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- Ce sujet contient 97 réponses, 1 participant et a été mis à jour pour la dernière fois par
Mélanie, le il y a 2 années et 4 mois.
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AxisBoldAsLove
InvitéBonjour,
Je voulais savoir si vous aviez un expérience ou un avis sur l’utilisation du cinéma à destination de patients adultes (problématiques psy, addictions etc…).
Loin de l’idée d’imposer une vision comme le fait Kubrick dans Orange Mécanique, peut-on proposer des films ouvrants de nouvelles possibilités d’appréhension de son existence?
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deleatur
InvitéJe comprends très bien ta question, mais je n’ai pas envie d’y répondre directement.
J’aurais envie de répondre : n’importe quel film, tant que c’est du cinéma.
Je ne sais pas si on peut « instrumentaliser » le cinéma au sens où tu l’entends, ou alors ce n’est plus le cinéma qui importe, mais la relation entre patient et… famille, parents, proches, amis, tiers (prof, médecin, soignant), et alors tout art peut faire de l’usage.
Chacun et chacune peut bien faire de l’art l’usage qu’il veut.
Ou alors, autant montrer Drunk à une personne alcoolique, un feel-good movie à une personne dépressive et un film avec Adam Sandler à une personne qui a du mal à s’adapter aux injonctions sociales.-
AxisBoldAsLove
InvitéMerci pour ta réponse. Le feel good movie à la drink, c’est justement l’énorme piège que je veux éviter.
Montrer par exemple un punch drunk love, un film très ouvert avec une forme plus proche du discontinue étrange qu’est la vie, pourrait servir de bon matériel non?
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deleatur
InvitéTout film de cinéma peut être très bon : Pierrot le fou, L’enfance nue, Mulholland drive, Parle avec elle.
Après on sait jamais trop l’effet qu’un film va produire sur les gens.
Faut-il forcément qu’il y ait une homologie entre le sujet du film et les « difficultés » que rencontre la personne ?
Je ne sais vraiment pas. Sans doute, dans une perspective thérapeutique.
Mais faut tenir le pari qu’un film, c’est d’emblée toute la vie, la vie dans sa totalité.-
Tony
InvitéPour avoir vécu quelques épisodes dépressifs dans ma vie je ne crois pas aux vertus thérapeutiques de l’art quel qu’il soit,je me souviens même que l’impossibilité de se concentrer et d’apprécier quoi que ce soit est le symptôme central de cette maladie où on n’a plus goût à rien,des écrivains comme Carrère ont bien décrit cet état.
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amour
InvitéTony, t’en penses quoi d’être traiter de pute et d’avoir la délicatesse de me demander si je suce après ?
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Tony
InvitéJe crois qu’il s’agit d’une métaphore humoristique qui n’a rien de réel et dont tu devrais rire avec nous.
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amour
InvitéAh oui je pense que je manque d’humour. Merci Tony de me rappeler à l’essentiel.
Etre traitée d’alcoolique et être menacée physiquement c’est vrai que c’est marrant aussi.
Moi ce qui me fait rire jaune, c’est que ce genre de propos ne sont que rarement donnés aux hommes.
Merci Tony pour ton intervention rassurante.-
Habile Entier
InvitéC’est clair que t’inviter à en rire avec eux c’est un gros foutage de gueule mais c’est un peu dommage de pourrir ce thread alors que l’auteur cherche à organiser un atelier ciné. Du coup je te propose d’en discuter sur le topic Cinéma puisque ça doit être un des threads favoris de François et que ça lui fera regretter de se croire tout permis.
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T’en dis quoi?-
amour
InvitéMerci Habile Entier.
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Habile Entier
InvitéIl n’y a pas de quoi.
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François Bégaudeau
Maître des clésLes ennemis de mes ennemis.
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amour
InvitéHabile, tu en penses quoi toi ?
L’ami comparse de begaudeau qui demande à une femme traité de pute si elle suce ?
Tu le prendrais comment et ferais quoi ?
Si tu veux bien me donner ton avis.
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AxisBoldAsLove
InvitéConcernant l’homologie dont tu parles Deleatur, je te rejoins. Si on considère le film comme permettant une vision plus précise du réel, cela peut être intéressant. Le but n’étant pas d’individualiser la souffrance d’une personne, cela pourrait aussi servir à remettre en cause les différents facteurs qui compose la situation sociale d’un individu et pourrait même jusqu’à remettre en question l’institution même qui propose l’atelier.
Merci pour ton retour Tony. Tu as participé à ce type d’ateliers ?
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Claire N
InvitéOury a la cliniqueLaborde , ou il y avait des clubs cinéma, quand il en parlait iinsistait semble t’il sur le fait qu’il ne fallait pas se laisser envahir par l’aspect programmatique / administratif , il pestait contre par exemple « faire une liste à l’avance pour résenscer les participants «
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AxisBoldAsLove
InvitéDonc cette personne imaginait un atelier ouvert en proposant à tous les patients? Comment étaient choisis les films?
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Claire N
InvitéJe crois que je plus trouver plus précis dans le livre « Laborde un pari nécessaire « je te fais passer si je trouve
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AxisBoldAsLove
InvitéMerci Claire !
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Claire N
InvitéEt bien je n’ai pas trouvé de recommandation quant à la question particulière du choix des film, et je pense que tu comprendras pourquoi
Dans le livre Ginette Michaud décrit par contre la notion de club:
« qu’est ce qu’un club? C’est avant tout un lieu où l’on va . Ce n’est pas une association d’individus en vue de quelque chose, et si cette forme d’association s’appelle « club » dans la société, c’est qu’elle est liée à une fréquentation dans un local donné de gens qui viennent là pour la même chose que vous.
Un club peut être un club de sport, de jeu, d’autre chose , ou de rien du tout. Le club de rien du tout étant ce club par excellence où l’on ne vient pas dans le but de faire quelque chose de défini, si ce n’est la simple fréquentation d’autrui dans un endroit où on est sur de le rencontrer «
« que le club doive être adapté à ceux qui sont destinés à le fréquenter, cela semble d’autant plus évident que c’est eux qui lui donneront sa figure, car il est vrai que les rapports inter- humains se situent également dans l’espace et qu’il n’est pas d’organisation possible pour un groupe sans point de repères spaciaux, sans « local « où elle se situe « -
Claire N
Invité« le club devient de plus en plus l’organisme de structuration propre du groupe de malades «
« la direction du élu parmi les malades (….) responsable de la bonne marche des activités «
« il va sans dire que c’est parce que l’organisation de plus en plus autonome du club le permettait, ainsi que l’amélioration de la « socialité « de certains malades, que ces rôles ( président – vice président – secrétariat ) ont été créés « -
AxisBoldAsLove
InvitéClaire, le club doit-il être une structure pereine ? Un endroit où l’on peut revenir ou peut-il se voir comme une occasion unique à savoir un seul atelier cinéma?
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Claire N
InvitéJe ne sais pas , j’imagine qu’un ciné-club nécessite un endroit
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AxisBoldAsLove
InvitéJe disais cela plus dans le sens de la régularité, à savoir ne leur proposer qu’un seul atelier sans qu’il y en ait d’autres.
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Professeur Mélanie
InvitéCe serait toujours ça, non ?
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AxisBoldAsLove
InvitéC’est-à-dire ?
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Professeur Mélanie
InvitéÇa serait toujours un atelier, une séance.
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AxisBoldAsLove
InvitéCela pourrait s’imaginer comme plusieurs séances avec les mêmes participants. En tout cas c’est ce que je voyais en relation avec la notion de club comme décrite au dessus.
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deleatur
InvitéEt si c’était les patiens qui choisissaient les films, et qu’ils disent aussi pourquoi ils veulent voir tels films ?
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AxisBoldAsLove
InvitéÇa peut être intéressant !
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Professeur Mélanie
InvitéBonsoir
Je pencherais aussi pour un ciné-club où les patients proposeraient les films.
J’ai cotoyé des patients bien plus calés que moi en cinéma.
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deleatur
InvitéJe prends d’autant plus au sérieux la question de AxisBoldAsLo que j’ai fait une psychanalyse pendant 11 ans et demi avec un pyschiatre qui avait fait sa thèse de médecine sur la folie dans le cinéma d’auteur (ce que j’ai su seulement après un an ou deux).
Parallèlement (il y avait vraiment parallélisme) à cette analyse, je suis allé au cinéma 4 à 5 fois par semaine à l’époque (j’étais devenu cinéphile à 15 ans et d’ailleurs j’ai exactement l’âge de François, on a suivi la même veine télévisuelle à l’époque), une séance (de cinéma) suivant généralement une séance (d’analyse). L’association libre, je l’ai pratiquée non pas avec l’analyse des rêves ou en parlant de ma vie (très pauvre à l’époque), mais avec les films que je voyais. Expérience unique pour moi et constitutive de qui je suis aujourd’hui.
Mais il est vrai qu’un (simple) trouble névrotique (même sous sa forme obsessionnelle) peut facilement, je crois, donner lieu à ce genre d’expérience.
Dans le cas de psychoses ou de perversions, ou d’autres facteurs, addiction, inadaptation sociale, décrochage scolaire, masturbation frénétique, je ne sais pas. Un bon vieux film de boules de derrière la fagots, moi je prends toujours :-))-
AxisBoldAsLove
InvitéDans ton expérience, l’association entre la thérapie et le cinéma s’est donc fait sans cadre mais de façon libre. Un cadre (un lieu, un animateur, un film choisi) peut-il fonctionner?
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deleatur
InvitéL’expérience dont tu parles mérite d’être tentée, je ne vois aucune objection contre ; à condition peut-être de ne pas chercher THE film dont on se dit — toujours pour de mauvaises raisons — qu’il produira l’effet qu’on attend de lui.
C’est pour cela que je crois que chaque cas particulier de patient peut appeler d’autres films ; s’il y a bien une particularisation de l’expérience, c’est celle qui s’instaure entre le patient et le praticien.
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Dans mon cas personnel, je ne dirais pas que l’association entre cinéma et thérapie s’est faite sans cadre ; au contraire, dans la cadre très cadré de l’analyse, ça m’a sans doute permis de sortir du ressassement de la parole de l’analysant, de déplacer certains affects, de produire au fil du temps autre chose. Mais cela correspondait bien au caractère « contemplatif » et narcissique de ma dépression mélancolique à l’époque.-
AxisBoldAsLove
InvitéIl faut donc trouver le mélange entre un minimum de cadre et la liberté des effets produits par le visionnage, y compris la liberté de remettre en cause le cadre
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Le trou Noir Extatique
InvitéTony, pourrais-tu donner qques titres de Carrère où il aborde le sujet de la dépression ?
Merci d’avance-
Tony
InvitéYoga principalement et,de façon plus diffuse et moins explicite,dans L’adversaire et peut-être aussi,mais il faudrait que je le relise je n’en suis pas sur,le narrateur du royaume.
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amour
InvitéJe me demande si les effets thérapeutiques pourraient permettre à ces gens minables de guérir
* François Bégaudeau Jean Monnaie parle et amour applaudit, telle bimbo aux bras de son milliardaire. Oh mon Jeannot tu es si spirituel. Et Jeannot qui pourtant la paye pour ça la croit et s’en revigore.
* 25 novembre 2023 à 18 h 32 min #24474 RÉPONDRE amour Bimbo = escort L’escort devient pute si elle suce à la fin. Tu suces après avoir escorté Jean ?
amour
C’est Samia qui l’a balancé il n’a rien dit là-dessus. Parce que c’est une femme qui a de l’éthique. Comme son papa.Julien Barthe
Tu te trompes lourdement sur moi, mais ça on s’en carre. Je t’aurais bien donné rendez-vous pour te montrer que je ne suis ni blafard, ni suisse, mais j’aurais des problèmes. Puisque tu commences un peu à me casser les couilles, je te propose un défi: tu dégages maintenant et moi aussi et on voit qui a davantage besoin de triturer le sexe des anges; tant que je ne reviens pas tu ne reviens pas, et inversement. Et si ça dit aussi à l’autre hyène, ça me va; une accrochée à chaque mollet, je vous emporte. Ça prend effet maintenant.
* 25 novembre 2023 à 15 h 17 minJe pense que c’est peine perdue, car ces trois minables absorbent déjà pas mal de film et certains les critiquent.
Alors, je me dis que la thérapie -et peu importe sa forme- ne porte ses fruits que si on a conscience de sa chair mauvaise et qu’on souhaite s’en défaire. -
Carpentier
InvitéBonjour A.B.A.L.,
Moi, je peux juste te dire que les premières rencontres ciné parisiennes que l’écrivain-critique Maître des clefs d’ici donnait, vers Montparnasse, me permettaient de le reluquer de ouf et de découvrir tout ce qu’il voulait bien dire et montrer comme extraits de films à propos et en compagnie d’un.e invité.e de son choix.
Tout m’allait.
M’en suis servie comme je me serais fait un spa par mois: vivifiant, sacrée cure de kif.-
AxisBoldAsLove
InvitéÇa donne envie de présenter cette atelier en l’eloignant le plus du côté thérapeutique mais au contraire de proposer une projection suivie d’une discussion
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Ema
InvitéC’est marrant que tu abordes la question du cinéma comme potentiel outil thérapeutique, parce que je discutais justement hier avec une pote qui a comme moi eu de gros épisodes dépressifs dans sa vie, du fait que le bouffage de films et séries auquel nous nous étions adonnées depuis les années 2010 environ avaient sûrement contribué à ce mal-être. Nous réfléchissions evidemment à tous les éléments internes au cinéma qui peuvent produire ça, tout le côté « bigger than life » qui peut exister dans beaucoup de films, ajouté aux récurrentes injonctions à la réussite (sociale, amoureuse) auquel un certain cinéma mainstream peut faire droit, et que nous être surexposées à ça pendant une bonne dizaine d’années nous avait pas mal abîmées et décrochées du réel, paraissant si fade en comparaison. Voilà c’est légèrement hors sujet mais je trouvais amusant de mettre ces réflexions en parallèle avec l’idée d’un cinema-thérapie, à laquelle je crois bien volontier par ailleurs.
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deleatur
InvitéBonsoir Ema, est-ce vraiment des éléments internes au cinéma qui ont conduit à ces épisodes dépressifs ?
N’est-ce pas plutôt le contraire : chercher un refuge ou une compensation dans un certain cinéma quand on n’attend plus rien de la vie ?
À te lire, j’ai l’impression que tu t’es enquillée tous les téléfilms de l’après-midi sur M6 ou les films de Noël sur Netflix ; je sais bien que ce n’est sans doute pas le cas, mais c’est clair que beaucoup de séries sont décérébrantes, que beaucoup de films sont nuls, mais tu n’as sans doute pas vu que ça.-
amour
InvitéTu as des spasmes au côlon aussi ?
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Ostros
InvitéPendant mes périodes de dépression j’ai vécu quelque chose de différent. J’étais une cinéphile avertie et soudain je n’ai plus pu regarder ces films qui me plaisaient. Les merdes formatées me convenaient et même me faisaient du bien. J’avais le cerveau en bouillie, étais incapable du moindre raisonnement donc les films familiaux et les musiques à la con m’allaient.
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Ostros
InvitéMais je ne parlerais pas de « thérapie » par le biais de ces films.
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AxisBoldAsLove
InvitéLe mot thérapie est utilisé car je me questionne sur l’usage du cinéma à destination de patients dans une institution medico-sociale. Mais c’est aussi tout l’enjeu de mes questionnements à savoir ne pas être dans un schéma de soin d’un sachant à un apprenant.
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Ostros
InvitéLes films aimés dans l’enfance font du bien quand on retombe dessus (la cité de la peur, Édouard aux mains d’argent). Je suggererais de leur demander quel film est leur madeleine. S’ils sont de la même génération il y aura des films qui seront cités plusieurs fois. Ça te donnera une petite liste. Je sais pas si mon idée va dans le sens de tes attente. (Il y a un petit risque c’est que les films revus déçoivent finalement).
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AxisBoldAsLove
InvitéDisons que je me questionne sur la pertinence de convoquer des souvenirs d’enfance. Je pense qu’on y gagne à utiliser des objets (ici des films) plus élaborés et plus précis que ceux de l’enfance. Pas que je n’aime pas ce que j’ai vu enfant, mais je trouve plus intéressant ce que je vois maintenant.
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deleatur
InvitéOstros, tu as dû aimer Marley & moi :-))
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Ostros
InvitéAh je suis passée à côté.
Je fais une recherche rapide sur Google et je vois que ce sujet de cinéma thérapie est traité assez souvent. Y a même un site qui dresse une liste de films qui font du bien. Et des études sur cairn qui dissèquent l’expérience spectateur. Pour ma part je prends beaucoup de plaisir face à des films (Il bucco, pacifiction, la romancière, etc.) mais j’ai du mal à voir ce plaisir cinéphilique comme thérapeutique. D’ailleurs lorsqu’on lit les études et articles au sujet du cinéma comme thérapie on y parle bien des films qui en mettent plein les émotions. Font rire, pleurer, avoir peur par leur histoire et le jeu des acteurs. Il ne s’agit pas d’art ici.-
Ostros
InvitéJe veux dire par là que ce sont des films à la narration et à la forme consensuelle.
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deleatur
InvitéOui, on est bien d’accord et c’est pourquoi les séries font tout aussi bien l’affaire. Mais je n’en regarde pas.
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AxisBoldAsLove
InvitéC’est justement dommage que ce type d’initiatives ne se fasse qu’avec des films de la sorte
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AxisBoldAsLove
InvitéEma, sans dire que cela me provoque une dépression, je ne ressors pas de bonne humeur quand je vois un mauvais film notamment avec les exemples que tu donnes relations amoureuses formatées et iréelles, les film « de réussites »).
Mais j’ai l’intuition que l’inverse peut se passer, comme cela se passe avec moi.
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Professeur Mélanie
InvitéQuel est ton métier Axis ?
En tant qu’infirmière d’HP je me suis plusieurs fois demandé ce que je pourrais lancer – sans aller plus loin que cette réflexion. Je me suis intéressée à ce que regardaient les patients à la télé, qui regardait quoi, à discuter des films avec ceux qui regardaient des films et étaient contents d’en discuter. J’ai essayé de connaître leurs goûts.-
AxisBoldAsLove
InvitéJe suis travailleur social sur différents services hospitaliers adultes dont certains ont des problématiques d’isolement, des symptômes dépressifs etc…
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deleatur
InvitéProfesseur Mélanie, que regardaient les patients à la télé ? des films ? Lesquels ? Sur quoi se portaient leurs goûts ? Est-ce qu’il y avait des films qui marchaient mieux que d’autres, ou des acteurs récurrents ? Ce serait intéressant de nous dire.
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Professeur Mélanie
InvitéEduc ?
A l’HP comme dans le reste du monde certains s’intéressent plus que d’autres au cinéma.
A l’HP comme dans le reste du monde, chacun a ses goûts.-
deleatur
InvitéJuste dans le cadre de l’expérience que tu décrivais. Juste des exemples.
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Professeur Mélanie
InvitéJe ne faisais pas « d’expérience », je me suis mal exprimée plus haut peut-être.
Si un jour tu te retrouves hospitalisé, tu regarderas peut-être la télé, et peut-être qu’un soignant te fera la conversation en s’appuyant sur ce que tu regardes.-
deleatur
InvitéOui, merci, c’est plus clair.
Et je parlais bien de ton expérience d’infirmière d’HP.
Mais c’est vrai que ce n’était sans doute pas des films choisis par les patients, mais juste de films qui passaient à ce moment-là à la télé.-
Professeur Mélanie
InvitéMais ta demande d’exemple ne va pas.
Je t’en donne un : si je me retrouvais hospitalisée en HP, je pourrais te dire que moi par exemple j’aime bien les films de Delépine-Kervern. -
Professeur Mélanie
InvitéEt mon frère te dirait qu’il ne les aime pas.
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deleatur
InvitéOui, mais justement, c’est des personnes singulières qui auraient pu te dire ce qu’elles aimaient, dans les circonstances de leur hospitalisation ou au moment de leur hospitalisation (et pas leur frère ou leur cousine).
Mais tu m’as dit que c’est comme ailleurs. Donc ma question n’avait pas lieu d’être ainsi posée.
Axis au départ cherchait des idées de films pour présenter à des personnes hospitalisées et j’ai pensé que ça donnerait des idées.-
Professeur Mélanie
InvitéJe voulais dire : mon frère, s’il était hospitalisé, te dirait qu’il n’aime pas ces films.
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Mélanie
Invité« c’est des personnes singulières »
Préjugé ? Sauf à dire qu’on est tous singuliers
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AxisBoldAsLove
InvitéAssistant Social 🙂 C’est effectivement plus proche de l’éduc spé d’animer ce genre de choses mais j’en ai la possibilité
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deleatur
InvitéAxis, tu as trouvé des exemples de films, alors ?
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AxisBoldAsLove
InvitéEt bien par exemple je me disais que Voyages En Italie pouvait être super. On touche à une forme de gravité de la vie avec humour, ca ne peut donner qu’un échange intéréssant.
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Ostros
InvitéJe te conseille alors d’aller aussi piocher dans les Cavalier 🙂
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Professeur Mélanie
InvitéDemande à tes patients quels films ils aiment. Demande leur s’il aiment les films.
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AxisBoldAsLove
InvitéOui il vaut surement mieux que ça aille dans ce sens là
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Professeur Mélanie
InvitéTu fais ce travail depuis longtemps ?
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AxisBoldAsLove
InvitéBientôt une dizaine d’années. C’est récent que l’envie et la possibilité d’intégrer l’art à l’accompagnement, avec une liberté assez importante
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deleatur
InvitéPour la vie, la vie avec la vie, un Pialat, ce serait pas mal. Le garçu est accessible, ou À nos amours.
Selon l’âge, les films avec les enfants, Ponette (le film le plus triste du monde), Cria Cuervos, Nobody Knows, Mud.
Ça permet parfois de mettre la vie d’adulte entre parenthèses, ou de la prendre par un autre bout.-
Mélanie
Invité« Accessible » ?
Et moi tu me prescrirais un film en particulier ?-
deleatur
InvitéJe ne te « prescrirais » aucun film. Toute la discussion précédente avec Axis a consisté à se dire qu’il n’y a pas de film à prescrire, et certainement pas des films à décréter « thérapeutiques », mais au mieux des envies ou des plaisirs à faire partager à des personnes en situation de soins.
Et oui, plus accessible par exemple que « La gueule ouverte » qui est un film magnifique, mais dur aussi (sur l’accompagnement d’une mourante et la mort). Le cinéma de Pialat est toujours assez littéral, donc ça demande une disponibilité qui ne conviendrait peut-être pas forcément à des personnes en situation de dépression (puisque Axis parlait de ce contexte) ; même si « La gueule ouverte » possède l’un des plans les plus beaux du cinéma, après un repas entre une mère et son fils adulte.-
Professeur Mélanie
InvitéLes goûts, on a dit. Des tas de gens n’aiment pas Pialat ni Letourneur ou s’en foutent, si étonnant cela puisse-t-il paraître.
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Claire N
InvitéRe coucou Axis et dans le bon sillon
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AxisBoldAsLove
InvitéMerci Claire. Pour tout te dire j’aime bien les paroles mais ai un peu de mal avec le punk rock. Sûrement mon côté connard de hipster qui préfère le post-punk et les musiques électroniques bizarres haha
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François Bégaudeau
Maître des clésD’ailleurs j’aimerais bien qu’on m’explique un jour ce concept de post punk. Un punk un peu moins speed mais qui aurait gardé les poses du punk? Le reliquat branché du punk? Du punk pour les Inrocks?
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AxisBoldAsLove
InvitéDu punk pour les inrocks ça me parait un peu gratuit même si comme beaucoup de classifications musicales, c’est un terme qui peut être utilisé à mauvais escient.
Le post-punk émerge fin 70 avec notamment Joy division qui instaure un son très froid, notamment par l’utilisation importante de reverb sur les guitares ou sur les batteries (notamment la caisse claire). Le son de ce groupe a été porté et poussé par pleins de groupes depuis en y intégrant notamment des expérimentations en terme de mixage et de synthèse sonore.
En espérant que cette notion te parle un peu plus. Je peux développer sur ce mot si tu le souhaites
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Anna H
InvitéÇa serait pas plutôt la New Wave ou la Cold Wave ?
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AxisBoldAsLove
InvitéCe qui selon moi place la limite entre les deux c’est la dominante électronique ou la dominante acoustique. Un son de batterie synthétique, des mélodies principalement faites avec des synthétiseurs, on est plus du côté de la coldwave. Si ton son est à dominante de guitare et de batterie acoustique, on reste dans le post-punk.
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Anna H
InvitéOk. Tu penses à quels groupes du coup ?
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AxisBoldAsLove
InvitéPour un exemple de coldwave assez connu je dirais She Past Away
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AxisBoldAsLove
InvitéPour un exemple plus post-punk je partirais par exemple sur squid
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AxisBoldAsLove
InvitéAu niveau des expérimentations sonores, on retrouve par exemple l’utilisation du synthétiseur Solina, joué en accord qui donne un son assez atypique, parfois proche de l’orgue.
Dans le post-punk, tu as aussi l’utilisation de staccato à la guitare en jouant souvent entre l’harmonie et le dissonance, avec par exemple un sons clean légèrement saturé avec des aigus forts pour donner un côté stridant.
Pour la basse, c’est l’utilisation du chorus qui a représenté le premier marqueur du genre mais tu as pleins d’autres façons d’expérimenter aujourd’hui.Bref le but est pas de dire on joue plus classe que le punk-rock, mais on part de la même base pour aller autre part, on ne construit pas pareil
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Mélanie
Invité« Au niveau des expérimentations sonores, on retrouve par exemple l’utilisation du synthétiseur Solina, joué en accord qui donne un son assez atypique, parfois proche de l’orgue. »
Tu nous mettrais ici un exemple de ça ?-
AxisBoldAsLove
InvitéOn en a un parfait exemple dans Love Will Tear Us Apart. Ce synthé aussi appelé ARP est « sensé » être un simulateur d’instruments à cordes et à vent. Mais le résultat est un son assez particulier mais que j’affectionne beaucoup personnellement.
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AxisBoldAsLove
InvitéAutre exemple d’expérimentation, cette fois-ci sur les textures noises (distorsions hyper fortes sur guitare et basse)
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Mélanie
InvitéMerci
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deleatur
InvitéMerci Axis pour toutes ces précisions.
En gros, l’arrivée des synthétiseurs, de la dissonnance, et du punk-pop ?
Avec comme moment intermédiaire Joy Division, Siouxsie and the Banshees et le premier Cure ?
La naissance de la new wave, quoi.
Désolé de dire des banalités.-
AxisBoldAsLove
InvitéAucun jugement de part. Je ne suis pas le créateur et le défenseur de ce terme et même si ce fut le cas ça ne changerait rien. J’aime bien ce style et je pratique et m’intéresse à ses méthodes de fabrications.
Le pop-punk est un univers qui m’est étranger donc je peux difficilement en parler.
Les synthétiseurs étaient déjà présents dans l’univers musical notamment dans le courant de musique concrète. Mais il y a quelque chose de l’ordre de « les rockeurs s’emparent des synthés et des boites à rythmes ». De nombreux ponts sont créés avec la musique électronique, la new-wave en fait partie. Tu as également une branche plus industrielle avec notamment l’Electro Body Music (EBM).
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deleatur
Invité« Les synthétiseurs étaient déjà présents dans l’univers musical notamment dans le courant de musique concrète. Mais il y a quelque chose de l’ordre de “les rockeurs s’emparent des synthés et des boites à rythmes”. De nombreux ponts sont créés avec la musique électronique, la new-wave en fait partie. »
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Tu résumes très bien la chose. Merci.
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AxisBoldAsLove
InvitéAvec plaisir !
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Seb karlier
Invité« Real Life » de Magazine c’est un disque post-punk je crois. C’est un disque incroyable.
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AxisBoldAsLove
InvitéCarrément ! On retrouve certaines caractéristiques cités plus haut : sons synthétiques, expérimentations noise, reverb bien présentes (le groupe contient des membres de Buzzcocks et Siouxsie).
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AxisBoldAsLove
InvitéDans les groupes français actuels voici une petite pépite émergeante
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AuteurMessages
