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Malice
InvitéAprès avoir eu le coup de foudre pour « That cold day in the park » j’ai envie d’explorer Altman et comme je sais qu’on fouette ici la crème des cinéphiles, j’invite les amateurs à partager ici leurs films préférés de Robert
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Sam
InvitéShort Cuts par exemple, grosse claque pour moi, ado! 🙂
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toni Erdmann
InvitéJ’ai été très déçu par Short Cuts. J’avais lu les nouvelles de Carver et ce qui me touchait dedans était le minimalisme. Le drame se joue dans un geste, dans un moment anodin. Il documente également la petite mesquinerie. Il ne s’agit pas là de grands vices, mais seulement de petites lâchetés propres à la nonchalance ou l’insouciance. Or, Altman, en créant des ponts entre toutes ces petites histoires, dézoome et on a l’impression qu’il veut davantage capter une époque ou une ville plutôt que des petits actes. Y’a le côté pompeux du film choral sans le caractère épuré d’une nouvelle.
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En revanche, je conseille grandement Le Privé (The Long Goodbye en VO). J’adore les 10-15 premières minutes et le film vaut le coup d’oeil juste pour ce début.-
Malice
InvitéAprès le premier quart d’heure tu as perdu de l’intérêt pour le film?
Dans « That cold day in the park », la première partie ( juste avant un twist narratif ) est très accrocheuse aussi mais la tension se maintient jusqu’à la fin, dans un climat d’inquiétude et d’érotisme qui m’a parfois coupé le souffle. Ce huis-clos m’a fait oublier tous les huis-clos vus jusqu’à aujourd’hui, c’est dire.
Je recomande aussi le film pour une superbe scène de colin-maillard nocturne où les ombres deviennent des personnages. Belle scène de danse également ( où le héros muet devient une sorte de lutin, à la fois enfantin et sexy) -
Sam
InvitéSalut Torni, comme en littérature ma culture est celle d’un amateur.
Après je n’ai jamais vu un film qui arrive à la cheville du livre dont il est tiré.
Blade Runner est un chef-d’œuvre mais extrapolé d’une nouvelle de k dick, « do androïdes dream if Electronic sheep? »
Deux choses, un roman va beaucoup trop loin dans les détails, la profondeur, conjointement à notre imagination, qui cristallise cela de façon, comment dire, inoubliable ou irremplaçable dans notre mémoire. Les films ne peuvent alors que décevoir.
J’avais trouvé les descriptions du seigneur des anneaux bien longue,Vador, mais quand je voyais les potes s’émerveiller devant les films de Jackson, j’étais mortifié.
Ne parlons pas de Dune de Herbert ou autre.
C’est l’osmose qu’on a eu avec un bouquin qu’on voudra revivre, cette aventure sensible, sensorielle, charnelle presque qu’on voudrait revivre, c’est impossible. 🥲-
Sam
InvitéEpiquo-Mythique pour Dune.
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françois bégaudeau
InvitéJe sens arriver Fight club.
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Sam
InvitéNan, mais voyage au bout de l’enfer de Cimino par exemple.
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Alexandre
InvitéPourquoi donc Voyage au bout de l’enfer ? C’est pas l’adaptation d’un roman fameux dont on attend l’adaptation au tournant, que je sache?
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o
InvitéSur Short Cuts j’ai trouvé complètement artificiel ces liens entre les personnages. ça donne envie de lire les nouvelles du coup, pour comprendre ce qu’il pouvait y avoir de fort et qui s’est perdu dans la transposition.
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Parfaitement à l’eau
Invité3 femmes, probablement mon préféré.
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françois bégaudeau
InvitéGrand souvenir de Trois femmes aussi
J’ai eu une grosse période Altman vers ma vingtaine, et plus du tout depuis.
Je compte en voir ou revoir un paquet dès que j’ai deux minutes.-
Malice
InvitéJe note, merci pour les suggestions. Je pensais voir « Gosford park » également, quelqu’un l’a parmi vous l’a aimé?
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Hervé Urbani
InvitéMoi j’avais aimé cette espèce de remake de La Règle du jeu. Et vu aussi plusieurs fois Short cuts et quelques autres Altman mais tout cela date de presque trois décennies. Aucune idée de ce que je penserais de ces films aujourd’hui. Là où je n’ai aucun doute, c’est sur trois de ses films : Popeye, Vincent et Theo (sur les frères Van Gogh) et Prêt à porter : c’est nul.
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Alexandre
InvitéPas vu Vincent et Théo.
Pas d’accord sur Prêt-à-porter, ni sur Popeye. Si tous les films nuls l’étaient comme ces deux-là, ma boîte aux lettres serait installée à l’entrée de l’unique multiplexe de ma ville.
Il s’agit de deux divertissements. Aucun problème avec ça en ce qui me concerne. Prêt-à-porter est parfois un peu lourd mais souvent jubilatoire, amusant, superficiel mais dense, généreux avec le spectateur. Parce que c’est là le point que je souhaitais soulever : Altman est un vrai metteur en scène : il filme, il tient sa caméra comme un pinceau, balançant ses comédiens et les personnages qu’ils incarnent sur l’écran avec une sorte de délié, de souplesse virtuose. Un peu fatigante aussi, il est vrai. Dans bon nombre de ses films, on trouve des moments de cinéma. Prêt-à-porter a le sien : c’est le très beau défilé de mode final, que je ne révèlerai pas. Là, il se passe quelque chose qui fait cinéma, en sens noble du terme.
Popeye est une des toutes meilleures, sinon la meilleure production Walt Disney « en dur ». Ya pas vraiment de scénario (dans mon souvenir), c’est sûr. C’est bruyant et très agité mais je suis persuadé que E.C. Segar, l’auteur génial de Popeye, la BD, aurait adoubé l’adaptation cinéma qu’en fait Altman. Les chansons de Harry Nilsson sont charmantes (coucou Punch Drunk Love), les décors magnifiques et Shelley Duvall en Olive Oil absolument délicieuse.
Et Altman réussit in fine une des meilleures adaptations de BD que j’ai connu. Et le cinéma et la BD font rarement bon ménage.-
Malice
Invitéça fait bon ménage quand c’est adapté de Daniel Clowes ( art school confidential, ghost world)
Prêt à porter je n’en ai retenu que Tim Robbins et Julia qui restent au pieu toute la semaine!-
Alexandre
Invité« ça fait bon ménage quand c’est adapté de Daniel Clowes ( art school confidential, ghost world) »
Ah peut-être (j’avais bien aimé le film de Terry Zwigoff). Mais je ne suis pas sûr que ce soit une adaptation au sens où je l’entends (je dis peut-être une bêtise). On est plus dans l’adaptation de l’esprit mais visuellement, ça n’a pas beaucoup de rapport (je ne connais pas bien mais j’ai pas l’impression que cette BD soit ma came).
Dans mon esprit, une adaptation de BD doit reproduire non seulement l’esprit, mais aussi l’esthétique, la dynamique, l’invention, le foisonnement d’une BD. En fait, c’est extrêmement dur. Beaucoup de candidats pour peu d’élus. Ça ne marche pas. Le premier Superman de Richard Donner s’en sort pas mal. Je trouve que c’est par la bande (pas fait exprès) que certains films de l’histoire du cinéma semblent saisir quelque chose d’une certaine bande dessinée sans le vouloir. Il y a du Hergé chez Hitchcock et vice versa.
Mais pour en revenir à notre sujet (rire), Altman tire vraiment quelque chose de Segar. -
Alexandre
InvitéEt tu sais quoi? C’est peut être le seul film où j’ai aimé Julia Roberts.
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Alexandre
InvitéPrêt-à-porter
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Malice
Invitéghost world et Art school représentent bien, à mon sens, l’ironie de Clowes, son goût pour les tronches. Je retrouve aussi sa tendresse pour les gens sans destin, sa douceur envers les punkettes ( Enid ).
Mais si tu n’aimes pas ses bd effectivement les adaptations ne vont pas te brancher.
A propos de Julia, tu ne l’aimes pas dans les Soderbergh et dans « Closer » de Mike Nichols?
Je l’ai vue dans le dernier Guadagino et je me suis dit qu’elle résistait vaillamment à la main de Luca. Pour la faire courte, je crois qu’il a vu Tàr, s’est dit qu’il allait faire le sien, a pris Julia à la place de Cate ( même profil de femme forte majestueuse) et s’est viandé car il ne s’intéresse pas assez aux femmes pour faire un long-métrage sur l’une d’entre elles.
J’aime qu’elle grimace si peu-
Alexandre
Invité« Mais si tu n’aimes pas ses bd effectivement les adaptations ne vont pas te brancher. »
Ben si justement, j’ai aimé Ghost World. C’est juste que je ne vois pas, à priori, de continuité plastique entre la BD (pour ce que j’en connais, c’est à dire peu) et le film.« A propos de Julia, tu ne l’aimes pas dans les Soderbergh »
Je n’ai rien contre mais c’est LA star (ce qui plombe un peu Erin Brockovich) et physiquement, elle ne m’emballe pas plus que ça (je veux dire sur un écran, hein).
Dans le Altman, elle est très mignonne il me semble. -
Malice
InvitéJe te conseille si tu as moyen de lire la bd de Clowes et de revoir le film dans la foulée, je pense que tu verras la continuité. La bd est plus trash ( je pense à une ado atteinte d’une tumeur monstrueuse à la Black hole de Charles Burns), plus cruelle et sèche par moments ( un jeune aspirante comédienne qui se vautre dans la com de campagne d »un candidat droitard à je ne sais plus quelle élection) mais on est bien dans l’univers de DC.
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Alexandre
InvitéMerci pour le conseil!
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Malice
Invitéps je ne me remets pas du fait que Thora Birch bouffe l’écran dans GW et n’ait pas eu l’opportunité de renouveler l’exploit par la suite. Magie de la direction d’acteur, rencontre entre un corps et un personnage qui lui convient?
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Tony
InvitéBof,je l’ai vu l’année dernière,il était passé sur Arte,ça m’a pas ébloui,ça rappelle le dispositif de la règle du jeu, je l’ai vite oublié.
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Ema
InvitéJ’ai le souvenir d’un film Cluedo à l’humour un peu satirique et misanthrope. Ça ne m’avait pas immensément marqué mais tu devrais passer un bon moment quand même.
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Malice
InvitéSi ça ressemble à « La règle du jeu », je fonce
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Parfaitement a l’eau
InvitéTrois femmes, meilleur rôle de Shelley Duval ? Pour moi oui. Celui où son physique atypique est le mieux utilisé je trouve
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Malice
InvitéVu « Trois femmes » hier; je suis d’accord au sujet de Shelley Duvall.
Je suis encore en train de ruminer les mystères du film: la relation des deux Millie qui me rappelle celle du jeune homme et de l’héroïne de « That cold day in the park » : fusion, détachement, fusion ( une oscillation sans fin); les peintures fascinantes qui marquent les territoires de la 3e femme; l’indifférence quasi systématique des autres – en particulier les hommes- au trio de femmes. Impression qu’elles sont des fantômes dans la vie de leurs collègues et voisins, particulièrement quand Shelley Duval raconte sa vie, ses recettes de cuisine, ses projets: on croit qu’elle est en conversation avec les employés du centre de rééducation, or il n’en est rien, elle parle seule avec obstination, ce qui pourrait la faire passer pour une personne égocentrique, cependant quelques séquences plus loin, elle semble douloureusement atteinte par le drame qui advient à la moitié du film…
Le personnage de Pinky Rose est tout aussi insondable ( quel lien y a-t-il entre le personnage qu’incarne Sissy Spacek pendant la première partie et celui qu’elle devient par la suite?)-
Malice
Invitéarchive ina sur « Trois femmes »
( attention une partie de l’interview spoile un évènement du film)
https://www.ina.fr/ina-eclaire-actu/video/i00019604/robert-altman-a-propos-de-trois-femmes-
Parfaitement à l’eau
InvitéCool, j’écouterais ça.
Je l’ai vu il y a longtemps, je n’ai plus de souvenirs précis de l’histoire, juste quelques images. Du bar où Shelley traine, les dessins dans la piscine, la façon dont tout le monde ignore ou utilise ou se moque de Shelley qui cherche à être gentille, aidante. C’est un personnage très attachant. Et oui c’est un film assez mystérieux, c’est ce qui me le rend fascinant.-
Malice
InvitéL’obstination des gens à mépriser Millie m’a beaucoup frustrée, comme m’a frustrée son obsession du beau mariage. Impossibilité de trancher : est-elle une brave fille ou une grosse reloue? Par ailleurs son inadaptation sociale donne lieu à des moments comiques que Shelley Duval porte très bien. Et j’aime que Pinky ait le coup de foudre pour elle, au milieu des indifférents. Est-elle aveuglée par son admiration ou alors au contraire la seule âme assez éclairée pour « voir » Millie parmi ceux qui n’en sont pas capables? Le tiraillement des deux femmes vers une amitié féminine intense m’a rappelé « Céline et Julie vont en bateau », » Conte de printemps » ( faudrait que je recense les fictions qui mettent en avant ce versant féminin de la bromance)
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Ema
InvitéEst ce que BHL a-il nommé son blog en référence au film d’ailleurs ? Doit on y voir une symbolique cryptique de haute volée ?
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Christophe M
InvitéJ’avais beaucoup aimé The Player à sa sortie. Je crois me souvenir qu’était bien restitué le rattrapage par la machine hollywoodienne d’un type qui finit par très bien le vivre. J’aime bien regarder Tim Robbins.
J’avais aussi aimé Short cuts. Certes Carver est trahi mais je ne vois pas bien comment un film aurait pu me mettre dans l’état dans lequel me met la lecture de ses nouvelles.-
o
InvitéVu The Player dans le cadre du festival Lumière l’année dernière et très gros coup de cœur. Un peu daté sur certains aspects (l’histoire d’amour avec la peintre islandaise, bon… et puis la grosse ficelle du meurtre dans la rue) mais cette histoire de lent basculement dans le cynisme le plus total, de perte de repères et donc une certaine forme de folie, ça m’a parlé.
Le gars qui présentait la séance nous a assuré que oui bon, The Player c’était bien, mais que Short Cuts c’était mieux. Je m’y suis donc rendu et quel ennui ! Tout est caricatural, je n’ai pas cru une seconde à aucun des personnages, j’ai trouvé que ça racontait rien, que ça n’avait aucun intérêt. Ma découverte d’Altman s’est arrêtée là pour le moment.
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Parfaitement a l’eau
InvitéNashville c’est un sacré film aussi. Faudrait que je le revois d’ailleurs.
J’arrive pas à trouver Mariage, quelqu’un l’a vu ?-
Malice
InvitéJe l’ai trouvé ici en vf
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Parfaitement a l’eau
InvitéTu l’aurais pas en VO remasterisé ? 😉
Merci d’avoir trouvé !-
Malice
InvitéNon mais j’ai Short cuts sous-titré en espagnol
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Parfaitement a l’eau
InvitéPas mal, MASH en coréen avec sous titre polonais ?
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Malice
InvitéEt Gosford park en hiéroglyphes jupitériens
J’ai regardé « Un mariage », qui m’a beaucoup fait rire. Il y a peut-être quelques sous-intrigues de trop ( ou pas assez développées, comme celles qui concernent les personnages gays), mais j’ai vécu le film comme une fête. Mia Farrow en mangeuse d’hommes, la passion interdite entre beaux-parents et toutes les situations drôles/gênantes/tragiques…
La montée des marches du curé et son entrevue avec Lilian Gish m’ont fait éclater de rire.
La fausse ( terrifiante) conclusion, où le tragique se disssout brusquement dans l’indifférence, est un moment que je ne suis pas prête d’oublier.
Merci de m’avoir recommandé le film, dont je n’aurais sûrement pas entendu parler autrement!-
Parfaitement à l’eau
InvitéContent d’avoir pu servir !
Je le regarderais à l’occasion, la VF ça me fait mal quand même-
Malice
InvitéLe doubleur du vieux cureton qui fait n’importe quoi à pendant la cérémonie et traite la doyenne de vieille traînée vaut son pesant de cacahuètes, je trouve.
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