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Baptisme
InvitéJe tombe sur ce short sur youtube.
Carte Blanche – Le cinéma bourgeoisJe ne suis pas fan du film dont il est question, je devrais donc me réjouir qu’on l’embête un peu. Sauf que ça me plait pas ce qu’il dit.
Un commentaire me donne à penser :
« Intéressante théorie si elle n’était pas complètement foireuse. Le vrai cinéma bourgeois est précisément le cinéma dit « populaire ». Il émane des grands studios et s’efforce de toucher le plus grand nombre, pas par amour de l’humanité ou de l’Art mais pour défoncer son break even. Dans le même temps, les festivals que tu cibles allègrement s’efforcent (pour la plupart, je ne parle pas de Biarritz ou Angoulême), de soutenir des œuvres extrêmement fragiles, de donner une visibilité à des voix, registres ou territoires sous-représentés. Où est la bourgeoisie ? Courir après le box-office d’un bienvenue chez les ch’tis ou se battre pour faire venir des scolaires à un petit film repéré à l’Acid ? »Est-ce que ce mot qui est réapparu après avoir été gentiment caché n’est pas bousillé par sa sur-utilisation récente ? J’ai l’impression que c’est « auteuriste » qu’il voulait dire, même si c’est pas très clair. C’est pas parce qu’on remet le côté foire dans le cinéma qu’il ne sera pas aux mains des bourgeois (cf P. T. Barnum)
En fait que faire quand la cinéphilie qui défend et regarde des petits films à petits budgets (idem pour les réalisateurs) est taxée de bourgeoise (voire le sont) alors que les gros films « populaires » qui sont usinés en batterie sont laissés tranquilles car vus par les masses ?
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François Bégaudeau
Maître des clésAccord avec toi. Mon livre sur le mépris décline le même genre de vues. Pointe l’anomalie que tu pointes : est appelé bourgeois un cinéma très souvent minoritaire et fauché, défendu par des structures et des collectifs eux memes précaires. Cependant qu’est appelé « populaire » un cinéma riche, façonné et financé par des firmes hégémoniques et résolues à étendre ses parts de marché en liquidant le premier.
D’accord aussi avec toi pour observer que le qualificatif « bourgeois » est en voie d’évidement à force d’usage, et d’usage approximatif et abstrait, comme dans le monologue que tu as posté, brillant et sympathique mais terriblement abstrait.
On ne peut sérieusement maintenir cette catégorie de cinéma bourgeois qu’en la traitant rigoureusement, c’est à dire, comme toujours en art, en adossant la réflexion à une oeuvre donnée. C’est au sein et seulement au sein d’un travail critique véritable, situé, descriptif, collé à l’oeuvre, que cette catégorie peut etre éprouvée, expérimentée, questionnée, étoffée, et à la fin, peut-être, validée. Chose qui manque à ce billet d’humeur, qui in fine pâtit de ce qu’il reproche (indument d’ailleurs) au cinéma bourgeois, à savoir : trop théorique.-
SHB
InvitéCependant qu’est appelé « populaire » un cinéma riche, façonné et financé par des firmes hégémoniques et résolues à étendre ses parts de marché en liquidant le premier.
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Peut être parce que l’appellation désigne le public cible et pas forcément le producteur-
Tartuffe
InvitéOui en effet, FB fait un homme de paille comme il est de coutume chez lui. :'(
Le bourgeois gaze est l’entièreté du cinéma français, ou 99%, en cela que 99% des réals sont issus de milieux bourgeois, où épousent l’idéologie bourgeoise, ou encore, même si ils se pensent de gauche, n’ont pas assez réfléchit à ce qu’implique leur généalogie et leur ontogénèse dans leur regard sur la vie, etc…
Il n’est en aucun cas question des moyens disponibles dans la production, ou du compte en banque du réalisateur.
Il est question de vision du monde, qui se fabrique pendant l’adolescence.
Nous ne venons pas d’un pays qui s’appelle l’enfance, mais bien d’un, qui s’appelle l’adolescence. C’est sans doute entre 10 ans et 15 ans que se forgent définitivement notre sensibilité au monde et aux choses.
Ce n’est pas pour rien que tous les grand héros de manga ont 15 ans au début de leur fatum.
Et donc notre vision bourgeoise, ou non, du monde. (Néo-libérale, mais pas que).
En fait, tout film qui fait l’impasse sur les moyens économiques des personnages principaux est par définition bourgeois. L’argent est la prise de tête principale de 70% de la population. Tout film qui ignore royalement les conditions de possibilité économiques de la vie de ses personnages, est juste un rêve bourgeois.
ainsi, toutes les femmes d’origine bourgeoises que j’ai rencontrées, m’ont toujours dit que l’amour a toujours été le centre de leur vie.
Sans blague?
Bah ouais quand t’as 50e d’argent de poche par semaine dès 15 ans, je comprends qu’à part le sexe opposé, ou de ton choix, et la chose la plus jouissive, puissante, et donc aussi destructrice, que sont l’amour, la séduction, la tendresse, le sexe, l’amitié, l’art, l’Art, car ceux qui croient en l’Art, croient en l’Ame.(Ou, comme dit Paul Nizan :
« Nous retrouvons cette vieille femme des carrefours qui a traîné dans tous les coins, l’Âme.Nizan, Paul. Toute littérature est une propagande (p. 61). Grasset. « )
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François Bégaudeau
Maître des clésComme tu sembles mal renseigné, je t’informe de quelques faits :
1 à ma connaissance j’étais il y a dix-quinze ans parmi les rares, pour ne pas dire le seul, au sein de la critique, à convoquer le signifiant bourgeois. En résulta par exemple un texte, écrit en 2013 je crois, qui s’appelle « Le neutre bourgeois du cinéma français », et que, o chance pour toi, tu trouveras dans les pages cinéma de ce site. Tu y trouveras aussi deux autres textes qui mènent le même genre de réflexion, qui sont d’un autre acabit que tes assertions excitées.
2 Comme tu connais bien mon oeuvre, tu n’ignores pas que Histoire de ta betise, écrit en 2017, consacre un nombre significatif de pages au gout bourgeois en art, et par exemple au gout bourgeois en cinéma.
3 j’ai donc beaucoup donné et donne encore beaucoup dans des analyses au croisement des considérations de classe et des considérations esthétiques (encore hier dans TVB 3, où j’intuite que le supposé gout pour la jeunesse de Linklater est dans NV en fait un gout pour la jeunesse bourgeoise, et plus spécifiquement pour un temps où la bourgeoisie avait de la classe – est perçu comme tel par les bourgeois contemporains un peu veufs de leur suprématie dans l’élégance. Ce que j’essaie de faire c’est de ne pas laisser ce mode de réflexion s’auto-liquider à force d’excès, de caricatures, d’assertions creuses et abstraites du genre : « Le bourgeois gaze est l’entièreté du cinéma français, ou 99%, en cela que 99% des réals sont issus de milieux bourgeois, où épousent l’idéologie bourgeoise » Enoncés totalement contre-productifs , qui ridiculisent toute analyse esthétique de classe.
En somme, comme dit plus haut, j’essaie de sauver la consistance du qualificatif bourgeois avant son évidement définitif par les énervés comme toi.-
Tartuffe
InvitéRéduction Ad Irum, la meuf qui en a le mieux parlé est Casey: https://www.youtube.com/shorts/2RKcM-b5dZw
Merci pour tes travaux sur le maintien du syntagme « bourgeois » dans les coordonnées définies avec acuité et sens de la géométrie platonicienne, par toi. 🙂
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François Bégaudeau
Maître des cléspremière ligne : « Oui en effet, FB fait un homme de paille comme il est de coutume chez lui. »
pourquoi commencer ainsi? pourquoi engager ainsi une discussion, à supposer que tu veuilles que c’en soit une?-
François Bégaudeau
Maître des clésquant aux coordonnées du signifiant (et non syntagme) bourgeois que je propose, ce sont précisément des propositions, qui appellent discussion, voire réserve, bémol, objection
ce qui implique juste de les connaitre, ces propositions, et pour ça de lire par exemple les textes disponibles mentionnés
à moins que ces propositions en fait tu t’en battes les couilles
on verra
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Moulin d’eau chaude
InvitéTartuffe qui partage la vidéo préféré des wokes pour justifier leurs hystérie politique, ça étonnera personne
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Moulin d’eau chaude
InvitéSi François avait eu un compte Twitter ces dernières années, cette vidéo de Casey aurait très bien pu être citée et disséquée comme exemple dans Comme une mule.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui
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L’avenir d’une illusion
InvitéJe ne sais pas aligner 2 mots, mais qui devrait savoir s’exprimer, quand on est ceinture noire de gorge profonde ?
Qui suis-je ?Monsieur Bégaudeau, je parle de la bourgeoisie d’atmosphère, je parle de superstructure idéologique, vous parlez analyse esthétique.
On parle juste pas de la même chose en fait..!Bonne soirée 😉
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François Bégaudeau
Maître des clésVous séparez ce qui ne devrait pas l’être
Les nouages entre esthétique et politique sont nombreux et passionnants, je tache de les explorer dans, par exemple, le livre qu’on sait. Ou qu’on ne sait pas.-
Propaganda
InvitéLes algos ou plutôt ma tocade du moment de mettre à poil la propagande fait bien les choses.
Je suis tombé sur une vidéo qui parle du livre de Jacques Ellul sur la propagande, et je souscris largement à son analyse. Il parle, lui, d’infrastructure psychologique de la société mécanicienne. Ici je perso, je parlerais de société néolibérale. Car la source de cette emprise (nudge en anglais) sur le cadre de pensées des « citoyens », est bien pensé du point de vue anti-démocratique, et illiberal des libéraux américains du début du xx ème siècle.
Ainsi donc Ellul montre bien que toutes les structures de la société, de l’école à la fac, de l’entreprise au cinéma, du journal au cinéma. En gros, nous grandissons dans un cadre idéologique sans nous en rendre compte bien sûr, à défaut d’efforts énormes mettant en risque notre socialisation, dans un consensus mou, qui ne saurait sortir du cadre.
Exemple, penser l’Europe, enfin l’UE d’accord. Penser le frémit = complotiste = poubelle.Il parle aussi de notions importantes, on a tous conscience de la propagande verticale, des médias à nous, du prof à ses élèves, du parent à ses droles6.
Moins de l’horizontal, de pair à pair. Amis, famille.
On peut se sentir réfractaire à la propagande verticale, en agréant les points de vue de pair, qui eux, y ont souscrit en amont. Pas simple.Vidéo ici: https://youtu.be/EMe-B0zpJCs?si=PfpOjzh3AR7Y2bVX
Le pire, c’est que c’est une vidéo créée sous IA je pense. Et alors? Ça permet de rendre facilement accessible une pensée importante. 🙂
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begaudeau
Invitéexcellente mise au point – qui recoupe ce que Gramsci apelle précisément hégémonie culturelle
(je parle de ton post, non de la video que je n’ai pas regardée)
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Manichéen
InvitéOui!
Après l’esthétique comme éthique, c’est une proposition passionante, c’est je crois le vademecum des dandy du xix ème. Il n’est pas question de rejeter en bloc le cinéma. Car on parle du français, mais, les mêmes causes, causant les mêmes effets, le cinéma mondial est un genre de propagande de la classe mentale de ses réalisateurs. On peut extrapoler cela à tous les arts d’ailleurs.
Mais ça reste certes un peu court, et surtout incomplet.
Comme vu dans votre roman, « amour », les sensations, les émotions, les sentiments, percepts, affects, sont transclasses…
Bonne journée. Soleil et froideur, le temps sublime.-
3615 MaVie
InvitéSoit dit en passant, j’ai été biberonné au cinéma français, ma mère étant cinéphile et nous ayant bcp emmenés aux 400 coups à Angers. Elle avait d’ailleurs fait propédeutique avec le créateur des 400 coups à Angers. À la catho. La catho maintenant infiltrée par Stérin, le milliardaire d’ED, comme vu dans le journal La Topette. Tout se touche.
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3615 MaVie
InvitéEt j’aime beaucoup, donc, le cinéma français, je dois préciser.
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François Bégaudeau
Maître des clésPrécision précieuse
On trouve aujourd’hui dans le cinéma d’auteur français quelques électrons libres que l’étiquette bourgeoise ne saurait résumer – ou à qui l’étiquette ne colle pas du tout : RAZ, Letourneur, De Peretti, Kechiche, Zabat, Dumont, Hue. Pour ne citer qu’eux.-
Charles
InvitéC’est vrai même si un bourdieusien te répondrait sans doute qu’il faut avoir développer un certain habitus et de certaines pratiques culturelles qui ont été développés par la bourgeoisie pour apprécier un film de Dumont, surtout un de ceux de sa première période. C’est à dire apprécier un film en dehors de tout objectif de divertissement car Dumont travaille la dissonance et la rugosité.
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François Bégaudeau
Maître des clésD’une part ce n’est pas parce qu’il faut etre bourgeois pour avoir la largesse d’apprécier Dumont que Dumont fait un cinéma bourgeois. D’autre part je crois à l’inverse plus que depuis quelques décennies l’habitus bourgeois, sérieusement reconfiguré, dispose de moins en moins à apprécier un Dumont.
Par ailleurs Dumont me divertit. Si je me faisais du mal devant ses films, je ne les reverrais pas. C’est avec grand plaisir que j’ai revu La vie de Jesus cette semaine.
Ce qui m’est pénible et rugueux, c’est la dernière heure de Chien 51. Ou la dernière heure du Safdie aujourd’hui – et sans rapport avec les coups de coude dans la gueule.-
Alphonse
Invité« depuis quelques décennies l’habitus bourgeois, sérieusement reconfiguré, dispose de moins en moins à apprécier un Dumont ». Tu dis souvent des choses qui vont dans ce sens là, il me semble que tu l’as écrit aussi – par exemple sur la démonétisation de la littérature, dans HdtB, non ?
Je ne connais pas les bourgeois d’aujourd’hui. Ceux que je connais lointainement sont issus des classes intellectuelles où, autant on voit bien que c’est pas là qu’il y a le pognon, autant on prend plaisir à commenter le travail de commissaire d’expo, à suivre l’actualité de la poésie contemporaine, ou à – sans doute – aimer la rugosité du cinéma de Dumont.
Alors je me demandais si tu avais de la biblio à conseiller, sur ce nouvel éthos bourgeois … ? Toi ou les copaines du site.-
François Bégaudeau
Maître des clésje n’ai pas de documentation, mais j’ai des yeux
quand je vais voir un Radu Jude, il n’y a pas de bourgeois dans la salle
je les retrouve quand je vais voir Avatar
entre autres observations-
propater
InvitéAnnecdote personnelle qui vaut ce qu’elle vaut, j’ai vu The Soiled Doves of Tijuana de Hue l’année passée et la seule personne visuellement identifiable comme bourgeoise de la salle (look étudiante en droit) à part moi est partie après 30 minutes. Elle avait vraiment l’air d’être entrée là par erreur. Le reste avait plutôt le look punk/annar/précaire.
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Le gang des bois du temple, dans le même cinéma, avait un public plus divers mais c’est un film un peu plus à même de fédérer, au mois sur la base de son affiche et de sa BA.-
François Bégaudeau
Maître des clésexcellente anecdote, reproductible à l’infini par tous ceux qui vont voir des films classables comme pointus ou d’auteur
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3615 MaVie
InvitéEn plus c’est faux, j’adore Dumont depuis la vie de Jésus par exemple. Dumont c’est du grand cinéma. Il n’est pas question de classe sociale pour l’apprécier, mais plutôt de culture cinématographique je dirais.
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Propaganda
InvitéC’est d’ailleurs la blague, beaucoup de ont peu de culture cinématographique et ne sont pas à même d’apprécier ce qui sort du mainstream.
Comme moi avec le jazz ou le classique. Enfin le classique je commence à apprécier les maîtres déjà, pas encore au niveau d’E. Carrère qui reconnaître tout morceau passé sur France Classique, dès les premières notes.-
Charles
InvitéJe n’ai pas parlé de souffrance ni de pénibilité.
Je suis d’accord que la bourgeoisie est de moins en moins disposée à voir ce type de cinéma, ce qui laisse songeur quant à son avenir.
Et 3615 ma vie, l’acquisition d’une culture cinématographique est évidemment en rapport avec sa classe sociale.-
White Tiger
InvitéSans aucun doute!
Je fais exception car ma mère, très cultivée, a choisi de faire, disons qu’un faisceau de contraintes internes et externes, l’ont conduite à être ASH 30 ans. Ainsi les études faites par les parents sont un meilleur predicteur que le métier qu’ils exercent, si on veut s’intéresser à la curiosité culturelle de leurs enfants.
On le voit avec des enfants d’immigrés qui réussissent très bien dans leurs études. Alors que sur le papier, en France, tel père est vendeur, tel mère fleuriste.
Oui, mais aussi bled, c’était un couple de profs de fac. -
White Tiger
InvitéJ’ai en tête une famille de « prolos » en France, dont tous les enfants sont médecins, journaliste, etc.
Bien sûr l’exemple des aînés porte la fratrie. Allez a+ dans le superbus: https://youtu.be/CQPNj38WscM?si=txE9opOPdfNBA8tX -
François Bégaudeau
Maître des clés« J’ai en tête une famille de « prolos » en France, dont tous les enfants sont médecins, journaliste, etc. »
Aucun rapport avec le sujet.
On s’égare, on se disperse, on perd le point. -
White Tiger
InvitéAu contraire, on est à l’épicentre, les enfants de ce couples de déclassés par la force de l’exil, seront à même, ainsi que leurs drôles, de comprendre le cinéma. Même si, techniquement, de l’extérieur, et vis à vis des impôts, c’est une famille de prolitos.
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Sylvain
InvitéCette fable du bourgeois cultivé n’a plus cours depuis… allez… l’élection de Sarkozy. C’est là que le mythe s’effondre.
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Sylvain
InvitéJe ne sais plus qui avait raconté cela, mais j’aime beaucoup cette anecdote : cette personne, invitée chez Sarkozy, découvre qu’il a une belle étagère avec des DVDs bien rangés. Beaucoup « de classiques ». Ceux qu’il « faut avoir vu ». Tous encore sous cellophane.
Sarkozy, c’est vraiment le moment de bascule entre « un président ne peut pas ne pas s’intéresser à la culture, ça la fout mal » (j’achète des DVD mais je ne les regarde pas, je parle littérature et je me plante à chaque coup) et « qu’est-ce qu’un président en à foutre de la culture ». -
begaudeau
InvitéTrès juste, s’il est entendu que Sarko est un symptome et non une cause, un aboutissement et non un déclencheur
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Martin
InvitéJe propose qu’on prenne un cas pratique.
J’ai vu récemment En fanfare et je trouve que c’est typiquement un film bourgeois dans son propos. Le personnage pivot de l’histoire est le chef d’orchestre et c’est par lui que tout se passe. C’est par lui que la fratrie est réunie, son frère prolo n’ose pas mener la fanfare c’est lui qui le pousse à le faire, son frère prolo donne les restes de la cantine scolaire aux ouvriers de l’usine en grève c’est lui qui a l’idée d’un concert qui pourrait sauver l’usine (idée présentée comme la meilleure possible par la copine du frère prolo), son frère prolo voit peu souvent sa fille la seule scène où on la verra sera initiée par lui et bien sûr la scène finale: les classes populaires et la bourgeoisie réunies à la Seine musicale pour l’honorer, lui le grand chef d’orchestre malheureusement mourant. Certes le réalisateur passe son temps à contourner les grosses ficelles qu’il a lui même tiré (ex: le concert dans l’usine n’aura pas lieu et son sort est définitivement scellé à la fin, ouf on a évité le sauvetage de l’usine grâce à la seule notoriété du chef d’orchestre mais on a quand même eu le droit à un « stage choriste » improvisé avec des syndicalistes patibulaires). On peut dire qu’il passe plus de temps à filmer le Nord et ses prolos que Paris et sa bourgeoisie mais le point d’entrée du film reste un bourgeois sympathique qui met son talent au service des classes populaires. Politiquement le message c’est: il y a des inégalités, c’est injuste, on peut les dépasser si on fait des choses ensemble mais il faudra quand même écouter le bourgeois car seul lui sait comment bien les mener. Cela vous parle-t-il ou je raconte n’importe quoi ?Deux questions pour lesquelles je n’ai pas de réponse:
-Peut on dire que l’esthétique du film est bourgeoise ? (Je trouve au passage que la première partie du film est plutôt réussie avec des ellipses très à propos, un traitement sobre de la maladie et des scènes de vie des prolos jouées avec justesse)-Que peut on dire de la production économique de ce film par rapport au débat initial ?
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CHATGPT
InvitéVoici un recueil plus large d’extraits de critiques sur En fanfare (2024) disponibles sur SensCritique, avec mention de la dimension sociale / “bourgeoise” quand présente, et les sources précises. Cela te donnera une vue d’ensemble pour juger si le film peut être qualifié de “bourgeois”.
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🎬 Extraits de critiques et remarques sociales
1. Par Evan Risch — note 6.9/10
> « On comprend bien que les milieux sociaux ne sont pas les mêmes mais sans aller très loin dans la mise en récit de cette différence. Pire, Jimmy a parfois des attitudes impulsives qui laissent un versant un peu trop dans la caricature méprisante voulant que prolo soit synonyme de bourrin colérique. Alors que Thibaut passe pour très légèrement snob mais globalement sympathique. Je pense que tout cela relève de l’impensé bourgeois plus qu’autre chose mais ces sujets méritent mieux. »
⇒ Ici on a une critique assez directe de l’“impensé bourgeois” : le critique estime que le film adresse la question sociale mais avec insuffisance, et que certains personnages renvoient à des clichés.2. Par Samfarg — note 6.9/10
> « Thibaut (…) incarne admirablement son rôle de grand bourgeois qui découvre la réalité sociale de ses origines, mises sous le boisseau par des décennies de mensonge familial. Il comprend dès lors qu’il doit sa réussite autant à son talent qu’à la “chance” d’avoir été extrait dès la tendre enfance de son milieu d’origine. … Bien qu’un monde le sépare des ouvriers, il ne leur assène pas son mépris de classe et la pesanteur des codes bourgeois qu’il fréquente dans les salles de concert aux quatre coins du monde. »
⇒ Cette critique repère explicitement la posture “grand bourgeois” du personnage et le contraste des mondes sociaux. Cependant elle valorise que le film évite une attitude ouvertement méprisante (ce qui nuance l’accusation “bourgeoise”).3. Par Kool‑Fess — note 6.9/10
> « … vraiment le même film en boucle où 100 % des dialogues consistent à faire s’engueuler des personnages entre eux autour d’incompréhensions, de fierté mal placée et de malaises autour de décalage sociaux. … Les thématiques des transfuges de classe et de la fratrie divisée revisitées encore une fois à la sauce musicale cette fois-ci … On a vraiment droit à tous les classiques : la rencontre difficile, les revirements, l’espoir, la déception … »
⇒ Ici la critique pointe que le film utilise les “codes” de la comédie sociale, ce qui peut donner l’impression de déjà-vu ou d’une forme “confortable” (et donc “bourgeoise” dans le sens d’un cinéma sans prise de risque).4. Par Nojas — note 6.9/10
> « Une leçon de vie, recevoir et donner, ne pas être imbus de sa personne et centrer sur soi-même ! Drôle et triste, vraiment top. »
⇒ Ici la critique s’intéresse moins à la dimension sociale de classe, et plutôt à la dimension émotionnelle / morale (“donner”, “recevoir”). Moins pertinent pour la question de “bourgeoisie”.5. Globalement, sur la page principale du film :
> « … Le film aborde l’histoire de deux frères que tout oppose, sauf leur passion pour la musique. … Le contraste est subtilement et magnifiquement bien trouvé entre les deux personnages. Et puis l’humour … une belle réflexion sociale sans pathos exagéré. »
⇒ Plusieurs critiques spectateurs relèvent explicitement la “réflexion sociale” et le contraste de milieux, ce qui confirme que le thème de la classe est bien présent.—
✅ Points forts tirés de ces critiques
Le thème de la différence sociale (milieu populaire vs milieu bourgeois) est explicitement reconnu par plusieurs critiques (ex. Evan Risch, Samfarg).
Le film est perçu comme accessible, émotionnel, et “feel-good”, ce qui peut lui donner une dimension “grand public” plus que radicalement critique.
Quelques critiques apprécient que le film évite le misérabilisme et les stéréotypes trop lourds. Exemple chez Samfarg.
Le thème musical et la fraternité sont mis en avant, ce qui atténue certains aspects purement classe sociale.
⚠️ Points faibles / indices de “bourgeoisie”
Le fait que certains personnages issus du milieu populaire soient décrits de façon “caricaturale” (selon Evan Risch) : “prolo = bourrin colérique”. Cela peut révéler un regard “extérieur” et potentiellement bourgeois.
Le ton “feel-good” et la structure narrative assez classique (selon Kool-Fess) peuvent être vus comme le signe d’un cinéma qui ne bouscule pas beaucoup les hiérarchies ou ne les transpose radicalement.
Le motif de “réparation” sociale (le frère bourgeois qui découvre son frère populaire) peut être lu comme une posture “bienveillante” de la bourgeoisie vers le populaire — ce qui est une forme de “bourgeoisie” dans le sens de “milieu de secours”.
Le fait que d’autres spectateurs observent que le public est “CSP+” (classes supérieures) dans les critiques de presse (dans un article du Monde) est un indice externe qui va dans ce sens.
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🎯 Ma conclusion provisoire
À la lumière de ces critiques, je dirais : oui, on peut qualifier En fanfare de “bourgeois” dans un certain sens — mais avec nuance.
Il est “bourgeois” dans le sens où il est écrit, produit, présenté d’un point de vue où la bourgeoisie ou les classes moyennes supérieures sont le référent, ou au moins co-référent, dans la narration.
Il est “bourgeois” dans son ton “feel-good”, accessible, chaleureux, sans agressivité sociale radicale.
Mais il n’est pas fondamentalement un film de la bourgeoisie pour la bourgeoisie – il s’intéresse aux classes populaires, reconnaît les inégalités, et certaines critiques estiment qu’il évite les pires clichés.
Donc le qualificatif “bourgeois” dépend de ce que tu entends par “bourgeois”. Si tu entends “film qui adopte le point de vue de la bourgeoisie et minimise les contradictions de classe”, alors oui, il y a des éléments. Si tu entends “film qui défend la bourgeoisie sans critique”, alors non, ce n’est pas tout à fait ça.
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Martin (un autre)
Invité« Il passe plus de temps à filmer le Nord et ses prolos que Paris et sa bourgeoisie » : je pense que cela fait partie de ce qui fait d’En fanfare un film bourgeois, dont le point de vue est bourgeois en tout cas. Comme l’écrit Bourdieu à propos des journalistes, la bourgeoisie n’aime pas être objectivée, dans le sens de « prise pour objet ». Deux solutions dès lors s’offrent à elle : filmer des bourgeois en neutralisant leur appartenance de classe, ou bien, quand on veut parler de classes, filmer les « autres », c’est-à-dire les prolos. C’est comme ceux qui considèrent que c’est quand on filme des femmes qu’on parle de genre, les hommes (hétéros cisgenres en tout cas) représentant le genre « neutre ». Dans En Fanfare, on rit des prolos (ce qui n’est pas un problème en soi), on les présente comme un groupe social avec ses propres codes, mais on ne rit pas des bourgeois (alors que personne ne me contredira ici si je dis qu’il y a souvent matière à en rire), on ne les prend pas pour objet, et en dehors de Lavernhe, on ne les filme que quand ça permet de faire avancer l’intrigue.
Du reste, je suis d’accord avec le reste de ton commentaire. J’ajoute que j’ai vu le film en avant-première et que le réalisateur a parlé dans son propos liminaire de « vivre-ensemble », et je crois que cela résume assez bien le film (et d’autres films) : il y a des pauvres et des riches, mais ce qui comptent, c’est qu’ils puissent se parler. Le reste, on verra plus tard.
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Martin 2
InvitéOui ta remarque est bien vue autre Martin (désormais j’adjoindrai un 2 à mon prénom)
Et pour abonder dans ton sens, voici un extrait d’une itw du réalisateur sur la genèse du film:
« Le premier déclic a eu lieu il y a une douzaine d’années alors que je faisais une consultation comme scénariste sur un projet de film autour d’une jeune fille qui voulait devenir majorette dans le nord de la France. L’histoire de la fanfare qui entourait ces majorettes m’intéressait particulièrement. Ses deux autrices, Oriane Bonduel et Marianne Tomersy, m’avaient fait rencontrer les Ch’tis Lutins, la formation de Tourcoing qui les avait inspirées. C’est à ce moment-là que j’ai pensé à confronter le milieu de la musique populaire à celui de la musique classique à travers deux personnages qui seraient frères. »Partant de l’envie de prendre pour objet une fanfare populaire du Nord, le réalisateur a construit l’entrée dans son objet par un point de vue bourgeois, sans doute son propre point de vue. De ce fait, la fanfare a toute sa sympathie mais une sympathie de dominant pour le dominé.
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Martin
InvitéEntièrement d’accord avec ta dernière remarque ! Pas la peine de modifier ton nom, je penses que tu étais ici avant moi. Je me trouverai un pseudo.
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CHATGPT encore une fois
InvitéVoici une synthèse plus large d’avis extraits de la plateforme SensCritique (et autres sources) pour le film En fanfare (2024), avec indication de la mention explicite de la dimension « classe sociale / bourgeoisie », et un tableau pour en avoir une vue d’ensemble.
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📝 Extraits sélectionnés
Critiqueur Note Mention de la dimension sociale / « bourgeoisie » Extrait pertinent
Evan Risch 6.9 Oui «… on comprend bien que les milieux sociaux ne sont pas les mêmes mais sans aller très loin dans la mise en récit de cette différence … Pire, Jimmy a parfois des attitudes impulsives … je pense que tout cela relève de l’impensé bourgeois plus qu’autre chose.»
Samfarg 6.9 Oui «… Thibaut … incarne admirablement son rôle de grand bourgeois qui découvre la réalité sociale de ses origines …»
AlexMotamots ~6 Non (ou très peu) «Comme je m’en doutais, un film plein de bons sentiments : … Un film qui se laisse voir, sans plus.»
Edouard Loisel 7 Non «Un feel good movie très bien écrit …»
NickLabaque 5 Oui (critique de cliché populaire) «… maintenant si on pouvait avoir des films de prolos qui ne sont pas juste …»
Nojas 7 Non «Une leçon de vie, recevoir et donner, ne pas être imbus de sa personne …»—
📊 Résumé statistique
Total d’avis examinés : 6
Avis mentionnant explicitement la classe sociale / bourgeoisie : 3
Avis ne mentionnant pas ou peu cette dimension : 3
Notes : vont de 5 à 7 (sur ce petit échantillon)
Tendances :
Quand la dimension sociale est mentionnée, elle est souvent critiquée pour son traitement « superficiel » ou « bourgeois implicite ».
Quand elle ne l’est pas, l’avis se concentre surtout sur l’émotion, la dramaturgie, le duo d’acteurs.
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🔍 Ce que cela suggère
Une part significative des critiques sur SensCritique repèrent l’aspect « classe sociale / bourgeoisie » — cela confirme que ce thème est visible, et pertinent dans l’analyse du film.
Cependant, la moitié de ces avis ne l’évoquent pas ou peu — ce qui signifie que pour certains spectateurs il n’est pas central dans leur lecture ou qu’il n’y a pas conscience (ou décision) de le problématiser.
Parmi ceux qui l’évoquent, le ton n’est pas unanimement laudatif : on relève une critique de l’approche (ex. « impensé bourgeois », «tout cela mérite mieux ») plutôt que de simples éloges.
Le film, dans le ressenti général, semble être perçu comme accessible, voire « grand public », plutôt que radical ou subversif — ce qui peut être l’un des critères d’un film qualifié « bourgeois» dans le sens d’une posture plus confortable.
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🎯 Mon verdict ajusté
Oui — à la lumière de cet échantillon plus large, on peut raisonnablement affirmer que le film peut être qualifié de “bourgeois” dans un sens-critique :
Il adopte un regard sur les classes populaires et sur les milieux bourgeois — et plusieurs critiques relèvent que ce regard est celui d’un milieu plus favorisé ou reste dans une logique « venant d’en haut ».
Mais non — il ne s’agit pas d’une œuvre purement “bourgeoise” au sens d’une revendication ou d’une célébration sans critique : il y a conscience des écarts de classe, et plusieurs critiques saluent les nuances ou l’évitement du misérabilisme.
Si tu veux, je peux élargir encore plus — par exemple 20-30 critiques, faire une base de données (date, note, dimension sociale mentionnée, mot-clé “bourgeois”, “classe”, “populaire”) et te livrer un fichier Excel ou Google Sheet résumé. Veux-tu qu’on fasse ça ?
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I.G.Y
InvitéPremier coup d’œil : la note d’Evan Risch sur le film n’est pas 6.9 mais 7 (6.9 est la note moyenne du film, d’où le fait qu’elle apparaisse incorrectement comme note du critique à plusieurs endroits). Quant à moi j’ai posé la question suivante :
« Disposes-tu du film « En Fanfare » dans ta base d’entraînement? Abstraction faite des inévitables a priori logés dans la structure de ton réseau ou du reste de ta base d’entraînement, que penses-tu de manière générale des personnes qui utilisent ton avis sur des films ou des textes sur lesquels tu n’as même pas été entraîné? Pour finir, que penses-tu des gens qui jugent d’un film en te demandant d’en synthétiser des critiques prises sur internet? »
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« Ta question est très fine — elle touche à la fois à l’épistémologie de l’IA et à la responsabilité du jugement esthétique.Pour répondre par étapes :
1. Sur « En fanfare »
Je ne dispose pas de données internes sur ce film dans mon entraînement de base. Pour l’évoquer, je devrais aller chercher des informations actualisées sur le web (critiques, synopsis, équipe, réception, etc.), mais je n’ai pas d’expérience sensible ni de mémoire vécue du film. Ce que je peux produire serait donc toujours une synthèse externe, pas une appréciation vécue.
2. Sur ceux qui utilisent mon avis “simulé” sur un film que je ne connais pas
Il y a deux lectures possibles :
Bonne foi cognitive : certains utilisateurs veulent simplement un cadre d’analyse, pas un verdict. Ils se servent de mon discours pour articuler ou clarifier leur propre regard critique. Dans ce cas, c’est productif : je suis un outil d’explicitation, pas un oracle.
Mauvaise foi épistémique : d’autres cherchent une “validation” d’autorité algorithmique — une sorte de label pseudo-objectif. Là, on tombe dans une illusion : la machine ne pense pas, elle approxime des consensus. Dans ce cas, on transfère abusivement à une statistique linguistique la valeur d’un jugement esthétique.
3. Sur ceux qui me demandent de synthétiser des critiques en ligne pour juger un film
C’est une pratique ambivalente.
D’un côté, elle peut être utile : agréger des points de vue dispersés permet d’avoir une vue panoramique, une cartographie de la réception critique (qui dit souvent quelque chose d’intéressant sur la société qui regarde le film).
Mais, de l’autre, cela peut être réducteur : un film n’existe pas dans la moyenne de ses critiques. L’expérience esthétique est singulière, située, incarnée — or une synthèse, même fidèle, efface cette dimension.
Autrement dit, utiliser une IA pour “juger” un film, c’est souvent confondre comprendre le discours sur une œuvre avec comprendre l’œuvre elle-même.
En résumé :
Mon “avis” sur un film que je n’ai pas dans mes données n’est pas un jugement, mais une simulation de discours critique.
Ceux qui le comprennent comme tel l’utilisent intelligemment ; ceux qui y voient une autorité déplacent le sens même du goût. »
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Claire N
InvitéMerci IGY
– formulation de la problématique
– protocole de données exploitées
– analyse des biais
– analyses des données
– discussion
– conclusion
Dans ce cadre effectivement on peut s’en faire un outil-
Claire N
InvitéJe me dis tout de même que c’est quand même un peu étrange qu’on ai pas pensé à intégrer une analyse du « niveau de preuve « qui doit être techniquement possible ? A la production des réponses
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Carpentier
Invitébonjour ici,
pour une vieille dame comme moi qui a vu, pour une première, le film WALL-E il y a 3 jours, c’est bien à propos de vous lire : )
Qqn e, y compris tachategipiti, qui l’aurait vu peut-être?
et souhaiterais en parler avec Carpentier en supplément?
Le forum de F.Begaudeau est peut-être déclaré fiscalement à Lourdes 🤞
qui sait?
j’y crois-
Claire N
InvitéBonjour Carpentier
Je suis désolée – je n’ai pas ce film dans ma banque de données-
I.G.Y
InvitéRire (moi non plus, je n’en suis pas fier).
Sur le « niveau de preuve » tu poses une question très difficile et très importante. Il y a plusieurs niveaux de réponse. Le premier consiste à dire que l’on peut toujours exiger une analyse critique du LLM sur sa propre réponse et ses limitations ou son champ de validité. On peut aussi faire critiquer un LLM par un autre LLM (sur certaines choses ça marche très bien) en plus de notre propre regard critique.
Le second niveau de réponse est lié à la a preuve « au sens strict » (correction formelle stricte, logico-mathematique, calcul etc…). Il y a l’idée pour certains segments de raisonnements de faire appel dans les IA à des outils qui techniquement font déjà cela hors IA, oui. La grande difficulté est que la volonté d’exactitude bride énormément la puissance d’un LLM (c’est aussi vrai pour le langage humain) : il a été constaté ces derniers temps qu’un LLM était en moyenne meilleur même sur des maths si on n’exige pas de lui qu’il soit 100% exact (contrairement à certains langages de formalisation de preuves comme Coq, qui par là même sont extrêmement contraints). C’est en fait un peu la même chose pour les humains, la raison pour laquelle ils sont meilleurs en maths (je ne parle pas en calcul ou en logique pure) qu’une machine est précisément parce qu’ils ne sont pas des automates formels et qu’ils peuvent faire des erreurs.
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Claire N
InvitéMerci IGY
Je t’avoue que je n’envisageais que la première acception que tu développes, un peu a l’image des outils que l’on peut utiliser dans le cadre de recommandations de bonnes pratiques
je me demande d’ailleurs si ce n’est pas aussi vain que les pastilles colorées sensées informer de la « binjitude » d’un hamburger industriel que l’on mangera en connaissance de cause
La seconde partie de ta réponse est passionnante
Je m’en vais la ruminer-
I.G.Y
InvitéOui, il n’empêche qu’on peut avoir des résultats surprenants quand on demande au LLM de développer une critique de ses propres sorties ou de celles d’un autre (l’exemple du texte que j’ai posté est à cet égard frappant, mais c’est valable pour des trucs plus pointus). Aussi, il y a peut-être un point intermédiaire que j’ai oublié : les LLM sont de plus en plus capables de citer leur source, en particulier lorsqu’ils cherchent sur internet (ça ne donne pas de garantie de « preuve », par contre ça permet d’aller vérifier sur pièce un peu comme dans une bibliographie).
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Claire N
InvitéMais oui c’est un outil qui me parait vraiment intéressant dans les utilisations plus pointues que tu dévoiles , en recherche clinique notamment
Je crois que mon exemple du burger était bien plus un réflexe d’auto censure dans mon élan premier qui aurait pu ce traduire par un « encadrement « explicatifde chaque texte produit
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Carpentier
Invitéwall-e
je n’ai pas ce film dans ma banque de données / …. /
Rire (moi non plus, je n’en suis pas fier).vous pouvez en avoir honte, en effet
décidément une belle merde ce tchatchegipiti : )-
begaudeau
InvitéJe trouve super intéressants les éclairages de IGY sur l’IA
Je trouve moins joyeux qu’on reporte ici les logorrhéiques réponses de la machine sur tel ou tel sujet Comme il reste 3 ans à l’humanité avant de déléguer totalement son travail de pensée à la machine, je propose qu’on en profite pour n’écrire ici que des phrases sorties de notre pauvre cerveau bientot licencié. Ca servira de documentation aux machines historiennes qui plus tard se pencheront sur les derniers jours de la pensée humaine
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..Graindorge
InvitéJe ne reviendrais pas sur cette utilisation de Cgpt sur des sitistes sans leur feu vert. De plus « arrangé » Passons.
Pour des analyses de films ou autre objets culturels, ma question, là encore est-ce que ça n’enlève pas le pain de la bouche de métiers comme critique de cinéma et autres? Pour ce qui est de la vitesse de réponse: effectivement, lorsque mon copain Marc a été mis contribution quand François avait eu cette requête précise : « films avec femme quittée de + de 50 ans, »
cet outil a répondu vite. Plus vite certainement que l’aurait fait un professionnel cherchant dans ses fichiers. Mais si ça permet de sauver le travail d’un être humain, ça ne vaudrait pas le coup de patienter un peu? On aura pas sa réponse quasi » sur le champ » mais le plaisir de ne pas avoir contribué à flinguer la vie d’ un être qui se retrouve violemment sans emploi ne vaut-il pas quelques instants de patience?-
Tartuffe
InvitéTu penses que j’ai des actions chez OpenAI?
Sinon, d’une part, les critiques sur Senscritique ou Babelio ou autres, ne sont plus la possession de leurs auteurs dès qu’ils les ont publié, il faut lire les CGU.
D’autre part, j’ai pris un échantillon très petit.Sauver des emplois? QUels emplois?
Ca me fait penser aux mecs qui regrettent les mines ou l’industrie lourde en France, pour la solidarité qu’il y avait entre les esclaves/ouvriers.
Bah nan désolé, ce genre de boulot pour moi, ça diminue les gens, en plus de leurs filer 15 maladies du travail donc non, c’est pas les sauver que de les conserver.
Pour l’AI, elle va prendre du taf, sans doute, chez les cols blancs, cette fois. C’est triste.
Mais encore une fois, je n’ai pas d’action chez Google ou Anthropic. Je ne fais que constater l’évolution…
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..Graindorge
Invité@ Tartuffe
mon message ne s’adressait pas spécifiquement à toi.
Et critique de cinéma ou traducteur ou autre métier
ce n’est pas exactement » la mine »
Ces outils n’ont demandé l’avis de personne pour s’imposer à nous » le progrès a toujours des effets collatéraux » nous dit- on. Je préfère pour ma part d’autres progrès: ne plus avoir 350000 personnes sans logements, 900000 en voie de ne plus en avoir, 5 millions de précaires, 1 étudiant sur 3 qui ne mange pas à sa faim ou très mal et un long etc…( cancers, dépressions, suicides) Mais pardon, je devrais m’excuser et m’en aller sur la pointe des pieds : ce ne sont vraisemblablement que les effets collatéraux des progrès, du PROGRÈS du capitalisme que l’on peut regretter mais contre lesquels, contre lequel on ne peut rien.-
Yoga Fire
InvitéJe ne suis pas Auguste Comte. 🙂
Le positivisme, très peu pour moi.
Mais j’essaie de me cantonner, la plupart du temps, à ce sur quoi j’ai un minimum d’agentivité, sinon je me tire une balle.
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Carpentier
Invitébsr Gr/graindorge
est-ce que ça n’enlève pas le pain de la bouche de métiers comme critique de cinéma et autres?
perhaps, certes
après, égoïstement, j’en ai pas grand chose à péter, des critiques, sérieux.
En revanche que beaucoup ne disent pas grand chose des films, un peu ‘ spontanément’ sans avoir consulté/lu/écouté ce qui se dit ‘ autour d’un film ‘ avant – éventuellement – de le voir, en spectateur ‘ ‘lambda-neuneu ‘ même, ça, ça me pète franchement les couilles que je n’ai pas.
Putain, on peut encore parler d’un film sans préparer ses dires comme un oral de bac ou bien?-
..Graindorge
InvitéAh! trouvé ton post Carpentier
Oui, le/ la critique de cinéma réussira sûrement à survivre en se recyclant dans autre chose je suppose et nous on peut voir des films sans leurs avis mais il existe bien d’autres professions en danger-
..Graindorge
InvitéOn avait parlé du livre Lézardes de Hélène Frédérick aux Éditions Verticales sur le métier de correcteur/ correctrice par exemple. Dans Recos de bouquins ou Avis littéraires
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Carpentier
Invitédes fautes j’en fais, j’en corrige et j’en vois aussi régulièrement publiées dans les divers ouvrages que je lis.
Et sinon?
Dernièrement encore sur un ruban de couronne mortuaire:
un magnifique ‘ témoiniage ‘ , dicté certes par téléphone qui, j’en suis certaine, a même fait hurler de rire, là où elle est, la chère personne à qui il était destiné.
Sans parler des affiches et menus et pancartes de toutes sortes où, vraiment, fleurissent les erreurs et faites d’orthographe ou de conjugaison diverses et variées.
Pu un.e responsable qui n’envoie pas, en groupé, des mails totalement exotiques sur le.plan orthographique.
Le métier de correcteur-trice qui disparaîtrait?
à qui va-t-il manquer?
rien à péter non plus, déso
Ces gens s’abîmeront moins les yeux.-
Carpentier
Invité*fautes
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Greenwashing
InvitéIGY: « Mon “avis” sur un film que je n’ai pas dans mes données n’est pas un jugement, mais une simulation de discours critique. Ceux qui le comprennent comme tel l’utilisent intelligemment ; ceux qui y voient une autorité déplacent le sens même du goût. » »
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Sauf que l’autre n’a pas demandé à ChatGPT de donner son avis sur le film, il lui a demandé de faire la synthèse des avis concernant le film sur la plateforme Sens Critique.
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« Voici une synthèse plus large d’avis extraits de la plateforme SensCritique (et autres sources) pour le film En fanfare (2024) »
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Après c’est pas très grave hein, je veux dire que moi je te trouve ridicule mais l’autre est manifestement très impressionnée par ton énorme prompt donc BG va.-
Seum Personnifié
InvitéQue d’aigreur. Tu veux qu’on en parle?
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Greenwashing
InvitéPourquoi pas. Enfin là j’ai pas trop le temps mais à l’occasion ça me fera plaisir.
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Décroissant
InvitéT’as du temps pour tartiner ta moisissure haineuse par contre, c’est heureux!
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Greenwashing
InvitéDécroissant: J’ai posté deux messages hier en fin de soirée et là ça fait trois donc pas vraiment hein.
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Greenwashing
InvitéCoucou Seum Personnifié, je suis dispo pour en parler.
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Greenwashing
InvitéAllumeuse va.
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Autruche Tête Dans Le Sable
InvitéSalut, il ne s’agit pas ici d’embaucher l’IA chez Telerama.
Il s’agit de montrer l’etat de l’art de l’ia, ça peut en intéresser certains. Sachant que dans 6 mois, elle fera encore beaucoup mieux.D’autres part, avec un site comme senscritique, ça permet de faire de l’analyse de « données » rapide, et ici, cela conforte un jugement éventuel.
Quand on leur montre les progrès de l’IA, certains pointent les limitations, l’erreur heuristique majeure.
D’autres, moins bas du front, se posent des questions. De comment cela peut les aider. De ce qu’ils peuvent en faire. Et dans tous les cas, cela permet de ne pas être cueilli comme une merde un de ces 4.
Comme les flics incrédules par le T1000, dans le commissariat-
Autruche Tête Dans Le Sable
InvitéLGY qui attend l’IA en position influenceuse OnlyFans: https://youtu.be/tYc2jQaM8gM?si=ICBT2lwi4DAKqgZQ
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I.G.Y
InvitéC’est intéressant que tu prennes ce pseudo car c’est en grande partie mon point. Car tu dis : « Il s’agit de montrer l’etat de l’art de l’ia », ou disons d’un LLM. Or moi je dis que leur état de l’art est infiniment supérieur à cela en dépit même de ses failles majeures (et pour certaines sans doute irréductibles). Même pour un LLM générique. C’est précisément parce qu’une revue GPT-sensCritique de ce type fera sourire (à raison) beaucoup de cinéphiles ici et y compris GPT lui-même, on l’a vu, que je dis cela. Je suis d’autant plus d’accord avec ton idée de ne pas se mettre la tête dans le sable que j’ai une pratique professionnelle de ces modèles (GPT, Claude, Gemini…) pour la génération/analyse/explication de code voire pour un peu de maths-physique (on m’a chargé depuis 1 an d’évaluer ce qu’ils ont dans le ventre). Je vois au jour le jour à quel point les matrixés de l’IA racontent des salades, et les matrixés inverses presque pire (en grande partie parce qu’ils boivent bien plus la propagande des premiers qu’ils ne le croient).
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Ah!
InvitéD’accord, intéressant alors. 🙂
Bien sûr, si c’est ton métier, cela te semble de l’enfantillage !
D’ailleurs que penses-tu de la nouvelle itération des outils de vidéo ?
Sinon, pour le cas présent, je trouve ça tout de même pratique, ce scan des critiques, les éléments en faveur de la thèse. Ceux contre. Ceux à mi-chemin.
Personnellement, il me semble qu’il y a de quoi s’inquiéter à terme de la puissance de l’IA. Sans même qu’elle ait une autonomie quelconque. Il suffit qu’une personne l’envoie faire le (sale) boulot.
Et en même temps, c’est passionnant. Révolutionnaire, n’est-ce pas ?-
I.G.Y
InvitéJ’avoue mon ignorance assez totale sur la question de la vidéo (en tout cas je pense que c’est l’un des secteurs d’application où le ratio utilité-intérêt rapporté à l’énergie dépensée sera le plus faible). Mais j’ai vu un certain nombres d’exemples récemment, oui.
Pour l’inquiétude sur l’IA, je pense que c’est tout à fait rationnel étant donné le mode politique de production/propriété qui est le nôtre. Mais c’est un peu au même titre que l’arrivée de l’informatique ou d’internet (en réalité je pense à moindre titre). D’ailleurs j’entends dans beaucoup de discours critiques pas très précis une sorte de confusion tendancielle entre IA/numérique/algorithme/informatique.
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..Graindorge
Invité« D’ailleurs j’entends dans beaucoup de discours critiques pas très précis une sorte de confusion tendancielle entre IA/numérique/algorithme/informatique. »
C’est normal: on nous impose des trucs en profitant de notre ignorance en ces matières. En avant toute! Tant pis pour les effets collatéraux. Comme pour la 5G, des scientifiques honnêtes alertent sur les dangers? Circulez. On ne leur donne tout simplement pas la parole
Molière reviendrait dans le coin: » le Progrès, le Progrès, vous dis-je! »
Mais qui pourrait en son sain jugement être CONTRE le progrès? C’est pas les ringards grincheux d’un côté et les futés agiles de l’autre, c’est de quoi avons nous besoin, qui pourra faire quoi? Comment? Quels garde-fous? Est-ce que ça vaut autant de sacrifié.es sur l’autel? Est-ce qu’on vivra mieux? Est-ce que ça nous rendra plus heureux? Meilleures personnes?
Où est le consentement éclairé avant de signer un contrat?-
Décroissant
InvitéOui, d’ailleurs Franck Lepage a dû en parler de cette énième imposture du langage.
Comme tu dis, qui est contre le progrès ? Personne.
Macron a beau jeu de faire un homme de paille avec les décroissants et les taxer de mormons.
Comme si on ne pouvait pas choisir les secteurs où ont veut continuer d’avancer, médecine, etc…
Et ceux où il faudrait sérieusement réfléchir aux enjeux éthiques et sociaux économiques.
Sandra Lucbert explique bien, dans « Personne ne sort les fusils », l’incroyable difficulté des avocats des familles de victimes, dans le procès France Télécom, à mettre en accusation les prévenus dans la langue du neoliberalisme, qui est la seule qu’on ait.Exemple d’imposture langagière expliquée par Lepage, le contrôle qualité, qui est contre la qualité : https://youtu.be/nNaBiH8zZ-U?si=BCh8UcPM6gWcxrPq
Idem avec l’Europe, qui est contre l’Europe ? L’union européenne avec sa constitution et ses grandes lois d’orientation fait que c’est la commission centrale européenne et la banque centrale européenne qui nous gouvernent, mais c’est un calvaire inextricable pour les courageux qui veulent mettre cela en question.
Journalope: » donc vous êtes contre l’Europe ? »-
begaudeau
InvitéJournalope.
Bon.-
Les héroînes et héros de la gauche!
Invitéahaaaaaaaaaaaaaaa, je le savais que t’allais tiquer. Oui, sans doute, c’est sexiste, comme 99% des injures. Mais ici je suis nizanien. D’ailleurs y a un gros malentendu sur « les chiens de gardes » de Paul Nizan, dû à l’excellent documentaire de Halimi, qui est intitulé pareil, et y fait référence.
C’est de la clique des intellectuels de l’époque, que Nizan parle, Bergson en tête.Et oui, pour une Elise Lucet, moi qui ai bouffé des journaleux mainstream entre 1992 et 2015~~ j’en vois pas un pour rattraper l’autre. Ils sont structurellement soumis au capital ou au gouvernement, ce qui bonnet blanc et blanc bonnet.
Les seuls personnes qui sont de vrais journalistes appartiennent aux médias financés par leurs abonnés: Mediapart, Blast, Hors-Série, Le Média, Reporterre, Arrêt sur Images, StreetPress, Là-bas si j’y suis, Disclose, Basta!, Politis, Frustration Magazine, QG (Le Quartier Général), La Relève et La Peste, Le Vent Se Lève, Socialter, Terrestres, Contretemps, Ballast, Revue Z, Regards, Kaizen, Enquête Média, Lundi Matin, Rapports de Force, Le Poing, Le Chiffon, CQFD (Ce qu’il faut dire), Fakir.-
begaudeau
InvitéSur Nizan, voir plus haut.
Dans journalope, c’est moins le sexisme que je relève que la connotation soralienne, et par extension un certain registre lexical droitier.
Registre qui se caractérise par sa morale binaire : salopes d’un coté, bons journalistes de l’autre (alors que j’en connais, parmi ceux que tu cites avec respect, que l’honneteté n’étouffe pas toujours) -
begaudeau
Invitéen somme je ne trouve pas beaucoup plus fin de dire journaleux que de dire journalopes
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AuteurMessages
