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MA, le il y a 4 mois.
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Leo Landru
InvitéAprès À Arles, À Brest. Le livre commence dans un train et s’achève pas loin d’une gare, avec comme ultime guide le fantôme du brestois Victor Segalen que j’ai découvert aujourd’hui. Entre-temps quelques joies, des dates, des noms, des anecdotes, un fait divers ou deux, de la flore, des bâtiments de toutes sortes, des humains, une glace non genrée.
Autant qu’un aperçu de la ville, le livre peint une époque, peut-être un tournant. Commençons par Arles qui nous avait laissé le goût amer de la gentrification et trouvons Brest un peu moins abîmée par l’argent, surtout plus combative, du moins autant qu’elle le peut, en témoigne les quelques acteurs de luttes locales pour la sauvegarde du stade Le Blé ou de la place Guérin, ou de la langue bretonne. La ville ne détonne pas de ses congénères non-bretonnes avec son tiers-lieu, son avancée politique antisociale (passages glaçant sur la santé et la vieillesse), sa grisaille qui fait pourtant sa spécificité comme elle fait celle de Saint Omer ou Troyes.
Une station place Guérin, une filature de roman policier, une rencontre avec des ouvriers de l’Arsenal, du savoir encyclopédique teinté d’ironie… Dans cette déambulation se tient aussi la force (une force brestoise ?) d’habitants fiers mais pas chauvins et l’on regarde avec eux le changement de paradigme urbain : acronymes déshumanisants qui remplacent les personnes, engloutissement du public par le privé, mais (sauf cas Agnès, avant-dernier chapitre terrifiant) sans résignation, sans gêne non plus je pense. Une dame surprise de voir un déballage de CRS pour des bricoles, une mairie qui s’appuie sur la préfecture pour justifier sa bassesse, un héritage militaire naval qui semble peu affecter nos habitants – davantage pirates que soldats. Un chapitre fataliste sur l’inaction écologique fait froid dans le dos, je me rappelle.
Peut-être que j’ai mal lu comme ça m’arrive souvent et mal retranscrit comme ça m’arrive encore plus. Je ne suis pas bon critique ni bon synthétiseur.
J’aimerais bien savoir ce que vous autres en avez pensé et si comme moi vous avez aimé. Je l’ai préféré à À Arles mais je vais relire À Arles, du coup, pour être sûr. -
Claire N
InvitéMerci Léo – c’est donc bien de la littérature à te lire
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Leo Landru
InvitéOui, et c’est assez fort car si on devine aisément certains styles, on est cueillis par la variété des écritures et des dispositifs. Surprise à chaque chapitre – une homogénéité hétérogène. Pas un recueil de textes mais bien un livre donc, qui se promène dans Brest via plusieurs plumes pour composer un tableau très coloré (malgré la grisaille). Des moments très subjectifs composent avec des chapitres plus macro, l’ensemble forme un objet concret – début, portrait, conclusion.
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François Bégaudeau
Maître des clésil y a en effet une unité, mais chacun a son tempérament, certains plus réflexifs, d’autres plus descriptifs
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime beaucoup ce style de lecture-écriture
Je pense que sur ces trois livres nous avons inventé un genre. Un genre discutable, mais un genre. -
Luc
InvitéEst-ce que les villes qui feront la collection sont déjà toutes choisies ? Selon des critères particuliers ?
(Ma formation de géographe remonte à la surface…)
C est peut-être expliqué dans les livres que je n ai pas encore lus…
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François Bégaudeau
Maître des clésLa ville étudiée se décide à chaque livre.
A priori nous préférons les villes moyennes (50000) voire plus petites. En l’espèce l’éditeur nous a suggéré de nous attaquer à plus gros.
Pour le prochain, on aimerait donner dans le 20000, voire moins. Mais il n’y en aura peut etre pas. Le désintéret quasi total que suscitent ces livres va peut etre finir par nous décourager.-
Luc
InvitéJe suggérerais Briançon si l éditeur vous laisse encore chance !
Et si vous voulez vous mettre en altitude … même si vous y verrez comme ailleurs de la « France moche », de la gentrification folle etc… mais aussi « passage frontière « , saisonniers qui ne peuvent plus se loger ( j en ai su quelque chose) et neige de plus en plus rare.
Moins de 20000 habitants et un train de nuit toujours en retard 🙂
Mais je suis peut être à côté de la plaque sur ce qui compose les ouvrages et que ce n est pas compiler les problèmes-
François Bégaudeau
Maître des clésça peut etre intéressant oui
dans le même genre on avait pensé à Calais mais on s’est dit que le dossier migrants allait vampiriser le livre
or nous on cherche de l’ordinaire, du régulier, de la structure
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Jeanne
InvitéJe suis curieuse de savoir comment vous avez été reçus par les (des) habitants des villes concernées.
Habitants parmi lesquels il faudrait peut-être distinguer :
-ceux qui juste vivent là
-ceux qui ont intérêt (professionnel, affectif, les deux) à ce que leur ville soit valorisée.
Je pense par exemple aux élus municipaux.
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Dans la ville moyenne où j’habite, il me semble que ce genre d’initiative serait scrutée par des gens désireux qu’on parle de leur ville en bien. (Ce qui fait qu’il y aurait peut-être là un risque de malentendu, je ne sais pas).
Ou alors, voyant qu’il s’agit de littérature, ils et elles detourneraient le regard. Démotivés, embêtés, requis soudain par autre chose ?
Ou rien de tout ça et c’est juste mon jour de pessimisme.-
François Bégaudeau
Maître des clésA Arles la rencontre en librairie avait été calme. Les gens n’avaient pas encore lu le livre
A Brest, le 27, j’espère qu’ils auront eu le temps de le lire. On verra donc à ce moment les retours.-
Jeanne
InvitéOk.
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Jeanne
InvitéA propos d’écrire à plusieurs, tu connais le collectif italien Wu Ming?
Si j’ai bien compris ils écrivent seul, à tour de rôle, et signent collectif.
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(Et sinon pour ce qui me concerne vous êtes les bienvenus dans ma ville de 25 000 habitants et appartenant à cette « diagonale du vide » que nomme Luc).-
François Bégaudeau
Maître des clésoui Wu Ming je vois très bien
nous on ne signe pas les textes non plus mais ils sont tous écrits individuellement-
Jeanne
Invitéeux aussi je crois
(mais je ne les ai pas encore lus)-
Bonnaventure
Invitéà Jeanne.
Lorsque Wu Ming écrit en collectif les livres sont signés simplement Wu Ming. Il arrive que l’un des membres écrive seul, auquel cas il signe Wu Ming 1, Wu Ming 2 etc (ils sont 3 ou 4)-
Jeanne
Invité@Bonnaventure
Quand c’est signé Wu Ming ce sont plusieurs plumes entremêlées dans un même roman, alors?
(J’aimerais pas être à leur place).-
Bonnaventure
Invitéoui c’est ça.
Ils ont un site si tu veux en lire plus (plusieurs langues possibles dont le français) : https://www.wumingfoundation.com/giap/che-cose-la-wu-ming-foundation/
Désolé, j’ignore comment on insère les liens hyper-texte. -
Bonnaventure
Invitéah ben ça se fait tout seul en fait.
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Jeanne
InvitéRemerciement.
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Luc
InvitéC est une vieille appellation Jeanne
Je suis aussi d un espace « vide » . » Paris et son désert français » hein! Bon ça date de 1947 ça . C est passé-
Jeanne
InvitéOui bien sûr, Luc. Cette expression relève du vocabulaire géographique, je n’y ai pas vu d’offense.
😉
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Leo Landru
InvitéJ’ai eu le sentiment qu’À Brest était plus charitable envers sa ville et ses habitants qu’À Arles. À Arles nous montrait à quel point la ville de Carolis semblait heureuse de sa purification par le fric, tandis qu’À Brest signale plutôt une résistance, une friction, de la vraie ville et pas du site touristique.
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Ostros
InvitéPeut-être que c’est une juste restitution des idéologies qui vivent dans chacune de ces villes. J’ai le souvenir d’un homme dans A Arles qui résistait idéologiquement (corrige moi si mon souvenir n’est pas bon). Donc ce ne serait pas les auteurs et autrices qui seraient plus charitables mais le rendu de la palpation de la ville qui est dans les deux cas juste ?
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Leo Landru
InvitéJe me suis mal exprimé. Ce « charitable » est une réciprocité. Je ne suis pas surpris par les Brestois plus accortes que les Arlésiens. Tout est affaire de perception mais subjectivement, je préfère Brest à Arles et il m’a semblé à la lecture que les auteurices de Othon y avaient trouvé davantage de partage.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui c’est certain. Arles est une ville totalement gagnée au tourisme, et cornaquée par une milliardaire. A Brest la ville respire davantage, et l’énergie militante y est plus vive c’est sûr
Peut-être aussi que la majorité d’origine nantaise du collectif se sent plus chez elle à Brest la bretonne, où on avait d’ailleurs tourné un film en 2006
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Yann reynaud
InvitéEt pourquoi pas Cayenne? Y a des dossiers, des ambiances, des revendications et une nature qui malgré les efforts de l’homme sait gratter du terrain!
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François Bégaudeau
Maître des clésok, mais alors tu t’occupes du budget avion
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Yannrey
InvitéBanco! Euh nan… braco!
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est une possibilité
j’en réfère au collectif-
Carpentier
InvitéEt sinon – oui, je fixe sur ces j.o. d’hiver car quand même: faut l’faire –
Albertville et/ou Grenoble (comprendre ses/leurs institutionnel.les et consorts) pourraient donner du grain à moudre de qualité au Collectif Othon: leur résistance à l’opération Alpes Françaises 2030 est un potentiel sujet au poil pour les Othon.
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Carpentier
Invitéah benh finalement on peut toujours jouer aux futures propales ( pu préoccupé qu’on saute une étape)?
Ok, alors:Nice Côte d’Azur 2030, ça chahuterait grave.
Les j.o. d’hiver des Alpes françaises (rien que ça)
Sérieux? C’te foutage de gueules.Et si on jumelait un Cayenne/Nice avec une épreuve unique?:
le ski de descente sur cailloux cassés à Cayenne.Vrai qu’Othon a déjà séjourné et dit dans le Sud (Arles) mais ça pourrait être dense.
Drôlement cynique mais politique aussi.-
Carpentier
Invité– Pour étayer la candidature de la propale montagne:
du potentiel grain à moudre de qualité pour le Collectif Othon
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Luc
InvitéDans ce cas Guéret doit être bien « structuré »;)
Sans vouloir offenser les Creusois.
En tous cas, ça doit être stimulant comme plongée même si faite dans de l ordinaire .
Je vais les lire-
Luc
InvitéEt puis c est vrai qu Arles, Brest sont déjà des villes de confins, et c est jamais les plus ordinaires, en tous cas dans leurs territoires.mais l ordinaire se fabrique partout par les gens
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Oscar
InvitéJe propose Mulhouse ! Sérieux
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..Graindorge
InvitéMerci Leo Landru Un vrai plaisir de te lire: tu racontes bien, tu donnes envie. Comme ce que tu avais écrit sur CUM. MERCI
Pour la troisième ville, j’aimerais bien Concarneau-
François Bégaudeau
Maître des clésIl y a déjà trois livres : Valenciennes, Arles, Brest
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..Graindorge
InvitéPour la quatrième ville alors
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Luc
InvitéNon pas Concarneau,il faut de l est ou du centre (Moulins, Nevers…)
De la diagonale du vide
Ou de l est
Cordialement
😉
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François Bégaudeau
Maître des cléson pense fort à cette hypothèse oui
on avait pensé à Moulins, par exemple-
Antoine
InvitéJe suggère le Creusot, ville qui a à peine 200ans, de 25000 habitants, créée littéralement autour des usines, avec tout ce qu’il faut d’écoles et hôpitaux comme on construisait une ville dans un jeu vidéo. La ville est remplie par successions d’immigrations : l’au Beauce et la Bresse d’abord, puis Espagne Italie et Portugal, puis Maghreb, Asie du Sud est, Europe de l’est et turquie. C’est un bastion du ps qui s’est coulé dans les chaussons du partenalisme des Schneider. D’un point de vue pratique s’est à 2h de tgv de Paris.
Sinon je découvre cette série de livre et j’ai hâte de découvrir Brest que je vais aller commander.-
François Bégaudeau
Maître des clésbonne lecture alors
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Sylvain
Invité@Luc : Pour toutes les caractéristiques que tu as énoncées plus haut, oui Briançon, excellent choix…
Et oui aussi : il faudra aller en altitude, « au dessus » de la ville, voir la frontière à un moment.-
Luc
Invité@sylvain, fais-tu partie de ce collectif?
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Sylvain
InvitéEt non, ni le temps ni le talent.
Mais je fais partie d’autres collectifs (plutôt branchés « ciné ») et je connais un peu Briançon, et comme toi, je pense qu’il y a matière… je laisse Othon se renseigner !-
François Bégaudeau
Maître des clésJe précise que 80% des membres d’Othon « travaillent » -au sens : ont un emploi qui n’est pas écrivain
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Sylvain
InvitéOui, j’avais cru comprendre ça.
Aussi : je me demandais comment voir les films ?
Apparemment, « On est en démocratie » avait été mis en ligne mais j’ai l’impression que c’était sur ton ancien site ?
J’apprends également dans Ouest France que le collectif avait déjà tourné un film à Brest il y a une vingtaine d’année ? Là aussi, est-il possible de le trouver quelque part ?
En revanche, j’ai bien trouvé « Jeunes, militants et Sarkozystes » sur Dailymotion, passé à l’époque sur La Télé Libre (et je me suis souvenu que cette chaine valait au moins « Le Média » aujourd’hui).-
Nola
InvitéSi quelqu’un trouve Conte de Cergy….
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François Bégaudeau
Maître des clésfilms difficilement trouvables
ça fait quelques années que je prévois de les mettre en ligne, sans doute ici-
Sylvain
InvitéIl faut, je crois.
Aussi pour une question de conservation. Vous avez tourné en DVCam ou Mini DV je crois : ça s’use.
Surtout le risque est de les voir « disparaitre » pour une raison qui échapperait peut-être à votre volonté.
La question des archives, de la multiplication des supports…. -
François Bégaudeau
Maître des clésPas seulement.
La plupart des films datent de 2007 et après. Pas si périmés. -
Sylvain
Invité« Pas si périmés », je n’en doute pas, bien au contraire.
Je sais, nous sommes probablement sur des oeuvres « de jeunesse » (non pas le bon mot).
Juste un euphémisme pour dire que – peut-être- vous auriez envie d’y changer des choses aujourd’hui – mais ne le faite pas : ce genre de documents, de films, bruts, comme ils ont été pensés à l’époque, a une valeur, personne ici n’en doute…
On a l’air nombreuses et nombreux a vouloir découvrir cela. -
Sylvain
InvitéPs : et le peu que j’en ai vu… ça sent quand même la belle excitation de faire des films complètement indépendants, fidèles à ce que vous vouliez faire, sans contrainte… ne serait-ce que pour cela… partages-les François.
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Ostros
InvitéNous sommes patients.
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Mélanie
InvitéOui, nous attendons !
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Carpentier
InvitéConte de Cergy.
Vu au forum des images lors d’un special docu-villes chez eux, quelque chose comme ça, il y a plusieurs années,
ça vaut le coup d’oeilEt pas souvenir d’un docu-fiction ‘ vieilli ‘ (le Collectif y fait notamment rejouer des scènes de Rohmer aimés, il me semble ) puisque, par exemple: découvrir et déambuler parmi les ‘ camemberts espagnols de Noisy le grand ‘ , à savoir moins trivialement appelés Les arènes de Picasso de Manuel Nùnez, me faisait quasi le même effet, irl, un peu avant leur première réhabilitation au printemps 2011.
Dans Paris, tu as aussi les délires architecturaux le long de l’avenue de Flandres, dans le 19e, ou les immeubles sont cosmos sidérant vieillis aussi, si on va par là.
Des gens, des familles d’aujourd’hui y vivent donc, vieillis ou pas, ça se filme et se narre tel.Aaaah, la houille blanche (trésor de Grenoble notamment) et ses ensembles habitation béton, c’est quelque chose quand même.
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Carpentier
Invité* où* les immeubles
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..Graindorge
InvitéOu Charleville Mézières avec un poème d’Arthur par quartier
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Luc
InvitéJe ne sais pas quel est votre protocole exploratif mais si jamais je peux guider. Je connais très bien et j habite dans le département .
Mais oui il me semble que la dynamique station met plein de trucs en branle aussi. Plein d équilibres très précaires (perte d au moins un mois d enneigement en 40 ans), station qui veut s internationaliser et monter en « haut de gamme » parce que les locaux ça rapporte pas , et oui les conflits entre le maire droitier et les assos d aide au migrant en conflit .Je me souviens il y a quelques années être allé assister à une réunion publique sur l avenir de la vallée. Ayant pas mal bossé durant mes années de géographe sur le tourisme alpin je pensais qu il y aurait de la prospective à disons moyen voire long terme…
Non, une réunion de vieux propriétaires qui se demandaient s il fallait pas faire un golf . ( y en a un à la frontière …) j en revenais pas.
Rien sur le problème du logement, aucune connaissance de la richesse des prairies en terme de biodiversité qu ils pouvaient sacrifier pour un terrain de golf.Vraiment une assemblée de boomers avec un tropisme hyper bourgeois. Je ne sais plus les termes employés par François dans « histoire de » mais voilà le désir de jouer plus haut que sa classe toujours.
Bon ben je leur ai dit au micro.
Bref-
Sylvain
InvitéPardon, je t’ai répondu plus haut sans avoir lu ton dernier message.
Oui, là aussi, tout à fait d’accord.
Ce joue dans cette ville pas mal de matière.
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Stéphane
InvitéMerci Léo, je retrouve mon ressenti dans ton descriptif et ce côté plus charitable à l’égard de Brest que d’Arles mais qui, géographiquement et politiquement, n’étonne guère de la part du collectif Othon.
Je me demandais quelle avait été la réception des pouvoirs publics et des personnalités importantes de la ville (s’il y en a une?) dont les actes se trouvent dévoilés, situés, remis en contexte dans le livre (Cuillandre et la place Guérin, les projets de résidence Seniors, le descriptif verre à moitié vide des ateliers des Capucins…)?
Ce serait intéressant d’avoir le regard de ces personnalités qui régissent l’administration, la politique et l’urbanisme d’une ville, lorsqu’ils sont pris en flag de mesures de maintien de l’ordre ou anti-pauvres bien sûr mais également sur certains de leurs impensés, où ils diront n’avoir pas pensé à mal ou même être fier de cette réalisation, je pense exemplairement aux Ateliers des Capucins, tiers-lieu objectivement très prisé et apprécié des Brestois.
Je pense à ça car l’administration Cuillandre, pour ne prendre qu’elle, est notoirement assez fière de ses accomplissements à Brest.-
François Bégaudeau
Maître des cléslls ne se sont pas manifestés auprès de nous
Peut-être que certains seront à Dialogues ce jeudi. Je raconterai s’il y a à raconter.-
Luc
InvitéJe ne connais rien au monde de l édition, mais est-ce qu une sortie version « beau magazine » ( j ai oublié le nom à la mode) aurait-elle pu aussi arranger certaines choses ou le nombre de ventes?
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne sais pas
On a en tout cas toujours conçu le truc comme un livre, où importent avant tout les textes
La quasi invisibilité de ces productions tient surtout à la malédiction qui pèse sur les livres collectifs, ainsi qu’au statut incertain du livre, littérature et socio en même temps.
En tout cas je note que les cohortes d’inattentifs qui ressassent que la littérature française ne s’intéresse pas au réel – ou pas au réel provincial, ou pas au réel des classes populaires, autant de clichés faux-, ne s’y précipitent pas non plus.
Notre pari est celui de Cause perdue : la politique continuée par les moyens propres de la littérature. (et un peu vice versa)
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Stéphane
InvitéMerci pour ton retour, tu nous diras effectivement si la rencontre à Dialogues a déchainé les passions.
J’espère surtout que vous aurez le retour d’habitant.es pour engager une vraie discussion sur leur ressenti vis-à-vis du livre ou sur des points précis plutôt qu’un commentaire amer d’un élu qui ne veut pas de grain de sable dans son plan marketing autour de Brest Life-
François Bégaudeau
Maître des clésIl y a peu de risques qu’il y ait des élus.
D’expérience je sais que ces gens se montrent peu en librairie.
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Claire N
InvitéJ’ai commencé à Brest que j’aime beaucoup
Et comme en ce moment il y a une interne brestoise dans le service j’ai pu entamer la conversation sur sa ville
Et oh surprise – pas surprise en croisant mes ressenti et son expérience personnelle
Et bien on s’est retrouvé à parler de manière « politique «
C’etait ancré c’était bien c’était simple-
François Bégaudeau
Maître des clésC’est bien le pari du livre, que de se tenir à l’échelle où la politique est ce qu’on aime qu’elle soit : à fleur de vie.
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Claire N
InvitéOui – ça fonctionne
Et même un peu plus
Parce qu’il il a une tendresse pour Louiza qui m’est montée quand elle m’a parlé,: qu’elle avait passé sa soirée dans un bar irlandais – que c’était pas simple de trouver un bar , improbable qu’une porte était tombée , qu’elle était heureuse ( en comparaison de la compagnie des internes de Bordeaux qui l’avait amené dans un bar à vin à 7 euros le verre) , quand elle raconte en riant que oui il y a pas de centre ville mais qu’il y a une rue où les gens vivent on sait pas où mais collectent de l’argent pour les chats de la rue
Et puis sa grand mère qui lui a montré des photos de la ville avant
Oui c’est étrange mais ça fait circuler les affects tendres d’une vrai rencontre
J’ai pensé à la chanson des ZP
Cette réplique « alors je t’ai parlé de la lutte des classes « En fait c’est pas du tout maladroit-
Jeanne
InvitéJ’ai lu deux textes de « A Brest ».
Démarche littéraire singulière. Ce n’est pas du récit de voyage mais un peu, pas du journalisme mais un peu.
Dans le texte « Tout est bon dans le Breton « , l’on apprend (notamment) combien peuvent être inattendues les stratégies de distinction sociale (les stratégies, chez les classes aisées, d’évitement – pour soi et pour ses enfants – des classes populaires).
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Je ne suis pas une grande touriste, j’ai peu voyagé et encore moins pour des raisons touristiques, mais si j’avais le tourisme dans le sang (un tourisme beau, un tourisme avec du sens, et qui se nommerait aussi curiosité), alors comme guides je prendrais ces bouquins d’Othon.-
François Bégaudeau
Maître des clésDans une radio avec Gaelle sur le livre, il nous est venu que ce livre portait un concept de tourisme économe en énergie fossile et de gauche : un tourisme d’enquête, posé dans une ville proche, n’importe laquelle, et pourquoi pas celle où on habite.
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Jeanne
InvitéMais oui c’est ça
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..Graindorge
Invité« Tout est bon dans le breton »
Dans le forum, observé que c’est plutôt écriture inclusive, non? ( moi c’est selon la musicalité et malheureusement c’est pas toujours agréable « celles zé ceux, j’évite » « auteurices » non merci. Etc. Je n’obéis qu’à mon oreille et j’écris comme je veux)
Mais ici comme c’est plutôt très à cheval, pourquoi ne pas avoir écrit » tout est bon dans le.la breton.ne »?-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci pour cette remarque précieuse, et qui rend si bien justice à un texte non lu.
Je réponds quand meme
1 je ne vois pas pourquoi l’écriture inclusive, qui n’est pas systématiquement utilisée dans le livre, le serait ici
2 ce titre , tu l’ignores sans doute, résonne avec l’expression populaire « Tout est bon dans le cochon ». Ce qui sied bien à un texte qui, partant de la préservation du breton, en vient à parler de l’élevage porcin industriel.
Encore perdu une occasion de te taire? Je n’oserais le dire.-
..Graindorge
InvitéAh si! ici on la lit souvent l’écriture inclusive à tel point que par mimétisme je m’y suis mise aussi un peu et seulement quand c’est pas moche comme étudiant.e par exemple.
Ne recommence pas stp :
J’ai écrit puis effacé l’évidente résonance pour tous ici dont moi-même avec « tout est bon dans le cochon. »
Je suis bretonne et depuis le » interdit de cracher par terre et de parler breton » lire qu’un chapitre s’intitule « tout est bon dans le breton » m’a fait tilter. J’ai d’autant eu raison de le dire pour te permettre de clarifier que ce fil me donne envie de lire ces livres sur Arles où j’ai eu de bons souvenirs et sur Brest surtout car j’aime d’amour toute la Bretagne et les parisiens n’arrivent pas à la cheville de la grandeur et noblesse bretonne! Kenavo-
..Graindorge
InvitéP.s: puisqu’on a fait des propositions de villes pour un prochain livre du Collectif Othon, ça me ferait vraiment très plaisir que vous choisissiez une autre ville bretonne: Saint-Nazaire ou Nantes
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Eliane
InvitéJe viens de lire le texte en question et ça fait tout drôle de voir décrite avec autant de justesse une histoire qui se rapproche tellement de la mienne.
Pour ma famille née à la ferme la mégapole c’était Lannion et ce sont les bonnes soeurs qui ont imposé la langue française à la schlague à mes parents quand ils ont commencé l’école à six ans. L’emprise religieuse était très forte dans le coin, le recteur de la paroisse venait récupérer du blé à la Saint-Michel par exemple.
Née en 1970, je fais partie de ce fameux chaînon manquant comme mes 15 cousins germains.
C’est une langue que je comprends à force d’avoir baigné dedans mais que je ne suis pas fichue de parler et c’est frustrant d’autant plus que c’est de mes propres parents que j’entendais la fameuse phrase »Ça sert à rien le breton » alors qu’il l’utilisaient au quotidien.
C’est une langue très associée dans mon esprit à des conversations pleines d’humour et de vannes, comme si les gens se relâchaient davantage dans cette langue.
Je m’arrête là mais le texte réussit à ramasser tellement de choses (que j’ignorais en bonne partie) en si peu de pages, c’est assez impressionnant, et tout ça sous la plume d’un Vendéen, les repères se perdent moi je vous dis-
Claire N
Invité« C’est une langue très associée dans mon esprit à des conversations pleines d’humour et de vannes, comme si les gens se relâchaient davantage dans cette langue »
Oui -c’est très juste -d’une certaine manière quand ça parlait patois autour de moi c’était dans ces coordonnées la aussi
Avec une façon différente d’attraper son propre ridicule – très tendre, pas blessante-
Claire N
Invité* je précise que ce n’était pas du breton
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François Bégaudeau
Maître des clés« et tout ça sous la plume d’un Vendéen, les repères se perdent moi je vous dis »
Un jour le monde comprendra que Bruno Retailleau et moi sommes d’une race supérieure.-
Eliane
InvitéRire depuis le Sud Ouest.
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Eliane
InvitéOui c’est vrai et les choses étaient souvent dites avec ironie, ce qui faisait rire tout le monde.
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graindorge
InvitéContente d’avoir inspiré ce sujet. Le breton est une langue à part entière et depuis plus de 40 ans le mot « patois » est obsolète. C’était péjoratif.
Eliane, tu dis « C’est une langue très associée dans mon esprit à des conversations pleines d’humour et de vannes, comme si les gens se relâchaient davantage dans cette langue. » Tu fais bien de préciser « dans mon esprit » car dans toutes les langues il existe différents types de conversations dont celles qui sont pleines d’humour et de vannes dans un contexte familier ou amical où les gens sont détendus et se relâchent.
L’humour et les vannes ne sont la spécificité d’aucune langue. Et, Claire, dans toutes les langues, on peut attraper d’une manière très tendre, pas blessante, l’ironie ou le propre ridicule et avec franchise.
Et dans toute les langues on peut faire rire tout le monde Eliane.
Tout est bon dans le Breton et Tout est bon dans le Vendéen! Et on fait avancer le shmilblick-
Eliane
InvitéSauf qu’il y avait une langue dans laquelle il me semble qu’ils étaient plus détendus que dans l’autre. Il y avait du relâchement quand ils parlaient breton.
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Eliane
InvitéJ’en parle au passé c’est terrible alors que c’est encore le cas maintenant.
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graindorge
Invitépeut-être que le français est une langue avec des lèvres trop souvent trop rapprochées qui donnent des visages allongés, une langue avec beaucoup d’E à casser, beaucoup de  circonfléxés qui BÂILLENT aux cornettes.
Quand un Espagnol imite un Français , il bat des cils, étire le visage, rapproche les lèvres et produit des sons inintelligibles: « ze-pe-te-je-fe-que-be-le -me-te ÂÂÂh!-
François Bégaudeau
Maître des clés« Contente d’avoir inspiré ce sujet. »
Sans doute de l’humour espagnol.-
..Graindorge
InvitéHumour grec
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..Graindorge
InvitéEt bonne nouvelle pour moi: j’ai fait le calcul: en réduisant ma consommation de fruits, je vais pouvoir m’acheter le livre À Brest.
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Claire N
InvitéOui – détendu c’est intéressant
Je discutais avec ma collègue qui a été petite dans une école bretonne des 3 ans
Elle décrit un drôle de phénomène lié peut etre effectivement plus à « qui commande « ce qu’on parle : elle ne comprenait pas pourquoi dans la cour s’était interdit de parler autre chose que Le Breton – elle s’est un peu braquée à la faveur d’une prof autoritaire et a décidé de parler moins breton – plus grande elle regrette parce qu’elle le comprend parfaitement mais galère pour le parler, et tout ses amis parlent couramment breton
elle me dit que ça lui a semblé invraisemblable que des bretons à qui on avait empêché de parler breton aux enfants se retrouvent a agir ainsi -elle prend ça avec le sourire : je pense qu’à l’époque ils savaient pas qu’il fallait pas taper sur les doigts des enfants
Mais oui la question du filage de la langue par le bain familial / école c’est compliqué quand on a fait sauter une maille-
François Bégaudeau
Maître des clésC’était quand ces faits là?
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Claire N
InvitéElle a 24 ans
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François Bégaudeau
Maître des clésOui , d’accord, période récente, où les choses se sont (un peu) inversées. Où la honte, non pas a changé de camp, mais a disparu des bretonnants. Ce qui est une belle conquête.
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Claire N
InvitéAprès c’est intéressant – comme dans le texte
Quand tu commandes à tirer sur un fil de l’autonomie tu es obligé d’envisager tout les points d’oppression qui coincent-
François Bégaudeau
Maître des clésOui, l’autonomie, de façon assez contradictoire, est dialectique
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Claire N
InvitéOui – comme les petites filles bretonnes qui semblent très tôt être du tendre/ granit
Version minérale de la mule à mes oreilles
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..Graindorge
InvitéPar rapport à la petite fille, comme le dit notre hôte François, on ne lui a pas inculqué la honte de parler français. Il y a peut-être eu une maladresse de l’enseignante.
Cette petite fille était donc dans une école Diwan dont l’objectif était enseignement exclusivement en langue bretonne et pas un mot de français. C’était le jeu. Pareil dans une école où on t’oblige à parler anglais de l’entrée jusqu’à la sortie. Même objectif: totale immersion, même aux récréations. Et choix de cette totale immersion par les parents.
« elle me dit que ça lui a semblé invraisemblable que des bretons à qui on avait empêché de parler breton aux enfants se retrouvent a agir ainsi -elle prend ça avec le sourire : je pense qu’à l’époque ils savaient pas qu’il fallait pas taper sur les doigts des enfants »
Doit-on avoir un grand souci de vérité, de véracité historique lorsqu’on papote lors d’une pause café? On y est pas obligé et c’est pas bien grave. Juste dire qu’il y a 15/ 20 ans c’était simplement interdit de taper sur les doigts des enfants et passible de renvoi de l’enseignante. Et ce n’était pas « des bretons à qui on avait empêché de parler breton se retrouvent à agir ainsi » C’est UNE enseignante qui a peut- être abusé verbalement de son autorité de prof au lieu de rappeler gentiment à l’enfant que c’est papa et maman qui ont fait ce choix d’école, que le jeu consiste à parler tout le temps breton même dans la cour. Généraliser le comportement d’une personne à « des bretons » est une licence que peut se permettre une jeune femme de 24 ans ( quoique j’ai connu des personnes de 20 ans d’une grande maturité et conscience du poids et de la justesse des mots utilisés) et surtout lors d’une pause-détente où le souci d’historicité, de véracité dans le cadre de collecte d’informations visant un travail journalistique sérieux n’est pas requis.
En papotant, elle ne savait peut-être même pas que ces propos allaient se retrouver ici.
Dans la partie catalane de l’état espagnol et dans certaines régions du Sud de la France proche de cette Catalogne, on leur mettait du savon dans la bouche s’ils parlaient leur langue maternelle.
Hors sujet mais dans le sujet: il y a fort longtemps, aux berbères, on leur coupait la langue ( aux adultes) : un peu plus radicale la méthode. Difficile de le prendre avec le sourire.
Un peu plus récemment dans l’histoire, quand le fascisme a gagné dans l’Espagne, il était très violemment interdit de parler galicien, basque, valencien, catalan et parlés « proches » dans les lieux publics.-
Claire N
InvitéSi j’essaye de comprendre ta réaction je trouve que tu sembles t’emballer sur une remarque
D’une jeune femme au prétexte qu’une critique minime desservirait une « cause « et qu’elle devrait « prendre sur elle « pour servir de manière « responsable « en prenant le soin de gommer tout ce qui risquerait d’en ternir l’immaculée perfection : et c’est ça être sérieux ?
Laisse moi donc ne pas l’être en ce cas , penser contre soi à 24 ans comme à 17 c’est la classe-
François Bégaudeau
Maître des clésPolitimanie de base. Doublée d’épidermisme.. De touchisme (prononcé à l’américaine).De susceptiblisme.
En vérité je vous le dis, nous n’irons pas loin.-
..Graindorge
InvitéJe dis bien que vous papotiez certainement lors d’une pause-détente. Je ne réagis pas . Je m’exprime. Et je rappelle que taper sur les doigts à cette époque là était interdit.
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..Graindorge
Invité.
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..Graindorge
Invité.
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Sylvain
Invité« En vérité je vous le dis, nous n’irons pas loin » me rappelle bien « la révolution n’aura pas lieu, nous nous serons entretués avant » de Comme Une Mule.
Bon c’était un petit commentaire parfaitement anecdotique comme ça, comme en passant. Mais la phrase m’a séduit.
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..Graindorge
InvitéTu m’as mal lu Claire
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Claire N
InvitéC bon t’inquiète je m’enclenche pas
On pose – on s’éloignait du livre : genre loin du bord
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..Graindorge
Invité@François Bégaudeau: je peux aussi quitter le forum
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François Bégaudeau
Maître des clésTu peux aussi y rester en tachant de ne pas être si souvent, dans les conversations d’ici, un cheveu sur la soupe
Par exemple, ne pas intervenir dans une discussion sur un texte que tu n’as pas lu, et en plus en comprenant à l’envers la discussion-
..Graindorge
Invité@François Bégaudeau
« Tu peux aussi y rester en tachant de ne pas être si souvent, dans les conversations d’ici, un cheveu sur la soupe
Par exemple, ne pas intervenir dans une discussion sur un texte que tu n’as pas lu, et en plus en comprenant à l’envers la discussion »
j’ai parfaitement lu et suivi la discussion. Aucun hors sujet dans mon texte.
« J’ ignore donc gentiment tes conditions, camarade.
Je n’y reste dans ce forum qu’à une seule condition: que tu puisses y rester aussi.
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Maximus
InvitéLes gauchistes deviennent des gros faf quand il s’agit de la Bretagne lol
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Carpentier
Invitésalut Graindorge,
….. Trois heures et demie ça n’est pas si long si on considère qu’en 1865 on en mettait dix sept pour parcourir les quelque 600 kilomètres de rails reliant la capitale à la ville du bout du bout./ …
p.7, divergences –
Voici l’entrée en matière de leur À Brest que j’ouvre aujourd’hui.
3 lignes seulement et je pense que c’est une meuf, appliquée dans son ouvrage, qui a modelé ce texte.
Pas François Bégaudeau en tout cas.
Ouvrir le travail collectif par ses lignes serait de plus une sorte de faute de goût il me semble.
Après, cmme on sait, je peux carrément me tromper mais quoiqu’il en soit, j e me permettrai de te partager de temps en temps un peu de matière du dernier Othon si le cœur et l’esprit t’en disent.-
Carpentier
Invitéla ville du bout du bout / …
topographique, amusant, familier, drôle, géographique et historiquement peut-être symbolique tant brestois et brestoises sont de fait aussi les gens du bout du bout, avec ce que ça peut brasser de fantasmes et portraits pas que clicheteux.
Vivre sur la pointe de la, ça (te) fait quoi?
Peut-être qu’on saura,-
Carpentier
Invitépardon, je refais mieux :
la ville du bout du bout / …
(le reste, c’est moi
qui soliloque)
– topographique, disais-je, amusant, familier, drôle, géographique et historiquement peut-être symbolique tant brestois et brestoises sont de fait aussi les gens du bout du bout, avec ce que ça peut brasser de fantasmes et portraits pas que clicheteux.
Vivre sur la pointe de la, ça (te) fait quoi?
Peut-être qu’on saura,
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..Graindorge
InvitéSalut ma Carpentina
t’embête pas, je l’ai commandé. C’est juste quelques pommes en moins pendant quelques jours: ça fera du bien au péché de gourmandise -
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne comprends pas
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..Graindorge
Invité@François Begaudeau : je suppose que tu t’adresses à Carpentier. Ton message » je ne comprends pas » est juste sous le mien
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Carpentier
Invitépas de tête à se tordre en effet: quand il s’adresse à moi (déjà il va tomber de la merde, et ensuite ) c’est pour dire qu’il pige rien, t’inquiète, tout est bien comme ils le chantaient.
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..Graindorge
Invité@ Carpentina: mais pourquoi t’embêtes tu à
continuer à me partager des extraits puisque je t’ai dit que je l’avais commandé? Je dis » ME partager » car c’est ce que j’ai lu: » , j e me permettrai de te partager de temps en temps un peu de matière du dernier Othon si le cœur et l’esprit t’en disent. »-
Carpentier
Invitébah j’en commence la lecture et, un peu comme avec le CUM, je pensais pas trop mal faire en choisissant des passages; notamment pour toi, même en attendant (maintenant que je sais ta commande) mais pas grave, je me tais.
C’est trop nerveux pour moi ici.-
..Graindorge
InvitéAh si c’est pour tout le monde, c’est moi qui me tais
J’ai cru que tu t’embêtais que pour ma 🍎-
François Bégaudeau
Maître des clésJe trouve toujours très bien de citer le texte, mais je n’ai pas compris tes lignes de commentaires.
« Ouvrir le travail collectif par ses lignes serait de plus une sorte de faute de goût il me semble. » Comprends pas.-
Carpentier
Invitéj’ai souvenir (et donc bien à l’esprit les limites d’un souvenir, hein) que pour un autre collectif tu (m’) avais répondu cela, à savoir que: non, le premier texte n’était pas de toi car, auteur le plus connu parmi tous et toutes, cela serait moyen élégant de démarrer par tes lignes.
Mais voilà:
1) je peux me gourer, même si dès la première phrase, je trouve qu’on y retrouve pas tout à fait ton humour (sauf à ‘ faire la nique ‘ à Bellanger et à son cultissime moqué ‘ l’aménagement du territoire ‘ qui narre. entre autres et en long et en large, l’affaire ferroviaire bretonne.
2) tu as pu évoluer par rapport à cette attention à l’ordre des textes
3) je comprends, me relisant, que tu n’es pas pigé-
Carpentier
Invité* n’aies pas?
ou nez ?
on s’en branle
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Carpentier
InvitéIl faudra attendre le TGV Atlantique en 1989 et surtout la LGV Le Mans-Rennes en 2017 pour qu’une Parisienne comme moi s’assoie, confiante en son trajet limité à moins de quatre heures, un samedi de mars, à côté d’une passagère accorte bien que déjà affamée. / …
Ok, c’esr Joy Sorman qui ouvre l’ouvrage.
C’est très vu les gens qui, à peine installés dans le train, dévorent.
Et souvent, ce sont les mêmes qui dorment tout le voyage.
Qui rentabilisent ainsi le temps de trajet.-
Carpentier
Invitémais pas celle-ci non car, d’après sa conversation téléphonique, elle envisage pour sa grande faim, non un Paris-Brest mais plutôt un culte poulet rôti’.
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François Bégaudeau
Maître des clésNon, c’est pas Joy.
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Carpentier
Invitéperdu: mince.
Si ‘ Parisienne ‘ est pas fictionné, y compris par un gars (toi, alors?) je ne vois pas trop qui d’autre l’est.
À part Stephanie, si ‘ parisienne ‘ – comme souvent – est l’équivalent de ‘ francilienne ‘ dans l’esprit de l’auteur.e.
Car je crois bien que Stéphanie vit en banlieue.-
Claire N
InvitéDe toute façon
Il y a dans ce texte quelque chose qui met dans de « bonnes dispositions « pour la suite de la lecture
Il m’a bien plu-
Claire N
InvitéSi j’essaye d’affiner :
– nombre de pages de romans qui se tiennent dans un train m’ont marquée : dans Anna Karénine par exemple je peine encore à préciser mais c’est peu être pour moi les pages les plus importantes
– j’adore la « panne « cette manière de dérouter l’espace temps qui fait basculer en dehors des sillons d’une destination donnée qui se colle à un emploi du temps réglé : le train à encore cette puissance de « déraillement « et finalement l’espace de liberté que les habitants du train dans ce texte sont capables de saisir comme une chance-
Claire N
InvitéSi j’affuble encore :
Le train par sa puissance à nous faire éprouver un « destin de destination « qui déraille nous aide ensuite à nous approprier cette manière dans la façon d’arpenter la ville avec nos pieds
( désolé je suis un peu longue – mais je tâtonne)-
François Bégaudeau
Maître des clésOui c’était bien l’idée
Et tout de suite poser notre dispositif : nous ne sommes pas Brestois, nous venons d’ailleurs, nous venons en train, puis commence notre tourisme politique.-
Claire N
InvitéOui- nous ne sommes pas brestois
Mais pas non plus touristes
L’espace décollé par ce livre brise quelque chose de fixe dans le sédentaire et impulse de la familiarité dans l’étranger
C’est cher à mon cœur même si peu lu
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Carpentier
Invitéarpenter la ville avec nos pieds
oui, et c’est quelque chose que j’aime beaucoup aussi, comme on sait.
Plutôt que de nous aider à nous approprier cette manière, je dirais qu’on lit, regarde et écoute chaque protagoniste nous livrer sa façon de découvrir (personne parmi le Collectif ne connaissait Brest?*) la ville et c’est autre chose que le restau, l’accès à la plage et la boutique à ne pas rater, oui.Bien aimé le texte Moche toi-même, comme à coeur des fondations qu’on verrait et comprendrait le nez au vent.
Môche toi-même: on est dans le dur et la fausse légèreté de l’introduction dans le train du texte 1 n’est presque plus qu’un souvenir.
Benh tiens:.. Le quartier ne ressemble pas du tout à mes souvenirs de la ville, et pour cause:
alors que j’étais restée entre le port, la gare, l’hôtel Vauban et l’Hôtel de ville à mon premier passage, le disquaire de l’Oreille cassée m’apprendra que je suis ici dans les faubourgs d’avant guerre, peu touchés par les destructions.Et ici, on revient à Brest … en avion depuis Marseille*/ …
Saint-Nazaire a le même traitement, à déconstruire si désir, il me semble (cf. anecdote Eric & Ramzy en tournée d’époque) ; Dunkerque aussi.
Mais bon, puisque jouer à deviner l’auteur.e singulier.e dans le Collectif est un mode de lecture qui ne lui convient pas, non plus, décidément, je n’y reviendrai pas, même si
Brestois comme un brestois me semble bien signé.
Bonne continuation dans ta lecture, Claire N.-
Claire N
Invité« Bien aimé le texte Moche toi-même«
Oui le petit côté « peau d’âne « de Brest-
Carpentier
Invitéoui, enfin, cette ville jouerait à cacher ses atouts pour se protéger? humm,
C’est cette histoire de bout du bout, comme dit dans mon tout premier post à propos, qui m’intrigue le plus, perso. ça, et le fait qu’on verrait la mer, un bout de mer où qu’on s’y trouve.
Cette coquette menterie me plaît et ça donne envie d’aller s’y amuser, moins pour vérifier que pour piger.
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François Bégaudeau
Maître des clésDésolé mais je ne comprends pas bien l’intéret de spéculer ainsi.
Je ne crois pas que tu saches qui exactement habite qui dans l’équipe. Julien Ollivier tu sais où il habite? Cat Ouvrard? Juliette Baillot?
Et Stéphanie n’habite pas en banlieue mais à Marseille.-
François Bégaudeau
Maître des clésEt ce n’est pas pour rien que nous ne mentionnons pas l’auteurice de chaque texte.
Chaque texte est assumé par tous.-
Carpentier
InvitéDésolé
pas autant que moi
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propater
InvitéCa se passe comment en pratique, vous vous relisez les uns les autres et échangez sur vos textes? Est-ce que chacun vient avec son texte d’un bloc puis vous décidez ensemble du tuilage ou bien vous décidez d’une espèce de maquette à partir de vos notes avant de vous mettre à écrire?
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François Bégaudeau
Maître des clésChacun enquête, propose un ou plusieurs textes, on voit si ça marche avec l’ensemble. Ensuite chacun écrit et je m’occupe du travail de relecture, texte après texte.
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..Graindorge
InvitéÀ Brest va avoir beaucoup de succès: La Bretagne a le vent en poupe!
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..Graindorge
Invité« …et trouvons Brest un peu moins abîmée par l’argent, surtout plus combative, du moins autant qu’elle le peut, en témoigne les quelques acteurs de luttes locales pour la sauvegarde du stade Le Blé ou de la place Guérin, ou de la langue bretonne. La ville ne détonne pas de ses congénères non-bretonnes avec son tiers-lieu, son avancée politique antisociale (passages glaçant sur la santé et la vieillesse), sa grisaille qui fait pourtant sa spécificité comme elle fait celle de Saint Omer ou Troyes.
Une station place Guérin, une filature de roman policier, une rencontre avec des ouvriers de l’Arsenal, du savoir encyclopédique teinté d’ironie… Dans cette déambulation se tient aussi la force (une force brestoise ?) d’habitants fiers mais pas chauvins et l’on regarde avec eux le changement de paradigme urbain : acronymes déshumanisants qui remplacent les personnes, engloutissement du public par le privé, mais (sauf cas Agnès, avant-dernier chapitre terrifiant) sans résignation, sans gêne non plus je pense. Une dame surprise de voir un déballage de CRS pour des bricoles, une mairie qui s’appuie sur la préfecture pour justifier sa bassesse, un héritage militaire naval qui semble peu affecter nos habitants – davantage pirates que soldats. Un chapitre fataliste sur l’inaction écologique fait froid dans le dos, je me rappelle. »
Encore grand merci Leo Landru. Hâte de le lire? Non. Plaisir de l’attendre-
François Bégaudeau
Maître des clésA Brest n’aura pas de succès, mais je te remercie de le lire.
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..Graindorge
InvitéL’optimiste invente l’avion. Le pessimiste le parachute.
Bon travail d’équipe-
François Bégaudeau
Maître des clésA équidistance des deux baudruches optimisme et pessimisme, le réel fait son travail
Dans le réel ce livre n’aura pas de succès.
Je signale d’ailleurs qu’il est sorti il y a un mois, et que le réel donc a déjà donné son verdict.
Merci donc de ne pas ajouter, à la peine de cet insuccès, la lourdeur d’incantations creuses-
..Graindorge
Invité« A équidistance des deux baudruches optimisme et pessimisme, le réel fait son travail »
Mais vous, les 10, faites-vous assez votre travail?
En un mois, combien de rencontres- présentations dans des librairies suivi de signatures? A Brest et ailleurs, dans toute la Bretagne : à Nantes, à Rennes, etc.. et dans d’autres villes?
À Paris, » unique » rencontre. Pourquoi unique?
À moins que vous n’ayez pas le temps ? Tu l’as dit: pratiquement tout le monde travaille en dehors du travail d’écriture donc on dépose le livre et on décrète qu’il n’aura pas de succès? vous le savez d’expérience avec Valenciennes et Arles? Et vous n’avez sans doute pas besoin de ventes pour manger donc service minimum? on s’éclate entre copains de gauche radicale, ça nous fait de beaux souvenirs et on s’amusera dans une prochaine ville la prochaine fois?Le réel a raison? » Le réel a déjà donné son verdict »? Sans aide, comme un grand?
» la peine de cet insuccès »?? Larmes de crocodile?-
François Bégaudeau
Maître des clésTu persistes donc à parler du livre sans l’avoir lu
Et tu persistes à parler de ce que tu ne connais pas, à savoir la vie économique éditoriale. Et donc tu dis , à nouveau, n’importe quoi. Et en plus tu saupoudres tes propos d’une leçon de manager méritocrate – les gars c’est un peu de votre faute bande de feignasses.
A nouveau le réel va t’humilier – et je ne me fais aucun souci pour toi, ce n’est pas ce qui t’ébranlera. Quelques nouvelles du réel donc :
1 les invitations en librairie et ailleurs, pour un livre, ce sont les libraires qui les désirent-décident-organisent. Ce n’est pas l’auteur qui vient en VRP de lui même frapper à leur porte. Contrairement à ce que ta leçon de management préconise, ce n’est dont pas l’auteur qui se vend. Tout juste l’éditeur peut il parfois contacter des invitants potentiels. Même chose pour les médias (dont évidemment aucun ne s’intéresse à ce livre)
2 Sachant bien que notre série collective n’intéresse personne (contrairement à ce que ton optimisme ignorant affirme avec cette assurance qui caractérise l’idiotie), j’ai exceptionnellement fait la démarche de solliciter le librairie Dialogues à Brest. Qui a accepté par calcul économique. 2b Sachant bien qu’il n’y aurait aucune rencontre à Paris, j’ai demandé à nos amis cheminots qui tiennent le théatre traversière de nous accueillir pour un soir.
Pour le précédent je l’avais demandé à une librairie nantaise, et je l’aurais à nouveau fait pour le livre Brest si la librairie en question n’avait pas fait savoir à notre branche nantaise qu’elle ne voulait plus me promouvoir, pour les raisons qu’on devine.
Pour la millième fois : est ce que c’est trop te demander que te demander de ne pas parler de ce dont tu ne sais rien? Ou dit autrement : t’en as pas marre d’etre ridicule?-
..Graindorge
InvitéJe ne parlais pas du contenu du livre patate alors ça suffit ton histoire de pas lu!
Mon texte est truffé de points d’interrogations et dire que vous travaillez tous les 10 n’est pas exactement vous traiter de « feignasses »
Si l’optimisme est idiot, vive l’idiotie. Mais ta bêtise saupoudrée de méchanceté et d’insultes me ferait descendre à ton niveau, trop bas.
Moi donner des leçons de manager? Tu lis trop et vois trop de films.
Mais merci pour les nouvelles du réel. Si la librairie Dialogue a accepté, comme il existe une flopée de librairies pourquoi d’autres ne feraient pas le même calcul économique?
« Notre série collective n’intéresse personne » et les gens qui l’ont acheté et vont l’acheter compte pour du beurre? C’est le bouche à oreille!
Ça fait un bail que je passe outre tes insultes pour parler des livres de Bégaudeau que j’ai lu: 8 et bientôt 9 et pas en diagonale ou à l’envers. Tu arrêtes avec ça. Merci.
Ce A Brest, on a déjà donner envie rien qu’en partageant le texte de Léo Landru à, attend, je compte : 5 personnes qui toutes connaissent Brest, y ont vécu, y ont enseigné comme l’ami Isidro qui y a enseigné l’espagnol et qui a même écrit un poème sur Brest que je partagerai ici.
Je te remercie de ce que tu nous apprends sur les coulisses. C’est sûr que c’est facile pour moi depuis mon fauteuil de trouver que ci où que ça et je ne voulais blesser personne. Je suppose que toi non plus
tu n’aimes pas me blesser.
Je ne sais pas si ce réel dont tu parles m’humilie mais oui tu as raison , il ne m’ébranle pas ce fumier.
Poser des questions qui permettent ces éclaircissements ne me rend pas ridicule. Et tout le monde en profite. Ridicule , c’est ce monde qui l’est.-
François Bégaudeau
Maître des clésExemple de pure question toute bienveillante de la sainte Graindorge :
« on s’éclate entre copains de gauche radicale, ça nous fait de beaux souvenirs et on s’amusera dans une prochaine ville la prochaine fois? »-
François Bégaudeau
Maître des clésallez, encore un petit moment de raison, délivré sans espoir
« pourquoi d’autres ne feraient pas le même calcul économique? » le calcul économique de Dialogues a consisté à se dire que pas mal de brestois seraient intéressés par le livre. De fait, nous étions nombreux.
Ce calcul ne vaut donc pour aucune librairie non-brestoise, ce qui constitue 99,9999% des librairies en France.
Nous avons donc fait le tour des librairies qui feraient ce calcul économique
Tu as encore dit n’importe quoi. Mais ne te tairas pas.-
..Graindorge
InvitéJuste encore 3 mots
Toute les villes de Bretagne peuvent être intéressées par un livre sur Brest. Je ne dis pas n’importe quoi.
Sainte Graindorge? Ah non, et ce n’est même pas un objectif d’ailleurs et Dieu est très Égoïste et Casse-pieds. Et pardon mais je ne comprends pas « ce verdict du réel »: après un mois être certains que Brest n’aura pas de succès
« On s’éclate entre copains de gauche radicale, ça nous fait de beaux souvenirs et on s’amusera dans une prochaine ville la prochaine fois? »
Je dis dans un autre post qui fera doublon tant pis:
Oui c’est ce morceau là qui me fait dire:
» C’est sûr que c’est facile pour moi depuis mon fauteuil de trouver que ci où que ça et je ne voulais blesser personne. »
Tu as clarifié la situation du monde de l’édition.
Je me tais. -
Mélanie
InvitéGraindorge, aurais-tu une vocation de coacheuse ?
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Claire N
InvitéAvec ma belle mère sur ce point on a un modus vivendi : c’est celui qui fait qui fait ,pas d’inspection des travaux finis , si personne ne demande un conseil on peut s’en abstenir
C’est dur mais elle est choupi -
François Bégaudeau
Maître des clésOui Graindorge est une coach. Une coach qui n’a jamais tenu une raquette mais connait la bonne méthode pour gagner Roland-Garros
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Mélanie
InvitéJe corrige :
Graindorge, aurais-tu une vocation de manageuse ? -
..Graindorge
InvitéClaire:
je n’ai pas fait inspection des travaux
finis puisque je n’ai pas lu le livre. Je l’ai commandé car j’ai aimé comment Leo Landru en a parlé et j’aime Brest et mon collègue est breton. Oui en mode bouche à oreille nous avons partagé l’info avec de la famille et des amis en Bretagne avec enthousiasme.
4 vont l’acheter. Ça fait 5 avec nous. J’ai dit qu’ il aurait du succès car la Bretagne a le vent en poupe. F.B dit non il n’aura pas de succès en nous en expliquant les raisons. Je ne connaissais pas les dessous du fonctionnement éditorial. J’ignorais que les auteurs/autrices ne décidaient pas grand chose. J’ai donc appris. Il dit:
« le calcul économique de Dialogues ne vaut donc pour aucune librairie non-brestoise, ce qui constitue 99,9999% des librairies en France.
Nous avons donc fait le tour des librairies qui feraient ce calcul économique »
À ça j’ai dit que toutes les villes de Bretagne peuvent être intéressés par un livre sur Brest.
Mes amitiés à ta belle-mère mais je n’ai rien conseillé à personne car je ne parle toujours qu’en mon nom. J’ai commandé le livre et J’ai envoyé l’info à des proches.
Ça mérite l’hallali? Des moqueries? Ou les aboiements baveux en montrant les crocs du Othonais? Ah bon.
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..Graindorge
InvitéOui c’est ce morceau là qui me fait dire
» C’est sûr que c’est facile pour moi depuis mon fauteuil de trouver que ci où que ça et je ne voulais blesser personne. » Tu as clarifié la situation du monde de l’édition.-
François Bégaudeau
Maître des clésTU te tais mais ne te tais pas
« Toute les villes de Bretagne peuvent être intéressées par un livre sur Brest. » Eh bien la preuve que non. La preuve par le réel, puisque après un mois de vie de ce livre, nous n’avons reçu aucune invitation d’aucune librairie de Bretagne.
Il faut que je le dise combien de fois? -
..Graindorge
InvitéTu n’as pas besoin d’aboyer en bavant et en montrant les crocs, car ça ne m’atteint pas et c’est ton foie qui souffre pas le mien. Alors ça va comme ça, Je ne suis pas dans la bande des chacals.
Grace à cet échange courtois, j’apprends encore que un mois suffit pour le verdict du réel: aucune invitation d’aucune librairie de Bretagne ou d’ailleurs.
J’en suis sincèrement désolée
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propater
InvitéL’ai acheté ce midi, il était au rayon sociologie. Si c’est représentatif des choix de classement des libraires, ça explique p-e les faibles ventes.
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Dr Xavier
InvitéAh dans la mienne le trio Histoire de ta bêtise, Notre joie, et Boniments se trouve dans le rayon « enquêtes », à côté par exemple des livres d’Aubenas.
Pourquoi pas, il faut bien classer. On va finir par trouver À Brest au rayon tourisme entre le Routard et Lonely Planet.-
François Bégaudeau
Maître des cléson en vendrait beaucoup plus, du coup
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Mélanie
InvitéEt dans la mienne CUM au rayon romans
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Mélanie
InvitéEt zéro A Brest
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Christophe M
InvitéA Brest n’est pas en rayon dans les librairies de Nancy. J’ai dû le commander.
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Carpentier
Invitébenh normal si t pas à Brest mais à Nancy
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François Bégaudeau
Maître des clésy a quand meme quelques villes hors Brest où on le trouve
en tout cas on trouvera des exemplaires à foison vendredi au théatre Traversière de Paris-
Carpentier
Invitéon s’en doute bien
juste une blague bien médiocre
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Carpentier
InvitéTe lisant ce matin dans ce post qui fait suite à l’introduction/ouverture du thread dédié à l’À Brest d’Othon, je me permets de t’envoyer les titres/chapitres/textes:
[pourquoi?
parce que
oui, j’ai 5 ans.]
– Biographie
Moche toi-même
À moitié vide
Filature
D’un stade à l’autre
Brestois comme un brestois
Tonnerre
En l’état
Sur les quais
Y’en a dans l’fémur
Complaisances
Illitorale
Tout est bon dans le breton
Géants
LafauteàGuérin
C’est pas genré une glace
Mourir à Brest (1)
Invivable
Vincent et moi
Mourir à Brest (2)
Et j’écouterai des parolesEn attendant ta livraison ça te fera peut-être rêvasser, qui sait?
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Carpentier
Invité(partage ci-dessus un peu adressé à graindorge)
je sors du texte Géants, des géants de papier partagés en affiche/stickers façon art urbain, si je pige bien – encore un très beau texte – et en profite pour découvrir ce Ligne de front dont on y parle aussi+ tâcherai aussi de voir à Valenciennes vers son tramway, alors.
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François Bégaudeau
Maître des clésj’ai découvert ce monsieur grace au texte
(pas Tessot, l’autre)-
Carpentier
InvitéTexte édifiant tant son travail et sa technique, avec le pinceau bras étendu pour le fusain par exemple, est bien décrite, la compo avec les couleurs aussi.
Je crois qu’il va faire partie de mon top 3.-
François Bégaudeau
Maître des clésAu départ j’ai pensé que ce texte était comme de trop dans le livre, et puis sa qualité intrinsèque m’a amplement convaincu.
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graindorge
InvitéGrand merci Carpentina! J’adore qu’on pense à moi. J’avais déjà commencé à me mettre dans le bain avec des vidéos, des chansons et le texte de l’ami Isidro qui parle de la rue de Siam… je me demande pourquoi ce nom de rue: Siam, C’est asiatique. Je viens de regarder et trouvé ça « La rue de Siam doit son nom à la visite de trois ambassadeurs du roi de Siam en 1686, qui débarquèrent à Brest pour se rendre en visite à Versailles, auprès de Louis XIV. Auparavant nommée rue Saint-Pierre, il est dit que cette visite fut tellement marquante que les Brestois rebaptisèrent rapidement l’artère. » plus loin, je lis « Quant aux liens entre Brest et la Thaïlande, ils perdurent ! En 2013, Bangkok a renommé l’une de ses rues « Thanon Brest » (rue de Brest), en hommage à cette longue relation diplomatique. »
Sinon le texte d’Isidro extrait de son recueil « L’ apprenti. (carnets de voyage) » je le dépose dans le fil Poèmes
Cette fois, le livre viendra de Bordeaux, de la librairie Mollat
En tous cas, tous ces titres. Bien. Ça pas été écrit avec le dos des doigts… Et j’en dirai, comment dirêje? trois mots…et demi-
Carpentier
InvitéAvant de publier mon Top 3 des entrées de leur À Brest, je regarde qui pourrait m’inspirer, avec un ou des posts par ci par là, m’inspirer et m’inciter à, peut-être, relire ce texte, puis tel autre et ainsi de suite: j’ai, je crois, mes quatre textes prefs mais je prends encore un peu de temps sur mon samedi pour valider mon podium.
Du coup, je vois ton post de remerciements et surtout, graindorge, ce que tu glanes et qui documente la rue de Siam:
De mémoire, c’est surtout un texte surtout, que j’ai dû lire déjà 3 fois – donc ça va, c’est bon je crois – un texte qui cite cette rue via, en effet, des chansons et/ou poèmes;
Peut-être qu’un.e sitiste t’a mailé le ’ Brestois comme un brestois’ ?
Un texte où l’auteur.e ; D part de la sonorité monosyllabique du nom de la ville, qui percute, brute, même si pas coton pour décliner des rimes, et tricote, de fil en aiguille, un profil-portrait de la ville et de ses habitant.es qui compose notamment avec la tristesse, l’ivresse, la pluie qui ne cesse …Jusqu’au culte Tonnerre de Brest en effet qui sonnerait presque comme ton Thanon (de) Brest
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Carpentier
Invitéso, even in english, B comme bilingue, les Marquis:
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Carpentier
Invitétiens, p.55, une autre occurence pour la rue de Siam dans le texte Tonnerre, qui commence en p.53, et qui documente justement aussi le culte Tonnerre de Brest:
… gros tourbillon de trois globes de feu en 1718,
canon de 24 pour lancer la chasse à l’homme lorsqu’un évadé ou plusieurs forçats (on sait en décomptant les coups de canons calés sur l’effectif evadé) tentent de se tirer du bagne, en 1764
ou encore nom de baptême pour un petit journal protestataire, créé clandestinement en 1974 par des jeunes marins en service militaire dans la Royale et qui, bien qu’interdit par leur hiérarchie, vacinq ans durant, ce Tonnerre là continue de gronder, dénonçant en 1978 les mauvaises conditions de travail des appelés, en première ligne pour nettoyer les plages souillées par le naufrage de l’Amoco Cadiz. / … soutenir les pêcheurs, goémoniers et les organisations qui dénoncent les causes même de la terrible marée noire. / … En retour, certains matelots et ouvriers du port, des syndicats, des partis de gauche locaux soutiennent le samizdat brestois, et pas loin de quatre-cents personnes défilent rue de Siam , en mai 1977, quand trois appelés soupçonnés de diffamation sont mis aux arrêts de rigueur. Face à la grande muette, un autre petit canon résonnait./ ….
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Maximus
InvitéAlain Bauer franc mac nie l’existence des Gaulois sous la complaisance de Pascal Boniface
Qu’en pensent les Bretons ? https://x.com/PascalBoniface/status/1896568794828714259-
netflou
InvitéPuisque tu traînes par ici, j’ai une question.
Je note une contradiction (une parmi d’autres) chez les identitaires/patriotes/conservateurs qui vivent par chez moi.
Ils sont angoissés par la possibilité de leur disparition. C’est entendu. La disparition de quoi ? De leur identité. Si l’on demande de préciser ce que recouvre ce mot, on arrive vite à la défense de leur mode de vie.
Pour autant, si l’on détaille la matérialité de ce mode de vie, on est plus proche d’une sitcom tournée dans le Wyoming que de l’existence menée par papi Jeannot dans le Grésivaudan : d’imposants pick-up ont remplacé les C15, les potagers ont laissé place aux gazons.
Trampolines, barbecues, tatouages : tout ça est so US.
D’ailleurs, faire du muscle et pratiquer la MMA sont plus les attributs du héros d’un mauvais film d’action américain puéril que les caractéristiques du mode de vie de nos aïeux. Papi Félicien jouait à la belote et taquinait les gougeons, il n’était pas un survivaliste tatoué en recherche de gourou sur YouTube.Bref,
Votre identité française ne serait-elle pas américaine ?
Votre civilisation ne serait-elle pas un juste un lifestyle parmi d’autres, un agencement d’objets-signes jouant avec d’autres agencements d’objets-signes ?-
François Bégaudeau
Maître des clésBonne question, que j’ai déjà posée à maints identitaires, et qui en général entraine une réponse aussi argumentée que « oui mais bon c’est pas le problème »
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Riton
InvitéCe qu’ils entendent par « défendre notre mode de vie », c’est en réalité la défense de la race blanche, qu’ils estiment menacée d’extinction. C’est tout. Faut pas chercher plus loin. Ils se servent de ce signifiant creux (mode de vie) mais habile (tout le monde voit à peu près de quoi il s’agit) pour ne pas avoir lâcher le mot qui fâche (race) et qui risquerait de les tuer socialement, voire de les envoyer en prison.
C’est pour ça que débattre publiquement avec un identitaire est vain puisqu’il ne sera pas sincère, car il ne voudra jamais prendre le risque de l’être.
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François Bégaudeau
Maître des clésEn même temps le dernier avec qui j’ai débattu n’avais pas trop d’embarras à parler de remigration
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Riton
InvitéAlors je n’ai pas vu le débat, mais en règle général, les identitaires qui parlent de remigration disent que cela ciblera en premier lieu les délinquants et criminels étrangers, puis les binationaux sur la base du volontariat, et ensuite cela créera (d’après eux) une sorte d’effet dissuasif qui fera que les « immigrés » partiront d’eux-mêmes. Ce qui évidemment amoindrit la portée du terme « remigration », pris au sens de « déportation ».
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François Bégaudeau
Maître des clésoui c’est ce qu’il a dit
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Maximus
InvitéTu n’as pas répondu à la question tu es donc d’accord avec Alain Bauer ?
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Ludovic
Invité1) Bauer est juif. Racistes pour eux. Anti raciste
pour les blancs pour les détruire
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2) Il n’y aura pas de remigration
Avant mini 1000 ans
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3) Le soleil est de survivre
__
4) l’objectif est de détruire les états occidentaux
Pour à terme créer des état-regions raciales
Car à partir de là tout peut repartir.
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Les états ont pour politique « d’étaler » pour éviter celà
__
5) pour ça il faut racialiser et conflictualiser h24-
Luc
InvitéLes deux stratèges du renouveau de l état non profond se sont trouvés.
Félicitations pour vos brillantes analyses de neuneus libertariens ; peut être que votre épiphanie guerrière se profile à l horizon proche, vous n allez pas vous défiler n est ce pas? Les alphas hors des canapés et on ne se barre pas au texas!
Par contre si vous pouvez vous barrez d ici avec vos obsessions, fiches et listes-
Luc
Invité*BARRER
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Ludovic
InvitéJ’parlais à Decimus
Pour éviter l’erreur du nationalisme
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Maximus
InvitéCommentaire stupide d’un inculte qui croit que les patriotes se résument à Baptiste Marchais ou autre youtuberie
Et pour info la boxe et la lutte ont touujours été populaire en France, la lutte a même été pratiqué au moyen age et en Bretagne
Ce ne sont pas les Américains qui ont inventé le MMA, sport qui existait pendant la Grèce antique sous le nom de pancrace et qui est pratiqué par toutes les nationalités et sur tout les continents. Tu peux maintenant fermer ton clapet le mange merde-
netflou
InvitéDes entreprises américaines ont produit le spectacle que tu consommes sous forme de MMA. Tu noteras que l’UFC est née dans le Colorado, au milieu des années 90, et non dans le Péloponnèse.
Pour le reste, tes remarques édifiantes sur l’histoire des sports de combat ne te dispensent pas de répondre aux questions que je t’adressais plus haut.-
Maximus
InvitéCa existait sous d’autre forme, comme le sambo. L’organisation est Américaine mais le sport existait déjà avant et ce sont des sports qui existent depuis toujours : boxe, lutte etc.
Bientot tu vas me dire que le gouren c’est Américain fils de pute, on pratiquait déjà la lutte en Europe avant meme de découvrir l’AmériquePour répondre oui on ne veut pas disparaitre, que Colombey-les-deux églises deviennent les-deux-mosquées comme disait De Gaulle(grand nazi)
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Dr Xavier
InvitéC’est vrai que nos églises sont en grand danger. Tiens celle-là par exemple, que faut-il en penser selon toi ?
https://www.ouest-france.fr/societe/religions/faute-de-pouvoir-etre-renovee-une-seconde-eglise-va-etre-rasee-en-mayenne-32037d60-9e64-11ed-94dd-04728d451a97-
Maximus
InvitéBen c’est bien triste
Mais bon c’est cohérent avec les républicains qui ont détruit des églises après la révolution-
Dr Xavier
InvitéÇa m’attriste aussi (sans ironie).
Et pour commencer et être pratico-pratique, que dirais-tu de faire rendre gorge à quelques milliardaires, comme Bolloré, et mettre leur argent dans la rénovation des églises ?-
Maximus
InvitéQu’on les mette à contribution oui pourquoi pas, ça me choque pas spécialement
Meme si l’état a aussi sa part de tort et fait n’importe quoi avec notre argent
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Dr Xavier
InvitéSeigneur Dieu, mais c’est une épidémie !
Combien d’églises démolies en France métropolitaine depuis le début de ce siècle ? -
netflou
InvitéÀ mon échelle (zone rurale, que des blancs), j’observe qu’il n’y a quasiment aucune continuité culturelle entre les Français d’il y a cinquante ans et mes contemporains : les habitats ne sont plus les mêmes, les loisirs ne sont plus les mêmes, la nourriture n’est plus la même, les manière de chasser ne sont plus les mêmes. Bref, on n’habite plus le monde de la même façon.
Pour autant, ces changements n’ont pas été imposés par des arabes ou des subsahariens.
Quelle conclusion en tires-tu ?
Après tu n’es pas obligé de répondre.
« Il ne faut pas trop creuser quand le caillou affleure » me disait souvent Papi Fernand
Tu peux aussi dire « oui mais bon c’est pas le problème ». Personne ne t’en voudra.-
Maximus
InvitéCa dépend des régions. Vers chez moi c’est plus bloqué dans les années 50
Mais bon l’époque change forcément, après ce n’est pas pour ça que l’évolution va dans le bon sens personne ne dit le contraireEt c’est pas non plus une raison pour faire venir des millions d’immigrés
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netflou
InvitéC’est compris Bryan. Mais par pitié, ne t’énerve plus !
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Maximus
InvitéPersonne n’apprécie les langues de serpent
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Julien Barthe
InvitéSans même parler de ses conditions de promotion, la spécificité de cette forme, Maximus, c’est qu’elle est une recherche de l’efficacité maximale par le métissage de formes antérieures d’arts martiaux. C’est une forme qui est ultra-libérale par essence.
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Maximus
InvitéNon c’est une forme qui se rapproche du pancrace antique
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Julien Barthe
InvitéMais qui s’appelle MIXED martial arts et qui partage son sigle avec une compagnie d’assurance.
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Maximus
InvitéOui c’est bon on a compris, tu as raison contre tout le monde tu es le plus intelligent sur terre et tu maitrises ton sujet comme personne c’est bon ?
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Carpentier
Invitépassée à Ugine ce matin et, dans la démarche-villes des Othon, je pense que cette ville pourrait aussi participer à leur travail de cartographie politique
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François Bégaudeau
Maître des cléseh bien figure toi qu’on on y a pensé
on aimerait beaucoup ce genre de ville, en tout cas-
Scoob
InvitéEffectivement, ancien petit bastion communiste, CGT, et pôle historique du Punk en Savoie.
Aujourd’hui ce n’est plus que de l’histoire (je connais quelques punks qui sévissent encore dans la région, mais ils se font rares), et le RN fait plus de 40% aux élections.-
François Bégaudeau
Maître des clésintéressant, décidément
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Carpentier
Invitéet oui, la mouche a parfois des éclairs de lucidité, surtout lorsqu’il lui arrive de passer par le Val d’Arly sur sa route de ski.
Passer à Ugine active forcément les molécules sociales et politiques de qqn.e bourré.e d’affects de gauche.
Ou Sallanches (on se l’était dit aussi, rappelle-toi avant de m’engueuler, merci) ou Ugine (plus nouvellement venue à l’esprit en y repassant hier donc.)
Clermont Ferrand, avec son Dieu Michelin tout puissant, dans un autre genre, ferait dire et écrire sacrément aussi.
Bref, que cela n’empêche aucunement de se délecter d’À Brest qui, perso, me surprend, m’amuse et m’instruit: on aime – avant de, déjà, en tant que lectrice, fantasmer votre prochain.
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Luc
InvitéEt voilà les savoyards fidèles à eux-mêmes…
J avais soufflé à François l idée de Briançon mais c est plus fort que vous, toujours faire de l ombre aux Alpes du sud…😉
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Carpentier
Invitépersonnellement, en tant qu’initiatrice de la.propale d’Ugine, on dira que je suis plutôt savoyarde d’adoption: chti-parigote-rhonalpienne même, pour être plus précise.
De là à en conclure quelque chose: amusez-vous.-
Carpentier
Invitéchtiparigotebougnaterhonalpienne même
pas facile tous les jours -
Kenyle
InvitéLuc : sache que le lobby savoyard est extrêmement puissant sur ce forum. L’association des commerçants de Savoie et Haute Savoie en est même l’actionnaire majoritaire selon une enquête. Tu peux luter si tu veux mais tu ne pourras pas gagner.
Carpentier : tu es adopté.-
Kenyle
InvitéBon livre A Brest au passage
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci
j’avais l’impression que tout le monde était en train de sauter une étape
je resignale d’ailleurs la rencontre sur le livre au théatre Traversière vendredi 14
5 auteurs Othon présents dont 4 autrices, et c’est moi qui anime
(je ne poserai que des questions people à mes camarades)
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Emile Novis
InvitéSinon, en Dordogne, il y a une commune qui se nomme Angoisse. Ca peut être pas mal d’un point de vue littéraire.
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Carpentier
InvitéUgine aussi,
fief de fabrication d’aciers spéciaux, d’aciers inoxydables, on jouerait avec la faute de prononciation des sans-dents qui travaillent à l’ugine et la faute de frappe.
À Ugine: y longer le site de production de ces matériaux est à la fois impressionnant et émouvant, si si, aussi bien en arrivant d’Albertville qu’après être passé par Megève et cie: la route, à flancs de montagne, existante bien qu’encaissée raconte déjà beaucoup et, en ville, la multitude de gens qui y ont vécu, travaillé, rigolé et qui y vivent encore t’accompagne rassurante.
Une ville qui existe par ses gens je dirais; c’est maladroit et pas bien dit mais c’est ce qui j’y ressens.
Un peu comme dans les villes de mineurs.
Passez-y dans ses gorges, allez à Ugine et vous direz.
Mieux. -
Seldoon
InvitéJe ne veux pas frimer mais il est vrai que je l’ai traversé 2 ou 3 fois; bien obligé quand le tronçon de l’A20 entre Brive et Limoge est fermé.
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Carpentier
Invitéet du coup?
ce que j’en partage te semble comment?
du gros délire ou j’arrive un peu à dire quelque chose à son propos?-
Seldoon
InvitéPour Ugine je t’accorde toute ma confiance, je n’y ai jamais mis les pieds. Je répondais à Émile qui de toute façon vient de me détrôner en tant qu’expert d’Angoisse. Sale histoire, ça me rappelle la fois où Léo m’a piqué Vallet dans le 44. Je me replie sur Saint Marcel du Périgord, là je suis imprenable.
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Carpentier
Invitébien obligé quand le tronçon de l’A20 entre Brive et Limoge est fermé.
en effet, l’autre ce serait plutôt l’A40 ou l’A43-48
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Emile Novis
Invité@Seldoon
J’y suis passé plusieurs fois aussi. Je me souviens qu’une fois, beaucoup de volets étaient fermés. Ambiance particulière ce jour-là à Angoisse.
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Carpentier
Invitémerci, ça me donne de courage pour reprendre lundi à Paris.
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Carpentier
Invité*du
@Kenyle
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Luc
InvitéJ en conclue que tu es sur une pente qui t amènera d ici quelques années à rejoindre le Var.
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Carpentier
Invitéah?
bon, ok.-
luc
InvitéNavré.
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netflou
InvitéJe ne connais pas Ugine, mais si vous vous intéressez à des villes de cette échelle, Pamiers (09) me fascine en ce qu’elle présente en son centre une réduction assez exhaustive de tout ce qui compose une ville rurale : l’usine de métallurgie qui n’en finit plus de fermer, les cités HLM, les belles maisons, les points de deal, les salons de tatouage, les marchés paysans, la mafia géorgienne vory v zakone (les voleurs sans loi), un abattoir, le rugby, les commerces fermés, un régiment de parachutistes, les commerces ouverts. Tout cela s’interpénètre. La ségrégation spatiale y est douce. C’est un beau bordel et en même temps, tous les jeunes diraient que c’est mort.
Autour, c’est du pavillonnaire et des ZAC. Il y a d’ailleurs une inversion intéressante du couple centre/périphérie : le premier est pauvre et la seconde concentre ceux qui ont pu accéder à la propriété. Le tout brunit tranquillement mais sûrement de scrutin en scrutin.
Encore un peu plus loin, l’extractivisme se montre dans toute sa banalité. La plaine est trouée par les gravières. Et entre les trous, on fait pousser des céréales, particulièrement du maïs semence (Il est cocasse de noter que cette classe paysanne s’embourgeoise tout en disant qu’elle est en train de crever). Tout est fait pour que ces matières circulent. Pamiers est un petit hub, pas un trou paumé dans la diagonale du vide, une aire urbaine bien intégrée dans les échanges capitalistes.
Surtout, c’est pas pittoresque. Ordinaire
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Luc
InvitéAh ben il ne manquait plus que les Pyrénées !
Oui c est pareil dans les Alpes et je crois partout à part les métropoles, les centre-villes sont paupérisés et dé commercialisés…
Pareil avec l usine de l argentiere qui a fermé…
Bref
On attend le lobby des Vosges dès à présent-
netflou
InvitéPyrénées, il faut le dire vite !
C’est franchement plus de la vielle plaine toute moche avec des montagnes à l’horizon.
Brrrr…
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Mélanie
InvitéFrançois est surtout tres patient, je trouve. Alors qu’un certain nombre de tes posts comportent des éléments pas toujours sympathiques.
« J’en suis sincèrement désolée »
Pour ma part je veux bien le croire, mais je trouve que, placée là en tous cas, après tes précédents posts, cette phrase a, encore, le goût des remarques prétendument bienveillantes des managers.-
Mélanie
Invité(Ce message égaré et vain faisant suite à un post de Graindorge)
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pifou
InvitéIl faut une bagnole de bourgeois pour pénétrer Brest.
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Carpentier
Invité.. Pour préserver leur plus-value à la revente, les sédentaires prient les nomades d’avoir la décence républicaine de renoncer à se loger. / …
– 33, À Brest – Filature, ed. Divergences.
Dans le texte Filature, les lignes qui font suite à celles de celui intitulé À moitié vide, sur le tiers lieu commercial des Capucins camouflé en centre culturel de sociabilité sonnent elles aussi justes, réalistement grinçantes et précises.
Et si on a, dans l’À moitié vide, noté cette triste belle question moderne:Que faire d’un site de production devenu improductif, qu’il soit au coeur ou en lisière de la cité? En termes marchands: comment revaloriser ce qui n’a plus de valeur?
on apprend, entre autres, parmi toutes les lignes dédiées aux familles solidaires du Finistère et à l’aide sociale apportée par les agents de la médiathèque des Capucins que depuis janvier 2024, l’hébergement de mineurs étrangers non accompagnés* se fait aussi hors la ville, dans … un ancien hôtel très excentré / et / dans un ancien centre de vacances à dix bornes, au fond d’un bois.
Et qu’autour de chaque nouvelle trouvaille pour l’hébergement des MENA*, autant de grogne des habitants alentours que de propositions d’aide et de savoirs-faire pour leur accueil.-
Carpentier
Invité.. Au commencement est un couvent – de moines capucins – , au XVIIIe siècle il devient un énorme atelier de réparation et fabrication de bateaux, et à l’orée du XXIe l’activité cesse, caduque ou sous-traitée à des pays lointains gorgés de travailleurs pauvres et dociles. On a déjà vu ce film, projeté dans chaque ville de France. / …
25, À Brest – À moitié vide –
En effet.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Et qu’autour de chaque nouvelle trouvaille pour l’hébergement des MENA*, autant de grogne des habitants alentours que de propositions d’aide et de savoirs-faire pour leur accueil. »
Oui. Partout ces forces là s’affrontent. Ce yin et ce yang.
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Carpentier
Invité… J’ai l’adrénaline de la filature sans la mauvaise conscience de la filature. Je suis un mouchard bienveillant. Un flic de gauche. / …
(rire devant cette trouvaille)
– 34, Filature, À Brest.
Je situe? : Ce sont les réflexions de la narratrice : D pour mieux connaître, dit-elle, un migrant qui sort de l’hôtel des gens de mer.-
François Bégaudeau
Maître des clésou narrateur
mais c’est bien ça-
Carpentier
Invité… J’étais flatté d’avoir été pris pour un dealeur. Ça me rajeunit. Un dealeur de rue, ça n’a pas plus de 25 ans. / … p.36
en effet,
– On aime aussi, un peu avant en 35:.. Dans la brèche de mon ignorance s’engouffrent mes préjugés. Préjugés en partie fondés. / …
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Mélanie
Invité« Le port de guerre s’est spécialisé dans le nucléaire militaire. L’Île Longue sert de port d’attache aux quatre SNLE, des sous-marins à propulsion nucléaire et porteurs de missiles a têtes multiples. Armés de seize missiles M 51 porteurs de dix charges aux trajectoires indépendantes, ces sous-marins transportent chacun une puissance de destruction équivalente à mille bombes de Hiroshima. »
Sentant l’effet glaçant que ça me fait de lire ça (quand jeune j’habitais là-bas on savait ça mais sans le savoir, sans y penser), je me suis dit chouette ça doit limiter l’attrait des bourgeois pour ce coin. Mais je me dis que en fait non, voire ça doit en rassurer certains ?-
François Bégaudeau
Maître des clés« quand jeune j’habitais là-bas on savait ça mais sans le savoir, sans y penser » Oui. Ne pas oublier qu’on ne connait mal la ville qu’on habite. Qu’on ne l’habite pas vraiment. Ce qui est de nature à calmer les habitants (ou soi-disant tels, donc) qui nous dénient la légitimité de parler de « leur ville ».
Je suis sûr que 100% des habitants de Brest n’ont jamais scruté la place Guérin comme le fait le texte du livre à elle consacrée.-
Carpentier
InvitéLa place Guérin et la rue Jaurès font partie du rafraîchissement des souvenirs de la personne qui a livré (c bon comme ça?) le Moche toi-même.
Si c’est un autre texte qui se consacre à la place Guérin, ce sera de la gourmandise quasi et – désolée mais – je pense à la Gran’ Place de Lille, la place de la déesse car oui, chacun la nomme comme il l’aime un peu et du coup, au Furet du Nord et au théâtre du Nord, bon, comme on sait.
Cette place lilloise fourmille et, elle aussi, il faudrait plusieurs vies pour avoir le sentiment forcément trompeur d’en avoir tout dit, tout vu.
Y compris si on habite Lille?
Après consultation du sommaire, je lis ‘ Lafautàguérin ‘ en 114, ce doit être celui dont tu parles.
Alors ok, on s’y dirige tranquille sans rien sauter, en (re-)passant par Brestois comme un brestois qu’on a dit, quelques posts en amont savoir signé mais chuuuut, non, on saute pu de texte, promis.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl y a deux textes sur la place Guérin
-C’est pas genré une glace
-LafautàGuérin-
Claire N
InvitéOui – « c’est pas genre une glace «
Peut etre le texte qui me tournera le plus longtemps en tête de ce livre
Je n’arrête pas d’y penser il y a un truc
Deja il y a son côté paradoxalement
« physique «
– j’ai froid
– je n’ai pas l’endurance de Perec
– l’ennui commence à poindre
– et aussi la description calme : ne pas bouger
En face d’un homme qui met/ démet sa ceinture
Et oui il se passe rien
Il n’y aurait pas eu ces passages, et bien j’aurais pleinement jouit de la description par les yeux les oreilles
Mais là oui il y a quelques chose qui embarque mon corps qui pèse en plus de l’espace : j’éprouve le temps-
Claire N
InvitéEt puis il y a un autre axe
Cette manière d’être je la connais
Elle est souvent celle des temps d’attente, de transit
Ça aussi c’est particulier de stopper le corps à un moment où il n’est pas attaché à un lieu par une destination -
Carpentier
Invité… Il n’y aurait pas eu ces passages, et bien j’aurais pleinement jouit de la description par les yeux les oreilles. / ….
Ma (première) lecture terminée, comme on sait, je glane de ci de là d’autres impressions, en fieffée soliloqueuse qui s’assume moyen et, te lisant ici, Claire N, je note que ta réception du texte
‘ c’est pas genré une glace ‘
– qui ajoute encore au doss de cette relou de ‘ reine des neiges ‘ –
insiste pour moi sur le fait que, glissé entre
LafauteàGuérin et Mourir à Brest (1)
on y ressent mieux encore les grandiloquents dispositifs connectés, déjà installés ou fantasmés, décrits par les gens du bout du bout:tu étais là ce samedi 16 mars 2024 Place Guérin – Soizic regarde sa montre – à 17h32, avec moi. Le système est équipé du logiciel Rapide Review de chez Milestone, un logiciel de recherche ultra-rapide qui dispense d’avoir un type qui regarde H24, car l’IA s’en charge – l’avenir est là, me dit Soizic en tapotant le mat. *
p.123,
(ndC: * le mat où est perchée la cam sur la place, pas celui du relecteur, non non, pffff)
etL’arme du CHU de Brest pour déconstruire l’Ehpad se nomme OSO-AI, une start-up brestoise née en 2018 qui va installer ‘ l’Oreille augmentée ‘ partout où il y aura de vieux résidents. L’Oreille* est un boîtier invisible qui écoute tout. /
p.148,
extrait du texte où, dans la peau d’Annick et d’un imaginaire lien de parenté avec certaine Suzette décédée en 2020, l’écrivant.e livre la fermeture de deux EHPAD, affectés à une nouvelle offre de service public (résidence autonomie, crèche municipale et logements étudiants) avec pour mantra/questionnement qu’il faut éviter de faire circuler, d’où l’invitation à une réunion thérapie de groupe dépolitisante des familles des résidents inquiètes (on adore):
p.142-143,En quoi le transfert au privé – fût-il associatif- serait-il plus approprié que le maintien dans le giron du public?
Un avenir brestois de vieux et vieilles hyper-connecté.es sous surveillance augmentée, pour un allègement méga bientraitant de leurs aidant.es., des soignants et des familles via des délires de programme de vieillissement actif à se pisser dessus de rire pour faire disjoncter ses semelles connectées.
Ça aussi ça donne froid et, en effet:Elle est souvent celle des temps d’attente, de transit
Ça aussi c’est particulier de stopper le corps à un moment où il n’est pas attaché à un lieu par une destination / …Je te caviarde allègrement, je sais mais, bientôt sénior, pourquoi j’imagine que je repenserai encore et encore à ces/tes lignes?
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Carpentier
InvitéC’est plutôt leur sidéral
vieillissement actif
que j’ambitionnais mettre en gras (déso)
Je n’ai pas lu Perec dans son travail qui inspire le texte ’ C’est pas genré une glace ’
mais cette douce façon d’espion.ne qui note tout et se nourrit joyeusement des autres et des lieux m’a fait un drôle d’effet, c’est vrai.
Pas certaine pour autant de le placer sur mon podium.-
Claire N
InvitéJe ne trouve pas que tu caviarde
Non
Effectivement il me semble que ce que tu soulignes dans plusieurs textes est bien un fil qui court je trouve
Ça renforce effectivement la constatation que les textes se tiennent ensemble et en plus « en équipe «-
Claire N
InvitéD’ailleurs tu me fais penser que justement
J’aime beaucoup cette impression de « saisie de la balle au bon « que je ressent entre chaque texte
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Carpentier
Invité… Le port est un monde d’hommes
– a fortiori s’il est marchand et militaire. Brest comme fantasme homosexuel ? /…51,
après les bordels, Genet, Fassbinger, Guiraudie,.. Et la grand-mère de Stallone était brestoise, ce qui n’a rien à voir. /…
rire, signé on vous dit.
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Claire N
InvitéMonde d’hommes
J’aimé dans le texte le passage sur le poids des sacs à soulever : leur poids justifie que ce soit plus difficile pour une femme lambdas
Oui mais si les sacs étaient moins lourd
Le même travail pourrait etre aménagé pour des femmes
Oui
J’avais jamais perçu finalement cet espèce de miction validisme / masculinité
Que d’une certaine façon les choses n’étaient pas organisées pour qu’on y arrive mais parfois pour qu’on échoue
Comme c’est tellement souvent je le voyais pas comme ça-
Carpentier
InvitéLe texte Sur les quais est court, ça percute dans les docks :
… plus aujourd’hui que vingt-sept dockers sur le port de Brest, … existence soumise aux arrivées des bateaux qui elles-mêmes obéissent aux aléas du commerce et aux avaries, … un bateau chasse l’autre,… le quotidien du métier ce sont les urgences et les week-ends sur le port, des créneaux horaires qui varient en permanence, des plannings établis le soir pour le lendemain. / …. p.69-70 –
C’est court, ça percute autant que leles dockers sont déterminés à ne rien lâcher
qui précédait l’été olympique ( 74.)
et clôt ses 6 pages: du miel épicé leur Mobilisation xxl et lire cela me remet en tête comme ça faisait plaisir de bien comprendre que ce métier pouvait encore vraiment foutre le bordel si ça bloquait à la base: à l’arrivée des denrées sur les quais des littorals.
Quant à ce que tu y relèves ce matin tout aussi justement il me semble que si la charge max de 50 kgs pour un homme passait à 25 donc – 2 fois plus de temps à minima si je comprends bien? –
dans ce monde-chronomètre et ce que semble coûter un navire à quai, je crois que ça n’est
‘ même pas possible dans tes/nos rêves, Claire N. ‘ des meufs parmi les dockers.ps: Dans le genre, leur Complaisances – le texte avec l’inspectrice Laure Tallonneau et ses ruses pros pour visiter les bateaux le temps de leur immobilisation est vertigineux, elle non plus ne lâche rien.
Ainsi Brest la Blanche abrite-t-elle dans sa rade un monde parallèle, invisible et sombre, sauf aux yeux de quelques éclaireurs ou éclaireuses. / …
90.
Dit autrement par moi, ça donne:
À Brest, quand y’a d’la meuf dans la rade, Y’en a dans le fémur
; D-
Mélanie
InvitéJe viens de lire le chapitre sur l’inspectrice
Passionnant
Mon grand-père était marin sur les pétroliers (dans les pétroliers) – autre époque, iĺ semblait alors y régner beaucoup de camaraderie. Là, seulement 7 marins et parlant chacun une langue différente, je n’avais pas imaginé ça.-
Carpentier
InvitéMon grand-père était marin sur les pétroliers (dans les pétroliers) – .iĺ semblait alors y régner beaucoup de camaraderie.
raconterais-tu un peu plus?
pour ne pas juste sembler, à tort, poster un ‘ c’était mieux avant,
effectif d’équipage, temps de navigation, temps à quai? …. si tu as les infos
parles-tu aussi des missions en mur sur des plateformes?-
Carpentier
Invitéen * mer * bien sûr
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai découvert grace à ce texte cette fonction : inspectrice du travail sur les bateaux à pavillon étranger, ces zones de non-droit du travail.
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Mélanie
InvitéJe ne suis pas spécialiste, mais pour le coup il semble que les conditions de travail des marins dans ces grosses compagnies étaient mieux avant. Époque des ouvriers quoi, comme ce qu’on peut lire dans le livre sur les travailleurs de l’arsenal. Je ne dis pas que c’était folichon. Aujourd’hui le contexte est très différent, comme écrit François ci-dessous : « bateaux à pavillon étranger, ces zones de non-droit du travail ».
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Carpentier
Invitéok, j’ai lu le texte moi aussi.
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Claire N
Invité« même pas possible dans tes/nos rêves »
Ben ça c’est ce que je pensais avant
Maintenant ça penche plutôt vers :surtout pas choisi comme possible-
Carpentier
InvitéDans ce monde et ce secteur où le temps c’est – vla l’scoop – de l’argent, en effet, comme je l’ai compris et écrit notamment aussi dans mon post un peu long peut-être (mais ça m’intéresse beaucoup donc j’essaye de développer et d’être précise) la mécanisation m’empêchant pas les aléas et autres avaries, ça semble plus facile de penser possible un docker qui porte 50 kgs au coup, que 25, c’est pas faux, si?
Ce matin, j’avais aussi pensé aux outils sacrément allégés aujourd’hui et qui permettent à chacun.e, à la maison, de bricoler si désir; tandis que le marteau perforateur de mon père quand je faisais la mule tandis qu’il m’aidait dans mes travaux, il me fallait 6 bras pour lui passer.
Aujourd’hui, sans tendons, c’est lui qui n’a pu de bras.
Et c’est moi qui bouffe ses chocolats.-
Claire N
InvitéOui
Pour les outils effectivement et aussi le temps
J’ai mis 3 jours pour débiter un arbre au sol à la hache – je pense qu’un homme fait ça plus vite
Mais est ce bien grave ?
Il est possible que cette histoire de docker m’ait rendue plus confiante en ma persévérance / qui compense ma force ?-
Carpentier
Invitéle texte, de mémoire (j’ai filé leur À Arles ce soir à une amie) questionne plus précisément le virilisme/la tradition/transmission ‘ docker de père en fils ‘ et les situations d’exploitation des dockers qui peuvent être perçues/pensées comme prétextes pour hyper-viriliser le métier , affirmant encore et encore leur force comme assurance de rentabilité puisque permettant de tenir des délais, par rapport à celle de la femme.
Tu demandes: est-ce bien grave?
Ai-je eu l’air de dire que ça l’était?
– Alors, revenons au texte, sinon ça va encore amener certaine à se faire sermonner car, de fil en aiguille, on l’aura amenée loin du bord du texte, comme dit, et, après mon grand intérêt partagé pour leur À Arles, ça me ferait bien chier d’en être, des sermonnées.
bonne soirée,-
Claire N
Invité« force comme assurance de rentabilité puisque permettant de tenir des délais » on est d’accord
Mais j’aime bien que ça soit déplié ainsi
Perso je trouve que ça « déconstruit « l’édifice-
Carpentier
InvitéS’ajoute et s’invite aussi, dans ce texte, pour argumenter la non-mixité du métier de docker, la notion de polyvalence:
(p.71)La polyvalence c’est la sécurité de l’emploi. Un choix des employeurs dans les années 1990, validé par les dockers brestois afin d’éviter que les entreprises du port n’embauchent que dans les métiers déficitaires, à une époque où se cotoyaient dockers professionnels et dockers occasionnels. / …
Mais pas jusqu’à faire appel aux sœurs, aux cousines, aux meufs ; )
(sans le bouquin, je tournais autour du terme de ’ polyvalence ’ qui me manquait: film que pourtant, là aussi, on voit dans toutes les villes et dans tous les métiers)
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Carpentier
Invitéet de 5!
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Carpentier
Invité.. ce qui n’a rien à voir / … (re-rire, donc)
sauf peut-être avec cette autre trouvaille de menhir humain – plus loin dans le Tout est bon dans le breton; Stallone, quel bloc de détermination quand même, non?
tout sa grand mère brestoise, ça – re-re-rire:… Ici, quand un propriétaire veut privatiser un bout de GR (le chemin de randonnée qui fait le tour de la péninsule), une mobilisation le fait reculer.
À Douarnenez, pas loin, le projet de transformer une ancienne sardinerie en lieu connecté s’est cogné au même type de menhir humain. / …106,
– et pourquoi j’imagine le texte d’origine, sans la précision entre parenthèses, provoquer chez le relecteur qu’on sait la question suivante: ‘ un bout de GR, c’est quoi? ‘
bah, une petite envie de moquerie juste,-
Carpentier
Invitéet en guise de conclusion du texte, une précision/mise au point de fond:
… La topographie politique de la lutte culturelle doit donc être définitivement revue: il ne s’agit pas d’un bloc breton uni contre des perturbateurs allogènes. Il s’agit d’une lutte intra-bretonne entre des forces exclusivement préoccupées de leurs profits et d’autres qui, par fantaisie, distraction, divagation, désirent autre chose. / …
107.
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François Bégaudeau
Maître des clésà bon entendeur
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Carpentier
Invité?
salut?
tu me salues?
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Carpentier
InvitéJ’ai terminé l’À Arles des Othon hier soir enfin, cette nuit.
Est-ce ce moment choisi pour dire/lire Brest avec les auteur.es des 5 derniers textes qui a influé sur mon humeur? possible mais ce qui est certain c’est que, de la p.137 à 175, mon émotion n’a fait que grandir.
Me suis sentie chez moi dans ces textes, avec leur thème choisi et l’axe de traitement, l’âge et les prétentions institutionnelles à s’en mêler, le ton souvent humoristique et la somme d’infos factuelles glanées pour mieux penser la situation choisie et partagée.
J’aime décidément beaucoup cette collection chez les Othon.-
Carpentier
InvitéEt pour faire un autre pas de côté mais en lien avec le sujet dédié, un Gauguin.
… Rue Vauban ( marquis, architecte, essayiste, militaire, urbaniste, hydraulicien, ingénieur) au coeur du quartier Recouvrance, on peut observer un bâtiment rose d’un affreux mauvais goût. Gauguin en pleurerait, ce rose ne devrait pas exister, ne pas faire partie de la palette des possibles. Des colliers de coquillages et des dessins de vahinés à demi-nues complètent le tableau. / …
p.183, texte: Et j’écouterai des paroles, extrait d’ Édit funéraire, Stèles, Victor Segalen, 1912 –
Puis, quelques lignes après, une fois rapportés les trois tableaux de Gauguin au mur du dit-bâtiment, qui est un bar, le Iarona Tahiti:
[les trois tableaux]me font sourire, on peut y observer des tahitiennes évanescentes et surtout la teinte que j’ai qualifiée d’impossible, Gauguin n’en pleurerait donc pas.
184.
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Carpentier
InvitéPaul Gauguin et du rose, Cavaliers sur la plage, 1902, que voici:

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pifou
Invitéen référence à Gauguin
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Carpentier
Invitésur-ce, l’énonciation de personnes, dates et faits d’armes de divers rasilarien.nes me sonnent encore plus familier qu’avant la lecture de leur À Brest
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pifou
InvitéPEB tourne en rond avec Saint Roustan. Une bonne recette qu’on réutilise indéfiniment devient fadasse.
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Catpentier
Invitémouais, moyen d’accord, je jouais plutôt avec un début de familiarité avec le boulot des Othon que je notais ici pour plaisanter,
mais passons-
Carpentier
Invitéc’est joli Catpentier
j’en parle de ce pas à la mif-
François Bégaudeau
Maître des clésde fait on adorerait faire un livre collectif sur une ville inventée
Barré le fait de dimanche en dimanche, ce n’est pas toujours drole et pas forcément fait pour mais c’est éblouissant d’inventivité-
Carpentier
Invitéles chroniques de P.E.B: éblouissant d’inventivité ô combien réaliste, oui.
… faire un livre collectif sur une ville inventée / …
Avec toujours un grain de malice, je dirais que c’est, entre les lignes de certains textes de votre À Brest, un peu le cas dans tous les cas.
Chaque fois déjà qu’un.e de vous partage le.s délire.s capitalistes passés par là, encore en projets, avortés sur le terrain ou actés.
Suis, dans la foulée, en train de lire, chez Divergences, janv 2024, le
Paris 2024 de Jade Lindgaard
qu’on m’a prêté:
Paris 2024, une ville face à la violence olympique
en est le titre complet.
Et là, les dents grincent sacrément et sans répit.
Même si on savait/sait.En Seine-Saint-Denis, les J.O. de 2024 promettent d’inventer ‘ la ville durable ‘ de demain: décarbonée, adaptée aux changements climatiques, agrémentée de biodiversité humaine, et insérée dans l’économie circulaire. Il y a les quartiers olympiques directement construits pour l’occasion, et il y a les effets secondaires qu’ils vont répercuter sur tout un territoire. / …
p .13 -14
Grâce à ce discours, les organisateurs des Jeux de Paris 2024 ont obtenu carte blanche pour fabriquer la ville rêvée
des promoteurs: moderne, innovante, lucrative.
Sans pauvres, sans cités à la dérive sans caillassages de voitures de police.Parmi les Othon, fort probable qu’il ait circulé.
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..Graindorge
InvitéDis Carpentina tu saurais me dire stp comment retrouver le fil que tu avais créé qui contient des partages d’extraits de CUM ? Je sais plus le nom du fil et depuis les ajustements, les ia, tout ça… je m’âmuse moins
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Carpentier
Invitésalut toi,
il y en a eu pas mais, des fake de, des ‘ en bras de fer ‘ opposition style ‘ j’en créé un autre parce que elle j’ui cause pô ‘, bref
Celui que j’ai en tête c’est en mode ‘ top CUM ‘ ou ‘ propositions top comme une mule’ , le titre exact je ne l’ai pu en revanche;
– Peut-être qqn e d’autre, genre fan transi.e de moi timide
Mélanie par exemple? -
Mélanie
InvitéC’est moi
Si je comprends bien ce message, ma réponse est non, surtout qu’ayant mis beaucoup de temps à lire CUM, j’étais à la bourre sur le forum et j’ai peu suivi ici. Il y a la page des chutes sur le site sinon, mais je ne crois pas que ce soit ce que vous cherchez.
Je ne me lasse pas d’écouter PEB sur Saint-Roustan. Dernièrement j’ai, car moi je fais des études, découvert Lucien de Samosate, qui invente des mondes, et il m’évoque un peu PEB. Quelqu’un ici s’y connaît en Lucien de Samosate, et saurait dire si ce rapprochement est faisable ? -
..Graindorge
InvitéPas important du tout Carpentina. Dimanche je me balladerai dans le forum tranquilou
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Carpentier
Invitéil y en a eu pas * mal * mais
servile, comme dit l’autre,
voici …Graindorge (je m’y fais moyen à ces deux écritures d’un même pseudo):Je t’épargne peut-être du coup quelques retours irritant en recroisant des sujets ouverts totalement déments (quand je pense au cinéma qu’on m’a fait pour celui sur Campillo) mais si tranquillou dimanche tu veux tester tes bpm ou ton ouverture d’esprit impassible, tu peux remonter jusqu’à la page 10 et tu me diras ; )
Sinon, contente de te faire gagner un peu de temps sur ton dimanche à venir -
..Graindorge
InvitéMerci Carpentina.
Je sais pas du tout pourquoi un coup G et un coup g au pseudo. Sache que c’est toujours moi. Je repère au quart de tour les usurpations.
Merci aussi pour les beaux Gauguins! Vincent aurait dû partir avec lui mais bon…
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Luc
InvitéJe ne connaissais pas ce très beau tableau. Merci!
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Carpentier
InvitéVoici son Jour de Dieu (1894) qui est également cité dans leur À Arles, dans le texte qui inaugure cette fin de livre si ouverte: c’est le 2e du trio au mur du Iarona Tahiti, p.185

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Carpentier
Invitéet de 3,
putain!
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Carpentier
Invitéet de 4!
et juste après je parle bien de Brest en plus, merde!Suis à 2 doigts de me foutre la trouille dis donc
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Carpentier
InvitéL’amie a dévoré leur À B. (convenons que je le cite ainsi maintenant, le topic dédié et son titre éloquent éclaireront sans doute l’éventuel.le sitiste parachuté.e ici contre son gré.)
Je la remercie, mon amie, de m’avoir rappelée que Nathalie, ancienne collègue, et ses parents encore aujourd’hui, sont de ce bout du bout.
Nathalie vivant maintenant à Rennes, j’avais zappé complet cette origine qui détermine, oublié le fait qu’elle aussi avait été un temps, pour nous au boulot, La fille de Brest.
Ça lui/leur fera assurément plaisir de le lire aussi.J’envisageais un top 3, j’y repense maintenant que j’ai le bouquin de nouveau en mains.
Pour ça, il faut peut-être que je relise ou reprenne au moins les textes dans leurs grandes lignes.
– Ma première reprise?
pour chercher mieux en quoi Léo, en intro, dit qu’ilse termine pas loin d’une gare
Qu’à B. commence dans ou à la gare, ok, mais qu’il se finisse pas loin d’une, (re-)voyons ça, car ça ne me dit rien.
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Carpentier
InvitéJe crois que j’y suis :
En partant de la p.180, du cimetière saint-martin, on croise dans ce dernier texte, cette invitation à balade en compagnie de certain Victor, aventurier des stèles, certaine Marie Leneru, p.182.
Morte de la grippe espagnole – petite, la rougeole l’avait laissée sourde et aveugle – cette Marie, dramaturge, autrice de pièces au titre percutant: la vivante, la redoutable, la triomphatrice, a unepetite rue résidentielle qui porte son nom à Brest, située à proximité de la gare sncf, elle est courte, avec quelques maisons colorées mais sans grand caractère. / …. p.183 – Et j’écouterai des paroles.
Si je publie vraiment un top 3, soit ce texte est en haut de mon podium soit il a une place spéciale, comme hors compétition tant sa facture, ses entrelacs géopolitiques, sociaux et poétiques sont, pour moi, une manne à rêveries.
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Carpentier
Invitépardon, merdé avec les balises
a une
petite rue résidentielle qui porte son nom à Brest, située à proximité de la gare sncf, elle est courte, avec quelques maisons colorées mais sans grand caractère. / ….
p.183 – Et j’écouterai des paroles.
– Si je publie vraiment un top 3, soit ce texte est en haut de mon podium soit il a une place spéciale, comme hors compétition tant sa facture, ses entrelacs géopolitiques, sociaux et poétiques sont, pour moi, une manne à rêveries.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui je trouve que c’est une parfaite sortie de livre
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Carpentier
InvitéVictor SEGALEN
Poète et Écrivain
Médecin de Marine
1878 – 1919
est né et a vécu dans cette maisonJe naquis. Le reste en découle …
(Essai sur Soi-Même)p.176, À B.
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Carpentier
Invitéavec comme ultime guide le fantôme du brestois Victor Segalen que j’ai découvert aujourd’hui.
Finir leur À Arles avec ce Victor c’est quelque chose en effet.
Pour quiconque est persuadé qu’on vit un lieu aussi avec les/ses fantômes, ce ne sera qu’un supplément de ravissement et pour les autres, un petit arpentage de rues et de carnets de voyages qui, peut-être, leur ouvrira le désir d’en jouer aussi.-
Carpentier
Invitéet de 2!
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Ostros
InvitéLe Brestois décide d’être brestois, comme un habitant de Montélimar finit par se trouver une parenté, de caractère ou biologique, avec le nougat.
Merci pour l’éclat de rire (plume de François ce texte).
On a peu noté ici l’humour qui imprègne les lignes d’enquêtes. Chaque auteur et autrice a sa manière de prendre de biais, son recul singulier qui rend la lecture complice en plus d’être instructive, collée aux faits.-
Carpentier
Invitépeu, en effet mais je l’ai fait : )
+ merci, oui, pour la parenté avec le nougat de (mou ou dur du coup? )On en profite pour faire circuler cette question essentielle – et c’est peu de le dire:
Pourquoi le chanteur-parolier brestois parle de Brest quand le chanteur-parolier nantais ne dit mot sur sa ville?
A cela, j’ai une réponse-hypothèse mais laisse, à la communauté sitiste, quelque jours pour y réfléchir.-
François Bégaudeau
Maître des clésLe texte en question émet un début de réponse.
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Carpentier
Invitéon parle ci-dessus du texte Brestois comme un brestois, en 48 et en 52
et, comme ditplume de François ce texte
& jouer à deviner l’auteur.e singulier.e dans le Collectif est un mode de lecture qui ne lui convient pas, non plus, décidément, je n’y reviendrai pas, même si
Brestois comme un brestois me semble bien signé.-
François Bégaudeau
Maître des clésJouer à deviner je n’ai rien contre, j’aime moins quand c’est la première question qui émerge
Par ailleurs tu l’avais fait sur un texte précis, et en ayant l’air de postuler que j’étais le seul parisien de l’équipe.-
Carpentier
InvitéC’est étrange quand même, un peu:
ma première question était celle-cila ville du bout du bout
/ …
– topographique, amusant, familier, drôle, géographique et historiquement peut-être symbolique tant brestois et brestoises sont de fait aussi les gens du bout du bout, avec ce que ça peut brasser de fantasmes et portraits pas que clicheteux.
– Vivre sur la pointe de la, ça (te) fait quoi?
Peut-être qu’on saura.
/ … / 5 mars # 99609 –
Tandis que j’en commençais tout juste – et partageais – la lecture.
Quant à l’autre sujet, et il suffit de remonter un peu cette page, j’ai aussi parlé de J.Sorman & Stéphanie (tu m’as d’ailleurs précisé que non, c’est Marseille)
L’avantage, si jamais que ça à faire, c’est que tout est encore inscrit ici.
à bon entendeur, comme tu dis,
+ bonne préparation et rencontre chez vos amis cheminots, votre livre dédié à Brest est vraiment chouette: assez fan.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe lis tes deux posts du jour, on dirait que tu tiens absolument à ce que ça tourne vinaigre.
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Carpentier
Invitéet le dernier du trio Gauguin sur le mur du bar:
Fatata te miti, 1982

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Carpentier
Invité* 1892* le Paulo plutôt
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Carpentier
InvitéDans le texte Et j’écouterai des paroles, Stèles, de Victor Segalen qui conclut À Arles en ouvrant la ville comme pour dire ’ lorsque vous irez, vous nous y retrouverez’ , il y a un autre Gauguin en plus des 3 du mur du bar; un tableau que j’irai voir – p.184, …. le Musée d’Orsay en est l’actuel détenteur:
Village breton sous la neige, 1894.

… était accroché Gauguin au mur chez Victor, dans la petite maison qu’on lui avait attribuée sur le bout de la terre polynésienne. L’ironie. Gauguin est mort depuis trois mois quand Victor arrive aux Marquises, il acquiert la toile pour 7 francs à une vente aux enchères à Papeete.
Gauguin avait séjourné en 1894 dans le Finistère et peint plusieurs toiles qu’il ramène aux Marquises, ç ale change des tahitiennes à peine pubères dont deux deviendront des épouses. / …Depuis quand neige-t-il en Bretagne, Gauguin a-t-il inventé tout cela histoire d’opposer définitivement la tristesse de la métropole à la grâce sensuelle et irisée du paradis tahitien? Se convainc-il lui-même que la palette est inutile en Bretagne, tout y est en noir et blanc, à quoi bon user des couleurs, il n’y en a pas, il n’y en aura pas.
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Carpentier
Invité*était accroché au mur chez Victor*
le tableau pas Gauguin-
François Bégaudeau
Maître des clésAvec moults précautions et fleur au fusil, car ca peut tonner à chaque seconde, je te signale, Carpentier, que tu écris A Arles pour A Brest depuis une dizaine de posts.
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Carpentier
Invitémince mince mince
merci
ça te va très bien la fleur au fusil
bonne soirée, -
Carpentier
InvitéMoult précautions via un fait partagé qu’on double: il y en a 5 sur 2 jours, un petit traitement à bas d’oligo-éléments devrait faire l’affaire
mais tout d’même, je crois qu’Arles m’appelle.
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Carpentier
Invitéet de 1 !
(je constate les dégâts à rebours)
Est-ce un lapsus qui dit mon désir de le relire?
d’y aller?
je trouvais cela griffe-oreille à écrire et à lire le à A en plus
v’là la cruche
: D
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Claire N
InvitéOui et dans ce texte il y a :
« cela vient nous prendre par les extrémités et nous traverse le corps comme un courant électrique, c’est fugace mais ça marque au fer rouge une existence.
Et l’envie prend, et l’envie rance de tout connaître, de tout fouler, de tout sentir «
Magnifique-
Claire N
Invité* tance
Sapristi de correcteur qui claque la fausse note
Dans la phrase que je préfère
Rrrr-
Claire N
Invité« Et l’envie prend, et l’envie tance de tout connaître, de tout fouler, de tout sentir »
On ne s’y trompe pas
On la reconnaît
Faire jaillir l’émotion esthétique dans ce texte
C’est vraiment fin
La familiarité en tension
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noir extatique
InvitéAprès avoir ruminé route la journée la réponse cinglante que j’aurai du trouver lorsqu’il a été injustement affirmé que JLM n’était peut être pas aussi fort en géopolitique que certains aimeraient le croire, la réponse parfaite m’ait enfin venue.
Il est plus probable que JLM écrive le prochain A Mexico, publié par les éditions Divergentes.-
Carpentier
Invitéoui, et JMB est sur l’à Ibiza
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Léo!
Invitéà retardement je fais un petit retour sur le bouquin ou plutôt je propose une petite réflexion à cette occasion. Je ne peux pas m’en empêcher, étant personnellement intéressé par la question bretonne depuis longtemps j’étais trop content que François et sa bande s’en emparent, à leur manière.
D’abord j’ai aimé le livre, les différences de style et la variété des sujets abordés. J’ai appris plein de choses sur Brest, où je ne suis allé qu’à un rassemblement de soutien à des migrants pendant 2 heures avant de retourner à ma semaine de vacances entre bretonnants à Plougastel. J’ai ressenti à la lecture une certaine mélancolie, qui me saisit également quand je songe à l’évolution générale des grandes villes. Appelons-la la métropolisation, ou leur devenir marchand et sécuritaire.
Mais bien sûr je voulais m’arrêter sur le texte qui traite plus spécifiquement de la question bretonne à travers l’exemple des écoles associatives en immersion en breton diwan. Je crois d’ailleurs reconnaître la plume de Bégaudeau. J’en partage les grandes lignes mais je tiens à pinailler.
– Sont mentionnés les bagadoù, orchestres de cornemuses, bombardes, caisses claires, etc. Les membres sont souvent habillés en costumes traditionnels de leur coin et jouent le plus souvent lors de défilés en ville. Ce mouvement est vivant et ces groupes sont présents dans des communes très modestes et constituent de véritables écoles de musique. En vérité ils auraient pu être choisis comme angle pour aborder la question bretonne tout comme les écoles diwan. Bon la blague est qu’ils sont orthographiés bougade et bougadou (le suffixe -où est marque de pluriel pour la plupart des choses inanimées en breton) dans le livre. Je ne peux pas ne pas faire la remarque, ça me fait trop rire.
– Les « bougadoù » donc sont mentionnés pour exemplifier la folklorisation de la culture bretonne, qui saute aux yeux de tout français de gauche éduqué par l’école de l’état républicain et centraliste. Je pose donc ça comme une hypothèse, une réflexion en cours : je suis de plus en plus tenté de revendiquer le folklore. La nuance entre le folklore et l’authentique est bien fine. Et j’ai rencontré des gens très populaires passionnés de danses et de costumes et se rassemblant pour vivre ces passions et j’ai trouvé ça beau. En fait la clé de partage est donnée dans le livre bien que je regrette cet exemple : le soucis est quand le folklore est utilisé pour faire de l’argent, par ceux-là même qui foutent en l’air le pays (au sens de paysage, de géographie).
– Enfin, j’aimerais nuancer la conclusion qui dit que la lutte pour la culture bretonne est « intra-bretonne, entre des forces exclusivement préoccupées de leur profit et d’autres qui désirent autre chose ». Nombre des assauts contre les spécificités bretonnes sont le fait de cet état centraliste, de Louis XIV à la révolution française en passant par la 3e république, et jusqu’à aujourd’hui avec l’industrialisation de l’agriculture. Il y avait certainement des raisons économiques à cela mais disons que le développement capitaliste n’engendre pas mécaniquement une tel acharnement envers les cultures locales. Il y a là une spécificité française.
– Sinon, merci d’avoir rappelé que dans la réalité des gens qui font vivre la langue et la culture bretonne on retrouve une écrasante majorité d’écolos, d’internationalistes, de solidaires avec les migrants, etc. Les renvoyer à un truc de repli sur soi désuet et folklorique c’est vraiment dégueulasse et pourtant c’est une réaction classique chez les français de gauche, qui devraient vraiment interroger ce passif centraliste et méfiant vis-à-vis de la biodiversité humaine.-
François Bégaudeau
Maître des clésAccord total avec ton dernier point
Par ailleurs j’aime assez que tu revendiques le folklore. Moi je n’ai pas d’avis là-dessus, je n’ai fait ici que rapporter le scepticisme de mon bretonnant devant ce qu’il voit comme un truc de touristes. Mais donc j’aime bien ta position très originale, et la façon dont tu comlliques la dichotomie un eu facile entre folklore et authenticité. L’authenticité elle passe peut etre toujours par ce théatre qui s’appelle le folklore.
Sur le poids du pouvoir central, ok. Mais vraiment me frappe à quel point l’agro-industrie bretonne dévastatrice est dirigée par des entrepreneurs bretons, intarissables sur la beauté de la région qu’ils dévastent méthodiquement. -
MA
InvitéOn peut se référer à Eric Hobsbawm et son « invention de la tradition » quant aux notions de folklore et d’anthenticité: https://journals.openedition.org/enquete/319
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Léo!
InvitéC’est en effet frappant et parfaitement exaspérant. Mais assez aligné sur ces gens de droite qui exhaltent la France tout en taisant ce qui détruit ses éventuelles spécificités gastronomiques, paysagères, linguistiques…
Et de la même façon qu’avec la culture bretonne les personnes qui tentent de faire vivre l’agriculture paysanne, qui sauvegardent des semences historiques, qui font des produits de terroirs sont des personnes presque à chaque fois solidaires, antiracistes, etc.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui, clairement
De grands mots sur la tradition dans une main, et dans l’autre des capitaux pour extraire et dévaster.
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Delphine
InvitéLa lecture du livre « A Brest » est bien agréable. Les situations sont décrites de manière concrète, et l’ensemble du livre est varié, ce qui offre au lecteur ne connaissant pas Brest une sorte de panorama complet de la ville :
– le contexte historique et géographique, avec la mention de petites villes limitrophes pas forcément connues des personnes non-brestoises, par exemple Lampaul ;
– l’aspect urbanistique de la ville, avec le contraste entre ce que souhaitent les pouvoirs publics et les urbanistes d’un côté, et la population autochtone de l’autre, qui espère empêcher une transformation luxueuse, bling-bling, de la ville afin d’en conserver son authenticité sobre ;
– la mise en lumière de la gestion des flux migratoires, où l’on apprend que le travail des associations est une aubaine pour la municipalité, puisqu’elle permet d’éviter que la pauvreté migratoire soit visible ;
– la puissance des pouvoirs publics : pour arriver à leurs fins, les dirigeants et « entrepreneurs courageux » n’hésitent pas à « taper du poing sur la table, « A Brest, le patron c’est l’Etat. » ; la culture de gauche est attaquée ;
– la dimension artistique de la ville qui, grâce et à cause de ses ruines, notamment, peut être une source d’inspiration poétique ;
– l’importance de la flotte brestoise et ses conséquences (« Le port de guerre s’est spécialisé dans le nucléaire militaire, ce qui en ferait une cible prioritaire en cas de conflit majeur. »), alors que l’on entend plus souvent parler de Toulon comme force navale ;
– les traditions qui perdurent : univers exclusivement masculin des dockers, la « bretonophilie » illustrée par le réseau Diwan, qui vise à défendre la langue bretonne. « Bretonophilie » dont une affiliation politique pourrait dériver vers une tendance identitaire. Et que la machine capitaliste utilise (« La Bretagne est tendance. ») ;
– le côté linguistique, avec la manière de parler au sein de l’Arsenal ;
– la rudesse brestoise venant de la géographie qui dicte sa loi ;
– une certaine nostalgie qui a une portée politique (« Glissement du vote PC vers un vote frontiste ») ;
– l’opposition des classes sociales que l’activité portuaire rend visible (« pavillon immatriculé à la Barbade » vs. « équipage turc ») ;
– la nature maritime de la ville dénaturée par les lois, qui éloignent l’océan. Des grilles et des portails qui font que « Le corps ne confirme pas qu’il est dans une ville riveraine de l’océan. ».
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci de faire honneur à ce livre
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Anthony
InvitéJe profite de la remontée du sujet pour partager le fichier audio de la rencontre à la librairie Dialogues sur le livre A Brest que j’ai réussi à récupérer. Vous pourrez y entendre les 2 ou 3 questions lunaires de lecteurs.rices qui n’ont pas eu envie de lire le livre.
Je l’ai mis sur we transfer (en mode gratuit) donc vous avez seulement 3 jours pour le télécharger si ça vous intéresse.
Voici le lien : https://we.tl/t-VtvndDduOc-
Carpentier
Invitécool, merci,
j’écoute ça tout à l’heure -
Delphine
InvitéMerci Anthony.
Dans l’introduction de l’entretien, le libraire dit à Gaëlle Bantegnie : « Vous êtes du Finistère Sud. Ici, ça a son importance. » Avec une pointe d’humour, cela rejoint le caractère particulier de Brest ressenti par les Brestois, qui est évoqué dans le livre.
Je suis d’accord, comme mentionné dans l’entretien, que l’on sent une démarche littéraire au fil de la lecture. La densité, la précision et la justesse de chaque récit permettent au lecteur de vivre les scènes.
Le récit « Filature », où le filateur se qualifie de « professionnel’, m’a bien fait sourire, et cette drôlerie m’a fait penser qu’il pouvait avoir été écrit par François.
Dans le récit sur Diwan, ce qui est intéressant, c’est que la tradition est d’abord cassée par l’homme qui réhabilite l’usage de la langue bretonne dans le cercle familial, puis elle revient en force, avec le côté communautaire des manifestations bretonnes.
On sent que les auteurs / autrices des différents récits ont parfois effectué un travail d’enquête proche du journalisme ou de celui d’un historien, mais avec une plus grande liberté d’écriture.
Tous les récits n’étant pas écrits par une même personne, leurs tons et styles d’écritures varient naturellement en fonction des tempéraments, mais on sent une certaine continuité, qui rend l’ensemble cohérent et bien ficelé.
Au sujet du choix de la ville, au début du livre, la ville de Rennes est évoquée aux détours de conversations (dans le train, je crois), et je me suis demandée si, au moment de choisir la ville, le Collectif Othon avait pensé à écrire sur Rennes, ville réputée dynamique en raison, par exemple, de sa population estudiantine.
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François Bégaudeau
Maître des clés« On sent que les auteurs / autrices des différents récits ont parfois effectué un travail d’enquête proche du journalisme ou de celui d’un historien, mais avec une plus grande liberté d’écriture. »
Résumé simple et juste de notre démarche -
Carpentier
InvitéPour 2e lecture, peut-être peux-tu passer ton exemplaire à Jacques Audiard qui, sur le canap de Causes perdues, brûle d’ y mettre le nez : )
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François Bégaudeau
Maître des clésà un parrain nous devons respect et faveurs
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..Graindorge
InvitéMais Brest, c’est Brest
À Rennes ou À Brest? J’aurais choisi À Brest sans hésiter. Et pourtant j’aime Rennes aussi
Tout est bon dans la Bretagne?
Mon collègue l’a lu d’une traite avec les interruptions du quotidien. Il prépare un courrier postal qu’il enverra aux Éditions Amsterdam
Je démarre sa lecture-
Delphine
Invité« Mon collègue prépare un courrier qu’il enverra aux Éditions Amsterdam » : Éditions Amsterdam qui, par fraternité éditoriale, transmettront ce courrier aux Éditions Divergences. A moins que ton collègue n’envoie un courrier aux Éditions Amsterdam au sujet de « Psychologies ».
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci de préciser, delphine
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..Graindorge
InvitéC’est bien à Divergences. Amsterdam c’est Psychologies. Merci Delphine. Le collègue enverra le courrier bientôt
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Carpentier
Invitéquand je pense que certaine confondait aussi À Arles et À Brest
une autre forme de causes perdues : )-
..Graindorge
InvitéRires
Se mélanger les pinceaux ça arrive même aux meilleur.es.
Et puis toutes ces maisons d’Éditions: Verticales, Divergences, Stock, Gallimard, Amsterdam, Fayard, Pauvert et j’en oublie sûrement, ça peut donner le tourni. Ah oui: Cause Perdue. De quoi se perdre
Echenoz: Une seule
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..Graindorge
Invité» p.170
» Agnès me montre son téléphone : faut pas m’en vouloir, je suis un peu tendue, j’attends un appel de l’hôpital, mon mari pourrait sortir cet après-midi. Vous devez avoir hâte, dis-je. Pas vraiment, ça fait treize ans que mon mari a fait un AVC. Agnès égrène avec ses doigts: parle presque plus, mange pas tout seul, marche pas, va plus aux toilettes, faut tout faire pour lui, couper sa viande, faite ci, faire ça, le changer – et quand les infirmiers sont pas là je vous fais pas un dessin. Mon médecin me dit que j’ai du courage
depuis toutes ces années: je lui réponds que le courage c’est quand on a le choix de faire autrement et qu’on a de l’argent pour placer son mari mais
qu’on le garde avec soi, moi je n’ai ni l’un ni l’autre.
Est-ce que je peux par exemple ne pas changer mon mari? Ai-je le choix? Non, donc je n’ai aucun courage. » -
Ferenk
Invité– Plus actif sur le forum depuis une petite semaine, j’étais passé à côté du retour sur le livre. Je n’en ferais pas vraiment un puisque j’ai lu le livre dès la sortie et que je ne l’ai plus sous la main, car prêté à un ami. En tant que brestois de naissance et habitant la ville depuis 26 ans après des pérégrinations familiales durant l’enfance, j’avais beaucoup, beaucoup aimé. J’avais redécouvert ma ville, son histoire, ses habitants, son parler, son atmosphère. J’avais marché dans ma ville et dans vos regards neufs et forcément plus ouverts, accompagné de vos observations, scrutant ici un lieu, un bâtiment, là le dos d’une personne et son histoire possible. Ayant moi-même travaillé avec des MNAs, j’avais apprécié le récit de la ‘traque’. Parce que même en les approchant, en leur parlant, en les accompagnant, c’est une traque. Ce qu’on sait d’eux on ne fait que le deviner, on avance à tâtons sans vouloir se faire repérer. On se laisse guider par eux, par leur récit et encore plus par leur silence. Merci à celui qui a écrit ce texte. Et à tous les autres.
– L’ami à qui j’ai prêté le livre habite à Vannes mais a vécu quelques années à Brest, lors de son doctorat. Il était dubitatif à l’évocation du livre : ‘qui sont ces gens qui ont passé une semaine ici et qui se permettent de parler d’une ville ?’. Je lui ai expliqué la démarche, ça l’a rendu plus curieux que convaincu. C’était au livre de le convaincre. Il ne m’a donné qu’un avis jusqu’ici, c’était sur le premier texte : ‘elle a reçu des explications pointues de la part de Daniel le Couédic, fondateur de mon labo, dinosaure et puits de science à la fois. C’est factuellement très juste et ça résonne vraiment avec l’impression que j’ai de la ville, assez bluffant.’
– Le brestois est fier mais c’est une fierté liée à son éloignement et à la réputation même de la ville. Non pas fier et bombant le torse mais fier que l’on s’attarde un peu sur sa ville, que l’on en montre sa lumière et que l’on y révèle sa part de beauté. Une fierté qui atteint ceux à qui on n’a pas assez dit qu’on les aimait. Trop fier pour ne rien quémander mais pas assez pour ne pas sourire et rougir quand on leur accorde un peu d’attention. On sait que quand le train passe, il repart. Cela marche pour notre gare mais pour le reste aussi. Un livre donc, un ami parti qui ne reviendra toujours que le temps de 24 heures, le beau temps mais aussi le mauvais, la Ligue des Champions, le Tour de France, un joueur de football merveilleux (Pierre Lees-Melou, volontaire à l’exil depuis bientôt janvier 2024 et parti cet été pour le Paris FC parce que bon Brest, voilà quoi…)…
– Nous avions parlé un peu à la toute fin de la rencontre à Dialogues. Rencontre très intéressante au demeurant. Les questions, bon… Au vu de la sociologie du public, rien d’étonnant. Il y a cette rubrique dans le petit journal gratuit de Brest où une personne/personnalité de la ville parle en 2 phrases et 15 mots des lieux qu’il apprécie à Brest. Peut-être le public s’attendait à une version étendue de cela. Enfin, les gens n’avaient pas lu le livre. La seule à avoir poser une question et qui l’avait lu, elle l’avait mal lu. Pour ma part comme je suis de nature timide et que j’ai un esprit d’escalier, les questions me viennent souvent après. Et si une me vient sur le coup, il me faut la formuler 9 fois dans ma tête pour être certain qu’elle sorte bien tout en contrôlant ma respiration. D’ici là, nous en sommes déjà au temps des dédicaces. Après la rencontre, nous n’avions pas parlé de Brest mais de ‘The Brutalist’.
– Je suis allé pour la première fois à Arles l’été dernier, et trop tardivement j’ai pensé que j’aurais du lire ‘À Arles’ avant de partir à Arles. Si ça intéresse quelqu’un, j’ai écrit quelques courts textes (format Instagram) qui parlent autant des Rencontres photographiques que de la ville.
– Brest a changé depuis février, François. Ces toutes dernières semaines, le compagnon du député Pierre-Yves Cadalen (LFI) a été agressé violemment par des fachos encagoulés en pleine journée et en plein centre-ville lors d’une collecte pour le Secours Populaire. Quelques jours plus tard un jeune homme a été agressé en pleine nuit pour un simple t-shirt, là aussi par des nazillons. Samedi soir le Café de la Plage de la Place Guérin a subi un raid très violent de la part de plusieurs jeunes fachos, peut-être toujours les mêmes. Circule le nom d’un groupuscule nommé ‘Talion’. Et d’un nouveau groupe de supporters dissidents et affilié à l’E-D, ‘Section Ouest’. Voilà, fallait bien que ‘ça’ arrive chez nous.
– Si seulement j’avais su pour ‘À Brest’, je vous aurais guidé vers mon ami Mickaël qui vit de tout et de rien, qui vagabonde à travers le monde et toujours revient à son port d’attache. Il voyage à vélo, il vit d’expédients, il a 8000 d’euros de dettes auprès de la CAF, il est peintre/musicien/poète/joueur de tennis. Il a des choses à dire sur le voyage et en même temps rien à en dire. Bon après il ne devait pas être à Brest quand vous y étiez mais quelque part du côté de l’Inde. Il y a aussi un autre ami cycliste, Frédéric. Lui défend la pratique du vélo à Brest. Il s’oppose avec sa bienveillance, sa patience et sa droiture à la municipalité et aux quelques automobilistes qui se transforment en crevure une fois qu’ils troquent le volant pour le clavier. Il fait des drôles de trucs comme se déplacer à vélo pour aller voir le Stade Brestois jouer à l’extérieur. Le week-end prochain il va ainsi à Angers. ‘Pourquoi tu fais ça Fred ?’ – ‘Pour montrer qu’on peut aller voir un match de foot autrement qu’en se déplaçant en voiture.’ C’est net, et en même temps pas net. Il y a le Pubquizz du Tir Na Nog, qui est une petite institution un mercredi sur deux. Et une petite société en soi. Je m’y suis fait des amis pour la vie. Il est animé par Fabien & Laurent depuis près d’un quart de siècle. Il y a le jardin partagé de Kérampéré, un ancien camping reconverti en jardin partagé, cela va de soi. Et comme le disent les quelques joyeuses personnes à le tenir : ‘Nous n’avons qu’un jardin mais il est grand et partagé !’. Moi je n’ai pas mon jardin car je vis en appart, mais j’ai là un jardin et des êtres vivants avec qui le partager. Il y a le Welli Chéri, autre lieu symbolique de la gentrification de la ville, un tiers-lieu avec du macha, des brunches, des salles attenantes pour des ateliers yoga, de la céramique, des aquarelles… Sauf que le réel est toujours un peu plus complexe. L’emplacement n’est pas fou du tout, hors du centre-ville, sous un pont un peu lugubre, pour tout extérieur il y a 3 tables sur le gravier qui donne sur une route très passante. Et puis il y a Nico, Juliette et Camille qui tiennent la boutique. Et ils sont réellement adorables. Je n’aime pas y aller quand il y a du monde parce que sociologiquement ça me crispe, mais quand il n’y a personne j’y vais pour eux (et aussi parce que leur bouffe est bonne). Il y a Gégé mon ami 25 ans plus vieux que moi, brestois d’adoption (il vient de Carhaix), bourru mais gentil, un peu paumé politiquement mais de toutes les manifs, Gégé qui connaît son Stade Brestois sur le bout des ongles et qui semble un enfant quand il rejoint le stade Francis Le Blé, qui me raconte ses longues pérégrinations dans Brest depuis qu’il est en retraite, il se balade, parfois marche pendant 3 ou 4 heures, se lie facilement aux gens, les engueule tout aussi facilement. Voilà une petite partie de mon Brest. Je ne sais pas si ça aurait pu intéresser. C’est de toute manière trop tard. Le train est passé.-
..Graindorge
InvitéGrand merci Ferenk!
« Voilà une petite partie de mon Brest. Je ne sais pas si ça aurait pu intéresser. C’est de toute manière trop tard. Le train est passé. » Pas du tout!
Pourquoi » trop tard »? Le livre existe toujours. Il existera encore lorsque nous serons tous morts, c’est ça la vie des livres et c’est merveilleux que tu nous enrichisses de ton témoignage
» La traque »? Quelle traque ? Tu veux parler de l’entrée » Filature » je pense. Ça c’est peut-être François ou Gwenaël David qui aime » traquer les libellules » et qui a beaucoup voyagé.
Pour ce qui est de » Brest a changé depuis février » Elle n’est pas la seule. Je crois qu’il ne faudrait pas s’y faire mais apprendre à y être car nous y sommes. Personnellement, vivant aux Canaries, j’irai voter contre Renaissance et RN dimanche prochain
Je suis une horrible enthousiaste et optimystico-réaliste!
À Brest mesdames et messieurs! comme le prédisait Michel Drucker pour la toute jeune Céline Dion, « on a pas finit d’en parler, elle ira loin! »-
Ferenk
InvitéBrest serait donc partout, même aux Canaries ! On est une terre de voyageurs, il n’y a pas à dire.
Pourquoi ‘trop tard’ ? Parce que je parlais avant tout de la manière dont j’aurais pu guider les auteurs si jamais j’avais eu vent du projet avant. Ce que je décrit au dernier tiret, c’était des suggestions possibles. Mais je ne sais pas s’il y a eu information de leurs venues avant, s’ils établissent des contacts au préalable ou pas. Le livre étant écrit, je ne peux plus les conseiller. Mais peut-être que quand il y aura une réédition au vu de son succès fulgurant en librairie, je pourrai contribuer à des nouvelles entrées.
La traque, j’ai répondu en-dessous. Qu’il est dur ce mot. La filature, c’est plus doux.
Tu as raison, Brest n’est pas la seule. Mais nous étions assez confortables à Brest la Rouge, peut-être trop. La menace était lointaine, les scores de l’ED bas par rapport à la moyenne nationale, le coeur vibrant et battant de la ville était à l’extrême-gauche (mais je n’ai jamais été dupe que la force politique centrale de la Bretagne, c’est la démocratie chrétienne). Moi en tout cas, je ne voyais pas le danger arrivé, pas comme ça brutalement à la fin d’un si bel été. Je ne me faisais pourtant pas beaucoup d’illusions sur les brestois, j’en ai entendu des paroles racistes ici, des ‘oui mais bon…’, je vois bien la démission des jeunes globalement face à beaucoup de sujets, mais là encore c’est national. Ça me désole par exemple d’entendre comment certains parlent de la Palestine ici, à la manif du 18/09 (et à d’autres depuis 2 ans) il y avait des drapeaux palestiniens. Et ça ne plaît pas à certains. Alors que quand je vois des photos des ruines de Brest bombardée il y a 70 ans, je ne peux plus m’empêcher de penser à Gaza. Notre histoire se relie à la leur. Rien que pour ça je trouve que c’est une immense bêtise de la part du maire de ne pas avoir hisser le drapeau lundi dernier, mais je n’attends plus grand chose de lui.
Ni d’un bulletin de vote. Et pourtant je suis aussi du genre à sourire sous la pluie, et ici il y a plutôt intérêt (je dis cela alors qu’un grand ciel bleu ne nous quitte plus depuis 3 jours).
J’ajoute que je quitterai peut-être Brest l’année prochaine (pour ‘raisons professionnelles’ comme on dit). J’essaie de ne pas y penser parce que pour ‘raisons personnelles’ je préférerai rester ici. Avant de partir, je prévois de faire un tour à pied de Brest en suivant ses limites autant que je peux. Soit à peu près 50 bornes. Ca méritera peut-être une entrée dans la future réédition d’ ‘À Brest’ !
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François Bégaudeau
Maître des clésMerci, c’est très agréable de lire ces lignes. Je vais transmettre à l’équipe.
Tu m’apprends donc que les fachos sont de sortie à Brest. Comment expliques tu le phénomène? Pourquoi maintenant? Est-ce qu’on les avait vus venir?-
Ferenk
InvitéMerci pour l’intérêt.
Je n’ai malheureusement pas trop le temps de répondre, ni trop de billes à apporter. Il se passe ici ce qui se passe dans d’autres villes de France. Ces jeunes ont aussi Internet. Il y a eu des signes annonciateurs (multiples tags injurieux et menaçants contre le compagnon de Cadalen, jusqu’à son école ; agression il y a quelques années de passants assimilés de gauche et de SDF, car perçus comme fainéants, par des personnes qui se revendiquaient et avaient les codes de l’ED ; perso, j’avais vu il y a quelques années rue Jean-Jaurès, un soir, un groupe de jeunes (d’origine maghrébine) se faire poursuivre par un autre (d’origine caucasienne) aux cris de ‘la France aux français’, en gros).Je viens de lire sur Libé , qui suit pas mal la situation, que la préfecture a interdit une manifestation antifasciste car elle s’inquiète d’un ‘risque majeur d’affrontements, de violences graves et d’atteintes aux personnes et aux biens, ainsi que de fortes perturbations à la circulation’. En lisant cela, on pourrait presque croire que ce sont les manifestants qui présentent ce risque… Certains le croiront. Je lis un peu plus loin que d’après la préfecture, la manifestation est ‘organisée dans une période de vives tensions entre mouvances politiques violentes’. De ‘mouvances politiques violentes’ à Brest, je n’en connais qu’une.
J’ai le souvenir aussi d’une manif d’ED sans lendemain il y a peut-être 3 ou 4 ans, je ne sais plus.
J’ai pris un peu le temps mais moins que j’aurais voulu.
Graindorge, je réponds demain à ton commentaire.-
..Graindorge
InvitéPas de soucis! Je viens de rentrer d’une rencontre avec la candidate qui dans la tournée dans la 5ème circo est venue voir quelques Français. Nous étions une vingtaine
Il se trouve que la directrice de campagne est brestoise! Ahahah!!! Je lui ai parlé de ce livre
Bonne soirée et bonne nuit, j’ai faim! -
François Bégaudeau
Maître des clésOk merci
Effectivement on observe partout cette équidistance neutre entre lezxtremes de la part des pouvoirs publics. Ceci sans aucune considération du fait que, jusqu’à preuve du contraire, et peut etre hélas, la gauche radicale ne tue personne, voire ne frappe personne si ce n’est parfois un CRS en manif.
Historiquement il sera établi que cette neutralité a été l’acte discursif numéro 1 du ralliement de la bourgeoisie contemporaine au fascisme (elle est saisie dans HDTB, écrit en 2017-8)
Puis sont venus les « entre Le Pen et Mélenchon » ce sera Le Pen
La suite nous la vivons.-
Ferenk
InvitéMême acte discursif de neutralité qui a pu irradier les circonstances de la mort de Clément Méric. C’était une bagarre entre deux groupes politiques violents, les deux sont responsables, la mort de Clément était malheureuse mais il n’avait qu’à pas être là. Je donne cet exemple d’autant plus volontairement que Clément Méric était brestois.
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Ferenk
InvitéPour un peu plus de contexte et de matière : https://www.streetpress.com/sujet/1758710467-douzaine-agressions-cinq-mois-bande-cogneurs-extreme-droite-pierreyvescadalen-brest-bretagne
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Ferenk
InvitéMais oui la ‘filature’ ! J’ai un gros défaut c’est de mal utiliser les mots parfois. Je n’étais pas heureux du mot ‘traque’ et je n’ai pas pensé à revenir dessus. Je l’ai quand même utilisé plusieurs fois…
Je vais voir le PTA, je te réponds sur le reste plus tard.
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AuteurMessages
