Accueil › Forums › Forum général › Qu’est ce qu’un bobo?
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Isaac
InvitéBonjour
Débat plus ou moins tendu ce soir avec un pote autour d’une bière à propos de la notion de bobo
En tant que (blanc) habitant en cité dans la banlieue parisienne, je perçois comme »bobo » tous les gens qui vivent en ville (ou en pavillon dans les banlieues, ou ex-citadins »néo-ruraux »), diplômés, ayant un accès plus direct et spontané à la culture (que nous?) (on pourrait encore parler du ski et de l’expérience avec la campagne »française » grâce à des propriétés qui traînent autour de leurs familles, mais ça pour le coup c’est sûrement une lubie subjective)
Un »bobo » pouvait selon moi, en 2017, tout autant voter pour la macronie que pour le »PS » ou encore LFI
Car il se caractérise avant tout pour moi dans le cadre socio-professionel et surtout dans un genre de vie (le rock des années 70 l’a fait rêver s’il a plus ou moins 50 ans, il se rapproche du rap s’il est plus jeune)On pourrait dire qu’en 2017 les bobos étaient cette classe entre le prolétariat et la bourgeoisie classique incarnée par Fillon à laquelle elle s’opposait, sans être clairement de gauche
Il y a eu des mutations et des confusions qui l’ont accompagnés mais elles se dissipent (je crois) enfin aujourd’hui
La bourgeoisie »vieux jeu » a été absorbée par l’extrême droite (RN ou »Reconquête ») et tend donc à disparaître sous la forme »modérée » qu’on lui connaissait jusqu’à présent (elle fera désormais partie des »des réacs » avec son complément de »beaufs fachos » qui sont tout aussi hostiles aux »barbares »)
Il y a donc selon moi une nouvelle bourgeoisie »cool » mais qui est en même temps conservatrice du coup (et non pas réactionnaire) dans ce nouveau paysage, aux moeurs plus relâchées et libérales qui est derrière Macron (ou Glucksman) et ce sont, tout simplement, des bourgeois
Le bobo aujourd’hui est distinct de ce groupe et c’est le bourgeois qui vote plutôt LFI car authentiquement de gauche, car il souhaitant sincèrement des progrès sociaux, car il n’est franchement pas confiant envers les politiques libérales à propos de la question climatique etc. malgré sa situation socio-professionnelle (et donc selon moi, Bégaudeau est un bobo)
Son mode de vie (du bobo, pas de Bégaudeau haha) est en ce sens différent de celui des »conservateurs » macronistes
Il n’en reste pas moins que, globalement selon moi, le bobo est de gauche par définition, ce qui n’est pas péjoratif et je regrette d’ailleurs qu’on ne parle pas d’une alliance entre les beaufs, les barbares ET les bobos (d’après cette définition)Mon pote, au contraire, voit dans le bobo un bourgeois qui par définition se donne un air »cool » mais qui vote Macron et est donc, malgré les apparences, à droite, dans une »gauche » de posture
Le terme servirait à qualifier de manière péjorative le bourgeois qui préserve ses intérêts par le vote contrairement à ce qu’il veut laisser paraître
Et donc, selon lui, un citadin qui vote à gauche serait »juste de classe moyenne » ou alors un »bourgeois (vraiment) de gauche » mais pas un bobo, car le bobo est, encore selon lui, par définition pas de gauche du tout: c’est ce qui le caractériserait (pour moi, c’est là le nouveau bourgeois conservateur dont il parle et qui est plus »cool » que le bourgeois réac et qui n’est pas un bobo)Qu’en pensez vous? Suis-je confus?
Pour mon pote,
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françois bégaudeau
InvitéPuisque le cas de Bégaudeau a l’air de t’intéresser, tu pourras, ce week-end, aller butiner dans les quelques écrits ou entretiens où il aborde la notion de bobo -par exemple Boniments-, et pout dire d’abord ceci : que bobo est un boniment, justement. Un signifiant qui a eu d’abord pour effet voire vocation d’évacuer le signifiant bourgeois. Opération bourgeoise par excellence. De ce point de vue, répandre le mot bobo c’est entériner cette opération bourgeoise, qu’on soit de banlieue ou d’Ardèche
S’il est si lourd de conséquence de l’utiliser, alors il faut, poiur compenser ce passif, que l’opération de sens soit très utile. Or à te lire, on se dit à nouveau que « bobo » est inutile. Une notion qui brasse si large est inutile. Si l’électeur LFI prof est bobo au même titre que l’avocat qui vote Glucksman, alors cette notion ne sert à rien.
Je maintiens donc que bourgeois suffit. Bourgeois + assortiment.
Ainsi il a déjà été dit – par Bégaudeau- que Bégaudeau était patrimonialement bourgeois, mais que son habitus n’était pas bourgeois. Les raisons de ce hiatus ont été livrées – par Bégaudeau
Au passage, Bégaudeau ne vote pas LFI, pour la raison simple qu’il ne vote pas, dans un esprit anarchiste – voter c’est abdiquer.
Bégaudeau te souhaite une bonne journée.-
Flegroupe
InvitéBobo.
Bourgeois, bohème. Ceux sont des corps bourgeois donc autoritaires et capitalistes, qui donnent cette impression de coolitude afin de tromper le monde ! Afin de tromper toutes les autres classes.
Ça bouffe des graines, ça fait du vélo-char, ça boit de la bière, ça lit le dernier Goncourt, ça va voir la dernière expo, ça fait du potager, ça te mets de l’inclusif à tous les étages…
Et parfois ça daube !-
Ostros
InvitéLe fait que tout le monde ici a sa propre définition de bobo confirme ce qu’écrit François à savoir que ce mot digne tout et son contraire donc est creux et utile à la bourgeoisie et la droite qui s’en sont emparé pour désigner et moquer la gauche intellectuelle et / ou militante. Mais l’entrée de Boniments explique mieux moi ce mot.
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Flegroupe
InvitéJe trouve ma définition assez juste.
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Cyril
InvitéEst-ce que l’hyper-extension d’une notion la rend caduque ? C’est ce qu’on se demande souvent avec prolétaire qui réunit Mbappé et la caissière de supermarché.
Bobo n’est-ce pas « bourgeois + assortiment » ? Le problème serait la contraction de bourgeois qui opère cette invisibilisation du signifiant bourgeois. Bourgeois cool est mieux de ce point de vue.
Plutôt que de bannir bobo de mon langage, je l’ai recirconscrit à son sens d’origine, et j’engage une discussion avec les gens autour de moi qui l’utilisent à tout va. -
..Graindorge
Invité@François Bégaudeau
en tous cas, pour avoir nommé La France Insoumise: gratitude
Et grand respect pour ton intégrité -
Isaac
InvitéLe terme »bobo » brasse moins large que le terme »bourgeois »: il le précise puisqu’il est la contraction de bourgeois + assortiment. Le bourgeois est de droite et le bobo est le bourgeois de gauche. Analogiquement à leur positionnement politique, ils n’ont pas la même situation socio-professionnelle ni les mêmes habitudes ou activités.
L’avocat qui vote Glucksmann n’est pas un bobo car il n’est pas de gauche et qu’il n’est pas favorable à un renversement de l’ordre: c’est un bourgeois conservateur de droite, ni réac ni bobo. Par contre, en 2017, certains bobos se sont fait avoir par Macron et par le néo-libéralisme enrobé par du »centrisme » là où d’autres non. Le conservatisme autoritaire bourgeois incarné par Macron est maintenant percé à jouir: les bobos ne peuvent que voter plus à gauche (et on verra le décalage toujours plus à gauche entre les idées politiques d’une génération de bobo à une autre), ou en tous cas croient beaucoup moins dans le libéralisme et s’intéressent davantage à la question sociale.Je pense que le terme »bobo » a plus servi à décrédibiliser des discours de gauche qu’à occulter une réalité bourgeoise: personne n’oublie qu’un bobo est un bourgeois. À l’extrême droite, on trouve souvent cette minable critique des »bobos donneurs de leçon qui ne veulent pas acceuillir de migrants directement chez eux » qui viserait à mettre en évidence le décalage entre le discours politique et la situation socio-professionnelle du bourgeois de gauche, donc du bobo, pour qu’au final le prolétaire écoute davantage les bourgeois de droite que les bobos »hypocrites » (ma grand mère devant CNews).
Je dirais que le drame de tout ça, qui me semble bien réel, c’est la fracture entre les bobos et les ouvriers justement. La haine du bobo n’a pas rien à voir avec la montée de l’extrême droite. Enfin, je dirais que les bobos font tout aussi peur à la haute bourgeoisie que les beaufs et les immigrés (et le terme sert en fait à décrédibiliser le discours politique tenu par les bobos), qu’il faudrait en ce sens employer ce mot »repoussoir » comme une fierté, c’est à dire que ce mot donne du crédit à un discours plutôt que l’inverse, bref: réconcilier les bobos avec le prolétariat. Car, à l’extrême droite on dirait qu’ils arrivent bien à réconcilier les riches et les pauvres dans une sorte de geste corporatiste basé sur la race.
Sinon, comment on appellerait les gens de gauche qui ne sont pas des prolétaires? Est-ce que ce n’est pas les bobos qui ne veulent pas qu’on les appelle des bobos?À mon sens (mais c’est peut-être moi qui suis à côté de la plaque), le nouveau bourgeois conservateur de droite, que je vais illustrer par quelqu’un qui travaillerait dans la mode et qui serait inclusif, pro-diversité, on le confond avec le bobo, qui est le bourgeois authentiquement de gauche avec d’autres centres d’intérêts.
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Flegroupe
InvitéJuste comme ça, je connais pas la haine du bobo, mais plutôt sa détestation. Et pour cause.
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Emile Novis
InvitéCette notion de « bobo » est en effet très vague.
Puisque tout à été dit, me semble-t-il, sur la faiblesse de cette notion, je vais m’attaquer à une autre notion similaire et très en vogue qui tend à voiler la réalité sociale : le « boomer ».
Globalement, cette notion désigne les gens nés dans les années 50 et 60 qui sont aujourd’hui à la retraite (ou presque). Mais ça désigne aussi une certaine attitude, et notamment un certain vote (le vote Macron). On dit: Macron a gagné grâce aux « boomers »; les « boomers » sont pour l’allongement du temps de travail; etc. Autrement dit : les vieux votent pour Macron et sont pour la réforme des retraites.
Mais en disant cela, on ne dit pas grand chose de la réalité sociale et politique. Car si on traduit le terme de boomer dans les coordonnées sociales du rapport des gens au monde du travail, rapport absolument fondamental pour faire la généalogie des intérêts et des opinions politiques, on obtient une catégorie autrement plus significative et descriptive de la réalité sociale : le « boomer » est en fait celui qui n’est plus soumis au travail selon les règles capitalistes. Alors on obtient des énoncés plus instructifs d’un point de vue politique : des gens qui ne sont plus soumis aux conditions capitalistes du travail ont voté pour l’apôtre du travail soumis au capital; des gens qui ne sont plus soumis aux conditions capitalistes du travail ont voté pour l’allongement de la durée de travail soumis aux conditions capitalistes.
Là, on obtient des énoncés très clairs qu’on ne peut pas obtenir en employant le mot « boomer ». Et on sent bien l’injustice de la chose: la vérité est que quasiment personne ne peut vouloir pour soi-même des réformes qui approfondissent la soumission du travail au capital – voilà la vérité qui sautait aux yeux durant les grandes manifestations contre la réforme des retraites, et que le mot « boomer » tendait à recouvrir.
Alors le capital compte beaucoup sur cette classe de gens affranchit des conditions capitalistes du travail pour imposer cette soumission aux autres.
Autre terme en vogue : les « young leaders ». On pourrait dire aussi : un fondé de pouvoir du capital favorable à la soumission du travail. C’est plus clair.-
Emile Novis
InvitéEvidemment, il ne s’agit que d’une partie des retraités. Le « boomer » désigne le retraité qui se porte bien et qui vote massivement Macron.
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Tony
InvitéEn fait,pour moi,boomer ça désigne à la fois un bourgeois vieillissant,pas forcément retraité mais parasite comme tout bon bourgeois et donc favorable à tout ce qui peut faire fructifier son capital,mais aussi un homme blanc convaincu des bienfaits de l’ordre patriarcal et plutôt raciste.
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Oscar Spielmann
InvitéUn boomer c’est quelqu’un qui est né dans les années post 2de guerre. C’est mes parents… Et socialement ou politiquement ça peut être tout et son contraire.
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Tony
InvitéLa génération post 68 est aussi une génération de boomer,tous les nostalgiques des années 70 et cinquantenaires aujourd’hui.
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Oscar Spielmann
InvitéOn est les enfants des boomer.
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Tony
InvitéLe conflit de génération est une ruse pour masquer le conflit de classe.
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Oscar Spielmann
InvitéJe ne sais pas. Je ne pense pas à ces notions en terme de conflit ou de classe, mais plutôt dans une temporalité.
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Emile Novis
InvitéMais la classe dominante a toujours besoin de s’appuyer une frange de la classe plus ou moins dominée pour assurer un ordre social qui continue de servir ses intérêts. Lordon appelle cela la « classe du phantasme ». Une partie conséquente des retraités en fait partie. On ne peut pas tout réduire à l’opposition bourgeois/prolétaire. Cette antinomie existe bien, et elle est profondément structurante, mais une analyse sociale pertinente doit, selon moi, appréhender les intermédiaires et les jeux d’intérêts plus subtils qui permettent à une poignée d’individus de dominer l’écrasante majorité des êtres humains.
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Tony
InvitéC’est toujours le même problème sur la définition du bourgeois,qui est bourgeois qui ne l’est pas,bon Framont a créé une catégorie,la sous bourgeoisie,qui permet de sortir de cette confusion,je ne peux que t’inviter à lire Parasite,pour le reste je passe la main à d’autres,pas parce que je ne daignerai pas te répondre mais là je manque de temps.
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Emile Novis
Invité@Oscar
Oui, c’est pourquoi cette notion est très vague. Elle peut désigner une génération, et ainsi, comme tu le soulignes, elle peut dire tout et son contraire, car il y a de tout dans une génération. Mais selon les contextes, elle peut désigner une partie tout de même conséquente des retraités qui votent Macron, et là elle cible quelque chose de plus précis que le mot, très confus, ne permet pas de dire.
Mais nous sommes d’accord sur le fait que cette notion, comme celle de « bobo », peut dire tout et son contraire, et c’est bien le sens de mon message.
@tony
Dans certains contextes, elle peut en effet désigner cela. Mais je préfère la désigner par la catégorie des individus qui ne sont plus soumis aux conditions capitalistes du travail et qui se portent bien (ceux-là votent très massivement Macron, c’est indéniable, c’est-à-dire pour un type qui veut allonger le temps de soumission du travail au capital).-
Tony
InvitéOui mais un bourgeois,jeune ou retraité,n’est jamais soumis au capitalisme.
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Emile Novis
Invité@Tony
Sur ce point, nous ne sommes pas tout à fait d’accord : un journaliste à BFM, pour prendre une caricature de bourgeois, d’une certaine manière, est bien soumis au capitalisme. Il doit se soumettre à un ensemble de conditions tacites ou explicites s »il veut garder sa place. Si Benjamin Duhamel, demain, devait devenir communiste et le faire savoir à chacune de ses émissions, il serait immédiatement viré par son patron et il perdrait une partie de son niveau de vie actuel, puisqu’il ne retrouverait pas de place ailleurs dans les médias dominants qui distribuent des salaires très confortables.
Mais on pourrait dire la même chose d’un journaliste plus anonyme à BFM qui gagne plutôt bien sa vie dans cette boutique.
Simplement, on a là un bourgeois qui vit très bien son statut de soumission, puisqu’il a déjà intériorisé tous les codes et toutes les injonctions du capital en lui-même, de telle sorte qu’il ne le vit pas comme un ensemble de contraintes qui pèsent sur lui. Il est, du point de vue économique, un « gagnant » dans la loterie du système économique en place : à la fois bourgeois dans sa pensée et sa condition matérielle, et à la fois soumis à cet ordre capitaliste qui, de fait, le tient toujours sous surveillance.
Je pense que, de manière plus générale, le bourgeois est lui-même opprimé par l’ordre social qui le fait pourtant roi : « Tel se croit le maître des autres qui ne laisse pas d’être plus esclave qu’eux », dit Rousseau dans le Contrat social.
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Flegroupe
InvitéC’est ça Oscar, les boomer sont nés après guerre. Ce sont nos parents.
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Oscar Spielmann
InvitéEt nos enfants des Z ou des Alpha. On est servi !
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Flegroupe
InvitéHélas, oui la sociologie et ses terminologies et définitions prennent la couleur du temps : Brouillon et souvent moche !
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Emile Novis
InvitéLe « boomer » compris en un sens générationnel, oui. Mais cette notion, ici, désigne des réalités sociales tellement contradictoires qu’elle ne veut pas dire grand chose.
Il faut donc déterminer le contexte : quand on dit, par exemple, que les boomers ont voté Macron, c’est évidemment très confus, mais si on veut désigner par là les retraités qui se portent bien, alors il faut les appeler différemment pour bien comprendre le sens de cet énoncé. En l’occurrence, ceux-là ne sont pas les parents de tout le monde, pour une raison simple : une partie relativement conséquente des travailleurs de cette génération sont morts avant la retraite ou juste après, et ils ne tombent pas dans cette catégorie de « boomers ayant voté Macron ».
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Frezat
InvitéBen c est un bourgeois bohème si on reprend la définition originelle après on peut mettre ce qu on veut derrière. Je vote LFi j ai 50 piges et je suis un prolo. Me considère donc pas comme bourgeois.
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deleatur
InvitéUn bobo, c’est un baba cool encore plus cool mais pété de thunes.
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Flegroupe
InvitéEt nous retrouvons aujourd’hui des classes populaires vouloir imiter le look de ces bourgeois faussement bohèmes.
On peut dire que les bobos ont réussi à entrer dans la mode. -
PeggySlam
InvitéSinon il y aussi le livre Histoire de ta bêtise écrit par un François Bégaudeau. Il est juste costaud à lire car tu pourrais arrêter de le lire dès la première page tellement qu’il met tout sur table. Perso mon troisième du top 3 de Bégaudeau qui m’a fait comprendre à quel point que je suis dans une famille bourgeoise. L’héritage où ils sont près à se battre pour trois francs six sous. Alors que tous se définissentent comme anarchiste révolutionnaire avec leur prise de position radicale. Ils sont contre le capital mais soutien le libéralisme. Bref ce n’est qu’un échantillon de ce que Bégaudeau m’a appris de ma famille… Et m’a fait comprendre pourquoi depuis l’adolescence j’étais en conflit politique avec elle. Je dirai que le seul anarchiste dans ma famille c’est mon frère car il a la même culture politique que Bégaudeau contrairement à mes parents tantes oncles et grands parents
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JÔrage
Invité -
baptiste
Invitéun bobo c est un bourgeois efféminé c est une astuce bien commode qui sert aux autoritaires à se mettre du côté du prolétariat au nom de la virilité et a dezinguer les gens qui boivent des bières houblonnées dans des anciennes gares de triage décorées avec des drapeaux de prière tibétains
s’éclater sur les bobos était marrant en 2015-2020 maintenant c’est vraiment daté le sujet trendy c’est la blanchité et la virilité et là y a des choses consistantes à dire qui n’ont pas encore toutes été dites
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Isaac
InvitéAlors je ne pense pas qu’un bobo soit par un essence un bourgeois efféminé
Par contre, 100% d’accord sur le fait que le camp autoritaire et réactionnaire utilise le bobo comme une sorte de bouc-émissaire sur lequel le prolétariat (blanc mais pas que!) est invité à déverser sa haine, haine dirigée non pas vers une position sociale et un niveau de vie mais bel et bien envers un genre de vie
Le problème, c’est donc que de fait, ça revient pour le prolétariat à mépriser la notion même d’une émancipation individuelle
D’où l’idée qu’il faudrait une alliance des beaufs, des barbares ET des bobos, pas du tout pour que les bobos soient les guides des deux groupes précédents, mais parce que c’est un groupe qui a finalement tout autant intérêt à se défaire de l’emprise du capital pour disposer librement de son temps, ce qui lui est de moins en moins possible de faire
Et de fait, je ne vois pas quelles pourraient être les armes conceptuelles du prolétariat sans les sciences sociales, les universitaires, les journalistes, les artistes (professions de bobos contre lesquelles le capital est en lutte… tiens tiens tiens) etc.
Les bobos ont aussi intérêt à questionner les structures, les organisations du travail et les rapports de domination (et ils le font) parce qu’ils ne veulent pas reproduire la vie, qui arrive vers son terme, de leurs parents et plus largement participer au maintien du modèle actuel de la société
Nous ne formons sans doute pas un bloc unitaire qui serait le peuple, mais nous appartenons à une diversité de gens qui subissent et qui ont conscience de subir, à des degrés divers, mais l’intérêt est donc commun-
Tony
InvitéJe ne crois pas du tout que le capital soit en lutte avec les artistes, bien au contraire,un artiste peut être une marque,un actif comme on dit un actif financier que le capital peut faire fructifier en produisant des IP(nouveau mot en vogue que j’ai lu plusieurs fois ces temps ci, acronyme de propriété intellectuelle),ainsi, à Cannes,ils ne vendent pas seulement des films mais aussi des IP,par exemple on cède une IP à un pays pour qu’un remake y soit réalisé, ou on vend des droits d’adaptation de livres renommés IP eux aussi.
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Isaac
InvitéC’est pas faux mais d’un autre côté, ces rares artistes capitalisent une attention qu’on ne donne donc pas aux artistes qui sont les corps nous entourant nous, « gens du quotidien », et ils deviennent donc précaires…
En ce sens, il y a une lutte contre ces derniers et par extension un affaiblissement de l’unité politique que nous pourrions constituer ensemble
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baptiste
Invitéfaudra disserter sur le virilisme de begaudeau un jour (ce n’est pas un jugement moral nitche, faudra juste decortiquer ça)
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Ema
InvitéBoomers, bobo, beaufs,… Hormis la coincidence troublante d’un commencement par la lettre B, ces termes partagent la caractéristique d’être essentiellement des qualificatifs pour designer l’Autre, celui qui semble exister dans une atmosphère différente. Ils sont donc inaptes à traduire un fait politique, mais très parlant quand on tente d’analyser qui dans le champs social les utilise. Par experience personnelle : est désigné bobo toute personne ayant un niveau de vie décent, et s’intéressant à l’art, aux productions intellectuelles, artistiques, gastronomiques et « ethniques ». Qui votent à gauche, au sens très très large du terme. J’ai entendu ce terme dans la bouche de prolo de droite et de gauche, de bourgeois de gauche mais qui vivent à la campagne, et enfin des soraliens pour designer…tout ce qui ne vote ni FN ni Zemmour, ni Asselineau. Voilà.
Mais à la base, je pense le terme relativement pertinent pour designer çà : https://www.vogue.fr/mode/inspirations/diaporama/nos-photos-preferees-du-style-boheme-rock-de-lou-doillon-inspirations-mode/54053-
Emile Novis
Invité@Ema
C’est exactement ça : les termes « bobo », « boomer », « beauf » ne disent pas grand chose sur la réalité sociale et politique, mais beaucoup sur le locuteur qui emploie un tel vocabulaire.-
Frezat
InvitéPas vraiment car boomer c est un terme usité pour définir une personne née entre telles années
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Emile Novis
Invité@Frezat
Je ne vais pas répéter les mêmes choses que plus haut. Tout le monde sait bien depuis le début que l’expression « boomer » peut désigner une génération, et qu’en ce sens, c’est assez neutre d’un point de vue politique.
Ce n’est donc pas ce sens là qui est visé. Le mot « boomer » peut aussi avoir une « signification » politique, avec une charge polémique beaucoup plus grande, comme lorsqu’on dit que « les boomers sont derrière Macron » ( expression que j’ai déjà entendu plusieurs fois). Là, le sens du mot ne se restreint pas à une génération, mais il désigne plutôt une partie du corps social que le mot « boomer » ne permet pas de cerner, mais que l’expression « les retraités qui se portent bien et qui ne sont plus soumis au travail selon les règles capitalistes sont derrière Macron » permet de déterminer de manière beaucoup plus claire.
Et c’est précisément tout le problème du mot boomer : comme le mot « bobo », il est très confus, c’est une sorte de fourre tout qui recouvre le réel – j’en veux pour preuve les discussions de ce fil : en ce qui me concerne, je n’y comprends à peu près rien, il n’y a rien de clair.-
Frezat
InvitéC est juste qu une majorité de boomers a voté Macron
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Isaac
InvitéOui et non j’ai envie de te dire
Toute désignation est chargée du regard du désignant ainsi que de l’être du désigné
Par exemple, il est rare qu’un blanc désigne un autre blanc par le terme « blanc »
Donc le mot « blanc » va dire quelque chose sur la personne qui l’emploie mais aussi sur la personne qui est désignée par ce terme
Ce n’est pas parce que seuls certains types de désignants peuvent employer une certaine désignation que celle-ci n’évoque pas une facette du désigné qui ne peut être perçue que sous un certain regard, un certain angle, provenant d’une situation sociale autre
Je pense que « bobo » c’est exactement pareil (et je ne parle pas de blanc au hasard, c’est que la blanchité et le fait d’être un bobo ça a un rapport)-
Ema
InvitéSauf que « blanc », même avec tout la mauvaise foi du monde, ne pourra être utilisé que pour désigner des. personnes à l’ascendance manifestement européenne., il y a donc un certain degré d’invariabilité. L’usage qui est fait du mot bobo à contrario laisse à penser que même les éléments supposement essentiels à sa définition, par exemple concernant les revenus élevés, peuvent être congédiés en fonction de ce qui arrange le locuteur. Locuteur qui, en faisant rentrer au chausse pied dans ce mot tout ce qui lui paraît une altérité antipathique, en dit beaucoup plus sur ses propres affects que sur la catégorie sociale qu’il prétend désigner. Si tu
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PE
InvitéComme quoi la seule acception tenable de « bobo » c’est bien : petite plaie sans gravité, ou la blessure la fausse
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Delphine
InvitéAvant de lire l’entrée « Trottinette » de « Boniments », entrée à laquelle est rattachée la notion de « bobo », j’aurais dit qu’un bobo est une personne bourgeoise de par ses revenus confortables, mais ne votant pas à droite comme la plupart des bourgeois, mais votant plutôt en faveur de la gauche socialiste (si ce parti existe encore – en tout cas ne votant pas pour l’extrême gauche LFI). Comme expliqué dans « Boniments », les bobos sont une catégorie sociale indéfinie, au sujet de laquelle chacun a sa théorie. Plutôt assimilés à une classe sociale de gauche il y a quelques décennies, les bobos sont dorénavant complètement considérés comme des bourgeois. Comme dit François dans « Boniments », « le bobo a bon dos », et à la question « qui prend pour quels autres ? », on se rend compte que, de par leur comportement et leur mode de vie, bobos = bourgeois, d’où le fait qu’ils soient en première ligne de mire pour être critiqués. Concernant les trottinettes, assimilées aux bobos, j’ai l’impression que ce phénomène (ou fléau – si on met en avant leur dangerosité) est présent dans toutes les classes sociales, de la plus populaire à la plus bourgeoise. La fin de l’entrée « Trottinette » résume bien le monde dans lequel nous vivons et son paradoxe : les « amuse-galeries » sont à la fois contemplés et critiqués. Cette observation est également applicable, et en premier lieu, je pense, aux téléphones portables (François les mentionne au cours de certains entretiens) : tout le monde trouve que ce sont des objets précieux, parce qu’indispensables, mais tout le monde pense aussi que c’est devenu un fléau.
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Ema
InvitéCette histoire de bobo à trotinette est d’autant plus risible quand on voit aujourd’hui le nombre de prolo qui utilisent ce moyen de locomotion pour se rendre au boulot (en banlieue c’est manifeste), sans parler des livreurs Uber, notamment à Paris. La trotinette électrique est pour beaucoup un moyen (dangereux certes) de se déplacer rapidement sans voiture et en économisant un pass naviguo, sans le côté encombrant et sportif du vélo.
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françois bégaudeau
InvitéLa grande foison-confusion de cette page prouve que décidément on vit beaucoup mieux sans le mot.
Et absolument d’accord avec E. Novis pour dire que « boomer » est tout aussi nébuleux, procédant de cette sociologie à la serpe qui est la science officielle de la bulle médiatique (médias sociaux compris). Ce que Bourdieu appelait une sociologie sans sociologie.-
Isaac
InvitéC’est vrai, je le concède.
Mais quelque chose me tracasse. Dans la ville de banlieue où je vis, il y a une association qui est un espace pour exposer le travail d’artistes ou de performeurs. Il y a des évènements parfois, et le public qui y participe, c’est comme s’ils appartenaient à un réseau bien défini. Ce ne sont pas des banlieusards comme les autres, ou du moins, pas du tout le même genre que mes voisins. Si ce ne sont pas des bobos, qui sont ces gens qui s’intéressent à l’art, qui ont un espace à eux en tant que réseau, qui ne doivent pas gagner des mille et des cents et que je n’oserais pas nommer des bourgeois mais qui ont probablement hérité de culture légitime? Comment appréhender l’exclusion de fait, sûrement pas souhaitée par ces gens, des habitants des barres? Qui sont ces deux réseaux de gens?-
françois bégaudeau
InvitéLes gens que tu décris peuvent être catégorisés comme petite-bourgeoisie intellectuelle.
Quant au fait que les classes populaires ne participent pas à ces manifestations culturelles, c’est un sujet en soi, qui est un classique de la sociologie critique . Le terme de bobo n’aide en rien à le traiter.
Lorsque, étudiants, mes ami-e-s et moi allions voir un Antonioni au ciné d’art et essai de Nantes, il n’y avait pas non plus de prolos dans la salle. On payait 2 euros notre place (à l’époque, 10 francs), ça nous arrrangeait, la plupart d’entre nous avions peu de fric. Et donc comment nous classer alors? Etudiants précaires? Gauchistes précaires? Intellectuels précaires? Tout ça, oui. Mais à l’époque le mot bobo n’existait pas et de toute façon il n’aurait servi à rien.-
Isaac
InvitéPourquoi « bobo » ne serait pas synonyme de la petite bourgeoisie intellectuelle? Et pourquoi ne permettrait-il pas de traiter ce problème puisque les prolos vont percevoir cette petite bourgeoisie intellectuelle comme étant des bobos?
Chez la petite bourgeoisie intellectuelle, il y a quand même le côté où ils sont vexants non pas parce qu’ils auraient plein de pognon vu qu’ils l’ont pas, mais parce qu’ils sont vachement calés quoi
Tu parlais de bourgeois sans capital culturel: dans le film Le Goût des Autres, le personnage de Jean Pierre Bacri en est un et c’est limite un prolo par rapport à sa prof d’anglais qui pourtant est précaire-
Malice
InvitéMais si le vexé cherche à vexer on n’en sort pas.
Et c’est l’escalade.
Et c’est le drame.
Et on retrouve un prolo et un bourgeois intellectuel baignant dans leur sang devant le ciné d’art et d’essai qui programme l’Avventura. Alors qu’ils auraient pu aller manger des frites ensemble.
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Cyril
InvitéSur la trop grande extension de bobo, je fais partie des gens que Bégaudeau cherche à « sauver » de cette catégorie infamante, un prof précaire qui vote LFI, et pourtant je peux comprendre que des plus prolos que moi me perçoivent comme un bobo, parce qu’il ne faut oublier le capital culturel, qui me permet de fréquenter de vrais bourgeois, le prof de piano est tellement plus respecté que la femme de ménage…
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françois bégaudeau
InvitéLes prolos de 1995 ne t’auraient pas vu comme « bobo » car le mot n’était pas à disposition. Ils t’auraient éventuellement vu comme un bourgeois – ce qui eut été en partie erroné.
Puis le mot bobo est arrivé en force, et tant de gens (souvent bourgeois, souvent de droite) ont eu intéret à le répandre qu’il est arrivé jusqu’aux oreilles des prolos (comme les mots résilience ou pervers narcissique). Qui donc parfois l’utilisent, sans bien savoir ce qu’ils disent. -
Tristan
InvitéTu as dit ce qui me semble le mot important, le critère pertinent, dans cette affaire : capital culturel. Qui est bien un capital, autrement dit un ensemble de ressources, parfois mobilisables, et parfois transférables dans d’autres types de capitaux. Le point commun entre la petite bourgeoisie culturelle, le précariat intellectuel, et la grande bourgeoisie qui va à Cannes, c’est le capital culturel.
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françois bégaudeau
InvitéOui
Sachant que ce capital n’a pas le même contenu d’une catégorie à l’autre.
Et qu’on connait des bourgeois sans capital culturel.-
toto
InvitéAutour de moi le sens du mot boomer n’est plus une personne née après guerre, il a largement dérivé en « vieux con ».
Le mot est élégant et masque sa dureté.
L’expression boomer est bien raciste, racisme anti-âge, qui dit si tu as plus de 50 ans tu es forcément un gros con.-
toto
InvitéJe sais pas pourquoi mon post a atterri là, je répondais aux discussions au dessus.
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Oscar Spielmann
InvitéCes notions sont subjectives, évolutives et surtout très projectives non ? Ces mots sont là néanmoins, et ils restent…
Moi par exemple la dernière fois que j’ai utilisé le mot bobo, c’était vers l’an 2000 il me semble, et parler de bobo me semble vraiment être un truc de vieux !-
françois bégaudeau
Invitési seulement…
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graindorge
Invité@ Toto
ce système capitaliste est même entrain de regretter d’avoir imposer le mot » seniors » à 50 ans. Là, il essaye de commencer dès 45 ans… Les affaires sont les affaires camarade, vaut mieux ·qu’ils se sentent vieux le plus tôt possible » pour les pousser vers la sortie le plus tôt possible. Logique: si 1% a les 99% du gâteau, il reste combien pour les pauvres cons?
Ça me rappelle le film Amen, quand la petite fille de l’allemand gentil lui demande de l’aider à résoudre un exercice de calcul et il s’est effrayé de l’énoncé, de mémoire c’ètait » un jeune allemand pour ses études a besoin de x argent, un handicapé mental coûte dans un établissement coûte l’équivalent alors combien de jeunes allemands pourraient étudier sans cette dépense »…Mais tu crois quand même pas qu’ils vont juste créer la zizanie entre ceux qui ont peu et ceux qui n’ont rien? Il faut la zizanie entre des jeunes, des moins jeunes, des vieux et des carrément vieux…
ici, un plongeon a été fait: un couple avec 2 salaires de 1200 nets environ vit dans une caravane sur une plage en toute » illégalité » car les loyers ont flamblé…
ça tiendra jusqu’à ce que ça ne tienne plus. Alors, en juin, j’irai voter La France Insoumise et dare dare
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Ema
InvitéJ’ai brièvement bossé dans l’hôtellerie et y ais pas mal rencontré d’ex étudiants très cultivés mais déclassés, (comme moi en fait), qui tentaient tant bien que mal de maintenir dans leur emploi du temps sorties culturelles et lectures, et poursuivaient pour certains leurs etudes en parallèle dans l’espoir de se sortir enfin de là. Ces gars et ces filles là ne se sentaient pas vraiment en phase avec le reste du personnel aux parcours plus communs, plus franchement « prolo » disons, et je pouvais déceler une distance réciproque et un brin hostile car eux meprisaient leur job qu’ils considéraient comme alimentaire tandis que les autres s’y investissaient beaucoup. Petite bourgeoisie intellectuelle je ne sais pas si ca fonctionne pour eux mais oui la distinction était bien réelle.
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Ema
InvitéJe precise que le « comme moi » visait surtout le déclassé et non le très cultivé, qui sans fausse modestie serait franchement poussif me concernant.
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Isaac
InvitéMais alors dans cette situation, puisque les uns voient probablement leurs collègues comme des beaufs et les autres comme des bobos, pourquoi ne pas assumer avec fierté dans les deux groupes ces termes péjoratifs pour en faire une fierté et constituer une alliance politique contre la vraie bourgeoisie qui méprise ces deux groupes et les appelle d’ailleurs comme ça?
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Ema
InvitéBen dans ce cas tu connais le titre du bouquin qui te reste à écrire pour remédier à cette situation
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Ema
InvitéMais attention au plagiat quand même
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françois bégaudeau
InvitéOui au retournement du stigmate en fierté. Mais ce que la bourgeoisie stigmatise chez le supposé bobo, vu comme bourgeois de gauche, c’est son coté gauche et non son coté bourgeois.
S’il s’agit donc d’assumer un stigmate, prenons plutot celui là : gauche. Ou gauchiste. Ou islamo-gauchiste. Ou indigène. Ou Kanak. Ou punk – étiquette née d’un retournement de stigmate.
Tiens à propos est ce que le bobo écoute du punk? Comme le bobo fait à peu près tout et son contraire, j’imagine que oui.-
Charles
InvitéPersonne n’écoute du punk, François.
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françois bégaudeau
InvitéAh oui merde j’oubliais
Mais alors pourquoi tant en parlent?
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Isaac
InvitéC’est l’association des deux qui est stigmatisée: bourgeois et de gauche
Ce que veut la droite c’est que les bourgeois soient juste de droite, dire au bourgeois de gauche « tu n’as aucun intérêt à être de gauche, arrête de faire ton intéressant, ta position sociale n’est pas cohérente avec ton discours »
(Limite le bobo est à la bourgeoisie ce que le facho est au prolétariat dans ce sens )
Après tout, un bourgeois qui veut consommer autrement ça peut vite devenir un bourgeois qui veut produire autrement, ce qui peut être perçu comme un danger interne dans la classe bourgeoise et expliquer les discours de Sarkozy hostiles aux « bobos » (d’après sa propre locution) qui voulaient acheter directement à la ferme, au delà du fait de séduire un peu les prolos
Que des bourgeois puissent avoir sincèrement des prétentions libertaires et émancipatrices pour l’ensemble du corps social ça me paraît très sain
Autant avoir des alliés parmi ceux qui ont des leviers d’action de par leur situation qu’être dans une pure confrontation de classe qui du coup serait perdue d’avance pour le prolétariatJ’avais bien aimé ce que disait Aurélien Barrau sur thinkerview en assumant d’être un bobo, un privilégié qui pouvait travailler tranquillement, par exemple au café le matin plutôt qu’au bureau, et qui expliquait que le but c’était d’étendre les conditions agréables de travail que les universitaires dans ce cas pouvaient avoir comme une sorte de privilège plutôt qu’être dans le truc de droite où tout le monde doit souffrir et en chier au boulot (ce qui est en train d’advenir j’ai l’impression)
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françois bégaudeau
InvitéJe vois que tu es exactement au meme point qu’au début de cette discussion.
Où se confirme l’inutilité de discuter.
Tu affirmes donc ce qui t’arrange : le bourgeois, dans le bourgeois de gauche, n’aime pas le bourgeois et la gauche. C’est à dire que le bourgeois n’aime pas le bourgeois. C »est absurde.
Je le maintiens : ce qui gene dans le bourgeois de gauche, c’est la gauche. Ce qui gene dans le metteur en scène qui soutient un collectif de sans papiers, c’est qu’il soutienne les sans papiers. Retirez ce soutien et gardez l’éthos bourgeois, le bourgeois de droite vous tiendra pour un ami.
Quant à savoir si la lutte politique a besoin de bourgeois, la réponse est absolument oui. Beaucoup de bourgeois ont participé aux luttes d’émancipation. Et se sont même postés à leur avant-garde. Et nous n’avons absolument pas eu besoin du mot bobo pour l’observer dès le dix neuvième et même bien avant – du coté des jansénistes, par exemple. -
françois bégaudeau
InvitéJe te propose un deal : tu continues à dire bobo – ça te fera un point d’entente avec Eric Zemmour – et moi je continue à ne pas le dire
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Isaac
InvitéFranchement je comprends pas
Le metteur en scène qui soutient les sans papiers dérange parce qu’il est metteur en scène et qu’il soutient les sans papiers
Et oui effectivement, si ce metteur en scène enlève ce soutien et continue à mettre en scène la vie bourgeoise, la bourgeoisie de droite le verra comme un ami
Pourtant, s’il était pas metteur en scène et qu’il serait un éboueur soutenant les sans papiers, il gênerait moins, ça serait comme plus attendu
C’est l’association des deux qui fait peur à la bourgeoisie, puisque ça affaiblit l’unité de classeOk pour le deal, je consens au fait que nous ayons épuisé ce sujet
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Tony
InvitéC’est toujours pareil avec les bourgeois de gauche ils aimeraient que les prolos vivent comme eux mais y en pas un qui serait d’accord pour ramasser les poubelles et nettoyer les toilettes,leur truc c’est rêvasser sur eux-mêmes en se croyant au-dessus de la mêlée.
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Malice
InvitéLes prolos sont-ils vraiment d’accord pour récurer les chiottes?
J’ai connu au moins une femme de ménage qui aurait préféré ne pas. Mais elle n’a pas obtenu le changement de poste qu’elle espérait. -
Tony
InvitéComme tu le sais un bourgeois a l’embarras du choix,la femme de ménage en a moins…
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Isaac
InvitéOuais mais bon si le but c’est le communier dans la souffrance, la pénibilité et l’humiliation crions « Vive la mort » et ça sera réglé
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Julien Barthe
InvitéDans le cas des chiottes, on tient une forme de vulgarité du bourgeois, de grossièreté du dominant et on peut s’écrier : « Mais qui peut accepter qu’ un .e autre nettoie ses chiottes ? ».
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Tony
InvitéBien vu,petite anecdote,qui n’a pas grand chose à voir en fait mais qui m’y fait penser,ce matin je vais vers un acenseur où quelqu’un,que je ne connais pas,de type asiatique, vietnamien peut-être,il a un tout petit sac poubelle avec lui,il m’a laissé, après pourtant quelques protestation de ma part,prendre l’ascenseur sans lui, j’ai compris qu’il ne voulait pas m’incomoder avec son sac, anecdote sans intérêt mais assez frappante.
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Eden Lazaridis
InvitéTu fais bien de préciser son origine car seul un asiatique peut être aussi sympathique et prévenant. Je pense qu’un arabe serait rentré dans l’ascenseur en se fichant totalement de t’incommoder.
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Tony
InvitéTu sais j’ai un voisin algérien dans mon immeuble,il est adorable, toujours là quand on a besoin d’un coup de mains,il a un copain boulanger qui lui donne ses invendus en fin de journée et il nous en fait profiter aussi,il ne cède peut-être pas sa place dans l’ascenseur mais il a d’autres qualités.
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Eden Lazaridis
InvitéOulah tu es donc en train de me dire que les arabes peuvent être sympathiques ? Ok, laisse moi 24 heures pour digérer l’information, je reviens vers toi après.
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Tony
InvitéAh oui désolé je t’ai pris pour un facho,je n’avais pas vu l’ironie,on finit par s’y perdre ici.
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Eden Lazaridis
InvitéJe vais te dire si les gens luttaient autant que toi contre les préjugés, le monde serait plus un endroit plus paisible.
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Tony
InvitéMerci pour ce commentaire,j’oeuvre en effet pour la paix dans le monde.
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Tristan
InvitéAh oui, je vois bien ça.
J’raconte un peu ma life. De 19 à 22 ans, j’ai fait les vendanges autour de chez moi en attendant la reprise des cours à la fac. Les autres jeunes avec moi n’allaient pas à l’université, et ça créait nettement un décalage dans le rapport qu’on avait à cet emploi, qui avait pour moi une place très marginale (c’était une expérience intéressante, mais bon, les choses sérieuses étaient ailleurs), et qui était central pour beaucoup d’entre elles et eux (souvent, les ouvriers méritants embauchés aux vendanges pouvaient espérer quelques heures dans l’année, à la taille par exemple). Celles et ceux que je retrouvais là, guidé tant par le faible capital économique que par un gout du populaire, l’un et l’autre hérités de mon extraction au sein de la petite bourgeoisie assistancielle, je les avais quittés au collège.-
Ema
Invité@Tristan
Oui en fait c’est un décalage qu’on retrouve probablement dans pas mal de métiers recrutant massivement et sans qualification préalable, d’un côté les étudiants qui sont là faute de mieux ou temporairement et de l’autre les non diplômés dont c’est la seule perspective professionnelle à long terme. Des fois ça se passe bien, et puis des fois, moins. En fonction des tempéraments, des âges et des egos. -
Ema
InvitéSinon c’est quoi la « bourgeoisie assistancielle »?
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Tristan
InvitéJ’ai lu cette expression chez Nicolas Renahy. Telle que je la comprends, ça évoque des métiers qui sont en contact avec les classes populaires, en soutien, mais qui, par leur maigre mais stable capital économique et par leurs pratiques culturelles tendent davantage vers la petite bourgeoisie culturelle. C’est genre assistantes sociales et tout.
Je ne garantis pas sa validité scientifique, mais c’est une catégorie qui me parle.-
Ema
InvitéTrès bien, merci pour la clarification.
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Dilaw
Invitéj’ai absolument pas lu vos discussions d’en haut car le sujet ne
m’attire finalement pas ^^’ en revanche merci François, je me
suis souvenu quand tu me disais qu’employé le dit mot
encombre beaucoup les esprits, cette discussion l’illustre très
bien. sur ce je vous laisse donc discuter tranquille, mais avant ça,
j’aimerais rajouter une chose, une comparaison de ce sujet avec autrefois
au xix siécle ce qu’on appelait le lumpen prolétariat (sous prolétariat)
ou aristocratie ouvrière aussi, certains premier communiste refusait de
recourir à ces termes car ils complexifie plus les choses et au final ils finissent
par ne pas aider à mieux cerné les bail dans la société. En ce sens vaut mieux
s’entretenir avec le langage le plus simple possible et le plus fidèle pour moi au
réel qui consiste à nous éclairer davantage quelle classe opprime et laquelle est
opprimé, le reste comme dirait dali c’est du fromage.
Et n’oubliez pas que les médias bourgeois comme vous le rappelez en haut
aiment bien à recourir à ces sujets là pour ne pas être obligé de parler du
seul vrai sujet qu’est la grande bourgeoisie parasitaire de l’économie, de la
vie social.[Bien que je ne nie pas qu’ils
restent toujours intéressant à étudié bien sur ^^
mais vaut mieux pour moi alors se fier aux
études universitaires avec le peu qu’il y a
(lumpen prolétariat, bobo, aristocratie ouvrière…e.tc désolé pour cette
take élitiste, mais j’aime bien le domaine universitaire lol)]. -
Dilaw
Invitésalut ça va les gens, bégaudeau, l’algérien qui viens souvent à chaque absence par mois XD …
Force à tout les peuples sur terre ! et surtout à Gaza !-
Eden Lazaridis
Invité« l’algérien qui viens souvent à chaque absence par mois » : à ce niveau d’opacité, on frôle la poésie.
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Caibour
InvitéEt toi tu t’es pas dit que tu frôlais la petitesse.
Peut-être que le mec est algérien, et qu’il écrit le français comme toi, tu le penses !!!-
Eden Lazaridis
InvitéFrôle la poésie est un compliment dans ma bouche.
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Eden Lazaridis
Invitéfrôler
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Eden Lazaridis
InvitéMais tu as raison de t’indigner, mon dieu que c’est grave.
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Nuelle
InvitéJ’ai toujours trouvé ce terme nébuleux, me laissant perplexe, et ne l’ai jamais utilisé… en tout cas ce que j’ai pu remarquer, c’est que le bobo, c’est toujours l’autre, jamais soi – entendu dans la bouche de nombreuses personnes en parlant d’autres, qui pourtant m’avaient l’air peut-être d’en être, de ce que je croyais peut-être vaguement en avoir compris. Me faisant me poser la question à moi-même « en suis-je une puisque je ne pense pas en être ? » ^^
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Isaac
InvitéÇa vaut peut-être le coup de se demander si ce mot gêne parce que, logiquement, il n’a pas de sens ou si parce que dans l’absolu il faudrait se l’attribuer à soi-même et que ça, on ne le veut surtout pas?
Personnellement, je me considère un peu comme un bobo et ça ne me pose pas de problème. Ce n’est pas un mal d’être de gauche avec le peu de culture et de connaissances qu’on peut avoir et d’assumer que sans ces connaissances, on glisserait peut-être à droite, vu que c’est la tendance de fond -
Dilaw
Invitéperso ça fait longtemps que je m’étais convaincu que je le suis.
XD
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Isaac
InvitéBon cette vidéo m’a convaincu
Je dirais gauchiste dorénavant, sans oublier l’aspect capital culturel et petit bourgeois intellectuel qui permet justement d’être de gauche plus facilement que pour les prolos
Et donc on peut être un bourgeois gauchiste -
Carpentier
InvitéPensé au titre de ce sujet tiens, en lisant la bd de Jim et Lounis Chabane: L’érection.
Dans leur tome 1, la femme du couple, personnage principal de l’histoire, explose à propos de l’appart parisien pierre de taille, hérités des parents du gars:
’ Je l’avais senti dès le début, c’est bourge ici, ça sent le vieux. T’as beau peindre et repeindre, les murs sont imprégnés de l’odeur de vieux, ça part jamais.
– Pense ce que tu veux, personnellement, j’adore cet appartement.
– Et même le quartier…. ces bobos partout, ça déteint sur nous, cette bobotisation… On n’était pas comme ça avant! On devient conventionnels, fades…
– Tu regrettes Antony et le RER, toi? Première nouvelle!
– Je regrette ce qu’on était à Antony, oui. ’
Et on repart ensuite sur cette histoire d’érection chimique, de désir médicamenteux, idée cadeau d’anniversaire du gars, dont la nana ne se remet pas.
Bobotisation? intéressant.
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AuteurMessages
