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    Messages
    • #49768 Répondre
      SHB
      Invité

      Je viens d’écouter la gene occasionnée sur Tenet (oui j’ai du retard) et j’ai remarqué que François évoquait que la « pâte » ne résidait pas dans un côté formelle qui ferait de lui un auteur a part entière mais plutôt dans le scénario. Néanmoins, je trouves que Nolan apporte au contraire au moins deux choses qui relèvent de la forme a tous ces films :

      1) Image très terne avec des couleurs plutôt réalistes voie atténués.
      .
      2) Utilisation de plans larges a foison, souvent sur des environnements très aérés, même en ville (qu’il film presque toujours a niveau des building).
      .
      Que dire de tout ça? Est-ce que c’est suffisant pour parler de « forme Nolan », la question est ouvert.

    • #50032 Répondre
      Leo Landru
      Invité

      Expliquer c’est déjà excuser.

    • #50039 Répondre
      Chinaski
      Invité

      Je pense que si Nolan est de plus en plus identifié comme auteur c’est effectivement car il a séduit beaucoup de spectateurs avec ses structures narratives à concepts
      Mais ses scénarios s’articulent dans un style visuel reconnaissable : réalisme spectaculaire, montage bande-annonce, Hans Zimmer à tout va … Oppenheimer est le stade final de sa méthode

      • #50079 Répondre
        françois bégaudeau
        Invité

        « réalisme spectaculaire, montage bande-annonce, Hans Zimmer à tout va »
        Dans le cinéma actuel ce ne sont pas là des éléments qui vous distinguent, mais qui vous conformisent.

        • #50086 Répondre
          Chinaski
          Invité

          Rien d’original chez Nolan, mais il pousse les curseurs. Ce qui le distingue à mon sens c’est d’être le fer de lance depuis 20 ans d’une sorte de formalisme ultime. Il essaye d’articuler ses scénarios dans une esthétique du gigantisme. Alors je sais pas si c’est suffisant pour parler de « forme Nolan » mais je pense qu’il a l’obsession d’être un auteur de cinéma et que ça se traduit formellement par son montage et des expérimentations comme la scène du discours dans Oppenheimer, qui est un bon exemple à mon sens.
          https://www.youtube.com/watch?v=5bZMhF3bjOM (pardonnez moi pour ce format vertical mais il faut bien s’adapter à son époque)
          C’est du Lynch mal digéré mais c’est une tentative.

          • #50089 Répondre
            Seldoon
            Invité

            Pour moi les principaux axes de la mise en scène de Nolan (qui en outre est en phase avec le mainstream du moment, et ce depuis ses débuts) :
            – Lisibilité avant tout, héritée du cinéma hollywoodien classique, dans laquelle émergeront, limpides, des « visions ». Et on écrira alors partout que c’est un cinéaste visionnaire : la rue qui se retourne, le camion qui se retourne, le temps qui ralentit ou accélère, mais surtout se retourne. Visionnaire peut-être, imaginatif bof.
            – ampleur plutôtque gigantisme, il aime autant filmer des galaxies que des atomes, et c’est l’alternance très gros plans/plans très larges qui donne l’amplitude recherchée. Yeux/désert. Et il augmente tout ça avec de la musique plutôt pompeuse et surtout permanente qui donne de l’ampleur là où les images n’en ont pas. L’exemple le plus réussi d’utilisation de musique dans ce but est la poursuite du drone dans le champ dans Interestellar : la musique fait la scène en lui donnant une dimension qu’elle n’aurait pas. En cinéaste du gigantisme pur, du gigantisme physique, le maître hollywoodien actuel est Gareth Edwards, et on voit bien qu’il travaille vraiment autre chose, avec ses jeux d’échelles et de découvertes au sein du plan et non par le montage.
            – Recherche du contrôle des sensations du spectateurs. Et parfois jusqu’à l’émotion, mais ça passera par la sensation. Je crois que c’est K. comme code qui avait rapidement décrit le travail du son chez Nolan comme une sorte de boucan permanent, avec ses dialogues noyés. Il faudrait le rapprocher de ce qu’il fait au montage, et de la façon dont, quand sa narration s’emballe, ça devient du clip qui parle aux tripes.

          • #50129 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            On pourrait s’arreter des heures sur cet extrait d’Oppenheimer, et à partir de là poser les clivages esthétiques fondamentaux.
            Que voit on ici? Un Nolan qui décolle du réalisme (un type fait un discours) pour multiplier des effets (rupture de son, visions, etc). Il le fait pourquoi? Pour donner un équivalent visuel à la fissure au sein du héros. Fissure morale. Oui je dois produire un discours triomphal, mais en moi je songe aux victimes de la bombe que j’ai conçue.
            Tout ce déploiement d’effets, tout cet artifice se déploie donc sur un postulat : un Oppenheimer franchement mal à l’aise d’avoir à jouer au patriote satisfait. Or ce postulat est erroné. Je ne crois pas une seconde qu’Oppenheimer ait été clivé à ce point, en tout cas pas à ce moment, pas aussi pathologiquement que ça. Toute la scène repose sur du faux. Et c’est souvent ce qui se passe avec les gros producteurs d’effets (j’ai trop de respect pou le mot formalisme pour le laisser à Nolan) : ils préfèrent leurs effets à la justesse. Ils construisent un cinéma qui est un pur artifice. C’est un art totalement disjoint du souci de justesse. Pour ma part je tiens qu’il n’y a pas d’art possible sur la base d’une telle disjonction. Tous les artistes cherchent le vrai. Nolan ne l’a pas cherché.
            Voilà pourquoi j’éprouve cette scène comme laide, crétine, pachydermique. Je ne vois qu’un cinéaste qui fait mumuse avec son petit kit de cinéma, en escomptant sans doute que cela sera pris pour de l’art.
            Comment aurait procédé un cinéaste de la justesse? Il s’en serait remis à l’acteur pour éventuellement injecter des nuances infimes de malaise dans la rhétorique patriote. Ou alors il n’aurait rien dit. Il aurait dit à l’acteur : dis ce discours. Dis ces mots. Nous verrons bien ce que ça donne. Et nous laisserons le spectateur jauger la sincérité de ces mots. Le cinéma devient alors un outil : un outil d’exploration de la justesse. Nolan ne cherche pas. Avec ses certitudes de douze tonnes, il a décrété qu’Oppenheimer était absolument torturé, jusqu’au malaise. Appelons ça du cinéma autoritaire.

            • #50138 Répondre
              Seldoon
              Invité

              Je n’ai pas ton rejet des effets, il me semble qu’on peut atteindre une justesse par l’autoritarisme aussi. Mais je m’associe complètement à ta critique ici. Notamment parce que dans tout Oppenheimer et spécialement dans cette séquence, tout cela sert à escamoter le coeur du film. En ne le traitant même pas sous l’angle moral mais uniquement sous l’angle de sa souffrance. De la question morale on ne dira rien.

    • #50090 Répondre
      Charles
      Invité

      Et aussi des films très bavards, très explicatifs que Nolan refuse de filmer en plan fixe en préférant le champ/contrechamp voire le travelling.
      Une complexité bien souvent artificiellement créée avec une narration éclatée, en montage alterné – le sommet pour cela étant Oppenheimer.

    • #50133 Répondre
      Olivier
      Invité

      Il me semble que Nolan a été un très bon faiseur qui n’a rien inventé. Les principales qualités de Nolan étaient l’utilisation du montage parallèle et le mouvement. Un plaisir assez basique du mouvement comme avec Georges Miller.
      Ses scénarios étaient parfois intéressants, ambitieux et souvent ludiques.
      Depuis quelques films, sa mise en scène est devenue moyenne et confuse, ses scénarios lamentables et surtout ses personnages complètement désincarnés. Les personnages du Prestige, des Batmans, d’Interstellar étaient véritablement incarnés et permettaient de s’intéresser et de s’amuser des petits jeux de piste qu’affrontaient les personnages. Depuis Dunkerque, plus de personnages, acteurs fantomatiques ou ridicules. On se fout de tout. Quelques bonnes scènes d’action ou d’ambiance mais c’est devenu très pauvre.

      • #50137 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je l’ai toujours trouvé bien mal à l’aise avec le mouvement. Une grande raideur se dégage d’à peu près tous ses films. Ce n’est pas une attaque franche de ma part, c’est pas si facile d’échapper à cette raideur (dans ce type de films) sans faire dans l’artifice. Je vois aussi beaucoup de mollesse dans l’action (pas lenteur, mollesse). C’est étonnant de parler de mouvement comme un point fort de Nolan. Tu as des séquences en tête ?
        Quand au montage en parallèle, il n’est pas mauvais mais on est loin des maîtres du genre.
        Par contre j’avoue que j’aime assez qu’il se débarasse de ses personnages et autres caches misère. Dans Tenet c’est même ce que je retiens de positif dans le film : on voit ce qui l’interesse vraiment dans un James Bond.

    • #50135 Répondre
      Ema
      Invité

      Sinon que pensez vous de ses deux polars Memento et Insomnia? Les trouvez vous déjà emprunt des meme défauts que dans ses films spectaculaires ?

      • #50140 Répondre
        Seldoon
        Invité

        Je suis sûrement le dernier sur terre mais j’ai toujours eu un faible pour Memento. Bon petit thriller sympa, avec des finesses qu’on n’y attend pas. Insomnia est inregardable pour moi. Le surdécoupage est illisible, je ne passe pas l’amerissage de l’hydravion du début.

        • #50145 Répondre
          Ema
          Invité

          Petite faiblesse partagée pour Memento, aussi et Insomnia pas encore vu mais me tâtais à le regarder justement. J’ai vu la version scandinave dont je n’ai pas gardé un grand souvenir.

          • #50160 Répondre
            françois bégaudeau
            Invité

            Il a meme réussi à ne pas réussir un film sur un magicien.

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