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Accueil Forums Forum général A propos d’un certains parti du peuple :

  • Ce sujet contient 19 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Gerard Manfroy, le il y a 2 mois.
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    • #153206 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      Le Pen, Le Peuple et la pelouse…

      1er juin 1984. La lumière est celle des grandes journées d’été françaises, celle qui transforme un héritage – « une ténébreuse affaire ! » – en destin national. La pelouse est tondue de près, comme le seront bientôt les électeurs du Front national à chaque élection.
      La maison, elle, ne ressemble pas à une maison. Une maison, c’est fait pour habiter ; celle-ci est faite pour impressionner le chaland. Elle hésite entre le château de province d’une famille qui veut en mettre plein la vue aux voisins, le siège social d’une entreprise familiale de travaux publics et le rêve d’un notaire abonné depuis toujours au supplément immobilier du Figaro Magazine.
      Avec son humilité légendaire, le patriarche a choisi la pelouse comme d’autres choisissent un trône. Au milieu du tableau, justement, trône Jean-Marie Le Pen. Debout, légèrement surélevé, il a adopté la posture des hommes qui considèrent qu’être photographié est déjà une forme de pouvoir. Il ressemble à un propriétaire terrien venu vérifier ses récoltes et son bétail, à un PDG inspectant ses filiales ou à un baron recevant la visite de commerçants.

      Il sourit avec l’arrogance de l’homme qui sait qu’il peut à présent oublier à jamais ce qu’est un découvert bancaire. Ses mains reposent sur les épaules de sa femme assise devant lui avec cette délicatesse possessive d’un arrogant qui pense tellement fort que tout le monde peut l’entendre : « Tout ceci est à moi. La femme, la maison, le jardin, la descendance, le chien, les fleurs, le photographe et bientôt la vie politique française… »
      Autour de lui, les héritières sont disposées comme dans un portrait de cour du XVIIIᵉ siècle revisité par un catalogue Pier import dirigé par David Hamilton. À l’extrême gauche, Marine Le Pen est assise dans l’herbe. Enfin…« assise » est un mot généreux. Elle a été déposée là par le photographe ayant reçu pour consigne : « Faites populaire, mais pas trop moche quand même… »
      La pose se veut naturelle, libre, décontractée, presque bohème. Mais le réel résiste, tient tête. Elle est manifestement mal installée et pense déjà à voix haute avec envie au fauteuil en rotin où à monter sur le ring, se tenir debout à la place du patriarche ou du patron. Elle ne sourit pas. Elle fixe l’objectif. Le regard est là. Le célèbre regard Le Pen : moitié défi, moitié agacement, moitié mépris blasé. Je sais, cela fait trois moitiés, mais chez les Le Pen, les lois ordinaires de l’arithmétique n’existent pas, la génétique familiale a ses propres règles de calcul. Enfin, derrière elle, on peut voir un petit chien noir qui se tient dans l’ombre avec l’air d’avoir compris avant tout le monde qu’il vaut mieux éviter les photographies officielles dans cette famille.

      A coté de Marine Le Pen, dans le fauteuil d’osier siège Yann. Pendant que tout le monde participe avec enthousiasme à cette grande comédie familiale de la réussite immobilière française, son regard introduit une légère dissonance, une note mineure dans une partition écrite pour être triomphale. Son regard semble dire que nous devons regarder du côté des conséquences psychologiques qui s’abattent sur les enfants d’un arriviste en politique. Son expression possède quelque chose d’inattendu dans cette famille : ni défi, ni satisfaction, ni complicité avec la mise en scène. Elle sait qu’il existe un monde beaucoup moins ordonné que ce portrait de famille. On dirait qu’elle réfléchit à un problème que la photographie ne peut pas résoudre. On dirait qu’elle est disposée à passer par dessus bord, à se jeter dans le vide.
      A sa droite, Pierrette Le Pen, épouse, mère et bonne à tout faire. Elle est assisse avec la dignité tranquille des épouses de notables qui savent qu’une photographie familiale est avant tout une opération de maintien de l’ordre. Le maintien est impeccable. La posture maîtrisée. Elle connaît parfaitement les règles du jeu : chacun à sa place, chacun dans son rôle. Son sourire est discret, diplomatique. Il ne cherche ni à séduire ni à impressionner. Son expression possède cette élégance fatiguée des femmes qui ont depuis longtemps renoncé à interrompre les monologues de leur mari, à corriger leurs excès. Elle semble nous dire qu’elle connaît déjà la fin de l’histoire. Oui, elle regarde l’objectif avec l’air d’une femme qui connaît déjà la fin du film, les critiques de presse et même la date de la rediffusion.
      C’est sans doute une illusion rétrospective, le genre de récit que l’on projette sur les visages anciens parce que l’on connaît la suite. Mais les photographies des dynasties vivent précisément de cela : elles donnent toujours l’impression que quelqu’un, quelque part dans l’image, savait déjà quelque chose que les autres ignoraient encore.

      Enfin, il y a Marie-Caroline, elle aussi est assise dans l’herbe avec cette décontraction minutieusement chorégraphiée propre aux familles qui passent davantage de temps à paraître naturelles qu’à l’être. Son sourire évoque immédiatement « La Baule, années 80 ». On voit une publicité pour une banque régionale ou une assurance-vie. Elle ressemble à un personnage ayant découvert les joies de la fiscalité patrimoniale. Il y flotte cette certitude tranquille que le monde est fondamentalement ordonné, que les maisons restent dans les familles et que les héritages ont vocation à être transmis avec les meubles, les souvenirs et les convictions politiques. Son attitude évoque ces personnages des romans de Mauriac qui grandissent dans de vastes demeures et apprennent très tôt à distinguer les pièces où l’on s’amuse et les pièces où l’on décide.
      Puis viennent les fleurs. Elles éclatent au premier plan avec les couleurs d’une carte postale provinciale. Elles ressemblent à une carte d’identité française déposée devant l’objectif pour rappeler à tous qu’ils sont « Français depuis plusieurs générations, 100% garantie ». Français sans formulaire administratif ni question sur l’origine des parents ou des grands-parents. Et dans ces fleurs, celui qui sait tendre l’oreille peut entendre le patriarche veiller à la bonne circulation de ses certitudes racistes et antisémites.

      Et le comique arrive enfin. Un petit détail merveilleux, presque trop parfait pour être vrai. Il est là-haut, au balcon. Une silhouette apparaît. Un personnage secondaire. Un intrus magnifique. On dirait un figurant entré trop tôt dans un vaudeville de Feydeau, un domestique venu vérifier que les bourgeois sont bien placés pour la photo ou un technicien de plateau oubliant qu’on tourne déjà. Cette présence est merveilleuse parce qu’elle ruine tout. Voilà la petite fissure délicieuse, le grain de sable dans la machine à fabriquer du symbole.
      Comme souvent dans les grandes photographies familiales, c’est le personnage le plus éloigné de l’objectif qui apporte finalement le plus d’humanité au tableau. Pendant que les autres jouent la représentation, lui semble assister au spectacle. Comme si la maison elle-même regardait ses habitants interpréter leur propre légende. C’est là toute la cruauté de la photographie, c’est un art sadique. Elle ne ment jamais et trahit toujours celui qui la met en scène. Elle montre exactement ce que le récit voulait cacher. Non pas une famille issue du peuple – ce qui est vrai – mais une famille installée confortablement au-dessus de lui.

      Depuis cette demeure acquise grâce à un héritage dont les avocats, les journalistes et les tribunaux auront largement assuré le service après-vente, une dynastie politique va expliquer pendant des décennies aux caissières, aux ouvriers, aux employés, aux retraités et aux vétérans du découvert autorisé ce qu’est la vraie vie des Français ordinaires. Le déclassement expliqué depuis un terrain de 4676 m². Les fins de mois commentées depuis une propriété de 633 m². Les angoisses sociales analysées dans un onze pièces sur trois étages. La supercherie politique du lepénisme est là et nulle par ailleurs. Transformer le patrimoine en rébellion. L’héritage en résistance. La transmission familiale en insurrection populaire. Inventer une aristocratie de l’anti-élitisme. Une noblesse du ressentiment. Une monarchie héréditaire spécialisée dans la dénonciation des privilèges des autres.
      « Mon sang ne saurait mentir », chez les Le Pen, le peuple et la République ressemblent à la pelouse de Montretout : il faut qu’ils soient soigneusement tondus jusqu’au bout…

      Vive la Révolution Française !
      Joseph Beauregard – Un petit village de Bourgogne, 14 juillet 2026

      P.S. / Marine Le Pen expliquait ne ressentir « ni intérêt, ni envie » de conserver Montretout, cette « vieille maison sombre ». On peut comprendre sa lassitude : il est parfois difficile d’habiter trop longtemps parmi des vérités désagréables.
      En juin 2026, on apprenait que Montretout avait été vendu. Prix affiché : 10 millions d’euros. Prix réel ? Mystère. Plusieurs professionnels de l’immobilier de l’Ouest parisien estimaient pourtant la propriété, avec son parc et sa vue imprenable sur Paris, entre 7 et 8 millions d’euros. Autrement dit : entre 312 et 357 années de SMIC brut. Trois siècles et demi de travail au salaire minimum concentrés dans une seule transaction immobilière.
      Finalement, la dynastie a discrètement encaissé sa plus-value sur son quartier général contre les élites mondialisées. Chez les Le Pen, même les angoisses populaires finissent chez le notaire.
      Alors oui : cassez-vous les Le Pen ! Tirez-vous ! Barrez-vous ! Déguerpissez ! On se passera très bien de vous pour défendre, avec loyauté, avec honnêteté et sans héritages celles et ceux que vous prétendez représenter depuis des décennies sans jamais avoir été sincères et honnêtes. Nous, notre seul héritage est celui des idéaux défendus par Jack London et Jean Jaurès. Et nous n’avons pas de notaire…

    • #153207 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

    • #153208 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      Jean-Philippe Tanguy, le petit fayot et la maîtresse…

      Je ne sais pas pour vous, mais moi, je le trouve très bien, ce Jean-Philippe Tanguy. Sérieux, appliqué, propre sur lui, toujours impeccable ou décontracté chic. On sent qu’il lit attentivement les notices avant d’utiliser les appareils électroménagers. Un mélange improbable de conseiller principal d’éducation fanatisé, de sous-préfet stagiaire ambitieux et de président d’une association de copropriétaires hystérique sur les horaires de sortie des poubelles.
      Il parle bien, il a de la répartie, il travaille ses dossiers, il connaît ses fiches et, il faut lui reconnaître cette qualité devenue rare en politique, il donne toujours l’impression d’avoir révisé avant de venir parler aux journalistes. Si je m’écoutais, je l’inviterais volontiers à déjeuner chez moi un dimanche midi. Il arriverait à l’heure avec une bouteille choisie avec soin, accompagnée du ticket de caisse. Il retirerait ses chaussures sans que je lui demande. Après le café, il proposerait de faire la vaisselle et, avant de partir, il me demanderait avec une naïveté confondante si je souhaite qu’il rédige un compte rendu de notre déjeuner.
      Je l’inviterais chez moi pour rigoler, évidemment, mais aussi pour me passer les nerfs. Il appartient à cette catégorie d’individus qui vous donne simultanément envie de leur serrer la main délicatement et de leur offrir une gifle de bon cœur. Il se dégage de lui cette énergie très particulière, celle du camarade de classe qui vous prêtait volontiers son effaceur mais qui, trente secondes plus tard, commençait à pleurnicher si vous ne le lui aviez pas rendu.

      Jean-Philippe Tanguy, c’est ce personnage scolaire universel que toutes les générations ont connu : le type qui rêvait d’être le premier de la classe mais qui, pour une raison injuste à ses yeux, ne l’a jamais été. Alors il compensait comme un damné. Avec une application de moine copiste. Tout était bon pour attirer l’attention des professeurs. Il ne cherchait pas seulement les bonnes notes ; il visait plus haut : l’estime du corps enseignant, la reconnaissance. Dans ses rêves les plus fous, il espérait une citation au tableau d’honneur pour services rendus à l’Éducation nationale.
      Installé au premier rang, légèrement de biais pour pouvoir regarder simultanément le professeur, le tableau et les réactions de ses camarades, il avait très tôt compris qu’en matière de réussite scolaire, il ne suffisait pas d’apprendre ses leçons : il fallait également être vu en train de les apprendre. Ses stylos à quatre couleurs étaient alignés selon un protocole dicté par un maréchal prussien. Le bleu pour les titres, le noir pour les définitions, le vert pour les remarques importantes et le rouge pour les notions susceptibles de tomber au contrôle.
      Son cahier ne comportait ni rature, ni improvisation, ni la moindre trace de vie intérieure. Chaque marge était respectée avec le sérieux d’un garde suisse protégeant le Vatican. Ses fiches de révision avaient l’élégance glacée d’une lettre recommandée. Même ses erreurs semblaient avoir été soigneusement préparées à l’avance.

      Chaque année, il présentait sa candidature pour devenir délégué de classe. Chaque année, il faisait campagne avec le professionnalisme d’un futur conseiller général. À la récréation, il serrait des mains. À la cantine, il prononçait des discours longs comme un jour sans pain. Il promettait d’obtenir des frites à tous les repas, de la bière le mercredi et même des esquimaux le vendredi.
      Mais chaque année, il était blackboulé. Chaque année, c’était le grand blond qui jouait au foot, le beau garçon qui faisait rire les filles ou le type capable d’imiter les professeurs qui remportait l’élection au premier tour. Le drame de Jean-Philippe Tanguy, c’est qu’il n’a jamais compris que le charme bat toujours le sérieux par K.-O.
      Quand le professeur demandait : « Qui était le roi de France en 1789 ? », Jean-Philippe Tanguy ne levait jamais la main pour répondre à la question. Il levait la main pour signaler qu’il connaissait déjà la réponse avant même que la question ne soit posée.
      « Quelqu’un veut-il ouvrir une fenêtre ? » Avant même que la phrase ne soit terminée, il était déjà debout, la main sur la poignée, prêt à accomplir sa mission avec le sérieux d’un curé. Sa disponibilité était totale. Son dévouement n’avait pas de limites. Il était animé par une foi quasi mystique dans les vertus du service rendu. Il donnait l’impression de vouloir entrer dans les ordres.

      Et puis il y avait les notes, la grande tragédie de sa vie. Lorsque le professeur rendait les copies, il n’était pas rare qu’il éclate en sanglots. Il avait travaillé comme un forçat, révisé comme un séminariste, sacrifié ses mercredis après-midi, ses vacances et probablement une partie de son enfance. Il espérait un 17. Il obtenait un 10. Dix. La note des médiocres satisfaits. La note des garçons populaires qui improvisent tout et réussissent quand même. Pour lui, ce n’était pas une note. C’était une défaite morale. Une faillite du mérite. Un truc à se flinguer. Pendant que les autres célébraient leur 10 en fumant des pétards et en jouant au baby-foot, Jean-Philippe rentrait chez lui pour établir, dans un cahier à petits carreaux, la liste des raisons ayant conduit l’institution scolaire à sous-évaluer son potentiel.
      À la veille de chaque conseil de classe, il achetait des gâteaux pour les délégués, leur offrait des boissons, leur demandait des nouvelles de leur famille puis, lorsque l’émotion montait, se mettait à genoux en les suppliant de se souvenir de son nom au moment décisif. Il ne réclamait rien pour lui, bien entendu. Il souhaitait seulement que soit reconnu, avec impartialité, son engagement constant.

      Jamais – je dis bien jamais – pendant les sorties scolaires, Jean-Philippe Tanguy n’a dénoncé ses petits camarades qui faisaient les imbéciles dans le bus, au musée ou au cinéma. Ce serait mesquin. Ce serait petit. Et Jean-Philippe Tanguy n’était ni petit ni mesquin. Lui travaillait dans le cadre d’une démarche institutionnelle. Pendant que ses petits camarades se lançaient des chips dans le car ou touchaient la poitrine en marbre d’une Vénus romaine malgré les consignes, lui prenait mentalement des notes. Ensuite, il laissait les faits se décanter, prenait du recul, respectait le temps judiciaire.
      Le lendemain matin, à la première heure, il se précipitait dans le bureau du directeur et lui remettait une lettre de dix pages qui ressemblait à s’y méprendre à un procès-verbal de gendarmerie. Toutes ses lettres commençaient invariablement ainsi : « Certains comportements observés dans le bus puis dans l’enceinte du musée pourraient utilement être portés à la connaissance de votre autorité. »
      Suivaient alors les précisions rigoureusement documentées : « À 9 h 17, un élève masculin dont l’identité n’a pu être établie avec une certitude absolue, mais dont les caractéristiques physiques évoquent fortement Eduardo Castillo, a procédé à la projection d’un objet assimilable à une chips en direction de la douce Anne-Lise Signoret. » Ou encore : À 11 h 43, plusieurs ricanements ont été constatés à proximité immédiate de la Vierge à l’Enfant, sans qu’il soit possible d’établir un lien formel avec Laurent Joly. »
      Jean-Philippe Tanguy ne dénonçait personne : il documentait. Il n’accusait pas : il contribuait à la manifestation de la vérité. Chaque année, il dégageait une énergie folle pour être élu «fayot de l’année » et il y parvenait. Il en a probablement conçu une fierté secrète, ce qui l’a poussé à s’engager au Rassemblement national. Il avait enfin trouvé une classe assez grande pour son zèle et une professeure principale à la hauteur de sa dévotion.

      À partir de ce jour, il démultiplia son énergie, bien décidé à faire oublier à Marine Le Pen tous les courtisans, conseillers, porte-parole et chevaliers servants qu’elle avait connus, employés, épuisés puis remplacés. Il ne voulait pas seulement lui être fidèle ; il voulait devenir la fidélité elle-même. Alors, sans hésiter, il prononça cette phrase appelée à terrasser la logique, désarmer les magistrats et mettre la justice hors d’état de nuire :
      « Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable. »
      Je me souviens très bien qu’Émile Louis m’avait dit exactement la même chose, ou presque :
      – « Si j’étais coupable, je serais le premier à le savoir ! »
      J’ai également très bien connu un braqueur de banque qui jurait sur la vie de sa mère qu’il était innocent, victime d’un terrible malentendu, d’un malheureux concours de circonstances impliquant une cagoule, un fusil à pompe et une ressemblance physique troublante avec lui-même.

      « Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable. »
      Une déclaration d’une telle puissance qu’après elle, le code pénal peut rentrer chez lui, éteindre la lumière et se demander à quoi il avait bien pu servir toutes ces années.
      Cette phrase improbable, impensable, on dirait qu’elle a été conçue par un type qui travaille jour et nuit sous LSD dans un laboratoire secret où l’on tente de fusionner le droit pénal, le développement personnel et la méditation pleine conscience.
      « Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable. »
      Il s’agit là d’une véritable révolution judiciaire. Dans cette nouvelle République, le procès est remplacé par un moment d’introspection et les tribunaux sont transformés en salles de yoga. Avec Tanguy, tout commence désormais ainsi :
      – Fermez les yeux.
      – Respirez profondément.
      – Relâchez les tensions dans les épaules.
      – Connectez-vous à votre vérité intérieure. Et maintenant, demandez-vous sincèrement : êtes-vous coupable ou simplement innocent ?

      Dans ce nouveau système judiciaire, les preuves deviennent vulgaires. Les témoignages sont perçus comme des agressions. Les expertises sont remplacées par des ressentis. Et les aveux sont jugés problématiques car susceptibles d’altérer l’estime de soi. Après tout, pourquoi s’embarrasser de preuves, de procès, de juges, de magistrats, de procédures contradictoires et de siècles de droit quand on dispose déjà de sa conscience ?
      Jean-Philippe Tanguy vient de résoudre l’un des plus vieux problèmes français : la justice coûte cher, l’introspection est gratuite. Il suffisait d’y penser. Montesquieu avait inventé la séparation des pouvoirs. Jean-Philippe Tanguy invente leur fusion dans le for intérieur de l’accusé. Le juge, le procureur, le témoin, l’avocat et le prévenu ne font plus qu’un.

      « Marine Le Pen est la mieux placée pour savoir si elle est innocente ou coupable. »
      La maîtresse est contente, le petit fayot aussi…
      Joseph Beauregard – Un petit village en Bourgogne, 15 juillet 2026

    • #153209 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      Adieu baltringue, adieu princesse…

      Jordan Bardella est rentré épuisé de son déplacement dans la Sarthe. Il faut dire que les résurrections politiques sont pénibles, surtout lorsqu’elles concernent les patrons. Pour le remercier de son dévouement, Marine Le Pen lui a offert immédiatement une promotion plaquée or, de celles qui ne se refusent pas. Un veinard ce Jordan Bardella.
      Désormais, il est officiellement chargé de l’intendance à plein temps, ce qui, dans le vocabulaire lepéniste, signifie homme à tout faire. Il devra donc attendre que Marine Le Pen et sa clique aient terminé le déjeuner avant de débarrasser la table. Il devra aussi passer trois fois par jour la serpillère dans les couloirs. Le Rassemblement national est ainsi fait : certains entrent dans l’Histoire, d’autres dans le local à balais. Et dire que, pendant quinze mois, il se répétait du matin au soir « vaincre ou périr » avec la gravité d’un général napoléonien égaré dans un studio de télévision. Le malheureux ignorait encore qu’entre vaincre et périr, il existait une troisième voie chez les Le Pen.

      À propos de Bardella à la télévision, je dois vous confier ce que j’ai sur le cœur. Un jour, j’avais ma tête des mauvais jours et je me suis puni : j’ai regardé Jordan sur BFM. C’était un spectacle réglé comme une messe de rentrée. Je vous préviens tout de suite, sur BFM, pas de débat contradictoire, c’est épuisant cet exercice. D’ailleurs, ce n’était pas un entretien, mais une bande-annonce à sa gloire.
      Posture grave, regard façon chef d’État en devenir qui va sauver la France, phrases calibrées pour les réseaux sociaux, indignation millimétrée : il se donnait à fond. Il parlait sans chercher ses mots, mais on sentait l’effort de mémoire derrière la fluidité apparente. On voyait aussi qu’il avait beaucoup trop répété devant son miroir. À cette époque, il se disait encore : « La spontanéité, ce sera pour quand je serai à l’Elysée… »
      À chaque question, son ego franchissait une étape supplémentaire. J’ai cru qu’il allait exploser. Il répondait avec l’assurance admirable des cancres. Il y a des hommes politiques qui donnent le sentiment d’avoir réellement les capacités intellectuelles pour gouverner un pays. Jordan Bardella, lui, donnait surtout l’impression de vouloir réussir son oral de BTS communication.
      Le plus fascinant, finalement, c’était la conviction tranquille avec laquelle il occupait l’espace. Un mélange très contemporain de certitude absolue et de vide sidéral. À la fin, j’étais gêné et j’ai bien été obligé de reconnaître un certain talent à ce jeune premier. Je venais d’assister à une démonstration de confiance en soi comme on en voit au cinéma. Il m’a alors fait penser à un jeune acteur qu’un caprice du destin aurait appelé à remplacer Gary Cooper ou James Stewart. Le type connaît ses répliques sur le bout des doigts, les déclame, ajuste son regard et sa posture, obsédé par la caméra. Mais il y avait un problème, un gros problème : le mec n’avait rien compris au film dans lequel il jouait. Et après, on s’étonnera que le baltringue ait explosé en vol…

      Mais ça va mieux – beaucoup mieux !- pour lui depuis que Marine a repris les choses en main, l’atmosphère a changé au siège du Rassemblement national. Le clan Le Pen a immédiatement retrouvé ses habitudes, ses repères et ses traditions, avec ce goût des hiérarchies simples qui fait le charme des grandes maisons. Maintenant lorsqu’ils franchissent les portes du siège, Jean-Philippe Tanguy, Louis Aliot, Bruno Bilde et Steeve Briois regardent machinalement autour d’eux avant de hurler :
      – Il est passé où le baltringue ?
      Alors, dans un bruissement de chaussures, Jordan Bardella surgit aussitôt du fond du couloir.
      – J’arrive ! J’arrive tout de suite !
      Le voilà qui accourt à petites foulées appliquées, le sourire crispé, multipliant courbettes et salamalecs.
      -Monsieur Tanguy désire un café ?
      -Monsieur Aliot préfère peut-être une eau pétillante ?
      -Monsieur Bilde a-t-il besoin d’un jus d’orange ?
      -Monsieur Briois souhaite-t-il un thé ?

      L’intéressé conserve naturellement toute sa dignité. Enfin, autant qu’il est possible d’en conserver lorsqu’on passe en une minute du statut de recours national à celui de femme de ménage. Mais il faut reconnaître qu’il apprend vite. C’est un rapide le Jordan…
      À présent, les mauvaises langues prétendent que l’inénarrable Marine Le Pen aurait confié à sa coiffeuse que Bardella était « bon à jeter aux chiens ». L’information demande naturellement à être confirmée. Mais chacun sait bien que la famille Le Pen a toujours entretenu avec ses Numéros 2 les mêmes rapports affectueux que les familles mafieuses avec les témoins devenus encombrants. Dieu du ciel, quelle famille ! Mais quelle famille !

      En même temps, mettez-vous un instant à la place de Marine Le Pen. Le pauvre garçon était simplement chargé de garder le château pendant les vacances forcées de la propriétaire. Une mission honorable, parfaitement définie : arroser les plantes, nourrir les chiens, relever le courrier. Rien de plus. Et puis voilà qu’un beau matin, la propriétaire revient plus tôt que prévu. Elle pousse la grille, monte le grand escalier et ouvre la porte de sa chambre. Et là, elle découvre le gardien en robe de chambre, installé dans le lit familial, en train de prendre tranquillement son petit-déjeuner au champagne avec une aristocrate dégénérée, pendant qu’au loin ronronne la machine à expresso et qu’une radio diffuse un air de victoire prématurée.
      Sur la table de nuit traînent des sondages favorables, Paris-Match et même un début de plan de réaménagement des appartements privés du Palais de l’Élysée. Naturellement, cela fiche un coup. Elle a beau avoir le cœur sur la main, une patience de sainte et cette indulgence maternelle qui caractérise les grandes dynasties politiques françaises, il faut reconnaître que ce genre de spectacle n’est jamais très agréable. C’est même blessant. Car enfin, il existe des règles élémentaires de savoir-vivre dans toutes les vieilles maisons. Dans la famille Le Pen, on prête volontiers les clés du château lorsque les circonstances l’exigent ; en revanche, on supporte assez mal de surprendre le gardien en train de prendre ses aises, les pieds sur le mobilier, le regard déjà tourné vers l’héritage et la main posée avec un peu trop d’assurance sur l’argenterie familiale.

      Le plus douloureux, sans doute, n’était même pas de le voir installé dans sa chambre. Non. Le plus douloureux était de constater qu’il était tombé amoureux d’une idiote comme on n’en fait plus depuis la Révolution française. Une de ces créatures rares que l’Histoire produit avec parcimonie. Une bêtise de grand style, d’apparat. Pas la petite sottise laborieuse du quotidien, non : la grande bêtise aristocratique, celle qui traverse les siècles la tête haute, persuadée qu’elle a raison contre le monde. Une bêtise si parfaitement assumée qu’elle finit par forcer une certaine admiration esthétique. Une bêtise avec des manières, des titres de noblesse assez vaseux. On croyait ce genre de spécimen disparu. Manifestement, il en restait encore un exemplaire soigneusement préservé. Et c’est toujours ainsi que commencent les catastrophes dans les vieux romans familiaux : un héritier provisoire, un château trop grand pour lui et une princesse. Personne ne doit et ne peut s’étonner de la chute du baltringue !

      Le côté réconfortant de toute cette agitation pour Jordan Bardella, c’est que toute son équipe a bénéficié d’un magnifique plan de carrière. Il serait injuste de prétendre que le retour de Marine Le Pen n’a créé aucun emploi. Son conseiller économique, François Durvye, a ainsi été promu à la gestion stratégique du parking et à l’optimisation des places visiteurs. Une mission sensible dans laquelle il pourra enfin mettre ses compétences au service des grands équilibres budgétaires du mouvement.
      François Paradol, son directeur de cabinet, s’est vu confier la lourde responsabilité de l’entretien du parc automobile. Dans un parti attaché aux traditions, il est important que les véhicules de la maison continuent de briller avec la dignité qu’exige une grande dynastie politique.
      Quant à Pierre-Romain Thionnet, l’ancien attaché parlementaire de l’ex futur président devenu député européen et responsable des jeunes du mouvement, Marine Le Pen lui a réservé une mission particulièrement délicate : il devra sortir les poubelles. Décidément, la méritocratie a encore de beaux jours devant elle au Rassemblement national.

      Après deux jours de travail, le baltringue a posé ses congés à partir du 10 juillet. Quand il était président, il avait pensé aller briller en Corse. Il rêvait d’un petit pèlerinage sentimental sur la route des Sanguinaires, histoire de retrouver les lieux saints où Paris Match l’avait immortalisé avec sa princesse. Marine Le Pen avait adoré ce numéro. On raconte qu’elle avait retrouvé devant ces clichés cette émotion si particulière des tueurs en série…Puis il a songé à Saint-Tropez. Mais les temps sont durs et la prudence est mère de toutes les vertus. Finalement, il ira à Monaco. C’est plus sûr.
      Dans les périodes d’effondrement, il est toujours rassurant de rester à proximité d’une princesse. Et puis Monaco présente un avantage : lorsqu’on passe brutalement du statut de candidat naturel à celui de moins que rien, il est toujours agréable de pouvoir contempler quelques yachts pour se rappeler que certaines choses, elles, continuent d’avancer.

      À part ça, Jordan Bardella a prévu de profiter de l’été pour écrire la suite de ses mémoires. Le projet est ambitieux. L’ouvrage devrait s’intituler Mon placard à balais. Un titre sobre, élégant ; il lui va comme un gant. On murmure déjà quelques chapitres prometteurs : Mes quinze mois au sommet, Il n’y a plus de Justice dans ce pays, Le retour de la propriétaire, L’art difficile de rendre les clés ou encore Comment je suis devenu un homme à tout faire.
      Le chapitre le plus émouvant serait, paraît-il, consacré à ce terrible moment où Jean-Philippe Tanguy lui expliqua, avec des trésors de délicatesse, qu’il avait « la vie devant lui ». Les mauvaises langues, toujours elles, prétendent que l’éditeur pressenti aurait jeté l’éponge. Mais ne soyons pas injustes. Les grands hommes écrivent leurs mémoires après avoir quitté le pouvoir. Les très grands commencent avant même d’y être entrés. Les amateurs de politique retrouveront donc avec émotion le génie du baltringue…

      Bon, j’ai bien rigolé. Mais moi aussi, je suis fatigué. Moi aussi j’ai pris des coups. Moi aussi je pars en vacances le 10 juillet. Mais pour moi, ni Corse, ni Saint-Tropez, ni Monaco. Pas de route des Sanguinaires, pas de loge VIP au Grand Prix, pas de soirée au Jimmy’z, et encore moins de drame dynastique sous les lustres de Monte-Carlo. Simplement une petite maison en Bourgogne, « à l’abri du déclin du monde », avec mon épouse, la mère de mes deux filles. Ce n’est pas une princesse. C’est bien mieux que cela : c’est une fille d’instituteur. Elle a fait des études sérieuses, elle est discrète, modeste, elle aime les gens. Et c’est elle que j’aime.
      Alors le baltringue peut bien continuer à s’effondrer méthodiquement, étage après étage, ambition après ambition ; il se débrouillera très bien sans moi. Pendant ce temps-là, je lirai, j’écrirai un peu – pas mes mémoires, je n’ai rien à dire-, je marcherai beaucoup et je ferai de la cuisine. Et lorsqu’au loin remonteront jusqu’à moi les ambitions contrariées et les poignées de main empoisonnées du Rassemblement national, je serai dans un endroit où le monde consent à se taire. Je regarderai les nuages faire leur métier avec cette discrétion admirable qui manque tant à Bardella.

      « Et qu’aimes-tu donc, extraordinaire étranger ?
      -J’aime les nuages…les nuages qui passent…là-bas…là-bas…les merveilleux nuages ! »

      Je vous en conjure, gardez un œil sur lui. Il est capable de se noyer ou de se faire écraser cet idiot ! Quant à moi, je reviendrai m’occuper de lui, de Marine Le Pen et de toute cette bande de bons à rien. Les vieux bateaux et les types dans mon genre ont cela de commun : ils reviennent toujours.
      Bel été à toutes et à tous. Je vous souhaite de la fraîcheur, du silence, quelques livres, de bonnes siestes, de la tendresse.
      Adieu baltringue, adieu princesse…et vive la France que j’aime.

      Joseph Beauregard – Paris V, le 10 juillet 2026

    • #153254 Répondre
      brisemenu
      Invité

      « Certain ». C’est mieux , surtout dans un titre.
      Autant dans un texte peut y avoir une faute d’inattention ou simplement de frappe , parce qu’on est plus à son idée qu’à l’orthographe. Mais pour un titre , là : ça la fout mal , ça fait au mieux négligé , au pire abruti.
      Et puis , c’est pas forcément une bonne idée que de recopier un texte. Peut-être que donner la référence , faire un petit résumé et en extraire les idées ou citations chocs aurait été plus constructif. Bon , ça demande un petit effort , évidemment .
      Comme quoi , ça se confirme : l’homme n’est pas un animal nocturne , même lorsqu’il fait chaud , la preuve.

      • #153255 Répondre
        Gerard Manfroy
        Invité

        Kan ton korij sur lortograf cé paskon a pa dargumen

      • #153257 Répondre
        Gerard Manfroy
        Invité

        Et c’est peut-être un peu chattemite de ma part mais je perçois comme un parfum de fiel et de rage, surtout dans ce « Et puis , c’est pas forcément une bonne idée que de recopier un texte. » qui me prouve que ce texte te pose problème (oui TE pose problème, je te TUTOIE brisemenu).
        Ce qui pour moi tombe plutôt bien puisque c’était le projet.

        • #153259 Répondre
          Gerard Manfroy
          Invité

          Et puis comme le disait ton collègue bien connu pour ses éclairs de génie : « Si j’ épuise tout le monde avec un post de 3 lignes c’est un compliment. »
          J’adore ce genre de phrase. En un sens, c’est de l’art. De l’aphorisme.
          J’avais déjà remarqué sur JVC (site qu’il ne connait pas du tout et sur lequel il n’a jamais traîné, n’est-ce pas) que pour ce grand intellectuel on avait le choix entre : 1) ne rien lui dire, ce qui prouvait bien qu’il avait raison 2) lui dire des trucs, ce qui prouvait bien qu’il avait raison 3) lui dire énormément de trucs, ce qui prouvait bien qu’il avait raison.
          Mais laissons ce grand cerveau aux compétences surdéveloppés, et revenons à toi, moi ce qui me fait marrer chez toi c’est la certitude inébranlable que tu as d’avoir l’air intelligent.

          • #153260 Répondre
            Gerard Manfroy
            Invité

            D’ailleurs j’avais pensé que tu étais OdolamX, et ma foi l’hypothèse pour n’être pas prouvée n’en demeure pas moins très solide.
            Mais rassure-toi je m’en bas totalement les steaks, d’ailleurs je viens d’en engloutir un bien cuit pas mes soins.

    • #153268 Répondre
      brisemenu
      Invité

      La tentative de plagiat de bibinard n’est pas assez travaillée pour arriver à son niveau. Prenez exemple sur Tanguy , en travaillant dur : vous pouvez espérer arriver à quelque chose.
      .
      Sinon , merci d’avoir partagé ces articles drôles et bien écrits.
      Une réflexion n’est venue : ces textes me font un peu penser à la manière dont la noblesse d’Ancien Régime regardait celle d’Empire , ces pouilleux de parvenus , ces bourgeois-gentillomes. Coincée qu’elle était entre d’un côté sa suffisance , la conscience d’une supériorité de naissance , son mépris et de l’autre son impuissance face à la montée irrésistible de cette dernière.
      Ca m’a fait penser à La Chartreuse de Parme , avec ces révolutionnaires rustres et en guenilles qui se voient méprisés puis ensuite courtisés quelques années plus tard. Pas vous ?

      • #153269 Répondre
        Gerard Manfroy
        Invité
        • #153270 Répondre
          Gerard Manfroy
          Invité
          • #153312 Répondre
            Charles en rose
            Invité

            Connaissant pas, très très amusant.

            • #153333 Répondre
              Samuel_Belkekett
              Invité

              Je parie un bifton que Charles la fillette en rose n’a pas même fait le lien avec Boris Vian.

              • #153334 Répondre
                Charles en rose
                Invité

                Merci Samuel.
                J’avais pas compris.
                C’est un pastiche en fait?

                • #153339 Répondre
                  Samuel_Belkekett
                  Invité

                  Pastiche serait effectivement le bon terme.
                  Je te mets ici l’original.
                  Tu sais Charles le Rose, si tu sais que c’est un pastiche il est très important de le spécifier. Tu comprends bien que le duo des goguettes ne peut pas dûment s’attribuer le succès de la composition musicale de feu Boris Vian ?!
                  Il est donc très important de le spécifier.
                  Bonne écoute à toi Charles en rose !
                  Boris Vian ~ La Java des Bombes Atomiques

                  • #153340 Répondre
                    Charles en rose
                    Invité

                    Tu sais Samuel, ça me dérange pas du tout si on repart sur du 1er degré sur ton topic…

    • #153289 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      elle est exceptionnelle
      je propose de ne commenter la présidentielle que comme ça

    • #153416 Répondre
      Gerard Manfroy
      Invité

      La Bourgogne, j’y suis allé moi, en été 2003, la fameuse canicule. Avec mon père et ma sœur, il avait trouvé un petit château où le proprio faisait louer un petit appart, un beau salon bien grand et puis 2 chambres et bains corrects. Au début on a eu affaire qu’à la dame, qui n’avait pas l’air très heureuse, un peu timorée, toujours à étendre du linge dans le pré en face de nous. Et y avait son fils, un gars de mon âge, il était chiant, il passait devant notre fenêtre tous les aprem, il voulait que je descende mais au bout de 2 fois je ne voulais plus. Il avait trop la bougeotte et voulait faire des trucs trop physiques pour moi. Un moment j’ai remarqué ses mains : il avait de la peau gonflé par des brûlures et des bouts de doigt en moins… Je lui ai posé la question mais il m’a répondu sèchement.
      Et puis, il m’a fait monté au château, on a traversé en courant une grande pelouse, il me disait « viens, viens » et j’ai passé la porte et monté les marches. Je ne me souviens plus de l’entrée ni de l’extérieur de la bâtisse mais, je me souviens du grand salon XVIIIe, la télé allumée sur LCI, et le chatelain qui regardait sur un grand sofa de cuir, juste l’arrière de son crâne qui refusait de se détourner. Le fiston s’est approché d’une grande porte du salon, mais en gigotant beaucoup et en faisant du bruit, il se tapait les joues en remuant très vite la tête, un peu comme un danseur de techno quoi. Je me rappelle de la voix du proprio, tout de suite quand il parlait c’était la violence. « Continue de faire le con t’iras pas en vacances ! » Voilà donc le premier contact que j’eue avec notre hôte, et de savoir que pour lui, ça, c’était un premier contact normal m’avait terrifié.
      Même ma petite sœur, quand elle est passé par le salon avec moi et le fiston le lendemain, elle m’avait dit « il est méchant le père ». Oui, il est méchant le père, il suffisait d’entrer dans la pièce d’à côté pour le comprendre immédiatement. C’était le mode survie devant lui : soit tu fuyais soit tu combattais.
      La seule fois où l’on s’est retrouvé sur sa grande pelouse… en fait je ne sais même plus pourquoi. Mais pour une raison qui s’est effacée de ma mémoire, il y ait lui, moi et le fiston, et on devait guetter quelque chose dans le jardin, il y avait 20 mètres entre chacun de nous. Le père, il me regardait même pas. Même pas. Un moment le grand chien est sorti de sa cabane et s’est mis à courir de toutes ses forces, il avait passé des heures enfermés, le père a regardé le chien et a pesté : « mais qu’est-ce qu’il fout là ce con de chien ! »
      Ouais, c’était sûrement un électeur d’Olivier Besancenot.
      Et j’en ai reparlé cet été avec mon père, je lui disais « c’est curieux comme il refusait catégoriquement de me voir, comme si vraiment je n’existais pas du tout », et mon père de dire : « c’est sûrement parce que notre présence de locataire lui rappelait que même étant chatelain, il n’avait pas autant d’oseille que ça ».

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