Accueil › Forums › Forum général › Les safe spaces : un véritable sujet ou une exagération réactionnaire ?
- Ce sujet contient 41 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
lamartine, le il y a 1 année et 6 mois.
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cornemuse
InvitéJ’ai entendu dans une interview récente de Begaudeau (je ne me souviens plus laquelle) Begaudeau dire que son éditrice dit : « la littérature, ce n’est pas une safe place. » Ce qui m’a fait poser une question : les safe places, depuis 4-5 ans, on en entend (en entendait) beaucoup parler, mais souvent que par des gens tenant une position hostile ou réactionnaire dessus : un Pascal Pro par là, une chronique humoristique pas drôle de France Inter par-ci, Finkielkraut en passant et un article de Causeur, Valeurs actuelles, Franc-Tireur en buvant son café. Mais alors, en dehors des obscurs exemples qu’on brandit (toujours vidéo à l’appui, où on voit des élèves humilier des profs qui finissent exclus de leurs propres universités) où on les voit imposés dans des universités américaines, non mixtes et où les hommes blancs sont exclus, créant une soi-disant discrimination inversée (Evergreen, etc.), ces fameux safe spaces existent-ils vraiment ? Y en a-t-il en France ? Sont-elles si répandues ou seulement des exceptions dans certains espaces ? Des gens ici en connaissent-ils ou en ont-ils fréquenté ? Dans quel lieu peut-on créer des safe spaces (festival, bar, école, fac, entreprise) ? Je lis qu’il existe une association qui s’appelle Safe Place (féministe, LGBT), que certaines émissions/interviews, parfois intéressantes, parfois racoleuses, en reprennent le nom. Je crois me souvenir que l’idée avait été mise en avant pendant Nuit Debout. Je lis sur Wikipédia : « Un safe space peut se définir comme un environnement dans lequel chacun se sent à l’aise pour s’exprimer et participer pleinement, sans avoir la crainte d’être attaqué, tourné en ridicule ou de voir son expérience niée. Dans le cadre d’une classe, il s’agit d’un espace dans lequel une personne se sent protégée de blessures psychologiques ou émotionnelles. Il ne s’agit cependant pas d’un espace exempt de toute expérience négative, susceptible de susciter de l’inconfort, un sentiment de lutte ou de douleur.
Les safe spaces sont ainsi employés par des membres de groupes sociaux perçus comme victimes d’oppression : femmes, personnes perçues selon leur couleur de peau comme victimes de racisme, personnes appartenant à des minorités sexuelles ou de genre, atteintes de handicap, etc. Les safe spaces peuvent être matérialisés par des endroits physiques désignés comme tels, notamment au sein d’un milieu académique (classe, campus universitaire) ou d’un milieu associatif (associations LGBT+, féministes ou de victimes, groupes de parole…) par exemple. Il peut également s’agir d’endroits virtuels comme certains forums de discussion. » Chantiers autonomes ne serait-il pas, au final, lui aussi une safe places ?
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cornemuse
InvitéEst-ce que, finalement, la panique autour des « safe spaces » pourrait être pareil que celle qui entoure les « wokes » ?
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lamartine
InvitéSi tu veux bien m’expliquer pourquoi on doit s’affoler de cette affaire ? A priori, je trouve ce « concept » intéressant si ce n’est pas encore du bullshit, à la mode de chez nous ! ce dont je doute.
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cornemuse
Invitéje ne dis pas qu’il faut s’affoler justement, je constate juste qu’il y a un paquet de gens qui s’affolent et je cherche a comprendre si c’est justifié ou non, d’où le titre.
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cornemuse
Invitésinon je conseille le texte de Nox sur le sujet.
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lamartine
Invitéok, je vais lire. Il est où ? Je suis curieuse de façon dévorante, et en même temps un peu blazée de mise en scènes alléchantes qui souvent s’avèrent être illusoires.
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cornemuse
Invité-
lamartine
InvitéMerci, tu es élu le mec le plus cool du space.
J’ai lu, c’est intéressant, mais c’est une illustration du rejet généralisé dès lors où tu n’entres pas dans le moule.
Ce qui m’intéresse, c’est de connaître des noms de safespace, pour me faire ma propre réflexion.
En écrivant, je me demande si cela ne ressemblerait pas à nouveau à des pseudo espaces, où chacun y va de sa définition de la bienveillance, coolitude et blabla. J’avoue que je crains beaucoup les règles, même si j’aime le collectif, et que ma propre expérience dans ces safespace -non définis comme tels- me raidissent un peu. Le pouvoir souvent s’invite et les rapports de forces avec, donc sans moi. Mais, ça me rend encore curieuse.
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cornemuse
InvitéCette vidéo est souvent citée dans les articles anti-safe spaces.
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Ludovic
InvitéNon c’est très bien
Moi j’suis un homme blanc
Et il faut m’interdire de tout
Et regrouper
Les fam’blanches, les marrons, les trans, les ceci les cela
Dans des mêmes endroits
Écumants de bave aux lèvres-
François Bégaudeau
Maître des clésOù l’on voit que ce type de sujet attire immanquablement les crétins.
Pour ma part :
1 on dit pas safe space?
2 quel avis avoir là-dessus, sinon : c’est bien mais faut pas en abuser
3 tu pars de la formule de mon éditrice qui me parait autrement intéressante à discuter : art et safe space. On la discute dans un livre à sortir.-
cornemuse
Invitési, en anglais on dit safe space, mais c’est pas très important
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Nox
Invité« Safespace », y a un côté SF que « safe place » n’a pas.
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diegomaradona
Invité« 2 quel avis avoir là-dessus, sinon : c’est bien mais faut pas en abuser »
Cette phrase est d’une immense hypocrisie.-
François Bégaudeau
Maître des clés« immense hypocrisie » n’est pas un jugement
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cornemuse
InvitéPourquoi diego amène toujours les mêmes discussion de con sur la moral et le jugement.
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diegomaradona
Invité« immense hypocrisie » n’est pas un jugement
Non, c’est un fait-
cornemuse
InvitéUn fait très péremptoire, suivi d’aucune explication.
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diegomaradona
Invité@cornemuse « Un fait très péremptoire, suivi d’aucune explication. »
Aucunement péremptoire, car j’ai expliqué à plusieurs reprises que François ne répond que par des explications hypocrites, quand il ne s’intéresse pas à son interlocuteur.
Ceci est donc un fait.
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Mélanie
InvitéY’a dans les 2-3-4 ans quelqu’un avait posté sur l’ancien forum un texte extrait d’un livre collectif je crois
Je crois aussi que le postant s’appelait Philippe
Bref je ne me rappelle plus la source originelle, mais il était écrit qu’il n’y avait pas sur Terre d’endroit où s’abriter de ce monde
Quelqu’un se rappelle?-
diegomaradona
Inviténon
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Tristan
Invité« …mais il était écrit qu’il n’y avait pas sur Terre d’endroit où s’abriter de ce monde »
Ici Amélie. Ici est ton antre.
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Baptiste B
InvitéPour une généalogie politique de la safe place dans le contexte politique plus large de la défense des corps et de l’autodéfense, je vous conseille le bouquin stimulant d’Elsa Dorlin: Se défendre. Elle revient sur la façon dont certaines safe place dans les années 60 ont permis un renforcement des luttes, notamment dans les communautés homosexuelles. Le revers étant un sécuritarisme excluant notamment les minorités, et produisant la gentrification de certains quartiers. Les communautés gays refusaient par exemple les hommes pauvres ou issus de minorités car ils les identifaient à l’homophobie que les safe places visaient à repousser. Étonnement, Dorlin tire de cette exemple des origines de la notion de la safe place une conclusion générale sur le dispositif : « plus on se protège contre l’insécurité, plus on épuise le pouvoir de ce qui signifie une « communauté », solidaire, coalisée, de laquelle puiser la puissance et la rage ; plus on réalise une forme de biopolitique à l’échelle des luttes, un biomilitantisme ».
Si vous voulez découvrir son travail très riche (la question de la safe place n’est qu’un petit passage de Se défendre, où elle part de nombreux exemples de mouvements et d’organisations politiques pour penser la versatilité des politiques d’autodéfense), voilà un long entretien autour de ce travail: https://m.youtube.com/watch?v=A1Wt3lE_uxw
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Nox
InvitéPuisque le texte que j’ai écrit à ce sujet est un peu trop subjectif, je conseille le livre Faire justice, d’Elsa Deck-Marsault.
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Dr Xavier
InvitéJe plussoie cette recommandation.
Et de manière connexe j’ai trouvé très stimulant l’entretien sur Hors-série au sujet de La domination charismatique en milieux militants. La sociologue Julie Pagis explique entre autres comment l’autocritique (se changer soi-même pour changer la société) peut devenir un outil de coercition. -
cornemuse
InvitéJ’ai déjà lu certains de tes textes, mais jamais sur les safe place. Ça m’intéresserait si tu as un lien.
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Nox
InvitéCass Andre l’a interviewée à ce sujet :
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cornemuse
Invitéambiance twin peaks, j’aime bien le décor. sinon Elsa Deck Marsault est très intéressante, et je regarderais volontier cette interview mais je parlais de tes textes a toi « Puisque le texte que j’ai écrit à ce sujet est un peu trop subjectif ».
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Nox
InvitéJe comprends mieux.
Tu me diras ce que tu en penses.-
François Bégaudeau
Maître des clésJ’évoque le livre dans Comme une mule. J’en retiens, plutot que son style, deux idées intéressantes.
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François Bégaudeau
Maître des clésTrès bon texte, Nox, à nouveau.
Pour un ancien confus, je trouve ta faculté de TIRER AU CLAIR tout à fait exceptionnelle.-
Nox
InvitéCe texte date d’avril 2023 ; je sortais du blocage de ma fac à ce moment-là, pour étoffer le contexte.
J’ai un autre texte sous la main à ce sujet mais en le relisant, je me suis dit que c’était moins intéressant ou pertinent, puisque le texte évoque directement mon départ du blocage et ce, d’une manière assez véhémente.
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Leo Landru
InvitéJe trouve le principe très intéressant si on entend par là un espace coupé temporairement de l’adversité pour ensuite y faire face après organisation.
Une réunion syndicale est un espace safe de toute intrusion patronale (en théorie). La soirée entre potes est un espace safe – on évite autant que possible d’y inviter les non-potes fâcheux. Le bar associatif de gauche de droite de fascistes ou d’anarchistes est un espace safe pour qui s’y rend.
La réunion en non-mixité est un espace safe, mais comme elle s’appelle réunion en non-mixité au lieu de groupe de meufs, il se trouve des blaireaux pour vouloir à tout prix s’y incruster alors que rien ne les y intéressera. Et ensuite ils maugréent comme des gargamels, persiflent comme des pascaux prauds et chouinent comme des bébés à la télé ou dans les commentaires des réseaux sociaux. -
PeggySlam
InvitéAyant eu une expérience comme scène slam de poésie féministe, je me suis dis plus jamais ça. car un lieu public pour moi reste un lieu public. Et qui en plus dans ce genre de soirée quand il y a du public masculin hé bien ils n’osent pas venir te voir parce que c’était une scène dédiée aux femmes alors qu’aucune des invités n’étaient vraiment féministes. J’ai l’impression que ce genre de lieu de rendez-vous est un effet de marketing mais qui peut avoir un effet négatif et pervers car du coup les mecs n’osent pas parler. Ça devient tellement n’importe quoi tout ça et ça ne fait que remettre en doute les vraies victimes. Entre guillemets tout ça bien sûr pour Les vraies victimes. Bref je trouve que ça ne rend pas plus fort un témoignage qu’un autre en tout cas. Même au contraire ça fait son effet inverse. Et de dire qu’entre victimes on se reconnaît c’est également faux. Car dans les rencontres les femmes se confier à moi que lorsque j’en commençais la discussion mais que physiquement ça ne se voit pas. Enfin bref beaucoup de grande phrase morale pour rien…
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SHB
InvitéRappel que François Bégaudeau avec ses majuscules c’est pas le logo du vrai François dans le topic ça se voit dans le menu donc arrêter d’être complètement con vous parlez a un troll la.
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essaisfragiles
InvitéC’est lui, sans aucun doute.
Mais depuis quelques jours, va savoir, il utilise l’ordi de Caroline Fourest.-
Delphine
InvitéPeut-être que, à chaque sortie de livre, il y a une alternance majuscules / minuscules, ou alors majuscules quand il s’agit d’un essai, minuscules quand il s’agit d’un roman. Il me semble que les majuscules sont apparues lorsque la page de « Comme une mule » a été créée, dans la partie « Littérature » du site.
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essaisfragiles
InvitéLe François érectile, avec ses empattements magistraux, n’est pas mal non plus, je dois dire.
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nefa
Invitéclique sur François Bégaudeau en gras
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SHB
InvitéLa manière dont il écrit, la ponctuation désastreuse, 100% c’est pas lui.
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cornemuse
Invitéclique sur son speudo
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cornemuse
Invitéremonte aux tout premiers threads de la nouvelle version du forum et tu verra qu’il utilisait déjà ce compte.
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AuteurMessages
