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Accueil Forums Forum général Avis littéraire 3

Vous lisez 144 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #57750 Répondre
      Cyril
      Invité

      Que pensez-vous de Virginie Despentes ?
      Je lis son premier roman Baise-moi et suis déçu.
      Je ne trouve de quoi me nourrir sur aucun plan, le style pauvre malgré quelques petites fulgurances, la documentation de l’époque, du milieu social, rien de particulièrement bien vu, contenu théorique, rien à en tirer…
      Si qqn apprécie cette auteure, qu’iel me dise comment.

    • #57751 Répondre
      Cyril
      Invité

      J’ai mis page 3, je ne sais plus quelle était la dernière page…

      • #98513 Répondre
        Frezat
        Invité

        Principalement son style que je trouve au dessus des autres écrivain.e.s. Son sens des punchlines.
        Je dois avoir tout lu son œuvre.

        • #98640 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          style de droite en effet
          largement étudié dans Comme une mule

          • #98670 Répondre
            Oscar
            Invité

            Trop de pages à reporter ici ?

            • #98675 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Reporter ici des pages d’un ivre sorti en octobre, et qui aura été peu lu? Ma bonté n’y est pas prête.

              • #98676 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                A la rigueur j’aime autant te filer un PDF du livre, si tu me laisses une adresse.

                • #98776 Répondre
                  Oscar
                  Invité

                  Je comprends, et je m’empresse donc de trouver ces pages. Je choisis une solution alternative, mais merci beaucoup pour la proposition !

          • #98679 Répondre
            Frezat
            Invité

            Si c est que le style ça va 😁

          • #136916 Répondre
            Samuel H
            Invité

            Est-ce que ta critique dans Transfuge sur Vernon Subutex est disponible quelque part par hasard ? Je ne la trouve hėlas pas sur leur site. J’adhère totalement à tes commentaires sur son style viril dans Comme une Mule, et j’aimerais beaucoup en lire davantage.

        • #98669 Répondre
          Oscar
          Invité

          Je l’aime aussi ! Notre côté gros beauf certainement 😉

    • #57754 Répondre
      Fanny
      Invité

      Je ne connais pas encore ses romans. Dans King Kong Théorie j’avais trouvé de quoi cogiter à travers son témoignage sur le viol et sur la prostitution, sur le porno aussi.
      « Si mes souvenirs sont justes, et je crois qu’ils le sont, ça n’était pas leur agressivité qui était difficile à côtoyer, ni leur mépris, ni rien de ce qu’ils aimaient, mais plutôt leurs solitudes, leurs tristesses, leurs peaux blanches, leur timi­dité malheureuse, ce qu’ils montraient de faille, sans fards, ce qu’ils montraient de leurs faiblesses. Leur vieillesse, leur envie de chair fraîche contre leurs corps de vieux. Leurs gros bides, petites bites, fesses flasques ou dents trop jaunes. C’était leur fragilité qui rendait le truc compliqué. Ceux qu’on pouvait mépri­ser ou haïr, finalement, étaient ceux avec qui on pou­vait le faire en restant bien fermées. Prendre le maximum de thunes, minimum de temps, et ne plus y penser, du tout, après coup. Mais, dans ma petite expérience, les clients étaient lourds d’humanité, de fragilité, de détresse. Et ça restait, ensuite, collé comme un remords. »

    • #57758 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Je crois me souvenir que F a écrit un texte intéressant sur V Despentes mais je ne le retrouve pas

      • #57770 Répondre
        piolet dans ton crane
        Invité

        si quelqu’un le retrouve ça m’intéresserait

        • #57784 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Faudra le demander à François après sa session de surf

    • #57769 Répondre
      perové
      Invité

      pareil sur la série vernon

      ennui, style désastreux, réference punk mes couilles toutes les deux pages pour étaler la confiture…

      seul livre posé après 40 pages depuis 4 ans

      • #57771 Répondre
        piolet dans ton crane
        Invité

        j’ai maté la série canal adapté de vernon y’a longtemps, j’en revenais pas a quel point c’étais mauvais

    • #57785 Répondre
      Tony
      Invité

      Le site des Inrocks étant, pour une durée limitée,accessible aux non abonnés,je suis tombé sur cet article de Nelly Kaprielan,bien connue pour son hostilité à tout ce que peut écrire François,et qui nous apprend qu’elle a passé,comme Despentes,toute son adolescence à aller voir,dans des squats,des concerts de punk(pas de jugement de valeur sur le punk dont je ne connais rien mais drôle de sociologie chez les amateurs de cette musique)

      [Que relire cet été ?] “Baise-moi” de Virginie Despentes, un choc littéraire inentamé

      • #57786 Répondre
        Tony
        Invité

        En fouillant dans le site,j’ai trouvé une tribune récente de Nicolas Mathieu,après les beaufs et barbares,les tours et les bourgs,voilà les bleds et les bacs pro!

        Nicolas Mathieu : “Pour une gauche des bleds et des bacs pro”

        • #57799 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          La ligne Ruffin a déjà échoué. Mais on est ravis que ces gens aiment leurs proches racistes. On aimerait qu’ils le soient un peu moins. Eux. Leurs proches.

          • #57801 Répondre
            Tony
            Invité

            On n’a pas l’impression que les décoloniaux arrivent un jour à se faire entendre des classes populaires blanches,en tout cas c’est pas en les traitant de racistes qu’ils y arriveront, pendant ce temps le business continue tant mieux pour lui!

            • #57844 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Je te parle de decolonialisme ? Non, les racistes seront pas moins racistes si tu les traites comme des petits bichons de prolétaires chéris ; il se trouve que les racistes préfèreront voter en fonction de leurs affects racistes parce qu’ils sont racistes, et c’est cool que Nicolas aimait son papa, s’il écrit un livre sur lui ça se vendra bien. En attendant, dire que LFI se focalise sur les minorités des banlieues au détriment des prolos blancs est faux : c’est une vision raciste. On veut bien jouer avec eux à la guinguette parce qu’ils sont sympathiques, mais c’est comme ça. Et j’ai pas d’idée sur comment empêcher ces gens d’être racistes ; par contre, je crois qu’un monde sans classes aurait moins besoin de stratifications raciales. Donc Inch’Allah, hein.

              • #57851 Répondre
                Claire N
                Invité

                Sur que pas facile de pantériser des bichons
                Si il a pitié de son père c’est pas de l’amour c’est du mépris

        • #57821 Répondre
          Christophe M
          Invité

          Le texte parait dans Les Inrocks. De qui se moque-t-on ?

      • #57787 Répondre
        Claire N
        Invité

        « mais moi qui avais passé mon adolescence aux concerts de punk dans les squats et à lire de la BD, ça ne m’avait pas autant étonnée, autant ravie, que les lecteur·rices, plus âgé·es, qui la découvraient alors. »
        Pourquoi préciser «  pas autant étonné « ?
        Est-ce à dire que la première lecture l’a blasée because elle est pas distinctive ?
        N’oublions peut être pas que les bourgeois sont à l’aise partout
        On dirait un article de cosmo sur un accessoire tendance je trouve pas trace du livre

        • #57788 Répondre
          Tony
          Invité

          Quand elle dit ‘pas autant étonnée ’je le comprends comme étant déjà familière de l’esprit punk,si tant est qu’il existe,par rapport à des lecteurs n’ayant pas fréquenté ce milieu culturel,après sur le livre en lui-même certes elle n’en dit pas grand chose,c’est pas vraiment l’objet de l’article d’en faire une analyse,elle nous dit juste qu’elle le relit régulièrement et qu’elle continue à l’aimer.

          • #57798 Répondre
            Claire N
            Invité

            Si tant est que l’esprit punk existe oui peut etre
            En tout cas un corps punk me semble plutôt éloigné de ce qu’on peut qualifier d être un «  familier « 

        • #57789 Répondre
          Mélanie
          Invité

          « moi qui avais passé mon adolescence aux concerts de punk dans les squats et à lire de la BD »
          Ouh c’est tellement cool

          • #57790 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Nelly K cette vraie punk
            Moi j’ai passé mon adolescence dans ma chambre à écouter Nirvana et Deftones et à languir pour des mecs que je n’osais pas approcher ou qui faisaient les connards
            Je dois être une vraie looseuse

            • #57796 Répondre
              Claire N
              Invité

              Rire – en tout cas ton «  connard » sonne plus vrai

              • #57815 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Merci

                • #57817 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  – avec une révérence 🙂

      • #57792 Répondre
        Cyril
        Invité

        C’est vrai que la scène du viol collectif est une des plus réussies mais elle me paraît fortement invraissemblante. On sait que les viols violents commis par des inconnus sont la minorité mais en plus par une bande de complets sadiques ça devient suspect.
        On dirait que Despentes dans Baise-moi a voulu dépeindre un monde apocalyptique, genre Mad Max.

        • #57795 Répondre
          Cyril
          Invité

          On peut la soupçonner comme le fait François à propos des amateurs de Dune appréciant en fait une esthétique fascisante, d’aimer cette violence, cette poisse, plutôt que de la dénoncer comme on lui en prête l’intention. Quand c’est assumé ça ne pose plus de problème.

          • #57816 Répondre
            Mélanie
            Invité

            ça me rappelle une conversation où on se disait que ça serait intéressant de connaître nos goûts de droite…

    • #57843 Répondre
      Tony
      Invité

      Toujours dans les inrocks,pardon François,je découvre un exemple de la détestation ancienne de François par Nelly Kaprielan,je ne savais qu’elle pouvait être aussi féroce,

      François Bégaudeau se prend le mur

      • #57850 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        Les citations de FB ressortent vraiment dans cet article, qui est autrement très ennuyeux.
        En quelques phrases, on voit très bien où commence l’écriture
        C’est la topographie de NK qui est complètement flinguée, elle voit des reliefs où c’est plat et inversement;
        d’ailleurs on comprend pas bien ce que Houellebecq vient faire là-dedans
        l’accusation de Sous-Houellebecq c’est aussi un drôle de tarte à la crème de la critique, qu’on retrouve aussi bien chez les réac que chez les plus « cools »

        • #57863 Répondre
          Tony
          Invité

          A l’époque Houellebecq était un dieu pour Kaprielan, j’ai lu quelques entretiens,elle est dithyrambique,bon ça lui a passé…

      • #57860 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Un truc de 2009 Tony. Était-ce bien nécessaire?
        Je peux apprecier la férocité quand il y a de la consistance, de l’intelligence, mais là beuh
        Écrit un 1er avril. Un poisson?
        Je me tais

        • #57862 Répondre
          Tony
          Invité

          Rien n’est nécessaire dans ce monde,tout est contingent er personne ne t’a obligé à le lire.

          • #57917 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            C’est pas important Tony! Pas grave du tout, du tout, du tout comparé à toutes les saloperies pas necessaires: le génocide à Gaza, les gamins du Congo et sans aller loin, dans ton quartier ou le mien, des gens que j’aime sans les connaître personnellement entrain de penser comment finir le mois ou pire comment en finir alors on a bien de la chance d’être là à dire ou pas dire ce qu’on dit! A partager des titres de films, de la musique, des poèmes. Figaro -ci, Bégaudeau là, l’univers s’en fiche
            Là je t’écris du marché et y’a plus de légumes et de fruits que de gens mais j’ai le forum, le dernier livre de García Marquez, le maillot pour aller faire un plouf tout à l’heure, 3 pêches, une mangue et un yaourt, mon collègue ( qui passe après les pêches, oui!) Et la vie est belle. Allez, accolade
            Baîetas

            • #57919 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Que vends-tu ?

              • #57922 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                @ Mélanie: des fruits et légumes biologiques et biodynamiques, du miel, des œufs, du vrac: lentilles, riz, sarrasin etc… des olives, des bougies, des savons

                • #57924 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  D’accord

                • #57929 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Ça doit te faire lever tôt le matin j’imagine ?

                  • #57934 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Plus envie de répondre même pas sur l’horaire d’un marché

            • #57920 Répondre
              Titouan R
              Invité

              « Je me tais » écrit-elle…

              • #57925 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Camarade Titouan, tu n’étais pas obligé de perdre du temps à me lire puisque j’écrivais à Tony

        • #57867 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Il y a aussi plus récent si tu veux, Graindorge

    • #58295 Répondre
      Papo2ooo
      Invité

      Suis tombé sur une émission littéraire, dans laquelle on entend Bernhard Echte, éditeur et littéraire, qui a consacré l’essentiel de sa vie à Robert Walser.
      Robert Walser avait développé une méthode d’écriture très inhabituelle dans sa dernière période d’écriture, comme il écrivait en deux temps, avec pour premier temps celui desdits « microgrammes », pour lesquels il écrivait au crayon de papier, dans une écriture absolument minuscule et indéchiffrable à l’oeil nu, sur des bouts de papier divers qu’il récoltait à droite à gauche.
      Pour les nombreux textes ‘microgrammes » non-envoyés du vivant de Walser à des journaux dans une version mise au propre par l’auteur lui-même, c’est Bernhard Echte et son compère Werner Morlang qui ont tout déchiffré à la loupe et publié dans leur maison d’édition.
      Bernhard Echte a formulé des hypothèses sur cette méthode d’écriture mystérieuse, ayant essayé d’imiter la calligraphie de fourmis de Walser, et s’étant aperçu qu’il commençait à avoir des crampes au bout de 15 minutes. Il a ensuite rééssayé et s’est rendu compte, que pour ne pas souffrir trop physiquement pendant l’écriture, il fallait être dans un état de totale détente du corps, de profond relâchement. Tout excès de tension physique à l’écriture oblige à s’interrompre. Et en même temps cette écriture minuscule nécessitait une concentration de l’esprit importante pour pouvoir être conduite et ne pas devenir définitivement irrécupérable. Un espace d’état paradoxal entre profond relâchement du corps et concentration de l’esprit sur la graphie minuscule des mots. (Ajout de moi, non dit par Echte: La découverte d’une sorte de pratique méditative infra-textuelle ?)
      Avec aussi l’idée que d’écrire sur des supports comme des bouts de journaux, pouvaient peut-être permettre à l’auteur de se détendre psychologiquement, par rapport à l’angoisse « de la page blanche » qu’il a pu rencontrer lors l’écriture plus conventionnelle.
      Je ne connais presque pas Walser, mais ça me fascine toutes ces curiosités de la vie des écrivains.

    • #58297 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci Papoo 2000; c’est étonnant
      L’illustration fait étonnamment bien ressortir le rythme, c’est comme une manière musicale de mon point de vue

      • #58307 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        Oui tout à fait. On pense à une partition musicale ou encore aux calligrammes chinois.
        Si on regarde superficiellement, on pourrait croire à une espèce de régression, mais c’est tout autre chose.
        Reste plus qu’à lire maintenant ahah

        • #58315 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Papo2000
          est-ce que l’origine de cette écriture pourrait être le manque de papier de prisonniers qui écrivaient sur ce qu’ils trouvaient en lettres minuscules pour pouvoir dire beaucoup dans un minimum d’espace?

          • #58322 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            @Graindorge,
            Je pense que les hypothèses de Bernhard Echte tendent à contrecarrer les interprétations par le manque, la volonté de coder/dissimuer ou la volonté de se refermer dans le petit (Je sais que ce n’est pas ce que tu as dit Graindorge, mais je le précise tout de même, car cela paraît important)
            Il faudrait voir une affirmation derrière cette « écriture minuscule »
            Effectivement, il doit y avoir néanmoins un rapport de jeu avec l’espace, qui parait important, mais je ne peux pas en dire plus, je suis encore trop ignorant du sujet.
            Ce qui dénote est néanmoins que ce « choix » d’écriture est guidé par une vitalité créatrice.
            Un devenir-insecte, une pratique de méditation textuelle, une écriture musicale ? les pistes font envie d’aller voir en tous cas.

            • #58323 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Merci Papoo pour ce beau cadeau et cette découverte
              J’ai trouvé ça. C’est passionnant. Walser cultive le minuscule, l’inutile
              https://revuecaptures.org/contrepoint/walser-aux-beaux-arts

              • #58326 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                Pas de quoi,
                Cet article est un très bon complément, j’y ai appris plein de choses.
                Je me sens mûr pour tomber dans le verger de Walser., un auteur dont j’appréhendais un peu la lecture bizarrement.

    • #59375 Répondre
      Arbre frère
      Invité

      Bonsoir tout le monde,
      Auriez vous des magazines orientés critique littéraire a recommander ? Format papier, en ligne, en cours de parution ou arrêté, extra-niche… je prends tout pourvu que ça pense sur du texte

      • #59381 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        En attendant Nadeau
        par exemple

        • #59419 Répondre
          Arbre frère
          Invité

          Merci pour la découverte, je vais aller fouiller par là

          • #59474 Répondre
            essaisfragiles
            Invité

            J’approuve la proposition de François.
            Rendre hommage à Maurice Nadeau n’est jamais de trop.

    • #59468 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Belle découverte au hasard de l’Accompagnatrice, nouvelle de la romancière russe Nina Berberova (traduit et publié en France en 1985). On y suit Sonetchka, jeune fille pauvre, banale et sans qualité – si ce n’est d’être une pianist acceptable – devenir l’accompagnatrice d’une grande pianiste belle et flamboyante (Maria Nikolaevna). En se plaçant du point de vue de Sonetchka, la nouvelle suit avec grand calme sa vie de l’ombre qui observe la vie passionnée et tourmentée de Maria. Le récit court sans heurt avec une certaine ironie douce et triste de Sonetchka, comme en atteste ce passage où le cliché du voyage exceptionnel est désamorcé (c’est aussi très bien traduit) :
      « Et cinq jours plus tard nous nous mîmes en route. Notre voyage fut plein de mystères et de dangers, il coûta beaucoup d’argent et de bijoux et dura près d’un mois – mais même dans ces moments les plus exceptionnels il ressemblait trop à d’autres voyages du même genre ; et même si au cours de nos péripéties il nous sembla qu’à nous seuls était imparti d’attraper des poux, d’être dévalisés jusqu’à la dernière chemise, de se cacher dans un wagon à bestiaux épargné sur une voie ferrée défoncée par la dynamite, nous apprîme, à notre arrivée à Rostov, que des dizaines, et des centaines de personnes avaient vécu la même chose et que, dans une commune existence d’abondance et de gaieté, personne n’y pensait plus. »

    • #59716 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      J’ai récemment découvert par un cadeau ce tout petit livre qui semble-t-il est un classique : Nocturne Indien d’Antonio Tabucchi.

      J’aime assez faire l’expérience d’une plume qui, si je me mettais à écrire demain, n’aurait pas été spontanément la mienne. On se sent en fraternité avec un ton, un phrasé qui nous contamine et fait qu’en définitive, si l’on devait écrire dès lundi, on écrirait un peu plus comme ça que prévu.

      Voici la trame : un type en Inde cherche Xavier (Dr Xavier ?), et ce type, c’est le narrateur. Voilà pour la trame. Dans une courte note en première page, l’auteur nous dit avoir visité tous les lieux du récit. Il faut « donner un peu de lumière à ce Nocturne où l’on cherche une ombre ». Et de fait, on sent que ce cadre du roman qu’est l’Inde n’est pas une simple carte postale. Je constate aussi que la manière dont il donne vie à ces lieux, à tous les personnages secondaires rencontrés le long du voyage, est d’une sobriété et d’une douceur extraordinaire — peut-être les deux vont-ils de pair? Les descriptions sont très courtes, simples, ramassées, sans sophistication apparente. Y sont saisies tout à la fois le mouvement et l’état d’esprit, l’humeur : « Elle passa la main sur son visage comme si elle voulait chasser la fatigue, ou une pensée ». Les dialogues, bien rythmés, sont d’un humour sans fracas, parfois teintés de mélancolie, et fragmentaires — le livre entier est une succession de fragments sans puzzle. Les personnages se parlent mais sans clore un raisonnement, parfois le narrateur prend le relai et décrit une action, régulièrement les interlocuteurs s’interrompent et passent un autre sujet : on dirait plutôt qu’il sèment quelque chose. Comme l’auteur lui-même. Et tout ce flou — Tabucchi nous avait prévenu, ce livre est une « insomnie » —, mêlé à un cadre néanmoins assez vivant et concret, finit par créer une ambiance. J’ai aimé cette ambiance. Ce calme.

      Pour le reste, je ne « divulgacherai » rien.
      .
      Que valent ses autres livres? Et que vaut le film?

      • #59730 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        Merci pour cette très belle présentation du livre.
        *
        Des écrivains contemporains, je ne lis que les français, pour l’essentiel. J’ai toujours un peu de mal avec les traductions, même si j’ai lu beaucoup de littérature américaine traduite (et Italo Calvino, et Erri de Luca, et Claudio Magris pour les italiens).
        *
        D’Alain Corneau, je dirais que c’est un représentant du cinéma de genre avant l’heure, c’est-à-dire du cinéma qui veut faire cinéma, ou du « cinéma filmé » (selon l’expression de Jean-Claude Biette). Et pan ! Fort Saganne, Tous les matins du monde, difficile de continuer à aimer ces films depuis que je n’ai plus 13 ans. Petit bémol à ma méchanceté : Les Mots bleus m’avaient touché en 2005, mais sans doute plus à cause du roman de Dominique Mainard (Leur histoire) qui m’avait fait pleurer.
        *
        Désolé d’être le premier à apporter une réponse si négative.

        • #59735 Répondre
          Tony
          Invité

          De Corneau on peut quand même sauver Série noire, grâce à Perec et Dewaere,Police Python peut-être mais bon je l’ai pas revu récemment ,pas vu son premier film qui, paraît-il,est pas mal,bref,en effet, rien de fameux après ca,il était très copain avec Tavernier, c’est un peu le même genre de parcours…

        • #59737 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          J’ai le souvenir d’un film inregardable et poisseux d’exotisme
          Corneau est effectivement un cinéaste dispensable, bien que la seventophilie de la France finissante lui donne aujourd’hui une aura qu’il ne serait venu à personne l’idée de lui donner de son vivant.

          • #59746 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            @tous eh bien c’est mal parti pour le film, qui descend rapidement dans ma liste, quel dommage/gâchis!
            .
            @essaisfragiles j’ai en effet pensé à cette question de la traduction. Je ne peux juger que sans comparaison au texte original, je ne lis pas l’italien. Le seul auteur étranger récent (italien en l’occurrence) dont j’ai lu pas mal de textes issus de plusieurs traducteurs différents — et dont la plume est aussi, souvent, d’un grand calme —, c’est Agamben. J’ai remarqué qu’une certaine unité de style était préservée malgré la multiplicité des traducteurs — peut-être se passaient-ils le mot, certes, mais tout de même. Je trouve intéressante cette manière d’appréhender un même auteur par des traducteurs différents, c’est comme voir un même objet sous différents points de vue. Amusant de voir l’auteur original persister derrière le filtre de la traduction, de voir comment il persiste.

            [j’ai lu ailleurs, peut-être mal lu, que tu est en fait le nouveau pseudo de @deleatur, c’est exact?]

            • #59761 Répondre
              essaisfragiles
              Invité

              La seule chose que je peux dire, c’est que je ne suis pas Pierre Senges. Quoi qu’il n’est pas improbable que je me retrouve un jour dans un de ses mondes parallèles, et peut-être même sous les traits du moine dominicain et auteur d’une esthétique sauvage au XIVe siècle, Franscesco Pirlo : Aesthetica in litteris : in infinitum et ultra.
              *
              Je ne sais pas du tout si la question de la traduction a la même importance en philosophie et en littérature. En philosophie, on cherche quand même à exprimer l’idée, qui s’énonce dans un présent de vérité générale ; en littérature, on a plus directement affaire au récit et au style.
              Ce propos évidemment peut facilement se retourner : traduire Kant et ses longues phrases, ce n’est pas la même chose que traduire Hegel.
              Quand j’ai lu de manière un peu attentive Shakespeare il y a une quinzaine d’années, j’avais le texte anglais et ses 3 ou 4 traducteurs récents ou plus anciens sous les yeux. Pour me rendre compte, d’ailleurs, que François-Victor Hugo, c’était pas si mauvais que ça, malgré tout le mal qu’on m’en disait depuis ma vingtaine.

              • #59774 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                @non-pierre-senges Je suis d’accord, l’importance de la traduction n’est pas la même en philosophie. À ceci près que si je parlais d’Agamben, c’est qu’il est de ceux pour qui le style compte, beaucoup (pour un philosophe contemporain). Lui qui aime à dire, aussi, que la terminologie est le moment poétique de la pensée

                • #59795 Répondre
                  essaisfragiles
                  Invité

                  Quand on aborde la question de la traduction en philosophie, on pense évidemment à Nietzsche, Sartre, Foucault, Derrida, ces grands « écrivains » de la philosophie et à la difficulté de les traduire.
                  Mais je rappelle toujours l’exemple de Deleuze qui ne lisait pas l’allemand dans le texte — comme comme son ami Michel Tournier — et qui toute sa vie (ou presque) a lu, pratiqué Nietzsche dans la traduction d’Henri Albert qui datait du début du 20e siècle (et sans forcément l’actualiser au moment de la sortie des éditions Colli et Montinari dans les années 1960. Idem pour Spinoza. L’important à ses yeux était d’arriver au concept — une fois par exemple comprise la distinction entre affect et affection qui influencera ensuite la traduction de Pautrat de l’Éthique. J’ai lu et je lis encore Platon dans mes vieux GF des éditions Chambry (les nouvelles traductions ont commencé à apparaître quand je suis devenu étudiant au début des années 90), et je n’ai jamais senti que c’était un obstacle à sa compréhension — ce serait plutôt l’inverse qui est vrai, j’ai parfois le sentiment, trompeur sans doute, que les nouvelles traductions GF perdent beaucoup de temps à se justifier, d’où l’intérêt sans doute à l’achat et à la lecture de l’oeuvre complète sans les appareils critiques. Ce qui me paraît important, tout de même, c’est de connaître les mots dans la langue originelle, parce qu’ils disent quelque chose de la façon dont la langue est au travail dans la formation des concepts et parce qu’ils indiquent souvent plusieurs voies de compréhension : un peu (beaucoup) de grec suffit, un peu d’anglais ou d’allemand aussi.
                  Après, il y a aussi une « politique de la traduction ». Pour le cas de Heidegger, par exemple, il est maintenant établi que certaines traductions en français ont eu pour fonction d’obscurcir davantage l’oeuvre que de la rendre accessible au plus grand nombre, chez celui qui cherchait à incarner l’aristocratie de la pensée dans son opposition à la pensée commune, et que ses lecteurs en allemand ne semblent pas avoir la même difficulté à le comprendre que ses lecteurs en français.

                  • #59797 Répondre
                    Emile Novis
                    Invité

                    @essaisfragiles
                    D’accord avec toi.
                    Pour le dernier paragraphe de ton message, je suppose que tu penses à Vezin et à sa petit chapelle. Il est vrai que sa traduction d’Etre et temps est un exercice assez étrange qui consiste à faire en sorte de proposer un texte illisible, et ceci de manière quasiment délibérée. Que NRF Gallimard ait pu mordre à l’hameçon est très surprenant.

                    • #59800 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      Émile Novis
                      dans l’entrée Cousin, tu dis que Jésus était « haï sans raison. » Tu as la référence du livre où on en parle?

                      • #59810 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        @Graindorge
                        C’est à la fin du chapitre 15 de Jean. C’est une reprise d’un psaume sur la haine collective et gratuite envers l’innocent.
                        @essaisfragiles
                        Certes, mais je la trouve quand même plus lisible en ce qui me concerne. Parce que Vezin…

                      • #59819 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        @Émile Novis
                        grand merci Émile

                    • #59801 Répondre
                      essaisfragiles
                      Invité

                      Bien sûr, j’avais Vezin en tête. Mais je ne suis pas sûr que la traduction Martineau soit davantage praticable.

            • #59767 Répondre
              Ostros
              Invité

              L’occurrence sur le boudin blanc dans le thread Actu de François, à la suite d’une réponse de François sur ses publications de 2025, prouve que oui essaisfragiles est deleatur.

              • #59768 Répondre
                Mireille
                Invité

                Comme tu es perspicace ma chère Cécile 

    • #59760 Répondre
      Henry
      Invité

      Bonjour, que pense-t-on de Rebecca Lighieri ici ? Avez-vous lu son dernier livre ?

      • #59825 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        jamais lu, désolé

        • #59878 Répondre
          Zyrma
          Invité

          mais tu l’as lue sous son vrai nom Emmanuelle Bayamack-Tam non ?

          • #59879 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            oui en effet, j’ai réalisé après

            • #59907 Répondre
              essaisfragiles
              Invité

              Pourquoi a-t-elle changé de nom d’écrivaine ? J’avais lu Hymen a sa sortie, puis plus rien depuis. Comment son oeuvre a-t-elle évolué ?

              • #59908 Répondre
                Juliette B
                Invité

                Elle n’a pas changé de nom d’écrivaine, elle écrit sous son pseudo des livres différents, mais continue parallèlement de signer de l’autre certains romans.

                • #59910 Répondre
                  essaisfragiles
                  Invité

                  Merci Juliette, je viens de comprendre en allant voir sa page Wikipedia.
                  Un peu comme François, quoi, qui a réalisé quelques films sous le pseudonyme de John B. Root.

                  • #59915 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    certains biographes tiennent que c’est le meilleur pan de mon oeuvre

                    • #59922 Répondre
                      essaisfragiles
                      Invité

                      ouais y a quand même une certaine raideur dans le style

      • #59864 Répondre
        Oscar Spielmann
        Invité

        Elle écrit beaucoup sur le passage (des âges) et la transformation (du corps). De la bonne lecture pour très jeune adulte (à mon avis). Pas lu le dernier.

        • #59871 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « très jeune adulte » ca fait un peu peur
          c’est quel âge ça très jeune adulte? 11 ans?

        • #59906 Répondre
          Juliette B
          Invité

          J’en ai lu plusieurs. Dans « Il est des hommes qui se perdront toujours », j’avais notamment été impressionnée par la façon dont elle décrivait le désir qui survient, se fixe parfois sur un objet inattendu, ou se lasse, chez le jeune homme. Elle me donnait l’impression l’écrivant d’être elle-même un jeune homme, de pouvoir en tout cas prendre cette place le temps du récit.
          Je lirai le dernier pour voir.

          • #62387 Répondre
            Henry
            Invité

            Le roman dont tu parles m’intéresse bien et j’ai aussi envie de lire son dernier. J’en ai lu du bien. Sinon sous son vrai nom vous en pensez quoi de ses livres ?

      • #130047 Répondre
        Samuel Se Sent Longanime
        Invité

        « Le club des enfants perdus », titre extraordinaire, elle en parle ici : https://www.youtube.com/watch?v=DCWq3xmzX2c

    • #59902 Répondre
      Cyril
      Invité

      Quitte à inscrire son roman dans la réalité, j’aurais préféré que Bellanger n’invente pas ces quelques personnages, qui sont plus intéressants dans le livre que ceux auxquels ils renvoient dans notre monde.
      Était-ce parce que Bellanger n’ayant pas accès à leur vie privée, il avait besoin d’inventer des personnages pour ne pas toujours rester à distance ?

      • #67788 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        La vraie raison est que Bellanger ne profile jamais des personnages, mais des têtes pensantes – tout personnage de Bellanger est doté de la même intelligence hallucinatoire que lui
        Résultat : Caroline Fourest parle comme Walter Benjamin

      • #68285 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        J’ai fini le Bellanger, presque de mauvaise humeur tellement j’ai trouvé cela mauvais. Il m’a perdu alors que le livre avait tout pour me plaire politiquement. Je ne comprend vraiment pas la démarche.
        – Voulait-il documenter avec précision l’apparition d’un racisme d’en haut, dont parle Rancière ? Mais alors pourquoi autant falsifier ? Soit il falsifie délibérément et il perd l’intérêt journalistique ou politique, soit il falsifie pour mieux étayer sa thèse et alors tout est très bête politiquement. Il perd beaucoup de complexité en niant complètement les lignes de fracture qui existent au sein même du camp laïc (drôle d’idée de penser que Enthoven et Onfray pourraient fonder une revue ensemble ou que Laurent Bouvet était anti-europe)
        – Voulait-il faire un roman balzacien ? C’est alors très désincarné avec très peu de description et surtout très peu de moments vécus si ce n’est un diner dans lequel, pour montrer que les riches sont riches, on les fait se gaver de homard. Sérieusement, la mention du homard est le truc le plus concret du livre et se révèle d’une lourdeur. Je ne parle pas du découpage en chapitre avec des titres du genre « La revanche de Taillevent » après que celui s’est fait humilier sur un plateau TV.

        Alors j’ai bien conscience que Marc Weitzmann parle avec beaucoup d’amertume car il se reconnaît sûrement dans l’univers politique visé par le livre, mais je souscris pleinement à sa dernière émission, en particulier aux interventions d’une des deux profs qui détaille bien l’impasse de la démarche de Bellanger : https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/signes-des-temps/le-roman-n-est-pas-le-lieu-de-la-verite-mais-de-l-ideologie-le-roman-a-these-d-apres-aurelien-bellanger-8766063

    • #66485 Répondre
      Jean-Luc
      Invité

      Bonjour,

      Je vous conseille fortement un bouquin de la rentrée : Danse avec tes chaines de Anaelle Jonah, une fiction dans la réalité de la déportation des « enfants de la creuse »

      • #67789 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        ok, noté

    • #66932 Répondre
      perové
      Invité

      Qui a lu Dustan ?

      Je viens de finir Nicolas Pages, j’attaque Génie Divin

      Ça décoiffe !

      • #67790 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Dustan a souvent été commenté ici, ou dans la version antérieure du site
        On est nombreux à l’avoir lu avec intensité

        • #67805 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Je ne suis pas du tout un lecteur intensif de Dustan, mais j’ai lu il y a au moins une dizaine d’années les romans Dans ma chambre, Je sors ce soir et Plus fort que moi, publiés en un seul tome chez POL.
          Il y aura surement à redire sur mes impressions, mais ça décoiffe en effet
          J’imagine que l’un de ses traits particuliers, grâce à son récit très net et direct (simple ?), ainsi que les descriptions d’une honnêteté intransigeante de ses ressentis, est de naviguer parfaitement par tous les registres émotionnels que vit au quotidien une personne. Il y a une sorte d’extension très large du spectre émotionnel. Je me souviens avoir été parcouru d’excitation, aussi d’une extrême curiosité presque scientifique lorsqu’il nous dévoile ses sentiments, ou d’un très grand calme quand il parle de ses amitiés parfois proches du drame. Il parait décrire un peu tous les évènements, toutes les personnes, sans retrancher ce qu’il y aurait d’anecdotique, et ça permet d’aller assez loin dans la reconstruction des ambiances vécues et la psyché de Dustan, je repense par exemple à ses allers-retours hilarants aux toilettes du club dans Je sors ce soir. C’est des infos essentielles pour reconstruire une soirée, le nombre de fois qu’on a dû aller chier et dans quelles conditions, et je le dis sans ironie ahah.
          J’adore aussi la tendresse/ douceur avec laquelle il prend les gens qui deviennent des protagonistes de ses romans. Il y a un côté assez adorable, dans le fait d’être à la fois aussi direct et aussi aimant en même temps.

          • #67806 Répondre
            Théo
            Invité

            Tous vos avis donnent envie. Par lequel de ses livres recommanderiez-vous de commencer ?

            • #67807 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              Salut Théo,
              Je ne connais de Dustan que les trois romans que j’ai cités.
              Je pense que le mieux est de commencer par le premier Dans ma chambre qui, contrairement à ce que pourrait laisser croire le titre, est un texte où l’on se déplace beaucoup. C’est le plus « rapide » des 3.

              • #67808 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                (c’est aussi son premier roman dans l’ordre de publication)

              • #67832 Répondre
                Théo
                Invité

                OK merci !!

          • #67809 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Ah ça oui , il ne lésine pas sur la matière !
            J’ai aussi lu les trois premiers avec intensité et décoiffage

            • #67811 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              oui, sans doute peut-on préciser que ça fourmille de teub et d’anus dans les pages de ses livres, ce qui n’est pas totalement sans rapport avec le dit décoiffage.

          • #67817 Répondre
            perové
            Invité

            Hello Papo,

            Merci de ton retour sur la première trilogie que justement je n’ai pas lu.

            Ce que tu décris je le retrouve bien sûr dans la deuxième partie de son oeuvre (Nicolas Page, Génie Divin)
            mais là, il y a autre chose, il y a le Dustan politique qui théorise de manière jouissive la fête, la drogue, le conformisme, la house/techno, la famille, l’hétérosexualité, le boulot, les bourgeois…
            Et la… c’est la claque, l’énorme claque
            Il met des mots, il cloue des vis sur des embryons de pensées, les rendant solides, factuelles, il me rend solide !

            C’est-à-dire que toute ma pensée, gazéifiée en milliards de petites bulles contradictoires, spectrales, inconscientes, que j’aimerais attraper au vol pour en faire un bloc, une statue même, et bien Dustan fournit les outils, et autant dire qu’il n’est pas avare en ciment !

            Moi qui ne suis pas étranger à ces sujets-là, tant vociféré maladroitement tout c’qu’il dit de manière lympide, drôle, juste. Ce sont des sujets épineux où les réac gagnent facilement (vanité de la drogue aux premiers abords par ex..)
            Comme une envie de l’offrir à tout mes copains bourgeois… mais ils ne liront évidemment pas..
            Bref, c’est une démonstration de liberté, c’est essentiel, ça grouille comme la vie, c’est un ouvre-crâne !
            Moi qui écrit de plus en plus, c’en est même compliqué d’avoir une écriture à soi après ça, tant son efficacité radicale, j’en deviens anti-fioriture peut-être pas plus mal dira françois…

            • #67818 Répondre
              Mélanie
              Invité

              « c’en est même compliqué d’avoir une écriture à soi après ça »
              Alors moi j’écris surtout des textos, toutefois, Dustan me laisse l’effet un peu inverse, que justement il n’est pas nécessaire de faire des fioritures pour écrire
              J’ai lu La scierie au même moment et ça me disait pareil : raconter

            • #67822 Répondre
              Papo2ooo
              Invité

              A perové,
              D’accord, il semble effectivement y avoir un virage littéraire par rapport aux 3 premiers, où la réflexion sur soi ou la société n’est quasi jamais explicitée dans mon souvenir. Il raconte sa vie et ses expériences comme si elle allaient de soi, que c’était comme ça et c’est tout.
              Mais oui tu donnes envie d’aller lire la suite, depuis le temps qu’elle est parue.

              • #67823 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                Sur le style de Dustan, je pense qu’il ne faut pas trop s’en faire, même si tu tires énormément de son écriture et que tu es inspiré par elle, car à mon avis le bougre est assez inimitable.
                Pas vraiment un monstre du point de vue du style et de la musicalité, mais s’il est génial, c’est sans doute un génie du réel. Il a clairement du talent pour la vie et les autres – et pour les raconter.
                Envie de me remettre dedans.

                • #67825 Répondre
                  Papo2ooo
                  Invité

                  (pour exclure toute interprétation selon laquelle mon précédent commentaire pourrait être une piteuse vacherie, je veux préciser que je ne préjuge pas que tu aies un rapport à ton environnement moins intense que Dustan perové !
                  Tous les auteurs véritables sont sans doute inimitables – alerte grosse généralité lol)

                • #67835 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  « Envie de me remettre dedans »
                  Huhu

                  • #67840 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    je dirais même:
                    Hanhan

    • #67292 Répondre
      essaisfragiles
      Invité

      Je remonte.

    • #67737 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Bonjour,
      Avez-vous lu Une trajectoire exemplaire de Nagui Zinet?
      Il a pas mal de visibilité pendant cette rentrée littéraire et il m’intrigue un peu, autant l’auteur que son roman
      Si quelqu’un a un avis, suis preneur

      • #67803 Répondre
        perové
        Invité

        Je l’attaque très bientôt

    • #67819 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Au fait François tu remettrais ici ton texte sur V. Despentes ?

      • #67824 Répondre
        cornemuse
        Invité

        celui de transfuge ?

        • #67834 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Je ne sais pas, je l’avais lu sur le forum

    • #67843 Répondre
      lison
      Invité

      Pouvez me dire où je pourrais retrouver les échanges sur Le témoin de Joy Sorman ?
      Je viens de le terminer, il m’a beaucoup plu et même impressionné ; et je crois qu’il avait fait l’objet de pas mal de discussions ici.

    • #67878 Répondre
      Riton
      Invité

      Bonjour, on pense quoi de Maupassant ici ? J’avais l’image un auteur ultra-classique, scolaire, poussiéreux… et j’ai enchaîné cet été Bel-Ami (que j’avais survolé au collège), Pierre et Jean, Le Horla, et j’ai adoré. C’est très fluide dans l’écriture et d’une richesse psychologique assez admirable. On sent le lien de parenté avec Flaubert.

      • #67885 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        « d’une richesse psychologique assez admirable »
        Bien sûr.

      • #67886 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        « d’une richesse psychologique assez admirable »
        Bien sûr.

    • #68191 Répondre
      Charles
      Invité

      Quel verdict sur le Julia Deck?

      • #68200 Répondre
        Théo
        Invité

        Pour ma part le livre m’a beaucoup plu. Je préfère quand même ses romans, mais disons que pour une auto-fiction, on vu pire ! J’espère tout de même qu’elle reviendra au reviendra, parce que je trouve que l’une de ses qualités principales, sa manière de tenir un récit et de créer des personnages, s’exprime mieux dans ce genre-ci !

        • #68215 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          On lira
          Là suis sûr le Abel Quentin. Qui est long. Voilà un écrivain pas elliptique.

          • #68234 Répondre
            Bretzville
            Invité

            Curieux d’avoir ton avis à la fin. Le sujet du livre m’intéresse mais j’ai trop senti passer le Voyant d’étampes pour y aller à vue.
            J’ai adoré le Julia Deck. J’ai trouvé qu’elle arrivait à autant à entretenir des zones d’ombres narratives et jouer avec que dans ses fictions. C’est impressionnant de réserve, de discipline, de composition – je ne trouve pas vraiment le mot.

            • #68303 Répondre
              Tristan
              Invité

              « impressionnant de réserve, de discipline, de composition » : je n’ai pas lu son dernier, mais j’ai récemment lu 3 de ses anciens, Propriété privée m’a particulièrement impressionné (Monument national beaucoup moins) et les trois qualités que tu cites me semblent particulièrement bien vues. C’est composé, et ça joue serré autour de sa composition. C’est durement charpenté, comme texte, comme récit. J’ai lu qu’elle tenait Echenoz en haute estime, et j’ai pensé : mais oui, bien sûr !

              • #69393 Répondre
                Titouan R
                Invité

                J’abonde pour le Deck. Plus que la composition, j’aime ce brouillard qu’elle dissipe et cultive à la fois.

    • #68606 Répondre
      Charles
      Invité

      Voilà une recension qui donne envie :

      « «La Petite Bonne» narre une histoire ancillaire dans laquelle le corps est aux premières loges, dont celui du patron, massacré par un obus à la guerre de 14.

      par Philippe Lançon

      Paris, années 1930. Une jeune bonne à la vie dure est engagée par un couple de bourgeois. On connaît leurs prénoms et leur nom, Alexandrine et Blaise Daniel. On ne connaîtra pas ceux de la bonne : sa fonction efface son identité. La «petite bonne», ou «la bonniche», a droit à un régime narratif particulier. Sa vie et sa conscience s’expriment en vers brefs, fer à gauche, comme dans ce poème de Georges Perros, Une vie ordinaire ; comme dans le livre de Joseph Ponthus, A la ligne, où celui-ci contait une expérience en usine. Mais pas tout à fait, son point de vue étant exprimé à la troisième personne : «Globalement ses employeurs sont contents /Ponctuelle /Discrète /Efficace /Rien à redire /Sauf madame Pinchard /Celle-là redit à tout /Il ne faut pas trop l’écouter /Au début, ça la rendait malade /Les phrases glacées /jetées /Les réflexions /les claquements de langue /désapprobateurs /Elle s’y est faite /On se fait à tout /disait sa mère /sa pauvre mère /Elle ne compte pas finir comme elle /Au bout du bout», etc. Les majuscules font office de ponctuation. Plus loin : «Elle a autre chose à faire /que du ménage /en peine nuit /pour des gens qui claquent la langue /en soulevant le tapis». Il y a aussi, dès la première page, un autre régime poétique : un poème plus bref, à la première personne, en caractères plus étroits, imprimé fer à droite : «Les cent pas /j’aimerais pouvoir les faire /réellement /Ici c’est cinq pas dans la longueur /à peine trois dans la largeur /et vraiment /des petits pas /Des traversées /il en faut quelques-unes /pour arriver à cent /C’est long /mais jamais assez». Régulièrement, cette voix fer à droite et aux pieds revient. On est visiblement en prison. Qui est le ou la détenue qui reçoit des lettres, des cadeaux qui l’énervent ? Est-ce la bonne ? Nous ne le saurons, d’indice en indice, qu’au terme d’un livre très construit.

      «Son haleine bleue la précède»
      Qu’apporte la forme poétique au récit d’une vie minuscule comme celle-là, douloureuse, soumise ? La restitution par contraste de la prose du quotidien, de son mutisme, de sa répétition ; la sensation du poids, de l’ennui, de la fatigue, de la souffrance, des humiliations ; une sorte de pathétique à la fois souligné et étouffé par la brièveté du vers et le blanc de la page. Autrement dit, une chanson de gestes, mais de gestes d’une dominée, comme n’aurait pas dit Degas, qui s’y connaissait en tableaux et croquis de femmes exploitées, et comme on dit aujourd’hui. Chanson d’une misère qui cuit l’humain à petit feu et qu’on n’entend pas, peut-être parce qu’elle rend sourds ceux qui en profitent. Chanson d’une bonne que le livre présente sans nom, mais en majuscules («la Petite Bonne») : «Ceux qui se lèvent aux petites heures /pour aller travailler /Tout est silencieux /même elle /De la vapeur livide sort de son nez /de sa bouche /Elle ose à peine respirer /Elle se sent invisible /Et si elle n’existait pas /Son panier lui existe /Il pèse pour de vrai /Le changer de bras /au bout de chaque rue /C’est la limite pour tenir encore / […] Elle ne sent plus ses doigts /malgré les moufles tricotées /Elle agite la main /Celle qui ne porte pas /Le sang afflue /Ça picote /Son haleine bleue la précède /A l’angle /Le panier se balancera à gauche.»

      Le corps est aux premières loges, c’est lui qui prend cher et cash ; c’est lui qui domine le livre. Sans lui, sans la composition qui charpente son chemin de croix, le texte ne serait qu’une histoire banalement édifiante, une de plus. Mais, face au corps de la bonne, il y a celui de Monsieur, Blaise Daniel. Avant la guerre de 1914, il était pianiste au Ritz. La musique était son rêve, sa vie. Il était aussi héritier et jeune marié. En 1916, pendant l’offensive de la Somme, il a été massacré par un obus : plus de jambes, plus de mains, plus de mâchoire. Ce tronc douloureux et hirsute, cette tête qui bave et murmure sans articuler, vit depuis presque vingt ans dans le salon obscur de la belle maison. Il est veillé par sa femme qui lui a sacrifié sa vie et par sister Morphine qu’il a décidé d’abandonner.

      Pour la première fois depuis l’événement, la femme, Alexandrine, décide d’aller passer deux ou trois jours dans un château, chez une amie de jeunesse. Pour la première fois, son mari sera sans elle, lui qui exige des soins permanents. Madame le confie à la bonne, qui devra dormir sur place. Ce qu’ils ont vécu depuis 1916 ; ce que va vivre Madame pendant ces deux jours, d’abord avec plaisir, très vite avec dégoût (qu’est-ce que je fais là, plutôt que d’être avec mon mari ?), dans une atmosphère rappelant la Règle du jeu de Renoir (libertinage, chasse à courre, richesse et impudeur mêlés) ; la révolution que vit et pense Monsieur avec la bonne en l’absence de sa femme, nous l’apprenons peu à peu selon un autre régime narratif : les bourgeois ont la prose.

      «Activité salutaire»
      A l’hôpital, dans la torpeur apportée par la morphine et le temps qui ne passe plus, la loque humaine et bandée qu’était devenu le jeune Blaise observait les infirmières qui défilaient : «Jouer avec les mots, la seule musique à sa disposition, devint son activité salutaire. Il les aimait presque autant que les notes. Dans sa tête, il commença à établir un genre de classement. Il s’efforça d’attribuer à chaque soignante plusieurs termes qu’il lui faudrait combiner harmonieusement. Il entreprit d’élaborer une méthode. D’abord selon des critères liés au physique, les belles et les laides, les jeunes et les plus âgées. Puis il créa des sous-catégories, de plus en plus nombreuses et complexes.» L’inventaire suit. C’est comme ça, à l’hôpital, quand on est isolé dans la souffrance et le mutisme, quand on se sent coincé ailleurs sans savoir vraiment où : on crée un monde comme on peut, avec ce qu’on a et ce qu’on était, à partir de ceux qui passent dans notre champ de vision ; on est dans ces grands fonds où la lumière disparaît et où ne vivent que des animaux impensables.

      Bérénice Pichat parvient à donner vie à la conscience du patient, du blessé. La découverte de son état par sa femme, dans une salle militaire saturée par le sang et les gémissements, est mémorable. Mais la grande réussite du livre, ce qui en fait le cœur, c’est le choc des consciences, puis le corps à corps entre cet homme détruit et la bonne meurtrie. Les scènes où elle se dénude devant lui après l’avoir lavé pour lui révéler ses propres blessures (coups de «son homme», avortement clandestin et tardif, vieillissement prématuré), où elle met une clope dans ce qui lui reste de bouche, où elle lui coupe les cheveux, sont des visions abouties : les deux victimes parviennent à échanger leurs expériences au-delà de leurs conditions. Les deux régimes narratifs, en se confrontant, prennent alors tout leur sens. Naturellement, cet échange a un prix, aussi absurde que socialement prévisible. L’excès de violence, de silence, de préjugés, de culpabilité, permet rarement aux consciences de suivre les corps aussi loin qu’elles le pourraient. Bérénice Pichat ne renonce pas à un certain dolorisme, on peut même dire qu’elle charge la barque ; mais, au-delà d’un certain seuil de solitude et de souffrance, cet excès est essentiel à la vie.

      Bérénice Pichat, la Petite Bonne, Les Avrils, 267 pp, 21.10€ (ebook : 14,99 €). »

    • #69242 Répondre
      perové
      Invité

      vous boudez la rentrée littéraire ou quoi ?

      comment se peut-il que sur ce forum, les avis littéraires pourrissent en deuxième page derrière des redéfinitions burlesques de l’école primaire, l’abbé pierre et autres horreurs de top 30 des choses bidons… peut-être que je suis trop jeune et que vous avez perdu foi en la littérature, peut-être… dans ce cas je ne vois plus d’issues.

      • #69244 Répondre
        Charles
        Invité

        C’est-à-dire que la rentrée littéraire vient de démarrer et qu’on essaie de parler des livres une fois lus. Je viens d’en commencer un qui fait plus de 600 pages, donc je ne vais pas en parler tout de suite.

        • #69245 Répondre
          Tony
          Invité

          Idem je suis en train de lire Cabane(je me marre bien)et Race et capital,quand on a un travail et une vie de famille on essaie de voler un peu de temps tous les jours…

          • #71747 Répondre
            Arnaud
            Invité

            Pourrais-tu m’indiquer à quels moments tu t’es bien marré ? Je suis presque à la moitié et je n’ai pas encore ri. Je suis même agacé par la médiocrité du style, son besoin de tout expliciter. Dois-je continuer ?

            • #71750 Répondre
              Tony
              Invité

              Je viens de le finir, j’avoue j’ai un peu lutté, j’avais été assez conquis par la première partie qui se passe à Berkeley,les scènes de campus, l’époque hippie,le voyage des dundree en Europe,la réception du rapport, l’itinéraire de Querillot, fasciné par les surfeurs californiens,la drôlerie est dans les situations,dans quelques répliques et commentaires amusants,par contre la deuxième partie contemporaine où le narrateur journaliste enquête sur Gudson m’a lassé,on a l’impression que ce grand sujet, l’effondrement, n’intéresse pas vraiment l’auteur,il n’est pas politisé comme il devrait l’être,il est même plutôt ridiculisé, c’est pas un livre très nourrissant en effet.

              • #71751 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                je ferais à peu près le même diagnostic
                très intéressant de voir vieillir les enfants de Houellebecq – ce Quentin, et le Bellanger

                • #71794 Répondre
                  Tony
                  Invité

                  C’est vrai qu’il m’est arrivé, parfois,de penser à Houellebecq en le lisant,dans la forme mais aussi dans l’esprit,en particulier l’épisode Querillot et toute la partie secte antivax et new age de la fin, d’ailleurs Houellebecq,dans son dernier,ridiculise de la même façon ceux qu’il appelle des eco terroristes,la figure de Kaczynski est elle aussi présente…

                  • #71796 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    La constante de Houellebecq (et donc de Quentin, et un peu de Bellanger) est la ridiculisation de tout ce qui ressemble à du gauchiste.

        • #69246 Répondre
          Oscar
          Invité

          Je suis en train de lire La désinvolture…. Beaucoup de plaisir !

      • #69946 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Les bidonneuses te saluent, ô, toi, le Jeune.

      • #69953 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        perové: c’est l’inspecteur de l’Education Nationale qui arrive à l’improviste et à qui il faut rendre des comptes? Pardon, hein jé pas fini mon livre mé bientôt promis. Et le top 30 c’est une récré.
        « Comment se peut-il? » En tous cas, tu ne sors pas d’un livre pérové ni d’un poème. perové N° 31 du Top 30
        « je ne vois plus d’issues » Le suicide assisté?

        • #71757 Répondre
          Monami
          Invité

          Une hypothèse inexplorée : carpentier et graindorge sont une seule et unique personne

          • #73188 Répondre
            perové
            Invité

            je valide

            • #73193 Répondre
              Carpentier
              Invité

              graindorge, grande sportive, a tendance à bien marquer les sitistes qu’elle élit ou dont elle approuve un ou deux posts, c’est vrai.
              Une grande basketteuse sans doute.
              En revanche, votre intuition semble bien fébrile.
              Lisez mieux.

      • #71752 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Perové : au lieu de cette interpellation passablement excessive, pourquoi ne pas nous parler des livres de la rentrée que tu as lus?

        • #71755 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Par ailleurs une GO arrive sur Le syndrome de l’orangerie. TU t’en réjouis je suppose.

          • #73189 Répondre
            perové
            Invité

            En amoureux de Bouilier OUI

            Content de voir que ce (sublime) forum sait s’affranchir des tops à dudule qu’on trouverait dans les forums de province, mais tique encore un peu avec l’humour et le z’cond degrés…. ça viendra 😉

    • #69301 Répondre
      Monknow
      Invité

      Salut à tous ! Comme certains qui avaient apprécié mon article l’année dernière m’avaient demandé de les tenir au courant de ce que j’écrivais, j’ai le plaisir de vous annoncer que mon premier roman est sorti pour cette rentrée littéraire. Ça parle de Guadeloupe, de banditisme, de prostitution, de racisme, de masculinités subalternes, de prison, de Pierre Goldman, de Cuba, et de pas mal d’autres choses encore :
      https://www.babelio.com/livres/Duprey-Ti-Jean-lelegant/1690758

      • #69304 Répondre
        Zyrma
        Invité

        tu fais bien : je finis le Bouillier (qui me plaît tout autant que les précédents) et j’achète ton livre.

        • #69305 Répondre
          Monknow
          Invité

          Tu me diras ce que t’en penses !

          • #69351 Répondre
            Ostros
            Invité

            Merci Monknow !
            Je rembourse mes dettes et je le prends

            • #69384 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Monknow me l’ayant gentiment offert, je l’ai lu et aimé.

          • #76802 Répondre
            Zyrma
            Invité

            Je viens juste de le commencer. Les aléas de commande, puis la lecture de Comme une mule et le Nagui Zinet que je me suis bêtement infligé. J’aime baucoup ce début, l’oralité que tu installes est bien belle. Je crois que Ti-Jean va me plaire. Il sait capter mon intérêt en tout cas.

            • #76809 Répondre
              Claire N
              Invité

              Chouette, je fini Kollontaï ( défaire la famille, défaire l’amour) et je prends ta roue

              • #76824 Répondre
                Claire N
                Invité

                «  je sais ce que j’ai fait et c’était pas la même chose que ce qu’on a dit que j’ai fait « p1 Ti Jean L’élégant
                J’aime bien tout ces «  que « 
                – çà embrouille
                – mais ça sonne comme un grand carrefour, une phrase ou «  ça se croise «  dans tous les sens
                – d’entrée : tu ne jugeras point
                Merci pour l’invitation en terrain ami Elie Duprey

                • #78260 Répondre
                  Monknow
                  Invité

                  Je repasse totalement par hasard sur ce fil, je suis heureux que ces premières pages vous plaisent, et j’espère que les suivantes continueront à le faire. N’hésitez pas à me dire si c’est ou non le cas !

                  • #78261 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Merci de repasser par ici
                    J’ai noté quelques passages ( je reste au début pour ne pas dévoiler)lorsque tu évoques «  chez les bourgeois et les bourgeoises «  qui viennent voir «  les filles « :
                    «  quand ils vont aux putes.La crasse , les remugles.parce qu’ils peuvent en sortir quand ils veulent, de tout ça , des qu’ils ont fini leurs affaires, dès que leur désir est purgé « 
                    Vraiment oui dans cette phrase tu éclaires concrètement ce qui justement dans Kollontaï me paraissait obscure : la piste que la prostitution participe à la vision bourgeoise du couple, à son ronron calme et vertueux exposé / la prostitution cachée était office de contre feu utilitaire
                    Et effectivement toute la domination qu’il y a dans cette idée de pouvoir en sortir quand on veut

      • #69391 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci de t’être exaucé, j’attrape

    • #69943 Répondre
      Claire N
      Invité

      Petit jeu Léo Ferré ou Lordon?
      1/ réunion déboutonnée de l’oligarchie, concentrée d’époque sans la moindre conscience de son être caricatural (..)
      2/ les mots ne sont plus les mots mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se donnent bonne conscience (..)
      3/quelques centaines de manifestants se sont assemblés pour saluer comme il se doit les dignitaires du temps- rires, lazzis, slogans, doigts fourrés(..)

      • #69944 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Difficile ce jeu. Je dirais:
        1) Lordon (quasiment certain)
        2) Ferré (je crois).
        3) J’hésite. Ferré?

        • #69945 Répondre
          lamartine
          Invité

          Lordon-Ferré-Lordon non ?

      • #69948 Répondre
        Titouan R
        Invité

        « déboutonnée » – adjectif très lordonien.
        Ferré ensuite.
        Je vois pas trop Frédo pour la dernière, donc Léo par défaut

        • #69950 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          @Titouan
          Oui, pareil pour la première. J’ajouterais aussi « être caricatural » , ça peut se trouver sous la plume de Lordon. « Concentrée d’époque » me paraît aussi très fréquent chez Lordon qui cherche toujours à déplier l’esprit du temps à travers une petite situation, une phrase ou une attitude.
          Je ne connais pas bien Ferré, mais pour la seconde, je ne vois pas du tout Lordon dire cela, avec cette tournure (l’expression « une sorte de conduit », ce n’est pas du tout lordonien à mon sens).
          La troisième, je ne sais pas, je dirais Ferré mais Lordon ne me paraît totalement absurde non plus.

      • #69951 Répondre
        Carpentier
        Invité

        je serais bien tentée de dire que les 3 sont de Lordon – malicieuse, Claire N – mais je vais plutôt dire:
        Lordon, Lordon, Ferré

        • #69963 Répondre
          Claire N
          Invité

          Bravo, vous êtes calé effectivement Carpentier c’est le tiercé dans l’ordre
          Le 2 est issu de «  la solitude «  chanson de Léo Ferré qui se termine par «  la lucidité se tient dans mon froque «  pour le moment effectivement Lordon n’en est pas là ( quoique avec ses recherches psychanalytiques sait on jamais)
          L’idée m’était venue en remarquant un petit truc commun aux deux dans leurs façons de «  courir après «  leur puissance qui menace parfois de les dépasser ( une intuition difficile à préciser qui tient plus au style et au débit)
          A l’occasion je vous conseille ce texte de Léo ferré ( parfois inégal mais avec des pépites)Il n’y a plus rien

          • #69965 Répondre
            Claire N
            Invité

            Pas pour les plus jeunes : non ce n’est pas Robert smith

            • #69988 Répondre
              Carpentier
              Invité

              La priorité à gauche, permettez!
              Demain nous aurons tout, tout de nous.
              Un grand merci, Claire N, très peu. trop peu écouté Ferré.
              Ça vaut un sacré bol de vitamine C; tout dans la tronche, comment vous vous appelez? Karl Marx, allez, circulez.
              Je m’y mettrai.
              J’aime bien ce que tu as proposé.
              J’en comprends qu’à l’écoute/lecture, on pourrait saisir une proximité familière entre deux auteurs et jouer.
              Ça me plaît, j’y penserai et essayerai d’en proposer.

            • #69989 Répondre
              Carpentier
              Invité

              ☄️

              (pas la version des ZP sous la main mais bien dans la tête)
              bonne journée

      • #69980 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Allez, sans essayer de tricher : Lordon Ferré Ferré ?

        • #70035 Répondre
          Claire N
          Invité

          Presque, lordon ( mais coupe avec un peu de mauvaise foie) pour le 3

      • #69995 Répondre
        nefa
        Invité

        (spoiler)
        Ferré :
        « les mots que vous employez n’étant plus  » les mots » mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se font bonne conscience »
        Lordon (si j’ai bien compris)
        « les mots ne sont plus les mots mais une sorte de conduit à travers lequel les analphabètes se donnent bonne conscience »
        « que vous employez n’étant » remplacé par « ne sont »
        suppression des guillemets à « les mots »
        du crochetage universitaire
        au service du style
        Lordon et son sweat à capuche

        • #70036 Répondre
          Claire N
          Invité

          Rire , non c’est juste ma mémoire auditive qui semble émoussée et comme c’est courant dans les vrais défauts, elle s’est présentée sans l’ombre du doute de son insuffisance

    • #70115 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Hello, des avis sur La vie est à nous (avec le groupe punk Zabriskie Point) de Charlie Batalla ?
      Question subsidiaire – peut-on se le payer sans passer par PayPal (qui semble le seul mode de paiement possible sur le shop des Gens de l’Occident) (oui je n’ai pas de compte Paypal je suis une vieille personne j’ai peur d’Elon Musk) (mais si pas d’alternative je me créérai un compte tant pis ) (enfin j’aimerais mieux pas) ?
      Je n’ai vu personne en parler et je m’en étonnais. François, tu conseilles ?

      • #70137 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Je connais Charlie, on s’est croisé dans les années 90. C’est des copains qui le distribuent.
        Le livre raconte ces années là avec comme fil conducteur ses rencontres avec les Zabs.
        Sur le groupe, il y a des trucs intéressants, notamment au début. Sur le reste, ce type d’écriture, très expressive, n’est pas ma came. Mais ça se lit.

        • #70168 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Merci pour ton retour, je vais leur en prendre un. Et choper le livre de Monknow aussi.

    • #70324 Répondre
      lison
      Invité

      Vous avez lu ce livre ?
      La littérature embarquée de Justine Huppe . http://www.editionsamsterdam.fr/la-litterature-embarquee/
      C’est intéressant ?

      • #70326 Répondre
        Mao
        Invité

        Oui et oui

        • #70327 Répondre
          Mao
          Invité

          J’avais écrit ici même un petit mot (sans grand intérêt) à sa sortie et qui végète paisiblement dans les limbes du forum. J’avais trouvé ça intéressant. Discutable mais intéressant.

          • #70332 Répondre
            lison
            Invité

            Désolée je n’avais pas vu. Et tu dirais discutable en quoi ?

            • #70343 Répondre
              Mao
              Invité

              De mémoire, elle interrogeait (avec beaucoup d’ironie) une certaine prétention, qu’elle pouvait observer dans une littérature en vogue ces 20 dernières années, à parler au nom et pour le compte de celles et ceux qui n’ont pas voix au chapitre. Mais faudrait reprendre le bouquin et regarder de plus près les oeuvres qu’elle brocarde pour entrer dans cette discussion. Je ne sais pas si François a pris le temps de le lire et ce qu’il en a pensé.

              • #70357 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                J’aurais du, mais il est arrivé un peu tard, je venais de boucler Comme une mule et je n’avais plus de jus pour me replonger dans le sujet.

          • #70347 Répondre
            toto
            Invité

            Les limbes du forum :

            De la spécificité politique de l’art


            Mao 3 novembre

            • #70350 Répondre
              Mao
              Invité

              Merci toto. Comment tu fais pour retrouver un post sans te perdre dans tous les topics ?

              • #70359 Répondre
                toto
                Invité

                En haut des pages il y a le « fil d’ariane » qui indique où on est dans le site : Home – Forums – Forum général.
                En cliquant sur Forums tu tombes sur une page avec un bouton Rechercher, qui marche bien pour retrouver un ancien post si tu te rappelles quels mots il contenait.
                Je l’ai découvert en cliquant un jour par inadvertance sur Forums.

    • #70351 Répondre
      lison
      Invité

      Merci d’avoir retrouvé le post. Ça donne plutôt envie de lire le bouquin.

    • #70518 Répondre
      lison
      Invité

      J’ai posté hier un « Avis littéraire » et il a disparu, peut être que le lien que j’avais inséré a tout bloqué ou bien est ce un sale coup des ennemis de la littérature.
      Bref. Je disais tout le bien que je pensais du nouveau livre de Jacques Rancière Au loin la liberté, essai sur Tchekhov. C’est passionnant et je me régale. Jacques Rancière raconte très bien les situations des nouvelles ( ce qui rend le livre accessible même si on en a peu ou pas lues), fait des liens entre différents personnages et différentes histoires, pense et écrit très bien ce que cela signifie pour lui, sans quitter le texte et le propos de Tchekhov.
      Le livre tourne autour de la question de la « vie nouvelle », de sa possibilité, du fait de saisir ou (plutôt) non cette occasion, et c’est ce qui le rend aussi assez bouleversant.
      Un premier extrait
      « Tchekhov n’a pas de porte parole. Il n’indique jamais lequel de ses personnages exprime sa pensée. C’est pour cela que ses collègues politisés l’accusent volontiers de ce qui est pour eux le pêché contre l’esprit, l’indifférentisme. A la vérité, il n’est aucunement indifférent. Il ne tient pas la balance égale entre les idées antagonistes. Simplement , il ne pèse pas les idées. Il leur donne un autre poids en les incorporant aux mouvements d’un corps, au ton d’une voix, à la couleur d’un spectacle, à la teneur d’un moment ». p27
      Bientôt un autre.

      • #70519 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Lison, tu penses qu’il faut quand même avoir lu Tchekhov avant ? Ou certaines de ces œuvres ? Ou un néophyte peut s’en sortir ?

        • #70520 Répondre
          Claire N
          Invité

          ( j’avais envie de le lire d’emblée – mais de Tchekhov je n’ai que «  drive my car » comme base)

        • #70522 Répondre
          lison
          Invité

          Franchement je crois que même sans avoir lu Tchekhov on peut lire Rancière (parce qu’il nous le donne à lire), et qu’après avoir lu Rancière on peut avoir envie de lire Tchekhov.
          Moi j’ai du voir deux pièces de théâtre et lire 2/3 nouvelles il y a longtemps et ça va, mais probablement qu’un lecteur assidu de Tchekhov y trouvera un autre plaisir (ou pas).
          Et le livre ne concerne que ses nouvelles pas son théâtre.

          • #70529 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci ! Je vais me lancer alors

            • #70865 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Sachant que les nouvelles de Tchekhov se lisent très facilement. Elles sont courtes et écrites dans une langue simple.

      • #70525 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Un grand merci lison. J’admire Tchekhov et je note ce livre
        « Au loin la liberté c’est aussi le titre de l’extraordinaire autobiographie du Dalaï lama

    • #70539 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/anton-tchekhov-lu-par-jacques-ranciere-1671055
      J’ai écouté le book club (horrible nom) avant de me lancer dans la lecture, moi ça m’aide.

      • #70540 Répondre
        lamartine
        Invité

        Une de mes émissions préférée. Le nom en effet est vraiment lourd à prononcé.

        • #70541 Répondre
          cornemuse
          Invité

          club de lecture aurait été plus simple

          • #70542 Répondre
            lamartine
            Invité

            *à prononcer
            J’ai du mal avec le club. Sauf pour le sandwich
            J’aime trait-d’union ou point virgule

            • #70545 Répondre
              cornemuse
              Invité

              oui, à prononcer.
              Je propose l’émission littéraire ou le programme littéraire si on veut rester dans la sobriété un peux simplet.
              Sinon un nom plus poussé, recherché ou référencé mais évitons le jeux de mot et le titre qui se moque du contenu de la chronique.
              niveau sandwich, j’ai un faible pour le suédois de chez Sodébo, peut être un poil trop beurré mais la croute en zigzag est bonne, c’est qu’un sandwich triangle de supérette, un peu comme le dernier d’une lignée de son lointain ancêtre aristo le club américain.

              • #70546 Répondre
                cornemuse
                Invité

                une illustration s’impose, seulement 1,95€ ! On peut remarquer la fameuse croute. je suis un homme simple au plaisir simple.
                la croute est succulente

                • #70547 Répondre
                  lamartine
                  Invité

                  ah ouais, (gros rire) t’as osé ! sacrée photo
                  1,95 où ?
                  Sinon, t’as les salades dans la même veine
                  Sinon, Rancière c’est interessant

                  • #70548 Répondre
                    cornemuse
                    Invité

                    mea culpa, j’ai confondu le jambon chèvre et le jambon cheddar qui lui est bien à 1,95€ chez carrefour market.
                    De Rancière je n’ai lu que ces bouquins sur le cinéma (les écarts du cinéma,le destin des images).

                    • #70550 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Il faut absolument que les lise car je crois qu’on aurait beaucoup de point commun sur ces questions là

                      • #70551 Répondre
                        cornemuse
                        Invité

                        c’est chez la fabrique comme d’habitude avec lui, je recommande, dans mes lointains souvenir embrumé par le plaisir du sandwich chedar, c’est bien

                      • #70552 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Je note. Merci

        • #70543 Répondre
          Claire N
          Invité

          Merci Stephanie, pour la prononciation du nom
          Ça se placerait bien effectivement dans une petit dej party- chacun son bol de chocapic et sa liste de mots
          Et ne me remerciez pas , j’adore proposer des activités aux gosses

          • #70544 Répondre
            lamartine
            Invité

            Emission un peu bof, même si Rancière est captivant. Les questions sont en rafale, trop peu;

    • #70802 Répondre
      MA
      Invité

      Le livre de Jérôme Segal Le veganwashing, l’instrumentalisation politique du veganisme, recensé dans Lundi matin, semble faire echo à celui de Kaoutar Harchi Ainsi l’animal et nous.

    • #70829 Répondre
      graindorge
      Invité

      il y en aurait des choses à dire sur le végétalisme appelé maintenant véganisme ou végan, je sais plus., Sur le végétarisme, sur l’omnivorisme, sur la viande etc
      Sur les arnaques et les boniments que notre ignorance, le bombardement incessant de nos cerveaux nous empêchent de discerner. Ah tu veux être informé? on va t’en donner des infos et jusqu’à l’indigestion. On va pas te laisser un millimètre carré d’espace
      Les boniments sur le bien-être animal. Oui. Un grand oui pour le bien-être animal mais sans les arnaques, les pièges du captalisme roi…

    • #71213 Répondre
      Cyril
      Invité

      Avez-vous déjà lu Catherine Breillat ? J’ai Une vraie jeune fille entre les mains, lol, et ça me paraît bien.

      • #71233 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Pas lu. Tu peux nous en copier une ou deux phrases ?

    • #71227 Répondre
      MA
      Invité
    • #71242 Répondre
      Mathieu
      Invité

      On a pu entendre et lire ici et là François disant que le Christ était de gauche, hé bien je découvre aujourd’hui qu’un livre existe sur le sujet: Le Christ rouge, de Guillaume Dezaunay. En voici la description:
      « Nul ne peut servir deux maîtres. Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent. » (Mt 6, 24). À travers les nombreuses paraboles des intendants, l’Évangile ne se prive pas de critiquer vigoureusement l’asservissement par l’argent et s’oppose à la propriété comme jouissance exclusive, de même qu’il rejette le pouvoir perçu comme maîtrise d’autrui. Selon le Christ, nos biens et nos statuts ne nous appartiennent pas vraiment mais sont des dons à partager. Notre autorité ne légitime pas notre domination mais oblige au service des autres. Dans bien des cas, pourtant, cet enseignement n’est guère accueilli ; pour nombre de chrétiens une foi authentique s’accommode fort bien de privilèges indécents. Comment briser la logique mortifère de l’appropriation et de la privatisation du monde ? S’inspirant des textes évangéliques, Guillaume Dezaunay invite à raviver en nous la soif de justice, à participer à la construction d’un autre régime économique et à déployer une spiritualité de la désappropriation et de la mise en commun. Jusqu’à parler d’un « Christ rouge ».

      • #71266 Répondre
        cornemuse
        Invité

        le christ seul révolutionnaire!

        • #71271 Répondre
          cornemuse
          Invité

          christ

        • #71309 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Le Christ communiste – plus que « de gauche » – bien des livres, des pensées, des actes, vont dans ce sens depuis bien longtemps
          Voir par exemple dernièrement le podcast de Thiellement « Jesus contre le christianisme »

          • #71321 Répondre
            Charles
            Invité

            Le podcast est audible ou Thiellement fait son numéro habituel ?

            • #71331 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              j’imagine que si je le recommande, c’est qu’il est audible
              comme d’ailleurs toute la série

              • #71335 Répondre
                Charles
                Invité

                Je n’étais pas sûr, car on dit rarement du bien de Thiellement ici.

                • #71372 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Il y aurait à redire, mais globalement je trouve cette série très nourrissante (et profondément anarchiste)
                  Et je le trouve très sympathique ce Pacome.

                  • #71373 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Son histrionisme a tendance à me fatiguer – dernièrement dans la dernière émission d’Avec Philosophie de la série sur le surréalisme.

                    • #71377 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      La série dont je parle est écrite, plutot documentée, assez sérieuse, l’humour y est bien dosé. Et il a de très belles envolées anarchistes (voir la fin de l’épisode Jeanne d’Arc, absolument décisive)

                    • #71384 Répondre
                      Florent
                      Invité

                      Moi je l’ai découvert sur Blast, et je rejoins François sa série sur l’histoire de France (« l’empire n’a jamais pris fin ») est très intéressante et plutôt bien réalisée. J’attends avec impatience que la 2ème saison commence.

                      • #71518 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Elle a été très critiquée par des historiens qui lui ont notamment reproché de construire un roman national de gauche, d’utiliser les mêmes méthodes que les youtubers de droite.

                      • #71741 Répondre
                        Baptiste B
                        Invité

                        Charles tu as des exemples de youtubeurs d’extrême droite qui utilise les mêmes méthodes? Par exemple, des YouTubeurs d’extrême droite qui problèmatisent leur approche méthodologique sur des sujets historiques semblables, en long format. Qui exposent préalablement une position partiale qui me rappelle celle d’Henri Guillemin, qui rappellent leur rapport sensible et intime aux sources et aux citations, bref qui situent frontalement leur bibliographie. Beaucoup de youtubeurs d’ed font-ils l’aveu de l’emploi libre de l’anachronisme, le même que certains historiens de l’art hétérodoxe ?… Roman national de gauche, ça relève un peu du bon mot dont on suspecte que ce soit le de gauche qui est attaqué, et le roman national défendu. Après sans doute que la méthode historique doit avoir des choses à redire au récit de Pacôme, comme les historiens n’ont jamais trop aimé Foucault et ses histoires. Mais de là à le rapprocher des manières des youtubeurs d’extrême droite, il nous en faudrait un peu plus.

                      • #71744 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        J’entendais par là la construction d’un roman national et l’usage militant qui est fait de l’Histoire.
                        Un exemple des critiques faites par des historiens : https://x.com/albertdevanves/status/1797285979402748045

                      • #71745 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Et on en pense quoi de Nota Bene ? C’est juste une question

                      • #71774 Répondre
                        Baptiste B
                        Invité

                        Merci Charles je vais regarder! Peggy jamais regardé Nota Bene de mon côté

          • #71392 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Merci! J’aime vraiment bien ce
            Pacôme Thiellement! Je viens d’écouter un bout et demain, de bout en bout

      • #71336 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        la phrase exacte je sais plus mais Jésus dit clairement  » ce que j’ai fait, tu peux le faire au centuple »
        Il suffit juste d’ouvrir la porte sans clef et de faire le plongeon. Une fois que tu es passé de l’autre côté, ça devient intéressant, encore plus intéressant, je veux dire, de vivre.

    • #71448 Répondre
      Leny
      Invité

      Bonjour a tous, je suis a la recherche de recommandations de lectures donc je poste ça ici pour éviter de créer un énième sujet de forum

      Je cherche un « ordre » qui pourrait être bien pour commencer à lire Nietzsche. J’ai entendu parlé de lui a droite et gauche sur l’art, et aussi sur les notions de développement de sa puissance et j’aimerais des livres qui parlent de ça . J’ai le gai savoir que je feuillette depuis 2 ans, certains aphorismes (souvent les courts et percutants) m’intéressent et tic un truc en moi mais globalement je trouve que c’est pas assez accessible.

      Donc qu’est-ce-que vous me recommanderiez?

      • #71459 Répondre
        MA
        Invité

        Ecce Homo et La naissance de la tragédie peut-être pour commencer. En attendant l’avis de spécialistes.

        • #71489 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          oui

      • #71493 Répondre
        Bretzville
        Invité

        Vérité et mensonge au sens extra-moral est un super point d’entrée. Il fait 70 pages, faciles à lire, et te mettra en jambe pour la suite.

    • #71463 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Salut tout le monde. Je cherche un livre sur Marx pour essayer de mieux saisir cette personne.
      Connaissanez vous in livre sur Marx ? En vous remerciant

      • #71488 Répondre
        stephanie
        Invité
        • #71514 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Merci beaucoup ! Je note 🙂

      • #71501 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Kohei Saito, “Moins ! La décroissance est une philosophie”,

        • #71516 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Résumé
          .. A partir de sources largement inédites, ce livre montre que Karl Marx a développé une analyse écologique du capitalisme. Ainsi, sa critique de la propriété privée apparaît indissociable de son analyse de la destruction de l’environnement. A l’heure où les inégalités explosent et alors que la planète fonce vers l’abîme, Marx indique la source commune de ces problèmes et esquisse la solution ? : rompre avec le capitalisme pour établir une relation harmonieuse entre les humains et la nature.
          Pour trouver des solutions à la crise climatique globale dans laquelle l’humanité est entrée, il est aujourd’hui plus que jamais indispensable de comprendre l’imbrication entre le système capitaliste et la destruction environnementale. Critique éminent du capitalisme, Karl Marx a pourtant mauvaise réputation auprès de nombreux écologistes. Il est accusé d’être un penseur productiviste, prônant la maîtrise de la nature par les humains.
          C’est à cette aune que Kohei Saïto relit les oeuvres majeurs, ainsi que les cahiers scientifiques inédits de Marx et montre que ces accusations sont sans fondement. Il nous fait découvrir un Marx qui suit de près les avancées des sciences de la nature et, surtout, de l’agronomie, qu’il intègre méthodiquement dans ses propres travaux. Le constat s’impose ? : l’écologie est un aspect incontournable du projet marxien de la critique du capitalisme.
          Ainsi, Marx fournit une base théorique riche pour comprendre la crise écologique actuelle et pour la dépasser./ …

          • #71517 Répondre
            Carpentier
            Invité

            en espérant qu’il ne s’agit pas d’un de ses énièmes intellectuels qui font surtout dire ce qu’ils veulent à un penseur qu’ils griment et malaxent à leurs thèses pour s’en revendiquer.
            Mais là, j’en ai pas le sentiment.
            À voir,

            • #71524 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Merci Carpentier, il me fait du pied depuis un moment ce Moins! et me donne bien envie!
              Pour faire mieux connaissance avec Saïto, voici un entretien

              Entretien avec Kōhei Saitō: Le Capital dans l’Anthropocène (Hitoshinsei no ‘Shihonron’)

              • #71526 Répondre
                Carpentier
                Invité

                ah, ok.
                En revanche, j’ignore si ça peut faire partie de ce qui intéresserait aussi Peggy.
                J’écouterai ce Köhei tout à l’heure.

                • #71536 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Peggy?
                  Ne t’en fais pas! Ses roues fonctionnent et ses neurones aussi

                  • #71557 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    – qui en douterait?
                    En revanche, l’arborescence du forum fait perdre beaucoup de contenu pas inintéressant de base je trouve (tu y faisais toi-même attention récemment en insistant sur le fait qu’en ne répondant ‘ merci ‘ trop rapidement à un partage, tu gardais visible un post, il me semble)
                    Mon partage le sera moins, tant pis pour moi, dans ce cas (?)

                    • #71561 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Alors j’ai pas écouté encore. Je ferai dans la semaine

                    • #71566 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      Des fois je trouve qu’on a du mal à trouver la relation idoine en présence d’une personne ayant handicap!
                      Et à propos de l’entretien de Saïto, tu dis  » j’ignore si ça peut faire partie de ce qui intéresserait Peggy »
                      En partageant cet entretien je donnais un élément de possible info à ta phrase à propos du livre Moins!
                       » en espérant qu’il ne s’agit pas d’un de ces
                      intellectuels qui font surtout dire ce qu’ils veulent à un penseur… »

                      • #71572 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        en complément, donc
                        merci, graindorge

                      • #71574 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        J’écouterais ça du coup avec intérêt.
                        Comme dit à François même entre nous handicapés l’approche n’est pas facile. Car on a chacun notre sensibilité. Notre vécu. Notre handicap. Visible ou pas.
                        En revanche je n’aime plus les gens qui font de la morale comme on peut voir dans les médias. Je n’ai plus ce besoin de dire que la différence est une force car finalement c’est une façon débile de voir les choses comme là je l’ai dis dans la critique que j’ai faite avec un ami sur le cas Inox et ses discours détestables et les plus discriminatoires les uns que les autres. Edward Louis dans un autre « genre » serait aussi dans ce cas là. nous sommes avant tout des êtres humains et c’est ça avant tout mon discours d’aujourd’hui. Nous avons tous notre vécu et que nous ne montrons pas forcément. Mais voilà je grandis de jour en jour. Et j’essaie surtout de comprendre ce qui se passe autour de moi. Comment j’ai fais pour atterrir dans ce monde d’où la raison pour laquelle le cinéma de Malick dont je fais une rétrospective sur ma chaîne me parle tant. Il ne fait pas des films sur la quête de l’identité mais sur soi. sur ce ce que nous sommes face à cette chose que nous appelons la vie comme à la fois avec sa beauté et sa médiocrité. Et je crois que je commence à comprendre pourquoi je n’aime pas Duponteil car dans le livre que je suis en train de lire à son sujet déjà dans l’introduction le terme identité y est. Donc c’est l’inverse de Malick. Bref je vais écouter ça mais déjà vous pouvez tous m’éviter de me mettre dans tous ces handicapés qui passent sur les plateaux télé et qui font des discours détestables et discriminatoires envers ceux qui ont d’autres problèmes dans la vie comme social et sociétale. Mais voilà on grandit. On mûrit. On n’est jamais acquis. Même je pense à notre mort car le monde continuera de tourner sans nous. Faut juste essayer de trouver sa place. Mon bute à moi est de ne laisser aucune dette. Aucun héritage. Mais juste dire que j’étais là et que j’ai fais ce que j’ai pu.
                        Voici ma philosophie de vie et c’est en ça que je me considère plus que jamais anarchiste.

                      • #71583 Répondre
                        Delphine
                        Invité

                        PeggySlam, Il est intéressant que tu pointes les handicaps invisibles, ce qui doit rendre encore plus difficile la compréhension de l’entourage (proches exceptés), puisque cela ne se voit pas. Seule la personne qui en souffre le ressent et, selon sa personnalité, va essayer d’en faire abstraction le plus possible, ou alors en parler ouvertement. D’autre part, tu dis « Je n’ai plus ce besoin de dire que la différence est une force car finalement c’est une façon débile de voir les choses. » On entend effectivement souvent qu’une « anormalité » renforcerait. Peut-être que cela forge quand même le caractère et modifie l’ordre des priorités.

                      • #71590 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Le salut du jour à toi, Peggy 🙂
                        Je comprends que parce qu’handicap.s, on mettrait plus encore les handicapé.es dans des cases que les dits valides, mais confirme-moi, stp, si je comprends bien.
                        Les valides auraient droit à plus de singularité.s peut-être?
                        Quelle bêtise extrême dans les raccourcis que font les gens que ça arrange de penser ainsi.
                        La personne handicapée est une personne, donc, avec sa personnalité/personne ^^, ses qualités, ses défauts, son mood, ses forces, ses faiblesses, ses tics, sa façon dans les blagues etc, etc,
                        En attendant, peut-être que tu peux oser t’attaquer à Marx lui-même, non?
                        Dis-moi ce que tu envisages de lire, on s’y attelera ensemble.
                        Ainsi, nos forces et faiblesses se rejoindront. on va bien rire.
                        D’autant qu’ici, on trouvera de l’aide autant que cela nous sera nécessaire.
                        Banco, Peggy?
                        Dis oui 🙏

                      • #71591 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Salut Carpentier !
                        Exactement Carpentier ! Le plus gros problèmes, ce sont les cases, les raccourcis que font les gens ect ect… Et complètement nous sommes tous des humains. Les valides comme les handicapés. On vit juste d’une manière différente et à notre accessibilité (plutôt que niveau je dirai). Mais oui on a tous nos rires, nos blagues, nos qualités, défauts ect. L’humour aussi qui n’est pas la même sensibilité pour tous.
                        Je compte bien lire Marx et ce que dis Saito à son sujet est fort intéressant. Je vais vraiment lire un livre un de ces quatre sur Marx c’est certain.
                        Et au plaisir que d’en parler avec toi par la suite Carpentier ! ☺️

                      • #71633 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        super, PeggySlam, on fait comme ça alors
                        – en attendant, J-2 pour son Comme une mule 💐 –

                      • #71634 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Yes !!!!!

                      • #71579 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        sûr qu’en conseillant ‘ introduction à Marx ‘ la légitimité de la reco est bien plus limpide : D

                      • #71586 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        @Delphine tout à fait ! C’est mon problème avec ma famille (étrangement plus que les amis). Peut être aussi une habitude à vivre avec aussi au quotidien. Le déni également. Et le coup de fatigue comme on disait avec François avec le film Gilbert Grape. Y a beaucoup d’amour dans la famille mais il est très conflictuelle car il y a cet handicap où ils sont complètement impuissant face à ça et ça c’est pour tout le monde. Et je dirai même chez les médecins. Genre mon psy ne croit pas au mauvais regard sur le handicap. Alors j’ai fini par comprendre que ce « combat » là je vais devoir le faire seule comme je l’ai commencé dès mon adolescence et finirait avec. Et tu as de plus raisons sur les « anormalités ». Enfin c’est tellement complexe tout ça même pour moi je n’ai pas toutes les réponses. Comme je disais dans un autre chez l’ami Micro Ciné quand je parle du handicap je ne peux pas parler au nom de tous les handicapés. Je parle juste avec mon vécu qui en dit déjà longtemps sur la question. En tout cas merci à tous pour votre respect à la conversation qui est juste magique !

                      • #71798 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                         » Mon but à moi est de ne laisser aucune dette. Aucun héritage. Mais juste dire que j’étais là et que j’ai fais ce que j’ai pu. »
                        Voilà bien des lignes qui m’émeuvent.

                      • #71830 Répondre
                        Emile Novis
                        Invité

                        » Mon but à moi est de ne laisser aucune dette. Aucun héritage. Mais juste dire que j’étais là et que j’ai fais ce que j’ai pu. »

                        Très beau et très juste en effet. Merci.

    • #71565 Répondre
      Carpentier
      Invité

      en ne répondant *pas

    • #71727 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      je tâtonne mais ce kohei Saïto a du mal à me convaincre. Ça ressemble à la théorie du bien commun récupérée par des filous. Très écolos les filous.
      Moins mais… Moins d’heures de travail? -Au Japon je crois que c’est 12h- tope là! Mais les entreprises te disent que le volume de travail restera le même donc il faut travailler plus vite ou prendre sur ton temps pour finir. Ici aussi SUMAR propose 37h/s. Mais quid du volume de travail. Donk.
      Ce jeune homme aisé ( pas de Moins pour lui?) se plaint de ne pas être compris par les précaires. Au Japon, la pauvreté serait cachée. Mais bon, j’ai lu l’entretien, des bribes par ci par là mais MOINS envie de le lire. Je peux me tromper. Je l’espère souvent.

      Why and How Poverty in Japan is Concealed

    • #71762 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #71807 Répondre
      tristan
      Invité

      « J’étais là et que j’ai fais ce que j’ai pu. »

      Et pendant les cours d’orthographe t’étais où ?

      • #71808 Répondre
        Claire N
        Invité

        L’orthographe est un bien faible bouclier contre l’intensité de cette phrase – tu faillis

        • #71812 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Désolée le français et moi ça fait deux …
          Heureusement y a l’oral ^^

          • #71817 Répondre
            Claire N
            Invité

            Perso je suis nulle en orthographe
            Remercions ceux qui nous font ânes – c’est un hommage qui ne se refuse pas !

          • #71825 Répondre
            Carpentier
            Invité

            c’est pas comme si, en France, après les maths, on avait fait de la relative maîtrise de l’orthographe un outil de sélection/discrimination, n’est-ce pas 😉
            oui. oui, faisons comme si.

            • #71826 Répondre
              PeggySlam
              Invité

              Est ce que j’ai parlé de maths ? Non je ne pense pas. Merci de pas déformé mes propos 😉

              • #71827 Répondre
                diegomaradona
                Invité

                Bravo tristan !

                • #71828 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  Une remarque cassante et basse, voilà bien la chose seule que Diego aura approuvé ici bas

                  • #71834 Répondre
                    diegomaradona
                    Invité

                    @Titouan, c’est ironique de ma part.
                    Cesse de sauter sur tout ce qui bouge.

                    • #71838 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Une simple faute d’orthographe et ça peut déclencher la quatrième guerre mondiale.
                      Humour et rire à la fois !

                    • #71839 Répondre
                      diegomaradona
                      Invité

                      Tu n’as rien d autre à faire de ton temps que de te faire passer pour moi?

                      • #71842 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Tu parles à qui Diego ? Moi ?
                        Si c’est le cas tu te trompes de personnes. Je n’ai qu’un seul profil et je ne ferai jamais de l’usurpation d’un autre pour faire mon intéressante

                      • #71851 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        « Tu n’as rien d autre à faire de ton temps que de te faire passer pour moi? »
                        C’est plutôt toi, qui te fais passer pour quelqu’un d’autre que Toi.

                      • #71856 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Mon message ne s’adressait pas à toi peggy, mais à celui (surement demi-habile) qui s’amuse depuis des jours à poster des messages à gauche et à droite avec mon pseudonyme.

                      • #71857 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Ok au temps pour moi Diego. Merci pour tes explications

                    • #71847 Répondre
                      Titouan R
                      Invité

                      @Diego : de l’ironie. J’apprends donc que tu en es doté. 1ère etape pour rejoindre la communauté des humains.
                      Bienvenue parmi nous.

                      Désolé Peggy, j’ai alimenté ce fil à mon tour.
                      J’en profite pour te remercier de tes doux messages ci-dessus sur ta vie et tes désirs. Par curiosité, que lis-tu concernant Dupontel ?
                      M’est avis qu’il aurait dû se contenter d’être ce corps nerveux, étrange, inédit, qu’il a livré dans son one-man et dans quelques films.

                      • #71859 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        @Titouan R
                        Je suis en train de lire un livre en effet sur Albert Dupontel car je ne comprends pas pourquoi ce réalisateur ne prend pas en moi. E pourtant rien qu’en lisant un livre sur le réalisateur écrit par David Fonseca, j’ai de suite compris pourquoi je n’aime pas plus que ça l’artiste. parce qu’il semblerait qu’il soit plus à la recherche de son identité qu’à la recherche de soi que et c’est tout ce que je n’aime plus dans le cinéma quand on dit quête identité au lieu de quête de soi. Toute la différence de Terrence Malick qui se met face à la vie et qui ose la questionner même s’il n’aura jamais de réponse car je crois qu’il n’y a pas de réponse face à la vie. Mais je vais continuer la lecture malgré tout car j’aime comprendre pourquoi un artiste ne me touche pas alors qu’il est fort apprécier par mon cercle d’amis cinéphiles. Alors que j’ai comme cette impression pour moi Dupieux et Dupontel malgré leur folie qu’ils veulent faire croire à travers leurs métrages ne me touchent pas. Merci à toi pour tes mots

                      • #71860 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Tu dirais combien tu as de revenus par mois Peggy ?

                      • #71865 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Seulement mes allocations adultes handicapés. rien de plus. Pourquoi Diego ?

                      • #71866 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        ayant demandé la même chose à Nox, je pense que ça peut tout autant intéresser François.

              • #71925 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Peggy, j’ai dû très mal m’exprimer.
                Longtemps, très très longtemps, les maths ont été très sélectifs, matière quasi exclusivement sélective (en orientation scolaire et supérieure notamment.)
                Sauf que depuis au moins dix bonnes années, en plus des maths – dont tu/vous n’avez pas parlé certes c’est vrai – s’ajoute, comme outil de sélection (qu’on le veuille ou non) les compétences des lycéens, étudiants. candidat.es a un emploi, cet outil qu’est l’orthographe.
                C’est tout ce que je me suis permise. toute seule comme une grande, d’ajouter à vos échanges à propos d’orthographe
                Ma formulation de cet état de fait en France était biscornue donc, je veillerai à ne plus.

                • #71926 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  *à un emploi

                  • #71937 Répondre
                    PeggySlam
                    Invité

                    Y a pas de soucis Carpentier ! Et c’est vrai ce que tu dis. Ayant une mère scientifique elle déteste tout ce qui est littérature, philosophie ect donc dans ce que tu disais est juste aussi. J’ai pris juste ça comme une attaque personnelle. Mille excuses. Mais le plus important c’est de s’expliquer et merci de l’avoir fait!

                    • #71945 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Ce n’est que normal, presque gênée que tu m’en remercie, Peggy.
                      Bon, sinon, pensé à toi (à nous)dans une sombre histoire d’embarquement forcé au boulot dans un projet Alice au pays des merveilles,dont je crains une simplette et grosse resucée de Disney, ce qui ne m’enchante guère.
                      J’ai donc tenté d’argumenter un peu avec une contreproposition à l’exploitation plus large me semblait-il et suis tombée sur ces lignes:
                      … Le Dr Leon Coward affirme que le livre « souffre » de « lectures qui reflètent la fascination d’aujourd’hui pour le postmodernisme et la psychologie, plutôt que de se plonger dans une interprétation historiquement informée », et suppose que cela est dû en partie au fait que le public découvre le récit à travers une source « de seconde main », expliquant que « nos impressions du texte original sont basées sur une multiplicité de réinterprétations. Nous ne réalisons pas nécessairement que nous manquons quelque chose dans la compréhension du produit original, parce que nous n’avons généralement jamais affaire au produit original »./ ….
                      J’ai cru voir que graindorge propose un lien avec des textes courts du Karl, merci à elle car c’est certain, quelque soit les difficultés qu’on appréhende avant de lire Marx, s’attaquer à la bête elle-même, au texte d’origine est la clef.

                      • #71959 Répondre
                        PeggySlam
                        Invité

                        Complètement pour Marx, @Carpentier. Commencer par l’original pour mieux comprendre car beaucoup l’on récupéré et incompris. Pol Polt en est le parfait exemple…

      • #71832 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @tristan
        Ta religion de l’orthographe est le symptôme d’un rapport à la langue qui est mort, ce qui n’est pas surprenant venant d’individus se réclamant des idées de Zemmour, dont le rapport avec les choses de l’esprit est quasiment inexistant. La culture et la langue n’est pour vous qu’un folklore qu’il faut inscrire au patrimoine, c’est-à-dire un être mort. Faute de sentir sa vie et ses potentialités, vous vous crispez sur une règle visible bien nette. La langue aussi a ses pharisiens…
        C’est sans doute Paul Valéry qui en parle le mieux dans Le bilan de l’intelligence:
        .
        « Croyez-vous que notre littérature, et singulièrement notre poésie, ne pâtisse pas de la négligence dans l’éducation de la parole ? Que voulez-vous que devienne un poète, un véritable poète, un homme pour qui les sons du langage ont une importance égale (égale, vous m’entendez bien !) à celle du sens ? […] La diction scolaire telle qu’elle est pratiquée est tout bonnement criminelle. Allez donc entendre du La Fontaine, du Racine, récité dans une école quelconque ! La consigne est littéralement d’ânonner, et, d’ailleurs, jamais la moindre idée du rythme, des assonances et des allitérations qui constituent la substance sonore de la poésie n’est donnée et démontrée aux enfants. On considère sans doute comme futilités ce qui est la substance même de la poésie, mais, en revanche, on exigera des candidats aux examens une certaine connaissance de la poésie et des poètes. Quelle étrange connaissance ! N’est-il pas étonnant que l’on substitue cette connaissance purement abstraite (et qui n’a d’ailleurs qu’un lointain rapport avec la poésie), à la sensation même du poème ? Cependant qu’on exige le respect de la partie absurde de notre langage, qui est sa partie orthographique, on tolère la falsification la plus barbare de la partie phonétique, c’est-à-dire la langue vivante. L’idée fondamentale semble ici, comme en d’autres matières, d’instituer des moyens de contrôle faciles, car rien n’est plus facile que de constater la conformité de l’écriture d’un texte, ou sa non-conformité, avec l’orthographe légale, aux dépens de la véritable connaissance, c’est-à-dire de la sensation poétique. L’orthographe est devenue le critérium de la belle éducation, cependant que le sentiment musical, le nombre et le dessin des phrases ne jouent absolument aucun rôle dans les études ni dans les épreuves… »

        • #71843 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          J’aime beaucoup !

    • #71846 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      @Émile
      Ah oui, je me souviens des bouches immobiles, endormies, comme venant de sortir du dentiste, réciter avec un enthousiasme de lundi matin
      La chigal et la fomi
      La chigal …la chigal… tolété
      Se..seuh…tou….tro…trouva…

    • #72912 Répondre
      Henry
      Invité

      Il me semble avoir lu de François que le style de Fred Vargas était académique. En quoi l’est-il ?
      Plus particulièrement, c’est quoi un style académique ? Est-ce qu’un style se distingue par les figurent de style qu’il emploie ? On en trouve aussi bien chez Proust que chez Vargas. On peut aussi bien faire d’ailleurs des analyses de textes scolaires à partir de Proust ou Vargas.

      • #72926 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Pas les figures de style non. Mais une certaine façon de tourner les phrases, de mener une scène, d’introduire un chapitre, de décrire les physiques. Certains adjectifs, l’emploi des temps etc. Tout ce cahier des charges que Vargas applique sans le savoir.
        Il faudrait reporter ici une page d’elle et je serais plus précis.

        • #72937 Répondre
          Henry
          Invité

          Je vais essayer de trouver ça

        • #72938 Répondre
          Tristan
          Invité

          Pourquoi « sans le savoir » ? Je suis d’accord avec l’identification du cahier des charges académiques, mais il me semble qu’elle le maitrise suffisamment pour le savoir : ses livres sont des exercices de style, s’inscrivent dans un genre spécifique qui a ses codes. C’est comme si on disait à un menuisier qu’il fait une armoire normande académique sans le savoir, non ?

          • #72940 Répondre
            essaisfragiles
            Invité

            « s’inscrivent dans un genre spécifique qui a ses codes. »
            C’est bien le problème du genre.
            Le style de Simenon, ce n’est pas le problème du genre.

            • #72971 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Mon « sans le savoir » se discute en effet
              Disons que la question reste ouverte : est ce que Vargas se dit : je veux faire des romans tels qu’ils s’écrivent depuis le dix neuvième (dans ce cas j’imagine que dans sa tete elle se dit « romans populaires » : populaire est parfois le joli nom pour académique), ou est ce qu’elle écrit comme ça vient, et que ce que qui vient c’est ça, cette forme là, celle des romans lus à 11 ans. Cette seconde hypothèse n’est pas saugrenue. Je crois qu’elle est vraie pour bien des auteurs. Si on ne pense pas le style, alors quand on se met à écrire ce qui s’impose c’est la manière standard, académique.

              • #72980 Répondre
                Christophe M
                Invité

                Vargas s’est mise sur le tard à écrire des essais sur le péril écologique. De méchantes langues, dont bien sûr je ne suis pas, pourraient trouver ce positionnement opportuniste et donc privilégier la première hypothèse : j’écris pour que ça se vende.

              • #73130 Répondre
                Henry
                Invité

                Extrait de Quand sort la recluse :

                « — Que t’a dit cette femme? Demanda Veyrenc.
                Adamsberg eut une rapide grimace et se pencha en arrière, se balançant sur les deux pieds de sa chaise, se tenant des deux mains sur la table.
                —C’est difficile, Louis. J’ai l’impression, non, pas l’impression. Je crois que je l’ai déjà vue.
                —La femme?
                —Non. La recluse.
                La raideur serra cette fois sa nuque, et Adamsberg secoua la tête pour la chasser.
                — Enfin non, je ne l’ai jamais vue. Ou si. Quelque chose comme cela. Il y a
                longtemps.
                — Bien sûr que tu l’as vue. Mais il y a seulement trois jours. Elle est partout sur les forums.
                — Et la veille , elle était sur l’écran de Voisenet. J’ai ressenti un trouble, un dégoût.
                — Les araignées dégoûtent beaucoup de gens.
                —Mais pas moi.
                —N’oublie pas qu’il y avait l’odeur atroce de cette murène.
                — Et cela s’est mélangé. La puanteur et l’araignée. Ça a compté, cette
                puanteur, je le sais.
                — Tu te souviens précisément de l’écran de Voisenet ?
                — Je ne me souviens jamais des mots, mais des images, oui. Je pourrais te décrire tous les objets que chacun a posés sur sa table pour que les papiers ne s’envolent pas. Je pourrais te dessiner l’arbre, là-haut, sur la montagne, quand tu…
                — Laisse cette histoire. Elles sont très bien mes mèches.
                —Très bien.
                — Sur l’écran de Voisenet? Qu’y avait-il ?
                — Rien de particulier. La photo agrandie d’une araignée, d’un brun assez clair, tête en bas, et la légende en haut de l’image, en lettres bleues, Recluse d’Europe ou araignée violoniste. C’est tout. Adamsberg frotta vigoureusement sa nuque.
                — Tu as mal ?
                — Un peu. C’est quand j’entends son nom, parfois.
                — Et quand tu la vois ? Dans la boîte?
                — Non, dit Adamsberg en haussant les épaules. Je m’en fous de la voir. Ses pattes, son dos, je m’en fous. Ou bien c’est une autre forme.
                — Quelle forme?
                — Aucune idée.
                — Tu vois une forme? En rêve, en cauchemar, en réel, en somnolence ?
                — Je ne sais pas. En spectre, peut-être, dit Adamsberg en souriant.
                — C’est un mort ?
                — Non… Ou bien un mort qui danse. Tu sais, on en voit sur ces vieilles gravures qui font peur aux enfants, ces êtres qui s’agitent. Adamsberg tourna la tête. La raideur s’était enfuie.
                — Oublie mes questions, reprit Veyrenc. Dis-moi ce que t’as raconté cette femme. »

                Dans cet extrait on peut relever plusieurs éléments stylistiques qui coïncident avec le fond du roman de Vargas, à savoir le caractère brumeux de son personnage. le flou apparaît d’abord ici avec le démonstratif « cette femme » qui est repris en fin de texte, puis « cela » et « ça », ce qui montre une certaine cyclicité, une indéfinition constante. On peut aussi relever les épanorthoses (« J’ai l’impression, non, pas l’impression. » ; « Enfin non, je ne l’ai jamais vue. Ou si »). On note aussi la présence de l’adverbe « peut-être » en apposition qui entérine cette indécision. Tous ces éléments que dispose, consciemment ou inconsciemment, Vargas participent à la construction stylistique du fond de son texte. Le commissaire est brumeux, les phrases le sont aussi. On pourrait dire que les portraits-types des commissaires étaient jusque-là des personnages rationnels, pragmatiques (Arsène Lupin, Sherlock Holmes), tandis que là un nouveau type de personnage apparaît, et cela fait peut-être, et je dis bien peut-être, l’originalité du texte.

                On peut objecter à cette analyse que la forme n’est pas forcément au diapason du texte comme tu le disais dans ton article sur 14 d’Echenoz paru dans Transfuge. Mais alors, si on juge que Vargas propose une rupture avec la représentation arcétypale des commissaires dans son roman, cela en fait-il un bon roman ?

                Plus largement, est-ce qu’une critique se différencie de l’analyse en cela qu’elle propose une comparaison de certains traits d’un roman qui seraient nouveaux par rapport à d’autres romans ? Pas forcément romans d’ailleurs.

        • #72978 Répondre
          Delphine
          Invité

          Concernant le style académique de Fred Vargas, le « cahier des charges qu’elle applique sans le savoir », cela est peut-être aussi dû à sa formation de base un peu scientifique (archéologie et animaux). Elle aurait pour objectif de faire état des faits de manière brute, sans recherche stylistique.

          • #73150 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            tu raisonnes à l’envers
            c’est précisément parce que la matière brute l’intéresse peu que son style est si académique
            lui importe de faire-un-livre, faire-un-livre comme cela se fait, et de raconter une histoire comme il est de coutume de raconter une histoire
            c’est cela l’académisme : adhésion aveugle aux formes existantes sans les éprouver au réel.
            et au passage la littérature compte de grands écrivains scientifiques, de Céline à Echenoz en passant par Pascal et Robbe Grillet

            • #73320 Répondre
              Henry
              Invité

              J’ai transcrit un extrait de Quand sort la recluse plus haut. Si jamais tu jettes un coup d’œil …

      • #72939 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        @ Henry
        Le style est essentiel et parfaitement épineux à définir.
        On sait tout de suite quand on a affaire à un style (en littérature comme en musique, ou au cinéma) et pourtant il est extrêmement difficile de le définir. Le style, c’est ce qui fait qu’on reconnaît immédiatement un début de Mozart (quelques notes suffisent) ou une demi-page de Balzac (ou de Flaubert), sans savoir pourquoi.
        Un écrivain peut n’employer aucune figure de style et pourtant avoir un style. Annie Ernaux serait (peut-être) dans ce cas-là : elle refuse la métaphore, le double sens, l’ironie — et tous les écrivains que le style Ernaux a contribué à former, Philippe Vilain, Edouard Louis. Un style plat reste un style, mais pauvre, chiche, à peine un style.
        Le style de François, je n’ai pas peur de le dire — n’en déplaise à son âne, s’il me lit ! — c’est une certaine anatomie de la phrase, un travail littéraire sur la forme, c’est-à-dire les sonorités (les percussions), la construction, la chute de la phrase, un truc bancal qui se récupère à la fin, qui trouve son sens au milieu ou à la fin de la phrase, ou à la phrase suivante. Peut-être que c’est un style musical, qui cherche aussi à déglinguer la syntaxe, la phrase.
        Un style peut parfois sembler artificiel, trop travaillé, et c’est alors de la préciosité, le contraire de l’écriture plate. Quand on dit d’un art qu’il est académique, c’est généralement pour dénoncer sa conformité à des règles préétablies d’écriture, de composition, d’ordonnancement, sans réelle recherche formelle.
        Le style dirait donc que la forme est tout, que le contenu est secondaire. Mais ce n’est pas vrai, le style, c’est quand les deux deviennent indissociables, quand le contenu, le fond trouve « sa » forme, la forme qui lui convient le mieux.
        .
        Si d’autres ont d’autres élucubrations sur le style, je suis preneur, car c’est un sujet qui m’intrigue depuis longtemps — peut-être parce que dès que j’ai essayé d’écrire dans ma vie, soit je me disais que je n’avais aucun style, soit que c’était trop chiadé. Être styliste, ou n’être rien.

        • #72942 Répondre
          MA
          Invité

          « Le style dirait donc que la forme est tout, que le contenu est secondaire. Mais ce n’est pas vrai, le style, c’est quand les deux deviennent indissociables, quand le contenu, le fond trouve « sa » forme, la forme qui lui convient le mieux. »
          Je crois que Vincent Berthelier dans Le style réactionnaire, recommandé ici, développe bien cette question.

          • #72944 Répondre
            essaisfragiles
            Invité

            Merci MA de rappeler cette référence, je la note cette fois.

        • #76611 Répondre
          Simon F
          Invité

          Il y a tout de même un mystère dans la sensibilité, ou non, à un style. Tu as posé des jalons pour définir le style côté émetteur ; pour ma part, j’ai toujours été fasciné par la diversité des effets à la réception. Un même ensemble de sonorités, de vocabulaire, de syntaxe, ravira un lecteur et tombera des mains d’un autre, indépendamment du fond du propos. J’ai une amie qui ne peut pas lire les romans d’Aragon. Quand je lui demande pourquoi, elle ne sait pas l’expliquer. Pour ma part sa prose m’enchante (plus ou moins selon les périodes, mais c’est un autre sujet). Un même poème va changer la vie d’un homme et laisser froid son voisin. Je suis resté vingt minutes figé d’admiration devant un tableau de Munch qui, quand je le montre à des amis, ne récolte qu’un vague « Ah oui c’est joli ».

          Il y a, je crois, dans cette question, une histoire de complexion affective, qui ne pourrait s’expliquer qu’en dépliant complètement l’histoire, l’esprit et le corps de chaque lecteur et de chaque auteur — ce qui est humainement impossible, par manque de connaissances et, surtout, de temps. Il ne nous reste donc, en désespoir de cause, qu’à tâtonner dans l’ombre en espérant tomber sur un auteur dont la complexion nous convient, sans pouvoir expliquer pourquoi cette rencontre a lieu.

          • #76616 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui c’est vrai ; mais observer cette «  rencontre «  chez un ami – je le note – conduira plus volontiers à rechercher un chemin sensible ?
            – je présume l’intelligence sensible de mon ami
            – je vais porter plus attention à l’œuvre
            – peut être suis je capable de voir ce qu’il / elle a vu?

            • #76617 Répondre
              Claire N
              Invité

              Les enfants sont de bons amis par exemple
              Lorsque tout petit il te ramènent en jubilant une pomme de pin, un marron ou une feuille

              • #76621 Répondre
                Cat
                Invité

                Le petit ne choisit pas la pomme de pin c’est la pomme de pin qui le choisit.
                Je ne choisis pas de m’approcher de telle sculpture parmi les centaines exposées, c’est elle qui m’attire et de loin me bouleverse déjà.
                Je ne choisis pas la pomme de pin c’est la pomme de pin qui me choisit.
                Le petit ne choisit pas de s’approcher de telle sculpture etc.

                Je ne sais pas comment agit « l’intelligence sensible » dans ce phénomène.
                Je ne sais pas comment « porter attention à l’oeuvre » agit dans tout ça.
                Je suis certaine que vivre avec des pommes de pin et des livres, des tableaux, des films, de la musique, les voir, les toucher, les sentir, les écouter, les gouter, décoder leur langage me rend plus sensible au truc.

                • #76622 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Le petit, toute la forêt lui est passée dessus.
                  Même la pomme de pin.

                  • #76624 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Non,
                    Même la girafe (?)
                    il faut quelque chose qui est out of the forêt

                    • #76626 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      j’ai:
                      – Le petit, toute la forêt lui est passée dessus.
                      Même la pomme.

                • #76623 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  « Le petit ne choisit pas la pomme de pin c’est la pomme de pin qui le choisit.
                  Je ne choisis pas de m’approcher de telle sculpture parmi les centaines exposées, c’est elle qui m’attire et de loin me bouleverse déjà »
                  Mais Oui ! Renversement lumineux – Merci !

                • #76625 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  cf. aussi

                  Kenyle (best of – CUM):
                  « L’idéologie éducative aime à croire que l’auteur est un passeur; il est bien plutôt un lieu de passage. Un truchement entre l’oeuvre et la vie.
                  Ce qui me fait persister dans ce sot métier est la joie de voir tout ce qui m’arrive quand je suis à l’ouvrage. La béatitude d’être pris. La merveille d’être piégé. Toutes les choses qui me passent dessus. Pour ça je ne suis jamais le dernier. »
                  P427

            • #76649 Répondre
              Simon F
              Invité

              Tout à fait ! En règle générale, on se dit que ce qui touche un proche doit nous toucher aussi, puisque nos complexions affectives respectives présentent des points de contact qui ont conduit à la rencontre amicale plutôt qu’à l’indifférence ou l’hostilité. Bon, ça ne se vérifie pas toujours, je ne parviens pas à convaincre mes amis d’apprécier les films avec Christian Clavier…

          • #76627 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Cette multiplicité sensible est le prix de l’art.

            • #76648 Répondre
              Simon F
              Invité

              Absolument, son prix et sa richesse.

    • #74828 Répondre
      Théo
      Invité

      je suis au 3/4 du Club des Enfants Perdus de Rebecca Lighieri et je suis vraiment agréablement surpris par ce livre choisi au hasard. La langue n’est pas particulièrement marquante dans ce livre mais il me semble que l’autrice a une très grande qualité de narratrice. L’époque n’est pas à la fiction dans le domaine du roman, me semble-t-il, et cette fiction là fait du bien ! C’est une histoire originale, un livre qu’on ne lâche pas, des allers-retours passé-présent qui s’enchaînent parfaitement. Je vous le recommande !

    • #76008 Répondre
      perové
      Invité

      Et les avis littéraire qui viennent mourir en page 3 sur un forum d’intellectuels… tout va bien… tout est normal… pas de panique…on respire….

    • #76245 Répondre
      Seigneur Momotte
      Invité

      Je viens de lire Chronique de la ville de pierre de Kadaré.
      J’en sors très ému, j’avais, banalement, beaucoup aimé avril brisé, mais je met celui là bien au dessus.
      Je trouve sa vision de l’enfance assez juste, le rapport à l’imagination du personnage principal, les idées étranges qu’il se fait pour comprendre ce qu’on ne lui explique pas du monde. Ces idées qu’il ne place souvent ni comme des croyances ni comme des fantasmes, cette idée qu’à l’enfance on ne classifie pas toujours ce qu’on a en tête par rapport à une notion de réalité dans la quelle les idées sont ou ne sont pas, ça m’a beaucoup parlé. Et chaque chose qui l’illustre passe très bien, sont différentes, semble naturellement placées et ne sonnent pas comme étant des idées que s’est échiné à trouvé l’écrivain qu’il a du placé artificiellement ensuite. Les fourmis qui devraient se lire, les villageois derrière les collines, le choux têtes décapitées, le mot albanais pour pain qui serait l’idiome universelle de la faim, tout m’a plus. Son regard d’enfant porte bien sur d’autre sujets, la guerre, sa famille, la ville et la pire (bien sûr). et le plus important les avions, ça m’a beaucoup ému.
      une page
      D’autre ont lu ? J’ai l’impression que mon enthousiasme est allé un peu au delà de la qualité intrinsèque du l’ivre ? Je suis curieux.

      • #76253 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        @Seigneur Momotte
        « avril brisé » c’est Ismael Kadaré je crois

        • #76256 Répondre
          nefa
          Invité

          comme j’aime ceux et celles qui buguent
          t’as oublié un « de »
          il est écrit: « Chronique de la ville de pierre DE Kadaré » et non « chronique de la ville de Pierre Kadaré »
          j’ai dû moi aussi reprendre trois fois la phrase

          • #76257 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Merci nefa pour les guillemets et merci S. Momotte pour la recommandation

      • #76508 Répondre
        Christophe M
        Invité

        J’ai beaucoup aimé Avril brisé et Le Dossier H. Tu m’as convaincu, je vais lire Chronique de la ville de pierre de ce cher Ismaël.

        • #76580 Répondre
          Seigneur Momotte
          Invité

          Content de le lire, moi qui désespère de faire lire mes coups de coeur, notamment à mon bien médiocre père qui ne lit que du policier, des trucs sur des quartiers parisiens avec des jeux de mots nuls…

          • #76590 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Un exemple de ces calembours douteux ?

            • #76650 Répondre
              Seigneur Momotte
              Invité

              « les rats de montsouris » n’importe quoi !!!

              • #77528 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Je vois le genre

          • #77486 Répondre
            Carpentier
            Invité

            fais comme moi, retourne voir Flow avec lui, Seigneur M

            • #77525 Répondre
              Seigneur Momotte
              Invité

              Malheureusement il a une incorrigible antipathie pour les animaux, notamment les oiseaux, ça match pas.
              Décidemment…

    • #76524 Répondre
      Henry
      Invité

      Quid de Houris ?

    • #76944 Répondre
      Machin
      Invité

      Dites, ça vaut le coup “Belle du Seigneur” ? D’instinct je pense que je vais détester et que c’est pas ma came, mais je m’en voudrais de passer à côté d’un chef d’œuvre

      • #77543 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        J’ai essayé ado mais il m’est tombé des mains, aucun souvenir, pas réessayé depuis.
        Mona Chollet l’étrille dans un de ses bouquins, en substance elle dit que c’est magnifiquement écrit mais aussi très stéréotypé, je vais retrouver ça (sauf si peu te chaut l’avis de Chollet)

        • #77547 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Alors que c’est horriblement écrit et stéréotypé. Stéréotypé parce qu’horriblement écrit ? En partie.

          • #77558 Répondre
            Tristan
            Invité

            Grande question que tu soulèves là. Je m’étais fait, en lisant Les Deux Beunes, de Michon, la remarque inverse : c’est trop bien écrit pour ne pas être stéréotypé = c’est tellement allusif, suggéré, qu’il faut un fond commun de connivence avec le lecteur. J’en avais conclu qu’on ne pouvait pas participer à renouveler les imaginaires en écrivant aussi bien que Michon.
            Mais j’ai considéré secondement que c’était une connerie, cette idée. Et qu’il fallait d’abord dire c’est quoi, « écrire aussi bien que Michon ».

    • #77479 Répondre
      Oscar
      Invité

      Un entretien posté récemment ici m’a donné envie de lire « Ma vie » de Tchekhov. J’entre doucement dans ce texte. That’s not enough. Que lire en cas de chagrin d' »amour » ?

      • #77499 Répondre
        MA
        Invité

        Peut-être Désaimer de Fabienne Brugère et Rupture(s) de Claire Marin. Faire l’amour de JP Toussaint.

      • #77500 Répondre
        Zyrma
        Invité

        La Foudre de Pierric Bailly

        • #77516 Répondre
          Oscar
          Invité

          Merci !

          • #77544 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Suite à un chagrin d’amour, Les liaisons dangereuses m’a remis sur pied.

      • #77521 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        « l’amour » de François Bégaudeau
        « l’amour au temps du choléra » de Gabriel García Márquez
        ou des Bds

      • #77615 Répondre
        Carpentier
        Invité

        les rimes de Friedrich en prélude à son gai savoir:

        22. Homme et femme
        Enlève la femme pour qui brûle ton cœur !
        Ainsi pense l’homme; la femme n’enlève point, elle dérobe.

        Un peu hétéro non binaire centré?
        certes, on le reconnait

      • #77623 Répondre
        Carpentier
        Invité

        m’intéresse bien cet apparent trivial

        .. Que lire en cas de chagrin d’ »amour » ? / …

        ceci dit.
        Si, concernée, je me suis souvent plutôt jetée sur de la musique (et pas que des les frissons du 5 heures du mat’ ^^) lire c’est toujours bon à prendre en effet.
        Dans ce cas là, je ne crois pas avoir choisi thématiquement, j’ai souvent juste avalé les lignes que je trouvais (prêt d’ami.es, trucs trouvés en bibli, auteur.es aimé.es)
        Selon le ‘ stade du chagrin d’amour ‘ où tu en es, tu peux vouloir accompagner de la colère par exemple, ou la contrer, te lover dans une nostalgie triste ou heureuse quasi béate, bref, on voit je crois
        Ce fut aussi l’occasion – le plus souvent – de reprendre un/des bouquin.s jamais lus ou laissés en cours sur un niveau d’étagère.
        Comme ici, au hasard, le Despentes, les Chiennes savantes (1996), que je viens de voir et où je trouve un bout de papier déchiré qui marque la page 219:

        18h45
        Sonia pleurait dans la rue quand on remontait à pied vers le métro Gorge-du-Loup. Comme une statue, son visage ne changeait pas, était même plus dur qu’à l’habitude, mais des larmes coulaient sur ses joues, tout doucement, pas beaucoup. Et elle a pris ma main dans la sienne, on marchait toutes les deux sur le bord de la route comme deux gamines qui viennent de quitter maman. Elle a fini par se rendre compte que je l’amenait vers le métro, retour parmi les siens:
        – T’es folle, on va pas prendre le tromé, je suis claustro, moi, je peux pas, on va chercher un tax ….

        Le feuilletant, je remarque un truc pour marquer en 151 et aussi en 45, et des listes de noms sur les 5 premières pages, sorte d’inventaire d’auteur.es (?)
        Encore un bouquin chopé sur un stand de braderie dans un ‘ si vous en prenez 5, c’est 50 cts le livre, c’est sûr.
        – Sinon, dirais-tu ou tu en es de ce chagrin d’amour? (s’il s’agit de toi sinon, à quelle étape jauges-tu la personne qui surnage là dedans?)
        L’écriture souvent colérique de Virginie, sûre que ça peut/pourrait aussi marcher.

        • #77624 Répondre
          Carpentier
          Invité

          mince, me suis gourrée dans les clics-block-quote
          ça met quand même en avant la citation, c’est le principal : )

        • #77724 Répondre
          Oscar
          Invité

          Carpentier, aujourd’hui il devait être auprès de moi (nous ne vivons pas dans la même ville) mais il ne viendra pas.
          .
          Histoire d’un homme qui retourne à un « foyer » qu’il disait avoir quitté. – Une banalité je découvre –
          .
          Nous nous sommes connus à 20 ans. Jamais simples amis, jamais plus non plus. Désir comme suspendu… Ai je cru…

          • #77727 Répondre
            Zyrma
            Invité

            Bon courage Oscar.

          • #77757 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Je vois, banal comme tu dis et pas moins dur à vivre pour autant j’imagine.
            Te lisant, je repense à un bouquin de quelqu’un de la bande amie d’FB, dont j’avais suivi la sortie mais que je n’ai toujours pas lu: le Voyage à Bayonne de Gaëlle Bantegnie (4 chances sur 5 que je me gourre en l’orthographiant mais tant pis)
            On pourrait même le lire ensemble tiens, si ça te dit.

            • #77765 Répondre
              Carpentier
              Invité

              le jouer juste de François Bégaudeau aussi evidemment

              • #77794 Répondre
                Oscar
                Invité

                Dans mon « Faire l’amour » je trouve page 41 le programme d’un spectacle de claquettes de 2010, rue Léopold Bellan… La page en elle même me paraissant sans intérêt particulier.
                .
                « Je pressentis alors que la terre allait de nouveau se mettre à trembler, comme lorsque nous étions rentrés à l’hôtel quelques heures plus tôt, et je songeais que la secousse que nous avions ressentie tout à l’heure, comme toutes les secousses telluriques perceptibles par nos sens, pouvait légitimement être interprétée comme le signe avant-coureur d’une secousse encore plus grande, elle même annonciatrice d’un grand tremblement de terre, et pourquoi pas d’un très grand, du plus grand, […] »
                .
                Page 41 de « Jouer juste », compliqué de dégager un extrait, il n’y a aucun point. La phrase finit page 42 et commence page 38.
                .
                Je lis « La foudre » et je vais trouver « Le voyage… » pour une lecture ensemble, avec plaisir !

                • #77802 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  chouette
                  en attendant et pendant que tu lis Bailly
                  ….

                  Au début je remplissais la maison avec des chansons de Bruno, maintenant je cachais les pochettes pour ne pas voir les photos, ne pas croiser son regard. Je ne pouvais plus les écouter. La voix, le phrasé, les mots, ce qu’il chantait ‘ j’ai jamais dit je t’aime même à la fille que j’aime ‘, ou ‘ quand tu pars il y a un horodateur il faut revenir à l’heure ‘ , peut-être anodins, ne l’étaient pas pour moi. C’était fini d’avoir un sourire jusqu’aux oreilles en écoutant ça fort dans la maison. Marc n’aimait pas sa copine autant que j’aimais Bruno, ce n’était pas possible. Pourtant ce n’était pas Bruno là que j’avais envie de voir. J’étais dans le moment où on ne voit pas clair. / …
                  Christine Angot, Le marché des amants, Ed. du seuil. 2008 –

                  J’étais dans le moment où on ne voit pas clair. / …
                  y voit-on jamais ‘ clair ‘ dans les sentiments?
                  le coeur gagnerait-il à avoir des yeux?
                  va laver tes yeux avec du podingue (carnaval dunkerquois)
                  elle a de grosses tototes matante charlotte
                  bon, un p’tit cafééé? (prononcer en montant la dernière syllabe dans les sur-aigus comme dans les cafés du ch’nord

                  • #77804 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Te voyant une certaine expertise dans les proverbes nordiques
                    Je sort ici celui de mon arrière grand mère roubaisienne : «  rien c’est bon dans l’œil « 
                    Peut être m’aideras tu as comprendre cette cryptique maxime

                    • #77820 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      jamais entendu
                      le cryptique, de plus, pas trop mon truc quoique tu en supputes

                      25
                      Prière
                      De maints hommes je connais l’esprit
                      Et je ne sais moi-même qui je suis!
                      Mon oeil m’est beaucoup trop proche –
                      Ce que je vois je ne le suis,
                      Ni davantage ce que j’ai vu.
                      J’aurais de moi plus de profit
                      A plus de distance de moi-même,
                      Certes moins distant que mon ennemi!
                      Trop distant même le proche ami –
                      Mais entre moi et lui le milieu!
                      Devinez-vous ce dont je le prie?
                      Le Gai Savoir, p.36 – Friedrich Nietzsche, Gallimard – essais folio, 2023

                  • #77807 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    il est de la p.13 l’extrait précédent.
                    – sur la page d’avant:

                    Marc me plaisait moins que Bruno. Il était beaucoup moins beau, moins intense, moins drôle. Il ne m’intriguait pas. Mais je pensais que je pouvais être mieux avec lui qu’avec Bruno, dans son regard il y avait une envie d’intimité, et la garantie que je lui plaisais. Même si un homme et une femme du même âge, blancs tous les deux, qui évoluaient plus ou moins dans les mêmes cercles, monsieur et madame tout le monde s’aiment, ça ne me faisait pas rêver. / … p.12.
                    Sacré passage, elle pense bien le truc là, Christine, comme on voit: être mieux avec M. qu’avec B. mais Marc ça fait pas rêver : alors quoi?

                    la garantie que je lui plaisais / …
                    important ça on dirait.
                    de l’inconfort, du rire, du rinçage d’oeil parc’que B est beau: n’est-ce pas aussi cela être bien?
                    un 2e café?
                    alleeeez, c’est bien parc’que c’est toi.

                    • #77812 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Effectivement avoir une garantie dans l’œil
                      Qu’il suffit de signer à l’encre de ses yeux
                      Ça fait pas fou fou comme désir

                      • #77821 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        pffff, ça juge? ça jauge sévère ce matin on dirait, nan?

                        J’étais dans le moment où on ne voit pas clair. / …

                        je reste plutôt sur cette belle mise à distance de Christine A., ça partait de là pour
                        @oscar

                      • #77830 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Heureusement que j’ai deux flans pour t’en prêter un

                      • #77837 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        j’aime beaucoup ta phrase: imagée et cinglante -> yes.
                        ‘ poliment véhémente ‘ comme réfléchit/pensé hier avec mon public avec lequel on parlait ‘ gros mots ‘ et autres trucs qui t’occasionnent des remarques (voire des sanctions/rejets) tandis que, bien dite, une saloperie passe crème quand on sait bien dire/écrire.
                        – le 14/11, certaine Carpentier postait ceci dans le top10 de CUM:

                        et si le top 10 était un top 11, j’aurais aussi trouvé place sur une marche du podium pour

                        Si votre priorité est de juger, votre priorité n’est pas le savoir.
                        Si votre priorité n’est pas la justesse, vous faites bien de vous tourner vers la justice

                        85, CUM, stock.

                      • #77859 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Puisque la justesse a été invoquée
                        Reprenons calmement cette interaction
                        1)j’interagis avec ton premier post que je trouve plutôt joyeux
                        2) j’imagine que tu me réponds / me méprends peu etre puisque ton post ne semble finalement qu’être la suite de ta première intervention ?
                        3) tu lance peut etre l’intéressante idée selon la quelle ce que la narratrice décrit avoir vu dans le regard de l’homme infléchit l’inclinaison de son affection
                        4) tu évoques chez moi une attitude «  jugeante « 
                        5) tu m’inspires une boutade qui n’a pas vocation à être saloperie
                        J’adjoindrai 2 questions :
                        – ai je mal compris ?
                        – lorsque tu exprimes de la tristesse au fait qu’on ne lise pas tes posts / que lorsqu’on les lit on a l’impression de te déranger : comment interagir ?

                      • #77863 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        je crains surtout que cet oscar, s’il/elle existe, ne réceptionne pas le post initial
                        et si oscar en fait c’est toi, tout est bien.
                        – on s’en fiche, me diras-tu peut-être comme à propos de l’ouverture du sujet gai savoir?
                        mais, dans ce cas, dites-moi juste si, en fait – peu importe qui écrit quoi.
                        Ce sera plus clair, Claire N. (pour moi en tout cas)
                        Et, puisqu’attentionnés et nombreux posts entre, de ta/notre part, il y a
                        [ – l’arborescence des posts sur cet espace (et l’outil utilisé par chacun.e en apparence – tel. portable pas tjrs lisible et autres) faisant que c’est parfois – souvent – le.s dernières participations qu’on choppe]
                        oui, sans déranger, du tout, c’est parfois suite à cela que certain.es ont pu affirmer, par exemple,
                        et quand ça leur prenait
                        que certain.es ici disaient que de la merde,
                        étaient des trolls,
                        feraient mieux d’aller trainer leur gros cul et leur grande gueule ailleurs et autres joyeusetés.
                        Tu as la carte ici, Claire N , donc peut-être que tu es moins attentive/sensible à cela (?)
                        Beaucoup ici n’ont pas l’air de mesurer, sentir cela.
                        Bon, pas chier une pendule pour ces conneries-là non plus, hein, j’aurais de plus bien trop mal au cul pour m’exécuter.
                        Je range ma coquille de Calimera, c’est bon, et branche l’aspirateur de ce pas, pour faire on sait bien quoi.
                        Bon week-end à toi.
                        PS: et puis faut surtout pas se forcer, en revanche, à lire ou s’accrocher à mes posts non plus, quoi: ça se lit quand c’est pas intéressé la réponse, ça répond même pas à ce que j’ai posté parfois 🤣
                        pas que neuneu non plus la vieille Carpentier: pas déconner.
                        👋

                      • #77864 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        Si si Carpentier c’était bien reçu Angot, et même très bien senti ! Oscar (arrivée Spielmann il y a de nombreux mois, mais viré le patronyme, trop long !)

                      • #77872 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        et dire qu’on m’a/me pétait les couilles quand – très lisiblement/volontairement – je changeais de pseudo jadis 🤣 (tout en filant en revanche quelques indices, ça m’amusait, pour qu’on suive/comprenne* à minima)
                        Ok, donc:
                        ien a plein ici, comme on sait, qui donc changent leur.s pseudo.s.
                        Ça m’fait pu trop marrer cette idée, en vrai, moi.
                        Je devrais m’forcer, et ça c’est pas trop moi, comme on l’sait vite en me côtoyant même quelques instants.
                        Mais si fréquenter ce site devenait trop connement et violemment compliqué, je serais peut-être forcée de m’y mettre aussi,
                        mais ça me coûtera.
                        Sans doute trop.
                        * le niveau des posts laissant en effet parfois penser qu’on avait pas affaire qu’aux lumières du siècle : D
                        PS: ce fut juste un prétexte pour redescendre Bruno&Angot, conseil du maître des clefs**, jadis, et que j’avais adoré suivre.
                        Chacun son/ses chagrins après tout.
                        ** Il est décidément trop fort ce FB.
                        Est-il réel? c’est à se demander parfois, trop longtemps que je ne l’ai pas vu en 3D, il faudra.

                      • #78045 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        En temps « normal » Foudre m’aurait vraiment agacée (et certainement perdue) dans ce qu’il décrit (questionne). Mais là son côté irrespirable est très libérateur.

    • #77517 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Pour le camarade qui se questionnait sur l’usurpateur Daoud qui, encore récemment, colportait sur France Culture la triste comptine de « la nécessité d’écrire » pour justifier ses livres. Il ne révèle, une nouvelle fois, que l’inanité des prix littéraires (si besoin en était) et l’absence de connaissance et de l’Algérie et de la littérature de ceux (celle en l’occurrence) qui l’interviewent.

      https://lundi.am/Kamel-Daoud-le-fabulateur-et-les-classes-decadentes

    • #77518 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Ceci dit, j’en conviens, ça ne vaut pas critique littéraire…

      • #77531 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        as tu lu le bouquin?

        • #77538 Répondre
          Tchitchikov
          Invité

          Salut François, j’suis en train un peu malgré moi, par plaisir de la discussion avec des amis avant tout. Et toi ?

          • #77617 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            je compte le faire oui
            au passage quelque chose ne me convainc pas dans le texte de Lundi matin, qui dédouane à peu de frais le pouvoir algérien de ses violences pendant la décennie noire
            c’est dommage, ça décrédibilise le reste

            • #77630 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              Alors on pourra peut-être commenter des passages pour s’en tenir au texte.
              Ah qui dédouane le pouvoir algérien ? Je vais relire le texte mais j’te trouve sévère là. C’est la distinction entre usage « putassier » de ces années et recherche spécifique sur le sujet qui t’fait dire ça ? Faudrait lire ce qu’il a écrit sur la guerre civile pour s’en assurer. Pas fait de mon côté. En tout cas je partage sa charge politique contre Daoud.

              • #77648 Répondre
                Manue
                Invité

                Je ne sais pas si c’est à cela que pense François mais la descente en règle du livre « la sale guerre » par l’auteur décrédibilise complètement son article. La Découverte, maison dont le sérieux n’est plus à prouver, a publié de nombreux ouvrages qui documentent l’implication des forces militaires algériennes dans les massacres de la décennie noire. Travail corroboré notamment par le site algeria-watch.

                • #77649 Répondre
                  Manue
                  Invité

                  Sur Daoud, je vous recommande plutôt cet article.

                  • #77661 Répondre
                    Tchitchikov
                    Invité

                    Alors il me semble que de déduire la qualité d’un ouvrage de la maison qui le publie sonne comme une pétition de principe ; mais passons. Certes, comme tout le monde sait, La Découverte est une référence pour les SHS. Néanmoins si tu vois qui est Mohamed Sifaoui, tu comprends par conséquent que l’ouvrage n’est pas « sérieux » comme tu l’avances. Enfin l’auteur ne dit à aucun moment que les forces militaires algériennes ne sont pas impliquées dans la guerre civile de 1992. Lui-même a écrit sur le sujet. Ce n’est d’ailleurs pas le sujet de l’article. Il est anthropologue – faut-il le rappeler – et il s’intéresse à la valorisation d’un auteur qui recycle des clichés ethnocentristes qui complaisent l’ex-colonisateur dans sa supériorité morale. En revanche, comme je l’ai déjà dit, cela ne vaut pas critique littéraire. Aussi ma méfiance à l’égard de cet auteur, que je ne me prive pas pour autant d’écouter ou de lire, accompagne celle de sa consécration dans des journaux qui ne sont pas exactement réputés pour leur intelligence et leur « sérieux ». Quand il est interrogé, souvent, on ne discute pas son texte, ses phrases, son style ; mais son amour de la liberté et son courage sans borne. Il s’agirait simplement de ne pas tout confondre.

                    • #77680 Répondre
                      Manue
                      Invité

                      Je pense que nous nous sommes mal compris. Je partage tout à fait ton avis et celui de Yazid Ben-Hounet sur Daoud (cf l’article que j’ai recommandé qui va dans le même sens).
                      Simplement je remettais en cause la manière dont il attaque, sans rapport avec son sujet de départ, l’ouvrage « la sale guerre » et par là même la maison d’édition qui l’a publié.
                      Concernant Sifaoui, il faisait partie du projet du livre à l’origine mais la Découverte l’a ensuite écarté (un procès a même opposé la Découverte et Sifaoui à ce sujet) et le livre a été publié sous le seul nom de Habib Souaïdia.
                      Sur le style de Daoud, je ne saurais me prononcer… le seul livre que j’ai lu de lui, Meursault contre-enquête, m’est tombé des mains après quelques pages. Ce que j’ai appris du monsieur par la suite de n’a pas donné envie d’y retourner.

                      • #77696 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « le « qui-tue-qui ? » – formule interrogative jetant le doute, voire l’opprobre sur les actions des services de sécurité de l’Etat algérien (police, gendarmerie, armée) durant cette décennie où l’Algérie a dû faire face, seule, au terrorisme des groupes islamiques armés. »
                        ça veut dire quoi ça?
                        qu’il n’est pas permis de jeter le doute sur les services de sécurité algériens?

                      • #77698 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Cet individu, petit officier durant les années 90’, aurait été le témoin de plusieurs exactions sur ordre des plus grands généraux de la période. Quand on connait un peu le fonctionnement de l’armée et notamment de l’armée algérienne, cela relève à l’évidence de la fabulation : un sous-lieutenant, l’un des grades le plus bas parmi les officiers de l’armée, connait à peine son n+2 (capitaine) ou son commandant de base. À son niveau, les généraux demeurent des abstractions qu’il ne peut entrevoir uniquement que lors de quelques cérémonie ou défilés officiels. De là à être le témoin privilégié de leurs éventuelles exactions… »
                        Et voilà, fin du dossier
                        Pas une ligne pour dire qu’il est fort possible, nonobstant, que des généraux aient commandité des exactions pendant cette décennie
                        Je reste donc sur ma première lecture : ce texte se porte au secours du pouvoir algérien. Au nom de quoi? Je ne sais.
                        Et ce n’est pas parce que des connards ont intéret à diffuser une thèse que cette thèse est fausse. Ce mode de raisonnement est vraiment la peste contemporaine.

                      • #77707 Répondre
                        Tchitchikov
                        Invité

                        Absolument d’accord avec toi camarade. Jamais pensé que la pureté était au-dessus de la justesse si c’est ce que tu insinues. D’où le fait que j’traîne mon esprit dans toutes sortes d’écrits – y compris les tiens. Je t’accorde que l’article est un peu confus. Je ne vais pas me lancer dans une défense de Ben Hounet. Je ne crois pas qu’il se fait l’avocat du pouvoir algérien. Mais en tant qu’anthropologue il veut libérer l’analyse de la période de la caricature et du simplisme. Ce que fait Daoud selon lui en arguant qu’il écrit sur cette période parce qu’on ne pourrait pas écrire là-dessus en Algérie. Ben Hounet fait l’économie d’une argumentation qui aurait été nécessaire, peut-être. En renvoyant le lecteur à des textes qui ne ménagent pas les militaires.
                        Pour revenir à Daoud, en plus de baigner dans des eaux peu fournies en intelligence politique (Le Point etc) je trouve sa poursuite de la gloire littéraire par les prix médiocre.
                        Arroseur arrosé j’ai mâtiné un livre d’une analyse politique. La page était dédié à l’analyse littéraire si j’ai bien compris. Au temps pour oim.

                      • #77711 Répondre
                        Tchitchikov
                        Invité

                        Ben Hounet citait Burgat dans un précédent article sur lundiam, sociologue qui était sur place pendant la « sale guerre ». Je renvoie à cet article de réf’ sur la période. Il ne passe pas de pommade aux militaires. Mais après relecture des passages que tu cites François c’est vrai que ça jette un doute.
                        https://journals.openedition.org/anneemaghreb/411 : « Les militaires se lancent dans un processus de « remodelage » autoritaire de la scène politique et dans une véritable guerre contre l’opposition islamiste, puis contre l’ensemble de la population. Ils le feront avec d’autant plus de succès que leur entreprise va, à peu de choses près, recueillir le soutien de l’ensemble de la communauté internationale. Dans cette « sale guerre », les généraux algériens vont utiliser, à une échelle inédite, toutes les méthodes de guerre « contre-insurrectionnelle » mises au point par l’armée française durant la première guerre d’Algérie. Arrestations massives, exécutions extrajudiciaires et usage systématique de la torture ont vocation à affaiblir, mais également à radicaliser, la base de l’opposition parlementaire islamiste : en éliminant toute perspective d’expression démocratique par la voie des urnes, l’objectif clairement poursuivi est de pousser toute opposition islamiste au seul choix de la violence, pour mieux justifier son « éradication ». »
                        Des groupes islamistes, issus de mouvances radicales minoritaires opposées au FIS, se lancent alors dans la lutte armée. Mais parallèlement, dès 1992, des agents du DRS infiltrent les nouveaux « Groupes islamiques armés » (GIA) : à l’époque, même si la majorité des leaders et des membres des GIA sont indépendants, certains de ses « émirs » sont des officiers du DRS en mission, se faisant passer pour des déserteurs ou des islamistes « récupérés » ou retournés par les services. Dans le même temps, le DRS favorise délibérément l’expansion des groupes armés, par une stratégie sophistiquée utilisant la répression de masse ciblant spécifiquement les jeunes hommes, poussés à rejoindre les maquis pour échapper à la torture ou pour se venger. Les officines du DRS fabriquent pour ces groupes manipulés des communiqués « islamistes » au ton très provocateur, ciblant diverses composantes de la société, et les conduisent à multiplier, « au nom de l’islam » les assassinats de civils nationaux et étrangers. »

                      • #77716 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Voilà des lignes qui me paraissent plus justes sur le role de l’Etat dans l’affaire.
                        Cette guerre civile porte bien son nom : elle fut une parfaite co-construction entre le pouvoir militaire et son opposant islamiste.

                      • #77705 Répondre
                        Tchitchikov
                        Invité

                        Oui oui tout à fait Manue, j’ai lu ton article après et je me suis fait la même réflexion. Je manifestais mon désaccord sur le raisonnement que j’ai cru que tu menais (La découverte = bonne maison = tous les livres qui y sont publiés son bons etc.). Je donnais du crédit à l’auteur (Yazid Ben Hounet) concernant sa thèse principale qui est la même que celle d’algeria-watch : prolongement par Daoud dans ses interventions publiques de l’infériorisation des colonisés. Pour le reste l’article est rédigé en hâte, il est vrai, est fait peu de cas de l’argumentation concernant la « décennie noire ». Pour autant, puisqu’on aime pas ici d’après ce que j’ai compris qu’on tronque les textes, on peut être charitable avec l’auteur sans lui faire dire ce qu’il n’a pas dit.

    • #77532 Répondre
      Delphine
      Invité

      François, Je sais que tu n’es pas fan des prix littéraires, mais lis-tu, chaque année, le prix Goncourt (je prends celui-là parce que c’est le principal), un peu systématiquement, juste pour te faire une idée, voir si tu accroches au style d’écriture et/ou au sujet traité, et te demander ce qui a pu faire l’unanimité ?

    • #77611 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Hello, est-ce que certains.nes parmi vous ont lus le dernier Kev Lambert, Les sentiers de neige.?
      Et qu’en avait pensé?.
      Même écriture et style Que notre joie demeure ?

    • #78112 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Le dimanche c’est le Seigneur des jours de la semaine. Je recommande donc l’émission Le souffle de la pensée avec Frédéric Boyer, traducteur de Bible à ses heures. Il invite à prendre la Bible comme un livre littéraire ; l’idée n’est certes pas neuve mais il la défend très bien. On y apprend qu’il décide de dire « l’Adam » (avec un pronom) plutôt que « Adam » pour signifier que « l’Adam » représente toute l’humanité, ou encore que traduire la création de la femme est assez compliqué (on traduit qu’elle est une « aide » – évidemment on pense alors à « boniche » – alors que Boyer voudrait qu’on y voit le sens de « porter secours » face à la solitude).
      Il a aussi une interprétation tout à fait inattendue et assez drôle du personnage d’Abraham et du sacrifice d’Isaac. Je voyais cet épisode comme un moment plutôt con (pour le dire vite, un jeu de la poule mouillée), il le fait voir tout à fait à rebours.
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-souffle-de-la-pensee/frederic-boyer-sur-la-bible-1842230

      • #78215 Répondre
        Charles
        Invité

        Merci pour la recommandation, j’ai écouté l’émission et Boyer est passionnant comme d’habitude. Je re-recommande sa traduction des Évangiles.

        • #78339 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Exact, je re-renote.

      • #78526 Répondre
        trou noir
        Invité

        Très ému d’écouter Bacri donner son avis sur la prestation de Philippe Katerine .

    • #78315 Répondre
      MA
      Invité

      Après la belle citation d’Umberto Eco à partir de 28’15, les livres qui disent, consolent, réconfortent, mettent de l’ordre dans le chaos intérieur. N’est-ce pas dévoyer la littérature qu’en faire un objet de thérapie?
      https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/grand-bien-vous-fasse/grand-bien-vous-fasse-du-mardi-19-novembre-2024-5123168

      • #79176 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Pas encore écouté, mais ce que tu en dis me rappelle ce qu’en pense François.
        Je veux dire l’autre François, celui qui a beaucoup moins de followers.

        Un pape parle littérature

    • #79178 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Très beau livre que ce Ti Jean l’élégant, où Ti Jean s’adresse à nous à travers une oreille invisible et bienveillante pour nous raconter ses péripéties de vie. J’ai été touché par ce ton de confidence qui fait ressortir la gouaille de Ti Jean, lui qui sait nous ensorceler avec ses histoires qui prennent parfois le ton de confession pour mieux mettre dans l’ombre ce qu’il faudrait oublier.
      La critique de Nadeau est excellente, je n’aurais rien de mieux à dire.
      Petite question de détail mais qui m’a intrigué : pourquoi omettre le patronyme de Pierre dans le texte ? (c’est le seul je crois, si ma mémoire ne me trompe pas Bauer et Mesrine sont nommés par exemple)

      • #79286 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci D Xavier ! Et je me joins à ta question

        • #79287 Répondre
          Claire N
          Invité

          Pas en regardant la GO sur Anora
          J’ai pensé à ce livre
          Notamment lorsque l’idée lumineuse de «  bourgeois gaze » est évoquée

          • #79288 Répondre
            Claire N
            Invité

            *PS ( pas pas)

          • #80082 Répondre
            Monknow
            Invité

            La GO m’a donné envie d’aller voir le film, mais je n’ai pas pu encore. J’aurai ta remarque à l’esprit quand j’irai, elle m’intrigue.

      • #80081 Répondre
        Monknow
        Invité

        Merci beaucoup de m’avoir lu, je suis heureux que le livre t’ait plu. Pour répondre à ta question, en réalité je ne donne le nom d’aucun des véritables personnages du roman (José, Pierre, Françoise, ou Jean). Ceux que je nomme et que tu évoques sont plus mentionnés en passant, comme De Gaulle ou Foccart par exemple.

        • #80087 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Lu, merci !

    • #79394 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Pour ceux et celles qui veulent découvrir un peu plus le monde du handicap et surtout les faits historiques politiques à notre égard, je vous conseil Charlotte Puiseux De chair et de fer. Un livre très émouvant mais sans être larmoyant. Émouvant parce que ce livre me parle et parce que notre vie s’est ressemblé. Comme le fait que les médecins disaient à nos parents de nous laisser à l’hôpital pour nous laisser mourir dans un coin. Heureusement nous avons eu des parents forts et nous ont ramené à la maison. Une époque je pensais révolue mais apparemment pas vraiment. Bref un très beau livre. Je recommande

      • #79797 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        @Peggy
        « Comme le fait que les médecins disaient à nos parents de nous laisser à l’hôpital pour nous laisser mourir dans un coin. »
        Pardon Peggy mais si je suis parent d’un.e enfant handicapé et qu’un médecin me dit ça, je porte plainte
        « Heureusement nous avons eu des parents forts et nous ont ramené à la maison. »
        Même si un médecin tordu cherche à garder contre la volonté d’un parent un enfant, il suffit de signer une décharge. Ou non?

        • #79799 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Il faut remettre les choses dans son contexte .. Graindorge. Nous sommes dans les années 1980 et ce qu’à fait la seconde guerre mondiale comme l’extermination des handicapés est encore bien présent dans la tête des médecins de cette époque. Mais encore aujourd’hui d’après d’autres témoignages ce comportement là existe toujours. Ce n’est pas pour rien que l’euthanasie est un sujet sensible en France. Parce que comme l’extermination des juifs nous avons participé à l’extermination des handicapés.
          .
          Il faut arrêter de juger ce qu’on ne connaît pas. Des parents qui se retrouvent de jour au lendemain avec un enfant handicapé je peux personnellement le comprendre que tout en étant démuni on puisse abandonner son enfant. Donc merci de pas juger et de dire ce qu’on aurait fait ci où ça quand on ne connaît pas la situation.
          .
          Le déni de ma mère face à mon handicap je m’aperçois à quel point m’a sauvé aujourd’hui même si j’ai eu beaucoup de souffrance en retour. Mais je suis fier de mon vécu et aujourd’hui j’ai décidé de continuer à transmettre ce que les gens ne connaissent pas dans le monde du handicap même si ça choque. Je ne te cris pas dessus mais faut se renseigner avant de sortir de tel jugement et sans connaître le monde du handicap. Sans rancune Graindorge mais fallait que le dise

    • #79788 Répondre
      Jean-Marie Bigard
      Invité

      Je passe par ici pour recommander à qui veut rire le Calamity Gwenn de François Beaune qui est tout simplement le livre le plus drôle jamais écrit.
      Un extrait (Gwenn est employée d’un sex-shop) : « Aujourd’hui au sex-shop, cette femme avec son mari qui m’explique qu’elle a besoin d’une poupée gonflable pour qu’il arrête de la tromper. Il m’a déçue tellement de fois, elle me dit. Une poupée, ce sera bien suffisant pour lui, et on fera des économies en putes et en restaurants ! Car, à la fin du mois, qui c’est qui doit gérer les conneries de monsieur ?
      Mais lui était pas d’accord. On les a laissées s’engueuler en haut, elle en furie, lui écarlate. A un moment, il a repris le dessus et il lui a confisqué son sac à main, pour l’empêcher d’acheter la poupée. Et elle, qui tirait dessus, donc tout a débordé, dévalé l’escalier. Puis ensuite, elle qui pleure dans un coin sombre du magasin. J’ai eu envie de lui dire, en fait ce qu’il aime ton mari, c’est te tromper avec de vraies femmes. Mais ça, et j’ai compris après, elle le savait déjà. Ils étaient juste au théâtre, à répéter un sketch, à se préparer des souvenirs pour les vieux jours. »
      .
      Si qqun a d’autres bouquins de FB (l’autre) à recommander, je suis preneur. Ou bien d’autres écrivain-es du même style. Bon samedi !

      • #79790 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        « A un moment, il a repris le dessus et il lui a confisqué son sac à main, pour l’empêcher d’acheter  »
        souvenir, souvenir

      • #79791 Répondre
        Samia
        Invité

        Omar et Greg est son meilleur écrit. Pour Calamity, il est vrai que c’est assez hilarant et cela tient au personnage qui n’en n’est pas un. L’auteur a paraphrasé l’enregistrement de plusieurs heures de la vie de cette femme, dont l’histoire à la virgule près, est réelle.

        • #79878 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Son meilleur est selon moi Histoire de Gerard en Occident. Mais j’aime les deux cités.

    • #79796 Répondre
      Charles
      Invité

      Je profite de l’exhumation de ce topic pour demander ce qu’on pense ici de Jean-Jacques Schuhl. Je pensais lire de lui Ingrid Caven.

    • #79877 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      mais « so dandy » n »est pas une insulte chez moi
      schuhl est à lire
      d’ailleurs un ami d’Eustache, dandy à sa manière, ne peut pas être complètement mauvais

    • #80075 Répondre
      Théo
      Invité

      Arrêtez tout, un nouveau livre de Dieu Echenoz sort en janvier prochain ! Je tenais simplement à partager cette nouvelle qui a égayé ma journée

      • #80077 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Théo!!!!
        On le savééé eu!!! Mais parmi tant de posts, sûrement que des gens n’ont pas vu l’info grandiose! Alors merci Théo d’annoncer le Dieu Echenoz qui arrivera avec les Rois mages et son Bristol entre la myrrhe et l’encens!!
        ta joie fait plaisir et rend joyeuse ma soirée!!

      • #80101 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je l’attends aussi.
        Il m’a semblé lire que ce sera la GO littéraire de la rentrée 2025. De quoi prolonger ta gaîté.

        • #80148 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui c’est prévu

          • #80150 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Ouèèèè!!!

            • #80244 Répondre
              Carpentier
              Invité

              avant, gêne occasionnée cinéma – un podcast critique ciné de François Bégaudeau avec un ami – consacrée au film de Miguel Gomes (que j’ai vu donc): Grand Tour

              ouéééé

              @François Bégaudeau : avec sans doute/peut-être ton/votre/leur top 10 ou plus, pour l’année 2024?

              • #80248 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Quoi? ¿Qué? What? Was?
                Une citation de graindorge??? 🤓Vade retro Satanas!
                Top 10 pour FB? 10? pas plus?
                Le podcast c’est quand, où, avec qui?
                Aïe! Ici c’est Avis littéraires Carpentina, je vois déjà des yeux au ciel, vite vite, avant que…,
                viens, je t’invite à un capuccino!!

                • #80366 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  seul un expresso peut marcher
                  Après, l’avantage, c’est que d’ici cette fameuse G.O. tu auras reçu – et lu? – le CUM
                  oui, ce sera sympa d’écouter l’HQNPDP penser et réfléchir cet essai avec son auteur
                  Et d’ici là, j’insiste: on aura un épisode de plus pour le ciné.
                  Un gentil calendrier de l’avent.

              • #80251 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Quoi? ¿Qué? What? Was?
                Une citation de graindorge??? 🤓Vade retro Satanas!
                Top 10 pour FB? 10? pas plus?
                Le podcast c’est quand, où, avec qui?
                Aïe! Ici c’est Avis littéraires Carpentina, je vois déjà des yeux au ciel, vite vite, avant que…,
                viens, je t’invite à un capuccino!!

      • #80231 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Aussi et le dernier livre de Nina Leger.
        Antipolis son précédent, la naissance d’une ville bâtit sur des terres soit disant vierges où vivaient une communauté de harkis et en créer une technopole de rond point froide et sans vie. Un roman qui mêle la question politique et écologique. Son dernier roman « mémoires sauvées de l’eau » naissance d’une ville Oroville semble de la même verve 🙂

    • #80241 Répondre
      Oscar
      Invité

      Oui, je suis en train de le lire. Déjà pour son titre, très beau !

    • #80620 Répondre
      Seigneur Momotte
      Invité

      J’ai fini Molloy de Becket, après avoir fini l’innommable sans savoir qu’il faisait parti d’une trilogie, celui là m’avait pas mal impressionné sans plus me plaire que ça.
      Là c’est autre chose, j’ai lu beaucoup de très belles choses cette année, des choses que je préfère personnellement, mais je me demande si j’ai quand même pas affaire à un des plus grands romans jamais écrit. Déjà il m’a fait l’effet que j’ai très rarement, c’est de me demander comment c’est techniquement possible d’échafauder un truc pareil, c’est vraiment monumental, d’une cohérence folle, parfaitement agencé, et surtout tout en donnant l’air d’être complètement chaotique voir aléatoire.
      Et au delà de la prouesse technique, dans cet incroyable bordel absurde froid et abstrait, ça m’a secrètement énormément touché, au fond du coeur, sans que je saurai dire pourquoi.
      Me reste Malone meurt, j’ai envie de lire des choses un peu plus légère donc pas maintenant, mais bien curieux de voir ce que ça donne, entre les deux là.

      • #80654 Répondre
        Claire N
        Invité

        « incroyable bordel absurde froid et abstrait, ça m’a secrètement énormément touché, au fond du coeur » merci pour ce retour
        Cette phrase est assez dingue et suscite la curiosité

    • #82235 Répondre
      perové
      Invité

      on pense quoi de 2666 et plus globalement de bolano ici ? ^^

    • #82277 Répondre
      Dim
      Invité

      Bonjour. Je tombe par hasard sur un post de claire N concernant Roswitha Scholz.
      Je suis en train de terminer un ouvrage de Lise Vogel (plutôt accessible – « le marxisme et l’oppression des femmes » ).
      Je creuse la question et je tourne maintenant autour de « Le Sexe du capitalisme » de Scholz.
      Ca m’interpelle et je crois qu’il y a matière à penser, mais pas du tout sûr que cela soit plaisant, digeste et abordable à lire.
      Si quelqu’un l’a lu, je suis preneur de retour.

      sans prise de tête ni jargon – une introduction : https://rumeurdespace.com/2023/05/30/la-critique-de-la-valeur-dissociation-expliquee-a-ma-petite-fille

    • #82281 Répondre
      Dim
      Invité
      • #82299 Répondre
        Claire N
        Invité

        Bonjour Dim
        Les liens sont invalides je crois
        Je n’est pas lu le livre de Sholtz
        La conférence où elle le présentait était pour moi assez difficile à suivre
        Maintenant que j’ai lu le capital, je me sent un peu plus armé pour comprendre peut-être que je m’y lancerai prochainement –

        • #82302 Répondre
          Dim
          Invité

          Oui, il y a des références qui m’échappent aussi et j’ai souvent le sentiment que ça pourrait se dire plus simplement et calmement.
          Pardon pour les liens, je retente ma chance au cas où, juste pour être propre :

          • #82306 Répondre
            Dim
            Invité
            • #82307 Répondre
              Dim
              Invité
              • #82308 Répondre
                Dim
                Invité
                • #82353 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Tu sais Dim je suis un peu loin du talent des théoriciens de Krisis
                  Mais effectivement je vois les choses différemment
                  Si dissociation il y a je la situe plus sur un versant «  organisation du travail «  que lié au genre directement
                  Cette dissociation me semble se résumer assez simplement – dans un système capitaliste AVEC services publics – en la formule suivante : mutualisation des pertes/ privatisation des bénéfices
                  Ainsi le capitaliste aurait intérêt d’une certaine manière à ce que les super prolétaires ( aides soignantes) s’occupent solidairement des personnes âgées pour dégager les prolétaires et permettre une meilleure exploitation
                  Le capitalisme aurait intérêt à garder un peu de «  communisme «  ?

    • #82366 Répondre
      Bretzville
      Invité

      Je viens de terminer SPACE, premier roman de Gabriel Gauthier sorti cette rentrée. Je le recommande chaudement. Il m’a fait penser à Philippe Forest partie deux, celui du Chat de Schrödinger et de L’oubli pour celles et ceux qui les auraient lus. L’auteur a une manière assez puissante de donner du corps à des réflexions et des opérations de pensées, dont les objets flottent entre la littérature et la science. ll y a des jeux que j’ai trouvés assez géniaux d’hypothèses et de répétitions, de motifs qui reviennent, qui structurent le texte malgré un style apparaissant d’abord purement digressif.
      La critique de Pierre Senges (https://www.en-attendant-nadeau.fr/2024/10/01/lhypothese-dun-trousseau-de-cles-space/) m’a fait acheter le livre. Je l’ai relue et la trouve particulièrement juste.

    • #82884 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      J’ai fini récemment « La mer c’est rien du tout » d’un certain Joël Baqué que je ne connaissais pas — mais les vrais lecteurs connaissent peut-être (quel est son meilleur?).

      C’est un petit livre purement fragmentaire — d’une à quinze lignes par paragraphe. Le dispositif pourrait s’épuiser mais la taille du livre lui épargne je crois cet écueil. On y parcourt toute la vie de l’auteur, qui commence dans une petite commune proche de Bézier dans une famille d’ouvriers viticoles et finit sans vraiment finir puisque l’auteur est toujours là — contrairement à l’Amour ça n’est donc pas toute la vie, du moins pas toute la sienne. J’aime beaucoup la poésie concrète qui se dégage de ce livre — dans un court fragment d’une ligne, il dit : « poésie non poétique ». Le livre recèle de détails matériels et langagiers, de moments de vie personnelle et professionnelle — l’auteur a été gendarme puis policier puis CRS puis sauveteur pour finir auteur, ça n’est pas banal. Une plume calme et refroidie mais joviale. Qui traite d’une humeur presque égale les mois de vendange et la mort d’un proche. Une plume concise aussi. Beaucoup aimé.
      .
      « Aux Galeries Lafayette de Béziers, par la découpe du couvercle, je regardais l’arc-en-ciel rectangulaire des crayons de couleur »
      .
      « Le peuple des enfants roule devant lui sa joie énorme »
      .
      « Sable et rires s’égrènent sur les plages où le peuple des enfants s’adonne à la vie »
      .
      « Sans ce livre on ne serait sans doute pas là vous et moi à se flairer de loin »

      • #86201 Répondre
        stephanie
        Invité

        Je viens de le finir, merci I.G.Y pour cette découverte, un livre drôle parfois, un détachement aussi qui rend tout poétique (doux et sensible).

        « Marseille persévère dans la crasse et la lumière »
        « Une visite au Louvre m’apprit que j’avais des orteils classiques »
        « On regardait des westerns avec des personnages de western au milieu de paysage de western »
        « L’impossibilité parfois de dire l’évidence »

        • #86279 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          « On regardait des westerns avec des personnages de western au milieu de paysage de western »

        • #86305 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          De rien Stéphanie, je pense découvrir beaucoup plus de romans sur ce forum que je n’en fais découvrir. Si parfois les choses vont dans ce sens alors j’en suis ravi.

    • #82920 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

       » où le peuple des enfants s’adonne à la vie »
      tellement juste

    • #83074 Répondre
      Frezat
      Invité

      D acier. Silvia Avallone.
      Putain que c est beau cette histoire

    • #84137 Répondre
      Delphine
      Invité

      Dans « Le Témoin » de Joy Sorman, je trouve intéressante la manière dont le livre rend compte de la machine judiciaire, majoritairement dans le cadre de comparutions immédiates au tribunal correctionnel :

      – la noirceur des faits de société jugés (terrorisme, pédophilie, parfois une affaire commerciale un peu plus « légère », comme la filouterie concernant un taxi)

      – le côté arbitraire et pervers : les prévenus sont jugés sur leur comportement et leur allure, en dehors des faits qui leur sont reprochés. On a l’impression que les jeux sont faits, avant même que leur avocat ne plaide, sachant, en plus, que les avocats commis d’office n’ont que trente minutes pour prendre connaissance du dossier. Comme par hasard, lorsqu’un prévenu apparaît plus en règle et conforme aux normes de la société, notamment parce qu’il a un travail et montre qu’il veut réussir, les juges sont plus cléments, ce qui fait penser au système de la méritocratie.

      – Ce côté arbitraire est peut-être également lié à la différence de milieu social entre la plupart des prévenus (milieu social défavorisé) et les juges (appartenant à de plus hautes classes sociales). L’exaspération des juges, en début d’audience, ainsi que le traitement expéditif des affaires, peuvent en être des signes.

      M’a fait sourire l’avocat qui porte des baskets sous sa robe d’avocat, comme si l’allure des avocats défendant ce genre de personnes rejoignait celle de leurs clients.

      • #84167 Répondre
        Charles
        Invité

        Plutôt quelques heures que 30 minutes, quand même.

        • #84168 Répondre
          Charles
          Invité

          A Paris, ils ont 2-3 dossiers dont ils prennent connaissance entre 9h30 et 11h30 et passent à partir de 13h30.

          • #84177 Répondre
            Delphine
            Invité

            Ok, merci Charles pour ces précisions. Avant de lire le livre, je pensais que, même s’agissant de comparution immédiate, les avocats commis d’office avaient l’occasion de rencontrer leurs clients et d’étudier le dossier bien avant l’audience, par exemple au moment de la convocation (mais je ne sais pas dans quel délai sont délivrées les convocations – peut-être ce délai est-il très court).

            • #84186 Répondre
              Charles
              Invité

              Il n’y a pas de convocation parce qu’ils sont par définition immédiatement déféré, c’est-à-dire qu’ils passent de la cellule du commissariat au dépôt du tribunal. Les avocats sont avisés en même temps que les magistrats du siège qui vont les juger de leur passage en comparution immédiate.

              • #84187 Répondre
                Charles
                Invité

                Déférés*

            • #84880 Répondre
              Carpentier
              Invité

              bonjour Delphine,
              oui, peu de temps, très peu de temps pour les avocats commis d’office
              beaucoup ne sont d’ailleurs pas volontaires pour faire cela
              c’est un quasi sacerdoce cette configuration d’exercice de leur métier

    • #84879 Répondre
      Carpentier
      Invité

      bjr ici,
      quelqu’un d’un minima sobre intellectuellement a-t-il lu, eu vent, connait-il l’auteure de

      « Neuf-trois » , roman d’apprentissage qui explore la Seine-Saint-Denis à travers les yeux de deux amis confrontant leurs préjugés.
      L’histoire aborde des thèmes historiques tels que l’époque coloniale et l’Occupation, tout en mettant en lumière des lieux emblématiques comme le cimetière musulman de Bobigny.
      Le livre est publié par Philippe Rey .

      ?
      si jamais,
      Ma librairie preferée recevra cette auteure prochainement,

      • #84887 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        la liste des livres traduits en allemand par Anne Weber, l’auteure de Neuf-trois:

        Pierre Michon, Leben der kleinen Toten (Vies minuscules), Suhrkamp, 2004
        Pierre Michon, Rimbaud der Sohn (Rimbaud le fils), Suhrkamp, 2008,
        Marguerite Duras, Hefte aus Kriegszeiten (Cahiers de la guerre), Suhrkamp, 2007
        Georges Perros, Luftschnappen war sein Beruf (Une vie ordinaire), Matthes & Seitz, 2012
        Eric Chevillard, Krebs Nebel (La nébuleuse du Crab), diaphanes Verlag, 2013
        Julia Deck : Viviane Elisabeth Fauville, Klaus Wagenbach Verlag, 2013
        Pierre Michon : Körper des Königs (Corps du roi), Suhrkamp Verlag, 2015 (à paraître)

        C’est la classe.

        • #84890 Répondre
          Carpentier
          Invité

          🤣
          ja, arbeit macht frei
          je viens de lire que la chasse aux bénéficiaires du r.s.a. va encore se durcir
          Anne Weber y serait-elle aussi pour quelque chose dis-moi?

    • #85373 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a déjà lu Edouard Levé? Je viens de finir Autoportrait, c’est pas mal du tout, bien qu’un peu déprimant quand on sait comment il a fini (il s’est suicidé deux ans après). C’est compliqué d’en faire abstraction car le livre est donc un autoportrait presque sans queue ni tête, en tout cas sans logique apparente, où l’auteur égrène ses goûts et dégoûts, ses manies, son caractère dans des phrases qui se succèdent sans lien évident entre elles (pour la plupart). Il fait référence à des tentatives de suicide passées et à des psys mais sa vie d’artiste somme toute assez banale ne laisse pas présager cette fin prématurée (surtout quand il parle de mourir à 80 ans…).
      J’ai aimé ces notations plates sur sa vie et sa personnalité, sans dramatisation ni élucidation sur soi, on est au ras du quotidien dans l’enregistrement de sa vie sans tentative de se comprendre. C’est absurde, parfois un peu drôle, souvent émouvant car en ne faisant pas le tri entre ce qui relève de la singularité et du banal, en leur accordant la même importance, on a l’impression d’entendre une confession de quelqu’un d’assez proche de nous, de le connaître un peu. Mais encore une fois, il est possible que le suicide de l’auteur ait biaisé mon appréhension.

      • #85393 Répondre
        Stéphanie
        Invité

        Je partage ta critique , je connaissais aussi la fin de l’histoire ( son suicide) ce qui a rendu son livre encore plus émouvant, comme un testament.

        • #85408 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          J’ai souvent recommandé
          Il apparait dans une page de La politesse.

          • #85438 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Quel hasard du calendrier, mon père vient de me l’offrir à Noël en m’en disant le plus grand bien. Il a ajouté que ce type était un peu barré et avait entre autres reproduit des scènes de porno « habillé ». Paraît-il que ça vaut le détour (pas encore regardé, mais ça a l’air de s’appeler « quatre blondes et un canapé »)

            • #85441 Répondre
              Charles
              Invité

              Je l’ai aussi reçu pour Noël, sur le mode « truc de dépressif, ça devrait te plaire »…

              • #85445 Répondre
                I.G.Y
                Invité

                Rire. Moi c’était plutôt « c’est un type complètement barré et génial, qui s’est suicidé ». En me recommandant au passage son livre « Œuvres ».

            • #85460 Répondre
              Claire N
              Invité

              Intéressant les photos
              On reçoit bien dans l’œil que la pornographie n’est pas temps une question de nudité que de rapport par la posture
              Ça aide à penser la question de la « tenue correcte » exigée au passage

              • #85729 Répondre
                I.G.Y.
                Invité

                C’est bien dit

      • #85804 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Oui lu Suicide et Autoportrait il y a qq années ; vous me donnez envie de relire. Dans la série, j’aime le journal de JL Le Ténia.

    • #85538 Répondre
      Charles
      Invité

      Je n’ai pas encore lu le dernier Echenoz mais je recommande le podcast d’Esprit critique dessus, c’est le seul endroit où j’ai entendu quelque chose d’intéressant à son sujet. Ils sont un peu circonspects, l’un le défend mais sans être un echenozien, les autres questionnent l’ironie permanente du livre (et de l’oeuvre plus généralement) et la production malgré tout de clichés. Je trouve ça plus stimulant que l’attaque risible de Beig’ et les éloges très convenus, en pilotage automatique des autres (hormis peut-être un papier du Monde qui insiste sur la cinégénie de l’écriture). En attendant d’écouter la GO, évidemment.

      • #85546 Répondre
        perové
        Invité

        Merci Charles !

        J’ai lu Suicide de Levé il y a quelques mois, j’ai eu l’impression de lire Un homme qui dort 2.0, je trouve qu’il doit, dans ce livre, beaucoup à Perec.

        J’ai néanmoins beaucoup aimé, le sentiment dérangeant, de se reconnaitre dans nombreuses de ses pensées et remarques sur la vie, on se dit qu’on est des suicidés en puissance et comme tout le monde. On se demande quels sont les fils qui nous retiennent à nous ? c’est une lecture puissante

        • #85732 Répondre
          Charles
          Invité

          Oui même si, d’un autre côté, tout le monde n’a pas fait 4 tentatives de suicide à 40 ans et n’y est pas parvenu à 50 ans. Le suicide demeure quelque chose d’exceptionnel. Pour être parfaitement clair, je me suis demandé si Levé n’occultait justement pas un peu sa part suicidaire dans cet autoportrait. Est-ce qu’au fond il n’euphémisait pas un peu cette partie-là de lui car ça contrevenait en partie à son projet littéraire qui fuit toute volonté de dramatisation, d’exhumation de traumatismes etc.

      • #85771 Répondre
        Kenyle
        Invité

        Charles t’as un lien pour le podcast ?

    • #85780 Répondre
      Titouan R
      Invité

      Concernant le Echenoz, fini ce matin, ma religion n’est pas encore faite. J’admire son art romanesque de l’accrétion (un détail, un personnage passent et sont agrégés à la pâte du roman), un peu circulaire, se sabotant lui-même comme roman, avec de belles trouvailles de brouilles diégétiques (notamment, le passage où Bristol écoute RTL en voiture, vers la fin). Mais j’ai comme l’impression, moi qui n’avais lu jusque là que deux Echenoz (Envoyée spéciale et Je m’en vais), d’avoir déjà lu ce roman.
      Et me fait tiquer un certain anachronisme (notamment celui des prénoms – Micheline, Geneviève,…). Le roman se signale comme contemporain – vagues évocations de smartphones et ordinateurs – mais à peu de choses près me semble plus situé dans les années 90 ou 2000.
      Ne sais trop qu’en penser.

      • #85781 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Je rejoins Titouan sur ses réserves. Le livre a vraiment l’air ancré dans une industrie du cinéma d’un autre temps. On est asséné de noms inventés (à moins que ça soit lié à mon ignorance, je ne reconnaissais aucun nom, y compris ceux qui sont juste mentionnés et ne sont pas des personnages à part entière) et le synopsis du film me paraît éloigné des standards de l’époque (mélodrame entre grands bourgeois expatriés).
        Il faut aussi avaler certains éléments complètement invraisemblables : l’autrice du roman adapté qui participe au financement du film, le fait de donner un budget conséquent à un réalisateur qui a tout échoué au préalable, etc.

        Je dois avouer que je connais mal Echenoz mais certains passages m’ont paru vraiment faibles compte tenu de sa réputation. Je livre un exemple et j’aimerais vraiment avoir votre avis car pour moi ces lignes sont insauvables.
        Page 116, on y parle de la passion des femmes pour les vêtements :
        « De la chaussure jusqu’au chapeau, qui protège le cerveau procédant à ces décisions, tous ces habits ont fait l’objet de réflexions, d’hésitations, d’ardeurs considérables dont la somme, à coup sûr, dépasse la capacité conjugués de plusieurs centrales nucléaires. Trouverait-on le moyen, quelque jour, de détourner cette masse d’intensités vers un usage public, plus besoin dès lors d’énergies fossiles ni même alternatives. »

        Ce sont des lignes de pur boomer, d’un mec qui déconsidère de loin l’art de s’habiller et qui méprise les femmes qui y mettent trop d’énergie (un humoriste médiocre aurait le même sujet). Il finit par un trait d’esprit sur la transition énergétique, histoire de parler de l’époque. Et très faible niveau d’originalité d’utiliser la centrale nucléaire dans une comparaison autour de l’énergie.
        On a aussi eu le droit, quelques pages plutôt, au trait d’humour suivant : des racailles parlent de musique classique. J’ai vu hier un film des frères Farelly de 2000, et ce contrastes racaille/culture classique était déjà un ressort comique éculé.

        • #85869 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Un peu politimane, comme commentaire
          Les quatre lignes sur la surénergie déployée pour la tenue sont elles si datées? Tu te promènes parfois dans le monde des influenceuses?
          Le monde reste beaucoup plus génré qu’on le voudrait.
          Et les lignes sur les racailles me semblent avant tout relever du refus du sociotypage – qui certes pourrait en soi se discuter.
          Ceci étant posé, qu’il y ait chez Echenoz quelque chose d’un peu désuet est indéniable – mais on pensera mieux ce fait en commençant par ne pas le juger.

          • #85933 Répondre
            toni Erdmann
            Invité

            Je ne condamne pas en soi le fait de se moquer d’une passion pour les vêtements. Je déplore que cela soit fait rapidement, avec un ton moralisateur. La remarque de fin (« plus besoin d’énergies fossiles ou même alternatives ») a une connotation un peu normative, comme si le narrateur – qu’on peut certes distinguer de l’auteur – regrettait le gâchis de cette énergie qui pourrait être investie dans autre chose que les habits.
            Si l’on prend la comparaison d’un seul point de vue littéraire, je n’arrive pas à la sauver car ni le comparé (l’intérêt des femmes pour la mode) ni le comparant (une centrale nucléaire) ne me paraît original. Ça m’évoque vraiment cet humour facile où le comparant est un extrême auquel on pense facilement, et qui nous vient en tête en premier (je veux faire une comparaison sur la taille, je vais utiliser Passe-partout comme comparant. Je veux faire une comparaison sur le fait d’être de droite, je vais utiliser Hitler comme comparant. Je veux faire une comparaison sur l’énergie, j’utilise une centrale nucléaire comme comparant).

            • #85938 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Pardon, je vais faire jouer l’autorité que me donne le fait d’avoir lu tout Echenoz, mais ton premier paragraphe est totalement inapproprié à cet auteur, qui n’est absolument jamais dans le jugement moral, jamais dans le normatif. D’ailleurs à ce jeu elles pourraient tout aussi bien être lues comme des lignes féministes (l’injonction à la beauté etc)(réversibilité des décrets politimanes) Mais en réalité ces lignes s’amusent. Echenoz s’amuse de tout. Ou fait style de tout
              Ton deuxième paragraphe, stylistique, est donc beaucoup plus à propos, et ma foi je suis assez d’accord.

              • #85990 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Et pour répondre à Toni, à la suite de François, sur la comparaison éculée : je vois d’autant moins de jugement, d’évaluation, dans cette phrase qu’Echenoz décrit tout le temps des personnages agis par le monde – des personnages affectés plus qu’affectants. Traversés comme un hall de gare (belle image, François, en passanr).
                Ils n’ont pas beaucoup de prise, et le narrateur lui-même témoigne de sa déprise relative sur le récit. Il serait contradictoire que le narrateur/auteur Echenoz critique le pli vestimentaire d’un personnage. Ou alors par une notation clicheteuse, traduisant le peu d’autorité qu’il souhaite injecter dans l’énoncé de jugement

            • #85942 Répondre
              Julien Barthe
              Invité

              « et sa queue tournoyant comme une fin de bande magnétique folle » . Pourtant il maîtrise l’art de la comparaison comme personne (il décrit un éléphant furieux).

              • #85950 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Oui, d’où le dépit devant la comparaison il est vrai assez faible pointée par TE

                • #85988 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  Dans les phrases qui feront l’objet de la GO, qui ont été postées par l’HQNAPDP, je suis content de voir celle sur les vieilles bâtisses reconverties en colonie de vacances. Elle m’avait tapé dans l’œil à la lecture, et c’est un autre exemple de ce « mine de rien » dont je parle plus bas. Echenoz est observateur et glisse en incise (mais chez lui, l’incise est le gros du texte) plein de notations assez bien vues.

      • #85786 Répondre
        Bretzville
        Invité

        J’ai eu la même sensation que toi Titouan, l’impression de relire un livre que j’ai déjà lu (j’ai lu une dizaine d’Echenoz). Je l’avais eu pour Gérard Fulmard, qui m’avait plutôt ennuyé. Celui-ci ne m’a pas ennuyé, les trouvailles stylistiques et narratives ont maintenu mon plaisir jusqu’à a fin. En fait, si on rentre dans le détail de la phrase, je n’ai pas eu cette impression, mais une fois le livre refermé oui, elle est venue. Je n’arrive pas à me l’expliquer autrement que par la conjonction entre une espèce d’aridité dans le traitement des personnages et la brièveté du texte (sachant que ces éléments ne m’ont jamais paru un « défaut » chez Echenoz, au contraire – Gérard Fulmard mis à part mais j’en ai très peu de souvenirs).

        Pour les anachronismes, je suis en parti d’accord, mais en même temps j’ai eu un autre sentiment. A un moment donné, Echenoz parle d’une Citroën Aircross, qu’il nomme Aircross ensuite, et je me suis imaginé une vielle voiture (alors même qu’il indique qu’il s’agit d’une voiture récente). Quand on parle d’une voiture spécifique par son nom, on a souvent affaire à une vieille voiture (c’est mon sentiment en tout cas), ce que je me suis donc imaginé. J’ai ensuite tapé Aircross sur google pour voir un banal petit SUV que je n’aurais, personnellement, jamais appelé par son « nom ». Je ne sais pas ce que vaut cette réflexion mais je me suis dit qu’Echenoz avait davantage une manière anachronique plutôt qu’il faisait des anachronismes. Une manière inactuelle, pour le dire de façon valorisante. Et ça ne m’a pas déplu, bien que je partage en partie vos réserves sur les noms et le traitement de l’industrie du cinéma (ceci dit, Toni Erdmann, tu omets dans ta citation page 116 la dernière phrase de ce paragraphe, qui la ramène au régime de l’autodérision).

    • #85867 Répondre
      Titouan R
      Invité

      Merci pour vos réflexions, Toni et Bretzville.
      En vrac, deux divagations (pas très ordonnées, désolé…) :
      1 – comment comprendre le régime des dialogues ? Pourquoi à chaque changement de voix un verbe de parole ? Pourquoi signaler à ce point le dialogue quand tout le reste est ramassé au sein du paragraphe ? Cette unité du paragraphe me semble très importante – c’est souvent par elle qu’Echenoz produit des effets (je reprends l’exemple RTL, pages 149-150). Mais cette unité – au sens où sont amalgamés dans un même paragraphe pensée et description, parenthèse érudite du narrateur et allusion à un personnage égaré – est comme fissurée par le dialogue. « dit-il » ; « répond-elle », « s’agace-t-il ». Et pourquoi, dans cette rupture, ne pas la pousser jusqu’au retour à la ligne + tiret ? Et pourquoi pas l’entre-deux : retour à la ligne à chaque changement de locuteur-rice (avec ou sans verbe de parole) ?
      L’hypothèse d’un arbitraire de ce choix formel ne me convainc pas. Je pense qu’il y a, par l’utilisation presque systématique de verbes de paroles, une très cohérente instrumentalisation de ce trait « scolaire » de l’écriture romanesque (que j’ai souvenir d’avoir lu il n’y pas longtemps dans Murphy du Beckett première manière). Cohérente, parce qu’Echenoz mêle tout le temps du scolaire de la narration et de l’écriture au . Ces verbes de parole, surlignant le dialogue, surlignent surtout l’artifice du roman. Je pressens qu’il essaie d’éprouver (hypothèse évoquée par quelqu’un dans le Esprit critique visé plus haut) le fait que, malgré tous ces dévoilements d’artifice, malgré la fausseté des figures (ou, pour reprendre le podcast, des « clichés) qui parsèment le roman (le coup de foudre, le trio amoureux, l’exotisme africain,….), ça fait quand même un roman. Ca tient quand même. On y croit tout de même.
      2 – Ce qui m’amène à ma deuxième question : comment prendre Echenoz au sérieux ? Non pas au sens « il exagère avec ses artifices, comment peut-on le prendre au sérieux ? » mais au sens de : « comment le lire sérieusement ? » Ou plutôt : « comment voir le sérieux en Echenoz ? »
      Au vrai, je pense qu’on se méprend un peu sur son ironie : elle est certes toujours là, mais pas si gratuite que ça, pas si univoque. Lorsqu’un inconnu arrivant sourdement derrière Bristol se révèle être une mouche, je pense qu’Echenoz accorde très sincèrement son attention pendant deux pages au trajet de cette mouche. Bien sûr, il la personnifie, comme plus loin l’Aircross, mais il se produit quelque chose – une focalisation. Le présentateur d’Esprit Critique évoque des « vies minuscules » pour parler des personnages du roman – c’est vrai et faux. Pas des vies minuscules que celles de Bristol et consorts – mais vies minuscules que celles de l’Aircross, de la mouche et de l’éléphant.
      Pour rester dans le sérieux : Echenoz est assez fort dans le « mine de rien », pour peu qu’on fasse l’effort de voir. Derrière toutes les couches d’ironie et jeux textuels, mine de rien, on aperçoit par exemple une milice botswanienne (même si je note que le pays n’est jamais mentionné) dirigée par un local au nom pourtant européen (et donc respire fort l’ancien demi-cador de république bananière).

      • #85868 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Tu es tout à fait dans l’esprit de la GO bientot en ligne.

        • #85881 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Fort bien. Je me demandais si la GO serait précédée d’un temps pour poser des questions. Tant pis

        • #86965 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Très bonne GO sur le Echenoz. Dont je me dis qu’elle n’aborde pas le quart de ce qu’on pourrait dire sur le bouquin. Ce n’est pas un reproche, mais plutôt une admiration devant la richesse échenozienne.
          Tout à fait d’accord sur la dimension ludique-sérieuse.

    • #85883 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #86310 Répondre
      Eden Lazaridis
      Invité

      Est-ce que quelqu’un serait abonné au figaro et pourrait copier-coller l’article de Beigbeder sur le Echenoz ?

      • #86311 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        Non

      • #86315 Répondre
        perové
        Invité

        j’ai fait un topic dessus qui doit être en page 4/5

    • #86401 Répondre
      Ostros
      Invité

      Demain sort L’hospitalité au démon de Constantin Alexandrakis, dont François recommande chaudement la lecture. Aussi, je me demandais si la seconde GO pouvait porter sur ce livre vu que le film d’Almodovar n’emballe pas des masses et que son cinéma morbide a bien été cerné par François et les sitistes sur la page dédiée au cinéma. Et puis si ce choix du livre est annoncé tôt, ça laissera le temps suffisant pour le lire et poser des questions avant l’enregistrement. D’instinct je trouve ce second livre de son auteur beaucoup plus inspirant et porteur de larges échanges avec l’HQNPDP et les lectrices / teurs que le énième film de Pedro déjà vu et revu. Je lance l’idée.

      • #86402 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Deux Gênes de suite sur un livre et le podcast perd 80% de ses auditeurs.

        • #86403 Répondre
          Ostros
          Invité

          Moi j’ai foi en la puissance que je pressens de ce livre pour, avec Echenoz juste avant, faire exploser les compteurs. Ensuite, l’année ciné 2025 pourra commencer à son rythme habituel, avec Le Desplechin puis de HSS. Et tout sera joie.

          • #86405 Répondre
            Charles
            Invité

            Je pense vraiment qu’il n’y a plus rien à attendre de Desplechin. Son dernier film était d’ailleurs à Cannes et a été accueilli dans l’indifférence générale.

            • #86408 Répondre
              Ostros
              Invité

              Ça me fait mal de le lire.
              Est-on certain.e.s que ces réactions à son dernier film émanaient de critiques, spectatrices et spectateurs sûr.e.s ?
              Si oui, alors ce peut-être dans ce cas l’occasion lors de la GO n°3 de faire une analyse comparée de ce film avec Comment je me suis disputé et constater les choix formels du réalisateur à travers les décennies.

              • #86409 Répondre
                Cornemuse
                Invité

                D’autant plus que le film reprend le personnage de dédalus

              • #86410 Répondre
                Charles
                Invité

                J’ai du mal à comprendre ta surprise alors que son dernier vrai bon film remonte à 2017.
                Ca arrive de surcroit à pas mal de cinéastes qui continuent à tourner malgré leur manque d’inspiration, leur usure (Cronenberg, Scorsese, Allen, De Palma etc.)

                • #86411 Répondre
                  Cornemuse
                  Invité

                  Scorsese est en trop dans cette liste

                  • #86412 Répondre
                    Cornemuse
                    Invité

                    cite moi les films récent de scorsese ou il est en perte de vitesse ?

                    • #86415 Répondre
                      Eden Lazaridis
                      Invité

                      Il est même en reprise de vitesse. Depuis 2016 il a retrouvé sa forme d’antan.

                    • #86416 Répondre
                      Eden Lazaridis
                      Invité

                      La grande erreur esthétique de Charles est de considérer que The irishman est un film soporifique, alors que c’est une longue mélopée sur le crime.

                    • #86452 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Cite-moi plutôt un grand film de Scorsese depuis 30 ans. Son meilleur dans cette période est sans doute Killers, qui n’apporte quand même pas grand-chose à sa filmo tant il s’y empresse d’abandonner la singularité de son récit (les Indiens comme classe dominante) pour retomber sur ses pattes (la mafia, le cycle de la violence, les grimaces de Dicaprio etc.). The Irishman est intéressant pendant sa dernière heure et demie, manque de pot il dure 8h12. Mais encore une fois, il n’apporte pas grand-chose sur son sujet de prédilection, la mafia.

                      • #86455 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Entièrement d’accord avec Charles et Ostros sur Irishmen, mais votre discussion me pousse à retenter l’expérience avec un œil neuf. « The Irishman est intéressant pendant sa dernière heure et demie, manque de pot il dure 8h12 » correspond exactement à ce que j’en disais à des amis.

                      • #86458 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Alors que je rate rarement une occasion de rappeler que c’est un immense chef d’œuvre. Les jours de grande nuance je concede qu’il n’est que de justesse dans le top 3 des films de Scorsese. Je ne sais pas s’il « apporte grand chose sur la mafia » ni si c’est ce qu’on attend d’un film de Scorsese en 2019. Il me semble que The Irishman est beaucoup plus intéressé par les questions de l’âge et de l’amitié. À accompagner d’une vision de Pat Garrett et Billy the Kid, les deux films fraient dans les mêmes eaux.

                      • #86459 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Je t’avais effectivement lu (et possiblement François, de mémoire) en parler en ces termes. Affaire à suivre, donc

                      • #86462 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Grand film sur le gâtisme et que dire de cette bluffante utilisation du deaging pendant la première partie du film, vraiment à la pointe de la technologie Marty.

                      • #86468 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Je n’ai pas pu passer outre. Et ce sans qu’y joue mon anti-industrialisme primaire. L’étrangeté de ces visages refaits m’a sorti du film. Je suis trop sensible aux visages; j’en percevais deux; le défaut de leur superposition m’épuisait.

                      • #86473 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Tu vas nous manquer. A bientôt.

                      • #86474 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        I.G.Y.
                        « mais votre discussion me pousse à retenter l’expérience avec un œil neuf »

                      • #86461 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Est-ce que ça serait pas l’occasion de se faire un top 10 Scorsese ? Curieux d’avoir vos retours sur le sujet.

                      • #86463 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Taxi Driver, Les Affranchis, Raging Bull et le reste.

                      • #86466 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        J’y ajoute Les infiltrés que je trouve très injustement sous estimé.

                      • #86467 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Et Mean Streets, évidemment.

                      • #86470 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est sans doute son film le plus efficace et divertissant de la période, loin de ses kouglofs à Oscar qui l’entourent, mais ça reste très inférieur aux films précités + Valse des Pantins, Casino, le Temps de l’innocence.

                      • #86479 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        @Mao : montons une asso pour la revalorisation des infiltrés. Quel montage.

                      • #86485 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        La vitesse des infiltrés m’a d’abord épaté puis très vite on se rend compte que cette vitesse est une esquive, une fuite en avant sans fond.
                        A l’image du Scorsese de ces années là.

                      • #86486 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Fuite sans fond, comme toutes ces années là, je suis d’accord. Mais quel montage quand même. Il ne fait pas que de la vitesse.

                      • #86490 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        C’est une fuite en avant parce qu’on sait comment ça va finir cette histoire. On sait que ça ne peut que mal finir. On le sait d’autant mieux qu’avant même de l’avoir vu, on a déjà vu l’original. Je me retrouve assez naturellement pris d’empathie pour ce pauvre Leonardo (très convaincant) d’emblée plongé dans la gueule du loup et qui bien que se débattant comme un beau diable finira fatalement mangé tout cru. Je ne mets pas ce film plus haut que ce qu’il n’est mais ça reste pour moi un grand divertissement d’une efficacité redoutable.

                      • #86506 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Dans les Infiltrés, j’aime bien le cabotinage débonnaire de Nicholson, cette bouffonnerie de vieil acteur qui ne peut plus tout à fait en faire des caisses comme avant. Contrairement à Dicaprio qui surjoue le personnage tragique. Damon est évidemment meilleur que tout le monde, avec sa décontraction et sa malice habituelles.

                      • #86504 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Une fuite en avant sans fond, c’est très bien vu, tu serais pas critique par hasard François??

                      • #86509 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        bénévole

                      • #86464 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Encore une stratégie qui vise à invisibiliser la dernière tentation du Christ et Hugo Cabret.

                      • #86471 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Sans oublier Nerfs à vif, son sommet avec le très léger Shutter Island.

                      • #86475 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Top 10 difficile n’en ayant vu que 9 et loupé quelques célèbres (Mean Streets, Casino, Gangs of New York, Aviator). Taxi Driver loin devant pour moi. Très déçu en revoyant les Affranchis dernièrement (j’ai ressenti un écart énorme avec Le Parrain revu une semaine après). On m’a conseillé King Of Comedy, ça vaut le coup? (j’ai été déçu par After Hours)

                      • #86477 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        King of comedy est super. Mais si tu n’as pas aimé After Hours ça risque d’être compliqué : deux films très différent mais qui partagent le même humour.
                        Je mets les Affranchis très loin devant tous les parrains du monde. Qu’est ce qui t’a déçu ?

                      • #86478 Répondre
                        Mao
                        Invité

                        Ça vaut le coup.

                      • #86483 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Pour After Hours j’étais peut-être mal luné ce jour là mais j’ai senti monter en moi l’intérêt puis c’est complètement redescendu : un truc qui a joué je pense est que j’ai senti un film qui voulait vraiment me faire rire, ce qui n’est presque pas arrivé (j’adore pourtant le décalé/absurde, ce qui a dû encore augmenter ma frustration).

                        Pour les Affranchis j’ai ressenti beaucoup trop de vitesse, un film qui ne prend pas le temps de faire ses scènes, trop ambitieux sur la masse de ce qu’il veut raconter (ceci explique cela) — et le côté « on commence calme et on finit par s’énerver » m’a paru souvent téléphoné. Pour le Parrain j’aime nettement moins la partie où Pacino devient le chef (j’aime beaucoup le dernier plan cela dit).

                      • #86505 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        On peut aimer King of comedy et resté dubitatif devant After hours. J’aime moins ce dernier car les films qui se passent sur une soirée avec moult déconvenues qui arrivent aux héros ont tendance à m’ennuyer tant ça me parait artificiel. Ici c’est pareil, avec cette galerie de personnages à l’étrangeté un peu forcée. Néanmoins, c’est un Scorsese très léger, qui ne force pas sa mise en scène (de mémoire, je l’ai vu il y a très longtemps), ce qui me le rend tout de même sympathique. King of comedy est plus ambitieux, plus sérieux.

                      • #86518 Répondre
                        Eden Lazaridis
                        Invité

                        @Charles
                        1) « cette bluffante utilisation du deaging » : j’avais déjà écrit ce que je pensais de ce deaging foiré, à savoir que cela permet d’inscrire dans le corps de l’acteur la mélancolie du film : on voit le vieillard dans le jeune homme, le temps est déjà perdu, il n’y a même plus l’engouement des débuts. Ça permet de faire droit à la situation d’énonciation, un vieillard qui raconte sa jeunesse, et dont le souvenir de son apparence d’antan est brouillé.
                        2) »il n’apporte pas grand-chose sur son sujet de prédilection » : cite moi un autre de ses films qui fait autant éprouver la morosité, la morbidité, l’ennui de la mafia ? Il n’a jamais poussé aussi loin le côté crépusculaire.
                        3) « manque de pot il dure 8h12 » : si tu veux faire éprouver la morosité et l’ennui tu dois en passer par la lenteur, et ne pas avoir peur d’ennuyer ton spectateur. François défend la lenteur de Killers parce qu’elle permet de montrer cet empoisonnement progressif, ce grand remplacement à bas bruit. Pareillement, je défends la nécessité de la lenteur pour The Irishman.

                        À la fin, quand la porte reste entre-ouverte sur ce pauvre type dans sa chambre de maison de retraite, j’ai pleuré.

                      • #86542 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        Complètement aligné avec Monsieur Lazaridis sur le deaging. Ça donne l’impression de vieux qui ne se rappellent pas de leur corps de jeunes (leur gestuelle de vieux est au moins aussi notable que l’irréalisme des visages). J’y vois aussi des fantômes, presque tous déjà morts (point sur lequel le montage insiste avec les dates de morts. Une idée qui je crois est bien venue au montage et non avant, devant le rendu du film).
                        Cela ne permet pas de balayer complètement les attaques sur cette utilisation de la technologie, qui n’est pas complètement convaincante. Elle est discutable, elle produit tout de même un puissant effet.
                        Cela étant posé il me semble que 6 ans après la sortie du film on peut parler d’autre chose que du deaging moyen et de la durée de 3h30, deux points sur lesquels les fans de Marvel vexés par Marty à l’époque étaient intarissables.

                      • #86547 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Comme Julien, le deaging, qui prend une place importante dans la première partie, m’a complètement sorti du film. On peut évidemment sauver son usage comme vous faites mais cela reste très laid et donnant une impression de cinématique de jeux vidéo. On peut ne pas en parler bien sûr mais ce n’est pas un élément anodin du film.
                        Eden, tous les films de Scorsese sur la mafia montre sa morbidité, la férocité des rapports humains qu’elle engendre, l’absence d’amitié possible, les trahisons permanentes etc. En revanche, sur l’ennui, peut-être qu’il la montre davantage ici mais au prix de celui du spectateur. Mais ce n’est pas un ennui contemplatif, rêveur comme devant un Antonioni, mais une fatigue et une consternation devant beaucoup de scènes mornes, frôlant un certain académisme (jusqu’au meurtre de Pacino, assez génial lui). Et aussi une lassitude devant des histoires qu’il a déjà racontées.
                        Alors oui il radicalise ça en proposant une version EHPAD mais contrairement toi je n’ai pas été ému par la fin même si j’aime bien sa sobriété, sa sécheresse.

                      • #86555 Répondre
                        Seldoon
                        Invité

                        J’ai été perturbé par l’aspect morne et classique de la première heure lors de ma première vision. Conquis par ce qui a suivi, j’ai revu le film quelques jours après et j’ai complètement changé d’avis sur ce début une fois que tu sais ce que ça construit. Je ne m’ennuie plus une seconde.
                        Je trouve par ailleurs les dialogues très drôles tout le long, ça aide.

                      • #86511 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Charles,
                        Là tu es dur parce que la singularité de son récit peut exiger que soit dégonflée ou crevée la bulle ou le faux semblant qu’est cette domination indienne. Cette domination sous tutelle.

                      • #86513 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Pardon. Je suis rouillé. Je parle de Killers of the flower moon.

                      • #86514 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Cette domination sous tutelle est explicite (recit d’introduction, situation prégnante dans les dialogues, scènes qui l’illustre comme les files d’attente pour que les indiennes puisse demander un peu d’argent). Trop ça aurait été selon moi faire discours. Là ça enrobe bien les différentes narrations et c’est suffisamment clair.

                      • #86550 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Certes mais au final, à rebours de la règle Hitchcockienne, il finit par le cliché au lieu d’y commencer pour s’en détacher.
                        Il avait plusieurs choix pour raconter son histoire et il chausse assez vite ses pantoufles préférées, plutôt que de rester du côté des Indiens. Il veut rester avec ses stars. Il essaie bien de faire quelque chose avec l’épouse de Dicaprio mais bon, elle est surtout un corps souffrant – je renvoie à la GO pour la distinction personnage/figure.
                        (Epargnons-nous le rappel des changements de scénario et de point de vue narratif durant les diverses réécritures, on connait tous ça par coeur).

                      • #86588 Répondre
                        Eden Lazaridis
                        Invité

                        @Charles
                        Pour réhausser esthétiquement ce deaging, il suffit de le qualifier « d’impureté » au sens des cahiers et le tour est joué.
                        Je pourrais même défendre l’académisme de nombreuses scènes du films par cette volonté d’en montrer la monotonie, l’ennui (Pourquoi créer des scènes originales sur un sujet que l’on veut rendre banal, ennuyeux ?). Et si on défend le début de Miséricorde de Guiraudie, on doit être réceptif à cet argument.

                        Concernant Killers, le changement de point de vue narratif par rapport au roman d’origine montre justement une volonté de rester auprès des indiens. Cependant, il se concentre sur Di Caprio et De Niro :
                        1) Par impératif économique, il faut bien financer le film.
                        2) Parce que son grand sujet c’est la médiocrité des petits blancs, il n’a pas la prétention de raconter quoi que ce soit d’autre, ce qui est une limite esthétique.

                • #86417 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Charles, tu penses que le Cronenberg sera mauvais ? J’ai pas regardé ses derniers films. Je me suis arrêté sur le fleuron, ses premiers, vus et étudiés durant mes études.
                  Pour Desplechin, j’avais arrêté de regarder à partir de Jimmy P (j’en avais parlé sur l’ancien forum). Donc une grande part de sa filmo. Mais l’année dernière j’ai rattrapé Tromperie et j’y ai trouvé des personnages et des scènes très intéressantes.
                  Je me suis dit que j’allais aussi rattraper Roubaix une lumière, sur la base de vos commentaires qui étaient il me semble plutôt positifs. De même que trois souvenirs de ma jeunesse, dont vous aviez aussi dit du bien. Et que, parti comme ça, ce nouveau film de 2025 allait peut-être valoir quelque chose.

                  • #86418 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    The Irishman m’a écartelé les yeux, mais j’ai pris un grand plaisir au cinéma devant Killers of the Flower Moon.

                  • #86453 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Ah oui je pense que le dernier Cronenberg sera sans intérêt, notamment parce que Vincent Cassel y tient le rôle principal (et on sait comment il peut flinguer un film de Cro). Son dernier grand film est History of violence (2005!).
                    Sur Desplechin, Frère et soeur était quand même souvent très gênant et dans le radotage (les inimitiés et rivalités familiales). Tromperie peut avoir certaines qualités mais c’est très en dessous de sa filmo des années 90 et 2000, c’est un film globalement assez artificiel. Roubaix est plus intéressant mais pas franchement nécessaire, parfois assez laborieux. Trois souvenirs de ma jeunesse est en effet son dernier grand film (2015).

          • #86406 Répondre
            Stéphanie
            Invité

            La foi dans la joie et inversement

        • #86404 Répondre
          Stéphanie
          Invité

          C’est un objectif de performance ?

        • #86414 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          Les auditeurs de la gêne sont très stables, ils peuvent se permettre de faire deux gênes d’affilée sur des livres. Si j’étais un fils de pute, je dirais que la clientèle est fidélisée.

      • #86419 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Bah, pour rappel, le duo de la gêne publie de plus et toujours des extraits préalablement à l’émission- critique littéraire:
        on peut donc, comme tu le dis, lire le livre ou, déjà, s’y préparer avec leurs extraits – avant lecture en intégral du bouquin choisi (ce que je ferai, comme quelques-un.es, j’imagine, avec Echenoz finalement)

    • #86407 Répondre
      Cornemuse
      Invité

      Ostros a pas tord, Je suis allé voir le Almo dans la soirée, et effectivement c’est assez attendu.

      • #86456 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Pas encore vu, mais l’unanimité critique motive à entrer dans le jeu.
        Peut-être que le temps est venu de dire sur Almo ce qu’une critique continument complaisante depuis 40 ans n’a su dire.

        • #86482 Répondre
          MA
          Invité

          Sauf peut-être Critikat.

          • #86487 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            +1 pour une GO Almo similaire à celle sur Les passagers de la nuit.

            • #86510 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              oui c’est un peu une idée que j’avais

              • #86529 Répondre
                Cornemuse
                Invité

                Si c’est comme la critique de La Go sur Les Passagers de la nuit, donc en plus de la critique du film, une critique des critiques, ça promet d’être intéressant, puisque tout le monde semble avoir écris une critique positive du film, sauf Le Figaro. (La critique négative du figaro étant elle même assez mauvaise, on peut ne pas aimer un film pour des mauvaises raisons).

                • #86532 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  Et comme l’indiquait justement MA, Critika est aussi loin d’être enthousiaste : https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/la-chambre-da-cote/
                  Laisse-moi deviner, pour Le Figaro c’est trop wokiste ?

                  • #86534 Répondre
                    Cornemuse
                    Invité

                    Non pas du tout, c’est juste un résumé du film avec un bashing constant rempli d’attaque facile composé de bon mots, il creuse pas le sujet du pourquoi le film est mauvais.
                    figaro

                    • #86537 Répondre
                      Cornemuse
                      Invité

                      Au final eux se complaisent dans une posture anti-almodovar bête et méchante de la même manière que les autres se complaisent dans une posture pro-almodovar

                      • #86541 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Merci, effectivement c’est pilote automatique, on pourrait écrire ce même texte avec le même ton pour n’importe quel film dans le simple but de le démolir.
                        « Le système Almodovar ne marche plus. » Quel dommage de ne pas s’attarder sur ledit système, et nous expliquer pourquoi il marchait si bien avant.

                • #86561 Répondre
                  Ema
                  Invité

                  Pas encore vu le film, ce week-end c’est prévu a priori.
                  J’ai écouté l’échange avec murielle joudet et l’autre critique dont le nom m’échappe et j’ai été assez surprise des éléments qu’elles mettent au crédit du film, notamment les belles couleurs vives des fringues et le beau design de la baraque, ainsi que tout un tas de possibles symbolismes autour de la mort qui m’ont à moi semblé lourdingues et surtout pas susceptibles d’apporter quoique ce soit en terme d’évocation. Aussi la performance actorale de savoir jouer l’écoute, ça m’est un peu tombé des oreilles, parce qu’il me semblait qu’un acteur ou actrice qui « joue » l’écoute c’est probablement un acteur qui surjoue. Mais bon, on verra bien.

        • #86491 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          « Peut-être que le temps est venu de dire sur Almo ce qu’une critique continument complaisante depuis 40 ans n’a su dire. »
          J’applaudis des 2 mains! Ça consolera bien des vivants et surtout des morts. Il en a bien bouffé de la movida mais c’est les résistants qui ont tout fait: comme d’autres, plus qu’à mettre les pieds sous la table et sans prière

          • #86493 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            *et les résistantes ( résistance pacifique)

    • #86580 Répondre
      Samia
      Invité

      J’ai essayé de trouver des traceurs de la misogynie de Pédro. J’ai trouvé une seule critique canadienne qui revient sur le film « tout sur ma mère ».
      Si le compte est bon, à ma connaissance 3 personnes sur cette planète avancent cette affaire. Pour autant, ça me permet d’essayer de comprendre cette analyse, qui pour l’instant murit et me laisse encore entrevoir peut-être une misogynie involontaire ou inconsciente ou

      • #86585 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        Moi je ne dirais pas qu’il est misogyne, mais plutôt qu’il est « figurateur » (créateur de figures). Les femmes chez lui sont des mater dolorosa, des mères aimantes, des Indépendantes, des Victimes. En bon styliste, il fait défiler des égéries, des icônes.
        Quant au fait de vouloir les altérer, les modifier, cela tient à sa veine anti-naturaliste, et il n’est pas plus tendre avec les hommes, qu’il déguise, qu’il travestit, qu’il dédouble etc. Chez lui, aucun mépris spécifique vis-à-vis des femmes. Ou alors il est misogyne et misandre, ce qui est possible.

      • #86586 Répondre
        Eden Lazaridis
        Invité

        + des vierges, des ingénues, des caractérielles…

    • #86850 Répondre
      Ostros
      Invité

      A-t-il déjà été question en cette page de Roger Caillois ? Ecrivain de chevet de RAZ, dont il se serait inspiré pour écrire et travailler nombre de ces films.

      • #86857 Répondre
        Jean-Marie Bigard
        Invité

        Intrigué aussi par ce gars dont le nom revient souvent dans les carnets de Bergounioux

        • #86966 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Ça a l’air d’être le même bonhomme qui a fait la traduction de l’Éthique (disponible chez Folio). Je savais pas qu’il était romancier. Cet homme ne peut pas être tout à fait mauvais.
          [Et pour info je recouvre un message de Titouan sur la GO d’Échenoz, plus haut]

          • #86995 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ça vous dit de le découvrir ? (Moi avec quelques mois de retard compte tenu de mon rythme de tortue)

            • #87052 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Je passe mon tour, j’ai une PileÀLire longue comme le bras, et je viens d’y ajouter le GdL mentionné ailleurs

              • #87056 Répondre
                Ostros
                Invité

                JM va peut-être nous ouvrir la voie…
                Moi je viens de commencer Bristol (grand kiff pour le moment – la mouche, curviligne trilingue – amuses-langue, amuses-esprit), puis je lirai l’hospitalité au démon en espérant avoir fini en avril pour découvrir les deux sorties de Cause perdue. Ce qui n’est pas gagné avec mon boulot hyper épuisant.
                Toi tu as quoi dans ta besace Dr. X ?
                J’imagine le Lordon / Lucbert aussi ?

                • #87071 Répondre
                  Dr Xavier
                  Invité

                  Le L&L oui, très beau. Puis finir Bristol dont la lecture a été interrompue.
                  .
                  Puis dans je ne sais quel ordre me toisent :
                  Propriété privée, Le bruit et la fureur, La route, Ceux qui restent, Le dépeupleur, V13, molécules, L’hospitalité au démon, le dernier GdL sur l’abolitionnisme
                  et surtout surtout : Nuit Blanche
                  Ce n’est pas réaliste du tout, trop à lire, si peu de temps.

                  • #87078 Répondre
                    K. comme mon Code
                    Invité

                    C’est moins le temps que la fatigue qui est problématique.

                    • #87084 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      La fatigue ? La fatigue ?
                      « Est-ce qu’on peut dormir du sommeil du juste quand on a vu une manifestation d’affamés à Harar ? »
                      « Le sommeil est-il permis quand c’est le temps qui se dérègle ? »
                      (Nuit Blanche)

                  • #87182 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Propriété privée, Le bruit et la fureur, Molécules et le pas encore lu mais sûr l’hospitalité au démon : excellents choix ^^
                    Tiens le dépeupleur, je ne connaissais pas ce titre de Beckett. Merci. Je pressens un très bon livre aussi.
                    Curieuse, je viens de jeter un oeil sur Google, chercher Nuit Blanche, Merci pour l’éclat de rire ! Je me disais aussi que ce « et surtout, surtout : Nuit Blanche » était suspect. Et bien pâles ces citations.
                    (Je te souhaite d’avoir le temps de les lire).

                    • #87189 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Pour le plaisir, cette phrase auto-citée par BHL ce matin devant un Praud enamouré : « Il m’est devenu indifférent d’etre de gauche »
                      Euphémisme de l’année.
                      De la décennie?

                      • #87190 Répondre
                        ETlexclsuion
                        Invité

                        et

                      • #87191 Répondre
                        ETlexclsuion
                        Invité

                        c’était grave hier pas aujourd’hui et demain

                      • #87193 Répondre
                        ETlexclsuion
                        Invité

                        Pipo t – age, ça dure jamais
                        merci
                        toujours pareil
                        quel dommage

                      • #87195 Répondre
                        Julien Barthe
                        Invité

                        Prodigieux.
                        C’est la fausse conscience du siècle:
                        – il croit avoir été de gauche
                        – s’être soucié de l’être
                        – n’être désormais ni de gauche ni de droite.

                      • #87197 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Le Ballon d’Or de la goujaterie !
                        @Ostros – Pour Le Dépeupleur, Anna avait posté ce bel extrait que je remonte : https://francoisbegaudeau.fr/forums/topic/citations-de-livres-page-2/#post-84558

                      • #87201 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Oh, so delicate!

                      • #87369 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Bah, on va dire que BHL a retourné sa chemise… immaculada

                      • #87202 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        « Euphémisme de l’année.
                        De la décennie? »
                        Que cette rancœur est triste…

    • #87185 Répondre
      stephanie
      Invité

      Canoë, Maylis de Kérangal ,un recueil de nouvelles, plutôt de chapitres, sur le thème de la voix. Toujours l’écriture précise, des phrases qui s’étirent pour trouver le réel , elle fouille le langage, les voix se font échos entre les chapitres, les voix intérieures, les voix des autres, les voix des morts. Énormément plu. « J’ai refermé l’une derrière l’autre les portes du sas, je suis entrée dans le studio, des rais de lumière m’ont éblouie: le micro, un Neumann U87 Ai à condensateur isolé dans la treille d’une suspension métallique, m’attendait, dressé sur un trépied tel un cobra royal. » « L’irruption de la voix des morts dans le monde des vivants défait le temps, implose les frontières, l’ordre naturel se détraque, et la voix enregistrée de ma femme tenait toute sa place dans cette confusion. » Une dernière pour la route 🙂 « Cette capsule de bière qui roule dans ma bouche, cette couronne de métal cabossée, déformée d’u coup de mâchoire, son pourtour dentelé de pointes, le recto poli, émaillé sous ma langue, le verso râpeux, et cette façon dont elle a de prolonger son goût de petite monnaie tiède, de faire durer sous mes lèvres ses arômes de foin et de houblon, de rappeler l’amertume, cette pièce d’or Heineken frappée d’une étoile rouge qui valdingue contre mes dents et que je colle sous mon palais telle une hostie clandestine »

      • #87226 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Stephanie et en particulier de cet extrait qui rappelle que la langue est un organe sensitif
        Et le goût qu’elle mélange à ce qu’elle »manipule « 

      • #87281 Répondre
        Ema
        Invité

        Pourquoi ce « façon dont elle a de prolonger » sonne bizarre a mes oreilles ?

        • #87283 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Il sonne bien à mes oreilles-cerveau. C’est plutôt la manière systématique dont les phrases sont prolongées qui m’a éloigné de ses derniers livres — je devrais y retourner.

    • #87227 Répondre
      Cornemuse
      Invité
      • #87228 Répondre
        Cornemuse
        Invité

        J’ai trouvé l’échange vraiment éclairant

        • #87233 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui j’ai souvenir de ça aussi
          Mais l’essentiel n’est pas encore dit.

          • #87336 Répondre
            Cornemuse
            Invité

            Qu’est-ce que paraît être l’essentiel du roman, pour vous ?

            • #87337 Répondre
              Cornemuse
              Invité

              L’essentiel a dire sur le roman*

        • #87345 Répondre
          Charles
          Invité

          Effectivement c’est ce que j’ai lu/entendu de plus intéressant sur le roman, même s’il faut pour ça supporter Weitzman et son débit heurté..

          • #87348 Répondre
            Cornemuse
            Invité

            Cela peut faire partie du charme aussi, il a le ton d’un prof d’une fac un peu uppé, ça rend nostalgique

            • #87350 Répondre
              Charles
              Invité

              Quand on connaît le passif du bonhomme, ex-Inrocks passé du côté de la droite réactionnaire, c’est moins charmant.

              • #87351 Répondre
                Cornemuse
                Invité

                Effectivement.
                C’est loin d’être une exception dans le genre, des comme ça tu en trouve à la pelle
                sur france culture, à part évidemment finkiel, il me semble que le courant majoritaire n’est pas réactionnaire de droite, plutôt libéral ou réactionnaire de gauche, anciens adhérent du ps ect

                • #87352 Répondre
                  Cornemuse
                  Invité

                  Macroniste en somme,
                  même si plus pour très longtemps, la fin guette ; tout ce beau monde finira, ou est déjà chez Glucksmann.

                  • #87353 Répondre
                    Cornemuse
                    Invité

                    Et d’une certaine manière on en revient au livre de bellanger

                    • #87355 Répondre
                      Samia
                      Invité

                      Je ne comprends pas bien où vous voulez en venir…
                      Bellanger serait un repenti, un converti ? Est-il le seul, le premier, sur la planète ? Si on ne les désirent pas, qu’en fait-on ? On les noie ?

                      • #87357 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        L’échange portait sur l’émission de France Culture qui traitait de son livre, dont le sujet, justement, concerne en partie ces intellectuels la de ce milieu-là. Votre message me paraît plutôt être une réaction de colère dont la source semble être ailleurs que ma remarque initiale. Une accumulation ? Commentaire étrange.

                      • #87358 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        (Pour répondre a samia)

                      • #87361 Répondre
                        Samia
                        Invité

                        Non plutôt ironique, voire sarcastique. Ne vous inquiétez pas tout va bien. Bellanger n’est pas un proche et je n’ai que peu d’intérêt pour lui. Je pointe juste des façons de penser contradictoires quand il s’agit de soi ou des autres autres.

                      • #87363 Répondre
                        Samia
                        Invité

                        « Commentaire étrange. » jugement de valeur soudainement. Non cela n’est pas un brin étrange il ne va dans votre sens. C’est mon sens de l’hospitalité qui parle.

                      • #87365 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Samia, avec tout le respect, vous ne connaissez pas « mon sens », vous pensez/intuitez que j’ai de la sympathie littéraire et/ou politique pour bellanger, ce qui n’est pas le cas, absolument pas, abstenez vous parfois, vous risquez de dire des énormités

                      • #87366 Répondre
                        Samia
                        Invité

                        Je crois sincèrement que vous vous méprenez fort. Je n’ai aucunement pensez que vous appréciez Bellanger. Je parle de moi. Uniquement de ce que je ressens. Je ne me permets pas de parler des affects des autres.
                        Il y a méprise, n’en parlons plus, en tout cas moi je m’arrête là, car j’en viens à regretter mes 2 lignes pour appuyer le fait que si on rejette les repentis du macronisme et de la droite dans son ensemble, on risque de se retrouver à 4.

                      • #87368 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Personne n’a évoqué l’idée de rejeter qui que ce soit, cela relève d’une interprétation de votre part. Ne renversons pas le rapport de force : c’est eux qui font le choix de s’orienter politiquement de cette manière, et non nous.

                        D’ailleurs, Bellanger a été accueilli de manière très chaleureuse à gauche, je dirais même christique si j’était moqueur.

                      • #87375 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Outre certain sectaire au grande gueule, la majorité de la gauche seraient ravi d’acueillir les perdants du macronisme, a la fi, on peut en trouver, chez eelv n’en parlons pas…

                      • #87359 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Nous sommes ravis que Bellanger, après 15 ans de littérature droitière, et de mépris absolu pour les questions sociales ou raciales, commence à les considérer. Bienvenue à gauche Aurélien.
                        Reste maintenant à faire des livres de gauche.

                      • #87364 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Sur les livres de gauche et bellanger, c’est très bien expliquer dans l’émission, que le style, la forme de son dernier livre est de droite, balzacien de droite.

                    • #87356 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      TU es en retard d’un train
                      Certains finiront chez Glucksmann sans doute, mais un Weitzman ou d’autres sont beaucoup plus à droite que ça, et trouveront le monsieur beaucoup trop mou sur la laicité l’islam l’antisémitisme etc.
                      ET sans doute aussi pas assez libéral économiquement. Une petite musique monte, parmi la bourgeoisie, comme quoi après tout Milei fait ce qu’il y a à faire.
                      La seule fois que j’ai croisé W, il s’apprêtait à voter Xavier Bertrand, alors pressenti comme candidat de la droite dite républicaine.
                      En retard d’un train, oui. Voire deux.
                      S’accomplit sous nos yeux la grande fusion libérale-fasciste déjà annoncée dans Notre joie (et par d’autres que moi, précisé-je).

                      • #87362 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Je n’en doute pas, oui, concernant la bourgeoisie dans sa globalité. N’oublions pas, pour recentrer, que je parlais du petit écosystème de France Culture, et seulement de lui, une radio où l’on peut écouter des émissions anti-Milei. Quant à W, il me semble être à la marge, comme Finkielkraut, dans cette institution-radio précisément.
                        (Pourquoi cet appui sur le  »tu » ?)

                      • #87367 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Erreur de frappe, le TU
                        Pour info le personnel dirigeant de radio-France est globalement néo-conservateur. Ceci depuis que Philippe Val en a donné le la.
                        Restent bien sur quelques émissions où opère une gauche mollement soc-démocrate. Faut quand même pas trop rebuter l’auditeur historique de la chaine, c’est à dire moi.

                      • #87388 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        D’accord, mettons de côté les émissions et ses présentateurs/intervenants, et regardons du côté de la direction de France Culture. Prenons cas par cas :

                        Emelie de Jong, la directrice de FC, plutôt lisse, européiste-atlantiste, avant chez Arte, libérale mais me semble pas particulièrement conservatrice.

                        Alors certes, elle a été nommée par la PDG/présidente de Radio France pour remplacer Sandrine Treiner.

                        Treiner, elle, virée car trop autoritaire, voire dictatoriale dans sa direction de la radio, mais aucune idée de son positionnement politique.

                        Clotilde Dumetz, directrice de la rédaction de France Culture, plutôt de gauche.

                        Ça, c’est pour ce qui est de la direction de France Culture. Sinon, Radio France, il est vrai que la présidente Sibyle Veil était sarkozyste puis macroniste.

                        Et aussi, la directrice de France Inter, Adèle Van Reeth, en couple avec Enthoven, qui a viré Guillaume Maurice et supprimé plusieurs émissions trop à gauche, par exemple « C’est encore nous », semble sur la ligne du printemps républicain.

                        Je connais pas les autres membres du comité de direction.

                        La direction de Radio France est composée de néo-conservateurs, mais celle de France Culture est sur une autre ligne, même si, évidemment, c’est la PDG de Radio France qui nomme la directrice de FC.

                      • #87391 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        C’est marrant que tu te proposes de regarder précisément un réel sur lequel tu n’as visiblement aucune vue précise.
                        Ainsi ton « Amelie de Jong, la directrice de FC, plutôt lisse, européiste-atlantiste, avant chez Arte, libérale mais me semble pas particulièrement conservatrice. »
                        Eh bien elle te semble pas, et moi elle me semble.
                        Ainsi ta conclusion  » mais celle de France Culture est sur une autre ligne » est purement arbitraire et non documentée.
                        Mais c’est comme tu veux. Si ça te chante, tu peux continuer à croire que France cul, dont l’émission la plus écoutée, la Matinale, est confiée depuis mille ans à un printemps républicain, est de gauche.

                      • #87393 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        De gauche non, pas du tout, pas mon propos,
                        tu parlait de libéral-fasciste pour décrire l’avenir de la bourgeoisie, et de néo-conservateur pour la direction de radio france.
                        Moi au début de la conversation je répondait a charles en disant que la ligne de france culture n’était pas d’une droite réactionnaire mais libéral, voir des anciens d’une gauche réactionnaire.
                        Ce que je voulais dire, mon propos donc, dans ce message c’était que la direction france culture était moins réactionnaire que celle de radio france, vous n’etez pas d’accord, sans doute vous savez mieux que moi, n’ayant effectivement aucune vue, ni aucun lien avec cette radio de près ou de lien, ni avec son monde, autre que l’écouté, mais cette phrase est fausse « tu peux continuer à croire que France cul, dont l’émission la plus écoutée, la Matinale, est confiée depuis mille ans à un printemps républicain, est de gauche. » Je n’ai pas dis que FC était de gauche.

                      • #87394 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        (Toute mes excuses pour l’alternance du tu et vous, message écrit rapidement)

                      • #87395 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        J’ai quand même conclu « tout ce beau monde finira chez glucksman » en parlant de france culture

                      • #87407 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        et je te redis que tu as deux trains de retard
                        on continue comme ça longtemps?

                      • #87414 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Pas la peine, je reposte malgré tout, ici ma question initiale, pour reparler du sujet central:
                        Qu’est-ce qui paraît être l’essentiel a dire sur le roman [de bellanger], pour vous ?
                        Question perdu dans le flot de messages, ou volontairement ignoré

                      • #87416 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Question qui répondait à: « Mais l’essentiel n’est pas encore dit. » Sur l’émission de FC, qu’est ce qu’ils ont loupé/pas dit sur le roman pendant l’échange ?

                      • #87430 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        L’essentiel est que, comme tous ses romans précédents, sa forme est strictement idéaliste
                        Des purs esprits y flottent.
                        Ainsi sa critique des agents du Printemps républicain emprunte intégralement à leur mode : la politique vue comme pur affrontement d’idées.
                        Pour complément, je renvoie à nouveau à la GO sur son livre sur W.Benjamin.

                      • #87431 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Une des deux intervenantes le dit dans l’échange.

                      • #87434 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        ah oui?
                        elle le dit comme ça?

                      • #87504 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Judith Lyon-Caen : Et par ailleurs, sa lecture de Balzac, c’est une lecture assez située et qu’on peut identifier comme une forme de lecture de droite. Enfin, il y a plusieurs lectures de droite de Balzac, mais c’est la lecture conspirative, c’est-à-dire, cette idée qu’il y a dans l’histoire des Treize ou dans Vautrin, que le monde social et le monde politique sont gouvernés par des petits groupes d’hommes dans l’ombre qui font jouer simplement le jeu de leurs ambitions et éventuellement de leurs passions ou de leurs délires, et que le monde contemporain est fait de ça. Sauf qu’en fait, la lecture de gauche de Balzac, enfin la lecture marxiste par exemple, elle va plutôt insister sur le fait que ces hommes ne sont que des produits de forces sociales dont la destinée permet d’explorer en profondeur. Donc c’est assez curieux que ce romancier qui se revendique d’une renaissance à la gauche, on va en parler, s’appuie sur une vision du roman réaliste qui est en fait une vision un peu, disons, le réalisme cynique, qui est la lecture plutôt, une des lectures de droite de Balzac.

                        Weitzmann : Où on ne voit pas de mouvements sociaux dans le livre de Bellanger.

                        Judith Lyon-Caen : Il n’y a pas de monde social, le monde social apparaît à la fin sous la forme du cortège des gilets jaunes, mais alors les gilets jaunes, on va en reparler aussi, j’imagine, sont leurs gilets, c’est transformé en chasuble et on est dans une forme d’épiphanie religieuse, donc ce n’est pas une description sociale.
                        […]
                        Weitzmann : On a l’impression que Bellanger n’est pas du tout dans le camp qu’il croit être.

                        Clémentine Fauré-Bellaïche : C’est absolument ça, il est tout le temps en train d’assimiler le mouvement du 9 décembre à Maurras, il dit que le cercle de la raison c’est son action française, c’est la gauche cathédrale, etc., et en fait il ne se rend pas compte qu’en adoptant la forme du roman à thèse, il est en train de se miner lui-même, et d’écrire comme exactement comme ceux qu’il croit combattre. Il a cette intuition de la persistance du religieux, de l’importance du religieux, mais pas comme forme, et donc je pense que c’est là qu’il se plante le plus. Et puis surtout, ce qui est très, très ironique, c’est qu’il critique beaucoup le mouvement du 9 décembre, comme un mouvement idéalisme, comme une sorte de culte de l’esprit français, donc quelque chose qui s’abstrait des déterminations matérielles de l’histoire, etc. Mais il le fait dans un roman qui s’abstrait de l’histoire de sa propre forme, ce qui est très contradictoire, sans se rendre compte qu’il s’inscrit dans une filiation justement marquée par la catholicité.
                        […]
                        Donc en fait, il se met à écrire dans la forme d’auteurs qu’il croit condamnés.

                      • #87505 Répondre
                        Cornemuse
                        Invité

                        Mouvement idéaliste* pas idéalisme

                      • #87518 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Merci de me remettre ça en tete
                        On est en effet assez proche de ce que je crois etre le coeur du problème.
                        D’ailleurs on a affaire ici à des littéraires, ça change tout.

    • #87230 Répondre
      ETlexclsuion
      Invité

      Facétie mal placée=facétie ratée

      • #87231 Répondre
        Cornemuse
        Invité

        Tu fait référence a quel plaisanterie ?

    • #87643 Répondre
      Alex
      Invité

      Je me suis procuré hier dans une vente à rabais Sartoris de Faulkner et Les grandes blondes d’Echenoz. On en pense quoi de ces deux romans ?

      • #87653 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Les grandes blondes c’est du Echenoz de bonne facture
        Sartoris c’est du Faulkner qui n’est pas encore tout à fait Faulkner.

        • #87681 Répondre
          Alex
          Invité

          Oui j’ai vu que Sartoris était publié quelques années avant les grands romans (Le bruit et la fureur, Lumière d’août…) Hâte de me faire mon avis, mais je vais lire Echenoz d’abord.

    • #87726 Répondre
      Charles
      Invité

      Bristol en tête des ventes selon le classement Datalib publié par Libé, ça fait plaisir. Je ne savais pas que les livres d’Echenoz se vendaient aussi bien.

      • #87749 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        eh oui, un rare exemple de littérature pure qui se vend, c’est le miracle Echenoz
        Carrere réussit ça aussi, sauf qu’il n’est pas un styliste, et accroche d’abord par le contenu
        Echenoz captive avec des livres sur rien, c’est à noter

        • #87756 Répondre
          Charles
          Invité

          C’est le cas depuis longtemps ?

    • #88300 Répondre
      Ostros
      Invité

      Par ce post je relance la demande de Charles laissée sans réponse.
      Et j’interroge la communauté de sitistes au sujet de la GO sur Bristol (pas tout à fait fini de le lire) :
      François et l’HQNPDP traitent-ils des nombreuses adresses au lecteur (qui sont parfois des adresses en l’air, semblant même parfois dites à soi-même, sans que ce soit bien clair, comme des pretextes à s’amuser avec le récit).
      Je sais que François n’aime pas les adresses au lecteur, habituellement.
      Avez-vous un exemple dans un livre récent d’adresse au lecteur qui rend mal. Et comment expliquer la différence entre des adresses au lecteur qui font sortir du récit dès qu’on tombe dessus et ce que fait Echenoz dans ses multiples façons de raconter ?
      Dans Ann d’Angleterre, il y a une adresse au lecteur, vers la fin et elle m’a questionné. Je me suis demandé pourquoi Julia Deck, qui n’est pas coutumière du fait durant tout le livre, se l’était permise ici. Et ce qu’elle apportait de plus.
      Je n’ai pas trouvé, si vous avez des pistes..

      • #88323 Répondre
        Claire N
        Invité

        Bonjour Ostros
        – « François et l’HQNPDP traitent-ils des nombreuses adresses au lecteur » oui d’une manière singulière que je te laisse découvrir
        – des adresses qui rendent mal je n’ai pas de souvenir sous la main, mais j’avoue que celle de Echenoz m’ont «  sauté aux yeux et pour le coup on crée un souvenir durable – je ne sais pas si c’est une piste que leur caractère prégnant, droit dans les yeux et assume ?
        – je n’ai pas lu Ann d’Angleterre, te sera t’il possible de retranscrire le passage ?

        • #88331 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne vois pas beaucoup d’adresses au lecteur dans Bristol. En tout cas nous n’en parlons pas.
          Il y a une certaine économie de l’adresse que j’aime : rare, furtive, incongrue. Je la pratique dans mes essais récents.

          • #88337 Répondre
            Claire N
            Invité

            Ah oui du coup j’avais pas compris
            Moi je croyais que l’adresse au lecteur
            C’était dés qu’on avait par exemple une phrase qui commençait par «  on « 

            • #88345 Répondre
              Ostros
              Invité

              Merci pour ta réponse.
              Je me rends compte que comme Claire je dois confondre adresse au lecteur et donc cet autre procédé – comment l’appelle-t-on ?
              Du coup, pas retrouvé ce matin la phrase qui prend à partie le lecteur dans Ann d’Angleterre.. vais re chercher ce soir.

            • #88347 Répondre
              Nola
              Invité

              Ce que j’ai compris, c’est que ce n’est pas une adresse au lecteur, mais plutôt une fusion entre narrateur/perso et lecteur notamment dans un passage page 204 qui est commenté dans la GO.

              • #88353 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Fun fact 1 – Google Scholar recense plus de 6000 études, papiers, thèses, mémoires sur Échenoz, belle perf’
                https://scholar.google.fr/scholar?hl=fr&q=echenoz

              • #88357 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Fun fact 2 – Est-ce qu’on serait pas en train de parler de métalepses, selon la définition archiconnue de Genette (1972) : « toute intrusion du narrateur ou du narrataire extradiégétique dans l’univers diégétique (ou de personnages
                diégétiques dans un univers métadiégétique, etc.), ou inversement  »
                Le couple narrateur-lecteur dans ‘Je m’en vais’ de Jean Echenoz (Chapitre 4)

                • #88359 Répondre
                  Nola
                  Invité

                  Je n’ai pas encore lu Je m’en vais. Juste Bristol pour l’instant. Merci pour tes fun facts , Dr Xavier.

                  • #88363 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Bien vu Docteur, je crois qu’il y a effectivement confusion entre adresse et intervention
                    De fait la GO a beaucoup glosé sur les interventions du narrateur.

                    • #88373 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Merci Dr. (Et Nola)
                      Me voilà à présent au pied d’une montagne nommée métalepse, que je m’en vais arpenter, ausculter. Que j’espère comprendre (avec l’aide de la GO amie) et ne plus confondre avec l’autre. Ça m’inquiète quand même de m’être fourvoyée.

                      • #88392 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui Merci ! J’ai quand même du faire un schéma ceci dit
                        Pour l’adresse j’ai trouvé un exemple
                        Je crois
                        « Lion! J’étais pensif, ô bête prisonnière,
                        Devant la majesté de ta grave crinière »Hugo
                        Et c’est vrai que c’est un peu to mutch
                        Pour une première lecture – on se connaît pas tout de même

          • #88358 Répondre
            Tchitchikov
            Invité

            Oui ce type d’adresse que tu évoques traverse les romans de Gogol et de Boulgakov. D’ailleurs tu parles de ce dernier dans CUM mais pour préciser ce qu’est un acte improductif ou gratuit. Ça m’intéresserait de savoir ce que t’a fait Le Maître et Marguerite, que tu dis avoir oublié. Aussi, dis-tu, le lecteur oublieux ne fait pas le main devant le non-lecteur. Peut-être te reste-t-il une sensation par contre ?

            • #88361 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              malin*

              • #88362 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                La sensation d’un livre qui se gache par accumulation, par surcharge.
                Un livre qui a fini par me perdre, mais d’une perte que je n’aime pas
                Voilà la sensation.
                Les pages que j’en retiens sont celles, étranges et précises, sur Pilate.

                • #88366 Répondre
                  Tchitchikov
                  Invité

                  Grazie. Ouais, je crois qu’Ameur-Zaïmeche a fait son film Histoires de Juda à partir de ces pages.

                • #88495 Répondre
                  perové
                  Invité

                  François, quelque chose me saute aux yeux…

                  Comment peux-tu trouver de l’accumulation dans les pages drolatiques du Moscou hanté par le diable et ses sbires ? Et ne pas être dérangé par la Partie 4 de Bolano dans 2666 et ses crimes identiques et répétés??

                  N’y vois pas une attaque, je me demande sincèrement,

                  • #88496 Répondre
                    K. comme mon Code
                    Invité

                    La Partie n’est pas uniquement composée d’une succession de crimes. Il se passe dénaturés choses. Et les crimes ne sont pas identiques — ou plutôt : le mode opératoire semble similaire mais chacun est particulier. Chaque vie. Et si on prend le livre dans sa généralité : il y a cinq parties. Toutes différentes.

                    • #88508 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      La contradiction que tu pointes m’est en l’état tout à fait possible, eu égard au fait que je n’ai pas lu 2666

                      • #88516 Répondre
                        Tchitchikov
                        Invité

                        Ouais j’aimerais moi aussi que tu précises ce que tu entends par « accumulation » ici, si t’en as le temps l’envie etc. Et si tu toi-même tu le sais !

                      • #88517 Répondre
                        Tchitchikov
                        Invité

                        Par « surcharge » tu pointerais un inachèvement dans la forme ? Boulgakov aurait voulu mêler trop de thèmes dans une forme trop unifiée voire purifiée ?

                      • #88521 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Les emballements fantastico-ésotériques du Maitre et Marguerite se ressemblent tous. C’est en cela que je les trouve répétitifs
                        Par ailleurs c’est bien dommage parce que cette prose est bonne quand elle se tient.

                      • #88586 Répondre
                        perové
                        Invité

                        tu as un exemple d’un bouquin où ce genre de prose se tient ?

                      • #88589 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Cent ans de solitude?

    • #88546 Répondre
      Charles
      Invité

      Ca vaut le coup Koltès? Je suis allé voir les Idoles d’Honoré au théâtre qui le met en scène au milieu d’autres grandes figures pédés mortes du sida (Lagarce, Guibert, Daney, Demy et Collard), pièce sur laquelle il y aurait beaucoup à dire, et je n’ai jamais lu ni vu ses pièces. Je précise que je ne suis pas un grand fan de Lagarce mais peut-être que ça n’a rien à voir.

      • #88551 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Si j’étais méchant je dirais que Lagarce est le Koltès du pauvre
        Mais la comparaison est en fait indue. Koltès à une amplitude de jeu tellement plus large que Lagarce, qui aura écrit 5 fois la même pièce.

        • #88561 Répondre
          Charles
          Invité

          Tu en recommanderais une en particulier ?

          • #88567 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Tout est bien, mais paradoxalement c’est sa pièce la plus « classique » que je préfère : Combat de nègres et de chiens.

            • #88568 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              La nuit juste avant les forêts, « monologue » qui a beaucoup de souffle.

              • #88569 Répondre
                Charles
                Invité

                Merci à tous les deux.

    • #89258 Répondre
      Kirilov
      Invité

      Pas tout à fait de la littérature, mais je voulais savoir si certains d’entre vous avaient lus L’Ordinaire de la littérature de Florent Coste chez La Fabrique sorti en 2024.
      Il me fait de l’oeil depuis sa sortie et j’ai enfin trouvé le temps de le lire, je n’en suis qu’au début mais je le trouve très intéressant, ayant toujours été un grand adepte de la théorie littéraire. Pour l’hypokhâgneux que j’ai été, la critique d’A. Compagnon et de son « démon de l’athéorie » (formule de Coste) est exquise : faire de Compagnon l’avatar d’un « libéralisme métathéorique / autoritaire » me plait terriblement (le refus de s’engager, la « neutralité » qui n’est que la radicalité la plus forte et dangereuse, voire fasciste).
      Je crois que Coste, pour résumer grossièrement ce qu’il dit en introduction, cherche à renouer avec une théorie littéraire en acte, qui soit à la fois instance de vigilance (ne pas se laisser berner par ce que la littérature dit de ce qu’elle fait, voir les interstices du texte), instance d’explication, instance de renégociation (d’un certain partage du sensible) et d’exploration/élargissement du spectre sensible : c’est une démarche qui me semble très proche de celle de François dans CUM ; et à côté de ça il mêle des analyses sur les modalités de production de la théorie littéraire dans le nouvel ordre néolibéral-conservateur d’ajd en France notamment, tout ça me semble assez complet et révélateur de certaines choses dans le champ universitaire.

      Je n’en suis qu’au début mais ça me semble déjà très riche, si quelqu’un a des retours à faire je suis preneur.

    • #89337 Répondre
      Ostros
      Invité

      De l’aide svp, page 115 de Bristol :
      « Il prend sa douche, voilà trois semaines aussi que le mitigeur est défectueux, tout comme le lave-linge est en panne, le plombier devait passer mardi mais tu connais les plombiers. »
      Ce « tu » = adresse au lecteur, ou intervention du narrateur qui se parle à lui-même ?

      • #89338 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        Je n’ai pas le contexte, mais je dirai : ça peut être la narration qui reprend l’idiome (tu connais bien…) sans forcément s’adresser à quelqu’un de précis.

        • #89367 Répondre
          Arnaud
          Invité

          Je dirais adresse au lecteur ici mais qui viendrait plutôt de l’emploi du présent pour quelque chose connu de tous que du pronom lui même. On aurait d’ailleurs plutôt attendu un « on » (on connait bien + lieu commun). Ce qui est amusant c’est l’arbitraire du lieu commun, la phrase fonctionne avec toutes les professions.
          Pour les emplois des pronoms « tu » et « vous » dans les descriptions, l’auteur parle de changement de caméra en filmant la même scène.

          • #89377 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Précisément : dans la mesure où ce tu est remplacable par un on ou vous, il n’est pas une adresse.
            C’est une sorte de tu générique-indéfini. Celui que nous analysons dans la GO (long passage de decription de l’arrivée à l’aéroport du Botswana)
            Il est à rapprocher d’une expression comme : « j’te jure » (où le je ne jure pas, et auprès de personne en particulier)

            • #89459 Répondre
              Ostros
              Invité

              Merci !
              C’est plus clair.

    • #92104 Répondre
      Ostros
      Invité

      Up

    • #94285 Répondre
      Delphine
      Invité

      J’ai récemment lu « Notre joie », que j’ai trouvé très intéressant, notamment l’honnêteté de la fin, par exemple l’égoïsme présenté comme « un altruisme appliqué à soi-même ». L’ayant lu après « Boniments » et « Comme une mule », je trouve qu’il y a pas mal de similitudes, ou de ponts, entre les trois. L’opposition capitalisme / prolétariat rejoint « Boniments » mais, dans « Notre joie », la condition prolétaire est peut-être un peu plus développée. Le thème de la justice morale réapparaît dans « Comme une mule ». Quant à l’interaction qu’il y a pu y avoir entre François et M, même si leur discussion ressemble à un dialogue de sourds (tous deux parlent la langue française, mais les mots de l’un sont étrangers à l’autre), on sent une certaine sympathie, au-delà des divergences politiques, sympathie peut-être liée à la différence d’âge. Il me semble avoir entendu François dire que M n’avait pas souhaité lire le livre et y réagir. C’est dommage, mais je me dis que cette indifférence est peut-être due au fait que « l’exercice littéraire » ne l’intéressait pas, que cela ne reflétait pas forcément la disparition de sa sympathie envers François.

      • #94504 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je crois que sa « sympathie » pour moi en a pris un gros coup.
        Sur le livre, qu’il a survolé, il n’a fait que des remarques ineptes, genre « la dystopie c’est bien, t’as tort, d’ailleurs Orwell c’est bien « . Ou encore : t’as même pas parlé du Covid, alors qu’on nous a manipulés.
        Je lui avais proposé, six mois avant la sortie du livre, de le lire en PDF et d’écrire une postface. Il n’a même pas répondu à cette suggestion.
        Par la suite il a aussi nié, ici ou là, avoir dit ce que je lui fais dire
        Dieu tranchera.
        (mais il est vrai qu’en général il dit bien pire que ce que je lui fais dire)
        Il faut voir que M c’était quelqu’un qui pouvait dire « Simone Weil, mon idole » sans en avoir lu une ligne. Sur la base de quoi, alors, son idolatrie ? Du mot « enracinement », vu de loin et interprété à la hache, et de la récupération de Simone par les antisémites, excités par ses pages contre le Nouveau testament, et par sa presque conversion au christianisme – une prise de guerre, en somme.

    • #94502 Répondre
      Kirilov
      Invité

      j’ai récemment mis la main sur ma haie d’hocquard, sorte de fouillis hocquardien où se mêlent un peu de tout : textes, interventions, lettres.
      livre à ouvrir au hasard, beaucoup plus que Un privé à Tanger, pour tomber sur des fragments textuels – un peu comme ces bouts de disséminés dans CUM
      texte d’une grande beauté de la part d’un grand formaliste contemporain
      je ne peux que vous conseiller de le lire si vous avez l’occasion (et la chance de le trouver)

    • #94690 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Tiens, j’étais en train de penser que Pierre Michon aura finalement passé plus de temps à parler d’écriture qu’à écriture — mais il publie enfin un nouveau bouquin. Encore sur la libido.

      https://www.gallimard.fr/catalogue/j-ecris-l-iliade/9782070128075

      • #94691 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        *qu’à écrire

        • #94693 Répondre
          Charles
          Invité

          272 pages, un pavé pour lui.

          • #94712 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Le fameux gros livre annoncé depuis quinze ans.

            • #95889 Répondre
              K. comme mon Code
              Invité

              Eh bien non ce n’est pas celui-ci : par instinct je suis directement parti lire la dernière partie du livre qui commence ainsi :

              « Il n’y a pas dix ans, dans le mois maudit d’octobre, je reçus coup sur coup deux claques.
              Ma maîtresse adultère m’envoya voir ailleurs.
              Mon fidèle éditeur Albert eut le front de me refuser un manuscrit. Une petite maison d’édition certes, mais la mienne avec constance.
              J’avais essayé de placer à Albert un « roman d’amour » longuement ruminé et tergiversé ; il était à peine passable et je le savais. Je lui avais déjà fait avaler des croûtes ; nul ne s’en était avisé ; ayant pris la voie de m’encenser, la critique n’en avait pas dévié et avait porté mes croûtes aux nues, comme elle avait fait mes chefs-d’œuvre. On m’admirait par pure convention, un ronron, comme mes compères tortillards au long cours, Sollers ou Modiano.
              Cette fois Albert avait dit non. Nous rompimes cinquante ans d’amitié par téléphone. La rupture avec l’Adultère fut téléphonique aussi : j’étais aux Cards, eux à Paris. »

              • #96034 Répondre
                Charles
                Invité

                Faerber, que je trouve en général assez bidon comme critique littéraire, avait commenté ce livre en disant que c’était une sorte de doigt d’honneur aux michoniens, que Michon essayait de les énerver et de se dépatouiller avec la figure de grand écrivain qu’il lui collait à la peau. J’avais trouvé ça sur le moment et sans avoir lu livre aussi forcé et à côté de la plaque que ses analyses habituelles mais peut-être qu’il avait raison ce con.

                • #96072 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Faerber, ce nul, (le Thoret de la critique littéraire) a cette obsession de la figure du grand écrivain comme roman national (encore trois trains de retard, à l’heure où le grand-écrivain est Annie Ernaux voire Panayotis Pascot) et donc plaque ce truc partout. Mais les lignes que reporte K tendent effectivement à accréditer cette idée que Michon écrit là contre la michonolâtrie.
                  De fait, il y a toujours eu quelque chose comme une surestimation de Michon. Et Michon le sait. Michon sait qu’il n’a pas écrit Le bruit et la fureur.

                  • #96085 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    C’est ça que je ne comprends pas trop, comment Michon est devenu un grand écrivain ? Il a effectivement peu écrit, ou alors des petits livres ici et là. Mais bon, entre Vies minuscules et les Onze, une étude sur Rimbaud…ça fait peu.

                    • #96086 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      Il y avait une place à prendre, dans cette béance que furent les années 80 – béance entre une époque liquidée et celle qui germait. Je crois aussi qu’il y a eu une opération marketing très savante de Gallimard pour le promouvoir comme tel
                      Il avait le profil : il brassait de l’éternel, de l’intemporel, de l’historique, il parlait de grandes figures et de grands hommes (y compris pour les remettre sur terre) et dans une langue classique-moderne adéquate à ce sceptre aussi.

                    • #96129 Répondre
                      netflou
                      Invité

                      Tu peux lire Le Roi du bois. Sans doute son meilleur texte. Il est tout entier construit sur un geste radical : deux courts chapitres chatoyants de matières et de sensations, une ellipse monstrueuse et un épilogue amer. 56 pages. Le texte absent — le trou — est plus important que l’existant, du moins rehausse son importance. Il y a de très belles choses dans Corps du roi, particulièrement ce fragment autobiographique, plein d’autodérision, traitant de son rapport à Booz endormie.

                      Sur la michonolâtrie, soulignons que Michon ne l’a jamais alimentée. Il a rapidement affiché une distance vis-à-vis du lyrisme tapageur des Vies minuscules (que j’aime malgré tout), pointé les faiblesses de Rimbaud le fils, qualifié Le Roi du bois de « vaine tocade sur la peinture »… Tout ça dans le verbe confus caractéristique qui le traverse lors des rares entretiens qu’il consent à donner.

                      La michonolâtrie est bien plutôt le fait de cette cohorte d’écrivains sortie du Massif central dans le sillon du maître : Millet, Jourde, Marie-Hélène Lafon, et la très jeune et très surcotée Céline Coulon. Pas un entretien sans qu’il sorte l’encensoir.

                      • #96130 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Merci pour les recommandations.
                        J’ai découvert Michon sur le tard, enfin récemment, avec les Vies minuscules qui m’a évidemment ébloui. J’ai cherché d’autres livres à lire de lui et j’ai vu qu’il avait peu écrit ou de très courts textes. J’ai lu les Onze que j’ai peiné à terminer mais qui m’a quand même plu. J’ai enfin lu les Deux Beune, dont je n’ai pas gardé beaucoup de souvenirs, et me suis dit que j’avais fait le tour.

                      • #96132 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Michon n’a pas entièrement souscrit à l’opération marketing de Gallimard, entretenant des rapports ambivalents avec les légendes d’écrivains : il n’empêche que ça le fascine, la figure de l’écrivain, davantage que l’écriture — il aura été davantage écrivain qu’écrivant. Il a fabriqué sa petite légende dépréciative depuis le début — toujours une légende. Le monde éditorial raffole des légendes, Michon était bon client : à force d’accompagner ses textes de grands noms, il s’insère dans leurs lignées. Corps du roi se termine sur un texte autobiographique (très bon, d’ailleurs) : le livre s’appelle Corps du roi. Il n’y a donc rien de radicalement nouveau dans ce que j’ai lu de J’écris l’Iliade (le premier et dernier morceau), il change seulement les coordonnées de la légende. Il la réécrit. Il reste la légende. Il n’empêche que je le sens délesté. J’aime Michon. Mais les Onze, c’était nul. Et sa consécration gênante à ce moment a dû le troubler — je suis sûr qu’il sait que ce texte est bidon. Je n’ai pas lu le deuxième chapitre de la Grande Beune : je n’aurais probablement pas lu non plus si j’aimais la Grande Beune. L’opération éditoriale est ridicule. Là, je suis plutôt content. Même si je commence à comprendre que c’était toute l’œuvre dont il était capable.


                        Quelqu’un a fait la rapide historiographie de la renommée de Michon :

                        https://hal.science/hal-02521424/document

                      • #96133 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        (L’auteur de ce texte est visiblement amoureux de l’idée du grand écrivain, il n’empêche qu’il liste bien comment ça se fabrique.)

                      • #96135 Répondre
                        netflou
                        Invité

                        C’est le propos central du Corps du Roi : l’écrivain travaille autant à sa légende qu’à son œuvre. Flaubert et son masque de bois, ou le bluff du moine-littérateur. Il n’échappe pas à la loi qu’il énonce.
                        C’est déjà à l’œuvre dans Vies minuscules : le semi-clochard de quarante ans, incapable d’écrire une ligne, dispose dans son texte, en miroir, la figure Rimbaud, pour mieux augmenter l’éclat de son texte final.
                        J’appuie : Les Onzes c’est vraiment tout nul.

                      • #96136 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        La question étant : quel intérêt a-t-il à énoncer cette loi ? Quand je lis les parties de Corps du roi, je sens qu’il ne fait que s’identifier à ce qu’il voit de lui. Ce qu’il fabrique. Et quand la légende frise la supercherie, il y a une tension dont il n’est pas dupe.

                      • #96210 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « La michonolâtrie est bien plutôt le fait de cette cohorte d’écrivains sortie du Massif central dans le sillon du maître : Millet, Jourde, Marie-Hélène Lafon, et la très jeune et très surcotée Céline Coulon. Pas un entretien sans qu’il sorte l’encensoir. »
                        Elément essentiel dans l’affaire.
                        Et tout à fait d’accord sur Coulon, qui n’est plus si très jeune, mais qui est toujours aussi surcotée.

                      • #96218 Répondre
                        netflou
                        Invité

                        « qu’ils sortent »

                      • #96219 Répondre
                        netflou
                        Invité

                        Tu as raison pour Coulon : la carte de la précocité commence a être usé. Mais elle aura été joué à fond. Elle aura été notre Minou Drouet peroxydée un peu punkette .

                      • #96231 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Tout à fait
                        Punkette des campagnes
                        Et c’est vrai qu’à un moment le tropisme rural a beaucoup compté dans la littérature française. On pourrait ajouter Bergougnioux – qui est d’une autre trempe que la moyenne Lafon et le boursouflé Millet (qui est désormais assidu chez Praud, où il est moins fasciste que pathétique)
                        Ca pourrait s’expliquer sociologiquement. J’ai découvert Michon-Bergou en 1995, via la documentaliste du lycée où j’étais stagiaire. Elle avait 45 ans, faisait partie de cette génération (presque celle de mes parents) qui, grandie à la campagne, s’est émancipée vers la ville et a accédé à la petite bourgeoisie intellectuelle (profs). Ceux là, légion, ont constitué une masse lectorale énorme pour ces auteurs qui leur resservaient, avec talent et moins, le fumet de leur campagne perdue. Oui à ce moment la littérature française s’est faite le chantre d’un monde qui disparaissait (Pays perdu est un roman de Jourde). Je pense que nous en sommes sortis (puisque la masse lectorale d’aujourd’hui n’a jamais connu le rural).

                      • #96264 Répondre
                        netflou
                        Invité

                        Tu tapes très juste.
                        La personne qui m’a mis Vies minuscules entre les mains était aussi documentaliste dans une petite ville du Massif central. D’origine paysanne, la soixantaine en 2005, l’ascension sociale par le succès scolaire, bref, un pur produit des Trente Glorieuses.
                        Je me souviens d’une sorte de foire aux livres dans ces coins paumés à la fin des années 2010. C’était plein de sexagénaires vendant le même récit sous-michonien – publié à compte d’auteur – où l’on déplorait le fournil à jamais éteint de l’oncle Abel et célébrait l’austère rigueur de la communale qui transformait le paysan le plus arriéré en fin lettré.
                        L’élégie tournait à la pleurnicherie réactionnaire.
                        Là où la Miche et Bergougou ont donné forme aux derniers éclats de ce monde (ce que faisait déjà Giono), puis sont passés à autre chose, Jourde et Millet ont mué ça en option politique, révélant par là le tropisme conservateur qui les travaillait depuis le début.
                        Notons aussi que Jourde a réussi à devenir le personnage d’un de ses romans (Festin secret) : vieux prof aigri, islamophobe, arc-bouté sur de vieux mythes républicains.

                      • #96217 Répondre
                        netflou
                        Invité

                        Je ne suis pas sûr de bien comprendre : « Et quand la légende frise la supercherie, il y a une tension dont il n’est pas dupe.  » . Pour Michon, la condition première de l’écriture, c’est de jouer à l’écrivain, comme enfant, on poussait nos petites voitures en faisant vvvvrrrrr. C’est déjà-là dans Vies minuscules :
                        « La Grâce ne saurait assurément résister à un si bon vouloir ; je la préparais avec tant de macération (n’étais-je pas pauvre, méprisable, détruisant ma santé en excitant de tous ordres ?), tant de prières (ne lisais-je pas tout ce qui peut se lire), tant de postures (n’avais-je pas l’air d’un écrivain, son imperceptible uniforme ?), tant d’imitation picaresque de la vie Des Grands Auteurs, qu’elle pourrait tarder à venir. Elle ne vint pas. »

                        La prétention à la littérature repose sur cette supercherie. Cette supercherie est le rite performatif qui donne au quidam, en l’occurrence un pas-grand-chose-du-fond-de-la-Creuse, l’orgueil nécessaire pour jeter toute sa force dans quelque chose d’aussi puissamment vain : vouloir faire comme Faulkner. Michon réclame notre miséricorde pour ce genre très rare de Sagouin.

                      • #96232 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Michon est peut-être, non pas le dernier grand écrivain, mais le dernier à avoir tant psychoté sur la présomption qu’il y a à entrer dans le temple après les grands écrivains.
                        Ce psychotage aussi est révolu.
                        Personne ne se situe par rapport aux grandzécrivains, qui sont très très peu pratiqués.

                      • #96250 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Ce que je veux dire, c’est qu’il dit souvent avoir désiré être écrivain avant d’avoir désiré l’écriture. Il n’y a rien de désobligeant à avoir une légende qui permet de tenir dedans ; aujourd’hui, on parlerait plutôt de « personnage » ; les livres, ça fait longtemps qu’on s’en fout, les valeurs fluctuent : un personnage, c’est plus solide. Le monde s’est conformé à la légende désirée par Michon, et même s’il s’est toujours su fabricant, il a fait l’expérience du vide de la posture — c’est là où ça devient une supercherie (péjoratif), d’autant plus qu’il a peu écrit. Mais il a tout de même un peu écrit, aimé écrire. Le désir d’être écrivain s’est émoussé. De cette tension entre légende et supercherie naît ce nouveau livre où il réordonne la légende. Les premiers mots du titre : J’écris.

                      • #96266 Répondre
                        netflou
                        Invité

                        272 pages !
                        Je crains le pire.

                      • #96321 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Le monde s’est conformé à la légende désirée par Michon »
                        Le monde, justement non.
                        N’oublions pas que Michon n’a jamais été tant lu – infiniment moins que Houellebecq, et encore plus infiniment moins lu que des polars scandinaves
                        Le périmètre où cette figure là de grantécrivain pouvait encore prendre s’est progressivement réduit en 30 ans.

                      • #96329 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Et même parmi la critique. Les deux Beune était sorti dans une relative indifférence.

                      • #96330 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        J’ai failli l’ajouter

    • #95098 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a lu Hommages de Julien Perez, sorti en janvier ? J’en ai lu que du bien.

    • #96033 Répondre
      cris
      Invité

      Sans doute vais-je me faire lyncher ici mais j’ai bien aimé le dernier livre de Camille Laurens, ta promesse, d’ailleurs encensé par le très intéressant Marc Joly dans le nouvel obs je crois, belle analyse d’une relation amoureuse à travers les genres mais surtout reconstruction assez spectaculaire – de la perspective de la victime – de la mécanique du monstre – et l’on voit, de la perspective de la victime, et l’on comprend la logique torturée du monstre quasi tué, à terre – et cette ultime compréhension est, comme on sait, encore de l’amour… Meilleur roman lu depuis disons Triste tigre…… Aussi une littérature de compréhension…

      • #96073 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Aucun cri
        Camille Laurens est une écrivaine très honorable
        Envie de lire celui ci.

        • #97504 Répondre
          Oscar
          Invité

          Je pensais vouloir le lire pour de mauvaises raisons et vous m’avez convaincue que peut-être pas. Construction et intrigue précises et serées, j’aime beaucoup les allers retours entre récit et procès. (Lecture en cours)

          • #97540 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je le lirai au printemps, adossé à un arbre en fleur au bord d’une rivière pleine

            • #98452 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Presque un Haïku ou une citation de Frédéric Lenoir

      • #98448 Répondre
        stephanie
        Invité

        Je découvre C. Laurens avec « Philippe », petit livre court pour raconter la courte vie de son fils (né à 13h10 mort à 15h20), une écriture précise, puissante et très émouvante bien sur.
        « Le médecin et l’écrivain font le même métier, ils lisent des signes…pour soigner comme pour écrire il faut avoir un regard aigu, une sensibilité aux signes les plus subtils, l’écrivain possède un avantage: il a le temps. Je n’ai jamais compris qu’en début d’études universitaires on sélectionne les futurs praticiens sur les mathématiques, on devrait leur demander d’expliquer un texte de Proust »

    • #96386 Répondre
      Gavi
      Invité

      Salut !
      Avez-vous des lectures qui « pensent » l’IA à conseiller ?

      • #97022 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Quelqu’un ici (IGY ?) a dit d’écouter les interventions de Stéphane Mallat, je ne fais que répéter.
        Pour une approche un peu visuelle je conseille les vidéos de 3Blue1Brown (« Neural Networks »), hélas seulement en anglais.

        • #97545 Répondre
          I.G.Y
          Invité

          Absolument, et j’appuie aussi le deuxième conseil (j’en avais regardé deux ou trois sur d’autres sujets et c’était très bien fait).

          Pour ce qui est de penser l’IA plus politiquement (difficile de la penser politiquement sans la penser techniquement), beaucoup moins de noms ont retenu mon attention, mais je suis loin d’avoir tout vu et entendu.

    • #96927 Répondre
      Riton33
      Invité

      Bonjour, je suis en quête de conseils en achat de livres, que pouvez-vous me dire sur ces quatre là :

      – Tendre est la nuit (Scott Fitzgerald)
      – La vraie vie de Sebastian Knight (Nabokov)
      – Les nuits blanches (Dosto)
      – L’art du roman (Kundera)

      Question à François : A part Faulkner, quel serait ton auteur américain préféré ?

      • #96994 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Difficile
        Peut-être Melville
        Mais celui que j’ai le plus lu est Roth

        • #97001 Répondre
          Tchitchikov
          Invité

          Ah Melville, je viens de terminer la lecture à voix haute de Omoo après avoir réalisée celle de Taïpi pour l’élue. J’avais fait la même chose avec Moby Dick. Voilà je raconte ma vie parce que je fais ce que je veux.

          • #97060 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Moby Dick à voix haute?

            • #97247 Répondre
              Tchitchikov
              Invité

              Oui l’ami ! Presque en entier. À part quelques passages très techniques sur le fonctionnement des baleiniers, les types de spermaceti etc. Ça nous a pris presque deux ans parce que ça se faisait le soir après le boulot ou quand on vadrouillait. Fantastique expérience. Il faut aller chercher des voix d’outre- ou d’j’sais pas où pour incarner Stubb, Queequeg, le petit mouss et plus encore Achab.

        • #97038 Répondre
          pifou
          Invité

          Et McCarthy, tu en penses quoi ?

      • #97002 Répondre
        Charles
        Invité

        Je n’ai lu que le Nabokov et le Dosto de ta liste. Ce sont des romans mineurs dans leur œuvre mais qui peuvent être de bonnes portes d’entrée. Ceci dit, les Nuits blanches est beaucoup moins représentatif du style de Dosto que Sébastien Knight de celui de Nabokov. Les carnets du sous-sol ont m’a préférence, dans le genre roman court, concentré du style et des motifs du bonhomme.

    • #97380 Répondre
      Charles
      Invité

      On apprend dans un entretien de Michon dans Libé que celui-ci est presque devenu graphomane : il a déjà écrit un nouveau roman (plus court que J’écris l’Iliade, faut pas déconner) et une pièce de théâtre. Raisons de ce déblocage : la maladie et l’amour.
      K, tu as fini celui qui vient de paraître ?

      • #97381 Répondre
        Charles
        Invité

        Erratum : il a déjà écrit une pièce de théâtre antique et à seulement commencé un nouveau roman.

        • #97475 Répondre
          K. comme mon Code
          Invité

          Je suis en train de finir Pulsion, mais j’ai lu quelques chapitres au hasard du Michon — et je ne suis pas surpris qu’il continue d’écrire, je lis un véritable élan et dans le texte une manière de se délester de ce qui pouvait lui peser. Et c’est bien. Il y a un passage assez amusant sur un écrivain de 40 ans qui peine à écrire une commande et croise Pierre Michon.

          • #97477 Répondre
            Charles
            Invité

            Il parle dans l’entretien d’un poids dont il veut se délester en évoquant son roman en cours d’écriture sur des femmes abîmées.

    • #97756 Répondre
      stephanie
      Invité

      Je viens de finir Bristol, je me demande quels réal ou cinéastes pourraient être comparés à l’écriture de Echenoz ou quels sont les films qui l’ont marqué, influencé?

      • #97770 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Echenoz est originellement un inconditionnel du cinéma classique américain, et peut etre avant tout des films noirs.
        Il a ce gout commun avec Manchette, qu’il a beaucoup lu.

        • #97804 Répondre
          Charles
          Invité

          Manchette que Lanthimos veut adapter par ailleurs. Drôle d’attelage.

          • #98762 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Charles, sais-tu de quel Manchette il s’agit ?

            • #98764 Répondre
              Charles
              Invité

              Fatale.

              • #98773 Répondre
                Titouan R
                Invité

                Merci. Etonnant

      • #97803 Répondre
        perové
        Invité

        Lui-même cite essentiellement Chabrol

    • #97813 Répondre
      stephanie
      Invité

      Ok merci ! Je pense aussi au cinéma de Tati en lisant Echenoz, pour sa drôlerie dans la banalité du quotidien, ses petits riens qu’il arrive à sublimer, l’inutile indispensable qu’est la poésie.

    • #98081 Répondre
      Charles
      Invité

      Je suis en train de lire Hospitalité au démon.
      Dans un passage, il parle de la culture du viol et établit une sorte de liste dans laquelle on retrouve Rohmer et Bresson. Sait-on pourquoi? A cause de Mouchette et du Genou de Claire?

      • #98084 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je crois qu’il extrapole la légende de Bresson qui voulait qu’il tombe amoureux de ses actrices, et comme dans les actrices y a du 13 ans, hop
        Je le trouve un peu cavalier là dessus
        Mais lui au moins ne se cache pas de tomber dans un délire paranoiaque- ils sont partout- et vengeur- tous les tuer

        • #98111 Répondre
          document de synthèse
          Invité

          Thèmes Principaux et Idées Essentielles:

          Le commentaire aborde la critique formulée par Constantin Alexandrakis dans son ouvrage « L’hospitalité du démon », où il établit un lien entre Robert Bresson et la « culture du viol ». Bégaudeau réagit à cette interprétation qu’il juge excessive et spéculative. Son commentaire soulève plusieurs thèmes clés :

          L’interprétation critique et la légende biographique: Bégaudeau critique la manière dont Alexandrakis utilise des éléments biographiques (la réputation de Bresson de tomber amoureux de ses actrices) pour étayer une interprétation plus radicale et potentiellement diffamatoire. L’implicite lié à l’âge des actrices (« actrices y a du 13 ans, hop ») est central à la critique d’Alexandrakis telle que rapportée par Bégaudeau.
          L’extrapolation et la spéculation: Bégaudeau accuse Alexandrakis d’extrapoler de manière cavalière (« Je le trouve un peu cavalier là dessus ») et d’aller au-delà de ce qui est justifiable à partir des faits ou de l’œuvre de Bresson. Le terme « extrapole » est crucial car il pointe vers une déformation des données initiales.
          La paranoïa et la vengeance: L’extrait suggère qu’Alexandrakis assume ouvertement une forme de délire paranoïaque et vengeur dans son analyse (« Mais lui au moins ne se cache pas de tomber dans un délire paranoiaque- ils sont partout- et vengeur- tous les tuer »). Bégaudeau souligne ainsi la subjectivité et la potentielle partialité de l’approche d’Alexandrakis. L’expression « ils sont partout » évoque une théorie du complot, tandis que « tous les tuer » renforce l’idée d’une intention vindicative.

          Conclusion:

          Le commentaire révèle une critique virulente de l’approche d’Alexandrakis envers Bresson, en soulignant ce que Bégaudeau perçoit comme une extrapolation excessive, une paranoïa et un désir de vengeance. Il s’agit d’une réflexion sur les limites de l’interprétation critique et les risques de lier des éléments biographiques à des accusations graves. L’extrait soulève des questions sur la responsabilité du critique et la manière dont la légende et la rumeur peuvent influencer l’analyse d’une œuvre et d’un artiste.

          • #98139 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            document de synthèse, armé d’intelligence numérique, manque de pondération
            « critique virulente » « accuse »
            document de synthèse ignore sans doute que FB a chaudement recommandé ce livre

            • #98145 Répondre
              Charles
              Invité

              Merci pour l’explication. Effectivement c’est un peu limite.

    • #98663 Répondre
      Charles
      Invité

      Je viens de finir Hospitalité au démon qui m’a passionné, un peu agacé, parfois perdu et aussi bouleversé et révolté. J’y reviendrai sûrement.
      En attendant, je ne résiste pas à la joie mauvaise de partager la critique la plus conne du livre que j’ai lue (gros spolier dedans, attention) : https://www.collateral.media/post/une-rentr%C3%A9e-d-hiver-contre-les-figures-patriarcales

      • #98680 Répondre
        Charles
        Invité

        (De Faerber évidemment, qui d’autre ?)

        • #98686 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Pas très digeste en effet
          Charles je te lirai si tu reviens sur le livre. Je suis en train de lire son précédent, que je trouve intéressant aussi.

          • #98713 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            J’ai lu ce texte à sa publication. Malhonneteté, confusion, moralocentrisme. La patte de l’auteur.

    • #98699 Répondre
      Titouan R
      Invité

      Dans le Diplo de mars, petit article de Nicolas Vieillescazes qui remet un peu les pendules à l’heure (ou l’église au centre du village, si j’étais ironique) concernant le dernier Bellanger.
      ….
      Extraits :
      « Bellanger aurait-il écrit un roman à clés ? Non plus. Décalque de l’histoire de Bouvet (Grémond dans la fiction), du Charlie Hebdo de Philippe Val, ou des appuis du Printemps Républicain au sein de l’université (Gilles Kepel) et de l’exécutif (MM. Manuel Valls et Jean-Michel Blanquer, Mme Brigitte Macron), la transparence du récit désarme.
      Un roman réaliste alors ? Il aurait fallu détailler les mécanismes d’une conversion, de la laïcité militante au racisme. Abstractions porteuses d’idées, ici les personnages suivent une trajectoire dont on saisir le comment, jamais le pourquoi. L’évolution sociale, politique et économique du pays ne constitue même pas un toile de fond. Les attentats de 2015 ? Tout juste esquissés. Avec quels intérêts de la classe dominante les thèses du Printemps Républicain ont-elles convergé ? Nous ne le saurons pas. Les idées, juchées sur leur petites pattes, font l’histoire. »
      ….
      « La morale, cependant, n’est peut-être pas celle qu’imagine l’auteur. Il était une fois une fraction de classe, la bourgeoisie intellectuelle, qui longtemps a voulu croire le Parti socialiste à gauche.
      […] Un jour, constant que certains des siens se préparaient, à « 19h59″, à voter pour Mme Le Pen, elle [la bourgeoisie intellectuelle] a pris peur. Puis nous a raconté, avec son ironie habituelle, qu’elle avait tout vu venir »

      • #98714 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        parfait, comme souvent ce qu’écrit Nicolas

        • #98722 Répondre
          Titouan R
          Invité

          A lire ce texte, en ayant en tête le tapis rouge réservé par certains médias de gauche à Bellanger depuis la sortie du livre (il leur en faut peu, je sais…), on se dit qu’il n’était pas bien difficile de restituer Bellanger à sa position réelle (et non pas le presque marxiste-décolonial peint par certain-es).
          Mais bon…encore fallait-il lire le livre et ne pas de contenter de la jaquette promo « Bellanger fustige avec férocité le Printemps »

    • #98761 Répondre
      Charles
      Invité

      Pour étayer un peu mon sentiment de lecture d’Hospitalité au démon, j’ai été immédiatement intéressé par les premières pages narrant sa difficulté à être père, m’identifiant un peu au narrateur en tant que jeune parent. Je me suis même dit qu’il exagérait un peu quand il reliait sa colère et sa fatigue de père d’une enfant de 2 ans à son traumatisme d’enfant abusé car finalement beaucoup de parents éprouvent des sentiments assez proches et n’ont pour autant pas été tripotés à 9 ans. Je me suis aussi dit qu’il versait là dans une sorte de super explication, du traumatisme qui permet de tout expliquer (et donc de tout résoudre d’une certaine façon). Bon après, les réactions du narrateur s’aggravent donc je me suis senti plus éloigné de lui et j’ai mieux compris où il voulait en venir.
      Evidemment, j’ai été saisi et amusé par les jeux autour de la police d’écriture, sans savoir si cela relevait du gadget ou non, de l’afféterie comme on dit. Refermant le livre, je ne sais toujours pas, même si je reconnais que ça fonctionne pas mal, ça ne s’épuise pas en cours de lecture. Ce procédé participe tout de même d’un côté un peu hirsute du livre, avec une écriture assez directe, brute sans pour autant la ramener dans la provocation et la vulgarité. L’auteur est tout sauf « un branleur de virgules » comme il le dit perfidement de Nabokov, il n’est pas là pour écrire de belles phrases chantournées. Il va au plus simple, au plus près de ce qu’il est, avec beaucoup d’emprunts à l’anglais pas très élégants (child-abused, Dark tentative et autres du même tonneau) mais sans que ça paraisse mal écrit pour autant. Je me suis parfois senti perdu devant ce style rapide, qui ne déplie pas toujours son propos avec un amas de références très hétéroclites, pas toujours explicitées. On baigne aussi dans un environnement nordique, métalleux, mythologique, qui n’est pas exactement ma came et j’ai à quelques moments frôlé l’indigestion.
      J’ai aussi été un peu agacé devant certains passages obligés de ce nouveau genre de littérature qu’est le texte biographico-réflexif sur la pédocriminalité, comme le chapitre sur Lolita de Nabokov que je trouve raté. Raté car assez confus, pas évident à suivre et dont on ne comprend pas tout à fait le point de vue en définitive sur le livre (mais peut-être est-ce assez secondaire car il s’en sert, je crois, surtout pour expliquer les ruses du pédocriminel). A ce moment-là de lecture, je me suis dit que contrairement à d’autres livres de ce genre, peut-être que l’auteur ne savait pas exactement ce qu’il pensait et qu’il n’était pas là pour nous présenter une synthèse mûrement réfléchie de ce qu’il a lu sur la pédocriminalité et de ce qu’il en pensait à lumière de son expérience mais qu’il divaguait voire qu’il délirait. Sauf que cette impression s’atténue après et que je l’ai trouvé (un peu) plus clair dans le reste du livre. M’a ainsi beaucoup plus plu le passage sur Larry Clark et son Kids, qui m’a vraiment fait réfléchir. On a souvent reproché à Clark d’érotiser des corps adolescents mais beaucoup moins de fantasmer leur violence et leur sexualité débridée, c’est-à-dire de l’exagérer et quelque part de les animaliser (le mot est de moi).
      Mais là où l’auteur emporte le morceau c’est quand il s’analyse, décortique son passé et son présent de père paniqué à l’idée de reproduire les sévices dont il a été victime. La dernière partie du livre m’a bien entendu complètement happé tant ce qu’il lui arrive est énorme, digne d’un roman. Je sentais bien qu’il allait se passer quelque chose avec la Structure mais je n’en imaginais pas la violence, ce qui provoque une vraie déflagration dans son écriture, qu’il refuse d’atténuer, de vider de son énergie propre. Le livre devient terrible, très angoissant et déprimant, ça le fait complètement décoller.
      Bref, une intense expérience de lecture.

      • #98834 Répondre
        perové
        Invité

        je l’achète aujourd’hui pour pouvoir te lire ultérieurement

        • #98841 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          suis bien d’accord: ce sont les 50 dernières pages du livre qui emportent la mise
          merci les fascistes

      • #98882 Répondre
        stephanie
        Invité

        merci Charles, je partage tout à fait. J’ai beaucoup trainé à le lire, signe d’un mal aise certainement. Je travaille dans le champs de la protection de l’enfance et lorsqu’il cite « la structure » qui contrôle les familles pour faire respecter la norme, c’est glaçant.

      • #98999 Répondre
        Clément
        Invité

        Charles, ton commentaire du livre m’a ouvert l’appétit. Je l’ai lu d’une traite hier soir (quatre heures de lecture très sombres, immense sentiment de dépression).
        Je pense que le livre est le plus brillant quand il s’attarde sur toutes les zones grises autour des abus qu’il a endurés, autour de son comportement sexuel maintenant, etc. Tout comme dans l’ouvrage de Neige Sinno, la pensée autour des VSS est dialéthéique (elle admet que certaines choses peuvent être vraies et fausses à la fois), par exemple les abus sexuels endurés par le Père étaient à la fois consentants et non consentants. Plutôt qu’une contradiction qui ferait du Père une « fausse » victime , ici il est question d’être victime de viol sans avoir été pénétré, tout en ayant demandé à ce qu’on éjacule devant soi, etc. C’est aussi le cas dans Triste Tigre où on apprend que Neige Sinno enfant en était venue à souhaiter une pénétration pour s’expulser de la zone grise dans laquelle son père incestueux la condamnait avant un « vrai » viol. Genre horrible de torture et d’abus où on fait de la victime son propre bourreau.
        Toute une pensée à rebours du dogme du consentement, qui bien qu’un outil pratique montre beaucoup de limites dans des situations complexes comme ceux décrits dans le livre. Il reste un travail énorme de pensée à faire autour des VSS et de leurs zones grises. Tout ça est à rebours aussi du mythe de la transparence de soi : comment peut-on arriver à demander le pire pour soi-même ? Pourquoi cette disposition négative envers soi ?
        Je pense que cette attention à la complexité de leurs abus sexuels montre chez Alexandrakis et Sinno une grande intelligence et une grande prudence envers eux-mêmes pour restituer la réalité des abus qu’ils ont endurés.
        Moi-même cela m’a pris des années pour qualifier les abus sexuels dont j’ai été victime de viols alors qu’en apparence je ne m’étais pas battu, j’avais peut-être même oublié de montrer mon non-consentement. D’autres viols ont même été endurés dans le contexte d’un grand appétit sexuel qui m’était probablement venu en réponse aux abus commis auparavant. Cycle vicieux où la culpabilité est difficilement mesurable.
        Une nouvelle sorte de non-victime dans ces ouvrages : pas celle qui ne se cache pas et qui n’a pas honte telle que Pèlicot (disposition tout aussi louable), mais celle qui est à la fois victime et bourreau. Il y a une quantité énorme de travail à effectuer pour démêler tout ça

        • #99928 Répondre
          Malice
          Invité

          Ce que tu dis du « viol » sans pénétration me rappelle une notion qui me préoccupe depuis des années, ce qu’on appelle le  » climat incestuel », je recopie ici une définition trouvée sur internet qui me semble pertinente :
          « L’incestuel se caractérise par une ambiance, un climat qui se situe au sein de la famille, sans qu’il n’y ait de passage à l’acte.
          Il désigne un climat de relations intrafamiliales où il y a une confusion des places et des rôles entre les différents membres d’une même famille. Il y a un empêchement de l’autonomisation de l’enfant, un déni de son développement et de ses besoins. Les parents ne posent pas l’interdit de manière claire et ne respectent pas la place de l’enfant.
          Ainsi, les limites entre ce qui est possible ou non entre un parent et son enfant sont poreuses et pas clairement définies.  »

          J’espère que tu es sorti de la tristesse que tu évoques en début de message, je compatis aux violences que tu as subies

          • #99945 Répondre
            Claire N
            Invité

            Tu sais Clément j’ai été petite amoureuse de certains adultes et je pense que ça c’est normal
            J’ai aussi été adulte témoins d’un amourachèment d’ado à mon égard : et bien entendu j’ai été capable de regarder ça avec respect tendresse
            Mais en posant clairement que Ben non moi j’habite chez les mamans
            Les adultes sont censés connaître ces mouvements de l’âme des enfants – ado et ne pas les pervertir à leur profit , ceux qui font les surpris sont dangereux à mon avis ils utilisent le masque d’une candeur dont on retrouve beaucoup de traces dans les comptes

            • #99952 Répondre
              Juliette B
              Invité

              Ca va mieux en le disant en effet, merci Claire

            • #99985 Répondre
              Carpentier
              Invité

              … Mais en posant clairement que Ben non moi j’habite chez les mamans / …. :
              ‘ chacun dans sa cour ‘ est plutôt mon expression, plus autoritaire.et un chouïa réflexe professionnel sans aucun doute.

              • #99995 Répondre
                Carpentier
                Invité

                ben merde, j’étais persuadée que le duo de la gêne avait consacré un épisode de son podcast au Sinno,
                et comme je trouve pas,
                j’en conclue que je l’ai rêvé.
                bon,

                • #100010 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Carpentier, ne te sens pas obligée de rester sur cette page, ce sera dur mais on s’en sortira sans toi

                  • #100016 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    la bourgeoise qui s’assume pas a l’insulte de biais, en sainte-nitouche:

                    Carpentier, ne te sens pas obligée de rester sur cette page, ce sera dur mais on s’en sortira sans toi

                    je n’en doute pas, en spécialistes de l’entre-soi incestuel

                    • #100017 Répondre
                      Mélanie
                      Invité

                      Je t’aime aussi Carpentier

                    • #100022 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      moi qui naïvement imaginais que tu me filais le lien vers la gêne littéraire du Triste Tigre

                      Je t’aime aussi Carpentier

                      je ne te mérite pas

                      • #100027 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        On est d’accord

                      • #100034 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        ceci-dit, elle est un peu spéciale l’odeur de ta grosse bulle autosatisfaite lorsqu’elle explose
                        faudrait consulter peut-être

                      • #100041 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Tu me donneras un rdv? Avec toi je serai sûre d’être bien guidée. En plus ça te donnera l’occasion de sentir ma mauvaise odeur en vrai. Tu pourras ensuite écrire ici qu’en présentiel je pue aussi, ça t’occupera 2 minutes.

                      • #100042 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        dommage, je n’avais qu’une minute, pffff

                        … ce sera dur mais, tu vas effectivement devoir
                        faire sans moi, on s’en sortira?

          • #100000 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Salut à tous – je viens de lire tardivement ces derniers posts
            Je suis intéressée aussi par cette définition de « climat incestuel », chose à laquelle je pense beaucoup. Je pose ça là sûrement trop vite, moi il me semble que ces climats peuvent répondre à une question que pose Clément : comment peut-on arriver à demander le pire pour soi-même ?
            Bon je pense à ça pour l’avoir vécu aussi dans mon enfance, dans mon cas c’était aussi un « maigre dossier », pour reprendre les mots d’Alexandrakis, pas de pénétration, des gestes qu’on m’a reprochés à moi d’avoir faits à l’adulte. Ce transfert de responsabilité et la petitesse de mon dossier me donnent le sentiment d’être une victime pas légitime, de ne pas vraiment être une victime, de ne pas vraiment pouvoir me joindre aux victimes d’abus, d’inceste (contexte familial pour moi). Le livre d’Alexandrakis me parle donc beaucoup sur ces plans. À défaut de m’en libérer ça me tient compagnie.
            J’ai trouvé ça aussi dans De grandes dents, avec le truc des cailloux : où on peut envisager l’hypothèse que quand le petit chaperon rouge remplit le ventre du « loup » de cailloux, elle lui remet le poids de cette culpabilité.
            Je me dis aussi que le climat incestuel peut être toxique voire traumatisant, ou détraquant, qu’il peut l’être à lui seul sans que des gestes sexuels aient lieu.

            • #100011 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Je suis sûre que d’ici allez max 2-3 ans, l’EN mettra au programme d’Education Civique et Morale que francoisbegaudeau.fr est un haut lieu de témoignages d’abus. Bientôt la reconnaissance et la gloire.

              • #100028 Répondre
                Malice
                Invité

                Je me disais un peu la même chose : c’est chouette que des personnes soient assez en confiance sur ce forum pour s’exprimer sur leurs traumas.

            • #100026 Répondre
              Claire N
              Invité

              « Je me dis aussi que le climat incestuel peut être toxique voire traumatisant, ou détraquant, qu’il peut l’être à lui seul sans que des gestes sexuels aient lieu »
              Oui j’ai l’impression que dans le livre c’est bien cela que le narrateur questionne lorsqu’il se confie à l’association
              La «  réponse «  qui lui est faite est je pense une partie du problème

              • #100029 Répondre
                Mélanie
                Invité

                « La « réponse « qui lui est faite est je pense une partie du problème »
                Oui. Une réponse raide et pleine de peur, et d’ordre.

              • #100031 Répondre
                Malice
                Invité

                Le climat incestuel est particulièrement pernicieux car quasiment impossible à prouver; les événements traumatisants peuvent sans fin être sujet à interprétation. On peut très facilement minimiser les traumas, délégitimer la colère de la victime.
                A ce genre de violence en sourdine, non assumée, parfois on préfèrerait une agression franche, qui aurait des chances d' »exister » au yeux de témoins – là je rejoins ce qu’écrit Neige Sinno qui en vient à « souhaiter » une vraie agression physique. Ce n’est pas du masochisme, c’est un besoin que le réel ait une consistance.
                Dans le roman  » Les vies privées de Pippa Lee », l’héroïne en colère en vient à un attouchement physique envers sa mère incestuelle, pour lui montrer concrètement ce qu’elle lui fait subir depuis la naissance : une fusion quasi amoureuse, où la mère va jusqu’à encourager sa fille à se droguer avec elle.

                • #100046 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Malice je rejoins tout ce que tu dis, et je note la réf des Vies privées de Pippa Lee.
                  Bien sûr ce « climat incestuel » m’évoque les relations toxiques qu’il peut y avoir entre un parent et un enfant surtout s’ils ne sont que deux dans le foyer. L’enfant étant alors totalement dépendant de ce seul adulte. Dans Lolita par exemple on voit bien quels mécanismes de chantage ça donne. Ce climat je pense oui qu’il a bien un climat cousin sans gestes strictement sexuels.

                  • #100063 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Je pourrais citer des cas d’impuissance liés uniquement à des situations de confusion, de sentiment d’insécurité, liés à des paroles, des regards, sans qu’aucun « acte » n’ait été perpétré – même si on pourrait penser que dans ces cas, dire, c’est faire

                    • #100066 Répondre
                      K. comme mon Code
                      Invité

                      Envie de répondre par rapport au « climat incestuel » ; dans Pulsion, Lordon et Lucbert notent que l’interdit de l’inceste ne concerne en vérité pas l’inceste en soi, car comme on le sait, il y a de l’inceste — ça se le permet beaucoup. Mais l’interdit de l’inceste signifie surtout une construction sociale portée sur l’exogamie. Lisant ça, j’ai entendu un tilt dans mon cerveau — l’un des aspects sinistres de ma famille, c’est ce refus de l’exogamie, un renfermement dont il paraît difficile de sortir, et j’ai pensé à cela « climat incestuel » déjà lu ailleurs qui peut avoir des effets néfastes même lorsque les parents ne font même pas ne serait-ce qu’un câlin à leur enfant.

                      • #100070 Répondre
                        Malice
                        Invité

                        Le mot qui me vient est « secte » : comme dans une secte il y a peu d’amour et de confiance entre les membres de la famille incestuelle/incestueuse mais le monde extérieur est présenté comme plus insécurisant encore.

                      • #100072 Répondre
                        K. comme mon Code
                        Invité

                        Oui, il y a de ça. Tout l’extérieur est présenté comme une menace. Il y a définitivement quelque chose qui ne va pas avec la famille. On sait très bien ce que ça veut dire quand une entreprise se présente comme une « grande famille ».

                      • #100073 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Tout à fait
                        Quelque chose de pourri au royaume de la famille
                        (et je précise que la mienne fut aussi peu incestuelle qu’une famille peut l’être)

                      • #100109 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        « le monde extérieur est présenté comme plus insécurisant encore »
                        Oui, et c’est je pense un des grands axes que Lucile Novat tache aussi de montrer dans De grandes dents

                      • #100116 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui
                        C’est intéressant ces deux notions
                        – de zone grise
                        – d’extériorités présenté comme néfaste
                        Parce que pour la «  zone grise « , c’est un mécanisme à l’œuvre que je repère dans la rencontre amoureuse ( appelons le zone rose)
                        Dite «  saine « : ce moment avant le premier je t’aime ou le premier baisé qui aboutit à l’explosion de joie : mais c’est donc vrai ! Machin sort avec moi ! L’incertitude qui passe à l’acte
                        Et effectivement la «  zone rose «  est un gros moteur d’exploration de l’extérieur
                        Si je tente une comparaison «  la zone grise «  dont vous parlez pourri complètement le truc , on dirait sa version toxique , ça rend malade le désir j’imagine qu’à ce régime on préférerai le faire disparaître en s’attaquant plus à sa nature qu’à sa direction
                        L’axe intériorité / extériorités semble bien être effectivement capital

                      • #100118 Répondre
                        Oscar
                        Invité

                        C’est bien ravissant ce  » premier baisé  » : )

                • #100150 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Malice, pour Les vies privées de Pippa Lee, tu préconises le roman plutôt que le film ?

                  • #100163 Répondre
                    Malice
                    Invité

                    Le film est réalisé par l’écrivaine mais je préfère le roman, car le film n’est pas très recherché niveau mise en scène. Cela dit Maria Bello incarne bien la mère accro aux amphèt.

    • #99900 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Vous avez vu?
      Dites-moi pas qu’c’est pas vrai?
      Miss Ambre Chalumette, la Rachida de Quotidien, sort un livre, un premier roman:
      qqn.e qui l’aurait eu en mains ou même lu peut-être?

      • #100035 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Les vivants
        Ambre Chalumeau
        La chroniqueuse culturelle bien connue de l’émission « Quotidien », Ambre Chalumeau, s’est aventurée dans un premier roman, Les Vivants, où l’amitié, la famille et le passage à l’âge adulte deviennent autant de dédales pour ses personnages. Le récit s’articule autour d’un événement bouleversant : la disparition d’un jeune homme, qui agit comme un catalyseur sur des personnages profondément chamboulés confrontés à leurs propres émotions et questionnements. / …
        – l’amitié, la famille, le passage à l’âge adulte
        – des personnages profondément chamboulés confrontés à leurs propres émotions et questionnements
        et bien, on a hâte

        • #100493 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Bonjour Carpentier, comment vas-tu?
          – Bah moyen, encore quelques saignotements dans l’oreille gauche cette nuit: c’te brutasse, j’vous jure.
          – Dans tous les cas, on espère que cette mésaventure d’hier matin t’aura definitivement guérie de l’usage de coton tiges – ça pollue en plus, enfin.
          Bon, tu voulais quoi au juste?
          – Partager, à la suite du Chalumeau, le resumé du Psychologies du Maître des Clefs d’ici et à paraître; un pote, qui prenait des nouvelles de mon tympan justement, me l’a envoyé gentiment ce matin:

          … À partir de situations vécues, audiovisuelles ou fictives, François Bégaudeau analyse les affects de la société bourgeoise, non dans le but de salir ou de ridiculiser, mais pour tenter de saisir les idées obscures qui traversent les individus, les ressorts potentiels de leurs actions, tout ce qui échappe à leur contrôle et constitue leur part proprement sociale. /…
          Les vivants de Miss Chalumette sort en même temps, je crois bien.
          Marrant ça, vais commander les deux: sérieux.

          – T’imagines François Begaudeau invité à Quotidien ou en émissions speciale avec/de l’Ambre pour causer littérature?
          – moyen. En tout cas, avec un titre pareil, ’ Psychologies ’, quitte à ce que les chroniqueurs-ses se gourent sérieux, il va être invité partout.
          – On parie?
          – Tope- là!

    • #100043 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Malice je rejoins tout ce que tu dis, et je note la réf des Vies privées de Pippa Lee.
      Bien sûr ce « climat incestuel » m’évoque les relations toxiques qu’il peut y avoir entre un parent et un enfant surtout s’ils ne sont que deux dans le foyer. L’enfant étant alors totalement dépendant de ce seul adulte. Dans Lolita par exemple on voit bien quels mécanismes de chantage ça donne. Ce clumat

      • #100044 Répondre
        Mélanie
        Invité

        (Message égaré, je corrige et poursuis plus haut)

      • #100050 Répondre
        Ostros
        Invité

        « Dans le roman » Les vies privées de Pippa Lee », l’héroïne en colère en vient à un attouchement physique envers sa mère incestuelle, pour lui montrer concrètement ce qu’elle lui fait subir depuis la naissance » : ça c’est une très bonne idée.

        • #100060 Répondre
          Malice
          Invité

          Mais idée qui se retourne évidement contre la fille car la mère en profite pour se victimiser et emballé c’est pesé
          Je ne sais plus qui a écrit :  » la vérité n’est pas aimée », un certain Fred Blogodo ou quelque chose comme ça

    • #100348 Répondre
      Tchitchikov
      Invité

      Quelqu’un a déjà lu Noémi Lefebvre ?

      • #100447 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Oui, et on recommande

        • #100448 Répondre
          Tchitchikov
          Invité

          Oui lequel recommanderais-tu ? J’ai beaucoup ri en lisant son texte sur H-S « le chien marxiste ».

    • #100442 Répondre
      Jean-Marie Bigard
      Invité

      Dans les sorties récentes je signale aussi le dernier livre de François Beaune dont le nom a déjà été cité quelques fois ici. Il continue de bâtir une œuvre que je trouve admirable et s’en tient au dispositif d’écriture qui est le sien depuis longtemps : rencontrer des gens, les écouter, les laisser se raconter, et restituer leurs paroles en s’effaçant le plus possible. Il franchit encore un cap avec ce livre-ci : son nom ne figure même pas sur la première de couverture. Il est signé Jessica Martin, un pseudonyme qu’ils ont choisi en commun, avec l’héroïne du bouquin, une femme bien réelle.
      La profondeur de l’eau c’est le récit d’une femme de 40 ans qui revient sur son adolescence passée en foyer, son enfance marquée par des violence extrêmes et un évènement tragique. On l’entend se raconter, lutter pour vivre, s’émanciper, jouir. Elle rêve (de dauphins), s’évade, elle pense la violence, elle ironise sur les cathos qui l’ont accueillie les week-ends quand elle était encore en foyer, elle nous fait rire et pleurer d’un chapitre à l’autre et une fois la dernière ligne lue, on regarde devant et on se dit que le job littéraire a été fait, bien fait, que pendant 300 pages on a été un autre que soi.

    • #100536 Répondre
      Ostros
      Invité

      Trop trop bien, le site des éditions Cause Perdue prend forme et il y a déjà plein d’onglets finalisés, plein de choses à lire et à voir (dont le blog pour discuter des artistes-amis)
      Les vidéos arrivent quant à elles en avril, par là.
      Et déjà une grosse surprise : la rencontre avec la dream team !
      Rendez-vous pris le vendredi 25 avril à 18h
      bistrot Les Pianos
      26 Rue Robespierre
      93100 Montreuil
      Pas besoin de réserver.
      Je redonne le site, à mettre dans vos favoris :
      https://editionscauseperdue.fr/
      Sortie des deux premiers ouvrages en avril !

      • #100537 Répondre
        Ostros
        Invité

        Il y a même un podcast !
        C’est ce que j’appelle de l’autonomie. J’espère que l’aventure production de films, basée sur un désir similaire de liberté se profile bien elle aussi.

        • #100542 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui – bravo
          Le site est accueillant
          Merci aux ouvrières / ers

          • #100544 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Très beau site, et très beaux livres. On a envie de les ouvrir

            • #100548 Répondre
              Ostros
              Invité

              Et on découvre que l’essai de François qui sort au mois d’octobre s’intitule :
              Sur le mépris.
              Podcast dédié à venir aussi. Un par auteurice, de quoi prolonger le plaisir de la lecture avec des échanges qui prendront le temps de creuser, d’être portés sur le façonnage, sur la littérature, sur le comment et non pas sur les sentiments et les blessures comme le proposent trop d’interviews d’écrivain.e.s. dans les émissions mainstream.

              • #100557 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Oui très réjouissant tout ça
                🙂

    • #100552 Répondre
      graindorge
      Invité

      ¡Enhorabuena! Félicitations et meilleurs voeux pour cette nouvelle aventure!

    • #100575 Répondre
      Kirilov
      Invité

      Je sors le nez des Carnets de note de Bergounioux (1980-1990) pour la première fois depuis un mois. J’ai presque achevé cette première décennie de vie, et tout ça en à peine un mois – on n’en ressort pas sans un certain vertige. Les notations de Bergounioux sont d’une très grande richesse, même si c’est parfois très dense, parfois très long (un peu moins de 1000 pages, sachant qu’il reste 4 décennies de même taille). Quel pessimisme surtout, on se demande comment il vit encore.

      Bref, je me suis pris de passion pour ces notations d’écrivain, et je cherche d’autres journaux à lire. J’ai noté pour l’instant en vrac Kafka, Gombrowicz (qui tient plutôt d’un journal public, puisque d’emblée destinée à la publication), Stendhal. Des sitistes ayant lus ces textes pourraient-ils m’orienter ?

      • #100576 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Les mémoires de Simone de Beauvoir pourraient rentrer dans cette catégorie ?

        • #100578 Répondre
          Kirilov
          Invité

          J’avais lu les premiers tomes des Mémoires – Mémoires d’une jeune fille rangée puis La Force de l’âge je crois, bon souvenir de lecture, mais j’avais quinze alors pas compris grand-chose. Mais de ce que je me souviens, on était sur un texte autobiographique qui tendait vers la littérature ; je parle ici plutôt de notations quotidiennes avec les riens du quotidien où se glissent parfois des fragments de génie dans lesquels se tient l’oeuvre toute entière. Beaucoup trouvé ça chez Bergounioux, sorte d’inutile qu’on note pour soi, pour fixer quelque chose ; pas le souvenir de ça chez Beauvoir, le texte autobiographique n’est sûrement pas le bon cadre pour ça. Mais je vais refeuilleter ça, merci pour ta réponse.

          • #100598 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            « Quel pessimisme surtout, on se demande comment il vit encore. »
            On aimerait bien qu’il se le demande lui aussi.

      • #100582 Répondre
        Alphonse
        Invité

        Le Journal de Léautaud. Celui de Gide – mais c’est un journal mondain, d’écrivain, qui écrit pour publier.
        Le Journal de Giono, édité en Pléïade pour les années 30 et l’Occupation – et dans les Cahiers Giono pour les autres années.
        Et puis y a la correspondance, aussi. Mettons Flaubert.
        Mais dans mon expérience de lecteur, rien n’égal les deux premiers tomes des Carnets de Bergounioux (je dis les deux premiers parce qu’après d’une part il devient écrivain et y a de moins en moins d’ordinaire dans sa vie, et d’autre part à partir du 3e il sait qu’il écrit pour la publication, et le genre se codifie un peu, son écriture tourne un peu en rond – mais ça reste hyper chouette).
        (tu me fais envie, les miens sont cachés dans une montagne de cartons, consécutifs à un double déménagement, avec pour seul repère « Litt Cont » ..)

      • #100585 Répondre
        essaisfragiles
        Invité

        Le Journal de Jules Renard : cruel, méchant, triste et parfois très con, tout ce que j’aime !
        Le Journal de Léon Bloy, pour la colère et le mysticisme (François en a parlé oralement quelque part).

        • #100588 Répondre
          Kirilov
          Invité

          Merci à vous deux.

          Suis bien d’accord Alphonse : les Carnets de Bergounioux sont vraiment un moment de lecture spécial et fort, j’y ai pris beaucoup de plaisir et ai beaucoup gagné à les fréquenter là, pendant un mois. Je compte lire les autres, plus tard, mais une petite pause avant ça – déjà par lassitude de Gif, des Bordes, des papillons, des salles de classe, et surtout parce qu’il y aurait quelque chose de très dérangeant à prétendre vivre vingt ans de notations en deux mois. En tout cas n’hésite pas à déballer tes cartons et à relire quelques notations à droite à gauche, c’est assurément quelque chose.
          J’extrais Léautaud, même si ça m’a l’air immense.

          essais je retiens les deux, je n’y avais pas du tout songé mais maintenant que tu le convoques, Bloy s’impose comme une évidence

          j’ai retenu entre temps Journal de galère de Kertesz, quelqu’un que j’apprécie me l’ayant recommandé, des gens connaissent ? la description me donne envie

    • #100592 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Moi je veux absolument m’offrir Le journal à Rebours de Sidonie-Gabrielle Colette et le lire installée dans un arbre en croquant une pomme rouge: royal gala ou Fuji. Un Paradis sur terre

    • #100625 Répondre
      Ostros
      Invité

      Du mépris, François Bégaudeau
      Parution : octobre 2025.
      .
      Le mépris est à la mode. La dénonciation du mépris. Le soupçon de mépris. L’accusation de. C’est sans doute une bonne chose, sans doute un progrès. Personne n’aime être méprisé. Nul n’est fondé à mépriser, nul ne mérite de l’être. Mais qu’en est-il quand la traque du mépris se généralise ?
      .
      Qu’en est-il quand chacun se met à voir du « mépris de classe » en tout, y compris les individus des classes supérieures ? Il y a un hic, il y a un loup. Cet essai subjectif, narratif, autobiographique, voudrait traquer ce loup.

      • #100723 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Après la mule, le loup,
        Si c’est pour un B comme bestiaire: bonne nouvelle, il en reste au moins 21 à paraître
        car on a eu aussi son d’âne à zèbre, le chat de l’antimanuel …
        Dromadaire dodo ou dinde pour après peut-être? : )

    • #100685 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Malice et Ostros : j’ai regardé Les vies privées de Pippa Lee – version film donc, que j’ai bien aimé (et Keanu Reeves n’y est pas déplaisant)
      Le début, où le personnage raconte que ça mère la faisait poser et la dessinait, me fait fort penser à My little princess d’Eva Ionesco
      Je trouve intéressant aussi le pan sur la culpabilité rapport à l’ex-femme. Culpabilité qui ferait suite à celle qu’elle aurait eu envers sa mère ?
      Je vois son mariage comme un abri qu’elle trouve un peu par hasard alors qu’elle ne sait pas trop quoi faire d’elle-même, à la fois ça l’enferme, à la fois il y a de la douceur dans ce couple. Vous le voyez comme ça comme ça aussi ?

      • #100687 Répondre
        Malice
        Invité

        J’ai pensé à Eva Ionesco aussi; le personnage de Suky m’a davantage émue que celui de la mère d’Eva d’ailleurs, sa détresse est tellement visible. Dans le roman c’est un crève-coeur de vivre avec Pippa l’évolution malade de l’amour mère-fille. Leur dernière entrevue est terrible.
        Je ne me souviens plus si c’est aussi apparent dans le film mais l’enfermement de Pippa avec son mari vieillissant dans leur banlieue pour seniors riches est glaçant dans le livre. On voit que Pippa, en cherchant la sécurité, le confort, la tendresse auprès de son conjoint, s’est préparé ce tombeau sans en avoir conscience et le réalise dans une sorte de panique graduelle au fil des jours, après son installation.

        • #100699 Répondre
          Ostros
          Invité

          Mélanie, tu l’as trouvé où le film, stp ?
          Je vais le voir.

          • #100702 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Je te l’envoie mais c’est la VF.

            • #100704 Répondre
              Ostros
              Invité

              Merci beaucoup !

              • #100705 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Il y a une scène qui m’a un peu fait penser à la fin d’Anora

                • #100709 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  celle du van?

                  • #100710 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    oui

                  • #100712 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    cette chose qui lache, le temps de l’orgasme
                    Depuis Anora je me demande si c’est parce que c’est le premier pour ces binômes, si c’est comme la chance du débutant, un effet de surprise

                  • #100714 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    A moins que ce soit lié aux véhicules : une voiture, un van. Des Toyota sûrement.

                    • #100724 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      rire
                      c’est sûrement ça
                      en tout cas, dans du renault, ça l’fait pas

    • #100701 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Oui pareil pour Suky. Le film est peut-être moins fort, moins glaçant.

      • #100707 Répondre
        Malice
        Invité

        Disons que le roman a plus de temps pour creuser les situations

        Extrait du livre:
         » Peut-être que mon père ne pouvait pas reconnaître que sa femme était une droguée parce que cela serait revenu à considérer son mariage et sa vie comme un mensonge. Alors il ne voyait rien. Ou bien peut-être qu’il était tout bonnement paresseux. Je ne saurai jamais.  »
        ou comment le mariage peut amener ton conjoint à te laisser devenir une épave, d’abord parce-que ça arrange tout le monde puis parce-qu’il aurait trop honte de te reconnaître complice de sa déchéance.

        • #100708 Répondre
          Malice
          Invité

          de « se  » reconnaître pardon

        • #100711 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Merci
          Je trouve qu’on voit bien aussi dans le portrait de la mère l’élan de vie qui persiste, je sentais ça comme « plutôt prendre de la déxédrine qu’être une épave ». La scène où elle fait le ménage (peut-être de nuit) m’a plu, elle est mère au foyer ou en tout cas assume sûrement le gros des taches ménagères-familiales, je voyais ça aussi comme du dopage pour s’aider à faire le boulot.
          Alors que sa fille retient tout – et ça finit par sortir à son insu pendant son sommeil (je n’y connais rien en somnambulisme, ça donne envie de s’y intéresser)

          • #100726 Répondre
            Malice
            Invité

            Dans le roman Suky invoque la peur d’être obèse – sa mère l’est, elle prend donc des amphèts pour rester mince; j’imagine qu’ensuite elle aime l’ersatz d’énergie vitale que lui donne la drogue ( sans doute nécessaire, comme tu dis, à son travail de femme au foyer : pour garder le moral, la motivation…) Je crois que dans le film, ce que je préfère est la séquence où Suky est montrée comme une actrice de publicité pour la vie de famille; j’ai été très marquée aussi par la scène de repas où elle semble complètement hors de contrôle, sans que personne d’autre que Pippa ne réagisse. ça me fait regretter qu’on ne voie pas plus Maria Bello au ciné, qu’est-ce qu’elle devient d’ailleurs?

            • #100786 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Je me disais qu’entre crises de nerfs, chutes dépressives, toxicomanie, une potentielle obésité et ce quotidien-prison on ne doit plus trop savoir ce qui relève de l’oeuf ou de la poule.
              Pareil pour la scène de repas oui ; tout le monde fait bien attention à surtout ne pas prêter attention à son état – quelles drôles de choses nous sommes

              • #100825 Répondre
                Malice
                Invité

                « tout le monde fait bien attention à surtout ne pas prêter attention à son état – quelles drôles de choses nous sommes »
                C’est la théorie de la famille-secte développée par Susan Forward : si un membre bifurque ( si Suky arrête de se droguer, de tenir son rôle), l’équilibre fout le camp ( j’aurais dû mettre de gros guillemets à équilibre). Dans ce type de famille même un tout petit changement peut provoquer la panique ( un goût exprimé, un nouveau hobby, un projet exceptionnellement différent pour les fêtes, une façon de planter les choux…) et faire craindre une révolution

                • #100927 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  ça ressemble à ce que j’ai appris en psychologie sous le nom de « l’enfant-symptôme ». Je trouve ces vues très justes et très déprimantes.
                  Plus réjouissant : je regardé hier soir (mais très en diagonale) un docu en Martinique où était évoquée une médecine traditionnelle. 1, il était dit que le « médecin » était considéré comme un membre de la communauté, qu’il n’avait pas la position de sachant-dominant de la médecine que nous connaissons. 2, y était racontées ses prescriptions, des potions disons, où plutôt des recettes à préparer, avec parfois beaucoup d’ingrédients à trouver. Ainsi, quand la recette indique de trouver des plumes de coq il faut aller à la ferme, tel autre ingrédient se trouvera auprès de telle personne, et ainsi de suite. Diverses personnes de la communauté se trouvent donc informées, voire impliquées, dans le soin du malade. Je me disais que cette méthode devait parfois permettre de sortir du contexte familial, du secret familial (en plus de favoriser la petite agriculture locale – plumes de coq).

                  • #100928 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    aaaah les champs de plumes de coq martiniquais., so culte
                    je vois de suite sur lastminute si ia pas un plan pour la Pâque, merci Mélanie

                  • #101029 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Tu aurais le lien du documentaire ?
                    Ça paraît vraiment singulier cette «  chasse au trésor «  mais ça a l’air très plaisant !
                    Quelque chose de l’aventure et du jeu ressort de ta façon de le présenter

    • #101082 Répondre
      Younès
      Invité

      J’ai lu (et adoré) Crime et Châtiment de Dostoïevski et aimerais poursuivre la lecture de son oeuvre.
      François ou d’autres ont-ils des conseils sur la meilleure traduction de ses livres ou on s’en fout ? ^^

      • #101096 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Quelqu’un a-t-il lu le tout récent Sister-ship de Helen Filhol ?
        Il m’a intéressée mais j’ai trouvé les passages techniques (ou basés sur la physique, l’astrophysique) envahissants. Pour moi qui ne saurais expliquer le principe physique de l’ouverture d’un pot de confiture, j’ai souvent décroché.
        J’ai trouvé aussi que les personnages n’avaient nulle épaisseur. Filhol amène le motif psychique de la joie à tendre vers un but extraordinaire (les personnages d’astronautes sont hyper motivés et émerveillés par leur voyage spatial) et c’est à peu près tout.
        J’observe aussi beaucoup de discours à résonnance manageriale (le mot qui tue, à l’employer je vais peut-être un peu vite mais c’est quelque chose comme ça) et sans que l’on comprenne si le livre les porte, ces discours, ou s’il les critique.
        Très bizarre.
        Et dommage pour un livre dont le sujet et l’ambition m’attiraient.

      • #101111 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Ah Younès Younès!
        S’en ficher parlant de Dostoïevski! Quel crime! Aucun châtiment… pour cette fois-ci
        Les meilleures traductions sont faites par des traducteurs parfaitement bilingues et mieux encore, originaires du pays de l’auteur.e qu’ils traduisent ou s’en rapprochant comme le français d’origine Tchèque André Marcowitz
        Mais essaie de trouver des livres de Dostoïevski traduits par Doussa Ergaz ou par Vladimir Pozner.
        Ceci dit sans jeter la pierre à d’autres honorables traducteurs et traductrices de grand talent qui sans être du coin de l’écrivain font un travail remarquable par amour de la langue russe et de ses écrivains

        • #101113 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

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          La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.
          Ci-joint, un entretien avec André Marcowicz qui dit aussi :  » traduire c’est rendre compte de la matérialité de la langue. »

          https://www.lemonde.fr/culture/article/2018/03/16/andre-markowicz-traduire-c-est-rendre-compte-de-la-materialite-de-la-langue_5271878_3246.html

          Quelles sont les grandes règles de tout travail de traduction ?
          Le premier principe, c’est qu’il n’y a pas de principe. Si je devais en trouver, je dirai que c’est rendre sensible à autrui la lecture que je fais d’un texte. C’est une lecture appliquée, la traduction doit rendre compte de la structure du texte et doit prendre en compte tous les éléments de cette construction, c’est particulièrement vrai pour le style. Traduire, c’est rendre compte de la matérialité de la langue.

          Les textes que je traduis n’ont pas été pensés en langue française, donc ils ne doivent pas répondre à des règles d’une langue littéraire française préétablies. La traduction est un exercice d’accueil et d’enrichissement des possibilités de la langue française. On ne peut pas juger un texte traduit en fonction de lois qui ne sont pas les siennes.

          C’est pour cela que j’ai traduit les œuvres complètes de Dostoïevski, pour que le lecteur puisse s’habituer, qu’il comprenne que ce n’est pas la langue de San Antonio, par exemple, et qu’il n’y a pas à comparer. C’est pour cela que je traduis par cycle, par grands ensembles, aucun livre séparé ne peut exister.

          Qu’est-ce qui vous anime dans le travail de traduction ?
          Ce qui me plaît, c’est le travail sur la langue. Ou plutôt, le travail sur les langues, celle au départ et celle à l’arrivée. La traduction, c’est toujours un entre-deux, on est ni là ni ailleurs. Il ne faut jamais penser que le livre en français d’un auteur russe équivaut au livre russe. Aucune traduction n’existe d’une façon absolue, c’est à chaque fois des interprétations, des tentatives, non pas pour passer d’un monde à l’autre, mais pour faire comprendre au lecteur que l’on est entre deux mondes.

          Je décris cela dans mon nouveau livre, L’Appartement [Inculte], dans lequel j’explique comment un traducteur vit entre deux mondes, entre deux temps, en l’occurrence entre la Russie et la France. La traduction est un lieu physique, qui redevient un lieu mental, puis un nouveau lieu physique.

          Est-ce que cela n’est justement pas frustrant de ne jamais pouvoir traduire un texte dans son « absolu » ?
          Il ne faut pas prendre cette situation de déplacement comme quelque chose de tragique, mais comme quelque chose de l’ordre de la nature : c’est comme ça. Comme quand il pleut, ce n’est ni bien ni mal, c’est comme ça. Il y a toujours de la frustration et du renoncement. Mais que voulez-vous, plus le temps passe, plus je m’aperçois qu’il y a des personnes plus jeunes que moi, c’est frustrant, mais qu’est-ce que je peux y faire ? Je me plains beaucoup ou je pleure.

          Qu’est-ce qui est constitutif de la culture russe et qui vous pose des difficultés en tant que traducteur ?
          J’ai commencé à traduire Dostoïevski avec L’Adolescent. Ce personnage a une idée : il veut être Rothschild, non pas pour être l’homme le plus riche du monde, mais pour être l’homme le plus libre. Car Rothschild est le seul à pouvoir faire ce qu’il veut ou à ne pas le faire. La liberté russe, ce n’est pas la liberté de l’action, c’est un accord libre et sans contrainte avec un ordre préexistant. Un Occidental américanisé a du mal à comprendre cette idée. Par ailleurs, dans la culture russe, la prise en compte de l’individu n’existe pas, elle est toujours secondaire.

          Un autre exemple que l’on retrouve dans la culture russe : dans la vie de tous les jours, il y a une exacerbation des sentiments et des choses, une sorte de violence extrême et en même temps une sorte de grande chaleur humaine. Une confrontation tragique entre la conscience de l’histoire et la conscience de la valeur d’une vie humaine, dans laquelle Fiodor Dostoïevski n’entre pas, à l’inverse de Léon Tolstoï, Mikhaïl Boulgakov ou Vassili Grossman.

          Dans La Fille du capitaine, d’Alexandre Pouchkine, quand Pougatchev prend une forteresse et va pendre les officiers de celle-ci, les hommes chargés de les traîner à la potence, leur disent « ça va aller ». Tout cela est dit avec compassion, gentiment, mais ils les pendent. Cet état d’esprit est une caractéristique russe. Evidemment, la Russie ne se résume pas à cela. D’ailleurs, je ne sais pas ce que c’est la Russie, je n’ai absolument pas envie de le savoir, il n’y a pas d’essence sur le sujet de la culture.

          Y a-t-il des mots russes qui sont particulièrement difficiles à traduire ?
          Les difficultés fondamentales de traduction sont dans Dostoïevski. Dans Crime et Châtiment, un personnage mineur, qui n’apparaît que deux fois sans être nommé, aperçoit Raskolnikov, et lui dit un seul mot : « assassin ». Mais ce n’est pas exactement cela, il s’agit d’un mot russe, imprégné de langue populaire et de légende biblique, et qui ne signifie pas exactement qu’il est un assassin, mais qu’il a enfreint le commandement de Dieu en tuant. Si je traduis « assassin », je traduis l’intrigue du roman, mais pas l’idée, pas le sens. C’est pour cela que j’ai délibérément mal traduit, en disant : « tu as tué ». C’est cela qui compte. Ces difficultés-là, c’est constant, il y en a des centaines auxquelles les traducteurs se confrontent.

          Cécile Bouanchaud

          • #101164 Répondre
            Younès
            Invité

            Tout à fait éclairant.
            Merci à vous deux !

    • #101346 Répondre
      stephanie
      Invité

      Walabi Antoine Philias, je laisse le découvrir, je le finis bouleversée, la puissance des phrases, le thème , l’animal l’homme, la domestication.
      merci François pour la découverte de cet auteur. Une GO serait chouette !
      « Au début, nous gambadions. Gambadant, nous ne voulions rien dire. Nous n’avions pas de mots. À l’état naturel, nous étions bien. »
      Très envie de lire Plexiglas son précédent.

      • #101347 Répondre
        Tony
        Invité

        Plexiglas était super, très drôle, très juste, celui-là je le lirai aussi quand j’aurai le temps, ça parle de quoi au fait?

        • #101349 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          celui ci parle… de walabi
          la GO prochaine portera sur le Belin, mais ca s’est joué à rien

        • #101350 Répondre
          stephanie
          Invité

          l’auteur se met à la place d’un walabi et raconte l’histoire véridique de cet animal qui a vécu en forêt de Rambouillet pdt 40 ans importé par un zoo puis offert par un châtelain…on suit son histoire : l homme exploiteur et l’animal exploité. Il est noté  » un humour dévastateur » moi, j’ai pas ri du tout, j’ai trouvé ce livre très sombre, une écriture puissante et pensante comme dirait FB.
          petit livre de 100 pages.
          j’ai commandé Plexiglas.

      • #101368 Répondre
        Claire N
        Invité

        « Au début, nous gambadions. Gambadant, nous ne voulions rien dire. Nous n’avions pas de mots. À l’état naturel, nous étions bien. « 
        Cette langue m’est proche
        Merci pour la soif

    • #101737 Répondre
      Kirilov
      Invité

      Avez-vous des recommandations de littérature contemporaine ? Je lis la nouvelle traduction de l’Iliade d’Emmanuel Lascoux, assez réussie à mon sens, mais arrivé au chant XV, besoin de faire une pause, et je pense que je préfère la traduction de Brunet.

      J’ai vu passer Walabi de Phillias, mais pas disponible dans ma librairie.

    • #101975 Répondre
      I.G.Y.
      Invité

      Je mets ça dans « Avis Littéraire », mais c’est très hybride.

      J’ai enfin lu ce livre découvert grâce à un entretien de LundiMatin qui m’avait marqué à l’époque, c’est-à-dire en septembre 2022 : Q comme Complot (sous-titre : comment les fantasmes de complot défendent le système), écrit par un membre du collectif anarchiste italien Wun Ming (Wu Ming 1, ancien membre du Luther Blissett Project).

      Le livre est né d’un signalement fait à l’auteur un beau jour qui de mémoire était en 2018 : le fameux mouvement QAnon, mouvement de masse s’il en est, que l’on a même aperçu jusqu’en France dans des manifestations, s’est directement inspiré dans sa narration maître et dans son nom même d’un roman satirique de 1999 mais pris au premier degré, écrit entre autres… par le membre de Wu Ming en question. Son titre : Q. Exactement comme le fameux anonyme qui postait sur 4chan, puis 8chan, puis 8kun, avant de disparaître. Le « Q Anonymous », le QAnon.
      .
      Q comme complot, c’est une sorte de grande enquête sur la généalogie mouvement de masse énorme (qui a revendiqué ensuite son camouflage sous d’autres « hashtag » afin de survivre à une répression très tardive de Facebook, notamment sous #SaveTheChildren). Une enquête à la forme hybride-littéraire revendiquée, ça n’est pas un essai classique. Le livre passe par tous les stades :

      — description serrée d’actions concrètes et spontanées de participants, de citoyens ordinaires qui s’engagent dans des actions armées, voire dans des attentats. Lien avec d’autres auteurs d’attentats plus connus (attentat de Christchurch, etc…). Qui sont ces gens? Qu’ont-ils fait? Qu’ont ils dit de ce qu’ils ont fait?

      — réflexion conceptuelle sur la notion de « théorie du complot ». Il montre comment les caractéristiques d’une ‘théorie du complot » sont presque point par point opposées à celles d’un complot réel. Il refuse le terme « théorie du complot » et fait des distinctions « fantasme de complot »/ »hypothèse de complot »/ »complot ». Le fantasme de complot est bien sûr, contrairement à ce qu’il voudrait faire croire, le stade terminal de la mort de la pensée structurelle et historicisée.

      — réflexion structurelle sur l’efficacité de ces narrations : leur toxicité est adaptée à la toxicité de la structure dans laquelle elles prennent corps, à savoir celle des réseaux sociaux. D’un point de vue évolutionniste, les stratégies déployées par les acteurs (qui ne sont pas nécessairement puissamment pensées mais si rapides à réagir à tout évènement, à l’incorporer à la narration, qu’elles sont de l’ordre du « réflexe ») sont les plus adaptées à la survie et à la croissance dans la structure toxique en question. Il y a aussi bien sûr le versant plus directement politique de l’affaire, qui est abordé (la lutte contre la gauche ; mais l’auteur montre aussi que des parties de la gauche peuvent parfois succomber à ce type de narrations, il prend des exemples dans le Parti Communiste Italien, ou dans l’anti-impérialisme antiaméricain)

      — démarche généalogique, on remonte la trace du phénomène : on identifie les grands points de bascule, les grandes singularités qui ont mené les fantasmes de complot là où ils en sont aujourd’hui. Quand sont-ils devenus ce que l’auteur après d’autres nomme des Alternate Reality Game décentralisés, dans lesquels chaque individu peut participer à la narration générale sans qu’elle ne soit entièrement commandée par un petit groupe (par Q et ses posts en l’occurrence, dans le cas de QAnon)? On remonte à la période des années 60-70 aux US, au fantasme assez incroyable « Paul is Dead » dont j’ignorais tout, à la Manson Family. On montre plus loin les racines profondément européennes (et chrétiennes) de l’affaire, on voit les profondes similarités entre l’accusation du sang contre les juifs (fin Moyen-Age début Renaissance) et toutes les narrations ultérieures, on traite de la première grande singularité qui voit la naissance du complotisme moderne (la Révolution Française). On revient aussi dans le détail sur l’un des points nodaux des narrations de complot, à savoir la fameuse question des enfants : notre auteur raconte entre autres comment le féminisme s’est profondément divisé là-dessus durant les grandes paniques pédosatanistes aux USA et en Italie (une de ces affaires a tout de même donné lieu au plus long et coûteux procès de l’histoire pénale américaine, suivi par des millions de personnes, ça n’est pas rien : l’affaire McMartin dans les années 1980) : faut-il croire aveuglément la parole des enfants en matière d’abus sexuels? On y voit aussi comment aussi des abus ou des mauvaises pratiques réelles peuvent donner lieu à des fantasmes délirants qui recouvrent complètement le problème initial.

      — Grande réflexion sur la question : pourquoi le « debunking » ne marche pas? Pourquoi le « debunking » peut-il prendre lui aussi tous les atours d’une « narration toxique »? Comment imaginer une stratégie politique et narrative, presque littéraire/artistique, qui réponde vraiment aux fantasmes de complot?
      .
      Livre trop riche pour en faire la recension en si peu de lignes. Un très gros livre aussi (dont la fin traîne un peu en longueur, c’est un reproche que je lui ferais). Un livre qui tente des choses, y compris formellement. Écoutez d’abord l’entretien vidéo sur LundiMatin si vous n’êtes pas convaincus ou si vous n’avez pas la foi de vous taper les 500 grosses pages. Mais je le conseille vivement.

      • #101976 Répondre
        I.G.Y.
        Invité
        • #101994 Répondre
          Jeanne
          Invité

          Merci I.G.Y. Cet entretien avec Wu Ming 1 est passionnant, super éclairant.

          • #102092 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Yapadquoi. J’ai d’ailleurs vu hier que l’identité de Wu Ming 1 n’est en fait pas bien mystérieuse : un certain Roberto Bui.

            • #102103 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Ok, merci pour cette info.
              (Le gars, par sa manière de démêler un sujet tout pourri, tout miné – le complotisme – et en remettant de l’humain, de la profondeur, là où d’aucuns ne voient que de la bêtise, m’épate !).

    • #101985 Répondre
      Younès
      Invité

      Quelqu’un a-t-il vu et compte lire le premier livre de Rose Vidal, « Drama Doll » ?
      Premier ouvrage de la collection « Aventures » chez Gallimard crée par Yannick Haenel (vous en pensez quoi de cet écrivain ?, personnellement j’aime).
      Sur le livre de Vidal, je trouve ça assez subversif même si les coutures sont peut-être un peu trop visibles (ce qui se comprend pour un premier livre…). Il y a une vraie volonté d’inventer une nouvelle forme, follement circulaire avec une dimension poétique et peut-être même mystique (pas étonnant que Yannick Haenel l’ait publié).
      En tout cas, c’est intéressant et je ne peux que vous le conseiller !

      • #101997 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        je n’avais pas vu que ce livre existait
        je note

        • #102012 Répondre
          Younès
          Invité

          Je serais curieux de t’entendre aussi sur le livre « Tiens ferme ta couronne » de Yannick Haenel ? Je dois à ce livre la découverte de mon réal préféré Michael Cimino…
          Tu as aimé ?

          • #102159 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            pas lu
            j’aurais du, étant fan de Cimino depuis 1987

            • #102190 Répondre
              Younès
              Invité

              1987 année de sortie du Sicilien… Je redoute le visionnage de ce film que je n’ai pas encore vu..
              En tout cas je vous conseil à tous ce livre. Narrateur déprimé et alcoolique de 50 ans qui regarde en boucle Voyage au bout de l’enfer, La Porte du Paradis et Apocalypse Now à la recherche de la vérité, de sa vérité. Avec un tragi-comique inhabituel sous la plume de Yannick Haenel mais très cinglant et des rencontres (avec Cimino et Huppert notamment) épatantes…

              • #102192 Répondre
                perové
                Invité

                je suis en création litt dans une école d’art réputé, et Haenel est très souvent roasté par les intervenants, ne revient que son nom négativement, je me suis souvent demandé pourquoi lui (je ne l’ai pas lu), tout y passe son style, son appatenance au monde d’avant, ses scènes de cul…

                (je précise que les intervenants sont des écrivains +/- reputés (POL, Allia, Grasset….)

                • #102204 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  toujours la belle fraternité entre écrivain
                  qui sont les intervenants?

                • #102240 Répondre
                  Younès
                  Invité

                  Assez surprenant, mais je me doute que ce milieu que je ne connais pas du tout doit être assez hostile.
                  Moi qui ai lu plusieurs de ses livres, je le trouve vraiment génial. Sa « langue » me touche énormément.
                  Les écrivains comme lui, comme François et les autres hostiles à leurs congénères savent qu’ils ne vont pas vendre (malheureusement) autant que Gillaume Musso alors pourquoi se tirer dessus ?

                  • #102252 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    on ne déteste que le plus proche
                    on ne fait la guerre qu’à celui qui joue dans la même catégorie
                    voir pour ça le fragment Concurrence, dans Psychologies (où il est question de Nicolas Mathieu et moi)

              • #102256 Répondre
                Juliette B
                Invité

                Je l’avais aimé aussi Tiens ferme ta couronne, le fond déprimé de l’auteur trouvant sa grâce dans l’humour. Ceux – 1 ou 2 – testés dans la foulée m’avaient semblé lestés d’une morbidité non créative (pas allé au bout je crois). Et puis, plus récemment, une copine m’a conseillé son Trésorier payeur général, me le décrivant comme drôle à nouveau, je le lirai quand je le retrouverai dans ma chambre

                • #116147 Répondre
                  GaelleS
                  Invité

                  J’insère ici mon post en étant étonnée qu’il y ait eu si peu de post sur Haenel (Yannick) ici.
                  J’ai également apprécié son humour, sa manière de raconter les aventures rocambolesques et les longues périodes de loose du narrateur qu’il vit à fond. Ce roman me fait penser à la fois à Logan Lucky et aux Enfants Tanner.
                  J’aime bien comme il joue avec les frontières poreuses entre narrateur et auteur, ses incises sur le désir et l’art, qu’on retrouve par ailleurs dans La solitude Caravage lue juste avant.
                  A la seule lecture de ces deux livres, je préfère d’ailleurs Haenel romancier que disons essayiste, où il est parfois pénible en première partie du Caravage lorsqu’il décrit son rapport désirant et exalté devant les tableaux du peintre ; livre que je recommande car c’est une réserve à la marge, tellement sa manière de décrire les œuvres du peintre sont riches, car il fait dialoguer sa propre sensibilité, la vie du Caravage et le contenu même des œuvres. Il fait également de récurrents aller-retours entre la littérature et la peinture comme moyens d’approcher la vérité (question qu’on retrouve aussi dans Tiens ferme ta couronne).
                  J’ai vu François qu’avec Transfuge, vous aviez eu un dialogue avec lui et Ferrari ; j’ai l’impression que tu l’aimes bien mais je n’ai pas souvenir que tu en aies parlé. Tu penses quoi de cet écrivain ? Vous avez le point commun d’être animé par la vitalité et l’aspiration à la vérité me semble t-il.

                  • #116242 Répondre
                    Anna H
                    Invité

                    Jamais rien lu de lui. Merci pour la recommandation.

                    • #117735 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      Merci +1, je viens de finir La solitude Caravage, c’est mon premier Haenel, il est très talentueux pour décrire et « mieux faire voir » (à défaut d’une autre expression) les tableaux du Caravage.
                      C’est vrai qu’il est parfois un peu trop exalté mais son talent d’écriture excuse tout pour moi. Seul problème, on passe toute la lecture à consulter internet pour voir les tableaux en question. Le prochain sera soit Jan Karski, soit Tiens ferme ta couronne.
                      .
                      Si vous avez des suggestions de texte qui « rendent les tableaux vivants » je suis preneur. En y pensant je trouve :
                      – Le livre de Daniel Arase qui reprend ses interventions radiophoniques.
                      – La mort de Brune de Bergounioux, sur le tableau de l’Assassinat du maréchal Brune de Scherrer.
                      – La préface de Foucault pour Les Mots et les Choses sur Les Ménines de Velázquez, préface qui m’avait ébloui, d’autant plus ébloui qu’après j’ai rien compris au bouquin. Mais apparemment Arase tempère en nous informant que Foucault dit quand même des bêtises.
                      – On me suggère La fièvre Masaccio, de Sophie Chauveau.
                      .
                      François je m’associe à la question de Gaëlle !

                      • #117736 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        – L’Oeuvre de Zola
                        – Le chef d’œuvre inconnu de Balzac.

                      • #117737 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Un cabinet d’amateur de Perec

                      • #117739 Répondre
                        GaelleS
                        Invité

                        Merci à vous deux pour ces suggestions de lecture.
                        Xavier, de l’on côté j’ai su lire 3 fois la première partie des Mots et des choses et j’ai été vraiment saisie par sa description si fine des Méninges. D’ailleurs j’y ai beaucoup pensé au début de ma lecture de La solitude Caravage en me disant que rmj’aurais bien aimé que Foucault écrive sur Caravage. Néanmoins la méthode expérimentale de Haenel apporte beaucoup à la compréhension et à l’attraction qu’on ressent pour les œuvres de Caravage.

                      • #117740 Répondre
                        GaelleS
                        Invité

                        *Ménines
                        Faudrait pas croire que je suis une quiche

                      • #117743 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        J’ai peu lu Haenel. Son romantisme littéraire me met à distance, mais il y a toujours chez lui une vibration qui m’intéresse.
                        Celui sur Caravage me tente bien, car voilà bien une énigme , le Caravage.

    • #102307 Répondre
      essaisfragiles
      Invité

      « Je viens de finir Hospitalité au démon qui m’a passionné, un peu agacé, parfois perdu et aussi bouleversé et révolté. » (Charles)
      .
      Je voudrais dire ma lecture confuse, lumineuse, désespérée, lumineuse encore de ce livre, essai, ode, épreuve de littérature et de vie. J’ai voulu déchirer les premières pages, les brûler, les bazarder, m’accrochant maladroitement à l’espoir qu’un livre conseillé par Français ne pouvait pas être seulement ce que j’ai d’abord cru y lire, et suivre l’auteur dans sa traversée « au coeur des ténèbres », où les repères ne repèrent plus rien, où les certitudes il n’y a plus de certitudes, là où le démon nous atteint parce qu’il est déjà là, mauditbénis. Aucune ambivalence, seulement l’ambiguïté de l’horreur qui nous déchire, indicible, sans langue, sans carte ni profil, et qu’il faut pourtant écrire : Culpabilité se renverse en Victoire, lenteur, coup de poing à la résilience des éternelles victimes Érynes, je suis peut-être fou mais ma rage égalera la vôtre et la détruira. Ou pas.

      • #102309 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Je me permets une petite incise ludique pour celleux qui l’ont lu (mais tout le monde peut jouer) : si mon imagination ne me joue pas des tours à un moment il utilise un mot bizarre qui signifie quelque chose comme « invoquer le malheur extrême pour mieux le conjurer », j’arrive pas à remettre la main dessus, tu saurais me dire ?

        • #102311 Répondre
          Claire N
          Invité

          Hum
          Pas retrouvé mais par contre info étonnante piquée dans un doc dont je me souviens plus
          Sur l’église et l’exorcisme
          Le journaliste posant la question suivante
          – vous en faite beaucoup des exorcismes ?
          – et la réponse étrange du prêtre : non, et il ne faut pas oublier pour un grand exorcisme il faut d’abord convoquer le démon avant que de l’exorciser

          • #102316 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Déprécation ! Merci à l’ami qui m’a mis sur la piste.

            • #102331 Répondre
              Claire N
              Invité

              Merci !
              La definition que j’en trouve sur le site CNrl
              Est assez courte
              Elle considère la phrase «  pardonne leur, ils ne savent pas ce qu’il font «  comme une illustration de déprécation

              • #102452 Répondre
                Mélanie
                Invité

                Ça me rappelle aussi un passage de la préface de François au Journal d’un curé de campagne, où il évoque les guérisseurs des campagnes, qui nous dirons que se confronter au « démon » est bien une épreuve.
                Enfin je ne sais plus si c’est ce que François a écrit mais je pense que les guérisseurs ne diraient pas le contraire

                • #102455 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  « Tout don est aussi une malédiction, les guérisseurs des campagnes profondes vous le diront. Ils vous diront dans quelle proximité avec le mal il faut entrer pour le conjurer. La divine hypersensibilité fraye avec les forces contraires, avec l’adversaire, avec « l’ennemi » dont parle le colonel Torcy. « Vous êtes le diable ! » lance Chantal au petit prêtre insignifiant qui a percé son coeur.
                  Si encore ce pouvoir était d’une quelconque utilité. Cruelle ironie de nos vies »

                  • #102465 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    Je le disais un peu mieux, mais c’est l’idée

                    • #102484 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Rire
                      Et c’est cette phrase
                      Vous êtes le diable ! » lance Chantal au petit prêtre insignifiant qui a percé son coeur.
                      D’âme abscedée empestant son entourage qui pose les plus complexes questions d’abord
                      De bonne foi

                      • #102487 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Un guérisseur rencontré avant le tournage d’Autonomes m’avait dit : t’approche pas de ça.

                      • #102514 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Ayant revu Antichrist dernièrement je serais tentée de dire pareil (si d’autres que moi sont comme moi très effrayés par ce film, je recommande son making of, trouvable sur YouTube, avec en particulier le chapitre sur les trucages : de la meule, de la bûche, du mollet, du sexe féminin, des animaux, du terrier, des ralentis…. – on voit aussi l’enregistrement de la musique – ça m’a remis la tête froide et bien amusée)
                        Je me disais que ce film présentait un cas où l’hospitalité au démon n’a pas pu être faite : la femme grandement souffrante aurait semble-t-il comme plus grande peur la peur d’elle-même, ce qui je crois peut etre rapproché du travail que fait Alexandrakis

                      • #102515 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        * un cas extrême, voire mythologique

                      • #102525 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui – ils disent cela
                        Et dans d’autres cultures aussi
                        Ne pas déranger les esprits
                        Peut etre que ça les aide à poser un cadre
                        Peut-être que c’est un sage conseil

      • #102313 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        « J’ai voulu déchirer les premières pages, les brûler, les bazarder »
        Décidément tu as une petite tendance à t’emporter.

        • #102314 Répondre
          essaisfragiles
          Invité

          Ou : meurtri par le sujet ?
          .
          Je ne reste pas.

    • #102389 Répondre
      Claire N
      Invité

      À ce propos et par association d’idée
      Toi essaie qui fréquente Nietzsche
      Je suis un peu interrogative vis à vis de l’occurrence récurrente du terme «  glace «  dans le gai savoir
      Et en particulier :
      «  oui , parfois je fais de la glace
      Elle est utile pour digérer !
      Si tu avais beaucoup à digérer,
      Ah ! Comme tu aimerais ma glace « 

      • #102517 Répondre
        Mélanie
        Invité

        (Je prends aussi)

        • #102526 Répondre
          Claire N
          Invité

          Rire
          Je refile en passant un truc de mémé
          Le cœur chaud, les mains froides

    • #102424 Répondre
      Kirilov
      Invité

      une seule librairie lyonnaise qui avait Toledo 6:55am en stock aujourd’hui, pas tout à fait surpris
      on va lire ça dans la semaine

      • #102482 Répondre
        Younès
        Invité

        Très dur à trouver également à Lille.
        Je peux recevoir les deux premières publications dans 1 mois…

        • #102488 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          merci de l’effort en tout cas
          on est plutot bien distribué, mais le petit tirage raréfie la présence

        • #102489 Répondre
          Claire N
          Invité

          En train de lire Toledo
          -Livre précisément le 4 à la différence de psychologie – je note quelle maison d’édition est la plus diligente donc
          – vraiment génial
          La façon dont le travail aliène y est présenté de la manière la plus singulière qu’il m’ai été donnée
          Et pourtant la plus intime ; cette impression de réduction des temps de vie aux moments des «  passages de relais «  du travail , de vie en transit
          J’essayerai de préciser cela ultérieurement

          • #102491 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            On attend avec joie les précisions.

            • #102538 Répondre
              Claire N
              Invité

              Merci
              J’attendrai que plusieurs personnes ai eu le temps de le lire
              Je ne sais pas si le genre de remerciement que j’aimerais adresser à Bénédicte Thiebaut passe la barrière de l’écriture sur un forum , mais mon dieu j’aimerais que ça chante au dessus des câbles comme je suis heureuse que ce livre existe
              Comme je suis heureuse de l’avoir lu

              • #102541 Répondre
                Claire N
                Invité

                Je ne résiste pas cependant à retranscrire une des phrases «  perce béton «  du nom des petites plantes puissantes de toutes sortes
                «  Mel portait sur la tête ce genre de petit chapeau ridicule vendu dans les kits «  tout pour la fête « , il offrait à tout le monde des Gin-Martini à 4 h de l’après -midi.Tout s’était très bien passé en somme, fêter les 70 ans d’un voisin est un événement assez rare pour qu’on ai pas le temps de s’en lasser. »

              • #102543 Répondre
                Kirilov
                Invité

                j’en suis au début de la deuxième partie, pas trop eu le temps de laisser décanter, mais quelques remarques :

                – la facilité déconcertante avec laquelle on pourrait se laisser porter par l’écriture. ça reconduit bien l’aliénation du monde du travail : torpeur inconsciente qui va jusqu’à pénétrer l’écriture, il me reste à m’expliquer comment. mais un exemple de ça peut-être : la première partie du récit ne s’étale que sur 4 jours – à vérifier – et pourtant l’habitude est déjà ce qui domine, on est déjà dans la vie diminuée par le travail ; et pourtant des moments de joie et des notations innocentes qui sont loins de l’être : les notations sur Léna avant de partir au lac, énumération pour terminer sur quelque chose comme « on sera tout seul, ça suffira »

                – l’idée de faire entendre une autre voix en fin de chapitre : j’ai eu peur au début de voir ça comme quelque chose d’un peu facile – bien trouvé certes, mais facile – et d’automatique. Pourtant je note ma surprise (c’est toujours bien) à la fin du dernier chapitre de cette partie de voir un non-humain prendre en charge cette partie du récit

                – je pense que je manque pas mal de choses, je crois comprendre que Bénédicte Thiébaut s’inspire très largement des américains que je ne lis pas, la seule référence en tête, c’est Paterson : les scènes de bus et la poésie de l’ordinaire, mais par exemple sur la persistance de l’odeur, je ne me l’explique pas trop? même si je retiens que Markus, présenté comme un « ordinaire » a quand même une vive acuité des choses qui l’entourent

                – la scène de confrontation avec le patron est plutôt bien faite je trouve. c’est un peu une scène attendue dans un roman comme celui-ci, et on a toujours peur que ça soit la même chose : là pareil, pas le temps de réaliser l’ampleur de la chose, on est emporté comme Markus, torpeur et l’idée du blanc bien trouvé du style « Non. tu crois savoir que (blanc) »

                • #102544 Répondre
                  Kirilov
                  Invité

                  erreur sur les italiques, désolé

                  • #102547 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Pour les odeurs je l’ai perçu comme une trace
                    De ce que les autre s portent encore sur eux de moments de vie avant que d’entrer dans le bus
                    Un peu comme essayer de saisir, pas lâcher cette conscience qu’on a un truc qui palpite, pourrait palpiter ensemble avant que d’être tous mis sur la chaîne de production

                    • #102557 Répondre
                      Kirilov
                      Invité

                      et en même temps Markus ne cesse de vouloir sentir davantage que les autres (je crois), mais c’est vrai qu’il remarque d’abord des odeurs agréables, c’est assez étrange et on se fait assez peu la remarque que les gens sentent bons, ou particulièrement ; plutôt les gens qui sentent mauvais, ça serait un peu Markus comme miroir inversé de Grenouille du parfum

                      • #102565 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui c’est plus précis ni mauvais / bon
                        Mais quoi

                • #102665 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  « l’idée de faire entendre une autre voix en fin de chapitre : j’ai eu peur au début de voir ça comme quelque chose d’un peu facile »
                  Alors justement cet aspect je l’ai trouvé extrêmement intéressant ; cette manière a contribué à ce que pour le moment, faute de mieux, j’appelle «  passage de relais « 
                  – j’éprouve encore plus que les points de relais entre les personnes se tiennent à des moments de jonction – pas de contact
                  – que ces moments pourraient être rencontres mais sont «  manqués «  car contraints
                  – que cette architecture particulière de la contrainte creusée, forcée par les structures portant les corps au travail n’est pas «  bonne «  en terme de santé , prive – manque – avorte
                  Les exemples de relève d’un travail jour/ nuit sont pour moi très sensible
                  Lorsque la rivière et le lac s’expriment; tout s’éclaire
                  Ce passage est grand ; il objective cette sensation
                  Les rivières vivantes qui se rencontrent en un lac
                  Le lac m’évoque à son tour «  les structures « et précise des analogies fugaces : quand il retrouve Lena le soir je pense lac, Mais réduis à flaque et menacée également -je le sent- dans sont côte «  vivants « 
                  La rivière – lac – structure vivante raconte sa maladie : c’est aussi celle des hommes
                  La structure contrainte menace la vie plus larges des etres entres eux

                  • #102667 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Passage de relais est aussi l’expression qui m’était venue en découvrant le livre
                    Il y a aussi l’arbitraire de la chose : lui ou un autre, c’est pareil. Tous et toutes pourraient narrer. Toutes les vies se valent et valent.

                    • #102682 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      « Tous et toutes pourraient narrer »
                      Exactement – et en cela oui arbitraire
                      Cet arbitraire affirmatif des profondeurs de l’anarchie

        • #102512 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Je l’ai commandé au Biglemoi (où j’ai déjà récupéré La vie d’Abdèle). J’y ai aussi retiré Psychologies. On m’a annoncé des délais convenables.
          Vois au Bateau-Livre peut-être ?

          • #102522 Répondre
            Younès
            Invité

            J’ai réussi à les commander à La Procure dans des délais pas exorbitants.
            Je regarderais pour me procurer Psychologies aussi.
            Je suis, hélas, peu habitué aux petites librairies indépendantes…

      • #102518 Répondre
        Mélanie
        Invité

        On mon sud on attend livraison, mais j’ai commandé un peu tard

    • #102470 Répondre
      Younès
      Invité

      Y’aurait-il des amateurs de romans policiers ?
      J’ai découvert avec grand enthousiasme Jim Thompson récemment et je connais Goodies, Chandler, etc. mais je cherche des auteurs moins connus et des auteurs français contemporains de romans policiers ?
      Des conseils/suggestions ?

      • #102474 Répondre
        Younès
        Invité

        Et rien à voir mais vous en pensez quoi de Christine Angot ?
        J’ai un prof de français qui la vomissait, j’ai aimé son documentaire, mais si le style c’est du Duras ça sera trop alambiqué pour moi sûrement…

      • #102480 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Jim Thompson, sec comme tout. De lui je me souviens de son roman Les Alcooliques qui n’est bizarrement pas un polar. J’ai aussi lu 1275 âmes et Le Démon dans ma peau, sympas comme tout, oubliés un peu vite néanmoins.
        J’ai déjà dit mon amitié pour l’écriture d’Edward Bunker qui a produit de bons romans de prison, connaissant bien l’affaire. James Ellroy, je n’accroche pas à tout et c’est souvent bordélique, mais son autobio bizarre Ma Part d’ombre vaut le coup. Il est cintré.
        Dans le pur divertissement, Dennis Lehane est doué ainsi que James Lee Burke, l’un de mes chouchous. Son œuvre monumentale autour du policier mystique Dave Robicheaux est aussi improbable et fantaisiste que lyrique, si tu aimes les histoires qui lorgnent vers le fantastique.
        Kris Nelscott est une autrice qui coud les plus ou moins bonnes histoires du detective privé noir Smokey Dalton, qui pérégrine dans les USA de la période des luttes pour les droits civiques. C’est audacieux, pas toujours réussi mais plaisant.
        Enfin j’aime beaucoup Richard Price, l’auteur du génial Clockers que je te recommande, ainsi que de The Whites. Il s’attache moins à l’aspect policier qu’aux structures qui produisent la criminalité, violence policière comprise.
        En polar français je retiens surtout les histoires racontées par Jaenada qui ont le mérite d’être authentiques – La Petite femelle pour commencer, puis La Serpe. Sans preuves ni aveu est pas mal du tout. Et Au Printemps des monstres, grand livre.
        Voilà pour moi.

        • #102481 Répondre
          Younès
          Invité

          Merci l’ami ! J’ai de quoi lire pour un moment.
          Je note tout ça et ferais sûrement des retours !

          • #102490 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            IL faut se méfier des gens qui « vomissent Christine Angot », ainsi que de Christine Angot elle-même
            Il faut la lire. Au moins essayer. C’est une bonne psychologue.

    • #102603 Répondre
      Kirilov
      Invité

      bientôt terminé Toledo
      françois, a-t-on une date plus précise pour l’arrivée du podcast littéraire sur les premières parutions de Cause perdue ?

      • #102605 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        ce sera dans la semaine
        je le signalerai

        merci pour ta lecture

        • #102608 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Mais pourquoi QUE deux livres dans le catalogue? Cause Perdue a reçu combien de manuscrits? Deux livres permettent de mieux les promouvoir?

          • #102668 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Ce sont les deux premiers livres qui sortent, d’autres vont suivre
            On ne commence pas en lançant 7 livres d’un coup, personne ne fait ça, à moins d’avoir un capital de 12 millions.

            • #102677 Répondre
              stephanie
              Invité

              pourquoi un tel nom « cause perdue »?

              • #102685 Répondre
                Carpentier
                Invité

                je me mêle? je me mêle
                Cette expression, attribuée aux livres, à l’édition et à littérature, joue dans la bouche de François Begaudeau, notamment, depuis pas mal de temps déjà, comme quiconque un tant soit peu attentif a pu l’entendre.
                – Défi donc?
                Comme pour déjouer avec fantaisie une fatalité annoncée?
                Celle de la disparition lente mais certaine des petites maisons d’éditions indé, des publications papier, des librairies de quartier, des femmes lectrices – majoritaires, benh si – lisant dans les transports, les parcs, sur les plages?
                – ou clin d’œil appuyé et salace (on connait) pour dire que non, ça vaut le coup d’essayer, pour les petits poissons indé, de taquiner le requin gros groupe d’éditions réseauté?

                • #102692 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Aussi, il me semble, en rapport avec les manuscrits publiés qui ont auparavant été refusés par les (autres) éditeurs.
                  Et à présent, peut-être aussi un lien avec la disparition à venir de la gauche qu’avait annoncé François ? (« La politique continuée par la littérature »).

                  • #102694 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    oui, la gauche cause perdue et vous?
                    les refusé.es, les exclu.es, les petit.es, les femmes ; D
                    one + one + one

                    • #102699 Répondre
                      ..Graindorge
                      Invité

                      Ah tu t’en rappelles de celle-là: one + one +one…
                      Bon je l’avais dit en français: un + un + un

                      • #102713 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        et oui, l’Amie (si tu le permets) toi comme moi ne disons pas que, non non, ni même surtout,
                        des conneries
                        Ne leur en déplaise .

                      • #102714 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        jump!

                      • #102724 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Merci l’Amie!

                  • #102700 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    « peut-être aussi un lien avec la disparition à venir de la gauche qu’avait annoncé François ? »
                    Comme je l’ai dit dans le fil Le communisme qui vient ( titre du livre de Bernard Friot et Bernard Vasseur. Éditions La dispute 15€) la gauche ne disparaîtra pas mais des gens dans cette gauche ont disparu et disparaissent

              • #103617 Répondre
                :
                Invité

                « Mais il y a toujours une cause perdue. »

    • #103258 Répondre
      Claire N
      Invité

      « Les trentenaires adorent ça beaucoup plus encore que les petits, retour à l’enfance, goût du sucre et peluche géante. Il y a dans ces moments là une lueur dans leurs yeux qui n’a rien de sain, quand ils essayent à tout prix de ressentir ce qu’il ont ressenti enfants au contact de la barbe à papa. Peine perdue, mais ils s’accrochent comme des forcenés en s’extasiant d’être aussi heureux dans ces fils roses et gluants qu’il y a vingt ans.Alors qu’ils le sont bien davantage.et à côté d’eux leur enfant de 3 ans les regardent, ébahis face à une telle paresse intellectuelle.
      Je grince des dents à chaque fois que quelqu’un use de l’expression «  rêve de gosse », « Alors Bernhard Madoff , baiser des milliers d’actionnaires c’était un rêve de gosse? »(…)
      Les enfants n’ont pas de rêves ils ont des envies « 
      – encore un génial passage de Toledo
      – faire sentir cette prison ,que j’ai envie d’appeler «  la maison de poupée « avec toute l’horreur malsaine de cette geôle appat et placer cela dans l’univers Coca-Cola – parfait

    • #103319 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      « Les enfants n’ont pas de rêves ils ont des envies «  » Le genre de phrases devant quoi on se dit : mais oui, c’est ça
      Cette histoire de rêves ne va jamais

      • #103327 Répondre
        Claire N
        Invité

        Non ça ne va jamais
        Y’a un truc pourri au pays des rêves
        Pourtant leurs T2 se vendent une blinde

      • #103731 Répondre
        Claire N
        Invité

        Parmis ces phrases «  mais oui c’est ça « 
        Il y a : «  j’ai peur tout simplement de l’absence de vie « 
        C’est du Pascal sauvage, j’aime tant

    • #103574 Répondre
      MA
      Invité

      Un avis sur Mario Vargas Llosa ? Par quel livre commencer à le lire?

      • #103622 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Les chiots
        « Quand les fêtes d’anniversaire devinrent des fêtes mixtes, ils restaient dans les jardins en faisant semblant de jouer à tu l’as, mère qu’as-tu dit ou à chat perché j’t’ai touché ! alors que nous n’avions d’yeux, nous n’avions d’oreilles que pour ce qui se passait au salon, que fabriquaient ces filles avec ces espèces de grands gars, les veinards, qui savaient déjà danser ? »

        • #103739 Répondre
          MA
          Invité

          Merci pour la référence et la reco.

    • #103876 Répondre
      Claire N
      Invité

      La vie d’Abdel
      «  Ma mère lui dira qu’il faut exiger de l’Etat qu’il fasse son devoir, et que l’argent du pétrole soit pour tout le monde.le boucher, décidément sous le charme, sourit de ses yeux bleus et, sans paternalisme, lui dit qu’elle finira par comprendre et lui souhaite la bienvenue «  chez elle « « 
      «  j’assiste, fascinée , à ce flirt de l’improbable, entre une communiste et un anarchiste, unis par un gigot d’agneau, un vendredi de guerre civile. « 
      Merci Izza Amar – ce bienvenue : c’est donc possible de pleurer de la joie que ça le soit

      • #103877 Répondre
        Ostros
        Invité

        Podcast en ligne dans 1h15, ici :

    • #104083 Répondre
      Henry
      Invité

      À propos de Bristol d’Echenoz, vous savez pas de quel(s) film(s) il pourrait s’inspirer pour la scène de l’éléphant ?
      Dans la gêne j’ai entendu le nom de Philippe de Broca, mais bon si vous penser à d’autres films je suis preneur. J’ai pas entendu Echenoz parlait d’un film en particulier qui l’avait inspiré.

    • #105409 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
    • #105505 Répondre
      Ostros
      Invité

      Actu Cause Perdue.
      Le parrain nouveau est arrivé :

    • #105812 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      En ce 8 mai, parcourant les dossiers jaunis de mon explorateur Windows, naviguant de png en jpg et autres mkv ou mp4 je finis par tomber sur un petit pdf. Fichier envoyé par une connaissance il y a un ou deux, qui m’avait entendu louer l’auteur de son contenu : Jean Echenoz. Quelques jours plus tard le pdf tombait dans ma boîte mail. Il s’agit d’un scan d’une de ses nouvelles qui n’est pas facilement trouvable sur internet (en tout cas je n’ai pas réussi), parue en 1989 et rééditée dans un Cahier de L’Herne en 2022, nommée J’arrive. Ce texte, je l’avais complètement oublié.
      .
      Je suis à nouveau frappé par la manière dont ce type arrive à écrire à partir de rien. Une petite ville, une arrivée en train, une avenue, et voilà quatre pages. Cet aspect avait été je crois noté dans la GO consacrée, tout comme cet autre qui m’émeut tant qu’est sa capacité si naturelle à donner vie à son décor — « Sur les portes battantes sont vissées des plaques émaillées suggérant sans espoir d’entrer par ici, de sortir par là » ; « Vermorel parcourt la météo : on y augure qu’un flux instable et frais va jeter son dévolu sur l’Europe occidentale. Les averses alterneront avec les éclaircies, les mouvements d’air ne manqueront pas, le printemps sera tardif. Le clocher tousse dix heures ».

      Cette très belle circulation du point de vue, du « je » au « on » qui s’immisce partout jusqu’au « nous » pour revenir au « je ». Ces petits renvois et jeux de miroir internes, aussi. Après relecture, c’est certain, j’adore ce texte.
      .
      Jean Echenoz : Le Parrain III ? Sans doute plus accessible que Luis Enrique.

      • #105813 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci à toi et à cette connaissance.

      • #105832 Répondre
        Anna H
        Invité

        Merci I.G.Y !

      • #105857 Répondre
        Buster
        Invité

        Merci I.G.Y 🙂

      • #105880 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci I.G.Y et à ta connaissance
        Bonne surprise et beau cadeau
        et comme tu nous l’amènes:
         » En ce 8 mai, parcourant les dossiers jaunis de mon explorateur Windows, naviguant de png en jpg et autres mkv ou mp4 je finis par tomber sur un petit pdf. » C’est presque du Echenoz

      • #105883 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci IGY
        J’aime particulièrement le foutage de gueule du scénario ficelé
        – «  seul toi peut ( mon neuveu ) reconnaître « 
        – et il sort une photo
        Grand rire,

      • #105953 Répondre
        Alphonse
        Invité

        Cruelle déception, à l’été 2011, lorsque je découvris que Le Serpent à plumes, dans quoi j’avais repéré un texte d’Echenoz encore inconnu, avait la taille d’un post it. C’était J’arrive.
        Notons que les textes brefs d’Echenoz sont souvent très bons. L’Occupation des sols, par exemple, m’a beaucoup marqué. J’en écris de nombreux pastiches – que je garde pour l’apéro, quand j’ai choif.

        • #105983 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          son bref texte sur Lindon est superbe aussi

          • #105993 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            @Claire moi j’ai interprété le « à part moi qui ne peux pas » comme « moi aussi je peux le reconnaître mais je ne peux pas venir ». Cela dit il y a petite ambiguïté.
            .
            Et sinon oui, Jérôme Lindon est très beau, j’ai beaucoup aimé cette rupture stylistique volontaire avec ces histoires de virgules. Perturbant au début, mais quelle belle idée. Et cette fin.

            • #105994 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Y a-t-il des revues de ce genre qui publient des petites fictions et qui sont très recommandables pour découvrir des auteurs? Ou est-ce que ça ne se fait plus?

              • #106612 Répondre
                perové
                Invité

                Tu as Sabir, 2K2 (insta), Tendre…

            • #106006 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui , j’ai compris comme toi
              Mais avec une photo il aurait pu envoyer n’importe qui le chercher

          • #106617 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Inlassablement: un chef-d’oeuvre

          • #106619 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Jérôme Lindon
            Inlassablement: un capo lavoro. Un chef-d’œuvre
            P.s: j’aime bien le forum. Tant pis pour ses tristes coulisses

      • #106358 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        @I.G.Y
        Zut, cette fois pas réussi à lire J’arrive… Y-aurait-il une autre possibilité que We transfer stp?

    • #105860 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Grand Merci I.G.Y

    • #105862 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      merci, je ne connaissais pas

    • #106591 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Ce n’est pas un avis littéraire mais je n’ai pas trouvé où partager cet entretien

      Entretien avec Jean Echenoz

    • #107070 Répondre
      MA
      Invité

      On pense quoi de Faiza Guène et de son style?

      • #111154 Répondre
        MA
        Invité
        • #111177 Répondre
          Samuel de Nerra
          Invité

          Hello, j’ai lu un autre livre de Faiza Guène, j’ai commencé kif kif demain, et ai lu l’article partagé.

          Le point commun, une prose très drôle qui, pour ma part, me fait beaucoup penser au Romain Gary de « la vie devant soi ».

          Sauf qu’on est bien fin vingtième, debut vingt et unieme, et le point de vue de cette jeune femme arabe, venant de quartier d’exploités jusqu’à la moelle, est formidable et passionant.

          Nul doute que parmi mes blancos gauchisses plus près géographiquement des notables que des jetables, il y aura force choses à découvrir.

          Et toujours cette humour!

          • #111181 Répondre
            MA
            Invité

            C’est clair, beaucoup ri à la lire. Un rythme enlevé et une analyse sans concession de la société et de son entourage. Merci à La dernière pour la découverte. J’avais hésité car publié chez Fayard.

            • #111183 Répondre
              Samuel de Nerra
              Invité

              Ehe idem, spotted chez Meurice.

    • #107375 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a lu ici l’art de la joie de Sapienza? Ca vaut quoi?

      • #107378 Répondre
        K. comme mon Code
        Invité

        J’ai essayé deux fois, je ne suis pas rentré dedans. Mais j’y retournerai.

        • #107403 Répondre
          stephanie
          Invité

          pareil, aucune accroche mais j’étais peut être trop jeune, j’y retournerai aussi

          • #107418 Répondre
            Oscar
            Invité

            Pareil, sauf l’âge.

      • #107541 Répondre
        Anna H
        Invité

        @Charles. Et bien moi, je te recommande la lecture de L’Art de la joie qui est un roman fort sur l’émancipation de Modesta (double de Goliarda), personnage inspirant, de sensibilité anarchiste (et évidemment féministe) qui aura pour dessein de s’affranchir des normes coercitives de la société sicilienne de son temps. L’héroïne évolue, guidée par sa propre morale, toujours mue par une quête de la joie et de la jouissance individuelle.
        Il y a dans ce livre plusieurs passages magnifiques que je conserve précieusement et le bouquin présente aussi beaucoup d’intérêt sur le plan historique et politique puisque l’histoire couvre une bonne partie du XXème siècle en Sicile.
        En revanche, le tout est selon moi assez bordélique et surtout très inégal en terme de qualité littéraire ; il y a du très bon et du franchement moyen. On passe de parties très violentes et crues – ça commence fort de ce point de vue là avec un inceste et plusieurs parricides – à des passages un peu mièvres. Quelques longueurs, des digressions un peu chiantes, ainsi que des changements de registres stylistiques dont je n’ai pas bien compris le sens, surtout vers la fin avec une forme théâtrale.
        Il y a peut-être un problème de montage car j’ai appris depuis que Goliarda a travaillé sur le texte avec son mari, Angelo Pellegrino, mais c’est lui qui, après la mort de Goliarda, a préparé l’édition finale des quelques 800 pages écrites par elle sur une période de 10 ans.
        Je te signale qu’il y a actuellement sur Arte un documentaire qui est consacré à ce roman, avec des bouts d’entretiens de Goliarda et de son mari, mais je ne sais pas ce qu’il vaut. Pour ma part, j’ai très envie de lire L’Université de Rebibbia (1983), où elle raconte son séjour en prison pour avoir volé des bijoux à une amie qui la dénoncera. Elle a aussi écrit 8000 pages de journal, ses Carnets.

        • #107634 Répondre
          Charles
          Invité

          Merci Anna pour cet avis très développé. Peut-être vais-je m’y risquer même si la perspective de me lancer dans une lecture de 800 pages d’un roman intéressant mais inégal en définitive m’enchante moins (avec ce genre de longueur de roman, je cherche plutôt un grand livre). Je suis étonné de vos retours car je pensais que c’était une sorte de chef d’oeuvre très reconnu, un peu consensuel. Sans doute que la réception très romanesque du livre, associée a la figure de l’autrice, a aidé à cette réception.

    • #108866 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Qu’est-ce qu’on pense ici de Marcel Schwob? J’ai trouvé ses Vies Imaginaires dans la cave de mes grands parents. Projet littéraire à première vue diamétralement opposé à celui du maître des lieux, mais moins qu’il n’y paraît. Il y a un grand calme et une majesté sobre de la phrase, la poétique de sa précision, une faible propension au pathos, mais aussi l’étonnante succession de portraits elle-même : on y alterne, sur cinq à dix pages, d’illustres inconnus et quelques célébrités (de l’antiquité au XIXè), mais tous dépeints avec l’exact même soin. Comme la sensation d’une grande mise à plat.
      .
      « Les paroles d’amour passèrent de l’un à l’autre, furent soupirées, les firent rire et s’usèrent. » (dans Lucrèce)

    • #111167 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      Gaëlle Obiégly Sans valeur , un essai et un roman à la fois. D’une grande puissance: qu’est qui a de la valeur ? Entre déchet et archive comment savoir ce qui compte ?
      Un livre bouleversant de simplicité.

      • #111170 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Bonne autrice, depuis toujours.
        Mais je n’ai pas lu celui ci.

      • #111175 Répondre
        MA
        Invité

        J’avais bien aimé N’être personne, que j’avais trouvé original et sensible, par son dispositif littéraire.

    • #111180 Répondre
      Stéphanie
      Invité

      MA, est ce que n’être personne est la réponse de Gaëlle Obiégly face au propos de Emmanuel micron  » les gens de rien » ? Je sais qu’elle a fait un retour écrit par rapport à ses propos mais je ne trouve pas le texte.

    • #111191 Répondre
      ..Graindorge
      Invité
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