skip to Main Content

Accueil › Forums › Forum général › au détour d’une analyse… au sein de deux cents analyses… une réflexion

  • Ce sujet contient 9 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Thomas Thierry, le il y a 1 année et 9 mois.
Vous lisez 1 fil de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #80612 Répondre
      Thomas Thierry
      Invité

      En lisant votre dernier livre, je me suis dit que, manifestement, vous êtes peut-être plus un boulimique de livres et de films que vous n’êtes écrivain. C’est dingue! Vous vous farcissez vraiment tout, apparemment, dans l’espoir (souvent déçu) de trouver de l’art quelque part, au détour d’un titre pas accrocheur ou d’un blockbuster. Corrigez-moi si je me trompe. Si c’est bien le cas, cette soif de trouver, à l’instar d’un chercheur d’or perdu dans les Rocheuses, le geste, l’élément de dialogue, le plan, l’intention, etc., qui chercherait à renouveler l’expression littéraire – la littérature – ou cinématographique – le cinéma -, au milieu de milliers d’heures de visionnage et de milliers de pages de lecture, produit une recherche intense et fait de vous une espèce de stakhanoviste de l’art – c’est du moins ce que j’ai compris – en tant que lecteur et spectateur, plus que n’importe quoi d’autre. (l’image du chercheur d’or ne me vient pas de l’expression « pépite » qui me fait lever les yeux au ciel, mais d’un extrait de « Thérapie de groupe » de Larcenet que, si vous ne lisez pas de bédé, je vous conseille ardemment)

      ‘tention, n’allez pas dire ce que je n’ai pas dit: j’ai lu plusieurs de vos romans et je reconnais en vous exactement ce que vous cherchez dans la lecture, c’est-à-dire le désir de faire art et non d’écrire le prochain Renaudot, donc je sais que vous êtes bien plus qu’un essayiste ou un critique d’art (encore que « plus » puisse sembler péjoratif pour les deux dernières fonctions, ce qui n’était pas l’intention).

      Mais si j’écris ce message ici, c’est pour ce sujet, car c’est aussi mon sujet, mon désir, celui de repérer ce qui, dans l’actualité, fera histoire de l’art. Jusqu’ici, je m’intéressais surtout à vos romans et à vos critiques politiques bien senties. Mais désormais, je crois que je vais aussi me tourner vers vos critiques littéraires et cinématographiques.

      Cela dit, vu la production de livres et de cinéma, je n’imagine pas que vous ne fassiez une sélection a priori. J’imagine que c’est trente ans de métier qui vous le permet. Hier, je parlais avec l’un des auteurs d’Alabama 1963 qui évoquait la problématique parallèle du monde de l’édition dans le trip « chaque mois, ce sont 500 manuscrits qui tombent sur ma table ». Problème similaire en amont de ce que vous rencontrez en aval.

      Comme on est aussi du même côté politique (je me retrouve à peu près à 90% dans ce que vous exposez), j’imagine que vous observez aussi le monde de la production littéraire et cinématographique comme aussi problématique que le reste du marché libéral. Pour autant, je vous vois mal (détrompez-moi?) vous raccrocher à la méthode de production artistique « L’an 01 ». [Ca y est, on arrive enfin à la question!!] Même si je sais qu’on parle un peu (beaucoup) dans l’abstrait, est-ce que vous imaginez un « système » qui pourrait réconcilier l’art (dans ces deux domaines pour commencer) avec une production moins cahotique et moins chaotique (les sic sont superflus), sans sacrifice? Ou bien est-ce peine perdue et autant laisser les choses « aller » telles quelles, et l’histoire de l’art reconnaitra les siens, quitte à ce que l’artiste génial, que seules quelques personnes genre vous (et moi, j’espère) auront repéré mais n’auront pas su promouvoir, ne rencontre jamais de son vivant la reconnaissance de son oeuvre? (et, après tout, cela cadrerait bien avec la distance oeuvre-artiste que vous revendiquez et à laquelle j’ai tendance à m’associer)

      Question subsidiaire (il en faut une pour tout concours): dans votre dernier livre, François, vous faites une analyse d’un film de Sophie Letourneur et ça m’a donné envie de la découvrir (Je ne suis vraiment pas un bon connaisseur de cinéma, contrairement à ce que croient plein de mes connaissances): est-ce que c’est une bonne direction pour un amateur d’art mais pas bon cinéphile? (tu parles d’une question subsidiaire)

      Amicalement (car j’ai un peu l’impression de parler à un ami, même si, timidité mal placée oblige, je vous vouvoie)

    • #80898 Répondre
      Thomas Thierry
      Invité

      ah ben zut, ma réflexion tombe dans l’océan :-/

      • #80939 Répondre
        essaifragiles
        Invité

        Si je peux me permettre, ce n’est pas très engageant : « En lisant votre dernier livre, je me suis dit que, manifestement, vous êtes peut-être plus un boulimique de livres et de films que vous n’êtes écrivain. C’est dingue! Vous vous farcissez vraiment tout, apparemment, dans l’espoir (souvent déçu) de trouver de l’art quelque part, au détour d’un titre pas accrocheur ou d’un blockbuster.  »
        .
        Contresens sur l’auteur, son travail et la manière d’engager la conversation : la première phrase est trop ambiguë.
        S’il y a bien un affect tu par FB, c’est la déception. Quand il n’est pas intéressé, il n’en parle pas. Quand il est déçu, il le garde pour lui. On n’est déçu que par ce (et celles et ceux) qu’on aime. On peut s’intéresser à beaucoup de sujets, goûter à tout, ne jeter d’invective sur rien, il n’y a aucune obligation à tout aimer.
        Quant à l’art, j’imagine que c’est un surcroît de plaisir au plaisir de lire, de voir, de vivre, pas une attente, pas une condition, pas une obligation. Juste une rencontre, quand elle a lieu.
        Si c’était un hommage, je ne le comprends pas. L’artiste dont il est question dans ce propos ne se reconnaît pas comme artiste, mais comme chanteur écrivain branleur. Et si l’art a une autonomie, il n’est pas séparé de la vie. Histoire de l’art, je crois que le bonhomme s’en fout.
        Voilà, comme ça la conversation est engagée.

        • #80982 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne suis pas stakhanoviste de l’art. Je n’avale pas des milliers d’oeuvres par an. J’en avale d’ailleurs beaucoup moins depuis que j’écris. Et notamment depuis dix ans où j’écris beaucoup. Aujourd’hui je vais faire avancer le livre en cours, et je ne pense pas pouvoir lire une ligne d’un autre. Peut-être un film ce soir. Ou une BD tiens – je connais bien Larcenet, qui est un camarade mais pas mon auteur préféré.
          Il y a que je commence à avoir des années de vol, et j’ai commencé tôt à preter une grande attention à l’art. Donc j’ai accumulé des oeuvres. Ca ressort logiquement dans Comme une mule – meme si je me suis beaucoup appuyé sur des lectures ou des oeuvres récemment rencontrées (ou rerencontrées), en littérature comme en musique.
          Je ne suis pas seul dans ce cas. Beaucoup d’écrivains sont des grands lecteurs, beaucoup d’artistes des grands amateurs d’art. Je n’ai jamais dissocie les deux. Quand j’écris lire m’inspire beaucoup.

          Je donne une conférence sur Letourneur au Forum des images le 10 janvier
          J’ai tout revu ces derniers jours, et il m’est apparu que son grand film est Enorme – peut etre le meilleur film français de ces vingt dernières années. Mais peut etre faut il commencer par La vie au ranch.

          • #80984 Répondre
            Renaud Bigorre
            Invité

            Chouette début d’année cette conférence sur Sophie Letourneur ! Etant loin de Paris, j’espère qu’il y aura une captation.
            Il me semble que Voyages en Italie aurait une « suite ». Est-ce toujours dans ses projets ?

          • #81043 Répondre
            Mao
            Invité

            Un peu dilettante le Bégaudeau. Ne lit qu’une centaine de livres par an, en écrit à peine 3 ou 4 dans la même période. A part ça, un peu de cinoches, quelques podcasts et entretiens vidéos. Et quand vraiment, il surmonte sa flemme proverbiale, nous sort en sus une pièce de théâtre, un film documentaire et une bédé. On se demande ce qu’il fout de ses journées.

            • #81045 Répondre
              gh400
              Invité

              👅

              • #81073 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                oui il est temps que je me sorte les doigts

                • #81775 Répondre
                  Thomas Thierry
                  Invité

                  ah évidemment, c’est pas le niveau de Pivot ou de PPDA qui se vantaient d’en lire trois ou quatre dans la même journée 🙂

                  Blague à part, j’apprécie le niveau des réponses, merci.

                  Comme il y avait aussi une question en dessous de la sous-question, je me permets de la reprendre, mais peut-être que vous trouverez le sujet « à côté ».
                  Préoccupation de censeur? Non pas. Réflexion anarchiste, plutôt, liée à ma crainte de voir des arbres abattus pour le plaisir des scories marketing saisonnières autour de l’objet livre.

                  Bref: comment imaginer -sinon, donc, sur le mode Gébé « L’an 01 »- un système où l’on continue d’encourager l’activité lire tout en débarrassant le monde de l’édition de son souci de profit. Toutes mes idées tombent sur l’écueil de l’internationalisation du système. Faut-il penser le modèle islandais tout en fonctionnarisant à la Friot les auteurs? Je gratte un peu partout autour de moi à la recherche de solutions sur ce sujet, histoire de nourrir ma réflexion. Après, évidemment, reste l’obstacle politique.

Vous lisez 1 fil de discussion
Répondre à : au détour d’une analyse… au sein de deux cents analyses… une réflexion
Vos informations :





Back To Top