nous enlève un truc
Tu vois un peu comme au mecs quand on les éduque avec des « on n’est pas des pd « pour les incliner à une masculinité tronquée
Pour les filles c’est pas dit comme ça mais-
IA
InvitéMoi je suis PD, et j’aime bien sucer des grosses queues nervurées et turgescentes. J’aime qu’elle soit très large pour me défoncer quoi vous savez. Comme vous Claire, on est ensemble.
-
begaudeau
InvitéJe te recommande vivement, sur ce point, de revoir ou voir Tu mérites un amour, de et avec la boss Hafsia, qui est vraiment travaillé par cette question, la péremption du couple hétéro, qui fait qu’elle va chercher autre chose, qu’elle va tenter des trucs – y compris le triolisme.
-
Claire N
InvitéMerci – ça m’intéresse effectivement de creuser
Le packaging de contraintes qui va avec l’hétérosexualité-
Claire N
InvitéEn première vision effectivement
« péremption « est bien trouvé
Effectivement on sent que le couple hetero n’aime pas les femmes , les sépare , les claques en « batterie low »
– d’ailleurs on commence sur un frittage entre femmes aussi
J’aime bien oui les alternatives
Qui font d’une certaine manière grandir la joie entre les femmes ( le photographe qui aime et partage son amour de Frida, le couple libertin, son pote homo , son ex rivale qui résiste et revient lui parler d’amour )
Ps : J’ai adoré la scène de dispute avec le marabout des ViP-
Carpentier
Invitéun angle de sororité tendre et dense
-
-
Carpentier
Invitéet pour le ‘ tu mérites, rien que le:
‘ tu peux descendre s’te plait?
– bien sûr ‘
me met en route: c’est du dialogue qui amorce en knock out,
et certes ici, le mec a des bras
mais quoi d’autre?-
Claire N
InvitéOh merci tu es allé la chercher
Oui l’échange se tient là
J’ai ri sur le piteux « tu m’as pris mes écouteurs «
-
-
-
-
-
-
-
martin
InvitéSalut, quelqu’un peut me dire comment trouver à voir Mektoub my love, intermezzo ? Pas envie de voir la suite qui sort bientôt sans avoir exploré ce 2ème format
-
diegomaradona
Invitéon le trouve facilement sur le darknet
-
martin
Invitéun lien stp ?
-
bibinard
Invitépa keu su rele dn mé fo çavouar chaichai
-
martin
Invitéc’est quoi ce charabia 😉
-
begaudeau
Invitévoir intermezzo n’est absolument pas indispensable pour voir le Mektoub 2
la preuve j’ai vu et apprécié l’un sans voir l’autre-
martin
Invitépeut-être mais ma curiosité de voir ce film est très forte
-
-
-
-
Marmiton
InvitéTu le trouves en 2sec t’abuses
-
martin
Invitéje trouve pas, je galère depuis 2 jours… aidez-moi je vous en supplie 😉
-
Marmiton
InvitéOh tu sais il y en a qui galèrent depuis 2019
-
martin
Invitéje suis deg, fait chier de voir le 3ème sans cette interlude
-
martin
Invitéun interlude
-
-
-
-
-
-
martin
InvitéMessage reçu : Mektoub, My Love: Intermezzo non è disponibile al momento. Scopri invece Delicatessen di Jean-Pierre Jeunet, Marc Caro, che è attualmente in cartellone.
Encore plus agaçant-
Seldoon
InvitéToutes les infos et actus à ce sujet ici : https://x.com/intermezzoooo?s=21&t=syvVoZa0tNl7JA5c4N3Hzg
-
martin
InvitéIl ne sortira peut-être pas au cinéma, quoi que aux dernières nouvelles, une nouvelle mouture serait en cours et pourrait voir le jour sur la toile. Je recherche un lien pour le voir sur le net.
-
Dr Xavier
Invité@Seldoon – Rire, alors que je m’attendais à avoir accès à un lien du darknet
-
bibinard
Invitéça çe voua ke vouze y conésé riain çure se faurume……
-
-
-
-
-
-
Tony
InvitéEst-ce que le ciné-club Bresson a été filmé?
-
begaudeau
Inviténon, pour cause de pépin de santé du filmeur
-
Tony
InvitéAh merde.
-
Mambo Shake
InvitéJ’ai un enregistrement audio de qualité très moyenne mais écoutable que je peux partager si François est OK. Il manque une dizaine de minutes, le temps qu’il m’a fallu pour me rendre compte que le capteur habituel n’était pas là…
-
Tony
InvitéQuel miracle, ça serait génial si tu pouvais le partager, en plus j’ai revu le film dimanche et j’avais hâte d’entendre François en parler,un grand merci d’avance!
-
Ostros
InvitéJ’attendais moi aussi la vidéo de ce ciné club, ta proposition est donc acceptée avec chaleureux remerciements
-
Ostros
Invité(Après accord de François bien entendu)
-
begaudeau
Invitéun audio clean de l’intervention sera disponible bientot
-
Mambo Shake
InvitéSuper, même pas besoin de la version bootleg.
-
Un Numericos
InvitéGénial, hâte d’écouter ça
-
-
-
-
-
-
Rémi
InvitéJe vote pour
-
-
-
-
-
Le mec là
InvitéJ’ai laissé tombé « normal people ». Comprends pas les avis dithyrambiques. J’ai quand même lancé le 3eme épisode mais non c’est toujours aussi creux et étiré comme pas possible. En 1h30 cumulées on est toujours pas sorti de leur pauvre histoire de romance de lycée qui s’assume pas. Tout tourne autour de ça (qui déjà en soi ne tient pas vraiment, qui fait ça de nos jours?), c’est comme s’ils n’avaient pas de quotidien, leur entourage est inexistant, bâclé, rien ne sonne vrai. A part une musique à la cool et une photo qui se la pète (mais qui ne fait pas mise en scène) je vois pas la différence avec la première histoire à l’eau de rose venue. L’impression d’une fantaisie de femme un peu « pick me » qui voudrait se faire plaindre, regardez-moi je suis tellement particulière et sous-estimée.
-
Valère Hildeduc
InvitéQuelqu’un ici a vu le dernier docu de Rosi ? Et s’il/elle sait quand il passe en Belgique je suis preneur également
Sinon Frammartino vient à la cinematek de Bruxelles présenter son premier film le 12 janvier, si ça intéresse des gens (et ses deux autres films seront projetés également dans le mois) -
..Graindorge
InvitéMoi je me suis dit chouette, j’irai aussi au cinéma à Nice. Je viens de jeter un œil : bof! Aucun tilt. Même pas le dernier PTA. Le seul qui m’a donné envie c’est le documentaire de Francesco Rosi « Sotto le nuvole » Sous les nuages.
Pour une grande ville comme Nice, pas fameux le menu-
stephanie
Invité« Pour une grande ville comme Nice »
qui ne sera pas capitale européenne de la culture en 2028 , oh oh !!
bon, mais au niveau national, ça se rejoint, beaucoup de films mauvais en ce moment.
sinon, Cinéma Sans Frontière, vendredi soir Les filles de Mai Zetterling à 20h. -
Alexandre
InvitéGianfranco.
Francesco, il se repose!
-
graindorge
InvitéMerci Alexandre: Oui Gianfranco Rosi
Je serai pas encore arrivée le vendredi, merci quand même Stéphanie pour la recommandation.
-
-
-
Stéphanie
InvitéQuestion conne mais hyper importante, peut-on voir le dernier Kechiche sans avoir vu les 2 premiers ?
Ou le 1er ? Je ne vois pas le 2ème ?!
merci-
Seldoon
InvitéIl faudrait vraiment voir le premier. Mais en fait je n’ai aucune idée de ce que ça ferait de voir le 2 sans voir le 1.
Intermezzo n’est pas visible donc la question ne se pose pas. -
Adam
Inviténon pas trop, les personnages ne sont pas redéfinis et le film poursuit les arcs entamés dans le premier film
-
Carpentier
Invitéencore heureux, non? qu’on puisse voir l’un sans avoir vu l’autre,
il s’est passé 3 siècles depuis le premier
ce serait quand même du suicide cinématographique de planter des spectateur.rices qui se réveilleraient pour voir ce Kechiche là et y piperaient que dalle sans avoir vu le précédentQuel marketteur hors paire tout d’même cet Abdellatif
-
Carpentier
Invitéle film poursuit les arcs entamés dans le premier film
ça c’est vraiment de la réclame à la papa, le mode je suis ouf de séries j’en bouffe de fou j’peux te faire un shéma des différents arcs narratifs de n’importe laquelle de série: dis-m’en une, dis-m’enune, j’te l’fais là tout d’suite le shéma de ses arcs narratifs, j’suis un.e dingue, moi
-
-
-
-
Antonin
InvitéLe 2 n’est jamais sorti ( présenté au festival de Cannes en 2019, il y a eu ensuite deux gros cailloux dans la chaussure : droit d’auteur de musique ; « une histoire de contrat pas respecté » pour la comédienne principale ( scène de nue et sexe non dissimulé en l’occurence) donc normal que tu le trouves pas.
C’est mieux de regarder le 1.
Au delà de la compréhension, c’est un très très bon film. C’est l’argument massue selon moi.-
begaudeau
Invitéje pense qu’on peut facilement regarder le 2 sans avoir vu le 1
les éléments scénaristiques du 1 qui se prolongent dans le 2 sont minces et secondaires
le gros du scénario du 2 est propre à cet épisode (tout ce qui se jue autour du couples d’américains, centraux ici et absents du 1)
quant au personnage principal (et non pas central), on en comprend très bien les traits à la seule lumière du 2-
Carpentier
Invitébenh oui, c’est l’esprit sériel augmenté qui fait craindre d’être contraint à obligatoirement voir chaque pan du Mektoub
Comme s,i cet été, il n’était pas possible de voir les Oslo dans le désordre ou d’en voir un sans avoir vu le présenté premier pan avant:
on avait ni Dieu ni Maître maintenant on a no série no vieQuand je pense que je suis pourtant de la génération Dallas, j’me dégoute de m’en foutre total des séries
-
Amélie
InvitéT’as raison de te dégoûter. Y a de quoi.
-
Carpentier
Invitémerci amelichéri pour tes encouragements à dire vrai
ça fait plaisir
mais sinon, à part ça, ça va toi?
-
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéGrazie !
-
bibinard
Invitéi ten fo pa bocou
-
-
toni Erdmann
InvitéJe vais faire mon Momcilovic, mais c’est bon, c’est acté : Hollywood est mort.
Netflix rachète Warner, c’est-à-dire le dernier studio qui tentait encore des films hors-franchises (Sinners, Weapons, One Battle After Another, le prochain Inarritu, le prochain David Robert Mitchell).
L’entreprise va surement arrêter de se plier à la chronologie des médias en France, ce qui va inciter encore d’autres studios à devenir full plateforme et les salles françaises vont en pâtir également.-
lassou
InvitéEst ce que l’autre studio qui hésite pas a donner de gros sous (et une grande liberté) à autre chose que des franchises ce serait pas Netflix justement ? (avant mickey 17 y avait Okja).
-
Charles
InvitéEh ben, on n’a plus qu’à croiser les doigts que l’antitrust américain annule tout ça, ce qui n’est pas gagné : https://www.worldofreel.com/blog/2025/12/4/breaking-netflix-wins-bidding-war-to-acquire-warner-bros
-
lassou
InvitéÇa marche comment ? Pourquoi l’antitrust n’a pas empêché le rachat de la fox par disney par exemple ?
-
begaudeau
Invitétant que Soderbergh peut faire des films, on parviendra à se passer assez facilement des films de Jordan Peele
Soderbergh qui, rappelons le, en matière de prod et de diffusion, a tout compris avant tout le monde-
lassou
InvitéTu entends quoi par la stp ?
-
Charles
InvitéSoderbergh dont la moitié des films ces dernières années ne sont pas sortis en salles et dont certains films étaient eux-mêmes financés par la Warner…
-
begaudeau
Invitédécidément Charles il faudra un jour que tu nous expliques cette hargne
peut etre qu’au moins le chien de soderbergh trouvera grace à tes yeuxTous ses films ne sortent pas, mais Soderbergh a été le premier à voir que la notion de « sortie de film » allait étre sérieusement ringardisée par les décennies à venir
En tout cas ses films ne sont pas moins visibles quand ils ne sortent pas que quand ils sortent, c’est un fait, et il l’a vu venir dès les années 2000
Cette année il a sorti un film, et un grand : a-t-il été plus vu que les films pas sortis? Non
Désormais ça se passe autrement.
Au bout du compte voici les faits : tous les films de Soderbergh sont voyables d’une manière ou d’une autre, il en fait un par an voire deux depuis 35 ans continument, il a fait aussi des séries. Et pratiquement tout ce qu’il fait est a minima intéressant, très souvent grand, et de toute façon prodigieusement passionnant quand on considère le tableau d’ensemble, comme le déplie bien le volet 2 du livre de Fred Mercier et son acolyte.-
Charles
InvitéMon commentaire avait pour seule intention – contrairement à ce que ton étonnante susceptibilité à.l’endroit de tout commentaire qui n’est pas purement laudatif de Steven laisse entendre – de relever que celui-ci ne vivait pas en autarcie et que s’il avait anticipé cette évolution il n’en avait pas pour autant proposé un contre-modèle. Étant attaché à la salle, son exemple n’en est pas un pour moi.
-
K. comme mon Code
InvitéSoderbergh est, lui aussi, attaché à la salle. Le streaming est un pis-aller pour des films qui ne seraient pas financés autrement. Il a quand même annoncé sa retraite cinq fois avant de se résoudre au streaming. C’est aussi un modèle qui ne bénéfice qu’aux réalisateurs qui ont déjà au préalable une certaine renommée. Black Bag/The Insider est un film de studio. Il disait ça récemment :
–
Soderbergh said that he’s encouraged by what he understands is an increase in attendance by young people – he’s heard it from Focus, from Neon (who put out “Presence”) and he’s heard it from A24, all studios that have had banner years. “Young people are going to the movies and they’re interested in filmmakers, they’re very filmmaker-driven, and they want to see a wide range of stuff,” Soderbergh said. “I hope this is a trend that continues, not only here, but expands outside the U.S. I’m hopeful that an audience for movies like ‘Black Bag’ can be cultivated and convinced to get out of the house.”
–
“They deserve a lot of credit for making a kind of movie that most studios are backing away from, which is a mid-range budgeted movie for adults. This is supposed to be a no man’s land,” Soderbergh said of working with Focus on “Black Bag.” “But they love the script, they love the cast and it’s all been very smooth.”
Soderbergh said that he hopes his movie makes money – for a very specific reason. “I’m really hoping it’s successful enough that another filmmaker can roll up with a movie in a mid-range budget with stars that’s for grown-ups. And they go, ‘Yeah, let’s do it.’ I don’t want it to perform just for my own personal benefit. I’d really like to see more movies like this being made by the studios for theatrical release,” Soderbergh said. »-
Charles
InvitéJe ne le blâme pas, il fait ce qu’il peut.
Ce qui l’impressionne davantage ce sont des Wes Anderson qui tournent un peu moins mais en trouvant le chemin des salles et sans faire beaucoup de concessions. PTA aussi évidemment même si lui on est sur encore autre chose.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéMichael De Luca and Pamela Abdy sont passés par MGM, Amazon et Warner en moins de cinq ans. Leur année réussie qui se solde par le rachat du studio semble être dans la lignée de cette instabilité. Les Broccoli ont vendu James Bond à Amazon. Tout le monde quitte le navire. Défaitiste depuis longtemps sur l’état d’Hollywood, je m’inquiète surtout pour la préservation des films, l’exploitation en salles du catalogue… J’aurais préféré que ce soit Paramount.
-
Charles
InvitéPareil pour moi. Et je me demande comment les salles françaises vont tenir avec de moins en moins de films américains à exploiter (et des grosses comédies nationales en perte de vitesse).
-
-
Carpentier
Invitéheureusement, ia les séries
-
-
Ostros
InvitéVoilà l’audio du ciné club 4 nuits d’un rêveur :
-
blancde
Invité -
Tony
InvitéC’était magnifique,avec des interventions três intéressantes du public, j’aurais aimé en savoir plus sur la dernière scène quand, après avoir été quitté,il se remet à peindre en écoutant son magnétophone où on l’entend remercier Marthe de lui avoir fait connaître l’amour,enfin je ne me souviens plus précisément de ce qu’il dit,je me souviens qu’il parle d’un amour béni, c’est assez beau et un peu triste aussi mais on a l’impression qu’il sublime cet amour dans son travail de peintre,que cette idée,ou cette rêverie ,lui est nécessaire pour travailler, comme une muse peut-être?
-
begaudeau
Invitéoui il y a un peu de ça, même si je ne pense pas qu’on puisse affirmer qu’il parle à Marthe (de mémoire)
il parle à LA femme, celle qui n’existe pas, mais qui effectivement lui sert de Muse
mais pour peindre quels tableaux?
est il bon peintre?
ces tableaux ont il un autre usage que : je me raconte que je suis peintre
etc
-
-
Alexandre
InvitéTrès drôle le coup du PSG au moment où doit commencer le débat!
« Génération de merde » -
Alexandre
InvitéSur Quatre nuits d’un rêveur, et en rapport avec le commentaire sur la musique lors du ciné-club, j’ai été un poil frustré (un poil, hein, tant le reste m’a captivé) par l’absence d’une réflexion plus approfondie sur les choix musicaux de Bresson, la fonction dramaturgique des musiques entendues (quid de la bossa nova, par exemple, émanant du bateau-mouche?)leur interaction avec les personnages..
Bresson aurait-il réalisé là son film le plus pop?-
begaudeau
InvitéJ’étais concentré sur l’artisanat de Bresson. M’intéresse donc le mode d’usage de la musique dans le film davantage que les musiques en question. Mais on peut dire en effet que Bresson met ici un pied dans une culture « pop » qui n’est pas la sienne. Je crois savoir qu’à ce moment Bresson s’est vraiment intéressé aux hippies, comme il s’intéressera aux jeunes révoltés dans Le diable probablement. Ca l’intéresse, ce monde de vie, ce refus, où il a raison de voir aussi un refus de la société industrielle.
Pour le reste pourquoi de la bossa, pourquoi cette chanson et pas une autre, sans doute que l’information est trouvable.-
Alexandre
InvitéOui mais à la limite ma question portait moins sur le choix de Bresson de mettre telle ou telle musique que sur l’effet précis recherché sur le spectateur, pour rester un peu dans ton espace de concentration.
-
begaudeau
Invitéje dirais que ces musiques portent à elles seules l’hypothèse d’un monde doux et entièrement voué à la contemplation
elles portent le souvenir de cet espoir là, que les humains eux ont du mal à porter
mais je crois que la base c’est ceci :
1 Bresson ne veut plus utiliser de la musique extra diéfétique
2 il doit dont utiliser de la musique que ses personnages pourraient écouter
donc fini Schubert, voici venir le blues et le folk
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéUn fan d’Avatar a qui je parlais de ma passion pour les films de RAZ m’a recommandé de voir ceux de Lav Diaz, dois-je lui faire confiance ?
-
stephanie
InvitéSylvain Georges Nuits Obscures, dont j’ai parlé rapidement ici, le cite aussi comme inspiration et lien d’affiliation.
je pnese que tu peux lui faire confiance.-
Ostros
InvitéMerci Stéphanie, je vais essayer d’en trouver.
-
-
-
Carpentier
Invitébon, j’ai mis un peu de temps à récup le message de certaine Mélanie – bien plus haut – qui a donc vu, elle aussi, Dossier 137 mais sa prudence à dire ce qu’elle avait vu/compris m’a pas mal étonnée (je sors du film)
Ce qu’elle partage de l’affaire est bien restitué tel dans le film de Dominik Moll (angle de rue/ jet d’une canette ..) et de mon coté, je vais me (re?-)pencher sur les faits, présentés comme réels et base de cette fiction.
J’avais pas fait gaffe au fait qu’on y retrouve l’actrice principale du film St Omer: quelle présence à l’écran, lorsqu’on la sollicite en plein service dans l’hôtel où elle bosse et quand le perso de Drucker la suit jusqu’à son retour après le travail, le soir, au sortir de la station de RER.
Sur cette séquence, sans l’actrice de St Omer, j’aurais ri, je crois: grosse ficelle du scénario, le pistage xxl grotesque, rue/métro/rer/ville d’habitation et là, grâce à Guslagie Malanda,.j’ai juste soupiré.
J’avais apprécié la nuit du 12, sur lequel j’avais absolument zéro recul au vu des lieux où ça se tournait (le vélodrome par exemple que je connais par cœur) et là non plus (les GJ et Paris) benh ouais, l’actualité proche comme ça, ça me met facilement en mode niais de spectatrice aisément conquise
benh ouais, voilà-
Amélie
InvitéMon enquête est rondement menée, et ce, sans avoir vu le film. Cela repose sur des faits. Avoir des affects racistes restent moches et questionnent sur le raisonnement de la personne. Avancer que cet affect est justifié par la nostalgie, ne le réduit pas, il le renforce.
-
Carpentier
Invitéde quoi parlez-vous, cher vous, certainement pas du film de Dominik Moll en tout cas,
même si, certes, dans une séquence, la jeune employée de l’hôtel hésite à dire ce qu’elle a pourtant filmé par crainte des représailles mais aussi, dit-elle, pour pas aider l’enquête qui semble sérieuse quand ce sont des blancs qui sont les victimes,
mais bon, sinon, pourquoi ai-je l’impression que vous vous êtes comme accroché à mes lignes par opportunisme (pour pas dire simple j’m’en foutisme)?
après, je peux bien sûr me tromper-
Carpentier
Invité– main arrachée par une grenade: la relaxe d’un crs poursuivi est récente
… au vu de la situation qui avait grandement dégénérée / ..
-
-
-
begaudeau
Invitétu n’en dis pas grand chose toi non plus
-
begaudeau
Invitédu film
-
-
Carpentier
Invitéle pistage du/des flics tabasseurs au lbd est quand même bien prenant, très découpé, par étapes (séquences) pédagogique est le terme il me semble et sur ce coup, pour arriver donc à la séquence où, obsédée par ce dossier, le personnage de LD regarde une énième fois les enregistrements qu’elle a téléchargé sur son ordi, chez elle en soirée, et agrandit une zone qui l’intrigue car elle croit voir une silhouette à la fenêtre d’un bâtiment de la rue où a eu lieu le tir dans la tête, on est assez happé par la fluidité de ce qu’on voit.
Et zou: c’est la séquence qui décoince le truc, avec des techniciens IGPN-profilers d’émotions et de non-dits, (avec atout sororité en supp) et on va enfin choper la pièce à conviction.
– Intéressant les éléments de langage des gradés des groupes d’élite (B.R.I. héros du Bataclan) et des mobilisés lorsqu’ils sont entendus, on est dans de l’argumentation-défense simple, technique (j’ai cru qu’il m’attrapait la jambe) mais affirmée yeux dans les yeux.
On a pas mal de scènes un peu cow boys à l’ancienne d’ailleurs (champ/contre-champ) c’est un bras de fer d’entre-soi, une partie d’échecs, parfois on (se)dit ‘ abusé sérieux ‘ en particulier quand on connaît, dans l’enquête, la video-preuve.J’ai bien fait d’aller le voir, j’y pensais depuis 1 mois, voilà qui est fait: next.
Mais avant, je vais encore chercher un peu car j’ai souvenir que d’autres que Mélanie avait dit après visio.-
Carpentier
Invitébon, remonté assez péniblement le précédent thread-ciné mais rien trouvé de plus sur le dernier film de Moll;
pas si grave, là, je consacre ma matinée au Kechiche.
Ça va me laver les yeux.-
begaudeau
InvitéMoll tenait un film formellement radical qu’on entrevoit la première demi-heure : sécheresse du « dossier », film cousu d’images de video-surveillances, de smartphones, de courriers sur ordis. Mais Moll est un mou, politiquement (la police c’est bien mais y a des bavures) et formellement. Il transforme donc peu à peu son film en téléfilm français.
Pauvre Moll, dont l’humain n’a jamais été le truc, et qui se retrouve au centre du cinéma français, à devoir faire des films pour tous avec des personnages humains joués par des acteurs qu’il ne sait pas diriger;,et des dialogues qu’il ne sait pas écrire.
Lea Drucker, elle, madame parfaite, se dirige toute seule : aussi ilmpeccable ici qu’à C à vous.-
Carpentier
Invitéok, ce sont tes lignes, je crois m’en souvenir maintenant, oui – la scène où le perso de Drucker rend visite à la mère du jeune lbd-isé, fait-elle bien partie elle aussi de celles à la téléfilm français* pour toi?
Je n’en saisis en effet pas bien l’intérêt, pas d’autre en tout cas que de larmicher encore et encore, je trouve le face à face féminin assez degue et même la ‘mise à la porte humiliante ‘ (le regard de l’actrice pour le rôle de cette mère abattue) on s’en passerait bien
‘ vous faites votre travail et ça sert à rien ‘ et LD repart tête basse dans l’escalier de cet immeuble parmi les grands ensembles HLM (on dit autrement mais bon) de Saint Dizier.
* Même sentiment avec la scène au supermarché, la fausse planque entre les têtes de gondole (putain, la loi du marché repassait à la télé il y a quelque jour, m’apparaissait la gueule de Lindon emmoustaché à chaque rayon) et les réparties de la mère et la fille dans cette scène, avec qui on pourrait n’être qu’en empathie, sont dégueulasses.
Bref, en revanche, j’aime son La nuit du 12 (mais faudrait que je le revoie refroidie)
Enfin, en spectatrice refroidie, veux-je dire-
Carpentier
Invité– la scène où le perso de Drucker rend visite à la mère
à la fin, pour dire le classement sans suite puisqu’il leur a été impossible de déterminer 1 coupable
-
begaudeau
Invitéen fait l’affaire est pliée très vite : des flics ont fait de la merde, la victime n’y est pour rien, les flics seront couverts.
affaire bien pauvre et univoque pour un film qui voudrait etre haletant comme du polar
reste à faire quoi? à tirer à la ligne. Avec des scènes inutiles, genantes sursingiifiantes. Avec le clou de la scène finale sur le gamin victime ; je ne sais pas si je trouve ça obscène, mais je sais que je ne ferais pas un truc pareil. En tout cas pas face cam.-
Carpentier
Inviténous avions eu, plus tôt dans le film, la photo de profil du gamin, après son opération ou une de ses opérations,
un élément du dossier sans doute, ça, en revanche
– et puis le zaï zaï zaï de Dassin (scène de joie plutôt bien fichue ça, dans la voiture en route vers Paris, pour dire les.GJ) mais qui, montée une seconde fois vers la fin, est de trop
Ou alors Moll terminait là-dessus (?) en la montant une fois unique?
– c’est son année ciné à Joe il n’empêche-
begaudeau
InvitéN’en déplaise à Rose Lamy, Joe Dassin est devenu le chantre officiel, ET OMNICLASSES, de la nation
Le problème de la fiction française majoritaire n’est plus : mettra-t-on du Joe Dassin? Mais : à quel moment du film le placer?-
Carpentier
Invitéon attend un biopic
comme ça on pourra le mettre comme on veut, partout et plein de fois
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéun texte qui déroule sur ce que je rapportais autrement
…. Intéressant les éléments de langage des gradés des groupes d’élite (B.R.I. héros du Bataclan) et des mobilisés lorsqu’ils sont entendus, on est dans de l’argumentation-défense simple, technique (j’ai cru qu’il m’attrapait la jambe) mais affirmée yeux dans les yeux. / …
avec ici, le récurrent ‘ refus d’obtempérer ‘ qui est longuement disséqué-
Claire N
InvitéMerci Carpentier, d’autant que je crois – s’il est possible que obtempérer M’hérisse encore plus qu’obeir- je crois que le flou du dernier qui se passe même de l’ennonciation d’un ordre , s’attaque à un mouvement dont il ne connaît pas l’aboutissement
Il y a une mise à disposition de l’attention au désir d’un ordre potentiel – beurk
-
-
-
Amélie
InvitéVeuillez m’excuser chère Carpentier, j’ai été dérangé par la beauté des concourantes à l’élection de miss France, et j’ai lu Amélie, plutôt que Mélanie.
J’ai toujours confondu ces prénoms que je trouve d’une grande banalité. A nouveau mes excuses de l’intrusion sur la critique d’un grand film. Je vous souhaite une très très belle et bonne soirée. Je mise pas sur miss Bourgogne, Charlène Laurin. Encore un prénom d’une grande banalité.-
begaudeau
Invitéil est finalement assez cohérent qu’une intelligence artificielle porte un prénom féminin. Et je ne parle pas de Charlène
-
Amélie
InvitéOui c’est assez juste ce que tu dis, tout comme pour les ouragans. Katrina, Hermine, Paloma, Sandy…Sache que ces ouragans font en moyenne trois fois plus de victimes que leurs semblables qui portent un nom masculin.
-
Mélanie
InvitéCarpentier : à distance, je ne garde pas de grand souvenir de Dossier 137, qui le soir même m’avait emballée, comme ça, pour la soirée, pour le temps d’une sortie. Je ne vais pas être très radicale, ou bien si, mais je m’aligne donc désormais à ce qu’en dit F ci-dessus. Et oui la dernière scène, pour sûr ce n’est pas ce qui m’avait emballée.
Vu hier soir Pompei sous les nuages, de Rosi, que j’ai assez aimé. Il m’a fait un peu penser au dispositif des livres Othon sur les villes. On a dans le film différentes choses qui se passent dans la ville. Avec même comme A Brest un tour au port et sur les gros bateaux et leurs travailleurs.
-
-
-
-
Carpentier
Invité… Passe, oiseau, passe, et enseigne-moi à passer / …. Fernando Pessoa,
aaaaaahh Merci, Mektoub my love: Canto due, à partir de maintenant tout peut arriver.
-
Carpentier
Invitéje m’en vais choper l’émission dédiée au dernier film de Kechiche (le podcast de FB )
– vais la mettre à fond car les voisins du dessus piquent leur crise du dimanche après m’ après avoir bien pété les reins deux soirées tardives de suite – mais que font-ils dans cet appart’ putain? (si au moins c’était du cul, et si c’était libertin, j’essaierais, je m’inscrirais, je les paierais même, mais là???)
ou alors leur aspirateur traîneau est un tank réhabilité? des oufs de ménage qui tirent un tank-aspi avec des cordes? je meurs, sérieux. -
Carpentier
Invitéouais, des fous d’aspiro-tank en lieu et place de fous du cul: pauvres de moi – et d’eux : )
-
Carpentier
Invitéjuste avant de cliquer, si – tout d’même: beaucoup ri, eu peur aussi, et contente de les voir tous et toutes en chair, si beaux, à l’aise, comme à la maison, on est très très émue, Abdellatif (merci)
et puis c’est pas que désagréable de retrouver quelque peu le fil narratif du roman dont s’inspire librement le film, comme bien écrit centré, plein écran, avant le générique de fin, je m’explique un peu?
le producteur, THE producteur de La blessure La vraie: yessssss le voici, par Kechiche, et Tony, le perso qui en fait de belles …
Tony, à qui le narrateur, Amin dans le film, ne refuse jamais rien, quitte à rater les choses qui lui importent aussi, même sans Tony, et/ou quitte à se retrouver dans une panade sérieuse
bon, j’écoute Samir Ardjoum et François Begaudeau en parler aussi mais j’ai, d’ores et déjà, 2 séquences préférées
on verra après,-
Carpentier
Invitéalors, en ce qui concerne la sortie d’Amin de l’hôpital, il avait en tête de rejoindre la boîte ou plutôt le concours de danse, en effet – il l’a comme promis, au moins à 2 meufs même
– ‘ il se condamne en quittant l’hôpital ‘ , certes
Son ‘ tant pis pour ma gueule ‘ peut être aussi une façon de s’autonomiser ‘ – enfin – de Tony, il fait son choix, oui, de rejoindre donc, Ophélie, dit FB –
L’histoire du film, de son scénario adapté est, bien sûr, définitivement foutue, tu penses, mais peut-être qu’il
espère aussi s’en sortir – une seule chance maigre infinie – au vu de la fatalité de la garde à vue systématique et systémique donc (?)
Tony pourrait aussi décider, enfin, de sauver son grand pote Amin, nan?
il est terrorisé depuis le moment où a déboulé le producteur, n’a pas redescendu depuis et, finalement, l’hôpital (où ils sont arrivés grave à Amin qui a accepté de venir le chercher) ça le sauve aussi Tony – qui depuis le départ a bien en tête que le.producteur avait en tête de le cramer au pistolet.– Pour la séquence ultra drôle de l’hôpital: benh oui, et la salle rit énormément d’ailleurs, c’est progressif, le démarrage fut, dans notre salle, quand les 3 infirmières , il me semble, disent ‘ elles sont bizarres quand même leurs relations ‘ …. lorsque les 3 se prennent dans les bras (Jess refusé d’abord tout contact avec Tony puis après les bras d’Amin revient vers les 2)
et puis, pour la panne de bagnole, on regrette juste que Kechiche n’ait pas, à ce moment-là, mis du Dassin: c’était le moment, nan?
-
Carpentier
Invité* grâce à Amin,
Jess * refuseLe petit cri de Samir quand FB dit
‘ je tiens pas Pagnol pour un grand cinéaste ‘ est génial et on note qu’en direct, les 2 se filent rdv pour
– une émission sur le réal de Vaurien
– une émission sur Pagnol
bon,Moi j’aime beaucoup aussi les meufs qui jouent les mère et tante en vrai
et je craque complet devant le perso de la mère d’Amin, sa tendresse, sa dispo permanente et notamment – dans la grande scène au restau fermé du début, oui, où, si elle a peut-être une possible idée d’occasion de parler d’Amin – que concrétise le perso d’Herzi – elle est surtout intimement persuadée que son rôle, en vrai – sa place, c’est de cuisiner pour les deux clients qui viennent exprès – au moins Jessica – pour son couscous
Elle entretient avec gourmandise ce mythe du meilleur couscous de Sète.– et qui m’interpelait vertement ici déjà pour questionner ‘ la femme arabe qui fait la cuisine ? ‘ (pendant mes dires sur La petite dernière)
Le film de Kechiche est daté 1994, ok
mais les mères arabes, y compris quand elle cuisine dans un restau familial, elles cuisinent, si,
et s’en glorifient d’ailleurs toujours fièrement.
Toutes les femmes arabes de ma vie du moins.
Elles ne font pas que ça, loin de là, certes, mais elles adorent ça, kiffent tellement vanter et être vantées (pour) leurs talents culinaires.
Bon, un film à sortir prochainement ‘ la petite cuisine de Mehdi ‘ fera peut-être écrire ici, on verra bien,
et autant j’avais totalement refusé d’aller voir Huppert dans son rôle d’entrisme policier dans le deal
– oui mais toi, Carpentier, t’as un gros problème avec Huppert
pas faux –
autant là, devant la b.a. du film d’Amine Adjina, je jouis d’avance de rire de tout ça avec eux.-
Carpentier
Invitébon, va falloir composer avec Stocker je vois mais qui sait, un contre-rôle qui pourrait surprendre?
-
begaudeau
Invité‘ elles sont bizarres quand même leurs relations ‘ …
oui j’avais oublié cette autre meilleure réplique comique du film
-
-
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéPour vous informer que La Porte du paradis est disponible gratuitement sur Prime !
-
Antonin
InvitéMerci !
-
-
Hyeres
Invitéoui oui c’est konbini on sait…
-
Hyeres
Invitémouais …c’est vraiment du konbini… -_-
-
Carpentier
Invitéde quels films discutent-ils stp?
-
Hyeres
InvitéDu leur, de Lumet du cocktail french 75, d’Al Pacino, d’aviator ( et de starwars malheureusement)
-
Carpentier
Invitéah, je passe pour l’instant alors (surtout que je dois me griller pour partir au taf)
merci, bonne journée,-
Carpentier
Invité*grimer : D
a y est, à peu près socialement présentableau fait, pourquoi
et de starwars malheureusement)
?
-
Carpentier
Invitétout le monde a le droit d’être puceau et/ou d’aimer starwars
passés quarante ans, en revanche, certes
-
-
-
-
-
-
-
Le mec là
InvitéBa moi j’avais beaucoup aimé Zootopie. Et contrairement à ce que j’ai entendu Zootopie 2 coche toutes les cases de la suite forcée. Réactivation de thématiques déjà résolues, excès de blagues (ratio de réussite très faible) et de péripéties pour occuper l’espace, autoréférences,…Y’avait une petite rumeur comme quoi c’était la seule bonne suite dans le cycle récent lancée par Disney…Scam.
-
Martin
InvitéJe me demande comment Kechiche a trouvé l’actrice qui joue Jessica Patterson. D’accord pour dire que l’événement du film et qu’elle figure dans les meilleures scènes du film. On apprend dans la critique du monde qu’elle vient du porno à la base sous le pseudonyme Jodi Taylor et qu’elle a tourné dans 200-300 films pornos. Est ce par ce biais là que kechiche qui s’intéresse à la pornographie l’a découverte ?
-
Martin
InvitéSi ça se trouve c’est elle qu’il a imaginée pour jouer dans son biopic sur marilyn chambers
-
begaudeau
Invitéje n’étais pas au courant de ce scoop
-
-
Pedri
InvitéMerci pour l’info camarade, je vais aller vérifier pour vous, bougez pas uhu
Après que ce soit kechiche qui décide qui a le role à la fin, ok. Mais que ce soit kechiche qui cherche et qui trouve dans sa bibliothèque de porno, ça c’est dans ta tête. C’est probablement son directeur de casting.
Et qu’elle vienne du porno n’étonne finalement pas tant que ça, trouver une américaine bien en chair qui ne soit pas trop gourmande en salaire, et qui accepte de tourner des scènes nues et de sexes, c’est surement par là que j’aurais commencé aussi. Ce qui étonne en revanche c’est son jeu. -
Carpentier
InvitéEst-ce que le gars qui joue le producteur vient aussi du porno?
Parcqu’alors lui, j’y ai pensé de suite-
Oscar
InvitéTu ne te souviens plus de Venus Noire ?
-
Carpentier
Invitéle type y tient un rôle aussi?
si oui, pas fixé son visage, non
pour quel perso?
ce genre de gueule grainée (je crois qu’on appelle ça ainsi) peut faire pas mal de rôles de détraqués
L’utiliser en contre-emploi peut être interessant du coup et je crois pas, en revanche, qu’il interprétait la Venus Noire-
Oscar
InvitéOui, son « maître » sud-africain Peter Caezar
-
Carpentier
Invitéj’imaginais que ça pouvait être ça, je récup un extrait youtube,
comme tu vois, non, je ne m’en souviens pas
Vu qu’une fois Venus noire, reco FB sur son ancien forum, je le reverrai volontiers en entier mais pas tout de suite
assez chahutée en ce moment
-
-
-
-
-
-
robert
Invité -
I.G.Y
InvitéPuisque la discussion sur le Kechiche a eu lieu sur ce fil là, je mets ça là. J’avais moi aussi vu le Canto Uno la veille, désespéré que j’étais de ne pas voir sortir de rétrospective en salles à l’occasion de la sortie du 2, espoir qui était la seule raison de mon abstinence jusque là.
.
Globalement d’accord avec le TVB sur les forces du film. Je suis convaincu, très convaincu, mais celui vu la veille est si puissant que l’atteindre est difficile. Je suis plus réceptif que vous aux qualités de la scène « d’action », pour une bonne part car que je ne m’y attendais pas à ce point, et aussi parce que je la trouve formidablement jouée — quelques personnes dans la salle étaient hilares, or j’étais personnellement assez rivé à mon siège, alors même que cette scène est d’une banalité totale dans son synopsis. On voit sans doute là ce que produit sur moi la capacité de Kechiche à m’immerger dans la réalité des personnages — le bougre m’ayant déjà fait suer de tout le corps pour un simple couscous (final de la Graine et le Mulet).Un mot sur le personnage d’Amin par le biais d’un passage que vous avez abordé dans le TVB, qui a beaucoup retenu mon attention et dont je découvre qu’il est également cité plus haut dans le fil. Le moment où Amin reste seul dans la maison après le départ des autres, après la danse. C’est après la danse qu’Amin danse. Si je ne me trompe pas c’est l’un des très rares moments non seulement du film mais des deux films où on le voit prendre son pied, et il ne me paraît pas tout à fait anodin de constater que ça n’est pas du tout sur le même style musical que ce qui passait encore 3 minutes avant — c’est bien plutôt sur une sorte de gros beat boogie bien 80’s (en parcourant la BO, je pense que c’est celle là, 1984). Amin est toujours à côté. A la fois à sa place et pas du tout, constamment décalé. De là à dire qu’il passe aussi à côté de la vie il n’y a qu’un pas, un pas que je pourrais franchir allègrement en convoquant entre autres la toute première scène de Canto Uno (pour moi le possible voyeurisme n’est pas du tout ce qui compte dans cette scène). D’autant plus importante que c’est la première et que j’ai l’impression que Kechiche ne prend pas à la légère les premières scènes (cf. l’importance aussi de la première scène de La Graine et le Mulet). Mais les choses me semblent un peu complexifiées notamment par le passage dont je parle, et par ce qui nous est dit d’Amin (mais jamais vraiment montré) dans les deux films : Amin a certes une vie, mais dans ces films il ne fait que regarder la vie des autres.
Je me demande au fond si ça ne serait pas une critique que je pourrais faire à ce second volet, née d’un sentiment que je n’avais pas eu à ce point dans le premier : Amin finit par devenir un personnage trop théorique (Burdeau l’a relevé aussi je crois). Son effacement devient plus étrange que dans Canto Uno, il y a quelque chose dans son mutisme qui me va moins. Un seul exemple : scène à deux avec Ophélie bière à la main, fin d’aprem, échange de billets de trains. C’est son amie d’enfance, son amour caché, et on a l’impression qu’il sourit tout nigaud et qu’il n’a absolument rien à dire. Aussi la manière dont il défend son scénario piteux devant les américains sonne un peu faux : trop piteux pour être vrai dans son cas.
.
Une dernière impression : le second volet est possiblement trop construit en miroir du premier pour que cela sonne complètement juste, car il ne faut pas oublier que tout ça se passe dans un même mouvement temporel, c’est le même été. Mais c’était peut-être inévitable du fait de la distance de sortie entre les films (j’ai bien en tête ce dont vous avez parlé à propos des moments effectifs de tournage). Film un peu plus théorique, plus intentionnel, plus construit (il y a aussi la tirade sur le désir extraite du film qu’Amin regarde, etc…). Il n’empêche que comme tu l’as bien dit François, c’est quand même souvent la scène qui l’emporte, les acteurs, les enjeux complètement mêlés, brouillés, c’est très fort (dès la formidable scène d’arrivée des Américains, virtuose).Et réponse à la question « pourquoi Amin part de l’hosto? » : de mémoire parce que Jessica lui dit de s’en aller.
Merci pour cet épisode.
-
Carpentier
Invitéparce que Jessica lui dit de s’en aller.
et elle va dire, dès ses premières auditions par les flics déplacés qui veulent ‘ avoir quelque chose à dire au proc ‘ , qu’Amin a sauvé la vie de son producteur de mari;
la sainteté d’Amin la touche, elle aussi, elle qui est dans un élan de recherche de naturel, de vouloir quitter le cinéma, ce mec l’a secouée, elle veut croire qu’elle pourrait faire qu’il ne soit pas impliqué dans l’histoire-
K. comme mon Code
InvitéQue Jessica, déboussolée, dise n’importe quoi, encourageant Amin à partir, pourquoi pas. Mais il n’a pas de raison de s’enfuir. Le film ne dit pas clairement que le départ pour Paris est prévu pour demain. Amin n’a pas l’air de vouloir les rejoindre en boîte avant. Par rapport à Ophélie, j’ai eu l’impression à un moment que les avertissements de sa mère avaient un peu convaincu Amin qu’elle jouait avec lui, qu’il n’avait plus envie de participer à cette mascarade. J’avais imaginé une option où Amin prenait la décision de ne pas partir à Paris avec Ophélie ou alors de partir sans elle. Mais je crois que Kechiche se désintéresse d’eux à la fin. Amin court nulle part. Dans Burning, la course affolée dans le vide est sensée.
—
Il ne me paraît pas théorique, par contre. Il est peut-être un peu surnaturel. Quelle est la nature de son amour pour Ophélie par rapport aux autres femmes qu’il ignore si Amin est asexuel ? Je le décrirais davantage comme empêché que non désirant. Un empêchement dont il a l’air très contenté en boîte dans Uno et je l’imaginais vriller quand Due a répété la scène de sexe qu’il surprend.-
begaudeau
Invitéje pense que dans son océan de rushes Kechiche construit son scénario en forçant
il n’a pas les répliques ou dialogues qu’il faudrait pour clarifier le scénario
mais c’est bien vers Ophélie qu’il court, car ils sont censés partir le lendemain (ce qui est assez aberrant, mais on voisine toujours avec l’aberrant dans cette fin que j’ai du batailler théoriquement pour accepter)
d’ailleurs il appelle la boite puis le restau à plusieurs reprises
(ce qui donne des moments inintéressants, cette fin a décidément pas mal de défauts)-
Titi
InvitéJ’ai l’impression que Kechiche a volontairement construit le Canto due en créant une forme de frustration chez le spectateur, qui n’a qu’une envie, que l’histoire se poursuive, en laissant voir (dans le montage) que son projet Mektoub a été amputé par des problèmes de production, des désaccords, des vents contraires (mektoub !), etc.
On ne verra jamais ce que Kechiche avait en tête dans toute sa complexité (c’était aussi le cas pour La Vie d’Adèle, qui aurait dû se dérouler sur plusieurs films : deux fois Kechiche aura été privé d’un projet d’ampleur qui aurait dû être le point d’orgue de sa filmographie).
Le montage assume (et revendique, d’une certaine manière) cet inachèvement en ouvrant des pistes et en laissant beaucoup de choses en suspens (le séjour à Paris, le retour inopiné de Clément, les problèmes judiciaires éventuels, ce qu’il va advenir de personnages importants, Céline, Charlotte, etc.), comme s’il allait y avoir une suite. Il y a une sorte de feuilletonnage qui transparaît (façon Les Braises de la passion ?) mais qui n’est pas abouti, et crée un désir chez le spectateur. Le désir de savoir ce qui va arriver à des personnages auxquels on s’est attaché
S’il y avait eu trois films (ou quatre avec Intermezzo), les choses auraient trouvé leur place différemment dans un récit dont on devine qu’il était, au scénario, très construit et cohérent (malgré les séquences digressives, contemplatives, hypnotiques…). On s’en rend compte en revoyant Canto uno et en (re)découvrant qu’il est déjà question de l’actrice des Braises de la passion qui fréquente le restaurant tunisien (ce qui apparaît alors comme un dialogue un peu « gratuit », naturaliste, est en fait une information qui trouvera sa justification plus tard, dans le second film).
Ça me semble très intelligent d’avoir fait ce montage, et assez conforme au caractère (réputé) orgueilleux de Kechiche, qui aurait pu s’adapter à ce nouveau format et « boucler » une histoire. En laissant beaucoup de choses ouvertes, il suggère qu’il est un cinéaste maudit, empêché, qu’on ne laisse pas s’exprimer à la mesure de son ambition, et il montre en même temps son talent puisqu’il adapte son art à ces aléas de production et propose quand même un diptyque cohérent, auquel cette impression d’inachevé donne un certain mystère, finalement très poétique et captivant (l’idée que cet univers déborde le film jusque dans ce qui le constitue, dans sa narration).
Je vais me risquer à une comparaison (je l’espère pas trop foireuse) : un des meilleurs romans de Gombrowicz est Les Envoûtés, au départ un feuilleton paru dans la presse (je crois, à vérifier). Le roman est inachevé (je me demande s’il n’y a pas eu une édition tardive avec une fin, cela dit). C’est une sorte de roman noir, avec des éléments fantastiques (des fantômes…), et l’inachèvement donne au texte un vrai charme et un mystère inégalables, jusque dans son absence de dénouement. (J’aurais aimé en recopier ici la dernière phrase, mais il faudrait entamer une recherche archéologique… Il me semble qu’il est question, dans un château, d’un vieux torchon qui bouge tout seul alors qu’il n’y a pas de courant d’air.)
Évidemment, ce livre n’est pas une référence pour Kechiche, mais il me semble qu’il a choisi de monter son film en fabriquant une œuvre inachevée (en construisant son inachèvement), pour rester fidèle à son projet et à son désir initial.
-
-
I.G.Y
Invité« Je le décrirais davantage comme empêché que non désirant. » Oui, je dirais la même chose mais ça ne me paraît pas contradictoire avec un certain caractère théorique du personnage dans ce second volet. je trouve même que son empêchement (partiel) est l’une des plus belles choses du premier volet.
Empêchement partiel d’ailleurs puisque dans le premier on voit qu’en matière de relations sexuelles/amoureuses il sait très bien ce qu’il veut (ou surtout ce qu’il ne veut pas). Tout doucement, silencieusement, il fait son chemin (cf. la toute fin du Uno avec Charlotte)
-
Carpentier
Invitéalors, banalement, je suis sous le charme complet de cet acteur qui joue Amin et qui est filmé par Kechiche et, justement, c’est sa course nocturne, montée en final de son Canto Due, en tentative de rejoindre le groupe qui s’amuse (?)
et la séquence en début de film où il part de chez Ophelie en vélo qui sont mes préférées.
Je dois décidément avoir besoin de calme et de traiter une information à la fois en ce moment, putain!
– sur le vélo, c’est assez bête peut-être mais, le fait que ça dure (outre le ciel du soir et sa lumière qui évoluent tout du long) j’aime que l’on voit très peu le vélo lui-même, que ce soit cadré sur Amin et son corps qui pédale fluide et sans peiner, ça, ça m’a beaucoup plu
C’est typiquement un moment de bonheur pour lui – comme quand on revient de voir l’être aimé, oui – entre autres, et sa joie pleine à ce moment-là, qu’on revoit à l’écran lorsqu’il se met sa musique, oui, on la reçoit tellement, c’est magique.
Pour celle de la course finale, c’est autre chose, moi j’ai l’impression, comme dit un peu plus haut, qu’il se tire enfin des emmerdements avec Tony, qu’il s’en détache, que là c’est décidément trop et il est, enfin, à ce moment-là, tout à son choix, à ce qu’il décide, lui, de faire.
Et après tout le merdier qu’on sait, c’est beau.-
I.G.Y
Invité» j’aime que l’on voit très peu le vélo lui-même, que ce soit cadré sur Amin et son corps qui pédale fluide et sans peiner, ça, ça m’a beaucoup plu »
Je ne me souviens plus à 100% mais il me semble que se jouait quelque chose de similaire (et c’est vrai, c’est très beau), dans le cadrage de l’ouverture du Canto Uno où il est à vélo. Ajouté à ce fameux halo de soleil qui a été soulignée dans le TVB, on contribue à cette image « sanctifiée ». J’ai entendu dire (ou lu) ailleurs que Kechiche représentait les femmes comme des divinités, mais au fond, ça ne serait pas faux d’Amin (et pour ce qui est du Canto Uno, c’est ni plus ni moins que le (long) plan d’ouverture)
-
-
-
-
Tony
InvitéAyant revu Canto uno avant d’aller voir Canto Due j’ai eu la sensation,dès les premières scènes,d’être dans une continuité, à la fois temporelle et affective,mais j’ai assez vite constaté que les corps n’étaient plus filmés de la même façon,les fesses les hanches les poitrines ne sont plus montrées ou très furtivement,je me suis demandé si ce film, réputé inmontable, était vraiment ce que Kechiche voulait faire ou s’il s’agissait d’une concession à laquelle il avait dû se soumettre, j’avoue ne pas avoir été emballé par cet opus, quelques scènes fortes surnagent et en effet Amin est devenu,il me semble, beaucoup plus abstrait et, c’est vrai,un peu nigaud,Tony est devenu antipathique(ses pitreries ont fini par me lasser,sa séduction de très jeunes filles devient gênante,sa désinvolture sur la question de l’avortement aussi,il balance,assez rapidement,on dirait poucave ailleurs,Amin lors de l’interrogatoire etc..), Ophélie devient secondaire et, surtout,moins solaire,et donc il reste Jessica Patterson dont le personnage ne m’intéresse pas et l’actrice, malheureusement,ne me fascine pas non plus.
Peut-être que les voir à la suite l’un de l’autre n’était pas une bonne idée tant le premier lui est infiniment supérieur,par exemple j’ai été frappé par dans le second par la pauvreté des dialogues qui pourtant n’était guère mieux dans le premier mais on avait l’expression des corps qui,ici,ont disparu.-
Carpentier
InvitéTony est devenu antipathique(ses pitreries ont fini par me lasser,sa séduction de très jeunes filles devient gênante,sa désinvolture sur la question de l’avortement aussi,il balance,assez rapidement,on dirait poucave ailleurs,Amin lors de l’interrogatoire etc..)
pas souvenir qu’il poucave assez rapidement, quant à la gêne, je l’ai plutôt ressentie avec l’oncle, là, cette fois
avec son torse poilu tendu et ses blagues, à la plage, sa façon de dire la petite nouvelle, avec lesquels on a pas le temps de faire connaissance, contrairement au montage qui le permettait dans le Canto Uno.Dans le TVB dédié, FB dit, à plusieurs reprises son intérêt moyen pour la scène d’action, il dit que ça ne l’a pas fait sortir du film tout du moins, un.e autre sitiste dit que dans sa salle ça ricanait tandis qu’iel trouvait que ça marchait
Moi, j’ai détesté le jeu du mec qui joue Tony, une fois le premier coup de feu tiré: déjà, la lenteur à recup ses fringues, toutes ses fringues: n’importe quoi, enfin, t’attrapes ton slip ou ton caleçon et un haut, pourquoi pas – et tu te tires, putain
On voit bien qu’il y a des possibilités d’être à couvert en plus, puisqu’il prend même le temps de pisser longuement, commass tranquilou en bord de route de départ en vacances, le type.
On retrouve une sorte d’allongement fictif et lourdingue: Tony à poil qui castingue pour un film porno vaudevilesque, où Amin est le livreur-voyeur.
Et ses claquement de pieds nus enfantins au bord de la piscine avec sa moue forcée pour dire oh la la j’ai peur?
Je préfère encore la voiture en panne, moi – c’est dire,-
Carpentier
InvitéTony est devenu antipathique(ses pitreries ont fini par me lasser,sa séduction de très jeunes filles devient gênante,sa désinvolture sur la question de l’avortement aussi,il balance,assez rapidement,on dirait poucave ailleurs,Amin lors de l’interrogatoire etc..)
Côté dialogues, je garde, je crois, un grand attrait et une joie certaine pour les bavardages des meufs, sur l’amour, les discours sur le mariage, en particulier, leurs discours, ça aussi c’est politique
Et si l’une, dont le mariage, 3 semaines plus tard, la met en joie on dirait bien (malgré tout?) tandis qu’elle dit bien volontiers aussi qu’elle divorcera si la vie, la vie …. ( Tony? Amin?)
l’autre, la blondinette, annonce, taquine, laisser Amin s’amuser un peu avec qui il veut, avant d’en faire son petit ami et/ou de se marier avec.
Sans compter la grande séquence de la famille réunie qui a fini par rejoindre le restau, en début de film, benh oui: les voir entrer tranquille, chez eux, un à un, dans le restau familial, pour voir la gueule des 2 intrus américains sans gêne, c’est tellement bien.-
Carpentier
Invitéje ne voulais pas spécialement remettre les lignes de Tony sur Tony ^^ mais finalement ça introduit bien mon plaisir devant la tchache des meufs entre elles
donc TVB-
begaudeau
InvitéKechiche n’hésite pas parfois, et notamment quand il aborde le conflit racial, à souligner le trait
L’étirement des gesticulations de Tony autour de la piscine, c’est clairement l’arabe persécuté hyperbolisé en bête traquée.-
begaudeau
Invitésurligner
-
Carpentier
Invitéok, je vois
dans ce cas, j’y trouve pas l’acteur au top
-
-
-
-
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéMoi je n’ai vu que Canto Due sans rien connaître de son précédent.
J’ai adoré tout, la désinvolture de ses jeunes filmés avec un regard , une approche magnifiquement sensuels. Leur désinvolture est pour moi le signe de la jeunesse même, » c’est le destin » dit l’un, la vie. »Hâte de voir le 1er.
-
Carpentier
Invitéoui, tu as dû aimer, c’est cool.
Une petite question quand même:
te lisant iciune approche magnifiquement sensuels. Leur désinvolture est pour moi le signe de la jeunesse même
je repense au plus vieux qui déboule en moule-bite là, dans la chair fraîche sur la plage, le tonton-là,
il passe crème là-dedans pour toi?-
Tony
InvitéC’est vrai qu’on sent qu’il a envie de la sortir de son slip(je déconne)
-
Carpentier
Invitéj’ai bien dit plus haut que dans le Canto Uno on a le temps de faire sa connaissance, au tonton, dans le bar où ça danse, de mémoire, avant de le voir auréolé comme un saint dans la lumière kechichienne
et oui, aujourd’hui, vieillotte, je ne suis pas que fière de dire que je frémis un chouïa à sa façon de débouler et de charrier la bonne mère et la bonne parisienne
On dira que je fantasme sur ce tonton si on veut et si ça amuse,
pas de problème,
-
-
stephanie
Invitéoui c’est passé crème pour moi ( je déteste cette expression ) j’ai pas senti qu’il voulait la sortir du slip comme dit Tony.
-
Carpentier
Invitépas ma passion non plus, un clin d’oeil plutôt à l’antique ‘ oflc ‘ que beaucoup savent : )
Je me note quelque part dans la ‘ to do list ‘ contemporaine (un flc ça aussi, tiens
mais lequel de fait de langue, au fait? dugommier ? l’autre?
je note donc de revoir Canto Uno
en attendant, recherche youtube d’un extrait Venus Noire
Bonne journée,
-
-
-
-
Harry Wilbourne
InvitéEn parlant de Kechiche, auriez-vous le texte complet de François : La lumière et c’est tout (texte qui n’est disponible qu’en partie chez Transfuge) ?
-
begaudeau
InvitéLA LUMIÈRE ET C’EST TOUT
L’auteur de cette critique est aussi l’auteur du roman dont le film critiqué est l’adaptation. A supposer que ce cumul des mandats ouvre un débat éthique, la vision deladite adaptation le clôt aussitôt. D’évidence, le roman n’a été à Kechiche qu’un aiguillon, une piste d’élan – un paillasson, ajouterait le romancier piétiné et ravi de l’être. Commençant par implanter une fable vendéenne à Sète, le fief sudiste où il avait déjà tourné La graine et le mulet, Kechiche a fait du Kechiche. Mektoub my love, canto uno offre même une sorte de version radicale de son art. Qui, partant, divisera plus que jamais.
Car Kechiche divise. Kechiche parfois rebute, et l’on ne parle pas de sa réputation de tyran des plateaux. Il fallait voir les grimaces de certains évoquant, non pas le tournage, mais la facture de La vie d’Adèle. Les grimaces littérales. Ce n’était pas seulement un ensemble de réserves qui les mettaient à distance de l’oeuvre, c’était un malaise, un malaise physique. Concernant Kéchiche, et plus manifestement qu’à propos de n’importe quel autre artiste, le clivage est d’ordre physique.
De Mektoub on sortira comblé ou saturé, ivre de joie ou nauséeux, enchanté ou déchantant. Plus encore qu’avec Adèle ou La Vénus noire, puisque tous les boutons sont poussés, ce bloc de vie sera à prendre ou à laisser. A ingurgiter goulument, ou régurgiter. Pas de place pour une position intermédiaire. Tu es dedans ou dehors. Tu prends ou tu sors. Tu t’enivres avec la bande, ou tu es le type à jeun dans une soirée vodka.
Séquence 1 : Amin, vingt ans, au coté duquel on a traversé Sète à vélo pendant le générique, surprend sa copine d’enfance Ophélie en pleine copulation avec son cousin Toni – première et dernière scène du genre, par la suite le désir omniprésent rendra superflue son actualisation sexuelle. La scène dure, Amin mate. Par la fenêtre d’une petite maison. Dispositif classique de voyeur qui justifierait, en toute orthodoxie, des plans cadrés depuis la position de l’observateur clandestin. Or la caméra est posée dans la chambre, avec le couple tout à son plaisir haletant. Elle cadre à fleur de chair et de peau. Au plus près des corps toujours, suffocant avec eux, vibrant de leurs vibrations.
La mise en scène de Kechiche est corpocentrique. C’est le corps qui produit le plan et règle sa valeur. D’où pas de plans sans corps – pas ou peu de vues d’ensemble, par exemple. C’est sur lui qu’on serre toujours, car il est le foyer énergétique, il est la source et la destination, il est le sujet et l’objet.
Le risque de cette circularité est l’étouffement. Les grimaces devant La vie d’Adèle tenaient d’abord à cela. A ce qui peut aussi se nommer absence de point de vue. La première séquence refuse d’arrêter un point d’où l’on voie. Le corps est filmé comme s’il se voyait lui-même. Le point de vue, c’est la scène elle-même. Appelons ça une esthétique immersive. Et donc Kechiche ne s’est jamais autant immergé. Pendant trois heures, nous voici plongés en apnée dans le tourbillon de la jouvence estivale, des jeux de mer, des danses, des verres engloutis, des cigarettes grillées. Toujours plus long, et plus intense. Toujours plus étirées les scènes. Toujours plus insatiables les corps. Toujours plus bavardes les palabres.
Et toujours plus ressassants les monologues. Dans le cinéma de l’impro, même si celui-ci l’est beaucoup moins qu’il en a l’air, il est d’usage de couper au montage les redites. Kechiche les garde. Du moins en retient plusieurs. Trois fois la mère d’Amin confie que l’évolution de Clément lui déplait. Quatre fois Ophélie certifie qu’elle n’est pas jalouse du couple que forment Tony et Charlotte. Pourquoi n’est-ce pas redondant? Parce que la seconde fois n’est jamais identique à la première, mais surtout parce que cette répétition atteste ce qui est vigoureusement dénié. Le ressassement d’Ophélie carbure à la jalousie. Ce ressassement est de l’énergie incarnée ; il est l’empreinte verbale de la vitalité, qui est à la fois le ressort du film et son sujet englobant. Dans l’interminable ( = ce qu’on ne saurait terminer) séquence de boite de nuit où le film grille avec éclat ce qui lui reste de batterie, tous les cinéastes du monde ne retiendraient qu’un moment de lap dance au montage, quand même ils en auraient plusieurs en stock. Kechiche en garde quatre. Ou cinq, on ne compte plus. Elodie ouvre le bal. Puis Celine enchaine. Et voici qu’Elodie y retourne – on y retourne toujours. Et que la tante s’y met aussi. Jouée par Hafsia Herzi, qui dans La graine étirait ad libitum sa danse du ventre pour faire patienter les clients, en Shéhérazade dont l’atout n’était pas le verbe mais le corps, infatigable. Le tunnel de lap dance de Mekhtoub ne se donne même plus ce genre de prétexte fictionnel. Tant que ça danse, ça ne meurt pas : message unique et suffisant. Ce qui vit est aimable aussi longtemps que ça dure – dans Mektoub my love on peut entendre une traduction approximative de l’amor fati. Le désir insatiable de danser comme incarnation de la pulsion de vie. Mektoub calque son rythme sur le cycle diurne de la boule d’énergie qui veille à tout : chaque matin renaitre, chaque après-midi se retremper dans la mer invariable, chaque nuit reboire puis se recharger pour remettre ça le lendemain. Chaque jour est une image en réduction de l’éternel retour. Et l’éternité n’a pas d’histoire.A ce stade il n’est que temps de parler des culs. Si l’été est, dans Mektoub ni plus ni moins que dans toute l’histoire du cinéma, l’occasion d’échancrer les maillots, dénuder les poitrines, galber les fesses, la lap dance reconduite et refilmée est évidemment une aubaine pour regarder des culs. Les regarder se trémousser, se gondoler, s’incurver, se cambrer. Décrire moins trivialement ces plans triviaux serait les trahir. Trahir leur impénitente effronterie. C’est ce qu’on y voit, c’est ce qu’on y regarde, et le bout de culotte que la tante (ou l’actrice) peste d’avoir laissé voir au gré d’une contorsion n’avait pas échappé à nos yeux grand ouverts. Cette crudité embarrassera ou aguichera, ce sera fonction des complexions érotiques de chacun. Mais surtout elle sera immanquablement débattue, parfois conspuée. Déjà à Venise le film a essuyé un procès en male gaze. Car ces culs sont, exclusivement, de femmes. Même quand Kechiche se rive de nouveau à des voluptés saphiques, la tante et Ophélie s’embrassant et se tripotant autour de la barre, la répartition des rôles est passablement genrée : les filles dansent, les hommes reluquent. Les actrices offrent leurs formes en pâture à la caméra, qui les dévore du regard.
Comment parler de ça tranquillement? Comment faire que les sacandalisé-e-s et les non scandalisé-e-s ne s’insultent pas avant de s’en coller une ? Quel geste critique produire qui nous extirpe du quant-à-soi des tempérament moraux de chacun? Eh bien par exemple en notant que le regard libidineux porté sur ces postérieurs participe de la même poésie primitive et crue qui irrigue l’épiphanique scène de l’accouchement de brebis. L’arrière-train des filles, c’est la matrice, c’est l’origine du monde version cinéma. Nous sommes tous sortis de là, tous égaux sous ce jour. Les hommes concupiscents ne sont pas seuls à tourner autour des femmes ; le monde entier tourne autour. Et si cette métaphysique vitaliste apparait comme l’habillage savant d’une stratégie libidineuse, si on s‘insurge de cette analogie entre femmes et brebis (et ce au mépris de la vigueur émancipatrice des personnages féminins dans toute l’oeuvre), on pourra au moins faire crédit à Mektoub my love d’afficher ses intentions, à l’inverse de tous ces films prompts à capter un bout de sein ou un bout de fesse au passage, mine de rien, en loucedé, et sous n’importe quel prétexte ; prompts à assigner les femmes à des rôles subalternes où, soigneusement embellies et sexuées elles valent comme agrément du plan. Kechiche, qui toujours les met au centre, ne fait pas semblant ; il ne laisse à aucun moment croire que le short moulant de l’Ophélie qui joue Ophélie n’a pas d’abord vocation à laisser déborder ses chairs. Et évoque frontalement le gout du père de Tony, peintre à ses heures et retourné en Tunisie, pour les «grosses fesses de femmes ». Kechiche aime les grosses fesses, il a envie de les filmer, où est le mal?
Sous le ciel bleu de Sète, le mal n’existe pas. Insolence amorale du film, arrogance du désir qui seul le meut, et meut ses créatures. Le désir ne se juge pas, il est. Il s’impose : au spectateur autant qu’aux corps qu’il anime. Sans vergogne flirte-t-il avec l’inceste, emportant dans son flux tantes et nièces, mamans et fils, asseyant une jeune fille sur les genoux d’un oncle salace, tout ce beau monde formant une tribu, et à la fin on ne sait plus qui est issu de la chair de qui, et si Ophélie qu’ « on a vu grandir » est de la famille ou non d’Amin qui en en est fou. Tous enfants de la même souche, la souche humaine et désirante, tous frères et soeurs en désir, traversés sans discrimination par lui qui sautille des uns aux autres, qui tel le furet passe par ici et puis par là, faisant et défaisant les couples. Le désir ne sait pas se tenir, ne s’interdit rien, ne te laisse pas le choix. Tu acceptes sa loi, son illégalisme viscéral, ou tu t’exclus du jeu, comme il arrive à Céline meurtrie de voir Tony aimanté vers Charlotte. Céline n’a rien compris au film, rien compris à la lumière amorale dans lequel il baigne. Elle a voulu circonvenir le désir dans les filets de l’amour. Elle n’a rien à faire ici. La voilà rejetée hors du flux, reléguée dans le hors-champ où demeure aussi la tante atteinte d’une cirrhose évoquée de loin en loin. La tante mourante et par là-même invisible dans cette niche où la vie triomphe sans partage. La tante dans le lit de laquelle couchaient Ophélie et Toni en ouverture, et ce lit se substituait insolemment à celui, d’hôpital, où on apprend presque par hasard qu’elle attend sa fin.
Clément aussi reste hors champ. Il apparaitra peut-être dans les canto duo et tre qu’on annonce dans l’année, mais pour l’heure il n’est qu’évoqué. Clément, petit ami d’Ophélie, frappe d’immoralité les coucheries d’Ophélie et Tony, mais ne les empêche pas, non plus qu’il ne les condamne à une clandestinité honteuse, puisqu’au fond toute la tribu est au courant de cette infidélité, et objectivement l’adoube. L’empêchement moral n’empêche rien. Il est une digue impuissante contre le torrent des pulsions. Ce qui aurait pu poser problème n’en pose pas, l’opposition qui aurait pu vertébrer un récit n’en vertèbre aucun. Ici, pas de récit, juste la vie, dont il n’y a à dire que la persistance bravache.
Clément est absent parce qu’il est militaire. C’est un homme qui fait l’homme en faisant la guerre. Loin de la matrice qui rassemble, il scinde la famille humaine. Nous sommes en 94, et Clément est soldat dans le Golfe où des occidentaux sont venus arraisonner des orientaux quatre ans plus tôt. La mère d’Amin, solaire aussi, solaire pas moins que les jeunes femmes qui virevoltent autour d’elles, s’en étonne, s’en attriste, dans le beau monologue de plage déjà mentionné. Il fait ce qu’il veut, Clément, mais ça l’étonne et l’attriste que ce garçon qu’elle a vu grandir aussi, membre de la smala indistincte des vivants, ait finalement pris son prénom souchien à la lettre et manoeuvre loin d’ici contre des Arabes.
Ophélie aussi aurait pu faire sa gauloise, qui a pris la relève de ses parents éleveurs. Une bergère, comme Jeanne – en un peu moins pucelle. Une modalité contemporaine de l’éternelle jeune fille française. Sauf qu’Ophélie a donc grandi parmi des Arabes, Amin en tête, frère de presque lait. Les gestes immémoriaux qu’elle prodigue, rassembler les bêtes, les rentrer le soir, donner le lait, faire accoucher, s’en trouvent comme dissociés de leur connotation terroir. Et un morceau de Police, So lonely, balancé off pendant une traite entérine l’opération, composant un tableau joyeusement hybride : des brebis, une guitare post-punk, une agricultrice en short moulant flanquée de ses deux aides plus jeunes qu’elle, des filles encore, et qui par redondance évoquent en se marrant machin qui est né en France ou pas et qu’est-ce qu’on s’en fout. Les identitaires de gauche et de droite peuvent toujours fantasmer sur la souche, les faits sont là, ce tableau se pose là, sans polémique ni crispation amère – celle qui parfois écorchait les films précédents. L’humeur de Mektoub my love est indéfectiblement lumineuse. Une sortie des tensions toxiques par le haut. Par le soleil, source de vie célébrée par l’exergue dont la bivalence est réconciliatrice aussi : une citation du Coran, une de la Bible.
Le canto uno chante la lumière : celle, qui, rasante au coucher, orange les peaux. Celle qui fut au commencement et tout créa. Celle dont deux frères qui portaient son nom firent la matière première du cinéma ; son moyen et son but.
Un rapprochement est établi entre un portrait de Renoir qu‘un personnage a vu chez le père peintre en Tunisie, et le visage de la tante. Parle-t-on d’une des « orientales » immortalisées par ledit Pierre-Auguste ? Ce n’est pas précisé, et dans cette imprécision s’institue une continuité de genre et une invariance. De Renoir père à Kechiche, un fil est tendu qui rassemble toutes les femmes de tous les temps, et bien sûr il passe par Renoir fils que veut peut-être évoquer le prénom Toni, personnage titre d’un film tourné en 35 pas si loin de Sète. Kechiche assurément s’inscrit dans la lignée renoirienne, qu’unit le geste simple et suffisant de saisir les corps dans la lumière.
Aspirant scénariste revenu de Paris, Amin, double évident de Kechiche jeune, pratique la photo argentique. Il est capable d’attendre toute une nuit, dans un enclos de ferme, qu’un agneau (pascal?) naisse pour le saisir. Ce miracle suffit à son bonheur. Regarder sans toucher. Comme il regarde les filles sans les toucher. Ainsi son retrait par rapport à la fièvre estivale n’entend pas susciter la commisération. Dans la boite de nuit il sourit sans discontinuer. Content d’être là. N’en demande pas plus. Il y a ceux qui jouissent de danser, ceux qui jouissent de regarder danser, et les deux, à parts égales, avec leurs moyens, leurs dispositions propres, modèles ou peintres, zélateurs actifs ou passifs, honorent la lumière qui prête vie. -
Ostros
InvitéC’est là, tu scroll down un peu tu es dessus
-
Ostros
InvitéFrançois a été plus rapide que moi et c’est aussi bien d’avoir direct le texte
-
-
-
Harry Wilbourne
InvitéSuper, merci à vous
-
karine
InvitéKechiche est le plus grand réalisateur français présentement. Son dernier est parfait et à moins de 40mn, je souhaitais déjà rembobiner pour savourer encore. Seule interrogation sur le corps de Clément qui m’a interpellé et un peu gêné. A savoir pourquoi ? Arrivée en rupture, trop vieux peut-être mais carrément bidasse, je sais pas une vraie intrusion qui m’a dérangé. La scène de la piscine est surprenante et me rappelle la scène du camion dans Licorice pizza. Que j’aimerais voir plus de films comme celui-là. Vivement que l’agent secret et L’Amour qu’il nous reste arrivent.
-
georgesbataille
InvitéTout à fait d’accord sur le corps de Clément qui, contrairement à tous les autres, échappe à une certaine justesse. Il fait tâche parmi tous les autres corps composant cette grande famille (peut-être était-ce le but de Kechiche ?). Même si je perçois le potentiel érotique d’un corps aussi bourru et « militarisé » que le sien…
-
Carpentier
Invitéidem quant à cette apparition/là, on nous prend pas par la main, c’est sûr ; )
l’apparition du futur marié donc: quelle drôle de décision au montage
Et il me semble qu’Amin a comme un ’ putain non, manquait pu que lui/ça ’ non ?
Il esquisse même un mouvement de planque de son visage en se retournant espérant ne pas être reconnu, non?
C’est marrant qu’on ressente tous cette gêne devant cette scène, les corps kechichiens nous sont comme tellement familiers, livrés tels à nos yeux (y compris le tonton chouchou-velu clair) que ce groupe en treillis, hyper gainé en tenue, pas naturel en somme, c’est incongru en effet)
Et puis, ce Clément, dont on entend surtout parler, sans doute qu’on l’a tous plus ou moins mentalisé, en passant par les dires à son propos, les dires d’Ophelie en particulier et là, on retrouve rien de Tony ou d’Amin dans cette présence du fameux Clément, rien des 2 persos qu’elles désirent devant nous dans la fiction.
-
-
begaudeau
InvitéC’est censé etre bien L’amour qu’il nous reste?
Vraie question, je ne connais pas ce réalisateur.-
Benoit
InvitéIl a réalisé Godland qui est très bien, si t’as l’occasion de rattraper
-
Karine
Invitéoui, film de Hlynur Palmason
-
-
Carpentier
InvitéVu, de mon côté, La condition.
Pas certaine qu’il sera dans mon Top …? (top combien déjà, on s’était dit, stephanie?) 5, il me semble
mais film surprenant, sans longueurs qui peuvent lasser, avec notamment, pour Emmanuelle Devos, un personnage empêché, à la fois moderne quand même et pas sympa du tout.
Une fiction sur la condition féminine ancrée dans une époque où on nous dit pas mal des résistances et maltraitances du personnel du service et des jeunes épousées dans les mariages arrangés qu’on sait bien.
Les acteur.rices y sont tous bien en place.-
Carpentier
Invitédu personnel *de* service
La jeune épousée est magnifique, en face à face avec la jeune servante, leurs deux personnages sont complexes et tendres, assez captivantes.
Et S.Arlaud, qu’on avait laissé sous la grande arche, y est dépoussiéré. -
Stéphanie
InvitéTop 10 si on inclut les documentaires .
-
-
-
Tony
InvitéSortie de secours avec Judith Bernard,Lanthimos serait indiscernable de Dupieux,prolophobe et ayant la phobie du sexe et autres mots doux, c’est vrai que cette fin de Bugonia avec ces plans de cadavres humains est quand-même un problème,je déteste ça et on peut en effet se demander si ce n’est pas ce que désire Lanthimos,ce qui m’a surpris d’ailleurs c’est que cette fin de l’humanité apparaît de façon presque identique dans un film vu cette année, adapté de Stephen King,Life of Shuck.
-
Malice
InvitéLa séquence des corps de la fin m’a paru une vision de la fin de l’humanité particulièrement douce. Tout le monde est mort mais tout le monde est filmé dans un sommeil de belle au bois dormant; la chanson belle et triste amplifie pour moi ce regard tendre de Lanthimos. Il a peut-être la tentation de considérer l’humanité comme un problème mais ne me paraît pas éprouver de joie pure à la voir détruite
-
Tony
InvitéUne joie douce alors?
-
Malice
Invitéun fatalisme tendre?
-
Carpentier
Invitéune punition murement réfléchie qu’ils ont tellement longuement et salement cherchée?
-
Malice
InvitéLa punition je la verrais dans la scène du haut conseil des plutoniens – même si c’est aussi une scène de table rase des scientifiques qui renoncent à leur expérience faute de résultat; la séquence musicale ne me paraît pas appuyer l’idée de châtiment ( d’ailleurs si Lanthimos se mettait à donner dans ce genre de programme il ne serait plus Lanthimos)
-
-
-
-
Carpentier
Inviténon, tout le monde, sauf un chien et un chat,
comme rapporté dans un post un peu plus haut déjà, avec quelques lignes supplémentaires à propos de cette fin
Les animaux qui, eux, ne sont pas morts, ce n’est vraiment pas tout à fait anodin pour moi-
Tony
InvitéDes animaux domestiques qui vont avoir du mal à se passer de nous,non?
-
nefa
Invité@Tony
c’est sûr que domestiques ils ne le seront plus
moins papattes en rond aussi-
Carpentier
Invitéoui, ok et donc?
vous les avez bien vus, vous aussi, se balader vivants parmi les morts ou non?
Et puis, comme déjà écrit plus haut, il y a les incises avec les abeilles: sans les humains, le monde animal peut – peut-être – se restaurer, se remettre à vivre tranquille,
Pourquoi Lanthimos ne laisserait pas, parmi les fins dont on peut se saisir, celle éventuelle de voir, à la fin de son film que, sur la planète Terre, les animaux se ré-organisent sans les humains qui les ont, globalement, tant asservis et massacrés?
Plutôt que de pleurnicher sur des images dans une fiction qu’on ne veut voir que comme univoques, morbides ( même si douces) et/ou parodiant un autre cinéaste?
Crois bien que je kifferais fort d’ailleurs entendre Judith Bernard à propos du Dracula de R. Jude dans ce cas : D
Mais je serai très étonnée d’apprendre que, tout comme moi, elle lui a consacré du temps de sa vie en le visionnant au ciné
Bref,
Au secours: où est la sortiiiieeee-
Antonin
InvitéDans la composition des plans de fin et son humour noir j’ai pensé à Roy Anderson aussi…
-
Malice
InvitéJe ne connais pas du tout, tu conseillerais de commencer par quels films de R Andersson?
-
Antonin
InvitéChansons du deuxième étage
Puis
Nous, les vivants
Et ensuite tu regardes son premier film
Une histoire d’amour suédoise-
Malice
Invitéc’est noté merci
-
-
-
-
-
Carpentier
InvitéLes animaux auront déjà de quoi bouffer à foison: la même qu’un super ou hyper marché ’ vandalisé ’ rien que pour eux,
toutes les dépouilles humaines à boulotter: putain de sacré festin
-
-
-
Malice
Invitépar tout le monde je désignais le monde des humains
-
-
-
Alexandre
InvitéJuste une petite réflexion comme ça en passant parce que ça me vient en voyant la tête de Jodie Foster.
C’est vraiment Jodie, ou la relativité du temps. Je viens de la voir en vitesse en interview chez Delahousse et je me dis que globalement, je vois, sinon une jeune femme, encore que, à tout le moins une femme jeune.
Or cela fait un demi-siècle qu’on la connait, si on a l’âge pour ça. C’est fou, non?-
Carpentier
Invitéoui, Super Jodie: je pense voir Vie privée ce soir, en particulier parce qu’elle y performe
-
Carpentier
Invitéune sorte de phénomène à la Benjamin Hutton
sauf qu’elle garde son apparence au top avec modestie
ça c’est une star-
Alexandre
InvitéC’est dingue, elle était déjà invitée sur les plateaux comme gamine surdouée il y a pratiquement 50 ans à l’occasion de la sortie du premier film d’Alan Parker : Bugsy Malone, film de gangsters entièrement joué par des gosses. Je me souviens que je ne voulais louper ce film pour rien au monde. Finalement, je l’ai jamais vu (rires)
-
Adlab
InvitéTiens c’est le film dont parlait Di caprio et PTA dans leur itw
Au fait Carpentier ou grain d’orge , c’est toi qui me conseillait d aller voir mektoub?
Chose faite.
C était bien pour une conclusion amère dans la même veine d Anora » chacun a sa place »Anora s étire moins et je l ai légèrement préféré mais l autre est ravissant aussi
-
Carpentier
InvitéCarpentier ou grain d’orge
2 personnes bien différentes qui pourraient aussi bien l’une que l’autre t’en avoir parlé en effet
Carpentier (je ne vais parler que pour moi) formule rarement, très rarement, des ‘ recommandations ‘ (toujours l’impression d’être le commercial calgon dans une pub de lave-vaisselle) cependant, sur cet espace, je crois qu’il est possible de compter, sur une seule main (à laquelle il manquerait 3 doigts) les gens qui ne recommanderaient pas Kechiche et ses 2 Mektoub
– J’aime bien que tu dises ‘ ravissant ‘ pour Mektoub
Je l’ai encore peu lu, ce qualificatif, pour ce.s Kechiche et ça me plaît.
Oui, beaucoup de plans des Canto de Kechiche ravissent: notre attention, notre regard, notre désir d’y être, Abdellatif comme homme idéal pour nous ravir? nous kidnapper?
sans doute, et on est capable de choper le syndrome du ravisseur avec pas mal de son oeuvre : )-
Carpentier
Invitésyndrome du ravisseur
de Stockholm, plutôt
– qu’on pourrait donc rebaptiser de Sète? ouais:Le syndrome de Sète
-
Adlab
InvitéJ aime bien que tu dises que t aimes bien ce que je dis.
Alors Anora électrique ou Mektoub piscine ?
-
-
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitéalors c’est marrant le moment Vie privée chez S2S:
dire et voir à l’écran une sorte de psy intégrative qui, justement, amène un.e praticien.ne à utiliser divers outils pour accompagner ses patient.es, ça les met en pls.
Un des critiques parle en permanence de ‘ problème de croyance ‘: benh voilà, tu y es presque, Gars, creuse encore, alleeeeeez, tu pourrais dire un truc intéressant de ce film.
A ces gens qui ne font que parler d’autres real, qui disent que Zlotowski (se)cherche, choisit pas, essaye des trucs, on dit:
voilà, c’est bien ça, elle raconte ce que son personnage essaye dans sa pratique
et non, J.B., la real ne ‘ joue pas l’hypnose ><la psychanalyse’
elle dit, pour moi, cette pratique multiple qui est, finalement, moins ‘ intellectuelle- sachante ‘ , qui ne fait pas le malin en tout cas, ni plus ni moins que vous, autour de la table, qui balançaient une quinzaine de patronymes, qui jouent les autres films/réals contre RZ pour faire votre métier.Dire, enfin, au ciné, une psychiatre qui merde, moi j’aime.
Merci Rebecca Z.
Qui est fragilisé par Vie Privée ? les critiques devant son film.
Après, on en a quand même un qui dit qu’il aime ce que le film dit sur l’écoute, et que ‘ ça puisse merder ‘ : aaaaaah, merci, Mec – enfin.
J’entends ensuite aussi : ‘ Un producteur qui se pose des questions d’alchimiste’ : oui ouiiii OUI.
et on parle pas, ou si peu, de l’ami Daniel Auteuil?
dans son rôle de mec aimant qui s’est barré pour attendre que sa femme s’intéresse de nouveau à lui, pour qu’ils s’aiment à nouveau peut-être, il est en place dans sa drague, sa cour de sénior qui essaye lui aussi (encore de l’alchimiste, benh oui, c’est ça vivre non?)
‘ Amalric est mal servi par le rôle? ‘ oh la la, pauvre Mathieu, ils doivent l’adorer chez SdS lui, en revanche.
– Chez Sortie de secours, on a choisi le dispositif du masque et la plume comme format: quelques minutes à peine d’escrime aigre et hop: next
et, contrairement à ce qu’ils affirment (ils n’y font que ça) ils aiment le tout balisé, la main qu’on leur tient, le scénario qui se voit à l’écran, ils aiment ça puisque ce qu’ils prétendent produire, leur analyse critique trop multiple, elle, n’est qu’assertion, pret-à-critiquer, trop rarement étayée de scènes qu’ils racontent un peu.
Le film ne leur fut pas sympathique, ils l’ont mal regardé, un real qui essaye des trucs, ils aiment pas ça, ok, benh n’en parlez pas.C’est leur version propre et bourgeoise de la guillotine, où Foster en prend même à propos de son travail basé uniquement sur un ‘ parler bien français ‘, bon.
Une chasse aux bourgeois.es que je pourrais/devrais apprécier mais qui n’est pas au niveau donc, non, les Gars et JB, ce que tu/vous en as/avez pensé, ça fonctionne pas plus.
Sait-on s’ils ont déjà parlé du récent film sur Freud par exemple, dans un précédent, épisode?
j’aimerais écouter les éventuelles louanges ou crachats sur une forme de cinéma qui pourrait leur plaire, bien que là aussi, en vignette duettiste, Sigmund reçoit un confrère qui titille son obédience.
– C’est ce que les disciplines psy s’amusent toutes à faire depuis toujours en fait, elles se confrontent, donc, Judith?
Le Vie privée est peut-être un film de plus là-dessus mais finalement cette proposition cinématographique est de bonne guerre et innove, en quelque sorte, par sa forme et son sujet, sur la pratique pragmatique et plurielle du soutien psy.
Le personnage du type qui veut intenter un procès est formidable au contraire.
Déjà, l’a-t-on déjà vu au cinéma?– Alors pourquoi ‘ se faire ‘ ainsi Rebecca Zlotowski?
Sais même pas, de bon matin, si je clique, à la suite, pour les entendre jacter sur Bugonia, mon estomac lutte d’emblée contre, réellement contre, lui, de pauvres aigreurs matinales; rarement entendu si nettement des gens pondre une critique en marmonnant en même temps, dans leur critique, ce qu’ils reprochent justement à un film de faire,
beurp.-
Carpentier
Invitéalors, Bugonia pas S2S: (une banane, un café, un doliprane et j’ai cliqué):
– Judith? Judiiiiiith? ouh ouh, pourquoi tu les emmènes tous aussi facilement dans ton analyse/topos lutte des classe de cycle 2 d’élémentaire?
C’est à 28 minutes qu’intervient mon préféré, qui dit ‘ entreprise Cac 40 ‘ (oui enfin)
JB a quand même jeté rapide un peu avant un ‘ les techniques managériales ‘ (ouiiiiii JB, OUI) sur lesquelles sont basées en vrai toute l’entrée en matière de ce Lanthimos,
Quant au neuneu-prolo, c’est surtout un ouvrier déglingué par la maladie incurable de sa mère qui, comme beaucoup dans sa région, a sans doute bossé elle aussi dans les hangars de manutention de l’usine chimique, gros employeur du secteur
Son cousin/meilleur ami a morflé lui aussi, bref, on est dans de la psychopathologie paranoïaque hyper raisonnée et vengeresse ( ça porte un nom en psychiatrie ce truc de folie déguisée en hyper raisonnement – je chercherai)
Ce qui, isolé, flemmardisé par l’illusion d’avoir tout sous la main via internet peut vite accélérer une autre contamination par le complotisme,
comme on sait bien, Judith, et même chez les bourgeois.es, enfin : D
Judith Bernard est trop fan des Zab’s, elle aussi
Invitée à S2S, elle en est sortie en disant au premier venu qui lui a demandé:
‘ alors, cette participation à S2S?
– benh j’leur ai parlééééé de la lutte des classes de la lutte des classes de la lutte des classes.
– ah oh, cool. ‘
Les croisant, j’ai ajouté:
‘ benh nan, pas cool: chié! ‘-
Carpentier
Invité… Trace ta route et fais-toi du fric / …. (réplique d’un perso à celui d’ E. Stone, dans le film Pauvres créatures)
j’aime bien ce type qui relève le level de leur critique du Bugonia, y compris quand il cite, quand il dit un lien avec un autre film, c’est fin, étayé, dit calmement, et il revient sur le thème du complotisme mais avec comme l’idée d’un ‘ complotisme pour tous ‘ (lol)
On est tous foutus, on est tous des merdes, dit-il un peu avant, ré-injectant l’idée de dire ‘des personnages creux, quelque soit leurs bords ou statut social ‘ en fait, on sort (ouf) de la lutte des classes judithbernardesque neuneu.
On aborde la réflexion basique de chacun.e d’entre nous, des questionnements sur l’existence humaine, presque tranquillement avec lui (et l’autre qui du coup est d’accord et revient à la charge)
pfffff
BM dirait ‘ pauvre conne ‘ moi pas maiiiiiis va falloir qu’elle arrête, JB.
Ils disent beaucoup ‘ croyance, croyances, croyance, croaâââ ‘, bon
peut-être en manquent-ils?Lanthimos sent une angoisse réelle de fin du monde mais lui, ne craint pas cela, ajoute mon intervenant préféré du S2S.
+alors, le coup du rasage de cheveux aussi, putain:
c’est pas une histoire fake-technique pour le test-électrocution?
S2S oublie complétement cette séquence de ce ‘ devenu-fou à lier ‘ qui doute, il doute putain quand même
c’est pas rien ça,
et il vérifie, avec sa méthode délirante et faussement-rationnelle, oui certes, qu’elle est bien une E.T.
Les 4 ont complétement zappé cette séquence, assez trash pourtant, on peut le dire.
Bref, faut aller gonfler les rangs des anims périsolaires plutôt, les gars et la Fille, sérieux : )
Plutôt que de se contenter de dire qu’on embauche à ses postes ‘ n’importe qui ‘.
Moi je crois que c’est plutôt le sort de la critique ciné, ça.
Où, là aussi (et c’est pas grave) il y a à boire et à manger.
Moi, j’suis écoeurée, perso.-
Carpentier
Invitéaaaaaahhhhhh quant au :
il est temps de parler de gens qui ont des vrais problèmes
pour enchaîner sur le 3e qu’on sait (pas vu perso)
tout est dit, on comprend mieux où on est tombé.Quelle belle phrase de bourgeois bien à sa place.
Allons vomir.
-
-
-
-
Carpentier
InvitéBugonia est une farce
où chacun en prend pour son grade
y compris les extra-terrestres
-
-
Karine
InvitéTellement juste ce que tu dis. Kechiche nous braque ou nous kidnappe avec tellement de finesse et d’allégresse qu’on en devient sidéré. C’est assez rare cette technique de réalisation. Niveau captation ça me rappelle la cuisine, le fameux gâteau ou plat qu’on dit manger sur la tête d’un pouilleux. Surtout qu’il les cherche les poux Abdel dans la précision et le désir. La scène de cul est tellement réelle et juste. Serait-il un tantinet manipulateur ? La manipulation est-elle la seule qualité essentielle d’un réalisateur ?
-
Ostros
InvitéJe sors du Kechiche et chaque séquence je me disais quel grand cinéaste. Toutes les scènes sont parfaitement découpées, montées quand on sait qu’il tourne énormément, c’est brillant. Je suis contente de l’avoir retrouvé. Kevhiche te donne envie de bouffer quand ça bouffe, de baisers quand ça baise, de vivre à chaque plan. J’adore ce qu’il a fait de ce producteur venu tout droit de la blessure, et comment il rend si bien les relations, comment les acteurs sont dans la justesse, si bien cassés. Même Clément qui est certes une surprise mais au fond ça peut tout à fait être un mec de leur bande. Contrairement à eux qui vivent de soleil et de mer, lui est dans la guerre en pays étranger. Je trouve son jeu, son discours, sa façon d’être très juste. Il est le soldat en perm avec ses potes qui revient chez lui et est en décalage avec ce petit groupe de jeune insouciants. Il est marqué, baraqué, on le sent dur et martial, façonné par son travail.
Les scènes à l’hopital sont toutes géniales. Comme les scènes chez le prod. Comme les scènes entre potes. Mention spéciale pour le before où se mêlent plusieurs désirs et rejets dans un bain festifs, ça passe juste dans les attitude et beaucoup dans le regard c’est tellement bien fait.
Pour te répondre Karine, je crois que cette manipulation vient d’abord d’une forme de distance d’avec ce que tu filmes, et qui te permet de penser ton plan et ta direction avec du recul. Et aussi d’avoir le sens de l’observation plus aiguisé. Pour moi ce son des tempéraments qui arrivent à se refroidir au contact de ce qui vit, agit, se meut devant eux. Et par conséquent ils peuvent jouer avec cela, orienter parfois, influencer mais pas contraindre.-
Ostros
InvitéSi bien casTés, les acteurs.
-
Karine
Invitéj’ai pas vraiment compris où tu veux en venir. Ce que je pressens, c’est que dans le kidnapping chez Kechiche, ce kidnapping est opérant. il y a là dedans de la manipulation. Manipulation technique qui rend le spectateur immobile, ou en tout cas saisi. Ouais, je voulais dire ça. Il m’a saisit et je ne ressens aucune contrainte, mais plutôt du désir. De toute façon, il m’a saisit dès son premier. Voilà, ravie et hâtive de le revoir à nouveau.
-
Karine
Invitépeut-on espérer un autre opus ? J’en crève d’envie.
-
Adlab
InvitéDonc les critiques « male gaze » qu on entendait au premier ne sont plus on dirait.
Je dirais tant mieux!-
Karine
InvitéA la bonne heure
-
Ostros
InvitéMoi aussi j’espère voir la suite.
Pour le kidnapping je vois ce que tu veux dire. Je me suis dit pendant le film qu’il y avait là comme ce que fait Serra, qui par sa forme captive notre attention. Kechiche réussi par ses plans, son montage, par l’étirement des scènes qui nous donne tant à voir, à nous rendre attentifs et oui désireux de ce qu’on regarde et de voir encore.
(Je pensais au départ que tu parlais de manipulation vis à vis des acteurs à diriger, de la manière de se tenir sur le plateau, that’s why le quiproquo)
-
-
-
-
-
-
Carpentier
Invitécoucou
quant à moi, vers 18h28, voici comment je le disais:Oui, beaucoup de plans des Canto de Kechiche ravissent: notre attention, notre regard, notre désir d’y être, Abdellatif comme homme idéal pour nous ravir? nous kidnapper?
sans doute, et on est capable de choper le syndrome du ravisseur avec pas mal de son oeuvre : )je crois qu’on y est.
-
Karine
Invitéhello, c’est un bon début que d’être 2 à aimer cette belle ville de Stockholm sur mer.
-
-
Dwl
InvitéSur canto Due je trouve intéressant comment Burdeau parle du regard chez Kéchiche, a priori premier degré, naif, mais qui selon lui est toujours dialectisé :
« Entre ce que narre Charlotte et le récit à venir de Canto Due, on pourra sans doute trouver des résonances. Des résonances, de toute façon, on en trouve toujours. C’est la moindre des choses. Les histoires servent à cela : elles font écho. L’important se trouve ailleurs. Quel est le propos de cette scène ? Le regard seul ne saurait exister. Ou s’il existe, il n’est pas tenable. Pas longtemps, en tout cas. Tantôt il met mal à l’aise, tantôt au contraire il donne trop de plaisir. Il faut donc y ajouter quelque chose. Un supplément qui rende supportables le regard et sa brûlure. Supplément inessentiel sans doute, dont la nature importe peu mais qu’il est de toute façon difficile d’évacuer. Une histoire par exemple ? Oui. N’importe laquelle fera l’affaire.
Si on pouvait se contenter de regarder, comme Amin y aspire peut-être, il n’y aurait pas de film. Il n’y aurait que le rapport, bel et bien entier cette fois, du sujet qui regarde au sujet qui est regardé. Tout ce cinéma est organisé pour obtenir ce rapport, cette lumière, ce soleil, cette extase, cet orgasme. Pour faire entrer dans l’ordre du regard ce qui a priori s’y refuse. Pour passer de l’obscène à la scène. Pour dire que l’obscénité n’existe pas.
Or Kechiche sait la fragilité de son entreprise. Il sait combien tout conspire à empêcher, à salir, à corrompre le regard. Aussi préfère-t-il prendre les devants et raconter lui-même des histoires – quelles qu’elles soient –, plutôt qu’on en raconte à son sujet et au sujet de ses images. Quitte à ce que ces histoires paraissent vaines, frivoles, inutiles. Tromperies, jalousies, bisbilles, mensonges… Quitte aussi à ce que, voulues pour simplement encadrer ces images, ces histoires n’en viennent à jouer contre elles, à les dévorer. Quitte à ce que l’histoire, en somme, l’emporte.
Mais pour l’heure, dans l’appartement où l’on s’apprête à manger, ce n’est pas le cas : l’histoire n’empêche pas le regard, elle l’accompagne, elle le soutient. Tandis qu’elle raconte, Charlotte pense à autre chose et oublie qu’Amin le photographie.La deuxième scène est plus longue et plus forte encore. Elle fonctionne, comme souvent chez AK, par agrégation progressive de personnages : ils sont deux, puis cinq, puis dix… La situation n’arrête de gonfler, jusqu’au point où on se demande si elle ne va pas éclater.
Tard, alors que la cuisine est fermée, un producteur américain et sa jeune épouse Jessica, star de la série Les Braises de la passion, débarquent dans le restaurant tunisien « Au soleil d’Hammamet ». Ils sont affamés et ont envie de couscous. L’un comme l’autre, elle surtout, sont assez convaincus de leur importance pour obtenir ce qu’ils veulent. On rouvre les cuisines, on rappelle les serveuses, on se plie aux désirs du couple. Tant bien que mal, non sans médisances, regards en coin et apartés assassins, lesquels s’exercent d’ailleurs aussi bien dans un sens que dans l’autre.
Deux scènes, deux repas : le regard, de toute façon, existe en rapport étroit avec la nourriture, c’est-à-dire avec l’ingestion, la dévoration… Deux types de regard, deux cinémas. Le cinéma d’Amin d’abord. Ce cinéma n’aimerait être que regard, extérieur à toute intrigue, tout calcul, toute séduction même. Mais comme une telle chose est impossible, il faut bien consentir aux histoires. Ensuite le cinéma de Jessica et de son mari. Ce cinéma-là, lui, fait des histoires. Il en fait sans arrêt ni raison. Il n’en a jamais assez. Il en raconte et il en provoque. Il fait naître un remue-ménage, déclenche autour de lui un babil à la fois magnifique et vain.
D’un côté, donc, le cinéma qui regarde, de l’autre celui qui s’offre aux regards mais ne peut s’en tenir là : il lui faut des intrigues, des frôlements, des soupçons, etc. Il lui faut toute cette promiscuité à la fois sensuelle et douteuse, érotique et louche, ces frottements qu’AK filme avec autant de talent que Pialat, quoique très différemment.
Oscillation entre l’individu et le groupe ; entre la contemplation sans phrase d’Amin et le cinéma bavard des Américains ; entre la beauté des groupes et l’espèce de rumeur qui, émanant de ces groupes, risque de gâcher l’image. Oscillation aussi – restons schématique – entre voir et parler, comme entre dire et médire.
Ainsi sont posées les choses, dans les premières vingt minutes de Canto Due. Elles évolueront : Jessica ne restera pas toujours cette figure négative de pimbêche débarquée de la Californie. Il n’empêche : ce partage est au cœur de ce cinéma. Kechiche ne cesse, non seulement de mettre en scène mais de problématiser, de thématiser ce qui permet, ou pas, au regard d’avenir. Sans cesse il ajoute au regard des histoires. Et sans cesse aussi il donne à voir, derrière les histoires, l’exercice innocent, voire souverain, d’un regard indifférent à elles. Géniale scène de la plage – en partie importée, semble-t-il, d’Intermezzo – où le murmure des conciliabules à deux ou trois remplace soudain la collection des corps. »
-
-
Antonin
InvitéEt pour Résurrection de Bi Gan ? Personne ?
-
Le mec là
InvitéOn pense quoi de Beau-Père? Tout le monde parlait de relents pédophiles puants, même dans les itw Blier ça parle de film d’amour…J’étais prêt à jeter le film au feu, mais à la fin on comprend bien que Rémi n’en est pas à son coup d’essai et qu’il répète inlassablement le même schéma, destructeur. Du coup sans ces déclarations chelou pour moi c’était ok.
-
Antonin
InvitéJe comprends pas. Déclaration chelou de Blier ? Rémi avec son schéma destructeur pédophile ?
-
-
Harry Wilbourne
InvitéJ’apprécie beaucoup Bi Gan, et Résurrection est l’un des films sur lesquels j’ai le plus d’attentes cette année. Je n’ai malheureusement pas encore eu l’occasion de voir son film, car il est très peu distribué.
-
georgesbataille
InvitéVu il y a deux mois en avant-première.
J’avais beaucoup aimé Kaili Blues (2015) et Un grand voyage vers la nuit (2018).
J’avais peur qu’il tombe par la suite dans du visuel pur et c’est exactement mon ressenti avec Résurrection : il n’a pas réussi à esquiver cet écueil dans lequel tombe beaucoup de réalisateurs doués pour la caméra et l’image.
L’impression que « c’est aux images que tout arrive et pas aux personnages » comme disait Daney.
C’est dommage mais il est encore jeune, peut-être s’affinera-t-il davantage avec le temps.-
Eliot
InvitéJe ressens tout à fait ça aussi et la citation de Daney marche plutôt bien même si ça va un peu vite pour ce que le film a aussi comme richesses. Il m’a laissé tout à fait froid et j’y ai eu un rapport très intellectuel et peu chaud, aucune émotion m’a traversé à part le rire pour la reproduction de l’arroseur arrosé au début, voir cette créature grotesque arrosée m’a fait sincèrement rire donc pari de recréation d’image originelle réussi. Tout partait pour me plaire, notamment l’anti-naturalisme pour le fantastique au cinéma, mais je crois que ça pèche par trop de budget. Le film pleure le cinéma qui se meurt et se consume en rêvant sur ses origines et son histoire et je crois qu’il manque sa cible car il ne m’a pas réenchanté ce dont peut-être le cinéma a besoin pour soulager les angoisses de certains. J’ai pensé plus tard à Peau d’Âne pour l’hétéroclite et l’anti-naturalisme formel. Peau d’Âne m’enchante encore aujourd’hui car il est à la fois fait de beaucoup de moyens et de trois brindilles. L’hélicoptère qui arrive à la fin c’est tout de même un hélicoptère mais tout rikiki. Les costumes étaient à la fois cheap et luxe. C’est le moment pour Bi Gan de passer par la case prison il a fait trop de doubles aux dés
-
-
-
Jules
InvitéPour rester d’actualité, j’hésite à aller voir Outrages (De Palma), rediffusé à Bruxelles (Flagey). Il vaut la peine ?
-
Charles
InvitéBof, pas très loin de la fiction de gauche pas franchement subtile.
-
-
I.G.Y
InvitéJe n’avais pas encore regardé la vidéo d’ouverture du topic (« Why movies don’t feel real anymore »). Il y a des choses intéressantes, notamment cette question du flou d’arrière plan (en sus des affaires de post-traitement) qui m’avait tant frappé la dernière fois que j’ai mis le nez dans une série récente avec un ami — Andor saison 2, que je ne conseille pas, j’avais un bon souvenir de la 1 mais je finis par me demander si ça n’était pas un faux-souvenir partiel. C’y est poussé à l’extrême. Il y a un versant matérialiste de la chose qui n’est pas abordé à savoir l’économique : j’imagine que cette technique permet, du moins dans les films tournés sur fond virtuel ou en « plateau virtuel », de tout simplement baisser la définition des arrières plans et donc leur coût calcul et financier. On voit aussi comment le filmage « haptique » peut tout autant produire des images publicitaires ou de purs ASMR visuels (ça c’est un ajout de ma part).
.
J’ai régulièrement un collègue qui me dit : « je ne vais pas au cinéma pour voir quelque chose qui « fait vrai », car ça me met très mal à l’aise ». Ceci dit, pour citer ce qui est abordé par le vidéaste, il placerait aussi Avatar 2 dans ce qui ne fait pas « vrai ». La grille de lecture est donc un peu différente de celle de la vidéo.Et je cite cette sagace remarque d’une petite de 12-13 ans — elle a sans doute de l’avenir —, à la FNAC devant une télé 8K OLED à 12000 balles projetant un film qui correspond très bien à des choses montrées dans la vidéo : « c’est dégueulasse, on dirait de l’IA ». C’était bien la peine.
-
l’orléanais
InvitéJe ne sais pas si des gens ici regardent la série Pluribus, mais c’est à conseiller. Richesse thématique hallucinante et un vrai éloge de la lenteur comme élément moteur du récit. Je suis très surpris de voir que ça cartonne autant parce que c’est aux antipodes de tout ce qui se fait actuellement.
-
Malice
InvitéSalut à tous, je signale le charisme de Josh O Connor dans le nouveau volet des aventures de Benoît Blanc, « Wake up dead man », un film très chrétien ( douce séquence de confession au téléphone, notamment).
-
Ema
InvitéMon préféré des trois jusqu’ici.
-
Malice
InvitéIl faudrait que je revoie tous les volets pour voir si je pense pareil
En attendant je trouve que c’est celui qui ose quelque chose de nouveau : une confrontation/cohabitation entre deux figures christiques : Benoît Blanc et le prêtre. Le détective se trouve un reflet, un double, qui le dépasse ( témoin la scène géniale de Louise au téléphone )
Mais ce que le film gagne sur le plan émotionnel et mystique, il le perd sur le plan galerie de portraits jouissive ( les autres personnages ont l’air de courir derrière le magnétisme du duo d’enquêteurs).
Je vais regarder d’encore plus près ce que fera Rian Johnson à l’avenir parce-qu’il est de plus en plus intéressant-
Ema
InvitéOui la galerie de portrait s’est un peu appauvrie, quantitativement comme qualitativement) mais j’aime assez comme toi le resserrement sur la dualité prêtre-detective. Par ailleurs je ne sais pas toi mais j’ai trouvé celui ci très drôle.
-
Malice
Invitéoui j’ai bien éclaté de rire lors de la première confession de Josh Brolin par exemple
-
Ema
InvitéMoi c’est l’apparition de glenn close qui m’a déclenché un petit fou rire, d’ailleurs toutes les apparitions de Glen Close devraient ressembler à celle ci, contractuellement. Mais oui géniale confession de Wicks, dont le caractère mythomane révélé ensuite ajoute un peu d’étrangeté à la drôlerie.
-
Ema
InvitéJe trouve par contre assez lourdingue l’usage abusif des flash backs, qui font pour le coup un peu bas de gamme comparé au reste.
-
Malice
InvitéLe Whodunit sans flash backs, malheureusement, je ne vois pas comment faire sans; est-ce qu’il existe des films à mystères qui n’y ont pas recours ( vraie question, peut-être qu’il y en a)
Ou alors tu veux dire que la mise en scène des flash backs elle-même te paraît lourde?-
Ema
InvitéCe serait à discuter mais il me semble que certains auraient été dispensables, à condition d’une réécriture globale évidemment. Le flash back en particulier de la scène de « profanation » de l’église par la jeune femme c’était vraiment pas possible, de cette manière là en tout cas, on se serait cru dans une serie z. Sinon d’accord avec toi les flash backs sont inevitables pour la partie resolution dans ce type de film, mais je pense que les scénaristes devraient limiter leur usage aux scènes déjà passées, quand il faut les revoir à la lumière d’une révélation, sous un nouvel angle, oui ça c’est un procédé incontournable du genre. Mais les info sur le passif d’un personnage ou d’un lieu antérieurs à l’histoire doivent pouvoir se distiller autrement.
-
Malice
InvitéDans « Decision to leave » Park chan Wook a bien géré les flash backs et les retours sur des détails qui permettent l’élucidation, il y avait des trouvailles formelles efficaces
-
-
-
-
Malice
InvitéQuand elle parle des « fusées » dessinées sur le tombeau; quand elle croit qu’un des persos est miraculé lorsque ce perso va chercher du sucre pour son thé, aussi
-
-
-
-
-
-
Mathieu
InvitéBeaucoup de mal à entrer dans le film pour ma part. Je trouve cette communauté agrégée autour du prêtre Wicks, et le prêtre Wicks lui-même, complètement invraisemblable et artificiel. Et malgré toute la sympathie que m’inspire Josh O’ Connor et son personnage du père Jud, j’ai aussi beaucoup de mal à croire à ce jeune boxeur devenu prêtre après avoir tué un homme de rage sur le ring.
Tout ça me parait bien poussif pour l’instant
Et puis Benoit Blanc met des plombes à arriver putain!
Je vais quand même le terminer mais je saucissonne le visionnage -
Seldoon
InvitéJ’ai à peu près les mêmes critiques et points d’accroche :
– La communauté et le lieu sont extremement artificiels, sans avoir la jouissance du « théatre filmé » du premier ni la jouissance « le numérique permet tout » du deuxième. J’ai eu du mal à entrer, la seconde partie m’a plus plu parce que :
– Quelques personnages forts, dont O Connor mais pas que, qui font que Craig ne survole pas tout le film et c’est tant mieux. Plus réussi encore : il se joue quelque chose dramaturgiquement lors de la classique scène d’explication finale, ce qui fait qu’on y est impliqué au dela du cérébral, point assez rare en whodunnit pour le noter
Dans l’ensemble je suis plutôt déçu de l’évolution de Johnson. De Looper à Star Wars au premier Knives Out, on avait pu observer la lente advenue d’un cinéaste certainement pas majeur mais de plus en plus précis. 2 Knives Out et quelque chose comme 300 millions de dollars (pour tourner deux huis clos à casting pas spécialement prestigieux) plus tard, ça s’est envolé. La réalisation est quasiment en pilotage automatique, les personnages secondaires sont de plus en plus grossièrement dessinés au point qu’on n’y croit plus du tout, même dans le cadre cartoonesque de ces films. L’influenceur riche, de droite en doudoune sans manche qui fait 16 vues pendant des années ? Le jardinier au physique de millionaire ? Heureusement qu’il y a les petits jeux de lumière qui change pendant quelques scènes pour se mettre quelque chose sous la dent.-
K. comme mon Code
InvitéC’est le film que j’ai préféré des trois grâce au duo Blanc-Jud. Le dernier Johnson qui m’a vraiment plu, c’était Looper. Il n’est vraiment pas doué pour la satire sociale. Le mystère m’a paru le moins meta de la trilogie, je serais incapable de vous dire ce qui se passe dans le 2, par exemple, donc même si le prêtre est absurde – et Brolin joue étonnement mal –, j’ai aimé suivre ça. Il a vraiment livré le film Netflix du week-end.
-
K. comme mon Code
Invité(j’ai utilisé vraiment trois fois, oui)
-
Ema
InvitéPénalité : 2 jours sans poster.
-
-
Malice
InvitéJe ne vois pas Rian Johnson comme un faiseur de satires. J’ai plus l’impression qu’il prélève dans son époque des éléments de comédie qu’il mélange à son amour des mécaniques de film de détective. Je le prends du côté de ces plaisirs-là, celui que je prends devant Billy Wilder, Hitchock
Tu trouve que Josh Brolin joue mal quand il confesse son amour des lexus et des cafés pour chats?
-
Malice
InvitéJ’ai découvert que Johnson avait réalisé une série, Poker face; vu le premier épisode, pas déçue du tout, surtout en ce qui concerne le personnage féminin principal.
-
-
-
-
-
Tony
InvitéFait chier je l’ai loupé et il ne passe plus, pourquoi personne n’en a parlé?
-
MA
InvitéJe suis partie au bout de 20 minutes. Je n’ai pas tenu
-
begaudeau
InvitéFilm intéressant et décevant.
-
-
Dwl
Invitéj’ai essayé
-
trou noir
InvitéJe l’ai revu hier soir après avoir écouté cette émission.
Je ne saurai trop quoi en dire, si ce n’est que le film m’a beaucoup plu.
-
-
BlaiseC
InvitéJe reviens sur PTA (désolé je ne l’ai vu que récemment) : J’entends partout deux grandes manières de voir le film : analyse politique ; et ceux qui s’opposent à cette lecture se précipitent dans le refuge : un film sur le cinéma (comme en littérature pour le nouveau roman où les commentateurs qui avaient de la peine à s’y retrouver dans la narration et la disparition de la narration retrouvaient de l’action et des héros dans la langue elle-même).
Réduire le film à un affrontement fascistes / révolutionnaires, c’est rassurant, et facile. Un film sur le cinéma, très réducteur pour PTA.
Le cœur du film est la rupture générationnelle et la perte totale de langue commune. DiCaprio ne comprend rien : ni les énigmes, ni les codes, ni la morale très administrée de la nouvelle génération. Mais, PTA ne glorifie pas pour autant l’ancien monde : la génération précédente est filmée comme vulgaire, viriliste, machiste, obsédée par la domination. Le fameux “code” entre eux est tellement grotesque qu’il empêche toute lecture nostalgique ou réactionnaire (quelle est ton type de chatte préférée ? Mexicaine épilée, et en face la nouvelle génération hyper administrative voir technocrate qui se cherche : quelle heure est-il ?). Ceux qui voient une défense de l’ancien monde projettent beaucoup, je crois.
Du coup, l’opposition fascisme / révolution me semble presque hors sujet (ou plutôt, pas hors-sujet mais une modalité de quelque chose qui dépasse le simple cas). Fascistes et révolutionnaires (Di caprio) appartiennent au même vieux monde idéologique, celui de la “l’autre (bataille)”, de la rage et de l’explosion (de la pulsion de mort et de sexe non canalisée pour les freudiens). Ce sont deux versions fatiguées d’une même logique. Le film ne tranche pas entre eux : il les met dans le même sac, face aux nouveaux.
C’est aussi pour ça que les fascistes sont “old school” et ne ressemblent pas du tout aux fascismes contemporains version Musk ou libertariens branchés. Ce ne sont pas des figures actuelles, ce sont des figures déjà périmées, au même titre que les révolutionnaires. Ce qui compte, ce n’est pas qu’ils soient fascistes, mais qu’ils soient vieux.
Je ne vois pas non plus le choix de la trans et de Perfidia Beverly comme balances comme un jugement moral. Les lire comme des “méchantes”, c’est encore chercher un message politique clair là où PTA montre plutôt des figures de circulation, des positions intermédiaires, inconfortables, ni héroïques ni diaboliques. Si on n’y voit pas un lien entre fascistes et révolutionnaires mais entre jeune et vieux ça change, ou génération, ça change. D’ailleurs si la perfidité de Perfidia trahit le vieux monde dans son ensemble et pas les révolutionnaires ça change tout. (Ce qui explique aussi la fin et le dialogue avec sa fille).
Le personnage de Benicio Del Toro, lui, c’est le vieux qui comprends le nouveau monde, et s’y est adapté. Il maîtrise les portables, fait un selfie, est cool avec les flics (pas d’affrontement direct), il joue avec le système, le mine de l’intérieur.
La fin, pour moi, achève toute lecture politique simpliste : Willa confond fascistes et révolutionnaires (son père qui lui a menti) et se fait poursuivre par les deux. Autrement dit, du point de vue de la génération qui vient, ces oppositions n’ont plus aucun sens. Ce ne sont plus des ennemis idéologiques, mais les débris d’un même monde ancien, incapable de parler le langage du présent, et finalement presque le même ennemi (d’ailleurs ça correspond à une réalité dans le champ politique et le mouvement des idées : on a concrètement un bon nombre d’ anciens révolutionnaires qui ressemblent ou sont amis avec qui ont sait)
Bref, Une bataille après l’autre, c’est pas un film sur les méchants contre les gentils, mais sur qui est déjà largué. Et le film est assez cruel : ceux qui continuent à croire à l’autre bataille sont précisément ceux qui ne comprennent plus rien à ce qui se joue (la nouvelle bataille). Peut-être quelque chose de Gramsci : « Le vieux monde se meurt, et le nouveau monde lutte pour naître : c’est le temps des monstres. »
Le post-scriptum final, peut poser problème (il est effectivement de trop) : retour au cadre familial (assez conservateur), mais sachant que le père n’est pas le père que la mère est absente, et que la fille n’obéit plus (et part vers l’autre bataille), on peut atténuer l’interprétation d’un PTA conservateur.
Ce que je dis est une évidence sur le film comme impossibilité d’une langue commune, je suis pas le premier, mais faute de tenir cela de bout en bout on finit par faire des contresens, je crois.-
K. comme mon Code
InvitéJe pense que la « bataille » du film étant abstraite, on reste dans l’abstraction si on se concentre dessus. La bataille léguée à la fille étant à la fois sentimentale et vague, le film coupe ici parce que PTA ne sait pas de quoi il s’agit. L’opposition plus claire est entre Lockjaw et Bob – une opposition qui en réalité est un parallèle, deux fétichisations de Perfidia en tant que femme noire. « Of course I like Black girls » vs « I love Black girls. I love them! ». DiCaprio comme le militant qui est là pour pécho et Lockjaw qui met de côté son racisme s’il peut continuer à rançonner des rencontres. Le film trace la trajectoire de ces deux darons. La figure du père étant centrale chez PTA depuis son premier film. Le père adoptif, le père absent, le père mort. J’ai entendu Miriam Bale dire dans un podcast qu’elle voit surtout une opposition simpliste entre le Bon Père et le Mauvais Père, et même si je trouve que PTA est assez complaisant avec Bob, je le vois aussi comme une menace. Tout d’abord un ennemi politique. Dès qu’il a son gosse, il se retire de la « bataille ». Il veut que maman reste à la maison. Il regarde La Bataille d’Algers pour fantasmer sur son passé mais n’a jamais été très concerné. La mère de Perfidia lui dit assez littéralement qu’il ne mérite pas sa fille. Bale pointe que Willa n’a plus l’âge d’être coiffée par son père quand il parle de ne pas savoir le faire dans la voiture avec Sensei. Il est ridicule. Je rajoute : il est aussi très conservateur, il veut que la maman soit là pour faire des trucs de maman. La prof n’a aucune sympathie pour ses larmes pendant la réunion au lycée. Le seul acte de bonté qu’il fait, à la fin, c’est de laisser sa fille ; si la lutte future est idéaliste et sentimentale, le fait de la laisser partir, quitter le foyer familial, l’est moins. Adam Nayman a remarqué qu’on laissait Lockjaw affalé sur une chaise, mort, regardant le plafond, et Bob, affalé sur le canapé. La défaite des deux. (Charles avait aussi cité la critique des Cahiers qui mentionnait le tombeau de Bob.)
En anglais, je vous conseille ce texte d’Angelica Jade Bastién sur les actrices du film et le traitement des femmes noires : https://archive.ph/YGEIE#selection-1999.136-1999.214—
Sur la gueule des fascistes, j’invite tout le monde à regarder une photo du gouverneur de Californie, Gavin Newsom, probable futur candidat démocrate à la présidentielle, connu pour sa lutte acharnée contre les sans-abris. Imaginez son repas de Noël cette année. (Et ce n’est pas anodin que l’esthétique démocrate du futur imite totalement l’esthétique républicaine.)-
BlaiseC
Invité« Dès qu’il a son gosse, il se retire de la « bataille ». Il veut que maman reste à la maison. Il regarde La Bataille d’Algers pour fantasmer sur son passé mais n’a jamais été très concerné. »
« ’opposition plus claire est entre Lockjaw et Bob – une opposition qui en réalité est un parallèle »
Oui, en grande partie tu vas dans mon sens. La bataille n’est pas au centre. Bob est conservateur, pour PTA j’émets des doutes. À la limite, on pourrait dire que le film est consensuel ou bourgeois. Mais là encore, ça se discute. Il n’y a pas une critique de la radicalité en tant que telle. Ce que le film montre, c’est la mort d’un mode de radicalité : une mort lente, qui se poursuit par inertie, qui court derrière une nouvelle radicalité (indéfinie je suis d’accord, et romantisée), puis finit par s’y opposer.
C’est d’ailleurs l’un des points intéressants du film. Les figures révolutionnaires, avec le temps, se figent, se cristallisent, se muséifient. Elles restent révolutionnaires dans le discours, dans leur récit, dans leur mythologie, mais deviennent concrètement des obstacles à la révolution, voire des soutiens objectifs du conservatisme ( le christianisme en est un exemple). Mais ce n’est pas seulement Bob, les anciennes french 75 sont dans un couvents et détestent la fille et lui ordonne de faire la cuisine. -
begaudeau
InvitéTu auras remarqué que Gavin Newsom n’est pas grabataire
-
begaudeau
Invitéle personnage d’Emma Stone dans Bugonia est une excellente incarnation du capitalisme contemporain, managerial, habile, dynamique, athlétique, transhumaniste, posthumain. Le génie du film étant qu’elle peut etre pendant deux heures extra-terrestre ou pas, ca ne change rien. Les deux sont plausibles et congruents.
-
BlaiseC
InvitéOui, j’ai vu, et oui, tout à fait d’accord. Mais, je ne vois pas le rapport là.
-
-
-
-
-
Harry Wilbourne
InvitéSalut à tous ! Je (re)découvre un peu le cinéma taïwanais en ce moment (HHH, Edward Yang, Tsai Ming-Liang, etc.) et, étant assez néophyte, je me demandais : quels films ou cinéastes vous sensibilisent le plus et que vous me conseilleriez ?
-
begaudeau
InvitéJe mets HHH très au dessus des deux autres. Mais je connais mal Edward Yang. Je connais mieux Dennis Yin.
-
Harry Wilbourne
InvitéPareil pour moi, et même au-dessus de beaucoup d’autres cinéastes issus de géographies différentes. En m’intéressant en ce moment à sa période (immense) des années 90 (du Maître de marionnettes aux Fleurs de Shanghai), je me suis rendu compte avec étonnement que peu de critiques se sont réellement emparés de ces films. Et rien à voir, mais qui est ce Dennis Yin que tu mentionnes ?
-
Alexandre
InvitéIl semblerait que ce soit une vanne. Bégaudeau est espiègle. En tout cas, ça lui arrive.
-
Charles
InvitéSans doute un jeu de mots emprunté à William Will avec le yin et le yang.
-
-
-
-
bibinard
Invitéal a tévé ya miséry
sa sré chouaitte in rimaike avaic bégo dent le rol de l’aicrivin maltrété par troua groupi vissieuse -
Travis Bickle
InvitéBonjour, je souhaiterais me lancer dans la filmographie de Straub et Huillet. Est-ce que vous savez quels films il faut regarder en premier ? (s’il y en a à regarder en priorité). J’ai l’impression qu’ils sont assez difficiles à trouver et pas très bien référencés. Sûrement dû au fait qu’ils n’ont jamais fait de long métrage.
-
Alexandre
InvitéSi, si, ils en ont fait des longs-métrages, ne serait-ce que leur film le plus célèbre probablement : Chronique d’Anna Magdalena Bach.
La quasi intégrale de leur œuvre avait jadis été éditée en plusieurs volumes chez Montparnasse mais ça doit être des Edelweiss maintenant.-
begaudeau
InvitéIls ont fait une quinzaine de long-métrages
On peut commencer par le Bach oui. Puis peut etre Trop tot trop tard. Puis la belle dernière période – genre Ouvriers paysans;-
laurence
InvitéPourquoi Diegomaradona, envoie des coms négatifs sur toi ? Est-ce pour éviter d’envenimer la situation ?
-
begaudeau
InvitéSur ses dix années de bienveillance ici, la question a du lui etre posée 678 fois par les uns-e-s et es autres . Il n’y a jamais répondu. La réponse est donc celle du scorpion à la grenouille : parce que c’est dans sa nature.
Et non je ne crois pas qu’il qu’il soit urgemment préoccupé de ne pas envenimer la situation.-
laurence
InvitéDans sa nature ? C’est bien ce que je pensais. Un vil personnage indigne et méprisable en tout état de faits.
-
-
-
-
-
-
I.G.Y
InvitéJe n’ai pas encore réussi à trouver un texte intéressant sur Bugonia, ou du moins qui parle de l’intérêt que j’y ai trouvé — je passe sur Sortie de Secours dont le niveau de roue libre ne baisse pas (Orignac est encore une fois absent), et où à quand même été posée l’équation Lanthimos=Dupieux.
J’ai l’impression qu’on en demande beaucoup trop à ce film sur une critique générale du réel et de l’actualité politique. Le film évide pourtant son monde et sa complexité sociale de façon assumée et franche, une franchise qui me va, et qui implique de chercher son intérêt ailleurs — Dupieux évide aussi, mais dans ses derniers « ailleurs« =epsilon qui tend vers 0, c’est mon équation à moi. Je ne pense pas que le comparer à Eddington — ce que j’ai lu/entendu, Aster étant de fait co-producteur — soit tant une bonne piste dans la mesure où son caractère construit-arbitraire était bien moins ostentatoire, son inscription dans le « vrai monde » plus directe.
L’intérêt que j’ai trouvé à Bugonia, outre le cadrage — il y a tellement de choses dans le simple plan latéral dans la cuisine lorsque Teddy sert du gâteau à la noix de coco au flic — est notamment dans les dialogues, dont j’ai l’impression que tout le monde se fout (soit il n’en est pas question, soit on note en effet leur omniprésence mais pour mieux souligner leur nullité). On a une bonne incarnation de la boucle toxique qui lie le complotiste et le communiquant : on retrouve cette complexité du complotisme qui est le brodage déviant autour de « noyaux de vérité » et d’expériences de vie, puis le renforcement de la conviction démultiplié par le non-sens du discours concurrent, par ces éléments de langage qui s’abattent à jet continu de l’extérieur dans cette rhétorique vide du dialogue bienveillant. La manière dont Emma Stone parvient à incarner cette rhétorique qui rend (littéralement) fou est très bonne : Lanthimos s’attarde beaucoup sur la sensation d’oppression qui se dégage d’un communiquant qui ne cesse de communiquer, qui impose sa communication même lorsqu’il n’y a rien à dire, capable d’endosser indifféremment et sur un même mode la négation du complot ou le complot lui-même.
Quelques dialogues sont plutôt drôles. Je serais curieux de savoir comment vous commentez les plans finaux (pour moi la meilleure idée est le plan sur le ferry en marche). Je n’irai pas jusqu’à dire que c’est un « super film » mais je l’ai incontestablement préféré à Kinds of Kindness et à Pauvres Créatures, films beaucoup trop dispersés. Je note aussi décidément une petite fixette de Lanthimos sur le progressisme libéral multiculturel (cf. tous les plans où apparaissent d’autres membres du board ou d’autres employé(e)s — Mr Bousquet-« Benetton » devait être ravi —, la photo avec Michelle Obama, l’allure du concile de hippies-aliens à la fin, etc…).
-
Malice
InvitéJ’ai envie de rapprocher « Bugonia » – que j’ai adoré – de mon autre film préféré de Lanthimos, « La mise à mort du cerf sacré ». Deux films tendus, deux thrillers qui s’ouvrent sur un au-delà du réel ( avec un personnage dont les pouvoirs excèdent de beaucoup ceux des mortels). D’ailleurs, hasard ou non, je crois qu’Alicia Silverstone incarne une mère dans les deux ( et frappée par la tragédie)
-
I.G.Y
InvitéSoit pile poil l’un des Lanthimos que je n’ai pas vus, félicitations (je rajoute à ma liste de vacances, avec Breaking the Waves, rire).
-
Malice
Invitéça va contraster avec les films de Noël mais tu vas vivre de grands moments
-
begaudeau
Invitéses deux grands films, assurément
on ajoute Alps, et on tient quand même un sacré cinéaste-
begaudeau
Invité« L’intérêt que j’ai trouvé à Bugonia, outre le cadrage — il y a tellement de choses dans le simple plan latéral dans la cuisine lorsque Teddy sert du gâteau à la noix de coco au flic — est notamment dans les dialogues, dont j’ai l’impression que tout le monde se fout » Pas moi, IGY, je te jure que pas moi. Longtemps que je n’avais pas autant joui de dialogues – et des acteurs qui servent ces dialogues, ou plutot des acteurs servis par ces dialogues.
-
I.G.Y
InvitéJe ne veux pas donner l’impression d’un rétropédalage, mais réellement je ne te mettais pas dans ce « tout le monde » expéditif car tu ne t’es presque pas exprimé sur le film : je pensais surtout aux textes que j’ai lus et aux podcasts que j’ai écoutés.
-
Malice
InvitéCes horriblement drôles dialogues entre le flic et Jesse Plemmons
-
Charles
InvitéLanthimos s’est fait globalement défoncer par la critique française avec peu ou prou les mêmes arguments que d’habitude sur sa misanthropie – il faut aussi dire qu’avec une telle fin il cherche un peu Yorgos. Les dialogues – qui ne sont pas de lui – sont bons, surtout dans le face à face Plemons/Stone même si je me souviens de quelques dialogues un peu trop explicatifs et redondants çà et là, notamment dans les échanges entre Plemons et son acolyte.
Lanthimos va faire une pause apparemment, c’est dommage parce qu’il me tardait de voir son projet d’adaptation d’un livre de Manchette.-
Malice
InvitéOriginalité dans Sortie de secours: dans le club des soi-disant misanthropes, Lars Von Trier est excusé car « il est fou » – je ne l’avais pas encore entendue celle-là
-
Ema
InvitéOui ils ne font clairement plus d’effort. La « misanthropie » et autres phobies comme motif de disqualification c’est vraiment fatiguant.
-
Ema
Invité*FATIGANT. Pour le coup c’est moi qui suis fatigée.
-
Malice
Invitéet l’exclamation dépitée : « on est tous des merdes », si c’est ça que ce critique comprend et retient de l’art de Lanthimos, au secours
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Ema
InvitéAllée voir Bugonia, c’etait en effet plus canalisé que les 2-3 précédents, et formellement génial. J’ai beaucoup aimé l’intro du film, avec ce montage mirroir entre la routine de la pdg et celle des frères, et certains plans et cadrages sont vraiment geniaux, notamment au debut le bureau de la PDG entièrement vitré filmé de l’extérieur dans un angle un peu diagonal, boîte transparente dans une boîte.
L’histoire en elle même je suis moins conquise, j’y vois moins de complexité et de profondeur que dans Canine, Mise à Mort, the Lobster ou Kinds of Kindness. Je trouve que le motif complotiste est de trop pour un cinéma comme celui de Lanthimos, qui pour moi est a son meilleur lorsqu’il prend pour matériaux les rapports humains « de base », sur un mode universels-abstrait (l’amour, la parentalité, l’emprise affective, le désir etc) parce qu’il arrive toujours à révéler une monstruosité latente dans ces trucs là. Ceci dit c’est vrai que çà donne lieu à de très bons dialogues, et je note que la relation entre Teddy et Don raconte à elle toute seule une histoire intéressante, presque plus intéressante en fait que l’intrigue de séquestration.-
Schnoups
InvitéJe viens de le voir également et impossible de pas mettre un petit mot. J’ai trouvé le film génial, bien meilleur que son précédent. La séquestration est justement ce qui permet de construire et de porter ces dialogues élaborés à double lecture, celle de Teddy et du flic en sont une forme de miniature comique-obcène. On peut avoir l’impression que Lanthimos fait un bras d’honneur aux critiques qui le jugeraient misanthrope, si c’est ça, il le fait de manière flamboyante. Ce jusqu’au boutisme est très jouissif et j’adore la fin. L’ironie des derniers plans, qui regardent en souriant. On se dit qu’il aime ça, faire des plans avec des gens inanimés dans divers lieux, moments, jouant sur les positions des membres et on aime les regarder – sauf si on souffre depuis deux heures. Et finalement c’est une fin heureuse, certes les humains sont morts mais c’est pas grave. Malheureusement ce n’est certainement pas cette fin là que nous aurons. On se dit presque, il nous faudrait beaucoup beaucoup de chance pour que ce soit ça qui arrive. Il réussit à faire de cette fin quelque chose de désirable. On est content pour l’abeille qui peut enfin butiner pépère.
Je n’ai pas du tout été gênée non plus par le « motif complotiste » qui donne dans les renversements constants que travaille le film la vision claire aux fous. ça intègre parfaitement un film dans lequel on est sans cesse balancé et retourné dans nos manières de percevoir les personnages et le monde. Magnifiques aussi les plans de la mère perchée. Il mérite sa petite pause le Lanthimos. J’espère quand même qu’il va vite revenir.-
Seldoon
InvitéJ’en profite : le scénario de Bugonia et de quelques autres films de l’année ici
-
Malice
InvitéMerci
j’ai utilisé des scènes du cerf sacré en atelier théâtre, je vais tenter Bugonia aussi -
..Graindorge
InvitéMerci aussi Seldoon
-
-
Malice
InvitéJe suis d’accord avec toi, on aimerait que la mort vienne de façon aussi inattendue et paisible
j’ai aimé voir des corps » endormis » au travail ( je reste sur mon idée que ces corps sont des Belles au bois dormant)-
Malice
Invitéps je répondais à Schnoups
-
begaudeau
Invitéca me semble une très bonne idée de travailler en théatre les 5 ou 6 dialogues entre le séquestreur et la séquestrée
un bonheur pour des acteurs-
Malice
InvitéSurtout si je leur fais inventer en amont des impros sur le thème » un complotiste croit que sa patronne est une princesse alien qui veut dominer la planète », le sujet va passionner mes apprentis étant donné qu’ils me saoulent régulièrement avec des théories du complot ( en partie pour me provoquer car je suis une « gaucho de mort »)
-
-
-
-
-
-
Ema
InvitéSinon quelqu’un a vu Die my Love de Lynn Ramsay ?
-
K. comme mon Code
InvitéOui. Bordel parfois plaisant, mais il ne m’en reste pas grand-chose à part quelques fulgurances. C’était un peu pareil pour le précédent.
J’ai aussi vu The Mastermind qui m’a procuré beaucoup de plaisir. Jamais un protagoniste de Reichardt aura eu aussi peu envie d’être dans un film de Reichardt. Ce qui rend le tout très savoureusement drôle.-
Ema
InvitéOk, merci, Die My Love dispensable du coup mais le Reichardt oui des que je peux je le mate
-
Tony
InvitéFilm étrange et assez pénible le Reichart,je me demande encore de quoi ça parle, très bizarre.
-
MA
InvitéIl ne sort que le 4 fevrier
-
Tony
InvitéIl est déjà en téléchargement car Mubi l’a sorti sur sa plateforme.
-
-
Alexandre
InvitéC’est aussi un peu mon avis. Reichardt investit un décor temporel déjà éprouvé (l’année 1970) notamment par le très récent The Holdovers, d’Alexander Payne, film plutôt plaisant mais un peu lisse. D’où un effet de proximité qui génère un arrière goût de recuit. Cette enveloppe vintage ne cherche certes pas, chez Reichardt, à faire ronronner le spectateur. Un certain inconfort préside. Mais dans ce registre absurde et désenchanté, une autre et relativement récente réminiscence éclot dans notre tête et elle vient des frères Coen et de leur Inside Lewynn Davis, en plus opulent évidemment.
Tout cela fait obstacle au sentiment de surprise : celui-là même qu’instillaient Certain Women, First Cow ou Showing Up. D’où un sentiment de déception.
Ou alors Kelly Reichardt est une cinéaste tellement subtile que son inspiration en devient insaisissable.
Je réessaierai quand ça sortira.-
Tony
InvitéOui la première heure est pas mal,on est presque dans le pastiche des Coen,en moins grinçant,plus plat et la deuxième heure s’enlise,aucune inspiration et un personnage de plus en plus opaque ou abstrait.
-
K. comme mon Code
InvitéJe n’ai pas pensé aux frères Coen en regardant le film mais j’ai lu cette comparaison plus d’une fois. En fait, je vois du Reichardt partout dans la première partie et la seconde aussi, dans une veine plus comique, oui. L’impression mineure touche tous ses films même si je me suis dit aussi que c’était peut-être plus léger que les précédents. Il n’empêche que j’ai adoré ce personnage de bourgeois loser qui rêverait d’être dans un film de braquage et se retrouve dans du Reichardt, c’est-à-dire dans la « réalité ». Je ne savais pas que le titre était ironique en lançant le film. On lit souvent que ceux qui vivent des événements extraordinaires — tragédies ou l’inverse – sont stupéfaits par la suite des événements, c’est-à-dire le retour au quotidien, et Reichardt parvient à capter ça sans être dans la platitude – la deuxième heure qui s’enlise me plaît autant que la première.
-
Alexandre
Invité« Jamais un protagoniste de Reichardt aura eu aussi peu envie d’être dans un film de Reichardt. «
« Il n’empêche que j’ai adoré ce personnage de bourgeois loser qui rêverait d’être dans un film de braquage et se retrouve dans du Reichardt »Ces deux phrases se répondent et suscitent la curiosité de revoir le film. Peut-être que son esthétique tient dans le hiatus entre clichés de la représentation (ces télés qui diffusent des images du Viet Nam) et étrangeté radicale du personnage.
-
Alexandre
Invité« Je n’ai pas pensé aux frères Coen en regardant le film mais j’ai lu cette comparaison plus d’une fois. «
C’est très sensible, je trouve, à la toute fin avec la scène de la manif (je n’en dis pas plus)
-
K. comme mon Code
InvitéOui, ça me semble être le cœur du film. Ce personnage dont l’aspiration à la grandeur est déjouée voire moquée par la vie (ici : le style de Reichardt).
-
Schnoups
InvitéOù vois tu cette « aspiration à la grandeur » K ?
-
begaudeau
Invitéma vision du film est semblable à celle de K
aspiration à la grandeur ? oui, en quelque sorte. les premières scènes où on peut croire que ce « mastermind « est un immense gentleman cambrioleur, et se prend un peu pour ça, sont géniales
il y a aussi un truc avec l’art – ce type est une sorte d’artiste raté, où un type trop dilettante – et bourgeois? fils à papa? – pour avoir eu la détermination et la consistance qu’il faut à l’art
(ça fait deux films qui questionnent ça: un-e artiste c’est quoi?)
impatient de revoir le film, dont je pressens que, comme Showing up, il révèle bien des petits trésors à la revoyure -
Schnoups
InvitéAlors, j’aime beaucoup le début, quand il pique la petite figurine pour la placer dans le sac de sa femme. Génial. Le vol des tableaux très bon. Le placement du tableau volé dans le salon, pas mal du tout (comme son prof de fac donc). On pourrait croire en effet qu’il l’a volé juste pour ce moment qui dure quelques minutes. Je trouve surtout marquant l’aspect pitoyable du personnage qui ne m’est jamais apparu comme un Gentleman cambrioleur. L’aspect pitoyable est vraiment creusé dans la deuxième partie du film qui pour moi a une transition un peu laborieuse. Un peu trop pour moi. J’ai vu le film en deux fois. La deuxième vision pour la deuxième partie passait mieux. Je reverrai plus tard. À part First Cow et Showing UP j’ai souvent du mal avec ses films.
-
Tony
InvitéJe crois qu’on a vu la même chose, c’est vrai que le début est intéressant quand il dérobe la petite figurine et que dans l’arrière plan on voit sa petite famille à l’écart en même temps que l’on entend son gamin s’exprimer de façon très intellectuelle,la situation est assez étrange,on a le sentiment d’une sorte de sécession dans cette façon qu’il a de ne pas s’intéresser à eux,on suppose par la suite qu’il ne les supporte pas,qu’il veut s’en échapper et que cette cavale est autant désirée que contrainte,bref un drôle de personnage qui, oui,fait un peu pitié.
-
Alexandre
InvitéJ’aimerais vraiment le revoir pour en outre comprendre pourquoi le choix de cette époque.
Il y a là quelque chose qui m’entortille. -
Tony
InvitéSur le choix de l’époque on peut y voir un moment charnière où la jeunesse s’est révoltée contre la perspective d’aller combattre et s’est politisée à gauche,on sent cette tension chez le personnage qui,lui,en bon petit bourgeois,a l’air de refuser de travailler, préférant une vie d’esthéte qu’il n’a pas les moyens de s’offrir.
-
Alexandre
InvitéD’accord pour la « vie d’esthète qu’il n’a pas les moyens de s’offrir » mais de quelle tension s’agit-il au regard du contexte?
Où se situe le désir de cinéaste de Reichardt ici? C’est un mystère pour moi (et je reconnais que ce mystère nourrit mon intérêt).
Ou alors il y a une fine conjonction entre ce que tu dis, un retour naturel de la cinéaste vers une ambiance inscrite à même une époque où l’art moderne, les musées, les fondations avaient la cote (j’ai moi-même des souvenirs de mes 4-5 ans traversés par ça, des livres un peu arty chez mes parents, ce genre de choses) et aussi, éventuellement, un penchant cinéphilique de Reichardt pour certains polars blêmes de la première moitié des années 70. -
Schnoups
InvitéIl l’est jusqu’au bout, avec ce dernier plan assez drôle où il ose tambouriner pour dire qu’il y a un malentendu. Vous embarquez des gens qui n’ont rien fait, moi j’ai fait mais je n’ai rien à faire là.
-
Alexandre
InvitéNe divulgue pas trop quand même!
-
Tony
InvitéAh oui la fin est géniale, ça m’a réveillé et je me suis dit dommage le film aurait pu être drôle.
-
K. comme mon Code
InvitéPendant le dîner familial, quand il se moque de ceux qui n’aspirent qu’à un job dans un bureau, on se dit qu’il considère son braquage comme une œuvre à sa hauteur. Il s’avère être nul pour ça – il ne suffit pas de faire tomber ses clés devant un garde endormi pour être un génie – et ça ne serait de toute façon jamais une façon de remplacer l’œuvre qu’il ne fera pas. La réplique sur son professeur est assez mystérieuse. Ce ne seraient même pas des tableaux que le père, à priori. Je le comprends très bien tout en étant stupéfait par ce passage à l’acte qui trahit autant sa mégalomanie que son insatisfaction. On imagine qu’il a dû défendre son choix de faire des études artistiques avec, visiblement, des gens dont il n’apprécie pas le mode de vie et les idées – lui-même quelles sont ses idées ?–, et tout ça pour devenir quoi ? Même dans la seconde partie du film, il n’a pas le droit à un destin exceptionnel.
@Alexandre : le contexte historique permet de souligner son désintéressement du monde et amène cette fin, je n’ai pas trouvé ça très souligné ou cliché. Ce désintéressement étant sans doute en partie responsable du fait qu’il pense seulement à voler des œuvres plutôt qu’à en faire. Et plus simplement ça rend la première partie du film plus vraisemblable.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
younès
InvitéVu aujourd’hui « Les Bruits de Recife » (2012) et « Bacurau » (2019) de Kleber Mendonça Filho (afin de préparer la sortie en salle de « L’Agent secret », meilleur film 2025 selon la rédaction des Cahiers).
Ça m’intéresserait de savoir ce que vous pensez de ce cinéaste.
« Les Bruits de Recife » m’a passionné dans ce qu’il dépeint de la société brésilienne : quelque chose qui coince, dans ce quartier résidentiel moyen mais quoi ? On sent, notamment par les quelques incursions fantastiques, que le passé travaille subrepticement le présent et la sensation de promiscuité entre les voisins. Quelque chose coince, mais quoi ? La frontière entre le juste et la porosité est mince dans ces cas-là, et Filho nous sort un beau numéro de funambule pour ne pas tomber dans la grossièreté d’un côté ou de l’autre.
Moins emballé par « Bacurau » où Filho, en essayant de traiter frontalement le sujet politique, devient moins conséquent. La même sensation m’était venu après le visionnage de « Nouvel Ordre » de Michel Franco : des cinéastes comme des poissons dans l’eau quand il s’agit de tirer le fil dans les profondeurs des affects sociaux et politiques (dans ce que ça comporte de sombre et de difficilement perceptible), mais qui se noient une fois qu’ils remontent à la surface. Sensation étrange… En tout cas, rien que pour sa tentative (réussie, je trouve) de renverser les attendus du genre « thriller », il mérite d’être vu. Pourquoi pas le mettre en relation avec le dernier PTA ?-
younès
InvitéPS : sur Critikat, le très bon texte de Josué Morel à propos de « Bacarau » relate plus clairement le malaise ressenti après ce film. Si ça vous intéresse…
-
Alexandre
InvitéDe Filho Mendoça (l’ai-je bien écrit?), j’avais aimé Aquarius, avec la star Sonia Braga. Moins Bacurau.
-
Alexandre
InvitéJe l’ai mal écrit.
-
Carpentier
InvitéSon dernier est en salles aujourd’hui
À voir, lui aussi, avant publication du Top 5 -
I.G.Y
InvitéVu Les Bruits de Recife en début d’année sur recommandation de ce forum, et je recommande aussi. L’art et la manière de faire monter une tension à partir de presque rien. Le travail sonore, très soigné, est remarquable. J’adorerais le voir en salle.
-
Tchitchikov
InvitéJ’aime également ses trois longs métrages (pas vu son dernier docu, qui m’intéresse). Me reste en mémoire dans Les bruits le plan de cette fille qui trouve un certain plaisir au branle de la machine à laver contre son corps.
–
Je remarque que de Bacurau on retient souvent le scénario ou la supposée leçon politique qu’il faudrait en tirer. Ce que je me plais à voir quant à moi, par-delà la jouissance de voir Goliath perdre et l’autonomie de ce village, ce sont ces plans larges avec toutes ces gueules, ces gros plus indociles qu’on l’attendait nous autres sveltes (on assassine bien les gros normalement) et si beaux à voir, etc. etc. ces infimes détails qui n’ajoutent justement rien au scénario. Et puis, outre l’effet de surprise qui surgit de nos attentes devant le cinéma de genre, précisément, Mendoça crée tout le temps de l’indétermination : « est-ce une caricature ? Oula ça vire au nanard ? Leçon politique ? Quel tableau de l’anarchisme ! Mais ils sont totalement désorganisés ! » etc. J’me suis senti un peu comme devant Parasite de Bong, il y a dix films dans le film. Pourtant je dois avouer qu’au deuxième visionnage, l’effet de surprise en moins, ça n’a pas la même teneur. Pas mécontent de faire plus gaffe à autres choses par contre.
–
Bref, hâte de voir L’agent secret.-
Charles
InvitéJe ne veux pas vous survendre l’agent secret mais c’est à mon sens son meilleur film depuis les Bruits de Recife et une excellente synthèse de son cinéma, même si je pense qu’il va en mécontenter certains (patine seventies trop chic, héros trop cool, fachos trop méchants mais ça serait dommage de s’y arrêter car le film contrebalance très puissamment ces aspects).
-
Tchitchikov
InvitéJ’ai découvert la revue Tsounami grâce à vous en traînant ici. Précisément en entendant Samir et François en parler dans le TVB sur Mektoub canto due. Le revue ma paraît être d’une grande qualité. Bel entretien sur L’agent secret justement. Je ne suis pas allé jusqu’au bout puisque je veux le voir avant.
Kleber Mendonça Filho : « Dans mes films, je peux effacer ce que je veux ! »
-
-
-
-
-
-
Carpentier
InvitéPialat, l’enfance nue
-
Carpentier
Invitéà part FB, qqn.e qui traine ici et qui, peut-être, était aussi à son truc sur, L’enfance nue de Pialat, son film préféré ou, à minima, un de ses prefs?
-
-
Charlie
InvitéBonjour à toutes et tous,
Je viens faire un peu de promo pour notre dernier épisode du podcast La lumière dans le fond.Dans le cadre de la sortie de Kika on a reçu des Travailleuses du Sexe membres du Strass (Syndicat du travail du sexe) pour discuter un peu de la représentation du TDS au cinéma. On parle donc de pas mal de films abordés ici (Anora notamment) et d’autres un peu plus anonymes (Working girls de Lizzie Borden) et on part de ces films pour parler plus en détails de la situation des TDS en France.
Je vous mets un lien ici si ça vous intéresse : https://smartlink.ausha.co/la-lumiere-dans-le-fond/la-lumiere-dans-le-fond-47-cinema-et-travail-du-sexe
Bonne soirée !
-
-
nefa
Invitémerci
paysage qui dialogue avec territoire
paysage : là où ça vit ; comme si on avait pas trop envie de toucher
territoire : personnage politique frotté frotte un autre, on participe
-
-
Mathieu
Invitéhttps://wikiflix.toolforge.org/#/
Salut les amis, voici une plateforme composée majoritairement de vieux films, que je viens de découvrir via un extrait de BFM TV (comme quoi). Beaucoup de grands classiques en accès libre: des Lumière, des Mélies, des Chaplins, des Keatons, des Renoir, des Hitchcock, du Kiarostami également etc etc. Cela va de 1896 à 2014 environ. Le film le plus récent me semble être CitizenFour. Ça a l’air pas mal du tout
-
Schnoups
InvitéMerci, il y a des films que je n’ai jamais pu voir.
Et y’a les premiers Mizoguchi.
Surtout, on va enfin pouvoir revoir tout Eisenstein.-
Scoob
InvitéMerci, est-ce que quelqu’un sait si des sous-titres sont disponibles quelque part ?
-
Malice
InvitéIl y a des sites où tu peux télécharger des fichiers de sous titres ici
https://www.movavi.com/fr/learning-portal/meilleurs-sites-telecharger-sous-titres-films-series.html
-
-
-
-
Stéphanie
InvitéMerci MA et Mathieu.
-
Carpentier
InvitéAloooors, si on est toujours un peu dans la dynamique du ’ cinéma sortant sur écran et récent ’
vu
– love me tender
– Le chant des forêts
– Gérald le Conquérant
Si qqn.e avait l’idée saugrenue de troller à propos, pas se gêner …
(qqn.e d’égaré.e grave ici et avec goûts de chiottes au ciné, veux-je dire)
Des films que t’es obligé.e d’avoir vraiment vu, quoi, en fait
Sur lesquels tu trouves pas encore en un clic de quoi publier un fake de post ici, quoi-
Carpentier
InvitéEboué nous fait un nouveau pan de comédie sur ses thèmes favoris qu’on aime
Dans la salle beaucoup de vingtenaires-trentenaires (séance de 18h, un jeudi) dont un, au rire hyper partageur – vraiment bien.
L’actrice choisie pour faire le rôle de la femme de Gérald est formidable, son gamin semble sorti d’un casting Dumont-P’tit Quinquin
et sa ‘ fête au puits du fou ‘ m’a totalement séduite.
C’est faussement bourrin, on adore.-
Carpentier
InvitéEboué y joue même avec un scénar quasi façon bds on pourrait dire, avec des explosions-attentesques de ce qui n’est pas du cru: du putain de méchant identitaire totalement aveuglé par l’héritage d’une fausse histoire familiale inventée pour glorifier une ancêtre: ouais, un film qui ‘ fait sa fête au Puy du Fou ‘ et j’ai rigolé fort.
Et la séquence ‘ présentations d’excuses forcées d’un vétéran du débarquement ‘ , conduit par sa fille à une énième cérémonie commémorative, est géniale; le vieux pouffe de rire quand le fou-furieux identitaire vire aussi sur des excuses pour les indiens d’Amérique: benh oui, pendant qu’on y est.
Eboué dit certains massacres, des discriminations, des injustices en droits sous une forme qui peut être décrite comme générale, benh oui, les droits des humains violés quoi et toutes les violences attenantes subies (il en choisit d’autres pour sa fin) mais la forme qu’il choisit pour est intelligente, pas légère mais tout aussi intelligente que ces films qu’on a déjà vu, dégoulinant de moraline ennuyeuse et, parfois même, qui s’arrangent éhontément avec les faits historiques.
Une comédie pour dire la folie radicale de toute attention aigue à des revendications identitaires.
Marrant car, en y repensant aujourd’hui, Bourdon aurait eu sa place au générique, tiens;
il avait fait un truc en Bretagne façon gros lourdaud comme ça aussi, une histoire d’héritage
bref, j’ai vu un film au ciné avec des jeunes dans une salle, et c’était pas Avatar : D
-
-
Carpentier
InvitéTrès loin d’Allen, je conseille fortement à ceux qui l’ont oublié ou pas vu le premier Ace Ventura,
je me demandais comment on était passé de la demande sur la filmo de Woody à Carrey : D
assez simplement en fait, avec une reco qui ose
– Allen aura pris moins de place que Lynch,
déjà ça,
-
-
Sarah G
InvitéBonjour à vous tous.tes,
Je voulais savoir ce que l’on pense par ici du cinéma de Woody Allen? .
Et pour ceux qui ont déjà vu ses films, lequel me conseiller-vous ?.
Je connais une partie de sa filmographie mais jamais vu ses films.
Merci à vous tous.tes pour vos réponses-
Charles
InvitéTrès inégal, en tout cas paresseux et ringard depuis à peu près 20 ans. Ça tient difficilement passé le charme des trente premières minutes (ping-pong verbal entre gens raffinés et gentiment névrosés).
Mes préférés (même si je ne les ai pas revus) : Annie Hall, Manhattan, Crimes et délits, Match point.-
Sarah G
InvitéMerci beaucoup pour ta réponse Charles, et oui le seul que j’ai vu est Match Point.
Mais dès que je regarde les BA et premières minutes, j’ai dû mal à y entrer et à rester dans le film, à part Match Point que j’avais bien apprécié à l’époque mais cela fait longtemps que je l’ai vu.
Cela me fait pareil avec certains films d’Alain Resnais. -
Alexandre
InvitéD’accord avec le choix de Charles (j’ajouterais Zelig, La Rose pourpre du Caire et Hannah et ses soeurs) mais pas avec la sévérité de son diagnostic.
C’est vrai qu’il y a eu un pic (les années 80) de l’inspiration de l’artiste et ici ou là, de brillantes remontées (Tout le monde dit I love you, très très fun, Coups de feu sur Broadway, superbement écrit)-
Sarah G
InvitéMerci pour les recommandations.
-
I.G.Y
InvitéJ’ai vu/revu Annie Hall et Manhattan cette année et je ne regrette pas. Et en parlant de Resnais, j’ai aussi eu un peu de mal à rentrer dans Je t’aime Je t’aime, vu hier, qui ensuite m’a stupéfié (il vaut mieux ne rien en savoir avant de le voir). Je n’avais pas du tout eu un si bon souvenir de Hiroshima mon amour et je serais curieux de savoir ce qu’on pense ici de ce cinéaste que je connais mal.
-
Malice
Invité« Je t’aime je t’aime » est-il aussi bon que « Céline et Julie »?
-
Alexandre
InvitéMalice, aucun rapport entre les deux films! (rires)
-
Malice
Invitéoui surtout le réalisateur
Je ne suis pas bien réveillée
-
-
-
Charles
InvitéLes premiers Resnais sont géniaux, de grands films de la modernité cinématographique, denses et opaques. J’aime moins le reste mais il y a toujours quelque chose à manger (contrairement aux somnifères bourgeois de la dernière période d’Allen), à voir. Ça reste un grand expérimentateur, un grand formaliste pendant près d’un demi-siècle. Sa période Azéma Arditi Bacri n’est pas ce que je préfère mais je garde un excellent souvenir des Herbes folles, joyeux et bondissant.
-
Sarah G
InvitéOui d’accord avec toi Charles, les premiers Resnais sont de grands films.
-
Sarah G
InvitéCelui que je n’ai pas du tout aimé dans la période Azéma Arditi, c’est Vous n’avez encore rien vu.
-
Alexandre
InvitéIl faudrait que je le revoie celui-là. Il m’avait plu mais mais il ne m’avait pas paru très pétillant, pas en très bonne santé. Il flirtait même avec une certaine laideur.
Parmi les derniers Resnais, j’ai adoré en salle Pas sur la bouche.
Les Herbes folles est très inventif, plein de vitalité mais assez imbitable (rires).
J’aime bien le tout dernier et méconnu Aimer, boire et chanter
-
-
-
-
-
-
-
Mao
InvitéAssez d’accord sur le fond avec Charles. J’ajoute tout de même « Guerre et Amour » et surtout « Harry dans tous ses états », qui sont d’après moi ses films les plus drôles, avec notamment ce passage :
-
Sarah G
InvitéMerci Mao, je vais regarder tout ça.
-
-
-
Mathieu
InvitéJ’avais tenté sur l’ancien forum une défense de sa période années 2000-2010 en distinguant ses films comédies fantastiques et passéistes ( Minuit à Paris, Café Society, Magic In The Moonlight, Scoop, Wonder Wheel) de ses films ancrés dans le présent ( l’homme irrationnel, blue jasmine, un jour de pluie à New York, To Rome With Love, You Will Meet a tall dark stranger), pour sauver la première catégorie et écarter la deuxième.
M’enfin c’est très schématique car j’aime beaucoup Match Point, que je trouve même supérieur à Crimes et Délits dans le même style.
J’aime beaucoup aussi Whatever Works, qui est pour moi une sorte de chef-d’oeuvre du feel good movie qui ne dit pas son nom, dans le style de Annie Hall et d’ailleurs écrit à la même période, pour l’acteur Zero Mostel, mais filmé bien plus tard, en 2009 avec Larry David.
J’aime beaucoup aussi le drame tragique Le Rêve de Cassandre, classique, tendu et bien interprété.
Par contre, un prétendu chef d’oeuvre comme Manhattan m’a profondément ennuyé donc bon, je ne suis sans doute pas une référence.
Essaie de voir au moins Annie Hall pour te faire une idée. S’il fallait en conseiller un, ce serait celui-là pour moi. Il invente une forme, son style introspectif, tout en étant drôle et émouvant. Il est considéré majoritairement comme son meilleur film. A raison à mon avis.-
Malice
Invitéa propos du camarade de Zéro Mostel dans » Les producteurs », j’ai un bon souvenir de Gene Wilder s’éprenant d’une brebis dans » tout ce que vous avez toujours voulu savoir »
J’avais découvert Larry David grâce à Whatever Works, je remercie Woody pour ça-
Alexandre
Invité« j’ai un bon souvenir de Gene Wilder s’éprenant d’une brebis dans » tout ce que vous avez toujours voulu savoir » »
Ça c’est ex-trê-me-ment drôle.
Ceci dit, c’est pas mon Woody première manière préféré (je crois que c’est Woody et les robots ), le film est souvent lourd. Mais il y a le sketch final avec les spermatozoïdes qui est génialissime.
-
-
-
-
Alexandre
Invité« Assez d’accord sur le fond avec Charles. »
« paresseux et ringard » me semble trahir un non amour général pour Woody Allen. Ce qui est parfaitement concevable. Je crois suffisamment aimer l’œuvre de Woody, son côté abricotier (une cueillette par an, avec des crus en deçà), sa régularité donc, amicale, fidèle, attentionnée, pour ne pas concevoir, en revanche, qu’on puisse la taxer de ringarde.
« paresseuse » se justifierait plus si le bonhomme n’avait pas, à de nombreuse reprises, montré qu’il n’ambitionnait rien d’autre que de donner régulièrement de ses nouvelles, au prisme de sa connaissance pointue, attendrie et chambreuse des Bobos new yorkais et d’un imaginaire engendré par l’assidue fréquentation de ses dieux : Tchékhov, Bergman, Fellini ou Cole Porter.
Ainsi, taxer de paresseux le plus routinier de ses films me paraît plus mal ajusté qu’injuste tant s’y fait jour le principe musical de la variation, avec des motifs à la fois récurrents et pris de biais, apparaissant en fonction du cru autant comme mêmes que glissés à l’image (comme on glisserait quelque chose à l’oreille de quelqu’un) sous un angle inédit.
Moi je prends tout (en toute lucidité) de ce grand auteur de comédie avant tout qui se sera servi du cinéma avec une élégance jamais prise en défaut, un sens du cadre et de la photo toujours tirés à quatre épingles.-
Charles
InvitéJ’ai regardé récemment Magic in the Moonlight et c’est tellement en pilotage automatique, il ne se passe rien qu’on n’attend pas, ça ne tient plus que sur le charme des interprètes. Ces personnages de blasé et persifleur pour l’un et d’ingénue plus maligne qu’on le croit pour l’autre, j’ai du mal à qualifier ça autrement que de ringard.
C’était pareil avec l’homme irrationnel : le prof de philo désabusé et dépressif face à l’étudiante fascinée et pleine d’entrain c’est assez consternant. Et quand l’intello annote son exemplaire de Crimes et châtiment pour qu’on comprenne son amoralisme vaguement nietzschéen on a atteint un sommet de paresse.
Mais oui il s’entoure de chefs ops compétents.-
Charles
InvitéCrime* et châtiment.
-
Tony
InvitéC’est quand-même un problème aujourd’hui Woody Allen mais c’était aussi le portrait sociologique d’un petit milieu,d’une époque qui nous paraît maintenant un peu lointaine,une petite bourgeoisie jouisseuse et névrosée, ça m’est difficile de trouver l’envie de les revoir même si certains films,je crois,sortent du lot et réussissent encore à nous intéresser et à nous faire rire(Hannah et ses soeurs par exemple)
-
-
Alexandre
Invité« J’ai regardé récemment Magic in the Moonlight et c’est tellement en pilotage automatique, il ne se passe rien qu’on n’attend pas, ça ne tient plus que sur le charme des interprètes. Ces personnages de blasé et persifleur pour l’un et d’ingénue plus maligne qu’on le croit pour l’autre, j’ai du mal à qualifier ça autrement que de ringard. »
C’est ça qui me chagrine.
J’appelle cela des archétypes: il y en a aussi chez Molière ou Plaute.
Et ce n’est pas qu’une histoire de chef-ops, c’est aussi une affaire de lisibilité, de netteté de l’écriture et de la tenue plastique qui portent avec cohérence ce petit théâtre allenien, fait d’archétypes.
Mais encore une fois, il ne s’agit pas pour moi de me pâmer à chaque nouvelle cuvée (nous devrions hélas conjuguer tout cela au passé), loin de là, mais d’apprécier la cohérence, et la générosité globale, de l’œuvre.-
Alexandre
InvitéEn fait, c’est…..Crimes et délits
-
Charles
InvitéOui mais Molière a largement contribué à créer les archétypes dont tu parles qui étaient des archétypes sociaux qui lui permettaient de dépeindre le monde dans lequel il vivait et ses grandes évolutions, ce que ne fait pas Allen qui me donne l’impression de racler les fonds de tiroir avec des figures vues et revues auxquelles il n’ajoute rien.
-
Alexandre
InvitéRien n’est jamais complètement rien chez Woody Allen.
Il ajoute toujours une couleur nouvelle, une humeur, un biais (ou enjeu) moral pas décliné de cette manière ci, ou de cette manière-là.
Tu parles de L’Homme irrationnel que je n’ai vu qu’une fois et que je ne me bouscule pas de revoir peut-être pour les raisons que tu dis (tiens, ça me donne une idée pour un de ces soirs). Mais je me souviens qu’il y déclinait, d’une façon particulière à ce film, son récurrent penchant dostoïevskien.
Fond de tiroir ? Peut-être. Mauvais film ? Désolé mais je ne parviens pas à m’y résoudre. J’y vois de l’inextinguible variation en mode mineur comme il pourrait y avoir cinquante autres. Et, au milieu de ce corpus avéré ou hypothétique, une vingtaine de comédies (ou drames) formidables.
A l’heure de ce bilan, je suis OK pour trier le grain de l’ivraie mais peine à être dans l’état d’esprit de garder des trucs et de jeter tous les autres : ça ne colle avec la sympathie substantielle que m’inspire l’œuvre dans sa totalité.
Ah, une dernière chose, j’ai aimé, même si raisonnablement, son film français avec Melvil Poupaud, scandaleusement maltraité par la critique.
Si celui-là devait être le dernier, et c’est parti pour, sortir de scène dans la langue de Molière ne me paraît pas tout à fait indigne.-
Malice
InvitéDans L’homme irrationnel j’avais aimé le fait que le héros ne trompe pas son ennui et sa dépression en couchant avec l’étudiante ( ce qu’il fait malgré tout) mais en trouvant dans le crime un sens à son existence ( il avait un regain de vitalité en commettant le meurtre)
-
-
-
Mathieu
InvitéEn y réfléchissant encore ce matin, je me dis qu’à l’heure du bilan, je trouve peu de scénaristes-réalisateurs ayant réussi à jongler au fil des années entre des comédies ludiques, son point de puissance pour moi, qu’il donne l’impression de pouvoir écrire au kilomètre, en étant toujours assez inspiré (Rose du Caire, Scorpion de Jade, Scoop, Hollywood Ending, MMM, MITM, MIP), des films plus introspectifs et personnels, sous forme de journaux intimes ( Annie Hall, Manhattan, WW, Anything Else…), des drames tragiques (Matchpoint, Rêve de Cassandre, Crimes et Délits).
Au final, il est sans doute bien plus un scénariste qu’un réalisateur, et si j’étais sévère je dirais qu’il s’est trompé d’art et qu’il aurait été meilleur romancier ou dramaturge que cinéaste. Je disais plus haut que la forme d’Annie Hall était une invention mais en fait non, je me suis enflammé, c’est un détournement des outils de la Nouvelle Vague- voix off, regard caméra, apostrophes au spectateur. Ce n’est pas un inventeur de forme, mais c’est un écrivain.
Et puis il faut voir son héritage, qui va de Nora Ephron, Harold Ramis ou Judd Apatow pour le plus mainstream, en passant par Noah Baumbach ou Greta Gerwig pour le plus auteuriste. C’est assez ample.
Avec tout ça, Alexandre, tu me donnes envie de regarder Coup de feu sur Broadway!-
Alexandre
Invité« Ce n’est pas un inventeur de forme, mais c’est un écrivain. »
C’est un écrivain, un scénariste, un pasticheur, un comédien, un directeur d’acteurs et aussi un formaliste.
Revois Zelig, qui est techniquement bluffant.
-
-
-
-
-
Schnoups
InvitéTrès loin d’Allen, je conseille fortement à ceux qui l’ont oublié ou pas vu le premier Ace Ventura, vu pour la première fois il y a peu.
Je ne suis pas une fan de Jim Carrey mais là dedans il me fait pleurer de rire. C’est pas pour les enfants mais ça peut détendre votre beau-frère pendant les fêtes.
Attention, faut être en forme, c’est épuisant.-
Malice
Invitéet tu enchaînes avec « Fous d’Irène »
-
joy
Invitétu me plais Malice.
-
Schnoups
InvitéFou d’Irène vaut le coup pour son début et la première transformation en Hank qui est à tomber par terre mais la suite est décevante. Ace Ventura est bien meilleur.
-
Charles
InvitéJe préfère nettement Fous d’Irene car Carrey y est moins insupportable, il a des scènes où il joue normalement (ce qui repose un peu), et tout le comique du film ne repose pas que sur lui (les gamins sont assez drôles par exemple). Mais il est vrai que comme dans 90% des comédies ça s’épuise et s’effiloche après 45-50 minutes.
Par ailleurs, la fin très transphobe d’Ace Ventura n’a pas bien vieilli (on en avait déjà parlé sur l’ancien forum, je ne veux pas relancer le débat non plus mais je ne peux pas ne pas le noter).-
Schnoups
InvitéPour moi il y a 15 étages entre Fou d’Irène et Ace Ventura. Le premier fait rire 20 minutes pour rapidement devenir une comédie romantique qui ne nous fait plus rire du tout. Certes les enfants sont drôles mais anecdotiques. Et c’est sur le couple que tient le film. Ace Ventura est bourré de personnages secondaires très drôles, sans parler de l’actrice qui joue le footballeur. Et ne serait-ce que la première séquence avec le gars qui reçoit le colis.
Concernant l’aspect transphobe que tu abordes je vais quand même te répondre. On pourrait d’abord remarquer que tu ne cites par la deuxième séquence d’Ace Ventura pour dire que ça vieillit mal : la première apparition d’un personnage féminin dans le film est une ménagère à grosse poitrine, vulgaire et sexy, qui propose à Ace un paiement en nature qui le fait décoller du sol. Scène bien moins drôle que la précédente qui est hilarante (surtout à la deuxième vision du film). Est drôle qu’il lui dise de raquer parce qu’il a niqué sa bagnole alors qu’elle lui propose clairement autre chose, mais sans plus. ça, ça vieillit toujours bien apparemment. Dans Fou d’Irène, le comble de l’humiliation pour le héros est que sa femme le quitte pour un homme qui est nain et noir. ça aussi ça vieillit bien visiblement, peut être parce que c’est drôle. Revenons à la fin du film, est très drôle le comique qu’engendre le fait que la lieutenant soit aussi le footballeur, puisque d’abord c’est complètement improbable, est très drôle qu’au moment où il le découvre, de face elle est femme et de dos elle est homme (réellement, un passage où elle est d’un coup de dos et marche tout à coup comme un homme très grossièrement est très drôle). Enfin, le combat entre Ace et elle, quand il lui met des grosses patates dans sa gueule et lui éclate le crâne contre un poteau. Donc ça vieillit bien, comme la ménagère qui lui suce la bite, comme l’épouse qui part avec un nain noir, parce que c’est drôle. Ace Ventura est drôle du début à la fin. C’est rare et c’est ça que tu devrais noter.-
Charles
InvitéJustement ce n’ est pas drôle du début à la fin. Les autres séquences que tu cites et que j’avais oubliées sont anecdotiques dans le récit d’Ace Ventura. Mes personnages secondaires de Ventura n’ont pas de force comique propre, ils ne sont là que pour renvoyer la balle à Ventura qui prend seul en charge le comique du film (comme dans OSS 117 par exemple).
Dans Fous d’Irene on ne se moque pas du nain, il n’est pas humilié, contrairement au trans d’Ace Ventura, évidemment un psychopathe, dont la révélation de l’appendice suscite un dégoût général – ha ha ha.-
Ema
InvitéEn même temps Charles si on les regarde avec nos lunettes politiques contemporaines 50% des comédies de ces années là elles passent pas le contrôle technique… grossophobie, validisme, homophobie etc c’était quand même un gros carburant à blagues dans les années 90-2000
-
Charles
InvitéEma, oui je suis d’accord, je ne dis pas qu’il ne faut pas le regarder ni le canceller simplement que l’évolution des mentalités rend ça moins drôle.
Schnoups, dans Fous d’Irene c’est le personnage de Carrey qui se sent humilié, c’est pas le nain noir qu’on humilie, c’est là où est la grosse différence.-
Schnoups
InvitéJe me doutais bien que tu allais souligner ça. Le bénéfice de notre époque c’est qu’aujourd’hui en voyant ça on est un peu gênée. Moi même en me marrant je sens la gêne. Tant mieux. Mais si on reprend précisément la scène, est drôle l’aspect tyrannique et connard de Ace qui la déshabille devant tout le monde (car c’est humiliant pour n’importe quel être humain). C’est un élément comique du passage. Le voir buter sur la vraie chevelure, puis les vrais seins, ah ouf, la bite est là. Lorsque les flics crachent, ce qui est drôle ce n’est pas leur dégoût mais le fait qu’elle les ait tous embrassés, même le gars kidnappé et ligoté au poteau. Tout comme le dégoût de Ace lorsqu’il découvre qu’il a embrassé un ancien footballeur est d’abord gênant parce que pas très drôle, mais la surenchère entraine un final génial dans la salle de bain : il va jusqu’à bruler les habits qu’il portait lorsqu’il l’a embrassé et se met à pleurer sous la douche dans un drama excessif (avec la caméra qui fait une plongée du plafond avec dans le même cadre les habits qui brûlent et Ace qui chiale) et où ce qui est ridicule c’est lui et cet excès de dégoût.
-
-
-
Schnoups
InvitéC’est pas parfait tout comme le passage avec la ménagère n’est pas complètement drôle non plus.
En fait le film ne te fait pas rire du début à la fin donc c’est pour ça que Fous d’Irène te semble supérieur. On peut s’arrêter là et ne pas aller dans « c’est transphobe et ça vieillit mal ». Ce serait plus simple et plus juste d’en rester là. Sans parler du fait que Ace Ventura fait une référence explicite (cité par Ventura) au Silence des agneaux, c’est donc un effet parodique d’un énorme succès d’époque. Et désolée mais la scène du déshabillage est drôle aussi.
Et c’est une humiliation dans Fous d’Irène que sa femme parte avec un nain noir. Si si Charles. Même si pas de scène de déshabillage et de pointage de la bite au niveau des fesses, c’est clairement un élément de comique du comble d’un homme qui se fait marcher sur les pieds par tout le monde, même par un nain noir. C’est peut être moins frontal et brutal que dans Ace mais c’est ce qu’on apprécie dans Ace Ventura quand on est sensible à l’humour du film. Ce qui n’est pas ton cas.
-
-
-
-
-
-
Mathieu
InvitéAce Ventura en Afrique est aussi très bien. Me restent encore en mémoire une scène où il joue à faire descendre un ressort sur l’escalier sans fin d’un monastère, toute une séquence dans un consulat lors d’une réception et au moment de l’explication de sa mission, une série d’épreuves et un combat culte face à un guerrier de la tribu adverse, et bien sûr la séquence non moins culte « d’accouchement » du rhinocéros.
A la réflexion, je me demande même si je ne le trouve pas supérieur au premier.-
Schnoups
InvitéLe deuxième j’ai dû tenir 15 minutes.
Je le retenterai. -
Malice
InvitéJ’avoue que je trouve le 2 plus drôle que le 1
La scène où Ace met un mec sur ses épaules pour en faire un renard de tenue de soirée-
Schnoups
InvitéOui, le gars en poids mort sur les épaules ça m’a bien fait rire. Il brille particulièrement en soirée mondaine.
Je retenterai mais le premier Ace me parait imbattable et ça commence vraiment fort avec ce Ace livreur qui défonce le paquet sur la longueur jusqu’au client à qui il propose direct une assurance. Après j’ai enchaîné beaucoup de films avec Jim Carrey en peu de temps et c’est peut être pas conseillé.-
Malice
InvitéTu t’es fait lesquels?
C’est peut-être le moment de faire un top Jim Carrey
J’ajoute à Ace et Fous d’Irène Dumb and dumber et bien sûr The Cable guy
mais interdiction d’inclure « Eternal sunshine »-
Alexandre
InvitéSans aucune hésitation : Man on the Moon, son grand film.
-
Schnoups
InvitéJe cherchais quand même du comique donc j’ai écarté d’emblée le fait de revoir Eternal Sunshine et je suis pas très Gondry moi.
Donc The Mask, Fous d’Irène (que je connaissais déjà), Ace Ventura (et arrêt du deuxième donc), Dumb & Dumber, I love you Phillip Morris, The Cable Guy j’ai capitulé au bout d’une heure (c’était avant la décision de chercher le comique), puis Bruce Tout puissant que j’ai arrêté bien avant la fin que c’est même pas la peine ce film (on va lancer un tic, il suffit d’être insistant). Bizarrement là j’ai fait une pause.
Si t’en as un très bon à me conseiller je prends sinon je crois que c’est la fin. Je vais quand même essayer LiarLiar je pense. Mais je commence à fatiguer.
Ace Ventura gagne haut la main, derrière je mettrais The Mask et Fous d’Irène. Trouver Ace Ventura dans tout ça, ça a quand même été comme trouver la pépite dans un océan de petite pierres roses pâles, tu vois.-
Malice
InvitéThe cable guy ne t’a pas fait rire? Je le classais dans les comédies
Philip Morris jamais vu, tu le recommandes?-
Schnoups
InvitéAlors The Cable Guy si c’est un film comique c’est selon moi sacrément raté.
Phillip Morris vaut le coup d’être vu ne serait-ce que pour la première séquence en prison.-
Malice
InvitéMême la scène de jeu de société malaisant?
-
Schnoups
InvitéSi tu parles du jeu grandeur nature là, non, pas du tout. J’ai trouvé Jim Carrey intéressant par contre dans ce film, inquiétant comme on le voit rarement justement. Mais le film ne l’aide pas du tout et ça devient très lourdingue.
-
Malice
InvitéNon pas le truc de chevalier, le jeu du mot de passe à deviner où Jim force Steven à faire deviner des mots sexuels à sa mère
-
Malice
InvitéPS Ce n’est pas mon Ben Stiller préféré mais on sent que quelque chose est en germe, qui donnera les deux chefs d’oeuvres que sont Zoolander 1 et 2
-
-
-
-
Malice
Invitéça me touche cet amour pour Ace car quand j’étais au collège et que je le regardais, on me signifiait que c’était la honte ( un adulte entrant dans le salon était tombé sur la scène où il parle avec son cul, ce qui n’avait rien arrangé)
-
Schnoups
InvitéVers la 20 aine j’avais un pote qui était fan de Jim Carrey et qui me conseillait Ace Ventura, sauf que Jim Carrey ne me faisait pas beaucoup rire à l’époque et madame était dans le néoréalisme italien. Mon pote était très drôle par contre, souvent en soirée, quand il avait trouvé un bon mur avec assez d’espace tout d’un coup on le voyait prendre son élan pour s’éclater dessus en essayant de rester collé au moins une seconde. J’ai enfin vu Jim Carrey faire ça hier soir dans LiarLiar qui est pas mal du tout.
-
I.G.Y
InvitéJ’ai dû voir le premier Ace Ventura à 15 ans, mais j’en garde un souvenir aussi bon que lointain (cette scène lunaire où il hurle en ouvrant et fermant la baie vitrée devant les flics dépités, comme dirait Deleuze, « c’est dans mon cœur »).
-
Malice
InvitéT’as plus qu’à programmer la revoyure d’ Ace Ventura 1 et 2 – après « Le cerf sacré » pour te détendre
Au fait j’ai vu le film de Resnais dont tu parlais, j’ai beaucoup aimé la forme du récit, les bribes de dialogues très Lewis Carroll parfois. Le mystère de la disparition d’un des personnages féminins m’a marquée aussi
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Ema
InvitéC’est pas pour les enfants mais ça peut détendre votre beau-frère pendant les fêtes.
J’ai justement regardé les Ace Ventura enfant et plus jamais ensuite, il me semble que c’était au contraire très enfantin comme humour, trés cartoon.-
Ema
InvitéSans sous entendre que c’est nul si on est adulte, mais disons que si çà m’a fait autant rire enfant, et pas particulièrement traumatisée (je me souviens qu’il y a des allusions sexuelles mais sur le mode rigolo immature, comme le ferait un enfant justement)
-
Schnoups
InvitéJe disais ça justement parce que ce n’est pas un humour que pour les enfants. Tu devrais le revoir. Et les allusions sont plus qu’allusives. J’aime d’ailleurs beaucoup le passage où Ace réplique au gros flic qu’il a écrabouillé l’insecte parce que sa bite (de l’insecte) était plus grande que la sienne et que lui (Ace) a perdu 15 kilos en se tapant sa femme.
-
-
-
-
Eliot
InvitéCe qui a l’air d’être la chaîne officielle de la Fémis vient de publier cette conférence de JLG avec notamment au début une étudiante qui se plaint des contraintes données par la direction à qui JLG apporte des réponses aussi drôles qu’inspirantes. L’entretien dans son ensemble est passionnant
-
Etienne
InvitéVu : mads
C est français, barré, horrifique, angoissant et tourné en plan séquence ( 2 ou 3) -
begaudeau
Invitésérieux? tourné en plan séquence? je suis épaté d’avance
-
kenny
Invité-
kenny
Invitéavec un peu de mauvais esprit on pourrait voir de l’ironie dans le pastiche du grandiloquent travelling de truffaut
en tout cas il est notable que les institutions dénoncées dans les 400 coups – école, famille, justice sont chez pialat plutôt bienveillantes
le responsable de la dass (seul acteur pro du film) a l’air d’un brave type et même le prof à une tête de puceau
ce qui renforce l’opacité dont vous parlez
je me souviens l’avoir fait voir à mon frère, bourgeois malheureusement assez typique de l’époque, le seul truc qu’il avait trouvé à dire c’était « putain ils ont de ces gueules! » -
Schnoups
InvitéMerci, très chouette, ça donne envie de revoir le film.
Pialat a fait l’Enfance nue pour que François prononce sur deux heures 148 fois le mot mémère que c’est même pas la peine.-
Alexandre
InvitéJe viens de rire sonorement (pour info)
-
Cynthia Lennon
Invitéchut j’ai pas encore regardé
-
-
Alexandre
InvitéQuel sera le Hitchcock du prochain ciné-club?
-
Malice
Invitél’inconnu du nord express
-
Alexandre
InvitéWhaou…mon premier Hitchcock!
Formidable. Même surpris, je m’attendais, de la part de François, à un Hitchcock couleurs. C’est bête mais c’est ainsi.-
Malice
InvitéC’est peut -être pour faire le joint entre le personnage de Bruno Anthony et le mauvais fils de Benny’s video.
-
laurence
InvitéTu me plais Malice.
-
begaudeau
Invitédu moins peut on dire que Haneke est au croisement de Hitch et Bresson
Alfred et Robert ont eu une liaison cachée dont est né un enfant illégitime nommé Michael-
Alexandre
InvitéJ’imagine les deux au bord d’une piscine, surpris par les paparazzis..
-
begaudeau
Invitéà Monaco
-
Malice
InvitéJ’ajouterais bien une connerie à votre scénario de film érotique mais je viens de m’apercevoir que le ciné club était programmé le mardi 20 ( et non le jeudi, jour de disponibilité, comme je le croyais), je suis donc dég
j’avais relu le roman en prévision en plus -
Malice
InvitéJ’aurais pu saouler tout le monde en comparant le livre et le film pendant de longues minutes hélas cela ne devait pas être
-
joy
InvitéTu me plais Malice.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Charles
InvitéPas de retours sur l’Agent secret?
-
Tony
InvitéJ’y vais demain ou lundi,2h40 quand-même,c’est pas un peu long?
-
MA
InvitéEmission du 19 decembre, critique du film https://www.canalplus.com/cinema/le-cercle/h/4501558_50001/saisons/
-
Charles
InvitéÇa les vaut amplement.
-
Carpentier
Invitéje viens d’en revenir
-
Carpentier
Invitéet parmi les titres (on est en 1977)
celui-ci aussi, dans l’agent secret (les autres sont dans le topic ‘ let’s dance’)dont on sait bien que,
-
laurence
InvitéTu ne lis jamais connard malin ?
-
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéMerci Charles pour ce message qui est tombé pile quand la flemme commençait à l’emporter, je viens de sortir de la séance et on tient là bien plus que le film de l’année.
-
Antonin
InvitéBah oui
Meilleur film de l’année même si on aimerait être contre (Pourquoi ? parce qu’on sent la logique narrative trop encombante sur la fin. Logique parce que tressé depuis le début (aller -retour présent – passé avec les personnages des archivistes ( comme un choeur antique qui nous explique l’histoire. Est-ce qu’on a besoin de ça ? )
Qu’est ce qu’il reste au bout du bout dans la liste de l’année ?
Tardes de Soledad parce qu’on est scotché au siège tout le long.
« Résurérréction » de Bi Gan aussi. Mais seulement 10 ou 15 minutes par-ci, par-là…
Puis on va trop souvent dans notre tête sans revenir sur l’écran.-
Antonin
Invité(Attention, j’ai pas vu tous les films de l’année hein)
-
Charles
InvitéLes ruptures chronologiques ne sont pas des béquilles narratives, elles ne sont pas là pour expliquer le récit mais pour lui donner une certaine ampleur historique, pour mettre en perspective le récit. Et l’épilogue donne une autre dimension politique au récit qui sinon pourrait être un peu limité (le méchant facho moustachu et son fils vs le gentil et beau prof).
Mais oui K, un des meilleurs films de l’année, content que cela t’ait plu. Il trône facilement sur le reste avec Tardes de soledad et Une bataille après l’autre.-
K. comme mon Code
InvitéJ’ai été très surpris en lisant des retours sur le film à propos sur les ruptures chronologiques – très légères au cours du film – et qui n’expliquent rien mais ajoutent, en effet, une perspective au récit qu’on suit. Même sans ces ruptures, on n’est pas dans une simple opposition entre gentil vs méchants. Tout le monde vit sa vie et l’histoire agit autant qu’elle flotte autant d’autour eux. Le récit est absolument génialement mené – j’étais ravi de n’avoir rien lu sur l’histoire.
Pour revenir sur un message plus bas : les films sont différents, mais j’ai fait un lien avec l’Aventura, les deux sont bâtis (l’un intégralement et l’autre en partie) autour d’enregistrements et ce sont pour moi deux expériences esthétiques qui figurent parmi mes préférées des dernières années.-
K. comme mon Code
Invité* oublie des mots en corrigeant : j’ai été très surpris de lire des retours négatifs à propos des ruptures chronologiques
-
-
-
Carpentier
Invitéon sent la logique narrative trop encombrante sur la fin. Logique parce que tressé depuis le début (aller -retour présent – passé avec les personnages des archivistes ( comme un choeur antique qui nous explique l’histoire. Est-ce qu’on a besoin de ça ?
même question, monté plus court, la séquence face à face médecin jeune archiviste n’aurait pas fait sortir du visionnage de L’agent secret en se disant ‘ putain c’est quand même long ‘
Dernières vingt minutes, pénibles un peu, en effet-
Carpentier
Invitétrop encombrante sur la fin.
uniquement bien sûr,
personne n’a (encore) rien dit avant, ici, sur
toutesles ruptures chronologiques ‘
qui sont en fait les éléments d’une sorte de fil rouge dans ce film, faudrait quand même être très très Laurence pour avancer ça
bref,
– quant aux éventuels points communs formels entre des films différents, si on va par là:
associons et faisons du Judith Bernard
avec Le chant des forêts et L’agent secret : D
avec l’idée/fil rouge de la transmission entre les 3 générations
oh que c’est drôle,-
Carpentier
Invitéje refais:
trop encombrante sur la fin
uniquement bien sûr,
personne n’a (encore) rien dit avant, ici, sur
toutesles ruptures chronologiques ‘
qui sont en fait les éléments d’une sorte de fil rouge dans ce film, faudrait quand même être très très Laurence pour avancer ça
bref,
– quant aux éventuels points communs formels entre des films différents, si on va par là:
associons et faisons du Judith Bernard
avec Le chant des forêts et L’agent secret : D
avec l’idée/fil rouge de la transmission entre les 3 générations
oh que c’est drôle,-
laurence
InvitéTu ne lis jamais connard malin ??
-
Carpentier
InvitéLa petite cuisine de Mehdi
-
-
-
-
Antonin
InvitéIl y a malgré tout qqch de beau dans ce désir de cette femme de « clôturer » le dossier parce que cette famille vient de sa région de naissance.
Le désir est tout simple et raconte beaucoup du cinéma de Mendoza et de l’attachement à Recife.-
Antonin
Invitéj’ai envie de me mettre des baffes à lâcher des poncifs comme ça
-
Carpentier
Invitéj’ai envie de me mettre des baffes
me rappelle un fou rire de Lellouche, Gilles – avec Dujardin (déso)
-
-
-
-
-
-
Mao
InvitéRéaction à chaud sur l’agent secret : je sors de la séance.
J’y allais avec un a priori plutôt positif. Ça commence plutôt bien : une jolie scène d’ouverture, où l’on voit avec quel malin plaisir des flics infligent à notre bel inconnu un contrôle de police interminable et risible, tandis qu’à quelques mètres de là gît un cadavre qui pourrit à même le sol. Sauf qu’on finit par comprendre que c’est exactement le sort que va nous réserver, trois heures durant, un réalisateur qui adore se regarder filmer.
On reste coincé dans la salle de projection sans jamais pouvoir entrer dans le film. C’est terriblement démonstratif, lourd, et d’une inertie confondante. Aussi (peu) excitant que les ombres qu’on devine s’entre-sucer, dans la salle ou dans le parc.-
begaudeau
Invitéj’aime assez cette idée qu’un film ne commence jamais vraiment
pendant très longtemps on se demande exactement où on est, où on va, ce qui peut etre mis à son crédit-
Mao
InvitéJe crois que le film parle surtout, au fond, du pourrissement. De ce qui se passe quand personne ne fait rien. Le cadavre laissé à ciel ouvert, transformé en pâture pour les charognards. Et puis cette jambe. On jette un corps dans le canal et on attend de voir ce qui va remonter à la surface. Parfois on retrouve un membre non identifié, recraché dans la gueule d’un requin, alors que d’autres fois, on perd jusqu’à la trace des disparus.
On enregistre les effets du délabrement avec flegme et élégance. On pourrait dire qu’on ne fait rien parce que c’est précisément le but du jeu : faire comme si tout était parfaitement normal. Ne rien remarquer, surtout, pour ne pas se faire remarquer. Ici, le cool est une question de survie.
Il y avait sans doute là la matière d’un grand film, mais pour moi, et pour des raisons qui m’échappent, c’est, globalement, raté.-
begaudeau
Invitéoui
mais n’oublie pas qu’un film ne parle de rien-
Tony
InvitéBurdeau pense l’exact contraire:
Avant d’en arriver là il faut quand même mettre les pieds dans le plat. Quel est l’objet de ces cours ? Analyser des scènes, Maître ! Oui Gontran, très bien. Quelle rapidité. Et pourquoi analyse-t-on des scènes ? Quelqu’un ? Tess ? Adam ? Monsieur Chèze ? Afin de mettre en rapport des choix formels et une signification, parce que nous ne sommes pas des esthètes, parce que nous croyons qu’un film veut nous dire quelque chose, et que cette chose, il ne revient pas seulement au scénario – encore que celui-ci ait son importance – de le dire, mais surtout à ce qu’on appelle de façon un peu rapide la « mise en scène ». La mise en scène n’est pas là pour faire joli, elle est là pour porter un propos, véhiculer un message, tenir un discours. Ce propos, ce message, ce discours sont notre horizon. Merci Gontran.-
begaudeau
Invitéje n’ai pas compris
-
Tony
InvitéC’est une citation de Burdeau qui illustre ce qui vous oppose en tant que critique,il fait une distinction entre l’esthète et celui qui croit qu’un film parle toujours de quelque chose,par la mise en scène principalement.
-
Alexandre
InvitéJe ne vois pas où est la distinction.
-
Tony
Invité« nous ne sommes pas des esthètes »
-
Alexandre
InvitéPardon Tony, ça ne m’avance pas.
Qui dit quoi et dans quel contexte? Je glane ce que je peux au fil des posts désolé.
En tout cas, à priori, personnellement, je n’opposerais pas « esthétique » et « analyse de la mise en scène » -
begaudeau
InvitéLaissons ce mot d’esthète dont on ne sait pas bien ce qu’il veut dire.
Tout mon travail critique montre bien que je n’ignore pas qu’un film travaille une matière, et que cette matière peut etre politique, croiser des « sujets ». sa matière principale étant : la vie.
Le débat porte strictement sur « parler de ». Et encore plus sur le « dire ». sur le « propos ». Je tiens que l’art ne ressortit pas au régime du dire, du propos, du discours, et que c’est son prix. 100 pages de Comme une mule n’auront donc pas suffi à clarifier ça.
Je crois d’ailleurs pouvoir dire que Burdeau serait quelque peu embarrassé par des expressions comme » porter un propos, véhiculer un message, tenir un discours. » Tu n’auras qu’à les lui soumettre.
Tu dis : « La mise en scène n’est pas là pour faire joli, elle est là pour porter un propos, véhiculer un message, tenir un discours. ». Triste alternative exclusive. Alors que précisément l’art est cet espace entre « faire joli » et « tenir un discours », entre l’insignifiance pure et la pure subordination au sens. -
Tony
InvitéClarifions les choses,ces propos sont tenus et écrits par Burdeau,je ne fais que le citer littéralement.
-
Alexandre
InvitéJe crois que je l’avais compris sans en être sûr donc merci d’avoir confirmé.
Mais ces propos de Burdeau singeraient ils François Bégaudeau qu’il imaginerait les tenir, comme opposés à une posture d’esthète en vertu d’une supposée recherche du sens, du discours? Le « Merci Gontran » conclusif porterait à le croire. -
Tony
InvitéPour éclairer le contexte, Burdeau relate ici un cours d’analyse de séquence qu’il donne dans une école d’ingénieur ou de commerce,Gontran est un de ces élèves à qui il explique l’objet de son cours.
-
Alexandre
InvitéAh OK.
Je me fourvoyais. -
begaudeau
Invitéeh bien effectivement je les réprouve
et je redis que c’est une bien triste alternative
peut etre ici une trace de l’empreinte douchettienne, qui certes n’a jamais été mon critique préféré
-
-
-
-
-
Mao
InvitéJe reformule, je pense que le film montre ou essaye de montrer…
-
begaudeau
InvitéJe vais etre encore tatillon. Montre ne me va pas à cause de son ambivalence, qui fait signe aussi vers la démonstration.
Un film capte des choses. Les filme. Les regarde. Les restitue. Les rend. Parfois les fait advenir.
Un film brasse des choses. Brasse par exemple des thèmes. Mais brasse aussi des sons, des corps. Brasse toute cette matière plus ou moins signifiante.-
Mao
InvitéJe prends
-
begaudeau
Invitéà votre service
comme disait Pete Sampras-
Luc
InvitéDu fond de mon lit terrassé par une grippe de 39000 degrés et des tensions par trillions je dois admettre que j ai souri à cette blague légère.
🎾
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Tony
InvitéÇa m’étonnerait que ça détrone L’aventura et La petite dernière.
-
Charles
InvitéPour toi oui parce que tu as adoré ces deux films.
Compliqué de les comparer parce que ce sont trois films différents mais ce que je peux tout de même dire c’est que les deux français ont des limites évidentes au-delà de leur indéniable puissance alors que je n’ai pas eu cette impression devant l’Agent secret qui a vaincu mes quelques réticences au fur et à mesure qu’il se déployait. -
Carpentier
Invitéet vous reléguez dejà Sirãt hors top?
-
laurence
InvitéOui, comme on relègue ton personnage vieillot et épuisant qui ne fait rire que toi.
-
Carpentier
Invitéet si t’allais plutôt faire ton cirque sur jeux vidéos.com????
-
-
-
-
I.G.Y
InvitéJe fais une parenthèse (car je n’ai pas encore vu l’Agent Secret), suite au Ciné Club : je découvre une série de 10 épisodes de podcasts sur France Culture où Pialat parle de ses films et de ses tournages. Il y a notamment un épisode sur l’Enfance Nue. Pas encore écouté mais j’imagine que ça vaut le coup.
-
Antonin
InvitéCette série de podcast me rappelle que Pialat a réalisé « Passe ton bac d’abord »…
Il passe toujours un peu à la trappe ce film.
-
-
stephanie
InvitéFAUST de Murnau sur MK2 Curiosity
accès libre jusqu’au 25 dec -
Guillaume (Drapeau Rouge)
InvitéVu L’agent Secret et le considère comme un grand film, dans la lignée de l’excellent documentaire Portraits Fantômes.
La première chose que je note en sortant du film et à quel point chaque personnage me passionne, et chacun d’eux mériteraient un film (la vie de Dona, communiste puis anarchiste, ou l’inverse, dans l’Italie fasciste, un exemple parmis tant d’autres).
La scène de danse de « Marcelo » pris dans le carnaval et toute son effervescence après avoir appris de nombreuses mauvaises nouvelles, résume la grandeur de ce film, tant l’idée est formidable, montrant un Brésil détruit et meurtri, mais qui malgré tout continue à vivre.-
Tony
InvitéCe qui m’a tout de suite déplu,et ça ne m’a pas quitté jusqu’à la fin,est contenu dans la scène d’ouverture quand on voit le héros s’approcher de la station essence, hésiter à la vue du cadavre, finalement s’y arrêter,s’en soucier en questionnant l’employé puis arrive une voiture de flics que l’on croit destinée à la scène de crime et,surprise,leur indifférence est totale,ils ne viennent que pour le contrôler, lui et son véhicule,et surtout lui réclamer un petit billet.Cette lourdeur démonstrative sur la corruption de la société m’a fait craindre un film essentiellement moral et la suite ne le dément pas,si encore on voyait quelque chose du Brésil et de ses habitants,si on pouvait pénétrer dans leurs vies quotidiennes mais non,on ne voit que des personnages,des archétypes moraux évoluer dans un univers abstrait où le fascisme est un requin de cinéma.
-
K. comme mon Code
InvitéSincèrement ma réaction en lisant ce message : ???????
Qu’est-ce qui est moral dans cette séquence de racket ? On pourrait la disqualifier en la qualifiant de métaphorique avec ce cadavre, sauf qu’elle est aussi très incarnée et autant drôle que tendue. Il y a des éléments de genre tout au long du film, mais tous les personnages sont vivants, même ceux qui révèlent plus d’archétypes. L’amour porté à Recife et ses habitants saute aux yeux. J’ai vu le documentaire Pictures of Ghosts hier et ça rend l’ensemble encore plus vibrant.-
Guillaume (Drapeau Rouge)
InvitéExactement tout est vivant dans ce film, de la ville, au personnage réel de M. Alexandre en passant par l’incroyable plan du tueur à gages sur la plage reprenant Le Magnifique.
-
I.G.Y
InvitéJe peux comprendre cette réticence « morale » ou « démonstrative » car elle m’a parfois traversé en séance. Pas vraiment lors de la première scène, dans laquelle les choses sont assez mobiles, notamment pour le personnage du pompiste. Et puis cette tension qui s’installe, basée sur pas grand chose — les angles de caméra lorsque le flic entre dans la bagnole, le fait qu’on soit entré dans la salle avec le titre « L’Agent Secret » en tête… C’est assez réussi.
On pourrait reprocher à Filho un trop grand volontarisme pour constituer son personnage (très)central en héro de l’ordinaire auquel il faut s’identifier — Wagner Moura est aussi… co-producteur. Cela dit, l’écriture (sur-écriture?) fait que beaucoup de personnages sont plus fins que cela et sont loin d’être univoques : c’est par exemple vrai de la doyenne Sebastiana (la manière dont elle parle du/au jeune employé noir, ce qu’elle dit ou plutôt ne dit pas avoir fait pendant la guerre), c’est vrai du très énigmatique personnage de Bobbi (jeune collègue du tueur à gage), que j’aime beaucoup. Le film est certes très construit, mais la construction est assez vaste.
Ma réticence à le placer si haut dans le top de l’année est peut-être lié à cette alliage de finesse et de lourdeur. Je prends un exemple : il y a un super raccord entre les billets comptés par le sous-fifre des tueurs à gage dans le hangar (au cours d’une très bonne scène) et ceux comptés par ce qu’on comprend être le second récipiendaire, qui plus est surprenant puisqu’il est un collègue de Mr Alexandre. Ce raccord à lui seul aurait suffi, mais Filho fait une série d’au moins deux plans supplémentaires, longs et appuyés (incluant un zoom moins cinq secondes), pour bien signifier qu’attentiooon-c’est-très-louche. On pourrait y voir un effet pastiche quasi-comique, mais pour moi le comique n’est pas le fort de Filho.
Sinon j’adore la courte scène du cauchemar.
-
Tony
InvitéSi c’était si vivant que ça on devrait naturellement ressentir quelques émotions,en fait je crois que c’est trop cérébral et distancié,on n’est jamais inquiet alors que le film a des prétentions de thriller et au fond c’est logique puisqu’on nous rappelle sans arrêt que ce que l’on voit fait référence à d’autres films,que telle bizarrerie est lourdement soulignée,tel artifice de montage comme le raccord entre la menace d’une balle dans la bouche et la bouche auscultée par sa voisine, c’est d’une lourdeur…
-
Charles
InvitéMoi j’ai été ému par la fin, notamment la façon dont on comprend la destinée du père. Je trouve également la communauté qui le recueille très vivante et joyeuse, c’est pas du tout cérébral dans ces scènes-là, de même que j’ai été pris par les scènes de thriller avec le tueur à gages.
-
Tony
InvitéC’est vrai la scène du tueur à gages et sa poursuite est super mais ce qui se passe avant lorsqu’il interpelle Marcello et que ce dernier comprend immédiatement c’est très artificiel,on aurait pu avoir une super scène.
-
-
K. comme mon Code
InvitéLa lourdeur d’une auscultation qui se révèle être une scène d’intimité ? Ce genre de petit détail est justement ce qui rend le film si vivant à mes yeux. En ce qui concerne l’émotion, ça reste une donnée personnelle qui vaut ce qu’elle vaut, mais j’ai pleuré plusieurs fois pendant le film.
-
Antonin
InvitéQuand ça ?
( aucune mise au défi comparative dans ma demande. Seulement la curiosité )-
K. comme mon Code
InvitéAttention spoil L’agent secret :
Pendant l’interview quand Armando offre au père de Fatima le souvenir de ce que sa fille a dit à son sujet. Pour ce moment entre ces deux hommes et la beauté de la séquence
Quand les réfugiés se réunissent et osent parler (ou pas) de leur situation. Le toast pour un futur moins troublé
Puis l’épilogue
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Holden Schofield
InvitéBonjour à toutes et à tous,
En cinéma je vous conseille l’excellent Laurent dans le vent, excellent second film réalisé par trois jeunes réals.Très beau film qui confirme le talent des réals après Mourir à Ibiza
-
begaudeau
Invitéon me l’a recommandé
je vais voir ça -
sa-wa-di
InvitéOui le premier est délicieux et je vais me le refaire de suite. Hâte de voir le deus.
-
-
Carpentier
Invitéil est très bien Jonathan Cohen face à sa comparse dans L’âme idéale, on avait pas fait un aussi joli film sur ce thème depuis Ghost,
j’attends de refroidir un peu car, sans cela, serais bien capable de la placer en 1 de mon top 5 sur 2025,
très réussi. -
Titouan R
InvitéFrançois, as-tu des nouvelles de l’HQNAPDP ?
-
Ostros
InvitéJe m’associe
-
kenny
Invitéje l’ai croisé dans un strip club à miami
il reviendra quand il aura cramé sa cagnotte
-
-
K. comme mon Code
InvitéLes délais en mairie sont de plus en plus longs.
-
-
tristan
Invitéc’est pas le nain noir qu’on humilie
(Charlie)
Nain et en plus noir ? P’tain, manquerait plus qu’il soit juif…
-
Charles
InvitéExcellent nouvel épisode de Parasite.
-
I.G.Y
InvitéMeilleure nouvelle du réveillon, je croyais qu’ils avaient définitivement disparu!
-
Charles
InvitéTu vas te régaler c’est un des meilleurs.
-
Sarah G
InvitéSur quelles plateformes est diffusée Parasite ?
Merci-
kenny
Invitésur cette plateforme assez confidencielle
de rien-
Sarah G
InvitéMerci beaucoup
-
-
-
-
-
-
Mathieu
InvitéOn pense quoi de Derek Cianfrance par ici?
Grand souvenir de The Place Beyond The Pines pour ma part mais je n’ai vu que celui-là, et c’était en 2012.
J’ai vu qu’il avait également écrit Sound Of Metal dont François et Peggy avait dit du bien dans l’émission handicap et cinéma.
Le reste vaut quoi? Une vie entre deux océans, Blue Valentine? Ça sent les mélos tire-larmes, j’ai peur d’être déçu
Je parle de lui car visiblement Roofman, qui vient de sortir sur Prime, a plutôt bonne presse-
begaudeau
InvitéSound Of Metal était vraiment pas mal sur le handicap – très émouvant, à vrai dire
Mais la facture était très très conventionnelle.-
Mathieu
InvitéJe l’ai justement rattrapé hier
Beaucoup aimé la communauté de sourds, c’est vraiment le point fort du film cette deuxième grosse partie. Le personnage de Jo surtout est émouvant, le fondateur de cette communauté. Son dialogue final avec Ruben est fort. Il lui dit tendrement et calmement des choses dures: pour nous ici la surdité n’est pas un handicap, en te faisant appareiller tu as trahis notre confiance, d’autres pourraient bénéficier de la place que tu as, par conséquent tu ne peux pas rester.
Et la suite lui donnera cruellement raison, tant on voit que l’appareillage tant espéré par Ruben n’est pas du tout à la hauteur des attentes, dans aucune configuration: discussion de personne à personne, discussion de groupes ( super idée de la scène de fête chez Amalric où tout grésille) circulation en ville ( travaux, circulation, cloches) au point qu’il finit par l’enlever dans un très beau plan final.Par ailleurs, Roofman est prévisible comme tout mais reste pas mal pour un petit film post-fêtes de fin d’année. Tatum et Dunst sont très bien. Tatum est dans un devenir Matt Damon qui me plait, cela faisait longtemps que je ne l’avais pas vu, je le trouve vraiment bon: crédible, drôle, émouvant, sans jamais en faire des caisses. Dunst fait un peu plus l’actrice mais j’aime bien que son visage est vieilli depuis sa jeunesse dans Spiderman, et le film ne cherche pas l’embellir. Elle est très photogénique et charismatique.
Une vie entre deux océans est chiant comme la pluie j’ai tenu 45 minutes
Je tente Blue Valentine ce soir, mais je ne vois pas dans quel monde il pourra dépasser TPBTP
-
Mathieu
Invité*ohlala que son visage ait vieilli
(entre autres fautes sans doute mais celle-là fait mal)-
begaudeau
Invité« Tatum est dans un devenir Matt Damon »
Bien vu
Les grands convergent.
(non Xavier ce n’est pas une contrepèterie)
-
-
Malice
InvitéAux experts en tatumologie, est-ce que vous avez vu le thriller « Blink twice »? Si oui vaut-il le coup?
-
-
-
Adlab
InvitéBonne année
En défenseur des mélos et pourfendeur de la résilience, j avais bien aimé the place beyond the pines mais alors le nom du réal j avais pas retenu…
-
-
Carpentier
InvitéQuelqu’un.e qui, tout comme moi, se serait installé.e devant le film de Fatih Akın, peut-être?
Une enfance allemande, ou Amrum?
j’en sors, vais regarder où ça se trouve d’ailleurs-
MA
InvitéTu m’as donne envie de le voir.
-
Carpentier
Invitéparfait, peut-être pourra-t-on en causer un peu?
c’est chahutant et tendre à la fois, le petit gars qui joue Nanning – et son rôle – c’est assez fort et troublant
bon visionnage,-
Carpentier
Invitéet puis des animaux, de la nature, paysages plutôt marins de fait, beaucoup aimé
-
-
-
-
Jules
InvitéVu « les enfants vont bien » et je me suis demandé si Camille Cottin postulait pour devenir la nouvelle Virginie Effira. Toujours sublime dans le film, au réveil ou au coucher, les sourcils froncés, le regard profondément ému. Quel enfer !
-
Charles
InvitéLe talent en moins.
-
Adlab
InvitéEt quelque beauté aussi..😬
-
-
-
Charles
InvitéBonne année à tous.
Sans doute une excellente année de cinéma avec les prochains Oslund, Franco, Reichardt, Hamaguchi, Harari, Jude, RAZ, Serra, Dumont, Lee Chang Dong et et Van Sant.-
Malice
InvitéEt park chan wook
-
Charles
InvitéOui mais les échos ne sont pas terribles.
-
Malice
InvitéPark ne m’a déçue qu’une fois ( Stoker) donc je vais continuer à avoir foi en lui
Je ne peux pas croire qu’il puisse faire un bouse après Decision to leave -
Tony
InvitéFincher et Spielberg aussi,bon Franco se fait démolir par Malaussa dans le dernier Cahiers.
-
Charles
InvitéBusiness as usual pour Malausa.
Je suis curieux de ce que va faire Fincher avec des personnages de Tarantino. Par contre, Spielberg a l’air d’être sur des rails, au vu de la bande-annonce. -
..Graindorge
InvitéUne excellente critique de
Dreams Michel Franco
El ángel redentor
de Rubén Téllez Brotons (EAM Cinéma http://www.elantepenultimomohicano.com)
Je me ferais mon idée en le voyant
-
-
-
-
Alexandre
InvitéEt peut être Jarmusch
-
Alexandre
InvitéCinéaste que j’aime presqu’inconditionnellement jusqu’à Ghost Dog, et puis le charme périclite, sauf pour Paterson.
-
Charles
InvitéJ’ai beaucoup aimé Paterson mais le dernier ça l’air d’être la fête à la grimace.
-
-
-
-
Ostros
InvitéBonne année tout le monde ! Oui 2026 annonce être un excellent cru on va se régaler
(Partagez les dates de sorties si vous les avez svp. Déjà : Franco le 28 et Reichardt le 4 février il me semble)-
Cynthia Lennon
Invitéavant-première pour The mastermind au forum des images le 6/1 si jamais
bonne année les sitistes -
Rémi
InvitéLe Marsupilami devrait sortir le 4 février si tout se passe bien.
-
Adlab
InvitéAhah
-
-
Malice
Invité11 février pour « no other choice »
-
I.G.Y
InvitéBonne année,
on ajoute le Serra 2026, Out of This World, mais pas de date de sortie à ma connaissance
-
I.G.Y
InvitéJe n’avais pas vu que c’était déjà écrit plus haut, oups
-
MA
InvitéCa commence bien!
-
I.G.Y
InvitéPour ma défense je me suis levé il y a 2h
-
MA
InvitéFetard
-
Claire N
InvitéMais décidément, quelle vie stylée ce IGY
Que des trucs bien
Je veux une bonne année 2026 pareille que IGY 2025-
trou du cul
InvitéBégaubeauf il a exigé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
-
-
-
-
-
Hyeres
InvitéBonne année à (presque ) tous
Question « technique »
En re visionnant « le mal n existe pas » , il y a pas mal de plans vu depuis l arrière des voitures roulant.Quel effet cela produit sur le spectateur, pour vous ?
-
begaudeau
Invitéje crois qu’on en avait parlé dans la gêne
un effet « avancée à reculons » qui est là dans plusieurs scènes – et recoupe peut etre la métaphysique générale du film
-
-
stephanie
InvitéLe prochain film de Sophie Letourneur, Badass (dernier de la trilogie ?) je n’en sais pas plus.
Et bonne année à toutes et tous .-
begaudeau
Invitéj’adore déjà ce titre
-
Anzo
InvitéSi par trilogie tu penses à la suite de voyage en Italie et de l’Aventura, celui ci n’a normalement rien à voir car il me semble que c’est une commande de canal + pour un film d’action. On verra bien
-
stephanie
Invitéah ! ok on verra bien
-
-
-
Carpentier
Invité#topic expérience insolite:
(inutile d’alourdir plus encore la présentation des sujets du forum, déjà bien hétéroclitement brouillonne, avec ce nouveau topic qui claque sacrément pourtant)
– après le Dracula de Radu Jude, on est allé voir le dernier film du grenoblois Peretjatko:
et son Vade rétro est, comment bien dire? – assez sidérant de jusqu’au boutisme dans sa loufoquerie chargée de poncifs à propos de racisme, de discriminations ou de ‘ l’époque ‘ qu’on conchie (je dis/écris jamais ce truc qui pue, tiens: ‘ conchie.r ‘ – et c’est bien beurk en bouche) mais surtout chargée de ses représentations/poncifs/travers à propos des religions qui sont, elles, au coeur de sa derniere tambouille à Antonin; Antonin, avec qui, une fois embarqués, on craint d’imaginer comment va se finir sa parodie x 2 du genre horreur.
Et il surprend jusqu’au dernier 1/4 d’heure, jusqu’aux doigts dans les yeux où, imprégnée par l’esprit Peretjatko, j’avais anticipé le destin des deux coupés.
Sortant de la salle, je me suis promise d’en trouver la genèse, à ce film, parti de l’idée, d’un co-travail (si j’ai bien vu au générique) avec un.e certaine société de production – je découvre que c’est ça – Masa Sawada japonaise (?)
Soc. de prod. indépendante lis-je, ok, bon, il n’empêche que bon,
Vade Rétro est un film dispensable, sauf si on est amateur.rice, comme moi parfois, du n’imp qui ne craint pas de s’amuser tout seul. -
K. comme mon Code
InvitéJ’ai vu Marty Supreme dans des conditions pas très catholiques, ce qui m’a épargné un mois et demi à croire que ça aurait pu être bien.
-
Charles
InvitéHahah je te l’avais dit! Dis-nous en plus.
-
K. comme mon Code
InvitéJack Fisk est une légende d’Hollywood, mais ce n’est jamais bon signe quand le chef décorateur est la première chose qu’on retient d’un film. Dans ce que je retire de positif, il y a aussi le casting des seconds rôles – des vrais gueules new yorkaises que j’ai aimé regarder. Il y a une courte séquence digressive qui m’a marqué. Le reste est très répétitif, autant dans le film que dans l’œuvre Safdie, ça hurle beaucoup et ça se passe mal et ça continue de gesticuler pendant que ça se passe mal. Beaucoup trop. J’ai pensé aux phrases de Kerangal qui, isolées, me plaisent, mais pas sur la durée quand ça devient systématique. Le souci, c’est que, même isolées, les séquences de Marty Supreme ont toutes Chalamet. Je pensais que la concordance entre le personnage et le caractère de l’acteur l’aideraient à l’incarner, sauf que son adhésion à Marty devient celle du film qui vire dans un sentimentalisme ridicule au service d’une performance marketing à la toute fin… Et avant, il est en dissonance avec le reste du casting — eux, très bons — parce qu’il fait son numéro. Il ne peut pas secouer la tête sans en faire des tonnes.
Assez déçu parce que je trouve Safdie talentueux, et le film, s’il est pris comme un simple divertissement, fait le job, mais ça tourne cruellement en rond et je crains qu’il n’y ait pas grand-chose de plus.-
Alexandre
Invité« Jack Fisk est une légende d’Hollywood »
Nommé Jack Fish dans la GO de Killers of the Flower Moon! Que ça m’avait bien amusé. -
Charles
InvitéC’est bien ce que je redoutais. Cette paire de cinéastes m’a l’air bien limitée.
-
begaudeau
Invitédepuis le temps qu’on le dit
-
-
-
-
propater
InvitéMarrant, il semble avoir été très apprécié par les gens de Prisme Cinéma et semble généralement emballer les critiques qui l’ont vu.
-
I.G.Y
InvitéJ’ai du respect pour Prisme, et il en faut beaucoup pour ne pas flancher lorsque j’ai entendu dans leur dernier live qu’ils mettaient La Pampa au-dessus de La Petite Dernière. Pour moi on atteint le seuil de l’incompréhensible. (mais je ne flanche toujours pas)
-
-
-
Tony
InvitéLu ces jours ci et ça m’a bien fait rire:
‘Une fois de plus,de quelqu’un Bresson a fait quelque chose »
Sinon ça fait bien plaisir de revoir ce bon Jean-Luc-
Tony
InvitéIci
-
-
Carpentier
Invité– moi, là, j’attends Gourou ( j’avais aimé Boîte noire) Marsupilami, Projet dernière chance,
j’irai bien voir le Magellan avant aussi, benh oui
pour le reste, on verra ce qui se goupillera bien avec mes journées
Hésitez pas à recommander quand même, on sait jamais … -
so
InvitéInfo cadeau pour les franciliens :
Avant première The Mastermind
Mardi 6 janvier 19h30 Forum des images -
Ostros
InvitéLe TVB 6 sur l’agent secret c’est ce soir à 21h
Ici
-
Charles
InvitéJ’ai entendu au Masque et la Plume, dans la bouche de Joudet, que la principale référence de Filho serait Munich de Spielberg. Suis-je le seul à trouver ça lunaire ?
-
Tony
InvitéMoi je l’ai encore entendu dire d’un cinéaste que c’était un puceau,bref je l’aime bien mais elle a des drôles de tocs.
-
sugar
InvitéJoudet 34 ans toute ses dents et peu de neurones.
-
Tony
InvitéPas convaincu par les dithyrambes de François mais en fait François n’y peut rien,ce film ne me convaincra jamais, quelques remarques quand même,érotiser une consultation avec sa dentiste est,je crois,un marqueur de classe,je doute que les sans dents soient emoustillés à cette idée, mais en effet le héros est un intellectuel bourgeois qui a une dentition impeccable et si j’étais un peu de mauvaise foi je dirais que L’agent secret excelle dans cet auto érotisme bourgeois,de même l’idée que le cinéma soit cette mémoire sensible de notre histoire est intéressante mais là aussi ça ne me paraît être le cas que pour une petite minorité de la population,on devine laquelle.
Là où Filho ne me convainc pas non plus c’est dans cette hybridation avec le cinéma de genre,je comprends l’idée mais ça ne fonctionne pas,on sent chez Filho un surmoi intellectuel qui l’empêche d’y aller complètement,cette ambivalence créé un entre deux qui va satisfaire l’intellectuel et frustrer l’amateur de genre qui est peut-être plus esthète qu’on ne le croit.
L’anayse de l’épilogue sur la transmission était très intéressante.-
begaudeau
InvitéTony, tu ne vas pas quand même te mettre à ton tour à qualifier de bourgeoises toutes les idées avec lesquelles tu n’es pas d’accord, ou de bourgeois tout film que tu n’aimes pas? Tu as bu dans le meme verre qu’Etienne samedi soir?
Je ne ferraillerais pas sur le dentiste-érotique, moment de 23 secondes digressif et qui se voulait essentiellement comique
Mais l’idée que le cinéma ne puisse etre une mémoire sensible que pour une minorité, ça je ne peux pas laisser passer.
1 Tout le monde regarde des films
2 des films même populaires, même d’action bas de gamme, forment en chacun une sorte de mondothèque sensible.
Je n’ai pas dit que les percepts qui en résultaient étaient exacts.-
begaudeau
Invitémerci quand meme de t’etre fait chier à nous écouter 2h sur un film que tu t’es déjà fait chier 2h30 à regarder
t’es brave-
Tony
InvitéJ’ai malheureusement constaté,dans ma vie,que tout le monde ne regarde pas des films,je n’en fais pas une généralité,je ne suis pas sociologue mais je ne peux pas l’ignorer et en plus ça ne date pas d’aujourd’hui,par exemple à l’adolescence je vivais avec un beau père qui n’avait jamais mis les pieds au cinéma(on vivait à la campagne) et il n’allumait la TV que pour regarder le JT ou un match de foot,regarder un film ne l’intéressait pas du tout,ni lui ni tout ceux que nous fréquentions,et par la suite j’ai souvent constaté ce désintérêt dans mon environnement proche.
-
sugar
InvitéAh mais non tout le monde ne regarde pas de films et plus précisément aujourd’hui. A l’heure des séries et des stream ils sont nombreux à ne pas s’intéresser aux films t encore moins au cinéma. C’est un acte presque bourgeois de s’intéresser au cinema actuellement.
J’en profite pour dire que le top des 5 films que tu choisis est assez parlant de ta classe et de ce fait foutraque. Mettre un documentaire de campagne sociologique en 1 et devant le rire et le couteau c’est du pur snobisme qui est la conséquence de ta classe sociale. Mettre Le tourneur en 5 c’est pareil. Elle a certes inventé une structure du film, cependant elle reste accessible qu’à la classe sociale représentée par Katerine. On ne choisit pas ses acteurs pour rien.-
Charles
InvitéMerci de nous dire quels sont les goûts culturels non bourgeois et donc légitimes aux yeux de la gauche, du prolétariat, de la révolution.
-
Charles
InvitéJ’ai trouvé pour ma part qu’il s’agit pour l’instant d’une des meilleures émissions de TVB. Et pour avoir écouté et lu à peu toute la critique française sur le film, j’atteste que ce qui en a été dit hier dans l’émission était en large partie inédite (au sens littéral).
-
K. comme mon Code
InvitéTest. (J’essaie de poster un message qui a l’air d’être perçu comme du spam, donc j’essaie de voir si celui-ci passe.)
-
K. comme mon Code
InvitéÇa ne marche pas. Je paraphraserai plus tard.
-
Charles
InvitéJe refais le post, en français cette fois :
J’ai trouvé pour ma part qu’il s’agissait pour l’instant d’une des meilleures émissions de TVB. Et pour avoir écouté et lu à peu près toute la critique française sur le film, j’atteste que ce qui en a été dit hier dans l’émission était en large partie inédit (au sens littéral). -
sugar
InvitéJe sais à qui tu parles ? Je précise que je ne comprends pas le contenu de ton commentaire
-
begaudeau
InvitéC’est dommage, si elle n’était aussitot agressive cette discussion pourrait etre intéressante. Elle porterait sur : qu’est ce qui peut tenir lieu de mémoire ou de connaissance sensible du monde mieux que le cinéma.
Au lieu nous repartis sur bourgeois / pas bourgeois. Oui moi aussi Tony j’ai eu des grand parents qui ne regardaient pas de films. Oui je pense qu’en ce moments pas mal d’enfants du Congo en regardent peu. Il n’empeche que c’est une pratique mondiale (dans tous les pays elle a cours), et massive, quoi qu’en dise Sugar qui visiblement ne connait pas les chiffres d’entrée des films indiens, chinois, égyptiens.
Mais il est vrai que Sugar a l’esprit confus. Non content de dégainer bourgeois, il dégaine snobisme.
Alors un petit point pour snobisme :
1 le snob est celui qui, sin nobilitas, né non noble, affecte des poses nobles pour laisser croire qu’il en est. Le snobisme est donc une affectation. Taxer de snob quelqu’un est le taxer d’insincérité. Tu penses donc que je n’aime pas sincèrement Letourneur et Serra? Précise un peu
2 si j’affecte des gouts bourgeois, c’est que je ne le suis pas, et qu’en fait mes gouts sont populaires. Simplement je masque mes vrais gouts, populaires, car j’en ai honte. Donc je ne suis pas bourgeois
On est perdus. -
begaudeau
Invité« un documentaire de campagne sociologique »
Mon dieu
Ce docu ,n’est ni de compagne, ni sociologique.
Tu es donc en train de juger un gout pour un film que tu n’as pas vu. Ca ne te dérange pas? -
sugar
InvitéTon commentaire est digne de ce que tu es : Un bourgeois
Le cinéma est fréquentée surtout pas la classe bourgeoise que tu le veuilles ou non. Le prix du billet devrait suffire pour te faire entendre raison. Mais bon passons. Tes connaissances sur le monde social sont tellement anciennes et donc erronées, que l’on comprend bien combien tu peux être confus.
Quand au snobisme, je préfère la définition de Madame Figaro. Cependant, je vais te laisser faire semblant de croire en la tienne.
Pour ce qui est du film, je l’ai vu il y a un moment et connais assez bien le réalisateur que tu découvres à peine. Le mettre en « compet » avec le rire et le couteau, c’est du snobisme. De la coquetterie digne de ta classe sociale. Donc, tes certitudes ne font que montrer à nouveau ta forme bourgeoise.
C’est assez interessant de te voir agir, voire sur réagir, dès lors où on emploi le mot bourgeois dans l’art.
Pour ce qui est de l’agressivité, je suppose que tu ne parles pas du commentaire de Charles. Là encore, tu ne fais que falsifier le réel, dès lors où cela ne va pas dans ton sens. -
Charles
InvitéSi tu connais assez bien ce réalisateur, assez confidentiel, j’imagine que tu l’aimes. Donc il y aurait une façon bourgeoise de l’aimer et une non-bourgeoise? Quel est l’intérêt de ces grossières distinctions en matière d’art si ce n’est pour disqualifier la personne et ses goûts a priori?
-
sugar
InvitéTa façon de m’adresser ces questions m’insupportent. Par conséquent, je te laisse trouver une autre serpillère pour te conforter dans tes crasses pensées.
-
Charles
InvitéChatoune.
C’est assez cocasse de paraître aussi fragile après avoir posté au bazooka. -
sugar
InvitéJe pense que tu es une personne présomptueuse et de ce fait, tu interviens juste pour du vide puisque tes questions comportent les réponses que tu souhaites. Tu es remplie de certitudes.
Nous n’avons pas les mêmes valeurs. Ça c’est certain. Merci d’être passé pour rien dire. -
Charles
InvitéJ’essaie de tirer les conséquences de tes assertions foireuses et ressentimentales en te posant des questions, tu ne sais manifestement pas y répondre, tant pis pour toi.
-
sugar
InvitéDonc il y aurait une façon bourgeoise de l’aimer et une non-bourgeoise? Quel est l’intérêt de ces grossières distinctions en matière d’art si ce n’est pour disqualifier la personne et ses goûts a priori?
Je répète au risque que tu fasses encore des réflexions foireuses et grotesques, dans ta question il y a la réponse (en gras) qui te sied. Conclusion : Vas donc trouver un autre pigeon à manipuler. -
Toni Erdmann
InvitéA noter que ce qui indigne Sugar n’est pas la présence du documentaire de campagne sociologique dans le top mais le fait qu’il soit devant Le Rire et le Couteau. Ça c’est bourgeois. En revanche si le Rire et le Couteau était 1, ça serait populaire.
Par ailleurs, à propos de « Le cinéma est fréquenté surtout par la classe bourgeoise », le CNC indique que 65% des Français vont au cinéma au moins une fois par an. -
I.G.Y.
Invité(Toni m’a devancé)
Sinon pour avoir quelques « connaissances sur le monde social » on peut se reporter à ceux qui travaillent dessus : par exemple la dernière grande enquête Le public du cinéma en 2024, qui donne quelques indications plus intéressantes que « s’intéresse au cinéma = bourgeois » (au risque de froisser notre sugar en poudre) :
– D’abord (p. 6), 70% des entrées sont réalisées par les « habitués » (= « assidus » + « réguliers » = plus d’une fois par mois). (il faut faire attention à la distinction entre « public » et « entrée », car une même personne fait X entrées). cf. plus bas.
– Ensuite (p. 22) 76% des CSP+ vont au cinéma en 2024, 62% des CSP- (ouvriers, employés, agriculteurs), 61% des inactifs (c’est le plus gros groupe, principalement retraités et écoliers/étudiants). 62% c’est à peu près 10% à 52 points près, me dira-t-on.
– La proportion d’individus allant au cinéma n’est qu’assez légèrement croissante en fonction de la taille de l’agglomération (p. 26) : les ruraux (<20000hab) sont 61% à y aller (et c’est le plus gros groupe), 67% pour les >100000hab, 73% pour les parisiens. J’aurais parié sur des écarts plus grands.
– Concernant le public des « habitués » (p. 32), 24.3% CSP+, 19.5% CSP-, 56.2% inactifs. Le public « habitué » est proportionnellement presque aussi nombreux dans les agglos >100000hab que dans les <100000hab. J’imagine qu’on peut s’amuser à décréter que 50% des CSP- sont en fait des « bourgeois », et pourquoi pas, totalement au hasard, 70% des inactifs, et obtenir les résultat souhaité haut la main. J’imagine que sugar a des chiffres plus précis sur la répartition du public en fonction non pas des CSP mais des structures de propriété (foncière/actionnariale, et des chiffres supplémentaires incluant le patrimoine des parents, pour la partie étudiants/écoliers). Ils m’intéressent, merci d’avance.
.
L’enquête ne dit en revanche rien des spectateurs de documentaires à petit budget sur des prolos sans Jérôme Lindon. -
sugar
InvitéTu pousses fort quand tu parles d’indignation, mais passons. Je crois que tu as mal compris ce que je veux dire. Relire mon commentaire te permettrait peut-être de comprendre. Si besoin, je reformulerai avec plaisir.
Pour les chiffres de fréquentations, ceux présentés par le CNC ne parlent en rien des classes sociales.
https://www.inegalites.fr/Les-sorties-culturelles-different-selon-les-categories-sociales-et-les-revenus -
Ostros
InvitéPas écouté le TVB en entier
Mais besoin de dire ici
Combien j’ai aimé qu’il colle des contre champ d’un ailleurs avec le champ du présent de narration.
Qu’ils nous troublent jusqu’à ce qu’on ait la temporalité et la situation où évolue ce personnage et ce plan (flashback)
Que ce présent de narration soit si fragile quand arrive le présent des chercheuses. Qui teinte ensuite tout le film de nostalgie, de finitude.
La découverte de l’article qui apporte la réponse sur sa mort fait un petit choc mais en même temps n’est plus d’actualité et on passe à autre chose.
Le seul bémol pour moi ce sont ces bandes qui sont enregistrées. Je n’ai pas compris pourquoi la femme faisait ça, je veux dire en quoi c’est pertinent pour des gens qu’il faut au contraire ne pas tracer, protéger. J’ai eu le sentiment que ce procédé était fait exprès pour avoir les scènes de recherche par les deux jeunes femmes par la suite. Que ces bandes permettaient le passage de l’histoire de cet homme du passé au présent.
.
J’ai une question : est-il réellement agent secret ? Car il m’a plutôt l’air d’un réfugié politique, qui obtient une autre identité pour être protégé. On ne le voit jamais agir en tant qu’agent secret, pour le compte d’une organisation. -
Tony
InvitéLe film devait s’appeler Les dernières heures d’un gauchiste mais pour des raisons de commerce on a préféré L’agent secret,titre très efficace pour faire entrer dans les salles les désœuvrés et les égarés en tout genre voulant se divertir pendant les vacances de Noël.
-
Charles
InvitéTa mauvaise foi est de plus en plus drôle.
-
K. comme mon Code
InvitéJe pense que tu n’as pas saisi, Tony, que ces réfugiés ne sont pas nécessairement des militants. Quand on demande à Armando s’il est capitaliste :
– Non.
– Communiste ?
– Plus communiste que capitaliste.
Je pense qu’il s’agit vraiment d’un universitaire qui s’est embrouillé avec un connard. Il a les cheveux longs, certes. Mais il vient d’une famille riche. Il a l’air d’un riche – le forfait pour tuer sera donc plus onéreux. On peut aussi se demander pourquoi une dentiste est menacée de mort. Il y a un effet de stupéfaction face à la violence exercée sur eux, ils ont du mal à y croire, d’où l’ordinaire qui infiltre l’extraordinaire et inversement. Ce contrôle de police absurde au début qui aurait pu dégénérer pour rien introduit très bien l’ambiance. -
begaudeau
Invitéil n’est pas du tout agent secret non
mais longtemps le film en maintient l’hypothèse (et ça suffit à créer une épaisseur, très bonne leçon narrative)
les bandes, je crois que cela se faisait chez les opposants gauchistes, dont on recueillait les témoignages pour les militants internationaux -
Ostros
InvitéInstructif, merci
-
begaudeau
InvitéVoyez comme habilement Sugar change de sujet, ayant été laminé sur le premier. Revoyons l’action au ralenti :
1 il nous dit qu’aller au cinéma est bourgeois
2 on lui démontre chiffres à l’appui que non, que la fréquentation du cinéma est en gros équivalente dans toutes les classes sociales
3 hop il passe à un autre sujet, postant un article qui parle de fréquentation des concerts, et des activités culturelles en général -et nous apprenant, o scoop, que les pratiques culturelles varient d’uje classe à l’autre. sans blague?
merci pour tout, mon sucre -
begaudeau
InvitéJe ne vois pas où j’ai dit que je venais de découvrir Guerin
Mon premier, En construction, je l’ai vu en 2005, et j’ai tout vu depuis
Mais je suppose que toi tu connais Guerin depuis au moins La nouvelle vague
Pour le reste, on a saisi quelle humeur était la tienne, inutile de prolonger. -
sugar
InvitéIntervention à nouveau hautaine et de fait pathétique. Tu fatigues tant.
-
begaudeau
InvitéVoyez comme habilement Sugar change de sujet, ayant été laminé sur le premier. Revoyons l’action au ralenti :
1 il nous dit qu’aller au cinéma est bourgeois
2 on lui démontre chiffres à l’appui que non, que la fréquentation du cinéma est en gros équivalente dans toutes les classes sociales
3 hop il passe à un autre sujet, postant un article qui parle de fréquentation des concerts, et des activités culturelles en général -et nous apprenant, o scoop, que les pratiques culturelles varient d’uje classe à l’autre. sans blague?
merci pour tout, mon sucre -
sugar
InvitéIntervention à nouveau erronée. T’emploie des mot trop forts et inutile « laminer »
Le CNC étant une institution fiable, on s’appuie sur les chiffres du CNC qui est une institution commerciale. Tu me fais rire.
Ces chiffres sont aussi consistants que tes connaissances sur le sujet.
Encore, tu falsifies car cela t’arrange.
https://www.spglobal.com/market-intelligence/en/news-insights/research/2025/10/where-have-all-the-frequent-movie-goers-gone?utm_source=chatgpt.com -
Christophe M
Invité« Le CNC étant une institution commerciale » : non.
Laminé, c’est bien ce que tu as été.
Fatiguant, c’est ce que tu es, déjà, sugar. -
I.G.Y
Invité(et moi en attendant j’ai écrit « Jérôme Lindon », l’année démarre très mal)
-
sugar
InvitéChristophe M, OUI, le CNC est une institution commerciale dans le viseur de la cour des comptes, instance aussi utile que l’ONU. Le CNC finance
Laminé, non.
Fatiguant, oui. Merci d’être passé. -
sugar
InvitéChristophe M, OUI, le CNC est une institution commerciale dans le viseur de la cour des comptes, instance aussi utile que l’ONU. Le CNC finance…Je m’arrête là
Laminé, non.
Fatiguant, oui. Merci d’être passé.
-
-
-
-
-
-
-
-
Mao
InvitéParmi les références et clins d’oeil cinématographiques très appuyés, suis-je le seul à voir dans la scène centrale du restaurant une citation du Parrain premier volet ?
-
Alexandre
InvitéJ’adorerais te répondre, fan du Parrain que je suis* mais j’ai lamentablement loupé L’Agent secret qui n’est , prévisiblement, pas rester longtemps à l’affiche par chez moi.
*Plus précisément fan des deux premiers Parrain. Le troisième est valeureux mais trop sentimental à mon goût, ce qui rejaillit sur le style formel.
-
Alexandre
Invitérhoooo « resté » !
-
-
-
-
I.G.Y.
InvitéMerci pour le nouveau TVB.
Je suis décidément moins enthousiaste que vous sur le film. Cela dit je suis d’accord sur ses forces, la scène de début, la très belle ellipse finale, et vous êtes à votre meilleur sur le dépliage de la dernière scène avec le fils Escobar.
Même après écoute je ne serais pas aussi positif dans l’ensemble. Tu disais que le film était toujours « plus ou moins », ce qui m’a fait penser sur un autre mode à l’impression que je garde : celle d’un « plus ou moins » très bon film. Fait-il si bien comprendre et sentir que cela ce que vivent les personnage? Je trouve le film plus fort dans ses opérations d’écriture (strates temporelles, etc…) qu’à la fois dans son panorama historique-politique de la période et dans ses aspects organiques-charnels.
Pour la première catégorie — qu’on pourrait dire plus intellectuelle même si l’histoire et la chronologie sont comme on sait très matérielles —, j’ai le sentiment d’avoir au final peu appris-retenu. Et je ne dis pas ça parce que je connaissais déjà beaucoup, c’est même le contraire. Je ne suis pas contre le fait que ces choses soient laissées en arrière plan, mais dans ce cas j’attends davantage de la deuxième catégorie. Or impossible sur ce point, par exemple, de me défaire de l’idée que ce passage de « genre » sur la jambe poilue est totalement raté — la légende urbaine elle-même est réelle, Filho (et non Kleber) l’a dit dans une itw. Que les aspects qui se veulent légers-drôles ne me font pas tant d’effet. Pour contrebalancer, même si c’est très court, je redis que la scène de cauchemar est super. Ces affaires sensorielles étaient beaucoup plus fortes dans les Bruits de Recife, qui m’avait marqué par sa manière de construire la sensation d’oppression à partir de la banalité environnante (notamment sonore). Bon souvenir de la scène de poursuite, ok. Dans la scène du resto l’acteur qui joue l’industriel est en effet assez terrifiant. Mais beaucoup d’autres scènes ne me convainquent pas (notamment celle de l’enregistrement d’Armando où il apprend qu’il doit fuir).
Je suis très entre-deux mais ça reste suffisant pour être dans le top 10 de l’année pour ma part, c’est vrai (quoiqu’il faudrait désormais y faire une haute place au Rire et le Couteau, ainsi qu’une bonne au documentaire paraît-il « pur snob » sur les prolétaires de la Bonne Vallée. Ça décale tout. Très foutraque).
.
(Aussi concernant le titre « Badass » du prochain Letourneur, c’est je crois quelqu’un qui l’a écrit ici et ça n’est pas une fake news — d’après Allociné du moins).-
begaudeau
InvitéUne des raisons pour lesquelles je ne mets pas ce film dans le top 5, c’est que comme toi, certaines scènes m’y ont ennuyé, et par exemple les scènes de vie simple, qui sont très au dessous de ce qu’en tirerait un vrai cinéaste de l’ordinaire.
Le film est donc assez inégal, mais je crois que cet inégal fait partie de ce cinéma profondément composite – je retrouve cette hétérogénéité dans Le rire et le couteau (qui par ailleurs est un film plus fort à mon sens) -
Younès
InvitéLe prochain (et dernier film) de cette trilogie s’intitulera « Divorce à l’italienne ».
Je crois que « Badass » est un autre projet, une fausse comédie.
À voir (en fonction des financements), quel film sortira en premier.
Elle en parle avec Burdeau. -
Stéphanie
InvitéOui, vu l’info Badass sur allocine.
-
-
Clément
InvitéUn détail du film qui m’a beaucoup amusé :
Le texte qui apparaît à l’écran pendant la toute première scène, quelque chose du genre « notre histoire se situe au Brésil en 1977, qui est un pays (ou temps?) semé d’embûches. » C’est une drôle de façon de désamorcer le caractère un peu grandiloquent de tout ce qui se rapporte au dictatorial, presque pour l’adoucir et mieux le mettre en scène. Qu’est-ce que ça veut dire qu’une époque ou un pays tout entiers soient semés d’embûches ? Comme si nous étions tous porteurs d’une histoire personnelle que les époques viendraient troubler, rendre difficile, sans non plus l’absorber entièrement. Ça situe le personnage dans un régime spécial qu’on devine être la dictature, sans la polluer avec le caractère grandiose et totalisant de ce que porte ce mot. Ça prend en compte la variable politique mais en la réduisant au caractère d’un jeu terrible que le personnage doit traverser. Ce titre de la première scène était un petit détail mais elle m’a bien amusé, a bien installé tout ce travail qu’a fait le film de nous faire ressentir la dictature pas en ce qu’elle a d’officiel, de vrai, de systémique, mais plutôt comme une époque qui va aller poser des pièges, s’inventer sa propre loi, user du faux parce qu’elle en a envie. En ce qu’elle ne jette pas ses opposants dans une identité pure d’ennemi ou de victime mais dans une position où l’on essaie de s’extirper de ce jeu, de l’affaiblir, bref d’user de sa débrouillardise pour en sortir sain et sauf. C’est une phrase qui peut être porte une idée du politique qui ne prétendrait pas être fin en soi.-
Clément
InvitéIl y aurait aussi d’autres trucs à dire sur le plaisir que dérive ce cinéma à filmer la manipulation de l’information quand celle-ci était enregistrée, produite, transmise, voire même détruite de façon beaucoup plus matérielle et tangible qu’elle ne le serait aujourd’hui (les enfants qui arrosent la voiture du personnage et mouillent la photo de sa femme décédée qu’on craint avoir été endommagée, la beauté d’une main qui passe de fiche en fiche dans les archives des registres civils, les documents pliés en quatre que l’on passe discrètement de main à main, etc.).
Pas sûr que le cinéma ne serait pas capable de nous faire ressentir le même plaisir lorsqu’il montre la manipulation de l’information telle qu’elle existerait majoritairement aujourd’hui (dématérialisée, dans des clouds, dispersée dans plusieurs serveurs, etc.). Je vais quand même hasarder l’idée que l’intersection d’une information moins « dématérialisée » et des outils du cinéma puisse nous communiquer au mieux un certain genre de plaisir, en nous faisant voir l’adéquation de l’information à des supports matériels, et surtout son infériorité envers les éléments. Ce qui reste une excuse pour des procédés narratifs qui nous donnent du plaisir-
François Bégaudeau
Maître des cléstrès intéressant ces deux posts
merci
-
-
nefa
Invité« C’est une drôle de façon de désamorcer le caractère un peu grandiloquent de tout ce qui se rapporte au dictatorial, presque pour l’adoucir et mieux le mettre en scène. »
le titre pourrait aussi aller dans ce sens
« agent secret » comme une mignonne invite faite aux enfants
certaines paroles dites au domicile doivent y rester
on va s’amuser à ça
hyper-sérieusement
là on ne s’extirpe pas du jeu
par contre quitte à jouer…
-
-
-
Carpentier
Invitéaaaaah après tous les jeux de neige avec mon petit public parisien (au top des bonhommes de neige, le nôtre gagne, c’est certain) soirée TVB avec soupe/cordon bleu/riz
on va tenter le nodessert (trop pris durant cette fin d’année, cte honte, sérieux) ou alors juste une clementine?
Vais enfin connaître le top 2025 du Maître des Clefs d’ici : )
ou du duo TVB
ou des 2 -
toni Erdmann
InvitéOn apprend plein de chose sur le montage de Mektoub dans ce super entretien de Critikat : https://www.critikat.com/panorama/entretien/canto-due-a-ete-monte-a-partir-dune-multitude-de-possibilites/
-
Carpentier
InvitéY compris sur les coûts de fabrication, production et tout?
Car, moi, quand même un peu le sentiment d’en avoir assez entendu/lu/dit à propos du dernier Kechiche, nan?
Et si on passait à autre chose? -
Charles
InvitéEntretien génial en effet. On rêve de voir la version de 2h15 d’Intermezzo.
-
-
Younès
InvitéSuivant le conseil de François, j’ai vu « Les Quatre Cents Coups » de Truffaut cet après-midi avant de revoir « L’Enfance nue » de Pialat ce soir.
Pour mon premier Truffaut, je me suis ennuyé. Vraiment beaucoup. Je comprends (qu’à moitié), par les thèmes abordés, comment ce film a pu marquer l’histoire du cinéma mais je le trouve d’une grande pauvreté formelle (excepté quelques scènes plutôt brillantes comme le premier plan, le travelling sur Antoine s’échappant du centre pour mineurs délinquants).
En romantisant Paris et ses quartiers (Pigale, Montmartre), nous faisons qu’effleurer la misère d’Antoine sans aller au bout (là où Pialat pousse les curseurs très loin, y compris dans les instaurations de durées plus intéressantes que celles de Truffaut). Il y a un moment symptomatique de ça lorsqu’Antoine, avant d’entamer sa première nuit dans une imprimerie dégotée par son ami René, erre dans Paris ; il vole une bouteille de lait qu’il s’empêche de boire par peur d’être réprimandé (plan d’une belle durée), puise dans une petite flaque à Montmartre pour se laver le visage.
Sauf que quelques plans après, on voit Antoine et René gambader sur les mêmes marches de Montmartre, taquinant un passant sous fond d’une musique extra-diégétique joyeuse. L’impression que sa volonté de montrer la misère est instantanément balayée par son expérience autobiographique gentiment subversive (tellement gentille qu’on peine à y croire).
Dans la foulée, j’ai lu le texte de Rivette (critique de génie) qui est un texte où il félicite son ami François, se rappelle sa rencontre avec lui et Godard en 49 ; bref, l’impression d’assister à une histoire close, pas faîte pour nous, remplie de clins d’oeil à ses amis, à Vigo : un goût de « Nouvelle Vague » de Linklater, au présent (peut-être vais-je trop loin).
Je serais curieux d’avoir votre avis sur ce film !-
Charles
InvitéJe n’aime pas beaucoup non plus les 400 coups. Je pense que le film marche beaucoup a l’empathie qu’on peut avoir avec le personnage principal, le gamin, les souvenirs d’enfance auxquels il nous renvoie. Pour moi, ça ne fonctionne pas et ça m’ennuie.
-
I.G.Y
InvitéJ’ai souvenir de l’avoir largement préféré à Jules et Jim, et moins aimé que Baisers Volés (soit à peu près les seuls Truffaut que j’ai vus). A réexaminer, peut-être.
-
Charles
InvitéEn même temps, qui aime Jules et Jim?
-
I.G.Y
InvitéJe n’ai malheureusement aucune idée de la réception qu’a eue ce film, ni pour le public ni pour la critique, ni maintenant ni à l’époque.
-
Charles
Invitéc’était de la basse provocation de ma part, hélas le film est culte.
-
Younès
InvitéJe vais devoir me mettre sérieusement à Truffaut, un jour ou l’autre.
Je redoute, je redoute… -
Malice
InvitéJe ne suis pas du tout fan de Truffaut mais je préfère Jules et Jim à tous ses autres films
J’ai lu le livre plusieurs fois aussi
c’est le seul Truffaut dont les personnages m’intriguent-
Younès
InvitéRevu, de fait, « L’Enfance nue » et y’a vraiment pas à dire…
Et puis la gueule de François (je parle du gosse de « L’Enfance nue », bien sûr) c’est quand même quelque chose, ô combien supérieure à celle d’Antoine Doinel.-
begaudeau
InvitéEh oui
Pialat atomise son producteur
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Charles
InvitéJe sors de the Mastermind et je dois reconnaître une petite déception. Le film n’est pas sans beautés mais il est trop en-dessous des meilleurs films de Reichardt pour que je m’en contente. Ma frustration tient essentiellement à son personnage principal et son acteur – Josh O’Connor inconnu il y a encore 5 ans et j’en ai déjà marre tant il sature le cinéma américain depuis – que je trouve peu intéressant et qui me semble vu et revu. J’aime pourtant bien la première scène, une espèce de braquage lo-fi (du Soderbergh en x 0,5), en famille et dérisoire. Ce qui me suit me plaît nettement moins avec des scènes familiales très conventionnelles et ce héros loser, irresponsable mais décontracté dont la figure commence à se dessiner et qui rappelle trop de personnages vus ailleurs. La dynamique de la famille nucléaire qui s’enclenche est aussi trop classique avec le mari vs la famille qui est un poids et l’épouse tout particulièrement qui l’engueule. On comprend alors que ce sera l’itinéraire d’un loser qui se croyait fort et qui finit en abandonnant femme et enfant, ce que suggérait déjà le titre du film très ironique. Je n’aime pas non plus les péripéties de genre, car ce n’est clairement pas la force de ce cinéma, quand elles ne sont pas adossées à des personnages qui nous émeuvent, i.e. je me fous un peu de ce qui arrive au héros. Je ne retrouve pas l’extraordinaire pâte humaine des précédents, l’émotion qu’ils m’avaient procurée.
La partie road-movie me plaît en partie même si je n’aime pas trop ce genre qui est celui de l’épuisement, de la succession de vignettes. Ici cela donne pourtant les meilleures scènes du film avec notamment le frère (ou l’ami?) et sa compagne chez qui il s’enfuit, à la campagne. Je retrouve là la respiration Reichardtienne, l’attention aux personnages, leur ralentissement. Ca tient à pas grand-chose ici, à un accent un peu traînant, à une façon de se tenir, à un plan fixe où on voit les personnages debout en train d’attendre. Et puis dès que Reichardt filme un bout de nature, c’est superbe – ici les deux mecs qui se baladent dans la forêt et qui sont vus par la fenêtre par la femme de l’un ou au début quand on filme l’automne dans le Massachusetts. Le film est heureusement rempli de très beaux plans et elle arrive avec son sens du détail à faire exister un lieu, une chambre avec un matelas qui grince et qui s’enfonce quand on s’y assoit, plein de petites choses comme ça, mais aussi un personnage avec l’épouse qui a des bigoudis et qui est en robe de chambre etc.
J’aime bien aussi qu’elle ne cède rien à son personnage, qu’elle ne se laisse pas avoir par lui et son acteur. Je crois que peu de cinéastes l’auraient montré au bout d’1h40 de film en train d’agresser une grand-mère – qui ressemble vraiment à une grand-mère sans défense – sans avoir beaucoup hésité et même avec beaucoup de détermination. Elle ne triche pas là-dessus, ce mec est bien un sale type et elle le fait sans s’assoir sur lui non plus – pas de grimace, pas d’enlaidissement facile. Je me demande aussi si la beauté faussement rugueuse de l’acteur est à mettre au crédit ou pas du film car d’un côté elle fait écran et de l’autre elle permet aussi cette tension entre des actes lâches, irresponsables et une certain érotisme de l’acteur.
Toute la dernière séquence est en tout cas très réussie, très cohérente, drôle et cruelle avec un dernier plan absolument génial.-
Charles
InvitéJe poursuis en signalant une très bonne critique de Critikat, qui grandit le film, alors qu’à l’inverse celle des Inrocks (signée Ribeton) semble taper à côté – semble car je n’ai pas accès à la totalité de l’article mais écrire qu’il s’agit d’un véritable éloge de la lose c’est passer complètement à côté du film voire faire un contresens total. Critikat a raison quand il évoque une filiation avec Showing up qui m’apparait dans le traitement du personnage principal, dur, ironique voire cruel à la fin. On est loin de la grande tendresse de First cow et de Certaines femmes (et des tout premiers) qui générait tant d’émotions. Le problème pour moi c’est que les acteurs me semblent pas tout à fait ajustés à ça, Williams en faisait des caisses dans Showing up et O’Connor est ici trop beau et cool, pas loin de la minauderie par moments. C’est néanmoins une direction intéressante de son cinéma, bien que dans Night moves on ait trouvé un peu ça avec Jesse Eisenberg donc ce n’est peut-être pas complètement nouveau.
-
François Bégaudeau
Maître des clés« semble car je n’ai pas accès à la totalité de l’article mais écrire qu’il s’agit d’un véritable éloge de la lose c’est passer complètement à côté du film voire faire un contresens total »
Ah oui en effet -
Seldoon
InvitéJe défendrais son côté trop beau, trop cool par l’ironie du film. Si on voyait tout de suite le gros naze, on partirait sur Fargo. Or ce n’est pas ce que Kelly fabrique ici. La lose du héros et sa toxicité tranquille que rien ne rachète apparaissent progressivement tout au long du film.
-
K. comme mon Code
InvitéJe dirais aussi que je suis en désaccord avec ce point : « La dynamique de la famille nucléaire qui s’enclenche est aussi trop classique avec le mari vs la famille qui est un poids et l’épouse tout particulièrement qui l’engueule. » Il m’avait frappé que la femme ne l’engueule pas ; il y a un moment où elle lui balance un objet à la figure, mais ça s’arrête là très rapidement. La famille est un poids ou ce gars est irrécupérable ? Être au chômage et garder les enfants, ça n’est pas un problème quand on ne s’est pas mis dans la tête de voler des œuvres d’art avec les bras cassés du coin. En tout cas, j’ai aimé le silence blasé de l’épouse tout comme j’ai aimé les enfants. Le dernier appel est génial. Sa femme n’a pas l’air surprise de la manipulation. On entend davantage sa lassitude que de la colère.
La beauté d’O’Connor colle très bien au côté minable de son aventure. On a envie de lui dire : Mon minot, mais pour qui tu te prends ? D’ailleurs, je ne sais plus très bien ce que lui dit l’homme dans la voiture quand ils vont récupérer les œuvres (j’aime beaucoup la rapidité de cette scène en contraste avec le long préparatif pour cacher les tableaux) mais ça doit être à peu près ça. Le personnage me fascine tout au long du film même si je n’ai pas de sympathie pour lui.-
Charles
InvitéLe rôle d’Alana Haïm consiste quand même à faire la tronche en réprobation à partir de la deuxième scène du film. C’est un rôle ingrat qui est assez classique même si en effet Reichardt ellipse les scènes de dispute. Pour les enfants, j’y ai cru aussi pendant la première scène et puis ils n’existent plus, sauf pour vomir à un moment. Ces personnages n’ont pas d’existence en dehors du père dans les scènes (ils l’ont hors champ). La famille est un poids ou un obstacle pour lui dans son activité de voleur (même si j’imagine qu’il est bien content que son épouse travaille et rapporte un salaire).
-
François Bégaudeau
Maître des cléselle ne fait pas vraiment la tronche, elle est calmement résignée
longtemps qu’elle ne croit plus à ce type – auquel nous, nous croyons un peu, car nous le découvrons-
Seldoon
InvitéC’est un peu l’état d’esprit de toutes les femmes du film. Qui sont saoulées mais bon on va quand meme lui faire un sandwich parce que sinon il est capable de ne rien avaler de la journée.
-
François Bégaudeau
Maître des clésc’est l’effet presque comique du film : peu à peu on découvre que notre héros, notre mastermind, a réussi à désespérer tous ceux qu’il a croisés, femmes au premier chef
-
Seldoon
InvitéJusqu’à Charles.
-
Anzo
InvitéEncore sous le coup de Mastermind, vu il y a quelques jours. Un film qui infuse et persiste, fidèle à cette recherche de déconstruction du mythe par le prisme du trivial. Dans la lignée directe de son précédent film sur l’art.
Voici ma critique complète pour les curieux :Lundi matin, ou mardi je ne sais plus. Ma routine qui accompagne mes premiers cafés correspond à ma veille quotidienne sur les maigres offres d’emploi sur internet. Cette action que j’exécute d’ordinaire machinalement prend une tournure particulière à la suite du film que j’ai vu la veille. Je culpabilise de mon inaction. Mastermind, le dernier film de Kelly Reichardt parle de ça : de ces matins où, à l’heure où chacun a quitté l’appartement pour entamer la besogne quotidienne, ton habit de caleçon et de chaussettes ne fait que trahir ta situation.
James Mooney (Josh O’Connor) est un chômeur des années 70 dont la posture et la vie font parfaitement écho à la situation d’une partie de cette génération d’aujourd’hui. Thésard en histoire de l’art, fils de juge incapable d’accéder au statut paternel, il incarne cette génération déclassée, dont le rêve américain n’a de tangible que son marketing. La singularité du regard de la cinéaste ne s’intéresse pas seulement à cette situation sociale qui pousse toute une génération parfois à l’inaction, à la désertion, mais observe de façon presque sociologique les comportements genrés qui s’accordent à ce déclassement. James Mooney se retire, rêve, dérive, fuit, tandis que sa femme jouée par Halana Haim continue d’avancer – non par vertu, mais parce qu’elle n’a jamais eu le luxe de pouvoir se retirer.
Le braquage que fomente James ressemble plus au parcours enfantin des hommes qui, refusant d’accepter une réalité, choisissent de perpétuer l’idylle des rêves et des histoires : celles des grands braqueurs, des bandits, des héros. Une romantisation de la criminalité dont, plus jeunes, ils s’amusaient aux policiers et aux voleurs, et qu’ils perpétuent dans leur impasse.
En reprenant un genre connu du cinéma masculin – le film de casse –, Kelly Reichardt poursuit son travail de réappropriation en plongeant ces espaces masculins et violents sous le regard d’une cinéaste, faisant ressortir d’autres aspects, d’autres gestes. Dans First Cow déjà, c’est à travers une amitié et le geste doux d’un pâtissier qu’elle peignait la conquête de l’Ouest. Ici, son regard révèle quelque chose de plus retors : comment la domination masculine se maintient même dans le déclassement. Car si hommes et femmes subissent le même effondrement social, seuls les hommes peuvent se permettre de faire sécession.
La répétition propre au film de braquage – déambuler dans le musée, inspecter les lieux – ne produit que peu de progression. Elle ressemble aux gesticulations et à l’attente de quelqu’un qui s’enferme dans une rêverie plutôt que d’affronter le réel. Une attitude amplifiée par son origine sociale : la bourgeoisie se démarque par sa volonté de ne jamais se salir les mains. James veut en être le cerveau, déléguer à des corps plus prolétaires la sale besogne. Il se rêve architecte du crime, pas exécutant. Même dans la délinquance, il maintient une distinction de classe.
En focalisant sa caméra uniquement sur le personnage de James, les corps féminins sont réduits au hors-champ, confinés dans les espaces qu’il ne traverse jamais : la cuisine pendant que lui est dans le salon, le travail pendant que lui est au musée, chez ses parents pendant que lui est en cavale. La domination masculine ne disparaît pas avec le déclassement, elle se déplace. Elle devient le privilège de pouvoir se retirer du monde pendant que quelqu’un d’autre le fait tourner.
James accapare l’espace non pas en dominant frontalement, mais en se retirant ostensiblement. Il demande de l’argent à sa mère, pianote, s’invente un destin romantique. La domination est ici sous-jacente, dans ce qui se fait au détriment des autres.Cette inertie genrée se propage comme une contagion. Quand James, en cavale, rend visite à un ami, celui-ci lui annonce : « I’ve been substituting at the middle school, I shaved my beard ». Confession pathétique d’une vie réduite à des gestes minuscules. Mais dès que James évoque le braquage, l’ami s’illumine. Il se met à rêvasser à son tour. Dans la cuisine, sa femme continue de s’activer. Le schéma est implacable : ils se retirent, elles tiennent.
Mais Reichardt ne se contente pas de déconstruire le mythe du braqueur. Elle le fait aussi formellement, par sa mise en scène. Là où le film de casse traditionnel mise sur la tension, le découpage nerveux, la virtuosité du montage, Reichardt filme le projet criminel de James avec une lenteur délibérée, des plans fixes, une absence quasi-totale de suspense.
Les scènes de repérage au musée sont longues, presque ennuyeuses. La caméra observe James déambuler, encore et encore, dans les mêmes couloirs, devant les mêmes tableaux, sans que rien ne progresse vraiment. Il n’y a aucune musique d’action, aucun montage parallèle haletant. Juste des corps qui traînent, qui attendent, qui tuent le temps. L’inertie devient une esthétique. Reichardt refuse le spectaculaire pour mieux révéler la vanité de l’entreprise. Ce n’est pas un casse : c’est une procrastination.
Le jour du braquage lui-même n’échappe pas à ce traitement. Là où un autre cinéaste aurait filmé la tension, l’adrénaline, le danger, Reichardt cadre des gestes maladroits, des hésitations, des corps empêtrés dans leur propre inaptitude. James et ses complices ne sont pas des criminels : ce sont des amateurs pathétiques. La forme Reichardt écrase toute possibilité d’héroïsation. Ces hommes ne sont même pas des antihéros romantiques : ils sont ennuyeux, vains, dérisoires.
Et c’est précisément là que réside la force politique du film. En refusant de donner à James le luxe du désespoir romantique, Reichardt dit quelque chose de très dur : cette sécession masculine n’est même pas tragique. Elle est juste pathétique.
Reste le jazz. Tout au long du film, cette musique ne cesse de jouer, mais en décalage avec l’image, comme une fausse promesse de mouvement. Les instruments se cherchent, se heurtent, ne trouvent jamais tout à fait leur accord – à l’image de James, incapable de s’accorder au monde. Le jazz improvise là où James répète mécaniquement les gestes du casse. Il s’emballe là où James stagne. Il maintient un flux là où James s’enfonce dans l’immobilisme.
Cette dissonance n’est pas décorative : elle révèle l’impossibilité pour James d’intégrer sa singularité dans un collectif, de transformer sa frustration en énergie partagée. Le rythme saccadé, les ruptures sonores, les lignes mélodiques qui refusent de converger : tout cela figure une vie collective désaccordée, des corps qui ne parviennent plus à se synchroniser.
Car la masculinité bourgeoise (et James, même déclassé, en garde les codes) assigne les hommes au rôle de héros solitaire. Même raté, même pitoyable, l’homme se doit d’être le cerveau, celui qui refuse l’anonymat de la lutte collective. Le braquage, c’est encore un fantasme d’autonomie masculine : je n’ai besoin de personne, je vais réussir seul, je vais prouver ma valeur. Cette posture est une impasse. En refusant la dimension collective de la révolte, James se condamne à l’échec. Et en le condamnant, Reichardt condamne aussi une certaine idée de la masculinité : celle qui préfère l’échec romanesque à la lutte collective anonyme.Mercredi matin, ou jeudi, je ne sais plus. Je me retrouve à nouveau devant mon écran, à parcourir machinalement les offres d’emploi. Mais cette fois, je pense à James Mooney. À sa façon de traîner en caleçon pendant que sa femme part travailler. À son refus d’affronter le réel. Je me demande combien d’hommes occupent les appartements autour de moi. Combien se rêvent en cerveaux, en héros solitaires, en braqueurs romantiques, pendant que d’autres – souvent des femmes – font tourner le monde à leur place.
La culpabilité que j’ai ressentie en début de texte n’était peut-être pas la bonne. Ou plutôt, elle n’était pas suffisante. Car Mastermind ne filme pas la culpabilité : il filme le privilège de l’inaction. Et ce privilège-là, Reichardt nous force à le regarder en face, dans toute sa médiocrité.
Mon caleçon, mon café froid, ma veille passive : tout cela prend soudain une autre épaisseur. Reichardt me tend un miroir que je n’avais pas envie de croiser.
-
Tony
InvitéTon texte est brillant, éclairant et d’une grande justesse(‘ce n’est pas un casse, c’est une procrastination’ excellent!)
-
Charles
InvitéExcellent texte même si tu forces à certains endroits dans ta lecture très genrée (sur le privilège masculin, la romantisation de la criminalité des hommes) même si reconnais que le film appelle une telle vision.
Je trouve très juste ce que tu écris sur l’ami dont le visage s’illumine quand O’Connor lui parle du braquage. C’est très vrai, d’ailleurs il lit à voix haute et avec gourmandise l’article narrant les mésaventures de son ami et je crois que c’est la femme qui expliquera à O’Connor qu’il a lu l’article 3 ou 4 fois et qu’il est fasciné. Elle comprend la mauvaise influence que Josh O’Connor peut exercer sur son mari et quand elle les regarde tous les deux se balader, c’est bien un regard inquiet, pas tant que les flics débarquent chez eux mais bien qu’ils viennent de curieuses et dangereuses idées à son mari, lui qui est un country folk qui se lève très tôt. Elle veut en définitive expulser O’Connor pour que son mari ne devienne pas comme lui. Ton texte m’a permis de mieux le comprendre. -
Charles
Invité(Par ailleurs, l’essentiel de la criminalité est le fait de pathétiques amateurs, les professionnels existent surtout dans les films de Michael Mann et de Tarantino).
-
Tony
InvitéChez Tarantino ils sont pathétiques aussi, souviens toi de Travolta et son compère dans Pulp Fiction, souvent ridicules,dans Jackie Brown aussi.
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui super récit-texte
les hommes ici sont des gosses
j’aime assez ce regard là charrié par le film, évidemment réducteur et un poil essentialiste mais fort quand meme : les hommes des gamins. -
Cynthia Lennon
Invitédes enfants qui jouent, mais pas à la guerre
-
K. comme mon Code
InvitéBon texte, Anzo. Quelques désaccords et réflexions : je pense que l’idée d’un déclassement subi du personnage est un contresens. Il refuse de joindre le cabinet de son père – ou un poste, je ne sais plus – par une forme d’arrogance qui, au départ, ne me parait pas odieuse ; il a le droit de prétendre à autre chose même s’il méprise ceux qui sont rangés. Il peut se permettre ce mépris parce qu’il ne craint rien. Il n’aura pas beaucoup de mal à obtenir de l’argent pour le braquage. Il n’éprouve pas une once de honte. La rêverie est aristocratique. En te lisant, je me suis aussi dit que le film ne traite pas de domination, je ne la vois pas dans le film. Reichardt procède même à une inversion ; si on peut plus facilement imaginer un homme au chômage rester en caleçon à la maison en 2026 pendant que sa partenaire travaille, The Mastermind se déroule dans les années 70 où c’était plus souvent la femme au foyer qui était condamnée à la rêverie. Condamnation ou privilège ? La femme de son ami tient la baraque. Le mari est ravi par cette histoire, naïvement. Il a l’air d’un enfant, sa femme est donc bien obligée d’être rationnelle : ils se mettent en danger en l’abritant. Ils deviennent complices. L’émoi du mari n’est pas un danger, elle est triste parce que ça témoigne d’un manque dans sa vie. La différence entre eux et le braqueur est une différence de classe. O’Connor n’est jamais réellement déclassé, il ne partira pas au Mexique avec des hippies. Ils ne sont pas son genre.
-
Seldoon
InvitéJe rebondis sur ta dernière phrase : ils ne sont pas sa scène, dit-il même en anglais. Ce qui rejoint la lecture d’Anzo sur les rêveries romantiques du personnage.
Complètement d’accord avec la description du geste principal de The Mastermind : montrer les hommes comme des gamins pathétiques. Une vision qui est même légèrement surappuyée par le film, jusque dans le beau dernier plan, avec les flics qui jouent. Et pourtant c’est eux, les hommes, qui ont le charme pour eux : le gamin veut rester avec son père dont il sent bien que ce qu’il fabrique doit être cool. Le pote s’éclaire effectivement (ça lui a fait sa semaine). Les journaux parlent de l’affaire. Et pendant ce temps, les femmes subissent les dégâts, font le café, les sandwichs et parfois ramènent seules l’argent à la maison.
« C’est pour vous que je l’ai fait » déclare vers la fin notre héros. Hypocrisie classique qu’on retrouve dans la bouche de Walter White de Breaking Bad mais aussi dans celles de ces hommes qui, ruinés, massacrent leur famille.
Mon avis n’est pas totalement fait sur l’utilisation du jazz (bien défendue par Anzo mais je ne crois pas que ce soit ça qui se joue), la beauté du héros et la reconstitution très confortable (toutes ces jolies voitures). C’est peut être là que Reichardt introduit la pointe de jeu que son scenario refuse catégoriquement : oui ces hommes sont pathétiques, mais eux et leur univers ont un peu de charme. -
MA
InvitéAvec Kelly Reichardt en personne https://www.leconsulat.org/events/improvisation-2/
-
K. comme mon Code
InvitéPas sa sa scène, oui. En fin de compte, il n’en a aucune. Il méprise autant son milieu que celui des hippies. Son narcissisme sans faille le rend irrécupérable. Il n’empêche qu’à mon avis le charme vient moins du monde ou d’O’Connor que par l’étincelle dans mes yeux aussi en suivant cette folie.
-
Alexandre
InvitéJe me suis souvent interrogé, depuis que j’ai vu le film en novembre, sur le choix de l’époque et tous les commentaires que je lis ici éclairent quelque peu ces interrogations.
Je crois qu’il y a existe un contraste, qui singularise le film, entre ce que l’on reconnait comme le référent iconographique de l’époque (la guerre du Vietnam, les infos à la TV avec marines et hélicos, les manifs) et l’étrange vacance sociétale du personnage principal, bouillonnement historique et charisme déflationniste du « héros ».
L’atmosphère visuelle du film semble porter les stigmates de ce déséquilibre.
Une esthétique de l’anémie, laquelle s’incarne en images froides, hivernales. J’y trouve même un drôle de sentiment de convalescence.
Il se trouve que dans le même temps, Reichardt sacrifie également à l’esthétique vintage déjà éprouvée, ici ou là, dans le cinéma contemporain (cf les reconstitutions cool de BlacKKKlansman et The Holdhovers). -
K. comme mon Code
InvitéL’époque permet surtout l’intrigue d’être vraisemblable. J’ai lu depuis une interview de Reichardt qui évoque l’omniprésence des caméras aujourd’hui – ce semblant d’échappée, aussi ridicule soit-il, n’est même plus permis. La guerre du Vietnam est ignorée par le personnage, mais ça aurait pu être n’importe quoi d’autre. Je n’ai pas vu d’esthétique vintage, j’y prêterai attention en le revoyant malgré mon intérêt limité pour les voitures.
-
Anzo
InvitéJe trouve que Reichardt échappe quelque peu à la représentation des années 70 comme un imaginaire surreprésenté. En isolant une figure sur laquelle on porte une attention particulière, elle en isole des gestes qui signifient plus que des symboles : le découpage d’une photo sur une pièce d’identité, l’usage des téléphones fixes, la couture de pochettes pour les tableaux, l’ennui aussi. Il y a toujours cette idée dans son cinéma de rendre compte du particulier contre le général. Je suis d’accord avec K. que cela permet aussi de rendre possible une certaine forme d’errance et une lenteur de la traque. En écrivant ces lignes, je ne peux que penser à Good Time que j’ai vu récemment — peut-être que ma situation économique me pousse à réfléchir à ce genre de possibilités. L’opposition de style entre les deux films s’accorde avec des époques qui ne permettent pas la même temporalité : là où Reichardt déploie une errance, les Safdie imposent une course contre la montre, une urgence que l’époque contemporaine rend inévitable.
Néanmoins, Reichardt n’exclut pas le contexte social. Par une approche matérialiste, elle illustre les conditions concrètes des personnages — la difficulté de trouver du travail, le déclassement d’un thésard au chômage. Une situation dont le rapprochement avec notre époque produit un effet de miroir : ce qui apparaissait comme singulier dans les années 70 est devenu banal aujourd’hui.
Quant à la grande histoire des États-Unis, dont Reichardt s’efforce de rester à l’écart tout au long du film, elle finit par faire irruption avec une certaine violence. Le film était minimaliste — peu de personnages, peu d’action. Mais dans les dernières séquences, les manifestants et le bruit commencent à remplir le plan, jusqu’à la violence des policiers intervenant sans sommation. Il y a un choc : ce que l’on croit connaître de cette époque surgit comme un rappel à l’ordre. Et James, au départ complètement indifférent à ce qui l’entoure, se retrouve rattrapé par une histoire à laquelle il n’a jamais voulu appartenir. -
Alexandre
Invité« Je trouve que Reichardt échappe quelque peu à la représentation des années 70 comme un imaginaire surreprésenté »
Ah mais complètement et j’aurais dû préciser qu’elle sacrifie aux délices vintage avec finesse. Je trouve très convaincant la façon dont elle restitue l’époque, sans gros moyens et sans forcer.
En 1970, j’allais à la maternelle et les images du film m’évoquent des souvenirs de films en Super 8 que tournaient mes parents (notamment un où on me voyait gambader dans la cours de récré). J’y retrouve cette texture blême de l’image, cette ambiance d’automne glacée à dominante gris beige.
De plus, le physique même de Josh O’Connor évoque des films américains de l’époque: en moins viril, il n’est pas si éloigné du Barry Newman de Point Limite Zéro (Richard C. Sarafian, 1971). Il colle parfaitement.
C’est juste que, à l’instar de Charles, le film m’a paru emprunter des chemins déjà balisés. Mais je sens qu’il n’a pas dit son dernier mot. -
Alexandre
InvitéAh une dernière chose.
Tu évoquais de manière stimulante la bande son jazzy. Personnellement, je l’ai avant tout perçue comme raccord avec l’imaginaire du personnage principal, les milieux qu’il doit rêver de côtoyer, l’horizon de son désir, son côté MoMA (frustré) en quelque sorte. A cela j’ajouterais le graphisme des crédits du générique, dont le maniérisme m’a un tantinet irrité (lecture verticale!) mais qui corroborent l’ancrage arty de l’argument.
On voit pour le coup se dessiner en effet un dyptique après Showing Up.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Dwl
InvitéLaurent dans le vent, on en pense quoi ici ?
-
Adam
Invitévu cette aprèm et adoré, de sacrés personnages aux corps fascinants que j’aurais voulu regarder encore 1 heure ou 2 de plus.
Je retiens aussi un film qui nous embarque dans son petit monde avec ses règles propres.Si je devais être médisant, je dirais même que le trio a battu Guiraudie à son propre jeu
-
Stéphanie
InvitéMoi aussi j’ai beaucoup aimé , le peu de moyen rajoute à la beauté du film, c’est simple sans prétention, beau.
-
François Bégaudeau
Maître des clés« Je retiens aussi un film qui nous embarque dans son petit monde avec ses règles propres. »
Oui mais pas assez
Je retrouve là des règles qui ont cours dans tout un pan « indé » du cinéma français
J’aurais aimé que le film prenne davantage la tangente
que son monde soit vraiment aussi autonome que celui de Guiraudie, puisque la comparaison é été faite -
Carpentier
Invité– mes scènes préférées sont peut-être celles entre Laurent et le jeune commercial-photo du bord de route (de leur rencontre au retour à Marseille du photographe) ainsi que celles avec la vieille dame qui attend dans son jardin sur un pliant: quelles belles séquences, en tout cas, avec des scènes dont ces personnages-là me restent bien en tête, presqu’une dizaine de jours après mon visionnage;
J’ai vite fait, moi aussi, pensé à l’arrivée au village montagnard du perso principal du Miséricorde de Guiraudie, au début de Laurent dans le vent donc, mais pu du tout ensuite.
Et le fils du perso joué par Dalle est terrible.
Singulier et si brutalement habité par son personnage-heritage nordique qu’il en est touchant, drôlement touchant.
Bon, ça fait plaisir de lire enfin à propos de ce film, ici.
J’ai beaucoup ri durant la séquence photo en bord de route avec la chaine de montagne en dernier plan tout au fond tout au fond, et le nom de la boîte de photo, l’attente cool du photographe à cet endroit là, d’un rare client et l’approche/drague/shooting gentiment moqueur …
Absurdement drôle tout ça, et avec un type finalement si aimable et délicat (tendre lorsque Laurent lui apprend qu’il bande plutôt mou depuis quelques temps)
Leurs dialogues sur la dépression sont à la fois doux et directs, j’ai trouvé aussi, tendres, oui.
Drôlement absurde et plutôt tendre quand même ce film (et j’ai lu ce que FB en dit, je pige et suis pas si en désaccord du coup)
La première partie du film est assez géniale, ensuite, pas faux que ça retrouve des rails plus conventionnels.-
dwl
InvitéJe rejoins un peu François : le film épouse une sorte d’entre-deux, mi un monde en lui-même avec ses personnages, mi proximité de notre monde avec volonté de rendre poétiques, drôles, touchantes, ses marges. Je le trouve trop proche de notre monde pour être autant dépolitisé, adouci, et pas assez éloigné pour me faire rire franchement du fils viking sans le rapprocher de figures du réel, où, à titre perso, j’ai plus l’impression qu’on se fout de leur gueule que du contraire.
Cela dit, les scènes en elles-mêmes me paraissent bien, notamment avec le photographe et la personne âgée, mais je suis moins convaincu par le reste, ainsi que, en définitive, par le projet global du film.-
Carpentier
Invitéles scènes en elles-mêmes me paraissent bien, notamment avec le photographe et la personne âgée
Tu rejoindrais donc un peu François et moi, alors?
Au sujet du fils viking, sa brutasserie, sa façon d’être dans son monde, le fait qu’il soit protégé par une proche, tout cela rappelle en effet quand même qu’ils seraient nombreux à en être, je suis d’accord, en revanche, j’ai souvenir au moins de deux scènes touchantes avec ce personnage:
– quand Laurent lui propose de partir ailleurs avec lui, de quitter la station des Orres où il y a peu à faire, ce qui vaut à Laurent une première réaction moqueuse, puis gênée, puis intéressée du viking
– quand Laurent revient de Paris pendant le feu d’artifices et qu’on comprend qu’il lui est maintenant possible de faire famille avec son ami Viking et sa mère, l’amante de Laurent, le fils Viking l’envisageant maintenant comme intégré dans leur quotidien.
Le potentiel foutage de gueule ambiant que tu perçois dans ce film à propos de la majorité des personnages ne m’a pas sauté aux yeux, et le fils gamer gérant sa colonie viking parvient à intéresser aussi quand il détaille precisement l’aménagement et l’organisation économique de son camp par exemple.
La jeune pote du marseillais est bien dans ses pompes et ses choix aussi sans m’apparaitre risible
J’aime beaucoup cet échange des 3 par exemple entre elle, Laurent et le marseillais :
Vous savez vivre, leur dit Laurent
Oui (regards meuf/marseillais + sourires satisfaits) on sait vivre – comprendre on a ce qu’il nous faut là, tout de suite
sur le balcon de leur bungalow-mobilhome.– Oui, pas souvenir d’avoir eu de rire-foutage de gueule, sincèrement
Ah si: quand Laurent démarre au poste de technicien d’un tire-fesses et qu’un sale gosse lui file un coup de chaussure de ski dans le tibia tandis qu’il crise sévère d’être tombé de la remontée
Laurent le prend et le (re-)balance par terre
Là, j’ai bien rigolé moqueuse mais c’était pas de Laurent : )-
dwl
InvitéNon, quand je dis qu’on se fout de leur gueule, c’est pas de tous les personnages dont je parle. En revanche, la partie avec le Viking, là oui. Pas tellement parce que le personnage serait ridicule en soi, mais parce que j’ai l’impression qu’on évince globalement tout ce qui est intéressant dans ce type de figure : la situation réelle, comment on y arrive, le mélange possible entre ridicule, charge politique, empathie, contradictions. Dans le réel, ce sont des figures beaucoup plus complexes, et le film choisit d’enlever tout ça pour ne garder qu’une substance humoristique, avec un trait tiré tellement fort vers le folklorique (le mec qui crie dehors pour le Valhalla !!!) que je rigole à moitié, sans que ça m’embarque vraiment.
Et ce qui me gêne, c’est que ce n’est pas anodin : ils se permettent ça avec ce personnage-là, alors qu’ils ne se le permettent pas avec d’autres figures plus « chargées » dans le réel. Typiquement, avec la mamie (ou la personne âgée), ils n’évincent pas le réel : il y a du personnage, de l’humour, mais ils conservent quelque chose de touchant, de raccordé à une trajectoire, à une situation. On sent qu’il y a une attention, une retenue. J’ai du mal à imaginer qu’ils auraient traité un SDF de manière aussi folklorisée, par exemple.
Avec le Viking, au contraire, ils poussent l’humour au maximum, jusqu’à ne conserver presque que la charge risible. Le personnage devient tellement caricatural, tellement « personnagesque », que toute la complexité potentielle est écrasée. Et c’est là que je vois une vraie dissymétrie : les autres personnages gardent un lien au réel qui rend leur trajectoire intéressante ou touchante (comme la mamie, ou le dîner à trois), alors que celui-là est traité comme une figure avec laquelle on peut se permettre de simplifier, de ridiculiser, sans conserver autour de lui quelque chose de vraiment intéressant sur ces figures-là de la marge.
-
Carpentier
Invitéje comprends très bien ce que tu en dis et de fait, n’ayant pas ressenti cela devant lui ( mes quelques lignes à son propos détaillent un peu, je crois, comment moi, j’ai abordé le fils viking) je lis donc ce que toi tu en dis, ok;
Pas de moquerie xxl de ma part donc, alors que pas mal de moments, devant Laurent, m’ont fait rire, parfois à la limite du charriage, en revanche (l’enfant qu’il balance dans la neige puis il se tire, rien à faire du taf dans lequel il s’essaye – la monitrice esf lui court après – il craint peu, c’est pas sa mère – mais il essaye même pas de rester, la ‘ rouge esf ‘ serait d’accord sur le fond , un coup de godasse de ski dans le tibia + une crise de vexation juste parce qu’il tombe au tire-fesses, ils sont plein dans ce cas sur les pistes, pas déconner: sale gosse et, si ça se trouve, il la gonfle depuis le début du cours en plus)
bon,
– De Laurent, c’est vraiment durant et devant la séquence rencontre avec le photographe improvisé, en bord de route vers les cols, que j’ai le plus ris,.je crois; mon premier rire en plus, il me semble bien
– et j’étais dans une salle peu remplie qui riait pas du tout: imagine …
Et quand il râle au tel? avec sa soeur, parce que des locataires arrivent et il dit ‘ benh elle peut pas annuler la résa ‘ la pote qui prête le meublé?
Il est marrant, Laurent
Aussi gonflé et léger qu’un poète, souvent argenté ou héritier, le poète par ailleurs,
– Un viking/administrateur d’un territoire nordique et un poète, oui, comme duo, moi, ça m’intéresse.ils ne se le permettent pas avec d’autres figures plus « chargées » dans le réel. Typiquement, avec la mamie
moi, j’avoue que la mamie qui tututte autant, les trinques multiples m’ont parues bien moqueuses
mais bon, au milieu de tes souvenirs, de ton fatras, fatiguée et isolée, peut-être en effet qu’il ne reste pu qu’à picoler
à part si on connaît François ; )
-
-
-
-
-
-
-
le dog
InvitéVoici ce que j’ai écrit sur ce film (très) mid :
Rabalaïre, en occitan, désigne « un mec qui va à droite, à gauche, un homme qui aime bien aller chez les gens ». Rabalaïre, c’est aussi le titre d’un roman d’Alain Guiraudie, roman qui a largement inspiré son dernier film, Miséricorde. Dès lors, difficile de ne pas penser à une filiation en découvrant Laurent dans le Vent. Un personnage qui va de rencontre en rencontre, une circulation des corps, quelques figures récurrentes, la question du désir, un prêtre (à toute petite dose certes), une forme d’errance. Tout semble inviter à la comparaison. Mais cette comparaison trouve très vite ses limites.
Laurent, interprété par Félix Kysyl, pourrait de loin rappeler certains personnages guiraudiens. Un homme qui traverse des espaces humains, qui observe, qui se laisse porter par ce qui arrive. Pourtant, là où Guiraudie fait de l’errance un moyen de faire émerger le désir, le trouble, la violence et même la grâce, Laurent dans le Vent donne plutôt l’impression d’un déplacement un peu vide, d’une circulation qui ne produit pas grand-chose.
Le film paraît jeune, au sens d’un cinéma encore maladroit, hésitant. Non pas maladroit par excès de naïveté, mais par incapacité à faire confiance à la mise en scène. J’ai trouvé les dialogues faiblares ; ils portent de façon trop visible ce que le film voudrait dire. À cela s’ajoute une volonté très appuyée de produire de l’humour. Le personnage de Santiago par exemple, joué par Thomas Dalloz me parait caricaturale. Il est too much, toujours dans l’excès. Il me semble que les scènes censées être comiques prennent le dessus sur le reste et finissent par parasiter le film. Ce qui me dérange , ce n’est pas l’humour en soi, mais la manière dont il est signalé, comme si le film nous disait « c’est le moment où il faut rire ».
Le grand thème du film semble être celui de la liberté, du libre arbitre, mais son traitement manque de finesse. On comprend rapidement que Laurent aspire à une forme de maîtrise, à une liberté qu’il semble atteindre à la fin du récit. Fallait-il pour autant passer par une accumulation de scènes signalétiques, qui finissent par appuyer lourdement ce que le film aurait gagné à suggérer ? Exemples :
1. Tout au long du récit, Laurent cherche une chèvre et l’on devine très tôt l’importance que cette quête prendra. Lorsqu’il retrouve enfin l’animal, il refuse de le rendre à son propriétaire. Symbolisme lourdingue.
2. Au début du film, Laurent croise une vieille femme qui souhaite se suicider, et le film se referme sur l’accompagnement de ce geste. Symbolisme lourdingue.
En fait, Laurent dans le Vent donne l’impression d’un cinéma qui veut aborder des thèmes importants, le désir, la liberté, le rapport aux autres, mais qui ne parvient pas à leur donner une véritable forme. Tout est dit, expliqué. Rien n’est vraiment laissé au trouble, au silence. C’est un cinéma qui balbutie encore, non pas faute d’idées, mais faute de mise en scène. Un cinéma qui cherche, mais qui n’a pas encore trouvé comment faire.
Alors non, Anton Balekdjian, Léo Couture et Mattéo Eustachon ne produisent pas un cinéma Guiraudien, car dans leurs deux premiers films (Mourir à Ibiza et Laurent dans le vent) le monde ne résiste jamais vraiment, les situations sont là pour être traversées, rarement pour être affrontées. La liberté y est conçue comme quelque chose qui se révèle plus qu’elle ne se conquiert. Il suffit de se détacher, de lâcher prise, de partir, de ne pas rendre la chèvre, de faire son choix final. C’est un cinéma qui confond souvent émancipation et déplacement. Ce qui rend ce cinéma creux, ce n’est pas son sujet, mais son rapport à la mise en scène.
-
le dog
Invitéj’en profite pour vous inciter à lire Rabalaire et sa suite – Pour les siècles des siècles – car en plus d’être un très bon cinéaste c’est aussi un bon écrivain
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf il a demandé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
-
tteissonni
InvitéRip Béla Tarr
-
MA
InvitéAh j’ai ecoute hier une rediff de l’heure bleue sans savoir la nouvelle. https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-heure-bleue/a-l-est-avec-bela-tarr-3246611
-
MA
InvitéLes Midis de Culture lui rendent aussi hommage
-
MA
InvitéQuels sont les meilleurs films de Bela Tarr. Je n’ai vu que le Cheval de Turin qui m’a marquee.
-
Younès
InvitéSatantango m’a beaucoup marqué, bien sûr.
Damnation aussi.
Et je crois savoir que Les Harmonies Werckmeister c’est très bon aussi (pas vu celui-là).-
MA
InvitéMerci Younès. Vivement une rétrospective.
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf veut que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
K. comme mon Code
InvitéJe partage ça :
-
MA
InvitéMerci K pour le partage
-
-
-
-
-
-
-
perove
InvitéBon j’ai vu une partie de la filmo de Ulrich Seidl hier :
– Sparta
– Paradise : love
– SafariJe sais qu’il divise la critique et les cahiers ne lui mettent jamais plus d’une étoile ; je suis en totale incompréhension et j’ai besoin de vos lumières.. j’ai pris un choc esthétique poétique politique vraiment puissant.
Qu’en pensez-vous ? Comment expliquer que les cahiers soient en rogne contre cette radicalité là ? et pas celle d’albert serra par exemple ?
Il m’a semblé voir un vrai film de gauche radicale…-
François Bégaudeau
Maître des clésSeidl m’intéresse fort, et la trilogie Paradis est un sommet.
On a aussi dit du bien ici de Sparta.
Ne t’occupe pas trop de la bouderie des cahiers, qui boudent tout aussi bien Franco
ces gens veulent des films sympas
et certes Seidl ne les comble pas sur ce point -
stephanie
Invitéj’ai vu Rimini de Seidl , j’ai trouvé ce film drôle, déjanté et très émouvant. Le personnage principal est pathétique, un anti héros comme on dit ( on pense au père dans Tony Edermann et de ses relations avec sa fille) . Il porte aussi un regard sur les migrants sdf qui vivent là en ville. J’ai trouvé ce regard très tendre et humaniste.
Moi aussi, j’ai pris une claque esthétique et politique.
je vais essayer de trouver Sparta, Paradise love et Safari, merci de me rappeler l’existence de ce réalisateur. -
Jules
InvitéPour ceux qui sont à Bruxelles, ‘Paradise : Love’ sera diffusé le 21 janvier au cinema RITCS
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a exigé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?,
-
-
-
Charles
InvitéJ’ai regardé pour mon plus grand déplaisir Roofman de Derek Cianfrance qu’un sitiste bien connu a recommandé en osant comparer son acteur principal (Tatum) au roi Matt Damon. C’est l’antithèse de the Mastermind. Conventionnel jusqu’à la moelle, sentimental, entièrement dédié à sa star – producteur et à l’initiative du film – dont l’abattage est très loin de la force tranquille damonesque. Cet héros au grand coeur est certes irresponsable mais il a un coeur gros comme ça et ne peut se résoudre à fuir sans dire au revoir à sa meuf et ses filles, ce qui le perdra. Tout est attendu, dans une tradition hollywoodienne ringarde, donc assez ennuyeux. Il me semble que le film annonce dans son carton que this is a true story et non que c’est based on a true story comme affiché classiquement, ce qui est un peu fort de café compte tenu des libertés prises avec l’histoire vraie. Evidemment, ces libertés concernent principalement le familialisme de série télé du film, à base d’adolescente gothique et insolente qui va bien entendu céder devant le papa de substitution qu’on lui offre. Cianfrance tentait des trucs au début de sa carrière – une certaine âpreté dans les relations sentimentales avec Blue Valentine, une ambition épique et lyrique avec the place beyond les machin choses- mais ici il n’y a plus rien. Cela aurait pu être réalisé par Ron Howard ou Cameron Crowe sans que je voie la différence.
-
I.G.Y
InvitéJ’essaie de rassembler quelques impressions sur le dernier Jarmusch, que je n’ai pas aimé en séance. Principalement après coup je lui trouve quelques qualités, qui rattraperont difficilement ma sensation première — peut-être en le revoyant dans 10 ans? Il m’a néanmoins pas mal fait réfléchir pour démêler, ça suffit à tenter quelques lignes (me dis-je). Là où je spoilerai vraiment je mettrai des crochets .
.
On a là un triptyque dans lequel des enfants âgés d’environ 35 à 50 ans reviennent voir leurs parents qu’ils ne voient pas souvent — eux-même ne se voient pas forcément davantage. Les trois histoires sont narrativement indépendantes mais Jarmusch y dispose points de contacts et échos qui passent par des biais matériels ou formels simples, sans s’en cacher (telle expression idiomatique revient trois fois, de même lorsqu’on trinque avec des boissons sans alcool, ainsi que pour des plans « vus de haut » sur la table où les objets et boissons qui réunissent les personnages sont disposés, les plans sur des photos, etc…).Le film est hanté par les silences. Silences gênés et gênants de ceux qui n’ont rien à se dire, ou de ceux qui ne peuvent pas parler. Problème, la plupart de ces silences ne me paraissent pas produire grand chose car ils m’ont souvent paru artificiels ou creux — le troisième segment est à mettre un peu à part, j’y reviendrai. Pour qu’un silence produise quelque chose sur moi j’ai besoin qu’il soit crédible, ou comique — partons de cette hypothèse rapide (le « ou » est bien sûr non-exclusif). J’évacue le pan comique : je ne trouve aucun de ces silences drôles, je ne trouve pas le film drôle, deux ou trois moments me font sourire (dans la salle, plusieurs éclats de rire). Concernant la crédibilité ça peut s’entendre en deux sens : soit une connaissance que j’ai des personnages (par leur écriture, par le scénario, le dialogue) me permet de saisir la profondeur de ces silence, ce qu’ils charrient ; soit le mode de filmage donne à sentir un silence « réel » et incarné autant qu’un silence peut l’être, documente un silence, et me permet d’apprécier le moment « brut », la vie dans et autour de ce silence. Sur ce second point je ne pense pas affabuler en disant que Jarmusch ne prend pas ici la casquette du filmeur de la banalité, du spontané ou du trivial. Tout est très composé à tous points de vue — Jarmusch a même en partie composé la musique, encore une fois. On en revient donc au premier point. Or si je peux lui reconnaître ici une certaine précision par exemple dans la caractérisation de l’intérieur des lieux de vie (objets, etc…), il l’est beaucoup moins dans sa manière de camper les personnages. On sait à peine ce qu’ils font, ou ce qui « les a fait », et ce vide sera parfois compensé (surtout dans le second segment) par un appui très marqué sur des signes extérieurs « sociologiques » ou « comportementaux » : la lourde insistance sur les énormes différences (qu’on est prié d’avaler) entre les trois personnages du second segment en est l’exemple maximal — bon, dans ce segment de toute manière, « y’a rien qui va ».
Si l’on prend le scénario, il m’a semblé qu’il était grevé de plusieurs aberrations très gênantes. Exemples : volet 2 : je ne crois pas du tout à ces filles qui « découvrent » quasiment les romans-pavés à succès écrits par leur mère alors que non seulement elles se voient tous les ans, mais il nous est même dit qu’elles s’envoient de temps en temps des textos, sans compter le fait que ces livres sont manifestement assez médiatisés ; [volet 3 : comment est-ce possible que la femme de ménage dise « vous ici?? je vous rappelle que cet appartement n’est plus à vous », surprise donc alors même qu’elle dit deux phrases après quelque chose qui laisse entendre qu’elle leur avait laissé les clés, et si ce n’est pas ce qu’elle a fait le moment reste tout autant aberrant]. De manière générale je n’arrive pas à trouver crédible le « type de distance » qui existe entre ces personnages, la « manière » qu’ils ont de n’avoir pas grand chose à se dire quelle qu’en soit la raison — l’éloignement géographique, l’éloignement affectif, la rancœur tenace mais contenue, ou autres variations.
Resterait la possibilité que quelque chose passe, par delà tous ces obstacles, via l’acteur. Si l’on prend le premier segment j’ai trouvé qu’Adam Driver ne s’en tirait pas si mal, arrivant presque à rendre son personnage crédible en bourgeois coincé sobre pas spécialement engageant. La façon qu’a Mayim Bialik de jouer les silences et la surprise est assez exaspérante mais je ne sais pas si c’est volontaire (j’en doute — là serait alors le documentaire, chouette). Tom Waits est peut-être celui qui s’en tire le mieux alors même que je craignais un cabotinage trop marqué [, mais l’on arrive à ce paradoxe que l’une des meilleures incarnations dans ce film se révélera… être une fraude]. Le problème est que même de bons acteurs ne peuvent rien faire contre certains dialogues [exemple paradigmatique dans le volet 3 : cette précision explicite « Mom and dad’s room… » après avoir commencé à pleurer, puis continuant ; dans mon ancienne coloc on appelait ça un « carton rouge »].
.
Subsiste néanmoins une autre chose, la plus importante à mes yeux : la grande et discrète beauté de ce triple écho de plans quasi-subjectifs qui filment, en fin de segment et depuis le côté des parents, le départ des enfants. Ce moment où ils s’éloignent, qui dure légèrement. [Effet d’écho et de répétition qui a pris en moi une grande ampleur à sa troisième occurrence : dernier plan du film, depuis le fond du garage, depuis le pas du box : les morts regardent s’éloigner les vivants. Cette espèce d’inversion finale me paraît sublime et justifie presque le film à elle seule. Elle pourrait donner lieu à beaucoup de gloses : au fond, les parents que filme Jarmusch dans les deux premiers segments seraient-ils déjà de l’autre côté de la barrière? Tant qu’à faire, quid des enfants eux-mêmes? Les seuls vivants sont-ils les skaters, dont on se demande sinon bien pourquoi Jarmusch insiste par trois fois sur cette bizarre trouée (pas si réussie en elle-même à mon goût)? Cette absence par la mort donne un autre relief aux silences de ce troisième volet, même si je dois bien dire que j’en ai peu profité, trop parasité que j’étais par les points très négatifs que j’ai cité plus haut. Je n’en profite qu’après. J’en profite sans le film].J’ai cette étrange sensation d’avoir vu, plutôt qu’un vrai bon film, la bonne idée d’un film ou l’idée d’un bon film.
-
Stéphanie
InvitéJ’ai trouvé le film de J.J pleins de petites qualités et en même temps une certaine inconsistance.
Le fils rouge que l’on retrouve dans chaque tableau est bien vu ( l’eau, la montre, le rouge, les cartons) , des liens familiaux que l’on retrouvent partout et toujours.
Ce qui m’a semblé très faible voire ridicule c’est le grimage des 2 sœurs, c’est à partir de là que j’ai décroché, bcp trop caricatural et peu crédible.
Le dernier tableau m’a ennuyé, très démonstratif ( les dessins des jumeaux, les photos de famille )trop vu .
JJ a été un peu fainéant sur ce film, dommage.-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a exigé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ;
-
I.G.Y
InvitéOui. Je sauverais un minimum la complicité frère-sœur du troisième segment qui ne sonne pas si faux. Mais très démonstratif par ailleurs, c’est sûr. Et puis ce truc de la bagnole hyper vintage dans laquelle on trouve à la fin la cassette avec le cœur, cassette qui s’insère dans le lecteur prévu (par le scénariste et par personne d’autre) à cet effet, bon…
Il y a d’ailleurs quelque chose d’amusant sur cette histoire de bagnole : Jarmusch tient à ancrer spatialement son récit en faisant de longs plans documentaires (c’est bien le seul aspect sur lequel il le fait) sur les espaces traversés en voiture, l’effet est net dans le troisième segment. Or il y a un effet secondaire paradoxal qui est de permettre au spectateur de constater une certaine artificialité… du trajet,lui-même. Si je ne me trompe pas le troisième segment commence à un Pigalle, puis avant d’aller chez leurs parents (qui sont je crois aussi dans le coin de Pigalle) ils vont jusqu’à un café tout à fait quelconque pas loin de… Gare de Lyon, pour ensuite remonter à l’opposé (il me semble même qu’ils passent pas la rue Riquet!). Je veux bien qu’il y ait des questions d’autorisations de tournage, mais ça manque de consistance, ça fait un peu faux docu.
-
Alexandre
InvitéJ’ai eu un problème avec ce dernier Jarmusch : beaucoup de mal à me concentrer sur les dialogues et les enjeux induits par ces dialogues.
Du coup le film m’a assez plu mais de loin, comme si je ne me sentais pas concerné. Le troisième segment ne m’a ému du tout alors qu’on l’a dit bouleversant.
Donc je plaide coupable. Cela dit, j’ai tout de même perçu une œuvre mineure, en deçà du potentiel, il fut un temps, de ce réalisateur.
Pour l’heure, et en ce qui me concerne, c’est sans appel : Jarmusch est derrière Jarmusch. La réussite éclatante de Paterson m’autoriserait à espérer néanmoins un nouveau retour de flamme.-
I.G.Y
InvitéJe n’ai malheureusement pas vu Paterson, dont on m’avait dit qu’il « chiant », mais j’en ai lu du bien plusieurs fois ici. Je vais rattraper. Son précédent The Dead Don’t Die m’avait laissé complètement froid (sauf Iggy Pop en zombie, plus vrai que nature).
-
Alexandre
Invité« Je n’ai malheureusement pas vu Paterson, dont on m’avait dit qu’il « chiant » »
Il l’est un petit peu mais il est réussi.
J’ai vu sur un autre topic qu’il était question de Perfect Days, de Wim Wenders. Et bien, Paterson, c’est presque le même sujet mais en mieux, c’est-à-dire en décalé, avec des trouvailles (Jarmusch est doué pour les trouvailles) dont le Wenders est assez dénué. Et c’est un film américain sur la poésie, plus précisément l’écriture poétique. Je n’en connais pas beaucoup.-
I.G.Y
InvitéPerfect Days semble quasiment avoir acquis un statut mythique, ça va m’obliger à le voir… Pourtant je ne suis pas un hater de Wenders (j’avais un bon souvenir de L’Ami Américain et de la fin de Paris Texas (oui), mais c’était il y a longtemps)
-
Alexandre
InvitéWenders est un des rares réalisateurs célèbres et célébrés auquel je n’ai jamais réellement adhéré, sans le détester non plus.
Je rejoins les rangs de ceux qui se sont toujours fait chier devant Paris, Texas et, remarquable lacune compte tenu de la notoriété des films, je n’ai toujours pas vu Faux mouvements ou L’Angoisse du gardien de but au moment du penalty et j’ai un doute sur Alice dans les villes.
Preuve de ma motivation déficiente.
J’en viens, honte suprême, à considérer que mon Wenders préféré pourrait bien être… Hammett, son film américain à gros budget produit par Francis Ford Coppola, pour lequel Wenders s’est fait bouffé tout cru.-
Alexandre
Invitébouffer! bordel!!
-
François Bégaudeau
Maître des clés« Wenders est un des rares réalisateurs célèbres et célébrés »
Pas si célèbre, et pas si célébré
Il y eut un moment Wenders, il dure 5 ans et tient sur deux films : Paris Texas, Les Ailes du désir. Ensuite arrive Jusqu’au bout du monde , qui va laisser tout le monde perplexe, puis Si loin si proche qui va embarrasser les derniers fans, et après c’est fini.
J’y étais.
On pourrait lister comme ça des cinéastes qui ont eu leur moment et puis qui ont vite montré leurs limites (Hal Hartley, dans les années 90, WKW dans les memes années)
Alors qu’Assayas, lui, a été constant.
Reste à savoir constant dans quoi -
Alexandre
Invité« Il y eut un moment Wenders, il dure 5 ans et tient sur deux films »
Pas tellement d’accord là-dessus. Ou alors ce moment est le temps de la consécration, ça oui.
Mais il y eut une montée en puissance critique avant ces deux films. Si Coppola lui a donné les clefs le temps d’un film en 1982, c’est que Wenders se posait déjà là.
La même année en France, donc deux ans avant Paris, Texas, Michel Boujut sortait un bouquin sur le cinéaste, sur son œuvre, celle-là même que je continue d’ignorer (sauf L’Ami américain et L’Etat des choses, et à l’exception du tout premier Summer in the City).
Il n’y a rien de lui que je déteste, au contraire, mais l’ensemble me laisse relativement tiède.
Et Paris Texas m’avait été une déception à sa sortie malgré Harry Dean Stanton et Ry Cooder. -
Alexandre
InvitéJe crois que j’en aime le décor moral, les clins d’œil (Bruno Ganz qui fredonne les Kinks dans L’Ami américain, c’est émouvant) mais c’est la mise en forme que je trouve léthargique.
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Ostros
InvitéLe rire et le couteau en location pour 4,99 euros sur Universciné !
https://www.universcine.com/films/le-rire-et-le-couteau-
tomtom
InvitéDécouvert sur Arte VOD hier soir.
Les 3h27 faisaient un peu peur – Très incompatible avec nos 35h d’escalavage hebdomadaire.
Mais quel plaisir d’arriver avec la tête dans le cul au travail ce matin.-
Carpentier
Invitéarriver avec la tête dans le cul au travail
idem, ce sont, depuis toujours, mes meilleures journées au boulot
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a demandé que la question suivante soit posée ici : films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
-
I.G.Y
InvitéJe conseille vivement de jeter un œil à la sortie inédite en France du petit film expérimental d’1h11 de 1985 qui s’appelle L’oeuf de l’Ange, animé japonais par le réal de Ghost in the Shell. Je ne cache pas mon impression d’avoir vu un petit chef d’oeuvre de l’animation, je lâche les termes. J’ai rarement été autant impressionné par du dessin au cinéma.
(Évitez malheureusement la salle 3 du Reflet Médicis, il y a un gros problème de son, et la musique est très belle, idem pour les bruitages).
(Je le conseille tout autant que je déconseille le remake animé japonais de Metropolis ressorti récemment)
-
François Bégaudeau
Maître des cléspourtant des gens m’ont dit que ce film n’était nippon ni mauvais
-
Charles
InvitéCarton jaune – si j’ose dire – pour cette blague de la fin du XXeme siècle.
-
Ostros
InvitéLe grand réalisateur japonais Yamamoto Kadératé prendrait très mal ce type d’humour dépassé s’ils vous lisait
-
François Bégaudeau
Maître des clésje me repens
j’implore le pardon-
trou du cul
InvitéBégaubeauf 1er a exigé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
-
Carpentier
Invitéaaaaaah voici des nouvelles de notre ami de feu-la gêne (Cocolagène) ^^
Moi qui me retenais de lui dédier une page topic, ce post me stoppe net
(ouf pour l’arborescence du site)-
Carpentier
Invitésuite au *nippon ni mauvais*
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a demandé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
I.G.Y
InvitéÇa dépend comment on le prend : si on est allergique à la poétique allusive et quasi cryptique (il y a d’ailleurs très peu de dialogues), on peut ne pas marcher. Moi je le retiens avant tout pour le dessin et le son. Il y a beaucoup de moments où je me suis dit : je ne jetterais aucune planche. Je pense que j’irai le revoir.
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a voulu que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
Carpentier
Invitéje l’avais repéré et, grâce à ton post du matin, je suis allée le voir sans tarder : )
2e rang, UGC des Halles, une salle complète, concentrée comme rarement, un.e dévoreur se de pop corns auraient pas osé ; D
Ce qu’on voit est à la fois intriguant, étrange et apaisant et on se plaît à regarder comment c’est fait, comment, si désir, en dessiner, s’essayer à en reproduire les plans, c’est magnifique-
Carpentier
Invité… je l’avais repéré et, grâce à ton post du matin, je suis allée le voir sans tarder, L’oeuf de l’Ange,
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a exigé que la question suivante soit posée ici : quels sont les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
Carpentier
Invitéje viens de piger à quoi le tdc, écrit dans un post assez récent de …Graindorge, faisait référence (celui où elle fantasme des amis/mi-amis nanani, vous savez? )
. tdc, donc:
– de là, viendrait peut-être, l’expression ‘ ça va pas me faire un 2e trou au cul ‘ – que d’aucun.e connaisse peut-être, ou pas? – et, au vu des messages en doublon, triplon, quadruplon, papillon, ah le con –
on saura maintenant grâce à certain.e tdc donc que,
si, c’est possible, de se faire plein de trous au cul.
Grand dimanche : D-
Carpentier
Invitéau fait,
j’ai donc vu L’oeuf de l’ange.
-
-
-
-
I.G.Y.
InvitéAprès revoyure (cette fois à l’UGC moi aussi : avec un son nettement meilleur… mais des couleurs un poil moins bonnes), je confirme à 100% ma première impression. Ça me semble être l’exemple type d’une réussite pour un film assez expérimental et abstrait. La musique est bel et bien au cœur de l’affaire : son instabilité chromatique quasi-constante casse de l’intérieur y compris ses parties grandement orchestrées, qui auraient pu banalement se mettre au service de la dimension mythique et religieuse du film. Ses grandes envolées sont au contraire incomplètes, incertaines, sans célébration. Au lieu de la gloire : la grâce.
Le film manie à merveille les oscillations entre minimalisme et maximalisme sonore. Visuellement, l’immensité sombre du décor n’a pas le caractère écrasant et « totalitaire » qu’il peut prendre dans les dystopies, car il n’y a en fait aucune menace réelle. (Il y aurait plus quelque chose, comme dirait l’autre Emmanuel, de l’ordre du « sublime » ?) Le pathos est quasi absent. Et le film donne à voir beaucoup d’images pour ma part très inédites et mémorables. Des images plus que des plans, sans doute.
.
Quant au « sens » du film, on lit qu’il traite de la perte de la foi. C’est plausible, mais on peut aussi l’apprécier sans rien y comprendre. Le film ne cède pas du tout à la pathologie du film-puzzle à paradoxes, mais distille ça et là quelques récurrences qui intriguent sans être si appuyées (les différents moments d’apparition des plumes, deux plans similaires où la fille disparaît vers le bas de l’écran au début et à la fin, etc…). Question « sens », le film est de toute façon hors chronologie — éléments passéistes et futuristes sont mêlés, la traditionnelle question rêve-réalité n’y a (presque) pas cours. Le mythe perd beaucoup de sa prétention au « sens ». Le mythe est désœuvré.Son incarnation aussi puissante qu’irrésolue me paraît très belle [je pense à l’arche presque fossilisée]. Le personnage principal qui porte son épée sur le dos comme une croix joue bien peu le rôle du protecteur et encore moins de l’évangéliste, ni celui de prophète d’un ordre à venir ou d’une restauration : il erre, infiniment, dans l’espace immense.
-
Carpentier
Invitémerci pour tes lignes qui sont délicieuses à lire;
oui, pour le personnage principal. Le personnage principal qui porte son épée sur le dos comme une croix joue bien peu le rôle du protecteur et encore moins de l’évangéliste, ni celui de prophète d’un ordre à venir ou d’une restauration : il erre, infiniment, dans l’espace immense.
Tout sauf protecteur quand, curiosité de savoir et voir obligent, il brise l’oeuf, exemplairement.
Personnage principal masculin qui, pour moi, serait même dans une sorte d’après la gloire/ la puissance, comme dans un retour au calme, au repos. au plus ordinaire, semblable à l’après bataille intense des super-héros aussi (// rêve-réalité)
il a la douceur d’Albator, que mon frangin, mon cadet de 9 ans 1/2, aimait moins que Goldorak, moi j’adorais.Des images plus que des plans, sans doute.
mis à part les enfilades de cruches/pots en verre par exemple, j’ai souvenir: quelques plans, si, un peu, dès qu’il s’agit de dire le temps, que tu dis bien; on voit alors des successions d’objets conservés, posés, des rubans, des empilements pour dire le temps écoulé (selon l’objet montré en nombre infini) et souvent, ça, c’est en image immobile.
Un plan du coup, non? -
Carpentier
Invitécette fois à l’UGC moi aussi: avec un son nettement meilleur…
en dolby surround, précisent-ils, je crois bien : )à
-
Antonin
Invité« Le personnage principal qui porte son épée sur le dos comme une croix joue bien peu le rôle du protecteur et encore moins de l’évangéliste, ni celui de prophète d’un ordre à venir ou d’une restauration »
Cette description me fait fort penser à Tapion : un personnage du film Dragon Ball Z « l’attaque du dragon » (1995). Personnage qui se balade avec une grande épée dans le dos et musicien à ses heures perdues ( la musique la plus « tristoune » de la série certainement)
-
I.G.Y
InvitéAntonin : ma familiarité avec DBZ est à peu près nulle (je suis quasi intégralement passé à côté des séries manga étant ado, j’ai juste vu des bouts d’épisodes ici et là, je le confesse), mais en tout cas la différence esthétique avec l’Homme qui n’a pas de prénom de l’Oeuf de l’Ange est assez radicale (aussi l’épée de ce dernier a littéralement une forme très proche d’une croix, légèrement tordue, et sans bandoulière, il la porte au sens strict; ça n’est à vrai dire pas totalement clair qu’il s’agisse d’un ensemble fourreau+lame, on ne voit jamais la lame, donc c’est possiblement une extrapolation de ma part que de parler d’épée).
D’ailleurs dans la scène que tu postes, Tapion semble assez irrité (existe-t-il des personnages apathiques/flegmatiques dans DBZ? C’est une vraie question, je n’ai pas assez regardé pour répondre mais je me la pose) et effectue une action, il semble dissoudre un adversaire. Dans l’Oeuf de l’Ange, le personnage en question ne fait à peu près aucune action sur les 1h11 (il en fait en gros une,). En revanche il aurait tout à fait pu être musicien, oui.
.
Carpentier : « Personnage principal masculin qui, pour moi, serait même dans une sorte d’après la gloire/ la puissance » : ce pourrait tout à fait être ça.Pour les plans, c’est vrai qu’il y en a, je ne le nie pas, mais il me semble que le film produit surtout beaucoup d’images (j’ai gardé en tête cette distinction lue ici et là surtout longuement abordée dans la GO Sorrentino). A y réfléchir c’est possiblement lié à au moins deux choses : évidemment le fort lien du film avec la rêverie/le mythe/la religion (iconographie); ensuite, peut-être que l’animation « dessinée » (par opposition à l’animation 3D) a plus de propension à créer des images, surtout quand les dessins sont aussi soignés et riches, en tant que ce procédé absente plus directement et presque par construction le hors-champ (il reste vrai qu’on peut zoomer ou faire du travelling dans un dessin, ça arrive dans ce film aussi, bien sûr). Dans l’animation 3D c’est une toute autre affaire, puisque l’animateur a à sa disposition une modélisation 3D de l’environnement qui entoure l’endroit où il décide de placer la caméra : il y a donc immédiatement « découpe ».
Ce sont des intuitions.
-
Antonin
Invité« existe-t-il des personnages apathiques/flegmatiques dans DBZ? »
Tortue Génial ( sauf quand il croise des filles )
En tout cas tu m’as donné envie d’aller jeter un oeil à Angel’s Egg.
-
-
-
-
-
-
Charles
InvitéJ’ai rattrapé Life of Chuck de Mike Flanagan qui avait eu d’étonnantes bonnes critiques au moment de sa sortie alors que tout laissait penser à une niaiserie hollywoodienne, laissant le spectateur sur le carreau en overdose de sucre. Eh bien je dois dire que j’ai été agréablement surpris. Le film est réussi dans son genre, celui de mélodrame, de récit d’apprentissage à la Spielberg. Pour une raison assez simple dont la formulation m’a été donnée par une critique des Cahiers : le refus de toute surdramatisation. Le film est divisé en trois actes, d’une durée inégale, et au sein de chaque partie, même si le récit peut-être ambitieux (la fin du ou plutôt d’un monde, un récit d’apprentissage pour les actes 3 et 1), il fonctionne à l’économie. Les derniers jours sur Terre sont racontés en mode mineur, sans scènes spectaculaire, sans grandes effusions, sans héroïsme mais plutôt sur le mode du fait accompli. La deuxième partie tient dans une unique scène de danse qui ne connaitra pas d’épilogue. Et la dernière partie, chargée en tragédies certes, n’a pas énormément d’enjeu dramatique – des leçons de danse, un bal, une chambre interdite et c’est tout. Même si le film a certaines prétentions que je n’ose qualifier de métaphysique, il reste modeste dans sa facture (pour un film hollywoodien bien sûr). Et il a le mérite de tenir son récit, de ne pas régler manu militari son insondable tristesse. C’est un beau film triste et relativement simple.
-
Seldoon
InvitéTu as vu d’autres Flanagan ?
-
Charles
InvitéOui sa mini-séries la Chute de la maison Usher, pas horrible mais pas terrible non plus. Oubliable et oublié.
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a exigé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf i voudrait bien que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf exige que la question suivante soit posée ici :: les films du 20ème siècle peu connus mais très bons ?
-
-
-
trou du cul
InvitéBégaubeauf a exigé que la question suivante soit posée ici : les films du 20ème siècle peu connus mais très bons
-
François Bégaudeau
Maître des clés« le topic cinéma 20 ou 21 aurait suffi » est une tournure qui, délicate comme le conditionnel passé, ne contient aucune exigence.
Pour le reste et pour amorcer cette discussion quentu engages dans des termes si amènes, tu peux déjà té référer au programme du cine club de cette année : Close up, Benny s video, Quatre nuits d’un. reveur, L’enfance nue, L’inconnue du nord express, Mean streets, Steamboat bill junior, L’amour l’après midi.-
trou du cul
Invitérelis ma question sur le fil que j’avais ouvert et relis ta réponse EN ENTIER bégaubeauf…
quant à moi je n’interviendrai plus sur ton forum où tu te plais à agresser les autres alors ne te plains pas quand on te répond…-
François Bégaudeau
Maître des cléson avait bien compris qu’au fond le cinéma du vingtième siècle t’importait peu, bien nommé
-
-
-
Harry Wilbourne
InvitéQue pense-t-on de Wang Bing et de sa trilogie Jeunesse ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésque du bien
même si je n’ai vu que deux volets, d’où l’absence du troisième volet dans mon top 5-
Harry Wilbourne
InvitéJe n’ai encore jamais vu de film de ce cinéaste, tu me conseilles de commencer par lequel ? Par ailleurs François, j’ai vu que tu avais publié un texte chez Transfuge sur Les Ames mortes ; est-ce que tu l’aurais sous le coude stp ? (J’ai pas encore vu le film, mais ça ne saurait tarder.)
-
François Bégaudeau
Maître des clésC’est long
WANG LE DINGUE
Mettons qu’on enterre un homme, que son cercueil soit encore posé sur un tréteau au milieu du cimetière, et que vous soyez là pour filmer. A coup sûr vous faites un plan du cercueil, un plan fixe et cadré nickel – ses arêtes parallèles à d’autres lignes-, flanqué sans doute d’autres plans de facture semblable (inhumation solennelle, gestes rituels, corps compassés). Ainsi fétichisé, ce cercueil acquiert une dimension qui l’excède, est érigé en allégorie de la mort. Vous filmez une idée, éventuellement un sentiment (genre la tristesse). Vous ne filmez pas comme Wang Bing.
Wang Bing prend, lui, la scène en amont, quand le cercueil est encore mobile, porté par une demi-douzaine d’hommes en serrant les dents et soufflant des naseaux. Le chemin est à flanc de colline, le sol cahoteux, les virages en épingle difficiles à négocier, le cercueil pèse, ce n’est pas un symbole mais une chose dotée de poids, il faut faire de régulières pauses, se repositionner, repartir, tout autour de la boite ça gueule, se hèle, se crie des conseils, et une fois là-haut auprès de la tombe la cacophonie dure, les deux fossoyeurs descendus au fond du trou doivent s’adosser l’un à l’autre pour que l’un pousse l’autre qui de ses jambes tache de faire glisser la boite dans l’excavation latérale. Leurs gémissements d’effort s’exténuent en rire, mais le fils du défunt, trois mètres au-dessus, ne rigole pas, au contraire fulmine mécontent de la manoeuvre, ils ont poussé le cercueil de travers ces cons là, il va descendre à son tour pour le réajuster, si si il va descendre laissez-le tranquille, « le parti communiste l’a assez malmené comme ça » vocifère-t-il. Il parle du mort, de nul autre que de ce mort là, son père, porteur d’un nom, Zhou Zanoan, qui le singularise. Wang Bing ne filme pas des idées mais des situations. Pas des symboles mais des faits. Des actes.
Sur le chemin pentu, le filmeur était là qui suivait la manoeuvre. Suivre au sens de prêter attention et de marcher à la suite. Pour Wang, les deux sont quasi indissociables. A L’ouest des rails, première livraison, d’une oeuvre monumentale cousue de plans anti-monumentaux, avait, en 2005, d’emblée imposé la figure du filmeur-marcheur. Peu de plans contemplatifs sur l’usine – ceux enclins à tirer beauté du cauchemar industriel sont déjà assez nombreux comme ça -, mais un cinéaste qui, nanti d’une petite caméra numérique (à l’époque le fait était remarquable), arpentait le site dans les pas de tel ou tel de ses usagers, de sorte que filmer était un acte aussi.
Au milieu de ce qui fut le « camp de rééducation et de réforme par le travail » de Mingshui, on trouve des ossements, restes des morts sans sépulture (juste parfois une pierre griffée d’un nom) d’il y a un demi-siècle. Plans fixes? Plan sur ce fémur, puis ce tibia, puis cette mâchoire, puis ce crâne ? Wang ne fonctionne pas comme ça, il n’est pas là pour faire des images mais des plans. L’image s’abstrait d’une situation, le plan s’y articule. La situation c’est cette plaine aride et venteuse. Plutôt que de produire des plans hors sol, la caméra de Wang ressaisit une continuité, un espace, en accompagnant des gens qui piétinent là en quête de traces qui les aident à se souvenir de ce qu’ils n’ont pas vécu. Le filmage est en mouvement, toujours : le crâne on y accède par un homme qui le trouve, par une main qui le saisit – le cadreur épouse le geste-, par l’oeil qui s’y arrête – le cadreur zoome. Et si Wang se trouve seul au milieu de la plaine, comme il arrivera au milieu puis à la toute fin des huit heures quinze des Ames mortes, la charge du mouvement lui reviendra, sa caméra à la fois capteuse et traqueuse filmant et guidant la recherche. Quelques pas en travelling avant heurté, un arrêt pour cadrer un os de tibia là derrière une butte, quelques pas à nouveau, avant une autre station pour un autre os, jusqu’à l’arrêt final sur deux crânes perdus au milieu de rien, et alors le mouvement antérieur rend cette immobilité d’autant plus tangible, et sa durée d’autant plus dense, plus insistante, terriblement intense. Regarde bien spectateur, vois ces restes d’humains et vois comme moi l’arpenteur je m’y arrête, comme j’exécute l’acte de m’y arrêter et de les cadrer, regarde bien ces crânes et enfonce-les toi dans le tien.
A vrai dire, les moments de marche sont rares dans Les âmes mortes. 90% de ce film constitué d’entretiens réalisés en 2005 et 2016 est statique. L’arpenteur s’est assis pour écouter-filmer le témoignage de survivants de trois années de camp. Sauf que, tels que rendus par Wang, ces entretiens sont aussi des actes.
Ils le sont en vertu d’une option qu’on appellera du montage minimal. Qui tient en deux points.
Point un, les entretiens ne sont pas montés entre eux, insolente dérogation à la facture majoritaire des docus fabriqués à base d’entretiens, qui, pour ne pas ennuyer faut-il croire, opèrent par enchevêtrement de petits bouts de chaque, en sorte qu’à l’écran une phrase de Paul complète trois phrases de Pierre glissés à l’appui du développement de Jacques, et ainsi de suite. Les survivants de Mingshu se succèdent et non s’enchevêtrent. Chacun a son moment spécifique, isolé, et le film est une succession de blocs, autant de blocs qu’il y a d’individus – une vingtaine, et quelque chose nous dit que tous les gens rencontrés y sont, que Wang s’est interdit l’obscénité de « virer au montage » le moindre de ces individus que le pouvoir communiste s’est jadis acharné à virer de la surface.
Wang ne craint pas ce que le montage-entrelacs veut précisément éviter : la répétition. Les âmes mortes est un film répétitif et fier de l’être. Plusieurs fois il est dit que l’acte d’accusation qui valait à un supposé « droitier » un séjour cauchemardesque dans ce genre de camps était fallacieux, que les déportés avaient droit à une ration de 200 grammes par jour, bol de gruau ou louche de bouillie, que bientôt plus personne n’a travaillé dans ces supposés camps de travail, que les prisonniers dormaient dans des abris troglodytes, tête couverte jambes dehors, qu’il arrivait qu’on mange des morts, que certaines familles elles-mêmes miséreuses apportaient ou envoyaient de la farine. Cette répétition, ce ressassement, Wang Bing les veut. Il veut marteler, et c’est en ce point précis, par-delà le trop facile rapprochement thématique et les amalgames discutables qu’il infère, c’est dans cette obstination butée, dans cet acharnement à faire dire et redire, dans ce retour insatiable au même de la tragédie, que se noue avec le Lanzmann de Shoah un lien profond, un lien de tempérament.
C’est qu’à la fin la répétition vaut preuve. La redite vaut recoupement. Un témoignage est nul, deux commencent à dessiner un fait, dix l’établissent. Au terme de ces huit heures austères, des faits se sont établi à jamais dans l’esprit du spectateur : entre 1958 et 1961, trois mille hommes, pour la plupart des profs ne pouvant pas faire valoir une « bonne origine de classe », frappés arbitrairement de l’accusation de « droitiers », ont été déportés à Mingshui, sous-ensemble du camp de Jiaobang. Dans cette « ferme » auquel le pouvoir imposait l’autonomie alimentaire alors qu’il en savait la terre à peu près incultivable, ces hommes ont été sciemment affamés, et déshumanisés par leur faim. Placée finement au presque terme du film, les euphémismes stratégiques de la lettre d’un mort reportée à l’écran ne trompent plus personne : cette « dysenterie » dont il dit souffrir pour justifier la demande faite à sa femme de lui apporter de la nourriture, masque, par peur de représailles, le mal réel, régulier, mortel : l’absence de nourriture. La peau sur les os. La mort sûre, en silence, à petit feu – on mourait comme une flamme de bougie s’éteint, dit l’un.
Le choix de la succession vise bien sûr aussi à redonner à chacun une individualité dont la machine totalitaire a voulu le priver. Chacun impose son visage, sa voix, sa posture, son laconisme ou sa faconde, son reliquat d’énergie, et d’abord son nom, incrusté en ouverture de chaque bloc. Chacun porteur d’un détail, d’une anecdote, qui fait que la redite n’en est jamais exactement une. La larme dessinée par l’un sur un portrait de Mao, pour illustrer la probable tristesse du timonier à la disparition de son fils, et qui le vouera au camp, incarne mieux que tout discours l’absurdité et la bêtise de la dictature (le pouvoir est bête, l’hyperpouvoir est hyperbête). Toujours une phrase survient qui dit mieux qu’une autre l’épuisement (« les jambes n’étaient pas motrices », « les gens sciaient leurs pelles pour s’en faire des cannes »), l’humiliante dégradation (impossible de déféquer, « on se curait les uns les autres ») et la faim (« on en arrivait à se disputer la nourriture des cochons »), et encore la faim (rumeur d’une fille qui se serait offerte au poignard de son père pour que sa chair morte nourrisse le reste de la famille), et encore la faim : quand l’un meurt dans son sommeil, ses voisins de couche ne le signalent pas pendant deux jours pour avoir sa ration.
Luxe sordide de détails. Infernale accumulation. Litanie de l’horreur. Il arrive qu’avançant dans Les âmes mortes on n’en puisse plus – pas tant parce que c’est insoutenable (se documenter sur un calvaire sera toujours mille fois plus soutenable que de le vivre), que parce que c’est long, et, que souvent la répétition domine sur la variation. Il arrive même qu’on soupire, songeant que Wang aurait quand même pu raboter ici et là. Mais Wang n’est pas un raboteur, c’est sa marque, la longueur déjà légendaire de ses films n’est pas incidente mais structurelle. Elle ne s’explique pas par le bréviaire éculé du documentariste (passer du temps avec, s’immerger, etc), mais par le montage minimal. Qui consiste aussi à tailler aussi peu que possible dans un témoignage donné, et nous voici parvenus au point deux.
De l’après-midi passé à écouter-filmer un certain Li Jinghang, Wang garde 29 minutes. Dans Fengming, chronique d’une femme chinoise, il avait gardé quatre heures de plan fixe, au long desquels la lumière du jour baissait progressivement, relayée par une lampe de salon, comme il arrive encore ici au cours de la demi-heure consacrée au dénommé Ling De. Cette lumière changeante, naturellement changeante, est la chair de la durée, la trace d’un moment réel passé avec le témoin. Si d’un témoignage de dix heures vous gardez dix minutes (ou beaucoup moins) que vous distillez par petits bouts dans un montage enchevêtré, vous restituez non un témoignage mais des paroles. Des bouts de paroles. Ou plutôt des propos. Vous retenez du dire et non du faire. Au nom d’une fluidité indue, voire inappropriée, votre montage a évaporé le moment du témoignage, et l’acte qu’il est.
Wang oeuvre à désartificialiser l’entretien, à l’inscrire dans la continuité de la vie. Donc pas de lumière ajoutée (= issue de l’outillage technique du filmeur) ; pas de positions spécifiques du témoin ; pas de meubles déplacés, pas de rangement préalable au tournage. Assieds-toi comme tu t’assois d’habitude, dans ton salon en désordre, dans ton jus, et parle-moi comme tu parlerais à un ami, à moi qui suis assis face à toi, caméra sur les genoux. Accueille le visiteur impromptu, et tant pis (tant mieux) s’il passe devant la caméra. Laisse ton épouse passer dans le champ si une nécessite domestique l’exige. Et surtout ne fais pas taire l’enfant qui joue à coté. Ne fais pas signe à cet homme au téléphone de reporter la conversation. Ne calme pas les miaulements insistants de ce chat. Ni ces bruits de vaisselles. Ne fabrique pas ce silence de cinéma, ce silence de mort, que s’infligent connement les tournages académiques. Que la vie continue pendant que tu parles. Que ta parole soit vivante, comme est vivante la personne à l’écoute, qui de son coté ne s’interdit pas de faire entrer sa main dans le champ pour te tendre une clope ou déposer les cendres de la sienne sur le cendrier dont tu uses. Dans un des derniers entretiens montés, Wang est carrément à l’écran, joues juvéniles et tee-shirt blanc, fumant comme Pu Yive qui lui parle, écoutant, relançant (rarement), écoutant, exhalant sa fumée, écoutant, s’ennuyant peut-être, pensant peut-être parfois qu’il préférerait être ailleurs, balayant cette perspective, se reconcentrant, persistant, c’est là qu’il doit être, là qu’il faut se tenir des heures durant. Pourquoi le faut-il ? Parce qu’il le faut. Si la parole est ressaisie dans sa longueur, dans sa difficulté, dans ses efforts de remémoration, dans son cheminement laborieux, dans son labeur, l’écoute prend consistance, elle aussi acquiert la densité d’un acte.
C’est une action qu’on filme. Deux actions en une : une personne parle à une autre qui persiste dans l’écoute. Cette double action induit une unité de lieu, et de temps. L’incrustation qui date chaque entretien ne se contente pas de l’année (2005 ou 2016, donc), elle précise le jour : 7 juillet 2005, 4 novembre 2016. Ce que nous voyons a eu lieu ; ce qui a lieu n’a lieu qu’une fois, en un jour daté, glissé chichement entre deux éternités. Le dispositif minimal de tournage veut préserver cet avoir-lieu, le restituer, le maintenir intact dans le plan, redoublant ainsi ce qui est le travail obscur et nécessaire de tout témoignage : donner chair, par la parole, à ce qui a eu lieu.
Les âmes mortes, concentré à déterrer une tragédie enfouie du passé vaut tout autant pour le présent qu’il attrape. Le présent de ces vivants présentement dévoués à la mémoire des morts.
Ce présent n’est plus très vaillant. Ces corps parlants ont en moyenne 80 ans, parfois 90. D’une bonne moitié, un écriteau nous apprend qu’ils sont morts entretemps. Les autres ne tarderont plus à les rejoindre, parfois il leur tarde – « Je voudrais mourir le plus tôt possible, morte je souffrirai moins », dit une épouse. Ce sont des presque morts qui témoignent, des vieillards au souffle court, à la main parkinsonienne, à l’ouïe défectueuse, à la gorge entravée. L’un est alité : souffrant des reins, il dit que son fils, 70 ans quand même (et mort depuis le tournage aussi), ne veut pas qu’il reçoive de visite de crainte que ça le fatigue. Quelques heures plus tôt dans le film, un autre alité, le regard fixe, le crâne déplumé par la maladie, la déglutition grimaçante, est presque inaudible. Un chuchotement pour dernier effort. Son avant-dernier souffle pour évoquer ses souffrances à Mingshui, et celles de son frère qui lui n’en est pas revenu, et alors son agonie présente est une figuration, non pas recherchée mais obtenue par conjonction des temporalités, de l’agonie vécue alors, et du « sale état » dans lequel des mois de famine les avaient mis tous les deux. La dictature avait fait de ce trentenaire un vieillard avant l’heure ; il l’est devenu réellement. Bientôt il rejoindra son frère, après quarante ans de séparation. Dans la séquence suivante, le cercueil hissé au sommet de la colline est le sien.
Mais ce présent, cette vieillesse, vaut aussi pour elle-même. Si elle impose une urgence et justifie la démarche – vite les faire raconter avant qu’ils disparaissent -, elle existe comme réalité en soi. Tout passé et tout cauchemar dictatorial mis à part, regarder Les Ames mortes revient concrètement à regarder des vieillards pendant huit heures. Qu’est-ce qu’un corps de vieillard? Un corps qui affronte le temps qui reste avec ce qu’il reste de vie en lui. Un corps gagné où la vitalité est résiduelle. Où le souffle de vie, d’être ainsi réduit à presque rien, n’en est que plus tangible, poignant, précieux.
Wang a voulu aussi recueillir cela. Il a gardé au montage cette vieille femme qui dans la cuisine compte des pilules rouges au creux de sa main fripée, puis les avale avec son thé. Sans craindre d’allonger un film déjà promis à être long par son refus de dénaturer les entretiens, il a gardé des moments plus anodins encore : tel marchant dans la rue (pas lents, pieds qui frottent), tel autre descendant les escaliers de son immeuble, tel autre ouvrant les volets de son salon, s’asseyant, allumant une cigarette, tel autre aspirant bruyamment ses nouilles sur une terrasse étroite. Aux forces de mort, qu’elles soient politiques et biologiques, Wang oppose deux stratégies en une, et qui dans le plan fusionnent : filmer des gens qui racontent le passé ; filmer ces gens. Pourquoi filmer un homme mangeant ? Parce qu’il mange. Parce que manger existe. Parce que ce moment est. Parce qu’il est une bribe de vie. Que ce soit de la vie justifie qu’on le filme, poursuivant, envers et contre tout, contre la pente générale du septième art, la vocation de pur archivage du cinéma originel. Par pur archivage, on entend que rien dans ce qui est archivé ne justifie l’archivage sinon son existence même, si anodine et insignifiante soit-elle.
Dans A la folie, qui jusqu’a la presque fin, ne sortait pas d’un asile, un fou demandait au filmeur pourquoi il le filmait. Wang ne répondait rien ; son silence intense valait réponse. A cette question il n’y avait qu’une réponse en acte, continuer à filmer celui-là même qui la posait. Pourquoi est-ce que je te filme? Parce que tu es. Plus tard un autre fou se lançait dans une course le long de la coursive à angles droits du bâtiment carcéral. Et le filmeur le suivait, courant lui aussi, courant puisque l’autre courait, courant aussi longtemps que le fou courait, courant comme un dingue.
Dans les Ames mortes, l’épouse d’un témoin, soutien indéfectible comme toutes celles présentes ou simplement évoquées au long du film, borde son homme avant la nuit en lui disant qu’il n’a pas à parler, qu’il n’est pas obligé de raconter, « il veut juste te filmer en train de dormir ». Il, c’est Wang. Qui fait exactement ce qu’elle dit, posté dans un coin de la chambre, la caméra entre les mains. Qui, ce soir-là, est peut-être resté une heure dans cette position, recueillant le souffle fort du dormeur, patient comme une veilleuse de mort, patient à la folie.-
graindorge
Invitébravo
-
-
-
-
Jules
InvitéC’était mon tout premier Wang Bing et waouh ! Quelle claque (je ne dirais pas que le tout premier volet a été ‘facile’, au niveau de la longueur mais j’ai eu envie de voir les deux suivants)
-
-
Charles
InvitéQuelqu’un a vu les Echos du passé de Schilinski, qu’on rapproche d’Haneke?
-
François Bégaudeau
Maître des clésOui j’ai entendu qu’il y aurait du Haneke
Vais essayer de le voir. -
Carpentier
Invitéles Echos du passé de Schilinski,
– ne sera-t-on pas alors devant le fameux bijou de romantisme?
qui aveugle souvent certain.e ?
-
-
Carpentier
InvitéActuellement sur arte, le Roubaix, une lumière de Desplechin
-
Antonin
InvitéSi quelqu’un a un lien du documentaire dont s’est inspiré la Desplech pour ´Roubaix une lumière’, je suis preneur.
-
-
graindorge
Invitétrouvé ça
-
MA
InvitéRencontre un peu plus récente à laquelle j’ai assistée. Il ne m’a pas l’air très féministe d’après les extraits de films vus.
-
Alexandre
InvitéCe Rendez-vous de la SRF consacré au grand réalisateur chinois s’annonce passionnant (j’ai écouté le début) et j’ai grand soif de m’initier à Wang Bin.
Bon, à part cela, suis-je le seul à devenir chèvre quand j’ouvre ce topic cinéma : à chaque fois je me farcis la voix de l’animatrice qui introduit l’événement d’un tonitruant « Bonjour à toutes et à tous » qui a fait bondir la salle d’attente de mon médecin, pas plus tard qu’il y a une heure.
Y a-t-il un truc pour neutraliser ça ou bien tous les sitistes se le tapent à chaque ouverture du topic?
Parce que là, j’en peux plus. C’est la goutte d’eau chinoise.-
Alexandre
InvitéWang Bing
-
MA
InvitéAh ah . Désolée pour la gêne. Peut-être ouvrir une nouvelle page.
-
Alexandre
InvitéAh tu peux être désolé! Je serais capable de te réciter par cœur le discours introductif de la soirée. Dès que j’entends la voix de l’animatrice, ma tension monte.
-
-
-
-
-
-
Younès
InvitéÀ noter le lancement, vendredi, d’une nouvelle revue de critique de cinéma décoloniale avec, entre autres, Corentin Lê et Occitane Lacurie (deux jeunes critiques éminents). Elle s’appelle Emitaï. Ça s’annonce passionnant.
-
MA
InvitéCorentin Le ancien de Critikat
-
Charles
InvitéÇa veut dire quoi revue de cinéma décoloniale? Qu’on va appliquer à tous les films une grille de lecture décoloniale? Si c’est ça, je n’ai pas hâte.
-
MA
InvitéEn tout cas si c’est un peu comme l’entretien entre Louisa Yousfi et Emmanuel Burdeau sur Oui de Lapid, je comprends ton manque d’enthousiasme
-
-
-
MA
InvitéSur Arte replay actuellement le très beau Les Nuits blanches de Visconti.
-
Tony
InvitéC’est vrai que le Visconti est adapté de la même nouvelle que les quatre nuits d’un rêveur,je le verrai aussi,on peut aussi revoir la période faste de Chabrol sur le Replay d’Arte dont La femme infidèle, rarement diffusé et toujours aussi fort,et Rosselini aussi, sacré programme sur Arte,de quoi passer un bon hiver!
-
-
Charles
InvitéJ’ai donc vu Les échos du passé (the sound of falling, titre moins littéral, plus imagé) qu’on vend un peu partout comme un film à la Haneke, réalisé par une jeune réalisatrice allemande dont c’est le premier film, mais aussi comme un film doloriste ce qui chez certains revient au même. Ce qui est intéressant c’est que le film n’est absolument pas cela, il est même presque l’inverse, ce qui en dit long sur la réception d’Haneke en France.
Le film est un étrange puzzle narratif où se mêlent plusieurs temporalités (années 1910, 1960-1970 et 2010) plusieurs générations, au sein d’un même lieu en Allemagne (une ferme). Le récit alterne ainsi les scènes et les époques de façon non linéaire et non chronologique. Les rapports entre les personnages et les époques ne sont pas toujours explicitées ou alors très rapidement au détour d’un dialogue, d’une allusion. Le film suit principalement les personnages féminins de chaque époque, qui sont liées par une sorte de rapport à la violence et à la tragédie : inceste, suicide, dépression, oppression familiale etc. Les échos du passé seraient cette violence qui traverse les époques, se transmet entre générations de façon quasiment surnaturelle. Le film est très ambitieux, surtout pour un premier long, très riche narrativement mais on ne retrouve pas du tout Haneke.
Haneke cherche par des scènes longues, des plans larges, fixes, à faire voir des choses sans diriger le regard du spectateur dans une forme d' »objectivité » de la mise en scène. Il y a une distance par rapport à ce que vivent les personnages dont on n’épouse pas le point de vue. Schilinski, la réalisatrice de ce film, fait l’inverse en ce qu’elle cherche au contraire à nous faire voir les scènes par le souvenir ou le regard in situ des personnages, par leur point de vue à eux. On retrouve ainsi beaucoup de scènes avec des plans morcelés, vues à travers le trou de serrure, une fenêtre, l’ouverture d’une porte. Certains visages sont volontairement floutés car le personnage qu’on suit – par une voix-off qui dicte la mise en scène de façon trop littérale – ne s’en souvient pas de façon très précise. Cette logique de la mémoire dicte aussi la durée des scènes relativement courte par rapport à du Haneke. On n’y déplie pas une situation mais on collecte et colle ensemble des bribes de souvenirs. Même quand il s’agit de plans fixes, cela ne dure pas très longtemps. Par exemple, la scène où on prépare le cadavre d’une vieille qui doit rester pendant quelques jours dans la maison. On lui met des cailloux sur les yeux, on ferme sa bouche avec un noeud (pour éviter que les mouches y entrent!), on lui met une Bible dans les bras etc. Cette scène aurait pu être géniale mais la réalisatrice l’expédie en prenant bien soin de nous expliquer chaque geste par la voix-off. Ce sont donc des plans assez rapprochés sur le visage et cela dure 2 minutes.
C’est ainsi du cinéma subjectif, même si certains plans semblent suivre non le personnage qu’on a face à nous ou plutôt de dos mais le mouvement d’une âme, d’un fantôme. Dans tous les cas la caméra nous montre qu’elle est présente, elle ne se fait jamais oublier. Tous les plans apparaissent possibles dans ce cinéma, on alterne ainsi les zooms, les mouvements plus amples, les plans fixes, de biais, surcadrés ou au contraire tremblotants, avec des régimes d’images différents – parfois on imite une sorte d’image de caméra super 8 alors que d’autres plans sont au contraire très soignés. On est donc très loin de la rigueur hanekienne, ses principes de mise en scène qu’on perçoit dans ses cadres et qui interdisent de telles variations. Ici on fait feu de tout bois mais c’est peut-être parce que c’est un premier film et qu’elle veut montrer qu’elle sait tout faire.
La vraie référence n’est donc pas Haneke mais serait plutôt Malick, seconde période (à partir de Tree of life). Un cinéma très sensoriel qui use beaucoup du son, de la musique pour créer du sens avec une voix-off entre la poésie et le psaume (même si ici on est moins directement religieux – pas d’adresse directe à Dieu) avec des scènes où le son est parfois étouffé et d’autres moments très forts quand on entend le vent, les vagues. Ici on crée des ponts entres époques, les fameux échos comme cela. On retrouve aussi le refus de la linéarité, de la continuité des scènes, avec leur interruption permanente. Chez Schilinski cela va toutefois plus loin car le narratif est éclaté (même si dans certains Malick il n’y a pas du tout de narratif, seulement des personnages qui déambulent) et qu’on nous perd et désoriente volontairement, peut-être un peu artificiellement.
Lucile Commeaux défend le film, contre Haneke, en affirmant qu’il est moins dominateur que les siens, moins en surplomb – on découvre les scènes en même temps que les personnages qu’on suit – ce qui épouse la logique du trauma. C’est une défense intéressante mais pas entièrement convaincante qui rend ce film un peu symptomatique de l’époque. François critiquait la littérature expressive dans une article de Transfuge, très utilisée pour évoquer justement des traumatismes – on en témoigne par l’expressivité de la langue qui doit chercher à tout dire, presque à se déverser. On pourrait transposer cette analyse à ce type de cinéma qui travaille à partir du souvenir qui persiste, comme certains romans déroulent leur récit à partir de photos et de journaux intimes. Ici, on multiplie les angles, la vitesse (certains passages sont au ralenti), les types d’images (avec des passages oniriques) pour coller à ces traumas tels que vécus et perçus par les personnages, on dirige au maximum le regard du spectateur. Aussi, et c’est peut-être en contrepartie de la désorientation générale procurée par le récit, le film est très explicite au sein des scènes, notamment par la voix-off, ce qui confine à de la lourdeur. Très souvent la voix-off dicte le plan ou le commente et sinon le dialogue le prend en charge. Exemple, on fait une photo de famille dans la cour de la ferme, une des jeunes filles qu’on suit et qui est victime d’inceste s’échappe de la photo au dernier moment, ce qui produit un flou spectral de cette fille sur la photo alors que tous les autres sont nets. On comprend ainsi que cette fille est comme un fantôme, ce qui n’est déjà pas une figuration très subtile, mais il faut encore que les autres personnages le disent en découvrant la photo.
Heureusement le film ne se résume pas à ce programme traumatico-explicatif et c’est aussi pour ça qu’il est à voir, au-delà du symptôme. Le film dégage une réelle étrangeté, avec de fugaces passages érotiques, des scènes non narratives, on y trouve des beaux plans et une façon quand même très incarnée de figurer des lieux, des personnages sans que ça paraisse fake. L’ambition narrative est aussi salutaire, avec une réelle efficacité dans la conduite du récit, c’est à dire que le film tient et ne s’épuise pas alors qu’il dure 2h30 et qu’il ne donne pas l’impression d’être forclos à la fin.
C’est à l’évidence une cinéaste douée, à suivre, mais on sent qu’elle peut aussi bien tomber du mauvais que du bon côté.-
François Bégaudeau
Maître des clés… comme disait Nizan de Céline, après la parution du Voyage
-
Charles
InvitéNous avons tant de choses en commun Paul et moi.
-
François Bégaudeau
Maître des cléset d’abord l’engagement au PCF
-
-
-
-
Jules
InvitéRevu hier « le rire et le couteau ». Le réalisateur, qui est en ce moment à Bruxelles, nous a expliqué qu’il voyait la version de 3H40 comme la « bande annonce » de la version longue, qui est pour lui la version originale, sur laquelle il a consacré toute son énergie. 😀
-
..Graindorge
InvitéDésolée Jules Je demandais si c’était ton vrai nom Jules de Bruxelles ou juste ton nom lorsque tu écris
-
Jules
InvitéHa ha ! J’ai dit que je m’appelais Jules, Frustration a ajouté « de Bruxelles », puisque j’y habite
-
..Graindorge
InvitéAaah! Comme je disais : Cécile de France c’est son vrai nom alors j’ai posé la question
-
Jules
InvitéJules, duc de Bruxelles
-
Carpentier
Invitéquel chou
-
-
-
-
-
-
Tony
InvitéMurielle Joudet est assez intéressante dans ce qu’elle dit de l’état de la critique dans la presse écrite dont l’espace est doublement menacé,par la baisse de son lectorat et par la désaffection du cinéma,ce qui entraîne les rédactions à en faire la promotion plutôt que la critique,en sauvant le cinéma chaque semaine (en criant au chef d’oeuvre par exemple cf Filho)elle ne fait que se sauver elle même,en pratiquant l’auto censure ou en laissant écrire ceux qui ont des choses aimables à dire.
Autre chose intéressante sur la critique Chat gpt,il est vrai que les critiques les plus intéressantes sont celles qui nous font entendre une voix personnelle,chose impossible dans la presse où elle s’exprime avant tout au nom des Cahiers ou du Monde.
-
Carpentier
Invitésur Arte, Une bouteille à la mer
-
I.G.Y
InvitéSuis-je le seul à trouver, au vu de la bande annonce du prochain Assayas sur la Russie — bande annonce déjà vue deux fois, je n’y peux rien —, que les grimaces de Jude Law grimé en Poutine lorsqu’il dit « what interest me, is power » fournissent l’un des moments les plus hilarants vus au cinéma ces derniers temps?
Pour ceux qui ont manqué ces grands moments, c’est ici (ne me remerciez pas).
-
I.G.Y
Invité« interests* »…
-
François Bégaudeau
Maître des cléson voit ça mercredi pour TVB
on va se régaler-
Charles
InvitéEh oui mais Assyas est encore défendu par une partie de la critique française (les Inrocks, Telerama, France Info).
-
I.G.Y.
InvitéLe pire est que je n’avais jamais vu une seconde d’un seul Assayas. Jusqu’à cette bande annonce. J’aurais voulu que les blagues de François à son sujet ne se confirment pas aussi brutalement, c’en est presque biaisé.
Maintenant j’apprends que le film sera chroniqué pour TVB, et qu’il me faudrait donc le voir. Je ne sais pas si j’aurai ce courage.
-
François Bégaudeau
Maître des cléste sens pas obligé
-
Carpentier
Invité‘ jour
si jamais tu es tenté.e de ‘ visionner une autre b.a. ‘
j’ai vu (comme dit hier soir dans un sujet tout aussi approprié que celui-ci et où ia pas la meuf avec sa voix très très merdique qui la ramene en revanche – élégiaque, j’t’en foutrais moi – ça nique mes appareils connectés avec l’appli qui bloque en plus)
– j’ai donc vu Palestine 36
que je recommande et que je souhaite voir/entendre traiter par le duo TVB à l’occase-
..Graindorge
InvitéPénible oui cette voix qui agresse ( j’ai pas dit agressive, on a la voix qu’on a) dès qu’on ouvre ce fil Aucun moyen d’éviter ce genre de couac?
Tu pourrais offrir un petit retour sur Palestine 36 Carpentina? C’est paternaliste? Les sauvages et le civilisés? C’est fidèle? Jeremy Irons pas trop ma tasse de tisane mais si le film en vaut la chandelle
-
-
Carpentier
Invitémoi j’avais en tête d’aller le voir Le mage du Kremlin dans tous les cas
et pas de m’arrêter à la b.a.
(échange à propos ailleurs il y a quelques temps déjà )
et pour te répondre:
– non, je ne trouve pas queles grimaces de Jude Law grimé en Poutine lorsqu’il dit « what interest me, is power » fournissent l’un des moments les plus hilarants vus au cinéma ces derniers temps?
puisque toutes les grimaces de Jude Law portent en elles le risque d’être hilarantes, de par leur contenu, de par à quel personnage/homme politique elles sont attribuées et de par, j’imagine, la volonté même des ‘ fabricants du film ‘ (pas loin de trouver ta question bien conne, en fait, me dis-je en écrivant ce post)
bon, bonne journée?-
Carpentier
Invitébonne journée
quand même
vraiment de la merde cette voix, putaince que vous faites avec une caméra nous oblige
pffffff
-
François Bégaudeau
Maître des clésLe point sera toujours celui là : tu aimes beaucoup trop les acteurs
Tu ne vois pas la fraude
on aura eu beau la montrer et la remontrer, rien à faire
bien sur que Jude Law est ridicule, bien sur qu’il est ridicule de prétendre toucher quoi que ce soit du pouvoir russe en commençant par faire parler les personnges en anglais et par les faire incarner par des stars américaines
bien sur que ce film est un naufrage-
Carpentier
Invitéai-je dit le contraire?
puisque toutes les grimaces de Jude Law portent en elles le risque d’être hilarantes,
-
Carpentier
Invitétu aimes beaucoup trop les acteurs
Tu ne vois pas la fraudebenh voyons
avec les acteurs, c’est exactement comme avec toi,
les apprécier ne m’empêche pas complètement de flairer et/ou de voir la fraude parfois
t’inquiète
-
-
Charles
InvitéJe ne comprends pas qu’Assayas ne voie pas ce problème de la langue, pourtant évident. On devrait réserver cette convention aux périodes historiques très lointaines – exemple l’Antiquité avec les péplums – ou aux purs films de genre. Je me rappelle que dans Walkyrie de Singer, on faisait parler en allemand Cruise en voix-off pendant les 30 premières secondes puis il passait à l’anglais. Je trouvais que c’était une bonne manière de montrer qu’on était dans un film hollywoodien de série B, sans grande prétention historique. Mais pour le contemporain un peu auteur, c’est no way.
-
Carpentier
InvitéJude Law est-il dans Palestine 36?
Ne l’aurais-je donc pas reconnu
tant je suis neuneu?
-
-
Carpentier
Invitéen particulier avec Jude Law dont, pour le coup, j’ai vraiment très très peu à péter
c’te bonne blague
-
-
-
..Graindorge
InvitéSi si si, I.G.Y, vas-y! Tu l’auras ce courage!
Tu vas même encore rire Il dure combien? Prends des fruits séchées à grignoter ou des pop-corns
Jude Law pathétique ( faut bien manger ) l’autre, Paul ? ( son nom?) bouffi poupon, des méchants à moto, » la magie noire au pouvoir » la musique, digne des plus blablabla
Et puis t’es obligé: TVB oblige Tu vas quand même pas manqué à l’appel, après la 🏅2025 reçue!-
..Graindorge
Invité*manquer
-
I.G.Y.
Invité« Tu vas quand même pas manqué à l’appel, après la 🏅2025 reçue » : j’ai fait mon œuvre, et peux laisser 2026 à qui l’on sait, avec la fierté du devoir accompli.
-
-
-
Charles
InvitéN’y va pas IGY, la vie est trop courte.
-
..Graindorge
InvitéN’écoute pas Charles IGY!
N’écoute que ton diaphragme:
ça va lui faire du bien
Au pire, Charles te rembourse-
Carpentier
Invitéet toi, tu en penses quoi de Jude Law sinon, en passant : )
-
graindorge
Invitédéjà que je penses pas beaucoup alors Jude Law
J’avais bien aimé Le talent de Mr Ripley où il se défend bien mais j’aimais surtout Matt Damon sinon comme j’ai dit il faut bien qu’il mange bien que dans l’actorat, c’est pas le plus à plaindre dans une profession, comme disait Sergi López, où il y a 80% de chômage. Vu aussi The new pope.
Moi c’est TVB que je vais écouter en grignotant des pop-corns ou des fruits séchées, j’en souris d’avance….
Je viens de vérifier le nom de famille de Paul, DANO, le predicateur dans There Will Be Blood
Si ce film sort part ici,en vos, j’irai le voir au 4ème degré mais pas que
et toi , tu en penses quoi de Jude Law ?-
graindorge
Invitéet plus haut, mon message 133619
« Tu pourrais offrir un petit retour sur Palestine 36 Carpentina? C’est paternaliste? Les sauvages et le civilisés? C’est fidèle? Jeremy Irons pas trop ma tasse de tisane mais si le film en vaut la chandelle » -
Carpentier
Invitéun petit retour sur Palestine 36 ?
moi j’dis pu rien, ça m’pete les couilles
ira qui voudra, rien à foutre -
Carpentier
Invitépas ma came, pas spécialement, vraiment
– pas le bon exemple donc, pour me parler du point que serait le fait quej’aime trop les acteurs
(cf. plus haut, si c’est bien à moi qu’on cause là, tout du moins)
Je saurais même pas dire, là tout de suite, ce que j’ai vu avec lui
comme d’hab, quoi, pffff -
Carpentier
Invitéjuste ci-dessus, je parle évidemment à propos des dires de certain.e sur Jude Law
-
Alexandre
InvitéJude Law, que j’ai du voir dans une petite dizaine de films, ne m’a jamais beaucoup intéressé. Il m’a traversé sans déposer grand chose.
J’aime bien son personnage, pourtant peu présent à l’image, de gigolo pour mecs et un peu voyou dans Minuit dans le jardin du bien et du mal, de Clint Eastwood.
-
-
-
-
Dr Xavier
InvitéEt si quelqu’un se pose la question, non il n’est pas sauvé du naufrage, Le mage du Kremlin est un livre nul nul nul.
-
Carpentier
Invitéparce qu’en plus on a/ça part d’un livre qui, lui aussi, pourrait être très moyennement reçu?
benh alors, Olivier, qu’est-ce qui t’arrive?
-
-
-
-
-
-
-
Julien Barthe
InvitéJamais de bande-annonce pour moi, d’extrait de roman ou de critique avant de me confronter à une œuvre. C’est plus une impossibilité qu’une éthique; je porte souvent des chaussures qui ne me vont pas et je me brûle avec ma soupe.
Pour TVB, Samir et François auraient pu porter leurs couilles et tenter une critique par extrapolation de la bande-annonce. Un peu comme Sorbier et Faerber bossent à partir de leurs préjugés sur François: j’ai écouté après ma lecture.-
I.G.Y.
InvitéLe problème spécifique aux BA de ciné est qu’en salle on n’a « pas le choix ». Souvent je mets mes écouteurs et je lis un truc, mais il m’arrive de flancher (et dans le cas présent, j’y voyais peu d’enjeu).
-
Julien Barthe
InvitéJe ne te juge pas. Il m’arrive moi-même de flancher en m’attardant plus que de raison sur des affiches ou des photos.
-
-
-
-
Carpentier
Invitési seulement il n’y avait que la vie qui était trop courte
-
Pout
InvitéSerait-ce possible de partager un lien du film Silvio et les autres s’il vous plaît ? Un fichier pas trop lourd, si possible. Merci par avance.
-
Malice
InvitéMarrant, je l’ai regardé hier soir justement, après l’avoir trouvé ici : https://kebekmac.forum-canada.com/search?search_keywords=sorrentino
( il faut te créer un compte sur le site pour y accéder)-
Pout
InvitéMerci beaucoup !
-
Malice
InvitéTu me diras ce que tu en as pensé
de mon côté j’ai été étonnée de ne pas détester le personnage de Silvio. Le regard mâle du film, pareil, je ne l’ai pas mal vécu. ça n’est pas filmé comme du Kechiche mais j’ai retrouvé une odeur de plage de Sète.
( attention spoiler : super scène de mdma notamment)-
Pout
InvitéJ’aime beaucoup le film. Je souhaitais principalement en extirper quelques extraits pour animer une conf’ : notamment l’ouverture avec le mouton et cette fameuse scène de la MDMA. À mon avis, cette scène cristallise une partie des raisons pour lesquelles Sorrentino est rejeté par certains, pour une sorte d’outrage à la pudeur. J’attends de voir la réaction des spectateurs, probablement anciens, face à cet extrait. Ce qui m’intéresse ici, c’est l’autopsie du pouvoir par le spectacle. Cette fête est la traduction esthétique d’une biographie politique — celle d’un homme qui a gouverné l’Italie comme on programme une chaîne privée. Beaucoup pensent que cette scène est exagérée, à mon avis, pas tant que ça. Il suffit de repenser à ces soirées dites bunga bunga — qui sont documentées par la presse, les enquêtes judiciaires et les témoignages. Sorrentino ne fantasme pas, il donne du style à un dispositif déjà existant. D’abord, m’intéresse le fait qu’on n’entre pas dans la soirée, on est déjà dedans, au coeur de la mêlée, sans préliminaire. Comme dans un spot publicitaire. Que voit-on ? Des corps dénudés ; des seins omniprésents ; des corps qui se frottent ; des gestes répétitifs ; des regards absents. Cette nudité n’est jamais érotique, elle est fonctionnelle. Quelle différence ? L’érotisme, au sens fort, suppose une mise en attente, une distance, un mystère. Or, dans l’extrait cité, tout est donné immédiatement, le corps est déjà à moitié nu, les seins sont montrés frontalement, les gestes sont explicites, la répétition annule toute singularité. Le corps de la femme n’est qu’une surface, sur laquelle on y appose d’ailleurs des post-it. Quand je dis que la nudité est fonctionnelle, c’est qu’elle a une fonction précise dans le monde du film : elle est là pour attirer l’attention comme dans la télévision commerciale (c’est elle qui va faire apparaître Silvio au bout de 40 minutes du film, il fallait au moins ça pour attirer un tel homme) ça sert aussi à produire du flux (les corps circulent, l’appétit circule, comme les images et finalement on passe très rapidement à autre chose). Dans le système Berlusconi, et dans le capitalisme, le corps féminin est un argument de vente, un produit d’appel. Le corps, au même titre que l’argent, que la musique ou les décors, participe à l’économie du spectacle. Autre différence avec le corps érotique : le corps fonctionnel ne résiste pas. Il ne parle pas, ne raconte rien, n’a pas de mémoire, ne revendique rien. La nudité neutralise la parole. Quasiment pas de dialogue durant la séquence qui dure 10 minutes, à l’exception de trois phrases dont deux répétées qui signalent le souhait de vouloir être toujours dans cet état. Les corps que nous voyons, ce sont des corps vus, pas entendus. Là-dedans, il n’y a pas de désir, il n’y a que de l’appétit. Appétit qui se relie facilement à la question du regard. On entre dans la scène, à travers le symbole des drogues qui tombent du ciel. Celles et ceux qui consomment ces drogues voient leurs pupilles être dilatées, on peut dire qu’ils ont moins des regards de drogués, que des yeux de guépard. C’est un regard de prédateur, d’affamé. Je disais, il n’y a pas de désir, il n’y a que de l’appétit. Le désir suppose un manque, une attente. L’appétit, lui, veut être satisfait immédiatement. Le regard du guépard est un regard de chasseur. Il ne contemple pas, il cible. De la même manière, les corps ici, ne se regardent pas, ils se consomment. Ils se consument aussi, à petit feu. Ce n’est jamais la fête de la jouissance, mais une démonstration de son impossibilité. Là est la grande différence avec la publicité : cette beauté lisse est trop insistante, trop répétitive, trop longue. On n’a ni désir, ni éjaculation. Plus la fête avance, plus les corps déclinent. Chez Sorrentino, j’ai toujours l’impression d’assister à des ruines contemporaine où le présent est déjà épuisé. Enfin, le maître apparaît, mais il n’arrive pas comme un chef, il arrive comme la cause invisible de tout ce que nous venons de voir. Cette fantasmagorie, cette vie empreinte de baroque, c’est lui qui en est le produit et l’architecte.
-
Malice
Invité» à l’exception de trois phrases dont deux répétées qui signalent le souhait de vouloir être toujours dans cet état »
Eh bien moi, depuis que j’ai vu cette scène, j’ai envie de prendre de la drogue.
Je ne l’ai pas vécue exactement comme toi, car je l’ai trouvée très idéaliste : tous ces corps qui s’harmonisent complètement, sont sublimes, ressemblent à des dieux ( les yeux qui brillent m’ont paru souligner cela). Ils sont probablement en effet au-delà du désir, dans une sorte de banquet que je trouve très érotique.
Je ne sais pas si Sorrentino a voulu que nous regardions en face que ce genre d’orgie, décriée en société ( j’en entends systématiquement parler avec dégoût, et dans certains cas, il y a de quoi, cf P.Diddy), fait aussi secrètement envie; mais je l’ai ressenti comme ça.
Les femmes ont beau être male gazées, prostituées, elles m’ont fait l’effet de déesses dans beaucoup de séquences-
Pout
InvitéJe ne suis pas sûr que ton ressenti (que j’ai partagé) soit antagoniste à ce que j’ai énoncé. Certes, les dialogues signalent l’envie d’être toujours dans cet état, le film nous montre pourtant cette impossibilité : physiquement, les corps s’effrondrent à la fin de la fête. Voilà l’une des grandes différences avec la publicité : Sorrentino va plus loin, en mieux, mais aussi en montrant les effets sur un corps épuisable. Effectivement, dans la séquence tout est sublime. Cinématographiquement, Sorrentino filme tout ça dans la langue de la publicité, il fait preuve d’une maîtrise formelle assez sublime, les mouvements de caméra sont élégants, la lumière est léchée, la composition des plans est magnifique, la musique est séduisante, les femmes sont radieuses selon les canons traditionnels de beauté. Voyeurs que nous sommes, on veut en être, on veut goûter, d’autant plus que ces orgies ne nous sont pas accessibles. Les drogues servent d’abord à intensifier artificiellement la fête, mais je réitère ma pensée, les corps que nous voyons, ce sont des corps vus, pas entendus.
-
Malice
Invitédisons qu’ils ne sont pas là pour discourir ou recourir à la langue en général ( sauf pour la mettre sur des corps). Les discours c’est surtout Silvio le bateleur qui les produit ( en pubard)
je trouve que ça dépasse la publicité mais tu as raison ça a des points de contact avec elle, et avec les clips, d’où la magie qui opère : on prend une matière qui pourrait être de la pub et ça n’en est pas. -
Malice
InvitéEst-ce que tu as vu les autres Sorrentino? Je n’ai vu que Youth et je me demande ce que valent les autres, Parthenope par exemple.
-
-
-
-
-
-
-
-
Jules
InvitéPour ceux qui veulent fêter la Saint-Valentin en regardant la version intégrale de Le rire et le couteau, il sera diffusé le 14 février au max linder panorama (Paris) à 14H.
-
Carpentier
Invité: D
quelle trop belle idée
hâte d’être devant la scène de triolisme-
Jules
InvitéToutes les scènes où le personnage principal est torse nu me conviennent.
-
-
-
Carpentier
InvitéW9: Parker avec Jason Statham
ah ouiiiiii, là c’est pour l’acteur < 3 -
Carpentier
Invitéon y retrouve aussi Ranciere
-
MA
InvitéPetite rétro de Bela Tarr au Reflet pour ceux qui peuvent.
-
I.G.Y
InvitéJ’allais totalement à reculons voir Le Cheval de Turin mais je ne me suis pas ennuyé (mon premier Béla Tarr). Les trois dernières minutes sont en trop (le dernier jour), quel dommage de ne pas avoir fini sur la scène d’avant. Cette fin s’en trouve bien empesée alors qu’à mon goût le reste, étrangement, ne l’est pas tant que cela. Vraiment dommage
-
toni Erdmann
InvitéJe l’ai vu aussi tout récemment et je suis tout à fait d’accord sur les 3 dernières minutes superflues. La réplique « même les braises se sont éteintes » me suffisait pour me glacer le sang.
J’avais peur de cet auteur en y allant car on le présente souvent comme un cinéaste philosophe ou mystique. Le film est tout le contraire, très prosaïque, très proche de la matière.
On pourrait dire que c’est un film sur la physique, ou plus précisément sur l’énergie. Il ne raconte rien d’autre que des transferts de chaleur : le soleil fait pousser les pommes de terre ; les pommes de terre donnent aux humains l’énergie d’aller chercher de l’eau et de couper du bois ; le bois devient à son tour énergie pour chauffer l’eau, cuire les pommes de terre, et ainsi de suite.
Et on essaye timidement de sous-traiter ce qu’on peut au cheval, sur lequel le film commence par un plan qui dévoile son programme : l’énergie, c’est opposer un mouvement à un autre.
Je dis tout ça alors que j’ai peu de connaissance en physique ou en énergie mais j’avais vraiment l’impression de voir un film qui retranscrirait le meilleur de Jancovici, lorsqu’il parle de ce à quoi ressemblait la vie avant la révolution industrielle.-
I.G.Y
Invité« Le film est tout le contraire, très prosaïque, très proche de la matière. […] » : je suis entièrement d’accord. D’ailleurs je lis qu’on le compare à Tarkovski, ce que je comprends, mais ce dernier fait des films plus (et parfois trop) bavards au sens péjoratif du terme (Stalker, Solaris, qui n’en sont pas moins fascinants).
Tout est très physique, les couches de vêtements qu’on empile longuement et qui doivent peser un âne mort, le vent qu’ils se prennent dans la face (quelle sonorisation!), cet effort constant qui ne me paraît jamais surjoué. On ne sait plus bien qui est le cheval dans cette affaire, très beau retournement (la femme avec sa chevelure masquant son visage en revenant du puits dans les bourrasques se transforme, littéralement).
De mon côté j’aurais en effet trouvé superbe de terminer sur « on réessaiera demain ». Tout le film est là dedans (c’est un peu une formule mais je pense qu’elle n’est pas infondée)
-
MA
InvitéSuis tombée sur cela en attendant d’aller voir Nid familial.
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/par-les-temps-qui-courent/bela-tarr-je-n-ai-jamais-voulu-faire-un-film-j-ai-seulement-voulu-montrer-ce-que-voyais-1466624
-
-
-
-
-
-
toni Erdmann
InvitéTsounami nous offre du top XXIe siècle à foison en ce moment, dont celui de notre ami Geoffroy de Lagasnerie qui a visiblement adoré Oppenheimer et Alpha :
-
toni Erdmann
InvitéJe recommande le top d’Occitane Lacurie qui ne manquera sûrement pas de vous surprendre
-
MA
InvitéMais peut-on se fier à ses goût en matière artistique (je parle de GDL).
-
Charles
InvitéSon top ne me surprend pas en ce qu’il est en grande partie à chier.
-
-
Antonin
InvitéJe vais me ruer sur le top de Samir Ardjoum.
Voir avec quels films il a été en désaccord ces 25 dernières années…-
Harry Wilbourne
InvitéIntéressant d’avoir des tops comme celui de Thierry de Peretti. Ça dit pas mal de choses, je crois, sur son cinéma. A titre indicatif, voici un extrait de son top (j’ai pris les 11 premiers car la liste est longue) :
Yi Yi, Edward Yang, 2000
Millennium Mambo, Hou Hsiao-hsien, 2001
Tropical Malady, Apichatpong Weerasethakul, 2004
La Chambre du fils, Nanni Moretti, 2001
Ce cher mois d’août, Miguel Gomes, 2008
Bled Number One, Rabah Ameur-Zaïmeche, 2006
I Don’t Want to Sleep Alone, Tsai Ming-liang, 2006
Rome plutôt que vous, Tariq Teguia, 2006
Old Joy, Kelly Reichardt, 2007
Norte, Lav Diaz, 2014
Last Days, Gus Van Sant, 2005
-
-
-
Charlie
InvitéBonjour tout le monde,
Est-ce que certain.es parmi vous connaissent un peu le cinéma de S.Craig Zehler ?J’ai découvert Trainé sur le bitume hier que je trouve très réussi.
Une sorte de Tarantino en moins pontifiant et moins esthétisant.
-
Seldoon
InvitéLe fameux cinéaste « de droite mais qui fait des bons films » qu’il est de bon ton de citer ces dernières années. J’aime beaucoup ce film (ainsi que ses précédents) mais suis surpris par la comparaison. J’apprécie surtout son travail du rythme. L’action statique et brutale, brutale car statique.
-
Tony
InvitéOui c’est un très bon cinéaste,il crée des situations intéressantes d’une violence assez radicale,sans aucune hystérie,je suis curieux de son prochain film,qu’il est en train de tourner je crois, pour voir où ça va le mener.
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéQuelqu’un a vu Magellan ici ?
Je l’ai vu en avant-première dans une grande salle complète, il sera difficile pour une séance future de battre le record de départ pendant ce film. J’ai failli me joindre au flot continu, mais je ne regrette pas d’être resté parce que les vingt dernières minutes étaient largement mes préférées. Reste à savoir ce qu’était tout le reste… Les compositions sont « picturales » mais les plans sont figés, je vois très peu de vie là-dedans. Tous les corps ont l’air d’être des figurants piégés dans une mauvaise pièce de théâtre. Mais s’il s’agissait de montrer un monde abandonné par Dieu, c’est gagné, j’imagine.-
Malice
InvitéLes mecs de drapeau rouge ont adoré et m’ont rendue curieuse; je ne connais pas du tout le réalisateur, tu as vu d’autres de ses films?
-
K. comme mon Code
InvitéÇa fait dix ans qu’un ami me conseille Norte, The End of History, j’ai regardé une heure et demi et c’est bien meilleur que Magellan qui n’est sans doute pas le meilleur film pour commencer avec Lav Diaz.
-
K. comme mon Code
Invité(je précise que j’ai commencé à regarder Norte après avoir vu Magellan)
-
Malice
InvitéMerci, je vais tâcher de trouver ces films
-
-
-
-
-
Malice
InvitéJe recommande le dernier article de Murielle Joudet » capital gaze »
-
MA
InvitéMerci j’allais le lire justement.
-
MA
InvitéMe fait penser au dernier Jarmush et le placement Yves St Laurent (selon la critique puisque pas vu).
-
MA
InvitéPardon, mentionné dans le dit article.
-
MA
InvitéMe fait penser au post FB de la même Muriel Joudet:
Ces derniers mois, il s’est passé un truc avec les nouveaux liftings ahurissants arborés par des femmes de plus de 70 ans.
Kris Jenner, la mère de Kim Kardashian, a fait événement en arborant un tout nouveau visage, très impressionnant, le jour de ses 70 ans – c’est à ce moment-là que j’ai compris qu’un truc était en train d’arriver, quelque part dans le cabinet d’un grand chirurgien californien.
Le grand dévoilement du visage de Kris Jenner a été orchestré sur le modèle de la grand-messe Apple : on ne nous fait plus découvrir les nouvelles fonctionnalités du prochain iPhone, mais ce que les millionnaires du monde entier peuvent désormais espérer de leur chirurgien.
Jane Fonda en a aujourd’hui 88, et j’ai vu il y a quelques mois la gueule de Kim Novak, 92 ans, bien plus en forme qu’il y a dix ans. Toutes les trois donc, figées dans un « non-âge » absolu.
Reste à essayer de décrire ce que font exister ces trois femmes : une jeunesse-mort, un embaumement in vivo, je ne sais pas encore comment appeler ça, mais ça fait exister un âge qui n’existait pas encore tout à fait avant : la combinaison d’un mouvement vers la mort avec le mouvement ascensionnel du progrès de la médecine cosmétique. Un masque de science se faisant passer pour un masque de jeunesse. Moins une collaboration vie-mort que science-mort.
Quand on était enfant, on nous parlait de Walt Disney cryogénisé, en attente d’être réveillé le jour où la science en serait capable. Aujourd’hui, on livre son corps à la science de plus en plus tôt.
Le visage de Jane Fonda ne parle plus pour Jane Fonda mais pour l’avenir de la médecine ; il est un présentoir, un espoir, la carte de visite d’un chirurgien. Quelque chose se joue qui la dépasse complètement : son visage n’est plus une chose qui lui appartient en propre, irréductible à Jane Fonda. Il est le discours de la science, de l’histoire des femmes et de leur reflet dans le miroir, l’histoire éternelle de leur haine de soi prise en charge par le capitalisme (un jour il amplifie cette haine, le lendemain il l’apaise).
Mais c’est un visage qui doit avoir quelque chose de très rassurant pour celles et ceux qui sont en mesure de se le payer.
On commence par devenir expert de la chose, juste en scrollant sur les réseaux : on voit à quel point la médecine avance, que ce qui était raté jusque-là commence à être réussi – le cou, les joues, le contour du visage, celui des lèvres.
Ça va de plus en plus vite, une technique en remplaçant une autre.
Et on est bien obligés de saluer la performance : l’œil scrute et peine à trouver la faille dans le système. On remarquera que le cou, la silhouette suivent le rajeunissement du visage : on cherche la couture de la robe, l’endroit par où ça a opéré, sans réussir à la trouver.
C’est qu’on est bien sûr dans un registre purement posthumain : le plus troublant, c’est qu’on n’est vraiment pas habitués, ni censés, regarder un visage de cette manière, sans y trouver la faille. Et donc, chaque nouveau visage ainsi refait vient déplacer quelque chose de notre propre regard, le discipline d’une manière ou d’une autre. Dans quelques années, on sera habitués à l’étrangeté du visage de Jane Fonda, puisqu’on va le retrouver sur des centaines d’autres célébrités.
Donc on va voir, à partir de maintenant, toute une génération de stars de 80, 90 ans, qui auront l’air plus jeunes, plus en forme qu’elles ne l’ont jamais été – le discours de Fonda est, comme à chaque fois, d’autant plus émouvant que c’est de la haine de soi emballée dans de l’amour de soi et de l’épanouissement personnel.
En fait, ce n’est pas que Jane Fonda a l’air plus jeune, mais qu’il y a une manière posthumaine de vieillir qui va rendre toutes les autres complètement démodées. La non-vieillesse est un marché ; le marché induit des modes et donc des démodages. Il y a des nouveaux liftings comme il y a des nouveaux iPhone. Le progrès technologique s’applique désormais à la seule chose qui pouvait encore lui résister un peu : la chair. L’histoire du corps va donc s’assimiler parfaitement à l’histoire de la médecine cosmétique et de ses conquêtes technologiques. Et des milliers de femmes se partagent déjà et se partageront encore, et de plus en plus, tel visage dernier cri, tel fessier flambant neuf. Et d’autres femmes, moins riches, en rêveront et iront je ne sais où, en Turquie, pour avoir la version pétée de ce truc-là.
(Je prévois quand même que, dans ce cadre posthumain, il sera de plus en plus érotique de vieillir, càd d’avoir une chair)
Je me dis que, dans cette grande quête d’abolition de la mort, il y a bien là une réussite. Un jour, on apprendra la mort de Jane Fonda ou de Kim Novak, et ça nous paraîtra quand même moins tragique d’imaginer un corps mourir ainsi, figé dans la glace de la médecine et du flambant neuf. Ça donnera l’impression d’une mort qui est passée par-dessus la vieillesse, d’un corps qui aurait été jusqu’au bout actuel, branché, désirable (pas tant pour les hommes que pour le marché, les magazines féminins, L’Oréal, Netflix, je ne sais quoi), interviewable jusqu’au bout, productif jusqu’au bout, digne de recevoir de l’attention jusqu’au bout. Qui n’aura pas eu ce grand repli tragique dans la caverne de l’actrice obsolète – jusqu’au bout, de la lumière.
Il y aura la vie très en forme, puis la mort à un moment, rendue quand même plus abstraite, plus infigurable et donc impensable par le combo médecine esthétique / techniques de l’image (filtres, retouches, instagramisation du corps).
Ce sera très étrange et ce ne sera évidemment réservé qu’à quelques femmes et hommes. En fait, ce sera une mort qui fera définitivement de la vieillesse un moment qu’on réservera à ceux qui n’ont pas les moyens de ne pas vieillir.
On ne peut pas dire que Jane Fonda paraît jeune pour autant ; disons que ce qu’on admire ici, ce n’est ni plus ni moins que l’apparence d’une femme riche qui s’est évité le désagrément de vieillir – c’est-à-dire d’être pauvre.
Sous le grand soleil du star system qui nous éclaire tous, tous les termes s’équivalent et deviennent synonymes. Pauvreté, vieillesse, ombre, disparition, laideur. Lumière, jeunesse, richesse, médiatisation, beauté. Bientôt (maintenant ?), il y aura d’un côté les nonagénaires, de l’autre, les « non-âgénaires ».
PS : Il faudrait faire un montage de cette vidéo L’Oréal/Gala avec le témoignage très beau de Jane Fonda dans « Sois belle et tais toi » de Delphine Seyrig. L’actrice parle des opérations cosmétiques que lui suggéraient un studio, et de son refus de se faire refaire la mâchoire ou le nez, je sais plus. Ça racontera génialement l’histoire d’une bascule, du « male gaze », disons, au capital gaze, bien plus insidieux, enveloppant, incontournable. Un regard qui est trop devenu le nôtre pour qu’on l’identifie comme ennemi.-
Malice
InvitéJe me souviens n’avoir pas reconnu Jane Fonda dans « Youth » de Sorrentino. Je comprenais que c’était une actrice connue mais impossible de déterminer laquelle, jusqu’au générique.
-
..Graindorge
InvitéMerci MA
Pas compris qui avait écrit FB ou MJ?
Ce qui est fou c’est comment le capitalisme attrape ses proies très jeunes aussi en commençant par leur mettre des images idéales dans la tête. Il y a des chirurgiens » pour toutes les bourses », facilités de paiement » prenez aussi l’argent des pauvres, il n’en ont pas beaucoup mais ils sont très nombreux »
La dictature capitaliste invite aussi même de jeunes ados à se teindre les cheveux, à se faire faire
non pas 2 tous aux oreilles mais 3, 4, 5, 6 + plus le nombril etc. La mode des tatouages, des bijoux partout!
Alors, oui il y a le culte de la jeunesse, de l’éternelle jeunesse: il y aurait beaucoup de monde au portillon du Diable pour vendre son âme en échange
Pour les actrices et acteurs aussi, dans une profession où je le répète on trouve 90% de chômage ça peut être très dur, vieillir peut signifier aussi mourir économiquement. Le pire sort est encore celui des actrices car le recours à la chirurgie ne leur garantit pas du boulot.
Rien à voir peut-être mais me vient à l’esprit le témoignage de Sandrine Bonnaire, passée à tabac par son compagnon jaloux de son sourire rayonnant et de son succès, passée par nécessité par x opérations
chirurgicales et qui a décidé de ne plus avoir de miroirs chez elle
-
-
-
-
-
-
MA
InvitéJe m’apprêtais à aller voir le dernier film de Walter Salles Je suis toujours là jusqu’à ce que je lise cette très bonne critique qui m’en a bien dissuadée.
https://www.rayonvertcinema.org/je-suis-toujours-la-walter-salles/ -
Tchitchikov
InvitéOh collègues ! Si ça vous a échappé, bel hommage de Rancière à Belà Tarr. https://lundi.am/Mieux-vaut-Bela-Tarr-que-jamais
-
Tchitchikov
InvitéEnfin ce n’est pas un hommage en soi, mais un extrait du livre de Jacques sur Tarr publié par lundi en guise d’hommage.
-
MA
InvitéDéjà posté par Carpentier plus haut.
-
Carpentier
InvitéMA, laisse-tomber stp,
Carpentier? ça compte pas si c’est elle qui le poste ce papier, enfin-
..Graindorge
InvitéPas d’accord: il y a tant de messages qu’on en loupe.
Moi- même, j’étais entrain de lire des échanges sur la fréquentation des salles de cinéma, échanges du 6 au 9 janvier. C’est sympa que MA rappelle qu’une info a déjà été partagée pour qu’on soit peut-être plus attentifs
-
-
-
-
-
Charles
InvitéL’entretien avec Joudet posté plus haut par Tony est en effet intéressant, une sorte d’état des lieux implacable de la critique ciné. Joudet est toujours d’une grande honnêteté et lucidité sur son milieu, ce qui rend son constat d’autant plus déprimant. On comprend bien ce qu’elle dit sur la tiédeur generalisée avec la pratique de donner au critique qui a le plus aimé un film la possibilité d’écrire dessus. C’est particulièrement vrai avec le Monde, notamment avec l’arrivée de Boris Bastide qui aime beaucoup de choses et dont on sent bien qu’il écrit les papiers parce qu’il est le seul à vraiment avoir aimé le film. Il écrit ainsi cette semaine que le film Hamnet est un chef d’oeuvre, ce dont je doute. Joudet dit que la tradition du texte critique virulent (ou simplement tranchant) demeure à Libé, ce qui est vrai mais uniquement pour le cinéma. Dans la rubrique littéraire, il est très rare de lire des papiers négatifs, on préfère ne pas en parler quand on aime pas.
-
Tony
InvitéOui c’est vrai que Boris Bastide c’est un peu le Carpentier du Monde,il voit tout,il aime tout ou alors il a besoin de pognon.
-
patemiso
InvitéOn a bien compris qu’il aime l’argent Carpentier, sinon pourquoi serait-il si prolifique dans ses productions.
-
Charles
InvitéIl aime tout et il en parle de façon pauvre, uniquement laudative, sans analyse.
-
Carpentier
Invitéun homonyme qui publie au journal Le Monde?
oh putain, ‘ Fiu, ça change de Dumontje connais pas, vais le lire ci-dessus autour de la figure du loup du coup, tiens, on le rencontre encore si souvent, sous toutes les coutures et toutes les couleurs en littérature jeunesse, ça va me changer un peu
-
Carpentier
Invitédu coup, si qqn.e a moyen d’en permettre l’accès en entier, à cet article signé Laurent ou Arthur, je sais plus, Carpentier,
ça permettrait aux autres de piger peut-être un peu mieux sur qui/quoi vous bavez
-
-
-
K. comme mon Code
InvitéJe doute aussi qu’Hamnet soit un chef d’œuvre. Je viens d’ailleurs de lire ça : « Having watched Hamnet, I apologize for the negative things I said about Andrea Arnold’s films in the past. I didn’t know how good I had it. »
-
François Bégaudeau
Maître des clésD’accord sur la frontalité de Joudet à propose de la situation critique de la critique – ben qu’elle l’enrobe d’un discours de mort du cinéma tout court dont la pensée se passerait bien.
J’aimerais qu’elle fasse preuve d’autant de sèche factualité quand il s’agit de son parcours, en guide de quoi on a droit à la sociodicée bourgeoise de base : je ne sais plus…. ca s’est fait comme ça… j’ai vu des Rohmer et voilà….. une prof de philo et hop…
Mais, Muriel, comment se fait-il que tu aies vu des Rohmer à 18 ans, puisque 99,999999% des individus français de 18 ans ne voient pas de Rohmer?-
MA
InvitéJe ne vois pas l’entretien en question. Serait-il possible de remettre le lien.
-
Charles
InvitéMessage du 18 janvier 2026 à 12 h 06 min.
-
MA
InvitéMerci
-
..Graindorge
Invité@ MA
si jamais: je t’ai posé une question
Post #134012-
MA
InvitéMJ sur facebook
-
..Graindorge
InvitéMerci MA
-
-
-
-
-
-
Charles
InvitéIl me semble qu’elle en parle plus en détail dans le Bookclub qui lui est consacré. Elle y expliquait de mémoire qu’elle avait grandi dans un milieu de classe moyenne un peu chiant, entre autres.
Pour les études de philo, ça me choque pas trop (surtout que la philo n’a pas l’air d’être une passion et que pour beaucoup d’élèves moyens sans idée précise d’études ça peut se jouer comme ça). Pour Rohmer, c’est déjà plus singulier, même si elle explique qu’elle trainait sur des forums et qu’on lui recommandait des trucs.-
K. comme mon Code
InvitéJe confirme que les forums internet permettent de regarder des trucs dont on aurait jamais entendu autrement.
-
François Bégaudeau
Maître des clésc’est certain
mais pour 400 qui verront le nom rohmer recommandé sur un forum, un seul en regardera un effectivement
pourquoi lui?-
Charles
InvitéPar curiosité. Et cette curiosité est-elle vraiment surdeterminée socialement? Je veux dire par là qu’on n’a pas besoin de faire d’un milieu très spécifique – la classe moyenne suffit – dès lors qu’on n’est pas issu de la classe ouvrière. Et beaucoup de gens ne sont pas des prolos. C’est en tout cas ce que j’ai pu constater quand j’ai fait option ciné en Terminale, à la même époque que Mumu Joudet.
-
Charles
InvitéMais là où je te rejoins c’est si elle s’était envoyer tout Rohmer à 18 ans, là ça serait plus singulier.
-
Charles
InvitéEnvoyé*.
-
Malice
InvitéEst-ce qu’il n’y a pas eu un effet « Conte d’été »?
Quand j’étais étudiante, j’ai vu des gens non fans de Rohmer qui aimaient celui-là ( et donc connaissaient Rohmer à cause de ce film).
Il faudrait voir par quel Rohmer Joudet est entrée dans la filmo?-
Alexandre
InvitéOui, tout dépend du contexte.
Il y a toujours eu quelque chose avec Rohmer: une accroche, une amorce, une menue sollicitation, d’où que cela vienne.
Je me revoie, à 16 ans, en colo, certes déjà encapsulé par le cinéma, abordant le goût pour le médium, comme ça, au débotté, avec un moniteur de voile de 22 ans qui lance tout d’un coup :« Moi mon truc, c’est Rohmer ».
Je précise qu’à cette époque, je n’avais vu que Perceval le Gallois à la télé, que j’avais trouvé parfaitement étrange. Mais tout ça pour dire qu’il existe un effet « feu de bois » avec Rohmer : d’un seul coup, ça peut prendre. -
Carpentier
Invitéaaaaah moi, à la colo, la première, c’était la boum de fin avec La fièvre du samedi soir
et les bâtiments qui étaient détruits après notre séjour;
les plus téméraires, et curieux, et introduits (?) dont je n’étais déjà pas, avaient donné des gros coups de pieds dans les portes de placards-cagibis
On nous en avait juste fait le léger reproche avant que le bus/car, en partance vers la gare, ne démarre.
C’était aux Houches.
Et vive les p’tits gars de Tinqueux : ) -
Carpentier
Invitéet vraiment, pas l’ombre de la queue d’un Rhomer, ni d’été ni d’hiver : D
-
Ostros
InvitéJ’ai découvert Rohmer à 18 ans en cours d’analyse de film la decoupe du corps de Haydée puis j’ai trouvé regardé des Rohmer ensorcelée que j’étais par cette forme si différente de tout ce que j’avais pu voir jusqu’alors
j’ai aimé ce style, j’ai aimé ce calme, ces plans leir couleur, surtout les voix, les mots, et les sons des lieux, c’était un plaisir visuel et auditif les films de Rohmer.
Effectivement peu accrochent à cette façon.
C’était des films précieux, uniques. -
Alexandre
InvitéMon premier Rohmer vu en salle, et à sa sortie, fut Le Rayon vert, dont je ressortais dans un mélange d’euphorie et de sérénité qui fit que je n’en ai loupé aucun à leur sortie depuis lors jusqu’aux Amours d’Astrée et de Céladon (et à l’exception des Rendez-vous de Paris).
-
Malice
InvitéMoi c’est un truc familial renforcé je crois par la fréquentation assidûe de la maison de la culture locale ( qui n’existait plus à mon époque). Ces lieux ont, me semble–il, eu une influence sur certains membres de ma famille qui n’étaient pas dans un parcours d’études littéraires ou artistiques. Rohmer était considéré comme un grand artiste chez moi; j’ai commencé par « Conte de printemps » qui était une bonne entrée entre autres parce-qu’ Anne Teysseydre est irrésistible dans ce film ( et puis il y a les arbres en fleur).
Est-ce que des personnes ici ont connu l’époque des maisons de la culture et peuvent en parler? -
lison
InvitéJ’ai découvert Rohmer grâce au Cinéclub du vendredi soir à la télé .
L’ avantage est que quand le cinéclub s’intéressait à un réalisateur il passait plusieurs films, j’en ai donc vu pas mal en quelques semaines ; ensuite j’ai vu les autres au cinéma et le premier fut Conte d’hiver.
Le seul que je n’ai pas vu L’Anglaise et le duc, ceux que j’ai le plus revus : Le Rayon vert, Conte d’hiver, Ma nuit chez Maud, L’ami de mon amie. -
Malice
InvitéOui, le ciné club, c’était super, moi aussi je me suis fait les cycles Rohmer ( d’abord les contes des saisons puis les contes moraux)
-
Carpentier
Invitétrès bien dit et bien vu ça:
qu’il existe un effet « feu de bois »
ceci-dit,
d’un seul coup, ça peut prendre.
et moi, on sait trop bien avec qui ça a pris de la sorte,
-
-
-
François Bégaudeau
Maître des clésOn n’est pas déterminé forcément par son appartenance de classe
Les déterminations c’est multiple, il me semblait que Psychologies en faisait la « démonstration » en acte.
Ce qui importe, c’est d’explorer le fait que cette « curiosité » ne tombe pas du ciel. Elle est peut etre le produit de l’influence d’un père ouvrier fan de rohmer, d’un amoureux toxique qui détestait rohmer – influence par la négative- , etc
C’est en ouvrant ce genre de vaste chantier qu’on peut par exemple déployer du texte.-
François Bégaudeau
Maître des cléspar ailleurs je ne dis pas que découvrir rohmer a 18 ans est singulier, ou illogique
d’ailleurs c’est logique puisque cela est
reste à ne pas paresseusement refermer le dossier causal sitot qu’on l’a ouvert-
Charles
InvitéRien ne tombe jamais du ciel. Puisque tu empruntais un lexique bourdieusien – sociodicée – je pensais que tu faisais signe du côté de l’éducation et de la classe sociale. S’agissant des déterminations plus micro, plus subtiles je me vois mal les déplier concernant Joudet, faute de témoignage de sa part, raison pour laquelle je « clos » son dossier. Donc oui elle pourrait s’auto-analyser mais ne le fait pas parce qu’elle est à l’oral et qu’il s’agit de la première question faite pour lancer l’entretien et que l’animateur de rebondit pas dessus.
-
François Bégaudeau
Maître des clés« faute de témoignage de sa part »
Ben oui
Il n’y a qu’elle qui pourrait nous informer
Or elle ne le fait, pour les raisons contingentes que tu dis, mais aussi parce que fondamentalement c’est un pli qu’elle n’a pas
un pli qui se chope aussi
un pli déterminé
un pli bourdieusien, oui, mais en spécifiant que Bourdieu a précisément pété les marxistes de s’en tenir au déterminant classe, pour faire jouer tout un tas d’autres critères que son cerveau énorme s’est épuisé à explorer
je n’avais pas grand chose, dans ma famille, qui me disposait à 1 voir des Rohmer à 18 ans 2 les aimer
mais ce n’est pas pour autant venu « comme ça » -
Charles
InvitéSurtout un pli d’écrivain.
-
François Bégaudeau
Maître des cléspeut etre pas confondre la poule et l’oeuf
-
-
gebege
Invité« Ce qui importe, c’est d’explorer le fait que cette « curiosité » ne tombe pas du ciel. » >> et en même temps, tu rappelles souvent que certaines facultés sont là de fait et c’est comme ça, ton exemple cardinal étant Maradona touché par la grâce du ballon rond. Si Maradona a le droit à la grâce d’un bon jeu de jambe, pourquoi d’autres ne seraient pas touchés par la grâce de la curiosité ?
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui oui j’en accepte très bien le principe
je pense meme que la faculté de curiosité est la marque d’une vitalité supérieure, qui elle est sans doute native
je laisse donc en effet toujours ouverte l’hypothèse de la disposition native, voire du don, voire du génie
encore faut il, pour considérer cet angle mort de la détermination, avoir d’abord exploré les déterminations
ce qu’en l’occurrence Joudet ne fait pas, et ne saurait faire, et quelque chose me dit que c’est avant tout une affaire de milieu
-
-
-
-
-
-
-
-
-
-
Charles
InvitéJe recommande le documentaire – visible sur Netflix, de Laura Poitras et Mark Obenhaus – Cover-up sur le journaliste d’investigation Seymour Hersh.
Ce n’est pas renversant formellement mais passionnant sur ce que ça raconte des Etats-Unis des 60 dernières années. Rien de très nouveau mais c’est une piqûre de rappel, notamment pour ceux qui ont tendance à repeindre en rose cette période en comparaison avec l’ère Trump. Ce documentaire nous rappelle, à travers le récit des investigations de Seymour Hersh, que ce pays n’a cessé de commettre des crimes de guerre, du Vietnam à la guerre en Irak, d’espionner sa propre population, tenter de renverser des régimes étrangers, et de maquiller ou étouffer ces divers scandales avec plus ou moins de succès. Au passage, il est révélateur que Seymour Hersh se heurte à un mur, de sa profession, quand il commence à s’attaquer aux conglomérats américains, après avoir avec succès révélé les scandales politiques précités.
Les réalisateurs sont évidemment du côté de Hersh mais ne le héroïsent pas non plus, ne font pas l’impasse sur les enquêtes où il s’est trompé, ce qu’il reconnait, et ne coupent pas les moments de tension entre eux et lui (Hersh veut à un moment mettre un terme à sa participation au documentaire).
Il n’y a pas non plus de reconduite du récit mythique, à la Spielberg dans Pentagon Papers, du journaliste face au pouvoir qui réussit à publier son enquête contre vents et marées et qui obtient alors la reconnaissance du public. En réalité, Hersh est détesté par toute une partie du public, pas uniquement par le pouvoir mais aussi par les citoyens qui sont prêts à faire pression pour que le soldat qui participe à un massacre de civils au Vietnam soit libéré au bout de quatre mois. Même au sein de la profession, il n’est pas défendu par tous, la corporation étant en majorité frileuse car trop proche du pouvoir. Il n’y a pas non plus un avant et un après la publication de ses articles, selon l’expression consacrée, les choses ne changent qu’à la marge. Hersh ne se fait aucune illusion dessus, les crimes succèdent aux crimes, précisément parce que les citoyens le tolèrent, lui est simplement là pour dire qu’il n’est pas d’accord, qu’il ne peut pas cautionner cela. Ambition minimale mais qui sonne juste. -
Vitus
InvitéEst-ce que quelqu’un est un adepte de P.Grandrieux ? , un cinéaste bien trop riche et puissant mais bien trop méconnu, il a notamment une fibre primitif en son cinéma, d’une espèce de période pré-symbolique. Il revient à l’état d’un cinéma qu’il ne s’est pas encore stabilisé comme langage, notamment à Murnau. On pourrait même dire un cinéma qui oublie qu’il est du cinéma même si cette formule est assez trouble j’en conviens. Le grand point de convergence de Grandrieux avec Murnau, c’est cette idée de formé un visage et un corps traversé par des affects, devenir une sorte de présence là ou le « cinéma moderne » lui forme des personnages avec une psychologie. Il y a un désir de retrouver un cinéma qui précède le langage, qui ne cherche pas à expliquer ni à raconter, mais simplement à faire apparaitre. Un cinéma où l’image ne produit pas du sens, mais des sensations, tout un tas de sensation brutes. Je me demande si quelqu’un peut me dévoiler des sentiments, penser sur le bonhomme
-
Vitus
InvitéJe parle de Phillipe Grandrieux, l’auteur de Sombre, Malgré la nuit ou encore La vie nouvelle
-
-
lassou
InvitéComment ça se fait que Dreams, le Franco, soit diffusé dans aussi peu de salles ?
-
stephanie
Invitésortie officielle le 28 janvier, ceci explique cela , je pense
-
-
Malice
Invité
« Annule ton match, préviens les flics »
Merci de le dire-
Ostros
InvitéMerci Malice !
-
Alexandre
InvitéMerci Malice.
Je me cale ça demain sans faute!
-
-
Malice
InvitéA propos du roman de Patricia Highsmith, je ne crois pas me souvenir qu’il se passe à New York, en tous cas Guy n’est pas tennisman ni politicien mais architecte ( avec un problème de procrastination très intéressant – il semble souvent avoir envie d’annuler ses commandes, s’en montre insatisfait)
-
Malice
Invitépardon, j’ai mis New York à la place de Washington car je crois que ça se passe là-bas
-
François Bégaudeau
Maître des clésinfo intéressante
H est donc à l’initiative du tennis et de Washington-
Malice
InvitéPour faciliter la scène où Bruno engage la conversation avec Guy, la » célébrité » de tennisman de Guy est un bon raccourci je pense ; et ça permettait la scène de match de la fin. La politique renforce le présomption d’arrivisme de Guy et met en tension le projet de crime et l’institution ( comme tu le disais dans la conférence).
Dans le roman Guy a avec sa fiancée le même genre de rapport qu’avec la Anne du film cela dit : elle est décoratrice, possède sa propre agence avec une amie, elle est plus riche, appartient à la haute société ( lui non). Bruno et elle font partie du même univers mondain -de ce fait il s’incruste facilement dans leur cercle, allant jusqu’à infiltrer leur mariage.
-
-
-
-
Alexandre
InvitéDévoré ça d’une traite.
J’ai juste trouvé dommage que ne soit pas du tout abordée la séquence du manège emballé à la fin, qui sert d’essoreuse de tension gordienne, de vortex défoulatoire dont les images dignes de L’Enfer de Dante (les gros plans sur les têtes des chevaux, les sabots qui descendent et remontent mécaniquement) provoquent quelque chose qui va au delà du truc de bateleur ou de la « Fête du slip » et qui engendre une vraie émotion esthétique. Je sais qu’à chaque fois qu’arrive cette séquence, je ressens une espèce d’exaltation qui me mettrait presqu’au bord des larmes.
C’est réellement très beau.-
François Bégaudeau
Maître des cléssi je n’en parle pas tant que ça, c’est parce que je ne suis pas très fan de cette séquence, aimant beaucoup moins les moments où H accélère que les moments où il fige
-
Schnoups
InvitéTrès intéressant de t’écouter sur Hitch.
L’acteur principal a été très bien choisi, très ambiguë, on se dit souvent qu’il a quand même un peu une sale gueule.
Je n’avais jamais vu ce film, vu des extraits et lu dessus du coup je pensais l’avoir vu alors que pas du tout. Et j’ai été très surprise par la séquence finale du manège, parce que très rare de voir une séquence d’action d’une telle ampleur aussi bien réalisé par Hitch, belle maîtrise technique, pas seulement l’emballement infernal du manège mais aussi l’après, lorsque les victimes en sortent sonnés. Même si on préfère « les moments figés », cette séquence me paraît très remarquable dans sa filmographie et assez unique à vrai dire.-
Malice
InvitéC’est intéressant les acteurs qui ont à la fois un corps sympathique et inquiétant et veule et intelligent. Dans le ciné contemporain je trouve qu’Oscar Isaac a ça
-
Alexandre
Invité« L’acteur principal a été très bien choisi, très ambiguë, on se dit souvent qu’il a quand même un peu une sale gueule. »
Et on se le dit bien!
La Corde accuse encore la veulerie de ce physique qu’entérine définitivement, et radicalement, Visconti dans Senso.-
Malice
InvitéAh, je pensais que Schnoups parlait de Robert Walker aka Bruno ( c’est lui que je comparais à OI)
-
Alexandre
InvitéTu me mets le doute mais je crois qu’il est question de Farley Granger.
-
Schnoups
InvitéJe parle bien du tennisman
-
Malice
InvitéOk, j’ai pensé à Robert parce-que Farley me donne plus une impression de fragilité/fébrilité que je ne lui trouve une sale gueule ( par contre Walker a une tête parfois vraiment flippante à mes yeux)
-
Schnoups
InvitéMoi je lui trouve souvent une vraie sale gueule.
Et l’actrice qui joue sa femme est parfaite. La scène de chantage dans son magasin est une sacrée séquence, on a envie qu’elle meure. Et on se dit que quand même le gars a été marié à ça. Ah bravo.
Est aussi très remarquable dans ce film à quel point Hitch fait ressentir une haine meurtrière pour un personnage. Je n’arrive pas à trouver un équivalent de cette intensité dans un autre de ses films.-
Malice
InvitéMyriam me gêne justement, le trait est si forcé : elle est vulgaire, vénale, enlaidie par ses lunettes…J’ai envie de dire à Hitchcock « on se calme » mais en même temps, j’ai conscience que si le spectateur n’a pas envie qu’elle meure, la séquence n’a plus le même sens.
-
Schnoups
InvitéOn est décidément très complémentaires Malice.
-
Malice
InvitéFaut qu’on fasse un podcast ciné
-
-
-
-
-
-
-
-
Malice
InvitéJ’aime bien l’expression vortex défoulatoire, il y a de ça à mes yeux ( enfin Guy en vient aux mains avec celui qui l’exaspère depuis le début).
J’aime le petit garçon dont la mère est en panique et qui, lui, s’éclate sur son cheval pendant l’emballement du manège. -
Seldoon
InvitéCette séquence du manège (ainsi que le match de tennis interminable pas très bien traité qui la précède : super idée, sport parfaitement choisi, mais séquence ratée) est la raison principale qui fait que je ne revoie jamais ce Hitchcock. Le principe même d’un manège pour enfants comme lieu d’une vitesse spectaculaire et mortelle m’est trop ridicule pour acheter quoi que ce soit. Cependant, au ciné club ce fut ma première vision sur grand écran de ce film, et la puissance formelle déployée par Hitchcock dans cette scène m’a plus atteint que par le passé. Alfred et moi on en est ressortis moins fâchés.
-
Malice
InvitéA propos de séquences marquantes du film, je rajoute une scène bien aimée à la liste de celles décrites dans la conférence :
Guy réajustant la cravate de Bruno après lui avoir mis un pain. Un tout petit moment, si on veut, mais dont je ne me lasse pas. J’exagère un peu mais il me semble que toute la relation de Guy et Bruno pourrait être résumée là.-
Malice
InvitéDe plus Bruno a piqué à Haneke la réplique de Funny games : » you shouldn’t have done that »
-
-
-
-
-
censure
InvitéJ’étais sur micro ciné et mes commentaires sympathiques et courtois mais qui ne vont pas dans le meme sens les poils de begaudeau sont censurés
Bon !-
censure
InvitéQuel suceur ce Sami.
Il a rien compris de ce que tu es…
C’est à mourir de rire
bien sur qu’on a la tête de ce qu’on fait et on n’est
3 ans de collaboration pour du vent -
Vami
Invitéje comprends pas la réaction de Samir, fin c’est pas une idée si farfelu quoi… tu vois letourneur tu vois ses films effectivement ça concorde, tu vois nolan tu vois ses films bon bah pareil bien sûr qu’il faut pas s’arrêter à ça et bien sûr qu’il y a plein de contre exemples mais de là à faire cette tête si étonnée…
-
Seldoon
InvitéJe me souviens justement avoir découvert le physique de Nolan dans une interview (bonus dvd de Mémento ?) avant qu’il soit le roi d’Hollywood, j’en avais été déçu. Je m’attendais à trouver un jeune branché et je tombe sur une certaine ringardise en blazer que je pourrais développer. De fait sa filmographie s’est mise à lui ressembler et sa fascination pour les vieux James Bond relie tout ça.
-
Malice
Invitéça fonctionne aussi avec Sean Baker et son superbe sourire
-
cinema
Invité« Sean Baker et son superbe sourire » Je te suis ou pas ? Vraie question. J’ai vu The Florida Project récemment et je n’arrive pas aller vers le sens de ton commentaire. Quand je vois ce film, je vois plutôt qu’il ressemble à son profond regard.
-
Charles
InvitéOui c’est une idée assez banale qu’un caractère, un tempérament transparait dans le physique, la façon de se tenir, ses mimiques etc., et qu’on finit par retrouver ça dans l’oeuvre. Je pense que Samir a cru une attaque sur le physique, un délit de sale gueule.
Pour Nolan, tu vois bien sa gueule et ses manières lisses, proprettes, le mutisme du type cérébral et dépourvu d’humour. Woody Allen serait un exemple caricatural. -
Malice
InvitéSon sourire j’y vois l’humour et la vitalité qui habitent ses films même les plus ancrés dans une réalité dure
-
Seldoon
InvitéCinema, tu n’as vu que The Florida Project ? Il a pu t’induire en erreur sur le style Baker.
-
Malice
Invitéqui est de plus en plus tourné vers la comédie : Anora, Red rocket
-
cinema
InvitéNon, ce n’est pas le seul vu. Je re regarde Anora et regarderai Prince of Broadway. Parfois le fond l’emporte sur la forme, cependant je retiens le sourire et le regard profond. Avec ça on est gâté.
-
-
-
-
-
-
-
censure
InvitéJ’hésite entre suceur et ignare
-
K. comme mon Code
InvitéOn te sent sympathique et courtois.
-
censure
Invitéon me sens sincère. Contrairement à Samir. Et toi ça va ? T’as aimé ces interventions ?
-
censure
Invitésent*
-
-
-
-
censure
InvitéSamir aime ASSAYAS, comme il aime la France
-
Alexandre
InvitéCe n’est pas non plus ce que je préfère (sauf quand je découvrais le film, très jeune, parce qu’il y avait du spectacle) et là dessus je te suis en termes de goût, de hiérarchisation.
Mais une fois qu’on admet que Hitch, à ce moment, paye son morceau de bravoure invraisemblable, autrement dit, qu’il sacrifie au show à la De Mille, je trouve qu’il le fait magnifiquement, c’est à dire qu’il génère l’impression physique que tout ce qui précède cette séquence, en termes d’inconscient, d’impensés, d’affects troubles, s’y trouve convoqué, aspiré par l’énergie centrifuge (voire centripète) du manège déchaîné.
Comme une résolution dantesque qui voit Bruno, créature maléfique, rappelé dans les entrailles de la matrice infernale, qui l’a « possiblement » vu naître.-
Alexandre
InvitéC’est vachement bien placé ça encore (soupir).
-
Malice
InvitéT’inquiète on te suit
-
-
Tony
InvitéThoret,sors du corps d’Alexandre!Plus sérieusement il est vrai qu’on peut gloser sur cette fin,au fond ce manège fou n’est-il pas une représentation de notre psyché dans laquelle nous sommes pris à notre corps défendant et où luttent toutes les pulsions qui nous traversent?
-
Alexandre
InvitéEt Malice me rappelle le plan du petit garçon, que j’avais complètement oublié, qui s’amuse comme un fou, possible métaphore du spectateur, ah ah.
-
Malice
InvitéJ’aime bien ce plan sur le môme parce-que ça condense plusieurs choses : l’inconscience de l’enfance, ses plaisirs intenses, le plaisir de se faire peur effectivement qui est celui du spectateur et le décalage avec l’attitude horrifiée de la mère et l’absence de peur du gamin, voire son shoot d’adénaline au milieu de tous ceux qui contrairement à lui sont la proie de la terreur. Bruno est cet enfant pendant tout le film il me semble. Dans le roman le passage où il assassine Myriam est une longue promenade où il est montré comme un enfant qui découvre un nouveau plaisir, comme un môme qui ferait son premier tour de grand huit. La fête foraine est idéale pour signifier ça, dans le film comme dans l’oeuvre originale ( il y a du sucre, des jouets, des attractions, tout ce qu’on a tous expérimenté enfant pendant une balade à la foire)
-
-
Alexandre
Invité« Thoret,sors du corps d’Alexandre! »
Ah non! Thoret, lui, aurait dit que le manège était la métaphore d’une Amérique déboussolée par la peur du communisme et en proie au Maccarthysme.-
François Bégaudeau
Maître des clésoui Alexandre est mille fois concret que Thoret
-
-
-
-
kenny
Invitéque samir aime assayas ne me dérange pas
le problème me concernant est que je ne comprends rien à ce qu’il raconte,trouve ses textes fumeux, n’arrive pas a y identifier les idées directrices, n’ai rien retenu de l’ensemble de ses interventions dans tvb (tout le contraire de l’hqnpp, toujours clair et précis)
il y a une incompatibilité entre la façon dont il parle des films et le travail de fb-
François Bégaudeau
Maître des clésappelons ça complémentarité
-
I.G.Y
InvitéRire. Il y a bien une certaine opposition de style. Mais les émissions sont vivantes, c’est l’essentiel.
Sur le Jarmusch on ne peut pas m’accuser de biais, j’ai déballé mon avis avant même de savoir qu’il y aurait TVB dessus. Accord à 90%, pas la peine d’y revenir.
Concernant ce que tu dis sur Jarmusch en général, je n’avais pas du tout aimé Permanent Vacation, très moyennement Only Lovers Left Alive (assez saturé de « chic »), mais pour Down By Law, Ghost Dog et Dead Man c’est une autre affaire. Down By Law fonctionne plutôt bien justement par le « cartoonesque » dont tu parles, qui y est plutôt franchement assumé. Ghost Dog et Dead Man sont pour moi encore un cran au-dessus : il y aurait bien de la « pose » mais je trouve qu’elle dépasse aisément le chic : la stase atteinte dans Ghost Dog est respectueuse de son personnage principal hanté par les arts martiaux et le film sait être très léger voire drôle (du cartoon poétique) ; celle atteinte dans Dead Man avait clairement fini par m’emporter dans sa longue échappée progressive (voir ce film en salle, avec la musique improvisée de Neil Young, c’est vraiment quelque chose). Parfois stase et transe peuvent se dégrader en « pose », mais ça n’est à mon avis pas systématique chez Jarmusch.
.
Quant à Tom Waits, le taux d’accord va chuter. Cela dit je ne considère pas les plus belles réalisations de Tom Waits comme du « Rock ». Tom Waits est aux « poubelles de l’histoire du rock » ce que les Stones sont à celles du Funk. Pour ma part Swordfishtrombones est un album plus qu’admirable. Quant à la ballade piano solo Burma-Shave sur Foreign Affairs, je la tiens pour un sommet du genre.-
Seldoon
InvitéDead Man et Ghost Dog sont tout aussi chics et poseurs que le reste. Une pose qui m’est, dans ces deux films, confortable, mais peu importe.. Ce qui les place au dessus du lot : comme on parle d’événements de lecture, il s’y trouvent de nombreux évènements de visionnage. On est sans cesse surpris, pris à contrepied. Par l’irruption tranquille d’une violence folle, par les techniques d’assassinat ou de vol de voiture, par une tendre amitié qui se passe du langage, par ce que fabrique l’indien, par ce qu’on trouve sur un toit… Par delà le chic et le cool, ces deux films offrent des expériences de visionnage et revisionnage assez intenses. Leur limite étant qu’ils ne me travaillent pas du tout après coup.
-
I.G.Y
InvitéC’est l’écueil du mot « chic » : en fait assez flou, ça brasse large (parcourir le CNRTL le à son sujet le confirme). Il sonne à mes oreilles un peu différemment : pour moi le chic ça n’est pas Ghost Dog, c’est Only Lovers, c’est In The Mood for Love, c’est dans la Grande Bellezza. Je ressens le chic comme très lisse, très normé — mais le chic sophistiqué du Sorrentino, tant de ce qu’il filme que de ses mouvements d’appareils, est porté si haut qu’il en devient bizarre et baroque, parfois monstrueux : le chic s’y dépasse lui-même et laisse une place à de l’évènement.
Mais je reconnais que Dead Man et Ghost Dog m’ont peu « travaillé ». A ce stade j’ai en gros le même avis, on verra s’ils me travaillent davantage la prochaine fois.
-
Malice
InvitéJ’hésite à regarder la suite de La grande belleza ( je n’ai eu le temps de voir que la moitié) à cause de ce que tu décris. Je trouve comme toi que Sorrentino va au-delà du chic mais à force de voir les personnages évoluer dans des décors toujours plus beaux et plus classes j’ai fini par être saturée.
-
I.G.Y
InvitéCe qui m’a vraiment marqué dans la Grande Bellezza, c’est ce qui se produit au moment du plan-séquence final sur lequel on a le générique de fin (ce qui par conséquent te fait une belle jambe). Pour le reste je suis un peu dubitatif, même si j’ai l’impression que le film va plus loin que cette simple réduction à du « chic désabusé » entendue dans plusieurs petites vignettes « critiques » glanées ici et là. J’ai toujours en tête de voir Silvio et Il Divo.
-
Malice
InvitéSilvio est super, il arrive à enchaîner les moments d’intensité sans que je finisse pas avoir le haut le coeur. Il est très drôle aussi : rien que la première apparition de Silvio ( que je te laisse découvrir) est géniale. Et oui le clip de campagne est un grand moment, à mon grand dam car il me pousse à avoir envie de chantonner la chanson de propagande.
-
-
François Bégaudeau
Maître des clésSorrentino est discutable, mais n’est pas « chic »
car dans le chic il y a la retenue
or Sorrentino aurait plutot le vice inverse : excès, profusion, jusqu’au mauvais gout
Jarmusch et Sorrentino doivent trouver Sorrentino très mauvais gout (le clip de propagande pro Berlusconi de Silvio, récemment honoré ici, le prouve)
pas de pose chez lui : trop de mouvement pour ça-
François Bégaudeau
Maître des clésJarmusch et Assayas
-
-
-
-
-
-
-
-
Victor Willen
InvitéC’est pas Assayas qui nous fait décoller avec le cinéma, c’est surtout le cinéma qui supporte Assayas.
Demonlover reste son chef d’oeuvre (selon moi)-
François Bégaudeau
Maître des cléspas vu celui ci
-
-
kenny
Invitépour le jarmush on voit en effet qu’incarner la gêne et jouer le silence est un enfer pour les acteurs cabotins
les mimiques obscènes de kate blanchet sont edifiantes
-
-
AuteurMessages
