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Accueil Forums Forum général Pourquoi ce côté grandiose chez Nietzsche? (insupportable ce type)

  • Ce sujet contient 8 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Carpentier, le il y a 1 année et 1 mois.
Vous lisez 3 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #101334 Répondre
      Vinicius Luka
      Invité

      J’adore lire et écouté des commentateurs de Nietzsche (Patrick Wotling, Barbara Stiegler, Dorian Astor, Deleuze, DanyCaligula, Bégaudeau). Mais qu’est-ce qu’il est lourd à lire le moustachu! Je m’étonne d’ailleurs que François, qui avait critiqué l’aspect majeur du rap (il parlait des instrumentales MAJAURES sur lesquelles rappait Vald, par rapport au ton et à l’autodérision qu’il utilise en interview), ne parle jamais de cet aspect de l’écriture de Nietzsche. Qui me le rend insupportable à la longue, là j’ai lu PDBM, Crépuscule des idoles, un bout du Gai Savoir : il me saoule à se prendre pour je sais pas qui. Je pense que je vais m’en tenir au commentateur, ça me fait mal mais bon….

      Qu’en pensez-vous?

    • #101337 Répondre
      Vinicius Luka
      Invité

      J’ai oublié Clément Rosset !

    • #101341 Répondre
      essaisfragiles
      Invité

      Tu poses une bonne question, mais mal exprimée.
      Nietzsche est l’un des premiers (pas le tout premier) à avoir fait entrer la littérature dans la langue de la philosophie : on pourrait citer Kiergegaard, mais aussi Descartes (c’est tellement évident quand on le lit), ou Platon (c’est tellement évident quand on le lit). Il n’est pas le premier a avoir fait de la philosophie un travail (aussi) sur la langue (c’est Platon le premier, donc c’est vieux), mais il s’est servi de son rapport à la philologie pour écrire autrement de la philosophie, et surtout pour mettre la langue au coeur d’une interrogation sur la rationalité dans et de la philosophie. Cela l’amène très souvent à adopter des postures, ou plutôt à inventer un style littéraire qui déjoue les règles (les pièges) de la pensée logique (voir par exemple son usage de l’aphorisme et de la contradiction à l’intérieur des aphorismes), voire à exprimer ce qui pourrait n’apparaître que comme des points de vue singuliers et personnels, d’où l’impression d’une certaine outrecuidance par exemple, son ton prophétique par moments qui est aussi pour lui un moyen de rejouer la pensée comme désir et attente.
      Maintenant, tu parles de philosophes qui ont repris et développé cet effort de ne pas écrire comme si la langue n’était qu’un simple instrument de communication, qui sert à véhiculer des idées, mais comme la matière même de l’écriture : Deleuze, on pourrait ajouter Foucault, Derrida, Bourdieu, et même, et surtout Heidegger (sans qui ces auteurs ne seraient pas). Deleuze, notamment, a une écriture sèche, directe, jamais argumentative, tout entière tournée vers le concept, une écriture qu’il faut souvent déplier, faire travailler longuement et que je n’ai jamais trouvé facile à lire.
      C’est peut-être aussi cela, lire, à chaque fois : produire un effort, s’arrêter, reprendre, déplier, découvrir un espace où trouver de la pensée dans un texte littéraire et de la littérature dans un texte conceptuel.
      Pour Nietzsche, je te conseille de te tourner vers les traductions d’Henri Albert, toutes disponibles sur internet, elles datent du début du 20e siècle et sont plus accessibles que celles que l’on trouve en poche dans certaines traductions actuelles.

      • #101404 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        On trouve Nietzsche ampoulé si on ne perçoit pas son humour.
        Et on trouve qu’il  » se prend pour je sais pas qui » (drole de critère esthétique, tout écrivain se prend pour je sais pas qui) si on ne saisit pas l’humour profond d’un titre comme « Pourquoi j’écris de si bons livres »

        • #101437 Répondre
          Mais moi c’est léo
          Invité

          C’est ce que j’allais dire. Toi qui parle François de l’ironie quasi constante qui tapissent les grands écrits, chez Nietzsche je ne vois que ça. Enfin j’en vois partout.

          • #101438 Répondre
            Mais moi c’est léo
            Invité

            tapisse

    • #101458 Répondre
      Carpentier
      Invité

      et en p.31 de l’Antimanuel de Littérature, Partie 1: Qu’est-ce que n’est pas la Littérature?:

      Friedrich Nietzsche, Crépuscule des idoles ou Comment philosopher à coups de marteau, 1889
      Il y a dans le monde plus d’idoles que de réalités: c’est ce que m’apprend le ‘ mauvais oeil ‘ que je jette sur le monde, et aussi la ‘ méchante oreille ‘ que je lui prête…
      Là aussi, questionner à coups de marteau, et, qui sait, percevoir pour toute réponse ce fameux ‘ son creux ‘ qui indique des entrailles pleines de vent – quelle jouissance pour qui, derrière ses oreilles, a d’autres oreilles encore, pour moi, vieux psychologue charmeur de serpents, qui sais forcer à parler haut ce qui voudrait se taire ….

      • #101460 Répondre
        Carpentier
        Invité

        (…)

        Ces pages aussi – le titre le trahit -, sont avant tout un délassement, une tache solaire, ou un écart au milieu de loisirs studieux d’un psychologue.
        Peut-être annoncent-elles une nouvelle guerre? Peut-être permettront-elles d’ausculter de nouvelles idoles?… Ce petit livre est une grande déclaration de guerre. Quant aux idoles qu’il s’agit d’ausculter, ce ne sont cette fois pas des idoles de l’époque, mais des idoles éternelles, que l’on frappe ici du marteau comme d’un diapason – il n’est pas d’idoles plus anciennes, plus sûres de leur fait, plus enflées de leur importance… Pas non plus de plus creuses. Cela ne les empêche pas d’être celles auxquelles on croit le plus. Aussi, surtout dans le cas de la plus distinguée d’entre elles, ne les appelle-t-on jamais des idoles…

        p.32, F.Begaudeau – l’antimanuel de litté, ed.Breal, 2008 –

        • #101461 Répondre
          Carpentier
          Invité

          un écart au milieu *du loisir* studieux d’un psychologue / …

          sourire

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