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..Graindorge, le il y a 5 mois et 1 semaine.
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AuteurMessages
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pifou
InvitéDe François Bégaudeau
A partir de situations vécues, observées ou fictives, l’écrivain scrute la société bourgeoise et ses contradictions. De l’agacement suscité par des enfants bruyants dans un train à la fierté d’aider une femme à monter sa poussette dans les escaliers du métro, il tente de saisir les idées inconscientes qui structurent les individus ainsi que les ressorts de leurs actions.
Aux éditions Amsterdam
A paraître le 04/04/2025
Broché 224 pages -
PeggySlam
InvitéMerci ! Je prends note
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Frezat
InvitéQui rédige le pitch des bouquins ? L éditeur ?
J espère que fanfoué fera donc son autocritique si il parle de la bourgeoisie 😀-
Claire N
InvitéTon commentaire est agaçant
Le livre n’a pas encore paru que tu te précipite pour chercher ta pitence : un brouet de vinaigre-
Frezat
InvitéOn ajoute des huiles et des moutardes, de l ail et on obtient une succulente vinaigrette pourtant .
🥰-
Claire N
InvitéJe te conseille plutôt la recette de Nietzsche, toi qui envie l’estomac des autres et te nourris pourtant d’acidité : avale donc un crapaud pour soigner ta dyspepsie
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Frezat
InvitéJ’ai le même bidon que fanfoué mais moi j ai un potager.
Ta bave ne m attend pas.
Elle me distrait dans ce voyage de retour sur mes terres.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl a échappé à Frezat, qui ne me lit pas, que bien des passages de mes essais proposent une socio-analyse, qui fait droit à ma composante bourgeoise, ainsi qu’à ce qui, en moi, échappe à cette catégorie
Il lui échappera qu’au moins deux textes de Psychologies rééexaminent cette question, notamment un qui s’appelle « Mon milieu ». Il part de mon irritation devant un ami provincial qui dit : « ton milieu ». Il scanne cette irritation, postulant que ce « ton milieu » est irritant parce qu’il est faux, et irritant parce qu’il est vrai. Le texte tachera donc de spécifier en quoi il est faux et en quoi il est vrai. En quoi ce milieu n’est pas le mien, mais quand même un peu.-
Frezat
InvitéOui tu souffres d un embourgeoisement honteux.
C est pas grave tu devrais pouvoir t en remettre facilement.
😘-
François Bégaudeau
Maître des clésEn bon toxique, tu moralises la question plutot que de l’analyser.
Le genre à danser un soir de mort de Le Pen, quoi.
On appelait ça la gauche morale, on devrait peut-être appeler ça la gauche qui a décidé de mourir idiote.-
François Bégaudeau
Maître des clésou la gauche émoji?
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Frezat
InvitéLa gauche prolétaire donc.
😃
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Sylvain
Invité@Frezat :
« Oui tu souffres d un embourgeoisement honteux.
C est pas grave tu devrais pouvoir t en remettre facilement. »Dans « Histoire de ta bêtise », il n’y a pourtant ni « souffrance », ni « honte » autour de cette question « d’embourgeoisement ».
Il n’y a d’ailleurs pas « d’embourgeoisement » non plus.
Tout juste un passage sur une « composante bourgeoise » effectivement, composante qui n’est pas grand chose en comparaison de celle d’un Juan Branco ou d’un Gabriel Attal.-
Frezat
InvitéOui d où le terme embourgeoiesement pour fanfoué alors que les deux que tu cites sont nés dans ce milieu
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Sylvain
InvitéNon. Mais si par « embourgeoisement » tu veux simplement dire que François vit un peu mieux que ses parents, c’est probable.
Mais ce sont deux choses différentes. Ou alors à une époque aujourd’hui révolue, la France entière s’est « embourgeoisée ». Donc ce mot n’aurait plus de sens.
Toujours dans « Histoire de ta bêtise », il y a la description, par exemple, de son intérieur.
Quelqu’un qui se serait « embourgeoisé » ne vivrait pas comme cela. Au contraire, il en aurait profité pour investir dans du mobilier autre, mais aussi de la fringue, de la bonne bouffe également (d’essais en essais j’ai l’impression que François ne mange pas très bien : il est souvent question de carottes râpées en barquette…).
Il n’y a donc pas « d’embourgeoisement ». Il y a au mieux un certain revenu, sans doute confortable mais sans être astronomique non plus (à mon avis hein, je n’ai pas ne nez dans ses comptes). La question est que fait-on de ce revenu ? Je pense qu’il n’en fait rien de « bourgeois » à proprement parler. -
Ostros
InvitéAh… les carottes râpées en barquette…
Scène mythique.
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Sylvain
InvitéJe n’ai pas osé la poster… c’était pourtant bel et bien à quoi je pensais (mais cette histoire de carottes râpées revient fréquemment dans ses livres aussi).
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BIOGRAPHIE
InvitéDepuis quand le fait d’avoir une hygiène douteuse est incompatible avec le fait d’être un bourgeois?
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Sylvain
InvitéPersonne n’a dit ça. TU dis ça. Tu projettes.
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BIOGRAPHIE
InvitéToujours dans « Histoire de ta bêtise », il y a la description, par exemple, de son intérieur.
Quelqu’un qui se serait « embourgeoisé » ne vivrait pas comme cela. -
Sylvain
InvitéEt la suite : « Au contraire, il en aurait profité pour investir dans du mobilier autre, mais aussi de la fringue, de la bonne bouffe également ».
A part toi, personne ici n’a parlé d’hygiène douteuse.
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BIOGRAPHIE
InvitéSylvain: Ouais, je suis le seul à parler d’hygiène douteuse ici, c’est un fait. Ceci dit sur Youtube on trouve des commentaires qui évoquent la question de l’hygiène comme en atteste ce commentaire:
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« un peu crasseuse la cuisine, françois »
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Ou ce commentaire qui fait 39 likes:
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« Ptdr ca c’est vraiment une hygiène d’anarchiste »
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Puis bien évidemment ce commentaire qui est le plus liké avec 40 pouces:
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« Qualité Eco+, on dirait chez El Pueblo. »
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Reste que tout ça n’a rien d’incompatible avec le fait d’être un bourgeois contrairement à ce que tu prétends. Le fait d’avoir le droit de cité dans les médias, d’être invité à s’exprimer publiquement à gauche ou à droite ou encore de ne pas être soumis au chantage à la survie qui se joue pour l’immense majorité des gens autour du marché du travail car François vit de rentes associées à sa propriété intellectuelle par contre ça dit quelque chose de la vraie situation de François dans notre société. -
Sylvain
InvitéDialogue de sourd…
Je ne suis pas responsable de centaines de commentaires YouTube qui brodent autour d’une « ‘hygiène déplorable » dont je le rappelle tu as été le seul à parler ici.
Je ne sais même pas où tu veux en venir (le sais-tu toi-même).
On en discutera peut-être un jour de vive voix quand le temps te sera clément ? -
Sylvain
InvitéErratum : pas « déplorable », « douteuse »
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BIOGRAPHIE
InvitéSylvain: Fait l’effort de comprendre ce que tu lis, ça t’éviteras de boucler sur le fait que je suis le seul à soutenir ici que François a une hygiène douteuse quand je te le concède sans sourciller.
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« On en discutera peut-être un jour de vive voix quand le temps te sera clément ? »
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T’es drôlement con comme garçon, c’est dingue. Je veux dire que j’étais venu te chercher sur le thread cinema pour t’inviter à me répondre sur le forum principal et je n’ai jamais rien vu sur le forum principal. T’as peut être fini par répondre, je n’en sais rien, mais de mon côté quand je vois que la réponse ne vient pas, je passe à autre chose. Parce que t’es bien gentil hein avec ton histoire de temps mais je passe dans le coin quotidiennement donc je suis pas difficile à trouver ni à relancer. -
Frezat
InvitéJe suis choqué.
Des carottes déjà râpées….
Truc non pas de bourgeois mais de faignasse extrême -
Claire N
InvitéOu l’on voit quel patron de femme au foyer tu ferrais – n’est-ce pas préférable de considérer « c’est celui qui dit qui fait « ?
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BIOGRAPHIE
InvitéClaire N: J’ai mangé des carottes râpées ce midi et c’était pas de la carotte râpée noyée dans l’huile, c’était de la carotte râpée par ma maman avec une vinaigrette maison. Du coup c’est marrant que ça remonte parce que j’y pensais justement à cette histoire de carotte rappée. Le karma comme on dit.
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Claire N
InvitéWoua ! Comment c’est tout magnifié !
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Le Ron
InvitéSi je peux réagir seulement sur ce point ; une hypothèse :
Est-ce qu’un signe d’embourgeoisement pourrait justement être de pouvoir se dispenser de sur-investir la dimension matérielle de sa vie. Et Par instinct de survie. Je m’explique.
Ici une personne diplômée, qui jouit de la reconnaissance (d’une partie) de ses pairs, vit (au moins en partie) de sa production artistique, etc.
Dans les analyses des inégalités, on situe l’inégalité la plus distinctive au niveau du patrimoine, et non pas au niveau de salaire, qui connait des écarts moins impressionnants, au moins jusqu’au 8eme décile.
Ce qui créé une course au patrimoine, répandue dans les classes les plus populaires et mène à des situations ambivalentes :
– [Ici je parle de ce que je connais et rien d’autre] Mes parents, pas de diplômes, au boulot à 16 ans. Faibles revenus. Incertitude sur l’avenir et leur capacité à s’assurer une retraite. Investissements immobiliers avantageux, mis en locatif. Commencer par vouloir mettre du beurre dans les épinards, se retrouver rentier. Accession un peu malgré soi (ou de fait) à la classe moyenne. Souci de préserver ses biens, de les faire fructifier. Finit par voter mollement à droite. Je précise venir de Bretagne, terre d’anciens cathos de gauche tombée dans le macronisme. Oui : beaucoup de laborieux, de familles pauvres ayant hérité de terre, de « petits propriétaires ».
[Je ne crois pas dire un truc tellement original hein, vous m’excuserez. Mais l’église, le milieu, le village, tout ça.]
Certes, la France s’est largement embourgeoisée, si on veut dire par là qu’elle a gagné en qualité de vie, qu’elle a pu accéder au patrimoine. Je pense que n’importe quel RMIste a au moins 3 esclaves énergétiques en Asie du Sud Est ; ça n’en fait pas un sujet, ni n’abolit les clivages sociaux, politiques…Sur la papier, F. begaudeau gagne peut être moins par mois que mes parents, possède moins. Pour autant ça ne me viendrait pas à l’esprit de dire que mes parents se sont embourgeoisés, ni que F. begaudeau n’en est pas un [de bourgeois]. J’ai même plus tendance à penser qu’il l’est d’autant plus par son détachement.
Il peut manger ses carottes râpées en barquette à 40 piges oui, s’il veut, parce-qu’il a le luxe de la flemme et de vivre en éternel « étudiant précarisé ». Je n’ai que ça autour de moi : des potes profs ou sciences pistes qui adorent se raconter « qu’ils ne jouent pas ce jeu là » parce-qu’ils mangent des pasta box 3x / semaine. Ne se sentir pressé par aucun besoin de multiplier ses sources de revenus ni de cumuler est davantage, à mes yeux, un signe d’embourgeoisement que l’inverse. Je n’ai pas vu voir que F. Begaudeau contestait la nature bourgeoise des étudiants précaires qui votent LFI ou étudient les sciences-hu.
Je note qu’on met plutôt au crédit de F. Begaudeau de vivre de la sorte ; c’est un privilège de jugement tout bourgeois. Combien d’auteurs, d’artistes de bourgeois en ont fait un mode de vie : Sandor Maraì, Confessions d’un bourgeois. Fils de petit avocat Hongrois, traverse l’Europe, habite des taudis, mange sur le pouce, ne vit que de piges. Se définit comme bourgeois complet (il a ce franc courage de déplaire), ne se sent pas à l’aise dans les bistrots ouvriers, a le seum d’habiter les faubourgs quand il vit à Paris, ne comprend rien aux mouvements sociaux / révolutionnaires du début 20e. Ça n’est pas le cas de Begaudeau attention (pour la méfiance envers les mouvements sociaux ; si ce n’est qu’il s’est déjà autorisé à faire le tri) !
Bref, oui sa position est ambiguë socialement. Et je reconnais (en tant que lecteur déjà) qu’on lui pardonnerait plus facilement s’il assumait sa posture franchement aristocrate : il ne vit pas en marge, mais juste assez pour s’enorgueillir de parler aussi bien du dehors que du dedans. C’est la jurisprudence Juan Branciste.
En tout cas, il ne manque pas grand chose à son « courage aristocratique de déplaire ».
Peut-être d’assumer la pierre angulaire (j’ai un grand panneau « ça n’engage que moi » dans les mains) de son statut bourgeois : sa distinction culturelle. C’est encore un autre sujet, plus passionnant, moins difficile à analyser. Et le sujet du goût populaire semble toujours l’embrasser en définitive (Le premier qui me sort l’argument du Punk, je le sors).
Pour me situer : je me fie pour écrire ce post à ce que je sais de F. Begaudeau grâce à ma lecture d’ « Histoire de ta bêtise » et de « Boniment. Le reste je ne le sais que par ses interventions ici ou là : Interviews, Gêne occasionnée, etc.Bien sûr, rien de ce que j’ai dit n’interdit d’écrire sur la bourgeoisie, ni d’en critiquer l’habitus, les affects. Mais je sens encore trop de contentement de soi chez F. Begaudeau pour trouver sa critique vraiment édifiante ou, au moins, stimulante.
En tant que lecteur/spectateur, c’est la façon dont F. Begaudeau gère la tension entre approche individuelle (plus littéraire) et approche politique ou systémique qui me rend sceptique.
J’ai largement excédé mon point, mais ça me titillait. Et je parle malgré moi d’un bouquin que je n’ai pas lu, mes excuses. -
Le Ron
Invité– oui y’a des fautes de frappes, le premier qui me le fait remarquer se grille –
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Ostros
InvitéAu fait je ne comprends pas pourquoi certains veulent absolument que François ait une mentalité et une attitude de riche (amasser, conserver du patrimoine). Il vit tel que son corps lui dicte qu’il aime vivre. Il a donné à lire son mode de vie dans un livre et depuis certains se sentent de le taxer d’hypocrite. De l’autre côté du spectre on trouve des militants qui se demandent bien pourquoi François ne va pas à fond dans son gauchisme jusqu’à embrasser la cause avec ses coudes et ses poings. Au fait François vit tel que les jours lui soient agréables, donc en misant sur le gain de temps à accorder à ses plaisirs. Qui sont écrire et lire principalement. Donc il investit très peu de temps dans les choses qui accaparent les bourgeois qui sont l’achat, la collecte, la rénovation de son bien, faire fructifier son patrimoine etc. Cela c’est le plaisir de tes parents, c’est leur tempérament. François a d’autres choses plus urgentes, nécessaires, nourrissantes, vitalisantes à faire. Cela tu peux l’entendre je pense.
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Seldoon
Invité« Je n’ai que ça autour de moi : des potes profs ou sciences pistes qui adorent se raconter « qu’ils ne jouent pas ce jeu là » parce-qu’ils mangent des pasta box 3x / semaine »
Ils sont bourgeois en tant que membres de la petite bourgeoisie culturelle. Mais si quand tu dis « les bourgeois » tu penses aux profs alors oui, François est bourgeois. Mais tu remarques aussi que si les profs sont des bourgeois alors le mot bourgeois ne sert alors plus à grand chose. -
MerciEnEffet
InvitéLa faim justifie les moyens.
C’était un album de Garfield le chat, je recommande.
Je parle de fin, car la fin de ton pavé dit tout.
Tu préfères déblatérer sur le taux de bourgeoisie de FB, plutôt que de le lire.
Et je recommande de lire la réponse d’Ostros qui est assez carrée je trouve.
On se moque du degré de pureté militante ou bourgeoise.
Personne n’a le monopole de la gauche, de la lutte, du paradoxe, d’être humain, trop humain, en somme…
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MerciEnEffet
InvitéRéponse à le Ron
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François Bégaudeau
Maître des clésJe répondrais bien à ce post s’il était clair, mais aborder 256 sujets en 20 lignes n’est pas gage de clarté
Au passage, c’est tout de même assez bizarre de statuer sur la vie quotidienne d’un individu dont on ne sait à peu près rien -
François Bégaudeau
Maître des clésJe note tout de même qu’adopter un mode de vie non-bourgeois est bourgeois, ce qui laisse peu de place pour le non-bourgeois
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François Bégaudeau
Maître des clésLes carottes râpées sont bourgeoises, les non-carottes rapées sont bourgeoises, il s’agirait donc de trouver une diagonale entre les carottes rapées et les non-carottes rapées. On y travaillera.
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Alain
InvitéCe bourgeois non bourgeois n’est-il pas le bobo que tu es?
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C\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\
InvitéVendu, je l’achète sur Amazon, pour que Katy Perry puisse vanter l’amour de la Pacha mama bézosien, et moi arpenter en tramway, smartphone. Liseuse, ordi, la prose impertinente et toujours fine et sagace de monsieur l’hôte d’ici!
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Foie gras
InvitéPense a corriger ton pseudo, parce que plus tu écris de messages plus il y a de nouvelles barres qui se rajoutent.
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MerciEnEffet
InvitéDone! 😉🙏🏽
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C\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\\
InvitéIl semble avoir échappé aux guerrières aux seins coupés. Obligé de prendre ma douche mensuelle pour aller le grailler dans le metaverse à UVs.
La tuile.
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BIOGRAPHIE
InvitéMais ouais, vinaigre de balsamique, huile, moutarde, meilleure des vinaigrettes putain. Enfin là c’est l’hiver donc je vais plutôt aller me faire une pizza.
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Ostros
InvitéN’oublions pas À Brest qui est sorti le 07/02 et qui mérite qu’on s’y arrête, qu’on prenne le temps de le commenter. Pour ma part je le reçois en fin de semaine.
Il y a également la page Actu de François pour informer, qui recense les sorties littéraires et rencontres à venir, dont celle au théâtre Traversière en mars avec le collectif Othon.-
François Bégaudeau
Maître des clésle 14 mars en effet
à 18h30
du collectif Othon seront présent-e-s Joy, Gaelle, Steph, Juliette, bibi.
et y a un bar-
noir extatique
InvitéRdv est pris
Merci pour la nouvelle !-
PeggySlam
InvitéJ’aurais bien voulu rencontrer Joy mais trop loin pour moi. Bonne rencontre pour ceux et celles qui y seront
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pifou
Invité
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pifou
InvitéCe forum a été codé avec les pieds…
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Jeanne
InvitéCe titre, « Psychologies », me surprend.
Ce n’est pas un titre comme tu fais d’habitude, François.
Je te le dis comme ça, parce que c’est une réflexion que je me fais, mais ça n’a peut-être pas d’intérêt.
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Disons que c’est titre plat, on pourrait le dire comme ça (ce n’est pas péjoratif). Et il est vrai que si généralement les titres de tes livres ne sont pas « plats » (mais au contraire chargés et expressifs, à mon sens), tu travailles souvent (dans le corps de tes textes) avec la retenue, la neutralité, la non -expression, toutes choses non renvoyant au « plat ».
Donc tout va bien.
En tout cas il est en commande.-
Jeanne
Invitétoutes choses nous renvoyant au « plat »
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Ostros
InvitéFrançois Bégaudeau
Psychologies – parution 04 avril 2025 – 17 euros.
L’agacement suscité par des enfants bruyants ; la jalousie envers un écrivain plus célèbre que soi ; la joie de se dire « pas sur les réseaux » ; la fierté à aider une femme à monter sa poussette dans les escaliers ; la haine à l’égard d’un caissier de supermarché ; mais aussi la trajectoire d’une essayiste médiatique, la mauvaise conscience des bourgeois de gauche, la question de savoir ce qui fait tenir les exploités au travail, ou pourquoi il arrive que l’on pense, que l’on agisse, que l’on vote contre ses intérêts…
À partir de situations vécues, observées ou fictives, François Bégaudeau dissèque avec humour les affects de la société bourgeoise. Non dans le but de salir ou de ridiculiser, ni pour en tirer de grandes leçons sur l’humanité, mais pour tenter de saisir les idées obscures qui nous traversent, les ressorts parfois inavouables de nos actions, tout ce qui, échappant à notre contrôle, constitue notre part collective. L’écrivain se soumet au même examen féroce que ceux qu’il observe. Ni meilleur ni pire, il est lui aussi un matériau social.-
Ostros
InvitéPour pré-commander :
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..Graindorge
InvitéAmsterdam? Super! Ils vont me l’envoyer pour 3€ les frais de transport. Ça vaut le coup
Je subodore une Master Classe
« L’écrivain se soumet au même examen féroce que ceux qu’il observe. Ni meilleur ni pire, il est lui aussi un matériau social. » Le mot « féroce » ne pourrait-il pas
être remplacé par « lucidité » ? Ou un autre mot?
Je n’ai pas besoin d’être « féroce » avec moi-même pour changer. J’oserais même dire que je n’ai SURTOUT pas besoin d’être féroce avec moi-même pour changer ce qu’il y a à changer
Je négocie avec moi-même car une vie même longue est courte et le chemin est très long. La férocité m’épuiserait vite-
Ostros
InvitéFéroce pour dire cruel je pense. Féroce étant sans doute un mot de l’éditeur. La cruauté comme la lumière crue de la lucidité.
Il n’est pas question d’examiner pour changer quoi que ce soit, mais pour rendre les faits psychologique tels qu’ils sont.-
..Graindorge
InvitéTous ces mots sont de l’éditeur: l’écrivain, se soumet, au même EXAMEN, féroce, etc.
Ça manque de justesse bégaudienne?
« Il n’est pas question d’examiner pour changer quoi que ce soit, mais pour rendre les faits psychologique tels qu’ils sont. »
Pour rendre les faits psychologiques tels qu’ils sont , oui, je préfére » à la lumière crue de la lucidité.-
Carpentier
Invitéet du kif autoérotique qu’un jugement moral, social, physique, éducatif hâtif et humoral sur autrui, par exemple, lui procure;
ainsi, tout comment l’À Brest du Collectif qu’on sait, son Psychologies part d’une situation dans un train, comme je crois bien l’avoir lu-
Carpentier
Invité* comme ; )
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Carpentier
Invité+ À propos du chapitre Agacement de Psychologies (….)
2e partie de mon propos (voir si ce soir ça passe)(….) Psychologue social agacé par 1/4 de la communauté des Autres, cet sorte de miroir tendu en accueil du lecteur.rice qui commence le livre, ça met dans l’ambiance,
ça prévient qu’en y mettant le nez, on s’y vautrera ou se retrouvera, un peu comme avec le ’ tu ’ de son Histoire de ta bêtise.
Reste à voir si,,le nez dans le texte, on aura la force d’en rire, de rire de soi plutôt que des autres, de ce qu’on préférera projeter sur et attribuer aux autres.
Du moins faudra-t-il essayer au moins.
Pour composer avec le risque qu’on prend, en lisant Psychologies, de n’être qu’agacé.e justement.-
François Bégaudeau
Maître des clésrien compris
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Carpentier
Invitéen plus (rires)
pas graveL’agacement est le fait central de l’interrelation. Autrui me plaît, me stimule, m’amuse, m’intéresse, me sert des lasagnes, mais plus sûrement m’agace. Parmi tes collègues à la BNP, parmi tes camarades d’une asso citation de défense des zones humides, un bon quart t’agace. Leur gueule, leurs expressions, attitudes, intonations. La vie sociale est animale. La psychologie sociale voisine l’éthologie.
p.10
Je sortais de ces lignes-là ce matin, et ça m’a fait dire ça (le petit pavé incompréhensible) bon.
Passons, -
François Bégaudeau
Maître des clésTon envie d’un livre sympa ne doit pas paniquer. Ce n’est pas le scripteur qui est agacé par le 1/4 de la communauté, c’est chacun.
Mais peut etre que toi non
Toi tu n’es pas agacée par Ambre Chalumeau.
Ni par un prof raciste. -
Carpentier
Invitépeux-tu relire stp, ce que tu disais ne pas comprendre?
justement je m’incluais et disais comme toi à l’instant.
C’est pénible,Ton envie d’un livre sympa ne doit pas paniquer
Venant de toi, ça fait bien longtemps que, si jamais je l’ai un jour espèré, je ne m’imagine pas/plus du tout attendre le moindre truc sympa.
Pourquoi re déterres-tu une hache de guerre encore si accessible?
17€ que je suis allée payer en riant avec le gars de la caisse ne justifie en aucun cas cette salve matinale.
Tu crois vraiment que j’ai besoin de toi pour pas me faire de cadeau?
Me prends-tu pour Charlotte Casiraghi ?
Pour qqn d’ incapable de se moquer de cette fixette sur Chalumette? (je l’ai fait récemment ici 2 fois)
Pour qqn de complètement abruti et qui ne comprend rien à ce qu’il lit ou voit au ciné ça c’est sûr.
Ok.
Je te laisse l’espace qui t’es dédié, perdu assez de mon temps comme ça. -
Carpentier
Invitési j’attendais un livre sympa de ta part, je t’aurais comme tout le monde encensé avec ton L’amour.
Ce ne fut pas le cas, pour rappel -
François Bégaudeau
Maître des clésOui oui on se rappelle très bien que ce livre tu avais tenu à dire à quel point tu ne le lirais pas
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François Bégaudeau
Maître des clésPour info ceux qui betemen l’ont lu le tiennent pour un livre davantage cruel que sympa.
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Carpentier
Invitébenh oui, je pige rien à ce que je lis, je te lis depuis des années sans rien y comprendre
Fan abrutie, ce qu’il fallait démontrer est réglé ce matin
Jour de gloire, enfin. -
Carpentier
InvitéTon lectorat le plus bourgeois, et il est grand, l’a trouvé cruel.
Pour les autres, inoffensif ou quasi: bien écrit, on sait que tu sais faire, juste et beau.
Comme dans la vie, l’amour, juste et réel, comme dans la vie.
Et si cruel, pas moins que la vie.
Salut l’Artiste. -
Carpentier
InvitéEt je l’avais lu, comme on sait bien
Psychologue social agacé par 1/4 de la communauté des Autres, cet sorte de miroir tendu en accueil du lecteur.rice qui commence le livre, ça met dans l’ambiance,
ça prévient qu’en y mettant le nez, on s’y vautrera ou se retrouvera, un peu comme avec le ’ tu ’ de son Histoire de ta bêtise.Tu comprends pas quoi là-dedans, gros malin?
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Carpentier
InvitéRéponds plutôt ici, stp, si tu y tiens
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Carpentier
InvitéÀ ces lignes-là je veux dire: dans l’ordre, quoi:
Carpentier
peux-tu relire stp, ce que tu disais ne pas comprendre?
justement je m’incluais et disais comme toi à l’instant.
C’est pénible,Ton envie d’un livre sympa ne doit pas paniquer
Venant de toi, ça fait bien longtemps que, si jamais je l’ai un jour espèré, je ne m’imagine pas/plus du tout attendre le moindre truc sympa.
Pourquoi re déterres-tu une hache de guerre encore si accessible?
17€ que je suis allée payer en riant avec le gars de la caisse ne justifie en aucun cas cette salve matinale.
Tu crois vraiment que j’ai besoin de toi pour pas me faire de cadeau?
Me prends-tu pour Charlotte Casiraghi ?
Pour qqn d’ incapable de se moquer de cette fixette sur Chalumette? (je l’ai fait récemment ici 2 fois)
Pour qqn de complètement abruti et qui ne comprend rien à ce qu’il lit ou voit au ciné ça c’est sûr.
Ok.
Je te laisse l’espace qui t’es dédié, perdu assez de mon temps comme ça.Car en roi de l’embrouille, tu piques comme l’autre sur son cheval, de ta hauteur protégée et tu regardes le petit taureau s’épuiser
Pas bien brillant en vrai, olé! -
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne peux rien y comprendre, vu que ces lignes écrites… dans ton style, commencent par un contresens, ou une contre-vérité : « Psychologue social agacé par 1/4 de la communauté des Autres »
Puisque, comme déja dit, ce n’est pas le psychologue social qui est agacé par 1/4 de la communauté des Autres. Est décrit ici un fait social général, pas une disposition personnelle
Partant de là, les lignes suivantes deviennent pareillement illisibles.
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Carpentier
Invité….
Sous le couvert d’énoncés indéfinis, la psychopolitique arme ses flèches vers des cibles bien définies.
175, Misère de la psychologie – Psychologies
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Carpentier
InvitéLa psychologie d’un fait social est une stratégie libérale. Elle revient à individualiser l’analyse, donc à la dépolitiser.
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Carpentier
InvitéLa psychologisation d’un corps social est du même acabit, mais s’assaisonne de cette bêtise reconnaissable entre toutes: la bêtise des intelligents. La bêtise qui se pare d’un demi-savoir qui se clame expertise.
168
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François Bégaudeau
Maître des clésinterlude
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Carpentier
Invité….
Une psychologie sociale bien comprise prendra le psychopolitologue comme modèle négatif, comme boussole sud qu’il suffira de retourner. Il psychologise des corps collectifs? Nous politiserons des corps individuels. Il psychologise la societé? Nous socialiserons la psyché.
Il donne dans la généralité? Nous ferons dans le particulier.
Il plane dans l’abstraction? Nos analyses seront situées. Nos réflexions seront narratives. S’attachant à des cas, elles camperont un sujet personnifié pris à un moment t dans une situation donnée./ …. 177, 178 – Psychologies, Misère de la psychologie (interlude méthodologique)
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François Bégaudeau
Maître des clésc’eut pu etre une préface
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Carpentier
Invitébenh oui, au moins pour moi 🤣
on dirait que j’ai eu la mienne
bien personnifiée -
Carpentier
Invitéon di*RA
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pifou
InvitéPetite mise en bouche qui donne envie d’aller plus loin :
https://actualitte.com/article/122775/avant-parutions/francois-begaudeau-decrit-les-psychologies-
Ema
InvitéJ’adore le dénouement de l’anecdote, où in fine l’agacement initié par la maman, tout penaud une fois celle ci réprimandée et honteuse, se reporte alors sur la reprimandeuse. La petit orgeuil mesquin de ne pas être un incivique se recycle en fierté de ne pas être un emmerdeur donneur de leçons. C’est excellent.
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François Bégaudeau
Maître des clésà votre service
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Claire N
InvitéMerci
Va me faire ma journée
Cette manière dont au fil du texte se brouille la physionomie particulière de la femme du train( brune ? Blonde ? Rousse ?/la saisie extrêmement fine de tous les détails qui « servent « l’affect en cours de développement : forme précise du tatouage, blouson son textile et sa couleur
Cette façon au travail
De l’agacement à croître comme une matière-
Oscar
InvitéOui c’est ça, j’en profite pour reposer ma question de l’autre fil ici : Ce genre de micro clinique (contemporaine) de l’état d’âme bourgeois ça s’adresse à qui ? Ça intéresse pourquoi ?
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François Bégaudeau
Maître des clésD’une part pourquoi ce mot « bourgeois ». Il n’est pas dans le texte. Cet « état d’âme », qui est bien plutot un état du corps, excède très largement le périmètre bourgeois.
Quant à la question « ça intéresse pourquoi », elle est typiquement une question de politimane – ne serait-ce que sa syntaxe approximative. Un livre ça intéresse pourquoi? Kafka ça intéresse pourquoi? Un livre ça intéresse pour les effets de vérité et de vie qu’il porte. A toi donc de voir si ces pages portent de la vérité et de la vie – et accessoirement un peu de joie. Mais tu ne le feras pas, puisque cette question adressée à un texte est avant tout une manière de l’esquiver-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: Ca ne fait pas envie.
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François Bégaudeau
Maître des clésdu tout
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Claire N
InvitéJ’ai aucun doute la dessus
François l’a écrit pour moi
Il à bien travaillé
En bonne bourgeoise je le paie
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Mao
Invité« Agacement » que l’on serait tenté de rapprocher d' »Irritation » comme autant de variations sur l’attractivité des chips.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui, tout à fait
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Claire N
InvitéOui – attractivité !
D’ailleurs pour l’occasion j’ai composé un poème
« je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D’une femme inconnue
Qui à chaque fois n’est ni tout à fait la même ni tout a fait une autre
et m’agace et me comprend pas « -
pifou
InvitéA propos de la couverture du bouquin. Le rectangle blanc n’est pas droit on dirait. Effet d’optique ou c’est mes yeux qui voient mal ?

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Carpentier
InvitéConcoures-tu pour l’épreuve de trollage du jour?
Si non, inscris-toi vite, car ce type de post pourrait te valoir une place au podium, sure. -
Toxin
InvitéC’est la photo qui est mal cadrée
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pifou
InvitéOK
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Carpentier
Invitéun ophtalmo traînerait ici?
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Graindorge
Invité@pifou
Oui le rectangle blanc et légèrement de traviole et à gauche, c’est pour pas confondre avec le rectangle blanc à droite signifiant « interdit aux moins de 18 ans »
Celui- ci est tous publics donc
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Frezat
InvitéPourquoi « s » à « Psychologies » ? Puisque le livre semble surtout documenter celle de fanfoué.
Comme le montre ce comportement de bourgeois complexé devant le peuple.-
Tony
InvitéC’est sûr que ça vaut pas le récit de ton agacement de propriétaire quand le Peuple vient passer ses vacances dans ton bled.
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BIOGRAPHIE
InvitéTony: Moi j’aurais quand même apprécié avoir une résolution du conflit qui agitait François à la fin de l’extrait.
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Frezat
InvitéLe peuple ne vient pas dans mon hameau.
Sinon je vivrais pas ici
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Frezat
InvitéPutain j ai été grand remplacé !
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Jules
InvitéEuh François je suis totalement jaloux de ta productivité (:D). Je peine à écrire un seul livre, à mettre toutes mes idées en place, ça me prend une éternité et toi tu sors de gros livres, variés, brassant des thèmes divers et complexes. Ce n’est pas juste ! (J’imagine François élu Employee of the month pour la 140ème fois consécutive, faisant rager tous ses collègues dont moi)
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Frezat
InvitéC’est l’avantage de préférer les longues digressions au doigt mouillé que la pensée rigoureuse et structurelle. En s’embourgeoisant, on privilégie le plus rentable.
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François Bégaudeau
Maître des clésDisons que mes scribes domestiques travaillent dur.
Il faut dire que je les paye bien. Gauche oblige.
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Carpentier
Invitécrois me souvenir qu’une des clefs de cette impression – ce ressenti comme disent les fragiles – c’est d’avoir plusieurs productions en work in progress simultané sur l’ouvrage
dont certaines plus ou moins anciennes
Et si on ajoute à ça tous les ouvrages qu’il a en tête et en cours d’écriture potentielle, F.Begaudeau trône en tête de gondole de ton Casto préféré où, comme on sait, ia tout c’qui faut
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Galère
InvitéLes premières pages donnent envie, j’ai hâte de lire le chapitre « Charles le cassos ». Le livre sera-t-il découpé de manière similaire à Boniments, (qui avait quand même une certaine continuité entre les fragments), ou la séparation entre les chapitres sera-t-elle moins marquée ?
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Frezat
InvitéOui, découpé pareil. Comme une compile ou une playlist spotify. Facile à consommer.
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François Bégaudeau
Maître des clésGenre Comme une mule, quoi. 450 pages non chapitrées.
De la fast-littérature.-
Galère
InvitéEt donc, si on ignore ce troll, pour ma question ?
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François Bégaudeau
Maître des clésIl est en effet découpé comme Boniments, avec quand même encore un ordre de lecture.
Le fil condcuteur étant précisément: en quoi ça consiste de socialiser la psychologie?-
Galère
InvitéTant mieux, quoi qu’en dise Frezat, je trouve que c’est une bonne forme pour ce genre de bouquin.
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Galère
InvitéJe ferais sans doute un retour de lecture ici.
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François Bégaudeau
Maître des clésavec plaisir
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Carpentier
Invitédans ce cas, on compterait déjà au moins un des interlocuteurs de l’établissement L’ambre qui sera ô combien ravi devant des chapitres
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Ostros
InvitéTrès bon texte sur l’agacement et la petite jouissance qu’il nous offre. Ne serait ce que de sentir monter l’agacement en soi qui est un fait physiologique concret : sécrétion de certaines hormones, vitalité qui se déploie et si on laisse aller on se met en colère, autre affect (beaucoup plus fort) qui procure sa dose de satisfaction (et de tristesse).
C’est très difficile de réussir à sonder tout ce qui compose un affect, et c’est gratifiant à lire, on entre dans une sorte de biologie sociale, on gratte des zones qui dérangent.
J’ai relevé entre autres : « L’agacement a cette manie drolatique et déplorable de généraliser au galop ». J’ai pensé à d’autres sentiments que sont la peur et à la colère qui nous emmènent aussi dans la généralisation, c’est-à-dire nous fait lâcher le raisonnement, la clarté. N’est-ce pas cela qui est à l’oeuvre dans : » 20 ans chacun ! » pour les 50 violeurs de Mazan, crié devant le tribunal ?-
Ostros
InvitéC’est très fort d’avoir réussi à voir la base « réaction bourgeoise » de cet agacement en situation. Ça m’interroge sur ce qui compose mes irritations au cinéma ou dans le train aussi tiens.
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François Bégaudeau
Maître des clésSonde tes irritations, elles recèlent de vérités.
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Claire N
InvitéOui
Même arrêt sur cette phrase
Et c’est vrai qu’il y a dans certaines autres émotions des choses qui peuvent prendre la main et s’emballer
La peur oui qui dégonde la raison
Mais la généralisation effectivement s’accroche plus sournoisement, moins brutalement ? À l’agacement – un peu plus sous marin le truc
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Maximus
InvitéBégaudeau à deux doigts de nous faire une Chirac
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François Bégaudeau
Maître des clésMaximus, toi qui ne lis pas et jamais ne daigneras lire, condamnant ton cerveau à l’étroitesse à perpétuité, sache qu’un texte de ce livre est appelé « Une pensée pour les Blancs »
Rien que pour toi mon enfant.-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: Moi aussi j’ai le droit à ma dédicace?
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Caca
InvitéOui, il y a un chapitre qui s’appelle « Une pensée pour le vélo de Biographie qui doit supporter son gros cul de gros sac et qui ne s’en remettra probablement pas »
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François Bégaudeau
Maître des clésl’éditeur trouvait le titre trop long, et puis finalement non
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BIOGRAPHIE
InvitéCaca: C’est marrant que tu parles de mon gros cul car je suis monté sur la balance tout à l’heure et je suis à 101. Ca fait 14 kilos de perdu depuis Juin dernier et comme je vais pouvoir remonter sur mon vélo, que le temps me donne plus envie de salade que de pizza, je crois que je devrais réussir à perdre 15 kilos de plus.
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Je veux dire que ça faisait bien rire François que je puisse prétendre que quand on veut on peut mais au final les résultats sont là.-
Caca
InvitéBravo Édouard Louis
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Oscar
InvitéC’est vrai qu’on bash pas mal les écrivains ici. Drôle de message. C’est parce qu’il est de droite ? : ) Pas lu.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois qu’ici on salue beaucoup plus d’écrivains qu’on en bashe. Et il ne tient qu’à toi de contribuer à cette heureuse asymétrie. Par exemple dans le topic Avis littéraires.
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François Bégaudeau
Maître des clésPour ce qui est d’Edouard Louis, je crois que la blague de Caca faisait référence à mon texte de Boniments, où je critique l’idéologie « no pain no gain » d’un de ses livres. Difficile pour toi de la comprendre, n’ayant lu ni Boniments ni Louis. Ce qui ne t’empêche pas de la commenter.
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BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: Les gens ne doutent vraiment de rien hein, c’est dingue. Je veux dire que Oscar n’a même pas lu tous tes bouquins et malgré tout il ose la ramener pour demander ce qu’il faut comprendre, il n’y a vraiment plus de saisons ma bonne dame.
.
“Et là c’est vraiment des pages qui sont “No pain, no gain” quoi. C’est à dire c’est le grand effort sportif, le truc que nous raconte pas mal le cinéma américain ultralibéral à savoir si tu veux tu peux, si tu t’y mets, et donc il nous raconte que pendant trois mois il a enquillé les bouquins, qu’il ne mangeait plus, il ne buvait plus parce qu’il fallait qu’il enquille des bouquins. C’est des pages qui sont à la gloire de l’effort, du volontarisme qui permet tout.”
.
Et du coup ça n’a rien à voir avec moi puisque moi j’ai toujours prétendu que ça ne me demandait aucun effort, que je ne me privais de rien, que ça se faisait tout seul. Après je ne vais pas m’indigner, Mr Caca qui raconte de la merde c’est une perspective qui a le mérite de la cohérence. -
François Bégaudeau
Maître des clésCe n’est pas qu’Oscar n’a pas lu tous mes bouquins, c’est qu’il n’en a lu aucun.
Il n’a pas lu non plus Edouard Louis. Ce qui ne l’empeche pas d’intervenir sur ce nom, pour dire, comme d’habitude, rien.
Et comme pour toi cet acharnement à parler sans connaissance de cause le rend régulièrement ridicule
Par sollicitude je vous le signale. -
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: C’est vrai que si il avait au moins lu Boniments tu n’en serais pas là et qu’il ne fait vraiment aucun effort. Ceci dit, dans un autre contexte, c’est un autre bouquin qu’il aurait fallu lire donc dans le doute autant tout lire pour avoir le droit de la ramener.
.
Après je ne juge pas hein, t’es un grand artiste et j’imagine que c’est dans l’ordre des choses de te voir jouer la diva au sujet de ton oeuvre. -
Oscar
InvitéMerci, j’ai regardé une version courte vite fait, ça marche aussi pour comprendre la blague j’ai l’impression. Qualité purement littéraire et écriture politique parraissent effectivement hors propos.
Le vélo quel plaisir ! -
BIOGRAPHIE
InvitéOscar: “Le vélo quel plaisir !”
.
Quand ça roule c’est que du bonheur mais là c’est énormément de frustration car je n’ai plus aucune vitesse qui passe. Manifestement il y a un problème avec le câble du dérailleur mais je n’ai aucune idée de ce que j’ai pu faire comme conneries donc je n’insiste pas, avec le peu de patience que j’ai je vais finir par tout péter, reste que ça me casse drôlement les bonbons. Parce que démonter une roue arrière et la remonter, au besoin jouer un peu avec le dérailleur pour le régler, je sais faire depuis que je suis gamin donc ça ne devrait pas me poser autant de problèmes. Après c’est pas grave hein, je pense qu’il faut regarder la réalité en face, à savoir qu’à avoir fait de la psychanalyse une science qui se tient je suis un peu un bourgeois par la force des choses et par conséquent il faut que je prenne l’habitude de ne plus me démerder seul, de payer les autres pour qu’ils me fassent mes lacets et qu’ils me torchent le cul. Ceci dit on va commencer soft, parce que je ne suis pas encore prêt à avoir des gens qui me mattent quand je me lève, et on va commencer par le dérailleur, filer ça à un magasin de vélo puis dire merci avec le sourire parce que être un esclave du système, obéir docilement, suivre les flèches dans le magasin Ikea, c’est quand même drôlement reposant. -
Oscar
InvitéEt du côté des associations – genre ateliers participatifs collectifs ? Ça peut être une bonne alternative – selon le coin où on vit.
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BIOGRAPHIE
InvitéOscar: j’ai un truc de ce genre dans la commune voisine et je compte bien aller y faire un tour à l’occasion, 20 balles par an pour avoir accès a tout le nécessaire pour réparer mon vélo c’est clairement une affaire, mais là j’ai juste envie que le problème soit réglé donc j’ai filé le vélo à un réparateur. D’ailleurs là je suis en chemin pour le récupérer et sachant que c’est la câble du derailleur qui était HS je me dis que pour 40 euros ça va même si je peine toujours à comprendre où j’ai merdé.
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Oscar
InvitéMoi ça y est plus besoin de gants pour les bornes du matin, et fini la face gelée et le mascara qui coule en arrivant au boulot.
Le vent pousse, traversée dans soleil bas du matin – chaleur calme en fin de journée. Ça fait du bien )
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Mao
InvitéÇa devait pas sortir le 4 ?
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Mao
InvitéDéjà sur table chez mon libraire.
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K. comme mon Code
InvitéJe vais tout de suite les dénoncer à la police.
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Carpentier
Invitéoh benh moi aussi:
….. Bonjour, et merci pour votre commande,
Vous pouvez venir le récupérer dès aujourd’hui à la librairie !
A très bientôt, / …
(mail de 10h39 dont je prends connaissance maintenant)
voilà qui est malin encore: bravo Carpentier!
Du coup, recuperation demain : )-
Carpentier
Invitéoh benh ils ont enlevé la clochette de la porte de ma librairie de quartier préférée: cool,
car ça pétait quand même sacrément les couilles que, certes, je n’ai pourtant pasEt donc au programme de l’après m:
– pissenlits, pâquerettes, herbes folles, paréo, casquette, lunettes ET son Psychologies (que je viens de récupérer à l’instant; lui ai même acheté un p’tit frère, le dernier livre de Fabrice Caro, journal d’un scénario.)
La bise qui claque bien dans le creux de l’oreille à qui veut ici ; D-
Carpentier
Invitébenh mi, pifou, ça s’est claqué la face sur pile 😁
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Carpentier
Invité* moi
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Max
InvitéA Gueugnon la Bourgogne reconnaissante.
Cher François, j’étais à la rencontre ce soir à la librairie et comme je n’ai pas pu le faire sur place, je tiens à rendre hommage au FC Gueugnon, injustement vilipendé par une bande de bobos parisiens snobs bouffeurs de quinoa ! 🙂
Pendant leur (bref) passage en D1, les « Forgerons » (quel nom, déjà) ont fait la fierté de toute une région (comme Sedan, Sochaux, Guingamp… ces villes moyennes dont on apprenait le nom grâce au foot). Tous les gonzes à deux heures à la ronde portaient l’écharpe bleu et jaune et préféraient aller au stade Jean Laville (moche, glacial, avec les déchets nucléaires enfouis sous la pelouse et son parking radioactif) qu’à l’Abbé Deschamps ! Les gamins des petits clubs de campagne étaient emmenés aux matchs de Gueugnon parce qu’ils coûtaient pas cher. Le soir de la victoire en Coupe de la Ligue contre le PSG c’était la folie ! Un deuxième France-Brésil 98.
BREF ! Maintenant que l’église a été remise au centre du village, j’ai plusieurs petites questions :
1/ Hier tu as enregistré un entretien avec Vera Nikolski pour QG : sais-tu s’il y aura une version gratuite dispo sur Youtube ? Je croyais que c’était en direct gratuit, et qu’ensuite le replay était sur abo. C’est un duo bien choisi (toujours plus stimulant que face à Bastié). Qu’as-tu retiré de cet entretien, toi, en gros ?
2/ Note sur Onfray : dans son journal (Plon), Jacques Henric pressent dans les années 90 déjà, qu’Onfray a un devenir réactionnaire: anti-intellectualisme, populisme provincial, grand fan d’Alain de Benoit, Proudhonien transi (et dieu sait ce qu’on peut faire dire à Proudhon), etc. Pourquoi ne pas envisager de l’inviter dans l’Explication ? D’ailleurs, avez-vous eu beaucoup de refus, en plus de Bellanger ?
3/ Le choix d’Amsterdam a-t-il une incidence sur la réception du livre en comparaison de Stock (pour CUM) plus armé pour la diffusion-distribution-service presse ? Sur Psychologies je n’ai vu aucun article nulle part pour l’instant. Dû au thème du bouquin moins « vendeur » que CUM ? Ou à l’éditeur ?
Sur les parcours ayant radicalement bifurqué : Rimbaud ! 🙂
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Max
InvitéMes excuses pour ces deux têtes de bonhommes jaunes apparues contre mon gré et particulièrement moches.
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François Bégaudeau
Maître des clés1 je ne connais pas exactement les modalités
2 dans les années 90 je reniflais la même chose chez lui
3 difficile de faire une comparaison avec la visibilité de Stock, puisque je n’ai eu aucun média sur Comme une mule
Tout ce que je peux dire c’est que j’ai des invitations en librairie sur Psychologies, ce que je n’ai pas eu pour CUM.
Reste à savoir comment vont se comporter les médias de gauche
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Carpentier
Invité1/ Hier tu as enregistré un entretien avec Vera Nikolski pour QG : sais-tu s’il y aura une version gratuite dispo sur Youtube ? Je croyais que c’était en direct gratuit, et qu’ensuite le replay était sur abo.
idem, et c’était pour l’émission sur Comme une mule pour moi, il me semble
Tout est sur abonnement, peut-être auront-ils l’idée/le besoin d’attiser le désir en ouvrant, en accès libres courts les émissions, comme Judith Bernard et cie sur Hors série?
il y a eu/il y a un genre de prix bas, sur le premier mois, ou peut-être plus, comme une main tendue pour faire genre, quoi – mais ça, sauf pour les organisé.es fou d’agenda, c’est un truc à passer plein pot à peine 1 émission visionnée:
ia pas de pub, faut bien qui financent
Et Cause Perdue a déjà fait l’o.p.a. du siècle avec Rowenta,[* C’est un duo bien choisi (toujours plus stimulant que face à Bastié). Qu’as-tu retiré de cet entretien, toi, en gros ?]
* et pour cette seconde question dans la première, elle reste ouverte au Maître des Clefs d’ici…-
Claire N
Invitéça fait quand même des journées bien chargées tout ça
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Carpentier
Invitépour accompagner quelque peu son erratique
….
1 je ne connais pas exactement les modalités / ….-
François Bégaudeau
Maître des clés« Qu’as-tu retiré de cet entretien, toi, en gros ?] »
J’ai enjambé cette partie de la question, car elle me semble prématurée, avant visionnage
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..Graindorge
InvitéNi bobo ni parisienne ni snob mais j’adore
la/le quinoa. Moi je préfère dire LA quinoa
C’est bon, ça cuit vite, c’est plein de vitamines et on peut se regrouper entre copains, famille ou voisins pour l’acheter en sac de 25 kilos. Biologique si possible-
Carpentier
Invité..Pseudocerealequinoa
Ça nous ferait un bio pseudo ça dis donc
(mais chut, vla la seconde du patron et sa troupe: au boulot Carpentier, une deux une deux)-
..Graindorge
InvitéEh oui, en plus c’est pas une céréale! Et alors le gratin quinoa/butternut miam-miam!
T’inquiète, « le patron » est en promo pour Psychologies, il est OBLIGÉ d’en avoir ( de la psychologie) le temps de
C’est la faute à Max. Mon nonneur ne pouvait pas laisser mettre tous les » bouffeurs de quinoa » dans le même sac-
Max
InvitéJ’avoue ici en toute confidentialité (heureusement l’on sait que personne ne lit ce forum) que le quinoa est la base de mon alimentation (alternance avec lentilles vertes). Par contre je suis pas un bobo parisien (acheter mes pommes à la Biocoop est un critère nécessaire mais pas suffisant).
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Graindorge
InvitéAaaah! ça fait plaisir Max! Moi aussi, j’en mange souvent! J’avais arrêté avec d’autres consommateurs d’en acheter quand ils ont augmenté le prix. Tant pis, avions nous décidé, on a de quoi manger. Eh bien incroyable mais vrai, le prix anterieur est revenu! C’est pas rien comme petite victoire! Bon c’était il y a une dizaine d’années. Maintenant le prix pour une association de consommateurs dans le Nord de l’île est passé de 8,71€ le kilo à 10€ le kilo. En biologique. Mais pour l’instant, le fournisseur ne fait plus les sacs de 25 kilos mais de 5k À 10€ donc le kilo
On alterne donc en mangeant du sarrazin, des pommes de terre etc…
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Carpentier
Invitéoohhh, le mien, le vrai de Dude, n’a pas encore, à ma connaissance, publié
mis à part, tout comme moi, de nombreux textos, notes et mails en tout genre.
Bonne journée ..Graindorge et
comme le dit mon compagnon quand je fulmine
(bien qu’il commence à en être irritée léger cependant lui aussi – c’est pour dire ; )
quand je fulmine donc devant Miss Ambre Chalumeau:
‘ Et toi? tu crois qu’t’en es pas une de bobo? comme dit l’autre, on est tous le bobo de qqn.
– ah? ok, je peux finir les pâtes? ‘-
Graindorge
InvitéAh les pâtes au pistou avec du parmeggiano! Ou les ñoquis…
Bon vendredi tout le monde! Pluie, vent et soleil, alerte rouge jeudi mais on a rien vu par ici
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Sylvain
InvitéTrouvé non pas un mais deux exemplaires de « Psychologies » à la « Nouvelle Librairie Sétoise » (lors d’un séjour Sétois, on ne s’y attendait pas du tout). Un exemplaire pour moi, un autre pour ma mère. A qui j’oblige de lire du Bégaudeau depuis « Histoire de ta bêtise ». Elle s’exécute la pauvre (elle a bien aimé « Entre les murs » mais son préféré restera sans doute « L’amour » – question de génération). On en râle et on en papote. Je trouve que c’est un bon rapport mère / fils.
Retour à « Psychologies » : c’était aussi les deux deniers exemplaires disponibles dans la librairie. Après ma mère et moi, terminé, il faudra recommander (j’ai vraiment prononcé cette phrase au grand libraire roux, un peu en surpoids mais beau gosse, surtout belle voix suave – je l’avais eu au téléphone peu de temps avant, il m’a dit « je vous en mets deux exemplaires de côté » et ça sonnait sexy).
Je n’ai lu que 4 pages pour l’instant mais la nuit s’annonce longue et blanche. Comme dans « A Brest », allez, ça démarre encore dans un train… (deux ouvertures superbes en fait, je me plains pour rien).-
..Graindorge
Invité« c’était aussi les deux deniers exemplaires disponibles dans la librairie. »
Une razzia sur les exemplaires de Psychologies?
C’est joyeux ça!
Bonne lecture Sylvain!
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Kenyle
InvitéLe livre est drole
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Carpentier
Invitéaaaaah en-fin: François Begaudeau qui s’essaye à l’humour
il était grand temps-
François Bégaudeau
Maître des clésj’ai lu Comme une mule, ça m’a convaincu
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Carpentier
Invitébenh oui, évidemment
me dîtes pas que ma blague est encore ratée
vais vraiment finir par être sure, sinon, que vous êtes super cons
(et je crois même que ça m’emmerderait tant que je ne saurais m’y résoudre)
: D
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Carpentier
Invitépour les mous du clique
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Carpentier
InvitéAllez: never 2 without 3 ?
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Carpentier
InvitéBon, je declare forfait (en vrai j’en-rage)
– cliquer sur ’ regarder sur youtube ’ donc.-
Carpentier
Invitéje viens de voir que Claire N l’a partagée dans ‘ actufrançois ‘ cette vidéo cause perdue avec leur parrainage
olé pastilla muchachos i las palabras di amor
(je comprends quand même pas bien pourquoi ça a merdé de la sorte mon partage)
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Carpentier
Invitévidéo promo causeperdue mal partagée donc et où, jusqu’à la fin, l’un des fondateurs (qui parle espagnol d’après mes souvenirs) surjoue et baragouine espagnol commeunmoutonàwindsor (attention blague complexe)
Le ola que tal pour prendre congé (seuls trucs que je sais dire, faut dire) est irrésistible
tout comme la raquette de tennis dans les bras de leur marraine/parrain
– Des parrainages indispensables pour se lancer dans l’édition un peu comme en? …
Vous m’en direz tant ; D
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Carpentier
Invité… heureusement qu’on rit aussi:
Nicolas aime les sans-dents mais pas dans son lit, voilà la vérité qui éclate au grand jour grâce au professionnalisme désintéressé de la presse people /.
p.42
avec surenchère:Et s’il ne les aime pas dans son lit les aime-t-il vraiment ?
avec, en fond, diverses autres ‘ remises en cause ‘ drolatiques de la ‘ sincérité d’artistes, d’auteur.es ‘ (dont une autre, oui) qui peuvent revenir à l’esprit,
remise en cause d’une de leurs attentions à (féminisme, écologie, parité, moins de sel dans les corn flakes ou que sais-je encore ) replacées dans un fake d’amour de la vérité (déroulé, déplié également plus longuement dans un ouvrage précédent comme on sait)-
François Bégaudeau
Maître des clésOn n’est jamais loin de la mule
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Carpentier
Invité92,
Sans exclure une authentique curiosité de l’enfant, il apparaît assez souvent qu’il pose une question, non pour obtenir une réponse, mais pour la poser; pour le lien qu’elle instaure. La question est un cordon – une laisse? Une manière d’entretenir ce lien natal et insécable dont la rupture horrifie l’enfant.
Elle est une manifestation d’allégeance, l’expression d’une volonté de servitude. Je veux rester attaché à vous, ligotez-moi. /Je sors de l’entrée
Je n’aime pas parler aux enfants
qui, pour l’instant, est ma préférée je crois.
Revenant sur cette histoire de ‘ jeu d’adulte ‘ , de place dont jouit celui/celle qui se sent grandi.e en prenant sérieusement cette posture d’adulte, on s’attarde sur une dizaine de pages sur ce théâtre artificiel de la relation enfant/adulte qui contraint tant, altère chacun et pue l’artifice.Je voudrais tant m’extirper de ce théâtre, je voudrais tant parler normalement avec les enfants. Mais il n’y a pas de normal, il n’y a que de la norme.
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Carpentier
Invité132, C’est dans la tête:
Premier chapitre qui me contraint à y faire une pause (lecture au petit matin faut dire et j’avais enquillé depuis la 95.)
Je pense le recommencer depuis son début.
Néanmoins, Ton milieu- Y a rien qui va – Le féminisme tardif à la suite, ça fait un sacré trio.
Un triumvirat aiguisé, précis qui taille à vif le réel: découpé de la sorte, on en reconnaît des pans de vécu ou moins, dans tous les cas, on voit bien ce que ça raconte.
Bien ri dans le Y a rien qui va et plus encore dans Le féminisme tardif; j’aime assez les focus sur les mots et expressions faut dire et comme on sait.
L’entrée Ton milieu m’a plus intimement décontenancée, je dirais; cette expression de 2 mots qui dit Paris, en vrai, je vois bien.
Ça fait comme des story-boards tout ça un peu, non?
Un film à sketchs: E. Mouret ça te dit pas? ; )
D’ici la fin de Psychologies, va peut-être trainer une ligne ou deux qui peuvent s’apparenter à un sentiment amoureux et même, comme il n’y en aura pas, tu en rajouteras, Manumouret, allez!
On dirait qu’on faisait V, presque charmée par le renfermement bougon alcoolisé de son interlocuteur de face qu’elle rejoindra, tandis qu’il est sorti, fumer et fumant.
Pour une fois, elle en crapotera une, elle aussi, et saura bouger et rire assez autour de lui pour s’entremêler aux volutes de fumée et finir à deux par rentrer se coucher.
Qu’en penses-tu, Manu?-
Carpentier
InvitéLe féminisme tardif
(ou Baptiste)
p.128-129,À plus forte raison s’interdit-on les expressions crypto-misogynes, les jurons homophobes (en#Qlé), misogynes (en#Qlé de ta mère), racistes (en#Qlé de ta race) * ou les trois.
En public comme en privé. Le privé ça n’existe pas. C’est même avant tout dans l’intimité qu’il convient de rééduquer. C’est à l’appartement plus qu’ailleurs qu’il convient de se rééduquer. C’est à l’appartement plus qu’ailleurs que sont proscrites les blagues douteuses(* voir si le terme race dans un post est filtré)
Lire cette fin d’entrée (où il ajoute, ne s’arrête pas, tu penses) quand ça dort encore pas loin de vous est déconseillée pour risque d’éclats de rire grand sur la couette et les oreillers,
on aura prévenu.
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Carpentier
Invité79, Anar
L’anar est un anarchiste sans la rue. Un anarchiste (d’)* intérieur.
* mon ajout, comme j’ai payé, j’ajoute ma merde, comme bave l’autre
– 8 pages pour cette entrée serrée, claire, ajustée, radicale, pas mal de presque formules écrites précises, punk chanteur
L’anar est un homme de droite qui voudrait le soufre de la gauche. Qui veut le confort sans le conformisme, la bourgeoisie sans le passif bourgeois. Le revenu sans l’impôt. La norme et le dandysme. Le mariage et le bordel. La respectabilité de l’époux et l’appétit du mâle. La propriété clôturée et l’aura du braconnier. Pompidou et les valseuses. Napoléon. Les chevaliers de la table ronde du jardin où Malika servira le thé.
Le pied.
Si le soufre de la gauche est enviée, tout n’est peut-être pas perdu.
Gros rire avec l’occurrence unique ‘ Napoléon’ pour sa rupture de cadence et la justesse sur le bonhomme.-
François Bégaudeau
Maître des clésbien vu pour Napoléon
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Juliette B
Invité« Pourtant François n’en est pas arrivé au point Bardot où le fan est un ennemi, la foule un cauchemar, l’humanité une marée d’abrutis auxquels on préfère les dauphins. L’aura internationale de François se résume à cette Polonaise qui la veille l’a arrêté dans la rue car elle cherchait les Galeries Lafayette. »
(Psychologies p. 142)Cqfd
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Carpentier
Invitétout comme au salon du livre, François Begaudeau se résignait à orienter vers le stand de Foenkinos ou,
plus modestement – quoique – vers les toilettes-
Carpentier
Invitéet si on faisait l’enquête/les enquêtes dans l’autre sens ?
aaaah ça met en forme pour y aller quand même un lundi, tiens: sentiment d’impunité, pouvoir et argent: petites révisions matinales : )-
Carpentier
Invitéentre autres, aussi:
la délinquance financière c’est la rencontre du pouvoir et de l’argent
simple
basique
gros avantage? c’est dit.-
Maximus
InvitéMarine Le Pen dénonçait déjà les magouilles de Sarko et du RPR il y a des années, à coté les affaires d’assistants parlementaire du RN c’est du pipi de chat
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Carpentier
InvitéMais qu’est-ce qu’on loupe ici pour avoir (toi aussi) des pavés comme ça quand on partage une vidéo?
– Le titre putaclic* de mon partage, comme disent beaucoup*, dessert quelque peu le passage d’une quarantaine de minutes devant commission où le gars de mediapart, qui là rend des comptes lui aussi, fait calmement et précisément un rappel historique des choses ;
il y insiste surtout sur la spécificité française qu’est la cour spéciale (comme l’1rm3e) qui juge les affaires politiques par d’autres politiques, factuellement
Pas une GG qui dénonce donc.
Et j’aime, comme dans la vie, qu’il y dise, argumente par l’exemple, nombreux donc, comme tu notes ici vite fait.
Et ses rappels-exemples, son questionnement sur cette totale sensation bouffie d’impunité des prislamaisdanslesac est, oui, assez fascinante même.
Quant à sa proposition-fait que les enquêtes sont le plus souvent et uniquement faites à l’envers ( on saisit un peu de drogue, on fait du tapage autour d’un plus couillon que les autres qui se fait choper sans jamais, jamais remonter les filières ) c’est factuel, précis et juste techniquement.
Dénoncer, revendiquer ne seraient-ils pas de ces termes qui nuisent, en général, à une cause?-
Carpentier
Invité* l’armée*
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stephanie
Invitéaussi :
« le crime s’adapte »les cols blancs
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Maximus
InvitéNi les racailles du haut ni les racailles du bas
ce que l’extreme gauche comprend pas, elle justifie en permanence les actions des racailles du bas par l’existence des racailles du haut, ce qui n’a aucun sens, et elle ne comprend pas pourquoi après ça la classe ouvrière prend ses distances avec
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pifou
InvitéDécision prise de tirer à pile ou face l’achat du bouquin
pile j’achète
face j’achète pas-
pifou
InvitéErreur de verdict du hasard ou ma pièce de 1 franc est faussée, c’est pile.
Je fait appel !-
pifou
Invitéfais
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Carpentier
Invitéet si elle reste sur la tranche tu le voles?
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pifou
InvitéDans ce cas de figure le taulier devrait me l’offrir, Poutou deviendrait président de la France et les martiens débarqueraient à Longpré-le-Sec.
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Carpentier
Invitéje savais justement pas où aller pour ma semaine de vacances d’avril, on y fait son meeting à Philippe
et si, en plus, je peux mater des martiens: alllleeeez, relance ta piece au lieu de faire appel
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Lese
InvitéJe viens faire une demande un peu osée. Depuis début avril, j’ai une très grande envie de lire votre livre Psychologies, mais en raison des aléas de la vie, mes thunes ne suivent pas mon désir. Je me demandais donc, par une position anarchiste pour une littérature gratuite et libre, si vous accepteriez de m’envoyer un PDF (par adresse e-mail). Je sais que la demande est effrontée et que ça peut énerver plus d’un écrivain mais je tente.
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Lese
Invité(En sachant que ma seconde option serait de le voler à la librairie en bas de chez moi.)
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François Bégaudeau
Maître des cléscontacte moi sur messenger, je te filerai le PDF
permets moi juste de le faire seulement dans un mois, par respect pour l’éditeur, dont la survie dépend de la vente-
Lese
InvitéTrès bien, je note et je vous contacte dans un mois.
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Frezat
InvitéTu avais peu de chances d’essuyer un refus Lese, la charité faisant partie intégrante de l’ethos bourgeois. Tu seras désormais son bon pauvre.
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Carpentier
Invitéj’allais, de mon côté, proposer un grand bal de charité sur le parvis de la butte montmartre
(ça reste un plan b) -
BIOGRAPHIE
InvitéFrezat: je n’ai jamais eu le droit a un tel privilège, je n’ai eu le droit qu’au mépris de François pour n’avoir jamais lu un ses livres, donc j’en déduis que je fais le mauvais pauvre en plus de faire le méchant taré. Dur 🙁
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Claire N
InvitéMouai as tu observé ….
– une permanence en supermarché des restau du cœur : les caddies de ceux qui donnent as tu observé ?
– un centre ville où quelqu’un fait la manche dans une rue commerçante : as tu observé ?
Et la liste est longue je crois-
Ostros
InvitéEt puis laissons Frezat nous faire une petite liste des écrivains et écrivaines qui offrent volontiers leurs travaux, gratos.
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Frezat
InvitéC est un faux frezat méfiate 🤣🤣
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Ostros
InvitéMi messaje se adressen a todos los falaciositos Frezat que disos muchos connerias.
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Claire N
InvitéMe Gustas to
Solo voy con mi pena, Sola va mi condena
Na na na na clandestino
Marihuana illégal -
Graindorge
Invitéavec cette voix de canard. Une des chansons préférées du faf de récré. Il l’écoute en boucle
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Frezat
Invité« C est un faux frezat méfiate 🤣🤣 »
Ce message n’est pas de moi. Ça doit être fanfoué qui me trolle.
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..Graindorge
InvitéLes Éditions Amsterdam ont des soucis?
Parceque moi je pensais faire finalement un achat groupé à la librairie Mollat de Bordeaux: 3 Bégaudeau, un Friot et un Alain Rousseaux. Demandant à une copine argenté 50% du prix total à rendre avec 3 séances de massages du dos.
Si Amsterdam a des soucis, je peux leur acheter directement Psychologies
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K. comme mon Code
Invité« Si elle en vient à se sentir illégitime, c’est qu’à ses yeux légitime a un sens, c’est qu’elle tient pour possible le fait d’être légitime. Me sentir illégitime comme ministre suppose que je perçoive des ministres comme légitimes. Appelons doxa légitimiste cette conviction spontanée que l’actuelle distribution des places a une légitimité, tirée de sa rationalité. Dans l’esprit du légitimiste la société est bien faite. »
—
Il est vrai qu’on entend souvent parler de la légitimité sous couvert d’illégitimité.
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Tony
InvitéJe crois qu’on peut aussi se sentir illégitime sans forcément croire en l’existence d’une quelconque légitimité,que l’on a intériorisé une norme sociale,comme une boule dans la gorge qui nous empêche.
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Leo Landru
InvitéOui. On peut se sentir comme une merde parce qu’on nous a répété qu’on l’était. Mais ce chapitre ne traite pas tant du véritable sentiment de déclassement et d’infériorité que d’une certaine forme de fausse modestie de faux parvenu qui vient légitimer (sic) les mythes libéraux, et en premier celui du mérite. Dans Psychologies, la question des déterminismes occupent une place non négligeable, surtout la question de comment on fait pour ne pas trop y penser, pour ne pas trop se sentir illégitime finalement. Le remède est ranciérien (entrée Monseigneur) et punk (entrée Imposture du syndrome).
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Jeanne
InvitéBonsoir Leo Landru
Pourquoi dis-tu que le chapitre « Monseigneur » est ranciérien? -
Claire N
InvitéMerci Léo pour ta lecture
Et oui l’entrée imposture syndrome – punk pourquoi pas
j’aime oui ce coup de jump dans la poudreuse à face
« anarchiste celui dont la foi dans la force de n’importe qui s’autorise de ce qu’il éprouve en lui »-
François Bégaudeau
Maître des clésl’éprouve en lui, si je peux me permettre
c’est quoi la poudreuse à face?-
Claire N
InvitéMince mais oui
Hum poudreuse à face pour moi c’est les techniques pour dissimuler les imperfections
Et puis une fois que le visage est bien lisse on peut rajouter une mouche – un défaut à dessin de rehausser-
Cynthia Lennon
Invitéà dessein, si je peux me permettre
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Claire N
InvitéRire non – justement
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Claire N
InvitéJe précise que tu as raison et qu’en l’espèce je me moque de moi , qui ai fini par trouver joli mes oreilles d’ânes au point où ça pourrait devenir une mouche de marquise peut-être , voir pire un truc tendance ( j’ai du mauvais sang bourgeois je le connais)
Et tu fais bien de me permettre de noter cette risible transformation de l’aplomb joyeux de se sentir en confiance en arrogance ? surplombante
Le terrain était glissant
Je tacherais d’être plus attentive à l’orthographe j’en suis capable je pense -
François Bégaudeau
Maître des clésje garde poudreuse à face
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François Bégaudeau
Maître des clésLa norme sociale qu’on a intériorisée, c’est précisément que l’ordre social est fondé, a sa raison – est légitime en somme.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Oui. On peut se sentir comme une merde parce qu’on nous a répété qu’on l’était. »
Et d’abord à l’école
Comment en sortir? Par le contrepoint anarchiste.
Qui advient comment? Par des amis narquois. Qui parfois tombent du ciel.-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: u_u
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Tony
InvitéTu forces un peu,l’ordre social s’impose, s’incorpore en chacun de nous sans nous demander notre avis,certes on peut raisonnablement se déconstruire mais il en reste toujours quelque chose, d’ailleurs c’est ce dont parle Psychologies ou alors j’ai rien pigé, possible aussi.
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François Bégaudeau
Maître des clés« mais il en reste toujours quelque chose »
Oui.
L’ami narquois tombé du ciel est rare.
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Seldoon
InvitéL’occasion de rappeler qu’il n’y a rien de tel que la marine américaine pour s’émanciper de ces normes intériorisées :
« I served four years in the US Navy, it opened my eyes. I grew up in Henderson. Everyone, the kids from the other towns, they thought we were stupid. When you hear something for years, you somehow start to believe it. With the Navy, for four years, I’ve been all around the World. Europe. China. I’ve seen that I was no more stupid than anyone else. It’s the same everywhere. There are cultural differences, but in the end it’s the same for everyone everywhere: you look for something you’re good at that can earn you a living. » – Serrette, Breaux-Bridge, Louisiane, 2014

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François Bégaudeau
Maître des cléset pourquoi pas
les voies de l’émancipation sont impénétrables-
BIOGRAPHIE
InvitéAh ouais, c’est comme Einstein qui prétendait que si on mettait un poisson rouge sur un vélo du tour de France il finirait champions de France.
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Dr Xavier
InvitéPardon pour cette petite cuistrerie mais je relis ce passage avec toujours autant de plaisir :
.
« Si nous portons attention à ce qui dépend uniquement de l’opinion, nous pourrons concevoir comment il peut arriver qu’un homme s’apprécie soi-même moins qu’il n’est juste. En effet, il peut arriver que quelqu’un, pendant qu’il s’attriste à contempler sa propre faiblesse, s’imagine méprisé de tous, et cela au moment où les autres ne pensent pas le moins du monde à le mépriser. » (Spinacio, Ethique, Livre III, Déf. XXVIII)
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Mais aussi :
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« Le rabaissement (ou dépréciation de soi – abjectio) consiste à s’apprécier, par tristesse, moins qu’il n’est juste. C’est pourtant l’humilité que nous avons, pour la plupart, l’habitude d’opposer à l’orgueil, mais nous portons alors plutôt attention à ses effets qu’à sa nature. (…) Nous appelons humble celui qui rougit facilement, qui admet ses vices et qui raconte les vertus des autres, qui s’efface devant tout le monde et qui enfin marche la tête basse et néglige sa toilette. Au reste, ces affects, à savoir l’humilité et le rabaissement, sont très rares. Car la nature humaine, considérée en soi, leur résiste autant qu’elle peut, et ainsi, ceux qu’on croit les plus effacés et les plus humbles sont, pour la plupart, les plus ambitieux et les plus envieux. Ils se camouflent souvent derrière le syndrome de l’imposteur. » (Déf. XXIX)
.
Signé : Votre humble serviteur.-
François Bégaudeau
Maître des clésNotre humble serviteur voit très juste.
Toute modestie est fausse (je le pose là comme hypothèse du jour)-
LeP
Invitéparadoxe de la modestie : si on croit être modeste, c’est qu’on ne l’est pas
-
François Bégaudeau
Maître des clésoui
on pourrait même parler d’impossibilité de la modestie
en tout cas d’impossibilité technique de l’expression de la modestie
(je repense à l’instant que c’était dit dans Jouer juste)-
Mao
InvitéTrès grand sujet la modestie. La modestie est une monstruosité. Je pense que Dostoiveski l’a montré mieux que personne.
-
Jeanne
InvitéExactement. Sauf quand c’est moi.
Il l’a montré où, Dostoievski? -
Mao
InvitéSon oeuvre est peuplée de personnages qui ne cessent de se rabaisser par calcul, soumission, lâcheté, paresse et servilité. Je pense à des personnages comme le Lebedev de L’idiot ou le Smerdiakov des frères Karamazov qui illustrent assez bien l’obscénité qui se cache derrière toute prétention à la modestie.
-
Jeanne
InvitéOk, je me permets aussi de noter que:
-un: François distingue la modestie de son expression.
-deux: je suis d’accord avec cette distinction.
Dire que l’on est modeste c’est une chose.
Se sentir modeste, par réalisme par exemple (par capacité à mesurer nos forces et leurs limites) c’en est une autre.
.
Concernant Dostoievski j’imagine que la thématique est un peu aussi celle de l’obséquiosité ? -
I.G.Y
Invité« si on croit être modeste, c’est qu’on ne l’est pas » : c’est typiquement le genre de phrase qui dit quelque chose de juste mais qui en fait noie tellement la réalité de ce qui est critiqué qu’elle devient une tautologie. Un peu comme en rester à une phrase comme « le réel nous échappe toujours » quand on ne veut pas regarder de trop près : c’est vrai, mais ça ne dit presque rien en soi.
.
Distinguer entre modestie et expression de la modestie me paraît en revanche très juste. Il y a aussi quelque chose de très factuel dans la modestie : son expression est très souvent un calcul moral de bas étage, surtout quand elle verse dans la « prétention à la modestie », mais ça n’enlève rien à aux aspects factuels, la « mesure de nos forces », soit une autre forme de calcul mais assez différente. Exemple typique et situé : quand on a été en contact dans sa vie avec des personnes dont on sait qu’elles sont plus fortes, beaucoup plus fortes que nous à quelque chose (encore plus quand c’est très objectivable, par exemple en mathématiques, mais c’est valable un peu pour tout), exprimer une forme de modestie me paraît simplement relever de la justesse. Ça passerait par une forme de retenue, peut-être.Donc je retournerais presque « l’impossibilité de la modestie » en « nécessité d’une certaine modestie ». Non par calcul moral mais par justesse.
-
diegomaradona
Invité« si on croit être modeste, c’est qu’on ne l’est pas »
ce qui implique logiquement que si on ne croit pas être modeste, c’est qu’on l’est. Ce qui est absurde. Et ce qui du coup rend logiquement l’hypothèse de base elle-même absurde. -
Globox
InvitéToi faut que tu révises le théorie des ensembles
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Seldoon
Invité« En effet, il peut arriver que quelqu’un, pendant qu’il s’attriste à contempler sa propre faiblesse, s’imagine méprisé de tous, et cela au moment où les autres ne pensent pas le moins du monde à le mépriser. »
Dans tout complexe d’infériorité se cache une quantité impressionnante de prétention.
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François Bégaudeau
Maître des clésDans la timidité aussi.
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diegomaradona
Invité« Dans tout complexe d’infériorité se cache une quantité impressionnante de prétention. »
Ta remarque ne présente pas beaucoup de cohérence avec la phrase que tu mets en exergue. -
Seldoon
Invité« Ta remarque ne présente pas beaucoup de cohérence avec la phrase que tu mets en exergue. »
Merci pour l’arbitrage, mais je vais faire appel et affirmer qu’au contraire elle en découle directement.@François : une sorte de Se Juger Juste.
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LeP
InvitéIGY
la « mesure de nos forces » dont tu parles n’est pas de la modestie. Si demain Grégoire déclare chanter moins bien que Jim morrison, personne va appeler ça modestie. Celle-ci implique toujours une sous-évaluation de son appréciation de soi, par une sorte de bienséance morale. C’est ça que la morale publique récompense : « ah il est modeste » à propos d’un écrivain qui déclare ne pas mériter son Prix Nobel. Si cet écrivain se considère modeste, c’est bien qu’il estime s’évaluer en dessous de sa propre valeur, c’est donc qu’il n’est pas modeste. -
I.G.Y
Invité@LeP la mesure des force n’est pas la modestie mais elle elle devrait l’impliquer à mon avis, sauf dans de rares cas où la force est « claire » (sans être « objectivable », sauf autres cas encore plus rares : « être le meilleur buteur de l’histoire de l’histoire de la Champions League »). J’ai l’impression qu’on ne met pas tout à fait la même chose derrière le terme « modestie ». Se sous-évaluer n’est pas nécessairement être immodeste (ce qu’implique ta dernière phrase), c’est ne pas être lucide. Que des calculs morals puissent se nicher derrière n’a rien d’impossible, mais ça n’est vraiment pas nécessaire. D’ailleurs quand je regarde les premières définitions de « modestie » qui me tombent sous la main, je vois apparaître « retenue dans l’appréciation de soi-même ». Même quand on est fort, on peut afficher une retenue dans son expression tout en reconnaissant sa force à sa « juste valeur ». C’est à dire qu’on peut être modeste. La modestie est nécessaire, mais pour le fort, elle est seulement possible.
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I.G.Y
Invité« Calculs moraux » pardon…
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I.G.Y
InvitéD’ailleurs relisant ta dernière phrase @LeP le raisonnement est en fait plus alambiqué, puisque tu ne dis pas « est modeste » mais « se considère modeste ». « Se considérer modeste », c’est « estimer qu’on s’évaluer en dessous de sa propre valeur », c’est vraiment à ça que se ramène ce que tu dis. Or j’ai l’impression qu’on s’éloigne de ce qu’est la modestie !
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Oscar
InvitéJ’ai l’impression que vous confondez modestie et humilité. La modestie est une réalité, de moyen, d’accès, de possibilités… D’ordre économique ou social. Ça ne peut pas être une qualité, encore moins une objectivité de regard sur soi.
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François Bégaudeau
Maître des clésTiens Oscar réinvente le dictionnaire
En pure perte je signale donc que la première définition, dans l’usage comme dans le Robert, est « Qui a une opinion modérée, réservée, de son propre mérite. »
L’extrapolation sociologique du mot (les gens de condition modeste, un milieu modeste) n’arrive que bien plus tard.
La modestie est, d’abord et avant tout, une qualité (morale, disons)
Donc ton « Ça ne peut pas être une qualité » est nul et non avenu
(ce qui venant de toi ne surprendra pas ; j’attends encore, depuis que tu traines ici, un premier post sensé) -
Oscar
InvitéSurtout passée pour répondre à BIOGRAPHIE ce matin…
Est-ce-que depuis la vie modeste, on se préoccupe beaucoup de modestie comme posture ?
C’est une réalité que dans certaines situations la modestie ne se déploiera jamais comme qualité. Pas besoin du Robert pour le dire ou pas. -
François Bégaudeau
Maître des clésMagnifique pirouette
Depuis la scolastique jésuites on n’avait pas vu plus grande malhonnêteté.1 la modestie c’est une condition sociale et c’est tout, dit Oscar
2 on lui fait remarquer que le sens du mot en usage (et pas simplement dans le dictionnaire) n’est pas celui ci, que pour chacun la modestie désigne une qualité morale et non un rang social
3 oui, dit Oscar, mais les gens modestes ne s »occupent pas de modestie
Rien à dire. Chef d’oeuvre. Oscar a réussi à diluer sa pitoyable méprise en souci des pauvres. Je m’incline. Et j’attends toujours son premier post sensé en cet espace. -
LeP
InvitéIGY
« tu ne dis pas « est modeste » mais « se considère modeste ».
Oui c’est ce que dit ma première phrase, d’où le contresens suivant :
« Se sous-évaluer n’est pas nécessairement être immodeste (ce qu’implique ta dernière phrase), c’est ne pas être lucide »C’est considérer qu’on se sous-évalue qui est paradoxal, c’est de ça que je parle, et c’est précisement ce qu’on entend généralement par modestie. (je me répète)
BIOGRAPHIE
visiblement la nouvelle est pas arrivée partout -
BIOGRAPHIE
InvitéLeP: Ouais, je crois qu’on a reçu des dictionnaires à la place.
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I.G.Y
InvitéJe pensais que ta dernière phrase correspondait à ta conception de la modestie, puisqu’elle était affirmative. Si en fait elle était une sorte de discours indirect libre qui reprend « ce qu’on entend généralement par modestie » (qui pour moi s’éloigne drastiquement de ce qu’est la modestie), alors on est en fait possiblement d’accord. La mécompréhension est levée
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BIOGRAPHIE
InvitéLeP: « Celle-ci implique toujours une sous-évaluation de son appréciation de soi »
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Première nouvelle. -
François Bégaudeau
Maître des clés« Exactement. Sauf quand c’est moi. »
Rire -
François Bégaudeau
Maître des clésOn pourrait peut etre inventer un par-delà prétention et modestie, où la prescription nouvelle consisterait dans le devoir de s’évaluer, et de bien s’évaluer.
Mesurer avec justesse sa faiblesse ici et sa force là. -
diegomaradona
Invité« Mesurer avec justesse sa faiblesse ici et sa force là. »
Cela s’appelle l’objectivité -
BIOGRAPHIE
InvitéEt ça conduit à afficher des prétentions modestes.
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I.G.Y
Invité@François « prescription nouvelle consisterait dans le devoir de s’évaluer, et de bien s’évaluer » : oui. C’est le préalable à toute modestie réelle.
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Jeanne
InvitéJe signe moi aussi ce contrat.
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Claire N
InvitéÀ ce propos la dernière phrase du livre
que je ne cite pas
M’a donné un shoot
La subversion courte, ramassée
Ça tape comme la première fois qu’on entend sa propre pulsation
Première danse de puissance – certitude qu’elle était déjà la -
François Bégaudeau
Maître des clésElle était là.
Depuis ton aube les anges étaient avec toi.
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Claire N
InvitéJ’aime bien quand t’envoies les ballons jusqu’au ciel – c’est beau
Ps : Merci à Léo pour son entrée de jeu -
Tof
InvitéQuand « prétention » conduit à « prétendre à », voilà qui énerve (chez autrui). It ain’t bragging if you done it (dirait le poète Maurice Morissot)
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Malice
InvitéSalut aux débateurs, je reprends le sujet » timidité » pour partager avec vous cette expérience personnelle :
dans tous les ateliers théâtre que j’ai menés depuis 15 ans, les timides étaient toujours ceux qui devenaient les plus expansifs au cours des séances, je pense notamment à une petite fille qui osait murmurer un mot sur scène lors d’une première restitution d’atelier et qui a fini l’année quasi hyperactive. J’ai vu aussi beaucoup de timides fébriles rougissant suant de stress devenir les meilleurs comédiens du groupe par la suite, comme s’il y avait un lien direct entre leur malaise initial et leurs performances ultérieures. -
Claire N
InvitéC’est intéressant ça
Le bégaiement aussi paraît il disparaît
Au théâtre -
Malice
InvitéAriane Mnouchkine disait sur France Culture l’autre jour que ce qui se jouait sur scène était de la sorcellerie, je peux le croire.
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Malice
InvitéDepardieu avait un problème de bégaiement il me semble
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François Bégaudeau
Maître des clés….et Vincent Lindon…
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Ema
InvitéC’est que le timide n’est pas le taiseux. Je dirais que le timide est un bavard contrarié.
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Malice
Invité@Ema, ça me parait juste
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I.G.Y
Invité« le timide est un bavard contrarié » : c’est pas mal ça
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BIOGRAPHIE
InvitéVous me désolez putain.
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pifou
InvitéLa police est trop grande. J’achète pas le bouquin.
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Carpentier
Invitégros pouffage de rire
médaille d’or de la raison de merde de non-achat
on <3-
Carpentier
InvitéDe nouveau un post bloqué (celui-ci est bien sur le livre, mince) : why?
Rien pourtant flitré pour public de maternelle dans celui-ci (comme récemment sur les vaches landaises et jadis sur le film des horlogers suisses)
Maraboutage sélectif peut-être, sacrifice aléatoire, bon.
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Graindorge
Invitépour les lectrices et lecteurs en France qui boycottent Amazon :
« Pour la France Métropolitaine, nous proposons la livraison à domicile à 0,01 € à partir de 35euros d’achat, 3€ de frais de port en dessous de cette somme. » Librairie Mollat Bordeaux-
Cocolastico
InvitéPut1 Graindorge dose un peu STP
Tu écris tellement que je ne te lis plus (ce que je regrette) et que je peine à suivre les discussions des autres
Tant d’énergie et de temps c’est des cadeaux des dieux INTERDICTION de les gâcher comme ça. Moi avec 5% de ta force toute ma vie change-
mathieu
InvitéCocolastico, tu as mal écrit Carpentier
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Cocolastico
Invitéoui bah bonne remarque, comme par hasard je m’en suis pris à la personne qui avait le moins de chance de répliquer
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Carpentier
Invitérires
Tu écris tellement que je ne te lis plus (ce que je regrette
)
ah non, ça cause bien de gr/…Graindorge
vous faîtes donc erreur dans le regret/blague de ne plus lire
car, comme on sait, pour ne plus, encore eût-il fallu qu’il y ait lecture au debut
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pifou
InvitéPhilippe Poutou et sa compagne vont ouvrir une librairie.
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BIOGRAPHIE
InvitéUn prolo qui entreprend!
Ça va faire plaisir au MEDEF.
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I.G.Y
InvitéPetit aparté : est-ce qu’il y a un espoir d’une autre soirée de présentation de Psychologies en région parisienne ?
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Oscar
InvitéVoir la page Agenda ouverte par Carpentier
https://www.parislibrairies.fr/agenda-173944/rencontre-avec-francois-begaudeau/
Have fun ! ; )-
I.G.Y
InvitéBien vu, merci
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Carpentier
Invité😁
pour se foutre des autres, ia toujours des bénévoles ici
Bien guérie, depuis longtemps et définitivement, des live avec le Maître des Clefs d’ici, so:
Have fun vous-mêmes.
ps: et oubliez pas de faire une cagnotte pour son anniversaire à votre petit taureau-
Carpentier
Invité– c’était plus le critique ciné, au forum des images de surcroît, qui m’avait fait méga-râler l’autre fois
Car les rencontres en librairies, ou au propos de livres, je ne ferai plus jamais d’efforts (ça me coûte énormément) pour m’y rendre
Comme déjà dit ici, plus désolée/triste, quasi à chaque fois, que joyeuse en en revenant
donc ça va, c’est bon maintenant.-
I.G.Y
InvitéDésolation et tristesse : j’y cours.
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François Bégaudeau
Maître des clésDonc la prochaine c’est aux Traversées, dans le cinquième, mercredi.
Un peu de rive gauche ne fait jamais de mal
Il y aura aussi le rituel à Neuilly Plaisance (le 14 mai)
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mathieu
InvitéMême question qu’ IGY: y a t-il un espoir de présentation de Psychologies à Bordeaux et/ou Bayonne?
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François Bégaudeau
Maître des clésj’ai fait Mollat hier, mais en duplex
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mathieu
InvitéDamned !
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Alphonse
InvitéEt en vallée d’Aspe, rien de prévu ?
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Mélanie
Invité@ en réponse au post de Malice :
As-tu une idée de quel lien il pourrait y avoir entre la timidité et les performances que tu as pu voir ?
Je peux dire un mot sur mon cas de timide. Sur le théâtre, ma timidité est pas loin de tout bonnement en exclure la possibilité pour moi (on ne saura pas si j’ai des compétences cachées).
C’est intéressant le truc de la prétention qui irait avec la timidité. Ça me parle. Ce pourrait être une sorte de piège de prétention-timidité.
Sur des symptômes qui disparaîtraient en jouant, ça me parle : je peux par exemple être plus à l’aise en contexte professionnel, où mon rôle est prédéfini, perçu comme légitime, voire carrément pondu par d’autres que moi, et moins à l’aise entre copains, ou disons dans l’impro du quotidien
Facile aussi par exemple de faire la maman – l’autorité ce serait la facilité ? Souvenir d’une maîtresse d’école qui peinait à dialoguer avec les parents, et qui semblait revivre, ou « s’affirmer », quand elle parlait aux enfants – quand elle réenfilait son costume de maîtresse-
Ema
Invité« C’est intéressant le truc de la prétention qui irait avec la timidité. Ça me parle. Ce pourrait être une sorte de piège de prétention-timidité. »
Moi cette possible corrélation entre prétention et timidité m’échappe un peu, pourrais tu donner des pistes puisque tu sembles concernée ?
Je perçois peut-être qu’il y a quelque chose de l’ordre de l’image de soi dans cette affaire, et une crainte d’être « en dessous », mais je ne suis pas sure.-
Malice
InvitéJ’ai ces hypothèses en tête:
1 peut-être que les timides, une fois lancés sur scène, éprouvent un soulagement de la tension qui les habitait quand ils n’osaient pas se montrer et se faire entendre; ce qui les galvanise ensuite?
Quand on redoute une humiliation et que c’est l’inverse qui arrive, l’énergie qu’on retire de l’expérience est phénoménale il me semble?
2 peut-être que certains timides sont de grands observateurs, ce qui les rend justes dans leurs interprétations de personnages?-
Tony
InvitéEn tant qu’ancien timide j’ai une hypothèse sur ce paradoxe du comédien,je crois que le timide,en jouant un personnage,se libère de lui-même et de sa timidité,au fond il a trouvé avec le personnage le masque qui lui fait défaut dans la vie sociale où tout le monde ment alors que lui n’y arrive pas,il a l’impression que chacun peut lire en lui comme dans un livre ouvert et il en a honte.
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Malice
InvitéJe te rejoins seulement là: « il a l’impression que chacun peut lire en lui comme dans un livre ouvert et il en a honte. « , ça c’est une chose que j’ai constatée aussi, mais je pense que le rôle n’est pas un masque, le rôle est l’élément par lequel quelqu’un qui a peur de se montrer, de se faire connaître, découvre qu’il peut jubiler d’être regardé et écouté. Le rôle ne cache pas, il dévoile, personnellement c’est de cela que j’avais peur avant de devenir comédienne: que le rôle révèle qui j’étais.
D’autre part avais-tu honte d’être lu comme un livre ou peur que cette lecture soit source de dégoût? Quel regard négatif sur toi-même avais-tu intériorisé comme disent les psys?-
François Bégaudeau
Maître des clésJe trouve les lignes de Tony très justes
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Ema
Invité« il a trouvé avec le personnage le masque qui lui fait défaut dans la vie sociale où tout le monde ment alors que lui n’y arrive pas »
ca rejoindrait aussi un peu ce que dit Melanie sur les postures professionnelles, qui donnent de l’aisance au timide : endossant l’uniforme du métier, le ou la timide dispose alors d’une panoplie toute prête de manières d’être dont il est entendu qu’elles ne trahissent pas tant sa nature profonde mais sa compétence à exercer une fonction. L’improvisation semi codifiée des relations sociales libres, elles, ne permettent ni complètement d’être un autre, ni complètement d’être soi.-
François Bégaudeau
Maître des clés« L’improvisation semi codifiée des relations sociales libres, »
super bien dit (sauf libres, bien sur)
et oui le travail, où les gestes sont comme orchestrés, calibrés, où le ode d’emploi social est assez réglé, peut tout à fait apaiser le timide, lui donner un cadre qui le tienne, le fasse tenir debout et d’aplomb
je n’ai pas tout dit dans « Nos carottes » sur la séduction de l’employabilité – et donc sur le fait que ça tienne si bien, alors que 90%des gens n’aiment pas leur boulot-
Ostros
InvitéLe travail peut apaiser le timide j’ajoute et aussi l’angoissé, parfois le malade psy, aider l’artiste à rompre avec la solitude qui lui est pénible.
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Ostros
Invité(Cela même si dans le même temps l’angoissé, le malade, l’artiste déteste leur travail et ont conscience de l’aliénation et des empêchements que cette organisation impose aux individus.
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Ostros
Invité)
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Mélanie
InvitéOui je peux témoigner de ça aussi. Ces jours-ci en voyage, je me dis que les contrôleurs de train ont presque l’air de se régaler. Je me le dis souvent quand je prends le train.
(Je m’éloigne mais le boulot est aussi un moyen de prendre des vacances du foyer, de la famille)
@ Ema : j’essaierai de préciser sur prétention-timidité, c’est pas encore très formulable dans ma tête
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Malice
InvitéJe vais à nouveau partager une expérience personnelle car le « mensonge » évoqué par Tony m’a fait un peu ruminer depuis hier:
il y a quelques années, j’étais obnubilée par le « faux » du théâtre : j’avais peur que certaines personnes lucides de mon entourage me voient jouer et me découvrent en train de « mentir ». J’étais affolée à l’idée que quelqu’un de clairvoyant puisse s’apercevoir que j’étais capable de bien mentir.
Est-ce que d’autres personnes, ayant pratiqué le théâtre, ont déjà ressenti ce malaise?
Je précise qu’il m’a quittée depuis mais que j’ai eu à vaincre cet obstacle pour accepter ma fonction.-
Ema
InvitéC’est marrant moi ce dont je serai parfaitement incapable c’est de laisser des connaissances ou proches lire quelque chose que j’ai écrit (roman ou essai). D’ailleurs Francois eprouves tu parfois de l’appréhension à être lu par tes proches?
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Mélanie
InvitéÇa me fait penser que j’ai démarré depuis peu des ateliers d’écritures et c’est pas mal (y’en a un où on peut boire des bières en même temps)
On n’approuve pas l’art-thérapie des normatifs, néanmoins art et thérapie ne sont peut-être pas incompatibles
Cet échange me rappelle que j’ai essayé 2 ou 3 fois de faire du théâtre (les groupes où j’étais tombée ne m’avaient pas plu – ça c’est autre chose) -
Malice
InvitéQu’est-ce qui n’allait pas dans les groupes de théâtre que tu as fréquenté?
question bis : quelle est la marque de bière qui inspire le mieux ta muse? -
Mélanie
InvitéSur l’alcool ça a pu m’aider à l’occasion mais je ne peux plus trop en boire et de toute façon je n’ai plus très envie d’en boire parce que j’ai envie de tout bien sentir.
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Malice
InvitéTu peux faire lire à des gens d’ici ( mais c’est peut-être déjà fait?)
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Malice
InvitéMon dernier était pour Ema mais réflexio faite pour Mélanie aussi
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Ema
InvitéJe n’écris rien malice! J’étais dans le pur conditionnel. Je pressents bien qu’écrire relève forcément un peu de l’impudeur.
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Mélanie
InvitéPas d’écrits non plus
Je suis allée une fois à un cours bourgeois où tout m’a déplu à commencer par la prétention du prof
Via un soignant de psychiatrie j’ai eu un stage d’impro super, une formation ponctuelle que je n’avais pas choisie, un heureux hasard
Une journée clown qu’était pas mal mais c’est pas mon truc du tout
Un casting pour un film où on était allées avec une collègue, ils cherchaient des soignants. Ils nous ont fait poireauter qqs heures et pendant ce temps répéter une scène. Là c’était méga bourgeois. Je me suis bien amusée à répéter la scène puis j’en ai eu marre d’attendre et je suis partie
Cette année une de mes filles en fait avec un jeune prof chouette. J’ai voulu essayer mais c’était complet, et les autres intervenants me branchent peu – pas. Comme quoi je dis des conneries, ma timidité n’est peut-être pas, aujourd’hui, ce qui m’empêche en premier lieu de faire du théâtre, et oui pour le peu que j’ai micro-joué je m’étais bien amusée. Je crois même que j’ai pas été mauvaise (je suis prétentieuse voilà), mais je ne sais pas si ma timidité a un lien. Je crois que c’est lié à un tempérament joueur même si je m’en cache bien et au fait que je m’intéresse depuis qq années et notamment via la gêne occasionnée etc à ce que c’est que ce truc de jouer la comédie. -
François Bégaudeau
Maître des clés« D’ailleurs Francois eprouves tu parfois de l’appréhension à être lu par tes proches? »
Non. La raison en étant que mes proches familiaux ne me lisent pas – sauf mon père, qui ne m’en dira rien- et que mes proches amicaux, étant des amis, seront toujours délicats dans leur réception (ce qui ne veut pas dire systématiquement convaincus) -
Ema
InvitéOk. Mais a vrai dire, j’évoquais une appréhension se situant plus en amont encore de la crainte d’une critique negative, au moment même de l’écriture, du type « oserais-je écrire ceci sachant qu’untel va me lire », quelque chose d’insidieux qui opérerait au moment même du tri mental sur les phrases à garder ou à bazarder. Connaissant ta préoccupation centrale de la justesse et ton mépris de la complaisance, je devine qu’une telle appréhension si elle existait ait pu réellement retenir un geste littéraire chez toi. Mais j’avais dans l’idée que pour autant cette appréhension ne pouvait pas ne pas t’avoir au moins traversé ponctuellement.
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Ema
Invité*Je doute et non je devine, sinon bonjour le contresens
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François Bégaudeau
Maître des clésoui elle me traverse
il y des choses que je serais embarrassé d’écrire, sur mon frère par exemple -
..Graindorge
InvitéDésolée du hors sujet mais tu n’as pas dû voir la question: as-tu reçu le courrier postal avec les échanges avec friot?
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..Graindorge
InvitéPour juste m’assurer que le courrier postal fonctionne car tu n’es pas sans savoir qu’ il y a eu pas mal de retards
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Ema
InvitéLe mot « embarras » ne m’était pas venu mais c’est plutôt à ça que je pensais en effet.
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Ema
Invité« je n’ai pas tout dit dans « Nos carottes » sur la séduction de l’employabilité – et donc sur le fait que ça tienne si bien, alors que 90%des gens n’aiment pas leur boulot »
Oui, d’ailleurs n’entend on pas régulièrement des futurs retraités se demander ce qu’il vont bien pouvoir faire de leur peau une fois congédiés. Non sans humour bien sûr, mais ça trahit un peu quelque chose, une légère crainte de voir l’horloge de toute une vie se dérégler.-
Malice
InvitéC’est pour ça que je trouve toujours quelque chose à ne rien faire; je sais très bien ne pas m’occuper
( copyright Queneau)-
Ema
InvitéJ’aime beaucoup cette phrase, je vais me la noter car je risque d’en oublier la tournure pas si simple.
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Ludovic
InvitéUltra timide
Ultra prétentieux
Ca va ensemble
Et oui y’a des domaines où tu enlèves le shy manteau
Dans les sports co moi
Et où tu enlèves la prétention
L’amitié-
Malice
Invitéplutôt que prétentieux pourquoi pas ne pas plutôt dire « ayant une haute idée de soi ou de ce qu’on voudrait être? »
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Ludovic
InvitéDans le cas où tu penses que t’as un fort potentiel
Sinon, on porte pas un pseudo au hasard
Si tu vois ce que je veux dire
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Carpentier
Invité….
Ma vague représentation d’une cyber-attaque ignore tout de ses ressorts technologiques – déjà l’électricité j’ai du mal. / ….
– 184, Je ne suis pas sur les réseaux, Psychologies –
rire et pas, si juste.
Car apprendre, comme ça, qu’en plus de tout le reste, FB n’est pas Edison, ça m’en fout un.
Ça déboulonne le Grand T’Homme.
Avec le café réveil de mon dernier jour de boulot avant 9 jours de glandouille, l’entrée
je ne suis pas sur les réseaux
est roborative; autant que les autres?
moui, faire un top 3 (ou top 5?) des entrées va décidément pas être aussi funky que papa dans maman.-
Claire N
InvitéAh l’hôpital on a eu une cyber attaque
Riche enseignement
Notamment sur nos capacités toujours étonnantes d’autogestion -
Carpentier
Invitéet puis l’entrée
je ne suis pas sur les réseaux
se termine par un double salto dont l’auteur de Psychologies a le secret:
(de mémoire, je suis dans le métro*)
– sur ceux qui disent ‘ aujourd’hui, nanana, moi j’ai commu l’époque où 2 albums en 1 an, pas 10 ans pour un concept album ( + doigts guillemets) ils évitent de se mêler à la foule (bruyante, sauvage, inculte) et fantasme le peuple, qu’on sait, mêmes valeurs, une voix, universalité nananani nanana,
et ceux qui se vantent d’aimer et d’être ouverts à la jeunesse, aux nouveaux sons et aux rebondissements récents sur l’attribution du RSA (moi un peu?)
… dans les deux cas, il s’agit juste d’une différence vestimentaire / … (en gros)*sans le bouquin, car suis evidemment pas de celles benh nan : D
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Carpentier
Invitéje partagerai ce soir les lignes originelles,
car oui, parfois et j’aime ça, les copier pour les partager fait passer par le copieur qui, sans forcément mieux les assimiler (n’est-ce pas) les fait un peu siennes, comme pour en faciliter l’ingurgitation-
François Bégaudeau
Maître des clés« Entre eux rien de plus qu’une querelle vestimentaire »
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Carpentier
Invitéhey, toi l’auteur!
merci mais me gâche pas mon plaisir dis donc : )-
François Bégaudeau
Maître des clésje rends service
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Carpentier
Invitéah c’est donc ça,
j’imagine que, dans ce cas, il faut dire merci
– > merci
mais en guise de service, si jamais, c’est pas dans ce domaine que je solliciterai en premier ton aide
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Carpentier
Invitéles dernières lignes du
Je ne suis pas sur les réseaux
doncLe débat sur mieux avant ou pas est creux, d’où sa sempiternelle reprise médiatique. Ceux qui le mènent croient mener un débat politique quand ils ne font que suer des humeurs. Celui qui valide le c’était mieux avant dit en creux qu’au bal social il se préfère dans le costume de l’homme revenu de tout qui se flatte de l’hostilité de ses médiocres contemporains. Le second dit en creux qu’il se préfère en tenue de pas grincheux, ouvert sur la vie et la jeunesse, en prise sur son temps.
Entre eux rien de plus qu’une querelle vestimentaire. / …J’aime bien ces lignes, parfaitement dosées, je trouve, sans concession et à la fois presque douces, tranquilles plutôt dans leur postulat; j’en prends de la graine.
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Carpentier
Invitéquand ils ne font que suer des humeurs. / …
on mesure bien le truc, c’est parfait.
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François Bégaudeau
Maître des clésc’eut ete mieux ainsi :
» Ceux qui le mènent croient mener un débat politique et ne font que suer des humeurs. »
(ca retire un qu)
voire
» Ceux qui le mènent croient mener un débat politique et ne suent que des humeurs. »-
Carpentier
Invitépas faux
mais l’imperfection, familière, fait parfois bien sentir les choses aussi
ps: je t’avais pourtant bien dit que ce bouquin méritait un ou deux coups de repassage supplémentaire
T’écoute jamais aussi-
François Bégaudeau
Maître des clésune mule
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Carpentier
Invitétout comme, yep

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Graindorge
Invitéje joue papa.
Je tente:
« Le mener fait croire à un débat politique : il ne fait suer que des humeurs » -
Graindorge
Invitéje joue papa.
Je tente:
« Le mener fait croire à un débat politique : il ne fait suer que des humeurs »Doublon
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..Graindorge
InvitéJoie de la patience
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Blaise o
InvitéÇa fait combien d’années que tu fréquentes ce site Graindorge ?
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Carpentier
InvitéBeuuuuh
T’emmerde les autres à 3 heures du mat’, toi?
T’inquiète, depuis le temps, …Gr/graindorge a germé 6 fois au moins et on essaie de les respecter un peu les anciens : )
D’ailleurs, tu débarques d’où, toi, comme ça? Et T réseauté.e par qui pour halpaguuer ainsi?
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Claire N
InvitéJ’aime bien « frisson «
« deux morales s’opposent, se frictionnentdepuis des siècles «
Donner ou pas donner
Et son cortège de mauvaises/ fausses raisons «
Cependant j’aime que tu racontes la grâce d’avoir eu l’honneur de te faire faire les poches par un ange et d’avoir aimé ça-
Ostros
InvitéCependant j’aime que tu racontes la grâce d’avoir eu l’honneur de te faire faire les poches par un ange et d’avoir aimé ça
Écho : « elle (il) jouissait d’une balle dans le dos ».-
Claire N
InvitéRire – oui c’est vrai il y a de ça
C’est vrai que la jouissance c’ est pas un scout-
Ostros
InvitéPour éclairer le cadavre que je te livre ce soir, Juliette, je dois reparler du rire. C’est du rire toujours qu’il faut partir, car comme tu l’ignores tout s’y tient.
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Claire N
InvitéCarrément
D’ailleurs en ce jour de Pâques reprenons
La genèse en deux lignes :
Au commencement il y eu le rire
Puis tout ses éclats
On a dit qu’on était pour les semaines de 2 mn de travail sur bases divines ^^-
..Graindorge
Invité1mn divine c’est mille ans donc on va bosser 2000 ans par semaine? Au commencement il y eut le rire…jaune alors
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Graindorge
Invitéet « les braconniers de la jouissance » Celle titre de besselair
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François Bégaudeau
Maître des clés« Au commencement il y eu le rire
Puis tout ses éclats »
on aime
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Graindorge
Invitéet « les braconniers de la jouissance » : titre de besselair
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Claire N
InvitéOui -besss seller – avec un petit appendice pour pas non plus que ça tourne à la cascade des meilleures radio
De bidules coincés dans les colons
La jouissance n’est pas non plus une bouteille de lait-
nefa
Invité« La jouissance n’est pas non plus une bouteille de lait »
Ah bon ?
J’y vois aussi la Grande Histoire de certains sphincters.
Avec ses hauts et ses bas.-
Claire N
InvitéAh oui mais nefa la bouteille il faut l’ouvrir
C’est pas le flacon qui compte comme dit le poète-
nefa
InvitéTout rouge
Comme la langue d’Aragon
qui aimait les fraises
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..Graindorge
InvitéPas compris mais ça sonne rigolo
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Raspout
InvitéMots las chez Mollat….
Oui ce peut être désagréable de se découvrir un comportement de sale type ou de sale typesse ou de s’apercevoir que l’on dégage une certaine arrogance, mais après tout n’est-ce pas de l’arrogance ou plutôt de l’orgueil que de penser que l’on est forcément quelqu’un de « bien »?-
François Bégaudeau
Maître des clés« mais après tout n’est-ce pas de l’arrogance ou plutôt de l’orgueil que de penser que l’on est forcément quelqu’un de « bien »? »
Oui, et donc?-
Raspout
InvitéDonc, rien de particulier si ce n’est, à chacun de faire selon son orgueil à partir du moment où l’on a conscience de l’existence de celui-ci. Ce qui me semble être le cas de peu d’hominidés. Et c’est bien la raison pour laquelle l’humanité cours à sa propre perte. Pouet. Et je fais bien le distinguo d’avec l’ego. Je lirai ton récent opus -mais pas tout de suite car j’ai des wagons de livres « en retard »- car ton entretien avec la dame -conquise ; coquin!- de chez Mollat m’a intrigué et j’avoue que les quelques exemples que tu as cités -dont celui du train- m’ont renvoyés à mes propres turpitudes…mais à l’âge qui est le mien -presque le tien- et avec les nombreux plongeons dans mon petit moi, en ai-je réellement besoin? J’ai envie de boire un verre de chenin.
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François Bégaudeau
Maître des cléson aime la vérité ou on ne l’aime pas
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Raspout
InvitéLa vérité est-elle capable de sortir de notre pensée?
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François Bégaudeau
Maître des clésAvant même de savoir si nous pouvons dégager des vérités, je demandais, moi si il y a un désir de vérité.
Il ne faudrait pas que la vieille question métaphysique de la possibilité de la vérité occulte la question psychologique, plus précise plus concrète, et à portée de réflexion, à savoir : est-ce que nous désirons la vérité ?
Mais il est vrai que si tu commences à appeler turpitudes les affect complexe qui peuvent t’habiter, alors tu seras sans doute réfractaire à mettre au jour lesdits affects
Pour moi il n’y a pas de turpitudes, il y a des micros événement affectifs, dont je ne suis pas plus responsable que de n’importe quelle sensation qui me traverse. C’est donc en toute sérénité que je peux m’amuser à les mettre au jour.-
..Graindorge
Invité« Pour moi il n’y a pas de turpitudes, il y a des micros événement affectifs, dont je ne suis pas plus responsable que de n’importe quelle sensation qui me traverse. C’est donc en toute sérénité que je peux m’amuser à les mettre au jour. »
20/20!
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Raspout
InvitéP.S. : sales gosses….sauf les miens!
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Anne
InvitéBonjour,
Le livre existe-t’il en numérique (epub) ? Si oui, où? Pas trouvé.
Merci-
François Bégaudeau
Maître des cléspas encore je crois
si tu veux un pdf contacte moi sur messenger -
MA
InvitéJe ne pense pas que les éditions Amsterdam publient en numérique, hélas.
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Joe
InvitéJe suis en train de lire avec grand plaisir Psychologies.
Sur le chapitre : pourquoi les pauvres ne votent pas à gauche (je n’ai plus le titre exact en tête), il y a la réflexion sur les affects et la jalousie.
C’est vraiment très clair et en même temps il y a deux trucs qui me chiffonnent :
– Peut-on vraiment dire que le petit blanc et l’immigré sont dans le même champ. J’ai bien vu François que tu dis qu’en gros quand on est en milieu rural la TV fait le boulot pour les affects, mais ça devient quelque chose d’un peu lointain justement (alors que tu dis que le principe de l’affect est d’être personnel).Ensuite, peut on comme dans l’exemple entre les deux universitaires, dire qu’il y a de la jalousie du petit blanc pour l’immigré ? Qui justifierait un vote qui s’apparenterait à une réponse à cet affect. De quoi le petit blanc jalouse-t-il l’immigré?
Merci
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François Bégaudeau
Maître des cléstu as raison, le petit blanc raciste n’a pas forcément un immigré « sous la main », puisque c’est le titre
je dirais que
-il arrive assez souvent, tout de même, que les deux evoluent dans le même champ, ou en tout cas se croisent (par exemple au boulot, ou dans le cadre du boulot – exemple des profs, qui sont en train de devenir des parangons de petits blancs racistes
-je prends acte des témoignages des petits blancs racistes (les racailles qui font chier avec leurs quads au bas de l’immeuble, les arabes qui squattent le centre ville à béziers, les filles voilées dans le bus, les djellabas dans la rue, etc)
-la télé c’est de la proximité ; la télé introduit l’arabe dans le champ de vision de tous ; la proximité de champ est ainsi établie
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Anne
InvitéCette dissection de ce qui nous (te) traverse : une grande jubilation.
Y a tout qui va. -
François Bégaudeau
Maître des clésoui, lançons cette contre-expression
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Claire N
InvitéRire oui je suis pour c’est mieux qu’un Covid !
Elle va prendre
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Carpentier
Invité…
S’il veut plus de pièces dans son pot de yaourt en terre, charge à lui d’être un meilleur capteur de la psyché du métro où il opère. /…
p.188, Plaisir d’offrir, Psychologies.
Parti du tubesque ‘ ou juste un sourire ‘ de la majo des praticiens de la manche dans le métro parisien *(mendiants et pas mendiantes? benh oui, spontanément sociologue du métro parisien, et réfléchissant un peu, je confirme que pas souvenir d’une femme quémandant au moins ou juste un sourire en faisant la manche, tiens, pas faux)
* pourquoi je m’arrête sur cette phrase et que je la partage, celle-là, qui trône au beau milieu d’un raisonnement précis et nuancé de l’auteur qu’on connait?
1) parc’que ce pot de yaourt en terre me réveille et me sort de l’argumentation pourtant bien construite et archi partagée, de par sa fantaisie réaliste, drôle et cruelle
2) parc’que c’est aussi mon quotidien
3) parc’que dans les allées de la fnac St Lazare ce midi, j’ai croisé Psychologies sous la pancarte ‘ sociologie. ‘
Sur-ce, je reprends à …C’est donc d’un pas enhardi par son bon droit que je descends à la station Gambetta / ….
– un pas enhardi par son bon droit : tout le monde voit bien?
– station Gambetta aussi? moi, si. -
Carpentier
Invité… Mon corps français n’oubliera pas de sitôt les siècles impériaux qui le précédent et l’imprègnent.
Production historique, mon corps a mille ans. Certaines nuits de divagations insomniaques, ce n’est pas sans nostalgie qu’il se souvient des croisades. / ….p.193, Plaisir d’offrir
Bonne nuit en armure à l’auteur : )
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I.G.Y
InvitéJ’ai enfin pu lire Psychologies — démarré avant de finir, quelle curieuse idée, le Croire et Détruire d’Ingrao, et l’on dira que ça n’a pas grand chose à voir mais p’t’être ben qu’en fait si, ces affaires d’arrangements psychiques, de psyché sociale, tout ça, en fait si et pas qu’un peu.
.
Je passerai trop rapidement sur beaucoup de choses car j’ai avant tout une question stylistique, à laquelle je viendrai dans un second temps.Je ne me retiens pas de signaler en premier lieu que le livre m’a fait rire, et plusieurs fois. Je ne ris pas si facilement devant un texte — je ne parle pas du plaisir ni du sourire mais du vrai éclat de rire, le rire éclatant —, et je confesse que c’est arrivé. On arguera d’un biais qui veut que je visualise ta personne en train de narrer les choses, le rire serait alors augmenté par autre chose que l’écriture même. Je crois pourtant que certains éclats de rire ont été proprement textuels, purement issus de la surprise (« son chat Bakounine », « j’ai moi-même un ami blond », j’en passe).
Tous ces textes m’ont intéressé voire fait rire voire les deux, mais j’ai des favoris. Parmi les meilleurs du recueils, « Ton milieu », dans lequel je ne me souviens pas avoir ri. Passionnant de A à Z, très fluide, dialectique à souhait, l’auto-élucidation à son meilleur. Cette manière de noter un écart qui réside dans « les attentes que nous plaçons dans la parole » est un sujet de livre à lui-seul, mais plus simplement un sujet de vie on ne peut plus concret. Évoluant dans des milieux qui vont de « issus de la classe moyenne urbaine en périphérie de grande ville » à « issus de la moyenne-bourgeoisie de grande ville », je constate aussi à l’intérieur même d’un tel groupe des attentes très différentes, des béances qui parfois sont du même ordre que celle que tu pointes (le lien avec la « chose intellectuelle/culturelle » étant bien sûr le principal déterminant, au-delà de la pure appartenance de classe ; mais ton texte est précis là dessus). C’est passionnant.
« L’intellectuel marxiste appelle fausse conscience ce but contre son camp du FC Prolo » : c’est parfait.
Y a rien qui va : le début du texte est spécialement drôle. Très fort.
L’Elixir Woke, belle mise au point, merci pour ça (« Dans le paysage mental bourgeois, le wokisme est une sorte de nouvelle franc-maçonnerie », ah que oui).
Dans le Doudou PS tu rejoins le club des métaphores physiciennes pour comprendre le Parti Socialiste avec ce « radeau de Schrödinger » : Lordon avait dit du PS qu’il était tel ces astres qui, situés à 1000 années lumières, scintillent encore alors qu’ils sont déjà morts (la vitesse de la lumière étant finie). Croisant les deux on trouverait le « doudou-chat PS de Schrödinger », à la fois mort et vivant — le physicien sourcilleux dira plutôt que son état est « indéterminé ».
Monseigneur est peut-être dans le groupe des trois meilleurs (« si certain puissé-je être de l’extase qu’il m’eût procuré », merci pour cette vanne fameuse). Aussi parce que sans doute encore plus personnel et intime que d’autres auto-élucidations.
Je perçois un passage entre « Imposture du syndrome » et « Gêné pour eux » (« Le gêné, lui, c’est l’inverse, qui toujours ressent sa présence comme déplacée, inappropriée »). Comme un contrepoint.
J’ai aussi aimé ce moment où les textes commencent à soudainement ce suivre, jusqu’à même faire débuter le suivant par « Or », cette amorce est très réussie, surprenante.
Je ne suis pas étonné non plus du choix d’avoir placé le dernier texte à cet endroit : l’écriture y est très habile. Il y a quelque chose de très échenozien dans cette transition, ce déplacement du fauteuil devant la télé jusque dans les loges puis sur le scooter pour finir à la table ronde, ce corps qui se dématérialise et dont on visualise le trajet, le voyage, et qui très rapidement mais sans rupture se refait corps ailleurs. Je me souviens simplement avoir eu ce même type d’images mentales plusieurs fois en lisant Echenoz.
Et puis la fin aussi, belle fin. En forme d’échappée, comme dans l’Amour, ou dans Notre Joie.
J’ai lu sur une autre page que tu passais peut-être trop de temps à élucider (avec joie) des vices et des joies mauvaises. Je peux comprendre cette critique — à laquelle tu avais répondu que faire autrement serait peut-être une bonne base pour un tome 2, et j’approuve cette idée. Je trouve malgré tout que la facture du texte contre-balance bien les choses. A lire la toute fin du texte et ce que tu en dis par ailleurs, c’était bien l’idée, et il me semble que l’objectif est atteint.
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Voilà, comme toujours je voulais écrire dix lignes pour vite arriver à ma question mais c’est raté.Ma question : j’ai souvenir d’une GO littéraire sur Vuillard où tu disséquais patiemment la manière dont il suggérait, notamment par l’usage des temps, un débord fictionnel à partir d’une situation réelle. Ça m’avait beaucoup intéressé car j’ai toujours un problème avec ce qui se donne pour documentaire et qui ne l’est pas. C’est l’immense difficulté du roman historique, du film historique. Et j’avais adoré l’analyse — je m’en veux terriblement de n’avoir pas encore lu cet auteur qui semble assez génial, alors même que j’en ai deux à deux mètres de mon bras droit.
As-tu travaillé spécifiquement sur cet aspect dans Psychologies ou est-ce que tout était instinctif? Je n’ai pas relu entièrement le livre une fois que cette remarque m’est venue (mais elle mais venue relativement tôt). J’ai a minima l’impression que plusieurs procédés stylistiques sont à l’œuvre : j’ai repéré plusieurs fois l’usage du futur pour marquer un passage spéculatif (« Le consensus sera encore plus manifeste au démaquillage […] », et d’autres); parfois on campe un personnage très manifestement fictif (Malika) qu’on décrit néanmoins au présent ; il y a aussi la savante utilisation de noms détournés (entre autres le général Kastendeuch, pas facile à voir quand on n’est pas messin, je ne suis pas messin, même si dans ce cas ça n’est qu’une affaire de nom, le général est à l’évidence un vrai) ; il y a le passage « échenozien », au présent (« alors que je suis leurs taxis en scooter »).
Mais un cran plus loin dans la difficulté, il y a des moments qui à partir de personnages réels me semblent fictionnés car assez outranciers, comme dans le Féministe Tardif, qui pour son rattrapage « a pris un forfait trois leçons par semaine » : la suite est au présent mais très détaillée (« de lui, qui collectionne les BD d’Heroic Fantasy […] »), on ne sait pas vraiment si ce sont des informations que tu as obtenues sur lui ou si c’est purement inventé — ou plutôt : que c’est une généralisation-spéculation formée à partir d’exemples néanmoins réels.
Il y a carrément quelques endroits où je suis perdu — j’aime bien me perdre en littérature ou en cinéma, mais quand il y a du réel biographique en jeu, j’ai plus de mal —, en particulier dans le Dossier Greg, très texte bon par ailleurs (l’intuition sur « changer le Game », c’est exactement ça). Dans le Dossier Greg, donc, vient à un moment cet indice pour le coup flagrant, même si je ne suis pas plus turinois que messin, de la pizzeria Del Piero — je signale au passage qu’on trouvera une pizzeria Del Pierrot à Bourthes, dans l’Eure. Mais en même temps cette anecdote est très probablement réelle (et le « ne m’a pas paru détonner parmi ses commensaux » va dans ce sens), exactement au même titre que le général Kastendeuch qui n’est pas un vrai mais en fait si. Plus loin, l’anecdote sur le Parc des Princes est au présent, et la phrase sur l’actrice lituanienne échangiste semble si extravagante qu’elle pourrait signaler de l’humour (je l’ai pris comme ça au début) mais impossible de savoir. D’autant que la « femme kiné » est un détail crédible. Puis à la fin du paragraphe suivant le futur revient : « certains se retrouveront pour une nuit de poker », sauf que cette fois le futur ne me fait plus l’effet d’une fiction. Voilà ce qui m’a tourneboulé.
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Enfin, cette belle phrase : « Dans la tête du gauchiste les conneries passent, comme un ange mauvais, et puis s’en vont ».-
Carpentier
Invitéexactement au même titre que le général Kastendeuch qui n’est pas un vrai mais en fait si.
dans le genre (mais je trouve pu là où c’est) j’ai un
Jean Philippe Pétain : D
initiales? Jean Pierre Papin, -
François Bégaudeau
Maître des clésJe comprends que cette histoire de fiction te requiert un peu. Je peux donner quelques éléments. En tout cas de distinguer plusieurs degrés de fictionnalisation.
-certains passages sont purement fictionnels, si jamais ce purement a un sens en littérature (il est bien entendu que toute fiction emprunte sa chair à la réalité). C’est le cas de l’histoire entre Fabien et Gilles. C’est le cas aussi de Charles le Cassos, très très lointainement inspiré d’un camarade de collège qui s’appelait lui-même Charles, mais le parcours que je lui donne et les scrupules que je lui donne sont du ressort de mon imagination. De mon imagination convoquée pour mieux dire le réel.
-extrapolation fictionnelle d’une donnée réelle. C’est le cas notamment dans Cordialement, ou je tisse toute l’histoire à partir d’un mail réel que m’a communiqué une amie prof.
-débord fictionnel de parcours ou situations réels. C’est le cas en effet du féministe tardif, dont je pousse la position pour la mener à son point d’absurdité – et de drolerie Hélas, il me semble que mon imagination de sa nouvelle discipline domestique n’est pas si éloignée de ce qu’il est en train d’arriver à certains hommes contrits des années 2020.
-assaisonnement fictionnel de situations réelles : ça c’est tous les textes. C’est Gueugnon. C’est les noms propres fantaisistes. C’est les petits détails partout, c’est le micro dans le macro. Dans le cas de Greg, nous avons une trame inspirée d’un personnage réel : producteur, Parc des Princes, incrimination, antisémite à mon égard, grandes diatribes sur la bourgeoisie, virilisme, maitresse actrice . Mais bien sûr, je ne cesse d’étoffer tout ça de détails imaginés (lithuanie, échangisme, poker, vin italien), c’est-à-dire inspirés de choses observées. Routine du travail d’un romancier.-
I.G.Y
InvitéOk, merci pour la réponse, je comprends. Ça justifie la difficulté que j’ai ressentie car en effet, je te confirme que beaucoup de détails que tu donnes sont en eux-mêmes crédibles. C’est ce que j’entendais pas « généralisation-spéculation formée à partir d’exemples néanmoins réels », à partir de choses observées. Concernant les accusations d’antisémitisme, c’était assez clair pour moi que c’était du pur réel (inventer un truc pareil, c’est délicat).
Ce que tu dis me rappelle que cette question m’est venue la toute première fois lorsque tu as parlé aux Traversées … de Cordialement : il se trouve que ce texte avait paru dans le Diplo et que je l’avais lu avant ton intervention là-bas, et donc avant de lire le livre. Et tu avais confirmé que le mail était réel. J’avais hésité à poser la question stylistique plus générale.
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Carpentier
InvitéJe ne me retiens pas de signaler en premier lieu que le livre m’a fait rire, et plusieurs fois. Je ne ris pas si facilement devant un texte — je ne parle pas du plaisir ni du sourire mais du vrai éclat de rire, le rire éclatant —, et je confesse que c’est arrivé. On arguera d’un biais qui veut que je visualise ta personne en train de narrer les choses, le rire serait alors augmenté par autre chose que l’écriture même. Je crois pourtant que certains éclats de rire ont été proprement textuels, purement issus de la surprise (« son chat Bakounine », « j’ai moi-même un ami blond », j’en passe).
Même si, à vrai dire, j’ignore si cela est ton cas, je note que la génération de lecteur.rices (mais évidemment lecteurs en majo comme on sait bien) qui ont découvert FB avec certain Histoire de ta bêtise, s’arrête, souvent comme étonnée, sur l’humour de l’auteur, lorsqu’ils lisent autre chose de lui.
Si on s’arrête sur le genre un peu ‘essai ‘ par exemple, j’insisterai quelque peu, avec l’autorisation et le contrôle de la communauté ; D sur le fait que son Antimanuel de Littérature, par exemple, je redis bien, en était déjà truffé.
Ce qui n’empêche en rien le régal de ceux/celles qui, donc, en sont moins surpris.-
François Bégaudeau
Maître des clésIl me semble que IG Y n’a pas découvert mon humour avec psychologies. J’ai l’impression qu’il note plutôt une densité humoristique particulière dans ce livre.
Mais à lui de confirmer – ou pas-
I.G.Y
InvitéJe confirme — et je parle sous mon contrôle.
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Je pense Carpentier que tu as surinterprété le mot surprise dans mon petit « commentaire ». Je disais presque au contraire qu’étant particulièrement habitué à l’humour de l’auteur FB, peut s’introduire un biais qui rend drôle un texte parce qu’on s’imagine l’auteur (drôle) le prononçant. On est un peu tous sujets à ça, peut-être le suis-je particulièrement. Par exemple, si Augustin de DAVA dit ou écrit « j’aime les carottes râpées » il est tout à fait possible qu’il m’arrache un éclat de rire, tandis qu’avec Edouard Balladur c’est moins sûr (quoique, mauvais exemple).Je voulais dire que je pense avoir ri à certains endroits sans ce gros biais là, par pur effet de surprise textuel, par la phrase même, sans référence à la l’individu auteur FB. L’humour c’est souvent l’imprévu, l’imprévisible, la surprise. D’ailleurs à bien y réfléchir l’exemple du chat Bakounine n’est pas totalement « pur », puisque l’effet comique est lié à la personnalité anarchisante de l’auteur (tandis qu’avec Edouard Balladur… merde, mauvais exemple encore).
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François Bégaudeau
Maître des clésrire
(méta-rire, donc) -
Carpentier
Invitéyep:
ce qu’il fallait préciser apparemment (vous vous y mettez quand même à 3, c’est donc que ça doit être sérieux comme mise au point – rires – )
d’où peut-être aussi monMême si, à vrai dire, j’ignore si cela est ton cas
que vous avez volontairement zappé en trio
(je parle également sous le mien, de contrôle)Merci cependant pour cette nuance, I.G.Y.
peut s’introduire un biais qui rend drôle un texte parce qu’on s’imagine l’auteur (drôle) le prononçant.
je vois mieux
Sur-ce, on peut même s’écouter un p’tit Edouard mon amour tant qu’on y est-
Carpentier
Invitéhey ho let’s go
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Carpentier
Invitéaaaah je ne connais pas si bien I.sabelle?G.reg?Yoann?
que toi,
mais je prends note, merci… une densité humoristique particulière dans ce livre / …
ok.
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Claire N
InvitéAprès histoire de ta bêtise
M’a provoqué un des plus gros rire quand
Je me suis faite « grillée « sur le passage Vanessa Paradis ( mais non j’avoue je la trouvais trop belle ! Mais comment il sait ce trait debile qui m’ai un jour passé par la tête ! Sortez de ma tête monsieur !)
Je pense oui que le livre est construit d’une manière qui pourrait si les conjonctions divines sont OK produire cette sorte de rire chez les bourgeois mais bon y a rattrapage avec ma cruauté peut-être…
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..Graindorge
InvitéSous la main:
« Toi c’est le jazz, lui c’est le racisme »
larmes de rire-
Carpentier
Invitémoi, j’ai un
Breizh -en-Menhir
, 215
pas de larmes de rire mais une sorte de petit coup de chaud confortable,-
Carpentier
Invitéet mon portable qui écrit, à propos de peinture murs et plafonds, que j’essaye de passer ce soir, après le boulot, au
*casting* de la place xx
Chéribibi a maintenant la confirmation que sa vieille compagne passe des castings pour du porno chez Casto 🤣
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Carpentier
Invité….
François est ce monarque dont la moindre marque d’attention comble le courtisan / …
240,
Je vous explique pas le jour où il m’a accueillie dans la file de dédicaces en me claquant la bise?
ok, je vous explique pas,
je volais: elle volait la meuf-
Carpentier
Invitéet, plus intéressant:
… /L’habitude est le fait social constitutif. L’habitude est à la fois l’outil et le mode de socialité. Et la principale force de l’ordre. / …. / C’est par elle, par la quotidienneté, par la répétition, que le corps social socialise les corps. La régularité des structures définit les règles du jeu social, sculpte les normes .
/ ….
– 241, entrée Monseigneur-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci de relever ces lignes, surtout la première, qui est centrale
A coupler avec le passage sur la société, du moins sa persistance, comme meilleure propagandiste d’elle-même-
Claire N
InvitéOui- un écho chez Ranciere aussi je trouve
« c’est cela la servitude: non pas la soumission des hommes du peuple aux représentants de l’ordre, mais leur commune soumission à la répétition du même; non pas l’obligation d’obéir, mais l’impossibilité d’imaginer que les choses soient autrement que ce qu’elles sont »
Avec tout de même un aspect plus « anatomique « dans la citation reprise par Carpentier qui permet à mon sens de garder les pattes au sol
Pas un chemin une cartographie
Il faut le faire que d’être plus confiant que rancière en son lecteur
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..Graindorge
InvitéJe n’ai pas encore fini Psychologies mais je ne peux pas ne pas exprimer mon admiration, mon enthousiasme qui m’a fait héler le premier venu. Y’en a qu’un ici qui comprend le français! En vérité vraie, je n’ai pas eu à le héler car il était assis à côté. On papotait de choses et d’autres. Je me suis mise à imiter un ancien prof.
Il riait. J’en rajoutais. Après la bonne dose de rire, on a parlé de Bégaudeau » Aaaah! faut que je te lise une entrée! J’ai pas fini mais pour moi c’est l’Entrée! La n° UNO!!
Un merveilleux pied de nez à la médiocrité risible.
Je crois qu’il a dû l’écrire d’un jet, d’une traite!
Et je me suis mise à lire, à déclamer un texte magistral Une lecture entrecoupée de rires.
Un bonheur qui m’a consolé.
Ce texte m’a redonné des forces et beaucoup de
joie! Il a emporté aussi le collègue. C’est la moindre des courtoisies d’offrir une lecture inspirée par le talent de l’auteur. Bravo camarade! Et merci.
Ah oui, le titre: » Le féministe tardif » p.120 -
Buster
InvitéHello !
J’ai beaucoup aimé Psychologies. Littérairement, je le rapproche plus de « Comme une mule » que de « Boniments ». Pas uniquement pour une question de date de sortie. J’ai le sentiment que ces deux livres actent un passage. Peut-être déjà stylistique, comme si tu avais épaissis ton style. J’ai été relire des passages d’« Histoire de ta bêtise » et de « Notre joie » (il faudrait faire le même exercice sur les romans mais je suis resté sur les essais pour le moment). J’ai l’impression que tu as gardé le minimalisme de tes phrases – (« Souvent pendant la campagne je t’ai trouvé bête. Je t’écoutais, et je pensais : comme c’est bête. Le penser n’était pas très correct de ma part. Pas très courtois et passablement hautain. Mais peut-on jamais réfréner une pensée ? » – Chap.1. HDTB) – mais que tu les as épaissis (« Le train optimise mes performances de lecture. Les trois heures d’un Paris-Grenoble peuvent me suffire à avaler deux cents pages, a fortiori si j’investis ma place dès l’affichage de la voie trente minutes avant le départ », Psychologies, p.9). Je sens toujours le même mouvement dans les phrases mais avec un certain rythme en plus.J’ai aussi le sentiment qu’il y a un passage dans ce que tu abordes. Particulièrement dans des critiques sur des attitudes ou positionnement de la gauche (pas du PS ou d’une autre forme de bourgeoisie de gauche). Je pense par exemple à « Féminisme tardif » et je le rapproche aussi de « Comme une mule » pour cette raison. Et si je ne me trompe pas, les deux livres ont été pensés et maturés (pardon les bovins) en même temps ? (Je veux dire que tu n’as pas écrit « Psychologies » à la suite de « Comme une mule »). En tout cas, même si on trouverait des passages dans « Notre Joie » sur la militance, ou des interventions hors littérature, je crois qu’il y a quelque chose de nouveau dans sa manière de prendre forme. Peut-être que c’est également dû aux différentes annulations que tu as eu.
Cependant, j’ai l’impression qu’il y a quelque chose dans « Psychologies » qu’il n’y avait pas totalement dans « Comme une mule » et c’est peut-être là où la critique de la gauche est beaucoup plus présente (alors que moins affichée). Je crois que les gestes d’auto-analyse du livre participent à un geste de déculpabilisation. Ça sonne développement personnel mais en fait je crois que c’est assez central. Parce que cette déculpabilisation (celle du livre) est une forme de critique de la « pureté éthique ». ça nous empêche plus que ça nous permet. Refuser ses affects négatifs c’est quelque part se refuser soi-même et se nier. C’est toute la dernière page du fragment « Une pensée pour les blancs » (« La vie psychique est plus vaste que la conscience politique », p.229). On aura beau théoriser, on reste des joyeux bordels ambulants. Et en te lisant j’ai le sentiment d’être dans une autre zone. Je ne sais pas la décrire mais cet espace me plait. Je le ressens comme une respiration dans le dépli des situations.
Et peut-être que ce passage je le ressens aussi dans des pages que je vois un peu comme des « manifestes ». Les pages 177-178, 229 et 257-258 ont quelque chose de ce registre. Ce n’est plus « nous avons pu […] » dans « Notre Joie » mais « nous ferons [des analyses situées, particulières] » ou « nous pourrions [élaborer un nouveau style proche d’un « savoir gai – et vice versa »].PS : La question que je voulais initialement te poser chez Filigranes était : Est-ce que l’écriture t’as paru un jour ne pas suffire à ce que tu cherchais explorer ?
PS.2 : Est-ce que le bras va mieux ?-
..Graindorge
InvitéC’est la deuxième fois que je rencontre l’erreur à 2 endroits différents alors je me permets de rectifier: l’entrée s’intitule » Le féminisTE tardif » et non
» féminisME tardif »-
François Bégaudeau
Maître des cléstu abordes plusieurs points, Buster :
-la phrase. Ecrire est un artisanat qui s’affine. Je pense que j’ai vraiment trouvé ma phrase de roman dans Molécules, au bout de 7 romans – ce qui ne signifie pas que les romans d’avant sont moins bons, car tout ne repose pas sur la phrase.
Ces dernières années j’ai affiné mon écriture dans cet espace qu’on appelle grossièrement essai, et je crois, oui, que de ce point de vue Psychologies ramasse les expériences faites dans ce laboratoire. Une sorte d’aboutissement – avec Comme une mule (je précise que j’avais pour ainsi dire fini Comme une mule (novembre 2023, nonobstant le récit du procès) quand j’ai commencé Psychologies (décembre 2023)
-il y a bien longtemps que la passion politique est, en tant que passion, l’objet de mes réflexions et de ma perplexité. Deux singes, c’était complètement ça : une dissection, en me prenant moi pour cobaye, de la passion politique, cette chose dont je disais alors qu’elle augmentait la puissance mais très vite la diminuait. De ce point de vue, rien de nouveau dans Comme une mule, ou dans un texte commeLe féministe tardif, ou le doudou PS, ou surtout Dans la tête (la politique comme arrangement de soi à soi). Mais il est bien vrai que d’avoir été, depuis, 5 ans, aux premières loges de la betise politique (la veulerie politique, dit l’ami Joy) a exacerbé ce sentiment. Normal. On pense plus intensément le cancer si on l’a connu de près (toutes choses égales)
-oui, la vérité avant tout. Puisque nous sommes des joyeux bordels les textes plongeront dans ce joyeux bordel, et manifesteront leur joyeuse incrédulité vis à vis des fallacieuses mises en ordre verbales de ce bordel. Je suis un bordel et dans ce bordel je suis une des putains -CUM-, j’ai été mise là sans le vouloir, je me suis retrouvée là, je ne suis la responsable de rien et le foyer de tout (le « innocent de rien » du début du livre veut dire ça : tout affect me traverse à un moment ou à un autre – racisme, misogynie, adrénaline concurentielle, mais aussi la gêne, mais aussi la colère, mais aussi la joie)
-« est-ce que l’écriture t’as paru un jour ne pas suffire à ce que tu cherchais explorer ? » Je ne suis pas sur de comprendre. Je crois que je n’ai jamais ressenti qu’elle pouvait suffire. D’ailleurs j’ai commencé par faire de la musique, et aujourd’hui je donne dans quelques activités autres (on est entrain de finir un docu, par exemple). Ce qui est sûr, c’est que l’écriture peut beaucoup (et notamment porter une éthique régler un rapport au monde – c’est à dire une esthétique) et qu’elle peut beaucoup avec peu. Ce pouvoir tant avec si peu lui donne un prix fou.-
François Bégaudeau
Maître des clésl’amie joy
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Buster
InvitéMerci pour ta réponse !
– Quand tu dis que « tout ne repose pas sur la phrase », tu penses à la construction du livre ou alors par exemple au sujet ?
– Ce que je voulais dire par « suffire » c’est plutôt s’il y a des fragments où tu te serais dit « l’écriture ne me suffit pas, il me faudrait filmer ». Est-ce que tu sais pourquoi tu te lances dans un documentaire plutôt que dans un roman ou un essai ? C’est peut-être simplement une question d’intuition ou économique mais vu que tu es écrivain et réalisateur, je me demande par quoi ça passe. Pourquoi écrire plutôt que filmer ? Ou pourquoi filmer plutôt qu’écrire ? (Même si encore une fois ça n’implique pas du tout les mêmes dispositions techniques).D’ailleurs, j’ai suivi ma lecture de Psychologies avec un livre de poésie, « Quand je ne dis rien, je pense encore » de Camille Readman Prud’homme (une autrice montréalaise). Certains passages se mettent en écho (elle a volontairement supprimer les majuscules):
« quand vous vous trouvez avec des personnes et plus seulement parmi elles, ce que vous craigniez de faire vous devez désormais l’accomplir. vous pensez toujours, mais en y mettant de la voix, vous lancez au dehors un peu de ce qui s’agite dans votre tête, et selon les interlocuteurs qui vous font face, les choses tantôt vous traversent comme les animaux qui passent librement les frontières, et tantôt s’immobilisent comme des voyageurs qu’on refuserait à la douane. » (p.10)
Ou
« nous avons dans nos maisons toutes sortes d’objets qui nous encombrent, nous avons des souvenirs dans lesquels rien n’arrive (on attendait l’autobus, on passait le balais), nous avons des tracas et des oublis, des habitudes et des hontes, nous avons un corps et un nom. » (p.13)-
François Bégaudeau
Maître des clés« nous avons des souvenirs dans lesquels rien n’arrive (on attendait l’autobus, on passait le balais) »
J’aime beaucoup
« c’est plutôt s’il y a des fragments où tu te serais dit « l’écriture ne me suffit pas, il me faudrait filmer ». Est-ce que tu sais pourquoi tu te lances dans un documentaire plutôt que dans un roman ou un essai ? »
Un sujet nait dans le pli d’une forme ; dans le choix des sujets, les considérations de forme sont toujours déjà là. Chaque art ou médium rend possible certaines choses, mais en interdit d’autres. L’écriture rend possible certaines opérations, mais certaines opérations sont impossibles par l’écriture. Il me semble par exemple que le cinéma est l’espace le plus favorable à l’examen de la vie des corps. Schématiquement, je pourrais dire que la littérature est très forte pour pénétrer la vie intérieure des corps (Psychologies, genre) et le cinéma très fort pour observer la vie superficielle des corps
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Kenyle – job dateur professional
Invité« (on est entrain de finir un docu, par exemple) »
Tu peux donner plus d’info sur le docu ?-
François Bégaudeau
Maître des cléson saura tout à l’automne
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François Bégaudeau
Maître des cléspas désagréable, dans ce désert
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Claire N
InvitéCertes mais l’aphasie motrice n’est pas l’aphasie sensorielle ; as tu par le reflet des ventes l’impression que le livre est lu ?
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François Bégaudeau
Maître des cléscomme pour Comme une mule, sans presse ni rencontres publiques (ou presque), le livre se vend par le seul effet de mon petit vivier de lecteurices
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..Graindorge
Invité« lecteurices »: je ne m’y ferais jamais. Heureusement que chacun.e peut encore écrire comme bon lui semble.
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François Bégaudeau
Maître des cléson en reparle quand tu taperas d’un doigt
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..Graindorge
InvitéAh oui c’est vrai! Je viens d’essayer, courage
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Eden Lazaridis
Invité@ Graindorge : Essayer d’inclure les femmes dans la société je m’y ferai jamais AHAHAHAHA. Incroyable ces gauchiasses.
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..Graindorge
InvitéSi on aime pas lecteurices, on peut écrire « lectrices et lecteurs », » lecteurs/trices »
Sans insultes anonymes-
Carpentier
Invitébah les filles comprennent rien à c’qu’elles lisent d’façons
c’est juste pour faire genre
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Carpentier
Invitéun doigt
même dans les commissariats c au moins 2: un de chaque main : )-
François Bégaudeau
Maître des clésMa main gauche, prise par l’attelle ne peut pas écrire, même pas d’un doigt. C’est assez clair ou il faut encore que je me justifie?
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Carpentier
Invitébeuh n’importe quoi, toi
pourquoi tu prends ça mal?
au moins cinq doigts qui sentiront pas le cul
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pifou
InvitéUn truc difficile c’est de se brosser les dents avec la mauvaise main.
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Carpentier
Invitépareil pour le rasage
z’avez vu la bebar?
mais comme i peut pu s’faire virer de grand chose, ça va
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Claire N
InvitéVivier j’aime bien
Désert je comprends sa tristesse aride, c’est frustrant
On va essayer de faire des rigoles pour ce livre
Mais je te préviens j’ai un nul carnet d’adresse-
François Bégaudeau
Maître des clésévangélise tes cousins, ce sera déjà bien
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Claire N
InvitéIl y a une branche nordiste on va vite tourner en rond
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Ostros
InvitéMouahaha
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..Graindorge
InvitéUne neurologue sans carnet d’adresses!
Trop d’Alzheimers?
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adamou
InvitéPuisque ça n’a pas été fait, je me dois de saluer « la côte de Kervegan » et de « Kervégé ». C’est d’un sérieux de géographe
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François Bégaudeau
Maître des clésje tiens à etre très rigoureux sur les toponymes
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..Graindorge
InvitéUn article sérieux et – Ô joie – complet de Hocine Bouhadjera à propos de Psychologies.
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François Bégaudeau
Maître des clésbeau travail
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..Graindorge
Invitéj’approuve: beau travail
e me permets de lui faire encore un peu de pub ainsi qu’à Actualitté que je découvre
Je lui ai écrit un petit mot de félicitations sur son Facebook. Jeté un œil sur son instagram: que des photos de livres, à peine 2 photos de lui et 2 ou 3 de chats.
Je lui souhaite tout le meilleur-
Carpentier
Invitéet puis dans cette chronique littéraire, initialement partagée, on trouve beaucoup de lignes qui proviennent de Psychologies, lignes mises en exergue en tant que citations ou fondues dans le corps de texte du chroniqueur: on sait au moins d’où vient la matière (manque peut-être la.pagination référente?)
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François Bégaudeau
Maître des clésoui, on remercie ce texte de ne cesser de se référer
presque trop -
Carpentier
Invitébeau travail d’assemblage, quoi
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MerciEnEffet
InvitéJ’ai commenté les commentaires, bien sûr :
‘Ne rien comprendre à un article aussi simple, c’est avouer d’où l’on parle : si ce n’est la bêtise, la paresse intellectuelle la plus crasse. »
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LeSamCestLeS
InvitéCela dit ça me rassure, vu le nombres de zouaves qui entravent que dalle à l article alors que, bon, ils sont censés être des lecteurs férus, n était-ce de BOGOGO, au moins de quelque littérateurs.
Ainsi quand nombre ne me comprennent pas, je comprends que ce serait plutôt leur incapacité à déplier des phrases d une epsilonesque difficulté.
Et ainsi je comprends pourquoi certains trouvent Proust dur à lire. Je le « lis » en audio, il est vrai qu il se passionne dans la confection de phrases à rallonges entrelardées de propositions, mais ça reste digeste, abusons pas. Si je peux le comprendre à l ecoute, sans jamais ré écouter, à lire, ça passe crème, arrêtons de désigner de la difficulté là où il n y en a pas.
Je lis en parallèle la distinction et ce que parler veut dire de Bourdieu, là, cest du sérieux, cest ARDU. D ailleurs dans la vingtaine jarrivais meme pas trop à comprendre.
Là je comprends et quel plaisir, car on comprend aussi que dans la prose de Bourdieu, contrairement aux pièce montées boursouflées de Proust, chez Bourdieu, il n y a pas une virgule surnuméraire, tout a une raison d être là, pour atteindre la précision la plus extrême, cest super satisfaisant de le comprendre, comme finir un puzzle bien dur.
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Graindorge
InvitéJ’ai fini Psychologies
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Noam Chosmky 4 Ever (Samuel49000)
Invitéje lai pas encore reçu cest quoi ce bordel, commandé y a bien 8 jours! Je vais etre obligé de sortir de chez moi, FUC5K !
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Stéphanie
InvitéUn article sur Psychologies:
https://zone-critique.com/critiques/francois-begaudeau-psychologies/-
François Bégaudeau
Maître des clésexcellent
Et je prends bonne note de l’invitation finale -
SamLecteurAmateur
InvitéDébut magnifique !
Mais chuis pas abonné. 🙁
Je profite de cette incursion pour parler en vitesse de l’article de Nicolas Framont sur FB et sur « Comme un mule ».
Le simple fait de ressasser à foison que Bantigny est la cible du livre, montre que soit, il ne l’a pas lu, soit il n’a rien compris.
Dans tous les cas, le caractère outrancièrement à charge et hémiplégique de son article (FB sexiste, voire miso, vous avez gagné 20 minutes), le dispense d’avoir lu le livre.
Comme les « journalistes » de Paris Match ont la nécrologie de Michel Drucker (si tu nous regardes) ou Line Renaud (« ca fait 50 ans que je suis vieille ») déjà prête à aller dans les rotors! Suis je retors? Non.
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Carpentier
Invitébenh oui, pas abonnée non plus: du coup on sait rien de l’invitation finale sauf qu’elle est bien notée par qui on sait
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Graindorge
InvitéStéphanie:
l’article est réservé aux abonnés. Dommage
FB Joietêtue a pu le lire.-
Stéphanie
InvitéVoici l’article complet:
Bégaudeau: Je est un humain parmi d’autres.
Après ses démêlés avec la justice quand l’historienne de gauche radicale Ludivine Bantigny l’a accusé de diffamation, après son essai Comme une mule (éditions Stock, 2024) abordant cette affaire mais se donnant surtout pour tâche d’explorer, dans un registre léger (Bégaudeau a la joie têtue, option énervante pour certains) de possibles angles morts de la pensée militante, des angles morts de la pensée commune, des angles pas morts (vivants, donc) de l’art comme il l’aime, l’écrivain revient avec un essai qui se serait (peut-être) appelé Psychosociologies si ce titre ne drainait l’image en l’occurrence inadéquate d’un essai de sciences humaines. Psychologies n’est pas un essai de sciences humaines. C’est un assemblage de récits où la fantaisie de l’auteur s’adosse à une stricte observation du réel.
Parfois l’être humain est traversé par des sentiments magnifiques. Ainsi ma gratitude envers C. qui, sans même que j’ai eu besoin de le lui demander, véhicule chaque mercredi mon fils avec ses propres enfants au club de volley. Un poids en moins sur mes épaules, une vague d’amour (ou presque) dans mon cœur. Apercevant C., mon visage s’éclaire, je m’avance, son visage s’éclaire, je dis merci, c’est sincère, c’est profond, comme un puits. Et parfois l’être humain est traversé par des sentiments moins magnifiques. Ma jalousie (envers C. par exemple, ça tombe bien), des angoisses, nos angoisses, nos détestations, les petits calculs de nos mesquineries, j’en passe et des meilleurs, ce que justement Bégaudeau, ici, ne fait pas : il n’en passe pas, il n’en zappe pas, et il ne fait pas que passer, il s’arrête, il plonge son regard, il saisit, il dépiaute.Le voici dans un train. Sur les « sièges duo » juste devant, une mère a lancé sur une tablette un dessin animé pour sa fille. Cela fait du bruit. Un bruit qui dérange François. Et l’empêche de lire. Lire est une activité magnifique. À lire, l’on s’instruit, l’on s’ouvre l’esprit, les neurologues disent que l’on se calme, les profs disent que (oh tellement de choses et cent pour cent positives), les citoyens disent que lire c’est bien, bref : lire c’est bien et par conséquent la situation est claire. L’on a d’un côté le citoyen Bégaudeau problématiquement gêné dans sa lecture, et de l’autre une mère problématiquement adepte du plaquage de l’enfant devant l’écran afin d’avoir la paix. « Mon impeccable civisme me donne la permission de la juger inculte, irresponsable, mauvaise mère ».
La situation est claire mais finalement non, pas tellement. « Je m’en donne à cœur joie. Je me racontais que je vivais un sale moment – ma session de lecture perturbée – , je vis un très chouette moment. Ce n’est pas que cette situation m’empêche de lire, c’est que le plaisir que j’y prends a supplanté l’appétit de lire ». Et Bégaudeau de scruter son plaisir à critiquer. « Le jugement négatif porté sur cette femme contient en creux un éloge de moi. Tout jugement négatif est éloge en creux de celui qui le profère. […] Cette providentielle mère me fait éprouver et mesurer par la négative combien je suis du bon côté ».
Cela fait longtemps que Bégaudeau fait profession de s’auto-analyser. Dans Deux singes ou ma vie politique, paru en 2013, il nous projetait dans son esprit d’enfant, puis d’ado, puis d’adulte en construction, nous baladait dans ce chantier, en un geste littéraire non pas solipsiste (non pas nombriliste) mais simplement réflexif : Bégaudeau se plaçait devant le miroir, qui réfléchit ; quitte à observer l’humain il choisissait l’humain à disposition, l’humain le plus proche, celui qui aurait du mal à se dérober, celui qui serait forcé de se laisser ouvrir pour regarder dedans : soi.
Les passages « autocentrés » de Psychologies fonctionnent sur le même principe : l’auteur y allie le courage d’essayer de se regarder en face (prétentieux quand prétentieux, avili quand avili) au plaisir exploratoire d’aller dans l’humain, cette mixtures d’affects, de pensées, d’impensés.
Dans le train, le voyageur Bégaudeau se demande s’il faut adresser à l’embêtante une remarque. Lui demander, courtoisement (on n’est pas des chiens), de baisser un peu le son. Non. « Intervenir perturberait mon cap de gauche qui inclut la discrimination positive à l’endroit des prolos. Ces gens-là sont nos égaux mais tendance inférieurs ». (Coluche pas loin). « Il est tacitement recommandé de leur pardonner ce qu’on ne pardonne pas aux mieux lotis ; de leur passer leurs petites bêtises. Ruisselant de mansuétude je passe sa petite bêtise à cette mère adolescente ».« Ruisselant de mansuétude ». Le travail de Bégaudeau ne se comprend pas – ou se comprend peu – en-dehors de sa dimension humoristique. Remplace « ruisselant de » par « plein de » et le livre n’existe plus. C’est dans « ruisselant » que se tient le livre. Et dans d’autres mots choisis non pas strictement pour-faire-rire (l’on ne sait jamais d’avance avec certitude ce qui fera rire) mais choisis en riant (on le suppose en tout cas), choisis par le rire lui-même à l’intérieur de Bégaudeau, choisis par une instance appelée rire et sourire et c’est là une instance aussi imprévisible que mystérieuse.
Dans le train, une voisine de la voisine ayant fini par demander que le son soit baissé, l’écrivain peut jouir à la fois du silence et du bonheur d’avoir su lui-même demeurer silencieux. (Rapport à la miséricorde requise par l’éthos de gauche). Mais comme cela ne suffit pas, comme rien ne suffit jamais à la jouissance, comme l’esprit est un hamster qui s’en va toujours tourner sur sa roue, la psyché du voyageur continue à chercher sa pitance (sa jouissance) par le moyen de l’imagination :
« Avec un peu d’aplomb je pourrais m’avancer vers ma bienfaitrice pour lui reprocher son ton d’institutrice, sa condescendance de magistrate. Ça ne vous gêne pas de traiter cette mère comme une adolescente ? Qui êtes-vous madame pour donner des leçons aux gens ? »
Zéro compréhension possible des bouquins de Bégaudeau sans un diaphragme pour rire. (Les lecteurs-trices ayant subi une ablation du diaphragme sont invités à passer leur chemin).
Dans le chapitre intitulé « Y’a rien qui va », Bégaudeau, embarqué dans un dîner d’auteurs, s’entretient avec une autrice au sujet des amours du producteur-animateur-télé Arthur. Ambiance potins. Mais potins réflexifs. Bégaudeau exprime une interrogation (réflexive). Est-ce que si Arthur a quitté Estelle pour Maeva, ce ne serait pas un petit peu parce que Maeva est plus jeune qu’Estelle et parce que Arthur, en tant qu’homme célèbre et fortuné, est en situation de (s’il le souhaite, et peut-être qu’il le souhaite) consommer les femmes comme des produits ? Est-ce que l’âge avancé d’Estelle, dans cette configuration psychosociale hypothétique et malheureusement assez réaliste, l’a « démonétisée sur le marché » ? Est-ce que c’est ça ? Est-ce que c’est pourri comme ça ? À côté de lui, l’autrice a entendu qu’une femme avait été, du fait de son âge, démonétisée sur le marché de l’amour. Ce qui est très laid. Ce qui est très cruel. L’autrice a un cœur. Et une pensée. Entraînant – l’un et l’autre – qu’elle ne puisse admettre cette situation. Laquelle situation doit être rapportée à François lui-même puisque c’est lui qui a dit « démonétisée ». Il l’a dit. Il l’a dit ou il ne l’a pas dit ? Eh bien oui, il l’a dit, et ça c’est embêtant, très embêtant.
« Ce qui dérange ma vis-à-vis ce n’est pas les agissements d’Arthur mais ma façon de les narrer. […] Ohlala d’où sort cette crudité, François ? Cette crudité attentatoire à la dignité des femmes ? »L’écrivain plaide sa cause :
« Ce n’est pas moi qui attente, c’est les mecs comme Arthur pour qui une femme est un actif financier.
– Ohlala il s’enfonce. »
Confusion antique entre le message et le messager. Surattention portée aux mots par opposition aux choses. Malentendu entre deux tournures d’esprit trop différentes.
« Sourdement je grogne contre ce féminisme d’ornement, aussi récent que zélé, peut-être aussi provisoire que furibond, qui vient me donner des leçons à moi qui étais là au début, lorsque nous étions trois dans un garage à écrire sur un bout d’ardoise les linéaments d’une insurrection contre le patriarcat ».
« Dans un garage ».
De court chapitre en court chapitre, Psychologies sautille d’une situation à l’autre, de plateaux télé en scènes de la vie quotidienne, de François Bégaudeau en Nicolas Mathieu, de marqueurs sociaux en marqueurs d’époque, de chat nommé Bakounine en prof de collège, de Caroline Fourest en Kylian Mbappé, de Carrefour city en dîner à la ferme. Avec pour ligne de mire le plaisir d’observer, de déplier, de sonder, d’ausculter, d’ouvrir, de renifler, d’aller voir derrière, de refaire encore le tour, de gratter un peu ici pour voir, de retourner le machin dans un sens et dans l’autre. Un plaisir que je qualifierais de quasi scientifique. Un plaisir : littéraire.
Il reste que François Bégaudeau, à force de vouloir pister le mal, à force de déployer le courage d’aller là où ça fait mal, rate peut-être le coche à certains moments. Ainsi dans le chapitre « Plaisir d’offrir » par exemple, dont le titre doit être compris a contrario : nul plaisir d’offrir dans la situation décrite ici, ou alors un plaisir mais qui en cache un autre moins rapportable, celui-ci, à la vertu. L’acte d’aider dans l’escalier du métro une maman voilée à porter sa poussette quand l’on est de gauche et sensible à la question du racisme comme de l’islamophobie est-il compatible avec la fraîcheur du cœur ? Telle est ici la question. Ou encore : Est-ce qu’une telle chose existe, la fraîcheur du cœur ? Est-ce que j’étais en train de rêver quand j’ai décrété que les humains étaient parfois traversés par des sentiments magnifiques ? Bégaudeau déploie une fraîcheur de l’écriture et laisse ouverte, mais intraitée, la question de la fraîcheur du cœur, ou la question de l’élégance relationnelle – est-ce que cela existe ? – ou la question de la droiture, ou comment la nommer ? Une question. Que je ne sais pas bien nommer. Ce serait à lui, l’écrivain psychologue, de la nommer. Ce serait son boulot. On attend.
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SamLecteurAmateur
InvitéExcellent!
Je pense en effet que ce serait là le grand talent de FB, de faire une vraie analyse de notre psyché, de nos états d’âmes.
Des siens, et donc des nôtres.
Il y a peu de choses aussi intéressantes que cela !
Comme dit magnifiquement Bourdieu, qui, je crois qu’on le dit peu, était un artiste des expressions coup de poing, une précision laser enrobée d’ironie de la langue, des mets absolument divins. Grosse saveur comme dirait le Roi Heenok..
« Il y a de l’intéressement au désintéressement ».
En psychologie, on parlait de bénéfice secondaire à certaines pathologies psychiques.
On pourrait parler de bénéfice primaire même à aider l’autre, dès qu’on l’aide on est au dessus, pas besoin d’être une Dame Patronnesse pour cela.
L’annecdote de la nana qui crie à l’injure quand FB ne fait que constater des faits, il y a reéllement un « marché » de la séduction, ainsi qu’un « marché » de l’engagement.
Et un homme blanc, celebre, très riche, est en haut de cette chaine alimentaire.
Et une femme de 25 ans, a plus de valeur que la même à 50 sur ce marché, statistiquement.
Ce sont des faits.
L’ennui est que beaucoup préfèrent des mensonges qui les consolent à des vérités qui les blessent.
Je suis plein de plaies, mais je crèverai en vérité. (Non, mais moins loin que cette féministe en peau de lapin!)
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Carpentier
Invité(Les lecteurs-trices ayant subi une ablation du diaphragme sont invités à passer leur chemin).
on aime.
– Et il s’agirait donc peut-être d’une attente à voir traiter la question de l’élégance relationnelle, de la fraîcheur du coeur, de la droiture?
Merci Stéphanie pour cet intégral.-
Carpentier
Invitéamplification du connu
s’en tenir les côtes
?
c’est mon hypothèse,
et on aime
si tu peux pas rire, quoi
en gros
car risque de douleurs, manque de souplesse au torse
pour rester élégant – mais possible que ça se situe plus haut pour certain.e – etc etc
vaut mieux pas mettre le nez dans du Bégaudeau, quoi
Heureusement que chaque blague n’est pas encore validée par un expert du champ emprunté pour,
mais où va le monde, putain de merde
gros pfffff-
Carpentier
Invitépost à placer plus bas, merci
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..Graindorge
InvitéRire
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..Graindorge
InvitéAaah! Merci Stéphanie
« Ruisselant de mansuétude ». Le travail de Bégaudeau ne se comprend pas – ou se comprend peu – en-dehors de sa dimension humoristique. Remplace « ruisselant de » par « plein de » et le livre n’existe plus. C’est dans « ruisselant » que se tient le livre. Et dans d’autres mots choisis non pas strictement pour-faire-rire (l’on ne sait jamais d’avance avec certitude ce qui fera rire) mais choisis en riant (on le suppose en tout cas), choisis par le rire lui-même à l’intérieur de Bégaudeau, choisis par une instance appelée rire et sourire et c’est là une instance aussi imprévisible que mystérieuse. »
Des mots choisis par le rire lui-même…
Sinon ça existe des opérations du diaphragme?
Et on ne peut plus rire après? Horrible-
Stéphanie
InvitéBonjour
Je pense que l’on ne peut pas vivre sans diaphragme.
Je pense aussi que si l’on pouvait, cette blague prônant l’exclusion ne serait pas drôle.
(Là elle ne prône que l’exclusion des morts, ça va).-
..Graindorge
Invité« Les lecteurs-trices ayant subi une ablation du diaphragme sont invités à passer leur chemin).
» cette phrase était peut-être dispensable ou on la garde pour l’humour noir
» sont invités à passer leur chemin » Ont trepassé, quoi
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BIOGRAPHIE
Invité» L’acte d’aider dans l’escalier du métro une maman voilée à porter sa poussette quand l’on est de gauche et sensible à la question du racisme comme de l’islamophobie est-il compatible avec la fraîcheur du cœur ? Telle est ici la question. »
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Ce serait rigolo si François était un humoriste qui tourne en dérision les intellectuels du genre de François.
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Eden Lazaridis
InvitéPsychologies existe-t-il en format numérique ? Je le cherche et je le trouve qu’en format physique.
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MA
InvitéLes éditions Amsterdam ne publient pas en numérique à ce que je sache.
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kenny
Inviténon quoique boniments a fini par se retrouver en ligne
d’âne à zèbre vient d’apparaître d’ailleurs
à download sans trop de scrupules c’est chez grasset
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dans psychologies les chapitres les plus ancrés dans des situations réelles ou fictionnelles sont aussi les meilleurs
on se refait pas
mention tout de même au bref excursus théorique
dire que la psychologie individualise les questions sociales ne suffit pas
puisqu’elle procède en même temps par généralisation
pour réhabiliter un usage social de la psychologie, il fallait clarifier ce double mouvement-
François Bégaudeau
Maître des clés« dire que la psychologie individualise les questions sociales ne suffit pas
puisqu’elle procède en même temps par généralisation »
merci d’avoir noté cet affinement de la chose
le psycopolitologue qui psychologise des foules se voue éternellement à produire du vent -
LeSamCestLeS
InvitéLa psychologie sociale est une science, à égale valeurs de la psychologie, ou de la sociologie d ailleurs : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-sociale/
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François Bégaudeau
Maître des clésil ne suffit pas de le décréter pour que ce soit vrai
et tu ne gagnes rien à prétendre objecter à une analyse que tu ne connais pas-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: On a déjà plusieurs heures de toi qui fait de la pub pour ton bouquin donc si à l’arrivée les gens qui se bornent à t’écouter en ce genre d’occasions n’ont toujours pas connaissance des idées que tu développes dans ton bouquin ce n’est pas de leur faute mais de la tienne et à ce titre ce serait peut être bien d’arrêter de toiser ton monde sur l’air de « t’as même pas lu bouquin d’abord » et de voir pour soigner un peu tes interventions publiques.
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diegomaradona
Invité« « t’as même pas lu bouquin d’abord » »
en bon bourgeois marchand, François n’a de cesse d’essayer d’écouler sa camelote-
BIOGRAPHIE
Invitédiegomaradona: Cruel mais juste.
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..Graindorge
Inviténi cruel ni juste: juste mensonger.
Il n’a pas écrit un livre de cuisine ( j’ai apprécié tes jolies salades Biographie)
Libre à chacun de le lire. Il n’ira chez personne en faire la lecture exhaustive avant de nous border.
Les aveugles attendront la version en braille
Quant à Diego, ben c’est Diego avec son sempiternel
» le ridicule ne tue pas » Longue vie mon Diego!-
BIOGRAPHIE
Invité« Libre à chacun de le lire. Il n’ira chez personne en faire la lecture exhaustive avant de nous border. »
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C’est vrai que c’est pas son genre, son genre c’est plutôt de toiser son interlocuteur sur l’air de « tu n’as même pas lu mon bouquin dont ta gueule ». C’est mieux formulé, c’est bien habillé, mais c’est quand même l’idée plus ou moins à chaque fois.-
SamLecteurAmateurMerciPourCeMoment
InvitéEn l’occurence, si c’est à moi que maître François répondait, je ne parlais pas de ce bouquin en particulier, mais de ce qui est, à mon sens, son plus grand talent, celui de cet analyse de notre psychologie; dans sa façon de photographier nos affects, pour utiliser son mot. Et je parlais de la psychologie sociale, qui est une composant de la psychologie scientifique, comme la psychologie cognitive, pour réhausser l’éclat de son apport à notre misérable culture! Fi!
Sinon oui FB a raison, que les gens qui se basent sur le titre d’un livre, ou les intervention médiatique et sur les podcasts, rS, de l’auteur d’un livre, aillent en enfer à jamais, et n’en reviennent qu’à la condition d’avoir lu le bouquin.C’est justement la plus grande qualité des livres, aller en profondeur, c’est justement le plus grand défaut des médias, rester à la surface, et être le paroxysme des biais. Sans compter que ces bons journaleux et autres ytbeurs n’ont souvent pas lu le dit bouqin, ahaha.
Bref, bonne journée!
PS: j’ai toujours pas lu ce livre, mais la cohue devait le recevoir hier, je vais aller inspecter cela derechef, et le voler si je puis, l’acheter si je dois. Le lire, après, surtout. -
BIOGRAPHIE
Invité« Sinon oui FB a raison, que les gens qui se basent sur le titre d’un livre, ou les intervention médiatique et sur les podcasts, rS, de l’auteur d’un livre, aillent en enfer à jamais, et n’en reviennent qu’à la condition d’avoir lu le bouquin. »
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Ca va changer quoi de lire le bouquin? Ca va rendre la bêtise et l’ignorance de François sur le thème de la psychologie magiquement pertinente? C’est ridicule. -
..Graindorge
Invité« Ca va changer quoi de lire le bouquin? Ca va rendre la bêtise et l’ignorance de François sur le thème de la psychologie magiquement pertinente?
C’est ridicule. »
Eh bien je te prends au mot Biographie. Puisque la bêtise et l’ignorance de François sur le thème de la psychologie n’est pas pertinente ( soit dit en passant: il y a un petit « s » à Psychologies) pourquoi ne pas nous éclairer de tes lumières? Donc c’est toi qui toise notre ignorance? L’ignorance ne va pas forcément de paire avec la bêtise bien que la bêtise peut être très ignorante.
Puisque la psychologie, la psychanalyse sont des thèmes qui t’intéressent, pourquoi ne pas lire ce bouquin? Je ne crois pas que c’est par peur de le trouver intéressant mais je ne comprends pas pourquoi car une fois lu tu pourrais en débattre avec l’auteur et pas que -
BIOGRAPHIE
InvitéGraindorge: » je ne comprends pas pourquoi car une fois lu tu pourrais en débattre avec l’auteur et pas que »
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T’es vraiment une conne de compétition toi, c’est fascinant. -
..Graindorge
Invitéy’a pas de compétition: ma bêtise n’arrive pas à la cheville de la tienne
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BIOGRAPHIE
InvitéGraindorge: Ok la groupie.
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..Graindorge
InvitéBiographie: Groupie? du pianiste?
Il est pas pianiste mais écrivain. Et puis je ne suis groupie que du Très Haut et t’es peut-être trop bas pour comprendre ça cher fraire
Bonne nuit -
BIOGRAPHIE
InvitéGraindorge: Ouais, la bave de la blanche colombre n’atteint pas le crapaud, tout ça tout ça, je suis au courant.
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..Graindorge
InvitéRire de la pas très blanche colombRe
« La bave de la colombe »… j’adore -
..Graindorge
InvitéIl ne t’oblige pas à lire ses livres Biographie
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François Bégaudeau
Maître des cléssaluons tout de même la constance avec laquelle biographie aura refusé de lire mes livres ; la constance de sa crainte de leur trouver de l’intéret
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BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: « la constance de sa crainte de leur trouver de l’intéret »
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Et pourquoi je craindrais une chose pareille? C’est possible de te voir développer où tu vas te contenter de prendre la fuite pour démontrer que je dis vrai quand je prétends que c’est celui qui le dit qui y est? -
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: Sans surprise, c’est encore une fuite de François. Et je me demande comment tu feras quand je viendrais te chercher à la librairie pour voir un peu ce que t’as dans le ventre.
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Est ce que ce sera le prochain bouquin ou le suivant? J’en sais rien, j’ai pas la main sur ton agenda, je sais juste que je dois encore voir le dentiste pour faire réparer mes dents si je veux me sentir pleinement à l’aise quand je viens te chercher dans ta cours de récréation. -
Huttique
InvitéTu vas rien faire gros lard, va réparer tes dents pourries et on te les cassera à nouveau si tu montres ta grosse tête de fils à maman
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BIOGRAPHIE
InvitéHuttique: T’es qui?
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HAGIOGRAPHIE
Invité(SamEnVraiMaisCetaitPourLeWordPlayuKnow)
J’ai acheté le précieux ce tam (berlan pour le diminutif de matin)
Pas eu le temps de le lire, je faisais des pompes.
J’ai commencé dans le tram, et d’ores et deja une question me taraude, la génération tiktok (au college en 2025) est elle aussi désaxée de la concentration dans les collèges prisés, que dans les bahuts éclatés au sol?
Autrement dit, la sociologie va t elle dans le sens Begaudianesque? Ventousé le môme sur de la betise YTBesques pr infant, est elle une chose que les classes sociales supérieures évitent? Sans doute, comme déjà il préféraient parler en famille à regarder la TV a priori.
Les bourgeois ont tout de même une avance incensée même dans l’ethos et l’hexis corporel (Cf Bourdieu). Et ça va faire boule de neige là. Les smartphones sont des aspirateurs de cerveaux effrayants, et pour tous les âges, et toutes les professions ne requérant pas une attention constante ou beaucoup de relationnel. Alors les mômes, la pression sociale, le fait que le cool soit justement les drogues asociales imagées des phones, mon dieu. Bien content de ne pas avoir enfanté. Courage aux autres. -
François Bégaudeau
Maître des cléspas tout compris
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Eden Lazaridis
InvitéD’accord ! Je m’en vais donc l’acheter en librairie ! Hâte de lire ça
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kenny
Invité« Monseigneur est peut-être dans le groupe des trois meilleurs (« si certain puissé-je être de l’extase qu’il m’eût procuré », merci pour cette vanne fameuse). Aussi parce que sans doute encore plus personnel et intime que d’autres auto-élucidations. »
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oui c’est bien relevé, petit plaisir du gendarme des lettres mais surtout erreur intéressante
erreur par hypercorrection – confusion avec le conditionnel passé deuxième forme sans doute –
insécurité sociolinguistique qui pousse le locuteur à utiliser les formes qu’il croit plus légitimes, disent les sociolinguistes
erreur fréquente chez les petits-bourgeois et les footeux en conf de presse
intéressante car elle révèle une déférence envers la langue – intéressant venant d’un écrivain donc – et envers l’interlocuteur
quoique la sincérité de cette dernière soit plus que douteuse en l’espèce
puisque le mot du mathias est peut-être ou très probablement multi-usage, comme le laisse penser son caractère impersonnel
telle une lettre de motivation envoyée en 30 exemplaires remaquillés ad hoc
.
c’est peut-être l’un des meilleurs chapitres et assurément le plus ressentimental
l’agacement semble ici avoir résisté au refroidissement conséquent à l’enquête psychologique, ce que ne suffit pas à démentir la pirouette finale
enquête qui conduit toujours à trouver les causes en dehors de, par définition à excuser
or on termine celui-ci avec un petit goût amer-
Claire N
InvitéJe ne sais pas Kenny, « goût amer ? « j’y ai plutôt
Trouvé un goût du large, de l’air et une immense ouverture
« En sorte qu’un François conséquent devrait, malgré l’irritation légitime d’être aussi mal considéré par l’aspirant qui mendie sa considération, ne jamais conditionner sa lecture des manuscrits reçus au nombre d’amabilités qui les introduisent. »
« Il devrait même lire en priorité les aspirants auteurs qui par ignorance ou insolence, on néglige de se plier aux bonnes manières féodales «
Dieu que l’allégeance a l’anarchie est ici belle
Le regard porté sur la grandeur de nos frères insolents ceux là même qui escortent notre reine-
Claire N
InvitéEt puis on dirait une actualisation de la parabole de Jesus – les onguents – et Marie madeleine
Aussi -
kenny
Invitéces conditionnels donnent peu de foi en la force intrinsèque des idées vraies
et semblent indiquer que ce putain de manuscrit n’a pas été lu-
Claire N
InvitéJe crois que je ne saisis pas à quel conditionnels tu fais référence ?
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kenny
Invité« En sorte qu’un François conséquent devrait…
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Claire N
InvitéOui – c’est vrai que ce mode magique permet un regard critique et amusé sur ce que pourrait charier un « devoir «
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois que vous avez tous les deux raison. Même si le terme ressentiment me paraît un peu fort. Une petite lassitude, disons.
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Claire N
InvitéVrai comme systole et diastole effectivement
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François Bégaudeau
Maître des clésoui
l’équivalent anatomique de la dialectique-
AhOuaisCarrementHonteDeRien
InvitéOu des sexes masculin et féminin, ou du ying et du yang, ou de Wallace et Gromit, ou de Lucky Luke et Jolly Jumper, ou de Minus et Cortex, ou de Ennio Morriconé et Sergio Leoné
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Claire N
InvitéÇa me plaît oui
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Delphine
InvitéLe livre « Psychologies » captive par son exploration, à la fois sérieuse et drôle, détaillée et précise, des origines et conséquences de différents états psychologiques (« On n’est innocent de rien. »).
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Delphine
InvitéDans une même situation peuvent apparaître des affects opposés (fragment « Agacement ») : un affect négatif (irritation) et un affect positif (« ego-trip » : ego flatté, sentiment de supériorité et d’avoir raison). L’espace joue un rôle important dans l’apparition des affects. Les affects sont causés par l’interrelation, et l’interrelation a lieu parce que des individus évoluent dans le même périmètre (même espace sonore dans « Agacement », même champ culturel social pour François et Nicolas Mathieu).
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Delphine
InvitéDans certaines situations, nous essayons de nous convaincre de notre bien-fondé (« auto-persuasion »), en nous trouvant de bonnes raisons, ce qui nous soulage et nous donne bonne conscience. « Auto-persuasion » que l’on retrouve sur le plan politique dans le fragment « L’élixir woke » : réassurance psychologique qui consiste à attribuer à la gauche, ayant supposément ou prétendument fait volte-face, des caractéristiques (censure, intolérance) contraires à ses principes de base.
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Delphine
InvitéLes fragments « L’élixir woke » et « Bonne fille », qui décrivent le « parcours atypique et néanmoins typique » de personnes issues de milieux bourgeois qui, un temps, essayent de se fondre dans la « coolitude de gauche » et agissent contre nature en se montrant rebelles ou par le biais du ralliement à des causes qui les concernent (militantisme LGBT), mettent en évidence une sorte d »auto-tromperie ». Ces personnes finissent immanquablement par retomber dans leur milieu d’origine qui, au fond d’elles-mêmes, correspond davantage à leurs convictions, convictions en partie dues à leur milieu de naissance et le bain social et culturel dans lequel elles ont évolué les premières années de leurs vies, et qui, fatalement, a influencé, en tout ou partie, leur personnalité.
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Delphine
InvitéDans le fragment « Régis et Laure », l’agriculteur Régis, face à une femme plus jeune mais lui paraissant socialement et intellectuellement supérieure, n’ose pas adopter une attitude frontale, comme il aurait pu le faire face à un homme.
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Delphine
InvitéDe troubles affects peuvent prendre des formes différentes (fragment « Concurrence ») : voir ses dispositions naturelles de gauche contredites par un sentiment de jalousie, et l’apparition d’un esprit de compétition (affect plutôt droitier), ou alors être conscient que manifester publiquement sa sympathie envers le concurrent semble paradoxal mais est stratégique pour soi-même (s’attirer à son tour la sympathie du public, en vue de retombées financières).
Certains fragments me semblent davantage relever du tempérament (aspect permanent relevant de la nature de chacun) : présence ou absence de confiance en soi et de sentiment de légitimité (« Imposture du syndrome »), manque de confiance en soi et sentiment d’infériorité (l’enseignante dans « Cordialement »), confiance innée et héréditaire déterminée par la condition sociale de dominant (« Charles le cassos »). Le dominant est sûr de lui et à l’aise dans toutes les situations et peu ou pas du tout en proie aux états d’âme, même dans des circonstances où il pourrait ne pas se sentir à sa place (exemple, dans le livre, de personnes politiques devant une classe d’élèves).
D’autres récits (« Agacement ») traitent plutôt d’un pur affect (réaction ponctuelle, instinctive et incontrôlable à un moment donné, un pur ressenti qui laisse de côté la raison). L’inconscient prenant le pas sur la réflexion, nous ne sommes pas responsables de la nature de nos affects et des réactions qui en découlent : « c’est plus fort que nous », comme le dit cette formule prononcée souvent mécaniquement.
Les affects peuvent également varier en fonction de l’humeur, rendant la politique intérieure de chaque individu changeante, par exemple lorsqu’il s’agit de faire un geste charitable. Le livre montre que le caractère plus ou moins occasionnel de cette générosité, parfois alliée à de la modestie, incite à s’interroger sur ses motivations : « compassion » ? « mauvaise conscience » ?, puisqu’elle n’apparaît pas automatiquement, chaque fois qu’une situation similaire se présente. Ce qui entraîne un mélange de ressentis (« pitié », « gêne », esprit de solidarité de la gauche vs. égoïsme droitier).
Le fragment sur l’interrelation adulte / enfant, notamment verbale, remet en question ce qui est communément admis au sein de la société, à savoir que l’adulte est naturellement supérieur à l’enfant de par son expérience. En fait, lorsqu’ils interagissent, leur posture infantile réciproque montre que « l’enfant forge l’adulte aussi sûr que l’adulte forge l’enfant ».
Le fragment « Ton milieu » met également l’accent sur l’aspect linguistique des relations humaines entre personnes évoluant dans des univers différents (ville vs. campagne) ou dans des univers pouvant paraître particuliers à certaines personnes, comme la sphère culturelle. Concernant la différence vie citadine / vie rurale, on est moins dans une différence de milieux pris au sens de « classes sociales ». Les personnes citadines et rurales peuvent avoir la même apparence physique (habillement), avoir les mêmes tendances politiques et se sentir à l’aise les unes envers les autres. On serait plutôt dans une sorte d’observation réciproque, à la recherche de certains travers ou certaines manies caractéristiques d’un milieu.
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kenny
Invité« De troubles affects peuvent prendre des formes différentes (fragment « Concurrence ») : voir ses dispositions naturelles de gauche contredites par un sentiment de jalousie, et l’apparition d’un esprit de compétition (affect plutôt droitier) »
qu’un article puisse s’écrire par jalousie, on l’imagine assez bien
bien des textes ostentatoirement universitaires ont dû naître en eaux troubles affectives
ce qui ne rend d’ailleurs pas nécessairement la théorie mauvaise
on aurait pu appeler ça l’affect boudon, mais raymond était de droite, l’effet de champ a apporté le zèle-
Delphine
Invité« eaux troubles affectives » / « On aurait pu appeler ça l’affect Boudon, mais Raymond était de droite » : ce mélange gauche / droite dans l’esprit d’un individu foncièrement de gauche souligne le caractère incontrôlable des pensées (« ça vient tout seul. »), ce qui rend la situation indemelable. On ne contrôle pas le psychisme / cerveau, d’où, parfois, la difficulté à comprendre les actions individuelles, même par la personne concernée. Difficulté que le livre « Psychologies » tente de résoudre dans chacun des fragments : l’explication réelle d’une réaction humaine est souvent plus profonde que ce que les apparences laissent croire.
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Delphine
InvitéLes fragments allient de manière intéressante la dimension psychologique (affects, ressentis) appliquée à une personne en particulier (François lui-même ou les personnes qu’il met en scène) et la dimension sociale et politique, plus générale :
– l’ordre social arbitraire
– le marquage des différences entre les classes sociales
– l’opposition entre le tempérament anarchiste (« gouverner sa vie ») et le tempérament conformiste (se fondre dans le moule de la société, comme l’enfant conservateur sans libre arbitre suit le mouvement parental)
– le « vrai » féminisme, qui lutte contre le « vrai » machisme et le « vrai » patriarcat
– le féminisme qui, « ne laissant rien passer », classe d’office le moindre dérapage jugé sexiste dans la catégorie « violences sexuelles », sans chercher à comprendre (le contexte, par exemple) : « C’est comme ça. », « On ne va pas faire dans le détail. »
– la psychologie, telle que couramment perçue et pratiquée, qui s’intéresse davantage aux généralités (« vision d’ensemble », « la société », « la France », « le monde ») qu’à l’individu, la rendant « abstraite », et dont le vocabulaire rejoint celui du management (« diagnostics et perspectives »)
– l’utilisation des réseaux sociaux et, plus généralement, des nouvelles technologies, variant en fonction des générations, allant de l’addiction à une consommation raisonnable et mesurée (tout en admettant et assumant être parfois « dépassé »)
– le voile qui, même si l’on n’y prête plus attention dans l’espace public, peut ne pas laisser indifférent : signe religieux ostentatoire pour certains, déclencheur ou amplificateur d’un élan de générosité pour une personne au tempérament de gauche, dont la fierté et la joie seront accrues par le fait d’aider une personne racisée
– la diversité ethnique saluée par une personne anti-raciste, cette même personne anti-raciste, loin d’être d’extrême droite, pouvant être parfois traversée de pensées esthétiques (phénomènes incontrôlables, indépendants de sa volonté) à connotation raciste (décompte du – trop grand – nombre de joueurs noirs de l’équipe de France de foot)
– le monde du travail, entre soumission (« consacrer la moitié de ses heures éveillées à un boulot qui éreinte, ennuie ou dégoûte ») et protection (moyen de subvenir à ses besoins). Protection pas toujours vraie : situation indécente d’un travailleur dormant dans sa voiture, indécence non-enrayée par la machine capitalistique.
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François Bégaudeau
Maître des cléstrès bonne recension, merci
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tristan
InvitéFÊTE DES MERES
Rendons hommage aux Mamans, camarades !
Elles voulaient de l’amour, elles n’ont attrapé qu’une grossesse… -
Alex
InvitéLa société est sa propre preuve
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« La clé de voûte de cet édifice si solide, si durable, est la propagande objective qu’elle diffuse en sa faveur rien qu’en durant. Au fil des jours s’instille dans les sujets sociaux le sentiment de la fiabilité des fondements de la maison qui ne s’écroule pas, de l’armature du bateau qui flotte et ne coule pas. La société est sa propre preuve. Son invariabilité plaide en faveur de son maintien. »
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Extrait de Nos carottes, p. 213.-
Claire N
InvitéOui – « Au fil des jours s’instille dans les sujets sociaux le sentiment de la fiabilité des fondements de la maison qui ne s’écroule pas « sans même y voir finalement notre propre sédimentation en caryatides – instillations aussi durcissante que le formol
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François Bégaudeau
Maître des clésces lignes sont une contribution à la réflexion sur ce qui agit véritablement sur les corps / les consciences
comme je trouve qu’en général on surestime le role des médias – role qui n’est évidemment pas nul, et peut etre croissant-, il est important de refaire droit à la matière même de nos vies, et à ce qu’elle recèle de propagande intrinsèque
on pourrait dire aussi que les infrastructures sont des superstructures – ou que les conditions matérielles de vie sont des appareils idéologiques (et les plus performants, car leurs discours est à la fois sous-jacent et permanent)-
Alex
InvitéOui j’ai souvent eu cette intuition sans être capable d’y mettre les mots. Je traversais le pont de l’autoroute à côté de chez moi et je me disais « elle n’en reste pas moins d’être ». La preuve de l’autoroute c’est l’autoroute. Le chapitre sur les enfants explique bien le sophisme naturaliste qui nous habite tous : si ça existe c’est que ça doit exister, c’est que « c’est comme ça ». Seule un peu d’histoire nous sauve de la réification.
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kenny
Invitéoui! propagande intrinsèque de nos vies!
en militant on se rassure en accusant bfm, la flicaille et le lexomil
peut-être pour oublier qu’il y a aussi et surtout ça
l’expert de plateau s’affole que tout parte en couille
le sociologue lucide s’étonne que tout ça puisse encore tenir-
François Bégaudeau
Maître des clésTrès bon exemple l’autoroute
L’autoroute chaque jour impose son évidence incontestable, son existence qui a fini par avoir force de nature.
Et oui « seule un peu d’histoire nous sauve de la réification. » De même que la société et son inertie sont leurs meilleurs propagandiste, la pratique de l’histoire est en soi subversive
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nefa
Invitésentiment de fiabilité nourrit par la tonne de micro-tests suffisant effectués par les sujets sociaux
affect boulimique, très accaparant
dès qu’on lève les yeux sans trop savoir pourquoi
son endurance pose question
autant que le moindre signe-
Claire N
Invité« sentiment de fiabilité nourrit par la tonne de micro-tests suffisant effectués par les sujets sociaux »
Oui peut etre effectivement qu’il il a la un affect au travail proche de la réassurance
J’imagine qu’il faut etre assez confiant pour ne pas etre déstabilisé par l’idée de son impermanence
Ainsi oui comme le souligne Alex on peut s’amuser en souriant et rappeler que l’histoire est une « bonne mère « dans sa façon de nous ouvrir au monde-
nefa
InvitéUn jour, alors que je suis à mon ordi, j ‘entend un bruit dans la rue, il y a un scooter qui passe. Dans un premier temps, le son est extérieur, il se produit dans la rue. L’objet qui le produit est aussi à l’extérieur. C’est une évidence. Dans un second temps, en l’espace d’une seconde, le même son sonne dans mon corps sans la moindre impression de distance, comme si tout provenait de lui. Rien à voir comme sensation. Et très déstabilisant le fait de constater qu’à objet constant le sentiment d’extériorité, ce ceci qui se passe forcement à l’extérieur puisse comme ça disparaître et devenir autre chose. Force d’un lâchage inopiné.
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tristan
Invité« y voir finalement notre propre sédimentation en caryatides – instillations aussi durcissante que le formol »
Change d’ouzo, Claire !-
Claire N
InvitéTristan
Sache que mes métaphores sont souvent choisies avec soin
– le formol est un conservateur hors pair des structures vivantes grâce à sa fixation dans les tissus , excellent dans sa pénétration, il les fige ensuite en durssisant leur composante « fluide « son utilisation permet l’étude de leur architecture –
Mais sur des pièces mortes- et je pense que l’idée est bien dans ce dernier point : en faire une réalité d’état meconnait leur complexité vivante fondamentale-
Ostros
InvitéAvec l’évolution de la technologie, est-il aujourd’hui possible de simuler virtuellement ou reproduire en circonstances de laboratoire ces complexités vivantes fondamentales ?
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Claire N
InvitéEt bien Ostros je n’osais pas mais effectivement c’est bien le point questionnant du fantasme trans humaniste : faire persévérer des pièces mortes ?
En étendant une vision tronquée du vivant
La recherche peut aussi prendre un autre chemin
Mais savoir ce qui est vivant / mort semble un préalable à mon humble avis-
Ostros
InvitéMais savoir ce qui est vivant / mort semble un préalable à mon humble avis :
Car l’individualité c’est du vivant.
On se demande comment être sûr d’avoir reproduit les causes et les conséquences que la chair de telle personne est en train de vivre, avec sa génétique singulière. Est-ce seulement possible d’en arriver là ?
Un bout de chair active mais crée de toutes pièces par un scientifique est-elle en vie – est-ce quelqu’un ?
Faut-il qu’elle soit ?-
Ostros
InvitéCréée avec 3*
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Claire N
InvitéJe ne suis pas capable de répondre à cette question – qui bien entendu me turlupine
– pour des raisons de connaissance ( il faudrait que je me penche sur l’état actuel des recherches en la matière) puisque maintenant entre aussi dans la danse la mécanisation de matériel à la manière du vivant
– peut etre que le point de depart à ma portée serait quelque chose de plus simple comme la greffe d’organes ?
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Delphine
InvitéComme mentionné précédemment par d’autres sitistes, je trouve également que le fragment « Monseigneur », qui reprend le thème de l’agacement du début du livre, peut-être avec un degré supérieur d’amertume (François étant plus concerné, s’agissant du coeur de son métier), ne laisse pas indifférent. Le ton est assez dur et incisif (avec l’exemple de réponse sèche que François peut adresser à l' »aspirant écrivain »), mais la logique sociale est décrite avec justesse (système du « donnant-donnant », politesse envers la personne que l’on sollicite, par exemple en s’intéressant à son travail, même dans un contexte purement commercial – la « dure loi du marché »).
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François Bégaudeau
Maître des clésIci la sécheresse et double :
-À l’endroit du correspondant dont le « ton milieu » est passif-agressif et surtout brouillardeux. Je détaille ce brouillard dans le premier tiers du texte. Il ne me paraît pas inintéressant de noter à quel point les représentations communes du milieu littéraire, du milieu culturel, peut-être de la vie parisienne en général, son frelatées et socialement erronées
-À l’endroit du scripteur, alias bibi : à l’endroit de sa prétention à n’être d’aucun milieu, mais surtout du petit jeu féodal qu’il instaure avec les livreurs de manuscrits-
Delphine
InvitéCe « petit jeu féodal » me semble d’ailleurs un peu irriguer le livre, plusieurs fragments mentionnant l’opposition et/ou complicité (chacun y trouvant son intérêt) entre « seigneur et vassal » (termes apparaissant à plusieurs reprises) : la relation employeur / employé, écrivain connu / « livreurs de manuscrits », les commentateurs d’une même chaîne d’informations qui, alternativement, font paradoxalement valider leur expertise par un collègue non-expert, dans un esprit et un objectif de cohésion. Ce « jeu féodal » semblant ainsi être un élément déterminant au sein de la société, la cimentant presque.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui, je me suis rendu compte de cette récurrence non préméditée lors d’un repassage du livre. Restait alors à l’assumer ou non, et j’ai choisi de l’assumer. La structure sociale reste fondamentalement féodale. Il s’agit bien encore et toujours, pour les inférieurs sociaux, de preter allégeance à ceux qui ont la main. La petite variation moderne étant qu’il arrive qu’un individu occupe alternativement la place du vassal et la place du seigneur. Ainsi je suis vassal devant un producteur de cinéma dont dépend absolument la faisabilité d’un film, et seigneur devant un livreur de manuscrits.
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BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: « Ainsi je suis vassal devant un producteur de cinéma dont dépend absolument la faisabilité d’un film, et seigneur devant un livreur de manuscrits. »
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Ce qui rend tout ça ridicule c’est la suffisance dont tu fais preuves lorsque tu assènes de telle banalité.
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tristan
Invité« à l’endroit de sa prétention à n’être d’aucun milieu… »
Pas mal celle-là, bibi. Elle a un petit côté pascalien qui donne le vertige. J’essaierai de la recaser dans mes cours sur les espaces topologiques définis par les voisinages, si tu le permets.
BàT.
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thierry
InvitéSalut.
Petit retour sur ce psychologies que j’aurai mis du temps à lire. Pas par désintérêt. Plus par manque de temps. Au contraire j’aurai pris plaisir à savourer chaque entrée comme une clope avec un café une fois la vaisselle terminée. Comme ma lecture s’est étalée, j’oublierai certainement beaucoup de choses parmi celles que j’ai aimé que je me suis promis de venir rapporter ici à l’occas. Mais le sachant à l’avance, j’en ai noté quelques unes par anticipation.
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J’ai envie de commencer par une anecdote perso que m’a rappelé Charles le Cassos. Quand j’étais étudiant, dans une école qu’on dit prestigieuse, j’étais entouré de gens pas pareil. Pas pareil que les normaux ; ceux avec qui j’ai grandi. Je me tapais plus de 4 plombes de transport public par jour. Bus, tram, bus, train, train à l’envers et pieds – retour. Un jour, un type qui a fini contre toute attente par devenir un bon pote me dit : « Mais mec, pourquoi tu prends pas un appart ici ? T’en as pas marre des trajets ? ». Estomaqué puis finalement amusé de me rendre compte qu’il avait beau avoir visité Bali, le Liban et New York, qu’il avait déjà mangé du canard laqué et du hommard au resto et même qu’il savait en préparer et qu’il faudrait un jour qu’il m’invite d’ailleurs, il paraissait sincèrment ne pas savoir qu’existait des pauvres. Ou pas dans cette école en tout cas devait-il se dire. Je n’ai rien répondu.
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Pour revenir au bouquin, la bourgeoisie est dépeinte intelligemment, loin des clichés qui n’existent plus. Le gamin qui fait des prods de rap dans sa chambre en est un bon exemple. Y’en a beaucoup d’autres.
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Comme d’hab, et c’est ce que j’aime le plus chez FB : la forme regorge de petites trouvailles malignes. Je pense à «…son corps d’aplomb quand le mien toujours tordu rechignait à la verticalité, comme si lui avait hâte de grandir et moi bof. » À « …rescapé d’une enfance de vieux con… ». Ou encore ma phrase préférée du livre dans féministe tardif : « …il ne laissera pas passer cette abomination, cette chance. » .
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Dans « j’aime pas parler aux enfants », j’ai été agréablement secoué par l’observation assez subversive je trouve, de l’enfant qui « pose une question non pour obtenir une réponse mais pour la poser ; pour le lien qu’elle instaure. La question est un cordon – une laisse. » . Je me sais avoir été cet enfant.
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J’ai aimé le portrait du born-again (qui peut se décliner dans d’autres disciplines comme le nouveau chrétien, le nouveau végan, et le nouveau motard par exemple). D’ailleurs ça me fait une passerelle pour ce qui me semble être un questionnement qui revient beaucoup dans le livre. Tjs dans féministe tardif, on trouve cette phrase : « Pour me laver de mes vices antérieurs, je me ferai vertueux. Ancien coupable, je me ferai juge. » . Ancien, vraiment ? Ou alors coupable abstinant ? La question se pose devant les exemples qui me semble montrer une forme de continuité dans le travail de FB depuis toujours. De tête, dans un son des zab : « Mais y aurait pas quelque fascinations dans tant de dénominations ? » parlant de LePen. Dans Psychologies on peut lire : « Dans ce zèle on renifle une complaisance ; dans la répulsion une attirance. » parlant du fascisme qui vient. Ou encore : « …cette lesbophilie ne serait pas l’expression de son contraire? » dans plaisir d’offrir. Cette question du refoulement me parle d’autant plus que je me la suis beaucoup posé récemment. J’ai longtemps cru que si les personnes qui tombaient pour harcèlement sexuel par exemple étaient bien souvent (du moins dans mon champs de vision privé comme public) les plus moralisateurs, c’est qu’ils étaient attendus au tournant. Je commence à me dire que la raison est peut-être autre. Connaissant ses pentes défaillantes il semble tout a fait probable que le concerné projette sur l’aurtre le fait que ce dernier ait les mêmes. Du coup, pour s’aider à lutter contre ses penchants, pour se rappeler que c’est « mal », il le rappelle à qui veut l’entendre. Bref, je sais pas trop où je vais et ce dernier passage est peut-être un peu décousu mais vous voyez l’idée.
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En conclusion, pour répondre au copain Chris de position revue qui aime soit l’essai chiant, soit le roman frivole, je rétorquerai qu’il a bien tort et que c’est justement dans ce qui lui échappe que se situe la force de ce psychologies et de boniments par ailleurs.-
François Bégaudeau
Maître des clés‘ »Ancien, vraiment ? Ou alors coupable abstinent ? »
Je crois qu’il y a les deux. Soit le type a des casseroles bien derrière lui, mais qu’il ne se pardonne pas, ou qu’il a peur de voir révélées. Soit le type, se sent encore un peu fragile, en effet. Mais le résultat est le même : le zèle moral, pour se faire pardonner, soit d’avoir péché, soit d’être encore pécheur. Tu as cité quelques passages qui rendent compte de la constance de cette conviction chez moi. Je crois qu’il m’est aussi arrivé de parler du prêtre pédophile, qui d’être pédophile s’en trouve plus intraitable dans ses sermons sur la déchéance de l’humanité.
Rien de plus mensonger qu’un homme indigné? En tout cas, rien de plus douteux qu’une hypertrophie morale. Ça cache quelque chose. Ça sent pas bon. Qui ne voit que le fou allié ne sent pas bon?
Dira-t-on inversement qu’une certaine placidité dans l’amoralisme dénote une sérénité par rapport à sa propre moralité? Ce serait aller vite en besogne, mais je le pose là quand même. En tout cas s’agissant du féminisme ce schéma marche très bien pour moiJe ne savais pas que Chris avait dit qu’il aimait les romans frivoles. Et je crains de trop bien comprendre ce qu’il designe par-là. De la SF, du polar. Les lectures habituelles des militants de gauche, quand ils consentent a jeter un oeil sur un roman
D’ailleurs, de l’essai chiant au roman frivole, il y a une continuité : ce sont dans les deux cas, des productions idéalistes-
Claire N
Invité« Dira-t-on inversement qu’une certaine placidité dans l’amoralisme dénote une sérénité par rapport à sa propre moralité »
On le dira-
François Bégaudeau
Maître des cléseh bien c’est dit
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thierry
InvitéQui ne voit que le fou allié ne sent pas bon?
Merci j’ai rigolé.
.Dira-t-on inversement qu’une certaine placidité dans l’amoralisme dénote une sérénité par rapport à sa propre moralité? Ce serait aller vite en besogne, mais je le pose là quand même.
Je m’associe à Claire là-dessus. Du moins ça marche également pour moi. Et à l’envers aussi. Lorsque je suis trop véhément sur un sujet, c’est qu’il est temps que je me pose de vrais questions.
Quant à Chris, je ne crois pas qu’il le formule exactement comme ça mais en gros : quitte à lire un essai, autant qu’il ressemble à un essai, et le but d’un roman par contre n’est pas de soulever une thèse.-
..Graindorge
InvitéThierry
« Lorsque je suis trop véhément sur un sujet, c’est qu’il est temps que je me pose de vrais questions. »
Je suis très véhémente sur les pesticides, sur la réintroduction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, donneurs de cancers etc…
Quelles vraies questions dois-je me poser?-
Carpentier
InvitéOui, dis-nous-moi, comment puis-je paraitre moins con?
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François Bégaudeau
Maître des cléstout dépend de ce qu’on appelle véhémence
véhémence des sentiments, ou de l’expression?
je dirais que c’est la véhémence jugeante qui est suspecte
la véhémence sermonnarde
quelle pureté veut on s’acheter en jetant ainsi des anathèmes? voilà la question-
..Graindorge
InvitéJe ne JUGE pas par exemple que les néonicotinoïdes sont mortifères. C’est un fait largement prouvé
C’est de la véhémence sermonarde?
De quelle pureté merdique parles-tu?-
..Graindorge
InvitéIci on sait bien que tu es un être pur, mais delà à insinuer voire à affirmer que j’essaie de me racheter une pureté !
Quoi que âne bâté que je suis, tu touches peut-être à notre égo. Et en ça, je vais y réfléchir…-
..Graindorge
Invité14:12
4ème usurpation de pseudo
Tu es sûr de ton pouvoir François?
Tu crois que tu peux bousiller les gens impunément? M
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Carpentier
Invitésalut
ah, on m’a mise dans cet échange là aussi?
(gloussage)
Si seulement à 13h15, hier, j’avais pu en être.
En lieu et place, une journée un peu dense au taf hier
mais voilà que c’est passé: ouf.
Du genre de celles où c’est truffé de responsables en tout genre en plus, et dans tous les coins: arrivée l’an dernier dans cette circonscription, j’en connais à peine 10% (et on se présente pas aux agents dans ce milieu là en plus, nan nan) donc tu sais jamais à qui tu as affaire.
Ça doit leur faire du bien à tous ces N+1 + 2 et + 3 si j’ai bien compris (car peu de femmes déjà là-dedans, à ce petit niveau de hiérarchies) du bien qu’on s’adresse à eux comme aux collègues de balai et pelle de nettoyage, en riant, en brusquant, en vivant, quoi.
– Sinon, ça parle de quoi au juste ici?
On est sobre quelque temps et vrai que, quand on revient, on y pige pu rien.
Que dalle.
Vivement qu’FB commette un autre truc.
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Emile Novis
InvitéSalut Thierry, et merci pour cette lecture.
Concernant la crispation morale du féministe tardif qui serait le symptôme d’un sentiment de culpabilité ancien ou encore actuel, je me demande si on ne pourrait pas compléter cette analyse en disant que l’inverse vaut tout autant : dans quelle mesure la crispation morale ne vient pas approfondir le désir que pourtant elle combat. Dieu sait si je n’aime pas trop les textes de Paul, mais ce serait une analyse un peu similaire à la sienne sur la psychologie du pécheur dans son rapport à la Loi : le commandement excite la transgression par le simple fait qu’il commande le contraire de ce que le désir recherche.
Le féminisme moral imposerait donc cette double peine à l’individu : il est là pour combattre un passé « qui ne sent pas bon », mais le médicament moral accroît peut-être un peu plus ces tendances qui ne sentaient pas bons, d’où une certaine perversité qui se développe, et une forme de méchanceté aussi (on veut punir, faire payer l’autre de la tare qui nous ronge, et ainsi on invente le libre arbitre pour imputer les actes à un sujet qualifié d’immoral et de justiciable). Nietzsche dirait que le féminisme moral est une métaphysique de bourreau.
Le problème de ce jeu de cache cache entre la règle morale et le désir, c’est qu’il est très infantile et très loin de l’autonomie. C’est une tutelle qui nourrit le problème au lieu de le résoudre.-
Emile Novis
Invitéps:
Avec cette hypothèse en guise de conclusion : le féminisme moral produit structurellement la perversité qu’il prétend éradiquer.-
François Bégaudeau
Maître des cléstout cela est fort bien dit – même tu aimes les textes de Paul moins que je ne les aime
la fabrique de perversité, c’est sur, dans une acception simple : le vice dissimulé en vertu, et mieux encore, l’exercice de la vertu comme aire de déploiement masqué du vice
il faudrait décrire seconde par seconde les videos de l’homme au bonnet, chef d’oeuvre du genre
dans le même orde d’idée, il faudra un jour m’expliquer pourquoi il était si nécéssaire de projeter en audience les images des viols de Mazan – dont tant de présents ont dit qu’elles étaient insoutenables-
François Bégaudeau
Invité..Graindorge CesseD’USURPER MON PSEUDO POUR SUCER ÉMILE si goulûment
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..Graindorge
InvitéGRAINDORGE N’A JAMAIS USURPÉ LE PSEUDO OU LE NOM DE QUI QUE CE SOIT
ET L’OBSCÉNITÉ EST DISPENSABLE SAMIA/CHARIVARI/ AMOUR/ MERCIPOURCEMOMENT/ILFAITBEAU/DONNECEQUETUVEUX/SCESTLES/ETC.
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Emile Novis
Invité@FB
« dans le même orde d’idée, il faudra un jour m’expliquer pourquoi il était si nécéssaire de projeter en audience les images des viols de Mazan – dont tant de présents ont dit qu’elles étaient insoutenables »
Oui, c’est aussi à ce genre de scène que je pouvais penser.
Dans un genre moins insupportable et un peu différent, mais tout aussi pervers, on voit un processus similaire à l’œuvre dans les « comités de disciplines religieuses » pratiqués par certaines formes d’intégrismes religieux : un comité convoqué pour « fornication » sert à juger sévèrement les relations sexuelles en dehors des règles morales prescrites par l’autorité centrale. Et que voit-on lors de ces comités? Que disent les témoignages des victimes? Trois hommes soumis à ces mêmes règles qui demandent une myriade de détails à la jeune femme « pécheresse » (qu’avez-vous fait? Combien de temps a duré la fellation? Avez-vous recommencé plusieurs fois? Tu as pris du plaisir? Quelle intensité? Tu recommenderais aujourd’hui? etc.). Et pour finir : tu te repens? Ton repentir est sincère? Car c’est mal. La loi l’interdit et la sanction peut être très lourde… mais on se rince l’œil (et l’oreille) quand même.
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« il faudrait décrire seconde par seconde les videos de l’homme au bonnet, chef d’oeuvre du genre »
Oui, car j’ai l’impression que l’avantage des vidéos d’influenceurs, c’est de nous offrir un cas chimiquement pur de cette manière d’être.
@Thierry
« c’est une manière de dire que c’est la règle qui excite le désir. C’est très anarchiste comme positionnement. »
C’est vrai, on peut éventuellement le lire comme ça. D’autant plus surprenant que c’est un fondateur d’institution.
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@Tony et @Graindorge (à supposer que ce soit la vraie Graindorge)
Quant à moi, je désignais un processus « similaire », et on pourrait trouver des différences par ailleurs. C’est vrai que le texte de Paul peut envisager plusieurs lectures. Mais il y a au moins un point sur lequel son propos ne souffre aucune interprétation à mon avis : la psychologie du pécheur décrite dans ce texte met en scène un homme malheureux et triste. Un esclave de lui-même.-
François Bégaudeau
Maître des clésTon premier point nous ramènerait au confessionnal, situation impayable où des femmes murmurent leurs péchés à l’oreille d ‘un prêtre plein de miséricorde. Un authentique pervers ne reverait pas mieux – et le pervers polymorphe Guiraudie en aura allègrement profité dans son dernier film en date.
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Carpentier
Invité‘un prêtre plein de miséricorde. Un authentique pervers ne rêverait pas mieux –
oui, ouiiiii, c’est tout à fait ça
et chacun.e de s’exciter dans la boi-boîte à confesse– est-ce que ça se fait encore ce truc d’ailleurs?
Pas l’impression, en visite d’intérieur d’églises, on passe maintenant devant ces meubles hauts et vla encombrants – si on s’intéresse un peu aux productions de travaux de plein de métiers – en se demandant à combien on peut y rentrer : )
ou faire entrer d’éléphants
comme dans une 2 CV, oui
ps: Guiraudie, il faut que je pense à le lire lui aussi, c’est vrai. -
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: « L’avocate que je suis ne peut s’empêcher de penser qu’il y a de part et d’autre de cette barre, à ma droite et à ma gauche [où se trouvent respectivement Gisèle et Dominique Pelicot], une volonté de faire tomber les 50, de les voir déclarés coupables, plaide-t-elle. Cette cause commune, contre les 50, m’apparaît particulièrement troublante. »
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Peut être que l’idée c’était de faire fermer sa gueule bien grand à la défense et peut être que toi et Emile n’y songez pas car vous êtes trop occupé à combler votre ignorance des débats en logeant votre désir malade du côté du palais de justice. Après je dis ça mais en vrai j’en sais rien, moi je te livre juste ma première intuition du haut de mon ignorance. Reste que si tu veux des explications le mieux à mon avis c’est de te tourner vers ton copain Charles, il doit être en mesure de te dire comment mettre la main sur les débats qui ont précédé, et justifié au bout du compte, la diffusion de ces images.
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..Graindorge
InvitéSalut Emile: oui je suis bien la vraie graindorge.
L’usurpatrice Samia obéissante s’est couchée
tôt, à 6:03: post #108137 À moins que ce soit François
compatissant et pseudo-intouchable qui a pris le relais à cette heure matinale afin de brouiller les pistes et permettre, plein de bonté chrétienne, que sa pauvre Samia se repose et se lève « en pleine forme » pour reprendre ses aboiements et usurpations. François en a décidé ainsi.
Je lui suggère le raccourci de me demander de partir plutôt que ce harcèlement grossier, inique et triste et maintenant obscène.La Bible permet plusieurs lectures pour que chacun.e puisse y trouver la nourriture dont il a besoin à un moment donné.
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François Bégaudeau
Maître des clésah ok donc la crise n’est pas finie
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François Bégaudeau
Maître des clésdonc en plus de constater, navré, qu’ici bien des gens se permettent bien des saletés, et par exemple d’usurper des pseudos, il serait envisageable qu’à mon tour je salisse cet espace ?
tant que tu y es tu peux me soupçonner d’avoir usurpé le nom diegomaradona pour poster des trucs racistes, comme il en a pris l’habitude désormais
je ne te demande pas d’excuses, c’est pas le genre de la maison hein-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: « (…) il serait envisageable qu’à mon tour je salisse cet espace ? »
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Pourquoi permettre à chacun de se donner le pseudo qui lui fait envie si ce n’est pas pour en profiter toi même? Après tout, t’es au dessus de tout soupçon et peut être qu’un crime aussi parfait ne peut être que l’oeuvre d’une grosse intelligence de ton genre. D’ailleurs c’est assez curieux la façon dont tu t’empresses de me pointer du doigt à chaque fois alors qu’en ce qui me concerne je me suis toujours appliqué à faire en sorte qu’on ne puisse pas me confondre avec le membre original.
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Bref, je crois qu’on va jouer au Cluedo.-
Pierre
InvitéLe retour récent et impromptue de jean monnaie est suffisant pour comprendre le reste
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BIOGRAPHIE
InvitéPierre: C’est absurde.
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Pierre
InvitéC’est mon explication, j’ai pas mieux
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BIOGRAPHIE
InvitéPierre: Dans ce cas tu peux avoir honte.
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..Graindorge
Invitédes excuses? Je n’en veux pas.
Je n’ai rien fait ni rien dit pour me retrouver harcelée depuis hier.
Donc, tu dis à Samia d’arrêter d’usurper mon pseudo.
Ce matin, à 6: 03 post#108137 elle a – pour brouiller les pistes?- utiliser ton nom et pour un post obscène en plus et qui nomme aussi notre Émile
En passant tu pourras m’expliquer pourquoi, même en cliquant sur « répondre » mes messages se retrouvent en dernier au lieu d’être accolé au message de la personne à qui je réponds? Tu ne le feras pas. Merci quand même.
Si tu dis ne pouvoir rien faire, comme déjà dit, je rectifierai à chaque fois.
Je trouve ça dommage, on discute de choses intéressantes et on se retrouve avec ces merdes.
Et ça m’oblige à aller rectifier un peu partout-
etlaors
InvitéTu penses sincèrement que je vais venir ici à 6h pour t’écrire ? T’as vraiment un blême.
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..Graindorge
InvitéSamia/et alors: etc…
Tu arrêtes d’usurper mon pseudo. En plus avec des obscénités
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..Graindorge
InvitéTu parles de quelle crise François? De la tienne ou de celle de Samia? Qui a écrit le post #108137
« Graindorge CesseD’USURPER MON PSEUDO POUR SUCER ÉMILE »
à 6:03?-
Pierre
Invitéa force de l’écrire on a compris
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François Bégaudeau
Maître des clésdonc en plus de constater, navré, qu’ici bien des gens se permettent bien des saletés, et par exemple d’usurper des pseudos, il serait envisageable qu’à mon tour je salisse cet espace ?
tant que tu y es tu peux me soupçonner d’avoir usurpé le nom diegomaradona pour poster des trucs racistes, comme il en a pris l’habitude désormais
je ne te demande pas d’excuses, c’est pas le genre de la maison hein-
diegomaradona
Invité« me soupçonner d’avoir usurpé le nom diegomaradona pour poster des trucs racistes »
si ce n ‘est pas toi, la moindre des choses en tant que responsable du forum, serair de mener l’enquête et de trouver un système empêchant ces pratiques qui durent depuis des années, mais nous savons tous que tu ne feras rien…-
..Graindorge
InvitéUn neveu informaticien dit que c’est possible pour François d’empêcher les usurpations de pseudos
Il est entrain de s’informer sur la protection de tous les ditistes et pas uniquement de quelques privilégiés VIP selon critères bégaudiens. Ça devient du harcèlement. Soit pour obliger le sitiste à quitter le forum soit par jeu
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..Graindorge
InvitéEmile : tu as une première réponse dans le post #108167
« la psychologie du pécheur décrite dans ce texte met en scène un homme malheureux et triste. Un esclave de lui-même. »
Saint Augustin a écrit: » Tu nous a créé pour Toi et notre cœur est angoissé tant qu’il n’a pas trouvé le repos en Toi »
C’est la grande quête de l’humanité. Notre cœur est inquiet tant qu’il ne repose pas en Lui.
Un ami poète a donné cette jolie image « … de même que la goutte de pluie, sans le savoir, cherche en définitive à se mettre au niveau de l’océan et qu’elle jase, éclabousse, serpente, bouillonne, tourbillonne jusqu’à ce qu’enfin, elle ait opéré sa réunion avec la mer. »
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thierry
InvitéMerci beaucoup Emile pour ta réponse.
Je n’avais pas pensé à pousser jusque là. Ni à Paul. Mais c’est un renversement qui me paraît assez pertinent. Comme François, pour ma part j’aime les textes de Paul. Surtout les lettres aux Romains et aux Corinthiens. Lorsqu’il dit « …je n’ai connu le péché que par la loi. Car je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’eût dit: Tu ne convoiteras point », c’est une manière de dire que c’est la règle qui excite le désir. C’est très anarchiste comme positionnement.
J’aime bien ta réflexion sur la double peine où l’individu est pris dans un circuit fermé où le désir, la règle et la faute se répondent et s’alimentent même.
Pour Bonnet, j’ai ri parce que je connais pas bien le mec. J’ai zyeuté 2-3 trucs en vitesse mais son air grave et concerné et à peine quelques minutes suffisent à se rendre compte que qqch cloche. Enfin c’est mon ressenti et j’en profite pour répondre à Graindorge qui visiblement a lu de travers le fait que je ne parlais que de mon fonctionnement.
Pour revenir au sujet, j’ai toujours pensé qu’un truc puait dans la traque au nom du bien.-
Tony
InvitéSur la phrase de Paul on peut aussi la lire de façon littérale,les choses que la loi interdit m’étaient inconnues et cette connaissance de la chose,que je ne peux plus ignorer,fait de moi un pêcheur.
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..Graindorge
InvitéThierry
« Lorsque je suis trop véhément sur un sujet, c’est qu’il est temps que je me pose de vrais questions. »
Je suis très véhémente sur les pesticides, sur la réintroduction des néonicotinoïdes tueurs d’abeilles, donneurs de cancers etc…
Quelles vraies questions dois-je me poser? -
..Graindorge
InvitéCar je n’aurais pas connu la convoitise, si la loi n’eût dit: Tu ne convoiteras point »
Une autre « interprétation ».
Ce « tu ne convoiteras point » n’est pas un ordre, une loi à laquelle il faudrait obéir, c’est un FAIT: tu ne pourras plus convoité, tu deviendras incapable de convoiter une fois atteint un certain niveau de conscience.
Pas du tout une règle pour exciter un désir. Juste un fait. » Tu ne tueras point » idem.-
Carpentier
Invité…
tu ne pourras plus convoiter, tu deviendras incapable de convoiter une fois atteint un certain niveau de conscience. / …
je vois assez précisément de quoi tu/vous parlez ici, à partir des dires de certain Paul donc ^^
– sur les choses matérielles par exemple, mais il est vrai que je vis dans un certain confort quand même;
sur la beauté, l’intelligence, l’adresse, l’humour que je pourrais envier chez certain.e, je suis (devenue) plutôt sereine aussi et, y réfléchissant mieux, pas certaine d’avoir vraiment ‘ convoité ‘ quoique ce soit jusque là.
En vrai.
C’est ça le luxe des enfants gâtés sûrement.
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Samuel de Marie. 49125
InvitéAh bon, je l’ai fini, désolé j’ai bien mis une semaine, mais quelques menues choses ont pris la liberté de subsumer mon temps de lecture.
Par ailleurs, beaucoup de coquilles, mais ne voulant pas faire mon grammar-FDP, je ne les partagerai qu’en cas de due-demande.
Ensuite, Attam Gabriel, n’est pas du tout une perle de l’école alsacienne, c’était plutôt un cancre, et c’est encore plus le souci, c’est justement sa propension à bien servir la langue de bois, de salon, à séduire qui il faut, la fille de Marisol Touraine au hasard. Oui je sais, ce n’est pas son type d’homme, de base. Toutes choses expliquées de façon limpides dans Crépuscule de Branco.
Mais oui, la gêne pour un autre, les réseaux ont inventé un mot pour ça ! Malfaisant. 😆
Trop de noirs dans l’équipe de France, oui, je l’ai ressenti, mais peut-être plus par gêne de ce penseront les français blancs, qu’autre chose. Surtout pas le style non.
De même quand j’entends Medine le rappeur en interview, il a longtemps eu un gros accent quartier. Idem, j’étais gêné de comment les glottophobes le percevraient. Idem quand j’entends du rap agressif sur France Inter, je sens l’horripilation de Jean-Pierre, 62 ans, c’est pénible. Et je connais pas de Jean-Pierre.
D’autres choses à dire, et plus réfléchies, à venir.
Bisous
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Marxiste conséquent
InvitéPlutôt que d’éprouver une gêne, tu dois expliquer que la surreprésentation des joueurs noirs en équipe de France est le reflet des inégalités structurelles : ces jeunes, souvent issus des classes populaires marginalisées, voient dans le sport professionnel l’une des rares voies d’ascension sociale. Cette situation sert l’idéologie dominante en détournant l’attention des véritables rapports de domination et des luttes de classe.
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Samuel de Marie. 49125
InvitéCertes, mais comme vu par Bégaudeau dans Psychologies, pourquoi aucun arabe? Car la FFF est raciste, disons le.
Et oui en effet, c’est LE sport des pauvres, qui sont sur-représentés chez les non-blancs.Eh oui, il me paraît aussi évident qu’il y a des différences physiques entre les caucasien eux même. Cf les basketteurs de pays d’Europe de l’est qui ont des physiques très impressionnante par exemple.
Mais aussi entre noirs, les sénégalais et maliens sont connus pour être grands.Les gabonais pour être petits.
« Et ce n’est pas être raciste que de dire cela. »
Sans rire.
Les asiatiques aussi sont plus petits en général.
Ça reste des moyennes et les différences inter-individus de petits échantillons sont plus importantes que celles inter-ethnies.Comme la plupart des 18-30 ans sont plus athlétiques que les plus de 60 ans.
Pour autant, Franck Médrano, qui fait facilement 10 pompes à un bras, met à l’amende 99% des « jeunes »: https://youtu.be/mvJHw64fxgQ?si=yBQzW241AVRm_aSu
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kenny
Invitépourquoi aussi peu d’arabes, c’est-à-dire aussi peu par rapport au nombre de noirs
question intéressante
préjugés racistes : noirs physiques, arabes techniques
les noirs sont avantagés à partir de la fin des années 90, lorsqu’on mise sur le physique
on a entrevu a quel point ces préjugés étaient diffus dans la formation française pendant l’affaire laurent blanc
mais les différences ethniques de morphologie n’expliquent pas tout
s’ajoute probablement un effet auto-réalisateur du préjugé
noirs peu physique s’abstiendra ou s’efforcera de le devenir pour correspondre au cliché et passer les selections annuelles
le préjugé en sort renforcé
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François Bégaudeau
Maître des clésd’autres choses à dire lus réfléchies?
oui ce doit etre possible-
Samuel de Marie. 49125
Invité
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Samuel de Marie. 49125
InvitéMalaisant *
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Malice
InvitéJe partage cette série de podcasts, qui me semble un bon complément du chapitre « cordialement » de Psychologies
https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/les-pieds-sur-terre/les-parents-d-eleves-8576380-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
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Malice
InvitéC’est très compatible avec « Entre les murs » aussi
Je recommande l’histoire de Mouhamed ( épisode 4)
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Jules
InvitéJe vais bientôt avoir terminé l’écriture de mon livre (comment j’ai été transformé et suis passé de l’extrême droite à la gauche) et merci Cher François, dont j’adore les livres, d’avoir donné le manuel pour envoyer mon manuscrit.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui n’oublie pas de flatter ton seigneur.
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Emile Novis
InvitéTexte de Bourdieu en rapport avec le passage sur l’imposture du syndrome (je souligne la conclusion) :
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« Cette prétention à agir sur le monde social par les mots, c’est-à-dire magiquement, est plus ou moins folle ou raisonnable selon qu’elle est plus ou moins fondée dans l’objectivité du monde social : on peut ainsi opposer comme deux actes de nomination magique très inégalement garantis socialement, l’insulte (« tu n’es qu’un prof ») qui, faute d’être autorisée, risque de se retourner contre son auteur, et la nomination officielle (« je vous nomme professeur »), forte de toute l’autorité du groupe et capable d’instituer une identité légitime, c’est-à-dire universellement reconnue. La limite vers laquelle tend l’énoncé performatif, c’est-à-dire l’existence d’un pouvoir normatif, est l’acte juridique qui, lorsqu’il est prononcé par qui de droit, comme il convient, c’est-à-dire par un agent agissant au nom de tout un groupe, peut substituer au faire un dire qui sera, comme on dit, suivi d’effet. Le principe véritable de la magie des énoncés performatifs réside dans la délégation au terme de laquelle un agent singulier, roi, prêtre, porte-parole, est mandaté pour parler et agir au nom du groupe, ainsi constitué en lui et par lui ; cela, entre autres choses, en le munissant des signes et des insignes destinés à rappeler qu’il n’agit pas en son nom personnel et de sa propre autorité.
Il n’y a pas de pouvoir symbolique sans une symbolique du pouvoir. Les attributs symboliques sont une manifestation publique et par là une officialisation du contrat de délégation ; l’hermine et la toge déclarent que le juge ou le médecin sont reconnus (dans la reconnaissance collective) à se déclarer juge ou médecin ; que leur imposture – au sens de prétention affirmée dans les apparences – est légitime. »
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Bourdieu, Ce que parler veut dire.-
François Bégaudeau
Maître des clésOn reconnait bien ici le socle pascalien de Bourdieu.
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MA
InvitéA partir de 35′ : Bourdieu par Victor Collard
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François Bégaudeau
Maître des clésentretien frustrant
semble en permanence s’arreter en lisière du sujet, et peut etre des zones obscures de l’ami Bourdieu
oui les trois fils normaliens, c’est un sujet, qui mériterait une socio-analyse, laquelle ne se trouve pas là
un point pour lui : noter qu’il était tout à fait socio-logique qu’un type comme Bourdieu se retrouve à Normale (contrairement à la légende du transclasse hors catégorie)-
Juliette B
InvitéCa m’avait amusée un jour de constater ça
– fils de Bourdieu : Normale
– fille de Balibar : Normale
– fils de Rancière : Normale
– fils de Derrida : Normale
etc. etc.-
essaisfragiles
InvitéBourdieu n’a jamais prétendu être au-dessus des lois de la reproduction sociale qu’il avait contribué à faire émerger.
Ce serait comme lui reprocher de préférer Mahler à Annie Cordy.
Si la connaissance des lois et du déterminisme rend libre, elle permet aussi d’utiliser ces mêmes lois pour agir dans le monde.
Derrida n’a jamais vécu comme un grand bourgeois.
Ces auteurs ne remettaient pas en cause l’existence de l’École, mais son fonctionnement.-
François Bégaudeau
Maître des cléstu esquives un peu le problème là
ça ne te trouble pas du tout que les TROIS soient normaliens?-
essaisfragiles
InvitéJe ne sais pas ce que tu cherches à me faire comprendre, François.
Les enfants des « élites » n’ont le choix qu’entre deux ou trois possibilités : faire aussi bien que papa (au risque de ne jamais faire mieux et de passer sa vie à porter un nom recouvert par une ombre écrasante), faire autre chose que papa (et réussir là où lui n’a pas eu de compétences), se faire oublier (et passer sa vie à produire les conditions de sa disparition sociale). Les combinaisons ne sont pas nombreuses au départ, mais il est toujours possible ensuite de devenir bifurqueur (Pierre Alféri).
Soit : hériter du titre et reprendre la charge, faire le dandy (et des conneries), ou rentrer dans les ordres.
Prenons le cas de Deleuze, pas normalien : un fils, Julien, devenu traducteur d’anglais (dont je ne connais qu’une seule traduction, Les Sept Piliers de la sagesse), une fille, Emilie, élève puis prof à la Femis (un film à son actif, Peau neuve, en 1999, mais après ?).
Ce que je veux dire, c’est que quand on fait partie de la noblesse, il faudra se situer toute sa vie par rapport à ça, et en répondre, pas le choix.
Le seul conseil d’orientation que je me permets de donner, quand je rencontre parfois un ou une élève dans cette situation, c’est de leur dire ne pas chercher à faire comme papa ou maman, ni contre, mais de faire tout autre chose, ailleurs.-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne cherche rien à te faire comprendre, je m’étonne que tu ne t’étonnes pas de ce qui est, quoi que tu dises, une bizarrerie : trois sur trois, là où la psychosocio-logique voudrait qu’au moins un sur trois ne reproduise pas exactement
Il y a là un truc dont on a d’ailleurs plus ou moins la clé dans l’entretien (le témoignage de Podalydès). En tout cas pour ma part je trouve là à encore mieux saisir Bourdieu (qui au fond détestait la subversion, et qui fut in fine un parfait béarnais)
Pour info Emilie Deleuze a fait plus d’un film, et en tourne encore aujourd’hui – et quand on la croise elle a tout sauf une gueule de normalienne, crois moi (son père aimait davantage la subversion je crois)-
Claire N
Invité« l’entretien (le témoignage de Podalydès »
L’allusion a ses aspirations à la comédie ?
un peu flippant même
Cette histoire de mauvaise influence-
François Bégaudeau
Maître des clésben oui, flippant
Bourdieu a peut etre autant aimé la norme qu’il l’a détesté-
François Bégaudeau
Maître des clésdétestée
(je déteste les normes de l’accord)-
Claire N
InvitéTu a raison – n’en faisons pas un verbe de ce mot
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Claire N
InvitéOui – il a sûrement détesté ce qu’elle ne lui apportait pas à lui en particulier
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Claire N
InvitéJ’ai noté aussi que les témoins de sa personnalité semblaient lui prêter une forte sensibilité à ce qu’ils nomment l’ » injustice «
Il me semble que cela s’articule avec une certaine forme d’aspiration à la norme – peut etre -
François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai du écrire quelque part qu’il y avait, pour une part, dans le désir de justice, un désir d’ordre
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Claire N
InvitéOui – et dans l’exégèse de ton évangile sur l’imposteur c’est encore la même façon de repérer
L’axe normatif -
Claire N
InvitéIl est difficile de se déprendre de « l’excellence « qui nous mène là où on se sait pouvoir aller ; dans la norme
L’autodérision est certainement une bonne balise
Pour indiquer les chemins de désertion -
François Bégaudeau
Maître des clésc’est une bonne balise et surtout une excellente amorce
il y en a qui tout simplement poufferaient de rire si on leur proposait la légion d’honneur
et d’autres non -
François Bégaudeau
Maître des clésmerci le bot
beau travail -
Claire N
InvitéOui c’est exact
Il y a peut-être peu de parents cependant
Qui poufferaient avec l’enfant qui pouffe -
François Bégaudeau
Maître des cléstrès juste
concernant leurs enfants les parents pouffent peu
parent c’est du sérieux
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essaisfragiles
Invité@ François
Oui, je sais pour Emilie Deleuze, j’ai vu ses autres films (et téléfilms).
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Bourdieu n’était pas un révolutionnaire, c’est sûr. Il ne faut pas l’oublier. Il n’a jamais contesté l’existence des institutions qu’il a passé sa vie à étudier. Au moins jusqu’au dernier Bourdieu (à partir de 1995 et du début de ses différents engagements).
Pour se faire élire au Collège de France, il faut faire la tournée de popotes. On pourrait souhaiter meilleur déclassement.
Il existe une émission entre lui et Braudel (Apostrophes, « L’historien, le sociologue et le romancier », 1979), très significative puisqu’elle marque le passage, en train de se faire à l’époque, entre l’histoire comme reine des sciences humaines (on est déjà au bout du bout de l’École des Annales) et les sciences sociales (on commençait alors à parler des sciences sociales). Chacun y est maître en son royaume. Qui va l’emporter ?
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Donc, non, jamais étonné que les trois fils de Bourdieu soient normaliens. Amusé, aussi. Quand on aime à ce point l’École et les luttes qui s’y jouent, ce n’est pas du tout étonnant.-
essaisfragiles
InvitéJe m’ajoute à moi-même que quand on voit pendant 30 ans les enfants de ses collègues de lycée réussir sans exception mieux que les autres, briguer les meilleures prépas, avoir les formations les plus exigentes (médécine, école de commerce, etc.), alors même que tous (enfants et parents) soutiennent que l’École doit se démocratiser, qu’il faut aider les plus faibles (en gros à le rester), on ne s’étonne pas de cette logique de reproduction.
Pire : le meilleur pour nos enfants, les restes pour les autres.-
Emile Novis
InvitéDans le cas de Bourdieu, il y a reproduction sociale, c’est très clair, mais l’école en question (ENS) est tout de même une institution qui présente une qualité intrinsèque assez originale dans le panorama des autres grandes écoles (Science po, grandes écoles de commerce, école de journalisme, Polytechnique, etc.). Le gros des troupes de l’ENS Ulm n’aspire pas à commander ou à dominer, mais à faire de la recherche, des maths, des lettres, de la philo, des sciences sociales, de la physique, etc. Lire des ouvrages de normaliens permet d’apprécier le résultat : une clarté et une profondeur rare dans les commentaires proposés et les analyses publiées. C’est une école qui ne me pose pas de problème en fait, ce sont des gens brillants, même s’il est vrai que l’origine sociale semble très marquée.
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On doit tout de même à l’ENS Bourdieu, Foucault, André Weil, Simone Weil, De Beauvoir, Sartre, Jaurès, Bergson, Péguy, Merleau-Ponty, Beaufret (dont les cours sont d’une qualité épatante), Gracq, Pasteur, Badiou, etc………..
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Certes, il y a des casseroles (Enthoven) et des carriéristes (Wauquiez), mais j’ai l’impression que c’est une école spécifique qui demeure très respectable dans l’ensemble. Et son histoire a montré qu’elle n’était pas toujours favorable à l’ordre établi, loin de là.
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Bon : je sais bien que mon propos sera très minoritaire ici, mais je le dis quand même. La reproduction sociale est un fait dans cette affaire, mais les rejetons de Bourdieu, semble-t-il, ne se sont pas servis de leur diplôme pour nous imposer des réformes injustes.-
essaisfragiles
Invité@ Emile Novis
Oui, tu as raison, mais je ne voulais même pas entrer dans cette voie-là.
Je partage ces vues sur l’ENS : ce qui m’intéresse, c’est ce qu’elle « produit » de meilleur, pas les scories.
Tu as oublié Rancière, c’est fâcheux ! -
Emile Novis
InvitéOui, j’ai oublié Rancière. J’ai également oublié Lalande, qui nous a légué un dictionnaire exceptionnel.
Cette école est quand même très féconde. Je ne sais pas s’il existe une telle fécondité ailleurs. -
François Bégaudeau
Maître des clésCe qu’on pense de Normale sup en soi n’est pas du tout le sujet.
Je n’ai pas voulu l’intégrer, mais l’eussé-je intégré que je m’y serais trouvé très bien. -
kenny
Invité« Je n’ai pas voulu l’intégrer, mais l’eussé-je intégré que je m’y serais trouvé très bien. »
faut faire des mots croisés papi, c’est bon pour la mémoire!
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« À la veille d’un oral d’entrée à Normale sup je refuse de suivre des amis boire un verre, pour réviser. L’un d’eux me tourne le dos en lâchant : espèce de faux Rimbaud. » -
nefa
Invité« Et son histoire a montré qu’elle n’était pas toujours favorable à l’ordre établi, loin de là. »
et pourtant: cf liens évidents entre sciences fondamentales et sciences appliquées -
Emile Novis
Invité@nefa
Je ne sais pas si on peut imputer les dérive de la science appliquée à l’ENS. Je ne sais pas si on peut tout condamner de la science appliquée.
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Mon message visait simplement à dire que l’ENS a formé des gens brillants et très largement subversifs, sans commune mesure avec des trucs comme science po, par exemple. Je remarque que les enfants de Bourdieu sont allés dans cette école, pas dans une voie les menant aux postes de direction d’une grande banque, d’ailleurs. Ce qui n’enlève rien au fait que cette institution porte avec des tares inévitables, comme toute institution prestigieuse.
_
Autre honneur de l’ENS : avoir recalé Macron comme il se doit. -
nefa
Invité« Je ne sais pas si on peut imputer les dérive de la science appliquée à l’ENS. Je ne sais pas si on peut tout condamner de la science appliquée. »
sans juger (de ma part), elle en nourrissent l’ordre (sciences appliquée) pour le coup tout à fait affirmé -
Emile Novis
Invité@nefa
Il y a pourtant un jugement : les sciences appliquées nourrissent l’ordre établi.
D’une part, l’ENS n’a pas grand chose à voir dans ce problème à mon sens. D’autre part, je ne sais pas si on peut tenir un propos aussi général sans se heurter à de nombreux contre-exemples. Le produit anesthésiant chez le dentiste, c’est de la science appliquée. Et c’est plutôt cool. -
nefa
Invité« Il y a pourtant un jugement : les sciences appliquées nourrissent l’ordre établi. »
t’as raison, j’ai été un peu vite, je reformule
sans juger (de ma part en bien ou en mal), elles (les sciences fondamentales) en nourrissent l’ordre (des sciences appliquée) pour le coup tout à fait affirmé (on ne conçoit pas à l’arrache un anesthésiant pour les dents dans sa cuisine suite à un rêve qu’on a fait la veille) -
Emile Novis
Invité@nefa
Oui, je vois ce que tu veux dire, mais peut-on imputer à l’ENS un processus qui me semble bien plus profond : la science moderne et son emprise sur la vie, dont les origines remontent sans doute au XVIIème siècle, bien avant la fondation de l’ENS, qui est une création des révolutionnaires français. Que cette école naisse directement de la révolution française, et pas d’une entreprise ultérieure de maintien de l’ordre bourgeois, c’est d’ailleurs assez important.
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On peut noter d’ailleurs que la plus virulente critique, en France, du devenir de la science et de la potentielle perdition de la science appliquée dans la lutte pour la puissance vient précisément… de gens qui sont passés par l’ENS (Beaufret qui a introduit Heidegger en France, Simone Weil, Merleau-Ponty, etc.).
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Il m’est arrivé d’aller consulter des livres dans la bibliothèque de l’ENS (c’est une mine d’or) en passant à Paris. On y entre comme ça, en inscrivant son nom sur un papier pour la forme, mais c’est tout. Pas fouillé, pas contrôlé, pas d’inscription, pas de procédures administratives, pas emmerdé, on va où on veut, tout seul, et on peut emprunter les livres simplement. Je crois que si j’avais voulu prendre une douche dans les dortoirs, on m’aurait fourni la serviette et le thé en sortant (j’exagère un peu, mais quand même). Le plus gros défaut de cette école étant qu’on n’y croise pas de chats (mais c’est sans doute en raison de la cour aux Ernest et de ses légendaires poissons rouges). Les normaliens que j’ai croisé à la bibliothèque semblaient plus préoccupés par le désir de lire Confucius dans le texte pour pouvoir le traduire un jour que par la volonté de commander leur semblable. Ce qui les rend plutôt sympathiques dans l’ensemble, et désuets au regard d’un certain nombre de contemporains qui se dirigeront plus vers science po.
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Tout ça pour dire que je n’ai pas senti, dans ce lieu, la pesanteur d’un pouvoir écrasant et arrogant. Je crois qu’on ne peut pas dire la même chose de toutes les grandes écoles. -
nefa
Invitésans imputer quoi que ce soit à l’ENS, je voulais dire que le statut d’exception qu’il me semblait que tu lui attribuais m’avait fait tiquer et qu’elle avait malgré tout partie liée avec ce processus (profond)
tu décris un lieu où ça passe (fluide), un lieu libertaire, autonome
en même temps son coté inanimé (mais je pense que c’est de l’humour genre carabin de ta part ) est un peu flippant (cf : hotel california), à croire que pour qu’il soit vivant il faille un filtrage biométrique à l’entré, un détecteur de métaux, six cognes armés
l’équivalent d’une tribune aux JO -
François Bégaudeau
Maître des clés« Mon message visait simplement à dire que l’ENS a formé des gens brillants et très largement subversifs »
Je m’étonne ici, Emile, d’une soudaine vacance de ta rigueur légendaire
Tu affirmes ce qui devrait faire question : est ce bien Normal qui « a formé des gens brillants et subversifs ». Moi je crois que brillants, ils l’étaient avant. Et subversifs aussi – à tout prendre j’aurais plutot l’intuition que Normale pondère quelque peu la subversion préalable. -
Emile Novis
Invité@FB
C’est mal formulé en effet. Disons que l’ENS ne semble pas frontalement contradictoire avec un tempérament subversif. Surtout si on devait comparer l’ENS avec d’autres institutions qu’on nomme « grandes écoles ». -
François Bégaudeau
Maître des clésd’accord avec ça
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I.G.Y
InvitéVotre débat me passionne donc dur pour moi de ne pas m’immiscer. J’ai suffisamment dit à François un soir pluvieux de rencontre pour Boniments tout le mal que j’avais pensé des tristes normaliens qui l’avaient interrogé lors de son passage à Ulm pour ne pas un minimum défendre cet établissement, ou plutôt compléter la discussion et les propos d’Emile par un autre angle — c’est indiscutable que l’ENS a « malgré tout partie liée avec ce processus (profond) » comme dit nefa, mais je pense cela vrai de n’importe quelle formation du supérieur (je parle hors fac, il faudrait prendre la fac à part).
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Émile a prononcé le mot clé : recherche.Soyons concrets et comparons avec Polytechnique, comparaison instructive pour plusieurs raisons :
– Normale Sup (Ulm, Lyon, Cachan, Rennes) et l’X sont accessibles depuis la prépa aux mêmes étudiants — et ça va plus loin puisqu’elles sont carrément regroupées, dans certaines filières comme celle que j’ai faite, dans le même concours séparé.
– Ulm et Polytechnique sont aussi prestigieuses et aussi difficiles l’une que l’autre (Ulm sans doute davantage).
On compare donc deux institution éminemment comparables à plusieurs titres. Or la différence entre le profil de ceux qui y entrent — point crucial, je fais écho à ce qu’a dit François — puis qui en sortent est flagrante mais n’est pas affaire de brillance. C’est bien plus à mon avis une affaire de tempérament, mais un truc effectivement antérieur à l’école : toute personne qui a un tempérament de chercheur ira à Normale plutôt qu’à l’X, c’est une quasi évidence (et qui s’observe en pratique). Or c’est ce tempérament, cette inclination vers la recherche qui contient une puissance de subversion supérieure (pas toujours actualisée, comme toute puissance) par rapport à d’autres formations proches. Il y a certes aussi dans le cas de Normale la voie de l’Enseignement, je mets ça à part mais on pourrait en parler. Je note par parenthèse que la quasi totalité des gauchistes-communistes (ça va jusqu’à LO) que je connais on fait un doctorat après l’école (pas Normale), donc étaient attirés par la recherche — je passe sur la question économique et matérielle du doctorant, qui dans ces cas pour plein de raisons ne me paraît pas être la variable essentielle; je suis déjà trop long.
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On a parlé de l’avant Normale mais il y a le pendant. Question difficile que de savoir si l’on peut être brillant et subversif « avant » puis seulement lissé ensuite par Normale, mais je partage moins cette intuition François, j’y accorde en tout cas moins de poids. Précisément parce que Normale offre un cadre d’épanouissement pour la recherche qui est assez hors norme (et quand bien même il y a d’excellents labos à Polytechnique, les formations concrètes sont structurellement très, très différentes, peu de polytechniciens font de la recherche les labos de l’X sont d’après ce que je sais beaucoup peuplés de non-X). Il faut bien que la puissance chercheur s’actualise concrètement dans un environnement favorable à la recherche (c’est bien le problème que rencontre l’Université et ses démantèlements divers), sans quoi une puissance reste une puissance, en suspension, peut être perdue pour l’humanité. Les gens « brillants » et « subversifs » rentrés à Normale l’auraient-ils été autant sans un tel espace? Rien n’est moins sûr. C’est même certain si leur puissance propre (y compris de subversion) est liée à un tempérament de chercheur (peu importe la discipline). Pas sûr que leur puissance à eux aurait pu s’actualiser autant que là bas. Je précise à eux, puisqu’il n’y a bien sûr aucun impératif à passer par Normale ni par une grande école ni d’avoir une formation à la recherche pour être brillant et subversif — j’enfonce encore une porte ouverte, mais je préfère l’enfoncer.On peut toujours dire que ces gens auraient actualisé une « autre » puissance, on peut toujours, mais ça devient simplement trop hypothétique. Et trop lié à ce qui se passe avant l’école ou une quelconque prépa, donc sortirait du cadre de la discussion
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Emile Novis
Invité@IGY
« toute personne qui a un tempérament de chercheur ira à Normale plutôt qu’à l’X, c’est une quasi évidence (et qui s’observe en pratique). Or c’est ce tempérament, cette inclination vers la recherche qui contient une puissance de subversion supérieure »
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Oui, un point essentiel se trouve là. Ce qui rend la plupart des normaliens beaucoup plus sympathiques : un chercheur, et le tempérament qui va avec, n’est pas obsédé par le pouvoir. Un matheux qui va chercher pendant deux ans à comprendre telle ou telle problème est un être assez inoffensif qui a plus de chance de faire des choses conforme à l’intérêt public que de nuire à ses semblables.
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« Précisément parce que Normale offre un cadre d’épanouissement pour la recherche qui est assez hors norme »
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Cela confirme mon intuition en effet. Peut-être aussi que c’est un lieu où la recherche est parfaitement assumée, où l’utilité sociale et les intérêts du capital ne sont pas des obsessions. Et le prestige de l’institution protège les individus d’un certain nombre d’assauts extérieurs. C’est assez différent du chercheur ou de l’individu lambda qui aime chercher et penser mais qui se trouve dans un lieu où on lui demandera constamment des comptes sur son utilité sociale et économique. Les professeurs de fac s’en plaignent : Ils doivent constamment prouver qu’ils sont productifs, efficaces, actifs, etc. -
I.G.Y
InvitéEmile : oui, il me semble qu’on peut dire cela tout en ne faisant preuve d’aucune naïveté. J’ai entendu par exemple qu’à Normale en Lettres (ça demanderait à être étayé, mais ça me semble crédible dans la mesure où je sais que c’est vrai dans d’autres disciplines), la dégradation des conditions à l’université pour la recherche post-études ou le professorat fait que de plus en plus sont recrutés par le privé. C’est une tendance qui s’affirme ces dernières années et qui était bien moindre avant (on peut voir cet article, dans lequel il y a aussi ce chiffre que je ne connaissais pas : 74% des élèves de l’ENS enchaînent sur une thèse, ce qu’il est proprement gigantesque et incomparable avec toute autre école ; d’ailleurs à l’X c’est 10%, alors que j’aurais parié sur 15%-20%).
L’ENS n’est bien sûr pas étanche aux dynamiques générales.
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I.G.Y
Invité(74% au début des années 2000, mais apparemment d’après les infos de l’ENS eux-mêmes, c’est toujours à la louche 80%)
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François Bégaudeau
Maître des clésCa va devenir un peu énervant que tu m’expliques, pour réponse, les logiques de reproduction (elles m’avaient échappé)
Tu ne t’étonnes pas du 3 sur 3? Eh bien ne t’en étonne pas. Tu n’en tires rien sur le conformisme de Bourdieu? Eh bien n’en tire rien. J’y songerai tout seul sous ma douche.-
François Bégaudeau
Maître des clés(à essais)
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essaisfragiles
InvitéJe me cite, François : « Bourdieu n’était pas un révolutionnaire, c’est sûr. Il ne faut pas l’oublier. Il n’a jamais contesté l’existence des institutions qu’il a passé sa vie à étudier. Au moins jusqu’au dernier Bourdieu (à partir de 1995 et du début de ses différents engagements).
Pour se faire élire au Collège de France, il faut faire la tournée de popotes. On pourrait souhaiter meilleur déclassement. »
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J’ai bien parlé de son conformisme. Il aurait pu se faire élire à l’Académie Française que cela ne m’aurait pas plus étonné.
L’omniprésence du terme de « capital » et de « capital culturel » dans son oeuvre était déjà un indice.
Quelqu’un qui dit à la fin de sa vie qu’il faut donner aux lycéens et étudiants les moyens d’entrer à armes égales dans la mondialisation ne peut pas ne pas le vouloir pour ses enfants. -
François Bégaudeau
Maître des clés« Quelqu’un qui dit à la fin de sa vie qu’il faut donner aux lycéens et étudiants les moyens d’entrer à armes égales dans la mondialisation ne peut pas ne pas le vouloir pour ses enfants. »
C’est bien ce que je dis, tu m’enseignes les logiques de reproduction.
Oui, essais, les parents veulent la réussite de leurs enfants, et placent le curseur d’icelle en fonction de leur propre niveau.
Mais 3 sur 3, c’est atypique. -
François Bégaudeau
Maître des clés« Il aurait pu se faire élire à l’Académie Française que cela ne m’aurait pas plus étonné. »
Ben moi si
En tout cas j’aurais trouvé là matière digne qu’on s’y arrête. -
François Bégaudeau
Maître des clés« Il aurait pu se faire élire à l’Académie Française que cela ne m’aurait pas plus étonné. »
Ben moi si
En tout cas j’aurais trouvé là matière digne qu’on s’y arrête. -
essaisfragiles
Invitéça c’est parce qu’il n’a eu que trois enfants
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MA
InvitéEt la référence à Wittgenstein plutôt qu’à Pascal?
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François Bégaudeau
Maître des clésElle est pertinente je crois
Mais l’un n’empêche pas l’autre
A l’un Bourdieu emprunte sa haine de la parole vide, à l’autre sa conception du corps social comme champ de forces
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Claire N
InvitéTest
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Claire N
Invité-
Re test
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Ostros
InvitéComme les posts du bot ne sont pas postés (sans doute car censurés automatiquement par WordPress), on ne peut pas le contrer. J’avais réussi à planter l’ancienne page actu de François selon la méthode qu’on connaît bien de laisser la balise ouverte et ça n’avait pas stoppé ces tentatives.
S’il réussissait à poster, là ça ferait un bug comme on l’a déjà connu, où le bot post à l’infini sur chaque thread, jusqu’à ce qu’on ouvre un poste et plombe le thread en question.
La seule manière d’arrêter ce type d’attaque est faire se connecter les utilisateurs pour pouvoir poster, comme le faisait l’ancien site. C’est la solution qui revient sur les sites consultés. Sinon pour celles et ceux qui sont hyper calés il y aurait moyen de lui tendre un piège numérique, mais là ça dépasse mes compétences.-
Ostros
InvitéC’est à la portée des dev, mais ce sera à notre super WebMaster d’écrire le code dans les lignes du forum : au fait, au niveau des formulaires (nom, adresse e-mail) il faut ajouter un input (champ) qu’il va bêtement remplir, cela le distinguera de nous les avertis qui n’y toucherons pas. Le fait qu’il remplisse l’input-piège le bloquera et on sera tranquilles.
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Ostros
InvitéUp
Après passage raté du bot
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InvitéJe viens de lire Psychologies. J’aime bien le parti pris concret et incarné, l’humour et le champ foisonnant des hypothèses explicatives multiples.
J’ai l’impression de mieux comprendre un aspect de Comme une Mule qui m’avait plutôt déplu, à savoir l’utilité de plonger à pic dans des clichés ou des pensées particulièrement bêtes. Sans doute que je manquais de calme. Là je vois bien qu’il s’agit d’observer de quoi c’est fait et de ne pas se contenter de juger (« L’Arabe, le Noir, ou autres siphonneurs d’allocs », « Violence mais génie des Blancs »). Ça m’a rappelé qu’à une époque je me faisais peur, parce que quand j’avais en face de moi un oncle, un collègue, une voisine en train de me débiter ses complaintes droitières, j’avais l’impression de plonger dans sa tête, et ça me perturbait pas mal de me voir capable de suivre ce genre de pensées. Je voyais bien que je n’étais pas totalement imperméable à la connerie. Et j’étais bien mal à l’aise vis-à-vis d’autres personnes qui, elles, donnaient l’air de penser bien qu’il pleuve des chiens ou des chats. J’avais l’impression de ne pas être aussi fermement de gauche qu’elles. Vu d’aujourd’hui, je crois qu’il est au contraire plus sain de se savoir apte à la connerie, que refuser de conscientiser la « mélasse intérieure » expose à davantage de bêtise, et que penser bien n’est pas bien penser.
Côté « misère de la psychologie », je trouve cette démarche de socialisation de la psyché utile aussi face au psychologue tout court qui exerce en cabinet. Je me demande s’il existe des psychologues de profession qui soient de gauche : « si un soir tu es tenté de te tirer une balle, ce n’est pas à cause des intérêts pris par ta banque sur ton découvert, mais parce qu’il y a en toi une disposition suicidaire sans doute liée à la vie utérine que tu exploreras sur un divan et non aux prud’hommes ». Il se trouve que j’ai des soucis de stress en société assez prononcés, au point d’avoir eu des médocs parfois, et je trouve dans les analyses sociologiques et conversationnelles de « ton milieu » et « je n’aime pas parler aux enfants » comme un autre angle d’attaque du problème.
Et sinon, j’ai quand même une réserve de taille à Nos carottes p. 220, c’est que j’aurais dit lasagnes plutôt que hachis parmentier.-
begaudeau
InvitéJe comprends ta réserve que le hachis. Le hachis est mon talon d’hachille.
Heureux que tu témoignes d’une disposition fragile devant certains passages de Comme une mule. Oui il faut avoir la tête bien froide pour aller creuser certains mouvements affectifs, et notamment les siens propres. Cette froideur on en connait la teneur : c’est la froideur amorale ; non que la morale soit congédiée définitivement – je l’ai assez dit- mais elle est suspendue.
Une bonne façon de se mettre à l’aise avec tes mouvements affectifs douteux, c’est tout simpement d’étendre à toi le constat d’affection de tous par tout. Tu te dis poreux à. Eh bien oui nous sommes absolument poreux. Et cette porosité qui nous fait jouir de la vue d’un moineau sur une branche ou de trois notes ancestrales de Bach est aussi ce qui nous rend poreux au racisme. Sachant que je ne peux pas plus m’honorer de jouir de Bach que je ne dois me flageller d’un frisson raciste. Dans les deux cas je ne suis pas responsable
La responsabilité se situe à un autre plan : de quoi vais-je faire discours.? Vais-je constituer mon « frisson raciste » en opinion raciste?-
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InvitéJe comprends qu’on n’est pas responsables de ses mouvements affectifs. J’ai un doute sur l’idée de responsabilité de manière générale. La question « de quoi vais-je faire discours ? » m’a l’air un peu fictive. Il est rare qu’on se pose ainsi la question. Je ne suis pas sûre que la politisation de la connerie soit un fait conscient. La frontière entre l’affect et l’idée n’est pas toujours très nette. S’il m’est si important de faire de mon mieux pour ne pas parler et agir en raciste, ce n’est pas seulement par ce que je me détache des pensées racistes qui peuvent me traverser, c’est aussi parce que je n’arrive tout simplement pas à ressentir ce que ressent une personne fossilisée dans le racisme. Son délire, ses lubies me dépassent. Ça ne m’attire pas, ou infiniment moins.
Ça n’empêche pas que je trouve intéressante et précieuse l’idée de s’efforcer de dissocier mouvements affectifs et conscience politique, de chercher à suivre ce cap dans les quelques moments de lucidité qu’on pourrait avoir.
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Invité@ Bakounine : c’est gratuit
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Invitéje voulais dire : l’air de penser bien, qu’il pleuve des chiens ou des chats
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Dr Xavier
InvitéSalut, si je peux demander, tu détaillerais un peu cette intuition ? « penser bien n’est pas bien penser. »
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begaudeau
Invitéje crois comprendre que bien penser regarde vers une consistance de la pensée, alors que penser bien s’entend comme penser du coté du bien
en somme ceux qui pensent bien ressemblent à des bien pensant, à l’inverse de ceux qui tachent juste de bien penser
(ou c’est l’inverse?) -
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InvitéTu me permets de me corriger parce qu’en me relisant je m’étais dit mince, c’est de la formulite et ça n’est pas bien clair effectivement.
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InvitéDonc oui ce que je voulais dire c’est que « penser bien », au sens de penser droit, comme il faut, irréprochablement d’un point de vue moral ou politique, c’est un exercice limité de la pensée, et peut-être aussi au sens de penser rigoureusement, implacablement, objectivement, par exemple en bon sociologue. J’aurais dû écrire ça : s’en tenir au « penser bien » c’est s’en tenir à un exercice limité de la pensée. Et croire pouvoir pratiquer ce genre de « penser bien » infailliblement c’est se méconnaître ou s’auto-aveugler.
Par « bien penser », je voulais entendre quelque chose de plus vaste où il s’agirait d’être conscient du côté obscur de la force. Ici « bien » au sens de jusqu’au bout, jusqu’aux tréfonds. Je n’ai pas assez lu Nietzsche mais en gros quand même c’est cette idée, par exemple, que derrière nos grandes, belles, hautes pensées se cachent parfois/souvent d’autres choses moins reluisantes. J’ai cette phrase en tête : « Dès qu’on parle de l’homme sans aigreur et ingénument comme d’un ventre qui possède deux besoins et d’une tête qui en possède un seul ; dès qu’on ne voit, ne cherche et ne veut voir partout que la faim, l’appétit sexuel et la vanité, considérés comme les seuls ressorts authentiques des actions humaines, bref, dès qu’on parle « mal » de l’homme sans même en parler méchamment, le philosophe passionné de connaissance doit prêter l’oreille avec attention, il doit même se faire tout oreilles sitôt qu’il entend parler sans indignation. » (Par-delà bien et mal) Ce qui ressemble à cette idée que nous sommes soumis à des mouvements affectifs douteux, que nous sommes fragiles et poreux. Aspect déjà présent dans Comme une Mule mais qui m’est apparu plus clairement dans Psychologies.-
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Invité« La vie psychique est plus vaste que la conscience politique. La vie psychique excède de loin la vie des opinions, des idées. »
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Claire N
InvitéOui – te lisant je ne peux qu’approuver
Et un peu etre attristé de cette traque veine , policière et venimeuse qu’il est possible de vouloir mener contre sa vie psychiques
S’en croire maître alors qu’elle n’est que don
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graindorge
Invité‘
je comprends que, quitte à penser autant bien penser. Comme tu dis » jusqu’au bout, jusqu’aux tréfonds »
avec toute l’attention requise. Pratiquement de manière exhaustive: épuiser toutes les combinaisons possibles, suivre tous les fils qui se présentent sans les perdre.-
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InvitéL’attention pleine et l’exhaustivité ça m’a l’air plutôt du côté du contrôle, de la maîtrise. Aller jusqu’au bout serait faire vaciller tout ça, penser la difficulté de l’attention pleine, l’impossibilité de l’exhaustivité, se méfier un peu de sa pensée, ne pas « s’en croire maître alors qu’elle n’est que don » comme dit Claire.
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Claire N
InvitéOui- comme on dit en équitation : pas trop de main si tu veux pas finir désarçonné
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begaudeau
Invité« e. Aller jusqu’au bout serait faire vaciller tout ça, penser la difficulté de l’attention pleine, l’impossibilité de l’exhaustivité, se méfier un peu de sa pensée, ne pas « s’en croire maître alors qu’elle n’est que don » comme dit Claire. »
Ce mode de pensée là, débridée, au petit bonheur, au gré des aléas, des circuits cérébraux, des mouvements nerveux, ce sont des textes littéraires qui seuls l’impriment.
Par exemple on parlait de Bernhard récemment.
Mais tant d’autres.-
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InvitéÇa rejoint la différence entre imprimer et exprimer
Dans l’art en génral ça imprime
J’y ai repensé en écoutant le ciné-club sur Benny’s video-
begaudeau
InvitéOui, on y est
Le cinéma peut encore mieux que la littérature échapper à la malédiction de l’expressivité
Au passage, si on veut comprendre par la négative Comme une mule, on pourra lire le livre d’entretiens d’E Louis sur littérature et politique. Il y prone et revendique une littérature expressive, sentimentale, sans détour, directe, confrontationnelle, chaude, exhibitionniste (je cite), en adresse directe (alors que la littérature, dit Quignard, est sans adresse).-
diegomaradona
InvitéOn mentionnera aussi que le coffret Edouard Louis reprenant tous ses romans est sorti.
54,90 euros le kilo, plus cher que le kilo de homard.
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..Graindorge
InvitéL’équitation! C’est beau les chevaux!
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Mélanie
Invitébonjour virgule,
« Je me demande s’il existe des psychologues de profession qui soient de gauche »
rire
j’aime -
..Graindorge
Invité,
Pas forcément cher virgule on peut être spectateur de sa pensée sans prise de tête, sans froncement de sourcils. Ceci dit, j’ai juste voulu entrer dans le jeu de ces échanges puisque je ne pense plus depuis longtemps. Sauf bien sûr pour des choses pragmatiques du quotidien: préparer ma défense dans un litige par exemple. Au plaisir de te lire ici et ailleurs
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Tchitchikov
InvitéJe te rejoins ‘ sans aucune réserve sur cet inavouable dont la littérature et la pensée en général qui bien pense, pour reprendre ta catégorie, se nourrit. Magnifique fragment de Par-delà que tu livres ici. Et il me fait de suite penser à cet autre passage, d’Aurore cette fois : « 99. En quoi nous sommes tous déraisonnables.
Nous continuons toujours à tirer les conséquences de jugements que nous tenons pour faux, de doctrines auxquelles nous ne croyons plus ; par l’entremise de nos sentiments »
Cela renvoie à la pensée cru me semble-t-il. Celle que me paraît pratiquer François en bon anatomiste des affects inavoués. C’est Paul dans Ma cruauté qui ne peut plus se cacher qu’il envie Omar. Ramo qui fait vrombir sa moto en même temps que Justine. C’est le narrateur de Comme une mule qui nous dévoile sa part animale, banale, commune, réactive. Je trouverais déplacé de parler de courage littéraire ; peut-être qu’honnêteté ou lucidité sonnent plus juste. Un peu comme Montaigne dit qu’il est lui-même la matière de son livre. Et lui-même c’est l’ensemble de son être, sa vilaineté comprise, sans fard. C’est le conteur de Psychologies qui avoue sa déception ne pas avoir été préalablement flatté par un lecteur voulant être lu à son tour, et méprisant pourtant la flagornerie malgré son égo de pongiste international.C’est encore le héros de En guerre (dont le nom m’échappe à présent) qui n’est pas vierge de préjugés racistes. C’est les parents du gosse dans Un enlèvement qui ont peur que leur progéniture soit un demeuré qui rompe le jeu reproductif de la bourgeoisie, et nous le font savoir. Bref, bien penser ne serait-ce pas postuler que tout devrait être saisi par la pensée ? A fortiori ce qui paraît indigne ou stomacal en soi-même. Bon c’est ce que tu avances clairement dans Comme une Mule ami Bégau, l’idée que l’art est anarchiste en ce qu’il saisit tout et rien, ce rien qui équivaut à tout en littérature.-
begaudeau
InvitéEh bien je n’ai rien à ajouter
On se comprend 6 sur 5
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AuteurMessages
