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- Ce sujet contient 1,411 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Cynthia Lennon, le il y a 5 mois.
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kenny
Invitéje te recommande pleasure c’est pas si mal
tu vas avoir du mal à se branler devant des films de cul pendant au moins 48h
comme tu avais fait une pause steak haché après être tombé malencontreusement sur une vidéo l214 -
kenny
Invité*te
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kenny
Invitéon s’attendait à une leçon de morale
mais le film ne juge pas -
Charles
InvitéEnfin vu l’Aventura. La critique de Critikat me semble être la plus juste même si je ne qualifierais pas le film de très drôle comme elle. S’il y a bien un comique burlesque à l’œuvre il me fait davantage sourire que rire, la tonalité qui me frappe le plus étant l’humeur presque sinistre et désabusée, portée à grands renforts de gros plans sur le visage épuisé et revenu de tout de Letourneur. C’est une expérience de cinéma vraiment radicale et inconfortable, un peu ennuyeuse aussi par moments tant le film refuse absolument toute dramatisation ou à provoquer l’éclat de rire – c’est un comique de contrepoint comme le dit Critikat. Ça n’empêche pas le film d’être par moments assez beau, de façon frontale et évidente quand il saisit une lumière estivale, un paysage italien de bord de mer, ou de façon plus detournée quand elle filmé une balade solitaire en travelling de ce pauvre Jean Phi, que Letourneur prend le soin de réduire à une sorte d’épave humaine avant de s’attendrir dessus – quand il est filmé allongé dans un lit trop petit en train d’essayer de dormir malgré le chaos ambiant, on dirait le Christ descendu de la Croix.
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Juliette B
InvitéBelle image. Un gisant oui dans cette petite chambre
Je trouve le film très singulier, plein de scènes et de plans me reviennent depuis. Par exemple la complicité recherchée avec Claudine, sur l’épaule de laquelle Sophie semble aller se ressourcer, comme dans La vie au ranch avec ses copines
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Juliette B
InvitéA La tête dans le vide plutôt que La vie au ranch je pensais précisément. Ce très court que François nous avait offert en bonus à l’Arlequin
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Charles
InvitéPour se ressourcer en fuyant Jean-Phi. Habituellement, on fuit les autres enfants pour se retrouver avec son conjoint, ici c’est l’inverse pour Sophie. Sa belle complicité avec sa fille se fait souvent au détriment de Jean-Phi comme quand elles blaguent toutes les deux sur son suicide.
Je suis d’accord avec toi pour les plans, beaucoup plus denses et marquants que le précédent (qui visait davantage la comédie).-
Stéphanie
InvitéJ’ai revu le film pour la 2ème fois, vos remarques sur l’épuisement du couplé m’ont paru évidente , choses que je n’avais pas vu ( voulu voir) la 1ère fois. Concentrée sur les enfants et l’enfance, leurs mots, leurs comportements, je n’ai voulu voir qu’eux !
Du coup, sortie à la fois plus triste et plus riche .
C’est un grand film.Vu Kneecap, un rythme survolté , ça se passe en Irlande du Nord, des jeunes résistent pour garder leur langue maternelle le gaélique contre l’impérialisme anglais , en créant un groupe de Rap. Un bon film politique, créatif et marrant.
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Juliette B
InvitéLeur complicité va régulièrement jusqu’à la cruauté à l’égard de Jean-Phi, le petit passage subtil entre la moquerie et le mépris, la vanne et le harcèlement. J’ai trouvé particulièrement fort le court moment où ce grand calme, ou mou selon le point de vue qu’on adopte, se révolte en parlant du « beau rôle » que Sophie se donne quand elle le moque ou souligne ses défaillances ordinaires. On le sent à la fois très en colère et au bord des larmes, le jeu de Katerine est très juste et émouvant
A propos des enfants, pour poursuivre ce que tu dis, m’a frappée aussi comment elle recherche ou accepte spontanément le contact physique quand les enfants sont fatigués et énervés, voir les scènes en voiture ou l’étirement de la scène de la chambre ou son fiston ouistiti la colle sur le lit, fait une galipette, la recolle, saute, lui met les pieds à hauteur du visage, puis les fesses, etc.; sans qu’elle l’arrête. C’est quand il crie trop ou fait mal à répétition à sa sœur que la punition salle de bains finit par arriver. Sans d’ailleurs grand effet ha ha.
On est vraiment au cœur de la vie animale dans ce film et Jean-Phi s’échappant pour marcher seul dans la ville, filmé longuement de côté, m’a aussi fait penser à certains animaux de la savane qu’on filme comme ça, à distance, quand ils déambulent solitairement. Jean Rouch quoi-
François Bégaudeau
Maître des clésOn est vraiment au cœur de la vie animale dans ce film et Jean-Phi s’échappant pour marcher seul dans la ville, filmé longuement de côté, m’a aussi fait penser à certains animaux de la savane qu’on filme comme ça, à distance, quand ils déambulent solitairement. Jean Rouch quoi
super juste
la famille comme petite niche animale, c’est vraiment ça-
Charles
InvitéOui Jean Phi filmé comme une forme de pure alterité
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François Bégaudeau
Maître des clés…. ou comme celui que la tribu a désigné comme victime expiatoire
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Juliette B
InvitéOù l’on retrouve la figure du Christ évoquée par Charles
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Claire N
InvitéOui cette scène donne cette impression
Mais en même temps ; c’est un moment où le savoir faire esthétique de la cinéaste est aussi très présent
Les couleurs oranges de la casquette et bleu du t-shirt se fondent absolument dans l’ensemble du décor en second plan avec un rappel à la couleur
Tout le long de la déambulation
Et quand on change de couleur
La scène s’arrête -
Charles
InvitéPas mieux
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Charles
InvitéEn réponse à François.
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Claire N
InvitéCe que tu dis du contact physique oui
Et c’est effectivement très doux
La grande douceur de SL aussi dans cette scène
Ou son visage s’éclaire comme une enfant ( on a presque envie de la serrer dans ses bras)
Quand elle dit le « on échange ?! «
Celui qu’on utilise pour rentrer dans un jeu
Et là où elle est drôle et forte au montage
C’est que cela tombe juste après les gros plans sur les super fesses des copines, si bien qu’une fraction de seconde elle fait tomber les fesses dans la catégorie « jeu de plage « qu’on pourrait échanger –-
K. comme mon Code
InvitéOui. Il y a plein de petits montages de la sorte où le sens circule. Ce qui est dit à la fois moins d’importance que ce qui se joue quand c’est dit sans être sans importance. Hasards de la vie. Constructions à posteriori de la vie. J’ai vu le film trois fois et j’insiste sur sa grande précision. Je continue à découvrir/voir/entendre des choses. Et j’ai envie de citer par plaisir l’une de mes répliques préférées : « C’est comme si c’est quelqu’un qu’on connaît pas qui faut qu’il dort ».
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Claire N
InvitéOui est c’est exactement cette émotion
Comme si Jean – Phi était un passager du wagon lit en dehors de la famille et que s’appliquait à lui les préoccupations de politesse qu’on prend avec les nons familiers-
Mélanie
InvitéOui,
Vous lire me donne envie de revoir le film
J’ai revu Voyages en Italie (dispo sur Arte) et je me disais que SL voit-entend tout, au moins a posteriori avec les enregistrements et en recréant des scènes vécues, et que voire-entendre ne change pas la vie, ou ne suffit pas pour changer les choses. Ça permet de faire de bons films, par exemple.-
Claire N
InvitéOui – mais il y a pendant la « vie «
Une implication de toute le famille
Et peut etre encore plus de sa fille
Dans le processus d’enregistrement
Qui se tisse au fil des journées –
On parlait ici de « bain de parole «
Et je remarque que Raoul petit à petit
Prend effectivement sa place dans le processus
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Alexandre
InvitéIl y a dans le film une petite phrase qui m’a fait rire (il y en a d’autres mais c’est celle-là que je retiens). C’est Sophie qui dit à Cloclo, à propos de Jean-Phi : « Des fois, il fait des trucs qu’on comprend pas ».
Je sais pas pourquoi, mais j’ai pensé au Jacques Rozier des Naufragés de l’Ile de la Tortue.-
Ostros
InvitéRepensant au film depuis mon rbnb normand, je me dis que les extraits des vidéos de vacances si émouvantes soient elles sont aussi à regarder avec distance, par le prisme du film et de son dispositif. Alors ok imagine Sophie Letourneur restituant la vérité autour de cette vidéo de famille qui ne captait que les moments doux. Le film nous fait voir cette bande avec nostalgie, et aussi avec un regard plus sûr qui donne à imaginer les reste de ces vacances, la chaleur moite, les cris, la fatigue.
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Claire N
InvitéOui c’est comme tu le dis cette bande après le film ; nous voilà plus perçants dans notre manière de la voir – à présent
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Claire N
InvitéEt bien je ne connais pas le film
Et j’ai trouvé à 6mn de la vidéo une anecdote de tournage sur le vomi – et je pense du coup aux histoires de caca de SL
L’ensemble me donne l’impression que tu as la une bonne piste-
Claire N
InvitéOups6’
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Claire N
InvitéLe procédé de :
– filmer un souvenir raconté
– qui apparaît dans le « futur « du film
– ou on se souvient du souvenir racontée
Au moment où il est filmé vécu
C’est troublant, cela désoriente un peu
S’accrocher à la cellule familiale comme repère
Etait évoquée plus haut
Mais en plus cette technique donne quelque chose en miroir à notre mémoire, cela perturbe le sens temporel du souvenir et met le vécu au premier plan / souvenir raconté
C’est un coup de force dans les primautés accordés habituellement à la nature des réminiscences -
Malice
InvitéSur arte replay, quelques films d’Andreas Dresen sont disponibles, je suis en train de découvrir avec plaisir « Un été à Berlin » qui met en scène deux copines, l’une aide-soignante et l’autre en recherche d’emploi et de fric pour acheter des baskets à son fils.
Qui connaît son oeuvre ici? -
Bruno
InvitéDes retours sur le Superman de james gunn ?
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Sylvain
InvitéIl faut demander à Durendal.
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Bruno
InvitéLe film suicide squad avait des qualités
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Sylvain
InvitéLesquelles ?
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Bruno
InvitéCelui de james gunn
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Aurélien
InvitéBonjour à tous,
Juste pour vous signaler « Le Rire et le Couteau » de Pedro Pinho. Le film dure 3h30 mais c’est justement une bonne raison pour aller le voir absolument en salles en ce moment. J’attends vos retours, pour ma part, gros coup de coeur.-
François Bégaudeau
Maître des clésje compte évidemment le voir, ayant adoré l’usine de rien
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Tony
InvitéMalheureusement je ne partage pas ton enthousiasme,dès les premières minutes on sent quelque chose d’un peu grossier,peu naturel,on le voit arriver à un check point surveillé par un indigène allongé dans l’herbe qui va lui demander ses papiers,les examiner et lui demander enfin quelque chose pour lui,l’autre lui demande quoi,un livre si vous avez,vous lisez l’espagnol? et il sort de sa voiture, en ouvre le coffre et cherche dans ses affaires un livre qu’il lui tend,ils échangent un grand sourire et la voiture peine à redémarrer,on voit venir avec ses gros sabots le scénario de gauche pauvre en idées visuelles et très bavard, d’ailleurs le coup de la panne ne manque pas d’arriver dans la scène suivante,en plein désert.En voyant cet entame de film je me suis dit que le voyage allait être long et que Profession Reporter était génial.Quelques séquences surnagent à mes yeux,les deux séquences sexuelles,une autre sur une île mais ce qui est pénible c’est d’entendre tous ces personnages discourir,de façon brillante assez souvent mais pas assez de situations ou alors quand il y en a elles sont cousues de fil blanc,l’acteur n’a aucun charisme et son personnage de petit intellectuel occidental manque d’ambiguité,il y a un côté carte postale et tract militant qui leste le film et c’est bien dommage.
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stephanie
Invitéj’ai aimé Le rire et le couteau, le temps long a permis de traiter pas mal de choses ( colonialisme, le travail des ONG, le progrès, la tradition), une atmosphère envoutante et douce à la fois ( beaucoup pensé à Pacifiction de Serra). Les séquences sexuelles sont très belles, l’idée d’avoir placé Sergio comme spectateur du couple noir entrain de faire l’amour, dans l’attente, Diara qui lui propose d’attendre, de le faire mijoter, renverse sa position de dominant mâle blanc.
J’ai trouvé le personnage de Sergio sensuel navigant avec une certaine errance qui le rend plein d’humanité. Bien aimé les dialogues, les Obrigado (peut être le mot le plus prononcé) m’ont souvent troublés.
Très envie de voir L’usine du rien.
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Stéphanie
InvitéMerci Le Bègue pour la découverte de ce film collectif L’usine de rien. La séquence débat avec Anselm Jappe est remarquable.
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Stéphanie
InvitéPersonne n’a vu kneecap ?
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Oscar
InvitéIl y a un sujet kneecap > https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/kneecap/#post-107840
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Stéphanie
InvitéMerci Oscar
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bibinard
Invitéchjsuis pas cokerné par les film j’aim kle pinad
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PepeHa
InvitéJ’ai l’impression que certains épisodes de la Gêne occasionnée ont disparu (sur Spotify du moins), quelqu’un d’autre a ça aussi ?
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Ostros
InvitéSur soundcloud tu les as toutes
Il est possible qu’elles soient à présent classées sur spotify comme sur soundcloud, par ordre de « popularité ».
https://m.soundcloud.com/la-gene-occasionnee/popular-tracks-
Ostros
InvitéJe viens d’aller voir et en effet il en manque sur sporify ET sur soundcloud (des fois les mêmes des fois d’autres). Serait-ce une astuce, les autres épisodes seraient accessibles si les auditeurices paient ?
A-t-il été demandé aux critiques qu’ils paient s’ils voulaient voir l’ensemble des épisodes être diffusés ? Donc ils ont dû faire des choix.-
Lacombe Lucien
InvitéJe pense que certains épisodes ont été retirés de Spotify pour des questions de droits musicaux.
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Mélanie
InvitéHum ça m’agace ça. J’ai qq épisodes sur mon ordi selon ceux que vous cherchez (pas les plus récents)
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kenny
Invité-
Ostros
InvitéMerci !!
Terima kasih !!-
Ostros
Invitékenny, quand tu auras une minute tu peux me laisser ton mail stp ? Ou m’écrire ici : madmrspi@gmail.com
J’ai des demandes spécifiques
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K. comme mon Code
InvitéJ’ai pas tout vu, mais on a le droit aux documents de travail de Letourneur dans cette conférence : par exemple, des images de la maquette du Marin Masqué et des extraits de l’enregistrement original.
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K. comme mon Code
InvitéLa partie sur Énorme est fascinante. Et pas seulement parce qu’on a des petits gossips sur Marina Foïs.
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bdor
InvitéOn apprend notamment qu’énorme aurait pu être tourné avec Blanche Gardin au lieu de Marina Fois… Ça aurait été quelque chose.
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Mao
InvitéLe son est pourri mais l’entretien est passionnant. Elle est vraiment géniale.
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MA
InvitéGrande découverte de l’ours d’or berlinois Rêves : de nombreuses trouvailles formelles, drôles et étonnantes parfois je trouve, (n’est pas sans rappeler Bergman dans les dialogues, Persona
_ avec le double jeu des prénoms par exemple_ , une belle voix-off pour rappeler sans doute le rôle de la narratrice dans la mise en fiction d’elle-même), une
réflexion sur la création littéraire entre rêve-fantasme-vecu-recit-mise en scène de soi. Et donc mise en abyme cinématographique.
J’ai beaucoup aimé la scène de débat générationnel dialoguée entre la mère et grand-mère dans la forêt sur Flashdance qui m’ a fait rire.
La scène chorégraphiee avec la grand-mère au milieu des danseurs sur l' »échelle de Jacob » est à couper le souffle. De même les plans sur l’escalier que monte et descend Johanne pour se rendre chez Johanna sa professeure de français. Sans parler du fondu au noir lors de sa première venue chez elle.
La déambulation dans la ville d’Oslo , d’un quartier à l’ autre est belle aussi. Et la scène de la confrontation entre la mère de Johanne et Johanna lors de la parution du livre, mise en pause pour mieux pouvoir se rapproprier la parole par Johanne.
Et la fin, en légèreté et en paix avec elle-même après avoir été analysée par le psy, sans toutefois y retourner pour récupérer sa clé. La vie qui reprend le dessus peut-être.-
François Bégaudeau
Maître des clésDevant Reves, je me suis longtemps demandé, et même après la séance, si le cinéaste se foutait de la classe moyenne occidentale de son temps en passant en revue sa panoplie existentielle – thé, verveine, hugs, verbalisation, confidences horizontales, psy, littérature-témoignage, sororité caline, écrans, lit en chaussettes . A la lumière de Désir, plus ennuyeux, moins noueux, je sais que non.
Voilà une sorte de calinocinéma, qui oeuvre méthodiquement à fluidifier la vie, c’est à dire in fine à dissoudre les problèmes
Quant aux cadres, oui il y a quelques trouvailles, mais je n’arrive pas à les voir autrement que comme des pastilles-interludes entre deux longues scènes dialoguées.-
MA
InvitéBon, voilà mon enthousiasme béat douché par ce retour critique plutôt drôle. Effectivement, je n’avais pas vu les choses comme cela ou dans ce sens et ne suis peut-être pas prête alors à aller voir le reste de la trilogie.
Pour ma part, je suis tout de même rentrée dans ce film qui reste il est vrai dans sa bulle.
Trois questions :
-Peut-on parler d’esthétique malhonnête ou de malhonnêteté esthétique ?
-de longues scènes dialoguées: que penser de celles dans certains films de Bergman?
-Et la voix-off ?-
François Bégaudeau
Maître des clésje n’ai évidemment pas peur d’un film purement dialogué, ni peur de la voix off
encore faut il qu’elles soient intéressantes
or je ne trouve pas que le texte de Reves soit si passionnant qu’il mérite ces champ-contre champ épurés
le texte bergmanien est quand même d’un autre niveau, surtout celui de Sonate d’automne
c’est que Bergman est plus cruel, il va vraiment à l’os, alors que les conversations-verveine de la trilogie semblent essentiellement des verbalisations-résilience
(reste que les 2h30 de scènes de la vie conjugale m’ennuient un peu)
seule exception, et seul très bon moment de Reves : la discussion au salon (de thé, évidemment, jamais vu autant de mugs dans un film) entre la prof et la mère de la jeune écrivaine ; là de l’ambiguité apparait, et un vertige s’ouvre, un vrai vacillement des points de vue
chose qu’on ne retrouve pas du tout dans l’ennuyeux Désir, à coté de quoi Reves me parait presque un grand film
désolé pour la douche
essaye de voir Désir, on sait jamais-
MA
InvitéPas de souci elle n’était pas trop froide, plutôt drôle même. Je vais essayer entre un thriller chinois.
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Stéphanie
InvitéBeaucoup aimé Amour dans la trilogie.
Des situations de renversement souvent drôles et qui laissent des questions en suspens. Renversement dans le sens où les personnages ne sont pas là où on les attend, on se questionne beaucoup, c’est délicat, ça parle de sexe , de sexualité comme peu entendu au cinéma. Personne l’a vu ici?-
François Bégaudeau
Maître des clésMerde je vais être obligé de le voir
Par acquit de conscience-
Stéphanie
InvitéOui sans déc, va le voir et qu’en pense MA? ( qui a aimé les autres).
Je rajouterai des critiques plus tard.-
MA
InvitéJe n’ai pas encore pu le voir malheureusement. Mais je ne me suis pas du tout ennuyée devant Désir. J’ai trouvé les différents dialogues drôles et fins.
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Alexandre
InvitéEddington peine à m’emballer malgré une sorte d’aisance dans la mise en forme. Le film laisse l’impression discutable d’une mauvaise cohabitation entre opacité et sur signalétique, maniérismes sibyllins et cochage intempestif de cases . A ce confusionnisme s’ajoute un sentiment de déjà-vu, de terrain défraichi : No Country for Old Men et, encore avant, l’excellent Lone Star avaient ouvert la voie de façon autrement plus cruciale.
Dommage, ce n’est pourtant pas dénué de brillance.-
Tony
InvitéC’est une vraie expérience ce film, complètement dingue, dès la séquence d’ouverture,de nuit,avec ce clochard qui marche pieds nus dans une zone désertique, aux abords de la ville,que l’on entend se parler à lui-même en proférant des paroles plus ou moins compréhensibles sur des boîtes dans lesquelles il ne se laissera pas enfermer et on le voit longer un panneau annonçant la construction prochaine d’un data center puis gravir une colline qui surplombe la ville et sur laquelle se trouve ce qu’on présume être ce qu’on appelle des châteaux d’eau, c’est le genre d’ouverture de film qui nous attrape directement et, jusqu’à la fin,tout est surprenant,je n’ai pas souvenir d’avoir vu un film aussi dingue que celui-ci,en tout cas qui documente aussi bien la dinguerie contemporaine normalisée par la technologie pour son seul profit,et,disons-le aussi, Joaquim Phoenix est le meilleur acteur américain en activité.
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François Bégaudeau
Maître des clés« et, jusqu’à la fin, tout est surprenant » oui!
« qui documente aussi bien la dinguerie contemporaine » oui!
« Joaquim Phoenix est le meilleur acteur américain en activité. » dans Napoléon?-
Tony
InvitéOn lui pardonne,Brando aussi s’y est cassé les dents, c’est injouable.
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Luc
InvitéJe crois que François n apprécie pas Phoenix. Et je le rejoins sur sa pitoyable prestation de la folie dans Joker. « complètement dingue/ expérience » tu ne donnes pas envie là malheureusement
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Luc
InvitéBon j ai été un peu dur !ahah
Si j irai le voir
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Alexandre
InvitéPour l’instant, cette dinguerie me neutralise parce que j’ai le sentiment qu’elle s’appuie sur de l’éprouvé : n’a-t-on pas croisé cela chez Paul Thomas Anderson (Inherent Vice, en moins drôle)? Le clochard que tu évoques n’est-il pas un tantinet « lynchien » ?
En même temps, je reconnais que le film ne quitte pas mes pensées depuis hier soir. Et oui, Joaquin Phoenix retrouve le meilleur de son inspiration.
On va voir avec le temps.-
Tony
InvitéC’est moins abstrait qu’Inherent Vice et beaucoup plus actuel,moins intellectuel heureusement,très drôle aussi (quelques fous rires de mon côté alors que la salle où j’étais était très froide,par exemple le gamin à table qui récite la leçon sur le privilège blanc, les institutions qu’il fallait renverser pour mettre fin à la domination blanche et les parents qui n’en reviennent pas de ce qu’ils entendent et finissent par lui dire’mais tu es blanc!).
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Alexandre
InvitéD’autres aussi ont eu des fous rires d’après des forumeurs. Moi non. Pourtant j’aime rire (sic). Non mais il y a une espèce d’humour sardonique qui plane tout du long, c’est vrai.
As-tu remarqué le pastiche inversé de Rambo (LE Rambo de Ted Kotcheff) lors du climax?-
Tony
InvitéEt un sortie de secours,chouette!
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Julien Barthe
InvitéJe sors déçu d’Eddington. Je vois bien qu’on me donne à sentir une saturation progressive par les discours, les signes, les images et les sons dans des plans souvent pauvres en corps entravés (rues vides que redouble l’espace désertique). Mais cette saturation est portée par une saturation de l’intrigue qui me laisse une impression de trop plein. J’ai pensé que j’avais affaire à la contraction d’une série. Ou peut-être à un geste d’écriture scénaristique qui rendrait perceptible cet excès-même (multiplication des rebondissements et intensification par la violence gore).
J’ai pensé très fort au début au 1275 Ames de Jim Thompson que Blier adapte sous le titre de Coup de torchon, mais ça va vers autre chose et ne veut plus vraiment finir.-
Julien Barthe
Invité•Tavernier et non Blier
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François Bégaudeau
Maître des clésje suis moins réticent à cette densité scénaristique, mais j’aurais adoré que le film s’arrête à l’heure 45 (même si je trouve le climax génial)
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François Bégaudeau
Maître des clés…et me serais vraiment passé de l’épilogue (même s’il porte une parfaite leçon marxiste : embrouillez vous pour des conneries, folks, pendant ce temps le techno-capital fait ses petites affaires)
Reste que la » saturation progressive par les discours, les signes » dont tu parles à fort juste titre me parait la meilleure forme à produire pour saisir la situation.-
Seldoon
InvitéDe mon côté j’en sors en premier lieu rassuré. Par le talent d’Aster, qui a encore de beaux jours devant lui. Quel réalisateur aujourd’hui est capable d’autant d’aise dans la comédie (même si le film se refuse en général à y aller franchement, il est clair que c’est un refus et non un empêchement), de nous sortir des scènes d’action aussi tendues, minimalistes et réussies que celles de No Country for old men, de maintenir la tension pendant le délire – et sa raideur, pour ne pas dire froideur – du climax, et de cette précision folle à travers 3h de confusion scénaristique organisée ?
Pour le reste je ne sais pas encore trop quoi en penser, mais ça fait penser. Eddington plonge et se complet dans la saturation décrite par Julien : par les discours, les signes et, ajoute à juste titre Sortie de Secours, le scrolling. Aster y ajoute sa sauce habituelle de familles déglinguées de l’intérieur avec leur atmosphère incestueuse. Je me demande si au fond il ne croit pas que les névroses familiales sont ce qui finit par contaminer la société. Même le fou sans abri finit par croiser sa propre fille, militante BLM (blanche) qui refuse de lui parler. En termes de pensée politique ca ne mènera probablement pas très loin, mais cinématographiquement cette sous couche, alors qu’elle avait tué Beau is afraid, fait énormément de bien aux scènes les plus burlesques ou étranges. Si elle participe de la saturation générale, avant tout, elle ancre humainement très vite un film toujours à deux doigts de partir à la dérive.-
Seldoon
InvitéPour l’épilogue marxiste : on retrouvait plus confusément cette idée à la fin de Beau is afraid. Pendant qu’on est perdus dans nos luttes contre nos propres névroses et notre prochain tout aussi taré, il existe des grandes entreprises qui savent très bien ce qu’elles font, qui avancent, et notre confusion est leur marché.
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Julien Barthe
InvitéJe crois qu’il va falloir choisir son camp et laisser l’Histoire du cinéma nous juger. SPOIL ALERT
Je pointais une lourdeur qui se matérialise assez précisément pour moi dans le parachutage de la milice nazie.
Je peux saluer les qualités politiques du bordel : une confusion organisée et extrêmement marquante des repères moraux et politiques, puisque nous l’expérimentons – elle doit jouer dans l’épuisement que je ressens -. Tout discours sur ce qui advient est sapé, et objectivement décrédibilisé, dans et par le processus narratif. Les discours immédiatement délirants sont des points d’appui inutiles, puisqu’ils ne sont pas opposés à des discours véridiques. Même l’officier Navajos qui parle peu est décrédibilisé par la récupération de la fresque-hommage sur le data center. La seule référence véridique est donnée par l’adjoint noir qui n’émet aucun discours (il est bien la victime innocente) et ne produit aucune fausseté et le dernier plan qui ne produisant aucun discours dit ce qui est advient véritablement. -
Julien Barthe
InvitéLa justesse politique du truc : faire éprouver l’énorme production de discours et de signes portant sur des choses qui ne LEUR arrivent pas vraiment. Même le COVID n’est pas arrivé jusqu’à eux.
Ce qui leur arrive est silencieux et silencié par les discours et signes qui font écran, portent sur le lointain, et la violence qu’ils vont importer. -
Julien Barthe
InvitéJe retombe sur ce que disais François. Leçon marxiste et même debordienne. Un Debord qui serait débordé (pardon pour le jeu de mots débile) par l’intensité de l’émission du Spectacle, la multiplication et le décentrement des sources qui l’émettent. Un Spectacle hyper-diffus dans lequel le faux serait un moment du faux.
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Seldoon
Invité« Même l’officier Navajos qui parle peu est décrédibilisé par la récupération de la fresque-hommage sur le data center »
Décrédibilisé ou, tels les personnages d’Invasion of the Body Snatchers ou du plus confusement réac The World’s End, tragiquement englouti puis recyclé ? -
Julien Barthe
InvitéEt notons que la dignité que lui procurait son silence est bafouée puisqu’il est récupéré et converti en signe. Il est recyclée comme matière signifiante.
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Julien Barthe
InvitéCe film est décidément très riche. Je sais pas ce que vous lui reprochez.
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K. comme mon Code
InvitéTout ça alors qu’on est plus proche de South Park que Debord — et j’aurais aimé que ce soit davantage du South Park que du Debord, soyons clair.
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Seldoon
InvitéAster est plus Rick and Morty que South Park. Cf Beau is afraid.
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Alexandre
InvitéOfficier navajo vu dans Killers of the Flower Moon : le voisin alcoolique et cocu.
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Seldoon
InvitéMerci, tu mets fin à quelques heures de questionnement.
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Tchitchikov
InvitéPour donner du grain à moudre à la discussion. Pour ma part je suis partagé. J’ai trouvé le film confus et trop simpliste (à l’image de « l’époque » peut-être ?). Mais je vous rejoins sur la leçon de l’épilogue résumée par François : ressassez vos broutilles, le capitalisme s’en repaît. Je n’ai pas vu Hérédité ni Beau. J’avais vu Midsommar, dubitatif devant trop d’esbroufe pour adolescents. Alors qu’il tenait une première partie (hormis l’ouverture) presque anthropologique. Il faut dire que je n’aime pas les films de genre. Encore moins l’épouvante ou l’horreur.
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I.G.Y
InvitéLe Canardeur en replay arte.tv.
En guise de film estival et léger je conseille naturellement le dernier Wang Bing. Quoique la légèreté et la poésie n’en soient pas absents.
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Malice
Invitémerci pour les recos
sur arte replay tu as vu le film d’été d’Andreas Dresen?
( Un été à Berlin)-
I.G.Y
InvitéPas encore mais c’est prévu, idem pour Le Canardeur. Vivement les vacances pour rattraper — j’ai tout juste pu aller voir le Chabrol Que la bête meure, avant qu’il ne disparaisse des salles.
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Seldoon
InvitéPour info ce Cimino fait partie de la liste restreinte de films cités en appendice de la convention de genève et dont il faut exclusivement utiliser le titre original.
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Malice
InvitéQui est » coup de foudre et pied léger »
et là on dirait un titre de comédie de Billy Wilder-
Seldoon
InvitéAlors que le canardeur on dirait un Belmondo sur la mauvaise pente.
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I.G.Y
InvitéFaute impardonnable de ma part je le reconnais, mais je n’en compte pas moins sur votre soutien inconditionnel.
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Seldoon
InvitéJe suis pour la solution à deux cinéphilies.
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I.G.Y
Invitérire(s)
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Malice
Invité@seldoon
c’est complètement ça!
Entre l’alpageur et le guignolo
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Alexandre
InvitéIl y a aussi Le Merdier, de Ted Post (film très bien écrit), avec Burt Lancaster (1977) dont le titre original, si on le traduit, est : « Va dire aux Spartiates » (rires)
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Malice
InvitéMerci pour la suggestion, j’aime bien Burt ( et son sourire), même si je ne l’ai vu que dans peu de films ( Le vent de la plaine, Tant qu’il y aura des mecs, Raccrochez, c’est une erreur, La classe américaine)
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Scoob
InvitéGrande émotion devant Pour Lui de Dresen (le sujet s’y prêtant bien…), j’ai été cueilli. Je trouve le film grand quand il capte des petits gestes tout simples, une main posée sur un visage, des soins ou des paroles empathiques.
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Stéphanie
InvitéMerci Scoob , la subtilité du choix des plans , la réalité quasi documentaire, les enfants face à la mort » dîtes leurs ce qui veulent entendre » en fait un très beau film.
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Stéphanie
InvitéPeu de critiques du Rire et le couteau ?
J’ai fini de voir L’usine de rien hier soir , un film magistral, une fiction qu’on pourrait qualifier de documentaire. Pour empêcher la de localisation de leur usine, des ouvriers occupent l’usine et proposent une autogestion.
Ça débat fort, ça crie, ça sue.
L’héritage de la révolution des œillets est omniprésent.
Une fin plus poétique et un concert punk.-
Tony
InvitéJ’ai pas encore vu l’usine de rien, Le rire et le couteau m’a laissé amer,il m’en reste quand-même quelques images fortes, principalement tout ce qui a trait au voyage qu’il fait à l’intérieur du pays à la rencontre des habitants,en fait un pur documentaire m’aurait davantage intéressé, j’ai l’impression que le ratage de la fiction contamine le reste,on en vient à douter de tout ce que l’on voit.
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perové
InvitéTrouvez vous que dans Eddington, les MAGAs et les wokistes soient un peu mis dos-à-dos sur leur conneries respectives ?
Y voyez vous un problème éthico-poltique ? Avez-vous été par instant gêné ?
Je sais que moults conservateurs, vont se dire qu’Aster est de leur camp, presque une propagande d’ED, z’en dîtes quoi ?
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Seldoon
InvitéPour moi le film met presque laborieusement les deux camps dos à dos afin de neutraliser les lectures militantes, à coups de « 1 partout balle au centre » tout le long, mais que ce n’est justement ni son coeur ni son sujet.
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Seldoon
InvitéEt techniquement je sens Aster beaucoup plus démocrate que républicain. On passe notre temps avec un shériff maga, peut être vaguement attendrissant, mais dont il est très clair qu’il est un des personnages les plus bêtes, confus et se trompant (quasi volontairement) d’ennemi comme de colère durant tout le film.
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perové
InvitéJe suis d’accord, et en même temps il met tellement en avant la bêtise woke que j’ai du mal à ne pas y voir de sa part une grande amertume (vraiment justifiée)
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perové
Invitéet est ce que le centre (entre maga et woke) n’est pas déjà un camp ?
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Seldoon
InvitéLe centre est évidemment un camp, je ne crois pas que le film se place au centre. Je pense qu’il distribue des coups à tout le monde pour éviter ce genre de lecture, ce qui n’est pas exactement la même chose.
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K. comme mon Code
InvitéJe pense qu’Ari Aster est tout à fait sympathique, mais situer politiquement le film est vain parce qu’il est surtout bête. J’évoquais South Park per rapport régressif consistant à grossir le trait d’événements réels. Mais le film ne traite ni les événements réels de l’été 2020 ni l’effet de psychose provoqué par l’excès de réseaux sociaux. Joe n’est pas un conspirationniste anti Covid. Son ressentiment à l’égard de Garcia est personnel et son masque le gêne parce qu’il est asthmatique. La militante antiraciste est antiraciste. Brian les joint parce qu’il veut ken, pas parce qu’il est trop sur internet, son investissement passionnel se situe avant tout dans sa bite. Qui d’autre ? La femme a tout à fait raison de se casser avec des personnes qui ne cherchent pas à tout pris à camoufler l’abus qu’elle a subi. La mère narcissique paranoïaque, c’est son état : c’est une mère dans un film d’Ari Aster. Mon impression initiale persiste : la présence digitale n’est pas traitée mais disséminé des buzzwords de manière creuse. Je pensais avant de voir le film qu’Aster s’amuserait à mettre à égalité des conspirations contradictoires : semer le chaos en montrant tout devenant vrai à la fois. Il se trouve que la seule chose qu’il décide de montrer, ce sont des antifas en jet privé, probablement payés par Soros, on suppose — et ils sont une sorte de pirouette scénaristique pour offrir un moment Rambo au héros. Je n’ai pas été étonné une seconde. Quand on a 15 ans, on finit souvent toutes ses histoires avec : et là ça explose et tout le monde se tire dessus. Et au bout de quatre films, j’estime à 20% l’aspect incel adolescent d’Ari Aster.
Je rajoute que « tout ceci est une diversion par rapport au réel problème » est tout à fait le genre de tweet stupide qu’on lit fréquemment. Alors oui, Aster montre brièvement l’imperturbable mal qui menace cette ville avec le data center, mais il est à des années lumière d’un Pynchon qui aurait trouvé une manière de montrer tout le système qui l’amène ici en conservant l’océan d’absurdité de toute vie. Quelqu’un plus haut a dit qu’Inherent Vice est abstrait : pas du tout. Toute la structure du Golden Fang est très précise, c’est l’art de Pynchon ensuite qui consiste à organiser le brouillard.-
Alexandre
Invité« pour offrir un moment Rambo au héros »
Je trouve que ce « moment Rambo » est peut-être le passage le plus jubilatoire du film parce qu’il ne se résume pas à un clin d’œil banalement parodique, façon ZAZ. C’est un moment de pure inspiration de cinéma. D’abord parce qu’il se rapporte à un compartiment d’occurrences formelles très identifié dans le film de Ted Kotcheff. C’est sur la fin, quand Stallone investit la ville complètement morte, désertée de ses habitants et plongée dans la nuit, qu’il canarde allègrement de sa monstrueuse mitrailleuse.
Le clin d’œil est avant tout iconographique : on a un mec qui canarde dans les rues d’une petite bourgade plongée dans les ténèbres.
Là où ça se sophistique, c’est dans la réversibilité schizophrène du personnage de Joaquin Phoenix. Il est à la fois Stallone (il se « ressource » dans une armurerie déserte comme le faisait exactement Sylvestre) ET le shérif traqué qu’interprétait Brian Dennehy, ce qui est une sacrée trouvaille!
Et comme ce dernier, il passe à travers le toit (une verrière dans Rambo) et atterrit en contre-bas dans le même bordel de verre brisé.
Du reste, le grand moment burlesque du film d’Ari Aster.-
K. comme mon Code
InvitéLe moment en soi me plaît aussi.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne défendrai pas autrement le film : tous les moments, pris en soi, sont bons.
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François Bégaudeau
Maître des clés» « tout ceci est une diversion par rapport au réel problème » est tout à fait le genre de tweet stupide qu’on lit fréquemment » « mais situer politiquement le film est vain parce qu’il est surtout bête »
Ce film doit avoir quand même un petit truc, pour te rendre aussi insultant qu’un Diego Maradona.
Quelque chose en toi sent que ce film est bien meilleur que ce que tu en dis, et tu veux l’étouffer.
Quant à moi je ne trouve pas du tout ce tweet stupide, même si je ne l’aurais pas dit comme ça.
Et je trouve que les comportements saisis dans ce film sont parfaitement adéquats à la façon ultra-majoritaire, en Amérique puis bientot partout, de se saisir de la politique : une succession de « sujets » plus ou moins consistants, l’un chassant l’autre, les uns se mêlant aux autres, sujets sur lequel l’impératif est toujours d’avoir une opinion, laquelle s’hystérise jusqu’à la violence pour s’auto-convaincre. Tout ceci s’agitant hors situation, ce en quoi la non-situation covid est paradigmatique.
La seule vraie situation de cette ville c’est l’implantation du data center, et c’est bien la seule chose à quoi la population, nez sur les écrans et tête loin de ses pieds, ne réagit pas.
Se déplie ici l’ethos collectif qui, sous l’apparence de la politique, participe à sa liquéfaction – et on sait bien qu’où s’absente la politique croît le fascisme, ce que le film raconte somme toute très calmement.
Moi je crois que ce qui te met les nerfs ici c’est le traitement quelque peu désinvolte du moment George-Floyd, et de Black lives matter en général.-
Tony
Invité‘La tête loin des pieds’,il est intéressant de noter que celui qui marche pieds nus,les pieds sur terre,sera le premier à se faire abattre.
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François Bégaudeau
Maître des cléstout à fait
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V.
InvitéSur Eddington, le résultat me semble aussi bancal, mais force est d’admettre que le film se montre brillant à plusieurs moments.
J’aime l’idée du western 2.0, dans lequel l’affrontement entre le shérif et le maire se manifeste sous une autre modalité – avant de faire rejouer le motif de la guerre civile. Néanmoins j’ai aussi le sentiment que le point de vue est en surplomb, au point de mettre à équidistance des options politiques de nature très différentes. Bien sûr, Ari Aster cherchait avant tout à montrer l’implication de chacun.e dans cette logosphère toxique, ce qui nécessitait un aplanissement des oppositions idéologiques. Bien sûr, la démonstration de vertus chez les militants charrient des affects bien plus troubles – on note la monopolisation de la parole par les Blancs rappellant à l’envi que ce combat n’est pas le leur ; l’autoflagellation ne débouchant sur rien de transformateur, en atteste leur désintérêt notoire pour les communautés voisines indigènes. Tout cela est d’une grande justesse. Mais je trouve moins défendable le fait d’aller jusqu’à rapporter les adhésions politiques à de simples causalités psychologiques, laissant penser que tout serait interchangeable (exemple de Brian). Il est vrai que le projet du data center, l’éléphant au milieu de la pièce que tout le monde feint d’ignorer, suggère un horizon de politisation substantielle. Mais au final rien ne nous permet de saisir les raisons de son occultation. -
François Bégaudeau
Maître des clésDans ce mode là de politisation, j’aurais, comme Ari, tendance à renvoyer dos à dos tout le monde : tous participent de la même bêtise – et du même processus de liquéfaction de la politique.
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Seldoon
InvitéTrès précisement dans les os de Geronimo, pour lesquels il n’aura aucun regard ni égard. J’ai ri.
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Seldoon
InvitéK tu es assez injuste. On dirait Julien devant une critique – juste et constructive – de Lordon.
Il faut reconnaitre que la fin du film n’est pas non plus « ça explose et tout le monde se tire dessus » puisqu’il y a, certes, une explosion dans le desert et qu’ensuite Phoenix et une dizaine d’hommes en noir se tirent dessus, sans détruire la ville, sans participation de qui que ce soit à part le petit jeune en quasi deus ex machina. Et les assaillants arrivent un par un dans le vide. Alors que les scènes d’action jusque là était réalistes (le meurtre du maire avec sa multitude de détails matériels de type No Country), on entre dans le surréalisme pur avec tous les combattants qui se tiennent à découvert, un seul qui tire juste, les rues qui restent vides. Je veux dire qu’il s’agit plus d’une plongée dans la paranoïa du sherif qui se croit/joue/met en scène pour lui même au centre des grandes mythologies fondatrices des US (du train sifflera 3 fois à Rambo) qu’un renversement de plateau par Aster pour finir le jeu – qui ne finit même pas là, il reste encore 45 fausses fins.
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Julien Barthe
InvitéJe crois que le film nous place dans la zone d’émission de tous les discours . Et produit une impression d’équivalence générale. Une forme d’hébétude chez nous.
Par contre il désigne plus implicitement comme cause de la violence et moteur de l’intrigue .
– le sheriff confius
-la milice néonazie
-l’entreprise écocide-
Seldoon
Invité– les névroses familiales
On est chez Ari Aster. -
K. comme mon Code
InvitéLa milice neonazie ? C’est peut-être une milice de Schrödinger, mais il me semble bien que le film les montre comme des « perturbateurs » antifa, puis on leur met sur le dos (spoiler) le meurtre. Le plan en jet privé a tout de suite fait écho dans ma tête aux théories sur les milices antifa financées par Soros étaient envoyées dans des petites villes. L’histoire des caravanes ou je sais plus quoi. Bref, c’est surtout une milice scénaristique. Des inconnus armés sur lesquels tirer.
On me dit que le film retranscrit bien l’ambiance de New Mexico, mais cette ville est un décor de cinéma. La manif trouble à peine celui qui a perdu sa vitrine. Les habitants sont non-existant. La folie drolatique, ç’aurait été un drame dont l’origine ne vient jamais. On s’entretue en se protégeant d’une menace inexistante mais qui excite les esprits. Le focus du film est vraiment Joe et sa frustration, c’est lui qui se casse la gueule, seul, dans ce décor.-
Seldoon
InvitéLa manif trouble à peine et c’est bien le point de ces scènes : comme décrit par un fan de Lordon un peu plus haut, jusqu’à ce que Pheonix se mette à assassiner des gens, il ne se passe strictement rien dans cette ville d’autre que la construction d’un data center. Le covid est à peu près absent, la police n’a pas eu l’occasion de commettre de brutalité raciste. Il y aura donc une toute petite manif non violente, que les policiers vont appeler « riots » en boucle parce qu’ils ont vu les images des grandes villes.
Ok pour la milice scénaristique. -
Julien Barthe
InvitéCes agents perturbateurs produisent eux-mêmes des vidéos (cf. le portable ramassé). L’une est une attaque de commissariat qui est à peu près intitulée « Merci à Soros et aux antifas ».
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Seldoon
InvitéPar ailleurs, ce qui amplifie l’effet décor de cinéma (et c’est partiellement trompeur) est qu’Aster est friand d’effets de type « ce qui n’est pas dans le cadre n’existe pas ». Je ne sais plus comment on appelle ça. D’où les manifs qui spawnent régulièrement presque sous les roues de la voiture, par exemple. Mais une fois qu’elles sont là, elles sont là, on y croit.
Je rejoint K et sortie de secours en revanche sur la malédiction d’Aster qui même lorsqu’il tente d’ouvrir son film comme ici finit toujours pas n’être le cinéaste que d’un seul personnage. -
Lacombe Lucien
InvitéCette milice m’a troublé. Des terroristes « antifas » qui voyagent en jet privé ? J’ai d’abord pensé, dans la veine complotiste et paranoïaque du film, qu’ils étaient des perturbateurs extérieurs, peut-être russes, venus commettre des atrocités sous bannière antifasciste pour faire avancer le programme fasciste, justement. Dans le podcast The Big Picture, le critique canadien Adam Neyman évoque les « crisis actors« . Pour certains théoriciens du complot, ce sont des acteurs engagés pour « jouer », voire carrément provoquer, des situations de crises, comme des tueries de masse, pour faire avancer des objectifs politiques divers. Par exemple, la régulation du port d’armes aux États-Unis.
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Arnaud Lagardere
Invitéc’est pas le discours qui est moqué, mais son usage. Impression qu’il choisit plutot de rire doucement des bourgeois qui gueulent trop fort dans les manifs. donc de l’appropriation de ces combats peut etre ? ou la jeunesse bourgeoise par exemple- et son rapport a la politique. le garçon dont les seules idées politique viennent de la bouche de ses parents, qui se met a parler d’inégalités pour épater la jolie fille de la classe . IL y a donc un truc ultra proche de The Curse finalement. et on a jamais dit que ca mettait un taquet aux woke
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K. comme mon Code
InvitéBeaucoup de dialogues du film sont des réécritures de tweets : les réseaux sociaux fournissent quasi immédiatement leur critique. Les blagues sur les blancs performatifs faites par des blancs sont nombreuses. Le regard goguenard en surplomb d’Aster rate son nombril. Il n’est pas sorti dans la rue pendant l’été 2020, il n’a pas fréquenté ou parlé à des blancs qui sont sortis dans la rue. Il était sur son téléphone.
Dans The Curse, les tensions raciales sur la douteuse bienveillance blanche ont définitivement beaucoup plus de chair — pensons cinq secondes aux scènes avec Emma Stone et l’artiste d’origine indienne, pensons cinq secondes à l’ouverture de la série avec la mère mexicaine filmée pour l’émission supposément philanthrope — et les scènes sont surtout beaucoup plus inventives, beaucoup plus troubles, beaucoup plus matérielles. [Dans le script, le sans abris est décrit comme un homme noir. Le seul homme noir casté finalement dans le film est un policier au regard vide qui réagit à peine à ce qui se passe autour de lui : une manière efficace de ne pas l’écrire. Mais Aster ne rate évidemment pas la petite blague ironique bon marché.]-
François Bégaudeau
Maître des clés» rate son nombril. Il n’est pas sorti dans la rue pendant l’été 2020, il n’a pas fréquenté ou parlé à des blancs qui sont sortis dans la rue. Il était sur son téléphone. »
Tout à fait, comme 99,999 % des gens qui se mêlent de politique. La politique se passe là. C’est piteux et promesse de pire mais c’est comme ça. Et le film se situe sur cette scène là, qui est devenue la scène politique.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Le seul homme noir casté finalement dans le film est un policier au regard vide qui réagit à peine à ce qui se passe autour de lui : une manière efficace de ne pas l’écrire. Mais Aster ne rate évidemment pas la petite blague ironique bon marché.] »
Ces lignes confirment mon intuition
Politimanie?
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K. comme mon Code
InvitéNouvelle bande annonce pour le PTA.
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Seldoon
InvitéEst-ce une façon de nous dire que One Battle After Another va réussir tout ce qu’Eddington rate ?
Est-ce la fameuse bande-annonce qui passe dans les cinés US en ce moment ?-
K. comme mon Code
InvitéTout ce que je peux dire c’est qu’un ami qui a vu le PTA m’a dit « You’ll like OBAA » quand je lui ai parlé d’Eddington.
Oui, c’est celle-là.-
Seldoon
InvitéA un moment ou à un autre il va falloir que tu nous livres ta source et qu’on le remplace aux secret screenings de PTA.
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Charles
InvitéJe préfère la première bande-annonce, à la fois plus épique et plus drôle. Celle-ci je la trouve foireuse, bancale, le cul entre deux chaises (comédie absurde et action). Je comprends pas trop ils ont choisi des scènes qui ont l’air de scènes coupées pour faire cette bande-annonce (ceci dit ils avaient fait peur ou prou la même chose pour Licorice Pizza).
Pas fan des « vannes » du style « I’m batman » ou « May the force be with you ».
Esperons que le film ressemble davantage à la première.-
K. comme mon Code
InvitéMay the force be with you n’est pas dans le film. Sinon, oui, le marketing est assez foireux. Ils ont sans doute collé rapidement le truc sur Batman parce que la BA passe avant Superman aux USA : ça fait très abrupt et pas drôle. Les affiches ont l’air d’avoir été faites sur Canva.
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Charles
InvitéSerait-ce le premier PTA ouvertement politique ?
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Linconnu
InvitéD’après le bouquin, sûrement. D’après Reddit, oui.
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K. comme mon Code
InvitéC’est une adaptation très libre de Vineland. Mais l’adaptation plus classique d’Inherent Vice est le premier film ouvertement politique de Pynchon.
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K. comme mon Code
Invité*de PTA, haha. Mais c’est grandement Pynchon, oui. Ensuite, PTA a eu le mérite de bien l’adapter.
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Linconnu
InvitéJe sais mais on reconnaît bien malgré tout des scènes et personnages du bouquin, donc il a dû garder la part politique du livre en passant du reaganisme au trumpisme. On verra bien. Je pense d’ailleurs qu’il a mélangé 2 personnages pour celui de Leo, ce qui est malin, ça lui permet de condenser l’intrigue en amalgamant 2 situations du bouquin. Enfin c’est l’idée que je m’en fais d’après la bande annonce et il part peut être complètement ailleurs.
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K. comme mon Code
InvitéLa vraie nouvelle bande annonce de One Battle After Another est ici :
(oui, désolé, j’ai très hâte)
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stephanie
InvitéDouze mille sur Arte
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Alexandre
InvitéPour la première fois depuis sa sortie, j’ai revu Entre les murs.
Alors j’avoue ne plus beaucoup me souvenir de ce que j’avais lu (avais-je tellement lu?) au sujet du film au moment de sa sortie. Et comme je venais de me procurer le dvd avant mon visionnage d’hier soir, je n’ai pas exploré les suppléments, ni étudié le commentaire audio (ce que je ne fais jamais en fait, mais je pourrais faire une exception dans ce cas). Bref, sans doute cela a-t-il été dit ou mentionné , mais ne le sachant pas je me suis posé la question suivante : au delà de la contextualisation précise de son film, Laurent Cantet (et/ou ses collaborateurs pour l’adaptation, dont François, évidemment) a-t-il (ont-ils) cinéphiliquement (donc en toute conscience) fait ressurgir le « topos » narratif du film Graine de violence, de Richard Brooks, au moment du pétage de plomb de Souleymane ?
C’est quelque chose qui m’a sauté à la gueule hier soir.
Le contexte, je le disais plus haut en substance, est totalement différent. Le prof interprété par Glenn Ford est clairement confronté à des voyous et à leur meneur, que joue le patibulaire (et très jeune en 1955) Vic Morrow, dont la fin fut une des plus spectaculairement tragique de l’histoire du cinéma.
De plus rien n’indique que Souleymane est un voyou mais plutôt un garçon colérique qui peine à s’adapter au contexte scolaire.
Mais la symétrie entre les deux séquences m’a paru stupéfiante. Jusque dans l’inversion, comme en vis-à-vis, de l’angle choisi pour la caméra.
Autre similitude, les deux séquences se situent, en bons climax, vers la fin des films (un peu plus pour le Brooks que pour le Cantet). Et puis surtout, elle sont amenées de la même manière. Une tension semble préexister, préluder à la réaction violente du meneur rebelle de la classe, qui s’en saisit, l’absorbe et la retourne comme une arme contre le prof.
Bref Bégaudeau semble revivre le même cauchemar que Glenn Ford!-
François Bégaudeau
Maître des clésDeux acteurs qu’on a souvent comparés
A part ça je ne connais pas ce film de Brooks. Peut etre que Cantet le connaissait, mais je ne l’ai pas entendu en parler.
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Alexandre
InvitéVoilà un film dont je n’ai jamais réussi à me décider si je le trouvais daté ou vieillissant de manière seyante. La seconde option gagne du terrain.
Beau titre original : Blackboard Jungle
Par ailleurs, c’est le film qui a fait du « Rock Around the Clock » de Bill Haley le méga hit que l’on sait.-
François Bégaudeau
Maître des clésSi je tenais particulièrement à ce film nommé Entre les murs, je trouverais ton rapport de revoyure quelque peu agaçant.
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Alexandre
InvitéC’est le risque.
Mais pourquoi donc? Je suppose que c’est parce que j’aborde le film par un petit bout de lorgnette?
Si c’est le cas, en effet, c’est sûr que mon commentaire est avant tout une humeur de spectateur. Parfois, je regarde un film et ce que je vois résonne à la façon d’une bille de flipper qui s’en va percuter un bumper. Là, il n’est pas réellement question du film de Laurent Cantet. Encore que ce petit bout de lorgnette interroge un parti-pris de mise en scène autour d’une une séquence forte du film.
Mais peut-être que je me fourvoie et qu’il s’agit d’autre chose.-
François Bégaudeau
Maître des clésQue tu aies fat ce rapprochement, pas de problème. Vie libre du spectateur
Mais qu’à parler de ta vision à autrui, autant en parler.
Là que veux tu que je te dise?-
François Bégaudeau
Maître des cléstant qu’à
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Alexandre
InvitéMerci pour ton explication.
En somme, si je comprends bien, j’en dis trop ou pas assez (pour faire court).
C’est que je pensais que ça suffisait à lancer une piste, à tout le moins imaginer une porte d’entrée inattendue pour aborder plus avant, ou pas, Entre les murs, le film.
D’emblée une précision un peu rougissante. Je n’ai pas lu le roman. Je vais le faire. Comme dit avant, j’avais vu le film une fois, à sa sortie. En le revoyant l’autre soir, les choses revenaient naturellement, des plans me paraissaient évidents (ah mais oui bien sûr, ce plan!). Film que j’avais bien aimé mais sur lequel je n’avais pas déliré. Et rebelote après re vision.
Ce qui n’a pas changé, et qui constitue pour moi, la grand qualité et la limite du film (c’est pour ça qu’il me faut connaitre le livre), c’est son étrange sens du spectacle, du rythme, de la nervosité au détriment peut-être d’une vérité de la restitution. Comme si le potentiel politique du projet s’inhibait, au lieu de s’accomplir, comme en retrait derrière le dispositif déployé.
Et c’est sans doute à partir de là que ma référence à Blackboard Jungle déboule. Je peine à imaginer, sans doute à tort, que quelqu’un, et au premier chef le réalisateur, n’est pas eu en tête le film de Richard Brooks et sa classe pareillement métissée, et scindée en deux groupes principaux (noirs et latinos), comme ici africains ou antillais d’origine cohabitant avec pas mal de beurs. Des « blancs » aussi bien sûr, de toutes origines, plus discrets chez Cantet que chez Brooks, vu que dans ce dernier cas, ce sont eux les meneurs potentiellement agressifs. Et au milieu, un ou deux chinois et chez Cantet, on a même un extraterrestre gothique qui porte un t-shirt « Hellraiser ».
J’ai peine à croire, comme je l’ai dit, que la tension qui part de l' »affaire des pétasses » pour mener à la fureur de Souleymane n’est pas une régurgitation cinéphilique de l’équivalente dans Graine de violence. Comme une imprégnation de cinéma américain présidant à l’inspiration formelle. Après, peut-être que toutes les fortes têtes du monde, dans les classes chahuteuses, partagent les mêmes attitudes, dans la passivité comme dans l’agressivité. Et que tout cela relève du plus élémentaire sens de l’observation.
Pour résumé, ma « vision » comparative inaugurale portait en elle une vraie interrogation sur l’imaginaire du film, comme œuvre de cinéma au delà, ou en deçà, de toute considération sociétale.-
François Bégaudeau
Maître des clésBon, ça nous fait encore deux paragraphes sur un film que je n’ai pas vu, et sur quoi je ne peux encore pas réagir
Mais au moins tes premières lignes donnent à penser : « c’est son étrange sens du spectacle, du rythme, de la nervosité au détriment peut-être d’une vérité de la restitution. Comme si le potentiel politique du projet s’inhibait, au lieu de s’accomplir, comme en retrait derrière le dispositif déployé. » Ca me parait très juste. Le choix du narratif a occulté, non pas tant le projet politique car il n’y en avait pas (Cantet n’est pas un cinéaste politique), mais la logique de restitution, de saisie, ou pour le moins de ressaisie du réel de l’école. De ce point de vue je crois que le livre, qui reste farouchement campé sur sa logique calendaire, sa logique de chronique, est plus intéressant. Ce qui n’oblige pas à le lire.-
MA
InvitéLu enfin cette année, avec quelle cadence!
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Linconnu
InvitéUn de plus pour One Battle After Another :
On préfère avec la musique de Jonny quand même.
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Linconnu
InvitéEn VOST plutôt :
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Charles
InvitéÇa c’est la bande-annonce de Warner Bros, à n’en pas douter.
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Alex
InvitéOn regrette la gêne occasionnée pour des films comme Eddington. Le film est très dense, l’émission aurait été passionnante.
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François Bégaudeau
Maître des clésEn effet
Objet critique passionnant, comme en témoignent les débats ici. Et occasion de détailler le génial artisanat de ce film.
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Jeanseb69001
InvitéJe viens de voir que la cagnotte pour l’HQNPDP atteint 4000euros , on espère vivement le retour de la GO a la rentrée pour disséquer tout ça.
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Ostros
InvitéAvec un peu de chance les noces d’Atlas, le prochain film de RAZ sera sur nos écrans dans l’année.
En attendant, pour le plaisir, on peut écouter Alice Diop nous parler de wesh wesh qu’est ce qui se passe : -
Charles
InvitéJe suis à mon tour assez partagé sur Eddington, plutôt sur la ligne Joudet/Ribeton que Sadat/François. Si je reconnais comme beaucoup ici une vraie virtuosité de mise en scène quand on prend certaines scènes isolément, je suis davantage circonspect sur la cohérence de l’ensemble. Comme Joudet, je trouve que seul le personnage de Phoenix surnage, les autres apparaissent comme des figures en surchauffe qui ne sont pas creusées ou vite délaissées. Ainsi le personnage de gourou de Butler, qui vient faire son numéro dans une scène et demie et repart, en emportant avec lui Stone. La scène n’est pas mal mais apparait comme finalement artificielle. C’est aussi un problème pour moi que personne n’apparaisse comme étant un peu normal, que l’hystérie soit quasi générale. Le policier noir et Pedro Pascal sont les plus normaux mais l’un reste superficiel tandis que l’autre est expulsé du récit. Comme Ribeton, je trouve que le climax, quoi que brillant, est incompréhensible et relève davantage de la convention que de la suite logique du récit. Mais même avant ça, il faut avaler cette énorme couleuvre que le shérif un peu MAGA mais doux et empathique (sans doute le plus humain de tous) puisse basculer dans une violence de pur psychopathe – en général ce genre de gus, s’il doit absolument en passer par les armes, finit plutôt par buter sa femme et se suicider. J’adore ce que fait Phoenix, il est vraiment génial, mais son interprétation est en contradiction avec ce parcours en Rambo inversé – ce dernier film étant au passage mille fois plus convaincant dans son crescendo de violence. Evidemment, on peut rétorquer qu’il s’agit d’une farce et qu’on ne doit pas en attendre un film réaliste. Néanmoins, le film n’est pas rigolard – comme le dit bien Sadat, il révèle une certaine angoisse voire terreur de son auteur – les personnages sont pris et traités sérieusement. C’est ce que dit Aster lui-même en interview : certes nous sommes dans une répétition farcesque de l’Histoire mais il n’exagère rien et il ne veut juger personne dans son film. Mais donc il croit vraiment à ce qu’il montre?
Par ailleurs, est-ce quelqu’un pourrait m’expliquer l’intervention de la milice à la fin? C’est une milice nazie qui instrumentalise BLM, non? Sadat m’a mis un doute dans Sortie de secours en prétendant qu’il s’agit en réalité d’antifas.
D’un point de vue politique, je trouve que ça ne présente que peu d’intérêt. Les scènes de manif’ sont rigolotes et très bien mises en scène mais je ne vois pas trop ce qu’elles apportent sur ce terrain-là. Ce n’est pas tant que j’attende d’Aster qu’il dise des trucs mais quand on va volontairement et aussi frontalement se frotter à des affects et des idées politiques, on peut espérer autre chose que ce qu’on voit un peu partout sur Youtube and co.
Je partage le sentiment de trop plein de K, je sens comme lui qu’Aster a plus regardé les réseaux sociaux qu’il n’a mis le nez dehors ou parlé avec d’autres gens. Et je perçois beaucoup de surplomb chez Aster, un surplomb paniqué mais qui mène à une impasse. Les accusations en nihilisme me semble pas tout à fait infondées, surtout au vu de cet épilogue délirant (mais traité avec beaucoup de sérieux encore une fois).-
Tony
InvitéSur cette milice que l’on voit venir en avion ma première pensée était qu’il s’agissait d’une organisation secrète mandatée par une officine gouvernemental,son arrivée succède à l’assassinat du maire dont la construction du Data Center dépend,et la perte de ce soutien créé la panique on envoie la milice pour y remettre de l’ordre par la diversion et en trépanant son successeur pour en garantir la réalisation.
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Julien Barthe
InvitéPetite précision tout de même:
Le portable ramassé par Joe montre que la milice a attaqué et filmé l’assaut d’un commissariat dans une autre ville.
Dans l’avion on voit des sacs qui permettent d’incriminer les antifas ainsi que des pancartes suprémacistes (les pancartes peuvent servir à incriminer ou à diffuser ces slogans).
On peut en conclure avec certitude qu’il ne s’agit pas d’une milice antifa.
Pour le reste c’est très ouvert.
J’ai un peu l’impression en analysant ces faits narratifs de me préoccuper de la vraisemblance du mode de reproduction des xénomorphes dans Alien.
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K. comme mon Code
InvitéJ’ai lu que le jet transportant la milice porte le logo de l’entreprise responsable du data center. Pourquoi seraient-ils envoyés à Eddington ? Pour semer quel chaos qui causerait quelle distraction pour quel résultat ? On continue de nager en pleine bêtise. Aster n’a pas d’idée précise sur le fonctionnement des structures qui amènent ce data center ici. Il n’y a aucune lecture politique. Il trouve que c’est mal. Ça s’arrête là. Il porte un jugement moral flou et cynique.
Ce flou est accentué par un final semé de grossièretés scénaristiques. Il s’agit tout de même d’un film où le shérif qui assassine l’homme qui l’a giflé la veille n’a apparemment vu aucun épisode de NCIS puisqu’il écrit à la main sur le mur de la victime. Pour faire croire que les militants sont responsables du meurtre…une tactique qui ne peut fonctionner que si la milice insensé débarque dans Eddington…Bref. La seule raison d’être de tout ce bordel, c’est l’envie d’Aster de tout faire péter : il y a eu edging, il ne peut plus se retenir. Quitte à faire n’importe quoi.
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En continuant à réfléchir au film, je résume son échec à ce point : il est très difficile d’incarner en image un discours/une réalité digitale. Tu passes de l’écrit à une incarnation par des personnages dans des situations sociales. Il y a forcément un décalage. Quelque chose en plus et quelque chose en moins. Mais Aster calque du discours internet — avec très peu de transformation, je le repète, comme si les personnages étaient des automates récitant des tweets — sans prendre en considération le fait que ses personnages ne sont pas sur internet, ne sont pas en train d’écrire. C’est toute la difficulté quand on transpose une réalité écrite à l’image. Dans ce sens, oui, ça pose problème que ses personnages soient en carton parce que ça évince tout l’intérêt d’un réel influencé par un autre niveau de réel (digital). D’apparence ultra contemporaine, Eddington est étrangement à côté de la plaque, au point d’être presque de la fantasy.-
Seldoon
Invité« comme si les personnages étaient des automates récitant des tweets »
Parfois peut-être, mais majoritairement non, vraiment pas, ce n’est pas le film que j’ai vu. La
plupart du temps, ça fait des vraies scènes et pas des batailles de tweets. Par exemple : le shérif au supermarché au début avec les engueulades sur les masques. Si le film était ce que tu dis il tiendrait la sa scène paradigmatique : masque pas
masque, on connaît bien l’engueulade. Eh bien non ce n’est pas ce qu’il se passe. Il se passe un ballet d’humains qui tentent d’éviter que ça dégénère, avec une suite de tensions et d’évitements. D’abord le vieux qui est bloqué par les employés, ensuite le shérif qui fait basculer la balance puis vient se mettre dans la queue, personne n’ose trop rien dire, un autre enlève son masque (je crois). Puis alors que le shérif déambule dans le supermarché le vieux se fait quand même virer, on se dit qu’on va à la grosse confrontation et non, ça se jouera en évitements encore une fois. Ce sont des gens coincés dans la situation, avec les attitudes encombrées qui vont avec – des employés au maire en passant par les clients. C’est pas du tweet, c’est une scène de cinéma, juste et ostlundien.
Il est vrai que plus le film avance plus il abandonne cette humanité aux personnages qui ne sont pas Phœnix, mais il est faux de dire que c’est du tweet. Ce sont quasiment toujours des scènes et des situations.-
K. comme mon Code
InvitéJe trouve qu’on est très loin d’Ostlund. Je n’en étais même pas là, je pensais que Lena Dunham avait beaucoup plus de talent burlesque dans Girls pour peindre ce type de ridicule. Ensuite, j’ai déjà dit que c’était dommage que Pedro Pascal n’avait visiblement que sept jours de tournage, parce que toutes les scènes entre les deux sont vraiment ce que je retiens comme scènes dans le film — même si, même dans le magasin, je trouve qu’Aster ne s’amuse pas assez avec son décor et ses acteurs, c’est vite expédié. La rancune de l’un envers l’autre est le seul cœur sensible du film.
Je n’ai pas du tout vu que le sans-abris retrouvait vraiment sa fille dans la manif. Il délire et gêne les personnes. Dans le script, il est seulement écrit : « The PROTEST has already gotten bigger. Lodge, coughing, is among the protesters, although they avoid him like the plague. »-
Seldoon
InvitéÀ propos du sans abris : il y a souvent ce genre de choses chez Aster. C’est aussi ce qui sauvait, plus discrètement encore, la secte de Midsommar : si tu regardes vraiment ce qu’il se passe dans les plans larges, en arrière plan, les figurants prennent vie, les automates prennent chair.
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Alex
InvitéCa disqualifie forcément un film/réalisateur le nihilisme (ou le cynisme, le fait de ne pas aimer ses personnages, etc.) ? C’est une vraie question.
Pour ma part, j’ai trouvé qu’Aster avait plutôt bien rendu compte du marasme politique actuel.
On commence le film avec l’annonce de l’installation du data center…Et on termine le film sur le data center au milieu du désert. Le déchaînement de violence, d’abord verbal puis physique, n’y a rien changé. Le constat de l’échec politique des couches moyennes ne me semble pas abusif.
J’ai trouvé ça assez symptomatique de cet échec que l’on reproche à Aster de ne pas vraiment se situer entre les deux camps quand on sait que démocrates et républicains marchent fondamentalement pour le capital et le complexe militaro-industriel. Or c’est bien cela le plus important. Mon but n’étant pas de dire qu’il n’y a aucune différence entre démocrates et républicains mais c’est bien peu de choses par rapport à ce dont nous aurions besoin.Aussi, le simple fait de situer un western lors de la période du covid où l’on tire à coup de smartphones et de vidéos, j’ai trouvé ça génial. Il ne reprend pas un genre mythique du cinéma américain pour faire un film-hommage vain. Il y a de belles trouvailles : je pense notamment à la scène entre Phoenix et Pascal, sous forme de « duel » qui fait pschitt. Face à face purement verbal, sans grande tension. Il n’est pas question de dégainer son revolver mais de garder ses distances (« 2 meters » dit Phoenix à Pascal). Sur le même mode, il y a les policiers et Phoenix qui se croisent en voiture. Autre duel où il est question de mettre son masque.
En fait, le film avance sous formes de petits duels ridicules et mesquins (dans le magasin à propos du masque, lors de la petite fête de Pedro Pascal) qui ne débouchent sur rien mais qui couvent une grande violence qui ne demande qu’à éclater.-
Alex
InvitéAussi, je comprends qu’on puisse reprocher le manque de développement des personnages autre que Phoenix. Mais méritent ils vraiment d’être développés ? D’être humanisés ? Au pire, cela prouve l’inanité de ce genre de personnages – je pense notamment au gourou. Malheureusement, il n’y a pas grand chose d’intéressant à en dire de plus que ce qui nous est déjà montré.
Or, ces personnages là existent vraiment. Eux pour le coup sont nihilistes. Ils ont leur place dans le film.-
Seldoon
InvitéJ’avais noté plus haut le fait que le SDF retrouve sa fille dans la manif. Ce genre de surgissement d’humanité – cruel, puisqu’elle le rejette de toutes ses forces – fait énormément de bien au film. On en voudrait plus.
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François Bégaudeau
Maître des clés« C’est pas du tweet, c’est une scène de cinéma, juste et ostlundien.
Il est vrai que plus le film avance plus il abandonne cette humanité aux personnages qui ne sont pas Phœnix, mais il est faux de dire que c’est du tweet. Ce sont quasiment toujours des scènes et des situations. »
Je dirais ca aussi.
Le film me donne l’impression d’etre constamment dans la bonne mesure, celle de situations réelles et légèrement déglinguées. Passent en elle le réel déglingué de l’Amérique actuelle. Le réel doux-dingue. Le film est doux dingue comme le réel qu’il saisit.« J’ai lu que le jet transportant la milice porte le logo de l’entreprise responsable du data center. Pourquoi seraient-ils envoyés à Eddington ? Pour semer quel chaos qui causerait quelle distraction pour quel résultat ? On continue de nager en pleine bêtise. »
Sont ici légèrement dramatisées, hystérisées, scénarisées, des pratiques connues du capitalisme. Je ne vois aucune bêtise là-dedans.-
François Bégaudeau
Maître des clés« D’un point de vue politique, je trouve que ça ne présente que peu d’intérêt. »
Or ton analyse n’est que politique
Etrange méthode critique.-
François Bégaudeau
Maître des clésPour revenir au film, à sa facture, et sortir des débats youtube sur son positionnement politique :
Un malentendu a fait que je pensais que le film faisait 1h40. Lorsque ce temps fut au bord d’être écoulé, j’ai donc physiquement envisagé que le film se termine sec juste après le crime du sherif. Et croyez moi ça donnait un film parfait, le chef d’oeuvre de l’année. Or le film a continué, encore 45 minutes, et s’est ainsi légèrement boursouflé. Pourquoi? 1 Parce qu’Ari Aster a ce défaut fébrile de vouloir taper fort (il rappelle en cela le premier PTA, celui de Magnolias, encore trop peu sur de son génie pour se faire confiance). 2 Parce qu’il est devenu impossible au cinéma d’auteur mainstream américain, ou ce qu’il en reste, de ne pas s’aligner sur les standards du cinéma de divertissement américain. Chazelle, Tarantino, Nolan, et même PTA, ne font plus de films en deça de 2h30 (3 Billboards c’était aussi ça, pour citer un film que je trouve assez proche d’Eddington dans sa dinguerie mineure). Et c’est très dommage. Tous sont plus ou moins obligés d’épater la galerie – ce qui ne fait pas que du bien à Eddington, qui eut été plus juste et plus net dans son geste de s’en tenir à la possibilité du carnage sans l’actualiser (même si, encore une fois, je trouve la virée terminale du sherif digne du meilleur Coen Bros)-
Alexandre
InvitéLe coup du film qui aurait pu se terminer bien plus tôt et ça aurait été nickel, il me semble avoir quelques fois rencontré cela par le passé.
Et puisque tu parles de Tarantino, j’ai ressenti quelque chose comme ça avec Django Unchained qui aurait pu se terminer avec le carnage, voire, soyons fous, en l’évitant car le geste de Christoph Waltz est stupide, compte tenu des enjeux.
Si ma tante en avait , bien sûr.
Il n’empêche… Après l’orgie sanglante qui clos la séquence, il y a moins de vapeur dans la machine. -
Charles
InvitéTarantino et PTA sont passés dès leur deuxième film, fin des années 90, à ce type de durée (2h30) pour ne les lâcher que par exception (Punch pour PTA, Boulevard de la mort pour Tarantino). Nolan c’est pareil depuis le Prestige (seule exception : Dunkerque).
Chez Nolan c’est pour concurrencer la série télé, chez PTA cela vient au départ de ses références altmaniennes et scorsésiennes pour la fresque puis de l’ambition de ses histoires et de sa liberté de super auteur. Chez Tarantino, c’est conjugué à une lente évolution pour la boursuflure qui a atteint son acmée il y a 10-15 ans (Django et Inglorious).-
François Bégaudeau
Maître des clésje crois qu’il n’ya pas que ça
il y a une sorte de pression économique intériorisée
l’auteur fera dans le grand ou ne sera pas-
Charles
InvitéLes deux seuls auteurs américains qui font encore des films de moins de 2h et qui ne font même presque que ça, c’est Wes Anderson et Kelly Reichardt. Peut-être est-ce dû à un modèle économique différent, même si je pense aussi que se joue une question de style – PTA vise le majeur contrairement à ces deux là.
Cependant, je ne suis pas sûr que Warner Bros soit ravi que le dernier PTA qu’ils ont produit à plus de 120 millions de dollars fasse 2h50.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Peut-être est-ce dû à un modèle économique différent »
Pas peut etre. Surement. Les deux que tu cites n’évoluent pas du tout dans le même créneau économique -
Charles
InvitéLes budgets de PTA et Anderson etaient pourtant similaires jusqu’à One battle after another (qui est une exception pour PTA), aux alentours de 30 millions de dollars.
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François Bégaudeau
Maître des clésle créneau économique n’est pas une pure affaire de budget
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Ema
InvitéPeux tu preciser ?
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Charles
InvitéVers* la boursouflure
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Charles
InvitéÉtrange reproche alors que je critique essentiellement les personnages, le récit et non le positionnement politique d’Aster. C’est un film qui m’a globalement un peu ennuyé car même s’il est surprenant, ses surprises me semblent des coups de force scénaristiques qui relancent artificiellement le récit plutôt qu’ils ne l’approfondissent ni lui donnent de la complexité (comme chez Franco).
@Alexandre : j’ai beaucoup lu que le film représentait bien la folie ambiante aux US. Et après ? A part mieux filmer ce qu’on voit déjà un peu partout sur les réseaux sociaux, que fait-il d’autres sur ce plan? Que montre-t-il de plus? Oui on y retrouve les délires des uns et des autres, c’est tout.-
Alexandre
InvitéMais qu’est ce que j’ai dit??? (rires)
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Charles
InvitéPardon j’ai confondu ton post avec celui d’Alex.
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Alexandre
InvitéC’était couru!
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Tony
InvitéPour ceux que ça intéresse, j’ai un peu hésité à poster le lien mais aucune malice,Thoret va s’exprimer sur Eddington,fan d’Ari Aster semble-t-il
Regardez mrpaf avec moi sur Twitch ! https://www.twitch.tv/mrpaf?sr=a-
François Bégaudeau
Maître des clésje crois qu’il n’ya pas que ça
il y a une sorte de pression économique intériorisée
l’auteur fera dans le grand ou ne sera pas -
François Bégaudeau
Maître des clésje crois qu’il n’ya pas que ça
il y a une sorte de pression économique intériorisée
l’auteur fera dans le grand ou ne sera pas
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gaddamn
InvitéBonjour tout le monde,
Je suis nouveau sur le forum et repost un précédent (et donc premier) message sur ce topic dédié au cinéma.
Je suis allé voir The Things You Kill d’Alireza Khatami et j’ai pensé que le film valait la peine d’être vu donc je viens en faire la publicité ici. Je le trouve tout-à-fait radical dans son fond.
J’ai l’impression que le réalisateur utilise la forme pour servir son analyse des rapport patriarcaux. Où la confusion (formelle) des corps devient confusions des individus et donc déplace le paradigme individuel vers celui structurel. Je trouvais le geste intéressant.Hésitez pas à faire un retour si vous l’avez vu !
btw je suis novice en cinéma et je m’y intéresse essentiellement depuis que j’ai compris son intérêt esthétique avec les Gènes occasionnées donc ça fait plaisir
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MA
InvitéMerci j’hésitais à le voir. Beaucoup aimé son précédent Chroniques de Téhéran corealise avec Ali Asgari.
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kenny
Invitépta filmo
https://transfer.it/t/jyf1SY1RULpb-
Juliette B
InvitéMerci kenny ! Possible d’avoir le même contenu en We Transfer ou c’est compliqué pour toi ? (si oui, laisse tomber bien sûr)
Transfer it suppose de créer un compte Mega et les commentaires de ceux qui l’ont fait ne donnent pas toujours très envie (politique commerciale agressive selon plusieurs avis)-
kenny
Invitéles fichiers sont trop volumineux pour la version gratuite de wetransfert
le plus simple est de te créer une adresse destinée à ce genre d’opérations
https://tuta.com/es-
Juliette B
InvitéMerci beaucoup
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gaddamn
InvitéSinon vous avez Stremio où t’as à peu près tout en 4k et pas besoin de download c’est du streaming en p2p
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-netflou-
InvitéC’est comme ça qu’on l’aime l’internet.
Merci kenny
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Malice
InvitéLe nouveau Park chan Wook
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I.G.Y
InvitéMerci à Kenny pour les liens.
Sinon j’ai enfin pu voir Eddington, dont je m’empresse de dire que c’est mon premier Aster. Je suis un peu comme la majorité d’entre vous un peu figues-raisin. Plusieurs ont déjà écrit au-dessus des choses qui correspondent à mon ressenti en séance. L’aspect un peu laborantin et abstrait — au sens presque étymologique du terme — du film et de la ville éponyme a le mérite d’être assez homogène à ce qu’il décrit : un affrontement où le réel est hors-champ, littéralement écranté (Julien Barthe l’a dit plus haut et il faudrait compter la proportion de plans où un téléphone, un ordi ou une télé apparaissent allumés dans le plan, voire plein cadre). Le personnage du shériff est très incarné et concret mais il n’y en a pas beaucoup d’autres, je suis assez d’accord que la ville fait l’effet d’un décor de théâtre où Aster jette ses ingrédients pêchés ici et là dans les torrents du flux twittesques et prépare l’affrontement.
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Disant cela on touche à un reproche qui me semble juste, à savoir celui d’un Aster un peu en surplomb (V.). Le terme me paraît justifié quand je vois la manière dont il présente l’affrontement idéologique au sein de ce petit théâtre numérico-désertique. Car la folklorisation des forces en présence me semble en fait assez asymétrique : quand le shériff et ceux qui l’entourent apparaissent à la fois confus voire ridicules mais au moins concrets (humanisés, incarnés), les militants blancs de BLM sont à la fois ridicules et abstraits, des caricatures quasi-absolues (qui comportent comme toute caricature une part de vérité). De pures figures qui pourraient largement sortir de l’imagination du shériff lui-même. Or Aster ne fait pas simplement que renvoyer dos à dos des camps tout en faisant bien remarquer que le datacenter lui n’en a cure (dernier plan), mais fait très nettement passer quoique silencieusement quelques idées sur son antiracisme « à lui » : le flic noir est l’un des personnages les moins débiles du film et finit tout de même enfermé par ses collègues blancs dans son propre commissariat, puis termine à moitié sacrifié ; le flic d’origine indienne est clairement l’un des personnages les plus intelligents du film, on pourrait même dire le seul vraiment sain d’esprit. Tout ça mélangé donne ainsi un peu l’impression d’un cinéaste « au-dessus du marasme », qui fait tomber certains pions et en place d’autres. Je passe sur ce qui est « fait » de Brian à la toute fin (si encore c’était drôle, pourquoi pas, mais ça fait juste gratuit voire surtout désinvolte).
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Ceci étant dit, je reconnais au film une belle capacité à tirer parti de la confusion de ce petit théâtre. Le personnage entre deux eaux du shériff aide beaucoup à maintenir un suspense dans le déroulement des évènements et de la vrille générale dont tout n’est pas à chaque instant prévisible — un certain talent d’Aster à faire des longues séquences voire plan-séquences à tiroir, un peu comme dans Mickey 17 en moins farcesque et en fait, je trouve, mieux réussi.Je me demande à ce propos si le film ne devient pas subtilement mais ouvertement fake à partir d’un moment, comme s’il assumait d’être une plongée dans la psyché paranoïaque du shériff. C’est une hypothèse mais trois indices concrets m’y ont fait penser :
– durant la super scène de poursuite nocturne à la fin (tout ça est très réussi, dès l’arrivée du shériff dans le désert et avant l’explosion de la bombe, je n’avais pas pensé à No Country mais c’est très juste), il y a carrément un moment où la voiture de la milice mystère nous est carrément montrée en défilement accéléré, comme dans une parodie ou un cartoon (un plan au ras du sol qui filme la calandre).
– au moment où le milicien plante son couteau dans la tête du shériff, j’ai eu l’impression d’une bizarrerie : il m’a semblé que l’homme masqué plantait d’abord son couteau dans la tête du shériff, puis se retournait vers l’écran et plantait à nouveau son couteau comme « dans la caméra ». Ai-je fumé la moquette du mk2?
– au sujet du fameux jet privé de la milice, j’ai lu K dire que le logo sur le réacteur arrière était celui de l’entreprise du datacenter. En tout cas j’ai bien vu ce logo en séance et sa forme m’a tout de suite fait tiquer : c’est littéralement une main qui recouvre un globe, clin d’œil sarcastique appuyé à un délire complotiste. (autre question : ne voit-on pas une personne noire dans le jet faire des pompes? Ou il est blanc et j’ai mal vu?) Le film me semble assumer sa dérive fantasmatique, sans doute homogène à celle de son personnage principal dont la température corporelle a déjà dû à ce stade du récit dépasser les 40°.
Si jamais cette hypothèse ne correspond en rien à ce qu’à voulu faire Aster, alors l’intérêt à mes yeux du film en prend un petit coup.
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Il faudrait aussi sans doute revenir en détail (mais pour ça il faudrait la revoir) sur une scène qui m’a parue très riche : celle du dîner où Joe rencontre le gourou Vernon et où sont aussi présents la mère, la Louise et le couple. La complexité de la confusion y est à son maximum : la rhétorique paranoïde de Louise touche une réalité (un abus subi ?) à laquelle la mère devient instantanément hermétique, elle pourtant si prompte à la rhétorique paranoïde tissant des liens de tout à tout. Comme une irruption soudaine du réel mais toujours sous une modalité paranoïaque. De même le shériff qui se met à douter du récit de Vernon : un confus rencontre un confus au carré et se dit que quelque chose cloche. (étonnement/questionnement pour ma part quant à la crédibilité de ce gourou complotiste au look et aux tatouages d’un hippie Woodstock, je ne sais pas dans quelle mesure ce genre de personnage est significatif dans le réel états-unien présent où s’il est purement placé là par Aster arbitrairement).En définitive je suis dubitatif mais je reconnais que c’est tout de même bien mené, avec de très bonnes scènes à la clé.
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Ema
Invité« quant à la crédibilité de ce gourou complotiste au look et aux tatouages d’un hippie Woodstock, je ne sais pas dans quelle mesure ce genre de personnage est significatif dans le réel états-unien présent »
Sans doute une référence inspirée de Jake Angeli, le fameux gourou « shaman » libertarien tendance Qanon photographié lors des émeutes du Capitol, celui avec la peau de bête et les tattoo. Il est devenu une des figures archetypales de l’électorat MAGA, probablement complètement atypique dans le réel, mais devenu iconique en ligne. Je crois comme beaucoup que le film tente une representation du monde politique et social presque exclusivement inspirée de ses projections virtuelles twitteresques, en gros : çà donnerait quoi le réel tel qu’imaginé par quelqu’un qui ne le connaît qu’à travers son écran internet ? Piste d’autant plus cohérente avec cette histoire de Data Center, qu’on peut certes associer grossièrement au business as usual capitaliste mais aussi plus précisément à la symbolisation de son extension virtuelle. Le film n’est pas réductible à cela bien sûr car beaucoup de scènes valent pour elles même au delà de toute interpretation meta, mais il semblerait qu’avec Ari Aster il y ait toujours un peu un film dans le film.-
I.G.Y.
InvitéIntéressant, Jake Angeli, je n’y avais pas pensé. Néanmoins je viens de scroller sur ses photos pendant 2 minutes et je trouve la différence avec le gourou d’Aster très grande, s’il s’en est inspiré alors c’est au prix d’une grosse distorsion, une sorte de distorsion de la distorsion : type de tatouages surtout, mais aussi type de fringues (hors peau de bête), de physique, de gueule. Il faudrait que j’écoute ce qu’il dit précisément (brutal pour un Lundi…).
Pendant le film ce Vernon m’a fait penser à un personnage Houellebecquien de hippie dégénéré post soixante-huitard New Age, fixette qu’on pourrait retrouver de mémoire dans Les Particules Elementaires. Ceci ajouté à la dépiction des militants progressistes BLM, ça m’interroge. Cela dit on sait bien que QAnon a de bonnes racines New Age, donc pourquoi pas, je ne sais pas
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François Bégaudeau
Maître des clésje trouve le gourou d’Aster beaucoup plus subtil que son éventuel modèle
il y a même, dans son compoortement et son discours, quelque chose de très puissamment contemporain qui mérite qu’on s’y arrête-
I.G.Y
InvitéTu aurais quelques billes là dessus? Je sens que le détail de ce qu’il dit est déjà trop lointain dans mon esprit pour rejuger. En rapport avec le discours sur la famille?
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Quant au « Il y a bien l’hallucination du shérif qui voit sa femme au lieu de sa belle-mère » relevé aussi par d’autres, oui, j’avais totalement oublié de le mentionner, bien vu.
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Saltimbanque
Invité« Je me demande à ce propos si le film ne devient pas subtilement mais ouvertement fake à partir d’un moment, comme s’il assumait d’être une plongée dans la psyché paranoïaque du shériff. »
Je me suis dit exactement la même chose, surtout à partir du moment où les « Antifa » entrent en jeu. Mais je crois que c’est surtout parce que ça dérangeait mon gauchisme de voir le flou entretenu autour de cette milice. Car sinon je n’ai rien vu dans le film qui m’indique un glissement vers le fake dans sa logique interne – ou ça m’a échappé. Il y a bien l’hallucination du shérif qui voit sa femme au lieu de sa belle-mère, mais on est avec lui à ce moment là. Or il est absent de la scène du jet. Donc bêtement j’ai tendance à me dire que ce qu’on voit à l’écran est véritablement ce qui s’y passe (d’autant que le film est constamment un peu dingue), et que Ari Aster se sert de tout ce qui se dit dans la twittosphère et autres comme jouets dans son bac à sable Eddington, et fait littéralement exploser tout ça comme un gamin (de façon assez jubilatoire). Sauf le data center, qui finit tranquillement son implantation comme tout le monde ici l’a souligné.
Pour ce qui est du coup de couteau, j’ai aussi remarqué un deux temps mais j’ai plus eu l’impression d’un effet de montage. C’est passé vite, je me trompe peut-être.
Ceci étant dit, je suis d’accord pour dire que ses 40° innervent tout ça. En tout cas, je l’ai aussi ressenti. C’est La Fièvre en bien.-
Seldoon
InvitéPour moi il est assez clair que le final est partiellement fantasmé par le personnage principal. En tout cas, on le voit à travers ses yeux. Tout le film est semi dingue, mais on bascule ici dans un surealisme assumé où les adversaires sont réduits à des silhouettes qui tient mal, se tiennent au milieu de la rue sans se mettre à couvert, tout comme le shérif. Je suis peut être influencé par Beau is afraid qui se tient entièrement dans cet angle de vue : tout arrive, mais pas exactement comme on le voit, puisqu’on le voit filtré, exagéré, tordu.
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Alexandre
InvitéSurtout que la thèse hallucinatoire est accréditée, quelques temps plus tôt, par la permutation Emma Stone / belle-mère perçues l’une à la suite de l’autre par Joe Cross.
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K. comme mon Code
InvitéIl y a toujours un problème de ton. J’ai aussi pensé à cette hypothèse mais l’épilogue confirme tous les événements de la séquence finale : la milice existe, Brian qui débarque pour sauver Joe (la scène est filmée), puis les séquelles de l’affrontement. Si le film montre des écarts à la diégèse qui seraient le délire de Joe, il sont minimes. Pas assez conséquent pour créer une rupture avec ce qui précède qui n’est pas le monde tel que Joe le délire. La séquence finale est dans la continuation du reste du film. On ajoute cette fois-ci de l’action.
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Charles
InvitéJe suis d’accord d’ailleurs il me semble que le plan de l’avion contenant la milice avec le mec qui fait des pompes est antérieur à la fusillade finale et il n’est pas rattaché à une scène avec le shérif. Par ailleurs, tout le film annonce, notamment avec un son inquiétant par endroits comme pour souligner l’existence d’une menace, le bain de sang à venir.
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Tony
InvitéOui je trouve assez fin ce moment,on peut voir cette hallucination comme le symptôme d’une fièvre et aussi comme le symptôme d’un dérèglement progressif,social plus que pathologique,une fine intrication des deux.
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Seldoon
InvitéOui, comme dans Beau : ce n’est pas « pas arrivé », c’est arrivé, pas exactement comme ça.
La rupture avec le reste du film est justement dans le ton qui pour moi devient plus raide, mécanique, alors qu’au contraire ce qu’on voit est plus délirant que ce qui précède.
Je précise que ce n’est pas une défense du la séquence, et que je ne sais pas trop ce que ça apporte ou retire qu’à ce moment on soit plus dans la tête de Phœnix que pendant le reste du film. J’essaie juste de décrire ce qu’on voit pendant ce climax.-
Seldoon
InvitéLe premier chapitre de Beau is afraid est sûrement ce qu’il y a de plus proche dans la filmographie d’Aster de tout ce climax, et plus clair aussi. Cette sorte de délire raide et de semi fantasme subjectif et néanmoins parfaitement incarné.
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Tony
InvitéIl faut que je le revois celui là,je m’étais arrêté bien avant la fin mais la première heure était en effet remarquable.
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K. comme mon Code
InvitéJe n’ai pas revu Beau depuis sa sortie, mais je n’ai pas le souvenir d’un passage qui suggérerait que Beau délire les événements du film. Le monde de Beau est le monde de Beau. Ce qui permet à Aster de ne pas être dans le réalisme du début à la fin. Il y a une créature dans le grenier et un système de surveillance démesuré. C’est du merveilleux sordide. [La seule altération d’état dont je me souviens, c’est quand il se fait droguer par l’adolescente.]
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Seldoon
InvitéBeau is afraid fantasmé :
Pour moi c’est assez clair tout le long, implicite mais fortement suggeré dès la première partie, batie sur des petites peurs de citadin coincé. Peur des effets secondaires du médicament, peur de laisser sa porte ouverte, peur de la violence de la rue. Sa surréaction au fait d’avoir avalé son cachet sans eau est la surréaction à travers laquelle on verra tout le film : oui, vaut mieux prendre de l’eau et oui il y a des gens louches dans la rue. Non, c’est pas grave sans eau, et non la rue n’est pas littéralement le champ de bataille qu’on voit dans le film. Puis on s’enfonce de plus en plus loin dans ses nevroses pendant qu’il remonte le fleuve vers la source des nevroses (chez sa mère). Nevroses fabriquées de toutes pièces par sa mère et qui ajoutées au fait qu’elle contrôle sa vie de loin à coup de fric et d’employés, d’où la vie fictionnée qu’il a vécue jusque là.
Il n’y a pas de preuve indiscutable du fantasme permanent avant la fin (où les morts se mettent revivre et à remourir), mais tout le long, a minima, des signes de l’immense subjectivité de ce qu’on voit. Par exemple quand il regarde la pièce de theatre, s’y retrouve projeté (est incapable de la voir sans imaginer qu’elle ne parle que de lui ?), puis en sort : à ce moment là on sait bien que la pièce qui a été montrée dans la forêt n’est pas celle que nous, spectateurs du film, avons vue.
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Leny
InvitéBonjour, j’ai récemment vu mandibule et il me semblait qu’il y avait un épisode d’un super podcast ciné qui en parlait, mais l’épisode a été supprimé, existe-t-il un re-upload?
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jeansebastien69001
InvitéSait-on pourquoi plusieurs épisodes ont été supprimé d’ailleurs ?
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Alexandre
InvitéSi vous parlez bien de la GO, sur le lien suivant..
..tous les épisodes y sont.-
Alexandre
Invitéeuh.. j’ai du faire quelque sottise.
En gros, c’est sur Apple Podcast
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kenny
Invité28 years later
https://transfer.it/t/iPswCU8xVbaK-
kenny
Invitéc’est nul à chier, un clip de 2h
non pas qu’on s’attendait à du grand art
mais à ce niveau là de nullité c’est incompréhensible-
Sylvain
InvitéA ce point ?
Je comptais voir ça ce soir mais là je ne suis plus trop sur, après tes arguments courts mais lapidaires.
C’est l’été, on va y aller quand même… et on en reparle ?
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Le mec là
InvitéSi vous avez twitter, l’intégrale Twin Peaks en téléchargement direct:
https://x.com/sqwzdrive/status/1949508213629448551-
Le mec là
InvitéJe suis con, y’a le lien direct:
https://transfer.it/t/kTax5H9TgJRZ-
Le mec là
InvitéLes 3 saisons et les 2 tv special.
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K. comme mon Code
InvitéQuelqu’un pour nous partager cet article sur Kechiche ?
https://www.liberation.fr/culture/cinema/abdellatif-kechiche-et-la-trilogie-mektoub-my-love-dans-les-coulisses-dune-disparition-et-dun-retour-20250729_63DIVRSFWZDXZENGN4BX4E5IQI/-
Linconnu
InvitéAbdellatif Kechiche et la trilogie «Mektoub, My Love», dans les coulisses d’une disparition et d’un retour
Théo Ribeton
Disparu des radars après le crash cannois de «Mektoub, My Love: Intermezzo» en 2019, jamais sorti en salles, et le dépôt de bilan de sa boîte de production, le cinéaste victime d’un AVC en mars s’apprête à faire son come-back au Festival de Locarno avec l’avant-première de «Canto Due». Récit d’une longue gestation teintée de mystères.
«Tu vas voir, cette année c’est sûr, c’est la bonne, je connais un mec qui bosse sur le montage.» Voilà trois ans que nous entendons immanquablement, dans les jours précédant l’annonce de la sélection cannoise, au moins une personne très sûre d’elle prononcer cette phrase, généralement complétée d’une précision de nature à en diminuer la fiabilité («Bon, je ne le connais pas personnellement, mais mon coloc fait du padel avec lui»). Pas de quoi annihiler le secret espoir chaque fois ravivé de voir enfin le huitième film d’Abdellatif Kechiche arriver, sept ans après son tournage, au bout d’un tunnel de post-production que l’on croyait ne jamais voir aboutir. Huitième et peut-être dernier, parce que si le film, lui, va enfin naître – il sera bel et bien présenté en compétition au festival de Locarno, en Suisse, début août –, le réalisateur ombrageux menace, lui, hélas de s’éclipser.
Frappé par un AVC à la mi-mars, Kechiche souffre désormais de difficultés de
paroles orales et écrites n’altérant aucunement son raisonnement («Il est même devenu d’une certaine manière plus sage», selon un proche) mais pouvant compliquer sa capacité à diriger un plateau, selon les progrès et la réussite de sa rééducation orthophonique. A l’heure où nous écrivons ses lignes, certains de ses collaborateurs décrivent un homme diminué et lucide, apte à renoncer à son œuvre de cinéaste pour s’occuper à des postes moins exposés, comme la production ; d’autres disent tout le contraire. Un climat de mystère a toujours entouré l’auteur de la Graine et le Mulet. Mais avec le dossier Mektoub, My Love, c’est le chaos le plus total et une forme de confusion générale qui semblent avoir pris le dessus.
Mektoub fut d’abord un livre (la Blessure, la vraie de François Bégaudeau, Verticales, 2011), puis son adaptation par Kechiche (Mektoub, My Love : Canto Uno, 2018), puis une saga potentielle (Kechiche parla un temps de trois films, puis carrément de dix, suivant le vieillissement de leurs personnages sur vingt ans façon Boyhood de Linklater), puis un deuxième film imprévu (Mektoub, My Love : Intermezzo, présenté à Cannes en 2019 et à peu près enterré depuis). C’est enfin et surtout devenu, malheureusement, deux choses : une polémique nébuleuse dans laquelle tout le monde se contredit, liée aux conditions de production et de diffusion d’Intermezzo, et un film qui ne sort pas (en fait même deux : Intermezzo et ce tardif Mektoub, My Love : Canto Due). La complexité de la première ayant bien sûr son rôle à jouer dans le chemin de croix du deuxième. Il faut, pour comprendre le destin d’un film aussi discuté (disputé ?) qu’invisible, objet de tous les fantasmes et de toutes les mystifications, comme le cinéma français n’en avait pas connu depuis au moins les Amants du Pont-Neuf de Carax au début des années 1990, remonter loin en arrière.Matériau à sa démesure démiurgique
A la suite du triomphe de la Vie d’Adèle (2013), déjà strié de nuages nombreux (violente passe d’armes avec Léa Seydoux, déclarations syndicales dénonçant des méthodes de travail toxiques, critiques de la représentation du sexe lesbien…), mais triomphe quand même (palme d’or au cinéaste et ses deux actrices, million de spectateurs), Kechiche rachète, par le biais de sa société de production Quat’sous Films, les droits d’un roman de François Bégaudeau, dont il veut tirer une adaptation libre qui devient rapidement un diptyque. Sans s’attarder sur une production déjà sur le fil, qui fera parler d’elle notamment lorsque le réalisateur annoncera revendre sa palme et des memorabilia de la Vie d’Adèle pour financer les derniers mètres de montage, contentons-nous de rapporter que le film est présenté à la Mostra de Venise en 2017, après un premier rendez-vous manqué sur la Croisette quelques mois plus tôt pour d’obscures raisons litigieuses et judiciaires.
On y découvre Amin, jeune aspirant scénariste rentrant à Sète le temps de l’été 1994 pour y retrouver quelques amis d’enfance et observer le ballet des cœurs et des corps dans un tableau sublimé fait de drague de plage, de pulsion de vie méridionale, de morale du plaisir et de fardeaux de mélancolie. Quand il sort en mars 2018, le réalisateur est déjà affairé à tourner la suite, avec les mêmes acteurs (Shaïn Boumedine, Ophélie Bau, Salim Kechiouche – on voudrait tous les citer). Avoisinant les mille heures de rushes, Kechiche démolit son record (750 pour la Vie d’Adèle) et amasse un matériau à sa démesure démiurgique, semblant vouloir embrasser la vie entière : «On avait de quoi monter un film de deux heures sur presque tous les personnages», rapporte son chef opérateur Marco Graziaplena, qui décrit une expérience transformatrice, «la plus dingue de [sa] vie».
En bonne marche vers la finalisation de ce Canto Due, le réalisateur se laisse subitement tenter en cours de route par un projet expérimental d’interlude : un quasi huis clos sur une nuit de fête, où les personnages se noieraient dans une clameur de house 90’s. Le dispositif évoque la téléréalité, avec des prises de trois heures et dix-huit caméras braquées sur une quinzaine de comédiens équipés en HF au milieu d’une foule, improvisant parfois cinq dialogues simultanés et quatre danses.
Sur la base d’une copie de travail de quatre heures, le puissant délégué général de Cannes, Thierry Frémaux, se dit intéressé, déclenchant plus ou moins consciemment une mission commando à demi-suicidaire aboutissant à la seule version jamais projetée à ce jour de Mektoub, My Love : Intermezzo, soit un film-monstre de 3 h 30 dont trois heures de club, livré sans générique à quelques jours de la première. Sauf que la présentation est un tollé, du fait de la présence d’une scène de sexe non simulé mettant en scène Ophélie Bau et son véritable compagnon, Roméo de Lacour, scène obtenue dans des conditions de consentement sur lesquelles l’absence remarquée de l’actrice lors de la conférence de presse jette pour certains un voile de doute, pour d’autres un épais manteau de certitudes, malgré le silence de la principale intéressée.Un film au caractère gargantuesque
Plusieurs témoins directs nous balayent les accusations les plus graves ayant circulé à cet égard : la scène exigée par un réalisateur tyrannique et insistant, les acteurs alcoolisés. Deux personnes présentent nous décrivent une initiative partagée du cinéaste et d’un couple à la ville qui aurait, sans la moindre ivresse sinon celle d’une part de défi, au moins sur le moment, voulu cette prise de risque, sous la supervision d’un réalisateur qui en aurait clairement posé les limites (en interdisant notamment toute pénétration). Ce sont les conditions du maintien de la scène dans le montage final et l’escalade des ressentiments par réactions interposées qui auraient consommé le divorce entre Kechiche et Ophélie Bau.
Toujours est-il qu’à Cannes, et même dans les mois qui suivront, on ne parle que de ça – la faute aussi au caractère gargantuesque du film, conspué par une bonne partie de la presse, plus à même de le traiter comme terrain de polémique que comme une œuvre à part entière ; et de fait insortable, à cause d’une ardoise astronomique de droits musicaux (notamment un remix en boucle du tube planétaire Voulez-vous d’Abba !) immédiatement réclamée par les majors et que personne n’est disposé à régler. Dans les mois qui suivent, face au défi injouable que représente dès lors la finalisation d’Intermezzo, pas seulement comme happening de festival mais film exploitable en salles, la société de Kechiche, Quat’sous Films, dépose le bilan.
Pour certains collaborateurs, l’épisode Intermezzo est d’autant plus regrettable que le film tiendrait pratiquement dans sa gestation compliquée, de la sortie de route. Kechiche, à l’époque, s’aventure dans des méthodes de travail frisant l’irrationalité : le cinéaste passe ses journées dans une cave de ses bureaux parisiens de la rue Rébeval, à Belleville, à écrémer seul devant son écran des monceaux de rushes pour trier le rebut dans un épais nuage de shit, façon Coppola en plein délire chez Zoetrope. A intervalles réguliers, il émane de la purée de pois pour remettre aux monteurs, au rez-de-chaussée, une nouvelle fournée de son tri, et des directives de montage parfois inapplicables, mais qu’il impose de suivre, tout en refusant d’en regarder lui- même le résultat.
L’unité de temps et de lieu a raison des derniers nerfs de l’équipe : dérusher 300 heures pour un seul long métrage est déjà surhumain ; intégralement noyée dans la pénombre indistincte d’une boîte de nuit, c’est absolument insensé. «A l’arrivée, il y a un film dont l’accueil dithyrambique par une petite partie de la presse [dont Libé, ndlr] nous a amusés, car pour un monteur professionnel, c’est un “ours” [un pré-montage] auquel il manque encore un gros volume de travail», explique Luc Seugé, qui forme avec Alexis Goyard le duo de monteurs du film. «Les critiques sont habitués à des films finis et n’avaient tout simplement jamais vu de matière brute.» Pour la beauté du geste, dans les mois qui suivent le Festival, sera finalisée une version de deux heures, sans la scène polémique, mais qui n’a que peu de chances de jamais sortir. «On est passé de trois heures de violation de droits d’auteur à une heure trente. On avait fait le calcul un jour : il y en a pour un million.» Si une bonne âme a ça de côté…
Expédition au sommet de l’Everest
Nous sommes au tournant de 2020, et Kechiche commence donc son confinement dans d’étranges conditions de cinéaste vampire, assis sur un long métrage abouti mais qui ne sortira jamais, et sur les mille heures de rushes d’un second qu’il ne sait pas comment produire, ses partenaires (son distributeur Pathé, son vendeur international, Vincent Maraval, gérant de la société Wild Bunch) rechignant à remettre la main au portefeuille. C’est un nouveau producteur qui va prendre le relais : Pascal Caucheteux, emblématique patron de Why Not, l’écurie d’Arnaud Desplechin, Xavier Beauvois ou Jacques Audiard. Fidèle à son habitude de silence avec la presse, il n’a pas souhaité répondre à nos questions.
Toujours est-il que la projection de quelques images le convainc de financer un réapprovisionnement de l’enveloppe de montage – autant dire une expédition au sommet de l’Everest. «Mille heures de rushes, cela équivaut à dire que pour simplement tout visionner une seule fois, en regardant cinq heures par jour, il faut huit mois», résume le monteur Luc Seugé. Il faudra deux ans de travail, entre 2022 et 2024 – sachant qu’en chemin Kechiche et Caucheteux montent un autre projet depuis abandonné, pour lequel des repérages filmés ont eu lieu en Tunisie –, pour livrer une première version du film en vue du Festival de Cannes, où le film est précipitamment présenté au comité de sélection sans l’accord du réalisateur, et refusé.
Pour une année supplémentaire, il retourne alors ponctuellement sur le banc de montage, où se joue un bras de fer tentaculaire avec d’un côté Kechiche et, de l’autre, le reste du monde : les festivals, ses producteurs, ses partenaires, le conjurant comme un seul homme d’opérer des coupes qu’il ne nous appartient pas de détailler mais au sujet desquelles son intransigeance redessine en tout cas les rapports de force à l’œuvre. En effet, c’est cette discorde qui conduit le cinéaste à renvoyer une version à Cannes en 2025, non plus sous l’égide de Pascal Caucheteux mais d’une figure inattendue : Riccardo Marchegiani, sorte de «directeur de production plus-plus» sur Canto Uno, au générique duquel il est crédité comme producteur associé.
Marchegiani est resté depuis lors une personne de confiance du cinéaste. En orbite autour notamment de l’autre projet inachevé de Kechiche avec Why Not, il aurait continué de donner des coups de mains officieux à la post- production de Canto Due par fidélité, «sans jamais toucher un centime» selon lui, ce qui ne l’a pas empêché de présenter à la Quinzaine – donc en tant que producteur – une version assimilable au director’s cut que Kechiche luttait avec acharnement pour imposer. Joint par téléphone, Marchegiani balaie poliment l’idée d’une manœuvre exécutée dans le dos de Caucheteux («il était d’accord», lâche-t-il après un silence de cinq secondes) et qu’il justifie au nom d’un principe : «Si un réalisateur me dit que c’est le film qu’il veut présenter, alors c’est ainsi.»«Manque de clarté sur la version finale»
A ce stade, les récits divergent. Certains nous parlent d’un engagement de la Quinzaine des cinéastes à montrer le film en mai, sur lequel la sélection serait finalement revenue à la suite de l’avancement de la commission d’enquête menée par Sandrine Rousseau sur les violences commises dans le secteur du cinéma, où figure à plusieurs reprises le nom de Kechiche. La Quinzaine aurait alors réclamé des garanties afin d’anticiper d’éventuelles polémiques, et notamment une validation du film par Ophélie Bau et son agent Elisabeth Tanner, laquelle aurait opposé une fin de non-recevoir enterrant les chances de Canto Due d’être montré.
Le délégué général de la sélection, Julien Rejl, donne une tout autre version des faits : «C’est en effet nous qui avons demandé à voir le film, qui nous a semblé intéressant mais qui nécessitait selon nous encore un remontage. Hélas, à partir de là, il y a eu manque de clarté sur la version finale, or nous n’acceptions pas d’avancer à l’aveugle», ce qui vaut autant pour le film projeté que pour la garantie d’engagement de ses partenaires financiers – un point pouvant sembler accessoire et pourtant légitimement épineux, Canto Uno ayant déjà vu, fait rarissime, sa sélection cannoise annulée en 2017 par un démêlé avec la chaîne en coproduction France Télévisions. Rejl tranche : «A la fin, un flou, plus un flou, plus un flou, c’était trop d’incertitudes.»
Rejl conteste avoir réclamé l’avalisation de l’adversaire revendiquée de Kechiche, Elisabeth Tanner, autorité consultative qui lui aurait été, selon lui, proposée sur l’initiative de son interlocuteur Riccardo Marchegiani, lequel nie à son tour. La nature de son rôle soulève évidemment des interrogations déontologiques sur la légitimité d’un agent à tirer les ficelles d’une programmation festivalière – elle revendique dans sa propre audition lors de la commission d’enquête avoir dès 2024 «vérifié que ce film ne serait pas projeté à Cannes», sans préciser par quels moyens, sur lesquels nous aurions souhaité l’interroger si elle avait accepté de nous répondre. Quels qu’en soient les fondements, la rupture entre Kechiche et Bau demeure la grande blessure abîmant les films, et qui depuis 2019 n’a pu que sécher sans se refermer – il reste permis d’espérer un apaisement.De film-vie à film-tombeau
La surprise de la sélection à Locarno, à nouveau passée par Marchegiani qui rapporte avoir été approché par le directeur artistique du festival, Giona A. Nazzaro, mais dans une version de montage légèrement élaguée, n’en est qu’à moitié une tant le film ne pouvait plus se permettre de s’éterniser encore longtemps dans le development hell où la cinéphilie commençait à le croire emprisonné à vie : les sommes engagées et l’état d’aboutissement du projet lui imposent une livraison coûte que coûte. Les différentes productions engagées ne peuvent s’offrir le luxe d’un deuxième film jeté à la poubelle. Du point de vue du public, et de la fan base de Kechiche, où beaucoup tiennent Mektoub, My Love pour son chef-d’œuvre, voire pour un prétendant à un panthéon plus grand encore de sommet du cinéma français contemporain, c’est évidemment la perspective d’une épiphanie.
Il serait pourtant difficile d’ignorer à quel point les conditions d’accouchement du miracle espéré ne peuvent que le colorer de nuances plus sombres – à charge à Mektoub, My Love : Canto Due d’inventer sa manière d’y faire écho. Car à se replonger dans son «dossier», il est frappant de constater à quel point le film-vie est devenu un film-tombeau jonché de carrières éteintes. Outre Ophélie Bau, qui s’est éloignée des plateaux depuis, il faut mentionner les époustouflantes Lou Luttiau et Alexia Chardard, interprètes d’un duo de vacancières central dans Canto Uno et Intermezzo et que le chemin douloureux du projet semble avoir privées de leur destin tout tracé de révélations, catapultées dans le cinéma français sur les traces de Sara Forestier, Hafsia Herzi et Adèle Exarchopoulos.Le monde de Mektoub, My Love est une planète parallèle qui a cessé de tourner, orbite seule dans l’espace et s’apprête pourtant à nouveau à entrer en collision avec la nôtre, rehaussée cette fois d’un degré inédit de mélancolie : un méta home movie qui au paradis perdu d’une évocation rayonnante d’une jeunesse méridionale en 1994 ajoute celui de son tournage en 2018. Comme si le film était condamné à porter le deuil de sa propre sensualité, faite de corps et de sourires depuis disparus dans l’anonymat ou divorcés d’un projet dont l’harmonie mythifiée à l’écran n’est plus qu’une trace aussi solaire que funèbre. Et auquel ne survivrait pratiquement qu’un cinéaste isolé à qui échappe désormais la parole.
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K. comme mon Code
InvitéMerci. La durée du film est donc bien le signe d’une version amputée qui existe uniquement pour des raisons économiques — pas de regret car l’esprit de Kechiche ne semblait de toute façon plus très clair. Ce sera au moins une curiosité.
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toni Erdmann
InvitéQui va vouloir financer un homme qui passe plus de 7 ans en post-prod et qui vient de faire un AVC ? On peut donc affirmer qu’on ne verra plus jamais un film de Kéchiche qui soit constitué d’autre chose que des rushs de Mektoub. Tristesse
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Sylvain
InvitéMerci Linconnu.
Au delà du caractère aussi « solaire » que « funèbre » de toute cette affaire, je retiens aussi que Théo Ribeton, critique pas toujours inspiré, se révèle ici bon journaliste (si tout cela est vrai, bien sur… mais l’usage récurrent du conditionnel le laisse penser).-
Charles
InvitéCertes mais il faut garder à l’esprit que Ribeton faisait partie des critiques en extase devant Intermezzo.
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François Bégaudeau
Maître des clésCe qui perd tant de films, c’est de se liquéfier dans l’écheveau des rapports économiques et autres embrouilles propres à la longue chaine de production du cinéma.
Partant de ce constat maintes fois vérifié, je ne vois pas bien comment ce film pourrait sortir indemne de tout ça, qui est d’une confusion absolue (à l’image de cet article très confus, bien qu’aussi clair qu’il était possible).
Mais les miracles n’arrivent pas qu’aux autres. -
Sylvain
InvitéJ’ignorais cela et c’est intéressant. Dès lors, son article en prend un coup : pourquoi Théo ne le rappelle-t-il pas ? Certes, il cite « une petite partie de la presse dithyrambique (dont Libé) » mais il y a quelque chose ici de ne pas vraiment assumer. Théo marche maintenant sur des oeufs.
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Sylvain
InvitéPardon, je répondais à Charles.
Et pour François, l’été et du temps récupéré, ont fait que j’ai enfin pu écouter une vidéo enregistré avec Gim Focus, où effectivement tu détailles bien cela. Des films « du milieu », difficile (je pense que « film du milieu » n’est d’ailleurs pas ton expression exacte) mais continuer à faire du cinéma, tout à fait possible. Simplement : « ce que vous faisiez avant pour 5 millions, il faudra dorénavant le faire pour 500 000… et ce n’est pas une mauvaise chose ».
En effet, ce n’est pas une mauvaise chose : on verra alors qui dans ces conditions aura toujours cette envie, jusque là vendue comme « viscérale » et parfois un peu suspecte, de faire du cinéma. Bref, on reconnaitra les siens. Et le cinéma n’y sera sans doute pas perdant.-
Sylvain
InvitéEt puis tout de même, quelque chose de « rassurant » : savoir que ce chapitre deux a été tourné au même moment que le premier (que je tiens pour un des meilleurs Kechiche, donc un Kechiche au sommet de sa forme).
Je pense que nos inquiétudes proviennent plus de ces années de montage / d’égarements (et aussi d’un apparement « intermezzo » plutôt raté – même si, ne nous mentons pas : quasiment personne ne l’a vu et on a tous envie de le voir).
Le tournage de ce « vrai » second volet, au vu du premier film, ne peut pas être complètement raté. Je reste – relativement – optimiste. Et comme dit « K » plus haut, « restera une curiosité ». Au pire. A ce stade, cela me semble suffisant et justifie un minimum d’intérêt voir d’excitation pour ma part.-
Charles
Invité
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las
InvitéBonjour,
Vous pensez quoi du cinéma de Shoehei Imamura svp ?
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Alexandre
InvitéBeaucoup de bien et jusqu’à son dernier film De l’eau tiède sous un pont rouge, en passant par son « sketch » du collectif de 2002 sur le 11 septembre.
Poésie, vaillance esthétique sont souvent conjuguées avec insolence, subversion, crudité.
Personnellement, mon cinéaste préféré de la « Nouvelle Vague » nippone des années 60.
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Vincent
InvitéFrançois Bégaudeau dans le dernier épisode du podcast Nouveaux Paradigmes le 27 juillet : « la gêne occasionnée, qui est un peu en suspend en ce moment ». Alors peut-être ?!?!
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est une expression approximative
pas de reprise en vue
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kenny
Invitéquelqu’un pour partager l’esquive de kechiche en bonne qualité ?
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Sylvain
InvitéOui moi ! Contre une adresse mail 🙂 voici la mienne : sucalves21@yahoo.fr
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Sylvain
Invitépardon : sycalves21@yahoo.fr
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kenny
Invitémerci!
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Seldoon
InvitéJe parcourais le scénario d’Eddington, qui diffère pas mal de ce qui se trouve à l’écran. Par exemple le data center n’y est évoqué que 3 fois en passant, on ne le retrouve ni en ouverture ni en fermeture. L’ouverture est plus théatrâle, avec le SDF (« Lodge ») qui se déplace de « tableau très composé » en « tableau très composé » – la rue principale, le bureau du shérif… – pour s’adresser frontalement au public du film. Parmi ces tableaux, on trouve ceci (par « box » il parle de tous les batiments de la ville, maisons comme magasins) :
EXT. STREET – NIGHT
An empty street. A STRETCH LIMO sits idle, engine humming. The back door opens and MARK ZUCKERBERG steps out, eyes glowing subtly in the dark. He holds a map and looks about, scrutinizing the potential spoils. This is the only tableau in the sequence that will NOT feature Lodge; it’s presumably from his POV.
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LODGE
Just last week I saw one a the King Demons, he was HERE, lookin at them boxes, thinkin thinkin. He had his map and his people and he was tellin ‘em the boxes he wanted. I’M the one that knows, the one that saw, with the vision entrusted by GOD to see, and in two years it is HIM that will buy them from ME! Think about it!-
K. comme mon Code
InvitéJ’avais lu les premières pages avant de voir le film. La scène d’ouverture m’a donc paru très édulcorée.
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Sinon, j’ai revu Beau Is Afraid, et j’ai cette fois-ci aimé le film du début à la fin : le ralentissement quand on entre dans la forêt m’avait un peu endormi en salles. C’est surtout très drôle. Énormément de gags mémorables captés dans des compositions très sophistiquées. On fait passer Aster pour un réalisateur d’horreur qui aurait changé de genre en cours de route alors que la comédie est clairement ce qu’il préfère.
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Seldoon
InvitéJe crois que c’est très vrai. J’étais passé pas loin d’un fou rire en salle à cause d’un cut sur des pleurs qui donne sur une scène des jours plus tard avec la mère qui pleure toujours dans Hereditary. Et comme je l’ai je crois dis plus haut, a chaque nouvelle vision la comédie noire de couple de Midsommar me plait un peu plus et me paraît toujours plus centrale.
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Charles
InvitéPetit bilan à mi-parcours de cette année : retour du cinéma américain avec des auteurs très en forme (Soderbergh, W. Anderson), un nouveau venu prometteur (Carson Lund) en attendant les films très alléchants de PTA, Safdie et Reichardt d’ici la fin d’année/début d’année prochaine ; un cinéma « cannois » qui donne encore – pour combien de temps? – quelques pépites qui écrasent la concurrence (Filho et Serra en haut du podium) ; un cinéma français pas franchement excitant en dehors de quelques propositions radicales pas entièrement convaincantes mais suffisamment fortes pour intéresser (Letourneur). Peu de nouveaux auteurs en revanche.
Mais grosse rentrée qui s’annonce avec les films de Cannes (Sirat en ligne de mire).-
Ostros
InvitéTu as oublié
Radu Jude
Lanthimos
Linklater
Pour cette année
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Et maybe fin 25 ou début 26
Franco
Ostlund
Et Malick-
Ostros
InvitéTu ne nous avais pas encore parlé de Carson Lund je crois. C’est quel film qui est à voir, stp ?
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Charles
InvitéSi j’avais parlé de son très beau petit film, Eephus, sut la dernière journée d’une équipe amateur de baseball.
Cinéma très mineur, garanti sans boursouflure et qui ne dure pas plus d’1h40. Simple et touchant.-
Ostros
InvitéOui, je me souviens. Je vais essayer de le voir quelque part.
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Ema
InvitéOui au passage merci pour cette recommandation que j’avais suivie et n’ai pas regretté.
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Charles
InvitéAh oui j’avais oublié Lanthimos et Jude à l’automne.
Le Linklater sur la Nouvelle vague s’emballe, le film a l’air d’un fétichisme gadget, un bibelot pour cinéphile.
Il en sort un autre, un biopic sur un pianiste américain, qui a l’air ruiné par le surjeu grimaçant d’Ethan Hawke.
Le Ostlund c’est Cannes 2026, pas avant.
Le Malick ne sera peut-être jamais fini.
Et Franco est perdu dans les limbes de la distribution, comme Reichardt.-
Charles
InvitéNe m’emballe pas*
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Toni Erdmann
InvitéThe Mastermind a bien un distrib (Condor) qui compte faire une sortie en bonne et due forme.
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Charles
InvitéBien sûr mais pas de date de sortie à l’horizon.
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Pout
InvitéÀ Cannes, Condor parlait de premier trimestre 2026. La sortie ne sera pas baclée…
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Malice
InvitéPartage d’un film qui a inspiré en partie » Decision to leave » de Park Chan Wook, » Confessions d’une épouse », de Yasuzo Masumura : une jeune femme sans famille ayant épousé son patron mais échoué à l’aimer, dans l’impossibilité de divorcer en raison du caractère possessif de son conjoint, coupe la corde qui la retenait à son mari lors d’un accident d’alpinisme. Son procès sera travaillé par la question de la survie et du meurtre, entretissés dans l’acte de l’épouse, mais aussi par la tension amoureuse qui la relie à un jeune homme pris entre sa pitié, son effroi et son attirance envers la veuve.
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..Graindorge
InvitéMerci Malice pour le cadeau
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Malice
Invitéet merci Yazuso et merci Park
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georgesbataille
InvitéAvez-vous vu « I Love Peru », le film de Raphaël Quenard ?
Je me tâte à aller le voir… -
François Bégaudeau
Maître des clésOui
Un film qui me fait -vraiment – rire au moins dix fois en 1h07 doit être honoré-
Seldoon
InvitéD’accord avec François. Il faut noter qu’il y a des ratés, des facilités, du pilotage automatique tout le long. Mais émaillé de suffisamment de moments suffisamment drôles pour largement remporter la mise – il suffit de sortir de la salle au retour à Paris. Coup de cœur absolu au coup de téléphone à l’ambassade.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui les vingt dernières minutes, centrées sur le chagrin d’amour, sont pénibles
l’effet classique d’une volonté de scénarisation (donc histoire d’amour), et de rendre sympathique ce personnage qu’on aime tellement plus quand il n »est pas aimable
cinéma français
cinéma
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Titouan R
InvitéVu Eddington hier soir. Je partage l’enthousiasme de certain-es. Le film a occupé tout mon esprit hier soir et un peu ce matin.
Je repense notamment à la scène – la bascule – de liquidation du SDF. J’ai le souvenir très net d’avoir senti, avant même que le shérif n’entre dans le bar, qu’il allait le tuer, de savoir exactement ce qui allait se passer. Mais j’ai pour autant été saisi lorsqu’il a tiré, après 30 secondes de divagation solitaire du SDF.
Je disais liquidation à dessein car c’est bien de cela qu’il s’agit :
– on sent que le shérif se donne une tâche à exécuter, si je puis dire. Il le fait très calmement, comme se sentant l’instrument de la nécessité : tuer ce clochard participe de la restauration de l’équilibre de la communauté. J’ai comme l’impression qu’il se dit « allez, il faut se salir les mains » ;
– dans le prolongement de cela, le montage lui-même expédie le meurtre. Aucun temps pour encaisser la mort, ou saisir la sidération ou même le soulagement sur les traits du shérif. Boum, on met le mort en plastique, calmement, cliniquement – on n’est pas dans le « oh merde, j’ai tué quelqu’un / nettoyons les lieux dans la précipitation ». Emballé, c’est pesé. D’où ma suffocation – le film rattrape l’avance que j’avais sur lui.
Très joli tissage de tension.
Qui se réitère dans la poursuite – orgie mitrailleuse finale. -
K. comme mon Code
InvitéUn extrait de Canto Due ici. Le producteur de cinéma entre en scène.
https://www.locarnofestival.ch/festival/program/film.html?fid=eb224eec-1bfa-4c68-8639-066d0275896a&eid=-
Ostros
InvitéMerci !
Hâte de le voir.
Enfin, si le film sort…
Les acteurs sont ceux de Canto Uno et Intermezzo ?
Si oui, l’actrice qui avait fortement marqué sa désapprobation lors de la diffusion de Intermezzo à Cannes, n’a pas fait de démarches pour ne pas que de nouveaux films sortent alors ? Je pensais qu’on ne la reverrai plus dans un de ces volets.-
Malice
InvitéOphélie Bau est au générique si j’en crois Allociné : https://www.allocine.fr/film/fichefilm-293107/casting/
par contre on ne sait toujours pas qui interprètera Greg le râteau-
K. comme mon Code
InvitéIl faut savoir qu’à l’origine, Ophélie Bau avait juste demandé à être consultée pour le montage de la scène de sexe dans Intermezzo — ce qui ne fut pas le cas avant Cannes. Le site de Pathé avait le synopsis des deux films, il y a longtemps, Bau restant un personnage central de l’intrigue, elle sera dans le film, oui.
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Ostros
InvitéGood.
Oh, je vois que c’est elle qui joue dans Vaurien. Je ne l’avais pas reconnue.-
François Bégaudeau
Maître des cléselle est d’ailleurs excellente dans Vaurien – comme tous les acteurs de ce film
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Julien Barthe
InvitéVu hier à Locarno : j’ai passé un bon moment! On en reparle quand vous l’aurez vu.
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Malice
InvitéSi ça ne dérange pas les autres usagers du chantier, je ne suis pas contre que tu nous donnes tes impressions, si ce n’est pas trop pénible de le faire en évitant de spoiler bien sûr
Hâte de le voir, en attendant je revois le 1er volet-
Charles
InvitéJulien plaisantait : le festival de Locarno n’a pas commencé.
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Malice
Invitéle chenapan
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Charles
InvitéIl paraît que Sorry, babe – premier film d’une jeune réalisatrice américaine – est très bien, très Reichardtien. Quelqu’un l’a vu?
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Hélène
InvitéHello Charles, je l’ai vu et je me demandais s’il allait être abordé ici. Ce film m’a laissé une belle impression, la réal qui joue aussi le rôle principal, aborde un sujet traumatique d’une façon très sensible, juste, et on rit aussi. Et c’est un très beau film d’amitié.
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François Bégaudeau
Maître des cléson ira voir
au Truffaut, le cinéma du CaP Ferret -
Guixols
InvitéMoi aussi j’ai beaucoup aimé et pas mal ri, et je découvre en te lisant que l’actrice du personnage principal est aussi la réalisatrice. Et oui le film est d’une justesse assez remarquable.
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François Bégaudeau
Maître des clésLa comparaison avec Kelly Reichardt n’est pas complètement indue (l’univers général, le rythme méthodiquement cassé, la sous-dramatisation)
Mais je me suis demandé pendant tout le film pourquoi c’était assurément moins fort que du KR
Peut etre une affaire d’actrice – une minaudeuse comme ça ne se trouverait pas chez KR. Peut etre aussi une forme in fine assez académique (c’est. dire ajustée au contre-académisme du « cinéma indépendant »).
Peut etre l’univocité du propos, actée dans la dernière scène par ce monologue sans réplique possible.
Je n’en dis pas plus. Le film n’est pas grand, je ne sais pas si on peut parier sur son autrice qui m’a l’air un poil trop adéquate à l’air du temps, mais il faut le voir car il comporte de bons moments et fait beaucoup penser.-
François Bégaudeau
Maître des clésRelisant les posts ci-dessus, j’apprends que l’actrice principale est la réal.
Le film perd un point.
Cette femme se donne trop raison
Cette femme est trop partiale en sa faveur.-
Hélène
Invitéc’est vrai qu’elle a un petit côté Noémie Merlant.
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Stéphanie
InvitéBien aimé aussi Sorry baby, une ambiance proche du cinéma de KR c’est vrai, une approche délicate et singulière des effets post trauma . J’ai été moins convaincue de certains dialogues trop lisses, un.peu creux, les encolades « à l’américaine » .
Une scène intéressante au tribunal » il sortira comme il est rentré « .
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Bof Bof
InvitéJe trouve l’amitié un peu suspecte aussi, c’est quoi ce personnage de Lydie qui dit parfaitement tout ce qu’il faudrait dire et fait tout ce qu’il faudrait faire à tout moment, comme si c’était une sorte de logiciel didactique : « comment réagir quand… ? » 1. Ton amie fait son récit traumatique 2. Ramène un chat abandonné à la maison à la suite de son récit traumatique 3. Fait une mini-crise d’angoisse en public à un dîner suite à son traumatisme 4. Fait face à un médecin violent à la suite de son traumatisme, etc.
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Julien Barthe
InvitéJe voulais vous faire crever d’envie. Pardon, Malice.
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Malice
Invitépour te faire pardonner tu nous trouves un pirate d’intermezzo sur le dark web stp
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V.
InvitéJe recommande également.
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Ostros
InvitéRien à foutre est diffusé sur Prime
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Ventoline
InvitéDes bons élèves se sont-ils et elles, par ici, attaqué-es à la belle rétrospective Edward Yang ? Qu’en pense François ? Cette multiplication infernale des personnages et intrigues a tendance à me sortir des films. Il faut quand même avoir le cœur d’une pierre pour ne pas être ému par la séquence finale de Yi Yi (et donc dernières images tout court de la filmographie de Yang).
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Charles
InvitéNon mais j’ai lu ce très bon entretien à ce sujet :
Thierry de Peretti : « Edward Yang m’a donné l’autorisation de me débarrasser du didactisme »
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Juliette B
InvitéMerci pour ce formidable entretien Charles
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Anna H
InvitéMerci pour l’entretien.
De Yang, j’ai vu Tapeï Story que j’ai énormément aimé et que je te recommande), le rôle principal est tenu par Hou Hsiao Hsien qui a également co-écrit le film) et A brighter Summer Day où la multiplication des intrigues ne m’a pas gênée. Pas encore réussi à voir Yi Yi.-
Anna H
InvitéEt puisqu’on est dans le cinéma asiatique, j’en profite pour recommander le plus beau film que j’ai vu depuis X années : Secret Sunshine de Lee Chang-Dong dont j’avais déjà aimé Poetry et un peu moins Burning.
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K. comme mon Code
InvitéTu peux revoir Burning. Grand ennui en salles, mais je l’ai revu quatre fois depuis. L’un des plus grands films de notre jeune siècle.
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Anna H
InvitéOk. Tu as vu Poetry et Secret Sunshine ?
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Louise Michelle
InvitéPas encore vu Poetry, ni Secret sunshine
Mais c’est quand même quelque chose Burning.-
Scoob
InvitéBurning a occasionné la plus longue discussion post-film de ma vie, 5h à en parler après, presque jusqu’à l’aube.
C’était mon troisième visionnage, le premier pour une amie. À chaque question, aucune vraie réponse, mais de nouvelles questions. Éventuellement on finit par accepter qu’on divague de plus en plus dans le vide, comme dans ces deux plans que j’aime particulièrement. Après la longue danse d’Hae Mi, la caméra qui se perd dans un arbre. Aussi le dernier plan de Secret Sunshine, du même acabit.
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Ventoline
InvitéRattrapé Yi Yi avec sa ressortie en salle : on a là l’une des plus grandes dernières séquences de film, de filmographie. Vertigineux même.
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I.G.Y
InvitéDécidément, ça donne envie de le revoir tout ça. J’avais aussi bien aimé mais j’ai peu de souvenirs, si ce n’est le personnage du gamin
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I.G.Y
InvitéMerci Charles pour cet entretien, que j’ai donc lu après avoir revu Yi Yi. Film à la fois surchargé de douleur et pourtant très varié sur le plan émotionnel et phychologique. Frappé par le niveau de pudeur qu’atteint la caméra — il faudrait compter la distance moyenne de la caméra par rapport à l’action, le nombre de plans qui filment carrément de l’extérieur d’un lieu une action qui se passe à l’intérieur, etc…
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K. comme mon Code
InvitéPour les adeptes de making of, une vidéo sympathique prise sur le tournage du prochain PTA où l’on voit la préparation d’un plan à l’aide d’une grue et… d’un iPhone.
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Seldoon
InvitéAlors que Desplechin travaille à l’iPad. Deux écoles.
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Charles
InvitéSuperbe bande-annonce du prochain Desplechin qui annonce son retour au plus haut niveau (non).
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François Bégaudeau
Maître des cléssort quand?
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Pout
InvitéDeux Pianos annoncé au 15 octobre
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Tony
InvitéJe crois qu’il a déjà été évoqué et discuté ici et je me joins aux recommandations de voir La Lettre, encore disponible sur Arte.C’est tout à fait magnifique,je ne savais pas que De Oliveira était un cinéaste aussi puissant, j’avais cette idée,venue d’on ne sait où,qu’il s’agissait probablement d’un cinéma un peu vieillot,hors du temps,aristocratique et très intellectuel,théâtral, dans le mauvais sens du terme,et quelle heureuse surprise d’avoir été autant conquis! C’est prenant du début à la fin et plusieurs plans sont fabuleux,je pense en particulier à cette séquence dans la bijouterie où Mr De Clèves est subjugué par celle qui deviendra son épouse,on comprend dans cette simple séquence tout ce qui fonde l’imaginaire de la grande bourgeoisie et la suite nous montre comment cette dernière se vit comme une forteresse assiégée,menacée par les assauts du contemporain et se jetant dans les bras de la religion pour s’en protéger, c’est très beau à voir et à entendre,cette sophistication de la langue dans l’expression des sentiments les plus ténus.Le plan final dans la salle de concert est,lui aussi,l’un des plus marquants,le public,de dos,formant une nuée devant la scène qui occupe le haut de l’image,grande puissance d’évocation!
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Alexandre
InvitéJe rêve d’un coffret blu-ray de l’œuvre intégrale d’Oliveira.
Oui, c’est un très grand sur lequel planent malheureusement les préjugés que tu énonces.
Sans jamais avoir résolu de savoir si j’avais raison ou tort, j’ai juste, par rapport à La Lettre qui est un très beau film en français, toujours un peu souffert du personnage du Duc de Nemours, ou l’équivalent, interprété par Pedro Abrunhosa. Je le trouve horripilant au point de ne pas savoir jusqu’à quel point l’effet est voulu par Oliveira…ou pas.
On ne peut croire que la « Princesse » tombe amoureuse de ce guignol.
En même temps je me renseigne et apprend qu’Abrunhosa est un musicien connu au Portugal pour avoir fondé une école de jazz à Porto. Un mec brillant, quoi..
De toute évidence, quelque chose m’échappe.-
Alexandre
InvitéJe remets une pièce.
« J’avais cette idée, venue d’on ne sait où,qu’il s’agissait probablement d’un cinéma un peu vieillot, hors du temps, aristocratique et très intellectuel, théâtral, dans le mauvais sens du terme. »
Mais, à la réflexion, il est un peu tout cela…mais pas dans le mauvais sens du terme : ce qui parcours son cinéma, c’est le souffle d’une culture lusitanienne dont j’ignore tout mais dont je ressens les raffinements immémoriaux. Comme chez Rohmer, quelque chose d’intensément classique se frotte à la modernité.
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Tony
InvitéOui tout à fait j’ai aussi pensé à Rohmer quelques fois, surtout dans la qualité du verbe classique,sur le chanteur je n’ai pas tout à fait eu cette impression,certes il est guignol par certains aspects,et en même temps lorsqu’on l’entend chanter il est irrésistible,c’est son chant qui la subjugue en premier et aussi en tant que présence et en tant que voix qui actualise l’expression du sentiment romantique,il est vrai que c’est plus une figure un peu fantasmée,un peu abstraite,qu’un réel personnage.
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Malice
InvitéJ’ai aimé le duc de nemours Abrunhosa ( la scène de la chanson finale, filmée à distance, dont on ne sait pas si elle exprime ses sentiments ou son bonheur de chanter ces sentiments, est très forte – surtout quand on a en tête le sacrifice de la princesse, qui se double de son expérience traumatisante dans l’humanitaire); j’ai eu l’impression que Manoel jouait sur son apparence décalée ( les lunettes noires, les chansons mélo) pour créer quelque chose d’humoristique. Je lui ai vu un air clownesque au milieu des personnages bourgeois. Dans le roman, on a un aperçu des pensées du duc; ici on est devant un mystère qui se balade ( et chante) jusqu’au bout ( peut-être qu’il joue, peut-être qu’il s’en fout, peut-être que c’est un queutard, peut-être un vrai amoureux, rien ne sera révélé). J’en avais parlé il y a quelques temps mais l’idée de faire chanter à ce personnage une chanson d’amour extrêmement intense à la fin aurait pu faire s’effondrer le film, mais à mon sens il fait aboutir le récit de manière magistrale. Même sentiment sur « Un film parlé », dont la fin a une puissance comparable.
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Tony
InvitéC’est le prochain que je vais voir, j’ai vu Party qui m’a moins intéressé,un peu trop bavard mais des belles choses s’y trouvent aussi.
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Malice
InvitéJe te conseille aussi « Voyage au début du monde », où comme dans « Un film parlé » on suit un périple : un double de Manoel et ses amis partent à la recherche des lieux de la jeunesse du cinéaste mais surtout des l’ancêtres de l’un d’eux. Super scène d’engueulade du fils d’immigré qui ne parle pas portugais, par une grand-tante qui s’en offusque pendant des plombes.
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Alexandre
InvitéQui a vu son tout dernier, Gebo et l’ombre.
Il m’avait un peu déçu par rapport aux derniers. Je ne lui en tenais pas rigueur: il l’avait tourné à 102 ans. Record mondial.-
Malice
InvitéIl a largement battu son collègue Naruse, né comme lui avant 1910 mais mort en 69…Cela dit Mikio a commencé plus tôt
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Malice
InvitéPas vu Gebo, et je ne le trouve pas sur le site où je trouve habituellement des films oubliés. Tu as des liens vers des films de Manoel en vostfr ou vf?
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Alexandre
InvitéDésolé, non. Je suis attardé question liens. Je carbure indécrottablement au matérialisé.
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I.G.Y
InvitéÀ propos de Thunderbolt and Lightfoot de Cimino, j’ajoute une raison d’aimer ce film à toutes celles évoquées dans le Microciné consacré : cette magnifique et tragique métamorphose progressive du personnage joué par Jeff Bridges. Ça m’a scié. Dans la longue liste des personnages de films consumés par l’existence, je mets celui là très haut.
En revanche niveau profondeur des personnages féminins, on repassera (on peut dire au fond il n’essaie même pas, c’est donc quasiment moins pire que de « vrais mauvais » personnages féminins).
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Seldoon
InvitéEn français ce film s’appelle Le Canardeur, pas la peine de surjouer la distinction.
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I.G.Y
Invité@Seldoon Rire. La solution à deux cinéphiles est dans l’impasse. On attend le somet de Cannes LXXIX
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Malice
InvitéCimino c’est le spécialiste de la bromance
j’ai plaqué un sous texte gay sur tout Le canardeur, jusqu’à me dire que si un perso clé disparaît à la fin, c’est parce-que Cimino ne voulait pas que ça se termine en lune de miel de deux mecs ( ce que j’aurais bien aimé voir)-
Julien Barthe
InvitéLes titres français ont été conçus pour dissimuler le tropisme gay de Cimino. Il suffit de traduire littéralement.
Voyage au bout de l’enfer pour » chasseur de daim », les Potes du paradis pour « les portes du sauna ».-
Julien Barthe
Invité*Les Portes du paradis
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François Bégaudeau
Maître des clésOn notera que dans L’année du dragon, pas de bromance, Stanley n’a même plus de potes, il n’a que lui à aimer, et c’est un peu ce qu’il fait
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Malice
InvitéStanley est bien évidement érotiquement obsédé par son ennemi dans L’année du dragon, ça saute à mes yeux de perverse ( et en plus j’ai adoré John Lone dans M.Butterfly de Cronenberg)
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Alexandre
Invité« On notera que dans L’année du dragon, pas de bromance, Stanley n’a même plus de potes, il n’a que lui à aimer, et c’est un peu ce qu’il fait »
Encore que sa fixette +++ sur le (très) beau John Lone ne va pas tant que ça à l’encontre du sous-texte.
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Malice
InvitéMerci Alexandre de confirmer
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François Bégaudeau
Maître des clésah ou en effet
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François Bégaudeau
Maître des clésah oui en effet
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Alexandre
InvitéAh je croyais que c’était voulu , Les Potes du Paradis!
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Julien Barthe
InvitéJ’ai arrêté les jeux de mot, pas les lapsus. Ma vanne est ruinée.
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Alexandre
InvitéEn revanche, plus sérieusement, combien de fois, en 44 ans, j’ai entendu dire, ou lu écrire, Les Portes de Paradis alors que c’est LA Porte.
Allez les gens, un effort!-
François Bégaudeau
Maître des clésmoi monsieur je dis Heaven’s gate
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Alexandre
InvitéStratégie d’évitement.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui
c’est moche -
Dr Xavier
InvitéEn crypto-gay, on ne fait pas mieux que Gide et sa « Porte étroite. »
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gebege
InvitéHeaven’s mate
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Louise Michelle
InvitéOu la Maison des otages par » Les heures dans le placard »
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Julien Barthe
InvitéRire.
Je me demande si ça ne mérite pas un nouveau thread. -
Seldoon
InvitéCe film fait partie des quelques uns que je me décide régulièrement à regarder pour la première fois de ma vie. Pour au bout d’un quart d’heure découvrir que ce n’est pas du tout la première fois. Et rien n’y fait, je n’ai toujours absolument aucune image en tête. Je resterai vierge à vie de la Maison des otages comme de Major Dundee.
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François Bégaudeau
Maître des clésfilm totalement dispensable de toute façon
remake erratique d’un film lui même dispensable
bon, on sait qu’à partir du Sicilien, Michael ne sait plus vraiment où il habite
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Charles
InvitéLes premiers retours sur Canto due sont assez bons, le film serait plus mélancolique et plus drôle que le premier volet.
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..Graindorge
InvitéOn va voir ce soir, « Berlinguer, la grande ambizione » de Andrea Segre
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gaddamn
InvitéJ’ai vu Sept Jours d’Ali Samadi Ahadi et j’ai beaucoup aimé le film. Je voulais avoir vos avis/analyses sur le film !
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K. comme mon Code
InvitéPas écouté en entier, mais il est dit dès le début que ce Canto Due est bien plus lié au roman qu’il adapte que Canto Uno.
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Malice
Invitémerci d’avoir partagé K
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Eden Lazaridis
InvitéElle a mangé à sa faim Ophélie.
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Malice
Invité -
Vitus
InvitéSalut tous le monde je viens de terminer mon premier film qui dure environ 40 minutes, je vous envoi le lien si intéressé ?!
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Vitus
Invité-
Vitus
InvitéVoici donc mon premier film d’une petite quartaine de minutes.
– Un jour, sur un balcon, une femme s’occupe de ses plantes. Sur un autre, elle et un homme travaillent de leurs mains. Le lendemain, ils marchent en forêt, s’arrêtent près d’une rivière, puis traversent l’espace. Le film suit leurs gestes, leurs arrêts, les sons qui les entourent.
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Vitus
InvitéVous êtes surement les premiers spectateurs/corps du film, avec plaisir toute critique ou commentaire !
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Vitus
Invité/Users/vituslovni/Desktop/FILM PREMIER PRO/FinalProjet/Les herbes.mp4
Voici un autre lien-
Malice
InvitéJe suis en train de regarder, j’aime bien la manipulation du plant de tomates par la jardinière et l’ensemble de sons captés.
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François Bégaudeau
Maître des clésje ne vais pas tarder
demain-
Vitus
InvitéLe lien envoyé est peut être pas top top je peux vous envoyer un wetransfert si ça vous arrange ?
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Vitus
Invitéça me touche, très curieux de connaître ton retour
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Vitus
Invité*vos retours
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nefa
Invitémerci Vitus
Ce film met en évidence la peine qu’ont ces sons et ces images (un couple) à rendre à eux seuls palpable une connivence entre le couple (ces deux humains) et « les herbes »
Là où « les herbes » ne parviennent pas à jouer le rôle du troisième
on ne sent pas là un triptyque propre à ouvrir une fenêtre vers le multiple
Une immense stridence donc
tous les plans sont angoissants, très beaux mais angoissants
Et le son de l’hélicoptère, celui de la moto, celui des voitures, en fond, accentue sa propriété à générer cette angoisse.
Bref on ne sort pas de l’obscurité du début
l’obscurité est symétrique tout au long du film
– la récurrence du noir qui dure entre certains plans –
– la coupe dans le plan fixe du ciel nuageux ce dernier tout à coup devenant plus sombre –
ce film pourrait vouloir produire à l’instar de la littérature
évidement il échouerait
et moi je serait l’opportuniste qui récupérerait les restes, le « petit fossoyeur »
ce film fonctionne à coup sûr avec ceux que cette absence rendra perplexe
les jivaros par exemple
et cette obscurité c’est notre « temps des mythes » ( cf Alessandro Pignocchi )
à nous-
Vitus
InvitéMerci beaucoup à toi Nefa (Mon premier retour de ma vie sur mon cinéma si j’ose parler ainsi, je me sens prétentieux),
j’apprécie le geste critique déjà parce qu’il en sort un visionnage engagé et aussi le faite que tu produises du sens. Je commencerai part le couple et les herbes ne fusionnent pas, avec la volonté de ne pas fabriquer cette osmose, les herbes ne sont pas un « personnage » (notion étrange dans l film d’ailleurs), pas de rôle à remplir, elles existent dans le plan, cohabitent, partagent le même cadre, et dans ce cadre tout est posé au même stade, sans hiérarchie, mais pas sans tension, notion de « même stade » est interessante, des forces circulent, se déplacent, certaines attirent, se repoussent.
je dirais ensuite que les sons urbains sont dans cette distance, pas un bruit parasite mais un voisinage, on ne coupe pas le monde autour pour faire joli, harmonieux. On garde cette réalité sonore, l’effet est la, c’est cette mêlée qui colore le film. les noirs répétés(grand point noir personnel, je ne suis pas sur de retravailler comme ca), les ciels qui virent, se n’est pas du décor, c’est la structure invisible qui tient le film sans se montrer . Le rater, s’est passé à côté de sa mécaniqueee. et peut être que critiquer ces effets, c’est nier le moteur discret qui travaille dessous. Une matière visuelle et sonore qui s’installe pour tenir et qui se bouscule pour que l’on regarde ou pas. J’aime ton message je te réécris plus tard pour me ressaisir mieux et puis apprendr
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Vitus
InvitéJe me dois de de te rerépondre avec les accords que j’ai avec ton messages !
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François Bégaudeau
Maître des clésTu sembles ne pas avoir besoin de retours sur ton film, tant tu en maitrises tous les enjeux
Je vais donc etre infiniment plus basique : j’aurais aimé que le film se limite a la virée « à la campagne », qu’on suive ce couple se baladant dans cet espace, séparément ou ensemble, découplés ou couplés, et qu’on les voie marcher, observer, scruter, sans jamais comprendre ce qu’ils font, avec une certaine déliaison entre les plans. Parfois le montage de ce moment là m’a fait penser à du Zabat
Ce qui ne va pas, c’est le plan presque augural du balcon. Je veux bien ne pas entendre ce qu’ils se disent, je veux bien ne pas comprendre ce qu’ils font, mais ceci cumulé au fait que je distingue mal leurs visages, c’est trop. J’adore qu’un plan m’échappe, encore faut il qu’il y ait quelque chose à voir dedans. Là mes yeux et mes oreilles cherchent désespérement quelque chose sur quoi s’arreter. Et ça dure.
Je me serais aussi bien passé des noirs.-
Vitus
InvitéMercii beaucoup de ton retour, j suis touché. Pardonnez mon ton assez catégorique du premier message. Jaime les piques comme ca d’ailleurs.
Par contre, la phase “Je me serais aussi bien passé des noirs”… assez limite je trouve. Je viens de boucler une deuxième version sans les noirs.Sur la partie de la campagne, j’ai d’abord tourné celle-ci avec mes parents(fin le couple), et ensuite le reste, j’ai pensé très vite et écarté sans véritable raison l’idée de faire qu’avec cette partie là. Qu’est se que tu trouves de bien d’ailleurs dans la partie « campagne » et de moins bien?
Et puis Zabat sa m’intéresse, je ne connais que de nom, (c’est le réalisateur d’Arguments??)
Sur le balcon, tu dis que tes yeux et tes oreilles cherchaient désespérément un point d’ancrage, je prend note, voir les visages ca me parle, la scène guider par l’idée sonore et faire de la table et du tête a tête en moment ne se matérialisant pas par repas ainsi que par le dialogue(on décale). mais le défi est ratééé
Si ca ne te fait pas chier, j’aimerais te voirrr développer un peu plus, c’est beaucoup demander jsais. et puis si question il y a sur le film, sa fabrication,etc… je suis la! / J vais sortir le film sur YT avec mon acolyte et producteur 808bizar, fin aout d’ailleurs
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne vois pas en quoi une phrase comme « “Je me serais aussi bien passé des noirs » serait « limite ». Je ne vois pas comment le formuler autrement. Juste dire qu’en général je n’aime pas beaucoup les noirs, sans doute parce qu’ils me privent de mon plaisir érotique de base de spectateur : le raccord (entre deux plans) (dans le même genre je ne suis jamais super fan des fondus-enchainés. Quand je monte un film, je n’ai jamais l’idée d’un noir ou d’un fondu. C’est tout.
Zabat est bien l’auteur d’Arguments, et mon documentariste préféré (du monde et de tous les temps). Donc son évocation est assez peu malveillante.
Pour le reste je n’ai pas grand chose à développer : j’ai dit pourquoi le plus long plan du film m’ennuie. J’ai dit donc que le film me plairait mieux sans. Je le maintiens.-
Seldoon
InvitéVitus voulait dire – qu’il me corrige si je me trompe – que lui aurait foutu la paix aux noirs mais se serait bien passé des chinois.
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François Bégaudeau
Maître des clésah ok
ça va alors-
Vitus
Invitéoui oui c’était une blague, quiproquo
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Vitus
Invitéje vais me jeter dans Zabat, rien à voir mais quelle est ton rapport avec le cinéma de Lav Diaz?
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François Bégaudeau
Maître des clésje n’ai vu qu’un film de lui, qui m’a assez ennuyé (pourtant c’était un plutot court de 4heures)
je trouvais ses plans assez vides, mais il faudra que je tente d’autres films-
Vitus
Invité4h? c’est presqu’un court métrage pour Diaz , c’est celui en couleur (Norte) que tu as vu ? . Dans un cinéma contemplatif, tu aurais des recommandations? autre question as-tu déjà discutailler cinéma avec F.Lordon si oui avez-vous des accords majeurs sur le sujet?
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François Bégaudeau
Maître des clésle mot contemplatif ne m’évoque pas grand chose
on aime le cinéma qui regarde ce qu’il filme, voilà tout
et ce continent est assez vasteje n’ai jamais discuté cinéma avec Lordon, ni d’ailleurs de quoi que ce soit d’autre
mais pour l’avoir entendu sur Tardes de soledad et autres films à Sortie de secours, il est clair qu’on ne regarde pas un film de la même manière
il prend les films comme des symptomes
ce qui après tout n’est pas étonnant
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nefa
Invité@Vitus
« Je me dois de de te rerépondre avec les accords que j’ai avec ton messages ! »
puisque tu convoques Lordon
je constate que tu as fait défaut sur cette dette
avec pour répercussion (effet domino) : ça m’allège !
Et n’y vois pas un appel du pied
réellement : ça m’allège !
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Charles
InvitéFhttps://www.esquire.com/entertainment/movies/a65619469/leonardo-dicaprio-paul-thomas-anderson-interview-2025/
Interview de DiCaprio par PTA. On s’en fout un peu de ce que dit DiCaprio mais les quelques réponses de PTA sur Une bataille après l’autre sont, hélas, assez éclairantes sur ce qu’il a voulu faire et son état d’esprit. Ça spoile un peu par contre (même si pas tellement plus que les bandes-annonces).
L’aspect politique a l’air purement décoratif, le coeur du film étant DiCaprio en papa largué qui essaie de retrouver (littéralement et métaphoriquement) sa fille. PTA a l’air d’etre vraiment très grand public et conventionnel avec ce film.
Peut-être aussi que l’interview sert aussi à rassurer tout le monde concernant le ton du film et son accessibilité.-
Seldoon
InvitéJ’évite l’interview en attendant le film, mais une généralité sur PTA en interview post Punch Drunk Love : il tend à légèrement jouer au con et ramener aux éléments les plus simples, en contrepied pas tout à fait sérieux à toute posture arty. En témoigne « Well, there is no need to be insulting » et « box-office challenged? » qu’il répond à DiCaprio mettant en avant son statut d’auteur. Tout ça pour dire qu’il ne faut pas prendre son attitude au pied de la lettre.
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Charles
InvitéC’est sans doute vrai même si je pense qu’il n’aime sincèrement pas être catalogué comme auteur de films d’art et d’essai (ces deux réponses que tu cites sont d’ailleurs assez drôles, l’interview est émaillée de quelques reparties de ce genre) car c’est pas vraiment une étiquette que tu veux te voir collée sur le dos quand tu cherches des financements non négligeables dans le Hollywood actuel.
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Seldoon
InvitéJ’espère qu’il aura le temps en fin de carrière de sortir un bouquin qui éclaire tout ça.
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K. comme mon Code
InvitéFaut pas s’attendre à un film précis politiquement car il n’adapte pas vraiment Pynchon, c’est le côté psychosexuel du suprémacisme blanc dans Vineland qui l’intéresse. Et ce n’est pas non plus neutre d’être clairement anti ICE aujourd’hui quand leur budget a été significativement augmenté. 75 milliards sur quatre ans.
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Seldoon
InvitéA ce sujet le dernier South Park est très bien.
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K. comme mon Code
InvitéEn espérant que PTA ait été sensible à ces aspects de Vineland pour ne pas trahir l’esprit du livre.
« Brock Vond’s genius was to have seen in the activities of the sixties left not threats to order but unacknowledged desires for it. While the Tube was proclaiming youth revolution against parents of all kinds and most viewers were accepting this story, Brock saw the deep—if he’d allowed himself to feel it, the sometimes touching—need only to stay children forever, safe inside some extended national Family. The hunch he was betting on was that these kid rebels, being halfway there already, would be easy to turn and cheap to develop. They’d only been listening to the wrong music, breathing the wrong smoke, admiring the wrong personalities. They needed some reconditioning. »
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I.G.Y
InvitéJ’ai eu la chance de revoir First Cow de Reichardt, cette fois en salle et non sur un petit écran d’ordi. Pour ceux qui n’auraient pas encore pu le voir, foncez dès que vous le pourrez (et il y a une GO). [Spoil] C’est vraiment le genre de film qui par sa fin passe dans une autre dimension : ce sublime bouclage final sur le plan précédant le flashback, cet écho avec le merveilleux vers de W. Blake placé en exergue (« The bird a nest, the spider a web, man friendship », dans Proverbs of Hell) : choc échoïque du dernier plan et son cut qui m’ont provoqué la même chair de poule qu’au premier visionnage.
Que dire aussi de ce thème musical mémorable, placé dès le générique sur fond noir comme pour aider le spectateur à passer dans le temps propre du film (sensation similaire pour moi à la Zone d’Intérêt de Glazer, je ne sais plus si j’avais entendu ça relevé dans la GO ou ailleurs par Glazer lui-même, en plus radical chez ce dernier car l’écran y est carrément entièrement noir). Transition renforcée par le premier plan fixe sur le porte conteneur. Quelle belle réussite
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Malice
Invité« I’ve got you »
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Alexandre
InvitéOn ne peut s’empêcher de penser, en plus décharné, plus près de l’os, à l’ambiance musicale, tissée par Neil Young, de Dead Man.
Et plus généralement, First Cow n’est pas sans points communs, même ténus, avec le film de Jarmusch. Notamment dans la peinture du côté sauvage de ces espèce d’avant-postes civilisationnels.
Sinon, j’ai très envie, là, tout de suite, maintenant, de revoir La Dernière piste, que j’avais vu en salle dans cette sorte de format carré et de texture vidéo qui généraient une impression de « jamais ressenti ».-
I.G.Y
InvitéTout à fait d’accord pour Neil Young. J’ai aussi eu cette chance de revoir Dead Man l’an dernier au ciné alors que je ne l’avais vu que sur une télé cathodique à 15-16 ans (et je n’y avais pas du tout été sensible; trop tôt). BO superbe, semi-improvisée par NY devant la projection des images à ce que j’ai entendu. Film qui gagne en force au fil de l’eau avec sa grande échappée finale. En salle c’est quelque chose.
Je dois avouer que j’avais loupé jusqu’au titre même de La Dernière piste dans la filmo de KR, c’est bien noté à présent. Je n’ai vu « que » trois KR donc j’ai de quoi faire.
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Alexandre
InvitéLe titre original, comme souvent, est bien plus allusif et poétique que le français : Meek’s Cutoff, La Limite de Meek (si j’ai juste).
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Tony
InvitéDans la GO dédié à First Cow je crois me souvenir que François évoquait Buster Keaton et sur youtube on peut revoir Ma vache et moi,une inspiration probable pour KR
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Alexandre
InvitéAvec Ma Rainey en accompagnement. Etonnant!
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Tony
InvitéD’ailleurs chez KR les animaux sont très importants,le chien dans Wendy,le cheval dans Certains Women,la vache dans FC.
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Alexandre
InvitéDans Certain Women, il y a aussi un chien au comportement assez rigolo. Je me souviens qu’il passe son temps à crapahuter. C’est aussi dans le dernier segment du film, celui avec Lily Gladstone.
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Alexandre
Invité…et les pigeons dans Showing Up !
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Tony
InvitéJ’ai honte,j’ai pas encore vu Showing up!
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Alexandre
InvitéJ’avais été déconcerté par ce dernier film mais comme j’aime être déconcerté, j’ai envie d’y revenir.
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François Bégaudeau
Maître des clésWendy et Lucy raconte l’amitié d’une femme et d’une chienne
c’est simple et beau -
François Bégaudeau
Maître des clésfilm très juste sur l’art
sur la vie réelle de l’art -
François Bégaudeau
Maître des clés(showing up)
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Alexandre
InvitéJ’avais trouvé spectaculaire le contraste entre la Michelle Williams de Showing Up et celle de The Fabelmans (les sorties étaient proches)
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Charles
InvitéWilliams est pénible dans les deux car elle en fait des caisses mais cela reste beaucoup plus supportable dans Showing up que dans Fabelmans. Sans doute parce que l’un est un film de merde et l’autre pas.
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Seldoon
InvitéLe film que j’ai le plus envie de mettre en parallèle avec First Cow, jusqu’à affirmer une filiation entre les deux, est McCabe et Mrs Miller, d’Altman. Deux véritables antiwesterns, très profondément. On ne se contente pas de détourner ou subvertir les codes du genre : on court dans la direction opposée.
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Malice
InvitéJe n’avais pas fait le rapprochement mais c’est intéressant; Mc Cabe comme anti-western et anti-success story de mâle alpha ( McCabe dépassé par Miller, par son entreprise et par la vie tout court)
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Alexandre
InvitéJohn McCabe qui anticipe à plus d’un titre sur La Porte du Paradis
La grande famille que voilà.-
Malice
InvitéAvec une prostituée au grand cerveau pour changer un peu de celles au grand coeur ( ceci dit avec tout le respect que j’ai pour Ella du Pote du Paradis)
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Alexandre
InvitéMais Ella est très proche. Aussi pro en tant que maquerelle, bien que Cimino ne s’appesantit pas sur de quelconques considérations pratiques il est vrai (donc je délire un peu) mais surtout, très gestionnaire, ne mélangeant pas plaisir amoureux et rentabilité (elle fait payer Nate Champion, qu’elle aime, au même titre que les autres). De plus elle est roublarde et semble accepter, en guise de paiement, le bétail que certains immigrants ont piqué aux riches « cattle barons ».
Mrs Miller est plus sophistiquée. Elle importe une instruction venue de la ville, une vraie connaissance de l’entreprenariat. Ella, elle, semble plus fruste mais néanmoins rouée (elle est d’origine française, faut pas déconner).Pour le reste, le film de Robert Altman fait ressortir, par anticipation, ce qui s’avèrera d’altmanien (à l’aune de l’Hollywood des années 70) dans la fresque de Cimino.
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Alexandre
InvitéJ’ai été trop vite, pardon.
Ce n’est pas vraiment ce qui s’avèrera d’altmanien, c’est plutôt ce qui, dans le Cimino, perdure d’hyperréalisme folk. -
Malice
InvitéOui, Ella n’est pas une buse, c’est pour ça que je mentionnais entre parenthèses mon respect.
Mrs Miller m’a fait l’effet d’une femme qui travaille dans le sexe et le plaisir sans du tout s’y abandonner ( même quand une possibilité d’idylle avec McCabe se dessine), ce qui me donne l’impression qu’elle est toute cérébrale. Ou en tous cas qu’elle garde la tête froide. Je sens l’estime qu’a Altman pour cette femme-
Malice
InvitéDans la définition d' »altmanien » je mettrais bien ça : personnages de femmes variés et ambitieux ( dans le sens où il « veut beaucoup » , pas dans le sens où il ne mettrait en scène que des girl-boss).
Même la femme perturbée dans » Cold day in the park » donne le sentiment d’être aimé compris et plaint de tout son coeur – pas plus de mépris pour la « vieille fille » que pour la prostituée-
François Bégaudeau
Maître des clésj’ai eu l’idée de ce rapprochement aussi
en tout cas John McCabe est un super film, que j’ai redécouvert récemment
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I.G.Y
InvitéJe n’avais pas à l’esprit ce côté altmanien mais je l’aurai maintenant en tête quand je verrai McCabe &co. Je connais très peu Altman — je n’ai vu que MASH il y a 20 ans et revu Le Privé (The Long Goodbye n’est-ce pas) il y a… 5 jours. Discuter de ce dernier m’intéresserait d’ailleurs, pas si simple à appréhender me semble-t-il, mais mieux vaut-il sans doute voir d’autres Altman avant (qui ne soient pas adaptés d’un livre).
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Alexandre
Invité« Je n’avais pas à l’esprit ce côté altmanien mais je l’aurai maintenant en tête quand je verrai McCabe &co. «
Le côté altmanien de Robert Altman, tu risques de le trouver tout au long de la filmo, non?
En fait, je crois que je n’ai pas saisi ta phrase.-
I.G.Y
InvitéOui je suis mal réveillé, ce que je voulais dire est que j’aurai en tête le lien entre First Cow et Altman quand je verrai le reste de la filmo d’Altman et surtout les deux cités
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Alexandre
InvitéMerci à toi!
Le lien entre First Cow et John McCabe est une idée intéressante. Après, de là à l’étendre à Altman en général… -
Malice
InvitéJ’ai un bon souvenir du côté nonchalant de « The long goodbye »
Les films d’Altman que je recommande ( mais je n’ai pas encore vu toute sa filmo):
« Images »
« Trois femmes »
« Brewster McCloud »
« That cold day in the park »
« Un mariage »
« Kansas city »
« Gosford park »
« Streamers »-
Alexandre
InvitéCe serait pour ma part, sans ordre particulier:
Nashville, John McCabe, Short Cuts, Le Privé, Un mariage, Trois femmes, Cookie’s Fortune, The Last Show, Nous sommes tous des voleurs et…..Popeye (mais oui!)
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Malice
InvitéNos listes se complètent pas mal
Je vois que Brewster n’est pas dans la tienne, est-ce que tu l’as vu et peu aimé ou juste pas vu?
En le voyant, et sans être experte de PT Anderson, j’ai eu l’impression d’une filiation entre Altman et lui-
Alexandre
InvitéMais ton impression est la bonne. Il y a une filiation évidente (goût prononcé et commun pour une écriture débridée, les structures chorales). Je pense que Paul Thomas Anderson est maintenant sorti de cette influence, qui était plus sensible dans le PTA première manière, celui de Boogie Nights, de Magnolia et même de Punch Drunk Love.
J’ai vu Brewster McCloud qui ne m’a pas tellement marqué. Je dois le réessayer.
Je suggère que la bonne porte d’entrée pour aborder la filmo soit Short Cuts, grand retour au succès critique et public d’Altman après de bien ingrates années 80 (ingrates au sens de difficiles pour le cinéaste) qu’il serait bon de redécouvrir.
Nombreux sont les laudateurs de sa série politique Tanner 88′.-
Alexandre
InvitéSinon, je n’irais peut être pas jusqu’à dire, à l’instar de Tavernier, que The Last Show est un chef d’œuvre mais ce qu’il y a de sûr, c’est que voilà une bien jolie sortie de carrière.
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Malice
InvitéJe vais revoir bientôt Brewster ( d’ailleurs si tu veux que je te le transfère dis moi)
J’ai le souvenir d’avoir beaucoup ri et de m’être sentie charmée par la folie du film, tellement de légèreté malgré la cruauté du sujet -
Alexandre
InvitéMerci beaucoup mais je l’ai en dvd. Revision incessamment.
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Seldoon
InvitéPTA revendique beaucoup cette influence.
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Seldoon
InvitéJe n’avais pas adoré Kansas City, que j’ai trouvé à 80% indiscernable des nombreux « neonoirs » hollywoodien dont les années 90 et 2000 furent inondées. Les 20% restant sont incroyables, et il s’agit des scènes musicales. Roger Ebert les décrit clairement :
« Altman gathered some of the best living jazz musicians, put them on a set representing the Hey Hey Club, and asked them to play period material in the style of the Kansas City jazz giants (Count Basie, Coleman Hawkins, Jay McShann, Lester Young, etc.). He filmed their work in a concert documentary style, and intercuts it »
Et ces scènes sont géniales. Notamment une battle de saxophones à laquelle je pense régulièrement. Altman a d’ailleurs tiré de cette captation un documentaire complet d’environ 1h qui est trouvable sur Dailymotion.-
Malice
InvitéBlondie de Kansas CIty me hante encore, je ne sais pas comment nommer son courage ( sa rage tout court), elle m’a rivée au film. Un des films les plus durs que j’ai vus de ma vie, ironique, cruel, où le jazz fait plus qu’accompagner la montée de la tension, effectivement, on a presque un film dans le film dont les jazzmen sont les héros. Cette structure-là est une autre raison pour moi d’aimer le film d’ailleurs.
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Alexandre
InvitéEt on a Harry Belafonte dans un prodigieux contremploi : celui d’un parrain noir glaçant et impitoyable.
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Malice
InvitéEt drôle, ce qui rend ses échanges avec le mec de Blondie encore plus affreux ( mais drôles…mais affreux…etc)
J’ai adoré le moment où Blondie ne craint pas ( par inconscience? Passion? Force?) d’engueuler ce boss terrifiant
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I.G.Y
InvitéC’est vrai qu’il y a cette nonchalance diffuse dans Le Privé, et en même temps cette dernière scène d’une moralité abrupte et violente (moralité dans un sens non péjoratif), qui fait passer le film dans une autre dimension. Cela dit le film est nécessairement imprégné par Chandler donc dur à ce stade pour moi de dire ce qu’il a de proprement altmanien (ça me parle d’autant plus qu’il se trouve que j’avais lu une semaines auparavant en vacances mon premier Chandler — Le Grand Sommeil, que je conseille, étonnant)
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Alexandre
InvitéJe n’ai plus assez en tête le roman de Chandler. Sauf erreur, le titre français était Sur un air de navaja. Mais l’apport (ou la déperdition, selon le degré d’assentiment au film) altmanien est à coup sûr l’ironie amusée du réalisateur pour les mœurs du Los Angeles de 1972. Réalisateur déjà décalé car déjà plus tellement jeunot au moment du tournage (47 ans, quoi)…
Il est clair que le film lorgne mélancoliquement sur un certain âge d’or révolu.
Autres apports : jeu avec les tonalités, surplomb du pastiche, explosion brutale et inattendue de la violence..-
Malice
InvitéDans « The long goodbye », j’ai été marquée par la scène où des gros bras veulent faire peur à Gould et l’humilier en lui imposant de se déshabiller – son attitude est alors je m’en foutiste ou branleuse à souhait, sourire amusé tête à claque. J’avais trouvé ça très réjouissant.
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Malice
InvitéLe décalage et la modernité me semblaient concentrés là
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Malice
InvitéLe contraste nonchalance/brutalité est quelque chose que j’ai noté chez Altman
( attention je spoile)
Entre autres, le châtiment du petit ami de Blondie dans « Kansas City »; la chute de Brewster McCloud; dans Streamers, je me souviens aussi d’un récit de chute qui est fait par un supérieur de la jeune chair à canon qui attend de partir pour le Vietnam : un soldat sautant en parachute et s’amusant à le détacher, croyant qu’il pourra le rattraper ( évidement non). Le personnage raconte cela comme une blague, pourtant la violence m’a atteinte ( peut-être d’autant plus fort).
On avait parlé des « cruels » ici, y classant Bunuel, Lanthimos, Von Trier; est-ce qu’on peut aussi inclure Altman dans la famille?-
Alexandre
InvitéJe ne sais pas.
Evitons peut-être de noyer le poisson de la cruauté. Je crois surtout qu’Altman appartient à cette tradition de cinéastes américains qui ne traitent pas la violence à la légère, qui sont attentifs à ses conséquences, comme pouvait l’être Anthony Mann dans ses westerns.
Pour ne nous en tenir qu’au cinéma américain des années 70, ils étaient quelques uns à nourrir le ressenti que je décris : Boorman avec Délivrance, Schatzberg avec L’Epouvantail, Cimino avec Le Canardeur, The Deer Hunter, La Porte du Paradis.
Et Altman, sporadiquement.-
Alexandre
InvitéEn même temps, je lis mieux ton commentaire et constate que tes exemples n’ont pas de rapports directs à la violence.
En guise de pirouette, je dirais qu’Altman est un lucide avant d’être un cruel. -
Malice
InvitéJe notais surtout le rapport humour/dureté; impression qu’Altman prend acte de la dégueulasserie ( les scènes de chirurgie de « Mash », par exemple) sans que cela affaiblisse son pouvoir de faire rire.
J’aime Boorman mais il ne me semble pas exactement dans ce sillon-là, que j’imagine comme une circulation fermée entre drôlerie et horreur ( la cruauté nourrissant le comique nourrissant la cruauté – comme je le disais au sujet de Belafonte dans K C) -
Alexandre
InvitéOn ne parle pas tout à fait de la même chose.
Je répondais, au départ, à I.G.Y. et notamment à ça « Cela dit le film est nécessairement imprégné par Chandler donc dur à ce stade pour moi de dire ce qu’il a de proprement altmanien »
Donc, je répondais tout spécialement sur Le Privé, et l’apport d’Altman par rapport à Chandler, et pas sur Altman en général.
C’est pour cela que je parlais d' »explosion brutale et inattendue de la violence », comme la scène de la bouteille de Coca qui est une idée de scénario typique d’une façon de montrer la violence chez quelques cinéastes américains de l’époque, qui n’ont pas forcément envie de rigoler avec ce sujet. A-t-elle une équivalence dans le roman ? Je ne saurais plus dire.
Quant à Délivrance, en bon film d’inspiration « mannienne » (Anthony pas Michael), il traite du trauma qu’engendre la violence sur ceux qui la subisse. Comme le fera aussi, à sa manière, Michael Cimino.
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Ygo
InvitéJe viens partager ma consternation. J’ai discuté avec un gars qui déteste viscéralement Godard. Je lui ai montré « Je vous salue, Sarajevo », un des films de Godard qu’il n’avait pas encore vus. Tout ce qu’il a trouvé à dire, c’est que la voix de Godard est “dégueulasse”, qu’il ne la supporte pas, et que de toute façon “il ne fait que citer”, donc “aucune créativité”. Et pour conclure : “ce qu’il dit, c’est nul, et mal écrit comparé aux citations”. Le tout alors qu’il n’a jamais lu Aragon ni Bernanos — il s’est contenté de parcourir la fiche Wikipédia du film. J’étais pétrifié devant la bêtise des arguments, incapable même de trouver quoi répondre 💀 Évidemment, pas un mot sur la forme (mais bon, c’est un pro-scénario, fallait pas en attendre davantage). Pas étonnant qu’il préfère Truffaut à Godard
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François Bégaudeau
Maître des clésdevant un rejet si viscéral et si peu argumenté, le plus simple est de ne pas essayer de le convaincre
et de continuer à explorer Godard
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Mathieu
InvitéJe viens de rattraper sur MyTF1 Replay le film Sentinelle avec Jonathan Cohen. Film d’un duo de réalisateur dont j’avais aimé le premier film, Terrible Jungle, déjà avec Jonathan Cohen.
A sa sortie sur Amazon, j’avais un a priori négatif dur le film car j’étais dans la fatigue de Jonathan Cohen, mais je l’ai quand même tenté ce matin après qu’un ami m’ait convaincu, et je ne regrette pas. C’est vraiment drôle et Jonathan Cohen fait une de ses meilleures prestations. Il faut dire que le personnage qu’il incarne est con comme la lune, et que cela lui va très bien. En plus, c’est un con qui est persuadé d’être génial et irrésistible, ce qui le rend encore plus hilarant. A ses côtés, il y a Raphael Quenard d’avant la Quenard-mania, très bien aussi, dans un second rôle où il incarne le seul policier compétent du commissariat, qui résout toute l’enquête mais que personne n’écoute.
On est vraiment dans la veine de la comédie absurde américaine des années 2000, digne de Ben Stiller ou des premiers Adam Mc Kay. Ce personnage de policier-chanteur avec son mulet péroxydé tout droit sorti des années 80 est une sacré trouvaille bigger than life. Il fallait vraiment Jonathan Cohen pour rendre ça tangible et crédible. Pour moi on est dans la lignée de personnages cultes comme Derek Zoolander ou OSS 117, même si je crois que le film n’a malheureusement pas marché.
Un tel personnage avec un tel acteur se suffirait à lui-même, et pourtant le film se tient très bien en tant que film: l’enquête est bien écrite, la dynamique entre Cohen et Quenard également, Ramzy est excellent en producteur trop gentil qui a besoin d’une peluche de ventriloque pour dire leur 4 vérités aux gens – sacrée trouvaille absurde ça aussi. Et même Emmanuelle Bercot en politicienne corrompue est convaincante.
Vraiment une bonne comédie. Je conseille vivement.-
François Bégaudeau
Maître des clésj’avais aimé le film aussi
un des meilleurs Coen en effet
un personnage digne d’OSS -
Malice
InvitéLa première séquence du film ( course-poursuite qui finit en tournage de clip) est géniale
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Luc
InvitéOui j avais aimé aussi
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Alex
InvitéValeur sentimentale :
Le film m’a paru très artificiel et sophistiqué. L’intention de créer de l’émotion est palpable. C’est souvent fait avec retenue. Ce qui m’a paru presque aussi pénible que quand on sort les violons de façon grossière. La musique tristounette – mais pas trop – arrive avec un petit temps de retard ou d’avance sur l’émotion des personnages à l’écran. D’ailleurs, c’est de la musique qu’on a parfois envie de shazamer. Je me suis dit : « tiens, c’est sympa cette petite chanson folk. Je vais l’ajouter dans ma playlist pour la lecture. »
Les personnages ne pleurnichent pas mais ont les yeux embués. Au comble de l’émoi, ils ont deux larmes qui coulent. Pas de grosse engueulade, on n’élève pas la voix mais il y a des regards qui en disent long. On passe beaucoup de temps sur les visages, traversés par une émotion (du chagrin, de l’agacement, etc.) ou que l’on devine vaguement (colère rentrée). En insistant sur ces visages, en nous laissant le temps de dévisager, peut-être que Trier pensait que l’émotion traverserait miraculeusement l’écran et qu’elle atteindrait le spectateur. Une sorte de voeu pieux qui s’apparenterait à vouloir invoquer la dame blanche en fixant son miroir assez longtemps tout en prononçant son nom trois fois.Plus le film avance, plus les scènes de dialogue sont fastidieuses car je ressens de plus en plus l’écart entre l’intention (provoquer l’émotion) et le résultat final (encéphalogramme plat). Et je me mets à mesurer cet écart. C’est frustrant. Comme si j’essayais de créer du feu par friction et que l’étincelle ne venait pas.
Pourquoi le film n’émeut jamais ? Outre l’envie oppressante d’émouvoir qui transpire à grosses gouttes (au contraire des personnages), l’intrigue est prévisible, et on en devine très vite la fin. Ce qui renforce le sentiment d’artificialité. Ah, et si j’ai évoqué une certaine retenue, le personnage de la mère, lui, est clairement conçu pour nous tirer les larmes (cf. la scène avec la fille qui consulte les archives sur le passé de sa mère.)Pour ne rien arranger, les acteurs sont tous très beaux, l’image est très nette. La maison familiale est toujours inondée de lumière, tout est blanc et bien soigné. Les plans sur l’extérieur de la très belle maison, avec juste ce qu’il faut de vent dans les arbres, reposent entre deux dialogues. Bref on se demande pourquoi ces gens sont si malheureux. Je plaisante évidemment, la raison n’est pas tout à fait là. Le fait est que les personnages sonnent faux (mais plus encore, le lien entre les personnages et la maison) et que l’auteur est passé à côté du vrai sujet du film (selon moi). On nous raconte cette petite histoire au début du film : Encore à l’école, Nora avait écrit un texte narré du point de vue de la maison familiale.
En même temps qu’on lit le texte, la caméra nous fait visiter la maison. J’ai trouvé ça plutôt réussi. Il y avait de l’idée. Il aurait fallu investir plus en profondeur ce lien entre la famille et la maison. Mais le film ne le fait quasiment jamais. Il y a bien le poêle qui permet aux enfants d’écouter les conversations dans la pièce du dessous. Mais il n’y a pas grand chose de plus.
Dans une scène, le père (réalisateur) fait venir une actrice dans la maison familiale pour jouer une scène de son propre film. Il y a un tabouret, il est porteur d’une lourde histoire. On apprend finalement que c’est un tabouret ikea récemment acheté. La pirouette est assez drôle mais elle symbolise bien le fait que cette maison n’est pas habitée. Ce tabouret n’est pas une exception. Il ne sera jamais vraiment question de la valeur sentimentale qu’on attache à cet objet, à cette pièce, à cette maison, à tout ce qu’ils renvoient.
Autre scène : On a fait le tri dans les objets qui vont quitter la maison. Une des soeurs a remarqué ce joli vase qu’elle veut emporter. Mais finalement, l’autre aussi le veut. Il n’y aura pas de dispute, c’est cette dernière qui le prend. Il est joli mais on ne savait même pas qu’il était là. Pas de valeur sentimentale, donc.
Ce qui intéresse vraiment Trier, ce n’est pas la maison, trop propre, trop parfaite pour avoir été habitée. Peut être que je n’y ai pas fait assez attention pour y apercevoir les défauts mais l’impression générale que j’en ai, à la fin du film, c’est une maison immaculée. En fait, si, au moment où j’écris, je me souviens vaguement d’une histoire de fissure qui s’est faite avec le temps parce que la maison est vieille et elle s’affaisse lentement.
En fait, Trier a préféré filmé la résolution/non résolution d’un conflit familial qui a lieu, accessoirement, dans cette grande maison qui a vu passer plusieurs générations.L’autre scène du film, c’est la scène théâtrale. L’une des filles, que veut faire jouer le père dans son propre film, est comédienne. On la voit dans les coulisses du théâtre, avant de jouer, puis on la voit sur scène. Mais il y aussi le film du père qui se construit sous nos yeux, dans le film. Ca donne lieu à des répétitions de scènes dans la maison familiale. Le film joue plusieurs fois sur l’ambiguïté entre le film et le film dans le film… et même du théâtre dans le film (puisque la fille est comédienne de théâtre). Et pourquoi pas du théâtre dans le film dans le film. L’ambiguïté est triple. Trier prend plaisir à jouer sur cette ambiguïté.
Par exemple, une séquence : une discussion se passe mal entre le père et sa fille (celle qui est actrice). Dans la scène suivante, la fille pleure au pied de son lit. La caméra recule et laisse apparaître le bord de la scène (de théâtre) et les spectateurs. Ca peut être amusant, si on est pris au piège. Ce n’était pas mon cas.
Mais pire encore, je crois que c’est encore un moyen de tuer l’émotion. On peut bien sûr critiquer la théâtralité du film. Mais, si on est plus précis, ce film dans le film, cette comédie dans la comédie, ça crée de la distance entre le spectateur et les personnages. A partir du moment où on commence à se demander si l’émotion du personnage est réelle ou feinte, si on assiste au film ou au film dans le film, on se met à trop penser, ce qui éloigne fatalement de l’émotion, du sensible. On commence à chercher les ficelles, puis on remonte jusqu’au marionnettiste J’ai pensé histoire, scénario, réalisateur. Je finis par devancer les personnages, j’observe des marionnettes. D’ailleurs, la fin est cousue de fil blanc.
Trier voulait il jouer sur l’ambiguïté dans la scène finale ? Je ne suis pas sûr, et à la limite j’espère que non car on comprend rapidement qu’il s’agit du film dans le film.Il y aurait d’autres choses à dire (malheureusement négatives) sur le film. J’ai repéré quelques procédés attrape-cinéphile qui m’ont donné le sentiment d’un aveu de faiblesse de la part du réalisateur. Le genre de procédés qui font gloser sur des « références » (horrible mot à la mode), sur la filiation de trier avec ce cinéaste ci, blablabla. Comme un feu de détresse intellectuel envoyé à ceux qui pourraient sauver le film de l’inévitable échec sentimental.
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François Bégaudeau
Maître des clésArchi d’accord
Très bonne critique
Tu as parfaitement repéré où le bat de ce film blesse
J’en remettrai juste une couche sur les acteurs, qui se livrent à un concours de mines, il est vrai bien stimulés et flattés par Trier, qui semble les trouver magnifiques quand ils font ça. Aussi vrai qu’il est un peu trop fou du visage de son actrice certes très cinégénique. C’est le piège Efira identifié dans CUM : un visage qui fait tellement la blague que ça dispense le cinéaste de donner consistance à son film. Il s’en remet totalement à elle – et parfois au visage de l’acteur senior- comme la France 2022 s’en remettrait totalement à Mbappe, et ainsi se dispensait de jouer.
Alors Trier se contente d’envoyer des signes de films d’auteur mondial : du théatre, du film dans le film, un peu de Shoah, du suicide, un peu de psychanalyse, un peu d’alcool triste, et bien sur, bien sur, bien sur, des problèmes avec papa. Des signes de profondeur, et aucune profondeur. Aucune finesse. C’est du bourrin chic (du bourgeois à a sauce norvège) Trier a en commun avec Franco quelques sujets, mais hélas il n’a pas vu ses films, ou, s’il les a vus, n’en a strictement rien retenu.
Dossier réglé.
Le film de Ducournau est difficilement défendable, mais au moins il tente des trucs. Le film est raté, mais pour rater, encore faut il avoir eu le courage d’essayer. Trier lui ne rate rien puisqu’il n’essaie rien. Il ne fait pas mal, puisqu’il ne fait pas.-
Carpentier
Invitéaaaaaaah, voilà des lignes qui épargnent, elles aussi, un peu de temps de vie, yep (même genre de sort qu’infligé au truc dans les bois, là un peu, non?)
et sans oublier de faire rire (tout sur VS)
je m’organise donc aussi – en + du devoir sur certain Miroirs – pour continuer mon étude sur Ducournau (mais qu’est-ce que t’as foutu, Tahar, putain?)
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François Bégaudeau
Maître des clésJe lirai ton post après avoir vu le film
J’en perçois la teneur, qui ne me surprend pas. J’attends au tournant ce film d’un réalisateur clairement surestimé.-
Stéphanie
InvitéPareil je lirai après mais vu la bande annonce ça m’a donné cette impression.
Fait chier, j’avais adoré Nouvel donne et Oslo 31 août..-
François Bégaudeau
Maître des clésPas vu Nouvelle donne
Un peu perplexe devant Oslo – mais c’est aussi que le film se présentait comme remake du Feu follet, film dont le prestige m’a toujours étonné-
Stéphanie
InvitéLui même issu du roman de Drieu la Rochelle ( pas lu).
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François Bégaudeau
Maître des clésroman plus intéressant que son adaptation
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Stéphanie
InvitéOk je note.
Je l’emprunterai à la biblio municipale publique et gratuite.-
François Bégaudeau
Maître des clésBon ben il est désormais clair que Trier est une fraude
Je suis assez fier de mon flair
(Trier et non pas Triet)-
Tchitchikov
InvitéTu peux développer ? J’ai trouvé Valeur sentimentale très lisse et plus sentimentaliste que sentimental d’ailleurs.
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Ostros
InvitéTchitchikov, tu as un développement quelques posts au dessus
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Tchitchikov
InvitéAh oui pardon, merci. D’accord avec Alex et François.
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..Graindorge
InvitéJe viens de lire que sur MK2 Curiosity, on nous offre gratuitement et jusqu’au 21 août Le goût de la cerise de Abbas Kiarostami
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Stéphanie
InvitéVu A feu doux, un peu du mal à dire pourquoi mais je n’ai pas été touchée émue malgré un beau sujet.
L’actrice joue bien mais j’ai trouvé certaines scènes très froides lorsqu’on s’attache aux ressentis et assez superficielles. Je ne sais pas si c’est un sentiment personnel qui m’a empêche d’y rentrer ( l’actrice ressemble à ma mère décédée il y a peu).
Une autre gêne, le personnel de la maison de retraite racisé et les résidents riches et blancs .
Des retours ? -
Alex
InvitéAuriez vous des recommandations de sites qui proposent de bonnes critiques de film (en français, anglais, espagnol ou italien)
Je suis aussi preneur de membres que vous suivez sur senscritique, letterboxd, rottentomatoes ou autres (français ou dans les langues mentionnées plus haut) -
Carpentier
InvitéVu le film Les orphelins d’Alban Lenoir cet après m’: ça déboîte bien .
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Carpentier
Invitéd’Olivier Schneider,
avec A.Lenoir et ce bogoss de Dali -
François Bégaudeau
Maître des clésComme bonne résolution de rentrée, Carpentier décidera-t-elle de voir des films non-français? Ou de voir, parmi les films français, des films non-mauvais?
On va voir.-
Carpentier
Invitéet si jamais, Carpentier décidera-t-elle d’en parler ici?
pour l’instant, lisant cela, elle soupire puis rit.-
..Graindorge
InvitéRevoilà Carpentier/ Carpentina!
Tu as bien fait de rire et de choisir la 3ème personne » elle soupire puis rit » Bienvenue chez toi! -
Carpentier
Invitébenh tiens, suffisait de demander:
Carpentier sort de L’épreuve du feu, d’Aurelien Peyre, et de sa petite dynamique à la Une fille facile, un peu:
une dynamique de groupe et de lutte des classes basique et efficace, avec une pétard d’actrice que Kechiche himself aurait aussi pu dénicher, tiens;
intéressant-
Carpentier
Invitéet puis un début de liste de films pour lesquels aiguiser ses automatismes critique ou tiens, rêvons un peu, pour lesquels innover des trouvailles langagières, juste parce que Carpentier les a vus
du mauvais, du français bien sûr:
– A normal Family
– Brief History of a Family
– Eddington
– Les 3 d’Oslo
– Touch
– Confidente
– Last Stop: Yuma Country
– Matérialistes
– Dracula
J’en oublie, les chanceux, ils seront épargnés par le Club des Cinéphiles d’ici
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..Graindorge
InvitéFratello sole, sorella luna (Brother Sun, Sister Moon
en anglais) film biographique sur François d’Assise, de Franco Zeffirelli. J’ai bien aimé -
I.G.Y
InvitéJe reprends rapidement le fil de la discussion sur la Trilogie d’Oslo démarré par MA (#113902). J’ai vu dans l’ordre : Rêve, Amour, Désir.
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J’ai plutôt aimé Rêve, parfois beaucoup. Déjà la musicalité norvégienne de la voix-off est très belle. Je trouve aussi le nouage entre ses désirs contradictoires plutôt bien menés, notamment la manière dont est tiré le fil qui part du besoin d’écrire l’histoire, et toutes les conséquences qui s’en suivent. J’ai tout de même senti régulièrement des à-coups dans l’écriture des dialogues, comme des sortes de forçages (des sur-théorisations parfois très soudaines, des transitions parfois brutales dans les sujets abordés — c’est même vrai de la soudaineté du changement de l’attitude de la mère, à tel point que c’est soulignée dans un dialogue par la grand-mère, comme si les scénaristes s’en excusaient et se justifiaient. Comme des courbes « continues par morceaux »).
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Amour est peut-être un peu en dessous mais sur certains points je le trouve passionnant. La personnage principale (pas la blonde, c) est assez fascinante, j’ai quasiment eu l’impression qu’elle ne jouait pas, je la sens à l’écran comme dans la vie. Elle a cette double face, cette attitude à la fois chaleureuse et complètement impénétrable, on ne sait jamais vraiment ce qu’elle pense, ce que veulent dire les plis de son front et de ses sourcils. J’ai aussi beaucoup aimé cette idée des dates Tinder/Grindr sur le Ferry (c’est sans doute même documentaire). Le jeune infirmier homo est aussi très convaincant. Mêmes impressions, malgré tout, de quelques forçages soudains dans les discussions, de voir les coutures de l’écriture. Impression d’environnements parfois trop sous contrôle (il semble ne pas se passer grand chose dans cet hôpital ; et malgré ça, même techniquement j’ai l’impression qu’on a l’opposé d’un son direct, j’ai l’impression que tout le fond est abaissé comme pour tout isoler, abstraire. Mais j’ai quand même été intéressé par cette discussion sur le cancer de la prostate chez les homos).
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Avec Désir j’avoue que je suis tombé de très très haut. Il y a pour moi tous les défauts que j’ai évoqués plus haut et presque aucune qualité — le point culminant étant peut-être la séquence du cabinet médical. La séance a été très, très dure. Je ne vais pas m’étendre-
Flan1
InvitéVu Rêve et désir. Ça me donne moyennement envie d’aller voir le 3ème. Ton commentaire est très juste, j’ai repéré les mêmes écueils.
Je voudrais développer davantage sur Rêves :
La première partie est captivante. La voix off est douce et prenante. Le montage superpose des plans muets, la parole off et des inserts en temps réel. Ces effets créent un vrai sentiment d’immersion. On entre dans l’œuvre sans effort (sans effort, c’est précisément ça qu’il faudra retenir).
Mais le charme se fissure rapidement. Les personnages donnent l’impression d’être conscients d’eux-mêmes. Le réalisateur multiplie les clins d’œil pour montrer qu’ »il sait que nous savons ». Comme s’il voulait désamorcer la critique du « film bobo ». Les personnages sont alors détestablement « self-aware »: l’aveu de richesse via le chalet, la conversation sur l’aspect queer du roman, la séance finale avec le psy, ou encore l’idée que le film lui-même est le récit du récit qui nous est raconté. Tout devient signal, balise critique intégrée au tissu narratif. Le film vit dans une bulle de bienveillance et pour éviter un regard critique sur cette bienveillance qui renvoie à un imaginaire libéral progressiste, il martèle sa propre lucidité. Je suis self aware.
La seconde partie est en perte de vitesse. Le récit n’a plus de matière et se tourne vers le commentaire du commentaire. Exemple frappant, la professeure et la mère commentent le récit de la fille. L’image se fige, puis la fille prend la parole et commente le commentaire de la prof. À partir de là, l’histoire n’existe plus que comme matière pour son propre décryptage.
Deux plans se distinguent néanmoins. Le premier montre une plante qui se déploie dans l’eau, fragile et inquiétante, qui condense en quelques secondes l’ambiguïté de la relation. Le second a lieu dans la forêt. La grand-mère et sa fille discutent, elles quittent notre champ de vision, le silence revient, la caméra continue. Encore un signal (simplet, oui), mais cette fois nettement plus intéressant. L’histoire paraît importante quand nous sommes là pour l’entendre, mais en dehors de nous elle s’efface. Nos histoires sont banales, le monde existe sans nous, sans attendre nos récits pour continuer (on peut lever les yeux au ciel mais j’ai trouvé que c’était une idée honnête). On retrouve un geste semblable dans La Caméra de Claire de Hong Sang-soo. Deux femmes marchent, sortent du cadre, la caméra persiste. La différence se joue dans le temps. HSS laisse tourner son plan « vide » vingt-quatre secondes. Ici, la coupe arrive beaucoup trop tôt. La marque des petits. (Ceci dit, chez HSS ces vingt-quatre secondes n’ont pas la même vocation interprétative.)
On revient donc à ce que l’on avait pressenti dès l’ouverture. Rêves s’avale sans effort, c’est un film douillet et confortable. La première gorgée me ramène à mon tout premier matcha latte, présenté dans un joli mug transparent, au Columbus Café gare Montparnasse, bien chaud, rond, rassurant. Puis vient la révélation. Ce qui reste en bouche ressemble moins à une boisson tendance qu’à une soupe de poireau tiède.-
I.G.Y
Invité« Le réalisateur multiplie les clins d’œil pour montrer qu’ »il sait que nous savons ». » / « il martèle sa propre lucidité » : c’est tout à fait ça.
Néanmoins je n’ai pas exactement senti le charme se fissurer « progressivement », dans le sens où ce cocon de douceur dans lequel m’installait le film, en plus des quelques gros panneaux clignotants de self-awareness disposés par les scénaristes (le début de Amour c’est pareil), m’ont plutôt d’abord laissé sceptique. Le charme a opéré progressivement et c’est aussi dû au texte/récit de la voix-off, qui comporte tout de même quelques beaux passages, très sensoriels — que je n’ai malheureusement plus en tête pour la plupart, c’était il y a plus de deux semaines, mais régulièrement je me suis dit « tiens, c’est assez beau ». J’ai souvenir de descriptions que Johanne fait de son désir qui se fixe sur la peau de Johanna et sur la sensations projetée que lui fait de la voir porter des pulls en laine à même la peau. C’est assez incarné.
Le charme était fissuré par ces forçages réguliers mais se reconstituait. Heureusement toutefois que le scène du psy n’était pas la dernière du film, sinon mon impression globale en aurait été plus nettement affectée. Je trouve qu’il ne s’en sort pas mal avec sa toute fin.
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François Bégaudeau
Maître des clésD’accord avec Flan – sacré talent critique.
Une chose à noter : dans Reves (et je crois dans Désir), tous les gens se parlent avec une totale transparence. Un parti-pris, sans doute, mais un parti pris bien peu au fait de la physique des rapports sociaux (où se parler est compliqué) et de la logique de la parole (qui retient autant qu’elle dit.)
Est ce la là la captation d’une société sous empire psy où chacun a appris à « verbaliser »? En tout cas ça appauvrit considérablement les scènes.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe propose donc, en toute sérénité, de suspendre le cinéma norvégien pour 20 ans.
Peine clémente.-
I.G.Y.
InvitéCour de cassation, arrêt du 28/08/2025:
La cour est moyennement d’accord. Rêves est largement centré sur la difficulté de la parole — la vraie, la parole socialisée, pas la voix-off qui n’est qu’une parole intérieure, qui elle même n’est pas si simple, comme l’écriture. Il n’y a qu’à voir tous les plans où Johanne est effarée de voir à quel point ce qu’elle dit n’est pas compris ou l’est dans un sens imprévu. C’est aussi vrai du problème de l’écriture dès qu’elle est lue au dehors. Aussin, le film est entièrement traversé par la difficulté de verbaliser le désir : il montre de bout en bout l’empêchement de Johanne vis à vis de Johanna. On peut à ce propos dire que le film ne résout pas totalement la chose dans un élan de concorde général (scène du café vers la fin). Le problème me semble être bien plus lié aux coutures visibles et sensibles de la self-awareness que nous avons évoquées avec Flan. Les coutures du scénario, du « script » au sens d’un « programme ».
Dans Amour la réussite du personnage principal féminin est justement une opacité. On peut d’ailleurs noter que contrairement à Johanne dans Rêve, elle parle assez peu et n’écrit pas.
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La cour accepte néanmoins de ne pas commuer la peine de Maître Le Bèg en une plus légère, en tant qu’elle aurait requis perpétuité pour Désir et son mécanisme sans égal tant le film est cousu avec une corde (sans parler de la mise en scène…). Dommage car l’idée de base n’est pas sans intérêt. Adjugé jugé.PS : On signale aussi un entretien sur Tsunami avec le réal (pas lu).
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François Bégaudeau
Maître des clésMon observation concernait surtout la facture des dialogues : on voit ici que les personnages ne cessent de se donner des moments d’échange. Ils comptent bien « en parler » et en parlent. C’est notamment vrai au sein du matriarcat grand-mère/mère/fille (ici c’est le contraire des clips de PNL : que des meufs) : entre elles elles parlent de tout librement. Et toutes lisent le manuscrit de la fille, et toutes abondent, et le manuscrit sera publié illico (?), et cette folle de 18 ans déjà nanti d’un éditeur, et accessoirement d’un psy.
Dans l’ensemble des films de Pialat, il n’y aucun moment où on s’installe « pour en parler ».-
I.G.Y.
InvitéOk je comprends mieux. C’est tout à fait juste, j’ai bien senti que la totalité de la trilogie était traversée par une sorte de « syndrome du divan ».
Cela dit ça peut aussi documenter aussi quelque chose et non être le seul symptôme d’une faiblesse d’écriture. Je donne une anecdote : je connais un couple (précision importante : pas issus de la bourgeoisie, plutôt classe moyenne du Maghreb dont au moins un des deux a été naturalisé il y a 7-8 ans) qui a décidé il y a quelques années de se prévoir à date régulière une sorte de « moment pour en parler ». Littéralement. Une sorte d’institution au sens large, date prévue à l’avance dans l’agenda. Moi ça m’effraie mais manifestement ça leur convient très bien. Et ils d’ailleurs sont tout sauf effrayants (et pas du tout des macrono-bienveillants). On pourrait imaginer un film qui documenterait ça — tout en étant bien plus radical que la Trilogie d’Oslo, avec de meilleurs dialogues.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe l’avais dit concernant Reves : longtemps je me suis demandé, devant le film, s’il captait caustiquement des moeurs contemporaines. Et puis peu à peu il m’est apparu évident que le film participait de ces moeurs, et les épousait sans ironie, en toute adhésion.
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I.G.Y.
InvitéNote pour moi même : la cour de cassation ne peut rien « commuer » du tout mais seulement casser, ou rejeter le pourvoi. Charles s’est tu poliment
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MA
InvitéMerci IGY pour l’entretien Tsounami.
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DI
InvitéTrès déçu par Tsunami, j’ai eu l’impression que l’entretien était sponsorisé par un cabinet de psy, pourtant il aurait pas été trop difficile d’être un peu taquin sur ce point…
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younesbari
InvitéSalut tout le monde !
Petite question : savez-vous où trouver les films d’Olivier Zabat ?
J’avais vu et adoré « Arguments », et sur Wikipédia je vois qu’il a réalisé pas mal de films avant celui-ci.
Or, il m’est impossible de les trouver.
Si certains d’entre vous ont des pistes, je prends avec plaisir ! -
François Bégaudeau
Maître des clésje peux t’en filer au moins un si tu m’envoies un message sur facebook
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younesbari
InvitéJe fais ça de suite, merci François.
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I.G.Y
InvitéJe suis peut-être retardataire mais j’ai été cueilli hier par ce petit film d’1h15, Simone Barbès ou la Vertu de Marie-Claude Treilhou. Il est sur Mubi (je sais que certains l’ont ici). J’avais noté son titre en écoutant d’une oreille un Masque et la Plume avec Daney, où le film était unanimement loué.
J’ai eu un petit temps d’adaptation mais j’ai trouvé ça très bon. On suit une ouvreuse de cinéma porno vers Montparnasse à Paris (j’ai cru comprendre que c’était le métier réel de l’actrice principale). Il y a une sorte de poésie à la lisière du merveilleux qui progressivement émerge d’une captation aux bases réalistes. Une étrangeté mêlée de drôlerie (il y a notamment dans la première séquence une discussion complètement improbable avec un type qui je crois est désigné comme un « marquis », très amusant). La photo est aussi magnifique pour un si petit film.
Je ne sais pas si l’on pourrait désigner par « surréalisme » ce qui surgit de cette tension entre la base réaliste et cette mise en scène réglée comme du théâtre (par exemple dans la longue première séquence dans le hall, y compris avec le jeu permanent sur la bande son). En tout cas c’est le mot qui me vient
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Tony
InvitéOui je l’ai vu aussi cette année, c’est très drôle,je crois qu’on est dans la famille Vecchiali,que je connais peu malheureusement,la vie est courte,on est aussi dans cette période charnière de la fin des années 70 avant le retour puritain, c’est très libre, très joyeux,
un des meilleurs moments:
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I.G.Y
InvitéOui, Daney parle de ce Vecchiali dans l’émission en question. Force est de constater que non seulement je n’ai vu aucun de ses films mais je ne connaissais tout bonnement pas son nom.
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Tony
InvitéIl est mort récemment, l’année dernière peut-être,je connais peu ses films mais le bonhomme était intéressant, j’allais souvent sur son Facebook pour le lire,il avait un point de vue singulier sur les films qu’il voyait, c’était un polytechnicien qui a bifurqué pour suivre sa passion pour le cinéma,proche d’Eustache aussi,Samir a fait un beau Microcine avec lui,peu de temps avant sa disparition.
PS:son dernier film est sorti aujourd’hui,un titre clin d’œil à Godard Bonjour la langue.-
I.G.Y
InvitéAh c’est amusant, j’irai écouter ça, merci
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Lemeclá
InvitéHan! Joyeux cet extrait je sais pas, plein de vie oui, mais le constat est d’autant plus accablant que peu de choses ont changé, non?
Les injonctions paradoxales faites aux femmes ?
Y a un pendant masculin et 2010, mutatis et mutandis, de J.F, « un homme », sur ce qui est attendu d’un homme, en couple. La grosse différence est donc sur c’est une injonction plutôt privée, et pas societale : https://youtu.be/Hx97tnyF6mM?si=fwkGNwsTLuWCzLf8
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MA
InvitéSur les remakes au cinéma avec Frédéric Mercier et Théo Ribeton https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/le-mag-de-la-vie-culturelle/le-mag-de-la-vie-culturelle-du-mercredi-27-aout-2025-9694980
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Malice
InvitéMerci
j’ai revu La guerre des roses avec la reine Kathleen Turner et hormis la morale finale, j’ai passé un bon moment. Kathleen enterre Jean-Claude Vandamme dans les scènes de baston-
Tony
InvitéDingue je l’ai revu hier soir moi aussi!
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Malice
InvitéJ’avais oublié que le mari était si » amoureux »
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Tony
InvitéMouais, c’est ce qu’il dit mais est-ce si vrai que ça ?Certes il a encore du désir pour elle mais ce désir n’est-il pas aussi celui d’un propriétaire qui veut jouir de ce qui lui appartient et qui n’accepte pas d’en être dépossédé?Il est quand-même très attaché aux objets Mr Rose,sa collection de porcelaine en atteste et qu’elle veuille le quitter pour ne pas finir comme un meuble est tout à fait compréhensible.
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Malice
InvitéL’éclatage des statuettes est un grand moment d’ailleurs
A propos de Michael Douglas, je peux remplacer « amoureux » par « atteint par la passion » ( sachant que je ne superpose pas du tout « être amoureux » et « se comporter avec grandeur »). Le suspense est renforcé par les sentiments du mari, je trouve-
Tony
InvitéMoi j’adore quand elle lui roule dessus avec son 4*4 et qu’on le voit ressortir de la bagnole à plat ventre ou quand il écrase le chat et que sans aucune émotion il le jette dans un sac poubelle.
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Tony
InvitéLe coup de génie du personnage de Turner est d’en avoir fait une ancienne gymnaste,alors qu’ils viennent de se rencontrer on la voit faire le poirier et il y a ce plan hilarant où la tête de Douglas, complètement éberlué,se retrouve entre ses jambes, c’est génial,par la suite on le verra essayer de forcer un rapport et elle va réussir à s’en libérer en lui faisant une prise de catch en le coinçant entre ses jambes, trop forte.
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Malice
InvitéLa scène du grenier, un bon tract anti-viol conjugal
ça fait penser à Tom et Jerry, aussi ( ce dessin animé sm) -
Juliette B
InvitéCa donne envie de revoir Serial Mom avec la même géniale Katherin dans la foulée
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Juliette B
InvitéKathleen sorry
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lasso
InvitéSalut, quelqu’un aurait la critique de libé sur escape from the 21 century svp ? https://www.liberation.fr/culture/escape-from-the-21st-century-de-yang-li-le-temps-est-conte-20250827_H42ECZHEABAEVE4APC3JM4OZEU/
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Benoît
InvitéCritique
«Escape From the 21st Century» de Yang Li, le temps est conté
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Mêlant culture du jeu vidéo, cinéma d’art martial et nanar savoureux, le film foutoir raconte l’épopée intergalactique d’ados qui voyagent dans le temps pour sauver le monde après avoir éternué.
Les trois héros du film échappent au néant du nouveau siècle.
Les trois héros du film échappent au néant du nouveau siècle. (Charybde Distribution)
par Camille Nevers
publié aujourd’hui à 4h57
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Le cinéma pour petits garçons fans des Power Rangers, tel que Louis Skorecki l’a envisagé à Libé au tournant du siècle dernier, univers aventureux et infantile pour merchandising global, mixant série Disney et reboot des santai, des Bioman japonais, figurines de combat bariolées aux acrobaties défiant la loi de la gravité, le voici réalisé, exaucé, dans un film de la république populaire de Chine. Escape From the 21st Century, de Yang Li, connaît déjà un immense succès à travers le monde, festivals geeks et salles en délire. C’est bien un délire, régressif, transgressif, azimuté, mais pas du tout «malin», qui nous engouffre dans un zapping éperdu qui à la vitesse de la lumière oscille entre 1999 et 2019, spectacle pyrotechnique et forain offert à des milliers d’yeux écarquillés.
Ce grand film foutoir dont les effets-minute et l’invention continuelle concilient la culture de jeu vidéo et d’anime, le cinéma d’art martial et le coming of age teen, le conte féérique et les superhéros, débouche sur une vaste, irrésistible sentimentalité épique, une innocence intergalactique. C’est la parabole émouvante pour la jeunesse désenchantée, invoquant de sortir du monde virtuel en vue du sauvetage réel du monde. Cette foi dans les futures générations, une certaine propagande pyrotechnique pour des lendemains écolo-militants évitent au film le statut de jouet ultrabrillant à vide et la cacophonie des artifices, «post» à peu près tout : post-moderne, post-humain, post-apocalyptique, post-cinéma, post-ado, et postiche. Il s’agit encore d’un voyage dans le temps (sujet à la mode) : trois adolescents vivant sur la Planète K extraterrestre très semblable à la nôtre, se voient propulsés, par accès d’éternuements supersoniques, vingt ans plus tard en eux-mêmes futurs, pas tels qu’ils s’étaient promis de devenir dans leur corps, dans leurs amours, dans leurs mythologies. Alors tout est à refaire, à modifier, en allers retours temporels fantastiques, pour sauver l’ami, l’amour, la face.
Maturité fidèle à ses rêves
Chez Yan Li, le monde a moins besoin de comptables que de danseurs, de corps acrobates, de jeunesse pas raisonnable comme de vieillesse sans regrets. Bien meilleur que Everything Everywhere All at Once auquel on ne manque pas de le comparer, plus tenu dans l’entropie folle car moins victime de son énergie centrifuge et de son tourbillon d’images, moins le genre à se curer le nez. La prouesse formelle de Li, plutôt, façonne un sens supérieur et adulte de l’amour fou, de foi en l’humanité.
L’immature doit être surmonté, la maturité fidèle à ses rêves. Entre corps d’homme et mentalité de gosse, cerveau miniature et musculation hypertrophiée, les trois héros – Chengyong au destin maudit, Zha éternel amoureux transi, et Pao Pao, le gros devenu beau gosse qui parle toujours comme le petit gros qu’il fut – échappent par tous les points de fuite possibles au néant du nouveau siècle. Dès le titre qui signe sa mélancolie du futur, le point de vue est fait de bluette et d’éternité, le grand écart du nanar génial, entre les Washowski et Tsui Hark, Wong Kar-wai refaisant aux néons Megalopolis, émaillé de grandes et drôles répliques abruties : «Sortez de là ou je micro-onde le chat.»
Escape From the 21st Century de Yang Li, avec Ruoyun Zhang, Yang Song, Manzi Zhuyan… 1h38.
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Tony
InvitéJ’aimerais bien avoir vos avis sur deux films d’Ulrich Seidl que l’on peut voir sur le replay d’Arte, cinéaste que l’on pourrait classer dans la famille Haneke,plus trash et plus drôle aussi mais toujours un peu douteux(de l’art et du cochon en quelque sorte), très dérangeant et, à mon avis, à voir absolument.
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François Bégaudeau
Maître des clés1 je ne comprends pas cette case là d’Arte cinéma, qui m’a échappé.
2 Rimini est un très beau film – meme si glauque comme du Seidl
3 quel est le deuxième film?
4 si c’est le volet accolé à Rimini, il est très intéressant aussi, trouble mais trouble comme on aime-
François Bégaudeau
Maître des clésoublie 1 et 3
le deuxième film est bien celui que je pensais, Sparta, que je recommande
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Oscar
InvitéJ’avais aimé Rimini, merci pour l’info des replay. Ça me fait penser qu’il y a bientôt le Festival Augenblick dans l’Est. Cinéma germanophone. Une programmation qui pourrait vous plaire.
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Pout
InvitéJ’aimerais partager avec vous une réflexion sur le téléphone portable au cinéma – réflexion fraîchement nourrie par la découverte d’Eddigton (et toutes les remarques intelligentes que vous avez pu partager) et un film qui sortira le mois prochain mais qui a déjà fait grand bruit par l’histoire tragique enveloppant son oeuvre : Put Your Soul on Your Hand and Walk. Au plaisir d’avoir un retour, des suggestions, des ajouts, des contestations etc… « Téléphone : le cinéma est-il bigo ?
Imaginez la scène de Scream (Wes Craven, 1996) : la pimpante blonde Casey Becker décroche le téléphone. Au bout du fil, le souffle glaçant de son futur assassin. Transposons cette situation à l’ère du portable. S’offriraient à la victime diverses issues (de secours) : envoyer un SMS, géolocaliser sa position, filmer l’attaque et la diffuser en direct. Certes la victime serait toujours la même, ses cris toujours de désespoir, mais à l’arme du XXᵉ siècle — le couteau — répondrait celle du XXIᵉ : le portable. À quelques années près, le danger aurait changé de nature, et le suspense aussi. Avec son implantation toujours plus profonde dans nos quotidiens, le téléphone portable est devenu un enjeu narratif à part entière au cinéma, en témoigne Buried (Rodrigo Cortés, 2010) où le portable devient l’unique oxygène d’un homme enterré vivant.
Au-delà de la fiction, le portable est devenu l’écran principal de nos existences, reléguant peu à peu la télévision au second plan. Plus qu’un outil, il agit comme un nouvel organe vital. Cette tendance est renforcée par l’usage intensif de plateformes énergivores et chronophages : Youtube, Tik Tok, Netflix et consorts. Désormais, le téléphone est portable. Il transmet et structure nos expériences filmiques, consommées en continu, partout et tout le temps. Ce basculement n’est pas qu’une question de temps d’écran : il témoigne d’une véritable mutation anthropologique. Sherry Turkle, psychologue et sociologue des technologies, le résume bien : “Autrefois, nous pensions que nos portables serviraient à ce que nous parlions entre nous. Désormais, ils sont là pour nous parler à nous.”
Le portable n’est pas seulement un outil de consommation : il est aussi un outil de création. Des cinéastes comme Soderbergh (Paranoïa, 2018), Sean Baker (Tangerine, 2015), ou Boyle (28 Ans plus tard, 2025) ont tourné des films entièrement ou partiellement à l’iPhone. Cette plasticité explique son ambivalence : messager de bonnes nouvelles (coordination, appel à l’aide, confort) et annonciateur de drames (venus ou à venir, addiction, consommation énergétique). Omniprésent, omnipotent, le portable est mobile par définition. Mobile territorialement, socialement et politiquement. Tantôt arme des puissants, outil de surveillance ou de contrôle, tantôt arme des faibles, témoin d’abus — notamment des violences policières lors des Gilets Jaunes — il influence et infléchit nos vies.
Autre ambivalence, le brouillage entre spectateur et spectacle se poursuit jusque dans les cinémas, où désormais certaines salles deviennent le théâtre de mise en scène où le spectateur, usant de son téléphone, devient acteur filmant ses réactions à des séquences spécifiques de film. Cette omniprésence des écrans est bien évidemment une question politique. Mais c’est aussi une question de cinéma : comment témoigner, en tant qu’artiste, de l’arrivée massive des écrans à travers l’usage d’un même écran ? Nombreux furent les cinéastes à s’y essayer, la grande majorité sans éclat. Jusqu’à la survenue de deux films, séparés par quelques murs au Festival de Cannes : Eddington d’Ari Aster et Put Your Soul on Your Hand de Sepideh Farsi. Deux œuvres qui, chacune à leur manière, comme des enquêtrices, travaillent le mobile du téléphone dans nos vies.
En mai 2020, à Eddington, petite bourgade du Nouveau-Mexique, la confrontation entre le shérif local Joe Cross (Joaquin Phoenix) et le maire (Pedro Pascal) met le feu aux poudres. Dans cette miniature d’une Amérique blanche, Ari Aster convoque les codes d’un genre fondateur du cinéma américain : le western. On y retrouve la présence des Indiens – seuls lucides dans ce festival d’idioties, dont l’histoire se retrouve être à nouveau écrasée, ici par la chute de Joe Cross dans un musée consacré à leur mémoire – les grands espaces et la poussière, les bottes et les chapeaux. Dans le western, la communauté isolée est menacée. Dans Eddington, l’est-elle davantage par le Covid – l’ennemi extérieur – ou par l’installation d’un centre de données ? On y reviendra… Avec un nouvel élan, Ari Aster fait renaître un genre, clin d’œil au maître étalon de la discipline, John Ford, avec le passage d’un extrait à la télévision de Vers sa destinée. Le western, c’est aussi l’art du duel, du face-à-face où se joue la tension entre la loi de l’État et la loi du colt, renversée savamment ici par la loi… du portable dans un affrontement entre Joe Cross et Ted Garcia. Le premier à dégainer son combiné à gagner. Si le geste est vidé de sa violence directe, il a des effets politiques plus insidieux : l’écran prostitue la parole, incline les corps, modifie les attitudes, dicte des postures. Le geste n’est plus spontané, mais dicté par l’image.
Dans Eddington, la ville est là, bien là, jusque dans son titre, mais vidée de sa substance : la fête du saloon, chez Monsieur le maire, est viciée par la distance sanitaire ; la ville n’est plus espace de conquête ni lieu de sociabilité. D’ailleurs, le premier à qui on fera la peau, est le seul “déconnecté”, le seul qui a littéralement les pieds sur la terre. Sans son arme, l’homme est hors-jeu. Ici, chez eux comme chez nous, le nez de chacun est rivé à son portable, absorbé par un flux permanent qui inonde un cadre, celui des quatre angles de son écran, structurant la ville d’Eddington, sa réalité et la délimitant. Le portable accapare l’attention, rendant maladroits les gestes de chacun : absorbés par leurs écrans, un homme manque de chuter, Joe Cross fait déborder son café, sa belle-mère devient vulnérable aux théories complotistes et aux informations fragmentaires. Abandonnés à leurs écrans, les habitants sont incapables d’écrire une histoire commune. Le portable fait écran à la politique. À Eddington, personne ne pense plus les structures collectives, ni même la possibilité d’une action commune. Cette abdication silencieuse prépare le terrain pour l’intrusion d’un nouveau pouvoir : celui du data-center. Un centre de données, ce n’est ni plus ni moins que celui qui capte les informations, incarnant l’inconscience collective d’une ville qui n’a plus de pensée propre : tout le monde y laisse son esprit, une partie de son âme. Si Joe Cross termine dans un état végétatif, seul le marché continue sa marche. À la toute fin, la ville d’Eddington est reléguée à la marge, laissant le cœur du cadre à ce cube de technologie. Aster signe ici un western vidé de son souffle originel – à l’exception d’un haletant climax – mais saturé de vérités contemporaines : il restitue, pour la première fois peut-être, pas seulement l’abêtissement de populations face à la technologie, mais comment l’écran est devenu la condition même de l’oubli politique.
À l’opposé du spectre américain dépeint par Aster, Put Your Soul on Your Hand de Sepideh Farsi fait du téléphone non pas un instrument de paralysie politique mais l’ultime outil de résistance et de transmission. Dans ce film, plus de 90% des images sont issues d’une mise en scène simple : un téléphone (celui de la réalisatrice) filmant un autre téléphone (un autre de la réalisatrice) sur lequel apparaît le visage souriant de la photo-reportrice Fatima Hassouna. D’abord bloquée à la frontière par l’armée israélienne pour entrer en Palestine, Sepideh Farsi utilise les ondes d’un téléphone pour dépasser les barrières physiques. Pour autant, l’appareil n’est pas neutre : brouillages, bugs, parasites témoignent que la guerre elle-même traverse le réseau. Le téléphone devient alors la preuve matérielle d’un territoire assiégé, là où la défaillance technique se fait trace de la violence politique. Déjà, dans Téhéran sans permission, la cinéaste avait fait du portable une arme de dissimulation, permettant de tourner malgré la censure du régime iranien dans son propre pays. Plus encore ici, Farsi inverse la grammaire documentaire : elle ne braque pas la caméra sur un individu regardé. Au lieu d’un rapport vertical entre filmeuse et filmée, le téléphone instaure une égalité des moyens, une égalité des voix. Deux femmes s’écoutent, se répondent, se rencontrent par cet outil fragile et démocratique dans un espace commun, celui de l’inter-face. Avec ce téléphone, cet outil partagé par tous, Sepideh Farsi juxtapose deux réalités : une réalité médiée (les journaux télévisés – qui nous rappellent que Gaza est un conflit médiatisé (certes pauvrement) sur lequel nous n’avons qu’une puissance lointaine, un regard distant qui ne passe que par les écrans) et une réalité vécue (celle de Fatima). Ainsi, on éprouve le sentiment de regarder à la fois Gaza de l’extérieur et de l’intérieur. En choisissant de filmer avec son téléphone, Sepideh Farsi répond à l’urgence d’emmagasiner des images, étant elle-même en tournée pour son film La Sirène. Le téléphone est mobile comme son utilisatrice. Si l’esthétique n’est pas léchée, cette dissonance formelle déjoue aussi nos habitudes, impossible de “consommer Gaza” comme on le fait du reste sur nos écrans. En ne reconstituant pas les scènes, en montant son film au fil des rencontres, en refusant de plaquer des analyses (géopolitiques, économiques, historiques…), en rejetant le fait de rejouer des scènes avec Fatima, Sepideh Farsi respecte sa volonté initiale : grâce au seul médium qu’est le téléphone, l’unique qui puisse rendre fait des exactions à Gaza, elle donne à penser et à voir une histoire qui ne cesse de s’effacer.
Ces deux films se répondent comme un miroir inversé. À Eddington, le téléphone enferme, absorbe, déstructure ; il vide la communauté de sa substance, suspend la politique. À l’opposé, chez Farsi, le même appareil devient une arme fragile et démocratique : il relie, documente, témoigne, et permet de franchir des frontières physiques. Ensemble, ils dessinent le spectre large du téléphone au cinéma : un outil de distraction qui vide nos potentiels politiques ; un instrument d’émancipation, d’observation critique capable d’éclairer un pan entier d’une histoire de l’humanité en proie à l’effacement. Dans ces deux visions, le portable cesse d’être un objet : il devient acteur, capable de révéler ou d’effacer, d’éclairer ou de distraire, nos vies et nos histoires.-
I.G.Y
Invité« Un centre de données, ce n’est ni plus ni moins que celui qui capte les informations » : en effet, je n’avais pas perçu la symbolique jusqu’à ce point et je ne sais pas si c’est intentionnel de la part d’Aster mais c’est intéressant. Le datacenter ne serait alors pas le simple symbole d’un capitalisme imperturbable, mais très littéralement ce qui se nourrit, ce qui est alimenté par le conflit politique « écranté ».
Si Aster avait fait grossir le datacenter au fil du film, on aurait presque été certain que cette interprétation n’est pas sur-interprétation
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Seldoon
InvitéQuelque part il grossit, puisqu’il est construit entre le début et la fin du film.
En revoyant Eddington hier soir, j’ai été frappé par la présence des téléphones au-delà des bulle algorithmiques : mari et femme ne se parlent (indirectement) que par téléphone interposé (dans la vie ils se tournent souvent le dos ou sont séparés par une vitre), l’échange d’informations/chantages/etc se passe sur ces petits écrans (du fils du maire au jeune woke au policier noir)… Et Aster redouble d’efforts tout le long pour incorporer les écrans dans les scènes : on a rarement un simple « insert téléphone ». Il y a presque toujours un truc pour le ramener dans la scène : reflet de celui qui regarde l’écran, mouvement de caméra pour passer du macro au micro, amorce (le shérif se filmant : on voit sa main bouger en amorce en bordure de cadre)… Et bien sûr, même si je crois que ça avait été noté ici : le sherif poste deux vidéos en ligne. Après la première, il se justifie à sa femme : j’aurais du t’en parler avant, mais je l’ai postée tout de suite « pour ne pas y réfléchir ». Quand son adjoint lui demande s’il est sûr de poster la seconde : « Don’t make me think, post it! » Les deux fois, ce n’est pas sans réfléchir mais pour ne pas.-
I.G.Y
Invité« Quelque part il grossit, puisqu’il est construit entre le début et la fin du film. » : c’est vrai, je m’étais fait cette objection. Mais c’est assez peu, je me souviens qu’Aster ne travaille pas cette idée via le montage ou autre, je doute qu’il ait tellement eu en tête la littéralité radicale de la métaphore.
Et je n’avais pas repéré ce jeu autour de « ce n’est pas sans réfléchir mais pour ne pas ».
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Pout
InvitéJ’étais aussi passé à côté de ce jeu : « le souhait de ne pas réfléchir. » Très intéressant ! Quant au fait de nourrir le data center, effectivement il est construit entre le début et la fin. Surtout, entre le début et la fin, il prend place au milieu de l’écran reléguant à la marge la ville d’Eddington. Peut-être a-t’il voulu éviter des images, souvent ridicules, à la Jimmy Neutron ou Lucy, de matières nourries par des informations qui grossissent à vue d’oeil pendant le film.
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Karim
InvitéJ’ai vu Put Your Soul on Your Hand de Sepideh Farsi il y a quelques mois et je l’ai trouvé franchement horrible. Mais j’ai tout de suite su à qui ce film allait plaire : toutes les “humanistes” et soc-dem à la Sfar, Horvilleur, Golem, Faure, Tondelier, etc., qui aiment dénoncer à la fois la méchanceté de Netanyahou et celle du Hamas.
« le téléphone instaure une égalité des moyens, une égalité des voix. »
Une phrase très idéaliste. Peut-être que ça marche si je suis à Nancy et que je parle à un pote à Bordeaux. Mais dans le cas d’un film, il faut prendre en compte tout le processus de production. Ici, on voit bien que c’est la réalisatrice qui dirige la conversation, avec des questions souvent médiocres, et surtout qu’elle garde le contrôle total au montage : elle choisit ce qu’elle veut montrer de l’entretien et des images. Et tous les extraits des médias insérés sont là pour appuyer sa ligne : “Netanyahou et le Hamas sont méchants.” Une phrase, d’ailleurs, qui apparaît à la fin du film.
Je vais même plus loin : Fatima Hassouna – que j’adorais, paix à son âme – correspond au profil qui séduit un certain public, notamment celui de Cannes : une femme belle, souriante, photographe, donc une victime idéale, une “perfect victim” comme le dit Mohammed El-Kurd. Un geste plus subversif aurait peut-être été de donner cet espace à une personne issue de la résistance palestinienne, ou proche de la résistance. Mais dans ce cas, il est peu probable que le film ait bénéficié de toute la gloire de Cannes ou d’une distribution en salles en France.
Bref, un film médiocre.-
Pout
InvitéJ’ai beaucoup plus d’estime esthétique pour Eddington que pour Put Your Soul on Your Hand. Je ne crois pas que Sepideh Farsi soit une grande réalisatrice -loin de là – et je ne le défends pas comme tel dans mon propos, ni que son film soit un grand film. Je ne le pense pas. J’essaye principalement d’exprimer ce que le téléphone permet, ce qu’il occasionne. En ce sens, il m’intéresse et je crois que le téléphone peut beaucoup, davantage que le permet la caméra, qui reste tout de même l’outil originel du cinéma. Que peut le cinéma dans un tel conflit ? C’est aussi une question qui m’intéresse. Je ne suis pas idéaliste, ni naïf, Sepideh Farsi détient bien les clés du camion (de montage) et sera bien l’ultime maîtresse de son film. Ce que je dis pour Eddington fonctionne pour la fiction, fonctionne aussi pour le documentaire, peut-être plus : « l’écran (la caméra) prostitue la parole, incline les corps, modifie les attitudes, dicte des postures. » Ne soyons pas naïfs : quels sont aussi les intérêts de Fatima Hassouna à répondre à ces questions, à marcher des heures pour obtenir une connexion et échanger avec une réalistrice ? Dans le cas de Sepideh Farsi, malgré le fait qu’elle dirige son film, elle ne fait pas rejouer des scènes à sa protagoniste, elle lui offre un terrain propice où partager ses impressions, ses remarques, sa voix (poèmes et chansons) et ses oeuvres photographiques. Qui le fait aujourd’hui ? Qui l’a fait hier ? Si les films palestiniens (From ground Zero, Bye bye Tibériade, No Other Land…) se font plus nombreux sur les écrans français, ils n’existent vraiment qu’à la marge : marge du documentaire, marge du film palestinien. En restant sur place, en documentant son quotidien, Fatima Hassouna n’est-elle déjà pas une figure de la résistance ? Le téléphone permet ça. Permet à tout ça d’exister encore.
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Ostros
InvitéConférence de Momci sur Pialat, à la cinémathèque le jeudi 11 septembre à 19h :
https://www.cinematheque.fr/intervention/516991.html-
MA
Invité-
Ostros
InvitéMerci !
Pour compléter, j’ai retrouvé un cahier du cinéma dédié à Pialat avec un texte de François inside. Je me demande si je ne l’avais pas copié ici quelque part quand je l’avais reçu de leurs archives. Si ce n’est pas le cas j’essaierai de le recopier.
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younesbari
InvitéSalut tout le monde !
J’aimerais davantage explorer le genre « documentaire » ; Wiseman et Wang Bing figurent dans ma liste.
Avez-vous d’autres noms de documentaristes à me recommander ? J’en connais vraiment peu.-
Malice
InvitéJean Rouch
Werner Herzog-
I.G.Y
InvitéJ’aurais totalement oublié Herzog, j’ai vu son Petit Dieter doit voler, dont l’objet est une personne effectivement aussi étonnante qu’ambivalente.
Sinon Mao avait conseillé ici ‘Une guerre civile : Elisabethtown » (Arte).
Saravah sur l’histoire de la Samba et la musique de Rio, formidable (beaucoup de musique live).
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Malice
Invitéj’aime beaucoup le docu de Kiarostami, TEN
je recommande aussi » l’homme aux mille visages » de Sonia Kronlund-
Alexandre
InvitéCoucou Malice
Juste un p’tit ajustement : Ten, qui est en effet un film génial, n’est pas un docu.Sinon, parmi les très grands documentaristes, il y a le Claude Lanzmann de Shoah, le Rithy Phan de S21 et de L’Image manquante et bien sûr Marcel Ophuls, qui nous a quitté il y a peu.
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Malice
InvitéJ’ai été confusionnée par le fait que Mania Akbari se joue elle-même
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Alexandre
InvitéDe toute façon, c’est pas une aberration : le documentaire n’est jamais loin chez Kiaro.
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François Bégaudeau
Maître des clésComme chez son continuateur Panahi
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François Bégaudeau
Maître des clésOccasion de rappeler, ou de dire je ne sais plus, que le ciné club commencera, le 30 septembre, avec Close up
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younesbari
InvitéDommage que je sois de Lille, sinon je serais venu. Ce film m’avait plu et décontenancé, je ne sais pas trop quoi en penser.
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Linconnu
Invité@younesbari « Dans ma tête un rond point » de Hassen Ferhani , c’est quelque chose.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui
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François Bégaudeau
Maître des clésson film suivant aussi
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Cynthia Lennon
Invité
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Alexandre
InvitéN’oublions pas le grand aîné du documentaire : Robert Flaherty.
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Malice
InvitéQui a regardé « Le ciel rouge » sur arte ce soir?
Un héros contrariant et contrarié dans un film qui commence un peu comme La Collectionneuse de Rohmer
Un contraste intéressant entre personnage rendu malade par son propre nombril, dans une nature malade elle aussi ( le ciel rouge est celui des incendies de forêt)-
Tony
InvitéJe voulais savoir ce qu’il avait dans le ventre ce Petzold et j’étais bien décidé à le regarder mais au bout de 10 minutes j’ai abandonné, peut-être ai-je eu tort mais ça m’a paru très mal parti,en tout cas je n’ai pas vu un cinéaste très puissant et la motivation d’en savoir plus sur ces deux crétins n’y était pas.
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François Bégaudeau
Maître des clésVu Ondine hier soir
Petzold c’est toujours intéressant et inabouti
Ainsi le portrait d’écrivain proposé par le Ciel rouge touche quelque chose, ce qui est rare, puis le dilapide.-
Charles
InvitéJe crois n’avoir vu que le Ciel rouge qui m’a paru assez artificiel. Cet écrivain frustré, atrabilaire devient vite très pénible et on se demande bien ce que les autres personnages du film peuvent lui trouver et même le supporter. Le personnage de Beer est peu crédible, très théorique, fantasmatique, contrepoint idéal à celui de l’écrivain. Le reste du scénario – les incendies, la tragédie finale – me paraît un peu opportuniste, une façon de faire contemporain et politique à peu de frais.
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Malice
InvitéChose qui m’a un peu déçue dans le film : je pensais qu’il se terminerait ironiquement sur le jaillissement du roman du mécontent, qui aurait eu besoin d’une tragédie atroce pour écrire « mieux »; la dernière séquence m’a paru essayer de se faire pardonner la tension ( que j’ai trouvée souvent drôle) qui monte pendant tout le reste du film. J’aurais probablement terminé le long métrage sur la fille qui tourne le dos et s’en va, à l’hôpital.
Il y a quelque chose de Daniel Clowes dans « Ciel rouge » qui m’a fait me sentir chez moi : le perso de râleur, qui n’arrive pas à se détendre et être cool, les situations crispantes, humiliantes-
Malice
InvitéDans son film » art school confidential », on retrouve aussi un jeune artiste qui n’y arrive pas, ni à créer son oeuvre ni à se lier à la fille ( mais le film est beaucoup plus cruel/drôle)
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Claire N
InvitéVu et quelque part je comprends ta curiosité
La mienne s’est aiguillée assez vite sur la « fluidité « dans les situations impliquant la coopération
– l’absence presque de « cognition sociale « –
La scène de la panne ou le personnage principal ressemble à un oisillon tombé du nid;
Les scènes dans la maison : principalement la vaisselle ou la préparation des repas
J’ai trouvé intéressant qu’il se laisse complètement en dehors de ses activités, tout a son empêchement de disposer de son temps
Je n’ai pas forcément apprécié qu’il change complètement d’attitude en face de l’éditeur : se montrant capable de lui servir le thé ou de choisir sa chambre d’hôtel
Ça « enlève « cet empêchement pour le placer dans le cadre des intérêts sociaux-
Malice
Invitéça m’a paru logique qu’il se mette en frais face à son éditeur, qu’il stresse en attendant ses remarques
quand l’éditeur est apparu, l’incapacité de Léon à se détendre m’a paru fortement liée à l’enjeu de la publication de son deuxième roman
ça expliquerait aussi son agacement face à son ami plus détendu et insouciant que lui
Reste qu’au début du film j’ai aimé que différentes pistes expliquant sa mauvaise humeur soient ouvertes; je me suis même demandé à un moment s’il avait un trouble autistique l’empêchant de communiquer facilement avec les personnes qui l’intéressent
j’ai aussi pas mal pensé à l’artiste de Showing up qui est saoulée par les « petits » événements qui l’empêchent de bosser ( le pigeon à gérer par exemple)-
Claire N
Invité« j’ai aimé que différentes pistes expliquant sa mauvaise humeur soient ouvertes »
Oui tu touches là quelque chose
Et effectivement c’est bien cette partie là la plus intéressante ; et dans un sens tu précises mon agacement à moi : effectivement la seconde partie referme sur une seule piste son intranquilite
J’aimai bien son agacement – la jonction avec showing up est bien vu
J’ai ete un peu surprise aussi du personnage féminin qui s’annonce par une occupation de l’espace particulière et se meu très rapidement en fille comprehenssive – la « rivalité « n’est pas exploitée forcément sur l’angle de sa vitalité c’est dommage
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Stéphanie
InvitéPareil, je n’ai pas tenu pour Le ciel rouge, ce réal me laisse tjrs très indifférente, des films plats , c’est mon ressenti à chaque fois . J’irai voir Miroir ( pour Ravel!).
J’ai vu Rimini , choc , beauté et déprime assurée de ce très beau film. Un air Akerman, de Kurosmaki .
Je regarderai son film précédent sur Arte. -
Stéphanie
Invitéhttps://www.arte.tv/fr/videos/113648-000-A/sparta/
A voir lorsqu’on a la pêche.
Merci Tony pour la découverte. -
Le mec là
InvitéLien vers une liste de film en téléchargement direct:
https://docs.google.com/spreadsheets/d/1_3i8WnzGFot-qvF_NVrfGrtkhD3WM1bk24M6QgWlBJI/edit?g=&pli=1&gid=1642848392#gid=1642848392Beaucoup de films HK mais aussi y’a un peu de tout, notamment du Serra, la totale kore eda, kurosawa…..Je viens de récupérer A bullet in the head en 4k.
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noir extatique
InvitéMerci bcp pour cette anthologie
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..Graindorge
InvitéGénéreux partage. Merci Le mec là! Je ne m’en servirai probablement pas parce que je sais pas y faire et que je m’en fiche un peu de pas avoir ce savoir-faire là mais ça fait très plaisir quand même!
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Le mec là
InvitéHonnêtement tu n’as qu’à cliquer sur le nom du film. Tu lances le téléchargement dans la page qui apparaît et voilà.
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graindorge
Invitéça marche, j’essaierai. Merci Le mec là
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François Bégaudeau
Maître des clés« Généreux partage. Merci Le mec là! Je ne m’en servirai probablement pas parce que je sais pas y faire et que je m’en fiche un peu de pas avoir ce savoir-faire là mais ça fait très plaisir quand même! »
Juste le plaisir de citer-
François Bégaudeau
Maître des clésLe mec là : les films ne sont pas sous-titrés pour la plupart, non?
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Le mec là
InvitéPeut-être pas en FR, mais normalement tu as au moins une piste sous-titre anglais. Après si tu tapes sur google le nom du film + « .srt » et « fr » ou « french », tu devrais trouver. Après il suffit d’ajouter le srt que tu auras trouvé à la lecture du film (avec le logiciel e lecture vlc par exemple). Si c’est décalé tu peux même les recaler à la volée avec les touches h et j de ton clavier.
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François Bégaudeau
Maître des clésok merci
il me semble pourtant que certains films ne comportent même pas de sous titres anglais, qui me suffiraient
(exemple : fellow citizen, de Kiarostami)-
Le mec là
InvitéOuais j’ai pas tout checké j’avoue.
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Le mec là
InvitéUn petit échantillon de profils X qui balance comme ça des films, avec donc parfois des listes qui récapitulent toutes leurs « releases »:
@CabanaDrives2
@CabanaDrives
@coltranefanboy (je crois que c’est sa liste que j’ai partagé)
@RopesOnRoses (plus sur des B movies asiat fauchés)
@sqwzdrive
@OGxCR7
@chungking151994
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..Graindorge
InvitéJe t’ai proposé de quitter ton forum La proposition tient toujours. Si je ne peux pas m’y amuser comme bon me semble, tu comprendras que c’est moins …amusant. J’y aurais ouvert pas mal d’ entrées sympas, non? J’en partirai un peu tristounette mais reconnaissante.
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François Bégaudeau
Maître des clésTu prends souvent la liberté de dire ici n’importe quoi, accepte que d’autres prennent la liberté de se moquer de ce n’importe quoi.
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..Graindorge
InvitéSans citer les n’importe quoi? Et toi tout seul, tu es » d’autres » ?
Des voisins, des connaissances, des amis, m’ont déjà proposé de m’installer je sais plus quoi pour avoir mille chaînes,voir des centaines de films et de documentaires, de les passer de l’ordinateur à l’écran télé. Un grand WOUAH! C’est non. Point barre. Tu es, je crois, mal placé pour savoir comment j’utilise mon temps et pourquoi je préfère me contenter de prendre des films à la mediathèque ou à l’occasion aller à une cinémathèque. Ce qui ne m’empêche pas de reconnaître la générosité des partages de Le mec là et d’autres. Et de remercier.
Et j’ai répondu que j’essaierai d’en voir. Quelques uns. Pas plus.
Ici, récemment, j’ai partagé des citations, des tableaux, des infos dans Luttes et Génocide des Palestiniens, des poèmes, des chansons. j’ai répondu à des questions de Tony et j’ ai rigolé sur les quiches.
« Tu dis souvent n’importe quoi »??? Pour accepter ta liberté de te moquer, il faudrait que je sache de quel n’importe quoi il s’agit. Que tu les signales aux moments dus ces N’importe Quoi! Ne serait- ce que pour m’auto-corriger. Surtout si c’est » souvent » comme tu dis. Au lieu de ça, tu déposes ta crotte 10:06 » juste le PLAISIR de citer » avec ton petit sourire Jekyll gnafgnaf . Plaisir de citer seulement? L’écrivain de Psychologies en est sûr? Certain?
Allez! Dernier jour d’août: la mer est belle! Il y a du vent chaud, des grosses vagues. Des gamins font du surf. J’écris à l’ombre d’un palmier. J’ai avec moi À Brest que j’ai bientôt fini. Je me proposais avec l’enthousiasme qui me caractérise d’en parler.
Mais tu dégoûtes, tu décourages, tu enfonces. Tout le temps. Les compliments c’est juste pour les vip?? Certes Seigneur dit qu’il faut être indifférent à la louange comme au blâme. Faut pas pousser quand même: un petit mot gentil toutes les morts d’évêques, je suis preneuse!
L’enthousiasme ça doit être aussi du n’importe quoi.
J’en parlerai quand même de À Brest parceque c’est une équipe qui l’a écrit.
Ma proposition de quitter ton forum n’a pas de date de prescription.
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Invité@le mec là
ça m’aurait intéressée mais j’obtiens ça : « le quota de téléchargements du fichier ayant été dépassé, vous ne pouvez plus le télécharger »
est-ce qu’il y a par hasard un moyen de relancer la machine ?
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younesbari
InvitéJe me lance dans la filmographie de Sophie Letourneur.
Pour l’instant, j’ai vu, et beaucoup aimé, « La Tête dans le vide », « Roc & Canyon » et « Le Marin masqué ».
Peut-on se risquer à faire un rapprochement entre son cinéma et celui de Rohmer (que j’aime aussi beaucoup) ?
J’entends par là une certaine insouciance à filmer les rapports humains (notamment filmer les jeunes) avec une grande maîtrise de la mise en scène et des moyens cinématographiques. Il y a chez eux une certaine idée exigeante de la forme.
Qu’en pensez-vous ?-
François Bégaudeau
Maître des clésOui la filiation peut se défendre. Mais Letourneur a tellement inventé son cinéma à elle – ce qui t’apparaitra en avançant dans l’oeuvre- qu’il est difficile de la comparer.
Elle est d’ailleurs plus radicalement naturaliste que Rohmer – qui lui est plus ironiste.
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..Graindorge
Invité,
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Charles
InvitéTexte de Joudet sur le Trier et plus largement le cinéma bourgeois : https://www.hors-serie.net/lauteurisme-est-il-devenu-un-truc-de-decorateur-dinterieur/?fbclid=IwY2xjawMhXMpleHRuA2FlbQIxMQBicmlkETFVb203NnFETXQ0bW1NeDJaAR7spVutu1JLrkfxY3JRPVGFKgqsvE6DLnBx7vAJJ5S30m1NgjQjBYGVoagrgg_aem_vXAgf5B8Ge40jBlbG1HmcA#a54b2612-ab81-4ffa-a3ec-5ddf631afb05
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François Bégaudeau
Maître des clésexcellent
Joudet est en train de devenir une très bonne critique, et elle a son style à elle
beaucoup d’idées ici, notamment ceci : « Elle consiste à reconduire indéfiniment, film après film, la conscience que ses personnages ont de la sophistication de leurs affects, de leur histoire, de leur passé et de leur mode de vie. Et, par contamination, cette conscience permet au public de se sentir sophistiqué. »-
Charles
InvitéLe texte est en effet intéressant même si je trouve qu’il met du temps à en venir au fait et à dire précisément ce qu’elle attendrait d’un cinéma montrant des bourgeois. Ce qu’elle veut c’est tout simplement un cinéma qui ne soit pas dévitalisé. Un critique marxisant dirait sans doute que la condition bourgeoise contient en son sein une forme de dévitalisation, que c’est sa pente naturelle, que sa vitalité est celle de son intérieur (pour rejoindre Joudet).
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai dit qu’elle devenait une très bonne critique, je n’ai pas dit qu’elle était devenue marxiste spinoziste et guardioliste
Disons que sur le sujet elle est largement au dessus de Frustration-
Charles
InvitéEt grand bien lui fasse.
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Le mec là
InvitéJ’avoue que je suis rarement d’accord avec elle, mais là le texte est assez scotchant. Après reste la possibilité que ce qu’elle discerne soit exactement ce que Trier voulait démontrer de façon un peu nihiliste. Faut que j’aille le voir pour constater ça. Julie en 12 chapitres semble tellement loin de ce que Joudet semble ne pas aimer dans Valeur sentimentale.
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François Bégaudeau
Maître des clés« ce que Trier voulait démontrer de façon un peu nihiliste. »
je ne crois pas à cette piste, je n’y crois jamais
et c’est Trier qui a voulu, en tout cas permis, les grimaces de ses acteurs-
Pout
InvitéTexte qui fonctionnerait pour le dernier Almodovar et sa décoration d’intérieur.
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François Bégaudeau
Maître des cléstout à fait
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monami
Invitébien après la bataille, j’y suis allé aussi de mon avis sur ce film frauduleux. Cela dit l’accusation de cinéma bourgeois me laisse dubitatif, elle m’apparait souvent comme un bouche-trou conceptuel, pour donner à ses dégoûts une noblesse subversive
Valeur sentimentale de Joachim Trier : une performance de air cinéma
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Jules
InvitéBonjour ! On m’a parlé du docu « au-delà de la haine », de Olivier Meyrou, j’aimerais le voir ! Je ne parviens à le trouver nulle part en ligne : qqun aurait-il un lien ?
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Antonin
InvitéVu Eddington hier soir : je me suis plongé dans ce contre rythme sans trop de difficulté ( contre rythme musical ; jeu de Phoenix et Pascal presque sans cesse en désamorçage de la hauteur de voix qui produit des conflits avortés ; plans qui bercent et accompagnent le mouvement jusqu’au bout cf : Phoenix qui se met au lit et plein d’autres que je n’ai plus en mémoire là tout de suite) tout en ayant conscience que je regardais un film qui se jouait de nos attentes. On sait pas trop où on va et ça fait du bien.
Quant on a déjà vu des films d’Aster on attend le point de bascule ( accident de voiture « Hérédité » ; chute des corps sur la pierre dans « Midsommar ») qui fait passer le film dans un autre segment et…. il arrive comme attendu. Je savais pas si je devais embrasser cette bascule en me disant » c’est un gimmick, ça ne me surprend plus » ou au contraire » accepte, c’est agréable de se sentir plus intelligent ». Le problème n’est pas tant cette signature de la bascule mais plutôt ce qu’il en fait après. J’ai l’impression qu’il y avait matière à nous laisser dans un flottement étrange où les fils narratifs ne trouveraient pas leurs fins pour pousser les limites de l’expérience. Là le curseur de la violence augmente ( on peut y voir qqch de suprenant) mais c’est sur des rails et on n’est en définitive devant un enchaînement de conflit qu’on peut anticiper ( cf le plan de l’avion qui arrive avec les « terroristes »…). Plus tellement de contre rythme…-
Dr Xavier
InvitéJe rebondis sur ton message pour demander ce que vous avez pensé de la représentation des manifestations dans ce bled paumé. Je lis ici et là qu’Aster serait « surplombant », ferait des « caricatures complaisantes. » Je ne suis pas du tout d’accord, j’y vois une représentation assez réaliste d’un petit nombre d’individus qui sont sincèrement touchées par une injustice, et qui tentent une pauvre manifestation collective alors qu’ils sont en nombre limité, ont conscience de leur impuissance (la fille vaguement « meneuse » dira au jeune amoureux woke-en-devenir qu’il faudrait peut-être aller rejoindre une autre manifestion plus importante) et se donnent des rituels pour ne pas y penser (scander des slogans, s’agenouiller). D’ailleurs les slogans ne sont pas ouvertement débiles, pas de « kill the rich. » Et puis il se passe enfin quelque chose dans cette ville, c’est la première fois que la voiture du shérif est enfin stoppée nette dans sa circulation incessante de la ville. Le jeune woke-en-devenir qui récite son laiüs au dîner parental a fait rire la salle, rire est créé par le décalage avec l’incompréhension paternelle (Are you out of your fucking mind? You’re white!), alors que son propos se tient plutôt bien et n’est pas comique en soi. Quiconque a déjà participé à une pauvre manifestation de 30 parents pour éviter une fermeture de classe ou à une tentative de blocage de lycée, ou encore tenté à 18 ans d’expliquer maladroitement des idées gauchistes à des parents de droite ne devrait pas être dépaysé.
Je suis sorti du dernier tiers du film avec l’arrivée de l’escardron en jet privé, je voulais encore penser aux deux premiers tiers. Ceci dit je me vois bien un jour relancer le film seulement sur le dernier tiers pour jouir de cette grande séquence d’action.-
Seldoon
InvitéIl est aussi possible que les « manifs » qu’on voit dans le film nous semblent ridicules, en nombre comme en attitude. Mais on me confirme que ce sont simplement des manifs américaines (et que là bas ce genre de manif t’emmène tout aussi vite que les nôtres en garde à vue).
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Antonin
InvitéPeut-être que l’aspect « surplombant » est nourri par l’élément déclencheur de ces manifestations ( l’envie de plaire à une jeune fille en organisant des rassemblements BLM ) qui dévaloriserait l’engagement politique. Peut-être, je ne sais pas.
Mais les manifestations en elles-mêmes et les discours qui s’en dégage me semble coller à ce que j’ai pu voir dans le réel sans trop forcer sur la caricature.-
Dr Xavier
Invité@Antonin – C’est vrai, et (sauf erreur si j’ai mal vu) l’amoureux éconduit continue de scander des propos gauchistes alors que son plan drague est cuit. Il est aussi vrai que dans l’épilogue il se transforme en sorte d’influenceur, je retombe sur mes pattes en disant qu’Aster a voulu montrer que les forces de l’argent finissent toujours pas gagner, olé.
@Seldoon – Oui, je trouve d’ailleurs la courte scène d’interrogatoire bien vu, où le Shérif demande à la putative terroriste quelque chose comme « alors comme ça sur ton Insta tu appelles à briser le système par tous les moyens, mmhh ? » Je conseille de prendre dès à présent des mesures drastiques pour les inévitables perquisition à venir, et de cacher tout votre collection de La Fabrique derrière une rangée de livres de BHL et Eugénie Bastié.
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Antonin
InvitéAh oui et aussi : Graham Green est mort. Kicking Bird dans « Danse avec les loups ». Film dont on parle si peu avec le temps mais qui contient quelques morceaux de bravoure ( bien k1ry, bien lyrique, bien too much) qui m’ont fort marqué dans ma prime jeunesse.
Graham Green était le compagnon de Josiane Balasko. Kamoulox. -
Ostros
InvitéPoint info Radu Jude. On n’oublie pas :
– 24 septembre, Kontinental ’25
– 15 octobre, Dracula
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– 8 postcards from Utopia est sorti sur Mubi le 31 juillet !-
Cynthia Lennon
InvitéGros cycle Radu Jude organisé par le Centre Pompidou au MK2 Bibliothèque
https://www.centrepompidou.fr/fr/programme/agenda/evenement/McupOyM -
Tchitchikov
InvitéOn a hâte.
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K. comme mon Code
InvitéLes films programmés par PTA sur TMC (ceux qu’il avait en tête pour One Battle after Another) :
• Running on Empty (Sidney Lumet)
• Midnight Run (Martin Brest)
• The French Connection (William Friedkin)
• The Battle of Algiers (Gillo Pontecorvo)
• The Searchers (John Ford)-
Charles
InvitéIl avait aussi en tête les films des ZAZ pour Inherent Vice, ce qui hormis pour certains « gags » n’était pas particulièrement frappant.
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Alexandre
InvitéOui, il y a tout et n’importe quoi dans cette liste même si on perçoit d’avance des connexions au su du sujet.
Je trouve que ça n’a pas beaucoup d’intérêt nonobstant la qualité intrinsèque de chaque film, selon les goûts de chacun.-
Seldoon
InvitéÇa aura un intérêt pour moi après avoir vu OBAA. Les inspirations et filiations volontaires sont des bonnes pistes quand on veut éclaircir ce que fabrique un cinéaste – a fortiori lorsqu’il s’agit d’un cinéma aussi mystérieux que celui de Paul.
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I.G.Y
InvitéVivement le Microciné du 18. J’ai vu Miroirs no. 3. J’en suis sorti un peu au milieu du gué mais je sens qu’il y a matière. En particulier le travail formel et son épure — j’ai d’ailleurs entendu Petzold raconter avoir supprimé des pans biographico-explicatifs entiers au montage — m’ont fait passer dans une sorte d’espace liminal tel que j’en ai temporairement oublié certaines aberrations scénaristiques. Quelque chose a fonctionné, donc. A voir si un deuxième round me convaincrait pleinement.
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« Ici, on interrompt le traçage GPS »-
François Bégaudeau
Maître des clésJe dois alors préciser qu’on avait programmé le film avant que je le voie, et que je ne l’aime pas beaucoup.
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I.G.Y
InvitéJe ne suis pas sûr de vraiment l’aimer, comme j’ai dit je suis dubitatif, en revanche je pense qu’il y a matière à creuser. Je me demande si ça n’est pas un film qui gagne à être travaillé au corps, je ne sais pas encore
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I.G.Y
InvitéUn critique sur France Culture avec Azoury (ou peut être que c’était lui) a dit quelque chose que j’ai un peu ressenti : une impression de « so what? », de « tout ça pour ça? » m’a régulièrement traversé l’esprit en séance et pourtant, je sens qu’il y a de vraies réussites. Si je redescends trop au ras du sol le scénario me pose problème, ce qu’ils n’ont pas souligné
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I.G.Y
InvitéQuestion en prévision du Microciné : est-ce que ça vaut le coup de voir Transit (que j’ai sous la main et dont Critikat dit du bien) pour suivre la discussion, si comme moi on a été mi-figue mi-raisin devant Ondine vu l’an dernier? Ou un autre? J’aurais envie de savoir si je peux être convaincu à un moment par ce réal.
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Malice
InvitéJe suis mi figue aussi en ce qui concerne Ondine, pourtant le point de départ était prometteur. J’ai l’impression que Petzold a du mal à ne pas adoucir la fin de ses films, après avoir été tenté de créer des développements violents.
Dans Ondine j’aurais aimé que le deuxième amant de l’héroïne soit davantage en danger.-
I.G.Y
InvitéCe que tu pointes est trop précis en comparaison du flou de mes souvenirs sur ce dernier point. Mais à propos de l’adoucissement, je me rappelle en effet un film qui, surtout, est très hésitant dans sa dialectique entre violence et douceur tout autant que dans celle entre réel et surréel. A tel point que je finis par ne croire en aucun des quatre — alors même que le principe de base du film pourrait être fécond. Je me souviens ne pas avoir cru dès le départ à ces menaces de mort d’Ondine. Je me souviens avoir tout aussi peu cru à la scène où ce meurtre se réalise. Petzold ne m’installe pas dans un état tel que je peux avaler des couleuvres scénaristiques, ne fait pas de choix artistiques qui me permettraient de jouir d’une scène qui d’un point de vue réaliste serait aberrante. Et puis j’ai souvenir d’un film beaucoup trop solennel en comparaison de ses velléités réalistes.
Je trouve qu’il négocie bien mieux la question de l’entre-deux mondes dans Miroirs no. 3 que dans Ondine. Il renonce à l’action-dramatisation qui pour moi ne fonctionne pas dans le second, il fait surgir le conte de façon bien plus sobre et avec quelques très bonnes idées de mise en scène très simples. Cette stase m’a permis cette fois d’avaler quelques couleuvres scénaristiques, de presque les oublier. Du moins sur le moment (je n’arrive pas à avaler la scène du départ, par exemple).
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Reste que la belle musique de Frankie Valli m’a permis de réécouter ensuite « Can’t take my eyes off you », dont la reprise dans Deer Hunter est sans doute l’une des plus belles scènes musicales du monde (car j’ai naturellement vu tous les films du monde, mon avis est informé).-
Alexandre
Invité« Reste que la belle musique de Frankie Valli m’a permis de réécouter ensuite « Can’t take my eyes off you », dont la reprise dans Deer Hunter est sans doute l’une des plus belles scènes musicales du monde »
Entièrement d’accord.
Chanson utilisée deux fois dans le film, comme un motif mélodramatique qui circule et crée une rémanence : d’abord dans le bar avant qu’on aille à la noce (on ressent l’alcoolisation matinale des mecs), ensuite au cours des festivités où le maître de cérémonies, celui qui demande au micro qu’on déplace une Chevrolet, se met à entonner, gauchement, la chanson, accompagné de l’orchestre.
Grande histoire personnelle avec cette chanson, à cause du film de Cimino. -
Malice
Invité@Igy Je ne sais pas si tu y as pensé mais j’ai rapproché « Ondine » de « Breaking the waves » : dans les deux cas on a une héroïne amoureuse, un homme victime d’un accident en mer qui est « sauvé ». Dans les deux cas la magie ( divine ou païenne) intervient. Je me demande si Petzold s’est consciemment inspiré du film de Lars. Mon impression est qu’il a fait un BTW « sympa ».
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I.G.Y
InvitéMalice : j’ai donc vu tous les films du monde mais Breaking the Waves m’a échappé. Les masques tombent. Je note de rattraper ça.
Alexandre : j’avais totalement oublié la deuxième occurrence dont tu parles.
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Malice
InvitéT’as pas vu le film qui a provoqué la rupture de Sean Baker et sa meuf?
Je le laisse témoigner :
Blague à part tu vas sûrement être plus emballé que par Ondine
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I.G.Y
InvitéEh bien je l’ignorais ! Raison de plus pour regarder
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Vitus
InvitéY a t’il ici quelqu’un ayant une sensibilité particulière pour le cinéma de Griffith?
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Alexandre
InvitéSi le classicisme hollywoodien (le classicisme cinématographique tout court) est une indéfectible fontaine de jouvence, un vivier inépuisable dans lequel on plonge régulièrement pour ressourcer ses batteries, revenir aux fondamentaux, rafraîchir sa cataracte ou dé maculer le plan de travail de la sensibilité, alors on revient facilement vers son quasi inventeur : David Wark Griffith. Malgré l’épouvantable (mais fascinant formellement) Naissance d’une nation.
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Vitus
InvitéMercii de ta réponse, j connais que Griffith de Way Down East (À travers l’orage) que j’ai vu hier. Ce qui m a fasciné et se qui m’a toujours émue dans le cinéma des années 10-20 (que j connais assez peu), c’est sa façon de capter les visages dans une forme de pureté totale, comme si c étaient les premiers visages de l’histoire des images en mouvement, chaque expression semblant neuve et essentiel, suspendue dans le temps. Auriez-vous des oeuvres et réalisateurs de la période 1920 et alentour a me conseiller ??, hors des (Lang Chaplin Gance Murnau Keaton).
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Carpentier
Invitéune reco ciné de Carpentier sur laquelle vous auriez grand tord de chier:
l’Adieu Jean-Pat, de Cecilia Rouaud, avec sa copine (à Carpentier) Constance Labbe
entre autres,
courrez-y
La bise,-
Carpentier
Invitébeaucoup ri devant cette comédie dont les dialogues/répliques, basé.es souvent sur des visions opposées des persos sur les situations traversées, m’ont réjouis tout du long.
Si chacun reste certes à sa place, socialement, en fin de film, ça n’empêche pas d’y rire des codes établis, notamment au décès de qqn.e.
Beaucoup aimé en cette rentrée qui, désolée de ne pas inverser la tendance, pèse des putains de tonnes.
Merci Adieu Jean-Pat.-
François Bégaudeau
Maître des clésTu pourrais au moins signaler que Fabacaro est l’auteur, histoire de montrer que tu t’intéresses un peu de temps en temps au gout des autres ici. Meme Tirard, si tu as un peu suivi, pouvait attirer l’attention
Parce qu’a priori ton créneau exclusif – le film français de moyenne zone- n’est toujours pas le mien.-
Carpentier
Invitétu l’as fait
(comment aurait-il pu en être autrement?)
tout est bien-
François Bégaudeau
Maître des clésest ce qu’un jour tu discuteras ici de cinéma avec les autres?
mystère-
Carpentier
Invitépour fabcaro, tous les articles en causent, rappelant même ‘le discours’ (je n’aurais donc même pas osé faire l’affront de situer Fabcaro pour le film de Rouaud)
et puis aller le voir et le découvrir peut être pas mal aussi, non?
– quant à ta question, elle est affront à ton forum et aux discussions nombreuses auxquelles j’ai participé
– chacun.e ici lisant peut-être ta taquinerie de seconde zone pas si matinale sait combien tu sembles fatigué sur ce coup-là
bonne journée?-
François Bégaudeau
Maître des clésMon intervention n’avait certes pas pour but de te faire changer, ni même de te faire t’interroger, ni surtout pas de te faire admettre quoi que ce soit. C’est une sorte de petite visite de routine. Je note que madame Carpentier, a qui on a fait remarquer 53 fois que sa voiture était garée devant une sortie de parking, ne l’a toujours pas déplacée.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne savais pas que Fabacaro était l’auteur, je ne ne connaissais meme pas l’existence de ce film, je ne regarde plus du tout du coté de ce cinéma moyen français dont il n’y a rien à attendre – et dont tu attends tout.
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Carpentier
Invitécréneau, zone, voiture, garée, parking
Serais-tu en train de préparer l’obtention du permis?
(d’où ce champ lexical – me revient qu’ici faut bien bien bien expliciter)
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Charles
InvitéPersonne n’a vu Evanouis (Weapons) sorti début août ?
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Tony
InvitéJe l’ai vu la semaine de sa sortie avec un ami et on était surpris d’avoir autant ri,le final très décevant m’avait laissé perplexe et là je viens de lire le très bon texte d’Hors série qui est vraiment très éclairant
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Charles
InvitéCritique pas inintéressante, même si je n’aime pas beaucoup le ton arrogant du connaisseur ou les expressions à la con de presse bourgeoise, mais je serais moins dur car je trouve que le film réussit quand même beaucoup de scènes malgré un ensemble bancal.
Il est exact que le film convoque un certain nombre de tropes voire de clichés mais dans le même temps sa structure est très originale pour le genre, le film est drôle sans être ricanant ni second degré et parvient à mélanger du burlesque, l’absurde à de l’effroi ce qui n’est pas rien. La dernière scène est pour cela assez géniale, de même que ce sommet relevé par la critique d’Hors-série où l’on voit en plan séquence un personnage automate sortir de la maison pour venir couper une mèche de cheveux de Justine.
Mais je suis d’accord que le film n’aiguise pas assez le contexte social, il agite quelques signes de l’époque sans vraiment creuser son portrait d’Amérique pavillonnaire. Et aussi d’accord avec ça :
« Or, autant Évanouis voudrait rendre palpables la méfiance, la suspicion, la tension, la paranoïa, la fragmentation qui règnent à une échelle collective, autant il peine à leur donner une consistance dramatique, de sorte qu’au moment où son antagonisme central se forme narrativement, dans les deux derniers épisodes, il fait presque l’effet d’un ajout superfétatoire, plus encore parce que Cregger ne sait pas tirer parti du choc esthétique produit par la juxtaposition du réalisme et du conte. »
Mais encore une fois Cregger arrive quand même à produire de très bonnes scènes avec cette figure effectivement un peu cliché, son incarnation est d’ailleurs assez géniale. On peut regretter ce tournant du film. J’ai beaucoup lu que le mystère s’évaporait à la fin ce qui était dommage mais ce n’est pas comprendre ce que fait Cregger au 2/3 du film. Il ne s’agit pas d’une résolution, d’un twist à la Shyamalan (la comparaison est dans la critique de Critikat) mais d’une sorte de second souffle du film, d’une façon de le relancer dans une autre direction, presque comme si un autre film qui appartiendrait plus fermement au genre commençait. D’un côté j’aurais aimé que cette bifurcation n’intervienne pas, de l’autre ça m’aurait privé de quelques scènes réjouissantes.-
Tony
InvitéOui c’est vrai que pas mal de scènes sont franchement réussies,toutes celles avec le flic et le junkie sont hilarantes,la scène où il se retrouve au bar avec Justine qui veut le remettre dans son lit en le faisant boire est super aussi,bref drôle de film,assez burlesque c’est vrai,en fait quand je l’ai vu à sa sortie je m’attendais pas à ça,je croyais qu’il s’agissait davantage d’un film de genre,plus série B,et en fait ma déception venait un peu de là, c’est vrai que la construction du film et les différents points de vue sur le même événement est plutôt bien menée mais bon c’est quand-même une petite arnaque au final, beaucoup d’esbroufe pour pas grand chose,son précédent film,Barbare, était bien meilleur,tu l’as vu?
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Asp
InvitéJe suis d’accord avec le second souffle, d’autant que j’aime bien les frayeurs au ciné mais sur 2h ça m’épuise et ça m’ennuie. Ainsi très content de cette surprise de la mise au premier plan de la menace sans essayer de ne laisser mariner dans un mystère qui de toute façon n’est pas si intéressant que ça. Très heureux aussi de ces scènes clownesque et assez jouissive de proposer un happy ending ( toutes proportions gardees hein) qui consiste en des enfants dévorant une grand-mère. J’aime bien aussi la scène du junkie zombie qui se relève éternellement, ça provoque d’abord un effet comique (déjà vu mille fois d’ailleurs, dans scary movie ou la cité de la peur) puis il répète tellement l’effet que ça en redevient un peu inquiétant, ce que ce poncif du méchant qui se relève toujours avait cessé d’être depuis longtemps
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Charles
InvitéJ’aime bien aussi le « happy end » très sec et en réalité très noir (je ne parle pas du dépeçage de la tante mais de l’épilogue).
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Charles
InvitéPas vu Barbarian, je vais essayer de le trouver.
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Sarah G
InvitéJe vous recommande le film documentaire de François-Xavier Drouet, L’Evangile de la Révolution, qui suit des chrétiens qui au nom de leur foi chrétienne, se sont engagés dans les différentes révolutions en Amérique latine, pour se battre contre les dictatures militaires et les renverser.
Avec des figures de la théologie de la libération qui les ont inspirés.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui j’ai prévu de le voir.
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Alexandre
InvitéJe suppose qu’à un moment ou à un autre du film, il sera question d’Alice Domon et Léonie Duquet, ces deux religieuses françaises torturées et assassinées par le Capitaine Alfredo Astiz, l’Ange blond » de Bueno Aires.
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Ostros
InvitéSarah, passant en revue hier soir les films sortis, celui là a attiré mon attention. Je compte le voir aussi.
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Pout
InvitéJe partage aussi cette recommandation, archives très intéressantes !
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Hélène
InvitéBonjour, je suis allé voir Chroniques d’Haïfa – Histoires palestiniennes mais je ne sais pas trop quoi en penser, des avis ?
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Younès
InvitéPas vu non plus, mais essaie de voir la notule des Cahiers ; c’est une critique intéressante du film par Marcos Uzal.
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Hélène
Invitéah yes merci pour la reco !
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toni Erdmann
InvitéQui sont les experts en projection pour nous conseiller dans quelles conditions voir le PTA ? Toutes les salles parisiennes font des avant-premières le mardi 23 et je ne parviens pas à faire mon choix. Grand Rex, Max Linder, iMAX ?
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Charles
InvitéSi j’étais toi j’irais au Grand Rex, y a des gens très bien qui y seront.
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K. comme mon Code
InvitéLe Max Linder ne fait pas d’avp, je n’ai pas vu de place en vente, en tout cas. iMax, les séances sont en VF. Le Grand Rex semble donc être the place to be.
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Toni Erdmann
InvitéMerci K pour la précision de la VF, j’étais passé à côté. Ça sera donc Le Grand Rex
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Charles
InvitéJ’y serai aussi, si tu veux qu’on se capte : talkingheads14@yahoo.fr
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Martin
InvitéQuelqu’un a vu l’épreuve de feu ça vaut le coup ?
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I.G.Y
InvitéJe voulais demander ce qu’on pense ici de Lucile Hadžihalilović, réalisatrice dont je n’avais jamais entendu le nom (qui semble liée à Noé), dont je n’ai rien vu mais qui a pourtant déjà fait 4 films et qui en sort un dans une semaine. Je n’ai pas l’impression que son nom ait été déjà prononcé ici (pour de bonnes raisons?).
Car en cherchant à vérifier cela, de fil en aiguille et presque par erreur je tombe sur ce très bon entretien cinéma de François (sans rapport avec LH) paru cet été dans une revue. Qui sauf inattention de ma part n’a pas été posté ici.
(Aussi, quand je lis Hadžihalilović je lis Halilhodžić, c’est insupportable)
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François Bégaudeau
Maître des clés-Je n’ai vu qu’un film de cette cinéaste dont j’ai la flemme de reporter le nom -et qui de toute façon sera toujours moins talentueuse que l’immense Vahid Halilodzic, saison 82-83
-J’avais oublié cet entretien et c’est dommage car je crois qu’il est d’une grande clarté-
I.G.Y
InvitéJe trouve aussi. Il repasse sur des sujets déjà abordés ailleurs mais de façon très ramassée. Si l’un de tes objectifs est de maintenir la « flamme » critique je ne cache pas que c’est réussi : plus je lis ce genre de chose plus j’ai envie de faire l’essai un jour, c’est enthousiasmant
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Pout
InvitéPour information, le prochain épisode de Bookmakers (Arte Radio) sera consacré au travail d’écriture…de Murielle Joudet. J’imagine – j’espère ! – qu’il en résultera un fin travail, tant sur la forme que sur le fond de la critique de cinéma.
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François Bégaudeau
Maître des clésOn note
Bizarre choix quand meme-
Hélène
Invitéle suivant avec François Bégaudeau ?
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François Bégaudeau
Maître des clésHoula, comme tu t’avances.
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Hélène
InvitéYou would prefer not to?
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Alexandre
InvitéDéjà je trouve les questions excellentes.
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Alexandre
Invité..je parle de l’entretien de Relief.
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François Bégaudeau
Maître des clésdisons qu’il semble que l’intervieweur ait prêté une certaine attention au travail de l’interviewé
mécaniquement l’échange s’en trouve plus dense-
Alexandre
InvitéOui, c’est ça. C’est étudié, réfléchi en amont. C’est quand même profitable.
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Vitus
InvitéJ’ai besoin qu’on me parle de Xavier Beauvois en tant que réalisateur, dois-je me jeter dedans ?
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Dr Xavier
InvitéJe n’ai rien de bien intéressant à dire sur Beauvois si ce n’est que je garde un excellent souvenir du Petit Lieutenant, de mémoire si je dis pas de bêtise c’était un film sur les flics anti film-de-flics, pas de gros bras, pas de sourcils froncés et des gros muscles, juste la vie routinière d’un commissariat.
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Vitus
InvitéOk merci
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Tony
InvitéConnemara n’est pas, comme on s’y attendait, à la hauteur du roman, ça commençait plutôt bien pourtant, dès la premiére séquence s’enchevêtrent une voix intérieure rongée par la dépression et de brefs plans nous montrant Hélène sur un balcon avec vue parisienne,son morcellement,une nuque,ses mains dans les cheveux,ses déplacements dans une sorte de brouillard,sa liquéfaction lors d’une réunion professionnelle,on entend burn out et on la voit ensuite dans une voiture sur le siège passager, sans savoir qui conduit, sur ces routes qui annoncent l’est de la France.On crédite alors le film d’un sens de l’ellipse plutôt réussi,on attend alors les paysages vosgiens et ses habitants si typiques et on ne verra rien d’autre que cet impressionnisme initial fait de flou et de dialogues pauvres,la voix intérieure a fait place à des séances chez un psy,le monde social n’est pas détaillé comme chez Mathieu,seul reste une vague romance adultère sans la revanche sociale du roman,sans la sauvagerie de la passion et sans l’érotisation de l’objet sexuel,le beau gosse du roman, quarantenaire vaincu par le monde social,est ici identique à ce qu’il était,le conflit de classe n’existe pas,seul le temps a passé et le Connemara de Sardou tombe comme un cheveu sur la soupe.
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François Bégaudeau
Maître des clésCa sentait le désastre, il semble que ça le soit
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François Bégaudeau
Maître des clésCa sentait le désastre, il semble que ça le soit
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François Bégaudeau
Maître des clésCa sentait le désastre, il semble que ça le soit
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François Bégaudeau
Maître des clésen revanche il n’y avait pas de nécessité à ce que ce soit dit trois fois
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Alexandre
InvitéOui, comment c’est possible factuellement? (rires)
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Tony
InvitéEt pour le plaisir l’excellent compte rendu de Burdeau
Quelle sera, parmi les spectateurs de Connemara, la proportion de lecteurs de Connemara ? On peut la supposer non-négligeable. Ceux qui ont découvert le roman de Nicolas Mathieu au moment de sa parution il y a trois ans seront sans doute heureux de rafraîchir leurs souvenirs grâce à un film où ceux-ci tiennent, de toute façon, une place de premier ordre. Ceux qui n’ont lu le roman que récemment – ainsi l’auteur de ces lignes – auront l’impression, à l’évidence un peu vaine, de retraverser au galop un livre dont le souvenir n’a pas eu le temps de vieillir.
L’adaptation de Lutz prend peu de libertés. Pas sûr même qu’il en prenne ne serait-ce qu’une. Lutz adapte d’ailleurs moins qu’il ne feuillette. On dirait que l’accélération un peu floue liée à cette opération est directement passée dans un film dont – à la louche – un gros tiers des plans reste vague, attrapé au vol, mangé par l’ombre ou, littéralement, flou. Cela fait beaucoup d’affèteries pour une histoire dont le propos, lui, ne s’embarrasse pas de coquetterie. À savoir : le déterminisme social n’est pas une chose à laquelle on échappe facilement.
On s’interroge. Comment un cinéaste – Lutz n’est, à cet égard, pas le seul – peut-il croire possible d’instaurer d’emblée une profondeur de temps, autrement faire dès les premières secondes appel à des souvenirs concernant les personnages ? Le film vient de commencer. Le spectateur n’en a pas assez vu pour se remémorer. Élargissons : on ne sait pas quelle temporalité est celle de ce film. Souvenir d’une lecture ? d’une jeunesse enfuie ? Mélancolie de la maturité ? Un peu des trois ? Le flou, on l’aura compris, a bon dos.
Il est pourtant facile de voir ce qui a pu intéresser Lutz chez Mathieu. Le temps qui passe, justement, et qui ne repassera pas. L’accumulation des années, la lassitude, l’espoir subit d’un retour de flamme. Et puis le grain que cela dépose et sédimente, à la fois sur les peaux et à l’image. Ces motifs étaient au cœur aussi bien de Guy (2018) – merveille – que d’Une nuit (2023). Ils habitent encore Connemora.
La sensation, ici, domine. L’élément nettement social du roman passe quant à lui à l’arrière-plan, sauf en de rares scènes. Les plus réussies sont celles où Lutz semble se souvenir qu’il est d’abord un comique. Il s’y amuse des manières de parler, des ruptures de ton et tout particulièrement de la survenue du trivial dans le poli de la conversation amoureuse. De ce point de vue, la retrouvaille au comptoir de Hélène et de Christophe pourrait être le sommet du film. Ces changements de registre sièent en outre à Mélanie Thierry, dont la plasticité peut difficilement ne pas impressionner.
Drôle de film. Connemara ne débute pas vraiment. Son début est ailleurs, dans ce livre dont il a le plus grand mal à se détacher. Connemara ne finit pas non plus. Après le mariage d’un ami, les amants se séparent dans la nuit. Quelques dernières images au vol, une fleur, un regard. Et c’est tout. Générique. Dans la salle de l’UGC Odéon, tandis que la lumière se rallume, un soupçon d’incompréhension flotte. Heureusement, une autre surprise attendait les spectateurs, en haut des marches : Vincent Lindon en personne, patientant sans doute pour la prochaine séance, costume sombre et rouflaquettes, plongé dans son téléphone. Qu’en aura-t-il pensé ? Quelqu’un a son contact ?-
François Bégaudeau
Maître des clésLisant cela, et notamment sur ce qui a intéressé Lutz (et sans avoir vu le film je suis sur que c’est juste), je vois que le film met peut etre à nu ce qui est le coeur de la littérature de Mathieu : non pas le social, mais la mélancolie. Le social n’est chez lui que le moyen de la mélancolie. Même ordre de priorités que chez Brizé, autre artiste faussement social – ou disons superficiellement.
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François Bégaudeau
Maître des clésEt Lindon, par coincidence, fait le pont.
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François Bégaudeau
Maître des clésOccasion de dire que Guy est effectivement un grand film, et Mélanie Thiéry pas effectivement une bonne actrice (mais Burdeau n’a jamais été bon sur les acteurs)
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Tony
InvitéOui je crois que ton intuition vise dans le mille,la jeunesse des personnages n’apparaît que dans des flashs mentaux,et le seul personnage qui a un peu le droit d’exister,en dehors du couple,est le père Alzheimer.
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Tony
InvitéAu passage je signale un film à venir dont j’ai découvert l’affiche hier,Les Braises avec Virginie Effira en…gilet jaune, ça promet !
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Ostros
InvitéNicolas Mathieu qui n’a pas posté sur Insta suite aux manifestations. Première fois qu’il ne commente pas publiquement les évènements.
Au sujet de la mélancolie, je plussoie. Il n’arrête pas de le rabâcher à tel point que je me demande si ce n’est pas une posture (dernièrement il a même repris un lecteur qui l’interrogeait sur pourquoi écrire comme si il était mort, en lui disant en substance « je n’arrête pas de dire et répéter que j’utilise le futur antérieur pour exprimer la mélancolie : ç’aura été » (en gros). Pourquoi rester là-dessus de livre en livre ? D’accord il est dépressif mais quand même. Je me dis parfois que c’est parce que c’est vendeur. La déprime, le blues, la fin de notre vie, et le sentiment très fort que ça produit d’y songer, l’expression de la fragilité aussi (dans l’ère du temps).
C’est aussi ça qui provoque un certain ennui à le lire, à la longue. Toujours user cette corde-là. La mélancolie + ce vocabulaire particulier de l’exagération des affects qui rend le texte parfois indigeste.
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D’ailleurs j’ai une question : comment ça s’appelle en littérature lorsque l’auteur travaille son texte en usant de gros mots (le monde, la foule, la vie, l’enfance). Ca fait quelque temps que j’essaie de mieux décrire la prose de NM et je manque de vocabulaire pour la cerner. Exemple, l’un de ces derniers posts (on dirait qu’il a fait la caricature de lui-même, mais bref) :
« Sur le parking de Carrefour, la nuit et l’automne ne se distinguaient plus. L’enseigne de l’Hippopotamus avait une gueule d’étoile, de manège, et les places vides suscitaient un plaisir ambigu, le sentiment d’être libre, ou seul, et d’ailleurs c’était la même chose. Se garer alors devenait essentiel. Il n’avait pas tellement plu mais les pneus sur le bitume émettaient quand même leur bruit de décollement suave. C’était beau en somme, comme l’Amerique, comme un crush dans le flou d’une boîte de nuit. C’était loin comme le pays où l’on revient.
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– La nuit et l’automne
– Libre ou seul
– Comme l’Amérique (il fait souvent des comparaisons comme ça, entre une chose triviale et un seul mot énorme comme ça)
– Comme le pays où on revient (c’est énorme à digérer comme expression aussi ça – le pays où on revient)
quelqu’un sait comment on appelle ce type de style, svp ?
Ca m’aiderait.
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J’aime beaucoup « Il n’avait pas tellement plu mais les pneus sur le bitume émettaient quand même leur bruit de décollement suave ». Quelle belle trouvaille. -
Ostros
InvitéN’est-ce pas un style sentencieux ?
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Sentencieux : « Qui s’exprime comme par sentences avec quelque chose de solennel et d’affecté. » Nous dit internet.
Sentence : « Courte phrase d’une portée générale ». -
Tony
InvitéMerci pour la reco de Guy,je l’ai vu hier soir, c’était génial.
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Tchitchikov
InvitéEffectivement Guy est un grand film. Merci beaucoup.
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Dr Xavier
Invité« je vois que le film met peut etre à nu ce qui est le coeur de la littérature de Mathieu : non pas le social, mais la mélancolie. Le social n’est chez lui que le moyen de la mélancolie. »
Pour ma part les plus belles pages de Connemara sont les pages mélancoliques, j’ai encore le souvenir de l’effet de ses descriptions du mec-héros (dont je sais plus le nom) qui, jeune, glisse et vole sur la patinoire. Pour le social, je retenais que c’était surtout manifesté par les signes de colère et de la langue qui claque, mais ça manquait de précision.
Je vais être langue de vipère. Dans Bookmakers, on demande traditionnellement à la fin du dernier épisode combien les écrivains gagnent, comment on négocie l’à-valoir, de combien ça a évolué entre le premier et dernier roman, qui a la main pour négocier, etc. NM a coupé court très vite.-
luc
Invitévu Connemara hier.
J’ai plus aimé que les critiques ici ou ailleurs ne laissaient présager.La fin notamment. Mélancolie irrésolue.
film sentimental mais d’un bon niveau je trouve.
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I.G.Y.
InvitéArticle de Burdeau sur le sujet, sur son substack. Qui j’en ai bien peur n’apporte aucun éclairage sur ces problèmes informatiques.
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I.G.Y.
InvitéEh bien même sans problèmes informatiques on arrive encore à dire la même chose deux fois. Je suis navré
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Tony
InvitéEn effet on a du le recevoir en même temps sur notre mail,on a de la chance c’est gratuit cette fois-ci !(je comprends qu’il veuille monétiser son travail mais ça fait chier quand-même,t’es abonné en payant ou pas IGY?)
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I.G.Y.
InvitéNope, mais je paye pour Endeweld
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Christophe M
Invité« les paysages vosgiens et ses habitants si typiques »
Tu peux préciser Tony ; je voudrais bien savoir de quoi les Vosgiens sont typiques, sachant que l’histoire ne se passe pas sur le massif mais à Epinal et sa banlieue, agglomération sans grande typicité.-
Tony
InvitéJe connais très bien le coin puisque j’ai vécu jusqu’à l’âge de 15 ans au Val d’Ajol,un petit village à côté de Remiremont, j’allais parfois au cinéma à Epinal,j’ai brièvement joué au foot et fait des tournois contre toutes les petites équipes du coin,ma mère vit encore à Remiremont,et les vosgiens sont typiques oui(leur accent,leur façon de parler,leur rudesse aussi et plein d’autres choses)mais peut-être les connais-tu mieux que moi?
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Tony
InvitéUn exemple de Vosgien,certes moins connu que la famille du petit Gregory
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Christophe M
InvitéJe suis d’accord Tony, les Romarimontains et les Ajolais sont typiques, car habitants du massif ; les traces d’accent vosgien et les mots de patois vosgien dans les conversations sont encore bien présents (j’ai travaillé deux ans à Remiremont et je mange régulièrement de l’Andouille du Val d’Ajol, c’est dire si je connais). Mais Connemara se passe en plaine, à Epinal et à Golbey, banlieue nord d’Epinal où Nicolas Mathieu a passé son enfance et où mes parents résident. Et dans ce coin là les habitants n’ont pas trop d’accent, ne sont pas spécialement rudes. Les personnages de Connemara ne sont pas des montagnards ; j’ai vu jouer pas mal de fois Guillaume Chassard, le hockeyeur qui a inspiré le personnage de Christophe, il n’a aucun accent et ce n’était pas la rudesse qui le caractérisait (prenait peu prison) ; le personnage d’Hélène est typique des lycéennes vosgiennes qui ont quitté le coin après le bac pour faire leurs études à Nancy ou Strasbourg et qui ne sont pas revenues dans le département vu le manque de perspectives professionnelles ; leur vosgianité s’est très largement diluée.
Ce n’est pas que je les connais mieux que toi Tony, c’est que j’en suis. Si j’ai un accent, c’est le même que celui de NM, et mon niveau de rudesse doit être équivalent au sien. J’ai bien peur de ne pas être très typique.-
Tony
InvitéMerci pour ta réponse Christophe, je suis désolé de t’avoir répondu aussi bêtement mais je ne savais pas bien ce que visait ta question et de quel lieu elle pouvait venir,tu as sans doute raison sur cette atténuation en plaine et la sociologie y est un peu différente c’est certain,oui l’andouille du Val d’Ajol c’est quelque chose, elle est aussi connue que la bête des Vosges!
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Christophe M
InvitéHeureux qu’on se retrouve sur ce trésor gastronomique.
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Dr Xavier
InvitéMerci pour la suggestion Rimini ! J’y vois un fort écho à The Wrestler, mieux vaut vivre dans le faux, le bidonnage, le chiqué, avec le catch ou la chanson dégoulinante, que dans la morne réalité. Pour la suite, Sparta, brrrr, je sens que ça va être ardu à regarder.
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Ostros
InvitéÇa m’a intriguée tout ce que j’ai lu de vous sur ces films donc pour ma part je m’y mets ce soir.
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stephanie
Invitémoi aussi, je recule devant Sparta mais quand faut y’aller faut y’aller (avant le 29 sept).
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..Graindorge
InvitéRevu hier » Pather Panchali » de Satyajit Ray. Du très grand cinéma
Les créations de Ray étaient si fondamentales pour la vie et l’humanité que le réalisateur japonais Akira Kurosawa a un jour écrit : « Ne pas avoir vu les films de Ray, c’est comme vivre sans avoir vu le soleil ou la lune6. »
Même avant qu’il n’ait commencé à tourner son premier film, Pather Panchali (1955), Ray avait écrit un article intitulé « What Is Wrong with Indian Films? » (Qu’est-ce qui ne va pas avec les films indiens ?) dans le journal The Statesman à Calcutta in 1948 : « C’est la vie même qui est la véritable matière première du cinéma. Il est absolument incroyable qu’un pays qui a inspiré tant de peintres, de musiciens et de poètes laisse les cinéastes indifférents. Il leur suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles. Le reste suivra ».
C’est ce à quoi il s’est employé à faire pendant les 40 années suivantes et dans ses 37 films : dans la trilogie d’Apu, qui traite de la dignité humaine dans une situation tragique, dans Mahanaga (La Grande Ville), qui montre la résilience de l’esprit humain, dans Goopy Gyne Bagha Byne (Les Aventures de Goopy et Bagha), qui délivre un message anti-guerre fort à travers une fable pour enfants, ou dans Sonar Kella (La Forteresse d’or) et Joi Baba Felunath (Le Dieu Éléphant), ses films policiers populaires, où le châtiment l’emporte sur le crime.
Son dernier film, Agantuk (Le Visiteur, 1992), est l’aboutissement de la philosophie du maître conteur et de son système de croyances. Lorsqu’il a choisi Utpal Dutt pour interpréter le rôle principal, il a dit à l’acteur qu’il avait mis ses points de vue personnels dans ce personnage et qu’il devait donc parler au nom du réalisateur. De la civilisation à la religion, de Tagore aux peuples tribaux, de la science à la moralité, des devoirs sociaux aux valeurs humaines, Ray l’humaniste a exploré tous ces thèmes d’une façon très personnelle.
La légende veut que le dernier jour du tournage de son dernier film, il ait levé les bras au ciel en disant : « C’est tout. C’est tout ce qu’il y a. Je n’ai rien d’autre à ajouter. » Peu après, il est décédé dans sa chère ville de Calcutta.
Moins d’un mois avant son décès, il a reçu un oscar honorifique pour son œuvre « en reconnaissance de sa rare maîtrise de l’art du cinéma et de sa profonde vision humanitaire, qui a eu une influence indélébile sur les cinéastes et les publics dans le monde entier. »
Notes
1Derek Malcolm, « Satyajit Ray: Interview », dans Satyajit Ray: Interviews, Burt Cardullo, dir. (Jackson, Mississippi, University Press of Mississippi, 2007).
2Shamila Tagore, « What Satyajit Ray Left Us is an Inheritance of Endless Possibilities », The Wire, 11 septembre 2015. Disponible sur le site https://thewire.in/film/what-satyajit-ray-left-us-is-an-inheritance-of-endless-possibilities
3Udayan Gupta, « The Politics of Humanism: An Interview with Satyajit Ray », dans Satyajit Ray: Interviews, Burt Cardullo, dir. (Jackson, Mississippi, University Press of Mississippi, 2007).
4Andrew Robinson, Satyajit Ray: The Inner Eye: The Biography of a Master Film-Maker (New York: I.B. Tauris, 2004).
5Suresh Jindal, My Adventures with Satyajit Ray: The Making of Shatranj Ke Khilari (Noida, India, HarperCollins, 2017).
6Andrew Robinson, Sudden Genius? The Gradual Path to Creative Breakthroughs (New York, Oxford University Press, 2010).
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Antonin
InvitéJe sors tout juste de la projection de la gueule ouverte à la cinémathèque.
Hubert Deschamps, immense acteur/rôle, je connaissais pas du tout. Très juste à chaque secondé où il apparaît.
Le casting et jeu des petit rôles est parfait aussi. Je me demande si il y a une fausse note dans toute la filmographie de Pialat au niveau des seconds et troisième rôle, je vois pas.
( peut-être le petit Hervé dans « la maison des bois »… uniquement)-
Alexandre
InvitéPialat recherchait inlassablement à faire saillir la vie devant sa caméra. Souvent, on sentait l’effort, le labeur autour de la mise en condition des comédiens et tout soudainement d’incroyables moments de vérité jaillissaient et faisaient prodige. On était récompensés pour notre patience. Je pense tout particulièrement à l’irruption du père (Maurice Pialat lui-même) dans A nos amours. C’est toute la scène, avec ses acteurs dedans, qui en irradiait de justesse.
Au delà des idées de distribution, il fallait le talent si particulier de Pialat pour faire survenir un tel sentiment de véracité sur l’écran. Talent que l’on retrouve en France chez l’héritier Kechiche et qui n’a eu, à mon sens, qu’un seul rival parmi ses contemporains : John Cassavetes.-
Younès
InvitéTu as des mots très justes, à ceci près que je ne pense pas qu’il cherchait « à salir la vie » ; il l’enregistrait comme elle l’était.
On a souvent dit de Pialat qu’il était un cinéaste cru, à tord. C’est la réalité qui l’est.-
Younès
InvitéEt puis faut prendre en compte la dimension « suicidaire » de Pialat avec « La Gueule ouverte ».
2 ans après « Nous ne vieillirons pas ensemble », grand succès (la faute à Jean Yanne – avec qui le tournage c’était très mal passé – et Marlène Jobert) il décide de faire un film sur l’agonie de sa mère (film qui a été un gros bide commercial).
Je me réponds tout seul, mais passons…
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Antonin
InvitéLa scène dont tu parles dans A nos amours, c’est pour moi un dispositif de surprise immédiate (il était censé être mort, il débarque dans le plan sans prévenir) plutôt qu’une longue mise en condition avec de longues séquences de jeu comme Kechiche peut le faire.
Je suis pas sûr que Pialat laissait tourner la caméra très longtemps. J’ai l’impression qu’il chauffait les braises avant avec des scènes qui racontaient son intimité, il cherchait le geste rapide et net, puis s’énervait s’il n’y arrivait pas en boudant dans la chambre 3 jours avant de recommencer. ça se ressent dans ses montages et la durée des plans, plus court.
Je trouve que la matière poétique principale de Pialat c’est sa vie et Kechiche beaucoup moins ( j’me trompe peut-être hein, en tout cas il en parle pas en interview ) donc j’ai toujours un peu du mal à y voir une filiation autre que » 2 grands metteur en scène qui dirige très bien les acteurices dans un jeu qui épuise leurs nerfs ».-
François Bégaudeau
Maître des clésPour info, on passe l’Enfance nue au ciné club en décembre
Kechiche Pialat grand sujet, on a envie de comparer et pourtant ça coince
devant le nouveau Kechiche j’ai beaucoup pensé, figurez vous, à Baker-
Charles
InvitéT’as vu Canto Due?
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François Bégaudeau
Maître des clésjuridiquement on me le devait
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Charles
InvitéEt donc tu as aimé ?
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Alexandre
InvitéSur la comparaison Pialat/Kechiche, c’est vrai qu’elle a son coté superficiel, un peu trop évident donc facile.
Je ne maîtrise ni mon Kechiche, ni mon Baker mais la séquence de l’interrogatoire/séquestration d’Anora relève d’un processus similaire d’épuisement de la séquence qui nous laisse à plat. Comme certains passages de La Graine et le Mulet-
François Bégaudeau
Maître des clésVoile, c’est ce genre de pont entre les deux
Mais pas seulement
Aussi cette façon de faire tourner le drame à a comédie, et inversement. Art poussé à son paroxysme dans la dernière grosse séquence de Canto Due
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Alexandre
InvitéL’expression « mise en condition » n’était peut-être pas adaptée. De façon générale dans l’œuvre, et dans A nos amours particulièrement, on sent que Pialat cherche, comme je dirais « cherche la bagarre », et que, dans ses sommets il finit par la trouver.
C’est le sentiment stylistique que me donne son cinoche.
@Younès
Je n’ai pas dit « salir la vie »!-
François Bégaudeau
Maître des clésPas seulement la bagarre
L’amour aussi beaucoup
Disons : la tendresse.
(à nu dans l’enfance nue)-
Alexandre
Invité« Pas seulement la bagarre »
Là encore, j’aurais du veiller au grain sur ma formulation.
J’aurais du écrire:
« on sent que Pialat cherche, comme je dirais « cherche la bagarre », et que, dans ses sommets il finit par trouver« . Donc , je vire le « la ». Il cherche et il trouve..la bagarre, la tendresse, ce que l’on voudra.-
François Bégaudeau
Maître des cléstout est clair
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Antonin
InvitéLà ça me fait penser à Pialat lui même en interview. Il contredit, se dédit, se marre, se met en colère contre l’autre, se rabaisse, se marre, ouvre une bréche de référence d’artiste, marmonne etc…
Dans la gueule ouverte ( et j’en fini), au delà d’Hubert Deschamps, il y a des moments franchement drôle ( au-delà du rire de gêne qu’on peut avoir avec les comportements du père particulièrement lubrique). notamment le repas avec les amies après l’enterrement ou le verre de rouge du matin avec le couple qui tient le bistrot. Une caméra fixe, des banalités et c’est festival de détail de formule qu’on a déjà entendue 1000 fois mais qui sont très très juste.
En sortant du cliché « Pialat=drame à l’os » on se rends compte que ses tensions tiennent grâce à son humour, très présent. Sauf peut-être dans « soleil de satan » ( son moins bon ….? Je m’autorise un cqfd).
Lui même dans « à nos amours » et la « la maison des bois » et toujours dans un jeu pincé sans rire qui fait contre point du drame qui se joue par les autres.
L’humour c’est aussi un point de différence avec le Kechiche ( à mon sens beaucoup plus sérieux )-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci de signaler l’humour chez Pialat – dans Police notamment, humour souvent gras mais humour, qui par exemple permet enfin de comprendre ce que désigne LSD
non, pas une drogue
non, pas Lucy in the sky with diamonds
non, pas La souris déglinguéeDe l’humour il y en aussi chez Kechiche, et beaucoup dans Canto due
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Antonin
Invitéhmmm impatient de voir alors.
Il suffit parfois de lire une phrase pour se dédire instantanément. Il y a effectivement beaucoup d’humour dans « l’esquive » , « la graine et le mulet » et « mektoub ». Maintenant les scènes m’apparaissent (de répétitions ; un repas ; soirée sur le bord du trottoir). Il faut que je creuse ma pensée et rematte les films pour comprendre mon souvenir du « trop sérieux ».
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Mickaël
InvitéBonjour, j’anime le cinéclub de mon collège/lycée et souhaite savoir si vous auriez-vous des idées intéressantes dans le domaine du cinéma coréen avec comme thématique la « socio ». J’avoue ne pas être calé sur le cinéma coréen hors Bong joon-ho et quelques pépites dans le genre horreur… Ca serait pour une tranche d’âge allant de la 4ème à la term.
Merci par avance 🙂
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François Bégaudeau
Maître des cléspour des lycéens tu peux essayer Lee Chang-dong
(Poetry, Secret sunshine)
de Bong, je recommanderais The host, parfait film dans un cadre pédagogique -
robert
InvitéSinon Joint security area, thriller historique relativement court (1h50) et pas trop violent. Je sais pas si les films de Lee Chang Dong peuvent plaire à un public de collégiens ou de lycéens.
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Jules
InvitéVu hier Magnolia de PTA (au cinéma palace à Bruxelles) : wow ! Quelle claque. Le troisième film que je vois de ce réalisateur (après Boogie nights et there will be blood) ; j’ai adoré les trois.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu n’as donc pas encore vu le meilleur du monsieur
réjouis toi-
..Graindorge
InvitéLicorice Pizza
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Alexandre
InvitéPhantom Thread
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Charles
InvitéAvec The Master.
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Tony
InvitéThe Master,je crois que c’est celui que je préfère et Inherent Vice j’ai jamais réussi à aller au bout.
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Alain m
InvitéPunch drunk love
apparemment le sérieux n’est pas la qualité première de ce forum-
Charles
InvitéThis is provocation.
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Alain m
InvitéCelui-ci je ne l’ai pas vu. Mais pitié Charles ne détruit pas mon enthousiasme. Et puis je n’en ai vu que 3. Licorice pizza et there will be blood
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François Bégaudeau
Maître des clésThis is provocation a tendance à faiblir sur la fin (la scène des majorettes est ratée, par exemple)
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Alain m
InvitéPas certain que Charles partage ton point de vue
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Charles
InvitéÇa c’est parce que tu n’as pas vu la directors cut de 4h.
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Alain m
InvitéCharles, vas-y émets tes réserves sur Punch. J’ai bu un coup pour supporter mais «doucement avec mes mules»
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Charles
InvitéPunch est un brillant exercice de style dont le personnage féminin est malheureusement sous-écrit, quasi inexistant. C’est aussi un récit très linéaire, attendu dans sa progression de comédie romantique (rencontre – coup de foudre – dispute – réconciliation).
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Alain m
InvitéJe ne peux que te donner raison sur tes réserves. L’attendu du récit ne me gène pas car je pense que mes exigences sont bien moindres que les tiennes, peut-être joue également le fait de voir peu de films et que nombres de scènes du film me subjuguent et altèrent mon esprit critique déjà peu développé. La scène au lit par exemple je n’avais jamais vu et ressenti ça au cinéma et toutes les résonnances avec la réalité d’une situation amoureuse. Plus gênante effectivement la place du personnage féminin alors que c’est pour moi le personnage clé du film. Malgré tout vivement que je puisse le voir et le revoir. Merci au passage pour Trenque Lauquen que j’avais pu voir par la médiathèque numérique.
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Louise Michelle
InvitéThis is a provocation est mon préféré. C’est le plus drôle et le plus subversif de PTA. J’ai appris dernièrement que le titre, qui n’a rien à voir avec le film, est un hommage à la fameuse phrase de Chirac se rendant en Israël
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François Bégaudeau
Maître des clésIL y a débat parmi les historiens, donc certains affirment que c’est en fait le titre de PTA qui a inspiré la sortie de Chirac.
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luc
Invitéil est sorti le dernier?
Apparemment Spielberg l’approuve, est-ce bon signe? -
luc
Invitéah le 24/09.
Bien! 😀 -
Charles
Invité@François : tout à fait même si le PTA préféré de Chirac restait Boogie Nights tant il s’identifiait au personnage principal (pour des raisons évidentes qu’on ne détaillera pas).
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Louise Michelle
Invitérire
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Louise Michelle
InvitéPas encore vu Boogie Nights.
J’imagine que le personnage de Mark Walhberg devait déguster une myriade de tête de veau. -
Louise Michelle
Invité*doit déguster
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stephanie
InvitéThere Will Be Blood ( l’histoire de l’Amérique , religion et pétrole)
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Benoît
InvitéJe sors de Miroir n3. Je suis très partagé. Au bout de 20min de film, j’observais que ces femmes-là semblaient vivre en dehors des conditions matérielles réelles. Et, au moment où je me disais qu’il allait bien falloir faire des courses pour qu’elles puissent manger, la maman a dit : « il faut aller faire des courses ». Pris à mon propre piège de prendre le film à défaut, je me suis rassuré, j’étais finalement face à un bon film. Et puis, plus le film avançait, plus je soupçonnais le film de me la faire à l’envers. Le film ne filmait finalement « rien ». Pas dans le sens où j’attendais du film des rebondissements, et que je serais déçu de son côté « chronique », bien que relatif ; pas non plus dans le sens où on pourrait défendre le rien, comme Letourneur le défend : dans le « rien » de la vie, qu’on prend à tort pour un rien, il y aurait en fait tout. Mais plutôt le rien ici comme le rien du « tout est déjà prêt » : il n’y a plus rien à filmer. C’est mon opération critique.
Finalement, on ne les verra pas faire les courses. On ne verra pas de salle de bain alors qu’on dit qu’on vas se doucher. Et on ne verra personne cuisiner, alors qu’on dit qu’il faut cuisiner. Refus de la scène. Au final, on se délectera d’un plat avec une boulette et deux pommes de terre que la jeune femme a préparé toute la journée. Bref, le plat est déjà prêt. La scène aussi semble déjà prête. Et les réparations du lave-vaisselle, du robinet, on ne les verra pas non plus. À peine faut-il réparer, que c’est déjà réparé ! Les deux femmes regardent les hommes réparer, mais les réparations sont absentes, comme le réparateur du piano. Bref, invisibilisation des réparations, même celles mécaniques. Il ne faudra surtout pas regarder la flamme du chalumeau réparer la selle du vélo ! Symptomatique aussi de ce « non filmage », ces roues de bagnole qui sortent comme par magie du garage, éjectées par le mécanicien, qu’on ne verra jamais au travail. Envie de devenir garagiste et de boire des bières : métier le plus cool du monde. Ah et aussi, ne verra jamais ces prunes, alors que je voulais les voir. Question de sensibilité sans doute. Et frustration de mon côté ? Mais peu de frustration chez moi de ne pas voir ces scènes, qu’on peut supposer qu’elles me manquent, à tort. Ce n’est pas ça qui intéresse le cinéaste, même si paradoxalement, il fait tout pour qu’on ose s’y intéresser ? Je demande seulement au film d’être du coup fort sur les scènes qui restent : si vraiment la matière de la vie matérielle ne l’intéresse pas, ce n’est pas grave, mais à minima j’attends alors du film qu’il soit alors fort sur la vie psychologique – comme chez Bergman par exemple. Mais là je le trouve faible aussi : il passe à côté des affections amorales troubles qui traversent les personnages. Hormis peut être sur une ou deux scènes que je trouve encore faibles. Étrange film qui devrait nous faire aimer la vie, et incapable de la filmer dans sa matérialité.
Je sauve malgré tout le sang du crâne au début. Je me suis dit que le film construisait une esthétique en opposition au sang du crâne. On comprend que le film se concentre sur la « réparation » psychologique. Mais même sur ce point, le film passe à côté, hormis peut être une belle scène de fin, trop courte, piquée a Tokyo Sonata ? Donc le film tente de filmer des mondes intérieurs, c’est à dire de la psychologie (difficile au cinéma, art qui ne peut montrer que des émotions et pas des sentiments). Et donc, il essaye à un seul moment, par le dialogue, d’aller au cœur de ça : « je ne suis pas triste de la mort de mon copain » dire la jeune femme au garagiste, tous les deux attablés. Idée d’une mise a nu d’une affection qu’on peut juger immorale. Là, il y a du vide, la béance qu’on attendait, qui pourrait nous déstabiliser, mais il n’en fait pas grand chose. Bref, film sur rien, car film qui filme son scénario, un scénario qui ne voudrait surtout pas être un scénario. Reste un Depardieu allemand que je trouve très beau.-
I.G.Y
InvitéPassionnant de voir comment à partir d’une attention portée à des choses similaires on peut en arriver à des jugements qui s’éloignent — pas tant que ça non plus, car « très partagé » est tout autant mon avis.
J’ai moi aussi vite perçu qu’espérer de Miroirs no. 3 un film qui montre la vie dans sa matérialité était un peu vain (en réalité sur ce point, certains propos de Petzold sur des subtilités matérielles de son film m’ont fait réaliser après coup qu’il y avait dans ce jugement une part d’ignorance de l’Allemagne, de sa matérialité géographique). Pour la grande profondeur psychologique ou les affects troubles, on repassera aussi. Quant au scénario je me demande même si ça n’est pas son point le plus faible —il y aurait à dire là-dessus mais puisque le film est pas mal descendu et le sera encore au Microciné, je m’arrête là car c’est n’est pas mon point ici.
J’essaie de juger avant tout ce Petzold sur ce qu’il cherche à faire, et non sur ce qu’à l’évidence il ne fait pas. Or il me semble qu’on trouve dans ce qu’il cherche à faire quelques réussites qui reprennent justement des choses que tu as mentionnées, réussites non pas scénaristiques ou psychologiques mais purement cinématographiques, formelles.
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Pour avoir vu Ondine (plutôt raté) et avoir entendu parler d’autres, j’ai l’impression que son truc, Petzold, c’est l’entre-mondes (et très explicitement le conte dans Ondine). Or contrairement à ce dernier je trouve que Miroir parvient à installer cet entre-monde de façon progressive et sur un tout autre mode : dans Ondine c’est par le dialogue même, par une explicitation scénaristique directe que le conte entrait dans la danse dès le tout départ ; ici, c’est une dématérialisation progressive qui est à l’œuvre. Une soustraction du monde.Une soustraction qui est se « matérialise » par une constellation d’éléments. Par exemple la manière dont est filmé le garage. D’abord on constate que ce qui lie le garage au monde extérieur, au dehors, à savoir son business, est ostensiblement filmé de très loin : les clients qui arrivent, leurs voitures de luxe qui vont et viennent tels des carrosses irréels, les clients qui parlent aux garagistes (on a même le père qui ne répond carrément pas). Toujours au loin on échange indistinctement sur le fait qu' »ici, on interrompt le signal GPS » : ici c’est décidément un passage vers autre chose, ici est ailleurs. Pas de carte bancaire non plus, liasse de billets. Les pneus sortent comme de nulle part et roulent (ce point a aussi été très justement souligné par Prisme dans leur vidéo, j’étais content). Tous ces moyens sont purement formels, et d’une grande simplicité.
Je souligne aussi justement la scène de l’accordeur, qui pour moi est l’une des plus réussies du film, je ne m’en suis rendu compte qu’en y repensant le soir. En une seule petite séquence (voire un seul plan? pas sûr, je crois qu’il y a un contre-champ), sans explicitation et par la pure juxtaposition du son et de l’image on résume l’étrangeté de la position de Laura en tant que « résurrection » de la fille défunte, élément par ailleurs géré avec lourdeur par le scénario. De mémoire Max est là, il entend le piano, Laura arrive et il se mettent à parler, il réalise donc avec surprise que ça n’est pas elle qui joue sur le piano. La discussion est emprunte de gêne car elle est pianiste comme la sœur de Max, et l’on a donc cette conversation qui se déplie sur fond de notes totalement désaccordées, dissonantes, qui planent dans l’air comme jouées de nulle part sur le piano d’une défunte. Voilà une scène qui eut été totalement, affreusement ratée avec l’accordeur dans le plan ne serait-ce qu’une demi seconde. Elle eut été réussie filmée par Letourneur avec l’accordeur à l’écran, elle l’est ici par son absence même.
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Petzold à mon avis ne filme pas ici un monde intérieur (si l’on restreint à ça, le film n’a pas d’intérêt). Ce qu’il réussit à installer est un absentement du monde qui frôle, qui tend doucement vers le merveilleux. Les réussites que j’ai énumérées, parmi quelques autres, ont eu pour effet temporaire de me faire accepter les grandes faiblesses que le film a par ailleurs. Outre les lourdeurs générales du scénario déjà évoquées, la principale est à mon avis que la tentative même du film, cette dématérialisation quasi-merveilleuse, n’est vraiment pas aboutie (elle est notammement saccagée par une scène de départ avec le père absurde, « retour au réel » dans lequel on voit que le mot « réel » a bien peu d’importance en effet).En définitive, si je considère le film vraiment dans sa globalité je dois bien avouer que je suis « très partagé ». Les critiques de France Culture l’ont bien défendu mais laissant trop de choses de côté.
Réel absenté mais envoûtement dissipé.
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Benoît
InvitéTu défends bien le film et il ne m’a pas échappé non plus – et j’aurais dû faire cet effort d’en dire un peu plus sur cet aspect – qu’il était fait par endroits de moments d’observation, de suspension, voire de « décollement », pour utiliser mon vocabulaire à moi. Tu parles « d’entre monde ». C’était sans doute par ce bout qu’il faudrait défendre le film en effet. Mais ces moments sont finalement peu nombreux. Pas grand chose à se mettre sous la dent. Et j’y vois presque moins un espace esthétique puissant qu’un rabattement de scénario sur ce que j’appellerai des indices qui peuvent avoir un charme « sophistiqué », ludique, parfois drôle : un homme qu’on ne voit jamais travailler dans son garage est garagiste : indice, il déverrouille un GPS, une roue sort d’un garage. Deux femmes se regardent sur le bord de la route et semblent reconnaître dans l’autre une correspondance, la douleur d’un monde intérieur. Indice indicible.
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Benoît
InvitéLe film déplie comme une impossibilité d’être au monde, d’être là. Des personnages amputés de tout un tas de capacité de « sentir » la vie. Impossibilité de jouissance, malgré les petites joies, qui pourrait justement faire un monde de jouissance : vélo, prune, réparation, bière, patates et boulettes. Mais bien sûr ça ne suffit pas. Ici, ce ne sera pas par ces petits bouts de joie que l’appétit de la vie reviendra, mais par par comblement de bloc entier, par « gros remplacement » : le lave-vaisselle tout neuf ne suffira pas, il faut qu’un corps en remplace un autre, une fille une autre. Et enfin par « gros déplacement, » on ira voir ce concert de piano, et on en reviendra en ayant comblé le gros moment qui manquait pour faire le gros souvenir, qui comblera le gros vide, le gros deuil.
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Benoit
Invité« Étrange film qui devrait nous faire aimer la vie, et incapable de la filmer dans sa matérialité. »
Finalement, je rectifie, vu qu’on est nombreux à vouloir se tirer une balle le matin : film qui constate que même quand on veut se foutre en l’air, c’est paradoxalement dur de rester en vie, alors que la solution est pourtant à portée de main. Question aussi de tempérament. Une femme sur trois aura réussi à se donner là mort. Ou pour rester positif : deux sur trois à rester en vie. Il y a une froideur qui me plaît là dedans et qui prend parfois le film. Nous-mêmes en galère comme les personnages du film à se satisfaire de ce que la vie propose, même avec ses petites choses.
Pour finir sur une note plus joyeuse, je repense dans le même temps à une citation de journal d’un curé de campagne : « Les petites choses n’ont l’air de rien, mais elles donnent la paix.”
Et ajoute aussi que sous le soleil de satan repasse ce samedi à la cinémathèque.
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour l’échange
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Malice
Invité@Igy et Benoit, j’ai aimé lire vos critiques de Petzold. Est-ce que vous diriez que c’est un cinéaste qui filme l’au-delà en homme qui n’y croit pas assez? J’avais comparé » Breaking the waves » avec « Ondine » ; est-ce qu’il serait pertinent de dire que la foi réelle de Lars Von Trier ( au-delà de son talent artistique) donne à BTW la puissance qui manque à Ondine?
Il y a des oeuvres fantastiques qui ont un rôle de récréation du monde réel, peut-être que c’est la démarche de Petzold?-
I.G.Y
InvitéBenoît : oui, il y n’y a sans doute pas assez pour parler « d’espace esthétique puissant ». On reste trop au milieu du gué à mon goût. Et pour ce qui est du retour de l’appétit de la vie, à vrai dire même le concert ou autre ne résout grand chose. La seule chose qui semble résolue se matérialise par l’écho entre les plans du balcon à la ville : début du film, rideau au vent, le copain est sur le balcon ; avant dernier plan du film, même cadrage, rideau au vent, le balcon est vide. Dernier plan, léger sourire de Laura, fin. Comme si le reste du film était une grande parenthèse.
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Malice : Il faudrait que je voie davantage de Petzold pour répondre, sans quoi je vais commencer à dire de grosses bêtises. J’essaierai de voir Transit avant le 18. En tout cas il est possible que le réel de Petzold soit davantage signalétique que matériel, un pur support pour autre chose. C’est pour ça qu’au fond je ne trouve pas qu’il s’en sorte si mal dans cet espace rural hors-temps, où le réel est en fait assez loin. Je vais garder ces questions en tête pour Transit et BTW. -
Benoît
InvitéNe connaissant pas les films précédents du cinéaste, ni ce qu’on en disait par ailleurs, j’avoue ne pas être tout de suite réceptif au vocabulaire : « entre-monde ; « au-delà » ; « fantastique » , voire même « conte » , même si peux comprendre ce dernier terme, en revenant à cette situation de départ en effet étonnante : fuite, accident, mort, accueil etc. Et je peux aimer que le réel en soi, soit fantastique par quelques idées de mise en scène : roue de bagnole autonome, musique dont on se demande d’où elle vient etc. Et on pourrait gloser sur la géographie du paysage absente, sur un monde coupé du réel etc. Mais cette direction critique me parait bancale, car c’est un jeu où on est perdant et on pourrait gloser l’inverse par d’autres éléments factuels, surtout présents en fin de film : parc berlinois bondé, concours de piano etc. On pourrait s’amuser à tirer des règles de cet univers, comme si la famille qui assistait au concours avait traversé son monde pour rejoindre celle de la jeune femme, comme on traverse le purgatoire etc. Pour répondre à ta question, pour moi, le cinéaste ne filme pas l’au-delà, il filme, ou voudrait filmer, selon la réussite qu’on accorde à ce filmage : le froid de la vie quand on est froid, jusqu’à se demander si la vie elle-même, indépendamment de notre froideur, n’est elle-même pas froide.
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François Bégaudeau
Maître des clés« voudrait filmer, selon la réussite qu’on accorde à ce filmage : le froid de la vie quand on est froid, jusqu’à se demander si la vie elle-même, indépendamment de notre froideur, n’est elle-même pas froide. »
Joli
(comme toute la discussion)
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Carpentier
Invitéqqn.e sait si le format du Microciné de la rentrée compare, en quelque sorte, les 2 films annoncés?
Car j’ai vraiment peu d’appétence pour le Miroirs 3-
Carpentier
Invitéallez, Carpentier, vas-y
tu t’en cognes de leur non-réponse, vas-y
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Alex
InvitéSirat :
Égrener les références et les influences – supposées ou non – d’un artiste est une manie qui a contaminé les commentateurs tous comme les créateurs. L’art contemporain est très bavard. Il a conscience de lui-même et de son passé. Au premier lieu, parce qu’il est vécu comme un art.
Comme pour conjurer cette malédiction, on fait appel à l’inconscient (ce fut le cas des surréalistes), en espérant trouver un ailleurs de la création, une innocence (art brut) ou une pureté créatrice. Porter les marques de ses influences, c’est se condamner.
Or, comme beaucoup, j’ai pensé à d’autres films pendant le visionnage de Sirat. Le film m’a laissé l’impression d’un patchwork d’influences. Voulait-on nous inviter à un road trip dans un décor hostile ? A une expérience sensorielle ? Nous faire assister au difficile rapprochement de deux mondes qui s’ignorent ? Un peu tout à la fois et rien non plus. C’est comme si Laxe essayait de sortir des sentiers battus, sans trop essayer d’en sortir (car trop visible).
On est presque obligé de penser au salaire de la peur (ou au convoi de la peur) devant Sirat. La tension en moins. Les corps ne dégagent pas grand chose. On est loin de la sensualité de Beau travail ou de l’épreuve physique et intérieure de Gerry. La promesse d’une expérience sensorielle est malheureusement vite évacuée par des scènes de dialogues très fades. Le mysticisme et la mythification affleure au début du film lorsqu’on installe les enceintes dans le désert, que la musique couvre les voix et que l’on danse.
On découvre rapidement des personnages tout gentil, tout mignon avant même que le sentiment d’étrangeté ait pointé le bout de son nez.
Les tentatives de mettre de la distance entre les ravers et le père et son fils tombent à l’eau : Par exemple, les ravers essayent gentiment d’empêcher Luis (Sergi Lopez) de ne pas les suivre lorsqu’ils s’échappent du convoi. Lorsque Tonin invite Luis à partager ses provisions en échange d’essence, l’échange fait écho à une scène entre le père et son fils. Ce dernier voulait partager du chocolat avec les ravers contre l’avis de son père. Outre que le thème de l’attirance d’un fils pour la marginalité n’est en soi pas très original, le rapprochement ne comporte aucun enjeu tant le groupe de fêtards est sympathique.
Des corps tatoués, percés voire amputés d’un membre ne suffisent pas à en faire des freaks. Ils ne sont pas vraiment zombifiés, un peu endormis par les pulsations et le grondement des basses. Ils dégagent même une certaine sérénité. Comme le spectateur qui se laisse porter par la musique qui, quoique que comportant de légers accent maléfiques (les voix d’outre tombe), aurait plutôt tendance à nous bercer. En sortant de la salle, j’entends une dame âgée dire à son mari que la musique ne l’a pas dérangée, bien au contraire.
Une musique plutôt agréable donc, sur fonds d’images de désert pas non plus déplaisantes. Quelques embuches très traditionnelles sèment le parcours : les roues qui restent coincées dans le sable, le cours d’eau qui gène le passage, la circulation en hauteur. Ca me rappelle la fois où j’avais coincé mes roues avant sur le parking de Lacanau-plage.
Alors on sort les grands moyens. Evidemment on est pris au dépourvu, on est sorti de notre torpeur. Mais à chaque fois, l’élément choc a quelque chose de risible.
En lisant son entretien sur le site du rayon vert, j’ai trouvé le réalisateur plutôt lucide sur certains points :« Personnellement, je trouve que nous, les réalisateurs, sommes les pires ennemis de nos films. Parce que l’on a tendance à mettre trop de clarté ou de rhétorique dans nos images, ce qui a pour conséquence de les dévitaliser. Au début, les images sont connectées à l’inconscient, qu’il soit individuel ou collectif. Mais à un moment donné, on connecte les images les unes avec les autres pour qu’elles servent à raconter quelque chose, une histoire. Et quand les films suivent uniquement cette démarche de dévitalisation des images pour servir un récit, ils sont un peu morts. »
Plus loin :
« C’est un film que j’ai presque écrit en dansant. Sur des dancefloors, j’avais des images dans la tête, je les savourais et les développais. J’ai donc un rapport très sensoriel aux images et aux scènes, mais je pense quand même faire un cinéma qui veut exprimer beaucoup de choses. »
Or le film est effectivement scindé. Les scènes de dialogue sont très faibles, elles servent à raconter une histoire (le rapprochement des personnages), comme il le dit lui-même. Pour le reste, on des images du désert, des voitures qui circulent, des amplis, de la fête. A-t-il voulu exprimer quelque chose ? Mon sentiment est qu’il n’a pas complètement lâché prise, qu’il a effectivement voulu « exprimer beaucoup de choses ».
Je ne m’attarderai pas à tenter de (sur)interpréter le film. L’interprétation doit venir spontanément sinon elle est comme surajoutée artificiellement.-
Tony
InvitéJe n’ai pas été conquis non plus, j’étais même un peu déprimé en sortant de la salle,ce genre de film demande un abandon total à l’expérience sensorielle et je n’y suis arrivé que de façon intermittente, j’ai complétement décroché,sans spoiler,lors de l’accident dans le ravin, et là je me suis demandé pourquoi on me faisait subir ça,quelle en était la nécessité et cette question du sens m’a définitivement sorti de l’expérience.
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Carpentier
Invitéoh benh décroché au même endroit dis donc
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François Bégaudeau
Maître des clésPourquoi nous fait-il subir ça est effectivement la question
et si on ne voit pas pourquoi, alors en effet c’est foutu-
Scoob
InvitéEn tant que spectateur, j’ai immédiatement été pris par l’envie de trouver une symbolique, un sens, un message etc…, (attention spoil) aux « rebondissements » : 1 chute du ravin et 2 champ de mine.
Étant décontenancé je voulais à tout pris une réponse, j’ai formulé une interprétation qui vaut ce qu’elle vaut dans les minutes qui ont suivi. Les sensations ont laissé place à l’intellectualisation.
J’avoue être à moitié sorti du film après le rebondissement 2, après être parvenu à accepter le premier. Au final je ne sais pas si j’ai aimé ou non le fait d’avoir été bousculé comme ça…-
Tony
InvitéC’est pas très clair non plus pour Mediapart
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Carpentier
Invitéécouté ce matin la partie dédiée à Sirat, à ce pont, ce fil, ce chemin ténu entre paradis et enfer
que chacun.e tente de franchir dans le dernier quart d’heure du film (à peu près, la dernière demi-heure peut-être plutôt?)Zabriskie point, film, pas pensé du tout mais ok
le desert, bon,
et pourquoi suis-je restée bien dans le présent, moi, alors, devant ce film?
dystopie, fin du monde, moui, j’y suis moins allée que la plupart de ceux et celles qui en parlent apparemment
bon,
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Carpentier
Invitéserait-ce une histoire de common decency, si j’en ai un peu compris le concept, une sorte de crainte d’indécence à produire un film avec une/des séquences dans les déserts de Mauritanie sans ‘ s’engager ‘ à minima sur le sujet et la cata des mines anti personnelles ?
La bourgeoisie du cinéma qui, devant l’art pétoche, selon les lieux où on tourne un film, et veut ajouter la goutte d’engagement, la griffette politique pour sa bonne conscience?-
Carpentier
Invitéje parle de la possible pression des financeurs et producteurs sur les scénarios, qu’on connait bien maintenant, et pour qui un ‘ simple film sur des teuffeurs qui ravent au milieu de nulle part ‘ pour se faire un peu de bien un instant ‘ ne peut suffire.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois que Laxe s’est fait cette objection à lui même, en mystique qu’il est : c’est quoi ces gens qui disposent de ce désert comme ça, comme s’ils étaient partout chez eux?
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Carpentier
Invitémon geste un peu cajoline avec mon 2e post, comme pour un peu dédouaner ce Laxe dont je sais pas grand chose pourtant, était donc dispensable
Décidément, ça me réussit pas si souvent la prudence polie-
Scoob
InvitéOn remarquera que la punition la plus terrible intervient juste après ce qu’on pourrait appeler une fraternisation sincère de Luis avec les teufeurs, alors qu’il semblait être méfiant jusque là.
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François Bégaudeau
Maître des clésPourquoi sont ils punis est donc bien la question.
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Scoob
InvitéBon, je tente une réponse, même si sur le moment cela me semblait être un biais gauchisant un peu forcé.
Ce qui a fait tiquer Luis sur l’échange de bon procédé essence/nourriture peu de temps avant c’est le mot « collectiviser », il a accepté semble-t-il car il avait besoin de l’aide des teufeurs…et là, même si ce n’est pas tout à fait la même situation, il ne tique plus.
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Ah et j’y pense en écrivant, si mes souvenirs sont bons, la petite punition « chien malade » intervient après qu’Esteban ait offert du chocolat aux teufeurs, comme un avertissement. -
Tony
InvitéSur l’épisode du chien malade je me suis dit que c’était une métaphore un peu lourde sur l’empoisonnement du vivant par ces humains irresponsables et drogués(ici au LSD, ailleurs par la marchandise peut-être)et métaphore analogue avec le champ de mines puisque ce champ n’a rien de naturel,ce sont bien des humains qui les ont déposés,l’homme, partout où il passe, sème la mort.
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Tony
InvitéRécit religieux, l’homme est coupable par nature.
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Carpentier
Invitéfraternisation, moui, rapprochement forcé dans le malheur qu’on sait, dans la galère, quoi
l’enfant restant un appât/une fragilité/un lien (surtout quand il n’est plus) un peu, non?
Me relisant, je constate combien, à peine 2 jours après visionnage, mon coeur s’est durci.
Pas bien fière.
Si c’est cela être spectatrice refroidie, benh, pas sure de m’aimer ainsi.
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Carpentier
InvitéJ’ai donc enfin vu Sirat cet après midi;
dès visionnage de la bande annonce, j’ai voulu en être: avec Sergio Lopez, en plus, c’était pour moi.
Alors bon, l’extraordinairement longue première séquence m’a plu.
Et à je ne sais plus trop qui, qui disait, je crois, que dire au cinéma ce que ça fait d’écouter de la musique était quasi impossible, je dis: et bien voilà qui est fait, Monsieur.
Les plans roadies pour installer caissons de basses et amplis sont prometteurs et les débuts de la rave en territoire hostile annoncent qu’elle va tenir promesse.
Jusqu’au titre Sirat plein écran, après le.marchandage pour l’achat des 3 bidons de carburant, on est au cinéma.
Ensuite, la narration/l’histoire avec tous les persos s’amorce, une équipe où s’invite 2 intrus, c’est intéressant, jusqu’à ce que la camionnette que l’on sait (quand on a vu le film) se tire en moonwalk avec les conséquences attenantes.
Après ça, j’ai quitté le film, j’y étais moins – et le couple à ma droite aussi, emmené dans un fou rire que chaque explosion redéclenchait ensuite.
C’est ennuyeux et pas.
J’ai cru lire qu’on pensait au salaire de la peur, bon,
moi j’ai pensé à Gaspard Noé.
Benh ouais.
Bon, j’essaye de voir le Miroirs 3 là, mais promets rien.-
Carpentier
Invitédurant la longue séquence inaugurale, pensé quand même à l’effet Kechiche de son Canto uno
mais ce doit juste être cette petite sensation de manque depuis ses fameuses scènes de danse.
On en voit pas tant que ça qui sont à la fois simples et vraies au ciné
et dans ce Sirat, première séquence, il y en a de ça.
Et si en plus, comme le dit un peu plus haut un sitiste, même les vieux ont apprecié,
c’est top, non?-
François Bégaudeau
Maître des clés« On en voit pas tant que ça qui sont à la fois simples et vraies au ciné »
Très juste
D’où le prix de cette première séquence.-
I.G.Y
InvitéJe sors aussi de Sirat. J’avais très peur d’une déception — d’autant plus que je creuse profondément le sillon de pas mal de sous-genres de techno depuis facile 10-15 ans — et ça n’a pas été le cas. Le film est très riche et il y aurait du papier à noircir sur cet indémêlable enchâssement de parabole politique, de rapport à l’espace et au son, de mystique, sans compter le rapport aux acteurs et même à l’humour (quelle grande scène que celle de la guitare-prothèse-moignon, si quelqu’un a déjà vu ça qu’il me le dise). Histoire de me laisser le temps de digérer et surtout d’aller sur un terrain qui ne sera peut-être pas le plus labouré, je dirai juste un mot de la musique.
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La techno est depuis ses débuts portée par des imaginaires ancrés dans des paysages. Portée dans sa production même : titres de morceaux, noms d’EP, pochettes d’album. Côté urbain on trouve bien sûr l’usine, le béton, les sous-sols. Mais en matière de paysages ouverts, lieux du vertige de l’immensité (l’autre parlerait du Sublime, piste à creuser), le désert est loin d’être à la première place. On trouve assez loin devant : l’espace (tellement d’exemples que c’est inutile de citer, c’en est devenu un cliché) ; aussi quoique plus rarement les fonds marins (Drexciya parmi les pionniers dès le début des 90’s), le ciel bien sûr. Ce que j’ai trouvé intéressant dans l’expérience sensorielle du film est que partant du plus strict désert, il fait se croiser tous ces éléments : il y a toute une série de plans assez impressionnants, notamment de nuit, dans lesquels les minuscules véhicules pris dans le sable et la tempête se muent tantôt en vaisseaux spatiaux en voie d’alunissage, tantôt en robots sous-marin sondant pleins phares les profondeurs du monde.La première scène de danse est très juste, mais permet aussi de relever la quasi absence de son musical direct, me semble-t-il, dans toutes les scènes de danse/transe du film (sauf durant les scènes filmées loin du dancefloor, où le son est en fond). Il n’y a donc jamais l’effet « mur de son » réel, dont tout participant assidu à ce genre de teuf (légale ou non) sait à quel point il transforme matériellement un morceau — peut-être une semi-exception (?) : la scène à l’intérieur du camion avec l’enceinte pétée, très bonne idée. Je me suis toujours demandé si je verrai un jour au cinéma une vraie scène de teuf psychédélique et méditative comme j’aimerais la voir filmée : ici il me manque encore un truc. Comme le film parvient par divers procédés à ne pas faire de sa musique une pure bande sonore abstraite, j’arrive à pardonner cette absence de son direct. D’autant plus que certains passages où c’est potentiellement bien le cas sont tout bonnement remarquables sur le plan sonore : je pense à l’ascension de la montagne en voiture. Même la traversée de ce modeste ruisseau au début est très réussie alors que ça n’est presque rien. En tout cas cette absence de son direct pour la musique, ce découplage son-image, participe à mon avis de l’élévation mystique (j’ai bien noté qu’il reste quelques sons humains sous la musique, ça ne modifie pas mon propos).
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Pour ce qui est de la compo/prod de la musique elle-même, je ne la trouve pas renversante mais elle se place à un point d’équilibre pas idiot entre « grand public » et underground. Elle reste assez léchée et sage, mais a tout de même un minimum de grain. Disons que sans le film je l’aurais passée sans y prêter trop attention et je ne la réécouterai sans doute pas plus d’une fois hors du film (le morceau de base, Amber Decay est sorti il y a 10 ans; aussi ce n’est pas un type de techno spécialement à la mode dans les teufs alternatives à ma connaissance, ça n’est d’ailleurs pas un morceau « rave »; le compositeur mixe au Berghain donc je pense qu’il le sait très bien). La musique acquiert une certaine puissance couplée au film, les deux sont indissociables. Indémêlables.-
François Bégaudeau
Maître des clésBel hommage – et une expertise techno que je n’ai pas, et qui m’intéresse.
Ca se déchaine pas mal ici et là contre le film, alors que rien que son travail sur la musique, l’attention qu’il lui porte, devrait un peu modérer la rage.-
I.G.Y
InvitéSans avoir spécialement creusé la question à l’heure qu’il est, j’ai eu l’impression d’un accueil critique globalement très favorable (j’ai vu que les cahiers n’avaient pas aimé). J’ai loupé quelque chose? Cette apparence d' »unanimisme » positif (qui encore une fois est peut-être mal jugée de ma part) avait même tendance à me mettre sur mes gardes. J’ai encore très peu dépecé les recensions, tu dois être très en avance sur moi là-dessus.
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Malice
InvitéIgy tu peux développer ce que tu connais de la culture des teufs et de la techno?
Par exemple est-ce que tu as une expérience du duo Pussy killer formé par Jennifer Cardini et feu DJ Sextoy? -
François Bégaudeau
Maître des cléseffectivement la critique est majoritairement pour, voire en pâmoison
mais je suis tombé sur un post développé et assassin d’une cinéaste + quelques sorties de ce genre-
Seldoon
InvitéMalgré une critique majoritairement conquise, on croise des réactions violentes contre le film. Beaucoup. Le genre d’accueil que reçoivent les meilleurs Noé.
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Carpentier
InvitéGaspard Noé, yep, seul real qui m’est venu à l’esprit durant mon visionnage d’ailleurs
Faut que je retrouve durant quelle scène précise,
peut-être celle où s’improvise, avec 3 des protagonistes sacrificiels ^^ , la mini-rave ‘ pour Esteban ‘ (elle est dans la bande annonce cette scène, avec vue sur la prothèse de jambe qui danse
oui, c’est peut-être à ce moment-là précis qu’une familiarité avec le travail de Noé m’est clairement venue.-
Guillaume drapeau rouge
InvitéIl est évident que l’on peut penser au cinéma de Noé lors des scènes musicales, ou de danse, plus particulièrement à Climax.
Mais j’ai surtout beaucoup pensé à Bresson en regardant Sirat, dans la manière de filmer les gestes (à commencer par l’intro, Laxe s’attarde sur les mains manoeuvrant les éléments du mur de son, prends le temps de les filmer). -
Carpentier
Invitérelevé personne qui s’y prénomme Balthazar pourtant
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François Bégaudeau
Maître des cléssur l’introduction oui pourquoi pas Bresson – les mains
mais par la suite est ce si sûr? -
Guillaume
InvitéDans sa suite de séquences sobres et épurées, dans sa spiritualité, je retrouve un peu du journal d’un curé de campagne. Même si j’avoue, je l’ai bien plus ressenti en regardant son Mimosas.
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Carpentier
Invitévoir autre chose du Monsieur donc, il me faudra
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I.G.Y
InvitéOk, je scruterai de plus près les avis, merci.
Malice : Cardini j’ai une expérience (deux fois) mais je ne connaissais pas son duo, tu me l’apprends! Pour le reste ça serait un peu hors sujet de vraiment développer mais des raves illégales en extérieur comme celles décrites dans le film, qui plus est dans le désert, jamais fait. En revanche des grandes teufs à soundsystem non déclarés dans des hangars ou des garages organisées dans les banlieues nord, ça oui (surtout vers 2015-2018 pour ces trucs là, après j’ai l’impression que ça a baissé).
La scène évolue à toute vitesse mais j’essaie quand même de m’accrocher. Une tendance de fond est palpable avec les années (dans la techno et les néo-house/néo-trance) : la nette augmentation du bpm moyen. (c’est sûr qu’avec la BO de Sirat on est à l’opposé des bpm trance)
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Alexandre
InvitéIl y avait eu dans les années 90, d’excellentes compilations, ou anthologies je préfère, chez Beechwood Music, de musiques electro quelles qu’elles fussent alors, techno, house, trip hop, qui s’intitulaient This is techno (en l’occurrence).
Parfaites pour un boétien comme moi, et qui l’est resté je dois le reconnaître.
Perso ma chouchoute était consacrée à la jungle.
Je dois reconnaitre, surtout pour la techno que je ne suis guère allé au delà. En termes d’achat d’albums, je me cantonnais au très mainstream Underworld.
3615monexperiencepersonnellesurlesujet -
I.G.Y
InvitéC’est peu de dire qu’en matière de « mainstream » (de l’époque) Underworld n’est pas déshonorant. Coïncidence car je réécoutais justement le mois dernier une palanquée de leurs titres via l’édition Super Deluxe de Second Toughest In The Infants, qui contient le pas si techno que ça mais super Pearl’s Girl, parmi d’autres ; et celle de Dubnobasswithmyheadman avec le formidable mix alternatif très techno de Dark & Long, le Burt’s mix, ou encore le lent et méditatif Thing In A Book Mix de 20min (!)).
Je ne connaissais pas cette anthologie This is Techno mais je reconnais plusieurs morceaux et beaucoup d’artistes, y’a quand même du beau monde. Autre coïncidence au vu de la tracklist : j’ai vu Leftfield en Live cet été et ils ont justement joué Open Up, ça déménageait bien (pas un archétype de techno mais vraiment fort ; leur chanteur invité, Cheshire Cat, qui ressemble à un MC de dub mais blanc était très bon).
Quant à la Jungle/dn’b, sacré continent aussi. « Musique d’anglais » comme on dit par chez moi. J’ai pratiqué un peu mais pas du tout assez.
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Alexandre
InvitéLes deux albums d’Underworld que tu cites sont les deux que j’ai, mais pas en édition spéciale . Ah si peut-être Second Toughest In The Infants parce qu’il y a un second disque.
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Alexandre
Invité..et « béotien » pas « boétien »
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Antonin
Invité« quelle grande scène que celle de la guitare-prothèse-moignon, si quelqu’un a déjà vu ça qu’il me le dise ».
Déjà vu oui :
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I.G.Y
InvitéAh oui excellent (même si ce n’est pas un vrai moignon, ce qui change pas mal la donne)
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Martin
InvitéC’est quand le prochain microcine avec François et ça portera sur quoi ?
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Carpentier
InvitéSirat & Miroirs n°3 donc
si j’ai bien compris-
Ostros
InvitéLe 18 à 21h.
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Carpentier
Invité21h, c bon ça: dans son canap ou son lit ou son canapé-lit,
tranquille, benh voilà des gens qui savent vivre-
François Bégaudeau
Maître des clésen fait on enregistre jeudi mais ce sera en ligne plus tard
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propater
InvitéCe ne sera pas en live comme ses autres émissions?
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François Bégaudeau
Maître des clésil n’est pas toujours en live, loin de là
l’enregistrement nous permet une plus grande souplesse dans le calage des dates, qui n’est jamais simple-
Carpentier
Invitépas simple côté émetteurs non plus, benh oui, on l’imagine bien aussi
pas hors sol, quoi
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..Graindorge
InvitéJ’avais noté Sirat et un simple accident de Panahi
Bon. 21h c’est 20h aux Canaries: très bien-
François Bégaudeau
Maître des cléson ne fait qu’enregistrer, diffusion plus tard
Panahi on a reporté car la sortie a été reportée-
..Graindorge
InvitéD’accord, noté
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K. comme mon Code
InvitéLes 150 millions n’ont clairement pas empêché PTA de faire un film de PTA.
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Seldoon
InvitéIl se passe, économiquement, un drôle de truc chez Warner, qui enchaîne cette année les réussites publiques et critiques avec des films à budget moyen à gros dans lesquels on sent que le réalisateur a eu les coudées franches. Le studio a toujours revendiqué cette approche, on dirait qu’il s’y sont remis pour de vrai et que ça finit par leur réussir après des temps troublés.
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K. comme mon Code
InvitéIl m’a paru évident devant Battle que personne à part De Luca et Pam Abdy n’a eu accès au scénario. Mais j’ignore à quel point celui-ci était élaboré : Regina Hall a évoqué lire « Chaos TBD » dans le script et PTA a avoué ne pas avoir eu de fin précise en tête, et Regina Taylor semble improviser chaque ligne et dégage une forte impression de liberté. Puisque ça parlait de Pialat récemment, j’ai aussi pensé à Pialat en rapport à Anderson. L’histoire du film est très simple mais chaque scène semble désamorcer ce qu’on peut attendre. On a un enchaînement de blocs. Un enchaînement de scènes/moments qui forment un tout un peu elliptique, voire épileptique. Il est parfois plus tonalement étrange que d’autres de ses films. Je suis très curieux de savoir comment le « grand public » le recevra.
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Seldoon
InvitéEt toi pour tu te joins ou non au concert de louanges ? « film le plus important de PTA » ? « meilleur film issu des studios en ce début de siècle » ?
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K. comme mon Code
InvitéFilm le plus important, je ne sais pas ce que ça veut dire. Par contre, je n’ai pas le souvenir d’un film de ce budget par un Big Five paraître autant libre en ce début de siècle, oui. Il a vraiment utilisé les ressources pour faire un film de PTA dans la continuité esthétique des précédents. L’unanimité des premières réactions me surprend un peu parce que des personnes hermétiques à ce cinéma semblent conquis cette fois, et je ne l’explique pas vraiment par la présence de séquences d’action.
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Seldoon
InvitéJe crois comprendre que par « important » ils veulent dire « politique à un époque où il faut l’être ».
En reflechissant aux gros budgets libres de ces deux décennies je n’ai que le dernier Tarantino en tête et qui était plus petit (le le reste, comme les deux Scorsese, se trouve sur les plateformes).-
K. comme mon Code
InvitéPolitiquement, je continue de penser qu’Inherent Vice, sa véritable adaptation de Pynchon, est son film le plus pertinent politiquement. Ce qui est croustillant dans OBAA, ce sont davantage les dynamiques raciales qu’une vue globale du fascisme capitaliste contemporain. Mais je comprends pourquoi des personnes disent ça, oui. Cela dit, sur ce point, le film n’est pas que signaux du contemporain, il montre aussi des choses de manière très incarnée. La manière dont Di Caprio est intégré là-dedans sans être sensationalisé ou donner l’impression de dénoter est très fort.
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Antonin
InvitéHmmm ça donne envie. De mon côté c’est Sean Penn qui m’intrigue dans la BA. Il a l’air…. en colère.
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K. comme mon Code
InvitéLe colonel Steven J. Lockjaw est plein de choses. C’est très bien que les trailers n’aient quasiment rien montré de son personnage.
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Charles
InvitéCe qui est étonnant c’est qu’en effet on ne lit pour l’instant que des louanges, comme on en a rarement lu our ses précédents films. Et pas seulement de critiques pros.
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Seldoon
InvitéAlors que de loin ça a une gueule d’Inherent Vice d’action. On en saura plus dans quelques jours, sauf K qui visiblement a ses entrées, ne les partage pas, et vient ensuite nous narguer. Le peuple gronde.
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Tony
InvitéSur son letterbox Murielle Joudet l’a noté très moyennement,au même niveau qu’un petit truc en plus,le film d’Artus!
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K. comme mon Code
InvitéMon réseau PTA international est très solide.
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K. comme mon Code
InvitéIl y a une avp privée d’OBAA au Max Linder à 20h ce soir — étant donné que ce sont des invits et que le concours BNP Paribas a déclaré les gagnants et perdants aujourd’hui à midi, je pense qu’il suffit de se pointer et demander gentiment à entrer si on a la foi. (Moi, ça va, j’y retourne mardi.)
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Alexandre
InvitéDésolé, je viens d’apprendre la mort de Robert Redford.
Ça fait tout bizarre à un petit gars de ma génération.-
Antonin
Invité -
Carpentier
Invitédéso Rob,
j’espère te voir enfin dans Out of Africa -
Carpentier
Invitéquel âge as-tu, Alexandre?
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netflou
InvitéJ’ai au moins cinq trains de retards. Je viens de voir Phantom Thread. C’est grand. C’est lumineux.
Ne pas filmer une histoire d’amour, mais essayer d’attraper ce que fait l’amour : la dimension concrète et active de ce que l’on appelle l’amour : accepter d’être altéré par l’étranger et devenir un peu autre chose que ce que l’on s’efforce d’être.
M’a fait penser à ces lignes d’Emmanuele Coccia sur la reproduction des plantes à fleur :
« Pour un être sessile (qui reste attaché à une tige), connaître le monde coïncide avec une variation de sa propre forme : une métamorphose provoquée par l’extérieur. C’est ce qu’on appelle sexe : la forme suprême de la sensibilité. Celle qui permet de percevoir l’autre au moment où l’autre modifie notre être et nous oblige à aller, à changer, à devenir autre. »
La molécule toxique sécrétée par la fausse girolle féconde Reynolds. Une femme fécondant un homme.
Cette longue scène de l’omelette (c’est beau l’œuf battu qui coagule) est un chef-d’œuvre de tension froide : jusqu’au dernier moment, on ne sait pas interpréter l’expression des visages. Vertiges spéculatifs : sait-il ? S’il sait, sait-elle qu’il sait ? Sait-il qu’elle sait qu’il sait ?…
—
Pourtant, ce torrent quasi continu de musique, souvent redondant avec ce qui est montré, m’a agacé.
Comment expliquez-vous cette bande-son ?
—
Je suis un type chanceux : je ne suis pas trop vieux, je suis en bonne santé, je n’ai vu que trois films de P.T. A et j’ai lu que Daniel Day-Lewis est d’une impeccable justesse dans le rôle de Jacques Chirac.-
François Bégaudeau
Maître des clésPour la musique, je crois que l’option a-narrative de la musique off chez PTA arrive là à son sommet. Une sorte de couloir parallèle, délié du récit.
Ce qu’il fait avec la musique dans Licorice est beaucoup plus conventionnel – ça m’avait déçu (mais pas le film).-
netflou
InvitéIl faudrait que je regarde à nouveau le film, mais je n’ai pas le souvenir que l’option soit totalement affranchie de toute visée narrative.
Ce qui est donné à entendre prend souvent la forme de la musique contemporaine répétitive (Reich, Glass, Pärt) ; accolée aux images, elle renforce, à bien des moments, le sentiment de clôture qui caractérise le monde de Reynolds.La scène de l’omelette est, à mon sens, un peu trop nappée de cette musique, qui sur-dramatise ce moment pourtant extraordinairement calme, même si le cut brutal est pas mal.
Autant l’empilement des cordes, parfois très atonal et arythmique, dans There Will Be Blood, créait beaucoup de jeu avec ce qui était montré.
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netflou
Invité*( dans le style Reich, Glass, Pärt)
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I.G.Y
InvitéJe m’étais dit exactement la même chose que Netflou, je n’entendais que ça. On en arrive au point où c’est lorsque la musique s’éteint que monte la tension.
J’aimerais bien comprendre davantage ce qui fait l’intérêt ou l’originalité de cet usage, outre cette affaire d’inversion.
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Ema
Invité« J’aimerais bien comprendre davantage ce qui fait l’intérêt ou l’originalité de cet usage, outre cette affaire d’inversion. »
Moi aussi. A vrai dire j’en viens parfois à me demander si je ne suis pas fâchée avec la musique extra diagetique de manière générale, tant j’ai l’impression qu’elle s’interpose toujours un peu entre la scène et moi.-
I.G.Y
InvitéAprès avoir vu l’avant dernier PTA qui me manquait (The Master) avec cette question en tête, cette musique me semble permettre à PTA d’user d’un montage spectaculairement discontinu tout en préservant la fluidité du film. C’est l’opérateur qui permet au film d’être continument discontinu. Mais il y a bien trop de PTA-addicts ici pour que je me risque à en dire plus.
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I.G.Y.
Invité(et je ne me souviens plus si l’usage est le même dans Licorice Pizza mais me revient à l’esprit que le rôle de la musique dans celui-ci est traité dans la GO dédiée, de mémoire)
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Alexandre
InvitéDans Licorice Pizza, la musique est constituée de morceaux comme on l’a vu/entendu dans moults films. Avec des choix pas toujours originaux (« Life on Mars », de David Bowie).
Je gage que FB, quand il parle de déception sur ce plan, l’a ressentie pour cette raison.
Pour autant, il y a quand même un travail sur l’adéquation nappe de musique/ coulée séquentielle, très souvent articulée sur le plan-séquence., qui distingue le film du tout venant avec crédits musicaux.
A l’heure des années 2020, le grand patron actuel dans l’utilisation des crédits musicaux reste Quentin Tarantino, qui a su détrôner Martin Scorsese.-
K. comme mon Code
InvitéLe meilleur passage musical de Licorice Pizza — et la meilleure séquence ? — c’est le Teen Fair avec ceci :
Ce qui me fait poser la question : PTA, monteur jazzy ? (En tout cas, je rejoins I.G.Y sur la musique qui tisse la discontinuité entre les séquences.)
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Alexandre
InvitéSauf erreur, il s’agit de la séquence de l’espèce de salon d’exposition, juste avant que le héros se fasse arrêter, c’est ça?
On retrouve le goût du percussif de PTA et là, on sent un vrai choix, original, générant de l’étrangeté.
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Eden Lazaridis
InvitéSi François est d’accord pour mettre Phantom thread en haut de son top de PTA, par cet emploi souterrain de la musique, complice et traitre de la narration, comme les galeries que creusent les renards (mon animal préféré) pour échapper au règne de la predation et de la survie, alors je crois que je peux mourir en paix, confirmé par un maître dans ma certitude que ce film est de l’Art pur.
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Eden Lazaridis
InvitéL’art de PTA est renardier.
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François Bégaudeau
Maître des clésj’aurais dit coyotien
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Eden Lazaridis
InvitéDisons souterrain. Qu’il est agréable d’être d’accord avec les gens qu’on admire.
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Seldoon
InvitéIl est peu noté à propos de Phantom Thread qu’il s’agit d’un film d’amour, certes, mais qui devient assez rapidement un film de couple. Bien que magistrale, la partie rencontre/vont-ils se mettre ensemble qui consitue à peu près toutes les romances (et qui est étirée à n’en plus finir dans Licorice Pizza) est vite dépassée, et PTA filme alors un couple. Comment il tient, comment il chancelle, comment il danse sans cesse entre fébrilité et calme évidence. C’est la rareté de cette histoire.
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Charles
InvitéOui, à l’exact inverse de Punch, film sur un coup de foudre et l’ivresse qu’il procure.
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Seldoon
InvitéOu de Licorice Pizza qui étire aussi longtemps qu’humainement possible le « vont-ils, vont-ils pas ».
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Charles
InvitéEn y réfléchissant, je me disais quand même que ce n’est pas l’histoire d’amour qui intéresse PTA mais plutôt tout ce qu’ils font ensemble ou séparément, les personnes qu’ils rencontrent. Leur couple est surtout un prétexte.
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Alexandre
InvitéMais ta citation de Coccia illustre quelque chose que j’avais trouvé assez « cronenbergien » dans Phantom Thread : ce qui, dans le scénario, renvoie à une affection du métabolisme. Phantom Thread m’apparaît comme une œuvre qu’il ne faudrait pas pousser trop loin pour qu’elle verse dans le fantastique même si on ne rentre pas dans ces terres.
Et c’est ça que j’avais trouvé le plus beau : la sensualité vénéneuse (littéralement) des images. Je n’ai pas souvenir qu’un film m’ait donné à ressentir un tel mélange d’appétissant (l’omelette donne l’eau à la bouche) et de souffrance que Day-Lewis (on peut songer à ce qu’aurait fait Jeremy Irons de ce personnage) nous donne à anticiper. Le fait que cette souffrance soit contrôlée par son instigatrice (comme on dirait « dérapage contrôlé ») et que la victime y consente dans la joie achève de nous transporter en des zones de perception bien plus inédites que dérangeantes. Et c’est là que se suspend ce parallèle un peu hasardeux avec Cronenberg.-
François Bégaudeau
Maître des clésparallèle intéressant
le film est fort de se tenir toujours en lisière du fantastique, comme Inherent se maintient en lisière du trip
peut etre que le grand art se tient toujours en lisière de -
netflou
InvitéJe partage ta sensation concertant la possibilité du fantastique.
» que la victime y consente dans la joie achève de nous transporter en des zones de perception bien plus inédites que dérangeantes. » À ce point du film, il y a comme une trouée, une ouverture.
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Jules
InvitéRatcatcher (de Ramsay) ça vaut la peine ou pas ? Il est diffusé ce soir à la cinematek (bruxelles), je me tâte.
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Ferenk
InvitéJe ne passe la tête ici que de temps en temps, je ne sais pas tout ce qui a pu être dit sur Sirat. J’ai lu un peu et j’ai surtout hâte de savoir ce que François et Samir ont à en dire. Je n’ai pas trop le temps de l’analyse ni d’aller au fond des choses. Juste besoin de parler de ce que j’ai pu ressentir en le voyant. Désolé pour la critique, cela reste assez personnel mais j’ai le besoin de mettre quelques mots dessus. Désolé aussi si je répète ce que d’autres ont pu en dire. Mais parlons du film.
J’en suis sorti dubitatif, dans un tout premier temps. J’ai compris qu’il y avait là quelque chose, mais alors quoi ? Enthousiasmé par le début et la sensation trop rare, comme quelqu’un plus haut l’a justement dit, de voir un film montrer ce que c’est que d’écouter et d’éprouver de la musique. Légérement surpris ensuite mais pas gêné par ce road-movie survivaliste à l’action plate. Enfin inquiet de la tournure prise, ou plutôt privé de la quiétude dans laquelle le film m’avait placé. Il y a cet embranchement dans le film, je crois que certains spectateurs l’acceptent, d’autres non. Je crois surtout qu’on ne le choisit pas vraiment.
Sans mettre le doigt dessus pendant le film ou alors sans pouvoir nommer ce que je touchais (du même doigt), j’ai compris après coup que la sensation que m’accordait le film, et notamment ce qui se passe après l’Événement, c’est celle d’être vivant. Non pas de me sentir vivant mais bien ce que cela fait d’être vivant et ce que cela pourrait faire de ne plus être vivant. CLAC. BOUM. Disparu. Je ne me souviens pas qu’un autre film m’ait déjà accordé cela. C’est donc cela la sale guerre, c’est donc comme cela que l’on vit dans tant de pays ?
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François Bégaudeau
Maître des cléstes dernières lignes me semblent nommer la force principale du film
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Tchitchikov
InvitéOuais je te rejoins là-dessus aussi. J’avoue qu’un rire inattendu est sorti de moi après les deux événements chocs (notamment « vas-y fais péter le son » et puis…). Je me suis dit « c’est absurde ». Mais la mort l’est. J’ai pensé à la phrase « ça n’arrive qu’aux autres » ou au terme « fait divers ». Le film laisse expérimenter ce que cela fait une perte soudaine, ça peut te tomber dessus à tout moment sans raisons mais par un enchaînement de causes. Je ne crois pas avoir aimé ce film et je trouve que la scène des mines a quelque chose de burlesque (était-ce l’effet souhaité ?). Reste que moi non plus je n’avais jamais ressenti cela. Quelqu’un a dit plus haut qu’il avait pensé à un mélange de Jerry, à Beau travail et à du Noe. J’ai pensé à tout ça aussi. Même à Mad Max. Demeure en moi la sensation que l’ensemble manque de finesse.
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Carpentier
Invité…. j’ai compris après coup que la sensation que m’accordait le film, et notamment ce qui se passe après l’Événement, c’est celle d’être vivant. Non pas de me sentir vivant mais bien ce que cela fait d’être vivant et ce que cela pourrait faire de ne plus être vivant. CLAC. BOUM. Disparu. Je ne me souviens pas qu’un autre film m’ait déjà accordé cela. / ….
Fort juste.
Soudaineté de ne plus être vivant à part, et c’est pas rien le temps mis pour, des passages du roman L’adieu au visage de David Deneufgermain, sous une autre forme donc, te plongerait peut-être dans ces mêmes sensations, dont je comprends bien l’origine à partir de Sirat.
Cela me fait même approcher un peu autrement toute la rhétorique politique guerrière durant la pandémie covid de ce fait, tiens;
Merci.-
Scoob
InvitéComme un petit rappel pour notre sensibilité, condensé à l’extrême à la fin du film, du sort qui nous est réservé, nous autres êtres humains.
Au moment du champ de mines j’ai pensé à Tarkovski. J’ai depuis lu que Laxe le considérait comme « l’un de ses maîtres ».
M’est venu à l’esprit Stalker ou même Nostalgia, dans cette dernière avancée prudente, avec cette puissante « sensation d’être vivant » comme dit précédemment. -
Ferenk
InvitéMerci à toi aussi Carpentier pour la suggestion littéraire.
@Scoob, je n’ai jamais vu ‘Stalker’, il faut que je répare ça.
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Mathieu
InvitéDans la série « je l’ai vu pour que vous n’ayez pas à le faire », Connemara de Alex Lutz
Film raté sur tous les plans. Tout d’abord, le film est mal ancré sur le plan social. Au départ, le burn-out d’Hélène est décrété et elle repart immédiatement chez elle. On se dit alors: mais comment peut-elle partir si vite? N’a t-elle pas des amies, un réseau, un suivi psychologique à Paris, où elle est depuis tant d’années, et qui pourrait l’aider. C’est très artificiel. Elle repart car le scénario a besoin de ce retour pour créer le récit de la transfuge, et de l’inadéquation d’Hélène à son milieu d’origine. Sur le plan formel, il faut voir aussi comment le mal-être d’Hélène est figuré: caméra à l’épaule et flou constant autour du personnage, comme pour faire concorder lourdement le fond et la forme. Un peu comme Vinteberg figurait l’alcoolisme dans Drunk. C’est vraiment simpliste, et pardonnez moi ce raccourci facile, mais digne d’un étudiant de cinéma de niveau lycée (même pas L1).
Quant au sujet central, celui donc du retour de cette femme devenue bourgeoise dans son milieu d’origine prolétaire, là aussi, c’est très survolé. Cette inadéquation n’est vraiment palpable qu’à la fin, lors de la scène de mariage et il n’y a pas vraiment de gradation dans cette prise de conscience d’Hélène. Elle semble passer de l’amour-passion avec Christophe à la prise de conscience que cette vie sera impossible en un battement de cil. Il y aurait aussi à redire sur l’ancrage du personnage de Christophe. Que fait-il vraiment dans la vie? Pourquoi le hockey le rappelle alors qu’il est clairement à la ramasse? Gagne t-il de l’argent avec le hockey? En quelle division sont-ils? Quel est l’enjeu? On connait tous des gars un peu du cru, qui ont pas bougé, qui sont à la fois sportifs du dimanche et artisans, ou bien qui ont trouvé un boulot et un logement via la mairie du coin. Chez moi, tous les rugbymans du SJLO c’est des mecs comme ça. Ce n’est quand même pas si compliquer à incarner. Et pourtant ce n’est pas bien fait.
D’une manière générale, le film passe trop vite sur les choses importantes et se focalisent sur des détails. On ressent un grand sentiment de scènes sont expédiées, survolées, le tout au sein d’une structure générale confuse et une mise en scène trop appuyé, trop lourde. Et lourd pourrait aussi caractériser le jeu des acteurs. Ici je n’en sauverais qu’un, Bruno Sanchez, qui a un tout petit rôle, celui du bon copain. On le voit peu, mais en quelques traits caractéristiques, il arrive à faire exister son personnage discrètement. Pour le reste, c’est un peu le festival des acteurs qui veulent montrer qu’ils le sont, mention spéciale à Mélanie Thierry. Pour tout vous dire, j’ai souvent pensé en la voyant aux outrances et aux exagérations d’Isabelle Nanty dans ses comédies. Et je trouve ça très grave pour Thierry, car si j’adore Nanty en comédie, ce n’est pas du tout ce que je devrais ressentir dans un film social qui se veut réaliste. Toutes ces ruptures et ces intentions qu’elle met partout, ça ne va pas, ça ne sied pas au ton du film. Là il y a un problème de direction d’acteurs clairement, et ça vient sûrement de Lutz qui lui aussi est un acteur-performeur.
Mais donc j’ai une solution pour nos deux amis, Mélanie et Alex. Renoncez à La Douleur, à la Chambre de Mariana, à Une Rencontre et tous vos drames de granzacteurs. Vous êtes clairement faits pour la comédie, ne faites plus que des comédies, faites une version féminine de Guy, le chef-d’oeuvre de Lutz, avec Nanty, Lutz et Thierry par exemple, appellez ça Guillemette et ce sera hilarant, je n’en doute pas.-
Tony
InvitéEn fait on en a un peu parlé plus haut et Lutz n’a pas fait le film que tu voulais voir,’un film social qui se veut réaliste’ et le sujet de son film n’est pas le récit d’une transfuge de classe,il a fait autre chose,un amour de jeunesse contrarié qui aurait le pouvoir,20 ans plus tard,de nous faire goûter à nouveau cette jeunesse qui nous a quitté et cettte illusion d’une jeunesse retrouvée et d’un temps qui se serait arrêté on l’entend dans la bouche même de Thierry quand elle lui dit que si elle est amoureuse c’est parce qu’il est une star,ce qu’il était au lycée et qu’il n’est plus mais pour elle il l’est toujours,elle le voit avec les mêmes yeux qu’à 17 ans!En fait le social Lutz s’en fout c’est pas son sujet.
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Tony
InvitéSur Mélanie Thierry je ne serais pas aussi sévère,on la voit dans les premières séquences consulter un psy après son burn out, renouer avec cet amour de jeunesse et le vivre réellement pour ne plus avoir à le fantasmer va avoir pour effet de la sauver de sa dépression et la persona de Thierry est parfaite pour ça, elle a encore à la quarantaine ce petit air d’adolescente.
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Tony
InvitéD’ailleurs je me demande si Lutz ne serait pas un peu fan du cinéma de Lelouch(show biz et variété dans Guy et romance sentimentale ici)
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François Bégaudeau
Maître des clés« en fait le social Lutz s’en fout c’est pas son sujet. »
Pas vu le film, ne le verrai pas, mais m’évoque l’adaptation de L’établi évoqué dans CUM, qui s’en foutait du maoisme
Ok mais alors pourquoi adapter L’établi?
Et si tu ne t’intéresses pas au social, pourquoi se précipiter sur Connemara.? A un type qui bouffe tout le flan alors qu’il n’aime pas le flan, on a envie de dire: t’aurais pu le laisser à ceux qui aiment.-
Tony
InvitéRire bientôt un nouveau flan avec Effira en gilet jaune, j’en ai vu quelques images avant Sirat,on la voit rentrer à la nuit tombée, vêtue d’un gilet jaune,seule dans sa cuisine,les yeux émerveillés,son mari sort du lit,la rejoint et lui demande comment c’était,elle a un sourire d’illuminée et lui dit en se tournant vers lui:’quel beau pays la France!’
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François Bégaudeau
Maître des clésoh putain
j’ai hâte -
Carpentier
InvitéVirginie: ‘ moi, présidente,
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Carpentier
Invité… Dans la série « je l’ai vu pour que vous n’ayez pas à le faire », Connemara de Alex Lutz …
rires
et merci beaucoup
(me suis même évité la lecture du bouquin: on noté le gain de vie)-
Carpentier
Invité* note *
nouvelle marotte de mon correcteur de tél: adjoindre un accent sur pas mal de e comme pour tout accorder au participe passé quand ça lui chante : but whyyyyyyyyyyy, maman?ps: espère voir Miroirs 3 aujourd’hui grâce à mon gain de vie connemaresque
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Luc
InvitéPourquoi les choses importantes seraient -si j ai bien compris- les choses sociales ?
Pourquoi cette méfiance généralisée ici contre le sentimental?Il y a tout de même présence des signes avant coureurs de la désillusion. Quand elle s appréciait qu elle doit récupérer l enfant etc.
La parenthèse romantique se referme peu à peu pour l être totalement au mariage.-
Mathieu
InvitéSalut Luc,
Je pensais notamment aux scènes avec le mari d’Hélène joué par l’acteur de 10 pourcents dont j’ai oublié le nom. A un moment donné, Hélène dit à sa mère qu’elle est en plein divorce et que c’est compliqué. Pour moi là, il aurait fallu faire la scène, montrer cette relation difficile, une explication entre les deux, une dispute, les papiers à signer chez le notaire ou que sais-je. Ça aurait eu le mérite de faire exister un peu le mari aussi, car ce pauvre acteur sympathique n’a rien à faire de tout le film. A la place, on a la scène du ponton avec les enfants qui montre certes un trouble chez Hélène mais qui m’a semblé assez faible
Mais je suis effectivement un peu dur, les scènes d’amour entre Christophe et Hélène à l’hôtel sont importantes et plutôt belles.
Mais on ne m’enlèvera pas de l’idée qu’absenter tout le social dans l’adaptation d’un roman social, même d’amour, c’est une faute grave qui doit conduire à un jugement sévère de ce film.-
luc
Invitépour aller dans ton sens:je n’ai pas lu le livre donc ne connaîs pas la proportion de « social » qu’il contient…
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Luc
InvitéJugement bien sévère
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Younès
InvitéVu hier « Oui » de Nadav Lapid, comptez-vous le voir ? Curieux de savoir ce que ça en pense ici.
Personnellement, j’ai été conquis : pour ceux que ça intéresse il y a une discussion entre Narboni et le réalisateur sur SoundCloud (elle a été partagée par Burdeau sur Facebook).-
François Bégaudeau
Maître des clésLe verrai bien sur, sous peu
Très curieux de voir ça.
Va falloir beaucoup pour me convaincre, mais comme Genet j’adore etre retourné.-
I.G.Y
InvitéTu as vu des Lapid parmi ses précédents et tu n’as pas aimé ou c’est un pressentiment?
D’ailleurs, autre question qui je crois n’a pas été posée : que valent les O. Laxe précédents? En relatif béotien je ne connaissais même pas son nom (au moment de la sortie de son dernier, 2019, je suivais peu).
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François Bégaudeau
Maître des clésRéponse tardive :
– les deux Laxe précédents sont très inférieurs à Sirat
-les Lapid précédents sont soit aussi insupportables que Oii (le précédent), soit un peu plus regardables (Synonymes), soit plus estimables formellement mais ennuyeux (L’institutrice)
Disons donc qu’à ce jour notre amitié n’est pas scellée.
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Alexandre
InvitéA mon avis tu vas en avoir des avis.
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graindorge
InvitéC’est quand même terrible de vouloir créer un hymne national où ça parlerait de la destruction totale d’un peuple et de le faire chanter par des enfants. C’est, je crois, Stéphanie qui la première a vu ce film. Fatiguée à ce moment là, ella n’a pas pu nous en dire plus. Espérons un micro-ciné. Ici, quelques mots de Nadav Lapid
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Stéphanie
InvitéJe relis ma critique fatiguée fatiguante , quelle mémoire graindorge ( ou bien tu bosses au RT?!).
La zone d’intérêt et Oui ont des points communs même s’il sont radicalement différents sur la forme: la frontière , que se passe til de l’autre côté, rien n’est montré mais suggèré… les corps craquent pour ceux qui sont du « bon côté « .
C’est ce qui me vient.-
..Graindorge
Invité@ Stéphanie
RT? J’aimais bien » interdit d’interdire » animée par Frédéric Taddeï
Je me suis souvenue de ta réponse à cause de ce terrible sujet. Ça ne dit rien sur ma mémoire.
Bon, il me faut encore patienter pour le voir : c’est peut-être pas plus que ça. Je vais écouter la
discussion entre Narboni et le réalisateur sur SoundCloud partagée par Burdeau sur Facebook.
Merci Younès et Stéphanie-
Stéphanie
InvitéRenseignements territoriaux( ex R.Generaux)
Merci pour le SoudCloud .-
..Graindorge
InvitéSe souvenir d’un message d’il y a quelques semaines permet de soupçonner une anar pur jus bio de bosser aux renseignements généreux ??? Elle est douce la gôche dis donc! Y’a du cœur là-dedans Stéphanie ?
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Pedri
InvitéAvez-vous déjà parlé ici de Trenque Lauquen, La Flor, Histoires extraordinaires voire Los Delincuentes, même si c’est plus sur les 3 premiers que j’aurais aimé vous lire ?
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Ostros
InvitéOui, Charles, sur Los Delincuentes, en bien. D’ailleurs je devait le voir.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’étais moins convaincu
(mais intéressé) -
kenny
Invitélos delincuentes est un très bon film
je ne saurais plus trop dire pourquoi mais j’en garde un très bon souvenir
quelques pisse-froids ici ou ailleurs je ne sais plus trouvaient que le réal se la pétait réal
critique qu’on aimerait bien voir étayée d’ailleurs
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Charles
InvitéOui j’avais été emballé par Los delincuentes, son amplitude romanesque qui ménageait des moments de stase, très doux, et d’autres moments de comédie à la lisière du grotesque. Après, pour faire écho à ce qu’avait noté François en parlant du goût du vieillot, on peut se demander s’il n’y avait pas un peu d’affeteries dans cette esthétique seventies vintage.
Trenque Lauque m’a déçu. Il faut aussi dire que mes attentes étaient très hautes, j’avais très envie d’adorer après avoir lu les recensions dithyrambiques des Cahiers – film de l’année. J’avais trouvé le film intéressant, là encore très gros appétit de narration, mais dans l’ensemble assez terne, parfois plat.-
Samre
InvitéJ’ai remarqué ça sur beaucoup de films contemporain depuis peu, depuis quelques années
le cinéma des années 2020 à cette facheuse tendance du « film pastel »
littéralement une couleur pastel dans l’image
Comme un filtre sur l’image pour adoucir le réel, le rendre plus confort
Il y aurait mille films qu’on pourrait prendre comme exemple, vu que c’est une tendance très marqué
Mais comme ça deux films me viennent en tête, heureux comme lazzaro de Rohrwacher et le très récent « Nino »
La liste est longue-
..Graindorge
Invité@Samre
« La liste est longue »
Tu aurais 2 ou 3 autres exemples pour avoir une idée de ces films pastels?-
Samre
InvitéJe sèche
je laisse les autres allonger la liste-
Ostros
InvitéSamre, et dans les séries un truc insupportable qui a envahi tous les genres, c’est habiller les acteurs avec des teintes qui se fondent harmonieusement dans les teintes du décor. Jusqu’à voir dans une scène les mêmes couleurs qui sont à peine nuancées sur les costumes de chacun.e.
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Samre
InvitéGlobalement toutes les critiques identifie cette tendance à de la nostalgie morbide, mais je trouve que c’est une réponse trop facile qui laisse sur la faim
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François Bégaudeau
Maître des clésQuestion pastel la trilogie d’Oslo est indépassable.
Niveau olympique de pastel.-
Samre
InvitéOui c’est un excellent exemple, on est vraiment dans le cas typique
.
En y réfléchissant j’ai repensé à Aftersun aussi
Et Les colons et 90’s dans une autre mesure (ces deux la étant plutôt bon)
Ces trois films ont un point commun avec Los delincuentes, ils ont tout les quatres été distribuer par MUBI
MUBI, peut être que le noeud de l’affaire de ce cinéma est la
C’est qu’une hypothèse mais sans doute que ça doit être une ambiance particulière de fréquenter des producteurs et des distributeurs de ce genre, de faire des réunions avec, qu’il y pèse une certaine doxa, une certaine idée esthétique du cinéma qui finit par dépeindre sur les films produit et distribué
Je repense à la scène de vers un avenir radieux le dernier film de nanni moretti ou les producteurs de chez netflix lui demande de changer son film car il lui manque une scène « what the fuck »
.
J’imagine bien des néo-producteurs avec une salle de réunions aux couleurs pastel-
François Bégaudeau
Maître des clésIl faudrait voir si ces films se refilent des chefs op
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propater
InvitéC’est marrant, je n’aurais pas classé Les colons dans les films pastels, plutôt dans les films qui en rajoute un peu trop dans le « sombre ». Je n’en ai pas gardé un très bon souvenir à part le début et le plan de fin, j’avais trouvé le reste trop sérieux et sentencieux.
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Malice
InvitéJ’en ai au moins deux : Lovesong de So Yong Kim
https://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=234498.htmlet Marie-Antoinette de Coppola
( ce ne serait pas elle la créatrice du pastel au ciné?)-
Malice
InvitéJe propose Virgin Suicides comme l’origine de la tendance
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Samre
InvitéL’origine de la tendance se dispute entre sofia Coppola et xavier dolan, dans ce bain la
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Samre
InvitéMais J’aime bien l’idée de virgin suicide comme film zéro de ce genre
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Malice
InvitéJe ne me souviens pas de film pastel ( dans ma tête je disais « film rosé ») avant le visionnage de Virgin Suicides en salle quant j’étais au lycée donc je dirais que Sofia est preums
Question : est-ce que le film pastel a une bande-son à dominante électro-pop comme Virgin Suicides? Peut-on parler de musique pastel? -
Alexandre
InvitéJ’ai un peu du mal à « visualiser » dans ma tête ce que vous entendez par pastel.
Virgin Suicide, je me souviens d’une image plutôt cotonneuse, éthérée, blanchâtre.
Mais Marie Antoinette, quoiqu’on pense du film, c’était pas ça du tout : très coloré, bariolé dans mon souvenir.
Un peu perdu.
Peut-être parle-t-on d’une image un peu laiteuse comme celle de l’horrible Blonde, d’Andrew Dominik, exclu Netflix que je pense avoir détestée. -
Carpentier
InvitéLe genre film pastel:
– avec plans cadrés serrés sur visages – souvent féminins – à mimiques outrées, derrière voilages qui flottent léger ou pas, c’est un peu ça ?
en général c’est graphiquement ambiancé pastels …
Ma génération citera d’emblée le film Bilitis -
Carpentier
Invitésinon, un des prefs de FB aussi: Carol ?
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Alexandre
Invité« Ma génération citera d’emblée le film Bilitis »
mdr je m’y attendais pas à celle-là!! -
Samre
InvitéAlexandre, il y a des variations, pour te faire une idée de base regarde à quoi ressemble la trilogie d’oslo et les films de rohrwacher
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Malice
InvitéBilitis ça me paraît une filiation
le « joli » et le « mignon » féminin à la noix de coco ( je cite Breillat) -
Malice
Invité@Alexandre si tu tapes marie antoinette coppola dans google images tu obtiens tout un tas de vignettes couleurs de dragée
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Alexandre
InvitéOui, oui je me souviens.
C’est un film que j’avais bien aimé mais je n’ai aucune envie d’y revenir. Sur le moment, je l’avais bien gouté (le côté dragée). Je retrouvais un certain imaginaire coppolien , présent dans le charmant et gentiment ironique sketch de New York Stories intitulé Life without Zoe : une inconséquence de richard, une débauche de vie facile, un point de vue assumé d’hyper-bourgeoisie.
Ce qui m’avait plus dans Marie Antoinette, c’est le moment où la page d’Histoire se tourne et que le couple royal se trouve dans le carrosse le menant à son funeste destin. Là, Sofia Coppola donnait à tout cela une belle gravité.
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Richard Legrand
InvitéBonjour François,
Comment s’est passé l’enregistrement de Tout va bien ? Ça promet ? Ça diffuse à quelle heure ?
merci-
Carpentier
Invitébon benh ça c’est fort:
tu demandes, c’est mis en ligne
just a kind of magic
(sur son facebook, accessible en bas de page, ici même)
bravo!
je file donc voir le Miroirs-truc avant de,
bonne journée-
Carpentier
Invitévu le Miroirs 3, vais pouvoir écouter la nouvelle émission critique qui en parle ainsi que de Sirat
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Carpentier
Invitéoui Oui OUI: enfin, à 1h43:
… ce que Cimino avait fait avec la scène de roulette russe / …
putain, j’ai cru qu’on y arriverait jamais, mais si, j’avais la foi, bien évidemment que
bon, on se calme.
J’ai quand même une petite question à poser:J’entends ou lis, pour l’instant (car vraiment très peu lu ou écouté en vrai) peu/pas parler et dire la frontière mauritanienne
et pourtant ‘ ce desert ‘ qu’a choisi Laxe est aussi mauritanien, bref:
-qqn.e se souvient de la sorte de phoque qu’Esteban aimerait voir et qui se trouve, dit-il, en Mauritanie, il me semble bien
Ce qui fait, aussi, que père et fils embarquent sur la route avec les resquilleurs-teuffeurs qu’on sait?-
Carpentier
Invitéphoques moine à priori, ok
je reprends mon écoute du TVB
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graindorge
Invité« Nadav Lapid, 48 ans, réalisateur israélien, est né à Tel Aviv. Il puise dans son histoire personnelle, notamment son passage dans l’armée, pour construire des films à la fois politiques et poétiques qui démontent les absurdités d’une société israélienne sclérosée. Son cinéma lui a valu un Ours d’or à la Berlinale 2019 et un prix du jury à Cannes en 2021. Aujourd’hui résidant à Paris, il livre son regard sur les récents événements qui traversent son pays, et ce qu’il décrit comme « une âme collective malade ». »
Les analystes analiseront ses propos et les jugeront peut-être incomplets.
J’ai juste eu pour ma part la joie d’entendre un homme sincère et authentique. Et il y en a des choses à lire sur ce visage làLorsque Yanis Mhamdi, le journaliste lui demande s’il a de l’espoir, voici ses mots que j’ai aimé retranscrire:
« il faut espérer parce que ce mot existe. Il y a une raison pour laquelle ce mot existe dans le dictionnaire. Rien dans la réalité nous donne une quelconque, quelconque, quelconque raison de croire que ça va aller vers le mieux. Quand vous éradiquer l’autre et pleurer quand il arrive à vous tuer. C’est le plus déprimant qui existe.
Je pense qu’il faut respecter le désespoir » -
Dwl
InvitéSuite à la nouvelle gêne occasionnée avec Microciné, je me permets de revenir sur Sirat et notamment sur des points qui, selon moi, méritent qu’on s’attarde.
François, tu as cité une des questions que pose probablement Laxe avec son film C’est quoi ces gens qui disposent de ce désert comme ça, comme s’ils étaient partout chez eux ?
Si on regarde de manière méta, Laxe aussi se permet de disposer de ce désert comme il veut. J’étais très peu au fait de la situation géopolitique et de l’existence réelle de ces mines. En l’ayant découvert après coup, je me pose sincèrement la question de la common decency (cf Carpentier).D’abord, il faut noter que même si le Maroc et la Mauritanie sont mentionnés, le nom du désert qui les sépare ne l’est jamais. On s’enfonce simplement dans « le désert ». Laxe abstrait ainsi le réel du Sahara et la charge politique du lieu pour en faire un décor de jeu. Jeu qui est à ce jour la manière dont je vois le film, on y reviendra plus tard. Pourquoi autant abstraire le réel ? Pourquoi inventer cette « troisième guerre mondiale » ? Et comment peut-il se permettre de transformer une zone réellement conflictuelle en une sorte de Squid Game ? A-t-il le droit d’installer ce dispositif ludique sans assumer le poids politique de la situation ?
Je doute qu’il aurait osé une entreprise du même acabit dans d’autres zones hautement conflictuelles du monde pas besoin de les mentionnés.Deuxième point, d’ordre scénaristique : bien qu’on éprouve de l’empathie pour les teufeurs, les Occidentaux sont punis pour leur désertion, leur évitement lâche du conflit (un personnage éteint la télé alors qu’une chaîne d’info annonce le déclenchement imminent de la guerre). Mais qu’il ne soit jamais fait mention des mines avant est presque invraisemblable. Il n’est pas crédible que des gens s’y aventurent et qu’à aucun moment, personne ne parle de cette zone hautement à risque. Cette incohérence ne condamne pas en soi un film, mais ici elle est révélatrice : Laxe s’autorise à jouer avec nous et ses personnages, à nous maintenir volontairement dans l’ignorance pour mieux déployer son dispositif.
Mais bon admettons, est-ce que quand même Laxe nous fait éprouver ce Sirat, ce pont très fin entre la vie et la mort ? La scène des mines. Il y a clairement un problème de durée dans ce bloc. La scène doit être longue, étirée. C’est dans cette longueur que l’on ressent le Sirat, cet espace entre la vie et la mort, la chaleur, l’attente, la suspension, le doute, tout. Au lieu de ça, Laxe se contente d’un jeu tour à tour quoi. Finalement un spectacle morbide et haletant. Et si on regarde les retours des spectateurs, le film est vecu comme tel. Il est reçu sur un mode spectaculaire et très peu comme une sorte de représentation du côté arbitraire de la vie etc.
Troisième point : il faut parfois se méfier de ce que racontent les cinéastes, mais ici les déclarations de Laxe éclairent son geste. Il a affirmé que certains survivants des camps de concentration avaient connu une sorte d’éveil spirituel. D’une certaine manière, les Occidentaux du film ne sont donc pas seulement punis : leurs souffrances deviennent une épreuve initiatique qui leur ouvre l’accès à une spiritualité nouvelle.
Au moment où j’écris, je dirais que Laxe excelle en tout cas dans la réalisation, dans les effets, dans la disposition scénaristique mais en tant que cinéaste je sais pas trop, je suis pas convaincu par le geste.
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François Bégaudeau
Maître des clés-L’abstraction relative du film est volontaire. Laxe a besoin de soustraire des référentialités trop nettes pour déployer son cinéma. Il faut l’admettre. Comme on l’admet dans Flandre, de Dumont, où la guerre n’est pas spécifiée. Comme on l’admet dans Terminal sud.
-« Je doute qu’il aurait osé une entreprise du même acabit dans d’autres zones hautement conflictuelles du monde ». Ca il me semble que c’est un mauvais procès à lui faire. Je ne crois pas qu’on puise le soupçonner de disposer légèrement de ce territoire là, alors qu’il aurait davantage respecté d’autres territoires. Comme dit dans l’émission, Laxe habite maintenant la plupart du temps au Maroc terre qu’il a pour ainsi dire adoptée, élue, et qu’il respecte je crois. Et tout le cheminement du film consiste précisément à RAMENER SUR TERRE ses personnages.
-« Et si on regarde les retours des spectateurs, le film est vecu comme tel. Il est reçu sur un mode spectaculaire et très peu comme une sorte de représentation du côté arbitraire de la vie etc. » Ce n’est, comme dit, pas mon expérience de cette scène, et j’ai mentionné quelques connaissances qui avaient eu la meme que moi. Que certains ne voient là qu’un jeu spectaculaire, libre à eux, mais la scène, qui dure beaucoup que tu ne le laisses croire, offre matière à des méditations très au delà du simple spectaculaire.-
Dwl
Invité-Oui honnêtement, sur ce point je ne suis pas complètement à charge : ça permet une forme d’universalisme qui colle bien avec l’entreprise du film. Mais je reste en suspens. (En fait, je crois que c’est aussi parce que je ne connaissais pas le conflit : je me suis senti un peu lésé, du genre “ah d’accord, au lieu de me montrer du réel, tu décides de faire ça ?”). Pour Dumont, disons que tout le monde connait les guerres réelles que lui abstrait c’est un peu différent selon moi.
-Oui c’est vrai, elle n’est pas si courte que ça quand même. Mais je maintiens : pas assez longue. Encore une fois peut être que je me trompe mais ça mériterait un resserrement/qu’on s’attarde sur l’individu et ce que ça produit. En voyant la scène, je me projetais dans la situation : dans un groupe, dans le réel, est-ce qu’il n’y aurait pas davantage d’attente, de tétanisation, de suspension ? Peut-être que je me trompe, mais j’étais plus happé par le dispositif d’action (très effectif, comme tu l’as bien décrit avec Samir) que par cette expérience métaphysique.
-Assez bien vu aussi, le moment où il regarde les gens à la Mecque et le parallèle avec les teufeurs face au mur d’enceinte. J’ajouterais qu’à ce moment-là, on entend le Coran et que les sons extérieurs sont filtrés : il en émane une sorte d’apaisement, lié à la musicalité même de la récitation. Double équivalence du coup : physique et sonore.
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Tony
InvitéJe vous recommande cette rencontre avec Albert Serra,non seulement il est passionnant et génial mais on apprend aussi plein de choses sur sa méthode,on pense beaucoup à CUM en l’écoutant,le film se fait sans lui et se découvre au montage avec cette idée que le tournage au cinéma n’est pas une captation ou un enregistrement mais un point de vue qui ne serait pas nécessairement lié à une action,que l’oeil de la caméra est capable de voir ce qui est inaccessible à l’oeil humain, plus anecdoctiquement il dit quelques mots sur son prochain film dont le tournage vient de se terminer et, là aussi,sans savoir à quoi ça va ressembler, fascinant.
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François Bégaudeau
Maître des cléson va écouter ça
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Ostros
InvitéMerci Tony
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Dwl
InvitéJe suis à 35 minutes de visionnage, je crois que j’ai jamais autant ri devant une itw de réal.
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Carpentier
Invitéle libraire, ou l’hôte qui reçoit, aussi d’ailleurs : )
ça démarre pourtant moyen avec l’écrabouillage/chiffonnage de veste ; )
Je garde aussi en tête ses propos sur les chefs op et les cadreurs (?) son exigence à hauteur de sa clarté/franchise d’où suinte un fort intérêt à faire des images, faire/fabriquer du cinéma
ps: sa sorte de pointillisme en dédicace: mdr
+
Je vois qu’un genre de documentaire à propos de toreros/corridas va occuper prochainement l’actualité cinéma (?)
Serra a fait des petits?-
Carpentier
Invitéci-dessus j’en parlais, donc voilà:
Andy, Charles et les taureaux, un docu de Benjamin Montel (avec une avant-première mk2)https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/76969
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Carpentier
Invitésinon ce sera le 15 octobre
sur france tv-replay:https://www.france.tv/documentaires/documentaires-societe/7468463-andy-charles-et-les-taureaux.html
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Dwl
InvitéJe sais pas s’il faut totalement prendre Serra au sérieux en interview, mais je suis curieux de savoir comment vous vous situez par rapport à certaines réponses assez inattendues :
-Le cadrage pendant le tournage : pour lui, c’est pas si important, vu qu’avec la qualité d’image actuelle on peut tout recadrer au montage.
-La lumière / la photo : il dit qu’avec l’IA, on pourra bientôt tout faire automatiquement (genre “mets-moi la colorimétrie de X”), et il trouve ça très bien.
-La manière de tourner : sur Tardis et Soledad, il expliquait qu’il faisait quasiment rien sur le plateau. Il restait dans les tribunes, le chef op ne dirigeait même pas les cadreurs, chacun se plaçait comme il voulait.Du coup je me demandais ce que vous en pensez :
Est-ce que ça vous interroge, sur le rôle du réalisateur ? (qui serait quand même, a priori, celui qui cadre)
Et est-ce que, ça vous interroge sur la notion d’auteur ?
Et plus largement, avec la technologie, la post-prod d’aujourd’hui et lA demain, est-ce qu’on n’assiste pas à un déplacement du travail voire de la mise en scène elle-même vers le montage ?-
Dwl
Invité*Tardes de Soledad (mauvaise transcription)
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François Bégaudeau
Maître des clésJe pense qu’il ne faut pas trop croire Serra.
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Tony
InvitéJ’ai vu que Burdeau était invité par Paroles d’honneur le 25 pour parler de Oui,je l’ai vu hier et l’expérience a été très éprouvante, c’est le premier Lapid que je vois et je ne suis pas sûr d’en voir d’autres,en même temps que je le dis je ne peux que constater que le film finit par nous habiter,qu’on y pense,qu’il est impossible à oublier,qu’il y a des fulgurances visuelles et sonores qui persistent longtemps et que, pour cette raison,il faut le voir,on pense bien sur à Godard mais en plus hystérique,plus tourmenté et moins dialectique.
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François Bégaudeau
Maître des clésGodard??
explique nous un peu ça
moi j’ai surtout pensé à Lapid
sachant que Lapid n’a qu’un sujet qui est Lapid-
Tony
InvitéGodard on y pense plus d’une fois,par exemple la scène finale où ils se mettent à se lécher les pompes c’est la scène de Sauve qui peut où on voit Huppert mimer un acte sexuel avec le mafieux,les scènes de couple,au début,dont une en comédie musicale font penser au Godard des années 60,par exemple le russe et l’homme d’affaires auraient pu figurer dans un de ses films,etc..
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François Bégaudeau
Maître des clésOui ok, va pour Godard
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François Bégaudeau
Maître des clésMais le léchage de bottes, Godard ne l’aurait sans doute pas quadruplé, ni monté en 43 plans.
Un plan lui aurait suffi.
(et je pense que son acteur n’aurait pas léché avec telle frénésie)-
Tony
InvitéC’est sûr que c’est lourd, très lourd et bon je ne renouvellerai pas l’expérience.
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graindorge
Invité« sachant que Lapid n’a qu’un sujet qui est Lapid »
Ah bon? C’est pas un peu lapidaire? Je l’ai trouvé sincère dans l’entretien et sincèrement affecté et peut-être même plus que ça. Il parle avec une certaine honnêteté: lorsqu’il raconte avoir aimé être soldat, s’être fait avoir, lorsqu’il parle d’une » âme collective malade » Il s’inclut dans cette maladie et lorsqu’on le regarde, on voit que le gars n’est pas indemne. Je n’ai pas vu le film, je parle juste de la personne-
Samre
InvitéTrès drôle le (Lapid)aire, bien trouvé
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François Bégaudeau
Maître des clésGraindorge : pour rappel, un jugement sur ujn film s’appuie sur un film.
Je sais qu’à toi ça paraitra fou, mais quand je parle un film c’est du film que je parle.
REn tout ca, toi qui n’a pas l’air pressée de voir le film, sache qu’il y est peut etre moins question de politique en 2h30 qu’en 3 minutes de C ce soir-
Charles
InvitéJ’en déduis qu’à choisir il vaut mieux voir Sirat que Oui.
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François Bégaudeau
Maître des clésSirat est bien meilleur, mais Oui est intéressant dans son foirage, son impasse, son impossibilité (le seul problème est que c’est insupportable)
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Charles
InvitéRires, pas sûr de vouloir supporter l’insupportable pendant 2h30. Surtout que j’avais déjà souffert devant Synonymes, bien raté lui aussi.
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Tony
InvitéTout à fait la politique du film est de nature exclusivement morale, c’est le film dont rêvait Mediapart.
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François Bégaudeau
Maître des clésbien dit
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..Graindorge
InvitéAu temps pour moi alors
Le film n’est pas dans les salles ici. Et lorsqu’il y sera, il sera en version espagnol. Je déteste. Et puis, tu ne le recommandes pas et Tony non plus. Peut-être que Lapid fait du cinéma-thérapie pour tenter de sortir d’un cauchemar. Je n’ai pas peur des cauchemars de notre réalité transposés au cinéma mais il me faut le talent d’un Michel Franco.
La personne Lapid, je l’ai écouté dans Blast. Un entretien de presque 30minutes. Son témoignage et certaines de ses réflexions m’ont intéressés et touchés. Je ne vais pas pleurer non plus sur son sort, y’a pire
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Carpentier
InvitéY: J’espère que dieu n’existe pas / …
Si dieu existe, qu’il le tue / ….. Yasmine à propos du rabin-lapin qui prie à minuit pour exhorter à la guerre et réveille leur petit Noah.Expérience, qu’ils disaient?
une sacrée, oui.-
Carpentier
Invité– expérience, qu’ils disaient?
une sacrée, oui (ça c’est moi.)
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stephanie
InvitéJ’ai bien aimé Nino, une écriture pudique peu bavarde et souvent très juste pour parler d’un homme qui vacille.
Tout n’est pas réussi ( la fin surtout) c’est un 1er film .
On pense à Cléo de 5 à 7Left-Handed Girl scénario et produit par Sean Baker ( le bien aimé ici ) la réalisatrice a travaillé avec lui
pas encore vu-
François Bégaudeau
Maître des clésJe me méfie de ce pudique
Sur la base de BA je m’étais dit : encore un film qui va surafficher sa pudeur à tous les plans-
Pout
InvitéN’est pas problématique en soit la pudeur, l’est sa démonstration, sa surenchère. Comme le souligne François, celle qui se suraffiche. Ici, je trouve que Pauline Loquès parvient, au moins par trois moyens, à la saper : ses dialogues que je trouve vraiment drôles, qui ramènent toujours de la comédie malgré le drame ; la caractérisation de ses personnages ; une construction scénaristique qui fait moins pencher le film vers la catégorie « film sur la maladie » que « film traversé par la maladie ». En somme, même si le film et le personnage sont pudiques, il y a de la vie et le film trouve toujours des idées originales pour dépasser la gêne.
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François Bégaudeau
Maître des cléstu me convaincs
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Charles
InvitéOui tu le vends bien parce que de loin ça fait très film délicat du 19eme arrondissement de Paris, Mikhaël Hers vibe.
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stephanie
Invitéouais, c’est exactement ce que je voulais dire mais comme je suis pudique..
« film traversé par la maladie » avec cet empêchement de rentrer chez soi qui l’oblige à se confronter au réel.
Le Bègue, fait moi confiance.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui, promis
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Carpentier
InvitéBeau foutage de gueule féminin, un peu encouragé par l’alcool, au nez d’un mec qui dit :
.. quand tu souris tu es jolie / ….
je sors du film Left Handed girl.
Si tu veux voir 3 pauvres personnes essayer, en dernier recours de sauver un piteux anniversaire, en chantant la chanson culte, vas-y
L’horrible gâteau, en forme de cul (c’est la pêche de la prospérité) y est à hauteur du désastre et Taipei se voit aussi vivant que la famille traditionnelle chinoise, telle qu’on en a souvent entendu parler en Europe, se meurt en en prenant plein son cliché.
La gamine sort tout droit d’un conte fantasque et ce gremlin au féminin, autorisé par un diable séculaire a faire les 400 coups, est magique.Beaucoup aimé, et si d’aucun.e le qualifie de cool, rien à cirer, je ne serai que regret devant leur bêtise.
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Mathieu
InvitéSalut les amis,
Avec la mort de Redford, j’ai envie de regarder des films de et ou avec lui. Problème: je m’étais déjà un peu fait chier devant Et au milieu coule une rivière et L’homme qui murmurait à l’oreille des chevaux.
Là y’a Jeremiah Johnson sur France TV replay, est-ce aussi bien que sa réputation?-
Tony
InvitéCelui-là j’ai prévu de le revoir, cette semaine j’ai vu Les 3 jours du Condor et il n’est pas vraiment à la hauteur de sa réputation,il aurait pu être réalisé par Costa Gavras, ce qui est frappant c’est l’acte de foi démocrate qui, aujourd’hui,nous paraît ridicule,le scénario est rocambolesque,le personnage de Redford est invraisemblable,il passe de rat de bibliothèque à aventurier en un clin d’œil et la relation avec Faye Dunaway,vue d’aujourd’hui,est très problématique(il la kidnappe,lui attache les poignets,lui dit qu’il ne la violera pas, elle lui répond que la nuit n’est pas finie et finalement il la détache pour coucher avec elle,culture du viol caractéristique de ces années-là)
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Tony
InvitéPar contre Les hommes du Président c’est un chef d’oeuvre.
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Malice
InvitéQuand j’étais étudiante j’aimais » Butch Cassidy et le kid » mais pas revu depuis des lunes
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Malice
InvitéL’arnaque, aimé et vu une fois à l’adolescence mais je ne m’en souviens plus guère, si quelqu’un veut me le revendre qu’il/elle n’hésite pas
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François Bégaudeau
Maître des clésson meilleur film est évidemment All is lost
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Alexandre
Invité« Les 3 jours du Condor et il n’est pas vraiment à la hauteur de sa réputation,il aurait pu être réalisé par Costa Gavras »
Pas trop d’accord. Ni là dessus, ni sur la « culture du viol », faut exagérer.
Oui, c’est rocambolesque. Le problème avec Redford, c’est qu’on ne peut pas croire un instant que Dunaway ait peur de lui. Il est trop chou et on sait, clichés romanesques obligent, comment ça finit par tourner.
C’est vrai également que le message « paranoïaque » paraît aujourd’hui assez inoffensif (The Conversation, de Coppola est plus imprégnant).
Mais Costa-Gavras, non. Pas formellement. Sydney Pollack était un conteur excellent, à la fois efficace et élégant, qui savait trousser de bons films populaires. Je ne lui oppose d’ailleurs pas Costa mais on est clairement pas au même niveau d’entertainment, ce qui est, somme toute , normal. Le question ne se pose pas.Jeremiah Johnson est un des tout meilleurs Redford. Et pour les amateurs de BD, je soupçonne fortement que le personnage ait influencé le Derib de Buddy Longway. Et le film est un des tout meilleurs Pollack : une manière de chef d’œuvre.
Sinon, j’ai revu hier soir Brubaker, de Stuart Rosenberg, qui est un bon film, certes, là encore, un peu falot sur ses implications libérales, mais très efficace dans sa première partie avec sa batterie extraordinaire de seconds couteaux, tous sensationnels.
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Alexandre
InvitéEt je suis fan de Yaphet Kotto
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Tony
InvitéMais c’est ça la culture du viol, Redford est tellement irrésistible que toutes les femmes rêvent de se faire violer par lui!
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Alexandre
InvitéAh OK, vu sous cet angle..
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Alexandre
InvitéPar rapport à Redford réalisateur, je garde un bon souvenir de The Milagro Beanfield War, sorte d’ancêtre d’Eddington, en plus familial, décontracté et sympa.
Bref, rien à voir.
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Carpentier
InvitéRob, marrant, ma copie Véro l’a/l’avait pour Idole
– lui et Brian May – moi, Rob, m’a jamais fait tremper la culotte
on s’en fout?
ouais, mais vais quand même préciser que:
moi, c’est Lino Ventura et Freddie Mercury
Ça n’empêche pas que Véro est ma meilleure amie d’enfance
bonne journée
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..Graindorge
InvitéPaix à son âme. Dans la vie c’était une brave personne et écolo. Je ne trouve pas que c’était un grand acteur mais bien aimé Out of Africa ( que je ne reverrai pas) et comme directeur Quizz show
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Alexandre
InvitéDu temps de la splendeur du cinéma américain à laquelle appartient encore Robert Redford (même si il apparaît à la fin de l’âge d’or), on sait que les grands acteurs l’étaient presque toujours à l’intérieur d’un certain périmètre en dehors duquel ils ne s’aventuraient qu’extrêmement rarement.
Je dis peut-être une bêtise mais il me semble que le cinéma américain assignaient bien plus ses comédiens à des limites que ne le faisaient le cinéma italien, anglais ou français dont les comédiens étaient plus ancrés dans une longue tradition de versatilité théâtrale.
Le seul qui m’a semblé s’extirper de ce formatage était éventuellement Burt Lancaster avec son expérience viscontienne.
En ce sens et si je me tiens à ces considérations, Redford était plutôt un grand acteur de cinéma : inventif dans ses gestes, sensible, juste. Comme d’autres, comme beaucoup d’autres.
Et tout cela, en tenant compte des dérives de l' »actorat » tel que pourfendu par François tant sa critique de Joker.-
Alexandre
Invité..dans sa critique
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Ostros
InvitéUlrich Seidl serait en train de réaliser un nouveau film, Distanzen, prévu pour 2027, sur le « tourisme morbide ». Ça lui va bien.
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J’ai beaucoup aimé Rimini. Il y a de très belles scènes notamment du fait des personnages de clientes et fans. Les plans sont parfaits. Et l’acteur Michael Thomas est une telle bête. Parfois lors de scènes longues en plan fixe avec ce corps immobile et en tension, je me suis demandé comment c’était faite la direction d’acteur. Je sais pas s’il existe un making off qui pourrait me renseigner là dessus.
Je n’ai pas trouvé ce film particulièrement sombre ou difficile.
Peut-être un bémol sur le traitement des immigrés qui squattent chez lui. Visuellement ça ne lui coûtait pas plus qu’il les fassent agir. Plutôt que de tous les mettre en tas assis par terre hommes comme femmes. Il y avait moyen d’avoir des scènes / situations dans ces derniers plans, où on aurait eu des actions diversifiées. J’ai trouvé ça facile et me suis même demandé s’il n’y avait pas un cliché raciste à l’oeuvre dans ce choix. Le père dans sa maison de retraite c’est sobrement traité et très émouvant lorsque ce n’est pas flippant ou drôle parce que terrible.
En tout cas je suis contente d’avoir découvert ce réal, merci encore à la personne qui nous l’a indiqué.
Je vais voir Sparta. -
stephanie
InvitéFrançois, je suis entrain d’écouter Tout va bien Sirat, tu parles peu de Viendra le feu, j’avais trouvé ce film magistral ( tout comme Sirat) et notamment le travail du son dans les scènes finales des incendies, on est au plus près de la matière , il me semble même que Laxe avait utilisé un procédé pour capter au plus près le son du feu.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne suis pas fan de Viendra le feu, qui pèche par solennité, mutisme affecté, manque de légèreté, abstraction
J’en avais déduit que le désir unique et suffisant de Laxe c’était de filmer le feu, ce qu’il fait très bien en effet – quoique avec la facilité d’y mêler de la musique baroque.-
stephanie
InvitéOk, on peut dire qu’il se bonifie de film en film.
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Dr Xavier
InvitéPas encore écouté TVB (je crois être le premier à poser le sigle, et toc), suis d’accord avec tout ce qui a été écrit sur les scènes musicales et de danse de Sirat, j’ai aussi pensé à la GO de Mickey 17, et je suis gré au réalisateur de nous montrer la mort ainsi, dans sa brièveté stupide, sa connerie amorale.
Sinon Bruno Retailleau a posté sa critique sur Twitter : « Quand on vous dit que les raves parties c’est dangereux ! »-
François Bégaudeau
Maître des clésj’y fais allusion dans TVB (je valide)
et oui Mickey 17 était pas loin – débanalisation de la mort
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luc
InvitéAlors où est le chapitre sur le dernier PTA?Pas sur TVB et GO (miss u) partie.
merci de me dire ASAP/DQP.
Cdlt -
Antonin
InvitéClaudia Cardinale nous a quittés.
L’avant-dernier long métrage où on a pu la croiser ?
Le Bronx d’Olivier Marchal.
C’est pas une vie-
Seldoon
InvitéMais ça c’était plus qu’il n’en fallait pour mille vies, alors qu’après Olivier il lui a suffit de prendre un bain et il n’est rien resté :
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Seldoon
InvitéPardon d’interrompre les quelques privilegiés qui discutent joyeusement du PTA en l’ayant vu 3 fois en 70mm 4Dx « comme Paul l’aurait voulu », mais Claudia a maintenant sa tombe au cimetière de Sad Hill.

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Scoob
InvitéLe Parisien annonce que Mektoub, My Love : canto due sortira en salle le 3 décembre
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Carpentier
Invitéciné club FB de janvier?
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Carpentier
Invitéje donnerai les lundis et jeudis/mois où 18h pourraient faire que je revienne assister de nouveau en live aux moments ciné de François Begaudeau
avec fanfare et confettis si ça se fait bien sûr!
cidre et crêpes aussi
un minimum, quoi-
François Bégaudeau
Maître des clésne fais surtout pas cette betise : j’y parle tout seul au moins heure
par ailleurs le ciné-club programme des films du passé – passé parfois proche, mais passé
si parole sur Canto due il doit y avoir, elle aura lieu, hélas pour toi, dans Tout va bien, qui traite des sorties-
Carpentier
Invitéah merde
décidément
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Charles
InvitéQuelques premiers mots sur le PTA vu hier et qu’il me faudra un peu digérer tant il est dense. C’est sans doute le film le plus audacieux émanant d’un grand studio depuis 20 ans, une espèce de blockbuster tellement radical qu’il en devient un antiblockbuster. Je ne sais pas comment le film sera accueilli par le public tant il déjoue presque totalement les attentes qu’on peut avoir d’un film d’action. Même l’épilogue, apparemment conventionnel, reste retors. Qu’un film aussi fou, aussi « politique » (même s’il faudra circonscrire de quel cinéma politique on parle ici) puisse exister sous cette forme (film à très gros budget rempli de stars) relève de la pure anomalie, voire du miracle. On est très loin d’un Bong Joon-Ho qui essaie tant bien que mal de ménager la chèvre et le chou. Ici, on est dans du cinéma sans concession. A 150 millions de dollars.
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Alexandre
InvitéTu n’avais pas ressenti cela devant Killers of the Flower Moon ?
En tout cas, je bave d’impatience (vendredi soir pour moi)
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Charles
InvitéBeaucoup moins car même si Scorsese s’autorise dans une première partie quelques embardées narratives en se plaçant du côté des Indiens, il revient assez vite (à l’échelle d’un film de 4h ou presque) sur quelque chose de plus attendu, en se plaçant du côté de sa star, avec une narration beaucoup plus linéaire qu’ici. Dans Killers on sent beaucoup le poids de DiCaprio dans le récit, le pouvoir qu’il a sur Scorsese car le récit est organisé autour de lui. Dans une bataille après l’autre, c’est beaucoup plus ingrat pour lui. Et il est très bon. Je peux développer si tu veux mais je veux pas non plus te spoiler.
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Alexandre
InvitéJe ne suis pas un épidermique du spoil : lâche toi quand bon te semble, pour ma part.
De toute façon, je serais fixé vendredi soir. Mais ça fait envie tout ça.-
Carpentier
Invitéoui x 2
t’en as foutu partout putain-
Linconnu
InvitéIl y a 2 façons de parler du film, le remettre dans le contexte des blockbusters, et le comparer aux autres films de PTA. Là où il aurait pu faire un film entier sur la relation entre 2 des personnages principaux (je reste vague exprès mais vous voyez qui), il n’en fait que quelques scènes, prit qu’il est par les autres fils narratifs, ce qui dénote par rapport à ses autres films. (Remarque, dans Inherent Vice c’était déjà le cas, mais il y passait un peu plus de temps quand même.) Et si on compare les blockbusters à des actes sexuel (« pour qui sport et sexe n’était qu’une et même chose » pour citer à peu près Vineland) le film déjoue les attentes car on a à faire à un éjaculateur précoce.
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Linconnu
InvitéQuoique je ne suis pas sûre de ma métaphore…
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Linconnu
InvitéNon ça ne fonctionne pas, mea culpa.
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Linconnu
InvitéC’est même l’inverse.
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Eliot
Invitéoui c’est tout à fait l’inverse et ça a toujours été le cas. PTA pratique l’edging
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Charles
InvitéC’est à dire que le personnage de Dicaprio est pendant une bonne partie du film assez périphérique et qu’ensuite on le voit beaucoup mais on lui refuse la plupart des moments de bravoure (à part deux scènes hilarantes au téléphone) à tel point que – attention SPOILER – il ne joue aucun rôle effectif dans la recherche de sa fille. Si on avait tué son personnage au moment de l’attaque de Lockjaw, cela n’aurait rien changé dans le sauvetage de sa fille qui serait advenu de la même façon.
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Linconnu
InvitéLe film prend les tropes des films d’actions et les déjoue presque tous, en remettant des vrais corps qui ratent des trucs, qui oublient, qui font des bourdes. Presque aucun attendu de ce type de récit n’arrive. De ce point de vue c’est une réussite. Même la musique, gros film, grosses scènes, musique : quelques notes de piano. (souvent).
Mais est-ce un revers de la médaille qu’il ait moins le temps de développer les noeuds entre les personnages que dans ses autres films ? Ils sont là quand même mais plutôt esquissés.-
Linconnu
InvitéEst-ce qu’un film a déjà fait ça ? Parce qu’on a envie de dire qu’il était temps.
Petite déception tout de même lorsque » SPOILER » il trouve et démarre une voiture en 2 minutes, avec un plein d’essence, qui est plutôt un cliché de film d’action pour le coup. -
Charles
InvitéEn effet, on ne retrouve pas les grandes scènes de confrontation d’un faux duo (trio bien souvent) comme dans The Master, There will be blood, Phantom Thread, ou même Inherent vice pour les scènes Big Foot/Sportello. Là il fait totalement autre chose avec bon nombre de séquences en montage alterné – le film donne l’impression d’avoir le feu au cul en refusant de s’arrêter – et des antagonistes qui interagissent à distance – aucune confrontation finale entre Penn et Dicaprio par exemple.
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Carpentier
Invitéah ouais, j’vois ça, ça glisse à mort par ici
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Alexandre
InvitéDu coup, le post de Carpentier prend une résonnance toute particulière.
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Charles
InvitéL’unanimité critique autour d’Une bataille après l’autre se fissure avec les midis de culture où il s’est fait défoncer par Joudet et Denouette. Autant je comprends les points de Joudet, autant Denouette me semble un peu à côté de la plaque, surtout quand il compare le film à Heat dans son prologue (!!).
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K. comme mon Code
InvitéC’est presque rassurant que cette unanimité anormale (superficielle ?) se fissure un peu tant One Battle After Another peut être déroutant. Plus que d’habitude, Anderson évite pathologiquement tous les passages attendus. Et puisqu’on a plus ou moins déjà vu cette histoire ailleurs, on voit surtout ce qui n’apparaît pas. Le revoir est beaucoup plus agréable car on est plus attentif à ce qui se déroule et comment ça se déroule.
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Charles
InvitéOui même si la critique de Joudet sacrifie comme souvent l’exactitude pour servir sa théorie. Faire de PTA un cinéaste qui ne filme que les hommes me semble un peu osé quand on a vu Phantom Thread et Licorice pizza.
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K. comme mon Code
InvitéOn a quand même ici trente minutes livrées à Teyana Taylor. Son point de vue reste masculin mais le film cède le centre tout du long jusqu’à, parfois, ne pas éclairer le visage de DiCaprio. On n’est pas dans la nostalgie macho du dernier Tarantino.
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Tony
InvitéK ne peut pas s’empêcher de chier sur Tarantino,on se demande bien pourquoi.
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K. comme mon Code
InvitéSi t’es incapable de faire le lien entre deux réalisateurs américains qui ont émergé dans les années 90 et dont le dernier film à DiCaprio au casting dans une conversation sur la manière de filmer les hommes, tu peux au moins avoir l’amabilité d’arrêter de me casser les couilles. Merci.
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K. comme mon Code
Invité(Surtout que tu me fais passer pour un hater de Tarantino alors que j’aime bien ses films malgré tout ce que je prix aussi leur reprocher.)
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Linconnu
InvitéUne autre critique mitigée pas inintéressante :
L’aspect le plus intrigant du film est le rapport entre « militantisme et libido ». Je note que ce rapport sado-maso est inversé par rapport au bouquin. Mais si ça pourrait être le coeur du film, ça ne prend pas tellement de place finalement. Si on comprend bien l’idée du côté de Perfida, qu’est-ce qu’on peut en faire du côté de Lockjaw ?-
Charles
InvitéJ’ai l’impression que l’auteur prend son propre désir de voir un film politique pour l’intention de PTA.
Je ne pense pas que PTA veille absolument nous dire des trucs, il prend plutôt une matière politique pour pouvoir faire une comédie d’action. Autrement dit, la politique lui permet de faire des scènes et non l’inverse (contrairement à Eddington).-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne vous lis pas, n’ayant pas encore vu le film
Je passe juste vous dire de ne pas oublier le Jude, qui va vite disparaitre des écrans alors qu’il est à voir. -
Cynthia Lennon
InvitéTu dirais si tu as beaucoup ri ? Et ta salle ?
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George Meliès
InvitéC’est surtout que la situation politique est par moments très abstraite, alors qu’un resserrement a la lutte antiraciste aurait donné plus de précision à l’ensemble ? Traitement intéressant de comparer Perfidia et Bob dans leur rapport à la lutte par ce prisme par exemple.
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Dwl
InvitéDu côté de Lockjaw, je sens la pulsion irrésistible pour Perfida comme presque un l’expression d’un désir refoulée pour la vie elle-même, pour la vitalité et l’énergie qu’il a dû abandonner en suivant la voie de l’ordre. L’acte sexuel renvoie à l’animalité, à ce qui nous échappe, à l’énergie brute. Lockjaw a choisi la rigueur, la discipline, et son corps robotique, raide et codé, est l’exact opposé de l’érotisme et de la spontanéité de Perfida.
Perfida incarne ce qu’il ne peut plus avoir : la force brute, la liberté, le feu de l’existence. Il la désire autant qu’il la jalouse, car elle possède une puissance que son ordre a refoulée. On peut aussi y voir, de son point de vue, un fond raciste implicite : l’association entre la couleur de peau et cette vitalité animale ou sexuelle
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Charles
InvitéOui et en même temps le corps de Lockjaw apparaît toujours au bord de la rupture. Il est souvent ému, au bord des larmes quand il passe les entretiens du fameux club, il porte des vêtements trop serrés qui ne font que souligner sa fragilité, sa démarche est heurtée. Son débordement passe par le corps.
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K. comme mon Code
InvitéCritikat traite bien la question de la libido, très centrale dans le prologue du film. Qui n’essaye pas d’être Heat, oui. Quant à Lockjaw, il désire et admire Perfidia à sa manière : il dit dans la voiture à la fin du film qu’elle combattait les faibles. A warrior of freedom. Je suis plus confus sur sa faiblesse idéologique. Il désire autant rejoindre les Aventuriers que Perfidia, mais il lui avoue sans les toilettes qu’il se fiche des actions des French 75. Quand un Aventurier lui cite sa remarque sur l’immigration, il a oublié que c’était de lui. C’est un enfant qui veut rejoindre les grands. (Son costume d’écolier est très drôle.)
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Charles
InvitéOui, un enfant qui veut rejoindre les grands, ce qui le rend touchant.
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Linconnu
InvitéOn retrouve un peu la dynamique de The Master.
Elle couche avec lui pour sauver sa peau, mais elle semble y prendre un certain plaisir.
Lui aime qu’elle le domine, il peut enfin relâcher son self contrôle et exprimer ses pulsions refoulés, mais garde en même temps le dessus puisqu’il la force, mais elle y prend plaisir. Donc qui a vraiment le dessus sur l’autre ?
Ils trouvent un point de convergence à leur libido dans leur confrontation.
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Dans la dernière partie, est ce qu’on ne retrouve pas ce motif sexuel dans la course poursuite ? Qui fait office d’épreuve initiatique. Avec ses hauts et bas, comme des va et vient, qui culmine dans un climax très court, une voiture dans l’autre, Boum, avant de tuer le psycho supremaciste.
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jacques sceptes
InvitéEst-ce que vous pensez que Sarah Saldmann a été présentée à Luc Besson par l’intermédiaire de François Ruffin ?
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I.G.Y
InvitéQuelqu’un a vu le fameux film avec la mention « Sean Baker présente », qui s’appelle The Left Handed Girl ? Est-ce que ça vaut le coup?
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Carpentier
Invitévu, oui, comme dit ici déjà, avec quelques lignes à contenu à propos
après, je n’ai pas la certification ‘ parle intelligemment des films ‘ ici donc
pas de bol pour toi quoi-
I.G.Y
InvitéEn effet, j’ai cherché « The left handed… » et pas « Left Handed » avec mon ctrl+F donc je n’avais pas vu
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Carpentier
Invité‘ ma ‘ salle a beaucoup ri
moi z’aussi
une salle remplie d’amat.eur.rices de connerie abyssale, quoi (cf. post de certain kyllian, un peu plus bas sur la page)
on a ri comme des oufs juste avant le passage sur la guillotine, quoi
condition humaine, peur de la mort, rire plutôt que d’en pleurer, siècle des lumières, la france
tout simplement
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Kyllian
InvitéVu ; d’une connerie abyssale. On nous explique dès le premier plan que ce sera une vision kaléidoscopique de Taïwan – méfiance. C’est finalement un scénario très convenu sur fond de « mon loyer il est trop cher » et de problématiques sociales vues à hauteur d’enfant. Difficile d’y voir autre chose qu’une facilité tire-larme. On voit finalement rien qui dépasserait habituellement du cadre ou de ce qu’on peut imaginer de Taïwan en se baladant 2 minutes sur Internet. Et l’anecdote qui donne son nom au titre est largement sous exploitée, et c’est bien dommage.
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Carpentier
Invitéguillotiné!
next
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Ostros
InvitéJe sors du PTA où j’ai passé un bon moment et n’ai pas vu le temps passé. Quelques facilités de scénario m’ont un peu sortie du film par endroit, tout est très fluide et atteint sa cible sans obstacle (le prof de karaté qui libère 2 fois le père, l’indien qui se sacrifie pour sauver la fille, la membre de la French 75 qui est à la fête avant l’arrivée des flics). Le scénario fait courir les personnages à la manière d’un Tex Avery. Il n’y a pas de réel obstacles dramatiques donc pas de tension dramatique, donc la comédie tient surtout aux physiques, à une forme de grotesque des corps, du burlesque (le saut raté de Di Caprio) et à des opposition un peu clichées (nones qui cultivent et fument de l’herbe, terrain d’entraînement militaire au couvent, etc), une imagerie anti fasciste de cartoon (on fait crever le méchant blanc dans un costard les pieds sur son bureau en haut d’une tour à la vue imprenable / le club des ravis de Noël et leurs codes ridicules et leurs lieux secrets à l’architecture exagérée) et des répliques à la con (je m’appelle Péter Parker). D’ailleurs l’imagerie Comics est semée aussi dans la salle de karaté, au bureau du prof c’est Super Man et les Tortues ninja. On a un personnage féminin dès le départ à l’esprit guerrier qui n’hésite pas à balancer ces alliés pour sauver son cul puis qui se transforme à la fin en une vraie mère comme le cinéma tradi aime bien en faire, celle qui revient au bercail, celle qui appelle son enfant et la vie de famille de ses voeux pieux. Ce n’est pas un film politique ni un film de famille non plus. Il y a de léger déplacement dans chaque personnage qui fait que personne n’est un pur « bon » ou un pur méchant ». Grâce à ces brouilles de circuits dans les arches des personnages PTA approche une vérité des conflits armés : le sex crée des entailles et des biais inattendus dans l’histoire, c’est la petite histoire des hommes et des femmes, celle qui est baignée de vérité. Par le sex qui fait bifurquer l’histoire de ses personnages et qui devient la cause de l’histoire que nous voyons (l’enfant né de cette relation incroyable mais pas tant si on réfléchi), PTA se situe deux crans en dessous du blockbuster, du film d’action qui a pour objet la lutte politique armée. Il se situe dans l’espace qui est le sien depuis le début, à hauteur d’homme, dans leur corps, tout ce qu’il a de plus trivial et vulnérable : le désir, la jouissance. Donc le sex, l’adrénaline d’un explosif qu’on fait sauter et aussi l’alcool et la drogue. Plaisirs et addictions qui peuvent mener à la fois de trop (elle bute un gardien dans la banque, ça enclenche leur perte / le cerveau explosé de Di Caprio). On est dans le petit, on est dans les frocs et dans les coeurs attachés car c’est un lieu plein, vivant, promesse de surprises narratives, d’explosions de vitalité, de détours what the fuck. Suivant ce fil du désir, des affects anarchiques ont comprend pourquoi il ne pouvait pas y avoir d’obstacles dramatiques au scénarios et pourquoi parfois ça semble roulé si bien. On comprend le sacrifice de l’Indien qui est pris par quelque chose qui le fait agir.
On remarque qu’il y a plein de choses qui sont inutiles et là pour faire des scènes : apprendre à l’ado à se battre alors qu’elle va se faire attraper en 3 secondes. Le fusil donné au père. Les immigrés qu’on fait fuir par un tunnel. Ce n’est pas suivi mais ça pose un décor, un fond qui lui est politique. Le Mexique, la répression des immigrés, les cages, les zones d’attente administratives, tout ça c’est actuel et vrai, visible à toutes les époques. Et dans ce film les seuls qui ne semblent impactés par aucun affects qui vendraient les déplacer ce sont les fascistes (celui qui a cédé à sa pulsion sexuelle pour une Noire s’est fait assassiné par eux). Ce n’est pas anodin pour PTA d’avoir fait ce distinguo. On sent chez lui un pan anti fasciste, comme ce qu’on voit chez BJH. Le speed des personnages qui court tous après quelqu’un, le désir, leurs expressions, le corps épuisé de Di Caprio, les tics et la posture de Sean Penn, m’ont fait penser aussi à Mickey 17.
Les plans chez PTA sont tous réussis ce qui laisse admiratif. Je garde en tête de très beaux plans, en voitures, les routes qui défilent comme une attraction, des visages dans la nuit et les intérieurs impeccablement découpés.-
Charles
InvitéLa transformation de la mère à la fin est toute relative car elle reste absente, peut-être même est-elle morte (je ne crois pas qu’on donne une indication temporelle sur la réception de la lettre). C’est le sentiment que ça m’a fait en tout cas, une voix qui nous parle d’outre-tombe.
Le comique du film repose beaucoup sur les corps mais pas que, pour moi la drôlerie tient aussi beaucoup aux dialogues avec notamment ce gag génialement etiré et répété du code oublié par DiCaprio, ou les dialogues de Del Toro.
J’adore les scènes avec le club des aventuriers de Noël – que le nom génial qui dit tout de l’infantilisme de ces gens – qui brillent par leur incarnation (et leur silence, ce sont les rares scènes sans musique ou presque) qui touche quelque chose d’assez juste.
J’aime aussi beaucoup le personnage de Penn qui a effectivement une part de cartoon Tex Avery mais pas que car il est aussi profondément pathétique. Il arrive à créer un personnage de méchant effrayant mais ridicule, l’un n’annule pas l’autre. Et ce personnage très haut en couleur avoisine d’autres personnages de militaires beaucoup plus réaliste – je pense à celui qui mène les interrogatoires des ados, d’un professionnalisme décontracté là aussi assez effrayant. Le film est impressionnant dans sa faculté à toucher des choses très justes par soit des éclats de reel soit par l’outrance (Penn) sans que cela joue l’un contre l’autre.
Je ne sais pas quoi penser du caractère politique ou non du film mais j’ai aimé la discrète solidarité raciale qui parcourt le film, notamment avec le personnage de Del Toro et ses amis qui libèrent Pat ou le chasseur de primes indien qui se sacrifie sans que cela soit explicité.-
Monami
InvitéLe « sacrifice » de l’indien est annoncé par la discussion entre les vieux supremacistes qui ont dit en somme : c’est un pro, mais ses origines font qu’on ne peut jamais lui entièrement confiance. Ils avaient donc raison. Génial dénouement je trouve
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Linconnu
InvitéAh oui bien vu.
Il n’y a que moi qui ai pensé que la lettre a été écrite par Bob ?-
Charles
InvitéJ’y ai pensé aussi, ce qui pourrait expliquer son émotion débordante (même si je me suis demandé si ce n’était pas une concession faite à DiCaprio sur le mode « tiens fais-nous ta scène avec les yeux mouillés comme tu sais si bien faire). Mais il est trop empoté pour écrire quelque chose comme ça.
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Linconnu
InvitéJ’ai même l’impression qu’elle sait que c’est lui, sinon pourquoi elle le serre dans les bras ensuite ?
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Ostros
InvitéJ’y ai pensé aussi. Pour dissuader sa fille en lui envoyant un message chargé de regrets. Mais ça me semble trop masqué pour un film qui affirme tout ce qu’il fait.
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Concernant l’humour, il vient aussi souvent par des desamorcages des scènes d’action qui sont lancées. Typiquement le « on fait un selfie » demandé par Del Toro après que Di Caprio se soit échappé du centre.
La chute du toit entre aussi là dedans.-
Ferenk
InvitéScène d’ailleurs très drôle que celle de Sergio/Del Toro qui récupère Bob/Di Caprio. Bob complètement parano qui interdit le portable à sa fille et Del Toro qui fait un selfie et demande à Siri le chemin pour le couvent. D’ailleurs c’est la première fois qu’on voit des smartphones dans le cinéma de PTA. Et encore c’est très sommaire, celui-ci est prohibé, détruit, dévalorisé, remplacé par des gros GSM 1G inbornables. On en aurait presque oublié qu’il existe et qu’il peut être utile. Dans cette scène il est à la fois inutile et utile. Et puis à la fin, Bob semble être comme une poule devant un couteau avec son portable entre les mains. C’est là aussi une très belle scène : ‘qu’est-ce que donc que ce truc et comment ça marche ?’. Et ben c’est pas aussi simple que ça en a l’air. Ça nous paraît tellement intuitif et pourtant, ça a même pas 20 ans d’existence ces machins tactiles. J’ai l’impression que PTA n’aime pas beaucoup les smartphones mais en même temps, il accepte de l’introduire en tant que véritable objet. C’est à dire pas seulement comme un élément qui ferait désormais partie du décor ou du costume du personnage.
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Ostros
InvitéOui tu as raison, il y a des choses à dire sur l’usage du téléphone portable. Et j’ajoute le comique de répétition de Di Caprio qui cherche frénétiquement à le brancher, le branche à tout ce qu’il trouve mais ce n’est jamais le bon endroit. Motif repris par la fille dès qu’elle entre dans la voiture de ses potes « vous auriez un chargeur mon téléphone est déchargé ». C’est un tic de l’époque. Avec ces 3 modèles de téléphones (le filaire chez eux, le première génération énorme et le nouveau de la fille qu’on ne voit d’ailleurs pas, il est très vite balancé), on a une fresque sur l’évolution de cet objet et un sujet actuel est traité de biais et furtivement, le partage de nos données malgré nous. Le traçage des autorités des personnes qui ne seraient pas dociles à l’ordre. Ce que j’apprécie c’est que PTA évacue vite ce motif, à peine on a vu que la fille avait gardé le sien et compris que ça allait leur attirer des ennuis, le téléphone est éjecté et on n’en parlera plus. C’est un motif tellement usité le téléphone, le traçage etc que PTA ne s’encombre pas plus que ça d’explications dès lors que le tel portable de la fille est grillé. D’autant qu’on a été briefés dès la fuite du père avec son bébé sur l’importance de n’utiliser que la 1G, la 2G ou la 3G.
On voit que c’est la jeune la plus naïve concernant les émissions de données des téléphones. Que ce sont les adultes combattants qui le voit sous sa forme de traceur qu’il peut être. L’ambivalence de cet objet est bien traitée, qui est comme on le sait à la fois nécessaire aujourd’hui à créer du lien social et objet traître des insurgés. Et il permet un comique « de génération » entre père et fille.
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Charles
InvitéAnnoncé mais pas explicité sur le moment par des plans de coupe sur lui.
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Ferenk
InvitéJe me suis dit qu’il voulait en même temps libérer Willa et se faire ces mecs. Ne pas oublier qu’il se prend une insulte raciste par le type du gang, puis une nouvelle avant qu’il le bute. Quant à Willa il semble avoir de l’empathie pour elle. Il refuse de faire lui-même le sale boulot avec une gamine, il semble dédaigneux envers Lockjaw quand celui-ci doit faire monter Willa dans la voiture et il y a cette question durant le trajet : ‘Personne ne viendra te sauver ?’. Il avait moins de manière avec l’autre militant qu’il était allé kidnapper chez lui.
De cette scène j’aime beaucoup le fait qu’on vive l’action auprès de Willa. Mais c’est aussi parce que j’aime beaucoup Willa qui est un personnage agissant, combatif, qui ne frustre jamais le spectateur par une forme d’apathie. Le concept d’agentivité colle très bien d’ailleurs au cinéma de PTA, au moins dans ‘Licorice Pizza’ et dans ce film. Je crois que c’est cela aussi qui produit cette forme de fluidité. Mais je parle déjà trop, j’en dirai plus sûrement demain.
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Carpentier
Invitéle personnage de Penn qui a effectivement une part de cartoon Tex Avery mais pas que car il est aussi profondément pathétique. Il arrive à créer un personnage de méchant effrayant mais ridicule, l’un n’annule pas l’autre. Et ce personnage très haut en couleur avoisine d’autres personnages de militaires beaucoup plus réaliste – je pense à celui qui mène les interrogatoires des ados, d’un professionnalisme décontracté là aussi assez effrayant. Le film est impressionnant dans sa faculté à toucher des choses très justes par soit des éclats de reel soit par l’outrance (Penn) sans que cela joue l’un contre l’autre.
oui, c’est très juste et le perso joué par Sean Penn c’est quelque chose et ce, jusqu’à la fin; pour dire, il réussit à remplacer un plan ciné culte pour moi (celui de Terminator dont le bras arraché continue à avancer après une explosion) : que Lockjaw rejoigne la ville dans son état, après l’accident, a tellement fait rire la salle
et découvrir son visage dézingué et ému-flatté pendant le fake d’intronisation au club des ravis de la crèche, ça confirme l’effet bien dit dans l’extrait d’un post te-partagé.
Je me suis régalée ce week-end au ciné
vraiment
merci ici.
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Ostros
InvitéReprenant au personnage de la mère je trouve intéressant que sa pulsion guerrière l’ait amené à une relation malsaine avec le colonel. Elle couche avec lui pour sauver sa peau. Mais d’emblée elle le sexualise lorsqu’elle l’attrape la 1ère fois et le domine. Ces deux personnages dont les objectifs de lutte sont antagonistes ont le même terrain libidinal et l’exercice de la force leur procure des sensations similaires, en ce sens ils se ressemblent. Elle est virile et ses attitudes sont celles qu’on voir chez les hommes jusqu’au final « embrasse ton père pour moi » (ou c’est d’habitude « embrasse ta mère pour moi »). En la faisant être plus autoritaire et surtout libidineuse dans l’exercice de l’autorité que ses collègues femmes et homme, le film présente une femme sous des traits peu exploités car « négatifs ». Et c’est en cela qu’il est féministe. Il ouvre le champ de vision de ce que peut une femme, son corps, ses pulsions. Terrain habituellement réservé aux personnages masculins. Les femmes dans les films lorsqu’elles exercent un pouvoir ont toujours ce souci de la vertue, de l’action pour le bien. L’égoïsme et le désir sont bien trouvés ici.
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Ostros
InvitéJ’ai trouvé la musique vraiment géniale. Elle dynamise tout. Entraîne comme dans Anatomie d’une chute. Les moments de pianos égrainé, les touches d’ironie par ci par là. Quelqu’un sait qui a composé ? C’est vraiment très bien ciselé, une composition qui est plus que de l’habillement de scènes. C’est un film à elle toute seule, elle a sa trame, ses jeux d’échos, sa personnalité je dirais.
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Ferenk
InvitéJonny Greenwood
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Ostros
InvitéMerci Ferenk, je vais voir si j’en apprends plus sur leur collaboration.
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Luc
InvitéElle est ancienne.
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Alexandre
InvitéJonny Greenwood dont on peut rappeler, à toutes fins utiles, qu’il fut (qu’il est?) un des piliers du groupe Radiohead.
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Luc
InvitéQu il est puisqu ils redonnent 3-4 concerts cette année! (500 balles la place tout de même de ce que j ai vu pour Madrid )
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Alexandre
InvitéAh bah voilà, merci!
500 balles ? ouch!
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Linconnu
InvitéLa plupart des places étaient entre 60 et 100€.
Johnny Greenwood fait les bo de PTA depuis There will be blood pour info. -
Ferenk
InvitéJ’ai un pote qui y va et qui gagne pas plus que le SMIC. Bon, il connaît du monde sur Madrid mais ça m’étonnerait qu’il ait mis 500 balles dans une place de concert. Je le vois ce soir, je lui demanderai le prix.
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Ferenk
InvitéIl a eu sa place pour 100 euros.
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Dwl
InvitéUBAL (spoiler)
La dernière scène du film ?
ça m’a vraiment fait bizarre. Bon, déjà pour Licorice Pizza, c’était discutable, mais là j’ai vraiment du mal. J’ai soufflé pour la lettre, j’ai soufflé pour son contenu, j’ai soufflé pour le message sur l’hérédité et le destin, le fait qu’elle ait enfin compris qui elle était…-
K. comme mon Code
InvitéPour la fin, je l’aime davantage en revoyant le film. C’est surtout à chanson qui m’agace. Il ne s’agit pas de Willa qui découvre qui elle est vraiment. Willa est Willa. Elle se débrouille. Mais son père l’enfermait. La surprotégeait tout en étant incompétent. Il lâche prise.
—Be careful.
—I won’t.
Pendant les projections test de mars, deux versions du film existaient : l’une se terminait abruptement après le câlin et l’autre était celle qu’on a eu.-
Dwl
InvitéOui, je suis d’accord, elle a été surprotégée, mais pour moi ce n’est pas le cœur de la scène. Le vrai cœur, c’est une logique d’identité. PTA tisse tout au long de la deuxième partie une intrigue de révélation : elle découvre que sa mère n’était pas celle qu’elle pensait, que Pat n’est pas son vrai père, et tout ça culmine quand elle lui demande qui il est un flingue pointé sur lui. Ce qui l’intéresse un peu comme dans Phantom Thread c’est le lien.
En bref, ce qui la pousse à reprendre le flambeau de la révolution, ce n’est pas seulement la liberté que Pat lui offre en lâchant prise, mais surtout la découverte de ses origines. Il y a une logique héréditaire : Perfida appartient à une lignée de révolutionnaires, et c’est cette filiation qu’elle embrasse.
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Ferenk
InvitéLa lettre, je l’ai entendu moins sur le coup comme la lettre d’une mère à sa fille mais plutôt comme un message politique et éthique à la jeunesse. J’ai pensé à ce moment-là au documentaire ‘Qui à part nous’ de Jonas Trueba. N’oubliez jamais qui vous avez été, ce que vous portez en vous de force, de vitalité et d’espoir. J’en reste à mon impression du visionnage. Mais mon cerveau fait parfois des liens fumeux.
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Dwl
Inviténan nan je pense que tu vises juste sur une portée qui va au delà de Willa. Si message il devait y avoir, avec cette scène il est passé assez clairement. ça peut éventuellement provoqué le même effet que le discours dans les raisins de la colère par exemple si tu l’as vu.
Mais disons que cette fin épouse vraiment les canons évolution des personnages, réconciliation, + « message » assez bateau (surtout qu’on c’était assez éloigné du terrain politique pdt le film) et en plus dans une forme elle aussi classique la lettre + voix off. ça m’a laissé un peu perplexe.-
Ferenk
InvitéPTA fait ce que tu dis tout en faisant encore un pas de côté. Je l’ai dit plus haut, j’aime la manière dont est traité le personnage de Willa, son agentivité. Elle est toujours en action, vive d’esprit et de corps, en maîtrise d’elle même et de son environnement. C’est d’ailleurs le portrait, en gros, qu’en fait sa prof lors de la rencontre. Dans la scène finale, son père lui annonce qu’il a quelque chose à lui donner et elle reste alerte. Elle pose une question intelligente (‘elle l’a écrite pour moi ou pour toi ?), elle demande à se retirer pour la lire, elle ne pleure pas, elle ne tremble pas. Et puis la vie qu’elle a choisi reprend ses droits.
La vraie scène de réconciliation elle a eu lieu avant, les armes à la main sur la route. Et le politique a déjà été réintroduite avant la dernière scène. Sur cette même route avec le mot de passe : tu es dans mon camp ou tu ne l’es pas. Puis le cercueil doré de Sean Penn, encore du politique.
Tiens une bonne idée de PTA pour la fin, c’est de ne pas nous montrer le personnage de Del Toro. 95,8% (estimation Institut Ferenk) des réalisateurs l’auraient fait, parce qu’il est cool et sympa.Quant à ton message sur l’identité/hérédité je ne l’avais pas vu. Très intéressant. Mais PTA me semble aller plus loin en ne tranchant pas. Ce qui forge notre identité, ce sont nos gènes, notre éducation, notre caractère propre et notre environnement. Tout ça à la fois. Ce n’est pas seulement parce qu’elle est la fille de Perfida qu’elle embrasse la lutte. Mais aussi parce qu’elle a été éduqué par son père et a grandi dans une ville spécifique, avec un caractère particulier. La surprotection de son père c’est aussi ce qui a permis de la sauver. Et je note qu’à la fin, c’est elle qui le protège en ne lui révélant pas qu’il n’est pas son père biologique.
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Charles
InvitéMoi je ne suis pas sûr qu’il faille prendre au sérieux cette fin, en dépit de ce que dit PTA (dont la parole est loin d’être fiable a fortiori pour ce film-ci où il veut éviter à tout prix de rebuter le potentiel spectateur, pression financière oblige). Je ne sais pas comment l’interpréter mais pour moi ce n’est pas le coeur du film, l’évolution du personnage de Chase Infinitif. Le film fait complètement autre chose que de traiter ça pendant 2h30.
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Charles
InvitéQuoi qu’il en soit la scène me semble moins cul cul que ce qu’on en dit. Comme l’a dit K, DiCaprio est filmé allongé, en contre-jour, simplement éclairé par la lumière du téléphone, comme un boomer allongé dans son tombeau, ce qui est assez beau. En revanche, Chase Infiniti a vraiment l’air de partir comme Batman qui recevrait le batsignam pour aller choper des bad guys, on n’est pas loin d’une forme de désinvolture dans la façon de représenter ça (parce que ce n’est pas qui l’intéresse à ce moment du récit).
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Ostros
InvitéJ’ai pensé à Soderberg et son dernier film The Insider pour ce traitement des relations dans le film d’action.
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Charles
InvitéJe dois reconnaître que la lettre m’a à la fois un peu agacé et aussi un peu ému par la voix de l’actrice qui pour une fois surjoue moins le côté badass we-are-here-to-right-your-wrongs-motherfucker.
Je me suis d’ailleurs dit dans tout le prologue que PTA avait un peu sous-écrit les dialogues, lui qui est habituellement si fin et inventif, avec une pluie de fuck this, fuck that, fucking blabla. J’y ai vu après une forme d’expression de la libido a l’œuvre dans ces scènes, la parole prenant le relais des actes. Ce qui l’omniprésence du mot fuck qui veut dire à la fois putain et baiser.-
Ostros
InvitéLe fait qu’elle dise à sa fille qu’elle a échoué et qu’elle espère qu’elle et sa génération réussiront est à la fois un cliché et à la fois quelque chose de très juste. On entend cela depuis notre enfance. Les parents politisés qui disent à leurs enfants nous on n’y est pas arrivés mais vous peut-être. C’est un passage de flambeau mouillé. C’est beau et triste parce que le jeu est perdu d’avance. On constate durant tout le film l’absence de moyens et l’amateurisme dans les actions. Qui fait que parfois ils y arrivent et dès que ça devient trop complexe en terme de stratégie ils perdent. Il y a un côté me gang des bois du temple. Certes ici ils ont plus de moyens que les types de cité pour accomplir leurs mission, mais quand on regarde la différence entre la bande et les militaires on ne peut qu’être émus de constater le fossé et leur perdition annoncée. C’est ce qui les rend beaux. Ils se battent contre des géants et si ils ont réussi des coups, des sauvetages, rien n’a changé 16 ans plus tard. Est-ce que la mère en partant vers un autre pays aura trouvé une forme de paix, on en doute. On sent dans ses lignes l’abnegation. L’âge qui exprime une impossibilité à poursuivre. Le film présente une organisation à plusieurs niveaux de pouvoir. Qui semblent indeboulonable. Le gang de Noël étant ceux qui ne se saisissent jamais les mains. Il y a trop de strats au dessus des révolutionnaires. Nous on s’en rend compte mais la jeune en partant pleine d’élan ne semble pas le savoir. Donner à voir les couches de pouvoir et le sens des ordres donnés c’est très le gang des bois du temple aussi.
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Dwl
Invitéla lettre on dirait vraiment le discours de Mélanchon après le 1er tour des présidentielles mdr
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Ferenk
Invité2025 et des gens écrivent toujours Mélanchon…
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Dwl
Invitépardon…
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Carpentier
InvitéJean Patrick Melanchon est dans un film qui sort bientôt?
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Carpentier
Invité*Mélanchon*
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Jules
InvitéAbattez la citadelle !
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Ostros
InvitéEt donc
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Ostros
InvitéEt donc ceux qui ont lu Vineland, qu’avez vous relevé concernant les choix de l’adaptation de PTA ?
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Charles
InvitéIl en a gardé très peu de choses, ce n’est pas vraiment une adaptation à proprement parler. Vineland est un livre très précis, très daté au sens littéral du terme, contrairement au film. Il se présente comme un long flashback avec des personnages multiples sur des lieux et périodes différentes, sans noeud narratif (enfin pour l’instant mais j’en suis au 2/3 du livre). Il a gardé quelques personnages – Lockjaw, sa fille, Pat et Perfidia mais sous des noms différents, le couvent – mais c’est tout.
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Ostros
InvitéJe te remercie. J’ai très envie de le lire, de me plonger dans ces époques et ces luttes. C’est drôle Vineland ou c’est PTA qui a ajusté comme ça ?
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Ferenk
InvitéDésolé, c’est long et décousu mais c’est posé là.
Par où commencer ? Peut-être par là où le film commence. Quelques notes de pianos suspendues, une femme qui marche sur un pont d’autoroute, en contrebas un centre de rétention de migrants en plein air. La caméra glisse doucement sur eux puis revient sur cette femme qui parcourt désormais le pont dans l’autre sens. Coupe. Di Caprio court à en perdre haleine. Il rejoint un groupe préparant une action militante. Au loin le mur séparant les USA du Mexique. Déjà le mouvement est là, les circulations des personnages, leur impatience de passer à l’action, la politique aussi.Cette capacité des personnages à agir selon leur environnement et en fonction de leur volonté propre, c’est une des forces du cinéma de Paul Thomas Anderson. Les personnages ont beau être parfois caricaturaux et défini par quelques traits (Lockjaw / Perfida), ils n’en sont pas moins cohérents dans leurs choix. On pourrait mettre ici en avant la notion d’agency, particulièrement dans ce film mais aussi dans le précédent. Le personnage de Willa, la fille de Bob/Ghetto Pat, en est exemplaire. L’ellipse temporelle nous la fait passer de bébé dans les bras de son père à jeune fille contrainte à l’autonomie de par sa situation familiale (mère absente, père dépendant et immature). Entre les deux, Willa s’est construite on ne sait trop comment. Ce qu’elle est se situe-t-il dans ses gènes, son éducation, son caractère, son environnement (sa ville) ? Le portrait élogieux que sa professeure nous en fait nous montre en tout cas sa structure. Ce qui détermine cette structure et ses capacités, PTA ne nous le livrera jamais vraiment. Il en donnera des signes (Willa tire au fusil-mitrailleur comme sa mère) et des contre-signes. Mais revenons-en à l’action car Willa agit sans cesse, ne frustrant jamais le spectateur de par sa capacité même à répondre à ce que l’environnement et les autres personnages lui imposent. Ce personnage de femme agissante pourrait en rappeler un autre, celui de Beatrix Kiddo dans ‘Kill Bill’. Là où Beatrix trouvait une solution pour sortir de son cercueil, Willa ne cesse de se débattre, de tenter de trouver une issue, de réfléchir à l’utilisation de son environnement même en étant entravée. Kant disait ‘Aie le courage de te servir de ta propre intelligence’, Willa ne manque ni de courage, ni d’intelligence.
La circulation est au coeur du film. Les plans où les personnages sont arrêtés sont rares, si ils le sont c’est que l’action se situe en arrière-plan. La musique quasiment toujours présente accentue aussi cette sensation. Il n’y a vraiment que les moments de la Confrérie de Noël (ou un nom comme ça) où la musique s’arrête et les personnages se posent. Un univers figé dans sa gangue, conservateur, formolisé. La scène la plus prenante et géniale du film (à mes yeux) est celle dans l’immeuble de Sensei Sergio/Del Toro. Tout n’y est que circulations, un mouvement toujours désamorcée par Sergio qui tient à faire les présentations avec chaque personne. PTA saboteur de l’urgence attendue. Quand Di Caprio se pose pour téléphoner, l’action reste en même temps trépidante et banalement humaine autour. Bonheur de montage et de mise en scène où tout est lisible.
Digression après digression, cela me permet de parler de la circulation de la communication. Le téléphone est ici un drôle d’objet que PTA convoque à travers plusieurs incarnations : cabine, GSM 1G, smartphones… Pour pouvoir téléphoner, Bob doit être à l’arrêt car il n’a pas de portable. Les smartphones apparaissent pour la première fois dans le cinéma du réalisateur (à noter que c’est son premier film qui prend pied dans le XXIème siècle). Et que nous montre-t-il ? Qu’on pourrait (devrait ?) très bien s’en passer. Qu’on peut les casser, qu’on peut les jeter, qu’on peut dénoncer leur traçabilité, qu’on peut les dissimuler mais qu’ils se rappeleront toujours à nous et aux autres. Aussi, qu’on peut ne pas savoir les utiliser. Ainsi à la fin, PTA pour la première fois filme un smartphone de près dans les mains de Bob qui ne sait pas trop quoi en faire et fait donc n’importe quoi. En ayant pour prétention de documenter le réel, les réalisateurs ont mis des portables dans les mains de leurs personnages comme si c’était un élément de costume normal. Mais personne ne s’est demandé, en tout cas en aussi peu de plans, ce que c’était que cet objet. Un objet qui sert aussi bien à faire un selfie (c’est inutile) qu’à indiquer une route (c’est déjà un peu plus utile). Un objet qui semble prendre la place de l’ancienne addiction de Bob, drogue et alcool. Au moins, quand Bob fumait il regardait ‘La bataille d’Alger’. Désomais, il essaie de se prendre en photo.
Autre circulation, celle des mondes souterrains ou aériens et de la clandestinité. La communication passe par des radios clandestines. Des tunnels et des portes dérobées peuplent le monde. La fuite se fait par les toits. Des mots de passe et des messages codés permettent de se reconnaître et d’accéder aux informations. C’est tout un monde annexe qui se met en place, et induirait presque une dose de fantastique dans le film. PTA fait aussi correspondre les modalités de fonctionnement des French 75 et de l’Amicale de Noël (ou un nom comme ça). Secret, opacité, cryptage, clandestinité, détermination à servir la cause, parano… ce sont deux mondes parallèles qui se confrontent (‘Parallèles’ ne voulant pas dire ‘équivalents’, PTA semble nettement choisir son camp). La série ‘The Wire’ procédait de la même façon en confrontant le parallélisme structurel de la police et des gangs (je place ‘The Wire’ ici parce que la présence de Wood Harris/Avon Barksdale parmi les membres des French 75 m’y a fait penser). Ce passage entre souterrain, niveau médian et aérien, s’illustre aussi dans cette scène géniale de course poursuite. Pas vraiment vrombissante – le bruit du moteur de la voiture volée par Bob, quelle superbe trouvaille au passage ! -, le décor de cette route bosselée offre un spectacle hypnotisant et presque irréel. C’est aussi cela le cinéma de PTA, l’impossibilité de faire plat. Et la capacité à créer une course-poursuite où personne ne sait qui il est véritablement en train de poursuivre ou qui le poursuit. Il offre ainsi cela aux personnages : de la détermination dans l’indétermination.
Le mensonge est un autre phénomène intéressant de langage et de communication. Tout le monde ment dans le film, Lockjaw, Willa, Bob, Perfida,… pour dissimuler, sauver sa face. Cela menace l’organisation dont ils font partie sans jamais l’ébranler. Le mensonge encore comme opérateur de l’autonomie des personnages, car quelle opération plus consciente et volontaire que celle de mentir. L’humain, ce seul animal à pouvoir activement duper son monde afin de satisfaire son intérêt propre ou assurer sa survie. Et PTA qui ne semble jamais moralement juger ce mensonge (sur ce point – et sur plein d’autres, il n’est pas kantien).
Dans ce buissonnement d’idées, de trouvailles, de mouvements, que faire du politique ? Celui-ci est au coeur du film dans sa première partie et dans l’action militante des French 75. En faisant ce saut de 16 ans, en passant pour ainsi dire de Bush à Trump, on passerait presque de la tragédie à la farce dans cette répétition historique néo-conservatrice. Evidemment, les choses ne sont pas présentées aussi crûment. Mais PTA n’a guère plus besoin de ces 5 ou 6 premiers plans pour nous le signaler (rétention des migrants + mur de la frontière). Moins que de parler de politique, le cinéaste nous montre une manière de faire de la politique : par l’action, la solidarité, la communication, la clandestinité et l’imagination et la transmission (outre la lettre finale, on peut penser aux 2 enfants qui vont passer le message de l’enlèvement du ‘Bouquetin’ ou encore aux jeunes skateurs). Je note d’ailleurs que la gauche a posé les armes dans la partie la plus contemporaine du film. Le geste le plus violent qu’on y verra sera un cocktail molotov lancé à quelques dizaines de mètres des policiers. Violence d’autant moins radicale que la caméra suit le lanceur de la sortie de la voiture jusqu’à l’allumage du chiffon puis le jeté. Avant de montrer l’atterrissage de la bouteille au beau milieu d’un no-man’s-land. Geste individuel vain au regard des moyens employés en face, aussi au regard de la force du réseau et du collectif. Aurait-il fallu 50 lanceurs de cocktail molotov ou bien peut-on utiliser d’autres moyens ? À la fin Willa s’en va à 3h30 de chez elle pour répondre à un appel clandestin. La lutte est globale, sans armes ni haine ni violence. Message reçu 5/5. Comme la note de ce film.
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Ostros
InvitéTu as bien cerné le travail de PTA, mais il manque l’élément principal à ton analyse, c’est l’humour ! Et tout ce que tu as relevé est mis au service de l’humour, est détourné, ralenti, brisé pour rendre la drôlerie des situations. Il n’y a pas une scène où on ne rit pas. La fuite des immigrés par le tunnel est clôturé par le mécanisme cheap du tapis qui se déroule et vient recouvrir la trappe à la manière des gadgets de Maman j’ai raté l’avion. Lorsque les militaires ont eu Perfidia c’est à qui montre le plus qu’il a niqué l’autre à base de doigts d’honneur de gamins. Etc.
Tu fais bien de rappeler ce début car il pose d’emblée les deux corps, celui de Perfidia sûre d’elle, puissante et sexy en diable et celui essoufflé et pataud de Di Caprio. Là encore ça crée une dynamique, ça crée de la drôlerie, lui surtout confronté à sa puissance à elle. Le corps de Perfidia rend marrant les réactions des mecs (di Caprio / sean penn) à celui ci. Pris de court, dominé, n’en mènent pas large. Encore une fois, et comme tout élément c’est mis au service de la comédie.-
Ostros
InvitéJe ne crois pas qu’il y ait de « message ». Je crois plutôt que le film est traversé par l’époque et le sujet qui est la lutte armée d’une poignée de résistants contre un gouvernement raciste et autoritaire. On passe à travers des zones qui sont des entre deux où frayent des résistants et des trafiquants. On traverse plusieurs organisations qui sont croquées et nous permettent de reconnaître des profils sociologiques actuels et passés. On sent l’affinité de PTA mais il n’est pas non plus en faveur de qui que ce soit. Les résistants comportent leurs déviances, défauts, degré de traîtrise, de complexe de supériorité et de lâcheté.
Il est intéressant de noter que ce sont majoritairement des blacks (et 3 ou 4 blancs) qui se battent pour sauver des immigrés mexicains. Une minorité faite aussi en grande partie de femmes, et où les femmes sont aux manoeuvres physiques qui s’occupe de porter assistance à une autre minorité.-
Ferenk
InvitéJe ne me pose pas en surplomb, j’en traduis ma réception. C’est tout à fait subjectif. Chacun y verra un message ou non. Peut-être que là n’est pas l’intention de PTA et que d’autres le percevront autrement mais je n’en débattrais pas. J’en sors avec la joie d’avoir vu un grand film, et comme à chaque fois que je vois un grand film avec un peu plus d’espoir et de lumière. Mais en aucun cas je ne remets en question ce que tu dis, je ne fais que dire d’où j’écris cela. Merci pour tes interventions toutes stimulantes !
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François Bégaudeau
Maître des clés« ils n’en sont pas moins cohérents dans leurs choix » C’est bien ce qui m’ennuie, et c’est bien. le conformisme du film. Ce que tu (l’époque) appelles l’agentivité. Je crois que l’agentivité dans la vie ça n’existe pas, ou peu.
Je regrette les personnages du Master ou d’ailleurs, qui eux mêmes n’auraient su dire exactement par quoi ils étaient agis.-
Lacombe Lucien
InvitéJe ne partage pas du tout l’idée que le film serait « conformiste ». Au contraire, je peine à trouver, dans le cinéma populaire américain récent, un autre exemple qui ose mettre en scène la lutte armée et la violence révolutionnaire d’une manière aussi ancrée dans notre réalité. Le plus souvent, quand Hollywood traite du conflit entre un empire et une résistance, c’est sous une forme mythologique et édulcorée, dans un univers imaginaire à la Star Wars. Ici, rien de tel : l’Empire c’est clairement l’appareil sécuritaire et gouvernemental américain, représenté dans toute sa brutalité (descentes militaires sur des communautés stigmatisées, détentions arbitraires, déportations, racisme assumé).
Dans ce contexte, choisir de placer au centre du récit des activistes qui recourent eux-mêmes à des méthodes violentes (braquages, explosions, attaques de centres de rétention) est tout sauf un geste anodin. C’est une position rare dans le cinéma américain, où le discours dominant reste celui de la conciliation : la violence ne résout rien, il suffirait de discuter ou de voter pour que tout s’arrange. Anderson refuse cette facilité, et actualise l’état de la confrontation politique aux États-Unis d’aujourd’hui, sous tension depuis la réélection de Trump, mais aussi plus largement dans le monde occidental.
Que l’on trouve le résultat convaincant ou pas est une chose. Mais qualifier un tel geste de « conformiste » me semble expéditif : il suffit de regarder le paysage cinématographique actuel pour mesurer à quel point cette manière frontale d’aborder la violence révolutionnaire est, en réalité, singulière et dérangeante.
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François Bégaudeau
Maître des clésSi on compare le film avec les blockbusters, en effet il est moins conformiste qu’eux. Mais c’est vraiment ca le référent pour l’évaluer? Pour évaluer un PTA?
Par ailleurs c’est bien beau de noter que le film fait une part à la lutte armée, mais
1 il n’en donne que des images-type, elliptiques, sans s’arreter sur rien, sans du tout détaiiller les tenants de cette lutte (bref il s’en branle un peu)
2 la lutte occupe l’excellente première demi-heure du film. Puis Perfidia balance tout le monde (belle image donnée des combattants..,) et c’est fini. Il reste 1h45 de film, où il ne sera plus question de ça (ou alors à titre résiduel)
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Ferenk
InvitéTu as 1000 fois raison ! Même si je ne prétendais pas faire le tour du film et que (beaucoup) d’autres en parleront bien mieux que moi. Néanmoins je trahis pas mal mes réactions du visionnage parce que j’ai beaucoup ri. Notamment devant cette scène où Sensei Sergio reçoit Bob chez lui comme un invité, en pleine opération de survie et de sauvetage. Autre moment où j’ai bien ri : quand Willa demande à Lockjaw pourquoi il porte des t-shirts moulants (d’autant plus que je me posais la même question au même moment avec les multiples plans sur lui où ses muscles saillaient sous le tricot). Et plein d’autres détails : la sonnerie ‘Survivor’ du portable de Sergio, le baragouin espagnol de Di Caprio, la justification vaseuse de sa cuite auprès de sa fille et l’explication encore plus vaseuse du viol inversé par Lockjaw, le bruit du moteur de la voiture volée (j’en parle sans dire que j’ai ri, mais j’ai ri…)… Après PTA ne fait pas mouche tout le temps, sur les nonnes il en fait trop par exemple à mon goût.
Mais au final mon sentiment premier devant le film, ça a été de la joie. Et de la passion.-
Carpentier
InvitéAutre moment où j’ai bien ri : quand Willa demande à Lockjaw pourquoi il porte des t-shirts moulants (d’autant plus que je me posais la même question au même moment avec les multiples plans sur lui où ses muscles saillaient sous le tricot). Et plein d’autres
….
elle complète en parlant des talonnettes aussi,
mais là, dans cette scène, moi j’adore la réplique/réaction de Lockjaw quand Willa se lève, avec sa jupe tutu et les mains dans le dos: elle tente de lui/ s’échapper et le militaire sado-maso lui crie
‘ on rattrape le temps perdu? on veut jouer avec papa? ‘
cruel, lourd de double-sens vu la personnalité du personnage, et si bien repris des narrations de parentalité tardive
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Ferenk
InvitéEt je pose ça là avant de devoir partir mais quelque chose de presque totalement absent du film malgré sa circulation et sa centralité dans le domaine politique, c’est l’argent. Beaucoup de circulation mais pas un seul dollar qui ne circule.
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K. comme mon Code
InvitéLa circulation de l’argent est le point d’intrigue central de Fonds perdus de Pynchon. Mais j’y ai pensé aussi parce que le début de Vineland décrit comment le personnage du père se prépare à se jeter par une baie vitrée — rituel annuel — pour continuer à toucher la Prime d’État aux handicapés mentaux. DiCaprio est un mort vivant sans situation sociale dans le film.
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François Bégaudeau
Maître des clésAssez surpris de découvrir vos posts après avir vu le film
Nous avons là affaire au moins bon film de PTA. Son plus convenu. Pour la première fois il fait les choses à peu près comme elles se font.
Il fallait bien que ça arrive-
Charles
InvitéPlus convenu que Boogie Nights et Punch Drunk Love, vraiment ?
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François Bégaudeau
Maître des clésFormellement beaucoup plus convenu que Punch Drunk
Et Boogie nights est un film très très étrange – sait-on exactement ce que ça raconte?
Ici où est l’étrange, le fameux étrange de PTA, le bizarre, le branlant, le bancal?-
Charles
InvitéQuand même, Boogie Nights a un récit assez clair de rise and fall puis redemption avec des tonalités très marquées pour chaque partie : edenique au début puis de plus en plus sombre et violent pour culminer dans une scène à suspense avec un personnage qui menace de les tuer. Le tout avec des références très visibles à Scorsese et Tarantino. Le film n’est évidemment pas que ça, dans le détail il y a de la bizarrerie mais c’est un film très séducteur et facilement appréhendable.
Punch Drunk Love a un récit très linéaire avec les étapes attendues de la comédie romantique et si dans les scènes il peut être effectivement bizarre il donne aussi dans du plus convenu (la chanson de Shelley Duvall dont les paroles et le rythme sont en adéquation avec la scène).
Une battaille après l’autre est beaucoup moins resumable, plus bordélique. Le principal élément de bizzarerie est Lockjaw et son rapport avec Robinson. Et dans le détail, beaucoup de choses ne sont pas attendues : pas de confrontation finale avec Sean Penn, une scène de course-poursuite qui est presque gratuite, un héros toujours à la marge de l’action ou avec deux trains de retard sur elle.-
Charles
InvitéDe tuer le héros*
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Lacombe Lucien
InvitéC’est vrai que le film paraît moins « bizarre » que d’autres PTA, moins de dérapages formels, de digressions improbables ou de personnages en perpétuel déséquilibre. Mais dire qu’il n’y a pas d’étrangeté me semble exagéré. Elle est là, plus diffuse, plus souterraine. Elle s’incarne surtout dans la dimension libidinale du film.
La relation entre Perfidia et Lockjaw en est le meilleur exemple : perturbante, travaillée par une ambivalence constante des rapports de pouvoir. On pourrait presque regretter qu’Anderson n’ait pas davantage mis cette veine au centre du récit, mais elle est bel et bien présente.
Anderson, comme Scorsese dans Killers of the Flower Moon, choisit d’ancrer son regard du côté d’un quinqua blanc dépassé, et c’est peut-être ce choix qui donne l’impression d’un récit plus « classique ». Mais derrière ce point de vue plus balisé, il y a encore cette étrangeté propre à PTA. Plus discrète, mais qui continue de gripper le récit et d’y introduire une part d’inconfort.
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Linconnu
InvitéC’est un regret en effet. C’est même le coeur du récit puisque c’est ca qui fout la merde ensuite. D’autant que dans le bouquin, la famille ne lègue pas seulement une lignée révolutionnaire mais une attirance sexuelle pour les hommes en uniforme (idée très drôle). Voilà qui aurait pu faire de Willa un personnage plus intéressant. Le film aurait gagné a être baigné un peu plus dans ces affects sexuels.
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Linconnu
InvitéPour moi la bizarrerie du film vient de la musique et de son usage incessant, bien que ce soit pas l’usage musical le plus intéressant qu’il ait pu faire.
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Linconnu
InvitéOn aurait aimé qu’elle soit plus en contrepoint comme dans Inhenrent Vice
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Carpentier
Invité…. étrangeté diffuse, souterraine. Elle s’incarne surtout dans la dimension libidinale du film.
complètement
La relation entre Perfidia et Lockjaw / …/ : perturbante, travaillée par une ambivalence constante des rapports de pouvoir.
oh oui
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Alexandre
InvitéEt « ce côté convenu », que je ne commente pas vu que je vois le film ce soir, transparaît ici ou là dans ces posts, justement.
Que je n’aurais pas du lire. Faible que je suis.-
Carpentier
Invitévais le voir ce soir aussi ^^
– juste entraperçu pas mal de comparaisons diverses. pas mal passion de par mon illettrisme cinématographique, et l’arrivée tranchante du premier post du Maître des Clefs d’ici qui calme.-
Carpentier
Invité* pas ma* passion
pfff -
Carpentier
InvitéÇa a applaudi aussi dans ‘ votre salle ‘ au générique du dernier PTA?
Moi, je me suis laissée faire, c à d je suis restée un peu pour profiter du titre au generique dont l’écoute, trop recouverte par la fucking haleine de mon voisin de droite, a été super contrariée: fuck, man; si tu chantes hors ta salle de bains la gueule ouverte, un tic tac peut-être?
La salle, par ailleurs, était full.
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Alexandre
InvitéJ’ai revu justement Punch Drunk Love hier soir et je reste toujours sur une sorte de réserve.
Le film sacrifie aux conventions du feel good movie : son doux dingue, sa girlfriend charmante, des « méchants » que le héros, inspiré par l’amour, pourfend.
Mais la durée particulièrement modeste, les stimulis formels constants qui font office d’électrochocs : tout cela en fait une œuvre cliquetante, qui nous innerve dans le mental de Barry Egan (de quoi souffre-t-il, exactement?) et nous soumet à l’imprévisible, malgré les conventions.
Par ailleurs, je ressens une certaine vérité chez ce personnage. Il m’a même rappelé un ami qui pouvait, dans sa jeunesse révolue, avoir le même type de comportement. En moins spectaculaire, certes.-
François Bégaudeau
Maître des clésIL faut être attentif, comme toujours, à la facture du film
Sur une trame globalement feel-good (si tu tiens à ce mot avec un personnage qui ne va vraiment pas bien pendant 1h28), rien n’y est fait comme cela doit etre fait.
Repense à l’ouverture extraordinaire du film, aux scènes avec Seymour Hoffman, aux scènes avec la fille au tel, au premier rendez vous au restaurant, à toutes les scènes dans ce drole de bureau (où l’on vend quoi?). Tout dans ce film est singulier.-
François Bégaudeau
Maître des clés« sa girlfriend charmante »
elle ne ressemble à aucune girlfriend
notamment dans sa façon d’etre immédiatement folle de lui, sans réserve ni condition ni raison.-
Charles
InvitéCe qui pourrait être aussi mis au discrédit du film tant ce personnage apparaît sous écrit.
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Charles
InvitéFeel good dans la trajectoire du personnage de Sandler : d’empêché, frustré et moqué à sûr de lui, joyeux, épanoui, grâce au coup de foudre.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui bon d’accord
On s’en fout non? -
François Bégaudeau
Maître des clésPar exemple ce qui me gene dans Une batalle, c’est pas qu’il y ait un happy end, c’est que cet happy end soit si convenu, attendu – ne serait ce que sa forme d’épilogue (il n’y a pas d’épilogue dans Punch Drunk)
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Alexandre
InvitéÇa vaut quoi le tout premier PTA : Hard Eight ?
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François Bégaudeau
Maître des clésson plus convenu avec Une bataille
mais c’était son premier film -
Charles
InvitéJe ne sais pas quoi faire de cette fin mais d’un autre côté tu as souvent dit qu’on s’en foutait des fins, qu’elles avaient souvent quelque chose d’arbitraire et relevaient d’une forme de convention.
Donc cette fin ne m’enchante pas même si j’y trouve quand même des choses à manger, énoncées plus haut. -
Linconnu
InvitéMoi j’aime bien croire que c’est lui qui a écrit la lettre et qu’elle sait que c’est lui, et qu’ils miment donc le happy end attendu.
Par contre quand elle part faire une manif à 3H30 de route c’est moins sauvable. -
François Bégaudeau
Maître des clésOui en général je m’en fous des fins, en tout cas de leur teneur » morale » ou humorale. Mais une fin ça peut etre très beau, ça peut se soigner, là vraiment il ne se foule pas. J’ai revé un instant d’un cut sec sur les deux bagnoles défoncées sur la route déserte. Et puis non.
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Linconnu
InvitéD’accord avec Charles là dessus. * Je crois bien qu’il vend des ballets a chiottes customisés.
Et Magnolia aussi bon et émouvant qu’il soit est bourré de défauts.
Le bizarre de One battle est la relation entre Perfida et Lockjaw, et au moins une grande scène aurait été possible, mais il a choisit un traitement elliptique. Ce qui le pousse en effet a des scènes convenues genre le braquage.-
Carpentier
Invité…. Je crois bien qu’il vend des ballets a chiottes customisés. / ….
oh?
objet pourtant customisé par nature et usage quoiqu’il en soit -
Linconnu
InvitéLe manche est en verre avec des petit dés au dessus, a destination d un casino peut être. Le mien n’est pas aussi cool.
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Carpentier
Invitéles miens, invariablement, rechignent à la tâche,
se dévissent/se détachent niveau manche/brosse, font tomber le petit pot réceptacle où ils sont sensés attendre le taf, récupèrent du papier qui sèche dessus, …
vive les cultissimes et à essayer (à la maison du Japon, quai Branly notamment) systèmes d’air soufflé et autres jets nettoyant, tiens– Des dés de jeu, tu dis: marrant, pour invoquer la chance peut-être?
là où mettre le pied gauche direct dans la cuvette peut chémar idem peut-être -
Alexandre
InvitéToujours sur Punch Drunk Love, j’avais oublié qu’on entend aussi longuement, jusqu’à sa reprise sous forme d’échos orchestraux, dans le générique de fin, la chanson d’Olive (Shelley Duvall au micro) du Popeye, de Robert Altman.
Décidemment, l’ombre du vieux Bob plane sur le PTA première manière.
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Alexandre
InvitéOui, absolument. Et c’est ce qui me plaît.
Mais c’est peut-être la surcharge d’afféteries par légère opposition à « trouvailles de cinéma » qui crée un sentiment d’artificialité. Quelque chose de cet ordre.
En fait je t’en veux d’avoir un tantinet douché mon enthousiasme rapport à la séance de ce soir.-
François Bégaudeau
Maître des clésplein de gens aiment le nouveau PTA, qui est pour une part fort aimable
(quant à moi je pense juste qu’un PTAphile ne peut être que dépité de voir ça)-
Ferenk
InvitéD’accord, mais là tu ressasses. On est pas loin du ‘PTA c’était mieux avant’. Ni très loin d’une conversation konbiniesque qui va finir par ‘on vous a classé les films de PTA du moins bon au meilleur’.
Maintenant qu’il y a les PTAphiles et les non-PTAphiles, que la frontière est tracée, on peut parler du film. Sans le comparer à ce qu’on devrait attendre d’un film de PTA. Je ne vais pas maugréer si une équipe de Guardiola gagne 6-0 une confrontation aller-retour contre le Real parce que je n’ai pas vu les circuits de passe que j’étais en droit d’attendre d’une équipe de Pep.As-tu ri devant ce film, par exemple ?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ressasse en deux posts de deux lignes? Ok
Par ailleurs je suis tout à fait disposé à parler longuement du film, j’en parlerait 1h30 bientot dans Tout va bien
J’ai d’ailleurs déjà soulevé un points précis à quoi tu n’as pas répondu : en quoi l’agentivité serait elle à mettre au crédit d’un personnage? N’as tu pas l’impression de plaquer ici sur le film un « concept » que l’époque t’a mis dans la bouche avant hier?
(sachant qu’ il est assez aberrant de parler d’agentivité à propos d’un personnage Willa, qui, sauf son grand coup de frein final, ne branle rien pendant 2h49. Tu as de toute évidence vu ce que tu avais envie de voir, et qui n’existe pas.) -
François Bégaudeau
Maître des cléson peut aussi parler de politique et de message, mais ça me fatigue d’avance, tant le film est faible sur ce plan
(très inférieur à Eddington par exemple) -
Charles
InvitéLes scènes du club des aventuriers du Noël ne t’ont pas plu par exemple, au-delà de tout message ?
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François Bégaudeau
Maître des clésLes deux fois, une grande scène s’annonce qui n’a pas lieu.
C’est pas mal, plutot drole, mais c’est pas la grande scène annoncée
Sans compter que cette représentation là du fascisme me parait bien folklorique et surannée – disons dépassée, à tous les sens du terme. -
Charles
InvitéPourtant ils ont un peu la gueule d’un Trump. Pas celle de Charlie Kirk, ni de sa femme, je te l’accorde.
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Antonin
InvitéAh ouais, moi j’ai pensé à Joe Biden pour le vieux à la bouche ouverte dans la première réunion ( celui qui a l’air de présidé la réunion). Le Joe Biden » je suis chaud de me lancer dans une campagne présidentielle mais je suis en galère de me souvenir du nom de la ville dans laquelle je suis »
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K. comme mon Code
InvitéOn peut aussi parler de race étant donné que le PTA est surtout centré sur les frictions entre ce qui est blanc / tout ce qui ne l’est pas. On peut le comparer sur ce point à Eddington où le flic noir et sans abris hispanique ont l’air tout droit sortis d’un sitcom américain tandis qu’on dirait dans One Battle After Another que tous les habitants d’El Paso ont participé au film. La cécité raciale d’Aster est complexée mais sa capacité à ironiser là-dessus ne sauve pas ce qui filme, et cela explique aussi pourquoi il a pu être autant à côté de la plaque sur l’été 2020 : son film est situé dans un moment précis de notre temps et pourtant plus abstrait que le PTA qui évolue dans un temps figé. Il faut dire que PTA pouvait être très gênant lui-même là-dessus — Magnolia, par exemple, contient des passages limite racistes et je devine pourquoi il a coupé toute une storyline sur un personnage noir — mais vingt ans de vie commune avec Maya Rudolph et quatre enfants plus tard, son expérience personnelle du noir/blanc l’a rendu très attentif. David Foster Wallace expliquait l’absence de noirs dans le cinéma de Lynch par le fait que cela obligerait le cinéaste à filmer les rapports de race, et si Lynch est incapable de le faire, autant l’éviter : cet argument me paraissait juste à la lecture et Eddington le renforce. Le ridicule ne tue pas mais neutralise l’image.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, K, on a compris que tu n’aimais pas Eddington, tu lui a déjà vomi dessus 6 fois ici.
Reste que je vois que tu ne défends le PTA qu’en revenant sur Eddington.
Et pour cause : ce qu’il fait positivement avec les noir-e-s dans le film, c’est à peu près rien (surtout avec Willa), si ce n’est resservir une sorte d’imagerie Black Panthers voire Blaxpoitation – rien de beaucoup intéressant que ton pote Tarantino.
Oui ce qu’il fait avec les hispanos est un peu plus intéressant quoique on passe très vite dessus.
En tout cas dans la captation de la folie contemporaine Eddington est beaucoup plus juste car beaucoup plus low. – sauf final. Les fascistes de PTA sont des fascistes de 1972, ou de 1932. -
Lacombe Lucien
InvitéLes fascistes américains au pouvoir aujourd’hui sont littéralement des fascistes de comic books : excessifs et hauts en couleur. Les fascistes du film me semblent très proches des J.D. Vance, Stephen Miller ou autres idéologues à l’origine du Project 2025 que le gouvernement américain est en train d’appliquer. Ceux qui revendiquent fièrement et publiquement leur racisme décomplexé (allant jusqu’à raviver le racialisme du XIXe) sont aux manettes.
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Ostros
Invité(Les références aux comics étant semées ici et là dans le film.)
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Ostros
InvitéFrancois, je t’ai posé une question plus bas
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Charles
InvitéTu penses à quels passages de Magnolia ?
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K. comme mon Code
InvitéLa manière dont est écrite la femme noire qui a le cadavre dans son placard au début du film / le petit garçon. Des scènes du scénario de Knuckle Sandwich (prototype de Punch Drunk Love) sont encore plus grossières. On peut aussi dire que ce sont les travers de la vingtaine. Là, il laisse ses actrices noires improviser, ce qui donne des dialogues faibles par moments, mais je crois à leur incarnation.
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Ferenk
InvitéTrès content de savoir que le film sera au programme du prochain TVB.
J’avais pas vu ton post en réponse au mien concernant la notion ‘d’agentivité’. Qui peut être problématique et que j’utilise sûrement mal. L’agency, je l’ai entendu pour la première fois en fac d’histoire il y plus de 15 ans, notamment en épistémologie et en histoire des sociétés coloniales. Ma foi, je ne l’utilise pas si souvent pour presque dire jamais. On ne disait d’ailleurs pas ‘agentivité’ à l’époque mais ‘agency’. Et je ne savais même pas que le terme pouvait être apparemment aussi ‘touchy’ en 2025 et prêter autant le flanc à la critique. Je le découvre avec toi. Peut-être que le terme m’est revenu dans le parallèle à dresser entre les French 75 et les réseaux de la Résistance. Peut-être même que c’est juste le visionnage de ‘La bataille d’Alger’ par Bob qui m’y a fait penser, qui sait. Je trouve en tout cas, dans l’acception que j’en ai, qu’il correspond bien à Willa parce que c’est une femme, jeune, qui agit dès qu’elle le peut parce qu’elle décide qu’elle en est capable (par son corps, par sa parole) – je m’en suis tenu à ça. Tu es assez injuste avec elle d’ailleurs, si elle n’agit pas assez à ton goût avant le coup de frein final, c’est parce qu’elle a bien souvent les mains entravées. Et malgré cela, oui elle agit. Elle tente de s’échapper par deux fois face à Lockjaw, de déserrer le frein à main, de partir une fois sur le banc chez le gang, de conduire la voiture, elle répond bien souvent là où tout devrait la faire taire, notamment l’autorité pour elle jeune femme et fille de…
Le film est inférieur sur le plan politique à Eddington, ça je suis bien d’accord. Je n’en fais pas une grande place dans ce que j’ai pu écrire mais le message est là tout de même et moi il me convient. Mais oui, Eddington lui est supérieur sur ce plan, c’est clair et net.
(Désolé si j’ai été un peu brut, le ‘PTAphile’ m’a un peu agacé parce que j’ai eu l’impression qu’il rangeait ceux qui aimaient le film dans la case de ceux qui n’aimaient pas vraiment, pas assez, pas assez bien PTA. De manière générale, je n’aime pas les cases.) -
Ferenk
Invité*J’ai dit femme mais c’est même une ado. Elle n’a que 16 ans.
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François Bégaudeau
Maître des clésIl ne s’agit pas de cases.
Le raisonnement est simple : pourquoi PTA est grand : pour ci, ça, ci, ça. Eh bien rien des quatre n’est dans Une bataille après l’autre (même le titre est nul)
Je le note
Et je me demande si PTA refera un jour un grand film, ou s’il est parti sur des rails hollywoodiens qui le perdront. -
Ferenk
InvitéSi seulement les autres réalisateurs pouvaient prendre ses rails hollywoodiens, le cinéma américain d’action en sortirait grandi. C’est PTA qui se colle à la pose du ballast et des traverses, on peut en être dépité … ou pas.
En attendant le TVB, je vais me réécouter la GO sur ‘There Will Be Blood’ et sur ‘Licorice Pizza’. -
Charles
InvitéTu l’enterres un peu vite là. Aucun réalisateur américain de ces 30 dernières années n’a enchainé autant de films majeurs que lui. Je peux comprendre qu’on soit déçu par ce film mais je ne vois pas en quoi cela pourrait être annonciateur de la fin de la grandeur de son oeuvre.
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François Bégaudeau
Maître des clésParc que le film va etre une bonne affaire, c’est parti pour.
Donc on va lui redonner du budget. Donc il refera un film pour le grand nombre, ne pouvant faire moins que celui ci. Un film familial avec au centre un motif familial. On a déjà vu le film -
François Bégaudeau
Maître des clésEn tout cas il me semble urgent que l’Internationale des amis de PTA lui manifeste notre mécontentement
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Charles
InvitéCa avait marché avec Tarantino en tout cas, tu lui avais demandé de revenir à LA, il l’a fait (pour un film de 2h30 ceci dit).
Une bataille après l’autre ne va pas marcher au box-office, enfin pas à la hauteur du budget. En revanche, PTA va avoir son premier Oscar.
Moi j’aimerais bien qu’il tourne enfin son projet de film autour de scène Jazz des années 40 à Harlem. Le problème, c’est qu’il veut tourner avec Denzel Washington. -
François Bégaudeau
Maître des clésIl est vrai qu’en général les cinéastes font ce que je leur demande
Donc PTA je te le demande : la prochaine fois, fais un film de PTA. -
Ferenk
InvitéJe crois qu’il a déjà annoncé son prochain film qui sera le remake US de ‘Un petit truc en plus’.
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Ostros
Invité@François, quand tu parles de blaxploitation dans le PTA est-ce que tu veux parler du fait que le sex appeal et l’action physique et la vitalité se situe chez les personnages noires alors que di Caprio le blanc est poussif, Sean Penn plein de tics ridicules et les facho des aventuriers de Noël n’agissent jamais et donnent des ordres depuis leur cul assis ?
Ce serait ça ? Une sorte de cliché raciste des années 70. -
Ostros
InvitéJe voulais écrire virilité mais vitalité marche aussi.
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François Bégaudeau
Maître des cléspas raciste
mais une stylisation du corps noir féminin qui était au travail dans la blaxploitation, à quoi Tarantino, qui adore foutre des guns dans les mains de bombasses, noires ou blanches, avait rendu hommage
on est donc là-dedans plus que dans une réelle tentative de saisir de ce que serait aujourd’hui, où il y a quinze ans, l’activisme féministe-antiraciste
je n’ai rien contre mais n’allons pas nos raconter qu’il y aurait là quelque chose de politiquement conséquent -
Dwl
InvitéBon, quand même, l’idée des routes en montagnes russes, pas mal non ?
Nous qui avons vu tant de courses-poursuites, PTA réussit quand même à faire différemment, comme tu aimes si bien le dire.Et je dirais que le film est un peu à l’image de cette scène : at the end of the day, c’est un méchant raciste qui poursuit en voiture une fille gentille, un accident et un duel au pistolet.
At the end of the day, c’est effectivement un film de motifs familiaux qui finit sur une réconciliation, la fille qui a trouvé sa voie. Mais dans le film, dans les scènes, je suis désolé, il y a souvent un truc qui change.
-Première rencontre entre Lockjaw et Perfidia : scène d’action, tu tombes sur un militaire, tu le contrains à bander ?
-Le couple Pat–Perfidia et cette omniprésence du motif sexuel adossé à celui de la revolution.
-La scène entre Lockjaw et Willa autour d’un test de paternité.
-La mort de Lockjaw, toute douce, dans cet immeuble en verre.J’ai l’impression que ce que tu trouvais particulièrement brillant chez PTA, c’était peut-être les scènes qu’il ne faisait pas plus que celles qu’il faisait.
Et du coup oui, dans UBAL, il fait ces scènes (et j’imagine que c’est pour ça que tu le trouves conventionnel, tu as raison) mais force est de constater qu’il les fait quand même différemment. -
François Bégaudeau
Maître des clésJe pense tout le contraire.
J’aime chez PTA, les scènes. Là il n’en fait plus, emporté dans une autre syntaxe
La scène Lockjaw-Willa est disposée, et elle n’a pas lieu.
La scène finale bagnole a son petit cachet mais elle promet beaucoup et offre peu. -
François Bégaudeau
Maître des clésDois je préciser que je n’ai jamais dit que le film était nul. Il est le moins bon PTA, ce qui le situe encore assez haut
J’ai même pensé une bonne heure que c’était encore du grand. -
Alexandre
Invité« Dois je préciser que je n’ai jamais dit que le film était nul. »
De fait, il est très loin de l’être. Je pense qu’Anderson bride ses audaces thématiques et se dilue partiellement dans le mainstream. Conscient de survoler son sujet, de faire mumuse avec des figurines, il compense le plus possible par un travail serein, creusé, extrêmement inventif sur la forme, par un geste plein d’assurance.
Et j’ai très envie de le revoir pour ne pas en perdre une miette.
Mais grand film politique, non. -
François Bégaudeau
Maître des clésVoilà, ni grand film, ni grand film politique.
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Luc
InvitéGrand film.
Qu est ce qui en aurait fait un grand film politique ? (Non j ai pas lu tous les messages éparpillés )La proximité avec la réalité étasunienne d aujourd’hui est folle à mes yeux, parce qu il a du tourner avant les raids et déportations de l iCE etc
Je ne me suis pas du tout dit « waaa je suis en train de voir un grand film politique là »
Mais qui se dit ça ? -
Luc
InvitéBien d accord.
Je ne trouve pas ce film aussi conventionnel que la discussion ici le dit.
Rien que la musique permanente et « décalée « est pas hollywoodienne .
N étant pas spécialiste, ça virevolte avec légèreté et je ne me suis pas ennuyé comme pas mal de critiques après la première partie du film.
C est vrai que la disparition du personnage de la mère pour laisser toute la place à di caprio est assez spéciale… J ai eu l impression de voir un grand film quand même -
Alexandre
InvitéBen…moi aussi quand même. Le sentiment est tenace. C’est aussi la presse qui me paraît un peu trop délirer, avide d’allégories anti-Trump.
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Luc
InvitéDélirer en quel sens ?
Qu est ce qui fait un grand film politique selon toi?
Et ma deuxième question « qui se dit ça? » -
Alexandre
InvitéNon, j’ai dit plus haut que je ne considérais pas que c’était un « grand film politique ». Des posts vont, je crois, dans ce sens que ce soit ici ou ailleurs.
La presse française place très haut le film. Moi qui vais souvent mâter les étoiles d’Allociné, je jure que je n’ai pas vu si souvent une telle unanimité, une telle batterie de 5 étoiles.
Et là, je crois qu’il y a exagération qui me fait comprendre, par contraste, la déception de François. Et cette exagération me paraît boostée par l’exaltation anti Trump qui règne en ces temps. -
Luc
InvitéQuestion de prisme peut être.
Étant (malheureusement)beaucoup dans l actualité américaine comme tous mais je pense quand même bien au dessus de la moyenne des français, je ne ressens pas une exaltation anti trump a la hauteur de ce qui advient là-bas avec Trump.Ce qu on voit dans le film est la réalité , et elle a donc été anticipée par PTA.
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Alexandre
InvitéJe pense néanmoins que le film, qui n’est pas sans souffle visionnaire, entretient avec cette réalité un rapport relativement superficiel, « décoratif », vintage. C’est la limite du propos. Limite qui se traduit ici ou là par un certain mépris de la vraisemblance : quelqu’un aurait-il la gentillesse de m’expliquer comment Willa s’en sort sans une égratignure de l’accident de voiture maousse dont elle est victime?
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François Bégaudeau
Maître des clésce n’est pas « la discussion » qui le dit, c’est moi
oui on retrouve, notamment dans le segment 2, un usage andersonien de la musique, mais qui est beaucoup plus consistant ailleurs (Phantom thread notamment)
et c’est à peu près la seule chose qu’on retrouve vraiment de sa patte
pour une discussion sereine, merci, plutot que de répéter que c’est un grand film comme un mantra auto-persuasif, d’essayer un tant soit peu de le démontrer -
Luc
InvitéOn retrouve le « consistant » begaldien…
Comment qualifies tu l usage de la musique dans UBAL alors ? Ca m intéresse.Sur le conventionnel Tu n es pas le seul à le dire , plusieurs personnes en ont parlé aussi sur ce forum.
Bon évidemment, ta demande de démonstration est un piège tendu car tu as plus de cordes à ton arc pour faire la démonstration inverse, on a un peu l habitude…
Et je n ai pas le langage spécifique sur la mise en scène etcOn dirait les puristes connaisseurs de toute la discographie d un groupe et qui vont dire à ceux qui ont aimé les deux derniers albums « pfff mais tu comprends rien toi »
Grand film pour moi, car malgré la durée supérieure aux nouveaux standards de durée ( déjà longs) , je ne me suis pas ennuyé.
A quoi tu vas répondre qu en ça je suis un beauf à vouloir aller au cinéma pour être simplement diverti par du spectaculaire?Je ne sais pas, il y a justement peu de conventions à mes yeux à part la fin c est vrai et les courses de bagnole.
Mais le rythme d une course de fond soutenu n est pas conventionnel . -
Luc
InvitéNon en fait les courses poursuite ne sont pas si conventionnelles.
Que ce soit celles suite au braquage ou sur cette route dingue à la fin -
François Bégaudeau
Maître des clésOk, passons
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Luc
InvitéEt je suis serein, je demandais à Alexandre des précisions sur son avis
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Alexandre
InvitéAvant tout je pense que la notion de « grand film » peut s’étager sur au moins deux, voire trois niveaux d’appréhension.
En gros, on partirait du label « Dernière séance » (« Et maintenant, chers téléspectateurs, le grand film de votre soirée!!! ») pour finir sur la certification « chef d’œuvre », notion honorifique, pas toujours aisée à expliciter, mais dont on aura la délicatesse de ne pas systématiquement l’apposer à celle de « grand film ».
Un « grand film » aurait dès lors plus de latitude dans l’exercice de son prestige, plus de modalités de séduction à déployer, moins de pression en somme.
Attention, rien n’interdit à un grand film d’être aussi un chef d’œuvre. Et de fait, tous les chefs d’œuvre sont au moins des grands films.
Simplement, libre à lui de n’y pas prétendre.
Alors Une bataille après l’autre (c’est vrai que le titre est pas terrible) dans tout ça?
Et bien il me semble revêtir les guenilles du « grand film mineur » (j’ai d’autres exemples en tête), pour les raisons notamment que Luc s’emploie à évoquer, et les miennes : ce sentiment qu’Anderson essaie de tirer le meilleur, le parti le plus original du matériau mineur qu’il a entre les mains. Un nombre très conséquent de séquences surprennent par leur qualité intrinsèque, leur formulation, leur rythme, leur cinégénie. J’ai trouvé par exemple les derniers moments passés en compagnie de Sean Penn assez prodigieux. -
Luc
InvitéOui je partage ton avis. Je ne le dirai pas « grand film » par son propos mais je ne sais pas si j ai déjà trouvé un film grand par ce biais là en tous cas pas par cet unique vecteur.
Mais totalement d accord sur la »cinegenie » dont tu parles et la fin de ton post.
J aurais bien vu cette scène avec Sean Penn en finale d ailleurs .( Qui m a bien fait rire juste a sa façon de dire « je ne suis pas gay, je ne suis pas homosexuel ! ») -
Benoît
InvitéAssez déçu par le film. Je sauve bien sûr des choses, et en particulier le flegme de Benicio Del Toro qui ressemble à un personnage de Soderbergh, espèce de coolitude à toute épreuve qui arrive à contre balancer l’énergie cabotine de Dicaprio. Même dans une voiture qui roule à toute allure.
Sur le reste, je m’interroge sur l’enthousiasme unanime du public cinéphile des réseaux, avec un argument qui revient très souvent : « je n’ai pas vu le temps passer » ; « les 2H50 passent comme 1H » etc.
J’ai l’impression que se loge une question un peu pointue ici. Qu’est ce que ça voudrait dire « de ne pas voir le temps passer ? » Est-ce que ce serait bien ou pas bien ?
Ici, peur de s’emmerder face à la scène ? Aussi, beaucoup de musique, certes de bonnes musiques, mais beaucoup. Montage en mode dentelle, très fluide.
Paradoxalement, l’une des scènes que je retiens le plus en mémoire, c’est la scène où Bob fume son pétard, sans pouvoir se rappeler des mots de passe, quand pour la première fois le téléphone sonne pour lui annoncer la disparition de sa fille. Il essaye de sortir de sa léthargie de foncedé tout en tirant sur son joint. Il y avait une suspension du temps pas mal, un refus d’un appel à l’aventure, à l’urgence etc.
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Luc
InvitéL enthousiasme n est pas si unanime à mes yeux.
Sur un film comme first cow, on sent le temps passer et c est beau, dans un film d action le canevas (qui n est à mes yeux ici suivi qu en petite partie) et par définition j ai envie de dire , pousserait à ne pas sentir le temps passer.
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Dwl
InvitéJe suis mon convaincu par les personnages du côté « gentil ». Disons que du côté méchant y’a une sorte de décalage qui tend à l’absurde, au burlesque, qui les rend plus ou moins passionnant à voir. Avec Del Toro & DiCaprio, PTA revient sur une typologie de personnages plus classique dans leur essence et leur dynamique : le sensei & une sorte de dude des frêres cohen en retard sur tout les évènements, produisant, un peu fatalement, rien de nouveau.
« On ne voit pas le temps passé » je n’attribuerait pas cet argument à un public cinéphile. C’est plutôt quelque chose qu’on entent du grand public « le compte de montécristo fait 3H mais t’inquiète on voit pas le temps passé fonce ! » En gros, y’a de l’action, ça va vite, tkt tu vas pas t’ennuyer.
Après si on s’y attarde, “on ne voit pas le temps passer” c’est pas qu’une formule de grand public, ça dit peut-être aussi quelque chose de plus universel sur notre rapport au cinéma : si tu sens le temps s’étirer, que tu regardes ta montre, c’est déjà que le film a raté un truc avec toi. Donc que ce soit un Fury Road éffréné ou un Pacifiction sous xanax, dans les deux cas ça marche si toi tu restes happé, si le film arrive à transformer ta perception du temps. Le pré-requis, c’est pas la vitesse ou l’action, c’est que ton esprit ne décroche pas ou qu’il trouve de l’intérêt dans la lenteur, qu’il se plonge dans un nouveau temps. Finalement “ne pas voir le temps passer”, c’est peut-être la base de tout plaisir ciné, même si la manière de l’atteindre change radicalement d’un film à l’autre. -
Luc
InvitéOui. C est donc une phrase que les cinéphiles aiment Pas s entendre dire mais ils le pensent très fort
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Luc
InvitéLa phrase « on ne sent pas le temps passer »
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François Bégaudeau
Maître des clés« Je ne sens pas le temps passer » est une information intéressante. Puisque effectivement « je ne sens jamais le temps passer » devant les films que j’aime, devant un Bresson comme devant La mémoire dans la peau
Simplement, comme on le dit aussi d’un repas ou de pas mal d’autres loisirs, cet argument est juste impropre à rendre compte de l’objet-film dont il est question.
D’un point de vue critique, c’est un argument nul. -
François Bégaudeau
Maître des clésMettons une discussion entre deux personnes sur un film, mettons le dernier PTA :
x : je n’ai pas vu le temps passer
y : moi j’ai regardé l’heure trois fois
Bien. Infos de départ pas négligeables.
Mais la discussion commence après. -
Ferenk
Invité@Alexandre
‘quelqu’un aurait-il la gentillesse de m’expliquer comment Willa s’en sort sans une égratignure de l’accident de voiture maousse dont elle est victime?’
J’ai peut-être raté quelque chose dans le film mais je ne vois pas de quel accident tu parles.Concernant le ‘temps qui passe’, je concède avoir regarder ma montre pendant le film mais pour me dire ‘merde, plus qu’une heure de plaisir’. C’était pareil devant Licorice Pizza. Ça ne m’empêche d’avoir une très très très haute estime de Weerasethakul et de ses films. Devant lesquels je ne regarde pas ma montre.
Pour expliquer mon plaisir devant ce film je m’en tiens avant tout au buissonnement d’idées, de détails, de trouvailles, d’attrapes… disposées tout le long. De vie en somme. Chaque élément pris indépendamment n’est pas révolutionnaire mais mis bout à bout et si on liste tout (ça prendrait du temps), c’est un festival.
Je regrette comme d’autres la disparition progressive des bons films d’action et des bonnes comédies en provenance des US. J’ai vu, selon moi, une grande comédie d’action et j’en suis sorti très heureux. Ce sera mon dernier post sur ce film ici, je pense avoir produit assez de lignes dessus. La vie est ailleurs. -
Alexandre
Invité« J’ai peut-être raté quelque chose dans le film mais je ne vois pas de quel accident tu parles. «
Si ça se trouve , c’est moi qui n’ai rien compris. J’ai souvent besoin de quelqu’un pour m’expliquer les films.
Là, tu me fais peur : Willa est bien dans la voiture conduite par Sean Penn quand on lui tire dessus? (angoisse de la réponse) -
luc
Inviténon elle n’y est pas Alexandre
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Alexandre
InvitéElle est où? (rire bête)
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Luc
InvitéMdr toi t as dormi…
Avec le comanche / voiture blanche -
Alexandre
InvitéJ’avoue avoir légèrement piqué du nez (repas arrosé juste avant : grave erreur ) à ce moment là.
Bon, tant mieux : j’avais beaucoup de mal à gober une connerie qui s’est avérée être la mienne. Merci! -
luc
Invité« Pour expliquer mon plaisir devant ce film je m’en tiens avant tout au buissonnement d’idées, de détails, de trouvailles, d’attrapes… disposées tout le long. De vie en somme. Chaque élément pris indépendamment n’est pas révolutionnaire mais mis bout à bout et si on liste tout (ça prendrait du temps), c’est un festival. »
oui!
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luc
Invitésoit. j’ai apprécié ce qu’a dit Alexandre pourtant.
il faut se taire
laisser place aux experts.– bien sûr qu’il ne s’agit que d’un point de départ, mais parfois on peut s’en tenir à ce point de départ. C’est d’ailleurs curieux de voir que c’est bien plus toléré sur la musique que sur le cinéma, une appréciation moins intellectualisée.
– on dirait qu’il y a quand même un petit seum ici (que je peux comprendre mais que je n’ai pas vraiment constaté en spectateur) de voir un réalisateur fétiche aller vers le mainstream comme on a tous vu nos groupes le faire .
x se tait.
salut Y -
Dwl
InvitéOui, on peut s’en tenir à ce point de départ. Il n’y a pas d’injonction à vouloir absolument intellectualiser.
Tout dépend de l’objet de la discussion. Si tu dis « j’adore ce film parce que l’héroïne a vécu la même chose que moi et ça m’a rappelé XXX », soit. On peut s’arrêter là. Mais si tu dis « ce film est grand », tu insères une forme d’objectivité dans ton goût, et donc il est à peu près légitime, à ce moment-là, de te demander d’expliquer ce qui est grand dans ce film, ce qui le singularise, son essence.La musique, c’est l’art le plus viscéral, donc c’est assez logique qu’elle ait moins tendance à être intellectualisée. C’est un art qui, dans sa production, est souvent moins intellectuel, et dans sa réception, pareil. Le chemin vers l’émotion brute sans passer par notre appareil rationnel est plus court. Cela dit, ce n’est pas impossible non plus.
Et aussi, je pense que, même sans être spécialement cinéphile, le geste de parler d’un film en sortant de la salle est plus « naturel », si tant est que ce mot veuille dire quelque chose. Donc fatalement, on a plus tendance à parler de ce qu’on a vu, à comparer, même sans être spécialement cinéphile : « wow, c’est vraiment le meilleur Scorsese qu’on vient de voir ».
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Dwl
InvitéLe seum de voir son artiste préféré devenir mainstream, c’est du classique. On se distingue par nos goûts ; si nos goûts deviennent mainstream, bah on n’a plus rien de spécial à aimer, on est comme tout le monde.
Plus précisément ici, c’est un peu différent : ce n’est pas un artiste qui a du succès avec une œuvre « classique », mais bien son œuvre la plus mainstream qui a le plus grand succès. Donc ce n’est pas uniquement une question de distinction, mais aussi et surtout dans une industrie comme le cinéma, la vraie interrogation devient : après avoir goûté à ça, est-ce qu’il reviendra en arrière ? C’est un seum d’anticipation mdr
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Linconnu
InvitéJames Gray a fait son blockbuster puis un petit film ensuite. Et a pas l’air de préparer un autre blockbuster.
Alors certes il a peu une super expérience, Ad astra n’a pas été un gros succès au box office et Disney lui a fait ajouter une voix off et changer la fin. -
Carpentier
InvitéBon, quand même, l’idée des routes en montagnes russes, pas mal non ?
yes
Quant à la première séquence, où on suit Perfidia qui jauge l’organisation du camp de rétention administrative, depuis le pont, gonflée à bloc et de suite sexy, ça te colle au siège d’emblée.
J’ai adoré cette présentation de perso et quand elle débarque ensuite pour réveiller/déclarer la guerre à ce militaire psycho-sexuel de Jacklow, dans sa tente: ils sont de suite en jeu sado-maso les 2, et comme entrée en matière torride d’un film d’action, c’est pas banal.
Juste avant, Junglepussy demande à un des gardes de se mettre à genoux comme pour sucer une bite: ouch.
J’ai ri, 2 minutes de film et on est dans l’affaire. -
stephanie
InvitéOn va lui redonner du budget
PTA va pouvoir refaire le toit de sa villa de Berverly Hills en s’adressant à un public plus large et gagner plus de dollars.
On ne lui en veut pas, les problèmes de riche restent des problèmes. -
François Bégaudeau
Maître des clésIl est décidément difficile d’échanger ici sur le film avec certains sans essuyer une sorte de procès d’intention
Ainsi donc si on n’aime pas ce PTA là c’est parce qu’il est devenu mainstream Façon passablement malveillante de prendre une réflexion qui est d’un autre ordre, et un peu plus consistante, à savoir le constat, devant le film, sans a priori (je pensais vraiment adorer ce film, me croit qui veut), que ce qu’il y a de plus grand chez PTA n’et pas soluble dans une forme balisée par son budget
Vivement Tout va bien. J’aurai toujours tort sur le film, mais au moins j’aurai le loisir de le décrire précisément. -
stephanie
InvitéCool Le Bègue, pas de procès à quiconque.
j’ai vu Panopticon , film géorgien, petit budget sans cascade 🙂
portrait d’un jeune homme tourmenté par des pulsions dan un pays très pieux. -
François Bégaudeau
Maître des clésCe qui s’appelle procès d’intention est une manoeuvre rhétorique consistant à disqualifier une position pour les intentions qui la sous-tendraient, et sur quoi on spécule.
Ce qui a été suggéré ici par deux intervenants, c’est en quelque sorte que j’avais décidé avant de la voir, et au seul motif de son montage économique, de ne pas aimer ce film.
D’une part c’est assez désagréable d’etre pris pour un blaireau, d’autre part ça autorise la surdité à tous les arguments sur le film
Par ailleurs tu n’ignores pas que l’invitation à etre cool produit à tous les coups son contraire. -
luc
Invitéj’espère ne pas être dans ces 2 intervenants mystères puisque je n’avais pas lu ta position d’avant sortie.
CE qui rebattrait un peu les cartes dans ton esprit…
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trou du cul first
InvitéJe me suis encore endormi devant le guépard au bout de 5 mn
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Pedri
Invité(Ah zut pas passé, j’avais mis ca en lien)
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Antonin
InvitéVous me chauffez avec le PTA mais je ne pourrais le voir que lundi…
Dur dur de sauter vos analyses…
Pour avoir vu 4 fois la bande annonce une chose m’étonne : j’ai l’impression d’anticiper l’histoire du film. Pas bon signe. -
luc
InvitéSi vous voulez 45 minutes de fraîcheur !
J’ai aimé 🙂-
luc
Invitéah erreur de fil désolé
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kenny
Invitéon devrait parler un peu plus des mauvais films sur ce topic
notre pain quotidien
j’ai l’impression d’être là seule ici à mater des films de merde, avec carpentier
avez-vous vu jouer avec le feu avec lindon (le titre omg!)
parmi les mille trucs à dire, le manque de précision sur les études
le gars de sciences-po pas crédible, son mémoire pas crédible
faire une l3 de littérature à paris 3 et être reçu comme le serait un élève de l’x, pas crédible du tout
ce manque de précision est un symptôme
encore un film qui déroule son scenar en se foutant du réel, comme dirait l’autre
et surtout éluder la grande question: comment un gars comme ça ait pu être attiré par l’extrême droite
je dirais que tout le dispositif du film est fait pour ne pas avoir à répondre à cette question-
Carpentier
Invitéj’ai l’impression d’être là seule ici à mater des films de merde, avec carpentier
grand grand merci pour le rire
vraiment
on monte un ciné-club?
j’étais à 2 doigts de me pendre, sérieux
– quand on se sent seule, comme on sait: casto, 1 corde, 1 crochet à boeuf et zou-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai vu ce film, ce ratage intégral.
Si dans Tout va bien on s’est dit deux films par épisode, c’est aussi pour se laisser la possibilité, parfois, de traiter ce genre de merdes, qui font symptome, qui sont des symptomes.
Par exemple je vois arriver un Jimenez qu’on pourrait bien se servir en dessert -
Carpentier
Invitébon et bien je vais pouvoir lire sérieusement à propos du PTA maintenant
miam miam miam-
François Bégaudeau
Maître des clésJe m’étonne que tu n’aies pas vu Rembrandt : c’est du français central, avec deux acteurs cools, et qui plafonne.
Peut etre que Schoeller est un peu trop auteur?
En tout cas je recommande ; très intéressant d’entrevoir un bon film que les codes du milieu empechent d’advenir-
Samre
InvitéPierre Schoeller me fait penser à Haneke, comment il décrit les soubassements de se couple fracturé à travers une histoire froide de centrale nucléaire, d’ailleurs les plus attentif auront remarqué que la scène du diner avec denis podalydès dans rembrandt est une référence direct à une même scène de diner avec podalydès dans Caché de Haneke
Non je déconne évidemment j’ai pas vu le film-
François Bégaudeau
Maître des cléspas si bête
même si évidemment on est pas au niveau du froid Michael
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Carpentier
Invitépourtant typiquement le genre de truc que je me ‘ force ‘ à voir, dans un premier temps,
– si texte ou discussion ou podcast critique de ta/votre part (Denis P. c’est par toi que j’y suis venu.e à le calculer – peux moyen le souffrir) pour penser à propos d’une création, quoi.
– si propale d’une ‘ soirée ciné amicale ‘ où, voir un truc et passer du temps avec qqn.e que je n’ai pas vu depuis longtemps et à qui ça fait super plaisir , s’alimente aussi d’un film:
habiter Paris fait que, parfois, pour une.formation, un retour de voyage perso ou pro, des amis.es – qui sont toujours les bienvenu.es – séjournent à la maison.
Et souvent, coolitude bourgeoise obligeant parfois, ils vivent dans des endroits où le cinéma bah, c’est le rayon librairie du Leclerc, quoi
ou bien encore ils sont jeunes parents, uh uh, leur acteur capteur est un des Pat patrouille ou la firme play skool.
Alors la soiree bassin de la Villette, ça claque plus que St Germain au jour d’aujourd’hui tu sais ^^
Finalement, comme ils disent, côté immobilier, mon compagnon a eu du nez en 1996, juste avant que ça grimpe en flèche.
Bon.
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Martin
InvitéBonjour, quelqu’un qui a vu continental 25 peut m’expliquer ce que viennent faire les images d’archives de la chute du dirigeable Hindenburg ?
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Carpentier
Invitéen revanche, j’ai checké où ce film passe encore pour en caler un visionnage dans un futur proche …
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Carpentier
Invitémarrant les titres numérotés au cinéma d’ailleurs
une tendance pu bien?
exit 8
Kontinental 25
Mickey 17 (mon portable inscrit Michel, ouaiiiis )
…
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Carpentier
Invitéj’en sors: un grand merci pour le rappel qu’a produit chez moi ton/vos posts à propos
j’aurais pu l’oublier sinon, alors que voir à maintes reprises la b.a. m’avait totalement incitée à le voirun TVB dédié ajouterait du grandiose mais
ne soyons pas gourmands
même si ce péché là me fait pas si souvent culpabiliser-
Carpentier
InvitéKontinental 25 donc
Chien 51 aussi, tiens (avec l’ami Artus)
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Carpentier
Invitéd’autres titres de films numérotés ?
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François Bégaudeau
Maître des clésje crois que Kontinental 25 regarde prioritairement vers Europe 51
un autre Jude sortant le 15 octobre, le TVB 3 sera une spéciale Radu-
Carpentier
Invitéoh?
je vois donc précisément aussi du coté de la rétrospective parisienne dédiée, jusqu’à mi-octobre, j’ai cru comprendre, au mk2 bibliothèque et dans un autre site
c’est cool cette info du soir,-
Baptiste B
InvitéJe signale ce très bon texte de Critikat qui étaye assez bien comment le film dialogue avec Europe 51 -dont on a le temps d’apercevoir l’innocent poster dans la séquence où l’huissière se bourre la gueule ave son ex-étudiant pourvoyeur d’anecdotes zen. J’aime à ce moment que Jude maintienne fermement l’écart entre elle et lui, quelque chose ne prend pas, elle rit peu ou sourit poliment, et on sent qu’elle aura besoin de la bouteille objet de son désir. La non alchimie des deux sautent aux yeux dans la durée du plan. L’alcool comme technique social de l’oubli est alors vraiment montré comme un effort et un travail (combien de cinéastes se seraient contentés de les prendre déjà bourrés et batifolants?), avant d’être un moment de joie et de soulagement sexuel.
J’aime chez Jude qu’il croit assez simplement que le réel est commensurable à qui sait le filmer en acte, la priorité de son art est de décrire.-
Carpentier
Invitésalut,
cette séquence est évidemment ma 3e, en partage ici annoncé un peu plus bas sur cette page,
– ce que tu dis est plutôt juste, à tel point que, là aussi, les 4-5 rieurs de l’après m’ ont ri:
l’ancien étudiant qui tire, et s’en rend compte et s’excuse, trop fort (dans tous les sens du terme) sa prof de fac et les cheveux en chignon de celle-ci,
ça + leur ombre en coït arrière, oui, comme tu le disle réel est commensurable à qui sait le filmer en acte, la priorité de son art est de décrire.
je vais cependant et de ce pas vérifier ma bonne compréhension du ‘ commensurable ‘ que tu choisi d’utiliser, tiens
serait-ce laisser aux dimensions? dire comme c’est?
j’imagine,-
Baptist B
InvitéJ’utilisais commensurable dans le sens que tu intuites: quelque chose dont on peut prendre toute la mesure, ou qui contient les dimensions de la chose même.
Tu décris très bien la fin de cet épisode (avec au premier plan le néon du sac « je suis roumain! »). Tu me fais penser que Jude s’arrange toujours pour composer avec du trivial et du vulgaire : le début avec le sans-abri qui égrène des insultes, fouille les poubelles, pisse, puis plus loin la conversation amicale qui dérive vers la merde et la puanteur, ensuite cette scène de sexe aux sons si éloquents. Le vulgaire/trivial parlé c’est souvent les micro-traces d’un désir de désobéissance à l’ordre en place, réprimées ou plein de ressentiment dans le cas des insultes. Je pense que Jude montre si souvent des scènes d’insultes dans ses films car ça documente l’expression d’une impuissance sociale, mais dans cette impuissance il y aussi une pointe de résistance ou de santé. Tant qu’il y a de l’insulte il y a de la vie. Là où du trivial s’exprime quelque chose ne s’intègre pas complètement au cadre pour dénoter. Plus simplement le trivial est aussi un moyen de faciliter l’attachement au concret et au matériel, de démocratiser ce qu’il décrit : manière de faire redescendre sur terre son personnage pour la scène de sexe.-
Carpentier
InvitéMerci de m’enlever le doute affreux qui m’accompagnait soudain, quant au fait possible, me connaissant , d’avoir peut-être oublié d’ôter ma cape d’invisibilité en m’installant dans ce thread ciné.
Bon, mes séquences pref étaient déposées, je dis un peu à propos de la fin du Kontinental de Jude, ok?
Majestueuse tandis que sans paroles, sans actions spectaculaires: là, claire et nette:
Annoncée sans doute par les nombreux plans courts (en mode explosion du ballon mais là, ce qui suit n’est pas en lien) de Jude qui nous met devant les yeux, très régulièrement. des plans de ville:
de Cluj donc (lieu de travail de l’huissiere, je crois) et/ou de Floresti peut-être, si c’est bien le nom et que j’ai bien compris.
Comme des vignettes, des inscrustations brèves, plus ou moins animées, et puis on a, en revanche, à, 1/4 de la fin peut-être, un plan qui dure plus;
C’est celui avec deux immeubles ovales en façade avec deux linéaires lumineux qui en parcourent les flancs du bas vers le haut.
On reste face à cette vignette archi plus longuement à ce moment là puis, Jude termine plus tard son film sur des façades, des cours. des places de parkings d’ensembles de logements collectifs; plans de ces ensembles qui vieillissent mal et qu’on voit moins, aujourd’hui. en centre ville – des logements collectifs où les foyers les plus pauvres vivent, rentrent le soir après le taf; on a même un plan plus rapide sur une voie privée. grillagée, qui dénote, clignote même presque du coup, dans cette sorte de diaporama contemporain peri-urbain.Bien pensé au collectif Othon, qu’on sait ici, en voyant cela et me suis dit que décidément, que FB rappelle de voir ce film était tout sauf surprenant.
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Carpentier
Invité… séquences pref *éTANT* déposées
+ à, 1/4 *d’heure* de la fin peut-être, un plan qui -
Carpentier
Invitéle néon du sac « je suis roumain
yesssss
ce sac aurait eu toute sa place sur la table, en lieu et place de Néfertiti ou que sais-je (?) chez la mère d’Orsolya ; )
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Cynthia Lennon
InvitéEurope 51 est projeté en présence de Radu Jude dans le cadre du WE Inventaire Deleuze au MK2 aka Centre Pompidou
https://www.mk2.com/ile-de-france/film/i-comme-image
(on peut réserver sa place avec la carte UGC illimité)
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Carpentier
Invitél’autre séquence que je choisis d’extraire est bien sûr celle avec la mère de l’huissière:
les réseaux s’activent alors déjà pas mal autour de la dernière affaire d’expulsion prise en charge par Orsolya mais je ne me souviens plus très bien de la chrono par rapport au départ en vacances familial.
Ça c’est très bien vu aussi, qu’une affaire de dysfonctionnement pro en arrive à bouffer le temps/le désir de vacances; bien évidemment que le boulot, vorace, chronophage, n’est jamais laissé sur le pas de la porte, en particulier lorsqu’il est le plus souvent générateur d’emmerdes.
Bref, dans cette séquence chez la mère, on y aime:
– qu’elle soit un perso parmi d’autres à qui sa fille raconte, avec toujours la même délectation en bouche lorsqu’elle dit le mode de suicide choisi par le gars victime d’expulsion.
– qu’elles s’embrouillent et se jettent à la tête que des reproches sur ce que chacune d’elles auraient mieux fait de choisir de faire
– la tchatche géopolitique à partir des prises de territoire, de la culture, de la langue, prétexte à dire peut-être leur tristesse/regret réciproque à ce moment-là: mais tirez-vous toutes les deux une après’ ailleurs, enfin!
– que cette séquence se clôture par un claquement de porte et un claquant salope.
Deux à rire: un gars derriere + moi-
Carpentier
Invitéavec toujours la même délectation en bouche lorsqu’elle dit le mode de suicide choisi par le gars victime d’expulsion.
mal dit ou plutôt très incomplet, pardon
Kontinental 25 dit, montre, se joue de la culpabilité; il est un miroir à la fois froid et absurde de ce qui entrave l’être humain – et qui est de ce fait le carburant, entre autres, de la psychanalyse, il me semble bien.
On aime que Jude fasse de Kontinental 25 une grande fenêtre ouverte sur toute l’ambiguïté, certes basique, de l’attraction fatale horreur/jouissance, culpabilité/kif de se remémorer un évènement bien sale; tout le paradoxe existentiel envoyé, sous une autre forme, par Laxe avec son Sirat aussi, tiens.
bon, et la Orsolya de Rude trouve, en chaque oreille empathique, que du monde pour jouir, avec elle, de l’horreur de son histoire.
Avec, exemplairement et réalistement – jamais cynique Rude mais juste et drôle – la scène avec l’amie qui la rencarde pour un virement de plus à une assoce de bienfaisance ou à une ong quelconque.
Oui, on se rachète un peu moins de honte, parfois, en donnant, pour d’autres, et surtout pour soi.
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Martin
InvitéBonjour, quelqu’un qui a vu kontinental 25 peut m’expliquer ce que viennent faire les images d’archives de la chute du dirigeable Hindenburg ?
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François Bégaudeau
Maître des clésah oui très bonne question
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Cynthia Lennon
Invitéune modalité de suicide au calorifer d’une autre envergure ?
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François Bégaudeau
Maître des cléspas mal
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Carpentier
Invitécalorifer, yep
on doit l’entendre une douzaine de fois au moins, non?
avec cette gourmandise narrative, en bouche de l’huissier, à dire et redire la façon horrible dont l’ancien champion olympique a choisi de pas ranger ses affaires.
La première séquence, jusqu’à ce qu’il rentre dans la chaufferie pour la nuit est juste dingue:
sa durée, ce qu’elle montre, ce qu’elle dit et ne dit pas – très fort.-
Carpentier
Invitéjusqu’à ce que l’acteur qui anime le premier la longue séquence en sous-bois, galère à descendre jusqu’à une petite marre pour y récupérer 2 bouteilles plastique en jurant et en s’accrochant aux branches pour ne pas tomber d’un talus, j’ai cru à un employé en bout de course qui se chargeait du nettoyage/ramassage-tri d’un parc d’attraction thématique paleonto. avant la fermeture.
Quelle idée géniale, drôle et singulière de déambuler, pour la séquence d’ouverture, dans un parc sans visiteurs, ou les attractions/automates fonctionnent.
Cela sera repris plus tard pour une séquence avec l’huissière qui y prie puis joue avec les papattes d’un jeune dino.
Effet qui fonctionne toujours dans cette nouvelle situation avec cet autre perso.
Inédit pour moi ce truc au ciné.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Quelle idée géniale, drôle et singulière de déambuler, pour la séquence d’ouverture, dans un parc sans visiteurs, ou les attractions/automates fonctionnent »
Oui! -
Carpentier
InvitéHier début d’après m’ donc, avant la place de la République:
– c’était au mk2 beaubourg, les salles y sont en majorité petites, souvent tous les sièges sont occupés, il y fait chaud et on était au moins 5, à bien rire pour le Jude.
Ça, c’est pour ceux qui s’intéressent à l’ambiance in.Je reviens sur le perso vieil athlete médaillé squatteur/sdf expulsé de son Kontinental 25 donc:
– jusqu’à ce qu’il pisse sur une poubelle et fait faire un détour à une passante dégoûtée en descendant des marches, j’ai cru possible un perso qui a, certes quelque peu dévissé (jurons permanents, coups de pieds et poings dans tout ce qu’il croise) mais cette obsession du ramassage déchets-tri m’a tenu oui, assez longtemps.
Actif dans une assoce de réinsertion, on bosse rémunéré ou ‘ nourri loge blanchi’ protégé-presqu’integré ‘ , même bien abimé, comme on sait.
Bon, côté gestes en ville, ma préférence va clairement à son ramassage d’une cocarde/gerbe de fleurs sur un monument patriotique ce qui, dans ma salle, n’a fait rire que moi.
bon, -
Carpentier
InvitéTrois autres belles séquences me restent aussi:
D’abord celle avec le prêtre – orthodoxe? un pope donc? – dans le parc:
– pour la vie autour qui continue un peu (les gens qui passent derrière le rond point de fleurs qui fait décor devant les personnages) et ça y discute sec.
Introduite avec humour en plus, avec le prêtre qui s’embrouille avec un parent d’aujourd’hui, dont le gosse découvre la conduite d’une voiture télécommandée qu’il fout joyeusement dans la robe de l’homme de foi.
C’est pas rien ce choix de plan pour cette séquence:
2 protagonistes qui se parlent, confession out pour cause de travaux dans l’église (rire) dont on suit l’action/échange vus de dos.
Et avec un notre père x 2 (le premier d’Orsolya est au parc dino) incongru limite drôle et pas: on prie là et quand le besoin se présente, oui.
Un peu comme ‘ les amoureux sont seuls au monde ‘.
Et dans ce film, là, ça cause et acte du politique.
De celui qui innerve tout, le quotidien transpire la politique et Jude, pour ça, c’est un des plus forts.-
Tchitchikov
InvitéD’autant plus qu’il n’était pas prévu que ces dinosaures soient présents pendant le tournage. Ni les masques dans Bad luck banging en temps de covid. Grandeur de l’art pauvre de Jude que de faire beaucoup avec peu.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe viens d’aller voir si par hasard ca s’était passé en Transylvanie, mais non, New Jersey, région peu voisine.
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Pout
InvitéJ’ajoute une interrogation vis-à-vis de l’épisode Tout va bien sur SIRAT. Est annoncé le rêve de Luis qui songerait aux rails qui concluent le film. Effectivement, un plan au coeur du film est identique au plan final. Pour autant, je ne suis pas sûr que cela soit un rêve, ni que cette image émane de l’esprit de Luis. À deux reprises, Oliver Laxe nous fait le coup : via le montage, il fait une prémonition. Il le fait donc avec les rails, mais aussi avec le pied et la prothèse de Tonin qui marche, de manière très délicate sur le sol, juste avant que ne survienne le deuxième drame. Ce plan nous est donné à voir juste avant ou juste après le premier drame et annonce donc déjà le deuxième. J’avoue ne pas comprendre l’existence de ces plans.
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François Bégaudeau
Maître des clésIL me semble que le premier plan de rail est raccordé à Luis se réveillant – ou l’équivalent.
Mais de tout façon cela ne change rien à la fonction prémonitoire de ce plan. Dès de moment cette fin est écrite là-haut
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..Graindorge
InvitéFilms vus ces derniers sœurs
Morlaix: des ados qui échangent sur la vie, l’amour, la mort Tous jouent juste . Triste nécessité ici d’y ajouter une tête connue: Mélanie Thierry. Elle était dispensable. Heureusement : petit rôle
O que arde, ce qui brûle. Bien aimé. Revu 3 fois la scène avec Bonita la vache en gros plan sur la chanson Suzanne de Léonard Cohen.
Revu Des gens ordinaires Directeur R. Redford : J’adore Donald Sutherland. Bon film
All is lost: bon film. Il aurait été meilleur avec un autre acteur que Robert Redford. Sorry cher. La scène de pêche: un éclat de rire au milieu de l’angoisse. Et la dernière scène..: le titre m’a bien eu + la lettre lue au début : j’ai vraiment cru jusqu’au bout que tout était fini: Il se laisse couler, je crie: grouille, viiite, remonte, allez gros tas!! Aaaah!-
..Graindorge
Invité* vus ces derniers soirs
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Alex
InvitéJ’ai pour ma part senti le temps passer devant Une bataille après l’autre à partir du moment où on laisse le personnage de Benicio Del Toro. Voire peut-être avant, quand les éléments comiques se font de plus en plus rares. En y repensant bien, ce qui a fonctionné chez moi, c’est le mélange entre la tension des scènes de poursuite – avec ce dénouement tragique qu’on anticipe (par exemple toute la séquence avec Benicio qui tente d’exfiltrer Di Caprio) – et le comique des personnages : Di Caprio en révolutionnaire raté, surexcité lorsqu’il bataille avec la rigidité des protocoles, qui tranche avec Benicio del Toro, flegmatique, qui traverse les espaces sans qu’on ne craigne jamais pour son sort. Ce dernier qui renvoie inévitablement à son personnage du Che, un mais un Che anachronique, propulsé au XXIème et donc comme un fantôme traversant les murs et voué à disparaître. La galerie hétéroclite et bariolée des révolutionnaires aurait mérité d’être encore plus fournie. Elle a le mérite de piocher ses éléments dans l’époque contemporaine. On peut citer entre autres : les skaters et adeptes du parkour qui accompagnent Di Caprio lors de sa fuite sur les toits, les jeunes femmes noires au langage très fleuri et hyper sexualité (faisant écho aux rap américain).
Le ratage de la révolution, le néo-fascisme, tout cela traité comme une farce en aurait fait un film bien de son temps. PTA a préféré raconté une histoire de famille (détruite, recomposée, choisie, comme vous voulez) en appuyant sur la dimension sexuelle/libidinale. Ca ne m’avait déjà pas vraiment convaincu dans The Master mais ce film là plaçait le curseur beaucoup plus loin, en faisant de Joaquin Phoenix un personnage à la limite de l’humain, débordant de pulsions animales. -
trou du cul first
InvitéOn ne devrait jamais lire les critiques d’un film avant de l’avoir vu.
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Stéphanie
Invitéhttps://www.arte.tv/fr/videos/118136-000-A/les-tremblements/
Beauté des voix, des émotions, des paysages d’hiver en Bourgogne
[Relayé par Sophie Letourneur sur fessebouk] -
Charles
InvitéReprise de Cinéma Spéculations avec Burdeau, dans un format vidéo et qui sera disponible sur Youtube.
Première émission sur le PTA. Curieux de voir ça, surtout que Burdeau n’est pas un défenseur habituel de PTA.-
I.G.Y
InvitéEt j’ajoute la parution d’un texte sur Oui de Lapid par Orignac sur Hors-Série. Pas lu car pas encore vu le film mais c’est pour bientôt.
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François Bégaudeau
Maître des cléset de moi dans le diplo
Oui fait parler
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..Graindorge
InvitéMerci I.G.Y et François. On va lire. Lorsque je recevrai le Monde Diplomatique, je peux partager ici ou pas?
Je ne pourrai pas voir le film: j’ai ma dose avec ce qui se passe dans la réalité
Vu cet après- midi Mimosas de O.Laxé je n’ai pas aimé. Du tout-
Carpentier
InvitéSon Viendra le feu m’avait pas déplu: la gueule de l’acteur, pyromane qui revient dans son village paumé de Galice, son duo avec l’actrice qui joue sa mère et le.s lieu.x choisi.s pour cette fiction, pittoresques-réalistes, je dirais;
Pas du chiqué en décors, et souvenir d’une scène avec un animal que le gars-baraque peut pas sauver, d’une noyade, truc comme ça, un truc qui te fend le corps.
à l’occasion, si tu peux …-
..Graindorge
InvitéJe l’ai vu, le titre galicien c’est O que arde, Ce qui brûle
Paysages très beaux. Je ne suis pas sûre que Amador soit pyromane. Je crois qu’il s’était agi d’un accident , de sa faute certes mais pas intentionnel. Sa conversation avec sa mère: il parle des arbres – qu’il connaît bien – avec respect et amour. Cette région dont est originaire Laxé est celle où il y a le plus d’incendies de toute l’ Union Européenne. Certains du village lui en veulent car accident = doute Doute = suspicion et lorsque ça re brûle, la rage de certains d’avoir tout perdu ( la maison qu’ils retapaient pour espérer gagner un peu de sous et qui brûle) allié à la pauvreté, tout ça fait qu’ils le croient coupable, qu’ils veulent cette culpabilité, besoin d’ un « chivo expiatorio », un bouc émissaire alors que cette fois, il n’y était pour rien dans ce nouvel incendie et les spectateurs deviennent témoins: il s’était fait beau, avait mis ces chaussures de sortie pour aller boire un verre et espérer voir la vétérinaire.
Malheureusement, elle a appris l’accident, la prison, et tend à croire la version coupable de certains.
Elle ne s’assoit pas à sa table. Elle doit aussi défendre sa croûte, je pense, c’est la vétérinaire du coin. Amador comprend que c’est fichu: la prison ne suffit pas à effacer une faute aux yeux de quelques villageois. Pardonneront-ils un jour?
L’animal c’est la vache qu’il appelle « bonita » et dont j’ai vu 3 fois la scène où elle est en gros plan sur la chanson Suzanne de L. Cohen ! Il arrive à la désembourber et la vétérinaire va la sauver. Par contre Luna la chienne disparaît vers la fin je crois… dans l’incendie ? Terrible image de ce cheval rescapé du feu qui aura des séquelles à vie.-
Carpentier
Invitéah ok, et merci
les images et impressions restées s’affinent en précision
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Seldoon
InvitéJe ne sais pas encore trop quoi penser de One Battle After Another dont je sors de la projection (en VistaVision, pardon pour ceux qui n’ont pu le voir que dans des conditions abjectes). Je vous ai lus. Quelques pensées désorganisées.
Je vois bien pourquoi on peut tenir à la fois que c’est un film « 100% PTA » et que ce cinéma en passant au gros budget subit un formatage. Il se trouve dans ce drôle d’espace : c’est un film absolument unique et étrange – je n’ai jamais rien vu de comparable – et néanmoins, souvent, on se dit que c’est un film de scénario. D’où la rareté des scènes développées, et d’où sa singularité dans la filmographie de Paul. Seul peut être Punch Drunk Love proposait des enchaînements de séquences aussi académiques (les enchaînements, pas les séquences). Au sens, dans les mots de Trey Parker : des scènes liées par « donc » ou « mais », surtout pas par « et ». Le « et » arrive pourtant ici et là dans One Battle After Another, et c’est pourtant ce qui me convainc le moins : l’entrelacement de personnages (on suit en fait, tout le long du film, 3 trajectoires, avec un personnage littéralement remplacé par un autre), qui se traduit régulièrement par des montages en parallèle. Autre façon de sacrifier des scènes. Ainsi la grande confrontation entre la fille et Sean Penn, déjà avortée, est encore plus amochée par un passage DiCaprio en plein milieu. Et pourtant, dès qu’une scène s’installe un tant soit peu, qu’est ce que c’est bien. Dès que Paul laisse traîner sa caméra un peu trop longtemps, dès que la scène continue après sa fin officielle. DiCaprio en gros plan après le premier coup de téléphone.
Le personnage de Sean Penn fera date. Je passe rapidement, il a été beaucoup commenté plus haut. J’aime sa rencontre avec Perfidia, j’aime que ces deux là trouvent un terrain d’entente – rien d’étonnant, ils s’habillent clairement aux mêmes enseignes. J’aime que son ultra sensibilité déborde de la raideur de son corps, j’aime qu’il se transforme progressivement en Terminator, j’aime qu’on le ressuscite pour mieux l’achever 5 minutes plus tard. J’aime évidemment sa quête d’élévation bourgeoise – on connaît des militaires qui en fin de carrière feraient tout pour entrer au rotary club local ou dans la franc-maçonnerie. Et quand ils réussissent ils se targuent de posséder une culture philosophique ou poétique qui ferait rire un élève de terminale.
A l’inverse il n’a pas été noté alors je le fais qu’en quelques films PTA est devenu le réalisateur qui filme le mieux les voitures en mouvement. Ça m’avait marqué dans Phantom Thread, ensuite c’est la scène du camion de Licorice Pizza qui avait marqué tout le monde, et maintenant dans OBAA chaque plan de voiture vaut toutes les courses poursuites du monde. Ce qui m’amène à ce drôle de final ultra stylisé. Un final qui n’aurait pas semblé détonner dans Vertigo ou Fenêtre sur Cour : l’utilisation de la très très longue focale (600mm ? 1000?) écrase tellement le paysage qu’il en reformate la géographie. L’artifice visuel est intégré au cœur de la mise en scène (longue montée de tension par la répétition/rupture du schéma avec le jeu d’apparition, attente, disparition, des 3 voitures) et même au scénario : il fallait bien écraser le paysage à ce point pour qu’on croit pouvoir ne découvrir une voiture arrêtée qu’au dernier moment. Une stylisation qui crée un espace purement cinématographique, dédié à la direction de spectateur. Sur moi, qui aime Hitchcock et Leone (je l’ai déjà dit ?), ça marche fort.
Je note tout de même qu’or scènes de voitures et quelques moments de brillance, le regime général du film est marqué par la simplification de la mise en scène de PTA. Simplification revendiquée par ce dernier et qui reste regrettable. On voit passer de nombreuses scènes tournées sur deux axes standards (plan large de face, gros plan de profil), c’est dommage, pauvre et ça sent le pilotage automatique. Heureusement qu’en plus d’un fort sens du cadre (rarement on aura vu un format aussi vertical sentir aussi peu l’artifice) il reste un travail d’ombres et de silhouettes comme celles des skateurs ou comme dit par d’autres sur le visage de DuCaprio qui vient déplacer tout ça hors des sentiers battus.
Quand à la problématique scène de la lettre, elle n’existe pas. Fallait voir le film en VistaVison.-
K. comme mon Code
InvitéTu insinues que ta copie VistaVision a cramé avant la scène de la lettre ? (Les internets m’ont rappelé qu’une scène dans un diner réunissant DiCaprio, Infiniti et Hale a été tournée : probablement une fin alternative. Étant donné qu’outre sa tonalité féerique, ce final n’a aucun sens narratif, j’aurais bien aimé voir les autres pistes.)
Il est tard, je reviens brièvement sur la simplification de la mise en scène de PTA, entamée à partir de The Master, pour évoquer les interrogatoires du film que j’aime beaucoup. Je n’ai pas été surpris de découvrir que l’acteur avait été militaire. Je prends beaucoup de plaisir à regarder les visages qui passent dans ce film.-
Seldoon
InvitéDans ce film on trouve un étonnant mélange de personnages cartoonesques et de véritables humains qu’on pourrait croiser, comme ce militaire. Et ça tient. OBAA comporte certainement des scènes plus univoques que celles des récents PTA, mais la succession rapide de ruptures de ton, presque de changement de film est impressionnante.
Je reviens sur l’érotisme des personnages féminins à la Blaxploitations : plus généralement, il me semble que s’il y a un geste politique du film, il est militant. Il est de présenter un activisme de gauche cool/sexy. À rapprocher de ce que faisait Tarantino avec Django pour les noirs, mais de façon moins mythologique, plus lifestyle : on voit une bande hétéroclite qui va de la guerrière sexy au prof d’arts martiaux détendu qui a son réseau organisé sans être autoritaire, en passant par les skateurs quasi ninja et DiCaprio-Lebowski. One Battle After Another, c’est aussi leur façon de vivre, c’est romanesque, c’est cool.
Vous parlez plus haut de la quête identitaire de la fille, qui décrite ainsi (jusqu’à la reprise du plan à l’identique mère qui tire / fille qui tire) me gonfle d’avance. Mais la question est peut être moins celle de la filiation et plus celle du modèle désirable. Ainsi, si Willa au début du film navigue entre deux eaux (amis progressistes et fluides, mais bonnes notes à l’école, remontée contre son loser de père), devant Sean Penn elle n’hésite pas. Ça l’ennuie qu’il s’avère être son père biologique, ça n’ira pas plus loin, jamais le film ne jouera, comme dans les derniers Star Wars et autres Avatar, une hésitation de la part du personnage qui serait décidée par la génétique. Les autres autour, none comprise, font miroiter le truc, pas elle. Si à la fin elle reprend le flambeau de sa mère, c’est beaucoup plus parce que ces gens sont désirables, et les fachos ne le sont pas.-
Seldoon
InvitéPour préciser sur les types de personnages : ça va d’humains (le militaire des interrogatoires, les amis de Willa) aux personnages de cartoon (le club de Noël, les yamakasis) en passant par les personnages de cinoche (les French 75, Benicio). PTA a toujours navigué entre cinoche et réalisme dans son traitement des personnages, mais là on a vraiment tout le spectre, et leur coexistence marche étonnamment bien. François parlait à propos de certains autres de ses films d’un cinéma de mixage. Peut être qu’ici il s’agit plus ici d’agencer des blocs hétéroclites. C’est moins fluide, moins simultané. Salad bowl contre melting pot.
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Carpentier
InvitéRoboratif, Seldoon, merci.
Après mes quelques ajouts d’hier soir, à partir des posts que j’avais pu lire, là, je suis bien calée.
Si, un truc, comme rien ajouté encore à propos de la lettre à Willa, quelques hypothèses:
Sans trop de surprise, je vais plutôt dans le camp des ‘ c’est pas écrit par la mère ‘ ;
– Par le père adoptif? c’est son pas vers elle pour dire que c’est celui qui élève qui est? l’émotion de Bob qui envoie Willa – pudiquement? – la lire ailleurs ne pourrait-elle pas aussi traduire une gêne ou peur de se dévoiler ? il pourrait dire/lire en même temps qu’elle puisque.
– je pense aussi à la dernière soeur-meilleure du gang/ celle qui sort Willa du bal du lycée.
Elle vient de passer aux aveux, vient de balancer elle aussi et on la voit, en plan serré, laminée dans la voiture;
‘ je t’écris du royaume des ombres, …. peut-être qu’on s’y retrouvera ‘
C’est en prison? c’est planqué avec Perfidia?
Qui donne rdv une fois morte?
Les croyante.s? ah.
Elle a vu en Willa, digne guerrière héritière, la fille de Perfidia oui, qui pourrait aussi se retrouver à choisir entre rester libre et honteuse, donc dans l’ombre (y est-on si libre?) ou dans la lutte (cagoulée, guerrière de nuit, dans l’ombre, mais celle où on est agissante.)
Willa montre ses aptitudes à monter en puissance en situations chaque jour (médaillée sportive, excitée/réveillée quand elle a peur – scène en voiture jusqu’au couvent – et autres)
Souvenir qu’elle n’apparaît meurtrie/chahutée d’être génétiquement la fille de Jacklow qu’à 2 reprises:
. dans la salle durant le test adn, le plan serré sur les gestes et pipettes de la mallette portable est très bien vu) où on en partage un peu de tension alors qu’on sait.
D’ailleurs, après coup, pourquoi sinon Willa se serait-elle barrée?
Mégalo? en baby blues? jalouse du perso de Di Caprio qui plonge un max dans la paternité? mouais,
. en plan large, seule sur un lit du couvent, Willa sanglote.Pour l’aspect libidinal fil rouge du film, j’ai déjà complété plus haut mais la scène sur le ‘ ruban d’asphalte aveuglant sous le soleil ‘ (je mets des guillemets pour dire mon choix prêt à dire délibéré de ces mots ) clôt parfaitement la chose qui finit d’ailleurs par une voiture qui explose dans une autre.
Et s’il me reste en tête beaucoup de plans drôles de Bob faisant le mariole (d’ailleurs au téléphone, à un moment, c’est la replique de De Niro nan?) une infinie d’images avec Perfidia me ravissent encore (ça fait 3 jours):
– sur le pont, comme détaillé plus haut, en séquence d’ouverture, dans son aller-retour d’observation avant l’attaque
– en plan de haut vers le bas, un peu en mode cadre de comics oui,.peut-être: Bob et elle sont collés-concentrés pour connecter fils et détonateur d’un énième artifice et sa poitrine laracroftienne bouffe tout l’écran.
Cette séquence-intervention se clôture d’ailleurs avec Perfidia en fire qui veut ‘ baiser ici, Bob ‘ qui s’exécute tant bien que mal sur un capot de voiture toujours pratique.
Moi j’ai marché avec le dernier PTA, au moins autant que devant, par exemple, la grande scène d’ouverture du Casino Royale, revue hier à la télé.
C’est dire : )-
Carpentier
Invité.. la scène ‘ ruban d’asphalte aveuglant sous le soleil ‘ / … est très hitchcockienne, oui, comme tu l’ajoutes, Seldoon
et c’est, en plus d’être rare chez moi – ça et donc les mots de De Niro (téléphone/miroir) dans la bouche de Bob – mes 2 pauvres mais drôles de ref. devant ce PTALes plans regards/rétros/ route/ arriére-avant/soleil pleine face sont éprouvants à souhait et y voir Willa réfléchir, s’obliger, vite, à trouver un truc à tenter, une issue à cette route, c’est bien fichu.
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Carpentier
Invité(je me corrige:)
… en plan de haut vers le bas, un peu en mode cadre de comics: Bob et elle sont collés-concentrés pour connecter fils et détonateur d’un énième artifice et sa poitrine laracroftienne bouffe tout l’écran. / ….Ce plan/cadre boobs Lara Croft est bas vers haut, of course
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Charles
InvitéTrès éclairante critique de Seldoon, peut-être celle dont je me sens le plus proche.
En revanche, je ne comprends pas l’appréciation générale concernant le personnage de Perfidia qui ne m’apparaît pas cool et sexy, en tout plus après 5 minutes de film. C’est quand même un personnage qui se tape un facho sans trop de scrupules, abandonne quasiment son enfant, trahit ses amis et tue un policier noir. Évidemment, elle a quelques fois ses raisons (sa dépression post-partum) mais j’aime assez que le scénario ne cherche pas absolument à la racheter (même si évidemment cette foutue lettre de l’épilogue le tente).
Je trouve aussi que Tarantino faisait quelque chose de plus subtil et de plus beau dans Jackie Brown que ce que vous en dites. Prendre une icône passéee de la blaxploitation et la filmer sans rien cacher de son âge (45 ans, elle est en tailleur une bonne partie du film), tout en lui rendant grâce, ce n’est pas rien et ça n’a d’ailleurs presque jamais été répété. Elle est belle en raison de son âge, pas malgré lui.-
Charles
InvitéEn définitive, PTA nous montre Perfidia comme un personnage cool et glorieux au départ quina complètement merdé, à l’image de sa génération. Je trouve ça beau qu’il tienne cette ligne jusqu’au bout.
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François Bégaudeau
Maître des clés« qui a complètement merdé, à l’image de sa génération » Une assertion et un diagnostic aussi lourds méritent autre chose que la minute narrative qui le produit dans ce film, auquel on rendrait un grand service en admettant qu’il n’a rien à dire sur rien.
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François Bégaudeau
Maître des clésSur Penn : imaginons le même personnage, pareillement profilé (fascisme, libido interraciale, aspiration à la notabilité) joué réaliste et non cartoon. Ce serait dix fois mieux. Et là oui le personnage deviendrait historique.
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Charles
InvitéCette façon cartoon de jouer me semble être précisément très raccord à notre époque. Tu parlais d’un fasciste des années 30 mais c’en est la répétition farcesque et vulgaire, ce qui semble assez juste pour décrire notre temps.
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Charles
InvitéJe précise que ce lourd diagnostic ne m’intéresse pas politiquement mais narrativement, comme PTA d’ailleurs je pense.
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François Bégaudeau
Maître des clésqu’est ce que ça produit narrativement?
elle les balance en une phase (on n’a même pas le processus qui l’y pousse), elle en conclut d’une phrase que « on voulait faire la révolution et on se trahit les uns les autres) et hop c’est fini (là où PTA pouvait rester 5 minutes sur une omelette aux champignons)
le fascisme contemporain n’a pas que des incarnations cartoonesques, gagesques, ridicules. Il y a un fascisme raisonnable, bon teint Même un Charlie Kirk, physiquement, est un bon républicain qui aurait pu jouer dans Happy days ou Beverley Hills. Et il est jeune. (PTA décline l »équation fascisme + vieux blancs – ben non Paul)
autre aspect que ne voit pas ce film qui n’a rien regardé : les nouvelles incarnations féminines du fascisme, bombes Tiktok comprises. Le sexy serait démocrate? Les années 2020 ont changé la donne.
là-dessus, encore désolé mais certain film sorti cet été est infiniment plus à jour que cette politique vintage -
Alexandre
Invité« le fascisme contemporain n’a pas que des incarnations cartoonesques, gagesques, ridicules. Il y a un fascisme raisonnable, bon teint Même un Charlie Kirk, physiquement, est un bon républicain qui aurait pu jouer dans Happy days ou Beverley Hills. »
On en voit tout de même quelques échantillons non? Le jeune chef qui préside aux réunions ou entretiens, ou le flingueur en polo Lacoste..
Ils font très Kirk. -
luc
Invitéoui et je ne comprends pas en quoi ce militaire « cartoonesque » est moins crédible qu’un profil plus gendre idéal?
Aux US,cette imprégnation du militaire est plus importante que chez nous en Europe, donc à mes yeux ce personnage est somme toute commune. -
François Bégaudeau
Maître des clésUn test pour Luc :
Mon avis est : rouge
Et toi le tien? Je dirais : Pas rouge. Ou : tout sauf rouge. -
Luc
InvitéAh dans les immensités de vert qu il y a eu jusqu à maintenant, là il y a du rouge et du coup je serais devenu troll. Et quand c est du vert soit tu ne notes pas soit « non mais c est pas le but recherché qu on soit gentil avec moi »
Bien.
Je ne sais pas avec quel ton tu écris ça, comme les mails, mais c est décevant.
Ce qui est bizarre c est que tu ne répondes pas, sur la musique, sur le militaire…
Au moins tu prouves ta constance et ta susceptibilité! -
Charles
InvitéBen narrativement ça produit le film. Sans le foirage de Perfidia, il n’y a pas de film.
Je rejoins Alexandre sur les incarnations jeunes de fascisme contemporain avec le tueur en polo Lacoste. Je rajouterais aussi le militaire qui fait passer les interrogatoires. Après tu as raison sur le fait que le film rate l’incarnation féminine, il n’y a pas d’équivalent de Marjorie Taylor Greene, d’Erika Kirk ni de la porte-parole actuelle de la Maison Blanche. Mais ne nous voilons pas la face, le fascisme contemporain reste dirigé par des vieux mâles (Trump, Bolsonaro, Netanyahou, Musk, Milei) ou avec le même ethos (Marine Lepen). Le stylé et le racé restent du côté démocrate avec Mamdani et Ocasio-Cortez.
Et encore une fois, du côté des progressistes dans le film, on a du côté des mecs des vieux un peu à la ramasse ou ringards (le duo Del Toro/Dicaprio), du côté des meufs des moines soldats (Regina Hall) ou une guerrière qui part en sucette au bout de 5 minutes. Reste Chase Infiniti mais hormis l’épilogue, elle demeure en marge de cela. -
François Bégaudeau
Maître des clésElle demeure en marge de cela… et d’un charisme proche du nul – ce dont PTA s’est bien rendu compte, qui la filme aussi peu que possible
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Seldoon
InvitéIl est possible que certains choux du film soient des choix de montage autour de son jeu ou de sa présence. Je serais curieux de lire le scénario, et notamment la version écrite de la scène de l’église.
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Seldoon
InvitéCertains choix du film.
Pour ses choux il y a beaucoup à dire je ferai un post séparé. -
Charles
InvitéAlors que PTA dit l’inverse en interview : il a enfin pu faire le film parce qu’il avait trouvé l’actrice parfaite pour jouer ce rôle. Ce qui est effectivement étonnant quand on voit le résultat car c’est pour le coup l’actrice la plus faible du film. Elle était déjà moyenne dans la mini-série avec Jake Gyllenhaal qui l’a révélée, ce choix de casting m’avait donc surpris au moment de son annonce.
Mais je pense en effet que PTA est revenu sur certaines scènes parce que je me souviens qu’à l’époque du casting il était spécifiquement recherché une actrice à l’aise avec le karaté ou le judo et ce ne sont pas les 4 plans sur Chase Infini en kimono qui nécessitaient de telles compétences.
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Carpentier
Invitéun peu dans le même propos (enfin, je tente) et pour ‘ défendre un choix de PTA ‘ , j’aime beaucoup la scène où, entrant dans la banque
– la scène où Perfidia finit par abattre le noir de la sécu qui résiste, rampe blessé, ce qui provoque chez elle une sorte de ‘ arrête stp ‘ ; on la voit bien jouée l’espèce de moue admirative/fraternelle et contrainte dans son choix d’activisme, de l’abattre car c’est lui ou c’est elles, non? –
et entrant dans la banque donc, le female gang est présenté, en quelque sorte, par jungle pussy, qu’on retrouve en mère supérieure au convent, non?
c’est bien elle?
Bref, ce moment où ce perso exhorte à bien regarder son visage, à bien voir qu’elle se montre, à bien incarner leur action et rébellion, perso, j’aime.-
Antonin
InvitéNon c’est pas jungle pussy la mère supérieur. Jungle pussy meurt 15 ans plu tôt. C’est dit lors d’une réunion des christmas ( c’est jungle pussy qui avoue que Willa est la fille Lockjaw lors d’un interrogatoire)
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Carpentier
Invitéah oui?
pu aucun souvenir de ce fait/décès dans le scénar
merci -
Carpentier
Invitéet c’est marrant parce que durant mon visionnage, ça m’était même pas venu à l’idée (JP en mère sup)
mais le fait de tenter des hypothèses pour la lettre à Wila et de reconstituer un peu, en quelque sorte, les possibles bien après
et bien, j’imaginais les rescapé.es du mouvement toujours sous sa coupe au couvent– d’ailleurs pour toi, la lettre, elle est bien de Bob ou bien?
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Carpentier
Invité* rescapées et/ou héritières
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Antonin
InvitéJ’entends la voix de Perfidia donc pour moi c’est Perfidia qui a écrit la lettre.
Je dois avouer être un peu surpris par les multiples interprétations sur qui a écrit la lettre.
Di Caprio chiale parce que c’est la première fois que sa fille lit sa mère, ça me semble suffisant. -
Carpentier
Invitépas faux
simple, basique
c’est reposant en plus, merci
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François Bégaudeau
Maître des clésCe que Seldoon dit sur la préférence politique comme préférence lifestyle est très juste, mais pour moi ça accable le film, en tout cas sa « politique », car ‘est très exactement la façon dont Netflix se saisit de la politique (voir Boniments)
Et c’est tellement superficiel qu’il peut se faire que le personnage le plus stylé balance tous ses camarades (en somme le style n’engage à rien, comme chez Tarantino, où il s’est avéré que le grand ressusciteur du black-style s’avère un virilo-républicain)-
François Bégaudeau
Maître des clésSans compter que de peindre ainsi le fascisme offre une victoire stylistique facile aux progressistes, sans considération, que niveau style, le fascisme a très clairement changé depuis 1976 (année où se passe le film non?)
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Charles
InvitéLe film se passe dans les années 2000-2020 je dirais.
C’est le livre qui se passe entre 1960 et 1984.
Je précise au cas où ta question n’était pas ironique.-
Alexandre
InvitéJe me risque à penser qu’elle l’était.
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François Bégaudeau
Maître des clésje m’y risque aussi
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Samre
InvitéSi je vous lis Anderson à un rapport exclusivement cool, formellement décontracter et libidineux à la chose politique.
Si je ne m’abuse c’était la principal critique qui était émise contre La casa de papel à l’époque de sa sortie.
C’est à ça que tu fais référence quand tu parle de Netflix ?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe fais référence à la « politique de Netflix », détaillée dans un texte de Boniments
Qui est une politique du cool contre la raideur ringarde du monde voyou.
Et cela concerne bien des produits (j’en mentionnais une bonne vingtaine dans le texte) -
Samre
InvitéJe vois, Serait-il possible de partager le texte en question ici ?
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monami
InvitéDe ce que j’ai compris, la première partie se passe dans les années 2000. Comment explique-t-on alors que les flics prennent des selfies avec Perfidia lorsqu’elle est arrêtée ? Plus on la voit avec un masque covid peu après. Quelqu’un a compris ? Ou il n’y a que moi que ça turlupine ?
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Charles
InvitéLe film est volontairement assez flou sur la périodicité, PTA veut qu’on comprenne qu’on est dans le contemporain mais il ne donne aucun vrai marqueur temporel.
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monami
Invitéest-ce à mettre sur le compte :
– de la déconstruction d’une conception linéaire du temps
– de on s’en fout c’est un blockbuster -
François Bégaudeau
Maître des clésIl est censé pour le moins se passer au vingt et unième siècle (portables), et le rate.
Là-dessus Tarantino et PTA match nul : n’auront jamais seulement essayé de saisir leur époque. -
Alexandre
Invité« Comment explique-t-on alors que les flics prennent des selfies avec Perfidia lorsqu’elle est arrêtée ? »
Je quote cette question parce que je me la suis posée.
Pour moi le présent du film, c’est 2025 (qu’est ce qui indiquerait une date antérieure?). Donc, 16 ans plus tôt, c’est 2009. C’est jouable les selfies, non? Un peu limite ? -
monami
Invitéj’ai fait exactement le même calcul. C’est jouable pour peu que les flics soient exceptionnellement bien payés pour avoir un iphone (seul smartphone qui existe à l’époque, et trop cher pour la plupart), et qu’ils soient très à la page sur les moeurs des années 2010. Ca peut tenir, sinon voir l’option plus haut
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nefa
Invité1) les flics aux us gagnent du fric (600 euro l’appareil), pas comme les nôtres
2) ils sont à la page et ils ouvrent la voie -
Luc
InvitéCette question ne m a pas effleuré..
Ça se passe en 2025, quels signes inverses y a-t-il?
Vous savez que la réalité n est qu à un cheveu de ça là-bas rassurez-moi?
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Alexandre
InvitéA propos de Willa, je dois dire que j’adore sa première apparition au karaté, sur fond d’une ballade seventies dont j’aimerais bien qu’on me dise qui la chante (Steely Dan ?).
Plaisir simple d’une chouette adéquation antre images et musique (qui se prolonge dans l’habitacle d’une voiture que DiCaprio essaie de ventiler en jouant de la portière).
Toujours à propos de Willa, j’ai bien apprécié son physique, son visage dur, son regard plombé. Belle science du casting.-
Carpentier
InvitéTe lire ici me remet en tête la scène avec laquelle on voit, après le fameux ’16 ans plus tard’, Willa à l’entraînement:
jouée 2 fois, pour mieux respirer disent dialogues et scénario, cette scène est techniquement classe; perso, j’ai bien tout suivi, même cherché à repérer les différences, c à d les moments où Willa n’oubliait pas la respiration.
Bon public? oh yep.-
Carpentier
Invitéquant au perso de B. del Toro, j’ajoute, à vos dires laudatifs, sa danse/déplacements zen au moment de son arrestation routière – après avoir dû forcer Bob à effectuer le saut pré-roulé boulé recommandé tandis qu’ils se rendent au couvent.
Un joli duo comique, yes.
Et un chouette divertissement ce Une bataille après l’autre.-
luc
Invité« Et un chouette divertissement ce Une bataille après l’autre. »
attends c’est un propos de troll apparemment ça.
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Carpentier
Invitéchouette divertissement dont je parle avec joie en revanche, comme on peut voir si on me veut
– serais-je un troll joyeux dans ce cas?
un troll invisible pour beaucoup
et joyeux-
Carpentier
Invité* le * : D
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I.G.Y
InvitéC’est en effet l’un des très rares morceaux de Steely Dan où Fagen n’est pas au chant. Premier album.
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Alexandre
InvitéMerci!
Et bien je découvre à 59 ans que je ne déteste pas Steely Dan.-
I.G.Y.
InvitéComme c’est de loin pas leur meilleur morceau (même si je l’aime bien; le grand morceau du premier album est pour moi Do It Again), tu as encore de beaux jours devant toi! d’ailleurs Steely Dan est évoqué explicitement par Di Caprio à un moment, amusant
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Carpentier
Invitéje découvre à 59 ans
un peu comme moi l’an dernier dans un topic ici, avec noir désir
Ça arrive même aux meilleur.es apparemment : ) -
luc
InvitéComme le morceau de fin American Girl de Tom Petty! Qui m’a confirmé qu’à chaque fois que j’ai entendu un morceau de lui j’ai aimé. ..
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Carpentier
InvitéAmerican Girl, posté il y a 3 jours dans
#guitare #solo par le troll invisible et joyeux qu’on saitaaaah ien a qui l’emporteront pas au paradis
c moi qui vous l’dis
uh uh-
K. comme mon Code
InvitéOn s’en fiche d’American Girl, on a Mo Bamba.
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Carpentier
Invitémais oui
on sait bien le onsenfichisme sélectif d’ici : )
je sors du taf, faudra quand même que je demande à l’accueil du théâtre si on peut rentrer même avec le film déja commencé, tiens
à l’occase,
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Seldoon
InvitéDo I look like your parents?
Kinda. -
Starfoulard
InvitéDu coup j’ai pas compris pourquoi c’était ok voire bien que Sirat soit indigent politiquement mais pas bien que One Battle soit un peu plus vague (mais on voit très bien de quoi on parle quand même: les barbouzes tatoués anti-immigration sont aussi une incarnation du fascisme moderne)
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Starfoulard
InvitéDésolé si j’ai mal lu mais très long et compliqué de remonter le fil de la discussion de ce forum
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François Bégaudeau
Maître des clésPour ma part je n’ai pas dit que Sirat était indigent politiquement.
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Carpentier
Invité+ Kontinental 51, Un simple accident (vu cette fin d’après m’): c’est qu’on s’en prend de sacrés bons films politiques ces dernières semaines, dîtes donc.
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Antonin
InvitéBon, j’arrive après la bataille (exccceeelllent) et je dois dire que je n’ai pas été vraiment cloué au siège pendant le film.
Et vous avoir lu m’a essoré tout jugement personnel j’ai l’impression.Juste après que Perfidia soit surprise dans les toilettes par LockJaws.
Quand il lui donne rdv et qu’elle se baisse à hauteur de son pantalon, qu’elle renonce et file, le frustrant d’avantage. Quand elle sort des toilettes et que DiCaprio la rejoint en trottinant gauchement. Il y a sur le visage de Perfidia (dans le jeu de l’actrice) toute la complexité de la peur / l’excitation / le mensonge dans le silence qui m’a fait dire « ah c’est du très haut niveau ».
Après ça plus rien ou pas grand chose malheureusement.Si, vous l’avez déjà dit, Benicio Del Toro sorti tout droit d’une nouvelle de Carver (j’ai beaucoup pensé à Carver. j’ai jamais lu Thomas Pynchon mais je vois qu’ils ont 1 an d’écart) ; la musique de Greenwood qui accompagne chaque séquence dans un gant de velours (même si le côté sirupeux a la fâcheuse tendance de nous amener à anticiper par moment : LockJaws qui défonce la porte de Pefidia avant de voir le mot d’adieu ; la lettre de la fin) ; les courses poursuites à pied ou en voiture ( attention j’ai lu plus haut que PTA filmait les voitures mieux que tout le monde… Petit coucou à James Gray dans « La nuit nous appartient » sous la pluie ; les buggys sur la lune dans « Ad Astra » ; petit coucou aussi à Fury Road pour les énervés de la vitesse ou Cronenberg dans History of Violence avec sa scène d’ouverture où une automobile très lente, qui respecte la limitation de vitesse mène à l’horreur.).
Voilà, c’est à peu près tout de mon côté.
Quelqu’un dit plus haut qu’il n’a pas vu de blockbuster aussi bizarre et bien foutu dans l’histoire du cinéma. Est-ce que ça me suffit pour me dire « banco c’est une bonne nouvelle ! » ? J’ai du mal à lui donner du crédit pour ça pour l’instant.
Le côté comique des réunions fasciste ( c’est déjà dit plus haut ) franchement dommage. Pas qu’on puisse pas se marrer et prendre du recul mais y’a aucun danger là-dedans, on se moque juste. Tout nous est donné sur un plateau dans la réflexion. On ne doute jamais de la stupidité de ces gens. Il n’y a jamais de pensée en tension qui nous fait douter de ce qu’on voit. Moi j’adore Austin Powers et docteur d’enfer. J’adore South Park. J’ai trouvé ça plus malin dans la représentation pastiche.
Et PTA l’a montré, son exigence a montré qu’il était capable d’être sur la crête de la tension ( Lewis dans There will be blood au restaurant / The Master et les interrogatoires / coup de fil dans Punch Drunk Love…).Dans tous ses films le gars est capable d’être sur la crête. Là très très peu. Sans les yeux et la bouche de Sean Penn ou la scène que je décris plus haut. c’est court pour 2h49.
J’aurais aimé, comme quand l’activiste est tué à bout portant en sortant d’un magasin, un peu plus de surprise dans l’atmosphère de ces réunions.Petit problème avec les musiques additionnels aussi. beaucoup trop nombreuses à mon goût.
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Seldoon
Invité« ( attention j’ai lu plus haut que PTA filmait les voitures mieux que tout le monde… Petit coucou à James Gray dans « La nuit nous appartient » sous la pluie ; les buggys sur la lune dans « Ad Astra » ; petit coucou aussi à Fury Road pour les énervés de la vitesse ou Cronenberg dans History of Violence avec sa scène d’ouverture où une automobile très lente, qui respecte la limitation de vitesse mène à l’horreur.)»
J’aime beaucoup tous ces exemples et je les avais bien en tête en écrivant l’évidence en question.-
Antonin
InvitéDans ce cas…
À l’intérieur d’une voiture ( pas la même grammaire que l’extérieur, j’en conviens ) je me souviens d’une séquence d’une très grande justesse et de tension dans « Kinatay » de Brillante Mendoza.
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Antonin
InvitéLoin de moi l’envie de te faire changer d’avis hein. Mais ta remarque m’a déplacée en me posant la question : quels scènes de voitures me sont restés en tête ? Et effectivement il y’en a pas des masses alors qu’il y en a presque dans tous les films.
Qu’est ce qui fait que ça reste en tête ? En dehors des courses poursuites j’ai beaucoup aimé (en plus de Kinatay) des films comme « Il était une fois en Anatolie » et son long trajet de nuit ou le « Gout de la cerise » qui reste pour moi indépassable dans l’utilisation qu’on peut faire d’une voiture et dans son économie de moyen.
Petit plaisir aussi : Romain Duris et sa mère dans « l’auberge espagnol » quand elle l’emmène à l’aéroport -
I.G.Y
InvitéDéjà merci pour le ciné-club et le revisionnage de ce film, qui m’a donné les mêmes vertiges que la première fois à partir de la scène du procès. Il y aurait de quoi s’étendre mais je résiste (en effet je ne crois pas qu’il s’agisse de « mise en abîme », il y a bien quelque chose qui y ressemble mais c’est beaucoup plus fort que ça).
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Sur OBAA je ne peux refaire la blague introductive ci-dessus mais c’est l’idée. En tout cas, 2h42 de film + 2h42 à lire tous les posts.Je suis moi aussi déçu par la trop faible teneur en véritables scènes, au sens de blocs temporels où la caméra se pose et installe quelque chose. Il y a comme une sensation de prologue permanent (Charles disait « film qui a le feu au cul »). Je constate que mon moment de tension maximale est paradoxalement une scène où les ressorts dramatiques sont très prévisibles, à savoir la mort de Lockjaw : je parle de la scène qui débute après l’entretien à trois dans la grande salle. Je ne suis peut-être pas le seul mais j’avais même anticipé la « méthode » d’assassinat. Et pourtant quelque chose se produit, s’installe, et m’a tenu.
Accord total sur la grande réussite de la séquence qui débute avec l’apparition de Sensei del Toro. La forme de PTA est follement à l’aise dans cette circulation labyrinthique, ces dédales de couloirs et d’appartements, le tout entrecoupé par cette super scène comique de Di Caprio au téléphone avec les mots de passe. Benicio est formidable. Un revisionnage s’impose rien que pour ça.
Comme beaucoup je trouve la scène de la lecture de la lettre très mauvaise. Un début de vertige m’a saisi un peu plus tôt lorsqu’elle est à deux doigts de tirer sur son père (« Who are you?? »): je n’ai d’abord pas cru un instant à une bifurcation sidérante mais après 15 secondes de suspension, le doute m’a pris. Et puis non.
Tout le monde a souligné les aspects comiques. J’ajoute un petit détail qui m’a bien fait rire (je me suis senti très seul) : il y a une scène où Lockjaw et ses sbires s’arrêtent en bord de route dans leur traque de Willa puis soutirent des informations sur le couvent à un habitant noir. Lockjaw ce bambin fascistoïde qui rêve de la cour des grands. Or au tout début de la scène on a plein cadre, à leur descente de voiture, un panneau jaune de signalisation routière avec marqué quelque chose comme « CAUTION CHILDREN ». Brillant (et si c’est involontaire ça l’est quand même).
Accord néanmoins sur la relative faiblesse politique du film, hormis le fait non négligeable de montrer des dominants exercer ce type-là de domination dans un film à gros budget (dominants militaires et policiers, dominants socio-économiques et religieux, avec les grandes réserves que vous avez dites plus haut). Même la question de la libido dans les groupes idéologiques ou militants est mieux traitée dans The Master (groupe entrepreunarial pour Licorice Pizza). C’est aussi superficiel que la question de la temporalité que plusieurs ont déjà évoquée.
Je souligne aussi ce détail qu’en plus de la dérision récurrente (certes très réussie) sur le « progressisme » du type aux mots de passe, en plus de l’aversion de Di Caprio pour l’ami non-binaire de sa fille (cohérent avec le personnage, OK), s’ajoute le fait assez gratuit que la « balance » est… le non-binaire en question. On pourrait dire qu’il est le plus terrifié face aux militaires précisément du fait de sa non-binarité (et l’interrogateur, James Raterman, est excellent). Mais rien ou presque dans la mise en scène ne permet de valider cette interprétation. Petite crispation, Paul?
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Plus généralement j’aime assez l’idée d’un PTA à son meilleur lorsqu’il resserre son cadre d’étude — cf. François dans Transfuge sur Phantom Thread; d’ailleurs ça n’est de mémoire vague et sauf erreur pas le cas dans Magnolia, et je n’ai pas été impressionné par ce film. Je n’ai plus TWBB en tête). On pourrait ici défendre que ce cadre, il l’élargit démesurément. Et s’y noie. Le film gagne au moins en foutoir-virtuose comique ce qu’il perd en consistance et en intensité.Restent donc pour moi deux réussites : un certain nombre d’aspects comiques, et la grande séquence Sensei del Toro (+ la très belle idée visuelle de la poursuite finale en bagnole, oui, même si je ne l’ai pas trouvée « intense »). J’irai possiblement le revoir.
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Linconnu
InvitéC’était le cas aussi dans Inherent Vice. Mais ce qui tenait le film c’est la relation avec Shasta Fay, 3 vraies belles scènes, le coeur emotionnel du film, qui fait écho / déteint sur tout le reste, on peut la voir comme une allégorie.
Là ca manque, le seul lien entre les 2 parties est scénaristique.Il avait la possibilité de travailler la relation trouble Lockjaw / Perfida en lien avec les revolutionnaires / fascistes.
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I.G.Y.
InvitéTu as sans doute raison sur Inherent Vice, j’ai beau avoir vu ce film il y a « seulement » deux ans je ne l’ai plus du tout en tête (sauf une scène « resserrée » marquante), je pense être passé à côté.
Revu TWBB hier et c’est peu de dire que le resserrement du cadre à tous les sens du terme y est. Où comment voir de près, au milieu de la grande Histoire, cet homme qui ne vit que par la lutte et le rapport de force humain très concrt, par le duel (et le cadre de PTA prend le temps de se poser pour attraper tous ces duels, alors même que l’ampleur temporelle du récit est super large). Cette résurrection de Daniel au moment où sonne l’annonce de son dernier combat dans la salle de Bowling (« It’s Eli! », et les ronflements s’arrêtent), la scène qui finit en corps à corps hyper concret presque burlesque comme on en trouve plusieurs dans The Master (géniaux). Rise and fall and rise.
Une scène de corps à corps qui aurait pu s’en rapprocher dans OBAA est Lockjaw/Willa dans l’Eglise mais ça me paraît moins bon. Je le revois ce soir.
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Charles
InvitéOù vois-tu une aversion de DiCaprio pour le personnage non-binaire? Il pose juste une question, qui a l’air sincère et non sarcastique, sur le pronom à utiliser. Face à l’exaspération de sa fille, il répond qu’il veut simplement être poli. Je vois un boomer largué plutôt qu’un mec véhément contre les non-binaires.
Et personne ne résiste dans ce film à la pression des dominants : ni Perfidia, ni le révolutionnaire à lunettes qui donne des instructions à DiCaprio dont j’ai oublié le nom, ni le non-binaire. Ils finissent tous par céder et balancer. Donc le non-binaire ne fait pas exception. J’ajouterai qu’il n’est absolument pas filmé comme un traître, PTA montre ça de façon assez cohérente et réaliste : on résiste un peu mais face à la violence des dominants on (un ado a fortiori) ne peut pas faire grand-chose.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Une scène de corps à corps qui aurait pu s’en rapprocher dans OBAA est Lockjaw/Willa dans l’Eglise mais ça me paraît moins bon. »
J’adore cet euphémisme-
François Bégaudeau
Maître des clésPardon pais je n’ai aucunement compris pourquoi ce jeune non-binaire se retournait pour finalement avouer
A aucun moment nous n’avons senti une pression sur ce personnage
Et désolé aussi, mais que ce soit iel qui trahisse, en gros plan ne peut etre anodin dans un film qui, netflixien en cela, ne cesse d’envoyer des signes. Sutout que c’est le seul truc qu’iel fait dans le film
Que le film soit réac ou non m’importe peu, il n’a pas besoin de ca pour etre moyen, mais je ne peux pas croire que ce soit neutre.-
Carpentier
Invitéest-ce bien iel qui finit par donner le numéro du portable caché à Bob de Wila?
(certains de mes souvenirs-details fins s’estompent)
mais, dans cette scène de confrontations des copin.es lycéen.es, je garde en tête le visage très poupon de la blonde, qui mate bien le soldat-spécial-aveux au faux look irréprochable, elle le tacle même à chacune de ses réponses: les filles résistent chez PTA, autant qu’elles le peuvent (est-ce bien nécessaire d’aller loin en tortures pour finir par dire?)
donc oui, je me rappelle bien, en revanche, avoir ressenti une gêne agacée devant le plan-visage de IEL qui résiste une fois il me semble, puis dit qu’elle a un tel.
Exactement comme quand c’est le perso noir qui meurt en premier.
– Mais est-ce bien lui qui donne le num?-
Carpentier
Invitévrai que ces plans ‘ face/spécialiste pré-aveux’ sont plutôt doux
On y serait à deux doigts de se croire en face d’un médiateur : ) avant executeur disciplinaire et finalement
little ouf? car ça change et allège le cinéma habituel?
Dans tous les cas et du coup, ça donne une singularité au film car ça n’empêche évidemment pas de suivre, comprendre les enjeux et objectifs des différents protagonistes.
Les voir se faire écrabouiller la face à la santiage ou autres, est-ce toujours indispensable?
en particulier à une époque où les images de. hair humaine sont quotidiennes?
Je pose juste la question comme disent certain.es
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Charles
InvitéIl me semble que le militaire le relance avec une menace mais je ne me souviens plus exactement du dialogue. Le fait que le personnage cède me semble pas aberrant non plus, compte tenu de la situation. Je vois mal PTA qui fait un film à la gloire du métissage et des minorités vouloir s’en prendre à un personnage non-binaire. Si c’est le non-binaire qui trahit parmi les autres amis c’est peut-être parce que, au-delà d’un arbitraire scénaristique (il faut un traitre pour que le scénario avance), ça le fait marrer de lui faire dire que Willa est répertorié sous « Hello Kitty » dans son téléphone. Joudet dit que les trois ados sont filmés avec une grande tendresse et je suis d’accord, rien dans la façon de les montrer ne révèle une moquerie ou un agacement vis-à-vis d’eux. Ils sont filmés en plan moyen, peut-être resserré pour le dernier plan sur le non-binaire, de façon très calme et les acteurs et actrices le jouent de façon très neutre, sans éclat (personne ne fond en larmes, ne sursaute). Ca m’a fait penser à Gus Van Sant quand il filme des jeunes hommes prostitués dans My own private idaho, qui se confient face caméra sur leur vie. Une trouée de réel dans une film onirique.
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François Bégaudeau
Maître des clés« mais je ne me souviens plus exactement du dialogue »
Ben oui, tout est dit
On l’oubliera vite ce film
Et tu ne réponds pas à ma remarque-
François Bégaudeau
Maître des clés« . Joudet dit que les trois ados sont filmés avec une grande tendresse »
Oui, oui, si on veut, tendresse tout ça
Ce que je vois moi c’est qu’ils sont filmés 14 secondes chacun-
Tchitchikov
InvitéOuaip, alors que dans Kontinental tu sens ce que c’est une conversation dans l’espace public. Ça dure vingt minutes, t’as le temps de regarder les visages, les expressions.
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Carpentier
Invitécomparerais-tu la séquence explicative d’Orsolya devant le directeur du cabinet d’huissiers après le suicide de qui on sait (ou devant le directeur du futur Kontinental Hotel?) avec les multiples vignettes-plans face le militaire pré-execution de PTA dans une bataille après l’autre?
je sais la guerre qu’est le boulot, en particulier, on imagine bien, et c’est bien dit par Jude, ce poste d’huissier.e mais quand même, -
Carpentier
Invitéah non, tu dis ‘ espace public ‘
c’est la séquence avec l’amie et les dons participatifs aux bonnes actions?
les virements qui t’achétent une bonne conscience?
chelou comme rapprochement un peu
– ou, plus drôle encore? :
la confesse avec l’homme d’église?
la foi = l’engagement militaire
ouaip, ça me fait rire
là ça me plaît. -
Carpentier
Invitébjr
alors que dans le Panahi, l’essentiel des discussions (l’essentiel des mini-brainstormings permanents, tu verras) sont sur l’espace public: tu pourrais t’en régaler, y compris avec la séquence-climax aveu, séquence quasi bucolique/poétique bien que politique – et féministe, avec le perso de la photographe.
– peut-être accepterez-vous, pour quelques-un.es du moins, d’échanger à propos plus tard avec moi
ps: mention spéciale rire à la porte coulissante du vans qu’on sait
et qui a bien donné de sa personne dans ce Un simple accident. -
Carpentier
Invité… séquence-climax aveu, séquence quasi bucolique/poétique bien que politique – et féministe / …
+ physico-psychologique aussi, bien sûr, oui
mais quelle séquence torture ne l’est pas?
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Charles
InvitéSi le film te semble si moyen et oubliable, pourquoi le choisir pour en parler pendant 1h30 dans ta nouvelle émission?
(pour le reste j’ai déjà répondu)-
François Bégaudeau
Maître des clésLe film n’est pas moyen. C’est un bon film, et un PTA moyen. Et je trouve très intéressant d’essayer de détailler en quoi et pourquoi. Ce qui, jusqu’ici, a été incomplètement fait.
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Alexandre
InvitéC’est la première fois, François, que je te lis dire que c’est un bon film!
Tu ne le laissais pas trop transpirer, quand même!
Parce que le sentiment du bon film domine chez moi depuis le début (je suis retourné le voir). Mais je ne m’estime pas PTAphile, il faut dire. Je serais plutôt proPTA, ou PTAsympathisant, ou PTAcompatible..quelque chose comme ça.
Hâte d’entendre le Tout Va Bien afférent! -
Alexandre
InvitéSinon, j’ai revu hier soir There Will Be Blood, que je n’ai jamais autant apprécié. Il a pris du galon dans ma tête sans doute en grande partie grâce à la GO dédiée. A sa sortie, j’étais gêné par ce que je considérais comme des préciosités. Mais 17 ans plus tard (je l’ai tout de même revu entretemps), la puissante qualité du scénario m’a sauté à la gueule.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe l’ai dit au début de la conversation : tout irait bien si ce n’était pas un film signé par un mec qui a fait The master
Si Michael Mann fait Une bataille, c’est un miracle, si PTA le fait c’est une inquiétante banalisation. -
Scoob
InvitéJ’espère avoir à disposition dans tout va bien des éléments concrets pour préciser l’impression que j’avais quasiment tout au long du film, à savoir que j’avais sous les yeux une série Netflix.
Une bonne série, j’ai quand même apprécié le film, mais j’ai été très circonspect de me dire cela en ayant « PTA » en tête au même moment (et aussi le budget, bien sûr).
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I.G.Y.
InvitéCharles : « Où vois-tu une aversion de DiCaprio pour le personnage non-binaire? » : il m’a semblé tout à la fois sincère et sarcastique.
Pour ce qui est de l’aspect « balance », sauf grosse erreur de ma part ils ne cèdent pas tous du tout à égalité face à l’interrogateur (dont la pression est plutôt uniforme sur chacun d’eux, à tel point que PTA use de mémoire d’un montage où les questions de l’un et les réponses des autres s’entremêlent, un peu comme dans la scène du polygraphe de The Insider). Le non-binaire est bien celui-celle qui fournit l’élément clé au dernier moment, à savoir le numéro de tel. Je ne dis pas qu’iel est « filmé comme un traître », ça non, mais c’est un fait scénaristique. Et qui nous est montré.
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Charles
InvitéBien sûr, je soulignais simplement que ce personnage n’était pas le seul dans le film à en balancer d’autres, ce qui donc ne le sur singularise pas.
Pour être honnête, je l’ai noté sur le moment mais je me méfie de ce genre de réactions consistant à surinterpréter les comportements négatifs d’un personnage représentant une minorité. Je trouve le personnage tellement anecdotique que je n’y trouve pas matière à spéculer, surtout que ce n’était pas comme si c’était un cliché, les non-binaires qui trahissent. C’est pas comme si dans un film on ne montrait qu’un seul personnage juif et que celui-ci était âpre au gain. -
K. comme mon Code
InvitéTout comme Perfidia balance tout le monde après avoir été battue par les flics, le montage alterné pendant l’interrogation avec les ados montre que la minorité a plus de risque de céder à la pression car les risques encourus sont plus grands : la dernière étape de l’intimidation, c’est de leur mettre les menottes et les virer en détention. Ça me semble pertinent psychologiquement.
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Alexandre
Invité» à tel point que PTA use de mémoire d’un montage où les questions de l’un et les réponses des autres s’entremêlent, un peu comme dans la scène du polygraphe de The Insider »
Un peu comme tout plein de films.
« Le non-binaire est bien celui-celle qui fournit l’élément clé au dernier moment, à savoir le numéro de tel. Je ne dis pas qu’iel est « filmé comme un traître », ça non, mais c’est un fait scénaristique. Et qui nous est montré. »
Je dirais qu’au pire, que ça tombe sur lui indique un éventuel surcroit de pression exercé par le militaire, quand bien même le timing de sa présence à l’écran ne permettrait pas de le vérifier. On peut imaginer que le militaire s’en à lui, tout particulièrement.-
Alexandre
Invité..s’en prend
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I.G.Y.
InvitéAlexandre : « Un peu comme tout plein de films. » : Complètement, c’est juste le premier qui m’est venu en tête et dont on avait parlé ici. Et pour le militaire, comme dit dans mon premier post : oui, j’imagine comme toi, mais si je lutte contre une envie de surinterpréter je ne vois pas le film le montrer voire même le suggérer.
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K : A propos de Perfidia c’est un bon exemple, le fait qu’elle balance ne m’a pas choqué car c’est « un minimum » pris en charge par le récit et la mise en scène. Malgré l’immense vitesse de ce prologue.Concernant la « pertinence psychologique » : sur le principe oui, mais on en revient à ma réponse à Alexandre.
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Charles : « ce qui donc ne le sur singularise pas » : je trouve que ce qui finit par « sur »-singulariser la chose est cette petite mais je crois notable accumulation que j’ai décrite dans mon premier post. D’ailleurs le non-binaire montré à l’écran est particulièrement singularisé dans son look (pas irréaliste pour autant, ça n’est pas mon reproche, mais tous les non-binaires ou même les trans n’ont pas une allure aussi singulière, loin s’en faut). Donc ça n’est vraiment pas cette scène à elle seule qui me fait dire ça. Ni son look à lui-seul. S’il n’y avait eu que ça je ne l’aurais pas relevé à l’écrit.
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Carpentier
Invitéça le fait marrer de lui faire dire que Willa est répertorié sous « Hello Kitty » dans son téléphone
ok, j’y suis.
bon, j’ai cortège place d’Italie
je vous laisse tranquille,-
Julien Barthe
Invité[J’écrase les posts d’Ostros situés une dizaine de posts plus bas. Désolé]
Vos remarques m’inspirent ça. Le film un peu aussi. On est d’accord sur le fait que nous avons affaire à des fascistes et à des révolutionnaires d’opérette ? Les uns ayant des bases militaires sous leur maison les autres usant de tunnels pour s’évader. Le problème étant que la tonalité bouffonne et les éléments réalistes contemporains ne tiennent pas ensemble et menacent en permanence l’unité du film. Dislocation contre laquelle la vitesse du récit de poursuite est un moyen de lutter. Les éléments réalistes semés ça et là deviennent des éléments de décor au seins desquels l’intrigue fuse et les personnages hauts en couleur font leur numéro (celui de Del Toro est particulièrement réussi). La phase d’interrogatoire par contre présente des personnages réalistes (militaire et ados) qui par contraste avec les autres apparaissent comme étant d’une grande justesse. Les migrants sont de tels éléments de décor, des effets de réel auquel le film n’a pas de temps et d’attention à consacrer. Reste l’impression d’un mélange non homogène que l’agitation dissimule mal.
La relégation du contemporain et du politique à l’état de matière, de fond, ne passe pas. Je n’en fais pas une éthique. Le film produit un sentiment de déréalisation quand on pouvait en attendre un éclairage singulier de notre moment socio-historique par la sensibilité de PTA.
Il use du contemporain comme les romanciers historiques de l’Histoire : mal.-
François Bégaudeau
Maître des clésTout à fait d’accord
Y compris sur l’interrogatoire, qui, reprécisé-je, dure 54 secondes. -
François Bégaudeau
Maître des clés« On peut imaginer que le militaire s’en prend à lui, tout particulièrement. »
On eut préféré le voir
Mais PTA ne nous l’a pas donnée à voir
Alors on imagine. On reve cette scène, on aime ce qu’elle aurait pu être. -
Seldoon
Invité« On eut préféré le voir
Mais PTA ne nous l’a pas donnée à voir
Alors on imagine. On reve cette scène, on aime ce qu’elle aurait pu être. »
Je suis pourtant pret à parier que ça a été filmé. Que c’est une décision de montage. J’en profite pour signaler que si PTA a toujours été à l’aise avec la vitesse (énormement d’exemples dans Boogie Nights, Magnolia, Punch Drunk Love, Licorice Pizza) et qu’il est un très grand monteur, je découvre en première vision en tout cas qu’il n’est pas du tout un grand monteur de la vitesse. Je veux dire par là qu’une grande partie du montage de OBAA a dû être de réduire énormement de véritable scènes à de courts passages de quelques plans et d’intégrer ces bouts de scènes dans des séquences patchwork. Ce qu’il a déjà du faire j’imagine dans Licorice Pizza ou The Master, mais alors il s’agissait de séquences soit plus lentes, soit moins narratives. Dans OBAA, notamment la première demi-heure, le travail de montage me semble avoir un immense retard par rapport à ce que fabrique Scorsese depuis 30 ans. Il y a chez Paul « rapide » Anderson une qualité d’incarnation qui n’a rien à envier aux meilleurs passage de Marty, mais en montage ce n’est pas la même planète. -
Alexandre
Invité« Dans OBAA, notamment la première demi-heure, le travail de montage me semble avoir un immense retard par rapport à ce que fabrique Scorsese depuis 30 ans »
Dans la forme et la dynamique narrative, cette première demi-heure m’a beaucoup fait penser à celle de The Departed. Même bouts à bouts hachés, même concentré de situations introductives. Une influence est manifeste.
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Alexandre
InvitéOn peut aussi considérer qu’il y a un renvoi d’ascenseur.
Killers of the Flower Moon doit beaucoup à There Will Be Blood. -
Charles
InvitéEt pour cause, PTA ayant bossé sur le scénario de Killers (sans être crédité, pour faires des réécritures, ce qu’il a fini par admettre récemment).
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Seldoon
InvitéC’est bien la raison de ma comparaison. Mais (sous réserve encore une fois de mieux percevoir certains choix lors d’une seconde vision) la comparaison n’est pas à l’honneur de Paul. Presque chaque cut du début de the Departed est fascinant. Cette séquence est bourrée de raccords vertigineux. Je pourrais en parler pendant des heures et c’est un peu ce que je fais depuis bientôt 20 ans. Rien de tout ça dans OBAA, où j’ai l’impression que dans les cuts et ellipses il ne se passe pas grand chose d’autre que de la condensation (il y a tout de même à l’œuvre un travail d’obscurcissement des personnages que j’aime bien).
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Seldoon
InvitéJe parle spécifiquement des longues séquences sans scène de OBAA. Quand il y a du temps réel c’est différent, le grand monteur revient.
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Alexandre
Invité« C’est bien la raison de ma comparaison. »
Pourtant comparaison n’est pas raison.
j’suis taquin
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Alexandre
Invité« Presque chaque cut du début de the Departed est fascinant. Cette séquence est bourrée de raccords vertigineux. Je pourrais en parler pendant des heures et c’est un peu ce que je fais depuis bientôt 20 ans. «
Moi aussi.
Scorsese est un grand monteur parce qu’il est un grand conteur. On ne peut lui retirer cela malgré scories, maniérismes, effets de manche, fautes de goût, boursouflures dont il se rend coupable de loin en loin, et parfois de très près.
Donc, vraiment d’accord sur le champ illimité qu’il présente au commentaire formel.
L’écriture de Paul Thomas Anderson est très différente : plus sensorielle, moins « liée » (au sens du liant en cuisine), plus autiste (sans que ce soit péjoratif). Les séquences s’enchaînent comme des autos tamponneuses qui se percutent l’une contre l’autre. Aussi profuse qu’elle puisse être, la manière Scorsese me semble plus interconnectée à une méticuleuse structure scénaristique (cf Casino) -
Seldoon
Invité« Le problème étant que la tonalité bouffonne et les éléments réalistes contemporains ne tiennent pas ensemble »
Pour le coup pas du tout aligné avec ça. Il y a dans le film à peu près tout le spectre de tonalités et d’éléments (du réalisme à la bouffonnerie) complètement mélangés, et me frappe d’abord que justement, ça tient. Au tout premier degré, physiquement, musicalement. Ensuite on peut prendre les éléments un par un et les discuter, il y a du raté du et réussi, mais mon expérience de spectateur est que ce salad bowl dont j’ai parlé plus haut ou plus bas, on s’y perd, est une des grandes réussites du film – sauf peut-être autour au bout d’une heure-une heure trente, où j’ai ressenti un passage à vide. La vitesse permanente est certainement un des piliers qui font que ça tient mais ce n’est pas le seul, ça tient mieux que ça. J’attends une deuxième vision pour mieux identifier les autres piliers. -
K. comme mon Code
InvitéTu as bien parlé plus haut ou plus bas de l’art de PTA qui consiste à mixer des éléments dissonants. Pour le montage : le monteur a une expression intéressante, il parle de capturer le « snaphshot of a shot ». Il le fait beaucoup dans le prologue de The Master. En plus immobile, oui. Mais je trouve le prologue d’OBAA autant réussi à sa manière : il n’est pas centré sur les séquences d’action mais sur le trio Perfidia-Bob-Lockjaw et la camaraderie entre les French 75. Un shot d’énergie avant que Zombie Pat prenne le relai. (Il y a, je trouve, un rythme heurté dans la seconde partie du film qui diffère du prologue malgré cette impression de frénésie, qui passe par ce montage alterné entre Bob et Lockjaw — ils sont embarqués dans leurs propres histoires malgré la direction commune — et le fait que DiCaprio soit complètement à côté tout du long, même s’il est déjà un peu à la ramasse avec son chariot au début du film.)
« —There’s not an ounce of fat in these scenes. Is that intentional?
Yeah. It’s interesting to see how Paul’s movies have evolved from early in his career to Licorice Pizza, where we always talked about keeping the momentum moving. With Battle, especially for that Prologue, we did the same thing, trying to get a snapshot of a shot. It might have a beginning, but we get out of the scene really quickly, because that creates a dynamic cut. With One Battle, we were always thinking about doing whatever we could to keep the energy up. »J’ai aussi envie de rebondir sur ce que tu as dit plus haut ou plus bas sur le film de scénario : j’ai l’impression que 60% d’OBAA a été improvisé. Ils ont trouvé la route finale très peu de temps avant le tournage et n’avaient rien écrit. Ils voulaient une poursuite en voiture dans le désert à la fin du film. Et c’est vrai que c’est en grande partie ce qu’il filme à la fin : la route. La séquence avec Del Toro a été remaniée en cours de route. Teyana Taylor était libre. Le monologue de Junglepussy a dû être écrit par Junglepussy (son vrai nom de scène). Chase Infiniti a dit avoir tourné plusieurs versions de sa scène avec Leo au début et Sean à la fin. Quand ils se courent après façon Looney Tunes, ça me fait penser à un exercice de théâtre où le prof demande de jouer la scène sans les dialogues. Ça fait quelques films qu’il s’affranchit de ses scénarios pour fabriquer les films sur le tas, par le montage ou en improvisant des versions, mais j’ai l’impression qu’il ne l’a jamais autant fait avec OBAA. Mais il a trop d’éléments ici pour vraiment tenir des personnages ou une histoire. Il a dit pour The Master et Phantom Thread avoir resserré le montage sur deux personnages (voire trois, oui) : là, il y a une succession de passages, d’incarnations fugitives.
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Seldoon
InvitéTu l’as eu où l’interview du monteur ? J’ai pas mal de retard sur la montagne d’interviews. Moins sexy, mais le dialogue avec Spielberg est sorti, d’ailleurs.
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K. comme mon Code
InvitéL’interview est ici :
Mais le passage qui me paraît le plus pertinent est celui que j’ai cité. Je regrette aussi qu’il ne travaille plus avec Tichenor au profit d’un assistant. (Je rappelle que c’est Tichenor qui par le montage fait qu’Alma empoisonne Reynolds au milieu du film.)
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K. comme mon Code
InvitéEt cette interview de PTA et DiCaprio est celle avec le moins d’esquives :
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Carpentier
Invitéviens de me permettre de poser mes premières émotions dans le thread ciné 19 tandis que je sors de mon visionnage d’Un simple accident.
Laissé les copains de cortège à Duroc pour m’enquiller la séance de 17h du Panahi des Halles: putain de sacrée belle journée, Carpentier.
Comme tu as bien fait de te l’offrir ce chouette jour.-
Carpentier
Invitéchouette jour que même la petite tête de salope de vendu au Capital du gars plein écran télé, sur la 5, quand je suis rentrée chez moi, n’arrivera presque pas à noircir: le gars qui représente ‘ shein ‘ ‘ chine ‘ là, qui prétend, avec l’arrivée prochaine de l’ouverture de magasins, amener aux classes populaires de quoi se vêtir:
i fait du social la p’tite tête à claques, ose-t-il,
benh voyons. -
François Bégaudeau
Maître des clésOui j’ai vu sa gueule
Un champion -
Carpentier
Invité
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Carpentier
Invitési j’en ai le temps (le PTA pourrait rester en salles un moment) je reverrai moi aussi
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Carpentier
InvitéLa séquence d’énervement se termine en claquant la porte sur un notable « fucking freaks »
tout à fait, oui, ‘ freaks ‘ m’avait bien percuté pourtant au moment (merci)
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Carpentier
Invitéquand ses potes viennent chercher Willa pour la fête du lycée, toute la séquence papa poule d’avant soirée
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Antonin
Invitéassez juste sur le rapport aux ados. ça donne même l’impression qu’iels ne sont pas professionnels. Que c’est des ados du coin qui ont voulu participer au tournage. Surtout le jeune qui vient toquer à la porte. Est-ce que c’est la manière dont c’est filmé ? Ou seulement son caractère renfermé qui cherche pas la « lumière » et n’en fait pas trop dans le jeu ?
La menace me paraissait pas dingue pour le personnage non-binaire avant qu’iel craque. Dans le sens où ça me semblait assez commun genre » tu vas dormir en prison »-
François Bégaudeau
Maître des clés« La menace me paraissait pas dingue pour le personnage non-binaire avant qu’iel craque. »
Je trouve aussi-
I.G.Y
InvitéAlors après révisionnage je confirme deux choses là dessus :
– le ton de Di Caprio est clairement sarcastique dès le moment où le non-binaire est évoqué. La séquence d’énervement se termine en claquant la porte sur un notable « fucking freaks » (jusque là, cohérence du personnage, toujours défendable, pourquoi pas).
– pour la scène d’interrogatoire, absolument rien n’est montré qui va dans le sens d’une pression différente exercée sur le non binaire. Pas d’attention spéciale portée à un stress supplémentaire non plus . Ni le montage ni rien. Cette scène et cet arbitraire scénaristique de la « balance » repose, pour être interprété, entièrement sur notre extrapolation/intelligence politique et pas sur la scène.
.
Et décidément la séquence latinos est grande. Le numéro en duo Sensei-Bob dès la scène du dojo est fort. Cette manière qu’à Di Caprio de courir au fond de la salle avec ce pano gauche-droite, puis de revenir en se vautrant sur le tatami et ramper sans aucune forme de classe vers la fenêtre pour charger son tel 1G de merde, le tout en peignoir à carreaux, c’est quelque chose. (Je suis vraiment convaincu par Di Caprio dans le film, en tout cas par son numéro d’acteur, ça me frappe au revisionnage. Rien que la manière dont il bouge quand il essaye d’ouvrir des bagnoles avec son fusil-étui-de-guitare sur le dos me met en joie). Séquence dans laquelle l’émeute n’en est pas moins réduite à l’état de décor voire de signe (les plans sur l’opposition flics/manifestants auraient presque pu être enlevés).
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Carpentier
Invitétu vas dormir en prison »
pour quelques un.es, même au ciné, c’est déjà trop physiquement et mentalement: ben oui.
La gueule du type en face de chaque ado (et du gang qu’on sait) étant suffisamment bien castée pour faire le job, nan?
S’imaginer dans une salle speciale-aveux avec ce type aux commandes, ça vous fait envie, vous?
bande de maso : )-
Carpentier
Invitéet puis, pour ne pas trop faillir à ma réputation d’âne trotro, on pense du coup à petit Nico-à talonnette-ia qqn qui m’a dit-que t’allais passer des nuits en prison:
aaaah lui il a mobilisé les médias pour dire qu’il irait
la belle affaireado, j’ose à peine imaginer ce qu’il aurait fait, fait dans son froc et après ?
– et si on offrait le biopic de Nicolas Sarkozy à PTA?– en attendant, la sémillante Chalumax sautille en agitant les mains pour celui de Springsteen, auquel totale conquise, elle rêve deja de consacrer une rubrique.
Pas hâte.
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Linconnu
InvitéMais si on fait une critique du film un peu comme pour Mickey 17 par rapport aux canons hollywoodiens on peut en faire une critique élogieuse malgré ses problèmes.
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Carpentier
Invitéje crois saisir ce que tu dis ici
Grands souvenirs de m’être sentie ‘ divertie ‘ devant le Mickey 17 mais pas au sens de divertissement avec les Camping et Patrick Chirac par exemple.
Divertie devant un film inventif, surprenant, drôle, bien fichu qui, m’asseyant un temps conséquent au cinéma, ne m’a pas filé envie de penser à partir avant sa fin
(bon, crois bien ne l’avoir encore jamais fait mais bon, j’en ai parfois eu 3 ou 4 fois grande envie, à la limite du malaise, pendant la trilogie des Oslo récemment par exemple)
Faut dire que la clim d’un des mk2 était en panne.
bon,-
Linconnu
InvitéOui c’est un film moyen de Bong, un peu mal fichu par contre pour moi, et raté sur la fin, et pourtant dans le cadre des films hollywoodiens ça m’a paru très bien sur le moment parce que surprenant, drôle et jouant un peu avec les conventions. Mais c’est vite oublié.
Si on le prend comme ça, le PTA est à mon avis plus réussi que Mickey 17. Déjà, on a envie de le revoir. Mais ceci dit, on attend encore plus de PTA qu’on attend de Bong. Et Bong on sait qu’il rate ses films américains.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne défendrai pas bec et ongles le Mickey (sur lequel existe une GO), mais il est pour le moins beaucoup plus juste politiquement que le PTA
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luc
Invitéc’est ce qui s’écrit ici depuis des jours et des jours maintenant quoi.
On se sent obligé de justifier son divertissement pour pas se faire choper par la police de la critique.
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Carpentier
Invitédommage, on a failli parler cinéma
comme (me) dit qui on sait de façon totalement inappropriée
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Tchitchikov
InvitéOn parle beaucoup du PTA ici. Je ne vous lis pas trop avant d’aller le voir un peu à contre cœur. On parle moins de Kontinental 25. Quelqu’un de plus volubile que moi ici en dirait quelques mots ? Je trouve la critique de Camille Bouthors, dans Critikat, excellente. Quelqu’un a une interprétation à proposer de ce raccord avec le fameux accident de zeppelin aux states ? Si j’ai le temps je me risquerai à vous en soumettre une.
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I.G.Y.
InvitéEn tout cas je lirai avec plaisir car vous m’avez donné envie d’aller le voir. Ce qui m’a permis de me faire « N’attendez pas trop de la fin du Monde » la semaine dernière et dont j’avais tant entendu parler, très intéressant (j’ai mis un peu de temps à voir où ça allait, film compliqué mine de rien)
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Ostros
InvitéTchitchikov,
On aura peut-être plus d’info dans le prochain, Dracula, avec les mêmes acteurs, qui sort le 15 octobre je crois.
Le zepplin rejoignait l’Allemagne il me semble en 1937. 2 ans avant la 2nde guerre mondiale où la Hongrie soutiendra le 3e Reich (peut-être est-ce de là que part la haine des roumains vis à vis des hongrois aujourd’hui et particulièrement d’Orsolya dans le film, je ne suis pas assez renseignée).
Mais peut-être que ces images d’archives ont à voir avec les promoteurs allemands qui veulent construire un hôtel de luxe et qui sont responsables de l’avis d’expulsion et du suicide de cette ancienne star locale du sport. Comme une ligne entre 2 entreprenariats allemands, entre 1937 et aujourd’hui. Le zepplin dont la construction a été supervisée par Hitler himself. L’expansion de la puissance de l’Allemagne en Europe et ses conséquences sur les petits pays comme la Roumanie.
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J’ai une question : le film est traversé du racisme des roumains pour les hongrois. La police qui n’intervient pas pour aider l’amie d’Orsolya est ce que ça en fait partie ou c’est lié à autre chose ?
Rappel de la vanne géniale d’Orsolya : pourquoi on ne voit aucun roumains dans Star Wars ?
Parce que même dans le futur ils ne veulent pas travailler.-
Ostros
InvitéOn ne sait pas aujourd’hui si c’est un accident ou un sabotage. Lisant plus longuement la page Wikipedia on apprend que la théorie du sabotage met en avant le fait que Hitler voulait détruire le zepplin.
Donc ces images d’archives renverraient à un sentiment de dépendance et de domination totale des civils par les puissances politiques et économiques. Il t a des conflits internationaux, le chef ordonne la destruction d’un zepplin / d’un immeuble d’habitation. Des gens meurent de ces choix qui ne sont que stratégie. Voyant le zepplin se consumer, nous voyons sans les voir les corps des victimes brûler aussi.
Des innocents subir les aléas des désirs des puissants.-
Ostros
InvitéLe chef étant tantôt un fuhrer tantôt un promoteur immobilier.
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Ostros
InvitéJe reviens encore sur le zepplin allemand, qui a bénéficié de fonds américains deux ans avant la guerre et alors qu’il arborait déjà la croix des nazis.
Je me demande si aujourd’hui il y a des entreprises sur le sol roumain qui seraient de l’ordre d’une alliance financière allemande et américaine.
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Un commentaire trouvé sur Internet : dans ces années là, « les États-Unis avaient une sorte d’embargo sur l’Allemagne, qui incluait l’hélium. C’est pourquoi les Allemands ont dû utiliser de l’hydrogène dans le Hindenburg. Ce qui est l’une des raisons pour lesquelles il a explosé. L’hélium est inerte. L’hydrogène ne l’est pas ».
Peut-être que l’archive du zepplin et de sa finitude est utilisée dans le film car elle contient à elle seule toute une complexité de rapports économiques et politiques qui donne le La sur le degré de liberté de circulation, d’utilisation de certains matériaux, et témoigne de la tragédie qu’est la vie de civils ballottés dans les vents de ces rapports internationaux fluctuants.-
François Bégaudeau
Maître des clésLe TVB 3 sera une doublette Jude (Kontinental/DRacula)
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Carpentier
Invitépour Paris, le Dracula au centre Pompidou (la rétro à RJ) le 11 octobre
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Tchitchikov
InvitéGénial !
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Tchitchikov
InvitéTu m’as coupé l’herbe sous le pied Ostros, puis t’as carrément emporté le pied avec. J’avais à peu près la même hypothèse mais je l’aurais développée moins brillamment. J’ai moins fouillé que toi. De manière métaphorique j’ajouterais que ça renvoie dans l’histoire des techniques à ce que les historiens ont appelé la bataille des lourds contre les légers (avion vs zeppelin). Je ne m’étends pas trop mais dans la mise à feu du zeppelin j’ai aussi vu un triomphe imagé du néolibéralisme, un abandon de l’option communiste (le véritable). Peut-être que je plane, si j’ose dire.
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François Bégaudeau
Maître des cléscette incise este quand meme très étrange dans un film aussi tenu, et aussi cohérent
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Tchitchikov
InvitéAbsolument ! J’attends avec impatience tes lumières là-dessus camarade. Tu nous donnes la primeur là-dessus au moins, si jamais t’as une piste ?
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Ostros
InvitéÇa rend l’effet des citations de Comme une mule.
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Carpentier
Invitétu arriveras après la première bataille, pas mal de. choses échangées déjà à propos de Kontinental
et c’est à partir d’ici-
Carpentier
Invitétu *arrives*
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Carpentier
Invitéet donc, plutôt raccord avec Baptiste B. , à qui je répondais justement, un peu plus haut sur cette page, à propos du Kontinental 51 :
….. Bon, mes séquences pref étaient déposées, je dis un peu à propos de la fin du Kontinental de Jude, ok?
Majestueuse tandis que sans paroles, sans actions spectaculaires: là, claire et nette:
Annoncée sans doute par les nombreux plans courts de Jude (en mode explosion du ballon mais là, ce qui suit n’est pas en lien) RJ nous met devant les yeux, très régulièrement. des plans de ville:
de Cluj donc (lieu de travail de l’huissiere, je crois) et/ou de Floresti peut-être, si c’est bien le nom et que j’ai bien compris.
Comme des vignettes, des inscrustations brèves, plus ou moins animées, on a, en revanche, à 1/4 d’heure de la fin peut-être, un plan qui dure plus;
C’est celui avec deux immeubles ovales en façade avec deux linéaires lumineux qui en parcourent les flancs du bas vers le haut.
On reste face à cette vignette archi plus longuement à ce moment là puis, Jude termine plus tard son film sur des façades, des cours. des places de parkings d’ensembles de logements collectifs; plans de ces ensembles qui vieillissent mal et qu’on voit moins, aujourd’hui. en centre ville – des logements collectifs où les foyers les plus pauvres vivent, rentrent le soir après le taf; on a même un plan plus rapide sur une voie privée. grillagée, qui dénote, clignote même presque du coup, dans cette sorte de diaporama contemporain peri-urbain.Bien pensé au collectif Othon, qu’on sait ici, en voyant cela et me suis dit que décidément, que FB rappelle de voir ce film était tout sauf surprenant. / …..
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Carpentier
InvitéComme des vignettes, des inscrustations brèves
je lis à l’instant FB parler d’incise
voilà le terme, oui+ qqn.e pour se souvenir d’une blague Led Zeppelin?
une réplique sur la musique/à l’image du ballon du coup ?à moins que je déraille complet,
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Ostros
InvitéJe remercie Radu Jude de nous intéresser à la complexité sociale de ces villes de Roumanie et à son histoire, qui comme pour les Ukrianiens et les Russes, ne cesse de se rejouer.
On ressort de ses films avec une vue plus dégagée sur ce pays et plein de questions qui appellent notre curiosité -
Baptiste B
InvitéTchitchikov on a évoqué le film plus haut mais ça s’est perdu dans les débats PTA.
Je crois que le film tient en une idée simple qu’on retrouve dans Bad Luck Banging ou N’attendez mas trop: filmer longuement l’architecture et l’urbanisme donnent une forme de lisibilité aux tensions sociales, à la mémoire et à la politique d’une ville (du moins dans les villes roumaines comme Bucarest et Kluj, je ne suis pas sûr qu’on puisse généraliser ça partout). Il y a une vie des monuments qui nous racontent comment le passé est digéré par le pouvoir, et une vie des bâtiments qui fait affleurer la responsabilité de l’urbanisme dans les violences sociales-qu’on associe forcément à l’éxcution-suicide du début.
En fait je me suis dit qu’avec les plans sur les bâtiments, les immeubles, les lotissements qui sont autant de cartes postales que Radu nous envoie de Kluj, on ne cesse de prendre de la distance dans les causes. Au début du film, la responsabilité du suicide est montré par un plan rapproché sur une lettre d’explulsion. Mais plus le film avance et plus Radu filme large la chaîne causale au travail dans ce suicide et ce à quoi on peut l’associer (sphère judiciaire, administrative, puis urbaniste). À mesure qu’on remonte le fleuve des causes, Orsoloya s’épanouit dans l’impasse morale de sa culpabilité. Plus on cherche dans la morale et l’humain, plus on récolte l’oubli ou rien et moins on peut remonter aux causes. Et donc forcément dans un mouvement contraire à son personnage et dialectique, Radu va toujours plus loin dans la recherche des structures par les images. Je vois le soudain surgissement du zeppelin comme un autre moment où un objet monumental prend vie pour nous raconter intuitivement un moment de la modernité accolé à un désastre politique. Même si on a pas forcément le contexte, le zeppelin nous ramène à la modernité et au nazisme main dans la main, et c’est aussi une question historique ouverte sur les causes comme tu le dis Ostros (sabotage, accident?). En gros Radu laisse parler le zeppelin, nous montre qu’il est animé. À ce moment du film on a été habitué en tant que spectateur à attribuer à ce type d’image un pouvoir d’élucidation ou à le lier à cette quête qui consiste à chercher ailleurs et plus loin les traces de cette structure qui s’est abbatu sur le sans abri.
Donc je suis d’accord avec toi Ostros, je l’ai vu comme une archive du destin tragique des monuments de la modernité technologique, dont la faillite se paie toujours de vies civiles. Ce rapprochement est cohérent avec le reste du film: montrer comment les formes monumentales, qu’elles soient architecturales, urbanistiques ou technologiques, portent en elles une mémoire des violences collectives. Le Zeppelin est presque la forme limite de ce questionnement où Radu va au plus loin dans le montage et la distanciation pour nous montrer que tout ça est une vieille affaire du capitalisme.-
François Bégaudeau
Maître des clésIntéressant, merci
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Tchitchikov
InvitéMerci ! Ouais c’est juste. Déjà avec « Et peu m’importe si l’histoire nous considère comme des barbares » (qui est mon préféré à ce jour je crois ; quoique le type est tellement bon que ça change selon le jour) on avait une scène satirique de présentation du palais de Ceausescu. Dans N’attendez pas trop…l’entreprise de promotion immobilière qui grignote sur le cimetière. Le néolibéralisme est effectivement une affaire de terrain, très concrètement. D’où mon interrogation autour de cette scène du zeppelin. Ton hypothèse se tient bien de ce point de vue.
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François Bégaudeau
Maître des clésPour ma part je trouve « Peu importe » un peu bavard, didactique, théorique. Et unilatéral.
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Tchitchikov
InvitéJe comprends. Dans mon souvenir j’avais trouvé ça un peu didactique aussi. Mais je l’ai vu il y a trop longtemps. Ça me semble être le défaut principal de Jude d’ailleurs ; dans tous ses films, à différents degrés.
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Tchitchikov
InvitéUnilatéral ? Il avait quand même contre lui le régime en place, qui fait bien oublier sa période fasciste.
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Baptiste B
InvitéJe n’ai pas encore vu Peu Importe que je rattrape ce week-end au centre Pompidou.
J’avais aussi trouvé que cette tendance pédagogique et bavarde limitait N’attendez pas trop, notamment la partie remontage où il traque en mode Godard des Histoires du cinéma la part documentaire qui a échappé au film de propagande sur une chauffeuse de taxi. Il arrache à la pédagogie réaliste socialiste la sienne mais ça reste pédagogique: il faut regarder là où j’ai zoomé sur l’image. À la fin ça boursoufle un peu le film qui déborde de choses à montrer. Heureusement le comique entre autre apaise souvent sa volonté de densifier formellement ses films. -
François Bégaudeau
Maître des clésOui tu as raison, lui seul contre tout un peuple qui veut oublier, c’est la réalité politique de la Roumanie. Mais dans le film on n’entend que cette voix. Je ne dis pas que j’aurais voulu « le point de vue de l’ennemi », je dis qu’un tel sujet mène à un appauvrissement du sens dialectique de Radu, beaucoup plus au travail dans Kontinental par exemple.
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Tchitchikov
InvitéHaha tu me fais un homme de paille là copain. J’ai pas dit qu’il était seul contre tous. D’ailleurs ce point de vue de l’ennemi dont tu parles est incarné par la municipalité – la maire- de Bucarest au moment du happening à la fin si mes souvenirs sont bons. J’dis pas non plus qu’il n’y a pas d’antifascisme populaire en Roumanie. Malgré mon ignorance relative du cinéma roumain contemporain je n’ai pas la sensation que beaucoup de cinéastes prennent à bras le corps ce sujet. Notamment pour des raisons financières.
Mais j’te rejoins sur le fait que Kontinental dissout plus finement les points de vue.
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BlaiseC
InvitéJe viens de revoir Two Lovers de Gray.
Je crois que j’avais complètement raté le film la première fois.
Parce qu’en fait, je me rends compte que Gray ne filme pas une histoire d’amour (ou un triangle comme ça a été répété). Plutôt l’amour comme système mécanique où personne ne choisit vraiment rien.
Un détail intéressant tous les personnages (agés) vivent chez leurs parents. Comme pour mettre une mise en scène l’impuissance. Face au désir amoureux, on redevient petit, infantile, désarmé. Leonard dort littéralement dans sa chambre d’enfant alors qu’il est adulte.
Et puis il y a comme une chaîne du désir : Michelle aime un homme marié qui s’amuse d’elle, Leonard aime Michelle qui le voit comme un ami, Sandra aime Leonard qui ne l’aime pas vraiment.
Chacun désire celui qui le fait souffrir. Chacun est le « mauvais objet » de quelqu’un d’autre. Ce n’est pas une spirale – c’est une chaîne déterministe. On ne choisit pas ce qu’on désire. C’est le désir qui décide comme un reflux.
L’amour n’est pas une histoire à deux. C’est plus un « système hydraulique ».
Quand Leonard « revient » vers Sandra à la fin, ce n’est pas un choix mature (ça aussi c’est une interprétation un peu bizarre je trouve, il aurait muri en dix minutes). C’est un flux redirigé. Michelle le rejette parce que l’homme marié a bougé. Leonard retourne vers Sandra parce que toutes les autres vannes se sont fermées. Son désir trouve le chemin de moindre résistance.
Et Gray le filme littéralement : la mer qui renvoie le gant de Sandra juste après le rejet de Michelle. Le gant flotte, dérive, revient – ce n’est pas sa volonté, c’est un courant. Leonard retourne vers Sandra pour la même raison : déterminisme hydraulique. D’ailleurs ça répond au début du film où il est lui même repêché, après s’être jeté dans la mer après avoir été quitté.
Les « choix » sont les effets mécaniques des mouvements des autres. L’amour comme grande machine indifférente qui produit nécessairement du manque, du décalage, de la souffrance.
Du coup la fin est tragique au sens fort.
Leonard ne « grandit » pas, il ne « guérit » pas. Il se résigne. Il accepte la chaleur disponible parce que la passion impossible s’est refermée.
Je vois ici Gray comme théoricien d’un matérialisme amoureux : la souffrance amoureuse n’est pas un échec personnel mais une condition structurelle du système. Je ne sais pas si je vais trop loin, ou si c’est une lecture trop philo, peut-être. Mais grand film pour moi.-
Sylvain
Invité« Leonard ne « grandit » pas, il ne « guérit » pas. Il se résigne. Il accepte la chaleur disponible parce que la passion impossible s’est refermée ».
Très juste. Ce qui fait que j’ai toujours vu ce film comme un jumeau de « La nuit nous appartient », d’ailleurs le film qui précède « Two lovers ». Phoenix ne devient pas « flic » par vocation mais bien par résignation – et là aussi l’importance, au sens d’influence – de la famille est déterminant (il l’est dans à peu près tous les James Gray). Phoenix rentre dans le rang et se faisant, et comme tu dis, « la chaleur, la passion s’est refermée ». Nous spectateurs voyons bien qu’il renonce à une intensité, une exaltation, bien montrée d’ailleurs dès la scène d’ouverture avec Eva Mendes. C’est un film incroyablement déprimant, qui rate néanmoins sa fin, montrant le personnage sortir d’un champ en flamme, le « méchant » (et accessoirement père de substitution, on y revient) enfin neutralisé. Ces dernières images iconiques jusqu’au ridicule n’ont pour moi aucun sens ici. » Two Lovers » ne commet pas cette sortie de route et tient la note jusqu’au bout.
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BlaiseC
InvitéTout à fait d’accord Sylvain sur le lien entre les deux films et sur la fin plus consistante du second. Je me rends compte que l’on a un peu court-circuité les discussion sur PTA. Désolé à tous pour ce « hors jeu ». 😉
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Charles
InvitéDésolé d’en remettre une couche sur le PTA mais il fait beaucoup parler, donc voici un texte de notre Momcilovic : https://www.hors-serie.net/eros-et-revolution-sur-une-bataille-apres-lautre/?fbclid=IwY2xjawNMx_ZleHRuA2FlbQIxMABicmlkETB2Z1NteTNHZkNEUFd0UmdvAR4wZtnK8BJaxzWWzJorPjPrynTCREm7ChKo_aPVk0BvrhRknh4Doi5VM-krBw_aem_qYm1fZ6hTZLe2-Ohe4QUuQ
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Tchitchikov
InvitéJ’vais finir par croire que, toi aussi, tu es un relais dans la FI.
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François Bégaudeau
Maître des clésMomci devrait lui aussi éviter de parler politique, ça ne lui réussit pas.
Et comme souvent chez lui : le brio de l’idée se gagne par occultation du réel du film.
Par exemple ce qu’il dit sur la scène de Bac nord avec le gamin, qui dans son réel offre à 90% au public de quoi s’adonner à son plaisir préféré du moment : jouir de sa haine de la racaille. La ponctuation souriante n’arrivant que par un évident scrupule de Jimenez, cinéaste qui se vit encore comme de gauche (comme Onfray et Valls), d’avoir clairement pondu une des scènes les plus racistes de ces trente dernières années.-
Charles
InvitéC’est marrant j’allais écrire que le passage sur BAC Nord était le plus intéressant de l’article. Mais il faut aussi dire que je n’ai pas vu ce film. Ça donnerait presque envie de le voir.
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Sylvain
Invité@Charles : tu devrais le voir. C’est un cas d’école. Un film qui, de A à Z, s’est fait sans que personne, à commencer par son réalisateur, ne se rende compte qu’au moment de sa sortie cela va donner dans la bouche de Marine Lepen « le film est extraordinaire, criant de vérité ».
Et ce film à un jumeau : « Les misérables », vu 3 fois et systématiquement ré-évalué à la baisse. Pourtant, il est évident que Ladj Ly n’est pas raciste, et sans doute que Jimenez non plus (ou alors à un degré soigneusement refoulé).
Mais l’un comme l’autre ont convoqué un imaginaire incroyablement raciste.
Dans le même genre, on pourrait ajouter le « Athéna » de Romain Gavras, qui commet un crime supplémentaire : c’est un très mauvais film (parce que « Bac Nord » comme « Les misérables » tentent encore de faire du cinéma et, certes très ponctuellement, on peut s’en rendre compte – et c’est souvent lors des scènes qui semblent le moins les intéresser).-
Sylvain
InvitéUn film qui, de A à Z, s’est fait sans que personne, à commencer par son réalisateur, ne se rende compte qu’au moment de sa sortie cela va donner dans la bouche de Marine Lepen « le film est extraordinaire, criant de vérité ».
Pardon, je me relis, et c’est incomplet : disons plutôt « un film où toute le monde a feint d’ignorer que… ». Ca me semble limite plus juste.
Trop occupé avant tout à prédire un joli spectacle à mi chemin entre le western (combo contre indien) et le film de zombies. On allait pas gâcher le spectacle en convoquant la morale.-
Sylvain
Invité* »produire » pas « prédire ».
** »cowboy » pas « combo »
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Alexandre
InvitéC’est aussi, je trouve, je l’ai ressenti à la lecture de l’article, que son long aparté sur le film de Jimenez nous sort de celui d’Anderson.
On était bien (ou pas) dans l’univers d’Anderson, et tout soudainement, Momcilovic nous en extirpe pour nous balancer chez Jimenez.
Je me serais passé de ce changement brutal de biotope.-
I.G.Y
InvitéJe n’ai toujours pas lu de texte (mais je n’en ai lu que 4) qui sur la question politique revient sur cette phrase prononcée par Lockjaw à propos de Perfida, phrase qui détonne : « [Comme moi] elle combattait les faibles » (dans la voiture avec Wila). Faibles = migrants, pauvres, « lunatics and punktrash », ça ne tiendrait pas. Une interprétation possible serait qu’il désigne soit les fameux « progressistes » gouvernementaux réformistes, soit de manière générale les dominants autoritaires mais pas assez fascistes à son goût (donc « faibles »). Cette phrase donne au rapprochement Perfida/Lockjaw connotation bien plus trouble, j’aimerais bien savoir ce qu’on en pense ici. Ou si des textes existent qui en parlent.
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Un point que je mets au crédit du film sur la captation du contemporain et que j’avais vu sans vraiment le voir à ma première séance, c’est l’indistinction tendancielle entre armée et police. Lors de la préparation du raid sur Baktan Cross on voit dans la salle des personnes en treillis camouflage complet… avec une insigne POLICE. Pour un Français c’est perturbant. J’ai vu que c’était un vrai sujet aux US et non une simple évidence, on trouve des articles qui en traitent directement car ça monte en flèche depuis l’arrivée de Trump au pouvoir (puis son retour). Mais je n’en sais pas plus.-
K. comme mon Code
InvitéJe conseille de regarder ce qui se passe avec ICE du côté de Chicago en ce moment aux États-Unis pour voir la gueule du fascisme américain en ce moment. Le film montre aussi bien son versant aristocratique et son penchant pour la veste sans manches.
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K. comme mon Code
InvitéQuant à l’alliance police-ICE : https://x.com/sarahlazare/status/1974284521257238803?s=46
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I.G.Y
InvitéOui, j’avais un peu en tête que l’ICE était une sorte d’intermédiaire, et qu’ils étaient parfois (pas toujours en treillis). Si je ne me trompe pas ils devraient probablement être les gérants du camp de rétention qu’on voit dans la scène d’ouverture. D’où le fait que je me suis demandé si Lockjaw n’était pas ICE. Sauf que c’est a priori légalement une agence civile, donc ça n’est pas possible. On bute un peu sur le grand flou du film à ce niveau.
Aussi, pour compliquer l’affaire sur l’ICE, quand on cherche des visuels on voit certes quelques treillis mais encore beaucoup de tenues « civiles » (armées), et l’on voit souvent des insignes ICE POLICE (sur les tenues civiles comme sur des treillis) alors que l’ICE n’est techniquement pas la Police. Dans le film et sauf erreur le mot « ICE » n’apparaît pas. Et dans la première partie la Police classique est encore très présente, pas dans la seconde.
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Carpentier
Invitéoui ok aprèèès, on est aussi sur un territoire, en gros selon les états oui – on sait, où chacun.e, trouve assez assez facilement légitime, ou peut avoir assez facilement en mains, une arme non?
l’uniforme et sa corporation est-ce vraiment, dans le film de PTA, le noeud de l’intrigue?
– Gendarmerie Nationale, Carpentier!-
Linconnu
InvitéSur Perfida / Lockjaw, leur relation est trouble et dense, le problème c’est qu’on a pas le temps d’en jouir…
Les faibles se sont peut-être tous ceux qui ne se battent pas pour aller au bout d’un idéal politique ? Une façon de mettre une équivalence entre lui et Perfida, une sorte de noblesse partagée. Ca reste le point de vue de Lockjaw ceci dit, pas forcément du film.
Un autre truc, Perfida dit à Pat / Bob dans la voiture : « Tu aimes les femmes noires ? » Et lui « Oh oui, j’adore les femmes noires ! » avant de se rouler une pelle si je me trompe pas. Ce qui donne l’idée que ça l’excite qu’un blancbec soit attiré par les femmes noires en général (ce qui est considéré comme raciste par la gauche de nos jours). De même qu’elle aime d’autant plus dominer Lockjaw qu’il incarne le pouvoir blanc. -
Carpentier
Invité….qu’un blancbec soit attiré par les femmes noires en général (ce qui est considéré comme raciste par la gauche de nos jours). / …
ah? première nouvelle : )
depuis quand être attiré.e par une personne noir.e serait raciste?
– dire une préférence physique c’est raciste? tant que tu laisses à tes pref accès aux mêmes droits que toi et qu’à chacun.e tout va bien, non?
Un de mes potes kiffe les rousses à mort, j’en ai connu aucune que ça a vexé (même, une fois, j’étais passée à la teinture avant de me dire qu’on resterait bons amis)
un autre est fou des noires depuis petit, et il a épousé notre pote de lycée, toujours noire, l’an dernier
Une pote adore les asiates, elle a eu un copain ‘ chinois roux ‘ qui étonnait et détonnait au marché, en province : )
qu’est-ce qu’il avait ri et nous donc (un des fromagers en revenait pas, s’en est-il vraiment jamais remis d’abord?)
allons allons un peu de sérieux avec ce que tu nommes ‘ la gauche ‘ -
Carpentier
Invitéles femmes noires en général
et tant que personne, de plus, n’est
essentialisé -
Carpentier
Invitéet puis c’est Perfidia, je crois bien
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Carpentier
InvitéPerfidia et Bob: il s’agit donc de leurs jeux intimes, d’une phrase sexuelle qui, de plus, se joue de ce que chacun sait bien sûr des clichés, racistes ou non, partout dans le monde
Tu aimes les femmes noires ? » Et lui « Oh oui, j’adore les femmes noires ! » avant de se rouler une pelle
benh oui,
comme une meuf pourrait rire avec son mec asiate d’une pénétration anale en disant ‘ oh oui, une petite péné par derrière, avec toi, je crains rien, c’est toujours si doux ‘
allons allons
un peu de vie, -
Linconnu
Invité^^
Tu as surement raison, c’est juste un jeu de couple.
Sinon : https://www.letemps.ch/societe/ne-suis-raciste-jai-un-amant-noir -
Carpentier
Invitépas souvenir de noms animaliers ou culinaires destinés à Perfidia ou une autre dans le PTA, y compris de la part de leurs proches du moins – ou alors des pseudos du gang pour se rire de ces dérives justement, il me semble
en revanche, le personnage de Lockjaw est indéniablement écrit comme un sadomaso détraqué dont les pulsions sont exarcerbées et meurtrières
Sortir un texte psychologisant ou de témoignages sur les dérives et les conséquences négatives d’abus et de traitement ou insultes racistes est ton choix ici
– l’âge peut devenir aussi prétexte à mauvais traitements et beaucoup trop d’autres situations aussi quand on est une femme
Certes, et oui. -
Carpentier
InvitéUtiliser une catégorie raciale de manière naturelle et naturalisante et dire que c’est comme préférer les blonds, c’est faire fi de tout le système de domination raciale qu’il y a derrière la négrophilie et la négrophobie.»
et évidemment que les fantasmes sont un mix de nos représentations, notre éducation, notre époque, la culture, des oeuvres de fiction et beaucoup de non-dits, de trucs plus ou moins avouables ou honteux ou que sais-je,
bon,
et donc?
je recommande et recommanderai jamais assez le
documentaire d’Amandine Gay: ouvrir la voix
en ce qui me concerne, et je m’arrête là
merci pour l’échange, -
Linconnu
InvitéJ’ai l’impression que tu as pris ma réponse comme une pique, ce qu’elle n’était pas. J’ai juste envoyé le 1er lien trouvé sur le sujet.
Je disais que c’était peut être Perfida qui jouait de ce cliché mais c’est surintepreté de ma part.
Et donc ? Moi je m’en fou mais ca dérange certains concernés.
Je note le docu. -
Carpentier
Invitéun lieu que je pense bien épuiser dès la première expo
‘ Noires ‘, à la maison des mondes africains
les mondes africains
et si là on arrête pas avec l’essentialisme c’est que la jachère du cerveau est en fait une lobotomiesi je est un monde, benh oui, un continent c’est
? -
Carpentier
Invitéah benh tiens:
Case départ sur tfx
: ) -
I.G.Y.
InvitéLinconnu : « Les faibles se sont peut-être tous ceux qui ne se battent pas pour aller au bout d’un idéal politique ? » : tout à fait possible aussi. Parmi les critiques longues en vidéo que j’ai entendues depuis (Burdeau, Prisme) il n’en a pas non plus été question.
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tristan
InvitéPourtant, Jimenez ça fait pas très Français comme nom…
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Carpentier
InvitéAu fait,
qqn.e qui, comme moi, a fini par voir Exit 8 ici peut-être?-
Carpentier
Invitéun film très papa-maman où on se demande si on peut être père si on a pas connu le sien tout ça, tout ça
un putain de film psychanalytique et psychédélique
parfois amusant, rarement, et plus souvent pénible
je suis déçue
j’attendais mieux-
Alexandre
InvitéJ’aime beaucoup le dernier Panahi, Un simple accident, pour son évidence artisanale, le dénuement saisissant de son dispositif (et pour cause, c’est la clandestinité qui en détermine les contingences). La beauté du film tient dans le contraste entre une sorte de grandeur morale et l’humilité de sa mise en images. Qu’il est bon de revenir à un cinéma pourvoyeur de plans à la fois frugaux et généreux, blêmes et lumineux. Dénuée de la moindre sophistication, cette fable traversée, ici ou là, de bouffées d’absurde, nous renvoie aux grandes heures du néo-réalisme, ses conditions de fabrication précaires, son « amateurisme » magistral.
Par son thème et les affects de colère qui le traversent, le film m’a rappelé au bon souvenir de l’intéressant et méconnu La Jeune Fille et la Mort, de Roman Polanski. Rapprochement probablement saugrenu, j’en conviens, mais tenace.
Une belle critique du film se lit dans le dernier Positif. Elle est signée d’une des dernières grandes plumes de la revue, Alain Masson, qui a toujours excellé à commenter les films, dans toute leur concrétude.-
Carpentier
InvitéBjr,
Cool : ) des lignes sur le dernier Panahi.
Je n’ai pas vu le Polanski que tu dis.
En premier, c’est la séquence avec le sort que Vahid réserve en premier au boiteau, qui me revient direct quand je lis ton« amateurisme » magistral.
Tout comme celle dans Kill Bill, la terre y a un rôle éloquent bien concret, et on peut difficilement faire et dire de façon plus matérialiste et philosophique ce qui anime les personnages à ce moment-là.
Tout le reste après prend et tient, comme tu le dis, dans le contraste entre une sorte de grandeur morale et l’humilité de sa mise en images.Et avec des scènes toutes issues du quotidien,
– moins le thème encore que, ( la vengeance…) et les paysages, vus d’Europe, encore que, là aussi –
avec les choix de mises en scènes de Panahi donc,l’humilité de la mise en images
fait qu’on ne décolle pas du film.
On est dans le van avec eux tous.
J’ai hésité et hésite toujours, me relisant, avec ce ’ la vengeance ’ entre parenthèse car, Un simple accident, sous ses airs bien bourrins, est tout en subtilité, en nuances dans la réflexion et le chemin que Panahi nous invite à faire avec ce film.
Très envie que les gens que j’aime voit ça. Il faudra (les pauvres, comment je vais pas les lacher….)-
Alexandre
Invité« Je n’ai pas vu le Polanski que tu dis. »
Peu de gens l’ont vu j’ai l’impression. Tu te doutes bien qu’il n’y a guère de rapports stylistiques entre les deux films et les deux cinéastes. Si ce n’est le thème du tortionnaire séquestré, des réminiscences qui assaillent les torturés, de leurs atermoiements (qu’est ce qu’on fait du salaud? On le tue? On le torture?) et même la confrontation finale.
Je suis sorti du film en me disant que j’avais déjà vu ça, peut-être deux fois, voire trois à tout casser. Et soudain, c’est le Polanski qui tambourine à la porte du « bon-sang-mais-c’est-bien-sûr!-
Seldoon
InvitéPour ceux qui ça interesse le Polanski est tiré d’une pièce de théâtre chilienne, elle est régulièrement montée en France, c’est tout aussi interessant que le film.
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Carpentier
Invitéok, j’oubliais ton
le dénuement saisissant de son dispositif
qui, avec la scène de dénouement prend tout son sens pour moi
l’épuisement comme torture
oui,
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l’orléanais
InvitéJ’ai vu une très bonne satire cette semaine qui est Classe Moyenne de Antony Cordier. Le film a une grande qualité, assez rare dans la comédie française, à savoir qu’il a vraiment soigné son écriture : la satire marche parce qu’elle passe par un tout léger dérèglement du réel qui ne dérive jamais vers le grotesque ou le cartoon mais se tient à cet écart minime, que l’oeuvre ne tient hélas pas tout du long, mais qui fait naitre un comique à la fois fin et jouissif. ll y a tout un tas de détails pour exposer la violence des rapports sociaux et des liens qui unissent ces deux familles mais c’est très rarement grossier ou appuyé. Et le personnage du transfuge de classe, qui joue une sorte d’intermédiaire trimballé dans le conflit, ramène encore plus de complexité là-dedans.
J’ai deux regrets, cependant : le second acte fait du surplace, n’arrive pas suffisamment à redistribuer les cartes et les enjeux. Et, surtout, la justesse sociologique du portrait des bourgeois et la cruauté que le réalisateur leur appose ne trouve pas vraiment sa symétrie dans le couple des prolos. Ils ne font pas assez prolos déja ( laura calamy s’exprime trop bien alors que son choix de casting était, je pense, le bon ) et pas assez vicelards, pas assez vilains dans leurs tares à eux. On sent chez le réalisateur une sorte de frein à main à jouer avec son outil, comme une réticence à dégommer autant les pauvres que les riches. Il se rattrape parce que son final embrasse une forme de misantropie alors que je craignais la guimauve ( avec un ultime plan génial ) mais y a ce petit verrou de ne pas vouloir accabler cette pauvre populace que le film n’arrive jamais à faire sauter. Je suis pas spécialiste mais il me semblait que le meilleur de la comédie italienne s’embarassait de moins de manières.-
François Bégaudeau
Maître des clésj’avais fini par renoncer à voir ce film, alors que j’aime bien Cordier
tu le remets en jeu-
Carpentier
Invitévu aussi (hum hum méfiance donc) et en plus, il y a Laure Calamy ^^
entre autres,
J’en parle brièvement dans le topic forum 17, quelques mots hier soir, suite à un post après les partages sur Dubet:
avec Classe moyenne, chacun reste à sa place et à la fin, si pas de transport de classe (au moins ça donne rien de trop forcé) pas trop de persos auxquels on croit pas du tout au moins
L’arrangement entre ennemis se stabilise;
on reste sur un Fabienne-Thibautesque ‘ on vit les uns avec les autres ‘ (3 mois/an, ça passe) avec l’intrus/transfuge qui n’est plus
car, quand on y a tous grand intérêt, on est capable de toutes les compromissions, ou presque, bon.
Pas binaire en moraline (les bourgeois méchants et cons, les peu argentés moins bien lotis gentils et innocents) c’est déjà ça.
Devant Lafitte qui joue à chat avec Bedia et qui s’énerve, on repense à des scènes des Papa ou Maman qu’on sait (avec Foïs) mais sinon c’est un film ‘ tout-publiquement ‘ acerbe, innocemment grincheux, un film familial type, du genre ‘ comment sensibiliser son môme de 4 ans à la lutte des classes. ‘
Mais on y dit des trucs et on charrie à peu près tout le monde, y compris les actrices.– ma séquence pref: le perso de Outalbali, en négociateur, avec les 2 mecs en mode enfants qui jouent pour de vrai à la bataille, armés de fusils.
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l’orléanais
InvitéAprès, je dirais selon une estimation Iflop ètre à 40% d’avis partagés avec toi sur les films, contre 60% ou je me trouve plus perplexe, voire en désaccord net de gout. Une recommandation à prendre avec des pincettes et une dose de risque, donc.
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Carpentier
Invitéj’ai pris ma pince à sucre et remercie iflop pour cet éclairage chiffré
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K. comme mon Code
InvitéQuelqu’un a trouvé dans un documentaire sur The Weather Underground une lettre que PTA cite dans celle qu’il fait écrire à Perfidia. La véritable lettre est celle d’une femme « on the run » qui écrit à son père :
« October 19th, 1977. Dear, dad. Hello from the other side of the shadows. I don’t mean to shock you, but I have been contemplating writing you for a long time. First, the good news, which is that you have a second grandson. He had a good birth. No drugs. No problems. And his mom is okay, too. I have been working when I can which is not full time and not nearly enough to support us. Not only do I lack skills and qualifications, I also lack the references and work record fitting my age. All of which become more important with this extreme unemployment. Right now its hard to get a job pushing a broom if you can’t prove you’ve been doing it for ten years. Often I wake up and find it completely inexplicable how and why I am where I am today and disconnected from my family. As I know you wont be out here for a while, I’m finding an address where you can write me directly. Please send me your advice or your reflections on what I should do. »
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K. comme mon Code
InvitéInterview intéressante du chef op d’OBAA : https://www.motionpictures.org/2025/10/happy-accidents-revolutionary-moments-killer-improv-inside-one-battle-after-another-with-dp-michael-bauman/
«We have this running joke from Spinal Tap when they say, ‘We’re not about to do a free-form jazz exploration in front of a festival crowd.’ That’s the line we say when we’re just going to roll with what’s about to happen. And when magic is happening, he just wants to explore it. So there are moments in all of his films where you’ll be like, okay, this is what’s going to happen, but then something else happens.
A happy accident on One Battle After Another was a diner scene that ultimately didn’t make the cut. “We’re in Eureka [California], and we broke for lunch and went to this little diner around the corner. We’re eating lunch, talking about what we’re going to do for the rest of the day, and Paul’s like, ‘What do you think about this place?’ What if we shot here after lunch?’” And literally, people are eating their food, and Mike [Wesley], our location manager, is doing a cash deal with the owner, so we can go in and shoot. And we roll in with this camera, and people are like what’s going on here? And then all of a sudden in comes Leo, Regina [Hall], and Chase, and we shoot there for about 45 minutes. It was going to be part of a montage, which didn’t make the cut. But it was that kind of vibe he was trying to imbue in this film, which is a little different from some of the precision types of things that we’ve done in the past. »
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Linconnu
InvitéEt à propos du titre, voilà une source probante, « une déclaration publiée dans New Left Notes par le Weather Underground après les Days of Rage à Chicago en octobre 1969 »
Potential source for title “One Battle After Another”
byu/Practical-Cup-4052 inpaulthomasandersonAvec les lignes : « from here on it’s one battle after another » et there’s an army growing in your guts » qu’on retrouve dans le film (d’après des gens qui ont une meilleure mémoire que moi)
Chicago 69 évoque aussi French 75.
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propater
Invitéqqun comprends qqch à ce post de Terry McKay sur Facebook?
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« • Coucou, qui fait semblant d’ignorer que PTA est depuis 2001 le compagnon de Maya Rudolph et a avec elle trois filles (20 ans, 16 ans, et 12 ans) et un fils (14 ans) ? J’entends des trucs spé et assénés avec si grande et satisfaite circonspection sur le possible « racisme » et le supposé inintérêt « politique » du cinéaste pour son temps ?
Samir Ardjoum Microciné et François Bégaudeau, j’ai tenu tant que j’ai pu hier soir. Mais n’imp, allô quoi. »
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C’est quoi le rapport entre la femme de PTA et l’éventuel racisme ou manque d’intérêt politique du film? J’ai l’impression d’être sur Tumblr en 2010 mais cette dame est critique chez Libé donc j’imagine qu’il y a un sens qui m’échappe.
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