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  • Ce sujet contient 116 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par graindorge, le il y a 1 année et 4 mois.
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    Messages
    • #10303 Répondre
      Ostros
      Invité

      Un témoignage anonyme posté ce matin sur un neurchi, qui informe sur les nouvelles directives au sujet des arrêts de travail et autres incapacités de travail.

      Note aux profanes : les Fabiengs sont les surnoms donnés aux N+1 des salarié.e.s qui témoignent sur ce neuchi.

      « Bonsoir,
      Je vous préviens c’est pas gai, ça va pas fort ce soir… et en plus c’est hyper long…

      Je suis médecin généraliste. La version la plus basique, dans une petite ville de province bien désertifiée par la profession. Je suis la personne que vous allez voir pour « vous mettre en arrêt » quand ça va pas.

      Bon, pour bosser, c’est compliqué. Entre la demande de consultations (150/jour… ben non je peux pas), les pénuries de médicaments, de kinés, l’hôpital local qui incarne si bien la déchéance du service public que je n’ose plus y envoyer de patients, mon boulot consiste de plus en plus à tapoter le dos des patients en leur souhaitant bien du courage. Pour ça, j’avoue que j’aurais pu m’épargner les 11 ans d’étude, je savais déjà le faire au collège.

      MAIS il nous restait les arrêts de travail !!! Ça, ça fait du bien !!

      Aujourd’hui, ma journée de course contre le temps a été entrecoupée de 2 appels.

      1/ une médecin du travail. Pour une patiente qui me désespère, clairement plus en état de bosser, cassée de partout, je vois pas comment je peux l’amener à 64 ans et elle en a que 50 et zéro diplôme. La médecin un peu fébrile me dit qu’elle sait pas quoi faire, puis finit par fondre en larmes au téléphone en me disant qu’elle abandonne, qu’elle se reconvertit, que son boulot est devenu un enfer, que de toute manière on lui refuse toutes les invalidités, RQTH et autres et qu’elle ne peut plus rien faire pour les gens.

      Je sais tapoter le dos par téléphone, heureusement.

      2/ la sécu… alors d’abord, comme toujours, pour me demander de travailler plus (pendant que mon fils me supplie de travailler moins, parce qu’il a peur que je meure, ce qui est ennuyeux pour un garçon de 5 ans). Mais après au sujet des arrêts. Alors moi, j’ai de bonnes stats ! Avec une bonne partie de patients agriculteurs, en même temps, je triche, même hémiplégiques ils bossent ceux-là (ils ont pas le choix). Mais pour me dire que ça va serrer la vis sur les arrêts. En gros : c’est plus nous qui décidons. Donc maintenant, si en recevant le papier le médecin conseil trouve que bof, ça saute. Parce qu’il y en a trop. Alors il en faut moins.

      Donc voilà. Ils sont mignons vos Fabiengs, mais ceux qui vous flexent le plus, ils sont plus hauts. Beaucoup plus hauts. Et ça fait des années qu’on a donné à la médecine (pas forcément a raison) les clés de tout, notamment de la souffrance au travail etc, et bien soyez prévenus qu’on nous les retire pour les filer à… personne.

      Et moi je vais tapoter des dos à m’en filer des ampoules, et commencer à réfléchir sérieusement à une reconversion vers un bullshit job sans aucun sens mais où je ne passerai pas mes journées à écouter les gens pleurer sans pouvoir rien faire pour eux, et qui finit avant 23h.

      Je vous avais dit que c’était pas gai, j’ai une une sale journée ! Mais à part prévenir qu’une de vos rares bottes secrètes vis-à-vis de vos Fabiengs est en train de s’effondrer, je ne sais pas quoi faire…

      Bon courage à tous. Quand tout se sera cassé la figure, on fera quelque chose de mieux tous ensemble ! »

      Dans une réponse à un commentaire, il ajoute que la sécu flique les comptes Vinted des salarié.e.s en arrêt maladie.

      Comme il le dit, les arrêts maladie c’est tout ce qu’il nous reste face au broyage. Ils m’ont sauvée 3 fois et permis de faire des demandes de ruptures conventionnelles pour me barrer, sauver ma peau. Si les médecins conseils se mettent à les refuser, que pouvons-vous faire ?

    • #10305 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Merci, c’est le Neurchi de flexibilisation ?
      Tu peux m’expliquer le coup des comptes Vinted ? Quand on est en arrêt maladie on peut pas déstocker son grenier ?

      • #10306 Répondre
        Ostros
        Invité

        Oui c’est ce neurchi.
        Apparemment non tu ne peux pas vendre tes vieilles baskets quand tu es en arrêt, sans doute car les impôts considèrent maintenant (ou c’est pour bientôt) ces ventes comme un revenu à déclarer, donc assimilable à du travail.

    • #10308 Répondre
      Claire N
      Invité

      Constate la semaine dernière,
      Une patiente jeune suivie pour un cancer et une maladie grave auto-immunes s’est faite refusée en ville un arrêt de travail ; mais au motif qu’elle « pouvait travailler « 
      Je lui ai fait

    • #10310 Répondre
      Claire N
      Invité

      Pour ce qui est de l’hôpital ; on sort d’une réunion de crise, honnêtement j’ai même pas envie de me projeter

      • #10315 Répondre
        Ostros
        Invité

        Tu peux nous raconter cette réunion ?

    • #10317 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je te met ça en forme pour demain, la c’est gloubiboulga faut que j’atterrisse

      • #10319 Répondre
        Ostros
        Invité

        Ok bon courage.

    • #10328 Répondre
      Claire N
      Invité

      En fait j’essaye quand même
      Nous sommes dans un petit hôpital, taille moyenne , équipes plutôt soudees
      L’été la population augmente du fait du tourisme
      Actuellement avec la population non saisonnière
      Il y a en moyenne 12 patients qui passent la nuit aux urgences sur des brancards plusieurs nuits par semaine ; les collègues des urgences ont la boule au ventre puisque en plus des patients sur les brancards ; ils sont sensés accueillir les urgences et sortir en SMUR pour les arrêts cardiaques par exemple
      Les erreurs vitales existent pour de vrai
      Il existe un service SAS pour permettre de « coucher « des patients en attendant qu’une place soit disponible pour lequel la durée d’hospitalisation ne doit pas excéder 48h
      En plus des brancards

      Les services spécialisés sont saturés, les maisons de retraite et les centres de rééducation également ( structures d’aval),
      Actuellement, 4 urgentistes sont partis
      Les demandes de recrutement n’ont pas porté leur fruit.

      La mini bonne nouvelle :L’ensemble des médecins s’est entendu ce soir pour s’occuper du secteur SAS et des urgences de sa spécialité , au prix de disputes puisque tu imagines bien qu’il existe des profils variés , certains qui n’envisagent pas de dégrader l’organisation des services d’étages pour tenir, d’autres qui veulent pas en faire plus si c’est pas payé , d’autres « c’est pas mon boulot « , d’autres « si les urgentistes examinaient mieux » et de l’autre côté « dans les étages vous étés penard « , « ça sert à rien vos consultations « , j’espère que ce clivage ne va pas perdurer

      A ce degré d’e risque pour les patients nous avions envisagé de « fermer » les urgences ( alors que l’on a toujours lutté pour empêcher que cela arrive) afin de retourner à l’ARS sa responsabilité d’organiser l’offre de soin du territoire, refus catégorique , organisez vous en interne .
      Donc là ça donne vraiment pas trop d’espoir sur l’aide

      • #10329 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Un très grand merci Claire N pour votre résumé malgré la grande fatigue. Courage!

      • #10345 Répondre
        Ostros
        Invité

        D’accord je comprends je te remercie.

    • #10330 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci graindorge

      • #10341 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci beaucoup Claire N pour ton résumé, courage.

    • #10344 Répondre
      Claire N
      Invité

      Une quand même bonne nouvelle santé – travail
      La maladie de Parkinson a été reconnue maladie professionnelle en cas de forte exposition aux pesticides et tout récemment grâce à une association qui les a aidé dans leur démarche administrative ( qui sont rebutantes)un couple d’anciens agriculteurs a pu toucher une petite pension

      • #10394 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Pas plus tard qu’hier, vers Santa Cruz, on a vu 2 jeunes de la mairie bombarder de pesticides des espaces verts avec juste un masque blanc alors qu’il leur faudrait de vrais gros masques pros. Cancer ou Parkinson assurés.
        Oui. C’est une bonne nouvelle. On attend juste de connaître ce qu’ils entendent par  » en cas de FORTE exposition ». On la connaît hélas L’ADMINISTRATION et ses mille et une démarches qui amènent aussi jusqu’à la tombe où quand tu as un pied et demi dedans elle t’annonce Votre dossier à été accepté. Oh mer…boum!
        Mais oui Claire N. C’est une bonne nouvelle! Ça fait plaisir la « petite » pension

        • #10429 Répondre
          Claire N
          Invité

          Ça me fait quand même mal au cœur que des pioupious s’empoisonnent , vu le manque de protection ils sont visiblement confiants dans l’absence de danger de la tâche qui leur est confié ?

    • #10368 Répondre
      Mélanie
      Invité

      J’ai aussi été à une réunion de crise dans mon hôpital le mois dernier.
      Même tableau : les médecins partent les uns après les autres, on n’arrive pas à recruter, et fermetures de lits envisagées par le service le plus en difficulté – refusées aussi.
      Les services où il y a encore des médecins n’ont pas trop envie d’aider… et je dois dire que je ne sais pas où me positionner, car je n’aime pas moi-même quand on me demande de bosser dans d’autres services en plus du mien, et que les médecins sont débordés, et que je comprend que ceux qui ne le sont pas ou moins n’aient pas envie de l’être pour finir leurs jouer à 21h, etc.

      • #10371 Répondre
        Mélanie
        Invité

        * leurs journées à 21h, etc.

        • #10415 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui je les comprends aussi, ce n’est pas plaisant
          Peut-être d’ailleurs qu’ils ont raison de refuser la dégradation.

    • #10437 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Dans l’atelier de Céramique en 2016, lorsque je venais avec mon gros masque pro et les grosses lunettes afin d’émailler mes pièces au pistolet, on me riait au nez, les compagnes et compagnons mettaient juste un petit masque ou…un foulard et les lunettes…
      C’est long la prise de conscience.

    • #10659 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Je me permets de mettre ici l’article éclairant du Diplo sur la mise au pas des médecins jugé.e.s trop compréhensifs face aux souffrances des salarié.e.s.

      .

      Un ordre professionnel contesté ; Des médecins au service des employeurs ?

      Selim Derkaoui

      Le Monde Diplomatique

      .

      Depuis 2007, les entreprises ont la possibilité de contester auprès de l’ordre des médecins les certificats médicaux qui établissent un lien entre le travail et la santé mentale et physique de leurs salariés. Une fois saisi, cet organisme peut aller jusqu’à demander aux médecins de modifier leurs écrits, voire les sanctionner. Une pression de plus en plus insoutenable.

      .

      Madame Karine Djemil est médecin du travail. Elle exerce en Seine-Saint-Denis. Il y a dix ans, elle a établi des certificats médicaux qui constatent un lien entre les tentatives de suicide de deux salariées d’entreprises différentes et le travail de chacune d’entre elles. Deux salariées en dépression après avoir subi pendant plusieurs années, affirmaient-elles, un harcèlement sexuel et moral de la part de leurs employeurs. Mais c’est la responsabilité de la Dre. Djemil que l’ordre des médecins a mise en cause. Il l’a convoquée devant une chambre disciplinaire qui lui a infligé six mois d’interdiction d’exercice (dont trois mois ferme) et lui a reproché « un rapport tendancieux (1) ». En appel, la sanction sera ramenée à trois mois. Trois mois sans aucune ressource, ni salaire ni allocation-chômage.

      .

      Comme celui d’avocat, de géomètre ou d’expert-comptable, l’exercice du métier de médecin est régulé par un ordre, organisme de droit privé. Le législateur confie à cette structure une mission de service public consistant, notamment, à s’assurer du respect du code de déontologie médicale : quiconque reproche à un docteur un manquement à ces règles, une erreur médicale ou une violation du secret professionnel peut adresser une réclamation. Si le conseil départemental de l’ordre juge la plainte recevable, il réunit la chambre disciplinaire pour prononcer une éventuelle sanction : avertissement, blâme, interdiction d’exercer, voire radiation.

      .

      L’article R. 4126-1 du code de la santé publique précise les modalités de cette procédure. En 2007, un décret y a ajouté l’adverbe « notamment » : il dispose désormais que « le conseil national ou le conseil départemental de l’ordre [agissent] de leur propre initiative ou à la suite de plaintes, formées notamment par les patients, les organismes locaux d’assurance-maladie obligatoires, les médecins-conseils chefs ou responsables du service du contrôle médical placé auprès d’une caisse ou d’un organisme de sécurité sociale ». Depuis, des médecins du travail mais aussi des généralistes et des spécialistes peuvent être visés par des employeurs, dès lors qu’ils établissent un rapport entre la santé du patient et son activité professionnelle.

      .

      Le 11 octobre 2017, le Conseil d’État a rejeté un recours qui entendait clarifier la portée du code de la santé publique ainsi modifié. Des organisations de médecins l’avaient formé pour obtenir de la plus haute juridiction administrative qu’elle refuse aux employeurs la possibilité de réclamer une action disciplinaire. « Dès que vous développez ce lien santé et travail, le médecin du travail devient un facteur économique négatif. Il faut le faire taire et saper tous les systèmes de prévention », déplore M. Alain Carré, médecin du travail, membre de la Confédération générale du travail (CGT).

      .

      Le site LEXplicite, qui traite, entre autres, du droit des affaires, estime en effet que le recours au conseil de l’ordre est « un levier au service de la défense des employeurs (2) ». De fait, les données recueillies par Mathilde Boursier dans le cadre de sa thèse de médecine, les seules disponibles dans ce domaine, peuvent laisser penser que les plaintes d’employeurs augmentent (3) : dans les dix-sept conseils départementaux qui ont répondu à son questionnaire, elles sont passées de 6,5 % à 13,5 % des plaintes enregistrées entre 2011 et 2015. En tout état de cause, au cours de cette période, elles ont visé en moyenne quatre cents médecins par an : deux cents généralistes, cent médecins du travail et cent spécialistes.

      .

      Cette contestation croissante s’inscrit dans un contexte de détérioration plus large de la médecine du travail, dont le rôle est de supprimer les facteurs de risques et de surveiller la santé des salariés. À la suite de la loi travail de 2016, la visite obligatoire se déroule tous les cinq ans au lieu de deux et, depuis le 1er janvier 2018, hormis pour les postes à risques, la visite d’embauche est remplacée par une visite d’information et de prévention. Depuis 2010, l’effectif de médecins du travail a diminué de plus de 20 %. On compte 4 800 praticiens, qui exercent majoritairement dans des services interentreprises, pour 18 millions de salariés dans le secteur privé et 5,7 millions dans la fonction publique.

      .

      Lorsqu’un médecin est visé par la plainte jugée recevable d’un employeur, il est d’abord convoqué avec l’entreprise plaignante par le conseil départemental de l’ordre à une audience de conciliation, où l’on tente de trouver un arrangement. Dans la grande majorité des cas, le professionnel se voit reprocher de produire des certificats « de complaisance » et est incité à supprimer le lien santé-travail de son écrit médical. Une injonction que la psychiatre Gaël Nayt a mal vécue. Un technicien de Bouygues lui avait raconté les conséquences de ses conditions de travail sur sa vie : troubles du sommeil, dépression, pensées suicidaires… En 2014, elle rédige un certificat à la demande du salarié, en prenant soin de mettre des guillemets à ses propos. « Mon travail est de le reconnaître comme victime, alors qu’il n’avait aucun antécédent psychiatrique. Le leitmotiv médical de l’ordre, qui consiste à constater seulement ce que l’on voit, comme s’il s’agissait d’une fracture de la jambe, ne peut pas être appliqué à la psychiatrie, qui est de la clinique déclarative », analyse-t-elle.

      .

      Pour l’ordre, trop de soignants ne font pas suffisamment la distinction entre le constat médical et les propos du patient. « Les médecins doivent être très conscients de l’importance de leurs écrits, rappelle Dre. Frédérique Nassoy-Stehlin, médecin du travail et représentante de la Bourgogne-Franche-Comté au sein du conseil national de l’ordre des médecins. Ils doivent toujours rapporter les propos du salarié avec des citations et ne jamais les interpréter. » Des principes que Dres. Djemil et Nayt estiment avoir appliqués mais, « aux yeux de l’ordre, le salarié n’existe pas, sa voix n’a aucune valeur, s’indigne la première. Pendant cette étape de conciliation, et même après, il n’est jamais présent, jamais entendu ! Un salarié victime de viol et de souffrances psychologiques par son employeur me disait se sentir moins considéré… qu’un chien ! ».

      .

      Si la loi du 4 mars 2002 a placé le patient au centre du système de soin, l’ordre fait le choix d’ignorer son droit à la parole. Dans les procédures engagées par les employeurs, le patient-salarié n’est à aucun moment entendu ou auditionné. Si pour Dre. Djemil cela n’est pas normal, Dre. Nassoy-Stehlin n’y voit aucun déséquilibre : « Il s’agit d’une affaire entre le médecin et l’employeur, le contentieux ne regarde pas le salarié. »

      .

      Contrairement à la majorité de ses collègues, la Dre. Djemil a refusé de transiger au stade de la conciliation. « On me traitait de folle !, se remémore-t-elle. À ce stade de la procédure, nombreux sont les médecins à modifier leurs certificats médicaux, par peur. Une collègue avait carrément fait une tentative de suicide… » Du fait de ces méthodes d’intimidation, nombre d’entre eux n’osent même plus aujourd’hui prendre le risque de réaliser de tels certificats médicaux. Dre. Nayt a déjà reçu un blâme et redoute une autre sanction. « Je dis aux patients de se tourner vers un médecin expert auprès des tribunaux. Mais ça coûte très cher, environ 400 euros, alors qu’ils sont précaires », se désole-t-elle.

      .

      En cas de refus de la conciliation de la part du médecin, la plainte est traitée par une instance disciplinaire régionale, puis nationale s’il y a appel. L’instruction se résume le plus souvent à un échange d’arguments entre, d’un côté, l’avocat du médecin ou son défenseur confraternel et, de l’autre, l’avocat de l’employeur. Et les sanctions peuvent tomber. Selon le Dr. Dominique Huez, ancien médecin du travail chez Électricité de France (EDF) et vice-président de l’association Santé et médecine du travail, de « 20 % à 35 % des médecins visés par une plainte passent devant la chambre disciplinaire. C’est un pouvoir juridique disciplinaire, un pouvoir d’exception », qui pose une série de problèmes.

      .

      Ces instances devraient en principe recourir au service d’un médecin expert qui aurait accès aux éléments des deux parties mais, à la connaissance du Dr. Carré, ce n’est, en pratique, jamais effectué… « Le premier rôle de l’ordre, c’est d’être le gardien de la déontologie, il n’a aucun rôle d’expert et d’enquête, il fait avec ce qu’il a, rétorque le Dr. Nassoy-Stehlin. Je comprends cette critique car les missions et les écrits du médecin du travail sont difficiles à saisir. Les chambres disciplinaires sont composées de médecins et de magistrats, mais rares sont les médecins du travail… Il en faudrait davantage, c’est vrai. »

      .

      Les sanctions s’appuient la plupart du temps sur « des interprétations très partiales du code de déontologie médicale, souligne le Dr. Huez. Les jugements des chambres disciplinaires ne sont accessibles à personne, hors le médecin accusé, qui reçoit la décision motivée ». L’employeur pourrait par ailleurs recourir à d’autres procédures pour contester un certificat médical, comme la saisine des prud’hommes — qui rendraient un avis « technique » à l’inspection du travail avant qu’elle ne tranche — ou celle du juge pénal pour dénonciation calomnieuse : une expertise serait alors commanditée et menée dans le cadre. d’une instruction en bonne et due forme. « Mais les employeurs préfèrent saisir l’ordre précisément parce qu’il n’y a pas d’instruction », assure M. Huez.

      .

      Marathon judiciaire

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      En outre, dès l’étape dite de « conciliation », le médecin ne peut établir le sérieux du certificat sans communiquer des éléments vécus et exprimés par le salarié relevant du secret médical. Ce qui peut lui valoir un an de prison et 15 000 euros d’amende. « L’employeur n’a pas à savoir tous les antécédents de la victime. L’ordre ne prend pas en compte l’atteinte au droit de la défense liée par le secret médical. Le médecin se retrouve dans une impasse », déplore Me Jean-Paul Teissonnière, avocat de médecins attaqués par les employeurs. Et pour persévérer, il faut des moyens. Les professionnels de santé assurent tous les frais de procédure, qui peuvent s’étaler sur plusieurs années s’ils saisissent le Conseil d’État ou la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH).

      .

      Ce fut le cas pour le Dr. Huez, poursuivi par Orys, un sous-traitant d’EDF, à cause d’un certificat rédigé fin 2011 dans lequel il faisait le lien entre la dépression d’un soudeur de la centrale nucléaire de Chinon (Indre-et-Loire) et son poste. Le salarié travaillait à la maintenance électrique des moteurs et avait déjà exercé un droit de retrait en raison de la chaleur excessive et d’une crainte de contamination à l’amiante. La CEDH lui a donné raison après dix ans de procédure. Pour Mme Djemil, ce seront six longues et épuisantes années, de 2012, date de la conciliation, jusqu’à la révision de sa sanction en appel en 2017. « J’ai redit devant l’instance disciplinaire nationale l’ensemble de mes arguments depuis la conciliation. Les débats étaient durs, mais j’ai tenu bon, jusqu’au bout », se remémore-t-elle.

      .

      Cette justice a des conséquences pour le médecin et le salarié concernés mais aussi pour l’ensemble des travailleurs. Il devient quasiment impossible d’obtenir, grâce à son médecin traitant, un certificat médical afin d’enclencher les démarches de reconnaissance en maladie professionnelle des cancers (4). Comme l’explique la Dre. Djemil : « Tout le monde pâtit de cette manière de terroriser dès le départ, pour empêcher d’établir les liens entre le travail et la santé des salariés : les médecins, les patients, la recherche sur les maladies, la prévention des risques psychosociaux, les futurs morts au travail… »

      .

      (1) Marie Foult, « Médecin du travail condamnée : ses confrères réclament la suppression des chambres disciplinaires ordinales », Le Quotidien du médecin, Malakoff, 14 mai 2018.

      .

      (2) « Saisir le conseil départemental de l’ordre des médecins : un levier au service de la défense des employeurs », LEXplicite, 4 avril 2022, http://www.lexplicite.fr

      .

      (3) Mathilde Boursier, « Évolution du nombre de doléances et plaintes aux conseils départementaux de l’ordre des médecins contre des médecins généralistes pour des certificats en rapport avec le monde du travail » (PDF), thèse d’exercice, université de Rennes, 2017.

      .

      (4) Lire « Ces cancers professionnels qui tuent en silence », Le Monde diplomatique, juin 2022.

      • #10696 Répondre
        Ostros
        Invité

        Intéressant de connaître les étapes de cette procédure qui était esquissée dans le témoignage du médecin que j’ai posté.
        Ça fait froid dans le dos.
        Ça me donne envie de hurler.

    • #10661 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Bonjour,
      Remerciements pour ce topic basé sur une réalité conséquente du travail.
      J’aime aussi regarder du côté des dires et bilans des membres des CHSCT des entreprises..
      Souvent pan de vigilance ajouté aux actions de délégués syndicaux, cet outil d’observation formalisé, sans en attendre des miracles, est un témoin de plus des ravages du libéralisme.

    • #11457 Répondre
      Ostros
      Invité

      « En suivant la tendance, le montant annuel des indemnités journalières pourrait passer de 15 milliards d’euros actuellement à 23 milliards d’euros d’ici la fin du quinquennat, selon ses calculs. À tel point que le sujet constitue désormais « une préoccupation » pour l’exécutif. « Il suffit d’ouvrir un réseau social, un article de presse, pour voir à quel point il est facile de se procurer un arrêt maladie », a-t-il souligné, en référence aux arrêts falsifiés proposés sur Telegram ou Snapchat.
      .
      Gabriel Attal n’a pas abandonné l’idée de limiter les arrêts maladie prescrit en téléconsultation
      Bercy n’est pas moins inquiet sur les arrêts maladie de complaisance. Sans parler de l’essor des téléconsultations. L’an dernier, dans la loi de financement de la Sécurité sociale, le gouvernement avait tenté de dérembourser les arrêts prescris à distance quand le professionnel de santé n’est ni le médecin traitant, ni un médecin avec lequel le patient a déjà eu affaire à distance. La disposition avait été censurée par le Conseil constitutionnel, car considérée comme hors périmètre de la loi de financement. Déçu par cette censure, Gabriel Attal ne compte pas en rester là. « J’espère qu’on trouvera une solution », a-t-il déclaré. »
      Gabriel Attal, notre ennemi :
      https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/gabriel-attal-alerte-sur-lexplosion-du-nombre-darrets-maladie

      • #11469 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Ostros on voit bien l’envie de policer, ça m’énerve m’énerve…

        • #11490 Répondre
          Ostros
          Invité

          Moi aussi.
          Je ne sais pas comment on peut se rassembler pour lutter contre ces décisions. Les gens ont peur d’être catalogués assistés et d’être exclus du marché du travail s’ils se montrent favorables aux arrêts de travail. Et les personnes arrêtées sont souvent isolées et vulnérables. Pourtant il va falloir le défendre ce droit à être arrêté.

          • #11523 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Et si on convenait d’une date où consulter? ces jours-ci, crois bien que personne aurait à en rajouter du tout pour, après diagnostic d’une fatigue, fragilité, de divers nœuds musculaires qui provoquent des douleurs amplifiées par un manque de sommeil réparateur, un gros déséquilibre lié à tout cela amplifié par la chaleur, pouvoir produire un arrêt de travail d’au moins 3 jours à un employeur, non?
            Les pollens sont de plus toujours sacrément volatiles et belliqueux.

    • #11525 Répondre
      Claire N
      Invité

      Oui
      Pour moi c’est un peu particulier ; en général je côtoie des personnes qui ont des pathologies chronique ; de fait il existe des associations de patients qui ont une certaine influence
      Cet axe peut être exploré
      Il existe également des comités d’éthique à différents niveaux, je ne sais pas si ils ont une influence sur ce type de projet
      Je vais me renseigner

      • #11526 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Les assoces pour accompagner les situations les plus lourdes sont souvent une sacrée bonne base pour les fondations d’une lutte, oui, mais j’ai un peu l’impression que c’est justement les situations plus courantes, vécues par la plus grosse majorité des gens, qui sont à dire et valoriser pour amplifier et faire qu’une lutte parle le plus du réel, de son ordinaire et de ses diversités.
        C’est le relatif bon élève qui part volontiers au boulot sans plus trop le questionner qu’il faut convaincre, celui qui est super sincere quand il te dit, bah c’est comme ça, ia pire quand même et qui rit volontiers que tel collègue, d’astreinte avec toi pour juillet, fera sans doute même pas l’ouverture du service tant il évite chaque année le rythme infernal du boulot l’été.
        Celui pour qui être arrêté semble être une déchéance quasi, voir même une tromperie.

        • #11597 Répondre
          Claire N
          Invité

          Effectivement, je constate souvent des refus d’arrêt de travail
          Pas plus tard qu’hier
          Alors qu’il s’agissait d’une « toxicité directe « des conditions de travail sur la santé. ( à mon sens évidemment parce qu’ on préférerait que j’invite la personne à gérer son stress par de la sophrologie)
          Sophrologie d’ailleurs bientôt proposée dans le cadre d’ateliers bien être au travail

          • #11600 Répondre
            Claire N
            Invité

            Je précise que c’est la patiente qui a refusé l’arrêt *

            • #11776 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Oui, je vois beaucoup d’arrêts de gens qui ne s’arrêtent pas, pour diverses raisons. Dont qu’après un arrêt, c’est dur d’y retourner.

              • #11777 Répondre
                Mélanie
                Invité

                * beaucoup de gens qui ne s’arrêtent pas

                • #11820 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui , donc en pratique on voit beaucoup de personnes qui «  sous utilisent «  l’arrêt prétendument « sûr utilisé « 

                  • #11823 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    Je dirais ça aussi

                  • #11824 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Un peu le même constat qu’avec les aides sociales, alors.
                    – on se fait un appel à témoignages ici de type:
                    ‘ Vous même, avez-vous déjà rencontré des difficultés lors d’un retour d’arrêt de travail? (temps d’arrêt, nature de l’arrêt – typiquement, le congé mat. où sabbatique n’est pas de maladie – nature de ces difficultés, temps de présence dans l’entreprise)?’

                    • #11825 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Que fout cet accent sur mon où?
                      Dès le matin, comme ça, la technologie qui prend la main, ah benh ça promet, tiens

                      • #11826 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        * OU sabbatique/ … donc.

                  • #11832 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Il me semble que cela dépend – et dépasse, oui, tout doux zézette, joue aussi un peu selon le poste que tu occupes (cette peur du retour, si je vous ai bien lu.es) voire de tes relations, de ta façon d’être parfois dans ton poste (tu dis et argumentes plutôt ou non? )
                    Après, quand je propose une sorte d’appel à témoignages ici, c’est parce que j’aime bien qu’on illustre ses propos.
                    (en vrai je fais de l’entrisme ici pour De Mes2, 2 Baise-i.eux)

              • #11837 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Te lisant d’abord, sans ta correction, j’avais compris que tu disais, très mal en effet, que ‘ les gens ‘ ne prenaient pas les arrêts prescrits par leur médecin.
                Ça, par exemple, ça m’est arrivé, la situation dont je me souviens ici était un contexte économique: statut précaire, en début d’exercice pro, arrêt à proximité du week-end ou un truc concernant le.s jours de carence, il me semble.
                D’ailleurs, ça m’intéresserait bien ça, mais c’est sans doute peu lisible, le nombre de patients qui sort du cabinet médical avec un arrêt et qui finalement ne le produit pas auprès de la sec.soc et/ou de son employeur.

                • #11838 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  ‘ Employeur’ est marrant d’ailleurs comme terme, vraiment pas lutte des classes.
                  Parle à ton patron ou ta patronne en la nommant ainsi – ou chef.fe – souvent ça se crispe.
                  Et pourtant.

                • #11839 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Même truc avec ‘ responsable ‘
                  sans parler évidemment de N+ 50000
                  D’autant que, selon qui parle, d’où on parle, le niveau de hiérarchie n’est évidemment pas le même et, si on est taquin.e, en réunion par exemple, et qu’on s’amuse à faire préciser l’identité de N+truc, la séquence peut-être bien bien drôle.

    • #11601 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Je ne sais pas si certains.nes d’entre vous ont vu passer cette info, la société Ramsay services propose un abonnement à 11,90 € par mois pour avoir un médecin en téléconsultations 24/24 h..
      Comme pour Netflix et autres plateformes, même système d’abonnement, sauf que là c’est la médecine.

      • #11604 Répondre
        Ostros
        Invité

        J’avais pas vu ça.
        Dans le même genre on les plateformes de psy en ligne. A qui tu peux écrire des sms h/24 dans lesquels tu racontes tes malheurs de la journée.

        • #11605 Répondre
          Ostros
          Invité

          business is business.

          • #11607 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Je ne connaissais pas non plus pour les plateformes de psy en ligne.
            Oui tout est marchandise.
            Tout est bon pour faire du fric.
            La santé, nos corps

      • #11611 Répondre
        Graindorge
        Invité

        140€/an pour des médecins francophones rémunérés au lance-pierre? Et 24/24. Heures de nuit payées double?

        • #11628 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Là, tu parles de l’abonnement patient?
          Le praticien a une rémunération dans la grille de consultation actuelle -et/ou de sa convention collective pour les psy- il me semble ( celle du lance-pierre donc, oui)

      • #11625 Répondre
        Carpentier
        Invité

        L’épisode covid a certes suscité beaucoup de questionnements et mises en place de dispositifs d’accompagnements en tout genre, dont le capitalisme, avide de tout, a profité, profite et profitera encore.
        Mais, comme se le demande l’autre, faut-il jeter baby avec l’eau de son bain?

    • #11827 Répondre
      Ostros
      Invité

      Ca y est ça en parle un peu dans quelques articles en ligne discrets. Ça serait bien d’avoir le communiqué en question.
      .
      L’Assurance maladie vient de lancer une campagne de contrôles des médecins traitants ayant la main lourde sur la délivrance d’arrêts maladie. Une prise de position que la profession “condamne sévèrement”, lassée de jouer le rôle de “bouc émissaire” du gouvernement, s’est insurgé le premier syndicat du milieu dans un communiqué publié jeudi 15 juin.
      .
      https://www.capital.fr/economie-politique/arrets-maladie-les-generalistes-se-rebellent-contre-lassurance-maladie-1471632

      • #11833 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Je sais bien qu’il ne faut pas psychologiser l’adversaire, parce que dépolitisation étoussa.
        Mais tout de même, cette propension de ceux qui nous gouvernent à considérer tous les réfractaires – et plus généralement tous celleux qui revendiquent le droit de faire un boulot bien fait et dans de bonnes conditions – comme de petits enfants immatures et irresponsables ne lasse pas d’interroger.
        Moi je leur dis que c’est une piste prometteuse : à ne pas négliger pour leur prochain rendez-vous d’analyse.

        • #11835 Répondre
          Carpentier
          Invité

          De ce fait, Docteur Xav, argumenter, lutter, gréver pour de meilleures conditions de travail est puéril?

          • #11840 Répondre
            Carpentier
            Invité

            aux yeux de l’adversaire,
            Mais quels mauvais joueurs.

          • #11841 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Mézenfin Carpentier, m’as-tu bien lu ? Ou m’exprime-je si mal ? Oui c’est puéril… pour ceux qui nous gouvernent. C’est ça que je trouve intéressant.

            • #11843 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              (téléscopage de messages, ok compris)

              • #11848 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Oh mais c’est qu’il s’exaspererait le bougre 🤗
                Pour ta peine 😉 je te propose de faire un tour du côté de notre rdv integral 💥
                Il y a du pain sur la planche pour les volontaires 😎😇🙏

                • #11876 Répondre
                  Carpentier
                  Invité
                  • #11886 Répondre
                    Céline
                    Invité

                    Je le mets dans intégral.

                    • #11910 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      🌞👌donc toi, tu donnes plutôt des nouvelles du Monde?
                      Tu as raison, voyons les choses en grand 🙂
                      Là dedans – les presque 9 M d’arrêts maladie de 2022 en France, sont inclus ceux liés au protocole COVID/stop COVID qui ‘allaient de soi’ dés que tu le chopais? car IEN a pléthore de ceux-là je crois bien.
                      Bon, dans tous les cas, ce trou mythique de la sécu qui empêcherait les autres dépenses sociales c’est du Nakache et Toledano.
                      Perso, le prochain qui commence une phrase dans ce sens, je lui saute à la gorge.
                      Tout simplement.

                  • #11888 Répondre
                    Céline
                    Invité

                    Et au passage : « Sur les arrêts maladie, nous avons eu en 2022 8,8 millions d’arrêts maladie en France, contre 6,4 millions dix ans plus tôt. C’est une hausse de plus de 30 %, qui nous a conduit en 2022 à dépenser au total 16 milliards €.
                    Nous proposons à toutes les parties prenantes, représentants des entreprises et des salariés, médecins- conseils, CNAM, de travailler ensemble d’ici le PLFSS 2024 aux instruments les plus efficaces pour lutter contre ces dérives.
                    Chacun doit être davantage responsabilisé. Du salarié au chef d’entreprise, en passant par le médecin. L’absentéisme n’est pas une fatalité. »
                    Bruno Lemaire aujourd’hui. arrêts maladie = absentéisme. On y est. Responsabilité individuelle, etc…

                    • #11892 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      • #11896 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Très entraînant parfait

                      • #11898 Répondre
                        Graindorge
                        Invité

                        Y’aura toujours Lemaire pour te remplacer yeh yeh yeh Eh eh!!

                      • #11913 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Celle-ci aussi, conséquence d’une rupture, certes apparemment, mais c’est le résultat qui compte: tout.es les largué.es en arrêt 😌

                      • #11899 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Très sympa cette chanson de flemme. Revigorante.
                        A une époque y avait celle-là, plus posée :

                      • #12058 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        c’est super sympa, drôle, entraînant et très juste.
                        Merci pour la découverte du groupe Poésie Zéro François

                    • #11897 Répondre
                      Graindorge
                      Invité

                      contre ces dérives? Retiens-moi, Akenza, retiens-moi!

                    • #11900 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Merci Celine.
                      Et côté Pôle Emploi ils ont pour consigne depuis Macron d’effectuer plus de contrôles. C’est à dire que si tes preuves de recherches d’un job ne les satisfont pas tu te fais radier. Si tu rates un rdv parce que ta voiture est en rade et que tu n’as pas les moyens de la réparer tu es radié. Si tu ne te rends pas à une demi-journée d’information sur un métier qui n’a absolument rien à voir avec tes qualifications, tes prétentions salariales ou tes centres d’intérêt, tes envies, parce que tu dois garder ton fils qui a chopé une angine, même si tu leur amènes le certificat médical du gosse c’est pas toi qui étais malade donc tu es radiée. etc. etc. jusqu’à ce que mort s’en suive.

                    • #11911 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      Le PLFSS 2024.
                      Putain, un nouveau missile, terreur.

      • #11862 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Le médecin est tenu au secret professionnel. Il doit pouvoir être libre d’exercer sans ingérence. L’assurance-maladie est entrain de friser l’illegalité. Attal parle t-il de l’explosion des problèmes de santé des travailleurs grâce à leur politique et maintenant obligeant les gens à bosser encore 2 ans de plus?
        C’est sûr que lui et ses copains-copines n’ont jamais besoin d’arrêt-maladie. Ce sont eux qui nous rendent malades.

    • #12254 Répondre
      Ostros
      Invité

      Encore un groupe de Nantes.
      Sexy Sushi – Je refuse de travailler.

    • #12256 Répondre
      Claire N
      Invité

      Meilleure raison : «  je refuse de travailler ça me prends beaucoup trop de temps « 
      Et pour une vision systémique de qualité :

    • #12757 Répondre
      Toni Erdmann
      Invité

      Ecoutons Ali et Maryline pour revenir aux évidences politiques : le monde du travail bousille la vie.

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/votre-teleconseiller-2135172

      • #12814 Répondre
        Ostros
        Invité

        Merci je vais écouter.

      • #13010 Répondre
        Mélanie
        Invité

        J’ai écouté. Alors à l’hôpital on n’en est pas du tout au stade des centre d’appels, mais on y retrouve ce goût délicieux du management.
        D’ailleurs le mot manager est employé par certains.
        Et les « objectifs », aussi.
        Pas encore les « best performers », mais je crois qu’on prend ce chemin.

    • #12918 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci toni Erdmann
      Pour ces témoignages
      Tout est écrasé et broyé même les liens familiaux
      Ou entre collègues sont ciblés et « interdits « 

    • #14283 Répondre
      Sarah G
      Invité
    • #14284 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Pour ceux qui ne sont pas abonné.e.s
      Article complet.
      Au travail, des « risques invisibles » pèsent sur la santé des femmes
      Dans un rapport présenté le 28 juin, la délégation aux droits des femmes du Sénat pointe le manque de prise en considération par les pouvoirs publics des problématiques auxquelles sont exposées les femmes dans leur activité professionnelle.
      Le 30 juin 2023 à 07h00, modifié le 30 juin 2023 à 11h16.Lecture 2 min
      Des femmes « davantage exposées à des risques invisibles et silencieux », des statistiques genrées « insuffisamment exploitées », des politiques de prévention « focalisées sur l’homme moyen » : après plus de six mois d’enquête, la délégation aux droits des femmes du Sénat a livré le 28 juin, dans un rapport de Laurence Rossignol (Parti socialiste), Laurence Cohen (Parti communiste), Annick Jacquemet (Union centriste), Marie-Pierre Richer (rattachée Les Républicains), ses conclusions sur les liens entre travail et santé des femmes.
      Alors que le nombre d’accidents du travail explose chez ces dernières depuis vingt ans, ces liens demeurent encore « impensés », s’alarme le rapport. Dans un marché du travail qui s’est largement tertiarisé, les femmes sont désormais les premières victimes de troubles musculosquelettiques et sont trois fois plus nombreuses à faire état de troubles psychiques liés au travail que les hommes.
      Statistiques « très peu exploitées »
      Pourtant, les statistiques genrées, quand elles existent, « sont très peu exploitées », a signalé Annick Jacquemet lors de la présentation du rapport. Aussi, l’Assurance-maladie ne se penche pas sur les statistiques sexuées en termes d’accidents du travail, « statistiques dont l’organisme dispose pourtant ».
      Cette « supposée neutralité », mais aussi la volonté de ne pas faire de discriminations entre les salariés, a conduit les entreprises et les politiques publiques de prévention à se focaliser « sur l’homme moyen, à savoir le travailleur masculin », a poursuivi la sénatrice du Doubs. Le rapport fait notamment un focus sur le secteur du soin, composé à 80 % de femmes, où les salariés sont nombreux à effectuer des horaires atypiques.
      Or les liens entre travail de nuit et cancer du sein ont longtemps été ignorés, a rappelé Marie-Pierre Richer. Et de relever qu’après des années de bataille juridique, c’est seulement en mars 2023 qu’une ancienne infirmière a pu faire reconnaître son cancer du sein comme une maladie professionnelle.
      Dans le secteur du nettoyage, qui concentre une majorité de femmes de plus de 50 ans en situation précaire, les salariées sont non seulement exposées à de la pénibilité physique, mais aussi à sept produits cancérogènes courants en moyenne dans les produits de nettoyage qu’elles utilisent. Sans que les pouvoirs publics s’emparent du sujet, s’est émue la sénatrice.
      Equipements pensés pour « l’homme moyen »
      Quant aux équipements de prévention, au matériel ou encore aux postes de travail, ils sont également pensés pour le gabarit de l’« homme moyen », a pointé Annick Jacquemet : et la sénatrice de donner l’exemple des « gants de protection utilisés par les soignantes et les femmes de ménage », « qui sont trop grands et laissent passer les produits ». Exposées à des risques encore mal mesurés, soumises à des carrières moins linéaires que les hommes, les femmes sont seulement 23 % à bénéficier du compte personnel de prévention.
      Autre sujet abordé dans le rapport : la prise en charge de l’endométriose et des pathologies liées à la variation des cycles hormonaux, notamment lors de la ménopause. Un enjeu de santé publique mais aussi « d’égalité professionnelle », souligne le document.
      Si la mise en place d’un congé menstruel généralisé n’a pas été retenue parmi les propositions, le rapport propose d’ajouter l’endométriose à la liste des affections de longue durée (ALD) et plaide pour l’adaptation des conditions de travail, ainsi qu’une sensibilisation des employeurs et des médecins du travail à ces problématiques.
      « Adopter une approche genrée »
      Plus largement, il est nécessaire d’adopter une « approche genrée de la santé des femmes au travail » et de créer une « prise de conscience au niveau de la société, des employeurs et au niveau syndical », a défendu la vice-présidente de la délégation aux droits des femmes, Laurence Cohen.
      Le rapport propose par ailleurs d’étudier davantage les données genrées, d’adapter les mesures de prévention, notamment dans les secteurs féminisés, ou encore de réviser les critères de pénibilité pour améliorer la reconnaissance des maladies professionnelles chez les femmes.

      • #14285 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci, il y a aussi toute une réflexion sur les enquêtes statistiques et la manière de poser les questions. Me souviens un article de chercheures qui constataient par exemple qu’une question d’enquête terrain était « portez-vous des charges lourdes ? », ce à quoi les infirmières et aides à domicile répondaient par la négative. Alors que si la question avait été « portez-vous des charges OU PERSONNES lourdes ? » la réponse aurait évidemment été différente.

        • #14291 Répondre
          Sarah G
          Invité

          J’ai partagé aussi dans le topic La police tue, un article complet du site Mediapart.
          Bon dimanche

        • #14337 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Dans ma première jeunesse, j’ai travaillé comme auxiliaire de vie et même si durant la formation, on apprend comment porter, soulever une personne malade et/ou âgée et pas toujours poids plume et répéter l’opération plusieurs fois par jour, tu te casses le dos à la longue. Il devrait y avoir un service de kinésithérapie/quiromassage après la journée de travail. J’ai fait ça 3 ans. Malgré les compensations humaines, les rires. Pas pu plus.

      • #14289 Répondre
        Jean Monnaie
        Invité

        L’interdiction du travail de nuit pour les femmes en France remonte à la loi du 2 novembre 1892. C’est au début des années 2000 que cette interdiction a été levée, grâce à l’intervention des féministes qui ont lutté contre la discrimination entre hommes et femmes – nous pouvons remercier Bruxelles pour cela. Malheureusement, le travail de nuit augmente le risque de cancer du sein chez les femmes non ménopausées de 26%, sans mentionner les autres problèmes qu’il engendre, comme la gestion des enfants. Curieusement, aussi bien la gauche que le patronat se disent féministes. Cela doit créer une certaine schizophrénie à gauche, j’en suis profondément convaincu.

        • #14290 Répondre
          Jean Monnaie
          Invité

          « Alors, en théorie, hommes et femmes sont égaux sur tous les fronts. Mais en pratique… ‘Il est peut-être temps de réviser les critères de pénibilité spécifiques aux femmes,’ clament les employées. ‘Pourquoi faire ?’ réplique le patronat, ‘Vous êtes tout à fait l’égal de l’homme. Alors, pourquoi ne pas porter cette charge lourde pour nous aider à combattre le patriarcat ? Ah, l’égalité est une chose merveilleuse, n’est-ce pas ? dit-il en se frottant les mains.

          • #14333 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Partez monsieur, partez. S’il vous plaît. Vous êtes un homme éduqué, cultivé, poli mais vous en avez assez dit. De toutes façons plus personne ne va vous répondre. C’est triste ce que vous venez de faire à ce forum simplement parce que derrière votre écran et votre anonymat vous vous sentez inatteignable. Et vous ne l’êtes pas.
            C’est indigne d’un homme digne de ce nom. Ne perdez pas bêtement ce qui fait le prix de tout être humain qui se respecte. Car vous avez de l’humanité. Partez. Je ne peux rien faire pour vous aider. Je vous le demande. Gentiment.

      • #14332 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Merci Sarah Encore un long chemin à parcourir mais ça avance. Il est/sera d’accès public ce rapport?

        • #14334 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Ça je n’en sais rien, il faut aller voir sur le site du Sénat, peut-être que les rapports sont visibles, mais je n’en suis pas sûr.
          Si ce n’est pas le cas, ça serait bien utile qu’il soit public.

    • #15978 Répondre
      Sarah G
      Invité
    • #35804 Répondre
      Claire N
      Invité

      Petite nouvelle
      L’ARS ( organisme régional de santé) a mis récemment l’hôpital périphérique dans lequel je travaille sous tutelle financière en raison de sa dette
      Par ailleurs la présence d’une dette importante bloque les possibilités d’emprunt de l’hôpital aux banques privées ( oui une partie du financement est entre leur mains) les pauvres n’ont pas confiance…
      L’ARS impose une coupe drastique dans les postes : en pratique ce sont les médecins étrangers qui sont viré
      Le non renouvellement de poste : en pratique la pesdo psychiatrie n’aura plus d’assistante sociale
      Tout cela bien entendu non corrélé à l’augmentation des patients sur des brancards
      Des financements ont pourtant permis d’ouvrir une unité de «  médecine polyvalente «  au sein de la structure : la catastrophe est que cette unité n’intègre pas des critères diagnostiques pour accueillir des patients dans ses lits mais des critères de temps de séjour présumé ( pas plus de 3 jours) il s’agit donc à mon sens d’une sélection sociale à l’entrée
      Voilà les différents points identifiés
      J’espère que ça vous aura pas saoulé
      Bonne journée

      • #35805 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Salut Claire,
        Le lien entre pas plus de trois jours et la sélection sociale n’est pas clair pour moi d’emblée ; est-ce que tu peux développer ou donner un exemple ?

        • #35807 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui ; les personnes qui n’ont pas de «  devenir assuré «  et qui risquent d’ » emboliser les lits «  sont en pratique des personnes isolées
          Deja «  fragiles socialement « 
          – âgées dépendant
          – sdf
          – pas de fric pour payer une structure privée d’accueil ou des gardes de nuit

          • #35812 Répondre
            Mélanie
            Invité

            Oui d’accord, merci
            « Ne pas emboliser un lit » – je connais bien

            • #35816 Répondre
              Claire N
              Invité

              Voilà, terme qui insidieusement fait basculer du côté fonctionnel de l’entreprise ; il faut bien choisir sa matière première

      • #35810 Répondre
        deleatur
        Invité

        Non, pas saoulé, mais alors pas du tout. Navré par contre.
        Quand on a commencé à mettre des managers et des gestionnaires à la tête des hôpitaux, des gens qui n’étaient pas issus du milieu médical, avec des tableurs excel en tête et des plans d’économie, non seulement on a dépossédé les personnes qui travaillaient dans le soin de leur outil de travail, mais ont les a également dépossédés de leur compétence à l’utiliser de manière adéquate et de leur parole précieuse pour en décider l’usage au quotidien. Ces plans d’économie finissent toujours par retomber sur la gueule des soignants et soignantes et des malades.
        Désolé d’être dans la généralité.
        Merci pour ce partage.
        .
        Lu ce matin dans Le Monde
        « Le cas extrême d’une femme rappelle l’accès déplorables aux soins dentaires au Royaume-Uni.
        Ne pouvant se permettre de se payer un cabinet privé, ni d’attendre « trois ans » pour avoir un rendez-vous avec un dentiste du NHS, le service de santé public, Caroline Pursey, 63 ans, s’est arraché douze dents à la tenaille. »

        • #35820 Répondre
          Claire N
          Invité

          Caroline n’est assurément pas le dernier homme 😉

    • #37520 Répondre
      Claire N
      Invité

      Petites nouvelles
      Suite à la démission de la CME ( commission médicale d’établissement) une réunion pour organiser la gradation de notre opposition à l’ARS
      A eu lieu , je suis quand même contente de remarquer que chacun a acte que la discussion n’est pas possible et qu’il s’agit d’un rapport de force
      Je me suis proposé pour l’équipe de rédaction d’un premier courrier actant la prise de position
      De l’ensemble des travailleurs contre les mesures de restrictions
      Heureusement personne ne pense que cela va suffire et il est heureux que nos moyens de faire pression ai été évoqué
      A aussi été évoqué les mesures de rétorsions possible ( virer notre direction qui ne sait pas «  tenir «  ses employés et nous mettre sous direction directe de l’ARS – mais bon dans les faits
      Ça clarifie juste le front…)
      Voilà pour les petites nouvelles

    • #80465 Répondre
      Carpentier
      Invité

      tandis que la ville de Vichy s’apprête pour les funérailles d’André Lajoinie, c’estvaussi un vendredi lendemain de rue, on remet un tour de cinéma pour un nouveau gouvernement?
      https://www.humanite.fr/en-debat/marche-du-travail/comment-le-dialogue-social-et-le-travail-ont-ils-ete-transformes

      • #80467 Répondre
        Carpentier
        Invité
        • #80470 Répondre
          Carpentier
          Invité

          décembre 92-janvier 93

          Le verrou que porte ce texte réside dans ces cinq mots : « nulle et de nul effet ». Il ne s’agit pas ici de la simple nullité d’une « procédure » de licenciement. Sont sanctionnés ici la nullité du licenciement lui-même et le droit à la réintégration

          https://www.humanite.fr/politique/licenciements/la-loi-anti-licenciement-du-president-lajoinie

          Malheureusement c’est le gouvernement Hollande-Ayrault qui, le 14 juin 2013, modifiera – contre les seules voix des parlementaires communistes – le droit des licenciements économiques en retirant les contentieux des plans dit sociaux au juge judiciaire dans le cadre d’une loi dite de « sécurisation de l’emploi » qui n’est en réalité qu’une sécurisation des licenciements.

      • #80472 Répondre
        Carpentier
        Invité

        lien l’huma transformations dialogue social/travail

        Il faut changer nos mentalités et regarder où se situent les prolétaires et les classes exploitées aujourd’hui. Il existe un rapport d’exploitation entre « les cerveaux », les salariés diplômés ou très diplômés et celles et ceux qu’ils considèrent comme leurs « servants » qui font leur ménage, s’occupent de leurs enfants… Il faut prendre conscience de ce nouveau rapport de domination pour organiser du partage entre ces deux classes.

      • #80526 Répondre
        graindorge
        Invité

        « on remet un tour de cinéma pour un nouveau gouvernement? »
        oui, film sans surprises… pris ma place sans popcorns, au fond. Près de la sortie

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