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Malice
InvitéSalut à tous
pour nourrir un spectacle, je suis à la recherche de textes sur le thème du corps, en particulier:
– le corps-machine, outil
– le corps « matrice », le corps productif
– le corps en mutationMerci d’avance aux bibliomanes
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toto
InvitéJe ne sais pas cet extrait te conviendra, il vient de Regain de Giono.
Le Panturle est un homme énorme. On dirait un morceau de bois qui marche. Au gros de l’été, quand il se fait un couvre-nuque avec des feuilles de figuier, qu’il a les mains pleines d’herbe et qu’il se redresse, les bras écartés, pour regarder la terre, c’est un arbre. Sa chemise pend en lambeaux comme une écorce.
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Malice
InvitéSalut Toto merci de ta réponse; j’aime beaucoup ton extrait mais je cherches des textes plus longs, si tu as…Je ne sais pas si ce que tu as posté est issu d’un paragraphe plus développé?
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toto
InvitéNon la suite parle d’autre chose.
J’ai trouvé l’extrait ici :
https://booknode.com/la_trilogie_de_pan_tome_3_regain_0599/extraits?offset=3Les nombreux littérophiles qui fréquentent ce forum vont certainement trouver mieux 🙂
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Fanny
InvitéJ’ai pensé à cet extrait de l’Atelier volant de Novarina.
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Maison III : un couple au milieu de beaucoup de paquets. Second mélodrame : crise de sentiments maternels chez un père de famille.
LE PÈRE.
J’ai tout acheté. Il y a longtemps que je désirais. Maintenant, on est munis.
LA MÈRE.
Tu crois vraiment que c’est bourré d’avantages ? Mon Dieu, mon Dieu, est-ce qu’ils ont assez de qualités ?
LE PÈRE.
Regarde, c’est marqué, c’est écrit dessus : « Avec ça, vous pourriez faire fructifier une famille dans un trou. »
LA MÈRE.
Méfie-toi des réclames, René !
LE PÈRE.
Je rassemble mes morceaux. Ce sont mes biens, je dois en rassembler le troupeau. Je suis la mère de mes petits.
LA MÈRE.
René, qu’est-ce que tu racontes ? Tu deviens maniaque.
LE PÈRE.
Je suis assis au centre de mes meubles et tous mes objets viennent boire. Assiste, chère épouse, à la formation de mon deuxième corps… Tu comprends, j’ai toute ma vie pour me reconstituer. Je nourris une nombreuse famille : femme, enfants et objets de ménage. Je donne. Je suis couvert d’une abondance de seins… Je fabrique de la monnaie et mes petits viennent me la manger. C’est pourquoi j’aimerais que l’on se souvienne de moi sous la forme d’une mère cochon.
LA MÈRE.
René, tu délires ! Tu n’as pas honte de dire ça ?
LE PÈRE.
Non, j’ai des seins, Marie, je te jure. Je suis couvert de seins.
LA MÈRE.
D’où vient ton lait ?
LE PÈRE.
Il vient de là où je travaille : je gagne soixante-quinze mille sur la croix… je ne sais pas trop comment. J’ai porté ma patience : toute ma vie, pour vous, je me suis sacrifié !
LA MÈRE.
Vous êtes fou, je vais vous battre, vous êtes une vraie femelle ! Je ne veux plus de vous, jamais !
LE PÈRE.
Ne frappez pas la vache à lait !-
Malice
InvitéJ’aime beaucoup ce père-cochon, au fait
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Ostros
InvitéLe corps machine-outil qui aussi rêve, pense et crée : à la ligne de Ponthus.
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Malice
InvitéMerci à tous pour vos pistes!
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Alain m.
InvitéPas certain d’être dans ce que tu cherches avec cet extrait d’Alan Pauls. Sinon dans le corps – machine, il y a le livre de Claire Baglin « En salle ».
Et cependant la demi-heure s’écoule et il survit. Il se laisse couper les cheveux. Il ne parle pas et ne s’en plaint pas non plus. Laura n’est pas très bavarde, elle est sèche, un peu antipathique, ce qui réveille très rapidement sa sympathie. Elle ne semble pas avoir la moindre curiosité, n’attend rien de lui. Elle lui demande seulement d’exécuter les pas de base de la chorégraphie que tôt ou tard tous les coiffeurs lui font rejouer, garder la tête droite, la baisser jusqu’à toucher sa poitrine avec le menton, la tourner un tout petit peu sur la gauche ou sur la droite, et qu’il met en pratique sans sourciller ou qu’elle l’oblige à réaliser, lorsqu’il est un peu distrait, en le guidant d’une pression drastique des mains. Pour le reste, la musique est tonitruante, elle remplit tout et fait même gauchir les vitres du salon de coiffure, en tout cas c’est l’impression qu’il a lorsqu’il profite de la pause que fait Laura pour fumer une cigarette de cent millimètres afin de jeter un coup d’oeil dans le miroir et qu’il fixe son regard sur la vitrine du local, où les lettres de La Lana Loca se courbent comme dans un début d’animation en trois dimensions. Lorsqu’il sort, les cheveux coupés, qu’il se regarde du coin de l’œil dans la vitrine d’un commerce abandonné, à son grand étonnement, son image lui remonte le moral. Il apprend également cela: l’effet drogue de certaines coupes de cheveux. Cette injection de fougue et d’énergie, cet enthousiasme, cette impétuosité qui le transporte chaque fois qu’il sort d’un salon de coiffure. Peu importe la façon dont on lui a coupé les cheveux. L’effet est préalable; il le perçoit — ou plutôt il le reçoit, car c’est comme un shoot —, avant de se sentir capable d’émettre le moindre jugement de valeur sur la coupe, avec la première vision qu’il a de lui-même, les cheveux coupés, après avoir quitté le salon de coiffure. Comme si ce changement d’environnement, qui exhibe aux yeux du monde le nouvel état de sa tête, donnait à sa coupe sa dose de réalité et la vie que le décor du salon de coiffure maintient toujours dans une sorte de suspension, telle une promesse. C’est bien simple : on lui coupe les cheveux et il rajeunit. Cette espèce de ferveur exultante qui le saisit au moment où il perçoit la fraîcheur que produit la caresse de l’air en mouvement dans ses cheveux encore mouillés n’a rien à voir avec la satisfaction de se sentir bien, ou avec la beauté d’une coupe inspirée, ou la découverte d’une allure nouvelle qu’il n’aurait jamais espéré avoir. C’est presque biologique, cela est dû au simple effet de l’action de couper les cheveux. C’est si caractéristique chez lui – toujours imberbe, baby face, condamné à ne jamais avoir l’âge que son visage affiche – que quelques années plus tard, alors qu’il n’est pas encore majeur, il prend l’habitude, comme si c’était une loi, de ne jamais se couper les cheveux avant d’aller voir un film interdit aux moins de dix-huit ans. Car chaque fois qu’il tente d’entrer au cinéma on lui demande systématiquement ses papiers. C’est une situation ingrate qu’il négocie, à partir de l’âge de seize ans, en présentant avec la main qui lui tremble le moins la vieille carte d’identité prêtée par son frère aîné qui fut un temps amateur d’opéra et qui est aujourd’hui un parieur effréné. Mais lorsqu’il vient de se faire couper les cheveux, comme cela lui arrive plus d’une fois, même ce subterfuge ne fonctionne pas. S’il a seize ans, il semble en avoir quatorze.-
Malice
InvitéContente de te revoir sur ce forum Alain m
( question subsidiaire : quelle taille fait ta bibliothèque? Quand je te lis je t’imagine toujours dans la bibli géante de la Bête dans le dessin animé de Disney) -
Graindorge
InvitéMerci pour ce texte. Je crois qu’on a tous vécu ça quand on nous ou quand on se coupe les cheveux quand on a décidé de les couper, de les « rafraîchir »: cette énergie, cette gaieté. Comme des arbres taillés, élagués et qui respirent mieux. Bonne Année cher Alain m
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Alain m.
InvitéMalice,
Merci pour ton accueil.
Pas de bibliothèque gigantesque, juste proportionnelle à un lecteur assez régulier et d’un certain âge.
Graindorge,
Merci pour tes vœux et bonne année à toustes!
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Carpentier
InvitéUn des fameux ouvrages collectifs dirigés par FB: aussi peut-être: Le sport par les gestes.
L’ai déniché récemment avec possibilité d’emprunt dans le cadre de mon boulot -> ô joie, ô life, pourrai t’en dire un peu plus semaine prochaine si tout va bien-
françois bégaudeau
Invitéces jours ci est republié le collectif Sport et femmes, dirigé par Maylis et Joy
Sur le corps machine: les premières pages célèbres de l’Anti-Oedipe
Et tout Beckett-
Malice
InvitéMerci à nouveau à tous les contributeurs, vous m’aidez beaucoup
Effectivement le texte de Deleuze et Guattari est parfait
LES MACHINES DÉSIRANTES
Ça fonctionne partout, tantôt sans arrêt, tantôt discontinu. Ça respire, ça chauffe, ça mange. Ça chie,
ça baise. Quelle erreur d’avoir dit le ça. Partout ce sont des machines, pas du tout
métaphoriquement: des machines de machines, avec leurs couplages, leurs connexions. Une
machine-organe est branchée sur une machine-source : l’une émet un flux, que l’autre coupe. Le
sein est une machine qui produit du lait, et la bouche, une machine couplée sur celle-là. La bouche
de l’anorexique hésite entre une machine à manger, une machine anale, une machine à parler, une
machine à respirer (crise d’asthme). C’est ainsi qu’on est tous bricoleurs; chacun ses petites
machines. Une machine-organe pour une machine-énergie, toujours des flux et des coupures.Les machines désirantes sont des machines binaires, à règle binaire ou régime associatif; toujours
une machine couplée avec une autre. La synthèse productive, la production de production, a une
forme connective : « et », « et puis ) … C’est qu’il y a toujours une machine productrice d’un flux,
et une autre qui lui est connectée, opérant une coupure, un prélèvement de flux (le sein – la
bouche). Et comme la première est à son tour connectée à une autre par rapport à laquelle elle se
comporte comme coupure ou prélèvement, la série binaire est linéaire dans toutes les directions. Le
désir ne cesse d’effectuer le couplage de flux continus et d’objets partiels essentiellement
fragmentaires et fragmentés. Le désir fait couler, coule et coupe.
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Enzo
InvitéSur le corps, il y a l’ensemble du travail de Vigarello, notamment « Le corps redressé », bien que l’ensemble de son œuvre explore la métamorphose corporelle sous différentes facettes. En philosophie, Michel Foucault, à travers « Surveiller et Punir », examine le passage de la féodalité au capitalisme et les divers changements que le pouvoir exerce sur le corps. Il développe la notion de discipline, qui modèle ce corps en un outil de productivité à travers différentes techniques. La disciplinarisation va jusqu’au contrôle minutieux des gestes pour une efficacité accrue. Tu peux également explorer les travaux de Loic Wacquant, anthropologue et sociologue, qui a étudié un club de boxe à Chicago et, de manière exceptionnelle, est devenu boxeur lui-même pendant son enquête. Cela permet d’identifier comment les gestes répétitifs de l’entraînement façonnent des corps devenus, pour la plupart, des outils de travail. En anthropologie, Marcel Mauss, avec « Les techniques du corps », s’intéresse aux normes collectives qui façonnent nos gestes et nos corps. Le travail de Frantz Fanon peut également être pertinent pour comprendre comment la colonisation crée des corps colonisés, persistant encore dans le présent. Enfin, bien que d’autres références puissent être fournies selon tes intérêts, le livre de Silvia Federici, « Caliban et la Sorcière », explore le passage vers le capitalisme à travers le corps féminin. Un chapitre spécifique examine l’évolution du regard sur le corps, vu autrefois comme une enveloppe inerte abritant une âme dotée de connaissance, opposé à un corps considéré comme pure passion. Le contrôle du corps s’inscrit dans un imaginaire de la machine, un récit ancré dans l’imaginaire capitaliste où le corps travailleur et la machine créatrice façonnent conjointement la production.
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Graindorge
Invitéà lire en pdf sur internet:
L’EXPÉRIENCE DE LA MÉTHODE FELDENKRAIS COMME INSPIRATION POUR LA CRÉATION CHORÉGRAPHIQUE
MÉMOIRE· PRÉSENTÉ. COMME EXIGENCE PARTIELLE DU PROGRAMME DE MAÎTRISE EN DANSE PAR MARCELA PONCE.VALADE
Livre: L’Énergie par le mouvement. Moshé Feldenkrais Editions Dangles -
Mélanie recommande :
InvitéJe pensais à La scierie, tu l’as lu?
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Malice
InvitéNon, je ne connais pas, c’est de qui?
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..Graindorge
InvitéLe corps à l’ouvrage Thierry Pillon Éditions Stock
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