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Accueil Forums Forum général Y a-t-il des étudiants sur ce forum ?

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  • Auteur
    Messages
    • #46070 Répondre
      SHB
      Invité

      J’aimerais avoir les témoignages d’étudiants en particulier a la fac sur le milieu scolaire, ses injonctions, ses figures d’autorité, ses structures, etc.
      .
      Si il y en a qui en on après l’école c’est le moment je profites de mon été a travailler sans école pour réfléchir sur le sentiment de vide profond qui envahie de l’intérieur au fur et a mesure que j’avance dans le parcours universitaire, je ne pense pas être le seul a ressentir cela.

    • #47172 Répondre
      Leny
      Invité

      Je ressens exactement la même chose, le vide au fur et à mesure que j’avance à la fac. je suis en deuxième de licence d’anthropologie. Cette discipline ne sert presque à rien. Intellectuellement creux, et consternant pour un marxiste comme moi de lire les anthropologues. Pas de débouchés. Je vais passer le CAPES pour être dame du CDI (avec tout le respect que j’ai pour les profs documentalistes, ma mère en est une). J’ai fais ca car j’était pas bien en licence d’info-com à Nice (ville moche bourgeoise + licence qui me plaisait pas + potes chiants et racistes ) je me suis politisé à gauche et j’ai connu l’anthropologie, je trouvais ca stylé et j’ai changé de ville pour une qui me paraissais plus gauchiste. Je regrette. je n’ai pas d’autres options, mais sinon ca va j’ai le cinéma en ce moment qui me fais saisir la vie quelques dizaines de minute, et les potes, et l’été, et la musique… Pas fameux comme expérience de la fac, après tout ce qu’on m’avait promis au lycée. Comme toi quand je travaille l’été, je gagne mon argent et je me sens indépendant, même si j’aime particulièrement pas le travail, et comme toi, ca me permet de réfléchir à ce sentiment de vide. Tu étudie quoi toi ? Il vient d’ou ce sentiment ? Pour ma part, ce n’est pas tant la fac qui me déprime mais le fait de savoir que ce que je vais faire après va me déprimer, un réel plaisir 🙂

      • #47175 Répondre
        SHB
        Invité

        Moi je vais commencer ma troisième année de licence de histoire et on tourne un peu en rond, on nous avait vendu l’université comme le lieu où on allait pouvoir commencer a vraiment produire de la pensée et je me retrouves a produire des travaux en chaîne qui ressemblent plus a des démonstrations de soumission au dispositif méthodologique universitaire qu’à des exercices de réflexion sur la discipline historique. Tu rajoutes à ça le travail étudiant pas passionnant et les professeurs complètement hors-sol qui se font auto-jouir sur leur petite corporation et on a vite fait d’être déprimé, tu réalises que tu sers un peu a rien et que si tu veux manger, bah tu va devoir devenir prof, c’est a dire devenir tout ce que tu as toujours NE SURTOUT PAS voulu être, a savoir un pseudo intellectuel pas lu qui se contente d’écrire article sur article en enseignant d’une manière chiante et peu satisfaisante du fait des injonctions de la direction a surcharger les élèves de travaux inutiles…..la déprime

        • #47177 Répondre
          Leny
          Invité

          On est cuit à la meme sauce alors, bon courage. Perso j’ai des cours d’histoire c’est largement mes préférés, mais j’imagine qu’en licence c’est autre chose. t’es à quelle fac ?

          • #47199 Répondre
            SHB
            Invité

            Je suis au Québec

          • #47200 Répondre
            SHB
            Invité

            Mais je te rassure, même merde qu’en France

            • #47412 Répondre
              Leny
              Invité

              Wow eh bien bon courage à toi, j’aimerais bien savoir ou on sera dans 10 ans, histoire de me libérer l’esprit

    • #47214 Répondre
      jacques sceptes
      Invité

      oui à la catho de Paris en droit et en philo (viens de finir ma licence)

    • #47220 Répondre
      Ragon
      Invité

      Je ne veux pas en rajouter mais devenir « un pseudo intellectuel pas lu qui se contente d’écrire article sur article en enseignant d’une manière chiante et peu satisfaisante » est probablement le mieux que tu puisses espérer en continuant dans cette voie avec un master recherche et une thèse. En gros si tu n’es pas normalien et agrégé en plus de ta thèse, tu peux toujours te gratter pour accrocher autre chose que des post-docs précaires dans des facs de seconde zone. C’est un milieu hyper concurrentiel et les rares qui finissent maître de conf ou au mieux prof titulaire en fac sont les étudiants les plus brillants qui suivent la voie royale depuis le début. Pour l’immense majorité ça sera l’enseignement secondaire. En revanche on ne dit pas assez qu’avec une bonne licence ou master d’histoire on développe des qualités rédactionnelles, de structure, de concision, de synthèse etc., qui peuvent servir dans divers domaines professionnels dont on pensait spontanément qu’ils nous étaient inaccessibles. Un bon cursus à l’université publique vaut largement une école de commerce médiocre payée 10000 euros l’année sur le marché du travail.

      • #47291 Répondre
        SHB
        Invité

        Je pense que ta pas compris le sens des déclarations de moi et leny

      • #47292 Répondre
        SHB
        Invité

        Le but était de porter un constat de la détresse d’un étudiant de gauche radicale fasse a l’absurdité du système scolaire, l’objectif n’était pas de réfléchir a la possible capitalisation astucieuse de nos diplômes et ne nous nous ah chouette alors professeur a l’université c’est vraiment cool j’aurais pu enseigner au collège. Pour le professeur d’université je disais ça comme ça je pense n’avoir aucune chance de le devenir

        • #47294 Répondre
          SHB
          Invité

          Et de nous dire ****

    • #47221 Répondre
      Ragon
      Invité

      Je parle pour la France, c’est peut-être plus accessible au Québec, mais j’en doute.

    • #47222 Répondre
      Ragon
      Invité

      Ma Cruauté dépeint magistralement ce qu’il faut de compromission, de mesquinerie et d’obséquiosité pour « réussir » dans le milieu universitaire. Et même lorsqu’on a l’impression de toucher au but, il suffit d’un Sintange jaloux et vexé pour vous renvoyer définitivement dans les bas-fonds du microcosme académique.

      • #47226 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Ca sent le vécu
        TU peux dire quelle est ta situation exacte?

    • #47229 Répondre
      Ragon
      Invité

      Fort heureusement j’ai eu la lucidité de me tirer de ce milieu avant d’y investir réellement mes espoirs et mon énergie. Mais à moi comme à d’autres camarades, j’ai vu des mandarins promettre monts et merveilles (une allocation doctorale, un poste de maître de conférence, un soutien sans faille pendant la thèse etc.) avant de nous abandonner comme des vieilles chaussettes à la minute où on ne rentrait plus dans leurs petits calculs. Dans mon cas tout ça n’a pas été complètement vain, j’ai passé de bonnes années en fac d’histoire, ça m’intéressait, je m’y sentais puissant, j’ai rencontré celui qui est aujourd’hui mon meilleur ami et après un court passage dans le secondaire j’ai capitalisé sur ce que j’ai tiré de ces années pour passer des concours relevés qui m’assurent aujourd’hui un job plutôt confortable dans une institution qui n’a rien à voir avec l’histoire. Je ne peux pas en dire beaucoup plus mais j’ai eu de la chance.

      • #47251 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        d’accord merci
        parcours atypique, non?

        • #47256 Répondre
          Ragon
          Invité

          Très, je suis un drôle de type.

      • #47253 Répondre
        Mao
        Invité

        « Mais à moi comme à d’autres camarades, j’ai vu des mandarins promettre monts et merveilles (une allocation doctorale, un poste de maître de conférence, un soutien sans faille pendant la thèse etc.) avant de nous abandonner comme des vieilles chaussettes à la minute où on ne rentrait plus dans leurs petits calculs. « .
        Idem, à cela près que les promesses étaient accompagnées de faits de harcèlement sexuel.

        • #47257 Répondre
          Ragon
          Invité

          Oui, j’imagine. Sintange, encore.

      • #47413 Répondre
        Leny
        Invité

        C’est quoi ton « job confortable » actuel ? peut-il concurrencer avec le CAPES de prof-doc et ses 16 semaines de congés payés que je vise ? C’est pour un pote

        • #47428 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je veux bien savoir aussi. C’est pour une amie…

          • #47441 Répondre
            Ragon
            Invité

            Envoyez-moi un mail sur pierresalomon2000@hotmail.com si vous voulez, c’est délicat de le dire ici. En termes de vacances je bosse 37h30/semaine pour 25 jours de congés payés, 17 jours de RTT et un compteur débit crédit de temps qui permet de poser 8 jours supplémentaires sur l’année. C’est certes moins que quand j’étais prof, mais c’était un métier tellement usant psychologiquement que j’ai renoncé aux vacances sans regrets. Les gens qui bossent en bureau ne se rendent pas compte de la charge mentale d’un prof, des injonctions pédagogiques ineptes, du droit à la déconnexion inexistant depuis l’arrivée de Pronote, des élèves en échec scolaire, de la rémunération largement en deçà du niveau de qualification, du poids de l’institution qui est toujours présente pour vous emmerder mais plus personne quand il y a une merde etc. Une fois que tu as vécu ça, même un job de secrétaire c’est du petit lait.

            • #47453 Répondre
              Delphine
              Invité

              Ragon, Je ne sais pas si l’institution dans laquelle tu travailles maintenant est publique ou privée, mais le rythme de travail ressemble à celui d’une entreprise. Parmi tes nouveaux collègues, et si tu as parlé de ton passé d’enseignant, as-tu été victime de critiques envers les enseignants, qui ne devraient pas se plaindre parce qu’ils travaillent moins en presentiel que les salariés en entreprise, ont beaucoup de vacances ? On peut entendre ce genre de critiques dans les entreprises privées, où, quand on dit que, dans l’enseignement ou, plus généralement dans la fonction publique, les salaires sont moins élevés que dans le privé, ce critère financier ne semble avoir aucun poids dans le débat.

            • #47519 Répondre
              Ostros
              Invité

              Ragon merci, mail envoyé pour ma part.

    • #47255 Répondre
      Arche
      Invité

      Je suis moi aussi étudiant. J’ai passé deux années en info-com en Arts et Spectacle (la partie artistique étant sympa, la partie communication un peu moins) pour finalement m’orienter vers une licence professionnelle en édition, que je valide cette année. Ce choix a été fait parce que rien ne me paraissait intéressant à l’université, même si la liberté y est plus grande, j’ai perçu ça comme le prolongement de l’éducation secondaire. Après avoir commencé ma licence en édition, je me suis remis à lire, notamment des essais politiques, ce qui explique ma présence ici je pense. Je m’y suis particulièrement bien retrouvé, dans le sens où l’on m’apprenne le fonctionnement d’un métier, celui d’éditeur, et j’ai pu me cultiver mais toujours hors de l’université. L’objectif est donc de sortir le plus rapidement de l’université, même si les rencontres y sont intéressantes, car ça me parait beaucoup de temps de perdu et je crois que je préfère continuer à alimenter mes connaissances théoriques de mon côté. Mais je dois avouer que même si j’aimerais travailler dans l’édition, le secteur est tout de même dur d’entrée et même si j’ai la « chance » de faire mon stage dans une grande maison d’édition, je ne me vois pas travailler pour un grand groupe et l’édition indépendante est vraiment mise à mal depuis quelques années. Je crois qu’est bien là mon problème avec l’université, c’est-à-dire les situations dans lesquelles elle met les étudiants. Le lieu peut être une vraie source de rencontres et de partage des savoirs mais la pression quant à la voie professionnelle rend les décisions d’orientations difficiles. Elles restent tout de même un lieu de mobilisation sociale, ce qui est plutôt appréciable, surtout sur ce forum j’imagine.

    • #47258 Répondre
      Ourson
      Invité

      De quoi tu parles, c’est super les études mec.
      Fonce, gâche les 5 ans de ton prime physique et intellectuel à apprendre des trucs qui te serviront à rien et que t’auras oublié aussitôt l’examen fini, tout en engageant d’énormes frais matériels et humains pour toi et ta famille.
      Avec un peu de chance, plus tard, tu gagneras 2000€ par mois en bossant plus de 40 heures par semaine dans un bureau en région parisienne. Tes parents seront fiers de toi !
      C’est un peu dur, mais tu vivras ta best life étudiante : tu te feras deux trois copains et vous irez vous foutre une murge de temps en temps en début de semestre. Après ça, tu n’auras plus l’énergie pour les voir, mais ne t’inquiètes pas : tu pourras toujours passer l’essentiel de ton temps libre sur ton smartphone ou sur Netflix, tu n’auras plus la force de faire autre chose de toute façon.
      Bon, tout ça c’est si tu ne décroches pas totalement auquel cas tu seras pris dans une spirale infernale de culpabilité et de perte de confiance, redoublement après redoublement, semestre pas validé après semestre pas validé, mais ne t’inquiètes pas… ça va bien se passer, surtout si tu apprécies descendre des mugs de café après 1h du matin.
      Tu veux faire quoi d’autre de toute façon ? Profiter de la vie ? Te consacrer à un pratique artistique ? Bosser après le bac et coffrer tant que tu vis chez tes parents ? Admettons, ça te ferait 84 000€ d’économisé à 23 ans, qu’est-ce que tu vas aller faire avec 84 000€ ? Autant mettre à profit ta jeunesse pour t’endetter et te gaver le cerveau afin d’augmenter ton rang dans la société !

      • #47293 Répondre
        SHB
        Invité

        Je n’ai rien a rajouter a cette intervention c’est tout le sens des témoignages de moi et lenu

        • #47295 Répondre
          Ourson
          Invité

          Pour reprendre un ton un peu premier degré, il y a un cas selon moi où ça peut être intéressant de faire des études : c’est l’alternance, qui assure d’éviter la précarité et de rendre concret le quotidien
          J’aurais tendance à dire que ça peut être intéressant de faire des études en lien avec ses passions, mais j’ai pas l’impression que ce soit idyllique non plus : François n’a pas tant kiffé ses études de lettres que ça il le semble

          • #47328 Répondre
            deleatur
            Invité

            « François n’a pas tant kiffé ses études de lettres que ça il le semble »
            .
            Ah bon ? C’est nouveau ça.
            Je pense au contraire qu’il les a surkiffées.
            C’est juste qu’à un certain moment il a été suffisamment préparé, prêt, grâce notamment aux classes prépas, mais surtout grâce à son goût et ses appétences naturelles, à les mener comme il l’entendait, seul, selon son bon plaisir, en choisissant ses sujets d’étude, en assurant le minimum syndical pour les autres (bosser deux mois avant pour passer les exams de fin d’année).
            C’était l’avantage des facs françaises au début des années 90 : on allait y suivre les cours qui nous plaisait, les autres, on n’y allait pas, on s’en foutait. Il n’y avait pas d’appel en cours. On pouvait ne pas aller en cours pendant un mois, lire pendant ce temps un seul auteur (10h par jour), se former par soi-même, suivre des séminaires de doctorat alors qu’on était en licence 3 (en lettres et sciences humaines, c’était plus facile qu’en maths ou physique).
            On se donnait à soi-même la discipline dont on avait besoin, mais on avait moins besoin des profs que des livres.
            C’est pour cela que quand j’entends aujourd’hui des étudiants pester parce que leurs profs sont en absents ou en grève — je ne parle pas du tout de la période covid qui a été autre chose –, et comptabiliser les heures perdues, le manque de formation, je me dis que l’époque a bien changé, les attentes des étudiants et, malheureusement, leur capacité à prendre en charge sur le plan intellectuel leurs études.
            C’était encore cela les facs des années 80 : une formation solide à la base, qui rendait très vite autonome et indépendant. Tout cela pour y apprendre des trucs assez inutiles en termes d’intérêt pratique immédiat, de capital économique, mais indispensable sur le plan spirituel, personnel. Je dis cela sans méconnaître qu’on avait le loisir de se soucier assez peu de l’avenir, des débouchés, de l’intérêt de ce qu’on apprenait. C’est moins le cas à présent.
            Quand François distingue l’école de la fac, où l’on mène les études qu’on veut, selon des choix personnels, il oublie peut-être cette donnée actuelle : on va moins à la fac pour se faire plaisir que parce que c’est devenu un passage obligé pour bon nombre d’étudiants. Les universités sont devenus des instituts universitaires de technologie : il faut y apprendre une formation, un métier, un diplôme monnayable sur le marché du travail.

            • #47331 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              Je crois pas que j’oublie ça. Je suis un peu au courant. J’ai déjà dit ici que mon avis sur la fac ne pouvait se résumer à une incise orale dans le live PDH, où j’évacuais rapidement la question de la fac pour centrer la réflexion, et ne pas la diluer, comme je m’efforce toujours de le faire.
              Je connais mal le monde de la fac mais ce que j’en connais ne me fait pas envie. En aucun cas je n’y vois un havre d’étude.
              Quant à mes années fac à moi, je peux dire que la fac y était très secondaire. Je n’y allais presque pas, n’ai souvenir d’aucun cours marquant, plutot d’une morosité générale. Si j’ai aimé mes années fac, ça n’a rien à voir avec la fac. J’ai aimé ne rien foutre pendant trois ans, pouvoir enfin lire à l’envi, faire du punk-rock, voir des films, voir des expos, faire des soirées belote-pastis.

              • #47336 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                Oui, ça a un peu changé.
                J’ai été plutôt beaucoup absent à la fac aussi, années pendant lesquelles je me suis formé tout seul à ce qui m’intéressait. Les cours étaient vraiment légers dans la discipline étudiée et c’est exactement ce que je voulais à cette époque. Mon « manque de sérieux » m’a valu cependant quelques problèmes avec des profs qui l’avaient mauvaise et n’hésitaient pas d’ailleurs à me prendre à parti devant l’ensemble de la classe ou à m’engueuler comme un enfant. Assez lunaire quand je m’en souviens maintenant. A l’époque j’avais l’arrogance de la jeunesse, l’importance de l’art et des connaissances supplantait facilement celle du train train scolaire, et je m’en foutais pas mal de ce qu’on pouvait penser (je tiens à préciser ici, que jamais je n’ai été irrespectueux ou méchant ou quoi que ce soit avec un prof de fac, étant déjà résolument spinoziste à l’époque, donc c’était vraiment une hostilité à sens unique), mais j’ai quand même pris une petite claque quand j’ai dû changer de région pour des raisons d’admissions dans des master pourtant strictement équivalents. Les profs qui géraient les admissions étaient les mêmes que ceux qui m’ont reproché mon manque d’assiduité, donc y a eu pas mal de refus. Y a eu des choses bizarres aussi, comme des visio qui n’ont finalement pas eu lieu. J’étais un peu jeune pour avoir envie d’aller quelque part où j’étais d’emblée pris en grippe par certains profs et j’ai décidé de partir sans chercher à comprendre. A cette époque il fallait justifier les refus sur les plateformes, j’aurais dû garder les justifications qui étaient évidemment complètements absurdes et revenait sur des points de détails de lettres de motivations rédigées de façon tout à fait banales, pour des filières qui n’étaient pas du tout sélectives.
                Plus tard, après avoir bossé quelques années, j’ai candidaté pour un M2 assez sélectif et professionnalisant. Rien à voir avec les épisodes précédents à la fac. Je me souviens ne pas avoir eu même de réponse, pas même un refus automatique. Comme pour les candidatures en entreprises ou demande de stages. Absence de communication avec les candidats non retenus. Là j’avais un peu la haine et toujours aujourd’hui y a une part de moi qui a envie d’aller les soulever chez eux.
                J’ai vraiment aimé mes années d’études, mais j’ai le coeur très sec en repensant aux figures d’autorité du milieu universitaire.

              • #47346 Répondre
                deleatur
                Invité

                Live PDH dont j’ai suivi 20 min. Je ne sais pas ce que tu y as dit, sinon que ta première intervention adoptait un ton modéré et nuancé.
                Quant à la fac, oui, je t’ai entendu dire plusieurs fois que tu y avais mis rarement les pieds. Je parlais plus de tes études de lettres en général. Que tu n’as jamais arrêtées, il me semble…
                À la question, y a-t-il des étudiants sur ce forum, j’ai eu envie de répondre tout le monde, puis je me suis dit que ce serait déplacé par rapport à la demande, puis que j’avais envie de lire les réponses des uns et des autres, puis que ça n’avait pas l’air folichon.

                • #47356 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Je n’ai pas arrête les études de lettres pour la raison unique qu’il fallait que je mange
                  Sinon je m’en serais bien passé. On en tire des choses, mais on y perd beaucoup plus de temps qu’on en gagne. L’ancien français, la prosodie, le latin, les auteurs secondaires étudiés parce qu’ils sont du domaine de recherche du prof : autant d’heures prises sur les lectures désirées.
                  De même, je me serais bien passé de faire un mémoire sur Cioran.

                  • #47357 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    LA chose intéressante dans les études de lettres, c’est qu’elles invitent-forcent à s’arreter sur le texte. Chose qu’on fait peu par soi-même. En cours ou en devoir, il arrive qu’on se retrouve à scruter une page pendant quatre heures. Très nourrissant, ça.

                    • #47359 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      J’ai remarqué que parmi les pages que je connais le mieux se trouvent celles sur lesquelles j’ai planché en prepa, pas relues depuis. On ne connaît vraiment quelque chose que quand on l’a travaillé, comme on travaillerait un matériau.

                      • #47371 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        @ François
                        Je voulais dire que tu es toujours en quelque sorte un étudiant de la littérature, que tu as tout fait pour rester en quelque sorte un étudiant toute ta vie (dans tes romans, tes critiques, tes essais, tes GO), ou vivre comme un étudiant — l’image du moine qui pratique la lectio divina te conviendrait peut-être mieux, en tout cas ta cellule, tes « heures », ta « table de nuit », et le monde, tout le monde.
                        Je projette sans doute puisque c’est comme ça que je me suis accommodé du métier de prof.
                        Bien sûr qu’il y a beaucoup de temps passé à s’ennuyer à la fac, à être contraint, à subir des cours chiants, à travailler pour des prunes.
                        Mais aussi, comme tu le dit, l’occasion donnée (forcée ?) de s’arrêter parfois dans sa lecture, de produire un effort d’attention supplémentaire, un surcroît de lecture : moment subi, ou moment de grâce.
                        @ Seldoon
                        Les textes lus jeunes, sans doute. Ceux qui ont formé notre pensée, notre personne, parmi d’autres choses. L’idée du travail manuel me plaît beaucoup : on pense avec ses mains, on manie avec sa pensée, et cela enclenche tout le corps. On coupe du gros bois, puis on apprend l’ébénisterie. J’aime l’idée de geste. Comment penser autrement la douceur, la délicatesse de la pensée, ou son déglingage ?

                      • #47398 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        « l’image du moine qui pratique la lectio divina te conviendrait peut-être mieux »
                        Oui!

                      • #47399 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je ne sais pas ce que c’est la lecture divina
                        Je vais chercher
                        Merci

                    • #47379 Répondre
                      SHB
                      Invité

                      LA chose intéressante dans les études de lettres, c’est qu’elles invitent-forcent à s’arreter sur le texte. Chose qu’on fait peu par soi-même. En cours ou en devoir, il arrive qu’on se retrouve à scruter une page pendant quatre heures. Très nourrissant, ça.
                      .
                      On a sans doute pas la même expérience, en histoire, les textes, on peut pas s’y attarder car on doit tellement pondre de dissertations a la chaîne que il s’agit de lire « efficacement » des bouts d’ouvrages qui vont dans le sens de la démonstration sans aucune nuance car il faut « défendre » un point de vue et une « hypothèse » claire. En gros, on doit faire fit de la complexité et des contradictions du réel, ce qui vient éclairer beaucoup de choses sur le devenir mental libéral des futurs professeurs durant leur cheminement universitaire.
                      .
                      Mon professeur d’histoire des États-Unis nous a littéralement dit un jour : « apprenez a parler de livres que vous n’avez pas lu ».

                      • #47381 Répondre
                        Louise
                        Invité

                        « Mon professeur d’histoire des États-Unis nous a littéralement dit un jour : « apprenez a parler de livres que vous n’avez pas lu ».  »

                        Un professeur d’université en a d’ailleurs fait un livre : « Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? »
                        Si je me souviens bien, l’auteur partait du constat que personne autour de lui (y compris dans le monde universitaire) n’avait lu la grande majorité des livres dont ils parlaient.

                      • #47382 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        Pierre Bayard pour être exact (et très bon livre, d’une lecture facile et très agréable).
                        Cela dit le conseil n’est pas mauvais, cela évite de lire tout un tas de livres mauvais et d’apprendre à bien en parler à des gens qui de toute façon ne l’ont pas non plus lu.
                        Plus sérieusement, le travail de Pierre Bayard m’impressionne : j’aurais aimé avoir un prof perché comme lui, à imaginer sans cesse des hypothèses théoriques déconcertantes et à les développer d’un point de vue littéraire. Une manière peut-être d’introduire une forme d’interactivité entre le lecteur-spectateur et l’oeuvre d’art, sachant qu’on n’est sans doute jamais loin du délire interprétatif.
                        Dernier opus en date, celui dans lequel il montre que le personnage de Fenêtre sur cours d’Hitchcock s’est trompé dans l’identification du meurtrier. Si quelqu’un a vu passé le livre, il nous dira si cela vaut le coup de lire.

                      • #47385 Répondre
                        Ragon
                        Invité

                        Sans remettre en cause ton ressenti, c’est un peu expéditif de dire qu’en histoire on ne peut pas s’attarder sur les textes. Outre la dissertation, vous ne faites donc jamais de commentaire de texte ? Je me souviens d’avoir passé une dizaine d’heure à plancher sur une harangue à Louis XI par un obscur clerc, Juvénal des Ursins, et ce qui m’apparaissait complètement cryptique et casse-couilles au départ devenait petit à petit limpide et lumineux. Ce texte d’une page dont je me demandais bien ce que j’allais pouvoir en dire devenait, au fil de mes recherches en bibli, si riche et fourmillant que j’avais le sentiment de pouvoir écrire 10 pages dessus. Et rien d’univoque là-dedans, que ce soit en histoire ou en littérature, les spécialistes passent leur temps à défendre des thèses plus ou moins contradictoires et à s’envoyer des fions par article interposé. D’ailleurs mon prof n’était pas complètement d’accord avec certaines interprétations avancées dans mon devoir, pourtant inspirées par un médiéviste britannique au moins aussi influent que lui. Et c’est normal, c’est le propre de la disputatio universitaire et c’est comme ça que se construit la science historique. Par ailleurs au Capes ou à l’agrégation, le commentaire de texte est central :  » tenez, voici une lettre de rémission d’une page recto-verso envoyée par Charles VII à un seigneur qui lui a fait la misère pendant la Praguerie. Vous avez 6h pour la commenter sur deux copies double « . Il y a peu d’exercices où il s’agit de coller aussi près du texte. Et oui, c’est très nourrissant.

                      • #47388 Répondre
                        SHB
                        Invité

                        Sans remettre en cause ton ressenti, c’est un peu expéditif de dire qu’en histoire on ne peut pas s’attarder sur les textes.
                        .
                        Non ça ne l’est pas. On ne peut effectivement pas prendre le temps qui serait nécessaire pour bien comprendre tout un texte et pouvoir travailler dessus comme il faut a cause des délais. Sauf si bien-sûr tu n’a aucune amis, pas de travail étudiant ou pas la moindre envie de pratiquer un sport

                      • #47389 Répondre
                        SHB
                        Invité

                        Après ceux-là généralement ils finissent en dépression

                      • #47390 Répondre
                        SHB
                        Invité

                        Je n’abordes même pas la question des textes totalement inintéressant et imbuvables en géopolitique avec les querelles de diplomates en lien avec le nombre de concierges dans les ambassades canadiennes au Japon.

                      • #47391 Répondre
                        SHB
                        Invité

                        Pour un petit gaucho comme moi, je notes d’ailleurs qu’en 3 ans de licence, pas une fois il n’a été question d’anarchisme ou de mouvements libertaires étudiés en profondeur

                      • #47395 Répondre
                        Ragon
                        Invité

                        Ton expérience d’étudiant en histoire au Québec est manifestement bien différente de la mienne à Nanterre. Je n’avais pas de cours de « géopolitique », j’ai eu six mois de CM et TD sur le monde ouvrier en France dans l’après-guerre et six de plus sur l’essor du syndicalisme britannique au XIXe, tout ça m’a donné beaucoup à penser politiquement. À côté de ça on s’éclatait, on sortait le week-end avec une petite bande de copines et de copains tous très sympas. Je m’y retrouvais intellectuellement et socialement, des branches locales trotskystes et anar se mobilisaient sur le campus à la première saloperie du gouvernement (ParcourSup, gilets jaunes, loi immigration etc.), c’était pas les pires années de ma vie.

                      • #47401 Répondre
                        SHB
                        Invité

                        Effectivement on a pas DU TOUT la même fac

                  • #47383 Répondre
                    Fanny
                    Invité

                    Pour le mémoire quand j’y étais on pouvait ruser en se trouvant un directeur pas directif du tout et non spécialiste du sujet. J’avais pu me choisir le sujet qui m’intéressait et passer l’année à l’explorer sans pression sur mon dos.

                    • #47387 Répondre
                      SHB
                      Invité

                      Oui ça existe mais c’est rare

    • #47296 Répondre
      Ourson
      Invité

      Je suis lourdingue avec ça, mais je pense vraiment que si les gauchistes créaient plus d’entreprise (créer entreprise != être patron), ça pourrait créer une alternative à cette manie de recruter sur bout de papier.
      Ce serait intéressant de comprendre pourquoi les chefs d’entreprises actuel, donc de droite à 99,99%, s’attachent autant au fait que leurs futurs employés aient été capable de se buter gratuitement pendant de longues années…

      • #47301 Répondre
        SHB
        Invité

        C’est peut être pas un hasard que les plupart des chefs d’entreprise soient de droite, il y a sans doute des raisons plus structurelles tu ne penses pas?

        • #47343 Répondre
          Ourson
          Invité

          Mon postulat, bien que je ne sois pas très convaincu, c’est que par essence les chefs d’entreprise sont de droite, mais aussi que rien n’oblige une entreprise à avoir un chef !
          Je constate qu’il faut bien produire des trucs pour faire tourner une société, qui dit « produire des trucs » dit : s’organiser à plusieurs pour unir des compétences et des ressources, donc créer des « entreprises »
          Si on considère que entreprise=droite, on considère alors que la gauche n’a pas son mot à dire dans la production des biens et services

          • #47376 Répondre
            SHB
            Invité

            Je constate qu’il faut bien produire des trucs pour faire tourner une société, qui dit « produire des trucs » dit : s’organiser à plusieurs pour unir des compétences et des ressources, donc créer des « entreprises ».
            .
            C’est un peu alambiqué comme raisonnement.

            • #47464 Répondre
              Ourson
              Invité

              Peut-être bien oui

      • #47317 Répondre
        Mao
        Invité

        A l’époque où je bossais dans une grosse boîte, je connaissais un manager qui ne pouvait s’empêcher de clamer, chaque fois que l’apparition de son assistante provoquait un incendie : « pour les postes subalternes, la règle c’est de toujours recruter sur le physique ». True story.

        • #47324 Répondre
          Delphine
          Invité

          Dans les années 1990, et jusqu’au début des années 2000, il était connu que des entreprises de luxe ou de cosmétiques recrutaient leurs salariés (employés ou cadres, il me semble) sur la base de leur physique (beauté, couleur de peau, par exemple). Probablement pour des raisons d’images de marques. Ces pratiques discriminatoires commençaient à être médiatisées et condamnées sur le plan juridique (je crois que les médias avaient parlé de L’Oréal). Mais ces recours n’avaient pas la même portée qu’aujourd’hui. Je ne pense pas que des mouvements type Metoo auraient pu voir le jour à l’époque.

          • #47335 Répondre
            Mao
            Invité

            J’ai été témoin de cette scène rejouée ad nauseam vers la fin des 2000s. Qu’on était très loin de l’industrie du luxe, de la mode ou que sais-je encore. Elle se reproduisait chaque fois que la splendide assistante maghrébine du manager traversait l’open space situé au 12ème étage d’un tour, sur ses talons hauts et dans son joli tailleur. Mais tout cela est très anecdotique. La blague signale par l’absurde que dans l’immense majorité des entreprises où se sont multipliés les « bullshit jobs », on se moque de ce que vous avez pu apprendre durant vos études. Que vous ayez lu et étudié Rousseau, Lévi-Strauss ou Pascal n’est d’aucune utilité pour le Capital qui vous emploie. Vous serez même prié de mettre ce savoir improductif de côté si vous nourrissez une quelconque ambition pour votre carrière. Le diplôme lorsqu’il est requis, n’est qu’une voie d’accès, un élément de sélection, un indicateur de votre conformité et de votre soumission à la « raison capitaliste ». Le temps des études supérieures, quand il n’est pas résolument orienté vers la recherche de compétences profitables et valorisables sur le marché de l’emploi, peut être un espace et un temps de résistance où l’on fait ce que l’on veut, où l’on jouit du luxe de lire et étudier ce qui nous intéresse profondément indépendamment des études suivies. Un espace temps que j’ai personnellement investi pour repousser au plus loin le moment fatidique où il me faudrait vendre ma force de travail au plus offrant. La vie estudiantine est une période de la vie inestimable. Je ne foutais jamais les pieds à la Fac. Ma vie était ailleurs. Cela me fait penser à la bédé de François « Wonder » . On fait des rencontres en dehors de sa classe sociale, on se prend pour des intellectuels ou des artistes. On sort du carcan familial et scolaire. Le temps est libre. On est libre d’imaginer que tout est possible. Je précise que pour pouvoir m’offrir ce luxe qui n’a rien de gratuit, j’ai dû travailler en multipliant les petits boulots et me mettre chaque semestre la tête dans le guidon pendant deux à trois semaines pour valider mes U.V. Parallèlement j’ai pu voir mes amis d’enfance qui n’ont pas fait d’études, gagner leurs vies, fonder une famille, se marier, divorcer, acheter une maison, se remarier. C’était le prix à payer et avec le recul c’était pas si cher payé.

            • #47348 Répondre
              I.G.Y.
              Invité

              « Le diplôme lorsqu’il est requis, n’est qu’une voie d’accès, un élément de sélection, un indicateur de votre conformité et de votre soumission à la « raison capitaliste ».  »

              C’est assez vrai. Plus précisément, j’ajouterais que c’est un pur indicateur d’une « capacité à résoudre certains types de problèmes, plus ou moins difficiles », ça sanctionne une « forme » de capacité intellectuelle plus qu’un contenu (dans beaucoup de cas du moins). Exemple : j’avais été très frappé en sortie d’école, face à un recruteur d’une boîte d’ingénierie dans le transport en commun. Commençant à égrener les savoir-faire techniques qui étaient les miens (cours, spécialités etc…), je m’étais fait arrêter net après deux phrases : « Nous, ce qui nous intéresse, c’est que vous ayez ce diplôme, c’est tout », voilà ce qu’il m’avait dit. Pour une boîte a priori confrontée à de vrais problèmes techniques en lien avec le fond de mon cursus (et non simplement sa forme), j’avais trouvé cela choquant (et j’ai fui immédiatement). Avec le recul, je tempérerais en disant que quoiqu’il arrive, tout métier s’apprend en bonne partie sur le tas, même très technique. Mais pour pas mal de métiers, le diplôme est un pur indicateur de sélection, un tampon sur un dossier, c’est exact et c’est triste.
              .
              Partant de là, on voit immédiatement que le point décisif est celui des « fins » et non celui des seuls savoir-faire ou « compétences ». Il y a des tas de problèmes extraordinairement difficiles à résoudre mais dont l’objectif est stupide. Un diplôme ne garantira jamais rien du point de vue des « fins », il ne donnera que des moyens.

              • #47350 Répondre
                JÔrage
                Invité

                « Mais pour pas mal de métiers, le diplôme est un pur indicateur de sélection, un tampon sur un dossier, c’est exact et c’est triste. »
                .
                C’est pour ça que c’est ridicule de vous laisser croire que vous êtes en mesure de penser l’émancipation du prolétariat, vous êtes ce qu’on fait de mieux soumis et à partir de là c’est à nous de vous sauver de vous mêmes. C’est pas dit que vous puissiez l’entendre mais ça coûte rien de le dire.

                • #47351 Répondre
                  I.G.Y.
                  Invité

                  Si c’est donc toi qui doit « nous » sauver, on est en effet mal barrés. Et l’on en revient de toute manière à cette idée que le « prolétariat sauveur » est une idée mythologique, idéaliste et stupide. D’ailleurs, d’un point de vue marxiste, je suis factuellement un prolétaire….

                  • #47362 Répondre
                    JÔrage
                    Invité

                    I.G.Y: Ce qui est idéaliste et stupide c’est de diviser la gauche et la droite comme vous le faites. Toutes les qualités sont à gauche, toutes les tares sont à droite, même Gramsci savait que c’était un problème et par conséquent tu ferais mieux de redescendre sur terre et de rester à ta place.

                    • #47364 Répondre
                      I.G.Y.
                      Invité

                      Jôrage, ôdésespoir, sauve moi

                      • #47365 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        I.G.Y.: On en reparlera quand tu auras eu le courage de t’avouer que t’es perdu.

                      • #47366 Répondre
                        I.G.Y.
                        Invité

                        Intéressant à lire de quelqu’un qui ne connaît rien de ma vie ou presque. Hilarant, je dirais. Je suis perdu, Jôrage, complètement perdu. Les rails du RER B me tendent les bras

                      • #47368 Répondre
                        JÔrage
                        Invité

                        I.G.Y.: C’est marrant parce que ça t’indignait pas le truc qui la ramène du haut de son ignorance à ce moment là:
                        .
                        « Et l’on en revient de toute manière à cette idée que le « prolétariat sauveur » est une idée mythologique, idéaliste et stupide. »
                        .
                        Enfin marrant, pour toi je sais pas mais disons que moi ça me fait bien rire.

              • #47378 Répondre
                SHB
                Invité

                Tu as raison IGY, et encore, on parle pas des diplômes pas reconnus. Par exemple des médecins algériens finissent parfois taxi a Montréal (je déconne pas) parce que on leur reconnaît pas leurs diplômes alors qu’on les as sélectionné a la base comme migrants…….parce qu’ils étaient diplômés….. La faute a l’ordre des médecins qui veut pas voir le nombre de médecins augmenter et les salaires baisser, alors que les mecs gagnent 400 000 $/ an sans spécialisation…du foutage de gueule intégral

    • #47302 Répondre
      SHB
      Invité

      Pour élargir le débat, je proposes une question :
      .
      Peut-on s’épanouir dans le corpus scolaire si l’on est de gauche radicale? Quelles-pourraient être les domaines au sein de ce dernier où on pourrait vraiment sentir que l’on sert a quelque chose? Y-a-t’il ici des récits de parcours de gens qui ont fait des études en sciences sociales et qui exercent une profession en dehors de l’école?

      • #47345 Répondre
        Ourson
        Invité

        Je vais être encore plus lourdingue et poursuivre ma thèse de mon autre message : il n’y a que très peu d’alternatives en termes de formation de progession pour les vrais gauchistes, parce qu’on n’en propose que très peu et on laisse la droite diriger l’organisation de la formation et des métiers.
        J’avais fait un topic similaire au tien « quelle voie professionnelle quand on est de gauche », le constat était triste : aucun intervenant n’était parvenu à trouver une voie de gauche idéale. C’est encore plus vrai quand on est ni artiste ni dans le social

        • #47377 Répondre
          SHB
          Invité

          Je pense que l’idéal est a exclure, la question est de trouver le meilleur arrangement avec l’existant en attendant que ça change

        • #47465 Répondre
          Leny
          Invité

          L’inspection du travail ca peut-etre pas mal si t’es de gauche. Mais pas facile comme taff et la dynamique de la profession est assez dramatique

    • #47555 Répondre
      Baptiste B
      Invité

      Pour répondre à la question de SDB, je dirai que oui on peut s’épanouir en étant de gauche rad. J’ai fini un master l’année dernière. Mon temps était constamment partagé entre trois jours d’études pour autant de jours salariés (pion, serveur, usine vous avez l’embarras du choix), pendant cinq ans, ça m’a passé l’envie dans mon cas de continuer dans la recherche qui répétera ce schéma précaire (puis prof quelle horreur), et ça a finit par créer un désir de stabilité qui est un sentiment de résignation qu’on a pas en arrivant fièrement à la fac la première année. Oui, mais voilà, ce premier constat pessimiste ne me paraît pas entièrement juste. Il s’est passé aussi autre chose qui m’a rendu plus puissamment de gauche radicale et qui ne se joue pas tout à fait dans les coordonnées de ton questionnement.

      Passé mathématiquement plus d’années au travail qu’à étudier si on compte les vacances, le parcours universitaire est devenu, de manière perverse, un lieu de réflexion et d’appropriation de mon temps. La fac, c’était un peu devenu la nuit des prolétaires. Je me trouvais un temps pour penser et pour lire en dehors de l’épuisement propre au travail que j’aurais dû subir étude ou pas. De l’autre côté, travailler me distançait inévitablement des enjeux universitaires. Je n’attendais rien des profs, c’est à dire que je ne désirais pas être à leur place. Je prenais certains pour des intellectuels solides qui avaient simplement un temps considérable d’avance pour lire et penser par rapport à moi. J’ai suivi les cours des mêmes profs que j’appréciais sur plusieurs années, et je m’inscrivais le moins possible aux cours de ceux que je n’aimais pas, risquant une partie de ma bourse mais gagnant du temps de sommeil et de loisir. Au cours de ces cinq ans, j’ai pu prendre le temps de déplier ce qui me touchait au-delà de la temporalité du cours qui était toujours insuffisante. Ces lectures ont été décisives, leur accès aussi. J’ai doucement lu Rancière, André Bazin, Didi-huberman, Serge Daney, Pierre Bourdieu et tant d’autres chercheureuses moins connues dont les synthèses étaient de bonnes portes d’entrées. Des cinéastes et des photographes aussi, à foison. La pensée m’excitait, son application évaluative pas du tout, même si ça m’a obligé à écrire et à réécrire de longues pages qui m’ont permis de découvrir le plaisir à trouver le mot juste. Je me sentais puissant là où j’arrivais à trouver mon écriture au-delà de l’exercice scolaire, qualité ordinaire que j’avais oublié. En écrivant des articles ou des dossiers, on se trouve à écrire des passages non obligés, il y a des fulgurances et de la pensée et on se dit qu’elle nous appartient. On décide donc de se passer du dossier mais pas de l’écriture, du professeur mais pas de ses lectures, quand on s’ennuie on part. On espère que même en souhaitant cette stabilité matérielle qui est un repos après des années tout de même pénibles, on a su manier l’art de trouver le temps malgré tout, et on trouve de l’estime à sa propre lenteur.

    • #47557 Répondre
      Baptiste B
      Invité

      Je précise également que c’est un prof de fac qui m’a recommandé un certains critique de cinéma qui s’appelle François Begaudeau, et dont j’ai pas mal poncé l’œuvre, faut croire que ça m’a parlé (je n’ai plus rencontré François à la fac par la suite)

    • #54938 Répondre
      Julien
      Invité

      Je suis dans une école de commerce, un choix que j’ai fait uniquement pour faire plaisir mes parents. Issu d’un milieu modeste et étant leur fils unique, ils ont placé tous leurs espoirs en moi. Cependant, je n’apprécie ni les études que je poursuis, ni les débouchés qu’elles offrent. Rien ne m’inspire ou ne me fait rêver. Je ressens une gêne profonde, je sens que mon corps n’aime pas ce que j’étudie ni ce que je fais. Si cela ne dépendait que de moi, je me serais orienté vers des études liées à l’art ou la sociologie. J’avance sans conviction, comme dans le noir.

      • #54940 Répondre
        Essaisfragilesdaplomb
        Invité

        Une question, Julien. J’ai souvent entendu dire qu’une école de commerce, surtout quand elle est obtenue après une prépa, ne demande pas beaucoup d’efforts pour réussir ensuite, et qu’on peut se dispenser de la plupart des cours (à part peut-être les maths et l’économie dure). C’est peut-être un cliché. Mais est-ce que tu trouves du temps pour toi, pour lire ce que tu aimes, fréquenter d’autres milieux étudiants ou militants, te former par la lecture, les films, les expos et les rencontres avec des gens qui aiment les mêmes choses que toi ?
        Tu pointes une insatisfaction profonde, on la ressent vivement. Mais je ne peux pas croire que ta prise de conscience (et ta présence sur ce site) ne soit pas déjà la chance d’autre chose, d’autres expériences en cours. Et ce que tu dis à la fin me fait repenser à une phrase de Georges Bataille : la lucidité, ce n’est pas de voir clair mais d’apprendre à regarder dans le noir.

    • #55743 Répondre
      Viscontigre
      Invité

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Répondre à : Répondre #47346 dans Y a-t-il des étudiants sur ce forum ?
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