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..Graindorge, le il y a 11 mois et 3 semaines.
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Leo Landru
InvitéSpoilers.
Premier constat à chaud après la fermeture de l’ultime page du livre : c’est un Bégaudeau, la couverture ne m’a pas menti. Le lecteur est tenu en haute estime – un peu plus que d’habitude même. Si on retrouve la précision caractéristique, le décortiquage, on peut néanmoins distinguer que les entrées se scindent en à peu près trois catégories : dissection des affects droitiers contemporains (Sous la main, Anar, Misère de la psychologie, L’élixir woke), dissection au microscope d’un•e specimen (Bonne fille, Le féministe tardif, Le dossier Greg) et auto-dissection (Agacement, Frisson, Monseigneur, Je ne suis pas sur les réseaux).
Tentative de synthèse de ma part : la reconnaissance en soi des affects droitiers, leur étreinte sincère, permet une lecture lucide des affects droitiers extérieurs. Je vois en toi ce que je sais en moi. Tu as remarqué les Noirs dans l’équipe de France, tu es trop serviable avec la femme voilée, tu aimes les éloges autant que tu les fuis, tu trouves de la justesse parfois dans un portrait qui te déplaît : Ton milieu, Frisson, Plaisir d’offrir.
Ce qui semble des faits individuels tels l’antiracisme paternaliste, le féminisme à mauvaise conscience, les raccourcis de pensée, l’agacement généré par des amalgames, des raccourcis, des simplifications, mis bout à bout donne un système plein de déterminismes que le livre rappelle fréquemment (on est en premier lieu le produit de son éducation catholique, communiste, bourgeoise, PS, RPR).
Les trois catégories relevées n’en forment qu’une, une invitation à penser contre soi, non pas dans un examen de culpabilité mais par souci de clarté, par souci de moins de psychologie, justement, et davantage de pensée. Davantage de lucidité.
Le livre est drôle mais il n’est pas tranquille. Ni moral ni sûr de lui – juste sûr de sa direction. Il verbalise des affects habituellement tus, il matérialise une gêne que l’on s’évite d’ordinaire. On n’en sort pas serein car le malaise est mis à nu : comment je joue dans la vie, quelle est ma solidité, quelles sont mes contradictions ?
Enfin le livre surprend, car partant de Psychologies, il parle surtout de la gauche et de comment la gauche existe contre ou avec la droite. Comment ce qui se dit de gauche est de droite parfois. Enfin (re-enfin) il y a une ouverture, vers la recherche de l’égalité, et l’acceptation de quelques impostures qui démasquées rendent la vie plus supportable dès que l’on sort de la déploration – on ne déplore pas, dans ce livre. -
..Graindorge
InvitéMerci Leo Landru. Toujours un vrai plaisir de te lire
« Le livre est drôle mais il n’est pas tranquille. Ni moral ni sûr de lui – juste sûr de sa direction. Il verbalise des affects habituellement tus, il matérialise une gêne que l’on s’évite d’ordinaire. On n’en sort pas serein car le malaise est mis à nu : comment je joue dans la vie, quelle est ma solidité, quelles sont mes contradictions ? » On dirait un livre honnête
« et l’acceptation de quelques impostures qui démasquées rendent la vie plus supportable dès que l’on sort de la déploration – un exemple si et seulement si tu veux bien Leo Landru-
Leo Landru
InvitéLe dernier chapitre.
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François Bégaudeau
Maître des clésbelle formalisation du livre
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Carpentier
Invité(Je tente de poster ici, en plus c’est pas complètement inaproprié)
Psychologies, ed. Amsterdam, 2025, François Begaudeau, sortie de premier chapitre:
– Agacement
Le partage en ligne des premières pages en exclu m’en ayant quelque peu défloré la découverte, je (re)note cependant
– le verbe (s’) amuïr, p.16, dansNon elle n’a ni casque ni Airpods pour l’amuïr.
– Langue d’oïl, peut passer pour châtié dans des lignes où la façon de parler de la mère, perso aussi principal que le je-narrateur est un des outils pour analyse des affects et des déterminismes sociaux qu’il se choisit pour penser la situation avec recul, humour et pirouette finale de sa jouissance à rester clean (la voyageuse qui l’ouvre enfin) tout en s’étant autorisé un kif d’aigreur jouissif.
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Carpentier
Invitéon dirait que le bazar de ce matin est débloqué bon,
sur-ce, je commence Régis et Laure-
Carpentier
Invitéje réponds ici au
Ton envie d’un livre sympa ne doit pas paniquer
puisque l’intervention quasi en même temps que moi de certain ‘ raspout ‘ bloque à nouveau le thread où j’ai répondu, le rendant inaccessible, j’ai l’impression
Les lignes incomprises par FB disaient la même chose que lui, ce matin, je ne m’y épargnais donc pas – il faut le lire intelligemment mais lui ne dois faire aucun effort pour piger les autres, marrant ça.
et marre qu’il me parle comme à une crétine qui ne comprend jamais rien à ce qu’elle voit au ciné ou lit.
bye,-
Leo Landru
InvitéJe ne veux pas te vexer mais effectivement on ne comprend pas toujours ta prose. Ce qui ne serait pas si gênant si tu ne l’imposaiS pas sur chaque sujet comme un Demi Habile ivre s’amusant à casser le forum en y insérant des balises HTML.
Je réagis néanmoins à un truc que j’ai compris dans l’un de tes paragraphes, ton histoire de « j’ai payé 17 euros alors je fais de la merde si je veux ». C’est quoi cette réaction de bébé ? On dirait la proverbiale Karen qui estime que tout lui est dû parce qu’elle a PAYÉ. La cliente qui hurle après la caissière de Auchan qui ne va pas assez vite, qui tient l’équiper Quick coupable du hamburger servi tiède. L’aspirateur en panne qui l’amène à harceler les lignes du SAV de Darty pour engueuler les téléconseillères : « passez-moi le responsable ». Gros affect de droite Carpentier. Je te prescris la suite de la lecture de Psychologies.-
BIOGRAPHIE
Invité« comme un Demi Habile ivre s’amusant à casser le forum en y insérant des balises HTML »
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Je serais incapable de te dire de quand… ah si c’était mi février ma dernière bière et donc Demi Habile ivre sur le forum ça doit arriver de temps en temps mais c’est trop rare pour que ça ait son sens ce que tu racontes. Par contre casser le forum en y insérant des balises HTML j’aimerais bien, ça doit être rigolo de savoir faire ce genre de bêtises. Et du coup ça me donne une idée, en rentrant de ma ballade à vélo je vais me prendre une bière puis je demanderais à ChatGPT s’il sait comment caser le forum de François en y insérant des balises HTML.
Ca m’occupera un peu. -
Jeanne
InvitéBonjour Leo
Je t’ai posé récemment une question Je ne sais pas si tu l’as vue. Je me permets de la remettre ici:
Tu as dit de l’entrée « Monseigneur » (de « Psychologies « ) qu’elle était rancierienne. Peux-tu préciser pourquoi tu disais ça?
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Quant à cette histoire de « J’ai payé » de Carpentier, si je puis humblement me permettre de fiche mon nez là où ça ne me regarde pas, à mon avis cela relevait plutôt de la blague.-
Leo Landru
InvitéPour la blague de Carpentier je ne sais pas, il faudrait que je comprenne. Admettons. Ça me semble quand même prendre beaucoup de bande passante pour pas grand-chose – et moi d’en avoir rajouté, je regrette déjà.
Pour Monseigneur, il y a une invite à aborder une œuvre sans prendre en compte son introduction, son préambule flagorneur ou son absence de préambule justement. Une vision de gauche qui rejette l’étiquette en quelque sorte. Je retrouve ça dans Le spectateur émancipé que je lis en ce moment. Aller vers l’œuvre avec son propre bagage avant de l’estimer. Je ne comprends peut-être pas tout non plus, j’essaie.-
François Bégaudeau
Maître des clésce qui est en jeu n’est pas exactement « aborder une oeuvre », mais aborder quelqu’un qui vous soumet un manuscrit.
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Jeanne
InvitéMerci Léo.
A moi de parler de « Psychologies ».
L’entrée « Monseigneur » fait partie de celles qui m’ont le plus fait rire. Le chat Bakounine est quand même bien intelligent. Il voit les choses. D’un côté l’inspiration égalitariste, de l’autre l’amertume et comment elle peut parfois nous avilir. De tout ça le gloubiboulgas. L’on sent Bakou un peu triste mais circonspect malgré tout. Depuis sa vie à lui, assurément plus simple que la nôtre, depuis son observatoire de chat.
La première entrée, « Agacement », m’a tout de suite embarquée et j’ai lu l’ensemble d’un trait, plus ou moins. « Qui êtes-vous pour donner des leçons aux gens! » s’exclame (ou imagine s’exclamer) le gars qui depuis une heure rumine intérieurement 500 reproches et autres leçons de vie. (Si le chat était là il ne manquerait pas d’observer, lui aussi, la contradiction).
Le livre n’est pas que drôle, bien sûr. Et si l’on aborde sa dimension réflexive, il y a deux passages en particulier qui m’ont beaucoup frappée. Page 74 la définition de l’anarchisme en tant que « modalité psychique ». Moi qui ai souvent eu ces pensées (ou cette modalité) et sans les nommer anarchistes. Page je ne sais plus, la rencontre avec des agriculteurs amis d’amie, et le constat d’un écart dans la manière d’échanger, d’un écart pour ce qui concerne ce qui est recherché dans l’échange, un écart, un petit fossé, et qui -plus ou moins – classe les uns et les autres.
Ces deux passages vont m’accompagner.
Mais en fait il y en a d’autres. Allez, « Y a rien qui va », par exemple.
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Je note aussi que certaines entrées, réussissant là aussi à capter mon intérêt, me laissent malgré tout un peu sur la touche. Je ne sais pas quoi en penser. « Charles le cassos », par exemple. Je comprends ce que tu dis, et je ne sais pas quoi en penser.
Enfin la lectrice que je suis a conservé, le long de la lecture, une espèce de petite lunette pointée sur ce qui m’apparaît un peu comme un angle mort. Peut-être que cette expression ne convient pas. François tu fais le choix de nous parler d’affects qui ne frayent pas spécialement avec le magnifique. Tu choisis des affects pas super jolis, et peut-être même qu’à un moment tu emploies le qualificatif de « mauvais ». Comme tu es conscient de ce choix, à un moment tu expliques que ta lucidité n’a pas vocation à t’empêcher d’observer aussi des affects lumineux (je n’ai plus la phrase exacte, je la résume de tête). Mais du coup, je ne sais pas exactement quoi faire de ce déséquilibre dans le texte. Le déséquilibre entre des affects que l’on va qualifier (pour aller vite) de « négatifs », lesquels sont ici abondamment observés, littérairement traités, et des affects « positifs », beaucoup beaucoup moins en vue dans ce texte-là.
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Je finis sur une phrase qui m’enchante. Page 119:
« Sait-elle la vigueur des matins frais, et trouver sa joie dans ce qui est vrai? »-
Leo Landru
InvitéPour revenir sur Monseigneur mais aussi sur les affects droitiers centraux (sic) dans le livre, je pense que justement le jeu de François consiste à pointer ces affects mauvais, au sens cynique, dédaigneux, ces affects de repli et de sentiment de supériorité/mauvaise conscience, et ramener l’égalité au cœur des choses. Se distancer de ces affects, les prendre à froid, ce qui est fait dès Agacement où la situation n’a pris une tournure inégalitaire que dans la tête de l’agacé pleine de ruminations moralisatrices et stériles : matériellement, la politique tierce à l’œuvre a résolu l’agacement – « pouvez-vous baisser le son s’il-vous-plaît ? – oui bien sûr pardon ».
Je maintiens Rancière comme inspiration dans ce qu’il postule l’égalité des intelligences à priori (je n’ose pas dire que je simplifie), car dans Psychologies on a ce rappel constant du principe d’aspiration à l’égalité, principe presque de neutralité, de contradiction de l’affect réactionnaire comme réaction brute. Monseigneur : on me flatte -> préjugé négatif ou positif selon qui et comment mais préjugé encombrant.
Me concernant, avec mon intelligence supérieure (rires), je ne conçois pas qu’on puisse envoyer un manuscrit à un auteur que l’on ne lit pas, et c’est peut-être le point que je manque dans Monseigneur, qui – je ne parle sous le contrôle que de moi-même – se lie à un autre livre où l’on questionne la transmission de la littérature et qui convoque la joie dans l’échange de textes, dans sa partie finale.
Il existe un paradigme paradoxal dans la volonté égalitaire, le décalage entre pouvoir appréhender les choses en anarchiste conséquent et être capable de le faire. Transmettre un manuscrit à un auteur c’est se mettre sur un pied d’égalité avec lui, peu importe la formule de politesse ou le savoir encyclopédique accumulé sur son travail, ou l’admiration feinte ou non. Je ne sais pas si, auteur publié avec une certaine aura, je serais capable de donner suite à un manuscrit envoyé sans l’égard que j’imaginerais mériter, nonobstant la qualité dudit manuscrit. Je pense même que cela pourrait me faire ricaner, que des réflexes de parvenu, de petit chef, pourraient prendre le dessus, les mêmes réflexes qui font que parfois on a envie de dire au sans-abri du métro : gros malin va plutôt taxer les riches des beaux quartiers. Des réflexes traqués avec curiosité ici.
The Square, tiens, me semble un bon film pour poursuivre après lecture, sur les réflexes qui dérangent.-
François Bégaudeau
Maître des clésOui Ostlund, roi du grincement des rapports, n’est jamais loin.
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Mao
Invité« Me concernant, avec mon intelligence supérieure (rires), je ne conçois pas qu’on puisse envoyer un manuscrit à un auteur que l’on ne lit pas ».
Perso, je n’imagine pas adresser un manuscrit à un auteur que je ne connais pas étroitement. J’aurais l’impression d’envoyer une Dick pic à un inconnu. Je suis trop pudique. D’ailleurs je ne montre aucun manuscrit à qui que ce soit. Sans doute trop orgueilleux pour ça. Vous ne me lirez vraiment qu’après ma mort si mon légataire a l’indélicatesse de ne pas respecter ses engagements.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui les affects solaires sont ici peu présents.
Il y a un effet mécanique de l’écriture de moraliste : chez La Bruyère tu trouveras aussi surtout des travers. Le moraliste ayant pour geste de base de montrer que là où un acte se prétend vertueux, il est, soit un calcul subtil du vice, soit a minima beaucoup plus compliqué.
Mais tu me donnes une piste pour concevoir le volet 2.-
Jeanne
Invité« Un effet mécanique de l’écriture de moraliste « . Voilà. Point éclairci.
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Il me semble pour ma part possible (et intéressant) de chercher aussi la vertu (la lumière) là où elle n’apparaît pas en première vision. Et donc notamment dans le vice ou soi disant.
Concernant le volet 2 je retiens ma question. On verra bien. -
François Bégaudeau
Maître des clésoui la lumière est toujours là, possible
même s’il faudra peut etre aussi tenter une généalogie de la lumière -
Jeanne
Invitéla (ou une) généalogie de la lumière ce serait quoi ?
donne-moi une piste. -
François Bégaudeau
Maître des cléseh bien on peut croire qu’elle vient directement de Dieu
mais si elle est terrestre elle doit avoir une généalogie
il y aurait alors une fabrique de la bonté
je pourrais le faire pour mon père, qui est un homme bon -
Jeanne
Invitéd’accord
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..Graindorge
Invité« Sait-elle la vigueur des matins frais,
et trouver sa joie dans ce qui est vrai? »
C’est vraie qu’elle est jolie cette phrase.
les 330000 êtres humains sans abris savent aussi la vigueur des matins frais et trouvent leur joie dans un bon café bien chaud et bien vrai-
Tony
InvitéSacré Graindorge,sais-tu ce que coûte chaque post que tu publies ici en consommation électrique alors que de trop nombreux êtres humains ne peuvent même pas se chauffer?
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Leo Landru
InvitéQuand on pense aux petits enfants morts de faim ça nous fait réfléchir. Et finir notre assiette le cœur lourd.
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..Graindorge
InvitéAh non Léo: je finis mon assiette. Point. Je mange avec gratitude et juste des fruits le matin et 1 repas par jour
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..Graindorge
InvitéJ’ai été sage Tony : hier 2. Aujourd’hui, guère plus
Non sincèrement j’ignore combien coûte 1 post en électricité. Il faut compter les mots?
Tu peux m’éclairer? Dit sans ironie -
Tony
InvitéC’était pour déconner,tu fais bien ce que tu veux,si tu veux épuiser l’équivalent de la production d’une centrale nucléaire en envoyant chaque jour des dizaines de posts qui font le tour du monde en passant par les réseaux de câbles sous marins et terrestres pour finir dans un data center dont l’alimentation électrique est colossale ça te regarde !
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Leo Landru
InvitéPar souci d’écologie Je ne suis pas sur les réseaux.
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BIOGRAPHIE
InvitéLéo Landru: « Par souci d’écologie Je ne suis pas sur les réseaux. »
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J’espère que tu trolles parce que sinon c’est grave. -
..Graindorge
InvitéMais si Leo Landru, tu es sur les réseaux. Je plaisante car j’ai bien saisi d’où venait cette phrase.
Moi je n’y étais pas jusqu’en 2020. Avant 2020 j’avais WhatsApp depuis 2016 je crois pour les élèves et parents d’élèves. Puis perdu mon gagne-pain en 2019 + 1 ictus en 2020 et ensuite, j’ai dû créer une mini- entreprise. Un neveu m’a conseillé de créer un Facebook que je n’ai plus alimenté au bout d’un an et je me suis retrouvé ici. Maintenant j’ai WhatsApp et telegram. Pour ma part, je n’ai jamais dit que j’étais écolo ni que je n’étais pas sur les réseaux. Et les gens disent, pensent et font ce qu’ils veulent et souvent comme ils peuvent. Et moi pareil. -
..Graindorge
InvitéEh oh Tony: justesse justesse
Des dizaines par jour: non.
Ça fait le tour du monde? Ah.
On va dire que je ne suis pas exempte de contradictions alors. Qui a ici la première pierre?
Sérieux: tu travailles dans l’électronique Tony? -
Pierre
InvitéQue c’est lourd.
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..Graindorge
InvitéJe préfère ton vrai prénom
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Jeanne
InvitéSalut Graindorge
L’empathie contenu dans ton post parvient jusqu’à moi. -
..Graindorge
InvitéSalut Jeanne
j’ai oublié les ouvriers dans les chantiers, les femmes de ménage » techniciennes de surface » on dit, les auxiliaires de vie, les serveurs etc etc etc
Tout ce monde sait la vigueur des matins frais
Et trouver de la joie aussi
Tu m’en veux pas, j’espère ? -
Jeanne
InvitéNein.
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..Graindorge
InvitéSehr gut
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Carpentier
Invitéj’ai payé 17 euros alors je fais de la merde si je veux
jamais écrit/dit cela
– ne pas piger à ce point ce que tu lis – et en extraire 4 mots – n’a rien à voir avec un potentiel alcoolisme postulé par tes soins chez moi:
trop facile,
à moins qu’amateur de vins nature (comme potentiellement ton profil pourrait l’attester) tu décaboches sérieux toi aussi sous tes airs d’esprit et d’écriture saines
Ma joie parfois peut sembler ébriété, so what? À part te/vous rembourser, en vin nature, la part de bande passante qui vous reviendrez, je vais pas m’excuser d’exister.Montez un club ou une asso (subventions encore un peu possibles) pour vous soutenir dans cette épreuve
Je te prescris la suite de la lecture de Psychologies.
Tu m’autorises donc à en poursuivre la lecture?
Merci Docteur, j’hésitais entre venir te le foutre dans la gueule ou l’afficher en photo en ligne, une fois que je trouverais assez d’infos à son propos pour faire croire que je l’ai bien lu.
Tu es mon guide, mon sauveur, my world.-
BIOGRAPHIE
InvitéCarpentier: C’est pas mal tout ça.
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Carpentier
Invitéet du coup, certain Biographie qui m’a pas adressé la parole depuis 5 vies me recause
put1 de forum-
François Bégaudeau
Maître des clésTu veux pas juste lire et tranquillement commenter ce que tu lis?
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Carpentier
Invitépour me ramasser claquot sur claquot?
pour qu’on redise uniquement que je fais de la merde ici?
Préfère me chercher un vrai club sado-maso sur Paris
et attendre qu’enfin ton talent éclate au grand jour (ça tarde, dis donc)
j’espère, quand ça arrivera, des burnes en platine en revendant tout ce que tu as commis et que je thésaurise contre vents, marées et haines diverses-
François Bégaudeau
Maître des clésbon ben j’aurai essayé
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Carpentier
Invitétrès mollement
essai bien bien mou
c’est bien simple on dirait un essai de bourgeois
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BIOGRAPHIE
InvitéCarpentier: Non, je me contente d’intervenir pour saluer le fait de te voir te respecter un peu. Puis je le fais aussi parce que seul face à la pression du dominant et l’indifférence du groupe on peut se mettre à douter de la réalité, se mettre à croire qu’on est le problème et que dans ce genre de cas ça fait toujours du bien d’en voir un autre intervenir pour nous conforter dans l’idée qu’on a de bonnes raisons de se plaindre. Je le fais parce que je n’ai toujours été le premier à te qualifier de groupie et que ce serait dommage que je sois le dernier à applaudir quand tu te donnes le droit de porter un peu tes couilles.
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Bref.-
Carpentier
Invitéj’avais compris,
la plupart, ici, ont de la merde dans les yeux et toi aussije me contente d’intervenir pour saluer le fait de te voir te respecter un peu
– un peu comme si c’était une première?
c’est bien le problème si tu relèves pour une première chez la groupie (FB joue, en plus de tout le reste, du piano debout? première nouvelle)
bref – comme tu dis –ça fait toujours du bien d’en voir un autre intervenir pour nous conforter dans l’idée qu’on a de bonnes raisons de se plaindre.
l’éventuelle sensation de solitude à dire un dysfonctionnement, une merde quelconque n’est jamais un empêchement pour moi
quelque soit le contexte,
quant à mes couilles, je les cherche encore
(si elles peuvent aussi se trouver dans ce qu’on appelle ‘ un peu de cran ‘ alors oui, peut-être qu’il m’arrive d’en porter parfois)-
Carpentier
Invitéla plupart, ici, a de la merde dans les yeux
car, par exemple, il a quand même fallu attendre un sacré bout de temps avant, qu’en nombre, ça/on parle de l’humour de Comme pour une mule, aussi bien ici que dans les rencontres consacrées à cette publication.
Et une fois que c’était validé par qqn.e d’estampillé.e légitime, on parlait pu que de cela (soupir)
– et, comme on commence à bien le voir actuellement, c’est parti pour prendre le même chemin et donc surtout dire, en masse, la drôlerie de Psychologies…
Le scoop de l’humour dans l’écriture de Bégaudeau: un troupeau de zébus a hiberné jusqu’à la sortie de son dernier ouvrage
pffff, quelle triste rigolade,-
Carpentier
Invité* Comme une mule
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BIOGRAPHIE
InvitéCarpentier: C’est parce que t’es super forte que tu te laisses marcher sur les pieds et que tu reviens en bouche en coeur la chaque fois pour demander du rab’?
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Dans ce cas t’as raison, j’ai de la merde dans les yeux et je n’avais rien compris.-
Carpentier
Invitépeut-être pas moins
super forte
que toi, dans tous les cas,
– quant à ma bouche en coeur, pu trop la pulpe nécessaire pour qu’elle prenne cette forme,
malheureusement
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Leo Landru
InvitéLe vin nature ma grande passion avec la chasse à courre en string et la capoeira sur terre battue. Je me demande bien qui tu stalkes à ma place.
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Emile Novis
InvitéJe sors de Psychologies. J’ai apprécié lire ces scènes de la vie sociale quotidienne.
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Au fond le postulat du livre me semble compris dans cette phrase : « la vie psychique est plus vaste que la conscience politique. La vie psychique excède de loin la vie des opinions, des idées ». C’est presque du Freud dans le texte : « Tu vas même jusqu’à tenir « psychique » pour identique à « conscient », c’est-à-dire connu de toi, et cela malgré les preuves évidentes qu’il doit sans cesse se passer dans ta vie psychique bien plus de choses qu’il ne peut s’en révéler à ta conscience. Tu te comportes comme un monarque absolu qui se contente des informations que lui donnent les hauts dignitaires de la cour et qui ne descend pas vers le peuple pour entendre sa voix » (Essais de psychanalyse appliquée). Psychologies se propose de descendre vers le peuple des affects obscurs qui vivent leur vie à l’insu de notre conscience, ce que la psychologie libérale ne fait jamais, elle qui demeure victime de la croyance en un monarque absolu (la volonté consciente) qui dirige avec plus ou moins de mérite l’intendance (ses facultés, ses émotions, son corps, ses actions).
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Mais ces affects ne sont pas de purs produits psychologiques. Ils sont le résultat de déterminations sociales, matérielles et historiques, ce qui donne au livre l’allure d’une synthèse du postulat de Freud et de la méthode matérialiste. Du freudo-marxisme appliqué à la banalité des situations quotidiennes, en quelque sorte. A chaque fois la méthode est la même : prendre une situation, la regarder naïvement, puis déplier ce que cette situation implique de tensions sociales, de calculs psychologiques tacites enveloppés dans une situation matérielle donnée, de conditionnements historiques. Le tout donne un livre de moraliste au sens de La Rochefoucauld : élucider la signification des comportements sans jamais s’exclure de l’élucidation (ce n’est donc pas une leçon de morale.
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Cela donne une nécessité implacable, un réseau de déterminations qui enserre chaque situation et chaque individu. J’ai aimé le travail de perception que le livre propose : apprendre à lire les signes sociaux, un tatouage, un rapport au bruit (dans le train), une phrase anodine (« il n’y a rien qui va »). Ce qui déclenche une action ou une émotion n’est pas toujours ce que l’on croit. Le fondement volontariste de la psychologie libérale est congédié : « Qu’il le veuille ou non, lorsqu’un piéton croise un spécimen, son corps, cette machine socialisée incontrôlable, prend une décision affective ». Plus loin : « production historique, mon corps a mille ans ». Le terme de décision est presque de trop : la nécessité objective se traduit subjectivement par ce caractère incontrôlable qui vient de beaucoup plus loin que ma petite conscience politique et sociale. Nous ne sommes pas coupables. Le psychisme individuel est un automate social en action, il calcule sans trop le vouloir, parfois sans s’en rendre compte .Ce que nous croyions être spontané est en fait une seconde nature incorporée, une seconde peau qui recouvre le naturel et la liberté et qui n’est rien d’autre que le produit d’un long processus que nous ignorons le plus souvent. La première nature est perdue.
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Comme toujours avec le tableau des moralistes, l’individu disséqué n’est pas un héros. C’est un système de poids et de contrepoids, d’actions et de réactions, d’équilibres précaires, d’amour-propre dissimulé, de compensations. C’est la pesanteur, comme dirait l’autre : un réseau d’intérêts mal compris. A la différence du discours sociologique, qui se veut scientifique, le champ social ici devient un champ de perception concret qui explique des intérêts psychologiques à faire ceci plutôt que cela (le vote RN). Chaque conscience est sourdement tyrannisée par celui qui lui verse son salaire, par la toile d’intérêts économiques et symboliques qui constitue son monde social. Pourquoi il accepte de se louer ou de se vendre ? Parce qu’il trouve quand même des compensations : les vacances, le loisir du soir, pouvoir se payer un restaurant, le gîte et le couvert. Chaque individu est un foyer de perception et un système de dépenses et de compensations qui détermine sa lecture du monde et son obéissance. Il y a beaucoup de mécanique, presque que de la raideur mécanique, et assez peu de vivant, de plasticité souple et légère comme de la vie.
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Cela donne un savoir qui n’est pas encore très gai à mon sens. Le tatouage de la jeune femme dans le train sera perçu par son amant comme une singularité, une trace unique de celle qu’il aime, un charme indicible, tandis que la sociologie dira que non, que ce tatouage, son lieu sur le corps, le choix du motif, est en fait une carte d’identité sociale, une trace de sa classe, comme l’excrément du loup est une carte d’identité biologique pour les autres loups qui reniflent la merde de leurs congénères (âge, santé, femelle ou mâle, force, etc.). La sociologie m’a toujours fait l’impression d’un savoir triste et sans érotisme : il ne faut pas s’aviser trop longtemps de faire une radiographie de la personne qu’on aime, car ça pourrait devenir un tue-l’amour.
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Je ne crois pas aux fausses lectures de Spinoza qui disent qu’il suffit de comprendre ses déterminations pour en éprouver de la joie et une forme d’émancipation. Spinoza dit tout l’inverse à mon sens : une compréhension qui n’est pas accompagnée d’un affect émancipateur ne produit pas de la joie, mais une conscience malheureuse. Le fumeur pourra comprendre tout le processus physiologique et chimique qui le détermine à fumer, il sera parfois encore plus malheureux quand il allumera une clope – d’autant plus malheureux qu’il saura pourquoi il allume la clope. Qui accroît sa science accroît sa douleur, répète Spinoza en citant l’Ecclésiaste. C’est tout l’inverse d’un gai savoir. A la fin du livre, ce savoir triste est pris en compte : pour que ce savoir devienne un gai savoir, il faudra la légèreté d’un style vivant pour dépasser la mécanique sociale qui fait de nous des produits sociaux automatisés. Le style relèverait du tempérament, d’un courant vital, d’une percée dans la toile déterministe, d’un excès sur le social (c’est ainsi que je le comprends). Le style n’est pas une connaissance théorique émancipatrice, mais une forme vivante et légère qui relève la pesanteur mécanique qui pèse sur nous. Je lis la fin du livre comme une alerte : la littérature ne doit pas être un savoir triste comme la lucidité sociologique, et c’est par le style qu’elle échappera aux lumières de laboratoire. Car je reste d’accord avec l’auditeur anonyme qui interpelle Deleuze à Vincennes lors de son cours sur Spinoza : dis-donc Gilles, la nécessité de Spinoza, la lucidité optique, c’est bien, c’est instructif. C’est une lumière, certes, mais une lumière de laboratoire qui fait de nous des choses ou des rats, et c’est un peu inquiétant de ne voir la condition humaine que sous ce prisme extralucide. Deleuze ne répond pas à cette inquiétude. J’ai même l’impression qu’il l’esquive.
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Ce que j’ai le plus aimé dans Psychologies, c’est précisément que l’auteur semble faire part à cette inquiétude devant cet éclairage de laboratoire. D’abord parce qu’il reconnaît le déplaisir devant cette lumière de laboratoire qui objective notre cher petit moi singulier : « il m’est désagréable d’être pris dans les mailles de la sociologie où j’adore prendre autrui. La saisie sociologique, c’est rigolo quand ça saisit les autres ». Ensuite parce que l’analyse de nos déterminations dessine bien les murs d’une prison, et une très belle phrase le dit (ce n’est sans doute pas un hasard, c’est le retour de la vie contre le mécanique) : « J’avale la couleuvre des jours travaillés rivé à l’horizon des jours de relâche, comme le point de mire d’une oasis fait avaler le désert. Je décompte, je coche, je barre les dates sur le mur de ma geôle ». Deux exaspérations de l’auteur accompagnent cette inquiétante captivité à mon sens :
=> on croyait retrouver dans l’enfance la spontanéité libre et naturelle, un en dehors du social (puisque l’enfant est nouveau!), et on trouve en fait un artifice mécanique encore plus dur. On rêverait bêtement de « rapports naturels avec un enfant, où les parties prenantes ne préjugeraient pas de leurs capitaux culturels et de leurs degrés de maturité respectifs », mais rien n’y fait : c’est impossible, il n’y a pas de rapports vrais et naturels, même avec les enfants. Ainsi surgit la première exaspération devant ce savoir triste : « je voudrais tant m’extirper de ce théâtre, je voudrais tant parler normalement avec les enfants ».
=> Deuxième exaspération en campagne, lors d’un apéro avec des gens d’un autre « milieu ». On voudrait du commun, de la fusion, retrouver une forme d’immédiateté communisante et naturelle, une spontanéité vivante sous l’arbre au coucher du soleil avec des camarades. Cela tombe bien, puisqu’on est dans la « nature », avec des gens proches de la « nature ». Mais c’est raté : « j’aimerais être méconnaissable partout. Mais dans le couchant qui nous baigne d’une lumière rosée et œcuménique, un spectateur extérieur et attentif me sortirait du lot ». La prison sociale est bien efficace, nous sommes captifs des rapports de classe, et la dissection réflexive a cassé le mythe d’un retour à une vie immédiate en dehors du social. Il n’y aura pas de communion.
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Je ne peux pas m’empêcher de lire ces « j’aimerais » et « je voudrais » comme le désir d’un en dehors du social, d’un au-delà de la nécessité implacable et pesante du social sur les individus. Une extériorité au calcul, quelque chose qui excéderait le jeu mondain – bref, une vie non mécanisée, moins raide, avec un individu qui ne serait pas seulement un échantillon de son milieu. J’y vois une nostalgie (c’est peut-être la mienne), un savoir triste pas du tout émancipateur. D’autant plus que le même livre nous laisse miroiter « la possibilité d’une lumière » dont la source ne serait pas la mécanique sociale, mais autre chose : une possibilité qui s’affranchirait des mobiles calculateurs, des mécanismes compensatoires et intéressés, là où la sociologie nous apprend à l’inverse qu’on ne donne jamais de la main droite sans que la main gauche en sache quelque chose (et en tire quelques bénéfices matériels ou symboliques)… Je songeais au Prince Michkine de L’Idiot de Dostoïevski : si ma mémoire ne me trompe pas, il y une scène où il se retrouve seul sous un arbre, exaspéré par les calculs labyrinthiques de la vie mondaine qu’il perçoit mieux que tout le monde, et il regrette cette excroissance qu’est la conscience acérée du jeu social et qui empêche de prendre part au banquet de la nature comme cet oiseau qui chante dans une absence totale de souci. Il y aurait un excès de lucidité qui empêche de vivre, et des déterminations sociales qui nous empêchent de nous rencontrer vraiment. Le sociologue serait un animal dépravé qui nous fait rire de temps en temps en nous montrant « du mécanique plaqué sur du vivant », mais qui attriste aussi beaucoup.
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C’est depuis cette lecture que je comprends la fin du livre sur le style : élucider la mécanique sociale en nous, oui, mais pour la neutraliser, pour exhiber ses mécanismes, et le faire dans un style qui laisse percer un peu de vie et de légèreté à l’intérieur de la pesanteur sociale – sinon, on étouffe dans le social. Substituer aux lumières de laboratoires une lumière plus chaleureuse et vivante qui ne fait pas de nous des simples choses sociales, mais qui transmet la « sensation d’une force » et laisse des individus s’émanciper. Ce serait plus conforme au tempérament anarchique, qui fait l’objet du meilleur passage du livre à mon sens, et qui nous dit avec Pascal que cette nécessité est contingente à sa racine, que le social n’a pas de fondement légitime, que ça pourrait être autrement, que l’ordre, en dernier lieu, ne repose sur rien de tangible, si ce n’est le fait qu’il existait hier. Le « désordre ontologique » hante l’ordre et ses apparences de nécessité sérieuse. La littérature aurait pour tâche de faire sentir et percevoir ce désordre où peut venir se glisser la vie (une insurrection, en somme). Et on se sentirait un peu plus léger et content, selon moi.
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J’ai donc l’impression que ce livre nous dit que tout n’est peut-être pas social, qu’il y a un infiniment petit qui excède le social et le mécanique. C’est peut-être un contresens, mais c’est ainsi que je le lis.-
BIOGRAPHIE
Invité“Le fumeur pourra comprendre tout le processus physiologique et chimique qui le détermine à fumer, il sera parfois encore plus malheureux quand il allumera une clope – d’autant plus malheureux qu’il saura pourquoi il allume la clope.“
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Cette façon de concevoir l’addiction c’est celle de la “psychologie libérale”. -
Ema
Invité« J’ai donc l’impression que ce livre nous dit que tout n’est peut-être pas social, qu’il y a un infiniment petit qui excède le social et le mécanique. »
Oui c’est l’impression que j’en tire aussi et en mettant celà en continuité de Comme une Mule, l’art serait par excellence cet espace d’où il serait possible de contourner notre prison sociale, s’attacher à voir ce qui singularise plutôt que ce qui classe. Sous la plume d’un écrivain mon voisin probable électeur FN n’est plus un simple beauf, c’est un homme, un homme dont il faudra définir une par une chacune des qualités, chacun des goûts, désirs, déplaisirs, sans craindre que ces énumérations puissent par moment déborder sa condition sociologique, voire la contredire. L’art peut rendre à mon voisin ses lettres de noblesse individuelles, que mon regard acéré d’animal social lui ote. -
François Bégaudeau
Maître des clésMerci Emile pour cette lecture et ces lignes.
Je répondrai dans la journée
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Ema
Invité*voir ce sui singularise AUTANT que ce qui classe, meilleure formulation.
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Jeanne
InvitéJe vous lis aussi, Émile et Ema. Merci pour ces intéressants retours.
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François Bégaudeau
Maître des clésEmile
Re merci pour ta lecture.
Et pour cette parfaite synthèse : « A chaque fois la méthode est la même : prendre une situation, la regarder naïvement, puis déplier ce que cette situation implique de tensions sociales, de calculs psychologiques tacites enveloppés dans une situation matérielle donnée, de conditionnements historiques. Le tout donne un livre de moraliste au sens de La Rochefoucauld : élucider la signification des comportements sans jamais s’exclure de l’élucidation (ce n’est donc pas une leçon de morale. »
Bon, puisque tu parles de savoir triste, en opposition totale avec ce que le livre se donne pour programme (il finit là-dessus) je vais quand meme tacher de refaire droite à la gaité.
Je pose que la tristesse de ce savoir, dont tu parles, c’est un peu la tienne. C’est un peu la tristesse à laquelle tu te condamnes en réduisant ce texte à ses macro-opérations conceptuelles – que tu as donc très bien résumées. Oui les lignes que j’ai citées sont une parfaite synthèse…. mais c’est une synthèse. C’est la chair de ce texte de 250 pages ramassées en 5 ligne théoriques. Or si j’avais voulu démontrer ce que tu énonces, eh bien je n’aurais pas écrit un livre, j’aurais écris cinq lignes.
Le livre commence donc après cette synthèse, après cette conviction. Cette conviction est son départ – la nouage psychologie-social- mais pas son réel. Son réel c’est les 250 pages, c’est leur textualité. Si gaité il y a là-dedans, elle est dans la chair de ces 250 pages.
Il m’est arrivé de penser qu’un livre implacablement arrimé au fatum social devait offrir une porte de sortie. Mes lecteurs connaissent bien ma propension à finir mes livres par des envolées, des trouées, des bonds hors de la contrainte. Je ne renie pas ce procédé – il aura au moins produit la fin d’Un enlèvement, qui n’est pas de la merde-, mais je n’ai plus envie de l’adopter – voir la fin de Comme une mule, et même de L’amour. Car le problème n’est pas là Le problème n’est pas d’inventer des sorties, des lignes de fuite joyeuses, le problème est que la joie soit encastrée dans le texte même, fut-il forclos. Toute l’alchimie de l’art est là : jouissance d’un livre nommé Voyage au bout de la nuit, et dont le titre ne ment pas surnla contenu.
C’est donc dans la chair même que se tient la gaité.
C’est dans le coeur meme de la dissection des automates psycho-socios que se trouve la gaité.
En quoi alors consiste-t-elle?
-dans la légèreté du style. Dans sa gambade – c’est ce qui est préconisé dans les dernières lignes, contre le repoussoir de la table ronde déplorative des gauchistes. Nous dirons le poids du monde, mais nous ne le dirons pas pesamment. Le monde n’aura pas notre allégresse – et cette allégresse sera peut-être le dehors que tu cherches.
-par intensification du premier tiret : dans l’humour. Jusqu’ici tous les retours sur ce livre signalent son humour, pas le tien. La tristesse t’a-t-elle à ce point accaparé.
-la joie de l’élucidation. Le gai exercice du savoir en tant que savoir. Non le savoir ne nous libère pas d’un déterminisme, mais dans le temps où il s’exerce il crée de l’euphorie. Cette euphorie tient à une furtive augmentation de la vie. Car un savoir c’est ça : je ne voyais pas, maintenant je vois. Ma perception s’est élargie.
Evidemment si tu ne cherches que des macro-savoirs ici, tu ne seras pas augmenté, car ces macro-savoirs tu les as déjà – ou tu notes bien qu’ils sont déjà disponibles, et voilà le texte d’emblée étouffé sous les grands prédécesseurs (Freud, qui n’a que peut à faire là où Oedipe est absent, Spinoza, etc). Car la chair de ce texte, ce ne sont que des micro-savoirs. J’analyse des micro-affects qui portent des micro-élucidations. Chaque livre a une prétention : je me suis lancé dans celui-ci parce que j’avais la prétention de fournir des micro-savoirs qui n’ont pas été formulés, en tout cas pas à ma connaissance (par exemple sur le syndrome de l’imposteur, par exemple sur « Y a rien qui va » (et non pas Il y a rien qui va.))
La gaité de ce texte tient d’abord aux micro-élucidations qui le composent. Mais si on avait déjà vu, forcément ça n’augmente pas le voir, et alors zéro gaité en effet.
Je me demande si ne se rejoue pas là ce vieux hiatus entre nous : entre philosophie et littérature. Entre gaité philosophique (joie de la synthèse) et gaité littéraire (joie du dépli) Ce qui nous renverrait à l’objection à Deleuze. Oui Spinoza c’est la pleine lumière sur un maillage – pas de niches où se réfugier. Mais ce qu’il faut comprendre c’est 1 que ce maillage fair jouir, car la mécanique fait jouir (la fameuse anecdote des araignées qui se battent) 2 ce maillage, s’il est fini, est infiniment complexe. Dès lors on n’a paradoxalement jamais l’impression de repasser par les mêmes cases quand on parcourt le corps social incroyablement inventif et varié dans ses modalités. Le dépli du fini est infini (c’est bien l’hypothèse matérialiste-mystique de Deleuze)-
Tchitchikov
InvitéTous les hommes ont par nature le désir de connaître ; et la preuve que ce penchant existe en nous tous, c’est le plaisir que nous prenons aux perceptions des sens. Indépendamment de toute utilité spéciale, nous aimons ces perceptions pour elles-mêmes; et au-dessus de toutes les autres, nous plaçons celles que nous procurent les yeux. Or, ce n’est pas seulement afin de pouvoir agir qu’on préfère exclusivement, peut-on dire, le sens particulier de la vue au reste des sens; on le préfère même quand on n’a absolument rien à en tirer d’immédiat ; et cette prédilection tient à ce que, de tous nos sens, c’est la vue qui, sur une chose donnée, peut nous fournir le plus d’informations et nous révéler le plus de différences
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François Bégaudeau
Maître des clés» Indépendamment de toute utilité spéciale, nous aimons ces perceptions pour elles-mêmes; »
C’est bien à ce plaisir en soi de la perception que travaille l’art.-
Tchitchikov
InvitéOuaip, absolument ! Les premières pages de la Métaphysique me font penser à ce que dit Flaubert. Quelque chose du genre : pour qu’une chose soit intéressante il suffit de la regarder longtemps.
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BIOGRAPHIE
Invité» Le dépli du fini est infini (c’est bien l’hypothèse matérialiste-mystique de Deleuze) »
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T’as jamais entendu parler de la longueur de Planck? -
..Graindorge
Invité« Nous dirons le poids du monde, mais nous ne le dirons pas pesamment. Le monde n’aura pas notre allégresse »
« la joie de l’élucidation. Le gai exercice du savoir en tant que savoir. Non le savoir ne nous libère pas d’un déterminisme, mais dans le temps où il s’exerce il crée de l’euphorie. Cette euphorie tient à une furtive augmentation de la vie. Car un savoir c’est ça : je ne voyais pas, maintenant je vois. Ma perception s’est élargie. »
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Carpentier
Invitéet ainsi, la perception de ce qui se passe réellement au niveau du taureau et du torero, dans l’arène, s’est élargie, grâce à Serra aussi
La perception de ce qui peut se passer pour le taureau et le torero, dans l’arène, s’est élargie, après visionnage d’un après midi de solitude,-
François Bégaudeau
Maître des clésOui, tout à fait
La corrida a pris une dimension que je ne soupçonnais pas. Pour le soupçonner il faut la regarder, ce qui ne m’est jamais permis. Serra l’a permis
Il y a là quelque chose du documentaire primitif, quand l’opérateur ramenait des images qui permettaient de voir ce qui n’avait jamais été vu.
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Emile Novis
Invité@FB
Merci pour ton retour. J’envisage en effet que la nostalgie en question, voire la tristesse, soit d’abord la mienne. Voilà sans doute pourquoi je m’arrête plus spécifiquement sur ces deux moments de soupirs : tu ne parleras pas naturellement avec les enfants, tu ne te fondras pas dans la tablée campagnarde comme le glaçon dans le pastis.
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Le lecteur lit avec ce qu’il est à un moment donné. Le savoir sociologique m’a toujours intéressé, mais il m’a toujours rendu un peu triste par moments. Je dis bien le savoir sociologique, son discours analytique (Bourdieu, par exemple). Psychologies ne relève pas de ce discours analytique-scientifique-universitaire. C’est une forme littéraire, et je lis la fin sur le style de manière rétroactive : le style est déjà là dans le livre, raison pourquoi j’ai apprécié le lire. Je n’apprécie pas lire la prose universitaire de Bourdieu, et si j’aime lire Spinoza, c’est parce que la chair du texte présente une forme de poésie, une poésie très bizarre, j’en conviens, mais une poésie tout de même que les lecteurs acharnés auront tous senti un jour je crois. Mais cette chair du texte, nul commentaire, nulle impression de lecture ne peut la restituer. Il faut lire le texte en effet. Et il y a du gai savoir dans Psychologies, c’est indéniable. Pourquoi j’ai apprécié lire Psychologies alors que je n’apprécie pas la lecture de Raisons pratiques de Bourdieu (alors que je le trouve intéressant)? Parce que Psychologies est un livre littéraire, et de la belle littérature en bien des endroits. Pour reprendre les distinctions de CUM : la sociologie de Bourdieu est dans la sphère du dire, Psychologies dans le faire.
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Il m’est effectivement arrivé de rire (l’imposture du syndrome, le chat Bakou, etc.). Un rire sain souvent, et puis un rire qui m’interroge dans d’autres moments – qui m’interroge moi, chacun rira comme il voudra. L’auditeur de Deleuze s’étonne précisément de ce rire de Spinoza devant la bataille d’araignées. Est-ce un rire gai? Il en doute. J’ai exactement le même doute que lui. Par exemple la lecture du passage sur Pascal Praud : peut-être parce que Pascal Praud me semble absolument inconscient de ses déterminations, ce qui ne peut manquer de créer un malaise – j’ai l’impression de le voir uniquement comme une chose.
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« Nous dirons le poids du monde, mais nous ne le dirons pas pesamment. Le monde n’aura pas notre allégresse – et cette allégresse sera peut-être le dehors que tu cherches ». C’est exactement ce que je ressens en effet. Et cela arrive souvent dans Psychologies, entrecoupé de quelques moments de tristesses, de retours de la pesanteur (les deux « exaspérations » dont je parlais). Ma lecture de ce livre fut variable d’un point de vue affectif.
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J’aime cette succession de tableau dans Psychologies. Des perceptions élargies (depuis CUM, je te lis à partir de ce fil directeur qui est le mien en philo : la perception). Des « perceptions privilégiées » disait Weil, que seul l’art peut donner véritablement.
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« Je me demande si ne se rejoue pas là ce vieux hiatus entre nous : entre philosophie et littérature. « : oui, sans doute. J’aime les deux.
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« Mais si on avait déjà vu, forcément ça n’augmente pas le voir, et alors zéro gaité en effet. » En effet, il y a un peu de ça dans certaines lectures, tout simplement parce qu’on retrouve dans ce livre des éléments qu’on avait déjà remarqué, ou qu’on pressentait en partie (comme dans Boniments, par exemple). C’est d’ailleurs logique : tu prends des situations volontairement triviales banales. Certaines sont déjà passés sous mon radar, d’autres non.
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@Ema
Je pense que nos lectures convergent, mais tu insistes plus sur la singularité, ce qui est moins mon cas. Ton rapprochement avec CUM sur le rapport entre art et société m’apparaît évident maintenant que tu le dis. Je n’y avais pas songé.
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@Tchitchikov
J’adhère en grande partie à cette thèse d’Aristote, qui peut donner une piste esthétique, puisque ce désir de voir s’applique aussi à l’art, par exemple une peinture d’un objet qui nous dégoûterait dans le réel et que l’art nous permet de voir et de connaître. Je me demande seulement si Aristote, ce partisan de l’existence du choix libre (la délibération rationnelle sur les choses qui dépendent de nous), aurait désiré connaître la généalogie affective de ses délibération rationnelles supposément « libres ». Dans le berceau grec, il y a le désir de voir d’Aristote, et il y a le désir de ne pas voir d’Œdipe qui se crève les yeux à la fin de la pièce de Sophocle après avoir compris qu’il était le jouet d’un destin assez tragique le concernant (et je laisse de côté toutes les reprises psychanalytiques et freudiennes ultérieures de ce mythe). Bourdieu aussi relevait les mécanismes de refoulement du savoir sociologique et de la connaissance des déterminismes, c’est-à-dire le désir de ne pas voir, le déplaisir à voir et à connaître. C’est sans doute très sensible dans la classe dominante, puisqu’il est malvenu de montrer l’imposture arbitraire de l’ordre, mais je crois que ça peut s’appliquer à beaucoup de situations (on ne rit pas trop quand c’est nous qui sommes l’objet de la saisie sociologique, dit Psychologies). Je crois qu’il ne faut pas sous-estimer cette volonté de ne pas connaître certaine choses, ces résistances que Bourdieu a éprouvé toute sa carrière. La force de Psychologies, c’est précisément que le style littéraire permet de mieux contrer ces mécanismes de refoulement, d’inscrire ce savoir pas toujours très agréable dans la chair d’un texte qui peut mieux le rendre désirable.-
Tchitchikov
InvitéOui oui je te rejoins. Des Grecs à nous autres les structures psychologiques et sociales – évidemment – ne sont pas les mêmes. Malgré cela on pourrait faire d’Aristophane celui qui a commencé à déniaiser les philosophes, les renvoyant à leur « petitesse » par le rire. C’est seulement que ce que disait l’ami sur le plaisir inhérent à la connaissance qui me faisait penser à ces premières lignes de la Métaphysique (que j’aime tant).
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Emile Novis
Invité@Tchitchikov
« Malgré cela on pourrait faire d’Aristophane celui qui a commencé à déniaiser les philosophes, les renvoyant à leur « petitesse » par le rire »
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Je pense que la philosophie n’a pas attendu Aristophane pour rire d’elle même. Si on lit bien Platon, on y verra du rire, mais qui vise moins à rabaisser une chose en la ramenant à une quelconque « petitesse » qu’à prendre un certain recul. De même qu’on trouvera une philosophie qui peut rire de la littérature (déjà chez Platon, qui est par ailleurs un très grand écrivain).
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J’ai moins vu la littérature rire d’elle-même, mais ça doit exister. Si c’est rare, ce serait peut-être un symptôme.-
François Bégaudeau
Maître des clésMerci de ta réponse à la réponse – très honnête, comme d’habitude.
Tu sais où se trouve, chez Simone, l’expression « perceptions privilégiées »?-
Emile Novis
Invité@Ema
« En continu elle est tout à fait paralysante ».
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Pleinement d’accord.
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@FB
On trouve cette expression de « perceptions privilégiées » dans un écrit de jeunesse (De la perception ou l’aventure de Protée). Il ne se trouve que dans les Œuvres complètes (volume I). Je n’ai pas le souvenir d’avoir croisé cette expression dans son œuvre ultérieure.
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Il y est question d’un art de percevoir qui unifie l’âme et le corps. J’avais mis un extrait sur ce site pour faire un parallèle avec CUM. Voici un extrait:
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« La cathédrale, la statue grecque, le tableau, la fugue nous parlent sans pourtant rien nous dire […]. Ainsi nos moments de clairvoyance cartésienne nous sont inutiles sans un art de percevoir, c’est-à-dire une gymnastique qui nous permette de rappeler le pur entendement, sans cesser pourtant, comme nous faisons au moment de la réflexion, d’être attentifs aux danses de notre corps. Mais cette gymnastique même ne nous serait sans doute jamais accessible, sans l’expérience de perceptions privilégiées, par lesquelles la danse spontanée de notre corps, tout en s’imposant parfois à l’attention, n’empêche jamais, et peut-être aide, l’exercice du pur entendement. Ces perceptions privilégiées sont fournies à chacun de nous par l’humanité dans les œuvres d’art. Une cathédrale nous émeut autant qu’une forêt, mais bien autrement […]. Certaines églises peut-être expriment la piété; ce sont des églises laides; mais une belle cathédrale n’exprime rien. Elle nous parle un langage muet. Soit vue de l’extérieur, par ces flèches qui, comme disait Rodin, creusent l’air, soit vue de l’intérieur, par ces piliers égaux, cette forme déterminée, elle nous émeut sans exprimer plus en ses apparences que l’étendue géométrique ».-
François Bégaudeau
Maître des clésmerci
en effet, j’avais l’impression de l’avoir lu récemment et ça venait de toi
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Tchitchikov
InvitéOuaip même en étant inattentif à la lecture de Platon on saisit ce rire dont tu parles. J’entendais précisément, en parlant d’Aristophane, renvoyer à ce que « la littérature » disait déjà de la pompe des philosophes. Et par « petitesse » je n’entendais pas ce qui est mesquin ou à dévaluer, mais ce qui est à ramener du côté du commun, à égaliser.
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Emile Novis
Invité@Tchitchikov
Et la littérature? Peut-elle rire d’elle-même? Le style se moque-t-il du style, par exemple? Je ne parle pas d’une satire de l’écrivain dans la littérature. Dans Psychologies, il y en a une, à mon sens (dans le passage avec le chat). Je parle d’une littérature qui se moquerait de la littérature. Car on voit bien la littérature sommer la philosophie de rire d’elle-même, ou tirer à boulet rouge sur la philosophie, ce que cette dernière n’hésite pas à faire envers elle-même par moments (Platon, Pascal, Nietzsche, etc.). J’ai l’impression qu’on voit beaucoup moins la littérature faire ceci à propos d’elle-même.
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Je ne dis pas que ça n’existe pas, je dis je ne vois pas trop une telle chose se faire. Si quelqu’un peut me passer pas mal de références sur cette question, je suis preneur. S’il y a peu de références, ce serait peut-être un symptôme à mon avis.-
Tchitchikov
InvitéOui c’est à méditer. De Psychologies je n’ai lu que le passage publié dans le Diplo et celui qui est accessible en ligne. Je ne peux pas bien en parler. Du reste je préfère FB ailleurs que dans l’écriture « par fragments ». J’dirais que Dostoïevski entend rire de ce qu’il appelle le style français. C’est latent dans ces œuvres. J’dois avouer que c’est Markowicz qui me l’a fait voir. La littérature est peut-être moins explicite que la philosophie quand elle s’arme de moquerie ; peut-être prend-elle les choses de biais. Je vais réfléchir à ta remarque. Un symptôme de quelle maladie, alors ? Le sérieux ?
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Emile Novis
InvitéUn symptôme de la maladie dont on accuse souvent la philosophie : être pompeuse, avec un certain esprit de sérieux et de supériorité.
Cela existe en philosophie, indéniablement, mais dès le début, ce fut repéré par la philosophie elle-même. Les attaques les plus virulentes contre la philosophie et son « logos » viennent de la philosophie elle-même.
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Pour Dostoïevski, je vois ce que tu veux dire, mais il s’agit de la critique d’un style, du style d’un autre, pas du style et de ce qu’il prétend faire.-
Tchitchikov
InvitéMmh difficile affaire. Pour le style et Dostoïevski tu as tout à fait raison. Mais quand la littérature devient critique du style ou de ce qu’elle prétend faire, cela ne donne-t-il pas lieu à de la critique pure et non plus à de la littérature ? Je pense aux « essais » récents de Sandra Lucbert. Tu pensais à quel mode distancié dans le dernier ouvrage de François ? L’usage de l’ironie ou de l’auto-dérision ?
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Emile Novis
InvitéJe n’ai pas vu ça chez FB. A ma connaissance, il n’y a pas cela dans ses livres.
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Un mode distancié qui pourrait être de l’ironie du style sur lui-même. Je ne crois pas que ce soit impossible à l’intérieur même de la littérature, mais il est vrai qu’il y aurait une part de réflexivité nécessaire.
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Je ne vois pas à quoi tu fais référence concernant Lucbert. -
François Bégaudeau
Maître des clés« Et la littérature? Peut-elle rire d’elle-même? Le style se moque-t-il du style, par exemple? Je ne parle pas d’une satire de l’écrivain dans la littérature. Dans Psychologies, il y en a une, à mon sens (dans le passage avec le chat). Je parle d’une littérature qui se moquerait de la littérature. Car on voit bien la littérature sommer la philosophie de rire d’elle-même, ou tirer à boulet rouge sur la philosophie, ce que cette dernière n’hésite pas à faire envers elle-même par moments (Platon, Pascal, Nietzsche, etc.). J’ai l’impression qu’on voit beaucoup moins la littérature faire ceci à propos d’elle-même. »
Je crois que fondamentalement la littérature ne fait que ça.
La littérature se fabrique en contrariant sa pente romanesque, idéaliste, ampoulée – en contrariant la littérature. Le meilleur exemple de ça est Beckett (tout langage est écart de langage), voir ce que j’en dis dans CUM. Et compléter par La figure, de Belin, livre très beckettien de ce point de vue. La littérature n’y cesse d’avancer très, très prudemment, se méfiant des pièges qu’elle a elle-même posés. -
Emile Novis
InvitéMerci. J’irai voir ça, notamment La figure, de Belin, que je ne connaissais pas.
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Ema
Invité« Je crois qu’il ne faut pas sous-estimer cette volonté de ne pas connaître certaine choses, ces résistances que Bourdieu a éprouvé toute sa carrière »
Oui, disons a minima que l’esprit a besoin de répits réguliers vis à vis du savoir social. L’illusion du libre arbitre donne de l’air et de l’élan. Je vais faire un bond de géant mais d’une certaine manière c’est un peu comme avec la conscience de sa propre finitude : en continu elle est tout a fait paralysante.-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’aime bien. cette comparaison
Mais disons que concernant la lucidité sur le monde social, je trouve que certains sont très intermittents.
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pifou
InvitéEt toi, chômeur de longue durée
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François Bégaudeau
Maître des clésTu trouves que je manque de lucidité sur le monde social?
Un exemple?
(que je m’amende) -
pifou
InvitéJe signale que le message précédent est celui d’un usurpateur.
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pifou
InvitéCelui de pifou.
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pifou
InvitéEn conséquence je n’écrirai plus sur ce forum.
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Claire N
InvitéJ’ai bien aimé « Regis et Laure «
Particulièrement ce passage
« Laure: l’association Phytovictimes rapporte des témoignages de pédiatres concernant des malformations chez les bébés d’agriculteurs. Pour le coup Regis reste coi. Accuse le coup ? Traversé peut-être par une image de ses petits enfants mal formés, laquelle détermine sa réponse différée «
Cet scène, son rythme, son présent « coi – accuse le coup- traversé – differé « c’est bien les forces en présence
Le moment de la tempête où personne ne sait la force de la vague ni celle de la digue
La résolution a posteriori de son élan sera explicable mais à ce moment précis c’est physiquement que les embruns nous ont fouetté le visage ; c’est bon je trouve-
François Bégaudeau
Maître des clésCela dit la coitude ne dure pas longtemps chez Régis
Deux secondes après il a trouvé une branche langagière à quoi se raccrocher : ses petits enfants ne peuvent pas etre en danger puisque pour rien au monde il ne mettrait en danger ses petits enfants-
Claire N
InvitéOui- c’est bref
l’instant qui échappe
2s quand même-
nefa
Invitéoui, deux secondes qui font la différence
la main de dieu-
Claire N
InvitéOui , puis reprise par la main de son maître
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François Bégaudeau
Maître des clésson maitre FNSEA
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Claire N
InvitéEt je mettrai cette entrée en relation avec celle qui alerte sur l’aliénation de l’habitude
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Claire N
InvitéAutre sensation physique dans « le dossier Greg «
C’est rare qu’un frisson me parcourt pendant lecture
Mais : « pourquoi partager leur table rosie de jambon cher ? »
Ce rosie de jambon cher m’a créé un effroi – sensation danger alarme activée
Je ne sais pas trop pourquoi
L’avez vous senti passer ?-
François Bégaudeau
Maître des clésOui quelque part ce jambon est hitchcockien
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François Bégaudeau
Maître des clésJe pense qu’Alfred aurait fait un gros plan
Et sur les grands verres.-
Claire N
InvitéExactement cette sensation
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Emile Novis
Invité@Claire
« Ce rosie de jambon cher m’a créé un effroi – sensation danger alarme activée »
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Effroi, je ne sais pas, mais un furtif goût de sang, l’impression d’un vivant mort sur la table. Des mâchoires carnassières qui croquent la bête inerte. Ce qui contraste avec les verres pris par la base. L’alliance du mondain raffiné et d’un acte de prédation bien concret. Ce qui n’est pas sans lien avec le type d’individu social qu’est Greg : il y a un petit peu de Rastignac, avec les crocs de l’ambition dissimulés sous une mise en forme civilisée.
–
Ce rosie de jambon cher est pris chez moi dans l’association d’images qui suivent : les jeunes femmes en jupe qui servent les mecs virils au stade de foot. Et puis l’allusion à Me too.Dans la suite du dossier, j’y ai vu une réponse à Muray (« Mutins de Panurge »). Ou plutôt une dissection de la psychologie du lecteur murayen. Luchini a traversé mon esprit à certains moments, même si ce n’est pas un parcours identique à celui de Greg.
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Claire N
InvitéMerci j’aime bien l’explicitation de ton parcours
C’est vrai qu’il il a oui aussi peut etre dans ce rosie
Quelque chose de féminin, souvent au visage
En pleine vie, le jambon le fait descendre de même que peut etre , oui les jupes courtes passées par là, et le cher qui sonne ses deux sens
On s’enfonce du vivant au cher sans passer par la conscience de la mort l’effet cannibale-
Claire N
InvitéEt en te répondant ainsi qu’à nefa je repère l’aspect « animal « de ce livre, étologique oui
Mais plus avant parfois avec déplacements-
Claire N
InvitéIl y a aussi dans ce livre l’opaque seigneur Bakou
Objet d’un grande fascination-
François Bégaudeau
Maître des clésBakou voit tout
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François Bégaudeau
Maître des clésmais Greg adore Muray et Luchini, évidemment
ces pourfendeurs de bien pensance de gauche-
Emile Novis
Invité@FB
Oui. Et mon intuition me trompe peut-être, mais je sens, dans Le dossier Greg, une discussion discrète mais serrée avec Muray, plus serrée que la seule expression « Mutins de Panurge ». Pour les raisons dites plus haut, mais aussi pour cette phrase écrite à la page 237 :
–Greg se croit un rebelle et n’est qu’un new-comer
C’est un alexandrin parfait, qui m’a immédiatement, et surtout involontairement, fait songer au poème de Muray intitulé Tombeau pour une touriste innocente (d’ailleurs beaucoup lu par Luchini). Sans doute le poème le plus lu de Minimum respect. On retrouve des similitudes dans la structure de ta phrase et la tournure de nombreux vers du poème de Muray: anglicisme, alexandrin, rythme, contradiction à l’intérieur du vers entre ce qu’on croit/voudrait être et ce qu’on est réellement. Par exemple :
_
« C’était une touriste qui se voulait rebelle
Lui était terroriste et se rêvait touriste
Et tous les deux étaient des altermondialistes
Leurs différences mêmes n’étaient que virtuelles »
_
On retrouve aussi l’art du portrait : Greg chez toi, la touriste chez Muray. Il est certain que tu songes à Muray dans cette scène, mais je ne sais pas si ça va jusque là. En tout cas ça fait longtemps que j’attendais une réponse de gauche à Muray en littérature, qui est trop longtemps resté sans réplique à mon avis. C’est fait et bien fait, à l’intérieur même de la littérature.
–
@Claire
Bakou, c’est un chat : c’est nécessairement pour moi un aristocrate, au bon sens du terme. Anarchiste aristocrate.-
Claire N
InvitéBien évidemment
Cela fait partie des postulats qui ne se démontrent pas – je sais que tu sais-
François Bégaudeau
Maître des clésje sais qu’elle sait qu’il sait
avec Muray il y a des écarts nets de style qu’il faudrait détailler
faudrait que je m’y replonge
(je l’ai d’ailleurs très peu lu)-
Emile Novis
InvitéJe sais que tu sais qu’elle sait qu’il (je) sait (sais)? Compliqué.
_
Pour Muray, je crois qu’on en avait déjà parlé à propos des « anars » de droite. Il me semble que ce qui vous sépare radicalement, c’est la capacité à se contenir, la retenue de la phrase. Muray fait de l’exagération le cœur de son style. Ce n’est pas pour rien s’il correspond tant au verbe hyper abondant de Luchini, qui tient par ailleurs la même tranchée politique. Pour lui, il y a un élément monstrueux dans notre époque, un nouveau type d’homme qui est né et seule l’exagération, la démesure peut faire sentir et percevoir ce nouveau spécimen – au fond, son homo festivus festivus est un avatar du dernier homme. Et ce dernier homme est sorti de la boîte du parti socialiste pour faire des petits partout dans la société, y compris à droite. Je pense que pour lui, ce dernier homme se retrouverait aujourd’hui un peu partout, mais surtout chez Europe écologie les verts : Muray aurait adoré décrire Marine Tondelier offrant des fleurs aux flics lors des manifestations musclées contre la réforme des retraites. Il y aurait vu le cœur du « moderne », la négation de la contradiction et de la violence inhérente au réel, la phobie du réel et de ses différences rugueuses. Et pour décrire une scène aussi irréelle, il en aurait fait des tonnes, parce que pour lui, c’est la seule manière de se mettre au niveau du malaise crée par cette scène. Car je crois que Muray éprouve devant ces situations concrètes la même gène que toi devant Attal dans la salle de classe, gêne décrite dans Psychologies. Mais vous n’êtes pas gêné par la même chose, semble-t-il.
_
C’est un peu la poule et l’œuf : c’est le constat anthropologique (et pas tellement social) devant l’époque qui fait le style de Muray, ou l’inverse?
–
Il me semble aussi que Muray est un satiriste qui assume une certaine forme de méchanceté dans son écriture. J’ai le sentiment qu’il cherche délibérément à faire mal à sa cible.-
BIOGRAPHIE
Invité« C’est un peu la poule et l’œuf : c’est le constat anthropologique (et pas tellement social) devant l’époque qui fait le style de Muray, ou l’inverse? »
.
C’est marrant parce qu’il n’y a pas de paradoxes du chiot et du chien. -
Claire N
InvitéJe sais que tu sais qu’il sais que je sais que tu sais – mille personnes – bakoulox
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois surtout que Muray cherche moins le vrai que la formule assassine, moins le vrai que de la matière à exercer son vitriol.
On peut le dire autrement : il est terriblement peu précis.
Je crois qu’une observation de détail comme celle de Régis et Laure, il en serait incapable – ou n’en aurait pas le gout, ce qui en revient au même (poule et oeuf encore)-
Emile Novis
Invité@FB
Je dirais qu’il a senti quelque chose dans l’époque, il a touché un point sensible, un type d’existence à travers l’individu PS (son rejet viscéral de la contradiction, et donc du réel, et son besoin vital de lui substituer un monde imaginaire sans référent, une pseudo-réalité sans conflits, sans différences).
–
Mais il est vrai qu’il a tendance à écraser le réel sous sa plume. Muray voit en grand, il ne reste pas longtemps sur un point précis, une situation particulière, la construction d’un individu, le déploiement matérialiste d’une situation. Il se serait arrêté sur Tondelier offrant des fleurs aux policiers, mais pour immédiatement passer au général, au drame de l’époque, et déplorer la disparition de la vie. Il n’aurait pas fait une généalogie individuelle. Quand il fait une satire du sourire de Ségolène Royal, il y voit immédiatement la maladie du monde dans son ensemble.
–
C’est peut-être ça le problème de Muray, qui explique le manque de précision dont tu parles : l’individu ne l’intéresse pas tant que ça malgré ce qu’il peut dire. Il est systématique, il enferme le réel dans un système fermé à triple tours et dont on ne peut plus sortir : la fin de l’histoire, nous sommes après l’histoire, nous sommes morts et nous ne le savons pas encore. Au fond Muray aura décrit la mort, ou ce qu’il estime être la mort. Moi j’y vois un désir qui est la conséquence d’un oubli : la question sociale est totalement oubliée chez lui. C’est l’écho raffiné et dépressif de la « fin de l’histoire » de Fukuyama.-
François Bégaudeau
Maître des clésAu fond Muray est un très bon exemple, avec en plus un certain style en plus, du demi-savant que je décris dans l’interlude. Un psychopolitologue, équipé d’énoncés qui veulent psychologiser les foules (et non pas socialiser les psychologies individuelles)
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Carpentier
InvitéPsychologies, entrée: Y a rien qui va, 118 – 119
– Me déplaît ce primat accordé à la forme, signe distinctif d’une classe qui décidément manque de fond. /
comme ça va mieux en le lisant
+Sait-elle que j’ai bien connu Olympe de Gouges?
merci pour ce rire là aussi
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François Bégaudeau
Maître des clésen plus c’est vrai
très bonne cuisinière-
..Graindorge
InvitéNon cé pas vré. Tu n’étais pas encore né lorsqu’elle a été guillotinée. Ne te fais donc pas moins jeune que tu n’es: justesse stp
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François Bégaudeau
Maître des clésOn retrouve là l’immense don pour l’humour de graindorge
Si vous commencez à raconter l’histoire du pingouin qui débarque dans un sex-shop, graindorge vous arrete : c’est impossible. Un pingouin ne peut pas entrer dans un sex-shop
En somme, invitez la à votre anniversaire.-
..Graindorge
InvitéTu ne peux pas entrer en tenue de pingouin
dans un sex-shop: « tenue correcte exigée » dit la pancarte. Et un vrai pingouin encore moins: il n’a pas d’argent-
Claire N
InvitéTu confonds avec les manchots
C’est classique moi aussi j’ai le problème-
I.G.Y.
InvitéManchots dont les mœurs sexuelles sont paraît-il sidérantes, nous dit le Guardian qui relate d’anciennes études scientifiques jugées trop choquantes pour leur époque.
En somme, le sex-shop ne peut intéresser le manchot car il a dépassé ce stade depuis bien longtemps. Il a fait le tour. Pas du tout une affaire de pognon.
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Claire N
InvitéAh moins qu’il prépare une soirée avec paf le chien
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Kenyle
Invité« Et un vrai pingouin encore moins: il n’a pas d’argent »
Je pense qu’on peut donc en arriver à la conclusion que l’homme qui n’a pas de prénom est un pingouin puisqu’il a été renommé en l’homme qui n’avait pas de pognon par Tof.
On avance dans l’enquête.-
..Graindorge
InvitéÀ moins que ce soit l’ Homme Qui N’a Pas de Pingouin
À suivre…
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Tchitchikov
InvitéFaisait de très bonnes gougères paraît-il ; d’où le nom.
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..Graindorge
InvitéMiam miam les Gougères
Son vrai nom était Marie Gouze et des experts m’ont appris qu’elle faisait aussi d’excellents Gouzgouz
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Carpentier
Invité’soir,
Voyons si ce partage-ci vous amène à blaguer les mœurs des empereurs et autres animaux à la démarche rigolote qui entreraient dans un sex-shop :… 130, C’est dans la tête:
Les Cassandre antifascistes sont des sentinelles qui ne s’autorisent plus le sommeil. Pour rien au monde ils ne rateraient ça.
Dans ce zèle on renifle une complaisance; dans cette surattention une fascination; dans la répulsion une attirance.Dans la peur un désir?
C’est de la psychologie de comptoir, mais le comptoir a son acuité. Suggérer que l’antifasciste désire qu’advienne ce qu’il combat n’est pas déconnant. / …J’attaque à nouveau ce qui, en première lecture, était pas autant passé crème.
Noter une certaine acuité de la psycho de comptoir, ça me plaît.
La fascination et la peur qui cacheraient un désir façon peur du loup aussi.
Allez, calmement, je relis cette entrée.-
Carpentier
InvitéPour situer, si on a pas (encore) le bouquin, cette entrée commence par cette précision, d’importance:
Ici n’est pas le lieu d’établir si le fascisme vient, viendra, viendra dans six mois ou six ans, mais de scanner ceux qui annoncent le fascisme.
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Mélanie
Invité« Qu’on les laisse, pour les vacances, jouer à désigner une Première ministre et imaginer une feuille de route gouvernementale avant que le froid septembre sonne la rentrée, et qu’un Premier ministre réel forme une équipe réellement de droite. Qu’on leur permette au moins de rêver. C’est de leur âge. »
Coquin comme j’aime
Je connais pas la blague de pingouin et apparemment Google non plus, il me propose un éventail de sextoys plus ou moins en forme de pingoins, ce qui ne m’excite pas du tout. Une bonne âme pour nous la conter ?-
Claire N
InvitéRires – j’ai essayé la recherche avec lémurien c’est nul
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..Graindorge
Invitéil n’y a pas de blagues de pingouin? C’est ce que je disais: ni pingouin ni manchot ne vont dans un sex-shop. C’est sorti de l’imagination d’un écrivain qui parlait d’une très bonne cuisinière de gougères et de gouzgouz morte guillotinée peut-être par un manchot qui se prenait pour un pingouin
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BIOGRAPHIE
InvitéJe crois qu’on a une histoire de pingouin qui respire par le cul et qui meurt quand il s’assoit.
.
Je viens de vérifier sur Google, je ne suis pas le seul à la connaître. Je ne sais pas si c’est de ça dont il était question mais c’est une bonne blague, je trouve.-
..Graindorge
InvitéOui Biographie. Elle a été partagé par… je sais plus qui… assurancetourix je crois dans recos de blagues
Là c’est François qui prétend qu’ un pingouin est entré dans un sex-shop. Impossible-
..Graindorge
Invité… ou idéfix Aucune importance
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..Graindorge
InvitéRectificatif: il n’y a pas d’assurancetourix dans Recos de blagues. Assurancetourix est dans un autre lieu qui n’est pas un forum où j’ai inventé ce surnom qui va comme un gant à une personne. Et surtout pas Idéfix qui lui ne blague jamais. dans Recos… c’est une sitiste qui a raconté
la blague du pingouin ramenée ici par Biographie.
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Carpentier
Invité…
L’électeur RN moyen n’attend pas de son vote qu’il porte au pouvoir son parti de coeur. Il n’en attend que ce vote même. Le plaisir de glisser ce bulletin-là à cette occasion là*. La délectation de faire entendre sa voix, son fiel, sa colère, sa frustration, son racisme, sa détresse, sa haine, son courage, sa rage d’être moche, sa rage d’être beau pour rien. Se joindre à des millions d’autres voix pour entonner muettement, dans le silence de l’isoloir, ce chant qu’il n’a pas eu l’occasion ou le cran d’expectorer en meeting – on est chez nous. Signaler à bon entendeur qu’on est chez nous, comme on cacherait aux pieds d’une femme voilée en la croisant sur un front de mer. Reprendre la main, le temps d’un dimanche**. Y repenser le lundi, sourire aux lèvres. /..
* l’entre-deux-tours des législatives de 2024
** dimanche d’élections où un petit fascicule peut aider, si certain.e se demande quoi faire (d’autre) que d’aller voter, comme on sait-
Carpentier
Invité136-137, C’est dans la tête – Psychologies
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Carpentier
Invitécomme on *cracherait*
(mon tél semble peu coutumier du terme)
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Carpentier
Invitéet son pendant: Le doudou PS
ou la gauche mais
146,
…C’est alors que comme une grâce s’avance, en place publique, un thérapeute. Un guérisseur. Un magnétiseur mais sans les mains. Tout dans les mots. Comme moi il est bourgeois mais. Moulé dans les amphis de Science Po mais de gauche. Compagnon au long cours de Léa Salamé moulée dans les amphis de Science Po mais de gauche. Européiste libéral, otaniste, mais de gauche. C’est possible, avec lui tout redevient possible. Bien sûr il ne changera rien à rien, ne combattra pas plus le marché que je n’élève des lamas, mais je me fous des actes. Je ne réclame qu’un tribun dont les effets de manche sans suite dessinent un territoire moral habitable. / …
ex-aequo
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Carpentier
Invité… L’élixir woke, 152
Imagine-t-on le Général de Gaulle woke? L’image-t-on changer de sexe et se faire appeler Générale de Mouille? Démonstration terminée. / …
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François Bégaudeau
Maître des clésCe de Mouille a du succès.
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Carpentier
Invitéon s’en doute Biloute
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Carpentier
Invitéon croit voir le mécanisme, certes pas très complexe si on fixe, comme mon partage matinal sur la figure du charles, mais je parle plutôt de celle qui démarre en 150 par
Qu’est-ce que le wokisme? Question hors sujet. Chicanerie sans intérêt. Un mot n’a jamais eu besoin d’une définition claire pour circuler.
En société le sens d’un mot importe moins que son usage. Par suite, le succès d’un mot est à proportion de son utilité sociale. Un mot marche – comme on dit d’un tube – s’il est pratique. / …-
Carpentier
Invitéet, en miroir, rappelons-nous, en 128:
l’homme de gauche post-Me TooParallèlement il découvre le porno féministe. Après les deux mois prescrits, il enchaîne sur le porno queer – queer fait désormais partie de son vocabulaire, ainsi que transphobe, validisme, Judith Butler. Comment a-t-il pu se passer de ces mots magiques pendant quarante-neuf ans? Aujourd’hui, il repère le mâle gaze partout, même chez Michael Mann son cinéaste préféré.
Ils sont si pratiques ces mots.
Ils mangent si peu de pain. / …-
..Graindorge
Invitéwe love you because:
» Ils sont si pratiques ces mots.
Ils mangent si peu de pain. / … »Moi je dois attendre 2 semaines. J’ai tout commandé à la librairie Mollat de Bordeaux : Psychologies, À Brest, Comment s’occuper un dimanche d’élections ( je l’avais trouvé et emprunté à une bibliothèque mais le lire en espagnol, ça m’a vite ennuyée. Traductrice pro mais plate, il me faut le lire en français. Et je ré emprunterai le livre traduit pour bien comprendre pourquoi elle m’a gavée) Le communisme qui vient de Bernard Friot et Bernard Vasseur et Plaidoyer pour la santé de Alain Rousseaux, mon ancien prof. C’est ce livre qui n’était pas dans le catalogue qui a rallongé d’une semaine le temps d’envoi. 5 livres 80€ + 6€ de frais de transport. 50% de ma tirelire et 3 massages du dos.
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..Graindorge
Invitéwe love you because:
» Ils sont si pratiques ces mots.
Ils mangent si peu de pain. / … »Moi je dois attendre 2 semaines. J’ai tout commandé à la librairie Mollat de Bordeaux : Psychologies, À Brest, Comment s’occuper un dimanche d’élections ( je l’avais trouvé et emprunté à une bibliothèque mais le lire en espagnol, ça m’a vite ennuyée. Traductrice pro mais plate, il me faut le lire en français. Et je ré emprunterai le livre traduit pour bien comprendre pourquoi elle m’a gavée) Le communisme qui vient de Bernard Friot et Bernard Vasseur et Plaidoyer pour la santé de Alain Rousseaux, mon ancien prof. C’est ce livre qui n’était pas dans le catalogue qui a rallongé d’une semaine le temps d’envoi. 5 livres 80€ + 6€ de frais de transport. 50% de ma tirelire et 3 massages du dos.
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Mélanie
InvitéIl semble que je lise à la même vitesse que toi, Carpentier
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Emile Novis
Invité« Imagine-t-on le Général de Gaulle woke? L’image-t-on changer de sexe et se faire appeler Générale de Mouille? »
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Très drôle en effet. Heureusement que le « droit au blasphème » est autorisé en France, sinon ce propos aurait été illégal au vu de ce qu’est devenu De Gaulle dans l’imaginaire collectif : une sorte de messager des dieux, un archange qui fait l’objet d’un culte permanent de la quasi totalité de la classe politique et médiatique.
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AuteurMessages
