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Accueil › Forums › Forum général › Pauvres Créatures (et autre gros films d’auteurs du mois de janvier)

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    Messages
    • #29834 Répondre
      toni Erdmann
      Invité

      Avec Pauvres Créatures, Zone of Interest et May December sortant tous au mois de janvier, et les deux premiers faisant sûrement l’objet d’une gêne, je me suis dit qu’on pourrait leur dédier un sujet.

      Je voulais écrire quelques ligne sur le Lanthimos mais Critikat l’a mieux fait que moi et décrit parfaitement ma déception face au film. Je vous conseille leur critique : https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/pauvres-creatures/

      On a vraiment cette sensation d’un film étape par étape : Bella découvre l’interdit, elle brave l’interdit, elle découvre les conséquences de braver l’interdit, elle découvre le sexe, puis la pauvreté et le vice des hommes, et enfin elle parvient à dépasser sa naïveté pour elle-même devenir manipulatrice. Cette narration très balisée et linéaire empêche le comique de situation qu’on pouvait attendre de Lanthimos avec un tel sujet. Par exemple, le moment où Bella dit ce qu’elle pense du repas, on ne ressent en rien le malaise des convives, et on passe rapidement à autre chose.

    • #29843 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai survolé ton message pour éviter le divulgâchage. Avais-tu aimé les précédents Lanthimos?

      • #29849 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Oui ! Surtout la drôlerie de The Lobster qui venait du décalage entre les situations absurdes et la neutralité des personnages. Ce comique est tristement inexistant dans celui-ci.

        • #29887 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Je comprends les réserves de Critikat, elles sont en parties fondées. Mais c’est un peu court sur le film, dont le cas ne se règle pas si facilement.

    • #29847 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Hyper décevant de la part de Lanthimos. Lui qui prenait le temps d’installer, d’incarner des situations de tension, d’éviter de trop être dans de la théorie, de l’idée. Quand ils sont sur le bateau, je n’ai pu m’empêcher de penser à Sans filtres et voir le gouffre qui sépare ces deux films, Ostlund incarnant de manière très efficace et drôle les rapports sociaux et d’un autre Lanthimos qui parle scolairement du bien, du mal, du cynisme etc… Pas mal d’autres choses difficiles à voir tellement le plan est surchargé, tellement tout va trop vite.

      Pourtant ces précédents films sont excellents, dommage pour celui-ci.

    • #30119 Répondre
      Charles
      Invité

      J’ai envie de croire un peu à May December, tu l’as déjà vu, Toni E.?

      • #30156 Répondre
        toni Erdmann
        Invité

        Yep je l’ai vu. Il vaut le coup. Todd Haynes est toujours autant fasciné par ses actrices mais il se fout un peu de leur gueule. En particulier Natalie Portman qui se prend très au sérieux dans le rôle d’une actrice qui se prend très au sérieux.

        • #30189 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Haynes qui se fout de la gueule de ses actrices?
          je n’ose y croire
          je n’ose l’espérer

        • #30197 Répondre
          Nicolas
          Invité

          Je crois bien que c’est tout le propos du film, et Portman joue à merveille cette actrice qui prend son rôle trop au sérieux. Un grand film qui montre que la fiction (et la transposition en fiction du réel) est bien plus sordide que le réel.

          • #30271 Répondre
            Papo2ooo
            Invité

            Vu le film de Todd Haynes aussi aujourd’hui.
            Premier film que je regarde du réal, je connaissais absolument rien du bonhomme, et j’ai vraiment beaucoup aimé. Quelques idées lumineuses.
            –
            J’ai trouvé le film vraiment très féroce (avec ses personnages, avec le couple, avec un certain cinéma et ses acteurs studio, avec la vie publique/ célébrité etc) Je veux pas trop en dire.
            Pour ma part j’ai une lecture légèrement différente de Nicolas sur le rapport réel/fiction dans le film. Je pense que le sujet du film est la perméabilité du réel à la fiction (au sens parfois très élargi de fiction qui peut être la simple position de spectateur dans la vie ou un rôle qu’on se donne dans la vie), et cette perméabilité a pour conséquence que « le mal » se démultiplie. Je reste abstrait pour pas divulgâcher.

    • #30300 Répondre
      o
      Invité

      Maintenant qu’il est sorti je me lance : j’ai trouvé Pauvres créatures très mauvais. D’abord j’ai eu l’impression de revoir Barbie : Emma Stone recommence son rôle d’ingénue, mais avec un jeu vraiment déplorable où elle imite (mal) une jeune enfant. C’est extrêmement pénible. Le film veut créer du malaise avec ses couleurs, ses décors, sa musique. J’ai bien aimé la musique mais pas le reste.

      Ensuite, je suis étonné de la façon dont est traité ce qu’on appellerait aujourd’hui un viol sur mineur. Le film montre bien la puissance désirante de la gamine mais pas beaucoup l’asymétrie avec l’adulte. Le film refabrique une illusion d’égalité entre les parties (en utilisant deux corps d’adultes) que toute la littérature récente sur le sujet a pourtant démontée. Je pense que la façon dont se termine la « relation » avec Weddeburn n’est pas crédible / pas possible, et le fait qu’il tombe dans la folie est bien pratique d’un point de vue scénaristique.

      Pour le reste c’est quand même un peu la philo pour les nuls. Dans le genre conte philosophique je préfère encore Candide. Le dernier quart du film m’intéresse plus, en particulier le segment après le mariage où Bella rejoint le château, mais ce qui aurait du être un grand moment de puissance masochiste, de cruauté vitaliste, n’advient pas. Lanthimos refuse d’aller jusqu’au meurtre, probablement parce que le film est grand public. Et la fin est bâclée : quelle est cette alternative d’une famille recomposée, ce matriarcat, à quoi ça ressemble, comment ça marche ? Lanthimos s’en fout, il fait juste une fin pour faire plaisir.

      • #30311 Répondre
        AxisBoldAsLove
        Invité

        J’aurais pas dis mieux o.

        • #30321 Répondre
          françois bégaudeau
          Invité

          Décidément, que de haine pour ce film
          Qui je crois provoque deux écueils : soit on le prend trop au sérieux, soit pas assez

          • #30341 Répondre
            o
            Invité

            je suis curieux d’écouter la gêne consacrée parce que je ne vois pas vraiment ce qu’une telle phrase peut vouloir dire

            • #30342 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              trop au sérieux : on ne voit pas le coté ludicomique de ce film, de ce cinéma
              pas assez : on n’est pas assez attentif aux réelles opérations philosophiques du film

              • #30364 Répondre
                AxisBoldAsLove
                Invité

                J’ai effectivement hâte d’entendre cette GO. Les opérations philosophiques que j’ai perçu ont des ficelles tellement grosses qu’il y a peut-être plus de subtilités que ce qu’il n’y parait.
                Pour le côté comique, je le trouvais beaucoup plus efficace dans The Lobster par exemple, provoqué par des situations absurdes et simples.

                • #30421 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  je suis d’accord sur le coté comique, plus faible ici qu’ailleurs
                  je suis partagé sur le film, mais je suis à peu près certain qu’il ne mérite pas le tombereau de merde qu’on déverse sur lui

    • #30397 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      Pauvres Créatures: beaux décors, belle musique, beaux costumes, tout de même.

      • #30404 Répondre
        AxisBoldAsLove
        Invité

        La musique est en effet vraiment bien. Les hybrides poule-chien font aussi leur effet.

    • #30406 Répondre
      Béa
      Invité

      Je ne me suis pas focalisée uniquement sur l’idéologie véhiculée par le film mais certains passages comme celui dans lequel la tenancière de la maison close montre à Bella le nourrisson caché dans l’alcôve m’ont fait réfléchir sur ce point. Dans ce passage la vieille dame lui dit: c’est bien sympa ta petite rébellion mais ça marche pas comme ça, il faut que notre entreprise tourne car il faut que je nourrisse ce bébé donc retourne gentiment travailler. Est-ce qu’on peut y voir une sorte de justification de l’ordre établi ? Tout cela serait nécessaire pour que ce bébé ne finisse pas dans la fosse de ceux d’Alexandrie. Seule une fausse subversion de dandy décadent est possible dans ce monde là, Bella peut faire son petit cirque d’enfant gâtée, partir et réaliser son « Grand Tour » mais il faut que les choses restent bien à leur place à côté (même si cet ordre des choses est présenté comme absurde et arbitraire par Lanthimos). Je pense aussi au dandy progressiste et un peu cynique avec qui Bella discute sur le bateau et qui lui fait découvrir toute la misère du monde à Alexandrie en laissant transparaître son angoisse (ça pourrait être nous et s’ils étaient à notre place ils agiraient de la même façon que nous). On a affaire à un dandy sympa, lucide et légèrement cynique tandis que l’ex mari de Bella apparait comme un dandy plus conservateur, possessif et vraiment cruel – les deux défendant le même ordre du monde. Est-ce qu’on pourrait parler d’une approche artistique aristocratique -style dandy décadent- ici (absurde, jeu, surplomb, amoralisme, exubérance gothique, flamboyance…) ? Question en retard pour la GO

      • #30422 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        1 le dandy noir est réfuté dans le film. Je le démontre dans la Gene
        2 le dandy ex mari finit en chèvre. On ne sent pas que le film est radicalement de son coté.
        Je veux bien qu’on lise idéologiquement le film, mais alors il faut le faire de très près.

        • #30430 Répondre
          Béa
          Invité

          J’ai bien vu que le film n’était pas du côté du dandy hard qui finit en chèvre mais j’écouterai la réfutation du dandy cool qui m’apparaît moins nettement

          • #30441 Répondre
            Monami
            Invité

            La réfutation vient de la bouche du personnage lui même juste après le moment Alexandrie, il dit en somme que son cynisme vient d’un ressentiment contre la joie de vivre de Bella

            • #30465 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              tout à fait
              et on entrevoit alors nettement ce que pourrait être la morale de Bella – qui semble banale à tout le monde alors que je ne vois personne la pratiquer

              • #30467 Répondre
                AxisBoldAsLove
                Invité

                Quelle serait cette morale? Exprimer sa joie envers et contre la cruauté du réel? Le rire de l’enfant devant le crabe dans l’eau bouillante? (l’association des deux propositions est peut-être un peu tirée par les cheveux)

                • #31174 Répondre
                  françois bégaudeau
                  Invité

                  Cette association me va, mais attention à ne pas prendre à l’envers la cruauté.
                  La joie cruelle n’est pas plaisir de la cruauté, mais joie de la vérité crue.

    • #31067 Répondre
      I.G.Y.
      Invité

      Il y a un mot qui m’est venu une fois sorti du Lanthimos, un mot qui me vient plus que rarement et que je n’ai pas encore lu ici (à ma connaissance), ni entendu dans la gêne (qui a tourné autour). Je veux parler de « transhumanisme ».
      .
      C’est souvent un symptôme de manque de plaisir devant un film que de chercher très vite une lecture idéologique. Or c’est vrai, manque de plaisir il y a eu pour ma part, je ne détaillerai pas. Je n’attribue pas ce terme aux idées politiques de Lanthimos mais je pense tout simplement que c’est dans le film. Il pousse assez loin cette idée d’un corps en pièce détachées, siège d’expériences, et surtout d’expériences/tentatives, fussent-elles ratées, « d’améliorations ». Illustration aussi d’un dilemme classique, ce flou frontalier entre médecine et transhumanisme.

      A l’appui de mon sentiment, je note que ces tentatives d’améliorations du corps, de renaissance du cerveau dans un autre corps etc…, sont couplées à la notion d’amélioration du monde. Et explicitement liées au terme « socialisme ». Je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir une correspondance/allusion tout à fait étonnante à une sorte de  » transhumanisme « de gauche » « , sauce Silicon Valley, transposé dans la non-époque qu’est celle de tout le film et par la même méconnaissable. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec les flots verbaux pathologiques d’un Onfray sur sa fameuse « alliance des antifascistes et des transhumanistes ».
      .
      Encore une fois, je n’attribue pas cette intention à Lanthimos, et si elle existait je ne tranche pas à ce stade si elle serait critique, laudative, ou plus probablement ambigüe. Mais à la fin, ça m’est apparu comme l’éléphant dans la pièce. Je n’ai pas vu les autres Lanthimos, mais j’ai cru comprendre qu’il aimait bien l’ambiguïté : voilà à mon avis un aspect du film, souligné par son plan final, qui mettrait en doute le fait qu’il « épouse sans réserve » l’évolution de sa personnage principal. C’est tout à fait bizarre et intriguant.

      • #31083 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        -la littérature, l’art, l’imaginaire collectif n’ont pas attendu le transhumanisme pour envisager des reconfigurations intégrales de l’humain, des démiurgies folles, des créatures pures de la science folle. Ceci court sur tout le dix neuvième, avec les romans qu’on sait, mais aussi des récits comme L’eve future, etc. Je crois que Lanthimos regarde plutot vers là.
        -je ne peux pas promettre que L n’ait pas eu le mot transhumanisme en tête en faisant Poor things. Mais quand bien même ce serait avéré, quel serait l’intéret pour nous? De quelle aide serait ce mot pour mieux voir le film?
        -quant à moi, plutot que de sonder les reins de L, je m’en suis tenu à ce qui est dans le plan, et aux formulations à disposition. Cela me paraissait suffire à la peine critique. D’ailleurs j’en ai oublié. Par exemple ce dialogue que j’aime bien : est ce que l’humain est perfectible? Oui, comme un corps peut guérir d’une maladie.

        • #31087 Répondre
          I.G.Y.
          Invité

          Pas de problème avec tout ça. La raison pour laquelle je le souligne, c’est paradoxalement pour minimiser un des « mauvais points » que tu donnais au film dans la gêne, concernant la trop grande adhésion (sic) de Lanthimos à son personnage principal (et coproductrice etc… comme ça a bien été souligné). Je dis « paradoxalement » dans le sens où j’essaie de minimiser une critique faite à un film que je n’ai pas tant aimé.
          .
          Si on prend en compte ce point des expériences d’améliorations biologiques sur le corps non pas à lui seul mais en tant qu’il est explicitement lié à la notion de socialisme (Bella et Toinette deviennent non seulement amies mais finissent presque, ou même complètement, par gérer la maison à la fin. Bella est aussi devenue capable d’opérer), alors on retrouve une ambiguïté. Association d’une notion politique émancipatrice et volontariste quant au changement du monde à des expériences montrées (concrètement dans le plan) comme sanglantes, éthiquement problématiques et parfois même sordides. C’est parce que je ne présume pas de transhumanisme chez Lanthimos que j’y vois une zone d’ombre dans ce qu’il pense de Bella et son évolution.

          • #31089 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Ce qu’on pourrait creuser là, mais en s’éloignant du film, c’est les croisements historiques entre une certain optimisme scientiste – nous pouvons refaçonner le monde – et une euphorie révolutionnaire – d’autres mondes sont possibles, tous les mondes sont possibles
            Je vois bien Lanthimos revasser positivement sur ce nouage. Serra aussi rêvasse autour de ces moments de collusion entre effort scientifique et effort émancipateur

            • #31090 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Il faut absolument que je creuse Serra. Pacifiction est le seul film que j’ai vu de lui à l’heure qu’il est, et quel film formidable.

    • #31132 Répondre
      toni Erdmann
      Invité
      • #31167 Répondre
        I.G.Y
        Invité

        Je garde ce précieux lien de côté (il ne fonctionne pas mais on retrouve l’article en cherchant « Chapoutot » sur le site)

    • #31171 Répondre
      Mao
      Invité

      Pas grand chose à ajouter à l’excellente GO consacrée à Pauvres créatures. Je comprend mieux les partis pris formels que j’ai trouvé pour ma part d’une grande laideur. Les décors en carton-pâte, c’est définitivement pas mon truc. Pour le reste tout a été dit. Le film est vraiment drôle et réjouissant.

      Je ne sais pas si mon obsession pour Dostoievski me pousse à voir des références dostoievskienne partout mais tout le long du film je n’ai pas pu m’empêcher de penser à l’idiot. Me demandant à ce titre si Bella tenait davantage du Prince Mynchkine ou de Nasstasia Philipovna et ne sachant comment trancher, me disant qu’elle évoque les deux à la fois. Avec le Prince, Dostoiesvki nous montre comment la confrontation entre un être absolument pur, innocent, christique et la bonne société de Saint Pétersbourg produit des étincelles. Tandis qu’avec Nasstasia, c’est sa beauté supérieure unanimement reconnue comme telle (à l’instar de Bella dont on ne cesse de dire qu’elle est la plus belle femme jamais vue) qui fait tourner toutes les têtes. Pour faire simple, Dosto entend nous montrer avec le prince ce que peut l’innocence, la vertu dans une société telle que la notre et avec Nasstasia, ce que peut la beauté. Autrement dit, que peut un corps pur, innocent et vertueux et que peut un corps d’une beauté sans pareille. Bref, que peut un corps ?

      • #31173 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        Un autre pont entre Lanthimos et Lars Von Trier – mais c’est le même- serait précisément le film Les idiots, c’est à dire en effet l’organisation entre les codes sociaux et des idiots – des êtres a-sociaux.
        Il faudrait sans doute aller voir aussi du coté de Bunuel, qui à la réflexion me semble la vraie référence de Lanthimos.

        • #31177 Répondre
          Mao
          Invité

          Il y a l’idiotisme de Bella comme avec les idiots de Lars van Trier mais il y a aussi sa beauté incomparable (elle s’appelle Bella), qui fait d’elle l’objet de toutes les convoitises. L’une des thèses de Dosto est selon moi qu’on ne peut pas être beau innocemment, que la beauté est tout à la fois une grâce et une damnation. Ce que le film touche du doigt par instant.
          Je connais trop mal Bunuel pour saisir cette filiation.

          • #31178 Répondre
            Mao
            Invité

            On pourrait aussi dire que la beauté est un idiotisme.

          • #31445 Répondre
            Le trou noir Extatique
            Invité

            J’imagine que ce sujet est un BABA de la littérature, mais votre échange me rappelle la manière dont Houllebecq décrit le destin tragique d’Annabelle (merci wiki) dans les Particules Elémentaires, notamment du fait de sa beauté.
            Et pour ceux qui voudraient côtoyer d’autres personnages ayant affaire à l’idiotie, le film Punch Drunk Love fait la part belle à Adam Sandler ( « entre les codes sociaux et des idiots – des êtres a-sociaux », François a abordé ce sujet lors du ciné club sur ce film).
            Enfin merci à vous pour les références des films mentionnés.

        • #31183 Répondre
          Malice
          Invité

          Bunuel et Lanthimos dans le même sac que Lars von Trier, ça m’éclaire sur la sympathie que j’ai pour les trois. En revoyant « Le charme discret de la bourgeoisie » récemment, je visualisais un oeil qui frise en filmant ces situations irritantes. Il faudrait que je trouve un autre mot d’ailleurs car je ne ressens pas de colère face aux expériences bizarres, énervantes voire révoltantes que proposent les trois. J’ai envie d’appeler ça des démangeaisons d’ortie, qu’on adore gratter. Elles font peut-être un peu plus mal chez Lanthimos : « The lobster » par exemple, est une épreuve à mes yeux ( étrangement plus que « La mise à mort du cerf sacré »).
          J’ai régulièrement envie de me ‘faire mal » en regardant un Lars Von trier et « Melancholia », qui devrait me déprimer, me réjouit énormément, comme si un mariage raté et la fin du monde étaient des aventures extraordinaires.

          • #31192 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Voilà bien la marque d’un regard de seigneur-e.

            Ce qui fache entre autres nos enragés, devant un tel cinéma, chez Lars comme chez Lanthimos, c’est bien sa froideur mais aussi son gout pour l’absurde. Gout qui n’a vraiment pas bonne presse.
            On se demande ce qu’ils penseraient devant une pièce de théatre, écrite hier disons, où un rhinoceros traverserait régulièrement la scène, sans raison.

            • #31194 Répondre
              I.G.Y
              Invité

              Quand tu parles d’absurde, c’est sous-entendu « à vocation comique »? J’attendais un film absurde, drôle et radical à la fois. J’en attend plus que tout (et j’ai du mal à en trouver). Or je trouve le film décevant sur ce point, et j’ai cherché pourquoi pendant la séance. A mon avis, si on vise un comique de gêne, pince sans rire, lent, sans grande dynamique dans les situations (ça me semble clairement l’option de L. ici), alors il faut une grande écriture de dialogues et si possible des acteurs naturellement drôles. Je trouve que de ce point de vue, le film n’est pas réussi (j’exclus quelques scènes, notamment le cours de missionnaire paternel, plutôt bien. Le don/malédiction du prêtre, très bien vu, j’ai souri). Il faudrait décortiquer les scènes. L’exemple radical réussi de comique absurde figé, au montage dépouillé et purement textuel, c’est pour moi Augustin de DAVA. A gros trait, pôle opposé : Nathan Fielder dans ce que j’ai vu de Nathan for You
              .
              Vu ce que tout le monde dit, il faut que je tente The Lobster.

              Et je ne peux m’empêcher d’approuver quant au formidable Melancholia. A tout point de vue.

              • #31196 Répondre
                AxisBoldAsLove
                Invité

                Effectivement, dans le cas de figure de Pauvres créatures, ce n’est pas le côté absurde qui est au discrédit du film. Il me parait plus difficile de faire un parallèle entre ce film et le cinéma de Buñuel alors que je le trouve opportun pour ses précédents films. Et c’est sur que face à DAVA, on a du mal a trouver du contenu aussi radical dans cette voie là.
                La Gène m’a permis de cerner un peu plus ce qui était pertinent dans le film (non sens du fisheye et ce que cela induit sur le sens formel, Godwin en bourreau-émancipateur…). Malgré ça, le côté performance d’Emma Stone, le trop plein de mouvements et le remplissage du cadre et les écueils des films gros budget m’ont fait passer à côté.
                (les génériques de début et de fin sont vraiment beaux).

                • #31197 Répondre
                  I.G.Y.
                  Invité

                  Oui c’est effectivement très juste de souligner les génériques de début et de fin. J’aurais même eu envie d’y ajouter les petites capsules visuelles très bizarres qui apparaissent dans les « entractes » (avec le nom des lieux, Paris, Lisbonne etc…), que je trouve d’une étrangeté visuelle plus séduisante que le reste du film

                  • #31205 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Je ne dirai jamais assez que le plus drole, sur ce critère, est Alps.

                    • #31262 Répondre
                      I.G.Y
                      Invité

                      Du coup j’ai regardé Alps après le boulot, c’est 3 niveaux au dessus de Pauvres Créatures. De ce que j’en ressens, c’est du côté de l’absurde sans vraie vocation comique (alors que le dernier était un peu trop le cul entre deux chaises), et à ce titre il est intriguant, surprenant, passionnant. Je le trouve même émouvant, histoire de rajouter un adjectif en « ant » au cas où ça manque. (Et la blague sur Prince prend une saveur toute particulière quand on voit le film en 2024)

                      • #31267 Répondre
                        françois bégaudeau
                        Invité

                        Rappelle moi la blague sur Prince, je ne l’ai plus.

                      • #31280 Répondre
                        I.G.Y
                        Invité

                        Il y a tout un truc, en deux scènes, où ils se prennent la tête pour savoir si Prince est mort ou non, parce qu’ils réfléchissent à son remplacement (et on « est » en 2011^^).

                        C’est pas fait de manière drôle mais c’est excellent (d’autant qu’on comprend progressivement que ces histoires de remplacement ne sont pas claires, ça ajoute au bordel).

              • #31198 Répondre
                Malice
                Invité

                « Des acteurs naturellement drôles », peut-être pas forcément, car dans « le charme discret de la bourgeoisie », par exemple, je souris ou ris du fait que les acteurs restent parfois impassibles ou peu expressifs dans des situations étonnantes; ils résistent peu à l’obstacle, qui a le même effet qu’un caillou dans une chaussure qu’on n’a pas le temps de retirer et qui grossirait de plus en plus.
                Dans « L’ange exterminateur », j’aime le fait que le fantastique semble provenir des corps des invités eux-mêmes : sont-ils rendus passifs par un esprit hantant la maison ou par une (im)puissance intérieure? CF Les scènes où ils croient être en train de quitter la soirée et finissent par revenir sur leurs pas.

                A part ça, il va falloir que je lise enfin « Le rhinocéros », si j’ai bien compris.

                • #31201 Répondre
                  I.G.Y.
                  Invité

                  « je souris ou ris du fait que les acteurs restent parfois impassibles ou peu expressifs dans des situations étonnantes » : tout à fait, j’inclus ça dans le fait d’être naturellement drôle, ou d’être un bon acteur (ou les deux). Il y a des gens qui sont capables d’être drôles sans rien dire ni faire grimacer à la de Funès (que je peux aimer par ailleurs^^). Pour le comique impassible, un montage intelligent aide aussi (à moins que l’acteur soit inexplicablement génial)

                  • #31202 Répondre
                    I.G.Y.
                    Invité

                    ni grimacer*

    • #31268 Répondre
      éponine
      Invité

      Arf, pas si simple ma résolution de l’année 2024 : aller au cinéma au moins deux fois par mois (à cause que bon, entre autres, La gêne occasionnée…). J’ai vu The Banshees of Inisherin il y a 15 jours, et la salle était… PLEINE. Expérience terrible pour moi qui ait toujours considéré le cinéma comme un plaisir vraiment solitaire. Ca m’a presque gâché le film, qui était plutôt très bien par ailleurs.
      Cet aprèm, j’ai fait gaffe : Poor Things, un mardi à 15 heures, une grosse semaine après sa sortie, et là c’était parfait côté remplissage de la salle. J’avais écouté La gêne occasionnée avant (et Sortie de secours, et lu pas mal d’autres critiques sur le film) et ça je ferai plus : j’en savais trop. Et ça m’a laissée aussi plutôt perplexe sur la réception du film, que je m’attendais à voir bourré de scènes de sexe et tournant autour de l’idée qu’une femme émancipée est une femme « qui couche », alors que sorti de sa découverte du plaisir avec une pomme (est-ce que les mômes de 3-4 ans sont si sexués ?) et de sa frénésie de découverte avec Mark Ruffalo (interrogation idem, vu qu’elle n’a toujours que 3-4 ans), ça ne porte plus du tout sur ça.
      Bella est juste un(e) enfant qui grandit !
      Son passage en maison close est plutôt une étude assez scientifique de la sexualité, autocentrée une fois (2e client : c’était violent, mais pas désagréable), puis clairement dans l’expérimentation (on va d’abord jouer à souvenirs d’enfance et toc toc et voir ce que ça donne). Puis elle va étudier la médecine, et sa copine lui parle de socialisme (pas très développé comme idée…) et voilà, elle rentre car son père est mourant, et y a l’interlude avec le mari de Victoria (ex-Bella), et finalement elle retrouve son père et son premier promis, où on les voit enlacés tous les trois dans le même lit.
      Aucun féminisme ni émancipation féminine là-dedans. Elle a juste croisé de sacrés crétins (son mari surtout, pour Mark Ruffalo, c’est moins clair – j’ai du mal à imaginer qu’un tel coureur de jupons ait pu tomber raide dingue d’elle ; pour moi, c’est une faiblesse de l’histoire).
      Faudrait vraiment arrêter de voir des porcs partout au cinéma, et des femmes qui s’émancipent de… rien du tout.

      • #31283 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        L’émancipation me semble une piste inintéressante, mais on ne peut nier qu’il y ait une trame émancipatrice. Dont le point le plus intéressant serait : D’objet de science Bella est devenue scientifique.
        Ruffalo ne tombe pas amoureux de Bella mais de sa chair, et de l’avoir à disposition. Comme tous les mâles dominants, il se rend malade pour elle à partir du moment où elle lui échappe, et devient aussi libertine que lui. Tout ça me parait très logique.

        • #31338 Répondre
          éponine
          Invité

          Ah oui, flûte, je suis encore passée à côté de l’autre figure incontournable du moment, le « mâle dominant ». Manque de pratique sans doute…
          Mais vous avez raison, Ruffalo se met à débloquer quand Bella se met à sortir seule et fréquenter des gens. Après, qu’il ait la défaite mauvaise, je veux bien, mais qu’il lui en garde une telle rancune, des mois et des mois après, jusqu’à chercher à ruiner son mariage ? Mwouais. Je persiste à sentir un truc pas clair dans l’écriture de ce personnage.
          Quant à l’émancipation, il y a des synonymes proches qui me viennent plus à l’esprit quand je regarde le film : maturation/maturité, épanouissement, indépendance.

    • #31276 Répondre
      Christophe M
      Invité

      Canine et Pauvres créatures, deux très grandes scènes de danse. Comment ne pas aimer Lanthimos ? Un misanthrope ne pourrait filmer ça.

      • #31284 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        absolument

      • #31287 Répondre
        diegomaradona
        Invité

        « Comment ne pas aimer Lanthimos ? »
        Le fantastique de ses films suffit à les rendre ridicules

        • #31288 Répondre
          Christophe M
          Invité

          Tu déteste Friot, tu n’aimes pas Lanthimos. Un bon point pour eux.

          • #31297 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            Tu excelles dans la caricature et le manichéisme, un bon point pour toi…

            • #31321 Répondre
              françois bégaudeau
              Invité

              quant à nous nous attendons toujours de toi, au bout de x années, UN post d’approbation

        • #31290 Répondre
          Malice
          Invité

          Adoré le fantastique dans  » La mise à mort du cerf sacré ». Je ne l’avais pas du tout vu venir et je l’ai trouvé terrifiant.
          On ne sait pas si le châtiment est jeté par le jeune homme ou un dieu vengeur; en tous cas j’ai eu l’impression de retrouver des émotions éprouvées en lisant des tragédies ou des récits bibliques, quand une puissance terrible s’abat sur des hommes et qu’on se délecte de l’horreur.

          • #31295 Répondre
            diegomaradona
            Invité

            Tout cela était bien ridicule : une paralysie des enfants qui n’a strictement aucune explication, qui n’a absolument rien de réaliste et donc rien de crédible. Le niveau de naïveté qu’il faut pour accorder du crédit à cela doit surement être proportionnel au niveau d’absurdité du film…

            • #31306 Répondre
              Malice
              Invité

              Cette scène par exemple me met les poils

              • #31322 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Pour ceux qui ne connaitraient pas Diego, figure culte des sites portant mon nom, deux choses à savoir pour ne pas perdre son temps à lui répondre :
                -il est pure négativité (jamais poster pour approuver, c’est son principe)
                -il est un bloc de scientificité qui ne trouve à l’art aucun intérêt, puisque l’art n’est pas rationnel.

                • #31349 Répondre
                  I.G.Y.
                  Invité

                  Ce qui n’augure rien de bon quant à sa scientificité présumée. Un esprit taquin prédirait même un zéro pointé sur les deux tableaux. Mais taquins, nous? Jamais

                • #31364 Répondre
                  diegomaradona
                  Invité

                  « -il est pure négativité (jamais poster pour approuver, c’est son principe) »
                  Cela est évidement faux. J’ai déjà démontré cela et expliqué plusieurs fois ma position, je n’y reviendrai donc pas. C’est manifestement intitule vu que tu continues à colporter ta vision erronée des choses.
                  « -il est un bloc de scientificité qui ne trouve à l’art aucun intérêt, puisque l’art n’est pas rationnel. »
                  Tout aussi faux. En tant que passionné du réel je trouve juste ridicules les œuvres mystiques et fantastiques qui ne sont qu’irréalité et surnaturalités. Je sais que cela n’est pas ton cas et que tu as un côté mystique (qui s’incarne notamment dans ta vision de l’art) mais ce n’est pas une raison pour caricaturer ma position.

                  • #31366 Répondre
                    françois bégaudeau
                    Invité

                    Eh bien tu vas me mentionner :
                    -trois choses que tu as approuvées ici en cinq ans
                    -trois oeuvres que tu as saluées ici en cinq ans

              • #31323 Répondre
                françois bégaudeau
                Invité

                Pour qu’un film de Lanthimos commence il faut faire tomber quelque chose.

                • #31346 Répondre
                  Malice
                  Invité

                  L’idée des symptômes, qui commencent par ces paralysies et ces chutes, est tellement géniale, permettant le déni du père dans un premier temps puis la tragédie, avec la multiplication des troubles…

      • #31292 Répondre
        Juliette B
        Invité

        Oh oui.

        • #31293 Répondre
          Juliette B
          Invité

          Je plaçais ça sous le post de Christophe M sur cette danse que je rêve depuis de revoir.

          • #31343 Répondre
            riviere
            Invité

            ah oui cette scène est tellement géniale et se poursuit par la séquence du clin d’oeil:

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