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, le il y a 1 année et 7 mois.
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Franck
InvitéPour les amis du réel, être dérangé est un délice, et déranger un acte d’amour, car le dérangement n’est autre que l’expérience d’élargissement de nos perspectives sur le réel érodant nos anciennes conceptions. C’est dans cet esprit fraternel que je soumets ma question, espérant déranger et être dérangé.
Nietzsche mépriserait-il le féminisme et les penseurs féministes ?
Avant tout soyons précis. Par féminisme j’entends ici exclusivement sous deux rapports la doctrine promouvant politiquement l’égalité des droits et existentiellement la possibilité réelle pour chacune d’exercer sa puissance propre contre toutes les contraintes qui freinent son épanouissement.
Nietzsche est un virtuose de l’affirmation de la vie, et l’on s’attendrait à ce qu’il approuve le féminisme comme l’un des vecteurs du devenir ce que l’on est (en particulier de celui des femmes). Bégaudeau, affirmateur de la vie conséquent, promeut ainsi la vie chez chacun(e). La vraie gauche a toujours en vue l’épanouissement de l’individu, et l’on pourrait dire qu’elle est le christianisme réel : « aimez-vous les uns les autres » signifie dans une logique matérielle vierge de toute envolée métaphysique : « jardiniez votre vitalité les uns les autres / épanouissez-vous les uns les autres ».
Mais Nietzsche n’en est pas là pour les femmes. La fin de la septième section de Par-delà bien et mal est décisive pour connaître son refus et son mépris du féminisme. On me pardonnera j’espère la longueur de la citation, l’exhaustivité de l’aphorisme est capitale pour l’intelligibilité du tout :
« Se méprendre sur le problème fondamental « de l’homme et de la femme », nier ici l’antagonisme le plus abysmal et la nécessité d’une tension pénétrée d’éternelle hostilité, rêver ici, peut-être, de droits égaux, d’éducation égale, de titres égaux et d’obligations égales : voilà un signe typique de platitude intellectuelle, et un penseur qui sur ce sujet dangereux s’est montré plat – plat dans son instinct ! – peut bien être tenu de manière générale pour suspect, pire encore, on peut considérer qu’il s’est trahi, qu’il s’est découvert : il est probable qu’il sera trop « juste » pour toutes les questions fondamentales de la vie, y compris de la vie future et ne pourra atteindre à la moindre profondeur. Un homme au contraire qui possède la profondeur, dans son esprit comme dans ses désirs, et aussi cette profondeur de la bienveillance qui est capable de rigueur et de dureté, et que l’on confond aisément avec celles-ci, ne pourra jamais considérer les femmes autrement que de manière orientale : il lui faut concevoir la femme comme une possession, comme un bien que l’on met sous clé, comme quelque chose qui est prédestiné à servir et trouve là son accomplissement, – il doit se régler ici sur la formidable raison de l’Asie, sur la supériorité d’instinct de l’Asie : ainsi que l’ont ait autrefois les Grecs, les meilleurs héritiers et disciples de l’Asie, eux qui, on le sait, depuis Homère jusqu’à l’époque de Périclès, à mesure qu’augmentaient leur culture et l’ampleur de leur force, se sont fait proportionnellement plus sévères envers la femme, plus orientaux, en un mot. Combien cela était nécessaire, combien c’était logique, combien c’était même humainement souhaitable : voilà un point que l’on fera bien de méditer à part soi ! » (aphorisme 238).
Je conclus que Nietzsche mépriserait le féminisme et les penseurs féministes.
Un dernier mot. Il ne résulte absolument pas de son anti-féminisme que Nietzsche soit misogyne. Nietzsche aime les femmes : le fait qu’elles soient des incarnations suprêmes de la nature, du réel, de la vie. « Ce qui chez la femme inspire le respect et assez souvent la peur, c’est sa nature, qui est plus « naturelle » que celle de l’homme, son authentique souplesse de bête de proie rusée, sa griffe de tigresse sous son gant, sa naïveté dans l’égoïsme, son inéducabilité et sa sauvagerie intime, l’aspect insaisissable, ample, vagabondant de ses désirs et de ses vertus… » (aphorisme 239).
Mais quelque louangeur qu’il soit de cette nature féminine, il n’est absolument pas promoteur de l’individualité pour elles, et leur assigne des rôles, comme l’aphorisme 238 entre autres le prouve (dans un schisme téléologique qui ravirait infiniment le genre d’hommes et de femmes de droite identitaire qui aiment « faire l’homme » et « faire la femme ». Thaïs d’Escufon typiquement goûterait l’esprit de ce discours autoritaire et unifiant).
En somme Nietzsche produit de merveilleux moyens pour toute émancipation, mais n’a absolument pas en vue toute émancipation, bien au contraire. Une féministe lisant Nietzsche pourrait découvrir et oser sa singularité de mille manières mais Nietzsche ne voudrait absolument pas qu’elle le fît. Son amour de la vie ne va pas jusqu’à désirer que les femmes puissent prendre des formes nouvelles, des formes autres que la forme de « l’éternel féminin » que Nietzsche approuve et promeut (si sa vision sur le sujet vous intrigue, lisez l’aphorisme 239 en entier, où il poursuit sa conception de la nature et des taches féminines ; sa critique du féminisme ; et dit et son appréhension de mouvements d’aujourd’hui qu’il anticipe).
Que pensez-vous cher François Bégaudeau et chers partenaires de pensées de toutes ces considérations ?
Mes amitiés les plus réelles possible à tous.
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Claire N
InvitéPeut-être que ce qu’il pense lui n’est pas le plus important ; il donne tout de même (involontairement ?) des outils pour saisir le noeud des problématiques féministes
Qui les voit les prends sans autorisation
– la question de l’égalitarisme
– l’essentialisation
– la domination -
Franck
InvitéJ’entends bien l’argument de l’instrumentalisation, mais aussi bien par curiosité que par principe, la question du féminisme de Nietzsche me paraît désirable, pour déterminer ce qu’il en est précisément de cette philosophie, et pour rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, sans risquer d’honorer un anti-féministe comme un précurseur.
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Claire N
InvitéHum, je comprends ce que tu veux dire , tu voudrais que je m’intéresse plus à sa singularité
Remarque que ma réponse initiale est dans les clous de « la naïveté de l’égoïsme « dont il parle-
Ostros
InvitéToujours à contre courant Claire N.
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Carpentier
InvitéFriedrich Nietzsche aimerait-il le film Barbie?
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Franck
InvitéNietzsche ayant parlé du féminisme et non pas de Barbie, les deux questions n’ont pas le même rapport. Je me demande (mais je conçois que la question puisse ne pas intéresser, puisque c’est une question de curiosité) si l’amour de la vitalité dont Nietzsche se revendique est si conséquent, et s’il y a des passages qui contredisent ou contextualisent les Aphorismes que j’ai mentionnés. Je veux savoir si ce chantre de la liberté qu’il est de réputation l’est concrètement en situations (c’est-à-dire s’il prend par principe le parti de l’épanouissement chaque fois que celle de quelqu’un est en jeu). Je ne vois pas de rapport immédiat avec la question sur une oeuvre (que penserait Nietzsche de Barbie, ou de telle autre oeuvre). Il y va plutôt de propositions de Nietzsche concernant la liberté de la moitié de l’humanité, et d’une compréhension de la logique interne de sa pensée : de son positionnement dans la cartographie des pulsions, et des idées et des valeurs qui en résultent. C’est par goût de la précision et curiosité de cet homme et de sa philosophie que je pose cette question, et pour compléter mon idée du rapport à autrui, de la politique etc. que Nietzsche propose.
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Carpentier
InvitéJuste une blague ratée, alors, Franck.
Même s’il me semble bien avoir entendu rire Friedrich Nietzsche depuis Paris.
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Demi Habile
InvitéComparer une femme à un objet à mettre sous clef c’est misogyne et celui qui prétend le contraire aurait sans doute grand besoin de se remettre en question au sujet de son rapport à la gente féminine.
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Franck
InvitéLa misogynie désigne la haine des femmes au sens où je l’entendais, haine impliquerait vis-à-vis d’elles un désir de destruction symbolique (joie de mépriser, de juger, etc. joie de tout ce qui peut flétrir l’être haï dans notre esprit) ou de destruction dans le monde (joie de diminuer la puissance de l’autre dans ce but). Or Nietzsche (qui est coutumier d’exprimer vertement ce qu’il hait) ne se conçoit pas et ne s’autoproclame pas comme un haïsseur de femmes. C’est en ce sens que je dis qu’il n’est pas misogyne, en me plaçant de son point de vue. Les pulsions non haineuses de Nietzsche vis-à-vis des femmes sont notamment visibles dans la fin de l’aphorisme 56 de L’Antéchrist. « Je ne connais aucun livre où soient dites à la femme autant de choses délicates et bonnes que dans le livre de Manou », et il cite ensuite des passages avec approbation.
Il faut s’entendre sur le sens de l’amour et de la haine. Ou on les envisage du point de vue des intentions, où on les envisage du point de vue des effets. Un parent qui enjoint aveuglément son enfant à amener de bonnes notes à l’école, à aller en voie générale plutôt qu’en voie professionnelle etc. sans s’interroger sur la valeur de l’école, sans recul etc. mais qui agirait sincèrement, en croyant faire au mieux pour l’enfant, aime-t-il son enfant ? Du point de vue des intentions oui (c’est parce qu’il est dans l’ignorance qu’il fait souffrir. Il est malfaisant sans malveillance dans ce cas). Du point de vue des effets non (aimer en ce sens, c’est faire ce que Bégaudeau par exemple fait et invite à faire : promouvoir l’épanouissement de tout individu en faisant fi de toute case, préjugé, rôle bourgeoisement institué etc. en se laissant surprendre par les singularités et en approuvant les multiformes d’existence). Concernant Nietzsche, nul texte (à ma connaissance) ne laisse entendre de la malveillance vis-à-vis des femmes. C’est en ce sens qu’il n’est pas haineux. Je n’ai pas l’impression qu’il ait pour but ou plaisir la diminution de vitalité d’autrui en tant que telle (symptôme caractéristique de la haine, qui veut attaquer en imagination ou en réalité, et qui se réjouit du mal de l’être haï causé par les événements – schadenfreude – ou par lui s’il mit en branle avec succès un projet pour nuire). En revanche si l’on parle des effets il est évident que la mise en pratique des propositions des aphorismes que si cités est malfaisante, et je l’ai dit d’ailleurs en pointant le fait que Bégaudeau est lui un vitaliste conséquent (promeut l’épanouissement universel dans ses discours en situations comme par principes).
Ma question portait donc sur les valeurs de Nietzsche, d’où résultent ses intentions. Est-parce qu’il pense que le bonheur de la femme est dans la soumission (il me dit dans le passage de Zarathoustra que j’ai cité) qu’il propose des modèles coercitifs où chacun trouverait son compte selon lui (de même que les Thaïs d’Escufon et autres qui pensent que l’épanouissement des femmes est dans les structures traditionnelles et ne sont pas misogynes au sens des intentions), ou bien est-ce que Nietzsche est en fait animé par des pulsions autoritaires et n’applique pas dans les situations concrètes le principe d’épanouissement maximal du célèbre : « deviens ce que tu es » ?
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François Bégaudeau
Maître des clésCe qu’il faudrait clarifier ici, et qui vaudrait pour Nietzsche comme pour tout penseur, c’est le meilleur usage à faire d’un penseur
Un penseur ne fournit pas des opinions, et même pas des valeurs. Un penseur pense.
Je n’attends donc rien de Nietzsche quant au féminisme. D’abord parce que rien ne le dispose à penser en ces termes – on trouverait d’ailleurs bien peu de penseurs de cette époque dont le féminisme puisse tirer quelque chose. Mais surtout parce que ce n’est pas ainsi qu’un penseur doit être lu.
Dans les passages que tu cites, il y a bien d’autres choses à tirer, pour peu qu’on les prenne pour ce qu’ils sont, de la pensée.
Ainsi ces lignes :
» Se méprendre sur le problème fondamental « de l’homme et de la femme », nier ici l’antagonisme le plus abysmal et la nécessité d’une tension pénétrée d’éternelle hostilité, rêver ici, peut-être, de droits égaux, d’éducation égale, de titres égaux et d’obligations égales : voilà un signe typique de platitude intellectuelle, et un penseur qui sur ce sujet dangereux s’est montré plat – plat dans son instinct ! – peut bien être tenu de manière générale pour suspect, pire encore, on peut considérer qu’il s’est trahi, qu’il s’est découvert : il est probable qu’il sera trop « juste » pour toutes les questions fondamentales de la vie, y compris de la vie future et ne pourra atteindre à la moindre profondeur. »
De ces lignes je peux tirer la conviction que Nietzsche n’est pas un penseur de l’égalité, et qu’il serait même un penseur, disons, aristocratique. Ce qui n’est pas un scoop. Et alors? Me voilà bien avancé. Ce qui est beaucoup plus intéressant, c’est que les gens qui sont a priori bien disposés vis à vis de la valeur « égalité » entendent ce qui est dit là-dedans, et qui est extremement puissant. Ce qui est dit, ce n’est pas que viser l’égalité est une erreur politique ou morale, mais que c’est une erreur du point de vue de la pensée. Pourquoi? Parce que cela produit des pensées plates. Ce qui est vrai.
M’est apparu, lisant jadis ces lignes, ou d’autres semblables chez Nietzsche, que penser en termes d’égalité est presque aussi creux que penser autour de la notion de liberté. On aura d’ailleurs remarqué – ou pas- que je ne parle pratiquement jamais d’égalité. Comment cela se fait-il. Comment un type de gauche en arrive à ne jamais parler d’égalité? La réponse se trouve dans les lignes de Nietzsche. Et ailleurs.
Penser cela – la liquidation de la notion d’égalité- me parait autrement intéressant, urgent, fécond, déstabilisant, porteur, que d’attribuer à Nietzsche des bons et (surtout) des mauvais points féministes.-
Mélanie
InvitéJ’ai guetté cette réponse 🙂
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Mélanie
Invité« Egalité » m’évoque par exemple ce passage d’A Arles :
« Elle me regarde, elle répète ouvrier ouvrier vous n’avez que ce mot-là à la bouche, pourquoi votre mère ou cette dame qui a de l’arthrose seraient plus ouvrières que moi, je suis une abeille de mon entreprise, y a pas que les ouvriers qui travaillent ». -
Charles
InvitéRancière parle en ces termes. Qu’est ce qui explique alors que sa pensée t’intéresse tant? Est-ce en dépit de cela?
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Claire N
InvitéChaque personne reste un miracle ; mais aucune grâce ne devrait justifier la domination
L’égalité effectivement se mesure à l’aulne de …; comme la liberté
Autonomie c’est plus clair dans le second cas
J’ai pas sur le bout de la langue un mot aussi bien pour recadrer égalité -
François Bégaudeau
Maître des clésRancière ne dit qu’une chose de l’égalité : une pédagogie émancipatrice doit postuler l’égalité des intelligences
La postuler et non la viser. Ce qui change tout.-
Charles
InvitéL’égalité comme moyen d’émancipation et non comme fin, je vois.
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riviere
InvitéJ’ai remarqué que tu parlais rarement d’égalité. Je me disais qu’un jour cela viendrait. Me voici donc surprise car à moi égalité semble fécond pour questionner l’organisation du travail, les hiérarchies, la division du travail, l’individu.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe ne dis pas que le terme ne soit d’aucun usage – voir donc Rancière, et les nombreux usages pratiques qu’il peut avoir dans l’élaboration de dispositif émancipateurs. ll n’empêche qu’il n’est pas un territoire de pensée puissant. L’un et l’autre ont peu à voir.
Pour le moins c’est sa centralité dans le corpus de gauche qui doit être questionnée
Qui peut-être un jour le sera
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Franck
InvitéJe me permets de répondre en numérotant pour bien distinguer et ranger les différentes remarques :
1) sur le fait qu’un penseur ne fournit pas des pensées ni des valeurs (des contenus) mais pense (dans une dynamique) :
Nietzsche comme penseur pense en effet dans cette logique de mouvement perpétuel ; mais Nietzsche comme philosophe fournit clairement des valeurs. J’en veux pour preuve l’aphorisme 211 de Par-delà bien et mal, où il redéfinit révolutionnairement le philosophe comme suit : « les philosophes véritables sont des hommes qui commandent et qui légifèrent : ils disent « il en sera ainsi ! », Ils déterminent en premier lieu le vers où ? Et le pour quoi faire ? De l’homme » (Fin de citation). Ainsi, contre les philosophes traditionnels qui se définissent comme chercheurs de vérité prétendument objective, Nietzsche définit les philosophes comme il les veut (et comme il est le précurseur) comme « créateurs de valeurs » (formule qui apparaît également dans cet aphorisme 211).
C’est donc Nietzsche le philosophe qui m’interrogeait. Un homme qui, simultanément à un questionnement de la pensée perpétuel, propose (voire impose, puisque son philosophe est un commandement) des formes d’existence concrètes, notamment aux femmes qui sont le sujet présent.
2) sur le fait que Nietzsche n’a pas de rapport direct au féminisme et permet de penser la vacuité de l’idée d’égalité
Nietzsche ne conçoit pas les hommes égaux on le sait (les hommes n’ont pas la même énergie de la sensibilité, de l’aptitude à supporter voire aimer le multiple, à aimer la vie envers et contre tout, etc.). Ceci n’est pas nouveau en effet. Mais ce qui interroge, c’est la raison pour laquelle Nietzsche ne veut pas que les femmes supérieures aient leur chance d’exploiter leur potentialité. Nietzsche n’est pas qu’un lucide pour qui les êtres n’ont pas la même puissance, il est un philosophe qui a l’idéal de priver les femmes de droits très concrets et défendus par le féminisme. Voir notamment l’aphorisme 239 de Par-delà bien et mal, où il refuse par exemple émancipation économique et l’émancipation intellectuelle des femmes. Sur l’émancipation économique, Nietzsche écrit : « faire la chasse, avec gaucherie et indignation, à tout ce que le statut de la femme dans l’ordre social a comporté jusqu’à présent et comporte encore d’esclave et de serg (comme si l’esclavage constituait un contre-argument, et non pas plutôt une condition de toute culture supérieure, de toute élévation de la culture) : – que signifie donc tout cela, si ce n’est un effritement des instincts féminins, une déféminisation ? » Le concept féministe d’émancipation économique (défendu plus tard par De Beauvoir, mais déjà en ce temps) lui était déjà connu. Sur l’émancipation intellectuelle des femmes, Nietzsche écrit dans ce même aphorisme 239 : « Çà et là, on veut même transformer ces dames en esprits libres et femmes de lettres : comme si une femme dénuée de piété n’était pas, pour un homme profond et sans-dieu quelque chose d’odieux ou ridicule »
Voilà qui est intriguant, et qui m’intéressait non pour le juger, mais pour analyser l’homme Nietzsche et sa philosophie. Qu’est-ce qui peut le pousser à vouloir conserver « la femme » rusée certes, mais traditionnelle, ignorante de la « mort de Dieu », pieuse, etc. ?
3) sur le faible intérêt de distribuer des bons points et des mauvais points
J’approuve absolument cette considération. La morale abêtit en un sens, puisqu’elle ne met pas en mouvement la pensée. Il ne s’agit que d’appliquer une grille. J’ai le goût de ce qui dérange (d’où mon goût pour tes interventions que j’aie découvertes), puisque ve qui dérange fait penser. Creuser les abîmes est devenu une passion, et si la tentation d’une vérité ou d’un bien définitif et absolu s’approche, je lui réplique plaisamment : « c’est en-dessous de mes forces ! ». Mais peut-on être un penseur et trouver Dieu (s’il existe) dans ces dynamiques conditions ? Lui qui est censé être certitude et le penseur étant doute, on est selon toute vraisemblance dans la merde sous ce rapport, ou l’on peut se dire sagement : Je creuse et patiente jusqu’à le trouver en chemin ou à la mort. Qu’il bouge son cul céleste pour descendre, ou qu’il m’attende là-haut !
Oui donc j’aime la pensée comme tu la présentes. J’ai le corps destiné (pour le moment en tout cas) à cela. Mon auteur favori est d’ailleurs (quelque chose me dit – intuition que je le lance – qu’il doit singulièrement t’intéresser si tu as eu l’occasion de le lire : par sa mise en exergue du caractère pulsionnelle de la pensée, sa polyphonie courageuse qui donne la voix à tous les camps sans manichéisme ; son ironie drôle et lucide (Flaubert adore Sade d’ailleurs, ce qui en dit long) ; sa précision extrême ; sa pensée qui donne à penser, puisqu’il n’y a pas de conclusion définitive au milieu de tous ses personnages ; sa peinture des contradictions humaines : le fait que quelque bon que nous soyons ou croyions être, nous avons des pensées et des désirs monstrueux, etc.). Je t’ai entendu dire citant un sublime punk life is a bitch and so I am ! Voilà du Sade dit autrement me suis-je dit, puisque chez lui la nature dont nous sommes tous un fragment est une bitch égoïste (même dans « l’altruisme » qui n’est qu’une énergie expansive notre corps trouve son compte).
Pour ma part donc je te remercie chaleureusement ainsi que le forum pour m’avoir bien dérangé (la mise en mouvement de l’autre est une bienfaisance), et j’achève en disant que l’idée d’usage fécond et créatif des auteurs me plaît. Par exemple, quoique ne croyant pas en l’existence du libre-arbitre – ce qui est mon cas même si je reste ouvert à toute hypothèse -, lire L’Être et le Néant de Sartre peut donner plus de puissance concrète (en montrant que les façons de vivre qu’on croit nécessaires ne sont que des possibles parmi une infinité d’autres, et qu’on peut créer ou saboter bien des choses, tant dans le rapport à soi que dans le rapport aux autres).
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François Bégaudeau
Maître des clés« Par exemple, quoique ne croyant pas en l’existence du libre-arbitre – ce qui est mon cas même si je reste ouvert à toute hypothèse -, lire L’Être et le Néant de Sartre peut donner plus de puissance concrète »
Très bon exemple. Si je m’arrête sur les archaïsmes néo-classiques de Sartre et sur son approximatif usage de la liberté, ça devient très difficile de le lire et c’est bien dommage parce qu’il y a là-dedans de quoi se fortifier.
Tirer ce qu’il y a à tirer, voilà la bonne politique d’un lecteur.
Et cela nous mène à Sade – that’s what she said
Sade que j’ai pas mal lu, mais que j’aime surtout comme existant. Grand existant.
Je crois me souvenir qu’ici, ou dans le site antérieur, certains avaient recommandé des textes courts de Sade. Je veux bien qu’on me les rappelle.-
Franck
InvitéBien reçu, je penserai à envoyer sur le forum des références concises de Sade quand je tomberai dessus.
Pour l’heure, le texte le plus subtil de lui que je connaisse est Aline et Valcour (un long roman épistolaire, je m’y replongerai à l’occasion pour trouver les lettres les plus intéressantes), où on découvre des personnages de degrés très divers sous de multiples dimensions (diverses intelligences, morales, sensibilités, etc.) : des libertins avec remords, des libertins sans remords, des libertins par principes, des libertins plus instinctifs, des partisans du « bien » aveugles (religion et morale absorbées sans recul), des partisans du « bien » lucides (déterministes, comparant les morales dans l’espace et dans le temps, etc.) : on y trouve même une utopie (avec un roi, Zamé, doux et raffiné comme Jésus. Sade sait faire parler le christianisme solaire qui fait fondre le cœur et penser l’esprit en même temps, comme La Bible), et une « contre-utopie » en miroir.
J’ai découvert Sade avec Justine et le boudoir, puis j’ai vu Juliette et La Nouvelle Justine (pavés où il maximise la densité des démonstrations et la richesse des exemples et la violence et le nombre des scènes), puis Aline et Valcour (où cette fois c’est le raffinement du « coulissement » dans les profils des corps, des esprits et des caractères qui se distingue. Énormément de palettes dans une espèce de combinatoire de profils).
Ce que je peux indiquer de mieux pour le moment : la lettre XXXV d’Aline et Valcour (avec notamment dedans l’utopie et la contre-utopie).
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François Bégaudeau
Maître des clésok je vais lire ça
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Malice
InvitéDans ‘les crimes de l’amour : Florville et Courval », le personnage de Mme Verquin et notamment sa mort sont un belle tranche de gâteau
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riviere
InvitéJe crois que RV nous avait montré ce beau dialogue entre un prêtre et un moribond
https://fr.wikisource.org/wiki/Dialogue_entre_un_pr%C3%AAtre_et_un_moribond -
Titouan R
InvitéPeux-tu préciser ce que tu entends par « existant » ?
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Ostros
InvitéOn peut traduire je crois par : qui aime la vie, la joie, qui possède une grande vitalité, recherche à se faire / donner du plaisir. Kafka par exemple n’aura pas été un grand existant.
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François Bégaudeau
Maître des clésLe contre exemple est pas mal
Nietzsche aussi en serait un.L’existant, on peut le voir d’abord plus neutre : quelle vie a eu machin ; comment il a occupé sa part d’existence.
Mais c’est vrai que lorsque je parle de grand existant, je pointe une vitalité supérieure, une « grande santé » qui semble avoir donné trois vies en une à l’individu concerné.
J’approchais ce phénomène dans Fin de l’histoire, l’observant chez mon héroïne.
Ca me frappe pas mal chez quelques figures du dix-huitième : évidemment Sade -même bridé par 20 ans de prison, le type n’arrête pas (et ce n’est pas de baiser qu’il n’arrête pas) -, évidemment Casanova, insatiable, glouton, emprisonné-évadé. Mais aussi Diderot. Et aussi cet imbécile de Voltaire. Et Jean-Jacques n’est pas mal non plus, qui en plus d’écrire assez bien et de philosopher plutot habilement, écrivait de la musique et chemina sans fatigue tout au long du siècle.
Il s’agit moins d’aimer la vie que de la vivre ; de la vivre plus que d’autres la vivent.
Certains de leur part de vie ne font pas grand chose.-
François Bégaudeau
Maître des clésCe sont ces forts là qu’il faut protéger des faibles.
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Malice
InvitéFaut aussi lire Pierre Louys je le rappelle
( un existant oublié )-
François Bégaudeau
Maître des clésoui j’oublie toujours de le faire.
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Claire N
InvitéEst ce que le personnage Didier dans molécule fait partie de cette catégorie ? Parce que j’y ai pensé avec cette histoire de protection et que je suis bien embêté parce que c’est lui qui protège Léna.
Mais qui donc est en mesure de protéger les forts ?-
Claire N
InvitéEt si mon intuition sur Didier est bonne,
C’est peut-être pas qui mais quoi pour les protéger, peut-être que le livre ? -
François Bégaudeau
Maître des clésDidier aurait plutot tendance à protéger une faible
(une créature affaiblie par son désir de vengeance)
à la protéger du crime qu’elle veut commettre -
Claire N
InvitéOui
C’est pour cela que j’étais embêté
Et que je cherchais à savoir ce qui le protège lui -
François Bégaudeau
Maître des cléseh bien sans doute quelque chose comme sa sainteté
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Graindorge
Invité« Ces forts là » savent se protéger des faibles qui les tirent pour les affaiblir ne supportant pas certaines forces. Ils ont appris. Certains faibles sont très démolisseurs Faut savoir jouer. Avoir l’air con, bébête même parfois mais à force les faibles se calment. Ces forts là deviennent innateignables mais accessibles.
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Claire N
InvitéJe ne sais pas Graindorge
Pour moi il y a des des forts « riches de leur seuls yeux tranquilles « et tant pis si « les bourgeois ne les trouvent pas malin «
Faire cependant exprès d’être bébête ce que j’appelle faire sacrifice me semble justement ce dont il faut protéger l’élan vital, une sorte de détournement d’ » énergie « au profit du faible
Dans molécule ce que j’aime chez Didier c’est qu’il empêche Léna de se faire mal avec sa propre faiblesse – sans lui même se faire mal
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Titouan R
InvitéMerci à vous.
François, à te lire, je pense à cet entretien pour Kto Tv à propos d’Une certaine inquiétude (que je n’ai pas lu car crainte d’y peu comprendre, n’ayant aucune éducation religieuse chrétienne – et religieuse tout court), et de ton angoisse (à bien t’écouter, je pense que le mot se justifie) de la finitude. Seraient donc de grand.e.s existant.e.s ceux et celles qui ont saisi cette angoisse et vécu de bout en bout pour la tromper.-
Claire N
InvitéJ’y pensais aussi, et en particulier au texte de préface de « journal d’un curé de campagne « et je me posais un fine la question suivante : est ce que le grand vivant ( le fort donc si j’ai bien suivi) est celui qui saisi que « tout est grâce ? »
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François Bégaudeau
Maître des clésL’hypothèse de l’angoisse comme moteur me tente, évidemment.
Mais je crois qu’il faut regarder en face une donnée plus physique, plus injuste : certains héritent d’une vitalité supérieure à la moyenne. Davantage de vie coule dans leur veine. -
Mélanie
InvitéObservant ce soir encore comme certains de mes patients, cumulant de sacrés handicaps physiques et psychiques, semblent doués pour la vie, je dirais aussi qu’on n’est pas tous dotés pareil.
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Mélanie
InvitéBonjour Titouan,
Je n’ai aucune éducation religieuse non plus et j’avais Une certaine inquiétude très suivable. -
Mélanie
Invité* et j’avais trouvé Une certaine inquiétude très suivable.
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François Bégaudeau
Maître des clésn’ayant aucune éducation religieuse non plus, j’ai aussi à peu près réussi à comprendre ce que j’écrivais
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Ostros
InvitéRire.
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Nox
InvitéMais est-ce que c’est réversible ? Est-ce que ça veut dire que les gens qui ont une éducation religieuse ne peuvent rien y comprendre ?
Est-ce que finalement si on recule des fois, on avance pas un peu ?
Quid de Manuel Valls dans toute cette histoire ? -
François Bégaudeau
Maître des clésIl l’a lu et aimé
Il me l’a dit un soir de diner du Siècle -
Nox
InvitéAh ! Tu m’en vois ravi.
T’as des nouvelles de lui d’ailleurs ? Le bruit court qu’il est reparti à zéro en devenant chauffeur Uber en Argentine mais personne n’a confirmé de telles rumeurs, à ce jour.
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Graindorge
Invité« certains de leur part de vie ne font pas grand chose »
Ou ce qu’ils peuvent camarade. Ce qu’ils ont pu.
» ce qu’on fait de vous hommes, femmes
O pierre tendre tôt usée
et vos apparences brisées
vous regarder m’arrache l’âme
……………………………………………………………………………
……C’est un rêve modeste et fou
il aurait mieux valu le taire
vous me mettrez avec en terre
comme une étoile au fond d’un trou »
Je pense que ce rêve fou aura son heure. Pas au fond d’un trou. C’est une folle certitude. À ne pas taire.
Sur ce, excusez l’interruption de vs riches échanges-
François Bégaudeau
Maître des clésTypique de comment la politique aveugle – ou fait perdre en intensité, en émotion.
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Graindorge
InvitéPeut-être que vous parliez des écrivains et penseurs qui ne font pas grand chose de leur part de vie. Et moi j’ai pensé à d’autres.
Je n’aime pas Éluard et son hypocrite » vous regarder m’arrache l’âme » mais ma maigre culture ne m’a rien fait trouvé d’autre.
Intensité. Émotion. Intactes.
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Mao
InvitéOn a beau ne pas vivre, on meurt quand même un jour.
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Graindorge
InvitéAh ça!
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Franck
Invité(* Mon auteur favori est d’ailleurs Sade)
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Franck
InvitéJe voulais écrire : il le dit et non il me dit. J’écris depuis un portable et ne me suis pas relu : ce n’était pas une plaisanterie. Je faisais évidemment référence à la citation de Zarathoustra que j’ai donnée dans mon premier message.
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Bourgeois Ludovic
InvitéMoi j’étais avec une fille slave y’a peu et on était dans l’intimité et elle faisait la fifou, j’lai pris par les cheveux, j’ai mis sa tête sur la moquette (mais sans violence bien sur juste rude tranquillement), et j’me suis assis sur le lit, j’ai mis mes pieds sur la tète pendant 1-2 min en faisant le signe « chut » au départ. Et après j’ai retiré les pieds et elle a laissé la tète 3-4 secondes par terre.
Et ensuite bah pendant le reste du séjour, elle avait les yeux lumineux d’amour un peu j’sais pas trop comment expliquer et et on pouvait être ultra complice et gentil ensemble. Et là elle arrête pas de me dire quand je reviens m’installer.
Je pense que c’est un peu comme quand tu installes fortement les lanières de la selle d’un cheval pour qu’il comprenne et qu’après il peut y avoir un lien complice. Qu’il faut être dur au départ un peu et après bienveillant, elle respectera plus car elle sait que tu peux être rude.
Après y’a la question de la modernité et du travail tertiaire où les femmes sont très compétentes car contentieuse et endurante dans les semi bullshit-job et là y’a pas trop de solution ça peut créer des conflits si plus haute socialement que toi à un moment.
J’sais plu qui disait qu’il faut pas comprendre les femmes, il faut les prendre. J’pense qu’il faut pas trop réfléchir et suivre les instincts alors que les livres , citer des auteurs et se prendre la tète à mort c’est pas les meilleurs méthodes.
Moi je crois vraiment que le féminisme est un écran de fumée qui n’existe pas dans la réalité, que personne ne veut de ça.
Comme l’immigration, tout le monde fait style c’est génial alors que personne n’en veut.
Cette ridicule cette société où il faut valider des conneries pour être dans le moule socialement, ça fait pitié.-
Demi Habile
Invité🙁
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Carpentier
InvitéOh putain le connard 🤣
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Sarah G
InvitéUn mec me fait ça mais je ne le regarde pas avec des yeux lumineux d’amour et que l’on soit complice, oh non non.
C’est des yeux noirs de colère et je me casse, c’est finito, et il restera seul comme le connard qu’il est.-
Ostros
InvitéSarah G, on y croit à demi.
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Sarah G
InvitéTu ne me connais pas, hein.
Et le troll qui a usurpé le pseudo d’Ostros, tu devrais te casser de cette espace de discussion.
Merci
De rien
Allez Ciao bye bye 👋-
Sarah G
Invité*Cet espace ok
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Carpentier
InvitéSarah G, plusieurs fois que je te lis parler de pseudo emprunté et je ne comprends pas: un pseudo est bien relié à une adresse mail, ou j’ai rien compris ?
Du coup, à part si quelqu’un d’ici à ton mail, on peut pas t’emprunter un pseudo, si?-
Demi Habile
InvitéIl te suffit de taper « François Bégaudeau » dans la petite case du nom pour te faire passer pour François. La seule chose qui permettra de faire la distinction entre le vrai et le faux François c’est un petit avatar à la con qui ne s’affiche que sur la page qui répertorie les threads et seulement si t’es le dernier à avoir posté. Autant dire que si demain on en a un qui veut foutre la merde en se faisant passer pour un autre c’est open bar
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Carpentier
InvitéC’est nul comme façon de procéder, naïvement, j’imaginais le truc plutôt verrouillé.
Bon, ok.
J’ai vu quelqu’un personnaliser son petit emblême d’ailleurs: comment on fait pour changer le look de son avatar?
Tu sais-toi, Demi Habile?
ps: pas encore né.e en tout cas celui ou celle qui s’adressera à moi en simulant être François Bégaudeau.
Puisqu’il me cause pas 🤣-
Demi Habile
InvitéMoi j’aurais tendance à croire que ça finira par poser problème mais tant mieux si je me trompe. Pour l’avatar par contre je ne crois pas que ce soit possible de le personnaliser. A priori ils sont distribués au hasard et certains en ont des plus sympas que d’autres.
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Carpentier
InvitéOk, bonne soirée (et tant pis pour les avatars qui ont une vie de moche)
Moi, je suis tendue comme un arc: J-2 et putain, g congés payés pour 4 semaines 🤸 -
Sarah G
InvitéBonnes vacances Carpentier
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Carpentier
InvitéBonjour Demi-habile,
Je viens de mieux comprendre, à l’instant, de quoi tu parles à propos des emblêmes/avatar à côté du pseudo: et bien, il se trouve que dans un topic où je me suis exprimée en dernier (la gauche/entrepreneuriat) mon post est affublé d’un avatar vert, tandis que l’habituel est rouge.
Il s’avère pourtant que c’est bien moi qui ait posté la vidéo H.S Friot/ Porcher chez Judith
me suis même aperçue que cette dernière, la vidéo pas Judith, avait dû être déjà partagée ici, et que je m’en souvenais à mesure de son visionnage.
=> excuses x 2 pour le reportage et pour l’invalidation de ton explication, à priori, pour identifier les ‘ usurpateurs de pseudo.s ‘ qui affolent quelque peu certain.es ici.
Ce serait pas, plutôt et plus simplement, une histoire de navigateurs qui peuvent varier selon d’où on poste?
Voir de serveurs/d’ordis? -
Carpentier
Invité*repostage (fucking correcteur-commére)
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Carpentier
InvitéIntriguée un peu par cette loufoquerie qui vous occupait, me souviens même, pour ce partage du hors série, d’avoir cliqué sur ‘ envoyer ‘ au moment où j’apercevais une unique faute de frappe sur la fin de mon mail; d’ailleurs, m’attendant à un blocage et à devoir repréciser mes identifiants, j’ai même buggé 2/3 secondes en voyant que cela avait fonctionné ainsi 😅
Sérieux, ton hypothèse, pour laquelle je te remercie cependant, n’est donc absolument pas validée par mon laboratoire de recherche.
Espérant que mon observation-expérience permette d’améliorer votre confort dans l’usage de ce site, je vous prie d’agréer mes meilleures salutations d’été.
Sur-ce, vais me doucher, je sors ce soir. -
Carpentier
InvitéAh mais ça veut plutôt dire, du coup, qu’avec/pour un même pseudo, on peut associer n’importe quelle adresse mail 🤔🙄🥹
Viens de comprendre 🧐🤭
C’est super con.
Après, en vrai, pour un ou deux paumé.es mal intentionné.es, il y a une majorité de pas trop chiants, il me semble. -
Ostros
Invitémerci pour cette grande réflexion Carpentier.
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Carpentier
Invitéyou’re welcome
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Bourgeois Ludovic
InvitéInsultes un peu abusé. Elle balançait des coussins un moment fofolle, délire. Ça a apaisé son coeur je pense c’est ok
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Demi Habile
InvitéHeureusement que les noirs et les arabes sont là pour t’aider à te prendre pour un mec bien.
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Carpentier
Invité… Je pense que c’est un peu comme quand tu installes fortement les lanières de la selle d’un cheval pour qu’il comprenne et qu’après il peut y avoir un lien complice. Qu’il faut être dur au départ un peu et après bienveillant, elle respectera plus car elle sait que tu peux être rude. / ….
D’où l’intérêt de voir faire et d’écouter un gars comme Bartabas du Zingaro qui, avec les chevaux, ne semblent pas s’y prendre comme ça du tout.
Lisant cela, je comprends enfin pourquoi il faut plutôt laisser les types de ce genre chevaucher des machines, des motos, plutôt que des êtres vivants. Définitivement.
Et croiser les doigts pour pas les croiser sur une route, même si t’es en camion.-
Bourgeois Ludovic
InvitéSalut, Tu as trop pris la comparaison au pied de la lettre, garçon.
Ceux qui ont déjà eu à dresser un animal ont compris mon analogie j’imagine.
Jamais eu d’accident en 9 ans t’inquiètes. En campagne on a des scoot ou des mob à 14 ans, on sait conduire, bon j’touche du bois quand même.-
Carpentier
InvitéSalut, arrête de me prendre pour la poupée Ken qui débarquerait à la campagne pour découvrir et entendre les garçons siffler les belles meufs venues de la ville pour l’été en disant : tkkkss, belles pouliches, stp.
Doit bien exister des stats, à mon grand regret, éclairant un nombre d’accidents liés à la vitesse, l’alcoolisme, le manque de vigilance et de permis sur les fameuses routes de campagne où on croit souvent, en rentrant de boîtes ou de la ville, qu’il y a personne d’t’façons.
Sans parler des sans casques, donc, des sans lumières, des en plein milieu de la route ou de ceux qui croisent un engin agricole armé d’outils avant en mode mad max.
Idéal pour embrocher de l’humain, ces trucs.-
Bourgeois Ludovic
InvitéPas totalement faux.
Pas des anges, mais c’est quand même assez rare tout ça.
« Pouliche » j’emploie jamais ça, déjà parceque j’aime pas les cul de jument pour les femmes ni les gros popotins.
J’trouve y’a de plus en plus en france avec les jeans remontés jusque ché pas où là, c’est dég.
J’préfère les femmes minces, c’est plus distingué.
T’en penses quoi ?-
Carpentier
Invité… » Pouliche” j’emploie jamais ça, déjà parceque j’aime pas les cul de jument pour les femmes ni les gros popotins/ ….
Dans le dernier Dupieux, la prise en main de la soirée par Yannick aborde assez vite et drôlement cette histoire de métaphore qui se voudrait à la fois drôle, étendard d’un second degré donc d’intelligence, en vrai, chez celui ou celle qui s’y emploie: comme toute blague, ça rate aussi parfois, donc, ce dont tu t’aperçois de toi-même avec nos divers accusés de réception.
Sache, par ailleurs, que ta façon de te positionner comme un peu l’exception qui a déjà fait – ici, dresser un animal – est plus que risible.
Veux-tu qu’on sonde combien ici s’y sont éprouver ? En se précisant l’animal?
Tu n’as que des gens plutôt joueur.ses ici donc, en joue!
Je remarque juste, perso en ouvrant juste les yeux dans les rues, dans les campagnes, , que les meufs en ont progressivement de moins en moins à foutre de ce que pensent/disent de leurs corps en vrai, ‘ les autres ‘ (à l’âge où on peut enfin baiser légalement du moins) et que ça fait sacrément du bien.
Voire ça booste les générations d’avant à s’en inspirer avant qu’elles ne se sentent pu/moins concernées (du tout) par leur look reçu par les autres.
Girl power 💪
Ça fait tellement de dégâts sur le psychisme sinon ces conneries là, et malheureusement c’est encore un peu le cas mais chez les filles plus jeunes, j’ai l’impression.
La plaie
Car, à part toi, semble-t-il, une fois partis pour l’enroulade, j’en connais très peu qui aiment rouler sur des os.
Parfois même, j’en ai déjà entendu s’extasier de surprise de trouver de la rondeur sur un corps qui, habillé, semblait moins agréable, moins en 3D à toucher.
Et ouais.-
Carpentier
Invités’y sont * éprouvés
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Bourgeois Ludovic
InvitéOui, il serait préférable de ne pas me répondre comme ça je me lasserai.
Après je dis la vérité, c’est pas une provoc. Ou juste une provoc parce que je le dis à vous.
Après les gouts, c’est autre chose.-
Carpentier
Invité?
Je te conviens pas comme interlocutrice?
Bon.
J’ajouterai juste, avant de rejoindre mes potes que, souvent, les amateur.trices de corps minces, androgynes donc plutôt, sont bi ou homo.
Voilà, voilà, c’est ainsi, on fait tous notre coming out, un jour ou l’autre.
Bonne lassitude à toi.-
Bourgeois Ludovic
InvitéNon, j’parle à tout le monde c’est ok.
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J’préfère l’amitié comme sentiment, c’est plus pur.
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Mais nan, attiré que par les femmes. Une femme ça donne un ancrage à un homme, ça remet les pieds sur terre.
J’préfère les minces sportives un peu elles baisent bien, plus actives, garder un coté instinct animal.
J’ai horreur des tatouages aussi, horrible
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Graindorge
InvitéÀ vomir! « Rude, dure » avec plus faible PHYSIQUEMENT que soi. Lâcheté, veulerie. Sous la torture, cette espèce-là n’attend pas même pas que les chatouilleries commencent! Ça crie MAMAN! Et ça donne tous les noms de Âne à Zèbre! Y compris celui de sa mère de son père, ses frères zé ses sœurs…
Si ça prend un milligramme de pouvoir, beurk, ça tue. Non ça fait tuer Ne pas insulter l’avenir et quand le vent tourne car il finit toujours par tourner, ça va se planquer comme un rat et ça crève dans l’égout.
Que des gens que j’apprécie lui fasse la causette… dommage. « elle respectera plus car elle sait que tu peux être rude » Entretenir la trouille, forcer le respect. Sans pouvoir, jouer à en avoir avec plus faible PHYSIQUEMENT. Ça dit pas si ça torture aussi les chats et les hamsters. Ici, chantier autonome. Avec un pseudo, ça peut dire, FAIRE et dire ces horreurs, ça peut raconter des bobards, ça peut violer et raconter le viol, ça peut être raciste…
Moi je m’adresse même pas directement à ce malade. Parceque je nec suis pas médecin. Et parce qu’il m’a fait vomir… je dois être une petite nature fragile et impressionable. Besoin de hauteur, de soleil et de bon air. Les égouts, non merci. Je lui souhaite bien sûr de guérir.-
Carpentier
InvitéDepuis mon petit bout de terre, je t’envoie ce morceau d’un groupe que je connais peu, en fait, mais l’entendant dans la voiture, pensé à toi
Au départ de mes échanges, j’ignorais qui entamerait une discussion, ou pas, mais arriver assez vite, finalement, à comprendre que j’ai à faire avec quelqu’un pour qui la partie de baise est envisagée comme une épreuve sportive, athlétique, olympique, pendant qu’on y est, ça classe définitivement une personne.
Les pommes de terre sont belles, les 200 plants de poireaux sont en terre et la petite dizaine de fraises qu’ont gentiment laissé les escargots et autres bestioles du coin sont encore sucrées et juteuses.-
Ostros
InvitéTexte prémonitoire du désir noir !
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Claire N
InvitéOui c’est vrai « pseudo Ostros «
Il y a quelque chose comme des allées et venue dans l’impuissance dans cette chanson
Elle est tout de même angoissante comme une prison-
Claire N
InvitéMe dis qu’ils auraient pu justement la chanter à l’envers c’est dommage
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Graindorge
InvitéDes escargots et autres bestioles CAPITALISTES! Tout mangé! La dizaine qu’ils ont laissé est déductible de leurs maigres impôts. Pas bêtes. Les bonnes œuvres.
te les laisse ces bonnes fraises. Si, si j’insiste.
Merci d’avoir pensé à moi ou à Ostros. Pas clair mais peu importe. L’important c’est de penser un peu aux autres. Et ça fait mieux pousser les poireaux
P.s tiens , j’ignorais qu’il y avait une épreuve « baise » aux J.O 24. Ça doit être parceque ça se passera à Paris. La ville de l’Âmourrrr!!!
Oui! Ouiii! Ouiiiiii! Dans toutes les langues! Ça doit être rigolo!!!-
Carpentier
Invitépardon, oui, Grainedamour, avec les diverses participations entre, ce post avec ND intéresse trop d’un coup – presqu’inquietant, non? – quand on lit après coup, c’est encore moins lisible/compréhensible, je suis bien d’accord.
Alors:
Lisant ton agacement patient de voir qqn que tu apprécies ‘ faire la causette ‘ à qqn que tu apprécies moins, j’ai eu envie de partager le titre du groupe maudit surtout pour leur no pasaran, donc, et j’ai essayé de te confier ma petite conclusion de l’échange (avec celui que tu apprécies moins donc) qui se termine donc par ses dires:
…. J’préfère les minces sportives un peu elles baisent bien, plus actives, garder un coté instinct animal. /….
Voilà pour le déroulé des faits, Grainedamour.
ps : stop le j.o. please, vraiment, je frôle la décompensation dés que j’y pense.
Pu en parler, merci.-
Carpentier
Invité* les j.o.
Une conversation de plus â ne pas aborder avec moi, dans les repas de famille et ailleurs…
C mon affaire Dreyfus à moi, quoi 🥹
Sérieux, Grainedamour, j.o. anxieuse sévère.
+ Merci pour la parabole avec les escargots -
Graindorge
InvitéOn va dire que ce gars n’existe plus.
Disparu. Mort? On pourrait dire ça tellement je l’ignore.
Les J.O. Je te comprends.
No pasaran, ÇA c’est sûr.
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Carpentier
InvitéAprès le no pasaran partagé, du groupe que je connais très peu pour leurs productions musicales en fait – c’est quand même ballot – voici :
Mon ami Alexis dans son tour du potager 🙂
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Graindorge
InvitéJe suis très bon public. Mais il n’a pas rencontré les agriculteurs en biodynamie.
Pas triste non plus. Qui cultivent les patates les jours racines et lorsque Vénus se rapproche de Saturne à 14h35 un jour pair. La visite se fait un jour de lune croissante impérativement. Le matin au chant 3 du coq. Ou le soir juste avant le coucher du soleil.
P.s: je dis presque n’importe quoi mais c’est l’idée.
J’ai assisté à des visites de potager avec mon collègue comme guide… les maths y côtoient la poésie, l’astronomie, l’astrologie etc… et c’est la patate qui te dit si elle est prête à être sacrifiée pour faire un bon gratin…-
Carpentier
InvitéTrès fan de carottes moi-même, je suis plutôt à l’écoute de leurs délicates parties hautes ciselées qui chantonnent parfois au lever du jour.
Le rapprochement de Vénus et Saturne vaut le coup, je confirme mais, dans ma région, on prend la précaution de saluer deux gendarmes et une coccinelle juste avant.
Le temps de les repérer, tu commences le tour de jardin à 14h30, quoi.
Poète, astronome, astrologue, m’étonne qu’elle envisage joyeusement de se faire gratiner la patate 🙂
Manquerait pu qu’il joue de la guitare, ce collègue 😚
Bon été, Grainedorge.-
Graindorge
InvitéPas de guitare ni de pipeau. Il chante. Il siffle. Il rit beaucoup et râle aussi contre les lézards, les chenilles, la tutta absoluta de la tomate.
Un intello/paysan qui préfère les authentiques paysans même si pas bios à ces bios nouvel âge sans regard -
Graindorge
InvitéGRAINdorge.
Bonne route Carpentierina
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Bourgeois Ludovic
InvitéJ’ai lu et beaucoup ris au moment au moment où je me fais torturé, et avant même que je me fasse chatouiller je cris maman et donne tous les noms. Y’a du talent et on pardonne toujours le talent.
Va’ boomer, je ne te hais point
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Bourgeois Ludovic
InvitéT’inquiète pas l’allogène, les français rêvent de finir africains. Ils en rêvent la nuit.
Je suis un ovni, je ne représente rien. Quand ils m’écoutent remettre en question leurs anges rédempteurs, ils veulent m’étriper.
En fronce y’a + de chances que ce soient les noirs et les arabes à la fin qui disent « bon ça suffit, on veut laisser qq blancs », que les blancs eux-mêmes.
Une Terre d’asile…psychiatrique.-
Demi Habile
Invité« j’me suis assis sur le lit, j’ai mis mes pieds sur la tète pendant 1-2 min en faisant le signe “chut” au départ. Et après j’ai retiré les pieds et elle a laissé la tète 3-4 secondes par terre. »
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Ouvre les yeux, la décivilisation c’est toi.-
Bourgeois Ludovic
Invité« Il s’empare de vos valeeuurs, sans vous menaceeerr d’une aaarme
Quand il détrousse une femme, il lui fait porter des fleeeuurs
Gentleman cambriiioleeeuurr, est un grand seigneeurr
Il a gagné le coeur »Les derniers français sont obligés de partir 🙃
Je ne vous remercie pas les gauchos-
Demi Habile
InvitéLui faire porter des fleurs c’est quand même mieux que lui coller ses pieds dans la gueule pour affirmer une pseudo domination.
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Bourgeois Ludovic
InvitéCa nous emmène un peu loin du sujet qui sont pas trop les rapports privés mais plus ceux en société même si la castration symbolique dans la société entraine un effet dans l’intimité.
___
J’sais pas. Chacun son âme. Moi j’suis un peu taré. Ma philosophie, c’est « faut marquer l’histoire »
___
« Sometimes I think that it’s better to never ask why…
!Where there is desire
There is gonna be a flame
Where there is a flame
Someone’s bound to get burned
But just because it burns
Doesn’t mean you’re gonna die
You’ve gotta get up and try, try, tryyyy ! »-
Demi Habile
InvitéPeut être que la scène publique et la scène intime sont deux espaces différents mais notre façon d’interagir sur l’une et l’autre scène sont inextricablement liées. Et tu le soulignes en faisant remarquer qu’une cause qui affecte la scène publique affecte aussi la scène privé. Après je doute que tu comprennes bien cette histoire de castration et c’est dommage car c’est de consentir à cette histoire de castration qui permet d’affirmer sa virilité de façon désirable aux yeux d’une femme. Sur un autre mode que celui de la brute qui se croit tout permis avec elle car il a la chance de pouvoir la dominer physiquement. Et ce que tout ça m’inspire c’est que dans le fond c’est moins la barbarie du monde qui t’entoures qui te travaille que ton manque de culture. T’es taré, c’est certain, mais tel que t’es parti il me semble que ta seule chance de marquer l’histoire c’est au travers d’une décision de justice qui te condamne pour avoir tué celle que tu prétendais aimer.
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Bourgeois Ludovic
InvitéTa mise en garde est intelligente et salutaire. Bonne soirée
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Carpentier
InvitéEt quand une meuf te dit ‘ j’vais t’tuer’, ‘ te couper les couilles ‘ ou ‘ t’es mort ‘ , tu la vois tout d’suite la métaphore?
(souvent quand elle apprend que t’as envisagé, roulé, ou entrepris une autre qu’elle mais pas que)
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AuteurMessages
