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Accueil Forums Forum général Sur « Une certaine inquiétude »

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    • #75835 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      [!Alerte ! : message long, vain, futile, ridicule, comme à peu près tout ce qui existe en ce monde. Texte explicitement destiné à faire fuir le prolo lambda. Ecrit par un individu beaucoup trop riche pour être en mesure de vous donner le montant exact de son immense fortune]
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      Je viens de terminer la correspondance entre FB et Sean Rose retranscrite dans Une certaine inquiétude. Quelques impressions et questions me viennent suite à cette lecture.
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      Je suis pleinement d’accord avec l’idée qu’il n’est pas possible de dissoudre le christianisme dans l’humanisme, pas plus qu’il n’est désirable d’occulter son centre, la prière. Dans « l’humanisme chrétien », tout se passe comme si l’évangile n’était, finalement, qu’un traité de morale très mondain qui pourrait s’adapter à la vie du centriste fatigué ou au citoyen de gauche déprimé par les raclées politiques successives qu’il endure. Il est bien plutôt question de vie ou de mort dans l’évangile, de maladie et de santé, de marcher ou de chuter. Quand Jésus croise un paralytique, ce n’est pas pour lui transmettre une recette de valeurs humanistes et pragmatiques en vue d’une intégration du malheureux dans les coordonnées raisonnables de la société, mais pour qu’il se lève et puisse marcher (rien que ça). Dans certains passages de Jean, la guérison de l’infirme de Bethésda par exemple, la « guérison » est synonyme de « revivre », « croître », « pleine santé ». L’humanisme, à l’inverse, c’est peut-être une tentative pour l’homme de s’approprier le monde et la vie, que ce soit par la raison, la culture ou, de manière plus prosaïque, l’économie et l’impérialisme supposément « civilisateur ». L’humanisme est un christianisme sans prière, c’est-à-dire un ersatz de christianisme qui glorifie « l’Autre » à condition qu’il corresponde au système de valeurs affirmé par la bonne société (la bourgeoisie).
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      L’humanisme est un volontarisme qui tend à nier le « trou », motif littéraire qu’on retrouve ici et qui, semble-t-il, serait l’équivalent du gouffre de la misère de l’homme sans Dieu chez Pascal. Ce serait intéressant de savoir pourquoi choisir cette image du « trou » plutôt que les termes de « misère » ou de « gouffre » déjà disponibles ? Pour sa plus grande capacité d’évocation (y compris « érotique ») et la plus grande palette d’images que ce mot implique ? Pour sa sonorité assez peu poétique à mon sens, ce qui le rendrait conforme à la chose qu’il désigne ? Cela reste un point d’interrogation pour moi.
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      Au centre de l’ouvrage se trouve une définition de la charité que je trouve très juste et essentielle pour tout le reste : « Simone : « les crimes me faisaient horreur mais ne me surprenaient pas ; j’en sentais en moi-même la possibilité ». Dans cette compréhension s’atteste que tous les hommes, et j’aime à croire toutes les bêtes, sont faits du même bois que moi ; de la même chair, puisque c’est de la charité qu’on parle. « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi en lui ». La charité n’est pas l’altruisme, c’est le souvenir en moi de la consubstantialité de tous les vivants. Un souvenir vague, mais persistant ». C’est à partir de cette compréhension de la charité, opposée à la justice pénale qui condamne, qu’on retrouve une nouvelle réflexion sur la nature de l’énoncé littéraire et son rapport à la vie et à la mort. De nouveau, le « il y a » ( qui deviendra la mule) est central : « il y a du mal(heur). Il y a des cadavres sur le bitume de la promenade des Anglais, il y a dans ce cercueil un bébé frappé à la naissance par une malformation cardiaque. Partant, tout ce que j’ai dit sur l’appréhension du mal vaut pour cette appréhension du malheur qui s’appelle la charité. La charité telle que je l’entends est aussi un art du chaud et du froid ». Cet « art du chaud et du froid » résonne avec « l’émotion refroidie » de CUM, avec cette méthode fondée sur un paradoxe : pour élargir son champ de perception, il faut s’insensibiliser, de même que pour aimer un lépreux, ou pour écouter Aurore Bergé, je dois m’insensibiliser afin de surmonter mon dégoût. Il faut mettre à distance l’immédiateté bouillante ou dégoûtante de la vie, refroidir les passions chaudes, de telle sorte que l’écriture refroidit la vie pour pouvoir la rendre : « le métier exige de réprimer la sensibilité qui pousse à le choisir ». Cela vaut pour l’infirmière qui tripote des viscères toute la journée, le travailleur social qui côtoie la misère ou l’écrivain qui tapote sur son ordinateur : ils désirent soigner par compassion, aider par colère devant l’injustice, rendre la vie par émotion devant celle-ci, mais ils se doivent d’insensibiliser un temps leur rapport au monde pour accomplir leur ouvrage, sinon ils échouent inévitablement.
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      Comme dans CUM, ceci donne lieu à une réflexion sur la nature de l’énoncé littéraire, qui me fait dire que le thème religieux de l’évangile pour penser la littérature n’est pas, chez FB, un simple rapprochement fortuit et ponctuel, mais la conviction que les deux entretiennent une parenté profonde. Il s’agit des belles pages (les plus belles du livre selon moi) sur la présence/absence : l’apparition du Christ ressuscité est un événement équivoque, puisqu’il mélange la mort et la vie éternelle, le deuil de l’être aimé tout juste disparu avec sa présence soudaine dans une apparition. Cette scène ne tient que par cette solidarité entre la présence et l’absence, et on ne peut enlever un terme sans détruire le phénomène décrit : le Christ est à la fois présent et absent dans cette apparition. Mais la lettre en question va immédiatement chercher des analogies de ce phénomène dans la vie courante : l’animal sauvage aussi m’échappe en m’apparaissant, il est cette présence/absence qui fait qu’il est là mais déjà enfui, visible et déjà perdu de vue. Autrui n’échappe pas à la règle : sa présence en chair et en os ne permet pas de le réduire à cela, il est là mais une partie de lui demeure inaccessible. La présence de mon semblable porte toujours en elle un excès qui se dérobe à ma perception, comme si le champ du visible était saturé au point de devenir le signe d’un hors-champ présent/absent, là sans se montrer, suggéré mais invisible. Ainsi « la présence pleine n’existe pas », tout phénomène est équivoque, toute présence implique en creux une absence, un retrait, de même qu’on peut dire de quelqu’un qu’il est bien là physiquement, mais que sa « tête est ailleurs », qu’une part de lui n’est pas là, absente et insaisissable. C’est encore plus flagrant quand on voit une personne dans le coma, ou une personne qui dort : elle est là et pas là en même temps. Il en ira de même pour la mule dans CUM : elle est là, plantée devant nous, mais elle demeure opaque, quelque chose d’elle nous échappe irréductiblement, invisible.
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      Ce qui nous amène (enfin) à l’énoncé littéraire : « Une phrase dignement littéraire restitue un élément du réel tout en signifiant l’incomplétude de cette restitution. Le mot chien aboie un peu, mais c’est un aboiement muet. Le son est ailleurs. Le son est hors la page, dans le volume du monde. Ce qu’elle parvient à effleurer, la littérature l’abandonne aussitôt à l’Ouvert. D’un seul trait elle capture et libère l’oiseau. Dans le même mouvement elle montre sa capacité et sa lacune. Sa force et sa faiblesse ». L’énoncé littéraire appartiendrait donc au même type de phénomène que l’animal sauvage ou l’apparition du Christ ressuscité. De là à dire qu’il y a, dans l’énoncé littéraire, une solidarité entre la mort et la vie, entre le deuil de la présence du monde et la résurrection de celui-ci dans les limites d’un énoncé gravé dans le marbre (et donc éternel?), il n’y a qu’un pas. L’écriture et la lecture se tiennent dans cette contradiction, dans cette tension constitutive de l’inquiétude. La littérature est inquiète non pas par ce qu’elle dit ou exprime des tracas de l’existence (cela, un « journaliste » peut le faire), mais par la nature même de son énoncé, qui est travaillé de l’intérieur par cette tension entre la vie et la mort, le deuil et la résurrection, le furtif et l’éternité, la capture de ce qui est décrit dans une image et sa liberté vivante « hors la page » /Hors-champ (l’image de l’oiseau est très parlante). Nous savions que l’énoncé littéraire était un orphelin sans orphelinat, sans destinataire déterminé et sans donateur clairement identifié. Désormais, selon ce livre, on peut ajouter que l’énoncé littéraire est à la croisée du visible et de l’invisible, qu’il se situe au point de jonction de ces deux plans, qu’il est une apparition pour le lecteur et l’écrivain. Une vie ressuscitée, en somme, présente et absente en même temps. Voilà de quoi susciter le désir indéfiniment. Cela me fait penser à la réminiscence chez Platon, avec ce passage du Phédon sur l’amant qui voit le manteau de l’être aimé absent (hors-champ), et qui pense à l’être absent en regardant ce manteau situé dans son champ de vision. La littérature serait un peu comme ce manteau abandonné par l’être aimé après une rupture. Ça marche aussi avec la lingerie intime, un objet de valeur sentimental, l’odeur d’un parfum, l’écoute d’une musique aimée par l’être aimé, etc.
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      La littérature peut-elle nous rassasier dans ces conditions ? Pas certain à mon avis. Ce livre me semble habité par une joie mélancolique, un sentiment d’incomplétude. Nous sommes constamment pris dans un « entre-deux » qui constitue l’inquiétude de la littérature et de l’existence, de même que CUM parlera « d’entremêlement ». J’ai l’impression qu’avec FB, nous sommes toujours situés « entre », dans une forme d’attente, à l’image de la fin du livre, où l’auteur ne se dit ni athée, ni chrétien, ni agnostique, ni croyant, mais « entre » tout ça (ça, c’est moi qui le dit), dans l’attente d’un miracle (ça, c’est lui qui le dit).
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      Ce rapprochement entre la structure de l’énoncé littéraire et le phénomène de l’apparition de la résurrection du Christ évoque en moi l’apparition de la défunte Jeanne dans le final du roman l’amour : c’est la littérature qui parle d’elle même dans les dernières pages de ce roman, sans doute les pages les plus émouvantes d’ailleurs.
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      En lisant Une certaine inquiétude, livre qui se réfère explicitement à Simone Weil, je songeais à ce qu’elle disait des formes de l’amour implicite de Dieu dans Attente de Dieu (la beauté, l’amitié, l’amour du prochain, les cérémonies religieuses). La littérature serait-elle un « amour implicite de Dieu » ? Le qualificatif « d’écrivain chrétien » n’est sans doute pas qu’une coquetterie. Il va beaucoup plus loin que je ne le pensais avant la lecture de ce livre. Ça flirte discrètement avec la mystique.
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      Est-ce cela qui est signifié par le mot « Ouvert » ? Pas certain. Mot surprenant ici : la présence de la majuscule est peu commune dans les écrits de FB (à ma connaissance), et il m’a fait songé à Heidegger, même si je ne pense pas que ce soit la bonne piste. J’ai aussi songé à Rilke. Ce mot m’interroge.
      *
      Bref : un livre que j’ai apprécié lire, malgré ma crispation sur le passage à propos de la littéralité de la lecture de l’évangile qui critique un phénomène bien réel par ailleurs : je suis d’accord pour dire qu’il y a un réflexe bourgeois consistant à mettre à distance l’aspect un peu rustique et rude du réel (ici, la parole de l’évangile sur la pauvreté et la richesse). Mais quand on a personnellement observé autour de soi à quel point, en matière de religion, la lettre pouvait tuer, au sens littéral du mot « tuer », on se crispe nécessairement sur ce passage. J’entends bien que le livre est parfaitement conscient des dérapages potentiels de la lecture littérale dans les milieux intégristes, et je suis d’accord pour dire que bien souvent, les versets sur l’impuissance du riche à entrer dans le « royaume des cieux » sont édulcorés par ceux qui passent leur temps à justifier leurs richesses dans le monde social (comble de l’histoire : c’est d’ailleurs souvent dans les milieux intégristes et littéralistes qu’on retrouve cette tendance à propos de la richesse dans l’évangile!). Il n’empêche qu’il faudrait un critère pour déterminer la « bonne littéralité » de la « mauvaise », comme on en possède un (ou pas) pour discerner « le bon chasseur du mauvais chasseur ».
      *
      Point de crispation qui n’enlève rien au livre par ailleurs, que j’ai apprécié et qui pourrait plaire à ceux qui s’intéressent aux rapports entre la foi et la modernité dans la France du XXème siècle/XXIème siècle, la place et la signification de la liturgie et des rites, ce que c’est que croire ou ne pas croire, ce qui bloque ou débloque un rapport confiant à une transcendance, etc. Quant à ceux qui l’ont lu, et je suppose qu’il y en a un certain nombre ici, je suis curieux de savoir ce que vous avez pensé de cette correspondance numérique, qui peut se prendre par beaucoup de bouts différents, puisque la correspondance est faite de digressions autour d’un centre commun : la foi ou l’absence de foi.

    • #75843 Répondre
      lamartine
      Invité

      Prolo lamda, j’ai feuilleté le livre, donc me tairais sur le contenu. Toutefois, ton hommage bien écrit, me fait penser à Miséricorde et aux échanges de la vie.

      • #75844 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @lamartine
        L’alerte était ironique, tu le sais.
        Peux-tu en dire plus sur « Miséricorde » et « échanges de la vie »?

        • #75845 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          Merci pour ton retour par ailleurs.

          • #75850 Répondre
            lamartine
            Invité

            Déjà, j’essaie de lire L’illiade ou le poème de la force depuis des mois. Je venais de le trouver sur une table et voulant tuer un moustique, il ne m’a pas servit; Trop lente. Je t’ai lu, mais suis un peu gênée, car je n’ai fait que feuilleté ce livre, un moustique vient de à nouveau me chagriner.
            « L’humanisme est un christianisme sans prière…

            • #75851 Répondre
              lamartine
              Invité

              Désolée de l’impolitesse, j’y reviendrai.

          • #75999 Répondre
            Samia
            Invité

            Le christianisme s’est s’absenté de ma vie, car je suis née musulmane. Dans l’islam on s’emmerde pas pour les filles. Tu choisis pas.
            Je garde cependant, des tas de souvenirs en lien avec le christianisme et l’islam, de fait; je suis née. Des souvenirs des copains qui font leur communion, les scouts et leur bandana bicolore, et de mon frangin qui me racontait que la fête de l’Aïd, d’une quelconque année, se fêtera le 24 décembre. B, comme chaque année, fait trôner le sapin au milieu de l’appartement exiguë, rue Lucien Martin; à ses pieds la crèche. Quelle crèche réalisée de façon sophistiquée avec de vrais santons, la collection des Carbonel viendra plus tard, de la mousse fraichement cueillie à la colline de Sainte Croix, avec mon autre frère, celui des jardins japonais, pour accueillir l’enfant divin. Sur la table des makrouts. Au repas, cette année là, pas de dinde, sûrement un plat mijoté par maman. Je me souviens de ma soeur, qui voulait faire sa communion pour les supers cadeaux que sa copine Evelyne lui montrait et moi, voulant devenir scout pour participer aux séjours en camping que ma meilleure amie Emma me racontait plein d’entrain. Maman, n’a pas voulu. Et mon frère qui me charriait en disant scout toujours. Je me souviens qu’on voulait goûter l’ostie. Je me souviens qu’on allait aux oeuvres le dimanche, on disait chez les curés et après on se faisait la sortie des baptêmes devant l’église Notre-Dame-de-l’Assomption pour récupérer les centimes qu’on appelait « pesetas » jetés par les convives comme on jette des confettis. On se demandait pourquoi, ils jetaient l’argent par les fenêtres. Cet argent gagné le dimanche, nous permettait d’aller à la niçoise pour acheter de la Mouna, la brioche préférée de maman, puis on rentrait à la maison pour la tremper dans du lait chaud. Je me souviens que l’on fêtait tout. Même les rameaux. Je me souviens des rameaux en bonbons qui couvraient le plafond de la boulangerie Giordana. Mes molaires s’en souviennent. Je n’irai pas plus loin dans mon approche du christianisme, sauf, des visites touristiques d’édifices initiées par mon frère. Ces édifices que je trouve toujours très beaux, et très souvent incroyablement austères, froids et qui me dérangent. Je n’y suis pas à mon aise. Ils me donnent parfois le tournis. J’aime pas cette croix. Je la trouve douloureuse. J’aime pas la figuration et encore moins le figuratif. Sauf encore, missionnée par B. à traduire des textes de l’anglais au français, sur le carbone 14 et les dommages causés par la pollution sur les murs de la Cathédrale Saint-Trophime. Où je prends plaisir à apprendre un peu d’histoire qui occasionne des discussions sur l’Etat et le financement de la restauration du patrimoine.
            Je me rends compte que je n’irai pas beaucoup plus loin non plus avec l’islam et sa pratique, sauf vers mon travail. Je ne vais pas bien loin, je choisis de rester avec ma classe. Nos parents croyants et pratiquants nous bercent d’illusions ou plutôt par l’amour de l’autre, l’aumône et le devoir, voire l’obligation de rendre une partie des bénéfices de la joie aux autres. Quels autres viennent pleurer à la maison, tard le soir, nous réveillant, maman et papa jouant les médiateurs des couples violents. Je me souviens qu’on avait à céder notre lit à la femme battue et ses enfants qui pleuraient et me semblaient pauvres. C’est sûrement à cet endroit, que se trame chez moi, ce devoir de foi, de charité et cette envie de me perdre dans le social. La foi qui restera centrale chez moi et que j’ai perdu récemment comme on perd sa virginité. Soudainement.
            Je reviens sur ton texte et ce mot « humanisme » qui résonne chez moi comme un mot vide de sens, vide. Je l’associe très facilement aux ONG, où je n’ai rencontré que de la bourgeoisie et des gens désireux de s’acheter une conscience, une certaine paix, un visa social. Une conversation professionnelle récente avec des humanitaires à propos de dispositifs mis en place récemment pour les réfugiés ukrainiens et roumains, a confirmé mon ressenti. On gradue la misère. Il y a de la noblesse à se rendre à son chevet surtout quand elle vient des continents colonisés. Leur posture impérialiste fait que j’esquive la conversation pour éviter des échanges inutiles, vains au risque de me prendre de la houle. Comme je viens d’en prendre avec gh400, que je trouve pitoyable. Alors, je me demande si la croyance de sauvetage chez cette frange exclue de la misère, je pense à l’Arche de Zoé au Darfour, ne serait-elle pas un flirt, des attouchements avec l’impérialisme et la continuité du colonialisme ? Je me demande si la bourgeoisie sait se rendre invisible. Si elle sait prendre la même hauteur que sa bêtise la prise.
            Le trou, ce fameux trou ou trou fameux m’interroge dans son sens même qui donne aucune limite tandis que le gouffre se veut grand ou immense. Dans le trou, il y a autant un fil qu’une éternité ou la vie. Je m’égare peut-être, je n’ai pas lu l’ouvrage auquel tu fais référence. Mais ce trou, ne me quitte pas. Ce trou fameux, me trahit parfois, dans une inquiétude permanente dont je n’arrive pas à me défaire. C’est quoi ce trou de la vie, ce sentiment du néant. Sujet de conversations que j’ai pu avoir des années durant avec mon ex compagnon lui athée averti et fier de l’être, moi mi croyante mi athée, mi mystique, si je compte bien ça fait 3 mi, manque ma famille et mes amis. La foi, le mysticisme, les superstitions viennent nourrir nos conversations. Comment vivre et faire vivre sans croire en Dieu ? C’est quoi la foi, quelle est notre mission… Je ne dis pas que ces questions étaient omniprésentes, mais elles ne sont invitées trop souvent et parfois sans y être conviées.
            La charité, me donne à repenser à Miséricorde et la figure du curé qui par amour de son prochain et par amour pour Jérémie voue le pardon plutôt que de donner raison au pouvoir disciplinaire.Tu parles d’émotion refroidie, l’abbé Grisolles est un être froid omniprésent et peu bavard dans la forêt, un peu comme Dieu, le christ ou Mahomet qui s’absente dès lors où une décision doit être prise. Il s’invite à table, on s’attable. Il donne à penser, il est un peu le vecteur de la réflexion des autres personnages. Il crève le sensible, et remet de l’humanité plutôt que de l’humanisme. Je ne crois pas que la charité soit à prendre sous la jambe. Ce mot est souvent usé de sens qui affaiblit sa puissance.
            S’insensibiliser devant Aurore, ou se rendre sourd pour ma part, afin de me préserver de sa bêtise est d’utilité propre et publique.
            Mon travail dans le social, me demande d’être dans un état insensibilisé, pour écouter et retenir ce que je pense essentiel plutôt que de sombrer dans le misérabilisme et la victimisation, et de coincer dans une place médiocre ceux que l’on nomme sans vergogne les parasites.
            Tu dis « Rendre la vie par émotion », je dirais essayer de donner un peu de force aux corps meurtris.
            Les écrits de Simone, que j’ai rencontré ici et que j’essaie de lire m’émeuvent, et me font penser à mes parents, que je continue à appeler Mère Thérésa et l’Abbé Pierre. En attendant, que Marine Turchi nous fasse un papier sur Thérèse.

            • #76241 Répondre
              Emile Novis
              Invité

              Je suppose que Samia = lamartine.
              .
              Il y a sans doute des liens à faire entre l’humanisme et l’humanitaire, mais je ne sais pas si on peut le rejeter à ce point là. Par ailleurs, il n’y a pas que des bourgeois, me semble-t-il, qui font de l’humanitaire. J’ai l’impression que c’est, pour certains, l’occasion de faire un voyage, une petite aventure mélangée avec le souci, sans doute sincère pour la plupart, de venir en aide à des gens dans la misère. Mais il y a aurait en effet beaucoup à en dire, notamment sur les affects qui motivent cette démarche.
              .
              « Mon travail dans le social, me demande d’être dans un état insensibilisé, pour écouter et retenir ce que je pense essentiel » : Oui, je crois que tout métier implique ceci. C’est d’ailleurs ce que dit le livre de FB.
              .
              J’ai lu ton récit sur le mélange de ces deux religions que sont l’islam et le christianisme. C’est peu commun, me semble-t-il.

          • #76000 Répondre
            Samia
            Invité

            Bonjour Emile Novis, merci de m’excuser des erreurs d’orthographe.

    • #75859 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci Emile
      Ton texte m’a émue et fait rire
      C’est troublant même de voir qu’en écrivant sur la charité de l’écriture toi même tu la fait advenir

      • #75926 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Merci Claire.

    • #75867 Répondre
      Renaud Bigorre
      Invité

      Sur ce forum, il y a des textes qui marquent, qui éclairent, qui donnent à penser. Celui-là en fait partie. Merci beaucoup Emile. Que toujours Simone veille !
      Je réponds à ton apostrophe avec parcimonie (j’y reviendrai peut-être). Dans ce livre, déjà, le titre – foi quand tu nous tiens/tends – et la forme – épistolaire, fraternelle – m’ont plu. Et dans le texte, ce qui m’a interpellé, c’est que pour beaucoup, la foi se vit dans la chair (le témoignage de François sur son expérience, son épreuve de la messe est très fort en ce sens). C’est peut-être en ça que la littérature ne peut pas tout capter, sauf à le dire en creux, en « trou ».

      • #75925 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        Merci Renaud pour ton retour.
        Oui, le passage sur la messe est très bien, des messages sms envoyés jusqu’à la description précise du déroulé de la messe et du vécu subjectif de FB, vécu assaisonné d’une réflexion sur l’Eglise rendue à sa pauvreté initiale.
        Je note la piste de réflexion pour le « trou », image à mon avis centrale qui revient dans plusieurs livres.

        • #75935 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Merci Emile
          Je reviens sur tout ça dès que j’ai plus de temps.

          • #75963 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            @François « Je reviens sur tout ça dès que j’ai plus
            de temps. » Bonne nouvelle!

    • #75889 Répondre
      nefa
      Invité

      soucieuses et trouvaillistes
      dans un champ de fermier
      où il y a du colza
      quoi devine l’anagnoste
      génie des percussions
      Si ce n’est ta main
      tes tendres innervées
      ta foi ?
      merci Emile pour l’envie
      et clin d’œil

      • #75924 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @nefa
        Pour ce qui est de la torsion de la langue, tu t’y connais. C’est toujours déroutant de te lire quand tu écris comme ça, de manière un peu rustique. Merci.

    • #75890 Répondre
      graindorge
      Invité

      @Emile Novis
      Salut Émile, tu me fais plaisir en parlant de ce livre. J’avais écrit un texte le 10 mars 2023 dit mon Word. Je l’ai partagé ici mais j’ai la flemme d’aller le chercher dans les labyrinthes de ce forum. Je le remets là. Quelle audace d’écrire lorsque l’on ne sait pas « écrire » Mais j’aime m’âmuser et Dieu aime aussi Ses enfants lorsqu’ils s’âmusent.

      Une certaine inquiétude.
      Cet échange épistolaire me plonge dans le labyrinthe de deux êtres humains qui pensent, s’interrogent et échangent sur la foi.
      De cher François en cher Sean, je vais découvrir aussi deux âmes qui cherchent. Sûrement la même chose. Aidés, soutenus, confortés par les mots d’autres semblables, qui ont écrit aussi, qui ont parlé, échangé tout au long des siècles sur la foi, sur Jésus, sur la prière, sur l’amour, la pauvreté, la richesse etc.
      Ils vont échanger aussi sur l’horreur, celle de la maladie ou de l’actualité du moment : les attentats, les assassinats. Nous sommes en 2016
      Rien ne va se passer comme prévu ou souhaité par l’instigateur de ce livre. Sean Rose s’imaginait partir en promenade avec son ami François Bégaudeau en devisant avec érudition sur le sujet choisi. Comme pour un voyage, tout avait été préparé, les livres qui serviraient de références, les citations – et il y en a beaucoup – Il avait peut-être oublié que cet ami n’est pas exactement un gentil promeneur et que durant la croisière, il allait semer le vent.
      L’échange commence en douceur « Nous voilà bien, cher François, toi l’agnostique qui croit un peu et moi le croyant qui doute beaucoup habitant chacun une certaine inquiétude » Le bateau vient de quitter le port. La mer est encore tranquille. « Mais plutôt que de l’éluder, je te propose au contraire de nous y retrouver, d’explorer ensemble cette zone grise où s’enlace le doute et la foi, avec pour tout itinéraire nos questions, et pour boussole notre joie de deviser et de nous interroger»
      On suit François dans sa Vendée. Ayant très peu « bouffé du curé » Ayant « tous les orteils à l’air », n’ayant pas été obligé de se rebeller ou de se soumettre, libre comme l’air, même s’il parle de ses angoisses du tapis volant au-dessus d’un néant sans fond. « Tu restes sur le seuil et tu mets la barre très haut pour ne pas te la prendre en pleine figure » lui assène un Sean exaspéré de ne pas pouvoir rester dans la zone grise. « Je ne risque un pas en avant que lorsque je suis certain qu’un repli est possible » Sean l’interprète donc comme un refus de se mouiller, de s’engager. Au moins d’essayer.
      Lorsqu’il se sent acculé Sean Rose appelle à la rescousse – ils sont là pour ça – tous ses amis livresques.
      Sean souffre et prie de toutes ses forces pour croire, pour avoir la foi
      François souffre mais n’arrive pas à prier ou juste parfois pour un ami mort ou une opération de la hanche de son père.

      Sean Rose. Anglo- vietnamien. Parisien. Toujours élégant. Le rituel de la mise. Donner au monde le meilleur de soi-même. Même si il ne nous resterait que 2 chemises. Discipline. Qui aide aussi. Peut-être. A ne pas sombrer. Et les livres, Les sacrés, la bible du Roi Jacques, les Évangiles… et ceux d’auteurs : Cioran, Schopenhauer, Pascal, Kierkegaard, Unamuno, Simone Weil, Graham Green, Evelyn Waugh… des amis qui l’ont accompagné, aidé, formé, consolé.
      Les nuits blanches parisiennes à s’étourdir à danser sur de la pop anglaise, de la musique électronique ont fait place aux nuits noires « où l’on finit par voir des créatures. Retenir la jeunesse, l’étirer comme un chewing-gum, fuir un quotidien à la prose administrative aseptisée et envahissante et avec ça Dieu qui ne répond pas au téléphone ! Et le temps passe, la jeunesse passe, l’amour, l’amitié, la mort, l’extrême violence de ce monde, les relations humaines difficiles mais il faut vivre. *PRIER POUR CROIRE. Pour enfin être heureux, épanoui. Il sait la vie qu’il voudrait mener mais tout tourne à la parodie. Parodie de bonheur familial : papa, maman, un fils. Les responsabilités à prendre… Mais tout est fragile, friable. Tendu. Devenu père, le voilà lui, l’enfant perdu devant un distributeur de billets avoir charge d’âme.
      Alors il ne fait pas que tambouriner à la porte désespérément fermée. Il ne fait pas que joindre ses mains à s’en écraser les phalanges. Tu ne m’ouvres pas ? Qu’à cela ne tienne ! Et là le père privé du Père qui résolument se fait chrétien sans foi véritable. Il va à l’église, s’agenouille, se fait baptiser, chante, prie pour avoir la foi… * agissez comme si j’étais et je serai » dit la Bible. « Je ne prie pas parce que je crois, je prie pour croire »
      François n’est pas un tiède qui reste sur le seuil de sa pensée. « Ma pensée je ne la veux pas en paix ; je ne la veux ni molle ni exsangue. Je veux penser avec mon sang. » « Je crois encore trop aux hommes pour croire en Dieu » et aussi « j’explore le continent spirituel et je n’aime pas beaucoup ceux que j’y vois. Je n’aime pas beaucoup leurs gueules. Je n’aime pas leur quiétude, leurs voix veloutés, leur bien-être. Ils sont tout miel et je veux du sel. » Et il cite le curé de Torcy « le Bon Dieu n’a pas écrit que nous étions le miel de la Terre, mon garçon mais le sel » «je veux sentir les maux d’estomac de mon curé de campagne. » Bégaudeau n’est pas le miel de la Terre et Sean, dérouté, en fait l’expérience.
      À propos du documentaire * La soufrière de Werner Herzog. « Dans Basse-Terre déserte, deux hommes ont refusé de quitter les lieux « Dieu ne permettra pas que la ville soit détruite. » François parle « des drôles de réflexes de mon cerveau : « non seulement ces deux hommes ont eu raison de croire en un Dieu aimant, mais c’est cette confiance qui a épargné l’île »

      L’échange aborde le thème de la Charité
      Sean rappelle que c’est une des vertus avec la foi et l’espérance qui nous relie à Dieu. Il cite Grégoire le Grand « lorsqu’on donne, on rend aux pauvres ce qui est à eux. » Et après avoir cité la Bible du Roi Jacques où est utilisé le mot Charity devenu dans les versions modernes Love, Sean en termine en disant que « nous sommes agis par la bonté qui n’est autre que Dieu »
      Autre son de cloche avec François « La charité n’est pas l’altruisme c’est le souvenir en moi de la consubstantialité de tous les vivants »
      Aucun des deux ne cherche à convaincre l’autre mais peut-être à réfléchir « à voix haute » afin d’avancer dans ce labyrinthe des âmes en marche. Le calme revient après la tempête. Un calme froid. Bégaudeau écrit à son correspondant « tu as noyé le poisson sauvage dans l’eau tiède d’une pensée du juste milieu, d’une pensée libérale » Sean n’est pas en reste « Les tièdes que le Seigneur vomit ne sont pas ceux qui cherchent le compromis, il est plus difficile d’être conciliant et de chercher à s’entendre que de demeurer dans la pureté toute théorique de sa tour d’ivoire »
      Cinq ans plus tard, où en est Sean Rose ? Prie –t-il encore pour croire ? Jésus, « L’Ami, l’Étranger au pieds-nus » est-Il encore « aux abonnés absents » ? Dieu, au moment dû saura saluer son courage, sa ténacité.
      Quant à François Bégaudeau, il attend, espère un miracle. Pour lui, Jésus est AUSSI un anarchiste, un révolutionnaire renversant les tables des marchands du temple. C’est une attente active et dynamique puisque lui aussi poursuit l’Œuvre de renverser les tables des marchands. Pour le plus Grand Plaisir de Dieu.

      Mot-clef : PRIÈRE.
      En faisant du rangement, j’ai retrouvé un petit livre que m’avait offert une amie véritable. Un petit recueil de poèmes d’un poète vietnamien, Thich Nhat Han, avec des aquarelles de Vink ( Vinh Khoa)
      « En passant le pont ». Dang Tien dans la préface, en parlant de l’aquarelle : la manière aquarelle impose une grande franchise, le geste direct, alla prima, sans repentir possible.
      « « En passant le pont » Quel titre révélateur !
      Le pont : lieu de passage, rencontre, communication. Lieu de l’aller-retour, l’inter-rive, l’inter-rêve, est-ce aussi l’inter-être dont parlait Nhat Han jadis ?
      Et Victor Hugo n’a-t-il pas dit quelque part que la prière même est un pont (*) ? »
      (*) en vietnamien, pont et prière se disent de la même façon « càu ». L’auteur de la
      Légende des Siècles, naturellement ne le savait pas. »
      *Le livre a un marque -page où est calligraphié par l’auteur -qui a aussi calligraphié le titre du livre- « respire, mon enfant »
      *« respire, mon enfant » Car la respiration est aussi un pont. Entre l’âme et le corps. La respiration est donc aussi une prière.
      Un des poèmes :
      Mère et sœur, vous êtes toujours présentes
      Comme un souffle, dans la tendre brise du soir
      Ai-je encore besoin de rêver ?
      J’écoute le vent et je vous entends doucement chanter

      • #75923 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        @Graindorge
        Je vois que nous avons repréré des passages similaires.
        .
        « en vietnamien, pont et prière se disent de la même façon « càu » »
        .
        Ca, c’est une vraie trouvaille.

        • #75969 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          @Emile
          Je pose rarement des questions dites personnelles aux gens du forum. Pas par manque d’intérêt mais parceque c’est un forum. On a aucun regard en face.
          Mais toi Émile, as-tu la foi? « Laisse tout et suis-Moi » As-tu parfois envie de Le suivre?
          Restes-tu plutôt devant la porte sans clef en attendant un miracle comme François?
          Avec ma formule brevetée: répondre si et seulement si le cœur t’en dit

          • #76011 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Émile
            Je comprends.

    • #76230 Répondre
      Samia
      Invité

      Emile Novis, merci j’avance. Tschuss !

    • #76295 Répondre
      netfloue
      Invité

      Comme toi, Emile, je tiques sur cet phrase :
      « Ce qu’elle parvient à effleurer, la littérature l’abandonne aussitôt à l’Ouvert.  »
      Sur un fil discussion consacré, Essaisfragile me conseillait de lire la VIII ième élégie de Duino.
      Comme tu le notes dans ton texte, on trouve cette phrase :
      « Tous les regards, de tout ce qui vit, regardent vers l’ouvert.
      Seul nos yeux, comme tournés à l’envers, tel un cercle de pièges, empêchent toutes issue.
      L’au-delà du cercle, nous ne le connaissons qu’à travers le regard des bêtes.
      Car dès la plus tendre enfance, nous orientons le petit homme vers les ombres derrière lui et non vers l’ouvert ».
      Plus loin :
      « Mais il (l’animal) est, lui, sans fin, sans frontières, sans regard sur soi-même, limpide :
      comme sa façon de regarder. »
      Alors Emile (Ou Essais, s’il passe une tête pa

      • #76297 Répondre
        netfloue
        Invité

        r_là, comment comprenez vous ce « regard vers l’ouvert » ?
        Est-ce une chose semblable à l’Ouvert de François ?

        • #76355 Répondre
          Emile Novis
          Invité

          Je me le demande, netfloue. Il me semble que chez Rilke, l’Ouvert est en lien avec la vie, et notamment l’animal, comme le poème que tu cites ici. Ce qui pourrait d’ailleurs être conforme à la lettre de FB à Sean Rose, puisque l’Ouvert apparaît juste après la mention des animaux sauvages. Notre regard trop blasé serait fermé, coupé de la vie, à la différence de l’animal.

          • #76392 Répondre
            Claire N
            Invité

            « Seul nos yeux, comme tournés à l’envers, tel un cercle de pièges, empêchent toutes issue.
            L’au-delà du cercle, nous ne le connaissons qu’à travers le regard des bêtes »
            Ce passage me fait penser à ce que Barbara
            Nous exposait dans un autre fil ; cette curieuse interprétation du syndrome de Cotard
            Un image de soi sans trou poussée à l’identité forcluse?

    • #78304 Répondre
      Arnaud
      Invité

      J’avais dû arrêter la lecture à mi-chemin, n’y comprenant rien. Comme une poule devant un couteau face à ces questions. J’y reviendrais un jour j’espère. Certains passages avaient pourtant résonné en moi. « Je parle de l’air qui se raréfie à chaque flash d’hyperconscience de la finitude. Je parle de vertiges sufocants. De ma prescience concrète du trou. »

      • #78313 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Merci quand meme pour l’effort
        Il me semble que la deuxième partie du livre est beaucoup plus existentielle que théologique.

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