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Accueil Forums Forum général « Les contre-soirées sont les meilleurs outils révolutionnaires »

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    • #100365 Répondre
      Ourson
      Invité

      « J’ai toujours su que les contre-soirées étaient les meilleurs outils révolutionnaires. »

      J’ai lu ce commentaire sous une vidéo évoquant un patron de boîte et sa milice qui avaient tabassé des gens à une free-party, simplement parce que ça dérangeait le voisinage.

      Le type ne pensait peut-être pas ce qu’il disait au premier degré en écrivant ce commentaire, mais moi, je trouve cette phrase d’une vérité implacable.

      Imaginons qu’on soit tous dans une boîte de nuit… mais qu’elle soit franchement nulle : l’entrée hors de prix pour pas grand-chose, un DJ qui enchaîne des sons éclatés, des shooters à 15€, des toilettes immondes, une piste bondée sauf pour ceux qui payent leur carré VIP… Bref, l’arnaque classique.

      Comment alors faire pour passer une bonne soirée ?

      On pourrait inonder les réseaux sociaux de critiques incendiaires sur cette boîte miteuse.

      On pourrait gueuler sur place pour exiger un meilleur DJ, des prix décents, mais trop crier, et on se fait sortir par les videurs.

      On pourrait même tenter d’affronter ces videurs pour prendre le contrôle de la boîte… mais on risquerait d’y laisser des dents, et la police débarquerait avant qu’on ait eu le temps de comprendre ce qui nous arrive.

      On pourrait lancer une pétition pour remplacer le DJ ou le physio, peut-être même que la boîte pourrait organiser cette pétition… mais au final, même avec le meilleur physio du monde, les soirées de cette boîte seront juste un peu moins nulles

      Le meilleur moyen de passer une bonne soirée, ce serait peut-être de simplement sortir de la boîte.
      Se poser dehors, avec une bonne paire d’écouteurs, une clope, un bouquin.
      Les plus sociables pourraient embarquer deux ou trois personnes avec eux. Ils pourraient allumer une JBL, se prendre une bouteille de rhum ou de vin chez l’épicier, pour le prix d’un shooter à l’intérieur.

      La musique attire d’autres personnes. Puis d’autres encore. Certains préviennent leurs potes restés dans la boîte que tout se passe sur le parking. D’autres ramènent leur propre enceinte, histoire de varier les sons.

      Une heure plus tard, sans qu’on s’en rende compte, la boîte est vide. Tout le monde est dehors, en « pause clope », mais plus ça va, plus ces pauses durent. Plus il y a d’enceintes, plus il y a de bouteilles qui tournent, que les gens se partagent sans chercher à se faire de l’argent sur chaque gorgée.

      Les videurs, les barmen, le physio, le gérant… tous observent, impuissants.
      La contre-soirée est devenue LA meilleure soirée de la ville.
      On s’y entend mieux parler, on y boit pour pas trop cher, et chacun y trouve son compte musicalement (sauf ceux qui écoutent de la techno upbeat hardcore, vous vous êtes bannis).

    • #100385 Répondre
      poissonvache
      Invité

      Salut Ourson, Si je comprends ta métaphore, la soirée c’est la vie, la boite c’est la société capitaliste et le parking ça serait des lieux autonomes que l’on soustrait à la société.

      La société capitaliste ne nous plait pas alors qu’à cela ne tienne, ne prenons pas part à toute cette mascarade, n’essayons pas de transformer la société car finalement il ne suffit que de faire un pas de côté pour en recréer une autre, libre de toutes les vilaines règles que la première nous impose.

      Je partage ta métaphore et pense aussi que chaque petite contre soirée que l’on peut instaurer ça et là sera de la vie gagnée face à l’oppression capitaliste, chaque poche d’air autonome est bonne à prendre et c’est autant de souffrance en moins endurée à lutter contre cette machine infernale.

      Sauf que :

      1. Ca me semble cacher en négatif l’idée que de toute façon il n’y a rien à faire contre cette sacrée saucisse qu’est la société capitaliste : There In No Alternative pour reprendre les mots d’une belle ordure. Ca me sembler relativement pessimiste et structurer sa pensée autour de l’idée qu’on a de toute façon perdu d’avance ne m’attire personnellement pas trop (à débattre).

      2. Pour autant qu’on essaye de sortir de la société et de toute ses structurations capitaliste/patriarcale/raciste etc.. :
      2. a) Rien ne nous dit qu’on ne vas pas reproduire à petite échelle les mêmes structures oppressives (c’est d’ailleurs assez évident que si on
      n’attaque pas les problèmes à la racine ils reviendrons par la fenêtre).
      b) Aussi autonome que tu puisse être c’est tout bonnement impossible de s’extraire totalement de la société, tu auras toujours besoin
      d’être plus ou moins soumis au règles de cette dernière.

      Tu l’auras compris je suis plutôt partisan de la lutte pour la transformation de la saucisse, après je pense pas qu’il y a du bon à créer et maintenir ce genre de zones:
      1 bis. D’un point de vue stratégique cela peut être une zone de réflexion, d’organisation, où l’on expérimente la vie autrement un laboratoire de la société de demain (ZAD, rond point etc..)
      2 bis. Ces zones, idéalement moins soumises aux oppressions de la saucisse, donc vraisemblablement des zones où beaucoup pourrait se retrouver pour prendre un moment de répit, y vivre de manière plus heureuse et épanouie, pourrait faire office de poche d’air dans l’asphyxie générale que nous impose la saucisse mais dans l’objectif de mieux retourner lutter pour la libération totale.

      en bref, on créer des soviets et ensuite bah tout le pouvoir aux soviets hein

      PS: totalement d’accord sur ce qui écoutent de la techno upbeat hardcore

      • #100449 Répondre
        Ourson
        Invité

        Tu as très bien saisi ma métaphore… peut-être même mieux que moi . Je n’avais pas une idée totalement arrêtée en écrivant, et ton interprétation éclaire des choses que je ressentais sans forcément les formuler.

        Je ne vois pas ces espaces autonomes comme une fuite, mais bien comme une forme de lutte. Il ne s’agit pas de se cacher ou de vivre en marge, mais de construire des alternatives viables, à petite échelle, qui démontrent par l’exemple qu’un autre fonctionnement est possible.

        Si ces micro-systèmes fonctionnent mieux, s’ils sont plus justes, plus vivables, alors ils se diffuseront naturellement. Pas besoin d’imposer quoi que ce soit : des structures efficaces attirent les gens, et leur expansion suit un effet de tâche d’huile. Ce qui commence comme une exception peut, peu à peu, devenir la norme.

        Ce processus peut faire faire penser aux transformations silencieuses dont parle François Jullien. Je devrais relire le livre, mais en gros, l’idée est que les systèmes complexes ne basculent pas du tout au tout d’un coup : ils changent en profondeur par une multitude de mutations microscopiques et imperceptibles, un peu comme la croissance et le vieillissement d’un organisme. T’as quelques cellules qui fonctionnent un peu moins vite dans ton corps, tu captes rien, et hop tout à coup tu te réveilles avec les cheveux poivre sel, des rides au coin des yeux et des maux de dos chroniques, t’as rien vu venir mais t’es transformé

        Pour répondre à ta remarque sur la dépendance initiale au capitalisme et le risque de reproduire les mêmes mécanismes de domination : oui, au départ, ces espaces seront forcément imbriqués dans le système existant. On ne peut pas créer un écosystème complètement autonome du jour au lendemain. Mais ce qui compte, c’est la dynamique. Tant qu’ils servent de levier pour expérimenter d’autres manières de fonctionner, ils ouvrent des brèches et déplacent progressivement les lignes.

        Quant au risque de reproduire les mêmes schémas oppressifs, il est réel et demande une vigilance constante. Aucune structure n’est immunisée contre les rapports de pouvoir. La question, ce n’est pas seulement de créer des espaces autonomes, mais aussi de réfléchir aux mécanismes concrets qui empêchent la concentration du pouvoir, qui favorisent l’auto-régulation et évitent la dérive vers un simple capitalisme à échelle réduite.
        Ça implique des formes d’organisation qui empêchent la réapparition des hiérarchies toxiques, une remise en question permanente et des pratiques qui s’opposent activement aux logiques de domination. Mais l’avantage c’est qu’à plus petite échelle, il est plus facile d’empêcher ces mécanismes de domination en mettant en place du lourd gauchisme démocratiquement et anarchiquement

        Au passage, je pense que les moyens de lutte traditionnelles sont déjà des petits espaces autonomes à part entière, donc c’est pas incompatible finalement

    • #100500 Répondre
      poissonvache
      Invité

      Je ne connais pas François Jullien, entre la description que tu m’en fais et ce que je suis allé voir de son bouquin rapidement cela me parait intéressant. On aurait des transformations silencieuses qui opéreraient en continue, à partir de la plus petite échelle et qui finalement transforment la société dans son ensemble sans même qu’on s’en rende compte à grande échelle. D’une part cela m’intéresse car me fait penser à l’idée que Friot développe dans sont « déjà là communiste« , le fait qu’il ne faudrait pas attendre un « grand soir » mais qu’il faut s’attacher à voir et étendre ce qui, dans la société porte déjà un caractère collectif et émancipateur (la Sécurité Sociale, le statut de fonctionnaire etc…). Il utilise l’exemple de la révolution bourgeoise de 1789, qu’il décrit comme le parachèvement, l’actualisation institutionnelle de changements profonds qu’avait opéré la classe bourgeoise dans la société depuis des siècles (mieux expliqué dans ce petit paragraphe https://wikirouge.net/Mat%C3%A9rialisme_historique#.C3.89volution_et_r.C3.A9volution).
      #
      Je nuancerais néanmoins ton paragraphe suivant :
      « Si ces micro-systèmes fonctionnent mieux, s’ils sont plus justes, plus vivables, alors ils se diffuseront naturellement. Pas besoin d’imposer quoi que ce soit : des structures efficaces attirent les gens, et leur expansion suit un effet de tâche d’huile. Ce qui commence comme une exception peut, peu à peu, devenir la norme. »
      #
      Alors là pour le coup je ne suis pas du tout d’accord avec ce paragraphe car il me semble évacuer un des caractères la plus important de l’histoire: la conflictualité de classe. Des « micro-systèmes » plus justes, plus vivables, plus efficaces je vois où tu veux en venir mais pour qui ? Moi ça me plait, mais les capitalistes, les patrons tu penses que ça va leur plaire ? Tu ne penses pas qu’il vont lutter pour essayer de tuer dans l’oeuf la moindre petite proto expérimentation de système alternatif ? Juste deux exemples, mais on peut en trouver à la pelle:
      – La sécurité sociale, modèle alternatif du soin qui sort de la logique capitaliste, objectivement plus juste, plus efficace (3% des cotisations qui partent en frais de gestions quand dans le privée c’est 21% des cotisations qui vont au marketing et aux actionnaires). Fait-elle tâche d’huile ou bien est elle en train de se faire démonter brique par brique dès le lendemain de sa création par les résistants communistes ?
      – Le modèle associatif face au modèle de l’entreprise, sortie de la logique capitaliste de la propriété lucrative des moyens de productions: Fait-elle tâche d’huile ou bien est elle entravée par le système pour limiter son expansion ? (il existe par exemple la possibilité pour une entreprise d’attaquer en justice une association qui vendrait des produit moins cher que le marché par ex).
      #
      L’effet tâche d’huile ça marche sur un lac calme sans aucune ride pépère mais pas en pleine mer quand t’as des supertankers estampillés CMA-CGM et des ouragans qui te font des creux de 12 mètres.
      #
      Bon après je tique sur ce paragraphe là parce que la phraséologie m’a quelque peu irrité mais je ne suis pas sûr que ce soit le fond de ta pensée. Plus haut tu parlais de « levier » de « ouvrir des brèches » de « déplacer des lignes » (de front ?) qui me semble plus approprié à la dimension de lutte que l’on doit mener contre la bourgeoisie pour imposer effectivement nos systèmes alternatifs.
      #
      Je critiquerais en définitive le concept de transformation silencieuse en cela que Jullien lui donne un caractère continue, inéluctable (il le compare d’ailleurs au vieillissement) et mécaniste que je ne partage pas (après j’ai pas lu le livre peut être que j’ai mal saisi le concept). Je ne pense pas que la transformation vers une société meilleure se fera « naturellement » mais qu’elle sera plutôt le fruit de transformation qualitative et quantitative. Si tu aimes les métaphores, pour en reprendre celle citée dans le lien que j’ai mis plus haut, c’est celle du changement d’état de l’eau: On réchauffe l’eau jusqu’à 99°C et, en apparence, rien ne semble se passer quand on regarde la casserole, l’énergie apporté transforme quantitativement l’eau, puis à 100°C c’est l’ébullition, l’énergie apporté transforme désormais qualitativement l’eau. On peut facilement faire le parallèle avec la lecture de la révolution française plus haut. Donc le changement n’est pas que silencieux.
      #
      Tu l’auras remarqué je suis emprunt d’un phraséologie marxiste et enclin à tartiner sur les différents concepts du matérialisme dialectique mais c’est parce que je suis en train d’étudier avidement le marxisme et ça me passionne. Ce genre d’interaction me permet aussi de formaliser certains concepts et m’aide à apprendre donc merci pour ces échanges.
      #
      D’accord sur tout le reste que j’ai pas commenté.

      • #101224 Répondre
        Ourson
        Invité

        Concernant les micro-systèmes : il y a déjà des expérimentations qui se font, j’airai même jusqu’à dire qu’on expérimente tous des micro-cellules communistes ou du moins qui ne fonctionnent pas sur la base du capitalisme. Au sein des familles ou des groupes de potes c’est pas tellement le capitalisme qui régit les rapports, mais plus une espèce de mise en commun de tout avec une tendance à aider les plus en difficulté sans chercher de contrepartie, pour que le bien-être soit maximisé au sein de tout le groupe.
        Il y a aussi tout un tas d’initiatives associatives, je pense notamment à la sécurité sociale alimentaire que certains ont essayé de mettre en place à petite échelle, à priori le Capital a laissé faire. Je crois d’ailleurs que François a dit que le Capitalisme ne vise que le « macro », et que c’est justement pour cela qu’à gauche y’a des choses qu’on peut faire dans le « micro ». Concernant l’effet tâche d’huile, c’est peut-être utopique de ma part : non, effectivement, peut-être que toutes ces mini-initiatives de transformeront pas plusieurs siècles de domination comme si de rien était.
        Je te suis totalement sur la nature des transformations et de leur quantité/qualité

      • #101225 Répondre
        Ourson
        Invité
    • #100501 Répondre
      poissonvache
      Invité

      Je me suis chauffé j’ai mis des mots en italique

    • #100512 Répondre
      Clément
      Invité

      Ourson, je ne suis pas bien d’accord avec toi
      Tu sembles opposer le milieu de cette boîte lambda à cette contre-soirée qui est plus spontanée, plus autonome, quelque chose d’organisé « from the bottom up » comme on dit parfois, et tu confères à cette contre-soirée quelque chose de l’ordre de l’utopique, en citant tes mots tu en fais un environnement « révolutionnaire. »
      Je m’autorise à commenter sur cet imaginaire que tu viens d’utiliser car je crois qu’il se retrouve dans plein d’autres cas d’imaginaires de gauche et qu’il est symptomatique. Par exemple tu dis qu’à cette contre-soirée les bouteilles circuleraient plus ou moins gratuitement ou en tout cas avec un minimum de perte d’argent. Je ne pense pas que ce serait le cas. Je ne me verrais pas acheter une bouteille et laisser des inconnus la boire si je ne suis pas déjà amicaux avec eux. Peut-être une ou deux fois mais pas assez souvent pour qu’on puisse créer toute une dynamique de soirée sur l’espoir que les gens fassent ça. Je n’essaie pas d’être cynique, je crois juste que, parce qu’on imagine un environnement organisé spontanément sans verticalité, on ne devrait pas se permettre d’imaginer qu’on renoncerait tout à coup à nos comportements habituels. Si on se permet de se risquer dans des imaginaires de situations « révolutionnaires, » il faudrait au moins ne pas renoncer au réalisme psychologique, sinon on tend à des situations sociales carrément impossibles et ça nous rend juste aigris, et on a des attentes de bonté incroyable envers ceux qui voudraient participer à ces situations ce qui en soi est un peu une oppression.
      Il y a aussi quelque chose de l’ordre du ressentiment dans cette « contre-« soirée : ça reste une soirée contre une autre, et tu dis toi-même que c’est déjà mieux que d’aller gueuler contre l’établissement. Je ne vois pas pourquoi tu irais te plaindre auprès d’eux voire même les combattre : si une boîte est nulle, tu perds ton temps à la combattre non ? Même cette soirée qui serait organisée sur le parking d’en face, c’est fêter contre eux, pas fêter juste pour fêter.
      Et puis je pense que la gauche n’ira jamais loin si on oppose un environnement qui nous oppresse avec notre copie à nous mais en bien plus humbles. Ton idée de soirée sur un parking, avec des enceintes JBL, bah ça me plaît pas tellement et je trouve ça un trop humble, trop jouant dans la faiblesse, désolé pour les mots durs. Ce que je désire d’une boîte, c’est de me sentir enfermé dans un lieu hétérotopique, transpirer tellement on est serrés, voir le DJ qui prend son pied avec la foule qui répond à ses sons, sentir les basses dans ma cage thoracique. Ça ne peut pas être substitué par une contre-soirée avec des moyens si humbles. Je m’attarde sur ça car je crois voir passer beaucoup de cas d’imaginaires de gauche où on prend une situation et on la rend « de gauche » en la rendant plus humble matériellement, plus limitée en moyens matériels. Pourtant j’ai envie d’une gauche qui prend le fun tellement au sérieux qu’elle veut faire péter les moyens pour ce fun-là. Bref, je crois être en train de dire qu’on peut pas se permettre de juste vouloir renoncer automatiquement aux moyens de production présents. Je pense que pour certaines choses, la gauche devrait être fière de vouloir en faire autant que ce qui se fait en son dehors.
      Un dernier point : j’essaie d’être toujours aussi matérialiste que possible, je sais qu’une soirée peut être chiante en boîte si la boîte elle-même est chiante, cependant je crois que le fun en soirée, ça vient surtout des gens autour de soi et de soi-même en premier, l’environnement matériel en second. Un vrai fêtard peut s’amuser et amuser les autres que le DJ soit claqué ou pas… On n’est pas *que* le produit de son environnement, si la boîte est chiante à l’intérieur et qu’on y déplaçait sa foule à l’extérieur, je pense que ça resterait chiant

      Tiré de Génie Divin de Dustan :
      « Les fêtes sous ecstasy sont les seuls endroits où la jouissance collective est possible. Les seuls endroits où la jouissance de chacun peut se montrer sans déclencher l’agressivité autour. Parce que chacun ne se préoccupe que de son propre état. Sauf pour se sourire et s’encourager. Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez ! Allez !, comme gueulait cette fille complètement folle aux Bains cet été. Go for it ! comme disait ce mec à Substation Soho cet été. Alors que je me lançais dans mes tours sur moi-même. J’ai fait des progrès depuis 1994. Ce n’est plus dix tours à la suite, mais une bonne minute… Après ça j’ai la tête qui tourne, c’est top. J’ai retrouvé le secret des derviches, mes chéris. Les petits enfants savent ça aussi : faire la toupie ça euphorise. Le mouvement de la vie est une vis sans fin, qui tourne sur elle-même et, ce faisant, fore. Pousse vers le haut comme l’enfant qui veut naître, comme l’arbre qui veut s’étendre. Euforie. »
      Je pourrais sacrifier cent soirées rien que pour avoir vu cette fille totalement folle

      • #101212 Répondre
        Ourson
        Invité

        Je vais essayer de répondre point par point sans en oublier.

        Pour la circulation des bouteilles, je ne sais pas où tu vis, mais je viens de Toulouse, et je peux t’assurer que dans certaines zones du centre-ville, les gens ont le partage facile. Tu te balades à la Daurade à partir de 23h avec un gobelet à la main, tu n’auras aucun mal à trouver un groupe prêt à te filer un peu de rhum ou une bière, idem pour les clopes. Si tu venais me demander un verre, je te le filerais sans hésiter. C’est pas qu’on serait tous intrinsèquement plus généreux, c’est juste que ta bouteille, tu l’as payée dix fois moins cher que le moindre shooter en boîte. Forcément, tu rechignes moins à la partager avec quelqu’un avec qui tu tapes la discute.

        Ensuite, il n’y a pas ici de ressentiment particulier. Le but n’est pas de faire une contre-soirée pour « contrer » la soirée initiale, mais juste… pour passer une bonne soirée. Si l’objectif était réellement d’affronter ou de nuire, on taguerait leurs murs et on urinerait sur la façade, mais ce n’est pas ça l’idée. On veut simplement finir la soirée dans de meilleures conditions. On pourrait tout aussi bien imaginer que tout le monde se retrouve dans un appart un peu excentré, avec une meilleure sono et plus d’espace.

        Tu as raison de reprocher à la gauche de « ne pas mettre les moyens », mais presque par définition, la gauche n’a pas les moyens. Les dominants – souvent à droite – s’emploient justement à s’accaparer ces moyens : les ressources, les profits, les outils de production. Alors forcément, quand tu veux construire un contre-système, tu pars avec moins d’atouts que ceux qui pillent, exploitent, et monopolisent ce qu’ils surproduisent. Les moyens ne viennent qu’ensuite, une fois que les dominés s’organisent suffisamment bien pour renverser le rapport de force. Dans mon exemple, on pourrait très bien imaginer que tous ces gens finissent par s’associer pour monter eux-mêmes leur boîte autogérée, pourquoi pas ?

        Enfin, je te donne le dernier point : tu dis que dans le cas que tu décris, les gens s’organisent pour passer une bonne soirée malgré une boîte nulle. C’est déjà une contre-soirée à mes yeux, elle se passe juste à l’intérieur plutôt que sur le trottoir.

        • #101378 Répondre
          poissonvache
          Invité

          Big up aux soirée à la Daurade les premiers jours d’été quelle plaisir pt1

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