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Vous lisez 23 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #50457 Répondre
      Ourson
      Invité

      C’est un peu surfait non ?

      Des fois je vois des gens sur Instagram exhibant fièrement les drapeaux différents pays dans lesquels ils ont étés tels des badges militaires de généraux colonialistes 🇧🇮🇧🇪🇧🇻🇧🇶🇦🇽🇧🇩🇧🇱
      Ça vient bien sûr avec le lot de vidéos et de photos type carte postale qui vont bien

      Est-ce que c’est pas un peu une arnaque de dépenser un ou deux SMIC chaque été pour aller « voir et faire des trucs incroyables » à l’autre bout de la planète, compte tenu de tout ce qu’il est déjà possible de faire dans sa propre région voire dans sa propre ville ?

      Qu’est-ce qui nous pousse à désirer autant l’exotisme quitte à y laisser ses économies et son empreinte carbone ?

    • #50458 Répondre
      Ourson
      Invité

      Désolé pour les majuscules c’est pas fait exprès

      • #50896 Répondre
        Carpentier
        Invité

        il y a le.s voyage.s à la Paul B. Preciado aussi.
        J’me suis fait le genre mec, trop content; j’me suis fait genre en meuf, putain c’est l’éclate.
        Vrai qu’on l’entend moins.

    • #50460 Répondre
      JÔrage
      Invité

      Le vélo c’est pas mal.

      • #51952 Répondre
        Carpentier
        Invité

        bjr,
        pas mal de connaissances. plus ou moins proches. ont expérimenté, se sont appropriés les chemins randos vélo sur le liittoral, ouest notamment (type vélomaritime et vélodyssée, il y en une petite dizaine)
        Leurs récits d’épopée est une gourmandise à chaque fois, mes ami.es le savent bien.
        À moi qui a un peu de mal avec le vélo, ils adorent raconter,

        • #51956 Répondre
          Carpentier
          Invité

          il y en *a
          moi, qui *ai (?)

    • #50463 Répondre
      Parfaitement à l’eau
      Invité

      Qu’est ce qui nous pousse à désirer l’exotisme… Pas facile.
      Le conformisme et le besoin de reconnaissance sur les réseaux sociaux n’y sont pas étrangers.
      La mondialisation fait aussi que l’on s’imprègne d’autres cultures, artistes et que l’on peu ressentir l’envie d’aller là où ils ont crées, peint, etc…

    • #50471 Répondre
      jojo_le_gilet_jaun°
      Invité

      Disons le de suite, je ne répondrai pas à ta questions.
      Mais ton commentaire me rappelle le souvenir d’une conversation que j’ai eu il y a quelques années avec le mari de ma cousine lors d’un pénible trajet en voiture. Le trajet était pénible parce qu’en voiture et donc claustré dans la proximité du mari de ma cousine pendant 3 heures. Dur. Il faut aussi préciser qu’il ne s’agissait pas réellement d’une conversation mais plutôt d’un monologue dont la finalité était de me convaincre que la situation et les options existentielles du mari de ma cousine étaient en tout point supérieures aux miennes. Il fut donc question de ce que l’on appelle voyager.
      _ » On a fait le Portugal, on a fait la Croatie et la Martinique et l’année prochaine on va faire la Thaïlande  »
      Ce « on a fait » est formidable. Il permet d’assez bien de saisir l’intensité de l’expérience en jeu dans le tourisme de masse.

      • #50477 Répondre
        baptiste
        Invité

        oui ce « on a fait », ce « je me suis tapé », cette façon de dire des mots pour synthétiser une expérience et en faire une gloire. Le « j’ai fait », « je me suis tapé » quelque chose qui vous invite à en déduire ma grandeur. « j’ai fait madagascar » parce que je suis courageux et explorateur, « je me suis tapé la fille de mon patron » parce que je suis libre et sauvage. cette façon de parler de penser pour se mettre en avant, au centre, déconsidérer l’objet dont on parle pour en faire un ornement de soi, le violer par les mots

        • #50480 Répondre
          jojo_le_gilet_jaun°
          Invité

          Ce qui me sidère dans ce « on a fait », c’est ramasser l’expérience du voyage dans une formule étroite, comptable qui prendrait la forme d’une case à cocher. Déchaîner toutes ces forces productives, mettre les ressources de la planète à sac pour ce « on a fait « ; c’est à ça qu’on mesure la grandeur de notre civilisation !

      • #50641 Répondre
        Ourson
        Invité

        Effectivement ce « on a fait » il revient même dans les questions
        « Tu voyages toi un peu ? T’as fait quels pays ? »
        Le PIRE c’est ceux qui font des voyages humanitaires romantisés avec des enfants basanés qui sourient de partout sur les photos « ils ont rien… Mais ils ont tout ! »

        • #50752 Répondre
          MacLovin’
          Invité

          Marrant parce que moi ce « on a fait » laconique et désincarné me laisse penser qu’on égrène les pays comme des trucs qu’il « faut  faire ». Ça utilise beaucoup cette expression dans ma famille et j’ai toujours trouvé que ça avait plus à voir avec la check-list (« ça, c’est fait ») qu’avec le retour de campagne militaire.
          Sinon voilà moi je suis un touristo j’aime bien partir en vacances, lire des bouquins sur la plage ou au bord de la piscine, voir des jolis paysages et manger.

    • #50481 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Idem jamais compris ce qui poussait les gens à aller faire du tourisme une semaine là, deux semaines ici. Toujours une grande perplexité quant aux voyages touristiques, qui sont fatalement du survol. On se moque souvent du cliché des touristes japonais qui bourrinent leurs visites à Paris pour tout faire en un temps resserré, mais tout touriste se comporte comme ça. Un vrai voyage utile selon moi serait d’habiter un lieu étranger quelques mois au moins.
      Sans compter qu’au retour, il faut écouter les récits de voyage, et là tout le monde devient aussi chiant que Sylvain Tesson.

      • #50494 Répondre
        diegomaradona
        Invité

        Ce commentaire suinte l’aigreur de celui qui est contraint de ne pouvoir voyager, quelle tristesse…

      • #50532 Répondre
        graindorge
        Invité

        merci pour le rire Mathieu

    • #50493 Répondre
      diegomaradona
      Invité

      « compte tenu de tout ce qu’il est déjà possible de faire dans sa propre région voire dans sa propre ville ? »
      Qu’il est triste et rabougri ce repli sur soi et cette limitation des perspectives au niveau local et régional. Même Marine le Pen et Jordan Bardella ne vont pas si loin dans leur préférence nationale. Ici on franchit un cran de plus, chapeau bas

      • #50495 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        « Tout le malheur des hommes vient d’une seule chose, qui est de ne savoir pas demeurer au repos dans une chambre. »
        Répondit mon père quand je lui demandais de m’emmener en voiture au stade de foot.

        • #50496 Répondre
          diegomaradona
          Invité

          Il semble que ton père souffrait d’agoraphobie ou du syndrome de la cabane. J’espère pour lui qu’il a obtenu les soins nécessaires.

          • #50497 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Ce qui est sûr c’est qu’il ne souffrait pas de gélotophobie.

            • #50499 Répondre
              diegomaradona
              Invité

              Tu veux dire qu’il assumait le fait de passer pour ridicule au yeux des autres ? Ca n’a quand même pas du être facile tous les jours pour toi d’avoir ce référent paternel. Je compatis, j’espère que tu n’as pas trop de séquelles.

              • #50500 Répondre
                Dr Xavier
                Invité

                Diagnostic sans appel : il y a bien là paralysie aiguë des zygomatiques.

                • #50533 Répondre
                  graindorge
                  Invité

                  ay, que Dieu me pardonne mon fou-rire

                  • #50707 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    le cyborg diego n’a pas été équipé de la fonction rire

                    • #50708 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      moi qui hélas ne suis pas cyborg, je remercie Dr Xavier pour l’immense blague pascalienne

              • #50743 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                @Diego
                question sérieuse: ça t’arrive de rire?

                • #50748 Répondre
                  diegomaradona
                  Invité

                  Le rire étant scientifiquement reconnu comme un élément important d’une bonne santé, je suis donc les recommandations en la matière de manière rigoureuse.

                  • #50759 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    mais jamais ici

                  • #50817 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    @Diego
                    Aaah! Ça m’intéresse. Quelle sont les recommandations scientifiques rigoureuses
                    en la matière? 3 minutes avant chaque repas? 3 fois par semaine? Et tu fais comment? Des grimaces devant ta glace? Tu demandes à un.e proche de te chatouiller?
                    Si tu pouvais m’éclairer car moi je crois que je ris beaucoup trop.
                    J’aimerais rire un peu moins quand même

                  • #51262 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    @Diego
                    alors? Ces recommandations scientifiques?
                    Tu les gardes pour toi pour rire tout seul dans ton coin 3 × 3mn par jour? C’est pas sympa de pas partager
                    Je vais finir par croire ce que j’ai lu, que tu es un cyborg Diego

        • #50538 Répondre
          graindorge
          Invité

          ça me parle bien ça. Quand même, dommage pour le foot

      • #50658 Répondre
        Ourson
        Invité

        C’est pas tellement une question de repli de soi, j’ai juste du mal à comprendre pourquoi « les gens » dont je peux faire partie, s’entêtent à traverser l’océan tous les étés alors que ce seront les derniers à connaître leur région / pays sur le bout des doigts

        • #50660 Répondre
          Tony
          Invité

          Parce qu’ils gardent le meilleur pour la fin(quand ils ne pourront plus voyager et qu’ils s’occuperont de leur jardin)!

          • #50661 Répondre
            Tony
            Invité

            Les voyages forment la jeunesse !

        • #51100 Répondre
          Mais moi c’est léo
          Invité

          Il est bien normal d’avoir du mal à répondre à la question pourquoi. Toute question qui cherche à savoir pourquoi finit sur un je ne sais pas. C’est l’absurdité inhérente au monde qu’il faut garder près de soi. C’est pourquoi je conseille à tous les chercheurs de finalités de se contenter de la simple nécessité. Si quelqu’un voyage c’est qu’il doit voyager. Quand tu pars d’un lieu, tu as besoin de le quitter. pourquoi ? on ne le saura jamais. Aller voir ailleurs pour aller voir ailleurs, sortir de soi pour sortir de soi – ou pour pas rester dedans – en un mot pour exister, parce qu’on peut pas trop faire autrement. Demander pourquoi voyager revient à demander pourquoi vivre. Moi comme tous autres je vis pour vivre et je voyage pour voyager : j’y suis forcé. le fond de la réalité est toujours une tautologie, comme le réel qui est

    • #50498 Répondre
      Seldoon
      Invité

      Je ne sais pas pourquoi on voyage, je sais pourquoi je voyage : pour aller voir ailleurs, pour sentir ailleurs. Par curiosité. Un peu par fétichisme. Beaucoup par agacement contre la prison géographique dans laquelle on vit tout le temps. Toute notre vie on se limite à ce qui nous entoure. On regarde le paysage, l’architecture et l’aménagement du territoire qui sont sous notre nez, on se lie d’amitié ou plus avec les gens qui sont nos voisins. On se préoccupe de ce qui se passe ici. Donc là, et pour quelques semaines, j’ai en tête et en bouche le retour de François Hollande. Seules quelques échappées s’offrent à nous. Le déménagement, qui est dans la plupart des vies un fait exceptionnel. L’art en est une autre, tout comme Internet et le voyage.

      • #50877 Répondre
        Fanny
        Invité

        Ce que j’aime dans le voyage :
        Le mal en patience entre départ et arrivée. Le droit de se perdre, le loisir d’être paumée. Les premières fois d’une rue, d’un visage ou d’une voix.
        Ce que je n’aime pas :
        Les tickets, les troupeaux, l’universel supermarché, le carbone et la frime. Mais quel rapport avec le voyage ?

        • #50880 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          oui, le loisir de se paumer c’est tout à fait ça. c’est central.
          moins d’apparences à sauver, moins de coordonnées socio-professionnelles prédéfinies dans lesquelles on doit bien limiter en partie ses mouvements
          parfois j’aimerais pouvoir débarquer comme un touriste dans la ville où j’habite et regarder les gens comme si j’étais là pour faire une étude historique
          il m’arrive de le faire, mais sans retrouver l’innocence de celle ou celui qui arrive véritablement en terre inconnue.

    • #50546 Répondre
      Boomer Dick
      Invité

      « Donc je voyage, ce qui m’ennuie prodigieusement, et je voyage dans les Pyrénées, ce qui change en torture particulière l’ennui général que j’ai de voyager. Ce que je leur reproche le plus aux Pyrénées, c’est d’être des montagnes…
      [ … ]
      La particularité de cette ville où je suis et dont l’excellent Baedeker, pince-sans-rire allemand, chante en des lyrismes extravagants « la sublime beauté idyllique »,
      tient en ceci, qu’elle n’est pas une ville. En général, une ville se compose de rues, les rues de maisons, les maisons d’habitants. Or, à X. . . . , il n’y a ni rues, ni maisons, ni habitants indigènes, il n’y a que des hôtels…
      [ … ]
      Puis, quelques villas, éparpillées sur les pentes… et, au fond d’un trou, l’établissement thermal qui date des Romains ! … ah ! oui … des Romains ! … Et c’est tout. En face de soi, la montagne haute et sombre ; derrière soi, la montagne sombre et haute… À droite, la montagne, au pied de laquelle un lac dort ; à gauche, la montagne toujours, et un autre lac encore… Et pas de ciel… Jamais de ciel, au-dessus de soi ! De gros nuages qui traînent d’une montagne à l’autre leurs pesantes masses opaques et fuligineuses… ».
      Octave Mirbeau.

    • #50649 Répondre
      Malice
      Invité

      J’ai vu ça récemment ( inspiré d’une histoire vraie de chien galeux); le film ne m’a pas emballée mais je trouve qu’il donne un bon exemple de ce que je n’aime pas dans le tourisme, ici sportif : les personnages traversent à toute vitesse un pays qui n’est qu’un décor

    • #50662 Répondre
      poissonvache
      Invité

      J’ai découvert le voyage à vélo étudiant, lors de la période COVID et c’est désormais pour moi la forme ultime de voyage: les copaings, le camping sauvage, la chourre dans les grandes surfaces de zone commerciales, la sieste sous un arbre entre midi et deux, la douche dans les vieux lavoirs et se lever sans savoir où l’on va arriver le soir mhhhhh quel pied !

      D’autant que la célérité du voyage à vélo nous permet d’observer ce qui nous entoure, prendre le temps, méditer, faire des rencontres ..

      Je partage donc ton constant qu’à une échelle plus réduite de distance on puisse découvrir des lieux et des personnes tout aussi magnifiques et étonnantes sans pour autant avoir à aller « survoler » des pays à 8000km qui nous sont vendus par la publicité et les influenceurs (sans même parler de l’impact écologique).

      Néanmoins, ayant eu la chance d’avoir grandit dans une famille plutôt bourgeoise, j’ai pu voyager à l’étranger régulièrement durant mon enfance (et même fait un échange universitaire en Amérique latine) donc c’est plus facile pour moi d’en revenir en faisant la comparaison entre ces deux manières de voyager.
      J’aurais peut être plus de mal à jeter la pierre à un prolo qui se tue toute l’année pour se payer ses deux semaines en Thaïlande parce ça lui permet d’avantage de flexer socialement qu’un tour du plateau du Morvan en vélo.

      Je me rends compte aussi en écrivant ce message que le type de voyage qui est valorisé est complètement différent en fonction de ta classe sociale. Par exemple, j’ai l’impression de flexer auprès de mes proches lorsque je leur parle de mon tour de France à vélo qui ont été mes vacances les moins cher et les moins polluantes de ma vie là où mon pote d’enfance devenu gendarme va plus valoriser le type de voyageur que tu as décris dans ton premier message..

    • #50854 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Personnellement j’avoue j’ai détesté voyager avec mes parents. Parce qu’on faisait surtout de la voiture. 24h/24. On passait juste quelques heures dans un même village (à l’étranger) et puis hop on repartait. Je n’ai jamais compris ce type de voyage à part pour dire que j’y étais. Et elle continue encore à le faire aujourd’hui avec ses guides de routard. Mais quand j’ai voyagé seule par le train d’abord dans une partie de la France pour le slam de poésie, j’ai trouvé ça géniale car malgré mon handicap j’ai pu rencontrer des personnes vraiment magnifique. Je dormais toujours chez l’habitant et c’est toujours ce que je préférais car on est avec les gens un peu comme J’irai Dormir près de chez vous. Puis après je suis allée un peu plus loin que la frontière française et seule mais toujours accueilli par les gens comme en Belgique par exemple La Suisse (que j’ai détesté). Et j’ai voulu aller encore plus loin comme Les USA et le Québec. Mais là c’était une organisation différente car je voulais vraiment rencontrer des gens du coup je suis restée trois semaines pour chacun des deux pays. Toujours avec l’aventure du slam de poésie. Et j’ai pu voir à quel point à travers l’art il n’y a pas de frontière. Par contre ce que j’ai pu constater et je l’avais ressenti déjà avant et ça me l’a confirmé, y a une sacré censure en France. maintenant on veut tellement de la variété qu’on ne prend plus conscience de ce que c’est que de prendre la parole en public. Et surtout cette censure où l’on ne peut plus être militant sur les scènes. Pourtant quand je suis allée au Québec, à New York ça n’avait rien à voir. Enfin c’est ce que j’ai ressenti. Les voyages ça sert à ça aussi. Ça permet de voir ailleurs ce qui se passe. Après y a tellement de manière de voyager aujourd’hui. Enfin voilà moi ça m’a ouvert beaucoup alors qu’en vrai je suis quelqu’un de très timide. Et avoir voyagé sans mes parents c’était une sacré aventure. Et quels souvenirs ça m’a laissé !

    • #50881 Répondre
      Ferenk
      Invité

      Donc ce n’est pas tant le voyage qui est critiqué ici qu’une certaine forme de voyage. Effectivement je constate ici et là sur les réseaux, parmi des proches plus ou moins lointains, certains qui tirent profit des progrès en matière de transports et de temps libre pour découvrir villes, régions, pays… Les voyages vont d’un week-end à parfois une année sabbatique, voire plus. C’est un phénomène qui s’actualise exemplairement dans des stories dans lesquelles on ne voit souvent pas grand chose, la plus grande destination semblant être souvent soi-même. D’autres voyagent sans en faire publicité. Je crois que c’est mon cas mais je ne suis pas un grand voyageur, ma capacité financière me limite et mon anxiété aussi.
      J’en discutais par messages interposés à plusieurs milliers de kilomètres avec mon voisin devenu ami qui a le voyage inscrit en lui. Chaque année il s’en va à vélo traverser des continents entiers ou presque. La bougeotte lui a pris quand il avait 20 ans et 20 ans après il continue. Depuis Brest il est allé jusqu’au Sénégal, en Amérique du Sud, a traversé l’Europe, et il revient à peine de son dernier périple entamé il y a plus d’un an et qui l’a vu pédaler jusqu’au Népal et les contreforts de l’Himalaya. A-t-il un Instagram ou une chaîne Youtube ? Non. C’est un grand lecteur, un peintre, un musicien, et donc un voyageur. Comme je disais, j’en discutais avec lui et j’en étais venu à me dire que j’avais une disposition d’insulaire. J’ai passé quelques années d’enfance sur l’île de la Réunion et cette île me manque. Je vis depuis plus de 20 ans à Brest, j’aime tourner dans ma ville et dans ses alentours. A pied, en courant, à vélo. Couvrir le territoire, découvrir des nouveaux coins, re-découvrir les lieux. J’aime tourner en rond. Parfois je déplie la carte du nord-Finistère et me vient l’idée de faire toutes les routes et les ribinou inscrites, comme faire toutes les rues de ma ville. J’ai des challenges idiots comme avoir fait le tour à vélo de Brest aux limites de la commune (50 kms tout de même). La semaine dernière je suis allé courir à 5h30 du matin dans le centre-ville et c’était une autre ville, silencieuse, une autre lumière, une forme de voyage dont je me souviens déjà avec nostalgie. J’aime les récits de voyage et j’aime les cartes. Cela pourrait disposer à penser que j’ai l’âme d’un voyageur, pour autant je vadrouille peu. Mais assez parler de moi, qu’en dit mon voisin de ces voyages ? Voici un extrait écrit en février dernier depuis l’Iran :
      « On vit dans un monde ultra-compétitif, et malheureusement je retrouve ce travers dans le voyage, que j’essaie pourtant de ne pas vivre comme un simple challenge ou un trip égotiste. Mais je ne voyage certainement pas que pour de bonnes raisons, et la plupart des voyageurs que je rencontre ne me semblent pas non plus dignes de grands sages érémitiques.
      Je ne sais non plus si le voyage est la clé de la connaissance ou une méthode d’épanouissement personnel. Il n’y a pas de loi universelle, et c’est comme pour tout, cela nécessite un apprentissage, plus ou moins difficiles selon les dispositions naturelles. Pour moi le voyage est difficile étant donné ma nature anxieuse mais il me permet peut-être de dépasser certaines peurs.
      En ce moment je crois que j’ai besoin d’art, comme la plante a besoin d’eau et de soleil. Mon esprit s’appauvrit. J’évolue avec plus de liberté dans le monde de l’art et m’y retrouve mieux, plus inspiré dans mes fuites, plus légitime dans mes absences. Je décrypte mieux la vie dans les livres que dans ses sources. Là encore ce sont des aveux de faiblesse.
      J’ai quand même rencontré quelques exemples de voyageurs nés, parfaitement taillés pour ce genre d’aventure, jonglant avec beaucoup de langues, très observateurs, à l’aise en toutes circonstances, jouant de leurs peurs plutôt que les subissant. J’aurais aimé en être, mais je mentirais si je prétendais ne pas avoir de temps en temps un compte à rebours mental qui me ramène à mes chères pénates.
      Certains arrivent à se ressourcer en route, à construire des nids sur l’eau, comme les alcyons, les autres s’épuisent et finissent par rentrer pour enfoncer la tête dans l’oreiller profond des origines.
      Je sais qu’il y a plusieurs écrivains qui ont voyagé et n’ont pas vraiment tiré parti de leurs voyages. Eluard a fait un tour du monde et n’en a jamais parlé. Michaux est un exemple encore plus fort, puisqu’il a parlé de cette déception itinérante, en Amérique du Sud et en Asie. Après plusieurs années à courir le monde, il est revenu pour ne plus jamais repartir, préférant l’art, l’écriture et la méditation aux grands espaces qu’il a finalement trouvé en lui-même, dans son lit ou sa pipe à opium.’

      • #50893 Répondre
        Malice
        Invité

        Je te rejoins sur le fait de chercher à explorer/épuiser tous les chemins autour du lieu où tu habites. J’ai une démarche assez proche car tous les étés j’essaye de compléter ma carte des petites plages au bord de la rivière près de laquelle je vis (j’utilise mes jambes, google maps en zoomant sur le cours d’eau et des cartes de la région). Il y a un côté « le grand meaulnes », j’ai l’impression d’être en quête de petits domaines secrets.

    • #50884 Répondre
      Mélanie
      Invité

      J’aime bien me promener, mais c’est surtout que quand j’ai le temps de me promener c’est que je suis en vacances. Si je m’éloigne de chez moi je suis mieux libérée, partiellement et temporairement, de mes contraintes habituelles : obligations pro, familiales, domestiques etc.

      • #50912 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui , c’est vrai comme une possibilité de reconfigurer les rapports d’obligation un petit peu dans un nouvel espace

        • #50958 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Oui
          Je voulais dire que j’aimerais surtout être « en vacances ». Être libérée du travail, être riche, en forme, libérée de conduire mes enfants à l’école et de devoir leur faire l’école moi-même. Là, éventuellement, je me poserais la question de voyager, et que ce voyage serait de compléter ma carte des petites plages de rivières près de chez moi m’irait bien aussi je crois. Voyager pour moi ce serait aussi avoir le temps d’aller voir des ami·e·s qui sont loin.
          En attendant, des petites escapades hors des contraintes quotidiennes me donnent parfois un peu de repos.

          • #51072 Répondre
            Claire N
            Invité

            « Voyager pour moi ce serait aussi avoir le temps d’aller voir des ami·e·s qui sont loin. » oui cela me manque beaucoup aussi – même les pas très loins

    • #50898 Répondre
      Le Trou Noir Extatique
      Invité

      L’envie me vient de remercier Ourson pour lancer des sujets qui amènent souvent des témoignages ou autres discussions svt très intéressants.
      Ducoup Merci a toi Ourson

      • #51240 Répondre
        Ourson
        Invité

        Merci à vous pour les témoignages. Quand j’ai des débats avec moi-même qui s’éternisent dans ma propre tête, j’aime bien qu’ils prennent vie sur ce beau forum

    • #50947 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      Tout à fait !
      Et par contre pareil je suis plus maintenant dans un besoin de vouloir voyager à travers l’art. Car autant avec la langue du pays du réalisateur, la langue fait aussi partie du voyage et à travers le cinéma, la musique c’est aussi un voyage

    • #51029 Répondre
      Ema
      Invité

      Je rejoins ce qui est dit ici et la sur le thread : les errements à petite échelle, sans objectif fixé à l’avance, m’ont fait passer de bien meilleures vacances que les quelques voyages à l’étranger que j’ai fait, avec toute leur logistique compliquée et cette sensation tenace d’être en survol. Sans compter qu’on se retrouve souvent même malgré soi confiné dans des ghetto pour touristes.

    • #51098 Répondre
      Christophe M
      Invité

      Si tu veux voir la Madone Sixtine de Raphaël, t’es bien obligé d’aller jusqu’à Dresde. Les mangeurs de pois de de La Tour est à Berlin. Le meilleur de Giotto est à Padoue et ne se déplace pas. Pareil pour Mantegna à Mantoue. L’Annonciation de Fra Angelico à Cortone, c’est quelque chose. Y a tout de même deux trois Van Gogh pas mal à Amsterdam, deux trois Goya pas inintéressants à Madrid. On me dit que l’Adoration de l’Agneau mystique vaut le déplacement à Gand. D’accord, il y a des reproductions correctes. Mais quand même.

      • #51242 Répondre
        Ourson
        Invité

        C’est vrai que présenté sous ces termes, n’importe quelle voyage se justifie. Je note soigneusement toutes les destinations que tu présentes ici pour plus tard, qui sait

        • #51246 Répondre
          PeggySlam
          Invité

          Et vraiment aujourd’hui tu as tellement des façons de voyager dans participer au business du tourisme. Allez gros saison par exemple. En stop. En bateau ect ect. Bref tellement 10000 façon de faire

    • #51948 Répondre
      Adamou
      Invité

      Est-ce que justement vous auriez des récits/carnets de voyages à recommander?

      • #51951 Répondre
        Malice
        Invité

        Un ancien du forum m’avait recommandé « Le chemin des glaces » de Werner Herzog mais je ne sais pas s’il entre dans cette catégorie car c’est le récit d’un pèlerinage pour son amie malade.
        Le seul autre récit de voyage que j’ai lu est « le voyage en orient » de Nerval ( qui contient probablement pas mal de mytho et une réécriture de la rencontre entre le roi Salomon et la reine de Saba)

        • #51974 Répondre
          adamou
          Invité

          C’est vrai que Herzog il a voyagé le bonhomme. Je ne savais pas qu’il avait écrit qqchose, j’irai voir merci !

          • #52492 Répondre
            Malice
            Invité

            Le air bnb version Herzog : squatter la nuit des résidences secondaires ou des maisons vides ( mais à l’époque il n’y avait pas de caméras de surveillance ni d’alarmes dans les maisons)…

      • #51976 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        En BD documentaire je conseille Le photographe, de feu le photographe Didier Lefèvre, qui a suivi une équipe MSF en Afghanistan dans les années 80. Très juste, pas larmoyant, pas hagiographique non plus. Et bien sûr avec de belles photos.
        Sinon la tarte à la crème c’est L’usage du monde de Nicolas Bouvier mais je trouve ce livre laborieux.

    • #51969 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      « le tour du jour en 80 mondes » de Julio Cortàzar
      « Voyage en Italie » de Jean Giono
      « Voyage en Italie » de Stendhal

    • #52489 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Michel me rappelle à l’instant comment ça dit à propos de voyages dans un de ses tubes:
      … On fera des voyages
      À déchirer les nuages
      Je t’aime / …
      Mais bon là, on est à un autre level

    • #57955 Répondre
      Ourson
      Invité

      Nox a écrit ça sur les injonctions estivales au voyage :
      https://drive.google.com/file/d/1QJQ_pDmzYVkdZNWqQOAzvJ9Vhr5fPxCN/view?usp=drivesdk

      • #57957 Répondre
        Carpentier
        Invité

        La braderie de Lille est décalée pour cause de jeux paralympiques.
        Ça chamboule sévère mon rdv moules-frites si sacré.
        Chiés les gars.

    • #57956 Répondre
      Ourson
      Invité

      Que faites vous de votre été les amis ?

      • #57958 Répondre
        Carpentier
        Invité

        j’attends que ça passe, et toi?

    • #57959 Répondre
      SHB
      Invité

      Y’a pas mal de prolos ou classe moyenne basse qui vont dans des tous inclus au Cuba ici au Québec. Ça coûte pas grand chose alors les gens foncent.
      .
      Je crois que limiter la problématique a « Pourquoi les gens partent loin alors qu’ici y’a déjà des choses » fait symptôme d’un manque connaissance du vécu de ce que peut être la vie d’un prolo.
      .
      Quand tu es né quelque part, que tu bosses 50 heures par semaine avec toujours la même route, le même trajet, la même routine, les mêmes plaisirs du weekend dans le petit cinéma du coin, le même café, la même rue, etc…. Arrive un moment où l’aliénation devient si grande que la vue même du lieu de résidence devient insupportable car le travail est si aliénant qu’il se confond avec le milieu de vie car ce dernier te suit jusque dans ta maison. La maison n’est plus un lieu de paix, elle est le lieux d’ « avant aller travailler ». Ainsi certaines personnes éprouvent le besoin de partir loin de tout signe, toute enseigne commerçante, tout bitume, langue, ou autre qui leur rappel leur lieu de vie associé a la pénibilité du travail sans fin.
      .
      De plus, il y a aussi des variables géographiques. Si, en France, on peut trouver une multitude de paysages différents sur un territoire relativement réduit, ce n’est pas le cas dans tous les pays (Ex : le Québec où la mer est loin, froide, avec des forêts de sapins a perte de vue et des lacs souvents pas très clairs avec des algues).

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