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  • Ce sujet contient 629 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par maelysgaellemartinfr@gmail.com, le il y a 7 mois et 2 semaines.
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  • Auteur
    Messages
    • #674 Répondre
      TeenGuy
      Invité

      Bonsoir à tous, j’ai lu sur l’ancien forum que quelqu’un lisait les critiques ciné de Lucien Rebatet, il s’avère que j’étais à ce moment plongé dans Les deux étendards du même auteur, publié chez Gallimard en 1952. C’eut été pour moi un basculement littéraire qui me pousse à bouquiner frénétiquement pour parvenir un jour à remplir des pages d’un niveau un tant soit peu comparable. Je vous retranscris un extrait où le héros et son plus proche ami notent les auteurs de son temps.

      « Ils considéraient et notaient les auteurs contemporains selon leur apport au nouveau monde :
      Barrès, Péguy : zéro ( pas mécontents de moucher encore à cette occasion, ces deux cléricaux, ces faux mages qui n’ont enseigné que des foutaises de politique bourgeoise). Deux individus qui ne se sont sentis à l’aise qu’après s’être figés dans l’attitude la plus artificielle, nationalisme en bois, catholicisme sans foi, catholicisme socialiste. Des kilomètres de mots pour habiller ces idoles rigides. Pas étonnant que ça soit si creux et vague. Mais ce vague est à l’opposé du mouvant qui est notre domaine et notre chère étude.
      Claudel : deux. Beaucoup plus de rhétorique que de vraie voyance. Et ce qu’il peut apercevoir, il le fait tourner à la catholarderie obscène.
      Le Grand Meaulnes d’Alain Fournier : un quart pour les trente premières pages, zéro pour le reste. Brumes, châteaux, flambeaux, travestis, demi-fantômes, autant d’accessoires que chez les mauvais clowns Cartonnages féerie transportable par chemins de fer départementaux. Puceau, pâlot, lymphatique. Infantilisme évident. Un petit bouquin assez gentil de débutant, à qui l’on a fait une carrière insensée. Péripéties tellement indigentes qu’on n’en tirerait même pas un mauvais scénario de film. Prototype du mystère à la noix. Mais on va retrouver ça partout. On le retrouve déjà. Est en train d’engendrer à la douzaine les petits Samain retouchés 1924…
      Giraudoux : un et demi. Très joli sans doute, mais ça nous fait chier. Un diplomate précieux. Un charmeur de mots. Une ingéniosité un peu fatigante pour dire et montrer quoi ? pas grand chose. Ca nous fait chier. Nous ne sommes pas de cette école-là. Nous serions beaucoup plus volontiers, ma foi ! de l’école de Colette. Celle-là, depuis Chéri, on peut dire que c’est quelqu’un. Chéri, voilà du boulot. Dans un siècle, ça n’aura pas bougé d’une syllabe.
      […]
      Proust. Parbleu ! Dix, le maximum. Est-il besoin de développer le pourquoi ? Ce matin d’avril – il était mort depuis cinq mois – sous les galeries de l’Odéon, où nous avons ouvert Swann pour la première fois : « Longtemps je me suis couché de bonne heure… » L’homme qui a eu la tranquille audace de commencer ainsi l’œuvre de toute sa vie. Notre rigolade, mais aussi notre bonheur dans ce rire : une telle découverte ! Nous avons découpés les deux bouquins blancs tout de suite, sur le premier banc du Luxembourg. Nous les avons dévorés, ainsi que tous les autres, absolument comme les gosses dévorent les Trois Mousquetaires et Vingt Ans après. Et nous attendons encore la suite, avec la même impatience. Notre joie d’être du même temps qu’un des plus grands hommes de toute la littérature française. A lui seul, il nous prodigue toutes les voluptés de la peinture, de la musique, de la poésie, et de la plus profonde connaissance du cœur. Tout ce qu’il nous aura appris, tout ce qu’il nous aura permis, à nous et à tant d’autres. L’inépuisable peuple proustien; l’immense, le resplendissant jardin qui nous attendait à l’entrée de notre jeunesse. »

      C’est un extrait parmi tant d’autres (le roman en question fait 1312 pages), j’espère qu’il donnera envie à certains de le lire (Et pourquoi pas François, le livre étant imprégné des réflexions Nietzschéennes de toute part, ça pourrait permettre une gène littéraire historique pour profiter de l’expertise de notre hôte en la matière) .

      Quelle note attribueriez-vous à nos contemporains ?

    • #677 Répondre
      Nicolas
      Invité

      C’est drôle, je cherche depuis des années ses Mémoires d’un fasciste, en vain. Si jamais…

      • #687 Répondre
        Tony
        Invité

        J’ai cherché sur un site pirate et j’ai trouvé les mémoires d’un fasciste vol 2 en epub,si ça t’intéresse je peux te l’envoyer.

      • #700 Répondre
        TeenGuy
        Invité

        Il y a normalement les 5 tomes dans « La nouvelle librairie », Paris 6e. Mais il faudrait confirmer, sinon si tu veux des extraits la page Facebook des études rebatiennes en a relevé.

    • #679 Répondre
      Malice
      Invité

      J’espère que ça ne te dégoûtera pas de lire Alain-Fournier…100/10 pour « Le grand Meaulnes » en ce qui me concerne.

      • #703 Répondre
        TeenGuy
        Invité

        Je prends avec des pincettes toutes ses remarques ! Ce sont celles d’une jeunesse qui cherche un nouveau mouvement à la littérature, il a pu être aveuglé. J’ai juste peur du « prototype du mystère à la noix ». C’est quand même pas un livre à scénario ?

        • #716 Répondre
          Malice
          Invité

          Le grand Meaulnes n’est pas un roman à révélation, c’est un livre beaucoup plus étrange que ça; le quotidien du narrateur est traversé par une sorte de mystère qui n’existe pas. Le quotidien bascule tout au long du récit dans une dimension qui frôle l’univers du conte, sans jamais quitter le plancher des vaches ( la cruauté, la trivialité de situations bien réelles n’est jamais entamée par les rêveries des héros) ; les personnages de Frantz et Meaulnes sont des écoliers et des « sorciers », avec leur pouvoir de fascination, l’élan qui les pousse sur les routes…Quand on lit le roman, on est constamment en équilibre entre le réel et les fantasmes. D’un sentier dans la nuit, Fournier fait un chemin qui mène à un autre monde – le drame de Meaulnes étant que cet autre monde existe par la magie de l’instant et ne peut pas être « retrouvé ».
          Je ne sais pas si tu as lu  » Sylvie » de Nerval? C’est un autre récit de voyage à la campagne, en quête de domaines perdus où l’on est promené à la fois dans les souvenirs du narrateur et des lieux très concrets.

          • #728 Répondre
            TeenGuy
            Invité

            Pas lu non, mais sur wiki j’ai trouvé ça de Proust « si un écrivain aux antipodes des claires et faciles aquarelles a cherché à se définir laborieusement à lui-même, à éclairer des nuances troubles, des lois profondes, des impressions presqu’insaisissables de l’âme humaine, c’est Gérard de Nerval dans Sylvie ». Ce qui m’invite à le lire également. Ta description me rassure sur Le grand Meaulnes que je lirais également si je le croise en librairie ! Le contexte que tu décris me fait un peu penser au Messager de Losey (le film) mais je ne pourrais confirmer la comparaison qu’après lecture.

            • #740 Répondre
              Malice
              Invité

              Un autre charme de « Sylvie » est l’usage du temps : la première fois que je l’ai lu j’avais l’impression de faire des sauts dans le temps de manière très puissante, au point que j’étais parfois perdue entre les époques; la voiture du narrateur, qui le mène de Paris à son Oise natale, est presque une delorean.

              C’est marrant ce lien entre Proust et Nerval et Fournier ; il y a peu de temps j’ai écouté un podcast sur Fournier où on le rapprochait de Proust ( mais j’ai trop peu lu Proust pour le confirmer).

          • #843 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci MALICE
            je retrouve une description lucide
            De ce que j’ai pu éprouver au moment
            De la lecture de ce Roman
            Ce qui est d’autant plus troublant
            Puisque l’impression de me réveiller
            D’un rêve me semblait toute personnelle.
            C’est très étonnant que plusieurs personnes
            «  entrent dans le même rêve « 
            Je n’ai pas par contre perçu la nature érotique a l’époque , plus la rêverie amoureuse.

            • #883 Répondre
              Malice
              Invité

              Salut Claire, j’ai employé  » voluptueux », pas dans un sens sexuel mais pour signifier le charme qui me prend quand je lis le roman…Mais peut-être qu’il y a un érotisme de l’école buissonnière, sur laquelle Fournier met le doigt.
              De l’amitié aussi? Un des sujets du roman serait le coup de foudre amical?

              • #912 Répondre
                Claire N
                Invité

                Tu m’as donné envie de relire le livre
                Je l’ai cherché en vain
                Soit le livre m’a fait le «  coup du songe »
                Soit je l’ai soigneusement égaré
                Ta remarque à propos de la magie de l’instant qui
                Ne peut etre Retrouvée me semble une piste
                Il s’agit d’un livre que je ne souhaitai pas
                Relire tant le charme me semblait fragile
                Et oui, il m’en souvient l’amitié

                • #958 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  Meaulnes est encore facilement dénichable dans les boutiques emmaüs et les brocantes

                  • #981 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Tu me conseilles bien le film
                    Et c’est curieux puisque j’avais prévu
                    Justement d’aller à Emmaus ce jour
                    Puisque tu me dis que Meaulnes y traîne souvent
                    J’aurais peut-être la chance de le croiser

                    • #991 Répondre
                      Malice
                      Invité

                      Un chose est sûre : il vaut mieux regarder ce film que celui de Jean-Daniel Verhaeghe avec Nicolas Duvauchelle…
                      Dans le film de 1967, en plus, on croise Alain Libolt, qui joue un des personnages principaux d’un de mes Rohmers préférés, « Conte d’automne ».

                      • #1044 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Je note aussi
                        Merci

    • #691 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Sur l’ancien forum, j’avais dit avoir apprécié les deux critiques de cinéma de Rebatet découvertes à cette occasion. En revanche je ne vois rien, dans ces lignes, susceptibles de déclencher l’enthousiasme. D’abords, noter des écrivains, c’était peut etre très original à l’époque, mais c’est devenu la norme aujourd’hui – ou des classifications approchantes (aujourd’hui les écrivains on les classe beaucoup plus qu’on ne les lit) . Ensuite on retrouve dans ces lignes cette pente irrépressible de la littérature de droite (et totalement hermétique à la pente inverse qu’est en train d’adopter le plus fort de la littérature de l’époque – de Joyce à Robbe Grillet en passant par Faulkner et Woolf) : la pente pamphlétaire. Cette indécrottable intrication entre style et sarcasme. Le style se gagne toujours par hyperbolisation de l’animosité. Et alors apparait naturellement le jalon de cette littérature droitière : la formule.
      Certes les lignes sur Proust et Colette rattrapent un peu l’affaire. Mais au fond ne disent rien du génie de l’une et de l’autre.
      Il ne serait pas neutre, et probablement source d’emmerdes, de consacrer une première gene littéraire patrimoniale à un écrivain collaborationniste. C’est une audace que je m’autoriserais peut-etre si sa littérature m’était vraiment amicale . Ce n’est pas le cas, et je crois que c’est une grande erreur que de croire que cette hystérie de la plume vaut littérature.

      • #692 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        j’ajoute que dans la littérature je ne cherche pas des « réflexions nietzschéennes ». Je ne cherche même pas de réflexions tout court. Nous croulons sour les réflexions. Et pour les nietzschéennes, j’ai Nietzsche.

      • #714 Répondre
        TeenGuy
        Invité

        Arf… Bon sur les notes, il faut bien avoir en tête que ce ne sont pas des notes sur les auteurs mais sur ce qu’ils apportent à la littérature de l’époque. Et c’est là que l’ « hyperbolisation de l’animosité » dénature le propos en invectivant toute l’œuvre alors que c’est son manque d’originalité qui est reproché.

        « Certes les lignes sur Proust et Colette rattrapent un peu l’affaire. »

        Tu touches là le cœur du style de Rebatet, dont les hargneuses tirades sont souvent les prémices de paragraphes pleins d’amour. Je glisse une citation de Robert Poulet sur Rebatet: « Un petit homme vif, le masque taillé pour l’invective, le vocabulaire poissard, qui, tout à coup, s’affinait d’une manière exquise, l’esprit toujours en éveil, […], le cœur dur et la peau ultra-sensible. » Chez Rebatet, la pente pamphlétaire n’est qu’un soubresaut pour lancer le lecteur sur de longues phrases emplies de béatitude. Celui sur Proust ne t’as pas convaincu, mais il est au moins exemplaire d’un style qui n’est donc pas à ranger dans la littérature droitière lambda.

        Tu ne vas peut-être pas apprécier la comparaison, mais j’ai ressenti un sentiment analogue en lisant la fin d’un enlèvement. Subir les messages saccadés de Louis et Théo pour ensuite basculer sur une sacrée poésie, ce contraste vaut pour moi littérature.

        Pour la gene je ne vais pas plus provoquer, mais j’aimerais t’entendre sur Nietzsche en long et en large. Je me souviens que tu as présenté Ecce Homo dans « livres&vous » et que t’en a parlé avec Dany et Raz (mais ils ne te laissaient pas assez parler). Sinon je n’ai pas lu toute ta biblio, tu l’as peut-être déjà fait.

        « Réflexions » n’était en effet pas le bon mot, c’est plutôt une mise en pratique de la pensée du N, il y a dans ce roman de multiples cas d’études.

        Sinon quel nom donner à la pente inverse de celle pamphlétaire ?

        • #718 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          eh bien ce serait celle de l’art..
          l’art qui ne juge pas
          l’art qui prend et comprend

          Ce qui d’ailleurs nous mène à Nietzsche. Finalement je lui ai consacré peu de travaux frontalement. J’avais fait une conf sur Ecce homo mais elle n’a pas été filmée. Il y a bien deux livres de moi qui sont sous nette influence nietzschéenne. Deux livres qui d’ailleurs se font écho, bien que l’un soit un roman et l’autre ressortisse plutot à l’essai : D’âne à zèbre et Ma cruauté.
          D’âne à zèbre est dur à trouver, si tu me files un mail je peux t’envoyer le PDF

          • #722 Répondre
            Franchard
            Invité

            Nietzsche dit pourtant que l’art renforce ou affaiblit toujours certains jugements de valeur.

            • #727 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              ce qui n’est pas du tout la même chose
              là il se situe du coté du récepteur d’art

              • #730 Répondre
                TeenGuy
                Invité

                Je pose ça là si ça peut aider, mais je ne m’avancerai pas dans le débat

                « L’art pour l’art. » La lutte contre tout but assigné à l’art est toujours une lutte contre la tendance moralisante dans l’art, contre la subordination de l’art à la morale. L’art pour l’art veut dire : « Au diable la morale ! » – Mais cette hostilité même trahit le pouvoir tyrannique du préjugé. Si l’on exclut de l’art le but de prêcher une morale et d’amender l’homme, il ne s’essuie nullement que l’art soit totalement dénué de justification, de but et de sens, bref, soit « l’art pour l’art », ce serpent qui se mord la queue. « Plutôt pas de fins que des fins morales ! » : c’est la passion à l’état pur qui parle ainsi. A l’opposé, un psychologue demandera: que fait donc l’art, tout art ? Ne loue-t-il pas? Ne célèbre-t-il pas ? N’opère-t-il pas un tri ? Ne met-il pas en relief ? En tout cela, il renforce ou affaiblit certains jugements de valeur… […] L’art est le grand « stimulant » de la vie : comment pourrait-on le concevoir comme dénué de raison d’être et de finalité, comme « l’art pour l’art » ?

                F. Nietzsche, Crépuscule des idoles (1888), § trad J-C. Hémery

          • #725 Répondre
            TeenGuy
            Invité

            Merci beaucoup pour ta proposition, mon adresse c’est tanguydelap@gmail.com, j’achèterais Ma cruauté en double pour l’offrir ça te rémunèrera d’autant en faisant un converti de plus comme cela.

            Pas convaincu de cette pente qui serait celle de l’art non plus, j’ai voulu écrire des trucs pour répondre mais avec si peu de matière (un extrait, certainement mal choisi en plus), on arrive vite à mouliner de la rhétorique ce qui n’est pas très intéressant.

      • #715 Répondre
        Franchard
        Invité

        Le choix de passage de TeenGuy est un peu étrange pour illustrer ce que sont les Deux Étendards, roman de plus de mille pages qui joue sur de nombreux registres, et dont la scène présentée ici n’a que peu d’importance et sert à camper certaines positions esthétiques de deux personnages dans leur époque. Le livre s’articule sur d’autres choses bien plus vastes.

        Ensuite, Rebatet n’était pas certainement un réac anti-moderne de base d’un point de vue artistique, et dans les Deux Étendards comme ailleurs il a loué Joyce. En musique il a salué Schoenberg, Boulez… Les exemples sont nombreux.

        Une intrication entre style et sarcasme est parfois présente chez Joyce. D’une façon certes plus drôlatique que méchante. Mais il y a des sensibilités pour qui la méchanceté peut être humour. Rebatet peut être très drôle. Peut-être avancerez-vous qu’il s’agit d’un affect « droitier » (comme ces simplifications sont tristes cependant !). En tout cas, il est peu court de réduire ça à de l’hystérie.

        • #719 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          ce serait simplificateur si j’avais parlé d’un affect droitier. Or je n’ai fait qu’observer, dans la littérature de droite de ces années, l’omniprésence du registre pamphlétaire. Ce que confirme très bien l’analyse qu’en a fait Berthelier.
          Sachant que ce registre n’ a pas le monopole de l’ironie, ni même de l’ironie cinglante (ce n’est pas quelqu’un qui vient de sortir Boniments qui prétendra le contraire). La différence est vraiment dans le volume. Le pamphlet parle fort , le pamphlet tonne. L’ironie joycienne, l’ironie de toute la littérature, est beaucoup plus calme, placide. Littéraire. Michaux, ce n’est pas du pamphlet.

          • #721 Répondre
            Franchard
            Invité

            Certes, à ceci près que Les Deux Étendards n’est pas un pamphlet mais un roman riche aux multiples registres. C’est ce que mon message visait surtout à préciser. Il faudrait comparer Joyce romancier à Rebatet romancier (pas sur une page).

            Je comprends mal en quoi ce qui est calme et placide serait littéraire et ce qui est tonitruant ne le serait pas. Les deux sont des registres ou des tons de littérature, les deux constituent un travail sur le langage, sur sa mise en forme. Que vos goûts, vos positions esthétiques vos orientent davantage vers l’un que l’autre, cela se comprend, mais en faire une distinction entre art et non-art…

            • #729 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              en effet, cette conception de la littérature et de l’art n’engage que moi
              mais je pourrais l’objectiver en demandant quel registre est le plus en exception du régime discursif majoritaire
              où trouve -t)on de l’opinion, de l’expression, du jugement tonitruant? Partout (et de plus en plus). Où trouve-t-on de la « parole muette »? Dans la littérature et nulle part ailleurs. Si la littérature est un régime verbal spécifique, c’est dans ce registre qu’il s’impose, et pas dans celui qu’on trouve partout ailleurs.

              • #733 Répondre
                Franchard
                Invité

                Il me semble qu’il y a un monde entre, d’un côté, l’expression de jugement tonitruante dominante (plateaux télés et réseaux sociaux) et de l’autre celle qui s’inscrit dans l’héritage d’une forme littéraire travaillée. La deuxième, justement, n’existe quasiment pas (plus). Quel écrivain actuel ayant, sinon un succès commercial, du moins un succès d’estime, a vraiment bâti son écriture sur ce mode-là ? À part Nabe, dont certaines idées sont difficilement classables à droite, je n’en connais pas. Houellebecq au contraire ravit les réacs sans presque jamais vociférer, on peut le lire doucement, platement, avec des soupirs. Matzneff et Camus, autres coqueluches de droite, écrivent dans un vieux français académique sans énergie. Il y a certes de la « formule » comme vous dites, mais ça ne tonne pas. Ça ronfle, plutôt.

                Oui, la littérature est un régime verbal spécifique. Or, un Finkielkraut ou une Elisabeth Lévy qui s’énervent sur un plateau ne donnent pas un furieux lyrisme célinien. C’est donc que celui-ci ne court pas les rues.

                • #751 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Il n’y a pas « un monde » parce qu’il y a un gros point commun : l’opinion. Le langage comme expression d’opinions. Le langage comme expression tout court. Or la parole muette n’exprime pas, elle imprime.

                  Très logiquement cette époque hyperexpressive a plébiscité un écrivain d’opinions comme Houellebecq. – et d’opinion de droite, ce qui, à notre époque, ne gâte rien. L’oeuvre de Houellebecq c’est, à longueur de pages, un narrateur, toujours mêmement profilé, qui délivre des opinions sous couvert de roman, et de fiction.
                  D’où la continuité entre le roman et l’entretien. Un dialogue avec Michel Onfray pour Front populaire est en parfaite continuité rhétorique avec les romans – ou prétendus tels.
                  Effectivement Onfray s’exprime plutot à bas bruit ; ca ne s’exclame pas comme chez Celine – dont les points d’exclamation me fatiguent, quelque opinion qu’ils soient voués à exprimer. Grace soit rendue à son anémie (qui est le ressort de sa facherie contre la vie – et de sa littérature jugeante)

                  • #752 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    C’est Houellebecq et non pas Onfray qui s’exprime à bas bruit
                    (Onfray c’estg plutot à haut bruit)

        • #726 Répondre
          TeenGuy
          Invité

          Je voulais justement choisir une scène autonome, de peur qu’extraire une scène s’inscrivant dans le récit ne soit pas jugée à sa juste valeur. J’aurais peut-être du choisir l’incipit m’enfin bref, puisque le ratio (fanatiques de ce roman)/(lecteurs de ce roman) doit tourner autour de 0.5, je suis persuadé qu’il trouvera peu à peu la popularité qu’il mérite.

      • #29642 Répondre
        b0bris
        Invité

        J’avais été bouleversé par les deux étendards, on comprends bien comment cette génération a sombré, ils auraient pu être magnifique, mais ils pensaient que tous leur était dû, et comme ils avaient pas eu grand chose à la suite de la crise entre autres, ils se sont mis à en vouloir à d’autres et tomber dans le ressentiment le plus triste, puis la haine. Les décombres, c’est vraiment la haine faite livre, terrible d’être aussi puissant dans l’ordure, la déshumanisation. J’avais parcouru le livre qu’il avait écrit en prison avec le frère du commandant cousteau (un collabo), ça ne s’invente pas, ça a plus d’intérêt historique que littéraire. Mais les deux étendards est l’un des livres de la littérature du 20eme qui m’a plus frappé.

        • #29652 Répondre
          Ludovic Bourgeois
          Invité

          Ne vois-tu pas des COLLABOS à une invasion étrangère, ICI et MAINTENANT, pas y’a 80 ans ?
          ___
          A-aa-mazing Graaace
          How sweeeeeet the sooouuund

    • #732 Répondre
      Stubb
      Invité

      Le grand Meaulnes c’est exactement la sensation que t’as quand tu te réveilles d’un rêve érotique chelou, mais sur 200 pages
      Une merveille donc

      • #741 Répondre
        Malice
        Invité

        Je confirme : c’est voluptueux
        Surtout le premier voyage de Meaulnes et la fête étrange

        • #744 Répondre
          The Idiot
          Invité

          J’ai lu Le grand Meaulnes à 14 ans et je me souviens avoir trouvé ce livre très mystérieux. Comme vous dites érotique et voluptueux, ça me donne envie de le relire.

    • #1168 Répondre
      Cyril
      Invité

      Est-ce que quelqu’un ici pense quelque chose de Cécile Guilbert ? Elle a joué dans Pacifiction ! J’ai trouvé ses interventions intéressantes dans le documentaire arte sur Les liaisons dangereuses et dans l’émission Au pied de la lettre. Je me demande ce qu’elle vaut comme romancière.

      • #1447 Répondre
        Alexandre
        Invité

        Merci bien, cette actrice m’avait marqué dans le Serra aussi.

        • #29657 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Comme romancière je crois que Guilbert ne vaut pas grand chose. Mais comme critique littéraire, ou essayiste littéraire, elle est intéressante. Une sorte de réactionnaire subtile, et en tout cas lettrée.
          Il faut voir que son intervieweur est lui plutot un réac de gauche, qui circule assez bien entre Figaro et L’humanité – Guilbert est aussi dans l’orbite Figaro.

    • #1438 Répondre
      Jeannette
      Invité

      Merci pour les recos !

      J’avais envie de partager ici un bref extrait de « Dans le ciel » d’Octave Mirbeau, publié en feuilleton dans L’Echo de Paris :

      « Et c’est comme ça toujours. L’homme n’a pas le droit de marcher vers la joie, d’étreindre le bonheur, de penser, d’imaginer de créer, de sentir même. C’est épouvantable quand on y réfléchit… Dès que l’homme s’éveille à la conscience, dès qu’il reconnaît qu’il a des jambes et qu’il veut marcher vers quelque part, l’Etat arrive et lui brise les jambes d’un coup de bâton. Mais l’homme a des bras ; s’il ne peut plus marcher, il peut étreindre quelque chose. Alors l’Etat revient et lui brise les bras d’un coup de bâton. L’homme gît à terre. Mais il a un cerveau qui le rend toujours redoutable, car il peut penser, il peut rêver, là germe et florit l’idée de la rédemption humaine, là s’épanouit la fleur sublime de la révolte. Alors l’Etat revient une troisième fois, fend, d’un coup de maillet, le crâne de l’homme, et lui dit : « Maintenant, tu es un bon citoyen. » »

      • #1443 Répondre
        SoR
        Invité

        Jeannette : extrêmement beau et vrai merci beaucoup, je me le copie pour le garder !

        • #1451 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          vraiment beau mais est ce si juste?
          est ce que le plaisir de la parabole ne l’emporte pas sur la justesse?

          • #1462 Répondre
            SoR
            Invité

            Je crois voir ce que tu veux dire, tu penses que le mot citoyen, le vrai terme d’origine révolutionnaire doit encore s’employer dans ce sens, dans ce cas là je ne serais pas d’accord en effet avec la citation, car à l’origine il signifie l’inverse de la servitude, mais employé avec la signification actuelle et tel qu’on nous le fait apprendre en éducation civique, je suis d’accord avec Mirbeau, le mot est vidé et remplacé par une autre idée de la citoyenneté. J’ai appris à l’école que si je voulais être considérée comme citoyenne il fallait voter. C’est dans cet esprit que je comprends la citation.

            • #1478 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je n’évoquais pas la formule finale, qui me va très bien, et où se reconnait l’anarchiste Mirbeau. Le mot citoyen m’évoque très exactement la même chose – à savoir le même dégout. Je pensais à l’ensemble du passage.

              • #1481 Répondre
                SoR
                Invité

                ça alors, là j’ai beau le relire je dois être aveugle, je n’y vois que du vrai et ça m’intrigue d’autant plus ce que tu dis, j’aimerais que tu m’éclaires . A la rigueur de nos jours on pourrait remplacer le mot Etat par autre chose, mais de fait je ne le vois toujours pas libre.

                • #1482 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Oui c’est peut-être bien cette érection de l’Etat en unique agent de répression qui est datée.
                  C’est une simplification pour les besoins de la parabole. Ici l’effet de style induit une simplification qui crée une lacune analytique.

                  • #1484 Répondre
                    SoR
                    Invité

                    Merci beaucoup, je suis bien d’accord avec ça, la beauté du texte m’avait caché cette subtilité.

                    • #1582 Répondre
                      dr Xavier
                      Invité

                      M’évoque en passant ce magnifique passage de Proudhon :
                      « Être gouverné, c’est être gardé à vue, inspecté, espionné, dirigé, légiféré, réglementé, parqué, endoctriné, prêché, contrôlé, estimé, apprécié, censuré, commandé, par des êtres qui n’ont ni titre, ni la science, ni la vertu… Être gouverné, c’est être à chaque transaction, à chaque mouvement, noté, enregistré, recensé, tarifé, timbré, toisé, coté, cotisé, patenté, licencié, autorisé, admonesté, empêché, réformé, redressé, corrigé. C’est sous prétexte d’utilité publique et au nom de l’intérêt général être mis à contribution, exercé, rançonné, exploité, monopolisé, concussionné, pressuré, mystifié, volé ; puis, à la moindre réclamation, au premier mot de plainte, réprimé, amendé, vilipendé, vexé, traqué, houspillé, assommé, désarmé, garrotté, emprisonné, fusillé, mitraillé, jugé, condamné, déporté, sacrifié, vendu, trahi, et pour comble, joué, berné, outragé, déshonoré. Voilà le gouvernement, voilà sa justice, voilà sa morale ! Et qu’il y a parmi nous des démocrates qui prétendent que le gouvernement a du bon ; des socialistes qui soutiennent, au nom de la liberté, de l’égalité et de la fraternité, cette ignominie ; des prolétaires qui posent leur candidature à la présidence la République ! »

                      Être gouverné

                      • #1583 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Merci beaucoup, magnifique en effet, c’est bien le mot. C’est une mine ce Forum décidément

                      • #1591 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        J’ai découvert ce passage en lisant un bouquin de Catherine Malabou, Au Voleur ! C’est sur l’anarchisme philosophique vs. anarchisme politique, bon bah je dois dire que c’est bien compliqué et ça s’adresse plutôt à des licenciés de philos (que je ne suis pas du tout) mais même si je comprends pas grand-chose c’est très stimulant. Il y a une émission de Lundi Matin avec elle :

                      • #1592 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Ok je n’en suis pas non plus donc je vais devoir m’accrocher mais je prends car passionnant, je ne savais pas qu’il y avait une opposition donc ça m’intrigue, merci pour les précisions et liens, je regarderai ça!

    • #1474 Répondre
      Mathieu
      Invité

      Salut les amis,
      Alors je n’ai pas lu son livre mais j’ai trouvé son entretien au Média passionnant: Gwenola Ricordeau, coordinatrice du livre « 1312 raisons d’abolir la police. » Je vous conseille au moins l’entretien donc, que voici:

    • #1479 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      On écoutera. Merci.

    • #1539 Répondre
      Cyril
      Invité

      Je voudrais savoir François si tu as lu Simone Weil et si elle t’intéresse politiquement et philosophiquement, comme tu es matérialiste avec un penchant pour le sacré (le christianisme du moins).
      Je trouve chez elle comme chez toi cette méfiance pour le collectif, tu dis que celui-ci ne doit être qu’un instrument pour atteindre l’épanouissement de l’individu. Pour S.W. l’individu (elle dit la personne, est-ce la même chose?) n’est pas la panacée, elle ajoute un troisième stade qui est l’impersonnel, qui semble atteignable très ponctuellement et qui me fait penser aux idées vraies de Spinoza (chez qui il y a aussi cette dimension sacrée). Je cite un passage de La personne et le sacré :

      « La science, l’art, la littérature, la philosophie, qui sont seulement des formes d’épanouissement de la personne, constituent un domaine où s’accomplissent des réussites éclatantes, glorieuses, qui font vivres des noms pendant des milliers d’années. Mais au-dessus de ce domaine, loin au-dessus, séparé de lui par un abîme, en est un autre où sont situées les choses de tout premier ordre. Celles-là sont essentiellement anonymes. […] Ce qui est sacré dans la science, c’est la vérité, ce qui est sacré dans l’art, c’est la beauté. La vérité et la beauté sont impersonnelles. Tout cela est trop évident. Si un enfant fait une addition, et s’il se trompe, l’erreur porte le cachet de sa personne. S’il procède d’une manière parfaitement correcte, sa personne est absente de toute l’opération. La perfection est impersonnelle. La personne en nous, c’est la part en nous de l’erreur et du péché. Tout l’effort des mystiques a toujours visé à obtenir qu’il n’y ait plus dans leur âme aucune partie qui dise « je ». […] Le personnel est opposé à l’impersonnel, mais il y a passage de l’un à l’autre. Il n’y a pas passage du collectif à l’impersonnel. Il faut que d’abord une collectivité se dissolve en personnes séparées pour que l’entrée dans l’impersonnel soit possible. En ce sens seulement, la personne participe davantage du sacré que la collectivité. »

      • #1541 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je ne résiste pas à l’envie de citer cet autre passage. Spéciale dédicace à notre ami Mélenchon !

        « S’il est inutile de dire à la collectivité que la personne est sacrée, il est inutile aussi de dire à la personne qu’elle est elle-même sacrée. Elle ne peut pas le croire. Elle ne se sent pas sacrée. La cause qui empêche que la personne se sente sacrée, c’est qu’en fait elle ne l’est pas.
        S’il y a des êtres dont la conscience rende un autre témoignage, à qui leur propre personne donne un certain sentiment de sacré qu’ils croient pouvoir, par généralisation, attribuer à toute personne, ils sont dans une double illusion.
        Ce qu’il éprouvent, ce n’est pas le sentiment du sacré authentique, c’en est cette fausse imitation que produit le collectif. S’ils l’éprouvent à l’occasion de leur propre personne, c’est parce qu’elle a part au prestige collectif par la considération sociale dont elle se trouve être le siège. »

        • #1547 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          J’ai parfois l’impression de trop me référer à Simone. Sur ce point tu me rassures. Ce ne doit pas etre si souvent que ça, puisque ça t’a échappé.
          Sur le passage : je connais bien cette notion d’impersonnel et elle est puissamment conséquente. Il faut tenir, par exemple, que l’art est impersonnel – Chéreau et son époque, qui dure, qui dure, ne seraient pas d’accord.

          • #1550 Répondre
            Claire N
            Invité

            Quand tu parles de l’époque qui dure et de Chereau je peux utiliser ce passage ?« S’ils l’éprouvent à l’occasion de leur propre personne, c’est parce qu’elle a part au prestige collectif par la considération sociale dont elle se trouve être le siège. »
            C’est pas mignon du tout de faire croire ça a un acteur

            • #1552 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Non je pense plutot qu’autour de Chereau et d’autres, dans les années, 80, s’imposa l’idée, romantique du pauvre, que l’art était l’expression de la subjectivité. Que plus l’art mettait à nu l’intimité, plus on posait ses tripes sur le plateau, et plus c’était de l’art. Il fallait parler de soi, du vrai soi, de l’absolu soi – le documentaire sur le tournage des Amandiers documente parfaitement ça, c’est avec cette religion du tripal en tête que VBT dirige.
              J’imagine la tête de ces gens si on leur suggérait qu’en fait l’art est impersonnel. Que l’art c’est pas l’expression du corps, mais la vie qui passe par le corps.

              • #1559 Répondre
                SoR
                Invité

                François, j’ai compris que le but ultime de l’art n’était pas d’en rester à l’expression d’un sentiment mais en gros de l’analyser comme le scientifique (c’est ma reformulation perso pour ne pas retomber dans le piège car les mots comme « subjectivité » ou « expression » tout seul me trompaient tout le temps car je leur plaquais une signification un peu différente), mais en cinéma j’ai plus de mal, je n’arrive pas à voir dans « La Reine Margot » par ex le lien avec ce que tu expliques sur l’expression de la subjectivité (si tu trouves que ce film est un exemple à l’appui).

                • #1561 Répondre
                  SoR
                  Invité

                  Je précise que je ne conteste absolument pas ce que tu dis mais que c’est moi qui ait du mal à analyser, à voir ça et que j’ai besoin de clés.

                  • #1562 Répondre
                    Charles
                    Invité

                    Dans la Reine Margot, tous les interprètes ou presque sont dans le surjeu, la surexpressivité. Il faut que ça crie, ça s’insulte, ça pleure ou que ça regarde dans le vide en permanence. Chéreau pense donc que la vérité de ces personnages historiques et plus largement de cette époque se trouve dans cette surexcitation noyée dans le sang et les larmes. A l’inverse de Bresson qui, quand il filme le procès de Jeanne d’Arc, ne montre jamais l’hystérie mais au contraire calme le jeu dans tous les sens pour mieux montrer et faire sentir une situation, un geste. Chéreau, c’est l’hystérie comme régime de vérité en somme.

                    • #1572 Répondre
                      SoR
                      Invité

                      D’accord, merci Charles, je vois mieux mais oui alors c’est que je n’ai pas du tout cette culture là pour le cinéma et ne m’aperçois pas de ça, j’aime beaucoup ce style de Chéreau car c’est bizarrement celui qui me semblait le plus vivant dans le sens où la jeune fille de « Au hasard Balthazar » par ex me semblait au contraire désincarnée, je la trouvais anormalement passive dans l’action comme dans la voix ou le regard, son manque de rébellion aussi me semblait exagéré, le ton pour moi n’était pas juste. Je trouve l’un peut être un peu trop théâtral par rapport aux réactions ordinaires en effet, mais l’autre anormalement passif et atone, tout est sur le même ton pratiquement, même la scène de bagarre, ça ne hurle jamais. Bresson est très poétique mais il ne reflète pas non plus pour moi la vie. Bon je sens que ça pourrait me valoir un bannissement irrévocable mais je cherche à voir ce que vous voyez et ne peux m’empêcher d’être sincère. Pour les mêmes raisons j’adore L’enfant sauvage de Truffaut et son Adèle H, justement pour le fait de voir qu’il est difficile à l’être humain de se résoudre à tout sans passer par ces débordements et cette lutte.

                      • #1574 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Ou alors c’est qu’ils n’aiment pas dans leur art représenter la vie en elle-même mais la maladie, ce que la vie peut créer comme névroses, et pour le coup comme chez Dostoievski c’est l’hystérie qui est représentée (historiquement il a choisi la Reine Margot à un moment de l’historie où les gens sont fanatisés et la plupart de cette famille Médicis était réellement déséquilibrée, mais je trouve qu’il arrive à rendre ça beau), pareil pour l’enfant sauvage ou Adèle H, c’est ce que je ressens, ils aiment la maladie.

                      • #1598 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        C’est vrai que chez Dosto aussi l’hystérie tient une bonne place mais avec une densité tout autre. La Reine margot n’a finalement pas grand-chose à dire, à part quelques comparaisons avec des massacres plus récents. Dosto lui écrit depuis un position bien précise : celle d’un chrétien orthodoxe, slavophile, obsédé par la déliquescence de son peuple et la corruption morale d’icelui. Ses romans en portent la marque en ce qu’ils sont les moyens d’exprimer cette ferveur tout en mettant en tension ses idées, ses craintes – quel romancier a rendu plus fascinant le nihilisme révolutionnaire que Dosto dans les Possédés? Ce qui les rend passionnants. Chez Chéreau, je ne vois pas de tension (autre que l’hystérie précédemment décrite), je ne vois pas cette densité, cette dialectique même. Les Romantiques se confrontaient quand même à une certaine métaphysique, à un abandon de Dieu, à une perte dans un face à face avec la nature. Chéreau et consorts viennent après et n’ont rien d’autre à proposer qu’une espèce de vitalisme malade, dégénéré dirais-je si le mot n’était pas si connoté, où la souffrance et l’écorchure valent comme preuve de vie.

                      • #1610 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Charles, entièrement d’accord et je ne peux là rien opposer à ce que tu dis à présent. En effet je ne comparerai jamais sur ce plan Dost et Chéreau. Chéreau offre en fait un très beau spectacle de l’hystérie en quelque sortes, qui peut plaire quand on aime le sujet mais ça ne suffit pas à en faire une œuvre d’art, parfois je tombe dans ce piège. En effet même en cherchant il n’apporte rien de plus, c’est très beau très esthétique (à mon goût en tous cas, j’avoue l’avoir regardé en boucle adolescente et j’aime voir ça car rendre beau quelque chose de terrifiant en réalité m’épate, j’en oublie d’interroger la portée ou le message). Mais tout ça est incomparable avec ce qu’apporte effectivement Dost et je comprends donc mieux vos critères de classification dans le cinéma.

                • #1570 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Charles a répondu sur La reine Margot. Moi ce que je ne peux pas laisser passer c’est ton truc de « scientifique » et « analytique » Le clivage avec les romantiques tripaux n’est pas du tout un clivage entre subjectivité et science.

                  • #1578 Répondre
                    SoR
                    Invité

                    Oui, je suis désolée mais pour essayer d’avancer j’ai pris ces termes car les autres ne m’évoquent pas ça et pour comprendre en gros j’y suis contrainte (comme « romantisme » je ne peux le mettre à côté de termes pour moi antinomiques comme tu fais : « romantique du pauvre », « romantiques tripaux » et l’opposer à l’art où je crois ne pas avoir la même définition car je le prends toujours moi « romantique » dans le sens du courant romantique, ce qui fait que je ne comprendrais plus ta comparaison si je ne le traduisais pas aussi par un autre terme comme quelque chose du style « le pathos » à la place de « romantique »). Je reviens à ce que tu me reproches : pour moi, ce que tu dis de l’art de l’écrit a quelque chose à voir avec le travail d’un chirurgien, il décortique, il fouille, tu dis aussi je crois que tu écris avant tout parce que ça te permet d’avancer, par l’exercice de la formulation de tes idées, dans ta recherche du vrai (d’où l’image employée du scientifique qui analyse un objet, ça ne va pas plus loin c’est pour me rendre l’idée plus concrète), tu dis « travail à froid » donc ça implique aussi une distance avec une partie de soi, les affects, l’inverse de s’en tenir à l »expression de sa subjectivité » sans nier pour autant la subjectivité dans l’art et comme réalité. mais je n’arrivais tout simplement pas à l’appliquer avec le cinéma, à voir la différence que vous voyez entre un cinéma qui fait partie de l’art car « art impersonnel » et l’autre non. Charles m’a permis de voir exactement ce que vous reprochez à Chéreau. J’avais besoin d’exemples concrets.

                    • #1579 Répondre
                      SoR
                      Invité

                      Je n’ai pas encore pu regarder la vidéo pour mieux peut-être saisir ce que vous dites et ce qu’ils ont dit de si opposé à votre idée sur le cinéma.

                      • #1596 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Le romantisme, dans l’histoire de l’art, c’est la mise en avant de la subjectivité, de la sensibilité personnelles, de l’épanchement du moi.
                        Chéreau est donc bien dans une filiation romantique, et je crois qu’il y a un réel néo-romantisme à l’oeuvre dans les années 80. Mais c’et un romantisme du pauvre, oui, parce qu’il ne retient de l’épanchement subjectif, que l’épanchement du pathos. Ce serait un Goethe limité à Werther, alors que Goethe est tellement plus vaste – et s’est d’ailleurs lui même retourne contre le dévoiement lacrymal du romantisme dont il avait été l’un des instigateurs.

                        Pour le reste le « vrai » n’est pas le seul objectif de l’écriture pour moi. J’ai souvent dit que je cherchais deux choses : la justesse, l’intensité. Les deux ne se recoupent pas. Par exemple qu’est ce qu’on fait du narratif? Qu’est ce qu’on vise en agençant des récits?

                      • #1620 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        D’accord, oui c’est logique dans ce cas, c’est que moi qui suis complètement dans l’admiration du romantisme je le vois plus vaste que ce qu’on retient en France de manière générale ou ce que les romantiques français plus particulièrement en ont fait et qui oui tourne lui souvent vers le lyrisme et l’épanchement de soi (mais pas que, car même en France c’est trop réducteur).
                        Pour moi cette facette le déforme injustement, on ne retient jamais l’essentiel de ce courant, qui est d’abord allemand et plus fécond que ça. D’accord pour Werther aussi, je trouve « les Affinités électives » plus intéressant (même si Werther me paraît une merveille quand on l’observe attentivement il y a beaucoup de matière) et les Affinités c’est en effet le moment où Goethe se détourne de ce courant qu’il a généré malgré lui et considère « monstrueux ».
                        Mais justement je trouve que Goethe a été trop dur envers ses suiveurs, peut être parce qu’il n’est pas révolutionnaire mais plutôt conservateur au fond : le courant romantique qu’il a rejeté c’est avant tout non pas le lyrisme en Allemagne mais une écriture qui s’inscrit dans la mise en avant d’une nouvelle vision et positionnement de l’homme dans le monde et la nature, qui commence avec l’exemple de Rousseau pour aboutir à l’anarchisme et au marxisme donc avec des idées parfois très radicales et subversives (qui se traduisent aussi dans le style même de l’écriture, ils inventent une nouvelle façon d’écrire), c’est en tous cas une nouvelle pensée qui s’oppose au désenchantement du monde et à la mécanisation de la vie humaine, à l’utilitarisme qui était le credo des Lumières et des débuts de l’industrie. Il ont tous senti ça et bien que ça parle beaucoup de suicides et de douleur car ils ont du mal à s’accommoder de cette civilisation marchande et bourgeoise, on oublie à quel point le romantisme aime le vivant, chante aussi le bonheur et son émerveillement pour la nature, use d’humour (« Vie de Fixlein » de Jean Paul, une merveille sur la désillusion des espoirs d’un jeune homme et la réalité triviale etc) et a porté une lucidité sur le réel contre les préjugés d’une civilisation vieillissante et oppressante. Ce courant me semble être à la base de tout ce qu’il y a eu de plus riche et libérateur dans notre littérature jusqu’à aujourd’hui et j’ai l’impression qu’on en est toujours tributaire. Je n’ai jamais vu autant d’esprit révolutionnaire et tourné vers l’avenir et vers l’ailleurs contrairement à ce qu’on en dit (la plupart avait l’esprit cosmopolite et anti- nationaliste qui sera repris par les socialistes. On a beaucoup comparé les romantiques avec des écrivains voyageurs sans but). C’est aussi les romantiques qui se sont intéressés à l’art populaire, à sa façon de parler, à ses chants etc. Bref, voilà pourquoi le romantisme pour moi en art c’est quelque chose qui ne peut se réduire au lyrisme (car ce n’est pas son but) et Goethe n’a pas été assez juste. On lit par ex encore Kleist que Goethe détestait jusqu’à l’empêcher de percer et le désespérer alors que Kafka l’admirait et prenait note de son écriture qu’il trouvait très vivante (entre autres découvertes sur lui qui a aidé à la propre écriture de Kafka). Kleist est le plus pur romantique allemand or il se manifeste par son absence de lyrisme. Tout ça pour appuyer le fait que ce n’est pas l’élément déterminant du romantisme. Pardon d’être si longue, j’aime tellement ce sujet que je voulais te soumettre quelque chose d’ailleurs sur le romantisme allemand vu par Walter Benjamin (que j’ai lu récemment à force d’en parler ici) et je voulais savoir comment tu te positionnais par rapport à lui justement mais je voulais faire ça plus tard dans la semaine (promis ça sera très court).
                        Pour ton écriture merci beaucoup pour cette précision très précieuse et je note bien. Je suis incapable de te répondre à tes deux dernières questions car je n’ai pas assez de réflexions sur le sujet, néanmoins, j’ai comme l’impression qu’avec le narratif, son souffle, son rythme on cherche non pas à raconter avant tout mais à rendre perceptible une pensée qui est le véritable objet du livre, c’est ce que tu évoques avec « justesse » et « intensité » ? Je n’arrive pas à le dire clairement je préfère donner la parole à Markowicz quand il répond à une semblable question sur la « poétique de Dost » pour moi ça éclaire complètement la trame narrative de l’idiot et son but, je trouve ça lumineux, mais je ne sais pas si c’est ce que tu veux dire.

                      • #1621 Répondre
                        SoR
                        Invité
                      • #1728 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je ne répondrai pas sur le romantisme, parce que ta mise au point est parfaite. Ne manque plus que la mention d’Holderlin
                        Il faudrait de toute façon ne plus utiliser romantisme dans le sens dévoyé. Par romantisme du pauvre, j’entendais bien m’exempter de ce dévoiement, mais en fait j’y participe.
                        Il faudrait appeler autrement le moment Chéreau dont on parlait. Peut-être le tripalisme. Ou le dolorisme, tiens.

                        Sur le reste : « l’impression qu’avec le narratif, son souffle, son rythme on cherche non pas à raconter avant tout mais à rendre perceptible une pensée qui est le véritable objet du livre ». Non, ce n’est pas une « pensée » qui est le « véritable objet du livre ». Un livre ça veut déployer du vivant. Le narratif sert à ça. Déployer du vivant. Et c’est ce que j’appelle intensité.

                      • #1744 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        François, merci infiniment pour ton retour, oui c’est exactement ce que je voulais dire pour le romantisme et son emploi, et tu as parfaitement résumé avec Hölderlin!
                        Pour le narratif et l’intensité, merci beaucoup aussi pour cet éclairage, ça restait flou sinon pour moi, je le rattachais à ce que disait Markowicz sur le « motif » mais oui ce n’est pas tout à fait pareil il ne parle pas de la même chose. Je note je note!

                      • #1746 Répondre
                        v
                        Invité

                        Ça dépend ce qu’on entend par justesse. J’ai tendance à penser que ce qui est intense est forcément juste, par opposition à ce qui est impressionnant, spectaculaire ou bien sidérant qui serait affaire de sensations.
                        Quand je lis justesse sous ta plume, j’entends peut être à tort, articulation précise des idées, tant tu excelles sur ce terrain. Est-ce à cet endroit que les 2 ne se recouperaient pas ?
                        « Qu’est ce qu’on vise en agençant des récits? » peut-être que ceci y répond suffisamment « l’art c’est … la vie qui passe par le corps » . Par le corps ou autres formes. Sinon que perçois-tu d’autre ?

                      • #1747 Répondre
                        v
                        Invité

                        mon post renvoyait à ce passage
                        « Pour le reste le « vrai » n’est pas le seul objectif de l’écriture pour moi. J’ai souvent dit que je cherchais deux choses : la justesse, l’intensité. Les deux ne se recoupent pas. Par exemple qu’est ce qu’on fait du narratif? Qu’est ce qu’on vise en agençant des récits? »

                      • #1752 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Quand je lis justesse sous ta plume, j’entends peut être à tort, articulation précise des idées, tant tu excelles sur ce terrain »
                        Cette compréhension vient sans doute d’une vision partielle de ce que je produis.
                        L’articulation des idées n’est qu’une modalité de la justesse. Il y a d’autres modalités de la justesse, par exemple la modalité proprement esthétique (celle qui passe donc par l’art, et alors il faudrait voir ce que l’art qui n’articule pas des idées, fait de spécifique en matière de justesse)
                        D’ailleurs Boniments fournit, je pense, un très bon terrain d’examen des différentes modalités.

                      • #1753 Répondre
                        v
                        Invité

                        oui je suis bien d’accord sur les différentes modalités, et justement je vois ça à l’oeuvre dans tes romans, et j’ai bien lu boniments également, d’où mon interrogation qui portait plus sur ta phrase « la justesse, l’intensité. Les deux ne se recoupent pas. »qui semblait les opposer, et cette phrase m’intrigue, je ne comprends pas ou ils ne se recoupent pas à part si l’on considère justesse uniquement du point de vue des idées (et cela m’intrigue d’autant plus que je te lis bien)

                      • #1775 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        « Il y a d’autres modalités de la justesse, par exemple la modalité proprement esthétique (celle qui passe donc par l’art, et alors il faudrait voir ce que l’art qui n’articule pas des idées, fait de spécifique en matière de justesse) »

                        Peut-on avoir les définitions de ce que tu entends pas « art », « esthétique » et « justesse » ? ou devons-nous encore une fois nous contenter de ton ésotérisme et de ton mysticisme ?

                      • #1776 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Petite question Diego, que cherches-tu sur ce forum? Tu es en désaccord manifeste avec non seulement tout ce que pense François mais avec les prérequis de sa pensée, les termes dans lesquels il s’exprime. Et cela vaut pour à peu près tout le monde avec qui tu interagis ici ou sur le précédent site. On peut évidemment s’enrichir des désaccords avec autrui mais tu n’as pas l’air d’y trouver du grain à moudre, tu as l’air plutôt consterné. Qu’est-ce qui t’attire donc?

                      • #1777 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Je ne suis pas en désaccord avec tout ce que dit françois, je réagis surtout à ses propos qui me semblent mystiques ou inconséquents. Je cherche simplement à obtenir des explications à des propos qui me semblent de simples affirmations gratuites non démontrées et validées par les faits. Car s’il y a désaccord, c’est la confrontation aux faits et à la réalité qui doit trancher entre les différentes propositions. Si aucun fait ne peut valider une affirmation, c’est que c’est bien une affirmation gratuite. Je suppose que tu es d’accord avec ça ?

                      • #1809 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Ben oui mais Diego
                        T’es tombé dans le coin des filles là !
                        Va y assied toi, prends un gâteau
                        Que Sor a fait ( ils sont délicieux)
                        Enlève quand même tes crampons
                        Et parle nous de ton amoureuse
                        On ira faire un foot après

                      • #1812 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Oh oui et puis après, on se vernira les ongles des pieds 🤗

                      • #1817 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        @claire N

                        Peut-on savoir ce que ta vision sexiste sous-entend exactement ?

                      • #1829 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Oui peut-être un peu maladroit vu sous cet angle
                        Ça veux dire que tu refuses l’invitation ?

                      • #1867 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Tu sais
                        Il faut peut-être que je t’explique que
                        Je viens d’un temps que tu n’as peux être pas connu et tant mieux pour toi
                        où il y avait «  les jeux de filles » «  les jeux de garçon «  et les jeux mixtes
                        Les «  jeux de filles «  étaient considérés comme
                        Nuls et bête, mais c’était nos jeux et on y prenait quand même plaisir parce qu’on savait pas à quoi ça nous préparaitpeu être, mais aussi peut-être que parce que il n’y avait pas que du nul.Peu de garçons acceptaient de
                        Jouer avec nous .
                        J’avoue que ça laisse sûrement des traces dans
                        Ma façon d’aborder les situations une foi adulte

                      • #1871 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Et la t’as le droit de me dire ta gueule Aznavour
                        Je trouverai ça reglo

                      • #1822 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        J’espère pour toi que tu es de mauvaise foi.

                      • #1831 Répondre
                        diegomaradona
                        Invité

                        Charles, tu me fais un mauvais procès là. J’ai toujours été ouvert à la discussion avec tout le monde et j’ai toujours tenu compte des remarques que l’on me faisait.

                      • #1790 Répondre
                        Cyril
                        Invité

                        Diego Maradona est la version hardcore de François Bégaudeau. Il traque l’imprécision, l’abstraction, la mystification avec la raideur du collectionneur !

                      • #1882 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        « Les deux ne se recoupent pas. » qui semblait les opposer »
                        Ah ben non
                        Ne pas se recouper ne signifie pas s’opposer.
                        Ca se touche mais c’est pas pareil
                        Peut etre que la justesse a à voir avec le réel, et l’intensité avec la vie.

                      • #1885 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Dis moi si j’ai bien compris
                        Quand les deux «  tiennent ensemble « 
                        C’est miraculeux ET vivant?

                      • #1889 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Et si j’essaye : par miraculeux j’étends
                        Ce qui n’est pas personnel mais donne
                        Par l’impersonnel ?

                      • #2052 Répondre
                        v
                        Invité

                        « Peut-être que la justesse a à voir avec le réel, et l’intensité avec la vie. »
                        oui peut-être
                        mais je dois avouer que j’ai une sérieuse tendance à les rapprocher

      • #1543 Répondre
        Claire N
        Invité

        Bonjour
        Dis moi si j’ai bien compris
        Quand elle évoque le passage du personnel
        A l’impersonnel , j’ai l’impression qu’elle évoque
        « Un moment de grâce « ?

        • #1565 Répondre
          Malice
          Invité

          Votre conversation me rappelle un passage de « M le mari », qui fait l’hypothèse que les rêves n’ont pas un caractère strictement personnel :
           » Un psychologue de l’université de Sydney vient de monter un programme des plus fous (…) Dans la psychanalyse, les rêves sont censés parler de l’inconscient du rêveur. Alors que lui (…) prétend qu’il s’agit d’un mauvais usage des rêves qui parlent avant tout de la société, de ses contradictions, de ses efforts pour masquer certains aspects du monde. Car selon lui, il y a une différence entre le monde et la réalité. Le premier est énorme et chaotique. C’est de là qu’une société extrait certaines données pour produire ce qu’elle appelle la réalité. Le reste, elle le refoule, le cache, fait comme s’il n’existait pas. Si elle ne le faisait pas, la réalité ne tiendrait pas la route. Les rêves parlent de ça. De ce que la réalité doit continuer à cacher pour continuer à être ce qu’elle est. A se dire que la réalité n’est pas une invention mais quelque chose de solide, de naturel, d’évident. Ce professeur (…) prétend que s’il y a des crimes non élucidés, ce n’est pas parce-que les enquêteurs manquent d’intelligence. C’est juste qu’il y a des choses qu’ils ne peuvent pas voir (…) Les rêveurs ont accès à ces mystères parce-que leur esprit est moins surveillé… »

          • #1571 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Parfait. Et dans la continuité de l’anti-oedipe, qui au fond ne voulait que libérer les rêves, les rendre à leur vastitude en les libérant de la névrose. En insistant sur le fait que le reveur ne reve pas seulement de choses qui le concernent (papa mama etc) mais rêve le monde.

          • #1580 Répondre
            SoR
            Invité

            Même réveillé le cerveau travaille à cela. C’est en effet un peu le même résultat trouvé en neuroscience concernant le travail du « corps calleux », cette fois lorsqu’on est réveillé. J’avais lu que sans celui-ci, nos 2 hémisphères (remplis d’au moins 2 volontés ou « esprits » minimum) ne pouvaient se mettre d’accord, ni avoir une sensation d’unité de la personnalité et face au monde : on ne pourrait même pas voir les objets sans lui car il n’y aurait aucun lien entre ce que voit chaque oeil, lui seul permet de faire une synthèse rendant cohérent le monde autour de nous. On ne pourrait même pas savoir quelle solution apporter à n’importe quel problème. Tout le travail de ce corps calleux est de nous donner l’illusion de l’unité interne mais aussi de la cohérence du monde autour de nous, sans quoi on n’aurait aucune faculté à agir.

            • #1581 Répondre
              SoR
              Invité

              Je vous mets un petit extrait des expériences des neuroscientifiques Sperry et Ganizza qui est parlant sur le fait que le cerveau retraite les données brutes extérieures et internes pour en masquer la complexité et synthétiser en permanence : « Sperry et Gazzaniga projetèrent des séries de photos vers l’oeil droit et l’oeil gauche de leur patient à l’encéphale dédoublé, par ex , la photo d ‘une patte de poulet vers l’oeil droit et une allée enneigée vers l’oeil gauche. Puis on donna une série de visuels qu’il associerait avec ce qu’il a vu et les patients montraient un poulet et une pelle (l’hémisphère droit voulait déblayer la neige) : car la patte du poulet est associé avec le poulet et il faut une pelle pour nettoyer le poulailler.
              Plutôt que d’admettre que son cerveau était complètement désorienté, le patient a incorporé cette fusion dans une plausible histoire. »

              • #1735 Répondre
                Claire N
                Invité

                Oui
                L’histoire est plausible
                Il y a dedans une trace pourtant de ce qui est
                Perçu « implicitement « 
                Seul l’observateur qui connaît le monde auquel a été exposé le patient peut reconnaître cette trace
                Je pense comprendre par là le lien que tu fais avec le rêve

                • #1756 Répondre
                  SoR
                  Invité

                  Oui, pardon je me suis aperçue après que c’était pas très clair mon truc car fait trop vite (mon envie de participer parfois est plus grande que mon temps pour le faire correctement et je bâcle) mais c’était pour contribuer au débat sur le travail que fait le cerveau entre le monde et lui et en même temps je voulais exprimer le côté déstabilisant de la découverte que j’exposais : un cerveau (éveillé et ayant un bon fonctionnement selon les neuroscientifiques) semble tout le temps retravailler le monde pour produire une réalité plausible, car en vrai la cohésion interne d’une personne n’existe pas et pour le monde externe c’est pareil : les données de l’extérieur sont modifiées aussi et repensées en perm, mais ce qui fait un peu peur avec ces expériences c’est qu’entre le médecin et le malade (enfin celui qui n’a pas ce fameux corps calleux qui fait le boulot de cohésion) c’est le malade qui semble le mieux nous informer de cet artifice qu’on fait et donc peut être qu’il voit finalement mieux le monde tel qu’il est à l’état brut (fragmenté, complexe). Virginia Woolf apparemment avait un souci avec cela car elle correspond aux symptômes de gens n’ayant pas ce « pont » entre les 2 hémisphères et qui sentent bien que leur « moi » est pluriel et fragmentaire.
                  En fait c »était pas tout à fait la même chose tu as raison que la découverte du rêve mais je trouvais qu’il y avait là l’idée que le jour un cerveau normal crée une certaine image du monde qui, dans le rêve, se reperd, comme si ce corps calleux se reposait lui aussi et nous laissait la vision brute du monde. Si tu as rêvé que tu avais d’autres goûts que ceux habituels, c’est bien dans ce sens que tu as eu accès au monde à l’état brut comme ces malades, ce que te cache le travail de ton cerveau le jour.

                  • #1779 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    « mon envie de participer parfois est plus grande grande que mon temps » ça je te l’attrape au vol
                    Parce que c’est joli !
                    Et pardon de rien s’il te plaît
                    C’est plutôt moi qui te dis merci
                    Je n’ai pas lu Virginia
                    Et oui c’est le patient qui apprend au
                    Médecin

                    • #1788 Répondre
                      SoR
                      Invité

                      Ouf alors ça va! Pour Virginia Woolf c’est très bien et très spécial et ça peut dérouter au début, les personnages sont toujours on dirait en flottement, leur pensée coule en continu et s’échappe parfois complètement de la situation présente, c’est en perpétuel mouvement. Quand on sait de quoi elle souffrait ça paraît encore plus clairement. Mrs Dalloway par ex c’est un peu elle, une femme qui tente de s’unifier, de se créer une réalité alors qu’il y a plusieurs choses qui s’opposent en elle. Il y a aussi la question sociale intéressante dans ce livre et les autres. Je pense que François te la conseillerait aussi, d’ailleurs en parlant d’elle et du côté social ça me fait penser à « Sans filtre », je n’ai pas pu le voir malheureusement mais d’après ce que je lisais et la gêne de François le livre de Virginia Woolf « La Traversée des apparences » réapparaissait en moi : même trame : société du luxe et de l’apparence mondaine, le monde des riches qui embarque dans un grand bateau de tourisme puis se retrouvent mis à mal avec la réalité et la matérialité où les plus bourgeois sont les plus atteints du mal que fait la tempête sur toute l’assemblée, ce repas aussi où ça commence à dérailler, la découverte de mondes exotiques et sauvages mais où les gens restent prisonniers de leur ancien monde sauf 2 personnages qui à la toute fin, au moment de mourir d’une fièvre tropicale, osent s’avouer des choses qui leur était impossible de dire dans leurs conditions 1ere. J’ai un souvenir de tout ça, il faudrait que je relise et regarde le film pour mieux comparer. J’extrapole mais tout ça pour dire VW c’est intéressant à lire et bien écrit!

                      • #1815 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Tu me conseille de commencer par lequel?

                      • #1848 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Je risque de mal te conseiller car je n’en ai pas lu beaucoup et certains datent d’il y a trop longtemps comme « Orlando » ou « Les vagues » ou « Mrs Dalloway » qui font pourtant partie de ses plus connus, je n’en ai qu’un souvenir flou et je ne veux pas t’influencer. Je me rappelle juste du bon souvenir d’Orlando et que Les vagues j’étais trop jeune, je l’ai manqué il faudrait que je le relise. Mais plus récemment j’ai beaucoup aimé : « Une chambre à soi » un essai très court et « La Promenade au phare », pareil très fort. « La Traversée des apparences » c’est son 1er donc il n’est pas décrit comme son roman de pleine maturité mais il m’a par contre beaucoup émue (la relation entre l’homme et la femme était très bien vue et touchante).
                        Si tu veux commencer par un petit juste pour savoir si tu aimes le style, il y en a un que je n’ai pas encore lu mais qui me tentait bien : c’est un petit folio avec plusieurs nouvelles « Rêves de femmes » je comptais l’emprunter bientôt.

                      • #1853 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        On peut dire que ça tombe bien
                        « Rêves de femmes « 

                      • #1864 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Ah oui bien vu 😉

          • #1627 Répondre
            Claire N
            Invité

            C’est renversant
            J’aime beaucoup l’idée
            Le rêve du monde
            Permettrai de croire la réalité tangible
            J’irais bien relire la discussion sur l’allégorie
            Et la mise «  en tension « 

            • #1633 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oups , je réagissais au texte posté par Malice

        • #1569 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          L’impersonnel c’est peut-être, oui, Dieu qui souffle en soi

          • #1624 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            @françois

            Peux-tu nous donner ta définition de « dieu » et de l' »art » ? ou bien parles-tu mystiquement de choses dont tu n’as aucune définition claire à proposer ? ce qui équivaudrait logiquement à ne pas savoir de quoi tu parles (ou écris). Ce qui serait pour le moins comique pour quelqu’un qui se targue de rechercher la justesse.

          • #1634 Répondre
            Claire N
            Invité

            La vie
            Merci

            • #1635 Répondre
              Claire N
              Invité

              Décidément je pose mes réponses à l’endroit
              Exact ou elle n’on rien à dire
              Désolée Diegomaradona

    • #1631 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Dieu, nom masculin : entité invisible proche du poulpe.
      C’est scientifique.

      • #1652 Répondre
        diegomaradona
        Invité

        Tout est dit. C’est bien ce qu’il me semblait.

        • #1696 Répondre
          Claire N
          Invité

          Peut-être une ce passage . « S’il procède d’une manière parfaitement correcte, sa personne est absente de toute l’opération. » lorsqu’elle parle des mathématiques peut mieux convenir pour entamer la discussion avec toi sur ce qu’elle entend par impersonnel

          • #1704 Répondre
            Claire N
            Invité

            Je précise que ce n’est pas ironique
            Mais je suis vraiment curieuse
            Parce que parfois j’ai rêvé sur la signification
            Du zéro, et d’autre fois trouvé plus esthétique
            Une factorisation qu’un développement

      • #1714 Répondre
        Cyril
        Invité

        Comment fais-tu François pour faire cohabiter en toi Nietzsche et Simone Weil ? Les lisant en parallèle, ils me paraissent tellement antagoniques ! D’ailleurs, il semblerait que S.W. n’aimait pas Nietzsche :

        Préface de Gustave Thibon à La Pesanteur et la Grâce : « Ce souci de pureté, d’authenticité intimes la rendait impitoyable pour tous les auteurs en qui elle croyait déceler la moindre recherche de l’effet, le plus léger élément d’insincérité ou de boursouflure : Corneille, Hugo, Nietzsche. Seul comptait pour elle le style parfaitement dépouillé, traduction de la nudité de l’âme. »

        Ce que je pense comprendre de Nietzsche pour le moment est qu’il célèbre la puissance vitale (l’instinct d’auto-conservation ?) contre toute forme de transcendance, Dieu, la Vérité, la Rationalité etc. Qu’il tiendrait pour une affirmation de la pesanteur contre la grâce ? Et là je re-cite Gustave Thibon :

        « La Loi centrale de ce monde, dont Dieu s’est retiré par son acte même de création, est la loi de la pesanteur qui se retrouve analogiquement à tous les étages de l’existence. La pesanteur est la force « déifuge » par excellence. Elle pousse chaque créature à rechercher tout ce qui peut la conserver ou l’accroître et, suivant le mot de Thucydide, à exercer tout le pouvoir dont elle est capable. Psychologiquement, elle se traduit par tous les mobiles d’affirmation ou de restitution du moi, par tous les subterfuges souterrains (mensonge intérieur, évasion dans le rêve et les faux idéals, empiètements imaginaires sur le passé et l’avenir, etc.) que nous employons pour consolider du dedans notre existence ébranlée, c’est-à-dire pour rester extérieurs et opposés à Dieu.
        Simone Weil pose en ces termes le problème du salut : « Comment échappe-t-on à ce qui, en nous, ressemble à la pesanteur ? » Uniquement par la grâce. »

        Je sais bien qu’il n’est pas question de choisir entre les deux mais si tu reconnais qu’il y a opposition radicale de l’un à l’autre, comment ça dialectise pour toi ?

    • #1720 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Le point, c’est que la littérature, ce n’est pas la philosophie. C’est à dire qu’en littérature on n’a pas à dialectiser.
      Je lis Nietzsche et Weil en littéraire. Les pensées sont des choses. Donc je n’ai pas pas davantage à trouver de cohérence entre Nietzsche et Weil qu’entre Bernanos et Sartre, ou entre Michaux et Dostoievski. Comme en peinture je n’ai pas à trouver de cohérence et de dialectique entre Velazquez et Bacon. J’aime les deux, voilà le seul point. Comme on peut aimer deux paysages, deux aliments, deux individus, qui n’ont rien à voir

      IL n’y a que dans des efforts de rationalité qu’on peut, qu’on doit, tisser des cohérences. Si ce geste, et ce sujet en général, t’intéresse, je te renvoie à Une certaine inquiétude, où j’essaie de penser mon gout pour le christianisme – et où je tends des ponts entre Nietzsche et Jesus, tu verras lesquels.

    • #1722 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je pourrais tout à fait, d’ailleurs, tisser un lien entre Nietzsche et Weil. Ne serait ce que sur l’impersonnalité. La notion de puissance chez Nietzsche n’en est pas si éloignée.

      • #1883 Répondre
        Sigmund
        Invité

        frérot le seul auteur qui soit cohérent avec Nietzsche, c’est Nietzsche, encore que, pour peu qu’on zoome l’affaire n’est pas si simple.
        Juger sur le critère de la pure adéquation tient de la pulsion du même, Dieu merci on est toustes polarisé.e.s et nourri.e.s de courant contraires.
        Curieux que le point d’ «incohérence» qui te fasse tiquer se situe sur la ligne Nietzsche-Weil (elle qui d’ailleurs (Simone), comme nous toustes était faite de bric et de broc; un peu de Platon, de Jesus, de Marx, d’hindouisme etc.) alors que l’oeuvre de François semble parsemée d’associations assez inhabituelles (Fat Mike-Bernanos, football-lutte des classes, silence de la littérature-bavardage continu) et tant mieux.
        Il y a une longue et riche tradition d’auteurs très différents puisant dans la source Nietzsche autant que dans la source chrétienne :Jaspers, Bataille, Agamben, Marion… on pourrait même avancer que Dosto, avant Nietzsche, marchait déjà sur le fil (suivez mon regard) tendu entre le nietzschésime et le christianisme. Et par ailleurs les influenceurs d’extreme-droite n’ont pas beaucoup de scrupules à bander sur les vieilles pierres des églises autant que sur les bustes en plâtre de Nietzsche.
        Pas d’accord avec toi François sur la ligne de partage philosophie / littérature (coordonnées compossibles / on aime c’qu’on veut), même s’il s’agit bien sûr de deux régimes d’idéalités différents. L’exemple Velasquez-Bacon semble assez mal venu, en ceci que Bacon était précisément un type qui pensait que rien n’avait été peint de bon depuis Velasquez, et qu’il s’est mesuré à lui en en faisant des remake (portrait d’Innocent X). Et pourtant Bacon n’est pas à proprement parler un peintre velasquezien (comme on pourrait dire que l’étaient Manet ou Sargent). Lequel Velasquez était lui aussi tiraillé entre deux pôles incompossibles du baroque, à savoir une manière rubensarde et une autre caravagesque. Pas facile cette histoire.
        Autre exemple un peu tarte à la crème pour illustrer ce que j’essaie de dire pourrait être celui de Van Gogh, tiraillé entre un désir d’impressionnisme et de peinture japonisante (diffraction de la couleur par la touche vs ligne claire, deux régimes de peintures antagoniques; suffisant pour devenir fou), au lieu de les mettre en opposition, il les met en composition; comme nous dealons tous et toutes comme on peut avec nos polarités pour trouver un équilibre métastable.

        • #1892 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne sais pas bien ce que tu entends par bavardage continu. C’est de toute évidence un raccourci. Il jette le discrédit sur le reste de ce que tu dis, qui vaut mieux que ça.
          Je ne fais pas de stricte partition entre philosophie et littérature. Au contraire, en littéraire conséquent, je considère que la philosophie ça n’existe pas. Que tout est littérature. C’est ainsi que je lis en littéraire la philosophie. Mais avec certes une prédilection pour ceux qui se savent littéraires, qui savent bien que la philosophie est une gageure, une fable (Quignard : « dans la philosophie le roman s’oublie ». Moi je lis des philosophies où le roman ne s’oublie pas. Ce qui nous ramène du coté de Bale, Nice, Turin.)
          A l’inverse il reste pas mal de gens pour croire à la philosophie. Et pour lire philosophiquement de la philosophie. C’est à dire en attendant d’elles des vérités. Ceux là, forcément, ont besoin de cohérence. Ils ne peuvent pas tenir à la fois des philosophies contradictoires. Il faut donc qu’ils tranchent (entre Nietzsche et Weil, par exemple)
          La lecture littéraire, elle, n’a pas à trancher.
          Et oui l’art peut tenir ensemble des choses que la philosophie, ou la science, déclareraient contradictoires. C’est l’exemple de Van Gogh que tu donnes. Je crois même que c’est la passion première de l’art : tenir ensemble des choses qui sont décrétées ne pas pouvoir tenir ensemble – mais que la vie fait parfaitement tenir ensemble, et c’est le noeud de cette vieille complicité indéfectible entre l’art et la vie.

          • #1905 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            @françois

            Tu es encore une fois dans la confusion. Si des choses sont scientifiquement établies comme contradictoires, les tenir ensemble ne relève pas de l’art mais d’une vision mystique ou magique des choses. Puisque le réel ne les fait pas tenir ensemble (ainsi que le démontre la science) elle ne peuvent l’être que dans la croyance de celui qui les présente comme telles, elle ne sont qu’illusions. Ce n’est donc pas la vie (terme que tu utilises encore abusivement sans en donner aucune définition) qui les fait tenir ensemble mais seulement les délires mystiques de formes vivantes (comme la tienne par exemple). Lordon a l’habitude de dire qu’il ne faut pas se raconter d’histoire, manifestement toi tu aimes (t’)en raconter.

            • #1959 Répondre
              Claire N
              Invité

              Peut-être que si tu prends le problème comme ça ?
              François n’est pas un «  alchimiste «  mais il écrit
              De la littérature
              il n’entend pas transformer sur la base de connaissances scientifiques la nature des choses

              • #1960 Répondre
                Claire N
                Invité

                Il est peu probable que nos connaissances
                Nous permettent de faire tenir ensemble
                La matière et la vie ( faire vivre un nounours)
                Donc sur ce point je propose l’humilité

                • #1962 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Et pour moi l’humilité n’est pas la honte
                  Elle peut coexister avec l’orgueil

                  • #1963 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    c’est un spectacle désopilant, depuis qu’il gravite dans mon orbe par amour, que de voir des gens pas au courant se rendre compte peu à peu qu’il est tout à fait impossible de discuter avec DiegoMaradona. Car on ne discute pas avec la Science
                    Claire, tu es en train de t’en rendre compte. Dans trois messages, comme de plus vieux habitués, tu renonceras. Et Diego s’en ira ouvrir une non-discussion avec un autre nouveau-venu.

                    • #2001 Répondre
                      diegomaradona
                      Invité

                      @ françois

                      Je suis toujours ouvert à toute discussion avec n’importe qui. Mais c’est vrai que si je dis logique et factualité et qu’on me répond licorne et fée clochette, tout cela ne peut aller très loin. Mais sans doute est-ce plus commode pour certains cerveaux de croire qu’une vierge à enfanté et que la terre à été crée il y a 6000 que de se fier à la science. Chacun fait ce qu’il peut.

                • #2002 Répondre
                  diegomaradona
                  Invité

                  Ne penses-tu pas que la biologie, la chimie, la physique ou encore les neurosciences y procèdent ?

                  Car si même nos connaissance ne le peuvent comme tu le dis, alors rien ne le peut à moins d’être alors hors de la connaissance, donc dans la croyance, et donc tu es bien en accord avec ce que je dis.

                  Donc dans tout les cas, tu valides mes propos.

                  • #2057 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Je crois qu’effectivement nous ne parlons
                    Pas le même langage
                    Le mot «  valider «  selon moi en atteste
                    Cependant en te relisant je vois que le mot
                    «  connaissance «  est imprécis il s’applique et dépend de son objet.
                    Sur le plan mathématique je «  ne valide pas « 
                    Ici il est question de l’objet littéraire
                    Si tu veux ouvrir une discussion sur l’incertitude
                    En physique dans une autre page
                    Je suis ok

                    • #2059 Répondre
                      François Bégaudeau
                      Maître des clés

                      c’est un spectacle désopilant, depuis qu’il gravite dans mon orbe par amour, que de voir des gens pas au courant se rendre compte peu à peu qu’il est tout à fait impossible de discuter avec DiegoMaradona. Car on ne discute pas avec la Science
                      Claire, tu es en train de t’en rendre compte. Dans trois messages, comme de plus vieux habitués, tu renonceras. Et Diego s’en ira ouvrir une non-discussion avec un autre nouveau-venu.

                      • #2060 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Rire
                        Toi tu fais le chant du coq
                        Il m’en reste 2 si j’ai bien compté

                    • #2088 Répondre
                      diegomaradona
                      Invité

                      @ claire

                      Je ne comprends pas le sens et la pertinence de tes propos. Peux-tu me réexpliquer plus clairement ce que tu veux dire ?

                      « Je crois qu’effectivement nous ne parlons
                      Pas le même langage »

                      Peux-tu développer ?

                      « Le mot « valider « selon moi en atteste »

                      Peux-tu développer?

                      « Cependant en te relisant je vois que le mot
                      « connaissance « est imprécis il s’applique et dépend de son objet. »

                      Je reprends ce terme car c’est toi qui l’avais utilisé plus haut. Passons. Peux-tu alors le définir et nous dire sur quelles heuristique et épistémologie tu te base pour appréhender le réel?

                      « Sur le plan mathématique je « ne valide pas «
                      Ici il est question de l’objet littéraire »

                      Je ne vois pas trop ce que les mathématiques viennent faire ici ? Peux-tu développer ?

                      « Si tu veux ouvrir une discussion sur l’incertitude
                      En physique dans une autre page
                      Je suis ok »

                      Je serais curieux d’avoir ton avis sur cela. Peux-tu le partager ?

          • #1940 Répondre
            Claire N
            Invité

            «  cette vieille complicité indéfectible entre l’art et la vie » on dirait un sentiment , j’aime bien dis comme ça
            Merci

    • #1890 Répondre
      Claire N
      Invité

      Bonjour
      Ton exemple sur les désirs de van Gogh
      M’intéresse mais je n’est pas bien saisi
      Ce qu’est une ligne claire, si tu veux bien tenter
      De m’expliquer pour que je vois ce que c’est
      Merci

    • #1902 Répondre
      Claire N
      Invité

      Merci Zyrma

    • #3373 Répondre
      Daria
      Invité

      Je viens de découvrir Julien Syrac et son premier roman La Halle qui date de 2017 mais que les éditions Quidam viennent de republier en format poche.
      L’auteur utilise un matériau autobiographique à peine remodelé (il a travaillé dans un marché couvert où il y a lié des amitiés, des inimitiés, vécu une histoire d’amour) et voulait son livre comme un témoignage de la réalité du travail et des petits boulots. Il y dépeint des lieux (la halle, d’abord privatisée puis en voie de transformation pour devenir un supermarché végétalien et lieu artistique et culturel, on pense à À Arles), des métiers, des rapports humains, des sentiments, l’angoisse, les principes boutiquiers, il se moque du pittoresque, de l’archaisme, du répétitif, de l’immuable que charrie ce lieu, c’est très drôle.
      Sa forme est intéressante : mélange de discours rapportés, sortes de commentaires polyphoniques qui nous plongent dans l’ambiance d’une halle marchande accompagnés de commentaires plus distanciés du narrateur ou de personnages perçus « plus sages » pour permettre des moments d’analyse.
      Il montre bien comme l’aliénation des corps oblige les protagonistes à se forger une sorte de « morale de combat » face aux clients toujours supérieurs, sorte de lutte des classes, cette morale prenant la forme d’expressions toutes faites avec ce patron d’un des stands de la halle qui ne s’exprime qu’en formules boutiquières, cette aliénation des corps menant à l’aliénation du langage des idées, on pense à d’autres textes de François.
      François, connais-tu cet auteur ?

      • #3393 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Je note cette suggestion sur ma liste ! Avec un patronyme pareil la contrepèterie est inévitable… ‘Ce Syrac a toujours aimé se faire moucher.’ Pardon.

      • #3395 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Je le note dans ma liste de livres à lire.
        Merci

    • #3379 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Non je ne connais pas.

    • #3730 Répondre
      albertine robitaille
      Invité

      est ce que quelqu’un ici a lu « deux secondes d’air qui brule » de diaty diallo ?

      • #9422 Répondre
        Le ventilateur d’Hegel
        Invité

        Oui moi, j’arrive un peu tard desole

        • #9424 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Moi n’en suis qu’à la moitié (donc c’est « une seconde d’air qui brûle »). Suis mitigé pour l’instant.

          • #14374 Répondre
            albertine robitaille
            Invité

            et moi j’arrive encore plus en retard que vos retards. si l’un.e de vous deux l’a fini et a un avis dessus je suis preneuse ! (si jamais ce message réussit à parvenir à qui que ce soit…). je n’arrête pas de le voir recommandé par des gens mais je l’ai pas du tout aimé. je l’ai trouvé très peu réaliste, assez mal écrit. un peu folklorique dans le mauvais sens du terme. ça m’a fait penser à de la fanfiction

            • #14381 Répondre
              Le ventilateur d’Hegel
              Invité

              Un peu plus bas tu trouveras un retour travaillé de Dr Xavier et un foutoir de ma part, bonne lecture !

              • #14383 Répondre
                Le ventilateur d’Hegel
                Invité

                Ne lis pas mon commentaire sur le livre je viens de me relire c’est infernal. J’avais pris une pinte à midi, la chaleur s’écrivait 35 degrés et mes doigts tremblaient.

    • #3732 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      non mais je cherche la contrepétrie dans ton nom

      • #3782 Répondre
        albertine robitaille
        Invité

        argh il n’y a pas de contrepèterie. il tire son caractère inélégant du fait que c’est un ordinateur qu’il l’a « généré »

        • #3783 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Un ordinateur qui l’a « généré ?

          • #3788 Répondre
            albertine robitaille
            Invité

            je l’ai pris sur site internet qui est un « générateurs d’identité ». tu mets une nationalité, un âge, et le site tente de générer une identité/personne ‘type’ avec ces critères. pour les noms, en français, ça marche souvent assez mal. je sais pas quelle base de données utilise le site mais surement pas des données actuelles. ce qui est touchant c’est que le site génère ensuite toutes sortes de données administratives : une date de naissance, une adresse postale, une adresse mail, un mot de passe, un modèle de voiture, un emploi, une taille, un poids etc…

            • #3789 Répondre
              Sarah G
              Invité

              ah ok, je ne connaissais pas du tout ces sites générateurs d’identité. je n’ai pas lu « deux secondes d’air qui brûle » de Diaty Diallo

            • #3792 Répondre
              Claire N
              Invité

              C’est marrant quand même que François ai direct flairé ton nom…

    • #9358 Répondre
      Jules
      Invité

      Bonjour François,

      Tu as fait référence dans un de tes entretiens aux discours des « pères fondateurs » de l’école ‘républicaine’, en disant qu’ils étaient très clairs vis-à-vis de leurs intentions (et qu’elles sont très éloignées des mythes sur l’école). Est-ce que, par hasard, tu aurais une (ou plusieurs) recommandation de livre à propos de ce sujet ? Avec les débats/discours de l’école ? Cela m’intéresse bcp.

    • #9492 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Fini le Deux secondes d’air qui brûle. ! Et je suis pas plus convaincu. En trois mots, l’autrice raconte des scènes de vie de jeunes hommes (JH) et de jeunes femmes dans un quartier de banlieue parisienne, avec un JH qui se fait abattre par un policier au milieu du livre.
      .
      Je tente ma critique que j’espère pas trop sévère.
      .
      Diaty Diallo fait un choix de forme déconcertant : aucun dialogue (sauf bizarrement une page et demi dans le premier quart du livre) mais du dialogue raconté qui se mélange avec le récit. Pourquoi pas. Mais alors autant y aller franco, et ne pas mélanger trop souvent du français châtié et trop sage – voire des expressions désuètes de type « prendre le taureau par les cornes », « ma main à couper », « vous faites un bête de métier » – avec de l’argot de banlieue, dont certaines expressions me paraissent sonner faux : « des espaces qui ne font pas rêver les kids. »
      .
      Elle fait aussi le choix de raconter le récit à la première personne et du point de vue d’un (jeune) homme (Astor). Elle en a parfaitement le droit, mais pour un premier roman je trouve que c’est audacieux, d’autant plus que les 3/4 du roman se place du point de vue des JH, et notamment quand ils sont en bandes entre eux : il faut avoir un sacré sens de l’observation pour une femme pour imaginer ce que disent des JH entre eux lorsqu’aucune femme n’est présente (point important) – et l’inverse est je crois tout aussi vrai (je tien qu’il est difficile pour un homme de pleinement vraiment imaginer comment se comportent et ce que disent les femmes entre elles lorsqu’il n’y a aucun homme ; d’où sans doute la peur panique des hommes face à la pratique des réunions non mixtes mais je m’égare). Bref c’était trop audacieux pour un premier roman et ça sonne faux là aussi. Par exemple, Astor évoque un fantasme, puis indique « je n’arrive jamais à fantasmer sans qu’un caillou se niche dans l’engrenage. J’ignore pourquoi, une truc s’immisce entre elle et moi. Un truc qui me fait dévier. Comme un portable qui vibre, une capote que je n’ai pas pensé à acheter, une divergence politique. » Immiscer ? Divergence politique ? Une divergence politique comme un caillou dans l’engrenage d’un fantasme ? Mais quel JH (ou jeune tout court, ou tout le monde) pense comme ça, avec ces termes, qu’il soit barbare, beauf, ou bourgeois ? À part des khâgneux.ses je vois pas (et encore).
      .
      Hypothèse : je pense que le roman est victime d’une double prudence. Prudence de l’autrice pour son premier roman qui ne veut pas donner trop d’elle-même (d’où le choix du je masculin) et montrer qu’elle est légitime à être écrivaine. Prudence sur le sujet : on sait tou.te.s que les « JH de banlieue » se font stigmatiser en permanence, stéréotypiser tout le temps, on a 150 épithètes dépréciatifs qu’on peut convoquer sur un claquement de doigt pour parodier CNews/BFM/LCI. L’autrice le sait aussi, je crois qu’elle fait donc très gaffe à ce que ses écrits ne puissent pas être détournés, retournés contre ces JH. C’est louable, mais à ne vouloir montrer que la partie lumunieuse ça donne des personnages fades, aseptisés, on ne s’y attache pas (une fois encore – vous l’avez compris – ça n’a rien à voir avec le fait que ces JH vivent en banlieue, quelque soit le contexte un roman avec des personnages trop lisse risque d’ennuyer). J’ai envie de dire à Diaty Diallo d’être beaucoup moins imprudente pour la suite, c’est tout le bien que je lui (me) souhaite pour son prochain livre.

      • #9493 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        (d’être beaucoup plus imprudente)

      • #10563 Répondre
        Le ventilateur d’Hegel
        Invité

        Hello, je l’ai lu en novembre dernier, mon souvenir du livre n’est plus très vivace et je te rejoins sur tous les points.

        J’ajouterai quant à l’argot de banlieue qui sonne faux, qu’il le gait justement car il interpelle l’attention du lecteur qui était porté par un flot de langue plus conventionnelle qui précède toujours l’argot fans ce livre. Paradoxalement, un choix plus radicale (et donc plus imprudent) dans la volonté de faire « impression » de la banlieue, en faisant plus de part à l’argot, aurait adouci ce dernier. Peut-être qu’au fur et à mesure de la lecture sa dissonance s’atténue…

        Outre le choix de l’argot, pour nous faire passer l’ambiance de banlieue, l’autrice essaye d’allumer une juke box imaginaire en citant régulièrement des sons. Cela n’a pas du tout fonctionné pour moi et j’ai trouvé que c’était un ajout pour justifier une innovation formelle à la littérature, alors que ce dispositif tourne vraiment à vide.

        Sinon je me souviens de la fin qui fait un énorme pschhht sans mauvais jeu de mots.

        Sinon je dois dire que certains passage me transmettait de beaux plans clipesques, où transmettait une vraie émotion graphique dans le sens du deuil dans une cité qui est affectée par la géométrie de cette dernière, ce que j’ai vraiment apprécié.

        Je surveillerais ces prochains livres, cependant je crois que dans la catégorie jeunes autrices, je suivrais plus assidûment Lucie Rico qui par ses étranges dispositifs, rend sa lecture très ludique.

        Merci pour ton post, j’ai écris le mien un peu à la va vite mais je voulais te répondre

        • #10564 Répondre
          Le ventilateur d’Hegel
          Invité

          *ses prochains livre, deso me suis pas relu

    • #9505 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je suis convaincu

      • #9513 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci bcp je suis touché ! C’est un peu décousu mais je voulais faire court ne pouvais pas y passer trop de temps non plus. Espérons que d’autres lecteurs/trices du livre trouvent ça juste (ou pas trop injuste).

    • #9706 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      J’ai rêvé ou quelqu’un.e sur ce site a suggéré le bouquin « Le travailleur de l’extrême » de Äke Anställning ? Si c’est le cas c’est une bonne suggestion, l’auteur décrit ses aventures quotidiennes dans des boulots pourris et précaires, quand ce n’est pas dans des formations absurdes de Pôle Emploi. Ce serait une sorte de pendant punk de À la ligne de Joseph Ponthus. Alors que Ponthus est mélancolique et harassé, Anställning est ingouvernable et bordélise tout en permanence, faisant le maximum pour rater le peu qu’on lui demande. C’est drôle et court, pas de la grande littérature, je suis content de l’avoir lu, mais jamais je n’aimerai avoir l’auteur comme collègue de boulot !

    • #9864 Répondre
      Carpentier
      Invité

      .. Les deux espaces adjacents avaient quelque chose d’irréductible. Le château et son parc, figés dans un flou latéral, semblaient devoir rester prisonniers du passé, condamnés à s’étirer comme les vaisseaux spatiaux des théories relativistes pris dans un puits gravitationnel sans fond et certains de ne jamais rejoindre leur point d’arrivée.
      La nationale et le chemin de terre auraient ainsi dessiné une éternelle asymptote, s’excluant l’une l’autre, si un événement ne les avaient pas forcés à entrer en collision. / … p.65, L’aménagement du territoire, Aurélien Bellanger, Gallimard, 2014 –

      Je me régale.
      Pas souvenir d’avoir dû à ce point faire confiance, me laisser lire tout un premier chapitre (une douzaine de pages) surprenant comme ça pour entrer dans un bouquin. Et j’ai aimé ça.
      Ce tissage permanent de matière, de mesures, de descriptions soumises à une sorte de captation historique et géométrique, qualifiée techniquement en permanence dans le récit qui se déroule: j’a-dore.
      Si on aime pas trop être parfois flottant dans sa lecture, se sentir paumée un peu, faut pas y aller.
      Moi, j’y retourne.

      • #10565 Répondre
        Le ventilateur d’Hegel
        Invité

        Question innocente : es-tu scientifique ou as-tu une culture scientifique ?

        • #10600 Répondre
          Carpentier
          Invité

          oui, oui, je suis Claudie Haigneré

          • #10601 Répondre
            Tony
            Invité

            Je constate que le 28 mai t’en étais à la page 65 et le 3 juin à la page 84,soit 19 pages en 7 jours,t’auras peut-être fini à la fin de l’été?

            • #10603 Répondre
              Carpentier
              Invité

              🤣

            • #10604 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Lire pour moi c’est un peu comme peindre

    • #10511 Répondre
      Carpentier
      Invité

      .. Les travaux venaient de commencer. Le site avait été défriché et recouvert d’une immense dalle de béton. Le préfet s’y baladait souvent le dimanche. Les brumes de la Loire venaient se perdre sur cette immensité vide. Il rêvait alors, comme on fantasme de la structure abstraite d’un roman, de cuves pressurisées en acier blindé, de tuyaux bleus et rouges, de turbines et de transformateurs. L’uranium 235, voltigeant dans les airs, projetait tout autour de lui des neutrons rapides entre les barres de contrôle en argent. L’eau du fleuve enserrait l’ensemble avec délicatesse.
      La mobilisation écologique menaçait pourtant ce projet, en le rendant chaque jour politiquement plus sensible.
      On refusait de voir que, sans la centrale, Nantes était en danger de mort.
      Il était cependant du devoir du préfet d’anticiper le pire et d’imaginer des solutions alternatives, si jamais le projet devait être ajourné _ ou même annulé. Roland Peltier convainquit donc EDF de mettre, en attendant des jours meilleurs, sa capitale sous perfusion, en assurant son raccordement, par une ligne à haute tension nouvelle, à la péninsule du Cotentin, dont le rapport au nucléaire était beaucoup plus sain que celui de la Bretagne. /… p.84, L’aménagement du territoire.
      L’ironie qui innerve les lignes de Bellanger me ravissent.
      Ici, à peine sortie de celles dédiées aux partisans de la réintégration de Nantes à sa province d’origine – paragraphe qui a fait suite à ses envies d’aéroport pour avion supersonique sur le site de NDDL – on frémit de rire devant la promenade fantasmagorique et dominicale du premier préfet de la région Pays de la Loire.

    • #10648 Répondre
      PE
      Invité

      Bonsoir,
      Première intervention sur ce forum, presque logiquement sous forme d’une demande initiatique : selon vous quels livres faut-il lire pour poser les bases structurelles nécessaires pour une analyse (marxiste) conséquente du réel ? Disons que je suis encore jeune et dans les premiers temps de ma réflexion critique sur le politique, et les quelques bouquins afférents que j’ai lus (dont les plus récents essais de l’ami François) analysent plutôt les symptômes du capitalisme (qui se mêlent éventuellement avec ses mécanismes de préservation) que le système en soi, plutôt la superstructure que la structure elle-même (même si, en l’écrivant, ça me semble étrange de les distinguer à ce point). Quels bouquins, alors, pour tenter de comprendre le fonctionnement de cette dernière ?
      Je suis même pas exactement certain de la pertinence de ce que je demande, mais j’imagine que ce seraient plutôt des livres d’économie ?
      Est-ce que ça s’impose de commencer par Le Capital ? Pardon du potentiel blasphème, mais est-ce encore lisible ? Est-ce qu’il existe aujourd’hui des grandes sommes analogues et peut-être plus « actuelles » ?

      • #10649 Répondre
        Cyril
        Invité

        Je te conseillerais Capitalisme, désir et servitude de Frédéric Lordon. Pour le coup, il fait une analyse structurelle du capitalisme et associe l’apport des sciences sociales, qui se sont beaucoup développées depuis Marx, à la philosophie de Spinoza.
        Toujours de Lordon, dans son livre La condition anarchique, il y a un chapitre nommé « la valeur économique » qui fait une critique de la valeur-substance dans Le Capital de Marx. Il est utile de lire avant les premiers chapitres du Capital sur la marchandise.
        Il y a un bon résumé du Capital appelé Abrégé du Capital par Cafiero et, semble-t-il, validé par Marx lui-même.

      • #10660 Répondre
        Christophe M
        Invité

        Pour les déjà-là communiste dans cet océan capitaliste, je me permets de te signaler les travaux de Bernard Friot ; tu peux lire Puissances du salariat dans l’édition de poche avec une préface inédite qui actualise cet essai qui date un peu ou/et L’Enjeu du salaire.
        En passant par le roman, En guerre de l’ami François est un très grand livre sur l’état du réel.

      • #10703 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        En complément des excellentes lectures suggérées ici, je recommande plus que chaudement la série documentaire en 4 épisodes Le temps des ouvriers, de Stan Neumann (2020). C’est un chef-d’œuvre de limpidité, de généalogie historique de la condition ouvrière, de mariage de la théorie avec le réel des prolétaires. Sont interrogé.e.s des ouvrier.e.s (Ponthus) comme des universitaires (Rancière), avec des animations sobres et justes. Le tout est commenté par la voix de Bernard Lavilliers, ce qui surprend un peu au début mais on s’y fait vite et c’est une belle voix.

      • #10709 Répondre
        Carpentier
        Invité

        – Programme de transition – L’agonie du capitalisme et les tâches de la IVᵉ Internationale, texte fondateur de Léon Trotsky en 1938.
        – L’état et la révolution, Lénine.

    • #10655 Répondre
      riviere
      Invité

      Pour Marx, commence peut-être par le manifeste du Parti communiste (qui est en ligne). Ainsi que les brochures Travail salarié et Capital ; Salaire, prix et profit.

      • #10670 Répondre
        PE
        Invité

        Merci pour toutes ces recommandations, c’est exactement ce que j’espérais. Je prends note

    • #10676 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Une première pour la tribune:
      Avec pour adage .. Dis moi ce que tu lis je te dirai qui tu es/ …
      pour pas mal, en vrai, on avait déjà une idée assez précise https://www.latribune.fr/economie/france/prix-du-livre-la-tribune-decouvrez-la-selection-finale-964697.html

    • #10724 Répondre
      Ostros
      Invité

      « J’ai voulu raconter l’amour tel qu’il est vécu la plupart du temps par la plupart des gens : sans crise ni événement. Au gré de la vie qui passe, des printemps qui reviennent et repartent. Dans la mélancolie des choses. Il est nulle part et partout, il est dans le temps même. Les Moreau vont vivre cinquante ans côte à côte, en compagnie l’un de l’autre. C’est le bon mot : elle est sa compagne, il est son compagnon.
      Seule la mort les séparera, et encore ce n’est pas sûr. »
      F.B.
      L’amour – sortie le 17 août 2023

      • #10727 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Merci Ostros pour ces quelques lignes qui donnent envie.

      • #10733 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Ostros pour ces quelques lignes qui donne envie.

      • #10852 Répondre
        Plume C
        Invité

        Merci Ostros pour le partage de ces lignes. Hâte de pouvoir me procurer et lire cet ouvrage!
        Ces phrases et particulièrement la dernière me font penser également au dialogues et plans de : Oncle Boonmee, celui qui se souvient de ses vies anterieures
        Apichatpong Weerasethakul
        En attendant le 17/08 ça me donne envie de revoir ce film.

        • #10855 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oh oui ! J’avais beaucoup aimé ce film mais incapable de dire pourquoi, tu me donne une piste merci

          • #10856 Répondre
            Claire N
            Invité

            Si quand même, une phrase m’y avait fait penser
            Sur les rêves gardiens du sommeil , une idée que le rêve permette d’avoir plaisir au sommeil et là je m’étais dis que ça débordait dans la vie

            • #10887 Répondre
              Plume C
              Invité

              Je te rejoins dans ce que tu écris Claire. Beaucoup aimé aussi ce film mais souvenir lointain et trop imprécis de mon côté . La fois où je l’ai vu date et ma mémoire me joue des tours pour pouvoir avec justesse restituer ici le détail des séquences qui fait écho à ce que j’ai lu ce matin. Du coup je vais essayer de me le procurer pour le revoir..

              • #10889 Répondre
                Ostros
                Invité

                Plume C, ça m’intéresse beaucoup le lien que tu fais avec Oncle Boonmee que je n’ai toujours pas pu voir. Si jamais tu le trouves tu pourras me l’envoyer stp ?
                madmrspi@gmail.com

                • #10903 Répondre
                  Plume C
                  Invité

                  Ostros je te communique à tout hasard ce lien où il est possible de visionner le film : https://vod.mediatheque-numerique.com/products?q=Oncle%20boon&sortType=SCORE
                  De mon côté, je n’ai plus d’abonnement pour accéder à cette plateforme (sinon je t’aurais filé mes accès en mp) .
                  Sur cette plateforme , il y a aussi la liste des bibliothèques par ville qui sont partenaires , si une personne de ton entourage dispose d’un compte ouvert et te communique ses identifiants , tu pourras peut-être par ce biais visionner le film.
                  J’avais cherché à un moment des liens pour revoir Oncle Boonmee , rien trouvé hormis la plateforme ci-dessous.

                  • #10911 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Cherche aussi pas trouvé, mais il me semblait l’avoir visionné a partir d’un lien posté ici
                    Ça m’intéresse d’avoir vos avis quand vous l’aurez vu / revu

                  • #10920 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    Merci je vais m’y pencher.

                    • #10925 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Je crois que je l’ai trouvé et c’est la deuxième chose qui me rend extatique ce matin. La journée commence très bien.

                      • #10927 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Tu as pu le trouver sur quel sites ou plateforme Ostros ? , car très intéressées également.

                      • #10958 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        J’ai bien peur que mon lien ne soit jamais accessible (et tant d’autres) :
                        .
                        15/05/2023
                        Uptobox : la justice ordonne le blocage du site de piratage, Le tribunal judiciaire de Paris a ordonné à Orange, SFR, Bouygues Telecom et Free de bloquer Uptobox, un hébergeur en ligne qui est notamment connu pour proposer le téléchargement pirate de films, séries, musiques et d’autres contenus.
                        .
                        La justice a reconnu que les exploitants du site sont parfaitement au fait des échanges illicites de contenus.
                        Le tribunal indique dans son jugement que « les exploitants de la plateforme d’hébergement et de partage de contenus numériques « UPTOBOX » sait en l’occurrence que des contenus protégés sont massivement et illégalement mis à la disposition du public par son intermédiaire ». L’infraction est donc bien caractérisée.
                        .
                        https://www.linforme.com/tech-telecom/article/piratage-la-justice-ordonne-le-blocage-de-l-hebergeur-uptobox_650.html

                  • #10930 Répondre
                    Dr Xavier
                    Invité

                    C’est fou ça, je découvre que ma carte de bibliothèque m’y donne accès, merci !

                    • #10931 Répondre
                      Dr Xavier
                      Invité

                      Y a Pacification ! Et Un pays qui se tient sage ! Et les séries documentaires de Ken Burns, dont Vietnam War que je recommande des douze mains.

        • #10918 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          C’est fort bien vu. Et c’en est presque étrange.
          Tu comprendras en lisant le livre.

          • #10919 Répondre
            Ostros
            Invité

            Pas si étrange quand on a lu Au début où il est question d’amour, d’Oncle Boonmee et de maison avec des animaux où finir ses jours à deux.

            • #10924 Répondre
              Ostros
              Invité

              J’ai rebondi sur le « étrange » ressenti par François et ma réponse rapide peut passer pour de la provocation. Ce que je voulais dire c’est que citer Oncle Broonmee a fait immédiatement écho à ce texte d’Au début et m’a fait dire que ce lien était lumineux et qu’il continuait un travail sur l’amour lu dans des paragraphes des livres précédents et que ça me rendait extatique.

              • #10937 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Eh bien tout ça est très bien vu aussi

              • #10941 Répondre
                Claire N
                Invité

                C’est quand même un peu fou d’entendre le « dialogue secret « d’une œuvre avec une autre, et surtout de voir qu’il est « audible »par plusieurs personnes ; moi je trouve ça magique

        • #10981 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Tout ceci est parfaitement exact, film que je n’ai toujours pas vu et dont les lignes à propos m’avaient, en revanche, menée au ciné pour son magnifique cemetery of splendour.
          Les lignes avec oncle boonmee, c’était pas avec certaine Isabelle, de mémoire ?
          La même qui inspire à l’un des narrateurs de notre hôte jeune et doux une infinie tendresse lorsqu’elle lit, lunettée et qui fait rire un autre narrateur lorsqu’elle rétorque qu’elle s’en branle l’anus? (Faudra penser à réclamer des droits d’auteur à Lemaire d’ailleurs)

    • #10728 Répondre
      GaelleS
      Invité

      Oui elles donnent envie. Étonnée de l’emploi du mot mélancolie qui n’est pas habituel chez François

      • #10734 Répondre
        Ostros
        Invité

        Je vous en prie.
        Moi aussi ça m’a surprise cette mélancolie des choses.

        • #10736 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui, c’est pourtant vrai et c’est bien ce qui m’effraie le plus; donc merci

          • #10741 Répondre
            Ostros
            Invité

            Moi ca ne m’effraie pas.
            Je raccorde ce GN « mélancolie des choses » à « l’amour tel qu’il est vécu la plupart du temps par la plupart des gens ». Ca m’intrigue.

            • #10744 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui , tu as raison je pense pouvoir y aller
              Parce qu’il y a cette « douceur «  rassurante

              • #10757 Répondre
                Ostros
                Invité

                Il y a aussi « côte à côte, en compagnie l’un de l’autre » et la notion des corps jamais séparés qui m’intrigue.
                J’ai vraiment hâte de le lire.

                • #10759 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  J’aime beaucoup « l’amour dans le temps même ».

              • #10758 Répondre
                Carpentier
                Invité

                C’est vraiment marrant ça, si je devais qualifier ces lignes (de l’auteur, donc? pas en appât présentation par l’éditeur, on est bien d’accord?) et bien elles ne me saisissent pas par leur douceur, entre guillemets ou pas, elles ne me rassurent pas.
                Pas plus que la vie, sa radicalité, son réel, son fait.
                Pas plus que l’amour.
                D’ailleurs, de François Bégaudeau, je ne dirais même pas qu’il est doux, non plus.
                Ni ses lignes, ni lui quand on lui parle.

                • #10760 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Si François est quelqu’un de doux, ça se constate tous les jours.
                  Ce qui interroge dans ce texte c’est que François est matérialiste et que là les mots sont très très larges : nulle part, partout, la vie qui passe. On est haut, loin.
                  François est matérialiste. Il aime l’amour les individus l’émancipation Jésus le temps.

                  • #10764 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Avant de poster Cabrel, mes premiers dires à propos de ces lignes furent
                    .. / .. Au gré de la vie qui passe, des printemps qui reviennent et repartent. Dans la mélancolie des choses. / …
                    Voyons voir cela: pas de la nostalgie, de la mélancolie. Dans le rythme, le mouvement infini des choses, comme ces printemps qui viennent et reviennent, reviennent et repartent, le cours de la vie, au gré de la vie qui passe.
                    Dans le train train du quotidien même, l’amour est partout et nulle part, il est dans le temps,même.
                    Du coup, Francis, tiens, mais oui: /…

                    -Mais ça c’était avant, avant que Claire N. et ces pseudos réponses à, m’irritent quelque peu.

                    Tant mieux pour ceux qui fréquentent François et sa douceur tous les jours.

                    Dans tous les cas, oui, chaque lecteur-trice qui lui est un peu fidèle a noté le ’ dans la mélancolie’.
                    On dit juste différemment à propos.
                    Tout est bien.

                  • #10765 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Quant à son matérialisme, on a bien compris, oui.

                    Il y a un diplôme de Begaudisme à passer ou bien?

                    • #10766 Répondre
                      Ostros
                      Invité

                      Ca ne te ressemble pas cet agacement.
                      Je suis en train de réfléchir tout haut sur ce texte et ce qu’il annonce du roman. Partant de mes impressions et de ce qui questionne dans ces phrases quand on connaît les travaux de François.

                      • #10769 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        De même, sur ce, je m’en vais gréver.

                      • #10770 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Bonne manif.

                      • #10776 Répondre
                        Carpentier
                        Invité

                        Merci, à chacun.e aussi.
                        On teste, pour une première avec cette équipe, une sorte de grève sur site, à la jap 😅 et ensuite je me demerderai pour rejoindre les copaings dans les cortèges 🤘

      • #10737 Répondre
        Carpentier
        Invité

        .. Au gré de la vie qui passe, des printemps qui reviennent et repartent. Dans la mélancolie des choses. / …
        Voyons voir cela: pas de la nostalgie, de la mélancolie. Dans le rythme, le mouvement infini des choses, comme ces printemps qui viennent et reviennent, reviennent et repartent, le cours de la vie, au gré de la vie qui passe.
        Dans le train train du quotidien même, l’amour est partout et nulle part, il est dans le temps,même.
        Du coup, Francis, tiens, mais oui:

    • #10739 Répondre
      Claire N
      Invité

      Tu sais Carpentier, j’ai tendance à me cabrer devant la nostalgie de fait je la fréquente peu , mais bon je vais parier sur un livre qui ne m’effraie pas en tirant la longe

      • #10745 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Justement, je crois avoir tenté d’écrire que c’est peut-être pas la même chose, mais bref.
        Fais comme tu veux et peux, en ce qui me concerne, déjà dit que, celui-là, je ne le lirai pas

        • #10748 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Pourquoi celui là tu ne veux pas le lire Carpentier ?

          • #10806 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Bonsoir Sarah,
            Je crois bien qu’on a déjà évoqué cette décision il y a quelques mois, ici même; quand l’un.e d’entre vous a informé la communauté de la sortie estivale de ce roman (si c’est bien un roman comme on le dirait bien)
            Mon sentiment à ce propos reste simplement inchangé depuis.
            Sinon, sinon, je ne crois pas t’avoir dit que je me suis débrouillée, depuis ta dernière question à ce sujet, pour voir le fameux Désordres.
            Mais ça reste entre nous, en effet je ne souhaite plus prendre le risque de devoir jouer les revers et coups droits du Maître de ces lieux si d’aventure j’en cause un peu.
            Je vais essayer en revanche de vous lire tous ici à ce sujet, lignes auxquelles j’ai pensé face au plan sur une certaine petite boîte à billes blanches; et si c’était de la cire, quelque chose pour les mécanismes, les roues crantées, un matériau pour tester les éléments d’horlogerie plutôt qu’à ingérer?

            • #10809 Répondre
              Ostros
              Invité

              Cyril m’a confirmé que c’était l’ancienne version du Saridon apparu plus tard.

              • #10814 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Je viens de taper saridon dans un mot.2rech.: ok, une ouvrière qui mène sa grossesse tout en bossant et qui tente de contenir ses putains de nausées, la routine, quoi.

            • #10844 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Ta petite bile cyclique connait donc un pic. Elle décide cette fois de se porter sur un livre dont tu ne sais rien, quatre mois avant sa publication
              Tu peux clamer trois, quatre, cinq fois, ta décision historique de ne pas lire ce livre, cela sonnera à chaque fois comme parfaitement ridicule.

              • #10854 Répondre
                Carpentier
                Invité

                Dire et plaisanter sur le fait que toi, sortant un bouquin qui s’appelle L’amour, mon coeur n’en tiendra pas la lecture?
                Bien sûr que c’est ridicule d’écrire ici que donc, je ne le lirai pas.
                Car, à ce jour, en vrai, je me sens prête pour en mourir mi-août.

        • #10768 Répondre
          Claire N
          Invité

          Hum, voulais pas t’irriter, juste que je suis pas très à l’aise dans la distinction entre les deux mots

          • #10774 Répondre
            Carpentier
            Invité

            C’est certes quelque peu subtil mais, j’ai confiance, tu vas tranquillement affiner le truc 🙂

          • #10804 Répondre
            Maud
            Invité

            Claire, la mélancolie pour les Grecs antiques c’est la bile noire, une des quatre humeurs qui forment les tempéraments. Elle désigne une langueur, un état de tristesse, voire de dépression. Contrairement à la nostalgie il n’y a pas automatiquement de lien avec le passé.
            Ceci dit, on peut très bien concevoir la nostalgie comme une mélancolie, mais une mélancolie qui porte spécifiquement sur des choses du passé.
            Moi c’est le mot compagne/on qui me parle, parce que quand je l’emploie, c’est toujours dans son sens plein. Le « com-pagnon » c’est celui avec qui on « partage le pain ». C’est celui qui accompagne une vie dans ce qu’elle a de plus concret.

            • #10825 Répondre
              Claire N
              Invité

              Merci Maud et Carpentier
              J’ai pas encore vraiment je pense saisi toutes les nuances, mais la piste du rapport au temps va m’aider
              Oui le mot compagnon est très beau, « qui accompagne la vie dans ce qu’elle a de plus concret «  j’aime bien
              Carpentier je n’ai pas creusé du tout aujourd’hui !
              Et suis bien contente de vous trouver pour avancer

          • #10810 Répondre
            Carpentier
            Invité

            J’imagine que tu as peut-être creusé un peu la chose par toi-même, Claire.
            Mais je peux me tromper, on avait chacun.e ici forcément autre chose à faire.
            La mélancolie porte en elle la saveur de la maladie, moquée, elle amène notamment les inconnus à jouer et mettre en scène un perso en bord de fenêtre, le regard dans le vide, en voie de dévitalisation perdue dans ses soupirs.
            La nostalgie, collée/liée au passé – oui , Maud – est un trait de caractère plutôt.
            Je crois, par exemple, que mon compagnon est beaucoup plus nostalgique que moi.
            Tandis que, pour l’instant, j’ai plutôt l’impression qu’on échappe, l’un et l’autre, à la mélancolie.

      • #10747 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Et puis je vois bien que, toi aussi, tu lis/piges mieux quand une autre personne te dit.

        • #10772 Répondre
          Ostros
          Invité

          « l’amour tel qu’il est vécu la plupart du temps par la plupart des gens : sans crise ni événement » ça m’évoque Hong sang soo.

          • #10775 Répondre
            Carpentier
            Invité

            Voyages en Italie un peu aussi
            Un deux, un deux
            La vie

          • #10778 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            « Seule la mort les séparera, et encore ce n’est pas sûr. »
            C’est drôle et mélancolique ça aussi. En une phrase ça capture tous les couples de petits vieux, et les veuf.ve.s, de mon immeuble.

            • #10808 Répondre
              Carpentier
              Invité

              Voilà, une drôle de mélancolie, je trouve aussi.
              Tout comme, de ce fait, je ne trouve pas sa drôlerie forcément douce.

              • #10827 Répondre
                charivari
                Invité

                « La mélancolie n’est que de la ferveur retombée. »

                • #10857 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  .. La mélancolie n’est que de la ferveur retombée / ..
                  Un trop de quelque chose alors? La balance des émotions mal tarée qui fonctionne en tout ou rien?
                  Elle est chouette cette phrase car elle espère: La mélancolie ‘ n’est que ‘ , on peut espérer y remédier, sans ravaler sa bile, car ça macére mal, la bile, mais en régulant plutôt la ferveur en quelque sorte ?
                  Elle sort d’où cette phrase, dis?

                  • #10905 Répondre
                    charivari
                    Invité

                    Burger Quizz, la nénette qui a gagné chausse du 36, c’est dingue non ?

      • #11194 Répondre
        Carpentier
        Invité

        👋 Claire 🙂
        Le premier 1/4 d’heure de la dernière Gêne occasionnée t’est dédié.e: notre duo préféré y parle nostalgie/mélancolie.
        Bonne écoute à toi 🍻

        • #11208 Répondre
          Claire N
          Invité

          Ah oui , merci ça me plaît bien et j’entrevois un peu ce qu’un temps particulier peu apporter

    • #10988 Répondre
      Malice
      Invité

      Salut ouvriers du chantier autonome, voici une recommandation en attendant l’amour :
       » Traversée en eau claire dans une piscine peinte en noir », recueil de récits autobiographiques de Cookie Mueller, amie et comédienne de John Waters ( entre autres), où l’on apprend comment stopper une OD avec de l’eau salée, survivre à une rencontre avec un tueur dans un bar à strip-tease, partir en croisière pendant une tempête sur un bateau au moteur cassé, adopter un cochon, mettre le feu à la maison de ses amis, s’échapper d’un hôtel berlinois pendant un festival de cinéma parce-que son metteur en scène n’a pas payé sa note…

      Extrait du récit où elle raconte l’écriture de son premier livre, à 10 ans:
      « Le livre faisait 321 pages et je l’ ai achevé la veille de mon onzième anniversaire. J’avais entendu quelque part que la gamine qui a écrit Black Beauty avait onze ans et je voulais être la plus jeune romancière du monde.
      Comme je ne savais pas comment le faire publier, je l’ai entièrement tapé à la machine, relié avec des agrafes, puis, pour la couverture, j’ai découpé le carton d’un pack de bières que j’ai recouvert de papier sulfurisé et de cellophane. Une fois qu’il a eu l’apparence d’un vrai livre, je l’ai introduit en douce à la bibliothèque et glissé à sa place, selon l’ordre alphabétique, sur les rayonnages. Je ne l’ai jamais revu.
      Je me suis très vite rendu compte que l’écriture n’est pas tendre avec le corps. Le sang refroidit et la circulation se limite aux doigts sur le clavier, les articulations des genoux se solidifient comme du ciment, le cul finit par ne faire plus qu’un avec la chaise, mais je n’ai pas abandonné.  »

      Et l’intro d’une aventure où elle raconte son duel avec un violeur:
       » Le pire, c’est qu’un viol ça n’est même pas flatteur. Je veux dire, on n’en a rien à foutre de la gueule des filles. A tel point qu’elles pourraient bien avoir quatre jambes plutôt que deux, pour ce que ça change. On sait bien que certains fermiers violent leurs vaches.
      « C’est le pied, une vache, vous diront-ils, on arrive à tout faire rentrer, même les couilles. »
      Bref, j’imagine que selon votre plomberie, vous entendrez l’histoire qui suit dans un sens ou dans un autre. »

      • #11059 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        C’est grinçant ! Je note.

        • #11062 Répondre
          Malice
          Invité

          Mais pas que grinçant!
          Il y a de beaux moments de tendresse dans son oeuvre par exemple dans  » Comme une version arty de la réunion de couture », son haut fait quand, bossant pour une boutique de fringues de Baltimore qui vendait de la camelote très chère, elle a détruit les dossiers de clients pauvres en retard sur leurs paiements à crédit…

          • #11066 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Ah j’adore ces récits de sabotage au boulot (enfin maintenant faut dire désarmement) dont je suis parfaitement incapable. Je double note donc.

            • #11087 Répondre
              Malice
              Invité

              Je crois que son action a été favorisée par le fait qu’elle était la seule à avoir accès à la paperasse ( pas de fichiers informatiques); et aussi par le fait que la boîte traitait tellement de dossiers que le patron ne connaissait pas les noms des retardataires endettés. Mais ça reste un beau geste

              • #11091 Répondre
                Alain m.
                Invité

                Merci Malice pour Cookie Mueller.

                • #14534 Répondre
                  Cocolastico
                  Invité

                  Merci pour ce bon conseil !

    • #11076 Répondre
      charivari
      Invité

      Et bien, dit Marry Seton, atour de l’an 1860
      Oh, mais vous connaissez l’histoire, dit-elle, ennuyé sans doute par le laïus. Et elle me raconta
      les salles qui furent louées. Les comités réunis. Les enveloppes adressées. Les circulaires rédigées. Les réunions tenues; les lettres lus; un tel à promis tant; Mr X au contraire ne donnera pas un sou. La Saturday Review a été très grossière.
      Comment lever les fonds pour payer les bureaux ? Faut-il organiser une vente de charité ? Ne peut-on trouver une jolie fille pour l’asseoir au premier rang ? Allons voir ce qu’à dit John Stuart Mills sur le sujet…

    • #11145 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai lu le « tract » Gallimard des Linguistes atterré(e)s – « Le Français va très bien, merci pour lui ». Selon ces linguistes, le français n’est en rien menacé par l’anglais, les réseaux sociaux, l’écriture sms, la francophonie se porte très bien et le plus important serait de réformer la langue pour la simplifier. Il s’attaque aussi à l’Académie française et sa fausse scientificité qui la conduit à raconter parfois n’importe quoi. C’est intéressant car peu dit même si le tract est un peu excessif dans sa façon se prendre le contre-pied absolu de toutes les craintes qui sont il est vrai relayées ad nauseam sur la détérioration du français. Par exemple, concernant l’anglais. Le tract soutient qu’il n’y a aucune invasion de l’anglais, ni du globish mais des seulement des emprunts qui enrichissent la langue. Tout d’abord, je ne suis pas sûr que tout ajout soit un enrichissement, sauf à confondre quantité et qualité. Ensuite, les exemples pris me semblent contestables. Ainsi, selon ces linguistes, le mot spoiler, employé comme verbe (« ne me spoile pas le film ») n’est pas un mot anglais mais un mot français car il comporte le suffixe -er comme n’importe quel verbe français. Ensuite, le mot anglais spoil a une origine française (certes). Et enfin, il n’a pas d’équivalent français, donc c’est un enrichissement et ceux d’autant plus que son usage est spécifique. De même, follower n’a pas pour vocation à remplacer totalement le mot abonné et se cantonne aux abonnés des réseaux sociaux. Bon il me semble quand même que spoil peut avoir pour équivalent « divulguer » ou « révéler » même si je comprends qu’avec ces derniers termes on perd l’aspect négatif du sens du mot. Mais je ne crois pas que cet exemple soit totalement révélateur de l’emploi de l’anglais. Que dire de cette député macroniste qui parle de « core business » en commission? Pour le coup, core business, c’est coeur de métier on n’a aucune raison d’employer cette expression anglaise. Et là c’est un exemple de managérialisation (oui mot anglais francisé) de la langue, phénomène totalement ignoré par le tract – l’anglais est alors le cheval de Troie du vision néo-libérale du monde. D’une manière générale, le tract porte peu d’intérêt à cette idée, que la langue puisse être porteuse d’une idéologie. On peut aussi s’interroger sur l’emploi par la mairie de Paris de l’expression « free floating » pour désigner les moyens de locomotion en libre service (vélo, trottinette), alors que l’expression n’existe pas en anglais (sauf erreur) car elle est impropre. J’ai du mal à y percevoir un enrichissement. Le tract véhicule l’idée que l’écrit doit se rapprocher de l’oral, de la façon dont on parle, ce qui sous-tend que la langue n’a pas besoin de normes ou le moins possible. Je comprends l’idée, surtout quand on constate le nombre de règles parfaitement absurdes qui existent dans notre langue très incohérente et illogique mais des normes permettent aussi d’empêcher un affaissement de la langue qui peut conduire à un affaissement de la pensée, autre aspect largement ignoré par ces linguistes. Et je trouve naïf de penser que tout puisse cohabiter parfaitement, qu’une pratique de la langue ne prenne jamais le pas sur les autres au risque de leur disparition.
      Néanmoins, je suis d’accord que notre obsession pour l’orthographe et notre refus de toute réforme sont grotesques et contre-productifs – je ne suis pas de ceux qui étaient choqués à l’idée d’écrire ognon plutôt qu’oignon par exemple.
      Le tract a eu un petit écho médiatique à la suite d’un passage promo dans l’émission Quotidien où l’un des ses auteurs(rices) fustigeait l’obsession française pour la dictée. Il est marrant de voir les réactions outrées de tous bords politiques, prenant la défense de la complexité de la langue française et de cet exercice masochiste qu’est la dictée. C’est drôle parce que tout le monde, absolument tout le monde fait des fautes d’orthographe – moi le premier. Et beaucoup ont ce complexe de supériorité qui les amène à juger ceux qui en font. Donc on est dans une situation où une grande partie des gens en jugent une autre parce qu’elle a une orthographe fautive alors que personne n’a une orthographe parfaite. Et on voudrait surtout ne rien changer.

      PS : une de ces linguistes atterré(e)s, Laelia Véron, intéressante mais souvent pénible, a fait une chronique, sur une bourde très drôle de Finkie en la matière : https://www.youtube.com/watch?v=P-EJcZMEQS8

      • #11146 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Merci pour tes lignes avec lesquelles je démarre la journée, Charles.
        Vu le passage promo à quotidien que tu cites, pensais l’acheter.
        L’autrice présente parlait aussi de ce sur quoi les enfants pourraient se concentrer d’autre, tout le reste, si on arrête ce focus risible sur la dictée, oui.
        Je la regarde de ce pas sur Finkie (si c’est la même que chez Barthes, arrivée en short en jean et très présente réactive, avec chaque chroniqueur, beaucoup aimé moi, je me la commande comme cadeau d’anniv.)
        Elle disait aussi le symbolique de l’ouverture d’une langue qui ne craint pas de se mélanger aux autres sons et dires de ceux qui l’utilisent en l’alimentant d’ailleurs: c’est l’usage d’une langue qui fait sa puissance.

        • #11182 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Du coup, viens de piger que c’est Laélia (jamais entendu avant, tout à fait le genre de truc que ma mère aurait pu choisir aussi, tiens) Véron que tu reçois pénible, ok.
          Celle chez Quotidien, rien à voir en effet.
          Ma copine Claire transpirait la compersion, tout le temps, envers chacun et en toute occasion.
          Son seul défaut à mes yeux mais il était gros.

      • #11195 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Ton post m’intéresse fort, et je suis d’accord avec toi sur l’essentiel. Mais il faudrait que je me demande pourquoi ce genre de débat, tel que posé, ne m’intéresse pas
        Peut-être parce que si affaissement de la lange il y a, il ne me parait pas concerner le français en propre. Il concerne le langage. Nous êtres humains doués de langage divisé en langues, que faisons nous de cette faculté? Evidemment c’est encore plus difficile à évaluer, mais il me semble que le sujet est là.

        • #11209 Répondre
          Graindorge
          Invité

          « On a pas encore découvert de langage qui pourrait exprimer d’un seul coup ce qu’on perçoit en un clin d’oeil. » Nathalie Sarraute

        • #11245 Répondre
          Charles
          Invité

          « Nous êtres humains doués de langage divisé en langues, que faisons nous de cette faculté? Evidemment c’est encore plus difficile à évaluer, mais il me semble que le sujet est là. »
          Je ne suis pas sûr de comprendre où tu veux en venir. En quoi la question de l’usage de la langue se distingue-t-elle de celle de son appauvrissement?

    • #11196 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Veron venait à Arret sur images régulièrement et ne m’a pas intéressé une seule fois.
      L’angle « purement linguistique » pour rendre compte de l’ordre social ne marche jamais. On essaie de le dire à nouveau dans le Socialter. Mais rien à faire : beaucoup tiennent à ce que les choses soient affaire de mots et non l’inverse.

      • #11201 Répondre
        Charles
        Invité

        On est bien d’accord sur Véron mais se foutre de la gueule de Finkie et des réacs du Figaro n’a pas de prix, même avec elle.

    • #11206 Répondre
      Bronsky
      Invité

      en moins intello : Desproges explique l’académie française

    • #12726 Répondre
      Buster
      Invité

      Salut tout le monde !
      J’aimerais commencer des livres de Jean Echenoz et j’ai souvenir que quelques personnes sur le Forum (dont François) aimaient son travail. Lesquels me conseillerez-vous pour débuter ? Merci à vous ! (J’ai essayé de remonter quelques discussions pour voir si le sujet a déjà été abordé mais je n’ai rien trouvé, pardon d’avance s’il y a redite)
      J’en profite également pour demander si certains.es auraient des conseils d’auteur.e.s qui seraient « affilié.e.s » à une écriture minimaliste ?

      • #12747 Répondre
        Ostros
        Invité

        Buster, commence par Je m’en vais, Courir et Ravel.

      • #12758 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Au risque de dire des bêtises il me semble que des sitistes mentionnaient Sophie Divry comme exprimant beaucoup en peu de mots, pas encore lu, c’est sur ma trop longue liste.

        • #12837 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne trouve pas que Divry brille particulièrement par son style
          C’est plutot la chair de ses récits qui importe.

        • #12864 Répondre
          Julien Barthe
          Invité

          Xavier,
          J’ai lu Mes Amis d’Emmanuel Bove qui m’a paru être le prince des minimalistes : d’ailleurs je ne suis même pas sûr qu’il use d’ironie.

      • #12778 Répondre
        Graindorge
        Invité

        moi je te dirais Buster de commencer par un GRAND petit livre 160p je crois: Jérôme Lordon. Tu m’en diras des nouvelles!!! Pas un mot de trop. En le terminant, j’étais… contente. Très. Et puis Je m’en vais. C’est une chorégraphie, ça danse! Mais tu te perds jamais. Ah non, il est doué! J’ai pu lire que ça pour le moment. Mais je compte les lire tous

    • #12746 Répondre
      Charles
      Invité

      Essaie Éric Chevillard. Je ne saurais te conseiller lequel car je les confonds mais je crois que c’est d’une qualité à peu près égale.

    • #12828 Répondre
      Buster
      Invité

      Un grand merci à vous quatre ! J’ai noté vos recommandations et j’ai hâte de les découvrir ! Encore merci !

      • #12845 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Pardon Buster errare humanum est
        C’est JEROME LINDON le bijou de petit grand livre de Etchenoz. Pas LORDON. C’est l’émotion

    • #12843 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      @Graindorge – je tape Jérôme Lordon dans mon moteur de recherche détesté et je tombe sur un peintre, c’est le titre du roman ou c’est l’auteur ?
      @Tous – pourrait-on dire d’Eric Vuillard que lui aussi rentre dans la famille des minimalistes ironiques ?
      @Echenoziens – des avis sur Vie de Gérard Fulmard ? Deja ce patronyme impayable. Je l’ai trouvé noir et croustillant, me donnait cette étrange impression de me faire grands éclats de rire silencieux.

      • #12847 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Pardon Dr Xavier et merci. C’est JERÔME LINDON le titre pas Lordon

      • #12849 Répondre
        Ostros
        Invité

        Pas encore lu, je découvre doucement son travail. Je me le note pour après.
        Les grands éclats de rire silencieux je les ai moi aussi chaque fois que je lis un de ces livres. En ce moment souvent dans Courir où ses euphémisations sont jouissives.

        • #12850 Répondre
          Ostros
          Invité

          De SES livres.

      • #12857 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Non je ne mettrais pas Vuillard dans les minimalistes ironiques
        Il n’est pas si minimaliste, et pas si ironique.

        Fulmard ne m’a pas vraiment convaincu
        Quelque chose de trop farcesque là-dedans, pour le coup.
        Et un scénario qui, pour une fois, ne tient pas.

        • #12859 Répondre
          Seldoon
          Invité

          Vuillard meme dans ses phrases les plus simples travaille toujours une certaine élégance esthétique, et produit aussi des envolées lyriques d’inspiration plus baroque que minimaliste.

    • #12871 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Lu, lu, lu, et lu : merci !

    • #14458 Répondre
      Frezat
      Invité

      Je viens de finir en une traite crédit illimité de Nicolas Rey.
      J ai bcp aimé comme la plupart de ses bouquins.
      J ai enfin attaqué notre joie de François begaudeau.
      J ai plus de mal avec son style d écriture.
      Cela demande bcp plus d attention dans la lecture.
      Je crois que je le préfère lors de ses interventions visuelles ou sonores.
      Je ferais un p’tit debrief une fois fini.

      • #14496 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Tu compares ici des romans à un essai – et le plus serré que j’aie pu écrire
        Tache donc plutot de lire un roman de moi. Tu en tireras peut etre encore la conclusion que la prose de Nicolas Rey t’agrée davantage, mais au moins auras-tu comparé ce qui est comparable.

        • #14533 Répondre
          Frezat
          Invité

          Vrai.
          Du coup tu me conseillerais lequel ?

          • #14547 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Salut Frezat: en attendant la réponse de F.B, dans l’entrée fragments il y a un long extrait de 2 singes ou ma vie politique. J’ai bien aimé la musique de ce livre. Je vais le lire demain sinon tous les extraits sont sur internet pour te faire une idée.

            • #14548 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Frezat, en plus de deux singes ou ma vie politique recommandé par Graindorge, je te recommande également La Blessure la vraie.
              Lis les extraits des romans de F.B. et après tu verras pour faire ton choix.
              Bonne lecture

              • #14556 Répondre
                K. comme mon Code
                Invité

                Lis plutôt Vers la douceur ou La politesse, je pense.

                • #14557 Répondre
                  The Idiot
                  Invité

                  Oui, Vers la douceur. Avec mon personnage préféré de tous les romans de François, Flup.

                  • #14573 Répondre
                    Carpentier
                    Invité

                    Aaah la douceur poétique de François 🤗 celle avec quoi il rend chacun.e dingue de lui 🙂
                    Mais je déteste pas son côté plus rosse, son regard (et sa pensée) sur-aiguisée sur tout (ou presque)
                    Scolarisé durant ces 10 dernières années, il aurait sans doute sauté plusieurs classes.
                    Sinon, j’ai souvenir de l’avoir lu dire qu’En guerre était parmi ses préf: de là à en recommander la lecture, et bien je me permets de.
                    Car, comme il le dit – et l’écrit – encore récemment pour son travail de rédacteur en chef du Socialter, c’est bien le plaisir à faire et à œuvrer sur un ouvrage qui fait aussi l’aimer une fois qu’il est produit, édité, qu’il se concrétise.
                    De là à imaginer que produire son En guerre avait été réjouissant, et bien je l’ose aussi.

                    • #14574 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      .. oeuvrer sur un ouvrage / … oui, précisément.
                      Comme ça on entend bien que c’est du travail.

          • #14603 Répondre
            Christophe M
            Invité

            Commence par le dernier paru : Ma cruauté

    • #14475 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Je signale en passant la sortie d’un alléchant hors-série du Diplo Manière de Voir intitulé « Lumières du polar » : « Mais pourquoi aime-t-on autant le polar ? Pourquoi la quête de la vérité, l’interrogation sur les opacités du monde suscitent-elles un tel engouement ? Le roman policier s’est installé quand l’ordre en place a commencé à sembler mensonger. Depuis, il a prospéré – même si la réalité dépasse ses plus étonnantes fictions. »

      • #15153 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Je signale en dépassant que ledit hors-série “Lumières du polar” est finalement pas génial génial.
        Contrairement au Diplo du mois d’août qui est au-dessus de la moyenne (et dont il est déjà question dans d’autres topics de ce forum).

    • #14506 Répondre
      Skullkiddd
      Invité

      J’ai découvert il y a peu Philippe Djian via son roman « Oh… » que je connaissais un peu via mon visionnage du film Elle de Verhoeven. Je ne sais pas ce que vous pensez de cet auteur mais j’ai beaucoup apprécié cette lecture, ce sentiment de perte de repère du personnage principal qui découle sur une relation malsaine avec un violeur.

    • #14844 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Roulez tambours! ¡Damas y caballeros! Mesdames et messieurs! Signore e signori! Damen und herren!
      Ils sont là! Commandés à la Fnac, arrivés aujourd’hui dans une boîte en carton. Deux singes ou…et En guerre
      Plouf, plouf ce sera toi que je lirai en premier…Deux singes ou ma vie politique a gagné! Ouèèè!
      Et même pas la ruine: 17,90€. Le prix de quelques glous glous en terrasses! Et que de terrasses à Nice! Et Graindorge planqué au 6ème étage d’un immeuble tout près du port, sur un petit lit pistache savourant une fraîche eau pétillante d’Ardèche lit « En 77, j’ai 6 ans…

      • #14935 Répondre
        Le trou noir Extatique
        Invité

        Je te souhaite bien du plaisir et des rires dans ta lecture !

    • #15150 Répondre
      Cyril
      Invité
    • #15788 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Le livre d’Anne Crignon :
      Une belle grève de femmes : récit de la grève des Penn sardin à Douarnenez en 1924, pendant plus de six semaine des milliers de grévistes vont tenir tête aux différents patrons de l’industrie locale (patrons que le ministre du travail qualifiera « de brutes et de sauvages »). Édition Libertalia 10 euros.

      • #15789 Répondre
        Graindorge
        Invité

        ✊🏼
        Gratitude Alain M

    • #18268 Répondre
      Graindorge
      Invité

      A 95 ans, Nathalie Sarraute traque une nouvelle fois, dans «Ici», les menus mouvements intérieurs de la conscience et les ratés du langage: une quête entamée avec «Tropismes» en 1939. Rencontre avec un écrivain de l’intranquillité.
      par Antoine de GAUDEMAR
      publié le 7 septembre 1995 à 8h18

      Le mot «ici», qui est aussi le titre, revient souvent dans votre livre comme le lieu à la fois indistinct et central qui fédère l’ensemble des textes. Où est-ce, «ici»?
      Dans mes premiers livres je disais «je». Dans Tu ne t’aimes pas, c’était «nous». Cette fois, c’est «ici». A l’intérieur de nous. Ni je ni nous, mais ici, un espace mental, un espace mental qui est rempli par quelque chose, la recherche d’un mot, une conversation, une rencontre. J’écris sur ce qui se passe ici, dans une conscience en somme, une conscience qui ne se dit pas elle-même. En ce moment, je parle avec vous et vous occupez tout l’espace, nos paroles prennent toute la place. Tandis que je vous parle, je ne me dis pas que je parle avec vous, mais que vous êtes là et que tout ici est rempli par cette conversation.
      Toujours les fameux tropismes?
      Il n’y a que ça qui m’intéresse. Ces fugaces mouvements intérieurs. Ce qui se passe, par exemple, quand on a oublié un mot, qu’on s’étonne d’une expression convenue ou encore lorsqu’on prononce une belle phrase.
      Les premiers textes tentent de cerner ce qu’on appelle les trous de mémoire. A propos d’un prénom rare, par exemple, comme «Philippine»? Pourquoi «Philippine»?
      Parce que c’est un prénom que j’ai cherché un jour, c’était celui d’une jeune femme que j’avais connue.
      Cela Cela m’est arrivé aussi. J’étais en Grèce et quelqu’un m’a demandé le nom de cet arbre que nous regardions. Impossible de me le rappeler, de le chercher m’a gâché tout le plaisir que j’avais à le regarder.
      Autre nom sur le bout de la langue, celui d’Arcimboldo.
      C’est un peintre que j’aime beaucoup. Parmi d’autres. Ces trous de mémoire font comme un trou dans l’univers, où nous sommes enfermés et qu’il faut combler.
      Tous ces textes baignent dans une sorte de poésie.
      Comme, je crois, tous mes livres. Mes textes sont plutôt poétiques, même si je ne fais pas beaucoup de différence entre prose et poésie. Surtout depuis qu’on ne rime plus.
      peut être aussi le nom d’un arbre, le «tamaris»

      Ici se compose de vingt textes. Est-ce voulu?
      Ce chiffre n’a aucune importance, c’est un hasard. Il y aurait pu en avoir dix ou trente. Ce sont des textes brefs, comme l’usage de la parole. Ce sont des mouvements intérieurs à partir de conversations, de pensées, de mots perdus.
      Vous vous intéressez aussi aux coqs-à-l’âne, à tout «ce qui peut se passer entre tant de coqs et tant d’ânes».
      Les coqs-à-l’âne m’amusent. Ça m’amuse de voir ce à quoi ils correspondent. Il paraît que j’en fais. Que je saute tout d’un coup à autre chose.
      Vous vous en prenez aux phrases toutes faites. Par exemple, à une expression
      convenue comme «vous aimez les voyages»?
      Pour moi, cette phrase est un signe de vulgarité. On prononce ces phrases sans faire attention et dans la vie courante, elles sont parfois comme une piqûre d’ortie, elles passent vite. Mais dans mes textes ça reste, ça ne passe pas, ça se développe. Même, je peux en faire toute une pièce…
      Au fond, c’est peut-être la fonction de l’écriture de ne pas laisser s’imposer ce langage tout fait, et cet «ici» du livre est peut-être l’espace de l’écriture.
      Peut-être. Tous ces infimes mouvements intérieurs ne peuvent être communiqués que par l’écriture. Il n’y a pas de tropisme sans écriture. Il faut démonter les choses, les montrer au ralenti et très grossies. Il faut restituer des sensations fugitives, évanescentes. C’est un énorme travail de reconstitution, qui demande beaucoup de temps. Mais c’est ce qui m’a toujours poussée à écrire.
      L’écriture serait-elle comme la bonne langue, qui redresserait la mauvaise langue que serait le langage oral?
      Je ne vois pas les choses de cette manière. Je mêle le langage parlé et écrit. Disons qu’il y a plutôt les mots qu’on dit et ceux qu’on n’ose pas dire.
      Le livre se clôt sur une citation célèbre de Pascal: «Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie», que vous décortiquez longuement.
      C’est une phrase qui a dominé mon existence.
      Pourquoi?
      Je l’explique dans le livre, non?
      Vous n’aimez pas expliquer vos livres?
      Je n’aime pas commenter ce que j’ai écrit, redire de manière plate et trop rapide ce que j’ai mis très longtemps à construire, ce qui m’a demandé énormément de travail. Mes livres doivent se suffire. En tout cas, ce que je peux vous dire, c’est que je suis contente de ce dernier texte sur Pascal, et cela m’arrive rarement.
      Comment se fait un livre?
      Je pense à un texte, puis à un autre. Puis encore à un autre, autour d’un même thème. Il n’y a rien de préconçu. Ça vient en écrivant. Et puis il y a un moment où le mouvement arrive à sa fin. C’est épuisé.
      Et le titre?
      Il existe presque toujours au départ. Là, je l’avais. Et petit à petit j’ai rempli cet «Ici».
      Que faites-vous quand vous n’écrivez pas?
      Je lis. Très lentement, en prononçant chaque mot.
      Comme lorsque vous écrivez?
      Oui. J’écris très lentement, en prononçant chaque phrase en moi-même, car le rythme compte énormément.
      Que lisez-vous en ce moment?
      Cet été, je lisais la Bible, qui m’a passionnée. Je connaissais la Bible mais je n’en avais jamais lu autant à la suite, comme un roman. Et puis la Révolution française de Michelet.
      Vous n’évoquez que très rarement votre rapport au judaïsme.
      Je ne parle pas non plus de l’amour maternel. Cela n’entre pas dans ma forme.
      Lisez-vous encore des contemporains?
      J’ouvre toujours les livres qu’on m’envoie. Je viens de lire le nouveau livre d’Hector Bianciotti. Je le trouve remarquable.
      Ecrivez-vous en ce moment?
      Oui. Huit jours après avoir terminé Ici, j’ai eu l’idée d’une chose amusante. J’ai commencé, c’est difficile, c’est un peu fou, je ne sais pas encore ce que ce sera, entre texte et théâtre.
      Vous dites souvent d’un projet, d’un texte, qu’il vous amuse.
      C’est un mot qui ne convient sans doute pas, je devrais dire qu’il m’intéresse mais je ne pourrais pas vivre sans ça, sans écrire. Ce que je trouve très choquant, c’est qu’on associe mon âge à ce que j’écris. C’est le texte qui compte, pas l’âge. Un texte doit être lu comme si l’auteur avait toujours trente ans. On se préoccupe beaucoup de l’âge des écrivains, moins de celui des peintres me semble-t-il, c’est curieux. N’est-ce pas Le Titien qui peignait encore à sa mort, à 90 ans?
      Il y a cependant Ernst Jünger, Julien Green.
      C’est vrai. Mais je crois que c’est plus facile d’écrire son journal que ces tropismes. C’est diaboliquement difficile. D’ailleurs, on me dit que je suis un auteur difficile à lire. Vous ne trouvez pas? Ce qu’on a pu me le dire! C’est vrai que mes textes demandent des lecteurs attentifs. Il faut qu’ils soient concentrés sur le tropisme.
      Et pourtant votre écriture est extrêmement claire, dépouillée.
      J’essaie d’être le plus simple possible pour transmettre la sensation au lecteur le plus directement possible. Les métaphores doivent être simples aussi. Mais j’ai mis beaucoup de temps à avoir des lecteurs.
      Avec le Planétarium peut-être, en 1959?
      Oui, mais le succès est venu d’un malentendu. On a cru que j’avais enfin montré des personnages, avec des noms, alors que ce n’étaient que des trompe-l’oeil et que ce qui m’intéressait, c’était les tropismes, ce qui se passait par-derrière. Et puis il y a eu Enfance.
      Vous n’avez jamais envisagé de suite à Enfance?
      Non. D’ailleurs, j’avais prévenu à la fin d’Enfance qu’il n’y en aurait pas. J’ai arrêté au moment où il y avait encore un peu de duvet de l’enfance. Raconter la suite était impossible, cela perdrait son duvet, et je n’ai aucune envie de déballer ma vie, cela n’a aucun intérêt.
      Vous auriez pu choisir des épisodes, comme la guerre, par exemple, l’Occupation?
      Pendant toute la guerre, j’ai envoyé des cartes postales en langage plus ou moins crypté à mon père, qui était en Suisse. Il les a toutes détruites avant de rentrer en France à la Libération. Je ne pourrais pas recommencer. J’écris très peu de lettres. Ce n’est pas ma forme, je n’y suis pas chez moi. Je n’ai pas d’autre forme que celle dont j’ai besoin pour mes tropismes.
      Et votre retour en Russie, n’avez-vous pas envie de le raconter?
      Je suis retournée en 1990 pour la première fois dans ma ville natale, Ivanovo. Je n’y étais plus allée depuis 1907, quand j’allais un mois par an voir mon père. J’étais déjà retournée en Russie en 1936, avec ma mère, comme touriste, mais en 1990 c’était la première fois que je revenais dans ma vile natale. Enfance venait d’être traduit en russe. Ils ont retrouvé ma maison. Mais je n’ai rien reconnu. J’avais gardé le souvenir d’une maison en bois, et c’était une grande maison en pierre. J’ai vu la dernière de mes cousines encore vivante, juste avant sa mort.
      Parlez-vous russe?
      Couramment. Je le lis aussi mais je ne l’écris pas, je n’ai jamais été en classe en Russie, je ne sais même pas l’ordre de l’alphabet.
      Quel effet cela vous fait-il d’entrer prochainement dans la Pléiade?
      Je n’ai pas encore vu les textes. Si la Pléiade ne publiait que des classiques, ce serait extrêmement flatteur. Pour moi, c’est surtout le plaisir de voir tous mes textes réunis en un seul volume.
      Travaillez-vous toujours au café?
      Non, c’est fini. Désormais, je travaille sur mon lit.

    • #18298 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Babelio propose une sélection de 10 podcast littéraires.
      https://www.babelio.com/article/2469/10-podcasts-litteraires–des-livres-et-des-voix

      • #18299 Répondre
        Charles
        Invité

        Et y a même pas la GO, impossible à prendre au sérieux donc.

        • #18359 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Tout à fait.

          • #18406 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Interpelé à ce sujet, la Direction de Babelio a rétorqué par voie de presse : « Lorsque la GO cessera ses enfantillages de faire des critiques sur des audiolivres avec du bruitage, des images qui bougent, et de la musique par-dessus le tout, pour se consacrer enfin uniquement aux vrais livres, nous étudierons à nouveau la question. »

          • #18407 Répondre
            Dr Xavier
            Invité

            Et en attendant qui fait le job en poussant la GO dans les commentaires dudit article ? Faut tout faire ici.

            • #18409 Répondre
              lison
              Invité

              Merci, et c’est là que j’apprends qu’ une nouvelle Gêne Occasionnée est parue , celle sur Les heures heureuses de Pascal Quignard.

      • #18300 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Apuntado ( noté) ¡Gracias Dr Xavier!

    • #18331 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai lu Trust d’Hernan Diaz, le roman américain (bien qu’écrit par un argentin mais vivant aux US et écrivant en anglais) unanimement loué par la presse française en cette rentrée, après un énorme succès outre-Atlantique. Il s’agit d’un portrait décomposé d’un couple de la haute-bourgeoisie financière new-yorkaise des années 20/30 – une première partie se présente comme une biographie déguisée en roman, une seconde comme le brouillon d’une autobiographie du mari, la troisième comme le récit de la rédaction de cette autobiographie par son nègre et enfin la dernière comme le journal fragmentaire de l’épouse à l’agonie qui vient rétablir la vérité sur l’origine de la fortune du couple. Chaque partie a donc son propre style très marqué, ce qui donne au roman son petit tour de force. Le récit est donc très habile et malin, mais un peu trop verrouillé en définitive, à l’anglo-saxonne. Car à la fin il ne reste plus d’angles morts, de trous, tout est parfaitement clair et sans ambiguïté – un puzzle dont il ne manquerait plus aucune pièce. Et pour raconter quoi en définitive? L’effacement d’une femme de l’Histoire par son mari. En effet, alors que les premières parties relatent les performances d’un financier génial, d’un flair remarquable, mais quasi misanthrope, accompagné de son épouse certes intelligente mais ravalée au rang de femme recluse dans son foyer, on comprend peu à peu que l’épouse était en réalité une esthète brillante et pointue, qui recevait et finançait tous les musiciens les plus connus de l’époque mais aussi, en définitive, celle qui était à l’origine de tous les coups financiers de son mari dont le flair inexplicable était donc un mythe très explicable. Résultat des courses, l’épouse est revêtue de toutes les qualités et d’une intelligence mêlée à une culture extraordinaires tandis que le mari est totalement relégué et passe uniquement pour un mufle arrogant et presque stupide.
      On peut trouver que la barque est un peu chargée, que ce renversement est un peu caricatural et surtout qu’il est assez convenu et trop d’époque – pas étonnant que les américains aient adoré cela, pareil pour la presse française. Néanmoins, ça reste bien narré, intelligemment composé et le processus de relégation de l’épouse a quelque chose de glaçant. On regrettera quand même l’éternelle folklorisation, pittoresquisation de l’extrême-gauche contenue dans le personnage du père du nègre (une jeune femme aux dispositions évidemment remarquables, qui va donc écrire l’autobiographie du financier alors qu’elle n’a aucune expérience en s’aidant simplement des livres à la bibliothèque – mythologie libérale américaine), ledit père étant un immigré italien anarchiste qui est évidemment un hurluberlu, plein de mauvaise foi mais attendrissant par ses défauts. Et ce alors même que le livre se voudrait très critique quant au milieu de la finance, la haute-bourgeoisie (sauf quand elle est incarnée par des femmes).
      Bref, intéressant mais limité. Quelqu’un d’autre l’a lu?

      • #18358 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        « Verrouillé à l’anglo-saxonne. »
        Tu voudrais me faire fuir que tu ne dirais pas mieux. Je crois que je n’ai plus d’yeux pour ça
        Merci pour ta recension quand même.

        • #18366 Répondre
          Charles
          Invité

          Rires, je m’en doutais. Après j’ai lu une interview de l’auteur qui nuance davantage son personnage féminin, disant qu’il n’avait pas voulu la victimiser puisqu’elle avait du sang sur les mains. C’est donc peut-être un peu plus nuancé que ce que j’en dis mais pas tellement plus. Mais sur le verrouillage oui j’ai l’impression qu’une fois fermé le livre est semblable à une grille de mots croisés totalement remplie.

    • #18334 Répondre
      lison
      Invité

      Pour ceux qui ont lu Western, un entretien avec Maria Pouchet, où l’on sent une autrice ravie d’avoir un échange avec une journaliste sur un aspect du livre peu évoqué dans d’autres articles ou interviews.
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/fictions-amoureuses-avec-maria-pourchet-2426837

    • #18335 Répondre
      lison
      Invité

      avec un r c’est encore mieux : Pourchet

      • #18368 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On va écouter
        Pourchet se fait pourrir par Naulleau dans le JDD. Bel hommage
        Oui, je lis le JDD. Mais depuis un mois, pas plus.

    • #18451 Répondre
      Malice
      Invité

      Est-ce que quelqu’un ici lit Marie-Hélène Lafon? Je l’ai découverte en interview ce soir sur France Culture mais impossible de lire des extraits de ses romans ( ni babelio ni booknode n’en proposent)

    • #18477 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Autrice moyenne, à mon gout
      Et son dernier est proche du médiocre.

      • #25776 Répondre
        propater
        Invité

        Ah, ça m’interpelle que tu trouves ça proche du médiocre. J’avais trouvé Les Sources plutôt au dessus de ses autres romans (ceux que j’ai pu lire, du moins), plus acéré. J’avais bien aimé la manière dont on était plongé dans la vie de cette famille avec ses routines dictées par le travail de la ferme, les relations avec les belles familles, agriculteurs aussi. J’avais aussi bien aimé cette forme avec ces deux dimanches à 10 ans d’écart (même si elle a l’air de beaucoup utiliser le dyptique + petit épilogue.) Le flux de conscience/rumination des deux personnages me faisait penser aux romans d’Hélène Lenoir et j’ai trouvé la situation (mariage, enfants, mépris, peur, contraintes économiques) bien rendue.

        • #25777 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Oui, sans doute que tout ça est vrai
          M’enfin c’est une petite chose, et désespérément univoque.
          Au fond il s’agit toujours de contes, avec ce que ça comporte de simpliste. Avec ici le tyran domestique dans le rôle de l’ogre.
          Il faudrait voir si Lafon a été fichue, dans tel livre ou tel autre, de sortir de cette sorte de hors monde que constitue le monde rural d’il y a quelques décennies.

          • #25781 Répondre
            propater
            Invité

            Je ne l’avais pas trouvé si univoque que ça, le portrait du mari (et la femme est dépeinte comme un peu trop chouineuse pour être totalement sympathique). Malgré certains éléments à charge forts appuyés (son « enfance » gatée au Maroc, qu’il trouve insuportable que sa femme ne fasse pas tout bien comme sa môman), j’ai quand même été pris d’empathie pour cet homme qui voit sa famille comme une unité économique et qui butte contre ce boulet/résistante. Toute abhorante que soit cette vision de la famille et malgré l’enthousiasme avec lequel il s’y rallie, elle lui est un peu imposée par son milieu et par la situation économique. L’ogre que j’ai perçu dans le livre, c’était plutôt la modernisation à marche forcée de l’agriculture des années 60-70 et la circulation de la violence dans cette imbrication de l’économique et du familial.
            Mais je me suis p-e un peu forcé à chercher de l’équivoque dans ces deux portraits par méfiance envers mon féminisme.

          • #25784 Répondre
            propater
            Invité

            Je ne te suis pas sur cette qualification de hors-monde, la finalisation de l’exode rural et la transformation de l’agriculture (de labor-intensive à capital-intensive comme dirait The Economist) est quand même un fait marquant du 20ème siècle qui a une profonde influence sur nos vies aujourd’hui. Et qui n’est pas sans rapport avec des luttes actuelles autour des modèles agricoles.

            • #25791 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je ne méconnais pas l’importance de l’exode rural de ces années.
              Ce qu’il faut voir c’est la fonction de ce monde certes réel dans son oeuvre. Eh bien la fonction est de congédier le reste du monde. Son héroine s’émancipe in fine, quittant ce monde pour l’autre. Lafon jamais.

              • #25798 Répondre
                propater
                Invité

                Les Pays me semble être une histoire d’émancipation de ce monde, littéralement. Mais p-e pas littérairement, avec cet épilogue où sa vie à Paris est vue à travers les yeux du père en visite? C’est ça que tu veux dire?
                J’avais mal compris ce que tu voulais dire par hors-monde, j’imagine que tu regrettes un manque d’altérité dans ses livres, similaire à ta critique des films de Céline Sciamma dans la première Gène? J’ai du mal à comprendre cette notion d’altérité dans une oeuvre. Tu aurais des exemples de livres où de films qui y rendent justement droit?

    • #18550 Répondre
      lison
      Invité

      Un autre  book club à écouter, avec Neige Sinno.
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/le-book-club/tigres-et-tenebres-avec-neige-sinno-1729747
      …en attendant la rencontre Neige Sinno / Alain Finkielkraut (dans Répliques samedi prochain) dont j’ai du mal à imaginer ce que ça va produire. Et comment et quand il va arriver à caser une histoire d’arabes ?

    • #18551 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      rire
      il va y arriver
      sur ce point il ne nous déçoit jamais

    • #18570 Répondre
      alix
      Invité

      Pour ma part, je n’ai jamais lu Marie-Hélène Lafon.

    • #19010 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Salutations, je recommande la lecture du récent Faire Justice, de Elsa Deck Marsault (La Fabrique). Le sous-titre est « Moralisme progressiste et pratiques punitives dans la lutte contre les violences sexistes », mais peut s’appliquer à tout collectif.
      L’idée générale que je résume à la hache est : 1. Étant donné que la violence ne disparaît pas comme par magie dans les collectifs de lutte/d’émancipation par le seul fait que ce sont des groupes de gauchistes ; et 2. que ces mêmes groupes refusent de faire appel à la police d’État pour régler les agressions physiques / sexuelles / viols qui peuvent parfois advenir car souvent ça ne fait qu’empirer les choses ; il s’ensuit que 3. ces groupes doivent prendre en charge eux-mêmes la justice, parfois pour le meilleur, mais aussi pour le pire (harcèlement de l’agresseur.e, délation, exclusion à perpétuité de tous les collectifs de la ville, et de manière très marginale mise position de toute-puissance de la victime qui peut dicter les châtiments).
      C’est intéressant de lire une praticienne qui reconnaît les dérives qui peuvent exister dans certains collectifs, et le fait que ces membres se sentant moralement dans leur bon droit, ne se rendent plus bien compte de leur tendance à essentialiser les victimes comme les agresseur.e.s.
      Elle est évidemment un peu embêté par son sujet, bien consciente que mettre sur le tapis ce genre de choses, c’est aussi armer l’adversaire qui se délectera de ces récits.
      Le livre présente l’approche d’une justice transformatrice, qui enrôle aussi bien la victime que l’agresseur.e, et ouvre des perspectives sur comment une position abolitionniste (sur la prison, la police d’Etat) peut être mise en pratique.
      Elle fait l’objet d’une émission sur Hors-Série que je conseille également.
      En somme, une autre pensée de la pratique par une praticienne qui pense (le sitiste plagié saura se reconnaître).

      • #19074 Répondre
        Julien Barthe
        Invité

        Comme je crois être le plagiste cité (désolé), je te dirai que j’ai été déçu par l’entretien Hors-série. Le thème traité m’intéresse particulièrement depuis que j’ai vu opérer des collectifs spécialisés dans la lutte contre les violences sexistes en milieu militant; et j’aurais souhaité y confronter la critique provisoire que je m’en étais forgée. Or j’ai cru que l’entretien rendait compte fidèlement d’ un livre faible. Je vais insister.

        • #19075 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          C’était effectivement une salutation en forme de clin d’oeil !
          Merci pour ton post. Sur le HS et sur la faiblesse de l’entretien et de sa pensée, oui et non. Une clé est peut-être dans son entretien avec Friction Magazine (extrait ci-dessous). Consciente que ses propos et écrits pourraient être répétés déformés amplifiés par les adversaires, elle est très prudente, et avance avec beacoup de précaution. J’y vois aussi la retenue de la militante à se mettre en avant, à ne pas vouloir attirer la lumière, à ne pas se faire reprocher de se faire de la notoriété à peu de frais (ce que je ne lui reproche pas du tout, je dis que c’est une critique facile et récurrente pour tout militant désireux de porter une parole un peu singulière).
          Donc on peut voir le verre à moitié vide et regretter qu’elle n’y aille pas franco pour explorer la face sombre qui peut émerger de tout collectif militant. On peut aussi se réjouir que la question soit ouvertement mise sur la table.
          —-
          Question : Il y a déjà toutes ces polémiques de « cancel culture » de la part des réacs et cela nous pousse parfois à choisir de fermer les yeux sur ce moralisme que tu qualifies. J’ai l’impression que pour toi, choisir tout de même d’en parler, de refuser ce tabou, vise justement à nous donner de la puissance.
          .
          Réponse : Je me suis beaucoup questionnée en écrivant le livre parce que les premiers mois j’avais quatre voix différentes dans ma tête qui me disait : « Ah non mais tu peux pas dire ça, là faut que t’ailles par là… ». Il y avait une sorte de pression à contenter à la fois mon éditrice, moi et la pureté militante que j’entendais tout le temps dans mon oreille. Et il y a un moment je me suis dit que c’était tellement caractéristique de ce qu’on vit dans ces espaces-là, où beaucoup de personnes s’empêchent de prendre la parole, s’empêchent de dire ce qu’elles pensent car elles ont peur de ce qui va leur tomber dessus derrière. Je me disais « si j’étale ça dans un bouquin qui va sortir en plus dans une maison d’édition qui parle à beaucoup de monde, qui n’est pas juste adressée au milieu queer féministe parisien, qu’est-ce que je porte comme trahison d’étaler notre merde sur ces pages ? »
          .
          Et je me suis dit qu’il fallait que j’abandonne cette pensée [NOTE PERSO : elle s’est dit… mais je ne dirais pas qu’elle est allée au bout…] car ce sont des dysfonctionnements qui nous ralentissent, nous traumatisent et qui font que nous ne sommes plus capables de lutter ensemble. Au moins si les gens ne sont pas d’accord, ça va pouvoir créer des discussions sur ce livre et pourquoi les gens sont en désaccord. Je ne donne pas une parole finie et aboutie, je veux juste que les prennent ce livre là pour commencer à débattre ensemble de ce qu’on s’impose collectivement, quel climat de militantisme s’est installé et comment on peut en sortir.

          Faire justice : rencontre avec Elsa Deck Marsault

          • #19083 Répondre
            Julien Barthe
            Invité

            Sur le thème qui nous occupe. Récit trop long, certainement partial et polémique mais qui documente des abus et des ridicules de même type que ceux que j’ai pu observer cet été au sein de l’organisation d’un événement militant.

            Cliquer pour accéder à mes_vacances_a_saint-imier.pdf

            • #19095 Répondre
              Dr Xavier
              Invité

              Merci ! Je lis.
              « Ce n’est pas le festival des oppressions, c’est plutôt la foire des ressentis. »

    • #22234 Répondre
      Graindorge
      Invité

      PLUME AU RESTAURANT
      Henri Michaux

      Plume déjeunait au restaurant, quand le maître d’hôtel s’approcha, le regarda sévèrement et lui dit d’une voix basse et mystérieuse : « Ce que vous avez là dans votre assiette ne figure pas sur la carte. » Plume s’excusa aussitôt. – Voilà, dit-il, étant pressé, je n’ai pas pris la peine de consulter la carte. J’ai demandé à tout hasard une côtelette, pensant que peut-être il y en avait, ou que sinon on en trouverait aisément dans le voisinage, mais prêt à demander tout autre chose si les côtelettes faisaient défaut. Le garçon, sans se montrer particulièrement étonné, s’éloigna et me l’apporta peur après et voilà… Naturellement, je la paierai le prix qu’il faudra. C’est un beau morceau, je ne le nie pas. Je le paierai son prix sans hésiter. Si j’avais su, j’aurais volontiers choisi une autre viande ou simplement un œuf, de toute façon maintenant je n’ai plus très faim. Je vais vous régler immédiatement. Cependant, le maître d’hôtel ne bouge pas. Plume se trouva atrocement gêné. Après quelque temps relevant les yeux… hum ! c’est maintenant le chef de l’établissement qui se trouve devant lui. Plume s’excusa aussitôt. – J’ignorais, dit-il, que les côtelettes ne figurent pas sur la carte. Je ne l’ai pas regardée, parce que j’ai la vue fort basse, et que je n’avais pas mon pince-nez sur moi, et puis, lire me fait toujours un mal atroce. J’ai demandé la première chose qui m’est venue à l’esprit, et plutôt pour amorcer d’autres propositions que par goût personnel. Le garçon sans doute préoccupé n’a pas cherché plus loin, il m’a apporté ça, et moi-même d’ailleurs tout à fait distrait je me suis mis à manger, enfin… je vais vous payer à vous-même puisque vous êtes là. Cependant, le chef de l’établissement ne bouge pas. Plume se sent de plus en plus gêné. Comme il lui tend un billet, il voit tout à coup la manche d’un uniforme ; c’était un agent de police qui était devant lui. Plume s’excusa aussitôt. -Voilà, il était entré là pour se reposer un peu. Tout à coup, on lui crie à brûle-pourpoint : « Et pour Monsieur ? Ce sera… » – « Oh… un bock », dit-il. « Et après ?… » cria le garçon fâché ; alors plutôt pour s’en débarrasser que pour autre chose : « Eh bien, une côtelette ! » Il n’y songeait déjà plus, quand on la lui apporta dans une assiette ; alors, ma foi, comme c’était là devant lui… – Écoutez, si vous vouliez essayer d’arranger cette affaire, vous seriez bien gentil. Voici pour vous. Et il lui tend un billet de cent francs. Ayant entendu des pas s’éloigner, il se croyait déjà libre. Mais c’est maintenant le commissaire de police qui se trouve devant lui. Plume s’excusa aussitôt. 3 Il avait pris un rendez-vous avec un ami. Il l’avait vainement cherché toute la matinée. Alors comme il savait que son ami en revenant du bureau passait par cette rue, il était entré ici, avait pris une table près de la fenêtre et comme d’autre part l’attente pouvait être longue et qu’il ne voulait pas avoir l’air de reculer devant la dépense, il avait commandé une côtelette ; pour avoir quelque chose devant lui. Pas un instant il ne songeait à consommer. Mais l’ayant devant lui, machinalement, sans se rendre compte le moins du monde de ce qu’il faisait, il s’était mis à manger. Il faut savoir que pour rien au monde il n’irait au restaurant. Il ne déjeune que chez lui. C’est un principe. Il s’agit ici d‘une pure distraction, comme il peut en arriver à tout homme énervé, une inconscience passagère ; rien d’autre. Mais le commissaire, ayant appelé au téléphone le chef de la sûreté : « Allons, dit-il à Plume en lui tendant l’appareil. Expliquez-vous une bonne fois. C’est votre chance de salut. » Et un agent le poussant brutalement lui dit : « Il s’agira maintenant de marcher droit, hein ? » Et comme les pompiers faisaient leur entrée dans le restaurant, le chef de l’établissement lui dit : « Voyez quelle perte pour mon établissement. Une vraie catastrophe ! » Et il montrait la salle que tous les consommateurs avaient quittée en hâte. Ceux de la Secrète lui disaient : « Ça va chauffer, nous vous prévenons. Il vaudra mieux confesser toute la vérité. Ce n’est pas notre première affaire, croyez nous. Quand ça commence à prendre cette tournure, c’est qu’c’est grave. » Cependant, un grand rustre d’agent par-dessus son épaule lui disait : « Écoutez, je n’y peux rien. C’est l’ordre. Si vous ne parlez pas dans l’appareil, je cogne. C’est entendu ? Avouez ! Vous êtes prévenu. Si je ne vous entends pas, je cogne. »

    • #23202 Répondre
      Fanny
      Invité

      Bonjour,
      J’ai retrouvé Thomas Bernhard ce matin. Drôle et féroce, je l’adore.
      .
      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/avignon-fictions/mes-prix-litteraires-de-thomas-bernhard-9283386
      .
      Petit bémol : je préfère la voix de Berhard lui-même, tranquille, posée. Décalage jubilatoire.

      • #23362 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Merci ! C’est une plaie, ce forum, on y fait un tour, on en ressort avec deux idées de bouquin, trois idées de film, et quatre podcasts.

    • #23625 Répondre
      Ostros
      Invité

      En marche ou grève
      est le prochain ouvrage de David Snug.
      Il sort le 9 février 2024 aux éditions Nada.
      Il est postfacé par François.
      .
      « David Snug n’aime pas le sport, mais pratique la randonnée urbaine. Et avec un gouvernement qui souhaite mettre la France « en marche » (au plutôt au pas), les occasions de battre le pavé ne manquent pas. De ses balades au gré de l’actualité politique, il tire une série de chroniques sociales décalées et percutantes et fait le récit des luttes qui occupent l’espace urbain et médiatique (grèves contre la réforme des retraites, dissolution des Soulèvements de la terre, violences policières, JO 2024, etc.). Renouant avec l’esprit du géographe anarchiste Élisée Reclus, ce livre, à l’humour corrosif, est aussi un éloge de la marche comme geste politique. »

    • #25598 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Je me souviens »
      « Dans ce petit herbier de souvenirs, Georges Pérec a épinglé 480 spécimens de sa mémoire et exhumé ainsi l’univers mental et matériel d’une époque, grosso modo celle de la IVe République, s’échelonnant entre sa 10ème et sa 25ème année (1946-1961). Les lieux évoqués sont des salles de spectacle, des cinémas, des boites de jazz aujourd’hui disparus, la plupart situés à Paris. Sont évoqués pêle-mêle des faits divers, des affaires judiciaires, des vedettes de la chanson et du vélo, des exploits qui ont marqué les esprits de l’époque, des friandises aujourd’hui remisées, des slogans publicitaires dont les jeux de mots ont marqué le jeune Pérec, des modes qui ont aussi passé comme les cravates tricotées.

      Extraits
      Je me souviens comme c’était agréable, à l’internat, d’être malade et d’aller à l’infirmerie. Je me souviens des postes à galène. Je me souviens quand on revenait des vacances, le ler septembre, et qu’il y avait encore un mois entier sans école. Je me souviens qu’au pied de la passerelle qui, en haut de la rue du Ranelagh, traversait le chemin de fer de ceinture et permettait d’aller au bois de Boulogne, il y avait une petite construction qui servait d’échoppe à un cordonnier et qui, après la guerre, fut couverte de croix gammées parce que le cordonnier avait été, paraît-il, collaborateur. Je me souviens qu’un coureur de 400 mètres fut surpris en train de voler dans les vestiaires d’un stade (et que, pour éviter la prison, il fut obligé de s’engager en Indochine). Je me souviens du jour où le Japon capitula. Je me souviens des scoubidous. Je me souviens que j’avais commencé une collection de boîtes d’allumettes et de paquets de cigarettes. Je me souviens des « Dop, Dop, Dop, adoptez le shampoing Dop ». Je me souviens de l’époque où la mode était aux chemises noires. Je me souviens des autobus à plate-forme : quand on voulait descendre au prochain arrêt, il fallait appuyer sur une sonnette, mais ni trop près de l’arrêt précédent, ni trop près de l’arrêt en question. Je me souviens que Voltaire est l’anagramme d’ Arouet L(e) J(eune) en écrivant V au lieu de U et I au lieu de J.
      Je me souviens que la violoniste Ginette Neveu est morte dans le même avion que Marcel Cerdan.
      e me souviens des photos de Brigitte Bardot nue dans l’Express.

      Je me souviens que Khrouchtchev a frappé avec sa chaussure la tribune de l’O.N.U.
      Je me souviens d’un fromage qui s’appelait « la Vache sérieuse » (« la Vache qui rit » lui a fait un procès et l’a gagné).
      Je me souviens de la « Pile Wonder ne s’use que si l’on s’en sert ».
      Je me souviens du film de Louis Daquin, l’Ecole buissonnière, avec Bernard Blier, qui s’inspirait des méthodes Freinet.
      Je me souviens que j’étais abonné à un Club du Livre et que le premier livre que j’ai acheté chez eux était Bourlinguer de Blaise Cendrars.
      Je me souviens de Caryl Chessman.
      Je me souviens de Robert Mitchum quand il dit « Children… » dans le film de Charles Laughton, La nuit du chasseur.
      Je me souviens de Ringo Starr et de Babara Bach dans un épouvantable film de Science-Fiction.
      Je me souviens du Solarium au Val-André.
      Je me souviens de la finale de la coupe du Monde de football à Munich en 1974, j’ai pleuré parce que les Pays -Bas de Johan Cryuiff avaient perdu.
      Je me souviens des disques du Modern Jazz Quartet que mon père écoutait le soir quand nous étions couchés.

    • #25602 Répondre
      Graindorge
      Invité
    • #25706 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Association d’idées, À la folie de Joy Sormann m’a rappelé le prof d’économie à l’université de Perpignan, Jean-Louis Cacommo qui a été interné en psychiatrie en 2013 2 fois pour avoir signalé à sa hiérarchie un trafic de vente de faux diplômes à des étudiants chinois.
      Il a écrit son histoire  » rescapé de l’âme » et il en parle dans 2 vidéos Youtube. Ce n’est pas un homme de gauche mais qu’on puisse interner un être humain, ici un prof d’universités, « danlepaydédroidelom » ça interroge.
      Il s’en est sorti in extremis lorsqu’on a décidé de l’envoyer à un hôpital psychiatrique de Montpellier pour des électrochocs… Mais « chance dans le malheur » dit-il, le médecin psychiatre de cet hôpital en étudiant sa fiche a refusé et l’a aidé à remonter la pente car il avait bien sûr été bombardé de médicaments puissants.

    • #25707 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Association d’idées, À la folie de Joy Sormann m’a rappelé le prof d’économie à l’université de Perpignan, Jean-Louis Cacommo qui a été interné en psychiatrie en 2013 2 fois pour avoir signalé à sa hiérarchie un trafic de vente de faux diplômes à des étudiants chinois.
      Il a écrit son histoire  » rescapé de l’âme » et il en parle dans 2 vidéos Youtube. Ce n’est pas un homme de gauche mais qu’on puisse interner un être humain, ici un prof d’universités, « danlepaydédroidelom » ça interroge.
      Il s’en est sorti in extremis lorsqu’on a décidé de l’envoyer à un hôpital psychiatrique de Montpellier pour des électrochocs… Mais « chance dans le malheur » dit-il, le médecin psychiatre de cet hôpital en étudiant sa fiche a refusé et l’a aidé à remonter la pente car il avait bien sûr été bombardé de médicaments puissants.

    • #25709 Répondre
      Charles
      Invité

      Je recommande un classique russe, Oblomov de Gontcharov. Long roman, classique mais passionnant avec des personnages, des études de caractère comme on n’en fait malheureusement plus. Je trouve cela un peu dommage d’ailleurs que la littérature française contemporaine ait un peu délaissé cela. Nos meilleurs écrivains sont de grands stylistes, adeptes de la forme courte, pas exactement intéressés par les personnages (Echenoz, Chevillard, Michon, Bergounioux, Senges etc.). Les autres les abordent le plus souvent sous l’angle du sujet de société et semblent écrasés par la saisie de leur milieu. François est sans doute l’un des rares à tenir ces deux exigences, le style, la forme et l’épaisseur des personnages.

      • #25715 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Ça va fait plaisir à François ce que tu dis de lui Charles. Oblomov ça parle aussi d’internement en hôpital psychiatrique? Tu peux en dire 2 petits mots?

      • #25716 Répondre
        Graindorge
        Invité

        je viens de découvrir Oblomov. Loué par Tolstoï et Dostoievski. Pas moins! Merci pour la découverte! Spasiba!!

    • #25711 Répondre
      Anna H
      Invité

      Je l’ai lu cet été. J’ai beaucoup aimé moi aussi.

      • #25795 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je comptais le relire un de ces jours. Genre de romans lu trop vite (ou trop tôt?) dans ma vingtaine.

        • #26027 Répondre
          Charles
          Invité

          Est-ce qu’on ne pourrait pas dire l’inverse pour d’autres romans? Par exemple pour Un homme qui dort de Pérec qui, je l’imagine, doit être très marquant pour un vingtenaire mais un peu moins pour un aîné.
          Je viens de le lire, il m’a plu, même si je l’ai trouvé moins fort, moins dense que les Choses, un peu facile parfois aussi. J’aurais d’ailleurs pensé sans l’aide de Wikipédia qu’il lui était antérieur, tant il s’apparente davantage à une oeuvre de jeunesse.

          • #26029 Répondre
            Anna H
            Invité

            Ah ok, moi je préfère Un homme qui dort à les Choses.

            • #26035 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je me glisse ici pour recommander Que notre joie demeure
              Le livre est loin d’etre stylistiquement parfait (comme son titre stupide l’indique), et on se demande encore si sa première partie s’imposait – non elle ne s’imposait pas. Mais on tient là une captation très intéressante et très docmentée du contemporain, par des angles assez peu pratiqués comme l’architecture, l’urbanisme.
              Tu parlais d’études de caractères, Charles : on tient ici un beau caractère, celui de l’héroine, créé je pense à la synthèse de bien des célébrités, Warhol compris.
              Une sorte de Bellanger de gauche. Qui tente au passage quelques figures pour conjurer le « neutre masculin » du français.

              • #26041 Répondre
                Charles
                Invité

                Pourquoi titre stupide? Rien à voir avec Giono ni Bach?
                C’est bien noté pour le reste, je le lirai sans doute après la tumeur ou tutu.

                • #26059 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  Bien sur que ça a à voir. Ca a beaucoup trop à voir. On ne reprend pas en titre de tels monuments verbaux.
                  Ca c’est vraiment une erreur de jeunesse – le livre en contient quelques autres, notamment son ouverture m’as-tu vu.

                  • #26060 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    Et ne gache pas le plus beau jeu de mots de l’année
                    Tumeur ou tutu
                    sans l’article

                    • #26063 Répondre
                      Graindorge
                      Invité

                      = tu meurs ou tu tues?
                      Sans obligation de réponse

                    • #26065 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      Joli. Ca me rappelle un proche médecin me racontant qu’on leur déconseillait d’employer le mot tumeur devant les patients car ils entendaient alors tu-meurs. C’est très lacanien je trouve.

                      • #26076 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Léna donne pas mal dans le jeu de mots psy.
                        Et contre toute attente ça passe
                        Chaque fois ça tape juste.

                      • #26092 Répondre
                        lison
                        Invité

                        Ces jeux de mots m’ont rappelé ceux de Claude Ponti , je ne sais pas si elle a parlé de lui dans des interviews et s’il est une référence pour elle. C’est drôle parce que, par ailleurs, Neige Sinno parle de lui dans « Triste Tigre » comme d’un exemple d’artiste qui a su aborder son enfance et les abus qu’il a subis ,dans son oeuvre.
                        Je vous conseille Okilélé et l’île des Zertes, deux chefs d’oeuvre.
                        Et merci d’avoir parlé de « Tumeur ou Tutu ».
                        Un des mots employés par Léna Ghar la praison m’a fait penser non seulement à Neige Sinno mais aussi au dernier livre de Reinhardt. Dans chacun de ses livres le lieu qu’on habite , qu’on partage avec sa famille a une existence vraiment forte , en soi, et ceux sont des lieux qu’on voit, qu’on ressent. C’est peut être un hasard de mes lectures ou une préoccupation personnelle ( je ne crois pas ) qui a fait que je me suis attachée à ce « thème » mais je trouve très réussi leur présence dans ces livres.
                        A propos de Reinhardt c’est une bonne surprise pour moi, j’avais un bon gros préjugé négatif et je ne l’avais d’ailleurs jamais lu et ce livre là  » Sarah, Suzanne et l’écrivain » m’a vraiment plu. Si d’autres l’ont apprécié, vous recommanderiez quels autres livres de lui ?

                      • #26095 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        De ceux que j’ai lus c’est le meilleur, car son dispositif fonctionne à plein.
                        Dans d’autres ce qu’il peut y avoir de pénible dans son style prend le dessus. Mais tu peux essayer le Système Victoria.

                      • #26231 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        Ah bah je veux bien avoir des avis sur Le système Victoria, parce que j’avais adoré les parties sur l’architecture, les travaux de la tour, etc. La minutie dans les descriptions des articulations des différents corps de métier était saisissante. En revanche les parties sur l’amour impossible m’était tombé des mains. Donc oui je recommande aussi, mais je trouvais dommage de se perdre avec Victoria.

                      • #26232 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        PS – je radote, le Bookmakers sur Ponti est très bon.

                      • #26241 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Lire ER nécessite en effet d’etre très indulgent avec son incontinence, ses épanchements impossibles. Mais il y a toujours quelques chose à en tirer.

                      • #26330 Répondre
                        Bretzville
                        Invité

                        Je suis curieux de vous lire plus sur Sarah, Suzanne et l’écrivain, qui m’a plutôt déçu. Au début le dispositif maintenait ma concentration, je trouvais ça vraiment amusant. La conjonction des deux récits, les deux régimes de narration et la possibilité de les confondre redoublaient mon attention. Mais j’ai eu l’impression que le récit de Sarah perdait de sa substance (mais peut-être que j’ai été mauvais lecteur, que ma vigilance s’est amenuisée).

                        Pour moi l’impératif de donner du corps au récit de Sarah s’efface au fil du livre. Il ne devient plus qu’un prétexte au récit de Suzanne qui concentre l’attention et loge un emballement de l’analyse psychologique. Je trouve intéressant sur le principe que Reihnardt n’ose aller à fonds dans la psychologie qu’en passant par une surcouche fictionnelle (un personnage de fiction au carré dont les actions sont interprétées par un écrivain au carré). Sauf qu’en pratique ça conduit Reihnardt à s’éloigner de ce que je trouvais vraiment juste (le lieu qu’on habite, qu’on partage avec sa famille comme dit Lison, l’évaluation des rapports de pouvoir entre une femme/mère et son mari/ses enfants) au profit d’un développement beaucoup moins convainquant (le tableau et tout ce qui s’ensuit). Comme si Reinhardt maintenu dans son dispositif produisait des analyses intéressantes, mais Reinhardt « libéré » beaucoup moins.

                      • #26345 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Je suis tout à fait d’accord. On entrevoir que le romanesque (le tableau, etc, c’est à dire un. récit qui copies des récits) est beaucoup moins intéressant que le roman (c’est à dire un récit intriqué dans la vie)
                        En fait j’aime surtout ce livre comme symptôme.
                        Même si là où il écrit quatre phrases j’en écris une.
                        Ce qui me laisse du temps pour la salle

                      • #26360 Répondre
                        Bretzville
                        Invité

                        Symptôme de quel phénomène selon toi ?

                      • #26359 Répondre
                        lison
                        Invité

                        D’accord aussi sur le tableau que j’ai fini par trouvé embarrassant dans le livre. Ça alourdit le récit et ça ne m’intéresse pas beaucoup.

                      • #26357 Répondre
                        lison
                        Invité

                        oui je l’ai écouté aussi c’est très bien.
                        Et un jour je l’ai entendu dire du mal du Petit Prince et ça m’a mise en joie, moi qui n’ai jamais trouvé aucun intérêt à ce livre ( ni en CM1, ni en 6° ni plus tard), il avait qu’il était démago.

                      • #26358 Répondre
                        lison
                        Invité

                        en réponse à Dr Xavier à propos de Claude Ponti.

              • #26230 Répondre
                Ostros
                Invité

                Merci François pour ton retour sur que notre joie demeure. Je vais me lancer.

    • #25720 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Ceci dit, notre gauche devient-elle bien frileuse de se dépêcher d’occulter avec la recommandation d’un magnifique roman russe qui donne envie je n’en doute pas, la triste réalité d’un homme interné 2 fois 18 mois ? Et qui témoigne dans un petit livre sans prétentions de l’enfer qu’on lui a fait vivre. Je rappelle le titre  » Le rescapé de l’âme » de Jean-Louis Caccomo « Une descente au enfers face a la dérive totalitaire de l’université et de la santé mentale en France »
      A force d’être frileux, on risque de mourir de froid. C’est pas notre travail de vraie gauche, de gauche radicale libertaire de donner ce genre d’info?

    • #25918 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Merci pour la suggestion de retrouver Gide, ça m’a motivé à lire La symphonie pastorale et Les faux monnayeurs dans la foulée, pour l’excellente raison que l’un dormait au fond de ma bibliothèque et l’autre traînait sur une table de vide-greniers.
      .
      L’un est tout entier le journal d’un pasteur, double de Gide, aux dessins troubles et aux motifs opaques à lui-même, et l’autre repose en grande partie sur le journal d’Edouard, un autre double de Gide, dont le narrateur juge les actes et dit de lui (d’Edouard, donc) qu’il l’a « plus d’une fois irrité, indigné même », et aussi : « mentir aux autres, passe encore ; mais à soi-même ! Le torrent qui noie un enfant prétend-il lui porter à boire ? »
      .
      Je suis sûr d’être passé au travers d’une grande quantité de références et de subtilités (surtout pour LFM, d’une grande densité), mais au moins je n’ai pas loupé la tristesse de Gide qui n’a pas eu une vie conjugale heureuse :
      .
      LSP – « J’éprouvais aussi, devant que de parler, à quel point deux êtres, vivant somme toute de la même vie, et qui s’aiment, peuvent rester (ou devenir) l’un pour l’autre énigmatiques et emmurés ; les paroles, dans ce cas, soit celles que nous adressons à l’autre, soit celles que l’autre nous adresse, sonnent plaintivement comme des coups de sonde pour nous avertir de la résistance de cette cloison séparatrice et qui, si l’on n’y veille, risque d’aller s’épaississant… »
      .
      LFM – « Je renonce à les juger, à les comprendre ; ou plutôt, comme il advient toujours, mieux je les comprends et plus mon jugement sur eux se tempère. Il reste que voici deux être attachés l’un à l’autre pour la vie, et qui se font abominablement souffrir. J’ai souvent remarqué, chez les conjoint, quelle intolérable irritation entretient chez l’un la plus petite protubérance du caractère de l’autre, parce que la ‘vie commune’ fait frotter celle-ci toujours au même endroit. Et si le frottement est réciproque, la vie conjugale n’est plus qu’un enfer. »
      .
      Très content d’être tombé sur ce texte après LSP : Alain Goulet, Écrire la symphonie pastorale , in Lectures d’André Gide (1994)

      • #26023 Répondre
        Malice
        Invité

        Salut Doktor
        Une scène que j’ai aimée dans les « Faux-monnayeurs » :
        Le vieux La pérouse ( celui qui est en fin de décristallisation de son amour pour sa femme) a vu Hernani au théâtre et s’indigne devant Edouard des  » turpitudes » représentées sur scène:

         » L’indignation de cet excellent homme m’amusait. A présent, je riais presque. Je protestai qu’il ne pouvait y avoir d’art dramatique sans peinture des passions (…) La discussion continua ainsi quelque temps; et comme je comparais alors cet événement pathétique à tel déchaînement des instruments de cuivre dans un orchestre :
        « Par exemple, cette entrée de trombones, que vous admirez dans telle symphonie de Beethoven… »
        « – Mais je ne l’admire pas du tout, moi, cette entrée de trombones, s’est-il écrié avec une véhémence extraordinaire. Pourquoi voulez-vous me faire admirer ce qui me trouble? »

        • #26150 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Ce livre regorge de scènes, on aimerait pouvoir se souvenir de toutes.
          Ce passage aussi me plaît :
          .
          — Eh bien ! mon vieux, tu devrais le connaître. (…) Bref, Passavant se montrait séduit et était sur le point de l’engager. Il faut te dire que Lafleur est sans le sou… Le voici qui se lève pour prendre congé : « — Avant de vous quitter, je crois bon de vous avertir, Monsieur le comte, que j’ai quelques défauts. – Qui de nous n’en a pas ? – Et quelques vices. Je fume l’opium. – Qu’à cela ne tienne, dit Passavant qui ne se trouble pas pour si peu ; j’en ai d’excellent à vous offrir. – Oui, mais quand j’ai fumé, reprend Lafleur, je perds complètement la notion de l’orthographe. Passavant croit à une plaisanterie, s’efforce de rire et lui tend la main. Lafleur continue : « — Et puis je prends du haschisch. – J’en ai pris moi-même quelquefois, dit Passavant. – Oui, mais sous l’empire du haschisch, je ne peux pas me retenir de voler. Passavant commence à voir que l’autre se fiche de lui ; et Lafleur, lancé, continue impétueusement : – Et puis je bois de l’éther ; et alors je déchire tout, je casse tout ; et il s’empare d’un vase de cristal qu’il fait mine de jeter dans la cheminée. Passavant le lui arrache des mains : – Je vous remercie de m’avertir.
          .
          — Et il l’a fichu à la porte ?
          .
          — Puis a surveillé par la fenêtre si Lafleur ne fourrait pas une bombe dans sa cave, en s’en allant.

          • #26175 Répondre
            Malice
            Invité

            Quand je pense qu’il y a des biographes qui prétendent que Gide n’aimait pas les déconneurs comme son ex pote Louÿs…

            Je n’aurais pas dû employer le mot  » scène » mais en fait si, tu as raison, c’en sont

            • #26196 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              Je me disais la même chose
              Etonnant que Gide puisse passer pour raide, lui qui est tout le contraire. Qui fut même parfois un peu trop souple.

              • #26222 Répondre
                Malice
                Invité

                Je veux bien que tu m’éclaires sur l’excès de souplesse, car pour le moment je l’imagine juste en train de danser le limbo ( mais il faut dire que je n’ai lu de lui qu’un roman et des lettres)

                • #26225 Répondre
                  François Bégaudeau
                  Maître des clés

                  disons qu’il a pas mal fluctué, s’est parfois entiché d’idées pour les lacher peu après
                  je pense par exemple à son rapport avec le communisme

    • #26042 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Je vous recommande le livre Colonisations. Notre histoire paru le 15 septembre 2023, ouvrage collectif sous la direction de Pierre Singaravélou.
      Sur la colonisation de nos jours aux années 1500, et une partie 5 sur les sociétés à la veille de la colonisation ( Mondialisation, empires,narrations).
      Passionnant.

      • #26044 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Merci Sarah!

    • #26273 Répondre
      Graindorge
      Invité
    • #26416 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Trois escargots »… Une seule pizza? Un unique pan bagnat? A peine 2 salades niçoises😯 Un empanada et Une seule tisane😔 J’ai bien ri!
      Georges Perec
      Tentative d’inventaire des aliments liquides
      et solides que j’ai ingurgité au cours de
      l’année mil neuf cent soixante-quatorze.
      Neuf bouillon de bœuf, un potage aux concombres glacé, une soupe aux moules. Deux andouilles de Guéméné, une andouillette en gelée, une charcuterie italienne, un cervelas, quatre charcutailles, une coppa, trois cochonnailles, une figatelli, un foie gras, un fromage de tête, une hure de porc, cinq jambon de Parme, huit pâté, un pâté de canard, un pâté de foie gras truffé, un pâté en croûte, un pâté grand-mère, un pâté de grive, six pâté des Landes, quatre museau, une mousse de foie gras, un pied de cochon, sept rillettes, un salami, deux saucisson, un saucisson chaud, une terrine de canard, une terrine de foies de volailles. Un blinis, un empanadas, une viande des Grisons. Trois escargots.

      Une belons, trois coquilles Saint-Jacques, une crevettes, une croustade aux crevettes, une friture, deux friture d’équilles, un hareng, deux huîtres, une moules, une moules farcies, un oursins, deux quenelles au gratin, trois sardines à l’huile, cinq saumon fumé, un tarama, une terrine d’anguille, six thon, un toast aux anchois, un tourteaux.

      Quatre artichaut, une asperges, une aubergines, une salade de champignons, quatorze salade de concombres, quatre concombres à la crème, quatorze céleri rémoulade, deux chou chinois, un cœurs de palmier, onze assiette de crudités, deux salade de haricots verts, treize melon, deux salade niçoise, deux pissenlits au lard, quatorze radis beurre, trois radis noir, cinq salade de riz, une salade russe, sept salade de tomates, une tarte à l’oignon.

      Une croquette au roquefort, cinq croque-monsieur, trois quiche lorraine, une tarte au maroilles, un yaourt aux concombres et aux raisins, un yaourt à la roumaine. Une salade de tortis aux tourteaux et au roquefort.

      Un oeufs aux anchois, deux oeufs à la coque, deux oeufs en meurette, un oeufs au jambon, un oeufs au bacon, un oeufs en cocotte aux épinards, deux oeufs en gelée, deux oeufs brouillés, quatre omelette, une espèce d’omelette, une omelette aux germes de soja, une omelette aux trompettes de la mort, une omelette aux peaux de canard, une omelette au confit d’oie, une omelette aux fines herbes, une omelette Parmentier.

      Deux haddock, un loup, une raie, une soie, un thon.

      Une bavette, trois bavette à l’échalote, dix steak, deux steak au poivre, trois complet, un rumsteak à la moutarde, cinq rôti de bœuf, deux côte de bœuf, deux pièce de bœuf, trois grillade de bœuf, deux chateaubriand, un steak tartare, un rosbif, trois rosbif froid, quatorze entrecôte, trois entrecôte à la moelle, un filet, trois hamburger, neuf onglet, une hampe. Quatre pot-au-feu, une daube, une daube en gelée, une estouffade de bœuf, un bœuf mode, un bœuf gros sel, un bœuf à la ficelle. Un veau braisé aux nouilles, un sauté de veau, une côte de veau, une côte de veau coquillettes, une  » entrecôte de veau « , six escalope, six escalope Milanaise, trois escalope à la crème, une escalope aux morilles, quatre blanquette de veau. Cinq andouillette, trois boudin, un boudin aux pommes, une côtelette de porc, deux choucroute, une choucroute de Nancy, une côte de porc, onze paire de Francfort, deux grillade de porc, sept pied de porc, un porc froid, trois rôti de porc, un rôti de porc à l’ananas et aux bananes, une saucisse aux haricots. Un agneau de lait, trois côtelette d’agneau, deux curry d’agneau, douze gigot, une selle d’agneau. Une côtelette de mouton, une épaule de mouton.

      Cinq poulet, une brochette de poulet, un poulet au citron, un poulet en cocotte, deux poulet basquaise, trois poulet froid, un poulet farci, un poulet aux marrons, un poulet aux herbes, deux poulet en gelée. Sept poule au riz, une poule au pot. Une poularde au riz. Un coq au riesling, trois coq au vin, un coq au vinaigre. Un canard aux olives, un magret de canard. Un salmis de pintadeau. Une pintade aux choux, une pintade aux nouilles.

      Cinq lapin, deux lapin en gibelotte, un lapin aux nouilles, un lapin à la crème, trois lapin àla moutarde, un lapin chasseur, un lapin à l’estragon, un lapin à la tourangelle, trois lapin aux pruneaux. Deux lapereau aux pruneaux. Un civet de lièvre à l’alsacienne, une daube de lièvre, unecompote de lièvre, un râble de lièvre. Un salmis de palombe. Une brochette de rognons, trois brochette, un mixed-grill, un rognon à la moutarde, un rognon de veau, trois tête de veau, onze foie de veau, une langue de veau, un ris de veau pommes sarladaises, une terrine de ris de veau, une cervelle d’agneau, deux foie d’oie frais aux raisins, un gésiers d’oie confits, deux foies de volaille. Douze assiette de viandes froides, deux assiette anglaise, un buffet froid, deux couscous, trois  » chinois « , une moulakhia, une pizza, un pan bagnat, un tajine, six sandwich, un sandwich au jambon, un sandwich aux rillettes, trois sandwich au cantal.

      Un cèpes, un flageolets, sept haricots verts, un mais, une purée de chou-fleur, une purée d’épinards, une purée de fenouil, deux poivrons farcis, deux pommes de terre frites, neuf gratin dauphinois, quatre purée de pommes de terre, une pommes dauphine, une pommes boulangère, une pommes soufflées, une pommes au four, une pommes sautées, quatre riz, un riz sauvage.

      Quatre pâtes, trois coquillettes, une fettucine à la crème, un gratin de macaronis, un macaronis, quinze nouilles fraîches, trois rigatoni, deux raviolis, quatre spaghettis, un tortellini, cinq tagliatelles vertes. Trente-cinq salade verte, une salade de mesclun, une salade de Trévise à la crème, deux salade d’endives.

      Soixante-quinze fromages, un fromage de brebis, deux fromages italiens, un fromage d’Auvergne, un boursin, deux brillat-savarin, onze brie, un cabécou, quatre chèvre, deux crottin, huit camembert, quinze cantal, un fromages siciliens, un fromages sardes, un époisses, un murols, trois fromage blanc, un fromage blanc de chèvre, neuf fontainebleau, cinq mozarella, cinq munster, un reblochon, une raclette, un stilton, un saint-marcellin, un saint?nectaire, un yaourt.

      Un fruits, deux fraises, une groseilles, une orange, trois  » mendiants « . Une dattes fourrées, une poires au sirop, trois poires au vin, deux pêches au vin, une pêches de vigne au sirop, une pêches au sancerre, une pommes normandes, une bananes flambées. Quatre compote, deux compote de pommes, deux compote de quetsche et rhubarbe. Cinq clafoutis, quatre clafoutis aux poires. Une figues au sirop. Six salade de fruits, une salade de fruits exotiques, deux salade d’oranges, deux salade de fraises, framboises et groseilles.

      Un apple pie, quatre tarte, une tarte chaude, dix tarte Tatin, sept tarte aux poires, une tarte aux poires Tatin, une tarte au citron, une tarte aux pommes et aux noix, deux tarte aux pommes, une tarte aux pommes meringuée, une tarte aux fraises. Deux crêpes. Deux charlotte, trois charlotte au chocolat. Trois baba. Une crème renversée. Une galette des rois. Neuf mousse au chocolat. Deux île flottante. Un kouglof aux myrtilles. Quatre gâteau au chocolat, un gâteau au fromage, deux gâteau à l’orange, un gâteau italien, un gâteau viennois, un gâteau breton, un gâteau au fromage blanc, un vatrouchka. Trois glace, un sorbet au citron vert, deux sorbet à la goyave, deux sorbet à la poire, une profiteroles au chocolat, une framboises melba, une poire belle hélène.

      Treize beaujolais, quatre beaujolais nouveau, trois brouilly, sept chiroubles, quatre chenas, deux fleurie, un juliénas, trois saint-amour. Neuf côtes-du-rhône, neuf Châteauneuf-du-Pape, un Châteauneuf-du-Pape 67, trois vacqueyras. Neuf bordeaux, un bordeaux Clairet, un lamarzelle 64, trois saint-émilion, un saint-émilion 61, sept château-la-pelleterie 70, un château-canon 29, un château-canon 62, cinq château-négrit, un lalande-de-pomerol, un lalande-de-pomerol 67, un médoc 64, six margaux 62, un margaux 68, un margaux 69, un saint?estèphe 61, un saint-julien 59. Sept savigny-lès-beaune, trois aloxe-corton, un aloxe-corton 66, un beaune 61, un chassagne-montrachet blanc 66, deux mercurey, un pommard, un pommard 66, deux santenay 62, un volnay 59. Un chambolle-musigny 70, un chambolle-musigny Les Amoureuses 70, un chambertin 62, une romanée-conti, une romanée-conti 64. Un bergerac, deux bouzy rouge, quatre bourgueil, un chalosse, un champagne, un chablis, un côtes-de-provence rouge, vingt-six cahors, une chanteperdrix, quatre gamay, deux madiran, un madiran 70, un pinot noir, un passetoutgrain, un pécharmant, un saumur, dix tursan, un traminer, un vin sarde, n vin divers.

      Neuf bière, deux Tuborg, quatre Guinness. Cinquante-six armagnac, un bourbon, huit calvados, une cerises à l’eau-de-vie, six chartreuse verte, un Chivas, quatre cognac, un cognac Delamain, deux Grand Marnier, un gin?pink, un irish coffee, un Jack Daniel, quatre marc, trois marc de Bugey, un marc de Provence, une mirabelle, neuf prune de Souillac, une prunes à l’eau-de-vie, deux poire williams, un porto, une slivowitz, une Suze, trente-six vodka, quatre whisky. N café une tisane trois vichy

      extrait de L’infra-ordinaire, le Seuil, 1989.

      • #26426 Répondre
        Claire N
        Invité

        « une espèce d’omelette, «  au milieu de l’énumération d’œufs bien rangés dans des plats m’a plu, un peu de désordre tout de même ; la cuisine ratée étant tout un art

        • #26427 Répondre
          Claire N
          Invité

          Et puis il dit «  une «  espèce c’est encore plus bien

          • #26429 Répondre
            Graindorge
            Invité

            Hahaha…  » une espèce d’omelette » Moi je comprends que c’est celle faite par lui-même ou par sa copine. rratée effectivement et ça amuse.
            « La cuisine ratée étant tout un art » Très « Art contemporain » alors ; comme cette horrible assiette begaudienne : des conserves: carottes râpées + thon et un concombre posée dessus. J’avais mis ma main sur les yeux comme dans un film d’horreur

          • #26448 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            Je ne connaissais pas ce texte
            Perec est un monde.

            • #26555 Répondre
              Claire N
              Invité

              Non vraiment ce texte est une dinguerie
              «  infra- monde «  c’est carrément ça
              , il attrape par la main ( écriture) le fil de la mémoire pour remonter à l’endroit où les mots sont «  noués «  aux choses, cette spécificité des humains «  les fluences catégorielles «  à faire des choses qui se mangent une catégorie par exemple
              Devant nous il met à jour ce formidable «  métier à tisser «  qu’est le cerveau
              C’est mieux que les surréalistes, c’est infra surréaliste
              Carrément c’est un monde

              • #26561 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                Très passionnante hypothèse.
                Les pauvres élaborations scénaristiques du continent dit fantastique seront toujours mille fois moins étranges que le réel. Et par exemple que ce réel là, le plus ordinaire qui soit : ingurgiter. Manger. Mettre des trucs dans sa bouche qui y disparaissent. Trois fois par jour.

                • #26568 Répondre
                  Ostros
                  Invité

                  Ça me donne envie de revoir De Humani.
                  Je suis fascinée par notre capacité à produire une voix en ce moment. Qui n’est pas juste une bouffée de son envoyée dans des résonnateurs, sinon on parlerait tous pareil. Or chacun à une voix propre faite de ses humeurs, ses affects. Mais alors par quels moyens un affect passe-t-il un son qu’on émet depuis ses cordes vocales ? Ce qu’on appelle l’intention ou l’émotion qui passe dans la voix. C’est si mystérieux. C’est dingue.

                  • #26570 Répondre
                    Ostros
                    Invité

                    passe-t-il dans un son*

                    • #26572 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Oui et:
                      « Les pauvres élaborations scénaristiques du continent dit fantastique seront toujours mille fois moins étranges que le réel »
                      Tout cela m’affole comme un miracle

                      • #26577 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Oui la voix c’est encore une marque du divin en nous.
                        Mais surtout : la régulation de la voix. L’incroyable génie avec lequel TOUT être humain forme ses sons à chaque milliseconde de sa parole.

                      • #26579 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        À ce sujet il y a deux livres qui m’ont marquée :
                        – La vive voix, essais de psycho-phonétique d’Ivan Fonagy. On rentre dans le détail des modulations vocales, le contexte dans lequel elles s’inscrivent, leurs ambiguités, la manière dont nous les captons… Je ne sais pas ce que ça vaut scientifiquement, ça date, mais ça ouvre un univers.
                        – Voix off, de Denis Podalydès. Il nous raconte sa vie à travers les voix qu’il a connues, qu’il essaie de restituer, de nous faire entendre.

                      • #26591 Répondre
                        MA
                        Invité

                        Il y a aussi Canoës de Maylis de Kerangal

                      • #26596 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        qui parle de voix?

                      • #26697 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Me souviens que Tosquelles ( encourage un François) avait particulièrement porté intérêt au la sculpture des mots par nos «  petites mains «  que sont les cordes vocales ; j’essaie de retrouver précisément le texte pour voir si on peut en tirer un truc ( c’est dans le livre : la fonction poétique du langage)

                      • #26700 Répondre
                        MA
                        Invité

                        Oui.
                        Voici ce qu’en dit l’auteur:« J’ai conçu Canoës comme un roman en pièces détachées : une novella centrale, “Mustang”, et autour, tels des satellites, sept récits. Tous sont connectés, tous se parlent entre eux, et partent d’un même désir : sonder la nature de la voix humaine, sa matérialité, ses pouvoirs, et composer une sorte de monde vocal, empli d’échos, de vibrations, de traces rémanentes. Chaque voix est saisie dans un moment de trouble, quand son timbre s’use ou mue, se distingue ou se confond, parfois se détraque ou se brise, quand une messagerie ou un micro vient filtrer ses paroles, les enregistrer ou les effacer. J’ai voulu intercepter une fréquence, capter un souffle, tenir une note tout au long d’un livre qui fait la part belle à une tribu de femmes – des femmes de tout âge, solitaires, rêveuses, volubiles, hantées ou marginales. Elles occupent tout l’espace. Surtout, j’ai eu envie d’aller chercher ma voix parmi les leurs, de la faire entendre au plus juste, de trouver un “je”, au plus proche. »

                        Un oiseau léger est le récit qui m’a le plus touchée.
                        Une critique du livre :
                        https://www.francetvinfo.fr/culture/livres/roman/canoes-maylis-de-kerangal-explore-la-voix-humaine-dans-un-recueil-de-nouvelles_4659973.html

                      • #26702 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Merci MA ; j’aime bien penser à ce que font les oiseaux ; ou je me dis que la voix décalerait assez joliment le questionnement «  être / ne pas être «  en arrimant tout cela à «  être là « 

                      • #27263 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Merci encore MA
                        Effectivement tu avais vu juste
                        Ce livre est une mine de réflexion sur la voix
                        De la mandibule a l’expatriation ; en passant par la question du féminisme ; l’histoire et l’amour

                      • #27265 Répondre
                        deleatur
                        Invité

                        À mon tour de remercier MA pour cette référence que je n’avais pas vu passer. Je note le titre.

                      • #27267 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Et puisque la discussion sur la sensibilité de la langue avait été lancée avec Ostros petit passage
                        «  cette capsule de bière qui roule dans ma bouche, cette couronne de métal cabossée, déformée d’un coup de mâchoire, son pourtour dentelé de pointes, le recto poli, émaillé sous ma langue, le verso râpeux, et cette façon qu’elle a de prolonger son goût de petite monnaie tiède, de faire durer sous mes lèvres ses arômes de foin et de houblon, de rappeler l’amertume, cette pièce d’or Heineken frappée d’une étoile rouge qui valdingue contre les dents et que je colle sous mon palais telle une hostie clandestine, il est midi, la prairie craque, il règne un grand silence, le ciel est sillonné de photo météores, je traine un grand sac-poubelle en plastique noir (…) »

                      • #26709 Répondre
                        François Bégaudeau
                        Maître des clés

                        Merci MA
                        C’est le seul livre de Maylis que je n’ai pas lu. Je vais rectifier.

                      • #26741 Répondre
                        Cat
                        Invité

                        Une voix aussi chez Eric Chauvier, Si l’enfant ne réagit pas. Chauvier anthropologue est missionné pour observer un centre d’accueil de jeunes en « rupture sociale ». Il s’installe dans cette institution, rencontre les éducs, l’administration, fait de son mieux pour répondre à la demande. Il rencontre aussi les jeunes pensionnaires même si on ne l’y encourage pas, tente d’adopter la posture du chercheur mais on comprend qu’il aura bien du mal à respecter le périmètre d’observation qui lui est assigné. Un jour il entend la voix d’une jeune fille, Joy, et cette voix qu’il qualifie de « désertée » le bouleverse au point de le détourner complètement de sa mission. Il ne s’agit pas d’attirance pour cette jeune fille mais d’une nécessité folle d’élucider l’anomalie de cette voix, la souffrance qu’elle révèle et qu’elle fait émerger en lui. L’enquête va prendre une tournure plus littéraire, le protocole scientifique sera balayé, la subjectivité de l’expérience prendra le pas sur l’observation méthodique.

                      • #26743 Répondre
                        Claire N
                        Invité

                        Ça a l’air super , merci Cat

                      • #26752 Répondre
                        Mélanie
                        Invité

                        Ah oui je note aussi

                      • #26817 Répondre
                        Sarah G
                        Invité

                        Merci MA et Cat pour vos recommandations.
                        Je le note.

              • #26620 Répondre
                Graindorge
                Invité

                je fais mon petit bout de chemin avec Perec. Je crois qu’il avait une obsession de la mémoire. Ne pas oublier. Ne pas perdre le fil. Inventaire: je me souviens. Inventaire: tout ce qu’il a ingurgité durant une année. Inventaire: ses rêves. Et quels rêves! Quelle lucidité! Drôle d’oiseau.
                « J’aimerais qu’il existe des lieux stables, immobiles, intangibles, intouchés et presque intouchables, immuables, enracinés ; des lieux qui seraient des références, des points de départ, des sources ;
                Mon pays natal, le berceau de ma famille, la maison où je serais né, l’arbre que j’aurais vu grandir (que mon père aurait planté le jour de ma naissance), le grenier de mon enfance empli de souvenirs intacts…
                De tels lieux n’existent pas, et c’est parce qu’ils n’existent pas que l’espace devient question, cesse d’être évidence, cesse d’être incorporé, cesse d’être approprié. L’espace est un doute : il me faut sans cesse le marquer, le désigner ; il n’est jamais à moi, il ne m’est jamais donné, il faut que j’en fasse la conquête.

                Mes espaces sont fragiles : le temps va les user, va les détruire : rien ne ressemblera plus à ce qui était, mes souvenirs me trahiront, l’oubli s’infiltrera dans ma mémoire, je regarderai sans les reconnaître quelques photos jaunies aux bords tout cassés. Il n’y aura plus écrit en lettres de porcelaine blanche collées en arc de cercle sur la glace du petit café de la rue Coquillière : « Ici, on consulte le bottin » et « Casse-croûte à toute heure« .
                « Ecrire : essayer méticuleusement de retenir quelque chose : arracher quelques bribes précises au vide qui se creuse, laisser, quelque part, un sillon, une trace, une marque ou quelques signes.” Laisser, quelquepart…
                Il sentait bien qu’il n’y avait pas qu’un monde. Son enfance sans son papa, sans sa maman, ne l’a jamais laissé en paix je crois malgré plusieurs psychanalyses. Il a souvent crié de douleur.
                À 35 ans il a fait une tentative de suicide. Il avait aussi l’humour de ceux qui sont profondément désespérés par la médiocrité d’un monde qui vous étouffe comme dans un cauchemar. « d’autres fois, ils n’en pouvaient plus. Ils voulaient se battre. et vaincre. Ils voulaient lutter, conquérir leur bonheur. Mais comment lutter? Contre qui? Contre quoi? Ils vivaient dans un monde étrange et chatoyant , l’univers miroitant de la civilisation mercantile, les prisons de l’abondance, les pièges fascinant du bonheur.
                Où étaient les dangers? Où étaient les menaces? Des millions, jadis, se sont battus, et même se battent encore pour du pain. Jérôme et Sylvie ne croyaient guère que l’on pût se battre pour des divans Chesterfield.  » ……
                « L’ennemi était invisible. Ou, plutôt, il était en eux, il les avait pourris, gangrenés, ravagés. Ils étaient les dindons de la farce. De petits êtres dociles, les fidèles reflets d’un monde qui les narguait. Ils étaient enfoncés jusqu’au cou dans un gâteau dont ils n’auraient jamais que les miettes. »
                « Ne plus rien vouloir. Attendre, jusqu’à ce qu’il n’y ait plus rien à attendre. Traîner, dormir. Sortir de tout projet, de toute impatience. Être sans désir, sans dépit, sans révolte.
                « Tentative d’inventaire des aliments liquides
                et solides que j’ai ingurgité au cours de
                l’année mil neuf cent soixante-quatorze. » Mémoire mais aussi « rien à cirer, je donne TOUT » Il lui restait 8 ans à « vivre »
                Ce cerveau est peut-être bien plus qu’un métier à tisser. Il explose le réel et s’engouffre bille en tête dans « la voie royale »

                Comme j’aime cette âme!

    • #26451 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Oui Georges Perec est un monde. Je regrette par exemple d’avoir partagé le film inspiré d’Un homme qui dort. Le film n’arrive pas à la cheville du livre.
      J’ai trouvé à la bibliothèque Universitaire un coffret avec un gros livre de poche dedans Pochothèque ça s’appelle. 8 livres de Perec à l’intérieur  » Georges PEREC, romans et récits + celui qui est ci-dessous.
      Le gros livre a une photo en noir et blanc de lui. Quel regard

      La boutique obscure G.Perec. 124 rêves

      pour Nour
      puisque je pense que le réel n’est réel en rien
      comment croirais-je que les rêves sont rêves Jacques Roubaud et le Moine Saigyô

      Tout le monde fait des rêves. Quelques-uns s’en souviennent, beaucoup moins les racontent, et très peu les transcrivent. Pourquoi les transcrirait-on, d’ailleurs, puisque l’on sait que l’on ne fera que les trahir (et sans doute se trahira-t-on en même temps ?). Je croyais noter les rêves que je faisais : je me suis rendu compte que, très vite, je ne rêvais déjà plus que pour écrire mes rêves. De ces rêves trop rêvés, trop relus, trop écrits, que pouvais-je désormais attendre, sinon de les faire devenir textes, gerbe de textes déposée en offrande aux portes de cette « voie royale » qu’il me reste à parcourir — les yeux ouverts ?
      « que pouvais-je désormais attendre, sinon de les faire devenir textes, gerbe de textes déposée en offrande aux portes de cette « voie royale » qu’il me reste à parcourir — les yeux ouverts ? »
      gerbe de textes déposée en offrande aux portes de cette « voie royale » qu’il me reste à parcourir — les yeux ouverts ? »
      cette « voie royale » qu’il me reste à parcourir — les yeux ouverts ? »

    • #26477 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Anecdote:  » la disparition » de G.Perec à été traduit en espagnol par « El secuestro », l’enlèvement. Pourquoi pas  » la desaparición » ? car les 5 traducteurs, 3 femmes et 2 hommes, ont décidé de faire disparaitre la lettre A qui est la plus fréquente en espagnol et donc equivalente au E en français.
      Ils ont mis 8 ans à en venir à bout en 1998 et ont obtenu le prix Stendhal de la traduction
      Je crois que ça lui aurait fait plaisir

      • #26534 Répondre
        tristan
        Invité

        Une seule lettre vous manque…

        • #26537 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          …Patatras Tristan: L’art sans imagination, ça fait mal là, puis là mais surtout là! Oui! Voilà!

    • #26496 Répondre
      GrossoModo
      Invité

      Bonjour
      Certains d’entre vous ont-ils lu « La mémoire des vaincus » de Michel Ragon paru en 1989 ?
      Je crois avoir entendu François Bégaudeau sur YouTube (interview de Eric Morillot) mentionner qu’une partie de la gauche s’est construite en opposition au PC dès le départ, cette partie étant le mouvement anarchiste.
      On retrouve dans ce livre qui couvre tout le 20e siècle des moments importants de l’anarchisme, avec le protagoniste qui côtoie la bande à Bonnot, Kropotkine, Makhno, Durruti, etc. On le voit aussi en Russie participer au début de l’installation du bolchévisme qui rapidement liquide les anarchistes. C’est une fresque historique dont la vie du protagoniste s’inspire de deux individus réels, c’est agréable à lire, la période est je trouve assez méconnue, même dans les milieux militants actuels.

      • #26500 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        C »est un livre bien mal assuré littérairement – sur le style, sur le mode de narration- mais qui a le mérite, oui, de ressaisir une sorte de fil anarchiste méconnu. Avec cet axe, signalé par le titre, de la défaite permanente. Ce qui est aussi la faiblesse du livre : moins occupé à honorer affirmativement les actes anarchistes qu’à pointer les bourreaux marxo-bolcheviques

        • #26513 Répondre
          GrossoModo
          Invité

          On sent que l’auteur a voulu caser beaucoup de choses, ce qui peut nuire peut-être au style.

          Sur le fond, j’ai pointé le même problème que tu souligne peut-être: on voit beaucoup les bolchéviques en action, un peu partout en Europe, bien sûr surtout en Russie, on voit les excès, les dérives, et l’auteur place le héro anarchiste dans une position « morale » bizarre. En effet, il constate les échecs et son héro passe son temps à dire « je le savais bien, le pouvoir mène à la dictature, l’anarchisme c’est mieux » (sans jamais dire en quoi l’anarchisme aurait mieux fait) et il place même le fascisme et le stalinisme sur le même plan des idées, en allant à un moment dire que ce sont deux formes dégénérées du socialisme (on connait la blague du nationale-« socialisme » et de Mussolini communiste à ses débuts)

          Bref, j’ai bien aimé le côté fresque historique, et j’ai appris que Makhno avait vécu dans la rue où j’avais grandi, en banlieue parisienne à Vincennes (je suis repassé devant l’immeuble, il n’y a pas de plaque comme on en voit beaucoup pour indiquer « Makhno a vécu ici », mais j’imagine mal l’assemblée de copro dire OK pour cela, lol). Mais déçu sur les réflexions du héro qui rappelle souvent que le pouvoir, c’est mal. D’ailleurs, il avance souvent cette idée que tous les anarchistes rejettent le pouvoir. Il reproche même à Durruti de faire trop de comités, sous prétexte que les comités ont le pouvoir de décider. Mais comment faire autrement ? J’ai dû mal à comprendre en quoi le pouvoir est mal en lui-même, ne serait-ce pas plutôt les moyens d’exercer le pouvoir qui posent question, mais pas le pouvoir en lui-même ? Toute société a bien besoin à un moment donné de se coordonner, et donc d’avoir un organe qui prend le pouvoir… Le héro reproche par exemple aux anarchistes catalans de prendre le pouvoir, et comme le pouvoir c’est mal, il les disqualifie, mais qu’aurait-il préféré ? Laisser la bourgeoisie continuer ?

    • #26524 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Disons que c’est un livre militant, comme d’ailleurs tous les livres de Ragon je crois.
      Ceux sur l’agriculture notamment sont très édifiants, mais très édifiants (j’en avais offert un à ma mère)

    • #26540 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Est-ce que certains auraient des exemples de polars ou thrillers qui soigneraient véritablement leur style ? Ou qui auraient un style véritablement reconnaissable? Non pas que ce genre bâcle la langue mais disons que je retrouve souvent le mème habillage un peu passe partout, rapide et efficace sans vraiment trouver de types qui essaient vraiment des choses. A la rigueur, Franck Thilliez fait des efforts un peu on va dire ou quelques autres mais c’est mince.
      Si vous avez des noms, hésitez pas.

      • #26543 Répondre
        Ostros
        Invité

        Aux animaux la guerre de NM – c’est un roman noir.

      • #26565 Répondre
        SophieM
        Invité

        Manchette !

      • #26578 Répondre
        riviere
        Invité

        S’agissant de viols, et d’assassinat, je citerais La Bête humaine de Zola. Un style reconnaissable pour sûr.

      • #26615 Répondre
        Xavier
        Invité

        Je garde un excellent souvenir d’Un pays à l’aube de Lehane, avec pour toile de fond le syndicalisme policier et comme point d’orgue la grève des policiers de Boston de 1919. Mais je ne saurais dire si c’est un bon exemple de style soigné.

        • #26629 Répondre
          Alexandre
          Invité

          Yep, je connais Lehane j’en ai lu beaucoup !

          • #26636 Répondre
            Xavier
            Invité

            Comme c’est le seul Lehane lu, je veux bien des suggestions d’autres de ses livres !

      • #26663 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Je ne savais pas si tu cherchais des auteurs francophones ou si tu prenais aussi les traductions. Le nom Lehane est sorti, du coup j’ose apporter mes recos.
        Tu peux tenter Richard Price, l’auteur de Clockers. Il s’attache moins à déplier une intrigue à rebondissements qu’à portraitiser le milieu policier et délinquant dans lequel se passe ses romans et c’est captivant. Il a un style indirect libre plutôt simple mais qui touche juste.
        Kris Nelscott a écrit une saga inégale sur la fin des années 60 qui débute avec l’assassinat de MLK, les aventures d’un détective noir racontées de son point de vue dès le roman La Route de tous les dangers. J’aime beaucoup son utilisation de cadres et personnages historiques (la convention démocrate de Chicago, l’intervention de MLK ou Fred Hampton) et le choix délicat de ne pas toujours boucler ses intrigues, de ne pas trouver les coupables. En revanche c’est parfois caricatural dans le style – peut-être des faiblesses de traduction.
        Sinon j’aime beaucoup James Lee Burke qui écrit des romans très lyriques, très improbables, se déroulant principalement en Louisiane et au Texas. Sa saga Dave Robicheaux est un plaisir. Il faut aimer les personnages hauts en couleur, les méchants diaboliques et les intrigues fantaisistes.
        Edward Bunker, qui a passé au moins la moitié de sa vue en prison, a beaucoup écrit sur le crime, de manière quasi autobiographique. C’est inégal mais sincère et prenant. Animal Factory est un excellent roman de prison.
        Tony Hillerman a un style moins lyrique, ses romans racontent des enquêtes souvent ordinaires se déroulant au sein de réserves navajos mettant en scène la police tribale. Il demeure prudent mais didactique.
        Dans les classiques, je te recommande Truman Capote – De sang froid, un chef-d’œuvre de détail sur un fait-divers sordide. 1275 âmes de Jim Thompson et Un tueur sur la route de James Ellroy racontent des narrateurs malveillants et perturbants.

        • #26680 Répondre
          Monami
          Invité

          Je me joins à la recommandation de 1275 âmes de Jim Thompson. Un roman hilarant et profondément maléfique.
          Par contre la première traduction française est censurée paraît il, mieux vaut privilégier la seconde

      • #26685 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Au niveau du style, tu peux aller voir du côté de David Peace et son quatuor 1974, 1977, 1980 et 1983.
        Une angleterre ouvrière – le Yorkshire – miteuse et corrompue. Etonnante prose, plus sèche que celle d’Ellroy, très répétitive et rythmique mais qui finit, par glissements, par devenir poétique. Le mouvement conclusif des livres est presque abstrait : la narration s’efface, quelques mots s’échappent encore, dont on ne saisit pas le sens.
        La noirceur a beau être totale, univoque, sans répit, le style tient les 4 livres. Une musique, un emballement, qui ne cesse pas.
        Il y aurait sans doute à redire – notamment cette jouissance (commune à tant d’auteur.ices de roman noir) de la description du « sans espoir » – mais je trouve que Peace a réussi à conjurer, malgré la structure dense du quatuor, cette obsession narrative (celle qui a perdu Ellroy) où tout devrait faire sens. La littérature policière (dont on pourrait peut être distinguer le polar) est le genre roi de ces fusils de Tchekov à répétition. Peace se sort du bourbier

        • #26689 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          Je ne connais pas du tout cet auteur.
          Cela dit je suis assez nul en romanciers anglais, à part peut-être Benny Hill.

          • #26692 Répondre
            Titouan R
            Invité

            Plaisir d’offrir…
            Je crains malgré tout que tu n’aimes pas (trop massif, trop « obsessionnel », trop peu à l’écoute de la vie). Hors du roman noir, il a écrit un roman sur la vie de Bill Shankly, ancien entraîneur de Liverpool (années 60 et début 70) : Rouge ou mort.
            Et un autre sur Leeds united (pas lu) : 44 jours.
            Paraît que le grand livre de Peace est GB84 (également pas lu), suivant la grève des mineurs sous le feu thatchérien.

    • #26566 Répondre
      SophieM
      Invité

      A la fois précis, juste, subtil et sophistiqué, hilarant par moments

    • #26686 Répondre
      Titouan R
      Invité

      Et pour finir sur Manchette, les adaptations réalisées par Tardi (certaines avec la complicité de J-P) sont excellentes.

    • #26737 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Une petite vidéo sur Georges Perec. C’est vrai que c’est « un monde » dont je ne ferai jamais le tour. Je pensais ouvrir une entrée rien que pour lui mais c’est bien qu’il soit là dans « recos de bouquins »

      [youtube https://www.youtube.com/watch?v=Gh81fubFMEw?si=oI67gXH-MVkhrDUW&w=560&h=315%5D

    • #26810 Répondre
      paulb
      Invité

      Bonjour mes bégaudiens et peut-être cher François,

      Je me prends actuellement pleine face l’ogive littéraire qu’est Belle du Seigneur, je dévore ce conte réaliste le sourire au lèvre et m’esclaffe de rire toutes les dix pages. Je crois qu’une grande oeuvre fait rire fort et sans forcément qu’on s’y attende car elle prône une certaine joie de vivre. Joie d’être en vie dans ce monde si étrange..

      Un avis sur cette ouvrage de mes bégaudiens ? et du cher François ?

      Vous embrasse !

      • #26814 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Lecture lointaine pour moi
        Mais oui j’avais beaucoup ri

        • #26908 Répondre
          deleatur
          Invité

          « Sur son divin divan de soie fanée… »

      • #26819 Répondre
        Pope
        Invité

        Je me souviens avoir ri aussi. Et j’ai souvent eu l’impression que les gens qui parlaient de ce livre soulignaient peu ce point et s’attachaient à d’autres choses, l’impression qu’ils étaient surtout heureux de retrouver une forme de romanesque, ce qui me laissait un peu perplexe et m’a fait moins aimé le roman.

      • #26873 Répondre
        Toni Erdmann
        Invité

        Un de mes romans préférés. Quand je le lisais, je n’arrivais pas à m’arrêter, ce qui est d’autant plus fort qu’il ne se passe souvent rien. Tu remarqueras ainsi que 80% du livre est constitué d’un personnage qui attend, s’ennuie ou anticipe quelque chose. Il fantasme et désire l’arrivée d’un personnage, souvent Solal, pendant des heures entières, prévoyant le moindre détail. Et souvent, tout est désamorcé par une déception.

      • #26910 Répondre
        deleatur
        Invité

        « Sur son divin divan de soie fanée… »
        Souvenir inoubliable d’une lecture faite à 19 ou 20 ans.
        Oui, que de rires en le lisant ! Et que de tristesse aussi à la fin…

    • #26824 Répondre
      Fanny
      Invité

      Une demande aux participants à la discussion sur le libre arbitre (et le matérialisme, et la physique quantique, et les neurosciences) : avez-vous des lectures, ou autres, à conseiller ? Sachant que vous m’avez perdue dès l’évocation de l’apparemment fameux 2e principe de la thermodynamique.
      Pour l’instant je note le Petit voyage dans le monde des quantas d’Etienne Klein.

      • #26828 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Je pense qu’il y a en fait trois discussions distinctes et non pas une (une discussion en mode « physique quantique et spiritualité » ne donnera rien de bon).
        Sur la seule physique quantique, il y a une BD assez lisible du physicien Thibault Damour sur les concepts de base.
        Et, en élargissant un peu à l’astrophysique, Dernières nouvelles du cosmos de Hubert Reeves se lit facilement (et par strates, du plus facile au plus ardu). J’ai souvenir qu’il y est question d’entropie (donc du 2ème principe de la thermodynamique).

        • #26838 Répondre
          Claire N
          Invité

          Pour les «  neurosciences « ; un site bien fait où l’approche par cas clinique permet d’entrevoir une partie des fonctions du cerveau
          http://www.psychiatrie-neurologie-geriatrie-poitiers.fr/

          • #26841 Répondre
            Claire N
            Invité

            En vous conseillant le sous chapitre amnésie , impression de déjà vue / déjà vécu ou Proust s’avère être un fin clinicien

            • #27003 Répondre
              Fanny
              Invité

              « La seule contrainte imposée aux auteurs est de rapporter le vécu du patient et non l’interprétation exclusive de l’auteur. » Très heureuse de lire ça. Il y a souvent quelque chose d’assez violent, déshumanisant, dans le regard médical sur les patients. Heureuse de les voir ici considérés.

          • #26843 Répondre
            Ostros
            Invité

            Alors ça ça va beaucoup me plaire. Merci !

            • #26861 Répondre
              Jeanne
              Invité

              Fanny,
              Tu peux regarder les vidéos d’Étienne Klein. Lire ses livres bien sûr.
              Également regarder le youtuber « Science étonnante ».

          • #26996 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Que de détresses! Quel dommage que toutes les médecines existantes ne travaillent pas main dans la main pour le bien du patient. Ça viendra

            • #27008 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Ou plus justement, ça REviendra

    • #26994 Répondre
      Bretzville
      Invité

      François, quand tu mentionnais que Que notre Joie demeure était loin d’être stylistiquement parfait, avais-tu en tête son régime narratif ? Je viens de le finir et cet élément m’a vraiment gêné, au point de ruiner ma lecture en fin de livre. J’ai eu l’impression qu’en tentant un « narrateur fluide », qui passe de personnage en personnage mais qui surtout prend régulièrement de la hauteur structurelle, Kevin Lambert finissait par vider ses personnages de leur épaisseur. J’ai bien perçu que son intention était de saisir l’époque par une héroïne complexe, qu’en prenant une figure aussi puissante, influente puis critiquée médiatiquement, il pouvait se permettre de documenter plein de rapports de pouvoir. Qu’en prenant une artiste/entrepreneuse ultra riche avec des propos parfois progressistes pour le dire vite, il pouvait mettre en lumière les contradictions de la sensibilité revendiquée par Wachowski et sa position réelle dans la société. Sauf qu’en changeant régulièrement d’angles narratifs, en s’arrimant à son personnage principal et en s’en éloignant alternativement, j’ai eu l’impression que KL finissait par se mélanger les pinceaux, par vouloir tout dire tout le temps de sa compréhension, à lui, du contemporain. Au point de faire coexister tous les propos dans la tête de Wachowski. On se retrouve avec une milliardaire ultra-lucide sur tous les mécanismes qui ont fait sa fortune (même si KL lui ajoute un peu artificiellement des angles morts à la fin) et des situations finales qui ne m’ont vraiment pas paru justes.

      • #27007 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Je suis assez d’accord
        Je crois que la confusion du livre tient d’abord à l’indécision du narrateur sur les sujets qu’il aborde. On le croit à un moment solidaire de la mise en cause de son ultra-riche progressiste, et in fine il prend son parti, avec quelque hargne soudaine contre les militants qui la ciblent.
        Reste qu’en chemin il parvient à donner une vision assez panoramique et précise de la situation.

        • #27044 Répondre
          Bretzville
          Invité

          Oui le panorama est vraiment précis. J’aurais voulu un passage encore plus long sur le fonds d’investissement immobilier de Wachowski. Je pense que ça aurait pu facilement se substituer à certains développements tout en renforçant la puissance de captation du contemporain et la justesse du portrait psycho-sociologique du personnage principal.

    • #27055 Répondre
      Mélanie
      Invité

      Je viens de lire L’oeil le plus bleu, de Toni Morrison (que je recommande pour ceux qui ne connaîtraient pas).
      Neige Sinno en parle dans Triste tigre, et François dans Notre Joie évoquait Beloved, de Toni Morrison aussi, et ce qu’il en disait me parait applicable aussi à L’oeil le plus bleu – ce que tu en disais, François – et je comprends aussi mieux encore ce que tu disais à propos D’HB à qui il ne resterait « qu’à devenir la Toni Morrison d’ici ».
      La quatrième de couverture de l’édition sur laquelle je suis tombée me contrarie un peu car dit l’inceste, que certes on y lira, reprend d’ailleurs la scène citée par Neige Sinno, mais on lira bien d’autres choses aussi. Je trouve ça vendeur. Ai-je tort ?

    • #27068 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      oui vendeur sans doute
      l’inceste est vendeur – ça c’est de la phrase
      je n’ai pas lu celui ci mais je compte bien

      • #27079 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Ça te plaira je pense. Ça m’a en tout cas donné envie de continuer à la lire.

    • #27110 Répondre
      SophieM
      Invité

      Bonjour à tous et toutes,

      Des recommandations en littérature jeunesse par hasard ?
      Moi qui en lis pas mal en ce moment, je suis très sensible aux styles d’Axl Cendres et d’Elodie Chan que je viens de découvrir.

      La bise !

      • #27174 Répondre
        Malice
        Invité

        Anaïs Vaugelade

    • #27293 Répondre
      William
      Invité

      En ces temps de fêtes, une reco via un jeu.
      Qui a ainsi répondu à la question : « Écrire engage aussi le corps. Comment te poses-tu cette question ? »

      La réponse sera l’occasion de recommander le livre dont c’est extrait.

      « J’ai toujours des scrupules à y répondre. Il y a comme une indécence à faire état de nos tracas physiques ou psychiques alors que nous faisons ce que nous voulons, que nous ne sommes pas tributaire des horloges du salariat, que nous n’avons pas à subir un chef. Mais c’est une sensation que je partage, oui. Il arrive qu’écrire te casse. Ce n’est pas la chaîne de montage ou la démolition d’une chaussée au marteau-piqueur, évidemment. Il est logique que nul ne puisse le soupçonner hors la corporation. L’activité paraît des plus badines. Enviables, qui sait. Mais on ne peut jamais couper court. Il n’y a pas de hors-champ au travail. Il n’y a pas de vacances. Ces notions n’ont aucune espèce de sens quand un texte vit dans ta tête, creuse ses galeries, fiche de la terre et des cailloux partout. Et, accessoirement, t’esquinte le dos – combien de fois ai-je dû m’allonger tant les douleurs étaient vives ? Ce n’est pas une plainte. Cet éreintement se double aussi de joies. Ce sont là simplement les conditions d’exercice du métier. »

      • #27294 Répondre
        Ostros
        Invité

        Un indice : est-ce que c’est un livre sorti récemment ou est-ce un livre qui date ?

        • #27295 Répondre
          Ostros
          Invité

          Indice n°2 : le livre fait-il parti d’une collection (type les artistes ont-iels un coprs ou bookmaker) ou est-ce un entretien isolé pour cet auteur ?

        • #27296 Répondre
          Claire N
          Invité

          Autre indice s’il te plaît : fait il intervenir plusieurs écrivaines ?

          • #27298 Répondre
            William
            Invité

            C’est une discussion entre un écrivain et une écrivaine/sociologue. Ici elle pose la question et il répond. Tout le bouquin est sur ce mode d’échange. Le livre n’est pas encore sorti (je crois qu’il sort en janvier), mais je pense que beaucoup ici connaissent ce duo, ou plus exactement connaissent les deux composantes de ce duo.

            • #27299 Répondre
              Claire N
              Invité

              Marc ?

            • #27301 Répondre
              Ostros
              Invité

              Ecrivaine / sociologue je pense à Maria Pourchet (toutes les autres que je connais et pressens ont fait des études de lettres ou de philo : Farah, Lucbert, Sorman, etc). Du coup en vis-à-vis elle est souvent avec Nicolas Mathieu. Mais vu qu’ils ont tous les deux sortis récemment un Bookmaker où ils abordent la question de comment ils travaillent, je ne vois pas pourquoi ils feraient un entretien ensemble à ce sujet… Donc retour à la case départ.. Je cherche.

      • #27469 Répondre
        Mélanie
        Invité

        Certes, l’écrivain ne pointe pas, mais il peut peut-être choisir les moments où il s’allonge un peu et où éventuellement il « coupe court », non?

    • #27302 Répondre
      Claire N
      Invité

      C’est curieux cette référence au «  forage «  , aux gravats et aux galeries
      Cela se retrouve peut être dans son style
      Je trouve que ton idée de Nicolas Mathieu reste en jeu

      • #27308 Répondre
        Ostros
        Invité

        Oui pour moi aussi
        Et les horloges du salariat, aussi.
        La corporation.
        Ça pourrait être sa manière de dire.
        Bon je sèche. Je vois pas du tout.
        Je veux bien la réponse William.

        • #27309 Répondre
          Tony
          Invité

          Je crois avoir trouvé,ces deux là se sont déjà entretenus chez Frustration, Joseph Andreas et Kaoutar Harchi, littérature et révolution à paraître le 24/01

          • #27312 Répondre
            Ostros
            Invité

            Ça sonne déjà mieux. Merci.

        • #27310 Répondre
          Claire N
          Invité

          Oui
          Corporation / scrupule / nous on est jamais en vacances / mais je sais que d’autres souffrent
          L’ambivalence a de quoi faire somatiser

      • #27371 Répondre
        William
        Invité

        Oui, bien joué Tony.
        J’ai vu que Joseph Andras écrivait quelques textes pour Frustration, mais j’avais manqué l’entretien croisé.

        • #27390 Répondre
          Ostros
          Invité

          Je ne connais pas ces deux auteur.ice.s, tu peux me parler un peu de leurs travaux respectifs ?

    • #27311 Répondre
      Tony
      Invité

      D’ailleurs en parlant de reco je viens de commencer à lire ‘plexiglas’ d’Antoine Philias et y a longtemps que je m’étais pas autant marré,il y a une parentalité de style assez frappante avec François comme l’atteste cet extrait:
      « C’est le début de la fin du monde ! »
      Lulu évite de prendre au sérieux les formules de Fabrice mais, cette fois, monsieur je-sais-tout est presque crédible. Demi à la main, journal dans l’autre, il résume l’actu du week-end aux clients du Balto : une frappe américaine en Irak a tué un général iranien, l’Iran promet de se venger, Trump menace de frapper l’Iran via un message Twitter. D’après Fab, ces tensions pourraient relancer les combats en Irak et, si la Russie et la Chine s’en mêlent, plonger le monde dans une troisième guerre mondiale. Quand Françoise lui rétorque c’est loin tout ça, le pharmacien lui rappelle que si ça pète, ça pète pour tout le monde. Éric du pressing pense plutôt que ça sera encore les mêmes qui trinqueront, un pays pauvre genre Afghanistan ou Syrie comme terrain de jeu des affrontements, et faudra pas se plaindre plus tard quand des terroristes viendront crier vengeance. Karim de chez Orange est convaincu que la prochaine guerre sera virtuelle, hackers contre hackers. William sort de nulle part pour dire ça sert à rien de s’inquiéter, le monde aura brûlé avant, regardez les incendies en Australie.
      Lulu a des soucis plus urgents que l’apocalypse. Ni Trump ni les hackers n’ont dû passer leur matinée à scanner des frangipanes industrielles et ils n’iront pas non plus sacrifier leur après-midi dans un EHPAD à Trémentines. Alors elle règle son café et laisse le sort du monde aux mains des grands penseurs du comptoir.

      • #27313 Répondre
        Tony
        Invité

        parenté

        • #27314 Répondre
          Claire N
          Invité

          « cette fois, monsieur je-sais-tout est presque crédible «  formidable, merci Tony

          • #27418 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            J’aime beaucoup ce roman et j’y reconnais un air familier oui.
            Même si je n’aurais pas conclu le passage avec « les grands penseurs du comptoir », ironie superflue par rapport à l’ironie objective des lignes précédentes.

            • #27631 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              « Ironie superflue par rapport à l’ironie objective des lignes précédentes » 😄
              Ça doit être aussi pour ça qu’ on t’aime tant

      • #27630 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Grand merci Tony, rien que l’extrait m’a fait rire! En plus Antoine Philias ça fait presque nom de BD

    • #27627 Répondre
      Jeanne
      Invité

      Je lis Carmen, de Prosper Merimée. Et je vois là le récit d’un féminicide, du point de vue du tueur avec un petit côté l’amour c’est compliqué et les femmes fatales nous font beaucoup souffrir, nous rendent fous, c’est pas de notre faute.
      Bizet adaptera, avec ces paroles qui sont dans la même veine: « Si je t’aime, prends garde à toi ».
      C’est amusant. (Je trouve). C’est une époque.

      • #27628 Répondre
        Jeanne
        Invité

        Pour les distraits je précise que le personnage chantant « Si je t’aime prends garde à toi », le personnage menaçant, c’est Carmen, bien sûr, la femme dont le charme est à l’origine des problèmes.

        • #27634 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Ah ça Jeanne! Elle passe pas inaperçue la Carmen!
          Même les distraits ne peuvent pas la louper
          « L’ouaaasooo queu tu crrrrooyai surrrprrrendrrr, bâââti de l’ê ê l et s’envola
          La chanson à été entendue des millions de fois. Même les Alzeihmer la connaissent par cœur
          Le livre est bien? Tu le recommandes?

          • #27647 Répondre
            Jeanne
            Invité

            J’aime bien être pédagogue.
            Oh Graindorge, je ne recommande pas un classique parce que les classiques on sait bien que c’est toujours intéressant d’en prendre connaissance. (Pour plein de raisons, n’ayant pas forcément à voir avec leur valeur intrinsèque).
            D’ailleurs dans le genre classique, en ce moment je lis aussi Alice au pays des merveilles, que je trouve absolument merveilleux.

            • #27651 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Alice???? Dans mes bras ma Jeanne!
              Demain je dois aller à la bibliothèque Universitaire. Je verrais si je trouve un Mérimée
              A propos des livres, Bégaudeau dit que pour lui les mots sont des choses… Ça a résonné… J’espère ne pas être péremptoire en disant que ce matin je me suis dit que peut-être plus que des choses, les mots seraient peut-être (aussi) des êtres vivants véhiculés par les âmes des écrivains vivants ou morts, toujours vivants.
              Figure toi que demain, je dois rendre le gros livre de Georges Perec et ça m’a fait pleuré, à chaudes larmes en plus. En ne lâchant pas des yeux son si beau regard. Je ne suis pas possédante ni possessive mais je vais m’offrir ce livre. Ce regard et ces mots, je sais qu’ils m’aideront. Ils m’aident. C’est encore sûrement bête ce que je dis. Ou pas

              • #27660 Répondre
                Jeanne
                Invité

                De mon côté je ne vois pas les mots comme des êtres vivants, non. (Mais pourquoi pas).
                Un jour, quelqu’un m’a dit « J’aime les mots ». Cette déclaration ne m’a pas intéressée du tout. Pour moi ça ne voulait rien dire. J’ai subbodoré que cette phrase était là, dans la bouche de cette femme en face de moi, non pas pour rendre compte d’une expérience mais pour fabriquer une image. Une image de femme à dimension littéraire. J’aime les mots. Et j’aime le bon vin. J’ai une sensibilité. Je suis une poète. (Éventuellement une poète du vin – c’est très répandu).
                Il ne me viendrait pas à l’idée de dire que j’aime les mots.
                Ce que j’aime, c’est le lien qu’ils me permettent d’établir avec le réel et avec les gens.
                (Sachant que parfois les mots, ces coquins, font tout le contraire).

                • #27670 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Jeanne: j’aime bien quand tu commences par dire  » de mon côté, je ne VOIS pas les mots comme des êtres vivants… De mon côté, je ne les VOIS pas pareil.
                  Et je ne suis ni une littéraire ni poète ni intellectuelle.
                  Si je devais impérativement donner une image de moi je choisirais autre chose et de toute façon nous ne sommes peut-être que des images et c’est pas bien grave Je ne dirais pas comme cette dame  » j’aime les mots » car il y en a qui blessent s’ ils réussissent à t’atteindre. Peut-être même qui peuvent tuer. Qui sait?
                  Tu as raison: ils peuvent être coquins. Espiègles.
                  Et je comprends parfaitement « le lien qu’ils me permettent d’établir avec le réel et avec les gens »
                  Je dois être dans un drôle de côté alors!
                  À côté de la plaque peut-être hahahahaha!!
                  Pour le Réveillon, si tu peux, je te recommande un vin biodynamique sans sulfites. Pour moi, ça sera du cidre biologique à 2,66€ la bouteille

    • #27654 Répondre
      Charles
      Invité
      • #27672 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci beaucoup Charles pour le partage.

      • #27941 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Ah zut! La suite est réservée aux abonnés Charles! Tant pis. Je note la recommandation de Neige, ma semblable, ma sœur.

    • #27919 Répondre
      lison
      Invité

      Je lis en ce moment Dans leur travail ( éditions Héros-Limite)de John Berger qui regroupe trois textes, je n’ai lu que le premier Terre de cochon et je vous le recommande déjà.
      J’ai rarement lu un texte qui évoque comme ça la vie à la campagne, les générations, le rapport aux animaux ( qu’on élève et qu’on tue), l’exode rural, la guerre, la nuit, le travail, la Toussaint, les objets quotidiens, la cueillette des myrtilles, en alliant réel et petit à petit des éléments de merveilleux. Le merveilleux est comme une amplification/ prolongation de la vie même ( la dernière partie du livre est pour ça remarquable), et il arrive par un personnage de femme La Cocadrille, qui devient le personnage principal du livre, personnage de naine, fantasque, crue, malmenée et indépendante.
      Je n’avais jamais lu de textes de John Berger, vous peut être ?

      • #27925 Répondre
        Charles
        Invité

        J’aime beaucoup John Berger qui a eu une activité intellectuelle et littéraire très riche. C’est un critique d’art (marxiste) passionnant – je recommande son livre sur « l’échec et le succès » de Picasso et ses chroniques pour la BBC qui date des années 70, Ways of seeing, essentiellement sur la peinture, dont les analyses féministes sont passionnantes et toujours actualité – et un romancier étonnant. Je recommande aussi son roman G., qu’on présente souvent comme un Don Juan inversé, et qui m’a laissé le souvenir d’un livre très singulier mais peut-être trop théorique. Me revient aussi en mémoire un autre roman, Qui va là?, sur une femme qui apprend qu’elle a le sida, très original aussi dans son mélange de genres – le livre commence comme un récit mythique, antique contée par un aveugle. Je me rappelle en particulier d’une scène, quand l’héroïne confronte celui qui lui a transmis le sida et qui est en prison et termine la dispute en lui hurlant que de toute façon tout le monde sera sauvé (c’est mieux écrit que ça évidemment).
        Il a aussi beaucoup écrit sur la paysannerie et la campagne française mais ça je n’ai pas lu.

    • #27933 Répondre
      lison
      Invité
    • #27959 Répondre
      Mélanie recommande :
      Invité

      Je viens de lire Tigre, tigre ! , de Margaux Fragoso, qui est un des livres évoqués par Neige Sinon dans Triste tigre.
      Margaux Fragoso y raconte, avec une sacrée honnêteté, et on peut parler de calme aussi, la relation qu’elle a eu-subie, de son enfance à sa vingtaine, avec un pédophile.
      De situation en situation, elle raconte ce quotidien au fil des années, et fait son portrait et celui de cet homme, ainsi qu’un très beau portrait de ses parents – sa mère malade, et son père nerveux, vivant, qui s’efforce de tenir la baraque.
      Le père flaire assez vite quelque chose de malsain dans la relation de sa fille avec cet homme âgé, mais tour à tour son flair est déjoué, il se trouve assez impuissant devant cette relation complexe, intense, pathologique.

      • #27960 Répondre
        Mélanie recommande :
        Invité

        * Neige Sinno

    • #28214 Répondre
      Tony
      Invité

      Je viens de commencer les mémoires de Paul Newman’la vie extraordinaire d’un homme ordinaire’et je trouve ce récit remarquable et passionnant,je ne m’attendais pas à une telle finesse dans l’analyse,j’en partage un petit extrait:

      Que ma mère soit devenue une femme très réservée,
      qui comptait peu d’amies proches, n’a donc rien de surprenant. Elle avait beau être dévouée à son mari et à son foyer, elle finit par mépriser les deux, et par se méfier de sa
      propre famille. Jamais on ne vit femme plus soupçonneuse,
      folle de rage à l’idée qu’elle ne serait acceptée nulle part,
      qu’elle n’obtiendrait jamais ce qu’elle méritait. Et ces soupçons nous ont hantés tout au long de notre vie.
      Ce qu’elle embrassait pleinement, en revanche, c’étaient
      ses passions dévorantes – quoique jamais l’objet qui suscitait la passion. Ainsi, elle s’était mise à aimer l’opéra, et me traînait au Severance Hall pour cinq heures de Wagner ; la
      musique provoquait en elle une réaction exaltée. Quand j’étais petit et que je faisais un geste attendrissant, ou que je surgissais au rez-de-chaussée, tout mignon en short et chandail, elle se délectait du torrent d’émotion qui la submergeait, qu’il s’agisse de larmes ou de joie. Mais elle ne voyait pas vraiment l’enfant, pas plus qu’elle n’entendait l’opéra.
      Ce qui se produisait dans sa tête et dans son cœur avait peu
      à voir avec Wagner ou avec moi ; seul importait son ravissement. On n’avait plus qu’à espérer qu’elle relâche son emprise. Si l’enfant s’était dégagé, si la musique s’était tue,
      elle n’aurait même pas remarqué leur absence ; son émotion se serait prolongée, nourrie de sa propre démesure,jusqu’à exténuation. Alors seulement elle aurait demandé
      – peut-être : « Où est mon fils ? » ou bien : « Qui a arrêté la
      musique ? » Ça ne devait pas être très différent sur le plan
      sexuel : on aurait pu lui retirer son partenaire sans que son
      excitation cesse pour autant. Ce n’est qu’après avoir joui
      qu’elle aurait demandé : « Où est-ce qu’il est passé ? » Je sais,
      c’est terrible de dire une chose pareille de sa mère ; mais je
      trouve ça aussi terriblement drôle – et terriblement triste.

      • #28222 Répondre
        Titouan R
        Invité

        Merci pour ce bel extrait, qui donne envie.
        J’en profite pour recommander le très beau De l’influence des rayons gamma sur le comportement des marguerites (titre justifié dans le film), qu’il a réalisé

        • #28252 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          « Ce qui se produisait dans sa tête et dans son cœur avait peu
          à voir avec Wagner ou avec moi ; seul importait son ravissement. »
          Comment distingue-t-on?
          S’émouvoir c’est toujours un peu s’émouvoir de son émotion.

          • #28323 Répondre
            Mélanie recommande :
            Invité

            C’est intéressant ça ; peut-être que cette mère ne faisait pas semblant de s’émouvoir d’autre chose que de son émotion.

            • #28339 Répondre
              Claire N
              Invité

              Peut-être mais c’est qu’une hypothèse évoque t’il
              Une vision de sa mère assez «  théâtrale «  qui s’émeut de se voir si «  belle en ce miroir «  plutôt que d’accéder à quelque chose de plus profond qui serait l’émotion de saisir un instant de vie chez son enfant ? Un genre de maman aux yeux menthe à l’eau

          • #28511 Répondre
            Denis
            Invité

            Peut-être que chez la mère de Newman c’est une modalité narcissique et idéalisante qui prévaut dans l’investissement de l’objet et qui le déforme encore plus que dans un rapport esthétique « normal » . Elle recherche peut-être intentionnellement l’effet de décrochage et investit l’objet en projetant une image mentaledessus qui déborde ses qualités propres et gomme ce qui n’est pas source de satisfaction. Ce « terriblement triste » me fait penser aux réflexions de Colette dans Le Pur et l’Impur que j’ai lu récemment, un livre qui « tristement parle du plaisir ». C’est une sorte d’enquête sur(et par) les sens qui débute dans une fumerie d’opium par le chant de jouissance de Charlotte, une simulatrice virtuose, qui refuse « l’Inexorable » envahissement des sens préférant le contrôle et le mensonge. À celle-ci succède un dom Juan qui a beaucoup de ressentiment envers les femmes qu’il dit avoir initiées au plaisir sans jamais pouvoir égaler dans ce domaine. Il y a ensuite d’autres portraits et les analyses sont tjrs très fines. Colette cherche moins à traquer les faux-semblants qu’à aiguiser son regard pour mieux sentir le pur -qui compose tjrs avec l’impur et émane de lui- quand il se présente à elle « Le mot « pur » ne m’a pas découvert son sens intelligible. Je n’en suis qu’à étancher une soif optique de pureté dans les transparences qui l’évoquent, dans les bulles, l’eau massive, et les sites imaginaires retranchés, hors d’atteinte, au sein d’un épais cristal. » cette soif de réel peut peut-être aussi amener à un état de béatitude mais en continuité avec celui-ci, au cœur du sensible

            • #28625 Répondre
              Claire N
              Invité

              Je ne connais pas ces textes de Colette
              Je te remercie pour cette recommandation

              • #28627 Répondre
                Claire N
                Invité

                Petite question cependant : c’est un livre qui traite du plaisir ?

                • #28632 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Grand souvenir du Pur et l’impur
                  Colette est de la race des seigneur-e-s

                  • #28763 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Merci !
                    J’en profite pour te dire qu’à mon souvenir Eva n’est pas la seule féministe à avoir abordé l’aspect émancipateur de l’industrialisation au sens large pour la femme ; dans «  ma cruauté «  et l’entretien a la librairie Molat que tu avais donné – pour moi – cette piste était abordé

                    • #28779 Répondre
                      françois bégaudeau
                      Invité

                      C’est possible
                      La dynamique matérielle de l’histoire m’intéresse toujours.
                      Entre dans cette logique l’analyse que je fais parfois des transclasses des trente glorieuses, dont certains pensent qu’ils le doivent à leur grande intelligence, alors que c’était d’abord une demande matérielle de la société. Comme la création de l’école procédait de la demande industrielle avant tout.

                      L’écueil de ce genre d’analyse on le connait : un certain scientisme. Là on verrait réapparaitre nos staliniens rationalistes de la librairie Tropiques.

                  • #29536 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Merci tardif pour dire de Colette qu’elle est de la race des seigneurs. Je me baladais entre les livres, j’en avais pris un au hasard de Colette: cette richesse, cette musique! C’était pas ce livre mais un autre où elle nommait une infinité de plantes, de fleurs. Lorsque je retournerai à la bibliothèque, je le chercherai.

      • #28246 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Un grand merci Tony:
        « terriblement drôle et terriblement triste »

      • #28382 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Tony, je partage aussi cet extrait du livre de Newman. Il en dit beaucoup sur la perception de l’enfant: « au cœur de lui-même il finit par s’écrier : « Bon Dieu, mais prends-la, ma beauté, je te la laisse ! Je vais
        essayer de sauver ce qui reste de moi. »

        « Or il se trouve que ce livre est simplement l’histoire d’un
        petit garçon devenu un ornement pour sa mère, un orne-
        ment du foyer, admiré pour sa seule nature ornementale.
        S’il avait été laid, sa mère ne lui aurait même pas adressé la
        parole. S’il avait été boiteux, s’il avait eu la paupière tom-
        bante, elle n’aurait réconforté ce petit invalide que pour
        satisfaire son propre besoin de se sentir réconfortante, en
        toute indifférence à l’enfant.
        Et l’enfant se sentit si blessé par l’artificialité de cette
        admiration, qui n’avait aucun rapport avec lui, aucun souci
        de lui, qu’au cœur de lui-même il finit par s’écrier : « Bon
        Dieu, mais prends-la, ma beauté, je te la laisse ! Je vais
        essayer de sauver ce qui reste de moi. » »
        FB a écrit la BD  » une vie de moche » avec l’illustratrice Cécile Guillard. Ecrire une vie de beau/belle serait équitable. La beauté n’est pas qu’un chemin de roses

    • #28265 Répondre
      Charles
      Invité

      Quelqu’un a déjà lu du Pierric Bailly? C’est bien?

      • #28271 Répondre
        Zyrma
        Invité

        j’ai aimé La foudre lu à l’automne

      • #28804 Répondre
        cat
        Invité

        Lu Polichinelle en 2008, son premier. Séduite par la vivacité de l’écriture, la langue. Aussi par l’histoire ordinaire d’ados qui s’ennuient dans le Jura (décor reconduit dans chacun de ses livres), et puis ça part en vrille. J’ai repensé plus tard à Polichinelle en lisant Leurs enfants après eux.
        Je recommande aussi Le Roman de Jim, plus récent, une histoire de paternité, d’amour d’un enfant qui n’est pas le sien. L’écriture est plus classique, mais l’imagination de Bailly et sa sensibilité font mouche.
        La Foudre m’attend. Je lis tous ses livres, il finira bien par me faire aimer le Jura.

    • #28269 Répondre
      lison
      Invité

      Je n’ai lu que L’homme des bois, ça ne m’a pas fait grand chose et je ne m’en souviens pas bien.
      Je n’ai pas insisté.
      Sinon, je re-recommande Dans leur travail de John Berger !

      Dans leur travail

    • #28279 Répondre
      I.G.Y
      Invité

      Question sur Grégoire Bouillier : j’ai lu ses trois premiers courts romans que j’ai beaucoup aimés (surtout l’Invité Mystère, que j’ai relu il y a quelques jours), et je me demandais si quelqu’un avait eu le courage de se lancer dans le Dossier M? Je trouve qu’il maîtrise très bien la forme courte, mais 2×850 pages… difficile de faire moins court. Surtout pour une écriture très introspective. Des avis ?

    • #28304 Répondre
      MA
      Invité

      Je me demande s’il n’y avait pas eu un nez dans le texte ou autre texte dans Transfuge au moment de la sortie du livre 1.

      • #28455 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Ok, j’essaierai de fouiller, merci! J’ai uniquement vu un numéro spécial en 2022 sur lui pour l’instant

    • #28633 Répondre
      raûl
      Invité

      Je cherche depuis tout a l’heure le lien des mémoires d’un fasciste volume 2 dans le fil de la conversation, mais je ne le trouve pas. Est-ce que quelqu’un pourrait le remettre, s’il vous plait.

      • #28634 Répondre
        Ostros
        Invité

        C’était peut-être dans le thread avis littéraires ?
        Sinon tu as l’option recherche avec Google c’est les trois points en haut à droite.

        • #28635 Répondre
          raûl
          Invité

          oui mais il parlait d’un lien vers un site pirate

    • #28636 Répondre
      raûl
      Invité

      après je sais pas c’est quoi un thread, j’ai juste lu le début de la conversation et ils ont parlé d’un lien vers un site ou le livre était disponible gratuitement

    • #28637 Répondre
      raûl
      Invité

      Si vous ne l’avez pas c’est pas important, je vais essayer de le gratter ailleurs

    • #28719 Répondre
      Charles
      Invité

      https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-midis-de-culture/critique-essais-faut-il-vraiment-se-mefier-de-kafka-7353359
      Critique du dernier GDL. On comprend qu’il n’ajoute rien de très neuf à sa pensée développée dans Juger et ailleurs.

    • #28815 Répondre
      JeannotFlouz
      Invité

      Bon, je sors de la lecture de « amour »… Que dire que dire… Il ne s’y passe rien : pas d’élément déclencheur, pas de rebondissements, pas de plot twists. Les personnages sont plats en plus de ne maîtriser aucun sortilège… ça n’arrive pas à la cheville d’un simple Houellebecque.
      Sur ce, je retourne lire le onzième tome des « Dix Runes de Myrnölgir »

      • #29223 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Houellebecq ne prend pas de e

        • #29610 Répondre
          diegomaradona
          Invité

          Houllbcq?

    • #29082 Répondre
      Bonnaventure
      Invité

      Bonjour,
      quelqu’un ici a-t-il lu Guy Boley?
      Je ne cesse de croiser son dernier bouquin (A ma soeur et unique) qui m’intrigue malgré le titre et l’éditeur (et le prix). Oui ça fait beaucoup.

    • #29218 Répondre
      Nicolas
      Invité

      Un nouveau Pascal Quignard est arrivé ! Il écrit vite le bonhomme… J’avais découvert sa plume dans une gêne, et bien aimé lire Les Heures heureuses. Quelqu’un-e a déjà lu celui-ci ? Le titre donne envie…
      https://www.seuil.com/ouvrage/complements-a-la-theorie-sexuelle-et-sur-l-amour-pascal-quignard/9782021549492

      • #29224 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Quignard écrit tous les jours. Ecrire est sa vie. Peut-être trop.

    • #29245 Répondre
      Graindorge
      Invité

      à la bibliothèque universitaire, il reste 3 livres de Pascal Quignard, comme j’ai une pénalisation pour avoir rendu en retard mon Georges Perec, je ne peux en prendre qu’un entre L’occupation américaine, Dans ce jardin qu’on aimait et Abîmes, lequel me conseillez-vous?

    • #29291 Répondre
      Charles
      Invité

      Quintane et Kaplan parlent chez lundi matin/soir du recueil qui parait « Contre la littérature politique » auquel elles ont participé : https://lundi.am/Contre-la-litterature-politique

      La discussion, assez laborieuse, ne fait pas très envie. On y retrouve rien de très neuf sur le sujet et quelques impasses, notamment quand Quintane explique qu’il faudrait écrire de façon imbitable pour ne pas être récupérée par l’adversaire. Ce qu’elles disent autrement sur la littérature qui doit ouvrir, permettre de continuer à penser, de ne pas être un ailleurs irréel, de faire politiquement de la littérature etc…ce n’est pas faux ni inintéressant mais sonne un peu comme un digest de ce que beaucoup disent depuis 50 ans, depuis Sartre jusqu’à Rancière en passant par Godard. En revanche, ce qu’elles disent sur le texte Yousfi intrigue et donne envie.

      • #29300 Répondre
        Anna H
        Invité

        J’ai trouvé ça très confus de bout en bout.

        • #29306 Répondre
          Charles
          Invité

          Oui confus mais on arrive à choper ici ou là des trucs, sauf qu’ils ont déjà été dits ailleurs et plus clairement. C’est quand même surprenant ce manque de clarté sur le sujet d’un recueil auquel elles ont contribué.

          • #29318 Répondre
            Anna H
            Invité

            C’est aussi ce que je me suis dit. Et plus ça avance, plus ça devient filandreux.

          • #29319 Répondre
            I.G.Y
            Invité

            Exactement du même avis. Si on était sévère, on résumerait l’entretien au long silence/bug de 15 secondes de L. Kaplan.

            • #29413 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              A quoi tient cette indigence?
              -à la difficulté de la question, certes. Question très générale, monumentale, et qui ne peut etre traitée qu’en la divisant par des cas. Or ici comme dans le Lucbert, on n’a aucun problème à réfléchir sur littérature et politique sans jamais citer un seul livre contemporain, à titre d’exemple ou de contre exemple. Ou alors très vaguement – Quintane mentionne Ernaux, mais n’ose pas y aller, Kaplan parle de La foudre, qui est sans doute le livre le moins politique de l’année mais qu’elle se trouve avoir lu récemment, et qui en fait est politique parce qu’il lui a plu.
              -à la configuration de parole. 1h30, avec 10 intervenants, chacun y allant de son petit laius sans rapport réel avec les propos des autres.
              -et puis il y a cette mollesse systématique des Lundi soir. A quoi tient-elle? Sans doute à la volonté de pas faire « entretien ». Parce qu’un entretien c’est vertical alors qu’ici ça discute horizontal. Parfois l’anarchisme rend con. En tout cas il a rendu ce moment con.

              • #29425 Répondre
                Mao
                Invité

                Lu le Lucbert hier soir. Le sommaire annonce un menu alléchant en 3 services dans lequel il est proposé : 1. Ce que peut être une littérature politique ; 2. Manger les riches, une décomposition ; 3. Se faire voyant. Si dans l’ensemble j’ai plutôt apprécié la dégustation notamment le plat signature de la cheffe qui dans son style caractéristique (Gombrowizcien ?) nous conte de quelle belle manière nos anciens sont traités en EHPAD mais je dois dire que pour le reste, je suis un peu resté sur ma faim. J’ai sans doute trop d’appétit pour ces questions pour être totalement rassasié par un essai d’à peine 100 pages. Disons qu’à la fin du repas, j’avais encore de la place comme on dit, et je pense que sur des sujets pareils il y a encore la place pour aller beaucoup plus loin.

                Pour ce qui est de la vidéo que vous commentez, rien d’autre à ajouter, une grosse plâtrée de ratatouille.

                • #29447 Répondre
                  ..Graindorge
                  Invité

                  Sur la violence faite aux anciens: Victor Castanet  » les fossoyeurs ». Mais déjà ici on a pu lire dans l’entrée Partagez des poèmes  » les boomeurs, un fléau mondial » Comprendre: un fléau à éradiquer donc. Hitler disait ça aussi des juifs, des handicapés, etc
                  Ça rejoint les propos d’un laquais. Ça tape fort la propagande dans certains programmes
                  Un fléau: les pauvres, les vieux, les « pas très catholiques », les À la rue, les non productifs etc… l’Histoire se répète?

                • #29462 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Il y a dans les 100 pages de Lucbert, trois parties :
                  -la 1 et la 3, présentées comme des essais, se recoupent voire se redondent.
                  -La 2, qui voudrait faire exemple d’une littérature politique, est une réplique de ce qu’elle avait fait dans son précédent chez Verdier. Ici je n’arrive pas à voir la littérature (les citations de Gombrowicz) autrement que comme un vernis. Tentative donc très peu concluante.

                  Reste donc la partie essai, qui est brillante, théoriquement juste, mais desservie par son aberrante absence d’exemples – si ce n’est des citations de Rimbaud archi-connues et qui ici sonnent très scolaires.
                  La littérature c’est comme le réel, ça se pense en situation. La situation littéraire ça s’appelle un livre. Il faut passer dans et par les livres, sinon on pense à vide.

              • #29426 Répondre
                Hervé Urbani
                Invité

                Pas totalement vrai car Kafka y a été évoqué pendant six secondes et puis il y a eu aussi évocation du dernier livre de Bruno Lemaire mais c’est à ce moment-là que l’émission a été interrompue par ma sieste.
                J’ai rarement vu un bug comme celui de Kaplan mais ce qui m’a le plus impressionné, c’est qu’aucun des intervenants nest jamais parvenu, en une heure et demie, à aller au bout d’une idée, et même au bout d’une phrase autrement qu’en disant « enfin voilà bref quoi »

      • #29301 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        on va regarder

    • #29345 Répondre
      claire N
      Invité

      bonjour; j’aimerai revenir sur la deuxième phrase sélectionnée lors de la gêne occasionnée
      je ne perçois que faiblement l' »exagération ironique  » qui pour moi ,peut être ,varie au grès des marées de la moralité
      par contre je suis agréablement surprise de la construction pseudo-mathematique de la phrase, qui permet de mettre à nue l’absurdité d’un calcul numérique
      j’entend « main aux fesses+souffrance morale=10 000 »
      je ne peux m’empêcher d’ajouter pour moi « 0+0=la tête à toto »
      et c’est bien cette absurdité , pseudo scientifique qui me fait sourire plein crocs

      • #29354 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        L’ironie est dans un certain forçage de l’autrice. En transcrivant ces mots, on voit qu’elle resserre le propos et le resserre autour du mot traumatisé dont la répétition fait saillir la comédie lacrymale que joue l’avocate.
        L’effet d’absurdité que tu dis s’obtient, dans la dernière phrase, par le « et », qui met les deux segments dans le même mouvement de phrase. Cet agencement est ironique.

        • #29404 Répondre
          Claire N
          Invité

          Je te remercie, je crois que j’arrive un peu à cerner la différence

          • #29476 Répondre
            Claire N
            Invité

            Il est possible cependant que ce livre m’est profondément impacté ; justement dans ma capacité à percevoir l’ironie
            En amenant progressivement quelque chose de beaucoup plus solide – plus campé – pour faire de plus en plus corps avec la subversion.

    • #29347 Répondre
      Jeanne
      Invité

      De mon côté, Graindorge, je ne peux pas te répondre car je ne connais pas ces bouquins de Quignard.

      • #29360 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci Jeanne. Finalement j’ai réservé Dans ce jardin qu’on aimait. Ça me rappelle Tous les matins du monde

    • #29537 Répondre
      Ourson
      Invité

      Salut
      Je cherche pour éclaircir quelques zones d’ombres des livres sur le féminisme/patriarcat, sachant que je n’en ai encore lu aucun. Je me suis rendu compte que les seules penseuses « féministes » que je connais sont Simone Weil, deux trois dont j’ai retenu le visage mais pas le nom, et… Alice Coffin ?

      • #29540 Répondre
        MA
        Invité

        Mainstream, il y a Sorcières de Mona Chollet. Et Vieille fille de Marie Kock , que j’ai trouvé un peu inégal. Sinon, j’ai beaucoup aimé l’essai de Lucile Quillet Le prix à payer. Je voudrais lire Françoise Vergès, déjà mentionnée ici.

        • #29572 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Je ne crois pas que Simone Weil ait été féministe
          Mais c’est peut etre à Simone Veil que tu penses – qui l’était encore moins

          • #29609 Répondre
            Ourson
            Invité

            En fait je ne pensais ni à l’une ni à l’autre : j’ai simplement confondu avec une autre Simone encore (de Beauvoir). D’ailleurs, est-ce que c’est recommendable Simone de Beauvoir ?
            Aaalala y’a encore du chemin à parcourir pour moi
            Cela dit j’ai ajouté tous les livres suggerés dans mon panier, je les commanderai dans la soirée mais n’hésitez pas si vous avez d’autres suggestions

            • #29693 Répondre
              MA
              Invité

              FYI, il y a un dossier sur Simone de Beauvoir et son héritage intellectuel dans le Philo mag de Novembre 2023.

        • #29576 Répondre
          Titouan R
          Invité

          Je reporte ici ma réponse pour MA, que j’ai mise en bas du fil par erreur :

          Pour Vergès, je recommande le Ventre des femmes et la politique post-coloniale de la France dans la Réunion des années 60 et 70. Avec le sinistre Michel Debré comme personnage essentiel de cet épisode.
          Livre passionnant sur les politiques natalistes différenciées entre métropole et outre-mer, et notamment l’affaire tragique des avortements forcés et des déracinements (enfants réunionnais envoyés comme bétail dans des campagnes métropolitaines en déshérence)

          • #29582 Répondre
            MA
            Invité

            C’est noté. Merci. Je le lirai après Un féminisme décolonial.

      • #30263 Répondre
        l’homme qui n’a pas de renom
        Invité

        Difficile de parler du féminisme sans évoquer le patriarcat.

        Parmi les lectures classiques sur le sujet; il y a:
        – Silvia Federici: Caliban et la sorcière
        – Pierre Bourdieu: La domination masculine
        – Philippe Brenot: Les violences ordinaires des hommes envers les femmes
        – Marie-France Hirigoyen. Femmes sous emprise
        – Victoire Tuaillon: Les couilles sur la table

        Et puis aussi:
        – Irène Jonas: Moi Tarzan, Toi Jane
        – Sophie Pietrucci, Chris Vientiane et Aude Vincent: Contre les publicités sexistes

        Enfin une autobiographie déterminante:
        – Phoolan Devi: Moi, Phoolan Devi, reine des bandits

        • #30265 Répondre
          Ostros
          Invité

          Féminicides
          Une histoire mondiale
          Christelle Taraud

    • #29546 Répondre
      GaelleS
      Invité

      On l’attendait le voilà ! C’est aujourd’hui que sort en librairie le roman d’Elodie Fiabane https://editions.flammarion.com/dans-la-ville/9782080436597?fbclid=IwAR27COAVQOEHioF2Qs4kFcbY50OASCP_iBT86ajAan-QtTwKaQu3BGw-KNE

      • #29554 Répondre
        Anna H
        Invité

        Commandé à l’instant chez ma libraire.

      • #29565 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci GaelleS. Mon budget livres est clos. Déjà clos depuis le livre de Véra Nikolski, Féminicène.
        Pour celui-ci, j’espère juste qu’elle ne gardera pas un euro dans sa poche mais qu’elle redistribuira tout à ces mêmes personnes. Pour sa poche, je pense qu’elle se rattrapera en écrivant sur d’autres sujets comme l’escalade dans les Pyrénées
        Allez! Cheese! La vie est belle ( comme une poubelle dit Isabelle) Pardon Seigneur, j’ai péché! « À la ligne »

        • #29566 Répondre
          Mélanie
          Invité

          Y’a longtemps que tu nous avais pas parlé de ton budget.

        • #29567 Répondre
          Anna H
          Invité

          Et moi qui espérais que tu ne l’ouvrirais pas cette fois-ci. Post dégueulasse.

          • #29573 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Béni soit ce monde où ne circulent pas que des sinistres Graindorge au sens moral complètement bousillé. Y circulent aussi des gens qui, tranquillement mais surement, vont se procurer Dans la ville et se fortifier de sa force.

            • #29597 Répondre
              Graindorge
              Invité

              quel ressentiment stupide et borné Hervé?

          • #29574 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            Pourquoi Anna H? Si on choisi d’écrire sur un sujet comme celui-ci, ça me paraît normal de tout reverser aux personnes qui survivent et risquent de mourir dans les rues. Pas à toi ? Et ça te paraît  » dégueulasse » de l’exprimer? Alors quoi? Tout n’est que sujets bons à être consommés, à dire J’ai aimé/ moins aimé/ pas aimé entre « potes » autour d’un capucinno ou d’une bière pour passer au sujet suivant. Consumérisme frénétique de gauche? Alors c’est quoi la gauche radicale? Des consommateurs intelligents?

            • #29580 Répondre
              Mélanie
              Invité

              Radicale Graindorge, je te posterai le livre après lecture, si tu veux.

              • #30074 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Dans tout ce bazar, je ne t’ai pas remercié Mélanie pour ton offre que je décline mais c’est sympa

            • #29605 Répondre
              Anna H
              Invité

              Inversion de culpabilité et sermonnade habituelles. Je te remercie.

    • #29568 Répondre
      Anna H
      Invité

      S’adresse à Graindorge, pas à Mélanie.

      • #29577 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Les derniers chiffres : 330000 personnes Anna H

        • #29579 Répondre
          GaelleS
          Invité

          Si tu leur reversais un euro à chacun de tes posts insipides, ils auraient au moins deux euros chacun. Soit 20 à 100 fois plus que ce que va  probablement gagner Elodie avec la vente de son roman. Vu que tu te sers des sans abris pour nous abreuver de ta moraline puante, tu sais ce qu’il te reste à faire pour que chacun d’entre eux puisse se payer un café.

          • #29585 Répondre
            ..Graindorge
            Invité

            C’est violent ça GaelleS. « Moraline puante » Toi concrètement, dans ton quotidien tu fais sûrement des choses. On fait ce qu’on peut. Et c’est très bizarre cette agressivité. Je dis juste que j’espère qu’elle donnera l’intégralité peut-être en déduisant ses frais car à mon avis on ne devrait pas gagner d’argent avec ce sujet. Elle peut en gagner en écrivant sur d’autres sujet. Et j’ai partagé ici des choses très bien. C’est injuste de ta part de dénigrer tous mes messages. Tu te sais soutenue alors tu perds tout contrôle et tu déverses tes mots. C’est hurler avec les loups. Et tu révèles que ces personnes selon toi n’ont besoin que d’un peu de café et tout va bien. Quel mépris! Il s’agit pas de moraline. Les petites phrases bien spirituelles pour la galerie c’est facile.

            • #29587 Répondre
              Charles
              Invité

              Ce qui est violent ce sont tes messages fielleux enrobés de biensance qui visent à dénigrer de façon purement gratuite une autrice qui sort son premier roman et qui est appréciée ici.

              • #29592 Répondre
                Hervé Urbani
                Invité

                Passant par ici tandis que j’effectuais paisiblement ma ronde avec une placidité très vite anéantie par l’hébétude, je pensai soudain au pouvoir qu’une lettre possède sur le sens d’un mot. Ainsi me frappa la grande différence entre une pensée éthique avec un H comme celui qui se trouve par exemple après le prénom Anna, et la pensée étique, celle dont le raisonnement squelettique et décharné ne se nourrit que d’un ressentiment stupide et borné.

                • #29614 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  toi Hervé, ou tu faisais la sieste ou tu faisais ta ronde. Amusant.
                  « et la pensée étique, celle dont le raisonnement squelettique et décharné ne se nourrit que d’un ressentiment stupide et borné. » Quel ressentiment stupide et borné? C’était une idée, aider ces personnes en reversant etc… ( assez dit) Où est la stupidité? Tu me le diras peut-être un jour après ta sieste ou ta ronde.
                  Tu as tout à fait le droit d’aimer Anna H mais je n’ai pas vu son éthique ni son honnêteté en balayant mon idée d’un mot « dégueulasse »
                  Tu me diras ce qu’il y a d’éthique là-dedans. Bonne continuation Hervé

              • #29593 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Prenons très au sérieux le négoce moral proposé par Graindorge
                -il sera donc demandé à tous les livres qui évoquent la prédation sexuelle de reverser leurs droits aux victimes de prédation sexuelle
                -il eut été indiqué de demander à Primo Levi de reverser tous les droits de Si c »est un homme aux rescapés de la Shoah
                -il serait opportun que je reverse les droits d’En guerre à tous les ouvriers victimes de délocalisaion, et par extension à toutes les familles de suicidés. Dans la foulée je reverserai les droits de L’amour à tous les couples durables – sans lesquels ce livre n’existerait pas
                -on attend de même que Morizot reverse tous ses droits aux loups.

                • #29596 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Tu te laisses manger par tes investisseurs
                  Je te conseille d’arguer le placement de produit auprès des ouvriers licenciés

                • #29598 Répondre
                  Mélanie
                  Invité

                  Et aussi les droits de Le témoin, à verser aux accusés-condamnés
                  Neige Sinno pourra se verser à elle-même les bénéfices de Triste tigre !

                  • #29613 Répondre
                    Graindorge
                    Invité

                    je parlais de personnes qui ont froid et faim.

                • #29601 Répondre
                  Charles
                  Invité

                  Les médecins et les infirmières seront également privés de toute rémunération, faut pas déconner.

                  • #29612 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Je parle de gens qui ont froid et faim Les malades sont encore nourris et au chaud plus ou moins ( parfois ils meurent dans des couloirs et courants d’air)
                    Ton exemple de médecins et infirmiers.ères n’est pas bon
                    Le problème c’est je suis bombardée d’exemples mais personne pour dire c’est une idée mais elle n’est pas possible car etc… Non la gauche choisit l »insulte, les mots violents, le cynisme. Une gauche littéraire par-dessus le marché! punaise! Haro! mais imaginons que Elodie Fabiane aurait déclaré  » je tiens à donner l’intégralité une fois déduit etc à ces personnes, ici vous auriez tous applaudi. Bien sûr qu’il faut essayer de vivre de sa plume. Ici j’ai toujours argumenté et il n’y a pas si longtemps dans l’entrée Productivité de FB quand il a été critiqué et taxé de riche capitaliste. Je ne suis pas dans une bulle d’irréalité. Maintenant c’est bon. Elodie fera ce que bon lui semble. Faut pas exagérer: mon idée n’est pas érigée en MORALE. Je lui souhaite tout le succès du monde à votre amie mais arrêtons un peu avec les mots violents et le cynisme. Y’en a beaucoup trop partout N’en rajoutons pas. Bonne Année

                    • #29619 Répondre
                      Seldoon
                      Invité

                      Tu as surtout pour la seconde fois mis tous tes efforts à invisibiliser ce livre, le tout en salissant la cause que tu prétends porter. Ta défense incohérente et mensongère n’efface rien (d’autre que le livre).

                      • #29636 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Au contraire, cela lui a fait de la publicité. Ça n’allait pas plus loin que de dire et répéter mon idée que Fabiane pouvait reverser etccc Titouan dit que c’est imposible. Dont acte. Mais il n’ y a pas pire sourd… Au moins le message de Titouan m’a fait clarifier ma position même si elle n’intéresse personne puisque la machine a été lancée, il vous faut frapper jusqu’au bout. « Défense incohérente et mensongère » Sans plus. Sans expliquer pourquoi incohérente et pourquoi mensongère. Du haut de gamme. On aime détesté par ici et aucun argument n’y changera rien. Pas grave. La vie est trop courte. Salis toi Seldoon avant de salir les autres. Moi je n’ai sali personne et encore moins cette écrivaine dont le livre est loin d’avoir été effacé. Et durtout évite le mot mensonger.ère. Stp. Merci

                    • #29620 Répondre
                      Charles
                      Invité

                      @Graindorge : personne ici ne prétend représenter LA gauche, arrête avec ce numéro.

                      • #29637 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Ah bon Charles?
                        Je ne parle pas de représenter la gauche. On parle pas d’élections prochaines mais c’est bien un forum de gauche,non? Tous les gens ici se situent à gauche. Alors parle moi correctement et courtoisement et ne me dis pas « arrête CE numéro car il n’y a pas de numéro » Je me suis exprimé. À l’unanimité les gens ici pensent que c’est une mauvaise idée de reverser ce que l’on gagnerait d’un livre. Tetouan R m’ a clarifier des points. Point. Je vais me coucher. Bonne nuit

                      • #29639 Répondre
                        Charles
                        Invité

                        Non, tout le monde ne se situe pas à gauche ici. Tu as certaines personnes d’extrême-droite, d’autres plus distantes avec la politique ou plus incertaines et un bon nombre de personnes qui ont une sensibilité de gauche mais qui ne prétendent aucunement parler au nom de la gauche ou dont les interventions ne se résument pas à des leçons de gauche. En revanche, toi, tu sembles obsédée par ça. Et sinon, tu n’as toujours pas compris ce que t’on disait, à savoir que tes lecons de morale pouvaient en gonfler plusieurs ici dont moi.

                      • #29746 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Charles: Donner une idée n’est pas donner des leçons de morale. J’ai compris que cette idée était impraticable pour plein de monde. OK. Titouan dit que si on ne peut pas donner à tout le monde ou si peu 0,002€ autant ne rien donner. Moi je ne peux pas donner des légumes et des fruits à tout le monde mais j’en donne et quand je donne des pièces à des gens dans la rue je ne peux donner à tout le monde mais j’en donne. Titouan a raison. Chacun fait comme il veut/ peut. Je suis encore montée sur mes grands chevaux.
                        Dans ce forum il n’a que Jean d’extrême droite. Obsédée non. Ou un peu alors. Mais oui je l’aimerais bien cette gauche vraie et désirable. Peut- être que depuis ta position confortable tu ne saisis pas l’urgence. Tu sais, gonfler les gens c’est parfois un compliment . Mais je suis aussi à Partagez des poèmes, Correspondances, avis littéraires. Pour y lire ce qui s’y dit et partagez comme la correspondance entre Toltoï et Gandhi. Combien j’aime ces gens! Un avocat comme toi. Un obsédé, pas mal. Un tenace. J’ai eu le verbe lourd sur ce sujet des gens à la rue. C’est un sujet lourd. On est là aussi pour être maladroit. Je ne mérite pas ces adjectifs de sinistre etc
                        dont m’affuble FB. Qui est capable d’être injuste. Mais je ne te gonfle pas plus Charles. Tout est clarifié

                      • #29638 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Et un petit mot de Graindorge à Elodie Fiabane: je te souhaite tout le succès du monde pour ton 1er livre. Tu auras compris que ce sujet m’était cher. Moi j’ai compris que mon idée était impraticable. Bégaudeau a trouvé ton livre  » d’une grande force » et c’est un écrivain. Donc…En route!

                • #29602 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  Mais qu’est-ce que tu racontes! Je m’y attendais à celle-là.
                  Je parle de gens à la rue, qui ont froid, qui ne mangent pas tous les jours. Tes ouvriers de en guerre ne sont pas encore à la rue. Les victimes de prédation sexuelle pareil, les rescapés de la Shoah. Morizot je ne sais pas qui c’est.
                  En quoi suis-je sinistre de dire que sur ce sujet là, les personnes qui vivent cette souffrance, ce froid etc on devrait reverser après avoir déduis les frais, tout l’argent pour les aider même si ça ne sera qu’une goutte dans un océan et que c’est bien tout un système avide et fou qui en est responsable et que je sais aussi que le charity business ne fait que l’alimenter et le renforcer.
                  Ici c’est « j’ai raison, tu as tort » Point final. Et comme tu as tort tu es affublé.e d’adjectifs aberrants et comme tu es le chef de ce forum, avec tes « oyez, oyez mes amis… et tout le monde ou presque se range de ton côté. Tu n’as aucun besoin d’argumenter même que j’ai tort Juste me traiter d’imbécile et ça ira. Est-ce que c’est ça un homme de vraie gauche?

                  • #29607 Répondre
                    Mélanie
                    Invité

                    Graindorge : note qu’on a parlé avant François, quand même.

              • #29594 Répondre
                Graindorge
                Invité

                Charles! Je ne dénigre pas la personne ni le livre que je n’ai pas lu si ce n’est un long extrait. Dans l’entrée Cinéma où j’ai échangé , je dis bien que sur le livre, FB s’est exprimé en disant qu’il était d’une très grande force et qu’il était bien mieux placé que quiconque ici puisque il est écrivain.. Je dis juste et je répète que l’on ne peut pas gagner de l’argent sur ce sujet. Si il y a eu des frais, d’accord, on les déduis mais sinon je pense que le peu ou pas peu d’argent gagné sur ce sujet devrait être reversé aux personnes concernées. C’est mon avis. Où est le crime Charles? C’est violent de penser comme ça? Alors le « fielleux enrobés de bienséance » est incorrecte car c’est mon droit de penser et de croire qu’on ne devrait pas gagner d’argent sur ce sujet. Tu peux ne pas être d’accord mais tu ne peux pas m’insulter parce que moi je le pense et je le dis.

                • #29608 Répondre
                  Titouan R
                  Invité

                  Pardon, mais l’insulte vient de toi Graindorge : « Les derniers chiffres : 330000 personnes Anna H »
                  Moraline est le vrai mot pour désigner ce genre de messages. Toute pensée éteinte par un sursaut d’indignation : on ne devrait pas se faire de l’argent sur le dos des SDF. Et tu persistes et signes. Toute réflexion politique est abolie (qui et comment sont produits ces tonnes de SDF ? comment lutter structurellement contre ce phénomène ? …. on n’en saura rien – en tout cas, pas par toi).
                  Tant qu’à jouer à ce jeu : de même que Fiabane ne devrait pas ramasser un euro, ne devrais-tu pas reverser ton prochain budget livre à des SDF ? Ne mets-tu pas en balance, dans un même message, la souffrance quotidienne et extrême de ces personnes avec la restriction de ton budget loisir ? Je ne sache pas que tu roules sur l’or, bien sûr, mais sauf erreur tu n’es pas à la rue.

                  Et puisque les droits d’autrice doivent être reversés, on fait comment ? Le risque est qu’on redistribue à la va-vite à trois sans-abris du XIIIème arrondissement. N’est-ce pas injuste pour tous les autres SDF de Cergy, Carpentras, Gueugnon et Vesoul ? Ou alors mieux : on fait un recensement exact de tous les sans-abris du Pays, on fait une belle liste et on reverse le tout sur une cagnotte Leetchi et comme ça chacun.e reçoit 0,002 centime d’euro.
                  Mais non, c’est con…. à tous les coups, il y a des SDF hors de France…
                  …..
                  Le problème de ce genre de remarque, c’est qu’en plus d’être politiquement inepte, il est parfaitement réversible, selon les indignations de chacun.e

                  • #29622 Répondre
                    Graindorge
                    Invité

                    Voilà Titouan R.
                    Ça c’est une réponse qui me plaît, qui me parle. Tu as raison. Je le disais à FB, bien sûr que c’est ce système avide et malade qu’il faut changer.
                    Moi, nous, on donne des légumes et des fruits. À 2 reprises nous avons hébergé lorsque je vivais encore à Nice. J’ai aussi cherché et trouvé un petit studio à un jeune qui vivait dans sa voiture gràce à un copain qui avait des logements pas chers. On l’a aidé à obtenir l’aide au logement L’APL… Voilà pour le concret. Je n’ai pas envie ici de parler de notre vie mais on a échappé de peu à l’étranglement puisque on ne peut plus se loger à moins de gagner 1800€ par mois. Et qu’on te demande de gagner 3 fois le prix du loyer + caution + garant!!! On l’a échappé belle en 2019 lorsque ayant compris que même en étant réglos, en payant le loyer àl ‘heure etc… « ils » ne laisserai plus personne vivre tranquille, obligés de déménager tous ans ou tous les 2 ou 3 ans gràce à des politiques de dingues, j’ai décidé que l’argent qui devait servir pour nos vieux jours et pour les impondérables serait pour acheter un petit terrain constructible et y mettre une cabane de 40m2. J’ai ramé comme une dingue, négocié avec des vautours, passez mon temps au téléphone, faire des visites jusqu’au coup de chance. Un ange qui s’appelle Ange et son épouse Dulce, Douce nous ont vendu un bout de leur grand terrain et je me suis offert un joli ictus en récompense de mes efforts.
                    La loi exigeait un architecte, on a zappé. La loin exigeait la construction d’un trottoir devant la maison, on a zappé. On est donc semi légaux mais on a un toît. Là je vois, de jeunes couples qui viennent et comme je l’ai déjà dit , les loyers ont explosé. Alors eux c’est 0 budget livres et un café au lait le soir. Même moi, j’ai frimé en disant que j’avais un budget livres Tu parles! On s’est acheté un livre chacun pour Noël. Point barre. Ma soeur m’a offert L’amour et une amie Boniments. On est assez satisfaits de la Bibliothèque Universitaire. et C’est vrai que ce sujet me rend peut-être bête et tu as bien raison Titouan R Comment lutter alors? Moi je disais que les gens étaient trop gentils, trop respectueux des lois de ces scélérats, il faudrait forcer les portes des logements inoccupés et les squattés. Moi, vers 20 ans j’ai squatté mon studio que je ne pouvais plus payé ,à Nice, pendant plus d’un an. J’avais l’eau froide et des bougies et des couvertures. Et je travaillais. Voilà, quoi! Un bout de vie

                    • #29630 Répondre
                      Graham Chapman’s Ashes
                      Invité

                      Tribute to Graindorge

                      • #29631 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Stupide lâche et pitoyable. Qui êtes-vous? Dieu seul le sait

                      • #29634 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Et cette vidéo a déjà été partagé dans ce forum.
                        Et n’a rien à voir avec ma vie. Venant de la gauche, c’est la droite qui marque des points.
                        Ce n’est pas facile de parler un peu de soi pour tenter de clarifier. Qui que vous soyez derrière ce pseudo, je vous vomis, votre mépris, votre ironie.
                        Et désolée mais Dieu n’a pas ri. Bonne nuit

                  • #29749 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Pardon Titouan:juste une toute petite question:
                    ne serait-il pas possible que ceux et celles qui le souhaitent créent une cagnotte Leetchi dans son quartier? Comme pour cette dame qui dit qu’il lui faut récolter 21€ dans la journée pour une nuit dans une auberge. Ça ferait quelques personnes (que j’appelle monsieur ou madame et que je voussoie sauf les plus jeunes pour qui je garde le vous mais pas monsieur ni madame. C’est terrible d’entendre comment les assoss et c° volent leurs noms de famille.  » c’est plus simple le prénom » ) … c’est compliqué?

                    • #29757 Répondre
                      Titouan R
                      Invité

                      Kamoulox !

                      • #29758 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Ou sketch des Monty Python ?

                      • #29762 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        5 posts plus haut.

                      • #29766 Répondre
                        Anna H
                        Invité

                        Non, ici :
                        Kamoulox ou Sketch des Monty Python ?

                      • #29769 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Ah oui pas mal. En effet…

                      • #29839 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Non Ostros pas pas mal. Mal.
                        Tu as beaucoup parlé de toi. Tu dis que tu es névrosée, que tu as ramée et que tu rames encore et tu viens là hurlez avec les loups Haro sur Graindorge puisque saint François a donné sa bénédiction! Rions! Moquons nous! Par contre le facho d’extrême droite du forum qui approuve l’extermination des palestiniens considérés comme des animaux -on disait ça des juifs pour pouvoir les gazer en toute bonne conscience- lui ça va. Tu disais avec ton impetuosité legendaire: Ne lui parlez pas. Ignorez le. C’est un troll etc. Maintenant qu’il est une attraction que le Maître cuisine peut-être pour un possible livre et donc lui fait la causette. Tu lui fais la causette aussi et tu l’appelles maintenant Jeanot. Et c’est Graindorge qu’il faut détruire. Est-ce que Graindorge est raciste? Non. Est-ce que c’est une horrible égoïste qui ne cherche pas des solutions même maladroites? Non. Est-ce que je suis de tous les combats? Oui. Maintenant est-ce que ces moqueries me blessent? Non. Est-ce qu’elles m’égratignent un peu? Non. Elles m’attristent. Tout ça parceque j’ai trouvé l’idée de reverser les gains d’un livre? Mauvaise idée? D’accord. Cette idée vaut la peine de jeter des pierres, des crachats et des rires et d’envoyer au bûcher le responsable de cette idée?
                        L’autre jour ils étaient à 10 contre une. J’ai répondu. Et là je réponds. Et la galerie ce n’est pas un souci.
                        Alors hurlez tout votre saoûl mais gardez en un peu de votre souffle pour les vrais « ennemis », les vrais adversaires, par pour les sous-merdes insignifiantes comme Graindorge. Une pauvre femme/ enfant et plus enfant que femme qui fait ce qu’elle peut dans un monde qu’elle n’a pas crée. Ça n’en vaut pas la peine

                      • #29840 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        François B je te re-signale que la vidéo s’ouvre toujours en entrant dans ce fil et après le Monthy suivent des cagades espagnoles. Et que… rien.

                      • #29833 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Anna H. C’est médiocre cette conception de la liberté d’expression. Une idée ne te plaît voire pas du tout, tu ne vas pas répondre: non je pense que ton idée n’est pas faisable car… Et argumenter. Non en plus de détruire l’idée, ce que tu n’as même pas fait, tu penses qu’il faut haïr et détruire la personne qui a eu cette effroyable idée. Pas physiquement bien sûr. Méthode droite dure.
                        Charles m’avait prévenu qu’il n’ y avait pas que des sensibilités de gauche ici. J’ai parlé un peu de ma vie pour souligner combien il devient difficile de se loger. En France aussi on demande de gagner 3 fois le prix du loyer et si tu n’es pas trop basané encore mieux il paraît. Et en plus tu ris parceque je n’ai pas 30 ans? C’est discriminatoire et tu n’es pas sans savoir qu’on meurt à tout âge. Cette vidéo Monthy est triste, c’est François Bégaudeau qui l’a partagé. Il n’a pas eu le courage de le faire à visage découvert. Il a eu tort de la partager car elle s’applique à quelqu’un qui est devenu riche or à 2 on gagne moins de 2000 euros on tourne autour des 1600€/ mois à 2. FB n’aurait pas dû créer ce triste Tribute à Graindorge car Graindorge rame toujours. Moins durement qu’avant. Heureusement pour nous.

                      • #29826 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Titouan R c’est clarifié
                        Selon toi si on ne peut pas donner à tout le monde on donne à personne en attendant un nouveau monde. Et pour la galerie. Très important la galerie: Kamoulox!

                      • #29835 Répondre
                        Dr Xavier
                        Invité

                        @Graindorge – Salut, je pense comme bcp d’autres ici que tes messages deviennent nombreux déplacés, c’est dommage que tu ne veuilles pas l’entendre malgré les différentes explications, je ne doute pas que cela te crispe mais conçois en retour que tes propos et réflexions crispent de nombreuses personnes, une fois encore je conseillerais peut-être quelques temps loin du site

                      • #29841 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Il y a une forme de paranoïa aussi.
                        Mais surtout de la bêtise. Bêtise c’est à dire de l’entêtement dans des attitudes que tout le monde lui a signalé comme inappropriées, agaçantes, insultantes. Et un entêtement de troll à continuer à poster et beaucoup poster des immondices.

                      • #29848 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Des immondices. Otros, comment tu fais pour offrir des consultations de psy gratuites alors que tu te dis névrosée? Et tu te répètes. Et tu répètes des propos de F.B. Eh non ce n’est pas  » tout le monde » mensonge. Alors pour la mémoire… non, je plaisante.  » inappropriées » lesquelles d’attitudes inappropriées? On saura jamais. Agaçantes? On saura jamais. Insultantes? Tu m’insultes en ne disant pas quelles sont mes attitudes insultantes. Et encore cette histoire drôle de troll. Tu m’as toujours zappée Ostros. Continue stp. Et il existe de très bons psys pour les névrosés. Et je suis sûre que quelques uns de mes posts t’ont plu.

                      • #29863 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Tu m’as toujours zappée Ostros.
                        -> Tout à fait.

                      • #29874 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Continue please. Por favor. Et bonjour à ton Jeanot que tu ne zapes plus. Aucun immondices chez lui.
                        Ni chez toi.

                      • #29876 Répondre
                        Ostros
                        Invité

                        Jalouse

                      • #29852 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Punaise ça m’a pris du temps ces bêtises de gens Allez je dois y aller. Salut Forum parisien et environs. Bon week-end en musique, en films et en lectures autres que toutes ces cagades dont les miennes!
                        Moi c’est en route pour Santa Cruz! Et merci à tous d’exister!

                      • #29846 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Xavier salut: j’avais partagé une correspondance, un poème, un soutien à Habile, 2 ou 3 à Carpentier. Il n’ y avait pléthore de posts de GO. J’ai eu le malheur de rappeler l’idée de reverser les gains. Il fallait répondre. Quels propos et quelles réflexions de Graindorge crispent? L’idée de reverser des gains? Ça a été clarifié. Partagez des poèmes? Dire que je soutiens quelqu’un qui arrête de fumer? Ou c’ est juste  » elle est pas de la bande, du milieu, du sérail » ? Et cette vidéo? C’est pour quoi? Pour dire quoi? puisque je ne suis pas riche et que je n’ai jamais voulu ou rêver de l’être? 1600€/m à 2 c’est pas gros mais on se débrouille. Mais merci pour ton évidente gentillesse et tes conseils
                        Le gars d’extrême droite lui ne crispe pas? C’est vrai qu’il est devenu le Boubou de Begaudeau, je re béguéguette, je rebéguette, je rebégodote. Il lui jette des cacahuètes pour un futur bon livre peut-être. Car il l’avait zappé longtemps puis y est revenu. J’aime pas perso les cacahuètes. Pour les crispations, un bon lavement. Ou prendre des pruneaux d’Ajun le soir. En pharmacie il existe aussi de bons laxatifs

              • #29600 Répondre
                Charles
                Invité

                Bienpensance*, pardon.

                • #29603 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  De grâce Graindorge ; je ne préfèrerais pas qu’un des seuls endroits où persiste le prendre et le donner sans billet se fasse à présent par l’asservissement coloniser
                  C’est à la charité même que l’attaque se porterait

                  • #29606 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Et au passage je remercie à la situation
                    De m’avoir permis de comprendre plus avant
                    Le livre de Joy
                    Là où l’ironie fait saillie ; le «  je préfèrerais pas «  peut faire son nid

                  • #29750 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Claire: Cette charité empêche de régler le problème même si dans les situations bien sûr elles distribuent du concret. Et nous font passer un joyeux noël:  » on s’en occupe de « nos » pauvres.  » un peu d’eau fraîche dans un désert » comme dit le grand philosophe Enrico Macias dans « la part du pauvre »

                    • #29952 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Je pense que je me suis mal fait comprendre sur ce que j’entendais par charité : je parlais de «  la relation «  entre l’auteur et son / ses personnages
                      De ce qui se passe au sein même d’un livre digne de ce nom
                      Pour ce qui est de l’autre aspect, celui de notre puissance à luter contre l’indigence -mot pour designer ce qui manque du nécessaire pour vivre
                      -tout ce qui est à portée de main est un front

                      • #30072 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Oui Claire  » tout ce qui est à portée de main »

    • #29575 Répondre
      Titouan R
      Invité

      Pour Vergès, je recommande le Ventre des femmes et la politique post-coloniale de la France dans la Réunion des années 60 et 70. Avec le sinistre Michel Debré comme personnage essentiel de cet épisode.

      Livre passionnant sur les politiques natalistes différenciées entre métropole et outre-mer, et notamment l’affaire tragique des avortements forcés et des déracinements (enfants réunionnais envoyés comme bétail dans des campagnes métropolitaines en déshérence)

    • #29578 Répondre
      Ema
      Invité

      Un peu de littérature américaine pour ceux que ça intéresse. J’ai lu il y a peu 1000 femmes blanches de Jim Fergus ainsi que sa suite la Vengeance des mères, (que je n’irai pas spécialement recommander)
      D’un point de vue littéraire c’est pas la folie, mais ça documente assez bien certains aspects de la colonisation des terres américaines par les blancs et la façon ceux ci on réussi à progressivement forcer les peuples nomades à se sedentariser (tout ne s’est pas réglé à coup de fusil), ainsi que la manniere de vivre des « indiens ». Après il faut se farcir beaucoup de personnages simplistes voir caricaturaux et une héroïne qui est comme de bien entendu sensible-belle intelligente-combative, ce qui donne un accent disney un peu pénible. Quelqu’un a lu ?

      • #29589 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Un très beau livre sur l’histoire des indiens d’Amérique  » Enterre mon cœur à Wounded Knee de Dee Brown. Une histoire américaine. 1860 -1890

        Plus de deux cents cultures indiennes ont été virtuellement détruites, entre le Massachussetts et la Californie, au cours de l’histoire des Etats-Unis. Il nous faut nous souvenir de ce qui s’est passé à Sand Creek ou à Wounded Knee. » Jim Harrisson.
        « Nous sommes tout à la fois les conquérants et les conquis, dans un même corps, et c’est cela que Dee Brown nous invite à reconnaître. Son influence sur le monde persiste à travers ce récit minutieux de l’histoire d’un peuple fier. » Joseph Boyden.
        Largement fondé sur des documents inédits – archives militaires et gouvernementales, procès verbaux des traités, récits de première main… -, ce livre exceptionnel retrace, de 1860 à 1890, les étapes qui ont déterminé « La Conquête de l’Ouest ». De la Longue Marche des Navajos au massacre de Wounded Knee, il se fait ici la chronique de la dépossession des Indiens de leurs terres, de leur liberté au nom de l’expansion américaine. Si l’histoire à souvent été écrite du point de vue des vainqueurs Dee Brown donne la parole aux vaincus, de Cochise à Crazy Horse, de Sitting Bull à Geronimo, et compose un chant tragique et inoubliable.

        • #29590 Répondre
          Ema
          Invité

          Merci je vais voir si je peux me le procurer ça m’intéresse beaucoup

      • #29591 Répondre
        MA
        Invité

        Dans la même veine, il y a Louise Erdrich, auteure américaine aussi qui a écrit entre autres Celui qui veille . Je ne l’ai pas encore lu.

    • #29674 Répondre
      Graindorge
      Invité

      À toute fin utile, comme dans une autre entrée « musique en mixité » Lorsqu’on ouvre  » recos de bouquins » s’enclenche la vidéo des monthy python. Quelqu’un.e pourrait ouvrir une entrée  » recos de bouquins 2″ svp »?

    • #83209 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Les 33 meilleures blagues de Jésus : essai sur la divine drôlerie des Evangiles
      Auteur(s) Basile de Koch (Auteur), Richard de Seze (Auteur)
      Editeur(s) Cerf
      Date de parution : 17/06/2021

      Quatrième de couverture :
      Les 33 meilleures blagues de Jésus

      Essai sur la divine drôlerie des Évangiles

      « Jésus a-t-il jamais ri ? » s’interrogent les exégètes et les théologiens depuis 2000 ans. Que n’ont-ils pas compris ? Que Jésus est en fait un homme d’esprit unique et le seul comique divin. Le plus grand de tous les temps. Que n’ont-ils pas deviné ? Que les prédications, paraboles et miracles de Jésus sont autant de numéros spirituellement hilarants. Les meilleurs depuis le commencement du monde et jusqu’à sa fin. Que vous reste-t-il à saisir ? Que si Jésus ne cesse de pratiquer la plaisanterie et la parodie, la caricature et la clownerie, le mot cocasse et le trait claquant, c’est pour nous sortir de notre absurde mélancolie. Il fallait Basile de Koch et Richard de Seze pour faire la drolatique démonstration que Dieu blague avec nous en vrai pince-sans- rire, car son humour est l’autre nom de son amour.

      Un livre à se tordre de rigoler, non pas comme un damné mais comme un sauvé.

    • #83228 Répondre
      PeggySlam
      Invité

      J’ai reçu comme cadeau, Le monde nazi de Johann Chapoutot, Nicolas Patin et Christian Ingrao. Je le dévore déja. Dès le début ils décrivent très bien la différence entre culture et idéologie. Un livre à avoir dans sa table de chevet à vie !

    • #116157 Répondre
      Olivier DURAND
      Invité

      Bonjour je suis Mr Olivier DURAND, mécanicien a Nantes, dans le cadre du réaménagement de mon garage, Mme Maëlys-Gaëlle MARTIN, m’a octroyé le prêt de 15 000€ , j’ai accepté signé le contrat que lorsqu’elle a assuré que c’était sans frais. Elle m’a redonné le sourire. Je fais ce témoignage en guise de reconnaissance pour elle, et aussi pour ceux qui recherchent une prêteuse fiable.
      Adresse:
      assistantepretmaelysgaelle@gmail.com
      maelysgaellemartinfr@gmail.com

    • #116158 Répondre
      Elisabeth Dupond
      Invité

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    • #116159 Répondre
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      Invité

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