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essaisfragiles, le il y a 1 année et 7 mois.
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Marée Basse
InvitéBonsoir,
Est-ce que ces quelques cinéastes pourraient un jour avoir leur place dans ton ciné-club à l’Arlequin ?
Bruno Dumont
Abdellatif Kechiche
Hong Sang-Soo
Lee Chang-Dong
Miguel Gomes
Apichatpong Weerasethakul
Claire Simon
Kelly Reichardt
Wang Bing
Alain GomisCordialement
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François Bégaudeau
Maître des clésBruno Dumont. apparu dans les années 90, mais pourquoi pas (mais pas les derniers)
Abdellatif Kechiche films trop longs et j’en ai déjà beaucoup parlé
Hong Sang-Soo c’est prévu
Lee Chang-Dong Poetry j’adorerais mais long
Miguel Gomes j’y ai pensé, il faudrait que je revoie
Apichatpong Weerasethakul c’est prévu, avec un presque inédit
Claire Simon rien ne ‘ma ébloui dans son travail
Kelly Reichardt c’est prévu
Wang Bing les films que j’aime sont trop longs
Alain Gomis je connais très mal, quoi voir?-
Charles
InvitéProgramme réjouissant.
Le Hong serait un de ses plus récents ?
Et quid d’un Linklater ? Everybody wants some!!! Par exemple.-
Ostros
InvitéJ’espère la romancière, le film et le heureux hasard. Grande émotion.
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François Bégaudeau
Maître des clésle Hong serait plutot le tout dernier
Everybody want some je l’ai déjà présenté dans d’autres circonstances-
Charles
InvitéEt j’ai raté ça.
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Charles
InvitéEt quid d’un Gus Van Sant ? De sa superbe tétralogie du début des années 2000, par exemple.
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Ostros
InvitéJe survalide Gus.
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Isd
InvitéBonjour François. Merci encore pour m’avoir fait découvrir le magnifique « Une vie violente ». Longue vie au ciné-club de l’Arlequin ! Je me permets une petite remarque : pour avoir suivi la plupart des ciné-clubs depuis le début, je trouve que ta prise de parole post-séance est beaucoup trop rapide. Je pense que laisser le générique se dérouler permettrait aux spectateurs de sortir doucement du film.
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Isd
InvitéEt comme je me sens d’humeur solliciteuse, je me permets de glisser des noms de cinéastes qui auraient leur place à la programmation : Alain Guiraudie, Lars Von Trier, Judd Apatow, Sean Baker, Claude Schmitz, Kathryn Bigelow, Roy Andersson…
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François Bégaudeau
Maître des clésQuentin, le maitre des lieux, préfère qu’on zappe le générique de fin, pour gagner du temps. Mais je lui suggérerai sur les films courts. Le prochain fait 1h15
Dans ta liste, certains n’ont pas émergé dans les années 2000 ou 2010. Hors catégorie, donc, comme Lars. Guiraudie ce serait jouable, même si je l’aime moins qu’avant. Sean Baker j’y songe (mais films longs, à part Tangerine, qui n’est pas son meilleur), Bigelow j’y ai pensé aussi mais très connue très mainstream, or cette année j’aimerais vraiment aller dans les coins. Apatow j’y ai pensé aussi mais il faudrait que je revoie. Claude Schmitz connais pas, je préfère son frère Will.
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Toni Erdmann
InvitéSuper film hier et super analyse hier à l’Arlequin. L’idée qui me reste le plus est la continuité entre le travail d’Alice et sa fraude.
Pour prolonger cette idée, je dirais que ce qui m’a beaucoup fasciné dans ce personnage, c’est l’aplomb avec lequel elle ment. Lorsque les flics lui demandent ce que contient son enveloppe, elle répond, sans sourciller, « des fiches pour les impôts ». Le mensonge est prononcé sans insistance, sans stress, dans la pure continuité du dialogue. Pareil avec les vieilles dames. Alice a une facilité déconcertante à se faire passer pour une amie, elle est rassurante et réconfortante. Cette aisance pourrait signifier que le geste commercial du centre d’appel et le geste du mensonge pour ses fraudes sont analogues.
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Très heureux d’apprendre que Certaines Femmes est au programme de la prochaine séance. La dernière des trois histoires m’avait bouleversé avec un personnage qui me reste en tête, celui de Lily Gladstone. Introvertie, elle montre son affection par des petits gestes qui frisent la maladresse. Et Kelly Reichardt fait de la longueur d’un trajet un élément dramatique dévastateur. J’ai hâte.-
riviere
InvitéElle répond aux flics « des papiers pour les impôts ». Et en effet des billets de banque, ne sont-ils pas des papiers pour les impôts ?
Je crois qu’elle dit la vérité. Je l’ai pris comme un effet comique, une pirouette. -
Claire N
Invité« L’idée qui me reste le plus est la continuité entre le travail d’Alice et sa fraude »
Oui , elle exerce son travail pour son propre compte-
Claire N
InvitéC’est super subversif, j’ai beaucoup aimé qu’elle s’autorise à exercer ses compétences en dehors du cadre
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so
InvitéBonjour Toni, la date est elle fixée pour » Certaines femmes » ? merci
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Toni Erdmann
Invité12 décembre il me semble
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Anna H
InvitéC’est bien le 12 décembre.
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so
InvitéMerci à vous 2.
Du coup cela me fait penser qu’il y aura le 12 et le 13 décembre à la ménagerie de verre une performance de Sandra Lucbert.
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Claire N
InvitéJ’avais bien aimé les histoires d’échelle: mettre à la même échelle une structure d’entreprise téléphonique / et une personne qui fonctionnerait pareil
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nefa
InvitéOu alors, on peut garder les deux niveaux d’organisation (les deux échelles) distinctes, et constater qu’il y a une forme commune dans les deux. Chez les matheux, ces formes, ce sont des fractales.
De toute façon, en termes de structure, tu pointes quelque chose d’intéressant.-
riviere
InvitéL’entreprise produit un travailleur – en miroir de la réflexion de François: « l’artiste produit un spectateur ».
Elle favorise en lui certaines dispositions, certaines méthodes, les fameuses compétences in fine.
Et bien sûr, libre (sic) à lui de les utiliser en dehors de l’entreprise, à d’autres fins.
Le retournement des armes en fait partie.-
Claire N
InvitéD’où l’expression « je vais te fractaller la gueule « que je vais dès maintenant intégrer dans mon lexique
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Ludovic
InvitéCa à l’air passionnant là ce film avec alice ché pas quoi là dans un centre téléphonique.
Vous êtes chiant a jamais donner le titre des films.
Comme si vous parliez entre petits bourgeois de merde dans votre secte d’initiés.
Donnez le titre des films quand vous en parlez svp-
Sarah G
InvitéOK Ludovic, déjà en général sur ce forum, on donne les titres des films ou des livres, donc je te trouve injuste sur le coup.
Après tu peux demander sans insulter, ni t’énerver
Merci, ça serait sympa.
Et merci pour le » entre petits bourgeois de merde dans votre secte d’initiés ».
Donc
Le film est » Ceux qui vont bien » de Cyril Schäublin.
Voilà
De rien.-
Ludovic
InvitéMerci beaucoup.
J’ai une façon spéciale de dire bonjour.
Mais j’aime bien vos trucs culturels, mais j’ai pas vos codes et vos références ou où vous allez chercher vos films etc-
François Bégaudeau
Maître des clésSarah est bien chrétienne avec toi, Ludovic, qui te comporte ici comme un pitoyable bourrin.
Juste : sur « vos codes » et « vos réferences ».
1 Ceux qui vont bien n’est pas un code ou une référence, c’est un film que n’ont pas vu la plupart des gens ici. Que n’ont vu que lesgens présents au ciné-club mardi, pour la plupart des vingtenaires pas très argentés.
2 ce film je l’ai découvert à a suite du film Désordres, que j’ai découvert grace à une iranienne qui vit pauvrement depuis dix ans en Fance, et qui essaie à la force de ses bras de vivre en écrivant sur des films. Elle me l’a signalé parce que ce film traite des ouvriers anarchistes du 19ème, dans la Jura Suisse.
Cette iranienne est actuellement très inquiète devant les lois immigration qui peut etre fragilisent sa vie ici.
Voila pour « vos codes ».-
Graindorge
Invitécomment s’appelle t-elle? On peut l’aider? Je me souviens d’une iranienne très sympa sur votre facebook à la période du Festival de Cannes. Vraiment très sympa et lumineuse.
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Ludovic
InvitéInutile de me dégueuler votre tolérance
Je ne consomme pas de vomi-
Ludovic
InvitéVotre tolérance, c’est notre mort
Et même celle de notre conscience sociale
Si vous voulez mourir, faites-le, mais ne nous entrainez pas-
Graindorge
Invitéje comprends. Moi-même je n’ai jamais aimé ce mot Tolerance dans le sens que la bourgeoisie lui a donné: accepter » l’ôtre » avec cette condescendance + petite tape sur l’épôle! En prenant bien soin de vous faire sentir leur « superiorité »
Si cette journaliste jette un oeil ici elle saura que mes mots n’ont rien à voir. Il n’ y a aucune honte à être pauvre. Nous sommes nombreux à jongler pour nous en sortir et maintenir la tête hors de l’eau. La honte c’est d’appauvrir les gens. Encore et encore. Jamais assez pour ces vautours. C’est honteux de ne pas pouvoir vivre de son travail, de son artisanat, de son art et de surcroît avoir une épée de Damocles au-dessus comme dans le cas de cette journaliste. Alors oui, ça me paraît juste de voir si ya pas moyen de FAIRE quelque chose. Ici il y a des avocats je crois. Être mis au courant de la situation critique, voire très critique de quelqu’un et la fermer, non.-
Mélanie
InvitéJe me demande si Graindorge cause autant qu’elle écrit ici.
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Patate
InvitéCette capacité à parler sur tout et n’importe quoi en egrénant des banalités complètement hors-sujet est fascinante. Ça te fatigue pas d’être aussi gourde ?
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amour
InvitéEt cette incapacité à avoir un brin de jugeote.
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Mélanie
InvitéNon, elle est contente d’elle – et voilà amour qui s’y met.
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Carpentier
InvitéUn long texte sur l’expérience anarchiste et syndicale des travailleurs de l’horlogerie du Jura
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Graindorge
Invitémerci pour le partage Carpentier
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Le public
InvitéGraindorge, fais moi une faveur : moins de posts, por favor.
Muchisimas gracias
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soi-disant Philippe
InvitéBonjour, je propose le réalisateur Jeff Nichols pour une séance-débat à l’Arlequin. Bonne journée.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est pas gagné
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soi-disant Philippe
InvitéOk. De Sean Baker « The Florida Project » très bien. 1 h 50 ce n’est pas long, non ?
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François Bégaudeau
Maître des clésun peu long oui
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Olivier
InvitéFrançois, j’ai peut-être exagéré le Disarono glacé mais Juste merci pour toutes ces critiques à l’Harlequin (filmées ou enregistrées sinon ça sert à rien pour moi) et surtout à la gène occasionnée. Cela m’aide à penser le cinéma même et peut-être surtout quand je ne suis pas d’accord. Le réel, la justesse, les situations, … Pourquoi est-ce que j’aime autant De Palma ? Lost Highway ? Une histoire vraie ? we bought a zooo ? Pierrot le fou ? Tueurs nés ? Dead man ? Rien que pour vos cheveux ?
Pour Pialat, Kechiche, Paul Thomas Anderson ,Haneke, Ruben Osltlund, Pablo Larrain, Sophie Letourneur, Kathryn Bigelow, je vous à peu près…-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime De Palma, Lynch, Pierrot le fou, Dead man, Rien que pour cheveux.
Je ne vois pas bien où est la ligne de partage avec le reste.
En revanche je n’ai pas un grand souvenir de Tueurs nés, même si avec le temps j’ai appris à aimer le montage fou des films de Stone.
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Toni Erdmann
InvitéRevoir Certaines Femmes m’a permis d’affiner une intuition que j’avais sur KR. Je pense qu’elle agit beaucoup en socio-économiste. Elle définit méticuleusement tout le continuum un peu flou et ambigu entre la relation informelle du don contre-don et la transaction marchande formalisée par un contrat.
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Par exemple, l’avocate et le client finissent par devenir amis. Ainsi, ce qui serait normalement une visite professionnelle au parloir devient une visite amicale.
Gina peine à savoir si elle doit payer les pierres ou s’il s’agit juste d’un don (ou du pillage d’une personne inconsciente).
Dans Showing Up, les deux personnages principaux sont amies mais sont également dans une relation de proprio-locataire qui entraîne quelques difficultés sur la chaudière (dois-je être exigeante sur le remplacement de cette chaudière ou dois-je être flexible puisque c’est une amie ?)
Dans Wendy & Lucy, Wendy se demande souvent si un service est gratuit ou payant (le garagiste, la fourrière). Et l’ami qu’elle se fait sur le parking finit par lui donner de l’argent.-
François Bégaudeau
Maître des clésC’est très juste.
Et s’inscrit dans une plus générale interrogation sur les rapports.-
GaelleS
InvitéPremier film de Kelly Reichardt pour moi, très heureuse découverte, merci patron !
Au delà du rapport économique elle amène des situations qui troublent nos habitudes.
Comme tu disais hier François, on voit Laura caresser le dos de son amant avec son pied habillé d’une grosse chaussette, scène qui aurait pu faire pointer un certain érotisme qui pour le coup n’adviendra pas. On la voit quelques minutes après caresser son chien avec lequel elle partage son canapé -avec une intimité qu’elle n’avait pas avec son amant- toujours avec son pied mais là sans chaussette et avec les ongles vernis de rouge. L’érotisme normé aurait pu advenir en intervertissant amant et chien mais ce n’est pas ça qu’elle a choisi de montrer.
Autre moment qui m’a interpellée au regard de ce que tu as dit hier, c’est l’amant de Laura qu’on voit aussi dans la deuxième partie Gina. Au début je m’en suis aperçue mais finalement j’ai cru que je m’étais trompée et que ce n’était pas le même homme, probablement parce que spectatrice j’ai trop incorporé des schémas narratifs – tromperie = crise à venir.
Elle nous fait faire constamment des pas de côté.
Comme avec le chien de la troisième partie avec son physique inattendu, burlesque, joyeux de courir après le quad nous trouble, nous amuse et nous émeut.
Elle est très forte pour brouiller les pistes.-
François Bégaudeau
Maître des clés…. et donc nous emmener sur d’autres pistes
d’autres voies de cinéma
d’autres modes de rapports-
GaelleS
InvitéVoilà. On a envie de dire qu’elle filme dans une forme anarchique
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Charles
InvitéToni E., la prochaine fois que tu vas au ciné-club, n’hésite pas à faire comme le Monsieur le demande dans cette vidéo : https://youtu.be/pIunWJn8EZM?si=dolT56eXfO7uvzV3
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François Bégaudeau
Maître des clésimmense
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Hervé Urbani
InvitéJe connaissais pas cette vidéo. Je viens de la regarder quatre fois de suite en riant.
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Toni Erdmann
InvitéAvec plaisir. Si un p’tit con déclame des vers de Cabrel lors d’une question à François, tu sauras que c’est moi.
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Graindorge
InvitéMamá mía! Les autres sont terrorisés, à 2 doigts de pleurer! Et celui qui est juste à côté de Monsieur à moitié étranglé sur CÉ MOOAA! CÉ MOOOAA!
J’aime pas et j’aime pas avoir ri
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cedric
InvitéMême en dvd sur une pauvre télé t’en prends quand même plein les oreilles avec Punch drunk love. Cette utilisation du son a été évoquée hier soir à l’Arlequin? Quelqu’un a le temps de raconter un peu ?
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Isd
InvitéÀ quand un film des Frères Safdie programmé à l’Arlequin ? J’ai revu leurs deux premiers long-métrages, assez méconnus : The pleasure of being ropped (2008) et Lenny and the kids (2009), c’est fort !
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Charles
InvitéBonne idée. Je recommande aussi Mad love in New-York.
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françois bégaudeau
InvitéJ’aime plutot bien les premiers Safdie, mais seul The pleasure of being robbed pourrait etre candidat au ciné-club, qui comme on sait est très sélect.
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Cyril
InvitéJ’aime quand elle sort d’un sac qu’elle vient de voler un livre de Sarkozy. Vraiment très drôle.
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Eric Remy
InvitéBonsoir. Quel est le prochain rendez-vous à l’Arlequin autour de quel film ? A bientôt
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Charles
InvitéIntroduction de HSS, le 13 février.
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Thomas
InvitéBonjour , est ce que vous faites une sorte de newletter. J’aimerais être tenu au courant des dates des prochains cine club de F. begaudeau et des projections en programmation. Merci beaucoup
Thomas-
françois bégaudeau
Invitéla prochaine est le 5 mars, sur La Bataille de Solferino
La suivante le 9 avril, sans doute Roubaix commissariat central.
Les deux dernières de l’année ne sont pas encore fixées, ça ne saurait tarder-
Zyrma
Invitécontente pour le Mosco Boucault
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Zyrma
Invitéc’est encore moi, le Hamaguchi le plus court, c’est ma suggestion
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Guéguette
InvitéEffectivement, Roubaix a l’air chaud à se procurer.
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Raymond
InvitéJ’ai beau l’avoir senti venir vu l’affluence des séances précédentes et la nouvelle renommée de Triet, ma déception de n’avoir pas pu assister à la soirée faute de place n’en n’est pas grande.
Pour épancher la colère – de droite – j’ai rédigé une liste de solutions qui le sont encore plus.
1ère solution – l’égalité des chances: décaler le début d’une demi-heure pour que ceux qui travaillent vraiment, les créateurs de valeur de notre société, aient une plus grande d’être présents. Que ceux qui pensent que ce léger décalage ne changerait pas grand chose à l’existant se réfèrent à l’énoncé de la solution.
2eme solution – la fidélité comme valeur cardinale. Ceux qui sont présents pour les Hong Sang Soo seront prioritaires sur les Bégaudix, qui ne regardent que quand il y a un réalisateur primé à l’affiche. Et seront tous contents de faire remarquer à leur voisin que le mec qui parle c’est le prof d’entre les murs.
3eme solution – variante de la précédente. Réguler la demande en diffusant des films du collectif Othon. Ou des Marvel.
4eme solution – La super ligue. Convaincre François de racheter l’arlequin grâce à un prêt qui sera remboursé grâce à une multiplication des cinés clubs – 2-3 par semaine. On y perdra en qualité mais peu importe. Et si nécessaire on trouvera de nouveaux débouchés en diffusant des retransmissions en replay en Chine.-
Louise Michelle
InvitéRaymond, j’y étais ce soir. Oui je te nargue.
J’ai alors une 5ème proposition. Étant sûr d’avoir ma place, j’arrive en avance avec mon statut de non créateur de valeur, je te revends ma place à prix d’or. Faut bien que je mette du beurre dans les épinards des droits sociaux.-
Louise Michelle
Invitéde mes droits sociaux
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Claire N
InvitéJe propose le process à un investisseur ( je tente le CE de la boîte de Raymond )innonde la salle de pnj rémunéré sur la pluvalue
Et développe l’application uber – cine
J’écrase ta concurrence
Je prends un shoot de dopamine en prenant mon risque ; mais moi Raymond tu vois je bosse-
Claire N
InvitéLouise si je peux me permettre ; il te manque l’énergie de la métastase tu es à deux doigts d’une succès story
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Elan chalonnais Musk
InvitéMerci pour le transfert de connaissances.
Claire N. qui elle a compris que le knowledge c’est le power et turbo-transforme un pauvre havre de gauchistes restés à l’âge de pierre en un club exclusif auto-propulsé dans l’âge de l’information, elle dresse avec une précision diabolique les plans exécutifs d’une start-up résolument genre nouveau monde vraiment nouveau.
On prend son risque ici, en bitcoin, en nft, en pnj, en packaging substack adossé sur du twitter posting, en IDN-coaching, si c’est là qu’est la plusvalue, car les conquistadors de l’économie matérielle d’hier sont aujourd’hui des chasseurs de baleines en info numérique.
Keep it goin G-
Claire N
InvitéMerci d’avoir répondu à l’invocation
Maintenant selon le rituel de base le grand exorcisme peut débuter
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Elan chalonnais Musk
Inviténietzscheo(période turinoise)-anarcho-satanistes de droite only
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Raymond
InvitéJ’investis sans attendre.
Et te rémunères en stock-options car tu as su te montrer force de proposition.
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Raymond
InvitéJ’approuve la solution de division du travail Louise, ton temps libre a de la valeur; j’achète.
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Louise Michelle
Invitéénergie de la métastase ? je préfère être en bonne santé et attendre un jour l’édition du ciné club en poche
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Arnaud Lagardère
InvitéEt un Spike Jonze, francois ? Impensable ?
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françois bégaudeau
InvitéY a pas mal de trucs que j’ai davantage envie de mettre en avant que du Spike Jonze, même si j’ai plutot aimé à une époque (mais sa mélancolie monochrome a fini par me lasser)
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Charles
InvitéSoutien à toi Raymond, je me suis retrouvé dans la même situation mais contrairement à toi j’ai réussi à mettre en oeuvre mes facultés de rebond et d’adaptation, voire de résilience, si nécessaires dans la jungle de notre époque et à aller voir un autre film dans un autre cinéma Sans jamais nous connaitre, qui est un vrai chef d’oeuvre (non).
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dizzy
InvitéJe profite de la ressortie de la trilogie de Park Chan-wook pour mentionner 2 autres réalisateurs dont les films des années 2000 avaient marqué mes jeunes années : Gregg Araki (Mysterious Skin, Kaboom, Smiley Face, je n’ai pas vu sa trilogie précédente) et Paul Greengrass (Bloody Sunday, Vol 93).
Pas certain que tout cela ait bien vieilli ou que ces genres se prêtent au ciné-club, mais j’ai l’impression que les sillons creusés par ces deux-là sont désormais devenus des autoroutes.
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françois bégaudeau
InvitéDes trois, seul Park me convainc.
Greengrass a fait trop de merdes, à coté de films honnêtes, pour qu’on s’y arrête.
Araki ne m’a jamais intéressé, cinéaste Inrocks, mais il faudrait que je revoie.-
Malice
InvitéAraki a fait un film que j’aime : « Smiley face », comédie où Anna Faris ayant mangé trop de space cakes doit traverser une journée d’aspirante actrice et régler ses problèmes de thunes
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dizzy
InvitéAnna Faris y est incroyable ! Sans oublier le deuxième rôle du film, qu’on ne croise pas souvent dans une comédie : le manifeste du parti communiste.
Tiens il y a une nuit Araki à Saint-Denis demain
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Mathieu
InvitéPuisqu’on peut donner des suggestions je propose Christophe Honoré, apparu en 2002. Dans Paris, les Chansons d’Amour et La Belle Personne sont plutôt courts entre 92 et 90 minutes, et forment en outre une sorte de trilogie. Homme au bain encore plus court, 74 minutes
D’autres noms à la volée:
Debra Granik ( plutôt bon souvenir de Winter Bones et Leaves No Trace)
Andrea Arnold ( excellent souvenir de Fish Tank en 2009, mais je ne crois pas que François aime…)
Judd Apatow ou affiliés. Je pense surtout à Adam Mc Kay qui fait des films comiques courts avant de changer de style en 2015. Il y aurait de quoi dire. Et puis avec Step Brothers ou Présentateur Vedette, toute la salle rigolerait bien.
Michel Gondry ( jamais entendu François en parler, serait curieux)
Céline Sciamma ( un petit Tomboy des familles, ça serait pas de refus, en plus c’est court),-
Mathieu
InvitéEt Bong Joon Ho aussi. Le tout premier est court
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françois bégaudeau
Invité… oui je ne suis pas fan de ce premier film.
Pour le reste =
Debra Granik ( plutôt bon souvenir de Winter Bones et Leaves No Trace) ; connais pas.
Andrea Arnold ( excellent souvenir de Fish Tank en 2009, mais je ne crois pas que François aime…) : non, François n’aime pas.
Je pense surtout à Adam Mc Kay qui fait des films comiques courts avant de changer de style en 2015 : j’y ai pensé, mais hélas pas si courts les films.
Michel Gondry ( jamais entendu François en parler, serait curieux) : moi vivant, jamais.
Céline Sciamma ( un petit Tomboy des familles, ça serait pas de refus, en plus c’est court) : Tomboy je l’ai beaucoup défendu à l’époque. Et depuis les choses ont bien changé, elle a accumulé les films et les positions problématiques, je n’ai pas du tout envie de promouvoir cette cinéaste qui se promeut très bien toute seule. -
françois bégaudeau
InvitéHonoré est un artiste qui m’intéresse, mais plutot désormais au théatre qu’au cinéma.
Ses deux derniers films ne m’ont vraiment pas convaincu. -
dizzy
InvitéEt en parlant de comédies, Antonin Peretjatko ?
Son prochain, film de vampire au Japon avec Laure Calamy, semble avoir un bon potentiel de gêne-
françois bégaudeau
Invitéoui pour une gene ce serait super
pour un ciné club, pas sûr
suis pas assez fan
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Ostros
InvitéJe re-poste ici
La bataille de Solférino :
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Sarah G
InvitéMerci Ostros
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françois bégaudeau
Invitéje re-précise qu’il manque une demi-heure
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Mathieu
InvitéSalut François,
Tu as peut-être déjà répondu à ça à l’oral mais pourquoi avoir présenté un Soderbergh – certes des années 2010 – alors qu’il émerge en 1989?
T’accordes tu le droit de présenter des films des années 2000 et 2010 de réalisateurs dont le début de carrière est plus ancien?
Ou bien c’était juste une petite exception pour l’ami Steven?
Parce que sinon je serai moi aussi super chaud d’un Gus Van Sant des années 2000-
françois bégaudeau
InvitéJe l’ai fait avec PTA parce que je considère que PTA devient PTA dans les années 2000. ET pour Steven c’est encore plus vrai : il trouve son cinéma au milieu des années 2000 (au passage j’en présente deux avec Fred Mercier le 22 juin)
Mais c’est sûr que ça me permettait surtout de placer mes deux cinéastes américains préférés peut etre de tous les temps.
Disons que je n’aime pas assez GVS pour faire pareil, et puis GVS a eu des gros succès dans les années 90 – son premier film est même dans les années 80
Tant qu’à tordre la règle ainsi, je passerais plutot un Haneke.Cela dit le ciné club va sans doute se pencher sur le vingtième, à l’avenir
Ca permettra de projeter l’immense Elephant.-
PeggySlam
InvitéIl y a Paranoik Park aussi que j’adore de GVS et Lasr Days 🙂
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finnegan fox
InvitéJe suis d’accord avec toi François, pour moi Boogie Night et Magnolia sont des feel good movies divertissants mais peu impressionnants sur le plan artistique. Punch-Drunk Love est assez déroutant mais pas encore assez abouti. Il devient un génie à partir de There will be blood. Et pour Soderbegh je suis d’accord qu’il devient très bon à partir de la fin de la trilogie des Ocean’s et donc de Girlfriend experience.
Par contre, contrairement à toi, je place PTA largement au dessus de Soderbegh. -
finnegan fox
InvitéOn remarquera qu’ils ont tous les deux eu la trajectoire inverse de Tarantino, qui à partir des années 2000 n’a jamais reproduit le miracle Pulp Fiction/Jackie Brown, et s’est laissé allé à la lourdeur, à travers le motif de la revanche qui rendait ses films trop linéaire, trop prévisibles, trop classiques, à travers le motif de la réécriture de l’histoire, lourdeur suprême, et à travers l’overdose de violence. Avec les années 90, il est sorti de l’underground pour s’essayer au cinéma classique et la lourdeur qui va avec. Once Upon a Time était très bien les deux premières heures, léger comme un film de la nouvelle vague, puis ce gros bourrin vient nous foutre sa réécriture de l’histoire de Charles Manson.
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finnegan fox
Invité*Après les années 90
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finnegan fox
InvitéCe que j’ai adoré dans The Hateful eight justement c’est qu’il cessait ce motif de la vengeance, cessait de mettre en scène un héros et qu’il allait au bout de sa vision du monde nihiliste et absurde : aucun pôle de moralité, aucun pôle de vérité, tous les personnages étaient des menteurs et des basterds. Ça créait une esthétique de l’incertitude, du chaos, très puissante.
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françois bégaudeau
InvitéOn a avec Soderbergh et PTA les deux modalités en vigueur chez les grands : mode mineur, mode majeur
C’est comme Ozu-Mizoguchi-
finnegan fox
InvitéLe problème du mode mineur est que ça ne fait pas d’entrées… Personnellement je suis favorable à la sainte alliance entre nombre d’entrées et qualités artistiques, telle que réalisée par Fincher.
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finnegan fox
InvitéParasite, Pulp fiction, Gone girl étant des membres de cette sainte alliance. Amen.
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toni Erdmann
InvitéLe déplacement du ciné-club du mardi au lundi c’est pour l’obsolète De Bruyne ou le futur grand Odegaard ?
Petit troll qui soulage de la douleur d’un tel dilemme.-
dizzy
InvitéLogiquement ça devrait être 90 minutes de Rúben, défenseur central
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françois bégaudeau
InvitéC’est pas lié, mais au passage je suis assez d’accord sur Odegaard comme continuateur de Kevin, qui de fait est sur la fin
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Le trou noir Extatique
InvitéManquant de courage pour partager cette information lors de la session Q/R du cinéclub sur le documentaire Roubaix commissariat central affaires courantes, je partage plus modestement sur le forum.
Une série d’émission https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/serie-roubaix-commissariat-des-affaires-courantes, qui permettent de continuer de s’imprégner d’une certaine réalité à Roubaix, sous la sourveillance du commissaire Haroun. -
Anna H
InvitéMerci beaucoup !
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REMY
InvitéJe suis sorti de la salle hier soir dans un drôle d’état. Assez épuisé. Un documentaire comme j’en ai peu vu, avec ou sans commentaire (merci / pardon François !) ! Ce matin, j’étais très pensif. Ces jours-ci j’écoute tous les jours une version différente de la Passion selon Saint-Matthieu de Bach (ouais, je sais, on a les drôles de passions qu’on peut, parole de mécréant !). Et à un moment Annie était là. Comme un de ces personnages des Evangiles, totalement pas encore touchés par la grâce, avant Jésus et qui restera sans lui. Ca doit être ça, ce que les terribles appellent le manque de grâce, les pas élus, etc. Vraiment terrible. Et Annie, elle est arrivée aussi trop tard pour Bresson… Mais bon, y aura peut-être une bonne « âme » pour l’accompagner dans un autre documentaire, qui sait… ? Eric
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françois bégaudeau
InvitéAnnie est une sainte, et seul ce documentaire aura su le voir. Aura su la voir. Le documentaire est d’essence divine
Dans un bref échange mail, Mosco m’a parlé de Falconetti, la Jeanne d’Arc de Dreyer. Je n’y aurais pas songé de moi même, mais nous sommes dans ce registre.-
Eustache
InvitéAh mais oui ! Et un peu de Bresson + Dumont chez elle aussi…
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PeggySlam
InvitéEst ce qu’il est accessible en SVOD ce film ? Car comme je suis pas de Paris et quand vous indiquez les films que vous allez présenter je me fais la séance chez moi et merci de m’avoir fait découvrir le L’affaire Solférino qui a été une belle claque. Le coup de la manifestation avec les gamins. J’étais en apnée
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Tony
InvitéJ’ai vu qu’il est disponible pour les abonnés à la médiathèque numérique,si tu n’es pas abonnée et si François me l’autorise je peux faire un wetransfer en fin de journée.
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françois bégaudeau
Invitéje vous mets en contact
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Ostros
InvitéBonjour Tony,
est-ce possible de bénéficier moi aussi du wetransfer ?
madmrspi@gmail.com-
Eustache
Invitéj’aimerais tellement l’avoir aussi… wilblanch@gmail.com
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Tony
InvitéOk je fais ça ce soir
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Eustache
Invitémille mercis!
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Ostros
InvitéMerci ! Effectivement ça fait longtemps qu’on le cherche
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Chauffe-eau Sauvage
InvitéBien reçu pour ma part. Merci beaucoup !
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Chauffe-eau Sauvage
InvitéCa m’intéresse également
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Chauffe-eau Sauvage
Invité
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Fanny
InvitéJe suis aussi intéressée s’il est encore temps : fannymachin000@gmail.com
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cédric
InvitéBonjour, je me joins à la demande pour le wetransfer sur cette adresse Texarkana4@aol.com
Merci beaucoup.
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Eustache
InvitéEt du coup, Desplechin aurait saisi mais comme déplacer la mystique du docu vers les 2 hommes flics. C’est eux les saints. ça me rappelle le discours d’Amalric à Deneuve dans Rois et Reine, sur « les femmes n’ont pas d’âme »….
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Louise Michelle
InvitéBonjour François,
J’ai pu voir ce magnifique documentaire cette semaine. Bouleversé par le personnage de Annie et aussi de ce père arabe à qui sa fille lui parle mal.
Quand tu parles de sainteté pour Annie. Ou que ce docu est d’essence divine ? qu’est ce tu veux dire ? je suis peut être loin de ces références.
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PeggySlam
InvitéSuper ! Merci beaucoup 🙂
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Papo2ooo
InvitéJe croise les doigts. Merci !
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Tony
Invité@papoo2000 t’as un email?
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Papo2ooo
Invitéoui, papo2ooo@gmx.fr
merci beaucoup Tony
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Sarah G
InvitéMoi aussi Tony, j’aimerais bien que tu me transmette le wetransfer s’il te plaît.
Voici mon mail : sarah2375.sg@gmail.com
Merci -
Ubikibu
InvitéJe l’ai déjà lancé sur un autre Thread, mais c’est passé inaperçu, alors je donne l’info à nouveau, ça peut servir!
Sachez camarades que vous pouvez-vous inscrire gratos aux bibliothèques de Marseille depuis chez-vous. J’entends, même si vous n’y habitez pas et sans venir jusque là (pour les allergique au contrôle, il vous sera néanmoins demandé un scan de pièce d’identité).
Je vous encourage cependant à venir faire trempette dans les calanques, c’est pas incompatible.
Avec cette inscription vous aurez accès à la Médiathèque numérique (4 films par mois), aux yeux doc (10 films) et à la presse en ligne, enfin, une partie de la presse…. si ça peut éviter d’acheter le figaro, quand y a besoin de lire un article, c’est ça de pris!-
Ubikibu
Invité-
Ostros
InvitéSuper plan merci
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Fanny
InvitéGrosse découverte, d’un coup tant de films à voir ! Merci beaucoup.
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graindorge
InvitéUbikibu: Même depuis Ténérife ?
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Ubikibu
InvitéMême!
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REMY
InvitéA propos de Roubaix etc. : oui, Dreyer bien sûr. Je revoyais Ordet récemment( + Bach comme seule musique d’ailleurs…). Evidemment (au sens étymologique)… Au risque de passer pour un illuminé, je dois dire que j’ai, ce matin, encore du mal à me séparer d’Annie à qui je pense toujours. Et je me dis qu’elle serait le sujet d’un magnifique documentaire. L’idée est lancée. Attrape qui peut… / A la grâce de… Qui ?
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françois bégaudeau
InvitéJe dois alors t’informer, au risque de te peiner, qu’Annie est morte en prison récemment. C’est Mosco Boucaut qui me l’a appris, et il en était tout bouleversé.
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Billy
InvitéJ’allais te dire que sa sainteté n’est peut-être visible que dans ce docu, dans cette situation tragique, dans son amour pour Stéphanie. Mais là, grande tristesse.
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Billy
InvitéJ’ai essayé de résumer le ciné-club de François sur « Roubaix commissariat central, affaires courantes » :
C’est un docu d’immersion, ça en a la morphologie. Dans le titre, on entend que le docu prendrait en charge les affaires courantes, la régularité des choses. Alors que la fiction prendrait en charge l’exceptionnel. ça se discute, il y aura quand même de l’exceptionnel dans ce docu.
C’est filmé du côté des flics, ça pose question : qu’est-ce que ça produit de filmer du côté des flics ? du côté de l’institution ?
Là, ça nous permet de voir le commissariat, et d’entrer aisément dans la vie des gens.Dans le docu, les gens ont des têtes qu’on voit jamais en fiction. Ici pas de musique pas de scène de transition. Juste les situations, filmées à une seule caméra. Un film en situation. Le cinéaste choisit ses histoires comme les flics se répartissent des affaires en cours.
Stéphanie a le bras dans le plâtre, et ça ne veut rien dire, ça ne sera pas expliquer. La fiction nous condamne à ce que jamais rien ne soit anodin. Si en fiction un personnage a le bras dans le plâtre, on essaiera de comprendre pourquoi, et ce que ça induit.
Là, Annie et Stéphanie ont toutes les deux un bras empêché. La coïncidence est dingue, la fiction n’aurait pas pu imposer ça. Même les prénoms (Annie/ Stéphanie) sont imbriqués, riment. Et la femme dont la fille a fugué s’appelle Mme Procureur, la fiction n’aurait pas pu imposer ça.
Ça m’a rappelé Neige Sinno qui raconte dans Triste tigre que c’est un ami-artiste agé, qui a été son amant quand elle avait 20 ans, qui l’aide à porter plainte contre son beau-père. Elle écrit sur l’ami-artiste : « Avant de devenir amis nous avons été amants. Il avait 35 ans de plus que moi. Encore un fait paradoxal, mais je raconte les événements tels qu’ils sont arrivés. Ce qui est bien avec la non-fiction c’est qu’on peut faire fi de la vraisemblance, exposer les faits et les enchainements de faits qui semblent incohérents, voire impossibles, mais on a le droit, et il faut bien que le lecteur nous fasse confiance puisqu’on lui dit que ça s’est passé comme ça ».
Le réel fait fi de la vraisemblance.Retour au film : Les flics arrivent toujours après le crime, et interrogent les témoins. Suivre les flics, c’est toujours arriver après la scène, c’est signer un pacte avec le retard. On a juste accès à des traces, c’est un travail de reconstitution.
Une flic vient dans un magasin où a eu lieu un bracage. Elle interroge les témoins, ceux qui bossent dans le magasin. Elle s’en remet à la parole pour comprendre l’action. Pour le docu comme pour les flics, il s’agit de reconstituer par la parole la scène manquante, d’attraper le réel par bribes de paroles parfois contradictoires, parfois mensongères. On voit les flics poser des questions, mentir aux suspects pour essayer d’accéder à la vérité, on voit un mec porter plainte et à mesure qu’il étoffe le récit, on sait qu’il ment. C’est un docu sur le mensonge.Les deux heroines du film sont Annie et Stéphanie. Elles entrent dans le film comme si de rien n’était, car Mosco Boucault les filme en témoin, ce sont des voisines parmi d’autres. C’est une entrée anti-spectaculaire, une entrée qui n’a pas l’air d’en être une, donc géniale.
Pendant les aveux progressifs, pendant l’accouchement de la vérité, le cadre se rapproche d’Annie, se rapproche de son visage. Elle peine à boire et à fumer seule à cause de son bras, elle est aidée par le flic. A la fois aidée et encerclée, elle est foutue comme la hyène. Elle avoue petit à petit et elle pleure. On ne sait pas pourquoi. Elle pleure d’avoir avoué, elle pleure de ne pas être aimée par Stéphanie, elle pleure de sa vie tragique, elle pleure d’avoir tué (les larmes de Jonathann daval). C’est des larmes opaques. Dans le docu, la narration nous fout la paix. C’est à nous, spectateurs, d’essayer de comprendre ces larmes, c’est à nous de fictionner.
Pour la reconstitution finale, François a multiplié les analyses, les fictions :
– Stéphanie et Annie font les gestes sur le lieu du crime. On voit que Stéphanie domine et Annie suit. On voit ce qu’est leur relation en acte.
– le zèle des filles à refaire les gestes devant la police est sidérant. Pour une fois, elles sont contentes de savoir faire, elles savent répondre.
– le crime se passe dans un lit. Annie et Stéphanie sont un couple. Peut-être qu’Annie faisant ces gestes dans un lit avec Stéphanie, y a ressenti une décharge d’énergie, une décharge érotique.
– On y voit les différents affects à nu : Annie est amoureuse et veut rester avec Stéphanie, et Stéphanie pense à son fils. Quand Annie dit aux flics « mais si, c’était prémédité », on entend son souhait, sa stratégie : elle imagine qu’en disant la vérité, elle restera avec Stéphanie en prison. Et j’entends aussi Annie qui s’adresse à Stéphanie « mais si, c’est toi qui l’as prémédité, puisque je l’ai fait pour toi ».Quand Stéphanie montre qu’elle maintient Micheline pour lui faire boire le sédatif, elle dit « Quand je l’ai cajolée ». Elle veut défendre sa peau et j’entends aussi « cajolée » sans ironie, c’est peut-être sa façon d’aimer les gens, d’aimer Annie, d’aimer son fils adoré qu’on voit jamais.
Et le plan sur les produits ménagers volés, réunis par terre. Sacré filmLe docu, c’est de la matière à penser.
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françois bégaudeau
InvitéMerci de me remettre en tête les lignes de Sinno que j’avais soulignées de trois traits à ma lecture
Dans mon code interne, trois traits, c’est : vérité axiomatique. Sachant qu’il y a 11 vérités axiomatiques. Donc là on est vraiment dans le très important.-
Mao
InvitéJ’en arrive parfois à trouver la fiction idiote et détestable. Qu’est-ce qui justifie à tes yeux qu’on puisse encore faire de la fiction que ce soit en littérature ou au cinéma ?
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françois bégaudeau
InvitéLa question m’a été posée au ciné-club. J’ai dit où j’en suis sur cette question : la fiction c’est la quete du réel continuée par d’autres moyens. La fiction peut absenter le réel mais aussi aider à produire du réel. Ou plutot à réaliser le réel.
Il faudrait prendre des exemples
J’en prends un chez moi.
La scène des yaourts dans Un enlèvement. Scène totalement fictionnelle (si ce totalement a un sens). Mais qui permet de produire le réel d’une friction (comique entre autres) entre les deux Roms et Emmanuelle.-
Malice
InvitéEmmanuelle qui veut décidément porter la jupe de la rom
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Ema
InvitéMerci beaucoup. Il fait vraiment que je me depeche de ratrapper ce doc. Les lignes de Neige sur l’impossibilité de l’invraissemblance en fiction font réfléchir. Mais est-ce si vrai que ça ? Je veux dire: n’existe-t-il pas de grandes œuvres ou de grands auteurs qui se sont illustrés par un rapport décomplexé à l’improbable ? Au « trop gros pour être vrai » ? Mais peut être est il impossible d’échapper au calcul et au dosage dans ce domaine, ce qui constituerait la malédiction de la fiction par comparaison au rapport de faits réels?
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Seldoon
InvitéC’est une vérité axomatique alors ça doit être quand même assez vrai.
On en parlait l’autre fois plus laborieusement que Neige à propos de Michel : je buttais sur l’accumulation des morts dans Sundown et on me répondait que justement, c’était ce genre de surplus que fabriquait Franco.-
Seldoon
Invitéaxiomatique
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Jeanne
InvitéS’attacher à la vraisemblance, en fiction, cela peut consister – je crois – à effacer des éléments du réel semblant trop romanesques. Par exemple la vie nous sert des coïncidences parfois tout à fait invraisemblables, et qu’alors le romancier se gardera d’intégrer à son roman. Par souci de réalisme, donc, et afin d’éviter la critique du « on n’y croit pas, c’est téléphoné ».
Ce peut consister aussi à gommer les petits bouts de surnaturel (ou d’impression de surnaturel) qui éventuellement nous échoient, aux uns et aux autres. Et dans la lignée des coïncidences improbables.
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Moi je peux aimer les romanciers qui font ça, et aimer les romanciers qui le font pas. Grégoire Bouillier, dans Rapport sur M, raconte tout d’un coup, au milieu de ce roman parfaitement réaliste, sa « sortie de corps » à l’occasion d’un évanouissement. Et là on est étonné pas seulement parce que c’est une sortie de corps, mais parce que normalement ce type de scènes n’existe pas dans ce type de littérature. C’est donc à la fois une sortie de corps et une sortie des sentiers battus. (Moi, frappée par ce double étonnement, j’avais adoré).
Je précise, à l’attention des inquiets à mon sujet, que je n’ai jamais vécu de sortie de corps.-
Ema
Invité@jeanne
D’accord avec ton analyse. Je me demande aussi si cette frilosite de certains auteurs vis a vis de la coïncidence romanesque n’aurait pas simplement à voir avec la crainte de reproduire un ecueil habituellement attribué à la mauvaise littérature, voir une certaine littérature jeunesse ou à l’eau de rose. Bref, hâte de regarder Roubaix en tout cas, j’ai aime le film de Desplechin, ça me permettra d’approfondir cette réflexion sur la possible supériorité créative du doc par rapport à la fiction.-
Jeanne
InvitéEma,
En tout cas cette recherche de la vraisemblance dans la fiction ne m’apparaît pas comme une limite, une espèce de règle incontournable et qui restreindrait la possibilité créative. Et je ne pense pas qu’il y ait une « supériorité créative du doc par rapport à la fiction « …
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Billy
InvitéOui c’est si vrai que ça. Un fictionneur a forcément à se questionner sur la vraisemblance de son récit, alors que le réel arrogant s’en tape.
Franco, super exemple t’as raison. Il charge scénaristiquement pour que le spectateur retisse des liens entre les actions, trouve plusieurs causes parfois contradictoires, reconstruisent du récit par-dessus le scénario. (le spectateur normal hein, pas Seldoon qui passe à côté de l’Histoire de l’Art)
Je pensais aussi à Anatomie d’une chute qui met en scène ce questionnement du vraisemblable : il s’est passé cette mort invraisemblable, spectaculaire, dans le réel du film. La mort, c’est la scène manquante. Il va falloir en faire le récit. Analysant ce réel, chaque personnage du procès sera un fictionneur (psy, spécialistes des projections, avocats…). Les avocats-fictionneurs vont chercher le vraisemblable, ils n’auront jamais accès au réel. Quand Sandra dit qu’elle ne l’a pas tué, son avocat répond que c’est pas la question. Et le fils-fictionneur choisit de croire en l’innocence de sa mère. Le fictionneur est un croyant. C’est parce que le récit est toujours un peu le mensonge du réel que le récit se questionne sur le vraisemblable.
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Seldoon
InvitéQuand François parlait des deux bras invalides, il singeait les questionnements qu’on aurait eus en fiction : pourquoi les deux ? Quête de sens, signification, ou d’une explication compliquée (elles ont eu un accident ensemble ?) . Je retrouvais exactement les formulations que j’avais devant Sundown et la double mort qui déclenche tout : un d’accord, pourquoi deux ? Mon décrochement du film a quelque chose à voir avec la rupture, pour moi, du pacte du vraisemblable. En revanche je note que l’arbitraire à jour chez HSS avec les scènes miroir ne me gêne pas du tout.
Bien vu Anatomie d’une chute et sa succession de récits fictionnés qui tournent autour du réel sans l’atteindre, parfois sans vouloir l’atteindre mais sans jamais pouvoir ne pas au moins lui ressembler. Dans les deux films, les fictionneurs ont intérêt à défendre leur version, dont les détails (le chien a t il mangé du somnifère il y a des mois ? Où se trouvait la main de chacune ?) ont des effets papillons. Vuillard dans tristesse de la terre a cette phrase (de mémoire) : « la fiction a de ces à peu près qui changent tout ». Il parle à ce moment là de la mort du grand chef indien Sitting Bull, abattu dans sa réserve par la police indienne dans la réalité, vaincu par l’armée américaine (en bataille rangée, je précise) dans le spectacle de Buffalo Bill.-
françois bégaudeau
InvitéMais pourquoi parle-t-il d’à peu près dans ce cas précis? Je ne me souviens pas.
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Seldoon
InvitéPardon ce n’était pas clair, j’ai produit un de ces à peu près qui faussent tout. Je reprends. La réécriture totale de l’évènement en question, il en parlait ailleurs. Mais quand il dit cette phrase c’est à propos du point particulier de la cavalerie dans le spectacle à la place de la police indienne dans la réalité. C’est un détail, dans les deux cas c’est un régiment, et directement ou indirectement il est depeché par l’état américain. Mais cette lutte interne entre indiens résistants et indiens collabos, avec tout l’argumentaire qui vient avec la position de collaboration avec l’occupant, c’est compliqué. Le fait de raconter pousse à simplifier et à dire cavalerie, et ce même dans le cadre d’un récit (celui du Buffalo Bill Wild West Show) qui veut descendre les indiens et héroïser la cavalerie.
Il est d’ailleurs bien plus passionnant qu’il se soit fait tuer par une institution indienne. Ce n’est pas dans le livre, mais j’ai retrouvé depuis des témoignages de gens du conseil sioux, des dizaines d’années plus tard, qui considèrent que Sitting Bull était un fauteur de trouble et un lache qui n’avait apporté que des problèmes.-
Ema
InvitéJe ne connaissais pas, et je trouve géniale cette notion d’à peu près qui change tout. L’à-peu-près c’est précisément ce qui se refuse à la demonstration spectaculaire, évidente. On est pas passé loin que ça se passe comme ça, mais l’histoire a pris un petit détour. Sitting Bull, on l’aurait evidemment fantasmé mourir aux mains de l’armée americaine. Mais l’histoire a fait mieux, plus subtile, et infiniment plus révélateur : mort aux mains des siens, déjà acquis par la force des choses à l’autorité blanche americaine.
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Seldoon
InvitéPhrase exacte : « Mais ce ne sont plus des policiers indiens, c’est un détachement de l’armée américaine ; la fiction a de ces à-peu-près qui faussent tout. » (« faussent », c’est mieux que « changent »)
J’en profite pour vous soumettre le passage suivant, quelques pages plus loin :
« Nous sommes le public. C’est nous qui regardons le Wild West Show. Nous le regardons même depuis toujours. Méfions-nous de notre intelligence, méfions-nous de notre raffinement, méfions-nous de toute notre vie sauve et du grand spectacle de nos émois.
Le maître est là. En nous. Près de nous. Invisible et visible. Avec ses vraies-fausses idées, ses rhétoriques accommodantes. »
Que pensez-vous de ce « le maître est là » ?-
Dr Xavier
InvitéJ’entends « le dominant est là », dominant car en position sociale de dominant, et donc traversé des affects et discours des vainqueurs, et qui – tel un maître – a la magnanimité de faire passer au trébuchet de sa raison l’histoire infantile des vaincus.
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Billy
InvitéTout comme Xavier.
j’ajoute que le récit dont tu parles, est spécial : il est volontairement faux, c’est la réécriture de l’histoire par les vainqueurs. Celui qui écrit le récit a une position sociale dominante. (Précision importante, un récit doit se questionner sur le mensonge, sur le vraisemblable, mais il n’est pas toujours une trahison du réel comme c’est le cas ici).« le maître est là » est placé pour être opaque et j’aime bien ça. Dans cette opacité, je devine que le maître ce serait le dominant qui produit le récit officiel, c’est le dominant social, le blanc, et le dominant du récit, l’auteur.
Le maître serait même le récit officiel lui-même « Avec ses vraies-fausses idées, ses rhétoriques accommodantes », Un récit qui ment et qui hiérarchise le réel anarchique. Ce maître nous empêche de voir, nous donne des préjugés, des signes qui empêchent de voir, qui faussent. C’est le récit officiel intériorisé. -
Seldoon
InvitéTout comme vous deux. Dans cette opacité je me demande si Vuillard ne veut pas aussi laisser supposer qu’il y a dans la position de spectateur un truc qui vous fait traverser par des affects de dominant. Une sorte de soif de dominant. Je ne pourrais pas argumenter en l’état, c’est une intuition.
A la fin du livre il oppose « le spectacle » tel que décrit tout au long de l’ouvrage (dans la notion de spectacle il range un peu tout, du wild west show à une grande roue) au travail de Wilson Bentley, photographe à peu près inconnu mort en 1931 et qui a passé sa vie à patiemment photographier des flocons de neige, tous uniques. Il existe une autre forme de spectacle, forme non dominante, et qui ne ferait ni de l’artiste ni de son public des dominants. -
Seldoon
Invité(Remplaçons « artiste » par « producteur »)
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Julien Barthe
InvitéPour moi, « le Maître est là » va de l’intériorisation des normes dominantes, d’une signification politique plus superficielle et évidente à l’idée que le récit fictionnel est en soi une domination du récepteur . Une domination que tout spectateur désire. Dans le récit de Triet, la domination serait suspendue par l’indétermination et la nécessité pour le spectateur de redevenir actif.
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Julien Barthe
InvitéLe Maître c’est peut-être ce que François appelle « l’ordre narratif ».
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Julien Barthe
InvitéAprès, je n’ai pas lu le livre, pas vu le film de Triet et je ne sais pas vraiment qui est ce François.
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françois bégaudeau
Invitérire
moi non plus -
françois bégaudeau
InvitéLe maitre est là = le maitre est en nous.
Le maitre c’est un peu l’ordre social, qui pratique une sorte de propagande immanente en étant ce qu’il est
Pas loin de ce que Sartre appelait le « pratico-inerte », que Lagasnerie exhume dans un entretien récent.
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Ema
Invité«
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Seldoon
InvitéMerci Billy pour les notes. Grand film, super ciné-club.
Un autre point qui fut abordé en parallèle de l’analyse est un certain génie du dialogue. Ça a d’ailleurs divisé la salle entre ceux qui ont beaucoup ri et ceux que la gravité des faits a gardé à distance de l’humour une bonne partie du temps – moi ça va je peux rire en pleurant, pleurer en riant, je suis prêt pour les JO. Peu importe, la précision des dialogues de ce film est impressionante, on dirait qu’ils ont été écrits par un grand dialoguiste. La petite leçon de syndicalisme du flic au suspect qu’il vient arrêter, le menteur au commissariat évitant de prononcer les mots qui rendraient son histoire moins crédible ou plus raciste (djellaba, turban), « un européen et un algérien » avec ce changement d’échelle géographique entre l’un et l’autre, les mensonges à répétition de la police et leurs ruptures de ton (on passe, avec les mêmes personnage, du soutien syndical à la remontrance policière en un raccord)…
Tout aussi précis et moins rigolo : la fameuse scène de reconstition, dans laquelle se jouent comme il a été dit 45 scènes en parallèle. La reconstitution elle-même, la scène de meurtre d’il y a deux jours qu’on mime, l’histoire d’amour, tout le passé et tous les futurs possibles de chacune de ces deux femmes. François a parlé du zèle dont font preuve Annie et Stéphanie, et de leurs supers dialogues, encore (« que je dise pas de bêtise », le coup de la guillotine completé par la réplique, off, d’un flic : « y’a plus de guillotine »…). Dans ce zèle j’ai aussi vu, et ça m’a bouleversé, l’incroyable vulnérabilité et par conséquence l’insupportable soumission de ces personnes à l’autorité, à l’institution judiciaire. Je me montre bonne élève pour que tu me frappes moins fort. Malgré l’effroi que provoquent les actions commises puis mimées, malgré la pauvre Micheline, malgré l’horreur d’un viol sur mineur dont on nous parlait plus tôt, le temps d’une scène je fus le plus radical des absolutionistes pénaux.-
Seldoon
InvitéL’expression qui m’était venue, aidé que j’étais par les mensonges des policiers repetés, annônés sur un ton doux, encourageant, faussement bienveillant : elles jouent le jeu.
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françois bégaudeau
InvitéOui, bien sûr que joue, dans leur zèle la docilité à l’institution, à toutes les institutions. Une docilité de filles pauvres auxquelles les institutions en ont toujours imposé – et contre lesquelles elles ont appris qu’il valait mieux ne pas se battre (puisqu’elles savent mieux que personne qui gagne à la fin)
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Billy
InvitéOui François a même envisagé d’arrêter la fiction tellement les dialogues étaient forts. Leur « c’est ça ? je me trompe pas ? » pendant la reconstitution. Je garde aussi Annie qui dit « c’est à moi de parler » quand on arrive vers le lit.
Et le flic qui fait du porte à porte pour interroger les voisins et chuchote tout doucement à une dame hors champ « c’est la police de Roubaix. » super dialogue, super acteur.-
Seldoon
InvitéJe voulais parler de ce chuchotement, j’ai oublié en cours de paragraphe.
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Billy
InvitéCe chuchotement est ouf. Voilà c’était ma critique.
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Mathieu
InvitéOui les dialogues sont supers, et comme d’hab un scénariste pro ne pourrait pas les écrire
Mon préféré, qui a fait rire toute la salle:
La prétendue victime, mythomane, embêtée et énervée par les questions des policiers, qui relèvent des contradictions dans son témoignage: « hé voilà, moi victime je viens déposer plainte et on me questionne, alors que les coupables, eux, ils se sont enfuit dans la rue! »
Le policier, en off et très calme: « oui souvent c’est comme ça monsieur »
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Ostros
InvitéMerci Billy,
Je voulais attendre d’avoir vu le film pour lire. C’est fait. Je suis assez retournée par ce film. Par le fait que Stéphanie a l’air nettement plus consciente des répercussions de ses aveux qu’Annie et qu’elle réussit à s’en sortir plus qu’elle. Par la facilité avec laquelle les crimes, les meurtres adviennent, sans grandes scènes, sans effusion, et oui le zèle à reconstituer, Stéphanie qui maîtrise le récit jusqu’au meurtre puis qui se tait, immédiatement Annie prend la parole comme si elles s’étaient concertées en pensées « là c’est à moi de parler » et c’est pour raconter le pire. Est-ce qu’on sait si elles sont restées en contact toutes les deux ?
Certains plans sont incroyables : Le choix du placement de la caméra. Lorsque le réalisateur vient se placer collé à la joue du flic assis à son bureau en train de taper, et qu’on a le témoin qui parle en face, ou les plans magnifiques sur Annie, son visage si faible. Ou quand le flic parle en tête à tête dans la cour avec Stéphanie juste après la découverte du corps, doux par stratégie autant que par humanisme et par habitude, qu’ils sont très proches comme des confidents, puis ils se déplacent, la caméra suit, dézoome et on voit le poignet de Stéphanie menotté et la menotte tenue fermement par le flic. Quel plan.
Les flics sont toujours un peu plus que des flics, des sortent d’assistantes sociales, de conseillers, de grand frère. En peu de situations, on a conscience de l’étroitesse de cette ville (les voisins qui savent tout sur les autres, la rumeur qui se propage à une vitesse folle, la rencontre du flic avec l’ami de son grand frère dans une affaire de fugue, ça tutoie pratiquement tout le monde). Il y a une proximité entre les flics et les témoins / suspects que je n’ai vu que dans les films de Dumont, ils parlent aux jeunes comme si c’étaient leurs proches.
A part le mec qui ment au début pour visiblement toucher l’assurance (excellente réplique du flic lorsque le gars lui dit qu’il a peur des représailles : « ne vous inquiétez pas vous ne risquez rien, mais ça vous le savez »), on a affaire en majorité qu’à des préado / ado / jeunes adultes (les employés de la superette, la fugueuse, les accusés de l’incendies, le violeurs du métro et victimes, Annie et Stéph). On accède par ces quelques affaires à une compréhension sociale, systémique, de Roubaix, de ces zones les plus pauvres.
J’ai été touchée par l’extrême douceur du grand flic, toujours calme au point d’avoir le corps totalement relâché lorsqu’il se rend chez des suspects. Il n’a pas peur d’un accès de violence de la part des gens chez qui il se rend.
Les flics ont l’air d’en avoir tellement vu que plus rien ne les étonne. Ils savent moduler leur voix, être gentils, rassurants ou fermes quand il le faut, actionner les bons leviers, insister en même temps, subtilement ou pas, ou se partager les rôles. Mais ils font toujours, malgré leur expérience, confiance en ce que les gens leur disent. Ils ne font que suivre les histoires, et confronter les versions quand ça coince (Annie et Steph balade le flic au début qui les croient et aimerait aller dans leur sens, mais aussi les jeunes pour l’incendie). On est tellement loin des représentation musclées, autoritaires, violentes et maîtrisées vues mille fois au ciné, à la TV. Ca fait du bien aussi de voir ce type de traitement (j’ai bien conscience qu’à Paris par exemple il y a une différence dans les méthodes liées aux types de crimes différents qui y surviennent), de voir des flics gérer les coupables d’un meurtres avec la même humanité qu’ils ont géré plus tôt une ado en fugue. Je me suis demandé si ce n’était pas eux, par le traitement qu’ils font des deux jeunes femmes, qui leur permettaient de s’exprimer de façon aussi ouverte et à nous – parce qu’on a accès à leurs sentiments, leurs réflexions spontanées – de les voir comme on ne les aurait jamais vues. Là où une bande de keuf à la braco, grosse bite et compagnie aurait suscité des réactions sans doute plus violentes ou fermées chez elles. Est-ce que ça se passe relativement comme ça dans les commissariats hors des grandes villes ? Aussi calmement.
Il y aurait beaucoup à dire sur la parole, le mensonge. Côté flics et côtés suspects ou témoins ce sont des discours qui tâtonnent, bluffent, tentent d’influencer le jugement de l’autre, de séduire par différentes tonalités, par des regards qui accompagnent les mots. Toutes ses interactions sont paradoxalement d’une grande honnêteté, ils nous émeuvent.
C’est bouleversant de voir que seule Annie ne joue pas de son regard, contrairement à Stéphanie qui est toujours fichée droit dans les yeux de son interlocuteur. Ses beaux yeux bleus dans lesquels le doute ne se lit pas. Stéphanie a un regard plus brumeux, pas sûr. Le plan de la confrontation ne nous présente que Annie car Stéphanie est majoritairement de dos mais on devine ici ses yeux influents. Comment ils lestent la voix qui dit « tu vas quand même pas me faire ça » lorsque Annie la désigne comme étant celle qui a eu l’idée de tuer. Et Annie qui encaisse et s’adapte.
Je n’ai pas pu m’empêcher de prendre partie. J’ai moins apprécié Stéphanie. Sans doute du fait de ses regards sûrs, de son intelligence, ses calculs vis-à-vis de la peine encourue là où Annie avoue et se met en danger, semble vouloir protéger Stéphanie qui elle ne la protège pas. On se dit que c’est une sorte de double peine pour Annie, qui ne réalise même pas.
J’ai pensé à Anatomie d’une chute lorsqu’il y a eu la reconstitution et d’un coup j’ai trouvé la scène du film de Triet vachement froide et trop écrite, trop fictionnée, maîtrisée.
Je n’ai pas vu le Roubaix de Desplechin mais j’hésite du coup. Je crains de voir une mauvaise représentation du documentaire. Déjà Léa Seydoux, mais en plus Léa Seydoux dans le rôle d’Annie( ou Stéphanie ?), jeune, toxico, enfant abusée, miséreuse, alcoolique, ça m’inquiète.-
Ostros
InvitéEvidemment le rapport de force structurel entre les flics et les suspects rend au final chacun de ces échanges inégaux. Lorsqu’on voit le jeune être confronté à celui (le blond) qu’il a dénoncé pour le feu, ils sont tous les deux debout, l’un s’agite, accule l’autre, le domine, fait le flic en somme et les flics eux assistent à cette scène, assis derrière leur bureau, hors champ, l’un lance une réflexion au blond qui vient soutenir les accusation de l’autre jeune. Ce sont autant de situations où il serait facile de se méprendre sur l’enjeu de la scène, de perdre de vue où se situe le pouvoir. La profusion de voix, d’échanges, peuvent avoir cet effet d’endormir l’attention au système qui contient et produit la situation, en nous maintenant dans l’affectif par l’intensité des enjeux qu’elles débattent.
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TItouan R
InvitéIdem pour moi : titouan.rm@outlook.fr
Merci Tony -
Sarah G
InvitéMerci beaucoup Billy pour ce résumé.
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Gwendoline
InvitéBonjour Tony, je suis également très intéressée par le we transfer du docu de M. Boucault (elodiebenard27@gmail.com). Merci par avance.
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Ubikibu
InvitéTrès intéressé aussi Tony, il n’est pas sur Médiathèque numérique, juste la fiche du film. Merci beaucoup! lalignedombre@gmail.com
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REMY
InvitéInformation atroce. L’idée m’en avait hélas traversé… Je suis interdit. Eric
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françois bégaudeau
InvitéOui désolé de te l’apprendre comme ça, un peu sèchement.
Peut-etre s’impose-t-il alors plus que jamais de restituer la vie d’Annie, avant et pendant la prison. -
Billy
Invitéhttps://www.20minutes.fr/lille/45511-20050209-lille-deux-roubaisiennes-devant-les-assises
Annie me semble être celle qui a 29 ans et Stéphanie 27. L’article nous apprend des faits, prison, désintox, mais ne dit rien de la relation qui nous saute aux yeux dans le docu.-
Fanny
InvitéIl y a un article que j’aimerais bien lire : « Comment filmer l’infilmable ? Quelques réflexions autour de Commissariat Central Roubaix : affaires courantes », de Marie-France Chambat-Houillon et Yannick Lebtahi. En attendant, je note un peu ci-dessous où j’en suis avec ce film.
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Ce documentaire est vraiment particulier. J’ai eu l’impression d’être devant un document obtenu par effraction, un peu comme cette lettre de Micheline que le policier trouve après le crime et qu’il nous lit autant par curiosité que pour les besoins de l’investigation. Pourtant ce n’est pas tout à fait cela, puisqu’il n’y a pas de caméra cachée. Les personnes que nous suivons se savent filmées. Je suis impressionnée du peu de cas qu’elles semblent en faire, dans une situation pourtant extrêmement intrusive. Moi aussi, de l’autre côté de l’objectif, j’oublie cette caméra.
Ça m’interroge : comment se fait-il qu’on en sente si peu la présence ? Dans les documentaires que j’ai pu voir, c’est souvent l’inverse. Les gens se retrouvent dans des postures de représentation, de mise en scène d’eux-mêmes. Il y a une forme d’inauthenticité qui peut gêner. Y échappent peut-être seulement les fragiles, les innocents, les inconscients.
Ce qui change ici, c’est sans doute le deuxième œil en présence, celui du commissaire. C’est d’abord à cet œil-là que nos gens font face. Face à l’œil du commissaire, il faut se défendre ou se protéger. Sous son regard la vie se rejoue, et la frontière entre le vrai et le faux, le naturel et le composé, n’est soudain plus si nette. Vérité de quiconque se débat dans les filets de l’aveu, du mensonge ou du silence.
À côté de cet œil-là, la caméra n’est peut-être perçue que comme un appendice du flicage. Le film comme verbatim amélioré. C’est ce que j’ai d’abord supposé. Puis j’ai trouvé ces déclarations de Mosco Boucault , qui renversent la perspective : «Contrairement à ce qu’on peut croire, la caméra dans ces moments-là rassure, car elle fait office de témoin. En ma présence, rien de tordu ne pouvait arriver puisque j’étais là, en train d’enregistrer». Si c’est bien le cas, si la caméra est bien perçue comme une alliée, sa présence d’apparence si discrète est d’une puissance tout à fait retorse et traître. Si réellement les gens se trouvent mis en confiance et pensent que « rien de tordu ne peut arriver », la caméra devient bien malgré elle un outil policier, dont nous sommes témoins de l’efficacité. Un policier peut-il mentir en présence de cette caméra, prêcher le faux pour savoir le vrai ? Nos gens veulent probablement croire que non, et le dispositif les piège. Voilà peut-être où est l’effraction.
Je me demande : est-ce qu’un bon documentaire peut être éthique ? Un bon documentaire ne procède-t-il pas nécessairement par effraction ? Les moments dont nous sommes à l’affût, nous spectateurs, ne sont-ils pas ceux où les gens laissent échapper, malgré eux, ce qu’ils préfèreraient ne pas nous montrer ? Par exemple : le naturel, la bête dans l’homme et l’homme dans la bête ?-
françois bégaudeau
InvitéJe pense qu’un docu peut -être grand sans effraction. Arguments est un documentaire dans effraction
Mais si ce que tu appelles effraction est la captation de choses qui échappent aux filmés, alors tout est effraction, puisque nul ne sait, quand il est filmé, le rendu à l’écran. Cela vaut pour un entretien video comme pour un docu.
Les questions que tu poses ne sont pas inintéressantes mais elles sont insolubles car spéculatives. Une seule limite me parait viable : quand les gens filmés refusent d’être filmés, ou refusent, une fois filmés, que le film circule.
J’espère que le docu t’a inspiré d’autres questions et émotions.-
françois bégaudeau
InvitéL’éthique, en docu, me parait se situer ailleurs que là.
Je trouve à peu près tout le docu d’Angot inéthique.-
PeggySlam
InvitéPar la présentation que j’ai pu voir sur youtube sur le film Arguments, y aurait il la possibilité de pouvoir voir le film quelque part svp ? Ou est ce quelqu’un pourrait partager un fichier ? En vous remerciant.
En revanche pour moi Roubaix est la limite du cinéma que je ne peux arriver à aimer. Je sais pas comment l’expliquer mais vraiment à plusieurs reprises je voulais arrêter le film puis y avait quand même l’envie de connaître la fin. Mais voilà vraiment j’y suis pas arrivée. Peut être que si j’avais été présente à la projection, je l’aurais mieux accepté. Peut être… Merci pour le partage en tout cas
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J’aime Ma Voiture
InvitéArguments est sur Les Yeux Doc, certaines médiathèques y ont accès
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J’aime Ma Voiture
Invité-
PeggySlam
InvitéMerci beaucoup 🙂
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Fanny
InvitéOui voir le tuyau de Ubikibu plus haut : #41691
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Voiture
InvitéOui
Les médiathèques de Grenoble acceptent aussi les non-grenoblois gratuitement et donnent accès à d’autres plateformes de films
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Fanny
InvitéJe vais regarder Arguments. Je ne suis pas tout à fait au clair avec cette idée d’effraction, mais il y a quelque chose qui ne me laisse pas en paix, et qui tourne autour de ça, et de ce que la caméra fait advenir et qui ne serait peut-être pas advenu sans elle. Je spécule, je ressasse, je me dis que chacun a pu avoir sa part dans le jeu de dupes. Les suspects ont aussi pu s’imaginer tromper le monde à travers la caméra : voyez, je me laisse filmer, c’est que je n’ai rien à me reprocher, je ne peux qu’être de bonne foi. Mais c’est toujours un consentement à être filmé assez particulier, lié à la présence de la police. Ont-ils eu la possibilité, par la suite, de confirmer ce consentement ou de se rétracter ?
Je crois que ce qui m’a amenée à ces questions, c’est le moment de la reconstitution. Je m’imagine à la place de la vieille voisine, et je m’imagine aussi à la place des deux femmes. Ma douleur est des deux côtés. Je me sens mal pour ces deux femmes de les voir ainsi décrire et refaire les gestes du crime. Dans mon malaise, je me demande si le travail documentaire justifie que soient figées à jamais et visibles par une foule anonyme les images de ces femmes dans ce qui leur est arrivé de pire. Je voudrais croire que oui. En y réfléchissant mieux, j’aurais envie de dire que ce oui n’est pas un abandon de l’éthique, mais que c’est plutôt l’éthique qui le rend possible. Un regard éthique, qui ne fait pas de ces femmes des monstres mais qui nous permet au contraire de nous identifier à elles et de ressentir la misère dans laquelle elles sont prises.
Je reconnais que le film mérite mieux que ces questions-là… Simplement ça me travaille.-
françois bégaudeau
InvitéMosco Boucaut a bloqué la circulation du film pour ces raisons
Je suis pour ma part bien content de l’avoir vu, car le voir me rend meilleur.-
Juliette B
InvitéCet article ci-dessous explique un peu ici la genèse des choses. Ca m’a fait doux de savoir qu’Annie avait finalement avalisé la diffusion après avoir pu visionner le film en prison. C’est un peu vertigineux de penser à ce moment tel que vécu par elle.
Ce documentaire a attendu sept ans
Par Carine Didier – Le Parisien 2008En matière de documentaire, mieux vaut parfois laisser du temps au temps. Témoin, « Roubaix commissariat
central » a mis sept ans avant d’arriver à l’antenne ce soir sur France 3 (20 h 50). Mis au placard ? Non. Stoppé en plein vol par le sujet sur lequel le réalisateur, Mosco Boucault, a mis le doigt sans le vouloir. Parti explorer « la vraie France » en s’immergeant dans les histoires courantes du commissariat de Roubaix, il a pu suivre six enquêtes de Noël 2001 à juillet 2002.
Jusqu’à ce que l’une d’entre elles devienne l’Affaire… Celle de deux jeunes femmes, interrogées comme témoins d’un incendie criminel puis d’un cambriolage avant d’avouer qu’elles avaient tué leur voisine, une dame âgée.
« Je ne cherchais pas l’exceptionnel mais des petites affaires qui racontent une ville de province et comment on peut dérailler, insiste Mosco Boucault. Je croisais Annie et Stéphanie dans les couloirs quand elles venaient témoigner dans l’affaire de l’incendie. On parlait de tout et de rien. Mais je ne m’attendais pas à ce qu’elles reviennent au commissariat pour un meurtre et passent aux aveux. A trois reprises, elles m’ont donné leur autorisation de les filmer. Pour elles, comme pour d’autres, la caméra était un témoin réconfortant, l’assurance que les choses allaient se passer sans embrouille avec la police. »Les interrogatoires tournés, la glaçante scène de reconstitution également immortalisée sur pellicule, le réalisateur hésite. « Annie et Stéphanie ont commis l’irréparable. Je ne voulais pas que ce film puisse influer sur le cours de la justice. »
Il demeure à l’abri des regards jusqu’au procès en 2005. Or, les avocates des deux condamnées (Annie à vingt-deux ans d’incarcération pour meurtre et sa compagne à treize ans pour complicité) s’opposent ensuite à une diffusion, malgré les accords signés. Une procédure en justice donne gain de cause au réalisateur fin 2007. Entre-temps, il a montré le film à Annie en prison et
a reçu son aval.
Sept ans après le tournage, on pourrait penser que les images ont vieilli. Il n’en est rien. « Ce documentaire n’est pas daté car il parle de l’âme humaine, un peu comme si on lisait du Simenon », se défend Mosco Boucault. Ce soir, il sera complété par un débat animé par Laurence Bobillier pour approfondir certaines questions. Un souhait du réalisateur, soucieux de provoquer une réflexion sur « cette mince frontière entre le normal et l’irréparable ». « Ces filles ne sont pas des monstres, soutient-il. Elles ont déraillé, portent ce fardeau avec le désir de revenir parmi la communauté des hommes. » Quand l’horreur des faits est confrontée à l’humanité des auteurs.-
Anna H
InvitéMerci Juliette !
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Louise Michelle
InvitéJe n’ai pas pu venir au ciné club de ce lundi. Je verrais ce docu pour la première fois week end prochain.
Est ce qu’il a été annoncé le film du prochain ciné club ? merci-
françois bégaudeau
InvitéBirth, Glazer, 21 mai
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Louise Michelle
InvitéMerci François
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PeggySlam
InvitéComme toujours je me ferai la séance à la maison surtout que j’ai pu trouver le film. Bonne séance à ceux qui y seront et si quelqu’un pouvait capter l’intervention de François ça serait cool pour les absents comme moi. Merci
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Voiture
InvitéJe suis en retard pour Roubaix. Est-ce qu’un de vous pourrait refaire un wetransfer ?
Merci par avance.-
Voiture
Invité-
Fanny
InvitéJe préfère la trottinette mais d’accord
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Voiture
InvitéBien reçu,
Merci Fanny
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Louise Michelle
InvitéPour faire suite au documentaire de Mosco Boucault, une compagnie de théatre gestuel que je connais joue ce jeudi 02 mai une pièce appelée : Un jour tout s’illuminera. Ils reprennent mots à mots le docu avec surtout les moments avec Annie et Stéphanie.
Je ne savais pas qu’il travaillait la dessus avant d’avoir vu ce docu il ya 2 ou 3 semaines. J’irais certainement-
françois bégaudeau
InvitéDécidément ce genre de choses se fait beaucoup au théatre.
De quoi est ce le symptôme?-
Louise Michelle
InvitéC’est vrai ? je me rends pas compte de cette tendance.
Je leur poserai la question.
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Anna H
InvitéBled Number One est finalement programmé le 11 juin. La séance du 21 mai a-t-elle sauté ?
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Mathieu
InvitéNon mais le 21 mai c’est le Glazer il me semble – Birth
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Anna H
InvitéCe doit être une erreur sur l’annonce Facebook car sur le site de l’Arlequin, c’est bien marqué 21 mai.
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Seldoon
InvitéOui ça ressemble à une erreur, il y a des infos différentes écrites en même temps. Il semblerait qu’on reste sur :
– 21 mai : RAZ
– 11 juin : Glazer-
françois bégaudeau
Invitéoui il y a eu inversion
donc ce sera : 21 mai Bled, 11 juin Birth-
Seldoon
InvitéL’erreur est sur le mur facebook de l’Arlequin : il est écrit 11 juin pour le RAZ (dans le texte de description, pas l’image). D’où renouvellement d’ambiguité.
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I.G.Y
InvitéJe me souviens d’une époque, François, où attiré par ta verve critique sur RAZ, j’avais regardé son premier, un peu déçu. Depuis, tétanisé par le Gang des Bois du Temple, de même face à Bled Number One, je suis définitivement convaincu.
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Cet art qui « parle de lui même », ce film qui subvertit tout de l’intérieur en silence, c’est beau. Dire les choses sans avoir à les prononcer, une vraie affaire de tempérament, une ligne de démarcation dans les manières d’être, je me sens si proche de lui sur ce point (et dieu sait pourtant si je peux être bavard). Certains appelleraient/appellent ça un cinéma de branlette intellectuelle. Quel malentendu
.
Merci pour ce ciné-club, et vivement Birth-
GaelleS
InvitéEst-ce que toi ou un sitiste qui a assisté au Ciné club pourrait nous faire une synthèse de ce qu’a dit François ? Merci !
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I.G.Y
InvitéC’est une grosse pression. Mais surtout, il me semble que l’intervention est souvent filmée et postée sur youtube ensuite!
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GaelleS
InvitéOn aimerait bien mais le seul cinéclub filmé était celui consacré à Arguments.
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I.G.Y
InvitéAh, pourtant j’ai vu passer un youtube de la Bataille de Solferino dernièrement
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françois bégaudeau
InvitéJe crois que c’est les deux seules qui ont été captées (et partiellement, du reste)
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Alain m.
Invitéégalement sur youtube those who are fine de schäublin.
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françois bégaudeau
Invitéje ne savais pas
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Jean-Marie Bigard
InvitéPar manque de temps je ne peux te faire un résumé long et je vais donc sûrement trahir un peu ce qu’a dit hier François pendant 1h30.
On peut quand même noter que : -Important de noter que le film touche en partie à ce qu’on a appelé la décennie noire en Algérie qui a fait des centaines de milliers de morts.
-RAZ joue dans la majeure partie de ses films et que François voit cela comme une manière de diriger la scène depuis l’intérieur. RAZ qui joue Kamel ne fait grand-chose tout au long du film, il passe le plus clair de son temps à contempler.
-Beaucoup de plans du film (qui est une fiction) sont filmés à la manière d’un documentaire. Les deux ne sont pas indissociables. A ce titre, les premiers plans du film sont très parlant : les caméras qu’on pense être des caméras subjectives de Kamel n’en sont pas, elles sont trop hautes. L’hypothèse documentaire pourrait s’expliquer que RAZ découvre peut-être lui-même ce Bled qui est celui de sa famille. On l’appelle Kamel la France et il n’est pas tout à fait chez lui comme on peut supposer qu’il n’est pas tout à fait chez lui en France. Mais alors où est-ce, chez lui ? Ce chez lui, RAZ, on peut supposer qu’il l’a trouvé dans le domaine de l’art. Le cinéma lui permet d’ailleurs de s’offrir des choses que la société ne lui offre pas. Exemplairement ces moments de musique avec le blues-man dont j’ai oublié le nom alors que Kamel regarde le paysage. Le paysage, la nature, le Vivant, on emploie le terme qu’on préfère, je la tiens pour la seconde maison de RAZ-Kamel. De très beaux plans de cette vallée, de très beaux plans des oiseaux qui se rassemblent dans l’arbre soufflé par le vent. Le vent, les vagues, les éléments sont un autre aspect intéressant de son cinéma. Des éléments qui vont faire sortir le film des ornières posées par le scénario. Un peu comme ces incursions musicales du film. Parce qu’on ne choisit pas la bourrasque qui vient ni la houle qui s’annonce, les éléments naturels viennent contrer l’ordre scénaristique.
Je m’arrête ici, d’autres auront sûrement beaucoup à dire ou rajouter.-
françois bégaudeau
InvitéLe musicien c’est Rodolphe Burger.
Je ne sais pas si je recommande. Pas d’avis. -
GaelleS
InvitéMerci beaucoup Jean-Marie.
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Ducoup
InvitéOuais enfin pour le Gang des Bois du Temple, je suis désolé mais sa pâte à crêpe est beaucoup trop épaisse. Surtout qu’après tu vois que ça tartine des crêpes de supermarché (bravo la scripte). En même temps ils auraient galéré à la cuire sa pâte de merde…enfin bref, vous avez compris, niveau suspension d’incrédulité on repassera.
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françois bégaudeau
Invité« vous avez compris »
moi non-
Ducoup
InvitéC’est génial d’être pris pour un con, après tout passe.
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françois bégaudeau
Invitéla ressemblance est troublante
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Ducoup
InvitéJe te remercie.
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PE
InvitéPour cause de problèmes internets dont on se fout pas mal je n’ai pas pu accéder au forum pendant quelques jours, et n’ai donc pas pu publier le message que j’ai écrit après le ciné-club dans le métro du retour, encore tout plein de la séance (d’où peut-être peu d’emphase qu’il faut me pardonner). Je le mets là un peu en retard :
Putain quel film ! Et quel grand voyant que Rabah
Et ton commentaire François qui réussit cette prouesse d’être à la hauteur du film, c’est-à-dire peut-être nécessairement en dessous mais quand même puissamment à ses côtés. Merci pour cet ajout de beauté à la beauté. Pour cette caisse de résonance offerte à la grâce du film par la grâce de son élucidation.
En t’écoutant, notamment dans ces moments où ta pensée tâtonnant son issue la plus juste au fil de tes mots finit par la trouver dans une formule jouissivement bien ramassée, je me suis dit qu’il serait génial que tu écrives sur RAZ, assez longuement pour ne sacrifier à la synthèse ni la précision ni la complexité, ainsi que tu en as donné le modèle ce soir, dans le genre des monographies publiées sous la tutelle des Cahiers (est-ce que ça existe encore d’ailleurs ? Si non appelle les pour relancer la collection, ne serait-ce que pour ce numéro, je t’en prie, j’en ai besoin et le cinéma aussi. S’ils te raccrochent au nez c’est pas grave les élus t’auront au moins entendu ce soir).
D’ailleurs petit détail, il me semble bien que la musique du tout début (scène du travelling dans le village) était déjà utilisée dans Wesh wesh, et je crois même dans la scène finale – à vérifier, je veux pas te faire mettre des conneries dans ta monographie. Ce qui soutiendrait encore l’impression d’une intime continuité de regard entre ces deux films, dans leur distance même (géographique d’abord, mais pas que évidemment). Et puis elle est assez belle cette musique, dans sa joie bizarre de rengaine-
françois bégaudeau
InvitéMerci.
Je ne crois pas que la collection existe encore.
Mais c’est sur que s »il s’agissait d’écrire sur un cinéaste, Rabah serait un des premiers choix.Ce coup de la musique m’avait échappé. Et c’est évidemment décisif. La preuve définitive que Wesh et Bled se comprennent ensemble
Intéressant d’ailleurs que Rabah commence par ses deux bleds : le 2 (la France), le 1 (l’Algérie) et qu’après il commence à chercher un lieu tiers (pour ne pas dire tiers lieu).
Il faudrait aussi revoir Terminal sud, qui organise une indistinction entre les deux bleds.-
PeggySlam
InvitéEuh si si ça existe encore le dernier étant sur Jacques Demy (que j’ai pas malheureusement). J’espère que l’année prochaine je vais pouvoir venir à ces ciné club
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PE
InvitéMerci de ta réponse. Je suis persuadé que ça ferait un beau livre, du fait des évidents points de rencontre entre vos tempéraments esthétiques, dont tu as bien montré que par leur dialogue (tes mots, ses films, ton regard son regard) ils pouvaient s’éclairer l’un l’autre, s’intensifier, se déplacer mutuellement vers des points d’horizon nouveaux et s’autoriser de ces montées en magnitude pour lesquelles on a peut-être besoin d’être accompagnés – toucher le ciel certainement que ça ne se fait que seul, mais dans une solitude intensément habitée, peuplée de grands amis (a-t-on touché le ciel mardi, je ne sais pas, mais il y a quelque chose de ça)
Pas encore vu Terminal Sud, ni pas mal de ses autres films, et c’est un grand bonheur de savoir qu’ils m’attendent. Je serai attentif à la question du lieu
Et merci PeggySlam, bonne nouvelle que la collection continue ! On attend que les Cahiers t’appellent alors François. Un enchaînement Demy et Raz, ça sonnerait bien
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nefa
InvitéJ’ai vu Bled Number One, j’ai adoré.
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Dans la salle de spectacle de l’hôpital,
l’art qui s’exprime à partir du modèle américain : chanteuse de jazz.
Louisa en épouse tous les codes.
Elle le fait avec justesse : émouvant.
Des spectateurs dans la salle pleurent.
Dans la salle de cinéma, moi, pareil.
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Ensuite, les patients de l’hôpital prennent le relais.
Ils chantent.
Ils chantent en langue locale.
Ils manipulent un répertoire locale.
Ils donnent à partir de ce dont ils disposent.
La fille qui chante a une voix monstrueuse, elle est extraordinaire.
Par rapport à Louisa c’est autre chose. On est passé sur un autre registre.
Et Louisa pleure, non parce qu’elle est émue par le chant de la folle mais parce que là, elle a compris quelque chose, quelque chose sur elle, quelque chose sur la folle qui chante, quelque chose sur le mirage américain, sur la réalité algérienne. Lucide.
Celle qui est censée être aliénée transmet à une autre femme la vérité sur qui, dans cette histoire, est réellement aliénée.
Le nœud avait été pointé, peu de temps avant, au détours d’une conversation, de façon sentencieuse.
Là, il se défait.
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Et moi, dans la salle de cinéma, je ne suis pas ému, je suis transporté.
Et moi, quand je me rend compte de ce qui ce passe entre ces deux femmes, je me sens comme désincarcéré, comme si je venais d’échapper à quelque chose qui aurait pu être grave et qui en fin de compte ne m’a pas atteint. Soulagé. Je respire à plein poumon. Témoin d’une relation subtile. Je me sens heureux.
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Pour ce qui est de situer précisément le film dans le temps, je dirais entre 1986 et 1988.
On est au prémisse de la guerre civile. Au moment où ça se met en place.
1986 ouverture au public du Riadh El Feth à Alger. https://www.cairn.info/revue-l-homme-et-la-societe-2002-4-page-61.htm
Deux modèles, un socialiste et l’autre américain qui s’opposent frontalement.
Le modèle américain veut placer le consumérisme, le spectacle, le divertissement, l’alcool au centre de la ville.
Le modèle socialiste qui lui déplace tout ce qui est indésirable à la périphérie. En Russie c’était à 100 km de Moscou. Dans le film on cherche l’alcool à la périphérie du bled. On y va en taxi (?).
C’est la discussion au café entre le mari de Louisa et Bouzid.
Tout ça reste bon enfant. Entre hommes.
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On assiste au surgissement d’un troisième protagoniste (les intégristes) qui lui veut éradiquer ce qui est indésirable, soit le socialisme (qui le tolère) et le modèle américain (qui l’exhausse). Il semble beaucoup moins bon enfant.
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Les coups ne sont pas encore portés. On se menace, on s’invective, on se fait peur mais on se parle encore. On sort les armes des greniers, on met en place une logistique (munitions), on commence à se protéger (le barrage) mais pas un coup de feu n’est tiré. Ce n’est pas encore la violence et son lot d’horreur, de sang versé.
On sait que tout ça ne se réglera pas de façon subtile. Et qu’ici les hommes seront aux commandes. Ou penseront l’être.
Peut-être parce que se rejouera en Algérie une scène que Louisa, elle, elle connaît déjà. La tête qui heurte le tableau de bord de la voiture, la séparation brutale d’avec son enfant, le sang sur les vêtements, les hématomes. -
Sam
Invité21/05 Bled number one :
Comme une espèce de plateforme docu à ce film. Capter le village, les gens dedans. Générique docu : caméra sur le toit de la voiture. Plan de cinéma contemplatif. Travelling avant. Ça va lentement. Les gens qui croisent la caméra la regardent. Pas comme dans une fiction où il ne faut surtout pas la regarder. On peut faire des fictions dans un esprit docu. À 1h de film, Louisa s’en va. Plan sur le paysage puis plan sur Louisa. Moment narratif devient un moment contemplatif. Autre grand moment docu : scène du rituel. Partage de la viande, prière. Pas d’histoire là. Kamel participe mais il se fond parmi les autres. Plein de plans où il n’est pas. Il est aussi derrière la caméra. Il est dans le plan et ordonne le plan. Il sera question d’egorgement plus loin dans le film, en lien avec la guerre civile. Écho avec l’egorgement du bœuf. À 1/3 du film, il ne s’est tjrs rien passé. Qu’est ce que Kamel fait là ? Comme si on repoussait le commencement de l’histoire. Arrivée de Kamel dans un lieu. Plan voiture du début : plan de western. Arrivée dans le village comme dans un western. Les islamistes sont appelés desperados. Arrivée : caméra tjrs un peu loin. Longue focale. C’est le plan de base du film. Caméra éloignée puis plan rapproché. Moment du rituel : scène veritable ou refaite ? Peu importe. Docu est avant tout un mode de filmage. On peut filmer documentairement de la fiction. L’oncle pose des questions à Kamel. On va comprendre ce qu’il fait là. Kamel ne répond pas ou de façon évasive. Il ne livre pas l’info qui lancerait le film. Soit il est silencieux soit il répond à côté. Comme s’il était un principe de freinage dans le plan. En regardant ce que fait Kamel dans le plan on comprend aussi la logique de mise en scène de raz. Sousjouer l’intrigue pour faire monter quelque chose de l’ordre de la contemplation. Film ne met jamais en œuvre une sorte d’outillage narratif mais raconte énormément de choses. On sait à la fin que Kamel a été expulsé de France. Et il arrive bcp de choses à Louisa aussi. Mais ça n’a jamais l’air de raconter des choses. Même quand on donne des infos, le grain de la scène l’emporte. Moment prime sur l’intérêt narratif. Ne pas se contenter de mettre en boîte l’intérêt scenaristique de la scène. Perso narratif de Ramzy (mari de Louisa). Il doit faire avancer le film. Rôle brutal (méchant western). Troisième fois où on le voit, il est au bar avec le frère de Louisa. Discussion politique n’a rien à voir avec la suite. Il ne fait pas ce pour quoi il est là. On retarde le moment où il va accomplir son programme scenaristique. Ensuite scène violente : il vire Louisa de la voiture. Très violent mais comment c’est filmé ? Raz met sa caméra loin. Il le fait en un seul plan séquence. Brutalité du cut. Si beaucoup de cuts, on accompagne la brutalité. Avec un seul plan, on absorbe la brutalité dans une espèce de grande continuité qui est celle de la vie. Plan refuse de faire redondance par rapport à la brutalité. On joue ça autrement. Ensuite plan de lune. Ça se termine par une hauteur de vue sur la scène qui en annule la violence. Ce n’est pas rien ce qui s’est passé, ça a eu lieu, mais raz refuse de s’aligner sur la violence. Sorte de contrepoint. Hauteur. Scène ou Louisa est battue, il reste à l’extérieur. Pas tant question d’éthique mais choix esthétique. Se tenir loin de tout ça. Film met le pied dans le merdier et dans le même temps déploie des trésors esthétiques, des petits pas de côté, pour ne jamais entrer dedans. Toujours se demander comment Kamel se place dans le plan pour comprendre quelle est le position de Raz sur ce qu’il filme. Scene où desperados attaquent le frère de Louisa. Kamel n’est pas dans cette scène. Il n’est pas non plus dans la scene où ils débarquent au café. Il est dans un film parallèle. Cinéma de raz est séparatiste. Il fait son truc à côté. Kamel est un contemplatif, un silencieux. Dans les scènes avec les islamistes, ça éructe. Sens du cadrage marque la distance. Parfois il amortit par une scène de contrepoint. Après scène de violence sur le frère de Louisa alcoolisé, il y a un cut puis on voit Kamel jouer au foot dans la lumière du soir. Après la nuit décisive où Bouzig frappe Louisa et où Kamel s’attaque à Bouzig en représailles, on se dit que le lendemain on va acter ce qu’il s’est passé pendant la nuit. Mais réveil très calme. 3 plans : balcons de Camel, de Louisa et des hommes. A chaque fois que devrait s’enclencher une logique d’accélération et de brutalisation, il déjoue ça. Suspension. Scene ou ils vont chercher de l’alcool. Il s’ensuit une engueulade. On maintient dans le carré noir le vendeur d’alcool. Mais erreur de Raz : il fait un contrechamp. Pq basculer du côté du vendeur ? Esprit de la scène est de se tenir à l’extérieur. Kamel est doublement séparatiste : au premier plan et tourné vers nous. Au moment de l’engueulade, il regarde une fourmi qui porte une tige. 2 plans en un. Celui où ça se bastonne et celui de Rabah, la bonne diagonale. Kamel rentre seulement dans l’autre film quand il engueule Bouzig. Raz porté sur les récits enfantins. Il dit à bouzig « tu joues à l’homme ». Ils jouent un peu aux hommes en faisant leur barrage. Ils se croient dans un western. Raz traite ça sur un mode ludique enfantin. Traiter la guerre civile de cette façon est une manière de ne pas entrer dans son jeu de violence. Violence perpétrée exclusivement par les hommes dans le film. Kamel défend Louisa peut être par amour ou en tant que justicier. Quand Bouzig tape Louisa, il lui dit « tu nous fais honte ».juste avant il a été honteux devant les islamistes. Il le fait payer à sa sœur. Chaînon de la violence masculine.
Comment prendre le parti des femmes ? Après le rituel , il passe du côté des femmes mais pas par la parole. Il passe vraiment dans le plan des femmes. Plan du groupe de femmes filmé de loin. Docu mais touche de fiction avec sa position à lui. Plan parle tout seul. Se passer du verbe est peut être l’idéal esthétique de Raz. Prise de position très transgressive mais sans être surlignee. Double sécession au sein du groupe des femmes : microsecession avec Louisa, petite niche.
Suite du film : on prend le parti de Louisa. Film choisit de suivre Louisa et quitte le village. Kamel suit aussi Louisa avant l’hôpital. Scènes où Louisa se soumet à ce qui a été préconisé par le taleb : aller dans l’eau pour prendre les vagues et faire 7 fois le tour de la mosquée. Scene de bain : scene programmée par le taleb. Sauf que le moment est plus fort que le scénario. Il se passe plein de choses plus larges organisées par raz. Épave incroyable qui prend beaucoup de place. Kamel tourne autour de Louisa. Espèce d’électron libre. Comme si ça le démangeait de créer un accident. Mais c’est la mer qui va s’en charger. Vent important chez raz. Du vrai vent, pas du vent provoqué par des machineries. ouvrir son plan au vent c’est l’ouvrir a l’incertain. vent prend le parti de Louisa en balançant de l’eau dans une des cousines qui finit par boire la tasse. Scene aussi très érotique entre Louisa et Kamel. Programme du taleb complètement renversé. Ensuite scène de la mosquée. Ils ne prennent pas trop ça au sérieux. Prolongement de la scène n’est pas prévu par le taleb metteur en scène : dans cette mosquée Louisa fait ce qu’on lui interdit et chante. Passage offert par raz au personnage. Cinéaste s’offre un caprice. S’autoriser les choses dans le réel ordinaire. Kamel allongé. D’où vient le charisme de Raz? Espèce de force d’inertie, immobilité.
Ensuite tentative de suicide de Louisa. Même ça on lui empêche. Étape finale : hôpital psychiatrique. Fin un peu facile. Mais il se passe bcp plus que ça. Lieu qui devait être cauchemardesque devient un refuge, un lieu de paix., de sororité. Décision d’aller au bout du film parallèle. Film alternatif par les moyens capricieux et invraisemblables du cinéma. Ça passe par quelque chose qui est réel. on tombe sur la médecin,une sainte. De nouveau, moment offert au personnage : le chant. On aurait dit qu’on pouvait faire venir 2 musiciens de jazz. Film anarchiste dans ce sens. Cinéma offre ce cadre alternatif. On retrouve ensuite Kamel. Plan dans lequel il est immobile. Le bob orange est une vraie trouvaille. il dit qu’il ne peut plus vivre dans le village. Toujours un moment où les personnages sont coincés dans un monde inhabitable dans les films de raz. Il ne peut pas vivre en Algérie ni retourner en France. On l’appelle « kamel la France ». + généralement, c’est la societe qui est inhabitable. Il faut trouver un lieu. On offre un moment à Louisa. Kamel et Rabah vont aussi se trouver un plan, celui qui clôt le film avec le musicien français qui n’a rien à faire là. Même plan bcp plus tôt dans le film. Encore un plan sécession. Il monte et rejoint le chanteur, il s’installe dans son plan à lui. Il se met dans ce plan là parce que c’est là qu’il peut habiter. Plan très harmonieux. Position du chanteur, raz qui s’accroupît. Lieu qu’il a trouvé est la musique. Musique décolle de la positivité matérielle des choses. Le point de fuite est un chant en anglais. Anglais est la diagonale entre France et Algérie. Pq ce titre : bled number one ? bled que s’offre Rabah. Seul lieu habitable pour Raz serait l’art. Il s’est offert le cinéma que personne ne lui offrait.-
Papo2ooo
InvitéTous mes remerciements pour ce beau et généreux travail de restitution.
J’ai été bien peiné de ne pas pouvoir venir et tu me consoles un peu. T’es un bon Samy. -
GaelleS
InvitéUn grand merci Sam
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PeggySlam
InvitéJ’avais loupé un épisode avant la projection Birth de Glazer. Et je viens de rattraper le film Bled Number one. Juste une belle claque dans la tronche. Tout le cinéma du réel que j’aime dans ce film. Pas de musique juste la vie des gens. Entre peine et joie. Et cette façon de tuer la vache. Un film d’une authenticité comme on en voit rarement et là où je l’ai ressenti un peu moins dans son dernier film. Mais sans doute parce que c’est une forme que j’ai pas si saisir. En tout cas faut que je continue de découvrir ce réalisateur
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soi-disant Philippe
InvitéUne séance avec « Le dernier des fous » de Laurent Achard pour entendre François sur la mise en scène de ce très beau film ?
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françois bégaudeau
InvitéPour cette année, la prochaine sera la dernière, avec Glazer.
Cela dit ce film d’Achard ne m’a pas marqué à vie.-
Soi-disant Philippe
InvitéJe prends note de ce bref avis tourné dans une phrase négative « ne m’a pas marqué à vie » François a parlé . . .
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K. comme mon Code
InvitéTropical Malady pour l’édition suivante ?
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françois bégaudeau
InvitéPas mon Api préféré. Plutot Oncle Boonmee
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PeggySlam
InvitéJuste comme ça. Pourquoi vous demandez des avis siavis si on n’a pas le droit d’aimer ? Vous avez demandé un avis. Un avis n’est pas une critique. Il serait allé plus en profondeur si vous aviez demander une critique. Si vous avez peur qu’il n’aime pas une oeuvre que vous aimez autant ne pas poser la question (sans vouloir faire l’avocat du diable). Et c’est ce que je fais de mon côté. J’aime des oeuvres et celles qui me sont le plus précieuses je demande pas forcément d’avis aux autres. Je me les garde dans mon monde à moi. Enfin vraiment juste comme ça ;(
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soi-disant Philippe
InvitéTu as raison, cela ne sert à rien. Toutes les propositions faites sur le forum ont été recalées par François. Je visite ce forum de moins en moins tellement je me suis lassé de voir les participants venir y quémander un avis : As-tu vu ce film François ? Aimes-tu cet auteur François ? Me voilà moi aussi pris sur le fait.
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Ostros
InvitéCes demandes d’un avis de François sur un auteur, un livre, un real ou un film cest 0,5 % des messages postés…
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Ostros
InvitéMoi j’ai demandé un ciné club sur RAZ j’ai été exaucée, comme quoi…
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PeggySlam
InvitéGénial ! C’est plutôt ça ouai qui faut demander
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PeggySlam
InvitéJ’aimerais voir un jour Bégaudeau présenté The Tree Of Life à l’un de ses ciné-club
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soi-disant Philippe
InvitéRires.
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françois bégaudeau
InvitéDésolé, Philippe, de ne pas tout aimer. Ou de ne pas pouvoir caler tous les cinéastes du monde sur dix séances annuelles.
Désolé d’aimer 45 cinéastes français davantage que Laurent Achard.
Si tu veux je peux aussi mentir : répondre oui Laurent Achard absolument, ce génie, on y songera.
Au passage Tree of life est une très bonne idée.-
françois bégaudeau
Invitéet tu seras le bienvenu à la soirée Soderbergh du 22 juin
à moins que tu n’aimes pas soderbergh
ce qui est ton droit-
soi-disant Philippe
InvitéMerci j’y serai
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I.G.Y
InvitéPas tombé dans l’œil d’un aveugle tout ça. Merci.
Prévoir d’apporter trois bananes dans son sac (nourriture silencieuse).
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Carpentier
Invitéau Club de l’Étoile? bon, ça vieillit, quoi
Aprés avec 3 bananes, tu risques un peu de faire office de J.Baker ce s’rait raccord.
Bonne soirée dans ce haut lieu du punk.-
I.G.Y.
InvitéSacré rapprochement
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Carpentier
InvitéPour moi la seule référence un peu universelle, à part la danse parodique des Bronzés peut-être, où une Joséphine danse avec une ceinture de fruits avec des bananes.
Inculte, suis-je.
Si tu en connais d’autres, partage sans hésiter.
T’en remerciant à l’avance, le Club de l’étoile n’en reste quand même bien super ringard comme lieu.
+ perso, suis comme Jacques, plutôt pommes
Bonne soirée, bis. -
françois bégaudeau
InvitéEncore une remarque précieuse.
Puisque tu commentes de loin sans jamais mettre le nez, sache que l’Arlequin est aussi « ringard ». Fréquenté par des gens de 75 ans en moyenne dans la semaine. et possédé par une vieille famille riche. Sauf que lors des ciné-clubs la moyenne d’age passe à 25. Pour info.
Pour info aussi, le « club de l’étoile » est une petite salle où ont lieu des projections de presse, et des projections organisées par des associations. Samir, peu argenté, la loue ce soir là pour nous.
Incidemment la soirée portera sur Steven Soderbergh. Mais tu as raison c’est très secondaire.
Pour l’instant il a d’ailleurs peu de réservations. Un 22 juin il risque de faire un bide. Mais ce sont là préoccupations dérisoires par rapport à ta louable remarque au nom du cool.
Toi tu veux du moderne, du jeune, du cool, du Dupieux.
Le club de l’étoile : pas cool
Dupieux : cool
TU ne seras jamais sortie de ça. HIbernata 2006 -
Carpentier
Invitébonjour,
Mis à part ta re-situation de cette soirée dans le Microciné de Samir, et sa démarche, pour le reste je me suis déjà très informée – tu penses (par ton encart/ lien vers ta page facebook déjà, en bas de page de ce site, pas trop mal fichu, et par le site lui-même de ce Club de l’Étoile, privatisable pour toute sorte d’événement – et au sujet duquel tu choisis, comme toujours, bien tes mots et tes exemples pour enlever le cool du truc. De bonne guerre.
Que tu te réjouisses d’amener des jeunes dans des trucs de vieux, pour les éduquer à côté des séries – ? – est une louable activité, un beau projet, comme dirait l’Autre et je sais, par là, que tu restes fidèle au ciné-club que tu n’as jamais cessé de faire.
Alors, puisque je vois un petit onglet ’ répondre ’ qui me tente, sous ton Hibernata 2006, je me contenterai de répondre pour noter que de part et d’autre de cet – échange? coups de griffe? tout était surtout excessif, cynique, enflé, inutile donc sans doute – mais que les deux petits shots de mauvais rire en les envoyant valaient le coup.
J’espère que tes 4 dernières lignes aussi. -
françois bégaudeau
Invité« Que tu te réjouisses d’amener des jeunes dans des trucs de vieux, pour les éduquer à côté des séries »
Je n’ai absolument parlé en ces termes
Je ne me réjouis de rien
Et surtout je ne prétends éduquer personne – hibernata 2006
Un public de vieux m’irait tout autant, comme hier à Bourges, moyenne d’âge 78 ans
Ne confonds pas tes pauvres critères cools et les miens. C’est toi la jeuniste. -
Carpentier
Invitéoui, peut-être que ça m’irait bien un prénom comme Brune après, jeuniste, je ne pense pas mais vais prendre le temps d’y réfléchir.
Sinon, je disais plutôt que le lieu réhabilité c’est du cool.
Vu aussi que ça fonctionne en scop ce Club de l’Étoile, depuis une dizaine d’années et côté historique, 1920, ok, pas tant d’infos que ça en ligne, suis restée sur ma faim.
Mais je prendrais le temps de, comme on sait.
J’ai découvert (assisté à une projection) au Louxor récemment, mais là c’est étayé par la holding Haut et Cour j’ai cru comprendre et c’est bien plus ringard encore, Cher Françoamenhotep.
Et tu leur as présenté quoi à ces chanceux d’ octogénaires berruyers?
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Adrien B
InvitéBonjour,
Les dates des prochains ciné-club pour l’année 2024-2025 sont elles déjà connues ? J’aimerai beaucoup venir mais habitant Lyon il faut un peu d’organisation en amont !
Merci d’avance !
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françois bégaudeau
Invitéce ne sera pas avant janvier
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essaisfragiles
InvitéJe remonte.
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