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- Ce sujet contient 503 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Claire N, le il y a 8 mois et 1 semaine.
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TeenGuy
InvitéBonjour peuple Begaudien, sur l’ancien forum, de temps en temps étaient postés des poésies, la dernière était un Michaux grand cru et je pense que ça nous ferait du bien de partager des poèmes de temps en temps, d’où ce fil.
Parfum exotique
Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
Je vois se dérouler des rivages heureux
Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;Une île paresseuse où la nature donne
Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
Et des femmes dont l’oeil par sa franchise étonne.Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
Je vois un port rempli de voiles et de mâts
Encor tout fatigués par la vague marine,Pendant que le parfum des verts tamariniers,
Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.Baudelaire, Les Fleurs du Mal
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François Bégaudeau
Maître des clésc’est pas le Baudelaire que je préfère
trop d’adjectifs, Charles, je te l’ai dit -
Alexandre
InvitéJe change totalement de style mais celle là de Raymond Carver m’a toujours marqué : « Peur », 1966.
Peur de voir une voiture de police s’arrêter devant la maison.
Peur de m’endormir le soir.
Peur de ne pas m’endormir.
Peur du passé qui ressurgit.
Peur du présent qui s’envole.
Peur du téléphone qui sonne en pleine nuit.
Peur des orages électriques.
Peur de la femme de ménage qui a un bouton sur la joue !
Peur de ces chiens qui, m’a-t-on dit, ne mordent pas.
Peur de l’anxiété !
Peur de devoir identifier le corps d’un ami.
Peur de manquer d’argent.
Peur d’en avoir trop, même si l’on ne me croira pas.
Peur des profils psychologiques.
Peur d’être en retard et peur d’arriver avant tout le monde.
Peur de l’écriture de mes enfants sur les enveloppes.
Peur qu’ils meurent avant moi, et que je me sente coupable.
Peur de devoir vivre avec ma mère lorsqu’elle sera âgée, et moi aussi.
Peur de la confusion.
Peur que cette journée s’achève sur une note sombre.
Peur de me réveiller et que tu ne sois plus là.
Peur de ne pas aimer et peur de ne pas aimer assez.
Peur que ce que j’aime se révèle mortel pour ceux que j’aime.
Peur de la mort.
Peur de vivre trop longtemps.
Peur de la mort.Je l’ai déjà dit.
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Malice
InvitéLa femme adultère
Federico Garcia LorcaA Lydia Cabrera y a su negrit
Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu’elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s’éteignirent les lumières
Et s’allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis
Sa poitrine pour moi s’ouvrit
Comme des branches de jacinthes
Et dans mes oreilles l’empois
De ses jupes amidonnées
Crissait comme soie arrachée
Par douze couteaux à la fois
Les cimes d’arbres sans lumière
Grandissaient au bord du chemin
Et tout un horizon de chiens
Aboyait loin de la rivièreQuand nous avons franchi les ronces
Les épines et les ajoncs
Sous elle son chignon s’enfonce
Et fait un trou dans le limon
Quand ma cravate fût ôtée
Elle retira son jupon
Puis quand j’ôtai mon ceinturon
Quatre corsages d’affilée
Ni le nard ni les escargots
N’eurent jamais la peau si fine
Ni sous la lune les cristaux
N’ont de lueur plus cristalline
Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L’une moitié toute embrasée
L’autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriersJe suis homme et ne peux redire
Les choses qu’elle me disait
Le clair entendement m’inspire
De me montrer fort circonspect
Sale de baisers et de sable
Du bord de l’eau je la sortis
Les iris balançaient leur sabre
Contre les brises de la nuit
Pour agir en pleine droiture
Comme fait un loyal gitan
Je lui fis don en la quittant
D’un beau grand panier à couture
Mais sans vouloir en être épris
Parce qu’elle était adultère
Et se prétendait sans mari
Quand nous allions vers la rivièreFederico Garcia Lorca, extrait de « El Romancero Gitano »
Traduction Jean Prévost -
The Idiot
InvitéJ’ai découvert il y a quelques jours à peine ce poème de Carver.
Une poésie de mon Maupassant chéri :
À une dame en lui envoyant un bout de la corde d’un penduVoici la corde d’un pendu
Que je mets à vos pieds, Madame,
C’est, pour une charmante femme,
Un présent bien inattendu.Mais si, comme on l’a prétendu,
Cette corde est un sûr dictame
Pour les maux du corps et de l’âme,
Gage d’un bonheur assidu;Moi qui, plaignant le pauvre diable
D’avoir été si misérable,
Accusais le ciel malfaisant,Moi dont le coeur était si tendre !
Voilà que je trouve à présent
Qu’il a fort bien fait de se pendre -
SoR
InvitéPardon ce n’est pas un poème mais plusieurs extraits au cours de cette vidéo d’un poète que j’aime beaucoup, je la poste quand même ici car c’est le thème le plus rapprochant et le partage en vaut la peine, elle avait été bridée en plus lors de la mise en vente du DVD mais restituée depuis peu donc très bonne nouvelle. Pour ceux qui ne connaissent pas : Hölderlin est un immense poète et révolutionnaire allemand qu’on a rendu fou intentionnellement pour étouffer sa voix.
Son parcours est d’autant plus intéressant qu’il ressemble à la plupart des écrivains romantiques allemands que l’opinion a fait passer ensuite pour des hommes repliés sur eux-mêmes ou inadaptés, alors qu’ils étaient au contraire très ancrés dans la réalité et les plus avancés politiquement, d’où leur marginalisation. Hölderlin je le vois comme un ancêtre des anarchistes et il l’a payé très cher. J’espère qu’il vous plaira comme à moi. Parfois sa poésie est tellement libre qu’elle n’apparaît que comme des bribes de pensée.-
The Idiot
InvitéJe connais assez peu Hölderlin, merci pour la vidéo.
Quand je pense poésie, je pense à lui :
Une bouteille de gaz rouge sur un vélo violet
C’est tout ce qu’il me reste de toi désormais
Une voile qui bouge dans le port de Camaret
J’ai bien peur que ce ne soit plus un secret
Il y a un oiseau qui chante
Toute la nuit à Saint Mandé
Tu sais bien que je n’ai rien demandé
Que ce petit doigt qui bouge
Qui me fait signe de m’approcher
Et je reçois sur les lèvres un baiser
Et moi qui rêve d’autre chose
Toute la nuit à Saint Mandé
Mais hélas l’oiseau s’est envolé
Une bouteille de gaz rouge sur un vélo violet
C’est tout ce qu’il me reste de toi désormais
Une jupe de soie rouge sur un balcon anglais
Et dire que j’avais souvent des regrets
Et toujours l’oiseau qui chante
Toute la nuit à Saint Mandé
C’est à croire que je n’ai rien demandé
Qu’un petit doigt qui bouge
Mais c’est bien trop espéré
Il vaut mieux que j’arrête de rêver
Et pourtant l’oiseau qui chante
Toute la nuit à Saint Mandé
C’est à croire qu’il avait tout deviné
Une bouteille de gaz rouge sur un vélo violet
C’est tout ce qu’il me reste de toi désormais-
François Bégaudeau
Maître des clésje ne reconnais pas
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SoR
InvitéSerait-ce donc celle-là la fameuse chanson préférée de François ? 3 jours qu’on attend de savoir au final, c’est bien long !
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The Idiot
InvitéPeut-être Walking contradiction des Green day ?
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François Bégaudeau
Maître des cléspas loin, mais non
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Anna H
InvitéC’est plus Sympathy for the Devil ?
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Hervé Urbani
InvitéC’est A day in the life
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François Bégaudeau
Maître des clés45 secondes de A day in the life, c’est trop peu pour la mettre au sommet
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Hervé Urbani
InvitéOn est d’accord, le passage de McCartney fait tâche au milieu du chef-d’œuvre lennonien.
Et on sait bien que la réponse a été donnée juste au-dessus par Anna H et que Jean-Luc en a immortalisé la genèse dans « un plus un »-
SoR
InvitéTu veux dire « Sympathie for the Devil »? Pourtant à la fin d’une conférence de François on a entendu « Gimme Shelter » et je me suis dit que ça ne devait pas être anodin, que c’était sûrement celle qu’il devait préférer des RS.
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SoR
InvitéTenez je la mets elle est très belle https://www.youtube.com/watch?v=RbmS3tQJ7Os&ab_channel=ABKCOVEVO
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SoR
InvitéSi c’est pas chez les Wampas, c’est dans le répertoire des Ramones, il en parle trop dans ses livres pour ne pas que ça soit eux.
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François Bégaudeau
Maître des clésmerci d’oeuvrer à la mémoire de cet ami allemand
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Juliette
InvitéJe dirais ça, un vague souvenir que tu l’aurais citée un jour comme telle mais je peux me tromper
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Juliette
InvitéAh non pardon, un interlocuteur attentif nommé Jean me dit que ça serait peut-être plutôt celle-là:
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François Bégaudeau
Maître des cléson est dans le grand là
mais il y a plus grand que Green Day, comme on sait
ou comme on devrait savoir-
SoR
InvitéLes Ramones ? Vraiment j’y mettrais ma main au feu
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SoR
InvitéBien que dans « Un Démocrate » presque toutes les chansons citées sont accompagnées de la mention « le plus grand clip de tous les temps »
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Plume C
InvitéPeut-être celle ci ? https://youtu.be/y4hPnZUMBwA
Manchester Appolo, Octobre 1977-
Anna H
InvitéPlutôt les Stooges alors :
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Juliette
InvitéBon alors moi et lui on avait pensé à ça en premier:
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The Idiot
InvitéEn tout cas moi je vote pour NOFX.
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The Idiot
InvitéSo what so what so what !
C’est trop bon.-
Barthelby
InvitéTeen Guy,
Tu as bien fait de créer une section partage de poèmes. Ce sont des punks, ils ne respectent rien ni personne mais ils sont gentils.
En revanche, lorsqu’ils finiront par créer leur section punk rock, tu peux compter sur moi pour aller leur proposer du Lamartine et du Claudel.-
TeenGuy
InvitéAhah, par contre des punks qui ne citent pas The Damned ça pique un peu plus. Sinon sur le prochain sujet punk on peut mettre des poésies du premier punk aka François Villon avec sa Ballade des pendus
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The Idiot
InvitéOn pourra citer les plus grands groupes du monde, François ne nous donnera quand même pas la réponse. Oui je suis frustrée, je voulais savoir.
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TeenGuy
InvitéMais a-t-il lui même la réponse ? Toi tu pourrais élire ta chanson préférée ?
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The Idiot
InvitéNon. À peine en aurais-je choisi une qu’une autre me viendrait à l’esprit.
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François Bégaudeau
Maître des cléson brûle
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Barthelby
InvitéEt voilà pour toi un sonnet de Charles Cros.
Dans la clairière
Pour plus d’agilité, pour le loyal duel,
Les témoins ont jugé, qu’elles se battraient nues.
Les causes du combat resteront inconnues.
Les deux ont dit : Motif tout individuel.La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel ;
Le sang rougit ses seins blancs et ses lèvres charnues.
La brune a le corps d’ambre et des formes ténues ;
Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.Cette haie où l’on a jeté chemise et robe,
Ce corps qui tour à tour s’avance ou se dérobe,
Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,
Tout paraît amuser ce jeune homme à l’œil doux
Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.-
Barthelby
InvitéDésolé, il a subi une compression typographique. Le développeur doit préférer la poésie en prose.
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Leo Landru
InvitéComment devenir un grand écrivain
Charles Bukowskivous devez baiser le maximum de femmes
de belles femmes et écrire
le minimum de poèmes d’amour courtois.et ne vous préoccupez pas de leur âge
et/ou des questions de talents.simplement buvez de la bière
de plus en pluset allez aux courses au moins une fois
par semaineet gagnez
si possibleapprendre à gagner n’est pas à la portée
de tous-n’importe quel plouc
peut devenir un excellent perdant.et n’oubliez pas ce cher Brahms
et ce cher Bach et cette chère
bièremais pas de forcing
dormez jusqu’à midi
évitez les cartes de crédits
et aussi de payer
cash.rappelez-vous qu’il n’y a pas un cul
dans ce vaste monde qui ne vaille plus
de 50$ (en 1977).et si vous avez envie d’aimer
aimez-vous d’abord
mais en gardant
toujours à l’esprit la possibilité
d’une défaite complète
quelle qu’en soit la raison
fondée ou non-
un avant-goût de la mort n’est pas
nécessairement une mauvaise chose.ne mettez pas les pieds dans les églises
les bars et les musées et telle l’araignée
soyez patients-le temps est notre croix à tous
avec
l’exil
la défaite
la trahisontoutes ces saletés.
restez en tête à tête avec la bière.
chaque bière est comme du sang nouveau.
comme une maîtresse éternelle.
prenez une grosse machine à écrire
et comme si vous ne faisiez que
marcher et remarcherattaquez-la
attaquez-la durementcomme si vous disputiez un combat de
poids lourdscomme le taureau quand il charge
et rappelez-vous les vieux chiens
qui se battirent si bien :
Hemingway, Céline, Dostoïevski, Hamsun.et si vous croyez qu’ils ne sont pas
devenus fous
dans leur trou
comme vous êtes en train de le devenirsans femmes
sans nourriture
sans espoiralors vous n’ êtes pas encore mûr.
buvez encore plus de bière.
vous avez le temps.
et si ce n’est pas le cas
ce serait tout aussi
bien.-
Malice
Invité« Restez en tête à tête avec la bière »
quel vers magnifique
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Juliette
InvitéAlors ça ne peut être que ce chef-d’oeuvre:
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Plume C
InvitéOu celui-ci : https://youtu.be/WC2pUVV15Vc
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Juliette
InvitéOh oui ça met tellement en joie !
Merci pour les poèmes les autres, on les lit même si on n’en dit rien parfois. J’adore cette nouvelle rubrique.
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SoR
InvitéIdem, je ne le mets pas à chaque fois pour ne pas énerver mais merci pour les trouvailles
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François Bégaudeau
Maître des clésça pourrait oui
allez
l’histoire du monde en 1’48-
Ostros
InvitéJ’ai bien fait de ne pas jouer. Je pensais que Oh Nina était au-dessus de tout et pour toujours. Voilà que je commence à douter de ma culture begaudienne. Va falloir que je me remette sérieusement à potasser.
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The Idiot
InvitéKim n’est heureusement pas très loin :
J’étais curieuse de savoir quel morceau de Punk in Drublic était ton préféré François. Eh bien Fleas aurait été le dernier auquel j’aurais pensé.
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Ostros
InvitéMerci, j’aime beaucoup Lori Meyers
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François Bégaudeau
Maître des clésoui mais celui là est hors concours
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Malice
InvitéPoème de La Boétie
( elle a bien raison Marcela Iacub, aimer tue)N’ayez plus, mes amis, n’ayez plus cette envie
Que je cesse d’aimer ; laissez-moi, obstiné.
Vivre et mourir ainsi puisqu’il est ordonné ;
Mon amour, c’est le fil auquel se tient ma vie.
Ainsi me dit la Fée ; ainsi en Œagrie
Elle fit Méléagre à l’amour destiné.
Et alluma sa souche à l’heure qu’il fut né,
Et dit : « Toi, et ce feu, tenez-vous compagnie. »
Elle le dit ainsi, et la fin ordonnée
Suivit assez le fil de cette destinée.
La souche, ce dit-on, au feu fut consumée.
Et dès lors (grand miracle !) en un même moment
On vit, tout à un coup, du misérable amant
La vie et le tison s’en aller en fumée. -
Cédric
InvitéJuliette tu brûles brûles je crois
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Leo Landru
InvitéRenoncer à toute richesse
Max JacobCe soir-là mes œuvres futures craquaient au soleil de l’amour
c’est de
Gabrielle ma sœur que j’espère la délivrance.Toutes les vertus m’attendaient le long du trottoir des gares
elles m’attendent à s’en maigrir
elles m’attendent en silence.Prenons garde aux pièges d’Ares
les trains ne mènent nulle part.Jardins jumeaux au tire-ligne
s’ils étaient ma propriété
justes jardins comme une épure
je viendrais si j’en étais digne
je viendrais y passer l’été.Routes ne me sont que déroutes
et je ne tiens pas aux cigares
âme hélas si lasse lasse
des fourrures qui la matelassent
et des fourches de l’habit noir
de tant et tant d’amis il ne reste que toi
éternel shampooing de la
Lune.Conservez-moi l’orgueil des jeunesses lacustres
qui cueillent des moissons sur les pavés de bois
je veux écouter les marteaux de cet outil blanc la prière.Je veux — ventes à longs crédits —
combiner une meurtrière
dans le cristal du
Paradis.-
François Bégaudeau
Maître des clésConservez-moi l’orgueil des jeunesses lacustres
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François Bégaudeau
Maître des clésDésolé de te décevoir The idiot.
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The Idiot
InvitéNon ce n’est pas ce que je voulais dire. J’aime beaucoup Fleas. Ce n’est pas la plus évidente de l’album par rapport à Linoleum par exemple. Tu m’as surprise, pas déçue.
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François Bégaudeau
Maître des clésil n’y a pratiquement que des grands titres dans cet album, dont chacun sait qu’il est le meilleur de tous les temps
je dirai un jour pourquoi celle ci se distingue quand même-
The Idiot
InvitéCompte sur moi pour te le rappeler, j’aimerais bien savoir.
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Claire N
InvitéRoque Dalton
Comme toi,
j’aime l’amour, la vie, le doux enchantement
des choses, le paysage
céleste des jours de janvier.Aussi, mon sang bout
et mes yeux rient
qui ont connu le jaillissement des larmes.Je crois que le monde est beau,
que la poésie est comme le pain, pour tous.Et que mes veines ne finissent pas en moi
mais dans le sang unanime
de ceux qui luttent pour la vie,
l’amour,
les choses,
le paysage et le pain,
la poésie pour tous.Mais je préfère le dernier vers en espagnol
la poesía de todos.
Parce que ça me fait penser à la poésie « de « tous -
Ostros
InvitéLongtemps j’ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. Aux confins de ma mémoire, un train de banlieue passe, comme dans un film. La mémoire et les films se remplissent d’objets qu’on ne pourra plus jamais appréhender.
Longuement j’ai habité ce quartier de Courbevoie. Les bombes démolirent les vieilles maisons, mais l’église épargnée fut ainsi dégagée. Je troque une victime contre ces pierres consacrées ; c’était un camarade d’école ; nous chantions dans la classe proche : « Mourir pour la patrie », « Un jour de gloire vaut cent ans de vie ».
Les cartes de géographie Vidal de Lablache éveillaient le désir des voyages lointains, mais entretenaient surtout leur illusion au sein même de nos paysages pauvres.
Un regard encore pur peut lire sans amertume ici où le mâchefer la poussière et la rouille sont comme un affleurement des couches géologiques profondes.
Palais, Palace, Eden, Magic, Lux, Kursaal… La plus belle nuit de la semaine naissait le jeudi après-midi. Entassés au premier rang, les meilleures places, les garçons et les filles acquittent pour quelques sous un règne de deux heures.
Parce que les donjons des Grands Moulins de Pantin sont un « Burg » dessiné par Hugo, le verre commun entassé au bord du canal de l’Ourcq scintille mieux que les pierreries.
A quinze ans, ce n’est rien de dépasser à vélo un trotteur à l’entraînement. Le vent d’hiver coupait le polygone du Bois de Vincennes ; moins sévère que le vent de l’hiver à venir qui verrait les Panzers répéter sur le terrain.
Promenades, premiers flirts au bord de la Marne, ombres sombres et bals muets, pas de danse pour les filles, les guinguettes fermeraient leurs volets. Les baignades de la Marne, Eldorado d’hier, vieillies, muettes et rares dorment devant la boue.
Soudain les rues sont lentes et silencieuses. Où seront les guinguettes, les fritures de Suresnes ? Paris ne s’accordera plus aux airs d’accordéon.
La banlieue entière s’est figée dans le décor préféré du film français. A Montreuil, le studio de Méliès est démoli. Ainsi merveilles et plaisirs s’en vont, sans bruit
« La banlieue triste qui s’ennuie, défile grise sous la pluie » chantait Piaf. La banlieue triste qui s’ennuie, défile grise sous la pluie. L’ennui est le principal agent d’érosion des paysages pauvres. Les châteaux de l’enfance s’éloignent, des adultes reviennent dans la cour de leur école, comme à la récréation, puis des trains les emportent.
La banlieue grandit pour se morceler en petits terrains. La grande banlieue est la terre élue du p’tit pavillon. C’est la folie des p’titesses. Ma p’tite maison, mon p’tit jardin, mon p’tit boulot, une bonne p’tite vie bien tranquille.
Vie passée à attendre la paye. Vie pesée en heures de travail. Vie riche en heures supplémentaires. Vie pensée en termes d’assistance, de sécurité, de retraite, d’assurance. Vivants qui achètent tout au prix de détail et qui se vendent, eux, au prix de gros.
On vit dans la cuisine, c’est la plus petite pièce. En dehors des festivités, la salle à manger n’ouvre ses portes qu’aux heures du ménage. C’est la plus grande pièce : on y garde précieusement les choses précieuses.
Vies dont le futur a déjà un passé et le présent un éternel goût d’attente.
Le pavillon de banlieue peut être une expression mineure du manque d’hospitalité et de générosité du Français. Menacé il disparaîtra.
Pour être sourde la lutte n’en est pas pour autant silencieuse. Les téméraires construisent jusqu’aux avants-postes. L’agglomération parisienne est la plus pauvre du monde en espaces verts. Cependant la destruction systématique des parcs anciens n’est pas achevée. Massacre au gré des spéculations qui sert la mode de la résidence de faux luxe, cautionnée par des arbres centenaires.
Voici venu le temps des casernes civiles. Univers concentrationnaire payable à tempérament. Urbanisme pensé en termes de voirie. Matériaux pauvres dégradés avant la fin des travaux.
Le paysage étant généralement ingrat. On va jusqu’à supprimer les fenêtres puisqu’il n’y a rien à voir.
Les entrepreneurs entretiennent la nostalgie des travaux effectués pour le compte de l’organisation Todt.
Parachèvement de la ségrégation des classes. Introduction de la ségrégation des âges : parents de même âge ayant le même nombre d’enfants du même âge. On ne choisit pas, on est choisi.
Enfants sages comme des images que les éducateurs désirent. Jeux troubles dans les caves démesurées. Contraintes des jeux préfabriqués ou évasion ? Quels seront leurs souvenirs ?
Le bonheur sera décidé dans les bureaux d’études. La ceinture rouge sera peinte en rose. Qui répète aujourd’hui du peuple français qu’il est indiscipliné. Toute une classe conditionnée de copropriétaires est prête à la relève. Classe qui fait les bonnes élections. Culture en toc dans construction en toc. De plus en plus la publicité prévaut contre la réalité.
Ils existent à trois kilomètres des Champs-Élysées. Constructions légères de planches et de cartons goudronnés qui s’enflamment très facilement. Des ustensiles à pétrole servent à la cuisine et à l’éclairage.
– Nombre de microbes respirés dans un mètre cube d’air par une vendeuse de grands magasins : 4 millions
– Nombre de frappes tapées dans une année par une dactylo : 15 millions
– Déficit en terrain de jeux, en terrain de sport : 75%
– Déficit en jardin d’enfant : 99%
– Nombre de lycées dans les communes de la Seine : 9. Dans Paris : 29
– Fils d’ouvriers à l’Université : 3%. A l’Université de Paris : 1,5%
– Fils d’ouvriers à l’école de médecine : 0,9%.
– A la Faculté de lettres : 0,2%
– Théâtre en-dehors de Paris : 0. Salle de concert : 0
La moitié de l’année, les heures de liberté sont dans la nuit. Mais tous les matins, c’est la hantise du retard.
Départ à la nuit noire. Course jusqu’à la station. Trajet aveugle et chaotique au sein d’une foule serrée et moite. Plongée dans le métro tiède. Interminable couloir de correspondance. Portillon automatique. Entassement dans les wagons surchargés. Second trajet en autobus. Le travail est une délivrance. Le soir, on remet ça : deux heures, trois heures, quatre heures de trajet chaque jour. Cette eau grise ne remue que les matins et les soirs. Le gros de la troupe au front du travail, l’arrière tient. Le pays à ses heures de marée basse.
L’autobus, millionnaire en kilomètres, et le travailleur, millionnaire en geste de travail, se sont séparés une dernière fois, un soir, si discrètement qu’ils n’y ont pas pris garde.
D’un côté les vieux autobus à plate-forme n’ont pas le droit à la retraite, l’administration les revend, ils doivent recommencer une carrière.
De l’autre, les vieux travailleurs. Vieillesse qui doit, dans l’esprit de chaque salarié, indubitablement survenir. Vieillesse comme récompense, comme marché que chacun considère avoir passé. Ils ont payé pour ça. Payé pour être vieux. Le seul âge où l’on vous fout la paix. Mais quelle paix ? Le repos à neuf mille francs par mois. L’isolement dans les vieux quartiers. L’asile. Ils attendent l’heure lointaine qui revient du pays de leur enfance, l’heure où les bêtes rentrent. Collines gagnées par l’ombre. Aboiement des chiens. Odeur du bétail. Une voix connue très lointaine… Non. Ils pourraient tendre la main et palper la page du livre, le livre de leur première lecture.
Les squares n’ont pas remplacé les paysages de L’Ile de France qui venaient, hier encore, jusqu’à Paris, à la rencontre des peintres.
Le voyageur pressé ignore les banlieues. Ces rues plus offertes aux barricades qu’aux défilés gardent au plus secret des beautés impénétrables. Seul celui qui eût pu les dire se tait. Personne ne lui a appris à les lire. Enfant doué que l’adolescence trouve cloué et morne, définitivement. Il n’a pas fait bon de rester là, emprisonné, après y être né. Quelques kilomètres de trop à l’écart.
Des années et des années d’hôtels, de « garnis ». Des entassements à dix dans la même chambre. Des coups donnés, des coups reçus. Des oreilles fermées aux cris. Et la fin du travail à l’heure où ferment les musées. Aucune promotion, aucun plan, aucune dépense ne permettra la cautérisation. Il ne doit rien rester pour perpétrer la misère. La leçon des ténèbres n’est jamais inscrite au flanc des monuments.
La main de la gloire qui ordonne et dirige, elle aussi peut implorer. Un simple changement d’angle y suffit.
Maurice Pialat. L’Amour existe (1960).-
Claire N
InvitéMerci
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Ostros
InvitéTiens, si tu ne l’as pas vu (ou pour le plaisir de revoir) :
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Claire N
InvitéOui, il existe
Et je vais devoir paraphraser Cabrel
L’amour est partout où il pose le regard
Je n’ai pas encore réussie à savoir comment
Il s’y prend, mais je pense qu’il sait ce qu’il
Fait. -
Graindorge
InvitéDit du pérégrin
Je ne sais pas
Disait la voix.
Je sais que c’est la nuit,
Que rien ne me réclame,
Que j’envie les damnés.
On s’en occupe,
Au moins.
Ce n’est pas lui
Qui aurait rencontré
La biche fatiguée,
Assoiffée, camarade.
Il arrache un peu de ciel,
Il arrache du nuage.
Tout en marchant,
Il les malaxe
Et il fredonne la bouillie.Un brin d’herbe,
Après tout,
Ça fait assez superbe
Pour un grand rendez-vous.En marchant dans la nuit
Il est forcé de croire
Qu’il finira toujours,
N’importe où il se trouve,
Par tomber sur les quais d’un port
Où les bateaux sont épargnés.Il ne pense pas au port
Pour le voyage, le départ,
La grande mer.
Il rêve au port
Pour bien sentir la terre,
Pour s’accrocher à elle.Ce qui lui manquait
Dans ses va-et-vient,
C’étaient, en bien des lieux,
Des fruits à hauteur d’homme
Qu’il n’y a qu’à cueillir.Pas une étoile
Qu’il pourrait
Arracher à la nuit.
Pas une.
Il voyait la nuit
Pleine de masses d’eau
Confuses, menaçant
De s’entre-dévorer,
Un peu pareilles
A des huiles de vidange,
Et il se voyait, lui,
Obligé de marcher
Sur une passerelle
Sans rampe
Et qui tanguait.Aucun coucou
Ne l’accompagna
Quand il allait
Seul dans le noir
Vers le printemps
A ramener.Il y a pourtant des chemins,
Un peu partout quelque chemin,
Pourquoi pas pour lui?
Pourquoi toujours ce sol
De mare ou de lise?C’est entendu :
On n’arrivera pas.
Mais qu’on puisse au moins
N’avoir plus à marcher,
N’avoir plus à chercher,
Pas plus dans les prairies,
Dans les marécages,
Pas plus dans les landes,
Dans les places des villages,
Que dans les autodromesA l’intérieur des roses.
Encore s’il avait pu
Parfois s’arrêter dans un mot,
S’y reposer un peu de temps.
Mais ils étaient tous
Dans le tremblement.
Partout où il passait,
Devait passer,
Croyait passer,
Il lui semblait
S’être enfoncé déjà.
La mémoire non plus
N’était pas amie.
Il y eut sur lui
Comme des souffles de bêtes,
Assez chauds et poisseux,
Mais jamais il ne put
Toucher le corps velu.
C’était peut-être
Le souffle de la terre.
Déjà bien assez
D’avoir toujours
Plus ou moins mal.
Faut-il encore
En avoir honte —
Et à ce point?
Est-ce qu’il a
Demandé l’aumône?
Il a parfois
Partagé des lits.Aucun aparté
N’était donc définitif,
Tout à l’heure
Elle ne sera plus là
Et il aura faim
A manger sa soif.Il y en a
Qui, paraît-il,
Ont vu des signes
Sur l’horizon.
Ils savaient lire.
Jamais
Il n’a cru Être le seul pestiféré.
Les non-pestiférés
Peut-être d’ailleurs
Qu’on les parquait.
C’est pour leur sauvegarde
Que les autres
Avaient l’errance.Ceux qui sont enracinés
Et qui s’en plaignent
N’ont plus, c’est vrai,
A se raconter
Qu’à des espèces
De choses bigotes,
Agenouillées
Entre des pierres
Ou gisant debout.Présent!
A quoi n’avait-il pas
Répondu :
Présent?
Et puis, quoi?
C’est aux nuages
Qu’il aurait voulu s’accrocher.
Pour une fois tâter
De la hauteur.
Cette boulimie qu’il avait
D’immobilité.
Ce rêve
De stabiliser
L’immobilité.
Même les rocs
N’étaient pas sûrs.
Jamais la mer
Ne venait se mêler
A ses bagarres.
Jamais la mer
N’avait besoin de lui.
Mais les autres, c’était
Pour quoi?
L’aurore boréale
Qu’il macula
De ses sarcasmes,
Elle qui ne servait à rien
Qu’à le montrer à tous
Escaladant la roche,
Dégringolant
Dans l’eau croupie.
Il n’a pas souvenir
D’avoir lui-même
Mutilé ces gens, ceux-là
Qui crient et gesticulent
Au long de son chemin.
Le plus terrible
Ce fut
Cet œil de chat
Qui regardait
A travers lui
Approcher leur avenir.
A qui s’en prendre?
C’était assez d’avoir
A gouverner ses pas.
Ce bonheur flagrant
Des feuilles et des fleurs
Qui résistait à son passage.
Probablement
C’était son lot
D’être expulsé
Comme la graine du genêt.
Toujours ce battement
Pour rythmer les absences.
Comme si l’univers
Était une horloge
Et la terre un pendule.
Ah oui ! le soleil !
C’est vrai
Qu’il y a quelque part
Le soleil.
Pour se voir pris, repris
Par le vertige,
Il n’avait pas besoin
De monter bien haut.
Même pas
De monter du tout.
Un marais salant,
C’était assez.
Un talus.Cette chose
Qu’il arrachait,
Il avait beau
La densifier
Avec du lui-même,
Essayer d’en faire
Des béquilles
D’ouate et d’acier,
Ça ne l’empêchait pas
De patauger
Dans une espèce de boue
Pétrie avec ses cris.
Parfois,
Les cloches.
Venues de partout.
Pour quel glas?
Il n’a jamais
Envisagé de reculer.
Il a toujours pesé,
Poussé, il s’est arqué
Pour avancer.
A preuve,
Cette boue sur lui.
A preuve,
L’usure de ses habits
Aux points de frottement.Mais oui, bien sûr,
Que parfois
Il s’est réveillé
Sur le bord d’un pré
Qui entonnait le jour
Par les pâquerettes.
Il aurait voulu
Y lire aussi
La bonne augure.
Ce qui lui plaisait
Assez fréquemment
C’était de se vivre
Écorce de chêne
Le temps d’un sommeil.
Il ne sait plus
Où se trouve la rue
Qui monte et donne
Sur le gouffre
Où s’étale
Une partie de la ville,
Très bas, où les corbeaux
Ne descendent pas.
Pas peur des puits :
Il y a les margelles.
Pas peur des murs ni des arbres
On s’y cogne et on repart.
Pas peur de la mer :
On lui tourne le dos.
Pas peur des cimetières
On s’y assoit.
Pas peur des monstres :
On les badigeonne.
Peur de se perdre
Dans cette ouate
Hors des dictionnaires.
Merci, les chiens de garde,
Les vaches de bruine.
Merci, les buissons.
Merci, les bancs
Quand on les retrouve.
Merci, l’aurore —
Et cette main
Comme un sourire.
L’œil de bœuf
Dans la cathédrale,
Jaune et bleu
A travers l’ombre,
Celui-là
Le reconnaissait.
Une musaraigne
Lui a demandé
Le sacre.
Il le lui a donné
Au pied des ajoncs.
Il n’a jamais
Endossé de pourpre.
A d’autres, celle
Du couchant.
A l’aube,
Certains jours,
Il croyait avoir part
Au chant du rossignol.
Il n’aimait pas du tout,
Entrant dans des cités,
Étrenner sur des dalles
La boue de ses souliers.
Il ne s’assoit pas tellement
Dans l’ombre des cathédrales.
Il préfère les recoins
Où ne passent
Que les chiens et les mouches,
Où il a parfois pour lui
La gloire du pissenlit.
Le sourire de ses doigts
Était son sceptre.
Il lui arrivait
De le saluer. -
Graindorge
InvitéDit du pérégrin de Eugène GUILLEVIC
-
Claire N
Invité« Il n’aimait pas du tout,
Entrant dans des cités,
Étrenner sur des dalles
La boue de ses souliers. »
Ce passage me plaît particulièrement
Merci-
Claire N
InvitéC’est une forme de révolte
De salle gosse sauvage
Je kiffe
-
-
-
Leo Landru
InvitéTrop, Charles Bukowski
Brawdley était un brave type
aussi normal qu’une bouillotte
puis il
a pris des kilomètres au compteur
et commencé à avoir peur de
veillirà enfourner des vitamines comme des
cacahuètesquand j’ai été le voir
chez lui c’était plein de
fonteil soulevait de la fonte
et
à chacune de mes visites
je remarquais qu’il
devenait
plus gros et plus
bleu :une masse
métalliqueses yeux lui
rentraient
dans le
frontson sourire se
tordait
comme
un
élastiqueil huilait son
corps
et se regardait dans
les
glacesje ne savais plus
qui il
étaitil soulevait
soulevait et
soulevaitet se regardait
se regardait et
se regardaitil m’a dit :
tu devrais
t’y mettre, c’est
comme une
renaissance.à un de ces jours
je lui ai
dit.maintenant quand on me
demande : tu as vu
Brawdley
recemment ?je réponds :
pas vraimentet on passe
à des sujets
plus intéressantscomme
l’Hiver
Nucléaire. -
Alain m.
InvitéOù tout oiseau a l’audace d’aller,
Où l’Abeille joue sans gêne,
L’Étranger avant de frapper
Doit balayer les Larmes —Emily Dickinson.
-
The Idiot
InvitéC’est très beau, j’aime beaucoup Emily Dickinson.
-
-
Leo Landru
InvitéIl me disait
Qu’un jour il partirait
Sur un bateau
Avec Marilyn Monroe
Avec Marlène Dietrich
Avec Greta Garbo
Qu’un jour il s’envolerait
A travers des palmiers
Avec Mary Poppins
Trouver chez les papous
L’épave du Titanic
Le trésors des incas
.
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
.
Il m’avait dit
Quand j’étais tout petit
Que l’avion s’écraserait
Quand il serait si près
A quelques pas d’fourmi
Des portes du paradis
Qu’un jour à Daytona
Il mourrait au volant
Rendant fous jaloux
Tous les américains
Mais je savais très bien
Qu’il était mongolien
.
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
.
Je l’ai traîné
Sur la place du marché
Et tout d’un coup
Je l’ai exécuté
Entre les yeux
A grand coup de marteau
Il a crié
Crié crié très fort
« Je suis stigmatisé
Les syndromes sur mon corps »
Il a crié
Et ensuite il est mort
.
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
J’ai tué mon père
Car il souffrait trop
.
Ludwig von 88, Sur la vie d’mon père-
François Bégaudeau
Maître des clésj’avais oublié
-
riviere
Invitéça me plaît beaucoup, merci Leo Landru.
-
-
Alain m.
InvitéMal du pays ! Tocard, ce mal
Démasqué il y a longtemps !
Il m’est parfaitement égal
Où me trouver parfaitementSeule, sur quels pavés je traîne,
Cabas au bras jusque chez moi,
Vers la maison, — plutôt caserne ! —
Qui ne sait pas qu’elle est à moi.Il m’est égal à qui paraître
Lion en cage, — devant quels gens,
Et de quel milieu humain être
Expulsée — immanquablement —En moi-même, dans l’isoloir
Du coeur. Mal vivre — qu’importe où,
Où — m’avilir, moi, ours polaire
Sans sa banquise, je m’en fous !Même ma langue maternelle
Aux sons lactés — je m’en défie.
Il m’est indifférent en quelle
Langue être incomprise et de qui!(Du lecteur, du glouton de tonnes
De presse, — abreuvoir de potins…)
Vingtième siècle, c’est ton homme !
Avant tout siècle — moi je vins!Bûche abandonnée sur les dalles
D’une allée, durcie de partout,
Tout m’est égal, les gens se valent,
Et peut-être par dessus tout —Égal : ce qui fut le plus cher.
De moi ont disparu d’un coup
Tous signes, dates et repères :
Une âme née on ne sait où.Mon pays a si peu pris garde
À moi que le plus fin limier,
Sur mon âme — de long en large,
Ne verra rien de familier !Temple ou maison : vide, personne…
Tout m’est égal, rien à parier.
Mais si sur le chemin buissonne
Un arbre, et si c’est — un sorbier…Marina Tsvetaïeva • Le mal du pays
-
SoR
InvitéJ’adore cette poétesse, très beau, merci !
-
-
Carpentier
InvitéLa montagne prend la parole
Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit
qui ose.
Je soufire de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs
difficiles
Où je ne puis offrir qu’une hospitalité accrochée,
Moi qui tends toujours vers la verticale
Et ne me nourris que de la sécheresse de l’azur.
Je vois les sapins qui s’efforcent, en pèlerinage
immobile, vers l’aridité de ma cime.
Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m’en
veuillez pas de mes arêtes hautaines!
J’ai la plus grande avidité de la mer, la grande
allongée toujours mouvante que les nuages
tentèrent de me révéler.
Sans répit j’y dépêche mes plus sensibles sources,
les vivaces, les savoureuses!
Elles ne me sont jamais revenues.
J’espère encore.Jules Supervielle
-
Graindorge
Invité« Même ma langue maternelle
Aux sons lactés — je m’en défie.
Il m’est indifférent en quelle
Langue être incomprise et de qui! »Merci, merci et merci Alain m. Je vous M
-
Alain m.
InvitéMais comme la patronne,
Nous ayant attablés,
Souriait, habile et bonne,—
Et les égards d’emblée
-
-
Graindorge
InvitéLes Contemplations – Livre III – Melancholia (extrait) – Victor HUGO
Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
Dans la même prison le même mouvement.
Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
« Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
Et qui ferait — c’est là son fruit le plus certain —
D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
Qui produit la richesse en créant la misère,
Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »
Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
Une âme à la machine et la retire à l’homme !
Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux,
Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux ! -
Ostros
InvitéÔ merveille qu’on puisse faire présent de ce qu’on ne possède pas soi-même
Ô miracle de nos mains videsJournal d’un curé de campagne, Bresson, 1951.
-
Claire N
InvitéJ’adore
-
SoR
InvitéBernanos?
-
Ostros
InvitéOui. Un peu raboté par Bresson.
-
The Idiot
InvitéEn parlant de Bresson… J’ai enfin pu voir trois films de lui sur youtube. Ce qui m’a aussi permis de comprendre les mots de François quand je lui avais écrit qu’il était patient. Il avait parlé d’âne, de prairie et de moutons. Ce qui à l’époque m’avait paru obscur. Au hasard Balthazar est l’un des plus beaux films que j’aie jamais vu.
-
-
-
-
François Bégaudeau
Maître des clésLire ça me ravit.
Z comme zèbre.
L’âne se fait zèbre puis redevient âne et s’en va mourir là haut dans la montagne, parmi les moutons.-
The Idiot
InvitéEt quel regard de l’âne. Si doux. J’ai aimé que la mère de Marie dise de lui qu’il est un saint.
J’ai aussi découvert cette façon monocorde de parler des personnages. Dans Les anges du péché et Mouchette, c’est moins flagrant. Dans Balthazar, comme il n’y a pas de fioritures dans le jeu des acteurs, je regardais et écoutais tout avec plus d’intensité.
-
-
Barthelby
InvitéVIEILLE CHANSON DU JEUNE TEMPS
Je ne songeais pas à Rose ;
Rose au bois vint avec moi ;
Nous parlions de quelque chose,
Mais je ne sais plus de quoi.J’étais froid comme les marbres ;
Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son œil semblait dire : « Après ? »La rosée offrait ses perles,
Les taillis ses parasols ;
J’allais ; j’écoutais les merles,
Et Rose les rossignols.Moi, seize ans, et l’air morose ;
Elle vingt ; ses yeux brillaient.
Les rossignols chantaient Rose
Et les merles me sifflaient.Rose, droite sur ses hanches,
Leva son beau bras tremblant
Pour prendre une mûre aux branches ;
Je ne vis pas son bras blanc.Une eau courait, fraîche et creuse
Sur les mousses de velours ;
Et la nature amoureuse
Dormait dans les grands bois sourds.Rose défit sa chaussure,
Et mit, d’un air ingénu,
Son petit pied dans l’eau pure ;
Je ne vis pas son pied nu.Je ne savais que lui dire ;
Je la suivais dans le bois,
La voyant parfois sourire
Et soupirer quelquefois.Je ne vis qu’elle était belle
Qu’en sortant des grands bois sourds.
« Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
Depuis, j’y pense toujours.Victor Hugo (Les Contemplations)
-
Barthelby
InvitéIl faut imaginer neuf quatrains. Désolé.
-
François Bégaudeau
Maître des clésj’ai toujours beaucoup aimé ce poème, mais toujours tiqué sur ce « Après? » où on sent le forçage pour rime
-
Barthelby
InvitéT’essaierais pas de me le bousiller, là? En me faisant entendre ce que je n’avais pas perçu. J’espère pouvoir te rendre la pareille un jour.
Pour l’instant je trouve encore que l’effraction du discours direct est intéressante. Est-ce qu’elle ne serait pas là pour elle-même étant donné que ç’est une rime pauvre ? Je vais même risquer une hypothèse : est-ce que ce n’est pas ça qui t’écorche les oreille d’un surmoi classique? Cela et le discours direct, bien sûr, que t’as jamais pu piffrer.-
Barthelby
Invitéqui écorche les oreilles de ton surmoi classique*
-
François Bégaudeau
Maître des clésmon surmoi classique est hypertrophié, tu as raison, mais en l’occurrence c’est pas le surgissement du discours direct en soi qui m’écorche, c’est con contenu. Ce « après? » ne veut à près rien dire non?
elle dirait « fromage? » que ça ne serait pas moins à propos
mais Vic ne cherchait pas une rime en -age-
Barthelby
InvitéPour moi « Après ? » sonne comme un défi. Elle lui demande s’il va enfin tenter quelque chose. Cela fonctionne. Vic avait probablement en tête quelque chose comme: « Tu vas faire quoi maintenant, petit puceau? »
-
Seldoon
InvitéJe le lis comme « Bon, tu regardes les arbres, mais après, c’est moi que tu vas regarder ? »
Plutôt impatience que défi. -
François Bégaudeau
Maître des clésJ’entends bien. Et j’entends bien ce « tu vas te bouger le cul, blaireau ? »
Je me dis juste que, deux syllabes oblige, un « Et donc? » aurait été plus indiqué. Mais va trouver une rime en -onc après ça.
Furonc?-
Leo Landru
Invité« Alors j’t’ai parlé
De la lutte des classes » -
Barthelby
InvitéJe demande l’arbitrage de Diego. À la rigueur de Billy ou de Hervé.
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Graindorge
InvitéVic???? Noooon! Ils zoz!!! Alors aussi Art’? Ou Rimb? Et pour Bernanos Berni? Le respésper Fra! Ou Arf…
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The Idiot
InvitéVous me faites rire.
Le pire c’est que maintenant on ne voit plus que cet après.
Le et donc est drôle :
« Je marchais à pas distraits ;
Je parlais des fleurs, des arbres ;
Son œil semblait dire : « Et donc ? » »
C’est beaucoup trop rentre-dedans pour une Rose.-
Claire N
InvitéPeut-être être que c’était le but
Qu’il « crève les yeux » ?
Cet « après »-
François Bégaudeau
Maître des clésEn effet Vic a bien réussi son coup, puisque deux siècles après on en parle.
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Graindorge
InvitéAnne sylvestre » Comment je m’appelle »
Si vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, vous me le direz
Si vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, je l’ai oublié
Vous me le direz, je l’ai oubliéQuand j’étais petite et que j’étais belle
On m’enrubannait de ces noms jolis
On m’appelait fleur, sucre ou bien dentelle
J’étais le soleil et j’étais la pluie
Quand je fus plus grande hélas à l’école
J’étais la couleur de mon tablier
On m’appelait garce, on m’appelait folle
J’étais quelques notes dans un cahierSi vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, vous me le direz
Si vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, je l’ai oublié
Vous me le direz, je l’ai oubliéQuand j’ai pris quinze ans, que s’ouvrit le monde
Je crus qu’on allait enfin me nommer
Mais j’étais la moche et j’étais la ronde
J’étais la pleurniche et la mal lunée
Quand alors j’aimai, quand je fus sourire
Quand je fus envol, quand je fus lilas
J’appris que j’étais ventre même pire
Que j’étais personne, que j’étais pasSi vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, vous me le direz
Si vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, je l’ai oublié
Vous me le direz, je l’ai oubliéQuand je fus berceau et puis biberonne
J’oubliais tout ça quand je fus rosier
Puis me réveillais un matin torchonne
J’étais marmitasse et pierre d’évier
J’étais ravaudière et j’étais routine
On m’appelait soupe, on m’appelait pas
J’étais paillasson, carreau de cuisine
Et j’étais l’entrave à mes propres pasSi vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, vous me le direz
Si vous le savez comment je m’appelle
Vous me le direz, je l’ai oublié
Vous me le direz, je l’ai oubliéPuis un jour, un jour du fond ma tombe
J’entendis des voix qui se rappelaient
Plaisirs et douleurs, souvenirs en trombe
Et j’étais vivante et on m’appelait
Peu importe alors l’état de la cage
Le temps qu’il faudra pour s’en évader
Je saurai quoi mettre en haut dans la marge
Pour recommencer mon nouveau cahier
Je sais maintenant comment je m’appelle
Je vous le dirai, je vous le dirai
Je sais maintenant comment je m’appelle
Et c’est pas demain que je l’oublierai
Et c’est pas demain que je l’oublierai
Et c’est pas demain que je l’oublierai-
Nastasja
InvitéJ’adore cette chanson mais pourquoi chante-t-elle « je l’ai z’oublié » ? C’est voulu ? Parce que cela sonne mieux ?
Merci de vos réponses.-
Claire N
InvitéSûrement ça chante mieux, après l’effet me semble plus profond quand à la nature de l’oublie
Quand on nomme encore un peu ce qu’on a oublié : l’ai/ quand on n’y a plus accès ?
-
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Alain m.
InvitéPrévenus de passé
Accusés d’avenir
Coupables de présence
Paul Valet• Apatrides -
Alain m.
InvitéLe père mourut dans la boue de
Champagne
Le fils mourut dans la crasse d’Espagne
Le petit s’obstinait à rester propre
Les Allemands en firent du savon
Paul Valet • Trois générations-
Leo Landru
InvitéViolent.
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Alain m.
InvitéCertes oui mais pas plus que l’époque
-
-
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Alain m.
InvitéJe fais souvent ce rêve étrange et familier
Où je marche d’un pas leste entre deux alignements d’arbres,
Les alignements sont sans fin et les fruits innombrables sur les branches,
Je n’ai qu’à cueillir, qui se l’interdirait?,
Je cueille, et chaque fruit appelle le suivant,
À peine croqué dans l’un je désire l’autre,
Je ne profite d’aucun,
Chaque fruit ne vaut qu’en tant qu’il en annonce un autre,
Et ainsi j’avance indéfiniment
Et ne goûte à rien,
Je voudrais m’arrêter je ne le peux,
Toujours m’aimante le fruit d’après,
Je suis emporté,
Je glisse indéfiniment,
C’est un cauchemar.
François Bégaudeau • -
The Idiot
InvitéUn hydrolat lacrymal lave
Les cieux vert-chou
Sous l’arbre tendronnier qui bave,
Vos caoutchoucs
.
Blancs de lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !
.
Nous nous aimions à cette époque,
Bleu laideron !
On mangeait des oeufs à la coque
Et du mouron !
.
Un soir, tu me sacras poète,
Blond laideron :
Descends ici, que je te fouette
En mon giron ;
.
J’ai dégueulé ta bandoline,
Noir laideron ;
Tu couperais ma mandoline
Au fil du front.
.
Pouah ! mes salives desséchées,
Roux laideron,
Infectent encor les tranchées
De ton sein rond !
.
Ô mes petites amoureuses,
Que je vous hais !
Plaquez de fouffes douloureuses
Vos tétons laids !
.
Piétinez mes vieilles terrines
De sentiment ;
– Hop donc ! soyez-moi ballerines
Pour un moment !
.
Vos omoplates se déboîtent,
Ô mes amours !
Une étoile à vos reins qui boitent
Tournez vos tours !
.
Et c’est pourtant pour ces éclanches
Que j’ai rimé !
Je voudrais vous casser les hanches
D’avoir aimé !
.
Fade amas d’étoiles ratées,
Comblez les coins !
– Vous crèverez en Dieu, bâtées
D’ignobles soins !
.
Sous les lunes particulières
Aux pialats ronds,
Entrechoquez vos genouillères,
Mes laiderons !-
The Idiot
InvitéRimbaud
-
Alain m.
InvitéSuperbe !
-
-
SoR
InvitéC’est violent, comme c’est beau, c’est une de mes préférées de lui merci
-
-
Graindorge
InvitéLéopold Sédar SENGHOR
Cher frère blanc,
Quand je suis né, j’étais noir,
Quand j’ai grandi, j’étais noir,
Quand je suis au soleil, je suis noir,
Quand je suis malade, je suis noir,
Quand je mourrai, je serai noir.Tandis que toi, homme blanc,
Quand tu es né, tu étais rose,
Quand tu as grandi, tu étais blanc,
Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
Quand tu as froid, tu es bleu,
Quand tu as peur, tu es vert,
Quand tu es malade, tu es jaune,
Quand tu mourras, tu seras gris.Alors, de nous deux,
Qui est l’homme de couleur ?-
SoR
InvitéPas mal! Merci beaucoup !
-
Leo Landru
InvitéSenghor n’a jamais écrit ça.
C’est Aimé Césaire qui a posté ce poème dans le groupe Facebook « Neurchi de boomers ».
-
-
François Bégaudeau
Maître des clésJe ne sais pas si c’est rendre service à la cause antiraciste, à la poésie, à Senghor, que de saluer ce poème.
-
SoR
InvitéFrançois, pourquoi dis tu ça? je ne crois pas que ce soit un faux, j’ai un vague souvenir de ce poème, de l’avoir entendu ou lu plus jeune, et je crois que c’est bien de lui, je trouve ça assez amusant au contraire, je ne le trouve pas méchant, c’est léger et un peu ironique.
-
-
Graindorge
InvitéJe l’ai trouvé sur internet. Signé Senghor. À vérifier donc.
Pas de quoi en faire un fromage. Je n’adhère à aucune cause. Que papa m’en préserve d’adhérer à quoi que ce soit. J’ai trouvé ce poème rigolo, écrit avec l’humour africain que je connais très très très bien-
Graindorge
InvitéIncomparable au charme infini de l’humour begaudien. De toutes façons le sujet c’est « partagez des poèmes » Là, on est donc hors-sujet. Eh oui, je botte en touche ne vous arrivant pas à la cheville: vous êtes trop armé et je ne livre bataille qu’à armes égales. Sinon je prends mes gambas à mon cou… et je cours très vite
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François Bégaudeau
Maître des clésle fameux humour africain
à conjoindre avec le rythme africain, le sourire africain, la dette africaine
charmes infinis de l’Afrique -
Leo Landru
InvitéOn reste dans le thème avec ces paroles de Casey. Je partagerais bien la musique si je savais me servir de la technologie adéquate.
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Chez moi
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Connais-tu le chardon, la chabine
Le coulis, la peau chapée, la grosse babine
La tête grainée qu’on adoucit à la vaseline
Et le créole et son mélange de mélanine
Connais-tu le morne et la ravine
Le béké qui très souvent tient les usines
La maquerelle qui passe son temps chez la voisine
Et le crack et ses déchets de cocaïne
Connais-tu le Mont-Pelé et la savane
Les pêcheurs du Carbet, les poissons de Tartane
Et les touristes aux seins nus à la plage des Salines
Pendant que la crise de la banane s’enracine
Connais-tu Frantz Fanon, Aimé Césaire
Eugène Mona et Ti Emile
Sais-tu que mes cousins se foutent des bains d’mer
Et que les cocotiers ne cachent rien d’la misère
.
Chez moi, j’y vais par période
C’est une toute petite partie du globe
Tu verra du Magra sur les draps, les robes
Et puis sur la table, du crabe, du shrob
.
Sais-tu qu’on soigne tout avec le rhum :
La tristesse, les coupures et les angines
Que l’Afrique de l’Ouest et l’Inde sont nos origines
Que l’on mange riz et curry comme tu l’imagines
Sais-tu que chez moi aux Antilles
C’est la grand-mère et la mère le chef de famille
Que les pères s’éparpillent et que les jeunes filles
Elèvent seules leurs gosses, les nourrissent et les habillent
Sais-tu qu’on n’écoute pas David Martial
La Compagnie Créole et « c’est bon pour le moral »
Et que les belles doudous ne sont pas à la cuisine
A se trémousser sur un tube de Zouk’ Machine
Sais-tu que là-bas les p’tits garçons
Jusqu’à 4 ans doivent garder les cheveux longs
Et sais-tu aussi que mon prénom et mon nom
Sont les restes du colon britannique et breton
.
Chez moi, j’y vais par période
C’est une toute petite partie du globe
Tu verra du Magra sur les draps, les robes
Et puis sur la table, du crabe, du shrob
.
Sais-tu qu’on prie avec la Bible
Fêtent le carnaval comme toute la Caraïbe
Que nos piments sont redoutables
Nos anciens portent des noms du sexe opposé pour éloigner le Diable
Sais-tu que chez nous c’est en blanc
Et au son des tambours qu’on va aux enterrements
Et qu’une fois par an, cyclones et grands vents
Emportent cases en tôle, poules et vêtements
Sais-tu comme enfants et femmes
Labouraient les champs et puis coupaient la canne
Sais-tu que tous étaient victimes
Esclaves ou neg’ marrons privés de liberté et vie intime
Sais-tu que notre folklore ne parle que de cris
De douleurs, de chaînes et de zombies
Mais putain, sais-tu encore aujourd’hui
Madinina : l’île aux fleurs est une colonie.-
SoR
InvitéSublime chanson, j’adore cette rappeuse merci Léo !
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SoR
InvitéJ’avais déjà envoyé la musique sur l’ancien Forum on en avait parlé, mais la réception avait été un peu mitigée malheureusement, je la trouve incroyable, sa poésie est forte, elle me surprend à chaque fois.
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Leo Landru
InvitéMoi aussi je suis fan. On est au moins deux ici. La résistance s’organise.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Que l’on mange riz et curry comme tu l’imagines »
Pourquoi ce vers?« Fêtent le carnaval comme toute la Caraïbe
Que nos piments sont redoutables »
même question-
Leo Landru
InvitéPour le coup, je crois que seule une écoute musicale permet d’entendre ces morceaux de textes propres à Casey et à son style mi-provocatrice mi-désabusée. Objectivement, à l’écrit, ce ne sont en effet pas les meilleures rimes de la chanson.
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SoR
InvitéJustement François, j’adore cette rime car ça nous renvoie à un cliché on y croit : on croit qu’elle va encore le déconstruire comme tous les autres et là non c’est le seul qui va, mais c’est celui qui nous rapproche le plus d’eux dans notre quotidien, le plus banal et le moins significatif. Nos piments redoutables ça va dans le sens mon pays n’est pas un pays édulcoré comme on imagine la gentille nature de carte postale, d’ailleurs après elle parle du diable, j’adore.
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SoR
InvitéEt oui tu as raison Léo, une chanson c’est dans son entier (musique, voix, rythme) qu’elle peut donner toute sa force et son sens, sa beauté. (Mais ici le texte se suffit quand même à lui-même car Casey est une des rares qui pour moi sait manier si bien les mots et étonner par ses chutes). L’autre c’est Vîrus, il m’a fait connaître des textes de Jehan Rictus (19e) sur lesquels je serais passée à côté sans sa voix et sa musique, maintenant je les apprécie par moi même mais il m’a révélée leur beauté et le rythme que les vers avaient, il m’a bluffée et je regrette de n’avoir pas vu plus tôt à quel point il y avait de la beauté dans ces textes.
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SoR
Invitéje parle du riz pour le 1er
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Leo Landru
InvitéDe rien du tout. Est-ce que tu as écouté l’album Gangrène du groupe Ausgang dans lequel elle chante ? Je tente un lien.
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SoR
InvitéOui il m’a plu! j’aime bien aussi « Chuck Berry » de cet album
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SoR
InvitéEt allez je ne peux pas m’en empêcher, j’aime beaucoup celle-là dans la même veine de retournement par Senghor plus haut : https://www.youtube.com/watch?v=Fa7nN1YXQv0&ab_channel=CASEYAnfalsh
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Graindorge
InvitéMerci, merci et merci Leo Landru! Je n’ai pas eu besoin de la musique: j’ai lu ce beau poème à haute voix à mon frère qui dit » ce poème a une très grande force. J’ai lu l’histoire des peuples guadeloupéens et martiniquais. J’ai lu des publications communistes marxistes leninistes de ces nations et astour, avec ce poème, je le comprends et je le vis au plus profond de mon être. Prolétaires, peuples et nations opprimés, unissons-nous. »
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Graindorge
InvitéJ’aime pas le rap.
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Graindorge
Invitéle chant du désert. Claude Nougaro
Dans le désert du papier blanc
Mes vieux chameaux de mots naviguent
Croisant parfois les ossements
D’un poème mort de fatigue
J’ai soif
Bédouin brûlé par l’aveuglant
Néon d’un néant, sèche douche
Je marche, marche, m’ensablant
Un bâillon d’encre sur la bouche
J’ai soif
Il est des bouches oasis
Tout enchantées de phrases fraîches
La mienne suce le supplice
D’une langue qui se dessèche
Pourquoi me suis je, ah là là
Aventuré parmi ces dunes?
Croyais je y rencontrer Allah,
Son burnous en bure de lune?
Il m’aurait dit: » Ta soif me plaît
Voici ma gourde d’eau mentale »
Alors j’eusse bu les couplets
D’une chanson fondamentale
Une chanson à l’infini
D’un souffle neuf brisant ces noces
Qui nous font naître dans un nid
Halluciné de becs féroces
Une chanson puisée ailleurs
Qu’à la litanie de nos plaintes
Mêlée aux hymnes fossoyeurs
Dans le poumon des guerres saintes
Une chanson calmant la soif
De nos soifs enfin inondées
Oui qu’une pluie enfin nous coiffe
D’une chevelure d’idées
Idées dictées pour en sortir
De nos mariages et leurs divorces,
De nos bourreaux et leurs martyrs,
De nos contrats et leurs entorses
De nos salam, salamalecs
Au sommet sec de nos puissances
Quand nos enfants claquent du bec
Dans la patrie de l’innocence
J’ai soif, soif
Et me voici là devant vous
Frères humains, but de ma course
Les doigts tendus comme des trous
Vers la lumière d’une source
J’ai soif
Source, chant source
Jaillis, jaillis, jaillis… -
Claire N
InvitéQuand éclata la guerre , j’avais
Quatorze ans et deux mois. Sur le moment
Ça ne me fit guère d’effet. Ma tête était
Toute pleine d’une autre chose, que maintenant encore
Je juge plus importante.je découvris
Les fleurs du mal, et cela voulait dire
La poésie, cette, mais
Il y a une autre chose, que je ne sais comment dire
Et qui est celle qui compte.La révolte ? Non
Ainsi disais -je alors.Étendu
Dans un noisetier, au cœur d’une rose
Aux feuilles flétries et très vertes,comme
Des peaux de chenille écorchée,la couché
A l’entre cuisse du monde, je m’épaississais
De révolte heureuse, tandis que le pays
Pétaradait de révolte et contre-
Revolté,je ne sais si dans le bonheur
Mais plus révolté que moi même.la vieExtrait de In Memoriam , Gabriel Ferrater
-
Claire N
InvitéLa suite :
Morale? C’en est proche mais ça devient ambigu
Peut-être le meilleur terme est il l’égoïsme-
Leo Landru
InvitéJ’aime assez.
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Claire N
InvitéOui
Je l’ai recopié en partie ( il est très long, un fleuve !)
Mais je suis un peu désolée j’avais
Scrupuleusement respecté les mises à la ligne
Et le cadre m’a obligé à couper le vers 4 et 8
Du coup c’est un peu raté
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SoR
InvitéMerci, je ne connaissais pas cet écrivain et pourtant apparemment c’est un grand nom de la poésie, j’aime beaucoup
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SoR
InvitéPoèmes russes.
(Lus et traduits par Markowicz + explication en tout début de ce qu’est la poésie russe) :
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Claire N
InvitéMerci Sor
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Alain m.
InvitéLa vie se tord les mains au-dessus du torrent
Et couvre la pauvreté de l’amalgame
Les haillons toujours changeant tirent du feu les marrons du luxe
André Breton. vers extrait d’un poème inachevé. -
Malice
InvitéPour bien fêter les valentins
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François Bégaudeau
Maître des clésun des très bons albums de HFT
j’aime beaucoup celle là, érotique à souhait -
Alain m.
InvitéLe cri d’un coq traîne par les rues vides, dans cette chaude après-midi de juin où il n’y a personne. Le silence, profond comme un grenier à blé abandonné, gorgé de chaleur et de poussière. Quel désœuvrement sous les voûtes basses de ces tilleuls, sur ces marteaux de portes où baillent mille gueules de bronze !
Quel après-midi de dimanche distingué, qui fait rêver de gants noirs à crispins de dentelles aux bras des jeunes filles, d’ombrelles sages, de parfums inoffensifs, des steppes arides du cinq à sept ! Seul un petit nuage, alerte, blanc, — comme le nageur éclatant porté sur l’écume ombre soudain de stupidité la foule plantée sur la plage — couvre de confusion tout à coup le paysage endormi et fait rêver d’extravagance au fond de l’avenue un arbre qui n’a encore jamais volé.
Julien Gracq. Pleine eau -
François Bégaudeau
Maître des clésc’est un écrit de jeunesse ça non?
il en fait trop -
Alain m.
InvitéC’est tiré de Liberté Grande qui a été publié en 46 avec des ajouts au fil des éditions ultérieures. Et ce texte date à priori des années de guerre. Il doit avoir dans la trentaine. Mais est-ce qu’il n’en fait pas toujours beaucoup ?
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Claire N
InvitéOui
Peut-être qu’il en a confusément conscience
N’est ce pas lui le désœuvré qui n’a jamais volé
Attiré par le petit nuage ? -
François Bégaudeau
Maître des clésoui sa langue est toujours ouvragée
mais dans d’autres romans elle est plus sobre
-
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Alain m.
Invitéc’est un recueil de textes poétiques et d’accord avec toi , les romans et récits que j’ai lus sont plus sobres.
-
François Bégaudeau
Maître des clésce doit être la poésie qui l’incite à charger
-
Alain m.
InvitéLes fumeurs meurent je ne vois pas la suite
Sur le paquet de cigarettes légères
Quelle nouvelle ça alors les fumeurs meurent
Comme tout le monde toi moi le buraliste
Qui vivra vieux sans pratiquer du tout
Pour sa santé une saine activité
Physique chaque jour manger bouger voilà
Aux heures de pointe j’assure jusque dans le métro
Publicité pour des chewing-gums sans sucre
Une fille sourit aux heures de pointe sourit
Dessus l’affiche collée un peu partout
Ainsi les chewing-gums gomment votre mauvaise haleine
Les chômeurs pleurent et les hommes d’affaires ferrent
Le train et ses wagons le requin capital.
Valérie Rouzeau • -
SoR
InvitéQue savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
C’était la fin d’un jour d’orage, et l’occident
Changeait l’ondée en flamme en son brasier ardent ;
Près d’une ornière, au bord d’une flaque de pluie,
Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
Grave, il songeait ; l’horreur contemplait la splendeur.
(Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?
Hélas ! le bas-empire est couvert d’Augustules,
Les Césars de forfaits, les crapauds de pustules,
Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)
Les feuilles s’empourpraient dans les arbres vermeils ;
L’eau miroitait, mêlée à l’herbe, dans l’ornière ;
Le soir se déployait ainsi qu’une bannière ;
L’oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
Tout s’apaisait, dans l’air, sur l’onde ; et, plein d’oubli,
Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
Doux, regardait la grande auréole solaire ;
Peut-être le maudit se sentait-il béni,
Pas de bête qui n’ait un reflet d’infini ;
Pas de prunelle abjecte et vile que ne touche
L’éclair d’en haut, parfois tendre et parfois farouche ;
Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux,
Qui n’ait l’immensité des astres dans les yeux.
Un homme qui passait vit la hideuse bête,
Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
C’était un prêtre ayant un livre qu’il lisait ;
Puis une femme, avec une fleur au corset,
Vint et lui creva l’œil du bout de son ombrelle ;
Et le prêtre était vieux, et la femme était belle.
Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
– J’étais enfant, j’étais petit, j’étais cruel ; –
Tout homme sur la terre, où l’âme erre asservie,
Peut commencer ainsi le récit de sa vie.
On a le jeu, l’ivresse et l’aube dans les yeux,
On a sa mère, on est des écoliers joyeux,
De petits hommes gais, respirant l’atmosphère
À pleins poumons, aimés, libres, contents ; que faire
Sinon de torturer quelque être malheureux ?
Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
C’était l’heure où des champs les profondeurs s’azurent ;
Fauve, il cherchait la nuit ; les enfants l’aperçurent
Et crièrent : « Tuons ce vilain animal,
Et, puisqu’il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
Et chacun d’eux, riant, – l’enfant rit quand il tue, –
Se mit à le piquer d’une branche pointue,
Élargissant le trou de l’œil crevé, blessant
Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
Car les passants riaient ; et l’ombre sépulcrale
Couvrait ce noir martyr qui n’a pas même un râle,
Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
Sur ce pauvre être ayant pour crime d’être laid ;
Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
Un enfant le frappait d’une pelle ébréchée ;
Et chaque coup faisait écumer ce proscrit
Qui, même quand le jour sur sa tête sourit,
Même sous le grand ciel, rampe au fond d’une cave ;
Et les enfants disaient : « Est-il méchant ! il bave ! »
Son front saignait ; son œil pendait ; dans le genêt
Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
On eût dit qu’il sortait de quelque affreuse serre ;
Oh ! la sombre action, empirer la misère !
Ajouter de l’horreur à la difformité !
Disloqué, de cailloux en cailloux cahoté,
Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
Le trouvait si hideux qu’elle le refusait ;
Les enfants le voulaient saisir dans un lacet,
Mais il leur échappa, glissant le long des haies ;
L’ornière était béante, il y traîna ses plaies
Et s’y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
Lavant la cruauté de l’homme en cette boue ;
Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
Blonds, charmants, ne s’étaient jamais tant divertis ;
Tous parlaient à la fois et les grands aux petits
Criaient : «Viens voir! dis donc, Adolphe, dis donc, Pierre,
Allons pour l’achever prendre une grosse pierre ! »
Tous ensemble, sur l’être au hasard exécré,
Ils fixaient leurs regards, et le désespéré
Regardait s’incliner sur lui ces fronts horribles.
– Hélas ! ayons des buts, mais n’ayons pas de cibles ;
Quand nous visons un point de l’horizon humain,
Ayons la vie, et non la mort, dans notre main. –
Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;
C’était de la fureur et c’était de l’extase ;
Un des enfants revint, apportant un pavé,
Pesant, mais pour le mal aisément soulevé,
Et dit : « Nous allons voir comment cela va faire. »
Or, en ce même instant, juste à ce point de terre,
Le hasard amenait un chariot très lourd
Traîné par un vieux âne éclopé, maigre et sourd ;
Cet âne harassé, boiteux et lamentable,
Après un jour de marche approchait de l’étable ;
Il roulait la charrette et portait un panier ;
Chaque pas qu’il faisait semblait l’avant-dernier ;
Cette bête marchait, battue, exténuée ;
Les coups l’enveloppaient ainsi qu’une nuée ;
Il avait dans ses yeux voilés d’une vapeur
Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;
Et l’ornière était creuse, et si pleine de boue
Et d’un versant si dur que chaque tour de roue
Était comme un lugubre et rauque arrachement ;
Et l’âne allait geignant et l’ânier blasphémant ;
La route descendait et poussait la bourrique ;
L’âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
Dans une profondeur où l’homme ne va pas.Les enfants entendant cette roue et ce pas,
Se tournèrent bruyants et virent la charrette :
« Ne mets pas le pavé sur le crapaud. Arrête ! »
Crièrent-ils. « Vois-tu, la voiture descend
Et va passer dessus, c’est bien plus amusant. »Tous regardaient. Soudain, avançant dans l’ornière
Où le monstre attendait sa torture dernière,
L’âne vit le crapaud, et, triste, – hélas ! penché
Sur un plus triste, – lourd, rompu, morne, écorché,
Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
Il rassembla sa force éteinte, et, roidissant
Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang,
Résistant à l’ânier qui lui criait : Avance !
Maîtrisant du fardeau l’affreuse connivence,
Avec sa lassitude acceptant le combat,
Tirant le chariot et soulevant le bât,
Hagard, il détourna la roue inexorable,
Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.Alors, lâchant la pierre échappée à sa main,
Un des enfants – celui qui conte cette histoire, –
Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire,
Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !Bonté de l’idiot ! diamant du charbon !
Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !
Les célestes n’ont rien de plus que les funèbres
Si les funèbres, groupe aveugle et châtié,
Songent, et, n’ayant pas la joie, ont la pitié.
Ô spectacle sacré ! l’ombre secourant l’ombre,
L’âme obscure venant en aide à l’âme sombre,
Le stupide, attendri, sur l’affreux se penchant,
Le damné bon faisant rêver l’élu méchant !
L’animal avançant lorsque l’homme recule !
Dans la sérénité du pâle crépuscule,
La brute par moments pense et sent qu’elle est sœur
De la mystérieuse et profonde douceur ;
Il suffit qu’un éclair de grâce brille en elle
Pour qu’elle soit égale à l’étoile éternelle ;
Le baudet qui, rentrant le soir, surchargé, las,
Mourant, sentant saigner ses pauvres sabots plats,
Fait quelques pas de plus, s’écarte et se dérange
Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange,
Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.
Tu cherches, philosophe ? Ô penseur, tu médites ?
Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?
Crois, pleure, abîme-toi dans l’insondable amour !
Quiconque est bon voit clair dans l’obscur carrefour ;
Quiconque est bon habite un coin du ciel. Ô sage,
La bonté, qui du monde éclaire le visage,
La bonté, ce regard du matin ingénu,
La bonté, pur rayon qui chauffe l’inconnu,
Instinct qui, dans la nuit et dans la souffrance, aime,
Est le trait d’union ineffable et suprême
Qui joint, dans l’ombre, hélas ! si lugubre souvent,
Le grand innocent, l’âne, à Dieu le grand savant.(« Le Crapaud », Victor Hugo)
-
MA
InvitéApparemment André Dussolier le récite dans son nouveau spectacle et en a parlé là : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/totemic/totemic-du-lundi-20-fevrier-2023-4911983
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SoR
InvitéMerci pour l’info, il a bon goût pour moi alors !
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-
Alain m.
InvitéMa femme est morte, je suis libre !
Je puis donc boire tout mon soûl.
Lorsque je rentrais sans un sou,
Ses cris me déchiraient la fibre
Autant qu’un roi je suis heureux ;
L’air est pur, le ciel admirable…
Nous avions un été semblable
Lorsque j’en devins amoureux !
L’horrible soif qui me déchire
Aurait besoin pour d’assouvir
D’autant de vin qu’en peut tenir
Son tombeau ; — ce n’est pas peut dire
Je l’ai jetée au fond d’un puits,
Et j’ai même poussé sur elle
Tous les pavés de la margelle.
— Je l’oublierai si je le puis !
Au nom des serments de tendresse,
Dont rien ne peut nous délier,
Et pour nous réconcilier
Comme au beau temps de notre ivresse,
J’implorai d’elle un rendez-vous
Le soir, sur une route obscure.
Elle y vint ! — folle créature !
Nous sommes tous plus ou moins fous!
Elle était encore jolie,
Quoique bien fatiguée ! et moi,
Je l’aimais trop ! voilà pourquoi
Je lui dis : Sors de cette vie !
Nul ne peut me comprendre. Un seul
Parmi ces ivrognes stupides
Songea-t-il dans ces nuits morbides
A faire du vin un linceul ?
Cette crapule invulnérable
Comme les machines de fer
Jamais, ni l’été ni l’hiver,
N’a connu l’amour véritable,
Avec ses noirs enchantements,
Son cortège infernal d’alarmes,
Ses fioles de poison, ses larmes,
Ses bruits de chaîne et d’ossements !
— Me voilà libre et solitaire !
Je serai ce soir ivre mort ;
Alors, sans peur et sans remord,
Je me coucherai sur la terre,
Et je dormirai comme un chien !
Le chariot aux lourdes roues
Chargé de pierres et de boues,
Le wagon enragé peut bien
Écraser ma tête coupable
Où me couper par le milieu,
Je m’en moque comme de Dieu,
Du Diable ou de la Sainte Table !
Charles Baudelaire.
-
SoR
InvitéMerci pour l’émotion et découverte! C’est sublime
-
-
Sarah G
InvitéQue ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit,
mais seulement la terre, et la vertu des grappes,
et la pomme qui pousse en entendant l’eau pure,
la résine et la boue de ta terre odorante.Depuis Quinchamali où tes yeux furent faits
jusqu’à tes pieds créés pour moi sur la Frontière
tu es la glaise obscure et que je reconnais :
tout le blé je le touche à nouveau sur tes hanches.Et peut-être l’ignorais-tu, mon Araucane,
lorsque avant de t’aimer j’oubliais tes baisers
qu’il me restait au cœur mémoire de ta boucheet j’allais par les rues pareil à un blessé
pour comprendre à la fin que j ‘avais découvert
mon territoire, amour, de baisers, de volcans.
Pablo Neruda
La Centaine d’amour, 1965-
Claire N
InvitéMerci
Moi ça me fait penser à une Ève dont l’histoire me convient plus-
Sarah G
InvitéOui Eve la vivante, la vie et la femme
-
Sarah G
InvitéLa vitalité
-
Claire N
InvitéOui !
Et pour une fois elle précipite pas pas l’homme
En dehors du paradis !-
Sarah G
InvitéJe viens de me rendre compte que les deux poèmes que j’ai partagé sont en opposition, contradiction.
Pour le deuxième, ce sont les contrastes entre mur et Amour.
Opaque et lumière.
Très inspiration chrétienne au fond.
Qui rejoint Ténèbres et Lumière
Qui m’ont parlé dès que je l’ai lu pour la première fois, pas vu le côté doloriste, à la première lecture.
Suis plus Vie, Joie, Lumière et Amour que dolorisme et ascèse
Merci encore pour ces échanges qui enrichissent.
-
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-
-
-
-
Sarah G
InvitéDeux lettres
séparent LE MUR
et L’AMOURelles sont l’alpha et l’oméga
de notre impuissance
-ou bien du commencementdeux lettres
suffiraient au retournement
de l’opaque en lumièrese pourrait-il que la langue sache
avant nous
que les révolutions reposent
sur l’inversion des signesSylviane DUPUIS
Le Livre des murs (extrait)
Poème inédit -
François Bégaudeau
Maître des clésça fait un peu truc ça
-
Claire N
InvitéComme ceux des magiciens techniques ?
Qui révèlent comme ils utilisent leur matériel ? -
François Bégaudeau
Maître des cléstruc n’est pas la mot
petite trouvaille, disons
petit bricolage de mots
mur amour
ca sent aussi le verbocentrime, maladie répandue chez les poètes
(enfin chez les poètes moyens, parce que les grands savent bien qu’il faut précisément excentrer le verbe, jusqu’à parfois se taire)-
Claire N
InvitéOui
Si il y a un truc , c’est que c’est du faux
Je retiens le verbocentrisme comme maladie
-
-
Claire N
InvitéDu coup un poème qui titille le « réflexe thérapeutique « c’est pas un poème, c’est un symptôme ? Ça me fait penser à ce que tu disais
Sur les « doloristes « -
François Bégaudeau
Maître des clésil y a de ça oui
et puis je n’aime pas bien ce « nous »-
Claire N
InvitéOui c’est vrai !
Je suis révolté maintenant que je le vois !
-
-
Sarah G
InvitéMerci à vous deux pour vos retours, vos impressions, toujours enrichissant.
Oui le dolorisme, contraire à la vie, à la vitalité, et souvent de pair avec un moralisme, qui déteste, hait le corps, jusqu’à aller vers un ascétisme extrême par haine du corps.
Je ne sais pas si c’est ce à quoi François pensait sur les « doloristes » -
Claire N
InvitéSi mes warning ne me trompent pas
Il y a la de la dépendance qui cherche à parasiter-
Claire N
InvitéC’était la suite de mon commentaire sur la révolte
-
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Graindorge
InvitéSouvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.À peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d’eux.Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.-
Sarah G
InvitéJe ne connais pas.
Qui en est l’auteur ?-
Graindorge
InvitéOh pardon. Je l’ai pas écrit. Baudelaire. L’Albatros.
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Sarah G
InvitéMerci.
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Leo Landru
InvitéMOI, JE N’AI NUL BESOIN D’UNE PIERRE TOMBALE
.
Moi, je n’ai nul besoin d’une pierre tombale,
Mais si vous, vous avez besoin que j’en aie une,
Je souhaiterais qu’on y inscrive :
Il a fait des suggestions. Nous
Les avons acceptées.
Une telle inscription
Nous honorerait tous.
.
Bertolt Brecht -
Claire N
InvitéJe butte sur ce poème
Il est construit pour moi comme quelque
Problème de logique ( ce que je trouve étrange donc un peu attirant) , mais je ne comprends
Pas-
Sarah G
InvitéMoi, je n’ai pas besoin d’une pierre tombale, si j’ai bien compris, voilà la suggestion et que ce « nous » a accepté.
Et sur sa tombe, il y a inscrit
MOI, JE NE N’AI PAS BESOIN D’UNE PIERRE TOMBALE.
Voilà une inscription qui devrait être inscrite sur chaque pierre tombale, le sens de « une telle inscription »
« Nous honorerait tous » à la fin.
Si j’ai bien compris ce que voulais dire ce poème.-
Leo Landru
InvitéJe blague. En fait tu as trouvé le sens, c’est bien un message d’amour.
Par curiosité je suis allé regarder la vraie tombe de Brecht. Eh bien il y a juste son nom sur une pierre toute simple.-
Ostros
InvitéLe 12 octobre 2004, cela fait trois jours que Jacques Derrida est décédé. Au cimetière de Ris-Orangis son fils Pierre lit les mots écrit par Derrida avant sa mort, à destination de ses proches (et de nous) : « Jacques n’a voulu ni rituel ni oraison. Il sait par expérience quelle épreuve c’est pour l’ami qui s’en charge. Il me demande de vous remercier d’être venus, de vous bénir, il vous supplie de ne pas être tristes, de ne penser qu’aux nombreux moments heureux que vous lui avez donné la chance de partager avec lui. Souriez-moi, dit-il, comme je vous aurai souri jusqu’à la fin. Préférez toujours la vie et affirmez sans cesse la survie… Je vous aime et vous souris d’où que je sois ».
-
Barthelby
Invité« de ne penser qu’aux nombreux moments heureux que vous lui avez donné la chance de partager avec lui ». C’est dommage, tout de même, de partir sur une proposition complétive infinitive alourdie par une relative au moment où l’on visait la plus grande sobriété.
-
Claire N
InvitéBah voilà maintenant la cérémonie est drôle !
-
Sarah G
InvitéDrôle et joyeuse.
Et après on va boire des bières ou autres à la santé du du défunt
-
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Ostros
Invité» comme je vous aurai souri jusqu’à la fin » l’usage du futur antérieur rattrape le léger alourdissement dû à cette étrange expression de soi trépassé. Pas évident d’écrire une telle lettre j’ai essayé, sans mourir. Les temps ici sont très intéressants entre celui qui a été qui est et aura été. Après pas dit qu’il cherchait la sobriété (décorative : ça oui) compte tenu de faire lire à son fils un discours de son père mort comme s’il était écrit par lui. Et ces recommandations fermes. On y sent vigueur et détermination. Et l’irruption du discours direct !
-
Claire N
InvitéOui, lui faire dire je vous aime,
C’est très bien connaître ce qu’un deuil éteint-
Claire N
InvitéMais j’en reviens du coup au poème
Qu’est ce qu’il leur fait dire ?
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Juliette B
Invité« j’ai essayé, sans mourir. »
Merci Ostros, j’ai bien ri
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Leo Landru
InvitéC’est bien le paradoxe et la finesse de ce poème qui me plaisent. Pour citer Marx : « je refuserais de faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre ».
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Claire N
InvitéOk, si je prends comme ça
– je est exclusivement vivant
– n’a donc pas besoin de pierre tombale
Mais du coup , une pierre tombale « individualise » un non vivant
Elle est plantée par les autres
Et si j’ai bien compris l’épitaphe en totalité passe du je au il puis au nous?-
Sarah G
InvitéOui, le je est bien un vivant.
Il ne veut pas de pierre tombale quand il sera mort.
Mais si le « vous » en veut absolument une,
Il faudra mettre sur la pierre tombale cette inscription.
« Moi, je n’ai nul besoin d’une pierre tombale ».
Et oui ça serait pour vous les vivants qui viendrai voir ma pierre tombale quand je ne serais plus là.
Et oui une pierre tombale, individualise un non-vivant.
Et nous ami.e.s, proches et famille, ce nous avons accepté cette inscription sur la pierre tombale, nous avons acc
En gros, c’était sa dernière volonté, nous avons accepté toute ses suggestions.
Et que nous tous, nous devrions mettre cette inscription sur nos pierres tombales, ou et faire cette suggestion avant notre mort, comme un testament, de ne pas avoir de pierre tombale.
Un honneur pour tous.
Cela me fait penser à un tableau où il y avait une pipe, et c’était marquer » ceci n’est pas une pipe »
On est dans ce même registre non ?
Il ne veut pas de pierre tombale mais bon si les autres y tiennent, il accepte la pierre tombale mais avec quand même cette inscription, mais au fond de lui même, il veut une pierre tombale.
Enfin c’est mon ressenti.
Je ne sais pas ce que tu en penses ou ce que les autres en pensent ?-
Dr Xavier
InvitéHello Sarah G, il y a un truc qui m’échappe, pourquoi sur sa pierre tombale il serait écrit « MOI, JE NE N’AI PAS BESOIN D’UNE PIERRE TOMBALE. » ?
Le texte ne dit-il pas plutôt qu’il est inscrit :
« Il a fait des suggestions. Nous
Les avons acceptées. » ?
Et cette inscription nous honore tous : tout sa vie il s’est soumis à notre jugement, nous avons reconnu sa puissance ?
C’est beau.-
Claire N
Invité´Il a fait des suggestions. Nous
Les avons acceptées´
Ou pas en fait-
Sarah G
InvitéOui c’est l’épitaphe souhaité sur la tombe.
Mais au final, on ne sait pas si les suggestions ont été acceptés et honorés.
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Sarah G
InvitéOui, je n’avais pas vu les deux points : en ponctuation : « je souhaiterais qu’on y inscrive :
Oui, maintenant vu comme cela, il respecte le jugement des autres, même si
Moi, je ne veut pas et n’est pas besoin de pierre tombale, je me soumets au jugement et à la volonté des autres, car pour honorer ma mémoire, se recueillir, eux ont besoin d’une pierre tombale , et je l’accepte.
Mais je souhaite que l’on y inscrive alors ce texte, sur cette pierre tombale :
« Il a fait des suggestions.
Nous les avons acceptés ».
Oui c’est beau en effet.-
Sarah G
InvitéEt, on passe du il au nous dans l’épithaphe.
Et je dirais même plus, tout au long de ce poème , on passe du Je avec « Moi je n’ai nul besoin d’une pierre tombale »
Au vous « Mais si vous, vous avez besoin ».
Et retour au Je » Je souhaiterais
Au Il a fait des suggestions
Au nous avons acceptés
Et à la fin cela nous honorerais tous.
On passe continuellement au Je/nous.
Individuel/collectif.
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Alain m.
InvitéTout le monde ne peut chanter,
Il n’est pas donné à chacun
De tomber comme une pomme aux pieds des autres.
C’est ici la suprême confession d’un voyou.
Je me promène, exprès, échevelé ;
La tête comme une lampe à pétrole sur les épaules,
Il me plaît d’éclairer dans la nuit
L’automne dépouillé de vos âmes.
Il me plaît que les pierres des insultes
Tombent sur moi comme la grêle d’un orage vomissant.
Je serre alors plus fort avec mes mains
La vessie inclinée de mes cheveux.
J’aime me souvenir alors d’un étang
Couvert de mousse, des sons enroués de l’aulne,
Et que j’ai quelque part père et mère
Qui se fichent de tous mes vers,
Et qui m’aiment comme leurs champs, leur chair,
Comme une petite pluie qui amollit
Au printemps les jeunes blés.
Ils vous piqueraient avec leurs fourches
Pour chaque injure que vous me jetteriez.
Pauvres, pauvres paysans,
Sans doute, vous vous êtes enlaidis,
Vous craignez toujours Dieu et les marécages ;
Oh! si vous pouviez comprendre que votre fils
Est aujourd’hui le meilleur poète de Russie !
Votre cœur se couvrait de givre
Quand trempaient ses pieds nus
Dans les flaques de l’automne.
Et maintenant il se promène
En chapeau haut de forme et en souliers vernis !
Mais en lui demeure la fougue
D’une vieille souche de voyou villageois.
Pour chaque vache, à l’enseigne des boucheries,
Il tire son chapeau,
Et s’il rencontre un cocher sur la place,
S’il se souvient de l’odeur du fumier natal
Il est prêt à porter la queue de chaque cheval
Comme une traîne de mariée.
J’aime ma terre,
Je l’aime immensément,
Bien qu’elle ait la tristesse des saules rouillés.
La gueule immonde des porcs me plaît ;
La voix sonore des crapauds
Dans la tranquillité nocturne.
Je suis malade de souvenirs d’enfance.
Je rêve de l’humidité des soirs d’avril.
On dirait que notre érable s’accroupit
Pour se chauffer au brasier de l’aube.
Combien de nids de corbeaux ai-je volés
En grimpant à ses branches !
Est-il toujours le même, la cime verdoyante,
L’écorce aussi solide ?
Et toi , chien bien-aimé,
Tu es devenu aveugle de vieillesse,
Et grognon, traînant la queue dans la cour,
Ne te souvenant plus ni du seuil ni de l’étable.
Oh! comme elles me sont chères mes espiègleries,
Lorsque je volais à ma mère une croûte de pain
Et que nous y mordions, chacun à notre tour !
Moi, je n’ai pas changé, j’ai toujours le même coeur ;
Comme les bluets des blés fleurissent mes yeux.
Je veux vous dire quelque chose de doux
En étalant la natte dorée de mes vers!
Bonne nuit à vous tous, bonne nuit !
Dans les prés du crépuscule
La faulx a fini de sonner.
Aujourd’hui il me prend une envie
De pisser par la fenêtre sur la lune.
La lumière est si bleue,
Dans un tel bleu on mourrait sans regret.
Et qu’importe si j’ai l’air d’un cynique
Portant une lanterne accrochée au derrière?
Vieux et bon Pégase harassé
Je n’ai que faire de ton trot mou !
Je suis venu comme un maître sévère
Chanter et glorifier les rats.
Ma tête est comme l’août,
Elle coule par le vin de mes cheveux écumeux ;
Je veux être une voile jaune
Tournée vers ce pays où nous nous dirigeons.-
Alain m.
InvitéSergueï Essenine. La confession d’un voyou.
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Carpentier
InvitéEncore un matin,
Un matin pour rien
Une argile au creux de mes mains
Encore un matin,
Sans raison, ni fin
Si rien ne trace son cheminMatin pour donner ou bien matin pour prendre
Pour oublier ou pour apprendre
Matin pour aimer, maudire ou mépriser
Laisser tomber ou résisterEncore un matin
Qui cherche et qui doute
Matin perdu cherche une route
Encore un matinDu pire ou du mieux
A éteindre ou mettre le feuUn matin
Ça ne sert à rien
Un matin
Sans un coup de main
Ce matin
C’est le mien, c’est le tien
Un matin de rien
Pour en faire
Un rêve plus loinEncore un matin
Ou juge ou coupable
Ou bien victime ou bien capable
Encore un matin
Ami, ennemiEntre la raison et l’envie
Matin pour agir ou attendre la chance
Ou bousculer les évidences
Matin innocence, matin intelligence
C’est toi qui décide du sensUn matin
Ça ne sert à rien
Un matin
Sans un coup de main
Ce matin
C’est le mien, c’est le tien
Un matin de rien
Pour en faire
Un rêve plus loinUn matin
Ça ne sert à rien
Un matin
Sans un coup de main
Ce matin
C’est le mien, c’est le tien
Un matin de rien
Pour en faire
Un rêve plus loinEncore un matin
Jean-Jacques Goldman
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Hinda
InvitéBonjour à tous, j’adore cette lettre, je partage.
Lettre envoyée par Aurore DUPIN romancière francaise du XIXe siècle), dite George SAND (son nom de plume) à Alfred de MUSSET (écrivain francais). Cette lettre est authentique. A vous de découvrir l’érotisme caché.
Je suis très émue de vous dire que j’ai
bien compris l’autre soir que vous aviez
toujours une envie folle de me faire
danser. Je garde le souvenir de votre
baiser et je voudrais bien que ce soit
là une preuve que je puisse être aimée
par vous. Je suis prête à vous montrer mon
affection toute désintéressée et sans cal-
cul, et si vous voulez me voir aussi
vous dévoiler sans artifice mon âme
toute nue, venez me faire une visite.
Nous causerons en amis, franchement.
Je vous prouverai que je suis la femme
sincère, capable de vous offrir l’affection
la plus profonde comme la plus étroite
amitié, en un mot la meilleure preuve
que vous puissiez rêver, puisque votre
âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
bite est bien longue, bien dure et souvent
difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
grosse. Accourez donc vite et venez me la
faire oublier par l’amour où je veux me
mettre.NB : Relisez en sautant les lignes paires
George Sand (1835)
-
Graindorge
InvitéFernando Pessoa Le chevalier de Pas
Nous étions trois… Nous étions trois…
Celui qui était fils de roi,
Celui qui allait mourir, et moi.
Nous étions trois dans la forêt
À cette heure où la lune vêt
De lointain tout ce qui est près.
Nous étions trois, et nous chantions
De vagues et tristes chansons
Et ces chansons n’étaient que sons.
(Et lentement nous chevauchâmes
À travers ce que nous chantâmes
Et chacun n’était que son âme)
La lune triste et sans sanglots
Tombait sur nos âmes en flots
Luisait aux carreaux de nos mots.
L’ombre de nos corps nous souriait
Et son faux bruit doux évoquait
Quelque chose de jamais fait.
Loin de nous, comme un rêve lourd
Coulait le fleuve faux des jours :
Nous allions vers un vain Toujours.
Chacun de nous était sans nombre
Et dans la grande forêt sombre
Ne se sentait que dans son ombre.
Les arbres immatériels
Rêvaient d’être corps en appel
Vers plus loin encor du Réel…
(Et nous nous sommes éloignés
Quelque part, vers de vagues prés
Des prés qui ont peut-être été)
Et lentement nous chevauchions
Vers où l’écho de nos chansons
Était plus vrai que nous n’étions.
Nous n’étions, là où rien s’achève,
Qu’au-delà des vitres du rêve
Un rideau que quelqu’un soulève.
(Ainsi ombrés d’un vague froid
Nous allions, sourds de notre émoi
Vers où nous ne serions plus trois)… -
Carpentier
InvitéBourdonnement
Je possède
Tu possèdes
Il possède
Nous possédons
Vous possédez – Ils volent
Je caresse
Tu caresses
Il caresse
Nous caressons
Vous caressez – Ils frappent
Je marche
Tu marches
Il marche
Nous marchons
Vous marchez – Ils écrasent
Je parle
Tu parles
Il parle
Nous parlons
Vous parlez – Ils ordonnent
Je t’embrasse
Tu m’embrasses
Il t’embrasse
Nous nous embrassons
Vous vous embrassez – Ils étranglent
Je contemple
Tu contemples
Il contemple
Nous contemplons
Vous contemplez – Ils surveillent
Je t’aime
Tu m’aimes
Il t’aime
Nous nous aimons
Vous vous aimez – Ils violent
Je vis
Tu vis
Il vit
Nous vivons
Vous vivez – Ils tuent
Je me révolte
Tu te révoltes
Il se révolte
Nous nous révoltons
Vous vous révoltez
ILS DISPARAISSENT !
Rhodine -
Graindorge
InvitéPoème de l’amie Chantal Paillard
CARAVANE
Sur l’orbe sinueux de la rousse barkhane
Persiste un lait de lune où palpite sans bruit
Quelque rêve oublié par les doigts de la nuit,
Fantastique chimère ou ténébreuse arcane…L’aurore a déchiré l’ourlet sanglant du gour
Où la beauté de l’or accroche des étoiles
Farouchement drapé dans le bleu de ses voiles,
Le peuple du désert a salué le jour.L’astre échappé de l’aube en déployant sa roue
Coule un nectar ambré sur le flanc du djebel
Et lustre la paroi du roc intemporel,
Que l’harmattan joueur a frôlé de sa houe.La lente caravane a tracé son chemin
Au doux balancement d’un rythme séculaire
Le flegme souriant de l’humble dromadaire
Brode un halo d’aisance à son amble serein.L’erg infini déroule en vagues languissantes
Ses dunes au flot blond déferlant vers l’Adrar.
Le souvenir poignant des brumes du Hoggar
Illumine l’aura des âmes frémissantes.Sous les plis veloutés du litham indigo,
Apparaît un visage au bel éclat de cuivre,
Où le regard brillant s’efforce de poursuivre
L’ample valse d’un aigle avec le sirocco.En marchant l’homme égrène au fil de son histoire
Les vertes oasis où règne la fraîcheur.
Le parfum délicat des roses de Tozcur,
En un puissant effluve embaume sa mémoire.Le grand feu du zénith écume sur le reg,
En nimbant les rochers d’une lumière orange.
A l’horizon carmin que la poussière effrange,
S’estompe doucement la piste des Touareg. -
Graindorge
InvitéUn soldat à la guerre écrit à la femme qu’il aime.
Attends-moi
Si tu m’attends, je reviendrai,
Mais attends-moi très fort.
Attends, quand la pluie jaune
Apporte la tristesse,
Attends quand la neige tournoie,
Attends quand triomphe l’été
Attends quand le passé s’oublie
Et qu’on n’ attend plus les autres.
Attends quand des pays lointains
Il ne viendra plus de courrier,
Attends, lorsque seront lassés
Ceux qui avec toi attendaient.
Si tu m’attends, je reviendrai.
Ne leur pardonne pas, à ceux
Qui vont trouver les mots pour dire
Qu’est venu le temps de l’oubli.
Et s’ils croient, mon fils et ma mère,
S’ils croient, que je ne suis plus,
Si les amis las de m’attendre
Viennent s’asseoir auprès du feu,
Et s’ils portent un toast funèbre
A la mémoire de mon âme…
Attends. Attends et avec eux
refuse de lever ton verre.
Si tu m’attends, je reviendrai
En dépit de toutes les morts.
Et qui ne m’a pas attendu
Peut bien dire : « C’est de la veine ».
Ceux qui ne m’ont pas attendu
D’où le comprendraient-ils, comment
En plein milieu du feu,
Ton attente
M’a sauvé.
Comment j’ai survécu, seuls toi et moi
Nous le saurons,
C’est bien simple, tu auras su m’attendre, comme personne.Constantin SIMONOV (1915-1979)
-
Mu
InvitéEt bien moi, ça m’a fait pleurer parce que c’est vrai, que ça peut sauver, dans des moments comme ça, de savoir que quelque part quelqu’un attend que nous (pas le « je » en guerre qui vit et devient quelque chose d’horrible) revenions, quelqu’un qui est le gardien de notre âme. Il lui confie son âme
-
Graindorge
InvitéEt ça l’a effectivement sauvé puisqu’il est revenu.
» et qui ne m’a pas attendu peut bien dire « c’est de la veine » » J’aime la détermination. La farouche confiance. La puissante patience. Lorsque mon papa est tombé dans le coma, vivant à 4000kms, il y avait de grandes chances que je ne le revois pas vivant. Les docteurs avaient commencé leurs gnagnagnas à la famille » il va falloir être courageux et patati et patata ». Moi, je lui ai dit de toutes ma force Attends-moi, tu pars pas sans me dire aurevoir! Et à la surprise de tous: maman, les frangines, les toubibs, il est sorti du coma, on l’a changé d’hôpital, j’ai eu le temps de prendre l’avion, il a encore vécu 2 semaines pour prendre congé non seulement de moi mais de parents et d’amis qui ont fait le voyage. La détermination ça aide.-
Mu
InvitéOh c’est trop beau, graindorge, tu sèmes des larmes partout ce matin pour arroser mes fleurs
-
Claire N
InvitéOui, toi c’est plus fort , plus déterminé
C’est toi qui a dit attends moi reste en vie
Même si je trouve le poème très beau -
Graindorge
InvitéOh non! Surtout pas Mu: l’eau salée c’est pas bon pour les fleurs
-
Mu
InvitéGraindorge:
Les fleurs métaphoriques se nourrissent de plein de choses, y compris de bouillasse lacrymale. Ne t’inquiète donc pas
Claire:
La demande d’amour d’un autre peut être oppressante, certes, on peut l’entendre aussi comme ça, le poème, si on vient de subir l’étouffement d’un petit propriétaire possessif qui a étendu sur nous ses tentacules. Tu veux dire que personne n’est en droit de nous demander cette chose si délicate, de devenir le gardien de son âme, parce que c’est trop? Que souvent, les déclarations d’amour sont en fait des demandes d’amour?
Si c’est ça que tu dis, et que je trouve aussi très vrai en situation émotionnellement « tiède », normale, je crois que ce n’est plus valable en situation extrême. Il parle à la frontière de la non existence, où les limites entre le toi et le moi deviennent très minces, où la limite est plutôt entre le vivant et le non vivant. Je crois que c’est de cet endroit là qu’il parle. Là où on se dit les choses vraiment essentielles, où la demande n’endette pas…
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Claire N
InvitéJ’aime bien mais c’est un peu triste, c’est peut-être le fait qu’il le demande ?
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Claire N
InvitéEn fait au début j’ai pris la demande pour un manque de confiance, mais après relecture peut-être qu’elle sait qu’il ne lui demanderait jamais d’attendre si il n’était pas certain de revenir et j’aime mieux
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Graindorge
InvitéEt il lui dit que la seule chance pour lui de revenir de la guerre c’est qu’elle l’attende sans jamais avoir ni l’ombre d’un doute qu’il reviendra
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Claire N
InvitéC’est un beau poème d’amour, son amour à elle aussi est dedans
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Alain m.
InvitéÀ bas l’être humain
À bas les étoiles
À bas le mais et le blé
À bas la pluie et la neige
À bas le cheval, le chien et la colombe
À bas le rossignol et le papillon
À bas le pupitre et les fleurs
À bas le phosphore et les crayons
À bas la cerise et le topaze
À bas le radar et le brouillard
À bas l’eau, le vent et le calcium
À bas le cahier et les chaises
À bas les seins et l’azur
À bas le sonnet et le basilic
À bas les vitamines de A jusqu’à Z
À bas le cristal et le bois
À bas le baiser et l’algèbre
À bas le sel et la géométrie
À bas le nord et le sud
À bas le coït et ses épopées
À bas la pomme, le raisin et le compas
À bas le piment et le stéthoscope.À bas l’orgasme, la lune et le voilier
À bas Einstein et son Mozart
À bas les draps et la fumée
À bas la rose, l’herbe et les amants
À bas le repos, la sueur et le feu
À bas la table, le vagin et la lampe
À bas Tolstoï, la mer et l’espoir
À bas l’agneau, le vin et la montre
À bas la charrue, le boeuf et le sillon
À bas Homère, les ponts et la santé
À bas la poupée, le facteur et l’alouette
À bas l’alphabet et la nostalgie
À bas la tortue, le coq et le cinéma
À bas le charbon et le vers libre
À bas le melon, le colibri et la pensée
À bas Van Gogh, le diamant et l’hirondelle
À bas le citron, le nénuphar et la bonté
À bas le silence, le miel et le travail
À bas le lit, la joie et la liberté
À bas l’alpha et l’oméga de la vie !Demain, la bombe H !
Vive la bombe H !René Depestre • » À bas «
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Graindorge
InvitéUne bombe Haïtienne, ce poète . Ce jour-là s’était -il levé du pied gauche radical ? Mesi Alain M
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charivari
InvitéIl y a des entités, — des choses incorporelles, ayant une double vie, laquelle a pour type cette dualité qui ressort de la matière et de la lumière, manifestée par l’ombre et la solidité. Il y a un silence à double face, — mer et rivage, — corps et âme. L’un habite les endroits solitaires, nouvellement recouverts par l’herbe ; des grâces solennelles, des réminiscences humaines et une science de larmes lui ôtent toute terreur : son nom est : « Non ! plus ». C’est le corps du silence : ne le redoute pas ! Il n’a en soi de pouvoir mauvais. Mais si quelque urgent destin (lot intempestif !) t’amène à rencontrer son ombre (elle innommée, qui, elle, hante les régions isolées que n’a foulées nul pied d’homme), recommande ton âme à Dieu.
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Sarah G
InvitéMerci Charivari, poème magnifique, merci pour le partage.
Et tu n’as pas indiqué qui a écrit ce poème ?-
charivari
InvitéEdgar Allan Poe je crois, que je trimballais dans mon sac avec un disque de hipsway, plutôt que de réviser mon bac…
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Sarah G
InvitéMerci
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charivari
InvitéJe crois même que c’est Baudelaire qui l’a traduit ou Mallarmé.
J’adore Poe.
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charivari
InvitéAu prolétaire
Ô captif innocent qui ne sais pas chanter
Écoute en travaillant tandis que tu te tais
Mêlés aux chocs d’outils les bruits élémentaires
Marquent dans la nature un bon travail austère
L’aquilon juste et pur ou la brise de mai
De la mauvaise usine soufflent la fumée
La terre par amour te nourrit les récoltes
Et l’arbre de science où mûrit la révolte
La mer et ses nénies dorlotent tes noyés
Et le feu le vrai feu l’étoile émerveillée
Brille pour toi la nuit comme un espoir tacite
Enchantant jusqu’au jour les bleuités du site
Où pour le pain quotidien peinent les gars
D’ahans n’ayant qu’un son le grave l’omégaNe coûte pas plus cher la clarté des étoiles
Que ton sang et ta vie prolétaire et tes moelles
Tu enfantes toujours de tes reins vigoureux
Des fils qui sont des dieux calmes et malheureux
Des douleurs de demain tes filles sont enceintes
Et laides de travail tes femmes sont des saintes
Honteuses de leurs mains vaines de leur chair nue
Tes pucelles voudraient un doux luxe ingénu
Qui vînt de mains gantées plus blanches que les leurs
Et s’en vont tout en joie un soir à la male heure
Or tu sais que c’est toi toi qui fis la beauté
Qui nourris les humains des injustes cités
Et tu songes parfois aux alcôves divines
Quand tu es triste et las le jour au fond des mines
Apollinaire -
charivari
InvitéLES TARES INDELEBILES
La queue du chien est un nerf en fourrure,
Latéralement frivole et ardente, de nature,
Ni la chirurgie, ni le plâtrage ni la bouture,
Ne métamorphoseront jamais sa posture.
Le chien loge dans une niche ou caveaux,
Son lignage bestial lui octroie son niveau.
Il vit et meurt chien, à son maximal pivot!
Il ne pourra point mimer ou égaler le veau !
L’analogie est chez I’humain, bien entendu,
Distinguée chez les deux sexes, confondus,
Qui renient la bonté et les services rendus,
Mordant même la main qui leur a été tendue !
Des actes abjects, remarqués en généralité,
Chez des sujets dépourvus de personnalité,
Renommés par l’ingratitude et la médiocrité,
Des pervers n’engendrant que les calamités!
Qui s’adapte au mal, s’éternisera méchant,
Il ne regrette ni les remords, ni châtiments.
On devrait se méfier, surtout, de l’adjacent,
Celui qui fait, d’emblée l’abord envenimant.
Plume en herbe 18/06/2020 -
Alain m.
InvitéRobespierre.
Cette beauté d’ange que l’on prête malgré soi, — par-delà les pages poussiéreuses d’un livre feuilleté jamais autrement que dans la fièvre, — à quelques-uns des terroristes mineurs : Saint-Just, Jacques Roux, Robespierre le jeune, — cette beauté que leur conserve pour nous à travers les siècles, nageant autour d’une guirlande de gracieuses têtes coupées comme un baume d’Égypte, le surnom de l’incorruptible — ces blancheurs de cous de Jean-Baptiste affilées par la guillotine, ces bouillons de dentelles, ces gants blancs et ces culottes jaunes, ces bouquets d’épis, ces cantiques, ce déjeuner de soleil avant les grandes cènes révolutionnaires, ces blondeurs de blé mûrissant, ces arcs flexibles des bouches engluées par un songe de mort, ces roucoulements de Jean-Jacques sous la sombre verdure des premiers marronniers de mai, verts comme jamais du beau sang rouge des couperets, ces madrigaux funèbres de Brummels somnambules, une botte de pervenche à la main, ces affaissements de fleur, de vierges aristocrates dans le panier à son — comme si, de savoir être un jour portées seules au bout d’une pique, toute la beauté fascinante de la nuit de l’homme eût dû affluer au visage magnétique de ces têtes de Méduse— cette chasteté surhumaine, cette ascèse, cette beauté sauvage de fleur coupée qui fait pâlir le visage de toutes les femmes — c’est la langue de feu qui pour moi çà et là descend mystérieusement au milieu des silhouettes rapides comme des éclairs des grandes rues mouvantes comme sur l’écran d’une allée d’arbres en flammes dans la campagne par une nuit de juin, et me désigne à certaine extase panique le visage inoubliable de quelques guillotinés de naissance.
Julien Gracq• » liberté grande « -
Graindorge
InvitéMiguel Hernández, Poèmes d’amour
Miguel Hernández (1910-1942) est un poète espagnol de la génération de 27. Il côtoie Pablo Neruda et Federico Garcia Lorca. Il est l’un des plus grands poètes et dramaturges espagnols du XXème siècle. Il mène combat, auprès des républicains durant la guerre civile puis meurt dans une prison franquiste. Jusqu’en 1975, mort de Franco, il est interdit de lire ou réciter un poème de Miguel Hernández. Mais en 1976, les habitants d’Orihuela où le poète est né, descendent dans la rue et couvrent les rues des portraits et des vers du poète.La poésie de Miguel Hernández est avant tout Amour. C’est pour lui rendre hommage que Cap de l’Etang Editions proposent en 2021 deux tomes de poésies choisies et traduites par Monique-Marie Ihry. Peut-être aurez-vous envie de les découvrir ainsi que la présentation de Monique-Marie Ihry qui retrace la vie et la poésie de ce grand poète espagnol.
On raconte qu’en s’embrassant, « el amor de su vida » et lui savaient tous les deux que c’était le dernier baiser. Il avait ensuite écrit très vite ce poème El beso, quelques heures avant d’être arrêté, torturé et mourir.[Llegó tan hondo el beso]
Llegó tan hondo el beso
que traspasó y emocionó los muertos.El beso tranjo un brío
que arrebató la boca de los vivos.El hondo beso grande
sintió breves los labios al ahondarse.El beso aquel que quiso
cavar los muertos y sembrar los vivos.[Le baiser fut si profond]
Le baiser fut si profond
qu’il transperça et troubla les morts.La fougue de ce baiser
arracha la bouche des vivants.Le grand baiser profond
sentit brièvement les lèvres en s’enfonçant.Ce baiser qui voulait
déterrer les morts et semer les vivants… -
charivari
Invité« Les chants des hommes sont plus beaux qu’eux-mêmes,
plus lourds d’espoir,
plus tristes,
plus durables ;
plus que les hommes, j’ai aimé leurs chants. » -
charivari
InvitéLe temps perdu
Devant la porte de l’usine
le travailleur soudain s’arrête
le beau temps l’a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l’œil
familièrement
Dis donc camarade Soleil
tu ne trouves pas
que c’est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron ? -
Graindorge
Invité« 1997 »
Déjà il n’y a plus de feuilles dans les arbres
il n’y a plus d’arbres non-plus
l’ère de l’air est révolu.
Et déjà au bout des fleuves il n’y a plus de mer
il n’y a plus de fleuves non plus
l’air de la mer ne guérit plus.
Et déjà il n’y a plus d’ici ou d’ailleurs
tout est ici tout est ailleursà Pékin on boit du Coca.
Et c’est toujours le jour, à la place du soleil
on a installé un néon de supermarché.C’est fini, tout est fini
mais c’est très bien comme ça.Et déjà nous n’savons plus ce que veut dire suer
sans cesse portés que nous sommes
par des océans d’escalators.
Et bientôt nous n’saurons plus avoir froid aux pieds
ni comme c’était bon de se sentir chier.
Et déjà dans les cafés y’a plus d’alcooliques
on a disposé des télés pour des bitures cathodiques.
Et déjà nous n’parlons plus, nos voix se sont tues
dans le grand silence de la Communication.
Et déjà il n’y a plus personne,
ni dans les trains ni dans les rues
dans les trains dans les rues
y’a juste des téléphones qui sonnent
oh non plus person, juste un téléphon qui son
et un Gaston qui répond pour que le monde tourne rond.
C’est fini, tout est fini
mais c’est très bien comme ça.
Car déjà je me prépare à l’inventer de l’après
je viens peut-être un peu tard
mais je suis un tard venu gai.C’est fini maintenant
tu peux sécher tes larmes maintenantça va aller maintenant
maintenant tout peut recommencerAssez pleuré, assez gémi
assez de mouchoirs salis
j’ai trop perdu de temps
à penser au temps perdu
et il m’en reste encore un peu
pour inventer un troisième temps.L’homme est mort? Nous le réinventerons
la mer est morte? Nous baignerons dans l’huile
le mur est tombé? Nous le reconstruirons
il n’y a plus d’air? Nous respirerons autrement
et surtout nous n’oublierons pas de nous souvenirnous serons des machines et nous serons le blé
nous seront le pot de fer et le pot de terre
nous serons le fer et la terre
nous serons des hommes nouveaux. -
Graindorge
InvitéAlbane Gellé : Si je suis de ce monde
Tenir journal de ses jours
combats livrés ou siestes
sable de rivière noter bruis-
sements agitations en dehors
de la maison inventorier les
nuits sans lune tous les
étourdissements debout.
Tenir boutique de nos im-
pacts reçus visage autour
des yeux troupeaux de
bouches couvrant la bouche
trous noirs milliers comme
une mémoire levée debout.
Tenir bien droit le dos la
tête comme un antidote au
désordre envahissant les plis
du corps de la cuisine et du
bureau et maintenant le jour
se lève une rose dépasse
bergeronnette chante debout.
Tenir ses promesses et pa-
role à tous les grains de sa
mémoire moutons bêlant
comme folie des rescapés
jusqu’à l’usure des élans
tremblés debout.
Tenir sourire devant colère
et par-dessus les abattements
fatigues frayeurs humeurs
de grêle tenir sourire envers
et contre tenir sourire pas
faussaire milieu de toutes
les pluies debout.
Tenir des livres dans ses
bras voyagés là posés plan-
tés poussant du sol piles
renversées égratignées pa-
quets de phrases portées
debout. -
Claire N
InvitéOn a envie de le poursuivre ce « tenir » ; un peu comme une chanson ou chacun raconte sa façon de tenir bon
-
Graindorge
InvitéOui chère Claire même si ce verbe tenir est un peu rigide comme ce « tenir bon » toujours à 2 doigts de défaillir, à 2 doigts de tomber… Tiens bon! Tenons bon! Allons bon, rien que d’y penser, badaboum.. mais j’aime bien tenir un livre dans mes bras et parfois m’endormir avec en souriant. Allongée donc. Une façon comme une autre de ne pas tomber… de ne pas tenir bon
-
-
Graindorge
InvitéTu viens d’incendier la Bibliothèque ?
— Oui.
J’ai mis le feu là.
— Mais c’est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C’est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage !
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l’aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l’homme antique, dans l’histoire,
Dans le passé, leçon qu’épelle l’avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des Jobs, debout sur l’horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l’esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,
Il détruit l’échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d’esclave et plus de paria.
Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria ;
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ;
L’âme immense qu’ils ont en eux, en toi s’éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu’eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t’enseignent ainsi que l’aube éclaire un cloître ;
À mesure qu’il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t’apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l’homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C’est à toi, comprends donc, et c’est toi qui l’éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints !
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l’erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l’ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi !
— Je ne sais pas lire.
#Victor_Hugo
L’Année terrible – juin 1871
VIII. « À qui la faute ? »-
Carpentier
InvitéPutain, cet ignare de Victor oublie Aurélien Bellanger.
Résurrection
Le TGV
4536 en provenance et à destination de
Paris Gare de Lyon entrera en
gare voie
4.
– antimanuel de littérature, François Begaudeau p.157, Bréal 2008 –
-
-
Alain m.
InvitéSi je ne suis plus en vie
Quand viendront les Rouges-gorges,
Donne au Cravaté de Rouge
Une miette commémorative —
Si dans mon sommeil profond
Je ne puis te dire merci,
Tu sauras que je m’y essaie
De ma lèvre de Granit!
Emily Dickinson • -
François Bégaudeau
Maître des cléspourquoi Granit avec majuscule?
-
Alain m.
InvitéJe n’ai pas la réponse. Dickinson utilise beaucoup les majuscules. Un de ces traducteurs dit que c’est juste une habitude anglo-saxonne et que cela ne se justifie pas en français arguant que « traduire n’est pas décalquer ». Les autres respectent sa graphie , notamment Claire Malroux qui en parlant de sa poésie « Il y a chez elle, quoique étranglés, un souffle, une violence épiques. Elle se sent de plain-pied avec les grandes forces métaphysiques, «la Vie, la Mort et les Géants». Peut-être cette proximité l’a-t-elle conduite à conférer à la parole un même statut, jusque dans sa graphie, puisqu’elle dote les mots, même les plus communs, de majuscules. »
-
Graindorge
InvitéLa tendresse. Sur youtube. À écouter chanter par Bourvil. Pas par Marie Laforêt. Elle la chante bien. Mais pour du vrai de vrai c’est Bourvil… ou Maurane ou les 2 ou les 3
Paroliers : Hubert Giraud / Noël RouxOn peut vivre sans richesse
Presque sans le sous
Des seigneurs et des princesses
Y en a plus beaucoup
Mais vivre sans tendresse
On ne le pourrait pas
Non non non non
On ne le pourrait pas
On peut vivre sans la gloire
Qui ne prouve rien
Être inconnu dans l’histoire
Et s’en trouver bien
Mais vivre sans tendresse
Il n’en est pas question
Non non non non
Il n’en est pas question
Quelle douce faiblesse
Quel joli sentiment
Ce besoin de tendresse
Qui nous vient en naissant
Vraiment, vraiment, vraiment
Le travail est nécessaire
Mais s’il faut rester
Des semaines sans rien faire
Hé bien, on s’y fait
Mais vivre sans tendresse
Le temps nous paraît long
Non non non non
Le temps nous paraît long
Dans le feu de la jeunesse
Naissent les plaisirs
Et l’amour fait des prouesses
Pour nous éblouir
Oui mais sans la tendresse
L’amour ne serait rien
Non non non non
L’amour ne serait rien
Quand la vie impitoyable
Vous tombe dessus
On n’est plus qu’un pauvre diable
Broyé et déçu
Alors sans la tendresse
D’un cœur qui nous soutient
Non non non non
On n’irait pas plus loin
Un enfant vous embrasse
Parce qu’on le rend heureux
Tout nos chagrins s’effacent
On a les larmes aux yeux
Mon dieu, mon dieu, mon dieu
Dans votre immense sagesse
Immense ferveur
Faites donc pleuvoir sans cesse
Au fond de nos cœurs
Des torrents de tendresse
Pour que règne l’amour
Règne l’amour
Jusqu’à la fin des jours -
Graindorge
InvitéLe Savetier et le Financier
Un Savetier chantait du matin jusqu’au soir :
C’était merveilles de le voir,
Merveilles de l’ouïr ; il faisait des passages,
Plus content qu’aucun des sept sages.
Son voisin au contraire, étant tout cousu d’or,
Chantait peu, dormait moins encor.
C’était un homme de finance.
Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
Le Savetier alors en chantant l’éveillait,
Et le Financier se plaignait,
Que les soins de la Providence
N’eussent pas au marché fait vendre le dormir,
Comme le manger et le boire.
En son hôtel il fait venir
Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,
Que gagnez-vous par an ? – Par an ? Ma foi, Monsieur,
Dit avec un ton de rieur,
Le gaillard Savetier, ce n’est point ma manière
De compter de la sorte ; et je n’entasse guère
Un jour sur l’autre : il suffit qu’à la fin
J’attrape le bout de l’année :
Chaque jour amène son pain.
– Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
– Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
(Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
Le mal est que dans l’an s’entremêlent des jours
Qu’il faut chômer ; on nous ruine en Fêtes.
L’une fait tort à l’autre ; et Monsieur le Curé
De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.
Le Financier riant de sa naïveté
Lui dit : Je vous veux mettre aujourd’hui sur le trône.
Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
Pour vous en servir au besoin.
Le Savetier crut voir tout l’argent que la terre
Avait depuis plus de cent ans
Produit pour l’usage des gens.
Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre
L’argent et sa joie à la fois.
Plus de chant ; il perdit la voix
Du moment qu’il gagna ce qui cause nos peines.
Le sommeil quitta son logis,
Il eut pour hôtes les soucis,
Les soupçons, les alarmes vaines.
Tout le jour il avait l’oeil au guet ; Et la nuit,
Si quelque chat faisait du bruit,
Le chat prenait l’argent : A la fin le pauvre homme
S’en courut chez celui qu’il ne réveillait plus !
Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
Et reprenez vos cent écus.— Jean de la Fontaine,
Les Fables VIII -
Le ventilateur d’Hegel
InvitéJe n’aime que Chloé au monde,
Elle est divine, elle est blonde,
Et d’amour mon cœur s’inonde.M.P.
Amis proustiens j’espère vous rappeler un bon souvenir,
-
Le ventilateur Bégueule
InvitéLa récente réponse de François sur le plaisir de la lecture en soit m’a fait penser à ce poème qui fut pour moi révélateur de mon amour pour les mots, leurs sons, leurs images, leurs folies.
J’espère qu’il n’y a pas trop d’adjectifs
A la flamme des fouets II
Paul EluardMétal qui nuit, métal de jour, étoile au nid,
Pointe à frayeur, fruit en guenilles, amour rapace,
Porte couteau, souillure vaine, lampe inondée,
Souhait d’amour, fruit de dégoût, glaces prostituéesBien sûr, bonjour à mon visage !
La lumière y sonne plus clair un grand désir qu’un paysage.
Bien sûr, bonjour à vos harpons,
À vos cris, à vos bonds, à votre ventre qui se cache !J’ai perdu, j’ai gagné, voyez sur quoi je suis monté.
Capitale de la douleur, 1926
-
Graindorge
InvitéEXISTÍAN TUS MANOS/IL EXISTAIT TES MAINS
ANTONIO GAMONEDA
Un día el mundo se quedó en silencio.
Los árboles, arriba, eran hondos y majestuosos
y nosotros sentíamos bajo nuestra piel
el movimiento de la tierra.
Tus manos fueron suaves en las mías
y sentí al tiempo la gravedad y la luz
y que vivías en mi corazón.
Todo era verdad bajo los árboles,
todo era verdad. Yo comprendía
todas las cosas como se comprende
un fruto con la boca, una luz con los ojos.Un jour le monde devint silencieux ;
les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux,
et nous, nous sentions sous notre peau
le mouvement de la terre.
Tes mains furent douces dans les miennes
et j’ai senti en même temps la gravité et la lumière,
et que tu vivais dans mon cœur.
Tout était vérité sous les arbres,
tout était vérité. Je comprenais
toutes choses comme on comprend
un fruit avec la bouche, une lumière avec les yeux. -
Graindorge
InvitéL’intelligence artificielle Arthur😉
-
Graindorge
InvitéJe suis allé chercher dans la mer des oranges,
Celles dont l’eau du port reflétait les couleurs ;
Je suis allé chercher dans la mer mille fleurs,
Celles que l’archipel tend à l’autel des anges.
Je suis allé chercher dans la mer des accents
Que mon île n’a plus sous son manteau de lave.
J’y suis allé chercher un cœur solide et brave
Comme celui qui bat chez les adolescents.
Je sais bien que ce sont de belles utopies,
Que je ne trouverai, sous les vagues tapies,
Ni les oranges, ni les fleurs que mon amour
Attend et que le flot garde en dépit des ondes.
Mais mes mains plongeront encore en eaux profondes
Et l’espérance me soutient de les y voir un jour« La esperanza me mantiene » l’espérance me soutient
Pedro García Cabrera -
Jean Monnaie
InvitéEn transcription hanyu pinyin :
Shishi shishi Shi Shi, shi shi, shi shi shi shi.
Shi shishi shi shi shi shi.
Shi shi, shi shi shi shi shi.
Shi shi, shi Shi Shi shi shi.
Shi shi shi shi shi, shi shi shi, shi shi shi shi shishi.
Shi shi shi shi shi shi, shi shishi.
Shishi shi, Shi shi shi shi shishi.
Shishi shi, Shi shi shi shi shi shi shi.
Shi shi, shi shi shi shi shi shi, shi shi shi shi shi.
Shi shi shi shi.Traduction en français :
Un poète du nom de Shih Shih, qui vivait dans une tanière de pierre, aimait les lions. Comme il avait fait le serment de manger dix lions, il se rendait au marché tous les jours à dix heures pour chercher des lions. C’est à ce moment-là que tout à coup dix lions arrivèrent au marché et que Shih Shih se rendit immédiatement au marché pour s’apercevoir de la présence de ces dix lions. S’appuyant sur son arc et ses flèches, il fit passer ces dix lions. Shih ramassa les cadavres de ces dix lions, et lorsqu’il se rendit à l’antre de pierre, la chambre de pierre était humide. Shih fit essuyer l’antre de pierre par son serviteur. Lorsque la tanière fut nettoyée, Shih commença à essayer de manger le repas des cadavres de ces dix lions et il se rendit compte que ces dix lions morts étaient en fait dix cadavres de lions de pierre et il essaya de se débarrasser de ce problème. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Po%C3%A8te_mangeur_de_lions_dans_son_repaire_de_pierre
-
Jean Monnaie
InvitéSans fard, sans retenue, parlons de Pierre Palmade,
Un homme, une vie, dans le tourment d’une vie de pédale.
Netflix enjolive, les paillettes et le strass,
Mais derrière le glamour, se cache un cruel tracas.Les ruelles obscures dévoilent une réalité plus saignante,
Où la « vieille pédale », loin des projecteurs, est souvent humiliante.
Des désirs cachés, des marchandages sordides et furtifs,
L’argent et le sexe se monnayent, dans l’ombre, sans motifs.À leur apogée, certains captent tous les regards,
Pédales rayonnantes, surplombant le monde, sans hasard.
La société les vénère, leurs exploits les élèvent,
Mais le temps s’écoule, le charme s’éteint, la splendeur s’achève.Ruquier, flamboyant, avec une faim libidinale,
S’entoure de jeunes latino, dirigeant sa clique infernale.
Mais Palmade, au contraire, voit une descente glaciale,
Sa fortune dilapidée, sa vie sentimentale bancale.Proust, avec précision, l’a si bien décrit,
Actifs et passifs, une dualité bien définie.
La jeunesse est convoitée, la vieillesse rejetée,
Pour ces vieux égarés, une réalité tranchée, un destin éraflé.Dans les recoins discrets, ces vérités sont murmurées,
Certains sont dans le secret, pour d’autres, elles sont voilées.
Car avec les années, les désirs diminuent, les offres s’étiolent,
Leur atout, autrefois convoité, aujourd’hui délaissé, et pour cela, ils paient de leur folie qui les hantent, se noyant dans l’alcool. -
Graindorge
InvitéJe suis allé chercher dans la mer des oranges,
Celles dont l’eau du port reflétait les couleurs ;
Je suis allé chercher dans la mer mille fleurs,
Celles que l’archipel tend à l’autel des anges.
Je suis allé chercher dans la mer des accents
Que mon île n’a plus sous son manteau de lave.
J’y suis allé chercher un cœur solide et brave
Comme celui qui bat chez les adolescents.
Je sais bien que ce sont de belles utopies,
Que je ne trouverai, sous les vagues tapies,
Ni les oranges, ni les fleurs que mon amour
Attend et que le flot garde en dépit des ondes.
Mais mes mains plongeront encore en eaux profondes
Et l’espérance me soutient de les y voir un jour« La esperanza me mantiene » l’espérance me soutient
Pedro García Cabrera -
Graindorge
InvitéAnthologie de poésie canarienne : ontologie visible pour archipel inventé
Par Catherine Boudet| 17 mai 2013|Catégories : Blog
Le destin des îles, affirme Juan Carlos de Sancho en prologue de Poetas de Islas Canarias, est d’être « unies par ce qui les sépare » : la mer. En rédigeant cette anthologie de poésie canarienne du 20ème siècle, il fait œuvre d’engagement en faveur d’une pensée archipélique qui transcenderait les seules îles Canaries.
L’objectif de cette anthologie Poetas de Islas Canarias est de conférer à la poésie canarienne une visibilité. Et cette reconnaissance pour laquelle milite Juan Carlos de Sancho revêt un double enjeu.
Tout d’abord celui de la mémoire, parce que les poètes canariens sont restés pratiquement ignorés pendant 150 ans. Ce qui ne serait pas tant, à son avis, le résultat d’une situation périphérique au regard de la métropole ibérique, que d’un manque de reconnaissance au sein même de l’archipel, « cette distance avec laquelle on les a traités ici dans l’île, comme s’ils n’existaient pas »[2]. Et ce, alors même que ces auteurs ont joué un rôle essentiel dans le processus ontologique et étiologique d’émergence d’une identité canarienne.
Gestation poétique de l’archipel
Les poètes canariens ont dû « inventer leur île ». Dans un archipel où la colonisation a éradiqué les traces du peuplement aborigène et où « l’effort cacique a consisté à reproduire les modèles économiques, sociaux et urbains du continent », cette gestation poétique de l’archipel a pris des siècles. Il a fallu attendre le 20ème siècle pour que se réalise pleinement cette « fondation du monde insulaire ». La recherche d’identité s’est réalisée contre l’emprise coloniale, par des artistes qui ont dû « se charger de construire l’imaginaire insulaire en partant de zéro ». Juan Carlos de Sancho observe que dans la poésie canarienne se dessine « le récit profond d’une île immatérielle » et c’est ainsi que se superpose, à l’île physique, une île poétique ou « île de papier ».
Le deuxième enjeu essentiel de cette mise en visibilité de l’histoire de la production poétique canarienne réside dans le fait que les îles sont le creuset d’un mode de pensée particulière. « Etre insulaire, c’est une façon d’être entouré par tout et d’être éloigné de tout ». Fondée sur le paradoxe, la pensée archipélique selon le canarien Juan Carlos de Sancho intègre les extrêmes et les contraires, et en cela elle illustre ce que nous avions appelé en d’autres temps et lieux, le « rôle de l’identité en tant que gestion de la contradiction »
Visibilité et indivisibilité
L’archipel, ce « paradoxe du destin », induit « une perplexité [qui] façonne le caractère, attire les mirages et les idées instables ». La mer omniprésente, qui sépare et enveloppe, donne aux îles leur « identité indivisible. De sorte qu’en étant poète dans une île, une île à l’intérieur de l’île, on prend conscience qu’on est entouré, et qu’il n’y a qu’une alternative : « ou tu te mélanges, ou tu te caches ».
L’archipel de papier que Juan Carlos de Sancho réunit dans cette anthologie témoigne du fait que les îles sont « une structure particulière de l’idée matrice ». Car, entourée d’eau, l’île est « comme le placenta, ou l’embryon de ce qui va naître : tout y est proche et concentré, dans une énergie volcanique et imprévisible ».
En outre, « les îles signalent l’horizon invisible », cet horizon qui suivant la conception de Michel Collot articule dans une même dynamique structurante l’espace intérieur de la conscience du sujet, le monde et l’espace du texte. Pour Juan Carlos de Sancho, l’île étant tout à la fois « proximité lointaine » et « éloignement proche », une forme ambigüe d’approcher la réalité, donne à l’insulaire une « structure mentale particulière » dans son mode d’accès aux idées.
Selon Michel Collot, l’horizon organise — métaphoriquement et physiquement — le paysage en un ensemble cohérent, le rendant en même temps disponible à une infinité d’autres organisations possibles. Et si l’on suit la pensée de Juan Carlos de Sancho, les îles deviennent des marqueurs sur cet horizon tout autant métaphysique que métaphorique. Précisément, l’horizon vu depuis l’île est circulaire, fait remarquer Juan Carlos de Sancho, et pour pouvoir s’en assurer, il est nécessaire de s’élever. Cette élévation – tant physique que symbolique – nécessaire pour observer l’horizon permet aussi de réaliser que de tous les points de ce cercle imaginaire peuvent arriver les navires ou les influences porteuses : « Nous sommes des cultures visitées à travers ce cercle ».
Cette conception de la pensée insulaire revendique une parenté avec la créolité, quand l’auteur affirme que « les îles Canaries, comme les autres archipels, sont des territoires de créolité, réceptifs aux courants esthétiques qui arrivent de l’extérieur ». Il s’inscrit dans la lignée du cubain Alejo Carpentier qui définissait la créolité comme force symbiotique, à la fois « attribut et destin ». Pour Juan Carlos de Sancho, la créolité opère comme « une possibilité de changement et de transformation de nos réalités sur la base du fait que nos différences, en convergeant, deviennent une source de créativité immense ».
L’île en sa cartographie poétique
La méthodologie de Juan Carlos de Sancho pour élaborer cette anthologie a consisté à repérer le « temps fondateur » de chaque poète, ce moment où il a commencé à se forger son style propre et à intervenir dans le monde en accord avec sa conscience, en brisant les archétypes. Il répertorie vingt poètes qu’il estime représentatifs du 20ème siècle canarien et qu’il classe en 7 grandes périodes : le modernisme, les avant-gardes, la guerre civile, les poètes du milieu du siècle, les post-contemporains, la récupération des avant-gardes et la nouvelle fusion.
Dans les années 1920, qui inaugurent le modernisme canarien, le mouvement des bateaux et le commerce avec l’extérieur ouvrent les îles au cosmopolitisme. Les poètes hantent les quais, qui hantent à leur tour leurs poèmes. En même temps que débarquent les produits d’échange commerciaux, arrivent les nouveaux genres littéraires. L’isolement se confronte au cosmopolitisme et de là naît tout un imaginaire. « Moi je me retrouve au milieu de ce climat localiste avec une irrémédiable température universelle », écrit en 1920 Alonso Quesada, considéré comme le Fernando Pessoa canarien.
Le lien s’établit principalement avec les auteurs de la péninsule ibérique, mais aussi français. L’archipel découvre le surréalisme français et reste fasciné. En 1935 André Breton visite Tenerife où est organisée la première exposition surréaliste. L’apport de ce mouvement littéraire permet aux poètes canariens – les « surréalistes furibonds » – de subvertir et de recréer le langage, de laisser surgir l’inconscient et les éléments oniriques dans l’écriture : « Les îles pouvaient désormais être n’importe quelle invention de l’imaginaire ».
Propulsés par « l’incertitude provoquée par l’afflux de tant de nouveauté », les auteurs s’attachent alors à réinventer l’île et cette réinvention passe par la révélation d’un mythe insulaire. Augustín Espinosa en 1928 dans son Lancelot 28°.7° cherche à créer une « mythologie conductrice » pour le paysage de Lanzarote, pour une île nouvelle. Il écrit : « Mon intention était de créer un Lanzarote nouveau. Un Lanzarote inventé par moi… Je substitue l’abstrait au concret… je construis la géographie intégrale de Lanzarote ».
Ces démarches ontologiques seront gravement compromises par la dictature franquiste qui s’installe en Espagne en 1939 après trois années d’une guerre civile qui n’a pas épargné les Canaries. La dictature « fait retourner à l’invisibilité toutes les conquêtes antérieures » qui avaient été réalisées par les écrivains. Cet effacement se concrétise d’ailleurs par l’élimination physique des poètes dissidents. Le surréaliste Domingo López Torres est l’un des premiers à tomber. Arrêté puis fusillé en 1937, son corps est jeté à la mer dans un sac. Depuis la prison de Tenerife où il fut incarcéré il écrivit dans l’un de ses derniers poèmes :
Parce que j’ai voulu me mettre debout
Et le vent ne me laissait pas.
Il me poussait sans pitié.
Mais j’ai voulu me mettre debout.
Ensuite, transparent de tout,
Moi, sur une mer sans cristal,
Sans où, sans quand, sans rien.
(Les cieux déshabités
Et les mers sans fenêtres.)Ils me clouèrent sans pitié :
les filles par le chapeau
Et les garçons par le revers de la veste,
Avec des épingles en acier.
La carte de mes insomnies
— sans nord, sans sud — découpée
par les franges vertes du sommeil.Porque yo quise pararme
y el viento no me dejaba.
Me empujaba sin piedad.
Pero yo quise pararme.
Luego, transparente de todo,
yo, por un mar sin cristales,
sin dónde, ni cuándo, nada.
(Los cielos deshabitados
Y los mares sin ventanas.)Me clavaron sin piedad:
las chicas en el sombrero,
los chicos en la solapa,
con alfileres de acero.
El mapa de mis desvelos
-sin norte, sin sur- cortado
por franjas verdes de sueño.(Extrait du « Poème de la langouste », Domingo López Torres, Lo imprevisto, 1936 – notre traduction).
Sous la dictature franquiste, les écrivains sont persécutés, l’édition est suspendue. Les poètes réagiront, malgré le fait de se retrouver assiégés et isolés, en cherchant à récupérer l’impulsion universelle. Leur résistance éthique donne lieu à une poésie sociale, qui tente de restaurer une dignité insulaire perdue et qui part à la recherche de la signification profonde d’une « île occultée ».
Dans la période post-dictature des années 50, s’effectue le sauvetage de la tradition symboliste, « dans une navigation extraterritoriale mais sans perdre de vue l’île ». L’intime et le social, l’avant-gardisme et le surréalisme, l’indigène et le conceptuel surgissent ou ressurgissent comme la lave des volcans, sortis indemnes de la persécution et de l’indifférence, s’incorporant au paysage culturel. Pour Manuel Padorno (1933–2002), « la poésie est une illumination profane et le poète est le nomade qui va à la rencontre de ce que la lumière révèle à la recherche de l’architecture invisible de l’être ».
Le personnage insulaire n’est pas une coutume
Son regard contient une foule
quelque chose brille par-dessus, la lueur
de l’édifice du feu.Il travaille là-haut avec la lumière, toiture
du ciel, le poisson bleu, fortunée
patrie solaire, volcans où s’allume
Phosphorescente la transparence ailée.Par où passe l’homme est le sentiment.
L’eau une crique blanche, l’eau une plage
clarté céleste, île de foi.Je placerai la pierre dans le dire
Une pierre sur la mer où se forge
Du fondement : ce qui ne se voit pas.El personaje insular no es una costumbre
siempre contiene cientos la mirada;
algo relampaguea encima, la lumbre
del edificio de la llamarada.Trabaja arriba con la luz, techumbre
del mar, el pez azul, afortunada
patria solar, volcanes donde alumbre
fosforescente transparencia alada.Por donde pasa el hombre es el sentir.
caleta blanca el agua, playa el agua
celeste claridad, isla de fe.Colocaré la piedra, en un decir,
Una piedra en el mar donde se fragua
Del fundamento: lo que no se ve.(Manuel Padorno, « El personaje insular », Efigie canaria, 1958–1993 – notre traduction).
Les années 70 marquent l’ouverture à la démocratie, avant l’autonomie acquise en 1982 et alors « la poésie commence à récupérer son île intérieure, le poème, à l’abri de l’immédiateté et de la norme », et ce à grand renfort d’inventions, d’hétérodoxies et de paris individuels. Le poète Rafael Arozarena interroge :
« A l’intérieur de qui prions-nous ?
Depuis cet intérieur je perçois les quatre horizons en ruine
Où les nouveaux apôtres suspendent des enfants d’argile avec des ailes d’argent.
Et constante est la douleur de la musique
du mutisme, la nuit et le secret du temps »« ¿Dentro de quién oramos ?
De este interior percibo los cuatro horizontes en ruinas
donde los nuevos apóstoles cuelgan niños de barro con alas de plata.
Y duele constante la música
de la mudez, la noche y el sigilo del tiempo »(Extrait de « La catedral 69 », Rafael Arozarena, El ómnibus pintado con cerezas, 1971 – Notre traduction)
Dans une fin de 20ème siècle désabusée où le libéralisme financier a remplacé l’idéal du progrès social et où le livre se débat entre les nouvelles pistes digitales et la possible disparition du papier, Federico J. Silva inaugure une nouvelle « ligne de navigation » :
Les fabricants d’oasis
ont fabriqué d’abord le désert
ce ne sont pas des îles
c’est l’océan
c’est-à-dire qu’il n’y a
pas d’autre choix que nager
ou
nager
contre à l’encontre
du courant
en haute mer nous saurons
trouver
notre propre chemin
ici nous sommes des étrangerslos fabricantes del oasis
fabricaron antes el desierto
que no son islas que
es océano
o sea no hay
más que nadar
o
que nadar
contra en contra de
la corriente
en la mar alta sabremos
encontrar
nuestro propio camino
aquí somos extranjeros(Extrait de « A quí somos extranjeros », Federico J. Silva, Sea de quien la mar no teme airada, 1995 – notre traduction)
Au tournant du 21ème siècle, dans un « monde de réseaux redistribués », même si beaucoup continuent de croire à l’isolement du poète insulaire, « l’île n’existe plus », le poète canarien peut être présent, sans bouger des Canaries, dans les débats et récits du monde entier et les auteurs insulaires « ouvrent leur éventail à de nouveaux imaginaires ».
Catherine Boudet
Quatre-Bornes (île Maurice), 07 mai 2013 -
Graindorge
InvitéPresencia
Cae la lluvia
sobre palabras dormidas
y baña de flores tu frente.
Crece la hierba sobre tu nombre.
Habito esta tierra de inquietud
de pájaros que emigran
sin regreso.
Haciendo círculos
sobre mi cabeza
coronan
la orfandad.
La noche en mi pecho
sale a buscarte.
Présence
La pluie tombe
sur des mots endormis
et baigne ton visage de fleurs.
L’herbe pousse sur ton nom.
J’habite cette terre d’inquiétude
d’oiseaux qui émigrent
sans revenir.
Faisant des cercles
Au-dessus de ma tête
ils couronnent
l’abandon.
Dans ma poitrine la nuit
part te chercher.Consuelo Arriagada
-
Fanny
InvitéBallade des äusseren Lebens
Und Kinder wachsen auf mit tiefen Augen
Die von nichts wissen,wachsen auf und sterben
Und alle Menschen gehen ihre Wege.Und süsse Früchte werden aus den herben,
Und fallen nachts wie tote Vogel nieder
Und liegen wenig Tage und verderben.Und immer weht der Wind, und immer wieder
Vernehmen wir und und reden viele Worte
Und spüren Lust und Müdigkeit der GliederUnd Strassen laufen durch das Gras, und Orte
Sind da und dort, voll Fackeln, Bäumen, Teichen,
Und drohende, und totenhaft verdorrte…Wozu sind diese aufgebaut? Und gleichen
Einander nie? Und sind unzählig viele?
Was wechselt Lachen, Weinen und Erbleichen?Was frommt das alles uns und diese Spiele,
Die wir doch gross und ewig einsam sind
Und wandernd nimmer suchen irgend Ziele?Was frommt’s, dergleichen viel gesehen haben?
Und dennoch sagt der viel, der »Abend » sagt,
Ein Wort, daraus Tiefsinn und Trauer rinnt
Wie schwerer Honig aus den hohlen WabenHugo von Hofmannsthal
-
Fanny
InvitéOups les strophes ont disparu et le résultat est très moche. J’aimerais bien supprimer du coup mais ça n’a pas l’air possible malheureusement…
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-
Fanny
InvitéBALLADE DE LA VIE EXTÉRIEURE
Et des enfants grandissent avec des yeux profonds
Et qui ne savent rien, grandissent et meurent
Et tous les hommes suivent leur chemin.Et l’amertume des fruits se change en douceur
Et ils tombent la nuit sur le sol comme des oiseaux morts
Et demeurent quelques jours puis se corrompent.Et toujours souffle le vent, et toujours et encore
Nous entendons et prononçons des paroles nombreuses
Et ressentons la jouissance et la fatigue dans nos membres.Et des rues courent à travers l’herbe, et il y a des places habitées
Ici et là, emplies de flambeaux, d’arbres, d’étangs
Et de menace, et de dessèchement mortel…Pourquoi ces lieux sont-ils bâtis, et n’y en a-t-il jamais
Deux semblables ? et pourquoi en nombre infini ?
Quel changement produisent le rire, les larmes, la pâleur ?Que nous importe tout cela, et tous ces jeux,
A nous, pourtant adultes, éternellement solitaires,
A nous qui ne cherchons jamais un but à nos errances?Que nous importe d’avoir vu tant de choses pareilles ?
Et cependant, il dit beaucoup, celui qui dit : « soir »,
Un mot, d’où s’écoulent mélancolie et affliction,Comme un miel lourd s’écoule des rayons évidés.
Hugo von Hofmannsthal
Traduction Jean-Yves Masson-
Fanny
InvitéMince, même problème. Comment faire les sauts de ligne ?
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Alain m.
InvitéPrends une photo de ton poème et fais un papier-collé, cela devrait fonctionner.
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Fanny
InvitéMerci.
Une prochaine fois j’essaierai comme ça.
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Alain m.
Invité« Qui n’en veut maintenant de cette France,
qui n’en a besoin hein pour construire plein d’endormissement, qui n’en a pas plein les fouilles de toute cette déchéance… »
Charles Pennequin.
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Graindorge
InvitéDe tout, il resta trois choses
Fernando Sabino, poète brésilien extrait de « O encontro marcado » (Le rendez-vous convenu); poème parfois attribué par erreur à Fernando Pessoa.De tout, il resta trois choses:
la certitude que tout était en train de commencer,
la certitude qu’il fallait continuer,
la certitude que cela serait interrompu
avant que d’être terminé.
Faire de l’interruption un nouveau chemin,
faire de la chute un pas de danse,
faire de la peur un escalier,
du rêve, un pont,
de la recherche…
une rencontre. -
Graindorge
InvitéPour une femme de chambre. Francis Combes
A Miguelina
Les femmes de chambre des hôtels de Cuba
Sont-elles seulement des femmes de chambre ?
Ou sont-elles des fleuristes ?
Celle qui fait notre chambre
A dressé sur notre lit une fleur
de serviettes blanches
surmontée d’une rose de plastique rouge.
(Sculpture éphémère qui en vaut d’autres
malheureusement plus durables).
Et Miguelina , – puisqu’elle s’appelle Miguelina –
Nous a laissé un mot en français
Couvert de fleurs de couleur, au stylo,
Qui nous dit que l’amitié
Est un pont entre les êtres
Et nous souhaite bon voyage.
Les femmes de chambre des hôtels de Cuba
Sont-elles des fleuristes ?
Ou des ambassadrices
Qui font leur travail avec une conscience politique
Et une gentillesse telles
qu’on voudrait les appeler « Compañera » ? -
Cocolastico
InvitéMerci à tous, et particulièrement à Alain M, j’ai eu beaucoup de moments de joie en passant sur ce topic ces derniers mois
Les Djinns de Victor Hugo : https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/les_djinns
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Graindorge
InvitéJ’aime beaucoup Victor Hugo! Merci pour le partage!
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Graindorge
Invité« Elle ne crie jamais,sauf lorsqu’elle se tait. »
« Nunca grita, excepto cuando guarda silencio » Bruno Mesa -
Graindorge
InvitéALEX DESCHENES
Encore l’été . Extrait.
j’aimerais me glisser la nuit dans un boisé
entendre les bruits qu’on n’entend pas
et m’étendre dans un ruisseau
pour voir l’arrière-visage des choses
surprendre ce qui se dit entre les arbres
je marcherais
par les bois et les plaines
j’escaladerais une à une les lumières
qui traînent sur les montagnes
et des neiges qu ‘on n ‘a pas vu tomber
là
je m’assoirais parmi les étoiles
enfin seul
je fermerais les yeux
et tu me parlerais de toi -
mespasici
InvitéBonjour, je me lance à partager un poème/conte de ma main : ) je serais curieuse d’avoir des retours
Déplacements d’animaux silencieux
L’horizon tremblait
Le soleil a ses arguments quand il s’agit de conquête
Il n’y avait plus d’eau que celle nécessaire
À humecter les gueules tenues en respect
Pour survivre la seconde suivante
Il fallait s’empêcher de parler
Ainsi faisaient les bêtes
Dans leur écrin de plantes décédéesAvant que le soleil ne lime ses griffes sur les collines
Elles se mirent en marche au crépuscule
Pensant que la fraicheur durerait
Alliance du ciel et de la terre
Pour tourner les essieux de l’expédition
Ils chercheraient l’eau là elle s’était retirée
Dans les veines du palais suspendu aux colonnes d’airIl faut imaginer les prédateurs aux goulées acides
Les coutures arquées de leurs mâchoires
Le ventre plein d’air et de sable
De simples proies mordant la chair de leurs petits
Les chauves-souris cisaillaient le ciel en pleine lumière
Pour n’en laisser que des lambeaux à l’astre vorace
Se brûlant les ailes en rasant le sol
Les océans cloquaient sur leur passage
Rempli d’yeux bouillisCe n’étaient plus les animaux qui nous consument
De leur calme nous résument d’un regard
Ceux là qui bruissent et chuintent
Et bourdonnent sans jamais livrer leur avis
Ce n’était plus la nuit qui nous frôle
Qu’on explore en gaspillant sa lampe
Alors hérissée du dérangement, les enfants déguerpissent
Pour retrouver la lumière, première leçon de frontièreLes flancs bleus-violets battaient la mesure
D’une gamme étouffée et monotone
Une musique de fin du monde
Qui parlait aux os apparents
Mais en réalité rien ni personne ne prêtait oreille
Derrière les murailles du palais suspendu aux colonnes d’air
Araignée accroupie au mille stores baissés
Soufflait l’air conditionné de tous les délicesLes bêtes meurent en silence
Rappelaient les mères aux petits
En silence, l’agonie, c’est ainsi que les bêtes meurent
Au pied des murailles insensibles
L’agonie, en silence, je serai là
Mon cœur déposé sur une pierre près de toi
Ton expiration une bulle anonyme piégée dans le ciment des roisSous les fontaines éternellement électriques
Les mouches, élues survivantes de l’année
Suçaient les fruits des puissants
La goutte de rosée perchée sur leur dos
Comme miroir des vagues de vies stoppées nettes
L’espoir n’a pas été inventé par nous
Nous ne nous prononcerons pas sur ce conceptLes sirènes aux portes langoureuses
Chuchotèrent à l’oreille des rois
Qu’il n’était plus temps de se repentir
Le palais suspendu aux colonnes d’air
Son exosquelette assoiffé d’eau et d’huile
A déplié ses articulations millénaires
A largué ses attaches vers le cielEn dessous le vide, la fournaise bientôt éteinte
Un os bien rongé, une place propre et nette
Un cratère de silence, un repos mérité
Tandis que la gelée synthétique au congélateur
Aboutit à des paradoxes et relancent l’équationOù sont passés les aigles de nos drapeaux et les tigres de nos temples ?
Les éléphants de nos espoirs, les méduses de nos sexes ?
Et qui marchera à présent suspendu au fil de nos songes ?-
Mercutio
InvitéCe récit me touche tout particulièrement, je vois la transhumance dans une savane assechée, rendue pénible aux animaux amigris. Le rythme est celui de la torpeur de ces animaux conscients de leur sort, néanmoins placides.
Félicitations pour votre texte !
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Claire N
Invité« Ils chercheraient l’eau là elle s’était retirée
Dans les veines du palais suspendu »
J’aime bien , c’est inédit pour moi de penser aux nuages de cette manière-
mespasici
Invitéje pensais effectivement en écrivant au Château dans le ciel de Miyazaki ! merci pour ces retours encourageants
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mespasici
Invitémerci pour vos retours et d’avoir bien senti mes intentions ! ce texte a été inspiré par le dessin animé Allegro ma non troppo, la partie avec le Boléro de Ravel et la Marche de l’évolution qui fut un fascinant traumatisme d’enfance.
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Graindorge
InvitéL’Énergie sourit
Derrière les œillères de la dualité,
la Vie m’observe.
Sous les couches de la matière,
l’Énergie me sourit.
Derrière le voile de la destruction,
la Mort me fait signe.
La Solitude est baignée de paix,
le Silence riche de félicité.
La Solitude est enflammée de Joie,
la Pureté de l’innocence trempée d’austérité.
Oh !
La beauté de Cela !
Le « Je » est transformé en Cela.
Le « Je » est illuminé,
le « Je » est en feu ! -
Alain m.
InvitéEmily Dickinson•
« Because I could not stop for Death »
un poème, deux traductions.
~ ~ ~ ~ ~
Pour Mort ne pouvant m’arrêter –
Aimable il s’arrêta pour moi –
Dans la Calèche rien que Nous deux –
Et l’Immortalité.Lent voyage – Lui était sans hâte
Et j’avais renoncé
A mon labeur, à mes loisirs aussi,
Pour Sa Civilité –Nous passâmes l’École, où des Enfants luttaient
Dans le Cercle – à la Récréation –
Nous passâmes les Champs d’Épis aux Aguets –
Nous passâmes le Soleil Couchant –Ou plutôt – Il Nous passa –
La Rosée perlait en gouttes Glacées –
De simple Voile, ma Robe –
De Tulle – mon Collet –Nous fîmes halte devant une Maison
Pareille à une Saillie du Sol –
Le Toit était à peine visible –
La Corniche – Ensevelie –Il y a de cela – des Siècles – et pourtant
Ils semblent plus brefs que ce Jour
Où je m’avisai que la Tête des Chevaux
Pointait vers l’Éternité –
Traduction de Claire Malroux.
~ ~ ~ ~ ~Puisque je ne pouvais m’arrêter pour la Mort —
Ce Gentleman eut la bonté de s’arrêter pour moi —
Dans la Voiture il n’y avait que Nous —
Et l’Immortalité.Nous roulions lentement — Il n’était pas pressé
Et j’avais mis de côté
Mon labeur ainsi que mon loisir,
En réponse à Sa Civilité —Nous passâmes l’École, où les Enfants s’efforçaient
De faire la Ronde — à la Récréation —
Nous passâmes les Champs d’Épis qui nous dévisageaient —
Nous passâmes le Soleil Couchant —Ou plutôt — c’est Lui qui Nous dépassa —
Les Rosées tombèrent frissonnantes et Froides —
Car ma Robe n’était que de Gaze —
Mon Étole — de Tulle —Nous fîmes halte devant une Maison qui semblait
Un Gonflement du Sol —
Le Toit était à peine visible —
La Corniche — Enterrée —Depuis — ça fait des Siècles — et pourtant
Cela paraît plus court que le Jour
Où je me suis doutée que la Tête des Chevaux
Était tournée vers l’Éternité
Traduction de Françoise Delphy. -
Alain m.
InvitéL’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.
Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou?
Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table?Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
Et tu chantonneras comme un enfant bercé.Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme
Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.
Va, dors! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.
Ah! quand refleuriront les roses de septembre !
Paul Verlaine • -
Graindorge
InvitéYo no soy yo (Juan Ramón Jiménez)
Yo no soy yo.
Soy este
que va a mi lado sin yo verlo,
que, a veces, voy a ver,
y que, a veces olvido.
El que calla, sereno, cuando hablo,
el que perdona, dulce, cuando odio,
el que pasea por donde no estoy,
el que quedará en pie cuando yo muera…
Moi, ce n’est pas moi
Je suis celui-ci
qui est à côté de moi
sans que je le vois,
celui que je vais voir, quelquefois,
et que, quelquefois, j’oublie.
celui qui se tait, serein, lorsque je parle,
celui qui pardonne, gentil, lorsque je hais,
celui qui se promène là où je ne suis pas,
celui qui restera debout lorsque moi, je mourrai… -
Alain m.
InvitéPendant que je sonne repose mon Epson
Qui imprime en rouge et noir mes feuillets
Et aussi en bleu que j’y voie clair mieux
En ce flux verbal où me place sujet
Sujet très sujette — c’est une elle qui parle
Au mal de l’époque qui fut dite épique
Non je ne veux nulle prothèse communicante
Collée à mon oreille hyper sensible et ni
Pour ma santé cinq fruits et légumes par jour
Parler wall-street-english mourir et rebondir
Oublier ma grand-mère qui craignait le tonnerre
Et la télévision mais demeurer moderne
À ma manière moderne sans fil et non
Actuelle plutôt crever.
Valérie Rouzeau•
-
propater
InvitéAntan qui veut dire jadis
est un piège de seins fanés
voyageur nain dans le wagon géant
entends tourner le long disque des roues
sur l’aiguille du rail
Danse chante pense ou pleure
au rythme de la matière
selon ta nocturne et profonde nature
et tu verras bientôt dans le disque lunaire
plus belle que
Phrynéune femme faisant l’amour
avec le grand aventurier de marbre noir
Sur la hampe de la mort
il y a un calice d’or où boit l’hirondelle de sel
Le temps est
TempsLe grand rideau de la mémoire
s’est déchiré
dans le temple du
SeulLe ver est dans le fruit
le fruit est dans le ventre
le ventre est dans le corps
le corps est dans le temps
le temps est dans l’horloge
l’horloge est dans l’attente
l’attente est une pincée de tapioca
L’univers est un poing fermé
qui laisse couler du sable
dans un gant de cristal
L’univers est un bouchon de liège sur un litre de néant
Sur le tillac du cargo fantôme
un gentleman en habit noir
conduit une brouette de réverbères
Vieillir
devenir vieux
se sentir incapable
de signer
le moindre crime passionnel
Sous un ciel pavé de mauvaises intentions
lorsque tu la pousses du pied
dans l’abîme
reconnais que la terre est ronde
pour
Louis
Van de
SpiegeleConvenons du signal de la révolution :
une femme nue
sélective
tachée de lumière et de sang
tombant
en parachute rouge
sur la place de la républiqu
Un spacieux tombeau d*ardoise
où
pour tuer l’éternité
le mort
enraciné dans l’esprit de révolte
écrirait à la craie le récit de ses démêlés avec
DieuDans le mauve violacé
pour qui s’éveille dans son ombre
il y a des dentelles de sexe bleu
un viol inscrit dans un labyrinthe fatal
Couleur ô couleur couverte de
blessures tu saignes silencieuse
et des âmes désespérées s’écoulent de tes plaies
tordant en moi leur longue chevelure
O couleur je t’aime et je te bois je
bois ton sang de lumière panique éclairant
ma mémoire d’abîme qui est
source métaphysique de la nuit
Achille Chavée
-
Alain m.
InvitéBelle découverte.
-
-
Malice
InvitéMon désastre écroulé transperce l’univers
Je m’effondre vaincu rabotant les
Ténèbres
Autour de moi la nuit gicle en un pus noirâtre
Je fonce vers la boue et l’étreinte du
Temps
Construit dans le bourbier une
Prison de
Glace
Le
Mal est donc présent il faut s’y habituer
J’aurai même à parfaire une œuvre fort inepteMon corps déjà rougit comme les écrevisses
Bouilli dans l’eau des pleurs de mon humanité
Exsudant les opiats de tous les désespoirsMe voici diable…
Je ne croyais pas tant faireRaymond Queneau
-
Carpentier
InvitéRaymond Queneau
Un poème
Bien placés bien choisis
quelques mots font une poésie
les mots il suffit qu’on les aime
pour écrire un poème
on sait pas toujours ce qu’on dit
lorsque naît la poésie
faut ensuite rechercher le thème
pour intituler le poème
mais d’autres fois on pleure on rit en écrivant la poésie
ça a toujours kékchose d’extrême
un poème.
– L’instant fatal, Gallimard, 1948 –
( antimanuel de littérature, p.256, F. Begaudeau – Bréal) -
Graindorge
InvitéMerci Malice et Carpentier
-
Carpentier
InvitéL’Enfant
Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
Un chœur dansant de jeunes filles.Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
Courbait sa tête humiliée ;
Il avait pour asile, il avait pour appui
Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
Dans le grand ravage oubliée.Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
Comme le ciel et comme l’onde,
Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
Pour relever ta tête blonde,Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
En boucles sur ta blanche épaule
Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
Comme les feuilles sur le saule ?Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
Qui d’Iran borde le puits sombre ?
Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
Cent ans à sortir de son ombre ?Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
Plus éclatant que les cymbales ?
Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
– Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
Je veux de la poudre et des balles.8-10 juillet 1828 – Victor Hugo, Les Orientales
-
Claire N
InvitéPoète : Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)
Recueil : Romances (1830). » c’est moi «
Si ta marche attristée
S’égare au fond d’un bois,
Dans la feuille agitée
Reconnais-tu ma voix ?
Et dans la fontaine argentée,
Crois-tu me voir quand tu te vois ?Qu’une rose s’effeuille,
En roulant sur tes pas,
Si ta pitié la cueille,
Dis ! ne me plains-tu pas ?
Et de ton sein, qui la recueille,
Mon nom s’exhale-t-il tout bas ?Qu’un léger bruit t’éveille,
T’annonce-t-il mes vœux ?
Et si la jeune abeille
Passe devant tes yeux,
N’entends-tu rien à ton oreille ?
N’entends-tu pas ce que je veux ?La feuille frémissante,
L’eau qui parle en courant,
La rose languissante,
Qui te cherche en mourant ;
Prends-y garde, ô ma vie absente !
C’est moi qui t’appelle en pleurant.-
Claire N
InvitéC’est pour l’enfant de la part de Marceline
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Graindorge
InvitéClown
Un jour.
Un jour, bientôt peut-être.
Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.
Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.
Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.
D’un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînement « de fil en aiguille ».
Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.
A coup de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.
Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.
Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.
Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.
Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.
Clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.
Je plongerai.
Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert
à tous
ouvert à moi-même à une nouvelle et incroyable rosée
à force d’être nul
et ras…
et risible…
Henri Michaux, « Peintures » (1939,) in L’espace du dedans, Pages choisies, Poésie / Gallimard, 1966, p.249
-
Alain m.
InvitéAcrostiche à deux balles.
•••••
Jean prend congé régulièrement
Et suppositio Nil ponit in esse
Autobi passebant completi
Nul n’est tenu à l’impossible.
Maraicher à ses heures ?
Onaniste discoureur !
Nulla dies sine linea
Nota bene
À l’âne, l’âne semble très beau
Illusion est plaisir coûteux
Et les ans s’enfuient, éphémères.
•••••-
Malice
InvitéAcrostiche à 4 sous:
A sa bibliothèque
L’on rêve
Alexandrie sauvée du feu
Infini dédale ou virtuel lieu
Nourris-nous encore Alain et mange ceMaigre sizain
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Fanny
InvitéIdentité
.
Inscris
je suis arabe
le numéro de ma carte est cinquante mille
j’ai huit enfants
et le neuvième viendra… après l’été
Te mettras-tu en colère?
.
Inscris
je suis arabe
je travaille avec mes camarades de peine
dans une carrière
j’ai huit enfants
pour eux j’arrache du roc
la galette de pain
les habits et les cahiers
et je ne viens pas mendier à ta porte
je ne me rabaisse pas
devant les dalles de ton seuil
Te mettras-tu en colère?
.
Inscris
je suis arabe
Mon nom est commun
je suis patient dans un pays
bouillonnant de colère
Mes racines
fixées avant la naissance du temps
avant l’éclosion des siècles
avant les cyprès et les oliviers
avant la croissance végétale
Mon père…
de la famille de l’araire
et non des seigneurs de Nojoub
Mon grand-père, un paysan
sans arbre généalogique
il m’a appris les mouvements du soleil
avant la lecture
Ma maison
une hutte de gardien
faite de roseaux et branchages
Es-tu satisfait de ma condition?
Mon nom est commun.
.
Inscris
je suis arabe
cheveux… noirs
yeux… marron
signes distinctifs
sur la tête une keffiah tenue par une cordelette
ma paume, rugueuse comme le roc
écorche la main qu’elle empoigne
mon adresse :
je suis d’un village perdu, sans défense
et tous ses hommes sont au champ ou à la carrière
Te mettras-tu en colère?
.
Inscris
je suis arabe
Tu m’as spolié des vignes de mes ancêtres
et de la terre que je cultivais
avec tous mes enfants
et tu ne nous a laissé
ainsi qu’à notre descendance
que ces cailloux
votre gouvernement les prendra-t-il aussi
comme on le dit?
.
Alors
inscris
en tête de première page
Moi je ne hais pas mes semblables
et je n’agresse personne
Mais… si jamais on m’affame
je mange la chair de mon spoliateur
Prends garde… prends garde
à ma faim
et à ma colère!
.
Mahmoud Darwich -
Graindorge
Invité -
Graindorge
InvitéALPHABET Henri Michaux
Tandis que j’étais dans le froid des approches de la mort, je regardai comme pour la dernière fois les êtres, profondément.
Au contact mortel de ce regard de glace, tout ce qui n’était pas essentiel disparut.
Cependant je les fouaillais, voulant retenir d’eux quelque chose que même le
Mort ne pût desserrer.Ils s’amenuisèrent et se trouvèrent enfin réduits à une sorte d’alphabet, mais à un alphabet qui eût pu servir dans l’autre monde, dans n’importe quel monde.
Par là, je me soulageai de la peur qu’on ne m’arrachât tout entier l’univers où j’avais vécu.
Raffermi par cette prise, je le contemplais invaincu, quand le sang avec la satisfaction, revenant dans mes artérioles et mes veines, lentement je regrimpai le versant ouvert de la
vie. -
Graindorge
InvitéA la louange de la Charité
Jean Racine
Les Méchants m’ont vanté leurs mensonges frivoles :
Mais je n’aime que les paroles
De l’éternelle Vérité.
Plein du feu divin qui m’inspire,
Je consacre aujourd’hui ma Lyre
A la céleste Charité.En vain je parlerais le langage des Anges.
En vain, mon Dieu, de tes louanges
Je remplirais tout l’Univers :
Sans amour, ma gloire n’égale
Que la gloire de la cymbale,
Qui d’un vain bruit frappe les airs.Que sert à mon esprit de percer les abîmes
Des mystères les plus sublimes,
Et de lire dans l’avenir ?
Sans amour, ma science est vaine,
Comme le songe, dont à peine
Il reste un léger souvenir.Que me sert que ma Foi transporte les montagnes ?
Que dans les arides campagnes
Les torrents naissent sous mes pas ;
Ou que ranimant la poussière
Elle rende aux Morts la lumière,
Si l’amour ne l’anime pas ?Oui, mon Dieu, quand mes mains de tout mon héritage
Aux pauvres feraient le partage ;
Quand même pour le nom Chrétien,
Bravant les croix les plus infames
Je livrerais mon corps aux flammes,
Si je n’aime, je ne suis rien.Que je vois de Vertus qui brillent sur ta trace,
Charité, fille de la Grâce !
Avec toi marche la Douceur,
Que suit avec un air affable
La Patience inséparable
De la Paix son aimable soeur.Tel que l’Astre du jour écarte les ténèbres
De la Nuit compagnes funèbres,
Telle tu chasses d’un coup d’oeil
L’Envie aux humains si fatale,
Et toute la troupe infernale
Des Vices enfants de l’Orgueil.Libre d’ambition, simple, et sans artifice,
Autant que tu hais l’Injustice,
Autant la Vérité te plait.
Que peut la Colère farouche
Sur un coeur, que jamais ne touche
Le soin de son propre intérêt ?Aux faiblesses d’autrui loin d’être inexorable,
Toujours d’un voile favorable
Tu t’efforces de les couvrir.
Quel triomphe manque à ta gloire ?
L’amour sait tout vaincre, tout croire,
Tout espérer, et tout souffrir.Un jour Dieu cessera d’inspirer des oracles.
Le don des langues, les miracles,
La science aura son déclin.
L’amour, la charité divine
Eternelle en son origine
Ne connaîtra jamais de fin.Nos clartés ici bas ne sont qu’énigmes sombres,
Mais Dieu sans voiles et sans ombres
Nous éclairera dans les cieux.
Et ce Soleil inaccessible,
Comme à ses yeux je suis visible,
Se rendra visible à mes yeux.L’amour sur tous les Dons l’emporte avec justice,
De notre céleste édifice
La Foi vive est le fondement,
La sainte Espérance l’élève,
L’ardente Charité l’achève,
Et l’assure éternellement,Quand pourrai-je t’offrir, ô Charité suprême,
Au sein de la lumière même
Le Cantique de mes soupirs ;
Et toujours brûlant pour ta gloire,
Toujours puiser, et toujours boire
Dans la source des vrais plaisirs !Jean Racine, Cantiques spirituels
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Claire N
Invité« L’amour sait tout vaincre, tout croire,
Tout espérer, et tout souffrir » merci-
Graindorge
InvitéMerci à Jean Racine d’avoir été de ce monde un jour et de nous avoir laissé la beauté de sa lumière
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Léo
InvitéMaintenant je comprends
Ce que tu essayais de me dire
Et combien tu souffris pour rester lucide
Et combien tu essayais de les libérer
Ils n’écoutaient pas, ils ne savaient pas
Peut-être qu’ils écouteront maintenant
Ils ne pouvaient pas t’aimer
Pourtant ton amour était sincère
Et lorsqu’il n’y eut plus d’espoir dans cette nuit étoilée
Tu mis fin à ta vie, comme le font les amants
Mais j’aurais pu te dire, Vincent
Le monde n’était pas fait pour être aussi beau que toiVincent – Don McLean
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Graindorge
Invité« Et combien tu souffris pour rester lucide »
Vincent qui nous disait et nous dira toujours à travers ses tableaux que le plus grand de tous les Arts est d’aimer
Merci Léo
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Graindorge
InvitéApothéose
Aimé CésaireA la quête de mes pas
dans la chaleur du temple mal circonscrit d’une cicatrice
cette distance qui toujours s’accroît
la mauvaise herbe de ma lumière
tout ce que j’ai pu ronger de mur
(diaphragme à chaque
point du jour que fait l’holothurie)
minute il me tombera des pépites et des nids d’hirondelle
il me tombera une vague de crotales et d’escarbilles
il me tombera cet étui où je cache ma dent de sagesse
ce paquet de feuilles qui m’empêche d’entendre dans le
camouflage féroce de ma sueur indivise
lorsque l’on gaule des noix dans les champs toujours bleus
des terres importées par le déluge
dans un semis de cloaques
parmi les enfants de chœur de la moraine
sous les dagues de nacre dont on marque les fronts et les
cornes de l’éther qui chantent jusqu’aux prunelles
II en tombera un gâteau de tsé-tsé pour le
Te-Deum
une carcasse couchée dans le sable
une aigle impériale des menottes un collier de verroterie
il en tombera assez pour faire monter le cours de la
Tamise
et un cacatoès pour le pape
Il en tombera toujours quelque chose un indicateur de police un sacristain un poteau téléphonique un clou de girofle
Allons-y pour l’oraison d’une poussière de calcédoine pour la feuille morte pour la rive buissonnière d’un sang mal dissout pour les faunes réinventées à la mauvaise chandelle du tigre qui brûle tant bien que mal à partir de l’empreinte
Il en tombera un hareng-saur
Pourquoi espèce de nom d’un scrupule ne pas faire suer et resuer le temps placide pour qu’il en tombe tous les pots de vin de notre sang sur la terre enfin saoule et la parole bien claire
son tonnerre -
AxisBoldAsLove
InvitéThe fucking cops are fucking keen
To fucking keep it fucking clean
The fucking chief’s a fucking swine
Who fucking draws a fucking line
At fucking fun and fucking games
The fucking kids he fucking blames
Are nowehere to be fucking found
Anywhere in ChickentownThe fucking scene is fucking sad
The fucking news is fucking bad
The fucking weed is fucking turf
The fucking speed is fucking surf
The fucking folks are fucking daft
Don’t make me fucking laugh
It fucking hurts to look around
Everywhere in ChickentownThe fucking train is fucking late
You fucking wait you fucking wait
You’re fucking lost and fucking found
Stuck in fucking ChickentownThe fucking view is fucking vile
For fucking miles and fucking miles
The fucking babies fucking cry
The fucking flowers fucking die
The fucking food is fucking muck
The fucking drains are fucking fucked
The colour scheme is fucking brown
Everywhere in ChickentownThe fucking pubs are fucking dull
The fucking clubs are fucking full
Of fucking girls and fucking guys
With fucking murder in Their eyes
A fucking bloke is fucking stabbed
Waiting for a fucking cab
You fucking stay at fucking home
The fucking neighbors fucking moan
Keep The fucking racket down
This is fucking ChickentownThe fucking train is fucking late
You fucking wait you fucking wait
You’re fucking lost and fucking found
Stuck in fucking ChickentownThe fucking pies are fucking old
The fucking chips are fucking cold
The fucking beer is fucking flat
The fucking flats have fucking rats
The fucking clocks are fucking wrong
The fucking days are fucking long
It fucking gets you fucking down
Evidently Chickentown -
AxisBoldAsLove
InvitéSir Cooper Clarke
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Graindorge
InvitéL’Ane chargé d’éponges et l’Ane chargé de sel
Jean de La Fontaine
Un ânier, son sceptre à la main,
Menait, en empereur romain,
Deux coursiers à longues oreilles.
L’un, d’éponges chargé, marchait comme un courrier;
Et l’autre, se faisant prier,
Portait, comme on dit, les bouteilles
Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins
Par monts, par vaux et par chemins,
Au gué d’une rivière à la fin arrivèrent,
Et fort empêchés se trouvèrent.
L’ânier, qui tous les jours traversait ce gué là,
Sur l’âne à l’éponge monta,
Chassant devant lui l’autre bête,
Qui, voulant en faire à sa tête,
Dans un trou se précipita,
Revint sur l’eau, puis échappa ;
Car au bout de quelques nagées,
Tout son sel se fondit si bien
Que le baudet ne sentit rien
Sur ses épaules soulagées.
Camarade épongier prit exemple sur lui,
Comme un mouton qui va dessus la foi d’autrui.
Voilà mon âne à l’eau; jusqu’au col il se plonge,
Lui, le conducteur, et l’éponge.
Tous trois burent d’autant l’ânier et le grison
Firent à l’éponge raison.
Celle-ci devint si pesante,
Et de tant d’eau s’emplit d’abord,
Que l’âne succombant ne put gagner le bord.
L’ânier l’embrassait, dans l’attente
D’une prompte et certaine mort.
Quelqu’un vint au secours qui ce fut, il n’importe;
C’est assez qu’on ait vu par là qu’il ne faut point
Agir chacun de même sorte.
J’en voulais venir à ce point.Jean de La Fontaine, Le Fables
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Carpentier
InvitéHonte
Tant que la lame n’aura
Pas coupé cette cervelle,
Ce paquet blanc, vert et gras,
À vapeur jamais nouvelle,(Ah ! Lui, devrait couper son?
Nez, sa lèvre, ses oreilles,
Son ventre ! et faire abandon
De ses jambes ! ô merveille ! )Mais, non ; vrai, je crois que tant?
Que pour sa tête la lame,
Que les cailloux pour son flanc, ?
Que pour ses boyaux la flamme,N’auront pas agi, l’enfant?
Gêneur, la si sotte bête,
Ne doit cesser un instant
De ruser et d’être traître,Comme un chat des Monts-Rocheux,
D’empuantir toutes sphères !
Qu’à sa mort pourtant, ô mon Dieu ! ?
S’élève quelque prière !Arthur Rimbaud, Illuminations
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Claire N
InvitéMerci Carpentier
« Tant que la lame n’aura
Pas coupé cette cervelle,
Ce paquet blanc, vert et gras,
À vapeur jamais nouvelle »
La description est parfaite, je me dis qu’il a été y voir concrètement et sans dégoût pour avoir récupéré autant de sensations sur le cerveau ( mort)
Parce que vivant, il est fabuleux
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Ema
InvitéLe pain
La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…
Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.Francis Ponge – Le parti pris des choses (1942)
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Graindorge
InvitéLe Forgeron-
Arthur RimbaudPalais des Tuileries, vers le 10 août 1792
Le bras sur un marteau gigantesque, effrayant
D’ivresse et de grandeur, le front large , riant
Comme un clairon d’airain, avec toute sa bouche,
Et prenant ce gros-là dans son regard farouche,
Le Forgeron parlait à Louis Seize, un jour
Que le Peuple était là, se tordant tout autour,
Et sur les lambris d’or traînait sa veste sale.
Or le bon roi, debout sur son ventre, était pâle
Pâle comme un vaincu qu’on prend pour le gibet,
Et, soumis comme un chien, jamais ne regimbait
Car ce maraud de forge aux énormes épaules
Lui disait de vieux mots et des choses si drôles,
Que cela l’empoignait au front, comme cela !
« Donc, Sire, tu sais bien , nous chantions tra la la
Et nous piquions les bœufs vers les sillons des autres :
Le Chanoine au soleil disait ses patenôtres
Sur des chapelets clairs grenés de pièces d’or
Le Seigneur, à cheval, passait, sonnant du cor
Et l’un avec la hart, l’autre avec la cravache
Nous fouaillaient – Hébétés comme des yeux de vache,
Nos yeux ne pleuraient pas ; nous allions, nous allions,
Et quand nous avions mis le pays en sillons,
Quand nous avions laissé dans cette terre noire
Un peu de notre chair… nous avions un pourboire
Nous venions voir flamber nos taudis dans la nuit
Nos enfants y faisaient un gâteau fort bien cuit.
… « Oh ! je ne me plains pas. Je te dis mes bêtises,
C’est entre nous. J’admets que tu me contredises.
Or, n’est-ce pas joyeux de voir, au mois de juin
Dans les granges entrer des voitures de foin
Énormes ? De sentir l’odeur de ce qui pousse,
Des vergers quand il pleut un peu, de l’herbe rousse ?
De voir les champs de blé, les épis pleins de grain,
De penser que cela prépare bien du pain ?…
Oui, l’on pourrait, plus fort , au fourneau qui s’allume,
Chanter joyeusement en martelant l’enclume,
Si l’on était certain qu’on pourrait prendre un peu,
Étant homme, à la fin !, de ce que donne Dieu !
– Mais voilà, c’est toujours la même vieille histoire !
« Mais je sais, maintenant ! Moi, je ne peux plus croire,
Quand j’ai deux bonnes mains, mon front et mon marteau
Qu’un homme vienne là, dague sous le manteau,
Et me dise : « Mon gars , ensemence ma terre ! »
Que l’on arrive encor, quand ce serait la guerre,
Me prendre mon garçon comme cela, chez moi !
– Moi, je serais un homme, et toi, tu serais roi,
Tu me dirais : Je veux !.. – Tu vois bien, c’est stupide.
Tu crois que j’aime à voir ta baraque splendide,
Tes officiers dorés, tes mille chenapans,
Tes palsembleu bâtards tournant comme des paons :
Ils ont rempli ton nid de l’odeur de nos filles
Et de petits billets pour nous mettre aux Bastilles,
Et nous dirions : C’est bien : les pauvres à genoux !
Nous dorerons ton Louvre en donnant nos gros sous !
Et tu te soûlerais, tu ferais belle fête.
– Et ces Messieurs riront, les reins sur notre tête !
« Non. Ces saletés-là datent de nos papas !
Oh ! Le Peuple n’est plus une putain. Trois pas
Et, tous, nous avons mis ta Bastille en poussière.
Cette bête suait du sang à chaque pierre
Et c’était dégoûtant, la Bastille debout
Avec ses murs lépreux qui nous rappelaient tout
Et, toujours, nous tenaient enfermés dans leur ombre !
– Citoyen ! citoyen ! c’était le passé sombre
Qui croulait, qui râlait, quand nous prîmes la tour !
Nous avions quelque chose au cœur comme l’amour.
Nous avions embrassé nos fils sur nos poitrines.
Et, comme des chevaux, en soufflant des narines
Nous marchions, nous chantions, et ça nous battait là….
Nous allions au soleil, front haut,-comme cela -,
Dans Paris accourant devant nos vestes sales.
Enfin ! Nous nous sentions Hommes ! Nous étions pâles,
Sire, nous étions soûls de terribles espoirs :
Et quand nous fûmes là, devant les donjons noirs,
Agitant nos clairons et nos feuilles de chêne,
Les piques à la main ; nous n’eûmes pas de haine,
– Nous nous sentions si forts, nous voulions être doux !
« Et depuis ce jour-là, nous sommes comme fous !
Le flot des ouvriers a monté dans la rue,
Et ces maudits s’en vont, foule toujours accrue
Comme des revenants, aux portes des richards.
Moi, je cours avec eux assommer les mouchards :
Et je vais dans Paris le marteau sur l’épaule,
Farouche, à chaque coin balayant quelque drôle,
Et, si tu me riais au nez, je te tuerais !
– Puis, tu dois y compter, tu te feras des frais
Avec tes avocats , qui prennent nos requêtes
Pour se les renvoyer comme sur des raquettes
Et, tout bas, les malins ! Nous traitant de gros sots !
Pour mitonner des lois, ranger des de petits pots
Pleins de menus décrets , de méchantes droguailles
S’amuser à couper proprement quelques tailles,
Puis se boucher le nez quand nous passons près d’eux,
– Ces chers avocassiers qui nous trouvent crasseux !
Pour débiter là-bas des milliers de sornettes !
Et ne rien redouter sinon les baïonnettes,
Nous en avons assez, de tous ces cerveaux plats !
Ils embêtent le peuple . Ah ! ce sont là les plats
Que tu nous sers, bourgeois, quand nous sommes féroces,
Quand nous cassons déjà les sceptres et les crosses !.. »
Puis il le prend au bras, arrache le velours
Des rideaux, et lui montre en bas les larges cours
Où fourmille, où fourmille, où se lève la foule,
La foule épouvantable avec des bruits de houle,
Hurlant comme une chienne, hurlant comme une mer,
Avec ses bâtons forts et ses piques de fer,
Ses clameurs , ses grands cris de halles et de bouges,
Tas sombre de haillons taché de bonnets rouges !
L’Homme, par la fenêtre ouverte, montre tout
Au roi pâle , suant qui chancelle debout,
Malade à regarder cela !
« C’est la Crapule,
Sire. ça bave aux murs, ça roule , ça pullule …
– Puisqu’ils ne mangent pas, Sire, ce sont les gueux !
Je suis un forgeron : ma femme est avec eux,
Folle ! Elle vient chercher du pain aux Tuileries !
– On ne veut pas de nous dans les boulangeries.
J’ai trois petits. Je suis crapule. – Je connais
Des vieilles qui s’en vont pleurant sous leurs bonnets
Parce qu’on leur a pris leur garçon ou leur fille :
C’est la crapule. – Un homme était à la bastille,
D’autres étaient forçats, c’étaient des citoyens
Honnêtes. Libérés, ils sont comme des chiens :
On les insulte ! Alors, ils ont là quelque chose
Qui leur fait mal, allez ! C’est terrible, et c’est cause
Que se sentant brisés, que, se sentant damnés,
Ils viennent maintenant hurler sous votre nez !
Crapule. – Là-dedans sont des filles, infâmes
Parce que, – vous saviez que c’est faible, les femmes,
Messeigneurs de la cour, – que sa veut toujours bien,-
Vous leur avez craché sur l’âme, comme rien !
Vos belles, aujourd’hui, sont là. C’est la crapule.
« Oh ! tous les Malheureux, tous ceux dont le dos brûle
Sous le soleil féroce, et qui vont, et qui vont,
Et dans ce travail-là sentent crever leur front
Chapeau bas, mes bourgeois ! Oh ! ceux-là, sont les Hommes !
Nous sommes Ouvriers, Sire ! Ouvriers ! Nous sommes
Pour les grands temps nouveaux où l’on voudra savoir,
Où l’Homme forgera du matin jusqu’au soir,
Où, lentement vainqueur, il chassera la chose
Poursuivant les grands buts, cherchant les grandes causes,
Et montera sur Tout, comme sur un cheval !
Oh ! nous sommes contents, nous aurons bien du mal,
Tout ce qu’on ne sait pas, c’est peut-être terrible :
Nous pendrons nos marteaux, nous passerons au crible
Tout ce que nous savons : puis, Frères, en avant !
Nous faisons quelquefois ce grand rêve émouvant
De vivre simplement, ardemment, sans rien dire
De mauvais, travaillant sous l’auguste sourire
D’une femme qu’on aime avec un noble amour :
Et l’on travaillerait fièrement tout le jour,
Écoutant le devoir comme un clairon qui sonne :
Et l’on se trouverait fort heureux ; et personne
Oh ! personne, surtout, ne vous ferait plier !…
On aurait un fusil au-dessus du foyer….
…………………………………………….
Oh ! mais l’air est tout plein d’une odeur de bataille !
Que te disais-je donc ? Je suis de la canaille !
Il reste des mouchards et des accapareurs.
Nous sommes libres, nous ! Nous avons des terreurs
Où nous nous sentons grands, oh ! si grands ! Tout à l’heure
Je parlais de devoir calme, d’une demeure…
Regarde donc le ciel ! C’est trop petit pour nous,
Nous crèverions de chaud, nous serions à genoux !
Regarde donc le ciel ! Je rentre dans la foule,
Dans la grande canaille effroyable, qui roule,
Sire, tes vieux canons sur les sales pavés :
Oh ! quand nous serons morts, nous les aurons lavés
Et si, devant nos cris, devant notre vengeance,
Les pattes des vieux rois mordorés, sur la France
Poussent leurs régiments en habits de gala,
Eh bien, n’est-ce pas, vous tous? Merde à ces chiens-là !
Il reprit son marteau sur l’épaule.
La foule
Près de cet homme-là se sentait l’âme soûle,
Et, dans la grande cour, dans les appartements,
Où Paris haletait avec des hurlements,
Un frisson secoua l’immense populace.
Alors, de sa main large et superbe de crasse,
Bien que le roi ventru suât, le Forgeron,
Terrible, lui jeta le bonnet rouge au front ! -
Graindorge
InvitéEdmond Rostand
Hymne au soleil
Je t’adore, Soleil !
ô toi dont la lumière,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l’amour maternel !
Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
L’humble vitre d’une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu !
Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu’on n’ose plus marcher !
Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
Ô toi qui fais les grandes lignes Et qui fais les petits détails!
C’est toi qui, découpant la Sœur jumelle et sombre
Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
A chaque objet donnant une ombre
Souvent plus charmante que lui !
Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
Ô Soleil ! toi sans qui les choses
Ne seraient que ce qu’elles sont ! -
Graindorge
InvitéNikoghos Safarian (1905-1973) poète arménien
Il faut marcher
Le repos, le bonheur, la joie
Ne sont que de vaines haltes.
C’est notre exil,
Ce devenir.
Le monde n’est qu’un devenir
Et le monde est un autre monde
À chaque instant -
Graindorge
Invité« The light shines in the darkness
and the darkness has not overcome it »
John. Chapter 1, Verse 5 -
Carpentier
InvitéVenus anadyomène
Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
De femme à cheveux bruns fortement pommadés
D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
Avec des déficits assez mal ravaudés;
Puis le col gras et gris, les larges omoplates
Qui saillent; le dos court qui rentre et qui ressort;
Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor;
La graisse sous la peau paraît en feuilles plates;
L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
Horrible étrangement; on remarque surtout
Des singularités qu’il faut voir à la loupe…
Les reins portent deux mots gravés: CLARA VENUS;
– Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.
Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai, 1870.-
Graindorge
Invitéje découvre, intéressant poème. Bien effrayant et monstrueux à souhait comme une réalité
« Horrible étrangement; on remarque surtout
Des singularités qu’il faut voir à la loupe… » Aller là aussi. Ça fait partie du voyage…de « l’expédition vers la vérité?
Merci Carpentier
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Graindorge
InvitéEFFACEMENT DU PEUPLIER
René Char
L’ouragan dégarnit les bois.
J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
Laissez le grand vent où je tremble
S’unir à la terre où je crois.Son souffle affile ma vigie.
Qu’il est trouble le creux du leurre
De la source aux couches salies !Une clé sera ma demeure,
Feinte d’un feu que le coeur certifie;
Et l’air qui la tint dans ses serres. -
Graindorge
Invité« Héctor Abad Gómez (Jericó, 1921-Medellín, 25 août 1987) était un médecin, essayiste, défenseur des droits de l’homme et spécialiste en santé publique colombien. Il fut assassiné à Medellín, après avoir reçu des menaces pour ses dénonciations contre des groupes paramilitaires, responsables de crimes arbitraires contre des militants de gauche dans le département d’Antioquia comme dans toute la Colombie. Son fils Héctor Abad Faciolince lui a consacré en 2006 une biographie romancée dans son livre L’Oubli que nous serons. »
Ce poème, « El olvido que seremos » a été trouvé par son fils dans la poche intérieure de sa veste ensanglantée. Peu de temps avant son élimination, un jeune journaliste, ami d’enfance de son fils lui avait remis la liste des personnes menacées de mort par les paramilitaires ( le Pouvoir, les intérêts économiques des possédants nationaux ET internationaux…)
Ya somos el olvido que seremos
Nous sommes déjà l’oubli que nous serons
El polvo elemental que nos ignora y que fue el rojo Adán
La poussière élémentaire qui nous ignore et qui fut le rouge Adam
Y que es ahora todos los hombres
Et qui est maintenant tous les hommes
Y que no veremos
Et que nous ne verrons pas
Ya somos en la tumba las dos fechas del principio y del término,
Nous sommes déjà dans la tombe les deux dates du commencement et de la fin
La caja, la obscena corrupción
Le cercueil, l’obscène corruption
Y la mortaja,
Et le linceul
Los triunfos de la muerte y las endechas.
Les triomphes de la mort et les chants funéraires.
No soy el insensato que se aferra al mágico sonido de su nombre.
Je ne suis pas l’insensé qui s’accroche au son magique de son nom
Pienso con esperanza en aquel hombre que no sabrá
Je pense avec espérance à cet homme qui ne saura rien
Que fui sobre la tierra.
De mon passage sur terre
Bajo el indiferente azul del cielo
Sous le bleu indifférent du ciel
Esta meditación es un consuelo
Cette méditation me console -
Graindorge
InvitéLe manteau impérial Victor Hugo
O ! vous dont le travail est joie,
Vous qui n’avez pas d’autre proie
Que les parfums, souffles du ciel,
Vous qui fuyez quand vient décembre,
Vous qui dérobez aux fleurs l’ambre
Pour donner aux hommes le miel,Chastes buveuses de rosée,
Qui, pareilles à l’épousée,
Visitez le lys du coteau,
Ô soeurs des corolles vermeilles,
Filles de la lumière, abeilles,
Envolez-vous de ce manteau !Ruez-vous sur l’homme, guerrières !
Ô généreuses ouvrières,
Vous le devoir, vous la vertu,
Ailes d’or et flèches de flamme,
Tourbillonnez sur cet infâme!
Dites-lui: » Pour qui nous prends-tu ?Maudit ! nous sommes les abeilles !
Des chalets ombragés de treilles
Notre ruche orne le fronton ;
Nous volons, dans l’azur écloses,
Sur la bouche ouverte des roses
Et sur les lèvres de Platon.Ce qui sort de la fange y rentre.
Va trouver Tibère en son antre,
Et Charles neuf sur son balcon.
Va! sur ta pourpre il faut qu’on mette,
Non les abeilles de l’Hymette,
Mais l’essaim noir de Montfaucon ! «Et percez-le toutes ensemble,
Faites honte au peuple qui tremble,
Aveuglez l’immonde trompeur,
Acharnez-vous sur lui, farouches,
Et qu’il soit chassé par les mouches
Puisque les hommes en ont peur ! -
Graindorge
InvitéLe matin des étrennes
Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
Dans quelque songe étrange où l’on voyait joujoux,
Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
Tourbillonner, danser une danse sonore,
Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
On s’éveillait matin, on se levait joyeux,
La lèvre affriandée, en se frottant les yeux…
On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
Aux portes des parents tout doucement toucher…
On entrait !… Puis alors les souhaits… en chemise,
Les baisers répétés, et la gaieté permise !Arthur Rimbaud (1854-1891)
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Graindorge
InvitéQuestions que se pose un ouvrier qui lit
En hommage aux bâtisseurs de cathédrales, nous publions un poème de Bertolt Brecht qui prouve que la poésie peut aussi se mettre au service des hommes quand elle les sauve de l’indifférence et les soustrait à l’oubli.Qui a construit Thèbes aux sept portes ?
Dans les livres on donne les noms des Rois.
Les Rois ont-ils traîné les blocs de pierre ?
Babylone plusieurs fois détruite,
Qui tant de fois l’a reconstruite ? Dans quelles maisons
De Lima la dorée logèrent les ouvriers du bâtiment ?
Quand la Muraille de Chine fut terminée,
Où allèrent ce soir-là les maçons ? Rome la grande
Est pleine d’arcs de triomphe. Qui les érigea ? De qui
Les Césars ont-ils triomphé ? Byzance la tant chantée,
N’avait-elle que des palais
Pour les habitants ? Même en la légendaire Atlantide
Hurlant dans cette nuit où la mer l’engloutit,
Ceux qui se noyaient voulaient leurs esclaves.
Le jeune Alexandre conquit les Indes.
Tout seul ?
César vainquit les Gaulois.
N’avait-il pas à ses côtés au moins un cuisinier ?
Quand sa flotte fut coulée , Philippe d’Espagne
Pleura . Personne d’autre ne pleurait ?
Frédéric II gagna la Guerre de sept ans.
Qui à part lui était gagnant ?
A chaque page une victoire.
Qui cuisinait les festins ?
Tous les dix ans un grand homme.
Les frais, qui les payait ?
Autant de récits
Autant de questions.
Bertolt BRECHT (1935)
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Alain m.
InvitéJacques rebotier.
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Claire N
InvitéMerci ;
un petit tour sur son site avec quelques explications de son encyclopédie
« droit du sol : terre !
Droit du sang : pan! « -
Ludovic Bourgeois
InvitéLe boomer est un fléau mondial
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Alain m.
InvitéMais bien sot qui ne voit
Combien la jeunesse a des ailes rapides
Et comme du berceau
Est proche le bûcher.
G. Leopardi• -
Ludovic Bourgeois
InvitéEt toi mon Lain-Lain
Tu penses quoi toi ? Tu dis Rien
Tutulut, tutulut tutu tututu-tulut-
Alain m.
Invitéque tu as l’air embarrassé de toi-même.
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françois bégaudeau
InvitéJe me demande si la droitosphère n’envoie pas ici les rebuts dont elle même a honte. Ils ne peuvent pas etre tous aussi indigents que Ludovic Bourgeois et Jean Monnaie.
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Ludovic Bourgeois
InvitéBha le terme « indigent » est un mot d’hypocrisie bourgeoise mensongère
Quasi caricatural.
Que ne ferait-on pas pour rester dans la caste, tout le monde sait les questions obligatoires pour y rester.
Dur-dur le capitalisme, dur-dur d’être un bibi
Ne pas sortir de la caste, garder sa place sociale, faire style
___
Ca marche, bras dessus et bras dessous,
Ca marche, l’un sur l’autre dans la Boue (et la Bouillie)
Taaaannt qu’ça maaaaarrche
OOOuuuuu La-la-la lala lala
Ouhoouuu Oh lalala-
françois bégaudeau
Invitévoilà
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..Graindorge
Invitélorsque les portes de la bourgeoisie se ferment. C’est terminé. Pour le peuple qui n’est pas qu’en France mais partout où bon lui semble, s’il ferme ses portes Suspens
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..Graindorge
InvitéDevant l’éclair –
Sublime
Est celui qui ne sait rien.
Matsuo Bashō -
Carpentier
InvitéLa maline
Dans la salle à manger brune, que parfumait
Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
Je ramassais un plat de je ne sais quel met
Belge, et je m’épatais dans mon immense chaise.En mangeant, j’écoutais l’horloge, – heureux et coi.
La cuisine s’ouvrit avec une bouffée,
– Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
Fichu moitié défait, malinement coifféeEt, tout en promenant son petit doigt tremblant
Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m’aiser ;
– Puis, comme ça, – bien sûr, pour avoir un baiser, –
Tout bas : » Sens donc, j’ai pris ‘une’ froid sur la joue… »Arthur Rimbaud.
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéJe crois que Brigitte Méheut n’a pas encore été citée. Immense.
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Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures
Et le chant incessant écharpant le silence
Je ne sais d’ici que l’ongle des sentiers qui écosse la plaine
Et la mer au lointain qui lisse ses bas bleus
La paresse des îles
Le rouet de tes yeux
L’indolence des palmes
L’insolence des cieux
.
Tu es cet ébloui revenu du silence
Tu es ce murmuré dans le soir silicieux
Tu as repris l’espace comme on reprend la chance
Avec au cœur l’espoir d’un ultime voyage
Tu es cet ébloui qui se joue des naufrages
.
Tu me l’avais promis
Le bonheur s’est posé
.
Le bonheur s’est posé
Comme une sentinelle
Il a franchi le gué
Il a passé le feu
Et retroussé là-bas l’étang aux tourterelles
.
Les jours sont devenus patients
.
Dans son écrin d’azur
La mémoire se prélasse
Pas un souffle de vent
Aux jupes des terrasses
J’entends battre ton cœur
Au poignet du printemps
.
Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures
Je vis à quelques pas du silence
.
Juste à hauteur d’oiseau
.
.
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http://sylviem.over-blog.com/
.-
Graindorge
Invitémagnifique, merci L’homme qui n’a pas de renom. Merci beaucoup
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Graindorge
InvitéTrouvé, rencontré à la bibliothèque de Santa Cruz, ce poète.
Né en 1956 à Paris, Thierry Metz s’installe à l’âge de 21 ans près d’Agen avec sa famille. Il partage son temps entre des travaux de manœuvre sur des chantiers qui lui permettent de gagner sa vie et des périodes de chômage durant lesquelles il écrit.Il prend contact avec le poète Jean Cussat-Blanc dont la revue Résurrection sera la première à le publier dès 1978 et jusqu’à la reconnaissance de son travail. Cette reconnaissance se manifeste par l’obtention du prix Voronca en 1988, Sur la table inventée publié par Jacques Brémond, et enfin par la publication du Journal d’un manœuvre chez L’Arpenteur Gallimard préfacé par le poète Jean Grosjean puis Lettres à la Bien Aimée. Ses recueils suivants seront publiés par des éditeurs indépendants et notamment par les éditions Opales puis Pleine Page à Bordeaux chez qui il publie L’Homme qui penche, Terre…
Dernière Publication : Poésies 1978 – 1997, Éditeur : Pierre Mainard (12/05/2017)
La mort accidentelle de son deuxième enfant en 1988 est un drame dont il ne se remettra jamais. Après plusieurs tentatives de sevrage alcoolique, épuisé de ne pouvoir résister aux cauchemars qui l’accablent, il se suicide le 16 avril 1997.Journal d’un manœuvre. Extrait
28 juillet. – Midi me ramène toujours au plus clair, à une façon d’être qui se contente d’un peu d’eau, de pain et de quelques mots. Une eau qu’on a été chercher sous la pluie, un pain qui a cheminé dans les poches de l’oiseleur, des mots qui ont gardé mémoire de ce qu’ils ont vu. On peut tresser longtemps à partir de ces brins d’herbe, faire un éventail ou un panier, une barque ou un berceau. Midi est une heure imaginaire. Tout devient possible. Car si l’homme a besoin d’outils pour trouver ses mots, il a besoin de crayons de couleur pour peupler les récits de son souffle. Et du petit singe qui est notre regard.
Midi a aussi un visage. Je l’ai vu aujourd’hui. C’est un homme coiffé d’un chapeau de feutre. Je mangeais sur une planche d’échafaudage quand il est arrivé. Il m’a salué, m’a souhaité bon appétit.
– Je ne vous dérange pas ?
– Non.
– Je passais dans la rue…
Que veut-il ? Est-ce le pain ? Est-ce la parole ? J’attends sans m’avancer : il pourrait s’envoler jusqu’au toit, revenir parmi les pigeons.
– Vous avez du travail ici…
– Oui, pour plusieurs mois.
Comme il est distrait son regard… Que cherche-t-il ? Que me montre-t-il ? Une tombe ou un repas ?
– Oui le chantier… le travail… je connais… j’ai fait ça moi aussi…
Il s’assoit, il parle, il n’écoute pas ce qu’il dit, il ment parce qu’il a trop parlé. Quelqu’un fait les cent pas dans sa voix.
– C’était plus facile avant…
Avant quoi ? On ne sait pas ; ce qu’il dit ne laisse pas de trace. Il s’égare dans un hier qui n’était meilleur pour les hommes.
Qui est-il celui-là qui porte les vêtements usés de son nom, de ses actes ? Qui va pieds nus dans de grosses chaussures noires ?
Je décide que cet homme sans voix : c’est la mort.
Un mort qui me demande, avant de partir, s’il peut emporter les bouteilles consignées qui traînent par terre.Pp.77-78
[youtube https://www.youtube.com/watch?v=4ZDQiMKAcME?si=PFen_dQrMo-qe9ws&w=560&h=315%5D
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéMerci Graindorge, je ne connaissais pas Thierry Metz, et l’URL que tu as indiqué me permet de découvrir la page Youtube du Veilleur de livre.
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Du monde tu ne vois
que le verso
mais ce soir tu as rendez-vous
avec la page blanche
.
A cet instant
le monde
ne fait que commencer
.
Rien sur la table
d’ėcoute
hors le bruissement du papier
des feuillages ailés
.
à peine ce mouvement de paupières
dans le silence
.
et sous ta plume
l’écriture des herbes couchées par le vent
.
Gilles Baudry
.
.
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..Graindorge
InvitéMerci l’Hqnpdr! Beaucoup de choses m’ont plu. Je regrette un peu qu’il n’ait pas dit grand chose sur les combats de ses frères mais je peux comprendre que ce n’était ni le lieu ni le sujet. Bien que la poésie c’est aussi des mots avec des flammes et du sang et des gravats et pas que « des pigeons aux ailes pliées qui attendent le souffle du lecteur ». Mais j’ai aimé presque tout! Merci encore
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéAhhhh, c’est une très belle citation de Levinas: « Dans chaque mot se trouve un oiseau aux ailes repliées qui attend le souffle du lecteur ».
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Papo2ooo
Invitéoui, très belle citation.
–
Pourrait être tirée de l’air et les songes de Bachelard.
Belle mobilité au repos. -
..Graindorge
InvitéJ’ai dit « pigeons »
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Carpentier
InvitéAube
J’ai embrassé l’aube d’été.
Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
se levèrent sans bruit.La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.
Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.
Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
je la chassais.En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.Au réveil il était midi.
Arthur Rimbaud, Illuminations
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..Graindorge
InvitéArthur!
« J’ai embrassé l’aube d’été »
Douce Carpentier, gracias
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéGRISELIDIS RÉAL
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J’ai tant aimé ton corps
Qu’il sera comme un fleuve
Bruissant dans mes artères
J’ai tant aimé la source
Envoûtée de caresses
Brûlée de mes baisers
Faisant jaillir l’eau vive
De ton sexe
Dans ma bouche amoureuse
Que je n’aurai plus soif
D’un autre océan
Que ton sang
Et faim d’une autre chair
Que la tienne
Je ne serai brûlée
Par d’autre feu que tes mains
Qui m’ont laissée en cendres
Dans le désert
Des nuits inhabitées. -
Carpentier
InvitéArthur RIMBAUD
1854 – 1891
Roman
IOn n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
– Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
– On va sous les tilleuls verts de la promenade.Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
A des parfums de vigne et des parfums de bière…II
– Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
Avec de doux frissons, petite et toute blanche…Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
La sève est du champagne et vous monte à la tête…
On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
Qui palpite là, comme une petite bête…III
Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
– Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
Tout en faisant trotter ses petites bottines,
Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
– Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…IV
Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
– Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…– Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
Vous demandez des bocks ou de la limonade…
– On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade. -
l’homme qui n’a pas de renom
InvitéAntoinette Deshoulières
(1638-1694)
.
Taisez-vous, tendres mouvements,
Laissez-moi pour quelques moments :
Tout mon cœur ne saurait suffire
Aux transports que l’amour m’inspire
Pour le plus parfait des amants.
.
À quoi servent ces sentiments ?
Dans mes plus doux emportements
Ma raison vient toujours me dire :
Taisez-vous.
.
La cruelle, depuis deux ans…
Mais, hélas ! quels redoublements
Sens-je à mon amoureux martyre ?
Mon berger paraît, il soupire :
Le voici : vains raisonnements,
Taisez-vous !
.
.
.
. -
Graindorge
InvitéVictor Hugo
La Terre – Hymne
Elle est la terre, elle est la plaine, elle est le champ.
Elle est chère à tous ceux qui sèment en marchant ;
Elle offre un lit de mousse au pâtre ;
Frileuse, elle se chauffe au soleil éternel,
Rit, et fait cercle avec les planètes du ciel
Comme des soeurs autour de l’âtre.Elle aime le rayon propice aux blés mouvants,
Et l’assainissement formidable des vents,
Et les souffles, qui sont des lyres,
Et l’éclair, front vivant qui, lorsqu’il brille et fuit,
Tout ensemble épouvante et rassure la nuit
A force d’effrayants sourires.Gloire à la terre ! Gloire à l’aube où Dieu paraît !
Au fourmillement d’yeux ouverts dans la forêt,
Aux fleurs, aux nids que le jour dore !
Gloire au blanchissement nocturne des sommets !
Gloire au ciel bleu qui peut, sans s’épuiser jamais,
Faire des dépenses d’aurore !La terre aime ce ciel tranquille, égal pour tous,
Dont la sérénité ne dépend pas de nous,
Et qui mêle à nos vils désastres,
A nos deuils, aux éclats de rires effrontés,
A nos méchancetés, à nos rapidités,
La douceur profonde des astres.La terre est calme auprès de l’océan grondeur ;
La terre est belle ; elle a la divine pudeur
De se cacher sous les feuillages ;
Le printemps son amant vient en mai la baiser ;
Elle envoie au tonnerre altier pour l’apaiser
La fumée humble des villages.Ne frappe pas, tonnerre. Ils sont petits, ceux-ci.
La terre est bonne ; elle est grave et sévère aussi ;
Les roses sont pures comme elle ;
Quiconque pense, espère et travaille lui plaît ;
Et l’innocence offerte à tout homme est son lait,
Et la justice est sa mamelle.La terre cache l’or et montre les moissons ;
Elle met dans le flanc des fuyantes saisons
Le germe des saisons prochaines,
Dans l’azur les oiseaux qui chuchotent : aimons !
Et les sources au fond de l’ombre, et sur les monts
L’immense tremblement des chênes.L’harmonie est son oeuvre auguste sous les cieux ;
Elle ordonne aux roseaux de saluer, joyeux
Et satisfaits, l’arbre superbe ;
Car l’équilibre, c’est le bas aimant le haut ;
Pour que le cèdre altier soit dans son droit, il faut
Le consentement du brin d’herbe.Elle égalise tout dans la fosse ; et confond
Avec les bouviers morts la poussière que font
Les Césars et les Alexandres ;
Elle envoie au ciel l’âme et garde l’animal ;
Elle ignore, en son vaste effacement du mal,
La différence de deux cendres.Elle paie à chacun sa dette, au jour la nuit,
A la nuit le jour, l’herbe aux rocs, aux fleurs le fruit ;
Elle nourrit ce qu’elle crée,
Et l’arbre est confiant quand l’homme est incertain ;
O confrontation qui fait honte au destin,
O grande nature sacrée !Elle fut le berceau d’Adam et de Japhet,
Et puis elle est leur tombe ; et c’est elle qui fait
Dans Tyr qu’aujourd’hui l’on ignore,
Dans Sparte et Rome en deuil, dans Memphis abattu,
Dans tous les lieux où l’homme a parlé, puis s’est tu,
Chanter la cigale sonore.Pourquoi ? Pour consoler les sépulcres dormants.
Pourquoi ? Parce qu’il faut faire aux écroulements
Succéder les apothéoses,
Aux voix qui disent Non les voix qui disent Oui,
Aux disparitions de l’homme évanoui
Le chant mystérieux des choses.La terre a pour amis les moissonneurs ; le soir,
Elle voudrait chasser du vaste horizon noir
L’âpre essaim des corbeaux voraces,
A l’heure où le boeuf las dit : Rentrons maintenant ;
Quand les bruns laboureurs s’en reviennent traînant
Les socs pareils à des cuirasses.Elle enfante sans fin les fleurs qui durent peu ;
Les fleurs ne font jamais de reproches à Dieu ;
Des chastes lys, des vignes mûres,
Des myrtes frissonnant au vent, jamais un cri
Ne monte vers le ciel vénérable, attendri
Par l’innocence des murmures.Elle ouvre un livre obscur sous les rameaux épais ;
Elle fait son possible, et prodigue la paix
Au rocher, à l’arbre, à la plante,
Pour nous éclairer, nous, fils de Cham et d’Hermès,
Qui sommes condamnés à ne lire jamais
Qu’à de la lumière tremblante.Son but, c’est la naissance et ce n’est pas la mort ;
C’est la bouche qui parle et non la dent qui mord ;
Quand la guerre infâme se rue
Creusant dans l’homme un vil sillon de sang baigné,
Farouche, elle détourne un regard indigné
De cette sinistre charrue.Meurtrie, elle demande aux hommes : A quoi sert
Le ravage ? Quel fruit produira le désert ?
Pourquoi tuer la plaine verte ?
Elle ne trouve pas utiles les méchants,
Et pleure la beauté virginale des champs
Déshonorés en pure perte.La terre fut jadis Cérès, Alma Cérès,
Mère aux yeux bleus des blés, des prés et des forêts ;
Et je l’entends qui dit encore :
Fils, je suis Démèter, la déesse des dieux ;
Et vous me bâtirez un temple radieux
Sur la colline Callichore.Paris. – 12 août 1873.
-
Carpentier
InvitéDeux mulets cheminaient : l’un d’avoine chargé,
L’autre portant l’argent de la gabelle.
Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
Il marchait d’un pas relevé,
Et faisait sonner sa sonnette ;
Quand, l’ennemi se présentant,
Comme il en voulait à l’argent,
Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
Le saisit au frein, et l’arrête.
Le mulet en se défendant
Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
« Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
Ce mulet qui me suit du danger se retire,
Et moi j’y tombe, et je péris.
— Ami, lui dit son camarade,
Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi.
Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,
Tu ne serais pas si malade. »— Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, Les Deux Mulets –
-
Alain m.
InvitéCe soir, nous sommes deux devant ce fleuve qui déborde de notre désespoir. Nous ne pouvons même plus penser. Les paroles s’échappent de nos bouches tordues, et, lorsque nous rions, les passants se retournent, effrayés, et rentrent chez eux précipitamment.
On ne sait pas nous mépriser.
Nous pensons aux lueurs de bars, aux bals grotesques dans ces maisons en ruines où nous laissions le jour. Mais rien n’est plus désolant que cette lumière qui coule doucement sur les toits à cinq heures du matin. Les rues s’écartent silencieusement et les boulevards s’animent : un promeneur attardé sourit près de nous. Il n’a pas vu nos yeux pleins de vertiges et il passe doucement. Ce sont les voitures de laitiers qui font s’envoler notre torpeur et les oiseaux montent au ciel chercher une divine nourriture.
Aujourd’hui encore (mais quand donc finira cette vie limitée) nous irons retrouver les amis, et nous boirons les mêmes vins. On nous verra encore aux terrasses des cafés.
Il est loin, celui qui sait nous rendre cette gaieté bondissante. Il laisse s’écouler les jours poudreux et il n’écoute plus ce que nous disons. « Est-ce que vous avez oublié nos voix enveloppées d’affections et nos gestes merveilleux ? Les animaux des pays libres et des mers délaissées ne vous tourmentent-ils plus ? je vois encore ces luttes et ces outrages rouges qui nous étranglaient. Mon cher ami, pourquoi ne voulez-vous plus rien dire de vos souvenirs étanches ? » L’air dont hier encore nous gonflions nos poumons devient irrespirable. Il n’y a plus qu’à regarder droit devant soi, ou à fermer les yeux : si nous tournions la tête, le vertige ramperait jusqu’à nous.
Philippe Soupault • André Breton » Les champs magnétiques » (passage écrit par Soupault) -
Carpentier
InvitéLes corbeaux
Seigneur, quand froide est la prairie,
Quand dans les hameaux abattus,
Les longs angelus se sont tus…
Sur la nature défleurie
Faites s’abattre des grands cieux
Les chers corbeaux délicieux.Armée étrange aux cris sévères,
Les vents froids attaquent vos nids !
Vous, le long des fleuves jaunis,
Sur les routes aux vieux calvaires,
Sur les fossés et sur les trous
Dispersez-vous, ralliez-vous !Par milliers, sur les champs de France,
Où dorment des morts d’avant-hier,
Tournoyez, n’est-ce pas, l’hiver,
Pour que chaque passant repense !
Sois donc le crieur du devoir,
Ô notre funèbre oiseau noir !Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
Mât perdu dans le soir charmé,
Laissez les fauvettes de mai
Pour ceux qu’au fond du bois enchaîne,
Dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir,
La défaite sans avenir.Arthur Rimbaud, Poésies
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Alain m.
InvitéJe cognerai encore trois fois
À votre porte
La première fois pour dire que
j’existe
Depuis que le pain existe
La deuxième fois pour dire que
j’existe
Puisque par moi vous existez
La troisième fois ce sera pour
vous dire :
Il n’est pas de granit
Que n’use le vent et la pluie
Et mon vent à moi c’est ma faim
Ma pluie à moi c’est ma soif
Prenez garde
Je ne veux plus être orphelin.
Anna Gréki • -
Carpentier
InvitéPaysage Polaire
Un monde mort, immense écume de la mer,
Gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales,
Jets de pics convulsifs étirés en spirales
Qui vont éperdument dans le brouillard amer.Un ciel rugueux, roulant par blocs, un âpre enfer,
Où passent à plein vol les clameurs sépulcrales,
Les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles
Qu’un vent sinistre arrache à son clairon de fer.Sur les hauts caps branlants, rongés des flots voraces,
Se roidissent les Dieux brumeux des vieilles races,
Congelés dans leur rêve et leur lividité ;Et les grands ours, blanchis par les neiges antiques,
çà et là, balançant leurs cous épileptiques,
Ivres et monstrueux, bavent de volupté.
Leconte de Lisle, Poèmes barbares – -
Graindorge
InvitéQuel est l’âge de la lune
treize ans –
à peu près(Kobayashi Issa)
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Carpentier
InvitéBallade à la lune
C’était, dans la nuit brune,
Sur le clocher jauni,
La lune,
Comme un point sur un i.Lune, quel esprit sombre
Promène au bout d’un fil,
Dans l’ombre,
Ta face et ton profil ?Es-tu l’œil du ciel borgne?
Quel chérubin cafard
Nous lorgne
Sous ton masque blafard?N’es-tu rien qu’une boule ?
Qu’un grand faucheux bien gras
Qui roule
Sans pattes et sans bras?Es-tu, je t’en soupçonne,
Le vieux cadran de fer
Qui sonne
L’heure aux damnés d’enfer ?Sur ton front qui voyage,
Ce soir ont-ils compté
Quel âge
A leur éternité ?Est-ce un ver qui te ronge,
Quand ton disque noirci
S’allonge
En croissant rétréci ?Qui t’avait éborgnée
L’autre nuit ? T’étais-tu
Cognée
A quelque arbre pointu ?Car tu vins, pâle et morne,
Coller sur mes carreaux
Ta corne,
A travers les barreaux.Et qu’il vente ou qu’il neige,
Moi-même, chaque soir,
Que fais-je,
Venant ici m’asseoir ?Je viens voir à la brune,
Sur le clocher jauni,
La lune
Comme un point sur un i. »– Alfred de Musset, Contes d’Espagne et d’Italie, 1829 –
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Carpentier
InvitéMa Bohème
(Fantaisie)
Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
Mon paletot aussi devenait idéal ;
J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !Mon unique culotte avait un large trou.
– Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
– Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frouEt je les écoutais, assis au bord des routes,
Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
Comme des lyres, je tirais les élastiques
De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)
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Graindorge
Invitémerci Carpentier. Je ne me lasse pas d’Arthur Rimbaud. Million d’oiseaux d’Or Ô future Vigueur?
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l’homme qui n’a pas de renom
InvitéEn pèlerinage hors de nos corps
Nous prenons le terminal circulaire des migrateurs
Et franchissons les cinq cercles de la plume du paon
Descente dans les strates du temps
Portes ouvertes aux sept cieux
Aux sept abîmes.
Retrouverions-nous le chemin qui ramène
Au commencement des choses
L’espace d’une nuit de prédestination
Où tout deviendrait le goût même du toucher
À force de pénétrer au cœur de la caresse
Et de consumer le mouvement ?
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Nohad Salameh -
Graindorge
InvitéNé pour naître. Pablo Neruda
L’homme était bon, sûr
Avec sa fourche et sa charrue.
Il n’eut même pas le temps
De rêver pendant qu’il dormait.Il fut laborieusement pauvre,
Il valait un seul cheval.Son fils est aujourd’hui très orgueilleux
Et vaut plusieurs automobiles.Il part avec une bouche de ministre,
Il se promène très sûr de lui
Il a oublié son père campagnard
Et il s’est découvert des ancêtres,
Il pense comme un gros journal,
Il gagne jour et nuit:
Il est important quand il dort.Les fils du fils sont nombreux
Et se sont mariés il y a longtemps,
Ils ne font rien mais ils dévorent
Ils valent des milliards de souris.Les fils du fils du fils
Comment vont-ils trouver le monde?
Seront-ils bons ou seront-ils méchants?
Vaudront-ils des mouches ou vaudront-ils du blé?Toi tu ne veux pas me répondre.
Mais les questions ne meurent pas
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Carpentier
InvitéApparition
La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
C’était le jour béni de ton premier baiser.
Ma songerie aimant à me martyriser
S’énivrait savamment du parfum de tristesse
Que même sans regret et sans déboire laisse
La cueillaison d’un rêve au coeur qui l’a cueilli.
J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893
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Claire N
InvitéJe crois que j’aime ce poème uniquement en ce qu’il fait écrin à ce simple vers « C’était le jour béni de ton premier baiser. » qui me fait l’effet le plus pur
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Claire N
InvitéEt motif moins avouable
Il s’agit d’un poème que m’avez envoyé mon premier amoureux
Celui qui le long d’une allée bordée de tilleul
Que je remontais en trottant à ses côtés
Tandis qu’il me parlait vite la pipe au bec
M’a embrassé devant sa porte
C’est’ Je le précise une histoire vrai et toute ressemblance avec des personnages ayant existé était probablement favorisée par l’adolescence -
Carpentier
InvitéPourquoi la journée vole
Le poète s’appuie, durant le temps de sa vie, à quelque arbre, ou mer, ou talus, ou nuage d’une certaine teinte, un moment, si la circonstance le veut.
Il n’est pas soudé à l’égarement d’autrui.
Son amour, son saisir, son bonheur ont leur équivalent dans tous les lieux où il n’est pas allé, où jamais il n’ira, chez les étrangers qu’il ne connaîtra pas.
Lorsqu’on élève la voix devant lui, qu’on le presse d’accepter des égards qui retiennent, si l’on invoque à son propos les astres, il répond qu’il est du pays d’à côté, du ciel qui vient d’être englouti.Le poète vivifie puis court au dénouement.
Au soir, malgré sur sa joue plusieurs fossettes d’apprenti, c’est un passant courtois qui brusque les adieux pour être là quand le pain sort du four.
– René Char – La parole en archipel, 1962 –-
..Graindorge
InvitéJ’aime tout!
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nefa
InvitéCarpentier, Claire-N
En rebond
Poème que j’ai écris à ma chérie, il y a longtemps – et que j’écris encore.
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Parmi les multiples reflets, signes d’une existence humide, certains froissent les chairs en leur avouant une parenté avec ma peau.
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Parfois considérés comme une péripétie, ces événements se révèlent souvent aussi précieux que l’or. Ces événements majeurs qui ne durent pas. Qui font l’instant. L’instant fortuit.
Photographie jaillissant hors la page d’un journal.
Dès lors, soumis à une image bouleversante, saisi par ce qu’elle évoque, une jeune nurse anglaise, sérieusement, je n’ai d’yeux que pour elle. A cette occasion, avec bienveillance, je lui accorde une vie propre. Je la laisse découvrir un cercle, son espace, un trône et arborer devant moi l’image qu’elle incarne. Ce visage familier. Un souvenir.
En cet instant démis, ainsi que le ferait Mary, je laisse la photo s’amuser, briller, danser sur le sable. Et puis, comme une personne responsable, passée l’heure, quand il n’est plus temps de s’en remettre à une figure, je ferme les yeux. Je laisse la photo s’unir à ma pensée, à ma musique. Je la laisse réveiller, retracer, comme il se doit, l’évènement passé, l’esquisse d’un épisode heureux. Je découvre, qu’à sa manière, cette photo, bien que n’étant pas ma mère, nourrit avec amour la conviction tenace que j’échappai au pire.
Photo d’une femme. Photo, dans la sérénité. A l’heure de sourire. Elle me parle. Je l’écoute. Soudain, elle me bouscule.
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Mystérieusement, j’échafaude l’hypothèse qu’il y a, d’un coté, cette image loquace, et de l’autre, moi qui la regarde. Alors, je range la photographie. Tension. C’est ça. Je me décide. C’est la rupture. Dans une pièce aux murs jaunes, je change d’état. Alors que j’étais allongé, parmi les graminées, entre les colibris, sur un tapis de feuille, je me lève. C’est une fissuration.
Ainsi, ayant scruté l’hypothèse qu’une photographie, tenue serrée, entre mes doigts, pouvait me fasciner, je ne me résous pas à la continuer.
Mon intuition est simple.
Finalement, je ris. Et songe à ce qui n’est qu’un ange. Un ange à la seconde.
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Après, ma vie se résume en un désir. Un désir impérieux. Déchaîné. Libre. Nécessaire. Un désir. Remercier. Désir qui s’entretient. Remercier encore. Désir comme une boule creuse, non remplie, dont la force est le vide. Boule tellement vide, tellement creuse, tellement forte, qu’elle exige, et m’oblige à la combler, à lui insuffler sa matière. Oui, ma vie se résume en un désir avide, intelligent, bavard. Un désir qui me raconte, susurrant à mon oreille, la solution, la stratégie. Prendre mon temps. Révéler un ensemble. Donner une forme à ma reconnaissance. Aujourd’hui, je me lie au serment d’affecter à ce désir le visage adéquat. Je statue pour un désir central. Je tourne autour. Je l’étudie. Je lui concède mon temps. Ce temps vénitien qui chauffe mon désir comme du verre, qui le tord et le déploie. Or ce temps que je lui accorde, je me l’attribue aussi. Il attise ma volonté et me projette loin. J’avance comme une voiture suit le bitume. J’épouse la forme de mon désir. J’en sais la limite et la latéralité. Latéralité palpable. Latéralité d’un trait. D’une route. La route pour témoigner. Je connais de chimériques façons de rendre grâce.
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Les idées viennent. Elles percent de mon âme. Comme autant de symboles pertinents. Libérées par un verbe. Ordonnées. Elles inaugurent une enceinte. Inventent l’heure. Heures assemblées. Je m’entoure.
Idées qui jouxtent le propos d’une photographie. Elles accompagnent, derrière l’étoffe rouge de la scène qui s’échafaude, dans les coulisses, le visage d’une femme, discret, sans qui tout cela ne serait possible. Idées et souvenir emporté. Une femme-histoire.
Et m’en faisant l’écho, du bout des lèvres, je la désigne. Mon héroïne. Qui rend possible, le champ, les fleurs, les colibris. Je lui accorde une attention particulière. Je la laisse évoluer entre deux eaux, hors la chair, hors la réalité, au souvenir aveugle de ce qu’elle fit d’extraordinaire. Souvenir de son acte anormal, à contre courant, à contre-force. Son geste souple, naturel, aisé, spontané. Elle sort du cadre. Une femme qui s’ignore, qui ne distingue pas, tatouée sur sa peau, la marque de son courage. Une femme providentielle. Qui ne se remarque pas. Pas même éclose d’un sable de cette sorte qui enrobe ses muscles. Femme ou souvenir ancien. Elle brava la masse métallique, s’exécuta, au mépris de toutes physiques, contre un bolide lancé à pleine vitesse. Auxiliaire, non, plus qu’une auxiliaire, car, auxiliaire, elle ne l’est devenue que sur l’intuition que j’eus d’une ombre contre l’étoile. Au moins ma complice. Elle émane du lien subtil inspiré par un plis.
J’adopte la voie du centre. Un saut dans le corps. Le corps et son empire insaturé. La force du corps. Corps et veille. Corps intérieur, ami du lien, échappé, que je ne peux fixer et pourtant combien vivant. Corps et femme. Femme, donc, celle-là. Elle m’invite à la suivre.
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Au gré de cette ébauche, je sais où je vais. J’entreprends mon passé. Je longe certains courants.
D’abord le courant clair. Une promenade fameuse. J’étais censé façonner mes jambes. Prendre des forces. Mais surtout, ne pas perdre le contrôle, ne pas perdre la vie.
Suit le courant sombre. Cette donnée de l’événement sur laquelle je n’ai pas de prise, par rapport à qui je suis neutre, devant laquelle l’impotence devient une vertu qui en engendre une autre. L’autre vertu. Rendre lucide. Je comprends les motivations qui poussent une femme à agir en vue de s’épargner le trouble qu’inspirerait le rêveur s’oubliant au front d’une berline. Elle m’ouvre les yeux. Je découvre l’engagement déterminant qui consiste à préserver la chair du pire. J’entends sa rébellion juste et héroïque contre la douleur. Lors de cet évènement, je fus considéré comme une épreuve possible, un danger, l’horreur latente et sa traîne contagieuse. Aujourd’hui, je suis le fruit né d’un malheur terrassé. Un monstre étourdi. Aux bras d’une femme. Je mesure son geste. Je ne l’avilis pas. Elle me soustrait à la calamité.
Et puis, qu’importe mon discernement. Je me suis promis. Je m’élève, porté par mon unique désir. Remercier. Je bois la vague. Un stylo à la main. Allant jusqu’à m’interdire qu’il glisse entre mes doigts.
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Quand le soleil se lève, j’écris. Je suis dans ma règle. Je connais mes limites. J’arpente un chemin. J’occupe ma route.
Et les mois passent, à l’étroit, dans une pièce jaune, qui ne ressemblent à aucune autre. Des mois, durant lesquels, je progresse, dans l’ordre de mon désir. Des mois. Un chemin austère. Il demande, de la part de celui qui le pratique, de la rigueur. Des mois. Un chemin qui n’a de richesse que dans le trait qu’il épouse. Ce trait qui fait ligne. Dont la nature est de rester ligne. Ce trait où je me confine. Pour remercier. Ainsi, dans une pièce jaune, je réduis à trois le nombre de mes occupations. J’emploie mes capacités à écrire. Je m’accommode de la chair sucrée que procurent certains fruits. Je dors.
Les jours. Passent. Simples et denses. Aux heures accomplies. Les mots s’enchaînent. Ils se lient les uns aux autres, tenus par un ciment singulier. Ils avancent. Ils forment une ligne arquée. Enroulés. Jusqu’à ce que se dessine une phrase. Et enfin, le texte. Non-linéaire.
J’aurais pu croire qu’il tourne en rond, qu’il revient indéfiniment sur lui-même. Or il ne repasse jamais par où je l’ai saisi. Ce texte ne fend pas sa trace. Un texte, aux traits de pelote. La figure vraie de l’idée fixe. Sur la route de mon désir, pour remercier, je n’ai qu’à me tenir.
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Par la fenêtre ouverte, la rue se dérobe à moi. L’air joué par les souliers de ma voisine caressant les marches de l’escalier de bois traverse ma tête sans s’y arrêter. Ma voisine me rend visite. Elle me ravitaille en pommes. Chère voisine. Qui n’existe pas de façon ordinaire. Ainsi que les nouvelles qu’elle glane de bouches en bouches afin de me distraire.
Sur cette route, je suis indifférent. Insensible aux fragments de la vie, aux bribes urbaines, à l’opinion de certains qui attribuent à la surface constituée par l’union des bords de fenêtre la fonction de refuge. Indifférent au monde.
Le monde se repose.
Par sa présente absence, il donne à mes rêves cette tonalité particulière qui la distingue du jour. Il m’abandonne sa capacité de faire de chaque instant une heure circonscrite, éternisée, invraisemblable. Je ne fouille pas.
Et puisque passer à autre chose, glisser sur d’autres pentes, suivre le chant de mon désir est indispensable pour mener à son terme l’idée que je me suis fixée : remercier, je pose cette ponctuation. La dernière. Je mets un point final aux heures de connivences, aux instants délicieux passés entre la feuille et moi. Maintenant, en plus d’avoir trouvé l’objet remerciant, je possède la nature de ce remerciement. Formée. Car il s’agit de forme. De forme ou de peau. La peau d’un arbre qui ne s’étend plus, qui cesse de progresser. Arbre auquel il ne reste qu’à tenir sa place, à jouer son rôle.
Je trace un point. Un point, comme on fixe un cadre autour de son œuvre. Une coquetterie. Un point dont je sais qu’il traverse la page et la table et le sol. Point prolongé dans une dimension perpendiculaire au plan de l’œuvre. Dans une dimension enfouie. Ce point qui entoure l’œuvre, mais qui, malgré cela, n’a d’apparent que sa figure de point. Un point pour passer à autre chose. Je cesse de créer.
Il importe peu que je sois, à la fois, au-dessus et sur ma route puisque de tout façon, je ne quitte pas ma route. Je prends du recul. Je me détache. Je saisis l’occasion d’entrevoir le chemin parcouru. Un ensemble de lignes qui prolongent le rythme de mon désir.
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L’os n’est pas la chair. L’os traverse. Il traverse tout. Il est la rayure discrète qui parcourt mon histoire. Pur, lisse, pointu.
Toute en délicatesse, des mois durant, ma voisine usa de son corps. Il m’accompagna, libre, sans me saisir.
Aujourd’hui, sur l’orbe humide d’une attention choisie, éclosent tour à tour deux silhouettes. La mienne. Celle de ma voisine.
Ma voisine me voit. Je lui souris. Je ne le fais pas deux fois. Elle me regarde. Se déplace. Elle est ici. Elle aperçoit le manuscrit et s’en empare. Elle entreprend une lecture sauvage. Elle plonge dans le texte. Elle découvre l’univers qu’elle effleura sept mois durant. Elle satisfait l’appétit qui l’étreint. Appétit de l’autre. Appétit de son voisin. Ma voisine a été gentille de ne rien imaginer à son sujet. Sans subir la tension qu’aurait pu engendrer l’indigeste effritement de l’œuvre autre, au sein de cet amas, elle évolue paisiblement. Elle examine un trait épais, en suit les méandres, en apprécie les volumes. Elle est heureuse, ainsi qu’il le faut sous le régime enjoué d’une composition. Elle ne retient de cette relation que le pigment suave.
Laisser ma voisine, si proche de moi, m’autorise-t-il une lecture différente de la sienne? Vaut-il que je tente de palper les fruits de cette âme, ici? Je me risque au sein de son visage, entre les plis. Je m’ébroue parmi ses ridules. J’en mesure les décalages. Je me glisse le long de ses stries. Chacun de ses tressaillements, chacun de ses froncements équivalent à un charriage dont j’accompagne l’expansion. Tour à tour, je suis mené, je suis porté, en des strates inconnues. Je me jette dans le vide de bords hallucinants. Après tout cette âme-là est bien celle d’une enfant qui se meut avec sincérité, ivre de ses propres règles. Cette âme, auprès de laquelle je trottine, une heure, suffisamment, devient, pour jusqu’à ma mort, la référence, l’image parfaite d’une lectrice entière.
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Je continue, de sorte que mon travail aboutisse. Je le réserve. Je ne crée plus. Je n’avance plus. Je tourne autour de moi-même, vite. Révolutions. Une succédant à l’autre. Main au dessus du front, je m’abrite du soleil. Je cherche. Je m’enquiers de tout, partout, chez les uns, chez les autres. Je soumets mon désir à d’intenses pressions. Mon désir, dans ce tourbillon, pris par le va-et-vient de ces oscillations, mute, évolue. Il devient parvis. Et l’agora se parcourt. Il se trame, ici, comme une histoire d’échanges. C’est le prix d’un texte efficace. Je dois asseoir mon texte, élaborer une structure propre à cet effet. J’ai les mains pour cela et le désir. Car rien ne vaut que creuser. Creuser. Faire un trou. Mais d’abord, je délimite une largeur. Puis je m’accorde sur une longueur. Cela fait, sans me poser de question, je pioche. Deux mètres vers le bas. Je pellette, avec vigueur. Seulement, creuser suffit-il? Il y a aussi ce que je mets dans le trou. Des livres imprimés. Une matière. Jeune. Ignorant encore l’image du texte qu’elle contient. Une réplique innocente. Treillis de feuilles et de signes. Et je rajoute les lecteurs : un seul geste ; en une fois. Individus déjà liés entre eux par leur disposition à lire. Qui exercent leur puissance. Dix neuf mille quatre cent vingt trois lecteurs. Dix neuf mille quatre cent vingt trois livres. Dix neuf mille quatre cent vingt trois livres lus. Livres nourris du génie de son public. Ils forment une trame. Une maille forte. Rien ne pourrait les déformer. Leur cohérence équivaut à celle du métal. Voilà la structure. Une structure saine. J’y coule mon œuvre. Mon œuvre tient. Elle ne s’égare pas dans le sable. Mon œuvre. Remercier. Cette pierre qui n’a d’autres ambitions que d’être un bloc, un socle à poser les rires et le chant d’un enfant.
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Reste un détail à régler. Le dernier. En revenir au vent. Et c’est la vie joyeuse. Ingénue. Je ne la cherche pas. Elle me connaît déjà. Elle m’investit. Elle nacre ma peine, affine mon plaisir. Elle est un flux et sillonna la moindre parcelle du monde. Elle y prodigua une culture, sa dimension humaine. Y essaima un charme. J’en saisis l’écho, la teinte générique. Je sonde l’incarnation des cœurs. Elle révèle à mon désir son caractère labile. Elle me remue. Je danse. La ronde d’un ouvrage qui suggère l’instrument, l’outil, le moyen d’une rencontre. Je célèbre la convergence. J’ai les os pour cela. La vie joyeuse dont l’ordre est de mettre en valeur, suprêmement, toute citadelle sincère et à qui, dorénavant, je devrais d’y associer mon nom. D’en suivre l’élan. Elle m’enchante. J’honore une grâce et conquiers une chaire suffisamment affable pour sceller n’importe quel pacte. Nous nous plaisons, elle et moi, en secret. Nous attendons la fin.
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Vient le jour, empreint de mystère, ceint en trois, dont je ne devine le centre, la faille, le hiatus délicat et fragile. La déchirure. Irréductible, franche et nette. Mais je ne vais pas trop vite. Je ne me redresse pas. Pas encore. Je ne me montre pas. Tel un fluide confiné, rétif aux principes de capillarité, insensible aux tentions, je reste dans mon ventre, collé à lui.
– « Il est trop tôt. »
Et ne sourd pas aux environs de sa bouche. Qui ne suinte pas au détour d’une remarque. Qui n’adhère pas à ses lèvres.
Je ne suis, ni soulevé, ni brassé. Je ne me combine pas. Je ne me compromets pas. Je ne me dilue pas. Couvert d’un voile, d’une membrane intègre, je me protège encore. Patient, j’attends.
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Puis il finit par venir, cet instant. Je me découvre. Or, cet instant n’en est pas un. Ignorant sa charge. Comme une offrande nue. Cet instant pour finir. Je le sais léger, sur une route familière. Il perce la foule chamarrée des gens qui avancent et parlent fort.
Joueur. Cet instant, un ami, à la fois attentionné et absent, m’embrasse. Instant de la sève. Il fait le protocole. Instant de la main franche m’invitant à la suivre. Instant du sang. Anime la tribune. Instant de la peau. Fait corps avec le spectacle, le théâtre, la place, le bourg et tout ce qu’ils contiennent. Témoignages sans pareil. Gratulations enlevées. Je ne m’appartiens plus. C’est la fin. On est samedi. Et dimanche me connaît.-
Carpentier
InvitéTes lignes, ce poème, me trouvent infiniment chahutée, en particulier par le paragraphe qui s’anime avec .. Reste un détail à régler. / …
Avoir les os pour cela. Oui.
Chérir ainsi file envie.
Merci.
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Claire N
Invité« Je cherche. Je m’enquiers de tout, partout, chez les uns, chez les autres. « Oui cette soif de vie qui pas comme dans les rêves s’hydrate à l’extérieur est un cadeau bonus de l’amour
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Claire N
InvitéEt cela doit etre que la vision Mallarmé « parfum de tristesse « et « feuillaison d’un rêve « ne me semble pas du côté de cette vitalité la
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Graindorge
Invité« Une réponse simple », poème de Władysław Orkan
UNE RÉPONSE SIMPLE
Quel monde, ô mon âme,
T’as posé sur mon chemin, et qui fait
Que depuis les premières années de ma vie
Jusqu’à aujourd’hui, je marche à tes côtés ?
Es-tu née des vagues de la mer,
De l’étreinte de leurs épaules dans l’eau,
Pour qu’il y ait en toi tant d’abîme, de distance,
Et de signes insaisissables ?
Es-tu sortie des bois près de moi,
Un soir d’été calme, dans un souffle,
Pour qu’il y ait en toi autant de paroles,
Qu’il y a de murmures secrets dans le bois ?
Es-tu née des mélodies de la terre,
De quelques bruits aériens, pour
Que tu aies retenti dans un chant, haut et fort,
Dans les cris et les plaintes d’une musique ?
Est-ce le vent qui t’a emportée là, depuis
Les sombres horizons, enveloppée de pleurs muets,
Pour qu’une chose sans cesse en toi se lamente,
Erre et se plaigne ?…
« Je ne viens ni d’une terre étrangère,
Ni des rêves silencieux de la lune,
Je n’ai pas été découverte par les profondeurs
De la mer, ni l’aurore au visage pâle !
Une vague ne m’a pas portée dans les airs,
Avec elle, depuis des horizons inconnus !
Mais j’ai poussé avec la vie, près de toi,
Ici, sur cette terre…
Le chagrin d’une femme m’a bercée,
Et les larmes des enfants qui n’ont pas de maison,
Et la vague ne caresse pas avec tant d’amour
Le radeau qui se noie au fond de l’abîme !
Et ma sœur jumelle, l’Infortune,
Reposait avec moi dans le berceau —
C’est l’épidémie, soufflant depuis les champs,
Qui nous a bercées ensemble…
Ma sœur s’est assise très tôt
Sur les générations des tombes —
Moi, je me suis envolée, envoûtée dans un rêve,
Et le vent soufflait près de toi…
Suis-je née de l’indifférence des trônes,
Qui presse les enfants au tombeau —
Je ne sais… Mon père est la douleur des millions,
Et ma mère, la misère éternelle… »
Traduit par Chantal Lainé -
Graindorge
InvitéAllez, encore Arthur. Tellement mimi
Rêvé pour l’hiver est un poème sur l’amour d’Arthur Rimbaud, extrait du Cahier de Douai (1870).
L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
Avec des coussins bleus.
Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
Dans chaque coin moelleux.Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
Grimacer les ombres des soirs,
Ces monstruosités hargneuses, populace
De démons noirs et de loups noirs.Puis tu te sentiras la joue égratignée…
Un petit baiser, comme une folle araignée,
Te courra par le cou…Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,
– Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
– Qui voyage beaucoup…En wagon le 7 octobre 1870
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Carpentier
InvitéParler seul
Il arrive que pour soi
l’on prononce quelques mots
seul sur cette étrange terre
alors la fleurette blanche
le caillou semblable à tous ceux du passé
la brindille de chaume
se trouvent réunis
au pied de la barrière
que l’on ouvre avec lenteur
pour rentrer dans la maison d’argile
tandis que chaises, table, armoire
s’embrasent d’un soleil de gloire.
Jean Follain-
graindorge
InvitéTout simplement
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Dilaw
InvitéDernier fragment d’un poème spirituel à moi avec une touche d’agnosticisme, matérialisme, Nietzsche.
Allez dieu du pluriel
Amie de tout être
Croyant ou impie
Laisse moi admettre
Comme on me le répète sans cesse
Dans toute les loges d’orthodoxie
Que l’essentiel c’est d’admettre
Que nous sommes faibles d’aimer
Et que c’est mieux ainsi
Mon chemin désormais c’est l’hétérodoxie
Pour toi et pour l’amour je le choisis
Je n’ai plus envie d’écouter tous ces malins
Même Satan pense désormais en finir
Sayez le monde est beau, il rayonne, il bourdonne
Mais l’esprit lui veut mourir…Fin.
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Graindorge
InvitéLES OISEAUX ARRIVENT Pablo Neruda
Tout était vol sur notre terre.
Comme des gouttes de sang et des plumes
Les cardinaux ensanglantaient
L’aurore d’Anáhuac.
Le toucan était une adorable
Caisse de fruits vernis,
Le colibri regarda les étincelles
Originales de l’éclair
Et ses bûchers minuscules
Brûlaient dans l’air immobile.
Les perroquets illustres emplissaient
La profondeur du feuillage
Comme des lingots d’or vert
Récemment sortis de la pâte
Des marais submergés
Et de leurs yeux ronds
Ils regardaient un anneau jaune,
Vieux comme les minéraux.
Tous les aigles du ciel
Nourrissaient leur descendance sanguinaire
Dans l’azur inhabité,
Et par-dessus les plumes carnivores
Volait au-dessus du monde,
Le condor, roi assassin,
Frère solitaire du ciel,
Talisman noir de la neige,
Ouragan de la fauconnerie.
L’ingénierie du four
Fait de la boue odorante
De petits théâtres sonores
Où il apparaissait en chantant.
L’engoulevent allait
Lançant son cri humecté
À l’oreille des cénotes.
Le pigeon du Chili
Faisait de rudes nids fourrés
Où il laissait le cadeau royal
De ses œufs irisés.
La Loica du sud, parfumée,
Doux charpentier de l’automne,
Montrait son poitrail constellé
D’étoiles écarlates,
Et le chingolo austral élevait
Son chant à peine recueilli
De l’éternité de l’eau.
De plus, humide comme un nénuphar,
Le flamant ouvrait les portes
De sa cathédrale rose
Et volait comme l’aurore,
Loin du bois étouffant
Où pendent les pierres précieuses
Du quetzal, qui soudain se réveille,
Bouge, glisse et brille
Et fait voler sa braise vierge.
Une montagne marine explose
Elle crée des îles, une lune
Des oiseaux qui vont vers le Sud,
Par-dessus les îles fermentantes du Pérou.
C’est un fleuve vivant d’ombre,
C’est une comète de petits
Cœurs innombrables
Qui obscurcissent le soleil du monde
Comme un astre à la queue épaisse
Palpitant vers l’archipel.
Et au bout de la mer coléreuse
Dans la pluie de l’océan
Jaillissent les ailes de l’albatros
Comme deux systèmes de sel
Établissant dans le silence
Entre les rafales torrentielles
De leur spacieuse hiérarchie
L’ordre des solitudes. -
Carpentier
InvitéLA ZONE DE DÉSINTÉRÊT
Je suis né à Gaza un jour de neige
il tombait du phosphore blancJe suis né à Rafah un jour de pluie
l’averse était de flammes et d’incendies
Je suis né à Khan Younès une nuit de vent
dans le souffle des explosions
J’ai grandi à Jabalya des années grises
dans une maison de toile et de colère
J’ai nagé à Al-Shati dans le rêve et les mirages
d’une mer hostile et barbelée
J’ai grandi à Mafhazi dans l’ignorance et l’abandon
et les mots orphelins de l’affection
J’ai vécu à Nuseirat sans livres et sans oiseaux
Je suis mort à Gaza un jour de bombes
dans un lieu sans intérêt– Ladislas, Poésie parue dans lundimatin #416, le 21 février 2024 –
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graindorge
InvitéMerci Carpentier
« ils veulent nous enterrer, ils ne savent pas que nous sommes des graines »
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Graindorge
InvitéCet esprit craintif,
Bercez-le dans le berceau de la bienveillance
En l’allaitant au lait profond et clair
Du non-doute éternel.
À l’ombre fraîche de la vaillance,
Éventez-le avec l’éventail du plaisir et de la joie.
Quand il sera plus grand,
Conduisez-le au terrain de jeu qui de lui-même existe
Parmi les divers spectacles de phénomènes.
Lorsqu’il aura grandi davantage,
Pour épanouir la confiance primordiale,
Conduisez-le au champ de tir à l’arc des guerriers.
Lorsqu’il aura grandi encore plus,
Pour éveiller la nature-de-soi primordiale,
Faites-lui voir la société des hommes,
Dotée de beauté et de dignité.
Alors cet esprit craintif
Pourra devenir l’esprit du guerrier
Et cette confiance éternellement jeune
Pourra s’étendre dans l’espace sans commencement ni fin :
Là, il verra le Soleil du Grand Est.Chögyam Trungpa,
Shambhala, la voie sacrée du guerrier,
éd. du Seuil, Points Sagesse p.91 -
Graindorge
InvitéFernando Pessoa
L’enfant que j’ai été pleure sur le chemin
Je l’ai quitté en devenant ce que je suis
Et maintenant que je ne suis plus rien
Je veux aller chercher cet enfant que j’ai fui. -
Ostros
InvitéPour Dr Xavier :
Il court, il court le furet…-
Dr Xavier
InvitéBien vu, elle me fait ricaner à chaque fois.
Et quand il va au bowling, « le furet aime faire tomber les quilles » (celle-ci n’est même pas vulgaire, pas trouvé mieux)
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graindorge
InvitéPour Julien Barthes:
tu vois bien Julien qu’on est pas toujours obligé de respecter les thèmes des entrées et c’est sympa aussi. On peut dire que les contrepèteries peuvent être poetiques! C’est rigolo!-
Seldoon
InvitéTu sais très bien ce que Julien, moi et la moitié du forum t’avons reproché et tu continues de jouer à l’innocente. Je te prie de lacher l’affaire, ce n’est plus rigolo.
-
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Graindorge
InvitéEmily Dickinson
l tripote votre Âme
Comme un pianiste les Touches—
Avant que toute la Musique soit lâchée—
Il vous étourdit par degrés—Prépare votre nature friable
Au Coup éthéré
Avec un Martèlement ténu—éloigné—
Puis de plus en plus proche—Puis si lentVotre souffle—a le temps de reprendre—
Votre Cerveau—de refroidir—
Puis il jette—Un—majestueux—Éclair—
Qui scalpe la peau de votre Âme nue—Quand les Vents tiennent les Forêts entre leurs Pattes—
L’Univers—est immobile— -
Carpentier
InvitéLa fleur
Se façonne en tant de figures
Arbore tant de couleurs
Que je ne saurai
D’un seul regard
Capter ses apparences
Ni d’un souffle
Respirer ses parfums
Telle la vie
En ses milliards de formes
La Fleur pullule
La Fleur m’échappe
La Fleur m’éblouit.
Andrée Chedid – Poème extrait de Rythmes, Ed. Gallimard – -
Alain m.
Invitéce qui meurt
nous reste
sur les bras
mais nous on n’a rien à voir avec la mort
c’est elle qui vient
nous serrer
du dehors
seulement un jour de plus
au bout d’un jour
au jour le jour
ainsi
des années durant
l’apprivoiser
simplement et sans bruit elle se tait et croît doucement
même au soleil
d’une journée de printemps
dans le remuement des corps
lui faire sa part
la banaliser autant que possible
pour parvenir à croire un peu
qu’elle fait partie des choses
et que cela est bon
ainsi
au moins
tout le monde sait ce que cela veut dire
il est mort
c’est simple
elle recule encore
plus au fond
et nous ne verrons guère les visages
que par accident
remous
un pas lourd un rire une poigne
puis
un peu d’eau ou de temps
recouvrent le peu
puis
rien
mais de façon presque claire
on entend ce qu’on ne voit plus
tomber profond
loin
dedans
on rôde autour d’un manque
une zone devenue d’ombre vite
cela tient mal à la mémoire
on reste autour du creux
les bords s’éboulent dedans bientôt on ne verra plus qui pleure
on dort avec elle au fond de soi
comme un chien roulé en boule
on sait que montera un jour ou l’autre
un vent de terre
et on attend les yeux ouverts
un corps infusé d’encre
une éponge gorgée
et dans la bouche la terre
au lieu des mots
les mots pesant enfin leur poids exact
terre et corps
dehors et dedans
et plus rien d’autre
que de l’herbe ou des arbres
d’ordinaire
les choses vont
et nous aussi
nous allons avec les choses
c’est clair
mais parfois il y a ce qui s’arrête
ou s’abat
en bloquant
et on est brutalement à nouveau
où il faut rire
fou
tout seul
on racle encore
entre le mensonge ancien
et ce qui vient
on a du mal à rester debout
à la fin
qu’est-ce qu’on a donc à voir avec la vie
la mort
on bouge avec ce qui bouge
on se tait avec ce qui reste
il n’y a pas grand-chose d’autre
Antoine Emaz • poème de la fin.
-
Carpentier
InvitéPaysage polaire
Un monde mort, immense écume de la mer,
Gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales,
Jets de pics convulsifs étirés en spirales
Qui vont éperdument dans le brouillard amer.Un ciel rugueux roulant par blocs, un âpre enfer
Où passent à plein vol les clameurs sépulcrales,
Les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles
Qu’un vent sinistre arrache à son clairon de fer.Sur les hauts caps branlants, rongés des flots voraces,
Se roidissent les Dieux brumeux des vieilles races,
Congelés dans leur rêve et leur lividité ;Et les grands ours, blanchis par les neiges antiques,
Çà et là, balançant leurs cous épileptiques,
Ivres et monstrueux, bavent de volupté.
C.M. Leconte de Lisle, Recueil Poèmes barbares. -
Graindorge
InvitéPaul Valery
Au plataneTu penches, grand Platane, et te proposes nu,
Blanc comme un jeune Scythe,
Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu
Par la force du site.
Ombre retentissante en qui le même azur
Qui t’emporte, s’apaise,
La noire mère astreint ce pied natal et pur
À qui la fange pèse.De ton front voyageur les vents ne veulent pas;
La terre tendre et sombre,
Ô Platane, jamais ne laissera d’un pas
S’émerveiller ton ombre!Ce front n’aura d´accès qu´aux degrés lumineux
Où la sève l’exalte;
Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les noeuds
De l’éternelle halte!Pressens autour de toi d´autres vivants liés
Par l’hydre vénérable;
Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers,
De l’yeuse à l’érable,Qui, par les morts saisis, les pieds échévelés
Dans la confuse cendre,
Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés,
Le cours léger descendre.Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé,
De quatre jeunes femmes,
Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé,
Vêtus en vain de rames.Ils vivent séparés, ils pleurent confondus
Dans une seule absence,
Et leurs membres d´argent sont vainement fendus
À leur douce naissance.Quand l’âme lentement qu’ils expirent le soir
Vers l’Aphrodite monte,
La vierge doit dans l’ombre, en silence, s’asseoir,
Toute chaude de honte.Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir
À ce tendre présage
Qu’une présente chair tourne vers l’avenir
Par un jeune visage. . .Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux,
Toi qui dans l’or les plonges,
Toi qui formes au jour le fantôme des maux
Que le sommeil fait songes,Haute profusion de feuilles, trouble fier
Quand l’âpre tramontane
Sonne, au comble de l’or, l’azur du jeune hiver
Sur tes harpes, Platane,Ose gémir!. . . Il faut, ô souple chair du bois,
Te tordre, te détordre,
Te plaindre sans rompre, et rendre aux vents la voix
Qu’ils cherchent en désordre!Flagelle-toi!. . . Parais l’impatient martyr
Qui soi-même s’écorche,Et dispute à la flamme impuissante à partir
Ses retours vers la torche!Afin que l’hymne monte aux oiseaux qui naîtront,
Et que le pur de l’âme
Fasse frémir d’espoir les feuillages d’un tronc
Qui rêve de la flamme,Je t’ai choisi, puissant personnage d’un parc,
Ivre de ton tangage,
Puisque le ciel t’exerce, et te presse, ô grand arc,
De lui rendre un langage!Ô qu’amoureusement des Dryades rival,
Le seul poète puisse
Flatter ton corps poli comme il fait du Cheval
L’ambitieuse cuisse!. . .-Non, dit l’arbre. Il dit: Non! par l’étincellement
De sa tête superbe,
Que la tempête traite universellement
Comme elle fait une herbe! -
nefa
InvitéSalut Graindorge, en écho
.
Il est d’un domaine enclos. Qu’importe, s’il culmina. L’arbre est seul. Et parsème d’ombres la terre qui le porte.
Masse fichée dans l’asphalte. Elle craint le pied nu.
En déchirant le sol. Disperse les bandes d’enfants costumés.
Maintenant.
Sous le réverbère, dans le parc, tu es l’arbre de l’après midi. Contre le nuage. Compagnon de la cime renversé. Aveugle sous le filet tu ne vois plus. Tu ne sens plus la boule creuse logée en la partie meurtrie de ton tronc.
La foudre s’abat dès qu’il arbre lisse certain d’être ici l’y a convié. -
nefa
InvitéEt pour d’autres raisons
.
Au faîte de la saison jaune, la terre sème d’inoubliables formes. Elle sait couronner l’étang. Effleurer délicatement le pont caché sous les feuilles. Et quand la branche, ce lien d’une berge à l’autre, étonne l’eau sous ses courbes blondes, alors et seulement, je me tiens.-
graindorge
InvitéMerci Nefa et Bonjour à toi!
J’ai tout relu à voix haute et ça me plaît vraiment!!-
nefa
InvitéCool que t’aies laissé libre court à cette envie
-
nefa
Invitécours
-
-
-
-
Alain m.
InvitéAujourd’hui, je vous fais écho,
Ma volonté, comme une tour, s’élève,
Mon cœur est vaste et plein de sève,
Quelqu’un a mis en moi l’acier sonore et beau
Du généreux amour qui jamais ne s’achève,
Et le refus du découragement.
Quelqu’un a mis en moi les gouttes écumantes,
Bienfaisantes,
(Je le sais à présent)
Des promesses sacrées,
Hautement inspirées,
Et de l’effort amer.
Quelqu’un que n’effraie pas l’horrible meurtrissure
Du Christ offrant sa chair,
Sa béante blessure,
Et qui hurlant alléluia sur l’Homme-Dieu,
Sur la bouche flétrie,
Évanouie,
Imprima des baisers de feu.
Quelqu’un qui maintenant, ô mes frères, s’élance,
Partant de moi, poussant tel un pasteur
Des cris pieux pleins de ferveur.
Il a pris son élan et l’élan est immense :
Car en lui brûle, intense,
Prolétaires, mes frères, le désir
Parmi vous d’atterrir.
Attila József (1905-1937). Prolétaires. 1922 -
Alain m
InvitéToute la vie
. . .
écrire des rapports sur un voisin plus grand de trois centimètres, pourvu d’une femme plus jeune et de dents plus blanches,
taper sur la boîte après chaque lettre postée,
aspirer le souffre des allumettes,
le soir dépenser son argent en alcool,
ne pas perdre l’instantané crucial de sa tante nue,
chercher à deviner qui sort avec la sœur cadette,
lutter pour le sommeil de huit heures, faire bouillir le lait de vaches inconnues, jamais vues,
nouer aux femmes enceintes les lacets de leurs chaussures,
retourner aux hôpitaux comme une voiture à la pompe à essence,
au carrefour distinguer le rouge du vert,
passer la langue sur les plombages branlants dans sa bouche,
parler à la troisième personne de qui se tient à deux pas de nous,
trébucher sur les descentes de lits, chose mortelle pour un nonagénaire,
réchauffer de ses cuisses des planchettes glaciales,
. . .
Toute une vie.
Jan Zábrana • -
oxi
InvitéJ’empeste la mort,
je pars à la douche.
Attends-moi dehors,
et descends les couches.-
nefa
InvitéYes
format hyper court, fort, dense.
hiatus servi au bon moment.
boum! dans le mille-
oxi
InvitéMerci !
Petit exercice auquel je m’astreins chaque matin depuis peu : le quatrain narratif en pentasyllabes pauvrement rimés.
Tiens, celui de ce matin ; graveleux à souhait, mais toujours en chantier, car pas assez narratif :
—
Avec Marguerite,
faut pas déconner.
Si t’ôtes ta bite,
t’arroses son nez.
—
(Étymologie de « déconner » : se retirer/sortir du con, du vagin)-
nefa
Invitépuisqu’il est en chantier, on va se le faire en duo
Avec Marguerite,
faut pas déconner.
Si t’ôtes sa bite,
t’arroses ton nez.-
oxi
InvitéT’es un tueur à gages !
Une simple inversion de déterminants et paf le chien !
Excellent, je prends ; et emballé c’est pesé pour aujourd’hui.
-
-
-
-
-
Ubikibu
InvitéMidi – Gérald Neveu
« Il est tombé – dit-on –
plume noire et plume blanche
sa soif traînant
en immense branchage
et donnez-moi – dit-on – ce sourire
et ce géranium !Les portes battues parlent d’or
Le vent durcit en coquillage
Descends – tu le peux –
de ton chariot de victoire
pour un triomphe plus amer
pour une marche plus charnelleLève ton cœur comme vipère
ma petite tuile d’orgueil…On écoute tourner le vin
noircir le sang
changer le sableOn écoute pourrir
comme une musique de terre
quelqu’un de seulEt que s’écrase la pleine candeur
à rendre sourd
à pleines forces contre toutTu tends les mains au plus
lointain du feu
Ta voix circule dans la pierre
Quelle chanson désormais pour
noyer le soleil ?Non ! Rien !
Tout au plus au petit jour
une hâte lasse et
– barrant le visage-
l’ancien supplice désamorcéLe dessin était pur qui verrouillait
l’espace !
Nids blancs à fond de ciel
Mains de bois dur sans espérance
C’est midi qui se ferme
comme un objet. »Fournaise obscure
Pierre Jean Oswald éditeur, 1967
-
Ubikibu
InvitéCharles Pennequin
-
oxi
InvitéMarie crie dégage,
envie d’être seule.
Henry plie bagage,
et ferme sa gueule.-
Fanny
InvitéMarie aura beau
Crier à l’envi,
Le muet ici
Lui colle à la peau.-
Papo2ooo
InvitéHenry est dehors,
le visage froissé,
Il grommelle un sort
contre sa dulcinée-
Fanny
InvitéÇa boîte encore… Moi ça va pas mieux j’ai zappé les rimes féminines…
-
Fanny
InvitéJe me corrige (quitte à s’emmerder avec les pentas autant s’emmerder jusqu’au bout non ?) :
Marie aura beau
Crier ultra folle,
Le muet lui colle
Encore à la peau.-
Papo2ooo
InvitéMon quatrain aura eu le mérite de m’apprendre, par ton intermédiaire, qu’il existe des rimes féminines et masculines. Je vois des différences entre les différents quatrains, plus ou moins « musicaux » mais je n’ai pas encore le bagage pour comprendre comment ça marche, ni à quel moment c’est boiteux.
Je m’arrête là pour l’instant, mais je reviendrai plus fort.
(bien joué pour ton quatrain, j-
Papo2ooo
Invité(bien joué pour ton quatrain Fanny, je perçois son rythme, à défaut de le comprendre !)*
-
Fanny
InvitéC’était une taquinerie pour Oxi. Il nous vend du penta mais il y a « l’e muet » (bien mal nommé) qui chahute le rythme. Avec mes lunettes classiques, je m’attends à ce que les -e devant consonne soient prononcés (sauf en fin de vers), donc je lis :
Ma-ri-e-cri-e-dé-gage (7)
En-vi-e-d’ê-tre-seule (6)
Hen-ry-pli-e-ba-gage (6)
Et-fer-me-sa-gueule (5)-
Papo2ooo
InvitéJe vois.
De primabord, on (moi) se dit que pour avoir de la fluidité il est plus judicieux de ne pas séparer en 3 syllabes des mots comme « visage » (avant « froissé ») ou « envie’ (en-vi-e) avant « d’être », mais comme les préjugés sont trompeurs en art..
Le e muet s’entend donc, même légèrement, et doit être pris en compte pour un rythme optimal ?
(je pose sérieusement la question et n’espère pas polluer le topic, auquel cas une absence de réponse ne me dérangerait pas)-
Papo2ooo
Invitéprime abord* lol
-
Fanny
InvitéCe n’est pas une question esthétique. C’est juste que la métrique classique fonctionne comme ça. C’est une toile de fond avec laquelle on peut jouer, mais entendre le jeu suppose de la connaître.
De-la-mu-si-que a-vant-tout-e-chose, (4+5)
Et-pour-ce-la-pré-fè-re-l’Im-pair, (4+5)
Plus-va-gue et-plus-so-lu-ble-dans-l’air, (4+5)
Sans-rien-en-lui-qui-pèse-ou-qui-pose. (4+5)
-
-
Fanny
InvitéJe me rends compte que j’ai été un peu vite pour ces « -ie ». Ici tu as toutes les explications :
Cliquer pour accéder à Sur-le-caduc-Prosodie-fran%C3%A7aise-classique.pdf
En fait on rencontre des e muets précédés d’une voyelle et devant consonne dès la fin du XIXe, et on compte tantôt une, tantôt deux syllabes. Mais auparavant cette configuration était évitée.
-
oxy
InvitéFanny :
Moi non plus, je connaissais pas cette règle ; du moins, j’ai dû l’oublier : mes cours de rythmique remontent au siècle dernier.
Je m’en vais mieux renseigner : est-ce une obligation de s’y tenir ?
Grâce à ce forum, je me rends compte que je vis décidément sur des acquis éculés sur plein de sujets : habiter loin de la civilisation présente des avantages, mais aussi quelques inconvénients.
Mon dilettantisme me perdra !
Du coup (« du coup » : je garde), ça flambe mon penta du jour, qui de toute façon relevait de la triche, car mon délire, c’est : « , » « . » « , » « . ».
Le voilà quand même :
—
Dans la rue Charcot,
j’ai niqué Chantal,
la meuf à Marco,
qui pue le cantal. -
oxi
InvitéPas cours de « rythmique », mais de « métrique ».
« Le muet » : je viens à peine de capter. Ouais, je suis lent. Excellent !
Okay, après m’être renseigné, je crois avoir compris.
En fait, pas si contraignant : suffit de jouer sur les élisions.
Merci ! -
Fanny
InvitéÀ l’écrit un intérêt du modèle métrique classique c’est de nous débarrasser de l’incertitude quant à prise en compte du -e. Ceci dit le pentasyllabe incertain n’est pas illégal que je sache.
-
oxi
InvitéFanny :
Il en va de même pour l’usage incorrect de « ceci dit » au lieu de « cela dit » : Proust et Houellebecq l’emploient souvent, bien que ce dernier ne soit pas une référence en matière de style.
Satanée langue française ! -
Fanny
InvitéHaha reçu 5/5 ! Proust question style ça me va bien.
-
-
graindorge
InvitéFanny: c’est plutôt 5,5,5,5 en lisant à haute voix
Marie crie etcc-
Fanny
InvitéOui c’est bien l’effet voulu, je pinaillais.
-
graindorge
InvitéMerci Fanny pour ces infos
Est-ce que tu saurais nous faire entrer dans les cuisines
d’un poème de Rimbaud? Est-ce que tous ses poèmes
étaient travaillés ou est-ce que certains sortaient sans « travail », pure inspiration: « million d’oiseaux d’or, ô future vigueur -
Fanny
InvitéLes cuisines, je ne sais pas, mais pour creuser Rimbaud ce site est intéressant :
http://abardel.free.fr/petite_anthologie/01_sommaire.htm
L’auteur y propose des compilations critiques, texte par texte. -
Fanny
InvitéJ’aime bien aussi les analyses qui se trouvent sur cette page (en IV) :
https://www.normalesup.org/~bdecornulier/
Une grande attention à la forme, la métrique en particulier, et aux sous-textes. -
oxi
Invité« Oisive jeunesse
À tout asservie,
Par délicatesse
J’ai perdu ma vie. »
—
Si je compose des quatrains moisis, c’est la faute d’Arthur : ces quatre pentasyllabes sus-cités me trottent dans la tête depuis des siècles.
D’ailleurs, ils me poussent à rédiger ce long essai matinal sur l’impasse du stoïcisme en politique, intitulé « De la philosophie à l’épreuve de la vie » :
Abstine et sustine,
répète Épictète.
Mais voilà Justine,
sur sa bicyclette. -
graindorge
InvitéMerci beaucoup Fanny, je vais lire tout ça
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-
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Alain m.
InvitéAvec eux parlant
de la pluie et de l’herbe
tondue ou à tondre ;
avec eux c’est simple
comme bouger un pied
spontanément après l’autre –
et ainsi de suite,
allant son train bonhomme,
le moindre échange
sans arrière-pensée
au balcon ou bien devant
nos garages respectifs –
Avec eux il y a comme
l’effet d’une pierre
de sucre candide
qui volontiers vient fondre
au milieu quelquefois
d’une amertume passagère.
Morgan Riet• Des voisins-
Claire N
Invité« Avec eux il y a comme
l’effet d’une pierre
de sucre candide
qui volontiers vient fondre
au milieu quelquefois
d’une amertume passagère »
J’ai trouvé sympa ce « canard « dans le café
Merci Alain m-
Claire N
InvitéJ’aime bien mon voisin
C’est une personne âgée
Il y a quelques soirs
Dans mon jardin je l’ai trouvé
Il avait cheminé là la gueule arrachée par un Zona
Le médecin le rebouteux ça n’avait pas marché
C’était sa femme qui se mourrait
Un petit peu il s’était échappé
Puis cahin-caha il a accepté mon bras et je l’ai raccompagné-
Alain m.
InvitéJoliment dans l’esprit Claire N.
-
-
-
-
Graindorge
InvitéMais d’abord la douleur
Mais d’abord la douleur. L’affliction. La sidération. L’asthénie. Face à l’horreur. Face à la terreur. Ineffable. Mais avant tout, il y a l’injure. Celle d’une Nakba dont les déflagrations, assourdissantes, résonnent encore depuis plus de 75 ans. Il y a aussi l’affront, celui de son implacable perpétration. Puis vient l’insulte, celle d’une injonction au mutisme, celle d’une sommation, d’une mise sous silence du dire, celle qui nous enjoint de « Fermez nos gueules ! » entendue, ci, lue, là. Il y a le pouce, il y a l’index tous deux par trop endoloris pour former mots. Mais il y a aussi l’âme et le majeur tous deux plus que jamais fiers et érigés contre toute sommation à la bien-pensance. À cette dernière, préférer la mal-pensance ; celle du mot-dit, celle du mot pour dire, pour tenter de dire l’ethnocide. Contre et envers toute omerta : la mauvaise éducation par les cris. Ceux qui jaillissent ; sans cesse décrits. Le taire à jamais banni. La gorge à jamais écartée, déployée envers et contre tout mutisme. Car certains silences sont assourdissangs.
Au loin, du poste de radio, l’on entend sourdre, opaline et turquoise, la voix de F. entonnant ses éternelles Palestines.
dès lors
me viennent des souvenirs
de Galilées adossées
contre l’édifice
de la mémoire
érectile
fière
Ce matin, j’ai l’âge de ma pointure. Mes pieds portent une douleur vieille de 75 ans. Aujourd’hui, eux et moi continuerons à pousser pour dévaler la plaine de la Bekaa, gravir les flancs de Jabal el-Cheikh, redescendre vers l’autre versant en Galilée, plonger dans les eaux du Jourdain puis sécher a l’entrée de la Basilique de Bethléem. Pour exaucer le rêve de Rahigé. Impie de naissance, je n’ai jamais connu le Dieu de ma grand-mère ; d’ailleurs elle en parlait peu, mais ce qu’elle m’a inoculé, c’est sa lutte farouche pour la justice et la liberté. Sur l’autel surmontant l’abside qu’elle révérait je soufflerai mes 45 cierges.
Un souimanga se pose sur les lettres sus-tracées. Sourires.
Nasri S. Sayegh
-
Alain m.
InvitéLa marquise de saperlipopette
Aime la plume et le crépuscule
Et les larmes qu’on imite si bien avec de la glycérine.
Aime le mou, le flou, le doux, le bon goût
Chère marquise de Saperlipopette.
La marquise de Saperlipopette chante à ravir
Et roucoule que je ne vous dis que ça.
Le chant du cygne.
Mes sels, des roses, des glaïeuls
Etc. etc. etc.
Chère marquise de Saperlipopette
Si vous saviez comme je vous em…
Robert Desnos • Procès Verbal -
K. comme mon Code
InvitéCelestial Music, Louise Glück
_
I have a friend who still believes in heaven.
Not a stupid person, yet with all she knows, she literally talks to god,
she thinks someone listens in heaven.
On earth, she’s unusually competent.
Brave, too, able to face unpleasantness._
We found a caterpillar dying in the dirt, greedy ants crawling over it.
I’m always moved by weakness, by disaster, always eager to oppose vitality.
But timid, also, quick to shut my eyes.
Whereas my friend was able to watch, to let events play out
according to nature. For my sake, she intervened,
brushing a few ants off the torn thing, and set it down across the road._
My friend says I shut my eyes to god, that nothing else explains
my aversion to reality. She says I’m like the child who buries her head in the pillow
so as not to see, the child who tells herself
that light causes sadness–
My friend is like the mother. Patient, urging me
to wake up an adult like herself, a courageous person–_
In my dreams, my friend reproaches me. We’re walking
on the same road, except it’s winter now;
she’s telling me that when you love the world you hear celestial music:
look up, she says. When I look up, nothing.
Only clouds, snow, a white business in the trees
like brides leaping to a great height–
Then I’m afraid for her; I see her
caught in a net deliberately cast over the earth–_
In reality, we sit by the side of the road, watching the sun set;
from time to time, the silence pierced by a birdcall.
It’s this moment we’re both trying to explain, the fact
that we’re at ease with death, with solitude.
My friend draws a circle in the dirt; inside, the caterpillar doesn’t move.
She’s always trying to make something whole, something beautiful, an image
capable of life apart from her.
We’re very quiet. It’s peaceful sitting here, not speaking, the composition
fixed, the road turning suddenly dark, the air
going cool, here and there the rocks shining and glittering–
it’s this stillness that we both love.
The love of form is a love of endings. -
Graindorge
InvitéJANINE TAVERNIER
BIOGRAPHIE
Née en Haïti, l’écrivaine et poète Janine Tavernier Louis s’exile en 1967 au début du régime duvaliériste. Ses études aux États-Unis la ramènent d’une part à la langue française, mais aussi à sa culture et littérature francophones. Après une carrière en enseignement, elle retourne en Haïti. Ce qui frappe à la lecture de ses œuvres, qu’elles soient poétiques ou autres, c’est le cri de colère qui s’en échappe. Sa poésie est acerbe, révoltée. Cette passion qui la guide et la pousse est née d’une quête assoiffée pour la justice et le respect entre peuples, entre individus. Il n’est donc pas étonnant de voir ce cri monter de ses poèmes, à la fois indigné et désespéré.Ah mon rire…
Ah mon rire
mon rire gigantesque
mon rire silencieux
mon rire emprisonné derrière mes lèvres
ah ah mon rire
emmuré dans son linceul de glace
je t’entends rugir en moi comme un fauve
je te sens qui ballottes en moi
sur le remous tourmenté de ma colère
ah ah ah mon rire
je t’écoute et j’ai peur
mon rire qui n’es pas à moi
mon rire étranger à ma vie
mon rire que les forces de l’inconscient
projettent sur l’écran fragile de ma sensibilité
je te crains plus que mourir
je te crains plus que vivre
ah ah ah ah mon rire
quand tu briseras tes liens
et que hors de moi tu t’enfuyeras
dans l’explosion de tes accords déchaînés
que vas-tu prendre à ma vie t’en iras-tu seul
vers les sphères abolies d’où l’on ne revient pas -
Graindorge
InvitéUN FEU DISTINCT… Paul Valery
Un feu distinct m’habite, et je vois froidement
La violente vie illuminée entière…
Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant
Ses actes gracieux mélangés de lumière.Mes jours viennent la nuit me rendre des regards,
Après le premier temps de sommeil malheureux ;
Quand le malheur lui-même est dans le noir épars
Ils reviennent me vivre et me donner des yeux.Que si leur joie éclate, un écho qui m’éveille
N’a rejeté qu’un mort sur ma rive de chair,
Et mon rire étranger suspend à mon oreille,Comme à la vide conque un murmure de mer,
Le doute, — sur le bord d’une extrême merveille,
Si je suis, si je fus, si je dors ou je veille ? -
Graindorge
InvitéÀ une heure du matin
Charles Baudelaire
Enfin ! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.
Enfin ! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres ! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.
Horrible vie ! Horrible ville ! Récapitulons la journée : avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île) ; avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait : « — C’est ici le parti des honnêtes gens, » ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins ; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues ; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants ; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre ; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m’a dit en me congédiant : « — Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z… ; c’est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons ; » m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain ; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle ; ouf ! est-ce bien fini ?
Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869
-
Claire N
Invité» m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie«
J’aime bien l’abord de la fanfaronnade sous cet angle
-
-
Graindorge
InvitéLa vie a triomphé ! Yves Prigent
Qu’espéraient-ils encore, de l’homme de Galilée
Alors que le tombeau le tenait prisonnier ?
Arrêté, condamné et cloué sur le bois
Et c’est là qu’il mourut, sur cette infâme croix.
Mais c’était annoncé et le prix à payer
Jésus le Fils de Dieu est mort pour nos péchés
Puis la pierre fut roulée et la vie triompha
C’était le troisième jour, Jésus ressuscita.
Ô Mort ! Tu es vaincue ! Où est ta puissance ?
Christ nous a libérés, c’est notre délivrance
Tu as capitulé, devant le Roi de gloire
Victoire de Jésus-Christ, renversant ton pouvoir.
Quel bonheur merveilleux ! Quelle grâce infinie !
Plus de joug pesant, qui attristait nos vies
Et libres désormais, de marcher par la foi
L’homme de Galilée, a triomphé pour toi.
Pâques dit d’espérer, par la résurrection
Et de le confesser, pour ta bénédiction
Pâques nous fait chanter, en montrant le chemin
La route de la vie, vers un bonheur sans fin.
(Ouèèèè!) -
..Graindorge
InvitéNo quiere jugar para no perder el tiempo, pero jugar es la única manera de no perderlo
Il ne veut pas jouer pour ne pas perdre son temps, mais jouer est l’unique façon de ne pas le perdre
Bruno Mesa « Plans de fugue » -
Graindorge
InvitéJ’ai appris la nouvelle, hop un visage qui surgit… j’ai dit Oh m… Ça fait drôle, juste là au niveau de la poitrine et de la gorge. On allume une bougie. Point. Aurevoir Laurent Cantet. J’ai cherché un truc qui pourrait te plaire
Un voilier passe… – Attribué à William Blake
Je suis debout au bord de la plage.
Un voilier passe dans la brise du matin,
et part vers l’océan.
Il est la beauté, il est la vie.
Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
Quelqu’un à mon côté dit : « Il est parti ! »
Parti vers où ?
Parti de mon regard, c’est tout !
Son mât est toujours aussi haut,
sa coque a toujours la force de porter
sa charge humaine.
Sa disparition totale de ma vue est en moi,
pas en lui.
Et juste au moment où quelqu’un près de moi
dit : « Il est parti ! »
il en est d’autres qui le voyant poindre à l’horizon
et venir vers eux s’exclament avec joie :
« Le voilà ! »
C’est ça la mort !
Il n’y a pas de morts.
Il y a des vivants sur les deux rives. -
Alain m.
InvitéTu crois que c’est la vie
ce n’est que ton appel et ton étonnement
un espace qui cède aux courants.
Cette voix qui roule et brûle au fond de nous
ces longs cris d’oiseaux
tous ces pas rouges qui rient dans les cours
nous les avons connus de l’autre côté.
~
Les mains se tiennent bien
à la rumeur perdue sous la rose des vents
l’allure fragile des signes qu’on aime
si bien dépouillée de nos rêves
que tout est le mal d’un pays sans recours.
~
Cette voix que j’entends
le pâle rêve des noyés
l’ombre fertile des mains sur un visage
ton corps, toi qui m’effleures, large fille,
l’attente soudaine à l’entrée des villages …
Jean Vagne • » Première danse « -
Graindorge
InvitéSur le seuil Gonzalo Escarpa
La Vie : si vertigineuse merveille
Que nous devenons des anges
Afin d’atteindre le souffle
des verbes concis.
Le désir d’être poème
nous fait écrire des poèmes
comme l’oiseau qui, en réalité
ne désire qu’être ciel.
Il ne nous reste plus qu’à célébrer,
célébrer,
célébrer…
l’Attention, notre amie
dans le Tremblement-
Claire N
Invité« le souffle
des verbes concis. »
C’est niché dans le poème, j’aime ce petit bout-
Graindorge
Invitéc’est aussi, – pas que – un de mes petits bouts préférés
« l’attention, notre Amie dans le tremblement. » Mais beaucoup plus musical en espagnol
« la Atención, nuestra amiga en el Temblor »-
Claire N
InvitéOui , c’est encore plus beau en Espagnol c’est vrai
-
-
-
-
Graindorge
InvitéDomenico Brancale, extrait de Per diverse ragioni (Pour différentes raisons), Passigli, 2017.
Guardavo la laguna. La marea taceva.
Non una voce dall’acqua. Nessun richiamo.
Mi accorsi di essere solo.
In ogni dove. Lontano dal cuore il luogo della parola.
In mare aperto.
Nel niente.Je regardais la lagune. La marée était silencieuse.
Depuis l’eau, pas le moindre murmure. Nul appel.
Je m’aperçus que j’étais seul.
Partout. Le lieu du mot loin du cœur.
La mer ouverte.
Sur le rien. -
Graindorge
InvitéSe taire
Se taire
La parole
est silence
le silence est paroles
qu’on dit pour taire
la non-véritése taire
mais de manière
à faire trembler
l’indicible
le mensongeJustinas Marcinkevičius
Traduit du lituanien par Ugné Karvelis
Revue Europe, 1992 -
Propater
InvitéEntrant dans une église de village
dont la porte était grande ouverte
je mis un cierge à la Vierge pour toi.
Elle était laide, une de Lourdes,
robe de plâtre, bouche rose, chapelet, ceinture bleue.
A ses pieds un vase Art nouveau rachetait un peu l’image,
on aurait dit un Gallé,
à vrai dire je l’aurait bien volé
s’il n’avait été aussi grand
avec sa branche de lilas blanc
devant laquelle tremblait ma petite flamme.
Voilà la photo du jour.Caroline Lamarche
-
Graindorge
InvitéSimone Weil « La porte »
« Ouvrez-nous donc la porte et nous verrons les vergers,
Nous boirons leur eau froide où la lune a mis sa trace.
La longue route brûle ennemie aux étrangers.
Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.Nous voulons voir des fleurs. Ici la soif est sur nous.
Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.Il faut languir, attendre et regarder vainement.
Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;
Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir…
La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silenceQue ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
Fut soudain présent de part en part, combla le cœur,
Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière. » -
baptiste
InvitéLe désert dit au nuage :
Pauvre de moi
qui de vous reçois
tant d’eau toujours,
qu’y a-t-il chez moi
que je puisse aussi
vous offrir en retour ?Le nuage répond :
Il ne faut rien
offrir de plus, désert,
que le don
du plaisir de donner
qui me revient.Rabindranath Tagore (1899)
-
graindorge
InvitéSvetlana Cârstean, poètesse roumaine
2 courts poèmes extraits de son recueil « je suis une autre » ( 2021)poème nº 1
de qui aurais-tu le plus peur ?
de celui qui sait exactement qui tuer
de celui qui choisit aléatoirement
n’importe qui
ou de celui qui tuera quiconque se met devant son objectif
je me demande si on peut comprendre un pays
juste en regardant par une fenêtre
et si on peut connaître une famille en n’aimant
qu’un seul de ses enfants
poème nº2
tu m’as dit dès le premier soir
près de la piscine
où ne nageait personne :
dans ce pays
nous
nous sommes très pratiques
nous
nous sommes très pratiques ici
nous
nous laissons mourir tout ce qui ne produit rien -
Alain m.
InvitéLa grâce ovale de son visage ému comme un suaire par les lueurs du soir montant dans les rideaux parce qu’elle m’attendait,
qu’il me soit encore une fois donné d’en trembler, alors mon cœur pourra s’éteindre avec une fumée blanche et navrée de cierge de dévote.
Les joues contre les barreaux de la grille, à trop longtemps guetter l’impossible apparition de cette aimée derrière le carreau qui se jaspe d’un indigo vespéral, j’ai senti mes yeux pâlir et plus encore que ceux pervenche du maréchal dont le chromo attend de guingois à la cave le baiser de la fée qui le réveillera d’entre les vieux cercles de fûts et les coings embaumants.
Et la veuve d’à côté toujours à vérifier serrure et verrou avant la nuit, si j’y entends des fusils qu’on arme, c’est par dévotion à la guerre où se sont aimés mes aïeux dont un brouillard automnal estompe le portrait nuptial sur le buffet cependant que l’horloge à poids mâche presque sans bruit ce qui de leur sang meurt en moi.
Dominique Pagnier • Indigo -
graindorge
InvitéVERS SUR LE PASSEPORT SOVIETIQUE
VLADIMIR MAIAKOVSKI
– 1929 –Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les « papiers ».Mais celui-là…
Longeant le front des compartiments et cabines,
un fonctionnaire bien poli s’avance.Chacun tend son passeport, et moi je donne
mon petit carnet écarlate.Pour certains passeports on a le sourire,
d’autres on cracherait dessus.Au respect ont droit, par exemple,
les passeports avec lion anglais à deux places.Mangeant des yeux le brave monsieur,
faisant saluts et courbettes,
on prend comme on prend un pourboire,
le passeport d’un Américain.Pour le Polonais on a le regard
de la chèvre devant l’affiche.
Pour le Polonais le front est plissé
dans une policière éléphanterie
d’où cela sort-il et quelles sont ces
innovations en géographie ?Mais c’est sans tourner le chou de la tête,
c’est sans éprouver d’émotions fortes
qu’on reçoit les papiers danois
et les suédois de diverses sortes.Soudain, comme léchée par le feu,
la bouche du monsieur se tord.Monsieur le fonctionnaire
a touché la pourpre de mon passeportIl le touche comme une bombe,
il le touche comme un hérisson,
comme un rasoir à deux tranchants,
il le touche comme un serpent à sonnettes,
à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.Complice a cligné le regard du porteur,
qui est prêt à porter vos bagages pour rien.Le gendarme contemple le flic,
le flic le gendarme.
Avec quelle volupté la caste policière
m’aurait fouetté, crucifié,
parce que j’ai dans mes mains,
porteur de faucille,
porteur de marteau,
le passeport soviétique.Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les « papiers », mais celui-là…Je tirerai de mes poches profondes
l’attestation d’un vaste viatique.
Lisez bien, enviez
— je suis
un citoyen
de l’Union Soviétique. -
Dilaw
Invitéje m’étais amusé un peu en écrivant un poème sous un anagramme de karl marx et Friedrich Nietzsche
en vertical : )Karl marx
Arrive dans les airs.
Repense l’histoire.
Libère le prolétaire.
Maudit l’inégale répartition des richesses.
Approuve l’opium du peuple, qu’est l’empathie.
Ravive la flamme révolutionnaire.
Xéranthème qui s’éternise.Fréderic Nietzsche.
Ravive l’âme.
Elimine la morale.
Découvre la nouvelle essence.
Emporte nos cœurs.
Rafraichis notre raison.
Inspire nos égos.
Crie « vivons ! »
Ne se préoccupe pas trop d’autrui, tant que le moi l’importe.
Invite le curé à la fête.
Enivre les amoureux !
Tape sur les haineux !
Zapristi ! Mais qui déteste un penseur pareil ?
Surement ceux qui le comprennent mal.
Cherche toujours à le comprendre, plus que tu ne le comprends.
Hélas ! Plein de gens ont peur de ses écrits.
Et alors, l’essentiel c’est que ton moi l’aime, pardi !-
Dilaw
Invitépour info, j’ai l’habitude d’écrire des poèmes qu’en kabyle, ma langue maternelle,
il est très rare que j’écrive en langue française.
-
-
graindorge
InvitéVladimirrrr m’est apparrru en rrrêve et m’a demandé de rrrremettrrrre son poème Le passeporrrt sovietique. Tes désirrrs sont des orrrdrrres Camarrrade! Juste quelques heures, Merci
VERS SUR LE PASSEPORT SOVIETIQUE
VLADIMIR MAIAKOVSKI
– 1929 –Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les « papiers ».Mais celui-là…
Longeant le front des compartiments et cabines,
un fonctionnaire bien poli s’avance.Chacun tend son passeport, et moi je donne
mon petit carnet écarlate.Pour certains passeports on a le sourire,
d’autres on cracherait dessus.Au respect ont droit, par exemple,
les passeports avec lion anglais à deux places.Mangeant des yeux le brave monsieur,
faisant saluts et courbettes,
on prend comme on prend un pourboire,
le passeport d’un Américain.Pour le Polonais on a le regard
de la chèvre devant l’affiche.
Pour le Polonais le front est plissé
dans une policière éléphanterie
d’où cela sort-il et quelles sont ces
innovations en géographie ?Mais c’est sans tourner le chou de la tête,
c’est sans éprouver d’émotions fortes
qu’on reçoit les papiers danois
et les suédois de diverses sortes.Soudain, comme léchée par le feu,
la bouche du monsieur se tord.Monsieur le fonctionnaire
a touché la pourpre de mon passeportIl le touche comme une bombe,
il le touche comme un hérisson,
comme un rasoir à deux tranchants,
il le touche comme un serpent à sonnettes,
à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.Complice a cligné le regard du porteur,
qui est prêt à porter vos bagages pour rien.Le gendarme contemple le flic,
le flic le gendarme.
Avec quelle volupté la caste policière
m’aurait fouetté, crucifié,
parce que j’ai dans mes mains,
porteur de faucille,
porteur de marteau,
le passeport soviétique.Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
je n’ai pas le respect des mandats,
et j’envoie à tous les diables paître
tous les « papiers », mais celui-là…Je tirerai de mes poches profondes
l’attestation d’un vaste viatique.
Lisez bien, enviez
— je suis
un citoyen
de l’Union Soviétique. -
graindorge
InvitéLes Effarés
Arthur Rimbaud
Noirs dans la neige et dans la brume,
Au grand soupirail qui s’allume,
Leurs culs en rondA genoux, cinq petits, -misère!-
Regardent le boulanger faire
Le lourd pain blond…Ils voient le fort bras blanc qui tourne
La pâte grise, et qui l’enfourne
Dans un trou clair.Ils écoutent le bon pain cuire.
Le boulanger au gras sourire
Chante un vieil air.Ils sont blottis, pas un ne bouge
Au souffle du soupirail rouge
Chaud comme un sein.Et quand, pendant que minuit sonne,
Façonné, pétillant et jaune,
On sort le pain,Quand, sous les poutres enfumées
Chantent les croûtes parfumées
Et les grillons,Quand ce trou chaud souffle la vie;
Ils ont leur âme si ravie
Sous leurs haillons,Ils se ressentent si bien vivre,
Les pauvres petits pleins de givre,
-Qu’ils sont là, tous,Collant leurs petits museaux roses
Au grillage, chantant des choses,
Entre les trous,Mais bien bas, -comme une prière…
Repliés vers cette lumière
Du ciel rouvert,-Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
-Et que leur lange blanc tremblotte
Au vent d’hiver…
Recueil de Douai, 1870 -
graindorge
InvitéLos poetas feroces
cuentan lobos para dormir
Les poètes féroces
comptent les loups pour s’endormirBORGES
Le poète féroce est aveugle.
Aveuglé en cherchant le chemin de retour
de la maison en flammes qu’est la poésie
aux desseins impénétrables parfois.
Des loups guides accompagnent
les poètes féroces et aveuglesEl poeta feroz es ciego.
Fue cegado para encontrar
el camino de regreso a la casa en llamas
que es la poesía y cuyos designios, a veces,
son inescrutables.
Los poetas feroces y ciegos
Se acompañan de lobos lazarillosPedro Flores ( traduction: G)
-
Simon F
InvitéUn petit Baudelaire, qui tente de s’inscrire dans une tradition saphique, et que je trouve d’une grande beauté (les derniers vers paraissent dictés par le souci d’éviter la censure en condamnant l’amour lesbien, je ne vois que ça…) :
À la pâle clarté des lampes languissantes,
Sur de profonds coussins tout imprégnés d’odeur,
Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.Elle cherchait d’un œil troublé par la tempête
De sa naïveté le ciel déjà lointain,
Ainsi qu’un voyageur qui retourne la tête
Vers les horizons bleus dépassés le matin.De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
L’air brisé, la stupeur, la morne volupté,
Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
Tout servait, tout parait sa fragile beauté.Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
Delphine la couvait avec des yeux ardents,
Comme un animal fort qui surveille une proie,
Après l’avoir d’abord marquée avec les dents.Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
Superbe, elle humait voluptueusement
Le vin de son triomphe, et s’allongeait vers elle
Comme pour recueillir un doux remercîment.Elle cherchait dans l’œil de sa pâle victime
Le cantique muet que chante le plaisir
Et cette gratitude infinie et sublime
Qui sort de la paupière ainsi qu’un long soupir :— « Hippolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses ?
Comprends-tu maintenant qu’il ne faut pas offrir
L’holocauste sacré de tes premières roses
Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?Mes baisers sont légers comme ces éphémères
Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
Comme des chariots ou des socs déchirants ;Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
De chevaux et de bœufs aux sabots sans pitié….
Hippolyte, ô ma sœur ! tourne donc ton visage,
Toi, mon âme et mon cœur, mon tout et ma moitié,Tourne vers moi tes yeux pleins d’azur et d’étoiles !
Pour un de ces regards charmants, baume divin,
Des plaisirs plus obscurs je leverai les voiles,
Et je t’endormirai dans un rêve sans fin ! »Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
— « Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
Comme après un nocturne et terrible repas.Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
Et de noirs bataillons de fantômes épars,
Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
Qu’un horizon sanglant ferme de toutes parts.Avons-nous donc commis une action étrange ?
Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
Je frissonne de peur quand tu me dis : mon ange !
Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée,
Toi que j’aime à jamais, ma sœur d’élection,
Quand même tu serais une embûche dressée,
Et le commencement de ma perdition ! »Delphine secouant sa crinière tragique,
Et comme trépignant sur le trépied de fer,
L’œil fatal, répondit d’une voix despotique :
— « Qui donc devant l’amour ose parler d’enfer ?Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
Qui voulut le premier dans sa stupidité,
S’éprenant d’un problême insoluble et stérile,
Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté !Celui qui veut unir dans un accord mystique
L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
Ne chauffera jamais son corps paralytique
À ce rouge soleil que l’on nomme l’amour !Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;
Cours offrir un cœur vierge à ses cruels baisers ;
Et, pleine de remords et d’horreur, et livide,
Tu me rapporteras tes seins stigmatisés ;On ne peut ici bas contenter qu’un seul maître ! »
Mais l’enfant, épanchant une immense douleur,
Cria soudain : — « Je sens s’élargir dans mon être
Un abîme béant ; cet abîme est mon cœur,Brûlant comme un volcan, profond comme le vide ;
Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
Et ne rafraîchira la soif de l’Euménide,
Qui, la torche à la main, le brûle jusqu’au sang.Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
Et que la lassitude amène le repos !
Je veux m’anéantir dans ta gorge profonde,
Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux. »Descendez, descendez, lamentables victimes,
Descendez le chemin de l’enfer éternel ;
Plongez au plus profond du gouffre où tous les crimes,
Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d’orage ;
Ombres folles, courez au but de vos désirs ;
Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.Jamais un rayon frais n’éclaira vos cavernes ;
Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
Filent en s’enflammant ainsi que des lanternes
Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.L’âpre stérilité de votre jouissance
Altère votre soif et roidit votre peau,
Et le vent furibond de la concupiscence
Fait claquer votre chair ainsi qu’un vieux drapeau.Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
À travers les déserts courez comme les loups ;
Faites votre destin, âmes désordonnées,
Et fuyez l’infini que vous portez en vous !-
Simon F
InvitéOn ne peut pas séparer les strophes sur ce forum, quel dommage ! La lecture y perd beaucoup en respiration.
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baptiste
Invitéil fallait ces dernières strophes au poème
lu quand j’avais 16 ans j’avais aimé aussi, je trouvais bizarrement qu’il me rendait justice
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graindorge
InvitéUn poema de Las raíces del vuelo
Bruno MesaSOBRE LA IRREALIDAD DE LO REAL
A veces nuestras manos se evaporan,
también la ceremonia de la mesa,
ropas abandonadas, retratos de familia,
se evaporan las formas,
los huesos y las sábanas,
una casa tras otra,
cada sombra en su materia,
la calle entera se evapora
y no quedan nombres en los buzones
o un balcón suspendido en su vigilia,
una voz que recuerde que hubo vida,
se evapora la ciudad como un soplo,
tan frágil fortaleza sostenía,
la isla sin remedio se evapora,
el cuerpo donde habitas,
los silencios quebrados con que escribes.Un poème extrait du recueil Les racines du vol Bruno Mesa
SUR L’IRRÉALITÉ DU RÉEL
Il arrive que nos mains s’évaporent,
ainsi que la cérémonie de la table,
vêtements abandonnés, portraits de famille,
les formes s’évaporent,
les os et les draps,
une maison après l’autre,
chaque ombre dans sa matière,
la rue entière s’évapore
et il ne reste plus aucun nom sur les boîtes aux lettres
ou un balcon suspendu dans sa veille,
ni une voix qui se souvienne que la vie était là,
comme un souffle, la ville s’évapore,
elle soutenait une si fragile forteresse,
irrémédiablement l’île s’évapore,
le corps où tu habites,
les silences brisés avec lesquels tu écris(trad. G)
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baptiste
Invité« Avant l’aube » Hélène Dorion
Dans la forêt du temps
il n’y avait rien
ni soleil ni océanau commencement
il n’y avait ni dieu ni humains
ni souffle ni solitudeau commencement le rien était l’obscur
le vide un long tunnel de silencepuis sont venues les eaux
est venue la Terre
comme une montagne qui émerge
est venu le ciel pour la couvrirle haut et le bas
l’envol et les passont venus les dieux qui flottent
au-dessus des eauxHésiode Zeus Odin
Brahma Inazami
avec eux sont venus l’air et la lumière
l’algue et l’arête du mondele rayonnement le chaud l’expansion
coulée de matière et recul des ténèbres
il y eut un soir et il y eut un matinil y eut la vie
entre le Tigre et l’Euphrate
l’oeuf qui éclotdans un magma
se sont mises à tourner
les particules lumineuses
les saisons la Terre les planètes
l’aiguille a percé la mince couche de bleu
elle a chassé l’éternitétoutes choses alors ont été jetées
dans le temps qui s’écoulait
enfermées dans un cercle
cherchant le centre vers lequel graviterle coeur battait
et le jour et la nuit
et les étoiles
comme des éclats de solitudepuis est venu le bourgeon
sont venus la feuille les ailes
et les pattes la tête et les yeuxProméthée a pétri l’argile
modelé les humains
il a saisi le bien a saisi le mal
et le souffle d’Athéna a donné vie
à cette chose appelée âmeainsi sont venus les visages
sont venus les voix les signes et les mots
les maisons en roseau la grotte et l’iglool’amour et la peur
la prière et le sacrificepuis il y eut un puissant chaos
l’arc et la flèche
sous le ciel d’Apollon est venu Dionysos
les cyclopes et les titans
les cris de l’un ignorant ceux de l’autre
l’éclat des couteaux des obus
les cités éventrées
les dieux devenus des mendiantset l’on a commencé à chercher l’ordonnance
on s’est nourri reproduit reposé
les animaux chassés
les animaux domestiqués
un corps qui tue d’autres corps
jusqu’à l’os mange la chairon a inventé la charrue
les graines et les sillons
on a ensemencé le sol on l’a arroséon s’est mis à échanger la pierre et le sel
l’ambre et l’oron a commencé la longue marche
du mythe à la connaissance
Galilée Giordano Bruno
Einstein la cause et l’effet rompus
sont venus le quantum
l’onde et le corpuscule
les possibles
que déploie la résistance du temps
et l’on a donné vie
à cette chose appelée réalité-
baptiste
Invitéle site a mangé les espaces qui séparent les mots, vers, strophes, ce qui fait perdre un peu la structure voulue par l’auteure. le poème est normalement très aéré, découpé d’un groupe de mots à l’autre, pour renforcer l’oralité et la distance qui sépare 2 vers consécutifs. je partage ce poème parce qu’il me rappelle des échanges tenus sur ce forum sur la disjonction ou le rapport entre le mythe et le réel, le conte et le roman ‘naturaliste’. Bégaudeau indique sa préférence pour le réel, qui se traduit par une écriture égalitaire, vitaliste ? au détriment du mythe et de son emphase lyrique dévitalisante. Ne parvenant pas encore à cerner clairement cette nuance, voyant dans l’échange sur le mythe et le réel une sorte de dualité vie/mort dont la portée m’échappe, ce poème m’a plu, car il emmêle les dieux antiques avec des expressions prosaïques : « algue », « arête », « pattes », « tête », « yeux »…
Le poème déploie ces mots sans linéarité, sans hiérarchie, touche à tant de choses, aboutit dans l’énigme de la physique, à la fin me laisse comme l’auteure : hébété par l’ampleur de l’univers qu’elle peint, trottinant avec elle pour rattraper le rythme des vers, parcourant une tentative de décrire le chemin vers la connaissance et la réalité.-
Fanny
Invité« Puis est venu le bourgeon / sont venus la feuille les ailes » : le/la déprosaïsent je trouve ces bouts de matière, qui sont aussi introduits en grande pompe par l’inversion sujet-verbe. Et suivis par du moins concret : « il a saisi le bien a saisi le mal », « l’amour et la peur / la prière et le sacrifice »
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Claire N
InvitéMerci Fanny, tu as ciblé un bout qui me plaît
Le bourgeon qui s’étend en feuille qui fait approcher l’aile d’insecte
Ce contact me fait penser au doigts qui se rejoignent de Michel Ange
qui opère sous nos yeux , la tension du vivant vers le contact
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Emile Novis
InvitéLouis Aragon, Elsa.
.
« Suffit-il donc que tu paraisses
De l’air que te fait rattachant
tes cheveux ce geste touchant
Que je renaisse et reconnaisse
Un monde habité par le chant
Elsa mon amour ma jeunesse
.Ô forte et douce comme un vin,
Pareille au soleil des fenêtres,
Tu me rends la caresse d’être,
Tu me rends la soif et la faim
de vivre encore et de connaître
Notre histoire jusqu’à la fin.
.C’est miracle que d’être ensemble
Que la lumière sur ta joue
Qu’autour de toi le vent se joue
Toujours si je te vois, je tremble
Comme à son premier rendez-vous
Un jeune homme qui me ressemble;
.Pour la première fois ta bouche,
Pour la première fois ta voix,
D’une aile à la cime des bois
L’arbre frémit jusqu’à la souche,
C’est toujours la première fois
Quand ta robe en passant me touche ».-
Emile Novis
Invité« Tu me rends la caresse d’être »: peut-être un des plus beaux vers de la langue française à mes yeux.
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graindorge
InvitéPrière
Herr, unser Herrscher…
BACH, Passion selon saint JeanQue ton nom dans ma bouche soit toujours celui de la plus grande joie, du plus grand amour
Et pas le baume qu’on met sur la blessure du vivre
Et pas la borne qu’on place de part et d’autre de la folie du chemin
Et pas le froid qu’on jette sur la liberté de la questionQue ton nom dans ma bouche soit toujours brûlé au feu de l’imprononçable
Comme la lumière jaillit des ombres qu’elle a veillées
Comme la parole parfois vient couronner la souveraineté d’un silence
Comme la force se lève plus juste de la pauvreté qu’elle reconnaît en elleQue ton nom dans ma bouche ne soit jamais distrait, jamais grimacé par l’habitude
Qu’il dise toujours la fertilité des larmes semées par ta grâce
Qu’il fende les peurs où je fais sommeiller la promesse dont tu m’as donné le sangQue ton nom n’engloutisse pas comme une bouche inhumaine
Les noms de tous ceux que j’ai aimés et qui m’ont permis de comprendre
Qui tu étais, Toi, de quelle immensité d’amour tu es le nomEmmanuel Godo
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CarlosPépère
InvitéLa nuit gronde, le bitume suinte des crachats d’ombres et de rages étouffées,
Les tripes vibrent sous les assauts des guitares crissantes,
Écorchées vives comme des âmes perdues dans l’abîme,
Le punk crie sa haine des dieux en carton-pâte, des illusions déchues,
Les corps se heurtent, se mêlent, dans une danse furieuse,
Le pogo des damnés, des oubliés, des chiens errants.C’est la rue qui parle, qui hurle sa révolte,
Les pavés battus par les Doc Martens usées,
Les crêtes colorées s’érigent comme des étendards insolents,
Sous les néons pâles des bars défoncés, les âmes se déchirent,
À coups de riffs électriques, de batteries frénétiques,
L’anarchie résonne, comme un écho lancinant, un mantra désespéré.Les regards se croisent, brûlants, chargés de défi,
Dans cette symphonie du chaos, les âmes se libèrent,
Les chaînes tombent, les masques se fendillent,
C’est la vérité nue, rugueuse, qui éclate dans les décibels.Et quand la nuit enfin s’incline, percée par l’astre arrogant,
Les survivants de cette nuit de braises et de flammes,
Portent les stigmates de leurs combats insensés,
Des cicatrices comme des médailles, des blessures ouvertes comme des poèmes.Le silence retombe, lourd comme un ciel d’orage après la tempête,
Les guitares s’éteignent, les cœurs battent encore, échos sourds de la lutte,
Mais dans les ruelles sombres, un murmure persiste,
La promesse d’un nouvel assaut, d’une nouvelle aube insoumise.(Pierre M. – dans un des cahiers de brouillon que m’a laissés mon vieux copain, anonyme parfaitement oublié, mort il y a déjà 14 ans)
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..Graindorge
InvitéMais non, Carlos, ton vieux copain Pierre n’est pas oublié. On le devine bien derrière ses mots et tu l’aimes toujours
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graindorge
InvitéLes chiens romantiques Roberto Bolaño
En ces temps-là j’avais vingt ans
et j’étais fou.
J’avais perdu un pays
mais j’avais gagné un rêve.
Et si j’avais ce rêve
le reste était sans importance.
Travailler ou prier
ou étudier à l’aube
auprès des chiens romantiques.
Et le rêve vivait dans le vide de mon esprit.
Une chambre en bois,
dans la pénombre,
dans l’un des poumons du tropique.
Et parfois je retournais en moi
et je rendais visite au rêve : statue qui s’éternise
en des pensées liquides,
un ver blanc qui se tord
dans l’amour.
Un amour le mors aux dents.
Un rêve dans un autre rêve.
Et le cauchemar me disait : tu grandiras.
Tu t’éloigneras des images de la douleur et du labyrinthe
et tu oublieras.
Mais en ce temps-là grandir aurait été un crime.
Je suis ici, ai-je dit, avec les chiens romantiques
et c’est ici que je vais rester. -
Carpentier
InvitéJ’ai rêvé de toi cette nuit :
Tu te pâmais en mille poses
Et roucoulais des tas de choses…Et moi, comme on savoure un fruit,
Je te baisais à bouche pleine
Un peu partout, mont, val ou plaine.J’étais d’une élasticité,
D’un ressort vraiment admirable :
Tudieu, quelle haleine et quel rable !Et toi, chère, de ton côté,
Quel rable, quelle haleine, quelle
Élasticité de gazelle…Au réveil ce fut, dans tes bras,
Mais plus aiguë et plus parfaite,
Exactement la même fête !Paul Verlaine
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graindorge
Invitétrouvé par hasard ce poème
c’est PeggySlam
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PeggySlam
InvitéMerci infiniment Graindorge pour le partage je n’avais pas vu le poste. Je n’ose pas y mettre les miens ici de poème (même si François m’a autorisé à le faire) mais je peux envoyer par mail 😉
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Demi Habile
InvitéC*-Algèbres des systèmes canoniques. II
G. LOUPIAS et S. MIRACLE-SOLE
(Physique Théorique, Université d’Aix-Marseille).
Ann. Inst. Henri Poincaré,
Vol. VI, n° 1, 1967,
Section A :
Physique théorique.
ABSTRACT. – The « twisted convolution » of measures on the phase
space @ of a system with n degrees of freedom (an algebraic version of phasespace quantum mechanics) is extended to distributions on @ using the standard notion of convolution of distributions on a locally compact group
applied to a central extension of (B by the circle. We study the algebra
6) of functions on @ which are mapped into trace class operators
by the Schrôdinger representation and show that 13(0152, a) contains the
set ~(0152) of infinitely differentiable functions decreasing rapidly at infinity,
this inclusion being continuous. This allows to interpret the bounded
operators on the Hilbert space of the Schrôdinger representation as tempered
distributions on (S, the twisted convolution of distributions corresponding to the product of operators.
INTRODUCTION
La construction de C*-algèbres associées aux relations de commutation
canoniques conduit à définir le « produit de convolution gauche » des
fonctions sur l’espace de phase [2]. Dans le cas d’un nombre fini de degrés
de liberté, ce formalisme constitue une version algébrique de la première
quantification décrite à l’aide de fonctions sur l’espace de phase du système.
Dans un article précédent [1], nous avons décrit ce formalisme en utilisant
la notion standard de convolution sur un groupe localement compact ([21],
§ 28) appliquée à une extension centrale 9D du groupe additif de l’espace
40 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
de phase @ par le tore 2 à une dimension (groupe de Weyl). Nous nous
proposons ici, en adoptant toujours le même point de vue, de poursuivre
notre étude de ce formalisme.
Dans la section I, nous étendons à l’espace ~’(0152) des distributions sur
l’espace symplectique a) la notion de produit de convolution gauche, et
en donnons les principales propriétés.
Dans la section II, nous considérons l’espace noté b(0152, (1) dans [1],
anti-image des opérateurs à trace par la représentation de Schrôdinger 7r~.
Nous montrons en particulier que ‘~(~, a) contient l’espace des fonctions indéfiniment différentiables à décroissance rapide, l’inclusion étant
continue.
Dans la section III, nous étudions l’algèbre de Von Neumann des opérateurs bornés et interprétons ses éléments comme des distributions tempérées,
le produit des opérateurs correspondant au produit de convolution gauche
des distributions. Ce résultat fournit le cadre naturel d’une exposition rigou- reuse du formalisme de WIGNER-MOYAL tel que nous l’avons présenté
dans ([1], Section III).
Dans une première lecture, on pourra se contenter de lire les définitions
de la section I, cette dernière étant indépendante des suivantes.
Les principaux résultats de cet article ont été annoncés, sous des formes
parfois différentes, dans [3] [4] [5] Les définitions et les notations adoptées sont celles de [1] et [2].
SECTION 1
PRODUIT DE CONVOLUTION GAUCHE
DES DISTRIBUTIONS
Nous travaillerons, comme dans [1], par transport de structure à partir
de la notion de produit de convolution usuel des distributions sur le groupe
de Lie nilpotent, connexe (unimodulaire) 8B, telle qu’on la trouve définie
dans ([7], p. 107).
Nous désignerons par Do, Di, …, D2n une base de l’espace des champs
de vecteurs invariants à droite sur 3B, et par (resp. S(3B))
l’espace des fonctions indéfiniment différentiables sur 3B à support dans le
compact Q de 3B (resp. indéfiniment différentiables à support compact,
indéfiniment différentiables) muni de sa topologie usuelle. Nous rappelons
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 41
simplement que est un espace de Fréchet si l’on définit sa topologie
par la famille de semi-normes :
Les sont alors munis de la topologie induite par celle de 8(9D), et
2)(3B) est la limite inductive des espaces de Fréchet
Il est également possible de définir l’espace comme celui des fonctions indéfiniment différentiables f sur m telles que, pour tout polynôme P
sur (S considéré comme une fonction sur 3B, et tout opérateur différentiel D
invariant à droite sur 993, la fonction
reste bornée sur SB. est alors un espace de Fréchet si l’on définit sa
topologie par la famille de semi-normes :
LEMME 1. – L’application 03A6 : f- ~ f (n entier > 0 ou 0) est un
isomorphisme vectoriel topologique de (resp. ~(0152), 8(0152)) dans
(resp. ~(~)~, où K désigne un compact de 0152.
Cette application est évidemment linéaire et injective. D’autre part,
W étant nilpotent, tout opérateur différentiel invariant à droite est de la
forme ( [8], lemme 1 ).
où les P; sont des polynômes sur (S, comme on peut également s’en convaincre
par un calcul direct ([6], ch. VI, lemme 1). Il ressort alors de l’expression des
semi-normes (1) et (3) que C est continue de (resp. 8(@)) dans
(resp. 8(3B)). En outre, (resp. C(8(@))) est fermé dans (resp.
8(3B)). En effet, si (resp. désigne le sous-espace de
(resp. des fonctions dont le coefficient de Fourier d’ordre m selon 1:
est nul, ces images sont identiques à (resp. et il
42 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
suffit de montrer que chaque (resp. est fermé, ce qui provient
du fait qu’il est image réciproque de 0 pour l’application continue de
(resp. 8(9B)) dans
En vertu du théorème du graphe fermé, il en résulte que C est bicontinue.
Elle l’est encore si on la restreint à et et par conséquent
elle est continue de dans 3)(9B) : elle est encore continue de
dans 2)(3B) ([9], § 3, n° 15). Comme précédemment, est fermé
dans ~0(3B) car est fermé dans ~D(3B) en tant qu’image réciproque de 0
par l’application «
dont il sumt de savoir qu’elle est continue de ~Q(~) dans eo(@, où Q est
un compact de W. On en déduit alors la bicontinuité de 0 grâce au théorème
du paragraphe fermé généralisé à des limites inductives d’espaces de Fréchet ([20], Intr. IV, Th. B).
COROLLAIRE. – On a les àécompositions 1
en somme directe de deux sous-espaces fermés.
Muni de la topologie induite, I>(:D(0152)) (resp. I>(8(0152))) est isomorphe à (resp. ~(ae), 6(0152)).
LEMME 2. La correspondance 1>’ :S – einex @ S est un isomorphisme
vectoriel topologique de (resp. 8’(0152)) dans :I)’(W) (resp. J’(m),
6’tB».
Puisque
dualité du précédent et de son corollaire.
COROLLAIRE. – On a les décompositions 1
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 43
en somme directe de deux sous-espaces fermés, ~n(~) (resp. ~n(~)~
désignant le sous-espace des éléments de (resp. ~’(~)~ de coefficient de Fourier d’ordre n selon ~ égal à zéro ([11 J, ch. 1). Muni de la
topologie induite, I>’(:O’(0152) (resp. I>’(&’(0152)) est isomorphe à
(resp. &’(0152).
Nous sommes maintenant en mesure de poser la
DÉFINITION 1. – Soient SI et S 2 deux éléments de :O’(0152), l’un au moins
étant à support compact. Alors
avec
Plus généralement, soient Al et A 2 les supports respectifs de SI et S 2, et
supposons que l’application { 03C8, 03C6 } ~ 03C8 + cp de Al > A2 dans Al + Az
est régulière à l’infini. Alors (4) et (5) ont encore un sens. La distribution S
est dite produit de convolution gauche des distributions SI et S 2, et notée
SI x S 2.
En effet, d’après le lemme 2, ~ SI et ~ S 2 appartiennent à
l’une d’elles étant à support compact. Alors ([7], (1 , 10)), si
Plus généralement, si l’application { ~ 9 } 2014~ + CF est régulière à l’infini,
il en est de même de l’application
COROLLAIRE. – a) Si SI X S2 existe, il en est de même de S2 X SI mais en
général SI X S 2 ~ S 2 X SI.
b) Le produit de convolution gauche de plusieurs distributions, qui sont
toutes, sauf au plus une, à support compact, est associatif
c) Le produit de convolution gauche de plusieurs distributions de supports
44 G. LOUP1AS ET S. MIRACLE-SOLE
respectifs Sw., i E I fini, sera associat f si les Al sont tels que l’application
soit régulière à l’infini.
On démontrera alors par transport de structure ([7], p. 108), ([IO], § 6), ou directement comme en ([11], ch. VI, Th. II, III, IV, ils les résultats
suivants :
THÉORÈME 1 . – Si SI et S ont pour support respectif Al et A2, le support
de SI X S2 est contenu dans Al + A2. Donc si Sb S2 E B’(0152), SI X S2 E ~’(~,
La valeur de SI X S 2 dans l’ouvert Q c OE ne dépend que de celle de S2
(resp. SI) dans l’ouvert Q – Al (resp..Q – A 2).
THÉORÈME 2. – a) L’application { S1, S2 } – SI X S2 de ~’(F) X 6’(OE)
dans B’(0152) est bilinéaire continue.
b) Cette même application est bilinéaire hypocontinue de ~’(~ >
dans B’ (0152).
Le produit de convolution gauche des distributions se différencie toutefois essentiellement du produit de convolution usuel par le théorème qui
suit. Nous poserons d’abord la
DÉFINITION 2. Pour tout Ç E a) et S E D’(0152), on notera la nouvelle
distribution sur ~ définie par
THÉORÈME 3. – Soit (e;), i = 1, 2, … 2n une base quelconque de a).
En effet,
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. U 45
tandis que
On voit donc, en particulier, que pour dériver un produit de convolution
gauche il ne suffit plus de dériver l’un des facteurs.
Notre méthode de transport de structure nous conduit alors naturellement
à associer à la régularisation des distributions sur iB une opération analogue sur (0152, a) relativement à la convolution gauche.
DÉFINITION 3. Le produit de convolution gauche de la distribution S et
de la fonction indéfiniment différentiable f (S~D’(0152) etfE D(0152), ou S E 6’(OE)
et f E est une fonction indéfiniment différentiable au sens usuel dite
03C3-régularisée à droite de S par f et donnée par la formule
On définirait de même la 03C3-régularisée à gauche de S par f comme
En effet ([7] (1, 11) et (1, 12))
Cette opération jouit alors des mêmes propriétés que la régularisation
usuelle ([7], proposition 1, 2) :
Si est une suite de fonctions indéfiniment différentiables tendant
vers 80 dans 8’(@), le théorème 2 assure que les 03C3-régularisées S X f tendent
vers S ce qui fournit un procédé d’approximation d’une distribution par des fonctions indéfiniment différentiables, elles-mêmes approchables par des fonctions de (par exemple par troncature). v
En outre, si l’on désigne par S la distribution définie par
46 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
il résulte de (9) et (10) que
On en déduit que, dans un produit scalaire de fonctions et de distributions
où interviennent des produits de convolution gauche, on peut faire passer
un élément d’un côté à l’autre après lui avoir fait subir l’opération v, à
condition de conserver à l’ensemble des facteurs le même ordre à une
permutation circulaire près. Par exemple,
COROLLAIRE. – Si S X /== 0 pour tout f E 2)(0152), alors S = 0.
Il suffit d’appliquer la formule (12).
On trouvera dans [6] la démonstration d’une série de théorèmes fins
sur les distributions faisant intervenir le produit de convolution gauche.
Nous les omettons ici car ils ne sont pas indispensables pour la suite.
SECTION II
L’*-ALGÈBRE DE BANACH a).
EN TANT QU’ESPACE D’OPÉRATEURS A TRACE
a) est le sous-espace de £2(0152, a) ([1], Th. 3) des fonctions h telles
que soit un opérateur à trace sur l’espace de Hilbert de la représentation de Schrôdinger. Puisque tout opérateur à trace se décompose en
produit de deux opérateurs de Hilbert-Schmidt, il vient
soit ([2], Th. 14),
presque partout.
Les fonctions h E l5(0152, cr) sont caractérisées dans le
THÉORÈME 5. – Soit h une fonction sur (0152, a), h est un élément de b(0152, a)
si et seulement si l’une quelconque des éventualités suivantes est réalisée :
a) h est presque partout égale à une combinaison linéaire complexe de
fonctions continues de type positif sur a), au sens de ([2], p. 26, Définition).
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 47
b) Il existe une représentation 1t des relations de commutation dans l’espace
de Hilbert et W, ~’’ E tels que
presque partout.
c) h est bornée et
où X(0152) désigne l’espace des fonctions continues à support compact et . la
norme de Schrôdinger ([2], (69)).
Puisque X(0152) est dense dans a), anti-image des opérateurs compacts
par la représentation de Schrödinger ([2], Th. 19), il résulte des formules
que c) exprime le fait bien connu que l’espace des opérateurs à trace s’identifie au dual de l’espace des opérateurs compacts.
b) est évident si l’on remarque que ?T est, d’après le théorème d’unicité
([2], Th. 15), équivalente à une sous-représentation de la représentation
régulière gauche 1t2 des relations de commutation, et que
Nous aurons terminé en montrant que a) entraîne b). C’est évident si h
est presque partout égale à une fonction continue de type positif d’après
([1], Th. 4). Sinon supposons h presque partout égale à 03BB103A61 + où Ci
et sont continues de type positif. Soient , ’Y 1 E H1tl; 7~2, ’Y 2 E H1t2 les
représentations et vecteurs cycliques définis par Ci et ~2 respectivement ([2],
Th. 7 a). 1t1 @ 1t2 est une représentation sur H1tl @ et on a
COROLLAIRE. ‘~(~, 0″) est une *-algèbre de Banach pour le produit x ,
l’opération * et la norme :
ANN. INST. POINCARÉ, A-VI-1
48 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
Cette norme jouit d’un certain nombre de propriétés que nous avons
réunies dans le
THÉORÈME 6. – Soit h E b(0152, r).
ces dernières inégalités étant des égalités sur le sous-espace ~~ de b(0152, a)
([2], Th. 18)
Inversement, il existe, parmi tous les couples fi, gi E L2(0152, cr) tels que
h = f X g;* p. p., un couple fo, go tel que
Les inégalités (17) (19) (20) sont bien connues si on les écrit en termes
d’opérateurs : A désignant un opérateur à trace, B et C deux opérateurs de
Hilbert-Schmidt tels que A = BC, on a
d’où les inégalités voulues grâce à ([1], (29)) et ([1], Th. 3). Si en particulier
h E Jo (donc appartient à b(0152, a) car Jo c ~2(~, a) et h = h X 11 ([1],
p. 35, lemme)),
ce qui complète ([1], p. 35, lemme).
Enfin soit
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. 0 49
la décomposition polaire de ?c~(~) j est un opérateur à trace positif,
donc
où go E ~2(@. a). V étant partiellement isométrique, est un opéra- teur de Hilbert-Schmidt, donc de la forme e a), d’où h = ~o X go
presque partout. En outre
de sorte que
d’où l’égalité (21) en comparant avec (20).
Il serait intéressant de caractériser analytiquement (et non point seulement
algébriquement) les éléments de lJ(0152, a). Nous ne sommes, pour l’instant, en mesure de le faire que pour certains sous-espaces denses de a), en
particulier ~(0152).
Nous commencerons par prouver le
LEMME 3. – Soit y E Mi(@, a), h E a) et posons g = ~ ~’$~. } ~ h où
~2 est la transformation de Fourier symplectique d’échelle 2 ([1], p. 40,
Définition). Alors g E lJ(0152, a) et Il g Il (L ~1 Il h
L’identité :
permet d’écrire
Dç x h x 8_~ est une fonction sur @ à valeurs dans a) et l’intégrale
existe au sens de Bochner ([14], V, 5, Th. 1 et Corollaire 1), définissant un
élément de 13(OE, a). En effet, pour tout opérateur borné B,
et
50 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
Pour la simplicité des notations, nous donnerons la démonstration du
théorème en supposant que (0152, a) est de dimension 2, avec, pour tout
03C8 E .
(ei, e2) base symplectique de (0152, a).
Nous désignerons par
le polynôme de Hermite d’ordre n à une dimension, et par
la fonction de Hermite correspondante.
Ils jouissent des propriétés connues ci-dessous
d’où
Enfin nous aurons besoin des intégrales classiques suivantes, où Y désigne
la fonction d’Heaviside à une dimension ([17] (V, 1 ; 45)) :
Nous pouvons alors prouver le
THÉORÈME 7. – b(0152, a) contient en tant que sous-espace, l’inclusion
étant continue.
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 51
Les formules (28) et (26) nous permettent d’écrire, en posant ~ _
En sachant que
et
il vient alors, d’après la formule (20) et le lemme 3,
Mais les formules (27) et (24) donnent immédiatement
Par conséquent
52 G. LOUP1AS ET S. MIRACLE-SOLE
où
Mais d’autre part, la formule (27) s’écrit encore
ou bien
et l’on en déduit que
avec
Or on sait que tout A e ~(@) est limite dans ~(@) d’une série de la forme
où est une suite à décroissance rapide (c’est-à-dire qui décroît plus
rapidement que 1 quel que soit l’entier p) ([11], ch. VII, § 7, n° 7). La
correspondance
est alors un isomorphisme vectoriel topologique entre et l’espace des
suites à décroissance rapide lorsqu’on munit ce dernier de la topologie
définie par la famille de normes
Par conséquent, si h E
d’où l’affumation du théorème.
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 53
La démonstration ci-dessus ne fait appel qu’à des notions élémentaires.
L’inclusion ensembliste a) aurait pu, grâce à l’égalité
ci-dessous ([1] (16)) :
être déduite des résultats de DIXMIER ([18], Th. 1) et KIRILLOV ([19], Th. 7.3) sur les représentations des groupes de Lie nilpotents, l’inclusion topologique découlant alors, grâce au théorème du graphe fermé, du fait que
et T;(0152, a) sont tous deux topologiquement inclus dans E2(~, a) (1).
COROLLAIRE 1. 2014 ~(@) est dense dans b(0152, a).
Il suffit de prouver la densité de X D(@). Soit h E 1J(0152, c),
f, c) tels que h = lx g* p. p., et (fi), deux suites telles que
Alors, d’après (20),
COROLLAIRE 2. – Pour tout h E W(0152), il existe f et g E L2 (0152, a) telles
que h == f X g*.
En effet, h == f X g* p. p., et donc partout puisque les deux membres
sont continus.
COROLLAIRE 3. – Pour que h E L2(0152, c) appartienne à 1J(0152, c), il suffit
z8fi
qUe E C2(0152, 0″) et
>x4zy4 E C2(0152, 0″) ainsi qUe toutes ’eS dérivées d’ordre
inférieur.
Posons
Les formules (22), (23) et (27) permettent d’établir que
(1) Nous avions également annoncé le résultat du théorème 7 dans [4] et [6].
La démonstration qui l’accompagnait ne prouvait que l’inclusion ensembliste,
mais il aurait suffi, pour la compléter, d’invoquer le même type d’argument que
ci-dessus, en se fondant sur le théorème du graphe fermé étendu à des limites
inductives de Fréchet ([2C], Intr. IV, Th. B).
54 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
soit
On sait que tout h E ~2(~, a) est limite dans L2(0152, a) d’une série de la forme
et que la correspondance
est un isomorphisme vectoriel topologique entre L2(0152, a) et l’espace des
suites de carré sommable avec
L’inégalité (31) montre alors que h E 13(OE, a) dès que
ce qui sera le cas si
d’où l’énoncé du corollaire.
Nous mentionnons, pour terminer, que les formules (8) incitent à penser
que ~(0152) pourrait être un idéal pour la convolution gauche. En fait, il n’en
est rien car on aurait alors, avec les notations de [2],
soit 3n = 3~, ce qui est absurde ([2], Th. 17).
SECTION III
a) COMME ALGÈBRE
DE DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES
Dans [1], nous avions considéré les deux algèbres de Von Neumann
c)) et ’UJ(0152, adhérence faible a)) et cr) respectivement. étant irréductible, a) est l’algèbre des opérateurs bornés
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. II 55
sur l’espace de la représentation de Schrôdinger, et 1t2 étant un multiple
de 03C003C9, U(L2(0152, 03C3)) lui est isomorphe : on passe de l’une à l’autre par induction
et ampliation :
Désignant par TC l’*-algèbre de Banach des opérateurs à trace, il résulte
du théorème 7 et de ses corollaires que l’application
est une injection continue de dans un sous-espace dense de rc.
THÉORÈME 8. existe une injection continue
associant à tout opérateur borné B une distribution tempérée iB = SB, vérifiant
les formules
a) (munie de la topologie de la norme) et ~’(0152) étant le dual fort de ~c
et respectivement, il résulte de la théorie de la transposition ([9], § 6, n~~ 16, 17, 18) que t1tCJ) = i est une injection continue de a) dans
~’(0152) telle que, pour tout h E ~(0152),
Définissant la dualité entre c) et TC par
il vient, si h = f X g* (Section II, Corollaire 2),
où nous avons utilisé le fait que les éléments de c)) commutent
avec les convolutions à droite ([1], Section II, Appendice).
56 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
Il vient alors, grâce à (9),
pour tout f E 2)(@). Comme
l’égalité ci-dessus peut se prolonger par continuité à L2(0152, a), donnant un
sens (en tant que fonction) au produit SB X g, g E L2(0152, a), d’où (34).
De même,
pour tout h. f E D(@. Comme
l’égalité ci-dessus se prolonge à tout h E 13(OE, a), d’où (35). On remarquera,
pour terminer, que l’on peut poser i = 7te,) B cette notation étant
cohérente sur a) avec les précédentes.
COROLLAIRE 1. – Soit y E a) et fe a) ou ~~(~, a). Alors
En effet, grâce à (34),
d’où la conclusion grâce à (Section I, p. I l , Corollaire).
COROLLAIRE 2. L’application i identifie ‘1.U(~, a) à l’ensemble 13’(0152, a)
des distributions qui, par convolution gauche, appliquent continûment ~.2(~, (J)
dans lui-même. Ces dernières sont alors des distributions tempérées.
D’après (37), on sait déjà que SH applique continûment L2(0152, a) dans
lui-même. Inversement, soit S E telle que
et (Section II, Corollaire 2 et (21))
avec
Alors
C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. 11 57
et (Section II (17), (20), (21))
S définit donc une forme linéaire continue sur 13(OE, a). Par conséquent S
est une distribution tempérée; d’autre part on saura lui associer un élément B de o) défini de manière unique par
et donc tel que la distribution SB associée soit précisément S.
Notons enfin que c) est strictement contenu dans ~’(0152). Il suffit
en effet de comparer (8) avec ([1], (70), (72), (75)) pour voir que la distribution tempérée ;2014 est l’homologue de l’opérateur non borné – iA
défini par
THÉORÈME 9. – b’(0152, 0″) est une *-algèbre pour le produit de convolution
gauche et l’opération S – S* des distributions. – — … — _. –~ …
tandis que, si Bi, B 2 E 0) et f E D(@),
ce qui donne un sens au produit S~, X S~,.
Dans ( [1], Section III), nous avions décrit le formalisme de WIGNER-MOYAL
en termes de transformation de Fourier symplectique des éléments de
c). Dans l’isomorphisme
cette dernière coïncide avec la notion de transformation de Fourier symplectique des distributions tempérées, obtenue par transposition à partir de la
transformation de Fourier symplectique sur ~(0152) définie dans ([1], Section III). Ceci rend d’autant plus naturelle l’exposition rigoureuse que
nous avons donnée du formalisme de WIGNER-MOYAL.
58 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
REMERCIEMENTS
Les auteurs tiennent à exprimer leur reconnaissance au Professeur
D. KASTLER qui les a conseillés tout au long de ce travail. Ils expriment leurs
remerciements au Professeur A. GUICHARDET qui s’est livré à une lecture
critique de [6] et leur a signalé l’existence de la référence [19], au Professeur J. DIXMIER qui leur a communiqué une traduction de cette dernière,
au Professeur M. ZERNER auquel ils sont redevables d’utiles discussions.
Ce travail a été accompli grâce au soutien du Centre National de la
Recherche Scientifique.
BIBLIOGRAPHIE
[1] LOUPIAS, G. et MIRACLE-SOLE, S., Commun. math. Phys., t. 2, 1966, p. 31.
[2] KASTLER, D., Commun. math. Phys., t. 1, 1965, p. 14.
[3] LOUPIAS, G., Comptes Rendus Acad. Sciences, t. 262, 1966, p. 469.
[4] LOUPIAS, G., Comptes Rendus Acad. Sciences, t. 262, 1966, p. 799.
[5] MIRACLE-SOLE, S., Comptes Rendus Acad. Sciences (à paraître).
[6] LOUPIAS, G., Thèse de Doctorat, Faculté des Sciences de Marseille, 1966.
[7] BRUHAT, F., Bull. Soc. Math. France, t. 84, 1956, p. 97.
[8] DIXMIER, J., Bull. Soc. Math. France, t. 87, 1959, p. 65.
[9] BOURBAKI, N., Espaces vectoriels topologiques. Fascicule des résultats.
Actualités Scientifiques et Industrielles. Paris, Hermann, 1955.
[10] BRUHAT, F., Bull. Soc. Math. France, t. 89, 1961, p. 43.
[11] SCHWARTZ, L., Théorie des distributions. Tome II. Actualités Scientifiques et Industrielles. Paris, Hermann, 1959.
[12] RICKART, C. E., General theory of Banach algebras. Princeton-LondonToronto, Van Nostrand, 1960.
[13] SCHATTEN, R., Norm ideal of completely continuous operators. Berlin-Gôttingen-Heidelberg, Springer-Verlag, 1965.
[14] YOSIDA, K., Functional analysis. Berlin-Gôttingen-Heidelberg, SpringerVerlag, 1965.
[15] ERDELYI-MAGNUS-OBERHETTINGER-TRICOMI, High transcendental functions.
Vol. II, New-York-Toronto-London, MacGraw-Hill, 1953.
[16] TITCHMARSH, E. C., Introduction to the theory of Fourier integrals. Oxford,
University Press, 1948.
[17] SCHWARTZ, L., Méthodes mathématiques pour les sciences physiques. Paris,
Hermann, 1961.
[18] DIXMIER, J., Bull. Soc. Math. France, t. 87, 1959, p. 65.
[19] KIRILLOV, A. A., Uspehki Mat. Nauk., t. 17, 1962, p. 57 (en russe).
[20] GROTHENDIECK, A., Memoirs of the Amer. Math. Soc., n° 16, 1955.
[21] NEUMARK, M. A., Normierte ringe. Berlin; VEB Deutscher Verlag der
Wissenschaften, 1959.
(Manuscrit reçu le 22 juillet 1966) .
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Viscontigre
Invitéremontée
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..Graindorge
InvitéC’est quel jour la fin de tes longs messages?
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Demi Habile
InvitéLe 31 Juillet.
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Demi Habile
InvitéAprès je ne veux pas me vanter mais il me semble que je suis quand même un mec sympa puisque vous avez le droit de rire, vous avez le droit d’écouter de la musique et vous pouvez même échanger avec JeanMonnaie.
.
Signé: Grand Prince.-
Claire N
InvitéJe veux un tropic pour moi
On l’appellera prison politique-
Demi Habile
InvitéClaire N: On en reparlera quand j’aurais décompensé ma grande.
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Eden Lazaridis
InvitéRire et écouter de la musique sont deux activités que l’on peut pratiquer plus aisément sur Youtube. La spécificité du blogodo c’est l’échange de longs messages.
Et le seul échange que tu nous permets d’avoir, c’est avec Jean Monnaie, le plus gros tocard de la plateforme (à égalité avec toi évidemment). Merci !-
Demi Habile
InvitéEden Lazaridis: Service.
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..Graindorge
InvitéUne mini dictature quoi! Un mini coup d’état!!
Rire n’est pas un droit mais un devoir
Écouter de la musique: devoir
Échanger avec… qui?? Même pas sous la torture demi Corleone!!-
Demi Habile
InvitéMoi j’appelle ça de la modération DIY.
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PeggySlam
InvitéOuin ouin ?
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Demi Habile
InvitéPeggySlam: Tu veux que je m’amuse à te harceler au sujet de ton handicap afin de voir comment tu supportes la chose?
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Demi Habile
InvitéPeggySlam: Ou sinon je peux essayer de te faire croire que tu n’es même pas une vraie handicapé. Ceci dit, sur ce coup là, il risque de me manquer la pression du groupe pour te faire vivre l’expérience en dolby surround true HD.
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PeggySlam
InvitéLà tu m’as fais rire merci !
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Carpentier
Invitéd’accord avec toi, l’Amie, parlons plutôt de ce Cher Abbé Pierre.
Toute cette histoire me met la gerbe.
Rip à toi, l’Abbé.-
Carpentier
Invitépost ci-dessus @Graindorge
lisant ces conneries. j’ai eu, moi aussi, l’envie de lignes sur dictature/dictateur mais j’hésitais encore sur leur tournure
et, en prévention:
Le public! Le public! on t’en CuLe!-
..Graindorge
InvitéLe public?
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Carpentier
Invitétu es trop bonne
ou, comme dans vice versa 2, tu envoies valdinguer loin loin loin, les souvenirs dégeu?
Tu fais sans doute bien,-
..Graindorge
InvitéCarpentina
Dieu me pardonne tous les jours d’être
une chipie et de ne pas L’aimer assez ce Grand Égoïste!
Alors que veux-tu, j’ai la mémoire courte pour beaucoup de choses et puis sinon je pèserai 3 tonnes
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Claire N
InvitéJe ne sais pas en fait , sincèrement , je crois comment vraiment comprendre ce que signifie le terme « decompenser « – c’est difficile de se représenter – ta phrase me le pointe
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Demi Habile
InvitéSincèrement j’en ai rien à foutre. Appelle les secours avec Ostros et compte sur moi pour convaincre les forces de l’ordre et les secours que c’est de la malveillance.
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Claire N
InvitéNon vraiment, ma remarque portait juste sur une zone a « débroussailler « chez moi pour mieux comprendre
Je suis très nulle en cadrage par ailleurs, et si tu veux tout savoir tellement mal à l’aise avec l’hdt que
1- j’aurais fait un très mauvais psychiatre
2- j’aurais été une patiente ingérable : dans le documentaire le coup de la presse notion pyjama vraiment j’admire le calme du patient
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..Graindorge
InvitéPeggySlam
pour partager tes poèmes, mon adresse électronique
donaram85@gmail.com
Merci Peggy!-
PeggySlam
InvitéFait.
Je compte partir du forum bien que j’ai eu plaisir à discuter avec certains d’entre vous.
Merci d’avoir su respecter mes idées et mes approches à la politique, ma vie sociale et sociétale et cinéma.
François j’attends impatiemment Comme Une Mule et nos futurs échanges.
Merci ta patience et tes retours sur les films
Et vive La Gêne Occasionnée !Des bises et bonne continuation à vous tous.
Je signe ouin ouin 😉-
Carpentier
InvitéSalut PeggySlam,
et pense à moi si tu vois le film d’Artus 👋 -
Demi Habile
InvitéADieu
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Eden Lazaridis
InvitéPourquoi partir du forum ?
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Demi Habile
InvitéElle veut faire son intéressante. Elle reviendra le 1er Aout quand tout sera rentré dans l’ordre.
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..Graindorge
InvitéMerci Peggy
Jôrage tient parole. Il arrête ses cagades le 31 juillet
Donc le 1er août, la voie est libre.
Et s’il t’embête tu sais l’envoyer paître comme il faut.
Nous sommes tous des ouins-ouins pour lui!
Vivent les ouins ouins! Vive la Frrrrance!
Liberrrté Égalité « Jodete »!!!-
Demi Habile
InvitéPourquoi ne pas partir du principe que tout ça c’est de l’amour?
La cohérence t’intimides?-
Carpentier
InvitéDB
(des seaux de pluie et de grêles ne sont pas venus à bout de ma p’tite âme de grosse mouche à merde cette nuit, toujours pas noyée: au p’tit matin: je suis damnée, vais me réincarner en ongle (hihihi) ou en ortie, c’est sûr)-
..Graindorge
InvitéPluie et grêle?
J’espère que vous n’avez pas eu trop de dégâts Carpentier?
Ici quand on a eu la grêle ça nous avait bousiller les récoltes. C’était joli pourtant!
Qu’est-ce qui faut pour sauver l’amour? JÔrage?-
Carpentier
InvitéLà, on patauge dans de la boue épaisse, avec des morceaux dedans, je sais pas trop dans quoi on patauge en fait, et on racle, on racle, on racle le tout vers la cour.
On a pas grand chose ici, en vrai.
Mais on a pas beaucoup dormi du coup,
et je le trouve encore sacrément sexy mon compagnon avec son petit bermuda gris et ses bottes marron,
À +
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Demi Habile
InvitéFrançois a toujours adoré vous faire comprendre que vous n’êtes que deux connes toutes les deux et si vous n’êtes pas foutu de regarder le problème avec le comportement de deleatur en face, si dans le même mouvement vous êtes si prompt à pointer l’abbée Pierre du doigt, c’est parce que vous vous imaginez qu’en refusant de faire face au problème le Dégaudeau aura enfin un peu de respect pour les deux groupies que vous êtes.
.
C’est pitoyable comme attitude mais manifestement il ne faut pas attendre mieux de vous donc je ne vais pas me faire chier à attendre mieux de vous, je vais borner à constater que si tout le monde à entendu parler de servitude volontaire, rares sont ceux qui ont eu l’audace de croire que ça pouvait les concerner.
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..Graindorge
Invitédemi habile
Les « groupies » c’est pour les chanteurs pas pour les écrivains, banane!
Certes, chanteur un jour chanteur toujours mais il ne chante plus.
Tu vomis dans le forum, tu vomis sur tout le monde, tu prétends casser tout le monde. Parceque monsieur est schizophrène et sa schizophrénie a le pass sanitaire.
Passe partout!
Tu crois que tu as tous les droits: insultes, denigrements, vomissures, … tu te sens tout puissant. Aux J.O de la méchanceté DH médaille d’or!
Sauf que c’est la Mort qui est pour l’instant toute puissante et elle donne pas rendez-vous
Je m’écrase parceque je la connais petit con
Y’a des millions de gens qui crèvent bêtement à chaque heure. On les compte plus tellement y’en a!
Alors amuse-toi jusqu’au 31 juillet inclus.
Si elle te prête vie-
Demi Habile
InvitéUniversit´e Paris-Sud
ECOLE DOCTORALE: ´ Particules, Noyaux et Cosmos (517)
Laboratoire de Physique Th´eorique d’Orsay
DISCIPLINE Physique Th´eorique
THESE DE DOCTORAT `
soutenue le 10/12/2013
par
Pantelis MITROPOULOS
Dark Matter in the Next-to-Minimal
Supersymmetric Standard Model
Directeur de th`ese: Ulrich ELLWANGER Enseignant-chercheur (LPT)
Composition du jury:
Pr´esidente du jury: Asmˆaa ABADA Enseignant-chercheur (LPT)
Rapporteurs: Genevi`eve BELANGER Chercheur (LAPTH) ´
Michel TYTGAT Enseignant-chercheur (Service de Physique Th´eorique, ULB)
Examinateur: Aldo DEANDREA Enseignant-chercheur (IPNL)ACKNOWLEDGMENTS
I am very grateful to my advisor Ulrich Ellwanger for his priceless support and his
patience during all these years. I feel exceptionally lucky having had the opportunity
to do research under his guidance.
I would also like to thank all the members of our group for the warm working
environment they provided me, but I am especially grateful to Yann Mambrini and
Adam Falkowski, the organizers of the journal club of our group, for the inspiration
they provided. Of course, I cannot forget to thank my previous colleague but still
friend Debottam Das for his warm welcome when I first came to the lab and his help
during my work.
Last but not least, I would like to thank Asmaa Abada, Genevieve Belanger, Aldo
Deandrea and Michel Tytgat who did me the honor to participate in my jury.
I acknowledge financial support from the Greek State Scholarship Foundation (I.K.Y.).
iv
CONTENTS
Introduction ix
I Particle Dark Matter 1
1 Dark Matter 3
1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Evidence of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Galactic rotation velocities . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Gravitational lensing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 CMB radiation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.4 Other evidence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Particle DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 The Standard Thermal Mechanism . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs . . . . . . . 13
1.4.2 The Boltzmann equation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section . . . . . . . . 18
1.5 Direct Detection of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.5.1 Elastic scattering event rate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.5.2 Experimental status . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6 Indirect Methods for DM Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2 Particle Physics 27
2.1 The Standard Model of Particle Physics . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.1 The particle content of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.2 The SM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism . . . . . . . . . . 32
2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry . . . . . . . . . 33
2.2.1 General discussion of the SM problems . . . . . . . . . . . . . . 33
vi CONTENTS
2.2.2 The naturalness problem of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.3 A way out . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.3 A brief summary of Supersymmetry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model . . . . . . . . . . . . . . 38
II Dark Matter in the Next-to-Minimal Supersymmetric
Standard Model 41
3 The Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model 43
3.1 Motivation – The µ-problem of the MSSM . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2 The NMSSM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.2.1 Higgs sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.2.2 Sfermion sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.2.3 Gaugino and higgsino sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.3 DM Candidates in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.4 Neutralino relic density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.5 Detection of neutralino DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.5.1 Direct detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.5.2 Indirect detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.6 Neutrino masses and more DM candidates . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4 A possible indirect indication for Dark Matter 59
4.1 Photon Radiation and Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.2 Photon Flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.3 The 130 GeV Fermi line . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.4 Upper bounds from diffuse γ-rays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.5 A 130 GeV photon line in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.5.1 General aspects . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.5.2 Implementation for the Fermi Line . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.5.3 Constraints from direct DM searches . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.5.4 Final Remarks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.5.5 Update for the latest direct detection constraints . . . . . . . . 77
4.6 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
III Asymmetric Dark Matter 83
5 Asymmetric DM and upper bounds on its self-annihilation 85
5.1 Chemical potential and number densities . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.2 Asymmetric DM self-annihilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.3 Boltzmann equations for asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.3.1 Qualitative analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.3.2 Numerical solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.4 Implications for specific models . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
CONTENTS vii
5.4.1 Sneutrino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
5.4.2 Higgsino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.4.3 The ∆W ∼ XXHL/Λ model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6 A specific model for asymmetric DM 101
6.1 Sneutrinos as asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
6.2 Big Bang Nucleosynthesis and neutrinos . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
6.3 The model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
6.3.1 Constraints from lepton flavour violation and BBN . . . . . . . 108
6.4 Right-handed sneutrinos as ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
6.4.1 Asymmetry from sphaleron processes and the ADM mass . . . . 109
6.4.2 Constraints from oscillations, self and pair annihilation . . . . . 112
6.4.3 ADM Detection: prospects and constraints . . . . . . . . . . . . 114
6.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
Conclusion 117
Appendices 119
A Relativistic degrees of freedom 121
A.1 Energy Density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
A.2 Pressure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
A.3 Entropy density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
A.4 Calculation of the effective degrees of freedom . . . . . . . . . . . . . . 123
B Cross section for the neutralino annihilation to photons 127
B.1 χ
0
1χ
0
1 → γγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
B.2 χ
0
1χ
0
1 → Zγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Bibliography 131
viii CONTENTS
INTRODUCTION
One of the current major puzzles of theoretical physics is the explanation of a nonluminous and yet unknown form of matter present throughout the Universe, called
Dark Matter (DM). Although the evidence for its existence, originating from various
gravitational effects, are so far only implicit observations, they are strong enough to
consider with great certainty that more than about 80% of the total matter in the
Universe is dark. Moreover, this evidence suggests that DM consists of non-baryonic,
massive long-lived particles which interact only through gravity and weak interactions.
None of the particles described by the Standard Model (SM) of particle physics do
meet the required specifications to account for dark matter. Many models that extend
the standard theory have been proposed, in an effort to incorporate particles with the
desired characteristics.
Among the numerous possibilities, supersymmetry seems to be quite appealing.
Supersymmetry is a symmetry between bosons and fermions, introduced to solve theoretical problems of the Standard Model. In most cases, supersymmetric extensions
of the Standard Model also conserve a discrete symmetry, the R-parity, in order to
conform with particle physics phenomenology, especially the non-observation of the
proton decay. A new possibility appeared in this class of models: one of the new particles is stable and neutral and, in principle, it is possible to be a viable DM candidate
with the observed abundance.
Many experiments are running around the world, aiming either at the direct detection of DM particles or at the detection of indirect signals coming from them. The
latter originate from dark matter annihilation in regions of the Universe that it is expected to be more condensed. The results of these experiments constitute a test of the
various theoretical models proposed to explain the DM problem.
Another puzzling fact is the agreement of the values, at the level of order of magnitude, of the DM abundance and the abundance of baryonic matter. If this is not just
a coincidence, these two forms of matter should have something in common. In order
to explain this coincidence, the possibility that the DM particles carry a conserved
quantum number related to baryon number has recently attracted a lot of attention.
Then, it is in principle possible that the DM current abundance is the asymmetry
x CONTENTS
between DM particles and antiparticles, as it is in the case of baryons. The difference
for the two densities comes simply from the difference in their masses.
In the first part of the current dissertation we deal in general with particle Dark
Matter. In Chapter 1 we review the DM physics. We give the evidence for the DM
existence and explain why particle DM is more favorable among other possibilities. We
also describe the common mechanism that determines the DM relic abundance and,
finally, we examine the DM detection methods and present the current experimental
status. In order to explain the DM, foremost, one needs a theory that describes
successfully the known fundamental particles. In Chapter 2 we describe the theory
that has been established during the last decades as the Standard Model of particle
physics. In the same chapter, we also discuss the theoretical problems from which this
model suffers and motivate the supersymmetric extensions of the SM.
In the second part we examine the DM in the context of a specific supersymmetric
model, the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM). There are
good theoretical and phenomenological reasons to move from the minimal supersymmetric model to the NMSSM. These are described in Chapter 3. We also describe the
Lagrangian of the model and the possible DM candidates this model provides, exploring the general DM characteristics and detection. In the subsequent Chapter 4, we
attempt to explain in the NMSSM a possible indirect DM signal, a monochromatic
photon excess, that may originate from DM annihilation.
The last, third, part of the thesis is devoted to asymmetric DM. In Chapter 5
we introduce the asymmetric DM and explore the conditions under which the DM
current density is determined indeed by its asymmetry. We derive quite severe upper
bounds on the DM particle-particle or antiparticle-antiparticle self-annihilation, which
constrain the asymmetric DM models. Subsequently, we propose in Chapter 6 a specific
asymmetric DM model, obtained by an extension of the NMSSM, which respects the
self-annihilation bounds. We investigate, in the same chapter, the properties of the
proposed DM and discuss possible bounds coming from collider physics, cosmology
and DM detection experiments.
Note: The original work of this thesis is included in the last three chapters (Ch. 4,
5 and 6), which are based on the publications [1–3].
INTRODUCTION
La Matiere Noire (MN) est une forme inconnue de matiere non-lumineuse et r´epandue
dans toute Univers. L’explication de la MN figure parmi les d´efis principales de la
physique th´eorique. Bien que les ´evidences de son existence sont jusqu’`a maintenant
que des observations implicites, d’origine d’une vari´et´e des effets gravitationnelles, ils
sont assez robustes pour consid´erer avec grande certitude que la MN constitue plus
que le 80% de la matiere totale de l’Univers. En plus, les ´evidences suggerent que la
MN est constitu´ee par particules massifs, non-baryoniques,a vie longue, lesquels interagissent seulementa travers la gravit´e et des interactions faibles. Aucun des particules
d´ecrites par le Mod`ele Standard (MS) de la physique des particules ne correspond pas
aux sp´ecificit´es de la MN. Plusieurs mod`eles ont ´et´e propos´e en s’´etendant la th´eorie
standard et ayant comme but d’inclure les particules pr´esentant les caract´eristiques
d´esir´es.
Parmi les plusieurs possibilit´es, la th´eorie de supersym´etrie semble ˆetre la plus attirante. La supersym´etrie est une sym´etrie entre les bosons et les fermions, introduite
pour r´esoudre les problemes th´eoriques du MS. Dans la majorit´e de cas, les extensions supersym´etriques du MS conservent une sym´etrie discrete, la R-parit´e, afin de
se conformer avec la ph´enom´enologie de la physique des particules, sp´ecialement en
ce qui concerne l’absence d’observation de la d´esint´egration du proton. Une nouvelle
possibilit´e a ´et´e apparue dans cette classe des mod`eles: un de nouveaux particules est
stable et neutre et, en principe, il est possible d’ˆetre un candidat pour expliquer la
MN, viable avec l’abondance observ´ee.
Plusieurs exp´eriences sont effectu´ees au monde, ayant comme but soit la d´etection
directe des particules de MN, soit la d´etection de signaux indirects d’origine des particules de MN. Les r´esultats de ces exp´eriences constituent un test des diff´erents mod`eles
th´eoriques qui proposent et qui expliquent le probl`eme de la MN.
Un autre probl`eme est l’accord au niveau de l’ordre de magnitude entre les valeurs
d’abondance de MN et de l’abondance de mati`ere baryonique. S’il s’agit pas d’une
co¨ıncidence, ces deux formes de mati`eres devraient avoir quelque chose en commun.
En cons´equence, afin d’expliquer cette co¨ıncidence, la possibilit´e que les particules de
MN portent un nombre quantique qui est conserv´e en relation avec le nombre bary-
xii CONTENTS
onique a r´ecemment attir´e beaucoup d’attention. Il est donc possible que l’abondance
actuelle de MN est expliqu´ee par l’asym´etrie entre les particules de MN et les antiparticules, comme c’est le cas pour les baryons. La diff´erence entre les deux densit´es vient
simplement par la diff´erence entre les masses.
Dans la premiere partie de cette these nous traitons de mani`ere g´en´erale les particules de la MN. Dans Chapitre 1 nous effectuons une r´evision de la physique de MN.
Nous fournissons les preuves pour l’existence de la MN et nous expliquons pourquoi
les particules de MN sont plus favorable parmi les autres possibilit´es. Nous d´ecrivons
aussi le m´ecanisme commun qui d´etermine l’abondance de la MN et, filialement nous
examinons les m´ethodes de d´etection de MN et pr´esentons l’´etat de l’art actuel des
exp´eriences. Afin d’expliquer la MN, il faut utiliser la th´eorie qui d´ecrit en succ`es les
particules fondamentales d´ej`a connus. Dans le Chapitre 2 nous d´ecrivons la th´eorie
qui a ´et´e ´etablie dans les derniers d´ecennies selon le MS de la physique des particules.
Dans le mˆeme chapitre, nous discutons aussi les probl`emes th´eoriques du MS et ceux
qui motivent les extensions supersym´etriques du MS.
Dans la deuxieme partie, nous examinons la MN, dans le contexte d’un modele sp´ecifique de supersym´etre, le Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM).
Il y a des bonnes raisons th´eoriques ainsi que ph´enom´enologiques pour passer du mod`ele
supersym´etrique minimal au NMSSM. Ces raisons sont d´ecrites dans le Chapitre 3.
Nous d´ecrivons aussi le Lagrangien du modele ainsi que les particules candidat possible de la MN que ce modele nous offre, en explorant les caract´eristiques g´en´erales de la
MN. Au prochain Chapitre 4, nous tentons `a expliquer dans NMSSM un signal de MN
indirect, un exc`es de photons monochromatique, qui peuvent provenir de l’annihilation
de la MN.
La derniere partie de cette these est d´evou´ee aux asym´etries de la MN. Dans le
Chapitre 5 nous introduisons la MN asym´etrique et nous explorons les conditions
sous lesquels la densit´e actuelle de la MN est en effet d´etermin´ee par son asym´etrie.
Nous trouvons des limites sup´erieures assez s´ev`eres sur l’auto-annihilation de particuleparticule ou de antiparticule-antiparticule. En plus, nous proposons dans Chapitre 6 un
mod`ele d’asym´etrie sp´ecifique de MN, obtenu par l’extension de NMSSM, qui respect
l’auto annihilation des limites. Nous investiguons, dans le mˆeme chapitre, les propri´et´es
de la MN telles que propos´ees et nous discutons les limites possibles de l’origine de
physique des collisionneurs, de la cosmologie et des exp´eriences de d´etection de la MN.
Note: Le travail original de cette th`ese est inclue dans les derniers trois chapitres
(Ch. 4, 5 et 6), lesquels sont bas´es sur des publications [1–3].
Part I
Particle Dark MatterCHAPTER 1
DARK MATTER
The latest results from the Linear Hadron Collider (LHC) and the Planck satellite offered an amazing verification of the Standard Models of both Particle Physics (henceforth, denoted just as SM) and Cosmology. The discovery of the Higgs boson completed
the detection of all particles predicted by the SM and put an end to any potential
doubts about it. On the other hand, the Cosmic Microwave Background radiation
observed by Planck is consistent in high precision with the standard cosmology. But
at the same time, Planck confirmed once more the fact that the total matter of the
Universe is dominated by one yet unknown form of matter, the so-called Dark Matter
(DM). The nature of DM constitutes one of the major puzzles of the theoretical physics
today.
The story of DM is not new. In 1970s, it was realized that the measured rotational
velocity of isolated stars or gas clouds in the outer parts of galaxies was not as one
should expect from the gravitational attraction of the known matter. This fact brought
back to light an old idea about a non-luminous form of matter and forced to take it
seriously. It was back in 1933 that Zwicky [4,5] observed that the mass of the luminous
matter (stars, gas etc.) in the Coma system, a cluster of about one thousand galaxies,
was not adequate to explain the motion of cluster member galaxies. The idea, however,
of a non-luminous form of matter preexisted [6] and it was actually used one year earlier
by Oort [7] to explain his observations, which nevertheless proved erroneous. However,
today, the existence of this non-luminous, dark matter is considered unquestionable
due to various kinds of evidence, many of them independent of the others. It is almost
certain nowadays that DM does not only cluster with stellar matter forming the galactic
halos, but it also exists as a background throughout the entire Universe.
The evidence for the DM will be the subject of the next but one section (Sec.
1.2). Meanwhile, we have to give a brief review of the standard cosmological model.
In Sec. 1.3 we discuss the possible DM candidates and the reason that a particle DM
is most favorable. Subsequently, in Sec. 1.4 we review the standard mechanism that
determines the density of the DM particles, a quantity that has been calculated quite
accurately by astrophysical observations. We finish this chapter by describing, in the
4 Dark Matter
last two sections 1.5 and 1.6, the detection methods of particle DM and the current
experimental status.
1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model
In this section we are going to review the standard cosmological model based on the Big
Bang theory and on general relativity. However, it is not going to be an introduction to
the general theory of relativity, but rather a very brief review of notions and formulas
that we need for the description of DM.
A basic characteristic of the standard cosmological model is the evidence that the
universe is expanding. The expansion was discovered at the late 1920’s [8] by observing
the spectra of distant galaxies. A local observer that detects light from a distant object
sees a redshift z in the frequency, which corresponds to the motion of the object away
from the observer due to the Doppler effect. All of the observed galaxy spectra up
to the present time (except of few coming from very nearby galaxies) are red-shifted,
a fact stressing the universality of the expansion. The redshift z can be written in
power series in terms of the luminosity distance dL ≡L
4πF
1/2
(where L is the object’s
luminosity and F the measured flux) as
z = H0dL +
1
2
(q0 − 1) (H0dL)
2
, (1.1)
where H0 is the present expansion rate of the Universe, known as the Hubble constant
and q0 is a parameter that represents the deviation from the linear Hubble law and
measures the deceleration of the Universe. Usually, the Hubble parameter is taken to
be
H0 = 100h km s−1 Mpc−1
, (1.2)
with the numerical uncertainties moved to the dimensionless parameter h, which takes
the value h = 0.673 ± 0.012 [9].
The expansion of the Universe may originate naturally from an isotropic and homogeneous cosmological model based on general relativity. Although Einstein imposed
these two assumptions without any observational evidence, today they are general
thought as undeniable. The best evidence for isotropy comes from the observation of
the Cosmic Microwave Background (CMB) radiation, which exhibits a temperature
uniformity. Testing the homogeneity of the Universe is not so straightforward, but
sky surveys have confirmed it with large accuracy [10]. The validity of these assumptions form the modern cosmological principle, which reflects the fact that all spatial
positions in the Universe are essentially equivalent.
Isotropy and homogeneity are playing an essential role, since they allow the description of the space-time of the Universe in terms of only two parameters denoted
by R(t) and k, accounting, respectively, for its overall expansion (or contraction) and
its spatial curvature. The most general expression for a space-time metric, known as
Friedmann-Robertson-Walker or FRW metric, can be written as (see, for example, [11])
ds
2 = dt
2 − R(t)dr
2
1 − kr2
+ r
2dθ
2 + sin2
θdφ
2, (1.
1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model 5
where as usual r, θ, φ and t are the spherical and time coordinates, respectively. The
curvature constant k takes only the discrete values +1, 0, −1, corresponding to closed,
(spatially) flat and open geometries. R(t) is the cosmological scale factor and determines proper distances in terms of the comoving coordinates. Usually, it is convenient
to define a dimensionless scale factor a(t) ≡
R(t)
R0
, where R0 is the present-day value of
R. The Hubble parameter can be defined through the scale factor as
H(t) ≡
R˙(t)
R(t)
=
a˙(t)
a(t)
. (1.4)
We can use the metric (1.3) in order to show that the cosmological redshift is a
direct consequence of the Hubble expansion. The redshift is defined as
z =
f1 − f2
f2
, (1.5)
with f1 the frequency of the emitted light and f2 the frequency of the observed light.
For scales smaller than cosmological, so that the expansion velocity v12 (corresponding
to the velocity with which the distant object moves away from the observer) is not
relativistic, the redshift is approximated as z ≃
v12
c
. Using the metric (1.3) for a light
signal (ds
2 = 0), we eventually arrive at the simple relation 1 + z =
R2
R1
between the
redshift z and the scale factor R.
The evolution of the Universe can be described by two rather simple equations,
known as Friedmann–Lemaˆıtre equations. Assuming the matter content of the Universe
as a perfect fluid, the energy–momentum tensor is written as
Tµν = −pgµν + (p + ρ)uµuν, (1.6)
where gµν is the metric tensor related to the metric (1.3), p the isotropic pressure, ρ
the energy density and u = (1, 0, 0, 0) the velocity vector for the isotropic fluid in
comoving coordinates. The Einstein’s equations lead to the following expressions:
H
2 =
8π
3
GN ρ −
k
R2
+
Λ
3
(1.7)
and
R¨
R
= −
4π
3
GN (ρ + 3p) + Λ
3
, (1.8)
where GN is the gravitational constant and Λ the cosmological constant, which can be
interpreted to correspond to the energy of the vacuum. (The first of these equations
is often called the Friedmann equation.) The energy–momentum conservation leads to
a third equation:
ρ˙ = −3H(p + ρ). (1.9)
Examining (1.7), we see that in the absence of a cosmological constant (Λ = 0), the
expansion or contraction of the Universe is determined solely by the value of k. For
k = +1 it will recollapse, while it is going to expand indefinitely if k = 0 or k = −1.
6 Dark Matter
This way, one can define the following expression that gives the critical density, such
that k = 0 (when Λ = 0)
ρC ≡
3H2
8πGN
. (1.10)
Finally, the cosmological density parameter Ωtot is defined as the energy density relative
to its critical value
Ωtot ≡
ρ
ρC
. (1.11)
The Friedmann equation can be rewritten in terms of the density parameter as k
R2 =
H2
(Ωtot − 1). It is often useful to distinguish the origin of the contribution to the total
density. In this sense,
Ωtot = Ωmat + Ωrad + ΩΛ, (1.12)
where Ωmat is the contribution from pressureless matter, Ωrad comes from relativistic
particles (radiation) and ΩΛ is due to the cosmological constant. The matter density is
further divided to the contribution from baryonic matter (Ωb) and from (non-baryonic)
DM (ΩDM).
It is important to note that much of the history of the Universe can be described
by assuming that either matter or radiation dominates the total energy density. By
defining the parameter w =
p
ρ
, Eq. (1.9) is written in terms of w as ˙ρ = −3(1 + w)ρ
R˙
R
.
After integration, it gives
ρ ∝ R
−3(1+w)
. (1.13)
In the radiation dominated era of the Universe w = 1/3, while during matter domination w = 0, so that ρ ∝ R−4
(radiation dominated) and ρ ∝ R−3
(matter dominated),
respectively.
1.2 Evidence of DM
1.2.1 Galactic rotation velocities
As it was mentioned before, the first strong evidence for the existence of DM were
the galactic rotation velocities [12]. The mass distribution of a spiral galaxy can be
approximated as spherical or ellipsoidal. Applying the Newton’s law, which is sufficient
for such large distances, we can see that at a distance r from the galactic center the
rotation velocity obeys the equation v
2
r =
GNM(r)
r
2
, where M(r) is the mass distribution
in the galaxy. Taking r much larger than the radius of the luminous mass, so that
M(r) corresponds to the total galactic mass, Newton’s law implies that v ∝ 1/
√
r.
However, galaxy observations based on the Doppler effect show that the velocity rises
with r towards a constant value vconst ≃ 100 − 200 km s−1
. The first galaxy in which
this behavior observed was Messier 33, a spiral galaxy about 3 million light years (ly)
away. Its rotation curve can be seen in Fig. 1.1 (left). Along with the observed curve,
the expected rotation velocity due to the luminous mass has also been plotted. The
same phenomenon has already been observed for a plethora of galaxies, including our
galaxy [13] (see Fig. 1.1 – right).
1.2.2 Gravitational lensing 7
Figure 1.1: Left: The rotation curve for the M33 dwarf galaxy, superimposed on its
optical image, as observed by starlight and 21 cm hydrogen spectrum lines, and the
expected rotation curve due to the luminous amount of mass. From [14,15]. Right: The
rotation velocities for the Milky Way, the NGC 4258 and M31 galaxies as a function
of the distance from the galactic center. From [13].
Returning to the Newton’s law, we can easily check that the aforementioned disagreement would have been resolved, if the mass distribution was growing linearly with
r, M(r) ∝ r. Actually, a self-gravitating ball of an ideal gas at a uniform temperature
kT =
1
2mXvconst, with mX the mass of the particles that constitute the gas and vconst
the asymptotic value of the rotation velocity, would have exactly this mass profile [16].
Therefore, a simple solution to the missing mass problem is the assumption that the
disk galaxies are immersed in extended DM halos. Current analyses of rotation curves
imply that Ωmat ≃ 0.1 (see [17] for a review), while observations of the luminous matter
constrain its density to only Ωlum <∼ 0.01. Hence, about 90% of the total mass of the
galaxies is dark.
1.2.2 Gravitational lensing
Since DM interacts gravitationally, its mass warps the space-time causing the distortion
of a passing beam of light. Hence, although dark, the presence of DM should be visible
through the “bending” of the light coming from behind sources. This fact is used in the
so-called gravitational lensing: large clusters of galaxies can be used as astrophysical
lenses that bend and magnify the light coming from galaxies far behind them. The
distorted picture can give an estimate for the mass distribution of the lens. Since
lensing does not rely on the dynamics of the observed systems, it is a completely
independent method of predicting the DM density.
In contrast to optical lenses, a gravitational lens has no single focal point, but
instead a focal line. The maximum bending occurs closest to the center of the lens,
and the minimum furthest from it. In the ideal case that the light source (a distant
galaxy), the lens (the cluster of galaxies) and the telescope lie in a straight line, the
source galaxy would appear as a ring around the lensing object. In fact, partially
because of a misalignment of the three objects, but also due to the complex mass
8 Dark Matter
Figure 1.2: Left: Abell 1689 acting as gravitational lens that bends and magnifies the
light of the galaxies located far behind it. Some of the faintest objects in the picture
are probably over 13 billion light-years away (redshift value 6). This color image is a
composite of visible-light and near-infrared exposures taken by the Hubble telescope in
June 2002. According to NASA, it reveals 10 times more arcs than would be seen by
a ground-based telescope. Courtesy of the Space Telescope Science Institute (STScI).
Right: A masked region of Abell 1689. Cluster members were selected using color
information and then masked over, so that these regions do not affect the surface
density estimate of background sources. The background galaxies are also shown as
open circles. Superimposed are the concentric bins used to calculate the radial profile,
centered on the peak in the light distribution. From [18].
distribution of the lensing cluster, the source resembles partial arcs scattered around
the lens. Fig. 1.2 is an example of the arcs formed as the light of distant galaxies passed
through the cluster Abell 1689, one of the most massive known galaxy clusters, acting
as a 2-million-light-year-wide lens in space.
In many cases, the distortion of the light of background sources is too weak to
form arcs and can be detected only by analyzing a large number of sources and using
statistical methods. This kind of lensing is known as weak lensing. The lensing shows
up statistically as a preferred stretching of the distant objects perpendicular to the
direction towards the center of the lens. By measuring the shapes and orientations of
large numbers of distant galaxies, their orientations can be averaged to measure the
shear of the lensing field in any region. For a population of unlensed galaxies, the shear
pattern should be, on average, randomly distributed. In the presence of lensing, the
shear field is polarized and, since it is related non-locally to the surface mass density,
it can be used to estimate the mass distribution.
Perhaps the most compelling evidence for DM came applying these weak lensing
techniques on the colliding system of Bullet cluster [19,20]. The Bullet cluster consists
of two primary galaxy concentrations, a less massive subcluster that is currently moving
away from a more massive main cluster. The X-ray image reveals the relative motion
1.2.3 CMB radiation 9
Figure 1.3: The left panel is a color image from the Magellan images of the merging
Bullet cluster, with the white bar indicating 200 kpc at the distance of the cluster. The
right panel is an X-ray Chandra image of the same cluster. The contours represent
the weak lensing mass reconstruction. The separation between the location of the
luminous interacting X-ray halo and the location of gravitating matter can be clearly
seen. From [20].
of the two systems. Comparing with the line-of-sight velocity differences of the two
components, it can be deduced that the two cores passed through each other about
100 million years ago and that the merger is occurring in the plane of the sky.
The cluster observation reveals that its mass is partially made of baryons observable
in optical and infrared data, but it is dominated by baryons observable in X-rays.
During the merger, the galaxies, which correspond to the small amount of optical
baryons, remain collisionless, while the X-ray halo is affected by ram pressure. The
mass distribution of the system was reconstructed by means of weak lensing. In the
absence of DM, one should expect that the reconstructed mass distribution would
exhibit a primary peak coincident with the dominant X-ray gas, which is spatially
offset from the galaxy distribution (right panel of Fig. 1.3). However, as it can be seen
in the left panel of Fig. 1.3, the mass maps created from weak lensing have the primary
mass peaks in good spatial agreement with the galaxies.
The analysis performed in [20] is in agreement with the other astrophysical observations: only 12% of the total mass of the cluster is due to baryons (from which
1% is visible in optical spectrum and the rest is the X-ray halo) and 88% is the DM.
Combining all the astrophysical bounds, one can make a rough estimation for the DM
density, which lies on the range
0.1 <∼ Ω
astr
DM h
2 <∼ 0.3. (1.14)
1.2.3 CMB radiation
The most precise prediction of the DM density is coming, however, from analyses of
the Cosmic Microwave Background (CMB) spectrum. The most recent observation
of CMB by the Planck satellite (which improved previous results [21, 22] by WMAP)
10 Dark Matter
constrained the DM density in the interval [9]
ΩDMh
2 = 0.1199 ± 0.0027. (1.15)
This result plays a key role for testing possible DM candidates and we are going to use
it many times throughout this work. In the following, we will describe how DM affects
the CMB spectrum. Once again, the detailed analysis leading to the above calculation
is complicated and goes well beyond the scope of this thesis. We will rather try to
give a qualitative picture of the relation among DM and the shape of the observed
spectrum.
The CMB that we observe today consists of photons that have started a free travel
through space since their last scattering with matter, early in the history of the Universe (see, for example, [23,24]). Even earlier, while the Universe was made up from a
very hot interacting plasma of photons, electrons and baryons, the large temperature
of photons was preventing the electrons to combine with protons to form hydrogen
atoms. As the Universe was expanding, the photon temperature was decreasing, and
at some point the formation of atoms was possible. This corresponds to the recombination epoch of the Universe. After then, the photons no longer interacted with the
neutral plasma and their free propagation started, with a temperature that is redshifting following the expansion of the Universe. The value of this temperature today is
∼ 2.73 K [25].
Although the CMB radiation is highly isotropic1
, small anisotropies appear if one
concentrates on smaller scales, which correspond to smaller angles in the sky, later led
to structure formation in the Universe. In order to study these anisotropies (see for
example [26,27]), the temperature, which is a function of the polar coordinates defining
the direction on the sky, is expanded in spherical harmonics:
T(θ, φ) = X
l,|m|≤l
almYlm(θ, φ). (1.16)
The coefficients alm describe temperature variations on angular scales l ∼ π/∆θ.
The l = 0 term is the isotropic temperature, while l = 1 is the dipole anisotropy
corresponding to the motion of the solar system. The variance of the temperature
h∆T
2
i ≡ h(T − hTi)
2
i is written, using the orthogonality of the spherical harmonics,
as
h∆T
2
i =
1
4π
X
l>1
(2l + 1)Cl
, (1.17)
where we Cl ≡ h|alm|
2
im is the average of the coefficients alm over m. The quantity
D
2
l ≡
l(l + 1)
2π
Cl (1.18)
gives the contribution to the temperature fluctuations per interval of ln l. The CMB
power spectrum – the plot of Dl versus l – as observed by the Planck satellite is shown
in Fig. 1.4.
1About 1 part in 100, 000, after subtracting the uninteresting dipole anisotropy, which is due to
the Doppler effect caused by the solar system’s motion.
1.2.3 CMB radiation 11
2 50 500 1000 1500 2000 2500
ℓ
102
103
104
Dℓ
[µ
K
2
]
lensed CMB
30 to 353
70
100
143
143×217
217
353×143
Figure 1.4: The Planck power spectra. The dashed line indicates the best-fit Planck
spectrum. From [28].
We are ready to reach the main point of this section, to wit, how these anisotropies
were generated and, eventually, why the existence of DM is necessary to explain the
observed spectrum. To do so, we have to go back once again to the study of the
early Universe. Before recombination, the CMB photons and the baryons acted as
a nearly perfect fluid. Gravitational potential wells, caused by random fluctuations,
had been stretched to cosmic scales during inflation. The photon-baryon fluid was
under the influence of this potential. While gravity was compressing the fluid, its
radiation pressure was resisting, resulting in acoustic oscillations. The sound waves
were changing the photon temperature; it was rising during compression and it was
falling during rarefaction. The oscillations stopped at recombination as the photons
were released from the fluid, and what we observe today is actually a frozen picture
of this procedure. The peaks are caused by modes that have reached extrema of
compression and rarefaction at the time of last scattering. The first peak corresponds
to modes that have had enough time to oscillate through exactly one half of a period
before last scattering, the second peak is caused by modes oscillated through a full
period (half the wavelength of the first mode), and so on.
Much information can be deduced from the CMB power spectrum. For example,
without entering into the details, the position of the first peak is related to the spatially
geometry of the Universe, whereas the relative height of the second peak, compared to
the first one, is related to the baryonic density [29]. Here, we will focus on the effect
of DM on the power spectrum.
We start without assuming a priori the existence of DM. When radiation dominated
over matter, the density fluctuation stabilizes as the radiation pressure prevents further
compression, causing the decay of the gravitational potential. Since the potential well
lowers after the compression, the amplitude of the rarefaction will be larger. We note
that modes with smaller wavelength (higher multipoles) started oscillating first, so that
12 Dark Matter
it is expected that each even peak would be higher than the successive odd peak. In the
presence of a collisionless cold (non-relativistic) fluid, the density fluctuation remains
after the compression and the gravitational potential does not decay. Therefore, in the
presence of (cold) DM, the third peak is expected to be comparable or higher than the
second one2
. Indeed, this is the case of the observed CMB power spectrum (Fig. 1.4).
In practice, the effect of the various phenomena determining the shape of the power
spectrum is more complicated than the above simplified qualitative analysis. One has
to apply statistical methods in order to fit a cosmological model to the observed CMB
spectrum. The best fit to the power spectrum as observed by Planck [9] is a flat
ΛCDM model3
, with baryonic density Ωbh
2 = 0.02205 ± 0.00028, dark matter density
ΩDMh
2 = 0.1199±0.0027 and energy density of the cosmological constant (dark energy
density) ΩΛ = 0.685+0.018
−0.016.
1.2.4 Other evidence
The clues for the existence of DM are not limited to the three aforesaid phenomena. For
example, sky surveys of Baryon Acoustic Oscillations (BAO) – periodic fluctuations
of the baryonic density caused by acoustic oscillations in the early Universe – are
consistent with the results extracted by the CMB spectrum. The velocity dispersion of
galaxies in galactic clusters indicate a large mass-to-light ratio, giving another evidence
for DM. Furthermore, numerical simulations require a significant amount of cold DM
in order to reproduce the large scale structure of the Universe.
1.3 Particle DM
Before we proceed to possible DM candidates, we have to refer to an attempt for
an alternative explanation of the above phenomena, without the introduction of DM.
Mainly in order to explain the anomalous galactic rotation curves, Milgrom proposed
in 1983 [31] a modified version of Newton’s law in galactic scales. This theory is known
as Modified Newtonian Dynamics (MoND) and it has gained a lot of attention since
then (see, for example, [32] for a review). However, MoND seem insufficient to account
for the necessity of DM at scales larger than the galactic ones [17,33,34]. Furthermore,
weak lensing of the Bullet cluster disfavors these theories [19], since in the case of
MoND the X-ray gas would be the dominant component of the total mass and the
separation indicated in Fig. 1.3 (right panel) would not have been observed.
One of the first possibilities examined for DM candidates were astrophysical objects
that may count for DM. These were collectively called MAssive Compact Halo Objects
(MACHOs) and such examples are brown or white dwarfs, neutron stars and stellar
black hole remnants. These objects contribute to the density of baryonic DM. However,
Big Bang nucleosynthesis and the CMB have set a limit on this density, which is
also confirmed by the observation of MACHOs in the Milky Way halo through their
2The higher multipoles are affected by a damping effect [30].
3The standard cosmological model with a cosmological constant Λ and Cold Dark Matter.
1.4 The Standard Thermal Mechanism 13
gravitational lensing effect. This limit is far below the required value in order to fit
the DM observations. As a consequence, non-baryonic DM is a necessary ingredient of
the Universe.
Since the astrophysical objects are not adequate to count for the main component
of DM, the attention has focused on possible particles that can play the role of this
non-luminous matter. The only known particle that fits the criteria for DM is the
neutrino. Although neutrinos are massless in the SM of particle physics, oscillations
among their various flavors suggest a small but non-zero mass. However, a universe
dominated by particles with such small mass would form large structures first, with
the small structures forming later by fragmentation of the larger objects. This time
scale, in which the galaxies form last and quite recently, seems incompatible with our
current view of galactic evolution.
Nevertheless, extensions of the SM, essential to solve some of its theoretical drawbacks, provide particles that can, in principle, successfully solve the DM problem. In
the next section, we will see that favorable candidates are Weakly Interacting Massive
Particles (WIMPs). Supersymmetric theories that respect a discrete symmetry, the Rparity, provide a very promising WIMP, the neutralino. We will not extend here, since
we are going to discuss neutralinos in more detail in the following chapters. However,
WIMPs are also predicted by other, non-supersymmetric theories, such as models with
TeV scale extra dimensions.
For completeness, we will finish this section by just mentioning the axions, although
we will not deal with them in the rest of this thesis. Axions are neutral scalar hypothetical particles associated with the spontaneous breaking of the global U(1) Peccei-Quinn
symmetry [35, 36], introduced to dynamically solve the strong CP problem. Their
very small coupling to ordinary matter gives a large lifetime to axions, larger than
the age of the Universe. Axions were never in thermal equilibrium and were always
non-relativistic. These characteristics allow them to be possible DM candidates.
1.4 The Standard Thermal Mechanism
1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs
We shall discuss subsequently the mechanism that is widely considered responsible for
the current DM density, in case of particle DM, as well as the requirements in order
to fit this density to the observed value. We will also see why WIMPs are favorable
DM candidates. This subsection will remain descriptive; a more detailed analysis will
follow.
We assume a particle X with mass mX that is neutral and stable. X would be
the DM particle for this analysis. Early in the history of the Universe, when its
temperature was much larger than the particle’s mass (T ≫ mX), Xs were abundant
with a density comparable with the photon’s density. Due to pair annihilations with
their antiparticles, they were rapidly converting to lighter particles and vice versa.
The annihilations were in equilibrium, without affecting the density of the X particles.
Shortly after T drops below the mass mX, the number density of X started to drop
14 Dark Matter
very fast, since lighter particles do not have enough energy anymore to produce X
particles and pair annihilation continued to destroy them. The equilibrium particle
density is given by
n
eq
X =
g
(2π
3
)
Z
f(~p) d3
~p, (1.19)
where g is the number of internal (spin) degrees of freedom of the particle and f(~p) is
the Bose-Einstein or the Fermi-Dirac distribution function in terms of the momentum
~p. We will see4
that Eq. (1.19) gives (after integration) n
eq
X ∝ T
3
, for T ≫ mX,
whereas for T ≪ mX the particle density is Boltzmann (exponentially) suppressed
with n
eq
X ∝ e
−mX/T
.
As the Universe is expanding and the X particle density decreases, the pair annihilations of X particles become more rare, until they eventually stop when their rate
Γ drops below the expansion rate, Γ <∼ H. The rate of a pair annihilation Γ is proportional to the density of the annihilating particles, more precisely Γ = nhσvi, where hσvi
is the thermal average of the annihilation cross section σ times the particles relative
velocity v (we will return to this in more detail in the following subsection). At the
point where the Xs cease to annihilate, they fall out of equilibrium with the thermal
plasma and what remains is their relic cosmological abundance, almost constant since
then. It is customary to say that the DM density froze-out and call the temperature
where this occurred the freeze-out temperature, henceforth Tf o.
We can use the freeze-out condition Γ ≃ H to approximate the DM relic density in
terms of the thermal averaged annihilation cross section (we reproduce the calculation
performed originally in [37]). For this purpose, we will need the expressions for the
energy and entropy density, which are defined in the App. A and which we rewrite here
ρ(T) = π
2
30
geff(T) T
4
(1.20)
and
s(T) = 2π
2
45
heff(T) T
3
. (1.21)
We recall (see App. A, for more details) that geff and heff are effective relativistic degrees
of freedom. Assuming that there is no significant entropy production since the freezeout, the entropy per comoving volume remains constant, so that the ratio nX/s remains
also constant (since the freeze-out). Hence, the present-day DM particle density is given
by nX0 = s0nX
sf o, with s0 ≃ 4 · 103
cm−3
the current entropy density. Therefore, we
have to compute the ratio nX/s during freeze-out.
The early Universe is radiation dominated, hence Eq. (1.2) reads, after replacing
the energy density by Eq. (1.20), as H =
2π
3
pπ
5GN g
1/2
eff T
2
. The freeze-out condition
4Number densities will be discussed again much later in this thesis, in Sec. 5.1, in the presence of
chemical potentials
1.4.2 The Boltzmann equation 15
gives, then,
nX
sf o =
45
3π
pπ
5GN
g
1/2
eff
heff
(Tf ohσvi)
−1
, which evaluates5
to
nX
sf o
≃ 7 · 10−9 GeV
mX
10−27 cm3
s
−1
hσvi
. (1.22)
We remind that ΩX ≡
ρX
ρc
=
m
ρcnX
sf o s0, where the critical density today is ρc =
10−5h
2 GeV cm−3
, so that, finally, the relic density is
ΩXh
2 ≃
3 · 10−27 cm3
s
−1
hσvi
, (1.23)
independently of the DM mass mX.
In order to reproduce the observed relic density (1.15), the annihilation cross section
during the freeze-out has to be
hσvith ≃ 3 · 10−26 cm3
s
−1
. (1.24)
This quantity is known as thermal cross section. The scale of this value is remarkably
close to the cross section of weakly interacting particles, which can be estimated to be
hσweakvi ∼ α
2
m2
W
∼ 10−25 cm3
s
−1
, with α a generic weak coupling. This fact established
the WIMPs as the most favorable DM candidates.
1.4.2 The Boltzmann equation6
Although a weakly interacting particle has, in principle, the correct order of magnitude
of the annihilation cross section for the correct order of relic density, in practice, the
final result may vary over many orders of magnitude. This is the reason that a more
detailed analysis is required in order to be able to calculate the precise value of the
DM relic density.
The density of a species is governed by the Boltzmann equation, which can be
written in compact operator form as
L[f] = C[f], (1.25)
with L and C the Liouville and collision operators, respectively. f = f(~p, ~x) is the
phase-space density, which is, in general, a function of the momentum and space-time
coordinates and it is defined as
f =
(2π)
3
g
dN
d
3p d
3x
, (1.26)
with N the number of particles. It is normalized in such a way that f = 1 corresponds
to the maximum phase-space density allowed by the Pauli principle for a fermion. In
5
In this evaluation, we have used the expected relation between the freeze-out temperature and
the mass mX of the particle, Tfo ∼
mX
20 . However, we notice that the exact value of the denominator
depends on the annihilation cross section.
6
In this part, we follow part of the analysis performed in [38
16 Dark Matter
the special case of the spatially homogeneous and isotropic FRW cosmology, the phasespace density has the same symmetries and depends only on the particle energy E and
the time t, i.e. f = f(E, t).
The Liouville operator gives the net rate of change in time of f and the collision
operator describes the number of particles per phase-space volume that are lost or
gained per unit time due to collisions with other particles. The particle number density
n =
R
dN
d3x
is given through (1.26) by the integral (1.19) of f(E, t) over all momenta and
sum over all spin degrees of freedom. We will perform the same integral and sum in
the Boltzmann equation (1.25), in order to write it in a more convenient form involving
the particle densities.
First, the Liouville term for f = f(E, T) is written as
L[f] = ∂f
∂t − H
|p|
2
E
∂f
∂E . (1.27)
Integrating it and summing over all the spin degrees of freedom, it becomes
g1
Z
L[f1]
d
3p1
(2π
3
)
=
∂
∂t Z
f1
g1d
3p1
(2π)
3
− Hg1
Z
|p1|
2
E1
4π|p1|
2 dp1
(2π
3
)
= ˙n −
Hg1
(2π)
3
4π
Z
|p1|
3
∂f1
∂E1
dE1
= ˙n + 3Hn,
(1.28)
where we have used Eq. (1.27) and (1.19), pdp = EdE and in the last step we have
performed a partial integration.
Now we turn to the collision term, which in integrated form and summed over spins
is written, in the case of annihilation of two particles 1 and 2 to two others, 3 and 4,
as
g1
Z
C[f1]
d
3p1
(2π)
3
=
−
X
spinsf1f2(1 ± f3)(1 ± f4)|M12→34|
2 − f3f4(1 ± f1)(1 ± f2)|M34→12|
2· (2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p1
(2π)
32E1
d
3p2
(2π)
32E2
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
, (1.29)
where the “+” sign applies for bosons and “−” for fermions. We assume that the
annihilation products 3 and 4 go quickly into equilibrium with the thermal plasma, such
that the density functions f3 and f4 in Eq. (1.29) can be replaced by the equilibrium
densities f
eq
3
and f
eq
4
, respectively. Furthermore, the δ-function in the integral enforces
E1 + E2 = E3 + E4 and, since f
eq
3
f
eq
4 ∝ exp
−
E3+E4
T, the product f
eq
3
f
eq
4
is replaced
by the corresponding product of the annihilating particle densities f
eq
1
f
eq
2
(principle of
detailed balance). In order to simplify the expression (1.29), we will apply the unitarit
1.4.2 The Boltzmann equation 17
condition which yields
X
spins
Z
|M34→12|
2
(2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
=
X
spins
Z
|M12→34|
2
(2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
(1.30)
and also the definition of the unpolarized cross section to write
X
spins
Z
|M12→34|
2
(2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
=
4F g1g2 σ12→34, (1.31)
where F ≡ [(p1 · p2)
2 − m2
1m2
2
]
1/2
and the spin factors g1, g2 come from the average
over initial spins. This way, the collision term (1.29) is written in a more compact form
g1
Z
C[f1]
d
3p1
(2π)
3
= −
Z
σvMøl (dn1dn2 − dn
eq
1 dn
eq
2
), (1.32)
where σ =
P
(all f)
σ12→f is the total annihilation cross section summed over all the
possible final states and vMøl ≡
F
E1E2
. The so called Møller velocity, vMøl, is defined in
such a way that the product vMøln1n2 is invariant under Lorentz transformations and,
in terms of particle velocities ~v1 and ~v2, it is given by the expression
vMøl =
h
~v2
1 − ~v2
22
− |~v1 × ~v2|
2
i1/2
. (1.33)
Due to symmetry considerations, the distributions in kinetic equilibrium are proportional to those in chemical equilibrium, with a proportionality factor independent of
the momentum. Therefore, the collision term (1.32), both before and after decoupling,
can be written in the form
g1
Z
C[f1]
d
3p1
(2π)
3
= −hσvMøli(n1n2 − n
eq
1 n
eq
2
), (1.34)
where the thermal averaged total annihilation cross section times the Møller velocity
has been defined by the expression
hσvMøli =
R
σvMøldn
eq
1 dn
eq
2
R
dn
eq
1 dn
eq
2
. (1.35)
We will come back to the thermal averaged cross section in the next subsection.
We are, now, able to write the full integrated Boltzmann equation, using the expressions (1.28), (1.34) that we have derived for the Liouville and the collision term,
respectively. In the simplified but interesting case of identical particles 1 and 2, the
Boltzmann equation is, finally, written as
n˙ + 3Hn = −hσvMøli(n
2 − n
2
eq). (1.36)
18 Dark Matter
However, instead of using n, it is more convenient to take the expansion of the universe
into account and calculate the number density per comoving volume Y , which can be
defined as the ratio of the number and entropy densities: Y ≡ n/s. The total entropy
density S = R3
s (R is the scale factor) remains constant, hence we can obtain a
differential equation for Y by dividing (1.36) by S. Before we write the final form
of the Boltzmann equation that it is used for the relic density calculations, we have
to change the variable that parametrizes the comoving density. In practice, the time
variable t is not convenient and the temperature of the Universe (actually the photon
temperature, since the photons were the last particles that went out of equilibrium) is
used instead. However, it proves even more useful to use as time variable the quantity
defined by x ≡ m/T with m the DM mass, so that Eq. (1.36) transforms into
dY
dx
=
1
3H
ds
dx
hσvMøliY
2 − Y
2
eq
. (1.37)
Last, using the Hubble parameter (1.2) for a radiation dominated Universe and the
expressions (1.20), (1.21) for the energy and entropy density, the Boltzmann equation
is written in its final form
dY
dx
= −
r
45GN
π
g
1/2
∗ m
x
2
hσvMøliY
2 − Y
2
eq
, (1.38)
where the effective degrees of freedom g
1/2
∗ have been defined by
g
1/2
∗ ≡
heff
g
1/2
eff1 +
1
3
T
heff
dheff
dT. (1.39)
The equilibrium density per comoving volume Yeq ≡ neq/s can be expressed as
Yeq(x) = 45g
4π
4
x
2K2(x)
heff(m/x)
, (1.40)
with K2 the modified Bessel function of second kind.
1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section
We are going to derive a simple formula that one can use to calculate the thermal
average of the cross section times velocity, based again on the analysis of [38]. We will
use the assumption that equilibrium functions follow the Maxwell-Boltzmann distribution, instead of the actual Bose-Einstein or Fermi-Dirac. This is a well established
assumption if the freeze out occurs after T ≃ m/3 or for x >∼ 3, which is actually the
case for WIMPs. Under this assumption, the expression (1.35) gives, in the cosmic
comoving frame,
hσvMøli =
R
vMøle
−E1/T e
−E2/T d
3p1d
3p2
R
e
−E1/T e
−E2/T d
3p1d
3p2
. (1.4
1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section 19
The volume element can be written as d3p1d
3p2 = 4πp1dE14πp2dE2
1
2
cos θ, with θ the
angle between ~p1 and ~p2. After changing the integration variables to E+, E−, s given
by
E+ = E1 + E2, E− = E1 − E2, s = 2m2 + 2E1E2 − 2p1p2 cos θ, (1.42)
(with s = −(p1 − p2)
2 one of the Mandelstam variables,) the volume element becomes
d
3p1d
3p2 = 2π
2E1E2dE+dE−ds and the initial integration region
{E1 > m, E2 > m, | cos θ| ≤ 1i
transforms into
|E−| ≤
1 −
4m2
s
1/2
(E
2
+ − s)
1/2
, E+ ≥
√
s, s ≥ 4m2
. (1.43)
After some algebraic calculations, it can be found that the quantity hσvMøliE1E2
depends only on s, specifically vMølE1E2 =
1
2
p
s(s − 4m2
). Hence, the numerator of the expression (1.41), which after changing the integration variables reads
2π
2
R
dE+
R
dE−
R
dsσvMølE1E2e
−E+/T , can be written, eventually, as
Z
vMøle
−E1/T e
−E2/T = 2π
2
Z ∞
4m2
dsσ(s − 4m2
)
Z
dE+e
−E+/T (E
2
+ − s)
1/2
. (1.44)
The integral over E+ can be written with the help of the modified Bessel function of
the first kind K1 as √
s T K1(
√
s/T). The denominator of (1.41) can be treated in a
similar way, so that the thermal average is, finally, given by the expression
hσvMøli =
1
8m4TK2
2
(x)
Z ∞
4m2
ds σ(s)(s − 4m2
)
√
s K1(
√
s/T). (1.45)
Eqs. (1.38)–(1.40) along with this last Eq. (1.45) are all we need in order to calculate
the relic density of a WIMP, if its total annihilation cross section in terms of the
Mandelstam variable s is known.
In many cases, in order to avoid the numerical integration in Eq. (1.45), an approximation for hσvMøli can be used. The thermal average is expanded in powers of x
−1
(or, equivalently, in powers of the squared WIMP velocity):
hσvMøli = a + bx−1 + . . . . (1.46)
(The coefficient a corresponds to the s-wave contribution to the cross section, the
coefficient b to the p-wave contribution, and so on.) This partial wave expansion gives
a quite good approximation, provided there are no s-channel resonances and thresholds
for the final states [39].
In [40], it was shown that, after expanding the integrands of Eq. (1.41) in powers
of x
−1
, all the integrations can be performed analytically. As we saw, the expression
20 Dark Matter
vMølE1E2 depends on momenta only through s. Therefore, one can form the Lorentz
invariant quantity
w(s) ≡ σ(s)vMølE1E2 =
1
2
σ(s)
p
s(s − 4m2
). (1.47)
The integration involves the Taylor expansion of this quantity w around s/4m2 = 1
and the general formula for the partial wave expansion of the thermal average is [40]
hσvMøli =
1
m2w −
3
2
(2w − w
′
)x
−1 +
3
8
(16w − 8w
′ + 5w
′′)x
−2
−
5
16
(30w − 15w
′ + 3w
′′ − 7x
′′′)x
−3 + O(x
−4
)s/4m2=1
, (1.48)
where primes denote derivatives with respect to s/4m2 and all quantities have to be
evaluated at s = 4m2
.
1.5 Direct Detection of DM
Since the beginning of 1980s, it has been realized that besides the numerous facts showing evidence for the existence of these new dark particles, it is also possible to detect
them directly. Already in 1985, two pioneering articles [41, 42] appeared, describing
the detection methods for WIMPs. Since WIMPs are expected to cluster gravitationally together with ordinary stars in the Milky Way halo, they would pass also through
Earth and, in principle, they can be detected through scattering with the nuclei in a
detector’s material. In practice, one has to measure the recoil energy deposited by this
scattering.
However, although one can deduce from rotation curves that DM dominates the
dark halo in the outer parts of our galaxy, it is not so obvious from direct measurements
whether there is any substantial amount of DM inside the solar radius R0 ≃ 8 kpc.
Using indirect methods (involving the determination of the gravitational potential,
through the measuring of the kinematics of stars, both near the mid-plane of the
galactic disk and at heights several times the disk thickness), it is almost certain
that the DM is also present in the solar system, with a local density ρ0 = (0.3 ±
0.1) GeV cm−3
[43].
This value for the local density implies that for a WIMP mass of order ∼ 100 GeV,
the local number density is n0 ∼ 10−3
cm−3
. It is also expected that the WIMPs
velocity is similar to the velocity with which the Sun orbits around the galactic center
(v0 ≃ 220 km s−1
), since they are both moving under the same gravitational potential.
These two quantities allow to estimate the order of magnitude of the incident flux
of WIMPs on the Earth: J0 = n0v0 ∼ 105
cm−2
s
−1
. This value is manifestly large,
but the very weak interactions of the DM particles with ordinary matter makes their
detection a difficult, although in principle feasible, task. In order to compensate for
the very low WIMP-nucleus scattering cross section, very large detectors are required.
1.5.1 Elastic scattering event rate 21
1.5.1 Elastic scattering event rate
In the following, we will confine ourselves to the elastic scattering with nuclei. Although
inelastic scattering of WIMPs off nuclei in a detector or off orbital electrons producing
an excited state is possible, the event rate of these processes is quite suppressed. In
contrast, during an elastic scattering the nucleus recoils as a whole.
The direct detection experiments measure the number of events per day and per
kilogram of the detector material, as a function of the amount of energy Q deposited
in the detector. This event rate would be given by R = nWIMP nnuclei σv in a simplified
model with WIMPs moving with a constant velocity v. The number density of WIMPs
is nWIMP = ρ0/mX and the number density of nuclei is just the ratio of the detector’s
mass over the nuclear mass mN .
For accurate calculations, one should take into account that the WIMPs move in the
halo not with a uniform velocity, but rather following a velocity distribution f(v). The
Earth’s motion in the solar system should be included into this distribution function.
The scattering cross section σ also depends on the velocity. Actually, the cross section
can be parametrized by a nuclear form factor F(Q) as
dσ =
σ
4m2
r
v
2
F
2
(Q)d|~q|
2
, (1.49)
where |~q|
2 = 2m2
r
v
2
(1 − cos θ) is the momentum transferred during the scattering,
mr =
mXmN
mX+mN
is the reduced mass of the WIMP – nucleus system and θ is the scattering
angle in the center of momentum frame. Therefore, one can write a general expression
for the differential event rate per unit detector mass as
dR =
ρ0
mX
1
mN
σF2
(Q)d|~q|
2
4m2
r
v
2
vf(v)dv. (1.50)
The energy deposited in the detector (transferred to the nucleus through one elastic
scattering) is
Q =
|~q|
2
2mN
=
m2
r
v
2
mN
(1 − cos θ). (1.51)
Therefore, the differential event rate over deposited energy can be written, using the
equations (1.50) and (1.51), as
dR
dQ
=
σρ0
√
πv0mXm2
r
F
2
(Q)T(Q), (1.52)
where, following [37], we have defined the dimensionless quantity T(Q) as
T(Q) ≡
√
π
2
v0
Z ∞
vmin
f(v)
v
dv, (1.53)
with the minimum velocity given by vmin =
qQmN
2m2
r
, obtained by Eq. (1.51). Finally,
the event rate R can be calculated by integrating (1.52) over the energy
R =
Z ∞
ET
dR
dQ
dQ. (1.54)
22 Dark Matter
The integration is performed for energies larger than the threshold energy ET of the
detector, below which it is insensitive to WIMP-nucleus recoils.
Using Eqs. (1.54) and (1.52), one can derive the scattering cross section from the
event rate. The experimental collaborations prefer to give their results already in terms
of the scattering cross section as a function of the WIMP mass. To be more precise,
the WIMP-nucleus total cross section consists of two parts: the spin-dependent (SD)
cross section and the spin-independent (SI) one. The former comes from axial current
couplings, whereas the latter comes from scalar-scalar and vector-vector couplings.
The SD cross section is much suppressed compared to the SI one in the case of heavy
nuclei targets and it vanishes if the nucleus contains an even number of nucleons, since
in this case the total nuclear spin is zero.
We see that two uncertainties enter the above calculation: the exact value of the
local density ρ0 and the exact form of the velocity distribution f(v). To these, one
has to include one more. The cross section σ that appears in the previous expressions
concerns the WIMP-nucleon cross section. The couplings of a WIMP with the various
quarks that constitute the nucleon are not the same and the WIMP-nucleon cross
section depends strongly on the exact quark content of the nucleon. To be more
precise, the largest uncertainty lies on the strange content of the nucleon, but we shall
return to this point when we will calculate the cross section in a specific particle theory,
the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model, in Sec. 3.5.1.
1.5.2 Experimental status
The situation of the experimental results from direct DM searches is a bit confusing. The null observations in most of the experiments led them to set upper limits
on the WIMP-nucleon cross section. These bounds are quite stringent for the spinindependent cross section7
, especially in the regime of WIMP masses of the order of
100 GeV. However, some collaborations have already reported possible DM signals,
mainly in the low mass regime. The preferred regions of these experiments do not
coincide, while some of them have been already excluded by other experiments. The
present picture, for WIMP masses ranging from 5 to 1000 GeV, is summarized in Fig.
1.5, 1.6.
Fig. 1.5 mainly presents upper bounds coming from XENON100 [44]. XENON100
[46] is an experiment located at the Gran Sasso underground laboratory in Italy. It
contains in total 165 kg of liquid Xenon, with 65 kg acting as target mass and the
rest shielding the detector from background radiation. For these upper limits, 225
live days of data were used. The minimum value for the predicted upper bounds on
the cross section is 2 · 10−45 cm2
for WIMP mass ∼ 55 GeV (at 90% confidence level),
almost one order of magnitude lower than the previously released limits [47] by the
same collaboration, using 100 live days of data.
The stringent upper bounds up-to-date (at least for WIMP mass larger than about
7 GeV) come from the first results of the LUX experiment (see Fig. 1.6), after the first
7For the spin-dependent scattering, the exclusion limits are quite relaxed. Hence, we will focus on
the SI cross sections.
1.5.2 Experimental status 23
Figure 1.5: The XENON100 exclusion limit (thick blue line), along with the expected
sensitivity in green (1σ) and yellow (2σ) band. Other upper bounds are also shown as
well as detection claims. From [44].
85.3 live-days of its operation [45]. LUX [53] is a detector containing liquid Xenon, as
XENON100, but in larger quantity, with total mass 370 kg. Its operation started on
April 2013 with a goal to clearly detect or exclude WIMPs with a spin independent
cross section ∼ 2 · 10−46 cm2
.
In Fig. 1.5, except of the XENON100 bounds and other experimental limits on larger
WIMP-nucleon cross section, some detection claims also appear. These come from
DAMA [48,49], CoGeNT [50] and CRESST-II [51] experiments. The first positive result
came from DAMA [52], back in 2000. Since then, the experiment has accumulated 1.17
ton-yr of data over 13 years of operation. DAMA consists of 250 kg of radio pure NaI
scintillator and looks for the annual modulation of the WIMP flux in order to reduce
the influence of the background.
The annual modulation of the DM flux (see [54] for a recent review) is due to the
Earth’s orbital motion relative to the rotation of the galactic disk. The galactic disk
rotation through an essentially non-rotating DM halo, creates an effective DM wind in
the solar frame. During the earth’s heliocentric orbit, this wind reaches a maximum
when the Earth is moving fastest in the direction of the disk rotation (this happens
in the beginning of June) and a minimum when it is moving fastest in the opposite
direction (beginning of December).
DAMA claims an 8.9σ annual modulation with a minimum flux on May 26±7 days,
consistent with the expectation. Since the detector’s target consists of two different
nuclei and the experiment cannot distinguish between sodium and iodine recoils, there
24 Dark Matter
Figure 1.6: The LUX 90% confidence exclusion limit (blue line) with the 1σ range
(shaded area). The XENON100 upper bound is represented by the red line. The inset
shows also preferred regions by CoGeNT (shaded light red), CDMS II silicon detector
(shaded green), CRESST II (shaded yellow) and DAMA (shaded gray). From [45].
is no model independent way to determine the exact region in the cross section versus
WIMP mass plane to which the observed modulation corresponds. However, one can
assume two cases: one that the WIMP scattering off the sodium nucleus dominates the
recoil energy and the other with the iodine recoils dominating. The former corresponds
[55] to a light WIMP (∼ 10 GeV) and quite large scattering cross section and the latter
to a heavier WIMP (∼ 50 to 100 GeV) with smaller cross section (see Fig. 1.5).
The positive result of DAMA was followed many years later by the ones of CoGeNT
and CRESST-II, and more recently by the silicon detector of CDMS [56] (Fig. 1.7).
The discrepancy of the results raised a lot of debates among the experiments (for
example, [64–67]) and by some the positive results are regarded as controversial. On
the other hand, it also raised an effort to find a physical explanation behind this
inconsistency (see, for example, [68–71]).
1.6 Indirect Methods for DM Detection
The same annihilation processes that determined the DM relic abundance in the early
Universe also occur today in galactic regions where the DM concentration is higher.
This fact rises the possibility of detecting potential WIMP pair annihilations indirectly
through their imprints on the cosmic rays. Therefore, the indirect DM searches aim
at the detection of an excess over the known astrophysical background of charged
particles, photons or neutrinos.
Charged particles – electrons, protons and their antiparticles – may originate from
direct products (pair of SM particles) of WIMP annihilations, after their decay and
1.6 Indirect Methods for DM Detection 25
Figure 1.7: The blue contours represent preferred regions for a possible signal at 68%
and 90% C.L. using the silicon detector of CMDS [56]. The blue dotted line represents
the upper limit obtained by the same analysis and the blue solid line is the combined
limit with the silicon CDMS data set reported in [57]. Other limits also appear:
from the CMDS standard germanium detector (light and dark red dashed line, for
standard [58] and low threshold analysis [59], respectively), EDELWEISS [60] (dashed
orange), XENON10 [61] (dash-dotted green) and XENON100 [44] (long-dash-dotted
green). The filled regions identify possible signal regions associated with data from
CoGeNT [62] (dashed yellow, 90% C.L.), DAMA [49,55] (dotted tan, 99.7% C.L.) and
CRESST-II [51, 63] (dash-dotted pink, 95.45% C.L.) experiments. Taken from [56].
through the process of showering and hadronization. Although the exact shape of the
resulting spectrum would depend on the specific process, it is expected to show a steep
cutoff at the WIMP mass. Once produced in the DM halo, the charged particles have
to travel to the point of detection through the turbulent galactic field, which will cause
diffusion. Apart from that, a lot of processes disturb the propagation of the charged
particles, such as bremsstrahlung, inverse Compton scattering with CMB photons and
many others. Therefore, the uncertainties that enter the propagation of the charged
flux until it reaches the telescope are important (contrary to the case of photons and
neutrinos that propagate almost unperturbed through the galaxy).
As in the case of direct detection, the experimental status of charged particle detection concerning the DM is confusing. After some hints from HEAT [72] and AMS01 [73] (the former a far-infrared telescope in Antarctica, the latter a spectrometer,
prototype for AMS-02 mounted on the International Space Station [74]), the PAMELA
satellite observed [75, 76] a steep increase in the energy spectrum of positron fraction
e
+/(e
+ + e
−)
8
. Later FERMI satellite [77] and AMS-02 [78] confirmed the results up
8The searches for charged particles focus on the antiparticles in order to have a reduced background,
26 Dark Matter
Figure 1.8: A compilation of data of charged cosmic rays, together with plausible but
uncertain astrophysical backgrounds, taken from [79]. Left: Positron flux. Center:
Antiproton flux. Right: Sum of electrons and positrons.
to energies of ∼ 200 GeV. However, the excess of positrons is not followed by an excess
of antiprotons, whose flux seems to coincide with the predicted background [75]. In
Fig. 1.8, three plots summarizing the situation are shown [79].
The observed excess is very difficult to explain in terms of DM [79]. To begin with,
the annihilation cross section required to reproduce the excess is quite large, many
orders of magnitude larger than the thermal cross section. Moreover, an “ordinary”
WIMP with large annihilation cross section giving rise to charged leptons is expected
to give, additionally, a large number of antiprotons, a fact in contradiction with the
observations. Although a lot of work has been done to fit a DM particle to the observed
pattern, it is quite possible that the excesses come from a yet unknown astrophysical
source. We are not going to discuss further this matter, but we end with a comment.
If this excess is due to a source other than DM, then a possible DM positron excess
would be lost under this formidable background.
A last hint for DM came from the detection of highly energetic photons. However,
we will interrupt this discussion, since this signal and a possible explanation is the
subject of Ch. 4. There, we will also see the upper bounds on the annihilation cross
section being set due to the absence of excesses in diffuse γ radiation.
since they are much less abundant than the corresponding particles.
CHAPTER 2
PARTICLE PHYSICS
Since the DM comprises of particles, it should be explained by a general particle physics
theory. We start in the following section by describing the Standard Model (SM) of
particle physics. Although the SM describes so far the fundamental particles and their
interactions quite accurately, it cannot provide a DM candidate. Besides, the SM
suffers from some theoretical problems, which we discuss in Sec. 2.2. We will see that
these problems can be solved if one introduces a new symmetry, the supersymmetry,
which we describe in Sec. 2.3. We finish this chapter by briefly describing in Sec. 2.4 a
supersymmetric extension of the SM with the minimal additional particle content, the
Minimal Supersymmetric Standard Model (MSSM).
2.1 The Standard Model of Particle Physics
The Standard Model (SM) of particle physics1
consists of two well developed theories,
the quantum chromodynamics (QCD) and the electroweak (EW) theory. The former
describes the strong interactions among the quarks, whereas the latter describes the
electroweak interactions (the weak and electromagnetic interactions in a unified context) between fermions. The EW theory took its final form in the late 1960s by the
introduction by S. Weinberg [85] and A. Salam [86] of the Higgs mechanism that gives
masses to the SM particles, which followed the unification of electromagnetic and weak
interactions [87,88]. At the same time, the EW model preserves the gauge invariance,
making the theory renormalizable, as shown later by ’t Hooft [89]. On the other hand,
QCD obtained its final form some years later, after the confirmation of the existence
of quarks. Of course, the history of the SM is much longer and it can be traced back to
1920s with the formulation of a theoretical basis for a Quantum Field Theory (QFT).
Since then, the SM had many successes. The SM particle content was completed with
the discovery of the heaviest of the quarks, the top quark [90,91], in 1995 and, recently,
with the discovery of the Higgs boson [92, 93].
1There are many good textbooks on the SM and Quantum Field Theory, e.g. [80–84].
28 Particle Physics
The key concept within the SM, as in every QFT, is that of symmetries. Each
interaction respects a gauge symmetry, based on a Lie algebra. The strong interaction is
described by an SU(3)c symmetry, where the subscript c stands for color, the conserved
charge of strong interactions. The EW interactions, on the other hand, are based on
a SU(2)L × U(1)Y Lie algebra. Here, as we will subsequently see, L refers to the
left-handed fermions and Y is the hypercharge, the conserved charge under the U(1).
SU(2)L conserves a quantity known as weak isospin I. Therefore, the SM contains the
internal symmetries of the unitary product group
SU(2)L × U(1)Y × SU(3)c. (2.1)
2.1.1 The particle content of the SM
We mention for completeness that particles are divided into two main classes according
to the statistics they follow. The bosons are particles with integer spin and follow the
Bose-Einstein distribution, whereas fermions have half-integer spin and follow the
Dirac-Einstein statistics, obeying the Pauli exclusion principle. In the SM, all the
fermions have spin 1/2, whereas the bosons have spin 1 with only exception the Higgs
boson, which is a scalar (spin zero). We begin the description of the SM particles with
the fermions.
Each fermion is classified in irreducible representations of each individual Lie algebra, according to the conserved quantum numbers, i.e. the color C, the weak isospin
I and the hypercharge Y . A first classification of fermions can be done into leptons
and quarks, which transform differently under the SU(3)c. Leptons are singlets under
this transformation, while quarks act as triplets (the fundamental representation of
this group). The EW interactions violate maximally the parity symmetry and SU(2)L
acts only on states with negative chirality (left-handed). A Dirac spinor Ψ can be
decomposed into left and right chirality components using, respectively, the projection
operators PL =
1
2
(1 − γ5) and PR =
1
2
(1 + γ5):
ΨL = PLΨ and ΨR = PRΨ. (2.2)
Left-handed fermions have I = 1/2, with a third component of the isospin I3 = ±1/2.
Fermions with positive I3 are called up-type fermions and those with negative are
called down-type. These behave the same way under SU(2)L and form doublets with
one fermion of each type. On the other hand, right-handed fermions have I = 0 and
form singlets that do not undergo weak interactions. The hypercharge is written in
terms of the electric charge Q and the third component of the isospin I3 through the
Gell-Mann–Nishijima relation:
Q = I3 + Y/2. (2.3)
Therefore, left- and right-handed components transform differently under the U(1)Y ,
since they have different hypercharge.
The fermionic sector of the SM comprises three generations of fermions, transforming as spinors under Lorentz transformations. Each generation has the same structure.
For leptons, it is an SU(2)L doublet with components consisting of one left-handed
2.1.2 The SM Lagrangian 29
charged lepton and one neutrino (neutrinos are only left-handed in the SM), along
with a gauge singlet right-handed charged lepton. The quark doublet consists of an
up- (u) and a down-type (d) (left-handed) quark and the pattern is completed by the
two corresponding SU(2)L singlet right-handed quarks. We write these representations
as
Quarks: Q ≡u
i
L
d
i
L
!
, ui
R, di
R Leptons: L ≡ν
i
L
e
i
L
!
, ei
R, (2.4)
with i = 1, 2, 3 the generation index.
Having briefly described the fermionic sector, we turn to the bosonic sector of
the SM. It consists of the gauge bosons that mediate the interactions and the Higgs
boson that gives masses to the particles through a spontaneous symmetry breaking,
the electroweak symmetry breaking (EWSB) [94–98], which we shall describe in Sec.
2.1.3. Before the EWSB, these bosons are
• three Wa
µ
(a = 1, 2, 3) weak bosons, associated with the generators of SU(2)L,
• one neutral Bµ boson, associated with the generator of U(1)Y ,
• eight gluons Ga
µ
(a = 1, . . . , 8), associated with the generators of SU(3)c, and
• the complex scalar Higgs doublet Φ =
φ
+
φ
0
!
.
After the EWSB, the EW boson states mix and give the two W± bosons, the neutral
Z boson and the massless photon γ. From the symmetry breaking, one scalar degree of
freedom remains which is the famous (neutral) Higgs boson [97–99]. We will return to
the mixed physical states, after describing the Higgs mechanism for symmetry breaking.
A complete list of the SM particles (the physical states after EWSB) is shown in Table
2.1.
2.1.2 The SM Lagrangian
The gauge bosons are responsible for the mediation of the interactions and are associated with the generators of the corresponding symmetry. The EW gauge bosons Bµ
and Wa
µ
are associated, respectively, with the generator Y of the U(1)Y and the three
generators T
a
2
of the SU(2)L. The latter are defined as half of the Pauli matrices τ
a
(T
a
2 =
1
2
τ
a
) and they obey the algebraT
a
2
, Tb
2= iǫabcT
c
2
, (2.5)
where ǫ
abc is the fully antisymmetric Levi-Civita tensor. The eight gluons are associated
with an equal number of generators T
a
3
(Gell-Mann matrices) of SU(3)c and obey the
Lie algebraT
a
3
, Tb
3= if abcT
c
3
, with Tr
T
a
3 T
b
3=
1
2
δ
ab
, (2.6)
30 Particle Physics
Name symbol mass charge (|e|) spin
Leptons
electron e 0.511 MeV −1 1/2
electron neutrino νe 0 (<2 eV) 0 1/2
muon µ 105.7 MeV −1 1/2
muon neutrino νµ 0 (<2 eV) 0 1/2
tau τ 1.777 GeV −1 1/2
tau neutrino ντ 0 (<2 eV) 0 1/2
Quarks
up u 2.7
+0.7
−0.5 MeV 2/3 1/2
down d 4.8
+0.7
−0.3 MeV −1/3 1/2
strange s (95 ± 5) MeV −1/3 1/2
charm c (1.275 ± 0.025) GeV 2/3 1/2
bottom b (4.18 ± 0.03) GeV −1/3 1/2
top t (173.5 ± 0.6 ± 0.8) GeV 2/3 1/2
Bosons
photon γ 0 (<10−18 eV) 0 (<10−35) 1
W boson W± (80.385 ± 0.015) GeV ±1 1
Z boson Z (91.1876 ± 0.0021) GeV 0 1
gluon g 0 (.O(1) MeV) 0 1
Higgs H
(125.3 ± 0.4 ± 0.5) GeV
0 0
(126.0 ± 0.4 ± 0.4) GeV
Table 2.1: The particle content of the SM. All values are those given in [100], except of
the Higgs mass that is taken from [92, 93] (up and down row, respectively), assuming
that the observed excess corresponds to the SM Higgs. The u, d and s quark masses
are estimates of so-called “current-quark masses” in a mass-independent subtraction
scheme as MS at a scale ∼ 2 GeV. The c and b quark masses are the running masses
in the MS scheme. The values in the parenthesis are the current experimental limits.
with f
abc the structure constants of the group.
Using the structure constants of the corresponding groups, we define the field
strengths for the gauge bosons as
Bµν ≡ ∂µBν − ∂νBµ, (2.7a)
Wµν ≡ ∂µWa
ν − ∂νWa
µ + g2ǫ
abcWb
µWc
ν
(2.7b)
and
G
a
µν ≡ ∂µG
a
ν − ∂νG
a
µ + g3f
abcG
b
µG
c
ν
. (2.7c)
2.1.2 The SM Lagrangian 31
We use the notation g1, g2 and g3 for the coupling constants of U(1)Y , SU(2)L and
SU(3)c, respectively. As in any Yang-Mills theory, the non-abelian gauge groups lead
to self-interactions, which is not the case for the abelian U(1)Y group.
Before we finally write the full Lagrangian, we have to introduce the covariant
derivative for fermions, which in a general form can be written as
DµΨ =
∂µ − ig1
1
2
Y Bµ − ig2T
a
2 Wa
µ − ig3T
a
3 G
a
µΨ. (2.8)
This form has to be understood as that, depending on Ψ, only the relevant terms
apply, hence for SU(2)L singlet leptons only the two first terms inside the parenthesis
are relevant, for doublet leptons the three first terms and for the corresponding quark
singlets and doublets the last term also participates. We also have to notice that in
order to retain the gauge symmetry, mass terms are forbidden in the Lagrangian. For
example, the mass term mψψ¯ = mψ¯
LψR + ψ¯
RψL(with ψ¯ ≡ ψ
†γ
0
) is not invariant
under SU(2)L. This paradox is solved by the introduction of the Higgs scalar field
(see next subsection). The SM Lagrangian can be now written2
, split for simplicity in
three parts, each describing the gauge bosons, the fermions and the scalar sector,
LSM = Lgauge + Lfermion + Lscalar, (2.9)
with
Lgauge = −
1
4
G
a
µνG
µν
a −
1
4
Wa
µνWµν
a −
1
4
BµνB
µν
, (2.10a)
Lfermion = iL¯Dµγ
µL + ie¯RDµγµeR
+ iQ¯Dµγ
µQ + iu¯RDµγ
µuR + i
¯dRDµγ
µ
dR
−heL¯ΦeR + hdQ¯ΦdR + huQ¯ΦeuR + h.c.
(2.10b)
and
Lscalar = (DµΦ)†
(DµΦ) − V (Φ†Φ), (2.10c)
where
V (Φ†Φ) = µ
2Φ
†Φ + λΦ
†Φ
2
(2.11)
is the scalar Higgs potential. Φ is the conjugate of Φ, related to the charge conjugate e
by Φ =e iτ2Φ
⋆
, with τi the Pauli matrices. The covariant derivative acting on the Higgs
scalar field gives
DµΦ =
∂µ − ig1
1
2
Y Bµ − ig2T
a
2 Wa
µΦ. (2.12)
Before we proceed to the description of the Higgs mechanism, a last comment concerning the SM Lagrangian is in order. If we restore the generation indices, we see that
2For simplicity, from now on we are going to omit the generations indice
32 Particle Physics
the Yukawa couplings h are 3 × 3, in general complex, matrices. As any complex matrix, they can be diagonalized with the help of two unitary matrices VL and VR, which
are related by VR = U
†VL with U again a unitary matrix. The diagonalization in the
quark sector to the mass eigenstates induces a mixing among the flavors (generations),
described by the Cabibbo–Kobayashi–Maskawa (CKM) matrix [101, 102]. The CKM
matrix is defined by
VCKM ≡ V
u
L
†
V
d
L
†
, (2.13)
where V
u
L
, V
d
L
are the unitary matrices that diagonalize the Yukawa couplings Hu
, Hd
,
respectively. This product of the two matrices appears in the charged current when it
is expressed in terms of the observable mass eigenstates.
2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism
We will start by examining the scalar potential (2.11). The vacuum expectation value
(vev) of the Higgs field hΦi ≡ h0|Φ|0i is given by the minimum of the potential. For
µ
2 > 0, the potential is always non-negative and Φ has a zero vev. The hypothesis of
the Higgs mechanism is that µ
2 < 0. In this case, the field Φ will acquire a vev
hΦi =
1
20
v
!
with v =
r
−
µ2
λ
. (2.14)
Since the charged component of Φ still has a zero vev, the U(1)Q symmetry of quantum
electrodynamics (QED) remains unbroken.
We expand the field Φ around the minima v in terms of real fields, and at leading
order we have
Φ(x) =
θ2(x) + iθ1(x)
√
1
2
(v + H(x)) − iθ3(x)
!
=
1
√
2
e
iθa(x)τ
a0
v + H(x)
!
. (2.15)
We can eliminate the unphysical degrees of freedom θa, using the fact that the theory
remains gauge invariant. Therefore, we perform the following SU(2)L gauge transformation on Φ (unitary gauge)
Φ(x) → e
−iθa(x)τ
a
Φ(x), (2.16)
so that
Φ(x) = 1
√
20
v + H(x)
!
. (2.17)
We are going to use the following definitions for the gauge fields
W±
µ ≡
1
2W1
µ ∓ iW2
µ, (2.18a)
Zµ ≡
1
p
g
2
1 + g
2
2g2W3
µ − g1Bµ, (2.18b)
Aµ ≡
1
p
g
2
1 + g
2
2g1W3
µ + g2Bµ, (2.1
2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry 33
Then, the kinetic term for Φ (see Eq. (2.10c)) can be written in the unitary gauge as
(DµΦ)†
(D
µΦ) = 1
2
(∂µH)
2 + M2
W W+
µ W−µ +
1
2
M2
ZZµZ
µ
, (2.19)
with
MW ≡
1
2
g2v and MZ ≡
1
2
q
g
2
1 + g
2
2
v. (2.20)
We see that the definitions (2.18) correspond to the physical states of the gauge bosons
that have acquired masses due to the non-zero Higgs vev, given by (2.20). The photon
has remained massless, which reflects the fact that after the spontaneous breakdown of
SU(2)L × U(1)Y the U(1)Q remained unbroken. Among the initial degrees of freedom
of the complex scalar field Φ, three were absorbed by W± and Z and one remained as
the neutral Higgs particle with squared mass
m2
H = 2λv2
. (2.21)
We note that λ should be positive so that the scalar potential (2.11) is bounded from
below.
Fermions also acquire masses due to the Higgs mechanism. The Yukawa terms in
the fermionic part (2.10b) of the SM Lagrangian are written, after expanding around
the vev in the unitary gauge,
LY = −
1
√
2
hee¯L(v + H)eR −
1
√
2
hd
¯dL(v + H)dR −
1
√
2
huu¯L(v + H)uR + h.c. . (2.22)
Therefore, we can identify the masses of the fermions as
me
i =
h
i
e
v
√
2
, md
i =
h
i
d
v
√
2
, mui =
h
i
u
v
√
2
, (2.23)
where we have written explicitly the generation indices.
2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry
2.2.1 General discussion of the SM problems
The SM has been proven extremely successful and has been tested in high precision
in many different experiments. It has predicted many new particles before their final
discovery and also explained how the particles gain their masses. Its last triumph was
of course the discovery of a boson that seems to be very similar to the Higgs boson of
the SM. However, it is generally accepted that the SM cannot be the ultimate theory. It
is not only observed phenomena that the SM does not explain; SM also faces important
theoretical issues.
The most prominent among the inconsistencies of the SM with observations is the
oscillations among neutrinos of different generations. In order for the oscillations to
34 Particle Physics
φ φ
k
Figure 2.1: The scalar one-loop diagram giving rise to quadratic divergences.
occur, neutrinos should have non-zero masses. However, minimal modifications of the
SM are able to fit with the data of neutrino physics. Another issue that a more complete theory has to face is the matter asymmetry, the observed dominance of matter
over antimatter in the Universe. In addition, in order to comply with the standard
cosmological model, it has to provide the appropriate particle(s) that drove the inflation. Last, but not least, we saw that in order to explain the DM that dominates the
Universe, a massive, stable weakly interacting particle must exist. Such a particle is
not present in the SM.
On the other hand, the SM also suffers from a theoretical perspective. For example,
the SM counts 19 free parameters; one expects that a fundamental theory would have
a much smaller number of free parameters. Simple modifications of the SM have been
proposed relating some of these parameters. Grand unified theories (GUTs) unify
the gauge couplings at a high scale ∼ 1016 GeV. However, this unification is only
approximate unless the GUT is embedded in a supersymmetric framework. Another
serious problem of the SM is that of naturalness. This will be the topic of the following
subsection.
2.2.2 The naturalness problem of the SM
The presence of fundamental scalar fields, like the Higgs, gives rise to quadratic divergences. The diagram of Fig. 2.1 contributes to the squared mass of the scalar
δm2 = λ
Z Λ
d
4k
(2π)
4
k
−2
. (2.24)
This contribution is approximated by δm2 ∼ λΛ
2/(16π
2
), quadratic in a cut-off Λ,
which should be finite. For the case of the Higgs scalar field, one has to include its
couplings to the gauge fields and the top quark3
. Therefore,
δm2
H =
3Λ2
8π
2v
24m2
t − 2M2
W − M2
Z − m2
H+ O(ln Λ
µ
), (2.25)
where we have used Eq. (2.21) and m2
H ≡ m2
0 + δm2
H.
3Since the contribution to the squared mass correction are quadratic in the Yukawa couplings (or
quark masses), the lighter quarks can be neglected
2.2.3 A way out 35
Taking Λ as a fundamental scale Λ ∼ MP l ∼ 1019 GeV we have
m2
0 = m2
H −
3Λ2
8π
2v
24m2
t − 2M2
W − M2
Z − m2
H(2.26)
and we can see that m2
0 has to be adjusted to a precision of about 30 orders of magnitude
in order to achieve an EW scale Higgs mass. This is considered as an intolerable finetuning, which is against the general belief that the observable properties of a theory
have to be stable under small variations of the fundamental (bare) parameters. It is
exactly the above behavior that is considered as unnatural. Although the SM could
be self-consistent without imposing a large scale, grand unification of the parameters
introduce a hierarchy problem between the different scales.
A more strict definition of naturalness comes from ’t Hooft [103], which we rewrite
here:
At an energy scale µ, a physical parameter or set of physical parameters
αi(µ) is allowed to be very small only if the replacement αi(µ) = 0 would
increase the symmetry of the system.
Clearly, this is not the case here. Although mH is small compared to the fundamental
scale Λ, it is not protected by any symmetry and a fine-tuning is necessary.
2.2.3 A way out
The naturalness in the ’t Hooft sense is inspired by quantum electrodynamics, which is
the archetype for a natural theory. For example, the corrections to the electron mass
me are themselves proportional to me, with a dimensionless proportionality factor that
behaves like ∼ ln Λ. In general, fermion masses are protected by the chiral symmetry; small values (compared to the fundamental scale) of these masses enhances the
symmetry.
If a new symmetry exists in nature, relating fermion fields to scalar fields, then each
scalar mass would be related somehow to the corresponding fermion mass. Therefore,
the scalar mass itself can be naturally small compared to Λ, since this would mean
that the fermion mass is small, which enhances the chiral symmetry. Such a symmetry,
relating bosons to fermions and vice versa, is known as supersymmetry [104, 105].
Actually, as we will see later, if this new symmetry remains unbroken, the masses of
the conjugate bosons and fermions would have to be equal.
In order to make the above statement more concrete, we consider a toy model with
two additional complex scalar fields feL and feR. We will discuss only the quadratic
divergences that come from corrections to the Higgs mass due to a fermion. The
generalization for the contributions from the gauge bosons or the self-interaction is
straightforward. The interactions in this toy model of the new scalar fields with the
Higgs are described by the Lagrangian
Lfefφe = λfe|φ|
2|feL|
2 + |feR|
2. (2.27
36 Particle Physics
It can be easily checked that the quadratic divergence coming from a fermion at one
loop is exactly canceled, as long as the new quartic coupling λfe obeys the relation
λfe = −λ
2
f
(λf is the Yukawa coupling for the fermion f).
2.3 A brief summary of Supersymmetry
Supersymmetry (SUSY) is a symmetry relating fermions and bosons. The supersymmetry transformation should turn a boson state into a fermion state and vice versa. If
Q is the operator that generates such transformations, then
Q |bosoni = |fermioni Q |fermioni = |bosoni. (2.28)
Due to commutation and anticommutation rules of bosons and fermions, Q has to
be an anticommuting spinor operator, carrying spin angular momentum 1/2. Since
spinors are complex objects, the hermitian conjugate Q†
is also a symmetry operator4
.
There is a no-go theorem, the Coleman-Mandula theorem [106], that restricts the
conserved charges which transform as tensors under the Lorentz group to the generators
of translations Pµ and the generators of Lorentz transformations Mµν. Although this
theorem can be evaded in the case of supersymmetry due to the anticommutation
properties of Q, Q†
[107], it restricts the underlying algebra of supersymmetry [108].
Therefore, the basic supersymmetric algebra can be written as5
{Q, Q†
} = P
µ
, (2.29a)
{Q, Q} = {Q
†
, Q†
} = 0, (2.29b)
[P
µ
, Q] = [P
µ
, Q] = 0. (2.29c)
In the following, we summarize the basic conclusions derived from this algebra.
• The single-particle states of a supersymmetric theory fall into irreducible representations of the SUSY algebra, called supermultiplets. A supermultiplet contains
both fermion and boson states, called superpartners.
• Superpartners must have equal masses: Consider |Ωi and |Ω
′
i as the superpartners, |Ω
′
i should be proportional to some combination of the Q and Q† operators
acting on |Ωi, up to a space-time translation or rotation. Since −P
2
commutes
with Q, Q† and all space-time translation and rotation operators, |Ωi, |Ω
′
i will
have equal eigenvalues of −P
2 and thus equal masses.
• Superpartners must be in the same representation of gauge groups, since Q, Q†
commute with the generators of gauge transformations. This means that they
have equal charges, weak isospin and color degrees of freedom.
4We will confine ourselves to the phenomenologically more interesting case of N = 1 supersymmetry, with N referring to the number of distinct copies of Q, Q†
.
5We present a simplified version, omitting spinor indices in Q and Q†
.
2.3 A brief summary of Supersymmetry 37
• Each supermultiplet contains an equal number of fermion and boson degrees of
freedom (nF and nB, respectively): Consider the operator (−1)2s
, with s the spin
angular momentum, and the states |ii that have the same eigenvalue p
µ of P
µ
.
Then, using the SUSY algebra (2.29) and the completeness relation P
i
|ii hi| =
1, we have P
i
hi|(−1)2sP
µ
|ii = 0. On the other hand, P
i
hi|(−1)2sP
µ
|ii =
p
µTr [(−1)2s
] ∝ nB − nF . Therefore, nF = nB.
As addendum to the last point, we see that two kind of supermultiplets are possible
(neglecting gravity):
• A chiral (or matter or scalar ) supermultiplet, which consists of a single Weyl
fermion (with two spin helicity states, nF = 2) and two real scalars (each with
nB = 1), which can be replaced by a single complex scalar field.
• A gauge (or vector ) supermultiplet, which consists of a massless spin 1 boson
(two helicity states, nB = 2) and a massless spin 1/2 fermion (nF = 2).
Other combinations either are reduced to combinations of the above supermultiplets
or lead to non-renormalizable interactions.
It is possible to study supersymmetry in a geometric approach, using a space-time
manifold extended by four fermionic (Grassmann) coordinates. This manifold is called
superspace. The fields, in turn, expressed in terms of the extended set of coordinates
are called superfields. We are not going to discuss the technical details of this topic
(the interested reader may refer to the rich bibliography, for example [109–111]).
However, it is important to mention a very useful function of the superfields, the
superpotential. A generic form of a (renormalizable) superpotential in terms of the
superfields Φ is the following b
W =
1
2
MijΦbiΦbj +
1
6
y
ijkΦbiΦbjΦbk. (2.30)
The Lagrangian density can always be written according to the superpotential. The
superpotential has also to fulfill some requirements. In order for the Lagrangian to
be supersymmetric invariant, W has to be holomorphic in the complex scalar fields
(it does not involve hermitian conjugates Φb† of the superfields). Conventionally, W
involves only left chiral superfields. Instead of the SU(2)L singlet right chiral fermion
fields, one can use their left chiral charge conjugates.
As we mentioned before, the members of a supermultiplet have equal masses. This
contradicts our experience, since the partners of the light SM particles would have been
detected long time ago. Hence, the supersymmetry should be broken at a large energy
scale. The common approach is that SUSY is broken in a hidden sector, very weakly
coupled to the visible sector. Then, one has to explain how the SUSY breaking mediated to the visible sector. The two most popular scenarios are the gravity mediation
scenario [112–114] and the Gauge-Mediated SUSY Breaking (GSMB) [113, 115–117],
where the mediation occurs through gauge interactions.
There are two approaches with which one can address the SUSY breaking. In the
first approach, one refers to a GUT unification and determines the supersymmetric
38 Particle Physics
breaking parameters at low energies through the renormalization group equations.
This approach results in a small number of free parameters. In the second approach,
the starting point is the low energy scale. In this case, the SUSY breaking has to be
parametrized by the addition of breaking terms to the low energy Lagrangian. This
results in a larger set of free parameters. These terms should not reintroduce quadratic
divergences to the scalar masses, since the cancellation of these divergences was the
main motivation for SUSY. Then, one talks about soft breaking terms.
2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model
One can construct a supersymmetric version of the standard model with a minimal
content of particles. This model is known as the Minimal Supersymmetric Standard
Model (MSSM). In a SUSY extension of the SM, each of the SM particles is either in a
chiral or in a gauge supermultiplet, and should have a superpartner with spin differing
by 1/2.
The spin-0 partners of quarks and leptons are called squarks and sleptons, respectively (or collectively sfermions), and they have to reside in chiral supermultiplets.
The left- and right-handed components of fermions are distinct 2-component Weyl
fermions with different gauge transformations in the SM, so that each must have its
own complex scalar superpartner. The gauge bosons of the SM reside in gauge supermultiplets, along with their spin-1/2 superpartners, which are called gauginos. Every
gaugino field, like its gauge boson partner, transforms as the adjoint representation of
the corresponding gauge group. They have left- and right-handed components which
are charge conjugates of each other: (λeL)
c = λeR.
The Higgs boson, since it is a spin-0 particle, should reside in a chiral supermultiplet. However, we saw (in the fermionic part of the SM Lagrangian, Eq. (2.10b))
that the Y = 1/2 Higgs in the SM can give mass to both up- and down-type quarks,
only if the conjugate Higgs field with Y = −1/2 is involved. Since in the superpotential there are no conjugate fields, two Higgs doublets have to be introduced. Each
Higgs supermultiplet would have hypercharge Y = +1/2 or Y = −1/2. The Higgs
with the negative hypercharge gives mass to the down-type fermions and it is called
down-type Higgs (Hd, or H1 in the SLHA convention [118]) and the other one gives
mass to up-type fermions and it is called up-type Higgs (Hu, or H2).
The MSSM respects a discrete Z2 symmetry, the R-parity. If one writes the most
general terms in the supersymmetric Lagrangian (still gauge-invariant and holomorphic), some of them would lead to non-observed processes. The most obvious constraint
comes from the non-observed proton decay, which arises from a term that violates both
lepton and baryon numbers (L and B, respectively) by one unit. In order to avoid these
terms, R-parity, a multiplicative conserved quantum number, is introduced, defined as
PR = (−1)3(B−L)+2s
, (2.31)
with s the spin of the particle.
The R even particles are the SM particles, whereas the R odd are the new particles
introduced by the MSSM and are called supersymmetric particles. Due to R-parity,-
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Demi Habile
InvitéUniversit´e Paris-Sud
ECOLE DOCTORALE: ´ Particules, Noyaux et Cosmos (517)
Laboratoire de Physique Th´eorique d’Orsay
DISCIPLINE Physique Th´eorique
THESE DE DOCTORAT `
soutenue le 10/12/2013
par
Pantelis MITROPOULOS
Dark Matter in the Next-to-Minimal
Supersymmetric Standard Model
Directeur de th`ese: Ulrich ELLWANGER Enseignant-chercheur (LPT)
Composition du jury:
Pr´esidente du jury: Asmˆaa ABADA Enseignant-chercheur (LPT)
Rapporteurs: Genevi`eve BELANGER Chercheur (LAPTH) ´
Michel TYTGAT Enseignant-chercheur (Service de Physique Th´eorique, ULB)
Examinateur: Aldo DEANDREA Enseignant-chercheur (IPNL)ACKNOWLEDGMENTS
I am very grateful to my advisor Ulrich Ellwanger for his priceless support and his
patience during all these years. I feel exceptionally lucky having had the opportunity
to do research under his guidance.
I would also like to thank all the members of our group for the warm working
environment they provided me, but I am especially grateful to Yann Mambrini and
Adam Falkowski, the organizers of the journal club of our group, for the inspiration
they provided. Of course, I cannot forget to thank my previous colleague but still
friend Debottam Das for his warm welcome when I first came to the lab and his help
during my work.
Last but not least, I would like to thank Asmaa Abada, Genevieve Belanger, Aldo
Deandrea and Michel Tytgat who did me the honor to participate in my jury.
I acknowledge financial support from the Greek State Scholarship Foundation (I.K.Y.).
iv
CONTENTS
Introduction ix
I Particle Dark Matter 1
1 Dark Matter 3
1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model . . . . . . . . . . . . . . . 4
1.2 Evidence of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.1 Galactic rotation velocities . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
1.2.2 Gravitational lensing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
1.2.3 CMB radiation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
1.2.4 Other evidence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.3 Particle DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
1.4 The Standard Thermal Mechanism . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs . . . . . . . 13
1.4.2 The Boltzmann equation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section . . . . . . . . 18
1.5 Direct Detection of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
1.5.1 Elastic scattering event rate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
1.5.2 Experimental status . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
1.6 Indirect Methods for DM Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
2 Particle Physics 27
2.1 The Standard Model of Particle Physics . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
2.1.1 The particle content of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
2.1.2 The SM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism . . . . . . . . . . 32
2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry . . . . . . . . . 33
2.2.1 General discussion of the SM problems . . . . . . . . . . . . . . 33
vi CONTENTS
2.2.2 The naturalness problem of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . 34
2.2.3 A way out . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
2.3 A brief summary of Supersymmetry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model . . . . . . . . . . . . . . 38
II Dark Matter in the Next-to-Minimal Supersymmetric
Standard Model 41
3 The Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model 43
3.1 Motivation – The µ-problem of the MSSM . . . . . . . . . . . . . . . . 44
3.2 The NMSSM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
3.2.1 Higgs sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
3.2.2 Sfermion sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
3.2.3 Gaugino and higgsino sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
3.3 DM Candidates in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
3.4 Neutralino relic density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
3.5 Detection of neutralino DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.5.1 Direct detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
3.5.2 Indirect detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
3.6 Neutrino masses and more DM candidates . . . . . . . . . . . . . . . . 55
4 A possible indirect indication for Dark Matter 59
4.1 Photon Radiation and Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
4.2 Photon Flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
4.3 The 130 GeV Fermi line . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
4.4 Upper bounds from diffuse γ-rays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
4.5 A 130 GeV photon line in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.5.1 General aspects . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
4.5.2 Implementation for the Fermi Line . . . . . . . . . . . . . . . . 71
4.5.3 Constraints from direct DM searches . . . . . . . . . . . . . . . 72
4.5.4 Final Remarks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
4.5.5 Update for the latest direct detection constraints . . . . . . . . 77
4.6 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
III Asymmetric Dark Matter 83
5 Asymmetric DM and upper bounds on its self-annihilation 85
5.1 Chemical potential and number densities . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
5.2 Asymmetric DM self-annihilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
5.3 Boltzmann equations for asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.3.1 Qualitative analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
5.3.2 Numerical solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
5.4 Implications for specific models . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
CONTENTS vii
5.4.1 Sneutrino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
5.4.2 Higgsino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.4.3 The ∆W ∼ XXHL/Λ model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
5.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
6 A specific model for asymmetric DM 101
6.1 Sneutrinos as asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
6.2 Big Bang Nucleosynthesis and neutrinos . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
6.3 The model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
6.3.1 Constraints from lepton flavour violation and BBN . . . . . . . 108
6.4 Right-handed sneutrinos as ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
6.4.1 Asymmetry from sphaleron processes and the ADM mass . . . . 109
6.4.2 Constraints from oscillations, self and pair annihilation . . . . . 112
6.4.3 ADM Detection: prospects and constraints . . . . . . . . . . . . 114
6.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
Conclusion 117
Appendices 119
A Relativistic degrees of freedom 121
A.1 Energy Density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
A.2 Pressure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
A.3 Entropy density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
A.4 Calculation of the effective degrees of freedom . . . . . . . . . . . . . . 123
B Cross section for the neutralino annihilation to photons 127
B.1 χ
0
1χ
0
1 → γγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
B.2 χ
0
1χ
0
1 → Zγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
Bibliography 131
viii CONTENTS
INTRODUCTION
One of the current major puzzles of theoretical physics is the explanation of a nonluminous and yet unknown form of matter present throughout the Universe, called
Dark Matter (DM). Although the evidence for its existence, originating from various
gravitational effects, are so far only implicit observations, they are strong enough to
consider with great certainty that more than about 80% of the total matter in the
Universe is dark. Moreover, this evidence suggests that DM consists of non-baryonic,
massive long-lived particles which interact only through gravity and weak interactions.
None of the particles described by the Standard Model (SM) of particle physics do
meet the required specifications to account for dark matter. Many models that extend
the standard theory have been proposed, in an effort to incorporate particles with the
desired characteristics.
Among the numerous possibilities, supersymmetry seems to be quite appealing.
Supersymmetry is a symmetry between bosons and fermions, introduced to solve theoretical problems of the Standard Model. In most cases, supersymmetric extensions
of the Standard Model also conserve a discrete symmetry, the R-parity, in order to
conform with particle physics phenomenology, especially the non-observation of the
proton decay. A new possibility appeared in this class of models: one of the new particles is stable and neutral and, in principle, it is possible to be a viable DM candidate
with the observed abundance.
Many experiments are running around the world, aiming either at the direct detection of DM particles or at the detection of indirect signals coming from them. The
latter originate from dark matter annihilation in regions of the Universe that it is expected to be more condensed. The results of these experiments constitute a test of the
various theoretical models proposed to explain the DM problem.
Another puzzling fact is the agreement of the values, at the level of order of magnitude, of the DM abundance and the abundance of baryonic matter. If this is not just
a coincidence, these two forms of matter should have something in common. In order
to explain this coincidence, the possibility that the DM particles carry a conserved
quantum number related to baryon number has recently attracted a lot of attention.
Then, it is in principle possible that the DM current abundance is the asymmetry
x CONTENTS
between DM particles and antiparticles, as it is in the case of baryons. The difference
for the two densities comes simply from the difference in their masses.
In the first part of the current dissertation we deal in general with particle Dark
Matter. In Chapter 1 we review the DM physics. We give the evidence for the DM
existence and explain why particle DM is more favorable among other possibilities. We
also describe the common mechanism that determines the DM relic abundance and,
finally, we examine the DM detection methods and present the current experimental
status. In order to explain the DM, foremost, one needs a theory that describes
successfully the known fundamental particles. In Chapter 2 we describe the theory
that has been established during the last decades as the Standard Model of particle
physics. In the same chapter, we also discuss the theoretical problems from which this
model suffers and motivate the supersymmetric extensions of the SM.
In the second part we examine the DM in the context of a specific supersymmetric
model, the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM). There are
good theoretical and phenomenological reasons to move from the minimal supersymmetric model to the NMSSM. These are described in Chapter 3. We also describe the
Lagrangian of the model and the possible DM candidates this model provides, exploring the general DM characteristics and detection. In the subsequent Chapter 4, we
attempt to explain in the NMSSM a possible indirect DM signal, a monochromatic
photon excess, that may originate from DM annihilation.
The last, third, part of the thesis is devoted to asymmetric DM. In Chapter 5
we introduce the asymmetric DM and explore the conditions under which the DM
current density is determined indeed by its asymmetry. We derive quite severe upper
bounds on the DM particle-particle or antiparticle-antiparticle self-annihilation, which
constrain the asymmetric DM models. Subsequently, we propose in Chapter 6 a specific
asymmetric DM model, obtained by an extension of the NMSSM, which respects the
self-annihilation bounds. We investigate, in the same chapter, the properties of the
proposed DM and discuss possible bounds coming from collider physics, cosmology
and DM detection experiments.
Note: The original work of this thesis is included in the last three chapters (Ch. 4,
5 and 6), which are based on the publications [1–3].
INTRODUCTION
La Matiere Noire (MN) est une forme inconnue de matiere non-lumineuse et r´epandue
dans toute Univers. L’explication de la MN figure parmi les d´efis principales de la
physique th´eorique. Bien que les ´evidences de son existence sont jusqu’`a maintenant
que des observations implicites, d’origine d’une vari´et´e des effets gravitationnelles, ils
sont assez robustes pour consid´erer avec grande certitude que la MN constitue plus
que le 80% de la matiere totale de l’Univers. En plus, les ´evidences suggerent que la
MN est constitu´ee par particules massifs, non-baryoniques,a vie longue, lesquels interagissent seulementa travers la gravit´e et des interactions faibles. Aucun des particules
d´ecrites par le Mod`ele Standard (MS) de la physique des particules ne correspond pas
aux sp´ecificit´es de la MN. Plusieurs mod`eles ont ´et´e propos´e en s’´etendant la th´eorie
standard et ayant comme but d’inclure les particules pr´esentant les caract´eristiques
d´esir´es.
Parmi les plusieurs possibilit´es, la th´eorie de supersym´etrie semble ˆetre la plus attirante. La supersym´etrie est une sym´etrie entre les bosons et les fermions, introduite
pour r´esoudre les problemes th´eoriques du MS. Dans la majorit´e de cas, les extensions supersym´etriques du MS conservent une sym´etrie discrete, la R-parit´e, afin de
se conformer avec la ph´enom´enologie de la physique des particules, sp´ecialement en
ce qui concerne l’absence d’observation de la d´esint´egration du proton. Une nouvelle
possibilit´e a ´et´e apparue dans cette classe des mod`eles: un de nouveaux particules est
stable et neutre et, en principe, il est possible d’ˆetre un candidat pour expliquer la
MN, viable avec l’abondance observ´ee.
Plusieurs exp´eriences sont effectu´ees au monde, ayant comme but soit la d´etection
directe des particules de MN, soit la d´etection de signaux indirects d’origine des particules de MN. Les r´esultats de ces exp´eriences constituent un test des diff´erents mod`eles
th´eoriques qui proposent et qui expliquent le probl`eme de la MN.
Un autre probl`eme est l’accord au niveau de l’ordre de magnitude entre les valeurs
d’abondance de MN et de l’abondance de mati`ere baryonique. S’il s’agit pas d’une
co¨ıncidence, ces deux formes de mati`eres devraient avoir quelque chose en commun.
En cons´equence, afin d’expliquer cette co¨ıncidence, la possibilit´e que les particules de
MN portent un nombre quantique qui est conserv´e en relation avec le nombre bary-
xii CONTENTS
onique a r´ecemment attir´e beaucoup d’attention. Il est donc possible que l’abondance
actuelle de MN est expliqu´ee par l’asym´etrie entre les particules de MN et les antiparticules, comme c’est le cas pour les baryons. La diff´erence entre les deux densit´es vient
simplement par la diff´erence entre les masses.
Dans la premiere partie de cette these nous traitons de mani`ere g´en´erale les particules de la MN. Dans Chapitre 1 nous effectuons une r´evision de la physique de MN.
Nous fournissons les preuves pour l’existence de la MN et nous expliquons pourquoi
les particules de MN sont plus favorable parmi les autres possibilit´es. Nous d´ecrivons
aussi le m´ecanisme commun qui d´etermine l’abondance de la MN et, filialement nous
examinons les m´ethodes de d´etection de MN et pr´esentons l’´etat de l’art actuel des
exp´eriences. Afin d’expliquer la MN, il faut utiliser la th´eorie qui d´ecrit en succ`es les
particules fondamentales d´ej`a connus. Dans le Chapitre 2 nous d´ecrivons la th´eorie
qui a ´et´e ´etablie dans les derniers d´ecennies selon le MS de la physique des particules.
Dans le mˆeme chapitre, nous discutons aussi les probl`emes th´eoriques du MS et ceux
qui motivent les extensions supersym´etriques du MS.
Dans la deuxieme partie, nous examinons la MN, dans le contexte d’un modele sp´ecifique de supersym´etre, le Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM).
Il y a des bonnes raisons th´eoriques ainsi que ph´enom´enologiques pour passer du mod`ele
supersym´etrique minimal au NMSSM. Ces raisons sont d´ecrites dans le Chapitre 3.
Nous d´ecrivons aussi le Lagrangien du modele ainsi que les particules candidat possible de la MN que ce modele nous offre, en explorant les caract´eristiques g´en´erales de la
MN. Au prochain Chapitre 4, nous tentons `a expliquer dans NMSSM un signal de MN
indirect, un exc`es de photons monochromatique, qui peuvent provenir de l’annihilation
de la MN.
La derniere partie de cette these est d´evou´ee aux asym´etries de la MN. Dans le
Chapitre 5 nous introduisons la MN asym´etrique et nous explorons les conditions
sous lesquels la densit´e actuelle de la MN est en effet d´etermin´ee par son asym´etrie.
Nous trouvons des limites sup´erieures assez s´ev`eres sur l’auto-annihilation de particuleparticule ou de antiparticule-antiparticule. En plus, nous proposons dans Chapitre 6 un
mod`ele d’asym´etrie sp´ecifique de MN, obtenu par l’extension de NMSSM, qui respect
l’auto annihilation des limites. Nous investiguons, dans le mˆeme chapitre, les propri´et´es
de la MN telles que propos´ees et nous discutons les limites possibles de l’origine de
physique des collisionneurs, de la cosmologie et des exp´eriences de d´etection de la MN.
Note: Le travail original de cette th`ese est inclue dans les derniers trois chapitres
(Ch. 4, 5 et 6), lesquels sont bas´es sur des publications [1–3].
Part I
Particle Dark MatterCHAPTER 1
DARK MATTER
The latest results from the Linear Hadron Collider (LHC) and the Planck satellite offered an amazing verification of the Standard Models of both Particle Physics (henceforth, denoted just as SM) and Cosmology. The discovery of the Higgs boson completed
the detection of all particles predicted by the SM and put an end to any potential
doubts about it. On the other hand, the Cosmic Microwave Background radiation
observed by Planck is consistent in high precision with the standard cosmology. But
at the same time, Planck confirmed once more the fact that the total matter of the
Universe is dominated by one yet unknown form of matter, the so-called Dark Matter
(DM). The nature of DM constitutes one of the major puzzles of the theoretical physics
today.
The story of DM is not new. In 1970s, it was realized that the measured rotational
velocity of isolated stars or gas clouds in the outer parts of galaxies was not as one
should expect from the gravitational attraction of the known matter. This fact brought
back to light an old idea about a non-luminous form of matter and forced to take it
seriously. It was back in 1933 that Zwicky [4,5] observed that the mass of the luminous
matter (stars, gas etc.) in the Coma system, a cluster of about one thousand galaxies,
was not adequate to explain the motion of cluster member galaxies. The idea, however,
of a non-luminous form of matter preexisted [6] and it was actually used one year earlier
by Oort [7] to explain his observations, which nevertheless proved erroneous. However,
today, the existence of this non-luminous, dark matter is considered unquestionable
due to various kinds of evidence, many of them independent of the others. It is almost
certain nowadays that DM does not only cluster with stellar matter forming the galactic
halos, but it also exists as a background throughout the entire Universe.
The evidence for the DM will be the subject of the next but one section (Sec.
1.2). Meanwhile, we have to give a brief review of the standard cosmological model.
In Sec. 1.3 we discuss the possible DM candidates and the reason that a particle DM
is most favorable. Subsequently, in Sec. 1.4 we review the standard mechanism that
determines the density of the DM particles, a quantity that has been calculated quite
accurately by astrophysical observations. We finish this chapter by describing, in the
4 Dark Matter
last two sections 1.5 and 1.6, the detection methods of particle DM and the current
experimental status.
1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model
In this section we are going to review the standard cosmological model based on the Big
Bang theory and on general relativity. However, it is not going to be an introduction to
the general theory of relativity, but rather a very brief review of notions and formulas
that we need for the description of DM.
A basic characteristic of the standard cosmological model is the evidence that the
universe is expanding. The expansion was discovered at the late 1920’s [8] by observing
the spectra of distant galaxies. A local observer that detects light from a distant object
sees a redshift z in the frequency, which corresponds to the motion of the object away
from the observer due to the Doppler effect. All of the observed galaxy spectra up
to the present time (except of few coming from very nearby galaxies) are red-shifted,
a fact stressing the universality of the expansion. The redshift z can be written in
power series in terms of the luminosity distance dL ≡L
4πF
1/2
(where L is the object’s
luminosity and F the measured flux) as
z = H0dL +
1
2
(q0 − 1) (H0dL)
2
, (1.1)
where H0 is the present expansion rate of the Universe, known as the Hubble constant
and q0 is a parameter that represents the deviation from the linear Hubble law and
measures the deceleration of the Universe. Usually, the Hubble parameter is taken to
be
H0 = 100h km s−1 Mpc−1
, (1.2)
with the numerical uncertainties moved to the dimensionless parameter h, which takes
the value h = 0.673 ± 0.012 [9].
The expansion of the Universe may originate naturally from an isotropic and homogeneous cosmological model based on general relativity. Although Einstein imposed
these two assumptions without any observational evidence, today they are general
thought as undeniable. The best evidence for isotropy comes from the observation of
the Cosmic Microwave Background (CMB) radiation, which exhibits a temperature
uniformity. Testing the homogeneity of the Universe is not so straightforward, but
sky surveys have confirmed it with large accuracy [10]. The validity of these assumptions form the modern cosmological principle, which reflects the fact that all spatial
positions in the Universe are essentially equivalent.
Isotropy and homogeneity are playing an essential role, since they allow the description of the space-time of the Universe in terms of only two parameters denoted
by R(t) and k, accounting, respectively, for its overall expansion (or contraction) and
its spatial curvature. The most general expression for a space-time metric, known as
Friedmann-Robertson-Walker or FRW metric, can be written as (see, for example, [11])
ds
2 = dt
2 − R(t)dr
2
1 − kr2
+ r
2dθ
2 + sin2
θdφ
2, (1.
1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model 5
where as usual r, θ, φ and t are the spherical and time coordinates, respectively. The
curvature constant k takes only the discrete values +1, 0, −1, corresponding to closed,
(spatially) flat and open geometries. R(t) is the cosmological scale factor and determines proper distances in terms of the comoving coordinates. Usually, it is convenient
to define a dimensionless scale factor a(t) ≡
R(t)
R0
, where R0 is the present-day value of
R. The Hubble parameter can be defined through the scale factor as
H(t) ≡
R˙(t)
R(t)
=
a˙(t)
a(t)
. (1.4)
We can use the metric (1.3) in order to show that the cosmological redshift is a
direct consequence of the Hubble expansion. The redshift is defined as
z =
f1 − f2
f2
, (1.5)
with f1 the frequency of the emitted light and f2 the frequency of the observed light.
For scales smaller than cosmological, so that the expansion velocity v12 (corresponding
to the velocity with which the distant object moves away from the observer) is not
relativistic, the redshift is approximated as z ≃
v12
c
. Using the metric (1.3) for a light
signal (ds
2 = 0), we eventually arrive at the simple relation 1 + z =
R2
R1
between the
redshift z and the scale factor R.
The evolution of the Universe can be described by two rather simple equations,
known as Friedmann–Lemaˆıtre equations. Assuming the matter content of the Universe
as a perfect fluid, the energy–momentum tensor is written as
Tµν = −pgµν + (p + ρ)uµuν, (1.6)
where gµν is the metric tensor related to the metric (1.3), p the isotropic pressure, ρ
the energy density and u = (1, 0, 0, 0) the velocity vector for the isotropic fluid in
comoving coordinates. The Einstein’s equations lead to the following expressions:
H
2 =
8π
3
GN ρ −
k
R2
+
Λ
3
(1.7)
and
R¨
R
= −
4π
3
GN (ρ + 3p) + Λ
3
, (1.8)
where GN is the gravitational constant and Λ the cosmological constant, which can be
interpreted to correspond to the energy of the vacuum. (The first of these equations
is often called the Friedmann equation.) The energy–momentum conservation leads to
a third equation:
ρ˙ = −3H(p + ρ). (1.9)
Examining (1.7), we see that in the absence of a cosmological constant (Λ = 0), the
expansion or contraction of the Universe is determined solely by the value of k. For
k = +1 it will recollapse, while it is going to expand indefinitely if k = 0 or k = −1.
6 Dark Matter
This way, one can define the following expression that gives the critical density, such
that k = 0 (when Λ = 0)
ρC ≡
3H2
8πGN
. (1.10)
Finally, the cosmological density parameter Ωtot is defined as the energy density relative
to its critical value
Ωtot ≡
ρ
ρC
. (1.11)
The Friedmann equation can be rewritten in terms of the density parameter as k
R2 =
H2
(Ωtot − 1). It is often useful to distinguish the origin of the contribution to the total
density. In this sense,
Ωtot = Ωmat + Ωrad + ΩΛ, (1.12)
where Ωmat is the contribution from pressureless matter, Ωrad comes from relativistic
particles (radiation) and ΩΛ is due to the cosmological constant. The matter density is
further divided to the contribution from baryonic matter (Ωb) and from (non-baryonic)
DM (ΩDM).
It is important to note that much of the history of the Universe can be described
by assuming that either matter or radiation dominates the total energy density. By
defining the parameter w =
p
ρ
, Eq. (1.9) is written in terms of w as ˙ρ = −3(1 + w)ρ
R˙
R
.
After integration, it gives
ρ ∝ R
−3(1+w)
. (1.13)
In the radiation dominated era of the Universe w = 1/3, while during matter domination w = 0, so that ρ ∝ R−4
(radiation dominated) and ρ ∝ R−3
(matter dominated),
respectively.
1.2 Evidence of DM
1.2.1 Galactic rotation velocities
As it was mentioned before, the first strong evidence for the existence of DM were
the galactic rotation velocities [12]. The mass distribution of a spiral galaxy can be
approximated as spherical or ellipsoidal. Applying the Newton’s law, which is sufficient
for such large distances, we can see that at a distance r from the galactic center the
rotation velocity obeys the equation v
2
r =
GNM(r)
r
2
, where M(r) is the mass distribution
in the galaxy. Taking r much larger than the radius of the luminous mass, so that
M(r) corresponds to the total galactic mass, Newton’s law implies that v ∝ 1/
√
r.
However, galaxy observations based on the Doppler effect show that the velocity rises
with r towards a constant value vconst ≃ 100 − 200 km s−1
. The first galaxy in which
this behavior observed was Messier 33, a spiral galaxy about 3 million light years (ly)
away. Its rotation curve can be seen in Fig. 1.1 (left). Along with the observed curve,
the expected rotation velocity due to the luminous mass has also been plotted. The
same phenomenon has already been observed for a plethora of galaxies, including our
galaxy [13] (see Fig. 1.1 – right).
1.2.2 Gravitational lensing 7
Figure 1.1: Left: The rotation curve for the M33 dwarf galaxy, superimposed on its
optical image, as observed by starlight and 21 cm hydrogen spectrum lines, and the
expected rotation curve due to the luminous amount of mass. From [14,15]. Right: The
rotation velocities for the Milky Way, the NGC 4258 and M31 galaxies as a function
of the distance from the galactic center. From [13].
Returning to the Newton’s law, we can easily check that the aforementioned disagreement would have been resolved, if the mass distribution was growing linearly with
r, M(r) ∝ r. Actually, a self-gravitating ball of an ideal gas at a uniform temperature
kT =
1
2mXvconst, with mX the mass of the particles that constitute the gas and vconst
the asymptotic value of the rotation velocity, would have exactly this mass profile [16].
Therefore, a simple solution to the missing mass problem is the assumption that the
disk galaxies are immersed in extended DM halos. Current analyses of rotation curves
imply that Ωmat ≃ 0.1 (see [17] for a review), while observations of the luminous matter
constrain its density to only Ωlum <∼ 0.01. Hence, about 90% of the total mass of the
galaxies is dark.
1.2.2 Gravitational lensing
Since DM interacts gravitationally, its mass warps the space-time causing the distortion
of a passing beam of light. Hence, although dark, the presence of DM should be visible
through the “bending” of the light coming from behind sources. This fact is used in the
so-called gravitational lensing: large clusters of galaxies can be used as astrophysical
lenses that bend and magnify the light coming from galaxies far behind them. The
distorted picture can give an estimate for the mass distribution of the lens. Since
lensing does not rely on the dynamics of the observed systems, it is a completely
independent method of predicting the DM density.
In contrast to optical lenses, a gravitational lens has no single focal point, but
instead a focal line. The maximum bending occurs closest to the center of the lens,
and the minimum furthest from it. In the ideal case that the light source (a distant
galaxy), the lens (the cluster of galaxies) and the telescope lie in a straight line, the
source galaxy would appear as a ring around the lensing object. In fact, partially
because of a misalignment of the three objects, but also due to the complex mass
8 Dark Matter
Figure 1.2: Left: Abell 1689 acting as gravitational lens that bends and magnifies the
light of the galaxies located far behind it. Some of the faintest objects in the picture
are probably over 13 billion light-years away (redshift value 6). This color image is a
composite of visible-light and near-infrared exposures taken by the Hubble telescope in
June 2002. According to NASA, it reveals 10 times more arcs than would be seen by
a ground-based telescope. Courtesy of the Space Telescope Science Institute (STScI).
Right: A masked region of Abell 1689. Cluster members were selected using color
information and then masked over, so that these regions do not affect the surface
density estimate of background sources. The background galaxies are also shown as
open circles. Superimposed are the concentric bins used to calculate the radial profile,
centered on the peak in the light distribution. From [18].
distribution of the lensing cluster, the source resembles partial arcs scattered around
the lens. Fig. 1.2 is an example of the arcs formed as the light of distant galaxies passed
through the cluster Abell 1689, one of the most massive known galaxy clusters, acting
as a 2-million-light-year-wide lens in space.
In many cases, the distortion of the light of background sources is too weak to
form arcs and can be detected only by analyzing a large number of sources and using
statistical methods. This kind of lensing is known as weak lensing. The lensing shows
up statistically as a preferred stretching of the distant objects perpendicular to the
direction towards the center of the lens. By measuring the shapes and orientations of
large numbers of distant galaxies, their orientations can be averaged to measure the
shear of the lensing field in any region. For a population of unlensed galaxies, the shear
pattern should be, on average, randomly distributed. In the presence of lensing, the
shear field is polarized and, since it is related non-locally to the surface mass density,
it can be used to estimate the mass distribution.
Perhaps the most compelling evidence for DM came applying these weak lensing
techniques on the colliding system of Bullet cluster [19,20]. The Bullet cluster consists
of two primary galaxy concentrations, a less massive subcluster that is currently moving
away from a more massive main cluster. The X-ray image reveals the relative motion
1.2.3 CMB radiation 9
Figure 1.3: The left panel is a color image from the Magellan images of the merging
Bullet cluster, with the white bar indicating 200 kpc at the distance of the cluster. The
right panel is an X-ray Chandra image of the same cluster. The contours represent
the weak lensing mass reconstruction. The separation between the location of the
luminous interacting X-ray halo and the location of gravitating matter can be clearly
seen. From [20].
of the two systems. Comparing with the line-of-sight velocity differences of the two
components, it can be deduced that the two cores passed through each other about
100 million years ago and that the merger is occurring in the plane of the sky.
The cluster observation reveals that its mass is partially made of baryons observable
in optical and infrared data, but it is dominated by baryons observable in X-rays.
During the merger, the galaxies, which correspond to the small amount of optical
baryons, remain collisionless, while the X-ray halo is affected by ram pressure. The
mass distribution of the system was reconstructed by means of weak lensing. In the
absence of DM, one should expect that the reconstructed mass distribution would
exhibit a primary peak coincident with the dominant X-ray gas, which is spatially
offset from the galaxy distribution (right panel of Fig. 1.3). However, as it can be seen
in the left panel of Fig. 1.3, the mass maps created from weak lensing have the primary
mass peaks in good spatial agreement with the galaxies.
The analysis performed in [20] is in agreement with the other astrophysical observations: only 12% of the total mass of the cluster is due to baryons (from which
1% is visible in optical spectrum and the rest is the X-ray halo) and 88% is the DM.
Combining all the astrophysical bounds, one can make a rough estimation for the DM
density, which lies on the range
0.1 <∼ Ω
astr
DM h
2 <∼ 0.3. (1.14)
1.2.3 CMB radiation
The most precise prediction of the DM density is coming, however, from analyses of
the Cosmic Microwave Background (CMB) spectrum. The most recent observation
of CMB by the Planck satellite (which improved previous results [21, 22] by WMAP)
10 Dark Matter
constrained the DM density in the interval [9]
ΩDMh
2 = 0.1199 ± 0.0027. (1.15)
This result plays a key role for testing possible DM candidates and we are going to use
it many times throughout this work. In the following, we will describe how DM affects
the CMB spectrum. Once again, the detailed analysis leading to the above calculation
is complicated and goes well beyond the scope of this thesis. We will rather try to
give a qualitative picture of the relation among DM and the shape of the observed
spectrum.
The CMB that we observe today consists of photons that have started a free travel
through space since their last scattering with matter, early in the history of the Universe (see, for example, [23,24]). Even earlier, while the Universe was made up from a
very hot interacting plasma of photons, electrons and baryons, the large temperature
of photons was preventing the electrons to combine with protons to form hydrogen
atoms. As the Universe was expanding, the photon temperature was decreasing, and
at some point the formation of atoms was possible. This corresponds to the recombination epoch of the Universe. After then, the photons no longer interacted with the
neutral plasma and their free propagation started, with a temperature that is redshifting following the expansion of the Universe. The value of this temperature today is
∼ 2.73 K [25].
Although the CMB radiation is highly isotropic1
, small anisotropies appear if one
concentrates on smaller scales, which correspond to smaller angles in the sky, later led
to structure formation in the Universe. In order to study these anisotropies (see for
example [26,27]), the temperature, which is a function of the polar coordinates defining
the direction on the sky, is expanded in spherical harmonics:
T(θ, φ) = X
l,|m|≤l
almYlm(θ, φ). (1.16)
The coefficients alm describe temperature variations on angular scales l ∼ π/∆θ.
The l = 0 term is the isotropic temperature, while l = 1 is the dipole anisotropy
corresponding to the motion of the solar system. The variance of the temperature
h∆T
2
i ≡ h(T − hTi)
2
i is written, using the orthogonality of the spherical harmonics,
as
h∆T
2
i =
1
4π
X
l>1
(2l + 1)Cl
, (1.17)
where we Cl ≡ h|alm|
2
im is the average of the coefficients alm over m. The quantity
D
2
l ≡
l(l + 1)
2π
Cl (1.18)
gives the contribution to the temperature fluctuations per interval of ln l. The CMB
power spectrum – the plot of Dl versus l – as observed by the Planck satellite is shown
in Fig. 1.4.
1About 1 part in 100, 000, after subtracting the uninteresting dipole anisotropy, which is due to
the Doppler effect caused by the solar system’s motion.
1.2.3 CMB radiation 11
2 50 500 1000 1500 2000 2500
ℓ
102
103
104
Dℓ
[µ
K
2
]
lensed CMB
30 to 353
70
100
143
143×217
217
353×143
Figure 1.4: The Planck power spectra. The dashed line indicates the best-fit Planck
spectrum. From [28].
We are ready to reach the main point of this section, to wit, how these anisotropies
were generated and, eventually, why the existence of DM is necessary to explain the
observed spectrum. To do so, we have to go back once again to the study of the
early Universe. Before recombination, the CMB photons and the baryons acted as
a nearly perfect fluid. Gravitational potential wells, caused by random fluctuations,
had been stretched to cosmic scales during inflation. The photon-baryon fluid was
under the influence of this potential. While gravity was compressing the fluid, its
radiation pressure was resisting, resulting in acoustic oscillations. The sound waves
were changing the photon temperature; it was rising during compression and it was
falling during rarefaction. The oscillations stopped at recombination as the photons
were released from the fluid, and what we observe today is actually a frozen picture
of this procedure. The peaks are caused by modes that have reached extrema of
compression and rarefaction at the time of last scattering. The first peak corresponds
to modes that have had enough time to oscillate through exactly one half of a period
before last scattering, the second peak is caused by modes oscillated through a full
period (half the wavelength of the first mode), and so on.
Much information can be deduced from the CMB power spectrum. For example,
without entering into the details, the position of the first peak is related to the spatially
geometry of the Universe, whereas the relative height of the second peak, compared to
the first one, is related to the baryonic density [29]. Here, we will focus on the effect
of DM on the power spectrum.
We start without assuming a priori the existence of DM. When radiation dominated
over matter, the density fluctuation stabilizes as the radiation pressure prevents further
compression, causing the decay of the gravitational potential. Since the potential well
lowers after the compression, the amplitude of the rarefaction will be larger. We note
that modes with smaller wavelength (higher multipoles) started oscillating first, so that
12 Dark Matter
it is expected that each even peak would be higher than the successive odd peak. In the
presence of a collisionless cold (non-relativistic) fluid, the density fluctuation remains
after the compression and the gravitational potential does not decay. Therefore, in the
presence of (cold) DM, the third peak is expected to be comparable or higher than the
second one2
. Indeed, this is the case of the observed CMB power spectrum (Fig. 1.4).
In practice, the effect of the various phenomena determining the shape of the power
spectrum is more complicated than the above simplified qualitative analysis. One has
to apply statistical methods in order to fit a cosmological model to the observed CMB
spectrum. The best fit to the power spectrum as observed by Planck [9] is a flat
ΛCDM model3
, with baryonic density Ωbh
2 = 0.02205 ± 0.00028, dark matter density
ΩDMh
2 = 0.1199±0.0027 and energy density of the cosmological constant (dark energy
density) ΩΛ = 0.685+0.018
−0.016.
1.2.4 Other evidence
The clues for the existence of DM are not limited to the three aforesaid phenomena. For
example, sky surveys of Baryon Acoustic Oscillations (BAO) – periodic fluctuations
of the baryonic density caused by acoustic oscillations in the early Universe – are
consistent with the results extracted by the CMB spectrum. The velocity dispersion of
galaxies in galactic clusters indicate a large mass-to-light ratio, giving another evidence
for DM. Furthermore, numerical simulations require a significant amount of cold DM
in order to reproduce the large scale structure of the Universe.
1.3 Particle DM
Before we proceed to possible DM candidates, we have to refer to an attempt for
an alternative explanation of the above phenomena, without the introduction of DM.
Mainly in order to explain the anomalous galactic rotation curves, Milgrom proposed
in 1983 [31] a modified version of Newton’s law in galactic scales. This theory is known
as Modified Newtonian Dynamics (MoND) and it has gained a lot of attention since
then (see, for example, [32] for a review). However, MoND seem insufficient to account
for the necessity of DM at scales larger than the galactic ones [17,33,34]. Furthermore,
weak lensing of the Bullet cluster disfavors these theories [19], since in the case of
MoND the X-ray gas would be the dominant component of the total mass and the
separation indicated in Fig. 1.3 (right panel) would not have been observed.
One of the first possibilities examined for DM candidates were astrophysical objects
that may count for DM. These were collectively called MAssive Compact Halo Objects
(MACHOs) and such examples are brown or white dwarfs, neutron stars and stellar
black hole remnants. These objects contribute to the density of baryonic DM. However,
Big Bang nucleosynthesis and the CMB have set a limit on this density, which is
also confirmed by the observation of MACHOs in the Milky Way halo through their
2The higher multipoles are affected by a damping effect [30].
3The standard cosmological model with a cosmological constant Λ and Cold Dark Matter.
1.4 The Standard Thermal Mechanism 13
gravitational lensing effect. This limit is far below the required value in order to fit
the DM observations. As a consequence, non-baryonic DM is a necessary ingredient of
the Universe.
Since the astrophysical objects are not adequate to count for the main component
of DM, the attention has focused on possible particles that can play the role of this
non-luminous matter. The only known particle that fits the criteria for DM is the
neutrino. Although neutrinos are massless in the SM of particle physics, oscillations
among their various flavors suggest a small but non-zero mass. However, a universe
dominated by particles with such small mass would form large structures first, with
the small structures forming later by fragmentation of the larger objects. This time
scale, in which the galaxies form last and quite recently, seems incompatible with our
current view of galactic evolution.
Nevertheless, extensions of the SM, essential to solve some of its theoretical drawbacks, provide particles that can, in principle, successfully solve the DM problem. In
the next section, we will see that favorable candidates are Weakly Interacting Massive
Particles (WIMPs). Supersymmetric theories that respect a discrete symmetry, the Rparity, provide a very promising WIMP, the neutralino. We will not extend here, since
we are going to discuss neutralinos in more detail in the following chapters. However,
WIMPs are also predicted by other, non-supersymmetric theories, such as models with
TeV scale extra dimensions.
For completeness, we will finish this section by just mentioning the axions, although
we will not deal with them in the rest of this thesis. Axions are neutral scalar hypothetical particles associated with the spontaneous breaking of the global U(1) Peccei-Quinn
symmetry [35, 36], introduced to dynamically solve the strong CP problem. Their
very small coupling to ordinary matter gives a large lifetime to axions, larger than
the age of the Universe. Axions were never in thermal equilibrium and were always
non-relativistic. These characteristics allow them to be possible DM candidates.
1.4 The Standard Thermal Mechanism
1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs
We shall discuss subsequently the mechanism that is widely considered responsible for
the current DM density, in case of particle DM, as well as the requirements in order
to fit this density to the observed value. We will also see why WIMPs are favorable
DM candidates. This subsection will remain descriptive; a more detailed analysis will
follow.
We assume a particle X with mass mX that is neutral and stable. X would be
the DM particle for this analysis. Early in the history of the Universe, when its
temperature was much larger than the particle’s mass (T ≫ mX), Xs were abundant
with a density comparable with the photon’s density. Due to pair annihilations with
their antiparticles, they were rapidly converting to lighter particles and vice versa.
The annihilations were in equilibrium, without affecting the density of the X particles.
Shortly after T drops below the mass mX, the number density of X started to drop
14 Dark Matter
very fast, since lighter particles do not have enough energy anymore to produce X
particles and pair annihilation continued to destroy them. The equilibrium particle
density is given by
n
eq
X =
g
(2π
3
)
Z
f(~p) d3
~p, (1.19)
where g is the number of internal (spin) degrees of freedom of the particle and f(~p) is
the Bose-Einstein or the Fermi-Dirac distribution function in terms of the momentum
~p. We will see4
that Eq. (1.19) gives (after integration) n
eq
X ∝ T
3
, for T ≫ mX,
whereas for T ≪ mX the particle density is Boltzmann (exponentially) suppressed
with n
eq
X ∝ e
−mX/T
.
As the Universe is expanding and the X particle density decreases, the pair annihilations of X particles become more rare, until they eventually stop when their rate
Γ drops below the expansion rate, Γ <∼ H. The rate of a pair annihilation Γ is proportional to the density of the annihilating particles, more precisely Γ = nhσvi, where hσvi
is the thermal average of the annihilation cross section σ times the particles relative
velocity v (we will return to this in more detail in the following subsection). At the
point where the Xs cease to annihilate, they fall out of equilibrium with the thermal
plasma and what remains is their relic cosmological abundance, almost constant since
then. It is customary to say that the DM density froze-out and call the temperature
where this occurred the freeze-out temperature, henceforth Tf o.
We can use the freeze-out condition Γ ≃ H to approximate the DM relic density in
terms of the thermal averaged annihilation cross section (we reproduce the calculation
performed originally in [37]). For this purpose, we will need the expressions for the
energy and entropy density, which are defined in the App. A and which we rewrite here
ρ(T) = π
2
30
geff(T) T
4
(1.20)
and
s(T) = 2π
2
45
heff(T) T
3
. (1.21)
We recall (see App. A, for more details) that geff and heff are effective relativistic degrees
of freedom. Assuming that there is no significant entropy production since the freezeout, the entropy per comoving volume remains constant, so that the ratio nX/s remains
also constant (since the freeze-out). Hence, the present-day DM particle density is given
by nX0 = s0nX
sf o, with s0 ≃ 4 · 103
cm−3
the current entropy density. Therefore, we
have to compute the ratio nX/s during freeze-out.
The early Universe is radiation dominated, hence Eq. (1.2) reads, after replacing
the energy density by Eq. (1.20), as H =
2π
3
pπ
5GN g
1/2
eff T
2
. The freeze-out condition
4Number densities will be discussed again much later in this thesis, in Sec. 5.1, in the presence of
chemical potentials
1.4.2 The Boltzmann equation 15
gives, then,
nX
sf o =
45
3π
pπ
5GN
g
1/2
eff
heff
(Tf ohσvi)
−1
, which evaluates5
to
nX
sf o
≃ 7 · 10−9 GeV
mX
10−27 cm3
s
−1
hσvi
. (1.22)
We remind that ΩX ≡
ρX
ρc
=
m
ρcnX
sf o s0, where the critical density today is ρc =
10−5h
2 GeV cm−3
, so that, finally, the relic density is
ΩXh
2 ≃
3 · 10−27 cm3
s
−1
hσvi
, (1.23)
independently of the DM mass mX.
In order to reproduce the observed relic density (1.15), the annihilation cross section
during the freeze-out has to be
hσvith ≃ 3 · 10−26 cm3
s
−1
. (1.24)
This quantity is known as thermal cross section. The scale of this value is remarkably
close to the cross section of weakly interacting particles, which can be estimated to be
hσweakvi ∼ α
2
m2
W
∼ 10−25 cm3
s
−1
, with α a generic weak coupling. This fact established
the WIMPs as the most favorable DM candidates.
1.4.2 The Boltzmann equation6
Although a weakly interacting particle has, in principle, the correct order of magnitude
of the annihilation cross section for the correct order of relic density, in practice, the
final result may vary over many orders of magnitude. This is the reason that a more
detailed analysis is required in order to be able to calculate the precise value of the
DM relic density.
The density of a species is governed by the Boltzmann equation, which can be
written in compact operator form as
L[f] = C[f], (1.25)
with L and C the Liouville and collision operators, respectively. f = f(~p, ~x) is the
phase-space density, which is, in general, a function of the momentum and space-time
coordinates and it is defined as
f =
(2π)
3
g
dN
d
3p d
3x
, (1.26)
with N the number of particles. It is normalized in such a way that f = 1 corresponds
to the maximum phase-space density allowed by the Pauli principle for a fermion. In
5
In this evaluation, we have used the expected relation between the freeze-out temperature and
the mass mX of the particle, Tfo ∼
mX
20 . However, we notice that the exact value of the denominator
depends on the annihilation cross section.
6
In this part, we follow part of the analysis performed in [38
16 Dark Matter
the special case of the spatially homogeneous and isotropic FRW cosmology, the phasespace density has the same symmetries and depends only on the particle energy E and
the time t, i.e. f = f(E, t).
The Liouville operator gives the net rate of change in time of f and the collision
operator describes the number of particles per phase-space volume that are lost or
gained per unit time due to collisions with other particles. The particle number density
n =
R
dN
d3x
is given through (1.26) by the integral (1.19) of f(E, t) over all momenta and
sum over all spin degrees of freedom. We will perform the same integral and sum in
the Boltzmann equation (1.25), in order to write it in a more convenient form involving
the particle densities.
First, the Liouville term for f = f(E, T) is written as
L[f] = ∂f
∂t − H
|p|
2
E
∂f
∂E . (1.27)
Integrating it and summing over all the spin degrees of freedom, it becomes
g1
Z
L[f1]
d
3p1
(2π
3
)
=
∂
∂t Z
f1
g1d
3p1
(2π)
3
− Hg1
Z
|p1|
2
E1
4π|p1|
2 dp1
(2π
3
)
= ˙n −
Hg1
(2π)
3
4π
Z
|p1|
3
∂f1
∂E1
dE1
= ˙n + 3Hn,
(1.28)
where we have used Eq. (1.27) and (1.19), pdp = EdE and in the last step we have
performed a partial integration.
Now we turn to the collision term, which in integrated form and summed over spins
is written, in the case of annihilation of two particles 1 and 2 to two others, 3 and 4,
as
g1
Z
C[f1]
d
3p1
(2π)
3
=
−
X
spinsf1f2(1 ± f3)(1 ± f4)|M12→34|
2 − f3f4(1 ± f1)(1 ± f2)|M34→12|
2· (2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p1
(2π)
32E1
d
3p2
(2π)
32E2
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
, (1.29)
where the “+” sign applies for bosons and “−” for fermions. We assume that the
annihilation products 3 and 4 go quickly into equilibrium with the thermal plasma, such
that the density functions f3 and f4 in Eq. (1.29) can be replaced by the equilibrium
densities f
eq
3
and f
eq
4
, respectively. Furthermore, the δ-function in the integral enforces
E1 + E2 = E3 + E4 and, since f
eq
3
f
eq
4 ∝ exp
−
E3+E4
T, the product f
eq
3
f
eq
4
is replaced
by the corresponding product of the annihilating particle densities f
eq
1
f
eq
2
(principle of
detailed balance). In order to simplify the expression (1.29), we will apply the unitarit
1.4.2 The Boltzmann equation 17
condition which yields
X
spins
Z
|M34→12|
2
(2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
=
X
spins
Z
|M12→34|
2
(2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
(1.30)
and also the definition of the unpolarized cross section to write
X
spins
Z
|M12→34|
2
(2π)
4
δ
4
(p1 + p2 − p3 − p4)
d
3p3
(2π)
32E3
d
3p4
(2π)
32E4
=
4F g1g2 σ12→34, (1.31)
where F ≡ [(p1 · p2)
2 − m2
1m2
2
]
1/2
and the spin factors g1, g2 come from the average
over initial spins. This way, the collision term (1.29) is written in a more compact form
g1
Z
C[f1]
d
3p1
(2π)
3
= −
Z
σvMøl (dn1dn2 − dn
eq
1 dn
eq
2
), (1.32)
where σ =
P
(all f)
σ12→f is the total annihilation cross section summed over all the
possible final states and vMøl ≡
F
E1E2
. The so called Møller velocity, vMøl, is defined in
such a way that the product vMøln1n2 is invariant under Lorentz transformations and,
in terms of particle velocities ~v1 and ~v2, it is given by the expression
vMøl =
h
~v2
1 − ~v2
22
− |~v1 × ~v2|
2
i1/2
. (1.33)
Due to symmetry considerations, the distributions in kinetic equilibrium are proportional to those in chemical equilibrium, with a proportionality factor independent of
the momentum. Therefore, the collision term (1.32), both before and after decoupling,
can be written in the form
g1
Z
C[f1]
d
3p1
(2π)
3
= −hσvMøli(n1n2 − n
eq
1 n
eq
2
), (1.34)
where the thermal averaged total annihilation cross section times the Møller velocity
has been defined by the expression
hσvMøli =
R
σvMøldn
eq
1 dn
eq
2
R
dn
eq
1 dn
eq
2
. (1.35)
We will come back to the thermal averaged cross section in the next subsection.
We are, now, able to write the full integrated Boltzmann equation, using the expressions (1.28), (1.34) that we have derived for the Liouville and the collision term,
respectively. In the simplified but interesting case of identical particles 1 and 2, the
Boltzmann equation is, finally, written as
n˙ + 3Hn = −hσvMøli(n
2 − n
2
eq). (1.36)
18 Dark Matter
However, instead of using n, it is more convenient to take the expansion of the universe
into account and calculate the number density per comoving volume Y , which can be
defined as the ratio of the number and entropy densities: Y ≡ n/s. The total entropy
density S = R3
s (R is the scale factor) remains constant, hence we can obtain a
differential equation for Y by dividing (1.36) by S. Before we write the final form
of the Boltzmann equation that it is used for the relic density calculations, we have
to change the variable that parametrizes the comoving density. In practice, the time
variable t is not convenient and the temperature of the Universe (actually the photon
temperature, since the photons were the last particles that went out of equilibrium) is
used instead. However, it proves even more useful to use as time variable the quantity
defined by x ≡ m/T with m the DM mass, so that Eq. (1.36) transforms into
dY
dx
=
1
3H
ds
dx
hσvMøliY
2 − Y
2
eq
. (1.37)
Last, using the Hubble parameter (1.2) for a radiation dominated Universe and the
expressions (1.20), (1.21) for the energy and entropy density, the Boltzmann equation
is written in its final form
dY
dx
= −
r
45GN
π
g
1/2
∗ m
x
2
hσvMøliY
2 − Y
2
eq
, (1.38)
where the effective degrees of freedom g
1/2
∗ have been defined by
g
1/2
∗ ≡
heff
g
1/2
eff1 +
1
3
T
heff
dheff
dT. (1.39)
The equilibrium density per comoving volume Yeq ≡ neq/s can be expressed as
Yeq(x) = 45g
4π
4
x
2K2(x)
heff(m/x)
, (1.40)
with K2 the modified Bessel function of second kind.
1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section
We are going to derive a simple formula that one can use to calculate the thermal
average of the cross section times velocity, based again on the analysis of [38]. We will
use the assumption that equilibrium functions follow the Maxwell-Boltzmann distribution, instead of the actual Bose-Einstein or Fermi-Dirac. This is a well established
assumption if the freeze out occurs after T ≃ m/3 or for x >∼ 3, which is actually the
case for WIMPs. Under this assumption, the expression (1.35) gives, in the cosmic
comoving frame,
hσvMøli =
R
vMøle
−E1/T e
−E2/T d
3p1d
3p2
R
e
−E1/T e
−E2/T d
3p1d
3p2
. (1.4
1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section 19
The volume element can be written as d3p1d
3p2 = 4πp1dE14πp2dE2
1
2
cos θ, with θ the
angle between ~p1 and ~p2. After changing the integration variables to E+, E−, s given
by
E+ = E1 + E2, E− = E1 − E2, s = 2m2 + 2E1E2 − 2p1p2 cos θ, (1.42)
(with s = −(p1 − p2)
2 one of the Mandelstam variables,) the volume element becomes
d
3p1d
3p2 = 2π
2E1E2dE+dE−ds and the initial integration region
{E1 > m, E2 > m, | cos θ| ≤ 1i
transforms into
|E−| ≤
1 −
4m2
s
1/2
(E
2
+ − s)
1/2
, E+ ≥
√
s, s ≥ 4m2
. (1.43)
After some algebraic calculations, it can be found that the quantity hσvMøliE1E2
depends only on s, specifically vMølE1E2 =
1
2
p
s(s − 4m2
). Hence, the numerator of the expression (1.41), which after changing the integration variables reads
2π
2
R
dE+
R
dE−
R
dsσvMølE1E2e
−E+/T , can be written, eventually, as
Z
vMøle
−E1/T e
−E2/T = 2π
2
Z ∞
4m2
dsσ(s − 4m2
)
Z
dE+e
−E+/T (E
2
+ − s)
1/2
. (1.44)
The integral over E+ can be written with the help of the modified Bessel function of
the first kind K1 as √
s T K1(
√
s/T). The denominator of (1.41) can be treated in a
similar way, so that the thermal average is, finally, given by the expression
hσvMøli =
1
8m4TK2
2
(x)
Z ∞
4m2
ds σ(s)(s − 4m2
)
√
s K1(
√
s/T). (1.45)
Eqs. (1.38)–(1.40) along with this last Eq. (1.45) are all we need in order to calculate
the relic density of a WIMP, if its total annihilation cross section in terms of the
Mandelstam variable s is known.
In many cases, in order to avoid the numerical integration in Eq. (1.45), an approximation for hσvMøli can be used. The thermal average is expanded in powers of x
−1
(or, equivalently, in powers of the squared WIMP velocity):
hσvMøli = a + bx−1 + . . . . (1.46)
(The coefficient a corresponds to the s-wave contribution to the cross section, the
coefficient b to the p-wave contribution, and so on.) This partial wave expansion gives
a quite good approximation, provided there are no s-channel resonances and thresholds
for the final states [39].
In [40], it was shown that, after expanding the integrands of Eq. (1.41) in powers
of x
−1
, all the integrations can be performed analytically. As we saw, the expression
20 Dark Matter
vMølE1E2 depends on momenta only through s. Therefore, one can form the Lorentz
invariant quantity
w(s) ≡ σ(s)vMølE1E2 =
1
2
σ(s)
p
s(s − 4m2
). (1.47)
The integration involves the Taylor expansion of this quantity w around s/4m2 = 1
and the general formula for the partial wave expansion of the thermal average is [40]
hσvMøli =
1
m2w −
3
2
(2w − w
′
)x
−1 +
3
8
(16w − 8w
′ + 5w
′′)x
−2
−
5
16
(30w − 15w
′ + 3w
′′ − 7x
′′′)x
−3 + O(x
−4
)s/4m2=1
, (1.48)
where primes denote derivatives with respect to s/4m2 and all quantities have to be
evaluated at s = 4m2
.
1.5 Direct Detection of DM
Since the beginning of 1980s, it has been realized that besides the numerous facts showing evidence for the existence of these new dark particles, it is also possible to detect
them directly. Already in 1985, two pioneering articles [41, 42] appeared, describing
the detection methods for WIMPs. Since WIMPs are expected to cluster gravitationally together with ordinary stars in the Milky Way halo, they would pass also through
Earth and, in principle, they can be detected through scattering with the nuclei in a
detector’s material. In practice, one has to measure the recoil energy deposited by this
scattering.
However, although one can deduce from rotation curves that DM dominates the
dark halo in the outer parts of our galaxy, it is not so obvious from direct measurements
whether there is any substantial amount of DM inside the solar radius R0 ≃ 8 kpc.
Using indirect methods (involving the determination of the gravitational potential,
through the measuring of the kinematics of stars, both near the mid-plane of the
galactic disk and at heights several times the disk thickness), it is almost certain
that the DM is also present in the solar system, with a local density ρ0 = (0.3 ±
0.1) GeV cm−3
[43].
This value for the local density implies that for a WIMP mass of order ∼ 100 GeV,
the local number density is n0 ∼ 10−3
cm−3
. It is also expected that the WIMPs
velocity is similar to the velocity with which the Sun orbits around the galactic center
(v0 ≃ 220 km s−1
), since they are both moving under the same gravitational potential.
These two quantities allow to estimate the order of magnitude of the incident flux
of WIMPs on the Earth: J0 = n0v0 ∼ 105
cm−2
s
−1
. This value is manifestly large,
but the very weak interactions of the DM particles with ordinary matter makes their
detection a difficult, although in principle feasible, task. In order to compensate for
the very low WIMP-nucleus scattering cross section, very large detectors are required.
1.5.1 Elastic scattering event rate 21
1.5.1 Elastic scattering event rate
In the following, we will confine ourselves to the elastic scattering with nuclei. Although
inelastic scattering of WIMPs off nuclei in a detector or off orbital electrons producing
an excited state is possible, the event rate of these processes is quite suppressed. In
contrast, during an elastic scattering the nucleus recoils as a whole.
The direct detection experiments measure the number of events per day and per
kilogram of the detector material, as a function of the amount of energy Q deposited
in the detector. This event rate would be given by R = nWIMP nnuclei σv in a simplified
model with WIMPs moving with a constant velocity v. The number density of WIMPs
is nWIMP = ρ0/mX and the number density of nuclei is just the ratio of the detector’s
mass over the nuclear mass mN .
For accurate calculations, one should take into account that the WIMPs move in the
halo not with a uniform velocity, but rather following a velocity distribution f(v). The
Earth’s motion in the solar system should be included into this distribution function.
The scattering cross section σ also depends on the velocity. Actually, the cross section
can be parametrized by a nuclear form factor F(Q) as
dσ =
σ
4m2
r
v
2
F
2
(Q)d|~q|
2
, (1.49)
where |~q|
2 = 2m2
r
v
2
(1 − cos θ) is the momentum transferred during the scattering,
mr =
mXmN
mX+mN
is the reduced mass of the WIMP – nucleus system and θ is the scattering
angle in the center of momentum frame. Therefore, one can write a general expression
for the differential event rate per unit detector mass as
dR =
ρ0
mX
1
mN
σF2
(Q)d|~q|
2
4m2
r
v
2
vf(v)dv. (1.50)
The energy deposited in the detector (transferred to the nucleus through one elastic
scattering) is
Q =
|~q|
2
2mN
=
m2
r
v
2
mN
(1 − cos θ). (1.51)
Therefore, the differential event rate over deposited energy can be written, using the
equations (1.50) and (1.51), as
dR
dQ
=
σρ0
√
πv0mXm2
r
F
2
(Q)T(Q), (1.52)
where, following [37], we have defined the dimensionless quantity T(Q) as
T(Q) ≡
√
π
2
v0
Z ∞
vmin
f(v)
v
dv, (1.53)
with the minimum velocity given by vmin =
qQmN
2m2
r
, obtained by Eq. (1.51). Finally,
the event rate R can be calculated by integrating (1.52) over the energy
R =
Z ∞
ET
dR
dQ
dQ. (1.54)
22 Dark Matter
The integration is performed for energies larger than the threshold energy ET of the
detector, below which it is insensitive to WIMP-nucleus recoils.
Using Eqs. (1.54) and (1.52), one can derive the scattering cross section from the
event rate. The experimental collaborations prefer to give their results already in terms
of the scattering cross section as a function of the WIMP mass. To be more precise,
the WIMP-nucleus total cross section consists of two parts: the spin-dependent (SD)
cross section and the spin-independent (SI) one. The former comes from axial current
couplings, whereas the latter comes from scalar-scalar and vector-vector couplings.
The SD cross section is much suppressed compared to the SI one in the case of heavy
nuclei targets and it vanishes if the nucleus contains an even number of nucleons, since
in this case the total nuclear spin is zero.
We see that two uncertainties enter the above calculation: the exact value of the
local density ρ0 and the exact form of the velocity distribution f(v). To these, one
has to include one more. The cross section σ that appears in the previous expressions
concerns the WIMP-nucleon cross section. The couplings of a WIMP with the various
quarks that constitute the nucleon are not the same and the WIMP-nucleon cross
section depends strongly on the exact quark content of the nucleon. To be more
precise, the largest uncertainty lies on the strange content of the nucleon, but we shall
return to this point when we will calculate the cross section in a specific particle theory,
the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model, in Sec. 3.5.1.
1.5.2 Experimental status
The situation of the experimental results from direct DM searches is a bit confusing. The null observations in most of the experiments led them to set upper limits
on the WIMP-nucleon cross section. These bounds are quite stringent for the spinindependent cross section7
, especially in the regime of WIMP masses of the order of
100 GeV. However, some collaborations have already reported possible DM signals,
mainly in the low mass regime. The preferred regions of these experiments do not
coincide, while some of them have been already excluded by other experiments. The
present picture, for WIMP masses ranging from 5 to 1000 GeV, is summarized in Fig.
1.5, 1.6.
Fig. 1.5 mainly presents upper bounds coming from XENON100 [44]. XENON100
[46] is an experiment located at the Gran Sasso underground laboratory in Italy. It
contains in total 165 kg of liquid Xenon, with 65 kg acting as target mass and the
rest shielding the detector from background radiation. For these upper limits, 225
live days of data were used. The minimum value for the predicted upper bounds on
the cross section is 2 · 10−45 cm2
for WIMP mass ∼ 55 GeV (at 90% confidence level),
almost one order of magnitude lower than the previously released limits [47] by the
same collaboration, using 100 live days of data.
The stringent upper bounds up-to-date (at least for WIMP mass larger than about
7 GeV) come from the first results of the LUX experiment (see Fig. 1.6), after the first
7For the spin-dependent scattering, the exclusion limits are quite relaxed. Hence, we will focus on
the SI cross sections.
1.5.2 Experimental status 23
Figure 1.5: The XENON100 exclusion limit (thick blue line), along with the expected
sensitivity in green (1σ) and yellow (2σ) band. Other upper bounds are also shown as
well as detection claims. From [44].
85.3 live-days of its operation [45]. LUX [53] is a detector containing liquid Xenon, as
XENON100, but in larger quantity, with total mass 370 kg. Its operation started on
April 2013 with a goal to clearly detect or exclude WIMPs with a spin independent
cross section ∼ 2 · 10−46 cm2
.
In Fig. 1.5, except of the XENON100 bounds and other experimental limits on larger
WIMP-nucleon cross section, some detection claims also appear. These come from
DAMA [48,49], CoGeNT [50] and CRESST-II [51] experiments. The first positive result
came from DAMA [52], back in 2000. Since then, the experiment has accumulated 1.17
ton-yr of data over 13 years of operation. DAMA consists of 250 kg of radio pure NaI
scintillator and looks for the annual modulation of the WIMP flux in order to reduce
the influence of the background.
The annual modulation of the DM flux (see [54] for a recent review) is due to the
Earth’s orbital motion relative to the rotation of the galactic disk. The galactic disk
rotation through an essentially non-rotating DM halo, creates an effective DM wind in
the solar frame. During the earth’s heliocentric orbit, this wind reaches a maximum
when the Earth is moving fastest in the direction of the disk rotation (this happens
in the beginning of June) and a minimum when it is moving fastest in the opposite
direction (beginning of December).
DAMA claims an 8.9σ annual modulation with a minimum flux on May 26±7 days,
consistent with the expectation. Since the detector’s target consists of two different
nuclei and the experiment cannot distinguish between sodium and iodine recoils, there
24 Dark Matter
Figure 1.6: The LUX 90% confidence exclusion limit (blue line) with the 1σ range
(shaded area). The XENON100 upper bound is represented by the red line. The inset
shows also preferred regions by CoGeNT (shaded light red), CDMS II silicon detector
(shaded green), CRESST II (shaded yellow) and DAMA (shaded gray). From [45].
is no model independent way to determine the exact region in the cross section versus
WIMP mass plane to which the observed modulation corresponds. However, one can
assume two cases: one that the WIMP scattering off the sodium nucleus dominates the
recoil energy and the other with the iodine recoils dominating. The former corresponds
[55] to a light WIMP (∼ 10 GeV) and quite large scattering cross section and the latter
to a heavier WIMP (∼ 50 to 100 GeV) with smaller cross section (see Fig. 1.5).
The positive result of DAMA was followed many years later by the ones of CoGeNT
and CRESST-II, and more recently by the silicon detector of CDMS [56] (Fig. 1.7).
The discrepancy of the results raised a lot of debates among the experiments (for
example, [64–67]) and by some the positive results are regarded as controversial. On
the other hand, it also raised an effort to find a physical explanation behind this
inconsistency (see, for example, [68–71]).
1.6 Indirect Methods for DM Detection
The same annihilation processes that determined the DM relic abundance in the early
Universe also occur today in galactic regions where the DM concentration is higher.
This fact rises the possibility of detecting potential WIMP pair annihilations indirectly
through their imprints on the cosmic rays. Therefore, the indirect DM searches aim
at the detection of an excess over the known astrophysical background of charged
particles, photons or neutrinos.
Charged particles – electrons, protons and their antiparticles – may originate from
direct products (pair of SM particles) of WIMP annihilations, after their decay and
1.6 Indirect Methods for DM Detection 25
Figure 1.7: The blue contours represent preferred regions for a possible signal at 68%
and 90% C.L. using the silicon detector of CMDS [56]. The blue dotted line represents
the upper limit obtained by the same analysis and the blue solid line is the combined
limit with the silicon CDMS data set reported in [57]. Other limits also appear:
from the CMDS standard germanium detector (light and dark red dashed line, for
standard [58] and low threshold analysis [59], respectively), EDELWEISS [60] (dashed
orange), XENON10 [61] (dash-dotted green) and XENON100 [44] (long-dash-dotted
green). The filled regions identify possible signal regions associated with data from
CoGeNT [62] (dashed yellow, 90% C.L.), DAMA [49,55] (dotted tan, 99.7% C.L.) and
CRESST-II [51, 63] (dash-dotted pink, 95.45% C.L.) experiments. Taken from [56].
through the process of showering and hadronization. Although the exact shape of the
resulting spectrum would depend on the specific process, it is expected to show a steep
cutoff at the WIMP mass. Once produced in the DM halo, the charged particles have
to travel to the point of detection through the turbulent galactic field, which will cause
diffusion. Apart from that, a lot of processes disturb the propagation of the charged
particles, such as bremsstrahlung, inverse Compton scattering with CMB photons and
many others. Therefore, the uncertainties that enter the propagation of the charged
flux until it reaches the telescope are important (contrary to the case of photons and
neutrinos that propagate almost unperturbed through the galaxy).
As in the case of direct detection, the experimental status of charged particle detection concerning the DM is confusing. After some hints from HEAT [72] and AMS01 [73] (the former a far-infrared telescope in Antarctica, the latter a spectrometer,
prototype for AMS-02 mounted on the International Space Station [74]), the PAMELA
satellite observed [75, 76] a steep increase in the energy spectrum of positron fraction
e
+/(e
+ + e
−)
8
. Later FERMI satellite [77] and AMS-02 [78] confirmed the results up
8The searches for charged particles focus on the antiparticles in order to have a reduced background,
26 Dark Matter
Figure 1.8: A compilation of data of charged cosmic rays, together with plausible but
uncertain astrophysical backgrounds, taken from [79]. Left: Positron flux. Center:
Antiproton flux. Right: Sum of electrons and positrons.
to energies of ∼ 200 GeV. However, the excess of positrons is not followed by an excess
of antiprotons, whose flux seems to coincide with the predicted background [75]. In
Fig. 1.8, three plots summarizing the situation are shown [79].
The observed excess is very difficult to explain in terms of DM [79]. To begin with,
the annihilation cross section required to reproduce the excess is quite large, many
orders of magnitude larger than the thermal cross section. Moreover, an “ordinary”
WIMP with large annihilation cross section giving rise to charged leptons is expected
to give, additionally, a large number of antiprotons, a fact in contradiction with the
observations. Although a lot of work has been done to fit a DM particle to the observed
pattern, it is quite possible that the excesses come from a yet unknown astrophysical
source. We are not going to discuss further this matter, but we end with a comment.
If this excess is due to a source other than DM, then a possible DM positron excess
would be lost under this formidable background.
A last hint for DM came from the detection of highly energetic photons. However,
we will interrupt this discussion, since this signal and a possible explanation is the
subject of Ch. 4. There, we will also see the upper bounds on the annihilation cross
section being set due to the absence of excesses in diffuse γ radiation.
since they are much less abundant than the corresponding particles.
CHAPTER 2
PARTICLE PHYSICS
Since the DM comprises of particles, it should be explained by a general particle physics
theory. We start in the following section by describing the Standard Model (SM) of
particle physics. Although the SM describes so far the fundamental particles and their
interactions quite accurately, it cannot provide a DM candidate. Besides, the SM
suffers from some theoretical problems, which we discuss in Sec. 2.2. We will see that
these problems can be solved if one introduces a new symmetry, the supersymmetry,
which we describe in Sec. 2.3. We finish this chapter by briefly describing in Sec. 2.4 a
supersymmetric extension of the SM with the minimal additional particle content, the
Minimal Supersymmetric Standard Model (MSSM).
2.1 The Standard Model of Particle Physics
The Standard Model (SM) of particle physics1
consists of two well developed theories,
the quantum chromodynamics (QCD) and the electroweak (EW) theory. The former
describes the strong interactions among the quarks, whereas the latter describes the
electroweak interactions (the weak and electromagnetic interactions in a unified context) between fermions. The EW theory took its final form in the late 1960s by the
introduction by S. Weinberg [85] and A. Salam [86] of the Higgs mechanism that gives
masses to the SM particles, which followed the unification of electromagnetic and weak
interactions [87,88]. At the same time, the EW model preserves the gauge invariance,
making the theory renormalizable, as shown later by ’t Hooft [89]. On the other hand,
QCD obtained its final form some years later, after the confirmation of the existence
of quarks. Of course, the history of the SM is much longer and it can be traced back to
1920s with the formulation of a theoretical basis for a Quantum Field Theory (QFT).
Since then, the SM had many successes. The SM particle content was completed with
the discovery of the heaviest of the quarks, the top quark [90,91], in 1995 and, recently,
with the discovery of the Higgs boson [92, 93].
1There are many good textbooks on the SM and Quantum Field Theory, e.g. [80–84].
28 Particle Physics
The key concept within the SM, as in every QFT, is that of symmetries. Each
interaction respects a gauge symmetry, based on a Lie algebra. The strong interaction is
described by an SU(3)c symmetry, where the subscript c stands for color, the conserved
charge of strong interactions. The EW interactions, on the other hand, are based on
a SU(2)L × U(1)Y Lie algebra. Here, as we will subsequently see, L refers to the
left-handed fermions and Y is the hypercharge, the conserved charge under the U(1).
SU(2)L conserves a quantity known as weak isospin I. Therefore, the SM contains the
internal symmetries of the unitary product group
SU(2)L × U(1)Y × SU(3)c. (2.1)
2.1.1 The particle content of the SM
We mention for completeness that particles are divided into two main classes according
to the statistics they follow. The bosons are particles with integer spin and follow the
Bose-Einstein distribution, whereas fermions have half-integer spin and follow the
Dirac-Einstein statistics, obeying the Pauli exclusion principle. In the SM, all the
fermions have spin 1/2, whereas the bosons have spin 1 with only exception the Higgs
boson, which is a scalar (spin zero). We begin the description of the SM particles with
the fermions.
Each fermion is classified in irreducible representations of each individual Lie algebra, according to the conserved quantum numbers, i.e. the color C, the weak isospin
I and the hypercharge Y . A first classification of fermions can be done into leptons
and quarks, which transform differently under the SU(3)c. Leptons are singlets under
this transformation, while quarks act as triplets (the fundamental representation of
this group). The EW interactions violate maximally the parity symmetry and SU(2)L
acts only on states with negative chirality (left-handed). A Dirac spinor Ψ can be
decomposed into left and right chirality components using, respectively, the projection
operators PL =
1
2
(1 − γ5) and PR =
1
2
(1 + γ5):
ΨL = PLΨ and ΨR = PRΨ. (2.2)
Left-handed fermions have I = 1/2, with a third component of the isospin I3 = ±1/2.
Fermions with positive I3 are called up-type fermions and those with negative are
called down-type. These behave the same way under SU(2)L and form doublets with
one fermion of each type. On the other hand, right-handed fermions have I = 0 and
form singlets that do not undergo weak interactions. The hypercharge is written in
terms of the electric charge Q and the third component of the isospin I3 through the
Gell-Mann–Nishijima relation:
Q = I3 + Y/2. (2.3)
Therefore, left- and right-handed components transform differently under the U(1)Y ,
since they have different hypercharge.
The fermionic sector of the SM comprises three generations of fermions, transforming as spinors under Lorentz transformations. Each generation has the same structure.
For leptons, it is an SU(2)L doublet with components consisting of one left-handed
2.1.2 The SM Lagrangian 29
charged lepton and one neutrino (neutrinos are only left-handed in the SM), along
with a gauge singlet right-handed charged lepton. The quark doublet consists of an
up- (u) and a down-type (d) (left-handed) quark and the pattern is completed by the
two corresponding SU(2)L singlet right-handed quarks. We write these representations
as
Quarks: Q ≡u
i
L
d
i
L
!
, ui
R, di
R Leptons: L ≡ν
i
L
e
i
L
!
, ei
R, (2.4)
with i = 1, 2, 3 the generation index.
Having briefly described the fermionic sector, we turn to the bosonic sector of
the SM. It consists of the gauge bosons that mediate the interactions and the Higgs
boson that gives masses to the particles through a spontaneous symmetry breaking,
the electroweak symmetry breaking (EWSB) [94–98], which we shall describe in Sec.
2.1.3. Before the EWSB, these bosons are
• three Wa
µ
(a = 1, 2, 3) weak bosons, associated with the generators of SU(2)L,
• one neutral Bµ boson, associated with the generator of U(1)Y ,
• eight gluons Ga
µ
(a = 1, . . . , 8), associated with the generators of SU(3)c, and
• the complex scalar Higgs doublet Φ =
φ
+
φ
0
!
.
After the EWSB, the EW boson states mix and give the two W± bosons, the neutral
Z boson and the massless photon γ. From the symmetry breaking, one scalar degree of
freedom remains which is the famous (neutral) Higgs boson [97–99]. We will return to
the mixed physical states, after describing the Higgs mechanism for symmetry breaking.
A complete list of the SM particles (the physical states after EWSB) is shown in Table
2.1.
2.1.2 The SM Lagrangian
The gauge bosons are responsible for the mediation of the interactions and are associated with the generators of the corresponding symmetry. The EW gauge bosons Bµ
and Wa
µ
are associated, respectively, with the generator Y of the U(1)Y and the three
generators T
a
2
of the SU(2)L. The latter are defined as half of the Pauli matrices τ
a
(T
a
2 =
1
2
τ
a
) and they obey the algebraT
a
2
, Tb
2= iǫabcT
c
2
, (2.5)
where ǫ
abc is the fully antisymmetric Levi-Civita tensor. The eight gluons are associated
with an equal number of generators T
a
3
(Gell-Mann matrices) of SU(3)c and obey the
Lie algebraT
a
3
, Tb
3= if abcT
c
3
, with Tr
T
a
3 T
b
3=
1
2
δ
ab
, (2.6)
30 Particle Physics
Name symbol mass charge (|e|) spin
Leptons
electron e 0.511 MeV −1 1/2
electron neutrino νe 0 (<2 eV) 0 1/2
muon µ 105.7 MeV −1 1/2
muon neutrino νµ 0 (<2 eV) 0 1/2
tau τ 1.777 GeV −1 1/2
tau neutrino ντ 0 (<2 eV) 0 1/2
Quarks
up u 2.7
+0.7
−0.5 MeV 2/3 1/2
down d 4.8
+0.7
−0.3 MeV −1/3 1/2
strange s (95 ± 5) MeV −1/3 1/2
charm c (1.275 ± 0.025) GeV 2/3 1/2
bottom b (4.18 ± 0.03) GeV −1/3 1/2
top t (173.5 ± 0.6 ± 0.8) GeV 2/3 1/2
Bosons
photon γ 0 (<10−18 eV) 0 (<10−35) 1
W boson W± (80.385 ± 0.015) GeV ±1 1
Z boson Z (91.1876 ± 0.0021) GeV 0 1
gluon g 0 (.O(1) MeV) 0 1
Higgs H
(125.3 ± 0.4 ± 0.5) GeV
0 0
(126.0 ± 0.4 ± 0.4) GeV
Table 2.1: The particle content of the SM. All values are those given in [100], except of
the Higgs mass that is taken from [92, 93] (up and down row, respectively), assuming
that the observed excess corresponds to the SM Higgs. The u, d and s quark masses
are estimates of so-called “current-quark masses” in a mass-independent subtraction
scheme as MS at a scale ∼ 2 GeV. The c and b quark masses are the running masses
in the MS scheme. The values in the parenthesis are the current experimental limits.
with f
abc the structure constants of the group.
Using the structure constants of the corresponding groups, we define the field
strengths for the gauge bosons as
Bµν ≡ ∂µBν − ∂νBµ, (2.7a)
Wµν ≡ ∂µWa
ν − ∂νWa
µ + g2ǫ
abcWb
µWc
ν
(2.7b)
and
G
a
µν ≡ ∂µG
a
ν − ∂νG
a
µ + g3f
abcG
b
µG
c
ν
. (2.7c)
2.1.2 The SM Lagrangian 31
We use the notation g1, g2 and g3 for the coupling constants of U(1)Y , SU(2)L and
SU(3)c, respectively. As in any Yang-Mills theory, the non-abelian gauge groups lead
to self-interactions, which is not the case for the abelian U(1)Y group.
Before we finally write the full Lagrangian, we have to introduce the covariant
derivative for fermions, which in a general form can be written as
DµΨ =
∂µ − ig1
1
2
Y Bµ − ig2T
a
2 Wa
µ − ig3T
a
3 G
a
µΨ. (2.8)
This form has to be understood as that, depending on Ψ, only the relevant terms
apply, hence for SU(2)L singlet leptons only the two first terms inside the parenthesis
are relevant, for doublet leptons the three first terms and for the corresponding quark
singlets and doublets the last term also participates. We also have to notice that in
order to retain the gauge symmetry, mass terms are forbidden in the Lagrangian. For
example, the mass term mψψ¯ = mψ¯
LψR + ψ¯
RψL(with ψ¯ ≡ ψ
†γ
0
) is not invariant
under SU(2)L. This paradox is solved by the introduction of the Higgs scalar field
(see next subsection). The SM Lagrangian can be now written2
, split for simplicity in
three parts, each describing the gauge bosons, the fermions and the scalar sector,
LSM = Lgauge + Lfermion + Lscalar, (2.9)
with
Lgauge = −
1
4
G
a
µνG
µν
a −
1
4
Wa
µνWµν
a −
1
4
BµνB
µν
, (2.10a)
Lfermion = iL¯Dµγ
µL + ie¯RDµγµeR
+ iQ¯Dµγ
µQ + iu¯RDµγ
µuR + i
¯dRDµγ
µ
dR
−heL¯ΦeR + hdQ¯ΦdR + huQ¯ΦeuR + h.c.
(2.10b)
and
Lscalar = (DµΦ)†
(DµΦ) − V (Φ†Φ), (2.10c)
where
V (Φ†Φ) = µ
2Φ
†Φ + λΦ
†Φ
2
(2.11)
is the scalar Higgs potential. Φ is the conjugate of Φ, related to the charge conjugate e
by Φ =e iτ2Φ
⋆
, with τi the Pauli matrices. The covariant derivative acting on the Higgs
scalar field gives
DµΦ =
∂µ − ig1
1
2
Y Bµ − ig2T
a
2 Wa
µΦ. (2.12)
Before we proceed to the description of the Higgs mechanism, a last comment concerning the SM Lagrangian is in order. If we restore the generation indices, we see that
2For simplicity, from now on we are going to omit the generations indice
32 Particle Physics
the Yukawa couplings h are 3 × 3, in general complex, matrices. As any complex matrix, they can be diagonalized with the help of two unitary matrices VL and VR, which
are related by VR = U
†VL with U again a unitary matrix. The diagonalization in the
quark sector to the mass eigenstates induces a mixing among the flavors (generations),
described by the Cabibbo–Kobayashi–Maskawa (CKM) matrix [101, 102]. The CKM
matrix is defined by
VCKM ≡ V
u
L
†
V
d
L
†
, (2.13)
where V
u
L
, V
d
L
are the unitary matrices that diagonalize the Yukawa couplings Hu
, Hd
,
respectively. This product of the two matrices appears in the charged current when it
is expressed in terms of the observable mass eigenstates.
2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism
We will start by examining the scalar potential (2.11). The vacuum expectation value
(vev) of the Higgs field hΦi ≡ h0|Φ|0i is given by the minimum of the potential. For
µ
2 > 0, the potential is always non-negative and Φ has a zero vev. The hypothesis of
the Higgs mechanism is that µ
2 < 0. In this case, the field Φ will acquire a vev
hΦi =
1
20
v
!
with v =
r
−
µ2
λ
. (2.14)
Since the charged component of Φ still has a zero vev, the U(1)Q symmetry of quantum
electrodynamics (QED) remains unbroken.
We expand the field Φ around the minima v in terms of real fields, and at leading
order we have
Φ(x) =
θ2(x) + iθ1(x)
√
1
2
(v + H(x)) − iθ3(x)
!
=
1
√
2
e
iθa(x)τ
a0
v + H(x)
!
. (2.15)
We can eliminate the unphysical degrees of freedom θa, using the fact that the theory
remains gauge invariant. Therefore, we perform the following SU(2)L gauge transformation on Φ (unitary gauge)
Φ(x) → e
−iθa(x)τ
a
Φ(x), (2.16)
so that
Φ(x) = 1
√
20
v + H(x)
!
. (2.17)
We are going to use the following definitions for the gauge fields
W±
µ ≡
1
2W1
µ ∓ iW2
µ, (2.18a)
Zµ ≡
1
p
g
2
1 + g
2
2g2W3
µ − g1Bµ, (2.18b)
Aµ ≡
1
p
g
2
1 + g
2
2g1W3
µ + g2Bµ, (2.1
2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry 33
Then, the kinetic term for Φ (see Eq. (2.10c)) can be written in the unitary gauge as
(DµΦ)†
(D
µΦ) = 1
2
(∂µH)
2 + M2
W W+
µ W−µ +
1
2
M2
ZZµZ
µ
, (2.19)
with
MW ≡
1
2
g2v and MZ ≡
1
2
q
g
2
1 + g
2
2
v. (2.20)
We see that the definitions (2.18) correspond to the physical states of the gauge bosons
that have acquired masses due to the non-zero Higgs vev, given by (2.20). The photon
has remained massless, which reflects the fact that after the spontaneous breakdown of
SU(2)L × U(1)Y the U(1)Q remained unbroken. Among the initial degrees of freedom
of the complex scalar field Φ, three were absorbed by W± and Z and one remained as
the neutral Higgs particle with squared mass
m2
H = 2λv2
. (2.21)
We note that λ should be positive so that the scalar potential (2.11) is bounded from
below.
Fermions also acquire masses due to the Higgs mechanism. The Yukawa terms in
the fermionic part (2.10b) of the SM Lagrangian are written, after expanding around
the vev in the unitary gauge,
LY = −
1
√
2
hee¯L(v + H)eR −
1
√
2
hd
¯dL(v + H)dR −
1
√
2
huu¯L(v + H)uR + h.c. . (2.22)
Therefore, we can identify the masses of the fermions as
me
i =
h
i
e
v
√
2
, md
i =
h
i
d
v
√
2
, mui =
h
i
u
v
√
2
, (2.23)
where we have written explicitly the generation indices.
2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry
2.2.1 General discussion of the SM problems
The SM has been proven extremely successful and has been tested in high precision
in many different experiments. It has predicted many new particles before their final
discovery and also explained how the particles gain their masses. Its last triumph was
of course the discovery of a boson that seems to be very similar to the Higgs boson of
the SM. However, it is generally accepted that the SM cannot be the ultimate theory. It
is not only observed phenomena that the SM does not explain; SM also faces important
theoretical issues.
The most prominent among the inconsistencies of the SM with observations is the
oscillations among neutrinos of different generations. In order for the oscillations to
34 Particle Physics
φ φ
k
Figure 2.1: The scalar one-loop diagram giving rise to quadratic divergences.
occur, neutrinos should have non-zero masses. However, minimal modifications of the
SM are able to fit with the data of neutrino physics. Another issue that a more complete theory has to face is the matter asymmetry, the observed dominance of matter
over antimatter in the Universe. In addition, in order to comply with the standard
cosmological model, it has to provide the appropriate particle(s) that drove the inflation. Last, but not least, we saw that in order to explain the DM that dominates the
Universe, a massive, stable weakly interacting particle must exist. Such a particle is
not present in the SM.
On the other hand, the SM also suffers from a theoretical perspective. For example,
the SM counts 19 free parameters; one expects that a fundamental theory would have
a much smaller number of free parameters. Simple modifications of the SM have been
proposed relating some of these parameters. Grand unified theories (GUTs) unify
the gauge couplings at a high scale ∼ 1016 GeV. However, this unification is only
approximate unless the GUT is embedded in a supersymmetric framework. Another
serious problem of the SM is that of naturalness. This will be the topic of the following
subsection.
2.2.2 The naturalness problem of the SM
The presence of fundamental scalar fields, like the Higgs, gives rise to quadratic divergences. The diagram of Fig. 2.1 contributes to the squared mass of the scalar
δm2 = λ
Z Λ
d
4k
(2π)
4
k
−2
. (2.24)
This contribution is approximated by δm2 ∼ λΛ
2/(16π
2
), quadratic in a cut-off Λ,
which should be finite. For the case of the Higgs scalar field, one has to include its
couplings to the gauge fields and the top quark3
. Therefore,
δm2
H =
3Λ2
8π
2v
24m2
t − 2M2
W − M2
Z − m2
H+ O(ln Λ
µ
), (2.25)
where we have used Eq. (2.21) and m2
H ≡ m2
0 + δm2
H.
3Since the contribution to the squared mass correction are quadratic in the Yukawa couplings (or
quark masses), the lighter quarks can be neglected
2.2.3 A way out 35
Taking Λ as a fundamental scale Λ ∼ MP l ∼ 1019 GeV we have
m2
0 = m2
H −
3Λ2
8π
2v
24m2
t − 2M2
W − M2
Z − m2
H(2.26)
and we can see that m2
0 has to be adjusted to a precision of about 30 orders of magnitude
in order to achieve an EW scale Higgs mass. This is considered as an intolerable finetuning, which is against the general belief that the observable properties of a theory
have to be stable under small variations of the fundamental (bare) parameters. It is
exactly the above behavior that is considered as unnatural. Although the SM could
be self-consistent without imposing a large scale, grand unification of the parameters
introduce a hierarchy problem between the different scales.
A more strict definition of naturalness comes from ’t Hooft [103], which we rewrite
here:
At an energy scale µ, a physical parameter or set of physical parameters
αi(µ) is allowed to be very small only if the replacement αi(µ) = 0 would
increase the symmetry of the system.
Clearly, this is not the case here. Although mH is small compared to the fundamental
scale Λ, it is not protected by any symmetry and a fine-tuning is necessary.
2.2.3 A way out
The naturalness in the ’t Hooft sense is inspired by quantum electrodynamics, which is
the archetype for a natural theory. For example, the corrections to the electron mass
me are themselves proportional to me, with a dimensionless proportionality factor that
behaves like ∼ ln Λ. In general, fermion masses are protected by the chiral symmetry; small values (compared to the fundamental scale) of these masses enhances the
symmetry.
If a new symmetry exists in nature, relating fermion fields to scalar fields, then each
scalar mass would be related somehow to the corresponding fermion mass. Therefore,
the scalar mass itself can be naturally small compared to Λ, since this would mean
that the fermion mass is small, which enhances the chiral symmetry. Such a symmetry,
relating bosons to fermions and vice versa, is known as supersymmetry [104, 105].
Actually, as we will see later, if this new symmetry remains unbroken, the masses of
the conjugate bosons and fermions would have to be equal.
In order to make the above statement more concrete, we consider a toy model with
two additional complex scalar fields feL and feR. We will discuss only the quadratic
divergences that come from corrections to the Higgs mass due to a fermion. The
generalization for the contributions from the gauge bosons or the self-interaction is
straightforward. The interactions in this toy model of the new scalar fields with the
Higgs are described by the Lagrangian
Lfefφe = λfe|φ|
2|feL|
2 + |feR|
2. (2.27
36 Particle Physics
It can be easily checked that the quadratic divergence coming from a fermion at one
loop is exactly canceled, as long as the new quartic coupling λfe obeys the relation
λfe = −λ
2
f
(λf is the Yukawa coupling for the fermion f).
2.3 A brief summary of Supersymmetry
Supersymmetry (SUSY) is a symmetry relating fermions and bosons. The supersymmetry transformation should turn a boson state into a fermion state and vice versa. If
Q is the operator that generates such transformations, then
Q |bosoni = |fermioni Q |fermioni = |bosoni. (2.28)
Due to commutation and anticommutation rules of bosons and fermions, Q has to
be an anticommuting spinor operator, carrying spin angular momentum 1/2. Since
spinors are complex objects, the hermitian conjugate Q†
is also a symmetry operator4
.
There is a no-go theorem, the Coleman-Mandula theorem [106], that restricts the
conserved charges which transform as tensors under the Lorentz group to the generators
of translations Pµ and the generators of Lorentz transformations Mµν. Although this
theorem can be evaded in the case of supersymmetry due to the anticommutation
properties of Q, Q†
[107], it restricts the underlying algebra of supersymmetry [108].
Therefore, the basic supersymmetric algebra can be written as5
{Q, Q†
} = P
µ
, (2.29a)
{Q, Q} = {Q
†
, Q†
} = 0, (2.29b)
[P
µ
, Q] = [P
µ
, Q] = 0. (2.29c)
In the following, we summarize the basic conclusions derived from this algebra.
• The single-particle states of a supersymmetric theory fall into irreducible representations of the SUSY algebra, called supermultiplets. A supermultiplet contains
both fermion and boson states, called superpartners.
• Superpartners must have equal masses: Consider |Ωi and |Ω
′
i as the superpartners, |Ω
′
i should be proportional to some combination of the Q and Q† operators
acting on |Ωi, up to a space-time translation or rotation. Since −P
2
commutes
with Q, Q† and all space-time translation and rotation operators, |Ωi, |Ω
′
i will
have equal eigenvalues of −P
2 and thus equal masses.
• Superpartners must be in the same representation of gauge groups, since Q, Q†
commute with the generators of gauge transformations. This means that they
have equal charges, weak isospin and color degrees of freedom.
4We will confine ourselves to the phenomenologically more interesting case of N = 1 supersymmetry, with N referring to the number of distinct copies of Q, Q†
.
5We present a simplified version, omitting spinor indices in Q and Q†
.
2.3 A brief summary of Supersymmetry 37
• Each supermultiplet contains an equal number of fermion and boson degrees of
freedom (nF and nB, respectively): Consider the operator (−1)2s
, with s the spin
angular momentum, and the states |ii that have the same eigenvalue p
µ of P
µ
.
Then, using the SUSY algebra (2.29) and the completeness relation P
i
|ii hi| =
1, we have P
i
hi|(−1)2sP
µ
|ii = 0. On the other hand, P
i
hi|(−1)2sP
µ
|ii =
p
µTr [(−1)2s
] ∝ nB − nF . Therefore, nF = nB.
As addendum to the last point, we see that two kind of supermultiplets are possible
(neglecting gravity):
• A chiral (or matter or scalar ) supermultiplet, which consists of a single Weyl
fermion (with two spin helicity states, nF = 2) and two real scalars (each with
nB = 1), which can be replaced by a single complex scalar field.
• A gauge (or vector ) supermultiplet, which consists of a massless spin 1 boson
(two helicity states, nB = 2) and a massless spin 1/2 fermion (nF = 2).
Other combinations either are reduced to combinations of the above supermultiplets
or lead to non-renormalizable interactions.
It is possible to study supersymmetry in a geometric approach, using a space-time
manifold extended by four fermionic (Grassmann) coordinates. This manifold is called
superspace. The fields, in turn, expressed in terms of the extended set of coordinates
are called superfields. We are not going to discuss the technical details of this topic
(the interested reader may refer to the rich bibliography, for example [109–111]).
However, it is important to mention a very useful function of the superfields, the
superpotential. A generic form of a (renormalizable) superpotential in terms of the
superfields Φ is the following b
W =
1
2
MijΦbiΦbj +
1
6
y
ijkΦbiΦbjΦbk. (2.30)
The Lagrangian density can always be written according to the superpotential. The
superpotential has also to fulfill some requirements. In order for the Lagrangian to
be supersymmetric invariant, W has to be holomorphic in the complex scalar fields
(it does not involve hermitian conjugates Φb† of the superfields). Conventionally, W
involves only left chiral superfields. Instead of the SU(2)L singlet right chiral fermion
fields, one can use their left chiral charge conjugates.
As we mentioned before, the members of a supermultiplet have equal masses. This
contradicts our experience, since the partners of the light SM particles would have been
detected long time ago. Hence, the supersymmetry should be broken at a large energy
scale. The common approach is that SUSY is broken in a hidden sector, very weakly
coupled to the visible sector. Then, one has to explain how the SUSY breaking mediated to the visible sector. The two most popular scenarios are the gravity mediation
scenario [112–114] and the Gauge-Mediated SUSY Breaking (GSMB) [113, 115–117],
where the mediation occurs through gauge interactions.
There are two approaches with which one can address the SUSY breaking. In the
first approach, one refers to a GUT unification and determines the supersymmetric
38 Particle Physics
breaking parameters at low energies through the renormalization group equations.
This approach results in a small number of free parameters. In the second approach,
the starting point is the low energy scale. In this case, the SUSY breaking has to be
parametrized by the addition of breaking terms to the low energy Lagrangian. This
results in a larger set of free parameters. These terms should not reintroduce quadratic
divergences to the scalar masses, since the cancellation of these divergences was the
main motivation for SUSY. Then, one talks about soft breaking terms.
2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model
One can construct a supersymmetric version of the standard model with a minimal
content of particles. This model is known as the Minimal Supersymmetric Standard
Model (MSSM). In a SUSY extension of the SM, each of the SM particles is either in a
chiral or in a gauge supermultiplet, and should have a superpartner with spin differing
by 1/2.
The spin-0 partners of quarks and leptons are called squarks and sleptons, respectively (or collectively sfermions), and they have to reside in chiral supermultiplets.
The left- and right-handed components of fermions are distinct 2-component Weyl
fermions with different gauge transformations in the SM, so that each must have its
own complex scalar superpartner. The gauge bosons of the SM reside in gauge supermultiplets, along with their spin-1/2 superpartners, which are called gauginos. Every
gaugino field, like its gauge boson partner, transforms as the adjoint representation of
the corresponding gauge group. They have left- and right-handed components which
are charge conjugates of each other: (λeL)
c = λeR.
The Higgs boson, since it is a spin-0 particle, should reside in a chiral supermultiplet. However, we saw (in the fermionic part of the SM Lagrangian, Eq. (2.10b))
that the Y = 1/2 Higgs in the SM can give mass to both up- and down-type quarks,
only if the conjugate Higgs field with Y = −1/2 is involved. Since in the superpotential there are no conjugate fields, two Higgs doublets have to be introduced. Each
Higgs supermultiplet would have hypercharge Y = +1/2 or Y = −1/2. The Higgs
with the negative hypercharge gives mass to the down-type fermions and it is called
down-type Higgs (Hd, or H1 in the SLHA convention [118]) and the other one gives
mass to up-type fermions and it is called up-type Higgs (Hu, or H2).
The MSSM respects a discrete Z2 symmetry, the R-parity. If one writes the most
general terms in supersymmetric Lagrangian (still gauge-invariant and holomorphic), some of them would lead to non-observed processes. The most obvious constraint
comes from the non-observed proton decay, which arises from a term that violates both
lepton and baryon numbers (L and B, respectively) by one unit. In order to avoid these
terms, R-parity, a multiplicative conserved quantum number, is introduced, defined as
PR = (−1)3(B−L)+2s
, (2.31)
with s the spin of the particle.
The R even particles are the SM particles, whereas the R odd are the new particles
introduced by the MSSM and are called supersymmetric particles. Due to R-parity,-
maelstrom
InvitéTu te dépasse a chaque nouveau poème dis donc
-
Demi Habile
InvitéRavi que ça te plaise car je me donne beaucoup de mal même si je pêche un peu au niveau de la rime.
-
-
-
-
AuteurMessages
