skip to Main Content

Accueil Forums Forum général qui a un abonnement figaro ?

  • Ce sujet contient 26 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Carpentier, le il y a 1 année et 2 mois.
Vous lisez 9 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #85027 Répondre
      perové
      Invité

      j’aimerais beaucoup lire la critique de beigbeder qui a apparemment detesté le dernier echenoz…

      si qq peut me chaparder ça, je lui en serais reconnaissant pour l’année !

      https://www.lefigaro.fr/livres/frederic-beigbeder-bristol-le-navet-de-jean-echenoz-20250103

    • #85130 Répondre
      Marine Sanglante
      Invité

      non mais ca va pas ?

      • #85132 Répondre
        lavie
        Invité

        Quoi ? c’est insultant ? t’aurais préféré Libé ? Et puis le Monde

    • #85133 Répondre
      Marine Sanglante
      Invité

      oui

      • #85134 Répondre
        lavie
        Invité

        tu le veux comment le monde ?

    • #85138 Répondre
      Mambo Shake
      Invité

      (pas d’abonnement au Figaro mais une grande partie de la presse est dispo à travers l’abo à la BNF pour 15 balles par an)

      Frédéric Beigbeder: «Bristol, le navet de Jean Echenoz»

      Beigbeder, Frédéric

      CHRONIQUE – Le nouveau roman du prix Goncourt 1999 est une immense déception.

      Triste constat en ce début d’année: Bristol n’est ni une invitation cartonnée ni un palace du Faubourg-Saint-Honoré, mais un le héros d’un roman raté. Robert Bristol est le nom d’un cinéaste qui «a réalisé une douzaine de films de fiction dans des genres divers – policier, fantastique, espionnage, guerre». Alter ego de l’auteur, il traîne son non-sens dans un roman postlittéraire qui va de Paris 16e à un tournage de navet en Afrique australe. Qu’est allé faire Echenoz dans cette galère? C’est simple. Après la révolution manquée du Nouveau roman, lui et quelques autres auteurs publiés chez Minuit ont voulu continuer de raconter des histoires autrement.

      Jean Echenoz était le meilleur romancier de cette bande. Prix Goncourt en 1999 pour Je m’en vais, il faisait de l’ancien Nouveau, du post-néo, ou du différent avec le vieux. Il s’est moqué de tous les genres avec virtuosité, drôlerie et finesse. Au début du XXIe siècle, il a senti qu’il tournait en rond, et s’est lancé dans le roman biographique, sur Ravel (2006), Zátopek (2008) et Tesla (2010). C’est ce qu’il a fait de mieux. Il est ensuite revenu à la fiction par la guerre de 1914. En 2025, il semble égaré comme un antiquaire de mobilier design des années 1980, aux puces. Son livre tout neuf paraît d’occasion.

      L’absence de sens est un saut dans le vide

      Le principe du postroman est connu: personne n’est dupe. C’est du troisième degré: je sais que tu sais qu’on s’en fout de tout ce qu’il se passe. Le héros n’en est pas un, il lui arrive des choses invraisemblables, personne n’y croit, et surtout pas l’auteur. Ici, un homme s’écrase à 8 mètres de Bristol dans la rue et il s’en fout comme L’Étranger de Camus. Echenoz, c’est Camus-sur-Seine. Dans son roman précédent, en 2020, il y avait déjà Mike Brant qui se défenestrait. Cela devient une obsession car l’absence de sens est un saut dans le vide. Echenoz écrit comme on se jette du cinquième étage sur une page blanche sous le regard posthume de Jérôme Lindon. Peut-on raconter une histoire quand on a détruit le roman? La réponse est non.

      C’est pour ça que David Foster Wallace s’est suicidé. Chez Echenoz, le talent est partout mais il ne va nulle part. Le problème du roman-non-roman est qu’en abandonnant la foi en la narration, on sème le lecteur. Le style ironique, ses observations supérieures («si la rue des Eaux n’est pas longue, elle n’est pas bien large non plus»), où même les personnages secondaires sonnent faux (le commandant Parker mélange l’agent d’Elvis et le colonel Moutarde), tout sent la résignation, on ne s’amuse plus.

      On se sent comme dans ces soirées où l’alcool ne fait plus d’effet, où l’on continue de boire pour rien, de lire pour rien, en se demandant ce qu’on fait là, devant la rediffusion d’un film démodé. Tel est le danger de la nouveauté: un jour, elle date.

      • #85140 Répondre
        lavie
        Invité

        Merci, tout ça pour ça

      • #85233 Répondre
        Carpentier
        Invité

        c’est la prochaine g.o. littéraire, le livre Bristol de Jean Echenoz, c’est ça?
        J’attends 10h et je me le procure (merci de m’avoir remis ça en tête)

        • #86754 Répondre
          Carpentier
          Invité

          pas abonnée au fifigaga mais je vois qu’à leur live z’ont partagé mamzell K 🥹
          naaaaaan

      • #85291 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        . « Chez Echenoz, le talent est partout mais il ne va nulle part. Le problème du roman-non-roman est qu’en abandonnant la foi en la narration, on sème le lecteur. »
        Pourquoi le talent devrait-il aller quelque part? Il va sous les mirettes de lecteurs et lectrices qui aiment plutôt bien être semés par un talent pareil

    • #85232 Répondre
      Carpentier
      Invité

      – on disait que ce topic devient un
      ‘ intégral 3 ‘ ?
      (que j’allais ouvrir mais bon, puisque celui-ci existe maintenant)
      Alors moi, c’est ce papier que j’aimerais en entier si c’est possible (merci) :
      – Lolo qui se sert dans la marmite et oublie d’inviter les sitistes, j’veux les détails
      https://www.liberation.fr/politique/diners-a-180-000-euros-laurent-wauquiez-somme-de-donner-la-liste-de-ses-invites-20250103_4EOXPSXVXZBHFETP7YIADI6H6M/

    • #85245 Répondre
      Charles
      Invité

      Beig’ écrivait peu ou prou la même chose sur Echenoz il y a quelques années, c’est sans intérêt mais révélateur de sa pauvre vision de la littérature et de son romano-centrisme. Par ailleurs, la phrase sur Davis Foster Wallace est dégueulasse je trouve.

      • #85246 Répondre
        Charles
        Invité

        Pas sur Echenoz mais sur Eric Chevillard, pardon.

        • #85248 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          1 « Après la révolution manquée du Nouveau roman » Ce genre de tournures témoigne avant tout de la betise de celui qui les pond. Que veut donc dire la révolution manquée. Robbe Grillet a manqué? Les livres de Robbe Grillet ne devraient plus se lire? En réalité la pensée de l’écrivain académique Beigbeder, c’est que ces formalistes d’avant-garde l’ennuient terriblement.
          2 il est savoureux de voir un Beigbeder, qui n’a fait que des romans-tribune et n’a jamais été capable de tisser une fiction, ou simplement un récit, regretter la lacune narrative et fictionnelle d’un Echenoz.
          3 « lire pour rien ». Intéressant ça. Faudrait-il lire utile? Qu’attend donc Beigbeder d’un roman, que celui d’Echenoz ne lui donne pas? Nous savons ce qu’il attend : des vues sur le monde. Des vues sur l’époque. Des discours. Des opinions. Ce dont Beigbder tartine ses romans-tribune.
          On voit donc comment un écrivain de droite appréhende un styliste comme Echenoz. On voit, comme dans un livre récent, qu’il n’y a pas poncif plus erroné que « l’écrivain de droite aime le style, l’écrivain de gauche aime les idées ». La littérature à idées, elle est à droite.

    • #85257 Répondre
      Carpentier
      Invité

      partagé par ostros et double-upé par Alain
      pour article en entier:

      Rodolphe Tissot travaille sur la suite de « Clèves » et une adaptation de « L’amour »

      • #85260 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        Il est bien possible que cette adaptation capote, comme tant d’autres trucs semblables auparavant, puisque Arte a déjà refusé d’entrer dans le financement. En toute objectivité, comme on s’en doute.

    • #85283 Répondre
      perové
      Invité

      https://www.liberation.fr/culture/livres/bristol-de-jean-echenoz-parodie-perdue-20250104_I7WNMDTQQFG4PANCGMFNELPDNQ/

      comparons avec l’article de libé pour ceux qui l’ont… <3

      merci pour le fig !! beigbeder est déprimant, il a pris un sacré coup de vieux

      avoir tant lu et un esprit si étroit, il y a un endroit où je ne percute plus

      françois 5/5

      • #85290 Répondre
        Carpentier
        Invité

        j’en avais vu aussi les prémices mais c’est mieux si on l’a en entier, nan?

        • #85303 Répondre
          perové
          Invité

          oui je demandais justement si qq pouvait nous le share

    • #86319 Répondre
      Dr Xavier
      Invité

      Résurrection du topic, avec la critique Libé.
      .
      Le romancier dresse le portrait millimétré d’un cinéaste de troisième ordre.
      .
      La chute des corps est une conséquence des lois de l’attraction. C’est aussi le centre, d’une gravité légère, dans certains romans de Jean Echenoz, dont celui-ci, le seizième, titré Bristol : plus les corps (et les illusions) tombent, plus les phrases montent, comme des nuages de poussière s’élevant des ruines que la chute a provoquées, pour finir en mirages. Bristol, prénom Robert, est un cinéaste de troisième ordre. Il prépare le tournage d’un film d’aventures en Afrique australe, l’Or dans le sang. Il va voir son producteur qui cherche des sous. Au moment où il sort de chez lui, cette scène de film : un homme tombe du cinquième étage de son immeuble. « Corpulent, peau laiteuse et piquetée de roux, cheveux blond vénitien clairsemés, l’homme au sol repose à plat ventre avec ses bras et jambes en croix. On dirait, échoué à marée basse, un gros et vieux poisson doté de quatre membres suggérant les points cardinaux. » Qui est-ce ? L’a-t-on tué, s’est-il tué ? On ne l’apprendra qu’à la fin du livre, et c’est sans importance.
      .
      Les résidents s’agglomèrent autour de la bête humaine échouée. D’autres bêtes apparaissent plus tard, métaphoriques ou non, un éléphant discipliné sur le tournage, une tortue géante dans un rêve, enluminures décrites avec un soin de moine médiéval. Créatures de foire évoluant dans des décors de carton-pâte assez bien faits pour que l’artifice ne fasse rien regretter de la réalité. Bristol a beau être cinéaste, il n’a rien vu. Un homme est tombé. Il flotte. Sur le chemin du Lavomatic où il nettoie ses chemises, il se demande, « brièvement », en quoi une phrase de Paul Valéry inscrite au fronton du palais de Chaillot, affirmant que l’acte de l’artiste engage tout son être, pourrait le concerner. Le Lavomatic « jouxte un imposant immeuble qui était, dans le temps, un grand et beau cinéma populaire avant qu’on le transforme en magasin de surgelés – Bristol se demande encore, pas longtemps non plus, si ce ne serait pas une métaphore de sa vie ». Comme tant de personnages d’Echenoz, Bristol est toujours un peu ailleurs, décalé par rapport à l’action, créature d’un monde disparu décongelé dans le nôtre à la chaleur des mots. Pris dans la brume, entre mélancolie et burlesque. Depuis quelques romans, le burlesque semble gagner sur la mélancolie.
      .
      « Il apparaît à Bristol que Severinsen en fait trop »
      .
      Enfin, il se retourne et voit la scène. « Survient Michèle Severinsen hors d’haleine qui s’agenouille près du corps, gémit en se tordant les mains comme une suivante assiste au suicide de sa reine, emploi qu’elle incarna jadis dans la scène 7 d’un acte V. » Voisine d’immeuble de Bristol, c’est une actrice sur le retour, de troisième ordre également. Nous aurons droit, plus loin, à sa brève biographie, assez drôle dans le genre foireux, à ses aventures avec le flic chargé de l’enquête sur le mort, avec un milicien africain présent sur le tournage de l’Or dans le sang et venu réclamer son dû. Pour l’instant, « ses avant-bras s’élèvent et se déploient par amples mouvements sémaphoriques qui évoquent les films documentaires de croissance végétale en accéléré, il apparaît à Bristol que Severinsen en fait trop ».
      .
      Leur immeuble est situé rue des Eaux, dans le XVIe arrondissement parisien, rue célèbre par sa géographie en pente et par les scènes de films et de livres qui y sont situées (bref inventaire page 53). La biographie du cinéaste est écrite tandis qu’il se rend à la gare, direction Nevers, pour rencontrer en son château Marjorie des Marais, la romancière à succès dont il adapte le livre, et « allons-y donc » : il a réalisé « des films de fiction dans des genres divers – policier, fantastique, espionnage, guerre – accueillis par des succès d’estime quoique sans jamais toucher un grand public même si, parmi ceux qui ont tenu plus de trois semaines en salles, on peut quand même citer Personne suivante, les Nénuphars et Priez pour elle, qui a remporté un clap de bronze – c’est l’objet qu’on a vu tout à l’heure sur la cheminée aux journées cinématographiques de Panazol, puis fait l’objet d’une controverse remarquée pendant les Rencontres de Gap, à l’occasion d’une rétrospective Robert Bristol au cours de laquelle avaient été projetés trois de ses documentaires consacrés à un peintre (François-Marie Firmin-Girard), une chanteuse (Germaine Veillé) et un philosophe (Claude Saint-Martin), parfois rediffusés sur une chaîne culturelle, leur auteur ayant également conçu une série de spots publicitaires pour la boisson gazeuse énergisante Bulloz, production marginale mais lucrative pour ce cinéaste qui a été marié puis divorcé deux fois mais vit à présent seul, surveille son hyperglycémie et mesure un mètre soixante-seize : voilà qui est fait. Partons maintenant à la gare. »
      .
      Simili-starlette
      .
      Dans Bristol, tout est parodie. Tous les genres sont donc détournés. Un mémoire de doctorat ne suffirait pas à faire l’inventaire des procédés, des figures de style, des différents types d’accélération, de ralentissement, de changement de registre, qui permettent à l’auteur, tantôt dompteur de cirque tantôt chauffeur de Formule 1, de faire son tour de piste en réglant au millimètre ses numéros. Les lecteurs érudits et atteints d’hypermnésie retrouveront, au passage, quelques squatteurs, dont Flaubert (« l’amertume des sympathies interrompues »). Sortent aussi du grenier des expressions et des mots méconnus, oubliés, perdus, comme melliflu ou gentilé. Ils s’étalent sur la page comme, après nettoyage, porcelaine au soleil ; au soleil de la phrase.
      .
      Nous assistons au tournage du film, presque digne de celui d’African Queen, puis à son accueil désastreux. Au passage, nous croisons sa simili-starlette, Céleste Oppen, qui ne dit pas un mot, apparaît, disparaît et réapparaît tel un fantôme publicitaire. Dans Bristol, chaque personnage est d’une façon ou d’une autre, l’archétype d’un paradis perdu et une figure de comédie en état d’échec ; mais la trilogie romanesque d’Echenoz, consacrée à Ravel, Zatopek et Tesla, nous a montré que l’échec n’est jamais loin de l’exploit. Le bristol, épais et transparent, « carton collé de belle qualité » selon le dictionnaire, est une carte de visite ou d’invitation. Celui de Jean Echenoz nous invite au bal de la langue et du second degré.

      • #86323 Répondre
        Claire N
        Invité

        « voilà qui est fait »
        J’aime bien cette finale proposition relative
        Suite de plusieurs autres
        Plus concentrée, ramassée
        Qui fait suite à cette drôle de façon qu’il a de parvenir à «  fixer l’attention « 
        Resserre en ultime focale
        Avant le point et «  partons » où on est prêt
        Vraiment il cerne très bien les processus attentionel je trouve

      • #86347 Répondre
        perové
        Invité

        Merci le Doc’

    • #86523 Répondre
      Carpentier
      Invité

      déso, pas abonnée, le papier est trop glacé

Vous lisez 9 fils de discussion
Répondre à : Répondre #86347 dans qui a un abonnement figaro ?
Vos informations :




Annuler
Back To Top