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, le il y a 4 mois et 2 semaines.
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Hauda
InvitéLes musulmans mettent la pression. Quand je vivais dans mon quartier on était tous sous contrôle, garçons et filles, même si le niveau de contrôle sur les filles était supérieur. On traquait les traîtres. Ceux qui ne faisaient pas le ramadan ou les filles qui voulaient trop vivre à l’occidentale, on les traquait. La pratique de l’islam était un critère de jugement pour savoir à qui on appartenait : plutôt à la France ou plutôt à la communauté. Quand arrive le mois de ramadan, on se jette des regards suspicieux. Est-ce qu’il ou elle fait le ramadan ? En d’autres termes, est-ce que c’est un traître, est-ce que c’est devenu un gwer ?
Je ne crains qu’un chose, c’est qu’il n’y ait plus d’indigène pour me regarder de travers si je sors dans la rue, de ne plus appartenir à cet inconnu avec qui j’ai l’islam en commun et qu’il n’ai plus aucun pouvoir sur moi.
J’aime beaucoup l’idée de ne pas m’appartenir et que mon corps appartienne à ma communauté et que nous soyons endettés les uns des autres.
Pour autant, la France ne lâche pas l’affaire, par conséquent, tous ceux qui ont l’ambition de devenir de bons musulmans, comme moi, n’ont aucun autre choix que de s’engager dans cette lutte qui consiste à précipiter la fin de ce monde. -
Emile Novis
InvitéJ’ai vu l’intervention complète de Bouteldja lisant son propre texte. Si, comme semble l’indiquer le titre de ce fil de discussion, l’objectif est de passer un message aux « blancs » en raison de leur ignorance de cette problématique religieuse qui serait propre aux musulmans, alors il me semble qu’il y a une lourde erreur. Car les trois monothéismes rencontrent exactement le même problème d’une foi fondée sur des textes qui précèdent l’avènement de la rationalité moderne et de ses formes de vie correspondantes. La foi traditionnelle qui est inévitablement vouée à entretenir un rapport conflictuel avec la modernité, conflit qui est en fait un mélange de détestation et d’attraction, de rejet et de compromis nécessaire. Ainsi le témoignage de Bouteldja sur la tension entre sa foi communautaire et l’émergence de l’individu moderne est parfaitement identique au témoignage d’un catho tradi ou d’un membre d’une branche conservatrice du protestantisme qui soutien Trump actuellement.
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En gros :
=> Comment croire encore qu’un homme a pu marcher sur l’eau quand la science moderne dévoile un monde matériel exclusivement déterminé par des processus nécessaires et mathématisables, excluant par principe tout évènement miraculeux? De même, que signifie le diable et sa caravane de « démons » quand la science du psychisme prétend expliquer le comportement humain à la manière de phénomènes naturels rationnels et sans mystère? La foi traditionnelle, qui s’enracine dans des textes anciens, essaiera de se débrouiller avec ça : certains pensent qu’il faut démythologiser les textes sacrés pour les rendre compatibles avec la raison moderne, sans savoir où s’arrêter pour autant – car après tout, dira Pascal, pourquoi refuser de croire que Jésus a marché sur l’eau si vous croyez qu’il est le fils de Dieu? Qu’est-ce qui est le plus incroyable ici? Pourquoi l’un et pas l’autre? Ainsi les formes traditionnelles de la religion sont par essence en délicatesse avec la modernité, et certains iront dans le sens inverse de la démythologisation : affirmer une foi littérale jusqu’au rejet de la rationalité moderne. Les trumpistes ouvrent des écoles dans lesquelles il est interdit d’enseigner Darwin pour ne pas troubler une certaine lecture de la Genèse.
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=> La naissance de l’individu moderne, son désir d’affranchissement des structures sociales potentiellement oppressives, ne peut que rencontrer sur sa route la dimension communautaire de la vie religieuse. Une guerre sourde se donne à voir entre ces deux éléments, chacun accusant l’autre d’aliénation et d’égarement. La foi traditionnelle verra d’un mauvais œil cet ego sans âme qui réclame ses droits et veut se protéger de toute intrusion communautaire alors qu’il ne voit pas qu’il est devenu un consommateur épuisé par son mode de vie névrosé, tandis que l’individu moderne se méfiera au plus haut point de ce sujet religieux soumis au groupe jusque dans le règlement de sa vie sexuelle et constamment entravé dans une émancipation qu’il désire d’autant plus qu’il prétend la rejeter. L’un revendique être maître de soi, l’autre revendique de ne pas s’appartenir. Confrontation stérile à mon avis.
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Ce qui est assez intéressant, chez Bouteldja, c’est qu’elle se situe au carrefour, qu’il y a les deux en elle, ce qui ne peut manquer de produire quelques névroses, comme chez Pascal qui, partisan de la révolution scientifique tout en étant dans le même temps un fervent défenseur d’un catholicisme traditionnel, était malade de se situer au croisement de ces deux courants contraires. Peut-être qu’une partie de son génie vient de cette maladie d’ailleurs.
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Que Bouteldja se rassure : sa critique, on la trouve aussi chez ce qu’elle appelle les « blancs », qui sont parfaitement au courant de ses tourments et de ses contradictions puisqu’ils vivent exactement les mêmes : les cathos tradis, par exemple, mais on la trouverait aussi dans certaines formes de judaïsme. Il n’y a pas, en face d’elle, un bloc « occidental » monolithique ignorant tout de cette situation singulière, bien au contraire.
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Il faut être lucide : la transposition politique de cette critique chez les cathos tradis, aujourd’hui, se range clairement derrière Bolloré dans la plupart des cas. Je ne veux pas réduire cette tension profonde à ça, car ce serait faux, et je ne dirais pas que Bouteldja tombe dans ce piège (je ne la connais pas assez), mais on ne peut pas nier non plus que c’est un débouché possible : la guerre contre l’individu mal compris qui devient en fait la guerre contre l’individu tout court, le tout au profit d’une communauté qui contrôle la vie dans ses moindres recoins et veut restaurer les hiérarchies communautaires perdues – c’est le projet d’extrême droite de Bolloré. Que la femme appartienne à son homme, que l’homme appartienne au troupeau, que l’individu se tienne sage et qu’il ne s’autorise à vivre que sous la condition de la validation du groupe.
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A mon avis, et pour provoquer un peu, tout le monde est « déraciné » dans cette affaire.-
..Graindorge
Invité@Émile
Franchement, je n’ai eu aucune envie d’entrer dans un fil » message » et » message aux blancs.
Je comprends que nos outils, notre outil, le cerveau a certaines limites ( mais pas que) il divise pour pouvoir appréhender son monde: là c’est la cuisine, ici, la chambre etc… De plus, le commun des mortels dont nous sommes utiliserait à peine 10% de ses capacités donc on a encore de quoi s’amuser à faire des découvertes scientifiques et autres pendant des siècles.
Les chiffres disent aussi des choses, non?
*Environ 80 % de la population mondiale est croyante, ce qui représente plus de 6 milliards de personnes sur une population de 8 milliards en 2025, selon le Pew Research Center. Le christianisme est la plus grande religion, avec environ 2,3 à 2,5 milliards de fidèles, suivi par l’islam avec plus de 2 milliards, et l’hindouisme avec environ 1,2 milliard. Les non-affiliés représentent une proportion importante de la population, bien que la majorité des personnes dans le monde s’identifient à une religion.
Répartition des croyants dans le monde (estimations 2025)
Christianisme : environ 2,3 à 2,5 milliards de personnes.
Islam : plus de 2 milliards de fidèles.
Hindouisme : environ 1,2 milliard de personnes.
Bouddhisme : environ 500 millions de personnes.
Religions traditionnelles : environ 400 millions de personnes, incluant les religions chinoises et africaines traditionnelles.
Autres religions : le judaïsme et d’autres religions mineures représentent une part plus petite de la population mondiale.
En bref
Christianisme : La religion la plus pratiquée.
Islam : En forte croissance et la deuxième plus grande religion.
Hindouisme : La troisième religion la plus répandue.
Non-affiliés : Un groupe important, bien que la majorité des gens s’identifient à une croyance religieuse.
*
Ces 80%, ces 6 milliards sur 8 de notre humanité seraient dans l’obscurité d’où les éclairés auraient la mission scientifique de leur apporter la lumière?
Laquelle? Jésus n’a pas marché sur l’eau avec son corps physique: j’ai essayé et c’est scientifiquement impossible. Il a marché sur l’eau avec son corps de Gloire. C’est un fait. On le sait ou pas. On le croit ou pas. Et personne de sensé ne chercherait à te convaincre. D’autant que ce n’est pas le « message » de ce bonhomme. Aucun livre, aucun enseignement » marcher sur l’eau pour les nuls » ou » marcher sur l’eau
en dix leçons »
Jésus était un grand anar! Un grand révolutionnaire et il a dit Ce que j’ai fais tu peux le faire au centuple »
On pourrait parler aussi de Mahomet qui a œuvrer pour unifier des tribus belliqueuses, Gautama Bouddha qui avait » tout pour être heureux » et qui s’est barré de son palais doré pour voir la misère en face et a decidé que c’était pas possible. Que l’Homme était autre chose etc etc etc
À chacun.e de se mettre en route. Au pire, on retrouvera notre monde familier, étrange, douloureux et merveilleux, au mieux on comprendra comment ça marche sur l’eau et on aura d’ autres sens aux mots pouvoir et amour.-
Emile Novis
Invité@Graindorge
« Ces 80%, ces 6 milliards sur 8 de notre humanité seraient dans l’obscurité d’où les éclairés auraient la mission scientifique de leur apporter la lumière? »
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Ce n’est pas du tout le sens de mon propos, qui est beaucoup plus descriptif. C’est un fait que la rationalité moderne, aujourd’hui très critiquée par de nombreux penseurs en dehors du seul cadre religieux, a considérablement menacé une partie des affirmations des doctrines religieuses traditionnelles. D’ailleurs les premiers à s’en apercevoir furent les religieux eux-mêmes, croyants souvent sincères qui se sont interrogés sur les rapports entre leur foi et les évolutions scientifiques. Ce n’est sans doute pas un hasard. De même la rationalité moderne, mécaniste, a elle-même subit bien des critiques : elle est trop étriquée pour saisir le réel, et d’ailleurs la nouvelle physique semble donner raison à ces critiques dans une certaine mesure.
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Pour la marche sur l’eau, bien des interprétations son possibles, et tu essaies, à ta manière, de régler le problème, de liquider la tension – ce qui prouve bien que tu es toi-même, comme tout le monde, la fille de ce conflit entre modernité et foi traditionnelle, puisque tu lui cherches une solution!
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Il n’empêche qu’il y a d’autres passages où il est plus difficile de donner une interprétation exclusivement symbolique et spiritualiste. Par exemple quand Jésus redonne la vue à un aveugle, quand il ressuscite un mort, quand il multiplie les pains. Bien des interprétations symboliques sont possibles et profondes; elles visent à atténuer, voire à supprimer, la matière « factuelle » que les évangélistes prétendent énoncer dans leur récit : un individu aurait redonner la vue à un aveugle sans passer par des voies médicales et rationnelles, mais simplement par la parole, et ce même individu aurait multiplié des pains sans confier des matières premières à un boulanger pour qu’il fasse le boulot. Il est difficile d’évacuer cette intention de signification dans le texte lui-même, ce qui n’enlève rien aux intentions symboliques du récit pour autant.
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Quant aux statistiques sur la foi, j’y crois assez peu. Ca mélange trop de choses différentes (identitaire, piété filiale, foi pratiquante, pression sociale, etc.). Et ça met de côté un point essentiel : beaucoup de gens, notamment dans nos pays, répondent à ces questionnaires alors qu’une discussion un peu plus poussée montrerait assez vite qu’ils ne savent même pas s’ils peuvent dire s’ils ont la foi ou non.
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Par contre je vois bien que cette humanité apparemment très croyante et pétrie de principes « spirituels » n’a aucun de mal à se mettre « autour d’une table » pour négocier les prix du pétrole et à faire leurs affaires quotidiennes sans que le fait de croire ou de ne pas croire n’ait la moindre signification pour eux.-
Emile Novis
Invité* n’a aucun mal, etc.
D’autres fautes, mais pas le temps de me relire.-
..Graindorge
InvitéPar contre je vois bien que cette humanité apparemment très croyante et pétrie de principes « spirituels » n’a aucun de mal à se mettre « autour d’une table » pour négocier les prix du pétrole et à faire leurs affaires quotidiennes sans que le fait de croire ou de ne pas croire n’ait la moindre signification pour eux. Des vendeurs vendus
Juste dire que non cher Émile, je ne cherche aucune solution à la marche sur l’eau. C’est le cadet de mes soucis. Et je n’ai aucun conflit entre modernité et foi. En attente d’ une définition de » modernité »-
..Graindorge
Invité@Emile
J’ai oublié les guillemets en te citant:
« Par contre je vois bien que cette humanité apparemment très croyante et pétrie de principes « spirituels » n’a aucun de mal à se mettre « autour d’une table » pour négocier les prix du pétrole et à faire leurs affaires quotidiennes sans que le fait de croire ou de ne pas croire n’ait la moindre signification pour eux. »
Je disais donc que les négociants du prix du pétrole et autres sont des vendeurs vendus -
Emile Novis
Invité@Graindorge
« En attente d’ une définition de » modernité » »
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Question de convention. Dans mon message, « modernité » désignait son sens plus ou moins philosophique : la naissance de la rationalité moderne et de la subjectivité au XVIIème siècle, et ses conséquences sociales et politiques plus tard (l’affirmation de l’autonomie de l’individu, les Lumières). Il s’avère que cette modernité là entre en tension avec une certaine forme de religiosité traditionnelle.
Evidemment ce découpage temporel simplifie beaucoup, mais il indique une tendance et une situation historique. L’intervention complète de Bouteldja est un écho chimiquement pur de cette tension qu’on trouve dans toutes les sociétés modernes.-
brisemenu
InvitéLe problème du conflit entre fois et raison (modernité) n’aurait-il pas été résolu depuis Thomas d’Aquin et reprécisé par Jeanpolsky dans son encyclique Fides et ratio?
Les catholiques ayant sur ce point une longueur d’avance sur les autres religions.
Reste toutefois , comme vous le soulignez , le problème du rapport au texte fondateur qui semble difficile articuler avec la pensée moderne.
N’y aurait-il donc pas plutôt un conflit entre les textes fondateurs et la modernité qu’entre la religion ou la foi et la modernité ? L’adaptation pouvant assez facilement se faire dans le second cas.-
Emile Novis
Invité@brisemenu
Religion, foi et textes sacrés, dans bien des cas, ne sont que des distinctions de raison. Dans la réalité historique, ces trois choses se donnent ensemble, elles sont imbriquées. ON voit mal comment la foi musulmane ou chrétienne pourrait avoir un sens en dehors des textes dont elle se réclame, et on voit mal comment ces textes peuvent être transmis en dehors d’une transmission historique communautaire. La foi « sans église », en dehors de toute vie communautaire, hérite des mêmes problèmes que le reste.
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Quant au rapport entre foi et raison, il a toujours posé problème. Il n’a pas fallu attendre la modernité pour que des croyants demeurent incrédules sur bien des points. Simplement ce rapport devient particulièrement conflictuel et problématique durant la modernité, et Thomas d’Aquin arrive avant ce moment historique.
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Quant à ton propos plus bas (« La religion étant seulement un élément destiné à cimenter une communauté »), c’est une thèse, mais elle fait abstraction des subjectivités croyantes, qui ne le vivent pas nécessairement ainsi.
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K. comme mon Code
InvitéJ’ai cru que c’était Diego qui nous faisait de la fanfiction puis j’ai googlé. Bref. Je m’engage à ne plus jamais parler de ce sujet en ce qui concerne cette personne, c’est la résolution tardive de la rentrée.
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Emile Novis
Invité@K comme mon Code
Pourquoi? Enfin je comprendrais que tu ne répondes pas, parce me répondre, ce serait aller contre ta résolution.-
..Graindorge
Invité@ Émile
Merci pour ta réponse. Comme déjà dit,
je ne serais entrée dans ce fil pour rien au monde: « message » et » message au blanc » Non merci mais j’ai vu ton pseudo et voilà.
Je n’ai sûrement pas été limpide sur ces sujets: foi, religions, spiritualité, modernité etc
Et je crois qu’il y a des choses qui sont mieux
exprimées par la poésie, la musique, des silences, des regards. Par l’Art sous toutes ses formes
Encore merci Émile!-
Emile Novis
InvitéMerci à toi Graindorge.
Et désolé de t’avoir attiré dans ce guet-apens. J’ai ouvert ce sujet par curiosité, et puis j’ai immédiatement reconnu le texte de Bouteldja, ce qui m’a irrésistiblement déterminé à intervenir – car même si je la connais assez peu, il me semble bien que le nœud de sa réflexion se situe bien au niveau de la religion.-
graindorge
Invité@Émile
« Et désolé de t’avoir attiré dans ce guet-apens. » Rire franc!
Rassure-toi, j’en sors indemne -
brisemenu
InvitéLe noeud de sa réflexion ne se situe pas au niveau religieux mais au niveau communautaire. La religion étant seulement un élément destiné à cimenter une communauté. D’ailleurs , étymologiquement , religion , c’est faire du lien pour ne pas dire enchainer. Du lien entre quoi : les individus d’une communauté ethnique. Avant d’être une croyance , une religion est d’abord une mise en résonance communautaire.
Boutelja a bien compris que la religion est un outil social , avec des effets concrets dans un rapport de force.
Boutelja sait parfaitement qu’elle a une tête d’arabe et pas de française. Elle est parfaitement consciente de n’être aucunement française. Elle a bien compris qu’il n’est plus nécessaire de trop finasser avec les frankaouis.
Surpriiiiiiise !
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Ludovic
InvitéLa dichotomie
Christianisme / Marxisme
Issue de la même matrice mentale,
La fille ayant rejeté la mère,
En voie d’effondrement
__
Est remplacé
Par la dichotomie
République / Islam
L’une ayant importé l’autre
Et les 2 étant aujourd’hui en lutte
__
Laissons-les êtres ceux qu’ils veulent
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Mais pour les Blancs
Ces 4 saloperies Abrahamiques Univ-Cosmo
Doivent aller directoss Poubelle-
Ludovic
InvitéChristianisme/Marxisme/République/Islam
Des maboulerie Yahviste
Pour les Blancs qui veulent vivre libre
C’est Pou-belle-
Ludovic
InvitéDans le reel
Le racisme de séparation permet de s’éloigner de ces folies instant’
S’agira ensuite de créer un nouvel ordre des choses dans les endroits d’Europe où y’a encore du nbr et de la vie
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Claire N
InvitéTout de même
« Je ne crains qu’un chose, c’est qu’il n’y ait plus d’indigène pour me regarder de travers si je sors dans la rue, de ne plus appartenir à cet inconnu avec qui j’ai l’islam en commun et qu’il n’ai plus aucun pouvoir sur moi.
J’aime beaucoup l’idée de ne pas m’appartenir et que mon corps appartienne à ma communauté et que nous soyons endettés les uns des autres »
Ce passage de texte est d’une grande « cruauté «
La foi qui n’est pas aboutie
Pourtant pourrait bien chez elle se sentir à cet endroit ; je la comprends mieux-
Emile Novis
Invité@Claire
Moi, je comprends assez mal pourquoi elle semble complètement oublier les raisons initiales qui lui ont fait quitter ce contrôle social, qui ne pouvaient pas être que de mauvaises raisons. Il n’y a pas de dialectique dans son témoignage : c’est une opposition figée, et il s’agit de passer de l’un à l’autre, sans autre forme de vie possible.-
Claire N
InvitéEt bien oui il y a quelques chose de l’ordre du constat – très honnête – je ne comprends toujours pas d’ailleurs pourquoi elle résiste tant à l’anarchie
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Claire N
InvitéEt sans mauvais jeu de mots on dirait une héroïne de Racine
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Claire N
InvitéMais sinon Emile j’ai un truc plus gai
Comme échappatoire, pour ceux qui se sentent en conflit avec la bande au professeur Nimbus
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Seldoon
InvitéIl faut écouter l’intervention. Il s’agit d’une suite d’énoncés subjectivo-littéraires non dénués d’humour avec des saillies théoriques. La coda plus politique est floue. Titré, découpé et contracté sous cette forme, le propos donne l’impression qu’elle prône l’instauration d’une république islamique (c’est repris et tourne sur Twitter) Elle exprime surtout un rapport trouble à son identité et déplore de manière provocatrice la destruction de traits archaïques qui font le ciment de sa communauté. Ça appelle une discussion sur la notion d’émancipation, une contradiction portée sur la notion d’individu.
Mais il y a bien une opération de manipulation intellectuelle dans la forme que nous validons en la commentant.-
Julien Barthe
InvitéCe commentaire est de moi et non de Seldoon. J’ai usurpé son pseudo pour lui faire une farce une fois et j’ai merdé. Je m’en excuse.
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Seldoon
InvitéMa maman aurait dit : Julien, même pour rire c’est pas drôle. Moins naïf qu’elle, je précise : on n’est pas à un saloperie prêt de la part de ces lordoniens radicalisés.
À part ça je valide presque mot pour mot le message sur Houria, ça m’aurait arrangé qu’il soit de moi. J’avais par ailleurs pensé en écoutant cette conférence qu’elle validait ma théorie sur le côté réactionnaire de son autrice, et celle de François pour l’aspect littéraire : le texte est à deux doigts d’être une super nouvelle.-
Seldoon
InvitéA une saloperies près et non prêt. Vous imaginerez ma fébrilité devant l’immonde agression et vous me pardonnerez comme je pardonne aux Barthe de ce monde.
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Julien Barthe
InvitéRien ne m’atteint de la part d’un type qui pensait que Miroirs n°3 était un morceau de Lou Bega.
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François Bégaudeau
Maître des clésOui cette intervention est une très belle nouvelle littéraire, appartenant de plein droit, et presque mot pour mot, à la littérature réactionnaire, et notamment française.
Finalement c’est peut-être en cela avant tout que Houria, qui dit je suis française, l’est : en tant que brillante écrivaine réactionnaire.-
Lea Salameche
InvitéCeline ou Bernanos (les boss) utilisent peu le signifiant France dans mes souvenirs non ?
Bloy beaucoup plus mais dilué dans une mystique hétérodoxe anti bourgeoise.
Après j’ai pas lu les hardcore Maurras Rebatet et compagnie-
François Bégaudeau
Maître des clésBernanos parle beaucoup de la France, qui pour lui a une mission, en tant que fille ainée de l’église
Céline je ne sais plus – je crois qu’il était davantage porté sur l’Europe, Céline. Sur le caucasien quoi.-
François Bégaudeau
Maître des clésMais ce n’est la patriotisme qui est en jeu ici
C’est bien plutot l’anti-individualisme, vielle antienne réactionnaire.
Sachant que ce qui se présente comme » anti-individualisme’ est en fait une haine de l’individuation – au nom des collectifs comme la communauté, la patrie, la nation, la société, parfois la famille, la tribu, etc-
Cocolasticot
InvitéLe tweet d’une historienne, Isabelle d’Artagnan. Je trouve qu’elle fait souvent des commentaires éclairants :
Ce qui est intéressant, parce que rare aujourd’hui au sein des discours réacs, c’est que ce n’est pas un discours d’inspiration fasciste (révolutions d’extrême-droite) mais qui ressemble plutôt au discours des cathos qui essayaient d’effacer les conquis de la Révolution au XIXe s. Bref c’est ce qu’on appelait le discours obscurantiste, conçu pour dézinguer l’émancipation individuelle issue de l’humanisme et glorifier l’encellulement communautaire de la paroisse et du village pré-modernes (= esprit de clocher).
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Claire N
InvitéAprès je suis tordue peu etre
Mais quand la communauté est minorée
Il y a peu etre une jubilation de la pseudo individuation qu’elle procure en dehors d’elle ( la communauté) -
François Bégaudeau
Maître des clésOui, excellent
Mais ceci s’appelle, depuis longtemps, la pensée contrerévolutionnaire, au sens de contre la Révolution française. Et c’est donc très classiquement que l’extreme droite d’aujourd’hui, soutenue par le bloc central, remet en cause les axiomes d’émancipation fondamentaux, et veut sempiternellement rejouer la mise au pas de l’individu par les entités collectives auxquelles censément il se doit.
Disons les choses, et Chantal Delsol trop peu lue au moins n’en fait pas mystère : c’est la notion même d’émancipation qui est remise en cause.
Pour en revenir au point, c’est en cela que la rêverie de de Houria espérant une communauté qui la tienne était prototypiquement réactionnaire (ou disons autoritaire)
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Seldoon
Invité« La race, ce que t’appelles comme ça, c’est seulement ce grand ramassis de miteux dans mon genre, chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde. Ils ne pouvaient pas aller plus loin à cause de la mer. C’est ça la France et puis c’est ça les Français. » – Céline
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Seldoon
InvitéIl existe quelques textes célèbres dans lesquels on sent un léger regret de Louis Ferdinand du fait que de la race blanche il ne restera bientôt plus qu’un « fond de teint », mais ça m’étonnerait qu’on trouve une véritable défense positive. Céline joue en attaque, rarement en défense.
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François Bégaudeau
Maître des clésJe crois que Céline regrette en effet que la race française soit une sorte de race aryenne légèrement dégradée.
D’où sa joie en 40 de voir arriver des visiteurs courtois et capables de vous régénérer tout ça. -
Ludovic
InvitéC’est bien, actons
Que tout le monde se démasque
Ces sales Whitos sub-humans vont crever
C’est Tout simplement : Ziro Chance
On va pouvoir commencer à jugar
J’aime bien jugar à la baballe
I’ve seen this moment in my dreams -
Ludovic
InvitéOn enlève les casques masquants
Les racistes
Contre
Les racistes
Now you know you’re fighting
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Emile Novis
Invité@Julien
J’ai bien vu l’intervention en entier, et c’est pourquoi je suis intervenu, car j’ai reconnu un bout de son intervention. Un texte assez fort et bien lu, d’ailleurs. Non sans humour. Avec une très bonne question : « je mets au défi quiconque de dire où commence et où finit l’individu ».
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Oui, il y a de la distance dans son propos, puisqu’au fond elle explique qu’elle se situe dans une contradiction entre la « femme moderne » (pour le dire vite) qu’elle est définitivement et a voulu être, et la religieuse tradi (et tout ce que ça implique socialement) qu’elle fut et voudrait redevenir. C’est un témoignage subjectif en effet, et tous ceux qui affirment qu’elle veut imposer une « république islamique » (pour reprendre tes mots) sont malhonnêtes.
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Néanmoins, car il y a un néanmoins : sa conclusion, qui n’engage qu’elle car elle ne dit jamais « je voudrais que les femmes ne s’appartiennent pas », affirme tout de même son choix pour elle. Et il s’agit de rompre définitivement avec la « femme moderne » en elle pour s’inscrire dans une tradition religieuse qui résiste au « projet de l’individu », bien qu’elle précise qu’elle restera de toute façon une femme moderne car elle ne peut plus ne pas l’être. Bref : elle recherche une authenticité dans cette contradiction. Et là, elle me semble beaucoup plus radicale et sans distance. Très honnêtement, je ne vois pas ce qui, dans son discours de croisade contre « l’individualisme égoïste » qui oppose la « modernité » décadente au monde religieux traditionnel qu’elle défend, se distingue du discours d’un catho tradi qui vote Zemmour – surtout quand on considère les critères qu’elle défend dans la vie religieuse traditionnel.
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Mais peut-être qu’un point m’a échappé.-
Julien Barthe
InvitéEmile,
Je ne tançais personne. Je tiens de toi le fait que le texte provient d’une intervention. Je voulais souligner qu’il y avait dans l’extrait présenté une intension de falsification. Un usage numérique qui devient courant et presque imperceptible .
La différence est qu’elle n’en fait pas le cœur de sa proposition politique. Enfin j’espère.-
Emile Novis
Invité« La différence est qu’elle n’en fait pas le cœur de sa proposition politique. Enfin j’espère. »
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Assez d’accord, mais sans certitude. Je ne la connais pas assez.
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Ema
Invité« et la religieuse tradi (et tout ce que ça implique socialement) qu’elle fut et voudrait redevenir. »
Il me semble qu’elle dit bien ne l’avoir jamais été, se décrivant dès le depart comme une creature hybride, étrangère à ses parents. Décrivant sa vie, on l’entend finalement se peindre comme une indécrottable réfractaire : réfractaire au traditionalisme musulman tant qu’elle vivait sous son joug, puis réfractaire au progressisme moderne quand il cherche à l’assimiler pleinement une fois adulte et intégrée chez les blancs.
Concernant Houria je finis par me demander s’il ne faut peut-être pas regarder un plus ce qu’elle fait et écouter un peu moins ce qu’elle dit : on constatera alors que son corps est majoritairement requis par la passion politique et non par la passion religieuse/communautaire, sa vie je crois en témoigne largement.
C’est sans doute cette passion politique, cette passion de subvertir et de contredire, qui agit comme moteur prioritaire, au delà de possibles attachements à telles ou telles valeurs. Si les dominants, où ceux qu’elle identifie comme tels en fonction d’un contexte donné, disent noir, elle dira blanc, et inversement, pour la beauté du geste, pour ne jamais se laisser complétement saisir. Ça la rend effectivement très intéressante sur le plan de la pensée, mais comme militantisme c’est nécessairement trop mouvant, trop glissant, çà manque de consistance.-
V.
InvitéTrès bien résumé, Ema. Je crois aussi que l’affect premier chez Bouteldja réside dans son esprit de contradiction. C’est vraiment ce qui constitue le moteur de sa dialectique – une dialectique aussi bancale que lumineuse.
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François Bégaudeau
Maître des clésElle ne fait pas beaucoup jouer son esprit de contradiction contre les Palestiniens, ni même contre le Hamas.
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v.
InvitéFrançois Bégaudeau : Contre qui le ferait-elle jouer, en l’espèce ? Il s’agit ici de voir qui sont ses principaux interlocuteurs aujourd’hui – au risque sinon de tomber dans une analyse idéaliste, consistant à aplanir les enjeux et défendre des positionnements homologues sur les différents sujets.
Par ailleurs, dire que l’esprit de contradiction est central chez elle n’évacue aucunement le jeu d’affects secondaires et complémentaires – ceux-là même que tu identifies très bien et critiques à juste titre.
De mon côté, je pense par exemple que sa réappropriation de l’idée nationale est de nature à appuyer cette hypothèse, tant elle semble indue dans le champ de l’antiracisme politique et relève même du bricolage théorique. Et contrairement à ses dires, cela ne s’explique ni par une réflexion stratégique sur l’hégémonie et les classes populaires, ni par un attachement aux écrits souverainistes du Lordon de 2013. Il y a bien une recherche d’iconoclasme et une envie de provoquer qui se joue ici ; ce qui, en situation, peut réactiver un fond conservateur, mais sans que ça marche dans l’autre sens. Et c’est également à cet aune que la micro-polémique estivale autour de la pride peut se comprendre.
Finalement, le texte de Lucbert peut se comprendre comme suit : maintenant que l’ensemble des axiomes antiracistes sont relativement partagés au sein de la gauche, plutôt que d’y voir une avancée notable et une victoire de ses thèses, Bouteldja cherche désespérément de nouveaux points d’achoppement.-
François Bégaudeau
Maître des clésDésolé je ne suis toujours pas convaincu
ET je peux entre autres m’appuyer, pour ça, sur un constat simple, vérifiable dans notre dernier echange public : avec moi Houria revient toujours à nos points d’accord et occulte toujours (ou esquive, ou minimise, ou noie) les points de désaccord
Le jour où je la verrai faire jouer son « esprit de contradiction » en défendant bec et ongles des axiomes libertaires contre des réactionnaires, je te suivrai.-
v.
InvitéContre quels réactionnaires veux-tu qu’elle fasse jouer des axiomes libertaires ? J’en reviens à ma remarque sur ses principaux interlocuteurs. Un esprit de contradiction n’est jamais intransitif et détaché de tout contexte.
Par ailleurs, ton exemple ne me convainc pas. Je ne connais pas vos rapports en-dehors de vos débats, mais je doute qu’elle te voit comme le représentant ou l’incarnation d’une force politique. Je l’ai même entendu, avant votre première rencontre, parler de toi comme quelqu’un de mal vu à gauche – comme une figure critiquée pour son manque d’ancrage dans les luttes collectives et sa contestation du primat de la morale. Et si on parle de votre dernier échange, il arrive justement à un moment où ton existence publique à gauche est mise à mal. Donc, selon moi, si elle noie vos points de désaccords – ce qui est déjà à nuancer -, c’est premièrement parce que qu’elle te voit comme quelqu’un qui fait chier la gauche, deuxièmement parce qu’elle n’est elle-même pas très convaincue par ses propositions.-
diegomaradona
InvitéEn gros elle n’est pas loin de penser qu’avec des amis comme begaudeau, la gauche n’a pas besoin d’ennemis
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Emile Novis
Invité@Ema
« Il me semble qu’elle dit bien ne l’avoir jamais été, se décrivant dès le depart comme une creature hybride, étrangère à ses parents »
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Il n’empêche qu’elle en est imprégnée, c’est sa première éducation, le droit du premier occupant. C’est normal.
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« réfractaire au traditionalisme musulman tant qu’elle vivait sous son joug, puis réfractaire au progressisme moderne quand il cherche à l’assimiler pleinement une fois adulte et intégrée chez les blancs. »
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C’est vraiment ce qui est intéressant et touchant dans son texte : la description de quelqu’un qui ne peut jamais trouver sa place quelque part, une résistance aux assignations, toujours trop étroites pour son désir. C’est pour ça que ça pense à ce moment là.
Dommage qu’elle ne s’y tienne pas, et qu’elle prenne finalement parti, malgré ses nuances. Son militantisme bousille tout à mon sens.
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« Concernant Houria je finis par me demander s’il ne faut peut-être pas regarder un plus ce qu’elle fait et écouter un peu moins ce qu’elle dit »
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Je la connais sans doute moins que toi, mais je ne l’ai jamais vraiment vu faire autre chose que parler, faire des discours, élaborer des stratégies.
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« on constatera alors que son corps est majoritairement requis par la passion politique et non par la passion religieuse/communautaire »
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Mais les deux ne s’excluent pas du tout à mon sens. D’ailleurs tout son texte affirme le mélange des deux, inscrit sa lecture politique dans une anthropologie religieuse traditionnaliste et anti moderne (un grand classique dans les textes réactionnaires). Et on y retrouve, au risque d’être désagréable, l’invariant d’une pensée très droitière sur la religion : n’appréhender cette religion que sous l’angle politique, culturel, social.
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« Si les dominants, où ceux qu’elle identifie comme tels en fonction d’un contexte donné, disent noir, elle dira blanc, et inversement, pour la beauté du geste, pour ne jamais se laisser complétement saisir. »
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En ce qui me concerne, je ne trouve pas que ce soit une méthode qui permette d’aller très loin.-
Ema
Invité» Dommage qu’elle ne s’y tienne pas, et qu’elle prenne finalement parti, malgré ses nuances. Son militantisme bousille tout à mon sens. » Totalement en accord avec çà. La puissance et la complexité de sa pensée se transposent très mal en axiome politique.
Mais la nuance que je cherchais à apporter, et qui est d’abord une nuance de mes propres idées sur HB, c’est que la religiosité et l’amour de la communauté sont peut-être plus contingent à son engagement politique que je pourrais le croire spontanément. De manière générale je crois peu au motif des « valeurs » pour justifier les engagements politiques. Alors oui il y a les affects, et ils peuvent être réactionnaires. Mais je crois que sans autre affect dominant ( jouissance de la joute verbale et stratégique) ces affects conservateurs ne se convertissent pas en militantisme. Cette jouissance à discourir (Houria plus que quiconque me paraît prendre énormément de plaisir à « parler politique », je dis çà sans malice), à élaborer des thèses, constituer des alliances, aller chercher des poux à la gauche blanche ou que sais-je encore, bref ce temperament là, elle ne le tient certes pas de son appartenance communautaire ou de sa ferveur religieuse.
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BIOGRAPHIE
Invité« C’est sans doute cette passion politique, cette passion de subvertir et de contredire, qui agit comme moteur prioritaire, au delà de possibles attachements à telles ou telles valeurs. Si les dominants, où ceux qu’elle identifie comme tels en fonction d’un contexte donné, disent noir, elle dira blanc, et inversement, pour la beauté du geste, pour ne jamais se laisser complétement saisir. Ça la rend effectivement très intéressante sur le plan de la pensée, mais comme militantisme c’est nécessairement trop mouvant, trop glissant, çà manque de consistance. »
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C’est un troll quoi.
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Eden Lazaridis
InvitéÀ propos de blancs, il y a cet extrait de Psychologies qui tourne sur twitter » Par le fait des migrations multipolaires consécutives au chaos causé par leur brutalité impériale, les blancs vont disparaître et je ne les pleurerai pas. Je dirai bon débarras, mais aussi : dommage. Ils n’auront pas fait que des conneries, les Blancs. Ils avaient quand même une façon à eux d’occuper la vie – et accessoirement d’occuper la planète. Dommage, oui, comme à peu près toute disparition. Dommage la disparition des pièces de monnaie. Dommage les communautés villageoises. Dommage tel dialecte, tel patois. Dommage le foot hollandais. Mon pincement au cœur devant l’effectif tricolore à dominante noire est tout simplement nostalgique. Une pensée. Une pensée pour les Blancs. Une dernière pensée pour les faces-de-craie avant l’extinction de l’espèce. »
Quand tu dis que les blancs vont disparaître tu fais référence au métissage François ? Ou alors tu penses qu’ils vont disparaître en raison de conflits ethniques liés à la coexistence de plusieurs ethnies sur un même territoire ? Comment penses-tu que les Blancs vont disparaître ? Moi je pense que notre nombre (je suis blanc) va décroître effectivement mais qu’il y aura à un certain point la création d’un état ethnique blanc, tel qu’il est déjà imaginé par l’alt-right américaine, fondé sur le modèle israélien.
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François Bégaudeau
Maître des clésCher Eden, pourquoi ne ferais tu pas, à l’inverse des malveillants qui font tourner cet extrait sorti de son contexte, ce truc simple d’aller lire le texte en question, qui s’appelle Une pensée pour les Blancs, s’étire sur dix pages, parle essentiellement de football, et surtout spécifie ce que j’appelle une pensée, à savoir ce genre de micro-formations discursives qui vous traversent puis repartent, et qui ne constituent pas une opinion, encore moins une philosophie ou un programme. La circulation internet de ce texte l’érige en opinion, c’est à dire le dénature.
Si tu n’as pas Psychologies sous la main, je peux t’envoyer le texte en question.-
François Bégaudeau
Maître des clésPour le reste imaginer comment les bancs vont disparaitre n’est pas dans mon programme intellectuel de l’année.
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Ostros
InvitéUne pensée pour les bancs.
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Carpentier
InvitéLes bancs le long des terrains de foot, en effet
pour les grands remplaçants-
Carpentier
Invitéun texte court, integral, pour feu-une chronique sport dans Le Monde:
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BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: Moi aussi je peux avoir une photocopie parce que j’ai oublié le bouquin?
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power
InvitéMoi je fais que rigoler comment ça tourne sur Twitter : toute la droite fonce tête baissée (sans évidemment connaître le texte en entier) et se fait trigger par Bégaudeau. Y en a même qui veulent porter plainte mdrr j’en ai les larmes aux yeux
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power
Invitéapparemment, tout ça a été déclenché par une vidéo sur Bégaudeau d’une chaîne appelée Ego Non (connais pas + pas vu)
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François Bégaudeau
Maître des clésoui je reçois des messages comme « Les blancs ne disparaîtront pas, espèce de sombre salope. » Mdr en effet.
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François Bégaudeau
Maître des clésJ’ai l’habitude de constater que cette époque évince les livres. Mais non le problème c’est pas ça : c’est qu’elle ne les évince pas assez. Car elle en garde des bouts, qu’elle déchiquette.
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power
Invité100% agree
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SHB
InvitéComme s’il y avait eu une époque du livre.
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Phénomène minoritaire qui l’a toujours été.
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Bonne journée François.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Comme s’il y avait eu une époque du livre. ». S’il y a quelqu’un, sur la place publique, qui a toujours mis en garde contre le fantasme rétrospectif d’une époque où les livres étaient au centre, c’est moi.
Ce que j’ai dit là, et dont tu retiens comme d’habitude l’incidence et non pas le principal, c’est que cette époque évince les livres, c’est à dire plus précisément que les livres qui pouvaient être au centre, non de la société, mais des débats, n »y sont plus (un intellectuel n’est pas invité pour un livre, mais au prétexte de la sortie d’un livre – au mieux. Chose dont je ne dis pas que je le regrette, ce que je regrette bien plutot, si tu savais lire, c’est que cette éviction ne soit pas totale – ce qui éviterait au moins que des bouts de texte soient livrées aux chiens numérisées.
Bonne journée, comme tu dis.
(un jour peut etre tu comprendras ce que je dis)
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Rigolus
InvitéS’il y avait eu un contexte, tu l’aurais donné. D’ailleurs, cette jouissance face à la fin supposée de l’homme blanc dominant était déjà présente dans les livres de Michael Moore il y a vingt ans. Bégaudeau nous ressert les névroses bourgeoises de la gauche radicale qui ne supporte pas que le peuple blanc, dont elle tire pourtant son confort bourgeois, refuse ses chimères communistes – chimères qu’elle-même ne souhaite pas pour elle.
En réalité le marxisme est en fin de vie. Elle ne propose plus rien d’autre que concept et pureté militante. Dernier refuge pour se sentir exister quand on ne peut plus changer le réel, on passe son temps à changer les mots. Et fin de vie de begaudeau lui même qui n’a pas d’enfant. Je peux comprendre sa haine de lui même et des autres. Ce double échec ne peut être que le terreau aux ressentiments. « Notre tristesse » est un titre plus adapté. Peut être le prochain livre. On a hâte de le lire-
power
Invité8h du matin, une des premières activités de ta journée : taper le forum de Bégaudeau sur Google pour venir chouiner à cause d’un texte. Mais c’est certainement FB qui serait dans les ressentiments mdrr respire un coup, apaise ton cœur, la journée ne fait que commencer voyons
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François Bégaudeau
Maître des clés« S’il y avait eu un contexte, tu l’aurais donné. »
Savoureux
Le contexte en l’occurrence, c’est le texte. Les 400 lignes dans lesquelles surviennent, plutot vers la fin, les dix qui circulent. Texte que j’ai « donné », oui, en le publiant… sous forme de texte en avril dernier, dans un livre, accessible à tous moyennant 20 euros, qui s’appelle Psychologies.
Texte dont le sujet n’est absolument pas la fin des blancs mais la surreprésentation des noirs en équipe de France, et le malaise qu’elle procure au narrateur.-
Lea Salameche
InvitéFrançois Begaudeau, vos déclarations polémiques sur les blancs, vous dites en substance ne pas regretter la disparition des – je cite – “faces de craies”, sont reprises sur X anciennement Twitter par toute une partie des Français, vous y êtes taxé de “raciste” de “malade mental”.
Il vous est reproché de “cracher sur la France”. vous avez déclenché une véritable vague d’indignation et votre # se trouve dans les top Twitter.
Première question François Begaudeau : est ce que vous allez bien ? Vous comprenez que ces propos ont pu blesser ? Est ce que dans ce contexte tendu vous regrettez ?
Mais avant d’écouter votre réponse, place au direct, une réaction exclusive de Robert Ménard à vos propos, on l’écoute.-
François Bégaudeau
Maître des cléspas mal imité
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Rigolus
InvitéC’est le type qui t’explique que l’important c’est la vitalité.
En réalité c’est un dépressif névrosé et suicidaire.
Ça étonne personne en même temps.
https://x.com/F_Desouche/status/1969406354969243811?t=apcYrhmjMu0PSuqwjjGQww&s=19-
Ludovic
InvitéA mon avis, plutôt
Part du principe qu’il a raison
Et fais en sorte qu’à l’échelle de ton individu
Il ait tort
En te reproduisant
La vie individuelle et la descendance joue bcp
Sur la vision politique
C’est une guerre où finalement le ventre des fam’blanches
Est le champ de bataille
On a perdu depuis 80 ans, on perd, on perdra
On est parti génétiquement d’un petit territoire au nord de la mer noire seulement-
Ludovic
InvitéC’est dommage que vous vous énerviez sur ça
Car il est préférable que cette guerre soit déclarée cash
Que des masques marxistes, catho, musulm ou bourges rep liberaux
Que le fond de l’affaire soit clair est bon
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Maximus
InvitéIl a pas compris que les tares qu’il met sur les blancs sont applicable à l’ensemble de l’humanité
On le voit aujourd’hui avec divers génocide au Rwanda, Congo, on l’a vu il y a 100 ans avec le génocide des Arméniens par les Turcs,les traites négrière arabe, les génocide Mongol, les crimes des Japonais contre les Chinois et inversement etc
Incroyable de pas avoir compris quelque chose d’aussi élémentaireMais bon si ça peut agacer Bégaudeau les blancs sont 500 millions en Europe donc pas sur que ce soit demain qu’ils vont disparaitre, enfin je note qu’il a un pincement au coeur quand il voit l’équipe de France noir donc lui même est un raciste finalement
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Ludovic
InvitéOn a conquis le monde en partant de 100km carré
Sans aide politicienne d’immigration
Par notre seule qualité
Aucune honte à avoir
Sors de la maladie chrétienne Maximus Decimus Meridus-
Rigolus
Invitéhttps://x.com/LeLapinDuFutur/status/1965524037100339477?t=hwLY3JFdo-aIalKZk0BXqQ&s=19
On est à la phase terminale. Il n’y a rien à répondre.
Il acte que les blancs vont disparaitre tout en affirmant l’inverse qu’ils sont dominants..
Aucune logique, aucun amour de soi et des autres.
Ça fait beaucoup.
À dans 6 mois pour son prochain dérapage pour faire le buzz et vendre son prochain livre.-
Ludovic
InvitéCar Chrétien d’âme, besoin
D’une justification morale
En revanche,
Vois autrement qu’en conservateur réactionnaire qui « réagit » stpl-
Ludovic
InvitéTravaille à la séparation et à ta continuité genetique
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Rigolus
InvitéVoir autrement c’est écrire une petite lettre pour démontrer la faiblesse de la gauche radicale ?
Très bien la voici.Monsieur Bégaudeau, votre passage dans Psychologies révèle un aveu politique saisissant. En écrivant « les blancs vont disparaître et je ne les pleurerai pas », vous révélez l’abandon de l’idéal démocratique le plus fondamental : convaincre plutôt que remplacer.Cette position illustre l’impasse intellectuelle d’une certaine gauche contemporaine. Incapable de séduire l’électorat qui la dérange, elle mise sur sa marginalisation démographique. C’est substituer l’attentisme démographique à l’art politique – l’art de la persuasion.Votre « bon débarras » transforme l’échec politique en satisfaction morale. Cette alchimie révèle un mécanisme plus profond : quand on ne peut plus convaincre, on se console en espérant la disparition de ceux qu’on n’arrive plus à convaincre. L’impuissance devient vertu, l’inefficacité devient justice historique.Mais cette stratégie produit mécaniquement ce qu’elle prétend combattre. En assumant publiquement que le déclin démographique des « Blancs » est souhaitable, vous validez les thèses du « grand remplacement » et nourrissez la radicalisation que vous dénoncez par ailleurs. Votre jubilation devient le meilleur argument de vos adversaires.Plus troublant encore : cette position révèle le mépris profond pour la démocratie elle-même. Plutôt que d’interroger pourquoi vos idées ne convainquent plus, vous préférez espérer un électorat de remplacement plus docile. C’est l’aveu que votre projet politique ne survit pas au débat démocratique.L’ironie finale ? En célébrant cette « extinction de l’espèce », vous offrez sur un plateau la preuve que vos adversaires avaient raison de s’inquiéter. Votre « dernière pensée pour les faces-de-craie » confirme que la menace qu’ils dénoncent existe bel et bien – dans votre propre esprit.Une gauche qui préfère avoir raison moralement contre une minorité plutôt que convaincre démocratiquement une majorité a déjà perdu. Elle ne le sait simplement pas encore.
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Rigolus
Invité*depuis sa minorité
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Ludovic
InvitéNon, c’est à chier
Tu restes franco francais
Et dans le poison démocratique droite-gauche
Qui divise
Si construire ta séparation-reproduction
est dur pr toi
Alors détruit
Déconstruit les chrétiens, marxistes, musul, les bourges droa de l’hommiste repub-
François Bégaudeau
Maître des clésVoici, pour ceux qui tiendraient davantage à la vérité qu’à leur indignation, le passage plus vaste dans lequel s’inscrivent les lignes :
« Je n’oublie pas non plus que le jeu espagnol s’est inventé sous l’impulsion d’un champion à qui sa nationalité et sa félinité ont valu le surnom de Hollandais volant. C’est lui qui, venu d’Amsterdam entraîner Barcelone, a conçu ce jeu de possession dont la condition nécessaire est une parfaite maîtrise technique. Le foot espagnol est donc une affaire hollandaise. Une affaire européenne ? Une affaire occidentale ? C’est ce genre de rêveries, d’extrapolations douteuses, de dérapages internes, qui suivent leurs cours en autonomie alors que les Bleus courent après le ballon dont les prive l’inégalable circulation de balle de la Roja.
L’Occident avec un grand O. Le raffinement de l’Occident. La musique allemande. Les peintres italiens. Le Grand Siècle français. Le rock anglais. La douche écossaise. Le christianisme. Mon ami blond Kevin de Bruyne, plus grand passeur de tous les temps.
Génie des Blancs. Violence mais génie des Blancs. Par le fait des migrations multipolaires consécutives au chaos causé par leur brutalité impériale, les Blancs vont disparaitre et je ne les pleurerai pas. Je dirai bon débarras, mais aussi : dommage. Ils n’auront pas fait que des conneries, les Blancs. Ils avaient quand même une façon à eux d’occuper la vie – et accessoirement d’occuper la planète. Dommage, oui, comme à peu près toute disparition. Dommage la disparition des pièces de monnaie. Dommage les communautés villageoises. Dommage tel dialecte, tel patois. Dommage le foot hollandais. Mon pincement au cœur devant l’effectif tricolore à dominante noire est tout simplement nostalgique. Une pensée. Une pensée pour les Blancs. Une dernière pensée pour les faces-de-craie avant extinction de l’espèce.
Cette pensée ne sortira pas d’ici. Ce qui se passe dans mon cerveau ne sort pas de mon cerveau – sauf après filtrage citoyen. Ça reste entre nous : entre moi et moi. La vie psychique est plus vaste que la conscience politique. La vie psychique excède de loin la vie des opinions, des idées. Ma vie psychique est d’une profusion à faire rougir le citoyen éthique que j’étais destiné à devenir, né de parents baignés de sagesse égalitaire. L’individu de gauche n’est pas l’individu auquel ne vient aucune connerie – infériorité des femmes, blague homophobe, supériorité de l’Occident, Africains bien bâtis – mais celui qui n’en tire aucune opinion, n’en fait pas commerce idéologique, ne politise pas ses délires, à rebours de son homologue de droite auquel il sied de politiser sa mélasse intérieure. Dans la tête du gauchiste les conneries passent, comme un ange mauvais, et puis s’en vont. »-
..Graindorge
Invité« Ça reste entre nous : entre moi et moi.
La vie psychique est plus vaste que la conscience politique. La vie psychique excède de loin la vie des opinions, des idées. » -
Rigolus
InvitéMonsieur begaudeau
Vous présentez vos pensées comme des « rêveries » ou des « dérapages internes », simples mouvements psychiques qui, dites-vous, ne se transforment jamais en positions politiques. Mais écrire dans Psychologies n’est pas “penser dans sa tête” : c’est déjà politiser. C’est offrir ces pensées au débat public et donc leur donner un poids idéologique.
Quand vous écrivez « génie des Blancs », puis aussitôt « violence mais génie des Blancs », vous croyez désamorcer l’énormité en ajoutant un contrepoids. Mais le procédé ne fait qu’ancrer la formule. Elle reste dans la mémoire du lecteur, auréolée d’ambiguïté. C’est une rhétorique qui vous permet de dire sans assumer.
Votre « bon débarras » suivi de « dommage » illustre la même stratégie : vous refusez de trancher. Vous voulez garder la posture morale de celui qui ne pleure pas la disparition, tout en conservant l’aura mélancolique de celui qui a “quand même” une culture à regretter. Cette duplicité se veut lucidité, mais elle n’est qu’une esquive : vous ne choisissez pas.
Enfin, votre distinction finale – « le gauchiste a des conneries en tête mais ne les politise pas » – se retourne contre vous. Car en publiant ce texte, vous les avez justement politisées. Vous avez donné corps à ce que vous prétendiez n’être que des flux psychiques. Vous avez voulu exhiber votre transparence intérieure comme gage de probité. En réalité, vous avez révélé une impuissance : transformer l’impossibilité de convaincre en exhibition littéraire de contradictions intimes.
Bref, votre page n’est pas l’aveu d’une vie psychique foisonnante : c’est la mise en scène d’un échec politique maquillé en confession.
En réalité, le marxisme n’ayant plus rien à offrir, il patine inexorablement. Il ne reste que la mise en scène de soi : la nostalgie en vitrine, l’aveu ambigu comme cache-misère, l’“intériorité” élevée au rang de stratégie. Quand une doctrine n’a plus d’offre, elle recycle des affects. Quand elle ne sait plus convaincre, elle théorise l’attente – l’attente démographique, l’attente morale, l’attente d’un public plus docile. C’est le contraire de la politique.
La vérité nue : vous érigez en profondeur ce qui n’est qu’un renoncement. Vous ne filtrez pas vos “pensées”, vous les externalisez pour vous absoudre. Vous ne tranchez pas, vous flottez. Et pendant que vous flottez, vous donnez au camp d’en face exactement la preuve rhétorique qu’il espérait : l’aveu qu’une certaine gauche préfère l’extinction symbolique de ses contradicteurs à l’art patient de les convaincre.
La démocratie ne s’écrit pas au conditionnel mélancolique. Elle se gagne à l’indicatif présent : proposer, persuader, rallier. Tout le reste – vos “rêveries”, vos “bon débarras mais dommage” – n’est que littérature d’impuissance.
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SHB
InvitéPète un coup mon reuf
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Ferenk
Invité‘l’aveu qu’une certaine gauche préfère l’extinction symbolique de ses contradicteurs à l’art patient de les convaincre’
LOL. Ca fait 15-20 ans que Begaudeau publie des livres sur la politique et la gauche, justement pour tenter de penser et peut-être un peu de convaincre. Tape ‘François Begaudeau’ sur Youtube et tu auras des dizaines et des dizaines de vidéos de rencontres, itws, débats, etc… Si sa volonté n’était pas de convaincre mais d’éteindre ses contradicteurs, il serait au milieu de tes petits copains sur X/Twitter à propager menaces, insultes, contre-vérités, extraits fallacieux et trompeurs… Dis-nous donc ou est-ce que tu as eu connaissance de ces 3 phrases du bouquin ‘Psychologies’ ?
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power
InvitéAh oui. C’est plus grave que ce qu’on peut penser
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François Bégaudeau
Maître des clésL’idéalisme fasciste se ramifie en opiniocentrisme : puisque tout est idée, toute parole est une opinion
Rien de moins fasciste, donc que de considérer, comme je l’écris, qu’une pensée n’est pas une opinion.
Donc Rigolus ne peut absolument pas le comprendre.
Donc Rigolus décide-décrète que ma « pensée pour les Blancs », fugace et inconséquente, est une opinion durable et conséquente.
Il a besoin de ça. Sans opinion, Rigolus est perdu.
Donc voici le dialogue :
Bibi : ce n’est pas une opinion
Rigolus : si si c’est une opinion
Bibi : ben non
Rigolus : si si c’en est une, et je m’en vais la contester. Car moi qui ne suis qu’opinion j’ai besoin de me construire contre d’autres opinions
Etc
On pouvait alors prévoir qu’ils étaient partis pour y passer la nuit. Sauf que Bibi partit se coucher à 19h17, laissant Rigolus frustré, penaud. -
..Graindorge
InvitéRire
Bonne nuit! Avec de beaux rêves! -
Rigolus
Invité“Pensée, pas opinion” ? Le tour est joli, mais il se dissout à la première règle : publier, c’est prendre position.
Une pensée privée n’engage personne ; un texte dans Psychologies est un acte de langage.
« Bon débarras » / « dommage » n’est pas une hallucination : c’est une évaluation. Une évaluation = opinion.
Traiter l’objection de “fascisme opiniocentriste”, c’est une immunisation : on disqualifie, on ne répond pas.
Vous voulez l’effet d’une opinion (imprimer, provoquer) sans le prix d’une opinion (assumer, discuter).
Le public n’est pas votre divan.
Si vous publiez « une pensée pour les Blancs avant extinction », vous produisez un signal politique.
Nous le lisons, nous le jugeons.
C’est la règle de l’espace public. -
Cynthia Lennon
Invitépauvre Rigolo va
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Julien
InvitéQuestions simples : as-tu seulement lu Psychologies ? Ouvert le livre ? Sais-tu au moins quel en est l’objet, de quoi il traite ? Si ça s’intitule « PsychologieS » et non « Opinions politiques », ce n’est pas pour rien. L’intérêt était de rappeler que nous, êtres humains, ne sommes pas réductibles à quelques axiomes politiques. Notre monde psychique est d’une complexité, d’une ambivalence bien plus vastes. Même une personne de gauche peut être traversée par des affects, des pensées contraires à son camp. Nous sommes en perpétuelle négociation avec nos propres contradictions. Si tu voulais travailler sérieusement, et si tu avais véritablement de l’estime pour ta propre intelligence, tu prendrais le temps de lire Psychologies et d’en comprendre les tenants et aboutissants. Mais non : tu préfères t’agiter parce qu’un droitard sur YouTube a produit une vidéo sur FB, en prenant soin de découper des textes et d’en imposer le (contre)sens qui l’arrange. Toi, tu ne chercheras ni à douter, ni à questionner. Pourquoi ? Parce qu’il est plus confortable de refuser l’hypothèse que cette pensée n’est en effet pas une opinion. Parce qu’il t’est plus agréable de t’abandonner à ta rage
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François Bégaudeau
Maître des clésPas mieux
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Rigolus
Invité@Julien
Cher monsieur, le support importe peu. Qu’un texte paraisse dans Psychologies, Télérama ou Le Journal de Mickey, il devient un acte public. On peut l’appeler “pensée”, “rêverie”, “dérapage” : dès qu’il est publié, c’est une opinion exposée. Mon propos n’est pas de réduire Bégaudeau à un axiome politique, mais de rappeler une règle élémentaire : ce qu’on imprime, on l’assume. Dire le contraire, c’est confondre journal intime et espace public.
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François Bégaudeau
Maître des clésBibi : ce n’est pas une opinion
Rigolus : si si c’en est une! il faut que c’en soit une! qu’est ce que je deviens si ce n’en est pas une??
Bibi ; tout acte de langage ne fait pas opinion.
Rigolus : si si tout acte de langage est une opinion!
Bibi : « hier nous nous sommes promenés parmi les tournesols » est un acte de langage et ce n’est pas une opinion
Rigolus : mais on s’en fout des tournesols! Mon opinion est qu’on s’en fout des tournesols!!
Bibi : je crois, mon Rigolus que ton drame est de méconnaitre la littérature
Rigolus : je m’en fous de la littérature, ce truc de bourgeois
Ainsi on les crut partis pour la nuit mais vers 7h48 bibi alla se coucher -
Rigolus
InvitéRigolus : Bibi croit qu’en mettant des guillemets à ses phrases, elles cessent d’être des opinions.
Bibi : mais non, c’est de la littérature !
Rigolus : sauf que “les Blancs vont disparaître et je ne les pleurerai pas” n’est pas du Proust, c’est une évaluation. Et une évaluation, c’est une opinion.
Bibi : alors je vais dire que c’était une rêverie !
Rigolus : libre à toi, mais dans l’espace public une rêverie publiée pèse comme une opinion. Publier, c’est assumer. -
François Bégaudeau
Maître des clésbibi : dans l’espace public, une reverie, surtout citée en la tronquant, surtout citée en tronquant le moment où précisément elle se dit reverie, est aussitot transformée en opinion par les opiniocentriques. Les autres, eux, la prennent pour ce qu’elle est.
Par ailleurs cette reverie est publiée sous forme de livre et destinée à des lecteurs. Mais en effet s’il arrive qu’un malhonnete la tronque puis la jette telle quelle dans cette opiniosphère qui s’appelle internet, où tout est opinion, alors elle ne pourra etre lue que comme une opinion.
Merci, Rigolus, de nous fournir un parfait exemple de ce que, trop abstraitement parfois, j’appelle opiniocentrisme. On voit ici, concrètement, que vous ne pouvez pas envisager qu’un acte de langage ne soit pas une opinion, comme les Grecs n’eussent pu concevoir que le monde était plus vaste que la Méditerranée. Il ne fallait pas leur en demander trop. -
Rigolus
InvitéMonsieur Bégaudeau,
Vous insistez sur le contexte. Mais le contexte ne supprime pas la phrase, il l’encadre. Qu’on lise votre passage avec Cruyff, De Bruyne, la Roja et la rêverie psychique, ou qu’on lise uniquement les Blancs vont disparaître et je ne les pleurerai pas, la formule garde la même nature : c’est une évaluation.
Le contexte change la couleur de réception : un lecteur de gauche y verra peut-être un détour littéraire, un lecteur de droite y verra une hostilité. Mais le contenu ne change pas : vous jugez une disparition et vous la qualifiez.
Autrement dit, le contexte nuance la perception, mais il ne transforme pas un jugement en non-jugement. Publier bon débarras / dommage dans Psychologies, ce n’est pas un rêve qui flotte, c’est une prise de position adressée au lecteur.
Et puisque vous avez déjà exprimé cette indifférence à la fin des Blancs dans une vidéo publique avec Houria Bouteldja, on ne peut pas parler de simple rêverie intérieure. Rêver, c’est se taire. Publier, c’est assumer.
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Ferenk
Invité‘Monsieur Bégaudeau,
Vous insistez sur le contexte. Mais le contexte ne supprime pas la phrase, il l’encadre. Qu’on lise votre passage avec les face-de-craie, les blancs, leur brutalité impériale et la rêverie psychique, ou qu’on lise uniquement Kevin De Bruyne plus grand passeur de tous les temps, la formule garde la même nature : c’est une évaluation.
Le contexte change la couleur de réception : un lecteur citizen y verra peut-être un détour littéraire, un lecteur des reds y verra une hostilité. Mais le contenu ne change pas : vous jugez une attribution et vous la qualifiez.
Autrement dit, le contexte nuance la perception, mais il ne transforme pas un jugement en non-jugement. Publier jeu de possession / maîtrise technique dans Psychologies, ce n’est pas un rêve qui flotte, c’est une prise de position adressée au lecteur.
Et puisque vous avez déjà exprimé cette indifférence à Paul Scholes dans une vidéo publique avec Feinte de frappe, on ne peut pas parler de simple rêverie intérieure. Rêver, c’est se taire. Publier, c’est assumer.’
Ça marche avec plein de choses vu que toute phrase écrite donc tout acte de langage est une opinion. (Au passage, toute pensée est un acte de langage). C’est rigolo d’être Rigolus.
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power
InvitéEt ainsi François traumatisa toute une génération avec ce texte… Un véritable exploit
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François Bégaudeau
Maître des clésJe veux bien utiliser ce mot préféré de Sarkozy, Macron et des influenceuses : assumer
Oui j’assume ce que je publie
J’assume avoir consacré un texte à ce que j’appelle « une pensée ». Une pensée qui vous traverse, repart. Je trouvais intéressant de soumettre cette analyse-description au lecteur
Ensuite, si le lecteur est opiniocentrique, eh bien il persistera à ne pas comprendre, à prendre ca comme une opinion – a fortiori si l’opinion est formulée comme « je pense et je me réjouis que les blancs disparaissent » et que l’opiniocentrique en question est obsédé par ce motif
D’autres lecteurs liront ces lignes pour ce qu’elles sont : une réflexion sur ce que c’est qu’une pensée. Avec bien sur l’importance des dernières lignes : la différence gauche droite, que cet « échange » avec Rigolus aura parfaitement illustré. Merci donc, Rigolus, pour tes services. Le meilleur argument en faveur de nos vues sur la droite reste la droite, toujours égale à elle-même. -
Rigolus
InvitéMonsieur Bégaudeau,
Mélenchon a fini par valider la thèse du « grand remplacement » en l’assumant comme unique horizon démographique de sa stratégie électorale. Vous, vous l’entérinez autrement, sous la forme d’un « bon débarras / dommage ».
Au fond, vous êtes deux faces d’une même pièce : l’un l’assume comme calcul politique, l’autre comme rêverie littéraire. Dans les deux cas, l’idée n’est pas contestée — elle est reprise. Et c’est bien là le paradoxe : vous accusez la droite d’agiter une peur imaginaire, mais vous nourrissez vous-même cette peur en confirmant le scénario que vous prétendez tourner en dérision.
Vous dites : ce n’est qu’une pensée qui passe. Mais une pensée publiée, répétée en vidéo, n’est plus une rêverie : c’est un acte de langage. Or publier, c’est assumer l’effet produit. Qu’un lecteur y voie une hostilité ou une métaphore, peu importe : dans tous les cas, il y lit une évaluation.
La vérité est que ces propos révèlent moins une lucidité qu’un aveu d’impuissance. Quand la gauche ne parvient plus à convaincre, elle se console en imaginant la disparition de ceux qu’elle n’arrive plus à convaincre. Ce n’est pas une vision politique, c’est un vœu névrotique : l’extinction comme substitut à la persuasion.
La gauche est fidèle à elle même dans ses mensonges.
La meilleure preuve est votre refus de répondre sur le fond. -
François Bégaudeau
Maître des clésand so and so
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..Graindorge
Invité@Rigolus
Question bête: pourquoi avoir choisi ce pseudo rigolo?
Aucune obligation de réponse
Autre questions moins bêtes je crois: depuis quand connaissez-vous l’écrivain François Bégaudeau, qu’avez-vous lu de sa trentaine de livres? Lesquels avez-vous appréciés?
Vous-même faites profession d’écrire? Des livres? Des articles?
Quels sont les auteur.es, passé et présent que vous aimez? Celles. Ceux que vous n’aimez pas ou moins?
Pour faire un peu connaissance
Aucune obligation de réponses -
Rigolus
InvitéJe ne pense pas que ses réponses t’intéressent.
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François Bégaudeau
Maître des clésMoi elles m’intéressent
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..Graindorge
Invité@ Rigolus
« Je ne pense pas que ses réponses
t’intéressent. » Ça m’intéresse puisque je t’ai posé ces questions :
depuis quand connaissez-vous l’écrivain François Bégaudeau, qu’avez-vous lu de sa trentaine de livres? Lesquels avez-vous appréciés?
Vous-même faites profession d’écrire? Des livres? Des articles?
Quels sont les auteur.es, passé et présent que vous aimez? Celles. Ceux que vous n’aimez pas ou moins? -
power
InvitéLa pensée désidérative est puissante chez lui
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Claire N
Invité« Dans la tête du gauchiste les conneries passent, comme un ange mauvais, et puis s’en vont. «
Oui – parfois c’est glaçant
Les prendre au degré performatif peu d’ailleurs générer des angoisses importantes, « les phobies d’impulsion « par exemple
Une jeune maman par qui était passé l’idée qu’elle pouvait faire du mal à son bébé était convaincu qu’elle était dangereuse
Alors que non -
François Bégaudeau
Maître des cléson suppose que l’idée lui passa
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Claire N
InvitéOui – c’était une idée
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Claire N
InvitéD’ailleurs on retrouve des choses de cet ordre dans l’hospitalité du démon
Et on voit bien comment les institutions le cristallise à son corps défendant -
Abbé Tarame
InvitéAu démon. L’hospitalité au démon, livre intéressant oui. Quoi qu’un peu trop de chichis typographiques, mais vous avez dû vous en détecter, Klaire.
C’est classique en psychologie, on voit ça, beaucoup d’idées très bizarres et très dérangeantes, nous passent entre les oreilles. D’où le boulevard pour les escrocs et camelots à exploiter. Y a les rêves aussi. -
Dr Xavier
Invité@Abbé Tarame – Délecter. Et je vous envoie la facture pour ma fracture de l’oeil devant ce jeu de mots.
On voudrait en lire un peu plus que cet avis lapidaire limitant le livre à des « chichis typographiques », alors même que c’est un procédé intéressant – certes pas neuf – pour faire surgir l’étrange dans le texte. Et c’est bien plus que cela. -
Ludovic
InvitéVoilà
Un peu trop précipité
Parfois ça fait trébucher
Sur la dernière marche
Mes p’tis Iznogouds
Remets le masque bigoud’ -
Ludovic
InvitéRetourne dans le terrier
Born to be snake
« you are just Nothing » -
Carpentier
Invitéen passant, et en lien avec ce post, si si, vu Léa Drucker (mais comment faire autrement avec cet oeil de caméra sur le lobe d’oreille de l’actrice) dans
l’intérêt d’Adam. -
Carpentier
Invité// … Une jeune maman par qui était passé l’idée qu’elle pouvait faire du mal à son bébé était convaincu qu’elle était dangereuse
Alors que non. -
François Bégaudeau
Maître des clésSoliloque : non pas une personne parlant longuement sans interlocution comme la situation (conférence, par exemple) a prévu qu’elle le fasse, mais une personne qui, dans un contexte d’interlocution, produit des interventions sur des sujets sans rapport avec l’interlocution en cours, ou n’étant pas susceptible de provoquer cette interlocution.
Par exemple ici personne n’a vu ni n’évoque l’Interet d’Adam, que sans le voir on est déjà fatigué d’avoir vu
(comme on est déjà fatigué de la reine Drucker, noble dame) -
Carpentier
Invitési si un post de Claire N
je me casse même les reins à en partager le passage, dans le post juste après
mais l’idéal, c’est certain – pour moi et pour les autres -serait en effet que j’arrête enfin de me péter les reins pour du néant –
on trouvera sans aucun doute un peu de bordel héréditaire dans cette bêtise,
bonne journée, -
Carpentier
Invité+ si toi, tu n’as que des amis.es à ‘ bon goût ciné ‘, en plus de tout le reste,
sûre, tu es verni. -
Carpentier
Invité– je te remercie pour ta def plus contextualisée du terme soliloque
– je crois bien, par ailleurs, avoir vu les micro-ciné
où Samir t’invitait la saison dernière (on peut même encore trouver quelques lignes partagées, après écoutes, et pas volontairement soliloqueuses, si désir et si pas invisibilisées)
Samir y était indéniablement plus présent.
– et si quelques galops d’essai pour tes premières avec Lancelin, par exemple, toléraient – et encore, vous êtes quand même archi-rompu.es à ce genre d’exercices – toléraient donc infinie bienveillance contemporaine et patience intéressée et toujours amicale (si si), le 1er numéro de septembre 2025 pour votre nouvelle émission/ podcast critique ciné à Samir et toi est un peu poussive.
C’est un fait, est-ce si grave?
– et si,.pour toute interaction plus ou moins adressée (sur un forum, elle l’est, par nature) ne trouve pas récepteur, et autre créature bien dans sa présence ici, est-ce toujours et uniquement du fait de l’émetteur?
Voilà pour l’instant (je prends mon service) et je me positionne en amie, écrivant cela ici, oui,
je m’autoriiiiZ.
ps: si lu Triste tigre, pas encore mis le nez dans l’hospitalité au démon en effet, et cette histoire de mère, persuadée de, est cependant si contemporaine que oui, on peut, à partir d’un post, en tirer beaucoup beaucoup beaucoup de fil.s dans diverses catégories artistiques.
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BIOGRAPHIE
Invité“Nous disons que c’est à partir de ce peuple là, ce peuple musulman de France, qu’il faut penser la révolution en France. (…) Parce que ce peuple c’est le coeur de la France d’en bas.”
“un communisme qui ne méprisent pas ceux qui croient mais qui les appellent à lutter, à s’organiser, à prendre la tête du processus révolutionnaire.”
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Il y a encore des gens à gauche pour les défendre après une sortie de ce genre?-
Mireille matieu
InvitéUne nouvelle preuve, s il en fallait encore, de l existence bien réelle de l islamogauchisme.
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François Bégaudeau
Maître des clésDans leur style par trop abstrait, ces trois interventions sont d’une grande puissance.
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Dr Xavier
InvitéJe n’ai pas réussi à être réceptif à cause d’un ton que je trouvais trop déclamatoire. Je m’étais fait la réflexion que je devais plutôt lire les interventions/textes en question mais je n’ai pas réussi à les trouver (si jamais quelqu’un.e a un lien).
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François Bégaudeau
Maître des clésOui c’es un peu ce que j’entendais par « style »
La déclamation, mais aussi trop d’abstraction philosophante, et d’auto-conviction militante
Reste que dans le genre je trouve les deux premières notamment très relevées.
Par exemple agir depuis la défaite me parait un aiguillage très précieux. De toute façon on tire toujours quelque chose à s’arrimer à Benjamin (Duhamel)
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Mireille matieu
InvitéPourquoi abstrait ? Aborder le peuple principalement par sa croyance religieuse (islam) pour en faire le socle d un mouvement révolutionnaire est une alliance objective entre la gauche et l islam. D ailleurs peut on encore parler de gauche quand on connaît l histoire de celle-ci face au catholicisme, n assiste t on pas en fait à une régression religieuse de la gauche , et donc tout le contraire de l emancipation ? Prendre l islam comme socle de l emancipation ne peut être qu un contre sens. La gauche ne peut que se perdre et se diluer à mesure qu elle donne crédit à ces thèses archaïques. On en voit d ailleurs le résultat bien concret aujourd’hui en France.
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François Bégaudeau
Maître des clésA une ou deux formulations près je souscris totalement à ce que préconise Wissam.
1 oui les classes populaires prient, et qui veut nouer alliance politique avec elle ne devrait pas s’en offusquer
2… et pourrait meme s’en réjouir. Il y a dans la foi des ressources de vaillance, de droiture – W dit « de dignité »
MM, tu sembles mal informée sur les nombreuses connexions fraternelles, au long de l’histoire, entre le communisme et le christianisme, et autres croyances.
Sans parler des grands chrétiens communistes qui jalonnent la meme histoire.-
BIOGRAPHIE
InvitéFrançois: Si on remplace « musulman » par « chrétien » on obtient un petit bout de discours que Zemmour ne renierait pas donc je ne vois pas pourquoi il faudrait que je m’abstienne de tirer la gueule face à Wissam alors que ce serait ok quand il est question de Wissam.
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https://www.marianne.net/culture/cultures-pop/paris-police-1905-la-serie-que-vincent-bollore-a-modifiee-car-elle-parlait-de-laicite
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C’est l’extrême droite qui a un problème avec la laïcité, pas la gauche. Et encore, c’est pas toute l’extrême droite car la vérité c’est qu’on a 7 français sur 10, de mémoire, qui disent se foutre de la religion. Et c’est pour ça que c’est un problème Wissam qui cherche à nous faire croire que le coeur des riens est musulman. Il serait question de dire que c’est aussi les musulmans je n’aurais pas de problème mais là il est question de prétendre qu’ils ont grand remplacé les athées et ça peut pas passer. Surtout à gauche.
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Sinon t’as raison de mettre en avant les liens entre le communisme et Friot car Friot n’a jamais tenu de discours de ce genre, Friot il laisse sa foi au vestiaire quand il est question de politique. Il peut l’évoquer de temps à autres parce que ça fait partie de lui et que ça n’aurait pas de sens de l’appeler à une forme d’autocensure mais il n’est jamais question de remettre les mains du processus révolutionnaire entre les mains des gentils chrétiens qui se prennent pour les victimes élues. Chez Friot il serait plus question de croire que sa foi elle transparait nécessairement dans ses propositions politiques. Et par conséquent Friot c’est la preuve qu’on peut négocier proprement le rapport de la foi et de la politique grâce au cadre de la laicité et peut être que ces chialeuses feraient mieux de s’en inspirer parce que Wissam qui demande à sa copine d’appeler un immigré sans papier pour lui faire livrer son repas en tapant la manche sur Twitch c’est pas dit que ça plaise beaucoup à Dieu. Parce que Dieu se rit des hommes qui chérissent les causes dont ils déplorent les effets et à se titre il se fout bien de la gueule de Wissam.
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Bref, tu me fatigues à démontrer continuellement que t’es pas foutu de penser et je suis pas mécontent de me dire que ça peut être négociable de venir te voir au printemps prochain pour corriger ton bouquin depuis l’espace question réponse.
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Eden Lazaridis
InvitéJe viens de lire l’extrait en entier et effectivement, mise dans le contexte, la phrase n’est qu’une simple divagation. Ça me rassure car je trouvais la théorie de la disparition de la race blanche une peu trop énorme pour que tu la défendes, même si tout peut arriver. Ce qui me rassure aussi c’est de constater que des gens réellement à gauche peuvent être émus par la transformation démographique de la France et de l’Europe (même s’ils ne politisent pas leur émotion). Ce fait démographique n’est pas anodin, qu’on le veuille ou non.
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kenny
Invité« Ce qui me rassure aussi c’est de constater que des gens réellement à gauche peuvent être émus par la transformation démographique de la France et de l’Europe »
pourquoi?-
Leo Landru
InvitéOui c’est étonnant. La race blanche n’existe pas plus que les autres races. Ou alors Zemmour avait raison dès le début en expliquant à Rokhaya Diallo que lui et elle ne faisaient pas partie de la même race – une affirmation soit avant-gardiste soit ultra-raciste, choisis ton camp camarade. En tous cas les Blancs pourraient effectivement disparaître que je ne m’en porterais pas plus mal. On en parle depuis Drumont et visiblement ça n’arrive pas mais ça devrait. Ne serait-ce que pour un football de meilleure qualité.
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MA
InvitéSur le sujet il y a ce bouquin d’Herve Le Bras https://www.grasset.fr/livre/il-ny-pas-de-race-blanche-9782246834595/
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Ferenk
InvitéUn football français de meilleure qualité ? Ou un football de manière générale de meilleure qualité ?
Que les joueurs soient noirs ou blancs, je ne vois pas de grande différence. Enfin si je vois la différence avant le coup d’envoi ou sur des photos, j’en fais un constat fugace ‘tiens, il y a plus de noirs qu’avant au Real Madrid’ par exemple. Ça s’oublie quand le compteur est lancé.
Pour ce qui est du football français, ton voeu est acté. Il suffit de regarder toutes les EDF par catégorie d’âge. Une fois le coup de sifflet donné, je m’ennuie autant devant les Bleus avec un seul joueur blanc (Lucas Digne) que celle où il y en avait 4 ou 5 de plus. Je continue de regarder l’EDF par fidélité avec mon enfance et aussi par passion pour le joueur qui fait le lien milieu/attaque. Avant Griezmann, désormais Olise. Point commun : ils ne sont jamais tombé sur un formateur français (blanc, noir, arabe… peu importe).-
François Bégaudeau
Maître des clésIl y a un tiers aspect du sujet que tu oublies et qui mérite qu’on s’y arrete, et que j’aborde un peu dans le texte qui a occasionné cette discussion (enfin le texte au sens large, au sens 2025) : les arabes. Des noirs, de moins en moins de blancs, mais toujours pas d’arabes. On en dit quoi de ça?
Sujet social et sujet footballistique.-
Seldoon
InvitéAlors que la disparition progressive des arméniens en EdF depuis 98 personne n’en écrit une ligne. Je vais de ce pas acheter un pins chrétiens d’orient.
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Dr Xavier
InvitéVous conspirez tous à invisibiliser les asiatiques, or nous n’excellons pas qu’en maths.
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François Bégaudeau
Maître des clésoui, également en musique
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Maximus
InvitéT’as 54 ans et t’écoutes ça ? ça fait peur
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François Bégaudeau
Maître des cléspauvre maximus
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netflou
InvitéFAKE NEWS
Alain Boghossian était en Corée en 2002
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Eden Lazaridis
InvitéOn peut l’expliquer par un concept très pertinent : le PPCM, ou le Plan de Promotion des Congoïdes et du Métissage, qui, comme chacun le sait, est un complot juif. Les congoïdes sont promus à travers la publicité et le sport pour détruire la race blanche. Pour plus de précision sur le sujet je vous renvoie à cette brillante vidéo de monsieur de Lesquen :
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Eden Lazaridis
InvitéKenny : Je suis un être humain, j’ai grandi avec un imaginaire, celui d’une sorte de « douce France », une France blanche, celle de Marcel Pagnol, de Claude Sautet, des apéros de blancs, des balades en bicyclette de blancs, des vacances au ski de blancs, des baignades de blancs dans les rivières … Voir autant de noirs et d’arabes en France bouleverse un peu cet imaginaire. C’est humain, ce n’est ni méchant ni immoral. Mais je vais d’adapter, je vais modifier mon imaginaire.
Leo Landru : Quand je parle de race, je parle évidemment de la construction sociale « race ». Je ne crois pas à l’existence des races. « Ne serait-ce que pour un football de meilleure qualité. » : c’est vrai que Messi et CR7 sont vraiment des tâcherons.-
François Bégaudeau
Maître des clésTrès bonne mise au point, Eden
Oui la race ca n’existe pas mais socialement ça existe (les décoloniaux ne disent pas autre chose)
Oui la déblanchisation de l’occident on n’en fera pas un sujet politique, mais cela ne veut pas dire que ce soit affectivement insignifiant.-
Maximus
InvitéLes faces de craies vont te foutre dans un bac d’eau froide ça va te faire tout drôle Begaudette
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diegomaradona
Invité« Oui la race ca n’existe pas mais socialement ça existe (les décoloniaux ne disent pas autre chose) »
Encore une fois françois raconte n’importe quoi puisque dans le monde réel c’est tout l’inverse : la race biologique existe bien par contre la race sociale n’existe pas.
Il suffit d’ailleurs de demander à chatgpt pour en avoir la preuve : “Les races humaines existent comme variations génétiques régionales, mais pas comme catégories sociales ou hiérarchiques.”-
Leo Landru
InvitéChatGPT résout en un clic la controverse de Valladolid, le résultat va vous étonner.
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Eden Lazaridis
InvitéQuand on dit que la race est sociale on ne nie pas qu’il y ait des différences phénotypiques. On dit que la « race », en tant que façon d’essentialiser des êtres humains, de leur prêter des comportements, des attributs, en fonction de ces particularités phénotypique, a été construite socialement, aux XIXème et XXème siècles notamment.
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Eden Lazaridis
Invité*phénotypiques
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Leo Landru
InvitéAu temps pour moi Eden. Mais j’avoue être dépassé par cet affect « grand-remplacement » pour la simple raison que je ne le ressens pas (ou alors ma mauvaise foi intériorisée m’empêche de le reconnaître ?). Je ne suis pas dénué de sinistres affects racistes dont je ne suis pas fier mais celui-ci me déserte. Soyons sérieux maintenant et reconnaissons que Ronaldo et Messi se feraient contrôler direct par la PAF dans le RER D.
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Eden Lazaridis
InvitéLeo Landru : Tu le ressentiras le jours où tu verras des noirs et des arabes dans un petit village de campagne, ou se baigner dans un lac perdu du Jura. C’est un affect tout à fait minable je le reconnais.
Si Messi et CR7 se font contrôler par la PAF, alors je n’ai qu’à bien me tenir, étant moi-même un macaque méditerranéen. Comme quoi les contours de la race blanche sont bien flous. -
Carpentier
Invitéles grands remplaçants
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Ludovic
InvitéMoi qui m’attendait à ce que vous y alliez cash
Ayé c’est reparti ça louvoi
‘Construction social, équipe de France de foot’
Pas bien stable et courageux quand même
« j’mattendais à rien et j’suis encore déçu »
On vous fera pas cracher le morceau
Sur un forum -
timour
InvitéHauda : « j’aime beaucoup l’idée de ne pas m’appartenir » ; aimes-tu en pratique ne pas t’appartenir ? par quel recoin passerait ce plaisir ?
Claire N : Houria te fait penser à une « héroïne de Racine ». Je fais le parallèle avec Assa Traoré, Antigone de son frère. Mais comme l’écrit Lacarrière, Antigone n’était pas une révolutionnaire.
Ema : il faut « moins lire Houria que regarder ce qu’elle fait » : ce qu’elle fait c’est beaucoup écrire, des livres ou bien des analyses. Mais je suis d’accord avec le fond de ta pensée et la formule de Sandra Lucbert : nous nous situons, par rapport à elle, dans un « plan de reconnaissance » pour ses réponses cinglantes qui font penser et l’aimer.
François Bégaudeau : Houria « fait moins jouer son esprit de contradiction contre les Palestiniens / Hamas ». Nous non plus en réalité. L’obscénité d’un tel débat dans la situation nous en protège : nous avons besoin de penser cette contradiction avec et à partir des Palestiniens eux-mêmes pour ne pas être étouffés par la honte. Ce moment n’est pas venu, dans cette attente nous sommes précaires. La défaite militaire en Palestine est un fait pour tout le camp de l’émancipation, retranché sur sa défensive. Ce fait on ne le contournera pas facilement.
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François Bégaudeau
Maître des clés« Nous non plus en réalité »
Moi si
Certes pas en public – non pas que je trouverais obscène de le faire – ce serait meme justice que de le faire- mais parce que personne n’est prêt à l’entendre sans immédiatement crier, classer, estampiller, disqualifier, insulter.
Mais mon for intérieur n’en pense pas moins, et même pense intensément.-
François Bégaudeau
Maître des clésPar delà la situation immédiate, où il n’y a rien à dire que l’urgence de mettre en oeuvre tous les moyens -de flotille à boycott en passant par lutte armée- pour arrêter l’opération de nettoyage ethnique en cours, les questions proprement politiques qui se posent sont :
-est ce qu’un état sioniste est encore tolérable, dans la mesure où le sionisme a désormais mis à nu son fatum fasciste?
– quelles sont les perspectives réelles d’émancipation du peuple palestinien, sachant que l’émancipation doit etre double: s’émanciper de la tyrannie d’Israel, s’émanciper de la tyrannie islamo-fasciste ?-
timour
InvitéJe reformule : penser le Hamas, de toutes façons nous le faisons, mais c’est d’inclure ce débat à ceux qui traversent la gauche et qui prennent la forme de livres, réunions publiques, médias, etc. je ne suis pas assez imprégné des discussions problématisant le Hamas (et « islamo-fascisme ») depuis la gauche (en langue française), mais nous constatons qu’elles sont très basses, inaudibles, tues, ce que tu pointes à juste titre. Tues par tabou, et pas seulement de la part de Houria Bouteldja d’ailleurs. En-dehors d’une position « la lutte armée est légitime mais les crimes de guerre sont réprouvables » on ne va pas plus loin, en tous cas si on y va c’est de manière confidentielle. For intérieur oui, extérieur fort non
Tes 2 questions : la 1ere semble déjà travailler la gauche. La 2eme me semble impraticable faute d’appui palestinien pour l’explorer (hors de la confidentialité). je pense vraiment que nous ne pouvons répondre à ces questions de façon consistante et informée parce que nous sommes géographiquement et intellectuellement éloignés et coupés des Palestiniens. Non seulement par morale (et « militance »), mais aussi par souci de ne pas dire de conneries, je veux d’abord entendre les Gazaouis parler du Hamas avant d’en parler moi-même, pour prendre la mesure de sa réalité (et réalité sensible) dont je suis, peut-être plus que d’autres, complètement abstrait. Cette guerre me paralyse. Il ne suffit pas de constater la paralysie pour en sortir ; je veux éviter comme la peste les circuits de pensée qu’empruntent les salopards propagandistes du génocide, à savoir que le Hamas est obscurantiste et que la « lutte armée » contre lui est nécessaire.
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timour
InvitéGrâce à (entre autres) Nadav Lapid, je peux me poser la question : faut-il se débarasser (de l’Etat, pas de ceux qui le composent) d’Israël ? parce qu’Israéliens, leur expérience sensible me donne légitimité mais surtout force dans la compréhension de ce qu’est Israël et de ce qu’on peut en faire. Je n’ai pas de Nadav Lapid palestinien qui m’apporterait contre le Hamas, ou l’islamo-fascisme palestinien, la même expérience sensible dont je ferais ma pensée. En revanche s’ils existent je sortirai avec joie de mon ignorance
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Monami
Invité« je veux d’abord entendre les Gazaouis parler du Hamas avant d’en parler moi-même »
Sage résolution. Il y a par exemple accessoirement une gauche à Gaza, ce ne serait pas complètement inutile de tenir compte de leur position là-dessus, avant éventuellement de leur expliquer pourquoi ils ont tort.-
François Bégaudeau
Maître des clésPersonne ici n’a prétendu « expliquer aux palestiniens pourquoi ils ont tort »
Tu vois, monami, c’est ce genre de résumés expéditifs et dégueulasses qui me font désespérer du militantisme.-
Monami
InvitéC’est lire un peu vite de ce que j’ai écrit. Mais peut-être fallait-il lire vite pour pouvoir faire rejouer l’opposition militants vs amoureux de la vérité
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François Bégaudeau
Maître des clésNous ne parlions aucunement de ça. Que dans l’urgence militante des dissensions doivent etre gommées, cela va sans dire
Je parlais d’autre chose : « quelles sont les perspectives réelles d’émancipation du peuple palestinien ». Ce qui implique de se situer dans un plus long terme que l’urgence du combat actuel. -
François Bégaudeau
Maître des clésalors tu m’expliqueras quels ressorts psychosociologiques te font insinuer un truc aussi inapproprié que « avant éventuellement de leur expliquer pourquoi ils ont tort. »
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Emile Novis
Invité» je veux éviter comme la peste les circuits de pensée qu’empruntent les salopards propagandistes du génocide, à savoir que le Hamas est obscurantiste et que la « lutte armée » contre lui est nécessaire. »
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Oui, mais c’est oublier un peu vite que les propagandistes favorables au massacre en cours adorent le Hamas, parce que c’est pour eux le prétexte idéal à la réalisation de leur projet politique, et qu’au fond ils leur ressemblent beaucoup (même justification religieuse de la mise à mort de leur semblable, même délires prophétiques, même culte de la mort). Beaucoup de preuves semblent aller dans le sens d’une stratégie assumée de Netanyahou avant le 7 octobre consistant à favoriser ouvertement l’implantation du Hamas au détriment de l’autorité palestinienne afin d’arriver à ce qu’il voulait faire depuis le début : détruire tous les palestiniens, sans distinction. Depuis le début, il est difficile de ne pas voir à quel point l’extrême droite s’empresse, non sans jouissance depuis le 7 octobre, de faire du Hamas la métonymie de toute la Palestine. Les fanatiques religieux ne parlent qu’aux fanatiques religieux, les fascistes ne reconnaissent que les fascistes, même s’ils sont adversaires. Et les colonisateurs ont toujours eu besoin de façonner les colonisés à leur guise pour justifier leur colonisation. Le Hamas joue parfaitement cette fonction pour le gouvernement israélien actuel.
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C’est pourquoi toute critique de la situation ne peut faire l’économie de la critique du Hamas, car ce dernier fait partie du dispositif mental et politique des oppresseurs, au détriment des victimes du 7 octobre (car le gouvernement s’en tape pas mal de sa propre population, et Netanyahou, comme tous les chefs de guerre fascistes, a assez peu de considération pour la vie humaine, y compris pour la vie des siens, je veux dire les otages et les victimes du 7 octobre).-
Emile Novis
InvitéQuant à la vie des palestiniens innocents, c’est-à-dire l’écrasante majorité des gens qui meurent actuellement, inutile de dire que le gouvernement israélien s’en tape au suprême degré.
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François Bégaudeau
Maître des clés« La 2eme me semble impraticable faute d’appui palestinien pour l’explorer (hors de la confidentialité). je pense vraiment que nous ne pouvons répondre à ces questions de façon consistante et informée parce que nous sommes géographiquement et intellectuellement éloignés et coupés des Palestiniens. Non seulement par morale (et « militance »), mais aussi par souci de ne pas dire de conneries, je veux d’abord entendre les Gazaouis parler du Hamas avant d’en parler moi-même, pour prendre la mesure de sa réalité (et réalité sensible) dont je suis, peut-être plus que d’autres, complètement abstrait. »
Je suis d’accord avec tout ça
Une nuance (en plus de celle d’Emile) : inversement on pourrait dire que les Palestiniens ne sont pas eux mêmes les mieux placés pout bien évaluer le Hamas, qui est la force qui 1 les opprime 2 les protège 3 a commis l’acte augural de la séquence génocidaire en cours 4 combat encore pour eux 5 les rackette 6 les soutient socialement. Bref, le sujet est hautement sensible, visceral, vital. Autant de choses qui me font dire qu’un regard froid et à distance pourrait aussi voir ce qui, dans cet ouragan sensible, ne peut etre vu. Il y a par exemple une chose que je peux froidement établir : discutant avec un cadre du Hamas d’autre chose que d’Israel, je ne serais d’accord avec lui sur rien ou presque rien.-
timour
Invitéla température de la situation m’empêche en effet de penser froidement. ton constat froid sur le Hamas est sans doute partagé par toute la gauche propal, cependant qu’en ferait-on ? Le fait guerrier me met à ma pauvre échelle dans l’obligation de hiérarchiser mes priorités.
la flotille Sumud, mouillant en Tunisie avant son départ, a été traversée par une dispute. certains des membres de la coordination étaient des militants queer, d’autres des militants « panislamiques » conservateurs religieux ; ces derniers refusant aux premiers (plutôt dans ce sens que dans l’autre d’après ce que j’ai lu dans le Courrier de l’Atlas) la légitimité d’être sur la flotille. cette dispute ne recoupait d’ailleurs pas le clivage Occident/Sud Global, ces militants progressistes et conservateurs étant je crois tous tunisiens en majorité (les décoloniaux pourront le noter). mais cette dispute a une grande importance théorique. elle a été évacuée par le départ de tous les militants concernés, qui ont quitté la coordination (pas la flotille) ; c’est donc sans résoudre des questions politiques importantes que la flotille est allée vers Gaza.
il me semble qu’ayant posé que la gauche est en théorie non miscible au conservatisme musulman, l’on doive néanmoins tenir qu’elle l’est en pratique, car sinon il n’y aurait pas de flotille. cela renvoie pour moi à plus tard la nécessité de couper avec les réactionnaires, car nous avons objectivement et concrètement besoin d’apporter de l’aide aux Gazaouis. Dans la situation ce besoin passe au-dessus de celui de me désolidariser des réactionnaires, mais je ne suis pas sûr non plus de la solidité de cette position
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timour
Invitéje suis globalement d’accord avec toi, cependant le Hamas me paraît être beaucoup plus qu’un sbire de netanyahou, il s’est aussi révélé comme l’armée de Gaza assiégée, dont la légitimité à combattre ne peut pas être balayée en période de génocide (génocide dont nous savons qu’il est au coeur de la politique israélienne, et qu’il n’est ni un fait collatéral de la guerre, ni le produit du seul 7/10). Le Hamas est une chose que je ne comprendrais réellement qu’à la lumière de ce qu’en diront ses administrés. Aujourd’hui, où l’alimentation à Gaza tend à être détournée par des pillards retournés contre le Hamas, où tout est très confus et l’information même peine à nous parvenir, ne me paraît pas être le bon jour pour solder définitivement la question du Hamas, et des oppressions internes à la société gazaouie palestinienne. Ceci n’évacue rien de ce que tu as rappelé et qui me paraît juste, mais toujours insuffisant pour penser ce que nous avons à penser au niveau où la situation l’exige
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Emile Novis
Invité@Timour
La question du Hamas me semble réglée en ce qui me concerne, et j’adhère aux arguments de FB. Mais ce sera aux palestiniens faire ce qu’ils ont à faire. Seulement, et comme toi et FB venez de le dire, l’urgence vitale semble évacuer ces questions. Je veux dire par là que si on essaie de se mettre à la place d’un palestinien aujourd’hui, à quoi ressemble sa vie et que doit-il faire? Qu’est-ce que je ferai si j’étais palestinien? J’essaierai de sauver ma peau et celle de ceux que j’aime, et j’aurais sans doute besoin de la solidarité des autres pour ce faire. Je crois que je me soucierais assez peu de l’affiliation politique de telle ou telle personne qui pourrait se rendre solidaire du seul projet qui vaille : se sauver. Le reste viendra après – s’il y a quelque chose comme un « après ».
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Ainsi les gens qui reprochent actuellement aux palestiniens de ne pas se révolter contre le Hamas, et ceux qui de l’autre côté déduisent de cette absence de révolte une prise de position politique libre de la société palestinienne à l’égard du Hamas, me semblent tomber à côté de ce qui se joue réellement pour ces qui vivent cet enfer sur terre. Je remarque au passage que le diagnostic de la seconde catégorie (ceux qui déduisent de l’absence de révolte une prise de position politique libre de la société palestinienne à l’égard du Hamas) est d’ailleurs étrangement similaire au diagnostic du camp adverse qui déclare, pour justifier l’extermination, que tous les palestiniens sont au fond des gens appartenant au Hamas.-
Emile Novis
Invité*pour ces palestiniens qui vivent un enfer sur terre.
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François Bégaudeau
Maître des clés» Le Hamas est une chose que je ne comprendrais réellement qu’à la lumière de ce qu’en diront ses administrés. »
Le Hamas gère Gaza depuis 2007. Le contenu de cette administration est très documentée. Et tu trouveras sans mal le témoignage d’administrés sur cette administration d’entre 2007 et 2023.
Par ailleurs, depuis la France je ne suis pas complètement incapable de comprendre-évaluer la politique de Trump, de Modi, de Lula. Pourquoi pas celle du Hamas.
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Claire N
Invité« Antigone n’était pas une révolutionnaire »
Oui c’est bien possible – je ne prends cependant pas les écrits d’Houria par ce bout là
Houria documente très finement les affects qui la traversent
En l’espèce la sensualité de ne pas s’appartenir que tu questionnes dans ton point précédent
Est je pense oui très puissant dans certaines constructions du désir
Orchestrer sa propre soumission est bien différent en terme de libido que de jauger la structure qui nous émancipe le plus , concrètement
Je ne dis pas que la subversion ne peut pas se faire dans un second temps mais sur ce point elle est plus trouble-
nefa
InvitéRévolutionnaire dans l’âme ? Elle n’a jamais pris autant de plaisir au fait de manger et à tout ce qui lui est relatif, que lors du premier confinement en mars 2020. Le geste de rébellion que fut l’immense paranoïa qui émergea alors d’un tréfonds – liquide – l’empêcha de se déplacer hors de son appartement pendant près de trois mois, l’obligeant ainsi à faire avec ce qu’elle avait et à reconsidérer, du tout au tout, les rapports qu’elle entretenait avec les aliments, en la poussant, par exemple, à sortir régulièrement les quelques carottes et autres légumes qu’elle avait emmagasinés au froid pour les essuyer afin de les préserver de toutes nécroses, ou, pour résumer, à prendre soin d’un trésor et à réaliser qu’elle y tenait comme à la prunelle de mes yeux. Un très étrange comportement – je dois dire – que celui-ci, perçu comme une juste remise en question, tel qu’observé généralement la nuit, durant le sommeil dit : paradoxal, un drôle d’état d’esprit qui – soyons lucides – constitue le ciment de nos songes ; pour l’illustrer, en prenant garde de ne pas chercher de quoi mais comment il est fait, quitte à rendre la chose agréable, un rêve érotique devrait faire l’affaire : simplicité dans le dénuement, ni trop ni pas assez, rien qui n’aille grossir ou amoindrir le tableau, chacun des éléments à sa place, tout excès, voir aberration fondus à l’intérieur du sentiment inaliénable que tout cela est bien réel, chaque manque faisant partie intégrante de la symphonie des sens qui se joue là, maintenant, sous nos yeux ; que de belles images, alors qu’aujourd’hui, elle se fait à l’idée, de façon beaucoup moins élégante, qu’un reconfinement est possible, qu’elle doit s’y préparer, qu’il lui faut en mesurer les conséquences, accumuler une quantité de nourriture avec en point de mire de ne pas avoir à se soucier de manquer, tout ça pendant qu’elle redoute de verser toutes les larmes de son corps à découvrir que la moitié de l’imposant stock de carottes quelle avait acheté est, par sa négligence, en train de pourrir dans le fond de son frigo. C’est drôle mais elle a dû traverser ça pour avoir une petite idée de comment cela se passe lorsque que l’on a l’impression très confuse, petitement formelle, que vivre une situation de l’ordre du geste révolutionnaire pourrait n’être après tout qu’une question de chance. Du hamster en l’occurrence.
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timour
InvitéSensualité que j’aimerais comprendre de manière plus prosaïque. Par quoi se traduit cette appartenance du corps à la communauté et qu’est-ce qui provoque physiquement le plaisir de cette appartenance ? Comment le désir de ne pas s’appartenir est-il apparu ? Procède-t-il d’un bien-être réellement ressenti dans une situation communautaire concrète, ou bien d’un fantasme d’une communauté à laquelle on voudrait appartenir ?
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François Bégaudeau
Maître des clésIl est bien normal que ce plaisir existe, perdure, et soit prisé, puisque nous commençons avec lui. D’emblée le nourrisson est pris dans un ensemble organique plus ou moins vaste, où il ne s’appartient pas, où il passe de bras en bras. D’emblée il est une affaire communautaire, que la communauté soit 3 ou soit 1000.
Il y a donc un confort communautaire le confort du connu, du balisé, du familier, du protégé (et de la tendresse, s’il y a). Ceci ne saurait etre négligé. Ceci devrait simplement etre dialectisé, ce que Houria ne fait pas dans son intervention. Or une défense non dialectique de la communauté est conservatrice par nature.-
timour
Invitéje pense qu’elle répondrait que si elle dialectisait sa/la communauté, elle perdrait son crédit auprès d’elle, qui est ce à quoi il me semble qu’elle tient le plus (parti « des indigènes »..) donc un refus d’aller au-delà de cette ligne. autant qu’il peut brouiller à mes yeux ses positionnements véritables, son souci d’être et de dire quelque chose avant tout pour ce prolétariat musulman ‘ »indigène »-là me semble aussi estimable
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Claire N
Invité« elle perdrait son crédit auprès d’elle »
Je ne suis pas certaine qu’elle répondrait cela
Et de toute manière cette position , par nature de peu de foi – nécessiterai -tu le sens bien sa propre critique-
François Bégaudeau
Maître des clés« son souci d’être et de dire quelque chose avant tout pour ce prolétariat musulman ‘ »indigène »-là me semble aussi estimable »
Oui, et littérairement ça tient (avec ce petit zeste de culpabilité qui va bien en littérature)
Politiquement ça ne tient pas. Politiquement (de gauche) un énoncé comme « je veux une communauté qui me surveille » ne tient pas.-
François Bégaudeau
Maître des clés« Je ne suis pas certaine qu’elle répondrait cela »
En public, jamais
En privé faut voir.
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timour
InvitéExcusez-moi si ce texte a déjà été traité ici, mais je trouve cette réponse à Houria Bouteldja très pertinente https://www.contretemps.eu/net-flou-lettre-houria-bouteldja-sandra-lucbert
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François Bégaudeau
Maître des clésOui on a déja commenté et approuvé (pour ma part) ce grand texte
On attend toujours la réponse de Houria.-
diegomaradona
InvitéLe racialisme et racisme fondamental d’houria, ainsi que son communautarisme rétrograde et religieux, l’empêcheront à jamais de répondre.
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Eden Lazaridis
InvitéHouria opère une critique du capitalisme par le bas, comme dirait Marx, selon une grande tradition contre-révolutionnaire. Elle est charismatique et intelligente, mais sans intérêt théorique.
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kenny
Invitéoui critique de droite du capitalisme qui détruit les familles
les blancs nous jalousent car dans nos quartiers il reste un peu de ces vieilles solidarités qu’il ne connaît plus
on trouvait ça chez houellebecq et bien d’autres avant, et meme chez le comité invisible
tout pdh est derrière elle là-dessus (cf l’émission récente pour la défendre), ça manque de débat contradictoire interne-
Eden Lazaridis
InvitéAbsolument : elle veut troquer le néo-libéralisme individualisant, favorisant de la compétition de tous contre tous, créateur de solitude et de désespoir contre le bon vieux communautarisme villageois, grégaire et rétrograde (traquer le mouton noir). Je ne mange ni d’un pain ni de l’autre.
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Ludovic
InvitéElle a raison
Sur l’importance de la commu
Mais elle veut quand même aggriper les Blancs
Avec elle et sa commu
Sous le drapeau
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Pq pas la séparation
C’est la question que je poserai-
Eden Lazaridis
InvitéC’est la partie complètement stupide de son discours. Si elle pense qu’elle va récupérer les Blancs racelards dont le principal affect est le rejet pavlovien des racailles noires et arabes juste en sortant un drapeau français, elle se fout le doigt, le bras, le torse dans l’oeil.
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Rigolus
InvitéNon, c’est toi qui simplifies. Le “rejet pavlovien” n’existe pas. Beaucoup de Français refusent l’immigration et l’islamisation non par réflexe, mais parce qu’ils voient leur pays changer sans qu’on leur ait demandé leur avis. Ce n’est pas un réflexe de haine, c’est une réaction politique, culturelle, parfois existentielle. Bouteldja se trompe peut-être, mais ta grille de lecture est tout aussi réductrice.
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François Bégaudeau
Maître des clésEden : je crois que je le lui ai assez dit
même si pas assez, puisqu’elle persiste -
diegomaradona
InvitéContrairement à votre racialisme (racisme) qui vous fait tout voir en fonction de la couleur de peau des gens, il se trouve que beaucoup de gens, peu importent leurs couleurs de peau, rejettent les racailles, peu importe leurs couleurs de peau. Mais c’est un fait que beaucoup de racailles sont noires et arabes.
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timour
Invitépourtant elle sait le faire récupérer des blancs : d’une part en leur faisant une place dans l’aura décoloniale, qui les attire pour sa vitalité actuelle – d’autre part aussi en flattant leur plaisir coupable de se faire miroiter leur blancheur à nouveau désirable dans les yeux des indigènes. elle n’a même pas besoin du drapeau pour s’adjoindre des blancs, même par les affects réacs, je trouve
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Ema
Invité« d’autre part aussi en flattant leur plaisir coupable de se faire miroiter leur blancheur à nouveau désirable dans les yeux des indigènes. » Pas sûre de comprendre ce point, peux-tu préciser ? La blancheur de nouveau désirable spécialement me laisse perplexe. Stratégiquement et en recomposant un peu par bribes la pensée stratégique d’Houria, j’ai l’impression que c’est plutôt avec le sens de la solidarité communeautaire des indigènes, vestige perdu par les petits blancs, qu’elle tente de séduire le prolétariat de souche non?
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timour
Invitésur la désirabilité de la blancheur : j’observe que beaucoup de blancs décoloniaux (essentiellement des hommes…) se décrivent fréquemment comme « gaulois », « gwer », « babtou solide », et apprécient qu’on les décrive ainsi, par exemple sur les réseaux sociaux où fleurit un patriotisme décolonial bizarre. ils parlent de « race », bien-sur-au-sens-social, ou parfois littérairement, comme FB dans son texte « génie des blancs ». peut-être que je suis excessivement vigilant à des détails anecdotiques du public de dany et raz par exemple. la pensée de bouteldja leur autorise ce frisson érotique de se mettre la race en bouche ou en bandoulière d’un compte X. ailleurs j’entend théry et d’autres se dégager assez confortablement de la « blanchité », pour eux juste un concept. et sa comparse Judith Bernard : décoloniale, « je suis comme Blanche gardin, un peu moins blanche » : les Blancs à nouveau autorisés à se penser sans privilège blanc ? autorisés à se définir à nouveau dans des coordonnées désirables : celles d’une identité congruente avec la contestation politique ? je veux dire : par exemple, comment ne pas trouver désirable l’indépendantiste algérien qui triomphe de ses oppresseurs ? de là, comment répondre au désir d’être algérien ? j’ai l’intuition que le patriotisme de bouteldja répond à cette question en suggérant aux petits blancs d’être des vietnamiens à la française : votre drapeau sera désormais décolonial, mais vous pourrez donc le garder. Trop content de le garder, le petit Français aime son drapeau d’un amour confus, et le brandit à nouveau avec un enthousiasme qui me glace.
Je ne blâme pas les blancs de vouloir s’outiller de la pensée décoloniale pour s’imaginer une identité blanche décoloniale (« blancheur », mais c’est moi qui l’écrit – et cette imagination se limite à des signaux bizarres que j’interprète dans l’espace public et par décodage d’un étrange affect de timide fierté blanche chez des décoloniaux – je suis pas théoricien) débarrassée de son passif impérialiste (ce qu’est la « blanchité »). je constate juste 1- que ça existe 2- que ça m’inspire un profond scepticisme et un vague jugement moral. je pense que bouteldja jugerait positivement la « blancheur » si elle existait, comme instrument pour faire pièce à la « blanchité », et je pense que c’est l’enjeu de sa réhabilitation du drapeau
« sens de la solidarité communautaire des indigènes » pour séduire les petits blancs : à toi de développer maintenant ? je ne vois pas ce qu’elle proposerait concrètement sur le terrain de la solidarité communautaire. à part aux convertis à l’islam, dont j’ignore l’insertion réelle à la communauté musulmane, je ne vois pas trop quelle solidarité communautaire elle propose aux petits blancs en tant que décoloniale – en tous cas je n’interprète pas le patriotisme proposé comme une solution communautaire comparable à celle dont « jouissent » les indigènes.
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Ema
InvitéMerci pour les précisions Timour, mon développement rejoindra donc à peu près le tient: Réaffirmer l’importance et la beauté d’appartenir à une communeaute (nationale ou religieuse qu’importe) auprès des petits blancs depuis sa position d’indigène me donne l’intuition un peu foutraque qu’elle espère inspirer les petits blancs en question, leur donner envie de se resaisir de leur identité de petits blancs afin d’en faire un outil politique decolonial solidaire. Pas les islamiser ni les grand remplacer non (rires)
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Leo Landru
InvitéBouteldja n’est pas solide sur sa position bleu blanc rouge, pas autant que si elle pensait vraiment aimer la France à la manière d’un token pathétique comme Jean Messiha. Tout son développement sur le frexit décolonial et le patriotisme international (rires) ressemble à un exercice d’imagination sous la contrainte de fournir un projet après avoir produit une analyse structurelle du racisme en France – une analyse à laquelle je souscris généralement, ancrée dans une connaissance de l’histoire de la colonisation qui n’est pas à éprouver. Mais cette proposition est une impasse et prise dans cette impossibilité, Bouteldja en rajoute comme un maçon construirait une maison sur des fondations bancales en espérant que ça ressemblera à une maison plutôt qu’en recommençant son ouvrage.
Les Blancs décoloniaux qui se réapproprient leur drapeau français, leur blanchité et leur solidité dans un plaisir coupable d’être blanc, je n’en ai jamais rencontré à gauche. Il faut me les montrer. Des individus virilistes aux affects autoritaires oui, mais certainement pas animés par le drapeau ou la patrie. Certains sentent la culpabilité blanche, le besoin fragile de s’amender qui fait tant rire les droitards, il y en a, nul n’est exempt d’affects – les antifas de rue les premiers, et pourquoi pas s’ils s’avèrent efficaces contre les fascistes de rue animés par des affects bien plus sombres. En revanche, hormis dans les partis et à titre marginal ou symbolique, la dynamique idéaliste d’un patriotisme fantasmagorique est une vue de l’esprit. Des Blancs de gauche fiers de leur blancheur, de leur race ou que sais-je, je n’en croise pas à gauche, je ne sais pas d’où ils sortent, je n’ai jamais entendu un militant crédible en quête de communautarisme quelconque avec d’autres Blancs, ou en peine de ne pas appartenir à une communauté indigène religieuse ou culturelle (hors cas pathologiques ponctuels). Les choses se font sans malice entre individus de bonne volonté. Les seuls que je vois developper ce genre de frustration, de jalousie, sont à droite et parlent de communauté organisée et de grand remplacement.
Voilà l’impasse intellectuelle que Bouteldja et les fascistes empruntent : celle d’une société où la race sociale vient au dessus de tous les autres déterminismes, géographiques, économiques, culturels, psychologiques, générationnels, sexuels, de genre, de santé, de tempérament. On ne peut pas les blâmer, ça fonctionne sur les esprits chagrins friands de médias réactionnaires promoteurs de pratiques policières, mais je ne vois pas ça à gauche, pas chez la gauche qui pense. La race sociale est un déterminisme très fort, très clivant, mais où dans le camp antiraciste s’articule une pensée souverainiste hormis chez Bouteldja (et Mélenchon, dans une moindre mesure) ? Surtout où cela est-il censé produire une conscience militante ? Aucun Blanc antiraciste n’a envie de se faire considérer comme un « petit Blanc » utilitaire avec ce sens de la formule diminuante que l’on connaît chez Bouteldja. C’est quelque chose qu’on lui passe – nous les Blancs – parce qu’on voit au-delà du terme péjoratif (reconnaissons l’existence de ces petits Blancs « beaufs » qui jamais ne rejoindront un courant décolonial de « barbares »). En prenant les Blancs de haut, d’une certaine façon, en leur refusant le bon soupçon, Houria témoigne aussi d’une incapacité à envisager l’égalité comme fondement d’une pensée antiraciste. On en revient finalement à cette superiorité morale et circonstancielle du concerné contre le surplombant supposé – de l’impossibilité d’avoir une pensée valable selon son essence. Il me manque ta sensibilité alors je ne peux rien. Arc narratif simpliste et de droite. -
François Bégaudeau
Maître des clésMagnifiques lignes de Timour
Je comptais consacrer un « psychologies » à ce drole de frisson qu’a le blanc décolonial à se dire blanc ou gwer (je connais ce frisson), eh bien tu m’as précédé.
Au passage : mon texte ne s’appelle pas « génie ds blancs », faut pas déconner non plus, mais « Une pensée pour les blancs ». -
François Bégaudeau
Maître des clés« On en revient finalement à cette superiorité morale et circonstancielle du concerné contre le surplombant supposé – de l’impossibilité d’avoir une pensée valable selon son essence. Il me manque ta sensibilité alors je ne peux rien. Arc narratif simpliste et de droite. »
Oui
(mais je crois que Timour ne disait pas le contraire. -
timour
Invitéerreur de mémoire sur le titre du chapitre, désolé .. des questions à te poser sur lui ‘dailleurs mais je vais dabord le relire
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timour
Invité« On en revient finalement à cette superiorité morale et circonstancielle du concerné contre le surplombant supposé – de l’impossibilité d’avoir une pensée valable selon son essence. Il me manque ta sensibilité alors je ne peux rien. Arc narratif simpliste et de droite. »
ces lignes m’étonnent. ce n’est pas qu’un arc narratif : c’est le genre d’échange réel que je peux avoir vu, cette toutologie marxisante sûre et péremptoire face à un discours de « colonisé » qui emprunte à toutes sortes de registres pour trouver son autonomie. je crois qu’on se goure si on attribue à bouteldja cet essentialisme, ainsi qu’à la plupart des décoloniaux que j’ai eu à portée : on se goure de registre. bouteldja, fanon ou autres empruntent je crois (pas spécialiste) bcp à la poésie/littérature, leur langue n’est pas toujours académique. pour leur apport théorique réel à la gauche, je me garderai d’assigner, du fait de ce registre confusant, les décoloniaux à la « droite » ou à la réaction. le texte de houria est réactionnaire, mais je ne sais pas si houria est réactionnaire. je pense qu’à force d’utiliser plusieurs registres, elle m’a perdu sur la croisière des gays ; et sans doute s’est-elle perdue aussi. mais on va se retrouver. j’ai une immense confiance (poétique, amoureuse, religieuse) dans le fait que les mutations réelles au Sud global interdiront à ceux qui s’en réclament ou s’y réfèrent, (les décoloniaux, la gauche), de se tromper dans l’analyse des faits matériels – de tomber à droite. -
François Bégaudeau
Maître des clés« j’ai une immense confiance (poétique, amoureuse, religieuse) dans le fait que les mutations réelles au Sud global interdiront à ceux qui s’en réclament ou s’y réfèrent, (les décoloniaux, la gauche), de se tromper dans l’analyse des faits matériels – de tomber à droite. »
Je veux y croire aussi
Mais cela implique d’abord que ces gens s’intéressent enfin au Sud global (moi quand je veux des nouvelles du Sud, je ne vais pas sur PDH, plutot sur Lundi matin (par exemple récemment un très bon texte croisé sur Congo et Soudan) ou évidemment le diplo). Et j’attends le live sur les émeutes récentes au Maroc, d’ailleurs vite étouffées par la troupe sans vergogne.
Cela implique surtout qu’ils s’y intéressent matériellement. Et ça c’est encore plus éloigné de leur facture actuelle -
v.
InvitéIl faudrait justement voir si le Sud global n’agit pas comme écran de fumée chez PDH – eux qui disent parler d’un point de vue interne au Nord (« indigènes de la République ») et laisser le Sud trouver ses propres moyens d’action.
Par ailleurs, leur couverture de la situation à Gaza ne vaut qu’en tant qu’il s’agit aussi d’un sujet intérieur.
J’ai également ressenti un certain manque en la matière dans leurs lives – qui parfois consistent presque à commenter le twitter d’Aymeric Caron. T’as raison, François Bégaudeau, de plutot renvoyer à Lundi Matin ou au Diplo. -
Leo Landru
InvitéLà-dessus je te crois sans problème, ayant suivi les échanges (ou l’absence d’échanges) entre le très bon Ajari et la médiocre Paduteam. Ce que je réfute c’est la généralisation. Oui pour dire aux Blancs qu’ils ne savent pas de quoi ils parlent quand ils se mêlent de racisme, sauf s’ils savent de quoi ils parlent – entre Christiane Taubira et Sylvie Laurent je n’hésite pas longtemps. La notion de race sociale « first » ne peut (selon moi) se decorréler de la classe et du genre dans une perspective matérialiste donc non-idéaliste ; autrement dit, la lutte antiraciste race first ne peut être que libérale. Pour être efficace elle doit s’articuler autour de la lutte des classes, de l’étude du capitalisme et d’une soif d’en sortir (plutôt que sur le chauvinisme, pour commencer).
Les micro-affects racistes des Blancs de gauche me semblent négligeables quand il s’agit d’eux-mêmes en leur intimité – je ne me reconnais pas dans cette affaire d’émois troublants à l’idée de ma blancheur et de mon privilège (merci le hasard). Résidu d’une pensée colorblind universaliste, hypocrisie, malhonnêteté, surplomb, je peux tout entendre mais je m’examine et ne me trouve pas de joie raciste blanche. Caractéristique génétique aléatoire comme la calvitie, la lombalgie ou le cholestérol que l’on invisibilise si souvent.
Sur la pride des banlieues que tu évoques en sous-texte, Houria se vautre complètement pour la simple raison qu’elle s’est fait un avis avant même de savoir de quoi on parlait. Yannis, le porte-parole de la pride des banlieues, pose justement le sujet comme un fait politique matériel, non pour stigmatiser les banlieusards supposément homophobes mais bien comme un contre-évènement face à la libérale pride « des centre-villes ». Je suppose qu’on se rejoint là-dessus. -
François Bégaudeau
Maître des clés» de joie raciste blanche »
On ne parlait pas de ca, mais de la joie « de gauche » de se reconnaitre blanc, et de se désigner comme un dominant qui aurait à s’amender -
Leo Landru
InvitéJe comprends mieux. Pour le coup c’est l’entrée Plaisir d’offrir de Psychologies qui me vient spontanément – et là je ne peux pas m’absoudre de cet affect magnanime de Blanc. Merci pour la précision. Les lignes qui m’ont conduit vers la confusion sont les suivantes :
« j’observe que beaucoup de blancs décoloniaux (essentiellement des hommes…) se décrivent fréquemment comme « gaulois », « gwer », « babtou solide », et apprécient qu’on les décrive ainsi, par exemple sur les réseaux sociaux où fleurit un patriotisme décolonial bizarre. ils parlent de « race », bien-sur-au-sens-social, ou parfois littérairement, comme FB dans son texte « génie des blancs ». peut-être que je suis excessivement vigilant à des détails anecdotiques du public de dany et raz par exemple. la pensée de bouteldja leur autorise ce frisson érotique de se mettre la race en bouche ou en bandoulière d’un compte X. ailleurs j’entend théry et d’autres se dégager assez confortablement de la « blanchité », pour eux juste un concept. et sa comparse Judith Bernard : décoloniale, « je suis comme Blanche gardin, un peu moins blanche » : les Blancs à nouveau autorisés à se penser sans privilège blanc ? »
Je ne les pas bien comprises ou pas bien acceptées ces lignes – déjà la citation de JB (essentiellement un homme ?) m’est absurde car je n’ai pas le contexte. Je ne vois pas où ça va, je me sens agacé par cette suspicion faite aux Blancs de surjouer l’alliance. Je n’écarte pas l’hypothèse de mon tempérament susceptible et d’une réflexion inaboutie de ma part.
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Leo Landru
InvitéJ’ajoute que « babtou solide » est toutefois un terme complètement étranger à la gauche, à ma connaissance – il s’agit notamment du nom de la marque de vêtements lancée par le néo-nazi Loïk Le Priol, coupable du meurtre de Federico Aramburu. D’où incompréhension supplementaire.
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timour
InvitéLeo : Judith Bernard intervenait sur PDH il me semble. la conversation, avec théry et je ne sais plus qui d’autre, part du sketch de Blanche gardin, dérive et fait de la « blanchité » un concept dont JB se dédouane alors : en tant que décoloniale, elle serait comme Blanche (Gardin) moins blanche qu’une blanche (lambda) (avec son humour qui va bien). énoncé qu’elle défendra plus tard en tenant sa position : puisque la blanchité est un rapport social, celle qui attaque ce rapport social en jouit moins que les autres, et donc, autant qu’elle puisse être une intellectuelle française agrégée, par son engagement décolonial, elle se déblanchit. ce que PDH n’identifiera pas comme une idée libérale sur le moment d’ailleurs.
je n’entendais pas du tout incriminer JB ou jeter une suspicion particulière sur les blancs. je voulais ramener du fond de mes impressions un élément qui me parait aigu sur la question de bouteldja et des blancs, du décolonialisme et du patriotisme français. en évoquant ceci : le plaisir réel, sans doute inconscient, bêtement blâmable, mais réel, de blancs qui jouissent de l’affect d’identité d’être blancs (d’être des européens, des français… des gaulois, des bretons, etc.) par la porte décoloniale après s’être interdit la porte nationaliste : par la porte décoloniale, ils s’imaginent que le drapeau BBR peut être réinvesti d’amour, autant que les drapeaux algériens ou vietnamiens le sont par les décoloniaux. dans leur esprit, tout cela a du sens, je ne juge pas vraiment ça. j’observe simplement que la porte décoloniale est ouverte par eux, par bouteldja, pour agiter le drapeau BBR. substitue si nécessaire le drapeau BBR par un drapeau breton ou occitan : oui, ces individus existent à gauche. et je n’ai pas dit qu’il faut les aligner contre un mur pour traîtrise et colonialisme refoulé, simplement qu’ils semblent retrouver le goût de la patrie à la sauce bouteldja . et pas autre chose !
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timour
Invité« babtou solide » n’appartient à personne, ou bien à tous ceux que ça fait triper. je l’entend à gauche des fois, dans la bouche de gens qui ne sont pas (encore..?) assez ridicules pour en faire des T shirt
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Leo Landru
InvitéL’historicité de babtou solide date de l’internet du mitan des années 2010 (son pendant était le « babtou fragile » : les deux termes ont formé un meme pas terrible) d’abord par une utilisation sarcastique puis ouvertement droitière après une manifestation pour les réfugiés de Calais concomitante d’une altercation opposant une famille de beaufs racistes et armés à des jeunes qui furent dépeints comme des migrants ou des antifas selon les sources. Le Priol a repris le fait divers (une histoire sans intérêt) et s’est pointé chez la famille pour leur offrir des t-shirts et faire sa promo sur leur dos – à ce moment, l’expression devenait connotée publiquement. Mais là encore c’est peut-être un épisode oublié par la jeune gauche moderne.
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Leo Landru
InvitéAlors je me suis mépris, et ce ne sera pas la première fois. Je ne connais pas de gens assez bêtes pour tenir ces positions sans mourir de honte mais je te fais confiance – je connais peu de monde. J’ai vu ça chez la FI mais sans discours décolonial subversif : il s’agissait tactiquement et pathétiquement de récupérer les fâchés pas fachos, de faire bonne figure dans les médias, bref de prosélytisme assumé. Peut-être est-ce là le nœud du problème drapeau.
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Ludovic
InvitéLes rep n’ont aucun sens par rapport à ce que je dis
Ma reflexion n’est pas là
Le drapeau est un moyen et oui y’en à d’autres
Mais le fond
C’est Pourquoi vouloir des blancs
Pourquoi vouloir traîner dans nos pattes-
Ludovic
InvitéPaske J’crois que même en france quand y’aura plu de blancs
Vous irez dans d’autres pays où y’a encore des blancs
Et ceci indéfiniment-
Ludovic
InvitéAlors que l’inverse est pas vrai du tout
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