Accueil › Forums › Forum général › Camille Teste – Politiser le bien-être
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, le il y a 1 année et 11 mois.
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Leo Landru
InvitéPas encore lu le bouquin car je découvre la personne ce jour. Ce qu’elle dit dans son entretien me plaît et rejoint à mon avis plusieurs points et détails soulevés par François dans ses essais – par exemple le dévoiement inepte de Nietzsche ou, plus important, la psychologie individualisante et inefficace face à des problèmes systémiques, le yoga pour lutter contre le mal-être dû au capitalisme. Et en peu de temps, j’ai appris beaucoup en écoutant cette conversation.
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Mu
InvitéEn effet, un des pièges, quand on est sensible au dégueulis et de la bêtise que trimballent actuellement les signifiants « bien-être » et l’injonction du « prendre soin », est..d’y renoncer, en balançant le bébé avec l’eau du bain. L’OMS présente la santé comme un état général de bien être, ce qui est un comble dans une société malade: celui qui est en bonne santé serait celui qui trouve son équilibre dans un environnement pervers.
On sait que le bien-être est un super créneau du capitalisme, la nana ne nous apprend rien. Elle dénonce quand même les DRH, et fait donc bien la différence entre le bien-être utilisé par les systèmes de domination (et la responsabilisation des individus au sujet de leur petit bonheur, le développement personnel), et le bien-être tel qu’elle l’entend
Au début de l’entretien, elle parle du manque de « prendre soin de soi » dans les luttes. C’est en effet un des gros problèmes dont les femmes en lutte souffrent plus que les autres, et celles qui souhaitent instaurer des moments de care dans la lutte rencontrent plein de difficultés liées à la violence des luttes et à la difficulté de poser les armures pour ensuite les revêtir et les déposer, bref, cette alternance
Malgré la simplicité de son discours, je trouve donc qu’elle a raison, même si on ne peut pas appeler ces pratiques « spirituelles » – ce que Chögyam Trungpa, représentant du bouddhisme tantrique tibétain en occident, dénonçait comme « matérialisme spirituel ». La spiritualité n’est pas une affaire de bien-être – comme s’il fallait poser cette étiquette pour que nous nous autorisions à un peu de douceur envers soi et les autres
Si donc on dissocie le « bien-être » et la « spiritualité », son discours me semble répondre à un gros besoin -
Mu
Invité… Et pourtant tous mes sens me disent que quelque chose cloche, quelque chose de « trop lisse », de bête, qui porte en soi tout un potentiel normatif débilitant qui gommerait tout ce qui est rugueux, et toutes les nécessaires conflictualités.
M’est avis que la douceur et la tendresse (puisque c’est de cela dont il s’agit, et non de « spiritualité ») ne doivent justement pas être politisés
Ce qui doit être politisé est la création de conditions rendant possible la tendresse
Pas la tendresse en elle-même
Après réflexion, sa proposition tend une fois de plus à abolir la différence entre privé et public, à une invasion des intimités, et donc à une forme de totalitarisme.
Donc au final, non à cette dame, ainsi que le suggéraient mes sens bien plus fins que ma tête-
Leo Landru
InvitéJe n’aboutis pas aux mêmes conclusions à la simple vision de cet entretien. Bien au contraire – la destruction de l’intime est ce qui porte le bien-être d’entreprise, le care corporatif. Camille Teste ne lance pas d’offensive sur l’intime, elle se réapproprie un dévoiement, sans oublier de questionner des notions comme l’appropriation culturelle.
Le yoga- puisque c’est entre autres de yoga qu’il est question – est un exemple concret. Pour avoir tenté d’en faire, je te dirais qu’il est douloureux pour un corps maladroit, fatigué, courbaturé et gras de s’humilier au milieu de gens beaux et sains. Pareil la salle de sports. Ne parlons pas des sports collectifs, ni même du sport payant en général. Camille Teste évoque entre autres choses cela et me parle, elle parle des corps abîmés et du soin que l’on doit leur apporter, et elle en fait une lutte politique. Ce n’est pas rien. Et elle donne à penser qu’au sein d’un cours de yoga peut se penser la relation d’un groupe face au capitalisme. Que le yoga n’est pas une béquille pour tenirbune journée de plus contre le capitalisme, mais qu’il pourrait tout aussi bien être anticapitaliste et s’inscrire comme outil de lutte. Ce n’est pas rien non plus.
La question de la tendresse et de la douceur – et non de la spiritualité qui est autre chose – la question de l’intime n’est pas celle du bien-être du corps corps massé, musclé, nagé, escaladé : du corps public qui appartient à soi mais se mêle aux autres. Comment il se mêle et s’il y est joyeux me semble être la thématique que soulève madame Teste.-
Nox
InvitéPar contre, elle commet une bêtise quand elle dit que le yoga serait de « l’appropriation culturelle », dans la mesure où la méditation dans le bouddhisme et dans l’hindouisme (qui se déploient différemment de l’un à l’autre) n’a strictement rien à voir avec le yoga tel qu’il est pratiqué en Occident. C’est un peu ballot, venant d’une prof de yoga.
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Leo Landru
InvitéOui ce serait un peu ballot si elle ne savait pas de quoi elle parlait. Heureusement elle sait qu’elle fait du yoga pour Blancs. Sur l’appropriation, quelques lignes intéressantes dans cet entretien.
Camille Teste – » Le Self-care peut être un outil politique »
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Nox
InvitéMouaich, ça va pas très loin, cet entretien.
J’ai quand même la lourde impression de voir une prof de yoga de gauche radicale en continuelle rationalisation en face des contradictions entre culture du bien-être et pensée radicale de gauche ; chose que son entretien au Média mettait déjà en lumière.
La démarche reste audacieuse en soi… mais c’est un peu lourdingue, cette envie de tout ramener à de la militance dans sa pratique de prof de yoga – on sent qu’elle a dû se justifier à de nombreuses reprises en face de militants de gauche radicale hostiles au New Age (chose qu’elle rapporte explicitement d’ailleurs).
‘Fin bref, je m’arrête là.
Bonne journée.
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Claire N
InvitéCe que tu évoques me parle, dans le cadre de notre association nous avons arraisonné un bout de terre pour y développer des jardins thérapeutiques, ouvriers, développer des activités de pratique écologique, d’école buissonnière…
Il s’agit de santé entre autre et de bien être également, nous avons comme cette dame perçu la récupération possible de ce type d’activité dans le champ capitaliste
Pas simple
Mais ce clivage me semble se situer sur d’autres activités de plaisir bar associatifs / bar loundge?-
Leo Landru
InvitéOui pourquoi pas ? Camille Teste comme d’autres raconte comment le capitalisme finit toujours par assimiler ce qui lui est hostile. Un bar associatif peut finir par devenir un entre-soi petit bourgeois si on n’en fait rien d’autre qu’une buvette. Comment passer du club de gym ou du bar associatif à la politique, c’est semble-t-il le sujet et il mérite réflexion + action.
Mais même, quelque part, juste le bar associatif ou juste le club de gym, si c’est gratuit/prix libre, c’est déjà quelque chose de vivant hors des clous.
Dans un autre post, un imbécile reprochait à François de vendre ses livres et de gagner de l’argent avec. Je n’ai pas pris la peine de lui répondre que les médiathèques existaient. Les livres peuvent vivre hors du circuit marchand pour ceux qui ne peuvent les acheter – les cours de yoga aussi, et la convivialité des bars aussi.
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Mu
InvitéEn effet, après avoir lu son article, étant donné l’immense souffrance moderne, ce qu’elle propose n’est pas si bête. C’est humain, doux, voilà. Par contre, appeler cela spiritualité, c’est gonflé. Ce n’est pas non plus « politiser » le bien être: elle dit elle-même que la politique, pour elle, a lieu dès qu’on sort du système de domination – ce qui est étrange, tout de même, puisque ça signifie que pour elle, y n’y a de politique qu’en dehors des relations antagonistes, ce qui est là encore tout à l’envers.
Elle fait de la thérapeutique, et certainement de la thérapeutique pour abîmé.e.s par les conditions politiques modernes. Voilà tout. Ce n’est déjà pas si mal.
Mais qu’elle prétende à la fois faire de la politique et de la spiritualité, tout ensemble dans sa grande marmite de sauveuse du monde, c’est une immense porte porte ouverte pour toutes les dérives possibles.
Léo, je disais maintiens que la frontière entre l’intime et le politique doit être justement nettement tracée. Les actes politiques concernent tout le monde, peuvent être regardés par la communauté. Au contraire de l’intime, et du bien-être dont seul ce qu’en dit la personne, si elle le souhaite, peut éventuellement être du domaine politique. Nous sommes dans une société hyper intrusive. Le moyen pour en guérir n’est certainement de continuer à brouiller toutes les frontières. C’est ce que je reproche à Camille Teste: elle n’est pas très futée, et ne se rend pas compte par quel travers elle contribue au système. L’intime a besoin de caché, de secret, d’ombre, de beaucoup de rien plutôt que de vacances (si elle n’a pas compris ça…). A tout mettre en lumière et en politique, on prépare le terrain au totalitarisme. Je maintiens….-
Leo Landru
InvitéJe crois que tu lui prêtes des intentions qu’elle n’a pas concernant l’intime, et que tu lui reproches une prétention de sauver le monde qu’elle n’a pas non plus. Il n’y a pas besoin de spéculer sur la dérive autoritaire du yoga. Il y a juste à se réapproprier le bien-être, ne pas le laisser aux marchands – c’est cela la politique, une action. C’est assez simple pourtant.
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François Bégaudeau
Maître des clésSe réapproprier le bien-être me parait en effet un très bon axiome politique
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Mu
InvitéLa prétention de sauveuse du monde, c’est ce que je me reproche à moi-même quand je mélange toutes les pratiques, et donc une critique que je lui prête aussi gentiment que je me la prête à moi-même – sans pour autant minimiser le danger que de telles confusions représente (à mon sens, que je ne développerai pas ici, puisqu’il faudrait aborder le sujet du totalitarisme, que c’est un vocable de bourgeois censuré par Mr l’auteur de ce forum).
L’intime, c’est parce que je pense que le mal-être concerne le politique lorsque ce sont les conditions politiques qui le créent (ce qui est majoritairement le cas dans nos sociétés) et ne le regardent pas lorsque ce ne sont pas les conditions politiques qui sont en cause. Le bien-être, quant à lui, est une question intime dans lequel la politique ferait mieux ne pas mettre ses pieds. Si ce n’est pas une question d’intime, mais seulement de sphère privée et d’organisation des relations, c’est que c’est une question de conditions matérielles. On peut alors en débattre dans le champ politique.
Mais le bien-être dont elle parle n’est pas une question d’organisation ni de condition matérielle, puisque c’est une pratique spirituelle millénaire, qu’il est difficile de pratiquer ici au milieu de personnes envahies par les idéaux libéraux. C’est le problème qu’elle a certainement rencontré dans sa pratique, et qui est un vrai problème. Mais je ne suis pas d’accord avec sa solution. Je préfèrerait que plus humblement, elle tente, elle, de pratiquer un yoga libre de libéralisme grâce sa conscience politique ou grâce à ce qu’elle trouve. Quitte, dans ses discussions sur les empêchements d’un tel ou d’une telle dans cette pratique là, à aborder les conditions sociales, politiques etc…. C’est très différent. Je préfèrerais cette différence. Elle a tout de même du mérite, c’est mieux que beaucoup de choses, mais hélas, j’y vois, moi, des travers que je partage ici, coûte que coûte, et je maintiens encore mon verdict malgré les foudres de Mr Bégaudeau qui semble aussi penser que Mme Teste a raison.-
Leo Landru
InvitéCamille Teste ne parle pas exclusivement du yoga mais du bien-être en général dont elle rappelle qu’il figure depuis 120 ans dans la devise de la CGT : Bien-être, liberté, solidarité.
J’ai le sentiment que tu interprètes en idées ce qui se veut concret : pratique à prix libre, en non-mixité, en bienveillance (encore un mot à se réapproprier !). En complément des luttes, se souvenir de leurs buts : le temps libre, le bien-être, et pourquoi pas la spiritualité après tout ? Rien n’empêche d’apprendre à méditer pour mieux supporter une garde à vue préventive.
Camille Teste n’est pas Christophe Honoré. Elle reprend au capitalisme ce que le capitalisme a subverti. Je trouve ça intéressant. Je reviendrai néanmoins pour continuer ce débat après avoir lu le livre.
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François Bégaudeau
Maître des clésTotalitarisme, maintenant. Allons donc
Pour quelqu’un qui ne pratique pas le champ politique, tu es très podigue en terme politiques.
Sur l’élément de langage « on prépare le terrain au totalitarisme », voir Histoire de ta bêtise, Pauvert, 2019 -
Mu
InvitéSuis-je idiote, la proposition n’est pas de politiser le bien-être mais de se le réapproprier! Mince, si j’avais bien tout lu…
Heureusement que Môsieur l’auteur est là pour me rappeler que je suis une saucisse – lui qui est tombé dans la seule marmite de pertinence du monde, et détient tellement toute la vérité qu’on na plus rien à dire dessus, spécialement en ce qui concerne le totalitarisme (que Mme Hannah Arendt, elle avait pas encore lu les écrits de Môsieur, sinon elle aurait pas écru, elle aurait eu trop honte)
La solution pour sortir de l’invasion totali(Bip) du néolibéralisme proposée par Mme Teste n’est pas de politiser partout pareil, en entreprise comme dans sa petite grotte d’été où partout c’est spirituel et bien-être, mais bien de poser une limite franche à cette invasion et de parvenir, dans nos pratiques réinventées, quelles qu’elles soient, à vivre autrement, comme on l’entend du fond de nos coeurs de crétins.
Je n’avais pas bien compris et remercie môsieur l’auteur de me remettre sur le droit chemin (zut, je me suis encore plantée du mauvais côté de la route, sété tagoche!) grâce au chaleureux partage de son cinglant esprit-
François Bégaudeau
Maître des clésJe sens chez toi depuis le début un vrai potentiel de troll. Il est en train de s’actualiser. Je ne suis pas déçu.
Je pourrais te dire : si Môsieur l’auteur t’indispose, tu peux aller voir ailleurs s’il y est. Mais je sais qu’à un troll ce genre d’invitation est une incitation à l’inverse. Fais comme chez toi, donc. Ce que tu fais depuis le début. Pour ma part je ne te répondrai plus.-
Mu
InvitéZut, je ne sais ce qui m’a trahi? Mes énormes poils d’oreille? Troll retient sa leçon et ne mettra plus ses crasseux pieds dans un forum politique où on ne joue pas avec Troll. Troll comprend que la démocratie doit être pensée par ceux qui savent, et non par ceux qui disent des bêtises. Troll comprend aussi le désir de rester entre amis et ne dérangera plus le monsieur. Troll retourne dans son bois jouer avec ses amis de la forêt et laisse les grandes personnes discuter des choses sérieuses auxquelles Troll ne comprend rien
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Cyril
InvitéLe terme totalitaire est assumé par Lordon pour caractériser le néolibéralisme : https://www.cairn.info/revue-cites-2010-1-page-127.htm
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Claire N
InvitéLa colinearisation des conatus, c’est bien dit
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Dr Xavier
InvitéSalut Cyril, si je peux rebondir sur ce mot, ce me semble discutable :
1. Lordon indique bien qu’il emploie le mot de manière détournée, « non plus au sens classique du terme, mais en tant qu’il est une visée de subordination totale, plus précisément d’investissement total des salariés, et ceci au double sens où il est non seulement demandé aux subordonnés, selon la formule commune, de « s’investir totalement », mais aussi où les subordonnés sont totalement investis – envahis – par l’entreprise. »
2. Ce n’est pas si assumé que ça, à ma connaissance il emploie très peu ce concept. Il l’a utilisé une autre fois durant l’épisode Je Suis Charlie, mais cette fois dans son sens plus classique, allez comprendre.
Ça ne fait donc pas partie des idées les plus brillantes de notre homme.
Enfin a noter que le mot est piégeux, ambiguë, qui peut vite prêter à confusion. Enzo Traverso parle de « mot caméléon, utilisé dans les contextes les plus différents et dans un but souvent plus descriptif qu’analytique » dans son article passionnant sur « Le totalitarisme – Histoire et aporie d’un concept »
https://www.persee.fr/doc/homso_0018-4306_1998_num_129_3_2963-
Dr Xavier
Invité(et je mets bien sûr de côté la bouillie intellectuelle sur Le-Totalitarisme, plat du chef avec un T majusculissime préparé dans les cuisines du bistrot ‘Les Nouveaux Philosophes’ avec sa sauce BHL caractéristique, comme justement rappelé dans Histoire de ta bêtise).
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François Bégaudeau
Maître des clésEt pour ma part je parle de totalitarisme marchand
La question n’est pas là
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Mu
InvitéDernier mot de Troll en guise d’au revoir: l’idée que le totalitarisme s’appuie (entre autres ,’est-ce pas) sur l’indistinction entre les sphères privées et publiques, et que donc il n’est pas certain que continuer dans ce sens soit un bon moyen pour lutter contre l’hégémonie néolibérale moderne, cette idée ne vient pas de Troll mais d’Hannah Arendt, que Troll a certainement lu de travers. Au revoir à tous ceux que Troll croyait un peu être des amis de bar, puisqu’il parait que les forums sont comme des bars virtuels, mais Troll n’est pas faite pour les bars et retourne brouter du pissenlit
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Leo Landru
InvitéDernier mot pour souligner pour la quatorzième fois qu’à aucun moment on ne parle de brouiller sphère privée et sphère publique. Un cours de gym, un massage shiatsu ou un cours de yoga en ligne ne relèvent pas de la sphère privée.
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Cyril
InvitéMais au sens lordonien, comme ça a été dit, de colinéarisation des conatus, est-ce que ça s’appliquerait pas à ce qu’on appelle les régimes totalitaires ? Au culte de la personnalité, au nationalisme, aux religions ?
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Claire N
InvitéJ’ai quand même une certaine perplexité quand à la nature du conatus ( je fais peut-être un affreux contre- sens) qui me semble non maîtrisable ? Ou alors au prix d’une grande perte ?
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Dr Xavier
InvitéLe conatus, pour Spinoza c’est que « Chaque chose, autant qu’il est en elle, s’efforce de persévérer dans son être. »
Déjà est-ce qu’on peut s’arrêter 30 secondes pour se dire que ce Baruch est un poète ?
Ensuite ce petit malin va te dire ah oui mais le conatus est un pur concept tu n’en trouveras jamais la correspondance empirique dans la vraie vie.
Donc on en est réduit à se dire qu’une pierre persévère dans son effort d’être pierre, et seul un effort plus puissant que son conatus la brisera (un coup de marteau bien senti).
De même, Claire N perservera dans son être de Claire N.
Et si un spinoziste me dit que je dis n’importe quoi je m’en fiche, le Hollandais n’avait qu’à pas écrire des livres, et moi ma compréhension me met en joie.-
Dr Xavier
Invité(et donc on ne co-linéarise pas les conatus, plus précisément par essence nous sommes des machines désirantes (par notre conatus), c’est bien plutôt la co-linéarisation de nos désirs qui est recherché)
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Dr Xavier
Invité(mais je crois que Lordon lui-même a laissé tomber cette histoire de co-linéarisation, parce que pour le dire très vite tout collectif ou institution cherche à co-linéariser les désirs, ce n’est spécifique en rien au capitalisme, cf. imperium, capture de la puissance de la multitude, disconvenance passionnelle, et patati pâte à sel)
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Dr Xavier
Invité(oui bon je sais Lordon dit texto « co-linéariser les conatus » dans le sens où le conatus se manifeste directement comme une certaine orientation désirante, bref, disons juste que les boîtes se sont mises en tête de nous rendre heureux.ses de travailler toujours plus pour elle avec des séances de team building à la con)
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Claire N
InvitéEst ce qu’un collectif « saint « ne se créeraient il pas plutôt à partir de l’augmentation de puissance
Désirée , une association de conatus qui toujours persévèrent dans leur être ?
Cette puissance la leur échappe, puisqu’elle est liée à l’émancipation ?
Me dit qui peuvent toujours courir pour l’attraper
Avec leur maison du bonheur
Merci pour tes éclaircissements ton explication m’a bien plu-
Dr Xavier
InvitéLà j’ai envie de dire que t’es prête pour lire Lordon (mes excuses si c’est déjà le cas). Ça te tente pas Imperium ? Il paraît que c’est difficile à lire mais pour moi ça a été d’une grande clarté. (Je veux pas donner l’impression de rouler des biscoteaux, je n’en tire nulle fierté, peut-être que ça a été d’une grande clarté parce que je n’ai rien compris, et je sais que moults ouvrages réputés (plus) faciles et (plus) clairs me restent obscurs.)
Il y a déjà cette présentation de son livre pour voir si ça t’intéresse.
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Dr Xavier
Invité(il me semble me souvenir que tu disais que quand tu lisais du Lordon, tu sortais le stabilo. Si c’est bien toi j’ai envie de dire jette le stabilo, j’ai fait comme toi pendant des années jusqu’à me dire que j’avais de compte à rendre à personne et je comprendrai ce qu’il y a à comprendre, faut se laisser aller. S’il y a bien une phrase de François dite quelque part sur ce Forum qui m’a fait toute la semaine, c’est que toute pensée est littéraire. ça me fait revoir tous les bouquins sous un autre angle : je l’ouvre, j’ai l’impression d’avoir affaire à une superbe dissertation ? je referme aussitôt. Je l’ouvre, je comprends rien, mais ça me fait des choses ? c’est poétique ? je continue. Gratitude éternelle à François pour cela.)
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai pas mal de gratitude pour moi même de m’être rendu compte de ça assez tôt
Mais certes la base littéraire y a bien aidé-
Claire N
InvitéAllez , ça marche je tombe les stabilos !
Merci ça me motive à le lire -
Claire N
InvitéSi je le prends comme ça , on va dire
Que je flaire le magma sous la sédimentation,
Et il faut bien avouer que c’est son caractère bouillonnant qui m’intrigue
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Dr Xavier
InvitéSalut Cyril, je vais répondre à côté de la plaque en paraphrasant un certain B. François : est-ce qu’on peut se passer de ce mot turbo-chargé de « totalitarisme » ? Je dis que sorti des labos de recherche on peut s’en passer.
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François Bégaudeau
Maître des clésLa reprise portait proprement sur l’expression « “on prépare le terrain au totalitarisme”
Le mot totalitarisme ne me pose pas de problème en soi. Même si je ne vois pas bien comment on pourrait en faire un usage précis.-
Dr Xavier
InvitéJe vois pas trop non plus. C’est un mot caméléon comme dit l’autre. Je note que c’est également utilisée comme invective à gauche comme à droite : Eric Nulleau vient de produire un truc bizarre formé de feuilles avec de l’encre dessus qui font des mots pour expliquer que Sandrine Rousseau est totalitaire.
Moi j’ai envie de dire à Eric de défendre nos enfants en s’attaquant d’abord au totolitarisme des blagues de Toto.
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Mu
InvitéTroll ne peut résister au joli pot de miel déposé délicatement par Cyril au milieu du bar. Troll pense de plus qu’il serait fort dommage de ne pas conforter le patron du bar dans son jugement sur Troll. Aussi Troll poste un dernier article pour bien montrer aux être humains, les vrais, ceux qui savent quels mots employer, combien ils ont raison de se penser que les Trolls sont des indésirables abrutis:
» De la vasitude du concept d’alignement des conatus – pourquoi Mr Lordon ne s’y est pas attardé.
Un vecteur représente un champ de force. Nous pouvons faire l’hypothèse que Mr Lordon n’a pas insisté dans ses mathèmes vectoriels parce qu’ils ne permettaient tout simplement pas de penser les systèmes de domination. En effet, le calcul scalaire s’applique dans un champ neutre, sans tiers médium, dans un processus égalitaire strict.
Un tel calcul pourrait parfaitement symboliser le processus décisionnel de consensus mou tel que pratiqué dans les associations adeptes de la « facilitation »: la polarisation est rendue impossible, les conatus se trouvant alignés par l’organisation exacerbant la synchronie des affects.
Il ne permet par contre pas de penser les cas où le champ de force est régi par un vecteur pervers polymorphe qui change de sens, de direction sans jamais perdre en force, et capte et influe sur tout vecteur qu’il utilise et détourne pour s’augmenter lui-même sans jamais se laisser lui-même diminuer.
Le conatus n’est pas du tout une force abstraite mais la puissance du désir, qui requiert, chez l’homme, contrairement à la plante, un effort constant de persévérance, le sens choisi du vecteur devant correspondre à la nature du porteur du vecteur, faute de quoi et le vecteur et son porteur s’étiolent.
Du bien-être:
L’état de bien-être correspondrait chez Freud, (« …ait » car il n’utilisait pas ce terme) à celui d’homéostasie (absence de tension entre l’intérieur et l’extérieur). Mlle Teste est donc tout à fait cohérente avec elle-même lorsqu’elle définit dans son article le politique comme le lieu d’absence de conflit (erreur de retranscription??)
Alignement des conatus, bien-être et totalitarisme:
Attendu qu’un vecteur se définit par sa puissance et son sens.
Attendu que l’état d’homéostasie (de bien-être) est celui dans lequel le petit vecteur, porté par son milieu favori (son Autre vectoriel puisque l’être humain demeure un être de relation, même dans sa plus profonde solitude: l’Autre est toujours présent), retrouve son sens propre, celui qui correspond à sa nature, sans les petits compromis du quotidiens et les soumissions aux champs vectoriels de domination.
Attendu que cet état ne peut s’expérimenter qu’en dehors du champ social antagoniste ou dans un champ social composé de vecteurs qui augmentent sa puissance propre sans perturber le sens du vecteur en question (ou permettent, là subsiste un brin d’espoir,dans un champ non homogène, d’enrichir et remodeler continuellement son sens – ses amis, attendu que cette relation est la plus complexe qui soit puisque les amis, dans un système non homogène, sont ceux en qui nous avons suffisamment confiance pour accepter d’eux qu’ils nous sortent de notre bien-être pour recréer continuellement du sens, en quoi consisterait l’idéal démocratique d’une société d’amis vide de Trolls et autres bestioles malintentionnées).
Politiser cet espace (ce « safe place ») engendrerait deux options:
– sortir de l’état de bien-être (de l’homéostasie qui abolit la différence intime/extime) en acceptant la conflictualité
– propager le champ de force dans lequel on se trouve en état de bien-être de façon à ce que tous les conatus s’alignent, à ce que chacun adhère naturellement à la puissance qui s’exerce sur lui et y contribue. L’homéostasie généralisée engendrerait l’injonction la plus effrayante qui soit: celle de l’abolition permanente des frontières entre l’intime et l’extime. En quoi ce processus ne ferait que préparer un certain terrain, et non accomplir la venue du monstre. C’est exactement ce qui manque au néolibéralisme pour accomplir son idéal totalitaire: nous avons déjà adhéré à la « réalité » de l’économie marchande hégémonique et accompli le virage autoritaire. Les milieux militants, subissant la répression et portant, par manque de soin et de rempart protecteur (le capitalisme ayant d’ores et déjà infiltré toutes les sphères de l’existence), les stigmates des violences subies, peinent à incarner entre eux les idéaux qu’ils portent.
Ne manquerait plus que l’injonction d’abolir la frontière entre l’intime et le politique (conséquence sus-démontrée de « politiser le bien-être »): nous n’aurions alors plus de lieu où notre conatus pourrait restaurer librement son sens et sa puissance (plus de solitude), dans son intimité la plus profonde, avec son grand Autre (en quoi consistent justement les pratiques de la plupart des traditions spirituelles, même lorsqu’elles prônent le « rien ») puis, un peu plus loin, ses petits autres (ses amis). La chute de ce dernier rempart est-elle réellement désirable? » Mu, Pauvrette, 2023 -
Mu
InvitéPs: les traditions spirituelles auraient pour but, passé les phases d’entraînement (purification dans la chrétienté, (« misogi » au japon), hinayana et mahayana dans le bouddhisme…) de rendre le conatus à une spontanéité qui n’est pas celle du déchaînement pulsionnel. C’est le but avéré de la tradition vajrayana – tantrisme (folle sagesse) et de toute mystique. Que ce processus ait cours en répondant un certain appel (le son du shofar, l’appel signifiant, le verbe) ou par un processus de déconstruction ou d’abandon du moi.
Comme quoi (sainte) Claire avait raison.
Aucun bien-être là dedans mais une vastitude tout à fait dépolitisée qui constitue un merveilleux rempart, dans lequel se trouve une petite porte ouvrant sur une vastitude qui constitue un merveilleux rempart dans lequel se trouve une petite porte…. Adieu -
Claire N
InvitéMu je comprends peut-être mal ta crainte, mais j’ai en tête le combat pour le droit à l’avortement qui pour moi a été politique et a permis de défendre l’ »intime « ?
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Mu
InvitéDéguisée en Troll déguisé en Mu:
Claire, tu as raison, mais il s’agit là justement, dans l’exemple que tu prends, de défendre nos entrailles féminines contre l’intrusion du politique et non de les politiser. Qu’on nous foute la paix là dedans. Qu’on se réapproprie notre bien-être est une autre proposition, bien plus défendable. Ma crainte est de voir surgir, par le biais du slogan « politiser notre bien-être », une nouvelle injonction tout à fait propice à l’invasion des quelques ilots de résistance subsistant tant bien que mal dans nos sociétés. On ne va pas politiser l’art ni la spiritualité ni la psychanalyse (du moment que cette dernière est pratiquée par un « résistant » qui n’est pas au service de l’adaptation, tout psychanalyste étant tenu, par sa fonction, d’être de gauche), qui sont des formes de résistance en elles-même déjà accomplies, au service d’une réelle émancipation. Reste le bien-être du corps et de ‘l’esprit, l’homéostasie freudienne, seuls lieux où ce slogan peut s’énoncer sans trop de crainte du ridicule. Mais là encore, il s’agit soit de défendre les singularités (hors du politique, de façon à ce qu’elles soient ensuite suffisamment solides pour s’éprouver ensuite sur le champ des combats publics), soit de créer les conditions sociales et matérielles qui rendront le monde viable (combat politique en lui-même, au nom des multiplicités de « bien-être » – c’est à dire du « bien » décidé de façon collective de façon à autoriser les diversités de « bien-être » existant). LE bien-être n’existe pas, il est fonction des singularités, l’état d’homéostasie étant fonction de chaque personne. Le combat pour le droit à l’avortement n’est pas une histoire de bien-être mais, comme tu le disais, de lutte contre des lois qui voudraient régir ce qui se passe à l’intérieur de nos corps. Garder précieusement des espaces – non pour faire régner l’a-nomie (toute vie a ses propres lois, et aucune société ne fonctionne sans des lois élémentaires, ne serait-ce que « tu ne tueras pas »), mais pour autoriser l’autonomie, au sens d’expression des singularités assumées, petits vecteurs assumant le sens de leur migration et étant prêts, à partir de là, à jouer avec les autres.
Je me suis engagée à ne plus intervenir ici, j’espère que tu comprendras toute seule tout ce que ce slogan implique comme injonction à briser les frontières garantes des constructions de la subjectivité (en dehors des effets positifs certains d’une prise de conscience politique des pratiquants de yoga, en dehors du yoga lui-même, ce qui permettrait effectivement de sortir de ce qu’Hannah Arendt appelle l’acosmisme) -
Leo Landru
InvitéEntretien encore plus intéressant que le précédent. De l’usage de son corps contre le capitalisme.
Bouquin commandé.
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Leo Landru
InvitéRemontée – en cours de lecture, j’entame la seconde partie. Ça se lit très facilement, c’est un ouvrage militant qui vulgarise son propos, aucune noyade dans les termes ésotériques qui sont décrits à chaque première mention.
Premiere partie : Déconstruire le bien-être.
Camille Teste dresse un historique du bien-être comme business. Elle raconte comment l’idéologie néolibérale a produit le concept de psychologie positive sous Reagan aux USA puis a fini par déferler sur le marché mondial dans les années 2000, atteignant aujourd’hui un chiffre d’affaires estimé à 4400 milliards de dollars. Ça démarre assez bien par une critique du marché du bien-être et de l’entreprise de responsabilisation à l’œuvre : si vous allez mal, ce n’est pas la faute du capitalisme mais c’est parce que vous ne prenez pas soin de vous. Les dérives sectaires sont abordées aussi, et finalement le constat que le bien-être sous ses diverses formes permet non seulement la diffusion de la doxa néolibérale mais offre aussi un terreau fertile à des imaginaires coloniaux, fascistes, racistes, sexistes, homophobes – exemples à l’appui.
Puis la critique s’adresse à une gauche radicale qui refuse toute pratique spirituelle. L’exemple choisi pour illustrer ce rejet est un évènement d’XR du genre week-end incluant des temps de méditation, mais d’autres exemples sont donnés. Les critiques touchent l’Esprit des Lumières franco-français rétif à tout écart spirituel, mais aussi le virilisme de la sphère militante ainsi que le sacrifice de soi. Contre-exemples donnés avec entre autres le self-care, doctrine venue des mouvements américains pour les droits civiques, qui enseigne l’art de prendre soin de soi dans les luttes afin de tenir plus longtemps.
Un extrait :
« Pour Marx, les religions ont tendance à proposer des récits qui, au lieu de nommer les causes réelles des souffrances humaines, tentent de les expliquer, de les atténuer ou de les justifier par d’autres logiques (…) qui tendent à maintenir les gens dans une sorte de brouillard mystique, analgésique même, qui les empêche de regarder la réalité en face, d’identifier les sources matérielles de leurs difficultés et de s’organiser pour lutter contre. C’est le fameux « opium du peuple ».
Cette idée (…) influence directement ou indirectement une grande partie de la gauche. Pour autant, cela signifie-t-il que la spiritualité soit en elle-même condamnable pour Marx ? Sans doute pas. L’existence de penseureuses marxistes et croyant•es nous le montre (Bernard Friot, Wissam Xelka), et Lénine lui-même, après Marx, rappelait qu’un prêtre avait toute sa place dans les rangs révolutionnaires dès lors qu’il militait aux côtés du peuple. C’est là le point essentiel : le marxisme n’est pas une philosophie anti-religieuse ou anti-spirituelle mais une philosophie révolutionnaire matérialiste qui s’intéresse aux effets matériels des choses sur la réalité. Il s’agit donc d’analyser les effets d’une religion, ou par extension, de toutes autres pratiques, sur la réalité concrète des gens. Si celles-ci ne les empêchent pas d’identifier les causes de leurs souffrances et de s’organiser politiquement pour les combattre, il n’y a pas de raison pour les condamner. »
J’entame la deuxième partie qui aborde concrètement la réappropriation des pratiques du bien-être dans le militantisme. Dites-moi si ça vous intéresse que je sache si je refais une microfiche de lecture ou si on s’en calisse.-
Sarah G
InvitéCela m’intéresse beaucoup d’en savoir plus et d’avoir ta deuxième partie Leo.
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charivari
InvitéPourquoi politiser le bien être ? (vraie question)
J’ai cette intuition, qu’à force de vouloir politiser tout et n’importe quoi, on oublie ce qu’est la question politique.
Cet engouement pour le bien être ne viendrait-il pas du manque de l’intérêt politique ?-
Leo Landru
InvitéLe titre provoc cache ce que Teste annonce dès le début : le bien-être est déjà politisé, il est néolibéral et s’accommode parfois de fascisme. C’est un énorme marché et le cheval de Troie de multiples malveillances.
Cependant, elle explique aussi en quoi le bien-être est une chose politique de gauche aux origines : au cœur des luttes, le bien-être et le temps libre.
Il ne s’agit pas tant de politiser le bien-être mais de le déconstruire et de créer un bien-être de gauche – un bien-être qui s’inscrive dans l’accompagnement des luttes ou qui soit lui-même la réalisation d’une lutte (contre les discriminations par exemple).-
charivari
InvitéMerci de ta réponse Léo Landru.
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Claire N
InvitéOui merci Léo de nous donner des nouvelles de ta lecture
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