skip to Main Content

Accueil Forums Forum général Partagez des poèmes

  • Ce sujet contient 503 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par Claire N, le il y a 8 mois et 1 semaine.
Vous lisez 247 fils de discussion
  • Auteur
    Messages
    • #897 Répondre
      TeenGuy
      Invité

      Bonjour peuple Begaudien, sur l’ancien forum, de temps en temps étaient postés des poésies, la dernière était un Michaux grand cru et je pense que ça nous ferait du bien de partager des poèmes de temps en temps, d’où ce fil.

      Parfum exotique

      Quand, les deux yeux fermés, en un soir chaud d’automne,
      Je respire l’odeur de ton sein chaleureux,
      Je vois se dérouler des rivages heureux
      Qu’éblouissent les feux d’un soleil monotone ;

      Une île paresseuse où la nature donne
      Des arbres singuliers et des fruits savoureux ;
      Des hommes dont le corps est mince et vigoureux,
      Et des femmes dont l’oeil par sa franchise étonne.

      Guidé par ton odeur vers de charmants climats,
      Je vois un port rempli de voiles et de mâts
      Encor tout fatigués par la vague marine,

      Pendant que le parfum des verts tamariniers,
      Qui circule dans l’air et m’enfle la narine,
      Se mêle dans mon âme au chant des mariniers.

      Baudelaire, Les Fleurs du Mal

    • #899 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      c’est pas le Baudelaire que je préfère
      trop d’adjectifs, Charles, je te l’ai dit

    • #901 Répondre
      Alexandre
      Invité

      Je change totalement de style mais celle là de Raymond Carver m’a toujours marqué : « Peur », 1966.

      Peur de voir une voiture de police s’arrêter devant la maison.
      Peur de m’endormir le soir.
      Peur de ne pas m’endormir.
      Peur du passé qui ressurgit.
      Peur du présent qui s’envole.
      Peur du téléphone qui sonne en pleine nuit.
      Peur des orages électriques.
      Peur de la femme de ménage qui a un bouton sur la joue !
      Peur de ces chiens qui, m’a-t-on dit, ne mordent pas.
      Peur de l’anxiété !
      Peur de devoir identifier le corps d’un ami.
      Peur de manquer d’argent.
      Peur d’en avoir trop, même si l’on ne me croira pas.
      Peur des profils psychologiques.
      Peur d’être en retard et peur d’arriver avant tout le monde.
      Peur de l’écriture de mes enfants sur les enveloppes.
      Peur qu’ils meurent avant moi, et que je me sente coupable.
      Peur de devoir vivre avec ma mère lorsqu’elle sera âgée, et moi aussi.
      Peur de la confusion.
      Peur que cette journée s’achève sur une note sombre.
      Peur de me réveiller et que tu ne sois plus là.
      Peur de ne pas aimer et peur de ne pas aimer assez.
      Peur que ce que j’aime se révèle mortel pour ceux que j’aime.
      Peur de la mort.
      Peur de vivre trop longtemps.
      Peur de la mort.

      Je l’ai déjà dit.

    • #903 Répondre
      Malice
      Invité

      La femme adultère
      Federico Garcia Lorca

      A Lydia Cabrera y a su negrit

      Je la pris près de la rivière
      Car je la croyais sans mari
      Tandis qu’elle était adultère
      Ce fut la Saint-Jacques la nuit
      Par rendez-vous et compromis
      Quand s’éteignirent les lumières
      Et s’allumèrent les cri-cri
      Au coin des dernières enceintes
      Je touchai ses seins endormis
      Sa poitrine pour moi s’ouvrit
      Comme des branches de jacinthes
      Et dans mes oreilles l’empois
      De ses jupes amidonnées
      Crissait comme soie arrachée
      Par douze couteaux à la fois
      Les cimes d’arbres sans lumière
      Grandissaient au bord du chemin
      Et tout un horizon de chiens
      Aboyait loin de la rivière

      Quand nous avons franchi les ronces
      Les épines et les ajoncs
      Sous elle son chignon s’enfonce
      Et fait un trou dans le limon
      Quand ma cravate fût ôtée
      Elle retira son jupon
      Puis quand j’ôtai mon ceinturon
      Quatre corsages d’affilée
      Ni le nard ni les escargots
      N’eurent jamais la peau si fine
      Ni sous la lune les cristaux
      N’ont de lueur plus cristalline
      Ses cuisses s’enfuyaient sous moi
      Comme des truites effrayées
      L’une moitié toute embrasée
      L’autre moitié pleine de froid
      Cette nuit me vit galoper
      De ma plus belle chevauchée
      Sur une pouliche nacrée
      Sans bride et sans étriers

      Je suis homme et ne peux redire
      Les choses qu’elle me disait
      Le clair entendement m’inspire
      De me montrer fort circonspect
      Sale de baisers et de sable
      Du bord de l’eau je la sortis
      Les iris balançaient leur sabre
      Contre les brises de la nuit
      Pour agir en pleine droiture
      Comme fait un loyal gitan
      Je lui fis don en la quittant
      D’un beau grand panier à couture
      Mais sans vouloir en être épris
      Parce qu’elle était adultère
      Et se prétendait sans mari
      Quand nous allions vers la rivière

      Federico Garcia Lorca, extrait de « El Romancero Gitano »
      Traduction Jean Prévost

    • #905 Répondre
      The Idiot
      Invité

      J’ai découvert il y a quelques jours à peine ce poème de Carver.

      Une poésie de mon Maupassant chéri :
      À une dame en lui envoyant un bout de la corde d’un pendu

      Voici la corde d’un pendu
      Que je mets à vos pieds, Madame,
      C’est, pour une charmante femme,
      Un présent bien inattendu.

      Mais si, comme on l’a prétendu,
      Cette corde est un sûr dictame
      Pour les maux du corps et de l’âme,
      Gage d’un bonheur assidu;

      Moi qui, plaignant le pauvre diable
      D’avoir été si misérable,
      Accusais le ciel malfaisant,

      Moi dont le coeur était si tendre !
      Voilà que je trouve à présent
      Qu’il a fort bien fait de se pendre

    • #908 Répondre
      SoR
      Invité

      Pardon ce n’est pas un poème mais plusieurs extraits au cours de cette vidéo d’un poète que j’aime beaucoup, je la poste quand même ici car c’est le thème le plus rapprochant et le partage en vaut la peine, elle avait été bridée en plus lors de la mise en vente du DVD mais restituée depuis peu donc très bonne nouvelle. Pour ceux qui ne connaissent pas : Hölderlin est un immense poète et révolutionnaire allemand qu’on a rendu fou intentionnellement pour étouffer sa voix.
      Son parcours est d’autant plus intéressant qu’il ressemble à la plupart des écrivains romantiques allemands que l’opinion a fait passer ensuite pour des hommes repliés sur eux-mêmes ou inadaptés, alors qu’ils étaient au contraire très ancrés dans la réalité et les plus avancés politiquement, d’où leur marginalisation. Hölderlin je le vois comme un ancêtre des anarchistes et il l’a payé très cher. J’espère qu’il vous plaira comme à moi. Parfois sa poésie est tellement libre qu’elle n’apparaît que comme des bribes de pensée.

      • #910 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Je connais assez peu Hölderlin, merci pour la vidéo.

        Quand je pense poésie, je pense à lui :
        Une bouteille de gaz rouge sur un vélo violet
        C’est tout ce qu’il me reste de toi désormais
        Une voile qui bouge dans le port de Camaret
        J’ai bien peur que ce ne soit plus un secret
        Il y a un oiseau qui chante
        Toute la nuit à Saint Mandé
        Tu sais bien que je n’ai rien demandé
        Que ce petit doigt qui bouge
        Qui me fait signe de m’approcher
        Et je reçois sur les lèvres un baiser
        Et moi qui rêve d’autre chose
        Toute la nuit à Saint Mandé
        Mais hélas l’oiseau s’est envolé
        Une bouteille de gaz rouge sur un vélo violet
        C’est tout ce qu’il me reste de toi désormais
        Une jupe de soie rouge sur un balcon anglais
        Et dire que j’avais souvent des regrets
        Et toujours l’oiseau qui chante
        Toute la nuit à Saint Mandé
        C’est à croire que je n’ai rien demandé
        Qu’un petit doigt qui bouge
        Mais c’est bien trop espéré
        Il vaut mieux que j’arrête de rêver
        Et pourtant l’oiseau qui chante
        Toute la nuit à Saint Mandé
        C’est à croire qu’il avait tout deviné
        Une bouteille de gaz rouge sur un vélo violet
        C’est tout ce qu’il me reste de toi désormais

        • #920 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          je ne reconnais pas

        • #924 Répondre
          SoR
          Invité

          Serait-ce donc celle-là la fameuse chanson préférée de François ? 3 jours qu’on attend de savoir au final, c’est bien long !

          • #927 Répondre
            The Idiot
            Invité

            Peut-être Walking contradiction des Green day ?

            • #931 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              pas loin, mais non

              • #941 Répondre
                Anna H
                Invité

                C’est plus Sympathy for the Devil ?

                • #942 Répondre
                  Hervé Urbani
                  Invité

                  C’est A day in the life

                  • #947 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    45 secondes de A day in the life, c’est trop peu pour la mettre au sommet

                    • #961 Répondre
                      Hervé Urbani
                      Invité

                      On est d’accord, le passage de McCartney fait tâche au milieu du chef-d’œuvre lennonien.
                      Et on sait bien que la réponse a été donnée juste au-dessus par Anna H et que Jean-Luc en a immortalisé la genèse dans « un plus un »

                      • #964 Répondre
                        SoR
                        Invité

                        Tu veux dire « Sympathie for the Devil »? Pourtant à la fin d’une conférence de François on a entendu « Gimme Shelter » et je me suis dit que ça ne devait pas être anodin, que c’était sûrement celle qu’il devait préférer des RS.

                      • #965 Répondre
                        SoR
                        Invité
            • #935 Répondre
              SoR
              Invité

              Si c’est pas chez les Wampas, c’est dans le répertoire des Ramones, il en parle trop dans ses livres pour ne pas que ça soit eux.

      • #921 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        merci d’oeuvrer à la mémoire de cet ami allemand

    • #943 Répondre
      Juliette
      Invité

      Je dirais ça, un vague souvenir que tu l’aurais citée un jour comme telle mais je peux me tromper

    • #944 Répondre
      Juliette
      Invité

      Ah non pardon, un interlocuteur attentif nommé Jean me dit que ça serait peut-être plutôt celle-là:

    • #946 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      on est dans le grand là
      mais il y a plus grand que Green Day, comme on sait
      ou comme on devrait savoir

      • #949 Répondre
        SoR
        Invité

        Les Ramones ? Vraiment j’y mettrais ma main au feu

        • #951 Répondre
          SoR
          Invité

          Bien que dans « Un Démocrate » presque toutes les chansons citées sont accompagnées de la mention « le plus grand clip de tous les temps »

        • #966 Répondre
          Plume C
          Invité

          Peut-être celle ci ? https://youtu.be/y4hPnZUMBwA
          Manchester Appolo, Octobre 1977

          • #973 Répondre
            Anna H
            Invité

            Plutôt les Stooges alors :

    • #948 Répondre
      Juliette
      Invité

      Bon alors moi et lui on avait pensé à ça en premier:

      • #952 Répondre
        The Idiot
        Invité

        En tout cas moi je vote pour NOFX.

        • #953 Répondre
          The Idiot
          Invité

          So what so what so what !
          C’est trop bon.

          • #954 Répondre
            Barthelby
            Invité

            Teen Guy,
            Tu as bien fait de créer une section partage de poèmes. Ce sont des punks, ils ne respectent rien ni personne mais ils sont gentils.
            En revanche, lorsqu’ils finiront par créer leur section punk rock, tu peux compter sur moi pour aller leur proposer du Lamartine et du Claudel.

            • #1067 Répondre
              TeenGuy
              Invité

              Ahah, par contre des punks qui ne citent pas The Damned ça pique un peu plus. Sinon sur le prochain sujet punk on peut mettre des poésies du premier punk aka François Villon avec sa Ballade des pendus

              • #1069 Répondre
                The Idiot
                Invité

                On pourra citer les plus grands groupes du monde, François ne nous donnera quand même pas la réponse. Oui je suis frustrée, je voulais savoir.

                • #1070 Répondre
                  TeenGuy
                  Invité

                  Mais a-t-il lui même la réponse ? Toi tu pourrais élire ta chanson préférée ?

                  • #1071 Répondre
                    The Idiot
                    Invité

                    Non. À peine en aurais-je choisi une qu’une autre me viendrait à l’esprit.

          • #957 Répondre
            François Bégaudeau
            Maître des clés

            on brûle

    • #955 Répondre
      Barthelby
      Invité

      Et voilà pour toi un sonnet de Charles Cros.

      Dans la clairière

      Pour plus d’agilité, pour le loyal duel,
      Les témoins ont jugé, qu’elles se battraient nues.
      Les causes du combat resteront inconnues.
      Les deux ont dit : Motif tout individuel.

      La blonde a le corps blanc, plantureux, sensuel ;
      Le sang rougit ses seins blancs et ses lèvres charnues.
      La brune a le corps d’ambre et des formes ténues ;
      Les cheveux noirs-bleus font ombre au regard cruel.

      Cette haie où l’on a jeté chemise et robe,
      Ce corps qui tour à tour s’avance ou se dérobe,
      Ces seins dont la fureur fait se dresser les bouts,

      Ces battements de fer, ces sifflantes caresses,
      Tout paraît amuser ce jeune homme à l’œil doux
      Qui fume en regardant se tuer ses maîtresses.

      • #956 Répondre
        Barthelby
        Invité

        Désolé, il a subi une compression typographique. Le développeur doit préférer la poésie en prose.

    • #959 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Comment devenir un grand écrivain
      Charles Bukowski

      vous devez baiser le maximum de femmes
      de belles femmes et écrire
      le minimum de poèmes d’amour courtois.

      et ne vous préoccupez pas de leur âge
      et/ou des questions de talents.

      simplement buvez de la bière
      de plus en plus

      et allez aux courses au moins une fois
      par semaine

      et gagnez
      si possible

      apprendre à gagner n’est pas à la portée
      de tous-n’importe quel plouc
      peut devenir un excellent perdant.

      et n’oubliez pas ce cher Brahms
      et ce cher Bach et cette chère
      bière

      mais pas de forcing

      dormez jusqu’à midi

      évitez les cartes de crédits
      et aussi de payer
      cash.

      rappelez-vous qu’il n’y a pas un cul
      dans ce vaste monde qui ne vaille plus
      de 50$ (en 1977).

      et si vous avez envie d’aimer
      aimez-vous d’abord
      mais en gardant
      toujours à l’esprit la possibilité
      d’une défaite complète
      quelle qu’en soit la raison
      fondée ou non-
      un avant-goût de la mort n’est pas
      nécessairement une mauvaise chose.

      ne mettez pas les pieds dans les églises
      les bars et les musées et telle l’araignée
      soyez patients-

      le temps est notre croix à tous
      avec
      l’exil
      la défaite
      la trahison

      toutes ces saletés.

      restez en tête à tête avec la bière.

      chaque bière est comme du sang nouveau.

      comme une maîtresse éternelle.

      prenez une grosse machine à écrire
      et comme si vous ne faisiez que
      marcher et remarcher

      attaquez-la
      attaquez-la durement

      comme si vous disputiez un combat de
      poids lourds

      comme le taureau quand il charge

      et rappelez-vous les vieux chiens
      qui se battirent si bien :
      Hemingway, Céline, Dostoïevski, Hamsun.

      et si vous croyez qu’ils ne sont pas
      devenus fous
      dans leur trou
      comme vous êtes en train de le devenir

      sans femmes
      sans nourriture
      sans espoir

      alors vous n’ êtes pas encore mûr.

      buvez encore plus de bière.
      vous avez le temps.
      et si ce n’est pas le cas
      ce serait tout aussi
      bien.

      • #995 Répondre
        Malice
        Invité

        « Restez en tête à tête avec la bière »
        quel vers magnifique

    • #972 Répondre
      Juliette
      Invité

      Alors ça ne peut être que ce chef-d’oeuvre:

      • #977 Répondre
        Plume C
        Invité
        • #979 Répondre
          Juliette
          Invité

          Oh oui ça met tellement en joie !

          Merci pour les poèmes les autres, on les lit même si on n’en dit rien parfois. J’adore cette nouvelle rubrique.

          • #996 Répondre
            SoR
            Invité

            Idem, je ne le mets pas à chaque fois pour ne pas énerver mais merci pour les trouvailles

        • #1076 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          ça pourrait oui

          allez

          l’histoire du monde en 1’48

          • #1085 Répondre
            Ostros
            Invité

            J’ai bien fait de ne pas jouer. Je pensais que Oh Nina était au-dessus de tout et pour toujours. Voilà que je commence à douter de ma culture begaudienne. Va falloir que je me remette sérieusement à potasser.

            • #1105 Répondre
              The Idiot
              Invité

              Kim n’est heureusement pas très loin :

              J’étais curieuse de savoir quel morceau de Punk in Drublic était ton préféré François. Eh bien Fleas aurait été le dernier auquel j’aurais pensé.

              • #1125 Répondre
                Ostros
                Invité

                Merci, j’aime beaucoup Lori Meyers

      • #1075 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        oui mais celui là est hors concours

    • #994 Répondre
      Malice
      Invité

      Poème de La Boétie
      ( elle a bien raison Marcela Iacub, aimer tue)

      N’ayez plus, mes amis, n’ayez plus cette envie
      Que je cesse d’aimer ; laissez-moi, obstiné.
      Vivre et mourir ainsi puisqu’il est ordonné ;
      Mon amour, c’est le fil auquel se tient ma vie.
       
      Ainsi me dit la Fée ; ainsi en Œagrie
      Elle fit Méléagre à l’amour destiné.
      Et alluma sa souche à l’heure qu’il fut né,
      Et dit : « Toi, et ce feu, tenez-vous compagnie. »
       
      Elle le dit ainsi, et la fin ordonnée
      Suivit assez le fil de cette destinée.
      La souche, ce dit-on, au feu fut consumée.
       
      Et dès lors (grand miracle !) en un même moment
      On vit, tout à un coup, du misérable amant
      La vie et le tison s’en aller en fumée.

    • #1004 Répondre
      Cédric
      Invité

      Juliette tu brûles brûles je crois

    • #1007 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Renoncer à toute richesse
      Max Jacob

      Ce soir-là mes œuvres futures craquaient au soleil de l’amour
      c’est de
      Gabrielle ma sœur que j’espère la délivrance.

      Toutes les vertus m’attendaient le long du trottoir des gares
      elles m’attendent à s’en maigrir
      elles m’attendent en silence.

      Prenons garde aux pièges d’Ares
      les trains ne mènent nulle part.

      Jardins jumeaux au tire-ligne
      s’ils étaient ma propriété
      justes jardins comme une épure
      je viendrais si j’en étais digne
      je viendrais y passer l’été.

      Routes ne me sont que déroutes
      et je ne tiens pas aux cigares
      âme hélas si lasse lasse
      des fourrures qui la matelassent
      et des fourches de l’habit noir
      de tant et tant d’amis il ne reste que toi
      éternel shampooing de la
      Lune.

      Conservez-moi l’orgueil des jeunesses lacustres
      qui cueillent des moissons sur les pavés de bois
      je veux écouter les marteaux de cet outil blanc la prière.

      Je veux — ventes à longs crédits —
      combiner une meurtrière
      dans le cristal du
      Paradis.

    • #1107 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Désolé de te décevoir The idiot.

    • #1114 Répondre
      The Idiot
      Invité

      Non ce n’est pas ce que je voulais dire. J’aime beaucoup Fleas. Ce n’est pas la plus évidente de l’album par rapport à Linoleum par exemple. Tu m’as surprise, pas déçue.

    • #1124 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      il n’y a pratiquement que des grands titres dans cet album, dont chacun sait qu’il est le meilleur de tous les temps
      je dirai un jour pourquoi celle ci se distingue quand même

      • #1133 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Compte sur moi pour te le rappeler, j’aimerais bien savoir.

    • #1419 Répondre
      Claire N
      Invité

      Roque Dalton

      Comme toi,
      j’aime l’amour, la vie, le doux enchantement
      des choses, le paysage
      céleste des jours de janvier.

      Aussi, mon sang bout
      et mes yeux rient
      qui ont connu le jaillissement des larmes.

      Je crois que le monde est beau,
      que la poésie est comme le pain, pour tous.

      Et que mes veines ne finissent pas en moi
      mais dans le sang unanime
      de ceux qui luttent pour la vie,
      l’amour,
      les choses,
      le paysage et le pain,
      la poésie pour tous.

      Mais je préfère le dernier vers en espagnol
      la poesía de todos.
      Parce que ça me fait penser à la poésie «  de «  tous

    • #1421 Répondre
      Ostros
      Invité

      Longtemps j’ai habité la banlieue. Mon premier souvenir est un souvenir de banlieue. Aux confins de ma mémoire, un train de banlieue passe, comme dans un film. La mémoire et les films se remplissent d’objets qu’on ne pourra plus jamais appréhender.
      Longuement j’ai habité ce quartier de Courbevoie. Les bombes démolirent les vieilles maisons, mais l’église épargnée fut ainsi dégagée. Je troque une victime contre ces pierres consacrées ; c’était un camarade d’école ; nous chantions dans la classe proche : « Mourir pour la patrie », « Un jour de gloire vaut cent ans de vie ».
      Les cartes de géographie Vidal de Lablache éveillaient le désir des voyages lointains, mais entretenaient surtout leur illusion au sein même de nos paysages pauvres.
      Un regard encore pur peut lire sans amertume ici où le mâchefer la poussière et la rouille sont comme un affleurement des couches géologiques profondes.
      Palais, Palace, Eden, Magic, Lux, Kursaal… La plus belle nuit de la semaine naissait le jeudi après-midi. Entassés au premier rang, les meilleures places, les garçons et les filles acquittent pour quelques sous un règne de deux heures.
      Parce que les donjons des Grands Moulins de Pantin sont un « Burg » dessiné par Hugo, le verre commun entassé au bord du canal de l’Ourcq scintille mieux que les pierreries.
      A quinze ans, ce n’est rien de dépasser à vélo un trotteur à l’entraînement. Le vent d’hiver coupait le polygone du Bois de Vincennes ; moins sévère que le vent de l’hiver à venir qui verrait les Panzers répéter sur le terrain.
      Promenades, premiers flirts au bord de la Marne, ombres sombres et bals muets, pas de danse pour les filles, les guinguettes fermeraient leurs volets. Les baignades de la Marne, Eldorado d’hier, vieillies, muettes et rares dorment devant la boue.
      Soudain les rues sont lentes et silencieuses. Où seront les guinguettes, les fritures de Suresnes ? Paris ne s’accordera plus aux airs d’accordéon.
      La banlieue entière s’est figée dans le décor préféré du film français. A Montreuil, le studio de Méliès est démoli. Ainsi merveilles et plaisirs s’en vont, sans bruit
      « La banlieue triste qui s’ennuie, défile grise sous la pluie » chantait Piaf. La banlieue triste qui s’ennuie, défile grise sous la pluie. L’ennui est le principal agent d’érosion des paysages pauvres. Les châteaux de l’enfance s’éloignent, des adultes reviennent dans la cour de leur école, comme à la récréation, puis des trains les emportent.
      La banlieue grandit pour se morceler en petits terrains. La grande banlieue est la terre élue du p’tit pavillon. C’est la folie des p’titesses. Ma p’tite maison, mon p’tit jardin, mon p’tit boulot, une bonne p’tite vie bien tranquille.
      Vie passée à attendre la paye. Vie pesée en heures de travail. Vie riche en heures supplémentaires. Vie pensée en termes d’assistance, de sécurité, de retraite, d’assurance. Vivants qui achètent tout au prix de détail et qui se vendent, eux, au prix de gros.
      On vit dans la cuisine, c’est la plus petite pièce. En dehors des festivités, la salle à manger n’ouvre ses portes qu’aux heures du ménage. C’est la plus grande pièce : on y garde précieusement les choses précieuses.
      Vies dont le futur a déjà un passé et le présent un éternel goût d’attente.
      Le pavillon de banlieue peut être une expression mineure du manque d’hospitalité et de générosité du Français. Menacé il disparaîtra.
      Pour être sourde la lutte n’en est pas pour autant silencieuse. Les téméraires construisent jusqu’aux avants-postes. L’agglomération parisienne est la plus pauvre du monde en espaces verts. Cependant la destruction systématique des parcs anciens n’est pas achevée. Massacre au gré des spéculations qui sert la mode de la résidence de faux luxe, cautionnée par des arbres centenaires.
      Voici venu le temps des casernes civiles. Univers concentrationnaire payable à tempérament. Urbanisme pensé en termes de voirie. Matériaux pauvres dégradés avant la fin des travaux.
      Le paysage étant généralement ingrat. On va jusqu’à supprimer les fenêtres puisqu’il n’y a rien à voir.
      Les entrepreneurs entretiennent la nostalgie des travaux effectués pour le compte de l’organisation Todt.
      Parachèvement de la ségrégation des classes. Introduction de la ségrégation des âges : parents de même âge ayant le même nombre d’enfants du même âge. On ne choisit pas, on est choisi.
      Enfants sages comme des images que les éducateurs désirent. Jeux troubles dans les caves démesurées. Contraintes des jeux préfabriqués ou évasion ? Quels seront leurs souvenirs ?
      Le bonheur sera décidé dans les bureaux d’études. La ceinture rouge sera peinte en rose. Qui répète aujourd’hui du peuple français qu’il est indiscipliné. Toute une classe conditionnée de copropriétaires est prête à la relève. Classe qui fait les bonnes élections. Culture en toc dans construction en toc. De plus en plus la publicité prévaut contre la réalité.
      Ils existent à trois kilomètres des Champs-Élysées. Constructions légères de planches et de cartons goudronnés qui s’enflamment très facilement. Des ustensiles à pétrole servent à la cuisine et à l’éclairage.
      – Nombre de microbes respirés dans un mètre cube d’air par une vendeuse de grands magasins : 4 millions
      – Nombre de frappes tapées dans une année par une dactylo : 15 millions
      – Déficit en terrain de jeux, en terrain de sport : 75%
      – Déficit en jardin d’enfant : 99%
      – Nombre de lycées dans les communes de la Seine : 9. Dans Paris : 29
      – Fils d’ouvriers à l’Université : 3%. A l’Université de Paris : 1,5%
      – Fils d’ouvriers à l’école de médecine : 0,9%.
      – A la Faculté de lettres : 0,2%
      – Théâtre en-dehors de Paris : 0. Salle de concert : 0
      La moitié de l’année, les heures de liberté sont dans la nuit. Mais tous les matins, c’est la hantise du retard.
      Départ à la nuit noire. Course jusqu’à la station. Trajet aveugle et chaotique au sein d’une foule serrée et moite. Plongée dans le métro tiède. Interminable couloir de correspondance. Portillon automatique. Entassement dans les wagons surchargés. Second trajet en autobus. Le travail est une délivrance. Le soir, on remet ça : deux heures, trois heures, quatre heures de trajet chaque jour. Cette eau grise ne remue que les matins et les soirs. Le gros de la troupe au front du travail, l’arrière tient. Le pays à ses heures de marée basse.
      L’autobus, millionnaire en kilomètres, et le travailleur, millionnaire en geste de travail, se sont séparés une dernière fois, un soir, si discrètement qu’ils n’y ont pas pris garde.
      D’un côté les vieux autobus à plate-forme n’ont pas le droit à la retraite, l’administration les revend, ils doivent recommencer une carrière.
      De l’autre, les vieux travailleurs. Vieillesse qui doit, dans l’esprit de chaque salarié, indubitablement survenir. Vieillesse comme récompense, comme marché que chacun considère avoir passé. Ils ont payé pour ça. Payé pour être vieux. Le seul âge où l’on vous fout la paix. Mais quelle paix ? Le repos à neuf mille francs par mois. L’isolement dans les vieux quartiers. L’asile. Ils attendent l’heure lointaine qui revient du pays de leur enfance, l’heure où les bêtes rentrent. Collines gagnées par l’ombre. Aboiement des chiens. Odeur du bétail. Une voix connue très lointaine… Non. Ils pourraient tendre la main et palper la page du livre, le livre de leur première lecture.
      Les squares n’ont pas remplacé les paysages de L’Ile de France qui venaient, hier encore, jusqu’à Paris, à la rencontre des peintres.
      Le voyageur pressé ignore les banlieues. Ces rues plus offertes aux barricades qu’aux défilés gardent au plus secret des beautés impénétrables. Seul celui qui eût pu les dire se tait. Personne ne lui a appris à les lire. Enfant doué que l’adolescence trouve cloué et morne, définitivement. Il n’a pas fait bon de rester là, emprisonné, après y être né. Quelques kilomètres de trop à l’écart.
      Des années et des années d’hôtels, de « garnis ». Des entassements à dix dans la même chambre. Des coups donnés, des coups reçus. Des oreilles fermées aux cris. Et la fin du travail à l’heure où ferment les musées. Aucune promotion, aucun plan, aucune dépense ne permettra la cautérisation. Il ne doit rien rester pour perpétrer la misère. La leçon des ténèbres n’est jamais inscrite au flanc des monuments.
      La main de la gloire qui ordonne et dirige, elle aussi peut implorer. Un simple changement d’angle y suffit.
      Maurice Pialat. L’Amour existe (1960).

      • #1423 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci

        • #1427 Répondre
          Ostros
          Invité

          Tiens, si tu ne l’as pas vu (ou pour le plaisir de revoir) :

    • #1429 Répondre
      Claire N
      Invité

      Oui, il existe
      Et je vais devoir paraphraser Cabrel
      L’amour est partout où il pose le regard
      Je n’ai pas encore réussie à savoir comment
      Il s’y prend, mais je pense qu’il sait ce qu’il
      Fait.

    • #2049 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Dit du pérégrin

      Je ne sais pas
      Disait la voix.
      Je sais que c’est la nuit,
      Que rien ne me réclame,
      Que j’envie les damnés.
      On s’en occupe,
      Au moins.
      Ce n’est pas lui
      Qui aurait rencontré
      La biche fatiguée,
      Assoiffée, camarade.
      Il arrache un peu de ciel,
      Il arrache du nuage.
      Tout en marchant,
      Il les malaxe
      Et il fredonne la bouillie.

      Un brin d’herbe,
      Après tout,
      Ça fait assez superbe
      Pour un grand rendez-vous.

      En marchant dans la nuit
      Il est forcé de croire
      Qu’il finira toujours,
      N’importe où il se trouve,
      Par tomber sur les quais d’un port
      Où les bateaux sont épargnés.

      Il ne pense pas au port
      Pour le voyage, le départ,
      La grande mer.
      Il rêve au port
      Pour bien sentir la terre,
      Pour s’accrocher à elle.

      Ce qui lui manquait
      Dans ses va-et-vient,
      C’étaient, en bien des lieux,
      Des fruits à hauteur d’homme
      Qu’il n’y a qu’à cueillir.

      Pas une étoile
      Qu’il pourrait
      Arracher à la nuit.
      Pas une.
      Il voyait la nuit
      Pleine de masses d’eau
      Confuses, menaçant
      De s’entre-dévorer,
      Un peu pareilles
      A des huiles de vidange,
      Et il se voyait, lui,
      Obligé de marcher
      Sur une passerelle
      Sans rampe
      Et qui tanguait.

      Aucun coucou
      Ne l’accompagna
      Quand il allait
      Seul dans le noir
      Vers le printemps
      A ramener.

      Il y a pourtant des chemins,
      Un peu partout quelque chemin,
      Pourquoi pas pour lui?
      Pourquoi toujours ce sol
      De mare ou de lise?

      C’est entendu :
      On n’arrivera pas.
      Mais qu’on puisse au moins
      N’avoir plus à marcher,
      N’avoir plus à chercher,
      Pas plus dans les prairies,
      Dans les marécages,
      Pas plus dans les landes,
      Dans les places des villages,
      Que dans les autodromes

      A l’intérieur des roses.
      Encore s’il avait pu
      Parfois s’arrêter dans un mot,
      S’y reposer un peu de temps.
      Mais ils étaient tous
      Dans le tremblement.
      Partout où il passait,
      Devait passer,
      Croyait passer,
      Il lui semblait
      S’être enfoncé déjà.
      La mémoire non plus
      N’était pas amie.
      Il y eut sur lui
      Comme des souffles de bêtes,
      Assez chauds et poisseux,
      Mais jamais il ne put
      Toucher le corps velu.
      C’était peut-être
      Le souffle de la terre.
      Déjà bien assez
      D’avoir toujours
      Plus ou moins mal.
      Faut-il encore
      En avoir honte —
      Et à ce point?
      Est-ce qu’il a
      Demandé l’aumône?
      Il a parfois
      Partagé des lits.

      Aucun aparté
      N’était donc définitif,
      Tout à l’heure
      Elle ne sera plus là
      Et il aura faim
      A manger sa soif.

      Il y en a
      Qui, paraît-il,
      Ont vu des signes
      Sur l’horizon.
      Ils savaient lire.
      Jamais
      Il n’a cru Être le seul pestiféré.
      Les non-pestiférés
      Peut-être d’ailleurs
      Qu’on les parquait.
      C’est pour leur sauvegarde
      Que les autres
      Avaient l’errance.

      Ceux qui sont enracinés
      Et qui s’en plaignent
      N’ont plus, c’est vrai,
      A se raconter
      Qu’à des espèces
      De choses bigotes,
      Agenouillées
      Entre des pierres
      Ou gisant debout.

      Présent!
      A quoi n’avait-il pas
      Répondu :
      Présent?
      Et puis, quoi?
      C’est aux nuages
      Qu’il aurait voulu s’accrocher.
      Pour une fois tâter
      De la hauteur.
      Cette boulimie qu’il avait
      D’immobilité.
      Ce rêve
      De stabiliser
      L’immobilité.
      Même les rocs
      N’étaient pas sûrs.
      Jamais la mer
      Ne venait se mêler
      A ses bagarres.
      Jamais la mer
      N’avait besoin de lui.
      Mais les autres, c’était
      Pour quoi?
      L’aurore boréale
      Qu’il macula
      De ses sarcasmes,
      Elle qui ne servait à rien
      Qu’à le montrer à tous
      Escaladant la roche,
      Dégringolant
      Dans l’eau croupie.
      Il n’a pas souvenir
      D’avoir lui-même
      Mutilé ces gens, ceux-là
      Qui crient et gesticulent
      Au long de son chemin.
      Le plus terrible
      Ce fut
      Cet œil de chat
      Qui regardait
      A travers lui
      Approcher leur avenir.
      A qui s’en prendre?
      C’était assez d’avoir
      A gouverner ses pas.
      Ce bonheur flagrant
      Des feuilles et des fleurs
      Qui résistait à son passage.
      Probablement
      C’était son lot
      D’être expulsé
      Comme la graine du genêt.
      Toujours ce battement
      Pour rythmer les absences.
      Comme si l’univers
      Était une horloge
      Et la terre un pendule.
      Ah oui ! le soleil !
      C’est vrai
      Qu’il y a quelque part
      Le soleil.
      Pour se voir pris, repris
      Par le vertige,
      Il n’avait pas besoin
      De monter bien haut.
      Même pas
      De monter du tout.
      Un marais salant,
      C’était assez.
      Un talus.

      Cette chose
      Qu’il arrachait,
      Il avait beau
      La densifier
      Avec du lui-même,
      Essayer d’en faire
      Des béquilles
      D’ouate et d’acier,
      Ça ne l’empêchait pas
      De patauger
      Dans une espèce de boue
      Pétrie avec ses cris.
      Parfois,
      Les cloches.
      Venues de partout.
      Pour quel glas?
      Il n’a jamais
      Envisagé de reculer.
      Il a toujours pesé,
      Poussé, il s’est arqué
      Pour avancer.
      A preuve,
      Cette boue sur lui.
      A preuve,
      L’usure de ses habits
      Aux points de frottement.

      Mais oui, bien sûr,
      Que parfois
      Il s’est réveillé
      Sur le bord d’un pré
      Qui entonnait le jour
      Par les pâquerettes.
      Il aurait voulu
      Y lire aussi
      La bonne augure.
      Ce qui lui plaisait
      Assez fréquemment
      C’était de se vivre
      Écorce de chêne
      Le temps d’un sommeil.
      Il ne sait plus
      Où se trouve la rue
      Qui monte et donne
      Sur le gouffre
      Où s’étale
      Une partie de la ville,
      Très bas, où les corbeaux
      Ne descendent pas.
      Pas peur des puits :
      Il y a les margelles.
      Pas peur des murs ni des arbres
      On s’y cogne et on repart.
      Pas peur de la mer :
      On lui tourne le dos.
      Pas peur des cimetières
      On s’y assoit.
      Pas peur des monstres :
      On les badigeonne.
      Peur de se perdre
      Dans cette ouate
      Hors des dictionnaires.
      Merci, les chiens de garde,
      Les vaches de bruine.
      Merci, les buissons.
      Merci, les bancs
      Quand on les retrouve.
      Merci, l’aurore —
      Et cette main
      Comme un sourire.
      L’œil de bœuf
      Dans la cathédrale,
      Jaune et bleu
      A travers l’ombre,
      Celui-là
      Le reconnaissait.
      Une musaraigne
      Lui a demandé
      Le sacre.
      Il le lui a donné
      Au pied des ajoncs.
      Il n’a jamais
      Endossé de pourpre.
      A d’autres, celle
      Du couchant.
      A l’aube,
      Certains jours,
      Il croyait avoir part
      Au chant du rossignol.
      Il n’aimait pas du tout,
      Entrant dans des cités,
      Étrenner sur des dalles
      La boue de ses souliers.
      Il ne s’assoit pas tellement
      Dans l’ombre des cathédrales.
      Il préfère les recoins
      Où ne passent
      Que les chiens et les mouches,
      Où il a parfois pour lui
      La gloire du pissenlit.
      Le sourire de ses doigts
      Était son sceptre.
      Il lui arrivait
      De le saluer.

    • #2051 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Dit du pérégrin de Eugène GUILLEVIC

      • #2053 Répondre
        Claire N
        Invité

        « Il n’aimait pas du tout,
        Entrant dans des cités,
        Étrenner sur des dalles
        La boue de ses souliers. »
        Ce passage me plaît particulièrement
        Merci

        • #2054 Répondre
          Claire N
          Invité

          C’est une forme de révolte
          De salle gosse sauvage
          Je kiffe

    • #2056 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Trop, Charles Bukowski

      Brawdley était un brave type
      aussi normal qu’une bouillotte
      puis il
      a pris des kilomètres au compteur
      et commencé à avoir peur de
      veillir

      à enfourner des vitamines comme des
      cacahuètes

      quand j’ai été le voir
      chez lui c’était plein de
      fonte

      il soulevait de la fonte

      et
      à chacune de mes visites
      je remarquais qu’il
      devenait
      plus gros et plus
      bleu :

      une masse
      métallique

      ses yeux lui
      rentraient
      dans le
      front

      son sourire se
      tordait
      comme
      un
      élastique

      il huilait son
      corps
      et se regardait dans
      les
      glaces

      je ne savais plus
      qui il
      était

      il soulevait
      soulevait et
      soulevait

      et se regardait
      se regardait et
      se regardait

      il m’a dit :
      tu devrais
      t’y mettre, c’est
      comme une
      renaissance.

      à un de ces jours
      je lui ai
      dit.

      maintenant quand on me
      demande : tu as vu
      Brawdley
      recemment ?

      je réponds :
      pas vraiment

      et on passe
      à des sujets
      plus intéressants

      comme
      l’Hiver
      Nucléaire.

    • #2094 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Où tout oiseau a l’audace d’aller,
      Où l’Abeille joue sans gêne,
      L’Étranger avant de frapper
      Doit balayer les Larmes —

      Emily Dickinson.

      • #2117 Répondre
        The Idiot
        Invité

        C’est très beau, j’aime beaucoup Emily Dickinson.

    • #2106 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Il me disait
      Qu’un jour il partirait
      Sur un bateau
      Avec Marilyn Monroe
      Avec Marlène Dietrich
      Avec Greta Garbo
      Qu’un jour il s’envolerait
      A travers des palmiers
      Avec Mary Poppins
      Trouver chez les papous
      L’épave du Titanic
      Le trésors des incas
      .
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      .
      Il m’avait dit
      Quand j’étais tout petit
      Que l’avion s’écraserait
      Quand il serait si près
      A quelques pas d’fourmi
      Des portes du paradis
      Qu’un jour à Daytona
      Il mourrait au volant
      Rendant fous jaloux
      Tous les américains
      Mais je savais très bien
      Qu’il était mongolien
      .
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      .
      Je l’ai traîné
      Sur la place du marché
      Et tout d’un coup
      Je l’ai exécuté
      Entre les yeux
      A grand coup de marteau
      Il a crié
      Crié crié très fort
      « Je suis stigmatisé
      Les syndromes sur mon corps »
      Il a crié
      Et ensuite il est mort
      .
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      J’ai tué mon père
      Car il souffrait trop
      .
      Ludwig von 88, Sur la vie d’mon père

    • #2180 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Mal du pays ! Tocard, ce mal
      Démasqué il y a longtemps !
      Il m’est parfaitement égal
      Où me trouver parfaitement

      Seule, sur quels pavés je traîne,
      Cabas au bras jusque chez moi,
      Vers la maison, — plutôt caserne ! —
      Qui ne sait pas qu’elle est à moi.

      Il m’est égal à qui paraître
      Lion en cage, — devant quels gens,
      Et de quel milieu humain être
      Expulsée — immanquablement —

      En moi-même, dans l’isoloir
      Du coeur. Mal vivre — qu’importe où,
      Où — m’avilir, moi, ours polaire
      Sans sa banquise, je m’en fous !

      Même ma langue maternelle
      Aux sons lactés — je m’en défie.
      Il m’est indifférent en quelle
      Langue être incomprise et de qui!

      (Du lecteur, du glouton de tonnes
      De presse, — abreuvoir de potins…)
      Vingtième siècle, c’est ton homme !
      Avant tout siècle — moi je vins!

      Bûche abandonnée sur les dalles
      D’une allée, durcie de partout,
      Tout m’est égal, les gens se valent,
      Et peut-être par dessus tout —

      Égal : ce qui fut le plus cher.
      De moi ont disparu d’un coup
      Tous signes, dates et repères :
      Une âme née on ne sait où.

      Mon pays a si peu pris garde
      À moi que le plus fin limier,
      Sur mon âme — de long en large,
      Ne verra rien de familier !

      Temple ou maison : vide, personne…
      Tout m’est égal, rien à parier.
      Mais si sur le chemin buissonne
      Un arbre, et si c’est — un sorbier…

      Marina Tsvetaïeva • Le mal du pays

      • #2189 Répondre
        SoR
        Invité

        J’adore cette poétesse, très beau, merci !

    • #2181 Répondre
      Carpentier
      Invité

      La montagne prend la parole

      Et voilà mon silence dur fonçant sur le moindre bruit
      qui ose.
      Je soufire de ne pouvoir donner le repos sur mes flancs
      difficiles
      Où je ne puis offrir qu’une hospitalité accrochée,
      Moi qui tends toujours vers la verticale
      Et ne me nourris que de la sécheresse de l’azur.
      Je vois les sapins qui s’efforcent, en pèlerinage
      immobile, vers l’aridité de ma cime.
      Plaines, vallons, herbages et vous forêts, ne m’en
      veuillez pas de mes arêtes hautaines!
      J’ai la plus grande avidité de la mer, la grande
      allongée toujours mouvante que les nuages
      tentèrent de me révéler.
      Sans répit j’y dépêche mes plus sensibles sources,
      les vivaces, les savoureuses!
      Elles ne me sont jamais revenues.
      J’espère encore.

      Jules Supervielle

    • #2184 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Même ma langue maternelle
      Aux sons lactés — je m’en défie.
      Il m’est indifférent en quelle
      Langue être incomprise et de qui! »

      Merci, merci et merci Alain m. Je vous M

      • #2190 Répondre
        Alain m.
        Invité

        Mais comme la patronne,
        Nous ayant attablés,
        Souriait, habile et bonne,—
        Et les égards d’emblée

    • #2191 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Les Contemplations – Livre III – Melancholia (extrait) – Victor HUGO
      Où vont tous ces enfants dont pas un seul ne rit ?
      Ces doux êtres pensifs, que la fièvre maigrit ?
      Ces filles de huit ans qu’on voit cheminer seules ?
      Ils s’en vont travailler quinze heures sous des meules ;
      Ils vont, de l’aube au soir, faire éternellement
      Dans la même prison le même mouvement.
      Accroupis sous les dents d’une machine sombre,
      Monstre hideux qui mâche on ne sait quoi dans l’ombre,
      Innocents dans un bagne, anges dans un enfer,
      Ils travaillent. Tout est d’airain, tout est de fer.
      Jamais on ne s’arrête et jamais on ne joue.
      Aussi quelle pâleur ! la cendre est sur leur joue.
      Il fait à peine jour, ils sont déjà bien las.
      Ils ne comprennent rien à leur destin, hélas !
      Ils semblent dire à Dieu : « Petits comme nous sommes,
      « Notre père, voyez ce que nous font les hommes ! »
      Ô servitude infâme imposée à l’enfant !
      Rachitisme ! travail dont le souffle étouffant
      Défait ce qu’a fait Dieu ; qui tue, œuvre insensée,
      La beauté sur les fronts, dans les cœurs la pensée,
      Et qui ferait — c’est là son fruit le plus certain —
      D’Apollon un bossu, de Voltaire un crétin !
      Travail mauvais qui prend l’âge tendre en sa serre,
      Qui produit la richesse en créant la misère,
      Qui se sert d’un enfant ainsi que d’un outil !
      Progrès dont on demande : « Où va-t-il ? Que veut-il ? »
      Qui brise la jeunesse en fleur ! qui donne, en somme,
      Une âme à la machine et la retire à l’homme !
      Que ce travail, haï des mères, soit maudit !
      Maudit comme le vice où l’on s’abâtardit,
      Maudit comme l’opprobre et comme le blasphème !
      Ô Dieu ! qu’il soit maudit au nom du travail même,
      Au nom du vrai travail, saint, fécond, généreux,
      Qui fait le peuple libre et qui rend l’homme heureux !

    • #2193 Répondre
      Ostros
      Invité

      Ô merveille qu’on puisse faire présent de ce qu’on ne possède pas soi-même
      Ô miracle de nos mains vides

      Journal d’un curé de campagne, Bresson, 1951.

      • #2194 Répondre
        Claire N
        Invité

        J’adore

      • #2195 Répondre
        SoR
        Invité

        Bernanos?

        • #2196 Répondre
          Ostros
          Invité

          Oui. Un peu raboté par Bresson.

          • #2197 Répondre
            The Idiot
            Invité

            En parlant de Bresson… J’ai enfin pu voir trois films de lui sur youtube. Ce qui m’a aussi permis de comprendre les mots de François quand je lui avais écrit qu’il était patient. Il avait parlé d’âne, de prairie et de moutons. Ce qui à l’époque m’avait paru obscur. Au hasard Balthazar est l’un des plus beaux films que j’aie jamais vu.

    • #2204 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Lire ça me ravit.

      Z comme zèbre.
      L’âne se fait zèbre puis redevient âne et s’en va mourir là haut dans la montagne, parmi les moutons.

      • #2212 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Et quel regard de l’âne. Si doux. J’ai aimé que la mère de Marie dise de lui qu’il est un saint.
        J’ai aussi découvert cette façon monocorde de parler des personnages. Dans Les anges du péché et Mouchette, c’est moins flagrant. Dans Balthazar, comme il n’y a pas de fioritures dans le jeu des acteurs, je regardais et écoutais tout avec plus d’intensité.

    • #2217 Répondre
      Barthelby
      Invité

      VIEILLE CHANSON DU JEUNE TEMPS

      Je ne songeais pas à Rose ;
      Rose au bois vint avec moi ;
      Nous parlions de quelque chose,
      Mais je ne sais plus de quoi.

      J’étais froid comme les marbres ;
      Je marchais à pas distraits ;
      Je parlais des fleurs, des arbres ;
      Son œil semblait dire : « Après ? »

      La rosée offrait ses perles,
      Les taillis ses parasols ;
      J’allais ; j’écoutais les merles,
      Et Rose les rossignols.

      Moi, seize ans, et l’air morose ;
      Elle vingt ; ses yeux brillaient.
      Les rossignols chantaient Rose
      Et les merles me sifflaient.

      Rose, droite sur ses hanches,
      Leva son beau bras tremblant
      Pour prendre une mûre aux branches ;
      Je ne vis pas son bras blanc.

      Une eau courait, fraîche et creuse
      Sur les mousses de velours ;
      Et la nature amoureuse
      Dormait dans les grands bois sourds.

      Rose défit sa chaussure,
      Et mit, d’un air ingénu,
      Son petit pied dans l’eau pure ;
      Je ne vis pas son pied nu.

      Je ne savais que lui dire ;
      Je la suivais dans le bois,
      La voyant parfois sourire
      Et soupirer quelquefois.

      Je ne vis qu’elle était belle
      Qu’en sortant des grands bois sourds.
      « Soit ; n’y pensons plus ! » dit-elle.
      Depuis, j’y pense toujours.

      Victor Hugo (Les Contemplations)

      • #2218 Répondre
        Barthelby
        Invité

        Il faut imaginer neuf quatrains. Désolé.

        • #2231 Répondre
          François Bégaudeau
          Maître des clés

          j’ai toujours beaucoup aimé ce poème, mais toujours tiqué sur ce « Après? » où on sent le forçage pour rime

          • #2233 Répondre
            Barthelby
            Invité

            T’essaierais pas de me le bousiller, là? En me faisant entendre ce que je n’avais pas perçu. J’espère pouvoir te rendre la pareille un jour.
            Pour l’instant je trouve encore que l’effraction du discours direct est intéressante. Est-ce qu’elle ne serait pas là pour elle-même étant donné que ç’est une rime pauvre ? Je vais même risquer une hypothèse : est-ce que ce n’est pas ça qui t’écorche les oreille d’un surmoi classique? Cela et le discours direct, bien sûr, que t’as jamais pu piffrer.

            • #2234 Répondre
              Barthelby
              Invité

              qui écorche les oreilles de ton surmoi classique*

              • #2236 Répondre
                François Bégaudeau
                Maître des clés

                mon surmoi classique est hypertrophié, tu as raison, mais en l’occurrence c’est pas le surgissement du discours direct en soi qui m’écorche, c’est con contenu. Ce « après? » ne veut à près rien dire non?
                elle dirait « fromage? » que ça ne serait pas moins à propos
                mais Vic ne cherchait pas une rime en -age

                • #2237 Répondre
                  Barthelby
                  Invité

                  Pour moi « Après ? » sonne comme un défi. Elle lui demande s’il va enfin tenter quelque chose. Cela fonctionne. Vic avait probablement en tête quelque chose comme: « Tu vas faire quoi maintenant, petit puceau? »

                  • #2238 Répondre
                    Seldoon
                    Invité

                    Je le lis comme « Bon, tu regardes les arbres, mais après, c’est moi que tu vas regarder ? »
                    Plutôt impatience que défi.

                  • #2239 Répondre
                    François Bégaudeau
                    Maître des clés

                    J’entends bien. Et j’entends bien ce « tu vas te bouger le cul, blaireau ? »
                    Je me dis juste que, deux syllabes oblige, un « Et donc? » aurait été plus indiqué. Mais va trouver une rime en -onc après ça.
                    Furonc?

                    • #2244 Répondre
                      Leo Landru
                      Invité

                      « Alors j’t’ai parlé
                      De la lutte des classes »

                    • #2245 Répondre
                      Barthelby
                      Invité

                      Je demande l’arbitrage de Diego. À la rigueur de Billy ou de Hervé.

                • #2246 Répondre
                  Graindorge
                  Invité

                  Vic???? Noooon! Ils zoz!!! Alors aussi Art’? Ou Rimb? Et pour Bernanos Berni? Le respésper Fra! Ou Arf…

                  • #2247 Répondre
                    The Idiot
                    Invité

                    Vous me faites rire.
                    Le pire c’est que maintenant on ne voit plus que cet après.
                    Le et donc est drôle :
                    « Je marchais à pas distraits ;
                    Je parlais des fleurs, des arbres ;
                    Son œil semblait dire : « Et donc ? » »
                    C’est beaucoup trop rentre-dedans pour une Rose.

                    • #2254 Répondre
                      Claire N
                      Invité

                      Peut-être être que c’était le but
                      Qu’il «  crève les yeux » ?
                      Cet « après »

    • #2219 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Anne sylvestre  » Comment je m’appelle »

      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, vous me le direz
      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, je l’ai oublié
      Vous me le direz, je l’ai oublié

      Quand j’étais petite et que j’étais belle
      On m’enrubannait de ces noms jolis
      On m’appelait fleur, sucre ou bien dentelle
      J’étais le soleil et j’étais la pluie
      Quand je fus plus grande hélas à l’école
      J’étais la couleur de mon tablier
      On m’appelait garce, on m’appelait folle
      J’étais quelques notes dans un cahier

      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, vous me le direz
      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, je l’ai oublié
      Vous me le direz, je l’ai oublié

      Quand j’ai pris quinze ans, que s’ouvrit le monde
      Je crus qu’on allait enfin me nommer
      Mais j’étais la moche et j’étais la ronde
      J’étais la pleurniche et la mal lunée
      Quand alors j’aimai, quand je fus sourire
      Quand je fus envol, quand je fus lilas
      J’appris que j’étais ventre même pire
      Que j’étais personne, que j’étais pas

      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, vous me le direz
      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, je l’ai oublié
      Vous me le direz, je l’ai oublié

      Quand je fus berceau et puis biberonne
      J’oubliais tout ça quand je fus rosier
      Puis me réveillais un matin torchonne
      J’étais marmitasse et pierre d’évier
      J’étais ravaudière et j’étais routine
      On m’appelait soupe, on m’appelait pas
      J’étais paillasson, carreau de cuisine
      Et j’étais l’entrave à mes propres pas

      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, vous me le direz
      Si vous le savez comment je m’appelle
      Vous me le direz, je l’ai oublié
      Vous me le direz, je l’ai oublié

      Puis un jour, un jour du fond ma tombe
      J’entendis des voix qui se rappelaient
      Plaisirs et douleurs, souvenirs en trombe
      Et j’étais vivante et on m’appelait
      Peu importe alors l’état de la cage
      Le temps qu’il faudra pour s’en évader
      Je saurai quoi mettre en haut dans la marge
      Pour recommencer mon nouveau cahier
      Je sais maintenant comment je m’appelle
      Je vous le dirai, je vous le dirai
      Je sais maintenant comment je m’appelle
      Et c’est pas demain que je l’oublierai
      Et c’est pas demain que je l’oublierai
      Et c’est pas demain que je l’oublierai

      • #114064 Répondre
        Nastasja
        Invité

        J’adore cette chanson mais pourquoi chante-t-elle « je l’ai z’oublié » ? C’est voulu ? Parce que cela sonne mieux ?
        Merci de vos réponses.

        • #114086 Répondre
          Claire N
          Invité

          Sûrement ça chante mieux, après l’effet me semble plus profond quand à la nature de l’oublie
          Quand on nomme encore un peu ce qu’on a oublié : l’ai/ quand on n’y a plus accès ?

    • #2221 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Prévenus de passé
      Accusés d’avenir
      Coupables de présence
      Paul Valet• Apatrides

    • #2223 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Le père mourut dans la boue de
      Champagne
      Le fils mourut dans la crasse d’Espagne
      Le petit s’obstinait à rester propre
      Les Allemands en firent du savon
      Paul Valet • Trois générations

      • #2224 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Violent.

        • #2225 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Certes oui mais pas plus que l’époque

    • #2232 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Je fais souvent ce rêve étrange et familier
      Où je marche d’un pas leste entre deux alignements d’arbres,
      Les alignements sont sans fin et les fruits innombrables sur les branches,
      Je n’ai qu’à cueillir, qui se l’interdirait?,
      Je cueille, et chaque fruit appelle le suivant,
      À peine croqué dans l’un je désire l’autre,
      Je ne profite d’aucun,
      Chaque fruit ne vaut qu’en tant qu’il en annonce un autre,
      Et ainsi j’avance indéfiniment
      Et ne goûte à rien,
      Je voudrais m’arrêter je ne le peux,
      Toujours m’aimante le fruit d’après,
      Je suis emporté,
      Je glisse indéfiniment,
      C’est un cauchemar.
      François Bégaudeau •

    • #2241 Répondre
      The Idiot
      Invité

      Un hydrolat lacrymal lave
      Les cieux vert-chou
      Sous l’arbre tendronnier qui bave,
      Vos caoutchoucs
      .
      Blancs de lunes particulières
      Aux pialats ronds,
      Entrechoquez vos genouillères,
      Mes laiderons !
      .
      Nous nous aimions à cette époque,
      Bleu laideron !
      On mangeait des oeufs à la coque
      Et du mouron !
      .
      Un soir, tu me sacras poète,
      Blond laideron :
      Descends ici, que je te fouette
      En mon giron ;
      .
      J’ai dégueulé ta bandoline,
      Noir laideron ;
      Tu couperais ma mandoline
      Au fil du front.
      .
      Pouah ! mes salives desséchées,
      Roux laideron,
      Infectent encor les tranchées
      De ton sein rond !
      .
      Ô mes petites amoureuses,
      Que je vous hais !
      Plaquez de fouffes douloureuses
      Vos tétons laids !
      .
      Piétinez mes vieilles terrines
      De sentiment ;
      – Hop donc ! soyez-moi ballerines
      Pour un moment !
      .
      Vos omoplates se déboîtent,
      Ô mes amours !
      Une étoile à vos reins qui boitent
      Tournez vos tours !
      .
      Et c’est pourtant pour ces éclanches
      Que j’ai rimé !
      Je voudrais vous casser les hanches
      D’avoir aimé !
      .
      Fade amas d’étoiles ratées,
      Comblez les coins !
      – Vous crèverez en Dieu, bâtées
      D’ignobles soins !
      .
      Sous les lunes particulières
      Aux pialats ronds,
      Entrechoquez vos genouillères,
      Mes laiderons !

      • #2242 Répondre
        The Idiot
        Invité

        Rimbaud

        • #2243 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Superbe !

      • #2249 Répondre
        SoR
        Invité

        C’est violent, comme c’est beau, c’est une de mes préférées de lui merci

    • #2248 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Léopold Sédar SENGHOR
      Cher frère blanc,
      Quand je suis né, j’étais noir,
      Quand j’ai grandi, j’étais noir,
      Quand je suis au soleil, je suis noir,
      Quand je suis malade, je suis noir,
      Quand je mourrai, je serai noir.

      Tandis que toi, homme blanc,
      Quand tu es né, tu étais rose,
      Quand tu as grandi, tu étais blanc,
      Quand tu vas au soleil, tu es rouge,
      Quand tu as froid, tu es bleu,
      Quand tu as peur, tu es vert,
      Quand tu es malade, tu es jaune,
      Quand tu mourras, tu seras gris.

      Alors, de nous deux,
      Qui est l’homme de couleur ?

      • #2250 Répondre
        SoR
        Invité

        Pas mal! Merci beaucoup !

      • #2258 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        Senghor n’a jamais écrit ça.
        C’est Aimé Césaire qui a posté ce poème dans le groupe Facebook « Neurchi de boomers ».

    • #2253 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      Je ne sais pas si c’est rendre service à la cause antiraciste, à la poésie, à Senghor, que de saluer ce poème.

      • #2282 Répondre
        SoR
        Invité

        François, pourquoi dis tu ça? je ne crois pas que ce soit un faux, j’ai un vague souvenir de ce poème, de l’avoir entendu ou lu plus jeune, et je crois que c’est bien de lui, je trouve ça assez amusant au contraire, je ne le trouve pas méchant, c’est léger et un peu ironique.

    • #2263 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Je l’ai trouvé sur internet. Signé Senghor. À vérifier donc.
      Pas de quoi en faire un fromage. Je n’adhère à aucune cause. Que papa m’en préserve d’adhérer à quoi que ce soit. J’ai trouvé ce poème rigolo, écrit avec l’humour africain que je connais très très très bien

      • #2265 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Incomparable au charme infini de l’humour begaudien. De toutes façons le sujet c’est « partagez des poèmes » Là, on est donc hors-sujet. Eh oui, je botte en touche ne vous arrivant pas à la cheville: vous êtes trop armé et je ne livre bataille qu’à armes égales. Sinon je prends mes gambas à mon cou… et je cours très vite

    • #2264 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      le fameux humour africain
      à conjoindre avec le rythme africain, le sourire africain, la dette africaine
      charmes infinis de l’Afrique

    • #2266 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      On reste dans le thème avec ces paroles de Casey. Je partagerais bien la musique si je savais me servir de la technologie adéquate.
      .
      Chez moi
      .
      Connais-tu le chardon, la chabine
      Le coulis, la peau chapée, la grosse babine
      La tête grainée qu’on adoucit à la vaseline
      Et le créole et son mélange de mélanine
      Connais-tu le morne et la ravine
      Le béké qui très souvent tient les usines
      La maquerelle qui passe son temps chez la voisine
      Et le crack et ses déchets de cocaïne
      Connais-tu le Mont-Pelé et la savane
      Les pêcheurs du Carbet, les poissons de Tartane
      Et les touristes aux seins nus à la plage des Salines
      Pendant que la crise de la banane s’enracine
      Connais-tu Frantz Fanon, Aimé Césaire
      Eugène Mona et Ti Emile
      Sais-tu que mes cousins se foutent des bains d’mer
      Et que les cocotiers ne cachent rien d’la misère
      .
      Chez moi, j’y vais par période
      C’est une toute petite partie du globe
      Tu verra du Magra sur les draps, les robes
      Et puis sur la table, du crabe, du shrob
      .
      Sais-tu qu’on soigne tout avec le rhum :
      La tristesse, les coupures et les angines
      Que l’Afrique de l’Ouest et l’Inde sont nos origines
      Que l’on mange riz et curry comme tu l’imagines
      Sais-tu que chez moi aux Antilles
      C’est la grand-mère et la mère le chef de famille
      Que les pères s’éparpillent et que les jeunes filles
      Elèvent seules leurs gosses, les nourrissent et les habillent
      Sais-tu qu’on n’écoute pas David Martial
      La Compagnie Créole et « c’est bon pour le moral »
      Et que les belles doudous ne sont pas à la cuisine
      A se trémousser sur un tube de Zouk’ Machine
      Sais-tu que là-bas les p’tits garçons
      Jusqu’à 4 ans doivent garder les cheveux longs
      Et sais-tu aussi que mon prénom et mon nom
      Sont les restes du colon britannique et breton
      .
      Chez moi, j’y vais par période
      C’est une toute petite partie du globe
      Tu verra du Magra sur les draps, les robes
      Et puis sur la table, du crabe, du shrob
      .
      Sais-tu qu’on prie avec la Bible
      Fêtent le carnaval comme toute la Caraïbe
      Que nos piments sont redoutables
      Nos anciens portent des noms du sexe opposé pour éloigner le Diable
      Sais-tu que chez nous c’est en blanc
      Et au son des tambours qu’on va aux enterrements
      Et qu’une fois par an, cyclones et grands vents
      Emportent cases en tôle, poules et vêtements
      Sais-tu comme enfants et femmes
      Labouraient les champs et puis coupaient la canne
      Sais-tu que tous étaient victimes
      Esclaves ou neg’ marrons privés de liberté et vie intime
      Sais-tu que notre folklore ne parle que de cris
      De douleurs, de chaînes et de zombies
      Mais putain, sais-tu encore aujourd’hui
      Madinina : l’île aux fleurs est une colonie.

      • #2267 Répondre
        SoR
        Invité

        Sublime chanson, j’adore cette rappeuse merci Léo !

        • #2268 Répondre
          SoR
          Invité

          J’avais déjà envoyé la musique sur l’ancien Forum on en avait parlé, mais la réception avait été un peu mitigée malheureusement, je la trouve incroyable, sa poésie est forte, elle me surprend à chaque fois.

          • #2270 Répondre
            Leo Landru
            Invité

            Moi aussi je suis fan. On est au moins deux ici. La résistance s’organise.

            • #2291 Répondre
              François Bégaudeau
              Maître des clés

              « Que l’on mange riz et curry comme tu l’imagines »
              Pourquoi ce vers?

              « Fêtent le carnaval comme toute la Caraïbe
              Que nos piments sont redoutables »
              même question

              • #2298 Répondre
                Leo Landru
                Invité

                Pour le coup, je crois que seule une écoute musicale permet d’entendre ces morceaux de textes propres à Casey et à son style mi-provocatrice mi-désabusée. Objectivement, à l’écrit, ce ne sont en effet pas les meilleures rimes de la chanson.

              • #2299 Répondre
                SoR
                Invité

                Justement François, j’adore cette rime car ça nous renvoie à un cliché on y croit : on croit qu’elle va encore le déconstruire comme tous les autres et là non c’est le seul qui va, mais c’est celui qui nous rapproche le plus d’eux dans notre quotidien, le plus banal et le moins significatif. Nos piments redoutables ça va dans le sens mon pays n’est pas un pays édulcoré comme on imagine la gentille nature de carte postale, d’ailleurs après elle parle du diable, j’adore.

                • #2300 Répondre
                  SoR
                  Invité

                  Et oui tu as raison Léo, une chanson c’est dans son entier (musique, voix, rythme) qu’elle peut donner toute sa force et son sens, sa beauté. (Mais ici le texte se suffit quand même à lui-même car Casey est une des rares qui pour moi sait manier si bien les mots et étonner par ses chutes). L’autre c’est Vîrus, il m’a fait connaître des textes de Jehan Rictus (19e) sur lesquels je serais passée à côté sans sa voix et sa musique, maintenant je les apprécie par moi même mais il m’a révélée leur beauté et le rythme que les vers avaient, il m’a bluffée et je regrette de n’avoir pas vu plus tôt à quel point il y avait de la beauté dans ces textes.

                • #2301 Répondre
                  SoR
                  Invité

                  je parle du riz pour le 1er

        • #2269 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          De rien du tout. Est-ce que tu as écouté l’album Gangrène du groupe Ausgang dans lequel elle chante ? Je tente un lien.

    • #2274 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Merci, merci et merci Leo Landru! Je n’ai pas eu besoin de la musique: j’ai lu ce beau poème à haute voix à mon frère qui dit  » ce poème a une très grande force. J’ai lu l’histoire des peuples guadeloupéens et martiniquais. J’ai lu des publications communistes marxistes leninistes de ces nations et astour, avec ce poème, je le comprends et je le vis au plus profond de mon être. Prolétaires, peuples et nations opprimés, unissons-nous. »

    • #2277 Répondre
      Graindorge
      Invité

      J’aime pas le rap.

    • #2279 Répondre
      Graindorge
      Invité

      le chant du désert. Claude Nougaro

      Dans le désert du papier blanc
      Mes vieux chameaux de mots naviguent
      Croisant parfois les ossements
      D’un poème mort de fatigue
      J’ai soif
      Bédouin brûlé par l’aveuglant
      Néon d’un néant, sèche douche
      Je marche, marche, m’ensablant
      Un bâillon d’encre sur la bouche
      J’ai soif
      Il est des bouches oasis
      Tout enchantées de phrases fraîches
      La mienne suce le supplice
      D’une langue qui se dessèche
      Pourquoi me suis je, ah là là
      Aventuré parmi ces dunes?
      Croyais je y rencontrer Allah,
      Son burnous en bure de lune?
      Il m’aurait dit:  » Ta soif me plaît
      Voici ma gourde d’eau mentale  »
      Alors j’eusse bu les couplets
      D’une chanson fondamentale
      Une chanson à l’infini
      D’un souffle neuf brisant ces noces
      Qui nous font naître dans un nid
      Halluciné de becs féroces
      Une chanson puisée ailleurs
      Qu’à la litanie de nos plaintes
      Mêlée aux hymnes fossoyeurs
      Dans le poumon des guerres saintes
      Une chanson calmant la soif
      De nos soifs enfin inondées
      Oui qu’une pluie enfin nous coiffe
      D’une chevelure d’idées
      Idées dictées pour en sortir
      De nos mariages et leurs divorces,
      De nos bourreaux et leurs martyrs,
      De nos contrats et leurs entorses
      De nos salam, salamalecs
      Au sommet sec de nos puissances
      Quand nos enfants claquent du bec
      Dans la patrie de l’innocence
      J’ai soif, soif
      Et me voici là devant vous
      Frères humains, but de ma course
      Les doigts tendus comme des trous
      Vers la lumière d’une source
      J’ai soif
      Source, chant source
      Jaillis, jaillis, jaillis…

    • #2293 Répondre
      Claire N
      Invité

      Quand éclata la guerre , j’avais
      Quatorze ans et deux mois. Sur le moment
      Ça ne me fit guère d’effet. Ma tête était
      Toute pleine d’une autre chose, que maintenant encore
      Je juge plus importante.je découvris
      Les fleurs du mal, et cela voulait dire
      La poésie, cette, mais
      Il y a une autre chose, que je ne sais comment dire
      Et qui est celle qui compte.La révolte ? Non
      Ainsi disais -je alors.Étendu
      Dans un noisetier, au cœur d’une rose
      Aux feuilles flétries et très vertes,comme
      Des peaux de chenille écorchée,la couché
      A l’entre cuisse du monde, je m’épaississais
      De révolte heureuse, tandis que le pays
      Pétaradait de révolte et contre-
      Revolté,je ne sais si dans le bonheur
      Mais plus révolté que moi même.la vie

      Extrait de In Memoriam , Gabriel Ferrater

      • #2294 Répondre
        Claire N
        Invité

        La suite :
        Morale? C’en est proche mais ça devient ambigu
        Peut-être le meilleur terme est il l’égoïsme

        • #2303 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          J’aime assez.

          • #2318 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui
            Je l’ai recopié en partie ( il est très long, un fleuve !)
            Mais je suis un peu désolée j’avais
            Scrupuleusement respecté les mises à la ligne
            Et le cadre m’a obligé à couper le vers 4 et 8
            Du coup c’est un peu raté

      • #2324 Répondre
        SoR
        Invité

        Merci, je ne connaissais pas cet écrivain et pourtant apparemment c’est un grand nom de la poésie, j’aime beaucoup

    • #2304 Répondre
      SoR
      Invité

      Poèmes russes.
      (Lus et traduits par Markowicz + explication en tout début de ce qu’est la poésie russe) :

      • #2319 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Sor

    • #2322 Répondre
      Alain m.
      Invité

      La vie se tord les mains au-dessus du torrent
      Et couvre la pauvreté de l’amalgame
      Les haillons toujours changeant tirent du feu les marrons du luxe
      André Breton. vers extrait d’un poème inachevé.

    • #2326 Répondre
      Malice
      Invité

      Pour bien fêter les valentins

    • #2330 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      un des très bons albums de HFT
      j’aime beaucoup celle là, érotique à souhait

    • #2424 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Le cri d’un coq traîne par les rues vides, dans cette chaude après-midi de juin où il n’y a personne. Le silence, profond comme un grenier à blé abandonné, gorgé de chaleur et de poussière. Quel désœuvrement sous les voûtes basses de ces tilleuls, sur ces marteaux de portes où baillent mille gueules de bronze !
      Quel après-midi de dimanche distingué, qui fait rêver de gants noirs à crispins de dentelles aux bras des jeunes filles, d’ombrelles sages, de parfums inoffensifs, des steppes arides du cinq à sept ! Seul un petit nuage, alerte, blanc, — comme le nageur éclatant porté sur l’écume ombre soudain de stupidité la foule plantée sur la plage — couvre de confusion tout à coup le paysage endormi et fait rêver d’extravagance au fond de l’avenue un arbre qui n’a encore jamais volé.
      Julien Gracq. Pleine eau

    • #2428 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      c’est un écrit de jeunesse ça non?
      il en fait trop

    • #2430 Répondre
      Alain m.
      Invité

      C’est tiré de Liberté Grande qui a été publié en 46 avec des ajouts au fil des éditions ultérieures. Et ce texte date à priori des années de guerre. Il doit avoir dans la trentaine. Mais est-ce qu’il n’en fait pas toujours beaucoup ?

      • #2431 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui
        Peut-être qu’il en a confusément conscience
        N’est ce pas lui le désœuvré qui n’a jamais volé
        Attiré par le petit nuage ?

      • #2441 Répondre
        François Bégaudeau
        Maître des clés

        oui sa langue est toujours ouvragée
        mais dans d’autres romans elle est plus sobre

    • #2443 Répondre
      Alain m.
      Invité

      c’est un recueil de textes poétiques et d’accord avec toi , les romans et récits que j’ai lus sont plus sobres.

    • #2450 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ce doit être la poésie qui l’incite à charger

    • #2661 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Les fumeurs meurent je ne vois pas la suite
      Sur le paquet de cigarettes légères
      Quelle nouvelle ça alors les fumeurs meurent
      Comme tout le monde toi moi le buraliste
      Qui vivra vieux sans pratiquer du tout
      Pour sa santé une saine activité
      Physique chaque jour manger bouger voilà
      Aux heures de pointe j’assure jusque dans le métro
      Publicité pour des chewing-gums sans sucre
      Une fille sourit aux heures de pointe sourit
      Dessus l’affiche collée un peu partout
      Ainsi les chewing-gums gomment votre mauvaise haleine
      Les chômeurs pleurent et les hommes d’affaires ferrent
      Le train et ses wagons le requin capital.
      Valérie Rouzeau •

    • #2711 Répondre
      SoR
      Invité

      Que savons-nous ? qui donc connaît le fond des choses ?
      Le couchant rayonnait dans les nuages roses ;
      C’était la fin d’un jour d’orage, et l’occident
      Changeait l’ondée en flamme en son brasier ardent ;
      Près d’une ornière, au bord d’une flaque de pluie,
      Un crapaud regardait le ciel, bête éblouie ;
      Grave, il songeait ; l’horreur contemplait la splendeur.
      (Oh ! pourquoi la souffrance et pourquoi la laideur ?
      Hélas ! le bas-empire est couvert d’Augustules,
      Les Césars de forfaits, les crapauds de pustules,
      Comme le pré de fleurs et le ciel de soleils !)
      Les feuilles s’empourpraient dans les arbres vermeils ;
      L’eau miroitait, mêlée à l’herbe, dans l’ornière ;
      Le soir se déployait ainsi qu’une bannière ;
      L’oiseau baissait la voix dans le jour affaibli ;
      Tout s’apaisait, dans l’air, sur l’onde ; et, plein d’oubli,
      Le crapaud, sans effroi, sans honte, sans colère,
      Doux, regardait la grande auréole solaire ;
      Peut-être le maudit se sentait-il béni,
      Pas de bête qui n’ait un reflet d’infini ;
      Pas de prunelle abjecte et vile que ne touche
      L’éclair d’en haut, parfois tendre et parfois farouche ;
      Pas de monstre chétif, louche, impur, chassieux,
      Qui n’ait l’immensité des astres dans les yeux.
      Un homme qui passait vit la hideuse bête,
      Et, frémissant, lui mit son talon sur la tête ;
      C’était un prêtre ayant un livre qu’il lisait ;
      Puis une femme, avec une fleur au corset,
      Vint et lui creva l’œil du bout de son ombrelle ;
      Et le prêtre était vieux, et la femme était belle.
      Vinrent quatre écoliers, sereins comme le ciel.
      – J’étais enfant, j’étais petit, j’étais cruel ; –
      Tout homme sur la terre, où l’âme erre asservie,
      Peut commencer ainsi le récit de sa vie.
      On a le jeu, l’ivresse et l’aube dans les yeux,
      On a sa mère, on est des écoliers joyeux,
      De petits hommes gais, respirant l’atmosphère
      À pleins poumons, aimés, libres, contents ; que faire
      Sinon de torturer quelque être malheureux ?
      Le crapaud se traînait au fond du chemin creux.
      C’était l’heure où des champs les profondeurs s’azurent ;
      Fauve, il cherchait la nuit ; les enfants l’aperçurent
      Et crièrent : « Tuons ce vilain animal,
      Et, puisqu’il est si laid, faisons-lui bien du mal ! »
      Et chacun d’eux, riant, – l’enfant rit quand il tue, –
      Se mit à le piquer d’une branche pointue,
      Élargissant le trou de l’œil crevé, blessant
      Les blessures, ravis, applaudis du passant ;
      Car les passants riaient ; et l’ombre sépulcrale
      Couvrait ce noir martyr qui n’a pas même un râle,
      Et le sang, sang affreux, de toutes parts coulait
      Sur ce pauvre être ayant pour crime d’être laid ;
      Il fuyait ; il avait une patte arrachée ;
      Un enfant le frappait d’une pelle ébréchée ;
      Et chaque coup faisait écumer ce proscrit
      Qui, même quand le jour sur sa tête sourit,
      Même sous le grand ciel, rampe au fond d’une cave ;
      Et les enfants disaient : « Est-il méchant ! il bave ! »
      Son front saignait ; son œil pendait ; dans le genêt
      Et la ronce, effroyable à voir, il cheminait ;
      On eût dit qu’il sortait de quelque affreuse serre ;
      Oh ! la sombre action, empirer la misère !
      Ajouter de l’horreur à la difformité !
      Disloqué, de cailloux en cailloux cahoté,
      Il respirait toujours ; sans abri, sans asile,
      Il rampait ; on eût dit que la mort, difficile,
      Le trouvait si hideux qu’elle le refusait ;
      Les enfants le voulaient saisir dans un lacet,
      Mais il leur échappa, glissant le long des haies ;
      L’ornière était béante, il y traîna ses plaies
      Et s’y plongea, sanglant, brisé, le crâne ouvert,
      Sentant quelque fraîcheur dans ce cloaque vert,
      Lavant la cruauté de l’homme en cette boue ;
      Et les enfants, avec le printemps sur la joue,
      Blonds, charmants, ne s’étaient jamais tant divertis ;
      Tous parlaient à la fois et les grands aux petits
      Criaient : «Viens voir! dis donc, Adolphe, dis donc, Pierre,
      Allons pour l’achever prendre une grosse pierre ! »
      Tous ensemble, sur l’être au hasard exécré,
      Ils fixaient leurs regards, et le désespéré
      Regardait s’incliner sur lui ces fronts horribles.
      – Hélas ! ayons des buts, mais n’ayons pas de cibles ;
      Quand nous visons un point de l’horizon humain,
      Ayons la vie, et non la mort, dans notre main. –
      Tous les yeux poursuivaient le crapaud dans la vase ;
      C’était de la fureur et c’était de l’extase ;
      Un des enfants revint, apportant un pavé,
      Pesant, mais pour le mal aisément soulevé,
      Et dit : « Nous allons voir comment cela va faire. »
      Or, en ce même instant, juste à ce point de terre,
      Le hasard amenait un chariot très lourd
      Traîné par un vieux âne éclopé, maigre et sourd ;
      Cet âne harassé, boiteux et lamentable,
      Après un jour de marche approchait de l’étable ;
      Il roulait la charrette et portait un panier ;
      Chaque pas qu’il faisait semblait l’avant-dernier ;
      Cette bête marchait, battue, exténuée ;
      Les coups l’enveloppaient ainsi qu’une nuée ;
      Il avait dans ses yeux voilés d’une vapeur
      Cette stupidité qui peut-être est stupeur ;
      Et l’ornière était creuse, et si pleine de boue
      Et d’un versant si dur que chaque tour de roue
      Était comme un lugubre et rauque arrachement ;
      Et l’âne allait geignant et l’ânier blasphémant ;
      La route descendait et poussait la bourrique ;
      L’âne songeait, passif, sous le fouet, sous la trique,
      Dans une profondeur où l’homme ne va pas.

      Les enfants entendant cette roue et ce pas,
      Se tournèrent bruyants et virent la charrette :
      « Ne mets pas le pavé sur le crapaud. Arrête ! »
      Crièrent-ils. « Vois-tu, la voiture descend
      Et va passer dessus, c’est bien plus amusant. »

      Tous regardaient. Soudain, avançant dans l’ornière
      Où le monstre attendait sa torture dernière,
      L’âne vit le crapaud, et, triste, – hélas ! penché
      Sur un plus triste, – lourd, rompu, morne, écorché,
      Il sembla le flairer avec sa tête basse ;
      Ce forçat, ce damné, ce patient, fit grâce ;
      Il rassembla sa force éteinte, et, roidissant
      Sa chaîne et son licou sur ses muscles en sang,
      Résistant à l’ânier qui lui criait : Avance !
      Maîtrisant du fardeau l’affreuse connivence,
      Avec sa lassitude acceptant le combat,
      Tirant le chariot et soulevant le bât,
      Hagard, il détourna la roue inexorable,
      Laissant derrière lui vivre ce misérable ;
      Puis, sous un coup de fouet, il reprit son chemin.

      Alors, lâchant la pierre échappée à sa main,
      Un des enfants – celui qui conte cette histoire, –
      Sous la voûte infinie à la fois bleue et noire,
      Entendit une voix qui lui disait : Sois bon !

      Bonté de l’idiot ! diamant du charbon !
      Sainte énigme ! lumière auguste des ténèbres !
      Les célestes n’ont rien de plus que les funèbres
      Si les funèbres, groupe aveugle et châtié,
      Songent, et, n’ayant pas la joie, ont la pitié.
      Ô spectacle sacré ! l’ombre secourant l’ombre,
      L’âme obscure venant en aide à l’âme sombre,
      Le stupide, attendri, sur l’affreux se penchant,
      Le damné bon faisant rêver l’élu méchant !
      L’animal avançant lorsque l’homme recule !
      Dans la sérénité du pâle crépuscule,
      La brute par moments pense et sent qu’elle est sœur
      De la mystérieuse et profonde douceur ;
      Il suffit qu’un éclair de grâce brille en elle
      Pour qu’elle soit égale à l’étoile éternelle ;
      Le baudet qui, rentrant le soir, surchargé, las,
      Mourant, sentant saigner ses pauvres sabots plats,
      Fait quelques pas de plus, s’écarte et se dérange
      Pour ne pas écraser un crapaud dans la fange,
      Cet âne abject, souillé, meurtri sous le bâton,
      Est plus saint que Socrate et plus grand que Platon.
      Tu cherches, philosophe ? Ô penseur, tu médites ?
      Veux-tu trouver le vrai sous nos brumes maudites ?
      Crois, pleure, abîme-toi dans l’insondable amour !
      Quiconque est bon voit clair dans l’obscur carrefour ;
      Quiconque est bon habite un coin du ciel. Ô sage,
      La bonté, qui du monde éclaire le visage,
      La bonté, ce regard du matin ingénu,
      La bonté, pur rayon qui chauffe l’inconnu,
      Instinct qui, dans la nuit et dans la souffrance, aime,
      Est le trait d’union ineffable et suprême
      Qui joint, dans l’ombre, hélas ! si lugubre souvent,
      Le grand innocent, l’âne, à Dieu le grand savant.

      (« Le Crapaud », Victor Hugo)

    • #2758 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Ma femme est morte, je suis libre !
      Je puis donc boire tout mon soûl.
      Lorsque je rentrais sans un sou,
      Ses cris me déchiraient la fibre
      Autant qu’un roi je suis heureux ;
      L’air est pur, le ciel admirable…
      Nous avions un été semblable
      Lorsque j’en devins amoureux !
      L’horrible soif qui me déchire
      Aurait besoin pour d’assouvir
      D’autant de vin qu’en peut tenir
      Son tombeau ; — ce n’est pas peut dire
      Je l’ai jetée au fond d’un puits,
      Et j’ai même poussé sur elle
      Tous les pavés de la margelle.
      — Je l’oublierai si je le puis !
      Au nom des serments de tendresse,
      Dont rien ne peut nous délier,
      Et pour nous réconcilier
      Comme au beau temps de notre ivresse,
      J’implorai d’elle un rendez-vous
      Le soir, sur une route obscure.
      Elle y vint ! — folle créature !
      Nous sommes tous plus ou moins fous!
      Elle était encore jolie,
      Quoique bien fatiguée ! et moi,
      Je l’aimais trop ! voilà pourquoi
      Je lui dis : Sors de cette vie !
      Nul ne peut me comprendre. Un seul
      Parmi ces ivrognes stupides
      Songea-t-il dans ces nuits morbides
      A faire du vin un linceul ?
      Cette crapule invulnérable
      Comme les machines de fer
      Jamais, ni l’été ni l’hiver,
      N’a connu l’amour véritable,
      Avec ses noirs enchantements,
      Son cortège infernal d’alarmes,
      Ses fioles de poison, ses larmes,
      Ses bruits de chaîne et d’ossements !
      — Me voilà libre et solitaire !
      Je serai ce soir ivre mort ;
      Alors, sans peur et sans remord,
      Je me coucherai sur la terre,
      Et je dormirai comme un chien !
      Le chariot aux lourdes roues
      Chargé de pierres et de boues,
      Le wagon enragé peut bien
      Écraser ma tête coupable
      Où me couper par le milieu,
      Je m’en moque comme de Dieu,
      Du Diable ou de la Sainte Table !
      Charles Baudelaire.

      • #2766 Répondre
        SoR
        Invité

        Merci pour l’émotion et découverte! C’est sublime

    • #3645 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Que ne t’atteigne pas l’air, l’aurore, la nuit,
      mais seulement la terre, et la vertu des grappes,
      et la pomme qui pousse en entendant l’eau pure,
      la résine et la boue de ta terre odorante.

      Depuis Quinchamali où tes yeux furent faits
      jusqu’à tes pieds créés pour moi sur la Frontière
      tu es la glaise obscure et que je reconnais :
      tout le blé je le touche à nouveau sur tes hanches.

      Et peut-être l’ignorais-tu, mon Araucane,
      lorsque avant de t’aimer j’oubliais tes baisers
      qu’il me restait au cœur mémoire de ta bouche

      et j’allais par les rues pareil à un blessé
      pour comprendre à la fin que j ‘avais découvert
      mon territoire, amour, de baisers, de volcans.
      Pablo Neruda
      La Centaine d’amour, 1965

      • #3692 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci
        Moi ça me fait penser à une Ève dont l’histoire me convient plus

        • #3721 Répondre
          Sarah G
          Invité

          Oui Eve la vivante, la vie et la femme

          • #3722 Répondre
            Sarah G
            Invité

            La vitalité

            • #3724 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui !
              Et pour une fois elle précipite pas pas l’homme
              En dehors du paradis !

              • #3741 Répondre
                Sarah G
                Invité

                Je viens de me rendre compte que les deux poèmes que j’ai partagé sont en opposition, contradiction.
                Pour le deuxième, ce sont les contrastes entre mur et Amour.
                Opaque et lumière.
                Très inspiration chrétienne au fond.
                Qui rejoint Ténèbres et Lumière
                Qui m’ont parlé dès que je l’ai lu pour la première fois, pas vu le côté doloriste, à la première lecture.
                Suis plus Vie, Joie, Lumière et Amour que dolorisme et ascèse
                Merci encore pour ces échanges qui enrichissent.

    • #3646 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Deux lettres
      séparent LE MUR
      et L’AMOUR

      elles sont l’alpha et l’oméga
      de notre impuissance
      -ou bien du commencement

      deux lettres
      suffiraient au retournement
      de l’opaque en lumière

      se pourrait-il que la langue sache
      avant nous
      que les révolutions reposent
      sur l’inversion des signes

      Sylviane DUPUIS
      Le Livre des murs (extrait)
      Poème inédit

    • #3711 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      ça fait un peu truc ça

    • #3716 Répondre
      Claire N
      Invité

      Comme ceux des magiciens techniques ?
      Qui révèlent comme ils utilisent leur matériel ?

    • #3717 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      truc n’est pas la mot
      petite trouvaille, disons
      petit bricolage de mots
      mur amour
      ca sent aussi le verbocentrime, maladie répandue chez les poètes
      (enfin chez les poètes moyens, parce que les grands savent bien qu’il faut précisément excentrer le verbe, jusqu’à parfois se taire)

      • #3718 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui
        Si il y a un truc , c’est que c’est du faux
        Je retiens le verbocentrisme comme maladie

    • #3720 Répondre
      Claire N
      Invité

      Du coup un poème qui titille le « réflexe thérapeutique «  c’est pas un poème, c’est un symptôme ? Ça me fait penser à ce que tu disais
      Sur les « doloristes « 

    • #3725 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      il y a de ça oui
      et puis je n’aime pas bien ce « nous »

      • #3726 Répondre
        Claire N
        Invité

        Oui c’est vrai !
        Je suis révolté maintenant que je le vois !

    • #3727 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Merci à vous deux pour vos retours, vos impressions, toujours enrichissant.
      Oui le dolorisme, contraire à la vie, à la vitalité, et souvent de pair avec un moralisme, qui déteste, hait le corps, jusqu’à aller vers un ascétisme extrême par haine du corps.
      Je ne sais pas si c’est ce à quoi François pensait sur les « doloristes »

    • #3728 Répondre
      Claire N
      Invité

      Si mes warning ne me trompent pas
      Il y a la de la dépendance qui cherche à parasiter

      • #3729 Répondre
        Claire N
        Invité

        C’était la suite de mon commentaire sur la révolte

    • #3785 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage
      Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
      Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
      Le navire glissant sur les gouffres amers.

      À peine les ont-ils déposés sur les planches,
      Que ces rois de l’azur, maladroits et honteux,
      Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
      Comme des avirons traîner à côté d’eux.

      Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
      Lui, naguère si beau, qu’il est comique et laid !
      L’un agace son bec avec un brûle-gueule,
      L’autre mime, en boitant, l’infirme qui volait !

      Le Poète est semblable au prince des nuées
      Qui hante la tempête et se rit de l’archer ;
      Exilé sur le sol au milieu des huées,
      Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.

      • #3787 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Je ne connais pas.
        Qui en est l’auteur ?

        • #3833 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Oh pardon. Je l’ai pas écrit. Baudelaire. L’Albatros.

    • #3891 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      MOI, JE N’AI NUL BESOIN D’UNE PIERRE TOMBALE
      .
      Moi, je n’ai nul besoin d’une pierre tombale,
      Mais si vous, vous avez besoin que j’en aie une,
      Je souhaiterais qu’on y inscrive :
      Il a fait des suggestions. Nous
      Les avons acceptées.
      Une telle inscription
      Nous honorerait tous.
      .
      Bertolt Brecht

    • #4110 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je butte sur ce poème
      Il est construit pour moi comme quelque
      Problème de logique ( ce que je trouve étrange donc un peu attirant) , mais je ne comprends
      Pas

      • #4111 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Moi, je n’ai pas besoin d’une pierre tombale, si j’ai bien compris, voilà la suggestion et que ce « nous » a accepté.
        Et sur sa tombe, il y a inscrit
        MOI, JE NE N’AI PAS BESOIN D’UNE PIERRE TOMBALE.
        Voilà une inscription qui devrait être inscrite sur chaque pierre tombale, le sens de « une telle inscription  »
        « Nous honorerait tous » à la fin.
        Si j’ai bien compris ce que voulais dire ce poème.

        • #4140 Répondre
          Leo Landru
          Invité

          Je blague. En fait tu as trouvé le sens, c’est bien un message d’amour.
          Par curiosité je suis allé regarder la vraie tombe de Brecht. Eh bien il y a juste son nom sur une pierre toute simple.

          • #4141 Répondre
            Ostros
            Invité

            Le 12 octobre 2004, cela fait trois jours que Jacques Derrida est décédé. Au cimetière de Ris-Orangis son fils Pierre lit les mots écrit par Derrida avant sa mort, à destination de ses proches (et de nous) : « Jacques n’a voulu ni rituel ni oraison. Il sait par expérience quelle épreuve c’est pour l’ami qui s’en charge. Il me demande de vous remercier d’être venus, de vous bénir, il vous supplie de ne pas être tristes, de ne penser qu’aux nombreux moments heureux que vous lui avez donné la chance de partager avec lui. Souriez-moi, dit-il, comme je vous aurai souri jusqu’à la fin. Préférez toujours la vie et affirmez sans cesse la survie… Je vous aime et vous souris d’où que je sois ».

            • #4142 Répondre
              Barthelby
              Invité

              « de ne penser qu’aux nombreux moments heureux que vous lui avez donné la chance de partager avec lui ». C’est dommage, tout de même, de partir sur une proposition complétive infinitive alourdie par une relative au moment où l’on visait la plus grande sobriété.

              • #4148 Répondre
                Claire N
                Invité

                Bah voilà maintenant la cérémonie est drôle !

                • #4151 Répondre
                  Sarah G
                  Invité

                  Drôle et joyeuse.
                  Et après on va boire des bières ou autres à la santé du du défunt

              • #4153 Répondre
                Ostros
                Invité

                 » comme je vous aurai souri jusqu’à la fin  » l’usage du futur antérieur rattrape le léger alourdissement dû à cette étrange expression de soi trépassé. Pas évident d’écrire une telle lettre j’ai essayé, sans mourir. Les temps ici sont très intéressants entre celui qui a été qui est et aura été. Après pas dit qu’il cherchait la sobriété (décorative : ça oui) compte tenu de faire lire à son fils un discours de son père mort comme s’il était écrit par lui. Et ces recommandations fermes. On y sent vigueur et détermination. Et l’irruption du discours direct !

                • #4154 Répondre
                  Claire N
                  Invité

                  Oui, lui faire dire je vous aime,
                  C’est très bien connaître ce qu’un deuil éteint

                  • #4156 Répondre
                    Claire N
                    Invité

                    Mais j’en reviens du coup au poème
                    Qu’est ce qu’il leur fait dire ?

                • #4159 Répondre
                  Juliette B
                  Invité

                  « j’ai essayé, sans mourir. »
                  Merci Ostros, j’ai bien ri

      • #4138 Répondre
        Leo Landru
        Invité

        C’est bien le paradoxe et la finesse de ce poème qui me plaisent. Pour citer Marx : « je refuserais de faire partie d’un club qui m’accepterait comme membre ».

    • #4117 Répondre
      Claire N
      Invité

      Ok, si je prends comme ça
      – je est exclusivement vivant
      – n’a donc pas besoin de pierre tombale
      Mais du coup , une pierre tombale « individualise » un non vivant
      Elle est plantée par les autres
      Et si j’ai bien compris l’épitaphe en totalité passe du je au il puis au nous?

      • #4118 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Oui, le je est bien un vivant.
        Il ne veut pas de pierre tombale quand il sera mort.
        Mais si le « vous » en veut absolument une,
        Il faudra mettre sur la pierre tombale cette inscription.
        « Moi, je n’ai nul besoin d’une pierre tombale ».
        Et oui ça serait pour vous les vivants qui viendrai voir ma pierre tombale quand je ne serais plus là.
        Et oui une pierre tombale, individualise un non-vivant.
        Et nous ami.e.s, proches et famille, ce nous avons accepté cette inscription sur la pierre tombale, nous avons acc
        En gros, c’était sa dernière volonté, nous avons accepté toute ses suggestions.
        Et que nous tous, nous devrions mettre cette inscription sur nos pierres tombales, ou et faire cette suggestion avant notre mort, comme un testament, de ne pas avoir de pierre tombale.
        Un honneur pour tous.
        Cela me fait penser à un tableau où il y avait une pipe, et c’était marquer  » ceci n’est pas une pipe »
        On est dans ce même registre non ?
        Il ne veut pas de pierre tombale mais bon si les autres y tiennent, il accepte la pierre tombale mais avec quand même cette inscription, mais au fond de lui même, il veut une pierre tombale.
        Enfin c’est mon ressenti.
        Je ne sais pas ce que tu en penses ou ce que les autres en pensent ?

        • #4119 Répondre
          Dr Xavier
          Invité

          Hello Sarah G, il y a un truc qui m’échappe, pourquoi sur sa pierre tombale il serait écrit « MOI, JE NE N’AI PAS BESOIN D’UNE PIERRE TOMBALE. » ?
          Le texte ne dit-il pas plutôt qu’il est inscrit :
          « Il a fait des suggestions. Nous
          Les avons acceptées. » ?
          Et cette inscription nous honore tous : tout sa vie il s’est soumis à notre jugement, nous avons reconnu sa puissance ?
          C’est beau.

          • #4129 Répondre
            Claire N
            Invité

            ´Il a fait des suggestions. Nous
            Les avons acceptées´
            Ou pas en fait

            • #4130 Répondre
              Sarah G
              Invité

              Oui c’est l’épitaphe souhaité sur la tombe.
              Mais au final, on ne sait pas si les suggestions ont été acceptés et honorés.

    • #4122 Répondre
      Sarah G
      Invité

      Oui, je n’avais pas vu les deux points : en ponctuation : « je souhaiterais qu’on y inscrive :
      Oui, maintenant vu comme cela, il respecte le jugement des autres, même si
      Moi, je ne veut pas et n’est pas besoin de pierre tombale, je me soumets au jugement et à la volonté des autres, car pour honorer ma mémoire, se recueillir, eux ont besoin d’une pierre tombale , et je l’accepte.
      Mais je souhaite que l’on y inscrive alors ce texte, sur cette pierre tombale :
      « Il a fait des suggestions.
      Nous les avons acceptés ».
      Oui c’est beau en effet.

      • #4126 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Et, on passe du il au nous dans l’épithaphe.
        Et je dirais même plus, tout au long de ce poème , on passe du Je avec « Moi je n’ai nul besoin d’une pierre tombale »
        Au vous « Mais si vous, vous avez besoin ».
        Et retour au Je  » Je souhaiterais
        Au Il a fait des suggestions
        Au nous avons acceptés
        Et à la fin cela nous honorerais tous.
        On passe continuellement au Je/nous.
        Individuel/collectif.

    • #4167 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Tout le monde ne peut chanter,
      Il n’est pas donné à chacun
      De tomber comme une pomme aux pieds des autres.
      C’est ici la suprême confession d’un voyou.
      Je me promène, exprès, échevelé ;
      La tête comme une lampe à pétrole sur les épaules,
      Il me plaît d’éclairer dans la nuit
      L’automne dépouillé de vos âmes.
      Il me plaît que les pierres des insultes
      Tombent sur moi comme la grêle d’un orage vomissant.
      Je serre alors plus fort avec mes mains
      La vessie inclinée de mes cheveux.
      J’aime me souvenir alors d’un étang
      Couvert de mousse, des sons enroués de l’aulne,
      Et que j’ai quelque part père et mère
      Qui se fichent de tous mes vers,
      Et qui m’aiment comme leurs champs, leur chair,
      Comme une petite pluie qui amollit
      Au printemps les jeunes blés.
      Ils vous piqueraient avec leurs fourches
      Pour chaque injure que vous me jetteriez.
      Pauvres, pauvres paysans,
      Sans doute, vous vous êtes enlaidis,
      Vous craignez toujours Dieu et les marécages ;
      Oh! si vous pouviez comprendre que votre fils
      Est aujourd’hui le meilleur poète de Russie !
      Votre cœur se couvrait de givre
      Quand trempaient ses pieds nus
      Dans les flaques de l’automne.
      Et maintenant il se promène
      En chapeau haut de forme et en souliers vernis !
      Mais en lui demeure la fougue
      D’une vieille souche de voyou villageois.
      Pour chaque vache, à l’enseigne des boucheries,
      Il tire son chapeau,
      Et s’il rencontre un cocher sur la place,
      S’il se souvient de l’odeur du fumier natal
      Il est prêt à porter la queue de chaque cheval
      Comme une traîne de mariée.
      J’aime ma terre,
      Je l’aime immensément,
      Bien qu’elle ait la tristesse des saules rouillés.
      La gueule immonde des porcs me plaît ;
      La voix sonore des crapauds
      Dans la tranquillité nocturne.
      Je suis malade de souvenirs d’enfance.
      Je rêve de l’humidité des soirs d’avril.
      On dirait que notre érable s’accroupit
      Pour se chauffer au brasier de l’aube.
      Combien de nids de corbeaux ai-je volés
      En grimpant à ses branches !
      Est-il toujours le même, la cime verdoyante,
      L’écorce aussi solide ?
      Et toi , chien bien-aimé,
      Tu es devenu aveugle de vieillesse,
      Et grognon, traînant la queue dans la cour,
      Ne te souvenant plus ni du seuil ni de l’étable.
      Oh! comme elles me sont chères mes espiègleries,
      Lorsque je volais à ma mère une croûte de pain
      Et que nous y mordions, chacun à notre tour !
      Moi, je n’ai pas changé, j’ai toujours le même coeur ;
      Comme les bluets des blés fleurissent mes yeux.
      Je veux vous dire quelque chose de doux
      En étalant la natte dorée de mes vers!
      Bonne nuit à vous tous, bonne nuit !
      Dans les prés du crépuscule
      La faulx a fini de sonner.
      Aujourd’hui il me prend une envie
      De pisser par la fenêtre sur la lune.
      La lumière est si bleue,
      Dans un tel bleu on mourrait sans regret.
      Et qu’importe si j’ai l’air d’un cynique
      Portant une lanterne accrochée au derrière?
      Vieux et bon Pégase harassé
      Je n’ai que faire de ton trot mou !
      Je suis venu comme un maître sévère
      Chanter et glorifier les rats.
      Ma tête est comme l’août,
      Elle coule par le vin de mes cheveux écumeux ;
      Je veux être une voile jaune
      Tournée vers ce pays où nous nous dirigeons.

      • #4168 Répondre
        Alain m.
        Invité

        Sergueï Essenine. La confession d’un voyou.

    • #4269 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Encore un matin,
      Un matin pour rien
      Une argile au creux de mes mains
      Encore un matin,
      Sans raison, ni fin
      Si rien ne trace son chemin

      Matin pour donner ou bien matin pour prendre
      Pour oublier ou pour apprendre
      Matin pour aimer, maudire ou mépriser
      Laisser tomber ou résister

      Encore un matin
      Qui cherche et qui doute
      Matin perdu cherche une route
      Encore un matin

      Du pire ou du mieux
      A éteindre ou mettre le feu

      Un matin
      Ça ne sert à rien
      Un matin
      Sans un coup de main
      Ce matin
      C’est le mien, c’est le tien
      Un matin de rien
      Pour en faire
      Un rêve plus loin

      Encore un matin
      Ou juge ou coupable
      Ou bien victime ou bien capable
      Encore un matin
      Ami, ennemi

      Entre la raison et l’envie

      Matin pour agir ou attendre la chance
      Ou bousculer les évidences
      Matin innocence, matin intelligence
      C’est toi qui décide du sens

      Un matin
      Ça ne sert à rien
      Un matin
      Sans un coup de main
      Ce matin
      C’est le mien, c’est le tien
      Un matin de rien
      Pour en faire
      Un rêve plus loin

      Un matin

      Ça ne sert à rien
      Un matin
      Sans un coup de main
      Ce matin
      C’est le mien, c’est le tien
      Un matin de rien
      Pour en faire
      Un rêve plus loin

      Encore un matin

      Jean-Jacques Goldman

    • #4937 Répondre
      Hinda
      Invité

      Bonjour à tous, j’adore cette lettre, je partage.

      Lettre envoyée par Aurore DUPIN romancière francaise du XIXe siècle), dite George SAND (son nom de plume) à Alfred de MUSSET (écrivain francais). Cette lettre est authentique. A vous de découvrir l’érotisme caché.

      Je suis très émue de vous dire que j’ai
      bien compris l’autre soir que vous aviez
      toujours une envie folle de me faire
      danser. Je garde le souvenir de votre
      baiser et je voudrais bien que ce soit
      là une preuve que je puisse être aimée
      par vous. Je suis prête à vous montrer mon
      affection toute désintéressée et sans cal-
      cul, et si vous voulez me voir aussi
      vous dévoiler sans artifice mon âme
      toute nue, venez me faire une visite.
      Nous causerons en amis, franchement.
      Je vous prouverai que je suis la femme
      sincère, capable de vous offrir l’affection
      la plus profonde comme la plus étroite
      amitié, en un mot la meilleure preuve
      que vous puissiez rêver, puisque votre
      âme est libre. Pensez que la solitude où j’ha-
      bite est bien longue, bien dure et souvent
      difficile. Ainsi en y songeant j’ai l’âme
      grosse. Accourez donc vite et venez me la
      faire oublier par l’amour où je veux me
      mettre.

      NB : Relisez en sautant les lignes paires

      George Sand (1835)

    • #4996 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Fernando Pessoa Le chevalier de Pas

      Nous étions trois… Nous étions trois…
      Celui qui était fils de roi,
      Celui qui allait mourir, et moi.
      Nous étions trois dans la forêt
      À cette heure où la lune vêt
      De lointain tout ce qui est près.
      Nous étions trois, et nous chantions
      De vagues et tristes chansons
      Et ces chansons n’étaient que sons.
      (Et lentement nous chevauchâmes
      À travers ce que nous chantâmes
      Et chacun n’était que son âme)
      La lune triste et sans sanglots
      Tombait sur nos âmes en flots
      Luisait aux carreaux de nos mots.
      L’ombre de nos corps nous souriait
      Et son faux bruit doux évoquait
      Quelque chose de jamais fait.
      Loin de nous, comme un rêve lourd
      Coulait le fleuve faux des jours :
      Nous allions vers un vain Toujours.
      Chacun de nous était sans nombre
      Et dans la grande forêt sombre
      Ne se sentait que dans son ombre.
      Les arbres immatériels
      Rêvaient d’être corps en appel
      Vers plus loin encor du Réel…
      (Et nous nous sommes éloignés
      Quelque part, vers de vagues prés
      Des prés qui ont peut-être été)
      Et lentement nous chevauchions
      Vers où l’écho de nos chansons
      Était plus vrai que nous n’étions.
      Nous n’étions, là où rien s’achève,
      Qu’au-delà des vitres du rêve
      Un rideau que quelqu’un soulève.
      (Ainsi ombrés d’un vague froid
      Nous allions, sourds de notre émoi
      Vers où nous ne serions plus trois)…

    • #5052 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Bourdonnement
      Je possède
      Tu possèdes
      Il possède
      Nous possédons
      Vous possédez – Ils volent
      Je caresse
      Tu caresses
      Il caresse
      Nous caressons
      Vous caressez – Ils frappent
      Je marche
      Tu marches
      Il marche
      Nous marchons
      Vous marchez – Ils écrasent
      Je parle
      Tu parles
      Il parle
      Nous parlons
      Vous parlez – Ils ordonnent
      Je t’embrasse
      Tu m’embrasses
      Il t’embrasse
      Nous nous embrassons
      Vous vous embrassez – Ils étranglent
      Je contemple
      Tu contemples
      Il contemple
      Nous contemplons
      Vous contemplez – Ils surveillent
      Je t’aime
      Tu m’aimes
      Il t’aime
      Nous nous aimons
      Vous vous aimez – Ils violent
      Je vis
      Tu vis
      Il vit
      Nous vivons
      Vous vivez – Ils tuent
      Je me révolte
      Tu te révoltes
      Il se révolte
      Nous nous révoltons
      Vous vous révoltez
      ILS DISPARAISSENT !
      Rhodine

    • #7349 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Poème de l’amie Chantal Paillard

      CARAVANE
      Sur l’orbe sinueux de la rousse barkhane
      Persiste un lait de lune où palpite sans bruit
      Quelque rêve oublié par les doigts de la nuit,
      Fantastique chimère ou ténébreuse arcane…

      L’aurore a déchiré l’ourlet sanglant du gour
      Où la beauté de l’or accroche des étoiles
      Farouchement drapé dans le bleu de ses voiles,
      Le peuple du désert a salué le jour.

      L’astre échappé de l’aube en déployant sa roue
      Coule un nectar ambré sur le flanc du djebel
      Et lustre la paroi du roc intemporel,
      Que l’harmattan joueur a frôlé de sa houe.

      La lente caravane a tracé son chemin
      Au doux balancement d’un rythme séculaire
      Le flegme souriant de l’humble dromadaire
      Brode un halo d’aisance à son amble serein.

      L’erg infini déroule en vagues languissantes
      Ses dunes au flot blond déferlant vers l’Adrar.
      Le souvenir poignant des brumes du Hoggar
      Illumine l’aura des âmes frémissantes.

      Sous les plis veloutés du litham indigo,
      Apparaît un visage au bel éclat de cuivre,
      Où le regard brillant s’efforce de poursuivre
      L’ample valse d’un aigle avec le sirocco.

      En marchant l’homme égrène au fil de son histoire
      Les vertes oasis où règne la fraîcheur.
      Le parfum délicat des roses de Tozcur,
      En un puissant effluve embaume sa mémoire.

      Le grand feu du zénith écume sur le reg,
      En nimbant les rochers d’une lumière orange.
      A l’horizon carmin que la poussière effrange,
      S’estompe doucement la piste des Touareg.

    • #7841 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Un soldat à la guerre écrit à la femme qu’il aime.

      Attends-moi
      Si tu m’attends, je reviendrai,
      Mais attends-moi très fort.
      Attends, quand la pluie jaune
      Apporte la tristesse,
      Attends quand la neige tournoie,
      Attends quand triomphe l’été
      Attends quand le passé s’oublie
      Et qu’on n’ attend plus les autres.
      Attends quand des pays lointains
      Il ne viendra plus de courrier,
      Attends, lorsque seront lassés
      Ceux qui avec toi attendaient.
      Si tu m’attends, je reviendrai.
      Ne leur pardonne pas, à ceux
      Qui vont trouver les mots pour dire
      Qu’est venu le temps de l’oubli.
      Et s’ils croient, mon fils et ma mère,
      S’ils croient, que je ne suis plus,
      Si les amis las de m’attendre
      Viennent s’asseoir auprès du feu,
      Et s’ils portent un toast funèbre
      A la mémoire de mon âme…
      Attends. Attends et avec eux
      refuse de lever ton verre.
      Si tu m’attends, je reviendrai
      En dépit de toutes les morts.
      Et qui ne m’a pas attendu
      Peut bien dire : « C’est de la veine ».
      Ceux qui ne m’ont pas attendu
      D’où le comprendraient-ils, comment
      En plein milieu du feu,
      Ton attente
      M’a sauvé.
      Comment j’ai survécu, seuls toi et moi
      Nous le saurons,
      C’est bien simple, tu auras su m’attendre, comme personne.

      Constantin SIMONOV (1915-1979)

      • #7861 Répondre
        Mu
        Invité

        Et bien moi, ça m’a fait pleurer parce que c’est vrai, que ça peut sauver, dans des moments comme ça, de savoir que quelque part quelqu’un attend que nous (pas le « je » en guerre qui vit et devient quelque chose d’horrible) revenions, quelqu’un qui est le gardien de notre âme. Il lui confie son âme

        • #7880 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Et ça l’a effectivement sauvé puisqu’il est revenu.
           » et qui ne m’a pas attendu peut bien dire « c’est de la veine »  » J’aime la détermination. La farouche confiance. La puissante patience. Lorsque mon papa est tombé dans le coma, vivant à 4000kms, il y avait de grandes chances que je ne le revois pas vivant. Les docteurs avaient commencé leurs gnagnagnas à la famille  » il va falloir être courageux et patati et patata ». Moi, je lui ai dit de toutes ma force Attends-moi, tu pars pas sans me dire aurevoir! Et à la surprise de tous: maman, les frangines, les toubibs, il est sorti du coma, on l’a changé d’hôpital, j’ai eu le temps de prendre l’avion, il a encore vécu 2 semaines pour prendre congé non seulement de moi mais de parents et d’amis qui ont fait le voyage. La détermination ça aide.

          • #7884 Répondre
            Mu
            Invité

            Oh c’est trop beau, graindorge, tu sèmes des larmes partout ce matin pour arroser mes fleurs

            • #7885 Répondre
              Claire N
              Invité

              Oui, toi c’est plus fort , plus déterminé
              C’est toi qui a dit attends moi reste en vie
              Même si je trouve le poème très beau

            • #7886 Répondre
              Graindorge
              Invité

              Oh non! Surtout pas Mu: l’eau salée c’est pas bon pour les fleurs

              • #7896 Répondre
                Mu
                Invité

                Graindorge:
                Les fleurs métaphoriques se nourrissent de plein de choses, y compris de bouillasse lacrymale. Ne t’inquiète donc pas
                Claire:
                La demande d’amour d’un autre peut être oppressante, certes, on peut l’entendre aussi comme ça, le poème, si on vient de subir l’étouffement d’un petit propriétaire possessif qui a étendu sur nous ses tentacules. Tu veux dire que personne n’est en droit de nous demander cette chose si délicate, de devenir le gardien de son âme, parce que c’est trop? Que souvent, les déclarations d’amour sont en fait des demandes d’amour?
                Si c’est ça que tu dis, et que je trouve aussi très vrai en situation émotionnellement « tiède », normale, je crois que ce n’est plus valable en situation extrême. Il parle à la frontière de la non existence, où les limites entre le toi et le moi deviennent très minces, où la limite est plutôt entre le vivant et le non vivant. Je crois que c’est de cet endroit là qu’il parle. Là où on se dit les choses vraiment essentielles, où la demande n’endette pas…

    • #7850 Répondre
      Claire N
      Invité

      J’aime bien mais c’est un peu triste, c’est peut-être le fait qu’il le demande ?

    • #7909 Répondre
      Claire N
      Invité

      En fait au début j’ai pris la demande pour un manque de confiance, mais après relecture peut-être qu’elle sait qu’il ne lui demanderait jamais d’attendre si il n’était pas certain de revenir et j’aime mieux

      • #7914 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Et il lui dit que la seule chance pour lui de revenir de la guerre c’est qu’elle l’attende sans jamais avoir ni l’ombre d’un doute qu’il reviendra

    • #7915 Répondre
      Claire N
      Invité

      C’est un beau poème d’amour, son amour à elle aussi est dedans

    • #11518 Répondre
      Alain m.
      Invité

      À bas l’être humain
      À bas les étoiles
      À bas le mais et le blé
      À bas la pluie et la neige
      À bas le cheval, le chien et la colombe
      À bas le rossignol et le papillon
      À bas le pupitre et les fleurs
      À bas le phosphore et les crayons
      À bas la cerise et le topaze
      À bas le radar et le brouillard
      À bas l’eau, le vent et le calcium
      À bas le cahier et les chaises
      À bas les seins et l’azur
      À bas le sonnet et le basilic
      À bas les vitamines de A jusqu’à Z
      À bas le cristal et le bois
      À bas le baiser et l’algèbre
      À bas le sel et la géométrie
      À bas le nord et le sud
      À bas le coït et ses épopées
      À bas la pomme, le raisin et le compas
      À bas le piment et le stéthoscope.

      À bas l’orgasme, la lune et le voilier
      À bas Einstein et son Mozart
      À bas les draps et la fumée
      À bas la rose, l’herbe et les amants
      À bas le repos, la sueur et le feu
      À bas la table, le vagin et la lampe
      À bas Tolstoï, la mer et l’espoir
      À bas l’agneau, le vin et la montre
      À bas la charrue, le boeuf et le sillon
      À bas Homère, les ponts et la santé
      À bas la poupée, le facteur et l’alouette
      À bas l’alphabet et la nostalgie
      À bas la tortue, le coq et le cinéma
      À bas le charbon et le vers libre
      À bas le melon, le colibri et la pensée
      À bas Van Gogh, le diamant et l’hirondelle
      À bas le citron, le nénuphar et la bonté
      À bas le silence, le miel et le travail
      À bas le lit, la joie et la liberté
      À bas l’alpha et l’oméga de la vie !

      Demain, la bombe H !
      Vive la bombe H !

      René Depestre •  » À bas « 

      • #11521 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Une bombe Haïtienne, ce poète . Ce jour-là s’était -il levé du pied gauche radical ? Mesi Alain M

    • #11562 Répondre
      charivari
      Invité

      Il y a des entités, — des choses incorporelles, ayant une double vie, laquelle a pour type cette dualité qui ressort de la matière et de la lumière, manifestée par l’ombre et la solidité. Il y a un silence à double face, — mer et rivage, — corps et âme. L’un habite les endroits solitaires, nouvellement recouverts par l’herbe ; des grâces solennelles, des réminiscences humaines et une science de larmes lui ôtent toute terreur : son nom est : « Non ! plus ». C’est le corps du silence : ne le redoute pas ! Il n’a en soi de pouvoir mauvais. Mais si quelque urgent destin (lot intempestif !) t’amène à rencontrer son ombre (elle innommée, qui, elle, hante les régions isolées que n’a foulées nul pied d’homme), recommande ton âme à Dieu.

      • #11563 Répondre
        Sarah G
        Invité

        Merci Charivari, poème magnifique, merci pour le partage.
        Et tu n’as pas indiqué qui a écrit ce poème ?

        • #11564 Répondre
          charivari
          Invité

          Edgar Allan Poe je crois, que je trimballais dans mon sac avec un disque de hipsway, plutôt que de réviser mon bac…

          • #11566 Répondre
            Sarah G
            Invité

            Merci

            • #11644 Répondre
              charivari
              Invité

              Je crois même que c’est Baudelaire qui l’a traduit ou Mallarmé.
              J’adore Poe.

    • #11728 Répondre
      charivari
      Invité

      Au prolétaire

      Ô captif innocent qui ne sais pas chanter
      Écoute en travaillant tandis que tu te tais
      Mêlés aux chocs d’outils les bruits élémentaires
      Marquent dans la nature un bon travail austère
      L’aquilon juste et pur ou la brise de mai
      De la mauvaise usine soufflent la fumée
      La terre par amour te nourrit les récoltes
      Et l’arbre de science où mûrit la révolte
      La mer et ses nénies dorlotent tes noyés
      Et le feu le vrai feu l’étoile émerveillée
      Brille pour toi la nuit comme un espoir tacite
      Enchantant jusqu’au jour les bleuités du site
      Où pour le pain quotidien peinent les gars
      D’ahans n’ayant qu’un son le grave l’oméga

      Ne coûte pas plus cher la clarté des étoiles
      Que ton sang et ta vie prolétaire et tes moelles
      Tu enfantes toujours de tes reins vigoureux
      Des fils qui sont des dieux calmes et malheureux
      Des douleurs de demain tes filles sont enceintes
      Et laides de travail tes femmes sont des saintes
      Honteuses de leurs mains vaines de leur chair nue
      Tes pucelles voudraient un doux luxe ingénu
      Qui vînt de mains gantées plus blanches que les leurs
      Et s’en vont tout en joie un soir à la male heure
      Or tu sais que c’est toi toi qui fis la beauté
      Qui nourris les humains des injustes cités
      Et tu songes parfois aux alcôves divines
      Quand tu es triste et las le jour au fond des mines
      Apollinaire

    • #11787 Répondre
      charivari
      Invité

      LES TARES INDELEBILES
      La queue du chien est un nerf en fourrure,
      Latéralement frivole et ardente, de nature,
      Ni la chirurgie, ni le plâtrage ni la bouture,
      Ne métamorphoseront jamais sa posture.
      Le chien loge dans une niche ou caveaux,
      Son lignage bestial lui octroie son niveau.
      Il vit et meurt chien, à son maximal pivot!
      Il ne pourra point mimer ou égaler le veau !
      L’analogie est chez I’humain, bien entendu,
      Distinguée chez les deux sexes, confondus,
      Qui renient la bonté et les services rendus,
      Mordant même la main qui leur a été tendue !
      Des actes abjects, remarqués en généralité,
      Chez des sujets dépourvus de personnalité,
      Renommés par l’ingratitude et la médiocrité,
      Des pervers n’engendrant que les calamités!
      Qui s’adapte au mal, s’éternisera méchant,
      Il ne regrette ni les remords, ni châtiments.
      On devrait se méfier, surtout, de l’adjacent,
      Celui qui fait, d’emblée l’abord envenimant.
      Plume en herbe 18/06/2020

    • #12020 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Robespierre.
      Cette beauté d’ange que l’on prête malgré soi, — par-delà les pages poussiéreuses d’un livre feuilleté jamais autrement que dans la fièvre, — à quelques-uns des terroristes mineurs : Saint-Just, Jacques Roux, Robespierre le jeune, — cette beauté que leur conserve pour nous à travers les siècles, nageant autour d’une guirlande de gracieuses têtes coupées comme un baume d’Égypte, le surnom de l’incorruptible — ces blancheurs de cous de Jean-Baptiste affilées par la guillotine, ces bouillons de dentelles, ces gants blancs et ces culottes jaunes, ces bouquets d’épis, ces cantiques, ce déjeuner de soleil avant les grandes cènes révolutionnaires, ces blondeurs de blé mûrissant, ces arcs flexibles des bouches engluées par un songe de mort, ces roucoulements de Jean-Jacques sous la sombre verdure des premiers marronniers de mai, verts comme jamais du beau sang rouge des couperets, ces madrigaux funèbres de Brummels somnambules, une botte de pervenche à la main, ces affaissements de fleur, de vierges aristocrates dans le panier à son — comme si, de savoir être un jour portées seules au bout d’une pique, toute la beauté fascinante de la nuit de l’homme eût dû affluer au visage magnétique de ces têtes de Méduse— cette chasteté surhumaine, cette ascèse, cette beauté sauvage de fleur coupée qui fait pâlir le visage de toutes les femmes — c’est la langue de feu qui pour moi çà et là descend mystérieusement au milieu des silhouettes rapides comme des éclairs des grandes rues mouvantes comme sur l’écran d’une allée d’arbres en flammes dans la campagne par une nuit de juin, et me désigne à certaine extase panique le visage inoubliable de quelques guillotinés de naissance.
      Julien Gracq•  » liberté grande « 

    • #12096 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Miguel Hernández, Poèmes d’amour
      Miguel Hernández (1910-1942) est un poète espagnol de la génération de 27. Il côtoie Pablo Neruda et Federico Garcia Lorca. Il est l’un des plus grands poètes et dramaturges espagnols du XXème siècle. Il mène combat, auprès des républicains durant la guerre civile puis meurt dans une prison franquiste. Jusqu’en 1975, mort de Franco, il est interdit de lire ou réciter un poème de Miguel Hernández. Mais en 1976, les habitants d’Orihuela où le poète est né, descendent dans la rue et couvrent les rues des portraits et des vers du poète.

      La poésie de Miguel Hernández est avant tout Amour. C’est pour lui rendre hommage que Cap de l’Etang Editions proposent en 2021 deux tomes de poésies choisies et traduites par Monique-Marie Ihry. Peut-être aurez-vous envie de les découvrir ainsi que la présentation de Monique-Marie Ihry qui retrace la vie et la poésie de ce grand poète espagnol.
      On raconte qu’en s’embrassant, « el amor de su vida » et lui savaient tous les deux que c’était le dernier baiser. Il avait ensuite écrit très vite ce poème El beso, quelques heures avant d’être arrêté, torturé et mourir.

      [Llegó tan hondo el beso]

      Llegó tan hondo el beso
      que traspasó y emocionó los muertos.

      El beso tranjo un brío
      que arrebató la boca de los vivos.

      El hondo beso grande
      sintió breves los labios al ahondarse.

      El beso aquel que quiso
      cavar los muertos y sembrar los vivos.

      [Le baiser fut si profond]

      Le baiser fut si profond
      qu’il transperça et troubla les morts.

      La fougue de ce baiser
      arracha la bouche des vivants.

      Le grand baiser profond
      sentit brièvement les lèvres en s’enfonçant.

      Ce baiser qui voulait
      déterrer les morts et semer les vivants…

    • #12100 Répondre
      charivari
      Invité

      « Les chants des hommes sont plus beaux qu’eux-mêmes,
      plus lourds d’espoir,
      plus tristes,
      plus durables ;
      plus que les hommes, j’ai aimé leurs chants. »

    • #12143 Répondre
      charivari
      Invité

      Le temps perdu

      Devant la porte de l’usine
      le travailleur soudain s’arrête
      le beau temps l’a tiré par la veste
      et comme il se retourne
      et regarde le soleil
      tout rouge tout rond
      souriant dans son ciel de plomb
      il cligne de l’œil
      familièrement
      Dis donc camarade Soleil
      tu ne trouves pas
      que c’est plutôt con
      de donner une journée pareille
      à un patron ?

    • #12801 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « 1997 »

      Déjà il n’y a plus de feuilles dans les arbres
      il n’y a plus d’arbres non-plus
      l’ère de l’air est révolu.
      Et déjà au bout des fleuves il n’y a plus de mer
      il n’y a plus de fleuves non plus
      l’air de la mer ne guérit plus.
      Et déjà il n’y a plus d’ici ou d’ailleurs
      tout est ici tout est ailleurs

      à Pékin on boit du Coca.
      Et c’est toujours le jour, à la place du soleil
      on a installé un néon de supermarché.

      C’est fini, tout est fini
      mais c’est très bien comme ça.

      Et déjà nous n’savons plus ce que veut dire suer
      sans cesse portés que nous sommes
      par des océans d’escalators.
      Et bientôt nous n’saurons plus avoir froid aux pieds
      ni comme c’était bon de se sentir chier.
      Et déjà dans les cafés y’a plus d’alcooliques
      on a disposé des télés pour des bitures cathodiques.
      Et déjà nous n’parlons plus, nos voix se sont tues
      dans le grand silence de la Communication.
      Et déjà il n’y a plus personne,
      ni dans les trains ni dans les rues
      dans les trains dans les rues
      y’a juste des téléphones qui sonnent
      oh non plus person, juste un téléphon qui son
      et un Gaston qui répond pour que le monde tourne rond.
      C’est fini, tout est fini
      mais c’est très bien comme ça.
      Car déjà je me prépare à l’inventer de l’après
      je viens peut-être un peu tard
      mais je suis un tard venu gai.

      C’est fini maintenant
      tu peux sécher tes larmes maintenant

      ça va aller maintenant
      maintenant tout peut recommencer

      Assez pleuré, assez gémi
      assez de mouchoirs salis
      j’ai trop perdu de temps
      à penser au temps perdu
      et il m’en reste encore un peu
      pour inventer un troisième temps.

      L’homme est mort? Nous le réinventerons
      la mer est morte? Nous baignerons dans l’huile
      le mur est tombé? Nous le reconstruirons
      il n’y a plus d’air? Nous respirerons autrement
      et surtout nous n’oublierons pas de nous souvenir

      nous serons des machines et nous serons le blé
      nous seront le pot de fer et le pot de terre
      nous serons le fer et la terre
      nous serons des hommes nouveaux.

    • #13040 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Albane Gellé : Si je suis de ce monde

      Tenir journal de ses jours
      combats livrés ou siestes
      sable de rivière noter bruis-
      sements agitations en dehors
      de la maison inventorier les
      nuits sans lune tous les
      étourdissements debout.
      Tenir boutique de nos im-
      pacts reçus visage autour
      des yeux troupeaux de
      bouches couvrant la bouche
      trous noirs milliers comme
      une mémoire levée debout.
      Tenir bien droit le dos la
      tête comme un antidote au
      désordre envahissant les plis
      du corps de la cuisine et du
      bureau et maintenant le jour
      se lève une rose dépasse
      bergeronnette chante debout.
      Tenir ses promesses et pa-
      role à tous les grains de sa
      mémoire moutons bêlant
      comme folie des rescapés
      jusqu’à l’usure des élans
      tremblés debout.
      Tenir sourire devant colère
      et par-dessus les abattements
      fatigues frayeurs humeurs
      de grêle tenir sourire envers
      et contre tenir sourire pas
      faussaire milieu de toutes
      les pluies debout.
      Tenir des livres dans ses
      bras voyagés là posés plan-
      tés poussant du sol piles
      renversées égratignées pa-
      quets de phrases portées
      debout.

    • #13042 Répondre
      Claire N
      Invité

      On a envie de le poursuivre ce « tenir » ; un peu comme une chanson ou chacun raconte sa façon de tenir bon

      • #13158 Répondre
        Graindorge
        Invité

        Oui chère Claire même si ce verbe tenir est un peu rigide comme ce « tenir bon » toujours à 2 doigts de défaillir, à 2 doigts de tomber… Tiens bon! Tenons bon! Allons bon, rien que d’y penser, badaboum.. mais j’aime bien tenir un livre dans mes bras et parfois m’endormir avec en souriant. Allongée donc. Une façon comme une autre de ne pas tomber… de ne pas tenir bon

    • #13429 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Tu viens d’incendier la Bibliothèque ?
      — Oui.
      J’ai mis le feu là.
      — Mais c’est un crime inouï !
      Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
      Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
      C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
      Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
      C’est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage !
      Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
      Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
      Une bibliothèque est un acte de foi
      Des générations ténébreuses encore
      Qui rendent dans la nuit témoignage à l’aurore.
      Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
      Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
      Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
      Dans les siècles, dans l’homme antique, dans l’histoire,
      Dans le passé, leçon qu’épelle l’avenir,
      Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
      Dans les poètes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
      Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
      Des Homères, des Jobs, debout sur l’horizon,
      Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
      Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
      De tout l’esprit humain tu fais de la fumée !
      As-tu donc oublié que ton libérateur,
      C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur ;
      Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,
      Il détruit l’échafaud, la guerre, la famine
      Il parle, plus d’esclave et plus de paria.
      Ouvre un livre, Platon, Milton, Beccaria ;
      Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille ;
      L’âme immense qu’ils ont en eux, en toi s’éveille ;
      Ébloui, tu te sens le même homme qu’eux tous ;
      Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
      Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
      Ils t’enseignent ainsi que l’aube éclaire un cloître ;
      À mesure qu’il plonge en ton cœur plus avant,
      Leur chaud rayon t’apaise et te fait plus vivant ;
      Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
      Tu te reconnais bon, puis meilleur ; tu sens fondre,
      Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
      Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
      Car la science en l’homme arrive la première.
      Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
      C’est à toi, comprends donc, et c’est toi qui l’éteins !
      Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints !
      Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
      Les liens que l’erreur à la vérité mêle,
      Car toute conscience est un nœud gordien.
      Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
      Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l’ôte.
      Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
      Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir,
      Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
      Le progrès, la raison dissipant tout délire.
      Et tu détruis cela, toi !
      — Je ne sais pas lire.
      #Victor_Hugo
      L’Année terrible – juin 1871
      VIII. « À qui la faute ? »

      • #13443 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Putain, cet ignare de Victor oublie Aurélien Bellanger.

        Résurrection
        Le TGV
        4536 en provenance et à destination de
        Paris Gare de Lyon entrera en
        gare voie
        4.
        – antimanuel de littérature, François Begaudeau p.157, Bréal 2008 –

    • #13630 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Si je ne suis plus en vie
      Quand viendront les Rouges-gorges,
      Donne au Cravaté de Rouge
      Une miette commémorative —
      Si dans mon sommeil profond
      Je ne puis te dire merci,
      Tu sauras que je m’y essaie
      De ma lèvre de Granit!
      Emily Dickinson •

    • #13637 Répondre
      François Bégaudeau
      Maître des clés

      pourquoi Granit avec majuscule?

    • #13647 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Je n’ai pas la réponse. Dickinson utilise beaucoup les majuscules. Un de ces traducteurs dit que c’est juste une habitude anglo-saxonne et que cela ne se justifie pas en français arguant que « traduire n’est pas décalquer ». Les autres respectent sa graphie , notamment Claire Malroux qui en parlant de sa poésie « Il y a chez elle, quoique étranglés, un souffle, une violence épiques. Elle se sent de plain-pied avec les grandes forces métaphysiques, «la Vie, la Mort et les Géants». Peut-être cette proximité l’a-t-elle conduite à conférer à la parole un même statut, jusque dans sa graphie, puisqu’elle dote les mots, même les plus communs, de majuscules. »

    • #13747 Répondre
      Graindorge
      Invité

      La tendresse. Sur youtube. À écouter chanter par Bourvil. Pas par Marie Laforêt. Elle la chante bien. Mais pour du vrai de vrai c’est Bourvil… ou Maurane ou les 2 ou les 3
      Paroliers : Hubert Giraud / Noël Roux

      On peut vivre sans richesse
      Presque sans le sous
      Des seigneurs et des princesses
      Y en a plus beaucoup
      Mais vivre sans tendresse
      On ne le pourrait pas
      Non non non non
      On ne le pourrait pas
      On peut vivre sans la gloire
      Qui ne prouve rien
      Être inconnu dans l’histoire
      Et s’en trouver bien
      Mais vivre sans tendresse
      Il n’en est pas question
      Non non non non
      Il n’en est pas question
      Quelle douce faiblesse
      Quel joli sentiment
      Ce besoin de tendresse
      Qui nous vient en naissant
      Vraiment, vraiment, vraiment
      Le travail est nécessaire
      Mais s’il faut rester
      Des semaines sans rien faire
      Hé bien, on s’y fait
      Mais vivre sans tendresse
      Le temps nous paraît long
      Non non non non
      Le temps nous paraît long
      Dans le feu de la jeunesse
      Naissent les plaisirs
      Et l’amour fait des prouesses
      Pour nous éblouir
      Oui mais sans la tendresse
      L’amour ne serait rien
      Non non non non
      L’amour ne serait rien
      Quand la vie impitoyable
      Vous tombe dessus
      On n’est plus qu’un pauvre diable
      Broyé et déçu
      Alors sans la tendresse
      D’un cœur qui nous soutient
      Non non non non
      On n’irait pas plus loin
      Un enfant vous embrasse
      Parce qu’on le rend heureux
      Tout nos chagrins s’effacent
      On a les larmes aux yeux
      Mon dieu, mon dieu, mon dieu
      Dans votre immense sagesse
      Immense ferveur
      Faites donc pleuvoir sans cesse
      Au fond de nos cœurs
      Des torrents de tendresse
      Pour que règne l’amour
      Règne l’amour
      Jusqu’à la fin des jours

    • #13864 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Le Savetier et le Financier
      Un Savetier chantait du matin jusqu’au soir :
      C’était merveilles de le voir,
      Merveilles de l’ouïr ; il faisait des passages,
      Plus content qu’aucun des sept sages.
      Son voisin au contraire, étant tout cousu d’or,
      Chantait peu, dormait moins encor.
      C’était un homme de finance.
      Si sur le point du jour parfois il sommeillait,
      Le Savetier alors en chantant l’éveillait,
      Et le Financier se plaignait,
      Que les soins de la Providence
      N’eussent pas au marché fait vendre le dormir,
      Comme le manger et le boire.
      En son hôtel il fait venir
      Le chanteur, et lui dit : Or çà, sire Grégoire,
      Que gagnez-vous par an ? – Par an ? Ma foi, Monsieur,
      Dit avec un ton de rieur,
      Le gaillard Savetier, ce n’est point ma manière
      De compter de la sorte ; et je n’entasse guère
      Un jour sur l’autre : il suffit qu’à la fin
      J’attrape le bout de l’année :
      Chaque jour amène son pain.
      – Eh bien que gagnez-vous, dites-moi, par journée ?
      – Tantôt plus, tantôt moins : le mal est que toujours ;
      (Et sans cela nos gains seraient assez honnêtes,)
      Le mal est que dans l’an s’entremêlent des jours
      Qu’il faut chômer ; on nous ruine en Fêtes.
      L’une fait tort à l’autre ; et Monsieur le Curé
      De quelque nouveau Saint charge toujours son prône.
      Le Financier riant de sa naïveté
      Lui dit : Je vous veux mettre aujourd’hui sur le trône.
      Prenez ces cent écus : gardez-les avec soin,
      Pour vous en servir au besoin.
      Le Savetier crut voir tout l’argent que la terre
      Avait depuis plus de cent ans
      Produit pour l’usage des gens.
      Il retourne chez lui : dans sa cave il enserre
      L’argent et sa joie à la fois.
      Plus de chant ; il perdit la voix
      Du moment qu’il gagna ce qui cause nos peines.
      Le sommeil quitta son logis,
      Il eut pour hôtes les soucis,
      Les soupçons, les alarmes vaines.
      Tout le jour il avait l’oeil au guet ; Et la nuit,
      Si quelque chat faisait du bruit,
      Le chat prenait l’argent : A la fin le pauvre homme
      S’en courut chez celui qu’il ne réveillait plus !
      Rendez-moi, lui dit-il, mes chansons et mon somme,
      Et reprenez vos cent écus.

      — Jean de la Fontaine,
      Les Fables VIII

    • #14605 Répondre
      Le ventilateur d’Hegel
      Invité

      Je n’aime que Chloé au monde,
      Elle est divine, elle est blonde,
      Et d’amour mon cœur s’inonde.

      M.P.

      Amis proustiens j’espère vous rappeler un bon souvenir,

    • #16220 Répondre
      Le ventilateur Bégueule
      Invité

      La récente réponse de François sur le plaisir de la lecture en soit m’a fait penser à ce poème qui fut pour moi révélateur de mon amour pour les mots, leurs sons, leurs images, leurs folies.

      J’espère qu’il n’y a pas trop d’adjectifs

      A la flamme des fouets II
      Paul Eluard

      Métal qui nuit, métal de jour, étoile au nid,
      Pointe à frayeur, fruit en guenilles, amour rapace,
      Porte couteau, souillure vaine, lampe inondée,
      Souhait d’amour, fruit de dégoût, glaces prostituées

      Bien sûr, bonjour à mon visage !
      La lumière y sonne plus clair un grand désir qu’un paysage.
      Bien sûr, bonjour à vos harpons,
      À vos cris, à vos bonds, à votre ventre qui se cache !

      J’ai perdu, j’ai gagné, voyez sur quoi je suis monté.

      Capitale de la douleur, 1926

    • #16735 Répondre
      Graindorge
      Invité

      EXISTÍAN TUS MANOS/IL EXISTAIT TES MAINS
      ANTONIO GAMONEDA
      Un día el mundo se quedó en silencio.
      Los árboles, arriba, eran hondos y majestuosos
      y nosotros sentíamos bajo nuestra piel
      el movimiento de la tierra.
      Tus manos fueron suaves en las mías
      y sentí al tiempo la gravedad y la luz
      y que vivías en mi corazón.
      Todo era verdad bajo los árboles,
      todo era verdad. Yo comprendía
      todas las cosas como se comprende
      un fruto con la boca, una luz con los ojos.

      Un jour le monde devint silencieux ;
      les arbres, là-haut, étaient profonds et majestueux,
      et nous, nous sentions sous notre peau
      le mouvement de la terre.
      Tes mains furent douces dans les miennes
      et j’ai senti en même temps la gravité et la lumière,
      et que tu vivais dans mon cœur.
      Tout était vérité sous les arbres,
      tout était vérité. Je comprenais
      toutes choses comme on comprend
      un fruit avec la bouche, une lumière avec les yeux.

    • #16900 Répondre
      Graindorge
      Invité
    • #17111 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Je suis allé chercher dans la mer des oranges,
      Celles dont l’eau du port reflétait les couleurs ;
      Je suis allé chercher dans la mer mille fleurs,
      Celles que l’archipel tend à l’autel des anges.
      Je suis allé chercher dans la mer des accents
      Que mon île n’a plus sous son manteau de lave.
      J’y suis allé chercher un cœur solide et brave
      Comme celui qui bat chez les adolescents.
      Je sais bien que ce sont de belles utopies,
      Que je ne trouverai, sous les vagues tapies,
      Ni les oranges, ni les fleurs que mon amour
      Attend et que le flot garde en dépit des ondes.
      Mais mes mains plongeront encore en eaux profondes
      Et l’espérance me soutient de les y voir un jour

      « La esperanza me mantiene » l’espérance me soutient
      Pedro García Cabrera

    • #17112 Répondre
      Jean Monnaie
      Invité

      En transcription hanyu pinyin :

      Shishi shishi Shi Shi, shi shi, shi shi shi shi.
      Shi shishi shi shi shi shi.
      Shi shi, shi shi shi shi shi.
      Shi shi, shi Shi Shi shi shi.
      Shi shi shi shi shi, shi shi shi, shi shi shi shi shishi.
      Shi shi shi shi shi shi, shi shishi.
      Shishi shi, Shi shi shi shi shishi.
      Shishi shi, Shi shi shi shi shi shi shi.
      Shi shi, shi shi shi shi shi shi, shi shi shi shi shi.
      Shi shi shi shi.

      Traduction en français :

      Un poète du nom de Shih Shih, qui vivait dans une tanière de pierre, aimait les lions. Comme il avait fait le serment de manger dix lions, il se rendait au marché tous les jours à dix heures pour chercher des lions. C’est à ce moment-là que tout à coup dix lions arrivèrent au marché et que Shih Shih se rendit immédiatement au marché pour s’apercevoir de la présence de ces dix lions. S’appuyant sur son arc et ses flèches, il fit passer ces dix lions. Shih ramassa les cadavres de ces dix lions, et lorsqu’il se rendit à l’antre de pierre, la chambre de pierre était humide. Shih fit essuyer l’antre de pierre par son serviteur. Lorsque la tanière fut nettoyée, Shih commença à essayer de manger le repas des cadavres de ces dix lions et il se rendit compte que ces dix lions morts étaient en fait dix cadavres de lions de pierre et il essaya de se débarrasser de ce problème. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Po%C3%A8te_mangeur_de_lions_dans_son_repaire_de_pierre

    • #17136 Répondre
      Jean Monnaie
      Invité

      Sans fard, sans retenue, parlons de Pierre Palmade,
      Un homme, une vie, dans le tourment d’une vie de pédale.
      Netflix enjolive, les paillettes et le strass,
      Mais derrière le glamour, se cache un cruel tracas.

      Les ruelles obscures dévoilent une réalité plus saignante,
      Où la « vieille pédale », loin des projecteurs, est souvent humiliante.
      Des désirs cachés, des marchandages sordides et furtifs,
      L’argent et le sexe se monnayent, dans l’ombre, sans motifs.

      À leur apogée, certains captent tous les regards,
      Pédales rayonnantes, surplombant le monde, sans hasard.
      La société les vénère, leurs exploits les élèvent,
      Mais le temps s’écoule, le charme s’éteint, la splendeur s’achève.

      Ruquier, flamboyant, avec une faim libidinale,
      S’entoure de jeunes latino, dirigeant sa clique infernale.
      Mais Palmade, au contraire, voit une descente glaciale,
      Sa fortune dilapidée, sa vie sentimentale bancale.

      Proust, avec précision, l’a si bien décrit,
      Actifs et passifs, une dualité bien définie.
      La jeunesse est convoitée, la vieillesse rejetée,
      Pour ces vieux égarés, une réalité tranchée, un destin éraflé.

      Dans les recoins discrets, ces vérités sont murmurées,
      Certains sont dans le secret, pour d’autres, elles sont voilées.
      Car avec les années, les désirs diminuent, les offres s’étiolent,
      Leur atout, autrefois convoité, aujourd’hui délaissé, et pour cela, ils paient de leur folie qui les hantent, se noyant dans l’alcool.

    • #17157 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Je suis allé chercher dans la mer des oranges,
      Celles dont l’eau du port reflétait les couleurs ;
      Je suis allé chercher dans la mer mille fleurs,
      Celles que l’archipel tend à l’autel des anges.
      Je suis allé chercher dans la mer des accents
      Que mon île n’a plus sous son manteau de lave.
      J’y suis allé chercher un cœur solide et brave
      Comme celui qui bat chez les adolescents.
      Je sais bien que ce sont de belles utopies,
      Que je ne trouverai, sous les vagues tapies,
      Ni les oranges, ni les fleurs que mon amour
      Attend et que le flot garde en dépit des ondes.
      Mais mes mains plongeront encore en eaux profondes
      Et l’espérance me soutient de les y voir un jour

      « La esperanza me mantiene » l’espérance me soutient
      Pedro García Cabrera

    • #17719 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Anthologie de poésie canarienne : ontologie visible pour archipel inventé
      Par Catherine Boudet| 17 mai 2013|Catégories : Blog
      Le destin des îles, affirme Juan Carlos de Sancho en prologue de Poetas de Islas Canarias, est d’être « unies par ce qui les sépare » : la mer. En rédigeant cette anthologie de poésie canarienne du 20ème siècle, il fait œuvre d’engagement en faveur d’une pensée archipélique qui transcenderait les seules îles Canaries.
      L’objectif de cette anthologie Poetas de Islas Canarias est de conférer à la poésie canarienne une visibilité. Et cette reconnaissance pour laquelle milite Juan Carlos de Sancho revêt un double enjeu.
      Tout d’abord celui de la mémoire, parce que les poètes canariens sont restés pratiquement ignorés pendant 150 ans. Ce qui ne serait pas tant, à son avis, le résultat d’une situation périphérique au regard de la métropole ibérique, que d’un manque de reconnaissance au sein même de l’archipel, « cette distance avec laquelle on les a traités ici dans l’île, comme s’ils n’existaient pas »[2]. Et ce, alors même que ces auteurs ont joué un rôle essentiel dans le processus ontologique et étiologique d’émergence d’une identité canarienne.
      Gestation poétique de l’archipel
      Les poètes canariens ont dû « inventer leur île ». Dans un archipel où la colonisation a éradiqué les traces du peuplement aborigène et où « l’effort cacique a consisté à reproduire les modèles économiques, sociaux et urbains du continent », cette gestation poétique de l’archipel a pris des siècles. Il a fallu attendre le 20ème siècle pour que se réalise pleinement cette « fondation du monde insulaire ». La recherche d’identité s’est réalisée contre l’emprise coloniale, par des artistes qui ont dû « se charger de construire l’imaginaire insulaire en partant de zéro ». Juan Carlos de Sancho observe que dans la poésie canarienne se dessine « le récit profond d’une île immatérielle » et c’est ainsi que se superpose, à l’île physique, une île poétique ou « île de papier ».
      Le deuxième enjeu essentiel de cette mise en visibilité de l’histoire de la production poétique canarienne réside dans le fait que les îles sont le creuset d’un mode de pensée particulière. « Etre insulaire, c’est une façon d’être entouré par tout et d’être éloigné de tout ». Fondée sur le paradoxe, la pensée archipélique selon le canarien Juan Carlos de Sancho intègre les extrêmes et les contraires, et en cela elle illustre ce que nous avions appelé en d’autres temps et lieux, le « rôle de l’identité en tant que gestion de la contradiction »
      Visibilité et indivisibilité
      L’archipel, ce « paradoxe du destin », induit « une perplexité [qui] façonne le caractère, attire les mirages et les idées instables ». La mer omniprésente, qui sépare et enveloppe, donne aux îles leur « identité indivisible. De sorte qu’en étant poète dans une île, une île à l’intérieur de l’île, on prend conscience qu’on est entouré, et qu’il n’y a qu’une alternative : « ou tu te mélanges, ou tu te caches ».
      L’archipel de papier que Juan Carlos de Sancho réunit dans cette anthologie témoigne du fait que les îles sont « une structure particulière de l’idée matrice ». Car, entourée d’eau, l’île est « comme le placenta, ou l’embryon de ce qui va naître : tout y est proche et concentré, dans une énergie volcanique et imprévisible ».
      En outre, « les îles signalent l’horizon invisible », cet horizon qui suivant la conception de Michel Collot articule dans une même dynamique structurante l’espace intérieur de la conscience du sujet, le monde et l’espace du texte. Pour Juan Carlos de Sancho, l’île étant tout à la fois « proximité lointaine » et « éloignement proche », une forme ambigüe d’approcher la réalité, donne à l’insulaire une « structure mentale particulière » dans son mode d’accès aux idées.
      Selon Michel Collot, l’horizon organise — métaphoriquement et physiquement — le paysage en un ensemble cohérent, le rendant en même temps disponible à une infinité d’autres organisations possibles. Et si l’on suit la pensée de Juan Carlos de Sancho, les îles deviennent des marqueurs sur cet horizon tout autant métaphysique que métaphorique. Précisément, l’horizon vu depuis l’île est circulaire, fait remarquer Juan Carlos de Sancho, et pour pouvoir s’en assurer, il est nécessaire de s’élever. Cette élévation – tant physique que symbolique – nécessaire pour observer l’horizon permet aussi de réaliser que de tous les points de ce cercle imaginaire peuvent arriver les navires ou les influences porteuses : « Nous sommes des cultures visitées à travers ce cercle ».
      Cette conception de la pensée insulaire revendique une parenté avec la créolité, quand l’auteur affirme que « les îles Canaries, comme les autres archipels, sont des territoires de créolité, réceptifs aux courants esthétiques qui arrivent de l’extérieur ». Il s’inscrit dans la lignée du cubain Alejo Carpentier qui définissait la créolité comme force symbiotique, à la fois « attribut et destin ». Pour Juan Carlos de Sancho, la créolité opère comme « une possibilité de changement et de transformation de nos réalités sur la base du fait que nos différences, en convergeant, deviennent une source de créativité immense ».
      L’île en sa cartographie poétique
      La méthodologie de Juan Carlos de Sancho pour élaborer cette anthologie a consisté à repérer le « temps fondateur » de chaque poète, ce moment où il a commencé à se forger son style propre et à intervenir dans le monde en accord avec sa conscience, en brisant les archétypes. Il répertorie vingt poètes qu’il estime représentatifs du 20ème siècle canarien et qu’il classe en 7 grandes périodes : le modernisme, les avant-gardes, la guerre civile, les poètes du milieu du siècle, les post-contemporains, la récupération des avant-gardes et la nouvelle fusion.
      Dans les années 1920, qui inaugurent le modernisme canarien, le mouvement des bateaux et le commerce avec l’extérieur ouvrent les îles au cosmopolitisme. Les poètes hantent les quais, qui hantent à leur tour leurs poèmes. En même temps que débarquent les produits d’échange commerciaux, arrivent les nouveaux genres littéraires. L’isolement se confronte au cosmopolitisme et de là naît tout un imaginaire. « Moi je me retrouve au milieu de ce climat localiste avec une irrémédiable température universelle », écrit en 1920 Alonso Quesada, considéré comme le Fernando Pessoa canarien.
      Le lien s’établit principalement avec les auteurs de la péninsule ibérique, mais aussi français. L’archipel découvre le surréalisme français et reste fasciné. En 1935 André Breton visite Tenerife où est organisée la première exposition surréaliste. L’apport de ce mouvement littéraire permet aux poètes canariens – les « surréalistes furibonds » – de subvertir et de recréer le langage, de laisser surgir l’inconscient et les éléments oniriques dans l’écriture : « Les îles pouvaient désormais être n’importe quelle invention de l’imaginaire ».
      Propulsés par « l’incertitude provoquée par l’afflux de tant de nouveauté », les auteurs s’attachent alors à réinventer l’île et cette réinvention passe par la révélation d’un mythe insulaire. Augustín Espinosa en 1928 dans son Lancelot 28°.7° cherche à créer une « mythologie conductrice » pour le paysage de Lanzarote, pour une île nouvelle. Il écrit : « Mon intention était de créer un Lanzarote nouveau. Un Lanzarote inventé par moi… Je substitue l’abstrait au concret… je construis la géographie intégrale de Lanzarote ».
      Ces démarches ontologiques seront gravement compromises par la dictature franquiste qui s’installe en Espagne en 1939 après trois années d’une guerre civile qui n’a pas épargné les Canaries. La dictature « fait retourner à l’invisibilité toutes les conquêtes antérieures » qui avaient été réalisées par les écrivains. Cet effacement se concrétise d’ailleurs par l’élimination physique des poètes dissidents. Le surréaliste Domingo López Torres est l’un des premiers à tomber. Arrêté puis fusillé en 1937, son corps est jeté à la mer dans un sac. Depuis la prison de Tenerife où il fut incarcéré il écrivit dans l’un de ses derniers poèmes :
      Parce que j’ai voulu me mettre debout
      Et le vent ne me laissait pas.
      Il me poussait sans pitié.
      Mais j’ai voulu me mettre debout.
      Ensuite, transparent de tout,
      Moi, sur une mer sans cristal,
      Sans où, sans quand, sans rien.
      (Les cieux déshabités
      Et les mers sans fenêtres.)

      Ils me clouèrent sans pitié :
      les filles par le chapeau
      Et les garçons par le revers de la veste,
      Avec des épingles en acier.
      La carte de mes insomnies
      — sans nord, sans sud — découpée
      par les franges vertes du sommeil.

      Porque yo quise pararme
      y el viento no me dejaba.
      Me empujaba sin piedad.
      Pero yo quise pararme.
      Luego, transparente de todo,
      yo, por un mar sin cristales,
      sin dónde, ni cuándo, nada.
      (Los cielos deshabitados
      Y los mares sin ventanas.)

      Me clavaron sin piedad:
      las chicas en el sombrero,
      los chicos en la solapa,
      con alfileres de acero.
      El mapa de mis desvelos
      -sin norte, sin sur- cortado
      por franjas verdes de sueño.

      (Extrait du « Poème de la langouste », Domingo López Torres, Lo imprevisto, 1936 – notre traduction).

      Sous la dictature franquiste, les écrivains sont persécutés, l’édition est suspendue. Les poètes réagiront, malgré le fait de se retrouver assiégés et isolés, en cherchant à récupérer l’impulsion universelle. Leur résistance éthique donne lieu à une poésie sociale, qui tente de restaurer une dignité insulaire perdue et qui part à la recherche de la signification profonde d’une « île occultée ».
      Dans la période post-dictature des années 50, s’effectue le sauvetage de la tradition symboliste, « dans une navigation extraterritoriale mais sans perdre de vue l’île ». L’intime et le social, l’avant-gardisme et le surréalisme, l’indigène et le conceptuel surgissent ou ressurgissent comme la lave des volcans, sortis indemnes de la persécution et de l’indifférence, s’incorporant au paysage culturel. Pour Manuel Padorno (1933–2002), « la poésie est une illumination profane et le poète est le nomade qui va à la rencontre de ce que la lumière révèle à la recherche de l’architecture invisible de l’être ».
      Le personnage insulaire n’est pas une coutume
      Son regard contient une foule
      quelque chose brille par-dessus, la lueur
      de l’édifice du feu.

      Il travaille là-haut avec la lumière, toiture
      du ciel, le poisson bleu, fortunée
      patrie solaire, volcans où s’allume
      Phosphorescente la transparence ailée.

      Par où passe l’homme est le sentiment.
      L’eau une crique blanche, l’eau une plage
      clarté céleste, île de foi.

      Je placerai la pierre dans le dire
      Une pierre sur la mer où se forge
      Du fondement : ce qui ne se voit pas.

      El personaje insular no es una costumbre
      siempre contiene cientos la mirada;
      algo relampaguea encima, la lumbre
      del edificio de la llamarada.

      Trabaja arriba con la luz, techumbre
      del mar, el pez azul, afortunada
      patria solar, volcanes donde alumbre
      fosforescente transparencia alada.

      Por donde pasa el hombre es el sentir.
      caleta blanca el agua, playa el agua
      celeste claridad, isla de fe.

      Colocaré la piedra, en un decir,
      Una piedra en el mar donde se fragua
      Del fundamento: lo que no se ve.

      (Manuel Padorno, « El personaje insular », Efigie canaria, 1958–1993 – notre traduction).

      Les années 70 marquent l’ouverture à la démocratie, avant l’autonomie acquise en 1982 et alors « la poésie commence à récupérer son île intérieure, le poème, à l’abri de l’immédiateté et de la norme », et ce à grand renfort d’inventions, d’hétérodoxies et de paris individuels. Le poète Rafael Arozarena interroge :
      « A l’intérieur de qui prions-nous ?
      Depuis cet intérieur je perçois les quatre horizons en ruine
      Où les nouveaux apôtres suspendent des enfants d’argile avec des ailes d’argent.
      Et constante est la douleur de la musique
      du mutisme, la nuit et le secret du temps »

      « ¿Dentro de quién oramos ?
      De este interior percibo los cuatro horizontes en ruinas
      donde los nuevos apóstoles cuelgan niños de barro con alas de plata.
      Y duele constante la música
      de la mudez, la noche y el sigilo del tiempo »

      (Extrait de « La catedral 69 », Rafael Arozarena, El ómnibus pintado con cerezas, 1971 – Notre traduction)
      Dans une fin de 20ème siècle désabusée où le libéralisme financier a remplacé l’idéal du progrès social et où le livre se débat entre les nouvelles pistes digitales et la possible disparition du papier, Federico J. Silva inaugure une nouvelle « ligne de navigation » :
      Les fabricants d’oasis
      ont fabriqué d’abord le désert
      ce ne sont pas des îles
      c’est l’océan
      c’est-à-dire qu’il n’y a
      pas d’autre choix que nager
      ou
      nager
      contre à l’encontre
      du courant
      en haute mer nous saurons
      trouver
      notre propre chemin
      ici nous sommes des étrangers

      los fabricantes del oasis
      fabricaron antes el desierto
      que no son islas que
      es océano
      o sea no hay
      más que nadar
      o
      que nadar
      contra en contra de
      la corriente
      en la mar alta sabremos
      encontrar
      nuestro propio camino
      aquí somos extranjeros

      (Extrait de « A quí somos extranjeros », Federico J. Silva, Sea de quien la mar no teme airada, 1995 – notre traduction)
      Au tournant du 21ème siècle, dans un « monde de réseaux redistribués », même si beaucoup continuent de croire à l’isolement du poète insulaire, « l’île n’existe plus », le poète canarien peut être présent, sans bouger des Canaries, dans les débats et récits du monde entier et les auteurs insulaires « ouvrent leur éventail à de nouveaux imaginaires ».
      Catherine Boudet
      Quatre-Bornes (île Maurice), 07 mai 2013

    • #18592 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Presencia
      Cae la lluvia
      sobre palabras dormidas
      y baña de flores tu frente.
      Crece la hierba sobre tu nombre.
      Habito esta tierra de inquietud
      de pájaros que emigran
      sin regreso.
      Haciendo círculos
      sobre mi cabeza
      coronan
      la orfandad.
      La noche en mi pecho
      sale a buscarte.
      Présence
      La pluie tombe
      sur des mots endormis
      et baigne ton visage de fleurs.
      L’herbe pousse sur ton nom.
      J’habite cette terre d’inquiétude
      d’oiseaux qui émigrent
      sans revenir.
      Faisant des cercles
      Au-dessus de ma tête
      ils couronnent
      l’abandon.
      Dans ma poitrine la nuit
      part te chercher.

      Consuelo Arriagada

    • #18655 Répondre
      Fanny
      Invité

      Ballade des äusseren Lebens

      Und Kinder wachsen auf mit tiefen Augen
      Die von nichts wissen,wachsen auf und sterben
      Und alle Menschen gehen ihre Wege.

      Und süsse Früchte werden aus den herben,
      Und fallen nachts wie tote Vogel nieder
      Und liegen wenig Tage und verderben.

      Und immer weht der Wind, und immer wieder
      Vernehmen wir und und reden viele Worte
      Und spüren Lust und Müdigkeit der Glieder

      Und Strassen laufen durch das Gras, und Orte
      Sind da und dort, voll Fackeln, Bäumen, Teichen,
      Und drohende, und totenhaft verdorrte…

      Wozu sind diese aufgebaut? Und gleichen
      Einander nie? Und sind unzählig viele?
      Was wechselt Lachen, Weinen und Erbleichen?

      Was frommt das alles uns und diese Spiele,
      Die wir doch gross und ewig einsam sind
      Und wandernd nimmer suchen irgend Ziele?

      Was frommt’s, dergleichen viel gesehen haben?
      Und dennoch sagt der viel, der »Abend » sagt,
      Ein Wort, daraus Tiefsinn und Trauer rinnt
      Wie schwerer Honig aus den hohlen Waben

      Hugo von Hofmannsthal

      • #18656 Répondre
        Fanny
        Invité

        Oups les strophes ont disparu et le résultat est très moche. J’aimerais bien supprimer du coup mais ça n’a pas l’air possible malheureusement…

    • #18660 Répondre
      Fanny
      Invité

      BALLADE DE LA VIE EXTÉRIEURE

      Et des enfants grandissent avec des yeux profonds
      Et qui ne savent rien, grandissent et meurent
      Et tous les hommes suivent leur chemin.

      Et l’amertume des fruits se change en douceur
      Et ils tombent la nuit sur le sol comme des oiseaux morts
      Et demeurent quelques jours puis se corrompent.

      Et toujours souffle le vent, et toujours et encore
      Nous entendons et prononçons des paroles nombreuses
      Et ressentons la jouissance et la fatigue dans nos membres.

      Et des rues courent à travers l’herbe, et il y a des places habitées
      Ici et là, emplies de flambeaux, d’arbres, d’étangs
      Et de menace, et de dessèchement mortel…

      Pourquoi ces lieux sont-ils bâtis, et n’y en a-t-il jamais
      Deux semblables ? et pourquoi en nombre infini ?
      Quel changement produisent le rire, les larmes, la pâleur ?

      Que nous importe tout cela, et tous ces jeux,
      A nous, pourtant adultes, éternellement solitaires,
      A nous qui ne cherchons jamais un but à nos errances?

      Que nous importe d’avoir vu tant de choses pareilles ?
      Et cependant, il dit beaucoup, celui qui dit : « soir »,
      Un mot, d’où s’écoulent mélancolie et affliction,

      Comme un miel lourd s’écoule des rayons évidés.

      Hugo von Hofmannsthal
      Traduction Jean-Yves Masson

      • #18661 Répondre
        Fanny
        Invité

        Mince, même problème. Comment faire les sauts de ligne ?

        • #18663 Répondre
          Alain m.
          Invité

          Prends une photo de ton poème et fais un papier-collé, cela devrait fonctionner.

          • #18729 Répondre
            Fanny
            Invité

            Merci.

            Une prochaine fois j’essaierai comme ça.

    • #18736 Répondre
      Alain m.
      Invité

      « Qui n’en veut maintenant de cette France,
      qui n’en a besoin hein pour construire plein d’endormissement, qui n’en a pas plein les fouilles de toute cette déchéance… »
      Charles Pennequin.

    • #18867 Répondre
      Graindorge
      Invité

      De tout, il resta trois choses
      Fernando Sabino, poète brésilien extrait de « O encontro marcado » (Le rendez-vous convenu); poème parfois attribué par erreur à Fernando Pessoa.

      De tout, il resta trois choses:
      la certitude que tout était en train de commencer,
      la certitude qu’il fallait continuer,
      la certitude que cela serait interrompu
      avant que d’être terminé.
      Faire de l’interruption un nouveau chemin,
      faire de la chute un pas de danse,
      faire de la peur un escalier,
      du rêve, un pont,
      de la recherche…
      une rencontre.

    • #19108 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Pour une femme de chambre. Francis Combes
      A Miguelina
      Les femmes de chambre des hôtels de Cuba
      Sont-elles seulement des femmes de chambre ?
      Ou sont-elles des fleuristes ?
      Celle qui fait notre chambre
      A dressé sur notre lit une fleur
      de serviettes blanches
      surmontée d’une rose de plastique rouge.
      (Sculpture éphémère qui en vaut d’autres
      malheureusement plus durables).
      Et Miguelina , – puisqu’elle s’appelle Miguelina –
      Nous a laissé un mot en français
      Couvert de fleurs de couleur, au stylo,
      Qui nous dit que l’amitié
      Est un pont entre les êtres
      Et nous souhaite bon voyage.
      Les femmes de chambre des hôtels de Cuba
      Sont-elles des fleuristes ?
      Ou des ambassadrices
      Qui font leur travail avec une conscience politique
      Et une gentillesse telles
      qu’on voudrait les appeler « Compañera » ?

    • #19226 Répondre
      Cocolastico
      Invité

      Merci à tous, et particulièrement à Alain M, j’ai eu beaucoup de moments de joie en passant sur ce topic ces derniers mois

      Les Djinns de Victor Hugo : https://www.bonjourpoesie.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/les_djinns

      • #19297 Répondre
        Graindorge
        Invité

        J’aime beaucoup Victor Hugo! Merci pour le partage!

    • #19299 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Elle ne crie jamais,sauf lorsqu’elle se tait. »
      « Nunca grita, excepto cuando guarda silencio » Bruno Mesa

    • #19388 Répondre
      Graindorge
      Invité

      ALEX DESCHENES
      Encore l’été . Extrait.
      j’aimerais me glisser la nuit dans un boisé
      entendre les bruits qu’on n’entend pas
      et m’étendre dans un ruisseau
      pour voir l’arrière-visage des choses
      surprendre ce qui se dit entre les arbres
      je marcherais
      par les bois et les plaines
      j’escaladerais une à une les lumières
      qui traînent sur les montagnes
      et des neiges qu ‘on n ‘a pas vu tomber

      je m’assoirais parmi les étoiles
      enfin seul
      je fermerais les yeux
      et tu me parlerais de toi

    • #19626 Répondre
      mespasici
      Invité

      Bonjour, je me lance à partager un poème/conte de ma main : ) je serais curieuse d’avoir des retours

      Déplacements d’animaux silencieux

      L’horizon tremblait
      Le soleil a ses arguments quand il s’agit de conquête
      Il n’y avait plus d’eau que celle nécessaire
      À humecter les gueules tenues en respect
      Pour survivre la seconde suivante
      Il fallait s’empêcher de parler
      Ainsi faisaient les bêtes
      Dans leur écrin de plantes décédées

      Avant que le soleil ne lime ses griffes sur les collines
      Elles se mirent en marche au crépuscule
      Pensant que la fraicheur durerait
      Alliance du ciel et de la terre
      Pour tourner les essieux de l’expédition
      Ils chercheraient l’eau là elle s’était retirée
      Dans les veines du palais suspendu aux colonnes d’air

      Il faut imaginer les prédateurs aux goulées acides
      Les coutures arquées de leurs mâchoires
      Le ventre plein d’air et de sable
      De simples proies mordant la chair de leurs petits
      Les chauves-souris cisaillaient le ciel en pleine lumière
      Pour n’en laisser que des lambeaux à l’astre vorace
      Se brûlant les ailes en rasant le sol
      Les océans cloquaient sur leur passage
      Rempli d’yeux bouillis

      Ce n’étaient plus les animaux qui nous consument
      De leur calme nous résument d’un regard
      Ceux là qui bruissent et chuintent
      Et bourdonnent sans jamais livrer leur avis
      Ce n’était plus la nuit qui nous frôle
      Qu’on explore en gaspillant sa lampe
      Alors hérissée du dérangement, les enfants déguerpissent
      Pour retrouver la lumière, première leçon de frontière

      Les flancs bleus-violets battaient la mesure
      D’une gamme étouffée et monotone
      Une musique de fin du monde
      Qui parlait aux os apparents
      Mais en réalité rien ni personne ne prêtait oreille
      Derrière les murailles du palais suspendu aux colonnes d’air
      Araignée accroupie au mille stores baissés
      Soufflait l’air conditionné de tous les délices

      Les bêtes meurent en silence
      Rappelaient les mères aux petits
      En silence, l’agonie, c’est ainsi que les bêtes meurent
      Au pied des murailles insensibles
      L’agonie, en silence, je serai là
      Mon cœur déposé sur une pierre près de toi
      Ton expiration une bulle anonyme piégée dans le ciment des rois

      Sous les fontaines éternellement électriques
      Les mouches, élues survivantes de l’année
      Suçaient les fruits des puissants
      La goutte de rosée perchée sur leur dos
      Comme miroir des vagues de vies stoppées nettes
      L’espoir n’a pas été inventé par nous
      Nous ne nous prononcerons pas sur ce concept

      Les sirènes aux portes langoureuses
      Chuchotèrent à l’oreille des rois
      Qu’il n’était plus temps de se repentir
      Le palais suspendu aux colonnes d’air
      Son exosquelette assoiffé d’eau et d’huile
      A déplié ses articulations millénaires
      A largué ses attaches vers le ciel

      En dessous le vide, la fournaise bientôt éteinte
      Un os bien rongé, une place propre et nette
      Un cratère de silence, un repos mérité
      Tandis que la gelée synthétique au congélateur
      Aboutit à des paradoxes et relancent l’équation

      Où sont passés les aigles de nos drapeaux et les tigres de nos temples ?
      Les éléphants de nos espoirs, les méduses de nos sexes ?
      Et qui marchera à présent suspendu au fil de nos songes ?

      • #19715 Répondre
        Mercutio
        Invité

        Ce récit me touche tout particulièrement, je vois la transhumance dans une savane assechée, rendue pénible aux animaux amigris. Le rythme est celui de la torpeur de ces animaux conscients de leur sort, néanmoins placides.

        Félicitations pour votre texte !

        • #19894 Répondre
          Claire N
          Invité

          « Ils chercheraient l’eau là elle s’était retirée
          Dans les veines du palais suspendu »
          J’aime bien , c’est inédit pour moi de penser aux nuages de cette manière

          • #19934 Répondre
            mespasici
            Invité

            je pensais effectivement en écrivant au Château dans le ciel de Miyazaki ! merci pour ces retours encourageants

        • #19935 Répondre
          mespasici
          Invité

          merci pour vos retours et d’avoir bien senti mes intentions ! ce texte a été inspiré par le dessin animé Allegro ma non troppo, la partie avec le Boléro de Ravel et la Marche de l’évolution qui fut un fascinant traumatisme d’enfance.

    • #19888 Répondre
      Graindorge
      Invité

      L’Énergie sourit

      Derrière les œillères de la dualité,
      la Vie m’observe.
      Sous les couches de la matière,
      l’Énergie me sourit.
      Derrière le voile de la destruction,
      la Mort me fait signe.
      La Solitude est baignée de paix,
      le Silence riche de félicité.
      La Solitude est enflammée de Joie,
      la Pureté de l’innocence trempée d’austérité.
      Oh !
      La beauté de Cela !
      Le « Je » est transformé en Cela.
      Le « Je » est illuminé,
      le « Je » est en feu !

    • #19933 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Emily Dickinson•
      « Because I could not stop for Death »
      un poème, deux traductions.
      ~ ~ ~ ~ ~
      Pour Mort ne pouvant m’arrêter –
      Aimable il s’arrêta pour moi –
      Dans la Calèche rien que Nous deux –
      Et l’Immortalité.

      Lent voyage – Lui était sans hâte
      Et j’avais renoncé
      A mon labeur, à mes loisirs aussi,
      Pour Sa Civilité –

      Nous passâmes l’École, où des Enfants luttaient
      Dans le Cercle – à la Récréation –
      Nous passâmes les Champs d’Épis aux Aguets –
      Nous passâmes le Soleil Couchant –

      Ou plutôt – Il Nous passa –
      La Rosée perlait en gouttes Glacées –
      De simple Voile, ma Robe –
      De Tulle – mon Collet –

      Nous fîmes halte devant une Maison
      Pareille à une Saillie du Sol –
      Le Toit était à peine visible –
      La Corniche – Ensevelie –

      Il y a de cela – des Siècles – et pourtant
      Ils semblent plus brefs que ce Jour
      Où je m’avisai que la Tête des Chevaux
      Pointait vers l’Éternité –
      Traduction de Claire Malroux.
      ~ ~ ~ ~ ~

      Puisque je ne pouvais m’arrêter pour la Mort —
      Ce Gentleman eut la bonté de s’arrêter pour moi —
      Dans la Voiture il n’y avait que Nous —
      Et l’Immortalité.

      Nous roulions lentement — Il n’était pas pressé
      Et j’avais mis de côté
      Mon labeur ainsi que mon loisir,
      En réponse à Sa Civilité —

      Nous passâmes l’École, où les Enfants s’efforçaient
      De faire la Ronde — à la Récréation —
      Nous passâmes les Champs d’Épis qui nous dévisageaient —
      Nous passâmes le Soleil Couchant —

      Ou plutôt — c’est Lui qui Nous dépassa —
      Les Rosées tombèrent frissonnantes et Froides —
      Car ma Robe n’était que de Gaze —
      Mon Étole — de Tulle —

      Nous fîmes halte devant une Maison qui semblait
      Un Gonflement du Sol —
      Le Toit était à peine visible —
      La Corniche — Enterrée —

      Depuis — ça fait des Siècles — et pourtant
      Cela paraît plus court que le Jour
      Où je me suis doutée que la Tête des Chevaux
      Était tournée vers l’Éternité
      Traduction de Françoise Delphy.

    • #20344 Répondre
      Alain m.
      Invité

      L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable.
      Que crains-tu de la guêpe ivre de son vol fou?
      Vois, le soleil toujours poudroie à quelque trou.
      Que ne t’endormais-tu, le coude sur la table?

      Pauvre âme pâle, au moins cette eau du puits glacé,
      Bois-la. Puis dors après. Allons, tu vois, je reste,
      Et je dorloterai les rêves de ta sieste,
      Et tu chantonneras comme un enfant bercé.

      Midi sonne. De grâce, éloignez-vous, madame.
      Il dort. C’est étonnant comme les pas de femme
      Résonnent au cerveau des pauvres malheureux.

      Midi sonne. J’ai fait arroser dans la chambre.
      Va, dors! L’espoir luit comme un caillou dans un creux.
      Ah! quand refleuriront les roses de septembre !
      Paul Verlaine •

    • #20431 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Yo no soy yo (Juan Ramón Jiménez)

      Yo no soy yo.
      Soy este
      que va a mi lado sin yo verlo,
      que, a veces, voy a ver,
      y que, a veces olvido.
      El que calla, sereno, cuando hablo,
      el que perdona, dulce, cuando odio,
      el que pasea por donde no estoy,
      el que quedará en pie cuando yo muera…
      Moi, ce n’est pas moi
      Je suis celui-ci
      qui est à côté de moi
      sans que je le vois,
      celui que je vais voir, quelquefois,
      et que, quelquefois, j’oublie.
      celui qui se tait, serein, lorsque je parle,
      celui qui pardonne, gentil, lorsque je hais,
      celui qui se promène là où je ne suis pas,
      celui qui restera debout lorsque moi, je mourrai…

    • #20639 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Pendant que je sonne repose mon Epson
      Qui imprime en rouge et noir mes feuillets
      Et aussi en bleu que j’y voie clair mieux
      En ce flux verbal où me place sujet
      Sujet très sujette — c’est une elle qui parle
      Au mal de l’époque qui fut dite épique
      Non je ne veux nulle prothèse communicante
      Collée à mon oreille hyper sensible et ni
      Pour ma santé cinq fruits et légumes par jour
      Parler wall-street-english mourir et rebondir
      Oublier ma grand-mère qui craignait le tonnerre
      Et la télévision mais demeurer moderne
      À ma manière moderne sans fil et non
      Actuelle plutôt crever.
      Valérie Rouzeau•

    • #20659 Répondre
      propater
      Invité

      Antan qui veut dire jadis

      est un piège de seins fanés

      voyageur nain dans le wagon géant

      entends tourner le long disque des roues

      sur l’aiguille du rail

      Danse chante pense ou pleure

      au rythme de la matière

      selon ta nocturne et profonde nature

      et tu verras bientôt dans le disque lunaire

      plus belle que
      Phryné

      une femme faisant l’amour

      avec le grand aventurier de marbre noir

      Sur la hampe de la mort

      il y a un calice d’or où boit l’hirondelle de sel

      Le temps est
      Temps

      Le grand rideau de la mémoire

      s’est déchiré

      dans le temple du
      Seul

      Le ver est dans le fruit

      le fruit est dans le ventre

      le ventre est dans le corps

      le corps est dans le temps

      le temps est dans l’horloge

      l’horloge est dans l’attente

      l’attente est une pincée de tapioca

      L’univers est un poing fermé

      qui laisse couler du sable

      dans un gant de cristal

      L’univers est un bouchon de liège sur un litre de néant

      Sur le tillac du cargo fantôme

      un gentleman en habit noir

      conduit une brouette de réverbères

      Vieillir

      devenir vieux

      se sentir incapable

      de signer

      le moindre crime passionnel

      Sous un ciel pavé de mauvaises intentions

      lorsque tu la pousses du pied

      dans l’abîme

      reconnais que la terre est ronde

      pour
      Louis
      Van de
      Spiegele

      Convenons du signal de la révolution :

      une femme nue

      sélective

      tachée de lumière et de sang

      tombant

      en parachute rouge

      sur la place de la républiqu

      Un spacieux tombeau d*ardoise

      pour tuer l’éternité

      le mort

      enraciné dans l’esprit de révolte

      écrirait à la craie le récit de ses démêlés avec
      Dieu

      Dans le mauve violacé

      pour qui s’éveille dans son ombre

      il y a des dentelles de sexe bleu

      un viol inscrit dans un labyrinthe fatal

      Couleur ô couleur couverte de

      blessures tu saignes silencieuse

      et des âmes désespérées s’écoulent de tes plaies

      tordant en moi leur longue chevelure

      O couleur je t’aime et je te bois je

      bois ton sang de lumière panique éclairant

      ma mémoire d’abîme qui est

      source métaphysique de la nuit

      Achille Chavée

      • #20660 Répondre
        Alain m.
        Invité

        Belle découverte.

    • #20717 Répondre
      Malice
      Invité

      Mon désastre écroulé transperce l’univers
      Je m’effondre vaincu rabotant les
      Ténèbres
      Autour de moi la nuit gicle en un pus noirâtre
      Je fonce vers la boue et l’étreinte du
      Temps
      Construit dans le bourbier une
      Prison de
      Glace
      Le
      Mal est donc présent il faut s’y habituer
      J’aurai même à parfaire une œuvre fort inepte

      Mon corps déjà rougit comme les écrevisses
      Bouilli dans l’eau des pleurs de mon humanité
      Exsudant les opiats de tous les désespoirs

      Me voici diable…
      Je ne croyais pas tant faire

      Raymond Queneau

    • #20732 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Raymond Queneau
      Un poème
      Bien placés bien choisis
      quelques mots font une poésie
      les mots il suffit qu’on les aime
      pour écrire un poème
      on sait pas toujours ce qu’on dit
      lorsque naît la poésie
      faut ensuite rechercher le thème
      pour intituler le poème
      mais d’autres fois on pleure on rit en écrivant la poésie
      ça a toujours kékchose d’extrême
      un poème.
      – L’instant fatal, Gallimard, 1948 –
      ( antimanuel de littérature, p.256, F. Begaudeau – Bréal)

    • #20745 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Merci Malice et Carpentier

    • #20799 Répondre
      Carpentier
      Invité

      L’Enfant
      Les turcs ont passé là. Tout est ruine et deuil.
      Chio, l’île des vins, n’est plus qu’un sombre écueil,
      Chio, qu’ombrageaient les charmilles,
      Chio, qui dans les flots reflétait ses grands bois,
      Ses coteaux, ses palais, et le soir quelquefois
      Un chœur dansant de jeunes filles.

      Tout est désert. Mais non ; seul près des murs noircis,
      Un enfant aux yeux bleus, un enfant grec, assis,
      Courbait sa tête humiliée ;
      Il avait pour asile, il avait pour appui
      Une blanche aubépine, une fleur, comme lui
      Dans le grand ravage oubliée.

      Ah ! pauvre enfant, pieds nus sur les rocs anguleux !
      Hélas ! pour essuyer les pleurs de tes yeux bleus
      Comme le ciel et comme l’onde,
      Pour que dans leur azur, de larmes orageux,
      Passe le vif éclair de la joie et des jeux,
      Pour relever ta tête blonde,

      Que veux-tu ? Bel enfant, que te faut-il donner
      Pour rattacher gaîment et gaîment ramener
      En boucles sur ta blanche épaule
      Ces cheveux, qui du fer n’ont pas subi l’affront,
      Et qui pleurent épars autour de ton beau front,
      Comme les feuilles sur le saule ?

      Qui pourrait dissiper tes chagrins nébuleux ?
      Est-ce d’avoir ce lys, bleu comme tes yeux bleus,
      Qui d’Iran borde le puits sombre ?
      Ou le fruit du tuba, de cet arbre si grand,
      Qu’un cheval au galop met, toujours en courant,
      Cent ans à sortir de son ombre ?

      Veux-tu, pour me sourire, un bel oiseau des bois,
      Qui chante avec un chant plus doux que le hautbois,
      Plus éclatant que les cymbales ?
      Que veux-tu ? fleur, beau fruit, ou l’oiseau merveilleux ?
      – Ami, dit l’enfant grec, dit l’enfant aux yeux bleus,
      Je veux de la poudre et des balles.

      8-10 juillet 1828 – Victor Hugo, Les Orientales

      • #21382 Répondre
        Claire N
        Invité

        Poète : Marceline Desbordes-Valmore (1786-1859)

        Recueil : Romances (1830). » c’est moi « 
        Si ta marche attristée
        S’égare au fond d’un bois,
        Dans la feuille agitée
        Reconnais-tu ma voix ?
        Et dans la fontaine argentée,
        Crois-tu me voir quand tu te vois ?

        Qu’une rose s’effeuille,
        En roulant sur tes pas,
        Si ta pitié la cueille,
        Dis ! ne me plains-tu pas ?
        Et de ton sein, qui la recueille,
        Mon nom s’exhale-t-il tout bas ?

        Qu’un léger bruit t’éveille,
        T’annonce-t-il mes vœux ?
        Et si la jeune abeille
        Passe devant tes yeux,
        N’entends-tu rien à ton oreille ?
        N’entends-tu pas ce que je veux ?

        La feuille frémissante,
        L’eau qui parle en courant,
        La rose languissante,
        Qui te cherche en mourant ;
        Prends-y garde, ô ma vie absente !
        C’est moi qui t’appelle en pleurant.

        • #21383 Répondre
          Claire N
          Invité

          C’est pour l’enfant de la part de Marceline

    • #20842 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Clown

      Un jour.

      Un jour, bientôt peut-être.

      Un jour j’arracherai l’ancre qui tient mon navire loin des mers.

      Avec la sorte de courage qu’il faut pour être rien et rien que rien, je lâcherai ce qui paraissait m’être indissolublement proche.

      Je le trancherai, je le renverserai, je le romprai, je le ferai dégringoler.

      D’un coup dégorgeant ma misérable pudeur, mes misérables combinaisons et enchaînement « de fil en aiguille ».

      Vidé de l’abcès d’être quelqu’un, je boirai à nouveau l’espace nourricier.

      A coup de ridicules, de déchéances (qu’est-ce que la déchéance ?), par éclatement, par vide, par une totale dissipation-dérision-purgation, j’expulserai de moi la forme qu’on croyait si bien attachée, composée, coordonnée, assortie à mon entourage et à mes semblables, si dignes, si dignes, mes semblables.

      Réduit à une humilité de catastrophe, à un nivellement parfait comme après une intense trouille.

      Ramené au-dessous de toute mesure à mon rang réel, au rang infime que je ne sais quelle idée-ambition m’avait fait déserter.

      Anéanti quant à la hauteur, quant à l’estime.

      Perdu en un endroit lointain (ou même pas), sans nom, sans identité.

      Clown, abattant dans la risée, dans le grotesque, dans l’esclaffement, le sens que contre toute lumière je m’étais fait de mon importance.

      Je plongerai.

      Sans bourse dans l’infini-esprit sous-jacent ouvert

      à tous

      ouvert à moi-même à une nouvelle et incroyable rosée

      à force d’être nul

      et ras…

      et risible…

      Henri Michaux, « Peintures » (1939,) in L’espace du dedans, Pages choisies, Poésie / Gallimard, 1966, p.249

    • #21035 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Acrostiche à deux balles.
      •••••
      Jean prend congé régulièrement
      Et suppositio Nil ponit in esse
      Autobi passebant completi
      Nul n’est tenu à l’impossible.
      Maraicher à ses heures ?
      Onaniste discoureur !
      Nulla dies sine linea
      Nota bene
      À l’âne, l’âne semble très beau
      Illusion est plaisir coûteux
      Et les ans s’enfuient, éphémères.
      •••••

      • #21390 Répondre
        Malice
        Invité

        Acrostiche à 4 sous:

        A sa bibliothèque
        L’on rêve
        Alexandrie sauvée du feu
        Infini dédale ou virtuel lieu
        Nourris-nous encore Alain et mange ce

        Maigre sizain

    • #21206 Répondre
      Fanny
      Invité

      Identité
      .
      Inscris
      je suis arabe
      le numéro de ma carte est cinquante mille
      j’ai huit enfants
      et le neuvième viendra… après l’été
      Te mettras-tu en colère?
      .
      Inscris
      je suis arabe
      je travaille avec mes camarades de peine
      dans une carrière
      j’ai huit enfants
      pour eux j’arrache du roc
      la galette de pain
      les habits et les cahiers
      et je ne viens pas mendier à ta porte
      je ne me rabaisse pas
      devant les dalles de ton seuil
      Te mettras-tu en colère?
      .
      Inscris
      je suis arabe
      Mon nom est commun
      je suis patient dans un pays
      bouillonnant de colère
      Mes racines
      fixées avant la naissance du temps
      avant l’éclosion des siècles
      avant les cyprès et les oliviers
      avant la croissance végétale
      Mon père…
      de la famille de l’araire
      et non des seigneurs de Nojoub
      Mon grand-père, un paysan
      sans arbre généalogique
      il m’a appris les mouvements du soleil
      avant la lecture
      Ma maison
      une hutte de gardien
      faite de roseaux et branchages
      Es-tu satisfait de ma condition?
      Mon nom est commun.
      .
      Inscris
      je suis arabe
      cheveux… noirs
      yeux… marron
      signes distinctifs
      sur la tête une keffiah tenue par une cordelette
      ma paume, rugueuse comme le roc
      écorche la main qu’elle empoigne
      mon adresse :
      je suis d’un village perdu, sans défense
      et tous ses hommes sont au champ ou à la carrière
      Te mettras-tu en colère?
      .
      Inscris
      je suis arabe
      Tu m’as spolié des vignes de mes ancêtres
      et de la terre que je cultivais
      avec tous mes enfants
      et tu ne nous a laissé
      ainsi qu’à notre descendance
      que ces cailloux
      votre gouvernement les prendra-t-il aussi
      comme on le dit?
      .
      Alors
      inscris
      en tête de première page
      Moi je ne hais pas mes semblables
      et je n’agresse personne
      Mais… si jamais on m’affame
      je mange la chair de mon spoliateur
      Prends garde… prends garde
      à ma faim
      et à ma colère!
      .
      Mahmoud Darwich

    • #21452 Répondre
      Graindorge
      Invité
    • #21583 Répondre
      Graindorge
      Invité

      ALPHABET Henri Michaux

      Tandis que j’étais dans le froid des approches de la mort, je regardai comme pour la dernière fois les êtres, profondément.

      Au contact mortel de ce regard de glace, tout ce qui n’était pas essentiel disparut.

      Cependant je les fouaillais, voulant retenir d’eux quelque chose que même le
      Mort ne pût desserrer.

      Ils s’amenuisèrent et se trouvèrent enfin réduits à une sorte d’alphabet, mais à un alphabet qui eût pu servir dans l’autre monde, dans n’importe quel monde.

      Par là, je me soulageai de la peur qu’on ne m’arrachât tout entier l’univers où j’avais vécu.

      Raffermi par cette prise, je le contemplais invaincu, quand le sang avec la satisfaction, revenant dans mes artérioles et mes veines, lentement je regrimpai le versant ouvert de la
      vie.

    • #21991 Répondre
      Graindorge
      Invité

      A la louange de la Charité
      Jean Racine
      Les Méchants m’ont vanté leurs mensonges frivoles :
      Mais je n’aime que les paroles
      De l’éternelle Vérité.
      Plein du feu divin qui m’inspire,
      Je consacre aujourd’hui ma Lyre
      A la céleste Charité.

      En vain je parlerais le langage des Anges.
      En vain, mon Dieu, de tes louanges
      Je remplirais tout l’Univers :
      Sans amour, ma gloire n’égale
      Que la gloire de la cymbale,
      Qui d’un vain bruit frappe les airs.

      Que sert à mon esprit de percer les abîmes
      Des mystères les plus sublimes,
      Et de lire dans l’avenir ?
      Sans amour, ma science est vaine,
      Comme le songe, dont à peine
      Il reste un léger souvenir.

      Que me sert que ma Foi transporte les montagnes ?
      Que dans les arides campagnes
      Les torrents naissent sous mes pas ;
      Ou que ranimant la poussière
      Elle rende aux Morts la lumière,
      Si l’amour ne l’anime pas ?

      Oui, mon Dieu, quand mes mains de tout mon héritage
      Aux pauvres feraient le partage ;
      Quand même pour le nom Chrétien,
      Bravant les croix les plus infames
      Je livrerais mon corps aux flammes,
      Si je n’aime, je ne suis rien.

      Que je vois de Vertus qui brillent sur ta trace,
      Charité, fille de la Grâce !
      Avec toi marche la Douceur,
      Que suit avec un air affable
      La Patience inséparable
      De la Paix son aimable soeur.

      Tel que l’Astre du jour écarte les ténèbres
      De la Nuit compagnes funèbres,
      Telle tu chasses d’un coup d’oeil
      L’Envie aux humains si fatale,
      Et toute la troupe infernale
      Des Vices enfants de l’Orgueil.

      Libre d’ambition, simple, et sans artifice,
      Autant que tu hais l’Injustice,
      Autant la Vérité te plait.
      Que peut la Colère farouche
      Sur un coeur, que jamais ne touche
      Le soin de son propre intérêt ?

      Aux faiblesses d’autrui loin d’être inexorable,
      Toujours d’un voile favorable
      Tu t’efforces de les couvrir.
      Quel triomphe manque à ta gloire ?
      L’amour sait tout vaincre, tout croire,
      Tout espérer, et tout souffrir.

      Un jour Dieu cessera d’inspirer des oracles.
      Le don des langues, les miracles,
      La science aura son déclin.
      L’amour, la charité divine
      Eternelle en son origine
      Ne connaîtra jamais de fin.

      Nos clartés ici bas ne sont qu’énigmes sombres,
      Mais Dieu sans voiles et sans ombres
      Nous éclairera dans les cieux.
      Et ce Soleil inaccessible,
      Comme à ses yeux je suis visible,
      Se rendra visible à mes yeux.

      L’amour sur tous les Dons l’emporte avec justice,
      De notre céleste édifice
      La Foi vive est le fondement,
      La sainte Espérance l’élève,
      L’ardente Charité l’achève,
      Et l’assure éternellement,

      Quand pourrai-je t’offrir, ô Charité suprême,
      Au sein de la lumière même
      Le Cantique de mes soupirs ;
      Et toujours brûlant pour ta gloire,
      Toujours puiser, et toujours boire
      Dans la source des vrais plaisirs !

      Jean Racine, Cantiques spirituels

      • #22000 Répondre
        Claire N
        Invité

        « L’amour sait tout vaincre, tout croire,
        Tout espérer, et tout souffrir » merci

        • #22119 Répondre
          Graindorge
          Invité

          Merci à Jean Racine d’avoir été de ce monde un jour et de nous avoir laissé la beauté de sa lumière

    • #21997 Répondre
      Léo
      Invité

      Maintenant je comprends
      Ce que tu essayais de me dire
      Et combien tu souffris pour rester lucide
      Et combien tu essayais de les libérer
      Ils n’écoutaient pas, ils ne savaient pas
      Peut-être qu’ils écouteront maintenant
      Ils ne pouvaient pas t’aimer
      Pourtant ton amour était sincère
      Et lorsqu’il n’y eut plus d’espoir dans cette nuit étoilée
      Tu mis fin à ta vie, comme le font les amants
      Mais j’aurais pu te dire, Vincent
      Le monde n’était pas fait pour être aussi beau que toi

      Vincent – Don McLean

      • #22121 Répondre
        Graindorge
        Invité

        « Et combien tu souffris pour rester lucide »
        Vincent qui nous disait et nous dira toujours à travers ses tableaux que le plus grand de tous les Arts est d’aimer
        Merci Léo

    • #22513 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Apothéose
      Aimé Césaire

      A la quête de mes pas
      dans la chaleur du temple mal circonscrit d’une cicatrice
      cette distance qui toujours s’accroît
      la mauvaise herbe de ma lumière
      tout ce que j’ai pu ronger de mur
      (diaphragme à chaque
      point du jour que fait l’holothurie)
      minute il me tombera des pépites et des nids d’hirondelle
      il me tombera une vague de crotales et d’escarbilles
      il me tombera cet étui où je cache ma dent de sagesse
      ce paquet de feuilles qui m’empêche d’entendre dans le
      camouflage féroce de ma sueur indivise
      lorsque l’on gaule des noix dans les champs toujours bleus
      des terres importées par le déluge
      dans un semis de cloaques
      parmi les enfants de chœur de la moraine
      sous les dagues de nacre dont on marque les fronts et les
      cornes de l’éther qui chantent jusqu’aux prunelles
      II en tombera un gâteau de tsé-tsé pour le
      Te-Deum
      une carcasse couchée dans le sable
      une aigle impériale des menottes un collier de verroterie
      il en tombera assez pour faire monter le cours de la
      Tamise
      et un cacatoès pour le pape
      Il en tombera toujours quelque chose un indicateur de police un sacristain un poteau téléphonique un clou de girofle
      Allons-y pour l’oraison d’une poussière de calcédoine pour la feuille morte pour la rive buissonnière d’un sang mal dissout pour les faunes réinventées à la mauvaise chandelle du tigre qui brûle tant bien que mal à partir de l’empreinte
      Il en tombera un hareng-saur
      Pourquoi espèce de nom d’un scrupule ne pas faire suer et resuer le temps placide pour qu’il en tombe tous les pots de vin de notre sang sur la terre enfin saoule et la parole bien claire
      son tonnerre

    • #22516 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      The fucking cops are fucking keen
      To fucking keep it fucking clean
      The fucking chief’s a fucking swine
      Who fucking draws a fucking line
      At fucking fun and fucking games
      The fucking kids he fucking blames
      Are nowehere to be fucking found
      Anywhere in Chickentown

      The fucking scene is fucking sad
      The fucking news is fucking bad
      The fucking weed is fucking turf
      The fucking speed is fucking surf
      The fucking folks are fucking daft
      Don’t make me fucking laugh
      It fucking hurts to look around
      Everywhere in Chickentown

      The fucking train is fucking late
      You fucking wait you fucking wait
      You’re fucking lost and fucking found
      Stuck in fucking Chickentown

      The fucking view is fucking vile
      For fucking miles and fucking miles
      The fucking babies fucking cry
      The fucking flowers fucking die
      The fucking food is fucking muck
      The fucking drains are fucking fucked
      The colour scheme is fucking brown
      Everywhere in Chickentown

      The fucking pubs are fucking dull
      The fucking clubs are fucking full
      Of fucking girls and fucking guys
      With fucking murder in Their eyes
      A fucking bloke is fucking stabbed
      Waiting for a fucking cab
      You fucking stay at fucking home
      The fucking neighbors fucking moan
      Keep The fucking racket down
      This is fucking Chickentown

      The fucking train is fucking late
      You fucking wait you fucking wait
      You’re fucking lost and fucking found
      Stuck in fucking Chickentown

      The fucking pies are fucking old
      The fucking chips are fucking cold
      The fucking beer is fucking flat
      The fucking flats have fucking rats
      The fucking clocks are fucking wrong
      The fucking days are fucking long
      It fucking gets you fucking down
      Evidently Chickentown

    • #22517 Répondre
      AxisBoldAsLove
      Invité

      Sir Cooper Clarke

    • #22752 Répondre
      Graindorge
      Invité

      L’Ane chargé d’éponges et l’Ane chargé de sel
      Jean de La Fontaine
      Un ânier, son sceptre à la main,
      Menait, en empereur romain,
      Deux coursiers à longues oreilles.
      L’un, d’éponges chargé, marchait comme un courrier;
      Et l’autre, se faisant prier,
      Portait, comme on dit, les bouteilles
      Sa charge était de sel. Nos gaillards pèlerins
      Par monts, par vaux et par chemins,
      Au gué d’une rivière à la fin arrivèrent,
      Et fort empêchés se trouvèrent.
      L’ânier, qui tous les jours traversait ce gué là,
      Sur l’âne à l’éponge monta,
      Chassant devant lui l’autre bête,
      Qui, voulant en faire à sa tête,
      Dans un trou se précipita,
      Revint sur l’eau, puis échappa ;
      Car au bout de quelques nagées,
      Tout son sel se fondit si bien
      Que le baudet ne sentit rien
      Sur ses épaules soulagées.
      Camarade épongier prit exemple sur lui,
      Comme un mouton qui va dessus la foi d’autrui.
      Voilà mon âne à l’eau; jusqu’au col il se plonge,
      Lui, le conducteur, et l’éponge.
      Tous trois burent d’autant l’ânier et le grison
      Firent à l’éponge raison.
      Celle-ci devint si pesante,
      Et de tant d’eau s’emplit d’abord,
      Que l’âne succombant ne put gagner le bord.
      L’ânier l’embrassait, dans l’attente
      D’une prompte et certaine mort.
      Quelqu’un vint au secours qui ce fut, il n’importe;
      C’est assez qu’on ait vu par là qu’il ne faut point
      Agir chacun de même sorte.
      J’en voulais venir à ce point.

      Jean de La Fontaine, Le Fables

    • #23318 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Honte

      Tant que la lame n’aura
      Pas coupé cette cervelle,
      Ce paquet blanc, vert et gras,
      À vapeur jamais nouvelle,

      (Ah ! Lui, devrait couper son?
      Nez, sa lèvre, ses oreilles,
      Son ventre ! et faire abandon
      De ses jambes ! ô merveille ! )

      Mais, non ; vrai, je crois que tant?
      Que pour sa tête la lame,
      Que les cailloux pour son flanc, ?
      Que pour ses boyaux la flamme,

      N’auront pas agi, l’enfant?
      Gêneur, la si sotte bête,
      Ne doit cesser un instant
      De ruser et d’être traître,

      Comme un chat des Monts-Rocheux,
      D’empuantir toutes sphères !
      Qu’à sa mort pourtant, ô mon Dieu ! ?
      S’élève quelque prière !

      Arthur Rimbaud, Illuminations

      • #23416 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci Carpentier
        « Tant que la lame n’aura
        Pas coupé cette cervelle,
        Ce paquet blanc, vert et gras,
        À vapeur jamais nouvelle »
        La description est parfaite, je me dis qu’il a été y voir concrètement et sans dégoût pour avoir récupéré autant de sensations sur le cerveau ( mort)
        Parce que vivant, il est fabuleux

    • #23351 Répondre
      Ema
      Invité

      Le pain
      La surface du pain est merveilleuse d’abord à cause de cette impression quasi panoramique qu’elle donne : comme si l’on avait à sa disposition sous la main les Alpes, le Taurus ou la Cordillère des Andes.
      Ainsi donc une masse amorphe en train d’éructer fut glissée pour nous dans le four stellaire, où durcissant elle s’est façonnée en vallées, crêtes, ondulations, crevasses… Et tous ces plans dès lors si nettement articulés, ces dalles minces où la lumière avec application couche ses feux, – sans un regard pour la mollesse ignoble sous-jacente.
      Ce lâche et froid sous-sol que l’on nomme la mie a son tissu pareil à celui des éponges : feuilles ou fleurs y sont comme des sœurs siamoises soudées par tous les coudes à la fois. Lorsque le pain rassit ces fleurs fanent et se rétrécissent : elles se détachent alors les unes des autres, et la masse en devient friable…
      Mais brisons-la : car le pain doit être dans notre bouche moins objet de respect que de consommation.

      Francis Ponge – Le parti pris des choses (1942)

    • #24010 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Le Forgeron-
      Arthur Rimbaud

      Palais des Tuileries, vers le 10 août 1792

      Le bras sur un marteau gigantesque, effrayant
      D’ivresse et de grandeur, le front large , riant
      Comme un clairon d’airain, avec toute sa bouche,
      Et prenant ce gros-là dans son regard farouche,
      Le Forgeron parlait à Louis Seize, un jour
      Que le Peuple était là, se tordant tout autour,
      Et sur les lambris d’or traînait sa veste sale.
      Or le bon roi, debout sur son ventre, était pâle
      Pâle comme un vaincu qu’on prend pour le gibet,
      Et, soumis comme un chien, jamais ne regimbait
      Car ce maraud de forge aux énormes épaules
      Lui disait de vieux mots et des choses si drôles,
      Que cela l’empoignait au front, comme cela !
      « Donc, Sire, tu sais bien , nous chantions tra la la
      Et nous piquions les bœufs vers les sillons des autres :
      Le Chanoine au soleil disait ses patenôtres
      Sur des chapelets clairs grenés de pièces d’or
      Le Seigneur, à cheval, passait, sonnant du cor
      Et l’un avec la hart, l’autre avec la cravache
      Nous fouaillaient – Hébétés comme des yeux de vache,
      Nos yeux ne pleuraient pas ; nous allions, nous allions,
      Et quand nous avions mis le pays en sillons,
      Quand nous avions laissé dans cette terre noire
      Un peu de notre chair… nous avions un pourboire
      Nous venions voir flamber nos taudis dans la nuit
      Nos enfants y faisaient un gâteau fort bien cuit.
      … « Oh ! je ne me plains pas. Je te dis mes bêtises,
      C’est entre nous. J’admets que tu me contredises.
      Or, n’est-ce pas joyeux de voir, au mois de juin
      Dans les granges entrer des voitures de foin
      Énormes ? De sentir l’odeur de ce qui pousse,
      Des vergers quand il pleut un peu, de l’herbe rousse ?
      De voir les champs de blé, les épis pleins de grain,
      De penser que cela prépare bien du pain ?…
      Oui, l’on pourrait, plus fort , au fourneau qui s’allume,
      Chanter joyeusement en martelant l’enclume,
      Si l’on était certain qu’on pourrait prendre un peu,
      Étant homme, à la fin !, de ce que donne Dieu !
      – Mais voilà, c’est toujours la même vieille histoire !
      « Mais je sais, maintenant ! Moi, je ne peux plus croire,
      Quand j’ai deux bonnes mains, mon front et mon marteau
      Qu’un homme vienne là, dague sous le manteau,
      Et me dise : « Mon gars , ensemence ma terre ! »
      Que l’on arrive encor, quand ce serait la guerre,
      Me prendre mon garçon comme cela, chez moi !
      – Moi, je serais un homme, et toi, tu serais roi,
      Tu me dirais : Je veux !.. – Tu vois bien, c’est stupide.
      Tu crois que j’aime à voir ta baraque splendide,
      Tes officiers dorés, tes mille chenapans,
      Tes palsembleu bâtards tournant comme des paons :
      Ils ont rempli ton nid de l’odeur de nos filles
      Et de petits billets pour nous mettre aux Bastilles,
      Et nous dirions : C’est bien : les pauvres à genoux !
      Nous dorerons ton Louvre en donnant nos gros sous !
      Et tu te soûlerais, tu ferais belle fête.
      – Et ces Messieurs riront, les reins sur notre tête !
      « Non. Ces saletés-là datent de nos papas !
      Oh ! Le Peuple n’est plus une putain. Trois pas
      Et, tous, nous avons mis ta Bastille en poussière.
      Cette bête suait du sang à chaque pierre
      Et c’était dégoûtant, la Bastille debout
      Avec ses murs lépreux qui nous rappelaient tout
      Et, toujours, nous tenaient enfermés dans leur ombre !
      – Citoyen ! citoyen ! c’était le passé sombre
      Qui croulait, qui râlait, quand nous prîmes la tour !
      Nous avions quelque chose au cœur comme l’amour.
      Nous avions embrassé nos fils sur nos poitrines.
      Et, comme des chevaux, en soufflant des narines
      Nous marchions, nous chantions, et ça nous battait là….
      Nous allions au soleil, front haut,-comme cela -,
      Dans Paris accourant devant nos vestes sales.
      Enfin ! Nous nous sentions Hommes ! Nous étions pâles,
      Sire, nous étions soûls de terribles espoirs :
      Et quand nous fûmes là, devant les donjons noirs,
      Agitant nos clairons et nos feuilles de chêne,
      Les piques à la main ; nous n’eûmes pas de haine,
      – Nous nous sentions si forts, nous voulions être doux !
      « Et depuis ce jour-là, nous sommes comme fous !
      Le flot des ouvriers a monté dans la rue,
      Et ces maudits s’en vont, foule toujours accrue
      Comme des revenants, aux portes des richards.
      Moi, je cours avec eux assommer les mouchards :
      Et je vais dans Paris le marteau sur l’épaule,
      Farouche, à chaque coin balayant quelque drôle,
      Et, si tu me riais au nez, je te tuerais !
      – Puis, tu dois y compter, tu te feras des frais
      Avec tes avocats , qui prennent nos requêtes
      Pour se les renvoyer comme sur des raquettes
      Et, tout bas, les malins ! Nous traitant de gros sots !
      Pour mitonner des lois, ranger des de petits pots
      Pleins de menus décrets , de méchantes droguailles
      S’amuser à couper proprement quelques tailles,
      Puis se boucher le nez quand nous passons près d’eux,
      – Ces chers avocassiers qui nous trouvent crasseux !
      Pour débiter là-bas des milliers de sornettes !
      Et ne rien redouter sinon les baïonnettes,
      Nous en avons assez, de tous ces cerveaux plats !
      Ils embêtent le peuple . Ah ! ce sont là les plats
      Que tu nous sers, bourgeois, quand nous sommes féroces,
      Quand nous cassons déjà les sceptres et les crosses !.. »
      Puis il le prend au bras, arrache le velours
      Des rideaux, et lui montre en bas les larges cours
      Où fourmille, où fourmille, où se lève la foule,
      La foule épouvantable avec des bruits de houle,
      Hurlant comme une chienne, hurlant comme une mer,
      Avec ses bâtons forts et ses piques de fer,
      Ses clameurs , ses grands cris de halles et de bouges,
      Tas sombre de haillons taché de bonnets rouges !
      L’Homme, par la fenêtre ouverte, montre tout
      Au roi pâle , suant qui chancelle debout,
      Malade à regarder cela !
      « C’est la Crapule,
      Sire. ça bave aux murs, ça roule , ça pullule …
      – Puisqu’ils ne mangent pas, Sire, ce sont les gueux !
      Je suis un forgeron : ma femme est avec eux,
      Folle ! Elle vient chercher du pain aux Tuileries !
      – On ne veut pas de nous dans les boulangeries.
      J’ai trois petits. Je suis crapule. – Je connais
      Des vieilles qui s’en vont pleurant sous leurs bonnets
      Parce qu’on leur a pris leur garçon ou leur fille :
      C’est la crapule. – Un homme était à la bastille,
      D’autres étaient forçats, c’étaient des citoyens
      Honnêtes. Libérés, ils sont comme des chiens :
      On les insulte ! Alors, ils ont là quelque chose
      Qui leur fait mal, allez ! C’est terrible, et c’est cause
      Que se sentant brisés, que, se sentant damnés,
      Ils viennent maintenant hurler sous votre nez !
      Crapule. – Là-dedans sont des filles, infâmes
      Parce que, – vous saviez que c’est faible, les femmes,
      Messeigneurs de la cour, – que sa veut toujours bien,-
      Vous leur avez craché sur l’âme, comme rien !
      Vos belles, aujourd’hui, sont là. C’est la crapule.
      « Oh ! tous les Malheureux, tous ceux dont le dos brûle
      Sous le soleil féroce, et qui vont, et qui vont,
      Et dans ce travail-là sentent crever leur front
      Chapeau bas, mes bourgeois ! Oh ! ceux-là, sont les Hommes !
      Nous sommes Ouvriers, Sire ! Ouvriers ! Nous sommes
      Pour les grands temps nouveaux où l’on voudra savoir,
      Où l’Homme forgera du matin jusqu’au soir,
      Où, lentement vainqueur, il chassera la chose
      Poursuivant les grands buts, cherchant les grandes causes,
      Et montera sur Tout, comme sur un cheval !
      Oh ! nous sommes contents, nous aurons bien du mal,
      Tout ce qu’on ne sait pas, c’est peut-être terrible :
      Nous pendrons nos marteaux, nous passerons au crible
      Tout ce que nous savons : puis, Frères, en avant !
      Nous faisons quelquefois ce grand rêve émouvant
      De vivre simplement, ardemment, sans rien dire
      De mauvais, travaillant sous l’auguste sourire
      D’une femme qu’on aime avec un noble amour :
      Et l’on travaillerait fièrement tout le jour,
      Écoutant le devoir comme un clairon qui sonne :
      Et l’on se trouverait fort heureux ; et personne
      Oh ! personne, surtout, ne vous ferait plier !…
      On aurait un fusil au-dessus du foyer….
      …………………………………………….
      Oh ! mais l’air est tout plein d’une odeur de bataille !
      Que te disais-je donc ? Je suis de la canaille !
      Il reste des mouchards et des accapareurs.
      Nous sommes libres, nous ! Nous avons des terreurs
      Où nous nous sentons grands, oh ! si grands ! Tout à l’heure
      Je parlais de devoir calme, d’une demeure…
      Regarde donc le ciel ! C’est trop petit pour nous,
      Nous crèverions de chaud, nous serions à genoux !
      Regarde donc le ciel ! Je rentre dans la foule,
      Dans la grande canaille effroyable, qui roule,
      Sire, tes vieux canons sur les sales pavés :
      Oh ! quand nous serons morts, nous les aurons lavés
      Et si, devant nos cris, devant notre vengeance,
      Les pattes des vieux rois mordorés, sur la France
      Poussent leurs régiments en habits de gala,
      Eh bien, n’est-ce pas, vous tous? Merde à ces chiens-là !
      Il reprit son marteau sur l’épaule.
      La foule
      Près de cet homme-là se sentait l’âme soûle,
      Et, dans la grande cour, dans les appartements,
      Où Paris haletait avec des hurlements,
      Un frisson secoua l’immense populace.
      Alors, de sa main large et superbe de crasse,
      Bien que le roi ventru suât, le Forgeron,
      Terrible, lui jeta le bonnet rouge au front !

    • #24912 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Edmond Rostand
      Hymne au soleil
      Je t’adore, Soleil !
      ô toi dont la lumière,
      Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel,
      Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière,
      Se divise et demeure entière
      Ainsi que l’amour maternel !
      Je te chante, et tu peux m’accepter pour ton prêtre,
      Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
      Et qui choisis, souvent, quand tu veux disparaître,
      L’humble vitre d’une fenêtre
      Pour lancer ton dernier adieu !
      Tu fais tourner les tournesols du presbytère,
      Luire le frère d’or que j’ai sur le clocher,
      Et quand, par les tilleuls, tu viens avec mystère,
      Tu fais bouger des ronds par terre
      Si beaux qu’on n’ose plus marcher !
      Gloire à toi sur les prés! Gloire à toi dans les vignes !
      Sois béni parmi l’herbe et contre les portails !
      Dans les yeux des lézards et sur l’aile des cygnes !
      Ô toi qui fais les grandes lignes Et qui fais les petits détails!
      C’est toi qui, découpant la Sœur jumelle et sombre
      Qui se couche et s’allonge au pied de ce qui luit,
      De tout ce qui nous charme as su doubler le nombre,
      A chaque objet donnant une ombre
      Souvent plus charmante que lui !
      Je t’adore, Soleil ! Tu mets dans l’air des roses,
      Des flammes dans la source, un dieu dans le buisson !
      Tu prends un arbre obscur et tu l’apothéoses !
      Ô Soleil ! toi sans qui les choses
      Ne seraient que ce qu’elles sont !

    • #25588 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Nikoghos Safarian (1905-1973) poète arménien
      Il faut marcher
      Le repos, le bonheur, la joie
      Ne sont que de vaines haltes.
      C’est notre exil,
      Ce devenir.
      Le monde n’est qu’un devenir
      Et le monde est un autre monde
      À chaque instant

    • #25765 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « The light shines in the darkness
      and the darkness has not overcome it »
      John. Chapter 1, Verse 5

    • #25849 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Venus anadyomène
      Comme d’un cercueil vert en fer blanc, une tête
      De femme à cheveux bruns fortement pommadés
      D’une vieille baignoire émerge, lente et bête,
      Avec des déficits assez mal ravaudés;
      Puis le col gras et gris, les larges omoplates
      Qui saillent; le dos court qui rentre et qui ressort;
      Puis les rondeurs des reins semblent prendre l’essor;
      La graisse sous la peau paraît en feuilles plates;
      L’échine est un peu rouge, et le tout sent un goût
      Horrible étrangement; on remarque surtout
      Des singularités qu’il faut voir à la loupe…
      Les reins portent deux mots gravés: CLARA VENUS;
      – Et tout ce corps remue et tend sa large croupe
      Belle hideusement d’un ulcère à l’anus.
      Arthur Rimbaud, Cahiers de Douai, 1870.

      • #25993 Répondre
        Graindorge
        Invité

        je découvre, intéressant poème. Bien effrayant et monstrueux à souhait comme une réalité
        « Horrible étrangement; on remarque surtout
        Des singularités qu’il faut voir à la loupe… » Aller là aussi. Ça fait partie du voyage…de « l’expédition vers la vérité?
        Merci Carpentier

    • #26097 Répondre
      Graindorge
      Invité

      EFFACEMENT DU PEUPLIER
      René Char
      L’ouragan dégarnit les bois.
      J’endors, moi, la foudre aux yeux tendres.
      Laissez le grand vent où je tremble
      S’unir à la terre où je crois.

      Son souffle affile ma vigie.
      Qu’il est trouble le creux du leurre
      De la source aux couches salies !

      Une clé sera ma demeure,
      Feinte d’un feu que le coeur certifie;
      Et l’air qui la tint dans ses serres.

    • #26821 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Héctor Abad Gómez (Jericó, 1921-Medellín, 25 août 1987) était un médecin, essayiste, défenseur des droits de l’homme et spécialiste en santé publique colombien. Il fut assassiné à Medellín, après avoir reçu des menaces pour ses dénonciations contre des groupes paramilitaires, responsables de crimes arbitraires contre des militants de gauche dans le département d’Antioquia comme dans toute la Colombie. Son fils Héctor Abad Faciolince lui a consacré en 2006 une biographie romancée dans son livre L’Oubli que nous serons. »
      Ce poème, « El olvido que seremos » a été trouvé par son fils dans la poche intérieure de sa veste ensanglantée. Peu de temps avant son élimination, un jeune journaliste, ami d’enfance de son fils lui avait remis la liste des personnes menacées de mort par les paramilitaires ( le Pouvoir, les intérêts économiques des possédants nationaux ET internationaux…)
      Ya somos el olvido que seremos
      Nous sommes déjà l’oubli que nous serons
      El polvo elemental que nos ignora y que fue el rojo Adán
      La poussière élémentaire qui nous ignore et qui fut le rouge Adam
      Y que es ahora todos los hombres
      Et qui est maintenant tous les hommes
      Y que no veremos
      Et que nous ne verrons pas
      Ya somos en la tumba las dos fechas del principio y del término,
      Nous sommes déjà dans la tombe les deux dates du commencement et de la fin
      La caja, la obscena corrupción
      Le cercueil, l’obscène corruption
      Y la mortaja,
      Et le linceul
      Los triunfos de la muerte y las endechas.
      Les triomphes de la mort et les chants funéraires.
      No soy el insensato que se aferra al mágico sonido de su nombre.
      Je ne suis pas l’insensé qui s’accroche au son magique de son nom
      Pienso con esperanza en aquel hombre que no sabrá
      Je pense avec espérance à cet homme qui ne saura rien
      Que fui sobre la tierra.
      De mon passage sur terre
      Bajo el indiferente azul del cielo
      Sous le bleu indifférent du ciel
      Esta meditación es un consuelo
      Cette méditation me console

    • #27945 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Le manteau impérial Victor Hugo
      O ! vous dont le travail est joie,
      Vous qui n’avez pas d’autre proie
      Que les parfums, souffles du ciel,
      Vous qui fuyez quand vient décembre,
      Vous qui dérobez aux fleurs l’ambre
      Pour donner aux hommes le miel,

      Chastes buveuses de rosée,
      Qui, pareilles à l’épousée,
      Visitez le lys du coteau,
      Ô soeurs des corolles vermeilles,
      Filles de la lumière, abeilles,
      Envolez-vous de ce manteau !

      Ruez-vous sur l’homme, guerrières !
      Ô généreuses ouvrières,
      Vous le devoir, vous la vertu,
      Ailes d’or et flèches de flamme,
      Tourbillonnez sur cet infâme!
      Dites-lui: » Pour qui nous prends-tu ?

      Maudit ! nous sommes les abeilles !
      Des chalets ombragés de treilles
      Notre ruche orne le fronton ;
      Nous volons, dans l’azur écloses,
      Sur la bouche ouverte des roses
      Et sur les lèvres de Platon.

      Ce qui sort de la fange y rentre.
      Va trouver Tibère en son antre,
      Et Charles neuf sur son balcon.
      Va! sur ta pourpre il faut qu’on mette,
      Non les abeilles de l’Hymette,
      Mais l’essaim noir de Montfaucon ! «

      Et percez-le toutes ensemble,
      Faites honte au peuple qui tremble,
      Aveuglez l’immonde trompeur,
      Acharnez-vous sur lui, farouches,
      Et qu’il soit chassé par les mouches
      Puisque les hommes en ont peur !

    • #28076 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Le matin des étrennes
      Ah ! quel beau matin, que ce matin des étrennes !
      Chacun, pendant la nuit, avait rêvé des siennes
      Dans quelque songe étrange où l’on voyait joujoux,
      Bonbons habillés d’or, étincelants bijoux,
      Tourbillonner, danser une danse sonore,
      Puis fuir sous les rideaux, puis reparaître encore !
      On s’éveillait matin, on se levait joyeux,
      La lèvre affriandée, en se frottant les yeux…
      On allait, les cheveux emmêlés sur la tête,
      Les yeux tout rayonnants, comme aux grands jours de fête,
      Et les petits pieds nus effleurant le plancher,
      Aux portes des parents tout doucement toucher…
      On entrait !… Puis alors les souhaits… en chemise,
      Les baisers répétés, et la gaieté permise !

      Arthur Rimbaud (1854-1891)

    • #28923 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Questions que se pose un ouvrier qui lit
      En hommage aux bâtisseurs de cathédrales, nous publions un poème de Bertolt Brecht qui prouve que la poésie peut aussi se mettre au service des hommes quand elle les sauve de l’indifférence et les soustrait à l’oubli.

      Qui a construit Thèbes aux sept portes ?

      Dans les livres on donne les noms des Rois.

      Les Rois ont-ils traîné les blocs de pierre ?

      Babylone plusieurs fois détruite,

      Qui tant de fois l’a reconstruite ? Dans quelles maisons

      De Lima la dorée logèrent les ouvriers du bâtiment ?

      Quand la Muraille de Chine fut terminée,

      Où allèrent ce soir-là les maçons ? Rome la grande

      Est pleine d’arcs de triomphe. Qui les érigea ? De qui

      Les Césars ont-ils triomphé ? Byzance la tant chantée,

      N’avait-elle que des palais

      Pour les habitants ? Même en la légendaire Atlantide

      Hurlant dans cette nuit où la mer l’engloutit,

      Ceux qui se noyaient voulaient leurs esclaves.

      
Le jeune Alexandre conquit les Indes.

      Tout seul ?

      César vainquit les Gaulois.

      N’avait-il pas à ses côtés au moins un cuisinier ?

      Quand sa flotte fut coulée , Philippe d’Espagne

      Pleura . Personne d’autre ne pleurait ?

      Frédéric II gagna la Guerre de sept ans.

      Qui à part lui était gagnant ?

      A chaque page une victoire.

      Qui cuisinait les festins ?

      Tous les dix ans un grand homme.

      Les frais, qui les payait ?

      Autant de récits

      Autant de questions.

      Bertolt BRECHT (1935)

    • #29006 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Jacques rebotier.

      • #29067 Répondre
        Claire N
        Invité

        Merci ;
        un petit tour sur son site avec quelques explications de son encyclopédie
        «  droit du sol : terre !
        Droit du sang : pan! « 

      • #29084 Répondre
        Ludovic Bourgeois
        Invité

        Le boomer est un fléau mondial

    • #29324 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Mais bien sot qui ne voit
      Combien la jeunesse a des ailes rapides
      Et comme du berceau
      Est proche le bûcher.
      G. Leopardi•

    • #29339 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Et toi mon Lain-Lain
      Tu penses quoi toi ? Tu dis Rien
      Tutulut, tutulut tutu tututu-tulut

      • #29361 Répondre
        Alain m.
        Invité

        que tu as l’air embarrassé de toi-même.

    • #29366 Répondre
      françois bégaudeau
      Invité

      Je me demande si la droitosphère n’envoie pas ici les rebuts dont elle même a honte. Ils ne peuvent pas etre tous aussi indigents que Ludovic Bourgeois et Jean Monnaie.

    • #29523 Répondre
      Ludovic Bourgeois
      Invité

      Bha le terme « indigent » est un mot d’hypocrisie bourgeoise mensongère
      Quasi caricatural.
      Que ne ferait-on pas pour rester dans la caste, tout le monde sait les questions obligatoires pour y rester.
      Dur-dur le capitalisme, dur-dur d’être un bibi
      Ne pas sortir de la caste, garder sa place sociale, faire style
      ___
      Ca marche, bras dessus et bras dessous,
      Ca marche, l’un sur l’autre dans la Boue (et la Bouillie)
      Taaaannt qu’ça maaaaarrche
      OOOuuuuu La-la-la lala lala
      Ouhoouuu Oh lalala

      • #29525 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        voilà

    • #29564 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      lorsque les portes de la bourgeoisie se ferment. C’est terminé. Pour le peuple qui n’est pas qu’en France mais partout où bon lui semble, s’il ferme ses portes Suspens

    • #30069 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Devant l’éclair –
      Sublime
      Est celui qui ne sait rien.
      Matsuo Bashō

    • #30073 Répondre
      Carpentier
      Invité

      La maline
      Dans la salle à manger brune, que parfumait
      Une odeur de vernis et de fruits, à mon aise
      Je ramassais un plat de je ne sais quel met
      Belge, et je m’épatais dans mon immense chaise.

      En mangeant, j’écoutais l’horloge, – heureux et coi.
      La cuisine s’ouvrit avec une bouffée,
      – Et la servante vint, je ne sais pas pourquoi,
      Fichu moitié défait, malinement coiffée

      Et, tout en promenant son petit doigt tremblant
      Sur sa joue, un velours de pêche rose et blanc,
      En faisant, de sa lèvre enfantine, une moue,

      Elle arrangeait les plats, près de moi, pour m’aiser ;
      – Puis, comme ça, – bien sûr, pour avoir un baiser, –
      Tout bas :  » Sens donc, j’ai pris ‘une’ froid sur la joue… »

      Arthur Rimbaud.

    • #30866 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      Je crois que Brigitte Méheut n’a pas encore été citée. Immense.
      .
      .
      Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures
      Et le chant incessant écharpant le silence
      Je ne sais d’ici que l’ongle des sentiers qui écosse la plaine
      Et la mer au lointain qui lisse ses bas bleus
      La paresse des îles
      Le rouet de tes yeux
      L’indolence des palmes
      L’insolence des cieux
      .
      Tu es cet ébloui revenu du silence
      Tu es ce murmuré dans le soir silicieux
      Tu as repris l’espace comme on reprend la chance
      Avec au cœur l’espoir d’un ultime voyage
      Tu es cet ébloui qui se joue des naufrages
      .
      Tu me l’avais promis
      Le bonheur s’est posé
      .
      Le bonheur s’est posé
      Comme une sentinelle
      Il a franchi le gué
      Il a passé le feu
      Et retroussé là-bas l’étang aux tourterelles
      .
      Les jours sont devenus patients
      .
      Dans son écrin d’azur
      La mémoire se prélasse
      Pas un souffle de vent
      Aux jupes des terrasses
      J’entends battre ton cœur
      Au poignet du printemps
      .
      Je ne sais d’ici que le lent ravitaillement des heures
      Je vis à quelques pas du silence
      .
      Juste à hauteur d’oiseau
      .
      .
      .
      .
      http://sylviem.over-blog.com/
      .

      • #31002 Répondre
        Graindorge
        Invité

        magnifique, merci L’homme qui n’a pas de renom. Merci beaucoup

    • #31003 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Trouvé, rencontré à la bibliothèque de Santa Cruz, ce poète.
      Né en 1956 à Paris, Thierry Metz s’installe à l’âge de 21 ans près d’Agen avec sa famille. Il partage son temps entre des travaux de manœuvre sur des chantiers qui lui permettent de gagner sa vie et des périodes de chômage durant lesquelles il écrit.

      Il prend contact avec le poète Jean Cussat-Blanc dont la revue Résurrection sera la première à le publier dès 1978 et jusqu’à la reconnaissance de son travail. Cette reconnaissance se manifeste par l’obtention du prix Voronca en 1988, Sur la table inventée publié par Jacques Brémond, et enfin par la publication du Journal d’un manœuvre chez L’Arpenteur Gallimard préfacé par le poète Jean Grosjean puis Lettres à la Bien Aimée. Ses recueils suivants seront publiés par des éditeurs indépendants et notamment par les éditions Opales puis Pleine Page à Bordeaux chez qui il publie L’Homme qui penche, Terre…
      Dernière Publication : Poésies 1978 – 1997, Éditeur : Pierre Mainard (12/05/2017)
      La mort accidentelle de son deuxième enfant en 1988 est un drame dont il ne se remettra jamais. Après plusieurs tentatives de sevrage alcoolique, épuisé de ne pouvoir résister aux cauchemars qui l’accablent, il se suicide le 16 avril 1997.

      Journal d’un manœuvre. Extrait
      28 juillet. – Midi me ramène toujours au plus clair, à une façon d’être qui se contente d’un peu d’eau, de pain et de quelques mots. Une eau qu’on a été chercher sous la pluie, un pain qui a cheminé dans les poches de l’oiseleur, des mots qui ont gardé mémoire de ce qu’ils ont vu. On peut tresser longtemps à partir de ces brins d’herbe, faire un éventail ou un panier, une barque ou un berceau. Midi est une heure imaginaire. Tout devient possible. Car si l’homme a besoin d’outils pour trouver ses mots, il a besoin de crayons de couleur pour peupler les récits de son souffle. Et du petit singe qui est notre regard.
      Midi a aussi un visage. Je l’ai vu aujourd’hui. C’est un homme coiffé d’un chapeau de feutre. Je mangeais sur une planche d’échafaudage quand il est arrivé. Il m’a salué, m’a souhaité bon appétit.
      – Je ne vous dérange pas ?
      – Non.
      – Je passais dans la rue…
      Que veut-il ? Est-ce le pain ? Est-ce la parole ? J’attends sans m’avancer : il pourrait s’envoler jusqu’au toit, revenir parmi les pigeons.
      – Vous avez du travail ici…
      – Oui, pour plusieurs mois.
      Comme il est distrait son regard… Que cherche-t-il ? Que me montre-t-il ? Une tombe ou un repas ?
      – Oui le chantier… le travail… je connais… j’ai fait ça moi aussi…
      Il s’assoit, il parle, il n’écoute pas ce qu’il dit, il ment parce qu’il a trop parlé. Quelqu’un fait les cent pas dans sa voix.
      – C’était plus facile avant…
      Avant quoi ? On ne sait pas ; ce qu’il dit ne laisse pas de trace. Il s’égare dans un hier qui n’était meilleur pour les hommes.
      Qui est-il celui-là qui porte les vêtements usés de son nom, de ses actes ? Qui va pieds nus dans de grosses chaussures noires ?
      Je décide que cet homme sans voix : c’est la mort.
      Un mort qui me demande, avant de partir, s’il peut emporter les bouteilles consignées qui traînent par terre.

      Pp.77-78

      [youtube https://www.youtube.com/watch?v=4ZDQiMKAcME?si=PFen_dQrMo-qe9ws&w=560&h=315%5D

    • #31004 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      Merci Graindorge, je ne connaissais pas Thierry Metz, et l’URL que tu as indiqué me permet de découvrir la page Youtube du Veilleur de livre.
      .
      .
      Du monde tu ne vois
      que le verso
      mais ce soir tu as rendez-vous
      avec la page blanche
      .
      A cet instant
      le monde
      ne fait que commencer
      .
      Rien sur la table
      d’ėcoute
      hors le bruissement du papier
      des feuillages ailés
      .
      à peine ce mouvement de paupières
      dans le silence
      .
      et sous ta plume
      l’écriture des herbes couchées par le vent
      .
      Gilles Baudry
      .
      .

      • #31099 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Merci l’Hqnpdr! Beaucoup de choses m’ont plu. Je regrette un peu qu’il n’ait pas dit grand chose sur les combats de ses frères mais je peux comprendre que ce n’était ni le lieu ni le sujet. Bien que la poésie c’est aussi des mots avec des flammes et du sang et des gravats et pas que « des pigeons aux ailes pliées qui attendent le souffle du lecteur ». Mais j’ai aimé presque tout! Merci encore

    • #31116 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      Ahhhh, c’est une très belle citation de Levinas: « Dans chaque mot se trouve un oiseau aux ailes repliées qui attend le souffle du lecteur ».

      • #31117 Répondre
        Papo2ooo
        Invité

        oui, très belle citation.

        Pourrait être tirée de l’air et les songes de Bachelard.
        Belle mobilité au repos.

      • #31121 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        J’ai dit « pigeons »

    • #31119 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Aube

      J’ai embrassé l’aube d’été.
      Rien ne bougeait encore au front des palais. L’eau était morte. Les camps d’ombres ne quittaient pas la route
      du bois. J’ai marché, réveillant les haleines vives et tièdes, et les pierreries regardèrent, et les ailes
      se levèrent sans bruit.

      La première entreprise fut, dans le sentier déjà empli de frais et blêmes éclats, une fleur qui me dit son nom.

      Je ris au wasserfall blond qui s’échevela à travers les sapins : à la cime argentée je reconnus la déesse.

      Alors je levai un à un les voiles. Dans l’allée, en agitant les bras. Par la plaine, où je l’ai dénoncée au coq.
      A la grand’ville elle fuyait parmi les clochers et les dômes, et courant comme un mendiant sur les quais de marbre,
      je la chassais.

      En haut de la route, près d’un bois de lauriers, je l’ai entourée avec ses voiles amassés, et j’ai senti un peu
      son immense corps. L’aube et l’enfant tombèrent au bas du bois.

      Au réveil il était midi.

      Arthur Rimbaud, Illuminations

      • #31124 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Arthur!
        « J’ai embrassé l’aube d’été »
        Douce Carpentier, gracias

    • #31120 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      GRISELIDIS RÉAL
      .
      J’ai tant aimé ton corps
      Qu’il sera comme un fleuve
      Bruissant dans mes artères
      J’ai tant aimé la source
      Envoûtée de caresses
      Brûlée de mes baisers
      Faisant jaillir l’eau vive
      De ton sexe
      Dans ma bouche amoureuse
      Que je n’aurai plus soif
      D’un autre océan
      Que ton sang
      Et faim d’une autre chair
      Que la tienne
      Je ne serai brûlée
      Par d’autre feu que tes mains
      Qui m’ont laissée en cendres
      Dans le désert
      Des nuits inhabitées.

    • #31264 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Arthur RIMBAUD
      1854 – 1891
      Roman
      I

      On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans.
      – Un beau soir, foin des bocks et de la limonade,
      Des cafés tapageurs aux lustres éclatants !
      – On va sous les tilleuls verts de la promenade.

      Les tilleuls sentent bon dans les bons soirs de juin !
      L’air est parfois si doux, qu’on ferme la paupière ;
      Le vent chargé de bruits – la ville n’est pas loin –
      A des parfums de vigne et des parfums de bière…

      II

      – Voilà qu’on aperçoit un tout petit chiffon
      D’azur sombre, encadré d’une petite branche,
      Piqué d’une mauvaise étoile, qui se fond
      Avec de doux frissons, petite et toute blanche…

      Nuit de juin ! Dix-sept ans ! – On se laisse griser.
      La sève est du champagne et vous monte à la tête…
      On divague ; on se sent aux lèvres un baiser
      Qui palpite là, comme une petite bête…

      III

      Le coeur fou robinsonne à travers les romans,
      – Lorsque, dans la clarté d’un pâle réverbère,
      Passe une demoiselle aux petits airs charmants,
      Sous l’ombre du faux col effrayant de son père…

      Et, comme elle vous trouve immensément naïf,
      Tout en faisant trotter ses petites bottines,
      Elle se tourne, alerte et d’un mouvement vif…
      – Sur vos lèvres alors meurent les cavatines…

      IV

      Vous êtes amoureux. Loué jusqu’au mois d’août.
      Vous êtes amoureux. – Vos sonnets La font rire.
      Tous vos amis s’en vont, vous êtes mauvais goût.
      – Puis l’adorée, un soir, a daigné vous écrire !…

      – Ce soir-là…, – vous rentrez aux cafés éclatants,
      Vous demandez des bocks ou de la limonade…
      – On n’est pas sérieux, quand on a dix-sept ans
      Et qu’on a des tilleuls verts sur la promenade.

    • #31377 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      Antoinette Deshoulières
      (1638-1694)
      .
      Taisez-vous, tendres mouvements,
      Laissez-moi pour quelques moments :
      Tout mon cœur ne saurait suffire
      Aux transports que l’amour m’inspire
      Pour le plus parfait des amants.
      .
      À quoi servent ces sentiments ?
      Dans mes plus doux emportements
      Ma raison vient toujours me dire :
      Taisez-vous.
      .
      La cruelle, depuis deux ans…
      Mais, hélas ! quels redoublements
      Sens-je à mon amoureux martyre ?
      Mon berger paraît, il soupire :
      Le voici : vains raisonnements,
      Taisez-vous !
      .
      .
      .

      .

    • #31581 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Victor Hugo
      La Terre – Hymne
      Elle est la terre, elle est la plaine, elle est le champ.
      Elle est chère à tous ceux qui sèment en marchant ;
      Elle offre un lit de mousse au pâtre ;
      Frileuse, elle se chauffe au soleil éternel,
      Rit, et fait cercle avec les planètes du ciel
      Comme des soeurs autour de l’âtre.

      Elle aime le rayon propice aux blés mouvants,
      Et l’assainissement formidable des vents,
      Et les souffles, qui sont des lyres,
      Et l’éclair, front vivant qui, lorsqu’il brille et fuit,
      Tout ensemble épouvante et rassure la nuit
      A force d’effrayants sourires.

      Gloire à la terre ! Gloire à l’aube où Dieu paraît !
      Au fourmillement d’yeux ouverts dans la forêt,
      Aux fleurs, aux nids que le jour dore !
      Gloire au blanchissement nocturne des sommets !
      Gloire au ciel bleu qui peut, sans s’épuiser jamais,
      Faire des dépenses d’aurore !

      La terre aime ce ciel tranquille, égal pour tous,
      Dont la sérénité ne dépend pas de nous,
      Et qui mêle à nos vils désastres,
      A nos deuils, aux éclats de rires effrontés,
      A nos méchancetés, à nos rapidités,
      La douceur profonde des astres.

      La terre est calme auprès de l’océan grondeur ;
      La terre est belle ; elle a la divine pudeur
      De se cacher sous les feuillages ;
      Le printemps son amant vient en mai la baiser ;
      Elle envoie au tonnerre altier pour l’apaiser
      La fumée humble des villages.

      Ne frappe pas, tonnerre. Ils sont petits, ceux-ci.
      La terre est bonne ; elle est grave et sévère aussi ;
      Les roses sont pures comme elle ;
      Quiconque pense, espère et travaille lui plaît ;
      Et l’innocence offerte à tout homme est son lait,
      Et la justice est sa mamelle.

      La terre cache l’or et montre les moissons ;
      Elle met dans le flanc des fuyantes saisons
      Le germe des saisons prochaines,
      Dans l’azur les oiseaux qui chuchotent : aimons !
      Et les sources au fond de l’ombre, et sur les monts
      L’immense tremblement des chênes.

      L’harmonie est son oeuvre auguste sous les cieux ;
      Elle ordonne aux roseaux de saluer, joyeux
      Et satisfaits, l’arbre superbe ;
      Car l’équilibre, c’est le bas aimant le haut ;
      Pour que le cèdre altier soit dans son droit, il faut
      Le consentement du brin d’herbe.

      Elle égalise tout dans la fosse ; et confond
      Avec les bouviers morts la poussière que font
      Les Césars et les Alexandres ;
      Elle envoie au ciel l’âme et garde l’animal ;
      Elle ignore, en son vaste effacement du mal,
      La différence de deux cendres.

      Elle paie à chacun sa dette, au jour la nuit,
      A la nuit le jour, l’herbe aux rocs, aux fleurs le fruit ;
      Elle nourrit ce qu’elle crée,
      Et l’arbre est confiant quand l’homme est incertain ;
      O confrontation qui fait honte au destin,
      O grande nature sacrée !

      Elle fut le berceau d’Adam et de Japhet,
      Et puis elle est leur tombe ; et c’est elle qui fait
      Dans Tyr qu’aujourd’hui l’on ignore,
      Dans Sparte et Rome en deuil, dans Memphis abattu,
      Dans tous les lieux où l’homme a parlé, puis s’est tu,
      Chanter la cigale sonore.

      Pourquoi ? Pour consoler les sépulcres dormants.
      Pourquoi ? Parce qu’il faut faire aux écroulements
      Succéder les apothéoses,
      Aux voix qui disent Non les voix qui disent Oui,
      Aux disparitions de l’homme évanoui
      Le chant mystérieux des choses.

      La terre a pour amis les moissonneurs ; le soir,
      Elle voudrait chasser du vaste horizon noir
      L’âpre essaim des corbeaux voraces,
      A l’heure où le boeuf las dit : Rentrons maintenant ;
      Quand les bruns laboureurs s’en reviennent traînant
      Les socs pareils à des cuirasses.

      Elle enfante sans fin les fleurs qui durent peu ;
      Les fleurs ne font jamais de reproches à Dieu ;
      Des chastes lys, des vignes mûres,
      Des myrtes frissonnant au vent, jamais un cri
      Ne monte vers le ciel vénérable, attendri
      Par l’innocence des murmures.

      Elle ouvre un livre obscur sous les rameaux épais ;
      Elle fait son possible, et prodigue la paix
      Au rocher, à l’arbre, à la plante,
      Pour nous éclairer, nous, fils de Cham et d’Hermès,
      Qui sommes condamnés à ne lire jamais
      Qu’à de la lumière tremblante.

      Son but, c’est la naissance et ce n’est pas la mort ;
      C’est la bouche qui parle et non la dent qui mord ;
      Quand la guerre infâme se rue
      Creusant dans l’homme un vil sillon de sang baigné,
      Farouche, elle détourne un regard indigné
      De cette sinistre charrue.

      Meurtrie, elle demande aux hommes : A quoi sert
      Le ravage ? Quel fruit produira le désert ?
      Pourquoi tuer la plaine verte ?
      Elle ne trouve pas utiles les méchants,
      Et pleure la beauté virginale des champs
      Déshonorés en pure perte.

      La terre fut jadis Cérès, Alma Cérès,
      Mère aux yeux bleus des blés, des prés et des forêts ;
      Et je l’entends qui dit encore :
      Fils, je suis Démèter, la déesse des dieux ;
      Et vous me bâtirez un temple radieux
      Sur la colline Callichore.

      Paris. – 12 août 1873.

    • #31755 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Deux mulets cheminaient : l’un d’avoine chargé,
      L’autre portant l’argent de la gabelle.
      Celui-ci, glorieux d’une charge si belle,
      N’eût voulu pour beaucoup en être soulagé.
      Il marchait d’un pas relevé,
      Et faisait sonner sa sonnette ;
      Quand, l’ennemi se présentant,
      Comme il en voulait à l’argent,
      Sur le mulet du fisc une troupe se jette,
      Le saisit au frein, et l’arrête.
      Le mulet en se défendant
      Se sent percer de coups : il gémit, il soupire.
      « Est-ce donc là, dit-il, ce qu’on m’avait promis ?
      Ce mulet qui me suit du danger se retire,
      Et moi j’y tombe, et je péris.
      — Ami, lui dit son camarade,
      Il n’est pas toujours bon d’avoir un haut emploi.
      Si tu n’avais servi qu’un meunier, comme moi,
      Tu ne serais pas si malade. »

      — Jean de La Fontaine, Fables de La Fontaine, Les Deux Mulets –

    • #31826 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Ce soir, nous sommes deux devant ce fleuve qui déborde de notre désespoir. Nous ne pouvons même plus penser. Les paroles s’échappent de nos bouches tordues, et, lorsque nous rions, les passants se retournent, effrayés, et rentrent chez eux précipitamment.
      On ne sait pas nous mépriser.
      Nous pensons aux lueurs de bars, aux bals grotesques dans ces maisons en ruines où nous laissions le jour. Mais rien n’est plus désolant que cette lumière qui coule doucement sur les toits à cinq heures du matin. Les rues s’écartent silencieusement et les boulevards s’animent : un promeneur attardé sourit près de nous. Il n’a pas vu nos yeux pleins de vertiges et il passe doucement. Ce sont les voitures de laitiers qui font s’envoler notre torpeur et les oiseaux montent au ciel chercher une divine nourriture.
      Aujourd’hui encore (mais quand donc finira cette vie limitée) nous irons retrouver les amis, et nous boirons les mêmes vins. On nous verra encore aux terrasses des cafés.
      Il est loin, celui qui sait nous rendre cette gaieté bondissante. Il laisse s’écouler les jours poudreux et il n’écoute plus ce que nous disons. « Est-ce que vous avez oublié nos voix enveloppées d’affections et nos gestes merveilleux ? Les animaux des pays libres et des mers délaissées ne vous tourmentent-ils plus ? je vois encore ces luttes et ces outrages rouges qui nous étranglaient. Mon cher ami, pourquoi ne voulez-vous plus rien dire de vos souvenirs étanches ? » L’air dont hier encore nous gonflions nos poumons devient irrespirable. Il n’y a plus qu’à regarder droit devant soi, ou à fermer les yeux : si nous tournions la tête, le vertige ramperait jusqu’à nous.
      Philippe Soupault • André Breton  » Les champs magnétiques  » (passage écrit par Soupault)

    • #32039 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Les corbeaux

      Seigneur, quand froide est la prairie,
      Quand dans les hameaux abattus,
      Les longs angelus se sont tus…
      Sur la nature défleurie
      Faites s’abattre des grands cieux
      Les chers corbeaux délicieux.

      Armée étrange aux cris sévères,
      Les vents froids attaquent vos nids !
      Vous, le long des fleuves jaunis,
      Sur les routes aux vieux calvaires,
      Sur les fossés et sur les trous
      Dispersez-vous, ralliez-vous !

      Par milliers, sur les champs de France,
      Où dorment des morts d’avant-hier,
      Tournoyez, n’est-ce pas, l’hiver,
      Pour que chaque passant repense !
      Sois donc le crieur du devoir,
      Ô notre funèbre oiseau noir !

      Mais, saints du ciel, en haut du chêne,
      Mât perdu dans le soir charmé,
      Laissez les fauvettes de mai
      Pour ceux qu’au fond du bois enchaîne,
      Dans l’herbe d’où l’on ne peut fuir,
      La défaite sans avenir.

      Arthur Rimbaud, Poésies

    • #32168 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Je cognerai encore trois fois
      À votre porte
      La première fois pour dire que
      j’existe
      Depuis que le pain existe
      La deuxième fois pour dire que
      j’existe
      Puisque par moi vous existez
      La troisième fois ce sera pour
      vous dire :
      Il n’est pas de granit
      Que n’use le vent et la pluie
      Et mon vent à moi c’est ma faim
      Ma pluie à moi c’est ma soif
      Prenez garde
      Je ne veux plus être orphelin.
      Anna Gréki •

    • #32191 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Paysage Polaire
      Un monde mort, immense écume de la mer,
      Gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales,
      Jets de pics convulsifs étirés en spirales
      Qui vont éperdument dans le brouillard amer.

      Un ciel rugueux, roulant par blocs, un âpre enfer,
      Où passent à plein vol les clameurs sépulcrales,
      Les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles
      Qu’un vent sinistre arrache à son clairon de fer.

      Sur les hauts caps branlants, rongés des flots voraces,
      Se roidissent les Dieux brumeux des vieilles races,
      Congelés dans leur rêve et leur lividité ;

      Et les grands ours, blanchis par les neiges antiques,
      çà et là, balançant leurs cous épileptiques,
      Ivres et monstrueux, bavent de volupté.
      Leconte de Lisle, Poèmes barbares –

    • #32404 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Quel est l’âge de la lune
      treize ans –
      à peu près

      (Kobayashi Issa)

    • #32720 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Ballade à la lune
      C’était, dans la nuit brune,
      Sur le clocher jauni,
      La lune,
      Comme un point sur un i.

      Lune, quel esprit sombre
      Promène au bout d’un fil,
      Dans l’ombre,
      Ta face et ton profil ?

      Es-tu l’œil du ciel borgne?
      Quel chérubin cafard
      Nous lorgne
      Sous ton masque blafard?

      N’es-tu rien qu’une boule ?
      Qu’un grand faucheux bien gras
      Qui roule
      Sans pattes et sans bras?

      Es-tu, je t’en soupçonne,
      Le vieux cadran de fer
      Qui sonne
      L’heure aux damnés d’enfer ?

      Sur ton front qui voyage,
      Ce soir ont-ils compté
      Quel âge
      A leur éternité ?

      Est-ce un ver qui te ronge,
      Quand ton disque noirci
      S’allonge
      En croissant rétréci ?

      Qui t’avait éborgnée
      L’autre nuit ? T’étais-tu
      Cognée
      A quelque arbre pointu ?

      Car tu vins, pâle et morne,
      Coller sur mes carreaux
      Ta corne,
      A travers les barreaux.

      Et qu’il vente ou qu’il neige,
      Moi-même, chaque soir,
      Que fais-je,
      Venant ici m’asseoir ?

      Je viens voir à la brune,
      Sur le clocher jauni,
      La lune
      Comme un point sur un i. »

      – Alfred de Musset, Contes d’Espagne et d’Italie, 1829 –

    • #33021 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Ma Bohème
      (Fantaisie)
      Je m’en allais, les poings dans mes poches crevées ;
      Mon paletot aussi devenait idéal ;
      J’allais sous le ciel, Muse ! et j’étais ton féal ;
      Oh ! là ! là ! que d’amours splendides j’ai rêvées !

      Mon unique culotte avait un large trou.
      – Petit-Poucet rêveur, j’égrenais dans ma course
      Des rimes. Mon auberge était à la Grande-Ourse.
      – Mes étoiles au ciel avaient un doux frou-frou

      Et je les écoutais, assis au bord des routes,
      Ces bons soirs de septembre où je sentais des gouttes
      De rosée à mon front, comme un vin de vigueur ;

      Où, rimant au milieu des ombres fantastiques,
      Comme des lyres, je tirais les élastiques
      De mes souliers blessés, un pied près de mon coeur !

      Arthur Rimbaud, Cahier de Douai (1870)

      • #33026 Répondre
        Graindorge
        Invité

        merci Carpentier. Je ne me lasse pas d’Arthur Rimbaud. Million d’oiseaux d’Or Ô future Vigueur?

    • #33027 Répondre
      l’homme qui n’a pas de renom
      Invité

      En pèlerinage hors de nos corps
      Nous prenons le terminal circulaire des migrateurs
      Et franchissons les cinq cercles de la plume du paon
      Descente dans les strates du temps
      Portes ouvertes aux sept cieux
      Aux sept abîmes.
      Retrouverions-nous le chemin qui ramène
      Au commencement des choses
      L’espace d’une nuit de prédestination
      Où tout deviendrait le goût même du toucher
      À force de pénétrer au cœur de la caresse
      Et de consumer le mouvement ?
      .
      Nohad Salameh

    • #33243 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Né pour naître. Pablo Neruda

      L’homme était bon, sûr
      Avec sa fourche et sa charrue.
      Il n’eut même pas le temps
      De rêver pendant qu’il dormait.

      Il fut laborieusement pauvre,
      Il valait un seul cheval.

      Son fils est aujourd’hui très orgueilleux
      Et vaut plusieurs automobiles.

      Il part avec une bouche de ministre,
      Il se promène très sûr de lui
      Il a oublié son père campagnard
      Et il s’est découvert des ancêtres,
      Il pense comme un gros journal,
      Il gagne jour et nuit:
      Il est important quand il dort.

      Les fils du fils sont nombreux
      Et se sont mariés il y a longtemps,
      Ils ne font rien mais ils dévorent
      Ils valent des milliards de souris.

      Les fils du fils du fils
      Comment vont-ils trouver le monde?
      Seront-ils bons ou seront-ils méchants?
      Vaudront-ils des mouches ou vaudront-ils du blé?

      Toi tu ne veux pas me répondre.

      Mais les questions ne meurent pas

      .

    • #33645 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Apparition
      La lune s’attristait. Des séraphins en pleurs
      Rêvant, l’archet aux doigts, dans le calme des fleurs
      Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
      De blancs sanglots glissant sur l’azur des corolles.
      C’était le jour béni de ton premier baiser.
      Ma songerie aimant à me martyriser
      S’énivrait savamment du parfum de tristesse
      Que même sans regret et sans déboire laisse
      La cueillaison d’un rêve au coeur qui l’a cueilli.
      J’errais donc, l’oeil rivé sur le pavé vieilli
      Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
      Et dans le soir, tu m’es en riant apparue
      Et j’ai cru voir la fée au chapeau de clarté
      Qui jadis sur mes beaux sommeils d’enfant gâté
      Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
      Neiger de blancs bouquets d’étoiles parfumées.

      Stéphane Mallarmé, Vers et Prose, 1893

    • #34332 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je crois que j’aime ce poème uniquement en ce qu’il fait écrin à ce simple vers « C’était le jour béni de ton premier baiser. » qui me fait l’effet le plus pur

    • #34335 Répondre
      Claire N
      Invité

      Et motif moins avouable
      Il s’agit d’un poème que m’avez envoyé mon premier amoureux
      Celui qui le long d’une allée bordée de tilleul
      Que je remontais en trottant à ses côtés
      Tandis qu’il me parlait vite la pipe au bec
      M’a embrassé devant sa porte
      C’est’ Je le précise une histoire vrai et toute ressemblance avec des personnages ayant existé était probablement favorisée par l’adolescence

    • #34344 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Pourquoi la journée vole
      Le poète s’appuie, durant le temps de sa vie, à quelque arbre, ou mer, ou talus, ou nuage d’une certaine teinte, un moment, si la circonstance le veut.
      Il n’est pas soudé à l’égarement d’autrui.
      Son amour, son saisir, son bonheur ont leur équivalent dans tous les lieux où il n’est pas allé, où jamais il n’ira, chez les étrangers qu’il ne connaîtra pas.
      Lorsqu’on élève la voix devant lui, qu’on le presse d’accepter des égards qui retiennent, si l’on invoque à son propos les astres, il répond qu’il est du pays d’à côté, du ciel qui vient d’être englouti.

      Le poète vivifie puis court au dénouement.

      Au soir, malgré sur sa joue plusieurs fossettes d’apprenti, c’est un passant courtois qui brusque les adieux pour être là quand le pain sort du four.
      – René Char – La parole en archipel, 1962 –

      • #34366 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        J’aime tout!

    • #34375 Répondre
      nefa
      Invité

      Carpentier, Claire-N
      En rebond
      Poème que j’ai écris à ma chérie, il y a longtemps – et que j’écris encore.
      .
      .
      Parmi les multiples reflets, signes d’une existence humide, certains froissent les chairs en leur avouant une parenté avec ma peau.
      .
      .
      Parfois considérés comme une péripétie, ces événements se révèlent souvent aussi précieux que l’or. Ces événements majeurs qui ne durent pas. Qui font l’instant. L’instant fortuit.
      Photographie jaillissant hors la page d’un journal.
      Dès lors, soumis à une image bouleversante, saisi par ce qu’elle évoque, une jeune nurse anglaise, sérieusement, je n’ai d’yeux que pour elle. A cette occasion, avec bienveillance, je lui accorde une vie propre. Je la laisse découvrir un cercle, son espace, un trône et arborer devant moi l’image qu’elle incarne. Ce visage familier. Un souvenir.
      En cet instant démis, ainsi que le ferait Mary, je laisse la photo s’amuser, briller, danser sur le sable. Et puis, comme une personne responsable, passée l’heure, quand il n’est plus temps de s’en remettre à une figure, je ferme les yeux. Je laisse la photo s’unir à ma pensée, à ma musique. Je la laisse réveiller, retracer, comme il se doit, l’évènement passé, l’esquisse d’un épisode heureux. Je découvre, qu’à sa manière, cette photo, bien que n’étant pas ma mère, nourrit avec amour la conviction tenace que j’échappai au pire.
      Photo d’une femme. Photo, dans la sérénité. A l’heure de sourire. Elle me parle. Je l’écoute. Soudain, elle me bouscule.
      .
      .
      Mystérieusement, j’échafaude l’hypothèse qu’il y a, d’un coté, cette image loquace, et de l’autre, moi qui la regarde. Alors, je range la photographie. Tension. C’est ça. Je me décide. C’est la rupture. Dans une pièce aux murs jaunes, je change d’état. Alors que j’étais allongé, parmi les graminées, entre les colibris, sur un tapis de feuille, je me lève. C’est une fissuration.
      Ainsi, ayant scruté l’hypothèse qu’une photographie, tenue serrée, entre mes doigts, pouvait me fasciner, je ne me résous pas à la continuer.
      Mon intuition est simple.
      Finalement, je ris. Et songe à ce qui n’est qu’un ange. Un ange à la seconde.
      .
      .
      Après, ma vie se résume en un désir. Un désir impérieux. Déchaîné. Libre. Nécessaire. Un désir. Remercier. Désir qui s’entretient. Remercier encore. Désir comme une boule creuse, non remplie, dont la force est le vide. Boule tellement vide, tellement creuse, tellement forte, qu’elle exige, et m’oblige à la combler, à lui insuffler sa matière. Oui, ma vie se résume en un désir avide, intelligent, bavard. Un désir qui me raconte, susurrant à mon oreille, la solution, la stratégie. Prendre mon temps. Révéler un ensemble. Donner une forme à ma reconnaissance. Aujourd’hui, je me lie au serment d’affecter à ce désir le visage adéquat. Je statue pour un désir central. Je tourne autour. Je l’étudie. Je lui concède mon temps. Ce temps vénitien qui chauffe mon désir comme du verre, qui le tord et le déploie. Or ce temps que je lui accorde, je me l’attribue aussi. Il attise ma volonté et me projette loin. J’avance comme une voiture suit le bitume. J’épouse la forme de mon désir. J’en sais la limite et la latéralité. Latéralité palpable. Latéralité d’un trait. D’une route. La route pour témoigner. Je connais de chimériques façons de rendre grâce.
      .
      .
      Les idées viennent. Elles percent de mon âme. Comme autant de symboles pertinents. Libérées par un verbe. Ordonnées. Elles inaugurent une enceinte. Inventent l’heure. Heures assemblées. Je m’entoure.
      Idées qui jouxtent le propos d’une photographie. Elles accompagnent, derrière l’étoffe rouge de la scène qui s’échafaude, dans les coulisses, le visage d’une femme, discret, sans qui tout cela ne serait possible. Idées et souvenir emporté. Une femme-histoire.
      Et m’en faisant l’écho, du bout des lèvres, je la désigne. Mon héroïne. Qui rend possible, le champ, les fleurs, les colibris. Je lui accorde une attention particulière. Je la laisse évoluer entre deux eaux, hors la chair, hors la réalité, au souvenir aveugle de ce qu’elle fit d’extraordinaire. Souvenir de son acte anormal, à contre courant, à contre-force. Son geste souple, naturel, aisé, spontané. Elle sort du cadre. Une femme qui s’ignore, qui ne distingue pas, tatouée sur sa peau, la marque de son courage. Une femme providentielle. Qui ne se remarque pas. Pas même éclose d’un sable de cette sorte qui enrobe ses muscles. Femme ou souvenir ancien. Elle brava la masse métallique, s’exécuta, au mépris de toutes physiques, contre un bolide lancé à pleine vitesse. Auxiliaire, non, plus qu’une auxiliaire, car, auxiliaire, elle ne l’est devenue que sur l’intuition que j’eus d’une ombre contre l’étoile. Au moins ma complice. Elle émane du lien subtil inspiré par un plis.
      J’adopte la voie du centre. Un saut dans le corps. Le corps et son empire insaturé. La force du corps. Corps et veille. Corps intérieur, ami du lien, échappé, que je ne peux fixer et pourtant combien vivant. Corps et femme. Femme, donc, celle-là. Elle m’invite à la suivre.
      .
      .
      Au gré de cette ébauche, je sais où je vais. J’entreprends mon passé. Je longe certains courants.
      D’abord le courant clair. Une promenade fameuse. J’étais censé façonner mes jambes. Prendre des forces. Mais surtout, ne pas perdre le contrôle, ne pas perdre la vie.
      Suit le courant sombre. Cette donnée de l’événement sur laquelle je n’ai pas de prise, par rapport à qui je suis neutre, devant laquelle l’impotence devient une vertu qui en engendre une autre. L’autre vertu. Rendre lucide. Je comprends les motivations qui poussent une femme à agir en vue de s’épargner le trouble qu’inspirerait le rêveur s’oubliant au front d’une berline. Elle m’ouvre les yeux. Je découvre l’engagement déterminant qui consiste à préserver la chair du pire. J’entends sa rébellion juste et héroïque contre la douleur. Lors de cet évènement, je fus considéré comme une épreuve possible, un danger, l’horreur latente et sa traîne contagieuse. Aujourd’hui, je suis le fruit né d’un malheur terrassé. Un monstre étourdi. Aux bras d’une femme. Je mesure son geste. Je ne l’avilis pas. Elle me soustrait à la calamité.
      Et puis, qu’importe mon discernement. Je me suis promis. Je m’élève, porté par mon unique désir. Remercier. Je bois la vague. Un stylo à la main. Allant jusqu’à m’interdire qu’il glisse entre mes doigts.
      .
      .
      Quand le soleil se lève, j’écris. Je suis dans ma règle. Je connais mes limites. J’arpente un chemin. J’occupe ma route.
      Et les mois passent, à l’étroit, dans une pièce jaune, qui ne ressemblent à aucune autre. Des mois, durant lesquels, je progresse, dans l’ordre de mon désir. Des mois. Un chemin austère. Il demande, de la part de celui qui le pratique, de la rigueur. Des mois. Un chemin qui n’a de richesse que dans le trait qu’il épouse. Ce trait qui fait ligne. Dont la nature est de rester ligne. Ce trait où je me confine. Pour remercier. Ainsi, dans une pièce jaune, je réduis à trois le nombre de mes occupations. J’emploie mes capacités à écrire. Je m’accommode de la chair sucrée que procurent certains fruits. Je dors.
      Les jours. Passent. Simples et denses. Aux heures accomplies. Les mots s’enchaînent. Ils se lient les uns aux autres, tenus par un ciment singulier. Ils avancent. Ils forment une ligne arquée. Enroulés. Jusqu’à ce que se dessine une phrase. Et enfin, le texte. Non-linéaire.
      J’aurais pu croire qu’il tourne en rond, qu’il revient indéfiniment sur lui-même. Or il ne repasse jamais par où je l’ai saisi. Ce texte ne fend pas sa trace. Un texte, aux traits de pelote. La figure vraie de l’idée fixe. Sur la route de mon désir, pour remercier, je n’ai qu’à me tenir.
      .
      .
      Par la fenêtre ouverte, la rue se dérobe à moi. L’air joué par les souliers de ma voisine caressant les marches de l’escalier de bois traverse ma tête sans s’y arrêter. Ma voisine me rend visite. Elle me ravitaille en pommes. Chère voisine. Qui n’existe pas de façon ordinaire. Ainsi que les nouvelles qu’elle glane de bouches en bouches afin de me distraire.
      Sur cette route, je suis indifférent. Insensible aux fragments de la vie, aux bribes urbaines, à l’opinion de certains qui attribuent à la surface constituée par l’union des bords de fenêtre la fonction de refuge. Indifférent au monde.
      Le monde se repose.
      Par sa présente absence, il donne à mes rêves cette tonalité particulière qui la distingue du jour. Il m’abandonne sa capacité de faire de chaque instant une heure circonscrite, éternisée, invraisemblable. Je ne fouille pas.
      Et puisque passer à autre chose, glisser sur d’autres pentes, suivre le chant de mon désir est indispensable pour mener à son terme l’idée que je me suis fixée : remercier, je pose cette ponctuation. La dernière. Je mets un point final aux heures de connivences, aux instants délicieux passés entre la feuille et moi. Maintenant, en plus d’avoir trouvé l’objet remerciant, je possède la nature de ce remerciement. Formée. Car il s’agit de forme. De forme ou de peau. La peau d’un arbre qui ne s’étend plus, qui cesse de progresser. Arbre auquel il ne reste qu’à tenir sa place, à jouer son rôle.
      Je trace un point. Un point, comme on fixe un cadre autour de son œuvre. Une coquetterie. Un point dont je sais qu’il traverse la page et la table et le sol. Point prolongé dans une dimension perpendiculaire au plan de l’œuvre. Dans une dimension enfouie. Ce point qui entoure l’œuvre, mais qui, malgré cela, n’a d’apparent que sa figure de point. Un point pour passer à autre chose. Je cesse de créer.
      Il importe peu que je sois, à la fois, au-dessus et sur ma route puisque de tout façon, je ne quitte pas ma route. Je prends du recul. Je me détache. Je saisis l’occasion d’entrevoir le chemin parcouru. Un ensemble de lignes qui prolongent le rythme de mon désir.
      .
      .
      L’os n’est pas la chair. L’os traverse. Il traverse tout. Il est la rayure discrète qui parcourt mon histoire. Pur, lisse, pointu.
      Toute en délicatesse, des mois durant, ma voisine usa de son corps. Il m’accompagna, libre, sans me saisir.
      Aujourd’hui, sur l’orbe humide d’une attention choisie, éclosent tour à tour deux silhouettes. La mienne. Celle de ma voisine.
      Ma voisine me voit. Je lui souris. Je ne le fais pas deux fois. Elle me regarde. Se déplace. Elle est ici. Elle aperçoit le manuscrit et s’en empare. Elle entreprend une lecture sauvage. Elle plonge dans le texte. Elle découvre l’univers qu’elle effleura sept mois durant. Elle satisfait l’appétit qui l’étreint. Appétit de l’autre. Appétit de son voisin. Ma voisine a été gentille de ne rien imaginer à son sujet. Sans subir la tension qu’aurait pu engendrer l’indigeste effritement de l’œuvre autre, au sein de cet amas, elle évolue paisiblement. Elle examine un trait épais, en suit les méandres, en apprécie les volumes. Elle est heureuse, ainsi qu’il le faut sous le régime enjoué d’une composition. Elle ne retient de cette relation que le pigment suave.
      Laisser ma voisine, si proche de moi, m’autorise-t-il une lecture différente de la sienne? Vaut-il que je tente de palper les fruits de cette âme, ici? Je me risque au sein de son visage, entre les plis. Je m’ébroue parmi ses ridules. J’en mesure les décalages. Je me glisse le long de ses stries. Chacun de ses tressaillements, chacun de ses froncements équivalent à un charriage dont j’accompagne l’expansion. Tour à tour, je suis mené, je suis porté, en des strates inconnues. Je me jette dans le vide de bords hallucinants. Après tout cette âme-là est bien celle d’une enfant qui se meut avec sincérité, ivre de ses propres règles. Cette âme, auprès de laquelle je trottine, une heure, suffisamment, devient, pour jusqu’à ma mort, la référence, l’image parfaite d’une lectrice entière.
      .
      .
      Je continue, de sorte que mon travail aboutisse. Je le réserve. Je ne crée plus. Je n’avance plus. Je tourne autour de moi-même, vite. Révolutions. Une succédant à l’autre. Main au dessus du front, je m’abrite du soleil. Je cherche. Je m’enquiers de tout, partout, chez les uns, chez les autres. Je soumets mon désir à d’intenses pressions. Mon désir, dans ce tourbillon, pris par le va-et-vient de ces oscillations, mute, évolue. Il devient parvis. Et l’agora se parcourt. Il se trame, ici, comme une histoire d’échanges. C’est le prix d’un texte efficace. Je dois asseoir mon texte, élaborer une structure propre à cet effet. J’ai les mains pour cela et le désir. Car rien ne vaut que creuser. Creuser. Faire un trou. Mais d’abord, je délimite une largeur. Puis je m’accorde sur une longueur. Cela fait, sans me poser de question, je pioche. Deux mètres vers le bas. Je pellette, avec vigueur. Seulement, creuser suffit-il? Il y a aussi ce que je mets dans le trou. Des livres imprimés. Une matière. Jeune. Ignorant encore l’image du texte qu’elle contient. Une réplique innocente. Treillis de feuilles et de signes. Et je rajoute les lecteurs : un seul geste ; en une fois. Individus déjà liés entre eux par leur disposition à lire. Qui exercent leur puissance. Dix neuf mille quatre cent vingt trois lecteurs. Dix neuf mille quatre cent vingt trois livres. Dix neuf mille quatre cent vingt trois livres lus. Livres nourris du génie de son public. Ils forment une trame. Une maille forte. Rien ne pourrait les déformer. Leur cohérence équivaut à celle du métal. Voilà la structure. Une structure saine. J’y coule mon œuvre. Mon œuvre tient. Elle ne s’égare pas dans le sable. Mon œuvre. Remercier. Cette pierre qui n’a d’autres ambitions que d’être un bloc, un socle à poser les rires et le chant d’un enfant.
      .
      .
      Reste un détail à régler. Le dernier. En revenir au vent. Et c’est la vie joyeuse. Ingénue. Je ne la cherche pas. Elle me connaît déjà. Elle m’investit. Elle nacre ma peine, affine mon plaisir. Elle est un flux et sillonna la moindre parcelle du monde. Elle y prodigua une culture, sa dimension humaine. Y essaima un charme. J’en saisis l’écho, la teinte générique. Je sonde l’incarnation des cœurs. Elle révèle à mon désir son caractère labile. Elle me remue. Je danse. La ronde d’un ouvrage qui suggère l’instrument, l’outil, le moyen d’une rencontre. Je célèbre la convergence. J’ai les os pour cela. La vie joyeuse dont l’ordre est de mettre en valeur, suprêmement, toute citadelle sincère et à qui, dorénavant, je devrais d’y associer mon nom. D’en suivre l’élan. Elle m’enchante. J’honore une grâce et conquiers une chaire suffisamment affable pour sceller n’importe quel pacte. Nous nous plaisons, elle et moi, en secret. Nous attendons la fin.
      .
      .
      Vient le jour, empreint de mystère, ceint en trois, dont je ne devine le centre, la faille, le hiatus délicat et fragile. La déchirure. Irréductible, franche et nette. Mais je ne vais pas trop vite. Je ne me redresse pas. Pas encore. Je ne me montre pas. Tel un fluide confiné, rétif aux principes de capillarité, insensible aux tentions, je reste dans mon ventre, collé à lui.
      – « Il est trop tôt. »
      Et ne sourd pas aux environs de sa bouche. Qui ne suinte pas au détour d’une remarque. Qui n’adhère pas à ses lèvres.
      Je ne suis, ni soulevé, ni brassé. Je ne me combine pas. Je ne me compromets pas. Je ne me dilue pas. Couvert d’un voile, d’une membrane intègre, je me protège encore. Patient, j’attends.
      .
      .
      Puis il finit par venir, cet instant. Je me découvre. Or, cet instant n’en est pas un. Ignorant sa charge. Comme une offrande nue. Cet instant pour finir. Je le sais léger, sur une route familière. Il perce la foule chamarrée des gens qui avancent et parlent fort.
      Joueur. Cet instant, un ami, à la fois attentionné et absent, m’embrasse. Instant de la sève. Il fait le protocole. Instant de la main franche m’invitant à la suivre. Instant du sang. Anime la tribune. Instant de la peau. Fait corps avec le spectacle, le théâtre, la place, le bourg et tout ce qu’ils contiennent. Témoignages sans pareil. Gratulations enlevées. Je ne m’appartiens plus. C’est la fin. On est samedi. Et dimanche me connaît.

      • #34389 Répondre
        Carpentier
        Invité

        Tes lignes, ce poème, me trouvent infiniment chahutée, en particulier par le paragraphe qui s’anime avec .. Reste un détail à régler. / …
        Avoir les os pour cela. Oui.
        Chérir ainsi file envie.
        Merci.

    • #34468 Répondre
      Claire N
      Invité

      « Je cherche. Je m’enquiers de tout, partout, chez les uns, chez les autres. « Oui cette soif de vie qui pas comme dans les rêves s’hydrate à l’extérieur est un cadeau bonus de l’amour

      • #34469 Répondre
        Claire N
        Invité

        Et cela doit etre que la vision Mallarmé «  parfum de tristesse «  et «  feuillaison d’un rêve «  ne me semble pas du côté de cette vitalité la

    • #35428 Répondre
      Graindorge
      Invité

      « Une réponse simple », poème de Władysław Orkan

      UNE RÉPONSE SIMPLE
      Quel monde, ô mon âme,
      T’as posé sur mon chemin, et qui fait
      Que depuis les premières années de ma vie
      Jusqu’à aujourd’hui, je marche à tes côtés ?
      Es-tu née des vagues de la mer,
      De l’étreinte de leurs épaules dans l’eau,
      Pour qu’il y ait en toi tant d’abîme, de distance,
      Et de signes insaisissables ?
      Es-tu sortie des bois près de moi,
      Un soir d’été calme, dans un souffle,
      Pour qu’il y ait en toi autant de paroles,
      Qu’il y a de murmures secrets dans le bois ?
      Es-tu née des mélodies de la terre,
      De quelques bruits aériens, pour
      Que tu aies retenti dans un chant, haut et fort,
      Dans les cris et les plaintes d’une musique ?
      Est-ce le vent qui t’a emportée là, depuis
      Les sombres horizons, enveloppée de pleurs muets,
      Pour qu’une chose sans cesse en toi se lamente,
      Erre et se plaigne ?…
      « Je ne viens ni d’une terre étrangère,
      Ni des rêves silencieux de la lune,
      Je n’ai pas été découverte par les profondeurs
      De la mer, ni l’aurore au visage pâle !
      Une vague ne m’a pas portée dans les airs,
      Avec elle, depuis des horizons inconnus !
      Mais j’ai poussé avec la vie, près de toi,
      Ici, sur cette terre…
      Le chagrin d’une femme m’a bercée,
      Et les larmes des enfants qui n’ont pas de maison,
      Et la vague ne caresse pas avec tant d’amour
      Le radeau qui se noie au fond de l’abîme !
      Et ma sœur jumelle, l’Infortune,
      Reposait avec moi dans le berceau —
      C’est l’épidémie, soufflant depuis les champs,
      Qui nous a bercées ensemble…
      Ma sœur s’est assise très tôt
      Sur les générations des tombes —
      Moi, je me suis envolée, envoûtée dans un rêve,
      Et le vent soufflait près de toi…
      Suis-je née de l’indifférence des trônes,
      Qui presse les enfants au tombeau —
      Je ne sais… Mon père est la douleur des millions,
      Et ma mère, la misère éternelle… »
      Traduit par Chantal Lainé

    • #35729 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Allez, encore Arthur. Tellement mimi

      Rêvé pour l’hiver est un poème sur l’amour d’Arthur Rimbaud, extrait du Cahier de Douai (1870).

      L’hiver, nous irons dans un petit wagon rose
      Avec des coussins bleus.
      Nous serons bien. Un nid de baisers fous repose
      Dans chaque coin moelleux.

      Tu fermeras l’œil, pour ne point voir, par la glace,
      Grimacer les ombres des soirs,
      Ces monstruosités hargneuses, populace
      De démons noirs et de loups noirs.

      Puis tu te sentiras la joue égratignée…
      Un petit baiser, comme une folle araignée,
      Te courra par le cou…

      Et tu me diras : « Cherche ! » en inclinant la tête,
      – Et nous prendrons du temps à trouver cette bête
      – Qui voyage beaucoup…

      En wagon le 7 octobre 1870

    • #36298 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Parler seul
      Il arrive que pour soi
      l’on prononce quelques mots
      seul sur cette étrange terre
      alors la fleurette blanche
      le caillou semblable à tous ceux du passé
      la brindille de chaume
      se trouvent réunis
      au pied de la barrière
      que l’on ouvre avec lenteur
      pour rentrer dans la maison d’argile
      tandis que chaises, table, armoire
      s’embrasent d’un soleil de gloire.
      Jean Follain

      • #36340 Répondre
        graindorge
        Invité

        Tout simplement

    • #36319 Répondre
      Dilaw
      Invité

      Dernier fragment d’un poème spirituel à moi avec une touche d’agnosticisme, matérialisme, Nietzsche.

      Allez dieu du pluriel
      Amie de tout être
      Croyant ou impie
      Laisse moi admettre
      Comme on me le répète sans cesse
      Dans toute les loges d’orthodoxie
      Que l’essentiel c’est d’admettre
      Que nous sommes faibles d’aimer
      Et que c’est mieux ainsi
      Mon chemin désormais c’est l’hétérodoxie
      Pour toi et pour l’amour je le choisis
      Je n’ai plus envie d’écouter tous ces malins
      Même Satan pense désormais en finir
      Sayez le monde est beau, il rayonne, il bourdonne
      Mais l’esprit lui veut mourir…

      Fin.

    • #36515 Répondre
      Graindorge
      Invité

      LES OISEAUX ARRIVENT Pablo Neruda

      Tout était vol sur notre terre.
      Comme des gouttes de sang et des plumes
      Les cardinaux ensanglantaient
      L’aurore d’Anáhuac.
      Le toucan était une adorable
      Caisse de fruits vernis,
      Le colibri regarda les étincelles
      Originales de l’éclair
      Et ses bûchers minuscules
      Brûlaient dans l’air immobile.
      Les perroquets illustres emplissaient
      La profondeur du feuillage
      Comme des lingots d’or vert
      Récemment sortis de la pâte
      Des marais submergés
      Et de leurs yeux ronds
      Ils regardaient un anneau jaune,
      Vieux comme les minéraux.
      Tous les aigles du ciel
      Nourrissaient leur descendance sanguinaire
      Dans l’azur inhabité,
      Et par-dessus les plumes carnivores
      Volait au-dessus du monde,
      Le condor, roi assassin,
      Frère solitaire du ciel,
      Talisman noir de la neige,
      Ouragan de la fauconnerie.
      L’ingénierie du four
      Fait de la boue odorante
      De petits théâtres sonores
      Où il apparaissait en chantant.
      L’engoulevent allait
      Lançant son cri humecté
      À l’oreille des cénotes.
      Le pigeon du Chili
      Faisait de rudes nids fourrés
      Où il laissait le cadeau royal
      De ses œufs irisés.
      La Loica du sud, parfumée,
      Doux charpentier de l’automne,
      Montrait son poitrail constellé
      D’étoiles écarlates,
      Et le chingolo austral élevait
      Son chant à peine recueilli
      De l’éternité de l’eau.
      De plus, humide comme un nénuphar,
      Le flamant ouvrait les portes
      De sa cathédrale rose
      Et volait comme l’aurore,
      Loin du bois étouffant
      Où pendent les pierres précieuses
      Du quetzal, qui soudain se réveille,
      Bouge, glisse et brille
      Et fait voler sa braise vierge.
      Une montagne marine explose
      Elle crée des îles, une lune
      Des oiseaux qui vont vers le Sud,
      Par-dessus les îles fermentantes du Pérou.
      C’est un fleuve vivant d’ombre,
      C’est une comète de petits
      Cœurs innombrables
      Qui obscurcissent le soleil du monde
      Comme un astre à la queue épaisse
      Palpitant vers l’archipel.
      Et au bout de la mer coléreuse
      Dans la pluie de l’océan
      Jaillissent les ailes de l’albatros
      Comme deux systèmes de sel
      Établissant dans le silence
      Entre les rafales torrentielles
      De leur spacieuse hiérarchie
      L’ordre des solitudes.

    • #36829 Répondre
      Carpentier
      Invité

      LA ZONE DE DÉSINTÉRÊT

      Je suis né à Gaza un jour de neige
      il tombait du phosphore blanc

      Je suis né à Rafah un jour de pluie
      l’averse était de flammes et d’incendies
      Je suis né à Khan Younès une nuit de vent
      dans le souffle des explosions
      J’ai grandi à Jabalya des années grises
      dans une maison de toile et de colère
      J’ai nagé à Al-Shati dans le rêve et les mirages
      d’une mer hostile et barbelée
      J’ai grandi à Mafhazi dans l’ignorance et l’abandon
      et les mots orphelins de l’affection
      J’ai vécu à Nuseirat sans livres et sans oiseaux
      Je suis mort à Gaza un jour de bombes
      dans un lieu sans intérêt

      – Ladislas, Poésie parue dans lundimatin #416, le 21 février 2024 –

      • #36831 Répondre
        graindorge
        Invité

        Merci Carpentier
        « ils veulent nous enterrer, ils ne savent pas que nous sommes des graines »

    • #36929 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Cet esprit craintif,
      Bercez-le dans le berceau de la bienveillance
      En l’allaitant au lait profond et clair
      Du non-doute éternel.
      À l’ombre fraîche de la vaillance,
      Éventez-le avec l’éventail du plaisir et de la joie.
      Quand il sera plus grand,
      Conduisez-le au terrain de jeu qui de lui-même existe
      Parmi les divers spectacles de phénomènes.
      Lorsqu’il aura grandi davantage,
      Pour épanouir la confiance primordiale,
      Conduisez-le au champ de tir à l’arc des guerriers.
      Lorsqu’il aura grandi encore plus,
      Pour éveiller la nature-de-soi primordiale,
      Faites-lui voir la société des hommes,
      Dotée de beauté et de dignité.
      Alors cet esprit craintif
      Pourra devenir l’esprit du guerrier
      Et cette confiance éternellement jeune
      Pourra s’étendre dans l’espace sans commencement ni fin :
      Là, il verra le Soleil du Grand Est.

      Chögyam Trungpa,
      Shambhala, la voie sacrée du guerrier,
      éd. du Seuil, Points Sagesse p.91

    • #37426 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Fernando Pessoa
      L’enfant que j’ai été pleure sur le chemin
      Je l’ai quitté en devenant ce que je suis
      Et maintenant que je ne suis plus rien
      Je veux aller chercher cet enfant que j’ai fui.

    • #37429 Répondre
      Ostros
      Invité

      Pour Dr Xavier :
      Il court, il court le furet…

      • #37431 Répondre
        Dr Xavier
        Invité

        Bien vu, elle me fait ricaner à chaque fois.
        Et quand il va au bowling, « le furet aime faire tomber les quilles » (celle-ci n’est même pas vulgaire, pas trouvé mieux)

    • #37476 Répondre
      graindorge
      Invité

      Pour Julien Barthes:
      tu vois bien Julien qu’on est pas toujours obligé de respecter les thèmes des entrées et c’est sympa aussi. On peut dire que les contrepèteries peuvent être poetiques! C’est rigolo!

      • #37482 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Tu sais très bien ce que Julien, moi et la moitié du forum t’avons reproché et tu continues de jouer à l’innocente. Je te prie de lacher l’affaire, ce n’est plus rigolo.

    • #37688 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Emily Dickinson

      l tripote votre Âme
      Comme un pianiste les Touches—
      Avant que toute la Musique soit lâchée—
      Il vous étourdit par degrés—

      Prépare votre nature friable
      Au Coup éthéré
      Avec un Martèlement ténu—éloigné—
      Puis de plus en plus proche—Puis si lent

      Votre souffle—a le temps de reprendre—
      Votre Cerveau—de refroidir—
      Puis il jette—Un—majestueux—Éclair—
      Qui scalpe la peau de votre Âme nue—

      Quand les Vents tiennent les Forêts entre leurs Pattes—
      L’Univers—est immobile—

    • #37821 Répondre
      Carpentier
      Invité

      La fleur

      Se façonne en tant de figures

      Arbore tant de couleurs

      Que je ne saurai

      D’un seul regard

      Capter ses apparences

      Ni d’un souffle

      Respirer ses parfums

      Telle la vie

      En ses milliards de formes

      La Fleur pullule

      La Fleur m’échappe

      La Fleur m’éblouit.
      Andrée Chedid – Poème extrait de Rythmes, Ed. Gallimard –

    • #37939 Répondre
      Alain m.
      Invité

      ce qui meurt
      nous reste
      sur les bras
      mais nous on n’a rien à voir avec la mort
      c’est elle qui vient
      nous serrer
      du dehors
      seulement un jour de plus
      au bout d’un jour
      au jour le jour
      ainsi
      des années durant
      l’apprivoiser
      simplement et sans bruit elle se tait et croît doucement
      même au soleil
      d’une journée de printemps
      dans le remuement des corps
      lui faire sa part
      la banaliser autant que possible
      pour parvenir à croire un peu
      qu’elle fait partie des choses
      et que cela est bon
      ainsi
      au moins
      tout le monde sait ce que cela veut dire
      il est mort
      c’est simple
      elle recule encore
      plus au fond
      et nous ne verrons guère les visages
      que par accident
      remous
      un pas lourd un rire une poigne
      puis
      un peu d’eau ou de temps
      recouvrent le peu
      puis
      rien
      mais de façon presque claire
      on entend ce qu’on ne voit plus
      tomber profond
      loin
      dedans
      on rôde autour d’un manque
      une zone devenue d’ombre vite
      cela tient mal à la mémoire
      on reste autour du creux
      les bords s’éboulent dedans bientôt on ne verra plus qui pleure
      on dort avec elle au fond de soi
      comme un chien roulé en boule
      on sait que montera un jour ou l’autre
      un vent de terre
      et on attend les yeux ouverts
      un corps infusé d’encre
      une éponge gorgée
      et dans la bouche la terre
      au lieu des mots
      les mots pesant enfin leur poids exact
      terre et corps
      dehors et dedans
      et plus rien d’autre
      que de l’herbe ou des arbres
      d’ordinaire
      les choses vont
      et nous aussi
      nous allons avec les choses
      c’est clair
      mais parfois il y a ce qui s’arrête
      ou s’abat
      en bloquant
      et on est brutalement à nouveau
      où il faut rire
      fou
      tout seul
      on racle encore
      entre le mensonge ancien
      et ce qui vient
      on a du mal à rester debout
      à la fin
      qu’est-ce qu’on a donc à voir avec la vie
      la mort
      on bouge avec ce qui bouge
      on se tait avec ce qui reste
      il n’y a pas grand-chose d’autre
      Antoine Emaz • poème de la fin.

    • #37952 Répondre
      Carpentier
      Invité

      Paysage polaire

      Un monde mort, immense écume de la mer,
      Gouffre d’ombre stérile et de lueurs spectrales,
      Jets de pics convulsifs étirés en spirales
      Qui vont éperdument dans le brouillard amer.

      Un ciel rugueux roulant par blocs, un âpre enfer
      Où passent à plein vol les clameurs sépulcrales,
      Les rires, les sanglots, les cris aigus, les râles
      Qu’un vent sinistre arrache à son clairon de fer.

      Sur les hauts caps branlants, rongés des flots voraces,
      Se roidissent les Dieux brumeux des vieilles races,
      Congelés dans leur rêve et leur lividité ;

      Et les grands ours, blanchis par les neiges antiques,
      Çà et là, balançant leurs cous épileptiques,
      Ivres et monstrueux, bavent de volupté.
      C.M. Leconte de Lisle, Recueil Poèmes barbares.

    • #38146 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Paul Valery
      Au platane

      Tu penches, grand Platane, et te proposes nu,
      Blanc comme un jeune Scythe,
      Mais ta candeur est prise, et ton pied retenu
      Par la force du site.
      Ombre retentissante en qui le même azur
      Qui t’emporte, s’apaise,
      La noire mère astreint ce pied natal et pur
      À qui la fange pèse.

      De ton front voyageur les vents ne veulent pas;
      La terre tendre et sombre,
      Ô Platane, jamais ne laissera d’un pas
      S’émerveiller ton ombre!

      Ce front n’aura d´accès qu´aux degrés lumineux
      Où la sève l’exalte;
      Tu peux grandir, candeur, mais non rompre les noeuds
      De l’éternelle halte!

      Pressens autour de toi d´autres vivants liés
      Par l’hydre vénérable;
      Tes pareils sont nombreux, des pins aux peupliers,
      De l’yeuse à l’érable,

      Qui, par les morts saisis, les pieds échévelés
      Dans la confuse cendre,
      Sentent les fuir les fleurs, et leurs spermes ailés,
      Le cours léger descendre.

      Le tremble pur, le charme, et ce hêtre formé,
      De quatre jeunes femmes,
      Ne cessent point de battre un ciel toujours fermé,
      Vêtus en vain de rames.

      Ils vivent séparés, ils pleurent confondus

      Dans une seule absence,
      Et leurs membres d´argent sont vainement fendus
      À leur douce naissance.

      Quand l’âme lentement qu’ils expirent le soir
      Vers l’Aphrodite monte,
      La vierge doit dans l’ombre, en silence, s’asseoir,
      Toute chaude de honte.

      Elle se sent surprendre, et pâle, appartenir
      À ce tendre présage
      Qu’une présente chair tourne vers l’avenir
      Par un jeune visage. . .

      Mais toi, de bras plus purs que les bras animaux,
      Toi qui dans l’or les plonges,
      Toi qui formes au jour le fantôme des maux
      Que le sommeil fait songes,

      Haute profusion de feuilles, trouble fier
      Quand l’âpre tramontane
      Sonne, au comble de l’or, l’azur du jeune hiver
      Sur tes harpes, Platane,

      Ose gémir!. . . Il faut, ô souple chair du bois,
      Te tordre, te détordre,
      Te plaindre sans rompre, et rendre aux vents la voix
      Qu’ils cherchent en désordre!

      Flagelle-toi!. . . Parais l’impatient martyr
      Qui soi-même s’écorche,

      Et dispute à la flamme impuissante à partir
      Ses retours vers la torche!

      Afin que l’hymne monte aux oiseaux qui naîtront,
      Et que le pur de l’âme
      Fasse frémir d’espoir les feuillages d’un tronc
      Qui rêve de la flamme,

      Je t’ai choisi, puissant personnage d’un parc,
      Ivre de ton tangage,
      Puisque le ciel t’exerce, et te presse, ô grand arc,
      De lui rendre un langage!

      Ô qu’amoureusement des Dryades rival,
      Le seul poète puisse
      Flatter ton corps poli comme il fait du Cheval
      L’ambitieuse cuisse!. . .

      -Non, dit l’arbre. Il dit: Non! par l’étincellement
      De sa tête superbe,
      Que la tempête traite universellement
      Comme elle fait une herbe!

    • #38161 Répondre
      nefa
      Invité

      Salut Graindorge, en écho
      .
      Il est d’un domaine enclos. Qu’importe, s’il culmina. L’arbre est seul. Et parsème d’ombres la terre qui le porte.
      Masse fichée dans l’asphalte. Elle craint le pied nu.
      En déchirant le sol. Disperse les bandes d’enfants costumés.
      Maintenant.
      Sous le réverbère, dans le parc, tu es l’arbre de l’après midi. Contre le nuage. Compagnon de la cime renversé. Aveugle sous le filet tu ne vois plus. Tu ne sens plus la boule creuse logée en la partie meurtrie de ton tronc.
      La foudre s’abat dès qu’il arbre lisse certain d’être ici l’y a convié.

    • #38186 Répondre
      nefa
      Invité

      Et pour d’autres raisons
      .
      Au faîte de la saison jaune, la terre sème d’inoubliables formes. Elle sait couronner l’étang. Effleurer délicatement le pont caché sous les feuilles. Et quand la branche, ce lien d’une berge à l’autre, étonne l’eau sous ses courbes blondes, alors et seulement, je me tiens.

      • #38201 Répondre
        graindorge
        Invité

        Merci Nefa et Bonjour à toi!
        J’ai tout relu à voix haute et ça me plaît vraiment!!

        • #38206 Répondre
          nefa
          Invité

          Cool que t’aies laissé libre court à cette envie

    • #38585 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Aujourd’hui, je vous fais écho,
      Ma volonté, comme une tour, s’élève,
      Mon cœur est vaste et plein de sève,
      Quelqu’un a mis en moi l’acier sonore et beau
      Du généreux amour qui jamais ne s’achève,
      Et le refus du découragement.
      Quelqu’un a mis en moi les gouttes écumantes,
      Bienfaisantes,
      (Je le sais à présent)
      Des promesses sacrées,
      Hautement inspirées,
      Et de l’effort amer.
      Quelqu’un que n’effraie pas l’horrible meurtrissure
      Du Christ offrant sa chair,
      Sa béante blessure,
      Et qui hurlant alléluia sur l’Homme-Dieu,
      Sur la bouche flétrie,
      Évanouie,
      Imprima des baisers de feu.
      Quelqu’un qui maintenant, ô mes frères, s’élance,
      Partant de moi, poussant tel un pasteur
      Des cris pieux pleins de ferveur.
      Il a pris son élan et l’élan est immense :
      Car en lui brûle, intense,
      Prolétaires, mes frères, le désir
      Parmi vous d’atterrir.
      Attila József (1905-1937). Prolétaires. 1922

    • #40077 Répondre
      Alain m
      Invité

      Toute la vie
      . . .
      écrire des rapports sur un voisin plus grand de trois centimètres, pourvu d’une femme plus jeune et de dents plus blanches,
      taper sur la boîte après chaque lettre postée,
      aspirer le souffre des allumettes,
      le soir dépenser son argent en alcool,
      ne pas perdre l’instantané crucial de sa tante nue,
      chercher à deviner qui sort avec la sœur cadette,
      lutter pour le sommeil de huit heures, faire bouillir le lait de vaches inconnues, jamais vues,
      nouer aux femmes enceintes les lacets de leurs chaussures,
      retourner aux hôpitaux comme une voiture à la pompe à essence,
      au carrefour distinguer le rouge du vert,
      passer la langue sur les plombages branlants dans sa bouche,
      parler à la troisième personne de qui se tient à deux pas de nous,
      trébucher sur les descentes de lits, chose mortelle pour un nonagénaire,
      réchauffer de ses cuisses des planchettes glaciales,
      . . .
      Toute une vie.
      Jan Zábrana •

    • #40258 Répondre
      oxi
      Invité

      J’empeste la mort,
      je pars à la douche.
      Attends-moi dehors,
      et descends les couches.

      • #40267 Répondre
        nefa
        Invité

        Yes
        format hyper court, fort, dense.
        hiatus servi au bon moment.
        boum! dans le mille

        • #40368 Répondre
          oxi
          Invité

          Merci !
          Petit exercice auquel je m’astreins chaque matin depuis peu : le quatrain narratif en pentasyllabes pauvrement rimés.
          Tiens, celui de ce matin ; graveleux à souhait, mais toujours en chantier, car pas assez narratif :

          Avec Marguerite,
          faut pas déconner.
          Si t’ôtes ta bite,
          t’arroses son nez.

          (Étymologie de « déconner » : se retirer/sortir du con, du vagin)

          • #40370 Répondre
            nefa
            Invité

            puisqu’il est en chantier, on va se le faire en duo
            Avec Marguerite,
            faut pas déconner.
            Si t’ôtes sa bite,
            t’arroses ton nez.

            • #40399 Répondre
              oxi
              Invité

              T’es un tueur à gages !
              Une simple inversion de déterminants et paf le chien !
              Excellent, je prends ; et emballé c’est pesé pour aujourd’hui.

    • #40374 Répondre
      Ubikibu
      Invité

      Midi – Gérald Neveu

      « Il est tombé – dit-on –
      plume noire et plume blanche
      sa soif traînant
      en immense branchage
      et donnez-moi – dit-on – ce sourire
      et ce géranium !

      Les portes battues parlent d’or
      Le vent durcit en coquillage
      Descends – tu le peux –
      de ton chariot de victoire
      pour un triomphe plus amer
      pour une marche plus charnelle

      Lève ton cœur comme vipère
      ma petite tuile d’orgueil…

      On écoute tourner le vin
      noircir le sang
      changer le sable

      On écoute pourrir
      comme une musique de terre
      quelqu’un de seul

      Et que s’écrase la pleine candeur
      à rendre sourd
      à pleines forces contre tout

      Tu tends les mains au plus
      lointain du feu
      Ta voix circule dans la pierre
      Quelle chanson désormais pour
      noyer le soleil ?

      Non ! Rien !
      Tout au plus au petit jour
      une hâte lasse et
      – barrant le visage-
      l’ancien supplice désamorcé

      Le dessin était pur qui verrouillait
      l’espace !
      Nids blancs à fond de ciel
      Mains de bois dur sans espérance
      C’est midi qui se ferme
      comme un objet. »

      Fournaise obscure

      Pierre Jean Oswald éditeur, 1967

    • #40378 Répondre
      Ubikibu
      Invité

      Charles Pennequin

    • #40469 Répondre
      oxi
      Invité

      Marie crie dégage,
      envie d’être seule.
      Henry plie bagage,
      et ferme sa gueule.

      • #40489 Répondre
        Fanny
        Invité

        Marie aura beau
        Crier à l’envi,
        Le muet ici
        Lui colle à la peau.

        • #40490 Répondre
          Papo2ooo
          Invité

          Henry est dehors,
          le visage froissé,
          Il grommelle un sort
          contre sa dulcinée

          • #40493 Répondre
            Fanny
            Invité

            Ça boîte encore… Moi ça va pas mieux j’ai zappé les rimes féminines…

            • #40494 Répondre
              Fanny
              Invité

              Je me corrige (quitte à s’emmerder avec les pentas autant s’emmerder jusqu’au bout non ?) :
              Marie aura beau
              Crier ultra folle,
              Le muet lui colle
              Encore à la peau.

              • #40495 Répondre
                Papo2ooo
                Invité

                Mon quatrain aura eu le mérite de m’apprendre, par ton intermédiaire, qu’il existe des rimes féminines et masculines. Je vois des différences entre les différents quatrains, plus ou moins « musicaux » mais je n’ai pas encore le bagage pour comprendre comment ça marche, ni à quel moment c’est boiteux.
                Je m’arrête là pour l’instant, mais je reviendrai plus fort.
                (bien joué pour ton quatrain, j

                • #40500 Répondre
                  Papo2ooo
                  Invité

                  (bien joué pour ton quatrain Fanny, je perçois son rythme, à défaut de le comprendre !)*

                  • #40521 Répondre
                    Fanny
                    Invité

                    C’était une taquinerie pour Oxi. Il nous vend du penta mais il y a « l’e muet » (bien mal nommé) qui chahute le rythme. Avec mes lunettes classiques, je m’attends à ce que les -e devant consonne soient prononcés (sauf en fin de vers), donc je lis :
                    Ma-ri-e-cri-e-dé-gage (7)
                    En-vi-e-d’ê-tre-seule (6)
                    Hen-ry-pli-e-ba-gage (6)
                    Et-fer-me-sa-gueule (5)

                    • #40523 Répondre
                      Papo2ooo
                      Invité

                      Je vois.
                      De primabord, on (moi) se dit que pour avoir de la fluidité il est plus judicieux de ne pas séparer en 3 syllabes des mots comme « visage » (avant « froissé ») ou « envie’ (en-vi-e) avant « d’être », mais comme les préjugés sont trompeurs en art..
                      Le e muet s’entend donc, même légèrement, et doit être pris en compte pour un rythme optimal ?
                      (je pose sérieusement la question et n’espère pas polluer le topic, auquel cas une absence de réponse ne me dérangerait pas)

                      • #40524 Répondre
                        Papo2ooo
                        Invité

                        prime abord* lol

                      • #40525 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        Ce n’est pas une question esthétique. C’est juste que la métrique classique fonctionne comme ça. C’est une toile de fond avec laquelle on peut jouer, mais entendre le jeu suppose de la connaître.
                        De-la-mu-si-que a-vant-tout-e-chose, (4+5)
                        Et-pour-ce-la-pré-fè-re-l’Im-pair, (4+5)
                        Plus-va-gue et-plus-so-lu-ble-dans-l’air, (4+5)
                        Sans-rien-en-lui-qui-pèse-ou-qui-pose. (4+5)

                    • #40535 Répondre
                      Fanny
                      Invité

                      Je me rends compte que j’ai été un peu vite pour ces « -ie ». Ici tu as toutes les explications :

                      Cliquer pour accéder à Sur-le-caduc-Prosodie-fran%C3%A7aise-classique.pdf

                      En fait on rencontre des e muets précédés d’une voyelle et devant consonne dès la fin du XIXe, et on compte tantôt une, tantôt deux syllabes. Mais auparavant cette configuration était évitée.

                      • #40545 Répondre
                        oxy
                        Invité

                        Fanny :
                        Moi non plus, je connaissais pas cette règle ; du moins, j’ai dû l’oublier : mes cours de rythmique remontent au siècle dernier.
                        Je m’en vais mieux renseigner : est-ce une obligation de s’y tenir ?
                        Grâce à ce forum, je me rends compte que je vis décidément sur des acquis éculés sur plein de sujets : habiter loin de la civilisation présente des avantages, mais aussi quelques inconvénients.
                        Mon dilettantisme me perdra !
                        Du coup (« du coup » : je garde), ça flambe mon penta du jour, qui de toute façon relevait de la triche, car mon délire, c’est : « , » « . » « , » « . ».
                        Le voilà quand même :

                        Dans la rue Charcot,
                        j’ai niqué Chantal,
                        la meuf à Marco,
                        qui pue le cantal.

                      • #40552 Répondre
                        oxi
                        Invité

                        Pas cours de « rythmique », mais de « métrique ».
                        « Le muet » : je viens à peine de capter. Ouais, je suis lent. Excellent !
                        Okay, après m’être renseigné, je crois avoir compris.
                        En fait, pas si contraignant : suffit de jouer sur les élisions.
                        Merci !

                      • #40555 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        À l’écrit un intérêt du modèle métrique classique c’est de nous débarrasser de l’incertitude quant à prise en compte du -e. Ceci dit le pentasyllabe incertain n’est pas illégal que je sache.

                      • #40558 Répondre
                        oxi
                        Invité

                        Fanny :
                        Il en va de même pour l’usage incorrect de « ceci dit » au lieu de « cela dit » : Proust et Houellebecq l’emploient souvent, bien que ce dernier ne soit pas une référence en matière de style.
                        Satanée langue française !

                      • #40560 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        Haha reçu 5/5 ! Proust question style ça me va bien.

                    • #40557 Répondre
                      graindorge
                      Invité

                      Fanny: c’est plutôt 5,5,5,5 en lisant à haute voix
                      Marie crie etcc

                      • #40562 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        Oui c’est bien l’effet voulu, je pinaillais.

                      • #40569 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        Merci Fanny pour ces infos
                        Est-ce que tu saurais nous faire entrer dans les cuisines
                        d’un poème de Rimbaud? Est-ce que tous ses poèmes
                        étaient travaillés ou est-ce que certains sortaient sans « travail », pure inspiration: « million d’oiseaux d’or, ô future vigueur

                      • #40660 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        Les cuisines, je ne sais pas, mais pour creuser Rimbaud ce site est intéressant :
                        http://abardel.free.fr/petite_anthologie/01_sommaire.htm
                        L’auteur y propose des compilations critiques, texte par texte.

                      • #40662 Répondre
                        Fanny
                        Invité

                        J’aime bien aussi les analyses qui se trouvent sur cette page (en IV) :
                        https://www.normalesup.org/~bdecornulier/
                        Une grande attention à la forme, la métrique en particulier, et aux sous-textes.

                      • #40729 Répondre
                        oxi
                        Invité

                        « Oisive jeunesse
                        À tout asservie,
                        Par délicatesse
                        J’ai perdu ma vie. »

                        Si je compose des quatrains moisis, c’est la faute d’Arthur : ces quatre pentasyllabes sus-cités me trottent dans la tête depuis des siècles.
                        D’ailleurs, ils me poussent à rédiger ce long essai matinal sur l’impasse du stoïcisme en politique, intitulé « De la philosophie à l’épreuve de la vie » :
                        Abstine et sustine,
                        répète Épictète.
                        Mais voilà Justine,
                        sur sa bicyclette.

                      • #40753 Répondre
                        graindorge
                        Invité

                        Merci beaucoup Fanny, je vais lire tout ça

    • #40514 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Avec eux parlant
      de la pluie et de l’herbe
      tondue ou à tondre ;
      avec eux c’est simple
      comme bouger un pied
      spontanément après l’autre –
      et ainsi de suite,
      allant son train bonhomme,
      le moindre échange
      sans arrière-pensée
      au balcon ou bien devant
      nos garages respectifs –
      Avec eux il y a comme
      l’effet d’une pierre
      de sucre candide
      qui volontiers vient fondre
      au milieu quelquefois
      d’une amertume passagère.
      Morgan Riet• Des voisins

      • #40614 Répondre
        Claire N
        Invité

        « Avec eux il y a comme
        l’effet d’une pierre
        de sucre candide
        qui volontiers vient fondre
        au milieu quelquefois
        d’une amertume passagère »
        J’ai trouvé sympa ce «  canard «  dans le café
        Merci Alain m

        • #40617 Répondre
          Claire N
          Invité

          J’aime bien mon voisin
          C’est une personne âgée
          Il y a quelques soirs
          Dans mon jardin je l’ai trouvé
          Il avait cheminé là la gueule arrachée par un Zona
          Le médecin le rebouteux ça n’avait pas marché
          C’était sa femme qui se mourrait
          Un petit peu il s’était échappé
          Puis cahin-caha il a accepté mon bras et je l’ai raccompagné

          • #40627 Répondre
            Alain m.
            Invité

            Joliment dans l’esprit Claire N.

    • #40599 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Mais d’abord la douleur

      Mais d’abord la douleur. L’affliction. La sidération. L’asthénie. Face à l’horreur. Face à la terreur. Ineffable. Mais avant tout, il y a l’injure. Celle d’une Nakba dont les déflagrations, assourdissantes, résonnent encore depuis plus de 75 ans. Il y a aussi l’affront, celui de son implacable perpétration. Puis vient l’insulte, celle d’une injonction au mutisme, celle d’une sommation, d’une mise sous silence du dire, celle qui nous enjoint de « Fermez nos gueules ! » entendue, ci, lue, là. Il y a le pouce, il y a l’index tous deux par trop endoloris pour former mots. Mais il y a aussi l’âme et le majeur tous deux plus que jamais fiers et érigés contre toute sommation à la bien-pensance. À cette dernière, préférer la mal-pensance ; celle du mot-dit, celle du mot pour dire, pour tenter de dire l’ethnocide. Contre et envers toute omerta : la mauvaise éducation par les cris. Ceux qui jaillissent ; sans cesse décrits. Le taire à jamais banni. La gorge à jamais écartée, déployée envers et contre tout mutisme. Car certains silences sont assourdissangs.

      Au loin, du poste de radio, l’on entend sourdre, opaline et turquoise, la voix de F. entonnant ses éternelles Palestines.

      dès lors

      me viennent des souvenirs

      de Galilées adossées

      contre l’édifice

      de la mémoire

      érectile

      fière

      Ce matin, j’ai l’âge de ma pointure. Mes pieds portent une douleur vieille de 75 ans. Aujourd’hui, eux et moi continuerons à pousser pour dévaler la plaine de la Bekaa, gravir les flancs de Jabal el-Cheikh, redescendre vers l’autre versant en Galilée, plonger dans les eaux du Jourdain puis sécher a l’entrée de la Basilique de Bethléem. Pour exaucer le rêve de Rahigé. Impie de naissance, je n’ai jamais connu le Dieu de ma grand-mère ; d’ailleurs elle en parlait peu, mais ce qu’elle m’a inoculé, c’est sa lutte farouche pour la justice et la liberté. Sur l’autel surmontant l’abside qu’elle révérait je soufflerai mes 45 cierges.

      Un souimanga se pose sur les lettres sus-tracées. Sourires.

      Nasri S. Sayegh

    • #41360 Répondre
      Alain m.
      Invité

      La marquise de saperlipopette
      Aime la plume et le crépuscule
      Et les larmes qu’on imite si bien avec de la glycérine.
      Aime le mou, le flou, le doux, le bon goût
      Chère marquise de Saperlipopette.
      La marquise de Saperlipopette chante à ravir
      Et roucoule que je ne vous dis que ça.
      Le chant du cygne.
      Mes sels, des roses, des glaïeuls
      Etc. etc. etc.
      Chère marquise de Saperlipopette
      Si vous saviez comme je vous em…
      Robert Desnos • Procès Verbal

    • #41365 Répondre
      K. comme mon Code
      Invité

      Celestial Music, Louise Glück

      _

      I have a friend who still believes in heaven.
      Not a stupid person, yet with all she knows, she literally talks to god,
      she thinks someone listens in heaven.
      On earth, she’s unusually competent.
      Brave, too, able to face unpleasantness.

      _

      We found a caterpillar dying in the dirt, greedy ants crawling over it.
      I’m always moved by weakness, by disaster, always eager to oppose vitality.
      But timid, also, quick to shut my eyes.
      Whereas my friend was able to watch, to let events play out
      according to nature. For my sake, she intervened,
      brushing a few ants off the torn thing, and set it down across the road.

      _

      My friend says I shut my eyes to god, that nothing else explains
      my aversion to reality. She says I’m like the child who buries her head in the pillow
      so as not to see, the child who tells herself
      that light causes sadness–
      My friend is like the mother. Patient, urging me
      to wake up an adult like herself, a courageous person–

      _

      In my dreams, my friend reproaches me. We’re walking
      on the same road, except it’s winter now;
      she’s telling me that when you love the world you hear celestial music:
      look up, she says. When I look up, nothing.
      Only clouds, snow, a white business in the trees
      like brides leaping to a great height–
      Then I’m afraid for her; I see her
      caught in a net deliberately cast over the earth–

      _

      In reality, we sit by the side of the road, watching the sun set;
      from time to time, the silence pierced by a birdcall.
      It’s this moment we’re both trying to explain, the fact
      that we’re at ease with death, with solitude.
      My friend draws a circle in the dirt; inside, the caterpillar doesn’t move.
      She’s always trying to make something whole, something beautiful, an image
      capable of life apart from her.
      We’re very quiet. It’s peaceful sitting here, not speaking, the composition
      fixed, the road turning suddenly dark, the air
      going cool, here and there the rocks shining and glittering–
      it’s this stillness that we both love.
      The love of form is a love of endings.

    • #41761 Répondre
      Graindorge
      Invité

      JANINE TAVERNIER
      BIOGRAPHIE
      Née en Haïti, l’écrivaine et poète Janine Tavernier Louis s’exile en 1967 au début du régime duvaliériste. Ses études aux États-Unis la ramènent d’une part à la langue française, mais aussi à sa culture et littérature francophones. Après une carrière en enseignement, elle retourne en Haïti. Ce qui frappe à la lecture de ses œuvres, qu’elles soient poétiques ou autres, c’est le cri de colère qui s’en échappe. Sa poésie est acerbe, révoltée. Cette passion qui la guide et la pousse est née d’une quête assoiffée pour la justice et le respect entre peuples, entre individus. Il n’est donc pas étonnant de voir ce cri monter de ses poèmes, à la fois indigné et désespéré.

      Ah mon rire…

      Ah mon rire
      mon rire gigantesque
      mon rire silencieux
      mon rire emprisonné derrière mes lèvres
      ah ah mon rire
      emmuré dans son linceul de glace
      je t’entends rugir en moi comme un fauve
      je te sens qui ballottes en moi
      sur le remous tourmenté de ma colère
      ah ah ah mon rire
      je t’écoute et j’ai peur
      mon rire qui n’es pas à moi
      mon rire étranger à ma vie
      mon rire que les forces de l’inconscient
      projettent sur l’écran fragile de ma sensibilité
      je te crains plus que mourir
      je te crains plus que vivre
      ah ah ah ah mon rire
      quand tu briseras tes liens
      et que hors de moi tu t’enfuyeras
      dans l’explosion de tes accords déchaînés
      que vas-tu prendre à ma vie t’en iras-tu seul
      vers les sphères abolies d’où l’on ne revient pas

    • #42069 Répondre
      Graindorge
      Invité

      UN FEU DISTINCT… Paul Valery

      Un feu distinct m’habite, et je vois froidement
      La violente vie illuminée entière…
      Je ne puis plus aimer seulement qu’en dormant
      Ses actes gracieux mélangés de lumière.

      Mes jours viennent la nuit me rendre des regards,
      Après le premier temps de sommeil malheureux ;
      Quand le malheur lui-même est dans le noir épars
      Ils reviennent me vivre et me donner des yeux.

      Que si leur joie éclate, un écho qui m’éveille
      N’a rejeté qu’un mort sur ma rive de chair,
      Et mon rire étranger suspend à mon oreille,

      Comme à la vide conque un murmure de mer,
      Le doute, — sur le bord d’une extrême merveille,
      Si je suis, si je fus, si je dors ou je veille ?

    • #42434 Répondre
      Graindorge
      Invité

      À une heure du matin
      Charles Baudelaire
      Enfin ! seul ! On n’entend plus que le roulement de quelques fiacres attardés et éreintés. Pendant quelques heures, nous posséderons le silence, sinon le repos. Enfin ! la tyrannie de la face humaine a disparu, et je ne souffrirai plus que par moi-même.
      Enfin ! il m’est donc permis de me délasser dans un bain de ténèbres ! D’abord, un double tour à la serrure. Il me semble que ce tour de clef augmentera ma solitude et fortifiera les barricades qui me séparent actuellement du monde.
      Horrible vie ! Horrible ville ! Récapitulons la journée : avoir vu plusieurs hommes de lettres, dont l’un m’a demandé si l’on pouvait aller en Russie par voie de terre (il prenait sans doute la Russie pour une île) ; avoir disputé généreusement contre le directeur d’une revue, qui à chaque objection répondait : « — C’est ici le parti des honnêtes gens, » ce qui implique que tous les autres journaux sont rédigés par des coquins ; avoir salué une vingtaine de personnes, dont quinze me sont inconnues ; avoir distribué des poignées de main dans la même proportion, et cela sans avoir pris la précaution d’acheter des gants ; être monté pour tuer le temps, pendant une averse, chez une sauteuse qui m’a prié de lui dessiner un costume de Vénustre ; avoir fait ma cour à un directeur de théâtre, qui m’a dit en me congédiant : « — Vous feriez peut-être bien de vous adresser à Z… ; c’est le plus lourd, le plus sot et le plus célèbre de tous mes auteurs, avec lui vous pourriez peut-être aboutir à quelque chose. Voyez-le, et puis nous verrons ; » m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie, délit de fanfaronnade, crime de respect humain ; avoir refusé à un ami un service facile, et donné une recommandation écrite à un parfait drôle ; ouf ! est-ce bien fini ?
      Mécontent de tous et mécontent de moi, je voudrais bien me racheter et m’enorgueillir un peu dans le silence et la solitude de la nuit. Âmes de ceux que j’ai aimés, âmes de ceux que j’ai chantés, fortifiez-moi, soutenez-moi, éloignez de moi le mensonge et les vapeurs corruptrices du monde, et vous, Seigneur mon Dieu ! accordez-moi la grâce de produire quelques beaux vers qui me prouvent à moi-même que je ne suis pas le dernier des hommes, que je ne suis pas inférieur à ceux que je méprise !

      Charles Baudelaire, Petits poèmes en prose, 1869

      • #42449 Répondre
        Claire N
        Invité

        » m’être vanté (pourquoi ?) de plusieurs vilaines actions que je n’ai jamais commises, et avoir lâchement nié quelques autres méfaits que j’ai accomplis avec joie« 
        J’aime bien l’abord de la fanfaronnade sous cet angle

    • #43225 Répondre
      Graindorge
      Invité

      La vie a triomphé ! Yves Prigent
      Qu’espéraient-ils encore, de l’homme de Galilée
      Alors que le tombeau le tenait prisonnier ?
      Arrêté, condamné et cloué sur le bois
      Et c’est là qu’il mourut, sur cette infâme croix.
      Mais c’était annoncé et le prix à payer
      Jésus le Fils de Dieu est mort pour nos péchés
      Puis la pierre fut roulée et la vie triompha
      C’était le troisième jour, Jésus ressuscita.
      Ô Mort ! Tu es vaincue ! Où est ta puissance ?
      Christ nous a libérés, c’est notre délivrance
      Tu as capitulé, devant le Roi de gloire
      Victoire de Jésus-Christ, renversant ton pouvoir.
      Quel bonheur merveilleux ! Quelle grâce infinie !
      Plus de joug pesant, qui attristait nos vies
      Et libres désormais, de marcher par la foi
      L’homme de Galilée, a triomphé pour toi.
      Pâques dit d’espérer, par la résurrection
      Et de le confesser, pour ta bénédiction
      Pâques nous fait chanter, en montrant le chemin
      La route de la vie, vers un bonheur sans fin.
      (Ouèèèè!)

    • #43692 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      No quiere jugar para no perder el tiempo, pero jugar es la única manera de no perderlo

      Il ne veut pas jouer pour ne pas perdre son temps, mais jouer est l’unique façon de ne pas le perdre
      Bruno Mesa « Plans de fugue »

    • #44029 Répondre
      Graindorge
      Invité

      J’ai appris la nouvelle, hop un visage qui surgit… j’ai dit Oh m… Ça fait drôle, juste là au niveau de la poitrine et de la gorge. On allume une bougie. Point. Aurevoir Laurent Cantet. J’ai cherché un truc qui pourrait te plaire

      Un voilier passe… – Attribué à William Blake

      Je suis debout au bord de la plage.
      Un voilier passe dans la brise du matin,
      et part vers l’océan.
      Il est la beauté, il est la vie.
      Je le regarde jusqu’à ce qu’il disparaisse à l’horizon.
      Quelqu’un à mon côté dit : « Il est parti ! »
      Parti vers où ?
      Parti de mon regard, c’est tout !
      Son mât est toujours aussi haut,
      sa coque a toujours la force de porter
      sa charge humaine.
      Sa disparition totale de ma vue est en moi,
      pas en lui.
      Et juste au moment où quelqu’un près de moi
      dit : « Il est parti ! »
      il en est d’autres qui le voyant poindre à l’horizon
      et venir vers eux s’exclament avec joie :
      « Le voilà ! »
      C’est ça la mort !
      Il n’y a pas de morts.
      Il y a des vivants sur les deux rives.

    • #44044 Répondre
      Alain m.
      Invité

      Tu crois que c’est la vie
      ce n’est que ton appel et ton étonnement
      un espace qui cède aux courants.
      Cette voix qui roule et brûle au fond de nous
      ces longs cris d’oiseaux
      tous ces pas rouges qui rient dans les cours
      nous les avons connus de l’autre côté.
      ~
      Les mains se tiennent bien
      à la rumeur perdue sous la rose des vents
      l’allure fragile des signes qu’on aime
      si bien dépouillée de nos rêves
      que tout est le mal d’un pays sans recours.
      ~
      Cette voix que j’entends
      le pâle rêve des noyés
      l’ombre fertile des mains sur un visage
      ton corps, toi qui m’effleures, large fille,
      l’attente soudaine à l’entrée des villages …
      Jean Vagne •  » Première danse « 

    • #45549 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Sur le seuil Gonzalo Escarpa
      La Vie : si vertigineuse merveille
      Que nous devenons des anges
      Afin d’atteindre le souffle
      des verbes concis.
      Le désir d’être poème
      nous fait écrire des poèmes
      comme l’oiseau qui, en réalité
      ne désire qu’être ciel.
      Il ne nous reste plus qu’à célébrer,
      célébrer,
      célébrer…
      l’Attention, notre amie
      dans le Tremblement

      • #45556 Répondre
        Claire N
        Invité

        « le souffle
        des verbes concis. »
        C’est niché dans le poème, j’aime ce petit bout

        • #45683 Répondre
          Graindorge
          Invité

          c’est aussi, – pas que – un de mes petits bouts préférés
          « l’attention, notre Amie dans le tremblement. » Mais beaucoup plus musical en espagnol
          « la Atención, nuestra amiga en el Temblor »

          • #45703 Répondre
            Claire N
            Invité

            Oui , c’est encore plus beau en Espagnol c’est vrai

    • #46446 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Domenico Brancale, extrait de Per diverse ragioni (Pour différentes raisons), Passigli, 2017.

      Guardavo la laguna. La marea taceva.
      Non una voce dall’acqua. Nessun richiamo.
      Mi accorsi di essere solo.
      In ogni dove. Lontano dal cuore il luogo della parola.
      In mare aperto.
      Nel niente.

      Je regardais la lagune. La marée était silencieuse.
      Depuis l’eau, pas le moindre murmure. Nul appel.
      Je m’aperçus que j’étais seul.
      Partout. Le lieu du mot loin du cœur.
      La mer ouverte.
      Sur le rien.

    • #46897 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Se taire

      Se taire
      La parole
      est silence
      le silence est paroles
      qu’on dit pour taire
      la non-vérité

      se taire
      mais de manière
      à faire trembler
      l’indicible
      le mensonge

      Justinas Marcinkevičius
      Traduit du lituanien par Ugné Karvelis
      Revue Europe, 1992

    • #47046 Répondre
      Propater
      Invité

      Entrant dans une église de village
      dont la porte était grande ouverte
      je mis un cierge à la Vierge pour toi.
      Elle était laide, une de Lourdes,
      robe de plâtre, bouche rose, chapelet, ceinture bleue.
      A ses pieds un vase Art nouveau rachetait un peu l’image,
      on aurait dit un Gallé,
      à vrai dire je l’aurait bien volé
      s’il n’avait été aussi grand
      avec sa branche de lilas blanc
      devant laquelle tremblait ma petite flamme.
      Voilà la photo du jour.

      Caroline Lamarche

    • #47289 Répondre
      Graindorge
      Invité

      Simone Weil « La porte »
      « Ouvrez-nous donc la porte et nous verrons les vergers,
      Nous boirons leur eau froide où la lune a mis sa trace.
      La longue route brûle ennemie aux étrangers.
      Nous errons sans savoir et ne trouvons nulle place.

      Nous voulons voir des fleurs. Ici la soif est sur nous.
      Attendant et souffrant, nous voici devant la porte.
      S’il le faut nous romprons cette porte avec nos coups.
      Nous pressons et poussons, mais la barrière est trop forte.

      Il faut languir, attendre et regarder vainement.
      Nous regardons la porte ; elle est close, inébranlable.
      Nous y fixons nos yeux ; nous pleurons sous le tourment ;
      Nous la voyons toujours ; le poids du temps nous accable.

      La porte est devant nous ; que nous sert-il de vouloir ?
      Il vaut mieux s’en aller abandonnant l’espérance.
      Nous n’entrerons jamais. Nous sommes las de la voir…
      La porte en s’ouvrant laissa passer tant de silence

      Que ni les vergers ne sont parus ni nulle fleur ;
      Seul l’espace immense où sont le vide et la lumière
      Fut soudain présent de part en part, combla le cœur,
      Et lava les yeux presque aveugles sous la poussière. »

    • #47384 Répondre
      baptiste
      Invité

      Le désert dit au nuage :
      Pauvre de moi
      qui de vous reçois
      tant d’eau toujours,
      qu’y a-t-il chez moi
      que je puisse aussi
      vous offrir en retour ?

      Le nuage répond :
      Il ne faut rien
      offrir de plus, désert,
      que le don
      du plaisir de donner
      qui me revient.

      Rabindranath Tagore (1899)

    • #47463 Répondre
      graindorge
      Invité

      Svetlana Cârstean, poètesse roumaine
      2 courts poèmes extraits de son recueil « je suis une autre » ( 2021)

      poème nº 1
      de qui aurais-tu le plus peur ?
      de celui qui sait exactement qui tuer
      de celui qui choisit aléatoirement
      n’importe qui
      ou de celui qui tuera quiconque se met devant son objectif
      je me demande si on peut comprendre un pays
      juste en regardant par une fenêtre
      et si on peut connaître une famille en n’aimant
      qu’un seul de ses enfants
      poème nº2
      tu m’as dit dès le premier soir
      près de la piscine
      où ne nageait personne :
      dans ce pays
      nous
      nous sommes très pratiques
      nous
      nous sommes très pratiques ici
      nous
      nous laissons mourir tout ce qui ne produit rien

    • #48206 Répondre
      Alain m.
      Invité

      La grâce ovale de son visage ému comme un suaire par les lueurs du soir montant dans les rideaux parce qu’elle m’attendait,
      qu’il me soit encore une fois donné d’en trembler, alors mon cœur pourra s’éteindre avec une fumée blanche et navrée de cierge de dévote.
      Les joues contre les barreaux de la grille, à trop longtemps guetter l’impossible apparition de cette aimée derrière le carreau qui se jaspe d’un indigo vespéral, j’ai senti mes yeux pâlir et plus encore que ceux pervenche du maréchal dont le chromo attend de guingois à la cave le baiser de la fée qui le réveillera d’entre les vieux cercles de fûts et les coings embaumants.
      Et la veuve d’à côté toujours à vérifier serrure et verrou avant la nuit, si j’y entends des fusils qu’on arme, c’est par dévotion à la guerre où se sont aimés mes aïeux dont un brouillard automnal estompe le portrait nuptial sur le buffet cependant que l’horloge à poids mâche presque sans bruit ce qui de leur sang meurt en moi.
      Dominique Pagnier • Indigo

    • #48271 Répondre
      graindorge
      Invité

      VERS SUR LE PASSEPORT SOVIETIQUE
      VLADIMIR MAIAKOVSKI
      – 1929 –

      Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
      je n’ai pas le respect des mandats,
      et j’envoie à tous les diables paître
      tous les « papiers ».

      Mais celui-là…

      Longeant le front des compartiments et cabines,
      un fonctionnaire bien poli s’avance.

      Chacun tend son passeport, et moi je donne
      mon petit carnet écarlate.

      Pour certains passeports on a le sourire,
      d’autres on cracherait dessus.

      Au respect ont droit, par exemple,
      les passeports avec lion anglais à deux places.

      Mangeant des yeux le brave monsieur,
      faisant saluts et courbettes,
      on prend comme on prend un pourboire,
      le passeport d’un Américain.

      Pour le Polonais on a le regard
      de la chèvre devant l’affiche.
      Pour le Polonais le front est plissé
      dans une policière éléphanterie
      d’où cela sort-il et quelles sont ces
      innovations en géographie ?

      Mais c’est sans tourner le chou de la tête,
      c’est sans éprouver d’émotions fortes
      qu’on reçoit les papiers danois
      et les suédois de diverses sortes.

      Soudain, comme léchée par le feu,
      la bouche du monsieur se tord.

      Monsieur le fonctionnaire
      a touché la pourpre de mon passeport

      Il le touche comme une bombe,
      il le touche comme un hérisson,
      comme un rasoir à deux tranchants,
      il le touche comme un serpent à sonnettes,
      à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.

      Complice a cligné le regard du porteur,
      qui est prêt à porter vos bagages pour rien.

      Le gendarme contemple le flic,
      le flic le gendarme.
      Avec quelle volupté la caste policière
      m’aurait fouetté, crucifié,
      parce que j’ai dans mes mains,
      porteur de faucille,
      porteur de marteau,
      le passeport soviétique.

      Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
      je n’ai pas le respect des mandats,
      et j’envoie à tous les diables paître
      tous les « papiers », mais celui-là…

      Je tirerai de mes poches profondes
      l’attestation d’un vaste viatique.
      Lisez bien, enviez
      — je suis
      un citoyen
      de l’Union Soviétique.

    • #48273 Répondre
      Dilaw
      Invité

      je m’étais amusé un peu en écrivant un poème sous un anagramme de karl marx et Friedrich Nietzsche
      en vertical : )

      Karl marx
      Arrive dans les airs.
      Repense l’histoire.
      Libère le prolétaire.
      Maudit l’inégale répartition des richesses.
      Approuve l’opium du peuple, qu’est l’empathie.
      Ravive la flamme révolutionnaire.
      Xéranthème qui s’éternise.

      Fréderic Nietzsche.
      Ravive l’âme.
      Elimine la morale.
      Découvre la nouvelle essence.
      Emporte nos cœurs.
      Rafraichis notre raison.
      Inspire nos égos.
      Crie « vivons ! »
      Ne se préoccupe pas trop d’autrui, tant que le moi l’importe.
      Invite le curé à la fête.
      Enivre les amoureux !
      Tape sur les haineux !
      Zapristi ! Mais qui déteste un penseur pareil ?
      Surement ceux qui le comprennent mal.
      Cherche toujours à le comprendre, plus que tu ne le comprends.
      Hélas ! Plein de gens ont peur de ses écrits.
      Et alors, l’essentiel c’est que ton moi l’aime, pardi !

      • #48274 Répondre
        Dilaw
        Invité

        pour info, j’ai l’habitude d’écrire des poèmes qu’en kabyle, ma langue maternelle,
        il est très rare que j’écrive en langue française.

    • #48518 Répondre
      graindorge
      Invité

      Vladimirrrr m’est apparrru en rrrêve et m’a demandé de rrrremettrrrre son poème Le passeporrrt sovietique. Tes désirrrs sont des orrrdrrres Camarrrade! Juste quelques heures, Merci
      VERS SUR LE PASSEPORT SOVIETIQUE
      VLADIMIR MAIAKOVSKI
      – 1929 –

      Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
      je n’ai pas le respect des mandats,
      et j’envoie à tous les diables paître
      tous les « papiers ».

      Mais celui-là…

      Longeant le front des compartiments et cabines,
      un fonctionnaire bien poli s’avance.

      Chacun tend son passeport, et moi je donne
      mon petit carnet écarlate.

      Pour certains passeports on a le sourire,
      d’autres on cracherait dessus.

      Au respect ont droit, par exemple,
      les passeports avec lion anglais à deux places.

      Mangeant des yeux le brave monsieur,
      faisant saluts et courbettes,
      on prend comme on prend un pourboire,
      le passeport d’un Américain.

      Pour le Polonais on a le regard
      de la chèvre devant l’affiche.
      Pour le Polonais le front est plissé
      dans une policière éléphanterie
      d’où cela sort-il et quelles sont ces
      innovations en géographie ?

      Mais c’est sans tourner le chou de la tête,
      c’est sans éprouver d’émotions fortes
      qu’on reçoit les papiers danois
      et les suédois de diverses sortes.

      Soudain, comme léchée par le feu,
      la bouche du monsieur se tord.

      Monsieur le fonctionnaire
      a touché la pourpre de mon passeport

      Il le touche comme une bombe,
      il le touche comme un hérisson,
      comme un rasoir à deux tranchants,
      il le touche comme un serpent à sonnettes,
      à vingt dards, à deux mètres de longueur et plus.

      Complice a cligné le regard du porteur,
      qui est prêt à porter vos bagages pour rien.

      Le gendarme contemple le flic,
      le flic le gendarme.
      Avec quelle volupté la caste policière
      m’aurait fouetté, crucifié,
      parce que j’ai dans mes mains,
      porteur de faucille,
      porteur de marteau,
      le passeport soviétique.

      Je dévorerais la bureaucratie comme un loup,
      je n’ai pas le respect des mandats,
      et j’envoie à tous les diables paître
      tous les « papiers », mais celui-là…

      Je tirerai de mes poches profondes
      l’attestation d’un vaste viatique.
      Lisez bien, enviez
      — je suis
      un citoyen
      de l’Union Soviétique.

    • #49393 Répondre
      graindorge
      Invité

      Les Effarés
      Arthur Rimbaud
      Noirs dans la neige et dans la brume,
      Au grand soupirail qui s’allume,
      Leurs culs en rond

      A genoux, cinq petits, -misère!-
      Regardent le boulanger faire
      Le lourd pain blond…

      Ils voient le fort bras blanc qui tourne
      La pâte grise, et qui l’enfourne
      Dans un trou clair.

      Ils écoutent le bon pain cuire.
      Le boulanger au gras sourire
      Chante un vieil air.

      Ils sont blottis, pas un ne bouge
      Au souffle du soupirail rouge
      Chaud comme un sein.

      Et quand, pendant que minuit sonne,
      Façonné, pétillant et jaune,
      On sort le pain,

      Quand, sous les poutres enfumées
      Chantent les croûtes parfumées
      Et les grillons,

      Quand ce trou chaud souffle la vie;
      Ils ont leur âme si ravie
      Sous leurs haillons,

      Ils se ressentent si bien vivre,
      Les pauvres petits pleins de givre,
      -Qu’ils sont là, tous,

      Collant leurs petits museaux roses
      Au grillage, chantant des choses,
      Entre les trous,

      Mais bien bas, -comme une prière…
      Repliés vers cette lumière
      Du ciel rouvert,

      -Si fort, qu’ils crèvent leur culotte
      -Et que leur lange blanc tremblotte
      Au vent d’hiver…
      Recueil de Douai, 1870

    • #49560 Répondre
      graindorge
      Invité

      Los poetas feroces
      cuentan lobos para dormir
      Les poètes féroces
      comptent les loups pour s’endormir

      BORGES
      Le poète féroce est aveugle.
      Aveuglé en cherchant le chemin de retour
      de la maison en flammes qu’est la poésie
      aux desseins impénétrables parfois.
      Des loups guides accompagnent
      les poètes féroces et aveugles

      El poeta feroz es ciego.
      Fue cegado para encontrar
      el camino de regreso a la casa en llamas
      que es la poesía y cuyos designios, a veces,
      son inescrutables.
      Los poetas feroces y ciegos
      Se acompañan de lobos lazarillos

      Pedro Flores ( traduction: G)

    • #49602 Répondre
      Simon F
      Invité

      Un petit Baudelaire, qui tente de s’inscrire dans une tradition saphique, et que je trouve d’une grande beauté (les derniers vers paraissent dictés par le souci d’éviter la censure en condamnant l’amour lesbien, je ne vois que ça…) :

      À la pâle clarté des lampes languissantes,
      Sur de profonds coussins tout imprégnés d’odeur,
      Hippolyte rêvait aux caresses puissantes
      Qui levaient le rideau de sa jeune candeur.

      Elle cherchait d’un œil troublé par la tempête
      De sa naïveté le ciel déjà lointain,
      Ainsi qu’un voyageur qui retourne la tête
      Vers les horizons bleus dépassés le matin.

      De ses yeux amortis les paresseuses larmes,
      L’air brisé, la stupeur, la morne volupté,
      Ses bras vaincus, jetés comme de vaines armes,
      Tout servait, tout parait sa fragile beauté.

      Étendue à ses pieds, calme et pleine de joie,
      Delphine la couvait avec des yeux ardents,
      Comme un animal fort qui surveille une proie,
      Après l’avoir d’abord marquée avec les dents.

      Beauté forte à genoux devant la beauté frêle,
      Superbe, elle humait voluptueusement
      Le vin de son triomphe, et s’allongeait vers elle
      Comme pour recueillir un doux remercîment.

      Elle cherchait dans l’œil de sa pâle victime
      Le cantique muet que chante le plaisir
      Et cette gratitude infinie et sublime
      Qui sort de la paupière ainsi qu’un long soupir :

      — « Hippolyte, cher cœur, que dis-tu de ces choses ?
      Comprends-tu maintenant qu’il ne faut pas offrir
      L’holocauste sacré de tes premières roses
      Aux souffles violents qui pourraient les flétrir ?

      Mes baisers sont légers comme ces éphémères
      Qui caressent le soir les grands lacs transparents,
      Et ceux de ton amant creuseront leurs ornières
      Comme des chariots ou des socs déchirants ;

      Ils passeront sur toi comme un lourd attelage
      De chevaux et de bœufs aux sabots sans pitié….
      Hippolyte, ô ma sœur ! tourne donc ton visage,
      Toi, mon âme et mon cœur, mon tout et ma moitié,

      Tourne vers moi tes yeux pleins d’azur et d’étoiles !
      Pour un de ces regards charmants, baume divin,
      Des plaisirs plus obscurs je leverai les voiles,
      Et je t’endormirai dans un rêve sans fin ! »

      Mais Hippolyte alors, levant sa jeune tête :
      — « Je ne suis point ingrate et ne me repens pas,
      Ma Delphine, je souffre et je suis inquiète,
      Comme après un nocturne et terrible repas.

      Je sens fondre sur moi de lourdes épouvantes
      Et de noirs bataillons de fantômes épars,
      Qui veulent me conduire en des routes mouvantes
      Qu’un horizon sanglant ferme de toutes parts.

      Avons-nous donc commis une action étrange ?
      Explique, si tu peux, mon trouble et mon effroi :
      Je frissonne de peur quand tu me dis : mon ange !
      Et cependant je sens ma bouche aller vers toi.

      Ne me regarde pas ainsi, toi, ma pensée,
      Toi que j’aime à jamais, ma sœur d’élection,
      Quand même tu serais une embûche dressée,
      Et le commencement de ma perdition ! »

      Delphine secouant sa crinière tragique,
      Et comme trépignant sur le trépied de fer,
      L’œil fatal, répondit d’une voix despotique :
      — « Qui donc devant l’amour ose parler d’enfer ?

      Maudit soit à jamais le rêveur inutile,
      Qui voulut le premier dans sa stupidité,
      S’éprenant d’un problême insoluble et stérile,
      Aux choses de l’amour mêler l’honnêteté !

      Celui qui veut unir dans un accord mystique
      L’ombre avec la chaleur, la nuit avec le jour,
      Ne chauffera jamais son corps paralytique
      À ce rouge soleil que l’on nomme l’amour !

      Va, si tu veux, chercher un fiancé stupide ;
      Cours offrir un cœur vierge à ses cruels baisers ;
      Et, pleine de remords et d’horreur, et livide,
      Tu me rapporteras tes seins stigmatisés ;

      On ne peut ici bas contenter qu’un seul maître ! »
      Mais l’enfant, épanchant une immense douleur,
      Cria soudain : — « Je sens s’élargir dans mon être
      Un abîme béant ; cet abîme est mon cœur,

      Brûlant comme un volcan, profond comme le vide ;
      Rien ne rassasiera ce monstre gémissant
      Et ne rafraîchira la soif de l’Euménide,
      Qui, la torche à la main, le brûle jusqu’au sang.

      Que nos rideaux fermés nous séparent du monde,
      Et que la lassitude amène le repos !
      Je veux m’anéantir dans ta gorge profonde,
      Et trouver sur ton sein la fraîcheur des tombeaux. »

      Descendez, descendez, lamentables victimes,
      Descendez le chemin de l’enfer éternel ;
      Plongez au plus profond du gouffre où tous les crimes,
      Flagellés par un vent qui ne vient pas du ciel,

      Bouillonnent pêle-mêle avec un bruit d’orage ;
      Ombres folles, courez au but de vos désirs ;
      Jamais vous ne pourrez assouvir votre rage,
      Et votre châtiment naîtra de vos plaisirs.

      Jamais un rayon frais n’éclaira vos cavernes ;
      Par les fentes des murs des miasmes fiévreux
      Filent en s’enflammant ainsi que des lanternes
      Et pénètrent vos corps de leurs parfums affreux.

      L’âpre stérilité de votre jouissance
      Altère votre soif et roidit votre peau,
      Et le vent furibond de la concupiscence
      Fait claquer votre chair ainsi qu’un vieux drapeau.

      Loin des peuples vivants, errantes, condamnées,
      À travers les déserts courez comme les loups ;
      Faites votre destin, âmes désordonnées,
      Et fuyez l’infini que vous portez en vous !

      • #49603 Répondre
        Simon F
        Invité

        On ne peut pas séparer les strophes sur ce forum, quel dommage ! La lecture y perd beaucoup en respiration.

        • #49665 Répondre
          baptiste
          Invité

          il fallait ces dernières strophes au poème
          lu quand j’avais 16 ans j’avais aimé aussi, je trouvais bizarrement qu’il me rendait justice

    • #51579 Répondre
      graindorge
      Invité

      Un poema de Las raíces del vuelo
      Bruno Mesa

      SOBRE LA IRREALIDAD DE LO REAL

      A veces nuestras manos se evaporan,
      también la ceremonia de la mesa,
      ropas abandonadas, retratos de familia,
      se evaporan las formas,
      los huesos y las sábanas,
      una casa tras otra,
      cada sombra en su materia,
      la calle entera se evapora
      y no quedan nombres en los buzones
      o un balcón suspendido en su vigilia,
      una voz que recuerde que hubo vida,
      se evapora la ciudad como un soplo,
      tan frágil fortaleza sostenía,
      la isla sin remedio se evapora,
      el cuerpo donde habitas,
      los silencios quebrados con que escribes.

      Un poème extrait du recueil Les racines du vol Bruno Mesa

      SUR L’IRRÉALITÉ DU RÉEL
      Il arrive que nos mains s’évaporent,
      ainsi que la cérémonie de la table,
      vêtements abandonnés, portraits de famille,
      les formes s’évaporent,
      les os et les draps,
      une maison après l’autre,
      chaque ombre dans sa matière,
      la rue entière s’évapore
      et il ne reste plus aucun nom sur les boîtes aux lettres
      ou un balcon suspendu dans sa veille,
      ni une voix qui se souvienne que la vie était là,
      comme un souffle, la ville s’évapore,
      elle soutenait une si fragile forteresse,
      irrémédiablement l’île s’évapore,
      le corps où tu habites,
      les silences brisés avec lesquels tu écris

      (trad. G)

    • #52233 Répondre
      baptiste
      Invité

      « Avant l’aube » Hélène Dorion

      Dans la forêt du temps
      il n’y avait rien
      ni soleil ni océan

      au commencement
      il n’y avait ni dieu ni humains
      ni souffle ni solitude

      au commencement le rien était l’obscur
      le vide un long tunnel de silence

      puis sont venues les eaux
      est venue la Terre
      comme une montagne qui émerge
      est venu le ciel pour la couvrir

      le haut et le bas
      l’envol et les pas

      sont venus les dieux qui flottent
      au-dessus des eaux

      Hésiode Zeus Odin
      Brahma Inazami
      avec eux sont venus l’air et la lumière
      l’algue et l’arête du monde

      le rayonnement le chaud l’expansion

      coulée de matière et recul des ténèbres
      il y eut un soir et il y eut un matin

      il y eut la vie
      entre le Tigre et l’Euphrate
      l’oeuf qui éclot

      dans un magma
      se sont mises à tourner
      les particules lumineuses
      les saisons la Terre les planètes
      l’aiguille a percé la mince couche de bleu
      elle a chassé l’éternité

      toutes choses alors ont été jetées
      dans le temps qui s’écoulait
      enfermées dans un cercle
      cherchant le centre vers lequel graviter

      le coeur battait
      et le jour et la nuit
      et les étoiles
      comme des éclats de solitude

      puis est venu le bourgeon
      sont venus la feuille les ailes
      et les pattes la tête et les yeux

      Prométhée a pétri l’argile
      modelé les humains
      il a saisi le bien a saisi le mal
      et le souffle d’Athéna a donné vie
      à cette chose appelée âme

      ainsi sont venus les visages
      sont venus les voix les signes et les mots
      les maisons en roseau la grotte et l’igloo

      l’amour et la peur
      la prière et le sacrifice

      puis il y eut un puissant chaos
      l’arc et la flèche
      sous le ciel d’Apollon est venu Dionysos
      les cyclopes et les titans
      les cris de l’un ignorant ceux de l’autre
      l’éclat des couteaux des obus
      les cités éventrées
      les dieux devenus des mendiants

      et l’on a commencé à chercher l’ordonnance

      on s’est nourri reproduit reposé

      les animaux chassés
      les animaux domestiqués
      un corps qui tue d’autres corps
      jusqu’à l’os mange la chair

      on a inventé la charrue
      les graines et les sillons
      on a ensemencé le sol on l’a arrosé

      on s’est mis à échanger la pierre et le sel
      l’ambre et l’or

      on a commencé la longue marche
      du mythe à la connaissance
      Galilée Giordano Bruno
      Einstein la cause et l’effet rompus
      sont venus le quantum
      l’onde et le corpuscule
      les possibles
      que déploie la résistance du temps
      et l’on a donné vie
      à cette chose appelée réalité

      • #52235 Répondre
        baptiste
        Invité

        le site a mangé les espaces qui séparent les mots, vers, strophes, ce qui fait perdre un peu la structure voulue par l’auteure. le poème est normalement très aéré, découpé d’un groupe de mots à l’autre, pour renforcer l’oralité et la distance qui sépare 2 vers consécutifs. je partage ce poème parce qu’il me rappelle des échanges tenus sur ce forum sur la disjonction ou le rapport entre le mythe et le réel, le conte et le roman ‘naturaliste’. Bégaudeau indique sa préférence pour le réel, qui se traduit par une écriture égalitaire, vitaliste ? au détriment du mythe et de son emphase lyrique dévitalisante. Ne parvenant pas encore à cerner clairement cette nuance, voyant dans l’échange sur le mythe et le réel une sorte de dualité vie/mort dont la portée m’échappe, ce poème m’a plu, car il emmêle les dieux antiques avec des expressions prosaïques : « algue », « arête », « pattes », « tête », « yeux »…
        Le poème déploie ces mots sans linéarité, sans hiérarchie, touche à tant de choses, aboutit dans l’énigme de la physique, à la fin me laisse comme l’auteure : hébété par l’ampleur de l’univers qu’elle peint, trottinant avec elle pour rattraper le rythme des vers, parcourant une tentative de décrire le chemin vers la connaissance et la réalité.

        • #52251 Répondre
          Fanny
          Invité

          « Puis est venu le bourgeon / sont venus la feuille les ailes » : le/la déprosaïsent je trouve ces bouts de matière, qui sont aussi introduits en grande pompe par l’inversion sujet-verbe. Et suivis par du moins concret : « il a saisi le bien a saisi le mal », « l’amour et la peur / la prière et le sacrifice »

          • #52261 Répondre
            Claire N
            Invité

            Merci Fanny, tu as ciblé un bout qui me plaît
            Le bourgeon qui s’étend en feuille qui fait approcher l’aile d’insecte
            Ce contact me fait penser au doigts qui se rejoignent de Michel Ange
              qui opère sous nos yeux , la tension du vivant vers le contact

    • #52262 Répondre
      Emile Novis
      Invité

      Louis Aragon, Elsa.
      .
      « Suffit-il donc que tu paraisses
      De l’air que te fait rattachant
      tes cheveux ce geste touchant
      Que je renaisse et reconnaisse
      Un monde habité par le chant
      Elsa mon amour ma jeunesse
      .

      Ô forte et douce comme un vin,
      Pareille au soleil des fenêtres,
      Tu me rends la caresse d’être,
      Tu me rends la soif et la faim
      de vivre encore et de connaître
      Notre histoire jusqu’à la fin.
      .

      C’est miracle que d’être ensemble
      Que la lumière sur ta joue
      Qu’autour de toi le vent se joue
      Toujours si je te vois, je tremble
      Comme à son premier rendez-vous
      Un jeune homme qui me ressemble;
      .

      Pour la première fois ta bouche,
      Pour la première fois ta voix,
      D’une aile à la cime des bois
      L’arbre frémit jusqu’à la souche,
      C’est toujours la première fois
      Quand ta robe en passant me touche ».

      • #52263 Répondre
        Emile Novis
        Invité

        « Tu me rends la caresse d’être »: peut-être un des plus beaux vers de la langue française à mes yeux.

    • #52886 Répondre
      graindorge
      Invité

      Prière

      Herr, unser Herrscher…
      BACH, Passion selon saint Jean

      Que ton nom dans ma bouche soit toujours celui de la plus grande joie, du plus grand amour
      Et pas le baume qu’on met sur la blessure du vivre
      Et pas la borne qu’on place de part et d’autre de la folie du chemin
      Et pas le froid qu’on jette sur la liberté de la question

      Que ton nom dans ma bouche soit toujours brûlé au feu de l’imprononçable
      Comme la lumière jaillit des ombres qu’elle a veillées
      Comme la parole parfois vient couronner la souveraineté d’un silence
      Comme la force se lève plus juste de la pauvreté qu’elle reconnaît en elle

      Que ton nom dans ma bouche ne soit jamais distrait, jamais grimacé par l’habitude
      Qu’il dise toujours la fertilité des larmes semées par ta grâce
      Qu’il fende les peurs où je fais sommeiller la promesse dont tu m’as donné le sang

      Que ton nom n’engloutisse pas comme une bouche inhumaine
      Les noms de tous ceux que j’ai aimés et qui m’ont permis de comprendre
      Qui tu étais, Toi, de quelle immensité d’amour tu es le nom

      Emmanuel Godo

    • #52906 Répondre
      CarlosPépère
      Invité

      La nuit gronde, le bitume suinte des crachats d’ombres et de rages étouffées,
      Les tripes vibrent sous les assauts des guitares crissantes,
      Écorchées vives comme des âmes perdues dans l’abîme,
      Le punk crie sa haine des dieux en carton-pâte, des illusions déchues,
      Les corps se heurtent, se mêlent, dans une danse furieuse,
      Le pogo des damnés, des oubliés, des chiens errants.

      C’est la rue qui parle, qui hurle sa révolte,
      Les pavés battus par les Doc Martens usées,
      Les crêtes colorées s’érigent comme des étendards insolents,
      Sous les néons pâles des bars défoncés, les âmes se déchirent,
      À coups de riffs électriques, de batteries frénétiques,
      L’anarchie résonne, comme un écho lancinant, un mantra désespéré.

      Les regards se croisent, brûlants, chargés de défi,
      Dans cette symphonie du chaos, les âmes se libèrent,
      Les chaînes tombent, les masques se fendillent,
      C’est la vérité nue, rugueuse, qui éclate dans les décibels.

      Et quand la nuit enfin s’incline, percée par l’astre arrogant,
      Les survivants de cette nuit de braises et de flammes,
      Portent les stigmates de leurs combats insensés,
      Des cicatrices comme des médailles, des blessures ouvertes comme des poèmes.

      Le silence retombe, lourd comme un ciel d’orage après la tempête,
      Les guitares s’éteignent, les cœurs battent encore, échos sourds de la lutte,
      Mais dans les ruelles sombres, un murmure persiste,
      La promesse d’un nouvel assaut, d’une nouvelle aube insoumise.

      (Pierre M. – dans un des cahiers de brouillon que m’a laissés mon vieux copain, anonyme parfaitement oublié, mort il y a déjà 14 ans)

      • #52923 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        Mais non, Carlos, ton vieux copain Pierre n’est pas oublié. On le devine bien derrière ses mots et tu l’aimes toujours

    • #54255 Répondre
      graindorge
      Invité

      Les chiens romantiques Roberto Bolaño

      En ces temps-là j’avais vingt ans
      et j’étais fou.
      J’avais perdu un pays
      mais j’avais gagné un rêve.
      Et si j’avais ce rêve
      le reste était sans importance.
      Travailler ou prier
      ou étudier à l’aube
      auprès des chiens romantiques.
      Et le rêve vivait dans le vide de mon esprit.
      Une chambre en bois,
      dans la pénombre,
      dans l’un des poumons du tropique.
      Et parfois je retournais en moi
      et je rendais visite au rêve : statue qui s’éternise
      en des pensées liquides,
      un ver blanc qui se tord
      dans l’amour.
      Un amour le mors aux dents.
      Un rêve dans un autre rêve.
      Et le cauchemar me disait : tu grandiras.
      Tu t’éloigneras des images de la douleur et du labyrinthe
      et tu oublieras.
      Mais en ce temps-là grandir aurait été un crime.
      Je suis ici, ai-je dit, avec les chiens romantiques
      et c’est ici que je vais rester.

    • #54405 Répondre
      Carpentier
      Invité

      J’ai rêvé de toi cette nuit :
      Tu te pâmais en mille poses
      Et roucoulais des tas de choses…

      Et moi, comme on savoure un fruit,
      Je te baisais à bouche pleine
      Un peu partout, mont, val ou plaine.

      J’étais d’une élasticité,
      D’un ressort vraiment admirable :
      Tudieu, quelle haleine et quel rable !

      Et toi, chère, de ton côté,
      Quel rable, quelle haleine, quelle
      Élasticité de gazelle…

      Au réveil ce fut, dans tes bras,
      Mais plus aiguë et plus parfaite,
      Exactement la même fête !

      Paul Verlaine

    • #54901 Répondre
      graindorge
      Invité

      trouvé par hasard ce poème
      c’est PeggySlam

      • #56399 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Merci infiniment Graindorge pour le partage je n’avais pas vu le poste. Je n’ose pas y mettre les miens ici de poème (même si François m’a autorisé à le faire) mais je peux envoyer par mail 😉

        • #56403 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          C*-Algèbres des systèmes canoniques. II
          G. LOUPIAS et S. MIRACLE-SOLE
          (Physique Théorique, Université d’Aix-Marseille).
          Ann. Inst. Henri Poincaré,
          Vol. VI, n° 1, 1967,
          Section A :
          Physique théorique.
          ABSTRACT. – The « twisted convolution » of measures on the phase
          space @ of a system with n degrees of freedom (an algebraic version of phasespace quantum mechanics) is extended to distributions on @ using the standard notion of convolution of distributions on a locally compact group
          applied to a central extension of (B by the circle. We study the algebra
          6) of functions on @ which are mapped into trace class operators
          by the Schrôdinger representation and show that 13(0152, a) contains the
          set ~(0152) of infinitely differentiable functions decreasing rapidly at infinity,
          this inclusion being continuous. This allows to interpret the bounded
          operators on the Hilbert space of the Schrôdinger representation as tempered
          distributions on (S, the twisted convolution of distributions corresponding to the product of operators.
          INTRODUCTION
          La construction de C*-algèbres associées aux relations de commutation
          canoniques conduit à définir le « produit de convolution gauche » des
          fonctions sur l’espace de phase [2]. Dans le cas d’un nombre fini de degrés
          de liberté, ce formalisme constitue une version algébrique de la première
          quantification décrite à l’aide de fonctions sur l’espace de phase du système.
          Dans un article précédent [1], nous avons décrit ce formalisme en utilisant
          la notion standard de convolution sur un groupe localement compact ([21],
          § 28) appliquée à une extension centrale 9D du groupe additif de l’espace
          40 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          de phase @ par le tore 2 à une dimension (groupe de Weyl). Nous nous
          proposons ici, en adoptant toujours le même point de vue, de poursuivre
          notre étude de ce formalisme.
          Dans la section I, nous étendons à l’espace ~’(0152) des distributions sur
          l’espace symplectique a) la notion de produit de convolution gauche, et
          en donnons les principales propriétés.
          Dans la section II, nous considérons l’espace noté b(0152, (1) dans [1],
          anti-image des opérateurs à trace par la représentation de Schrôdinger 7r~.
          Nous montrons en particulier que ‘~(~, a) contient l’espace des fonctions indéfiniment différentiables à décroissance rapide, l’inclusion étant
          continue.
          Dans la section III, nous étudions l’algèbre de Von Neumann des opérateurs bornés et interprétons ses éléments comme des distributions tempérées,
          le produit des opérateurs correspondant au produit de convolution gauche
          des distributions. Ce résultat fournit le cadre naturel d’une exposition rigou- reuse du formalisme de WIGNER-MOYAL tel que nous l’avons présenté
          dans ([1], Section III).
          Dans une première lecture, on pourra se contenter de lire les définitions
          de la section I, cette dernière étant indépendante des suivantes.
          Les principaux résultats de cet article ont été annoncés, sous des formes
          parfois différentes, dans [3] [4] [5] Les définitions et les notations adoptées sont celles de [1] et [2].
          SECTION 1
          PRODUIT DE CONVOLUTION GAUCHE
          DES DISTRIBUTIONS
          Nous travaillerons, comme dans [1], par transport de structure à partir
          de la notion de produit de convolution usuel des distributions sur le groupe
          de Lie nilpotent, connexe (unimodulaire) 8B, telle qu’on la trouve définie
          dans ([7], p. 107).
          Nous désignerons par Do, Di, …, D2n une base de l’espace des champs
          de vecteurs invariants à droite sur 3B, et par (resp. S(3B))
          l’espace des fonctions indéfiniment différentiables sur 3B à support dans le
          compact Q de 3B (resp. indéfiniment différentiables à support compact,
          indéfiniment différentiables) muni de sa topologie usuelle. Nous rappelons
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 41
          simplement que est un espace de Fréchet si l’on définit sa topologie
          par la famille de semi-normes :
          Les sont alors munis de la topologie induite par celle de 8(9D), et
          2)(3B) est la limite inductive des espaces de Fréchet
          Il est également possible de définir l’espace comme celui des fonctions indéfiniment différentiables f sur m telles que, pour tout polynôme P
          sur (S considéré comme une fonction sur 3B, et tout opérateur différentiel D
          invariant à droite sur 993, la fonction
          reste bornée sur SB. est alors un espace de Fréchet si l’on définit sa
          topologie par la famille de semi-normes :
          LEMME 1. – L’application 03A6 : f- ~ f (n entier > 0 ou 0) est un
          isomorphisme vectoriel topologique de (resp. ~(0152), 8(0152)) dans
          (resp. ~(~)~, où K désigne un compact de 0152.
          Cette application est évidemment linéaire et injective. D’autre part,
          W étant nilpotent, tout opérateur différentiel invariant à droite est de la
          forme ( [8], lemme 1 ).
          où les P; sont des polynômes sur (S, comme on peut également s’en convaincre
          par un calcul direct ([6], ch. VI, lemme 1). Il ressort alors de l’expression des
          semi-normes (1) et (3) que C est continue de (resp. 8(@)) dans
          (resp. 8(3B)). En outre, (resp. C(8(@))) est fermé dans (resp.
          8(3B)). En effet, si (resp. désigne le sous-espace de
          (resp. des fonctions dont le coefficient de Fourier d’ordre m selon 1:
          est nul, ces images sont identiques à (resp. et il
          42 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          suffit de montrer que chaque (resp. est fermé, ce qui provient
          du fait qu’il est image réciproque de 0 pour l’application continue de
          (resp. 8(9B)) dans
          En vertu du théorème du graphe fermé, il en résulte que C est bicontinue.
          Elle l’est encore si on la restreint à et et par conséquent
          elle est continue de dans 3)(9B) : elle est encore continue de
          dans 2)(3B) ([9], § 3, n° 15). Comme précédemment, est fermé
          dans ~0(3B) car est fermé dans ~D(3B) en tant qu’image réciproque de 0
          par l’application «
          dont il sumt de savoir qu’elle est continue de ~Q(~) dans eo(@, où Q est
          un compact de W. On en déduit alors la bicontinuité de 0 grâce au théorème
          du paragraphe fermé généralisé à des limites inductives d’espaces de Fréchet ([20], Intr. IV, Th. B).
          COROLLAIRE. – On a les àécompositions 1
          en somme directe de deux sous-espaces fermés.
          Muni de la topologie induite, I>(:D(0152)) (resp. I>(8(0152))) est isomorphe à (resp. ~(ae), 6(0152)).
          LEMME 2. La correspondance 1>’ :S – einex @ S est un isomorphisme
          vectoriel topologique de (resp. 8’(0152)) dans :I)’(W) (resp. J’(m),
          6’tB».
          Puisque
          dualité du précédent et de son corollaire.
          COROLLAIRE. – On a les décompositions 1
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 43
          en somme directe de deux sous-espaces fermés, ~n(~) (resp. ~n(~)~
          désignant le sous-espace des éléments de (resp. ~’(~)~ de coefficient de Fourier d’ordre n selon ~ égal à zéro ([11 J, ch. 1). Muni de la
          topologie induite, I>’(:O’(0152) (resp. I>’(&’(0152)) est isomorphe à
          (resp. &’(0152).
          Nous sommes maintenant en mesure de poser la
          DÉFINITION 1. – Soient SI et S 2 deux éléments de :O’(0152), l’un au moins
          étant à support compact. Alors
          avec
          Plus généralement, soient Al et A 2 les supports respectifs de SI et S 2, et
          supposons que l’application { 03C8, 03C6 } ~ 03C8 + cp de Al > A2 dans Al + Az
          est régulière à l’infini. Alors (4) et (5) ont encore un sens. La distribution S
          est dite produit de convolution gauche des distributions SI et S 2, et notée
          SI x S 2.
          En effet, d’après le lemme 2, ~ SI et ~ S 2 appartiennent à
          l’une d’elles étant à support compact. Alors ([7], (1 , 10)), si
          Plus généralement, si l’application { ~ 9 } 2014~ + CF est régulière à l’infini,
          il en est de même de l’application
          COROLLAIRE. – a) Si SI X S2 existe, il en est de même de S2 X SI mais en
          général SI X S 2 ~ S 2 X SI.
          b) Le produit de convolution gauche de plusieurs distributions, qui sont
          toutes, sauf au plus une, à support compact, est associatif
          c) Le produit de convolution gauche de plusieurs distributions de supports
          44 G. LOUP1AS ET S. MIRACLE-SOLE
          respectifs Sw., i E I fini, sera associat f si les Al sont tels que l’application
          soit régulière à l’infini.
          On démontrera alors par transport de structure ([7], p. 108), ([IO], § 6), ou directement comme en ([11], ch. VI, Th. II, III, IV, ils les résultats
          suivants :
          THÉORÈME 1 . – Si SI et S ont pour support respectif Al et A2, le support
          de SI X S2 est contenu dans Al + A2. Donc si Sb S2 E B’(0152), SI X S2 E ~’(~,
          La valeur de SI X S 2 dans l’ouvert Q c OE ne dépend que de celle de S2
          (resp. SI) dans l’ouvert Q – Al (resp..Q – A 2).
          THÉORÈME 2. – a) L’application { S1, S2 } – SI X S2 de ~’(F) X 6’(OE)
          dans B’(0152) est bilinéaire continue.
          b) Cette même application est bilinéaire hypocontinue de ~’(~ >
          dans B’ (0152).
          Le produit de convolution gauche des distributions se différencie toutefois essentiellement du produit de convolution usuel par le théorème qui
          suit. Nous poserons d’abord la
          DÉFINITION 2. Pour tout Ç E a) et S E D’(0152), on notera la nouvelle
          distribution sur ~ définie par
          THÉORÈME 3. – Soit (e;), i = 1, 2, … 2n une base quelconque de a).
          En effet,
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. U 45
          tandis que
          On voit donc, en particulier, que pour dériver un produit de convolution
          gauche il ne suffit plus de dériver l’un des facteurs.
          Notre méthode de transport de structure nous conduit alors naturellement
          à associer à la régularisation des distributions sur iB une opération analogue sur (0152, a) relativement à la convolution gauche.
          DÉFINITION 3. Le produit de convolution gauche de la distribution S et
          de la fonction indéfiniment différentiable f (S~D’(0152) etfE D(0152), ou S E 6’(OE)
          et f E est une fonction indéfiniment différentiable au sens usuel dite
          03C3-régularisée à droite de S par f et donnée par la formule
          On définirait de même la 03C3-régularisée à gauche de S par f comme
          En effet ([7] (1, 11) et (1, 12))
          Cette opération jouit alors des mêmes propriétés que la régularisation
          usuelle ([7], proposition 1, 2) :
          Si est une suite de fonctions indéfiniment différentiables tendant
          vers 80 dans 8’(@), le théorème 2 assure que les 03C3-régularisées S X f tendent
          vers S ce qui fournit un procédé d’approximation d’une distribution par des fonctions indéfiniment différentiables, elles-mêmes approchables par des fonctions de (par exemple par troncature). v
          En outre, si l’on désigne par S la distribution définie par
          46 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          il résulte de (9) et (10) que
          On en déduit que, dans un produit scalaire de fonctions et de distributions
          où interviennent des produits de convolution gauche, on peut faire passer
          un élément d’un côté à l’autre après lui avoir fait subir l’opération v, à
          condition de conserver à l’ensemble des facteurs le même ordre à une
          permutation circulaire près. Par exemple,
          COROLLAIRE. – Si S X /== 0 pour tout f E 2)(0152), alors S = 0.
          Il suffit d’appliquer la formule (12).
          On trouvera dans [6] la démonstration d’une série de théorèmes fins
          sur les distributions faisant intervenir le produit de convolution gauche.
          Nous les omettons ici car ils ne sont pas indispensables pour la suite.
          SECTION II
          L’*-ALGÈBRE DE BANACH a).
          EN TANT QU’ESPACE D’OPÉRATEURS A TRACE
          a) est le sous-espace de £2(0152, a) ([1], Th. 3) des fonctions h telles
          que soit un opérateur à trace sur l’espace de Hilbert de la représentation de Schrôdinger. Puisque tout opérateur à trace se décompose en
          produit de deux opérateurs de Hilbert-Schmidt, il vient
          soit ([2], Th. 14),
          presque partout.
          Les fonctions h E l5(0152, cr) sont caractérisées dans le
          THÉORÈME 5. – Soit h une fonction sur (0152, a), h est un élément de b(0152, a)
          si et seulement si l’une quelconque des éventualités suivantes est réalisée :
          a) h est presque partout égale à une combinaison linéaire complexe de
          fonctions continues de type positif sur a), au sens de ([2], p. 26, Définition).
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 47
          b) Il existe une représentation 1t des relations de commutation dans l’espace
          de Hilbert et W, ~’’ E tels que
          presque partout.
          c) h est bornée et
          où X(0152) désigne l’espace des fonctions continues à support compact et . la
          norme de Schrôdinger ([2], (69)).
          Puisque X(0152) est dense dans a), anti-image des opérateurs compacts
          par la représentation de Schrödinger ([2], Th. 19), il résulte des formules
          que c) exprime le fait bien connu que l’espace des opérateurs à trace s’identifie au dual de l’espace des opérateurs compacts.
          b) est évident si l’on remarque que ?T est, d’après le théorème d’unicité
          ([2], Th. 15), équivalente à une sous-représentation de la représentation
          régulière gauche 1t2 des relations de commutation, et que
          Nous aurons terminé en montrant que a) entraîne b). C’est évident si h
          est presque partout égale à une fonction continue de type positif d’après
          ([1], Th. 4). Sinon supposons h presque partout égale à 03BB103A61 + où Ci
          et sont continues de type positif. Soient , ’Y 1 E H1tl; 7~2, ’Y 2 E H1t2 les
          représentations et vecteurs cycliques définis par Ci et ~2 respectivement ([2],
          Th. 7 a). 1t1 @ 1t2 est une représentation sur H1tl @ et on a
          COROLLAIRE. ‘~(~, 0″) est une *-algèbre de Banach pour le produit x ,
          l’opération * et la norme :
          ANN. INST. POINCARÉ, A-VI-1
          48 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          Cette norme jouit d’un certain nombre de propriétés que nous avons
          réunies dans le
          THÉORÈME 6. – Soit h E b(0152, r).
          ces dernières inégalités étant des égalités sur le sous-espace ~~ de b(0152, a)
          ([2], Th. 18)
          Inversement, il existe, parmi tous les couples fi, gi E L2(0152, cr) tels que
          h = f X g;* p. p., un couple fo, go tel que
          Les inégalités (17) (19) (20) sont bien connues si on les écrit en termes
          d’opérateurs : A désignant un opérateur à trace, B et C deux opérateurs de
          Hilbert-Schmidt tels que A = BC, on a
          d’où les inégalités voulues grâce à ([1], (29)) et ([1], Th. 3). Si en particulier
          h E Jo (donc appartient à b(0152, a) car Jo c ~2(~, a) et h = h X 11 ([1],
          p. 35, lemme)),
          ce qui complète ([1], p. 35, lemme).
          Enfin soit
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. 0 49
          la décomposition polaire de ?c~(~) j est un opérateur à trace positif,
          donc
          où go E ~2(@. a). V étant partiellement isométrique, est un opéra- teur de Hilbert-Schmidt, donc de la forme e a), d’où h = ~o X go
          presque partout. En outre
          de sorte que
          d’où l’égalité (21) en comparant avec (20).
          Il serait intéressant de caractériser analytiquement (et non point seulement
          algébriquement) les éléments de lJ(0152, a). Nous ne sommes, pour l’instant, en mesure de le faire que pour certains sous-espaces denses de a), en
          particulier ~(0152).
          Nous commencerons par prouver le
          LEMME 3. – Soit y E Mi(@, a), h E a) et posons g = ~ ~’$~. } ~ h où
          ~2 est la transformation de Fourier symplectique d’échelle 2 ([1], p. 40,
          Définition). Alors g E lJ(0152, a) et Il g Il (L ~1 Il h
          L’identité :
          permet d’écrire
          Dç x h x 8_~ est une fonction sur @ à valeurs dans a) et l’intégrale
          existe au sens de Bochner ([14], V, 5, Th. 1 et Corollaire 1), définissant un
          élément de 13(OE, a). En effet, pour tout opérateur borné B,
          et
          50 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          Pour la simplicité des notations, nous donnerons la démonstration du
          théorème en supposant que (0152, a) est de dimension 2, avec, pour tout
          03C8 E .
          (ei, e2) base symplectique de (0152, a).
          Nous désignerons par
          le polynôme de Hermite d’ordre n à une dimension, et par
          la fonction de Hermite correspondante.
          Ils jouissent des propriétés connues ci-dessous
          d’où
          Enfin nous aurons besoin des intégrales classiques suivantes, où Y désigne
          la fonction d’Heaviside à une dimension ([17] (V, 1 ; 45)) :
          Nous pouvons alors prouver le
          THÉORÈME 7. – b(0152, a) contient en tant que sous-espace, l’inclusion
          étant continue.
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 51
          Les formules (28) et (26) nous permettent d’écrire, en posant ~ _
          En sachant que
          et
          il vient alors, d’après la formule (20) et le lemme 3,
          Mais les formules (27) et (24) donnent immédiatement
          Par conséquent
          52 G. LOUP1AS ET S. MIRACLE-SOLE

          Mais d’autre part, la formule (27) s’écrit encore
          ou bien
          et l’on en déduit que
          avec
          Or on sait que tout A e ~(@) est limite dans ~(@) d’une série de la forme
          où est une suite à décroissance rapide (c’est-à-dire qui décroît plus
          rapidement que 1 quel que soit l’entier p) ([11], ch. VII, § 7, n° 7). La
          correspondance
          est alors un isomorphisme vectoriel topologique entre et l’espace des
          suites à décroissance rapide lorsqu’on munit ce dernier de la topologie
          définie par la famille de normes
          Par conséquent, si h E
          d’où l’affumation du théorème.
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. Il 53
          La démonstration ci-dessus ne fait appel qu’à des notions élémentaires.
          L’inclusion ensembliste a) aurait pu, grâce à l’égalité
          ci-dessous ([1] (16)) :
          être déduite des résultats de DIXMIER ([18], Th. 1) et KIRILLOV ([19], Th. 7.3) sur les représentations des groupes de Lie nilpotents, l’inclusion topologique découlant alors, grâce au théorème du graphe fermé, du fait que
          et T;(0152, a) sont tous deux topologiquement inclus dans E2(~, a) (1).
          COROLLAIRE 1. 2014 ~(@) est dense dans b(0152, a).
          Il suffit de prouver la densité de X D(@). Soit h E 1J(0152, c),
          f, c) tels que h = lx g* p. p., et (fi), deux suites telles que
          Alors, d’après (20),
          COROLLAIRE 2. – Pour tout h E W(0152), il existe f et g E L2 (0152, a) telles
          que h == f X g*.
          En effet, h == f X g* p. p., et donc partout puisque les deux membres
          sont continus.
          COROLLAIRE 3. – Pour que h E L2(0152, c) appartienne à 1J(0152, c), il suffit
          z8fi
          qUe E C2(0152, 0″) et
          >x4zy4 E C2(0152, 0″) ainsi qUe toutes ’eS dérivées d’ordre
          inférieur.
          Posons
          Les formules (22), (23) et (27) permettent d’établir que
          (1) Nous avions également annoncé le résultat du théorème 7 dans [4] et [6].
          La démonstration qui l’accompagnait ne prouvait que l’inclusion ensembliste,
          mais il aurait suffi, pour la compléter, d’invoquer le même type d’argument que
          ci-dessus, en se fondant sur le théorème du graphe fermé étendu à des limites
          inductives de Fréchet ([2C], Intr. IV, Th. B).
          54 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          soit
          On sait que tout h E ~2(~, a) est limite dans L2(0152, a) d’une série de la forme
          et que la correspondance
          est un isomorphisme vectoriel topologique entre L2(0152, a) et l’espace des
          suites de carré sommable avec
          L’inégalité (31) montre alors que h E 13(OE, a) dès que
          ce qui sera le cas si
          d’où l’énoncé du corollaire.
          Nous mentionnons, pour terminer, que les formules (8) incitent à penser
          que ~(0152) pourrait être un idéal pour la convolution gauche. En fait, il n’en
          est rien car on aurait alors, avec les notations de [2],
          soit 3n = 3~, ce qui est absurde ([2], Th. 17).
          SECTION III
          a) COMME ALGÈBRE
          DE DISTRIBUTIONS TEMPÉRÉES
          Dans [1], nous avions considéré les deux algèbres de Von Neumann
          c)) et ’UJ(0152, adhérence faible a)) et cr) respectivement. étant irréductible, a) est l’algèbre des opérateurs bornés
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. II 55
          sur l’espace de la représentation de Schrôdinger, et 1t2 étant un multiple
          de 03C003C9, U(L2(0152, 03C3)) lui est isomorphe : on passe de l’une à l’autre par induction
          et ampliation :
          Désignant par TC l’*-algèbre de Banach des opérateurs à trace, il résulte
          du théorème 7 et de ses corollaires que l’application
          est une injection continue de dans un sous-espace dense de rc.
          THÉORÈME 8. existe une injection continue
          associant à tout opérateur borné B une distribution tempérée iB = SB, vérifiant
          les formules
          a) (munie de la topologie de la norme) et ~’(0152) étant le dual fort de ~c
          et respectivement, il résulte de la théorie de la transposition ([9], § 6, n~~ 16, 17, 18) que t1tCJ) = i est une injection continue de a) dans
          ~’(0152) telle que, pour tout h E ~(0152),
          Définissant la dualité entre c) et TC par
          il vient, si h = f X g* (Section II, Corollaire 2),
          où nous avons utilisé le fait que les éléments de c)) commutent
          avec les convolutions à droite ([1], Section II, Appendice).
          56 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          Il vient alors, grâce à (9),
          pour tout f E 2)(@). Comme
          l’égalité ci-dessus peut se prolonger par continuité à L2(0152, a), donnant un
          sens (en tant que fonction) au produit SB X g, g E L2(0152, a), d’où (34).
          De même,
          pour tout h. f E D(@. Comme
          l’égalité ci-dessus se prolonge à tout h E 13(OE, a), d’où (35). On remarquera,
          pour terminer, que l’on peut poser i = 7te,) B cette notation étant
          cohérente sur a) avec les précédentes.
          COROLLAIRE 1. – Soit y E a) et fe a) ou ~~(~, a). Alors
          En effet, grâce à (34),
          d’où la conclusion grâce à (Section I, p. I l , Corollaire).
          COROLLAIRE 2. L’application i identifie ‘1.U(~, a) à l’ensemble 13’(0152, a)
          des distributions qui, par convolution gauche, appliquent continûment ~.2(~, (J)
          dans lui-même. Ces dernières sont alors des distributions tempérées.
          D’après (37), on sait déjà que SH applique continûment L2(0152, a) dans
          lui-même. Inversement, soit S E telle que
          et (Section II, Corollaire 2 et (21))
          avec
          Alors
          C*-ALGÈBRES DES SYSTÈMES CANONIQUES. 11 57
          et (Section II (17), (20), (21))
          S définit donc une forme linéaire continue sur 13(OE, a). Par conséquent S
          est une distribution tempérée; d’autre part on saura lui associer un élément B de o) défini de manière unique par
          et donc tel que la distribution SB associée soit précisément S.
          Notons enfin que c) est strictement contenu dans ~’(0152). Il suffit
          en effet de comparer (8) avec ([1], (70), (72), (75)) pour voir que la distribution tempérée ;2014 est l’homologue de l’opérateur non borné – iA
          défini par
          THÉORÈME 9. – b’(0152, 0″) est une *-algèbre pour le produit de convolution
          gauche et l’opération S – S* des distributions. – — … — _. –~ …
          tandis que, si Bi, B 2 E 0) et f E D(@),
          ce qui donne un sens au produit S~, X S~,.
          Dans ( [1], Section III), nous avions décrit le formalisme de WIGNER-MOYAL
          en termes de transformation de Fourier symplectique des éléments de
          c). Dans l’isomorphisme
          cette dernière coïncide avec la notion de transformation de Fourier symplectique des distributions tempérées, obtenue par transposition à partir de la
          transformation de Fourier symplectique sur ~(0152) définie dans ([1], Section III). Ceci rend d’autant plus naturelle l’exposition rigoureuse que
          nous avons donnée du formalisme de WIGNER-MOYAL.
          58 G. LOUPIAS ET S. MIRACLE-SOLE
          REMERCIEMENTS
          Les auteurs tiennent à exprimer leur reconnaissance au Professeur
          D. KASTLER qui les a conseillés tout au long de ce travail. Ils expriment leurs
          remerciements au Professeur A. GUICHARDET qui s’est livré à une lecture
          critique de [6] et leur a signalé l’existence de la référence [19], au Professeur J. DIXMIER qui leur a communiqué une traduction de cette dernière,
          au Professeur M. ZERNER auquel ils sont redevables d’utiles discussions.
          Ce travail a été accompli grâce au soutien du Centre National de la
          Recherche Scientifique.
          BIBLIOGRAPHIE
          [1] LOUPIAS, G. et MIRACLE-SOLE, S., Commun. math. Phys., t. 2, 1966, p. 31.
          [2] KASTLER, D., Commun. math. Phys., t. 1, 1965, p. 14.
          [3] LOUPIAS, G., Comptes Rendus Acad. Sciences, t. 262, 1966, p. 469.
          [4] LOUPIAS, G., Comptes Rendus Acad. Sciences, t. 262, 1966, p. 799.
          [5] MIRACLE-SOLE, S., Comptes Rendus Acad. Sciences (à paraître).
          [6] LOUPIAS, G., Thèse de Doctorat, Faculté des Sciences de Marseille, 1966.
          [7] BRUHAT, F., Bull. Soc. Math. France, t. 84, 1956, p. 97.
          [8] DIXMIER, J., Bull. Soc. Math. France, t. 87, 1959, p. 65.
          [9] BOURBAKI, N., Espaces vectoriels topologiques. Fascicule des résultats.
          Actualités Scientifiques et Industrielles. Paris, Hermann, 1955.
          [10] BRUHAT, F., Bull. Soc. Math. France, t. 89, 1961, p. 43.
          [11] SCHWARTZ, L., Théorie des distributions. Tome II. Actualités Scientifiques et Industrielles. Paris, Hermann, 1959.
          [12] RICKART, C. E., General theory of Banach algebras. Princeton-LondonToronto, Van Nostrand, 1960.
          [13] SCHATTEN, R., Norm ideal of completely continuous operators. Berlin-Gôttingen-Heidelberg, Springer-Verlag, 1965.
          [14] YOSIDA, K., Functional analysis. Berlin-Gôttingen-Heidelberg, SpringerVerlag, 1965.
          [15] ERDELYI-MAGNUS-OBERHETTINGER-TRICOMI, High transcendental functions.
          Vol. II, New-York-Toronto-London, MacGraw-Hill, 1953.
          [16] TITCHMARSH, E. C., Introduction to the theory of Fourier integrals. Oxford,
          University Press, 1948.
          [17] SCHWARTZ, L., Méthodes mathématiques pour les sciences physiques. Paris,
          Hermann, 1961.
          [18] DIXMIER, J., Bull. Soc. Math. France, t. 87, 1959, p. 65.
          [19] KIRILLOV, A. A., Uspehki Mat. Nauk., t. 17, 1962, p. 57 (en russe).
          [20] GROTHENDIECK, A., Memoirs of the Amer. Math. Soc., n° 16, 1955.
          [21] NEUMARK, M. A., Normierte ringe. Berlin; VEB Deutscher Verlag der
          Wissenschaften, 1959.
          (Manuscrit reçu le 22 juillet 1966) .

    • #55742 Répondre
      Viscontigre
      Invité

      remontée

      • #56407 Répondre
        ..Graindorge
        Invité

        C’est quel jour la fin de tes longs messages?

        • #56408 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          Le 31 Juillet.

          • #56410 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            Après je ne veux pas me vanter mais il me semble que je suis quand même un mec sympa puisque vous avez le droit de rire, vous avez le droit d’écouter de la musique et vous pouvez même échanger avec JeanMonnaie.
            .
            Signé: Grand Prince.

            • #56413 Répondre
              Claire N
              Invité

              Je veux un tropic pour moi
              On l’appellera prison politique

              • #56414 Répondre
                Demi Habile
                Invité

                Claire N: On en reparlera quand j’aurais décompensé ma grande.

                • #56422 Répondre
                  Eden Lazaridis
                  Invité

                  Rire et écouter de la musique sont deux activités que l’on peut pratiquer plus aisément sur Youtube. La spécificité du blogodo c’est l’échange de longs messages.
                  Et le seul échange que tu nous permets d’avoir, c’est avec Jean Monnaie, le plus gros tocard de la plateforme (à égalité avec toi évidemment). Merci !

                  • #56423 Répondre
                    Demi Habile
                    Invité

                    Eden Lazaridis: Service.

            • #56420 Répondre
              ..Graindorge
              Invité

              Une mini dictature quoi! Un mini coup d’état!!
              Rire n’est pas un droit mais un devoir
              Écouter de la musique: devoir
              Échanger avec… qui?? Même pas sous la torture demi Corleone!!

              • #56421 Répondre
                Demi Habile
                Invité

                Moi j’appelle ça de la modération DIY.

                • #56424 Répondre
                  PeggySlam
                  Invité

                  Ouin ouin ?

                  • #56425 Répondre
                    Demi Habile
                    Invité

                    PeggySlam: Tu veux que je m’amuse à te harceler au sujet de ton handicap afin de voir comment tu supportes la chose?

                  • #56426 Répondre
                    Demi Habile
                    Invité

                    PeggySlam: Ou sinon je peux essayer de te faire croire que tu n’es même pas une vraie handicapé. Ceci dit, sur ce coup là, il risque de me manquer la pression du groupe pour te faire vivre l’expérience en dolby surround true HD.

                    • #56427 Répondre
                      PeggySlam
                      Invité

                      Là tu m’as fais rire merci !

              • #56434 Répondre
                Carpentier
                Invité

                d’accord avec toi, l’Amie, parlons plutôt de ce Cher Abbé Pierre.
                Toute cette histoire me met la gerbe.
                Rip à toi, l’Abbé.

                • #56435 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  post ci-dessus @Graindorge
                  lisant ces conneries. j’ai eu, moi aussi, l’envie de lignes sur dictature/dictateur mais j’hésitais encore sur leur tournure
                  et, en prévention:
                  Le public! Le public! on t’en CuLe!

                  • #56445 Répondre
                    ..Graindorge
                    Invité

                    Le public?

                    • #56455 Répondre
                      Carpentier
                      Invité

                      tu es trop bonne
                      ou, comme dans vice versa 2, tu envoies valdinguer loin loin loin, les souvenirs dégeu?
                      Tu fais sans doute bien,

                      • #56473 Répondre
                        ..Graindorge
                        Invité

                        Carpentina
                        Dieu me pardonne tous les jours d’être
                        une chipie et de ne pas L’aimer assez ce Grand Égoïste!
                        Alors que veux-tu, j’ai la mémoire courte pour beaucoup de choses et puis sinon je pèserai 3 tonnes

    • #56415 Répondre
      Claire N
      Invité

      Je ne sais pas en fait , sincèrement , je crois comment vraiment comprendre ce que signifie le terme «  decompenser « – c’est difficile de se représenter – ta phrase me le pointe

      • #56506 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        Sincèrement j’en ai rien à foutre. Appelle les secours avec Ostros et compte sur moi pour convaincre les forces de l’ordre et les secours que c’est de la malveillance.

        • #56575 Répondre
          Claire N
          Invité

          Non vraiment, ma remarque portait juste sur une zone a «  débroussailler «  chez moi pour mieux comprendre
          Je suis très nulle en cadrage par ailleurs, et si tu veux tout savoir tellement mal à l’aise avec l’hdt que
          1- j’aurais fait un très mauvais psychiatre
          2- j’aurais été une patiente ingérable : dans le documentaire le coup de la presse notion pyjama vraiment j’admire le calme du patient

    • #56453 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      PeggySlam
      pour partager tes poèmes, mon adresse électronique
      donaram85@gmail.com
      Merci Peggy!

      • #56532 Répondre
        PeggySlam
        Invité

        Fait.
        Je compte partir du forum bien que j’ai eu plaisir à discuter avec certains d’entre vous.
        Merci d’avoir su respecter mes idées et mes approches à la politique, ma vie sociale et sociétale et cinéma.
        François j’attends impatiemment Comme Une Mule et nos futurs échanges.
        Merci ta patience et tes retours sur les films
        Et vive La Gêne Occasionnée !

        Des bises et bonne continuation à vous tous.
        Je signe ouin ouin 😉

        • #56533 Répondre
          Carpentier
          Invité

          Salut PeggySlam,
          et pense à moi si tu vois le film d’Artus 👋

        • #56536 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          ADieu

        • #56537 Répondre
          Eden Lazaridis
          Invité

          Pourquoi partir du forum ?

          • #56540 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            Elle veut faire son intéressante. Elle reviendra le 1er Aout quand tout sera rentré dans l’ordre.

        • #56549 Répondre
          ..Graindorge
          Invité

          Merci Peggy
          Jôrage tient parole. Il arrête ses cagades le 31 juillet
          Donc le 1er août, la voie est libre.
          Et s’il t’embête tu sais l’envoyer paître comme il faut.
          Nous sommes tous des ouins-ouins pour lui!
          Vivent les ouins ouins! Vive la Frrrrance!
          Liberrrté Égalité « Jodete »!!!

          • #56551 Répondre
            Demi Habile
            Invité

            Pourquoi ne pas partir du principe que tout ça c’est de l’amour?
            La cohérence t’intimides?

            • #56586 Répondre
              Carpentier
              Invité

              DB

              (des seaux de pluie et de grêles ne sont pas venus à bout de ma p’tite âme de grosse mouche à merde cette nuit, toujours pas noyée: au p’tit matin: je suis damnée, vais me réincarner en ongle (hihihi) ou en ortie, c’est sûr)

              • #56593 Répondre
                ..Graindorge
                Invité

                Pluie et grêle?
                J’espère que vous n’avez pas eu trop de dégâts Carpentier?
                Ici quand on a eu la grêle ça nous avait bousiller les récoltes. C’était joli pourtant!
                Qu’est-ce qui faut pour sauver l’amour? JÔrage?

                • #56631 Répondre
                  Carpentier
                  Invité

                  Là, on patauge dans de la boue épaisse, avec des morceaux dedans, je sais pas trop dans quoi on patauge en fait, et on racle, on racle, on racle le tout vers la cour.
                  On a pas grand chose ici, en vrai.
                  Mais on a pas beaucoup dormi du coup,
                  et je le trouve encore sacrément sexy mon compagnon avec son petit bermuda gris et ses bottes marron,
                  À +

                  • #56669 Répondre
                    Demi Habile
                    Invité

                    François a toujours adoré vous faire comprendre que vous n’êtes que deux connes toutes les deux et si vous n’êtes pas foutu de regarder le problème avec le comportement de deleatur en face, si dans le même mouvement vous êtes si prompt à pointer l’abbée Pierre du doigt, c’est parce que vous vous imaginez qu’en refusant de faire face au problème le Dégaudeau aura enfin un peu de respect pour les deux groupies que vous êtes.
                    .
                    C’est pitoyable comme attitude mais manifestement il ne faut pas attendre mieux de vous donc je ne vais pas me faire chier à attendre mieux de vous, je vais borner à constater que si tout le monde à entendu parler de servitude volontaire, rares sont ceux qui ont eu l’audace de croire que ça pouvait les concerner.

    • #56759 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      demi habile
      Les « groupies » c’est pour les chanteurs pas pour les écrivains, banane!
      Certes, chanteur un jour chanteur toujours mais il ne chante plus.
      Tu vomis dans le forum, tu vomis sur tout le monde, tu prétends casser tout le monde. Parceque monsieur est schizophrène et sa schizophrénie a le pass sanitaire.
      Passe partout!
      Tu crois que tu as tous les droits: insultes, denigrements, vomissures, … tu te sens tout puissant. Aux J.O de la méchanceté DH médaille d’or!
      Sauf que c’est la Mort qui est pour l’instant toute puissante et elle donne pas rendez-vous
      Je m’écrase parceque je la connais petit con
      Y’a des millions de gens qui crèvent bêtement à chaque heure. On les compte plus tellement y’en a!
      Alors amuse-toi jusqu’au 31 juillet inclus.
      Si elle te prête vie

      • #56760 Répondre
        Demi Habile
        Invité

        Universit´e Paris-Sud
        ECOLE DOCTORALE: ´ Particules, Noyaux et Cosmos (517)
        Laboratoire de Physique Th´eorique d’Orsay
        DISCIPLINE Physique Th´eorique
        THESE DE DOCTORAT `
        soutenue le 10/12/2013
        par
        Pantelis MITROPOULOS
        Dark Matter in the Next-to-Minimal
        Supersymmetric Standard Model
        Directeur de th`ese: Ulrich ELLWANGER Enseignant-chercheur (LPT)
        Composition du jury:
        Pr´esidente du jury: Asmˆaa ABADA Enseignant-chercheur (LPT)
        Rapporteurs: Genevi`eve BELANGER Chercheur (LAPTH) ´
        Michel TYTGAT Enseignant-chercheur (Service de Physique Th´eorique, ULB)
        Examinateur: Aldo DEANDREA Enseignant-chercheur (IPNL)

        ACKNOWLEDGMENTS
        I am very grateful to my advisor Ulrich Ellwanger for his priceless support and his
        patience during all these years. I feel exceptionally lucky having had the opportunity
        to do research under his guidance.
        I would also like to thank all the members of our group for the warm working
        environment they provided me, but I am especially grateful to Yann Mambrini and
        Adam Falkowski, the organizers of the journal club of our group, for the inspiration
        they provided. Of course, I cannot forget to thank my previous colleague but still
        friend Debottam Das for his warm welcome when I first came to the lab and his help
        during my work.
        Last but not least, I would like to thank Asmaa Abada, Genevieve Belanger, Aldo
        Deandrea and Michel Tytgat who did me the honor to participate in my jury.
        I acknowledge financial support from the Greek State Scholarship Foundation (I.K.Y.).
        iv
        CONTENTS
        Introduction ix
        I Particle Dark Matter 1
        1 Dark Matter 3
        1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model . . . . . . . . . . . . . . . 4
        1.2 Evidence of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
        1.2.1 Galactic rotation velocities . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
        1.2.2 Gravitational lensing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
        1.2.3 CMB radiation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
        1.2.4 Other evidence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
        1.3 Particle DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
        1.4 The Standard Thermal Mechanism . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
        1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs . . . . . . . 13
        1.4.2 The Boltzmann equation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
        1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section . . . . . . . . 18
        1.5 Direct Detection of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
        1.5.1 Elastic scattering event rate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
        1.5.2 Experimental status . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
        1.6 Indirect Methods for DM Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
        2 Particle Physics 27
        2.1 The Standard Model of Particle Physics . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
        2.1.1 The particle content of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
        2.1.2 The SM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
        2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism . . . . . . . . . . 32
        2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry . . . . . . . . . 33
        2.2.1 General discussion of the SM problems . . . . . . . . . . . . . . 33
        vi CONTENTS
        2.2.2 The naturalness problem of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . 34
        2.2.3 A way out . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
        2.3 A brief summary of Supersymmetry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
        2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model . . . . . . . . . . . . . . 38
        II Dark Matter in the Next-to-Minimal Supersymmetric
        Standard Model 41
        3 The Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model 43
        3.1 Motivation – The µ-problem of the MSSM . . . . . . . . . . . . . . . . 44
        3.2 The NMSSM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
        3.2.1 Higgs sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
        3.2.2 Sfermion sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
        3.2.3 Gaugino and higgsino sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
        3.3 DM Candidates in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
        3.4 Neutralino relic density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
        3.5 Detection of neutralino DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
        3.5.1 Direct detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
        3.5.2 Indirect detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
        3.6 Neutrino masses and more DM candidates . . . . . . . . . . . . . . . . 55
        4 A possible indirect indication for Dark Matter 59
        4.1 Photon Radiation and Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
        4.2 Photon Flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
        4.3 The 130 GeV Fermi line . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
        4.4 Upper bounds from diffuse γ-rays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
        4.5 A 130 GeV photon line in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
        4.5.1 General aspects . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
        4.5.2 Implementation for the Fermi Line . . . . . . . . . . . . . . . . 71
        4.5.3 Constraints from direct DM searches . . . . . . . . . . . . . . . 72
        4.5.4 Final Remarks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
        4.5.5 Update for the latest direct detection constraints . . . . . . . . 77
        4.6 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
        III Asymmetric Dark Matter 83
        5 Asymmetric DM and upper bounds on its self-annihilation 85
        5.1 Chemical potential and number densities . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
        5.2 Asymmetric DM self-annihilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
        5.3 Boltzmann equations for asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
        5.3.1 Qualitative analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
        5.3.2 Numerical solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
        5.4 Implications for specific models . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
        CONTENTS vii
        5.4.1 Sneutrino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
        5.4.2 Higgsino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
        5.4.3 The ∆W ∼ XXHL/Λ model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
        5.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
        6 A specific model for asymmetric DM 101
        6.1 Sneutrinos as asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
        6.2 Big Bang Nucleosynthesis and neutrinos . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
        6.3 The model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
        6.3.1 Constraints from lepton flavour violation and BBN . . . . . . . 108
        6.4 Right-handed sneutrinos as ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
        6.4.1 Asymmetry from sphaleron processes and the ADM mass . . . . 109
        6.4.2 Constraints from oscillations, self and pair annihilation . . . . . 112
        6.4.3 ADM Detection: prospects and constraints . . . . . . . . . . . . 114
        6.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
        Conclusion 117
        Appendices 119
        A Relativistic degrees of freedom 121
        A.1 Energy Density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
        A.2 Pressure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
        A.3 Entropy density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
        A.4 Calculation of the effective degrees of freedom . . . . . . . . . . . . . . 123
        B Cross section for the neutralino annihilation to photons 127
        B.1 χ
        0

        0
        1 → γγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
        B.2 χ
        0

        0
        1 → Zγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
        Bibliography 131
        viii CONTENTS
        INTRODUCTION
        One of the current major puzzles of theoretical physics is the explanation of a nonluminous and yet unknown form of matter present throughout the Universe, called
        Dark Matter (DM). Although the evidence for its existence, originating from various
        gravitational effects, are so far only implicit observations, they are strong enough to
        consider with great certainty that more than about 80% of the total matter in the
        Universe is dark. Moreover, this evidence suggests that DM consists of non-baryonic,
        massive long-lived particles which interact only through gravity and weak interactions.
        None of the particles described by the Standard Model (SM) of particle physics do
        meet the required specifications to account for dark matter. Many models that extend
        the standard theory have been proposed, in an effort to incorporate particles with the
        desired characteristics.
        Among the numerous possibilities, supersymmetry seems to be quite appealing.
        Supersymmetry is a symmetry between bosons and fermions, introduced to solve theoretical problems of the Standard Model. In most cases, supersymmetric extensions
        of the Standard Model also conserve a discrete symmetry, the R-parity, in order to
        conform with particle physics phenomenology, especially the non-observation of the
        proton decay. A new possibility appeared in this class of models: one of the new particles is stable and neutral and, in principle, it is possible to be a viable DM candidate
        with the observed abundance.
        Many experiments are running around the world, aiming either at the direct detection of DM particles or at the detection of indirect signals coming from them. The
        latter originate from dark matter annihilation in regions of the Universe that it is expected to be more condensed. The results of these experiments constitute a test of the
        various theoretical models proposed to explain the DM problem.
        Another puzzling fact is the agreement of the values, at the level of order of magnitude, of the DM abundance and the abundance of baryonic matter. If this is not just
        a coincidence, these two forms of matter should have something in common. In order
        to explain this coincidence, the possibility that the DM particles carry a conserved
        quantum number related to baryon number has recently attracted a lot of attention.
        Then, it is in principle possible that the DM current abundance is the asymmetry
        x CONTENTS
        between DM particles and antiparticles, as it is in the case of baryons. The difference
        for the two densities comes simply from the difference in their masses.
        In the first part of the current dissertation we deal in general with particle Dark
        Matter. In Chapter 1 we review the DM physics. We give the evidence for the DM
        existence and explain why particle DM is more favorable among other possibilities. We
        also describe the common mechanism that determines the DM relic abundance and,
        finally, we examine the DM detection methods and present the current experimental
        status. In order to explain the DM, foremost, one needs a theory that describes
        successfully the known fundamental particles. In Chapter 2 we describe the theory
        that has been established during the last decades as the Standard Model of particle
        physics. In the same chapter, we also discuss the theoretical problems from which this
        model suffers and motivate the supersymmetric extensions of the SM.
        In the second part we examine the DM in the context of a specific supersymmetric
        model, the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM). There are
        good theoretical and phenomenological reasons to move from the minimal supersymmetric model to the NMSSM. These are described in Chapter 3. We also describe the
        Lagrangian of the model and the possible DM candidates this model provides, exploring the general DM characteristics and detection. In the subsequent Chapter 4, we
        attempt to explain in the NMSSM a possible indirect DM signal, a monochromatic
        photon excess, that may originate from DM annihilation.
        The last, third, part of the thesis is devoted to asymmetric DM. In Chapter 5
        we introduce the asymmetric DM and explore the conditions under which the DM
        current density is determined indeed by its asymmetry. We derive quite severe upper
        bounds on the DM particle-particle or antiparticle-antiparticle self-annihilation, which
        constrain the asymmetric DM models. Subsequently, we propose in Chapter 6 a specific
        asymmetric DM model, obtained by an extension of the NMSSM, which respects the
        self-annihilation bounds. We investigate, in the same chapter, the properties of the
        proposed DM and discuss possible bounds coming from collider physics, cosmology
        and DM detection experiments.
        Note: The original work of this thesis is included in the last three chapters (Ch. 4,
        5 and 6), which are based on the publications [1–3].
        INTRODUCTION
        La Matiere Noire (MN) est une forme inconnue de matiere non-lumineuse et r´epandue
        dans toute Univers. L’explication de la MN figure parmi les d´efis principales de la
        physique th´eorique. Bien que les ´evidences de son existence sont jusqu’`a maintenant
        que des observations implicites, d’origine d’une vari´et´e des effets gravitationnelles, ils
        sont assez robustes pour consid´erer avec grande certitude que la MN constitue plus
        que le 80% de la matiere totale de l’Univers. En plus, les ´evidences suggerent que la
        MN est constitu´ee par particules massifs, non-baryoniques, a vie longue, lesquels interagissent seulementa travers la gravit´e et des interactions faibles. Aucun des particules
        d´ecrites par le Mod`ele Standard (MS) de la physique des particules ne correspond pas
        aux sp´ecificit´es de la MN. Plusieurs mod`eles ont ´et´e propos´e en s’´etendant la th´eorie
        standard et ayant comme but d’inclure les particules pr´esentant les caract´eristiques
        d´esir´es.
        Parmi les plusieurs possibilit´es, la th´eorie de supersym´etrie semble ˆetre la plus attirante. La supersym´etrie est une sym´etrie entre les bosons et les fermions, introduite
        pour r´esoudre les problemes th´eoriques du MS. Dans la majorit´e de cas, les extensions supersym´etriques du MS conservent une sym´etrie discrete, la R-parit´e, afin de
        se conformer avec la ph´enom´enologie de la physique des particules, sp´ecialement en
        ce qui concerne l’absence d’observation de la d´esint´egration du proton. Une nouvelle
        possibilit´e a ´et´e apparue dans cette classe des mod`eles: un de nouveaux particules est
        stable et neutre et, en principe, il est possible d’ˆetre un candidat pour expliquer la
        MN, viable avec l’abondance observ´ee.
        Plusieurs exp´eriences sont effectu´ees au monde, ayant comme but soit la d´etection
        directe des particules de MN, soit la d´etection de signaux indirects d’origine des particules de MN. Les r´esultats de ces exp´eriences constituent un test des diff´erents mod`eles
        th´eoriques qui proposent et qui expliquent le probl`eme de la MN.
        Un autre probl`eme est l’accord au niveau de l’ordre de magnitude entre les valeurs
        d’abondance de MN et de l’abondance de mati`ere baryonique. S’il s’agit pas d’une
        co¨ıncidence, ces deux formes de mati`eres devraient avoir quelque chose en commun.
        En cons´equence, afin d’expliquer cette co¨ıncidence, la possibilit´e que les particules de
        MN portent un nombre quantique qui est conserv´e en relation avec le nombre bary-
        xii CONTENTS
        onique a r´ecemment attir´e beaucoup d’attention. Il est donc possible que l’abondance
        actuelle de MN est expliqu´ee par l’asym´etrie entre les particules de MN et les antiparticules, comme c’est le cas pour les baryons. La diff´erence entre les deux densit´es vient
        simplement par la diff´erence entre les masses.
        Dans la premiere partie de cette these nous traitons de mani`ere g´en´erale les particules de la MN. Dans Chapitre 1 nous effectuons une r´evision de la physique de MN.
        Nous fournissons les preuves pour l’existence de la MN et nous expliquons pourquoi
        les particules de MN sont plus favorable parmi les autres possibilit´es. Nous d´ecrivons
        aussi le m´ecanisme commun qui d´etermine l’abondance de la MN et, filialement nous
        examinons les m´ethodes de d´etection de MN et pr´esentons l’´etat de l’art actuel des
        exp´eriences. Afin d’expliquer la MN, il faut utiliser la th´eorie qui d´ecrit en succ`es les
        particules fondamentales d´ej`a connus. Dans le Chapitre 2 nous d´ecrivons la th´eorie
        qui a ´et´e ´etablie dans les derniers d´ecennies selon le MS de la physique des particules.
        Dans le mˆeme chapitre, nous discutons aussi les probl`emes th´eoriques du MS et ceux
        qui motivent les extensions supersym´etriques du MS.
        Dans la deuxieme partie, nous examinons la MN, dans le contexte d’un modele sp´ecifique de supersym´etre, le Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM).
        Il y a des bonnes raisons th´eoriques ainsi que ph´enom´enologiques pour passer du mod`ele
        supersym´etrique minimal au NMSSM. Ces raisons sont d´ecrites dans le Chapitre 3.
        Nous d´ecrivons aussi le Lagrangien du modele ainsi que les particules candidat possible de la MN que ce modele nous offre, en explorant les caract´eristiques g´en´erales de la
        MN. Au prochain Chapitre 4, nous tentons `a expliquer dans NMSSM un signal de MN
        indirect, un exc`es de photons monochromatique, qui peuvent provenir de l’annihilation
        de la MN.
        La derniere partie de cette these est d´evou´ee aux asym´etries de la MN. Dans le
        Chapitre 5 nous introduisons la MN asym´etrique et nous explorons les conditions
        sous lesquels la densit´e actuelle de la MN est en effet d´etermin´ee par son asym´etrie.
        Nous trouvons des limites sup´erieures assez s´ev`eres sur l’auto-annihilation de particuleparticule ou de antiparticule-antiparticule. En plus, nous proposons dans Chapitre 6 un
        mod`ele d’asym´etrie sp´ecifique de MN, obtenu par l’extension de NMSSM, qui respect
        l’auto annihilation des limites. Nous investiguons, dans le mˆeme chapitre, les propri´et´es
        de la MN telles que propos´ees et nous discutons les limites possibles de l’origine de
        physique des collisionneurs, de la cosmologie et des exp´eriences de d´etection de la MN.
        Note: Le travail original de cette th`ese est inclue dans les derniers trois chapitres
        (Ch. 4, 5 et 6), lesquels sont bas´es sur des publications [1–3].
        Part I
        Particle Dark Matter

        CHAPTER 1
        DARK MATTER
        The latest results from the Linear Hadron Collider (LHC) and the Planck satellite offered an amazing verification of the Standard Models of both Particle Physics (henceforth, denoted just as SM) and Cosmology. The discovery of the Higgs boson completed
        the detection of all particles predicted by the SM and put an end to any potential
        doubts about it. On the other hand, the Cosmic Microwave Background radiation
        observed by Planck is consistent in high precision with the standard cosmology. But
        at the same time, Planck confirmed once more the fact that the total matter of the
        Universe is dominated by one yet unknown form of matter, the so-called Dark Matter
        (DM). The nature of DM constitutes one of the major puzzles of the theoretical physics
        today.
        The story of DM is not new. In 1970s, it was realized that the measured rotational
        velocity of isolated stars or gas clouds in the outer parts of galaxies was not as one
        should expect from the gravitational attraction of the known matter. This fact brought
        back to light an old idea about a non-luminous form of matter and forced to take it
        seriously. It was back in 1933 that Zwicky [4,5] observed that the mass of the luminous
        matter (stars, gas etc.) in the Coma system, a cluster of about one thousand galaxies,
        was not adequate to explain the motion of cluster member galaxies. The idea, however,
        of a non-luminous form of matter preexisted [6] and it was actually used one year earlier
        by Oort [7] to explain his observations, which nevertheless proved erroneous. However,
        today, the existence of this non-luminous, dark matter is considered unquestionable
        due to various kinds of evidence, many of them independent of the others. It is almost
        certain nowadays that DM does not only cluster with stellar matter forming the galactic
        halos, but it also exists as a background throughout the entire Universe.
        The evidence for the DM will be the subject of the next but one section (Sec.
        1.2). Meanwhile, we have to give a brief review of the standard cosmological model.
        In Sec. 1.3 we discuss the possible DM candidates and the reason that a particle DM
        is most favorable. Subsequently, in Sec. 1.4 we review the standard mechanism that
        determines the density of the DM particles, a quantity that has been calculated quite
        accurately by astrophysical observations. We finish this chapter by describing, in the
        4 Dark Matter
        last two sections 1.5 and 1.6, the detection methods of particle DM and the current
        experimental status.
        1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model
        In this section we are going to review the standard cosmological model based on the Big
        Bang theory and on general relativity. However, it is not going to be an introduction to
        the general theory of relativity, but rather a very brief review of notions and formulas
        that we need for the description of DM.
        A basic characteristic of the standard cosmological model is the evidence that the
        universe is expanding. The expansion was discovered at the late 1920’s [8] by observing
        the spectra of distant galaxies. A local observer that detects light from a distant object
        sees a redshift z in the frequency, which corresponds to the motion of the object away
        from the observer due to the Doppler effect. All of the observed galaxy spectra up
        to the present time (except of few coming from very nearby galaxies) are red-shifted,
        a fact stressing the universality of the expansion. The redshift z can be written in
        power series in terms of the luminosity distance dL ≡

        L
        4πF
        1/2
        (where L is the object’s
        luminosity and F the measured flux) as
        z = H0dL +
        1
        2
        (q0 − 1) (H0dL)
        2
        , (1.1)
        where H0 is the present expansion rate of the Universe, known as the Hubble constant
        and q0 is a parameter that represents the deviation from the linear Hubble law and
        measures the deceleration of the Universe. Usually, the Hubble parameter is taken to
        be
        H0 = 100h km s−1 Mpc−1
        , (1.2)
        with the numerical uncertainties moved to the dimensionless parameter h, which takes
        the value h = 0.673 ± 0.012 [9].
        The expansion of the Universe may originate naturally from an isotropic and homogeneous cosmological model based on general relativity. Although Einstein imposed
        these two assumptions without any observational evidence, today they are general
        thought as undeniable. The best evidence for isotropy comes from the observation of
        the Cosmic Microwave Background (CMB) radiation, which exhibits a temperature
        uniformity. Testing the homogeneity of the Universe is not so straightforward, but
        sky surveys have confirmed it with large accuracy [10]. The validity of these assumptions form the modern cosmological principle, which reflects the fact that all spatial
        positions in the Universe are essentially equivalent.
        Isotropy and homogeneity are playing an essential role, since they allow the description of the space-time of the Universe in terms of only two parameters denoted
        by R(t) and k, accounting, respectively, for its overall expansion (or contraction) and
        its spatial curvature. The most general expression for a space-time metric, known as
        Friedmann-Robertson-Walker or FRW metric, can be written as (see, for example, [11])
        ds
        2 = dt
        2 − R(t)

        dr
        2
        1 − kr2
        + r
        2


        2 + sin2
        θdφ
        2

        , (1.
        1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model 5
        where as usual r, θ, φ and t are the spherical and time coordinates, respectively. The
        curvature constant k takes only the discrete values +1, 0, −1, corresponding to closed,
        (spatially) flat and open geometries. R(t) is the cosmological scale factor and determines proper distances in terms of the comoving coordinates. Usually, it is convenient
        to define a dimensionless scale factor a(t) ≡
        R(t)
        R0
        , where R0 is the present-day value of
        R. The Hubble parameter can be defined through the scale factor as
        H(t) ≡
        R˙(t)
        R(t)
        =
        a˙(t)
        a(t)
        . (1.4)
        We can use the metric (1.3) in order to show that the cosmological redshift is a
        direct consequence of the Hubble expansion. The redshift is defined as
        z =
        f1 − f2
        f2
        , (1.5)
        with f1 the frequency of the emitted light and f2 the frequency of the observed light.
        For scales smaller than cosmological, so that the expansion velocity v12 (corresponding
        to the velocity with which the distant object moves away from the observer) is not
        relativistic, the redshift is approximated as z ≃
        v12
        c
        . Using the metric (1.3) for a light
        signal (ds
        2 = 0), we eventually arrive at the simple relation 1 + z =
        R2
        R1
        between the
        redshift z and the scale factor R.
        The evolution of the Universe can be described by two rather simple equations,
        known as Friedmann–Lemaˆıtre equations. Assuming the matter content of the Universe
        as a perfect fluid, the energy–momentum tensor is written as
        Tµν = −pgµν + (p + ρ)uµuν, (1.6)
        where gµν is the metric tensor related to the metric (1.3), p the isotropic pressure, ρ
        the energy density and u = (1, 0, 0, 0) the velocity vector for the isotropic fluid in
        comoving coordinates. The Einstein’s equations lead to the following expressions:
        H
        2 =

        3
        GN ρ −
        k
        R2
        +
        Λ
        3
        (1.7)
        and

        R
        = −

        3
        GN (ρ + 3p) + Λ
        3
        , (1.8)
        where GN is the gravitational constant and Λ the cosmological constant, which can be
        interpreted to correspond to the energy of the vacuum. (The first of these equations
        is often called the Friedmann equation.) The energy–momentum conservation leads to
        a third equation:
        ρ˙ = −3H(p + ρ). (1.9)
        Examining (1.7), we see that in the absence of a cosmological constant (Λ = 0), the
        expansion or contraction of the Universe is determined solely by the value of k. For
        k = +1 it will recollapse, while it is going to expand indefinitely if k = 0 or k = −1.
        6 Dark Matter
        This way, one can define the following expression that gives the critical density, such
        that k = 0 (when Λ = 0)
        ρC ≡
        3H2
        8πGN
        . (1.10)
        Finally, the cosmological density parameter Ωtot is defined as the energy density relative
        to its critical value
        Ωtot ≡
        ρ
        ρC
        . (1.11)
        The Friedmann equation can be rewritten in terms of the density parameter as k
        R2 =
        H2
        (Ωtot − 1). It is often useful to distinguish the origin of the contribution to the total
        density. In this sense,
        Ωtot = Ωmat + Ωrad + ΩΛ, (1.12)
        where Ωmat is the contribution from pressureless matter, Ωrad comes from relativistic
        particles (radiation) and ΩΛ is due to the cosmological constant. The matter density is
        further divided to the contribution from baryonic matter (Ωb) and from (non-baryonic)
        DM (ΩDM).
        It is important to note that much of the history of the Universe can be described
        by assuming that either matter or radiation dominates the total energy density. By
        defining the parameter w =
        p
        ρ
        , Eq. (1.9) is written in terms of w as ˙ρ = −3(1 + w)ρ

        R
        .
        After integration, it gives
        ρ ∝ R
        −3(1+w)
        . (1.13)
        In the radiation dominated era of the Universe w = 1/3, while during matter domination w = 0, so that ρ ∝ R−4
        (radiation dominated) and ρ ∝ R−3
        (matter dominated),
        respectively.
        1.2 Evidence of DM
        1.2.1 Galactic rotation velocities
        As it was mentioned before, the first strong evidence for the existence of DM were
        the galactic rotation velocities [12]. The mass distribution of a spiral galaxy can be
        approximated as spherical or ellipsoidal. Applying the Newton’s law, which is sufficient
        for such large distances, we can see that at a distance r from the galactic center the
        rotation velocity obeys the equation v
        2
        r =
        GNM(r)
        r
        2
        , where M(r) is the mass distribution
        in the galaxy. Taking r much larger than the radius of the luminous mass, so that
        M(r) corresponds to the total galactic mass, Newton’s law implies that v ∝ 1/

        r.
        However, galaxy observations based on the Doppler effect show that the velocity rises
        with r towards a constant value vconst ≃ 100 − 200 km s−1
        . The first galaxy in which
        this behavior observed was Messier 33, a spiral galaxy about 3 million light years (ly)
        away. Its rotation curve can be seen in Fig. 1.1 (left). Along with the observed curve,
        the expected rotation velocity due to the luminous mass has also been plotted. The
        same phenomenon has already been observed for a plethora of galaxies, including our
        galaxy [13] (see Fig. 1.1 – right).
        1.2.2 Gravitational lensing 7
        Figure 1.1: Left: The rotation curve for the M33 dwarf galaxy, superimposed on its
        optical image, as observed by starlight and 21 cm hydrogen spectrum lines, and the
        expected rotation curve due to the luminous amount of mass. From [14,15]. Right: The
        rotation velocities for the Milky Way, the NGC 4258 and M31 galaxies as a function
        of the distance from the galactic center. From [13].
        Returning to the Newton’s law, we can easily check that the aforementioned disagreement would have been resolved, if the mass distribution was growing linearly with
        r, M(r) ∝ r. Actually, a self-gravitating ball of an ideal gas at a uniform temperature
        kT =
        1
        2mXvconst, with mX the mass of the particles that constitute the gas and vconst
        the asymptotic value of the rotation velocity, would have exactly this mass profile [16].
        Therefore, a simple solution to the missing mass problem is the assumption that the
        disk galaxies are immersed in extended DM halos. Current analyses of rotation curves
        imply that Ωmat ≃ 0.1 (see [17] for a review), while observations of the luminous matter
        constrain its density to only Ωlum <∼ 0.01. Hence, about 90% of the total mass of the
        galaxies is dark.
        1.2.2 Gravitational lensing
        Since DM interacts gravitationally, its mass warps the space-time causing the distortion
        of a passing beam of light. Hence, although dark, the presence of DM should be visible
        through the “bending” of the light coming from behind sources. This fact is used in the
        so-called gravitational lensing: large clusters of galaxies can be used as astrophysical
        lenses that bend and magnify the light coming from galaxies far behind them. The
        distorted picture can give an estimate for the mass distribution of the lens. Since
        lensing does not rely on the dynamics of the observed systems, it is a completely
        independent method of predicting the DM density.
        In contrast to optical lenses, a gravitational lens has no single focal point, but
        instead a focal line. The maximum bending occurs closest to the center of the lens,
        and the minimum furthest from it. In the ideal case that the light source (a distant
        galaxy), the lens (the cluster of galaxies) and the telescope lie in a straight line, the
        source galaxy would appear as a ring around the lensing object. In fact, partially
        because of a misalignment of the three objects, but also due to the complex mass
        8 Dark Matter
        Figure 1.2: Left: Abell 1689 acting as gravitational lens that bends and magnifies the
        light of the galaxies located far behind it. Some of the faintest objects in the picture
        are probably over 13 billion light-years away (redshift value 6). This color image is a
        composite of visible-light and near-infrared exposures taken by the Hubble telescope in
        June 2002. According to NASA, it reveals 10 times more arcs than would be seen by
        a ground-based telescope. Courtesy of the Space Telescope Science Institute (STScI).
        Right: A masked region of Abell 1689. Cluster members were selected using color
        information and then masked over, so that these regions do not affect the surface
        density estimate of background sources. The background galaxies are also shown as
        open circles. Superimposed are the concentric bins used to calculate the radial profile,
        centered on the peak in the light distribution. From [18].
        distribution of the lensing cluster, the source resembles partial arcs scattered around
        the lens. Fig. 1.2 is an example of the arcs formed as the light of distant galaxies passed
        through the cluster Abell 1689, one of the most massive known galaxy clusters, acting
        as a 2-million-light-year-wide lens in space.
        In many cases, the distortion of the light of background sources is too weak to
        form arcs and can be detected only by analyzing a large number of sources and using
        statistical methods. This kind of lensing is known as weak lensing. The lensing shows
        up statistically as a preferred stretching of the distant objects perpendicular to the
        direction towards the center of the lens. By measuring the shapes and orientations of
        large numbers of distant galaxies, their orientations can be averaged to measure the
        shear of the lensing field in any region. For a population of unlensed galaxies, the shear
        pattern should be, on average, randomly distributed. In the presence of lensing, the
        shear field is polarized and, since it is related non-locally to the surface mass density,
        it can be used to estimate the mass distribution.
        Perhaps the most compelling evidence for DM came applying these weak lensing
        techniques on the colliding system of Bullet cluster [19,20]. The Bullet cluster consists
        of two primary galaxy concentrations, a less massive subcluster that is currently moving
        away from a more massive main cluster. The X-ray image reveals the relative motion
        1.2.3 CMB radiation 9
        Figure 1.3: The left panel is a color image from the Magellan images of the merging
        Bullet cluster, with the white bar indicating 200 kpc at the distance of the cluster. The
        right panel is an X-ray Chandra image of the same cluster. The contours represent
        the weak lensing mass reconstruction. The separation between the location of the
        luminous interacting X-ray halo and the location of gravitating matter can be clearly
        seen. From [20].
        of the two systems. Comparing with the line-of-sight velocity differences of the two
        components, it can be deduced that the two cores passed through each other about
        100 million years ago and that the merger is occurring in the plane of the sky.
        The cluster observation reveals that its mass is partially made of baryons observable
        in optical and infrared data, but it is dominated by baryons observable in X-rays.
        During the merger, the galaxies, which correspond to the small amount of optical
        baryons, remain collisionless, while the X-ray halo is affected by ram pressure. The
        mass distribution of the system was reconstructed by means of weak lensing. In the
        absence of DM, one should expect that the reconstructed mass distribution would
        exhibit a primary peak coincident with the dominant X-ray gas, which is spatially
        offset from the galaxy distribution (right panel of Fig. 1.3). However, as it can be seen
        in the left panel of Fig. 1.3, the mass maps created from weak lensing have the primary
        mass peaks in good spatial agreement with the galaxies.
        The analysis performed in [20] is in agreement with the other astrophysical observations: only 12% of the total mass of the cluster is due to baryons (from which
        1% is visible in optical spectrum and the rest is the X-ray halo) and 88% is the DM.
        Combining all the astrophysical bounds, one can make a rough estimation for the DM
        density, which lies on the range
        0.1 <∼ Ω
        astr
        DM h
        2 <∼ 0.3. (1.14)
        1.2.3 CMB radiation
        The most precise prediction of the DM density is coming, however, from analyses of
        the Cosmic Microwave Background (CMB) spectrum. The most recent observation
        of CMB by the Planck satellite (which improved previous results [21, 22] by WMAP)
        10 Dark Matter
        constrained the DM density in the interval [9]
        ΩDMh
        2 = 0.1199 ± 0.0027. (1.15)
        This result plays a key role for testing possible DM candidates and we are going to use
        it many times throughout this work. In the following, we will describe how DM affects
        the CMB spectrum. Once again, the detailed analysis leading to the above calculation
        is complicated and goes well beyond the scope of this thesis. We will rather try to
        give a qualitative picture of the relation among DM and the shape of the observed
        spectrum.
        The CMB that we observe today consists of photons that have started a free travel
        through space since their last scattering with matter, early in the history of the Universe (see, for example, [23,24]). Even earlier, while the Universe was made up from a
        very hot interacting plasma of photons, electrons and baryons, the large temperature
        of photons was preventing the electrons to combine with protons to form hydrogen
        atoms. As the Universe was expanding, the photon temperature was decreasing, and
        at some point the formation of atoms was possible. This corresponds to the recombination epoch of the Universe. After then, the photons no longer interacted with the
        neutral plasma and their free propagation started, with a temperature that is redshifting following the expansion of the Universe. The value of this temperature today is
        ∼ 2.73 K [25].
        Although the CMB radiation is highly isotropic1
        , small anisotropies appear if one
        concentrates on smaller scales, which correspond to smaller angles in the sky, later led
        to structure formation in the Universe. In order to study these anisotropies (see for
        example [26,27]), the temperature, which is a function of the polar coordinates defining
        the direction on the sky, is expanded in spherical harmonics:
        T(θ, φ) = X
        l,|m|≤l
        almYlm(θ, φ). (1.16)
        The coefficients alm describe temperature variations on angular scales l ∼ π/∆θ.
        The l = 0 term is the isotropic temperature, while l = 1 is the dipole anisotropy
        corresponding to the motion of the solar system. The variance of the temperature
        h∆T
        2
        i ≡ h(T − hTi)
        2
        i is written, using the orthogonality of the spherical harmonics,
        as
        h∆T
        2
        i =
        1

        X
        l>1
        (2l + 1)Cl
        , (1.17)
        where we Cl ≡ h|alm|
        2
        im is the average of the coefficients alm over m. The quantity
        D
        2
        l ≡
        l(l + 1)

        Cl (1.18)
        gives the contribution to the temperature fluctuations per interval of ln l. The CMB
        power spectrum – the plot of Dl versus l – as observed by the Planck satellite is shown
        in Fig. 1.4.
        1About 1 part in 100, 000, after subtracting the uninteresting dipole anisotropy, which is due to
        the Doppler effect caused by the solar system’s motion.
        1.2.3 CMB radiation 11
        2 50 500 1000 1500 2000 2500

        102
        103
        104
        Dℓ

        K
        2
        ]
        lensed CMB
        30 to 353
        70
        100
        143
        143×217
        217
        353×143
        Figure 1.4: The Planck power spectra. The dashed line indicates the best-fit Planck
        spectrum. From [28].
        We are ready to reach the main point of this section, to wit, how these anisotropies
        were generated and, eventually, why the existence of DM is necessary to explain the
        observed spectrum. To do so, we have to go back once again to the study of the
        early Universe. Before recombination, the CMB photons and the baryons acted as
        a nearly perfect fluid. Gravitational potential wells, caused by random fluctuations,
        had been stretched to cosmic scales during inflation. The photon-baryon fluid was
        under the influence of this potential. While gravity was compressing the fluid, its
        radiation pressure was resisting, resulting in acoustic oscillations. The sound waves
        were changing the photon temperature; it was rising during compression and it was
        falling during rarefaction. The oscillations stopped at recombination as the photons
        were released from the fluid, and what we observe today is actually a frozen picture
        of this procedure. The peaks are caused by modes that have reached extrema of
        compression and rarefaction at the time of last scattering. The first peak corresponds
        to modes that have had enough time to oscillate through exactly one half of a period
        before last scattering, the second peak is caused by modes oscillated through a full
        period (half the wavelength of the first mode), and so on.
        Much information can be deduced from the CMB power spectrum. For example,
        without entering into the details, the position of the first peak is related to the spatially
        geometry of the Universe, whereas the relative height of the second peak, compared to
        the first one, is related to the baryonic density [29]. Here, we will focus on the effect
        of DM on the power spectrum.
        We start without assuming a priori the existence of DM. When radiation dominated
        over matter, the density fluctuation stabilizes as the radiation pressure prevents further
        compression, causing the decay of the gravitational potential. Since the potential well
        lowers after the compression, the amplitude of the rarefaction will be larger. We note
        that modes with smaller wavelength (higher multipoles) started oscillating first, so that
        12 Dark Matter
        it is expected that each even peak would be higher than the successive odd peak. In the
        presence of a collisionless cold (non-relativistic) fluid, the density fluctuation remains
        after the compression and the gravitational potential does not decay. Therefore, in the
        presence of (cold) DM, the third peak is expected to be comparable or higher than the
        second one2
        . Indeed, this is the case of the observed CMB power spectrum (Fig. 1.4).
        In practice, the effect of the various phenomena determining the shape of the power
        spectrum is more complicated than the above simplified qualitative analysis. One has
        to apply statistical methods in order to fit a cosmological model to the observed CMB
        spectrum. The best fit to the power spectrum as observed by Planck [9] is a flat
        ΛCDM model3
        , with baryonic density Ωbh
        2 = 0.02205 ± 0.00028, dark matter density
        ΩDMh
        2 = 0.1199±0.0027 and energy density of the cosmological constant (dark energy
        density) ΩΛ = 0.685+0.018
        −0.016.
        1.2.4 Other evidence
        The clues for the existence of DM are not limited to the three aforesaid phenomena. For
        example, sky surveys of Baryon Acoustic Oscillations (BAO) – periodic fluctuations
        of the baryonic density caused by acoustic oscillations in the early Universe – are
        consistent with the results extracted by the CMB spectrum. The velocity dispersion of
        galaxies in galactic clusters indicate a large mass-to-light ratio, giving another evidence
        for DM. Furthermore, numerical simulations require a significant amount of cold DM
        in order to reproduce the large scale structure of the Universe.
        1.3 Particle DM
        Before we proceed to possible DM candidates, we have to refer to an attempt for
        an alternative explanation of the above phenomena, without the introduction of DM.
        Mainly in order to explain the anomalous galactic rotation curves, Milgrom proposed
        in 1983 [31] a modified version of Newton’s law in galactic scales. This theory is known
        as Modified Newtonian Dynamics (MoND) and it has gained a lot of attention since
        then (see, for example, [32] for a review). However, MoND seem insufficient to account
        for the necessity of DM at scales larger than the galactic ones [17,33,34]. Furthermore,
        weak lensing of the Bullet cluster disfavors these theories [19], since in the case of
        MoND the X-ray gas would be the dominant component of the total mass and the
        separation indicated in Fig. 1.3 (right panel) would not have been observed.
        One of the first possibilities examined for DM candidates were astrophysical objects
        that may count for DM. These were collectively called MAssive Compact Halo Objects
        (MACHOs) and such examples are brown or white dwarfs, neutron stars and stellar
        black hole remnants. These objects contribute to the density of baryonic DM. However,
        Big Bang nucleosynthesis and the CMB have set a limit on this density, which is
        also confirmed by the observation of MACHOs in the Milky Way halo through their
        2The higher multipoles are affected by a damping effect [30].
        3The standard cosmological model with a cosmological constant Λ and Cold Dark Matter.
        1.4 The Standard Thermal Mechanism 13
        gravitational lensing effect. This limit is far below the required value in order to fit
        the DM observations. As a consequence, non-baryonic DM is a necessary ingredient of
        the Universe.
        Since the astrophysical objects are not adequate to count for the main component
        of DM, the attention has focused on possible particles that can play the role of this
        non-luminous matter. The only known particle that fits the criteria for DM is the
        neutrino. Although neutrinos are massless in the SM of particle physics, oscillations
        among their various flavors suggest a small but non-zero mass. However, a universe
        dominated by particles with such small mass would form large structures first, with
        the small structures forming later by fragmentation of the larger objects. This time
        scale, in which the galaxies form last and quite recently, seems incompatible with our
        current view of galactic evolution.
        Nevertheless, extensions of the SM, essential to solve some of its theoretical drawbacks, provide particles that can, in principle, successfully solve the DM problem. In
        the next section, we will see that favorable candidates are Weakly Interacting Massive
        Particles (WIMPs). Supersymmetric theories that respect a discrete symmetry, the Rparity, provide a very promising WIMP, the neutralino. We will not extend here, since
        we are going to discuss neutralinos in more detail in the following chapters. However,
        WIMPs are also predicted by other, non-supersymmetric theories, such as models with
        TeV scale extra dimensions.
        For completeness, we will finish this section by just mentioning the axions, although
        we will not deal with them in the rest of this thesis. Axions are neutral scalar hypothetical particles associated with the spontaneous breaking of the global U(1) Peccei-Quinn
        symmetry [35, 36], introduced to dynamically solve the strong CP problem. Their
        very small coupling to ordinary matter gives a large lifetime to axions, larger than
        the age of the Universe. Axions were never in thermal equilibrium and were always
        non-relativistic. These characteristics allow them to be possible DM candidates.
        1.4 The Standard Thermal Mechanism
        1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs
        We shall discuss subsequently the mechanism that is widely considered responsible for
        the current DM density, in case of particle DM, as well as the requirements in order
        to fit this density to the observed value. We will also see why WIMPs are favorable
        DM candidates. This subsection will remain descriptive; a more detailed analysis will
        follow.
        We assume a particle X with mass mX that is neutral and stable. X would be
        the DM particle for this analysis. Early in the history of the Universe, when its
        temperature was much larger than the particle’s mass (T ≫ mX), Xs were abundant
        with a density comparable with the photon’s density. Due to pair annihilations with
        their antiparticles, they were rapidly converting to lighter particles and vice versa.
        The annihilations were in equilibrium, without affecting the density of the X particles.
        Shortly after T drops below the mass mX, the number density of X started to drop
        14 Dark Matter
        very fast, since lighter particles do not have enough energy anymore to produce X
        particles and pair annihilation continued to destroy them. The equilibrium particle
        density is given by
        n
        eq
        X =
        g
        (2π
        3
        )
        Z
        f(~p) d3
        ~p, (1.19)
        where g is the number of internal (spin) degrees of freedom of the particle and f(~p) is
        the Bose-Einstein or the Fermi-Dirac distribution function in terms of the momentum
        ~p. We will see4
        that Eq. (1.19) gives (after integration) n
        eq
        X ∝ T
        3
        , for T ≫ mX,
        whereas for T ≪ mX the particle density is Boltzmann (exponentially) suppressed
        with n
        eq
        X ∝ e
        −mX/T
        .
        As the Universe is expanding and the X particle density decreases, the pair annihilations of X particles become more rare, until they eventually stop when their rate
        Γ drops below the expansion rate, Γ <∼ H. The rate of a pair annihilation Γ is proportional to the density of the annihilating particles, more precisely Γ = nhσvi, where hσvi
        is the thermal average of the annihilation cross section σ times the particles relative
        velocity v (we will return to this in more detail in the following subsection). At the
        point where the Xs cease to annihilate, they fall out of equilibrium with the thermal
        plasma and what remains is their relic cosmological abundance, almost constant since
        then. It is customary to say that the DM density froze-out and call the temperature
        where this occurred the freeze-out temperature, henceforth Tf o.
        We can use the freeze-out condition Γ ≃ H to approximate the DM relic density in
        terms of the thermal averaged annihilation cross section (we reproduce the calculation
        performed originally in [37]). For this purpose, we will need the expressions for the
        energy and entropy density, which are defined in the App. A and which we rewrite here
        ρ(T) = π
        2
        30
        geff(T) T
        4
        (1.20)
        and
        s(T) = 2π
        2
        45
        heff(T) T
        3
        . (1.21)
        We recall (see App. A, for more details) that geff and heff are effective relativistic degrees
        of freedom. Assuming that there is no significant entropy production since the freezeout, the entropy per comoving volume remains constant, so that the ratio nX/s remains
        also constant (since the freeze-out). Hence, the present-day DM particle density is given
        by nX0 = s0

        nX
        s

        f o, with s0 ≃ 4 · 103
        cm−3
        the current entropy density. Therefore, we
        have to compute the ratio nX/s during freeze-out.
        The early Universe is radiation dominated, hence Eq. (1.2) reads, after replacing
        the energy density by Eq. (1.20), as H =

        3

        5GN g
        1/2
        eff T
        2
        . The freeze-out condition
        4Number densities will be discussed again much later in this thesis, in Sec. 5.1, in the presence of
        chemical potentials
        1.4.2 The Boltzmann equation 15
        gives, then,
        nX
        s

        f o =
        45


        5GN
        g
        1/2
        eff
        heff
        (Tf ohσvi)
        −1
        , which evaluates5
        to
        nX
        s

        f o
        ≃ 7 · 10−9 GeV
        mX
        10−27 cm3
        s
        −1
        hσvi
        . (1.22)
        We remind that ΩX ≡
        ρX
        ρc
        =
        m
        ρc

        nX
        s

        f o s0, where the critical density today is ρc =
        10−5h
        2 GeV cm−3
        , so that, finally, the relic density is
        ΩXh
        2 ≃
        3 · 10−27 cm3
        s
        −1
        hσvi
        , (1.23)
        independently of the DM mass mX.
        In order to reproduce the observed relic density (1.15), the annihilation cross section
        during the freeze-out has to be
        hσvith ≃ 3 · 10−26 cm3
        s
        −1
        . (1.24)
        This quantity is known as thermal cross section. The scale of this value is remarkably
        close to the cross section of weakly interacting particles, which can be estimated to be
        hσweakvi ∼ α
        2
        m2
        W
        ∼ 10−25 cm3
        s
        −1
        , with α a generic weak coupling. This fact established
        the WIMPs as the most favorable DM candidates.
        1.4.2 The Boltzmann equation6
        Although a weakly interacting particle has, in principle, the correct order of magnitude
        of the annihilation cross section for the correct order of relic density, in practice, the
        final result may vary over many orders of magnitude. This is the reason that a more
        detailed analysis is required in order to be able to calculate the precise value of the
        DM relic density.
        The density of a species is governed by the Boltzmann equation, which can be
        written in compact operator form as
        L[f] = C[f], (1.25)
        with L and C the Liouville and collision operators, respectively. f = f(~p, ~x) is the
        phase-space density, which is, in general, a function of the momentum and space-time
        coordinates and it is defined as
        f =
        (2π)
        3
        g
        dN
        d
        3p d
        3x
        , (1.26)
        with N the number of particles. It is normalized in such a way that f = 1 corresponds
        to the maximum phase-space density allowed by the Pauli principle for a fermion. In
        5
        In this evaluation, we have used the expected relation between the freeze-out temperature and
        the mass mX of the particle, Tfo ∼
        mX
        20 . However, we notice that the exact value of the denominator
        depends on the annihilation cross section.
        6
        In this part, we follow part of the analysis performed in [38
        16 Dark Matter
        the special case of the spatially homogeneous and isotropic FRW cosmology, the phasespace density has the same symmetries and depends only on the particle energy E and
        the time t, i.e. f = f(E, t).
        The Liouville operator gives the net rate of change in time of f and the collision
        operator describes the number of particles per phase-space volume that are lost or
        gained per unit time due to collisions with other particles. The particle number density
        n =
        R
        dN
        d3x
        is given through (1.26) by the integral (1.19) of f(E, t) over all momenta and
        sum over all spin degrees of freedom. We will perform the same integral and sum in
        the Boltzmann equation (1.25), in order to write it in a more convenient form involving
        the particle densities.
        First, the Liouville term for f = f(E, T) is written as
        L[f] = ∂f
        ∂t − H
        |p|
        2
        E
        ∂f
        ∂E . (1.27)
        Integrating it and summing over all the spin degrees of freedom, it becomes
        g1
        Z
        L[f1]
        d
        3p1
        (2π
        3
        )
        =

        ∂t Z
        f1
        g1d
        3p1
        (2π)
        3
        − Hg1
        Z
        |p1|
        2
        E1
        4π|p1|
        2 dp1
        (2π
        3
        )
        = ˙n −
        Hg1
        (2π)
        3

        Z
        |p1|
        3
        ∂f1
        ∂E1
        dE1
        = ˙n + 3Hn,
        (1.28)
        where we have used Eq. (1.27) and (1.19), pdp = EdE and in the last step we have
        performed a partial integration.
        Now we turn to the collision term, which in integrated form and summed over spins
        is written, in the case of annihilation of two particles 1 and 2 to two others, 3 and 4,
        as
        g1
        Z
        C[f1]
        d
        3p1
        (2π)
        3
        =

        X
        spins

        f1f2(1 ± f3)(1 ± f4)|M12→34|
        2 − f3f4(1 ± f1)(1 ± f2)|M34→12|
        2

        · (2π)
        4
        δ
        4
        (p1 + p2 − p3 − p4)
        d
        3p1
        (2π)
        32E1
        d
        3p2
        (2π)
        32E2
        d
        3p3
        (2π)
        32E3
        d
        3p4
        (2π)
        32E4
        , (1.29)
        where the “+” sign applies for bosons and “−” for fermions. We assume that the
        annihilation products 3 and 4 go quickly into equilibrium with the thermal plasma, such
        that the density functions f3 and f4 in Eq. (1.29) can be replaced by the equilibrium
        densities f
        eq
        3
        and f
        eq
        4
        , respectively. Furthermore, the δ-function in the integral enforces
        E1 + E2 = E3 + E4 and, since f
        eq
        3
        f
        eq
        4 ∝ exp

        E3+E4
        T

        , the product f
        eq
        3
        f
        eq
        4
        is replaced
        by the corresponding product of the annihilating particle densities f
        eq
        1
        f
        eq
        2
        (principle of
        detailed balance). In order to simplify the expression (1.29), we will apply the unitarit
        1.4.2 The Boltzmann equation 17
        condition which yields
        X
        spins
        Z
        |M34→12|
        2
        (2π)
        4
        δ
        4
        (p1 + p2 − p3 − p4)
        d
        3p3
        (2π)
        32E3
        d
        3p4
        (2π)
        32E4
        =
        X
        spins
        Z
        |M12→34|
        2
        (2π)
        4
        δ
        4
        (p1 + p2 − p3 − p4)
        d
        3p3
        (2π)
        32E3
        d
        3p4
        (2π)
        32E4
        (1.30)
        and also the definition of the unpolarized cross section to write
        X
        spins
        Z
        |M12→34|
        2
        (2π)
        4
        δ
        4
        (p1 + p2 − p3 − p4)
        d
        3p3
        (2π)
        32E3
        d
        3p4
        (2π)
        32E4
        =
        4F g1g2 σ12→34, (1.31)
        where F ≡ [(p1 · p2)
        2 − m2
        1m2
        2
        ]
        1/2
        and the spin factors g1, g2 come from the average
        over initial spins. This way, the collision term (1.29) is written in a more compact form
        g1
        Z
        C[f1]
        d
        3p1
        (2π)
        3
        = −
        Z
        σvMøl (dn1dn2 − dn
        eq
        1 dn
        eq
        2
        ), (1.32)
        where σ =
        P
        (all f)
        σ12→f is the total annihilation cross section summed over all the
        possible final states and vMøl ≡
        F
        E1E2
        . The so called Møller velocity, vMøl, is defined in
        such a way that the product vMøln1n2 is invariant under Lorentz transformations and,
        in terms of particle velocities ~v1 and ~v2, it is given by the expression
        vMøl =
        h
        ~v2
        1 − ~v2
        2

        2
        − |~v1 × ~v2|
        2
        i1/2
        . (1.33)
        Due to symmetry considerations, the distributions in kinetic equilibrium are proportional to those in chemical equilibrium, with a proportionality factor independent of
        the momentum. Therefore, the collision term (1.32), both before and after decoupling,
        can be written in the form
        g1
        Z
        C[f1]
        d
        3p1
        (2π)
        3
        = −hσvMøli(n1n2 − n
        eq
        1 n
        eq
        2
        ), (1.34)
        where the thermal averaged total annihilation cross section times the Møller velocity
        has been defined by the expression
        hσvMøli =
        R
        σvMøldn
        eq
        1 dn
        eq
        2
        R
        dn
        eq
        1 dn
        eq
        2
        . (1.35)
        We will come back to the thermal averaged cross section in the next subsection.
        We are, now, able to write the full integrated Boltzmann equation, using the expressions (1.28), (1.34) that we have derived for the Liouville and the collision term,
        respectively. In the simplified but interesting case of identical particles 1 and 2, the
        Boltzmann equation is, finally, written as
        n˙ + 3Hn = −hσvMøli(n
        2 − n
        2
        eq). (1.36)
        18 Dark Matter
        However, instead of using n, it is more convenient to take the expansion of the universe
        into account and calculate the number density per comoving volume Y , which can be
        defined as the ratio of the number and entropy densities: Y ≡ n/s. The total entropy
        density S = R3
        s (R is the scale factor) remains constant, hence we can obtain a
        differential equation for Y by dividing (1.36) by S. Before we write the final form
        of the Boltzmann equation that it is used for the relic density calculations, we have
        to change the variable that parametrizes the comoving density. In practice, the time
        variable t is not convenient and the temperature of the Universe (actually the photon
        temperature, since the photons were the last particles that went out of equilibrium) is
        used instead. However, it proves even more useful to use as time variable the quantity
        defined by x ≡ m/T with m the DM mass, so that Eq. (1.36) transforms into
        dY
        dx
        =
        1
        3H
        ds
        dx
        hσvMøli

        Y
        2 − Y
        2
        eq
        . (1.37)
        Last, using the Hubble parameter (1.2) for a radiation dominated Universe and the
        expressions (1.20), (1.21) for the energy and entropy density, the Boltzmann equation
        is written in its final form
        dY
        dx
        = −
        r
        45GN
        π
        g
        1/2
        ∗ m
        x
        2
        hσvMøli

        Y
        2 − Y
        2
        eq
        , (1.38)
        where the effective degrees of freedom g
        1/2
        ∗ have been defined by
        g
        1/2
        ∗ ≡
        heff
        g
        1/2
        eff

        1 +
        1
        3
        T
        heff
        dheff
        dT

        . (1.39)
        The equilibrium density per comoving volume Yeq ≡ neq/s can be expressed as
        Yeq(x) = 45g

        4
        x
        2K2(x)
        heff(m/x)
        , (1.40)
        with K2 the modified Bessel function of second kind.
        1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section
        We are going to derive a simple formula that one can use to calculate the thermal
        average of the cross section times velocity, based again on the analysis of [38]. We will
        use the assumption that equilibrium functions follow the Maxwell-Boltzmann distribution, instead of the actual Bose-Einstein or Fermi-Dirac. This is a well established
        assumption if the freeze out occurs after T ≃ m/3 or for x >∼ 3, which is actually the
        case for WIMPs. Under this assumption, the expression (1.35) gives, in the cosmic
        comoving frame,
        hσvMøli =
        R
        vMøle
        −E1/T e
        −E2/T d
        3p1d
        3p2
        R
        e
        −E1/T e
        −E2/T d
        3p1d
        3p2
        . (1.4
        1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section 19
        The volume element can be written as d3p1d
        3p2 = 4πp1dE14πp2dE2
        1
        2
        cos θ, with θ the
        angle between ~p1 and ~p2. After changing the integration variables to E+, E−, s given
        by
        E+ = E1 + E2, E− = E1 − E2, s = 2m2 + 2E1E2 − 2p1p2 cos θ, (1.42)
        (with s = −(p1 − p2)
        2 one of the Mandelstam variables,) the volume element becomes
        d
        3p1d
        3p2 = 2π
        2E1E2dE+dE−ds and the initial integration region
        {E1 > m, E2 > m, | cos θ| ≤ 1i
        transforms into
        |E−| ≤
        1 −
        4m2
        s
        1/2
        (E
        2
        + − s)
        1/2
        , E+ ≥

        s, s ≥ 4m2
        . (1.43)
        After some algebraic calculations, it can be found that the quantity hσvMøliE1E2
        depends only on s, specifically vMølE1E2 =
        1
        2
        p
        s(s − 4m2
        ). Hence, the numerator of the expression (1.41), which after changing the integration variables reads

        2
        R
        dE+
        R
        dE−
        R
        dsσvMølE1E2e
        −E+/T , can be written, eventually, as
        Z
        vMøle
        −E1/T e
        −E2/T = 2π
        2
        Z ∞
        4m2
        dsσ(s − 4m2
        )
        Z
        dE+e
        −E+/T (E
        2
        + − s)
        1/2
        . (1.44)
        The integral over E+ can be written with the help of the modified Bessel function of
        the first kind K1 as √
        s T K1(

        s/T). The denominator of (1.41) can be treated in a
        similar way, so that the thermal average is, finally, given by the expression
        hσvMøli =
        1
        8m4TK2
        2
        (x)
        Z ∞
        4m2
        ds σ(s)(s − 4m2
        )

        s K1(

        s/T). (1.45)
        Eqs. (1.38)–(1.40) along with this last Eq. (1.45) are all we need in order to calculate
        the relic density of a WIMP, if its total annihilation cross section in terms of the
        Mandelstam variable s is known.
        In many cases, in order to avoid the numerical integration in Eq. (1.45), an approximation for hσvMøli can be used. The thermal average is expanded in powers of x
        −1
        (or, equivalently, in powers of the squared WIMP velocity):
        hσvMøli = a + bx−1 + . . . . (1.46)
        (The coefficient a corresponds to the s-wave contribution to the cross section, the
        coefficient b to the p-wave contribution, and so on.) This partial wave expansion gives
        a quite good approximation, provided there are no s-channel resonances and thresholds
        for the final states [39].
        In [40], it was shown that, after expanding the integrands of Eq. (1.41) in powers
        of x
        −1
        , all the integrations can be performed analytically. As we saw, the expression
        20 Dark Matter
        vMølE1E2 depends on momenta only through s. Therefore, one can form the Lorentz
        invariant quantity
        w(s) ≡ σ(s)vMølE1E2 =
        1
        2
        σ(s)
        p
        s(s − 4m2
        ). (1.47)
        The integration involves the Taylor expansion of this quantity w around s/4m2 = 1
        and the general formula for the partial wave expansion of the thermal average is [40]
        hσvMøli =
        1
        m2

        w −
        3
        2
        (2w − w

        )x
        −1 +
        3
        8
        (16w − 8w
        ′ + 5w
        ′′)x
        −2

        5
        16
        (30w − 15w
        ′ + 3w
        ′′ − 7x
        ′′′)x
        −3 + O(x
        −4
        )

        s/4m2=1
        , (1.48)
        where primes denote derivatives with respect to s/4m2 and all quantities have to be
        evaluated at s = 4m2
        .
        1.5 Direct Detection of DM
        Since the beginning of 1980s, it has been realized that besides the numerous facts showing evidence for the existence of these new dark particles, it is also possible to detect
        them directly. Already in 1985, two pioneering articles [41, 42] appeared, describing
        the detection methods for WIMPs. Since WIMPs are expected to cluster gravitationally together with ordinary stars in the Milky Way halo, they would pass also through
        Earth and, in principle, they can be detected through scattering with the nuclei in a
        detector’s material. In practice, one has to measure the recoil energy deposited by this
        scattering.
        However, although one can deduce from rotation curves that DM dominates the
        dark halo in the outer parts of our galaxy, it is not so obvious from direct measurements
        whether there is any substantial amount of DM inside the solar radius R0 ≃ 8 kpc.
        Using indirect methods (involving the determination of the gravitational potential,
        through the measuring of the kinematics of stars, both near the mid-plane of the
        galactic disk and at heights several times the disk thickness), it is almost certain
        that the DM is also present in the solar system, with a local density ρ0 = (0.3 ±
        0.1) GeV cm−3
        [43].
        This value for the local density implies that for a WIMP mass of order ∼ 100 GeV,
        the local number density is n0 ∼ 10−3
        cm−3
        . It is also expected that the WIMPs
        velocity is similar to the velocity with which the Sun orbits around the galactic center
        (v0 ≃ 220 km s−1
        ), since they are both moving under the same gravitational potential.
        These two quantities allow to estimate the order of magnitude of the incident flux
        of WIMPs on the Earth: J0 = n0v0 ∼ 105
        cm−2
        s
        −1
        . This value is manifestly large,
        but the very weak interactions of the DM particles with ordinary matter makes their
        detection a difficult, although in principle feasible, task. In order to compensate for
        the very low WIMP-nucleus scattering cross section, very large detectors are required.
        1.5.1 Elastic scattering event rate 21
        1.5.1 Elastic scattering event rate
        In the following, we will confine ourselves to the elastic scattering with nuclei. Although
        inelastic scattering of WIMPs off nuclei in a detector or off orbital electrons producing
        an excited state is possible, the event rate of these processes is quite suppressed. In
        contrast, during an elastic scattering the nucleus recoils as a whole.
        The direct detection experiments measure the number of events per day and per
        kilogram of the detector material, as a function of the amount of energy Q deposited
        in the detector. This event rate would be given by R = nWIMP nnuclei σv in a simplified
        model with WIMPs moving with a constant velocity v. The number density of WIMPs
        is nWIMP = ρ0/mX and the number density of nuclei is just the ratio of the detector’s
        mass over the nuclear mass mN .
        For accurate calculations, one should take into account that the WIMPs move in the
        halo not with a uniform velocity, but rather following a velocity distribution f(v). The
        Earth’s motion in the solar system should be included into this distribution function.
        The scattering cross section σ also depends on the velocity. Actually, the cross section
        can be parametrized by a nuclear form factor F(Q) as
        dσ =
        σ
        4m2
        r
        v
        2
        F
        2
        (Q)d|~q|
        2
        , (1.49)
        where |~q|
        2 = 2m2
        r
        v
        2
        (1 − cos θ) is the momentum transferred during the scattering,
        mr =
        mXmN
        mX+mN
        is the reduced mass of the WIMP – nucleus system and θ is the scattering
        angle in the center of momentum frame. Therefore, one can write a general expression
        for the differential event rate per unit detector mass as
        dR =
        ρ0
        mX
        1
        mN
        σF2
        (Q)d|~q|
        2
        4m2
        r
        v
        2
        vf(v)dv. (1.50)
        The energy deposited in the detector (transferred to the nucleus through one elastic
        scattering) is
        Q =
        |~q|
        2
        2mN
        =
        m2
        r
        v
        2
        mN
        (1 − cos θ). (1.51)
        Therefore, the differential event rate over deposited energy can be written, using the
        equations (1.50) and (1.51), as
        dR
        dQ
        =
        σρ0

        πv0mXm2
        r
        F
        2
        (Q)T(Q), (1.52)
        where, following [37], we have defined the dimensionless quantity T(Q) as
        T(Q) ≡

        π
        2
        v0
        Z ∞
        vmin
        f(v)
        v
        dv, (1.53)
        with the minimum velocity given by vmin =
        qQmN
        2m2
        r
        , obtained by Eq. (1.51). Finally,
        the event rate R can be calculated by integrating (1.52) over the energy
        R =
        Z ∞
        ET
        dR
        dQ
        dQ. (1.54)
        22 Dark Matter
        The integration is performed for energies larger than the threshold energy ET of the
        detector, below which it is insensitive to WIMP-nucleus recoils.
        Using Eqs. (1.54) and (1.52), one can derive the scattering cross section from the
        event rate. The experimental collaborations prefer to give their results already in terms
        of the scattering cross section as a function of the WIMP mass. To be more precise,
        the WIMP-nucleus total cross section consists of two parts: the spin-dependent (SD)
        cross section and the spin-independent (SI) one. The former comes from axial current
        couplings, whereas the latter comes from scalar-scalar and vector-vector couplings.
        The SD cross section is much suppressed compared to the SI one in the case of heavy
        nuclei targets and it vanishes if the nucleus contains an even number of nucleons, since
        in this case the total nuclear spin is zero.
        We see that two uncertainties enter the above calculation: the exact value of the
        local density ρ0 and the exact form of the velocity distribution f(v). To these, one
        has to include one more. The cross section σ that appears in the previous expressions
        concerns the WIMP-nucleon cross section. The couplings of a WIMP with the various
        quarks that constitute the nucleon are not the same and the WIMP-nucleon cross
        section depends strongly on the exact quark content of the nucleon. To be more
        precise, the largest uncertainty lies on the strange content of the nucleon, but we shall
        return to this point when we will calculate the cross section in a specific particle theory,
        the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model, in Sec. 3.5.1.
        1.5.2 Experimental status
        The situation of the experimental results from direct DM searches is a bit confusing. The null observations in most of the experiments led them to set upper limits
        on the WIMP-nucleon cross section. These bounds are quite stringent for the spinindependent cross section7
        , especially in the regime of WIMP masses of the order of
        100 GeV. However, some collaborations have already reported possible DM signals,
        mainly in the low mass regime. The preferred regions of these experiments do not
        coincide, while some of them have been already excluded by other experiments. The
        present picture, for WIMP masses ranging from 5 to 1000 GeV, is summarized in Fig.
        1.5, 1.6.
        Fig. 1.5 mainly presents upper bounds coming from XENON100 [44]. XENON100
        [46] is an experiment located at the Gran Sasso underground laboratory in Italy. It
        contains in total 165 kg of liquid Xenon, with 65 kg acting as target mass and the
        rest shielding the detector from background radiation. For these upper limits, 225
        live days of data were used. The minimum value for the predicted upper bounds on
        the cross section is 2 · 10−45 cm2
        for WIMP mass ∼ 55 GeV (at 90% confidence level),
        almost one order of magnitude lower than the previously released limits [47] by the
        same collaboration, using 100 live days of data.
        The stringent upper bounds up-to-date (at least for WIMP mass larger than about
        7 GeV) come from the first results of the LUX experiment (see Fig. 1.6), after the first
        7For the spin-dependent scattering, the exclusion limits are quite relaxed. Hence, we will focus on
        the SI cross sections.
        1.5.2 Experimental status 23
        Figure 1.5: The XENON100 exclusion limit (thick blue line), along with the expected
        sensitivity in green (1σ) and yellow (2σ) band. Other upper bounds are also shown as
        well as detection claims. From [44].
        85.3 live-days of its operation [45]. LUX [53] is a detector containing liquid Xenon, as
        XENON100, but in larger quantity, with total mass 370 kg. Its operation started on
        April 2013 with a goal to clearly detect or exclude WIMPs with a spin independent
        cross section ∼ 2 · 10−46 cm2
        .
        In Fig. 1.5, except of the XENON100 bounds and other experimental limits on larger
        WIMP-nucleon cross section, some detection claims also appear. These come from
        DAMA [48,49], CoGeNT [50] and CRESST-II [51] experiments. The first positive result
        came from DAMA [52], back in 2000. Since then, the experiment has accumulated 1.17
        ton-yr of data over 13 years of operation. DAMA consists of 250 kg of radio pure NaI
        scintillator and looks for the annual modulation of the WIMP flux in order to reduce
        the influence of the background.
        The annual modulation of the DM flux (see [54] for a recent review) is due to the
        Earth’s orbital motion relative to the rotation of the galactic disk. The galactic disk
        rotation through an essentially non-rotating DM halo, creates an effective DM wind in
        the solar frame. During the earth’s heliocentric orbit, this wind reaches a maximum
        when the Earth is moving fastest in the direction of the disk rotation (this happens
        in the beginning of June) and a minimum when it is moving fastest in the opposite
        direction (beginning of December).
        DAMA claims an 8.9σ annual modulation with a minimum flux on May 26±7 days,
        consistent with the expectation. Since the detector’s target consists of two different
        nuclei and the experiment cannot distinguish between sodium and iodine recoils, there
        24 Dark Matter
        Figure 1.6: The LUX 90% confidence exclusion limit (blue line) with the 1σ range
        (shaded area). The XENON100 upper bound is represented by the red line. The inset
        shows also preferred regions by CoGeNT (shaded light red), CDMS II silicon detector
        (shaded green), CRESST II (shaded yellow) and DAMA (shaded gray). From [45].
        is no model independent way to determine the exact region in the cross section versus
        WIMP mass plane to which the observed modulation corresponds. However, one can
        assume two cases: one that the WIMP scattering off the sodium nucleus dominates the
        recoil energy and the other with the iodine recoils dominating. The former corresponds
        [55] to a light WIMP (∼ 10 GeV) and quite large scattering cross section and the latter
        to a heavier WIMP (∼ 50 to 100 GeV) with smaller cross section (see Fig. 1.5).
        The positive result of DAMA was followed many years later by the ones of CoGeNT
        and CRESST-II, and more recently by the silicon detector of CDMS [56] (Fig. 1.7).
        The discrepancy of the results raised a lot of debates among the experiments (for
        example, [64–67]) and by some the positive results are regarded as controversial. On
        the other hand, it also raised an effort to find a physical explanation behind this
        inconsistency (see, for example, [68–71]).
        1.6 Indirect Methods for DM Detection
        The same annihilation processes that determined the DM relic abundance in the early
        Universe also occur today in galactic regions where the DM concentration is higher.
        This fact rises the possibility of detecting potential WIMP pair annihilations indirectly
        through their imprints on the cosmic rays. Therefore, the indirect DM searches aim
        at the detection of an excess over the known astrophysical background of charged
        particles, photons or neutrinos.
        Charged particles – electrons, protons and their antiparticles – may originate from
        direct products (pair of SM particles) of WIMP annihilations, after their decay and
        1.6 Indirect Methods for DM Detection 25
        Figure 1.7: The blue contours represent preferred regions for a possible signal at 68%
        and 90% C.L. using the silicon detector of CMDS [56]. The blue dotted line represents
        the upper limit obtained by the same analysis and the blue solid line is the combined
        limit with the silicon CDMS data set reported in [57]. Other limits also appear:
        from the CMDS standard germanium detector (light and dark red dashed line, for
        standard [58] and low threshold analysis [59], respectively), EDELWEISS [60] (dashed
        orange), XENON10 [61] (dash-dotted green) and XENON100 [44] (long-dash-dotted
        green). The filled regions identify possible signal regions associated with data from
        CoGeNT [62] (dashed yellow, 90% C.L.), DAMA [49,55] (dotted tan, 99.7% C.L.) and
        CRESST-II [51, 63] (dash-dotted pink, 95.45% C.L.) experiments. Taken from [56].
        through the process of showering and hadronization. Although the exact shape of the
        resulting spectrum would depend on the specific process, it is expected to show a steep
        cutoff at the WIMP mass. Once produced in the DM halo, the charged particles have
        to travel to the point of detection through the turbulent galactic field, which will cause
        diffusion. Apart from that, a lot of processes disturb the propagation of the charged
        particles, such as bremsstrahlung, inverse Compton scattering with CMB photons and
        many others. Therefore, the uncertainties that enter the propagation of the charged
        flux until it reaches the telescope are important (contrary to the case of photons and
        neutrinos that propagate almost unperturbed through the galaxy).
        As in the case of direct detection, the experimental status of charged particle detection concerning the DM is confusing. After some hints from HEAT [72] and AMS01 [73] (the former a far-infrared telescope in Antarctica, the latter a spectrometer,
        prototype for AMS-02 mounted on the International Space Station [74]), the PAMELA
        satellite observed [75, 76] a steep increase in the energy spectrum of positron fraction
        e
        +/(e
        + + e
        −)
        8
        . Later FERMI satellite [77] and AMS-02 [78] confirmed the results up
        8The searches for charged particles focus on the antiparticles in order to have a reduced background,
        26 Dark Matter
        Figure 1.8: A compilation of data of charged cosmic rays, together with plausible but
        uncertain astrophysical backgrounds, taken from [79]. Left: Positron flux. Center:
        Antiproton flux. Right: Sum of electrons and positrons.
        to energies of ∼ 200 GeV. However, the excess of positrons is not followed by an excess
        of antiprotons, whose flux seems to coincide with the predicted background [75]. In
        Fig. 1.8, three plots summarizing the situation are shown [79].
        The observed excess is very difficult to explain in terms of DM [79]. To begin with,
        the annihilation cross section required to reproduce the excess is quite large, many
        orders of magnitude larger than the thermal cross section. Moreover, an “ordinary”
        WIMP with large annihilation cross section giving rise to charged leptons is expected
        to give, additionally, a large number of antiprotons, a fact in contradiction with the
        observations. Although a lot of work has been done to fit a DM particle to the observed
        pattern, it is quite possible that the excesses come from a yet unknown astrophysical
        source. We are not going to discuss further this matter, but we end with a comment.
        If this excess is due to a source other than DM, then a possible DM positron excess
        would be lost under this formidable background.
        A last hint for DM came from the detection of highly energetic photons. However,
        we will interrupt this discussion, since this signal and a possible explanation is the
        subject of Ch. 4. There, we will also see the upper bounds on the annihilation cross
        section being set due to the absence of excesses in diffuse γ radiation.
        since they are much less abundant than the corresponding particles.
        CHAPTER 2
        PARTICLE PHYSICS
        Since the DM comprises of particles, it should be explained by a general particle physics
        theory. We start in the following section by describing the Standard Model (SM) of
        particle physics. Although the SM describes so far the fundamental particles and their
        interactions quite accurately, it cannot provide a DM candidate. Besides, the SM
        suffers from some theoretical problems, which we discuss in Sec. 2.2. We will see that
        these problems can be solved if one introduces a new symmetry, the supersymmetry,
        which we describe in Sec. 2.3. We finish this chapter by briefly describing in Sec. 2.4 a
        supersymmetric extension of the SM with the minimal additional particle content, the
        Minimal Supersymmetric Standard Model (MSSM).
        2.1 The Standard Model of Particle Physics
        The Standard Model (SM) of particle physics1
        consists of two well developed theories,
        the quantum chromodynamics (QCD) and the electroweak (EW) theory. The former
        describes the strong interactions among the quarks, whereas the latter describes the
        electroweak interactions (the weak and electromagnetic interactions in a unified context) between fermions. The EW theory took its final form in the late 1960s by the
        introduction by S. Weinberg [85] and A. Salam [86] of the Higgs mechanism that gives
        masses to the SM particles, which followed the unification of electromagnetic and weak
        interactions [87,88]. At the same time, the EW model preserves the gauge invariance,
        making the theory renormalizable, as shown later by ’t Hooft [89]. On the other hand,
        QCD obtained its final form some years later, after the confirmation of the existence
        of quarks. Of course, the history of the SM is much longer and it can be traced back to
        1920s with the formulation of a theoretical basis for a Quantum Field Theory (QFT).
        Since then, the SM had many successes. The SM particle content was completed with
        the discovery of the heaviest of the quarks, the top quark [90,91], in 1995 and, recently,
        with the discovery of the Higgs boson [92, 93].
        1There are many good textbooks on the SM and Quantum Field Theory, e.g. [80–84].
        28 Particle Physics
        The key concept within the SM, as in every QFT, is that of symmetries. Each
        interaction respects a gauge symmetry, based on a Lie algebra. The strong interaction is
        described by an SU(3)c symmetry, where the subscript c stands for color, the conserved
        charge of strong interactions. The EW interactions, on the other hand, are based on
        a SU(2)L × U(1)Y Lie algebra. Here, as we will subsequently see, L refers to the
        left-handed fermions and Y is the hypercharge, the conserved charge under the U(1).
        SU(2)L conserves a quantity known as weak isospin I. Therefore, the SM contains the
        internal symmetries of the unitary product group
        SU(2)L × U(1)Y × SU(3)c. (2.1)
        2.1.1 The particle content of the SM
        We mention for completeness that particles are divided into two main classes according
        to the statistics they follow. The bosons are particles with integer spin and follow the
        Bose-Einstein distribution, whereas fermions have half-integer spin and follow the
        Dirac-Einstein statistics, obeying the Pauli exclusion principle. In the SM, all the
        fermions have spin 1/2, whereas the bosons have spin 1 with only exception the Higgs
        boson, which is a scalar (spin zero). We begin the description of the SM particles with
        the fermions.
        Each fermion is classified in irreducible representations of each individual Lie algebra, according to the conserved quantum numbers, i.e. the color C, the weak isospin
        I and the hypercharge Y . A first classification of fermions can be done into leptons
        and quarks, which transform differently under the SU(3)c. Leptons are singlets under
        this transformation, while quarks act as triplets (the fundamental representation of
        this group). The EW interactions violate maximally the parity symmetry and SU(2)L
        acts only on states with negative chirality (left-handed). A Dirac spinor Ψ can be
        decomposed into left and right chirality components using, respectively, the projection
        operators PL =
        1
        2
        (1 − γ5) and PR =
        1
        2
        (1 + γ5):
        ΨL = PLΨ and ΨR = PRΨ. (2.2)
        Left-handed fermions have I = 1/2, with a third component of the isospin I3 = ±1/2.
        Fermions with positive I3 are called up-type fermions and those with negative are
        called down-type. These behave the same way under SU(2)L and form doublets with
        one fermion of each type. On the other hand, right-handed fermions have I = 0 and
        form singlets that do not undergo weak interactions. The hypercharge is written in
        terms of the electric charge Q and the third component of the isospin I3 through the
        Gell-Mann–Nishijima relation:
        Q = I3 + Y/2. (2.3)
        Therefore, left- and right-handed components transform differently under the U(1)Y ,
        since they have different hypercharge.
        The fermionic sector of the SM comprises three generations of fermions, transforming as spinors under Lorentz transformations. Each generation has the same structure.
        For leptons, it is an SU(2)L doublet with components consisting of one left-handed
        2.1.2 The SM Lagrangian 29
        charged lepton and one neutrino (neutrinos are only left-handed in the SM), along
        with a gauge singlet right-handed charged lepton. The quark doublet consists of an
        up- (u) and a down-type (d) (left-handed) quark and the pattern is completed by the
        two corresponding SU(2)L singlet right-handed quarks. We write these representations
        as
        Quarks: Q ≡

        u
        i
        L
        d
        i
        L
        !
        , ui
        R, di
        R Leptons: L ≡

        ν
        i
        L
        e
        i
        L
        !
        , ei
        R, (2.4)
        with i = 1, 2, 3 the generation index.
        Having briefly described the fermionic sector, we turn to the bosonic sector of
        the SM. It consists of the gauge bosons that mediate the interactions and the Higgs
        boson that gives masses to the particles through a spontaneous symmetry breaking,
        the electroweak symmetry breaking (EWSB) [94–98], which we shall describe in Sec.
        2.1.3. Before the EWSB, these bosons are
        • three Wa
        µ
        (a = 1, 2, 3) weak bosons, associated with the generators of SU(2)L,
        • one neutral Bµ boson, associated with the generator of U(1)Y ,
        • eight gluons Ga
        µ
        (a = 1, . . . , 8), associated with the generators of SU(3)c, and
        • the complex scalar Higgs doublet Φ =
        φ
        +
        φ
        0
        !
        .
        After the EWSB, the EW boson states mix and give the two W± bosons, the neutral
        Z boson and the massless photon γ. From the symmetry breaking, one scalar degree of
        freedom remains which is the famous (neutral) Higgs boson [97–99]. We will return to
        the mixed physical states, after describing the Higgs mechanism for symmetry breaking.
        A complete list of the SM particles (the physical states after EWSB) is shown in Table
        2.1.
        2.1.2 The SM Lagrangian
        The gauge bosons are responsible for the mediation of the interactions and are associated with the generators of the corresponding symmetry. The EW gauge bosons Bµ
        and Wa
        µ
        are associated, respectively, with the generator Y of the U(1)Y and the three
        generators T
        a
        2
        of the SU(2)L. The latter are defined as half of the Pauli matrices τ
        a
        (T
        a
        2 =
        1
        2
        τ
        a
        ) and they obey the algebra

        T
        a
        2
        , Tb
        2

        = iǫabcT
        c
        2
        , (2.5)
        where ǫ
        abc is the fully antisymmetric Levi-Civita tensor. The eight gluons are associated
        with an equal number of generators T
        a
        3
        (Gell-Mann matrices) of SU(3)c and obey the
        Lie algebra

        T
        a
        3
        , Tb
        3

        = if abcT
        c
        3
        , with Tr
        T
        a
        3 T
        b
        3

        =
        1
        2
        δ
        ab
        , (2.6)
        30 Particle Physics
        Name symbol mass charge (|e|) spin
        Leptons
        electron e 0.511 MeV −1 1/2
        electron neutrino νe 0 (<2 eV) 0 1/2
        muon µ 105.7 MeV −1 1/2
        muon neutrino νµ 0 (<2 eV) 0 1/2
        tau τ 1.777 GeV −1 1/2
        tau neutrino ντ 0 (<2 eV) 0 1/2
        Quarks
        up u 2.7
        +0.7
        −0.5 MeV 2/3 1/2
        down d 4.8
        +0.7
        −0.3 MeV −1/3 1/2
        strange s (95 ± 5) MeV −1/3 1/2
        charm c (1.275 ± 0.025) GeV 2/3 1/2
        bottom b (4.18 ± 0.03) GeV −1/3 1/2
        top t (173.5 ± 0.6 ± 0.8) GeV 2/3 1/2
        Bosons
        photon γ 0 (<10−18 eV) 0 (<10−35) 1
        W boson W± (80.385 ± 0.015) GeV ±1 1
        Z boson Z (91.1876 ± 0.0021) GeV 0 1
        gluon g 0 (.O(1) MeV) 0 1
        Higgs H
        (125.3 ± 0.4 ± 0.5) GeV
        0 0
        (126.0 ± 0.4 ± 0.4) GeV
        Table 2.1: The particle content of the SM. All values are those given in [100], except of
        the Higgs mass that is taken from [92, 93] (up and down row, respectively), assuming
        that the observed excess corresponds to the SM Higgs. The u, d and s quark masses
        are estimates of so-called “current-quark masses” in a mass-independent subtraction
        scheme as MS at a scale ∼ 2 GeV. The c and b quark masses are the running masses
        in the MS scheme. The values in the parenthesis are the current experimental limits.
        with f
        abc the structure constants of the group.
        Using the structure constants of the corresponding groups, we define the field
        strengths for the gauge bosons as
        Bµν ≡ ∂µBν − ∂νBµ, (2.7a)
        Wµν ≡ ∂µWa
        ν − ∂νWa
        µ + g2ǫ
        abcWb
        µWc
        ν
        (2.7b)
        and
        G
        a
        µν ≡ ∂µG
        a
        ν − ∂νG
        a
        µ + g3f
        abcG
        b
        µG
        c
        ν
        . (2.7c)
        2.1.2 The SM Lagrangian 31
        We use the notation g1, g2 and g3 for the coupling constants of U(1)Y , SU(2)L and
        SU(3)c, respectively. As in any Yang-Mills theory, the non-abelian gauge groups lead
        to self-interactions, which is not the case for the abelian U(1)Y group.
        Before we finally write the full Lagrangian, we have to introduce the covariant
        derivative for fermions, which in a general form can be written as
        DµΨ =
        ∂µ − ig1
        1
        2
        Y Bµ − ig2T
        a
        2 Wa
        µ − ig3T
        a
        3 G
        a
        µ

        Ψ. (2.8)
        This form has to be understood as that, depending on Ψ, only the relevant terms
        apply, hence for SU(2)L singlet leptons only the two first terms inside the parenthesis
        are relevant, for doublet leptons the three first terms and for the corresponding quark
        singlets and doublets the last term also participates. We also have to notice that in
        order to retain the gauge symmetry, mass terms are forbidden in the Lagrangian. For
        example, the mass term mψψ¯ = m

        ψ¯
        LψR + ψ¯
        RψL

        (with ψ¯ ≡ ψ
        †γ
        0
        ) is not invariant
        under SU(2)L. This paradox is solved by the introduction of the Higgs scalar field
        (see next subsection). The SM Lagrangian can be now written2
        , split for simplicity in
        three parts, each describing the gauge bosons, the fermions and the scalar sector,
        LSM = Lgauge + Lfermion + Lscalar, (2.9)
        with
        Lgauge = −
        1
        4
        G
        a
        µνG
        µν
        a −
        1
        4
        Wa
        µνWµν
        a −
        1
        4
        BµνB
        µν
        , (2.10a)
        Lfermion = iL¯Dµγ
        µL + ie¯RDµγµeR
        + iQ¯Dµγ
        µQ + iu¯RDµγ
        µuR + i
        ¯dRDµγ
        µ
        dR

        heL¯ΦeR + hdQ¯ΦdR + huQ¯ΦeuR + h.c.

        (2.10b)
        and
        Lscalar = (DµΦ)†
        (DµΦ) − V (Φ†Φ), (2.10c)
        where
        V (Φ†Φ) = µ

        †Φ + λ

        Φ
        †Φ
        2
        (2.11)
        is the scalar Higgs potential. Φ is the conjugate of Φ, related to the charge conjugate e
        by Φ =e iτ2Φ

        , with τi the Pauli matrices. The covariant derivative acting on the Higgs
        scalar field gives
        DµΦ =
        ∂µ − ig1
        1
        2
        Y Bµ − ig2T
        a
        2 Wa
        µ

        Φ. (2.12)
        Before we proceed to the description of the Higgs mechanism, a last comment concerning the SM Lagrangian is in order. If we restore the generation indices, we see that
        2For simplicity, from now on we are going to omit the generations indice
        32 Particle Physics
        the Yukawa couplings h are 3 × 3, in general complex, matrices. As any complex matrix, they can be diagonalized with the help of two unitary matrices VL and VR, which
        are related by VR = U
        †VL with U again a unitary matrix. The diagonalization in the
        quark sector to the mass eigenstates induces a mixing among the flavors (generations),
        described by the Cabibbo–Kobayashi–Maskawa (CKM) matrix [101, 102]. The CKM
        matrix is defined by
        VCKM ≡ V
        u
        L

        V
        d
        L

        , (2.13)
        where V
        u
        L
        , V
        d
        L
        are the unitary matrices that diagonalize the Yukawa couplings Hu
        , Hd
        ,
        respectively. This product of the two matrices appears in the charged current when it
        is expressed in terms of the observable mass eigenstates.
        2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism
        We will start by examining the scalar potential (2.11). The vacuum expectation value
        (vev) of the Higgs field hΦi ≡ h0|Φ|0i is given by the minimum of the potential. For
        µ
        2 > 0, the potential is always non-negative and Φ has a zero vev. The hypothesis of
        the Higgs mechanism is that µ
        2 < 0. In this case, the field Φ will acquire a vev
        hΦi =
        1
        2

        0
        v
        !
        with v =
        r

        µ2
        λ
        . (2.14)
        Since the charged component of Φ still has a zero vev, the U(1)Q symmetry of quantum
        electrodynamics (QED) remains unbroken.
        We expand the field Φ around the minima v in terms of real fields, and at leading
        order we have
        Φ(x) =
        θ2(x) + iθ1(x)

        1
        2
        (v + H(x)) − iθ3(x)
        !
        =
        1

        2
        e
        iθa(x)τ
        a

        0
        v + H(x)
        !
        . (2.15)
        We can eliminate the unphysical degrees of freedom θa, using the fact that the theory
        remains gauge invariant. Therefore, we perform the following SU(2)L gauge transformation on Φ (unitary gauge)
        Φ(x) → e
        −iθa(x)τ
        a
        Φ(x), (2.16)
        so that
        Φ(x) = 1

        2

        0
        v + H(x)
        !
        . (2.17)
        We are going to use the following definitions for the gauge fields

        µ ≡
        1
        2

        W1
        µ ∓ iW2
        µ

        , (2.18a)
        Zµ ≡
        1
        p
        g
        2
        1 + g
        2
        2

        g2W3
        µ − g1Bµ

        , (2.18b)
        Aµ ≡
        1
        p
        g
        2
        1 + g
        2
        2

        g1W3
        µ + g2Bµ

        , (2.1
        2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry 33
        Then, the kinetic term for Φ (see Eq. (2.10c)) can be written in the unitary gauge as
        (DµΦ)†
        (D
        µΦ) = 1
        2
        (∂µH)
        2 + M2
        W W+
        µ W−µ +
        1
        2
        M2
        ZZµZ
        µ
        , (2.19)
        with
        MW ≡
        1
        2
        g2v and MZ ≡
        1
        2
        q
        g
        2
        1 + g
        2
        2
        v. (2.20)
        We see that the definitions (2.18) correspond to the physical states of the gauge bosons
        that have acquired masses due to the non-zero Higgs vev, given by (2.20). The photon
        has remained massless, which reflects the fact that after the spontaneous breakdown of
        SU(2)L × U(1)Y the U(1)Q remained unbroken. Among the initial degrees of freedom
        of the complex scalar field Φ, three were absorbed by W± and Z and one remained as
        the neutral Higgs particle with squared mass
        m2
        H = 2λv2
        . (2.21)
        We note that λ should be positive so that the scalar potential (2.11) is bounded from
        below.
        Fermions also acquire masses due to the Higgs mechanism. The Yukawa terms in
        the fermionic part (2.10b) of the SM Lagrangian are written, after expanding around
        the vev in the unitary gauge,
        LY = −
        1

        2
        hee¯L(v + H)eR −
        1

        2
        hd
        ¯dL(v + H)dR −
        1

        2
        huu¯L(v + H)uR + h.c. . (2.22)
        Therefore, we can identify the masses of the fermions as
        me
        i =
        h
        i
        e
        v

        2
        , md
        i =
        h
        i
        d
        v

        2
        , mui =
        h
        i
        u
        v

        2
        , (2.23)
        where we have written explicitly the generation indices.
        2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry
        2.2.1 General discussion of the SM problems
        The SM has been proven extremely successful and has been tested in high precision
        in many different experiments. It has predicted many new particles before their final
        discovery and also explained how the particles gain their masses. Its last triumph was
        of course the discovery of a boson that seems to be very similar to the Higgs boson of
        the SM. However, it is generally accepted that the SM cannot be the ultimate theory. It
        is not only observed phenomena that the SM does not explain; SM also faces important
        theoretical issues.
        The most prominent among the inconsistencies of the SM with observations is the
        oscillations among neutrinos of different generations. In order for the oscillations to
        34 Particle Physics
        φ φ
        k
        Figure 2.1: The scalar one-loop diagram giving rise to quadratic divergences.
        occur, neutrinos should have non-zero masses. However, minimal modifications of the
        SM are able to fit with the data of neutrino physics. Another issue that a more complete theory has to face is the matter asymmetry, the observed dominance of matter
        over antimatter in the Universe. In addition, in order to comply with the standard
        cosmological model, it has to provide the appropriate particle(s) that drove the inflation. Last, but not least, we saw that in order to explain the DM that dominates the
        Universe, a massive, stable weakly interacting particle must exist. Such a particle is
        not present in the SM.
        On the other hand, the SM also suffers from a theoretical perspective. For example,
        the SM counts 19 free parameters; one expects that a fundamental theory would have
        a much smaller number of free parameters. Simple modifications of the SM have been
        proposed relating some of these parameters. Grand unified theories (GUTs) unify
        the gauge couplings at a high scale ∼ 1016 GeV. However, this unification is only
        approximate unless the GUT is embedded in a supersymmetric framework. Another
        serious problem of the SM is that of naturalness. This will be the topic of the following
        subsection.
        2.2.2 The naturalness problem of the SM
        The presence of fundamental scalar fields, like the Higgs, gives rise to quadratic divergences. The diagram of Fig. 2.1 contributes to the squared mass of the scalar
        δm2 = λ
        Z Λ
        d
        4k
        (2π)
        4
        k
        −2
        . (2.24)
        This contribution is approximated by δm2 ∼ λΛ
        2/(16π
        2
        ), quadratic in a cut-off Λ,
        which should be finite. For the case of the Higgs scalar field, one has to include its
        couplings to the gauge fields and the top quark3
        . Therefore,
        δm2
        H =
        3Λ2

        2v
        2

        4m2
        t − 2M2
        W − M2
        Z − m2
        H

        + O(ln Λ
        µ
        )

        , (2.25)
        where we have used Eq. (2.21) and m2
        H ≡ m2
        0 + δm2
        H.
        3Since the contribution to the squared mass correction are quadratic in the Yukawa couplings (or
        quark masses), the lighter quarks can be neglected
        2.2.3 A way out 35
        Taking Λ as a fundamental scale Λ ∼ MP l ∼ 1019 GeV we have
        m2
        0 = m2
        H −
        3Λ2

        2v
        2

        4m2
        t − 2M2
        W − M2
        Z − m2
        H

        (2.26)
        and we can see that m2
        0 has to be adjusted to a precision of about 30 orders of magnitude
        in order to achieve an EW scale Higgs mass. This is considered as an intolerable finetuning, which is against the general belief that the observable properties of a theory
        have to be stable under small variations of the fundamental (bare) parameters. It is
        exactly the above behavior that is considered as unnatural. Although the SM could
        be self-consistent without imposing a large scale, grand unification of the parameters
        introduce a hierarchy problem between the different scales.
        A more strict definition of naturalness comes from ’t Hooft [103], which we rewrite
        here:
        At an energy scale µ, a physical parameter or set of physical parameters
        αi(µ) is allowed to be very small only if the replacement αi(µ) = 0 would
        increase the symmetry of the system.
        Clearly, this is not the case here. Although mH is small compared to the fundamental
        scale Λ, it is not protected by any symmetry and a fine-tuning is necessary.
        2.2.3 A way out
        The naturalness in the ’t Hooft sense is inspired by quantum electrodynamics, which is
        the archetype for a natural theory. For example, the corrections to the electron mass
        me are themselves proportional to me, with a dimensionless proportionality factor that
        behaves like ∼ ln Λ. In general, fermion masses are protected by the chiral symmetry; small values (compared to the fundamental scale) of these masses enhances the
        symmetry.
        If a new symmetry exists in nature, relating fermion fields to scalar fields, then each
        scalar mass would be related somehow to the corresponding fermion mass. Therefore,
        the scalar mass itself can be naturally small compared to Λ, since this would mean
        that the fermion mass is small, which enhances the chiral symmetry. Such a symmetry,
        relating bosons to fermions and vice versa, is known as supersymmetry [104, 105].
        Actually, as we will see later, if this new symmetry remains unbroken, the masses of
        the conjugate bosons and fermions would have to be equal.
        In order to make the above statement more concrete, we consider a toy model with
        two additional complex scalar fields feL and feR. We will discuss only the quadratic
        divergences that come from corrections to the Higgs mass due to a fermion. The
        generalization for the contributions from the gauge bosons or the self-interaction is
        straightforward. The interactions in this toy model of the new scalar fields with the
        Higgs are described by the Lagrangian
        Lfefφe = λfe|φ|
        2

        |feL|
        2 + |feR|
        2

        . (2.27
        36 Particle Physics
        It can be easily checked that the quadratic divergence coming from a fermion at one
        loop is exactly canceled, as long as the new quartic coupling λfe obeys the relation
        λfe = −λ
        2
        f
        (λf is the Yukawa coupling for the fermion f).
        2.3 A brief summary of Supersymmetry
        Supersymmetry (SUSY) is a symmetry relating fermions and bosons. The supersymmetry transformation should turn a boson state into a fermion state and vice versa. If
        Q is the operator that generates such transformations, then
        Q |bosoni = |fermioni Q |fermioni = |bosoni. (2.28)
        Due to commutation and anticommutation rules of bosons and fermions, Q has to
        be an anticommuting spinor operator, carrying spin angular momentum 1/2. Since
        spinors are complex objects, the hermitian conjugate Q†
        is also a symmetry operator4
        .
        There is a no-go theorem, the Coleman-Mandula theorem [106], that restricts the
        conserved charges which transform as tensors under the Lorentz group to the generators
        of translations Pµ and the generators of Lorentz transformations Mµν. Although this
        theorem can be evaded in the case of supersymmetry due to the anticommutation
        properties of Q, Q†
        [107], it restricts the underlying algebra of supersymmetry [108].
        Therefore, the basic supersymmetric algebra can be written as5
        {Q, Q†
        } = P
        µ
        , (2.29a)
        {Q, Q} = {Q

        , Q†
        } = 0, (2.29b)
        [P
        µ
        , Q] = [P
        µ
        , Q] = 0. (2.29c)
        In the following, we summarize the basic conclusions derived from this algebra.
        • The single-particle states of a supersymmetric theory fall into irreducible representations of the SUSY algebra, called supermultiplets. A supermultiplet contains
        both fermion and boson states, called superpartners.
        • Superpartners must have equal masses: Consider |Ωi and |Ω

        i as the superpartners, |Ω

        i should be proportional to some combination of the Q and Q† operators
        acting on |Ωi, up to a space-time translation or rotation. Since −P
        2
        commutes
        with Q, Q† and all space-time translation and rotation operators, |Ωi, |Ω

        i will
        have equal eigenvalues of −P
        2 and thus equal masses.
        • Superpartners must be in the same representation of gauge groups, since Q, Q†
        commute with the generators of gauge transformations. This means that they
        have equal charges, weak isospin and color degrees of freedom.
        4We will confine ourselves to the phenomenologically more interesting case of N = 1 supersymmetry, with N referring to the number of distinct copies of Q, Q†
        .
        5We present a simplified version, omitting spinor indices in Q and Q†
        .
        2.3 A brief summary of Supersymmetry 37
        • Each supermultiplet contains an equal number of fermion and boson degrees of
        freedom (nF and nB, respectively): Consider the operator (−1)2s
        , with s the spin
        angular momentum, and the states |ii that have the same eigenvalue p
        µ of P
        µ
        .
        Then, using the SUSY algebra (2.29) and the completeness relation P
        i
        |ii hi| =
        1, we have P
        i
        hi|(−1)2sP
        µ
        |ii = 0. On the other hand, P
        i
        hi|(−1)2sP
        µ
        |ii =
        p
        µTr [(−1)2s
        ] ∝ nB − nF . Therefore, nF = nB.
        As addendum to the last point, we see that two kind of supermultiplets are possible
        (neglecting gravity):
        • A chiral (or matter or scalar ) supermultiplet, which consists of a single Weyl
        fermion (with two spin helicity states, nF = 2) and two real scalars (each with
        nB = 1), which can be replaced by a single complex scalar field.
        • A gauge (or vector ) supermultiplet, which consists of a massless spin 1 boson
        (two helicity states, nB = 2) and a massless spin 1/2 fermion (nF = 2).
        Other combinations either are reduced to combinations of the above supermultiplets
        or lead to non-renormalizable interactions.
        It is possible to study supersymmetry in a geometric approach, using a space-time
        manifold extended by four fermionic (Grassmann) coordinates. This manifold is called
        superspace. The fields, in turn, expressed in terms of the extended set of coordinates
        are called superfields. We are not going to discuss the technical details of this topic
        (the interested reader may refer to the rich bibliography, for example [109–111]).
        However, it is important to mention a very useful function of the superfields, the
        superpotential. A generic form of a (renormalizable) superpotential in terms of the
        superfields Φ is the following b
        W =
        1
        2
        MijΦbiΦbj +
        1
        6
        y
        ijkΦbiΦbjΦbk. (2.30)
        The Lagrangian density can always be written according to the superpotential. The
        superpotential has also to fulfill some requirements. In order for the Lagrangian to
        be supersymmetric invariant, W has to be holomorphic in the complex scalar fields
        (it does not involve hermitian conjugates Φb† of the superfields). Conventionally, W
        involves only left chiral superfields. Instead of the SU(2)L singlet right chiral fermion
        fields, one can use their left chiral charge conjugates.
        As we mentioned before, the members of a supermultiplet have equal masses. This
        contradicts our experience, since the partners of the light SM particles would have been
        detected long time ago. Hence, the supersymmetry should be broken at a large energy
        scale. The common approach is that SUSY is broken in a hidden sector, very weakly
        coupled to the visible sector. Then, one has to explain how the SUSY breaking mediated to the visible sector. The two most popular scenarios are the gravity mediation
        scenario [112–114] and the Gauge-Mediated SUSY Breaking (GSMB) [113, 115–117],
        where the mediation occurs through gauge interactions.
        There are two approaches with which one can address the SUSY breaking. In the
        first approach, one refers to a GUT unification and determines the supersymmetric
        38 Particle Physics
        breaking parameters at low energies through the renormalization group equations.
        This approach results in a small number of free parameters. In the second approach,
        the starting point is the low energy scale. In this case, the SUSY breaking has to be
        parametrized by the addition of breaking terms to the low energy Lagrangian. This
        results in a larger set of free parameters. These terms should not reintroduce quadratic
        divergences to the scalar masses, since the cancellation of these divergences was the
        main motivation for SUSY. Then, one talks about soft breaking terms.
        2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model
        One can construct a supersymmetric version of the standard model with a minimal
        content of particles. This model is known as the Minimal Supersymmetric Standard
        Model (MSSM). In a SUSY extension of the SM, each of the SM particles is either in a
        chiral or in a gauge supermultiplet, and should have a superpartner with spin differing
        by 1/2.
        The spin-0 partners of quarks and leptons are called squarks and sleptons, respectively (or collectively sfermions), and they have to reside in chiral supermultiplets.
        The left- and right-handed components of fermions are distinct 2-component Weyl
        fermions with different gauge transformations in the SM, so that each must have its
        own complex scalar superpartner. The gauge bosons of the SM reside in gauge supermultiplets, along with their spin-1/2 superpartners, which are called gauginos. Every
        gaugino field, like its gauge boson partner, transforms as the adjoint representation of
        the corresponding gauge group. They have left- and right-handed components which
        are charge conjugates of each other: (λeL)
        c = λeR.
        The Higgs boson, since it is a spin-0 particle, should reside in a chiral supermultiplet. However, we saw (in the fermionic part of the SM Lagrangian, Eq. (2.10b))
        that the Y = 1/2 Higgs in the SM can give mass to both up- and down-type quarks,
        only if the conjugate Higgs field with Y = −1/2 is involved. Since in the superpotential there are no conjugate fields, two Higgs doublets have to be introduced. Each
        Higgs supermultiplet would have hypercharge Y = +1/2 or Y = −1/2. The Higgs
        with the negative hypercharge gives mass to the down-type fermions and it is called
        down-type Higgs (Hd, or H1 in the SLHA convention [118]) and the other one gives
        mass to up-type fermions and it is called up-type Higgs (Hu, or H2).
        The MSSM respects a discrete Z2 symmetry, the R-parity. If one writes the most
        general terms in the supersymmetric Lagrangian (still gauge-invariant and holomorphic), some of them would lead to non-observed processes. The most obvious constraint
        comes from the non-observed proton decay, which arises from a term that violates both
        lepton and baryon numbers (L and B, respectively) by one unit. In order to avoid these
        terms, R-parity, a multiplicative conserved quantum number, is introduced, defined as
        PR = (−1)3(B−L)+2s
        , (2.31)
        with s the spin of the particle.
        The R even particles are the SM particles, whereas the R odd are the new particles
        introduced by the MSSM and are called supersymmetric particles. Due to R-parity,

        • #56778 Répondre
          maelstrom
          Invité

          Peut être le meilleur poème du topic

    • #56771 Répondre
      ..Graindorge
      Invité

      Allez bisous et rappelle-toi que la proposition de vacances sur la Côte d’Azur, à Nice avec appart gratuit tient toujours. Vers le port, à 10 min des plages, d’un grand parc et à 1h de l’Italie. Au 6ème sans ascenseur
      Et des bus te baladent partout dans l’arrière-pays
      pour 1€

    • #56776 Répondre
      Demi Habile
      Invité

      Universit´e Paris-Sud
      ECOLE DOCTORALE: ´ Particules, Noyaux et Cosmos (517)
      Laboratoire de Physique Th´eorique d’Orsay
      DISCIPLINE Physique Th´eorique
      THESE DE DOCTORAT `
      soutenue le 10/12/2013
      par
      Pantelis MITROPOULOS
      Dark Matter in the Next-to-Minimal
      Supersymmetric Standard Model
      Directeur de th`ese: Ulrich ELLWANGER Enseignant-chercheur (LPT)
      Composition du jury:
      Pr´esidente du jury: Asmˆaa ABADA Enseignant-chercheur (LPT)
      Rapporteurs: Genevi`eve BELANGER Chercheur (LAPTH) ´
      Michel TYTGAT Enseignant-chercheur (Service de Physique Th´eorique, ULB)
      Examinateur: Aldo DEANDREA Enseignant-chercheur (IPNL)

      ACKNOWLEDGMENTS
      I am very grateful to my advisor Ulrich Ellwanger for his priceless support and his
      patience during all these years. I feel exceptionally lucky having had the opportunity
      to do research under his guidance.
      I would also like to thank all the members of our group for the warm working
      environment they provided me, but I am especially grateful to Yann Mambrini and
      Adam Falkowski, the organizers of the journal club of our group, for the inspiration
      they provided. Of course, I cannot forget to thank my previous colleague but still
      friend Debottam Das for his warm welcome when I first came to the lab and his help
      during my work.
      Last but not least, I would like to thank Asmaa Abada, Genevieve Belanger, Aldo
      Deandrea and Michel Tytgat who did me the honor to participate in my jury.
      I acknowledge financial support from the Greek State Scholarship Foundation (I.K.Y.).
      iv
      CONTENTS
      Introduction ix
      I Particle Dark Matter 1
      1 Dark Matter 3
      1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model . . . . . . . . . . . . . . . 4
      1.2 Evidence of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
      1.2.1 Galactic rotation velocities . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
      1.2.2 Gravitational lensing . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 7
      1.2.3 CMB radiation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 9
      1.2.4 Other evidence . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
      1.3 Particle DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 12
      1.4 The Standard Thermal Mechanism . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 13
      1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs . . . . . . . 13
      1.4.2 The Boltzmann equation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 15
      1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section . . . . . . . . 18
      1.5 Direct Detection of DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 20
      1.5.1 Elastic scattering event rate . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 21
      1.5.2 Experimental status . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 22
      1.6 Indirect Methods for DM Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 24
      2 Particle Physics 27
      2.1 The Standard Model of Particle Physics . . . . . . . . . . . . . . . . . 27
      2.1.1 The particle content of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 28
      2.1.2 The SM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 29
      2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism . . . . . . . . . . 32
      2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry . . . . . . . . . 33
      2.2.1 General discussion of the SM problems . . . . . . . . . . . . . . 33
      vi CONTENTS
      2.2.2 The naturalness problem of the SM . . . . . . . . . . . . . . . . 34
      2.2.3 A way out . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 35
      2.3 A brief summary of Supersymmetry . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 36
      2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model . . . . . . . . . . . . . . 38
      II Dark Matter in the Next-to-Minimal Supersymmetric
      Standard Model 41
      3 The Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model 43
      3.1 Motivation – The µ-problem of the MSSM . . . . . . . . . . . . . . . . 44
      3.2 The NMSSM Lagrangian . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 45
      3.2.1 Higgs sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 46
      3.2.2 Sfermion sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 48
      3.2.3 Gaugino and higgsino sector . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 49
      3.3 DM Candidates in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 50
      3.4 Neutralino relic density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 51
      3.5 Detection of neutralino DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
      3.5.1 Direct detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 52
      3.5.2 Indirect detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 54
      3.6 Neutrino masses and more DM candidates . . . . . . . . . . . . . . . . 55
      4 A possible indirect indication for Dark Matter 59
      4.1 Photon Radiation and Detection . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60
      4.2 Photon Flux . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 61
      4.3 The 130 GeV Fermi line . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 65
      4.4 Upper bounds from diffuse γ-rays . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 68
      4.5 A 130 GeV photon line in the NMSSM . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
      4.5.1 General aspects . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 70
      4.5.2 Implementation for the Fermi Line . . . . . . . . . . . . . . . . 71
      4.5.3 Constraints from direct DM searches . . . . . . . . . . . . . . . 72
      4.5.4 Final Remarks . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 74
      4.5.5 Update for the latest direct detection constraints . . . . . . . . 77
      4.6 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 81
      III Asymmetric Dark Matter 83
      5 Asymmetric DM and upper bounds on its self-annihilation 85
      5.1 Chemical potential and number densities . . . . . . . . . . . . . . . . . 86
      5.2 Asymmetric DM self-annihilation . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 88
      5.3 Boltzmann equations for asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
      5.3.1 Qualitative analysis . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 89
      5.3.2 Numerical solution . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 91
      5.4 Implications for specific models . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
      CONTENTS vii
      5.4.1 Sneutrino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 93
      5.4.2 Higgsino ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
      5.4.3 The ∆W ∼ XXHL/Λ model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 95
      5.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 98
      6 A specific model for asymmetric DM 101
      6.1 Sneutrinos as asymmetric DM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 101
      6.2 Big Bang Nucleosynthesis and neutrinos . . . . . . . . . . . . . . . . . 103
      6.3 The model . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 106
      6.3.1 Constraints from lepton flavour violation and BBN . . . . . . . 108
      6.4 Right-handed sneutrinos as ADM . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 109
      6.4.1 Asymmetry from sphaleron processes and the ADM mass . . . . 109
      6.4.2 Constraints from oscillations, self and pair annihilation . . . . . 112
      6.4.3 ADM Detection: prospects and constraints . . . . . . . . . . . . 114
      6.5 Discussion . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 116
      Conclusion 117
      Appendices 119
      A Relativistic degrees of freedom 121
      A.1 Energy Density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 121
      A.2 Pressure . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
      A.3 Entropy density . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 122
      A.4 Calculation of the effective degrees of freedom . . . . . . . . . . . . . . 123
      B Cross section for the neutralino annihilation to photons 127
      B.1 χ
      0

      0
      1 → γγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 127
      B.2 χ
      0

      0
      1 → Zγ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 128
      Bibliography 131
      viii CONTENTS
      INTRODUCTION
      One of the current major puzzles of theoretical physics is the explanation of a nonluminous and yet unknown form of matter present throughout the Universe, called
      Dark Matter (DM). Although the evidence for its existence, originating from various
      gravitational effects, are so far only implicit observations, they are strong enough to
      consider with great certainty that more than about 80% of the total matter in the
      Universe is dark. Moreover, this evidence suggests that DM consists of non-baryonic,
      massive long-lived particles which interact only through gravity and weak interactions.
      None of the particles described by the Standard Model (SM) of particle physics do
      meet the required specifications to account for dark matter. Many models that extend
      the standard theory have been proposed, in an effort to incorporate particles with the
      desired characteristics.
      Among the numerous possibilities, supersymmetry seems to be quite appealing.
      Supersymmetry is a symmetry between bosons and fermions, introduced to solve theoretical problems of the Standard Model. In most cases, supersymmetric extensions
      of the Standard Model also conserve a discrete symmetry, the R-parity, in order to
      conform with particle physics phenomenology, especially the non-observation of the
      proton decay. A new possibility appeared in this class of models: one of the new particles is stable and neutral and, in principle, it is possible to be a viable DM candidate
      with the observed abundance.
      Many experiments are running around the world, aiming either at the direct detection of DM particles or at the detection of indirect signals coming from them. The
      latter originate from dark matter annihilation in regions of the Universe that it is expected to be more condensed. The results of these experiments constitute a test of the
      various theoretical models proposed to explain the DM problem.
      Another puzzling fact is the agreement of the values, at the level of order of magnitude, of the DM abundance and the abundance of baryonic matter. If this is not just
      a coincidence, these two forms of matter should have something in common. In order
      to explain this coincidence, the possibility that the DM particles carry a conserved
      quantum number related to baryon number has recently attracted a lot of attention.
      Then, it is in principle possible that the DM current abundance is the asymmetry
      x CONTENTS
      between DM particles and antiparticles, as it is in the case of baryons. The difference
      for the two densities comes simply from the difference in their masses.
      In the first part of the current dissertation we deal in general with particle Dark
      Matter. In Chapter 1 we review the DM physics. We give the evidence for the DM
      existence and explain why particle DM is more favorable among other possibilities. We
      also describe the common mechanism that determines the DM relic abundance and,
      finally, we examine the DM detection methods and present the current experimental
      status. In order to explain the DM, foremost, one needs a theory that describes
      successfully the known fundamental particles. In Chapter 2 we describe the theory
      that has been established during the last decades as the Standard Model of particle
      physics. In the same chapter, we also discuss the theoretical problems from which this
      model suffers and motivate the supersymmetric extensions of the SM.
      In the second part we examine the DM in the context of a specific supersymmetric
      model, the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM). There are
      good theoretical and phenomenological reasons to move from the minimal supersymmetric model to the NMSSM. These are described in Chapter 3. We also describe the
      Lagrangian of the model and the possible DM candidates this model provides, exploring the general DM characteristics and detection. In the subsequent Chapter 4, we
      attempt to explain in the NMSSM a possible indirect DM signal, a monochromatic
      photon excess, that may originate from DM annihilation.
      The last, third, part of the thesis is devoted to asymmetric DM. In Chapter 5
      we introduce the asymmetric DM and explore the conditions under which the DM
      current density is determined indeed by its asymmetry. We derive quite severe upper
      bounds on the DM particle-particle or antiparticle-antiparticle self-annihilation, which
      constrain the asymmetric DM models. Subsequently, we propose in Chapter 6 a specific
      asymmetric DM model, obtained by an extension of the NMSSM, which respects the
      self-annihilation bounds. We investigate, in the same chapter, the properties of the
      proposed DM and discuss possible bounds coming from collider physics, cosmology
      and DM detection experiments.
      Note: The original work of this thesis is included in the last three chapters (Ch. 4,
      5 and 6), which are based on the publications [1–3].
      INTRODUCTION
      La Matiere Noire (MN) est une forme inconnue de matiere non-lumineuse et r´epandue
      dans toute Univers. L’explication de la MN figure parmi les d´efis principales de la
      physique th´eorique. Bien que les ´evidences de son existence sont jusqu’`a maintenant
      que des observations implicites, d’origine d’une vari´et´e des effets gravitationnelles, ils
      sont assez robustes pour consid´erer avec grande certitude que la MN constitue plus
      que le 80% de la matiere totale de l’Univers. En plus, les ´evidences suggerent que la
      MN est constitu´ee par particules massifs, non-baryoniques, a vie longue, lesquels interagissent seulementa travers la gravit´e et des interactions faibles. Aucun des particules
      d´ecrites par le Mod`ele Standard (MS) de la physique des particules ne correspond pas
      aux sp´ecificit´es de la MN. Plusieurs mod`eles ont ´et´e propos´e en s’´etendant la th´eorie
      standard et ayant comme but d’inclure les particules pr´esentant les caract´eristiques
      d´esir´es.
      Parmi les plusieurs possibilit´es, la th´eorie de supersym´etrie semble ˆetre la plus attirante. La supersym´etrie est une sym´etrie entre les bosons et les fermions, introduite
      pour r´esoudre les problemes th´eoriques du MS. Dans la majorit´e de cas, les extensions supersym´etriques du MS conservent une sym´etrie discrete, la R-parit´e, afin de
      se conformer avec la ph´enom´enologie de la physique des particules, sp´ecialement en
      ce qui concerne l’absence d’observation de la d´esint´egration du proton. Une nouvelle
      possibilit´e a ´et´e apparue dans cette classe des mod`eles: un de nouveaux particules est
      stable et neutre et, en principe, il est possible d’ˆetre un candidat pour expliquer la
      MN, viable avec l’abondance observ´ee.
      Plusieurs exp´eriences sont effectu´ees au monde, ayant comme but soit la d´etection
      directe des particules de MN, soit la d´etection de signaux indirects d’origine des particules de MN. Les r´esultats de ces exp´eriences constituent un test des diff´erents mod`eles
      th´eoriques qui proposent et qui expliquent le probl`eme de la MN.
      Un autre probl`eme est l’accord au niveau de l’ordre de magnitude entre les valeurs
      d’abondance de MN et de l’abondance de mati`ere baryonique. S’il s’agit pas d’une
      co¨ıncidence, ces deux formes de mati`eres devraient avoir quelque chose en commun.
      En cons´equence, afin d’expliquer cette co¨ıncidence, la possibilit´e que les particules de
      MN portent un nombre quantique qui est conserv´e en relation avec le nombre bary-
      xii CONTENTS
      onique a r´ecemment attir´e beaucoup d’attention. Il est donc possible que l’abondance
      actuelle de MN est expliqu´ee par l’asym´etrie entre les particules de MN et les antiparticules, comme c’est le cas pour les baryons. La diff´erence entre les deux densit´es vient
      simplement par la diff´erence entre les masses.
      Dans la premiere partie de cette these nous traitons de mani`ere g´en´erale les particules de la MN. Dans Chapitre 1 nous effectuons une r´evision de la physique de MN.
      Nous fournissons les preuves pour l’existence de la MN et nous expliquons pourquoi
      les particules de MN sont plus favorable parmi les autres possibilit´es. Nous d´ecrivons
      aussi le m´ecanisme commun qui d´etermine l’abondance de la MN et, filialement nous
      examinons les m´ethodes de d´etection de MN et pr´esentons l’´etat de l’art actuel des
      exp´eriences. Afin d’expliquer la MN, il faut utiliser la th´eorie qui d´ecrit en succ`es les
      particules fondamentales d´ej`a connus. Dans le Chapitre 2 nous d´ecrivons la th´eorie
      qui a ´et´e ´etablie dans les derniers d´ecennies selon le MS de la physique des particules.
      Dans le mˆeme chapitre, nous discutons aussi les probl`emes th´eoriques du MS et ceux
      qui motivent les extensions supersym´etriques du MS.
      Dans la deuxieme partie, nous examinons la MN, dans le contexte d’un modele sp´ecifique de supersym´etre, le Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model (NMSSM).
      Il y a des bonnes raisons th´eoriques ainsi que ph´enom´enologiques pour passer du mod`ele
      supersym´etrique minimal au NMSSM. Ces raisons sont d´ecrites dans le Chapitre 3.
      Nous d´ecrivons aussi le Lagrangien du modele ainsi que les particules candidat possible de la MN que ce modele nous offre, en explorant les caract´eristiques g´en´erales de la
      MN. Au prochain Chapitre 4, nous tentons `a expliquer dans NMSSM un signal de MN
      indirect, un exc`es de photons monochromatique, qui peuvent provenir de l’annihilation
      de la MN.
      La derniere partie de cette these est d´evou´ee aux asym´etries de la MN. Dans le
      Chapitre 5 nous introduisons la MN asym´etrique et nous explorons les conditions
      sous lesquels la densit´e actuelle de la MN est en effet d´etermin´ee par son asym´etrie.
      Nous trouvons des limites sup´erieures assez s´ev`eres sur l’auto-annihilation de particuleparticule ou de antiparticule-antiparticule. En plus, nous proposons dans Chapitre 6 un
      mod`ele d’asym´etrie sp´ecifique de MN, obtenu par l’extension de NMSSM, qui respect
      l’auto annihilation des limites. Nous investiguons, dans le mˆeme chapitre, les propri´et´es
      de la MN telles que propos´ees et nous discutons les limites possibles de l’origine de
      physique des collisionneurs, de la cosmologie et des exp´eriences de d´etection de la MN.
      Note: Le travail original de cette th`ese est inclue dans les derniers trois chapitres
      (Ch. 4, 5 et 6), lesquels sont bas´es sur des publications [1–3].
      Part I
      Particle Dark Matter

      CHAPTER 1
      DARK MATTER
      The latest results from the Linear Hadron Collider (LHC) and the Planck satellite offered an amazing verification of the Standard Models of both Particle Physics (henceforth, denoted just as SM) and Cosmology. The discovery of the Higgs boson completed
      the detection of all particles predicted by the SM and put an end to any potential
      doubts about it. On the other hand, the Cosmic Microwave Background radiation
      observed by Planck is consistent in high precision with the standard cosmology. But
      at the same time, Planck confirmed once more the fact that the total matter of the
      Universe is dominated by one yet unknown form of matter, the so-called Dark Matter
      (DM). The nature of DM constitutes one of the major puzzles of the theoretical physics
      today.
      The story of DM is not new. In 1970s, it was realized that the measured rotational
      velocity of isolated stars or gas clouds in the outer parts of galaxies was not as one
      should expect from the gravitational attraction of the known matter. This fact brought
      back to light an old idea about a non-luminous form of matter and forced to take it
      seriously. It was back in 1933 that Zwicky [4,5] observed that the mass of the luminous
      matter (stars, gas etc.) in the Coma system, a cluster of about one thousand galaxies,
      was not adequate to explain the motion of cluster member galaxies. The idea, however,
      of a non-luminous form of matter preexisted [6] and it was actually used one year earlier
      by Oort [7] to explain his observations, which nevertheless proved erroneous. However,
      today, the existence of this non-luminous, dark matter is considered unquestionable
      due to various kinds of evidence, many of them independent of the others. It is almost
      certain nowadays that DM does not only cluster with stellar matter forming the galactic
      halos, but it also exists as a background throughout the entire Universe.
      The evidence for the DM will be the subject of the next but one section (Sec.
      1.2). Meanwhile, we have to give a brief review of the standard cosmological model.
      In Sec. 1.3 we discuss the possible DM candidates and the reason that a particle DM
      is most favorable. Subsequently, in Sec. 1.4 we review the standard mechanism that
      determines the density of the DM particles, a quantity that has been calculated quite
      accurately by astrophysical observations. We finish this chapter by describing, in the
      4 Dark Matter
      last two sections 1.5 and 1.6, the detection methods of particle DM and the current
      experimental status.
      1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model
      In this section we are going to review the standard cosmological model based on the Big
      Bang theory and on general relativity. However, it is not going to be an introduction to
      the general theory of relativity, but rather a very brief review of notions and formulas
      that we need for the description of DM.
      A basic characteristic of the standard cosmological model is the evidence that the
      universe is expanding. The expansion was discovered at the late 1920’s [8] by observing
      the spectra of distant galaxies. A local observer that detects light from a distant object
      sees a redshift z in the frequency, which corresponds to the motion of the object away
      from the observer due to the Doppler effect. All of the observed galaxy spectra up
      to the present time (except of few coming from very nearby galaxies) are red-shifted,
      a fact stressing the universality of the expansion. The redshift z can be written in
      power series in terms of the luminosity distance dL ≡

      L
      4πF
      1/2
      (where L is the object’s
      luminosity and F the measured flux) as
      z = H0dL +
      1
      2
      (q0 − 1) (H0dL)
      2
      , (1.1)
      where H0 is the present expansion rate of the Universe, known as the Hubble constant
      and q0 is a parameter that represents the deviation from the linear Hubble law and
      measures the deceleration of the Universe. Usually, the Hubble parameter is taken to
      be
      H0 = 100h km s−1 Mpc−1
      , (1.2)
      with the numerical uncertainties moved to the dimensionless parameter h, which takes
      the value h = 0.673 ± 0.012 [9].
      The expansion of the Universe may originate naturally from an isotropic and homogeneous cosmological model based on general relativity. Although Einstein imposed
      these two assumptions without any observational evidence, today they are general
      thought as undeniable. The best evidence for isotropy comes from the observation of
      the Cosmic Microwave Background (CMB) radiation, which exhibits a temperature
      uniformity. Testing the homogeneity of the Universe is not so straightforward, but
      sky surveys have confirmed it with large accuracy [10]. The validity of these assumptions form the modern cosmological principle, which reflects the fact that all spatial
      positions in the Universe are essentially equivalent.
      Isotropy and homogeneity are playing an essential role, since they allow the description of the space-time of the Universe in terms of only two parameters denoted
      by R(t) and k, accounting, respectively, for its overall expansion (or contraction) and
      its spatial curvature. The most general expression for a space-time metric, known as
      Friedmann-Robertson-Walker or FRW metric, can be written as (see, for example, [11])
      ds
      2 = dt
      2 − R(t)

      dr
      2
      1 − kr2
      + r
      2


      2 + sin2
      θdφ
      2

      , (1.
      1.1 The Standard Big Bang Cosmological Model 5
      where as usual r, θ, φ and t are the spherical and time coordinates, respectively. The
      curvature constant k takes only the discrete values +1, 0, −1, corresponding to closed,
      (spatially) flat and open geometries. R(t) is the cosmological scale factor and determines proper distances in terms of the comoving coordinates. Usually, it is convenient
      to define a dimensionless scale factor a(t) ≡
      R(t)
      R0
      , where R0 is the present-day value of
      R. The Hubble parameter can be defined through the scale factor as
      H(t) ≡
      R˙(t)
      R(t)
      =
      a˙(t)
      a(t)
      . (1.4)
      We can use the metric (1.3) in order to show that the cosmological redshift is a
      direct consequence of the Hubble expansion. The redshift is defined as
      z =
      f1 − f2
      f2
      , (1.5)
      with f1 the frequency of the emitted light and f2 the frequency of the observed light.
      For scales smaller than cosmological, so that the expansion velocity v12 (corresponding
      to the velocity with which the distant object moves away from the observer) is not
      relativistic, the redshift is approximated as z ≃
      v12
      c
      . Using the metric (1.3) for a light
      signal (ds
      2 = 0), we eventually arrive at the simple relation 1 + z =
      R2
      R1
      between the
      redshift z and the scale factor R.
      The evolution of the Universe can be described by two rather simple equations,
      known as Friedmann–Lemaˆıtre equations. Assuming the matter content of the Universe
      as a perfect fluid, the energy–momentum tensor is written as
      Tµν = −pgµν + (p + ρ)uµuν, (1.6)
      where gµν is the metric tensor related to the metric (1.3), p the isotropic pressure, ρ
      the energy density and u = (1, 0, 0, 0) the velocity vector for the isotropic fluid in
      comoving coordinates. The Einstein’s equations lead to the following expressions:
      H
      2 =

      3
      GN ρ −
      k
      R2
      +
      Λ
      3
      (1.7)
      and

      R
      = −

      3
      GN (ρ + 3p) + Λ
      3
      , (1.8)
      where GN is the gravitational constant and Λ the cosmological constant, which can be
      interpreted to correspond to the energy of the vacuum. (The first of these equations
      is often called the Friedmann equation.) The energy–momentum conservation leads to
      a third equation:
      ρ˙ = −3H(p + ρ). (1.9)
      Examining (1.7), we see that in the absence of a cosmological constant (Λ = 0), the
      expansion or contraction of the Universe is determined solely by the value of k. For
      k = +1 it will recollapse, while it is going to expand indefinitely if k = 0 or k = −1.
      6 Dark Matter
      This way, one can define the following expression that gives the critical density, such
      that k = 0 (when Λ = 0)
      ρC ≡
      3H2
      8πGN
      . (1.10)
      Finally, the cosmological density parameter Ωtot is defined as the energy density relative
      to its critical value
      Ωtot ≡
      ρ
      ρC
      . (1.11)
      The Friedmann equation can be rewritten in terms of the density parameter as k
      R2 =
      H2
      (Ωtot − 1). It is often useful to distinguish the origin of the contribution to the total
      density. In this sense,
      Ωtot = Ωmat + Ωrad + ΩΛ, (1.12)
      where Ωmat is the contribution from pressureless matter, Ωrad comes from relativistic
      particles (radiation) and ΩΛ is due to the cosmological constant. The matter density is
      further divided to the contribution from baryonic matter (Ωb) and from (non-baryonic)
      DM (ΩDM).
      It is important to note that much of the history of the Universe can be described
      by assuming that either matter or radiation dominates the total energy density. By
      defining the parameter w =
      p
      ρ
      , Eq. (1.9) is written in terms of w as ˙ρ = −3(1 + w)ρ

      R
      .
      After integration, it gives
      ρ ∝ R
      −3(1+w)
      . (1.13)
      In the radiation dominated era of the Universe w = 1/3, while during matter domination w = 0, so that ρ ∝ R−4
      (radiation dominated) and ρ ∝ R−3
      (matter dominated),
      respectively.
      1.2 Evidence of DM
      1.2.1 Galactic rotation velocities
      As it was mentioned before, the first strong evidence for the existence of DM were
      the galactic rotation velocities [12]. The mass distribution of a spiral galaxy can be
      approximated as spherical or ellipsoidal. Applying the Newton’s law, which is sufficient
      for such large distances, we can see that at a distance r from the galactic center the
      rotation velocity obeys the equation v
      2
      r =
      GNM(r)
      r
      2
      , where M(r) is the mass distribution
      in the galaxy. Taking r much larger than the radius of the luminous mass, so that
      M(r) corresponds to the total galactic mass, Newton’s law implies that v ∝ 1/

      r.
      However, galaxy observations based on the Doppler effect show that the velocity rises
      with r towards a constant value vconst ≃ 100 − 200 km s−1
      . The first galaxy in which
      this behavior observed was Messier 33, a spiral galaxy about 3 million light years (ly)
      away. Its rotation curve can be seen in Fig. 1.1 (left). Along with the observed curve,
      the expected rotation velocity due to the luminous mass has also been plotted. The
      same phenomenon has already been observed for a plethora of galaxies, including our
      galaxy [13] (see Fig. 1.1 – right).
      1.2.2 Gravitational lensing 7
      Figure 1.1: Left: The rotation curve for the M33 dwarf galaxy, superimposed on its
      optical image, as observed by starlight and 21 cm hydrogen spectrum lines, and the
      expected rotation curve due to the luminous amount of mass. From [14,15]. Right: The
      rotation velocities for the Milky Way, the NGC 4258 and M31 galaxies as a function
      of the distance from the galactic center. From [13].
      Returning to the Newton’s law, we can easily check that the aforementioned disagreement would have been resolved, if the mass distribution was growing linearly with
      r, M(r) ∝ r. Actually, a self-gravitating ball of an ideal gas at a uniform temperature
      kT =
      1
      2mXvconst, with mX the mass of the particles that constitute the gas and vconst
      the asymptotic value of the rotation velocity, would have exactly this mass profile [16].
      Therefore, a simple solution to the missing mass problem is the assumption that the
      disk galaxies are immersed in extended DM halos. Current analyses of rotation curves
      imply that Ωmat ≃ 0.1 (see [17] for a review), while observations of the luminous matter
      constrain its density to only Ωlum <∼ 0.01. Hence, about 90% of the total mass of the
      galaxies is dark.
      1.2.2 Gravitational lensing
      Since DM interacts gravitationally, its mass warps the space-time causing the distortion
      of a passing beam of light. Hence, although dark, the presence of DM should be visible
      through the “bending” of the light coming from behind sources. This fact is used in the
      so-called gravitational lensing: large clusters of galaxies can be used as astrophysical
      lenses that bend and magnify the light coming from galaxies far behind them. The
      distorted picture can give an estimate for the mass distribution of the lens. Since
      lensing does not rely on the dynamics of the observed systems, it is a completely
      independent method of predicting the DM density.
      In contrast to optical lenses, a gravitational lens has no single focal point, but
      instead a focal line. The maximum bending occurs closest to the center of the lens,
      and the minimum furthest from it. In the ideal case that the light source (a distant
      galaxy), the lens (the cluster of galaxies) and the telescope lie in a straight line, the
      source galaxy would appear as a ring around the lensing object. In fact, partially
      because of a misalignment of the three objects, but also due to the complex mass
      8 Dark Matter
      Figure 1.2: Left: Abell 1689 acting as gravitational lens that bends and magnifies the
      light of the galaxies located far behind it. Some of the faintest objects in the picture
      are probably over 13 billion light-years away (redshift value 6). This color image is a
      composite of visible-light and near-infrared exposures taken by the Hubble telescope in
      June 2002. According to NASA, it reveals 10 times more arcs than would be seen by
      a ground-based telescope. Courtesy of the Space Telescope Science Institute (STScI).
      Right: A masked region of Abell 1689. Cluster members were selected using color
      information and then masked over, so that these regions do not affect the surface
      density estimate of background sources. The background galaxies are also shown as
      open circles. Superimposed are the concentric bins used to calculate the radial profile,
      centered on the peak in the light distribution. From [18].
      distribution of the lensing cluster, the source resembles partial arcs scattered around
      the lens. Fig. 1.2 is an example of the arcs formed as the light of distant galaxies passed
      through the cluster Abell 1689, one of the most massive known galaxy clusters, acting
      as a 2-million-light-year-wide lens in space.
      In many cases, the distortion of the light of background sources is too weak to
      form arcs and can be detected only by analyzing a large number of sources and using
      statistical methods. This kind of lensing is known as weak lensing. The lensing shows
      up statistically as a preferred stretching of the distant objects perpendicular to the
      direction towards the center of the lens. By measuring the shapes and orientations of
      large numbers of distant galaxies, their orientations can be averaged to measure the
      shear of the lensing field in any region. For a population of unlensed galaxies, the shear
      pattern should be, on average, randomly distributed. In the presence of lensing, the
      shear field is polarized and, since it is related non-locally to the surface mass density,
      it can be used to estimate the mass distribution.
      Perhaps the most compelling evidence for DM came applying these weak lensing
      techniques on the colliding system of Bullet cluster [19,20]. The Bullet cluster consists
      of two primary galaxy concentrations, a less massive subcluster that is currently moving
      away from a more massive main cluster. The X-ray image reveals the relative motion
      1.2.3 CMB radiation 9
      Figure 1.3: The left panel is a color image from the Magellan images of the merging
      Bullet cluster, with the white bar indicating 200 kpc at the distance of the cluster. The
      right panel is an X-ray Chandra image of the same cluster. The contours represent
      the weak lensing mass reconstruction. The separation between the location of the
      luminous interacting X-ray halo and the location of gravitating matter can be clearly
      seen. From [20].
      of the two systems. Comparing with the line-of-sight velocity differences of the two
      components, it can be deduced that the two cores passed through each other about
      100 million years ago and that the merger is occurring in the plane of the sky.
      The cluster observation reveals that its mass is partially made of baryons observable
      in optical and infrared data, but it is dominated by baryons observable in X-rays.
      During the merger, the galaxies, which correspond to the small amount of optical
      baryons, remain collisionless, while the X-ray halo is affected by ram pressure. The
      mass distribution of the system was reconstructed by means of weak lensing. In the
      absence of DM, one should expect that the reconstructed mass distribution would
      exhibit a primary peak coincident with the dominant X-ray gas, which is spatially
      offset from the galaxy distribution (right panel of Fig. 1.3). However, as it can be seen
      in the left panel of Fig. 1.3, the mass maps created from weak lensing have the primary
      mass peaks in good spatial agreement with the galaxies.
      The analysis performed in [20] is in agreement with the other astrophysical observations: only 12% of the total mass of the cluster is due to baryons (from which
      1% is visible in optical spectrum and the rest is the X-ray halo) and 88% is the DM.
      Combining all the astrophysical bounds, one can make a rough estimation for the DM
      density, which lies on the range
      0.1 <∼ Ω
      astr
      DM h
      2 <∼ 0.3. (1.14)
      1.2.3 CMB radiation
      The most precise prediction of the DM density is coming, however, from analyses of
      the Cosmic Microwave Background (CMB) spectrum. The most recent observation
      of CMB by the Planck satellite (which improved previous results [21, 22] by WMAP)
      10 Dark Matter
      constrained the DM density in the interval [9]
      ΩDMh
      2 = 0.1199 ± 0.0027. (1.15)
      This result plays a key role for testing possible DM candidates and we are going to use
      it many times throughout this work. In the following, we will describe how DM affects
      the CMB spectrum. Once again, the detailed analysis leading to the above calculation
      is complicated and goes well beyond the scope of this thesis. We will rather try to
      give a qualitative picture of the relation among DM and the shape of the observed
      spectrum.
      The CMB that we observe today consists of photons that have started a free travel
      through space since their last scattering with matter, early in the history of the Universe (see, for example, [23,24]). Even earlier, while the Universe was made up from a
      very hot interacting plasma of photons, electrons and baryons, the large temperature
      of photons was preventing the electrons to combine with protons to form hydrogen
      atoms. As the Universe was expanding, the photon temperature was decreasing, and
      at some point the formation of atoms was possible. This corresponds to the recombination epoch of the Universe. After then, the photons no longer interacted with the
      neutral plasma and their free propagation started, with a temperature that is redshifting following the expansion of the Universe. The value of this temperature today is
      ∼ 2.73 K [25].
      Although the CMB radiation is highly isotropic1
      , small anisotropies appear if one
      concentrates on smaller scales, which correspond to smaller angles in the sky, later led
      to structure formation in the Universe. In order to study these anisotropies (see for
      example [26,27]), the temperature, which is a function of the polar coordinates defining
      the direction on the sky, is expanded in spherical harmonics:
      T(θ, φ) = X
      l,|m|≤l
      almYlm(θ, φ). (1.16)
      The coefficients alm describe temperature variations on angular scales l ∼ π/∆θ.
      The l = 0 term is the isotropic temperature, while l = 1 is the dipole anisotropy
      corresponding to the motion of the solar system. The variance of the temperature
      h∆T
      2
      i ≡ h(T − hTi)
      2
      i is written, using the orthogonality of the spherical harmonics,
      as
      h∆T
      2
      i =
      1

      X
      l>1
      (2l + 1)Cl
      , (1.17)
      where we Cl ≡ h|alm|
      2
      im is the average of the coefficients alm over m. The quantity
      D
      2
      l ≡
      l(l + 1)

      Cl (1.18)
      gives the contribution to the temperature fluctuations per interval of ln l. The CMB
      power spectrum – the plot of Dl versus l – as observed by the Planck satellite is shown
      in Fig. 1.4.
      1About 1 part in 100, 000, after subtracting the uninteresting dipole anisotropy, which is due to
      the Doppler effect caused by the solar system’s motion.
      1.2.3 CMB radiation 11
      2 50 500 1000 1500 2000 2500

      102
      103
      104
      Dℓ

      K
      2
      ]
      lensed CMB
      30 to 353
      70
      100
      143
      143×217
      217
      353×143
      Figure 1.4: The Planck power spectra. The dashed line indicates the best-fit Planck
      spectrum. From [28].
      We are ready to reach the main point of this section, to wit, how these anisotropies
      were generated and, eventually, why the existence of DM is necessary to explain the
      observed spectrum. To do so, we have to go back once again to the study of the
      early Universe. Before recombination, the CMB photons and the baryons acted as
      a nearly perfect fluid. Gravitational potential wells, caused by random fluctuations,
      had been stretched to cosmic scales during inflation. The photon-baryon fluid was
      under the influence of this potential. While gravity was compressing the fluid, its
      radiation pressure was resisting, resulting in acoustic oscillations. The sound waves
      were changing the photon temperature; it was rising during compression and it was
      falling during rarefaction. The oscillations stopped at recombination as the photons
      were released from the fluid, and what we observe today is actually a frozen picture
      of this procedure. The peaks are caused by modes that have reached extrema of
      compression and rarefaction at the time of last scattering. The first peak corresponds
      to modes that have had enough time to oscillate through exactly one half of a period
      before last scattering, the second peak is caused by modes oscillated through a full
      period (half the wavelength of the first mode), and so on.
      Much information can be deduced from the CMB power spectrum. For example,
      without entering into the details, the position of the first peak is related to the spatially
      geometry of the Universe, whereas the relative height of the second peak, compared to
      the first one, is related to the baryonic density [29]. Here, we will focus on the effect
      of DM on the power spectrum.
      We start without assuming a priori the existence of DM. When radiation dominated
      over matter, the density fluctuation stabilizes as the radiation pressure prevents further
      compression, causing the decay of the gravitational potential. Since the potential well
      lowers after the compression, the amplitude of the rarefaction will be larger. We note
      that modes with smaller wavelength (higher multipoles) started oscillating first, so that
      12 Dark Matter
      it is expected that each even peak would be higher than the successive odd peak. In the
      presence of a collisionless cold (non-relativistic) fluid, the density fluctuation remains
      after the compression and the gravitational potential does not decay. Therefore, in the
      presence of (cold) DM, the third peak is expected to be comparable or higher than the
      second one2
      . Indeed, this is the case of the observed CMB power spectrum (Fig. 1.4).
      In practice, the effect of the various phenomena determining the shape of the power
      spectrum is more complicated than the above simplified qualitative analysis. One has
      to apply statistical methods in order to fit a cosmological model to the observed CMB
      spectrum. The best fit to the power spectrum as observed by Planck [9] is a flat
      ΛCDM model3
      , with baryonic density Ωbh
      2 = 0.02205 ± 0.00028, dark matter density
      ΩDMh
      2 = 0.1199±0.0027 and energy density of the cosmological constant (dark energy
      density) ΩΛ = 0.685+0.018
      −0.016.
      1.2.4 Other evidence
      The clues for the existence of DM are not limited to the three aforesaid phenomena. For
      example, sky surveys of Baryon Acoustic Oscillations (BAO) – periodic fluctuations
      of the baryonic density caused by acoustic oscillations in the early Universe – are
      consistent with the results extracted by the CMB spectrum. The velocity dispersion of
      galaxies in galactic clusters indicate a large mass-to-light ratio, giving another evidence
      for DM. Furthermore, numerical simulations require a significant amount of cold DM
      in order to reproduce the large scale structure of the Universe.
      1.3 Particle DM
      Before we proceed to possible DM candidates, we have to refer to an attempt for
      an alternative explanation of the above phenomena, without the introduction of DM.
      Mainly in order to explain the anomalous galactic rotation curves, Milgrom proposed
      in 1983 [31] a modified version of Newton’s law in galactic scales. This theory is known
      as Modified Newtonian Dynamics (MoND) and it has gained a lot of attention since
      then (see, for example, [32] for a review). However, MoND seem insufficient to account
      for the necessity of DM at scales larger than the galactic ones [17,33,34]. Furthermore,
      weak lensing of the Bullet cluster disfavors these theories [19], since in the case of
      MoND the X-ray gas would be the dominant component of the total mass and the
      separation indicated in Fig. 1.3 (right panel) would not have been observed.
      One of the first possibilities examined for DM candidates were astrophysical objects
      that may count for DM. These were collectively called MAssive Compact Halo Objects
      (MACHOs) and such examples are brown or white dwarfs, neutron stars and stellar
      black hole remnants. These objects contribute to the density of baryonic DM. However,
      Big Bang nucleosynthesis and the CMB have set a limit on this density, which is
      also confirmed by the observation of MACHOs in the Milky Way halo through their
      2The higher multipoles are affected by a damping effect [30].
      3The standard cosmological model with a cosmological constant Λ and Cold Dark Matter.
      1.4 The Standard Thermal Mechanism 13
      gravitational lensing effect. This limit is far below the required value in order to fit
      the DM observations. As a consequence, non-baryonic DM is a necessary ingredient of
      the Universe.
      Since the astrophysical objects are not adequate to count for the main component
      of DM, the attention has focused on possible particles that can play the role of this
      non-luminous matter. The only known particle that fits the criteria for DM is the
      neutrino. Although neutrinos are massless in the SM of particle physics, oscillations
      among their various flavors suggest a small but non-zero mass. However, a universe
      dominated by particles with such small mass would form large structures first, with
      the small structures forming later by fragmentation of the larger objects. This time
      scale, in which the galaxies form last and quite recently, seems incompatible with our
      current view of galactic evolution.
      Nevertheless, extensions of the SM, essential to solve some of its theoretical drawbacks, provide particles that can, in principle, successfully solve the DM problem. In
      the next section, we will see that favorable candidates are Weakly Interacting Massive
      Particles (WIMPs). Supersymmetric theories that respect a discrete symmetry, the Rparity, provide a very promising WIMP, the neutralino. We will not extend here, since
      we are going to discuss neutralinos in more detail in the following chapters. However,
      WIMPs are also predicted by other, non-supersymmetric theories, such as models with
      TeV scale extra dimensions.
      For completeness, we will finish this section by just mentioning the axions, although
      we will not deal with them in the rest of this thesis. Axions are neutral scalar hypothetical particles associated with the spontaneous breaking of the global U(1) Peccei-Quinn
      symmetry [35, 36], introduced to dynamically solve the strong CP problem. Their
      very small coupling to ordinary matter gives a large lifetime to axions, larger than
      the age of the Universe. Axions were never in thermal equilibrium and were always
      non-relativistic. These characteristics allow them to be possible DM candidates.
      1.4 The Standard Thermal Mechanism
      1.4.1 Relic Abundance, thermal cross section and WIMPs
      We shall discuss subsequently the mechanism that is widely considered responsible for
      the current DM density, in case of particle DM, as well as the requirements in order
      to fit this density to the observed value. We will also see why WIMPs are favorable
      DM candidates. This subsection will remain descriptive; a more detailed analysis will
      follow.
      We assume a particle X with mass mX that is neutral and stable. X would be
      the DM particle for this analysis. Early in the history of the Universe, when its
      temperature was much larger than the particle’s mass (T ≫ mX), Xs were abundant
      with a density comparable with the photon’s density. Due to pair annihilations with
      their antiparticles, they were rapidly converting to lighter particles and vice versa.
      The annihilations were in equilibrium, without affecting the density of the X particles.
      Shortly after T drops below the mass mX, the number density of X started to drop
      14 Dark Matter
      very fast, since lighter particles do not have enough energy anymore to produce X
      particles and pair annihilation continued to destroy them. The equilibrium particle
      density is given by
      n
      eq
      X =
      g
      (2π
      3
      )
      Z
      f(~p) d3
      ~p, (1.19)
      where g is the number of internal (spin) degrees of freedom of the particle and f(~p) is
      the Bose-Einstein or the Fermi-Dirac distribution function in terms of the momentum
      ~p. We will see4
      that Eq. (1.19) gives (after integration) n
      eq
      X ∝ T
      3
      , for T ≫ mX,
      whereas for T ≪ mX the particle density is Boltzmann (exponentially) suppressed
      with n
      eq
      X ∝ e
      −mX/T
      .
      As the Universe is expanding and the X particle density decreases, the pair annihilations of X particles become more rare, until they eventually stop when their rate
      Γ drops below the expansion rate, Γ <∼ H. The rate of a pair annihilation Γ is proportional to the density of the annihilating particles, more precisely Γ = nhσvi, where hσvi
      is the thermal average of the annihilation cross section σ times the particles relative
      velocity v (we will return to this in more detail in the following subsection). At the
      point where the Xs cease to annihilate, they fall out of equilibrium with the thermal
      plasma and what remains is their relic cosmological abundance, almost constant since
      then. It is customary to say that the DM density froze-out and call the temperature
      where this occurred the freeze-out temperature, henceforth Tf o.
      We can use the freeze-out condition Γ ≃ H to approximate the DM relic density in
      terms of the thermal averaged annihilation cross section (we reproduce the calculation
      performed originally in [37]). For this purpose, we will need the expressions for the
      energy and entropy density, which are defined in the App. A and which we rewrite here
      ρ(T) = π
      2
      30
      geff(T) T
      4
      (1.20)
      and
      s(T) = 2π
      2
      45
      heff(T) T
      3
      . (1.21)
      We recall (see App. A, for more details) that geff and heff are effective relativistic degrees
      of freedom. Assuming that there is no significant entropy production since the freezeout, the entropy per comoving volume remains constant, so that the ratio nX/s remains
      also constant (since the freeze-out). Hence, the present-day DM particle density is given
      by nX0 = s0

      nX
      s

      f o, with s0 ≃ 4 · 103
      cm−3
      the current entropy density. Therefore, we
      have to compute the ratio nX/s during freeze-out.
      The early Universe is radiation dominated, hence Eq. (1.2) reads, after replacing
      the energy density by Eq. (1.20), as H =

      3

      5GN g
      1/2
      eff T
      2
      . The freeze-out condition
      4Number densities will be discussed again much later in this thesis, in Sec. 5.1, in the presence of
      chemical potentials
      1.4.2 The Boltzmann equation 15
      gives, then,
      nX
      s

      f o =
      45


      5GN
      g
      1/2
      eff
      heff
      (Tf ohσvi)
      −1
      , which evaluates5
      to
      nX
      s

      f o
      ≃ 7 · 10−9 GeV
      mX
      10−27 cm3
      s
      −1
      hσvi
      . (1.22)
      We remind that ΩX ≡
      ρX
      ρc
      =
      m
      ρc

      nX
      s

      f o s0, where the critical density today is ρc =
      10−5h
      2 GeV cm−3
      , so that, finally, the relic density is
      ΩXh
      2 ≃
      3 · 10−27 cm3
      s
      −1
      hσvi
      , (1.23)
      independently of the DM mass mX.
      In order to reproduce the observed relic density (1.15), the annihilation cross section
      during the freeze-out has to be
      hσvith ≃ 3 · 10−26 cm3
      s
      −1
      . (1.24)
      This quantity is known as thermal cross section. The scale of this value is remarkably
      close to the cross section of weakly interacting particles, which can be estimated to be
      hσweakvi ∼ α
      2
      m2
      W
      ∼ 10−25 cm3
      s
      −1
      , with α a generic weak coupling. This fact established
      the WIMPs as the most favorable DM candidates.
      1.4.2 The Boltzmann equation6
      Although a weakly interacting particle has, in principle, the correct order of magnitude
      of the annihilation cross section for the correct order of relic density, in practice, the
      final result may vary over many orders of magnitude. This is the reason that a more
      detailed analysis is required in order to be able to calculate the precise value of the
      DM relic density.
      The density of a species is governed by the Boltzmann equation, which can be
      written in compact operator form as
      L[f] = C[f], (1.25)
      with L and C the Liouville and collision operators, respectively. f = f(~p, ~x) is the
      phase-space density, which is, in general, a function of the momentum and space-time
      coordinates and it is defined as
      f =
      (2π)
      3
      g
      dN
      d
      3p d
      3x
      , (1.26)
      with N the number of particles. It is normalized in such a way that f = 1 corresponds
      to the maximum phase-space density allowed by the Pauli principle for a fermion. In
      5
      In this evaluation, we have used the expected relation between the freeze-out temperature and
      the mass mX of the particle, Tfo ∼
      mX
      20 . However, we notice that the exact value of the denominator
      depends on the annihilation cross section.
      6
      In this part, we follow part of the analysis performed in [38
      16 Dark Matter
      the special case of the spatially homogeneous and isotropic FRW cosmology, the phasespace density has the same symmetries and depends only on the particle energy E and
      the time t, i.e. f = f(E, t).
      The Liouville operator gives the net rate of change in time of f and the collision
      operator describes the number of particles per phase-space volume that are lost or
      gained per unit time due to collisions with other particles. The particle number density
      n =
      R
      dN
      d3x
      is given through (1.26) by the integral (1.19) of f(E, t) over all momenta and
      sum over all spin degrees of freedom. We will perform the same integral and sum in
      the Boltzmann equation (1.25), in order to write it in a more convenient form involving
      the particle densities.
      First, the Liouville term for f = f(E, T) is written as
      L[f] = ∂f
      ∂t − H
      |p|
      2
      E
      ∂f
      ∂E . (1.27)
      Integrating it and summing over all the spin degrees of freedom, it becomes
      g1
      Z
      L[f1]
      d
      3p1
      (2π
      3
      )
      =

      ∂t Z
      f1
      g1d
      3p1
      (2π)
      3
      − Hg1
      Z
      |p1|
      2
      E1
      4π|p1|
      2 dp1
      (2π
      3
      )
      = ˙n −
      Hg1
      (2π)
      3

      Z
      |p1|
      3
      ∂f1
      ∂E1
      dE1
      = ˙n + 3Hn,
      (1.28)
      where we have used Eq. (1.27) and (1.19), pdp = EdE and in the last step we have
      performed a partial integration.
      Now we turn to the collision term, which in integrated form and summed over spins
      is written, in the case of annihilation of two particles 1 and 2 to two others, 3 and 4,
      as
      g1
      Z
      C[f1]
      d
      3p1
      (2π)
      3
      =

      X
      spins

      f1f2(1 ± f3)(1 ± f4)|M12→34|
      2 − f3f4(1 ± f1)(1 ± f2)|M34→12|
      2

      · (2π)
      4
      δ
      4
      (p1 + p2 − p3 − p4)
      d
      3p1
      (2π)
      32E1
      d
      3p2
      (2π)
      32E2
      d
      3p3
      (2π)
      32E3
      d
      3p4
      (2π)
      32E4
      , (1.29)
      where the “+” sign applies for bosons and “−” for fermions. We assume that the
      annihilation products 3 and 4 go quickly into equilibrium with the thermal plasma, such
      that the density functions f3 and f4 in Eq. (1.29) can be replaced by the equilibrium
      densities f
      eq
      3
      and f
      eq
      4
      , respectively. Furthermore, the δ-function in the integral enforces
      E1 + E2 = E3 + E4 and, since f
      eq
      3
      f
      eq
      4 ∝ exp

      E3+E4
      T

      , the product f
      eq
      3
      f
      eq
      4
      is replaced
      by the corresponding product of the annihilating particle densities f
      eq
      1
      f
      eq
      2
      (principle of
      detailed balance). In order to simplify the expression (1.29), we will apply the unitarit
      1.4.2 The Boltzmann equation 17
      condition which yields
      X
      spins
      Z
      |M34→12|
      2
      (2π)
      4
      δ
      4
      (p1 + p2 − p3 − p4)
      d
      3p3
      (2π)
      32E3
      d
      3p4
      (2π)
      32E4
      =
      X
      spins
      Z
      |M12→34|
      2
      (2π)
      4
      δ
      4
      (p1 + p2 − p3 − p4)
      d
      3p3
      (2π)
      32E3
      d
      3p4
      (2π)
      32E4
      (1.30)
      and also the definition of the unpolarized cross section to write
      X
      spins
      Z
      |M12→34|
      2
      (2π)
      4
      δ
      4
      (p1 + p2 − p3 − p4)
      d
      3p3
      (2π)
      32E3
      d
      3p4
      (2π)
      32E4
      =
      4F g1g2 σ12→34, (1.31)
      where F ≡ [(p1 · p2)
      2 − m2
      1m2
      2
      ]
      1/2
      and the spin factors g1, g2 come from the average
      over initial spins. This way, the collision term (1.29) is written in a more compact form
      g1
      Z
      C[f1]
      d
      3p1
      (2π)
      3
      = −
      Z
      σvMøl (dn1dn2 − dn
      eq
      1 dn
      eq
      2
      ), (1.32)
      where σ =
      P
      (all f)
      σ12→f is the total annihilation cross section summed over all the
      possible final states and vMøl ≡
      F
      E1E2
      . The so called Møller velocity, vMøl, is defined in
      such a way that the product vMøln1n2 is invariant under Lorentz transformations and,
      in terms of particle velocities ~v1 and ~v2, it is given by the expression
      vMøl =
      h
      ~v2
      1 − ~v2
      2

      2
      − |~v1 × ~v2|
      2
      i1/2
      . (1.33)
      Due to symmetry considerations, the distributions in kinetic equilibrium are proportional to those in chemical equilibrium, with a proportionality factor independent of
      the momentum. Therefore, the collision term (1.32), both before and after decoupling,
      can be written in the form
      g1
      Z
      C[f1]
      d
      3p1
      (2π)
      3
      = −hσvMøli(n1n2 − n
      eq
      1 n
      eq
      2
      ), (1.34)
      where the thermal averaged total annihilation cross section times the Møller velocity
      has been defined by the expression
      hσvMøli =
      R
      σvMøldn
      eq
      1 dn
      eq
      2
      R
      dn
      eq
      1 dn
      eq
      2
      . (1.35)
      We will come back to the thermal averaged cross section in the next subsection.
      We are, now, able to write the full integrated Boltzmann equation, using the expressions (1.28), (1.34) that we have derived for the Liouville and the collision term,
      respectively. In the simplified but interesting case of identical particles 1 and 2, the
      Boltzmann equation is, finally, written as
      n˙ + 3Hn = −hσvMøli(n
      2 − n
      2
      eq). (1.36)
      18 Dark Matter
      However, instead of using n, it is more convenient to take the expansion of the universe
      into account and calculate the number density per comoving volume Y , which can be
      defined as the ratio of the number and entropy densities: Y ≡ n/s. The total entropy
      density S = R3
      s (R is the scale factor) remains constant, hence we can obtain a
      differential equation for Y by dividing (1.36) by S. Before we write the final form
      of the Boltzmann equation that it is used for the relic density calculations, we have
      to change the variable that parametrizes the comoving density. In practice, the time
      variable t is not convenient and the temperature of the Universe (actually the photon
      temperature, since the photons were the last particles that went out of equilibrium) is
      used instead. However, it proves even more useful to use as time variable the quantity
      defined by x ≡ m/T with m the DM mass, so that Eq. (1.36) transforms into
      dY
      dx
      =
      1
      3H
      ds
      dx
      hσvMøli

      Y
      2 − Y
      2
      eq
      . (1.37)
      Last, using the Hubble parameter (1.2) for a radiation dominated Universe and the
      expressions (1.20), (1.21) for the energy and entropy density, the Boltzmann equation
      is written in its final form
      dY
      dx
      = −
      r
      45GN
      π
      g
      1/2
      ∗ m
      x
      2
      hσvMøli

      Y
      2 − Y
      2
      eq
      , (1.38)
      where the effective degrees of freedom g
      1/2
      ∗ have been defined by
      g
      1/2
      ∗ ≡
      heff
      g
      1/2
      eff

      1 +
      1
      3
      T
      heff
      dheff
      dT

      . (1.39)
      The equilibrium density per comoving volume Yeq ≡ neq/s can be expressed as
      Yeq(x) = 45g

      4
      x
      2K2(x)
      heff(m/x)
      , (1.40)
      with K2 the modified Bessel function of second kind.
      1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section
      We are going to derive a simple formula that one can use to calculate the thermal
      average of the cross section times velocity, based again on the analysis of [38]. We will
      use the assumption that equilibrium functions follow the Maxwell-Boltzmann distribution, instead of the actual Bose-Einstein or Fermi-Dirac. This is a well established
      assumption if the freeze out occurs after T ≃ m/3 or for x >∼ 3, which is actually the
      case for WIMPs. Under this assumption, the expression (1.35) gives, in the cosmic
      comoving frame,
      hσvMøli =
      R
      vMøle
      −E1/T e
      −E2/T d
      3p1d
      3p2
      R
      e
      −E1/T e
      −E2/T d
      3p1d
      3p2
      . (1.4
      1.4.3 Thermal average of the annihilation cross section 19
      The volume element can be written as d3p1d
      3p2 = 4πp1dE14πp2dE2
      1
      2
      cos θ, with θ the
      angle between ~p1 and ~p2. After changing the integration variables to E+, E−, s given
      by
      E+ = E1 + E2, E− = E1 − E2, s = 2m2 + 2E1E2 − 2p1p2 cos θ, (1.42)
      (with s = −(p1 − p2)
      2 one of the Mandelstam variables,) the volume element becomes
      d
      3p1d
      3p2 = 2π
      2E1E2dE+dE−ds and the initial integration region
      {E1 > m, E2 > m, | cos θ| ≤ 1i
      transforms into
      |E−| ≤
      1 −
      4m2
      s
      1/2
      (E
      2
      + − s)
      1/2
      , E+ ≥

      s, s ≥ 4m2
      . (1.43)
      After some algebraic calculations, it can be found that the quantity hσvMøliE1E2
      depends only on s, specifically vMølE1E2 =
      1
      2
      p
      s(s − 4m2
      ). Hence, the numerator of the expression (1.41), which after changing the integration variables reads

      2
      R
      dE+
      R
      dE−
      R
      dsσvMølE1E2e
      −E+/T , can be written, eventually, as
      Z
      vMøle
      −E1/T e
      −E2/T = 2π
      2
      Z ∞
      4m2
      dsσ(s − 4m2
      )
      Z
      dE+e
      −E+/T (E
      2
      + − s)
      1/2
      . (1.44)
      The integral over E+ can be written with the help of the modified Bessel function of
      the first kind K1 as √
      s T K1(

      s/T). The denominator of (1.41) can be treated in a
      similar way, so that the thermal average is, finally, given by the expression
      hσvMøli =
      1
      8m4TK2
      2
      (x)
      Z ∞
      4m2
      ds σ(s)(s − 4m2
      )

      s K1(

      s/T). (1.45)
      Eqs. (1.38)–(1.40) along with this last Eq. (1.45) are all we need in order to calculate
      the relic density of a WIMP, if its total annihilation cross section in terms of the
      Mandelstam variable s is known.
      In many cases, in order to avoid the numerical integration in Eq. (1.45), an approximation for hσvMøli can be used. The thermal average is expanded in powers of x
      −1
      (or, equivalently, in powers of the squared WIMP velocity):
      hσvMøli = a + bx−1 + . . . . (1.46)
      (The coefficient a corresponds to the s-wave contribution to the cross section, the
      coefficient b to the p-wave contribution, and so on.) This partial wave expansion gives
      a quite good approximation, provided there are no s-channel resonances and thresholds
      for the final states [39].
      In [40], it was shown that, after expanding the integrands of Eq. (1.41) in powers
      of x
      −1
      , all the integrations can be performed analytically. As we saw, the expression
      20 Dark Matter
      vMølE1E2 depends on momenta only through s. Therefore, one can form the Lorentz
      invariant quantity
      w(s) ≡ σ(s)vMølE1E2 =
      1
      2
      σ(s)
      p
      s(s − 4m2
      ). (1.47)
      The integration involves the Taylor expansion of this quantity w around s/4m2 = 1
      and the general formula for the partial wave expansion of the thermal average is [40]
      hσvMøli =
      1
      m2

      w −
      3
      2
      (2w − w

      )x
      −1 +
      3
      8
      (16w − 8w
      ′ + 5w
      ′′)x
      −2

      5
      16
      (30w − 15w
      ′ + 3w
      ′′ − 7x
      ′′′)x
      −3 + O(x
      −4
      )

      s/4m2=1
      , (1.48)
      where primes denote derivatives with respect to s/4m2 and all quantities have to be
      evaluated at s = 4m2
      .
      1.5 Direct Detection of DM
      Since the beginning of 1980s, it has been realized that besides the numerous facts showing evidence for the existence of these new dark particles, it is also possible to detect
      them directly. Already in 1985, two pioneering articles [41, 42] appeared, describing
      the detection methods for WIMPs. Since WIMPs are expected to cluster gravitationally together with ordinary stars in the Milky Way halo, they would pass also through
      Earth and, in principle, they can be detected through scattering with the nuclei in a
      detector’s material. In practice, one has to measure the recoil energy deposited by this
      scattering.
      However, although one can deduce from rotation curves that DM dominates the
      dark halo in the outer parts of our galaxy, it is not so obvious from direct measurements
      whether there is any substantial amount of DM inside the solar radius R0 ≃ 8 kpc.
      Using indirect methods (involving the determination of the gravitational potential,
      through the measuring of the kinematics of stars, both near the mid-plane of the
      galactic disk and at heights several times the disk thickness), it is almost certain
      that the DM is also present in the solar system, with a local density ρ0 = (0.3 ±
      0.1) GeV cm−3
      [43].
      This value for the local density implies that for a WIMP mass of order ∼ 100 GeV,
      the local number density is n0 ∼ 10−3
      cm−3
      . It is also expected that the WIMPs
      velocity is similar to the velocity with which the Sun orbits around the galactic center
      (v0 ≃ 220 km s−1
      ), since they are both moving under the same gravitational potential.
      These two quantities allow to estimate the order of magnitude of the incident flux
      of WIMPs on the Earth: J0 = n0v0 ∼ 105
      cm−2
      s
      −1
      . This value is manifestly large,
      but the very weak interactions of the DM particles with ordinary matter makes their
      detection a difficult, although in principle feasible, task. In order to compensate for
      the very low WIMP-nucleus scattering cross section, very large detectors are required.
      1.5.1 Elastic scattering event rate 21
      1.5.1 Elastic scattering event rate
      In the following, we will confine ourselves to the elastic scattering with nuclei. Although
      inelastic scattering of WIMPs off nuclei in a detector or off orbital electrons producing
      an excited state is possible, the event rate of these processes is quite suppressed. In
      contrast, during an elastic scattering the nucleus recoils as a whole.
      The direct detection experiments measure the number of events per day and per
      kilogram of the detector material, as a function of the amount of energy Q deposited
      in the detector. This event rate would be given by R = nWIMP nnuclei σv in a simplified
      model with WIMPs moving with a constant velocity v. The number density of WIMPs
      is nWIMP = ρ0/mX and the number density of nuclei is just the ratio of the detector’s
      mass over the nuclear mass mN .
      For accurate calculations, one should take into account that the WIMPs move in the
      halo not with a uniform velocity, but rather following a velocity distribution f(v). The
      Earth’s motion in the solar system should be included into this distribution function.
      The scattering cross section σ also depends on the velocity. Actually, the cross section
      can be parametrized by a nuclear form factor F(Q) as
      dσ =
      σ
      4m2
      r
      v
      2
      F
      2
      (Q)d|~q|
      2
      , (1.49)
      where |~q|
      2 = 2m2
      r
      v
      2
      (1 − cos θ) is the momentum transferred during the scattering,
      mr =
      mXmN
      mX+mN
      is the reduced mass of the WIMP – nucleus system and θ is the scattering
      angle in the center of momentum frame. Therefore, one can write a general expression
      for the differential event rate per unit detector mass as
      dR =
      ρ0
      mX
      1
      mN
      σF2
      (Q)d|~q|
      2
      4m2
      r
      v
      2
      vf(v)dv. (1.50)
      The energy deposited in the detector (transferred to the nucleus through one elastic
      scattering) is
      Q =
      |~q|
      2
      2mN
      =
      m2
      r
      v
      2
      mN
      (1 − cos θ). (1.51)
      Therefore, the differential event rate over deposited energy can be written, using the
      equations (1.50) and (1.51), as
      dR
      dQ
      =
      σρ0

      πv0mXm2
      r
      F
      2
      (Q)T(Q), (1.52)
      where, following [37], we have defined the dimensionless quantity T(Q) as
      T(Q) ≡

      π
      2
      v0
      Z ∞
      vmin
      f(v)
      v
      dv, (1.53)
      with the minimum velocity given by vmin =
      qQmN
      2m2
      r
      , obtained by Eq. (1.51). Finally,
      the event rate R can be calculated by integrating (1.52) over the energy
      R =
      Z ∞
      ET
      dR
      dQ
      dQ. (1.54)
      22 Dark Matter
      The integration is performed for energies larger than the threshold energy ET of the
      detector, below which it is insensitive to WIMP-nucleus recoils.
      Using Eqs. (1.54) and (1.52), one can derive the scattering cross section from the
      event rate. The experimental collaborations prefer to give their results already in terms
      of the scattering cross section as a function of the WIMP mass. To be more precise,
      the WIMP-nucleus total cross section consists of two parts: the spin-dependent (SD)
      cross section and the spin-independent (SI) one. The former comes from axial current
      couplings, whereas the latter comes from scalar-scalar and vector-vector couplings.
      The SD cross section is much suppressed compared to the SI one in the case of heavy
      nuclei targets and it vanishes if the nucleus contains an even number of nucleons, since
      in this case the total nuclear spin is zero.
      We see that two uncertainties enter the above calculation: the exact value of the
      local density ρ0 and the exact form of the velocity distribution f(v). To these, one
      has to include one more. The cross section σ that appears in the previous expressions
      concerns the WIMP-nucleon cross section. The couplings of a WIMP with the various
      quarks that constitute the nucleon are not the same and the WIMP-nucleon cross
      section depends strongly on the exact quark content of the nucleon. To be more
      precise, the largest uncertainty lies on the strange content of the nucleon, but we shall
      return to this point when we will calculate the cross section in a specific particle theory,
      the Next-to-Minimal Supersymmetric Standard Model, in Sec. 3.5.1.
      1.5.2 Experimental status
      The situation of the experimental results from direct DM searches is a bit confusing. The null observations in most of the experiments led them to set upper limits
      on the WIMP-nucleon cross section. These bounds are quite stringent for the spinindependent cross section7
      , especially in the regime of WIMP masses of the order of
      100 GeV. However, some collaborations have already reported possible DM signals,
      mainly in the low mass regime. The preferred regions of these experiments do not
      coincide, while some of them have been already excluded by other experiments. The
      present picture, for WIMP masses ranging from 5 to 1000 GeV, is summarized in Fig.
      1.5, 1.6.
      Fig. 1.5 mainly presents upper bounds coming from XENON100 [44]. XENON100
      [46] is an experiment located at the Gran Sasso underground laboratory in Italy. It
      contains in total 165 kg of liquid Xenon, with 65 kg acting as target mass and the
      rest shielding the detector from background radiation. For these upper limits, 225
      live days of data were used. The minimum value for the predicted upper bounds on
      the cross section is 2 · 10−45 cm2
      for WIMP mass ∼ 55 GeV (at 90% confidence level),
      almost one order of magnitude lower than the previously released limits [47] by the
      same collaboration, using 100 live days of data.
      The stringent upper bounds up-to-date (at least for WIMP mass larger than about
      7 GeV) come from the first results of the LUX experiment (see Fig. 1.6), after the first
      7For the spin-dependent scattering, the exclusion limits are quite relaxed. Hence, we will focus on
      the SI cross sections.
      1.5.2 Experimental status 23
      Figure 1.5: The XENON100 exclusion limit (thick blue line), along with the expected
      sensitivity in green (1σ) and yellow (2σ) band. Other upper bounds are also shown as
      well as detection claims. From [44].
      85.3 live-days of its operation [45]. LUX [53] is a detector containing liquid Xenon, as
      XENON100, but in larger quantity, with total mass 370 kg. Its operation started on
      April 2013 with a goal to clearly detect or exclude WIMPs with a spin independent
      cross section ∼ 2 · 10−46 cm2
      .
      In Fig. 1.5, except of the XENON100 bounds and other experimental limits on larger
      WIMP-nucleon cross section, some detection claims also appear. These come from
      DAMA [48,49], CoGeNT [50] and CRESST-II [51] experiments. The first positive result
      came from DAMA [52], back in 2000. Since then, the experiment has accumulated 1.17
      ton-yr of data over 13 years of operation. DAMA consists of 250 kg of radio pure NaI
      scintillator and looks for the annual modulation of the WIMP flux in order to reduce
      the influence of the background.
      The annual modulation of the DM flux (see [54] for a recent review) is due to the
      Earth’s orbital motion relative to the rotation of the galactic disk. The galactic disk
      rotation through an essentially non-rotating DM halo, creates an effective DM wind in
      the solar frame. During the earth’s heliocentric orbit, this wind reaches a maximum
      when the Earth is moving fastest in the direction of the disk rotation (this happens
      in the beginning of June) and a minimum when it is moving fastest in the opposite
      direction (beginning of December).
      DAMA claims an 8.9σ annual modulation with a minimum flux on May 26±7 days,
      consistent with the expectation. Since the detector’s target consists of two different
      nuclei and the experiment cannot distinguish between sodium and iodine recoils, there
      24 Dark Matter
      Figure 1.6: The LUX 90% confidence exclusion limit (blue line) with the 1σ range
      (shaded area). The XENON100 upper bound is represented by the red line. The inset
      shows also preferred regions by CoGeNT (shaded light red), CDMS II silicon detector
      (shaded green), CRESST II (shaded yellow) and DAMA (shaded gray). From [45].
      is no model independent way to determine the exact region in the cross section versus
      WIMP mass plane to which the observed modulation corresponds. However, one can
      assume two cases: one that the WIMP scattering off the sodium nucleus dominates the
      recoil energy and the other with the iodine recoils dominating. The former corresponds
      [55] to a light WIMP (∼ 10 GeV) and quite large scattering cross section and the latter
      to a heavier WIMP (∼ 50 to 100 GeV) with smaller cross section (see Fig. 1.5).
      The positive result of DAMA was followed many years later by the ones of CoGeNT
      and CRESST-II, and more recently by the silicon detector of CDMS [56] (Fig. 1.7).
      The discrepancy of the results raised a lot of debates among the experiments (for
      example, [64–67]) and by some the positive results are regarded as controversial. On
      the other hand, it also raised an effort to find a physical explanation behind this
      inconsistency (see, for example, [68–71]).
      1.6 Indirect Methods for DM Detection
      The same annihilation processes that determined the DM relic abundance in the early
      Universe also occur today in galactic regions where the DM concentration is higher.
      This fact rises the possibility of detecting potential WIMP pair annihilations indirectly
      through their imprints on the cosmic rays. Therefore, the indirect DM searches aim
      at the detection of an excess over the known astrophysical background of charged
      particles, photons or neutrinos.
      Charged particles – electrons, protons and their antiparticles – may originate from
      direct products (pair of SM particles) of WIMP annihilations, after their decay and
      1.6 Indirect Methods for DM Detection 25
      Figure 1.7: The blue contours represent preferred regions for a possible signal at 68%
      and 90% C.L. using the silicon detector of CMDS [56]. The blue dotted line represents
      the upper limit obtained by the same analysis and the blue solid line is the combined
      limit with the silicon CDMS data set reported in [57]. Other limits also appear:
      from the CMDS standard germanium detector (light and dark red dashed line, for
      standard [58] and low threshold analysis [59], respectively), EDELWEISS [60] (dashed
      orange), XENON10 [61] (dash-dotted green) and XENON100 [44] (long-dash-dotted
      green). The filled regions identify possible signal regions associated with data from
      CoGeNT [62] (dashed yellow, 90% C.L.), DAMA [49,55] (dotted tan, 99.7% C.L.) and
      CRESST-II [51, 63] (dash-dotted pink, 95.45% C.L.) experiments. Taken from [56].
      through the process of showering and hadronization. Although the exact shape of the
      resulting spectrum would depend on the specific process, it is expected to show a steep
      cutoff at the WIMP mass. Once produced in the DM halo, the charged particles have
      to travel to the point of detection through the turbulent galactic field, which will cause
      diffusion. Apart from that, a lot of processes disturb the propagation of the charged
      particles, such as bremsstrahlung, inverse Compton scattering with CMB photons and
      many others. Therefore, the uncertainties that enter the propagation of the charged
      flux until it reaches the telescope are important (contrary to the case of photons and
      neutrinos that propagate almost unperturbed through the galaxy).
      As in the case of direct detection, the experimental status of charged particle detection concerning the DM is confusing. After some hints from HEAT [72] and AMS01 [73] (the former a far-infrared telescope in Antarctica, the latter a spectrometer,
      prototype for AMS-02 mounted on the International Space Station [74]), the PAMELA
      satellite observed [75, 76] a steep increase in the energy spectrum of positron fraction
      e
      +/(e
      + + e
      −)
      8
      . Later FERMI satellite [77] and AMS-02 [78] confirmed the results up
      8The searches for charged particles focus on the antiparticles in order to have a reduced background,
      26 Dark Matter
      Figure 1.8: A compilation of data of charged cosmic rays, together with plausible but
      uncertain astrophysical backgrounds, taken from [79]. Left: Positron flux. Center:
      Antiproton flux. Right: Sum of electrons and positrons.
      to energies of ∼ 200 GeV. However, the excess of positrons is not followed by an excess
      of antiprotons, whose flux seems to coincide with the predicted background [75]. In
      Fig. 1.8, three plots summarizing the situation are shown [79].
      The observed excess is very difficult to explain in terms of DM [79]. To begin with,
      the annihilation cross section required to reproduce the excess is quite large, many
      orders of magnitude larger than the thermal cross section. Moreover, an “ordinary”
      WIMP with large annihilation cross section giving rise to charged leptons is expected
      to give, additionally, a large number of antiprotons, a fact in contradiction with the
      observations. Although a lot of work has been done to fit a DM particle to the observed
      pattern, it is quite possible that the excesses come from a yet unknown astrophysical
      source. We are not going to discuss further this matter, but we end with a comment.
      If this excess is due to a source other than DM, then a possible DM positron excess
      would be lost under this formidable background.
      A last hint for DM came from the detection of highly energetic photons. However,
      we will interrupt this discussion, since this signal and a possible explanation is the
      subject of Ch. 4. There, we will also see the upper bounds on the annihilation cross
      section being set due to the absence of excesses in diffuse γ radiation.
      since they are much less abundant than the corresponding particles.
      CHAPTER 2
      PARTICLE PHYSICS
      Since the DM comprises of particles, it should be explained by a general particle physics
      theory. We start in the following section by describing the Standard Model (SM) of
      particle physics. Although the SM describes so far the fundamental particles and their
      interactions quite accurately, it cannot provide a DM candidate. Besides, the SM
      suffers from some theoretical problems, which we discuss in Sec. 2.2. We will see that
      these problems can be solved if one introduces a new symmetry, the supersymmetry,
      which we describe in Sec. 2.3. We finish this chapter by briefly describing in Sec. 2.4 a
      supersymmetric extension of the SM with the minimal additional particle content, the
      Minimal Supersymmetric Standard Model (MSSM).
      2.1 The Standard Model of Particle Physics
      The Standard Model (SM) of particle physics1
      consists of two well developed theories,
      the quantum chromodynamics (QCD) and the electroweak (EW) theory. The former
      describes the strong interactions among the quarks, whereas the latter describes the
      electroweak interactions (the weak and electromagnetic interactions in a unified context) between fermions. The EW theory took its final form in the late 1960s by the
      introduction by S. Weinberg [85] and A. Salam [86] of the Higgs mechanism that gives
      masses to the SM particles, which followed the unification of electromagnetic and weak
      interactions [87,88]. At the same time, the EW model preserves the gauge invariance,
      making the theory renormalizable, as shown later by ’t Hooft [89]. On the other hand,
      QCD obtained its final form some years later, after the confirmation of the existence
      of quarks. Of course, the history of the SM is much longer and it can be traced back to
      1920s with the formulation of a theoretical basis for a Quantum Field Theory (QFT).
      Since then, the SM had many successes. The SM particle content was completed with
      the discovery of the heaviest of the quarks, the top quark [90,91], in 1995 and, recently,
      with the discovery of the Higgs boson [92, 93].
      1There are many good textbooks on the SM and Quantum Field Theory, e.g. [80–84].
      28 Particle Physics
      The key concept within the SM, as in every QFT, is that of symmetries. Each
      interaction respects a gauge symmetry, based on a Lie algebra. The strong interaction is
      described by an SU(3)c symmetry, where the subscript c stands for color, the conserved
      charge of strong interactions. The EW interactions, on the other hand, are based on
      a SU(2)L × U(1)Y Lie algebra. Here, as we will subsequently see, L refers to the
      left-handed fermions and Y is the hypercharge, the conserved charge under the U(1).
      SU(2)L conserves a quantity known as weak isospin I. Therefore, the SM contains the
      internal symmetries of the unitary product group
      SU(2)L × U(1)Y × SU(3)c. (2.1)
      2.1.1 The particle content of the SM
      We mention for completeness that particles are divided into two main classes according
      to the statistics they follow. The bosons are particles with integer spin and follow the
      Bose-Einstein distribution, whereas fermions have half-integer spin and follow the
      Dirac-Einstein statistics, obeying the Pauli exclusion principle. In the SM, all the
      fermions have spin 1/2, whereas the bosons have spin 1 with only exception the Higgs
      boson, which is a scalar (spin zero). We begin the description of the SM particles with
      the fermions.
      Each fermion is classified in irreducible representations of each individual Lie algebra, according to the conserved quantum numbers, i.e. the color C, the weak isospin
      I and the hypercharge Y . A first classification of fermions can be done into leptons
      and quarks, which transform differently under the SU(3)c. Leptons are singlets under
      this transformation, while quarks act as triplets (the fundamental representation of
      this group). The EW interactions violate maximally the parity symmetry and SU(2)L
      acts only on states with negative chirality (left-handed). A Dirac spinor Ψ can be
      decomposed into left and right chirality components using, respectively, the projection
      operators PL =
      1
      2
      (1 − γ5) and PR =
      1
      2
      (1 + γ5):
      ΨL = PLΨ and ΨR = PRΨ. (2.2)
      Left-handed fermions have I = 1/2, with a third component of the isospin I3 = ±1/2.
      Fermions with positive I3 are called up-type fermions and those with negative are
      called down-type. These behave the same way under SU(2)L and form doublets with
      one fermion of each type. On the other hand, right-handed fermions have I = 0 and
      form singlets that do not undergo weak interactions. The hypercharge is written in
      terms of the electric charge Q and the third component of the isospin I3 through the
      Gell-Mann–Nishijima relation:
      Q = I3 + Y/2. (2.3)
      Therefore, left- and right-handed components transform differently under the U(1)Y ,
      since they have different hypercharge.
      The fermionic sector of the SM comprises three generations of fermions, transforming as spinors under Lorentz transformations. Each generation has the same structure.
      For leptons, it is an SU(2)L doublet with components consisting of one left-handed
      2.1.2 The SM Lagrangian 29
      charged lepton and one neutrino (neutrinos are only left-handed in the SM), along
      with a gauge singlet right-handed charged lepton. The quark doublet consists of an
      up- (u) and a down-type (d) (left-handed) quark and the pattern is completed by the
      two corresponding SU(2)L singlet right-handed quarks. We write these representations
      as
      Quarks: Q ≡

      u
      i
      L
      d
      i
      L
      !
      , ui
      R, di
      R Leptons: L ≡

      ν
      i
      L
      e
      i
      L
      !
      , ei
      R, (2.4)
      with i = 1, 2, 3 the generation index.
      Having briefly described the fermionic sector, we turn to the bosonic sector of
      the SM. It consists of the gauge bosons that mediate the interactions and the Higgs
      boson that gives masses to the particles through a spontaneous symmetry breaking,
      the electroweak symmetry breaking (EWSB) [94–98], which we shall describe in Sec.
      2.1.3. Before the EWSB, these bosons are
      • three Wa
      µ
      (a = 1, 2, 3) weak bosons, associated with the generators of SU(2)L,
      • one neutral Bµ boson, associated with the generator of U(1)Y ,
      • eight gluons Ga
      µ
      (a = 1, . . . , 8), associated with the generators of SU(3)c, and
      • the complex scalar Higgs doublet Φ =
      φ
      +
      φ
      0
      !
      .
      After the EWSB, the EW boson states mix and give the two W± bosons, the neutral
      Z boson and the massless photon γ. From the symmetry breaking, one scalar degree of
      freedom remains which is the famous (neutral) Higgs boson [97–99]. We will return to
      the mixed physical states, after describing the Higgs mechanism for symmetry breaking.
      A complete list of the SM particles (the physical states after EWSB) is shown in Table
      2.1.
      2.1.2 The SM Lagrangian
      The gauge bosons are responsible for the mediation of the interactions and are associated with the generators of the corresponding symmetry. The EW gauge bosons Bµ
      and Wa
      µ
      are associated, respectively, with the generator Y of the U(1)Y and the three
      generators T
      a
      2
      of the SU(2)L. The latter are defined as half of the Pauli matrices τ
      a
      (T
      a
      2 =
      1
      2
      τ
      a
      ) and they obey the algebra

      T
      a
      2
      , Tb
      2

      = iǫabcT
      c
      2
      , (2.5)
      where ǫ
      abc is the fully antisymmetric Levi-Civita tensor. The eight gluons are associated
      with an equal number of generators T
      a
      3
      (Gell-Mann matrices) of SU(3)c and obey the
      Lie algebra

      T
      a
      3
      , Tb
      3

      = if abcT
      c
      3
      , with Tr
      T
      a
      3 T
      b
      3

      =
      1
      2
      δ
      ab
      , (2.6)
      30 Particle Physics
      Name symbol mass charge (|e|) spin
      Leptons
      electron e 0.511 MeV −1 1/2
      electron neutrino νe 0 (<2 eV) 0 1/2
      muon µ 105.7 MeV −1 1/2
      muon neutrino νµ 0 (<2 eV) 0 1/2
      tau τ 1.777 GeV −1 1/2
      tau neutrino ντ 0 (<2 eV) 0 1/2
      Quarks
      up u 2.7
      +0.7
      −0.5 MeV 2/3 1/2
      down d 4.8
      +0.7
      −0.3 MeV −1/3 1/2
      strange s (95 ± 5) MeV −1/3 1/2
      charm c (1.275 ± 0.025) GeV 2/3 1/2
      bottom b (4.18 ± 0.03) GeV −1/3 1/2
      top t (173.5 ± 0.6 ± 0.8) GeV 2/3 1/2
      Bosons
      photon γ 0 (<10−18 eV) 0 (<10−35) 1
      W boson W± (80.385 ± 0.015) GeV ±1 1
      Z boson Z (91.1876 ± 0.0021) GeV 0 1
      gluon g 0 (.O(1) MeV) 0 1
      Higgs H
      (125.3 ± 0.4 ± 0.5) GeV
      0 0
      (126.0 ± 0.4 ± 0.4) GeV
      Table 2.1: The particle content of the SM. All values are those given in [100], except of
      the Higgs mass that is taken from [92, 93] (up and down row, respectively), assuming
      that the observed excess corresponds to the SM Higgs. The u, d and s quark masses
      are estimates of so-called “current-quark masses” in a mass-independent subtraction
      scheme as MS at a scale ∼ 2 GeV. The c and b quark masses are the running masses
      in the MS scheme. The values in the parenthesis are the current experimental limits.
      with f
      abc the structure constants of the group.
      Using the structure constants of the corresponding groups, we define the field
      strengths for the gauge bosons as
      Bµν ≡ ∂µBν − ∂νBµ, (2.7a)
      Wµν ≡ ∂µWa
      ν − ∂νWa
      µ + g2ǫ
      abcWb
      µWc
      ν
      (2.7b)
      and
      G
      a
      µν ≡ ∂µG
      a
      ν − ∂νG
      a
      µ + g3f
      abcG
      b
      µG
      c
      ν
      . (2.7c)
      2.1.2 The SM Lagrangian 31
      We use the notation g1, g2 and g3 for the coupling constants of U(1)Y , SU(2)L and
      SU(3)c, respectively. As in any Yang-Mills theory, the non-abelian gauge groups lead
      to self-interactions, which is not the case for the abelian U(1)Y group.
      Before we finally write the full Lagrangian, we have to introduce the covariant
      derivative for fermions, which in a general form can be written as
      DµΨ =
      ∂µ − ig1
      1
      2
      Y Bµ − ig2T
      a
      2 Wa
      µ − ig3T
      a
      3 G
      a
      µ

      Ψ. (2.8)
      This form has to be understood as that, depending on Ψ, only the relevant terms
      apply, hence for SU(2)L singlet leptons only the two first terms inside the parenthesis
      are relevant, for doublet leptons the three first terms and for the corresponding quark
      singlets and doublets the last term also participates. We also have to notice that in
      order to retain the gauge symmetry, mass terms are forbidden in the Lagrangian. For
      example, the mass term mψψ¯ = m

      ψ¯
      LψR + ψ¯
      RψL

      (with ψ¯ ≡ ψ
      †γ
      0
      ) is not invariant
      under SU(2)L. This paradox is solved by the introduction of the Higgs scalar field
      (see next subsection). The SM Lagrangian can be now written2
      , split for simplicity in
      three parts, each describing the gauge bosons, the fermions and the scalar sector,
      LSM = Lgauge + Lfermion + Lscalar, (2.9)
      with
      Lgauge = −
      1
      4
      G
      a
      µνG
      µν
      a −
      1
      4
      Wa
      µνWµν
      a −
      1
      4
      BµνB
      µν
      , (2.10a)
      Lfermion = iL¯Dµγ
      µL + ie¯RDµγµeR
      + iQ¯Dµγ
      µQ + iu¯RDµγ
      µuR + i
      ¯dRDµγ
      µ
      dR

      heL¯ΦeR + hdQ¯ΦdR + huQ¯ΦeuR + h.c.

      (2.10b)
      and
      Lscalar = (DµΦ)†
      (DµΦ) − V (Φ†Φ), (2.10c)
      where
      V (Φ†Φ) = µ

      †Φ + λ

      Φ
      †Φ
      2
      (2.11)
      is the scalar Higgs potential. Φ is the conjugate of Φ, related to the charge conjugate e
      by Φ =e iτ2Φ

      , with τi the Pauli matrices. The covariant derivative acting on the Higgs
      scalar field gives
      DµΦ =
      ∂µ − ig1
      1
      2
      Y Bµ − ig2T
      a
      2 Wa
      µ

      Φ. (2.12)
      Before we proceed to the description of the Higgs mechanism, a last comment concerning the SM Lagrangian is in order. If we restore the generation indices, we see that
      2For simplicity, from now on we are going to omit the generations indice
      32 Particle Physics
      the Yukawa couplings h are 3 × 3, in general complex, matrices. As any complex matrix, they can be diagonalized with the help of two unitary matrices VL and VR, which
      are related by VR = U
      †VL with U again a unitary matrix. The diagonalization in the
      quark sector to the mass eigenstates induces a mixing among the flavors (generations),
      described by the Cabibbo–Kobayashi–Maskawa (CKM) matrix [101, 102]. The CKM
      matrix is defined by
      VCKM ≡ V
      u
      L

      V
      d
      L

      , (2.13)
      where V
      u
      L
      , V
      d
      L
      are the unitary matrices that diagonalize the Yukawa couplings Hu
      , Hd
      ,
      respectively. This product of the two matrices appears in the charged current when it
      is expressed in terms of the observable mass eigenstates.
      2.1.3 Mass generation through the Higgs mechanism
      We will start by examining the scalar potential (2.11). The vacuum expectation value
      (vev) of the Higgs field hΦi ≡ h0|Φ|0i is given by the minimum of the potential. For
      µ
      2 > 0, the potential is always non-negative and Φ has a zero vev. The hypothesis of
      the Higgs mechanism is that µ
      2 < 0. In this case, the field Φ will acquire a vev
      hΦi =
      1
      2

      0
      v
      !
      with v =
      r

      µ2
      λ
      . (2.14)
      Since the charged component of Φ still has a zero vev, the U(1)Q symmetry of quantum
      electrodynamics (QED) remains unbroken.
      We expand the field Φ around the minima v in terms of real fields, and at leading
      order we have
      Φ(x) =
      θ2(x) + iθ1(x)

      1
      2
      (v + H(x)) − iθ3(x)
      !
      =
      1

      2
      e
      iθa(x)τ
      a

      0
      v + H(x)
      !
      . (2.15)
      We can eliminate the unphysical degrees of freedom θa, using the fact that the theory
      remains gauge invariant. Therefore, we perform the following SU(2)L gauge transformation on Φ (unitary gauge)
      Φ(x) → e
      −iθa(x)τ
      a
      Φ(x), (2.16)
      so that
      Φ(x) = 1

      2

      0
      v + H(x)
      !
      . (2.17)
      We are going to use the following definitions for the gauge fields

      µ ≡
      1
      2

      W1
      µ ∓ iW2
      µ

      , (2.18a)
      Zµ ≡
      1
      p
      g
      2
      1 + g
      2
      2

      g2W3
      µ − g1Bµ

      , (2.18b)
      Aµ ≡
      1
      p
      g
      2
      1 + g
      2
      2

      g1W3
      µ + g2Bµ

      , (2.1
      2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry 33
      Then, the kinetic term for Φ (see Eq. (2.10c)) can be written in the unitary gauge as
      (DµΦ)†
      (D
      µΦ) = 1
      2
      (∂µH)
      2 + M2
      W W+
      µ W−µ +
      1
      2
      M2
      ZZµZ
      µ
      , (2.19)
      with
      MW ≡
      1
      2
      g2v and MZ ≡
      1
      2
      q
      g
      2
      1 + g
      2
      2
      v. (2.20)
      We see that the definitions (2.18) correspond to the physical states of the gauge bosons
      that have acquired masses due to the non-zero Higgs vev, given by (2.20). The photon
      has remained massless, which reflects the fact that after the spontaneous breakdown of
      SU(2)L × U(1)Y the U(1)Q remained unbroken. Among the initial degrees of freedom
      of the complex scalar field Φ, three were absorbed by W± and Z and one remained as
      the neutral Higgs particle with squared mass
      m2
      H = 2λv2
      . (2.21)
      We note that λ should be positive so that the scalar potential (2.11) is bounded from
      below.
      Fermions also acquire masses due to the Higgs mechanism. The Yukawa terms in
      the fermionic part (2.10b) of the SM Lagrangian are written, after expanding around
      the vev in the unitary gauge,
      LY = −
      1

      2
      hee¯L(v + H)eR −
      1

      2
      hd
      ¯dL(v + H)dR −
      1

      2
      huu¯L(v + H)uR + h.c. . (2.22)
      Therefore, we can identify the masses of the fermions as
      me
      i =
      h
      i
      e
      v

      2
      , md
      i =
      h
      i
      d
      v

      2
      , mui =
      h
      i
      u
      v

      2
      , (2.23)
      where we have written explicitly the generation indices.
      2.2 Limits of the SM and the emergence of supersymmetry
      2.2.1 General discussion of the SM problems
      The SM has been proven extremely successful and has been tested in high precision
      in many different experiments. It has predicted many new particles before their final
      discovery and also explained how the particles gain their masses. Its last triumph was
      of course the discovery of a boson that seems to be very similar to the Higgs boson of
      the SM. However, it is generally accepted that the SM cannot be the ultimate theory. It
      is not only observed phenomena that the SM does not explain; SM also faces important
      theoretical issues.
      The most prominent among the inconsistencies of the SM with observations is the
      oscillations among neutrinos of different generations. In order for the oscillations to
      34 Particle Physics
      φ φ
      k
      Figure 2.1: The scalar one-loop diagram giving rise to quadratic divergences.
      occur, neutrinos should have non-zero masses. However, minimal modifications of the
      SM are able to fit with the data of neutrino physics. Another issue that a more complete theory has to face is the matter asymmetry, the observed dominance of matter
      over antimatter in the Universe. In addition, in order to comply with the standard
      cosmological model, it has to provide the appropriate particle(s) that drove the inflation. Last, but not least, we saw that in order to explain the DM that dominates the
      Universe, a massive, stable weakly interacting particle must exist. Such a particle is
      not present in the SM.
      On the other hand, the SM also suffers from a theoretical perspective. For example,
      the SM counts 19 free parameters; one expects that a fundamental theory would have
      a much smaller number of free parameters. Simple modifications of the SM have been
      proposed relating some of these parameters. Grand unified theories (GUTs) unify
      the gauge couplings at a high scale ∼ 1016 GeV. However, this unification is only
      approximate unless the GUT is embedded in a supersymmetric framework. Another
      serious problem of the SM is that of naturalness. This will be the topic of the following
      subsection.
      2.2.2 The naturalness problem of the SM
      The presence of fundamental scalar fields, like the Higgs, gives rise to quadratic divergences. The diagram of Fig. 2.1 contributes to the squared mass of the scalar
      δm2 = λ
      Z Λ
      d
      4k
      (2π)
      4
      k
      −2
      . (2.24)
      This contribution is approximated by δm2 ∼ λΛ
      2/(16π
      2
      ), quadratic in a cut-off Λ,
      which should be finite. For the case of the Higgs scalar field, one has to include its
      couplings to the gauge fields and the top quark3
      . Therefore,
      δm2
      H =
      3Λ2

      2v
      2

      4m2
      t − 2M2
      W − M2
      Z − m2
      H

      + O(ln Λ
      µ
      )

      , (2.25)
      where we have used Eq. (2.21) and m2
      H ≡ m2
      0 + δm2
      H.
      3Since the contribution to the squared mass correction are quadratic in the Yukawa couplings (or
      quark masses), the lighter quarks can be neglected
      2.2.3 A way out 35
      Taking Λ as a fundamental scale Λ ∼ MP l ∼ 1019 GeV we have
      m2
      0 = m2
      H −
      3Λ2

      2v
      2

      4m2
      t − 2M2
      W − M2
      Z − m2
      H

      (2.26)
      and we can see that m2
      0 has to be adjusted to a precision of about 30 orders of magnitude
      in order to achieve an EW scale Higgs mass. This is considered as an intolerable finetuning, which is against the general belief that the observable properties of a theory
      have to be stable under small variations of the fundamental (bare) parameters. It is
      exactly the above behavior that is considered as unnatural. Although the SM could
      be self-consistent without imposing a large scale, grand unification of the parameters
      introduce a hierarchy problem between the different scales.
      A more strict definition of naturalness comes from ’t Hooft [103], which we rewrite
      here:
      At an energy scale µ, a physical parameter or set of physical parameters
      αi(µ) is allowed to be very small only if the replacement αi(µ) = 0 would
      increase the symmetry of the system.
      Clearly, this is not the case here. Although mH is small compared to the fundamental
      scale Λ, it is not protected by any symmetry and a fine-tuning is necessary.
      2.2.3 A way out
      The naturalness in the ’t Hooft sense is inspired by quantum electrodynamics, which is
      the archetype for a natural theory. For example, the corrections to the electron mass
      me are themselves proportional to me, with a dimensionless proportionality factor that
      behaves like ∼ ln Λ. In general, fermion masses are protected by the chiral symmetry; small values (compared to the fundamental scale) of these masses enhances the
      symmetry.
      If a new symmetry exists in nature, relating fermion fields to scalar fields, then each
      scalar mass would be related somehow to the corresponding fermion mass. Therefore,
      the scalar mass itself can be naturally small compared to Λ, since this would mean
      that the fermion mass is small, which enhances the chiral symmetry. Such a symmetry,
      relating bosons to fermions and vice versa, is known as supersymmetry [104, 105].
      Actually, as we will see later, if this new symmetry remains unbroken, the masses of
      the conjugate bosons and fermions would have to be equal.
      In order to make the above statement more concrete, we consider a toy model with
      two additional complex scalar fields feL and feR. We will discuss only the quadratic
      divergences that come from corrections to the Higgs mass due to a fermion. The
      generalization for the contributions from the gauge bosons or the self-interaction is
      straightforward. The interactions in this toy model of the new scalar fields with the
      Higgs are described by the Lagrangian
      Lfefφe = λfe|φ|
      2

      |feL|
      2 + |feR|
      2

      . (2.27
      36 Particle Physics
      It can be easily checked that the quadratic divergence coming from a fermion at one
      loop is exactly canceled, as long as the new quartic coupling λfe obeys the relation
      λfe = −λ
      2
      f
      (λf is the Yukawa coupling for the fermion f).
      2.3 A brief summary of Supersymmetry
      Supersymmetry (SUSY) is a symmetry relating fermions and bosons. The supersymmetry transformation should turn a boson state into a fermion state and vice versa. If
      Q is the operator that generates such transformations, then
      Q |bosoni = |fermioni Q |fermioni = |bosoni. (2.28)
      Due to commutation and anticommutation rules of bosons and fermions, Q has to
      be an anticommuting spinor operator, carrying spin angular momentum 1/2. Since
      spinors are complex objects, the hermitian conjugate Q†
      is also a symmetry operator4
      .
      There is a no-go theorem, the Coleman-Mandula theorem [106], that restricts the
      conserved charges which transform as tensors under the Lorentz group to the generators
      of translations Pµ and the generators of Lorentz transformations Mµν. Although this
      theorem can be evaded in the case of supersymmetry due to the anticommutation
      properties of Q, Q†
      [107], it restricts the underlying algebra of supersymmetry [108].
      Therefore, the basic supersymmetric algebra can be written as5
      {Q, Q†
      } = P
      µ
      , (2.29a)
      {Q, Q} = {Q

      , Q†
      } = 0, (2.29b)
      [P
      µ
      , Q] = [P
      µ
      , Q] = 0. (2.29c)
      In the following, we summarize the basic conclusions derived from this algebra.
      • The single-particle states of a supersymmetric theory fall into irreducible representations of the SUSY algebra, called supermultiplets. A supermultiplet contains
      both fermion and boson states, called superpartners.
      • Superpartners must have equal masses: Consider |Ωi and |Ω

      i as the superpartners, |Ω

      i should be proportional to some combination of the Q and Q† operators
      acting on |Ωi, up to a space-time translation or rotation. Since −P
      2
      commutes
      with Q, Q† and all space-time translation and rotation operators, |Ωi, |Ω

      i will
      have equal eigenvalues of −P
      2 and thus equal masses.
      • Superpartners must be in the same representation of gauge groups, since Q, Q†
      commute with the generators of gauge transformations. This means that they
      have equal charges, weak isospin and color degrees of freedom.
      4We will confine ourselves to the phenomenologically more interesting case of N = 1 supersymmetry, with N referring to the number of distinct copies of Q, Q†
      .
      5We present a simplified version, omitting spinor indices in Q and Q†
      .
      2.3 A brief summary of Supersymmetry 37
      • Each supermultiplet contains an equal number of fermion and boson degrees of
      freedom (nF and nB, respectively): Consider the operator (−1)2s
      , with s the spin
      angular momentum, and the states |ii that have the same eigenvalue p
      µ of P
      µ
      .
      Then, using the SUSY algebra (2.29) and the completeness relation P
      i
      |ii hi| =
      1, we have P
      i
      hi|(−1)2sP
      µ
      |ii = 0. On the other hand, P
      i
      hi|(−1)2sP
      µ
      |ii =
      p
      µTr [(−1)2s
      ] ∝ nB − nF . Therefore, nF = nB.
      As addendum to the last point, we see that two kind of supermultiplets are possible
      (neglecting gravity):
      • A chiral (or matter or scalar ) supermultiplet, which consists of a single Weyl
      fermion (with two spin helicity states, nF = 2) and two real scalars (each with
      nB = 1), which can be replaced by a single complex scalar field.
      • A gauge (or vector ) supermultiplet, which consists of a massless spin 1 boson
      (two helicity states, nB = 2) and a massless spin 1/2 fermion (nF = 2).
      Other combinations either are reduced to combinations of the above supermultiplets
      or lead to non-renormalizable interactions.
      It is possible to study supersymmetry in a geometric approach, using a space-time
      manifold extended by four fermionic (Grassmann) coordinates. This manifold is called
      superspace. The fields, in turn, expressed in terms of the extended set of coordinates
      are called superfields. We are not going to discuss the technical details of this topic
      (the interested reader may refer to the rich bibliography, for example [109–111]).
      However, it is important to mention a very useful function of the superfields, the
      superpotential. A generic form of a (renormalizable) superpotential in terms of the
      superfields Φ is the following b
      W =
      1
      2
      MijΦbiΦbj +
      1
      6
      y
      ijkΦbiΦbjΦbk. (2.30)
      The Lagrangian density can always be written according to the superpotential. The
      superpotential has also to fulfill some requirements. In order for the Lagrangian to
      be supersymmetric invariant, W has to be holomorphic in the complex scalar fields
      (it does not involve hermitian conjugates Φb† of the superfields). Conventionally, W
      involves only left chiral superfields. Instead of the SU(2)L singlet right chiral fermion
      fields, one can use their left chiral charge conjugates.
      As we mentioned before, the members of a supermultiplet have equal masses. This
      contradicts our experience, since the partners of the light SM particles would have been
      detected long time ago. Hence, the supersymmetry should be broken at a large energy
      scale. The common approach is that SUSY is broken in a hidden sector, very weakly
      coupled to the visible sector. Then, one has to explain how the SUSY breaking mediated to the visible sector. The two most popular scenarios are the gravity mediation
      scenario [112–114] and the Gauge-Mediated SUSY Breaking (GSMB) [113, 115–117],
      where the mediation occurs through gauge interactions.
      There are two approaches with which one can address the SUSY breaking. In the
      first approach, one refers to a GUT unification and determines the supersymmetric
      38 Particle Physics
      breaking parameters at low energies through the renormalization group equations.
      This approach results in a small number of free parameters. In the second approach,
      the starting point is the low energy scale. In this case, the SUSY breaking has to be
      parametrized by the addition of breaking terms to the low energy Lagrangian. This
      results in a larger set of free parameters. These terms should not reintroduce quadratic
      divergences to the scalar masses, since the cancellation of these divergences was the
      main motivation for SUSY. Then, one talks about soft breaking terms.
      2.4 The Minimal Supersymmetric Standard Model
      One can construct a supersymmetric version of the standard model with a minimal
      content of particles. This model is known as the Minimal Supersymmetric Standard
      Model (MSSM). In a SUSY extension of the SM, each of the SM particles is either in a
      chiral or in a gauge supermultiplet, and should have a superpartner with spin differing
      by 1/2.
      The spin-0 partners of quarks and leptons are called squarks and sleptons, respectively (or collectively sfermions), and they have to reside in chiral supermultiplets.
      The left- and right-handed components of fermions are distinct 2-component Weyl
      fermions with different gauge transformations in the SM, so that each must have its
      own complex scalar superpartner. The gauge bosons of the SM reside in gauge supermultiplets, along with their spin-1/2 superpartners, which are called gauginos. Every
      gaugino field, like its gauge boson partner, transforms as the adjoint representation of
      the corresponding gauge group. They have left- and right-handed components which
      are charge conjugates of each other: (λeL)
      c = λeR.
      The Higgs boson, since it is a spin-0 particle, should reside in a chiral supermultiplet. However, we saw (in the fermionic part of the SM Lagrangian, Eq. (2.10b))
      that the Y = 1/2 Higgs in the SM can give mass to both up- and down-type quarks,
      only if the conjugate Higgs field with Y = −1/2 is involved. Since in the superpotential there are no conjugate fields, two Higgs doublets have to be introduced. Each
      Higgs supermultiplet would have hypercharge Y = +1/2 or Y = −1/2. The Higgs
      with the negative hypercharge gives mass to the down-type fermions and it is called
      down-type Higgs (Hd, or H1 in the SLHA convention [118]) and the other one gives
      mass to up-type fermions and it is called up-type Higgs (Hu, or H2).
      The MSSM respects a discrete Z2 symmetry, the R-parity. If one writes the most
      general terms in supersymmetric Lagrangian (still gauge-invariant and holomorphic), some of them would lead to non-observed processes. The most obvious constraint
      comes from the non-observed proton decay, which arises from a term that violates both
      lepton and baryon numbers (L and B, respectively) by one unit. In order to avoid these
      terms, R-parity, a multiplicative conserved quantum number, is introduced, defined as
      PR = (−1)3(B−L)+2s
      , (2.31)
      with s the spin of the particle.
      The R even particles are the SM particles, whereas the R odd are the new particles
      introduced by the MSSM and are called supersymmetric particles. Due to R-parity,

      • #56779 Répondre
        maelstrom
        Invité

        Tu te dépasse a chaque nouveau poème dis donc

        • #56780 Répondre
          Demi Habile
          Invité

          Ravi que ça te plaise car je me donne beaucoup de mal même si je pêche un peu au niveau de la rime.

Vous lisez 247 fils de discussion
Répondre à : Répondre #14605 dans Partagez des poèmes
Vos informations :




Annuler
Back To Top